LA CONFÉRENCE D’EXAMEN DU TNP REPOUSSÉE : UNE OPPORTUNITÉ À SAISIR

COMMUNIQUÉ DE Presse du 30 avril 2020

La dixième Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) aurait dû débuter ce 27 avril, réunissant ses 193 États membres et la société civile. La pandémie du Coronavirus, impose un report à 2021 (probablement en janvier). La France doit saisir cette chance inattendue pour remplir ses obligations et faire que cette « pierre angulaire » de la politique de non-prolifération et de désarmement nucléaire retrouve une crédibilité entière.

Il est choquant d’entendre le président Macron (discours « Dissuasion et stratégie », 7 février) renvoyer les appels au désarmement nucléaire au rang de « débat éthique » qui « manque de réalisme dans le contexte stratégique » et suggérer que la dissuasion nucléaire de la France pourrait s’européaniser, dans l’année du 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Cette attitude et la hausse sans précédent du budget dissuasion (augmentation de 60 % sur la période 2019-2025) montre que la France se refuse à remplir ses engagements et ses obligations en termes de désarmement.

Pourtant, la France, notamment à travers les déclarations de ses ambassadeurs en 1992, puis en 1995 s’est engagée à mettre en œuvre l’article VI qui exige le désarmement nucléaire ; puis elle a accepté successivement des plans d’action, comme « les 13 étapes concrètes » en 2000, puis les 22 mesures en 2010. Mais non, la France (comme ses comparses nucléaires) s’est éloignée de ses engagements. La campagne ICAN France regrette et dénonce ce non-respect par les gouvernements successifs de ces obligations juridiques et de la mise en danger de la sécurité internationale.

Les scientifiques, des responsables humanitaires (CICR), le secrétaire général de l’ONU ne cessent d’expliquer que le risque de détonation nucléaire n’est pas une question de possibilité, mais juste une question de temps. Cette mise en garde rappelle celle sur le risque d’une pandémie mondiale… Nous ne nous relèverons pas d’une guerre nucléaire.

La catastrophe du Coronavirus offre l’opportunité de :
• repenser le modèle d’armée centrée sur la dissuasion nucléaire
• mettre en œuvre les mesures de désarmement nucléaire adoptées en 1992, 1995, 2000, 2010, d’ici la prochaine Conférence d’examen du TNP
• promouvoir une culture stratégique du désarmement et de la sécurité humaine avec les partenaires européens
• engager le processus de ratification du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

ICAN France souhaite ainsi qu’un large débat public s’installe, en premier au sein des parlementaires — notamment au sein des commissions des Affaires étrangères et de la Défense —, qui ne peuvent plus rester atone sur ce sujet !

À l’occasion de la 10ème Conférence d’examen du TNP, ICAN France a traduit et diffuse le Brieffing Book-2020 de l’organisation Reaching Critical Will pour permettre une pleine compréhension des enjeux de la non-prolifération, des manquements réalisés par les puissances nucléaires et de la complémentarité du TNP avec le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

Pièce jointe : document « TNP 2020« 

Contacts pour des interviews des porte-paroles de ICAN France :

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À propos d’ICAN France – icanfrance.org/

ICAN France est le relais national de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN). Cette campagne, lancée en 2007 regroupe plus de 500 organisations non gouvernementales partenaires dans 105 pays. Elle vise à mobiliser citoyens et gouvernement pour l’entrée en vigueur et la mise application du traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

Par ICAN France et l’Observatoire des armements, publié le 30 avril 2020

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