BIDEN DIT ÊTRE PRÊT À RENCONTRER LE DIRIGEANT NORD-CORÉEN S’IL ACCEPTE DE RÉDUIRE SA CAPACITÉ NUCLÉAIRE

WASHINGTON, 22 oct. (Yonhap) — Joe Biden, candidat démocrate à la présidence des États-Unis, a déclaré jeudi qu’il ne rencontrerait le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un qu’à la condition que ce dernier accepte de réduire les capacités nucléaires de son pays.

«À la condition que (Kim) consente à réduire sa capacité nucléaire. Pour obtenir cela», a répondu Biden à la question sur les conditions préalables pour qu’il rencontre le dirigeant nord-coréen.

«La péninsule coréenne doit être une zone sans nucléaire», a-t-il ajouté lors du deuxième et dernier débat télévisé de l’élection présidentielle américaine avec son rival républicain Donald Trump.

L’ancien vice-président a argué que Trump et ses trois rencontres avec Kim avaient légitimé davantage le dictateur nord-coréen.

«Qu’est-ce qu’il a fait ? Il a légitimé la Corée du Nord. Il a parlé de son bon ami qui est un voyou, un voyou, et il dit que nous sommes dans une meilleure position», a indiqué Biden.

Ses remarques sont survenues juste après que Trump a dit de nouveau qu’il a empêché une guerre nucléaire avec la Corée du Nord.

«Devinez quoi. Il y aurait une guerre nucléaire et (Kim) a plein de capacités nucléaires. Entre-temps, j’ai de très bonnes relations avec lui, un autre type d’homme, mais il pense probablement la même chose à propos de moi. Nous avons des relations différentes. Nous avons de très bonnes relations et il n’y a aucune guerre», a dit Trump durant le débat télévisé, le dernier avant le 3 novembre, le jour de l’élection présidentielle.

Trump a affirmé que la question nord-coréenne était un «désordre» quand il a pris ses fonctions après l’ancien président Barack Obama et le vice-président Biden, mais qu’il a renversé la situation.

«Ils m’ont laissé un désordre. La Corée du Nord était un désordre. Et, en fait, si vous vous souvenez des deux ou trois premiers mois, il y avait une période très dangereuse avant que nous l’ayons réglée un peu», a-t-il dit.

Biden a affirmé que Trump n’a rien fait que de permettre à la Corée du Nord de renforcer ses capacités nucléaires de longue portée.

«Il dit que nous sommes dans une meilleure position et ils ont beaucoup plus de missiles capables d’atteindre le territoire américain, beaucoup plus facilement qu’avant», a déclaré Biden.

La Corée du Nord maintient un moratoire sur les tests nucléaires et de missiles à longue portée depuis la fin de 2017, environ six mois avant que Kim ait tenu le tout premier sommet entre les avec Trump à Singapour en juin 2018.

Cependant, Kim a dit plus tard qu’il ne voyait aucune raison de s’en tenir aux restrictions qu’il avait imposées lui-même à son pays.

Le 10 octobre dernier, le pays communiste a dévoilé un nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) d’une portée plus longue lors de la parade militaire du 75ème anniversaire de la fondation du Parti du travail au pouvoir.

Trump n’a pas dit s’il se sentait trahi par le fait que le Nord a dévoilé un nouvel ICBM. Il a déclaré qu’il savait que le Nord ne causerait aucun problème.

«Vous savez, il y a environ deux mois, il a franchi une certaine limite. Ils ont dit, « Oh, il va y avoir des problèmes ». J’ai dit non parce qu’il ne va pas le faire et j’avais raison», a dit le président américain.

Trump a tenu trois réunions avec le dirigeant nord-coréen, dont leur deuxième sommet bilatéral tenu à Hanoï en février 2019.

Leurs discussions ont été suspendues toutefois depuis que le sommet de Hanoï s’est terminé sans accord.

Trump s’est vanté de ses rencontres avec Kim en affirmant que Kim avait refusé de rencontrer son prédécesseur démocrate Barack Obama.

«Il n’aimait pas Obama. Il ne l’aimait pas. Il ne l’aurait pas fait. Ils ont essayé. Il ne l’aurait pas fait», a dit le président américain.

Biden a insisté sur le fait que Kim ne voulait pas rencontrer Obama parce que le président américain précédent a refusé de légitimer le dirigeant nord-coréen.

«La raison pour laquelle il n’a pas rencontré le président Obama, c’est parce que le président Obama a dit, « Nous allons parler de la dénucléarisation. Nous n’allons pas vous légitimer. Nous allons continuer de mettre en avant des sanctions plus fortes et plus fortes contre vous ». C’est pour cela qu’il ne nous a pas rencontrés», a expliqué Biden.

Trump a souligné une nouvelle fois que, s’il n’avait pas été là, ils auraient été en guerre avec la Corée du Nord et que «32 millions de personnes à Séoul, des millions de personnes seraient morts maintenant».

«Nous ne sommes pas en guerre, nous avons de bonnes relations. Avoir de bonnes relations avec les dirigeants de notre pays est une bonne chose», a-t-il déclaré lors du débat.

Séoul ne compte qu’environ 10 millions de personnes alors que le grand Séoul, qui englobe la province du Gyeonggi et la ville portuaire d’Incheon, dans l’ouest du pays, abrite 25 millions de personnes.

Biden a repris Trump en disant que les États-Unis avaient une «bonne relation avec (Adolf) Hitler avant qu’il n’envahisse le reste de l’Europe».

mjp@yna.co.kr

Dans Actualités, publié le 23.10.2020 à 16h36

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