600 MILLIARDS DE DOLLARS D’ACTIFS CHARBON MENACÉS À CAUSE DE LA COMPÉTITIVITÉ DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Le think tank Carbon Tracker International a comparé les coûts de l’éolien et du photovoltaïque à celui du charbon. Il en conclut qu’il est d’ores et déjà plus rentable d’investir dans nouvelles capacités renouvelables que dans de nouvelles centrales à charbon. Investir dans les énergies renouvelables est aussi plus rentable que de faire tourner plus de la moitié des centrales existantes.

Il ne fait plus bon investir dans le charbon. C’est un fait incontestable pour les défenseurs du climat, mais cela va très rapidement devenir un argument implacable pour les investisseurs. Selon une étude de Carbon Tracker International (1), publiée ce jeudi 12 mars, il va être plus rentable d’investir dans des nouvelles infrastructures d’énergie renouvelable que de faire tourner les centrales à charbon existantes dans tous les marchés d’ici 2030 au plus tard. Et c’est déjà le cas aujourd’hui pour 90 % des centrales européennes, 70 % des centrales chinoises et la moitié des centrales américaines, indiennes et australiennes.

En outre, il est déjà plus rentable d’investir dans des nouvelles capacités renouvelables que dans des nouvelles capacités charbon dans les principaux marchés mondiaux, à savoir, la Chine, les États-Unis, l’Union européenne, la Turquie, l’Inde, l’Indonésie, la Russie, le Japon ou encore l’Australie. L’étude a comparé le coût actualisé de l’éolien terrestre et du solaire photovoltaïque au coût de fonctionnement de 95 % des centrales à charbon en exploitation, en construction ou prévues.

Risque extrême en Chine 

Il en ressort que les nouvelles capacités de charbon déjà en construction ou planifiées (499 gigawatts) feraient peser un risque sur 638 milliards de dollars d’actifs. Les pays où le risque est extrême sont la Chine (158 milliards), l’Inde (80 milliards), les États-Unis (où une nouvelle faillite dans le charbon a été annoncée cette semaine) et l’Union européenne (16 milliards). Le risque est également élevé en Turquie et au Japon. Il est modéré dans les pays d’Asie du Sud-Est en raison d’une forte régulation du marché, d’absence de prix carbone et de politiques peu incitatives pour les renouvelables.

Le rapport appelle les gouvernements à déréglementer le secteur de l’électricité afin que les énergies renouvelables puissent concurrencer le charbon. « Le non-respect de ces mesures aggravera le risque lié aux actifs échoués et pourrait entraîner des surcapacités. Cela entraînera à son tour une baisse des prix de l’électricité, enverra un signal d’investissement négatif pour les énergies renouvelables et ralentira la transition vers une économie sobre en carbone« , expliquent les auteurs.

Selon les estimations du think tank Ember (ex-Sandbag), publiées cette semaine (2), la production mondiale d’électricité à base de charbon a chuté de 3 % en 2019. Cette baisse — la plus importante enregistrée depuis 1990 — résulte d’un moindre recours au charbon dans l’Union européenne (-24 %) et aux États-Unis (-16%), tandis qu’il continue d’augmenter en Chine. Or, selon le rapport spécial du GIEC sur l’objectif 1,5°C, l’atteinte de ce seuil de réchauffement global passe par une réduction de 80 % de la part du charbon dans le mix électrique entre 2010 et 2030.

 (1) Voir l’étude de Carbon Tracker International

(2) Voir l’étude du think tank Ember

Par Concepcion Alvarez, @conce1, publié le 12 mars 2020

Photo en titre : Dans 90 % des centrales européennes et 70 % des centrales chinoises, il est plus rentable de construire de nouvelles capacités renouvelables que de faire tourner ces centrales. @iStock /tibu

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