CORÉE DU NORD : BIDEN S’EMPLOIE À RASSURER SÉOUL

Le futur locataire de la Maison-Blanche s’est entretenu ce jeudi avec le président sud-coréen. Joe Biden a notamment réaffirmé qu’il coopérera « étroitement » avec Séoul pour le règlement de la question nucléaire nord-coréenne. Pyongyang n’a toujours pas réagi aux résultats de l’élection américaine.

Si le couple formé par Donal Trump et Kim Jong-un restera sans doute associé à un improbable rapprochement, qui a coupé court, entre Washington et Pyongyang, la question nord-coréenne est désormais à l’agenda de Joe Biden. Et le président élu s’est entretenu ce jeudi avec le président sud-coréen Moon Jae-in.

Les deux hommes se sont accordés à travailler étroitement pour résoudre la question nucléaire nord-coréenne et Joe Biden a décrit la Corée du Sud comme un « pivot » de la sécurité et de la prospérité dans la région indo-pacifique, selon le porte-parole de la présidence sud-coréenne. Preuve que si les dossiers prioritaires de Joe Biden sont plutôt la lutte contre le coronavirus et la relance de l’économie, le dossier nord-coréen reste dans son radar.

Kim Jong-un est un « voyou », selon Joe Biden

Lors de cet entretien téléphonique qui a duré un petit quart d’heure, le futur locataire de la Maison-Blanche a réaffirmé l’engagement de Washington pour la sécurité de la Corée du Sud et a déclaré qu’il coopérera « étroitement » avec Séoul pour le règlement de la question nucléaire nord-coréenne. Un satisfecit pour le président Moon Jae-in qui n’avait que peu de poids dans la définition de la politique américaine dans la péninsule coréenne et était ouvertement snobé par Donald Trump. Pour le plus grand plaisir de Pyongyang.

Ce rapprochement entre Washington et Séoul risque de ne pas beaucoup plaire à Kim Jong-un qui, sous la présidence de Donald Trump, était parvenu à retrouver une certaine respectabilité au plan international. Ou pour le moins le statut d’un interlocuteur plus fréquentable.

Il en sera tout autrement avec Joe Biden. De fait, lors du dernier débat de l’élection présidentielle , celui-ci avait été particulièrement sévère avec Donald Trump. Celui qui était alors seulement candidat démocrate avait alors qualifié Kim Jong-un de « voyou ». Et était alors allé jusqu’à comparer la stratégie de Donald Trump à un rapprochement avec Adolf Hitler. Donald Trump avait, lui, mis en avant le fait qu’il avait ainsi éloigné la menace d’une « guerre nucléaire ».

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Le silence de Pyongyang

En tout état de cause, Joe Biden est loin de jouir d’un capital de sympathie à Pyongyang. Le pouvoir nord-coréen n’a toujours pas réagi officiellement à l’élection du futur locataire de la Maison Blanche qui, il y a quelque temps encore, était comparé par les médias officiels à « un chien enragé qui devrait être battu à mort ». 

Un silence qui pourrait aussi s’expliquer par le fait que le leader nord-coréen n’est pas apparu en public depuis le 21 octobre. Il s’était alors rendu dans un cimetière de soldats chinois tombés durant la guerre de Corée.

Reste à savoir comment Pyongyang se manifestera. Si le pouvoir nord-coréen ne va pas nécessairement réagir officiellement à l’élection de Joe Biden, il pourrait se rappeler aux bons souvenirs de Washington en effectuant un nouveau tir de missile balistique ou bien encore un test nucléaire. Tout serait alors une question de calendrier.

La date de l’investiture de Joe Biden, le 20 janvier prochain, pourrait en ce sens être symbolique, mais par le passé Pyongyang s’est souvent joué des pronostics. Ce n’est qu’un mois après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche que la Corée du Nord avait, en 2017, effectué un tir de missile.

Par Claude Fouquet, publié le 12 novembre 2020 à 12h45, mis à jour le 12 novembre 2020 à 15h11

Photo en titre : Joe Biden et Moon Jae-in se sont entendus pour travailler étroitement pour résoudre la question nucléaire nord-coréenne (SOUTH KOREA PRESIDENTIAL BLUE HOUSE/AP/SIPA)

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