UNE TAXONOMIE VERTE NUCLÉO-SCEPTIQUE ET GAZO-AVISÉE

ANALYSE : L’Europe vient d’éviter la chausse-trappe dans laquelle la politique énergétique française est engluée depuis des années. En excluant, pour l’instant, le nucléaire de la taxonomie européenne, le groupe technique d’experts sur le financement durable (TEG) de la Commission européenne a évité de polariser le débat sur les coûts et les dangers du nucléaire.

Pas de décision sur le nucléaire

D’autant mieux qu’ils ont adopté vis-à-vis de l’atome une position mesurée. Selon eux, si « les preuves de la contribution substantielle potentielle de l’énergie nucléaire aux objectifs d’atténuation du changement climatique sont nombreuses et claires, les dommages potentiels importants à d’autres objectifs environnementaux, y compris l’économie circulaire et la gestion des déchets, la biodiversité, les systèmes d’eau et la pollution sont difficiles à évaluer dans un contexte taxonomique, d’autant qu’aucune solution de stockage sûr et à long terme n’a encore pu être démontrée dans le monde« , explique la membre du TEG Helena Viñes Fiestas, la responsable du développement durable chez BNP Paribas Asset Management.

Stockage et transport de gaz exclus, l’utilisation sous conditions

La taxonomie devant être révisée tous les cinq ans, on verra à ce moment-là si la situation est plus claire. Pour le gaz, en revanche, les Sages du TEG ont tranché. Toutes les activités de stockages et transports d’énergies fossiles sont exclues des technologies bonnes pour le climat. Un projet de production d’énergie à partir de combustibles fossiles gazeux ou liquides, ne peut être étudié que s’il émet moins de 100 g de CO2 équivalent par kilowattheure (g CO2e/kWh) produit. Un chiffre qui sera réduit par tranches de cinq ans pour arriver à 0 g CO2e/kWh d’ici 2050. Ce qui exclut de fait le gaz naturel (234 g CO2e/kWh) sans capture et stockage de CO2, mais laisse ouverte la porte aux biogaz et aux gaz renouvelables.

Par Aurélie Barbaux, publié le 23/03/2020 à 09H00

https://www.usinenouvelle.com/article/une-taxonomie-verte-nucleo-sceptique.N941896