ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN. PREMIÈRE VISITE DU DIRECTEUR DE L’AIEA À TÉHÉRAN LUNDI

Le directeur général de l’AIEA se rendra à Téhéran lundi pour « des réunions avec les autorités iraniennes de haut niveau », a indiqué samedi 22 août, l’Agence internationale de l’énergie atomique, basée à Vienne, dans un communiqué.

Cette visite sera la première de Rafael Mariano Grossi en Iran depuis sa prise de fonction en décembre dernier et elle aura lieu en amont d’une réunion de la commission mixte sur l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) le 1er septembre, convoquée à la suite d’un échange tendu entre Américains et Européens à l’ONU.

Accès à des sites iraniens

Au cours de ces discussions à Téhéran, Rafael Mariano Grossi abordera « la possibilité pour les inspecteurs de l’AIEA d’accéder aux endroits dans lesquels ils souhaitent se rendre », a indiqué l’Agence.

« J’ai décidé de venir personnellement à Téhéran afin de souligner l’importance de la coopération et de la mise en œuvre complète de tous les engagements en matière de garanties avec l’AIEA », a déclaré Rafael Mariano Grossi.

En juin, le président iranien Hassan Rohani a mis en doute l’indépendance de l’AIEA après l’adoption par cette instance onusienne d’une résolution admonestant l’Iran pour son refus d’autoriser l’inspection de deux sites suspects, une première depuis 2012.

Cette résolution, présentée par Paris, Londres et Berlin, a appelé la République islamique à autoriser l’AIEA à accéder à ces sites, afin d’établir si oui ou non l’Iran y a mené des activités nucléaires non déclarées au début des années 2000.

La commission mixte réunit début septembre

La commission mixte sur l’accord sur le nucléaire iranien, présidée par l’Union européenne (UE), réunira début septembre des représentants de Chine, France, Allemagne, Russie, Royaume-Uni et Iran.

Annoncée vendredi, cette réunion aura lieu après le refus opposé par les autres grandes puissances à l’activation par les États-Unis jeudi à l’ONU d’une procédure controversée pour réclamer le rétablissement d’ici un mois des sanctions internationales contre l’Iran.

Washington avait claqué la porte en 2018 du compromis international sur le nucléaire iranien, et la plupart des autres pays contestent sur le plan juridique la capacité des Américains à se prévaloir de statut de « participant » à l’accord de Vienne de 2015, comme ils l’ont fait jeudi.

Le ton est monté à l’ONU jeudi, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo allant jusqu’à accuser la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne d’avoir « choisi de s’aligner sur les ayatollahs » au pouvoir dans la République islamique.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 22/08/2020 à 15h23

Photo en titre : Le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (IAEA), Rafael Mariano Grossi (à gauche) et le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo (à droite), à Vienne, le 14 août. | LISI NIESNER / AFP

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