DEPUIS LE 4 AVRIL 2020 UN SECOND NUAGE AVEC DES PARTICULES RADIOACTIVES EN PROVENANCE DE TCHERNOBYL A BIEN SURVOLÉ LA FRANCE, L’EUROPE ET LE SUD-EST

Vendredi 1er Mai 2020 – (Provence Informations Économiques) – 03h00 – On commence enfin, à avoir un peu plus d’informations scientifiques crédibles sur ces nouveaux nuages forts chargés en éléments radioactifs en provenance de la région de TCHERNOBYL où de multiples incendies de forêts (contaminées et encore radioactives) dégagent des fumées volumineuses sans être interrompues. Ces forêts sont toutes inclues dans une zone d’exclusion totale pour sa radioactivité mortelle du périmètre toujours interdit depuis l’accident de la centrale nucléaire russe de Tchernobyl en 1986. En France, la région la plus touchée étant le Sud-Est du pays (région paca). L’Italie est complètement touchée également, une partie de l’Espagne, ainsi que la quasi-totalité du bassin méditerranéen selon l’IRSN.

LE POINT SCIENTIFIQUE, au 1er Mai 2020, sur un « incident » environnemental et climatique totalement évincé par la pandémie de Covid19

L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire IRSN et ses ingénieurs actuels, ont même diffusé cette fois-ci, en 2020, une animation sur la propagation de ces vents à éléments radioactifs, et sont de ce fait plus honnêtes que leurs anciens de 1986, « patriarches » pour lesquels certains osent encore maintenir en 2020 que les précédents nuages n’étaient toujours pas passés sur la France, mais bien sur la Belgique, le Luxembourg et l’Espagne, tout comme sur l’Allemagne et l’Italie… Aujourd’hui, on peut donc voir ci-dessous la propagation des nuages actuels en 2020 … et il y a peu de chance que l’orientation des vents et du globe terrestre aient beaucoup changé en 2020 depuis 1986 …. Sacrées querelles de scientifiques !!!

La centrale russe & ukrainienne de Tchernobyl après l’accident de 1986

La CRIIRAD (commission de recherche information indépendante sur la radioactivité) a publié plusieurs communiqués à ce sujet qui ont servi de base à la rédaction de cet article de Provence Informations Économiques ci dessous:

Incendies de Tchernobyl 2020 – propagation des nuages par l’IRSN = la quasi totalité du bassin méditerranéen touchée

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a publié le 17 avril une modélisation montrant la dispersion du panache de fumée depuis le 4 avril. On remarque qu’entre le 7 et le 15 avril, presque toute la France métropolitaine a été touchée à des concentrations différentes comprises entre 0,1 et 10 μBq/m3, la région la plus touchée étant le sud-est du pays (région paca). L’Italie est complètement touchée également, une partie de l’Espagne, ainsi que la quasi-totalité du bassin méditerranéen.

Le point de vue scientifique du laboratoire de la CRIIRAD

La CRIIRAD a pu observer la rémanence de la contamination par le césium 137 trente ans après les retombées, y compris sur le territoire français. Rappelons que la demi-vie est le temps nécessaire pour que la radioactivité soit divisée par deux. Ainsi, pour le césium 137 retombé au sol en mai 1986, sa décroissance « naturelle » par désintégration n’a finalement abaissé le niveau de radioactivité que d’un facteur 2,2.

De vastes territoires situés bien au-delà du cercle de rayon 30 kilomètres de la « zone interdite » présentent des niveaux de contamination radioactive très importants et parfois supérieurs à ceux de secteurs situés à l’intérieur de la zone interdite. C’est le cas en particulier au Belarus, en Ukraine et en Russie avec des zones ayant subi des retombées supérieures à 1 480 000 Bq/m2, comme le montre un extrait de la carte officielle publiée en 1998 au niveau Européen. Elle représente les dépôts de césium 137 liés à la catastrophe de Tchernobyl et au reliquat des retombées des essais nucléaires (résultats exprimés en Becquerels par mètre carré). La centrale de Tchernobyl est représentée par un cercle avec le symbole de la radioactivité.

Les incendies qui ont débuté le 4 avril dans la zone très contaminée de Polesskoye, située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de la centrale nucléaire de Tchernobyl, sont toujours actifs, mais nous alertions dans un communiqué du 10 avril sur le fait que d’autres foyers se sont développés au cours de la semaine, au cœur de la zone des 30 kilomètres.

Les images satellites de la NASA mises à jour le 14 avril à 4 H GMT (voir illustration ci-dessus) suggèrent que ces incendies sont désormais à quelques centaines de mètres de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Ceci pose évidemment de graves questions en matière de sûreté nucléaire. La CRIIRAD suit la situation avec la plus grande attention.

NB : le filtre de la balise de surveillance de la radioactivité atmosphérique qu’exploite la CRIIRAD à Montélimar, analysé ce week-end , confirme que, sur la période du 3 au 10 avril, l’activité volumique du césium 137 dans l’air ambiant est restée en dessous des limites de détection (< 6 µBq/m3). s

Par Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD (le 14 avril 2020) (lire le communiqué en ligne ici)

Le gigantesque incendie a débuté le 4 avril selon les autorités ukrainiennes et se poursuivrait encore partiellement :

Depuis la zone d’exclusion entourant la centrale nucléaire de Tchernobyl, le gigantesque incendie a débuté le 4 avril selon les autorités ukrainiennes et se poursuivrait encore partiellement .

TRÈS IMPORTANT : La Criirad rappelle dans son communiqué : la demi-vie des éléments radioactifs est le temps nécessaire pour que la radioactivité soit divisée par deux. Donc, pour le césium 137 retombé au sol lors de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, sa décroissance naturelle par désintégration n’a finalement abaissé le niveau de radioactivité que d’un facteur 2,2, soit à peine plus que 50 %. Il reste donc encore presque 50 % de sa radioactivité ! 

Un article du correspondant de RFI à Kiev indique dans un article du 6 avril : « Chaque année au printemps, des particuliers brûlent des ordures, des feuilles mortes et de l’herbe coupée dans leurs jardins. Les feux grossissent avec le vent et peuvent devenir incontrôlables. Au cours des dernières 48 heures, on recense ainsi 800 feux de prairie, de steppe et de forêt à travers tout le pays, dont 140 autour de Kiev. Plusieurs quartiers de la capitale enregistrent une pollution de l’air excessive. »

Plusieurs foyers concernent des secteurs très contaminés par les retombées radioactives liées à la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Diverses sources ont fait état de départs de feu dans la zone d’exclusion de 30 kilomètres autour de la centrale de Tchernobyl. C’est ce que déclarent également des sites officiels Ukrainiens.

Par exemple, le Centre Scientifique et Technique d’Etat pour la Sûreté Nucléaire et Radiologique d’Ukraine indiquait «selon le Service d’Urgence de l’État, un feu de forêt sur une surface de 20 hectares s’est développé dans la zone d’exclusion près du village de Vladimirovka dans le district de la forêt de Kotovsky, le 4 Avril après-midi». La carte satellite des incendies durant les 7 jours précédant le 7 avril, élaborée par la NASA (Fire Information for Resource Management System3) indique que les foyers sont effectivement situés dans le secteur de Volodymyrivka, à quelques kilomètres à l’ouest de Polesskoje. Cette zone est située à l’ouest de la zone interdite, à environ 53 kilomètres à l’ouest / sud-ouest du réacteur accidenté, et non pas dans le périmètre des 30 kilomètres. Les risques radiologiques n’en sont pas moins très importants puisque le secteur de Polesskoje est en tout cas bien situé dans une zone qui a subi en 1986 des retombées radioactives très importantes (plus de 1 480 000 Bq/m2 de césium 137).

Les incendies entraînent nécessairement une remise en suspension de substances radioactives dans l’atmosphère. En effet le bois, le couvert végétal, la litière en forêt, sont des réservoirs de contamination. La combustion de ces matériaux contaminés propulse alors dans l’atmosphère les substances radioactives accumulées.

À ce jour, ces incendies seraient quasiment arrêtés selon … les autorités ukrainiennes !! (..)

SOURCES : la rédaction avec la Criirad

Par Provence informations économiques, publié le 1er mai 2020

Photos :  D.R. , Criirad

http://www.pacainfoeco.com/index.php/2020/05/01/environnement-depuis-le-4-avril-2020-un-second-nuage-avec-des-particules-radioactives-en-provenance-de-tchernobyl-a-bien-survole-la-france-et-leurope/