IL SE POURRAIT QU’ON FABRIQUE BIENTÔT DES CASSEROLES À PARTIR DE DÉCHETS RADIOACTIFS

Un internaute nous interroge sur la fabrication d’objets de la vie courante à partir du recyclage de métaux très faiblement irradiés. Qu’est-ce que ce projet ? Pourrait-il vraiment voir le jour ? Quel danger pour la population ? Voici ce que l’on sait.

De quoi s’agit-il ?

D’un projet mis en consultation sur le site du Ministère de la Transition Écologique, qui envisage d’autoriser la fabrication d’objets de la vie courante à partir du recyclage de métaux très faiblement irradiés. Objectif ? Collecter des ferrailles peu contaminées issues des centrales nucléaires, les faire fondre et les décontaminer avant de les recycler dans des objets de consommation courante. Casseroles, poussettes, fers à béton, carrosserie d’auto pourraient, à terme, être composés de ces matériaux « faiblement » radioactifs ! Un projet de « technocentre » pour retraiter ces « ferrailles » serait prévu sur le site de Fessenheim.

Quels sont les arguments du Ministère de l’Écologie ?

Le cabinet de Barbara Pompili, contacté par nos collègues du Parisien, affirme que cette pratique serait très strictement encadrée, que l’Allemagne, la Suède ou les États-Unis y ont recours et que cette réutilisation peut être bénéfique dans une logique environnementale de réutilisation des métaux.

Pourquoi ça inquiète ?

Parce que jusqu’ici c’était tout simplement interdit en France, explique le réseau Sortir du nucléaire, qui a repéré le texte. Et même si l’on promet que les objets en question n’émettront pas de radioactivité supérieure à la radioactivité naturelle, l’exposition prolongée même à une dose faible, qui serait par exemple contenue dans des ustensiles culinaires, pourrait être dangereuse, avance l’ONG. Qui s’inquiète aussi que ce texte ne soit que le début d’un processus de déresponsabilisation de l’industrie nucléaire, l’ensemble des produits pouvant au fur et à mesure être proposés à la dispersion.

Par Béatrice Quintin, publié le 18 janvier 2021, Photo en titre : Pixabay

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NDLR : la radioactivité « naturelle » n’est pas dans danger (le radon par exemple, gaz naturel par excellence, est en France la deuxième cause de la mortalité par cancer du poumon avec environ 3 000 morts par an. Donc rajouter « un peu » de radioactivité dans notre environnement immédiat (la cuisine par exemple pour les casseroles ou la maison pour les fers à béton) ne peut qu’amplifier les risques et dégâts déjà existants.