UN DÉPART DE FEU SIGNALÉ À L’ASN SUR LES DIESELS DE SECOURS DU RÉACTEUR N°2 DE FLAMANVILLE

Le 14 juin 2022, un départ de feu est survenu au niveau du groupe électrogène d’ultime secours du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche).

Dès le lendemain, les inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire étaient sur place, auditionnant les personnels d’EDF qui se trouvaient sur place et visitant les locaux des diesels d’ultime secours (DUS) du réacteur numéro 1.

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De l’huile qui suinte

Cet incident, survenu alors que le réacteur est à l’arrêt, n’est pas le premier recensé sur la centrale. En 2021, deux départs de feu liés à une inflammation de l’huile au contact des collecteurs d’échappement se sont déjà produits. Un phénomène dénommé « candle fire ».

« La technologie des moteurs des DUS du palier 1 300 MW est telle que l’huile de lubrification circulant dans le carter supérieur peut suinter à travers les cylindres et pénétrer dans le collecteur d’échappement. Ce dernier n’étant pas parfaitement étanche, l’huile s’accumule alors dans le calorifuge du collecteur », observe l’ASN dans une lettre de suite datée du 23 juin.

Cette présence de substance inflammable à cet endroit s’est avérée être à l’origine de plusieurs départs de feu en 2020 lors des essais du moteur.

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Des défauts de conception identifiés

EDF, dans un courrier d’octobre 2020, a d’ailleurs déclaré un événement significatif de sûreté générique après d’autres départs de feu pendant les essais de diesels d’ultime secours. « Neuf en dix-huit mois », précise le Canard Enchaîné dans son édition de ce mercredi 6 juillet 2022.

En ajoutant que ces défauts de conception avaient été identifiés, mais qu’EDF en avait acheté cinquante-six pour le parc nucléaire, dans le cadre des mesures post-Fukushima, pour près d’1,9 milliard d’euros.

À Flamanville, ces DUS de 65 tonnes et d’une puissance électrique de 3,5 MW doivent assurer, en cas de perte totale des alimentations électriques de l’installation, l’énergie permettant de faire fonctionner les matériels assurant le refroidissement du réacteur. La construction des bâtiments qui les abritent a débuté en 2016, pour une mise en service il y a deux ans.

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Des réponses dans les meilleurs délais

Après les premiers incidents de 2021, EDF a modifié le « virage moteur » pour prévenir tout nouveau départ de feu. « Les inspecteurs ont observé que ces actions ont été correctement mises en œuvre sur le diesel du réacteur 2. »

Ils ont néanmoins constaté qu’elles n’ont pas empêché le renouvellement d’un départ de feu au niveau du collecteur d’échappement…

L’ASN demande donc à EDF de lui transmettre « dans les meilleurs délais » les conclusions des expertises sur l’origine du départ du feu, et les actions de remédiation engagées.

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Par Jean Lavalley, publié le 7 juillet 2022 juillet à 11h25 

Photo en titre : En service depuis 2020, les diesels d’ultime secours font partie des mesures post-Fukushima mises en place par EDF à Flamanville. (©La Presse de la Manche)

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