ENCORE UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR EDF : LA PRODUCTION NUCLÉAIRE EST REVUE À LA BAISSE POUR 2022

Le groupe français annoncé jeudi avoir abaissé sa prévision de production nucléaire en France pour 2022, en raison de l’impact des grèves sur la maintenance de ses réacteurs et l’allongement de la durée d’arrêt de 4 réacteurs nucléaires. EDF a néanmoins confirmé ses estimations de la production nucléaire pour 2023 et 2024.

De mal en pis. À l’approche de l’hiver, et alors que près de la moitié des 56 réacteurs nucléaires sont à l’arrêt pour des maintenances prévues ou des problèmes de corrosion soupçonnés ou avérés, EDF a une nouvelle fois révisé à la baisse sa production nucléaire pour l’année 2022. Ceci en raison notamment de l’arrêt prolongé de quatre réacteurs concernés « par le programme de contrôles et de réparations du phénomène de corrosion sous contrainte », mais aussi des grèves pour des augmentations salariales qui ont perturbé « les plannings d’arrêt pour maintenance ». Résultat : la production nucléaire ne sera pas comprise entre 280-300 TWh (térawattheures) en 2022 comme l’énergéticien français l’envisageait jusqu’ici, mais devrait se situer dans une fourchette allant de 275 à 285 TWh (térawattheures).

Le groupe a confirmé ses estimations de la production nucléaire en France pour 2023 et 2024, soit respectivement 300-330 TWh et 315-345 TWh. Pour rappel, la capacité du parc français avoisine les 460 TW.

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L’impact financier n’a pas été communiqué

Sur les neuf premiers mois de l’année, la production nucléaire en France s’élevait à 209,2 TWh, soit 59 TWh de moins qu’à la même période en 2021. Au cours de la même période, EDF ne pouvait guère compter sur les barrages pour corriger le tir : la production hydraulique s’est établie à 24,9 TWh, une baisse de 8,6 TWh par rapport à 2021 en raison d’une capacité là aussi « historiquement faible », conséquence de la baisse du niveau des retenues d’eau liée à la sécheresse.

Le groupe n’a pas précisé si cette révision en baisse de la production nucléaire allait avoir des répercussions sur ses résultats financiers. Une mauvaise nouvelle de plus pour EDF qui, la semaine dernière, prévoyait une nouvelle aggravation de l’impact financier due à la baisse de la production nucléaire à hauteur de 32 milliards d’euros sur son excédent brut d’exploitation (Ebitda), au lieu des 29 milliards d’euros annoncés en septembre et 24 milliards en juillet. Or ces prévisions financières tenaient compte de l’estimation de production nucléaire française pour 2022 « dans le bas de la fourchette 280-300 TWh (térawattheures) et des prix à terme 2022 au 7 octobre », précisait le groupe.

ZOOM : EDF éconduit en Pologne

Beau contrat pour Westinghouse. Le groupe américain construira la première centrale nucléaire en Pologne pour 20 milliards de dollars, a indiqué ce mercredi le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, après la décision de Varsovie de basculer dans l’atome pour assurer son indépendance énergétique. Plus précisément, il construira trois réacteurs AP1000.

« Il s’agit de la technologie la plus avancée et la plus sûre », a expliqué le chef du gouvernement polonais pour justifier le choix de Westinghouse face aux deux autres candidats, EDF et le sud-coréen KHNP. Cette première centrale sera construite à Lubiatowo-Kopalino, près de Choczewo, dans le nord du pays. Elle doit entrer en service en 2033. Deux autres centrales devraient être également construites. Varsovie compte disposer, à terme, de trois sites nucléaires de trois réacteurs chacun, avec une puissance maximale globale de 15 GW, ce qui représenterait environ 30% du mix énergétique du pays.

Le choix de l’opérateur pour construire le deuxième projet inscrit dans le programme gouvernemental de développement d’énergie nucléaire doit être pris « dans les trimestres à venir », a indiqué Mateusz Morawiecki.  Un troisième projet ; concrétisé par une lettre d’intentions signée lundi, porte sur la construction d’une centrale nucléaire près de Patnow (centre de la Pologne), par le groupe sud-coréen KHNP et les polonais PGE (contrôlé par l’État) et ZE PAK (privé).  Ce consortium utiliserait la technologie APR1400 développée par KHNP.

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Par latribune.fr, publié le 03 novembre 2022 à 23h12

Photo en titre : 29 des 56 réacteurs nucléaires en France sont à l’arrêt (Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)

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