DIJON : UNE EXPOSITION EN FAVEUR DU DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Pour commémorer les 75 ans des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki (Japon), le collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires propose l’exposition «Agir pour le désarmement nucléaire» au Cellier de Clairvaux jusqu’au 9 août. L’inauguration a eu lieu ce lundi 3 août en présence de Christine Martin.

L’exposition a été réalisée par l’Observatoire des armements, avec le soutien de la Ville de Dijon. Elle invite à s’informer sur le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), adopté par 122 pays à l’ONU le 7 juillet 2017 et à réviser les différents traités adoptés par les Nations Unies suite «à la mobilisation citoyenne et qui ont fait évoluer nos sociétés» comme l’indique le collectif.

«Lanceurs d’alerte, c’est le rôle que vous avez»

Ce lundi 3 août 2020, l’inauguration de l’exposition se déroule dans un cellier à la climatisation naturelle du fait de l’ingéniosité des moines qui l’ont bâti. Christine Martin, adjointe au maire de Dijon déléguée à la Culture préside ce lancement car la Ville est adhérente de Maire pour la Paix, association internationale fondée en 1985 par les maires d’Hiroshima et de Nagasaki.

«Le monde est sans doute confronté à la plus forte des menaces nucléaires» déclare Christine Martin car «on a dans des pays puissants sur le plan nucléaire des hommes dont on peut imaginer que demain ils seraient prêts à intervenir».

Au-delà des deux seuls usages militaires opérationnels américains de la bombe atomique, Christine Martin évoque «les essais nucléaires dans le pacifique» et «les déserts dans lesquels on faisait ces essais nucléaires» en référence aux sites de Polynésie et d’Algériela France a réalisé des travaux de mise au point de ses armes atomiques avant de signer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires en 1996.

«On parle d’équilibre de la terreur, rien que ces mots-là me font frissonner» indique-t-elle en accord avec les exposants qui dénoncent le principe même de dissuasion nucléaire. «Se menacer les uns les autres, c’est une histoire de poker menteur, le jour où quelqu’un lâche prise, tout s’embrase» ajoute-t-elle.

À propos du site de Valduc du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies situé au nord de la métropole, l’adjointe au maire de Dijon relaie à son tour le fait que «ça fait des années que les citoyens s’interrogent sur ce centre». «Lanceurs d’alerte, c’est le rôle que vous avez» indique Christine Martin en s’adressant aux militants du collectif qui organisent régulièrement des «vigies citoyennes» près du site (lire le communiqué). Un propos tenu en compagnie du conseiller municipal de la majorité David Haegy.

Une demande : que Dijon signe l’Appel des Villes de l’ICAN

Jean-Claude Truaisch (Mouvement de la Paix) rappelle que 122 états de l’ONU ont approuvé le 7 juillet 2017 le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN). En revanche, les neufs pays – dont la France – disposant d’armes atomiques ne l’ont pas ratifié. Jean-Claude Traish demande «la progressive reconversion vers des recherches de paix, pour la santé notamment» du CEA de Valduc.

«Le monde nouveau ne peut se construire qu’à travers la démilitarisation des relations internationales, la réalisation des objectifs de développement et enfin de l’élimination totale des armes de destruction massive» déclare le militant pacifiste qui donne rendez-vous le 19 septembre prochain à Chenôve en vue d’une Marche pour la Paix.

Pour le collectif Sortir du nucléaire Côte-d’Or, Jean-Marc Convers rappelle que cela fait sept ans que des militants jeûnent pour commémorer les anniversaires des explosions d’Hiroshima et Nagasaki. La Ville de Dijon fait partie des signataires de la charte Maire pour la Paix et soutient ainsi les démarches des abolitionnistes comme la tenue d’un stand place François-Rude. Cette année, un spectacle tous publics de la compagnie théâtrale Fière allure aura lieu sous le préau de l’école Mansart le 8 août à 16 heures.

Jean-Marc Convers rappelle que le collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires demande que la Ville de Dijon signe l’Appel des Villes élaboré par l’ICAN (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons ou Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires) pour faire pression sur les états afin de signer le TIAN «parce que, malheureusement, les cibles des bombes nucléaires, ce sont des villes».

À son tour, Étienne Godinot (Mouvement pour une alternative non-violente) remercie la Ville de Dijon, notamment pour sa contribution à la collation qui sera proposée à la fin des quatre jours de jeûne (le dimanche 9 août à 12h15 au Cellier de Clairvaux). Étienne Godinot revient ensuite sur les crises ou conflits militaire qui ont émaillé l’histoire depuis 1945 impliquant des pays disposant d’armes nucléaires afin de battre en brèche la notion de dissuasion nucléaire (Égypte-Israël en 1967, Russie-Chine en 1969,  Argentine-Royaume-Uni en 1982, Inde-Pakistan en 1999, Russie-Ukraine en 2013…).

«Nous pouvons, si nous le voulons, mettre fin à la course aux armements nucléaires, le sens de l’histoire n’est pas celui que l’histoire imposerait aux hommes, c’est celui que les hommes doivent imposer à l’histoire» déclare-t-il en conclusion de cette inauguration.

Informations pratiques

«Agir pour le désarmement nucléaire», du 3 au 9 août 2020
Salle haute du Cellier de Clairvaux, 27 boulevard de la Trémouille à Dijon

Horaires

De 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h (fermeture à 16 h le 9 août)

Informations et contact: abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr, 

Tél : 06 32 71 69 90

Par Jean-Christophe Tardivon, publié le 3 août 2020 à 18h28

http://abolitiondesarmesnucleaires.org