BELGIQUE : SELON SAMUEL COGOLATI, « ON PARLE TRÈS PEU DU FINANCEMENT DU DÉMANTÈLEMENT ET DE LA GESTION DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Selon Samuel Cogolati, « on parle très peu du financement du démantèlement et de la gestion des déchets nucléaires, alors que ça devrait commencer demain ».

Le député fédéral craint que les coûts ne soient sous-évalués.

Aujourd’hui, les montants provisionnés par Engie (à travers sa filiale Synatom) sont de 13,18 milliards d’euros, soit 42% de plus qu’il y a 4 ans.

« À l’étranger, les coûts de démantèlement sont 3 à 9 fois plus élevés. Engie est une société privée qui réinvestit son argent dans ses propres projets commerciaux. Elle évalue elle-même les provisions à faire pour le démantèlement, ce qui est un problème. Si elle devient insolvable, c’est le contribuable belge qui va trinquer ».

Concrètement, Écolo souhaiterait qu’une loi soit votée afin de transmettre la gestion des provisions nucléaires de Synatom à la Banque nationale de Belgique pour sécuriser l’argent et le rendre disponible immédiatement si l’on voulait commencer les travaux demain.

Reconversion économique: ouvrir la task-force

L’objectif d’Écolo serait un retour au « green field », c’est-à-dire un retour à une zone entièrement décontaminée et exploitable à d’autres fins après le démantèlement.

Pour les verts, une task-force interfédérale dotée de moyens spécifiques, issus des provisions, doit être mise sur pied afin de reconvertir le site avec un plan de redéploiement économique.

« C’est un enjeu qui doit mobiliser l’ensemble des forces politiques, il faut ouvrir la task force locale à d’autres échelles de pouvoir », estime Anabelle Rahhal.

Plan social: modifier la loi

« La sortie du nucléaire ne doit pas coïncider avec des suppressions d’emplois », avance Rodrigue Demeuse.

« Au contraire, le démantèlement doit être vu comme une opportunité. Mais on doit se préparer tôt. Afin de garantir le maintien des emplois existants – environ 1.000 emplois directs et autant d’emplois indirects – il faudrait modifier la loi de sortie du nucléaire de 2003 – qui prévoit un plan d’accompagnement social au moment de la fermeture – afin d’imposer un plan social dès aujourd’hui, qui intègre prioritairement les nouvelles opportunités liées au démantèlement. »

Article par Pierre Tar (Source Sudinfo ), publié le 8 septembre à 06h00

https://nandrin.blogs.sudinfo.be/archive/2020/09/08/selon-samuel-cogolati-on-parle-tres-peu-du-financement-du-de-310092.html