TOUJOURS PAS D’ACCORD EN VUE ENTRE LA FRANCE ET L’EUROPE SUR LA RÉORGANISATION D’EDF

Les discussions entre le gouvernement français et la Commission européenne sur l’avenir d’EDF ne semblent guère avancer. « Nous ne sommes qu’au début du chantier« , a estimé la ministre de la Transition écologique le 13 janvier. 

La France et la Commission européenne n’ont toujours pas trouvé de compromis sur la refonte d’EDF. Le projet de réorganisation des activités de l’électricien fera l’objet d’une discussion spécifique au Parlement, mais seulement si les négociations sur le sujet avec l’Europe aboutissent, a déclaré mercredi 13 janvier la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. Nommé Hercule, ce chantier suscite une vive opposition des syndicats.

« Les échanges se poursuivent »

La réorganisation prévoit notamment une séparation entre le parc nucléaire existant d’EDF et une grande partie de ses activités liées aux énergies renouvelables, ainsi qu’une ouverture du capital de ces dernières. Sa mise en œuvre découlerait d’une réforme de la régulation du parc nucléaire existant, connue sous le nom d’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), afin de garantir la couverture des coûts d’EDF.

Lors d’un débat au Sénat, le gouvernement a fait un point d’étape sur les discussions complexes avec l’exécutif européen. « Nous ne sommes qu’au début du chantier. À ce stade, nous ne sommes pas encore parvenus à un accord global avec la Commission européenne et les échanges se poursuivent. Cela prend du temps, mais c’est aussi parce que le gouvernement tient bon sur les points essentiels du projet et parce qu’on veut qu’il soit solide« , a expliqué Barbara Pompili.

Toujours pas de calendrier

« Si cette négociation ouvre le champ des possibles […], jamais elle ne préemptera la voix des élus de la nation et l’indispensable discussion parlementaire sur l’avenir d’EDF avant toute réforme« , a ajouté la ministre. Elle a précisé que le sujet ferait l’objet d’une « discussion spécifique« .

« Non, nous n’allons pas dépecer EDF […]. Non, nous n’allons pas non plus démanteler le groupe. Et oui, évidemment, nous préserverons le statut des salariés« , a également assuré Barbara Pompili. Elle a souligné que la réforme envisagée visait à doter EDF d’une structure à même de pérenniser ses activités, d’accroître ses perspectives de développement et de financer sa croissance. La ministre, qui n’a pas fourni de calendrier de mise en œuvre du projet, a également précisé que celui-ci n’aurait « aucun impact » sur les tarifs réglementés de l’électricité.

Problème d’endettement chez EDF

Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, a lui aussi assuré mardi 12 janvier que la transformation d’EDF n’aboutirait pas au « démantèlement » redouté par les syndicats et qu’elle visait à donner au groupe « les moyens de se développer« , à la fois dans les renouvelables et le « nouveau » nucléaire. « Aujourd’hui, EDF va dans le mur si nous ne sommes pas capables de lui donner les moyens d’investir« , a-t-il justifié, estimant que le niveau d’endettement du groupe n’était pas « soutenable« .

BFM Business a rapporté mercredi 13 janvier que les négociations autour d’EDF suscitaient des « tensions extrêmes » entre le gouvernement français et l’exécutif européen, en raison de désaccords sur l’avenir de la branche commerciale et des barrages du groupe. De même source, les deux parties se donneraient désormais jusqu’à la fin du premier trimestre pour trouver un compromis.

Avec Reuters (Benjamin Mallet, avec Gwénaëlle Barzic, édité par Nicolas Delame), publié le 13 janvier 2021 à 21h27, mis à jour le 14 janvier 2021 à 07h43

Photo en titre : La réorganisation d’EDF prévoit notamment une séparation entre le parc nucléaire existant d’EDF et une grande partie de ses activités liées aux énergies renouvelables. /Photo d’archives/REUTERS/Pascal Rossignol © Pascal Rossignol

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