PYONGYANG REFUSE DE RENONCER À SON ARSENAL NUCLÉAIRE EN ÉCHANGE D’UN SOUTIEN ÉCONOMIQUE

L’offre d’aide, formulée par le président sud-coréen Yoon Suk-yeol, a été fermement rejetée par Kim Yo-jong, la sœur du dictateur Kim Jong-un. Cette dernière a qualifié le dirigeant sud-coréen de « simplet » et dénoncé la « malhonnêteté » de sa proposition.

C’est un « non » catégorique. Par la voix de Kim Yo-jong, la sœur de Kim Jong-un, Pyongyang a rejeté une proposition d’aide formulée par Séoul. Le président sud-coréen, Yoon Suk-yeol, était prêt à octroyer une aide économique à son voisin du Nord en échange de l’abandon de son programme nucléaire . Il aurait été « préférable pour son image qu’il ferme sa bouche », a lancé Kim Yo-jong dans un communiqué diffusé par l’agence de presse officielle KCNA.

La sœur de Kim Jong-un, qui dispose d’une grande influence à Pyongyang, a estimé que cette offre était un « sommet d’absurdité », aussi réaliste que de planter « des champs de mûriers dans l’océan bleu foncé ». Kim Yo-jong a qualifié Yoon Suk-yeol de « simplet » et « enfantin » pour avoir cru qu’il pouvait proposer de « troquer une coopération économique contre notre honneur, (nos) armes nucléaires ».

À Séoul, le ministère de l’Unification, chargé des relations avec la Corée du Nord, a exprimé son « profond regret » et décrit ces commentaires comme étant « très irrespectueux et indécents ». « Une telle attitude de la part de la Corée du Nord ne contribue ni à la paix et à la prospérité de la péninsule coréenne, ni à son propre avenir. Elle ne fait que promouvoir son isolement sur la scène internationale », a-t-il déclaré.

Une proposition « malhonnête »

Yoon Suk-yeol avait présenté cette offre pour la première fois en mai dernier avant de l’évoquer à nouveau mercredi, au 100ème jour de son mandat. Le président sud-coréen avait décrit un projet « audacieux » prenant la forme d’une fourniture d’aide en aliments, énergie et infrastructures, en concertation avec la communauté internationale, afin d’améliorer la qualité de vie de la population du pays. Le tout en échange d’une dénucléarisation.

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Le président sud-coréen avait toutefois souligné qu’en parallèle, Séoul renforcerait sa puissance de dissuasion militaire. Des manœuvres conjointes avec les États-Unis ont à ce titre déjà été relancées. 

En Corée du Nord, Kim Yo-jong a cité ces exercices militaires de Séoul et Washington comme preuves, selon elle, que la proposition de discussion sud-coréenne est « malhonnête ». « Il est clair que nous n’allons pas nous asseoir face à face avec lui », a-t-elle ajouté en parlant du président sud-coréen. « Nul ne troque son destin contre des galettes de maïs », a-t-elle averti.

Par Les Échos, publié le 19 août 2022 à 10h05

Photo en titre : Kim Yo-jong, la sœur de Kim Jong-un, dispose d’une grande influence à Pyongyang. (Jorge Silva/Pool/REUTERS)

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