30 SECONDES JUSQU’À LA CATASTROPHE: UNE COLLISION ÉVITÉE ENTRE UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE ET UN FERRY

Un sous-marin nucléaire de la Royal Navy a failli heurter un ferry rempli de passagers. D’un belvédère situé sur le Stena Superfast VII le périscope du sous-marin nucléaire de la Royal Navy a été repéré sur le devant du navire. Le capitaine du ferry a ordonné un virage en pointe et évité de peu une collision. Un rapport publié aujourd’hui a révélé que les passagers et l’équipage des deux navires étaient en «danger immédiat».

Un désastre a été évité de justesse lorsqu’une vigie située sur le pont sur un belvédère du Stena Superfast VII a repéré le périscope du sous-marin tranchant les eaux agitées 250 mètres plus loin. Le capitaine du ferry a ordonné un virage serré vers le port. Le sous-marin nucléaire de la Royal Navy était à 30 secondes de provoquer la catastrophe. Le ferry, transportant 282 personnes, naviguait entre Belfast et Cainryan dans le sud-ouest de l’Écosse lorsque l’incident s’est déroulé dans le chenal Nord le 6 novembre 2018. Un rapport sur le quasi-accident, publié le 16 juillet, a indiqué qu’il y avait un risque «réel» et «grave de collision» et que les passagers et l’équipage des deux navires étaient «en danger immédiat».

Il s’agit du quasi-accident le plus grave de l’histoire récente, selon la direction des enquêtes sur les accidents maritimes. L’enquête a révélé que la vitesse du ferry était de 21 nœuds (50 km/h) et que l’équipage du sous-marin à propulsion nucléaire allant à 6 nœuds (11 km/h) avait mal jugé la distance avec le ferry. Le nom du sous-marin, basé à Faslane en Écosse n’a pas été divulgué pour des raisons de sécurité. La marine a déclaré qu’il n’y avait aucun problème de sécurité nucléaire lors de l’incident.  

Le rapport de la direction des enquêtes sur les accidents maritimes (MAIB, Marine Accident Investigation Branch) a déclaré: «Le dernier événement, bien qu’en fin de compte un quasi-accident, avait le potentiel d’être le plus grave de tous, n’a été évité que par les actions de l’équipe du ferry impliqué». Les experts rajoutent que «dans les trois cas, non seulement les équipes de commandement des sous-marins avaient une appréciation inexacte de la position, du cap et de la vitesse des navires de surface à proximité, mais elles n’avaient pas non plus détecté que leurs évaluations étaient erronées en temps voulu pour prendre l’action nécessaire pour rester en sécurité». 

La MAIB a ordonné à la Marine de procéder à un examen indépendant du dernier incident. L’une des recommandations est que les sous-marins utilisent le radar dans les voies de navigation très fréquentées. Andrew Moll, inspecteur en chef des accidents maritimes, a déclaré: «Bien qu’il n’y ait pas eu de collision, il s’agissait du troisième accident ou incident entre un sous-marin plongé de la Royal Navy et un navire de surface en 4 ans, ce qui est un sujet de préoccupation majeur. »

La Royal Navy a coopéré à l’enquête de la MAIB sur ce quasi-accident et a pris une série de mesures visant à prévenir la récurrence, en réponse à cet incident et à d’autres incidents similaires. « Cependant, j’ai recommandé aujourd’hui à la Royal Navy de procéder à un examen indépendant des mesures prises afin de garantir que le risque de collisions similaires soit réduit au niveau le plus bas possible», a déclaré Andrew Moll. Un porte-parole de la Royal Navy a déclaré: «Assurer la sécurité en mer est une priorité absolue pour la Royal Navy, c’est pourquoi nous saluons ce rapport et avons déjà pris des mesures pour resserrer notre formation et nos procédures». 

En avril 2015, un chalutier de pêche a été remorqué à grande vitesse à travers la mer d’Irlande après qu’un sous-marin a accroché ses filets. Une enquête a révélé que l’équipage du Karen était en danger, le navire ayant presque chaviré. À l’époque, la Marine avait déclaré avoir formulé 12 nouvelles recommandations pour éviter des incidents similaires. Cette affaire rappelle le dossier du naufrage jamais élucidé du Bugaled Breizh, un chalutier breton coulé brutalement le 15 janvier 2004 au large du cap Lizard au sud de l’Angleterre. Une association française avait pointé la responsabilité d’un sous-marin de l’Otan comme ayant été le responsable de la catastrophe.

Par Pierre Duval, publié le 18 juillet 2020

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