UN ACCORD EST POSSIBLE AVEC LES AMÉRICAINS À DOHA, ESTIME L’IRAN

(Doha) L’Iran a estimé mercredi qu’un accord avec les États-Unis était possible dans le cadre des négociations sur le nucléaire iranien, tout en assurant qu’il ne céderait pas sur ses « lignes rouges », sur fond de discussions indirectes à Doha.

L’émissaire américain pour l’Iran, Robert Malley, et le négociateur iranien Ali Bagheri ont entamé mardi dans la capitale qatarie des pourparlers indirects par l’intermédiaire de l’UE, en vue de débloquer les négociations de Vienne sur le nucléaire iranien.

« Si la partie américaine a des intentions sérieuses et se montre réaliste, un accord est possible à ce stade », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian lors de sa visite en Turkménistan, selon des propos rapportés mercredi par l’agence de presse officielle Irna.

« Nous sommes sérieux » dans notre volonté de conclure un accord, a-t-il dit par ailleurs, en soulignant que son pays ne céderait pas sur les « lignes rouges » posées par Téhéran dans le cadre de ces négociations. 

L’UE espère que ces discussions entre les deux pays ennemis, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, permettront de débloquer les négociations à Vienne – incluant aussi la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne – au point mort depuis trois mois.

Américains et Iraniens s’accusent mutuellement d’empêcher un retour à l’accord international conclu en 2015, imposant des limitations au programme nucléaire iranien en échange d’une levée progressive des sanctions internationales contre la République islamique.  

En 2018, les États-Unis de Donald Trump se sont retirés unilatéralement de l’accord et ont rétabli les sanctions économiques américaines. En riposte les Iraniens ont commencé à s’affranchir des engagements dictés par le pacte appelé JCPOA.  

L’administration américaine de Joe Biden dit vouloir revenir dans l’accord si Téhéran renoue avec ses engagements, mais l’Iran exige auparavant la levée des sanctions ainsi que des garanties que Washington ne se retirera plus du JCPOA.

L’Iran a également demandé le retrait de l’armée idéologique du régime, les Gardiens de la Révolution, de la liste américaine des « organisations terroristes », sans que cela soit officiellement présenté comme une « ligne rouge ».

« Nous espérons parvenir, si Dieu le veut, à un accord positif et acceptable si les États-Unis abandonnent la méthode Trump, qui n’était pas conforme au droit international », a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement iranien Ali Bahadori-Jahromi.  

L’optimisme suscité par les discussions à Doha s’est traduit par une nette appréciation mercredi de la monnaie iranienne sur le marché noir, selon des changeurs dans les pays.

Par Agence France-Presse, publié le 8 juin 2022 à 6h56

Photo en titre : Le négociateur iranien Ali Bagheri. Photo VAHID SALEMI, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

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