CANICULE : POURQUOI LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH EST MISE À L’ARRÊT

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Golfech sont à l’arrêt, dont un à cause de la canicule. Cela n’aura pas d’impact sur la continuité d’approvisionnement en électricité en Occitanie.

La canicule continue de perturber la France. Alors qu’une vague de chaleur ralentit la France depuis plusieurs jours, les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) ont été mis à l’arrêt. Le premier est en maintenance, le second en raison de la canicule, pour éviter que la température de la Garonne en aval ne dépasse les 28 degrés, a indiqué mercredi l’électricien.

« En raison de l’évolution de la température de la Garonne observée depuis ce (mercredi) matin, avec des valeurs supérieures aux prévisions, l’unité de production n°2 de la centrale sera mise à l’arrêt en fin de matinée« , indique EDF sur son site, précisant que cela n’a « aucun impact sur la continuité d’approvisionnement en électricité« .

La centrale nucléaire de Golfech, située sur les bords de Garonne entre Agen et Toulouse, applique ainsi l’arrêté du 18 septembre 2006, qui impose notamment que la température moyenne journalière de la Garonne en aval ne dépasse pas 28°C afin de préserver la faune et la flore des milieux aquatiques.

« Très mauvaise » appréciation du fonctionnement du site

La centrale est composée de deux réacteurs de 1.300 mégawatts permettant de couvrir en moyenne 50% de la consommation électrique de la région Occitanie.

Elle prélève de l’eau dans la Garonne pour assurer le refroidissement de ses unités de production et pour alimenter les différents circuits nécessaires à son fonctionnement. Cette eau est ensuite restituée au fleuve à une température plus élevée (+ 0,2°C en moyenne), qui dépend du niveau de puissance des installations.

Un premier réacteur est en arrêt programmé depuis le 10 août pour « renouveler une partie de son combustible et réaliser des opérations de maintenance« , selon EDF. En juin, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait qualifié de « très mauvaise » son appréciation sur le fonctionnement général du site.

« L’ASN est très vigilante sur ce qui se passe actuellement à Golfech. Elle considère que les performances de sûreté nucléaire doivent faire l’objet d’une priorité absolue pour l’exploitant, et à ce titre-là, elle assure un suivi rapproché du site en 2020« , avait indiqué lors d’une vidéoconférence de presse Bertrand Frémaux, de la division de Bordeaux de l’ASN. Les deux réacteurs avaient déjà été arrêtés fin juillet 2019 en raison d’un épisode caniculaire.

Par Louis Chahuneau et AFP, publié le 12/08/2020 à 20:49

Photo en titre : Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/canicule-pourquoi-la-centrale-nucleaire-de-golfech-est-mise-a-l-arret-7800720093

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Note de facteur à l’article ci-dessous suite à la demande d’un abonné :

1 : Nous précisons que pendant les périodes de fortes chaleurs il y a aussi de la radioactivité et de la chimie qui sont intensivement rejetées dans les fleuves par les centrales nucléaires.

Comme les débits de ces fleuves sont réduits, la teneur des eaux en toxiques multiples est énorme.

À titre d’exemple, l’amibe « dévoreuse de cerveau » (Naegleria Fowleri) (*) prolifère intensément lors de ces phases météorologiques critiques :

Quelques données sur les 2 réacteurs de Golfech extraites du journal « Stop Golfech » :

– I – CNPE de Golfech, Campagne amibes 2003

 La campagne 2003 a démarré le 16 avril et s’est terminée le 31 octobre.

Le traitement en continu de désinfection de l’eau à la monochloramine est réalisé en mélangeant en milieu aqueux l’acide hypochloreux et le cation ammonium. […]

Les polluants chimiques rejetés par ce traitement sont constitués par : le chlorure (Cl), le sodium (Na+), le chlore résiduel total (CRT), les organochlorés (AOX) les Trihalométhane (THM) et les composés azotés : ammonium, nitrates (NO3) et nitrites (NO2) –

EDF précise que :

. aucun dépassement des autorisations n’a été observé  en 2003 – Les flux de Chlore résiduel total sont plus élevés qu’en 2002

. et surtout pour la première fois des valeurs de Trihalométhane ont été mesurées.

Voici donc le cadeau fait à la Garonne et à l’atmosphère par le traitement amibes sur 6,5 mois (199 jours) sur chaque réacteurs ! »

(1) Il est important de noter qu’une seule analyse est réalisée par semaine et que ces chiffres sont extrapolés par EDF simplement par calcul.

(*) https://www.rtl.fr/actu/international/etats-unis-un-cas-d-amibe-devoreuse-de-cerveau-confirme-en-floride-7800653459

2 : Toujours pour Golfech, une deuxième remarque concernant la citation de la dépêche :

«  L’arrêté du 18 septembre 2006, qui impose notamment que la température moyenne journalière de la Garonne en aval ne dépasse pas 28°C afin de préserver la faune et la flore des milieux aquatiques. »

Cette formulation journalistique laisse entendre une bonne prise en compte de l’environnement par la centrale nucléaire : et pourtant il s’agit d’un recul notable par rapport à la situation antérieure à l’arrêté cité : en effet EDF se devait d’arrêter les réacteurs quand la température mesurée de la Garonne dépassait  28°C !

Depuis 14 ans, EDF ne mesure plus la température de la Garonne mais la calcule. Comme si cela ne suffisait pas, cette température est lissée sur 24 h : cela permet à EDF sans entrave de dépasser largement ces 28 °C aux heures les plus chaudes d’une journée. 

3 : Voir la situation de la Garonne à ce jour :

Graphique 1:

Source : https://www.smeag.fr/sites/default/files/0807-infogaronne-08_0.pdf