NUCLÉAIRE : DEUX DÉCRETS REPORTENT DE DIX ANS LES ÉCHÉANCES DE DÉMANTÈLEMENT DE DEUX INSTALLATIONS DE LA HAGUE

Deux décrets, publiés au Journal officiel du 29 novembre, prescrivent à Orano le démantèlement quasi-complet d’une ancienne usine de retraitement des combustibles irradiés située dans La Hague (Manche) et d’installations associées. Ces deux textes complètent deux premiers autorisant un démantèlement partiel de ces installations.

À la demande d’Orano, explique une note de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les décrets reportent aussi d’une dizaine d’années les délais initialement prévus. « L’ASN note que les reports d’échéances demandés sont significatifs et sont dus en grande partie aux retards pris dans la reprise et le conditionnement des déchets anciens. »

Avec ces nouvelles dispositions, les deux chantiers sont censés durer encore près de vingt-cinq ans. Quant au coût, il devrait avoisiner les 4 milliards d’euros, selon l’Autorité environnementale (Ae) qui a rendu deux avis en 2019 et en 2020 sur ces démantèlements. Aujourd’hui, 800 personnes travaillent sur ces chantiers, pour un budget annuel de plus de 100 millions d’euros, rapporte La Presse de la Manche.

Reprise des déchets du silo 130

Le premier décret concerne l’usine de traitement des combustibles irradiés (UP2-400). Cette installation a traité, à partir de 1966, des combustibles de la filière uranium naturel graphite gaz (UNGG), puis ceux de la filière eau légère, à partir de 1976. Arrêtée fin 2003, son démantèlement avait déjà fait l’objet d’un décret en novembre 2013. Le nouveau texte complète les prescriptions de ce dernier. Il reporte aussi au 31 décembre 2046 la fin des travaux, soit onze ans après la date limite fixée initialement (le 31 décembre 2035).

Le second décret concerne des installations associées à l’UP2-400 : la station de traitement des effluents et déchets solides (STE2) et l’atelier de traitement des combustibles nucléaires des réacteurs Rapsodie et Phoenix (AT1). Le nouveau texte reporte de huit ans, au 31 décembre 2043, l’achèvement des opérations de démantèlement initialement fixé au 31 décembre 2035 par un décret de 2013.

Cette seconde installation nucléaire comprend notamment le silo 130, qui doit faire l’objet d’opérations complexes de reprise de déchets endommagés. Ce silo enterré, qui contient 518 tonnes de déchets nucléaires (essentiellement de l’uranium, de l’aluminium, du graphite et du magnésium), a subi un incendie, le 6 janvier 1981, aboutissant au noyage partiel des déchets par l’eau d’extinction. Depuis, il contient un mélange de déchets solides, d’eau et de boues.

Par Philippe Collet (journaliste Rédacteur spécialisé) publié le 07 décembre 2022 à 11hh23

Photo en titre : © Orano

https://www.actu-environnement.com/ae/news/decrets-autorisation-demantelement-up2-400-la-hague-orano-40778.php4

NDLR : Le démantèlement des installations nucléaires est d’une manière générale largement sous-estimé. Les générations qui nous succéderont apprécieront !