FUITES, FISSURES… L’ASN TIRE À BOULETS ROUGES SUR LA CENTRALE NUCLÉAIRE EDF DE FLAMANVILLE

Le redémarrage de réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville d’EDF est repoussé, suite à des « non conformités » relevées par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) égratigne à nouveau EDF, en dénonçant une nouvelle série de manquements à Flamanville. L’Autorité a relevé une longue série de « non conformités«  sur un réacteur de la centrale nucléaire, à l’arrêt, et dont le redémarrage est repoussé, a-t-on appris auprès du gendarme du nucléaire. Selon le site internet de RTE qui gère le réseau électrique, le redémarrage du réacteur 1 est repoussé au 15 décembre et celui du réacteur 2 au 8 novembre, alors qu’en avril ces redémarrages étaient annoncés pour le 31 octobre. Le réacteur 2 est en maintenance depuis le 10 janvier 2019. Le réacteur 1 est lui arrêté depuis le 18 septembre 2019 en raison de problèmes de corrosion. Leur redémarrage a été repoussé à plusieurs reprises.

Interrogé par l’AFP, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a indiqué que le report du redémarrage du réacteur 2 était en partie dû à des demandes de sa part. « Il s’agit de non conformités relevées par l’ASN notamment lors de ses inspections. Une autre partie concerne les justifications que l’ASN attend« , selon le service de presse du gendarme du nucléaire. Dans un courrier de 11 pages daté du 7 octobre disponible sur son site internet, l’ASN a ainsi formulé de nombreuses « demandes d’actions correctives » concernant notamment des « fuites d’huile » sur un moteur, des « joints intumescents de portes coupe-feu » à « remplacer« , la « vétusté » de compresseurs, des « fissures » sur béton armé, ou de la « corrosion » sur une vanne. Ce courrier fait suite à une « inspection annoncée » qui a eu lieu les 16 et 24 septembre, selon le document.

Interrogé par un correspondant de l’AFP, EDF a indiqué avoir envoyé des éléments de réponse à l’ASN. Concernant les causes du report du redémarrage du réacteur 1, l’ASN a renvoyé vers l’exploitant. EDF avait évoqué en septembre le report du redémarrage du réacteur 1 et sa volonté de « prioriser » celui du réacteur 2.

La centrale de Flamanville est placée sous surveillance renforcée de l’ASN depuis le 11 septembre 2019. À côté des réacteurs 1 et 2 de Flamanville, EDF construit l’EPR, qui connaît lui aussi de nombreux retards et surcoûts.

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Publié le 16/10/2020 à 17h18, mis à jour le 17/10/2020 à 9h37

Photo en titre : Marlene Awaad/Bloomberg via Getty Images 

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