TRIBUNE LIBRE : LA PAIX, LA PAIX, LA PAIX

À l’heure où les tensions géopolitiques en Europe se durcissent et menacent tous les peuples par l’usage de la force de frappe nucléaire, nous publions une tribune-libre d’un militant antinucléaire, longtemps journaliste indépendant et connaissant particulièrement bien l’Ukraine et la Russie de par ses origines familiales et son attention permanente depuis cinquante ans à ce qui se passe à l’est de l’Europe. Cette tribune n’est pas une prise de position ni de la CAN-SE ni du CAN84.

L’escalade militaire et d’anéantissement nucléaire de la planète est de plus en plus menaçant avec le conflit ukrainien. Les belligérants et les pays qui les soutiennent prennent tous les peuples de tous les pays en otage dans un bras de fer nationaliste d’un autre âge. Aucun être humain, quelques soient ses convictions ou ses préférences, n’a à y gagner quoi que ce soit. On croit mourir pour un drapeau ou des valeurs on meurt pour les industriels de l’armement et leurs valets politiciens.

Toute personne de bon sens et attachée à la vie doit exiger de ses dirigeants qu’ils arrêtent d’alimenter cette violence, négocient la fin des hostilités, le retour à la paix et le respect des choix politiques des peuples.

Depuis l’effondrement du « bloc soviétique« ,  les accords de désarmement nucléaire et de respects des frontières Est-Ouest par la non-ingérence de l’OTAN dans les anciens pays d’Europe de l’Est : la paix et la coopération semblaient la base des relations en Europe.

Mais depuis plus de vingt ans l’Ukraine est devenue l’enjeu d’un nouvel affrontement Est-Ouest pour le contrôle de l’atome et la fourniture des produits de fission atomique à ses centrales nucléaires. D’un côté la Russie et son entreprise nucléariste Rosatom pour garder la fourniture d’uranium à l’Ukraine en contrepartie de la destruction des stocks d’armement nucléaire ukrainien réalisé sur le sol russe (accord de 1999 réalisé)  et en face, aux aguets, la France qui aurait souhaité placer Cogema-Areva-Orano comme fournisseur des centrales nucléaires ukrainiennes et les USA pour lequel le gestionnaire ukrainien Energoatom a accordé en 2014 à l’États-unien Westinghouse et de manière exclusive ce marché de mort.

Le Traité de Non-Prolifération des armements nucléaires comme le Traité de réduction des têtes nucléaires militaires a, de fait volé en éclats, bien que le nombre d’ogives nucléaires ai diminué tant du côté USA que Russe. Mais les pays nucléarisés et membres du Conseil de Sécurité de l’ONU refusent tous depuis plus d’an an de signer le Traité International d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) ratifié à l’ONU par une majorité de pays de la planète.

USA, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine détenteurs de la bombe atomique se sont mis ainsi hors la loi. Ils doivent être condamnés comme tels par tous ceux et toutes celles qui sont épris de paix, de libertés, de préservation de la planète et de la vie.

L’ingérence permanente de l’OTAN comme bras armé des USA dans le reste du monde et notamment en Europe, l’alignement des pays européens sur l’impérialisme US montrent pleinement la nocivité de leur implication en Ukraine en fournissant conseillers et instructeurs militaires aux forces ukrainiennes, matériels de surveillance et d’espionnage, armements de toutes puissances de feu, entrainements de militaires belligérants en France et sur le territoire des autres pays affiliés de l’OTAN, aide financière que le peuple ukrainien devra payer un jour ou l’autre, signature de contrats de reconstruction pour les entreprises US et occidentales, implantation de cinq sites de guerre bactériologique en Ukraine. Rappelons qu’avant le mois de février 2022 et l’intervention militaire russe seulement 22% des ukrainien-nes soutenaient la politique de V.Zélinsky bien loin d’être le héros que la propagande des pays occidentaux déverse sur la population.

Plutôt que de mobiliser tous ses efforts pour faire baisser la tension entre Russie et Ukraine, l’Union européenne s’implique dans la partie de bras de fer mortel engagé depuis 2014 contre les populations russophones du sud et de l’est du territoire, notamment au Dombass. Des milliers de victimes et de morts que l’armée ukrainienne a exterminé n’ont pas ému les pays qualifiés  de « monde libre » selon la phraséologie états-unienne des années 50 reprise par l’actuel président Zélinsky. Ce dernier, lié à des oligarques ukrainiens et possédant des entreprises dans des paradis fiscaux, tout comme ses accointances avec les forces para-militaires néo-nazies dont le bataillon « Azov« , n’hésite pas à réquisitionner son peuple  – tout homme de 18 ans à 70 ans – pour servir de chair à canon. La répression s’abat sur ceux qui refusent de participer au nationalisme ambiant, de s’enrôler dans les centres de recrutement : emprisonnements,  disparitions, violences physiques. Le parlement ukrainien en profite pour détruire les droits sociaux des travailleurs en les obligeant à travailler autant que le patronat l’exige, en interdisant les partis d’opposition, en poursuivant les syndicalistes, en détruisant le patrimoine culturel d’origine russe.

L’actuel système politique russe basé lui aussi sur le capitalisme et le nationalisme, la répression contre les opposants n’est pas plus soutenable ni acceptable. Au peuple russe de jouer son rôle historique de libération sans ingérence étrangère.

Les peuples n’ont pas à prendre parti pour un nationalisme atomique face à un autre nationalisme atomique,  chacun-e doit s’impliquer pour sauver la vie sur  terre face à la terreur nucléaire, pour la fin des hostilités et la Paix.

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Par Piotr Zatourinsky-Chmilewsky, publié le 22 septembre 2022 à 21h41

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