JAPON : L’EXTRACTION DU COMBUSTIBLE FONDU DE FUKUSHIMA DE NOUVEAU REPORTÉE

Tepco a annoncé qu’il ne commencerait finalement à extraire le combustible fondu qu’à partir de fin 2023 ou début 2024, alors que l’opération était prévue pour cette année. Le groupe invoque la nécessité d’avoir un « temps de préparation supplémentaire » pour des raisons de sécurité.

Le retrait du combustible fondu et d’autres débris radioactifs d’un des réacteurs de la centrale de Fukushima devait débuter cette année, après un premier report par rapport à l’objectif initial de 2021. Mais, pour des raisons de sécurités, Tepco (Tokyo Electric Power Company), opérateur de la centrale nucléaire, a annoncé un nouveau report jeudi.

Le producteur d’électricité a déclaré avoir besoin d’une « période de préparation supplémentaire » de douze à dix-huit mois « pour améliorer la sécurité et assurer le succès » des recherches à l’intérieur des réacteurs et la récupération du combustible fondu qui a coulé au fond des enceintes de confinement des réacteurs lors de l’accident nucléaire de 2011. Cela signifie que l’extraction ne devrait pas commencer avant fin 2023 ou début 2024.

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Des ingénieurs sont en train d’achever les préparatifs en vue de l’utilisation d’un bras robotique spécialement conçu pour cette mission ultra-délicate, notamment en ajustant sa vitesse et sa précision, a précisé Tepco. Développé au Royaume-Uni par Veolia Nuclear Solutions et Mitsubishi Heavy Industries, ce bras robotique de plus de 20 mètres de long a été livré en juillet après un retard dû à la pandémie de Covid.

Un démantèlement de plusieurs de décennies

Tepco, le gouvernement japonais et une multitude d’entreprises d’ingénierie travaillent au démantèlement des réacteurs endommagés à Fukushima, qui devrait durer trente à quarante ans. Le coût total du démantèlement est estimé à 8.000 milliards de yens (63,5 milliards d’euros), que Tepco dit pouvoir couvrir. Mais ce montant déjà énorme ne comprend pas le coût du traitement et d’élimination des eaux contaminées sur le site de la centrale, qui doivent être progressivement déversées et diluées dans l’océan sur plusieurs décennies sous la supervision de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

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Cette annonce intervient alors que le gouvernement japonais cherche à relancer la production d’énergie nucléaire sur son sol. Le Premier ministre Fumio Kishida a annoncé mercredi qu’une réflexion allait être lancée sur la construction éventuelle de « réacteurs nucléaires de nouvelle génération ». Une réponse à la crise énergétique actuelle.

Par Les Échos avec AFP, publié le 26 août 2022 à 11h57

Photo en titre : Le coût total du démantèlement de la centrale de Fukushima est estimé à plus de 60 milliards d’euros. (Atsushi Taketazu/AP/SIPA)

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