TCHERNOBYL : 34 ANS APRÈS, UN NOUVEAU NUAGE POTENTIELLEMENT RADIOACTIF SUR LA CORSE

20.000 hectares de forêts ont brûlé, ces deux dernières semaines, en Ukraine. 

L’information n’a pas vraiment fait la Une des journaux, focalisés sur l’épidémie mondiale de Covid-19. 

Pourtant, cet incendie s’est propagé en bordure de la centrale nucléaire de Tchernobyl. 

Un nom qui évoque quelque chose à tout le monde, même aux plus jeunes, alors qu’une série à succès, très récemment, est venue raconter comment, en 1986, cette centrale s’est fait connaître du monde entier. 

Un réacteur avait, cette année-là, explosé, provoquant le pire accident nucléaire de l’histoire, et contaminant les trois-quarts de l’Europe. 

Reproduction d’une carte illustrant les différentes zones touchées par les retombées radioactives de l’explosion du réacteur No 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en 1986. / © STF / AFP

Des éléments radioactifs dans la fumée

L’usine a fermé définitivement en 2000, mais les incendies des derniers jours inquiètent de nombreuses organisations non gouvernementales, au premier rang desquelles Greenpeace. 

La raison : des taux de césium 137 anormalement élevés ont été mesurés dans le nuage de fumée provoqué par les flammes. Le césium 137 est un élément radioactif, et Kiev, la capitale de l’Ukraine, qui se trouve à une centaine de kilomètres de la centrale, est devenue, hier, la ville la plus polluée au monde.

Mesure du taux de radioactivité dans la zone « d’exclusion » qui entoure la centrale de Tchernobyl, en proie aux flammes / © efespthirteen464601

Mais les autorités ukrainiennes se veulent rassurantes.
« Le taux de radiation à Kiev et dans sa région ne dépasse pas le niveau naturel », a déclaré le service des Situations d’Urgence du pays.

Une assertion confirmée par des observateurs indépendants qui se sont rendus sur place. 

Néanmoins les autorités ont demandé aux habitants de Kiev de rester chez eux et de garder leurs fenêtres fermées. 

Le nuage ne s’arrête pas aux frontières de l’Ukraine

Les données de Météo France et la modélisation de l’Institut de Radioprotection et de Sureté Nucléaire montrent l’étendue du panache qui s’est élevé de la région de Tchernobyl, et son parcours. Dès le 7 avril, il y a plus de dix jours, il arrivait dans le sud-est de la France.

Et sur l’animation que l’institut a mise en ligne, on constate que la Corse a été touchée plus tôt encore, et que c’est la région qui, avec l’Italie, est restée le plus longtemps sous les rejets de l’incident ukrainien. 

Pour l’heure, les autorités, ukrainiennes comme françaises, se veulent rassurantes. 

Et les premières constatations des observateurs non gouvernementaux vont dans le même sens.

Mais nul doute que, si l’incendie s’était déclaré avant l’épidémie de coronavirus, les réactions de l’opinion publique auraient été bien plus virulentes.

Et la méfiance, au rendez-vous. 

Les contre-vérités et les approximations, dans la communication de crise qui avait fait suite à l’accident de 1986, ont laissé des traces….

Par Sébastien Bonifay, publié le 18/04/2020 à 10:35, mis à jour le 18/04/2020 à 10h49

https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/tchernobyl-34-ans-apres-nouveau-nuage-potentiellement-radioactif-europe-1817920.html