AUX ÉTATS-UNIS AUSSI, LE NUCLÉAIRE A DE GROS SOUCIS

Le parc est vieillissant et l’ensemble du réseau menace de craquer.

Pour retrouver le pic de production d’énergie nucléaire aux États-Unis, il faut remonter en 2012, lorsque le pays disposait de 104 réacteurs actifs. Depuis, d’après l’Agence d’information sur l’énergie (EIA), seul un nouveau réacteur a été mis en route, alors que 12 ont arrêté leur activité.

Les 93 réacteurs en fonctionnement ont en moyenne une quarantaine d’années. Malgré cela, en augmentant progressivement leur rendement, ils parviennent à conserver, depuis 1990, une part constante de la production totale d’électricité du pays (environ 20%). C’est plus de la moitié de l’énergie non carbonée produite par les États-Unis.

Entre la guerre en Ukraine et le changement climatique, l’autonomie énergétique est devenue une priorité pour les pays du monde entier, qui ont été forcés de réévaluer leurs infrastructures. Or, il ne sera pas possible de tirer sur la corde encore longtemps. D’autant que 23 réacteurs, soit près du quart du parc atomique national américain, ont annoncé vouloir cesser leurs activités.

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En avril, le gouvernement a donc décidé de lancer un grand plan de sauvetage du parc nucléaire du pays, avec un enveloppe de 6 milliards de dollars (5,6 milliards d’euros) à l’appui, destinée à aider les réacteurs encore en activité à rester ouverts et à accroître leur production.

L’été sera chaud

Tous ces milliards ne seront pas de trop car, s’il existe bien des projets de nouveaux réacteurs, le nucléaire est une source d’énergie qui met extrêmement longtemps à se mettre en place. Pas besoin de regarder très loin pour le constater: en France, l’EPR de Flamanville n’est toujours pas en service, malgré un chantier commencé en 2007.

Or, le problème énergétique des États-Unis n’est pas le genre de sujet dont la résolution peut être remise à plus tard. En avril, la North American Electric Reliability Corporation a ainsi publié un rapport, afin de sonner l’alerte sur la possibilité de pannes de courant géantes cet été.

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Si la demande en énergie dépasse les volumes normaux, le réseau électrique ne pourra pas tenir la cadence, explique l’ONG. Dans le Sud, les fortes chaleurs ont réduit le niveau des réserves d’eau, pourtant primordiales pour la production hydroélectrique de la région, et devraient pousser les habitants à allumer leurs climatiseurs.

Et dans le Midwest, le fournisseur d’énergie Midcontinent Independent System Operator (MISO) anticipe une capacité de production 2,3% plus basse qu’en 2021 et des pics de demande 1,7% plus hauts.

La survenue de blackouts énergétiques ne serait pas une première dans le pays le plus riche du monde: en février 2021, et cette fois dans un contexte de grands froids, le Texas avait ainsi connu des pannes géantes aux conséquences dramatiques.

Repéré par Barthélemy Dont sur Popular Mechanics, publié le 25/05/2022 à 6h51

Photo en titre : La centrale nucléaire de Diablo Canyon à San Luis Obispo, en Californie, le 17 mars 2011. | Mark Ralston / AFP

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