LES ÉMISSAIRES NUCLÉAIRES DE SÉOUL ET WASHINGTON DISCUTENT DE L’AIDE HUMANITAIRE AU NORD

SÉOUL, 23 août (Yonhap) — La Corée du Sud et les États-Unis ont discuté ce lundi de l’aide humanitaire à la Corée du Nord, a fait savoir l’envoyé spécial américain pour la Corée du Nord, Sung Kim, après un entretien avec son homologue à Séoul dans un contexte de tensions accrues face à la protestation de Pyongyang contre l’exercice militaire entre les deux alliés.

L’émissaire a également déclaré que les États-Unis n’avaient pas d’intention hostile à l’égard du Nord, soulignant que l’entraînement militaire en cours est de nature «purement défensive» tout en renouvelant son offre de «rencontrer mes homologues nord-coréens n’importe où, n’importe quand».

Ses discussions avec l’envoyé nucléaire en chef de Séoul, Noh Kyu-duk, ont eu lieu dans un contexte de tensions renouvelées, alors que le royaume ermite a fustigé à plusieurs reprises les entraînements conjoints Corée du Sud-États-Unis, les qualifiant d’«expression la plus frappante de la politique hostile des États-Unis» à son encontre et mettant en garde contre une «grave crise de sécurité».

«Nous avons discuté d’une éventuelle aide humanitaire à la RPDC», a déclaré Kim à la presse. «J’ai réaffirmé le soutien des États-Unis au dialogue et à l’engagement intercoréens comme stipulé par la déclaration conjointe de nos deux dirigeants en mai, et je continuerai d’apporter notre soutien aux projets de coopération humanitaire intercoréenne

La RPDC est le sigle du nom officiel du Nord, la République populaire démocratique de Corée.

Les deux parties ont discuté de divers domaines de coopération humanitaire avec le Nord, notamment les soins de santé, la quarantaine contre les maladies infectieuses, l’eau potable et l’hygiène, selon Noh.

«Nous avons également discuté du soutien humanitaire au Nord par le biais d’organisations internationales et d’organisations non gouvernementales», a précisé Noh.

L’émissaire américain a aussi répété que la manœuvre alliée était de caractère purement défensif et a exhorté Pyongyang à revenir à la table du dialogue.

«Les exercices militaires combinés USA-ROK en cours sont de longue date, de routine et de nature purement défensive et soutiennent la sécurité de nos deux pays», a-t-il affirmé, faisant référence au sigle anglais du nom officiel du Sud, la république de Corée.

«Je continue d’être prêt à rencontrer mes homologues nord-coréens n’importe où, n’importe quand», a-t-il ajouté.

Le message de conciliation de Kim à l’intention du Nord est intervenu alors que Pyongyang pourrait utiliser l’exercice militaire comme prétexte pour commettre des actes de provocation à un moment où l’establishment de la politique étrangère américaine est préoccupé par les conséquences de sa sortie chaotique d’Afghanistan.

L’envoyé américain a également mis en avant l’engagement de l’Amérique en matière de sécurité envers le Sud, apparemment conscient des doutes quant à la crédibilité de son engagement, qui ont émergé après le retrait des troupes de Washington du pays déchiré par la guerre.

«Je ne peux pas dire mieux que le président Biden lui-même en qualifiant de sacré l’engagement des États-Unis en faveur de la défense de la république de Corée», a assuré Kim.

Plus tard dans la journée, Kim a rencontré Igor Morgoulov, qui est également l’envoyé nucléaire en chef de la Russie. Kim devrait appeler la Russie à appliquer pleinement les sanctions anti-Pyongyang et à coopérer pour la reprise des pourparlers nucléaires avec le Nord.

Kim et Morgoulov sont tous deux arrivés à Séoul samedi.

Le mois dernier, un optimisme prudent a émergé quant à la coopération intercoréenne, alors que les deux Corées ont réactivé leurs lignes de communication, environ 13 mois après que le Nord les a coupées pour manifester son mécontentement contre des militants envoyant des tracts anti-Pyongyang à travers la frontière intercoréenne.

Mais les liens transfrontaliers se sont de nouveau refroidis, alors que le Nord a violemment critiqué les entraînements conjoints Corée du Sud-États-Unis.

Les pourparlers nucléaires entre Washington et Pyongyang sont dans l’impasse depuis que le sommet de Hanoï entre le président américain de l’époque, Donald Trump, et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s’est terminé sans accord en 2019.

Par as26@yna.co.kr, publié le 23.08.2021 à 16h01

Photo en titre : Le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Sung Kim, s’exprime lors d’entretiens avec son homologue sud-coréen, Noh Kyu-duk, dans un hôtel de Séoul, le 23 août 2021. (Pool photo)

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