ESSAIS NUCLÉAIRES, 54 ANS APRÈS : UNE SITUATION « DRAMATIQUE ET GRAVE »

Ce jeudi 2 juillet marque le 54ème anniversaire du premier tir des essais nucléaires en Polynésie. L’association 193 s’est réunie pour un sit-in devant le haut-commissariat. Une manifestation en mémoire des victimes des essais nucléaires et pour que justice soit rendue.

Le 2 juillet, une date que n’oublieront jamais les militants anti-nucléaires. Installés devant le monument aux morts de Papeete, ils poursuivent leur combat. Un combat pour la reconnaissance des conséquences des essais nucléaires : « on est là pour que cette journée ne soit pas oubliée. Nous demandons au pays d’inscrire cette date du 2 juillet dans le calendrier local, comme une date référence à la première explosion nucléaire dans ce pays. Et le gouvernement Fritch ne peut pas ne pas accepter cette demande. Il y a eu plus de 55 000 pétitionnaires à un référendum. Donc c’est le désir d’une population que nous émettons encore aujourd’hui » déclare Auguste Uebe-Carlson, président de l’association 193.

54 ans après le premier tir, rien n’a changé… un constat alarmant selon l’association qui se bat désormais contre l’amendement Tetuanui. Adopté le 10 juin dernier, le texte réintroduit la notion de seuil d’un millisievert dans le calcul des indemnisations des victimes des essais nucléaires : « On aimerait bien que l’amendement Lana soit supprimé totalement. C’est un amendement assassin qui tue une deuxième fois les victimes. Pour preuve, pour le premier semestre 2020, plus des trois quarts des dossiers sont rejetés au niveau de l’association 193. Et ils rejettent ces dossiers en invoquant l’amendement Lana (…) Elle est tellement convaincue de cette aberration que c’est une perte de temps pour nous d’aller la voir » explique Auguste Uebe-Carlson.

« Plus de 1 000 personnes sont malades de maladies radio-induites en Polynésie chaque année, si on compte les 7 autres maladies qui ne sont pas listées par la loi Morin. C’est une situation dramatique et grave. Et les scientifiques disent que ça va aller de pire en pire. C’est une maladie transgénérationnelle » (Déclaration d’Auguste Uebe-Carlson, président de l’association 193.)

L’association en appelle au gouvernement pour intercéder auprès de l’État afin de faire supprimer l’amendement. En 30 ans, la France a procédé à 193 tirs en Polynésie.

REPORTAGE Sophie Guébel

Par Noémie Schetrit, publié le 02/07/2020 à 14h47, mis à jour le 02/07/2020 à 15h06

Photos: crédit Tahiti Nui Télévision

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