NUCLÉAIRE : UN MAUVAIS POINT POUR CATTENOM

L’Autorité de sûreté nucléaire se montre satisfaite des modifications engagées par le nouveau propriétaire du Centre privé de radiothérapie de Metz, englué depuis trois ans dans une affaire de malversations financières et d’utilisation d’un logiciel désormais interdit. « Les améliorations sont notables », annonce l’ASN, qui a relevé en revanche à la centrale nucléaire de Cattenom « une situation dégradée ».

Le changement de propriétaire a du bon. En changeant de propriétaire, le Centre privé de radiothérapie de Metz n’a pas seulement changé de nom. Le désormais Institut privé de radiothérapie a engagé les modifications profondes réclamées avec insistance par les autorités.

En 2019, l’Autorité de sûreté nucléaire ne cachait pas sa préoccupation autour du mastodonte traitant près de 2 000 malades du cancer chaque année. Déjà empêtré dans une affaire financière entre les mains d’une juge d’instruction messine, l’établissement se trouvait sous la surveillance renforcée de l’ASN, dans le viseur de l’agence du médicament et de l’Agence régionale de santé.

Cette page est en passe d’être tournée selon Pierre Bois, chef de la division de Strasbourg. « Courant 2019, le groupe Elsan a repris la structure et a mis en place un plan d’amélioration de la gouvernance. Nous avons mené une inspection complète à l’automne dernier : le projet est robuste. Il y a une équipe managériale compétente, un approfondissement des analyses des risques. »

L’IPRM reste sous surveillance « parce qu’il faut du temps pour ces changements se mettent en place. Il revient à la direction d’aller au bout de ses engagements. »

Information importante : l’agence du médicament a suspendu l’utilisation du logiciel de gestion Oncorus/Onchronos, potentiellement source d’erreur et utilisé sans aucune validation. « Ils utilisent des outils alternatifs. La transition a été engagée avec confiance par les équipes. »

Les problèmes de Cattenom repérés à temps.

L’ASN « considère que, malgré une relative amélioration en 2018 , l’année 2019 a été marquée par une nouvelle dégradation des performances de la centrale de Cattenom en matière d’exploitation et de maintenance ». Dit comme ça, cela peut paraître effrayant. Pierre Bois nuance immédiatement : « Nous avons constaté un manque de rigueur et de vigilance dans certains domaines. Mais ces signaux faibles ont abouti à la même conclusion de l’exploitant. Et les problèmes ont été repérés à temps. L’exploitant a pris la mesure de la baisse de performance et a lancé un plan d’action pour améliorer la rigueur d’exploitation fin 2019. »

Le chantier de la mise à l’arrêt à Fessenheim.

EDF a transmis à la ministre chargée de la sûreté nucléaire et à l’ASN, en septembre 2019, la déclaration d’arrêt définitif de la centrale alsacienne de Fessenheim. Le réacteur 1 s’est arrêté le 22 février 2020 et le réacteur 2 s’arrêtera le 30 juin 2020. Le plan présenté par l’exploitant ne répond toutefois pas aux attentes des spécialistes de l’ASN. « Il n’est pas suffisamment détaillé. » L’ASN a donc demandé à EDF, en décembre 2019, de justifier et préciser davantage sa stratégie, notamment concernant « les délais des opérations de démantèlement et la gestion des déchets ». Le dossier de démantèlement est attendu avant la fin de l’année 2020.

Par Kevin GRETHEN, publié le 17 juin 2020 à 05h01, mis à jour à 16h27

Photo en titre : Un plan d’action a été lancé afin d’améliorer la rigueur d’exploitation à la centrale nucléaire de Cattenom.  Photo RL /Julio PELAEZ

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