LE ROYAUME-UNI LANCE SA “RÉVOLUTION INDUSTRIELLE VERTE”

Le gouvernement britannique a présenté mercredi 18 novembre des mesures censées créer des dizaines de milliers d’emplois tout en plaçant le pays sur le chemin de la neutralité carbone à l’horizon 2050. Si la fin de la vente des voitures thermiques en 2030, l’une des annonces phare, est accueillie avec enthousiasme, le montant des investissements ne satisfait pas tout le monde.

Voitures électriques, éolien, isolation des logements : le gouvernement britannique a dévoilé mercredi 18 novembre un plan en 10 points “pour un futur plus vert”. L’objectif, à un an de la COP26 organisée à Glasgow, au Royaume-Uni : donner au pays les moyens d’atteindre la neutralité carbone, un objectif fixé à l’horizon 2050 par Londres.

Cette “révolution industrielle verte”, comme l’appelle le Premier ministre conservateur, Boris Johnson, “devrait permettre de créer et de soutenir quelque 250 000 emplois”, explique The Guardian. Parmi les points clés listés par le quotidien londonien :

  • l’interdiction de la vente de voitures thermiques en 2030, dix ans avant la date limite initialement choisie par l’exécutif (la France se donne jusqu’en 2040, tout comme l’Espagne) ;
  • la multiplication par quatre de la capacité de production du secteur éolien, dans le but de générer assez d’électricité pour approvisionner “chaque foyer du pays” en électricité d’ici à dix ans ;
  • des investissements dans le nucléaire et dans la production d’hydrogène ;
  • un milliard de livres sterling (1,1 milliard d’euros) à destination de la rénovation thermique des logements et des bâtiments publics ;
  • un investissement de 200 millions de livres (223 millions d’euros) dans des initiatives de stockage du dioxyde de carbone ;
  • la plantation de 30 000 arbres par an ;
  • la volonté de construire le premier avion “zéro émission” capable d’effectuer des vols longs courriers ;
  • une enveloppe de 2 milliards de livres (2,2 milliards d’euros) pour favoriser la pratique du vélo et de la marche.

Évalué à 12 milliards de livres (13,4 milliards d’euros), le plan est accueilli favorablement par les organisations non gouvernementales de protection de l’environnement, à l’image de Greenpeace UK, qui salue “la fin de parcours pour les véhicules polluants. Mais il est dommage que le Premier ministre persiste avec le nucléaire et l’hydrogène, obtenu grâce à des énergies fossiles, tempère l’organisation.

Dans le même temps, le montant de l’enveloppe pose également question. Pour l’opposition travailliste, dont la proposition de plan de relance vert comprend des investissements à hauteur de 30 milliards de livres, “il s’agit d’une pâle imitation de ce dont nous avons réellement besoin, avec des mesures réchauffées”. En parallèle, insiste le Labour, “la France et l’Allemagne ont alloué des dizaines de milliards d’euros dans des plans de relance similaires”.

Publié le 18/11/2020 à 15H00

Photo en titre : Une éolienne surplombe la ville de Blyth, dans le nord-est de l’Angleterre, le 13 décembre 2019.  LINDSEY PARNABY / AFP

https://www.courrierinternational.com/article/transition-le-royaume-uni-lance-sa-revolution-industrielle-verte

NDLE : dommage que le nucléaire et l’hydrogène issu d’énergies fossiles gâchent terriblement  ce projet de révolution industrielle soi-disant « verte ».