GRAVELINES : MOUVEMENT DE GRÈVE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Ce vendredi 2 octobre, les agents d’entretien de la centrale nucléaire de Gravelines ont entamé leur troisième jour de grève. Ils réclament de meilleures conditions de travail.

On travaille dans une centrale nucléaire, pas dans une chocolaterie ! »

Environ 80 sur les 200 agents d’entretien affectés à la centrale nucléaire de Gravelines sont sur le piquet de grève planté, à l’entrée du site depuis mercredi 30 septembre.

Depuis trois jours, les grévistes, emmenés par l’Union locale de la CGT Dunkerque, ont installé des chapiteaux devant l’entrée du site nucléaire et distribuent des tracts aux salariés pour expliquer leur mécontentement.

Fin 2019, EDF a lancé un appel d’offres pour le nettoyage.

C’est OMS Synergie qui a remporté l’offre pour démarrer en janvier 2020.

Depuis, rien ne va plus, selon les grévistes.

Ils pointent du doigt les conditions de travail qui ont, drastiquement, changé.

Une grande banderole est affichée à destination de la direction.

D’après les manifestants, il manque du matériel et des effectifs.

« La hiérarchie, c’est un bordel sans nom. Nous sommes considérés comme des pions… », crient les grévistes.

« On travaille sans planning depuis janvier. On bosse au jour le jour. »

Les salariés assurent avoir fait remonter les problèmes dès le mois de janvier, mais rien n’évolue.

Plus de primes, ni d’heures supplémentaires payées

Depuis que la société de nettoyage a changé, les salariés n’ont plus de prime, les heures supplémentaires ne sont pas payées.

Ils gagnent en moyenne 1 700 euros pour six matins, six après-midi et six nuits, « alors qu’on travaille dans la plus grande centrale nucléaire d’Europe », déclare Pierre Gonzalez, représentant de l’UL CGT de Dunkerque.

Il leur reste une prime de transport de 20 euros par mois.

Depuis trois jours, les agents sont en grève à l’entrée du site nucléaire.

« Nous voulons que les salaires soient revalorisés et que le personnel soit formé », poursuit l’élu CGT, qui souligne que « la convention avec OMS Synergie a été signée sans l’approbation de la CGT ».

Or, pour le syndicaliste, cette convention n’est pas adaptée à une centrale nucléaire  : « En salle des machines, ils sont deux ou trois personnes à travailler sans produit de nettoyage, sans aucune prime alors qu’il fait très chaud. La société ne donne qu’un tee-shirt, c’est tout ! »

Depuis le début de la grève, « personne n’est venue à notre rencontre », s’alarment les grévistes.

Deux cagnottes lancées pour soutenir les grévistes

« La direction nous a dit que si on n’était pas d’accord, c’était pareil. Qu’on ne tiendrait pas, car nous sommes en situation de précarité. »

Or, tous sont motivés pour poursuivre cette manifestation.

D’ailleurs, deux cagnottes ont été lancées pour aider les grévistes et les intérimaires, l’une sur Leetchi, l’autre à l’échelle locale au niveau de l’UL CGT Dunkerque.

Enfin, trois personnes ont été nommées pour représenter les grévistes.

« On a fait le premier pas et on attend un début de discussion. »

Par Rémi Foulon, publié le 02/10/2020

Photo en titre : Ils sont environ 80 sur le piquet de grève pour afficher leur mécontentement.

https://www.lepharedunkerquois.fr/96019/article/2020-10-02/gravelines-mouvement-de-greve-la-centrale-nucleaire