ICEDA, PLAQUE TOURNANTE DE DÉCHETS NUCLÉAIRES SUR LE SITE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY (01)

NUCLÉAIRE INFOS a reçu ce message et le porte à la connaissance de ses lecteurs :

À l’attention de la rédaction

Madame, Monsieur,

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) s’apprête à autoriser en catimini la mise en service d’une plaque tournante de déchets nucléaires (ICEDA) qui va contaminer la région lyonnaise, menacer ses réserves d’eau potable et continuer la fuite en avant nucléariste de la France.

Cette Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés, construite sur le site nucléaire du Bugey qui comporte déjà un réacteur définitivement arrêté et à démanteler (de type UNGG destiné à la production de plutonium militaire) et quatre réacteurs de plus de quarante ans encore en activité (les plus vieux de France après ceux de Fessenheim) est en lien direct avec le projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure.

https://rebellyon.info/ICEDA-lien-essentiel-entre-l

À ce jour l’ICEDA n’est toujours pas en service alors que le décret d’autorisation de création de l’installation, signé par les ministres Fillon, Borloo et Lagarde le 23 avril 2010, indiquait que « Le délai de mise en service de l’installation est fixé à dix ans à compter de la publication du présent décret au Journal officiel de la République française ».

Ce décret est donc périmé.

Pourtant l’ASN vient de mettre en ligne sur son site internet deux projets de décisions autorisant la mise en service de l’installation et prescrivant ses conditions d’exploitation. Et elle les soumet dans la foulée à la consultation publique :

https://www.asn.fr/Reglementer/Participation-du-public/Installations-nucleaires-et-transport-de-substances-radioactives/Participations-du-public-en-cours/Iceda

Le premier projet de décision de l’ASN autorise la mise en service de l’installation et fixe la date de remise du « dossier de fin de démarrage ». Il est mis à la disposition du public par voie électronique sur le site Internet de l’ASN pour une durée de 15 jours à compter du 2 juin 2020.

Le deuxième projet de décision de l’ASN « encadre » l’exploitation de l’installation. Il est mis à la disposition du public par voie électronique sur le site Internet de l’ASN pour une durée de 15 jours à compter du 2 juin 2020.

L’intégralité du dossier de demande est consultable au lien suivant : https://www.asn.fr/publications/2020/Dossier-de-mise-en-service-ICEDA

Les observations peuvent être faites par voie électronique sur le site Internet de l’ASN jusqu’à la date du 16 juin 2020.

Avec le nucléaire, Ubu roi est aux manettes : le décret d’autorisation de création est périmé mais l’ASN consulte le public sur les « projets » de décision d’autorisation de mise en service et des conditions d’exploitation.

C’est sûr que la période actuelle de déconfinement (un des sujets du deuxième projet de décision de l’ASN) va pousser de nombreuses personnes à lire ces documents (2 136 pages pour le dossier de demande d’autorisation de mise en service), à faire leurs observations et à donner leur avis !

Celles et ceux qui consulteront par hasard le site internet de l’ASN et liront le projet de décision qui « encadre » l’exploitation de l’installation pourront découvrir la phrase suivante :

« Considérant qu’une perte de confinement de l’installation pourrait être de nature à porter atteinte aux intérêts mentionnés à l’article L. 593-1 du code de l’environnement ; que les dispositions proposées par l’exploitant pour la gestion d’une telle situation s’appuient sur des mesures de radioactivité à 1 km de l’installation, qui ne permettent pas de prévenir et retarder l’émission de substances dangereuses par l’installation en cas de perte de confinement ; que le plan d’urgence interne (PUI) doit être déclenché dans toutes les situations où la dégradation d’une barrière de confinement pourrait conduire à un relâchement d’activité dans l’installation ou dans l’environnement ; qu’il convient par conséquent de définir un critère de déclenchement du PUI associé à l’atteinte de seuils de mesure d’activité radiologique dans l’installation, caractéristiques d’une perte de confinement ; »

Autrement dit une perte de confinement est possible et peut créer de graves dommages, EDF n’a pas prévu ce qu’il fallait pour la détecter suffisamment tôt et prendre les mesures de protection nécessaires ….mais l’ASN autorise quand même la mise en service de l’installation et verra plus tard si EDF dans sa grande bonté se soucie des « encadrements » des modalités d’exploitation gentiment proposées par l’ASN.

C’est Ubu au carré (autrement dit U2).

J’ai sans doute mal compris le concept de sûreté nucléaire tel que le pratique le « gendarme du nucléaire ».

Il me semble néanmoins qu’il faut « alerter les bébés » (comme disait le camarade antinucléaire Higelin) sinon tout ça va très mal finir.

Par FV – citoyen opposé au nucléaire civil et militaire