EDF PLONGE EN BOURSE, ÉMISSION D’OBLIGATIONS CONVERTIBLES EN ACTIONS

EDF plonge, plombé par l’impact d’une émission d’obligations convertibles (OC). « Il s’agit de la plus large émission convertible verte jamais réalisée« . Et le groupe a vu sa production d’électricité nucléaire (70,6% de la production totale en 2019) reculer de 17,6% sur un an en août en France.

EDF plonge à la Bourse de Paris. Les actions perdent 8%, à 8,14 euros, le géant tricolore de l’électricité étant affecté par l’impact dilutif d’une vaste émission d’obligations convertibles. Il s’agit d’obligations vertes convertibles en actions pour un montant maximal de 2,4 milliards d’euros, la plus importante émission du genre réalisée à ce jour. De plus, le groupe a vu sa production d’électricité nucléaire (70,6% de la production totale en 2019) reculer de 17,6% sur un an en août en France, à 22,9 térawatts-heures (TWh), essentiellement en raison des conséquences de l’épidémie due au nouveau coronavirus sur le programme d’entretien des centrales.

« Il s’agit de la plus large émission convertible verte (1) jamais réalisée« , selon la banque BNP Paribas qui a conseillé EDF dans cette opération. Les obligations convertibles présentent potentiellement des effets dilutifs, ce qui pèse sur les actions EDF. Via cet emprunt sur quatre ans, EDF « réaffirme ses ambitions dans le secteur des énergies renouvelables« . Ces obligations sont à option de conversion et/ou d’échange en actions nouvelles et/ou existantes. Ces titres de créance (à échéance 2024) seront émis à un prix compris entre 105,75% et 108% de leur valeur nominale, pour un rendement annuel compris entre 1,91% et 1,39%, selon un communiqué de l’émetteur. La valeur nominale des obligations fera ressortir une prime de conversion comprise entre 30% et 35% par rapport au cours de référence de l’action EDF cotée sur Euronext à Paris.

>> À lire aussi – Vers un mariage entre Engie et EDF ?

Le marché des obligations vertes, en plein essor, a connu une augmentation significative des émissions d’entreprises et souveraines ces deux dernières années. Servant à financer des projets environnementaux, il s’inscrit dans une stratégie durable face au changement climatique.

Début septembre, l’Allemagne a réalisé une émission de dette verte pour 6,5 milliards d’euros, rejoignant le club des émetteurs souverains d’obligations vertes dont font partie la France, la Belgique, l’Irlande, la Lituanie, les Pays-Bas et la Pologne. En outre, EDF a annoncé son intention d’émettre deux nouvelles tranches d’obligations hybrides libellées en euro, l’une à 6,5 ans et l’autre à 10 ans.

Par Kévin Comte, publié le 08/09/2020 à 12h14, mis à jour le 08/09/2020 à 12h46

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-plus-forte-baisse-du-sbf-120-a-la-mi-seance-du-mardi-8-septembre-2020-1379853

NDLR : rappelons pour mémoire qu’EDF a valu jusqu’à 83 € en novembre 2007 contre 8,14 € aujourd’hui. La politique du nucléaire y serait-elle pour quelque chose ?

(1) La France fait l’impossible à Bruxelles pour que l’Europe classe le nucléaire comme énergie verte. Même si elle y parvient, ne soyez pas dupes.