LEVÉE DE L’EMBARGO SUR LES ARMES: «DÉFAITE HISTORIQUE » DE WASHINGTON SELON TÉHÉRAN

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que l’expiration des sanctions de l’ONU contre son pays, qui expireront à minuit le 18 octobre, représente «défaite historique» pour les États-Unis, rapportent les agences iraniennes.

«L’embargo sur les armes énoncé dans la résolution 2231 expirera à 3 h 13 du matin du 18 octobre (dimanche prochain)», a déclaré Khatibzadeh aux journalistes lors d’une conférence de presse à Téhéran lundi.

Il a décrit la levée de l’embargo comme une défaite historique pour Washington, affirmant qu’«en dépit de toutes ses brimades, astuces et mesures illégales, les États-Unis n’ont pas atteint leur objectif d’étendre les embargos sur les armes de l’ONU contre l’Iran», affirmant que Washington a perdu son pouvoir.

En août, les États-Unis ont échoué dans une tentative visant à pousser le Conseil de sécurité à prolonger cet embargo et à rétablir les sanctions internationales contre l’Iran levées par la résolution 2231.

Plus tôt ce mois-ci, Khatibzadeh avait déclaré que son pays commencerait des accords d’armement avec d’autres pays une fois que les embargos de l’ONU expireraient le 18 octobre.

Moscou a pour sa part confirmé en septembre sa volonté de développer sa coopération en matière militaire avec l’Iran une fois l’embargo levé

L’ambassadeur de Russie à Téhéran, Levan Dzhagaryan, a déclaré que son pays reconnaissait l’expiration des sanctions de l’ONU contre l’Iran le 18 octobre et était prêt à fournir au pays son système de défense aérienne S-400.

« Nous avons dit depuis le tout premier jour qu’il n’y aura pas de problème pour vendre des armes à l’Iran à partir du 19 octobre », a déclaré Dzhagaryan dans une interview accordée samedi au journal en persan Resalat.

Il a souligné que la Russie ne craint pas les menaces américaines et restera attachée à ses engagements, ajoutant que Moscou est prête à étudier les propositions de la partie iranienne sur l’achat d’armes à la Russie après le 18 octobre.

«Comme vous le savez, nous avons fourni à l’Iran du S-300. La Russie n’a aucun problème pour livrer le S-400 à l’Iran et elle n’avait eu aucun problème avant non plus », a déclaré Dzhagaryan.

Après la suppression des sanctions pré-accord sur le nucléaire contre l’Iran, la Russie a livré des systèmes de défense aérienne S-300 au pays dans le cadre du contrat existant.

Et la Chine ne cache pas non plus son intention de vendre des armes à l’Iran après le 18 octobre.  

En mai 2018, le président américain Donald Trump a sorti unilatéralement les États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne, arguant, au contraire des autres États faisant partie à cet accord avec l’Iran (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie), que ‘accord n’offrait pas des garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de la bombe atomique.

L’accord de Vienne offrait à l’Iran, qui a toujours démenti vouloir se doter de l’arme nucléaire, une levée des sanctions internationales qui étouffaient son économie en échange de garanties vérifiées par l’ONU destinées à attester la nature exclusivement civile de ses activités nucléaires.  

Mais, depuis que Donald Trump a dénoncé l’accord conclu par son prédécesseur, Washington a rétabli toutes les sanctions contre l’Iran que les États-Unis avaient accepté de lever à Vienne et les a même amplifiées au nom d’une politique de «pression maximale» privant la République islamique des bénéfices qu’elle escomptait de l’accord.

En riposte, l’Iran s’est affranchi depuis 2019 de la plupart des engagements-clés qu’il avait pris à Vienne, notamment concernant la limitation de ses activités d’enrichissement de l’uranium.

Par La rédaction, publié le 12 octobre 2020 à 12 h 03 min

Photo en titre : Un missile SAM S-300 de fabrication russe, lors d’un défilé militaire à Téhéran, le 18 avril 2019. (AFP)

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