TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES (TIAN) : L’AVANT ET L’APRÈS

EXTRAITS :

Le 7 juillet 2020, trois ans après son adoption.

Nous sommes le 7 juillet 2017 et, vers 11 heures, à l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le résultat du vote pour l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) (*) apparaît sur le grand écran : 122 voix pour, 1 voix contre, 1 abstention ; l’émotion des personnes présentes – diplomates mais aussi nombreux militants de la société civile – est grande… c’est en effet une victoire importante de la « démocratie planétaire » face aux intimidations, voire parfois au chantage d’une oligarchie de grandes puissances !…

…Voici la liste actualisée des 40 États qui ont ratifié le TIAN : Afrique du Sud, Antigua-e-Barbuda, Autriche, Bangladesh, Belize, Bolivie, Botswana, Costa Rica, Cuba, La Dominique, Équateur, Fiji, Gambie, Guyane, Îles Cook, Kazakhstan, Kiribati, Laos, Lesotho, Maldives, Mexique, Namibie, Nicaragua, Nouvelle-Zélande, Palaos, Palestine, Panama, Paraguay, Sainte-Lucie, Saint-Marin, Saint-Vincent-et-Grenadines, Salvador, Samoa, Thaïlande, Trinidad-et-Tobago, Vanuatu, Uruguay, Vatican (Saint-Siège), Venezuela, Vietnam.

Et voici les 18 autres États pour lesquels le processus de ratification est en cours ou imminent : Algérie, Cambodge, Comores, Ghana, Grenade, Guatemala, Honduras, Irlande, Jamaïque, Malawi, Népal, Nigeria, Philippines, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Saint-Christophe-et-Nevis, Soudan, Tanzanie.

On peut donc raisonnablement espérer que le nombre fatidique de 50 États sera atteint au plus tard d’ici un an, à compter de maintenant…

Voyons maintenant ce que pourrait être le développement futur du TIAN

Une première étape (fondamentale !) sera, comme nous l’avons vu, l’entrée en vigueur du TIAN, qui aura lieu automatiquement 90 jours après que le cinquantième État l’aura ratifié.

Mais il s’agit maintenant de commencer à aborder l’étape la plus difficile : celle de l’élimination effective des armes nucléaires.

Si pour parvenir à l’adoption et, ensuite à l’entrée en vigueur du Traité International sur l’Interdiction des Armes Nucléaires, une coopération intense entre la société civile et les États « non dotés » a pu suffire, pour la prochaine étape, celle de l’élimination de ces armes, l’interaction de la société civile sera également nécessaire avec les États dotés d’armes nucléaires, à commencer par les deux « géants » : Les États-Unis et la Russie, avec, si possible, la médiation de la Chine qui, malgré son régime totalitaire, a adopté une attitude relativement ouverte à l’égard du processus qui a conduit à l’adoption du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et ce, contrairement à d’autres États, comme la France et les États-Unis, qui ont tout fait pour le saboter.

De plus, la Chine est le seul État nucléaire à avoir complètement exclu de sa doctrine toute forme d’attaque nucléaire de « première frappe » et maintient ses armes nucléaires (vingt fois moins en nombre que celles des États-Unis ou de la Russie) au niveau d’alerte le plus bas.

Dans un premier temps, la Chine pourrait, par exemple, proposer la création d’un groupe de travail composé d’experts des 9 pays nucléaires (un WG9) avec pour mission spécifique de formuler une « feuille de route » réaliste pour un désarmement multilatéral coordonné, qui servirait ensuite de base aux négociations entre les 9 pays nucléaires et leurs alliés

Une fois que toutes les armes nucléaires auront été abolies, le TIAN aura également une autre fonction essentielle: celle d’en assurer l’irréversibilité.

Bien sûr, d’autres voies, différentes ou complémentaires, peuvent et doivent être « inventées » et entreprises… tant au niveau diplomatique qu’au niveau de l’opinion publique, car le chemin à parcourir requiert la contribution de tous et de chacun.

…Et voici les principaux objectifs spécifiques d’ICAN-France :

– informer et mobiliser autour des conséquences humanitaires des armes nucléaires et des risques qu’elles font courir pour la sécurité humaine et environnementale afin de créer un large soutien de l’opinion publique française à l’interdiction et l’abolition des armes nucléaires

– engager la France à devenir un acteur du désarmement nucléaire mondial au sein des instances internationales et régionales

– obtenir le soutien des acteurs de la société civile française (organisations, personnalités, experts, individus…) à ces objectifs

– ouvrir un débat politique autour de ces questions afin d’inverser l’approche dogmatique de l’arme nucléaire comme « garantie de notre sécurité »

– convaincre l’État Français à adhérer au Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN)…

Par Luigi Mosca, publié le 20 juillet 2020

À propos de l’Auteur : Luigi Mosca est Docteur en physique – Physique des particules élémentaires. Domaines de recherche : Interactions fortes, physique des neutrinos, décomposition du proton et matière noire, dans les laboratoires de Saclay (CEA/France), du CERN (Genève), de Serpukhov (Russie) et LSM (Laboratoire de Fréjus). Ancien directeur du LSM « Laboratoire Souterrain de Modane » (CEA-CNRS). Militant pour le désarmement nucléaire dans l’Association « Abolition des Armes Nucléaires » (membre de l’ICAN) – luigimosca39@gmail.com

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