LA CARTE DU NUCLÉAIRE DANS LE MONDE APRÈS FUKUSHIMA

Synthèse : Dix ans après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, la géographie mondiale de l’énergie nucléaire a été revue, son centre de gravité se déplaçant vers la Chine et la Russie.

L’accident de Fukushima a précipité le nucléaire dans une nouvelle dimension : plusieurs pays occidentaux se sont peu à peu détournés de cette énergie, qui fournit encore 10 % de l’électricité au niveau mondial. Dans le même temps, la Chine et la Russie sont devenues les moteurs de cette industrie au niveau mondial, faisant basculer son centre de gravité. Fin 2020, 412 réacteurs étaient en activité dans trente-trois pays, contre 429 fin 2010. Dans les prochaines années, l’Allemagne, la Belgique et la Suisse doivent arrêter leurs réacteurs. Le Royaume-Uni va devoir fermer la quasi-totalité de ses réacteurs également, mais a décidé d’en construire de nouveaux.

Ces dix dernières années, la Chine a engagé presque la moitié des projets de nouvelles constructions et a un carnet de commandes bien rempli, avec notamment la promotion d’un réacteur 100 % chinois, le Hualong-1. Quelques pays se sont également lancés dans l’aventure nucléaire plus récemment, comme les Émirats arabes unis, la Biélorussie ou la Turquie. En Europe, outre le Royaume-Uni, la République tchèque et la Pologne envisagent de construire de nouvelles centrales, mais n’ont pas encore arrêté de calendrier précis.

La France, dont le parc nucléaire est vieillissant, doit décider, dans les prochaines années, si elle entend se lancer dans la construction de nouveaux réacteurs.

Source : Agence internationale de l’énergie (IEA)

Par Éric Dedier , Romain Imbach , Marianne Pasquier et Nabil Wakim, publié le 11 mars 2021 à 16h33, mis à jour à 16h59

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