À GENÈVE, UNE EXPOSITION POUR INTERDIRE LES ARMES NUCLÉAIRES

En 1945, Hiroshima et Nagasaki étaient frappées par deux bombes atomiques américaines. Une collection d’objets et de photos provenant des deux villes japonaises est visible aux Nations unies à Genève pour inciter les États à rejoindre le traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Les Nations unies à Genève, où se tiennent des conférences sur le désarmement, abritent depuis dix ans une exposition permanente d’objets témoignant de l’horreur des bombardements atomiques de la Seconde guerre mondiale. On peut y voir, sur de grands panneaux, des photographies de paysages dévastés en un instant par les bombes, un morceau du mur extérieur de l’église Urakami de Nagasaki, située très près du centre de l’explosion et démantelée après la guerre, ou encore des fragments de verre et de céramique fondus par la chaleur des bombes. Les lieux et les objets ont été si mutilés qu’il est difficile de les identifier à première vue.

L’église d’Urakami était la plus grande église catholique de la région Asie-Pacifique jusqu’à sa destruction complète par la bombe atomique que les États-Unis ont larguée sur Nagasaki en 1945. Des appels furent lancés pour préserver l’église bombardée en tant que monument historique, mais elle fut démolie en 1958. Coutesy of Nagasaki Atomic Bomb Museum

Août 2021 a marqué le 76ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki. Lors de la cérémonie de commémoration de la paix du bombardement atomique, le 6 août de cette année, le maire d’Hiroshima, Kazumi Matsui, a fait une déclaration de paix: «Avec Nagasaki et les personnes du monde entier animées du même esprit, nous nous engageons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour abolir les armes nucléaires et tracer la voie vers une paix mondiale durable». 

«Avec tout le respect que je dois au gouvernement japonais, je demande une médiation productive entre les États dotés d’armes nucléaires et ceux qui n’en sont pas dotés», a-t-il ajouté. La déclaration de paix de Nagasaki, publiée début août, contenait des déclarations similaires et demandait également au gouvernement japonais de participer aux discussions sur le traité d’interdiction des armes nucléaires (TPNW) en tant qu’observateur. La déclaration stipule que «Nagasaki doit être la dernière ville frappée par la bombe A».

Lenteur des discussions

En janvier, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TPNW), qui prohibe le développement et la possession d’armes nucléaires, est entré en vigueur. Mais aucun État doté d’armes nucléaires n’a adhéré au traité. Pas plus que le Japon, seul pays à avoir subi une attaque nucléaire. La Suisse, qui abrite l’Office des Nations unies à Genève, a également prolongé sa discussion sur la ratification du TPNW jusqu’à la fin de 2021 et se montre prudente quant à la signature du traité. Alors que deux bombes nucléaires ont été utilisées à Hiroshima et Nagasaki, il existe aujourd’hui 13 400 bombes nucléaires dans le monde.

Tatiana Valovaya, directrice générale de l’ONU à Genève, affirme que l’exposition sur la bombe atomique dans le hall du bâtiment E a pour but de continuer à influencer la discussion sur l’abolition des armes nucléaires.

«Cette exposition continuera à rappeler ce qui s’est passé il y a plus de trois quarts de siècle. Située au cœur de la capitale mondiale du désarmement, elle incitera la communauté internationale à Genève à œuvrer en faveur d’un monde sans armes nucléaires», explique-t-elle.

Les Nations unies et le gouvernement japonais ont convenu le 9 août de prolonger l’exposition pour dix années supplémentaires.

Par Akiko Uehara, publié le 19 août 2021 à 11h06

Photo en titre : Le « champignon » généré par l’explosion de la bombe atomique sur la ville de Nagasaki le 9 août 1945. Elle a fait plus de 73’000 morts. Keystone / Nagasaki Atomic Bomb Museum

Article mentionné : Exposition permanente sur la bombe atomique aux Nations unies à Genève