INCENDIE SUR UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE EN CALE SÈCHE À TOULON

La Préfecture maritime de Méditerranée a indiqué dans dans un communiqué que ce vendredi 12 juin 2020, à 10h35, « un incendie s’est déclaré en zone avant du sous-marin nucléaire d’attaque Perle, au bassin en zone Missiessy, au sein de la base navale de Toulon. L’intervention des équipes spécialisées, composées de marins-pompiers de la base navale, est en cours. Les pompiers du SDIS83 sont sur zone, en renfort. Le sous-marin a été évacué, il n’y a pas de blessés. Il n’y a aucun combustible nucléaire à bord, celui-ci ayant été retiré dans le cadre de l’arrêt technique. Il n’y a pas d’armes (missile, torpille, munitions) ni batteries à bord. Dans le cadre de son arrêt technique initié le 13 janvier 2020, la Perle est sous la responsabilité du Service de soutien de la Flotte (SSF), qui en est l’exploitant. Naval Group, qui est maître d’œuvre, est responsable de la mise en œuvre opératoire. Il s’agit du dix-neuvième et dernier chantier d’IPER (interruption pour entretien et réparations) pour un SNA de type Rubis ».

Si l’on se fie à ces déclarations, on peut exclure le risque de diffusion de matières radioactives. Cependant, même vidé de son combustible nucléaire, le cœur d’un réacteur et les systèmes d’exploitation autour restent des sources de contamination

Alertée par une de ses adhérentes, la CRIIRAD a immédiatement consulté les résultats des balises du réseau Teleray qui donnent en quasi direct les résultats de mesure du taux de radiation gamma ambiant. Trois balises sont situées sur le secteur de Toulon : Toulon, Toulon Arsenal et la Seyne sur Mer. Les vents ce 12 juin entre 12H et 17H ont soufflé globalement d’est en ouest en rade de Toulon, la sonde de la Seyne sur Mer était donc potentiellement sous les vents. Les valeurs relevées par exemple à 14H30 et 17H ne révélaient aucune anomalie par rapport au niveau de radiation naturel (maximum inférieur à 0,08 µSv/h).

Cependant en vérifiant les données antérieures à l’heure officielle de l’incendie, on constate des augmentations anormales du niveau de rayonnement gamma, et uniquement sur la sonde de la Seyne sur Mer. Ces anomalies méritent des explications et une grande vigilance. 

À l’heure de rédiger ce message il semble que l’incendie ne soit pas encore maitrisé. De plus le niveau de rayonnement gamma enregistré par la sonde Teleray de la Seyne sur Mer est en légère augmentation (mesure automatique, en attente d’une validation manuelle par l’IRSN, information de 20h30). 

ContactBruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD. (E-mail : bruno.chareyron@criirad.org)

CRIIRAD, 29 cours Manuel de Falla, 26 000 VALENCE