GUERRE EN UKRAINE : PERCÉE UKRAINIENNE DANS L’EST, RÉACTEUR NUCLÉAIRE À L’ARRÊT ET VISITE ALLEMANDE

Le président ukrainien a annoncé avoir reconquis 2.000 km2 dans l’Est du pays. Le sixième et dernier réacteur de la centrale nucléaire de Zaporrijia (Sud), la plus grande d’Europe et occupée par les forces russes, a été coupé du réseau électrique ukrainien. Le pays a également reçu ce week-end le soutien de l’Allemagne avec la visite surprise de la cheffe de la diplomatie.

Près de sept mois après le début d’un conflit qui semble parti pour s’enliser, les forces ukrainienne ont annoncé ce week-end une série de nouvelles positives. Samedi, le gouvernement a revendiqué des percées dans l’est, notamment l’entrée de ses forces dans la ville-clé de Koupiansk, Moscou annonçant de son côté retirer des troupes de cette zone pour « renforcer » plus au sud la région séparatiste prorusse de Donetsk. Ce succès marque une nouvelle étape dans la récente contre-offensive éclair ukrainienne, qui lui a permis de récupérer des pans entiers de territoires.

Dans la soirée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est réjoui qu' »environ 2.000 km notre territoire » aient été « libérés depuis début septembre » – sans préciser s’il s’agissait de km2 -, notamment les localités de Vassylenkovo et d’Artemivka, non loin de Kharkiv, dans le nord-est. Dimanche matin, l’état-major des forces ukrainiennes a toutefois précisé dans son communiqué quotidien qu’il s’agissait bien de 2.000 km2.

Jeudi, le commandant en chef des forces ukrainiennes avait affirmé que celles-ci avaient reconquis 1.000 km2. Et l’armée russe fait le « bon choix de s’enfuir« , a ajouté M. Zelensky, car « il n’y a pas de place pour les occupants en Ukraine et il n’y en aura pas« .

« La Russie fait tout pour casser la résistance de l’Ukraine, de l’Europe et du monde pendant les 90 jours de cet hiver« , comptant sur des problèmes de chauffage et un éventuel affaiblissement du soutien occidental à Kiev en raison de la hausse des prix de l’énergie en Europe, a-t-il en outre averti au forum international annuel Yalta European Strategy (YES) à Kiev. « C’est son ultime argument« .

Lire aussi : Ukraine : la reconstruction coûtera au moins 350 milliards de dollars

De nombreuses villes libérées

Cette nouvelle progression des troupes de Kiev au sud de Kharkiv pourrait entraver fortement la capacité de la Russie à ravitailler ses forces dans l’est de l’Ukraine et à leur apporter un soutien logistique efficace. La veille, M. Zelensky avait annoncé que l’armée ukrainienne avait repris 30 localités dans cette région frontalière de la Russie.

Samedi, des journalistes de l’AFP y ont vu des camions et des blindés russes carbonisés, dont certains encore frappés de la lettre Z, le symbole de l’invasion de l’Ukraine entamée le 24 février. Des soldats ukrainiens patrouillaient dans Balakliïa, où flottait le drapeau ukrainien, hissé en présence du commandant des forces terrestres ukrainiennes, Oleksandre Syrski.

« Nous achevons aujourd’hui la libération de Balakliïa, la première grande ville de notre offensive, et je suis sûr que ce n’est pas la dernière […] Et devant encore, Izioum et beaucoup d’autres« , a-t-il déclaré à cette occasion.

Le chef de l’administration d’occupation russe de la région d’Izioum, Vladislav Sokolov, a de son côté admis que la situation y était « difficile« . « Ces deux dernières semaines, la ville est visée par des bombardements des forces ukrainiennes, notamment avec des munitions de type Himars […] ce qui provoque de graves destructions et fait beaucoup de morts et de blessés« , a-t-il déclaré. Les Himars sont des lance-roquettes multiples fournis à Kiev par Washington.

Regroupement russe

Le ministère de la Défense russe a ensuite annoncé avoir « retiré » ses forces présentes « dans les régions de Balakliïa et d’Izioum« , afin de « renforcer » son dispositif plus au sud, autour de Donetsk, l’une des capitales des séparatistes prorusses.

À Lyman, une ville tombée fin mai aux mains des Russes, « la situation reste assez difficile, tout comme dans d’autres localités du nord de la République » populaire de Donetsk, a reconnu samedi son chef, Denis Pouchiline. « Nos soldats avancent sur les lignes de front dans le sud dans plusieurs zones, de deux à des dizaines de kilomètres« , a en outre assuré la porte-parole du commandement militaire du sud de l’Ukraine, Natalia Goumeniouk, sans plus de détails.

Dans le nord-est, près de Kharkiv, les forces russes avaient annoncé vendredi avoir envoyé des renforts face à la contre-offensive réussie de Kiev. Dans le village de Grakové, tout juste repris par les forces ukrainiennes, les journalistes de l’AFP ont vu des destructions témoignant de la violence de combats, pylônes électriques abattus et câbles étalés sur le sol. « C’était effrayant, il y avait des bombardements et des explosions partout« , a raconté à l’AFP Anatoli Vassiliev, 61 ans.

Mise à l’arrêt du dernier réacteur de la centrale nucléaire de Zaporrijia

Dans ce chaos, les installations nucléaires ukrainiennes, dont certaines sont occupées par l’armée russe, déclenchent une vive inquiétude dans la communauté internationale.

L’Ukraine a ainsi annoncé dimanche la mise à l’arrêt du sixième et dernier réacteur en fonctionnement de la centrale nucléaire de Zaporrijia (Sud), la plus grande d’Europe et occupée par les forces russes. « Aujourd’hui, 11 septembre 2022, pendant la nuit à 03h41 (01h41 GMT) l’unité numéro 6 de la (centrale) a été déconnectée du réseau électrique », selon un communiqué de l’opérateur ukrainien Energoatom. « Des préparatifs sont en cours pour son refroidissement« , ajoute l’opérateur.

Visite surprise de l’Allemagne qui renforce son aide

Samedi, la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock est arrivée à Kiev pour une visite surprise, sa deuxième depuis le début de la guerre. « Ils peuvent continuer à compter sur nous. Nous continuerons à soutenir l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra, par la livraison d’armes, par un soutien humanitaire et financier« , a-t-elle lâché.

Au cours des dernières semaines, l’Allemagne a livré à l’Ukraine des obusiers, des lance-roquettes et des missiles antiaériens. Ils font partie de l’arsenal militaire fourni par l’Occident qui a contribué, selon les experts, à entamer les capacités des forces russes.

Le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal a toutefois déploré samedi une « attitude passive » du Fonds monétaire international, s’inquiétant des « délais » dans l’examen par le FMI de la demande d’aide de son pays. Quant à l’Espagne, elle a accusé samedi, par la voix de sa ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, le président russe Vladimir Poutine d’utiliser les approvisionnements en gaz comme une arme de « terrorisme psychologique » pour effrayer les Européens et leurs gouvernements.

Lire aussi : Russie : malgré les sanctions occidentales, Poutine estime que le plus dur est passé

Par latribune.fr, publié le 11 septembre 2022 à 09h38

Photo en titre : (Crédits : UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SER)

Pour retrouver cet article et l’écouter (6mn06 par ETX Studio) cliquer sur : https://www.latribune.fr/economie/international/guerre-en-ukraine-percee-ukrainienne-dans-l-est-reacteur-nucleaire-a-l-arret-et-visite-allemande-929679.html