ET SI LA BLOCKCHAIN SERVAIT AU DÉSARMEMENT ?

La blockchain aurait-elle pu mettre fin plus tôt à la guerre froide ? Georges W Bush aurait-il opté pour l’option blockchain plutôt que pour l’invasion de l’Irak pour trouver les fameuses Armes de Destruction Massives ?

La blockchain s’invite dans la politique internationale en proposant une solution technique pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires.

La blockchain signe le TNP

Les chercheurs du Centre for Science and Security Studies du King’s College de Londres proposent de se tourner vers la blockchain pour s’attaquer au problème du désarmement nucléaire.

Ils indiquent que le traité de non-prolifération (TNP) rencontre constamment des problèmes de coopération internationale, dont l’origine serait l’asymétrie existant entre les États dotés d’armes nucléaires et les États non dotés d’armes nucléaires (NNWS).

Pour les NNWS, la contribution se limite à la conception d’outils de vérification multilatérale du désarmement. Les lacunes techniques de ces pays restreignent toutefois leurs capacités, compromettant ce processus de vérification.

L’autre difficulté dans le contrôle de l’application du TNP réside dans l’absence de confiance mutuelle entre les parties prenantes au traité quant au respect de leurs engagements, une méfiance empêchant une collaboration efficace.

Une sauce technique inefficace sans coopération interétatique

Les chercheurs recommandent une approche technique et opérationnelle, plutôt que politique, pour lutter contre la prolifération des armes nucléaires.

Ils soutiennent que la blockchain pourrait être un outil essentiel de vérification en fournissant un enregistrement crypté immuable servant de chaîne de garde – un enregistrement chronologique détaillant les lieux et dates de collecte ou de réception des preuves – pour les éléments imputables au traité.

Sur la question de la confiance, le recours à la blockchain permet à des tiers de contrôler l’intégrité des données sans accéder aux informations sensibles.

Le rapport souligne également le potentiel des contrats intelligents associés à des contrats algorithmiques pour créer une couche de base sécurisée pour l’infrastructure d’un Internet des Objets combinant capteurs et contrôleurs.

Cette infrastructure peut être déployée pour effectuer des vérifications en temps réel sur des sites éloignés et alerter les parties concernées des violations du traité.

Les chercheurs admettent néanmoins que le succès de l’utilisation de la blockchain dépendra de la volonté des États et de la manière dont les objectifs seront poursuivis.

La blockchain veut instaurer la paix dans le monde : ça fait cliché même lors d’un concours de Miss. Avant de s’attaquer aux problèmes du nucléaire, la blockchain pourrait déjà servir de base de données fiable et sécurisée pour l’enregistrement des armes à feu aux États-Unis : commencer petit, avant de s’attaquer aux gros poissons.

Par Zoe De la Roche , publié le 9 novembre 2020 à 14h42

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