DIJON : UN COLLECTIF FÊTE L’ENTRÉE EN VIGUEUR DU TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires a manifesté devant la préfecture de la Côte-d’Or ce vendredi 22 janvier. Les militants demandent notamment la «réorientation rapide des 23 milliards d’euros d’investissements de 2022 à 2025, programmés pour des armes désormais illégales».

Communiqué du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des  armes nucléaires du 22 janvier 2021 :

Ce 22 janvier 2021 est la date historique de l’entrée en vigueur du Traité sur l’abolition des armes nucléaires (TIAN), après 13 ans d’actions de diplomates, associations et citoyens, avec une douzaine de rassemblements en France.

La nouvelle norme du droit international

Le TIAN est le premier traité juridiquement contraignant, il complète les engagements du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et assure la mise en œuvre de son article 6. Selon les termes du Traité, qui devient la norme du droit international, il sera illégal pour les États-parties de « mettre au point, tester, produire, acquérir, posséder, stocker, utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires ». Les États adhérents au traité désignent une ou des autorités internationales compétentes pour négocier et vérifier l’abandon irréversible des programmes d’armement nucléaire, y compris l’élimination ou la reconversion irréversible de toutes les installations liées aux armes nucléaires.

À Dijon, un rassemblement était organisé devant la Préfecture par le ‘Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ et une délégation a été reçue en Préfecture : Jean-Marc Convers (Les Amis de la Terre), Étienne Godinot (Mouvement pour une Alternative Non-violente), Raphaël Porteilla (Mouvement de la Paix) et Jorge Zwaig (Association des médecins français pour la prévention de la guerre nucléaire – IPPNW, Nobel de la paix 1987) on fait part aux représentants du Préfet de leurs critiques sur la dissuasion nucléaire française,

inefficace (une arme inutilisable n’a aucun effet dissuasif),

dangereuse (prolifération, risques d’accidents, d’erreurs humaines, de défaillances techniques, cyberattaques, etc.),

immorale, antidémocratique, ruineuse et surtout démobilisatrice (la défense de la démocratie ne reposant que sur une seule personne),

– et enfin, illégale depuis ce 22 janvier.

Le Collectif a transmis les demandes citoyennes suivantes :

– Respect par la France de ses engagements dans le cadre de l’article 6 du Traité de Non-Prolifération (TNP) qu’elle a signé en 1992 et qu’elle viole allègrement depuis 30 ans, en modernisant ses armes de destruction massive : les programmes ‘Mégajoule’ au Barp, ‘Epure’ au C.E.A. de Valduc (Commissariat à l’énergie atomique & aux énergies alternatives, à 45 km de Dijon, qui entretien et modernise les 290 bombes atomiques françaises) dans le cadre du Traité franco-britannique Teutatès, missiles balistiques intercontinentaux M-51, missile de croisière ASMP-A (Air Sol Moyenne Portée Amélioré).

– Adhésion de la France au TIAN dans le cadre d’une politique européenne de sécurité,

– Reconversion progressive des centres CEA-DAM (Direction des applications militaires) à des activités civiles, notamment à Valduc, la reconversion étant d’autant moins difficile qu’elle sera anticipée et que le CEA a maintenant les énergies alternatives dans ses attributions. (NDLR : et on s’étonne que la France soit très en retard dans ce domaine d’avenir !)

– Réorientation rapide des 23 milliards d’euros d’investissements de 2022 à 2025, programmés pour des armes désormais illégales.

Le collectif a évoqué aussi :

– le risque d’écocide : Alors que le Président de la République entend inscrire dans la constitution la protection de l’environnement, une explosion nucléaire serait un véritable écocide au regard des effets dévastateurs sur les humains, la planète et les générations futures.

– les risques propres au CEA Valduc (émissions polluantes, …).

– Le besoin de débat démocratique, au sein de la représentation nationale et de la population, afin d’ouvrir des possibles au lieu de décisions qui viennent du « haut ».

Une mobilisation nationale et mondiale

Une trentaine de personnes était présente malgré la pluie. Des manifestations pour fêter le TIAN ont lieu ce week-end à Bordeaux, Carhaix-Plouguer, Lyon, Marseille, Paris, Privas, Tours, Vénissieux, Brest, Manosque.

Dans la foulée des engagements très forts du Pape et du Vatican, premier Etat à avoir ratifié le TIAN, les évêques catholiques des USA demandent au nouveau Président Jo Biden de faire du désarmement nucléaire sa «priorité absolue», et plaident pour la prolongation du traité New Start entre Moscou et Washington relatif au contrôle des armes nucléaires, qui arrive à expiration le 5 février et pour l’adhésion au TIAN.

Une des premières conséquences très positive du TIAN : une quarantaine d’organismes financiers (dont la Deutsche Bank et deux des plus importants fonds de pension mondiaux) ont déjà décidé d’arrêter le financement des armements nucléaires.

Comment les citoyens peuvent soutenir le TIAN ?

Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des Villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre député et sénateur pour que la France ratifie le TIAN.

Participez aux vigies citoyennes (la prochaine à Dijon sera le samedi 6 février à 14 h), à Paris et ailleurs

Venez soutenir les 3 dijonnais lanceurs d’alerte au procès correctionnel du 12 février à 14 h devant le Tribunal judiciaire de Dijon, boulevard Clémenceau

Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique, et n’hésitez pas à changer pour une banque éthique, grâce au guide éco-citoyen “Choisis ta banque !” sur le site des Amis de la Terre

Intéressez-vous aux questions de sécurité internationale et de défense de la démocratie, notamment aux alternatives reposant sur les stratégies de non-coopération avec un pouvoir illégitime.

Prochains rendez-vous, rejoignez-nous !

DIJON :

Samedi 6 février : Treizième Vigie citoyenne mensuelle pour demander que la France adhère au TIAN et la reconversion du CEA Valduc. 14 à 17 h centre-ville.
Vendredi 12 février, procès : La bombe atomique, le CEA Valduc et les 3 dijonnais.

Rassemblement de soutien au 3 dijonnais en procès pour intrusion non-violente au CEA Valduc : 14 h devant le Tribunal 13 Bd Clemenceau. Info procès et lettre de soutien sont sur le site d’Abolition des armes nucléaires.

BESANÇON :

Mercredi 3 février, plantation par la Ville d’un ginkgo biloba pour le désarmement nucléaire.

Les vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoire de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Par le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, http://abolitiondesarmesnucleaires.org
abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr
Tél : 06 14 24 86 96

Photo en titre : Dijon : devant la Préfecture, citoyens et associations fêtent l’entrée en vigueur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN)

https://www.infos-dijon.com/news/vie-locale/vie-locale/dijon-un-collectif-fete-l-entree-en-vigueur-du-traite-d-interdiction-des-armes-nucleaires.html