UNE PANDÉMIE RETARDE L’ENLÈVEMENT DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE FONDU À FUKUSHIMA

Le gouvernement et l’exploitant de la centrale nucléaire n°1 de Fukushima ont annoncé qu’ils avaient abandonné leur projet de commencer à retirer le combustible nucléaire fondu et d’autres débris contaminés de l’installation sinistrée d’ici 2021, en invoquant le retard pris dans le développement en Grande-Bretagne d’un bras robotisé essentiel à cette fin.

Ils ont expliqué que la nouvelle pandémie de coronavirus était la principale responsable de ce retard.

Le gouvernement et la Tokyo Electric Power Co. avaient prévu de commencer la tâche dangereuse en 2021 mais ont déclaré le 24 décembre que ce n’était plus possible.

En décembre 2011, neuf mois après la triple fusion déclenchée par le tremblement de terre et le tsunami de mars, les deux parties se sont fixé comme objectif de commencer à récupérer le combustible fondu « dans les 10 ans » afin de pouvoir commencer le démantèlement des réacteurs.

Depuis lors, elles ont dû réduire l’ampleur des débris qui peuvent être récupérés de manière réaliste, principalement parce que la technologie n’existe pas pour accomplir un travail aussi dangereux.

Le réacteur n°2, ainsi que les réacteurs n°1 et n°3, ont été mis en fusion après que le tsunami généré par le tremblement de terre de 2011 dans le Grand Est du Japon ait détruit les systèmes de refroidissement de la centrale.

La récupération des débris constitue le plus grand obstacle pour décider de l’évolution du démantèlement des réacteurs dans les années à venir.

Les débris émettent des niveaux de radiation extrêmement élevés, ce qui rend difficile l’accès au site, même avec des robots. On sait peu de choses sur l’état des débris ou sur leur composition.

Le gouvernement et TEPCO ont révisé le calendrier en décembre dernier dans le but de récupérer à titre expérimental quelques grammes de débris en 2021 du réacteur n°2. Le réacteur n°2 a été choisi parce que l’état de l’enceinte de confinement est mieux connu que pour les autres réacteurs.

Le Japon a approché la Grande-Bretagne pour développer un bras robotique spécial parce qu’elle a plus d’expérience dans ce domaine.

Mais les travaux ont connu des retards importants en raison de la pandémie COVID-19. Les essais du bras robotique sont prévus au Japon au printemps prochain ou plus tard, les travaux de récupération étant reportés à 2022 ou plus tard.

Cependant, de nombreuses questions subsistent sur le démantèlement du réacteur de la centrale nucléaire n°1 de Fukushima dans son ensemble, en raison d’un certain nombre de facteurs tels que l’épave des équipements sur le site.

Par exemple, les prévisions initiales visant à achever l’enlèvement du combustible nucléaire irradié d’une piscine de combustible ont été retardées de 10 ans.

Cependant, le gouvernement et TEPCO respectent leur calendrier pour achever le démantèlement des réacteurs entre 2041 et 2051. En ce qui concerne la récupération des débris, elle doit se faire « étape par étape« .

Les deux parties ont également annoncé le 24 décembre qu’elles reporteraient le début du sondage de l’intérieur de la cuve de confinement du réacteur n°1 de la seconde moitié de l’exercice 2020 à l’exercice 2021.

Ils ont travaillé à la sécurisation d’un itinéraire qui permettra aux équipements robotiques d’explorer l’intérieur mais ont rencontré d’énormes obstacles car leur méthode actuelle a provoqué la propagation de substances radioactives.

Les débris accumulés dans les trois réacteurs sont estimés à environ 880 tonnes au total.

Des plans provisoires prévoient d’augmenter progressivement la quantité de débris à récupérer après que quelques grammes aient été recueillis à l’aide d’une brosse métallique fixée au sommet du bras robotique et analysés.

Un équipement spécial capture de petits sédiments ressemblant à des pierres, que l’on croit être des débris de combustible, au centre de la cuve de confinement du réacteur n°2 de la centrale nucléaire n°1 de Fukushima en février 2019. (Fourni par Tokyo Electric Power Co.)

Par YU KOTSUBO/ Rédacteur de l’équipe, publié le 25 décembre 2020 à 18h00

Source : Asahi Shimbum via Kolin K. – Traduction automatique DeepL

Article original (en anglais) sur : http://www.asahi.com/ajw/articles/14059716

RÉACTEUR N°2 À FUKUSHIMA: LE RETRAIT DU CORIUM REPORTÉ

Les autorités espéraient voir débuter le retrait du corium, ce mélange fortement radioactif de combustible fondu et de débris, avant le 10ème anniversaire. C’était l’objectif fixé en décembre 2011. Mais la technologie doit encore être développée et les ambitions avaient déjà été revues à la baisse en 2019 : il ne s’agissait plus que de récupérer quelques grammes de corium dans le réacteur n°2 en 2021.

TEPCo vient d’annoncer le report d’au moins un an du début des opérations dans le réacteur n°2, officiellement, à cause de l’épidémie de COVID-19 au Royaume-Uni. Le bras articulé d’un robot, qui doit prélever le corium, est développé conjointement par Veolia Nuclear Solutions au Royaume-Uni et Mitsubishi Heavy Industries au Japon. Il ne sera pas convoyé avant avril 2021. Après, il faut encore faire des essais.

Il s’agit des opérations les plus complexes auxquelles fait face la compagnie, à cause des niveaux de radiation extrêmement élevés. Il y a très peu d’informations disponibles sur l’état de ce corium, si ce n’est quelques images prises par des robots. TEPCo avait estimé, récemment, que la récupération du corium des réacteurs 2 et 3 lui prendrait une douzaine d’années et lui coûterait 1 370 milliards de yens.

Les autorités et TEPCo on aussi annoncé le report d’une nouvelle exploration de l’enceinte de confinement du réacteur n°1. Mais, la compagnie maintient qu’elle pourra démanteler les réacteurs en une quarantaine d’années. Pour le retrait des combustibles usés des piscines, elle a déjà 10 ans de retard sur le planning initial.

Par ACROnique de Fukushima, publié le 25 décembre 2020

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

L’ÉPOQUE DES ARMES HYPERSONIQUES EST «UN CAUCHEMAR» POUR L’EUROPE, SELON DIE WELT

L’apparition des armes hypersoniques est dangereuse pour la sécurité européenne, estime le journal allemand Die Welt, annonçant un nouveau tournant dans la «spirale de menaces».

Le début de l’époque des armes hypersoniques, face auxquelles les mécanismes actuels d’alerte et de défense s’avèrent inefficaces, présente une menace pour la sécurité européenne, a déclaré le journal Die Welt.

«Avec l’avènement des armes dites hypersoniques, les anciens systèmes d’alerte et de défense antimissile deviennent inutiles et le temps de riposte est considérablement réduit […]. C’est un cauchemar pour les responsables militaires et politiques. Mais en même temps, cela permet à l’industrie de la défense de compter sur de nouvelles commandes de plusieurs milliards de dollars. Il s’agit d’un nouveau tournant dans la spirale de menaces», indique le journal.

Le quotidien a rappelé l’alerte lancée le 12 décembre à la base de l’US Air Force de Ramstein, non loin de Kaiserslautern, suite à un tir d’entraînement de missiles intercontinentaux réalisé par un sous-marin russe depuis la mer d’Okhotsk. Or, il ne s’agissait pas d’armes hypersoniques, mais de missiles de type Boulava.

«L’alarme a été déclenchée à Ramstein après qu’un sous-marin russe a tiré quatre missiles balistiques intercontinentaux à quelques secondes d’intervalle. L’incident montre que les États-Unis n’excluent pas une attaque de missiles contre l’Europe et que les systèmes d’alarme sont constamment en état d’alerte. Les militaires sont maintenant confrontés à un type de menace fondamentalement nouveau

Un équilibre de forces entre les puissances nucléaires en danger?

Selon le journal, les analystes du groupe de réflexion sur la politique étrangère (DGAP) basé à Berlin estiment que les armes hypersoniques peuvent perturber l’équilibre entre les puissances nucléaires et entraver les négociations sur le désarmement.

Alors que la Russie et la Chine sont en tête dans le domaine des armes hypersoniques, les États-Unis «font tout leur possible» pour combler l’écart, affirme Die Welt.

Toutefois, le développement d’armes hypersoniques américaines n’inquiéterait pas Vladimir Poutine, puisque la Russie possède le système de missiles antiaériens S-500 et «un missile intercepteur modernisé» qui sont des moyens de défense efficaces, note le journal.

Les USA en quête d’armes hypersoniques

Le 25 décembre, Vladimir Ermakov, chef du département pour la non-prolifération et le contrôle des armements du ministère russe des Affaires étrangères, a déclaré à Sputnik que les États-Unis s’efforçaient d’acquérir un avantage militaire unilatéral, y compris grâce aux armes hypersoniques. Le diplomate a ainsi commenté les déclarations des États-Unis et de l’Australie sur le lancement d’un nouveau projet conjoint de développement d’armes hypersoniques à longue portée utilisant un statoréacteur.

Le 24 décembre, Air Force Magazine (AFM) a annoncé que le Pentagone avait raté la semaine dernière un test du premier missile air-sol hypersonique conçu dans le cadre du programme HAWC (Hypersonic Air-breathing Weapon Concept).

Projet d’un système hypersonique dirigé par la France

La France travaille également sur un système hypersonique, rappelle Die Welt. Le missilier européen MBDA, filiale commune d’Airbus (37,5%), de BAE Systems (37,5%) et de Leonardo (25%), réalise le projet TWISTER (Timely Warning and Interception with Space-based TheatER surveillance).

Ce projet dirigé par la France réunit également l’Espagne, la Finlande, l’Italie et les Pays-Bas. D’ici 2030, il devrait permettre de créer un système reposant notamment sur un intercepteur endo-atmosphérique capable de détecter et détruire les missiles hypersoniques aux premières étapes de leur vol.

Par Irina Dmitrieva, publié le 27 décembre 2020 à 16h09

Photo en titre : © Photo / Oscar Sosa

https://fr.sputniknews.com/europe/202012271044989644-lepoque-des-armes-hypersoniques-est-un-cauchemar-pour-leurope-selon-die-welt/

GOLFE PERSIQUE : PRÉMICES D’UNE GUERRE QUI S’ANNONCE ?

Lundi dernier, un sous-marin américain à propulsion nucléaire lanceur de missiles balistiques, le USS Georgia de la classe Ohio, a traversé le détroit d’Hormuz, une voie navigable stratégiquement vitale entre l’Iran et la péninsule arabique.

Mais que se passe-t-il dans le golfe Persique ? Il semblerait que ce bras de mer et les eaux avoisinantes soient appelés à accueillir la plus grande flotte maritime jamais réunie en un seul endroit, depuis la seconde guerre mondiale. En effet, et c’est une première. Lundi dernier un sous-marin américain à propulsion nucléaire lanceur de missiles balistiques, le USS Georgia de la classe Ohio, a traversé le détroit d’Hormuz, une voie navigable stratégiquement vitale entre l’Iran et la péninsule arabique. Ce détroit a une importance capitale car un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole y transite.

Ce passage par un sous-marin nucléaire est d’autant plus inhabituel que les eaux du golfe Persique sont très peu profondes et que les submersibles peuvent être identifiés à l’œil nu. Il est donc permis de penser que le passage de ce sous-marin a d’autres objectifs que de rappeler la puissance militaire américaine à l’Iran; ceci quelques semaines après l’assassinat d’un éminent scientifique iranien, responsable du programme nucléaire de la République islamique et moins d’un mois avant l’anniversaire de l’assassinat du général Qassem Soleimani par des drones américains. Sachant que l’Iran avait promis de venger ces des deux assassinats, on peut, dans un premier temps, en déduire que cette présence militaire américaine vise à décourager toute éventualité de représailles de la part du gouvernement iranien.

Par ailleurs, parallèlement à cette arrivée de USS Georgia, début décembre, les États-Unis ont fait voler deux bombardiers B-52 dans la zone du golfe Persique, dans une mission que les responsables américains ont eux-mêmes décrite comme un message de dissuasion à l’Iran. Si cela ne suffisait pas, rappelons que sur les onze porte-avions que possède la marine américaine, trois dont Dwight D. Eisenhower, le Nimitz, et le Theodore Roosevelt sont également à proximité des eaux iraniennes dans l‘océan indien. Et pour combler le tout, un des cinq sous-marins Diesel de la marine israélienne, équipée de missile de croisières nucléaires, est également en route vers le golfe Persique. Dire que rarement un tel arsenal nucléaire a été concentré sur une zone en si peu de temps serait un véritable euphémisme.

Dans tous les cas, il est peu probable qu’une telle démonstration de force vise tout simplement à dissuader l’Iran d’une initiative de vengeance à l’occasion des récents assassinats de ses dignitaires. L’arsenal qui est déployé est totalement disproportionné par rapport à l’enjeu et à ce que l’Iran serait à même de prendre comme mesure de rétorsion sur la base de ses faits et gestes antérieurs. Ce d’autant que la réaction iranienne, si réaction il devait y avoir, a peu de chance de se matérialiser sous une forme conventionnelle, surtout  en cette période trouble où Donald Trump, vexé et humilié par sa défaite face à Joe Biden, occupe encore la Maison Blanche. Téhéran a bel et bien décidé de faire profil bas jusqu’au 20 janvier prochain, date de l’investiture du Président-élu, et à ne surtout pas donner un quelconque prétexte à Washington pouvant servir d’excuse pour une frappe contre ses installations nucléaires.

Cette concentration militaire est aussi particulièrement étonnante compte tenu de l’annonce de Donald Trump de réduire la présence militaire américaine dans la région de manière radicale en ramenant les « boys » comme il s’y était engagé pendant la campagne présidentielle de 2016. Malgré tout, les trois prochaines semaines avant son départ définitif de la maison blanche restent une période de grande instabilité où tout demeure envisageable. Donald Trump sait que Joe Biden ne sera pas, comme lui, un va-t’en guerre à l’encontre de Téhéran. Ainsi, il serait surement tenté par une frappe contre les sites nucléaires de Fordo et de Natanz si l’occasion devait se présenter. 

Cependant, il est peu probable, à moins qu’un prétexte, vrai ou faux, ne lui soit donné, que l’armée américaine ne se lance dans une telle aventure, à la veille immédiate de l’investiture d’un nouveau président sans une concertation préalable avec ce dernier.

Par Ardavan Amir-Aslani , publié le 27 décembre 2020

Photo en titre : démonstration de force, © ATTA KENARE / AFP

https://www.atlantico.fr/decryptage/3594965/golfe-persique–premices-d-une-guerre-qui-s-annonce–ardavan-amir-aslani

L’AGENCE NATIONALE DE SÉCURITÉ NUCLÉAIRE AMÉRICAINE A ÉTÉ HACKÉE

Le vendredi 18 décembre 2020, Vice nous a rapporté que des pirates informatiques ont infiltré le ministère de l’Énergie (DOE) et la National Nuclear Security Administration (NNSA).

D’après les informations de Politico, ces agences américaines de sécurité nucléaire affirment détenir des preuves de cette infiltration et ont notifié l’attaque auprès du Congrès tout en orchestrant une enquête avec les forces de l’ordre fédérales.

Le FBI, la Cybersecurity and Infrastructure Agency et le Bureau du directeur de la National Intelligence ont déclaré dans un communiqué conjoint que la situation est en évolution et qu’ils savent que cette attaque « a affecté les réseaux au sein du gouvernement fédéral ».

La cyberattaque a ciblé deux infrastructures sensibles de la sécurité nucléaire

Pour information, les enquêteurs ont constaté que l’intrusion s’est produite il y a quelques jours et qu’elle a ciblé les réseaux de la Commission fédérale de régulation de l’énergie, des laboratoires nationaux de Sandi et Los Alamos, de l’Office of Secure Transportation et du Richland Field Office du DOE.

Pour le moment, on ignore l’étendue des dommages causés sur les organismes touchés.

L’enquête a révélé que le logiciel malveillant avait été isolé sur les réseaux d’entreprises et n’a pas impacté les fonctions essentielles de sécurité nationale du Ministère, dont la National Nuclear Security Administration (NNSA). Lorsque le malware a été détecté par le DOE, l’agence a pris une action immédiate pour contenir l’attaque et tous les systèmes considérés comme menacés par cette attaque ont été déconnectés du réseau DOE.

Par ailleurs, il faut savoir que la NNSA et le DOE sont des éléments importants de l’infrastructure nucléaire américaine. La NNSA s’occupe effectivement de l’aspect scientifique et technique des armes nucléaires dont l’élimination des matières nucléaires, la formation à la contre-prolifération et la réponse aux catastrophes radiologiques.

La NNSA subissait 10 millions de cybermenaces par jour !

Déjà, en 2012, l’ancien chef de la NNSA, Thomas D’Agostino, a déclaré à l’US News and World Report que les laboratoires nucléaires et le ministère de l’Énergie sont constamment attaqués. Le porte-parole de la NNSA a d’ailleurs affirmé à l’époque que l’agence subissait effectivement 10 millions de cybermenaces graves chaque jour.

En tout cas, selon les informations de Vice, le problème n’est pas seulement dans les cyberattaques mais également dans les niveaux de sécurité de ces sites sensibles. Un responsable de la sécurité informatique a effectivement déclaré qu’il arrivait que les racks des serveurs connectés aux systèmes de défense antimissile balistique américains soient laissés déverrouillés. De même, un rapport indiquait que moins d’un pour cent des données clés sont chiffrées et sont stockées sur des supports amovibles.

En bref, on est bien loin de l’apparence impénétrable et inviolable que nous donnent les agences gouvernementales américaines dans les films et séries

Par Arielle, publié le 27 décembre, 2020 à 10h17

Photo en titre : Crédits Pixabay

https://www.fredzone.org/hack-agence-nationale-securite-nucleaire-usa-434

LONDRES PUBLIE LE TEXTE DE L’ACCORD AVEC L’UE SUR L’APRÈS-BREXIT (NUCLÉAIRE INCLUS)

L’accord comprend un accord commercial de 1 246 pages, ainsi que des dispositions sur l’énergie nucléaire et sur l’échange d’informations classifiées.

Le gouvernement britannique a publié, ce samedi 26 décembre, l’intégralité du texte de l’accord commercial conclu avec l’Union européenne, dans le cadre du Brexit, cinq jours avant sa sortie officielle de l’UE, qui marque le virage le plus important de la politique étrangère britannique depuis des décennies.

Lire aussi : Le blues des Britanniques du Centre-Bretagne

L’accord comprend un accord commercial de 1 246 pages de même que des dispositions sur l’énergie nucléaire et sur l’échange d’informations classifiées ainsi qu’une série de déclarations communes.

L’Union européenne et le Royaume-Uni ont conclu jeudi un accord sur leurs futures relations commerciales, plus de quatre ans après le référendum de 2016 lors duquel les Britanniques se sont prononcés en faveur du Brexit.

Ni quotas, ni droits de douane

L’accord permet d’éviter un épilogue chaotique dans le feuilleton tortueux du divorce entre l’UE et le Royaume-Uni, qui a porté un rude coup au projet d’unité européenne né sur les ruines de la Deuxième Guerre mondiale.

L’accord va permettre de préserver l’accès sans quotas ni droits de douane du Royaume-Uni au marché unique européen, qui compte quelque 450 millions de consommateurs, mais n’empêchera pas des perturbations et des effets économiques indésirables pour le Royaume-Uni ou pour des États membres de l’UE.

Concernant la pêche, sujet difficile jusqu’aux dernières heures, l’accord prévoit une période de transition jusqu’en juin 2026, à l’issue de laquelle les pêcheurs européens auront progressivement renoncé à 25 % de leurs prises.

Les députés britanniques invités à rentrer de vacances

Malgré la complexité de l’accord, les deux parties se préparent à une adoption à marche forcée.

À Bruxelles, après une première réunion dès vendredi des ambassadeurs des 27 autour de Michel Barnier, une nouvelle réunion est prévue lundi pour lancer la signature du projet par les États membres. Ils devront également décider d’une application provisoire car le Parlement européen ne pourra le ratifier que début 2021.

Côté britannique, les députés sont appelés à rentrer de vacances pour débattre du texte dès mercredi. Son adoption fait peu de doutes, même l’opposition travailliste comptant le soutenir.

« Une nouvelle coopération amicale » possible

Après quatre ans et demi d’incertitude et déchirements suivant le référendum de 2016, cet accord offre aux entreprises « de la certitude et la capacité de préparer croissance et investissements » et fait espérer que « la politique évolue vers un meilleur environnement », a assuré dans le Times le ministre britannique Michael Gove.

« Nous pouvons développer une nouvelle coopération amicale avec l’UE, une relation spéciale », a-t-il ajouté, reprenant l’expression caractérisant traditionnellement la relation américano-britannique.

Si le Royaume-Uni est sorti de l’Union européenne le 31 janvier, il continue jusqu’à la fin de l’année d’appliquer ses règles.

Par Reuters et AFP.   Ouest-France, publié le 26 décembre 2020 à 11h39

Photo en titre : L’accord va permettre de préserver l’accès sans quotas ni droits de douane du Royaume-Uni au marché unique européen. (Photo d’illustration)© AFP / BEN STANSALL

https://larochesuryon.maville.com/actu/actudet_-londres-publie-le-texte-de-l-accord-avec-l-ue-sur-l-apres-brexit_54135-4435605_actu.Htm

«UN GESTE DE BONNE VOLONTÉ»: MOSCOU PLACE SON SYSTÈME HYPERSONIQUE AVANGARD SOUS L’EFFET DE NEW START

Même si le traité New Start est sur le point d’expirer, ce n’est pas encore chose faite et la Russie a décidé de l’appliquer à son système hypersonique Avangard dans «un geste de bonne volonté».

Moscou a sciemment étendu l’application du traité de réduction des armements stratégiques New Start au système hypersonique russe Avangard, a déclaré à Sputnik Vladimir Ermakov, directeur du département de la non-prolifération et du contrôle des armements du ministère russe des Affaires étrangères.

«C’est un geste de bonne volonté, malgré un certain nombre de questions juridiques surgissant notamment au sujet d’une vision non constructive des États-Unis sur le contrôle de tels systèmes. Il reste encore à régler ces questions. D’une manière générale, nous sommes ouverts aux débats sur le dossier, dans des formats plurilatéraux également», a-t-il indiqué.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait indiqué à la mi-novembre que la Russie était prête à répertorier les systèmes Avangard et Sarmat dans le traité, mais pas les Poséidon ni les Bourevestnik.

New Start

Le traité signé par Moscou et Washington en 2010 est entré en vigueur le 5 février 2011. Il prévoit que les deux pays réduisent leurs arsenaux nucléaires pour les limiter à 700 missiles balistiques intercontinentaux, missiles balistiques à bord de sous-marins et de bombardiers lourds, ainsi qu’à 1.550 ogives et 800 lanceurs déployés et non déployés.

Aujourd’hui, New Start est l’unique traité en vigueur entre la Russie et les États-Unis sur la limitation des armements nucléaires. Il expire le 5 février 2021.

La mise au point d’Avangard a été annoncée par Vladimir Poutine en mars 2018.

Selon lui, le système est capable d’effectuer des vols intercontinentaux dans les couches denses de l’atmosphère à une vitesse hypersonique.

Par Youlia Zvantsova, publié le 25 décembre 2020 à 19h03, mis à jour à 19h09

Photo : ©  ministère russe de la Défense

https://fr.sputniknews.com/international/202012251044984822-un-geste-de-bonne-volonte-moscou-place-son-systeme-hypersonique-avangard-sous-leffet-de-new-start/

DÉFENSE US: BIDEN VOUDRAIT REVOIR À LA BAISSE LES DÉPENSES POUR LES ARMES NUCLÉAIRES

Joe Biden envisage de réduire le rôle des armes nucléaires dans la stratégie de défense des États-Unis et de procéder à d’importantes coupes dans le budget jugé «excessif» réservé à la modernisation de ce type d’armement, à en croire un article du Wall Street Journal paru ce 24 décembre.

La future administration Biden envisage de revenir sur le programme de modernisation des armes nucléaires qui coûtera au budget américain 1.200 milliards de dollars, afin de réduire son financement et le rôle de ce type d’armement dans la stratégie du Pentagone, relate un article du Wall Street Journal paru ce 24 décembre.

«Nous devons moderniser nos moyens de dissuasion. Mais nous ne pouvons pas dépenser le montant qui y est actuellement alloué», a déclaré au quotidien américain un ancien responsable.

Joe Biden pourrait également revoir la décision du Pentagone de développer un nouveau missile balistique intercontinental terrestre, y compris son ogive, dont le coût total dépassera les 100 milliards de dollars, selon la source du Wall Street Journal.

Le quotidien rappelle que, lors de la campagne présidentielle, le Démocrate a promis de réduire les «dépenses excessives» des États-Unis en armes nucléaires en critiquant la décision de Donald Trump de développer de nouvelles armes de ce type, y compris un missile de croisière lancé par sous-marin.

Élections américaines

Avant l’investiture de Biden qui aura lieu le 20 janvier, le Congrès doit encore confirmer sa victoire le 6 janvier. Il s’agira pourtant d’une procédure plutôt symbolique, les grands électeurs ayant déjà choisi Joe Biden en tant que futur Président américain avec 306 voix alors qu’il en faut 270 pour gagner. Le Président sortant Donald Trump n’a pas encore reconnu sa défaite, il continue à contester la victoire de Biden devant les tribunaux.

Par Daria Petliaeva, publié le 24 décembre 2020 à 20h38

Photo en titre : © AP Photo / Patrick Semansky

https://fr.sputniknews.com/amerique-nord/202012241044980779-defense-us-biden-voudrait-revoir-a-la-baisse-les-depenses-pour-les-armes-nucleaires/

NUCLÉAIRE : LE NOUVEAU NÉGOCIATEUR SUD-CORÉEN S’ENTRETIENT AVEC SON HOMOLOGUE JAPONAIS

Le nouveau négociateur nucléaire sud-coréen Noh Kyu-duk s’est entretenu hier par visioconférence avec son homologue nippon, Takehrio Funakoshi. Le premier a été nommé à ce poste lundi, et le second le 2 décembre dernier. Il s’agissait ainsi de leur première rencontre en tant que chefs des négociations sur le dossier nucléaire nord-coréen.

Les deux diplomates ont échangé leurs analyses sur la situation et se sont penchés sur les moyens de coopération bilatérale et trilatérale avec les États-Unis visant à faire progresser le processus vers une dénucléarisation complète de la péninsule et l’installation d’une paix permanente dans la région. Ils sont également convenus de poursuivre une collaboration et une communication étroites sur la question du pays communiste.

Mercredi, Noh a également eu une conversation téléphonique avec le sous-secrétaire d’État américain Stephen Biegun, qui est également le représentant spécial pour la Corée du Nord.

Publié le 24 décembre 2020 à 12h52, mis à jour le 24 décembre 2020 à 15h08

Photo en titre : YONHAP News

http://world.kbs.co.kr/service/news_view.htm?lang=f&Seq_Code=72205

LA CÔTE D’IVOIRE RATIFIE LE TRAITÉ PORTANT INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Abidjan, 23 déc 2020 (AIP)- Le gouvernement a adopté mercredi 23 décembre 2020 en Conseil des ministres, un projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier le traité pour l’interdiction des armes nucléaires signé le 20 septembre 2017 à New York, a indiqué son porte-parole, Sidi Touré dans son compte rendu.

Ce traité vise à terme l’élimination complète de toutes les armes nucléaires en vue d’assurer la survie de l’humanité et la protection de l’environnement contre les menaces liées à la fabrication, et à la détention de ce type d’arme, a expliqué Sidi Touré.

La ratification de cette convention permettra à notre pays de bénéficier non seulement de l’assistance technique et financière des États parties en cas d’agression ou d’accident nucléaire pour assurer la santé publique des populations et la remise en état de l’environnement mais également d’avoir accès à la technologie de l’énergie atomique à usage civil sans susciter de méfiance ou d’opposition, a-t-il précisé. (NDLR : ça c’est moins réjouissant !)

Par AIP- gak/tm, publié le 24 décembre 2020 à 10h03

https://aip.ci/la-cote-divoire-ratifie-le-traite-portant-interdiction-des-armes-nucleaires-2/

SELON PÉKIN, LES RAPPORTS SUR LES DEMANDES DE LA CHINE SUR L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE DANS LES NÉGOCIATIONS D’INVESTISSEMENT DE L’UE SONT FAUX

Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré que les rapports des médias sur les demandes présumées de Pékin en matière d’investissement dans l’énergie nucléaire lors des négociations avec l’Union européenne n’étaient pas vrais.

Mercredi, le magazine allemand WirtschaftsWoche a cité des sources de l’UE disant que les négociations sur le pacte d’investissement Chine-UE sont au point mort au dernier moment, alors que Pékin veut investir dans des centrales nucléaires européennes et y utiliser la technologie plus avancée de la Chine.

Cependant, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Wang Wenbin a démenti jeudi le rapport.

«Si je comprends bien, les discussions se passent bien. Les nouvelles selon lesquelles les pourparlers sont bloqués parce que la Chine a émis plus de demandes sur l’énergie nucléaire sont fausses.

Plus tôt cette semaine, Wang a déclaré que Pékin avait organisé 10 séries de pourparlers avec Bruxelles. «Les discussions en sont maintenant à la phase finale. Nous pensons que tant que les deux pourront répondre aux préoccupations de l’autre partie… nous serons en mesure d’atteindre les objectifs fixés par nos dirigeants. »

L’accord global sur l’investissement (CAI) vise à accroître les investissements entre l’UE et la Chine et à remplacer les traités bilatéraux entre les États membres de l’UE et Pékin, tandis que les entreprises du bloc européen seront sur un pied d’égalité en Chine.

Cependant, l’UE a récemment critiqué la Chine pour son bilan en matière de droits de l’homme, tandis que Washington a déclaré qu’elle souhaiterait des consultations avec ses partenaires européens sur «Nos préoccupations communes concernant les pratiques économiques de la Chine.»

En réponse, la Chine a soulevé des objections concernant le resserrement par l’Europe de ses politiques de filtrage des investissements étrangers dans des secteurs stratégiques de l’économie.

Par Dacid Rolet, publié le 24 décembre 2020 dans News

https://news-24.fr/les-rapports-sur-les-demandes-de-la-chine-sur-lenergie-nucleaire-dans-les-negociations-dinvestissement-de-lue-sont-faux-pekin/

L’IRAN POURSUIT SES ACTIVITÉS MALVEILLANTES ALORS QUE L’UE POURSUIT SA POLITIQUE DE COMPLAISANCE

Bien que le 7 décembre, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, ait dénombré les violations par le régime iranien de son accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales, les dirigeants de l’UE ont convenu de ne pas poser de nouvelles conditions préalables à une reprise de cet accord, confirmant ainsi leur attachement à la politique de complaisance envers cette théocratie.

Le secrétaire général de l’ONU dans son rapport a confirmé que «le 11 octobre 2020, l’Agence [internationale de l’énergie atomique] a vérifié que la République islamique d’Iran avait installé une cascade de centrifugeuses IR-2M à l’usine. Il a également vérifié le 14 novembre 2020 que la République islamique d’Iran avait commencé à injecter de l’hexafluorure d’uranium (UF6) dans ces cascades récemment installées. L’Agence a en outre signalé que, depuis le 8 juillet 2019, la République islamique d’Iran enrichissait de l’uranium à hauteur de 4,5% d’U-235 (au-dessus des 3,67% d’U-235 autorisés par le Plan) et que, à compter du 2 novembre 2020, son stock total d’uranium enrichi était de 2 442,9 kg (au-dessus de la limite de 202,8 kg). »

En 2015, les puissances mondiales ont signé le Plan d’action global conjoint (JCPOA) avec le régime iranien. Le JCPOA avait de nombreux défauts, sa durée était trop courte, sa portée était limitée et laissait de nombreuses voies ouvertes au régime pour acquérir une bombe nucléaire.

En outre, l’accord n’a pas abordé le programme de missiles de Téhéran, le soutien au terrorisme et les violations flagrantes des droits de l’homme. Le régime n’a jamais respecté ses engagements aux termes du JCPOA.

Le 5 avril 2020, Ali Akbar Salehi, chef de l’Organisation de l’énergie atomique du régime iranien, a déclaré : «Les activités nucléaires, ainsi que la recherche et développement sur le cycle du combustible nucléaire, la conversion de l’uranium et l’enrichissement, malgré le JCPOA, se sont poursuivies. ”

Le régime n’a jamais permis aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique de visiter ses sites nucléaires très controversés, où, selon la Résistance iranienne, le régime poursuivait son objectif de produire des armes nucléaires.

Plus tard, le 9 juin, l’AIEA a confirmé dans un rapport que «pendant plus de quatre mois, l’Iran a refusé l’accès à l’Agence, en vertu de l’article 4.b. (i) et de l’article 5.c. du Protocole additionnel, à deux endroits et, depuis près d’un an, n’a pas engagé de discussions de fond pour clarifier les questions de l’Agence liées à d’éventuelles matières nucléaires non déclarées et activités liées au nucléaire en Iran. Cela nuit à la capacité de l’Agence de clarifier et de résoudre les questions et, de fournir une assurance crédible de l’absence de matières et d’activités nucléaires non déclarées sur ces sites en Iran. »

Lorsqu’en 2018, les États-Unis se sont retirés du JCPOA, invoquant le non-respect de l’accord par Téhéran, le régime a lancé une campagne de chantage en violant progressivement ses engagements envers l’accord.

Les pays européens ont malheureusement tenté d’aider le régime et ont succombé à la campagne d’extorsion du régime.

Josep Borrell, le chef de la politique étrangère de l’UE, a annoncé avec joie qu’il “préside une réunion ministérielle virtuelle de l’E3 / UE + 2 (Chine, France, Allemagne, Russie, Royaume-Uni) et l’Iran” lundi, “pour réaffirmer notre engagement pour préserver l’accord

Borrell a en outre souligné «l’engagement de l’UE à préserver» la mauvaise politique d’apaisement de l’UE.

Les dirigeants de l’UE encouragent des négociations avec un régime dont le diplomate terroriste, Assadollah Assadi, est détenu et jugé en Belgique pour terrorisme.

Assadi et ses trois complices ont tenté de faire exploser une bombe lors du rassemblement de l’opposition en France en juin 2018. Le procureur d’Anvers en Belgique dans son acte d’accusation a confirmé qu’Assadi agissait au nom du régime.

Les dirigeants de l’UE apprécient les négociations avec un régime qui a été condamné par l’Assemblée générale des Nations Unies en adoptant formellement une résolution condamnant les violations des droits de l’homme en Iran – la 67e du genre.

Ce régime a massacré plus de 30 000 prisonniers politiques en 1988. Sept experts de l’ONU dans une lettre publiée en décembre 2020, ont qualifié le massacre de 1988 de «crimes contre l’humanité» et ont demandé une enquête internationale.

Les dirigeants européens affirment qu’ils chérissent les droits de l’homme qui «sont dans l’ADN de l’Union européenne». M. Borrell a déclaré: «Lorsque de graves violations des droits de l’homme se produisent, l’UE doit aller au-delà de l’adoption de résolutions et des déclarations, nous devons être capables d’agir.»

Mais ils n’ont pas respecté ce principe en ce qui concerne l’Iran. Jusqu’à présent, l’UE a donné la priorité à ses intérêts économiques par rapport à la sécurité de ses propres citoyens et aux principes des droits de l’homme.

Le complot à la bombe de 2018 a souligné ce que Winston Churchill a dit un jour: «Un apaisant est celui qui nourrit un crocodile en espérant qu’il le dévorera en dernier. »

L’UE doit à présent rompre son silence et mettre fin à sa politique d’apaisement. L’UE devrait mettre plus de pression sur le régime, le tenir responsable de son terrorisme et des droits de l’homme. La meilleure façon d’empêcher les mollahs de réaliser une bombe nucléaire est d’adopter une politique ferme qui couvre tous les aspects de l’action malveillante du régime.

Par Mohammad Sadat Khansari, publié le 25 décembre 2020

https://www.ncr-iran.org/fr/actualites/droits-humains-2/liran-poursuit-ses-activites-malveillantes-alors-que-lue-poursuit-sa-politique-de-complaisance/

LA SÉCURITÉ NUCLÉAIRE FACE À LA MENACE DES DRONES

Depuis 2011, la catastrophe nucléaire de Fukushima a mondialement alerté sur l’importance de garantir la sécurité des centrales nucléaires. Cependant, de multiples survols illégaux en France continuent de rappeler la menace que représentent les drones pour la sécurité de celles-ci. Voici un état des lieux des centrales nucléaires, hauts lieux d’enjeux énergétiques et stratégiques, compromis par les drones de loisir.

La France est le second pays producteur au monde d’énergie nucléaire derrière les États-Unis. Plus de 70% de l’électricité consommée sur le territoire national est produite par les 56 réacteurs repartis sur 18 centrales nucléaires de production d’électricité (CNPE). Celles-ci sont toutes exploitées par l’entreprise EDF et rendent le pays fortement dépendant au bon fonctionnement de ces installations. Les CNPE sont pour la France d’importants lieux d’enjeux stratégiques et économiques de par l’indépendance énergétique du pays mais présentant de fortes vulnérabilités. Elles subissent depuis 2012 des survols illégaux effectués par des drones de loisir en dépit des multiples procédures de sécurité mises en place pour les contrer. Si les drones de loisir sont inoffensifs à première vue lorsque leur utilisation principale est respectée, il n’en demeure pas moins que ceux-ci sont capables de représenter une menace pour la sécurité des CNPE lorsque leur utilisation est détournée.

Il existe deux grandes catégories de drones selon la nature des pilotes : les drones professionnels et les drones de loisir. De par la récurrence de leur usage et la possibilité d’être acquis par des particuliers, les drones de loisir constituent actuellement l’une des menaces principales pour les centrales nucléaires. Il s’agit d’aéronefs sans équipage (Unmanned Aerial Vehicle). Les centrales nucléaires ayant été conçues avant le développement des drones, leur conception n’a pas immédiatement intégré les menaces que représentent ces appareils. Dans le domaine nucléaire, les termes de sûreté et de sécurité sont inversés. En effet, la communauté internationale a retenu des définitions différentes que celles habituellement employées par le milieu professionnel de la sûreté. La sûreté nucléaire est une composante de la sécurité nucléaire et s’assure majoritairement de la sécurité des employés. Tandis que, la sécurité nucléaire, comprend la « sûreté nucléaire, la radioprotection, la prévention et la lutte contre les actes de malveillance, ainsi que les actions de sécurité civile en cas d’accident ».

Afin de déterminer si les drones de loisir représentent une réelle menace pour la sécurité des centrales nucléaires françaises, il convient d’aborder les différentes vulnérabilités des centrales et l’exploitation d’éventuelles failles par les drones de loisir. Enfin il s’agit d’envisager les différentes solutions possibles à l’avenir face à cette menace.

La sécurité des réacteurs nucléaires

Les réacteurs nucléaires sont hautement sensibles, mais il est peu probable qu’un drone de loisir puisse leur porter directement atteinte. En effet, les cheminées contenant les réacteurs nucléaires sont « bunkerisées » et conçues, d’après un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) pour résister aux chutes de petits avions de tourisme et d’affaires comme un Cessna 210 d’1,5 tonne ou un Learjet 23 de plus de 5 tonnes. Aussi, les cheminées sont capables de résister à d’importants projectiles d’une soixantaine de kilos en cas d’événement climatique extrême.

Un drone est capable d’emporter une charge représentant le tiers de sa masse au maximum, soit pour un drone de 15 kilos, un engin explosif improvisé (EEI) de 5 kilos. Mais une explosion dépend de l’environnement dans lequel elle a lieu. En l’espèce, en milieu aérien ouvert, par exemple le cas d’un drone s’écrasant contre ou au pied d’une cheminée de réacteur nucléaire, l’onde de choc se propage beaucoup moins violemment qu’en milieu clos ou en milieu liquide.

Ainsi, les drones de loisir et les charges explosives qu’ils pourraient emporter, s’ils présentent un risque élevé pour les personnels, n’en présentent que très peu pour les réacteurs nucléaires et encore moins pour le cœur nucléaire d’une centrale. Cependant, ce n’est pas tant la sécurité des réacteurs qui inquiète l’ONG anti-nucléaire Greenpeace mais celle des piscines de refroidissement et des systèmes électriques.

La problématique des piscines de refroidissement

Situées dans des bâtiments annexes, ces piscines permettent de garantir le refroidissement du cœur de la centrale nucléaire et la protection des personnels des combustibles radioactifs usés. Or, celles-ci ne sont pas « bunkérisées » et de fait, plus vulnérables face à la menace des drones. Une fuite importante de l’eau qui les protège entraînerait un nuage radioactif d’ampleur par la mise à l’air libre des combustibles irradiés. Le 3 juillet 2018, Greenpeace réalise une action symbolique en écrasant un drone contre le mur du bâtiment hébergeant la piscine de stockage des combustibles usés de la centrale nucléaire de Bugey. Le premier drone ne sera intercepté qu’une fois au sol tandis que celui qui filmait le premier est reparti aussi simplement qu’il est arrivé. Cette action a permis d’alerter les pouvoirs publics sur la vulnérabilité des installations. 

La vulnérabilité des systèmes électriques

À la problématique des piscines de refroidissement, s’ajoute celle de la vulnérabilité dessystèmes électriques. En effet, un drone emportant une charge explosive, serait capable de déstabiliser le système électrique principal d’une centrale et d’empêcher les groupes électrogènes de secours de fonctionner. Si de tels incidents se produisaient simultanément sur différentes centrales, l’alimentation du réseau électrique national ne serait plus en mesure d’être pleinement assurée.

Cela est d’autant plus inquiétant qu’aucune centrale nucléaire ne dispose de « noyau dur » des installations électriques permettant de prendre la relève en assurant les fonctions fondamentales pour la sécurité des réacteurs en cas de perte du système électrique. En l’absence de « noyau dur », les centrales seraient dans l’incapacité de maintenir le refroidissement du combustible contenu dans le cœur du réacteur et la piscine de désactivation. Cette incapacité peut mener à un processus irréversible de fusion du combustible pouvant créer un nuage radioactif d’ampleur par la mise à l’air libre d’importantes quantités d’éléments radioactifs.

Des procédures de sécurité remises en cause

Sous haute surveillance, les centrales nucléaires sont protégées par les pelotons spécialisés deprotection de la gendarmerie (PSPG) formés et opérationnellement contrôlés par le Groupe d’intervention de la Gendarmerie Nationale (GIGN). En cas d’événement grave, la gendarmerie départementale ainsi que l’armée de l’air sont aptes à intervenir rapidement pour prêter assistance au GIGN. Depuis 2011 et suite à la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima au Japon, EDF a créé une Force d’action rapide nucléaire (FARN). Aussi, les centrales sont équipées de vidéosurveillance, d’alarmes et de clôtures anti-intrusion.

Ces procédures de sécurité semblent fiables et opérantes à première vue. Pourtant les forces armées et autorités ne parviennent pas à détecter et neutraliser les survols de drones et à identifier les responsables de ceux-ci. En effet, sur la trentaine de survols nocturnes référencés depuis 2012, aucun drone n’a été neutralisé et l’identité des responsables ainsi que leurs motivations demeurent inconnues. Ceci peut notamment s’expliquer en raison de la furtivité des engins rendant les drones complexes à détecter et neutraliser sans technologies adaptées.

Les solutions possibles à l’avenir afin de faire face à cette menace

La première solution possible est la prévention par la « bunkerisation » des piscines et la mise en place d’un « noyau dur » des installations électriques. Mais ce renforcement des piscines engendrerait un coût très important pour EDF d’entre « 1,6 milliard et 2,26 milliards d’euros par piscine ».

Deuxièmement, il apparaît indispensable de renforcer les dispositifs de surveillance et de neutralisation. En effet, afin de faire face à cette menace il est impératif de localiser les auteurs de ces survols puis de neutraliser les drones. Les solutions ne manquent pas afin de détecter et neutraliser un drone.  

Pour la détection, un radar peut être mis en place. Cependant, du fait de la faible signature radar du drone, il serait difficile de le discriminer parmi les oiseaux, engendrant un risque important de « fausses détections ».

Il existe à ce jour de nombreuses méthodes pour neutraliser un drone : système de défense sol-air, brouillage, fusils à pompe ou anti-drones. Néanmoins, ces solutions présentent des contraintes non négligeables ; un système de brouillage peut avoir conséquences collatérales pour les zones voisines. La neutralisation peut conduire à la destruction de l’appareil dont les  éclats tombés au sol peuvent causer des dommages aux biens et aux personnes. Enfin, la mise en œuvre de drone avec des filets, ou bien le dressage de faucons sont des solutions efficaces mais limitées de nuit, période pourtant favorable aux survols illégaux.

De nouvelles solutions sont en développement comme l’utilisation de lasers permettant d’aveugler les optiques de l’appareil et dont certains sont en phases de test permettant de « détruire les drones volant jusqu’à 50 km/h à une distance d’un kilomètre ». Le piratage est également une solution efficace, offrant l’opportunité de prendre le contrôle du drone en interceptant le signal entre le pilote et le drone.  Une autre technique appelée « GPS Spoofing » permet quant à elle de manipuler la trajectoire du drone en lui fournissant de fausses coordonnées GPS.

La nouvelle réglementation européenne sur les aéronefs sans équipage entrant en vigueur le 31 décembre 2020 pourra peut-être apporter des solutions en organisant la traçabilité des télépilotes de drones. En effet, à compter de cette date, tous les appareils devront désormais être enregistrés sur la plateforme Alpha Tango de la DGAC.

En somme, bien que la sécurité des réacteurs nucléaires soit fiable, des renforcements et améliorations sécuritaires sont nécessaires pour les piscines de refroidissement et les systèmes électriques des centrales. De nombreuses solutions à l’avenir sont envisageables pour la détection et la neutralisation des drones de loisir. La sécurité des CNPE représente un coût extrêmement important pour EDF, de l’ordre de dizaines de milliards d’euros. Cependant, la menace des drones est suffisamment sérieuse pour que ces coûts ne soient pas des obstacles à la sécurité de la France.

Par Océane OISEL du Club Sûreté AEGE, publié le 24 décembre 2020

https://portail-ie.fr/analysis/2556/la-securite-nucleaire-face-a-la-menace-des-drones

CARGO NUCLÉAIRE : NOUVELLE POSITION DU SEVMORPUT

Jeudi 24 décembre 2020, Après la mobilisation successive des remorqueurs de haute mer Abeille Bourbon et Abeille Liberté, l’Abeille Languedoc elle aussi affrétée par la marine nationale va prendre le relais. Elle est à cette heure en face du Touquet et se dirige vers le cargo atomique russe en avarie pour l’escorter jusqu’à Dunkerque et la limite de séparation des eaux côtières avec la Belgique. Cette surveillance continue et renforcée du Sevmorput est d’autant plus indispensable que le trafic maritime dans la Manche est intense. Sur la carte, figurent en rouge les tankers de produits pétroliers, chimiques et gaziers.

Publications de Robin des Bois sur le Sevmorput :

Nouvelle position du Sevmorput, 23 décembre 2020 – communiqué n°7
SAVEmorput, 21 décembre 2020 – communiqué n°6
Problèmes techniques et sanitaires à bord du Sevmorput, 17 décembre 2020, 14h00 – communiqué n°5
Un navire atomique en avarie se dirige vers l’Europe, 14 décembre 2020 – communiqué n°4
Dernière minute. Le Sevmorput en avarie au large de l’Afrique, 25 novembre 2020 – communiqué n°3
Le Sevmorput en avarie au large de l’Afrique, 19 novembre 2020 – 15h30- communiqué n°2
Un cargo atomique louvoie vers l’Antarctique, 10 novembre 2020

Par 7seizh.info, publié le 24 décembre 2020

http://7seizh.info/2020/12/24/cargo-nucleaire-nouvelle-position-du-sevmorput/

JAPON : 107ÈME VERSEMENT FINANCIER POUR TEPCO

TEPCo annonce avoir reçu le 107ème versement financier de la part de la structure gouvernementale de soutien qui lui avance de l’argent pour les indemnisations : 48,7 milliards de yens (386 millions d’euros au cours actuel). Rappelons que cet argent est prêté sans intérêt.

En prenant en compte ce versement et les 188,9 milliards de yens venant de l’Act on Contract for Indemnification of Nuclear Damage Compensation, TEPCo annonce avoir reçu un total de 9 712 milliards de yens (77,1 milliards d’euros au cours actuel), en incluant le présent versement et cela ne suffira pas.

Le communiqué de TEPCo est accompagné d’un tableau avec les sommes versées au titre des indemnisations, mais sans explications. Le total s’élève à 9 646,6 milliards de yens (76,5 milliards d’euros).

Dans ACROnique de Fukushima, publié le 23 décembre 2020

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

À FUKUSHIMA, LA PANDÉMIE RETARDE LE RETRAIT DU COMBUSTIBLE

Tepco devait commencer à retirer le combustible fondu de l’un des réacteurs l’année prochaine, une décennie après la triple catastrophe qui a frappé le Japon le 11 mars 2011.

Le retrait du combustible fondu de la centrale nucléaire Le retrait du combustible fondu de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima au Japon sera repoussé d’environ un an car la pandémie de coronavirus a freiné le développement d’équipements spécialisés, a annoncé jeudi son opérateur.

Tepco devait commencer à retirer le combustible fondu de l’un des réacteurs l’année prochaine, une décennie après la triple catastrophe (séisme, tsunami et accident nucléaire) qui a frappé le Japon le 11 mars 2011.

LIRE AUSSI > Une plongée au cœur de la centrale nucléaire de Fukushima

Cette opération est considérée comme la plus complexe du processus de démantèlement, qui doit durer 30 à 40 ans, et Tepco avait prévu de développer au Royaume-Uni un bras robotique avant de le transférer au Japon début 2021 pour lancer les opérations.

« Mais à cause de la recrudescence des infections au coronavirus au Royaume-Uni, le développement a été retardé », a expliqué lors d’une conférence de presse Akira Ono, directeur de la filiale de Tepco chargée du démantèlement, ajoutant que l’opérateur souhaitait désormais réaliser une partie des tests au Japon.

«Regrettable»

Le processus doit prendre plusieurs années pour le réacteur 2, qui contiendrait 237 tonnes de combustible fondu et de débris, selon l’agence de presse Kyodo. Les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale contiendraient au total 880 tonnes de ce mélange.

Ce report est « regrettable », a admis Akira Ono, mais il l’a jugé peu susceptible de retarder l’ensemble du processus de démantèlement, censé se terminer entre 2041 et 2051.

L’opérateur est face à d’autres questions épineuses, comme la manière de se débarrasser d’environ 1,23 million de tonnes d’eau contaminée, actuellement stockée dans plus d’un millier de citernes à proximité de la centrale.

La triple catastrophe du 11 mars 2011 au Japon avait fait quelque 18.000 morts ou disparus. L’accident nucléaire de Fukushima était le plus grave depuis celui de Tchernobyl en Ukraine en 1986.

Par Le Parisien avec AFP, publié le 24 décembre 2020 à 14h25

Photo en titre : Le retrait du combustible fondu de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima au Japon sera repoussé d’environ un an. AFP/Kazuhiro Nogi

https://www.leparisien.fr/environnement/a-fukushima-la-pandemie-retarde-le-retrait-du-combustible-24-12-2020-8415948.php

CHEF D’ÉTAT-MAJOR RUSSE: LA CONFRONTATION DANS LE CYBERESPACE ET L’ESPACE AUGMENTE LE RISQUE DE FRAPPE NUCLÉAIRE

D’après le chef d’état-major russe Valéri Guérassimov, une confrontation militaire dans le cyberespace et l’espace augmente le risque de frappe nucléaire. Il a rappelé qu’après le 5 février la Russie ou les États-Unis n’auront plus aucune restriction en ce qui concerne la dissuasion nucléaire.

La propagation de l’antagonisme militaire dans le cyberespace et l’espace augmente les risques d’ingérence dans les systèmes de contrôle et d’utilisation des armes nucléaires, a déclaré le général Valéri Guérassimov, chef d’état-major des armées russes, lors d’un briefing pour les attachés de presse étrangers.

«Les hostilités militaires s’étendent sur le cyberespace et l’espace, ce qui augmente les risques d’incidents dus à l’ingérence dans les systèmes de contrôle et d’utilisation des armes nucléaires», a-t-il précisé.

La dissuasion nucléaire

Il a souligné que, dans ces conditions, la dissuasion nucléaire demeure un élément essentiel de la sécurité militaire de la Russie.

Le chef d’état-major a rappelé que la position officielle sur la nature de la dissuasion nucléaire était énoncée dans «Les fondements de la politique d’État de la Russie en matière de dissuasion nucléaire», qui est «strictement défensive et vise à maintenir la capacité des forces nucléaires à un niveau suffisant pour dissuader».

«Les armes nucléaires sont considérées comme un moyen de forcer un ennemi potentiel à renoncer à une agression contre notre pays. Les déclarations sur le concept prétendu d’escalade de la désescalade par les Forces armées sont des spéculations. Il n’y a rien de tel dans les documents russes», a souligné le général.

Selon lui, en Russie, pour définir les approches de la dissuasion nucléaire, une attention particulière a été accordée au respect des obligations internationales en matière de limitation des armements.

«Les contrôles ne figurent aujourd’hui que dans le traité New Start, qui expire le 5 février. Après cette date, la Russie ou les États-Unis n’auront plus aucune restriction. Nous considérons cette situation comme compliquée mais surmontable», a conclu Valéri Guérassimov.

Par Julia Belyakova, publié le 24 décembre 2020 à 14h14, mis à jour à 14h16

Photo en titre : © Sputnik . Grigory Sysoev

https://fr.sputniknews.com/defense/202012241044978857-chef-detat-major-russe-la-confrontation-dans-le-cyberespace-et-lespace-augmente-le-risque-de-frappe/

DÉFAUTS DE RÉSISTANCE AU SÉISME DE MATÉRIELS DES GROUPES ÉLECTROGÈNES DE SECOURS À MOTEUR DIESEL DE 10 RÉACTEURS NUCLÉAIRES D’EDF

Anomalie générique.-. Le 14 décembre 2020, EDF a déclaré à l’ASN que de nouveaux défauts de résistance au séisme ont été détectés lors de la poursuite de la réalisation de contrôles prescrits par l’ASN le 19 février 2019 afin de vérifier la conformité des sources électriques de ses centrales nucléaires. Ces défauts concernent 10 réacteurs nucléaires supplémentaires, portant à 37 le nombre de réacteurs affectés.

EDF avait déclaré fin 2019 et début 2020 un événement significatif pour la sûreté concernant la détection de défauts de résistance au séisme de certains matériels contribuant au fonctionnement des groupes électrogènes de secours à moteur diesel (diesels de secours) de plusieurs de ses réacteurs. L’ASN avait classé cet événement au niveau 1 ou 2 sur l’échelle INES selon le réacteur concerné, en fonction de la nature des défauts rencontrés et du nombre de diesels de secours affectés. Au total, 27 réacteurs nucléaires étaient alors concernés.

Les défauts détectés concernent des défauts d’ancrage d’une armoire électrique du turboalternateur de secours et, pour les diesels de secours :

  • des mauvais montages de raccords en élastomère de tuyauteries ;
  • de la corrosion sur certaines portions de tuyauteries ou de leurs supports ;
  • des défauts de connectique au niveau de certaines armoires électriques ;
  • des défauts d’ancrage des aéroréfrigérants de leur circuit de refroidissement.

Les diesels de secours assurent de façon redondante l’alimentation électrique de certains systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes. En cas de séisme conduisant à une perte des alimentations électriques externes, le fonctionnement des diesels de secours pourrait ne plus être assuré, en raison de ces défauts.

En cas de perte totale des alimentations électriques, y compris des diesels de secours, le turboalternateur de secours, actionné par de la vapeur, assure l’alimentation électrique des équipements minimaux de conduite, de l’éclairage d’ultime secours et d’une pompe permettant de maintenir la pression dans le circuit primaire du réacteur.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes ou l’environnement. Toutefois, compte tenu des conséquences potentielles du dysfonctionnement des deux diesels de secours d’un même réacteur en cas de séisme, cet évènement est classé au niveau 2 de l’échelle INES (échelle internationale de classement des événements nucléaires et radiologiques qui en compte 7 par ordre croissant de gravité) pour les cinq réacteurs suivants :

  • réacteur 3 de la centrale nucléaire de Cruas ;
  • réacteur 2 de la centrale nucléaire de Cattenom ;
  • réacteur 2 de la centrale nucléaire de Paluel ;
  • réacteur 1 de la centrale nucléaire de Penly ;
  • réacteur 1 de la centrale nucléaire de Saint Alban.

L’événement est classé au niveau 1 de l’échelle INES pour les cinq autres réacteurs, pour lesquels l’ampleur des défauts était moindre et n’aurait pas conduit à la perte des deux diesels de secours en cas de séisme. Il s’agit des réacteurs suivants :

  • réacteurs 2 et 3 de la centrale nucléaire du Blayais ;
  • réacteur 2 de la centrale nucléaire de Dampierre ;
  • réacteur 2 de la centrale nucléaire de Nogent ;
  • réacteur 1 de la centrale nucléaire de Chooz.

L’ensemble des défauts constatés a fait l’objet de réparations par EDF, ou, pour ce qui concerne le mauvais montage de certains raccords en élastomère, d’une surveillance renforcée jusqu’au prochain arrêt du réacteur, au cours duquel ils seront remplacés.

Dans le cadre de la décision n° 2019-DC-0662 de l’ASN du 19 février 2019, les contrôles des sources électriques des centrales nucléaires se poursuivent jusqu’à début 2022, notamment pour les contrôles ne pouvant être réalisés que lors des arrêts de réacteur pour rechargement de combustible.

Publié le 24/12/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Defauts-de-resistance-au-seisme-de-materiels-des-groupes-electrogenes-de-secours

CYBERACTION À SIGNER: PANEL CITOYEN POUR L’ARRÊT DU NUCLÉAIRE

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) cherche actuellement à constituer un « panel citoyen » de riverains des centrales nucléaires pour « affiner sa stratégie post-accident ». Dans le même temps elle consulte le public « sur les conditions de la poursuite de fonctionnement des réacteurs de 900 MWe au-delà de 40 ans ».

La seule stratégie acceptable est d’empêcher l’accident.

Et les seules conditions qui garantissent qu’il n’arrivera pas est l’arrêt définitif de tous les réacteurs en activité, l’interdiction de mise en service de l’EPR de Flamanville et l’interdiction de construction de nouveaux réacteurs.

L’ASN doit faire ce travail de salubrité publique en commençant par décider l’arrêt définitif des réacteurs qui ont atteint 40 ans ou qui ne vont pas tarder à les atteindre : Bugey, Tricastin, Dampierre, Gravelines, Saint Laurent des Eaux, Blayais, Chinon, Cruas, etc.

L’acier des cuves de ces réacteurs est devenu fragile après 40 ans de service sous irradiation, à pression et température élevées. Les fissures s’y sont multipliées. Les marges de sécurité prévues à l’origine ne sont plus suffisantes et une rupture brusque de cuve devient de plus en plus probable. Or aucune parade n’existe pour faire face à une situation où la cuve d’un réacteur aurait cédé.

Notre panel citoyen est là pour rappeler à l’ASN que son rôle n’est pas de nous préparer à une future catastrophe mais de faire le nécessaire pour qu’elle n’arrive pas.

Cyberaction mise en ligne le 23 décembre 2020

Proposée par Cyberacteurs

En partenariat avec Rhône-Alpes Sans Nucléaire (RASN), Amis de la Terre du Poitou, Collectif d’Alarme Nucléaire de l’Orléanais, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard,

Elle sera envoyée à Agence de Sureté Nucléaire

Elle prendra fin le : 23 mars 2021

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/panelcitoyenpourlarryotdunuclynaire-4458.html

PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN : L’ONU S’INQUIÈTE DES TENSIONS ET DU RISQUE DE DÉRAPAGES

L’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien peut améliorer la stabilité régionale s’il est pleinement mis en œuvre mais les tensions accrues ont mis en évidence les risques posés par une escalade, a déclaré mardi la cheffe des affaires politiques de l’ONU au Conseil de sécurité.

Rosemary DiCarlo s’exprimait lors d’une réunion virtuelle du Conseil sur cet accord, appelé Plan d’action global conjoint (JCPOA), qui détaille les règles de surveillance du programme nucléaire iranien et la voie à suivre pour assouplir les sanctions visant l’Iran.

Le JCPOA a été signé par l’Iran aux côtés de l’Union européenne et de cinq membres permanents du Conseil de sécurité : la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis. Cependant, Washington s’est retiré de cet accord en mai 2018.

Mme DiCarlo a noté que ces dernières années ont été caractérisées par « des attaques contre des infrastructures essentielles, une rhétorique passionnée et un risque accru d’erreurs de calcul ».

« De telles actions approfondissent les différences liées au Plan et rendent les efforts pour résoudre d’autres conflits régionaux plus difficiles », a-t-elle déclaré. « Nous appelons toutes les parties concernées à éviter toute action qui pourrait entraîner une nouvelle escalade des tensions ».

Retrait et engagements réduits

En août dernier, les États-Unis ont annoncé qu’ils rétabliraient les sanctions levées à la suite de l’accord.

Mme DiCarlo a décrit cette décision comme contraire aux objectifs de l’accord sur le nucléaire iranien et de la résolution 2231 du Conseil de sécurité sur sa mise en œuvre.

« Nous regrettons les mesures prises par les États-Unis lorsqu’ils se sont retirés du Plan, ainsi que les mesures prises par l’Iran pour réduire certains de ses engagements nucléaires dans le cadre du Plan », a-t-elle déclaré aux ambassadeurs.

Le JCPOA garantit que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ait un accès régulier aux sites en Iran et aux informations sur son programme nucléaire.

Si le pays s’est conformé à certaines dispositions, l’AIEA a indiqué qu’il avait dépassé les limites prescrites pour l’uranium enrichi, un élément essentiel de la production d’énergie nucléaire.

« L’Iran a déclaré son intention de rester dans le plan et que les mesures qu’il a prises sont réversibles. Il est essentiel que l’Iran s’abstienne de prendre de nouvelles mesures pour réduire ses engagements et revienne à la pleine mise en œuvre du plan », a déclaré la cheffe des affaires politiques de l’ONU.

Mme DiCarlo a commencé son exposé en soulignant les efforts de l’ONU en matière de non-prolifération.

Elle a rappelé que le Secrétaire général de l’ONU a souligné l’importance de l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien et a encouragé tous les pays à le soutenir.

« La question nucléaire iranienne est un sujet important de non-prolifération, avec des conséquences pour la paix et la sécurité régionales et mondiales », a déclaré Mme DiCarlo. « En réalisant le JCPOA, les pays concernés ont montré que leur dialogue et leur diplomatie, appuyés par un Conseil de sécurité uni, pouvaient ouvrir la voie au règlement de cette question. Nous espérons que ces pays et le Conseil pourront le faire à nouveau ».

Publié le 22 décembre 2020

Photo en titre : Une vue de la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran, AIEA / Paolo Contri

https://news.un.org/fr/story/2020/12/1085162

LA BANANE ET LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Une adhérente de la CRIIRAD quelque peu outrée, nous fait part d’une action de l’association « La Voix du Nucléaire » qui offrait au public une banane accompagnée d’un tract : « Cette banane vous est offerte par Stand Up for Nuclear et elle produit une dose de rayonnement plus importante que de vivre à proximité d’une centrale nucléaire pendant un an ! « 

Notre réponse

L’argument de la banane revient souvent dans le discours des promoteurs de l’industrie nucléaire. Un certain Georges Charpak avait même très sérieusement proposé de créer une unité qui s’appellerait la DEB (Dose Équivalent Banane) ! La banane est naturellement riche en potassium (K), dont une (petite) fraction est constituée d’une variété radioactive (émetteur béta-gamma) : le potassium 40 (K40). Apparu dès l’origine de la Terre (demi-vie de plus d’un milliard d’années), il est naturellement présent dans l’environnement, en particulier dans les sols. Les plantes et les produits agricoles qui ont besoin de potassium pour vivre, ne font pas de différence entre les variétés de potassium et absorbent le K40 au même titre que le potassium non radioactif. La banane étant naturellement riche en potassium, elle est par conséquent également « riche » en K40 radioactif. Mais elle n’en renferme pas au point d’être détectable avec un compteur Geiger ! Ensemble avec les rayonnements cosmiques, telluriques (provenant du sol), et le radon, le K40 fait partie de la radioactivité naturelle (voir le dossier du TU n°87), à laquelle nous sommes tous exposés. Le premier contributeur en termes d’impact sur la santé (dose efficace) est cependant le radon, et de loin !

Comparer la dose K40 à ce qui est rejeté par une centrale nucléaire est malhonnête

Dans le cas d’une centrale, il s’agit d’une pollution. La radioactivité qu’elle rejette est artificielle, due à une activité humaine : elle pourrait donc être évitée. Dans le cas de la banane, il est impossible d’échapper au K40. L’homme n’en est pas le producteur, ni le responsable. On ne peut pas empêcher une banane d’absorber du K40 …

L’homme peut cependant être responsable, lorsqu’il ajoute du K40 dans son alimentation. Pour les personnes souffrant d’hypertension par exemple, il existe un sel de cuisine où le sodium est remplacé par du potassium… dont une fraction est précisément du K40. Ce type de sel est vendu sous le nom de « low salt ». Sa radioactivité est détectable avec un simple compteur Geiger, tout comme le serait un sac d’engrais potassique utilisé en agriculture.

Cet article est un extrait de la revue « Trait d’union » N°75 de Décembre 2020, revue publiée par la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité, laboratoire agréé), 29 Cours Manuel de Falla, 26000 VALENCE

www.criirad.org

LES DEMANDES CHINOISES D’INVESTISSEMENTS DANS L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE RENDENT LES NÉGOCIATIONS AVEC L’UE DIFFICILES: RAPPORT

BerlinLes négociations entre l’Union européenne et la Chine sur un accord d’investissement sont au point mort sur la dernière ligne droite parce que la Chine fait des demandes supplémentaires sur l’énergie nucléaire, a rapporté mercredi le WirtschaftsWoche allemand.

La question de l’énergie nucléaire est controversée dans les pays de l’UE, car de tels investissements pourraient placer l’infrastructure sensible sous contrôle chinois.

La Chine veut investir dans des centrales nucléaires européennes et utiliser la technologie chinoise dans ce domaine”, a déclaré WirtschaftsWoche citant des sources de l’UE.

Au cours des négociations, la Chine avait déclaré à ses homologues européens qu’elle considérait sa propre technologie comme plus avancée dans ce domaine, selon le rapport.

Plusieurs États membres de l’UE sont opposés à l’énergie nucléaire ou ont décidé de se retirer de la technologie au cours des prochaines années.

L’UE et la Chine visent à conclure un accord d’investissement d’ici la fin de l’année qui, selon les responsables allemands et européens, devrait donner aux entreprises européennes un meilleur accès au marché chinois.

L’accord d’investissement global UE-Chine placerait la plupart des entreprises de l’UE en Chine sur un pied d’égalité, ce qui pourrait constituer un grand pas en avant dans le rétablissement des liens sino-européens à la suite de l’épidémie de coronavirus en Chine et de la répression par Pékin de la dissidence dans l’ancienne colonie britannique de Hong Kong.

L’accord pourrait entraver les relations transatlantiques avec la future administration du président élu américain Joe Biden.

Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale désigné dans l’équipe de Biden, a tweeté plus tôt cette semaine que Washington accueillerait favorablement des consultations précoces avec ses partenaires européens sur “nos préoccupations communes concernant les pratiques économiques de la Chine”.

La Chine craint d’être isolée de l’Occident alors que les États-Unis intensifient leur guerre commerciale avec Pékin et Bruxelles a pris des mesures pour surveiller de plus près les investissements chinois dans les secteurs stratégiques européens.

Selon des diplomates occidentaux, d’autres points importants dans le scellage du pacte d’investissement concernent le développement durable et les questions de droits de l’homme comme le travail forcé en Chine. Reuters

Par ncadmin, publié le 23 décembre 2020

https://nouslescoiffeurs.com/les-demandes-chinoises-dinvestissements-dans-lenergie-nucleaire-rendent-les-negociations-avec-lue-difficiles-rapport/

EXPLOSIVES NÉGOCIATIONS PARIS-BRUXELLES SUR L’AVENIR D’EDF

Complexes et politiquement explosives, les négociations entre la France et la Commission européenne sur l’avenir d’EDF peinent à aboutir, alors que l’horloge tourne.

Le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy avait été chargé en 2018 par les pouvoirs publics de proposer un schéma de réorganisation de l’entreprise détenue à près de 84% par l’État.

Ces propositions devaient être présentées fin 2019 mais l’échéance a été repoussée car elles sont conditionnées à l’avancée de discussions entre la France et Bruxelles, notamment sur le nucléaire.

« On est en train de finir les négociations« , assurait en novembre la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili. L’objectif est « d’aboutir le plus rapidement possible« .

Le temps presse car cette éventuelle réforme devrait passer par une loi l’an prochain, même si les syndicats craignent aujourd’hui le recours aux ordonnances.

« Le gouvernement et la Commission européenne continuent d’échanger pour trouver un accord. Les discussions pourront se poursuivre après le 31 décembre« , indique désormais l’entourage de la ministre.

« Si ce n’est pas mûr, on ne le fait pas« , temporise une autre source gouvernementale, prudente.

Du côté de la Commission, on se contente de confirmer « des contacts en cours avec les autorités françaises sur la réforme de l’accès régulé à l’énergie nucléaire« .

Les négociations « se sont intensifiées ces derniers mois » mais « nous ne sommes pas au terme« , souligne aussi la direction d’EDF dans un argumentaire diffusé en interne.

L’issue « est incertaine » tant « les paramètres sont nombreux et instables« , insiste le producteur d’électricité.

Question nucléaire

Ce projet pourrait se traduire par une scission d’EDF en trois entités: une entreprise publique (EDF bleu) pour les centrales nucléaires, une autre (EDF vert) cotée en Bourse pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables et une troisième (EDF azur) qui coifferait les barrages hydroélectriques.

Cette réorganisation aurait plusieurs objectifs.

D’abord, permettre de revaloriser la production nucléaire française tout en satisfaisant les exigences de Bruxelles sur la concurrence – un point sur lequel il n’y a toujours pas d’accord. Aujourd’hui, EDF est contrainte de vendre une partie de cette électricité à ses concurrents à un prix que le producteur juge beaucoup trop bas.

Les pouvoirs publics voudraient par ailleurs que l’EDF « verte » finance le développement des énergies renouvelables en levant de l’argent sur les marchés, et ce malgré l’endettement élevé du géant de l’électricité.

Enfin, le vieux dossier des barrages hydroélectriques a été joint aux négociations afin de trouver une solution à un contentieux ancien avec la Commission, qui a mis en demeure la France il y a des années d’ouvrir à la concurrence ses concessions échues.

Parlement vigilant

Officiellement côté gouvernement, cette réorganisation doit se faire au sein d’un groupe intégré avec une stratégie unique et des salariés sous le même statut.

Mais les syndicats et une bonne partie de l’opposition – à gauche comme à droite – y voient un risque de démantèlement.

Les députés socialistes et les sénateurs PS et écologistes ont indiqué vouloir déposer une proposition de référendum d’initiative partagée (RIP) contre le projet.

Les syndicats d’EDF, très remontés, ont aussi organisé plusieurs journées de grève bien suivies dans l’entreprise.

Le Premier ministre Jean Castex a assuré ne pas vouloir « démanteler cette grande entreprise nationale« , sans rassurer.

La réorganisation placerait « EDF en situation de grande fragilité« , craint Virginie Neumayer, de la CGT EDF.

« Le parc nucléaire actuel serait condamné à court terme dans le cadre du projet Hercule puisqu’il serait isolé des autres entités d’EDF« , estime-t-elle, en soulignant les interactions indispensables entre les différents métiers dans l’entreprise.

« Avoir des stratégies différentes pénalise l’activité globale quand elle n’est pas mise en cohérence« , ajoute la responsable syndicale.

Ces inquiétudes sont entendues jusque dans la majorité parlementaire.

« Je suis très très vigilant » car « je sens bien qu’il y a beaucoup de tensions sur ce sujet« , reconnaît le député (LREM) Jean-Marc Zulesi.

« À partir du moment où il y a beaucoup d’inquiétudes sur le sujet, il faut une transparence et que la représentation nationale, quels que soient les partis, soit associée aux discussions« , plaide-t-il.

Par AFP, publié le 23 décembre 2020 à 14h14

Source : Connaissance des Énergies  / Afp (23/12/2020)

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/explosives-negociations-paris-bruxelles-sur-lavenir-dedf-201223

LA PART DES RENOUVELABLES ATTEINT 19,7 % EN EUROPE EN 2019

En 2019, les énergies renouvelables ont couvert 19,7 % de la consommation finale brute d’énergie des 27 États membres l’Union européenne (UE), a annoncé la Commission européenne, lundi 21 décembre. Pour rappel, l’UE s’est fixée pour objectif d’atteindre 20 % d’énergies renouvelables en 2020.

Les statistiques publiées par Eurostat montrent que la France a atteint 17,2 % de renouvelable. Elle se situe à 5,8 points de son objectif national de 23 % en 2020. À ce titre, la France se démarque en étant le pays le plus en retard, (voir NDLR) avec les Pays-Bas (5,2 points de retard), l’Irlande et le Luxembourg (tous deux à 4 points de leur objectif). Plus globalement, quatorze États membres ont déjà dépassé leurs objectifs nationaux pour 2020 et six pays en sont proches.

Avec plus de la moitié de l’énergie produite à partir de sources renouvelables dans sa consommation finale brute d’énergie, la Suède (56,4 %) a la part la plus élevée parmi les États membres de l’UE. Elle est suivie de la Finlande (43,1 %), de la Lettonie (41,0 %), du Danemark (37,2 %) et de l’Autriche (33,6 %). À l’inverse, les plus faibles proportions d’énergies renouvelables sont enregistrées au Luxembourg (7 %), à Malte (8,5 %), aux Pays-Bas (8,8 %) et en Belgique (9,9 %).

Par Philippe Collet, publié le 22 décembre 2020

Photo en titre : © benoitgrasser

https://www.actu-environnement.com/ae/news/eurostat-part-renouvelables-europe-36769.php4

NDLR : le retard de la France est programmé depuis les années 70 puisque ses dirigeants se sont enfermés (et s’enferment toujours !) dans un programme d’électricité nucléaire qu’il faut bien justifier par le retard (volontaire) d‘énergie renouvelable. C’est triste et lamentable de savoir que la France est ainsi devenue le bonnet d’âne de l’Europe!

NUCLÉAIRE : L’ASN RÉCLAME UN INVENTAIRE DES DÉCHETS DE MOYENNE ACTIVITÉ LES PLUS ANCIENS

L’Autorité de sûreté nucléaire a rendu un avis sur la gestion des déchets de haute et de moyenne activité à vie longue. Elle souhaite que soit finalisé au plus vite l’inventaire des déchets « historiques ».

Certains des déchets de moyenne activité produits avant 2015 posent d’importants enjeux environnementaux. Le sujet est connu de longue date. Le législateur a imposé aux détenteurs d’assurer un conditionnement conforme aux exigences de sûreté. Mais les progrès tardent à se matérialiser. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) demande donc aux producteurs d’achever au plus vite leur inventaire.

Tel est l’un des principaux points de l’avis de l’ASN sur la gestion des déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL). Cet avis, rendu dans le cadre de la préparation du prochain plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), a été publié le 14 décembre.

Inventorier au plus vite les déchets historiques

L’ASN rappelle que les entreposages actuels de certains déchets MA-VL « historiques » produits avant 2015 « peuvent comporter des risques importants pour la population et l’environnement ». Le maintien en exploitation de ces sites pourrait aggraver ces risques, compte tenu du vieillissement de structures déjà anciennes. Le conditionnement de ces déchets dans des conditions satisfaisantes « constitue ainsi un enjeu de sûreté nucléaire majeur ».

Ces déchets, très divers, sont aujourd’hui mal connus : leur recensement n’est pas achevé et il ne permet pas d’identifier ceux qui présentent les enjeux de sûreté les plus importants.

À cela s’ajoutent les « dérives répétées » des calendriers présentés par les détenteurs et les « fragilités » des stratégies de conditionnement de ces déchets. L’Autorité estime en particulier que la gestion de ce dossier « doit être consolidée par la mise à disposition des ressources humaines et financières nécessaires, avec des appuis à haut niveau dans les organisations concernées ».

Elle demande donc aux détenteurs d’achever le recensement en cours d’ici au 30 juin 2021 en identifiant les déchets MA-VL présentant les plus forts enjeux en matière de sûreté et de radioprotection. Cette mesure doit permettre de respecter l’échéance de 2030 fixée dans le code de l’environnement pour sécuriser ces déchets.

Des capacités d’entreposage globalement satisfaisantes

Autre sujet abordé : les besoins en entreposage des déchets HA et MA-VL. « L’ASN constate que les dates de saturation des entreposages existants et les besoins futurs en entreposage pour les vingt prochaines années ont été globalement bien identifiés par les producteurs ». Toutefois, les détenteurs doivent mieux évaluer les marges nécessaires pour faire face à d’éventuels aléas.

Le CEA doit notamment mieux prendre en compte les déchets issus de procédés de traitement non définis à ce jour. Orano est confronté à des « marges réduites, qui pourraient ne pas être suffisantes en cas de report dû à un éventuel décalage de la mise en service de Cigéo ». Quant à EDF, son installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés (Iceda), située sur le site du Bugey (Ain), « n’est pas suffisante pour accueillir l’ensemble des déchets qu’EDF prévoit d’y entreposer ». Le site serait saturé si les réacteurs actuels étaient démantelés avant leur soixantième anniversaire ou si l’ouverture de Cigéo était retardée, prévient l’ASN.

Une solution se profile pour les déchets bitumés

Enfin, le programme de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et des producteurs pour la gestion de Cigéo est jugé globalement bon.

L’ASN revient notamment sur les difficultés que posent les déchets bitumés. Un rapport sur le sujet, rendu à l’ASN en juin 2019, a apporté des garanties. Il est possible de stocker ces déchets dans Cigéo dans des conditions de sûreté acceptables, sur la base de techniques disponibles aujourd’hui en ingénierie. En outre, « les études conduites par l’Andra sont pertinentes et devraient permettre d’arriver à court terme à une conception dont la sûreté pourrait être démontrée de façon convaincante ».

L’ASN demande donc que les détenteurs de ces déchets « mettent en œuvre un programme ambitieux de caractérisation des colis de déchets bitumés ». Celui-ci doit permettre de s’assurer que ces colis pourront être stockés dans Cigéo. Les colis dont le stockage ne pourra pas être assuré dans ce dernier devront faire l’objet de travaux complémentaires.

Par Philippe Collet, publié le 22 décembre 2020

Photo en titre : © Jumbo2010

https://www.actu-environnement.com/ae/news/asn-avis-pngmdr-ma-ha-vl-36775.php4

NDLR : que d’incertitudes et de risques sur la gestion de ces satanés déchets, problème majeur de l’industrie nucléaire! Mais nos enfants se débrouilleront…

NUCLÉAIRE : PROMESSE EMPOISONNÉE D’EDF DE 2 NOUVEAUX RÉACTEURS À PENLY

« J’ai besoin du nucléaire » clamait le président Macron début décembre sur le média BRUT. À la veille de Noël, EDF lui emboîte le pas en glissant dans les souliers des syndicats lors de son conseil d’administration du mercredi 16 décembre la promesse empoisonnée de 2 EPR à Penly à condition d’avaler la pilule amère du plan Hercule, une découpe en 3 morceaux de l’opérateur. Trois autres sites sont lorgnés : Gravelines, Bugey, Tricastin.

Dans son communiqué du 30 juin 2020* lors de la fermeture de Fessenheim, le Collectif anti-nucléaire Ouest avait exprimé ses réserves à parler de « début de la fin » du nucléaire car les nucléocrates préparent sa relance à l’Ouest, de part et d’autre de la Manche. C’est pourquoi le site de Penly a leur préférence et que la relance du projet Sizewell en Angleterre par la filiale d’EDF, British Energy avec l’aide de la firme chinoise CGN vient d’être annoncée, le tout relié par les lignes THT sous-marines en projet entre les deux pays.

Mais ces décisions sont suspendues à la mise en service improbable de Flamanville après 2023. Certes EDF tente d’engager une mise en service partielle en amenant un premier camion de combustible sur le site où Greenpeace et Mediapart viennent de dévoiler que les mesures de sécurité sont divulguées au premier venu. Il sera difficile et risqué d’amener les 30 convois suivants. EDF qui mérite d’être surnommée (Électricité Dette de France) est à la recherche forcenée de 50 milliards d’euros supplémentaires pour ses projets de réacteurs alors que l’endettement avoué est du même niveau sans parler d’un prix du MWh qui ne peut qu’accroître les pertes, de l’accroissement des déchets radioactifs pour des millions d’années et du risque de catastrophe toujours plus fort avec la prolongation annoncée des réacteurs à 50 ans**.

Mobilisons-nous pour un avenir libéré du nucléaire. Une société pacifique et sereine, basée sur la sobriété énergétique et les renouvelables est possible.

* https://www.can-ouest.org/fessenheim-attention-une-fermeture-peut-cacher-une-relance-du-nucleaire-a-louest/

** https://www.can-ouest.org/reacteurs-nucleaires-encore-une-consultation-mascarade-pour-leur-fin-de-vie/

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 / Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

9 Bis sente des Grès, 76920 Amfreville-la-Mi-Voie, 07 68 35 03 38

contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org

https://www.facebook.com/can.ouest/ https://twitter.com/canouest

Par Chantal CUISNIER, publié le 21 décembre 2020

https://www.can-ouest.org/nucleaire-promesse-empoisonnee-dedf-de-2-nouveaux-reacteurs-a-penly/

CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES : INDISPONIBILITÉ DE LA POMPE D’INJECTION DE SECOURS AUX JOINTS DES POMPES PRIMAIRES DES RÉACTEURS 1 ET 2

Le 15 décembre 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire de Gravelines a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité de la pompe d’injection de secours aux joints des pompes primaires commune aux réacteurs 1 et 2.

Le rôle des pompes primaires est d’assurer la circulation de l’eau dans le circuit primaire et donc de refroidir le cœur. Au niveau des joints de ces pompes, de l’eau sous haute pression est injectée afin d’assurer l’étanchéité du circuit primaire en évitant toute remontée d’eau de ce circuit. En fonctionnement normal, cette injection est assurée par le circuit de contrôle volumétrique et chimique. En situation de perte totale des alimentations électriques, cette injection aux joints des pompes primaires est assurée par une pompe de secours spécifique.

Le 11 octobre 2020, à la suite de la réalisation d’un essai périodique, le temps de démarrage de la pompe de secours est constaté supérieur à un des critères demandés par les règles générales d’exploitation. Toutefois, le temps d’établissement du débit de la pompe étant satisfaisant, l’exploitant décide de ne pas mener d’opération de maintenance.

Le 13 novembre 2020, lors d’un nouvel essai périodique, le temps de démarrage de la pompe de secours se dégrade. Le remplacement d’une partie du système de relayage électromécanique de la pompe est programmé et réalisé le 26 novembre 2020. A l’issue cette maintenance, un nouvel essai est réalisé. Le 27 novembre 2020, l’analyse en temps différé des résultats de l’essai montre que le critère relatif au temps de démarrage de la pompe est toujours trop long. 

Le 2 décembre 2020, la pompe de secours est finalement déclarée indisponible. Une nouvelle maintenance est programmée et des connecteurs sur le système de relayage électromécanique sont trouvés desserrés. Le 4 décembre 2020, après avoir effectué le resserrage des connecteurs, un nouvel essai confirme le bon fonctionnement de la pompe de secours.

La pompe de secours aurait dû être déclarée indisponible depuis le début des problèmes rencontrés sur le temps de démarrage de la pompe. Les règles générales d’exploitation du réacteur n’ont pas été respectées puisqu’elles imposent un amorçage du repli du réacteur sous trois jours en cas d’indisponibilité de la pompe de secours.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur l’environnement ou les travailleurs. Il est classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité) en raison de sa détection tardive.

Publié le 22 décembre 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-de-la-pompe-d-injection-de-secours-aux-joints-des-pompes-primaires

DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE : L’EUROPE EST LE CANCRE DU MONDE

La France ainsi que 32 États européens sont assignés par la Cour européenne des droits de l’Homme. Ils sont accusés d’inaction face au changement climatique. Greenpeace dénonce depuis plusieurs années les failles et le manque d’ambition des États membres de l’Union européenne face à cette crise mondiale.

Phillipe Spadotto est le coordinateur de l’antenne Niçoise. Lui ainsi que plusieurs associations alertent depuis plusieurs années sur les carences des gouvernements. Plus que les révélations et des protestations, ce sont des solutions que veut proposer l’activiste pour tenter de sauver la planète notamment en France.

Que pensez-vous de cette affaire ?

Je crois que c’est une commune maritime au bord de l’océan qui a mis le problème en exergue. La France ne fait pas ce qu’elle devrait faire car les gaz à effet de serre ont continué à augmenter de 2 à 3% en France. Même il y a quelques mois, malgré le confinement, ils n’ont pas baissé. Il y a quelques semaines, c’est une bonne chose, je crois en plus qu’il y a aussi la commune de Grande-Synthe qui avait porté plainte contre l’État. [décision du conseil d’État du 19 novembre 2020]. Je pense que c’est une victoire ou du moins un premier pas pour obliger la France à prendre ses engagements. D’autres pays ne le font pas mais la France doit porter ce message.

N’avez-vous pas essayé dans le passé de faire de même ?

Il y a quelque temps, Greenpeace ainsi que d’autres associations écologiques ont aussi assigné l’État en portant plainte pour la mettre devant ses responsabilités pour son inaction climatique [l’affaire du siècle]. L’idée est de montrer que la France, malgré les accords de Paris qu’elle a signé en 2015, qui aurait dû engendre une baisse drastique des gaz à effets de serre, n’a pas pris ses responsabilités.

Que peut faire l’Europe pour agir efficacement en faveur de l’environnement ?

Il faudrait un vrai plan financier pour le climat plutôt que de dépenser des sommes folles pour privilégier le système EPR qu’utilisent les centrales nucléaires françaises de dernières générations. Vous savez qu’on est en train de construire de nouveaux réacteurs EPR qui devaient normalement déjà l’être depuis 2012. [EPR de Flamanville]. En 2020, on s’aperçoit qu’il ne fonctionne toujours pas. Initialement ils devaient coûter trois milliards et maintenant c’est plus de 19 milliards. Plutôt que de dépenser dans la filière nucléaire, qui n’est pas l’avenir, il aurait était plus judicieux de chacun des pays membre puissent mettre une somme commune. Le but est qu’il y aie suffisamment d’argent pour traiter en premier les bâtiments passoires pour faire en sorte de gagner en efficacité énergétique. Il faut donc isoler les bâtiments qui ne le sont pas et fonder notre avenir sur les énergies renouvelables.

Faites-vous confiance au plan de relance français et au pacte vert européen ?

Si je n’y croyais pas un minimum, je n’agirais pas. L’objectif de Greenpeace c’est de faire pression sur les gouvernements et les instances européennes pour arriver à une situation où on aurait, comme disent les Américains progressistes, un vrai green new deal. C’est à dire une vraie politique verte de limitation, en particulier des gaz à effet de serre. C’est incontrôlable donc on ne peut pas faire autrement. Je veux y croire mais on attend de voir. Quand on nous annonce quelque chose et qu’on ne le fait pas, nous on agit derrière.

Pensez-vous que le « délit d’écocide » est une réelle avancée ?

Non, nous on promeut, pas directement, avec d’autres associations le crime d’écocide. Le problème, c’est que le délit d’écocide, c’est quoi les conséquences ? Des amendes ou des risques purement financiers. Dans la situation actuelle, les risques sur les populations locales, notamment celles du Sud comme les Maldives ou d’autres territoires, qui entraînent des élévations du niveau de la mer. Cela a des conséquences graves comme les sécheresses, sur la santé et la vie Humaine, ce qui entraîne une augmentation des réfugiés climatique. S’il y avait eu un crime d’écocide, on aurait pu plus agir. Ça ne va pas inciter les grandes entreprises les plus polluantes comme Total. C’est plus un gadget qu’autre chose.

Et le rôle des communes et des métropoles locales dans tout ça ?

Absolument bien sûr, il faut savoir que les principaux émetteurs de gaz à effet de serre se trouvent dans les métropoles à travers la pollution dans le centre des grandes villes mais pas uniquement. Nous avons aussi par exemple une campagne en cours contre les transports à Nice, ce qui nous a valu bien des déboires avec le maire de Nice Christian Estrosi et la métropole. Cette dernière n’en fait pas assez. Elle devrait mettre en place une zone à faible émission. Il faudrait qu’elle le fasse réellement, pas de manière à saupoudrer sa politique avec un petit peu de verdissement. On peut en vert, c’est-à-dire on fait beaucoup d’annonces et on ne fait rien ensuite. Il y aussi la problématique de l’aéroport de Nice. Même si la métropole et la commune de Nice n’ont pas les compétences, ils étaient d’accord pour l’extension du terminal 2 de l’aéroport. Au final, ce sont des politiques qui peuvent réellement être mises en place dans les métropoles.

Comment peut-on faire prendre conscience du problème écologique ?

Par l’éducation, dans les établissements scolaires de la primaire jusqu’au lycée. Il faut que le programme scolaire prenne en compte cette question. Je suis professeur dans un lycée. Dans ma classe en seconde où on aborde le sujet du changement climatique global, il y a déjà de nombreux élèves qui sont impliqués qui agissent. Les jeunes sont actifs comme Greta Thunberg ou d’autres qui appellent parfois à la désobéissance civique. Ils vivent directement les conséquences du changement climatique et de l’appauvrissement de la biodiversité. Nos efforts individuels représentent 25% de la solution. Les trois-quarts restants, c’est un changement de paradigme et systémique. Le néolibéralisme est responsable du dérèglement climatique.

Par Enzo BELLINI, publié le 22 décembre 2020

https://www.nice-premium.com/associations,73/dereglement-climatique-l-europe-est-le-cancre-du-monde,29172.html

UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE AMÉRICAIN EMPRUNTE LE DÉTROIT D’ORMUZ

Un sous-marin nucléaire américain a emprunté lundi le détroit d’Ormuz, dans une nouvelle démonstration de force dirigée vers l’Iran à l’approche de l’anniversaire de la mort du général iranien Kassem Soleimani, tué par un drone américain.

L’USS Georgia peut être équipé de 154 missiles de croisière Tomahawk et transporter 66 soldats des forces spéciales, a indiqué dans un communiqué l’US Navy qui ne divulgue d’habitude pas la présence de ses submersibles dans le monde. Le communiqué est illustré de photos montrant l’USS Georgia ayant fait surface, escorté des croiseurs USS Port Royal et USS Philippine Sea, dans ce détroit stratégique que l’Iran menace régulièrement de bloquer. La présence dans la région du Georgia, « démontre l’engagement des États-Unis (…) à assurer la sécurité des voies maritimes grâce à un large éventail de capacités qui leur permettent de rester prêts à se défendre contre toute attaque à tout moment« , a prévenu la marine américaine.

Les responsables militaires américains craignent une attaque iranienne pour venger le puissant général iranien Kassem Soleimani, assassiné le 3 janvier 2020 lors d’une attaque de drone américain près de l’aéroport de Bagdad.

Dans un entretien téléphonique avec quelques journalistes dimanche, le chef des forces américaines au Moyen-Orient, le général Frank McKenzie, a prévenu que les États-Unis étaient « prêts à réagir » si l’Iran les attaque. Cet anniversaire va coïncider avec une réduction des effectifs militaires américains en Irak, et le Pentagone a multiplié les démonstrations de force ces dernières semaines pour dissuader les adversaires des États-Unis.

Deux bombardiers américains B-52, capables de transporter des armes nucléaires, ont survolé la région du Golfe le 10 décembre et le porte-avions USS Nimitz croisait fin novembre dans les eaux du Golfe. Dimanche, une salve de roquettes a visé l’ambassade américaine à Bagdad, causant des dégâts matériels sans faire de victime. Cette attaque est la troisième contre des installations militaires et diplomatiques américaines depuis qu’une trêve en octobre, avec des factions irakiennes pro-Iran, avait mis fin à une année d’attaques contre des installations étrangères à travers l’Irak.

Par AFP, publié le 21 décembre 2020 à 19h24

Photo en titre : Un homme se tient sur la côte face au golfe d’Oman, le 15 juin 2019, au large de l’émirat de Fujeirah. Photo d’archives AFP/Giuseppe Cacace

https://www.lorientlejour.com/article/1245724/un-sous-marin-nucleaire-americain-emprunte-le-detroit-dormuz.html

NUCLÉAIRE. LE REDÉMARRAGE DU RÉACTEUR 1 DE LA CENTRALE DE FLAMANVILLE REPOUSSÉ

Le réacteur 2 est service depuis le 12 décembre, mais il reste beaucoup à faire sur le réacteur 1, arrêté depuis septembre 2019. Son redémarrage était annoncé pour le 31 janvier 2021. Ce ne sera pas avant le 28 février.

Le réacteur nucléaire numéro 1 de la centrale de Flamanville devait redémarrer le 31 janvier 2021, avait annoncé EDF. Il faudra attendre au moins le 28 février 2021. Le redémarrage du réacteur 2, dans la nuit du 11 au 12 décembre, après vingt-trois mois d’arrêt, n’a donc pas fait cesser la longue liste des reports pour travaux de maintenance. Le réacteur 1 avait été arrêté en septembre 2019, sur décision du directeur du site Patrice Gosset, après la découverte de nombreux dysfonctionnements et signes de corrosion sur l’ensemble de l’installation. La centrale avait alors été placée en surveillance renforcée par l’Autorité de sûreté nucléaire. Une surveillance toujours d’actualité.

Par Liza MARIE-MAGDELEINE, (Ouest-France), publié le 21/12/2020 à 20h24

Photo en titre : Le réacteur 2 de Flamanville de nouveau en activité. | OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-le-redemarrage-du-reacteur-1-de-la-centrale-de-flamanville-repousse-7095866

L’IRSN PUBLIE LE CONSTAT RADIOLOGIQUE ENVIRONNEMENTAL DE LA ZONE LITTORALE FRANÇAISE MÉDITERRANÉENNE

Ce constat radiologique environnemental relatif à la zone littorale française méditerranéenne, vient actualiser et enrichir les connaissances relatives à l’état radiologique environnemental de cette zone géographique. Il présente et commente les activités des principaux radionucléides [1] naturels et artificiels mesurés dans les différentes composantes de ce milieu marin que sont les eaux, les sédiments, les coquillages et des denrées alimentaires marines.

En bref

  • Ce constat étudie les trois zones potentiellement influencées par les rejets actuels ou passés des installations nucléaires de la région : l’embouchure du Rhône et la frange côtière située à l’ouest de cette embouchure jusqu’à la frontière espagnole, influencée par les rejets des installations nucléaires rhodaniennes, la rade de Toulon influencée par la base militaire présente dans ce port et la zone lagunaire de l’étang de Bages, potentiellement influencée par les rejets liquides du site Orano de Malvési.
  • L’influence des rejets des installations nucléaires rhodaniennes est décelée à l’embouchure du fleuve : dans l’eau de mer avec des concentrations en tritium jusqu’à vingt fois supérieures à celles observées hors influence ainsi que dans les sédiments pour le cobalt-60 et les isotopes [2] du plutonium.
  • Le césium-137 apporté par le Rhône en Méditerranée, visible surtout à proximité ouest de l’embouchure du fleuve, provient principalement du drainage des sols contaminés par les retombées de l’accident de Tchernobyl et des essais atmosphériques d’armes nucléaires. Hors influence du Rhône, les activités de césium-137 les plus élevées mesurées dans des sédiments concernent la partie sud-orientale de la Corse où les retombées de l’accident de Tchernobyl ont été parmi les plus importantes du territoire français.
  • Les activités en tritium dans les sédiments très fins de la rade de Toulon peuvent y être jusqu’à cent fois plus élevées que celles qui sont observées ailleurs. Il est probable qu’elles soient en partie à l’origine des activités de tritium, également plus élevées qu’ailleurs, mesurées dans les moules et les poissons issus de la rade. Ce marquage ne permet cependant pas à lui seul d’expliquer les activités de tritium également élevées mesurées sporadiquement dans l’eau de la rade. Néanmoins, les conséquences de ces niveaux d’activité en tritium dans l’eau de mer sont négligeables pour les populations et l’environnement.

> Télécharger le rapport du constat radiologique environnemental de la zone littorale française méditerranéenne

Ce constat a pour objectif :

. de préciser l’état radiologique des trois zones influencées par les principales installations nucléaires de la région située le long du Rhône et sur la frange côtière de mer Méditerranée ;

. d’améliorer les connaissances sur le bruit de fond radiologique environnemental méditerranéen hors influence des rejets des installations nucléaires françaises et lié, d’une part à la radioactivité naturelle, d’autre part à la rémanence des retombées atmosphériques anciennes liées aux essais d’armes nucléaires et à l’accident de Tchernobyl ;

. de disposer d’un état radiologique environnemental régional de référence permettant d’établir des comparaisons en cas d’anomalies ou de retombées radioactives accidentelles sur la frange littorale de la mer Méditerranée.

Ces études viennent en complément de la surveillance régulière de la radioactivité dans l’environnement français, assurée à proximité des installations nucléaires par l’IRSN et dont les résultats sont centralisés sur le site internet du Réseau national de mesures de la radioactivité de l’environnement (RNM : http://www.mesure-radioactivite.fr )

Elle représente annuellement environ 5000 échantillons prélevés et traités et plus de 7000 résultats de mesures.

Que faut-il retenir ?

L’ensemble des données issues de la surveillance, ainsi que celles des campagnes d’études spécifiques permettent de dresser un état radiologique actualisé de l’environnement marin sur la zone littorale française méditerranéenne. Les activités massiques et volumiques des principaux radionucléides naturels et artificiels mesurés dans les différentes composantes du milieu marin que sont les eaux, les sédiments, les coquillages et les poissons sont présentées et commentées.

Concernant les radionucléides naturels, ce rapport s’est focalisé sur les isotopes de l’uranium et sur le polonium-210. Ce dernier a la particularité de se concentrer dans certaines denrées marines, notamment dans les coquillages, contribuant ainsi de façon très majoritaire à la dose par ingestion de radionucléides naturels reçue par les personnes qui en consomment très régulièrement. 

Les activités massiques de polonium-210 dans les moules présentées dans ce constat sont du même niveau que celles reportées dans la bibliographie internationale. Dépendantes de la nature géologique des côtes, elles sont plus élevées le long de la côte rocheuse cristalline [3] (littoral varois et Corse), et moindre le long de la côte sableuse et calcaire du littoral occidental.

Les activités des isotopes de l’uranium mesurées dans les moules de Méditerranée sont caractéristiques de l’uranium naturel. Par ailleurs, les teneurs en uranium de l’échantillon de moule prélevé dans l’étang de Bages, potentiellement influencé via les eaux du Tauran par les rejets de l’usine de Malvési située près de Narbonne, sont similaires à celles observées ailleurs.

Les activités de carbone-14 présentées dans ce rapport sont cohérentes avec celles mesurées sur la même période dans l’air et en milieu terrestre hors de l’influence d’une installation nucléaire ; elles montrent l’origine principalement naturelle de ce radionucléide en Méditerranée.

Concernant les radionucléides artificiels, l’influence des rejets des installations nucléaires rhodaniennes est décelée en mer à l’embouchure du fleuve pour le tritium (dans l’eau principalement), le cobalt-60 (dans les sédiments) et pour les isotopes du plutonium (dans les sédiments). Dans le cas du tritium, cette influence est perceptible sur tout le littoral situé à l’ouest de l’embouchure, bien qu’elle diminue avec la distance. Les activités de tritium dans l’eau de mer mesurées à l’embouchure sont jusqu’à vingt fois supérieures par rapport à celles observées hors influence ; celles mesurées à Banyuls ne sont plus que deux fois supérieures. Cette influence diminue aussi très rapidement dès lors que l’on s’éloigne de quelques kilomètres au large de l’embouchure. Dans les sédiments marins situés à proximité de l’embouchure, le plutonium provenant des rejets de l’usine de Marcoule ne se distingue de celui provenant des retombées des essais nucléaires que par les rapports d’activités isotopiques. De même, depuis la baisse des rejets des installations nucléaires au cours des années 1990-2000, le césium-137 apporté par le Rhône en Méditerranée, mesurable surtout à proximité ouest de l’embouchure du fleuve, provient principalement du drainage des sols contaminés par les retombées de l’accident de Tchernobyl et des essais d’armes nucléaires. Hors influence du Rhône, les activités de césium-137 les plus élevées mesurées dans des sédiments concernent la partie sud-orientale de la Corse où les retombées de l’accident de Tchernobyl ont été parmi les plus importantes du territoire français.

La rade de Toulon présente de nombreuses spécificités. Dans ce milieu presque clos, les courants qui, ailleurs, dispersent les apports littoraux d’eau et de particules, notamment les plus fines, sont faibles, de même que les échanges avec la mer libre. Les sédiments y sont très fins, ce qui favorise la fixation des radionucléides, notamment ceux provenant du drainage des sols comme le césium 137 provenant principalement des retombées de l’accident de Tchernobyl et les isotopes du plutonium provenant des retombées des essais nucléaires. La principale particularité de la rade de Toulon concerne le tritium. Les activités de ce radionucléide dans les sédiments peuvent y être jusqu’à cent fois plus élevées que ce qui est observé ailleurs. L’origine de cette contamination n’est pas clairement établie, mais la profondeur des sédiments les plus marqués suggère qu’elle est ancienne. Cette contamination des sédiments est probablement en partie à l’origine des activités massiques de tritium, plus élevées qu’ailleurs, mesurées dans les moules et les poissons issus de la rade. Elle ne permet cependant pas à elle seule d’expliquer les activités de tritium également élevées mesurées sporadiquement dans l’eau de la rade. Néanmoins, les conséquences de ces niveaux d’activité en tritium dans l’eau de mer sont négligeables pour les populations et l’environnement.

[1] Radionucléide : Isotope radioactif d’un élément chimique

[2] Isotopes : éléments chimiques dont les atomes possèdent le même nombre d’électrons et de protons, mais un nombre différent de neutrons. Ils ont le même nom, et les mêmes propriétés chimiques.​

[3] Une roche cristalline est toute roche composée entièrement de minéraux cristallisés sans matière vitreuse (matière vitreuse : matière non cristallisée telle que le verre).

https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20201221_Constat-radiologique-environnemental-mediterranee.aspx#.X-EjbhbjKY0

NDLR: L’IRSN continue de produire des documents aux conclusions politiques et non scientifiques… un comble pour un institut payé par le contribuable pour assurer sa protection !

L’ALLEMAGNE TRANSFORME UNE ANCIENNE CENTRALE NUCLÉAIRE EN MARCHÉ DE NOËL « DRIVE-IN »

Les visiteurs peuvent s’y rendre en voiture et profiter d’un paysage magique décoré avec 300 sapins et de la neige artificielle

Face au coronavirus, les commerces ont dû trouver d’autres moyens que la vente en rayon pour vendre leurs produits. Parmi les techniques les plus courantes, nous pouvons citer les drive-in, et même en la matière certains trouvent des idées pour se démarquer. C’est le cas de cette ancienne centrale nucléaire allemande qui a été transformée en immense marché de Noël en drive-in.

Un marché de Noël en drive-in a ouvert dans une ancienne centrale nucléaire à Kalkar, dans l’ouest de l’Allemagne. Cette décision a été prise après que de nombreux marchés de Noël traditionnels n’ont pas été autorisés en raison des mesures sanitaires liées à la pandémie de Covid-19. Quoi qu’il en soit, maintenir l’esprit des fêtes est indispensable et les responsables ont dû trouver une manière originale et sûre pour que les gens puissent faire leurs courses de Noël tout en respectant les mesures sanitaires. « Nous voulions recréer un peu de l’ambiance de Noël, même si c’est plus compliqué cette année », a déclaré Patrick Schmidt, organisateur du marché et propriétaire de l’un des stands.

Pour créer un marché digne de la magie de Noël, l’ancienne centrale a été décorée avec 300 sapins, des illuminations de Noël et de la neige artificielle qui couvre un tronçon de route long de 2,5 kilomètres. Divers stands sont disponibles dans ce marché de Noël, notamment des établissements proposant de la nourriture. Ainsi, lorsque les clients arrivent à la centrale nucléaire, ils sont abordés par des employés munis de masque et portant un bonnet rouge du père Noël. Une fois la commande passée, l’employé se chargera de la traiter et de la livrer jusqu’à la voiture. Le même procédé est adopté par tous les stands.

À travers le monde, les commerces et les autorités locales cherchent diverses idées pour avoir un Noël à peu près normal. En France, une blogueuse a proposé l’idée d’un marché de Noël en ligne.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, source : Huffington post, publié le 21 décembre 2020

Photo en titre : Kite_rin / Shutterstock.com

https://dailygeekshow.com/marche-noel-centrale-nucleaire/

LE NUCLÉAIRE A UN AVENIR EN FRANCE, MÊME SANS NOUVEAUX EPR

EDF a dévoilé le choix de la centrale de Penly (Seine-Maritime) pour y construire deux des six nouveaux EPR prévus dans son plan de nouveau nucléaire pour la France détaillé dans un rapport qui doit être remis au gouvernement mi-2021. Il n’en reste pas moins que la décision de construction ne sera pas prise avant 2023, a rappelé à la filière Emmanuel Macron. (NDLR : ben voyons…)

On le sait depuis deux ans déjà. La décision de lancer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR n’interviendra pas avant 2023. EDF vient quand même d’annoncer qu’il envisageait de construire les deux premiers sur le site de Penly (Seine-Maritime), où il exploite déjà deux réacteurs de 1 300 MW.

Emmanuel Macron a repoussé le feu vert après l’élection présidentielle de 2022. Toujours dans l’attente de la mise en service de l’EPR de Flamanville 3 (Manche), dont l’ouverture a été repoussée de deux ans pour cause de soudures à refaire, l’exécutif n’en prépare pas moins le terrain. «Notre avenir écologique et énergétique passe par le nucléaire», a affirmé le chef de l’État, le 8 décembre sur le site de Framatome du Creusot (Saône-et-Loire), dans un discours sur la politique énergétique au cours duquel il a pris soin de souffler le chaud et le froid.

Le nucléaire, c’est «l’énergie non intermittente qui émet le moins de CO2». Lui seul permet à la France de produire massivement «sur son territoire de l’hydrogène décarboné», a rappelé le président de la République. Une énergie qu’il juge indispensable à la transition énergétique. Mais la France doit maintenant «compléter son ambition nucléaire par des énergies renouvelables, indispensables quels que soient les scénarios et qui doivent augmenter, car la France aujourd’hui n’est pas au rendez-vous ni de ses engagements, ni de ses ambitions», a-t-il pris soin d’ajouter. (NDLR : de la faute à qui ?…)

Une option tout renouvelables sur la table

Deux scénarios principaux sont sur la table pour l’après-2035, quand la part du nucléaire dans le mix électrique français aura été ramenée à 50 %, comme le prévoit la loi énergie et climat de novembre 2019. «Il faut étudier un mix électrique avec un très haut niveau d’énergies renouvelables», a souligné Emmanuel Macron. Le gouvernement a commandé un rapport sur ce scénario à l’Agence internationale de l’énergie (AIE) et au gestionnaire du réseau électrique français RTE.

Les premières conclusions ont été présentées au gouvernement lors du conseil de défense écologique, le 8 décembre. «Il sera publié dès le début de l’année prochaine et il précisera l’ensemble des conditions de mise en œuvre pour y parvenir à l’horizon 2050», a promis le Président. Ce scénario impliquerait, schématiquement, de ne pas construire de nouveau réacteur nucléaire après Flamanville 3 et de laisser baisser progressivement la part de l’atome dans le mix électrique à mesure que les centrales actuelles arriveront en fin de vie, après prolongation ou non de leur fonctionnement au-delà de quarante ans.

Nouveau nucléaire , enjeu pour 2022

L’autre scénario serait de maintenir au-delà de 2035 la part de 50 % de nucléaire dans le mix électrique. Cela nécessiterait de construire au moins six nouveaux réacteurs de type EPR. Le gouvernement a demandé à EDF il y a deux ans de lui fournir un dossier complet, avec tous les éléments de décision pour la mi-2021. «Ce travail d’étude sur la construction de nouveaux réacteurs est indispensable. Et je souhaite qu’il se poursuive et s’achève dans les prochains mois afin que tous les éléments nécessaires soient disponibles avant la fin du quinquennat», a rappelé Emmanuel Macron. L’enjeu est énergétique, mais également politique. Le chef de l’État souhaite que «ce travail documenté» soit «partagé à l’ensemble des Français. Nous pourrons choisir en connaissance de cause. Choisir en parfaite transparence».

La propulsion nucléaire atout de la filière

Le choix d’un scénario à très haut niveau d’énergies renouvelables ne marquerait pas la mort de la filière nucléaire. Emmanuel Macron lui a esquissé de nouvelles perspectives d’avenir. Il y a bien sûr le nucléaire militaire. Le 8 décembre, il a annoncé que le futur porte-avions français, qui doit remplacer le Charles-de-Gaulle en 2038 et naviguer jusqu’en 2080, serait, comme son prédécesseur et les sous-marins conventionnels et d’attaque, à propulsion nucléaire. Et que «l’usine du Creusot [en] produira plusieurs pièces majeures». Framatome n’est pas le seul fournisseur dual de la filière nucléaire. «Opposer nucléaire civil et nucléaire militaire en termes de production et en termes de recherche n’a pas de sens pour un pays comme le nôtre, a souligné le président de la République. La filière vit de ses complémentarités.»

50 millions d’euros pour un SMR français

L’avenir de la filière passera aussi, peut-être, par les petits réacteurs nucléaires modulaires (ou SMR). Ils pourraient remplacer des centrales électriques à énergies fossiles, mais également produire chaleur et électricité au plus près des besoins de chauffage urbain, de production d’eau douce ou d’hydrogène vert, à l’export comme en France. Sur les 470 millions d’euros du plan de relance fléchés vers la filière nucléaire, une enveloppe de 50 millions d’euros est prévue pour financer sur deux ans un avant-projet sommaire du SMR français baptisé Nuward [lire l’encadré page 8]. Cet investissement «engage la France dans la compétition mondiale sur les SMR. Il nous faut rapidement rattraper le retard, considérer toutes les options de partenariats envisageables et nous positionner sur ce segment », a reconnu Emmanuel Macron. Même sans EPR, la filière nucléaire aurait donc un avenir.

Par Aurélie Barbaux , publié le 21/12/2020 à 10h00

Photo en titre : Le 8 décembre dans l’usine du Creusot de Framatome, Emmanuel Macron a détaillé ses attentes à la filière nucléaire.

https://www.usinenouvelle.com/article/le-nucleaire-a-un-avenir-en-france-meme-sans-nouveaux-epr.N1039879

NDLR : J’ai publié cet article qui ne semble pas particulièrement critique vis-à-vis du nucléaire, pour que, lorsque les décisions d’appliquer ce programme seront officielles, on ne puisse pas dire « on ne savait pas ! »

LA MARINE RUSSE RECEVRA DEUX NOUVEAUX SOUS-MARINS NUCLÉAIRES EN 2021

Deux sous-marins nucléaires de classe Boreï-A, Prince Oleg et Généralissime Souvorov, équipés de missiles balistiques Boulava, rejoindront la Marine russe en 2021, a annoncé le ministère de la Défense.

Courant 2021, les forces navales russes recevront 32 nouveaux engins, dont deux sous-marins stratégiques de classe Boreï-A, a annoncé ce lundi 21 décembre le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou.

«En 2021, le ministère de la Défense aura à accomplir plusieurs tâches prioritaires, dont intégrer au sein de la Marine deux sous-marins nucléaires de classe Boreï-A, Prince Oleg et Généralissime Souvorov, équipés de missiles balistiques Boulava», a fait savoir le ministre russe.

Dans le même temps, les forces navales incorporeront deux autres submersibles, six bâtiments et 22 vedettes et navires d’assistance, a conclu M.Choïgou.

Projet modernisé

En juin dernier, le sous-marin nucléaire K-549 Prince Vladimir, tête de série du projet Boreï-A, avait été remis à la Flotte du Nord russe.

Le K-549 avait ainsi rejoint les trois submersibles nucléaires du projet 955 Boreï: le K-535 Iouri Dolgorouki, le K-550 Alexandre Nevski et le K-551 Vladimir Monomakh.

Par Dmitri Bassenko, publié le 21 décembre 2020 à 14h58

Photo en titre : © Photo / Press-service of JSC « PO « Sevmas »

https://fr.sputniknews.com/defense/202012211044964999-la-marine-russe-recevra-deux-nouveaux-sous-marins-nucleaires-en-2021/

NDLR: on s’arme, on s’arme (États-Unis, Russie, France et les autres…). Il faudra bien se servir un jour de ces « joujoux »…Folamour est déjà probablement néY penser ne vous fait pas frissonner? Moi, si !

LES USA ONT SUBI LA PIRE CYBERATTAQUE DE L’HISTOIRE, LES ARMES NUCLÉAIRES PIRATÉES

Aux États-Unis, le ministère de l’Énergie et la National Nuclear Security Administration est le responsable du stock d’armes nucléaires. Cette institution a eu des preuves que des pirates ont accédé à leurs réseaux dans le cadre d’une vaste opération d’espionnage. Ce piratage a touché au moins une demi-douzaine d’agences fédérales.

Une attaque sans précédent

Le Department of Energy (DOE) et de la National Nuclear Security Administration (NNSA) ont trouvé des activités suspectes dans des réseaux appartenant à plusieurs agences fédérales. La Commission fédérale de régulation de l’énergie (FERC), les laboratoires nationaux Sandia et Los Alamos au Nouveau-Mexique et à Washington, le Bureau du transport sécurisé de la NNSA et le Richland Field Office du DOE en font partie.

Les dégâts sont  importants. L’attaque aurait été l’une des pires que les agences fédérales aient jamais connue. La Cybersecurity and Infrastructure Security Agency (CISA) est débordée par les événements et sera épaulée par la DOE pour les enquêtes sur ce piratage sans précédent. Les enquêteurs fédéraux ont passé au peigne fin les réseaux ces derniers jours pour déterminer à quoi les pirates avaient pu accéder et / ou voler.

Ce qu’on sait de l’attaque

À ce stade, l’enquête a révélé que le malware a été isolé sur les réseaux d’entreprises. Il n’a pas eu d’impact sur les fonctions essentielles de sécurité nationale. Lorsque le DOE a identifié un logiciel vulnérable, des mesures ont été immédiatement prises pour atténuer le risque. Tous les logiciels identifiés comme vulnérables à cette attaque ont été déconnectés du réseau du DOE.

Les pirates auraient accédé aux réseaux des agences fédérales en compromettant la société de logiciels SolarWinds. Cette entreprise vend des produits de gestion informatique à des centaines de clients gouvernementaux et privés.

Il s’agit d’une situation en évolution. CISA, le FBI et le bureau du directeur du renseignement national continuent à travailler pour comprendre toute l’étendue de cette campagne. Le gouvernement américain n’a mentionné aucun nom pour les piratages. Néanmoins, des experts en cybersécurité ont déclaré que l’activité portait la marque des services de renseignement russes.

Les cibles

La NNSA figure sur la liste des cibles de cette campagne de piratage. Elle est responsable de la gestion des armes nucléaires du pays. Elle occupe la grande majorité du budget du DOE. Les laboratoires nationaux de Sandia et Los Alamos mènent des recherches atomiques liées à la fois à l’énergie nucléaire civile et aux armes nucléaires. 

Le Bureau de la sécurité des transports pour sa part est chargé de déplacer l’uranium enrichi et d’autres matières essentielles au maintien du stock nucléaire. Les réseaux de la Federal Energy Regulatory Commission ont aussi été piratés. Cette attaque visait peut-être à perturber le réseau électrique du pays. 

Les autorités fédérales ont exprimé une inquiétude accrue concernant une intrusion longtemps non détectée dans les systèmes informatiques américains et les infrastructures qualifiées de vitales pour le pays. Les autorités soupçonnent d’avoir été menées par des pirates informatiques russes. L’agence nationale de cybersécurité évoque un risque grave pour le gouvernement et les réseaux privés.

Par Elina S., publié le21 décembre 2020

https://www.lebigdata.fr/piratage-armes-nucleaires-usa

CARGO NUCLÉAIRE : POUR ROBIN DES BOIS LE SEVMORPUT DEVIENT SAVEMORPUT

Le vendredi 18 décembre à 15h40, le cargo atomique Sevmorput en route pour le continent européen a fait un brusque changement de cap en direction des côtes marocaines. Le lendemain, samedi 19 au matin, il a repris sa route vers le Nord. Mais samedi en fin d’après-midi, il a fait demi-tour en se dirigeant de nouveau vers les côtes marocaines. Cette trajectoire indécise traduit l’embarras de l’armateur russe Rosatom et l’échec des pourparlers avec le Maroc, l’Espagne et le Royaume-Uni (Gibraltar) susceptibles d’accueillir dans un port ou un lieu refuge le navire en difficulté.

Aujourd’hui lundi 21 décembre à 7h00, le Sevmorput est définitivement engagé dans sa remontée vers Saint-Pétersbourg. Il est au large de Lisbonne. L’Union européenne est dans l’incapacité d’imposer et de coordonner un plan d’accompagnement ou de remorquage du navire tout au long de son périple retour. Les deux réponses de la Commission européenne à Robin des Bois montrent que les difficultés techniques auxquelles le Sevmorput est confronté sont banalisées (cf. ci-dessous). L’Union européenne se contente d’un rôle d’observateur.

Le Sevmorput à la différence des brise-glaces russes à propulsion nucléaire en exploitation en Arctique qui disposent de 3 hélices, est équipé en temps normal d’une seule hélice à 4 pales. Aujourd’hui il en a perdu deux. C’est pourquoi sa vitesse est réduite de moitié. Pour rappel, l’hélice et l’arbre porte-hélice du navire ont été remplacés dans un chantier naval de Saint-Pétersbourg il y a quelques mois.

Le seul port refuge qui reste disponible avant la traversée périlleuse du golfe de Gascogne est le port espagnol de la Corogne demain matin. Après, ce sera le grand saut. À ce stade, Robin des Bois ignore si le « plan Biscaye » de coopération franco-espagnole est pré-positionné en vue de porter assistance au Sevmorput qui outre son réacteur nucléaire de 135 MW transporte 97 membres d’équipage et techniciens. Le « plan Biscaye » a été mis à jour il y a un an. Il prévoit les modalités d’une intervention conjointe entre la SASEMAR (Sociedad de Salvamento Marítimo y Seguridad Marítima) et la préfecture maritime de l’Atlantique en cas d’opérations de sauvetage et de lutte contre la pollution. Seuls trois remorqueurs de haute mer dont l’Abeille Bourbon basée à Brest sont mobilisables. Les conditions météo s’annoncent mouvementées dans le golfe de Gascogne cette semaine et des alertes simultanées de cargos en difficulté pourraient être lancées.

Après le golfe de Gascogne, les trois seuls endroits refuge pour le Sevmorput en cas de difficultés supplémentaires seraient la rade de Brest, la rade de Cherbourg ou la baie de Seine.

Robin des Bois persiste à recommander l’option préventive d’un remorquage, préférable à l’option d’une intervention en situation d’urgence.

Le plan ORSEC maritime que le préfet de l’Atlantique évoque dans sa réponse à Robin des Bois (cf. ci-dessous) comporte un volet NUCMAR. Si les conséquences radiologiques d’un événement de mer sont considérées comme inacceptables par les experts en appui du préfet maritime, le navire peut être remorqué vers la haute mer et sabordé. Toutefois ce plan NUCMAR ne concerne théoriquement que les cargos transportant des matières dangereuses de la classe 7 « matières radioactives » et ne prend pas en compte l’uranium enrichi des combustibles des navires à propulsion nucléaire.

Après la mer de la Manche, le navire en avarie devra naviguer dans des détroits accidentogènes où la circulation maritime est intense jusqu’à son retour à Saint-Pétersbourg (cf. précédents communiqués).

Par 7seizh.info, publié le 21 décembre 2020

Photo en titre : Le Sevmorput à proximité des îles Canaries le 16 décembre 2020. Photo Salvamento Marítimo

https://7seizh.info/2020/12/21/cargo-nucleaire-pour-robin-des-bois-le-sevmorput-devient-savemorput/

LE PENTAGONE SE DIT PRÊT À LANCER LA PRODUCTION DES PREMIERS MISSILES HYPERSONIQUES POUR L’ARMÉE DE L’AIR

Les États-Unis commenceront à produire les armes hypersoniques ARRW en 2021 ou 2022, a annoncé Will Roper, secrétaire adjoint de l’US Air Force pour l’acquisition, la technologie et la logistique.

L’armée de l’air des États-Unis envisage de lancer la production de missiles hypersoniques dans le cadre du programme Air-Launched Rapid Response Weapon (ARRW) en 2021 ou 2022, a déclaré ce samedi 19 décembre Will Roper, secrétaire adjoint de l’US Air Force pour l’acquisition, les technologies et la logistique.

«Nous sommes sur le point de lancer ARRW, la première arme hypersonique  [de l’armée de l’air, ndlr]. Cela aura lieu au cours de l’exercice 2022 [qui commence le 1er octobre 2021, ndlr]. Cette arme équipera les bombardiers stratégiques B-52. Cela nous donnera le potentiel pour une frappe rapide hors de portée des moyens d’attaque […]. Je pense que cela crée un bon dilemme pour l’ennemi», a indiqué le responsable devant les journalistes.

Selon M.Roper, les technologies du statoréacteur et les missiles de croisière permettront aux États-Unis de créer des armes hypersoniques moins chères et plus petites.

Ces armes seront «assez petites pour équiper nos chasseurs», avant tout des F-15, a noté le secrétaire adjoint. Il a précisé que la réalisation du programme du statoréacteur hypersonique se déroulait plus vite que prévu.

Programme ARRW

Le projet Air Launched Rapid Response Weapon (ARRW) porte sur la mise au point du missile hypersonique tactique air-sol AGM-183. Le missile à propergol solide de type ARRW transportera un planeur hypersonique propulsé par le moteur Tactical Boost Glide (TGB). Selon les médias, le planeur pourrait voler à Mach 20 et les premières versions du système ARRW pourraient être dotées d’armes nucléaires.

Le 12 juin 2019, le Pentagone a mené les premiers essais en vol d’un prototype du système AGM-183A installé à bord d’un B-52 Stratofortress. Les tests se sont déroulés à la base aérienne Edwards, en Californie.

En septembre, le premier secrétaire adjoint à la Défense David Norquist a annoncé que le Pentagone envisageait de mener une quarantaine d’essais d’armes hypersoniques en vue de remettre ces armes à l’armée ces quatre prochaines années.

En février 2020, l’US Air Force a annoncé sa décision d’arrêter la réalisation d’un autre programme qui devait aussi permettre de créer un missile hypersonique aéroporté, Hypersonic Conventional Strike Weapon (HCSW), en raison des restrictions budgétaires en 2021.

Par Irina Dmitrieva, publié le 19 décembre 2020 à 19h36

Photo en titre : © AFP 2020 FREDERIC WALLOIS

https://fr.sputniknews.com/amerique-nord/202012191044959503-le-pentagone-se-dit-pret-a-lancer-la-production-des-premiers-missiles-hypersoniques-pour/

NUCLÉAIRE, PENTAGONE, COMMERCE: LES ÉTATS-UNIS TOUCHÉS PAR UNE IMMENSE CYBERATTAQUE

De nombreuses administrations américaines sont visées depuis le mois de mars par une attaque informatique d’une ampleur et d’une durée inédite. Des spécialistes et responsables politiques américains pointent du doigt la Russie.

La cyberattaque d’envergure qui frappe plusieurs ministères aux États-Unis représente un « risque grave » et les mesures pour la contrecarrer seront « extrêmement complexes et difficiles« , a prévenu jeudi l’agence américaine en charge de la cybersécurité et de la sécurité des infrastructures (Cisa).

Le président élu Joe Biden s’est déclaré « très préoccupé » par cette cyberattaque découverte le week-end dernier, et le sénateur républicain Mitt Romney a montré la Russie du doigt tout en dénonçant le « silence inexcusable » de la Maison Blanche sur cette affaire.

L’attaque a débuté en mars, les pirates profitant d’une mise à jour d’un logiciel de surveillance développé par une entreprise du Texas, SolarWinds, utilisé par des dizaines de milliers d’entreprises et d’administrations dans le monde. Elle s’est poursuivie durant des mois avant d’être découverte par le groupe de sécurité informatique FireEye, lui-même victime de cyberattaques la semaine dernière.

“Risque grave”

Selon les médias américains, l’attaque a visé de nombreuses administrations clés des États-Unis, parmi lesquelles le département du Commerce, le département du Trésor, mais également le Pentagone et l’administration de sûreté nucléaire, comme l’a révélé le média américain Politico.

Auprès du magazine Time, une porte-parole du département américain de l’Énergie précise que l’enquête concernant l’attaque contre l’administration de sûreté nucléaire n’a à cette heure pas révélé d’impact sur ses fonctions essentielles, notamment concernant le suivi de l’arsenal nucléaire du pays.

De son côté, la Cisa a indiqué dans un communiqué avoir « déterminé que cette menace représentait un risque grave pour le gouvernement fédéral et les administrations locales (…) ainsi que pour les infrastructures essentielles et le secteur privé« .

L’agence américaine ne désigne pas les auteurs de cette attaque mais elle précise qu’il s’agit d’un « adversaire patient, concentré et aux ressources financières importantes qui a mené des activités pendant une longue période sur les réseaux victimes« .

Ses experts estiment « qu’extraire les pirates des environnements compromis sera extrêmement complexe et difficile pour les organisations » concernées, précise le communiqué, notant que « SolarWinds n’est pas le seul vecteur » utilisé par les auteurs de cette intrusion.

Dans un premier temps, la Cisa a ordonné à l’ensemble des agences fédérales américaines de se déconnecter immédiatement de la plateforme de SolarWinds.

Encore beaucoup d’inconnues

À un mois de sa prise de fonctions, Joe Biden a indiqué que son équipe de transition avait été informée des développements par le gouvernement.

« Il y a encore beaucoup de choses que nous ne savons pas, mais ce que nous savons est très préoccupant« , a indiqué le président élu démocrate dans un communiqué.

« Mon administration fera de la cybersécurité une priorité à tous les niveaux du gouvernement et nous ferons de la réponse à cette cyberattaque une priorité dès notre prise de fonctions« , a-t-il assuré, prévenant que les États-Unis imposeraient « des coûts conséquents aux responsables de ces attaques malveillantes« .

Dans un tweet, Mitt Romney a noté que cette cyberattaque était le signe d’une « vulnérabilité alarmante des États-Unis« .

« C’est comme si des bombardiers russes avaient survolé notre pays tout entier de façon répétée sans être repérés« , a-t-il noté, dénonçant « le silence et l’inaction inexcusables de la Maison Blanche » du président Donald Trump.

Les méthodes employées portent la marque d’un acteur étatique, selon Microsoft qui n’a pas désigné de pays.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait rappelé lundi que le gouvernement russe avait effectué des tentatives répétées pour pénétrer dans les réseaux du gouvernement américain.

« La Russie ne mène pas d’opérations offensives dans le cyberespace« , a assuré son ambassade aux États-Unis.

Le FBI (police fédérale), le directeur du Renseignement et la Cisa, qui dépend du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), ont formé une unité de coordination et des réunions se tiennent quotidiennement à la Maison Blanche pour élaborer la riposte du gouvernement américain, lequel avait confirmé dimanche soir avoir été victime d’une cyberattaque.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Robert O’Brien, a coupé court à un voyage au Proche-Orient et en Europe pour revenir mardi à Washington s’occuper des retombées de cette attaque d’envergure.

Outre le DHS, les départements du Trésor et du Commerce ainsi que plusieurs agences fédérales auraient été touchés, selon des informations de presse.

Selon FireEye, des gouvernements et des entreprises du domaine du conseil, de la technologie et de l’énergie ont été ciblés en Amérique du Nord, en Europe, en Asie et au Moyen-Orient.

SolarWinds a indiqué que jusqu’à 18.000 clients, dont de grosses entreprises et des agences gouvernementales américaines, avaient téléchargé les mises à jour du logiciel, permettant aux pirates d’avoir accès aux échanges de courriels.

Par Raphaël Grably (https://twitter.com/GrablyR) avec AFP, publié le 18/12/2020 à 8h21

Photo en titre : Selon un rapport russe, les cyberattaques ont visé 240 organismes financiers en 2017 – Kirill KUDRYAVTSEV / AFP

https://www.bfmtv.com/tech/nucleaire-pentagone-commerce-les-etats-unis-touches-par-une-immense-cyberattaque_AD-202012180070.html

DIJON : LA VIGIE CITOYENNE SUR L’ARME NUCLÉAIRE ALERTE SUR L’HORLOGE DE L’APOCALYPSE

Communiqué du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 18 décembre 2020 :

CEA-Valduc : Onzième vigie citoyenne mensuelle

Pour éviter la fin du monde …

Le vendredi 18 décembre 2020 s’est tenue à Dijon la 11ème vigie citoyenne mensuelle concernant l’arme nucléaire et la reconversion du CEA de Valduc.

Dijon à l’heure atomique, « l’horloge de l’Apocalypse » est à minuit moins deux

La sculpture-horloge de la place Grangier, créée par Gloria Friedmann et inaugurée par nos élus en juin 2020, a été le lieu de rassemblement d’une douzaine de lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’, en référence à ‘l’horloge de l’Apocalypse’ (Doomsday Clock).

Cette horloge conceptuelle, créée dès 1947 par des scientifiques pour alerter l’opinion internationale sur les risques extrêmes des bombes atomiques, est mise à jour régulièrement : minuit représente la fin du monde. Elle tient maintenant compte des risques supplémentaires actuels : accidents nucléaires, militarisation de l’espace, réchauffement climatique, chute de la biodiversité, désinformation, attaques cybernétiques. En 2020 Rachel Bronson, Présidente du Bulletin of Atomic Scientists de l’université de Chicago, a annoncé que ‘l’horloge de l’Apocalypse’ était avancée à minuit moins cent secondes : un risque considérable, supérieur à celui de la guerre froide.

Les armes nucléaires interdites à partir du 22 janvier 2021

Le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), voté à l’ONU par 122 pays en 2017 est maintenant ratifié par 50 pays, le dernier étant le Honduras. Le TIAN entrera donc en vigueur le 22 janvier 2021 : l’interdiction des armes nucléaires sera la nouvelle norme du droit international. Selon les termes du Traité, il sera illégal pour les États-parties de « mettre au point, tester, produire, acquérir, posséder, stocker, utiliser ou menacer d’utiliser des armes nucléaires ».

Bien sûr, les 9 puissances nucléaires veulent garder leur arsenal, mais le TIAN va exercer une forte pression diplomatique, juridique, financière et éthique sur les États possesseurs de bombes atomiques.

La mobilisation s’amplifie

Les citoyens ne sont pas les seuls à agir : le 15 novembre, les évêques anglicans du Royaume Uni demandaient à leur gouvernement de signer le TIAN. BESANÇON, 2ème ville de la Région et capitale de la Franche-Comté, a rejoint Paris, Grenoble et la quarantaine de villes françaises qui ont signées ‘l’Appel des villes’ aux gouvernements pour la signature du TIAN.

Suivre l’exemple de Josef Rotblat

La reconversion des personnels du CEA affectés aux activités militaires va bientôt devoir s’imposer, et plus elle sera anticipée, moins elle sera difficile.

Les salariés, ingénieurs et techniciens affectés à la mise au point d’armes de destruction massive sont invités à s’inspirer de l’exemple de Josef Rotblat (1908 -2005), physicien polonais. Il est le seul scientifique à avoir quitté, pour des raisons morales, le ‘projet Manhattan’ et son poste au centre d’expérimentation de Los Alamos (Nouveau Mexique), avant la destruction d’Hiroshima en août 1945.

En juillet 1955, il tient avec Bertrand Russell une conférence sur le « manifeste Russell-Einstein« , signé par 11 physiciens dont 9 prix Nobel, qui met en garde contre les dangers de la course aux armements et vise à mettre en place un programme de désarmement nucléaire.

Pendant 14 ans, il est Secrétaire général du ‘Mouvement Pugwash’ qui informe l’humanité sur les dangers de la bombe atomique. (Pugwash Conferences on Science and World Affairs), puis président en 1988. Pugwash obtient le prix Nobel de la PAIX en 1995.

Les vigies et actions citoyennes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la PAIX 2017, et dans la suite de l’interdiction internationale des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Les actions du Collectif à Dijon et Valduc depuis 2014 (Photos, exposition, textes …) sont sur Abolition des armes nucléaires

La prochaine vigie est prévue le jeudi 14 janvier 2021, rejoignez-nous !

Par Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, publié le 18/12/2020 à 16h00
abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr, tél : 06 14 24 86 96

Photo en titre : L’horloge de l’Apocalypse évalue notamment les risques liés aux bombes atomiques. Une action symbolique a eu lieu le vendredi 18 décembre près de la sculpture-horloge de Gloria Friedmann pour s’y référer.

http://abolitiondesarmesnucleaires.org

NUCLÉAIRE : PROBLÈMES TECHNIQUES ET SANITAIRES À BORD DU CARGO SEVMORPUT

Du 14 décembre 2020 à 16h, alors qu’il était au large du Sahara occidental, jusqu’à hier à 22h, le navire atomique Sevmorput a suivi une trajectoire atypique suggérant des difficultés et atermoiements à bord. Hier, de 20h28 à 20h41, un hélicoptère de la société de sauvetage en mer Salvamento Maritimo a fait un vol stationnaire au-dessus du navire. Le commandant du Sevmorput qui présenterait les symptômes d’une méningite aurait été évacué vers l’hôpital de Las Palmas. Il y avait jusqu’alors 98 membres d’équipage et techniciens à bord du navire. Après cette évacuation, le Sevmorput a repris une route linéaire vers le continent européen. Aux problèmes techniques s’ajoutent maintenant des problèmes sanitaires.

Hier en début d’après-midi, Robin des Bois a envoyé un courrier d’alerte à la Commissaire aux Transports de l’Union européenne, aux préfets maritimes de l’Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord, au Secrétaire Général de la Mer, aux Ministres de la Mer et de la Transition écologique et à l’Agence européenne pour la sécurité maritime. Ce courrier souligne entre autres « qu’avant de tenter de rejoindre l’Antarctique, le Sevmorput est entré en chantier naval pour des réparations et des rénovations diverses notamment le remplacement de l’hélice et de l’arbre d’hélice. Le fait que dans des circonstances inexpliquées, une pale ait été perdue autorise à penser que l’hélice neuve est victime d’un vice caché et que la perte d’une ou des autres pales restantes après l’intervention devant l’Angola des plongeurs russes doit être raisonnablement redoutée et anticipée ».

À cette heure, seule la Commission Européenne nous a répondu : « Nous sommes conscients de la situation et nous surveillons étroitement le navire avec l’aide et en s’appuyant sur les systèmes de l’Agence européenne pour la sécurité maritime qui, comme vous le savez, offrent une excellente compréhension de la situation. »

Il devient urgent, après les déficiences d’un équipement vital pour la sécurité du navire et l’absence probable de son commandant, d’organiser le plus vite possible en coopération avec Rosatom, l’armateur russe, un convoi exceptionnel de remorquage du Sevmorput jusqu’à Saint-Pétersbourg. Seule cette option permettrait de prévenir les risques de dérive, d’échouage et de collision dans le Golfe de Gascogne, le détroit du Pas-de-Calais, la mer du Nord, le détroit du Skagerrak entre le Danemark, la Norvège et la Suède, le détroit du Kattegat entre le Danemark et la Suède, le détroit d’Øresund entre le Danemark et la Suède, en mer Baltique et enfin dans le Golfe de Finlande avant l’arrivée finale à Saint-Pétersbourg.

Le Sevmorput, 32 ans, est le dernier des quatre navires marchands à propulsion nucléaire en activité. Le NS Savannah mis en service par les États-Unis d’Amérique en 1962 dans le cadre du Programme « Atoms for Peace » a été retiré d’exploitation en 1972. Il est à quai à Baltimore. Le compartiment réacteur n’a pas été retiré. Le cargo est en attente de démantèlement. L’allemand Otto Hahn mis en service en 1968 a été reconverti avec une propulsion diesel en 1972 et démoli en Inde sous le nom de Madre en 2009. Le japonais Mutsu a été lancé en 1972. Il s’est tout de suite heurté à des problèmes techniques et à l’hostilité du public. À titre expérimental et à vide, il a parcouru 50.000 miles dans les eaux japonaises. Il a finalement été désarmé en 1992, décontaminé puis reconverti sous le nom de Mirai en navire océanographique à propulsion diesel.

Publications de Robin des Bois sur le Sevmorput : un navire atomique en avarie se dirige vers l’Europe, 14 décembre 2020 – communiqué n°4
https://robindesbois.org/un-navire-atomique-en-avarie-se-dirige-vers-leurope/

Dernière minute. Le Sevmorput en avarie au large de l’Afrique, 25 novembre 2020 – communiqué n°3
https://robindesbois.org/derniere-minute-le-sevmorput-en-avarie-au-large-de-lafrique/

Le Sevmorput en avarie au large de l’Afrique, 19 novembre 2020 – 15h30- communiqué n°2
https://robindesbois.org/le-sevmorput-en-avarie-au-large-de-lafrique/

Un cargo atomique louvoie vers l’Antarctique, 10 novembre 2020
https://robindesbois.org/un-cargo-atomique-louvoie-vers-lantarctique/

2013- « À la Casse », Bulletin d’information et d’analyses sur les navires en fin de vie, n°31, pdf 90 pages, 6.54 Mo, cf. page 84. https://robindesbois.org/wp-content/uploads/a_la_casse_31.pdf

2014- « À la Casse », Bulletin d’information et d’analyses sur les navires en fin de vie, n°34, pdf 56 pages, 6,4 Mo, cf. page 12.

https://robindesbois.org/wp-content/uploads/2014/10/a_la_casse_34.pdf

Par 7seizh.info, oublié le 17 décembre 2020

https://7seizh.info/2020/12/17/nucleaire-problemes-techniques-et-sanitaires-a-bord-du-cargo-sevmorput/

EDF: LA GRÈVE CONTRE LE PROJET HERCULE PERTURBE LA PRODUCTION

PARIS (Reuters) – La grève contre le projet de transformation d’EDF a entraîné jeudi une baisse marquée de la production française d’électricité nucléaire, d’après les données diffusées par le groupe et par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE.

Avec 14 des 56 réacteurs du parc d’EDF fonctionnant à puissance réduite en raison du mouvement, représentant environ 14% des capacités nucléaires disponibles, la production accusait une baisse proche de 9,5 gigawatts vers 19h.

Le taux de grévistes s’est établi à 28,6% de l’effectif total en fin de journée contre 32,4% lors de la précédente grève, selon le décompte d’EDF. La CGT a pour sa part évoqué un taux de grévistes de 35% de l’effectif présent et de 60% à la production.

Il s’agit de la troisième journée de grève des agents d’EDF après celles du 26 novembre et du 10 décembre contre le projet Hercule, en cours de négociations entre le gouvernement français et la Commission européenne.

Hercule prévoit notamment une séparation entre le parc nucléaire existant d’EDF et une grande partie de ses activités liées aux énergies renouvelables, ainsi qu’une ouverture du capital de ces dernières.

Sa mise en œuvre, qui suivrait une nouvelle régulation mettant en place des revenus garantis pour la production nucléaire d’EDF, constituerait selon les syndicats un premier pas vers un démantèlement et une privatisation du groupe.

Selon des informations publiées jeudi par Le Monde, basées sur des sources « informées de l’avancée des échanges« , « plusieurs semaines » de discussions sont encore nécessaires pour qu’un éventuel accord soit conclu entre Paris et Bruxelles.

Le quotidien ajoute que « le gouvernement a besoin d’aboutir avant la fin du mois de janvier pour espérer faire rentrer cette réforme dans le calendrier parlementaire avant que la campagne présidentielle ne débute« .

Par Forrest Crellin et Benjamin Mallet, édité par Henri-Pierre André et Jean-Michel Bélot, publié le 17 décembre à 19h30, © Reuters 2020

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/EDF-La-greve-contre-le-projet-Hercule-perturbe-la-production–32032975/

L’AVEU DU PATRON DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE : « NOTRE SUIVI CES DERNIÈRES ANNÉES N’A PAS ÉTÉ ASSEZ EXIGEANT »

Le réacteur numéro 2 a redémarré le 11 décembre après un arrêt de maintenance qui aura duré près de deux ans. EDF confesse avoir dû mener des travaux bien plus lourds que prévu en raison d’un défaut d’entretien. L’électricien assure toutefois que « l’installation a toujours été sûre ».

Devant les quelques journalistes invités à Flamanville ce mercredi 16 décembre, Patrice Gosset dit son soulagement. Après vingt-trois mois d’arrêt, le réacteur numéro 2 s’est remis en route, et aucun incident n’a été signalé. « On a fait ces travaux pour que ça fonctionne, mais quand on redémarre, on a toujours une petite crainte. Il peut y avoir des petites fuites de vapeur, explique le directeur de la centrale. On n’a rien eu de tout cela. C’est une grande satisfaction qui valorise le travail effectué par le personnel d’EDF et les intervenants extérieurs ». 

Le réacteur numéro 2 de la centrale a été livré en 1986. Tous les dix ans, il doit être arrêté pour que soit vérifié l’état des installations. Cette troisième visite décennale depuis la mise en service devait normalement durer six mois. Très vite, il est apparu que les délais ne pourraient pas être respectés. « En cours d’arrêt de tranche, on a constaté des corrosions sur les moteurs diesels (qui permettraient d’assurer l’exploitation et la sûreté de l’installation en cas d’incident NDLR). Nous avons décidé d’un examen de tous les matériels ». L’inspection approfondie a révélé quelques mauvaises surprises.

La centrale de Flamanville ne s’est pas vue vieillir : l’Autorité de Sûreté Nucléaire la surveille depuis l’été 2019

Comment justifier ce défaut d’estimation ? Le directeur de la centrale de Flamanville se livre aujourd’hui à un inhabituel mea culpa.

« Notre regard sur l’installation n’était pas suffisamment précis, pas assez détaillé, pas assez anticipé. Notre suivi ces dernières années n’a pas été assez fin, pas assez exigeant. » (Patrice Gosset, directeur de la centrale nucléaire de Flamanville)

En d’autres termes, les équipes qui veillent sur la centrale ne l’ont pas vue vieillir. Elles ont inconsciemment laissé se déteriorer des installations par manque de vigilance.

La tuyauterie des moteurs diesels était gagnée par la corrosion. Les travaux très complexes ont été réalisés par une équipe de 80 personnes au cours de l’hiver 2020, « malgré une météo dantesque » • © Marie Saint-Jours / France Télévisions

Depuis quelques années, l’Autorité de Sûreté Nucléaire alerte le pays sur « le déficit de culture de précaution ». Derrière ces mots polis, le constat est sans appel : « l’ASN a régulièrement attiré par le passé l’attention d’EDF sur la persistance de défauts de qualité de maintenance en nombre trop élevé. (…) EDF doit ainsi en tirer les enseignements et renforcer la rigueur professionnelle dans les opérations de maintenance », écrivait-elle dans son rapport d’activité de l’année 2019.

« Les équipes doivent regarder les installations avec plus de rigueur et d’acuité« 

À Flamanville, EDF a ainsi dû mener des travaux aussi complexes qu’imprévus afin de résorber la corrosion repérée sur les moteurs diesels et sur les circuits de refroidissement. La centrale a également remplacé des joints qui permettraient d’encaisser des vibrations en cas de séisme. EDF a entrepris d’effectuer les mêmes réparations sur le réacteur numéro 1 dont le redémarrage est prévu au début de l’année 2021. 20 000 opérations de maintenance étaient initialement prévues pendant l’arrêt de la tranche. Il aura fallu en réaliser « 80 % de plus »…

« Notre installation a toujours été sûre, elle n’a jamais été dangereuse », s’empresse de préciser le directeur. Devant l’ampleur de la tâche, le redémarrage a été maintes fois repoussé, et la facture s’avère finalement salée. Ces travaux interminables, étalés sur vingt-trois mois ont coûté 30 millions d’euros, sans compter la perte d’exploitation. « C’est beaucoup, mais c’est finalement peu de chose pour fonctionner en pleine sûreté ».

Les deux premiers réacteurs de la centrale de Flamanville ont été construits entre 1978 et 1986 • © Marie Saint-Jours / France Télévisions

« Il faut que ce type de situation ne se reproduise pas, insiste Patrice Gosset. Les équipes doivent regarder les installations avec plus de rigueur et d’acuité pour faire tout de suite ce dont on a besoin. Mieux vaut un coup de pinceau aujourd’hui plutôt que d’avoir à rénover entièrement une installation dans trois ans… » Les professionnels du nucléaire ont une expression pour désigner ce regard justement affûté : « le calage de l’œil ».

Le réacteur numéro 2 reprend du service, par paliers. « Nous étions à 130 mégawatts au redémarrage. Aujourd’hui nous sommes à 650 mégawatts. Nous monterons progressivement à 1300 mégawatts jusqu’à la fin de l’année », précise Patrice Gosset, fier que Flamanville soit « au rendez-vous de l’hiver« . Cette énorme machine « en est à la moitié de sa vie potentielle, dit-il avec enthousiasme. On est capable de faire encore autant de production qu’on en a déjà fait ». Encore faudra-t-il qu’elle soit convenablement entretenue.

Par Pierre-Marie Puaud, publié le 17/12/2020 à 16h59, mis à jour le 17/12/2020 à 18h16

Photo en titre : Le groupe turbo-alternateur du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Flamanville • © Marie Saint-Jours / France Télévisions

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/aveu-du-patron-centrale-nucleaire-flamanville-notre-suivi-ces-dernieres-annees-n-pas-ete-assez-exigeant-1906740.html

NUCLÉAIRE : EDF CHOISIT LE SITE DE PENLY POUR CONSTRUIRE DEUX EPR

Alors que le gouvernement n’a pas encore décidé de bâtir de nouveaux réacteurs, plusieurs lieux sont à l’étude chez l’énergéticien.

La décision n’est pas encore formellement prise, mais la discussion, mercredi 16 décembre, au conseil d’administration d’EDF, a bien avancé. Selon nos informations, la direction du groupe a proposé quatre sites pour les six nouveaux réacteurs qu’il souhaite pouvoir construire dans les quinze prochaines années. Tous ces sites sont ceux de centrales nucléaires déjà présentes, à proximité desquels existent des emplacements pour installer de nouveaux réacteurs.

Le premier site choisi devrait être celui de Penly (Seine-Maritime), qui compte déjà deux réacteurs en activité. Une orientation saluée par la Confédération générale du travail (CGT) du site, qui a évoqué, jeudi soir, dans un communiqué « une très bonne nouvelle pour la filière d’excellence qu’est le nucléaire. Cela permettra de faire perdurer le savoir-faire tout en créant des centaines d’emplois ».

Le site de Penly avait déjà été envisagé à plusieurs reprises pour accueillir un réacteur européen à eau pressurisée (EPR). Cette idée avait notamment été avancée lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui avait plaidé pour le projet en 2009. Mais cette l’annonce avait fait long feu. Deux autres sites seraient à l’étude pour installer deux paires d’EPR dans le futur : la centrale nucléaire de Gravelines, dans les Hauts-de-France, qui est déjà le site nucléaire le plus important d’Europe. Et un autre en bord de Rhône, soit celui du Bugey (Ain), soit celui du Tricastin (Drôme), qui compte chacun déjà quatre réacteurs.

Étape cruciale

EDF ne confirme pas officiellement cette annonce, d’autant qu’aucune décision n’a été prise formellement par les pouvoirs publics. Le groupe doit remettre à la mi-2021 un rapport complet au président de la République pour lui permettre de décider – ou pas – de construire six nouveaux EPR. La filière défend le fait de construire ces réacteurs par paire pour limiter les coûts et mutualiser les équipes. Le président de la République, Emmanuel Macron, a déjà fait savoir que cette décision ne pourrait être prise formellement qu’après le démarrage de l’EPR de Flamanville – qui ne devrait pas être connecté au réseau avant 2023, après des années de dérive.

Le chantier de l’EPR normand, qui a débuté en 2007, devait à l’origine coûter 3,3 milliards d’euros et se chiffre désormais à 12,4 milliards selon EDF, et à 19,1 milliards selon la Cour des comptes. Les dernières difficultés – des soudures qui n’étaient pas conformes à ce qu’avait promis EDF – ont conduit l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à demander de nouvelles modifications. Autrement dit : aucune décision ne devrait être prise avant la présidentielle de 2022.

« Penly est un choix naturel qui avait déjà été envisagé pour accueillir un EPR il y a plusieurs années », précise EDF

Mais EDF doit préparer le terrain pour présenter le projet le plus complet possible, et la sélection des sites est l’une des étapes cruciales. « Les analyses technico-industrielles menées par nos équipes d’ingénierie nous ont conduits à considérer que le site de Penly présente des atouts et des compatibilités pour accueillir une nouvelle installation (disponibilité foncière, densité industrielle locale, bassin d’emploi, facilités logistiques) », précise le groupe, qui ajoute : « Penly est un choix naturel qui avait déjà été envisagé pour accueillir un EPR il y a plusieurs années ».

Cette volonté d’avancer de la part d’EDF survient alors que la filière nucléaire est doublement sous le feu des projecteurs. Mardi 8 décembre, au Creusot, le chef de l’État s’est livré à un long plaidoyer pour le développement de la filière nucléaire en France, et a ouvert la voie à la construction de nouveaux réacteurs. « Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire », a ainsi lancé Emmanuel Macron. Dans le même temps, le gouvernement français négocie à Bruxelles une importante réforme de la régulation nucléaire ; elle pourrait avoir pour conséquence une réorganisation profonde d’EDF, appelée projet « Hercule ». Les syndicats et l’opposition estiment que ce projet cache une « privatisation » et un « démantèlement » d’EDF. Le gouvernement assure, au contraire, qu’il s’agit de trouver un modèle économique viable pour l’entreprise sur le long terme.

Par Nabil Wakim, publié le 18 décembre 2020 à 01h56, mis à jour à 09h33

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/12/18/nucleaire-edf-choisit-le-site-de-penly-pour-construire-deux-epr_6063808_3234.html

L’OTAN NE VEUT RIEN LÂCHER SUR LES ARMES NUCLÉAIRES

L’Otan réaffirme son opposition au traité sur l’interdiction des armes nucléaires qui entre en vigueur en janvier.

La Russie et les États-Unis détiennent à eux deux 90% des armes nucléaires dans le monde

C’est une prise de position qui n’a rien de surprenante mais qui ne se veut on ne peut plus claire : « À l’approche de l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), nous rappelons collectivement notre opposition à ce traité« , écrit l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan),dans un communiqué ce 15 décembre.

Pour l’organisation qui compte 30 pays, dont l’Allemagne, les États-Unis et vingt autres membres de l’Union européenne, ce traité, qui doit entrer en vigueur en janvier, risque même de « fragiliser l’architecture mondiale de non-prolifération et de désarmement« . Un avis bien différent de l’ONU et de 122 autres pays du monde, dont le Bénin, qui a ratifié le traité en ce mois de décembre.

Ce traité, c’est quoi ?

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est né à la suite de la mobilisation de plusieurs ONG. La Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN) avait d’ailleurs reçu le prix Nobel de la paix en 2017 pour sa mobilisation.

Le TIAN interdit « l’utilisation, le développement, la production, les essais, le stationnement, le stockage et la menace d’utilisation des armes nucléaires » et se fixe comme objectif « l’élimination complète des armes nucléaires« . Approuvé par 122 pays en 2017 aux Nations unies, il a depuis recueilli la signature de 50 États, nécessaire à son entrée en vigueur. La cinquantième est venue du Honduras, en octobre. Mais les pays possédant l’arme atomique refusent de le signer.

 Pourquoi des pays refusent de signer ?

Les États dotés d’armes nucléaires mettent en avant l’argument de la « dissuasion« . Le fait que certains pays possèdent l’arme devrait décourager d’autres d’entreprendre des actions néfastes. En plus clair : le fait de montrer ses forces doit éviter que d’autres ne passent à l’action. C’est l’argument de l’Otan encore aujourd’hui. « L’objectif fondamental de la capacité nucléaire de l’Otan est de préserver la paix, de prévenir les actions coercitives et de décourager toute agression », écrit l’organisation.

Dans le monde, neuf pays possèdent des armes nucléaires : les États-Unis, la Russie – ces deux pays sont les plus importants en termes de quantité d’armes – la France, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.

« La guerre n’est pas une solution » – Depuis des années associations et ONG demandent l’élimination totale des armes nucléaires

L’Otan continue de mettre en avant le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Le texte, entré en vigueur en 1970, impose aux pays qui possèdent l’aide nucléaire de « ne pas aider, encourager ou inciter un État non doté d’armes nucléaires, à en fabriquer ou à en acquérir ». Les États signataires non dotés d’armes nucléaires, eux, renoncent à s’en doter.

Lire aussi → Le traité nucléaire INF, un héritage de la guerre froide

Enfin, et c’est un argument de poids pour l’Otan, les pays ayant adhéré au traité s’engagent « à cheminer vers un désarmement nucléaire général et complet. » Un désarmement impossible pour l’OTAN aujourd’hui, puisque, selon l’organisation militaire, « l’environnement de sécurité international, de plus en plus complexe, va à l’encontre de l’architecture actuelle de non-prolifération et de désarmement.« 

Que va changer l’entrée en vigueur du traité en janvier ?

Pour l’heure, ce traité ne devrait pas changer radicalement les choses puisque les États dotés d’armes nucléaires n’ont pas signé le texte, qui est non contraignant. Mais « l’entrée en vigueur du traité est l’aboutissement d’un mouvement mondial visant à attirer l’attention sur les conséquences humanitaires catastrophiques de toute utilisation d’armes nucléaires », assure le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres.

Comme les ONG et associations anti-armes nucléaires, il espère ainsi que ce traité sera un moyen de pression supplémentaire et que, in fine, les pays qui y sont opposés aujourd’hui changeront de stratégie.

La position de l’Otan montre que cela n’est pour l’heure pas à l’ordre du jour. Mais ces dernières années, d’anciens responsables politiques ont demandé d’accélérer la dénucléarisation.

En septembre dernier, relayés par la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, 56 anciens premiers ministres, présidents, ministres des Affaires étrangères et ministres de la Défense de 20 pays de l’Otan, plus le Japon et la Corée du Sud, avaient publié une lettre ouverte implorant leurs dirigeants actuels de rejoindre le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Parmi eux : Joschka Fischer, vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères d’Allemagne de 1998 à 2005, et Rudolf Scharping, ministre fédéral de la Défense en Allemagne également, entre 1998 et 2002.

Par Hugo Flotat-Talon, publié le 16 décembre 2020

https://www.dw.com/fr/lotan-ne-veut-rien-l%C3%A2cher-sur-les-armes-nucl%C3%A9aires/a-55963802

TRUMP AUTORISE L’UTILISATION DU NUCLÉAIRE POUR ASSURER LA DOMINATION DES USA DANS L’ESPACE

Le Président sortant a signé mercredi 16 décembre un décret qui prescrit aux futurs gouvernements américains de développer l’utilisation de l’énergie nucléaire dans l’espace, notamment en vue de l’exploration de la Lune, de Mars et d’autres planètes du système solaire.

La Maison-Blanche a publié mercredi 16 décembre un mémorandum sur la stratégie nationale pour l’énergie et la propulsion nucléaires dans l’espace nommé Directive de politique spatiale-6.

«Ce mémorandum établit une stratégie nationale pour assurer le développement et l’utilisation des SNPP [systèmes d’énergie et de propulsion nucléaires spatiales, NDLR], le cas échéant, pour permettre et atteindre les objectifs scientifiques, d’exploration, de sécurité nationale et commerciaux des États-Unis», indique le document signé par Donald Trump.

La note précise que l’utilisation de tels systèmes d’«une manière sûre, sécurisée et durable est vitale pour maintenir et faire progresser la domination et le leadership stratégique des États-Unis dans l’espace».

La directive fixe un certain nombre d’objectifs, notamment celui, pour la NASA, d’élaborer d’ici 2027 le projet d’une centrale nucléaire à base d’uranium en vue de son installation sur la surface lunaire et de l’utilisation de la technologie nucléaire pour explorer Mars.

Au cours des dix ans à venir, des scientifiques américains doivent également développer de nouvelles technologies pour améliorer les systèmes qui produisent de l’électricité à l’aide d’isotopes radioactifs. Le but est de faire progresser l’exploration robotique et humaine de la Lune et de Mars, et d’étendre l’exploration robotique du système solaire.

Réaction de la NASA

En réaction, le chef de la NASA Jim Bridenstine a rappelé que l’agence travaillait sur le programme Artémis, dont l’objectif est d’amener un équipage sur le sol lunaire d’ici 2024.

«La directive renforce les efforts de l’agence pour développer des systèmes nucléaires abordables, sûrs et fiables, y compris une technologie capable d’alimenter en permanence des missions sur d’autres planètes et de propulser de futures missions humaines sur Mars», a-t-il précisé.

Par Ivan Dubrovin, publié le 17 décembre 2020 à 15h00

Photo en titre : © NASA / NASA

https://fr.sputniknews.com/sci_tech/202012171044948770-trump-autorise-lutilisation-du-nucleaire-pour-assurer-la-domination-des-usa-dans-lespace/

NDLR : on a contaminé la terre avec des isotopes radioactifs et ensuite on va contaminer l’espace… C’est quand même beau « le progrès » !

PROJET HERCULE : LES SALARIÉS DU NUCLÉAIRE DE NOUVEAU EN GRÈVE CONTRE LE DÉMANTÈLEMENT ANNONCÉ D’EDF

Une nouvelle manifestation des salariés du nucléaire a été organisée, ce jeudi 17 décembre, devant la centrale de Paluel, en Seine-Maritime. Les manifestants protestent contre le projet Hercule qui doit diviser EDF en trois unités.

Les premiers manifestants s’étaient donné rendez-vous dès 5 heures, ce jeudi 17 décembre au matin. Une mobilisation a été organisée devant la centrale nucléaire de Paluel, en Seine-Maritime, contre le projet d’EDF baptisé « Hercule » qui repose sur la scission du groupe en trois entités.

À l’appel de l’intersyndicale, près de 150 manifestants ont participé à la grève. La réorganisation, dans les cartons depuis plusieurs années, doit s’accélérer dans les prochains mois, sous la volonté du chef de l’État. L’Élysée a entériné fin novembre le projet de réorganisation de l’électricien.

Ce plan vise à séparer le fournisseur d’électricité en trois branches:

  • EDF bleu : société publique en charge des activités nucléaires
  • EDF vert : côtée en bourse responsable des énergies renouvelables
  • EDF azur : liée aux barrages hydrauliques

Inquiétudes sur « l’accès régulé au nucléaire historique« 

Pour les syndicats, cette réorganisation est vécue comme un « démantèlement« . Autre inquiétude : les négociations entre Paris et Bruxelles sur la réforme de « l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (AReNH), un dispositif qui permet aux fournisseurs d’électricité concurrents d’EDF en France de racheter au groupe une partie de sa production nucléaire.

Les syndicats craignent que la réforme de l’AReNH ne soit accompagnée de « contreparties inacceptables pour les agents, et un fort risque sur la tarification finale pour le consommateur et les industriels ».

Un député présent sur place

Des premiers piquets de grève avaient déjà été organisés en Seine-Maritime, le 10 décembre dernier, sur les sites de Paluel et Penly.

À ce sujet, la rédaction vous recommande :

Le député de la 6ème circonscription de Seine-Maritime Sébastien Jumel (PCF), s’était glissé dans la foule, ce jeudi matin :

Le député Sébastien Jumel présent à la grève, ce jeudi 17 décembre, devant la centrale nucléaire de Paluel.

Pour  écouter la vidéo de son intervention (1mn46s), cliquer sur le site en bas de page.

La semaine dernière, il avait déjà fait part de sa ferme opposition à ce projet dans l’hémicycle lors de la séance des questions au gouvernement : 

Par Antoine Belhassen, publié le 17/12/2020 à 11h18

Photo en titre: Près de 150 manifestants ont participé à la grève, ce jeudi 17 décembre, à la centrale nucléaire de Paluel, en Seine-Maritime. • © Judikaelle Rousseau/France 3 Normandie

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/dieppe/projet-hercule-salaries-du-nucleaire-nouveau-greve-contre-demantelement-annonce-edf-1906588.html

MOR GLAZ DEMANDE L’ACCOMPAGNEMENT DU CARGO NUCLÉAIRE SEVMORPUT LORS DE SON PASSAGE AU LARGE D’OUESSANT

Depuis plusieurs semaines, nos Amis Militants de l’Association Robin des Bois attirent l’attention sur l’errance d’un cargo Russe à propulsion nucléaire. Pour l’Association MOR GLAZ écrire que ce cargo n’est pas un navire comme les autres est d’une évidence !

Ce navire le « SEVMORPUT » propriété de la Compagnie Russe « ROSATOMFLOT » avait été désarmé en 2005 puis remis en service en 2015, peut-être les causes de l’avarie !

Le « SEVMORPUT » ayant comme avarie importante sur une hélice ou  l’arbre porte hélice (pièces essentielles d’un navire) atteindra les Zones Économique Exclusives du Portugal et de l’Espagne dans environ 48 heures. Qu’elles sont les anticipations effectuées par l’Union Européenne et plus précisément par l’Agence Européenne de Sécurité Maritime pour faire face à un éventuel accident. Ce navire avait tiré des bords « effectué des ronds dans l’eau »  début novembre 2020 au large des côtes Africaines, aucun chantier n’ayant accepté de le prendre en charge, la décision fut prise de  rejoindre Saint-Pétersbourg !

Ce cargo « SEVMORPUT » va croiser le littoral de 14 pays de l’Union Européenne, le Portugal, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark, la Suède, la Pologne, la Lituanie, l’Estonie et la Finlande. L’Association MOR GLAZ s’inquiète de savoir comment tous ces pays se sont organisés afin de surveiller et éventuellement de venir en aide à l’Équipage de ce navire si cela devenait nécessaire, nous sommes en période de coups de vent et de fortes tempêtes.

L’Association MOR GLAZ demande aux Autorités Françaises de s’organiser afin que le « SEVMORPUT » et sa cargaison soient accompagnés lors de la remontée du Golfe de Gascogne dépourvu de remorqueur de sauvetage depuis septembre 2011 !

Ce cargo et sa cargaison (d’ailleurs que transporte-t-il ?)  doivent faire l’objet d’une attention toute particulière et constante, toutes éventualités doivent-être envisagées.

D’après les relevés Automatic Indentification System (AIS) que chaque citoyen peut consulter sur son ordinateur.  D’après notre estimation, le cargo pourrait se retrouver vers le 23 décembre 2020 au large de la Bretagne. Lors de son passage au large d’Ouessant,  un accompagnement s’impose et doit être maintenu jusqu’à la frontière Belge et le relais repris, il s’agit d’un navire à propulsion nucléaire construit en 1988 sous pavillon Russe qui est resté immobilisé le long d’un quai durant 10 ans …

Ce navire avait quitté Saint-Pétersbourg au mois de septembre 2020, il devait rejoindre la station scientifique de « VOSTOK » en Antarctique pour y déposer du matériel, il serait heureux de connaitre la composition de ce chargement, qu’il devra déclarer au passage du rail montant de Ouessant !!!

En cas de nécessité, quels  sont les endroits refuges qui ont  été prévus sans mettre en danger les riverains ?

Le « SEVMORPUT » devrait atteindre le port de Saint-Pétersbourg vers le 30 décembre 2020.

L’Association MOR GLAZ souhaite un bon embarquement et bon courage au Commandant et à l’Équipage de ce navire qui représente un danger et qui doit être accompagné et surveillé.

Pour l’Association MOR GLAZ, (www.morglaz.org), le Président Jean-Paul HELLEQUIN, publié le mercredi 16 décembre 2020,

http://7seizh.info/2020/12/16/mor-glaz-demande-laccompagnement-du-cargo-nucleaire-sevmorput-lors-de-son-passage-au-large-douessant/

LE PLAN D’EDF ENERGY POUR FINANCER LA CENTRALE NUCLÉAIRE SIZEWELL C AU ROYAUME-UNI

Une nouvelle centrale nucléaire de 3,2 GW doit être construite par EDF et CGN sur le site de Sizewell, au Royaume-Uni. EDF et le gouvernement britannique ont une idée pour la financer.

Contrairement à la France, le Royaume-Uni a un plan pour construire de nouvelles centrales nucléaires. Il n’a pas trop le choix. Outre-Manche, avec 15 réacteurs en service, l’atome fournit 20 % de l’électricité. Mais d’ici à 2024, quatre des huit centrales nucléaires du pays auront fermé. Impossible de les prolonger. EDF Energy vient d’annoncer l’arrêt de sa centrale nucléaire Hinkley Point B de manière anticipée, avec un déchargement du combustible d’ici au 15 juillet 2022. Trois de plus fermeront d’ici à 2030.

Les deux EPR de 1600 mégawatts (MW) chacun en construction à Hinkley Point C ne suffiront pas à les compenser. Et même si dans son plan vert le gouvernement de Boris Johnson annonce la construction de 40 GW d’éolien, il lui faudra encore du nucléaire. Il l’a confirmé dans un communiqué du 14 décembre sur le plan pour créer 220 000 emplois grâce à une révolution industrielle verte, en annonçant qu’il allait entamer des négociations avec EDF concernant le projet Sizewell C dans le Suffolk. Il souhaite étudier « les options permettant d’investir dans au moins une centrale nucléaire d’ici la fin de cette législature« .

20 milliards de livres sterling

Parmi les différents projets de nouvelles centrales nucléaires au Royaume-Uni, celui d’EDF Energy et de son partenaire chinois CGN dans la société de Projet (à 20%) est en effet le plus avancé. Le projet a reçu l’aval du gouvernement en mai 2020. Reste l’épineux problème du financement. La construction de deux EPR de 1600 MW coûtera environ 20 milliards de livres sterling (environ 22 milliards d’euros), coût de l’inflation sur les dix ans de la construction compris.

C’est, certes, 30 % de moins que le coût d’Hinkley Point C, un projet similaire chiffré entre 21,5 et 22,5 milliards de livres hors inflation. Mais, cette fois, l’option d’un contrat pour différence, dans laquelle EDF et CGN financent la construction et le gouvernement leur garantit un revenu au mégawattheure vendu (92,5 livres de 2015, soit plus de 100 livres par MWh après inflation) sur la durée de vie de la centrale, soit 60 ans, ne sera pas retenue.

Base d’actifs régulés

EDF n’a de toute façon pas les moyens d’investir. Et, avec l’éolien offshore qui a fait chuter les prix de la production d’électricité autour des 40 à 50 livres par MWh, le gouvernement britannique ne pourra plus justifier des tarifs d’achats si élevés, même pour une énergie non intermittente. L’idée, poussée par EDF, serait de faire entrer d’autres investisseurs dans le projet, en les rémunérant sur les actifs immobilisés pendant la durée de construction de la centrale.

C’est ce que l’on appelle la base d’actifs régulés (BAR, ou RAB pour regulated assets base). Un mécanisme qui a été utilisé pour le tunnel sous la Manche. Les investisseurs, comme EDF, qui prendraient des parts dans une nouvelle société à créer, rentabiliseront ensuite leur investissement avec la vente de l’électricité au prix du marché. Reste à convaincre des investisseurs, comme les fonds de pension, avec un tarif de rémunération suffisamment attractif comparé aux projets d’énergies renouvelables. C’est tout l’enjeu des négociations que veut ouvrir le gouvernement avec EDF. À ce stade, l’option RAB, poussée par EDF, n’est néanmoins pas officiellement validée.

Par Aurélie Barbaux, publié le 15 décembre à 17h20

Photo en titre : Pour financer la construction de deux EPR à la centrale de Sizewell C, le gouvernement britannique ne veut plus du contrat pour différence appliqué pour la centrale nucléaire d’Hinkley Point C. © EDF Energy

https://www.usinenouvelle.com/article/le-plan-d-edf-energy-pour-financer-la-centrale-nucleaire-sizewell-c-au-royaume-uni.N1040619

SEUL UN FRANÇAIS SUR QUATRE VIVANTS AUTOUR DES CENTRALES NUCLÉAIRES ONT RETIRÉ LEURS COMPRIMÉS D’IODE

En 2019, les habitants d’un périmètre élargi de 20 km autour des centrales nucléaires étaient invités à retirer leurs comprimés d’iode en pharmacie, pour se protéger en cas d’accident nucléaire. Selon un premier bilan, un habitant sur quatre seulement les a retirés. On est loin du compte.

En 2016, après l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima au Japon, l’État a décidé, parmi d’autres mesures pour renforcer la sécurité, d’élargir le périmètre concerné par des distributions de comprimés d’iode. Ces comprimés doivent permettent de protéger la thyroïde contre les effets des rejets d’iode radioactif, en cas d’accident nucléaire, et donc de limiter les risques de développer certains cancers. 

Jusque-là, seuls les habitants d’un rayon de 10 kilomètres autour des centrales nucléaires bénéficiaient régulièrement de campagnes de distribution de comprimés d’iode. Ils reçoivent des courriers avec des bons de retrait, leur permettant de demander leurs boites de comprimés à leur pharmacien. Lors de la dernière campagne, en 2016, un habitant sur deux, en moyenne, avait retiré ses comprimés.

73 communes concernées dans le Loiret

En 2019 a eu lieu une nouvelle campagne de distribution, le rayon étant élargi à 20 kilomètres. Cela concernait par exemple 73 nouvelles communes, dans le Loiret, autour des centrales nucléaires de Belleville-sur-Loire (Cher), Dampierre-en-Burly, et Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher)

Les résultats de cette nouvelle campagne sont décevants, partout en France. Selon les centrales concernées, entre 23% et 30% seulement des habitants ayant reçu un courrier sont effectivement allés retirer leurs comprimés en pharmacie. Le détail des chiffres par département n’est pas communiqué par le ministère de l’Intérieur, en charge de cette distribution. 

La communication autour de la distribution de comprimés d’iode – EDF

Un résultat encore plus décevant si l’on regarde le taux de retrait des responsables d’établissements recevant du public, qui sont censés disposer de ces comprimés pour être en mesure de les distribuer rapidement à leurs clients, leurs employés, leur public, en cas d’accident. 

L’enjeu de la prise de comprimés en cas d’accident nucléaire

Car plus l’iode est ingérée rapidement, plus elle est efficace. Plus on tarde, plus le risque est élevé. (voir NDLR) Pour ces établissements, c’est-à-dire des entreprises, des commerces, des supermarchés, des mairies, des salles de spectacles, etc, le taux de retrait tombe à 20%.  

Un résultat que regrette Rémi Fallin, en charge de la prévention des risques au ministère de l’Intérieur, et plus spécifiquement de cette campagne de distribution : « il y a clairement un manque de responsabilité de la part des responsables d’établissements accueillant du public. D’autant qu’on ne peut compter que sur le fait qu’ils retirent effectivement les comprimés en pharmacie, car eux seuls savent quelles sont leurs jauges et donc le nombre de boîtes nécessaires ».

Tous les établissements scolaires pas encore dotés

En revanche, le taux de retrait peut paraître satisfaisant pour les établissements scolaires : 86%. Mais en fait il ne l’est pas, selon Rémi Fallin : « contrairement à la grippe où au Covid, les personnes les plus à risque face au rejet d’iode radioactif, ce sont les jeunes. Donc un taux de retrait satisfaisant ne peut être que de 100%, chaque établissement scolaire, chaque crèche, ou maternité, doit être équipé »

C’est pourquoi, en cette fin d’année, les directions académiques de chaque département sont appelés une par une et invitées à s’assurer que les chefs d’établissements ont bien retiré leurs comprimés

Mais comment expliquer ces résultats décevants ? Pour Rémi Fallin, il y a l’éloignement : « on peut penser qu’à 20 km d’une centrale nucléaire, les gens ne se sentent pas concernés ». Ce que confirme Daniel Thouvenin, le maire de Villorceau dans le Loiret, à 14 kilomètres de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux : « on voit bien que la prise de conscience n’est pas là. Surtout avec le confinement qu’on a vécu, les gens se disent qu’ils sont déjà confinés, alors… » 

Pas un sujet de discussion entre élus en ce moment

Il reconnaît, même, que ça n’est pas un sujet de discussion entre élus, lui qui est le président de l’association des maires ruraux du Loiret. « Là je sors d’une réunion entre élus de la région, j’avoue qu’on n’en a même pas parlé. Vous me faites penser que ce serait bien que j’en parle dans le prochain bulletin municipal, et sur notre site internet ! »

Il explique aussi que les maires n’ont pas toujours eu le sentiment d’être associés à cette distribution : « pourtant on a souvent des réunions, à la centrale, mais ils ne nous parlent pas de ça. Ils nous parlent des arrêts, des accidents du travail. Ça n’est même pas dans les graphiques qu’ils nous présentent ». Résultat : Daniel Thouvenin raconte que lors de sa dernière visite à la pharmacie de Beaugency, où il retire les comprimés pour doter les écoles, on lui a dit que personne n’avait rien retiré depuis un moment

Des bases de données moins exhaustives qu’avant

Mais il avance aussi une autre explication : tous les habitants concernés n’ont tout simplement pas reçu de courrier, lui le premier. « Ma femme qui est un ancien agent EDF reçoit ses comprimés tous les ans. Moi je n’ai rien reçu, pas même de lettre »

L’explication, c’est que cette fois l’État n’a pas pu utiliser les bases de données auxquelles il avait accès habituellement, la loi sur la protection des données ayant changé. Pas question d’accéder au fichier des impôts, ou à celui d’Enedis, ils ne peuvent pas être utilisés dans ce cadre. Il a donc fallu acheter des bases commerciales, moins exhaustives. Seuls 65% des habitants ont donc reçu un courrier.

Cela donne un nombre encore plus bas de riverains réellement touchés et réellement pourvus de comprimés d’iode. L’État a donc décidé d’envoyer, finalement, ces comprimés au domicile de tous les habitants à partir du mois de février. Inutile, donc, d’aller retirer maintenant votre boîte si vous ne l’avez pas fait avant. Mais l’envoi se fera toujours avec ces mêmes bases de données, il y aura donc toujours des trous dans la raquette.

Par Anne Oger, France Bleu Orléans, France Bleu, publié le mercredi 16 décembre 2020 à 17h10

Photo en titre : La centrale nucléaire de Dampierre en Burly vue de Saint-Gondon dans le Loiret © Radio France – Anne Oger

VIDÉO (1mn44s)

Pour voir cette vidéo, aller directement sur le site ci-dessous:

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/peu-d-habitants-ont-retire-leurs-comprimes-d-iode-autour-des-centrales-nucleaires-1608046635

NDLR: il faut absolument absorber ces comprimés AVANT le passage d’un éventuel nuage radioactif et non pas après lorsque la thyroïde est déjà saturée par cet iode radioactif.

LA MOBILISATION CONTRE LA RÉORGANISATION D’EDF PREND DE L’AMPLEUR

Alors que le gouvernement négocie à Bruxelles l’avenir du groupe public, syndicats et oppositions dénoncent un projet caché de « privatisation ». Les agents sont appelés à la grève jeudi par l’ensemble des syndicats du groupe.

Grèves à répétition, mobilisation parlementaire et manifestations : le débat sur la réorganisation d’EDF commence à monter en température… alors même que les détails du projet porté par le gouvernement ne sont pas connus. Jeudi 17 décembre, les agents d’EDF étaient appelés à la grève par l’ensemble des syndicats du groupe, après deux journées déjà très suivies par plus de 30 % des salariés cet automne. « Toutes les filières sont mobilisées, le nucléaire, l’hydraulique, même en période de confinement avec le télétravail », se félicite Philippe Page Le Mérour, secrétaire (CGT) du CCE d’EDF.

Dans le viseur des syndicats : le projet « Hercule » porté par la direction du groupe avec le soutien du gouvernement. Même si le groupe a révisé à la hausse, mercredi, son objectif d’excédent brut d’exploitation à « un montant égal ou légèrement supérieur » à 16 milliards d’euros pour 2020, sa situation financière reste très fragile. Face à cela, Emmanuel Macron plaide depuis plusieurs années pour une réorganisation en profondeur du groupe. L’objectif : permettre à EDF d’obtenir une meilleure rémunération de son électricité nucléaire. Or, les conditions fixées par la loi française et la Commission européenne pour permettre le développement de la concurrence sont jugées trop défavorables à EDF par l’État – par ailleurs actionnaire d’EDF à 83 %.

Réorganisation en deux entités

Pour convaincre Bruxelles d’accepter un nouveau cadre, l’exécutif et la direction de l’énergéticien plaident pour une réorganisation du groupe principalement en deux entités : d’une part, une nationalisation des activités nucléaires et, d’autre part, une filiale, ouverte à des capitaux privés minoritaires, qui regroupe les activités commerciales, du réseau Enedis et des énergies renouvelables. C’est là que le bât blesse : les syndicats et les oppositions voient dans ce schéma, en cours de négociation avec la Commission européenne, une première étape vers une « privatisation » d’une partie des activités de la société et un « démantèlement » du groupe. Mercredi, les six représentants salariés au conseil d’administration d’EDF ont voté contre le budget 2021 du groupe pour marquer leur opposition au projet.

Jean Castex a assuré que le gouvernement n’avait aucune intention « d’affaiblir » EDF mais souhaitait « l’adapter et lui donner les armes pour remplir sa mission historique »

Interrogé à l’Assemblée nationale, mardi 15 décembre, le premier ministre, Jean Castex, a assuré que le gouvernement n’avait aucune intention « d’affaiblir » EDF mais souhaitait « l’adapter et lui donner les armes pour remplir sa mission historique ». Une réponse qui n’a pas convaincu à gauche, où l’on accuse Emmanuel Macron de vouloir profiter de la crise économique pour faire passer sans discussion un projet qui apparaît technique et nébuleux pour l’opinion publique. La présidente du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault, a ainsi proposé le lancement d’un référendum d’initiative partagée (RIP) pour « empêcher la sécabilité d’EDF et le maintenir dans son intégrité ».

Lire aussi : Pourquoi le système électrique français est sous forte tension (Article réservé à nos abonnés)

Très remontée contre la « légèreté » avec laquelle le gouvernement traite les interrogations et alertes de l’opposition et les arguments qu’on leur oppose – « un vrai “gloubiboulga” » –, Mme Rabault veut adresser à l’exécutif un « avertissement » : « Si le gouvernement touche à EDF, on lancera le RIP et on bloquera ainsi le projet durant plusieurs mois. » « Aucun gouvernement depuis 1945 n’a osé s’en prendre à ce patrimoine. Nous sommes le premier producteur d’électricité en Europe et il faut préserver ce capital. On ne peut pas, comme le fait Emmanuel Macron, tenir un discours sur la souveraineté, et démanteler un fleuron industriel. Hors de question d’y toucher », assène la députée de Tarn-et-Garonne.

Front commun

Même son de cloche chez La France insoumise qui estime que le projet « Hercule » est le « coup de poignard final à EDF ». Idem pour Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Écologie-Les Verts, pour qui « Hercule » aura pour conséquence « la privatisation de ce qui est rentable », tout en gardant « dans le pôle public ce qui ne fonctionne pas, ce qui est déficitaire, c’est-à-dire le nucléaire ». La droite reste aussi plus que sceptique face aux projets du gouvernement. Le député Julien Aubert (Les Républicains), spécialiste des questions d’énergie et défenseur du nucléaire, a ainsi fait cause commune avec les députés communistes, début décembre. Il a mis en cause un projet « produit d’arrière-pensées financières », avec des pièces de Lego « que l’on assemble au gré de marchandages ou d’accords ».

Certains députés de la majorité craignent de se voir imposer un texte issu des échanges avec Bruxelles qu’il ne sera plus possible de modifier

Un front commun qui rappelle celui qui s’était mis en place au moment du débat autour de l’ouverture de la concession d’Aéroports de Paris (ADP), en 2019. À une différence près, et de taille : ni les détails du projet « Hercule » ni les négociations avec la Commission européenne ne sont publics. Le gouvernement fait ainsi face à un tir de barrage préventif de la part des syndicats et de l’opposition, sans bien savoir comment y répondre. Dans un courrier adressé aux organisations syndicales d’EDF, mercredi, Jean Castex se contente de répéter que le groupe restera « public et intégré », sans donner plus de précisions. « Ce flou entretient forcément la mobilisation », reconnaît un haut dirigeant d’EDF.

Une opacité qui n’est pas du goût de certains députés de la majorité. Jean-Marc Zulesi, député La République en marche, demande ainsi que des députés soient associés aux négociations. « La représentation nationale ne peut pas être tenue à l’écart de ce débat », estime le député des Bouches-du-Rhône, qui veut « être sûr qu’EDF ne soit pas découpé en petits morceaux ». Certains députés de la majorité craignent de se voir imposer un texte issu des échanges avec Bruxelles qu’il ne sera plus possible de modifier… et de manquer d’arguments pour le défendre face à une opposition très mobilisée.

Or, le calendrier parlementaire pourrait se précipiter : la réorganisation d’EDF devra forcément passer par un texte de loi qui devra être inscrit au calendrier parlementaire avant l’été 2021, pour espérer être voté avant la présidentielle. Si les négociations avec Bruxelles aboutissent.

Par Nabil Wakim et Sylvia Zappi, publié le 17 décembre 2020 à 01h18, mis à jour à 09h15

Photo en titre : Barbara Pompili et Emmanuel Macron en visite à l’usine Framatome du Creusot (Saône-et-Loire), le 8 décembre. JEAN-CLAUDE COUTAUSSE POUR « LE MONDE »

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/12/17/la-mobilisation-contre-la-reorganisation-d-edf-prend-de-l-ampleur_6063661_3234.html

GRAVELINES : INDISPONIBILITÉ PARTIELLE DU CIRCUIT DE REFROIDISSEMENT INTERMÉDIAIRE (RRI) DU RÉACTEUR 1

Le 12 décembre 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire de Gravelines a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité partielle du circuit de refroidissement intermédiaire du réacteur 1.

Le circuit de refroidissement intermédiaire (RRI) permet de refroidir, en fonctionnement normal, comme en situation accidentelle, les systèmes auxiliaires et de sauvegarde du réacteur. Le circuit RRI comprend, pour chaque réacteur, deux pompes et deux échangeurs disposés en parallèle, constituant deux voies (voies A et B). En fonctionnement normal, seule une voie est en service mais les deux doivent être disponibles. Des changements de voie sont réalisés régulièrement lorsque le réacteur est en fonctionnement. En cas d’apparition d’un problème sur une voie, le circuit RRI bascule automatiquement sur l’autre voie.

Le 28 octobre 2020, dans le cadre du redémarrage du réacteur après arrêt pour maintenance et rechargement en combustible, l’équipe de conduite éprouve des difficultés pour effectuer la permutation de la voie A vers la voie B du circuit RRI. Après plusieurs tentatives, le basculement est réalisé. Le 18 novembre 2020, l’équipe de conduite rencontre les mêmes difficultés. Le 19 novembre 2020, EDF identifie que la vanne d’isolement, presque fermée, d’un capteur de pression de la voie B du circuit RRI est à l’origine des difficultés rencontrées. Dès la détection de l’écart, la vanne est réouverte et le bon fonctionnement du capteur est vérifié.

Après analyse, l’exploitant estime qu’en cas de perte de la voie B du circuit RRI, le basculement automatique sur la voie A n’aurait pas pu se faire. Dans cette configuration du circuit RRI, la voie A devait donc être considérée comme indisponible. Or, entre le 28 octobre 2020 et le 18 novembre 2020, la voie B du circuit RRI a été utilisée à trois reprises. Cette situation n’est pas conforme aux règles générales d’exploitation du réacteur, qui imposent un repli du réacteur sous 24 heures dans le cas où une voie du circuit RRI est indisponible.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur l’environnement ou les travailleurs. Il est classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité) en raison de sa détection tardive.

Publié le 16/12/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-partielle-du-circuit-de-refroidissement-intermediaire-RRI-du-reacteur-1

VIDÉO. NUCLÉAIRE : LES DÉCLARATIONS DE BRUNO LE MAIRE « DÉSESPÈRENT » L’ÉCOLOGISTE JULIEN BAYOU

Le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance avait affirmé lundi que « le nucléaire était une des énergies les plus décarbonées de la planète« .

Cela me désespère », a réagi mardi 15 décembre sur franceinfo Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Écologie-les Verts (EELV), au sujet des propos de Bruno Le Maire, qui affirmait lundi que « le nucléaire était une des énergies les plus décarbonées de la planète ».

Le ministre de l’Économie « maîtrise tout le discours vert, du greenwashing à n’en plus finir et il ne fait rien », dénonce Julien Bayou. Le nucléaire « coûte très cher, l’EPR de Flamanville n’est toujours pas livré, les coûts de rénovation sont en train de tuer EDF. EDF ne sait pas faire face au mur d’investissements que représente le nucléaire, un milliard par réacteur. »

Ne pas « jouer aux apprentis sorciers« 

Le numéro 1 d’EELV est contre « le principe » du nucléaire. « Il concentre l’immense majorité de la recherche et du développement sur l’énergie, alors qu’on est en train de prendre un retard phénoménal sur les renouvelables, qui sont moins chers.«  Julien Bayou met en avant les risques liés, selon lui, au nucléaire : « Il ne faut pas jouer aux apprentis sorciers et mesurer ce que signifie les incidents. Il n’est pas compatible avec le réchauffement climatique. »

EDF est en train de mourir du nucléaire aujourd’hui. (Julien Bayou, secrétaire national d’EELV à franceinfo)

Avec le projet Hercule, de scission d’EDF en trois entités, « que le gouvernement veut glisser dans le projet de loi Convention citoyenne pour le climat, vous aurez la privatisation de ce qui est rentable, ‘EDF vert’ pour aller vite, et on garde dans le pôle public ce qui ne fonctionne pas, ce qui est déficitaire, c’est-à-dire le nucléaire« . Julien Bayou ne prône pas une sortie du nucléaire aujourd’hui, mais souhaite qu’on acte « la sortie au fur et à mesure de l’obsolescence des centrales ».

Par franceinfo Radio France, publié le 15/12/2020 à 10h10, mis à jour le 15/12/2020 à 10h11

Vidéo (25mn18s) sur : https://www.dailymotion.com/video/x7y3a8d

https://www.francetvinfo.fr/politique/eelv/video-nucleaire-les-declarations-de-bruno-le-maire-desesperent-l-ecologiste-julien-bayou_4220413.html

POURSUITE DU FONCTIONNEMENT DES RÉACTEURS DE 900 MW AU-DELÀ DE 40 ANS : UNE « CONSULTATION » EN TROMPE-L’ŒIL POUR UNE PROLONGATION DÉJÀ DÉCIDÉE ET IMPOSÉE À LA POPULATION

Le 3 décembre 2020, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a ouvert sur son site une « consultation » sur les prescriptions requises pour la poursuite du fonctionnement des plus anciens réacteurs au-delà de 40 ans. Nous demanderait-on enfin notre avis sur la poursuite du nucléaire ? Bien loin de cela : il s’agit d’une procédure purement formelle, dans le cadre d’une prolongation déjà actée par EDF – et acceptée par le gouvernement.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce haut et fort ce jeu de dupe consistant à « consulter » les citoyen.nes sur les modalités d’une décision imposée. Nous rappelons également les lourdes conséquences que pourrait avoir une telle prolongation, dont la faisabilité pose d’ailleurs lourdement question.

Une consultation de façade pour une prolongation imposée

Faut-il continuer à faire fonctionner des réacteurs vieillissants bien au-delà de la durée pour laquelle ils ont été conçus, avec tout ce que cela implique en termes de risque d’accident et, même en fonctionnement « régulier« , de pollutions supplémentaires et de production de déchets ingérables ? Voilà une question sur laquelle, en démocratie, la population devrait normalement être appelée à trancher.

Mais tel n’est pas le sujet de cette consultation ! Ici, on ne nous demande pas notre avis sur cette prolongation, mais sur les conditions de sa mise en œuvre. Il n’est même pas précisé comment les avis exprimés seront pris en compte. Cette procédure rejoint la longue liste des « consultations » purement formelles sur le nucléaire, où les avis exprimés ont peu de chance de faire évoluer ce qui est déjà écrit [1].

En effet, le principe de la prolongation du fonctionnement des plus anciens réacteurs jusqu’à 50, voire 60 ans, est déjà considéré comme acquis par EDF, qui avait déjà acté leur amortissement sur 50 ans dès 2016. Ce principe, qui n’a jamais été soumis au vote des citoyen.nes, ni de leurs représentant.es, a été entériné tel quel par le gouvernement dans la dernière Programmation Pluriannuelle de l’Énergie. On peut dès lors s’interroger sur cette pseudo-transparence consistant à demander pour la forme l’avis du public sur des prescriptions extrêmement techniques concernant une décision déjà prise !

Une procédure de prolongation qui relève d’un jeu de dupe

Dans sa proposition d’avis, l’ASN se contente ici de décliner sans broncher les modalités de cette décision, pourtant incompatible avec la sûreté. Mais comment imaginer qu’on puisse garantir un niveau de sûreté constant en portant au-delà de leur durée de fonctionnement initialement prévue des équipements vieillissants, dont une partie est affectée par des anomalies et dont certains, comme les cuves, ne sont pas remplaçables ni réparables et présentent une fragilité accrue au-delà de 40 ans [2] ?

Comment l’ASN peut-elle mettre en avant cette notion de « 40 ans » de fonctionnement, alors que la plupart des réacteurs auront largement dépassé les 45 ans à la date limite fixée pour l’exécution de certaines prescriptions ? Et comment peut-on sérieusement envisager qu’EDF se conformera à ces prescriptions, au vu du retard avec lequel elle a mis en œuvre les prescriptions post-Fukushima et de l’absence de sanction qui en a découlé [3] ? Au final, ne risque-t-on pas d’assister à un phénomène de prolongation « par fait accompli » ?

Une prolongation dangereuse et irréaliste

Au-delà des prescriptions notées sur le papier, la faisabilité de cette prolongation pose question. Minée par une dette colossale, EDF aurait-elle les moyens financiers de mener à bien l’ensemble des travaux requis ? Ne peut-on pas craindre qu’elle cherche à économiser en négociant certains travaux ou en se contentant d’un rafistolage low-cost ? Demandera-t-on encore aux contribuables de revenir à la rescousse pour assumer ce coûteux projet, au détriment des investissements dans un système énergétique reposant sur la sobriété et les énergies renouvelables ?

De plus, comment peut-on imaginer que la réalisation technique des opérations se passe sans encombre, au vu des mises en garde de nombre de sous-traitants contre ce qu’ils appellent « le grand carnage » ? D’ores et déjà, les simples opérations de maintenance des réacteurs pâtissent de la course à la rentabilité menée par EDF, qui aboutit à mettre en concurrence les entreprises prestataires et à dégrader les conditions de travail, avec des conséquences sur la sûreté. Confrontée à un lourd problème de manque de compétences, comment l’industrie nucléaire peut-elle en plus concevoir que des travaux lourds et inédits puissent être menés correctement sur plusieurs réacteurs à la fois ?

Enfin, sans rentrer dans le détail des prescriptions techniques de l’ASN, on peut s’attarder sur celles relevant de la vulnérabilité des réacteurs au changement climatique et de leurs impacts sur les milieux naturels. Alors que, depuis plusieurs années, les calculs d’EDF sur la tenue aux « grands chauds » de certains équipements n’apparaissent pas convaincants, comment s’imaginer que les réacteurs pourraient passer le test [4] ?

Cette pseudo-consultation est un jeu de dupe, masquant un problème fondamental : cette décision de prolongation du fonctionnement des réacteurs, dangereuse, coûteuse et irréaliste, est imposée aux citoyen.nes. Nous appelons chacun et chacune à dénoncer cette décision. Pour préserver les générations futures, l’urgence doit être de changer de système énergétique de façon pérenne, pas de gaspiller des dizaines de milliards d’euros dans le rafistolage illusoire de vieux réacteurs pour tenter de les faire tenir une ou deux décennies de plus.

Contact presse :

Martial Chateau – 06 45 30 74 66

À lire également : texte de Marc Saint Aroman, « Pourquoi l’interdiction du Grand Carénage doit être imposée à EDF »

Notes :

[1] Ainsi, la participation massive à la consultation lancée sur l’avis de l’ASN sur la mise en service de la cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville n’avait débouché sur aucune évolution de la décision finale si ce n’est un changement de vocabulaire !

[2] Voir cet article du professeur Thierry de Larochelambert, docteur en énergétique, qui souligne que la prolongation du fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans entraîne un risque accru de rupture brutale des cuves des réacteurs.

[3] Ainsi, sommée en 2012 d’installer des diesels d’ultime secours sur chacun de ses sites d’ici à 2018, EDF a tardé à mettre en œuvre cette prescription post-Fukushima et a mis l’ASN devant le fait accompli. Nous avions déposé plainte à ce sujet.

[4] Plusieurs notes de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire soulignent en effet que la tenue de certains équipements comme les diesels de secours à des températures élevées n’est pas garantie (voir cet article). Mais plutôt que d’en déduire l’incapacité des réacteurs à remplir les prescriptions, l’IRSN appelle à refaire les calculs !

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Publié le 16 décembre 2020

https://www.revolutionpermanente.fr/Nouveau-porte-avions-a-propulsion-nucleaire-Macron-paie-le-prix-fort-pour-l-imperialisme-francais

NOUVEAU PORTE-AVIONS À PROPULSION NUCLÉAIRE : MACRON PAIE LE PRIX FORT POUR L’IMPÉRIALISME FRANÇAIS

En pleine crise sanitaire et économique, Macron annonce la construction d’un nouveau porte-avions nucléaire pour au moins 5 milliards d’euros. De plus, cette nouvelle arme de guerre de l’impérialisme français constitue un véritable danger pour l’environnement.

En visite à l’usine Framatome du Creusot, Macron a réaffirmé son amour pour l’atome en affirmant que la France ne pourrait se passer du nucléaire pour un avenir décarboné. Il a ensuite annoncé la construction d’un nouveau porte-avions à propulsion nucléaire en remplacement du Charles de Gaulle à l’horizon 2038.

Le coût de ce nouveau porte-avions était déjà estimé à cinq milliards d’euros avant que la propulsion nucléaire ne soit définitivement retenue. Cette première estimation n’inclut pas les coûts de fonctionnement qui devraient tourner autour des 200 millions d’euros par an.

Alors que le pays est enlisé dans la crise économique et sanitaire, avec un manque criant de moyen pour les hôpitaux et la santé publique pour lesquels « il n’y a pas d’argent magique », Macron annonce donc un nouveau projet rocambolesque : un porte-avion à propulsion nucléaire dont le coût s’élève à plusieurs milliards d’euros.

La propulsion nucléaire, un véritable danger pour l’environnement

La France prévoit donc de continuer à être le seul pays au monde avec les États-Unis à utiliser un porte-avions à propulsion nucléaire. Macron a une nouvelle fois présenté cette énergie atomique comme « écologique”, mais il a oublié de rappeler que le combustible des réacteurs nucléaires français, qu’ils soient militaires ou civils, provient des mines d’uranium du Niger et du Mali exploitées par Areva. L’exploitation de ces gisements d’uranium constitue un véritable désastre écologique comme l’a démontré l’affaire de l’uranium Gate : eaux contaminées par les mines, et population mise en danger par les pollutions issue de la surexploitation les gisements. Ces pays du Sahel sont par ailleurs rongés par l’instabilité et la pauvreté due à l’ingérence militaire, politique et économique incessante de la France qui maintient par la force et la corruption, ses intérêts dans la région.

Par ailleurs, la propulsion nucléaire va produire toujours plus de déchets radioactifs que l’on ne sait toujours pas traiter définitivement. Mais l’aspect le plus inquiétant pour l’environnement, réside dans le fait que ce porte-avions sera une nouvelle bombe à retardement flottante. Non seulement, l’atome a déjà prouvé à de nombreuses reprises que le risque zéro n’existait pas dans son exploitation, des incidents sont donc possibles. Mais là ou l’irresponsabilité du gouvernement est frappante, c’est que ce porte-avions est un navire militaire qui peut donc être endommagé voir coulé en cas de conflit. Si le porte-avion et son réacteur venaient à se retrouver au fond de l’océan avec son combustible hautement radioactif, les conséquences pour l’environnement marin seraient désastreuses et d’une ampleur inédite : destruction des coraux, contamination de l’eau, destruction de la faune et la flore, et danger direct pour la santé des populations vivant de la pêche… Un réacteur ouvert au fond de la mer serait un Tchernobyl sous-marin qu’il serait impossible de ramener à la surface.

Une arme de l’impérialisme français

Les porte-avions sont aujourd’hui un indice de puissance pour les principaux pays impérialistes du monde. Capable d’emporter plusieurs dizaines d’avions de chasse au plus près des zones d’intervention, ils constituent aujourd’hui la pointe de l’épée des impérialistes. À ce titre, les États-Unis sont la principale puissance impérialiste du monde avec onze unités opérationnelles.

Le nouveau porte-avions nucléaire annoncé par Macron prévoit d’être 1,7 fois plus gros que le Charles De Gaulle. Il sera la pointe avancée de la force de projection militaire de l’impérialisme français dans le monde. Commandé dans un contexte international de regain des tensions entre les grandes puissances ; il est certain que ce nouveau porte-avions sera utilisé à des fins offensives contre les pays dominés pour maintenir les intérêts économiques de la France dans le monde

Ce nouveau porte-avions sera notamment utilisé par l’État français pour mieux s’accaparer et piller les dernières ressources naturelles de la planète pour lesquelles les puissances impérialistes sont prêtes à se livrer la guerre ; comme en témoignent les récentes tensions en Méditerranée.

La propulsion nucléaire n’est pas un choix anodin car ce mode de propulsion ne se justifie pas d’un point de vue militaire : en effet, les porte-avions ne se déplacent jamais seuls, ils sont toujours accompagnés de navires d’escortes propulsés au diesel et qui ont donc besoin de se ravitailler, tout comme le kérosène des avions ou les vivres de l’équipage. Choisir une propulsion nucléaire ne sert donc qu’à faire une démonstration de force et une démonstration commerciale de la technologie nucléaire française.

Dénoncer la construction ce nouveau porte avion, fleuron de la puissance nucléaire au service de l’impérialisme

Macron a annoncé la construction de ce nouveau porte-avions dans une perspective de relance de l’industrie, mais il est important d’affirmer que la construction d’une telle machine de guerre n’est en rien dans l’intérêt de notre camp social. Dans un contexte de crise sanitaire et économique sans précédent, aussi bien les fonds que la capacité industrielle doivent être mis à disposition d’une rénovation du service public !

De l’argent pour le service public, pas pour un porte-avions qui est seulement destiné à développer les capacités d’ingérence et d’agression de l’impérialisme français.

Il est par ailleurs nécessaire de revendiquer la sortie du nucléaire civil et militaire avant qu’une catastrophe d’ampleur ne survienne. L’industrie lourde ne doit pas être relancée à travers des commandes de guerre mais reconvertie pour répondre au besoin réel d’une transition écologique.

À travers son annonce, Macron tente de redorer sa puissance économique et impérialiste sur la scène internationale, au détriment de la planète, des espèces et espaces protégés et des populations qui en paieront le prix fort.

Par Marcel Ali, publié le 16 décembre 2020

https://www.revolutionpermanente.fr/Nouveau-porte-avions-a-propulsion-nucleaire-Macron-paie-le-prix-fort-pour-l-imperialisme-francais

ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN : LES PAYS SIGNATAIRES TENTENT DE DÉSAMORCER LES TENSIONS

(Vienne) Les signataires de l’accord sur le nucléaire iranien se sont retrouvés mercredi pour tenter de calmer le jeu dans l’attente d’une nouvelle administration américaine, alors que l’Iran s’éloigne toujours plus de ses engagements.

La réunion, virtuelle pour cause de pandémie de COVID-19, a duré environ deux heures.  

« Les discussions vont se focaliser sur comment préserver l’accord nucléaire », conclu à Vienne en 2015, et « garantir sa mise en œuvre complète et équilibrée », avait écrit l’ambassadeur russe Mikhail Ulyanov sur son compte Twitter, avant le début de la rencontre.

En eaux troubles depuis le retrait américain en mai 2018 du pacte JCPoA, à l’initiative de Donald Trump, et le rétablissement de sanctions économiques par les États-Unis, le dossier iranien connaît de nouveaux soubresauts depuis l’assassinat fin novembre d’un éminent physicien nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh.

Ces dernières semaines, Téhéran a durci sa position. Au point que début décembre, Paris, Londres et Berlin ont exprimé leur « profonde préoccupation » face à l’installation de trois nouvelles cascades de centrifugeuses avancées d’enrichissement d’uranium à Natanz (centre de l’Iran).

Les trois pays se sont aussi alarmés de l’adoption par le Parlement iranien d’une loi controversée sur la question nucléaire qui, si elle était promulguée, signerait probablement la mort de l’accord.

Selon les médias locaux, le texte enjoint le gouvernement de prendre immédiatement des dispositions pour produire et stocker au « moins 120 kilogrammes par an d’uranium enrichi à 20 % » et l’appelle à « mettre fin » aux inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

La Russie a de même appelé l’Iran à faire preuve d’un maximum de « responsabilité » et à ne pas tomber dans la « surenchère ».

Signaux d’ouverture

Pour les différentes parties prenantes (Chine, France, Allemagne, Russie, Royaume-Uni), l’enjeu était de rappeler Téhéran à l’ordre.

« Nous leur avons dit de se plier à l’accord, de laisser la place à la diplomatie et de ne surtout pas mettre en œuvre la loi », résume un diplomate interrogé par l’AFP.

La réunion « intervient à un moment qui n’est pas le meilleur », poursuit cette source, car c’est l’expectative côté américain, à quelques semaines de l’investiture de Joe Biden à la Maison-Blanche.

Le vainqueur de la présidentielle américaine a confirmé sa volonté de revenir dans le giron de l’accord de Vienne, mettant en garde contre une course à la bombe atomique au Moyen-Orient.

Mais « les prochaines semaines vont sans doute être agitées », a commenté pour l’AFP Ellie Geranmayeh, experte du Conseil européen des relations internationales. « Les partisans de la pression maximale contre l’Iran vont travailler dur pour ruiner les chances de la diplomatie et d’une stabilisation de l’accord ».

Dans ce contexte déjà tendu, l’exécution samedi par l’Iran de l’opposant Rouhollah Zam, qui a suscité des réactions outrées dans le monde, est de nature à accroître les tensions sur le dossier nucléaire.

Dans un discours lundi à Berlin, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a cependant appelé à poursuivre le travail « pour maintenir en vie le JCPoa » (Joint comprehensive plan of action).

« Cet accord est la seule manière d’éviter que l’Iran ne devienne une puissance nucléaire », avait-il insisté quelques jours plus tôt, annonçant une réunion des ministres des pays signataires d’ici Noël.

À ce stade, malgré les crispations politiques, « la coopération se déroule normalement » sur le terrain, selon le diplomate.

Le président iranien Hassan Rohani, opposé au texte voté par les députés conservateurs, multiplie pour sa part les signaux d’ouverture à l’attention du prochain gouvernement américain.

Dès que les sanctions économiques seront levées, « nous reviendrons aussi à tous les engagements que nous avons pris », a-t-il récemment déclaré, invitant Joe Biden à ouvrir une nouvelle page en revenant à la « situation qui prévalait » avant la présidence du « tyran » Donald Trump.  

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a toutefois tempéré l’enthousiasme mercredi. « Les inimitiés ne se limitent pas à l’Amérique de Trump et ne cesseront pas à son départ », a-t-il prévenu devant les hauts responsables de son pays.

Par Anne BEADE, Agence France-Presse, publié le 16 décembre 2020 à 9h48

Photo en titre : Le président iranien Hassan Rohani, opposé au texte voté par les députés conservateurs, multiplie les signaux d’ouverture à l’attention du prochain gouvernement américain. Photo fournie par la présidence iranienne, via associated press.

https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/2020-12-16/nucleaire-iranien/les-pays-signataires-tentent-de-desamorcer-les-tensions.php

CLIMAT : « CE N’EST PAS UN RÉFÉRENDUM QUE PROPOSE MACRON, C’EST UNE AMNISTIE », DÉNONCE QUATENNENS

La France Insoumise votera contre le référendum annoncé par Emmanuel Macron pour inscrire la lutte contre le réchauffement climatique dans l’article premier de la Constitution. Sur Europe 1, Adrien Quatennens dénonce mercredi une volonté « d’amnistie » du président de la République. 

INTERVIEW

Emmanuel Macron a annoncé la tenue d’un référendum pour inscrire la lutte contre le réchauffement climatique dans l’article premier de la Constitution, une des 149 propositions émises par les membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC). Si Jean Castex saluait sur Europe 1 cette décision, la qualifiant de « quintessence de la démocratie« , l’opposition dénonce un coup politique ou de communication. Jean-Luc Mélenchon, leader du parti La France Insoumise a déjà annoncé qu’il voterait contre. Adrien Quatennens, député LFI de la 1ère circonscription du Nord, coordinateur du parti, en explique les raisons au micro de Sonia Mabrouk, mercredi.

>> Retrouvez l’interview politique de Sonia Mabrouk en replay et en podcast ici

« Un affichage politique« , « une amnistie« 

« Nous répondrons non, parce que ce n’est pas un référendum que propose Emmanuel Macron, c’est une amnistie. En réalité, il y a déjà une charte de l’environnement intégrée à la Constitution. Emmanuel Macron ne la respecte pas, comme il ne respecte pas les engagements pris par la France lors des Accords de Paris« , assure-t-il. « Emmanuel Macron mène une politique anti-écologiste depuis le début de ce quinquennat« , ajoute le député, citant la réintroduction des néonicotinoïdes ou encore le retard pris sur l’interdiction du glyphosate

Le coordinateur de la France Insoumise dénonce « un affichage politique« . « Si la Constitution, par ailleurs, doit être changée, il faut que ce soit dans le cadre d’une Assemblée constituante où le peuple redéfinit la règle du jeu, pas un tripatouillage de communication.« 

Parmi les propositions émises par la Convention citoyenne pour le climat (CCC), le coordinateur de la France Insoumise relève qu’elles correspondent à « 90% » au programme de Jean-Luc Mélenchon. « Je comprends qu’Emmanuel Macron, qui a tiré au sort des citoyens, qui les a fait travailler et dont il ressort un programme qui à 90% est celui de Jean-Luc Mélenchon, n’ait pas très envie de l’appliquer…« , ironise-t-il, pointant le risque de détricotage des propositions de la CCC dans le projet de loi à venir, craint par plusieurs militants écologistes.

Planifier l’économie selon une ambition écologique

« Il faut organiser la planification de la bifurcation écologique. Il faut mettre toute l’économie du pays au service d’un objectif : la neutralité carbone. Et nous pensons, à la France Insoumise, se passer, à terme, du nucléaire« , explique Adrien Quatennens, soulignant qu’une telle transition ne peut « s’opérer en un claquement de doigt« . « Nous pouvons le faire d’ici à 2050, si on déploie massivement ce qu’il faut dans les énergies renouvelables.« 

« Il va falloir réduire le transport aérien, cela ne veut pas dire tout arrêter d’un coup« , évoque le député LFI. « Mais tout le monde comprend qu’on va devoir faire face à de grands périls liés aux changements climatiques. La crise sanitaire que nous vivons, et le niveau de mobilisation qu’elle exige, c’est une sorte de répétition générale des crises climatiques  qui nous attendent. »

Une planification écologique de l’économie qui serait source d’une relance durable. La transition énergétique, agricole, le plan « eau« , une nouvelle « économie de la mer » seraient sources de création de millions d’emplois, de nouveaux métiers et de nouvelles formations, selon Adrien Quatennens. « C’est autre chose que le saupoudrage du plan de relance sans contreparties sociales, sans contreparties écologiques« , lance-t-il. « Il faut mettre toute l’économie du pays au service de cette ambition climatique« .

Par Mathilde Durand, publié le 16 décembre 2020 à 8h29, modifié le 16 décembre 2020 à 09h11

Pour écouter cet entretien, cliquer sur :

https://www.europe1.fr/politique/climat-ce-nest-pas-un-referendum-que-propose-macron-cest-une-amnistie-denonce-quatennens-4012629

AUGMENTATION PRÉOCCUPANTE DES INCIDENTS GRAVES SUR LE PARC NUCLÉAIRE EDF

ANALYSE. Les incidents graves sur le parc nucléaire EDF en France ont augmenté ces dernières années et concernent en majorité le risque sismique, auquel les diesels de secours des réacteurs sont particulièrement vulnérables, selon une analyse de l’association « Global Chance » publiée en décembre 2020.

Cette accumulation d’incidents, dont certains ont affecté plusieurs dizaines de réacteurs, témoigne de l’état inquiétant du parc nucléaire, affirme le rapport qui s’appuie principalement sur les déclarations d’incidents classés « niveau 2 » entre 2010 et 2020 par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et les rapports de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). L’importance de ces incidents en termes de sûreté et de risques n’est pas suffisamment connue, estiment Bernard Laponche et Jean-Luc Thierry, les auteurs du rapport.

La note examine les incidents survenus entre 2010 et 2020 dans les centrales nucléaires françaises qui peuvent « conduire dans certains cas à une fusion du cœur et par conséquent à un accident grave ou majeur », indiquent les auteurs. Des incidents qui sont classés « niveau 2 » sur l’échelle de communication destinée au grand public et utilisée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), pannes d’équipement, défauts de maintenance, erreurs humaines, la plupart de ces incidents cumulent les facteurs de risque.

Selon la façon de classer les incidents graves, il y a eu 17 incidents ou 98 incidents entre 2010 et 2020

Pour mieux appréhender l’importance d’un incident sur l’ensemble du parc nucléaire, le rapport s’appuie sur le classement des incidents recommandé par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) : le couple « incident-réacteur ». Lorsqu’un incident affecte plusieurs réacteurs ou centrales, chaque réacteur concerné est compté individuellement, pour mieux prendre en compte la situation particulière du réacteur.

« Le même incident se produisant dans l’un ou l’autre des réacteurs pourrait avoir des conséquences différentes en termes de sûreté selon qu’il serait par exemple associé à un autre incident, ou bien à certaines défaillances ou agressions particulières à tel ou tel réacteur », explique la note.

L’ASN ne recourt pas à ce classement pour les incidents de « niveau 2 » sur son site internet, elle classe l’incident par date de déclaration. Un incident de « niveau 2 » est compté une seule fois alors qu’il peut affecter plusieurs réacteurs.

Le nombre d’incidents graves sur les réacteurs a nettement augmenté depuis 2017

Si un incident de « niveau 2 » est compté une seule fois alors qu’il affecte plusieurs réacteurs, il n’y a eu « que » 17 incidents entre 2010 et 2020 en France. Mais si les incidents de « niveau 2 » sont comptés par couple « incident-réacteur », il y a eu 98 incidents sur le parc nucléaire sur la même période. Le classement des incidents influe donc sur leur évaluation. Le tableau ci-dessous indique le nombre d’incidents entre 2010 et 2020 en France, selon le classement des incidents de l’ASN et celui de l’AIEA (par couple).

Le nombre d’incidents graves sur les réacteurs a nettement augmenté depuis 2017. Dans le palmarès des réacteurs les plus affectés par des incidents graves : 10 réacteurs ont connu trois incidents et un réacteur en a connu quatre. 24 réacteurs ont connu deux incidents.

Nombre d’incidents de « niveau 2 » sur le parc nucléaire français entre 2010-2020.

Une majorité d’incidents graves liée au risque de séisme

La majorité des incidents graves depuis dix ans sur le parc nucléaire EDF est liée à la vulnérabilité des réacteurs en cas de séisme, alors qu’un tremblement de terre près des centrales nucléaires de Cruas (Ardèche) et du Tricastin (Drôme) en 2019 pourrait provoquer la réévaluation à la hausse du risque sismique en France, avertit la note. Le risque sismique affecte tout particulièrement les moteurs diesels de secours des centrales nucléaires, qui fournissent, en cas de panne, l’électricité nécessaire au refroidissement du combustible radioactif. Sur les 17 incidents répertoriés par l’ASN entre 2010 et 2020, 10 concernent les diesels de secours. Mais en suivant le classement des incidents de l’AIEA par couple « incident-réacteur », ce sont 67 incidents qui concernent les diesels de secours. Des incidents qui ont presque tous eu lieu entre 2017 et 2020.

Ces incidents font tâche d’huile. Les incidents de vulnérabilité au risque sismique des diesels de secours sont souvent génériques : ils concernent de nombreux réacteurs. Un incident de « niveau 2 » s’est étendu en deux ans aux trois quarts du parc nucléaire, souligne le rapport. Déclaré en 2017, cet incident concernait les ancrages d’équipements liés aux diesels de secours et affecta d’abord 20 réacteurs pour ensuite s’étendre à 43 réacteurs en 2019. Des réacteurs ont fonctionné parfois des dizaines d’années avant que des vulnérabilités au séisme soient découvertes.

Le réacteur n°1 de la centrale nucléaire Paluel sur la plus haute marche du podium

Le réacteur qui a connu le plus d’incidents de « niveau 2 » sur les 58 réacteurs français dans la période étudiée est le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), concerné par 4 incidents graves, entre 2017 et 2020. Les quatre incidents sont liés au risque sismique sur les diesels de secours. Les trois autres réacteurs de la centrale de Paluel ont été affectés par trois incidents distincts sur le même thème.

Le risque sismique est loin d’être anodin

Lors d’un autre incident en 2019 de vulnérabilité des diesels de secours aux séismes et qui touchait les 12 réacteurs des centrales nucléaires de Gravelines (Nord), de Paluel et de Civaux (Vienne), le rapport rappelle les risques encourus en citant l’IRSN.

Un séisme au niveau le plus fort connu historiquement « pouvait conduire à terme à une fusion du cœur provoquée par l’impossibilité d’alimenter en électricité les dispositifs prévus pour refroidir le combustible, ainsi qu’à une perte de refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible usé ». C’est-à-dire à un double accident nucléaire. À cette époque, les diesels « d’ultime secours », ces diesels supplémentaires qui doivent équiper tous les réacteurs, n’étaient pas encore opérationnels dans ces centrales.

L’incident le plus grave de la décennie a eu lieu en 2017 à la centrale du Tricastin

L’incident le plus grave de la décennie a eu lieu en 2017 à la centrale du Tricastin, selon le rapport. Il s’agit du risque de rupture de la digue du canal de Donzère-Mondragon, provoquée par un séisme et qui serait suivie de l’inondation de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme). La centrale se situe à environ six mètres en contrebas du canal. Son inondation « pouvait conduire à un accident de fusion du combustible nucléaire des quatre réacteurs », avait déclaré l’ASN, quand elle avait imposé à EDF l’arrêt des réacteurs du Tricastin pour renforcer en urgence la digue.

EDF doit corriger rapidement les défauts mis en évidence par les incidents mais il faut parfois tout le poids de l’ASN pour convaincre l’exploitant d’agir. Cet incident reste d’actualité puisque EDF doit à nouveau renforcer la digue. « La rupture de la digue, du fait de la hauteur du canal par rapport à la base de la centrale, restera en tout état de cause une menace permanente sur la sûreté de la centrale du Tricastin », estiment les auteurs du rapport.

Les incidents graves ont plusieurs causes

Il n’y a pas qu’une seule cause à la majorité des incidents mais plusieurs. Le rapport prend l’exemple d’un incident sur le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) en 2019, qui a frôlé l’accident après une série d’erreurs humaines, aggravées par des pannes.

« L’occurrence d’un accident résultera souvent de l’enchaînement et de la combinaison d’un problème technique et de fautes de conduite entraînant ou révélant éventuellement d’autres défaillances techniques », observent les auteurs. Si les incidents sont souvent soigneusement analysés sur le plan technique, le facteur organisationnel et humain n’est pas suffisamment pris en compte alors qu’il est important pour prévenir un accident nucléaire, juge aussi le rapport.

« La combinaison des causes de défaillances accroît considérablement le risque d’accident nucléaire »

Autre exemple où le risque sismique et l’entretien négligé de réacteurs ont formé un cocktail détonant, lors d’un incident qui a affecté 29 réacteurs en 2017. La corrosion a détérioré des tuyauteries vulnérables au tremblement de terre. Corrosion qui s’est développée parce qu’EDF n’avait pas correctement entretenu ces tuyauteries. En jeu : la perte, en cas de séisme, de l’approvisionnement en eau pour refroidir le réacteur. Le rapport souligne que « la combinaison des causes de défaillances accroît considérablement le risque d’accident nucléaire. »

Ces causes multiples rendent délicate la prévention des incidents : « le nombre et la diversité des défaillances de divers ordres sont tels que leurs combinaisons potentielles sont innombrables et extrêmement difficiles à prévoir », font remarquer les auteurs. Si ces incidents graves portent parfois sur des manœuvres ou des défaillances matérielles ponctuelles sur un réacteur en fonctionnement, dans bon nombre de cas la défense en profondeur est remise en cause par des dégradations d’équipements importants pour la sûreté, découvertes à la faveur de contrôles de routine.

L’augmentation récente d’incidents graves sur les réacteurs nucléaires EDF est un avertissement à ne pas prendre à la légère, conclut la note. D’autant plus que de nombreux chantiers commencent à s’ouvrir dans les 32 réacteurs les plus âgés du parc nucléaire, avec les quatrième visites décennales1. Le rapport pointe dans ce contexte un risque « d’aggravation » de la tendance à la hausse des incidents.

Consultez le rapport en cliquant sur ce lien :

L’accumulation d’incidents graves témoigne de l’état inquiétant du parc électronucléaire, (Bernard Laponche et Jean-Luc Thierry, Global Chance, décembre 2020).

Par Martin Leers, publié le 13 décembre 2020 à 18h46

Photo en titre : Statues posées sur un sol de miroirs brisés. Roger/2012/CC BY 2.0

https://journaldelenergie.com/nucleaire/augmentation-incidents-graves-nucleaire-edf/

POUTINE EST “PRÊT POUR L’INTERACTION ET LES CONTACTS” AVEC BIDEN APRÈS SA CONFIRMATION PRÉSIDENTIELLE

Le président russe Vladimir Poutine a enfin félicité mardi le démocrate Joe Biden pour sa victoire aux élections présidentielles aux États-Unis (USA). Il a également exprimé l’espoir qu’en dépit des différences, les deux pays pourront coopérer pour résoudre de nombreux problèmes auxquels le monde est confronté.

Le président de la Russie, Vladimir Poutine, a envoyé un télégramme de félicitations à Joseph Biden à l’occasion de sa victoire lors des élections à la présidence américaine ». Cela a été expliqué par la présidence russe dans un communiqué publié en russe et en anglais.

Poutine, l’un des derniers à féliciter Biden, a voulu attendre que le collège électoral confirme lundi le démocrate comme président élu.

« Pour ma part je suis prêt pour l’interaction et les contacts avec vous ». Dans son télégramme de félicitations publié par le Kremlin, Poutine a évoqué à plusieurs reprises le mauvais état des relations entre les deux pays ces dernières années.

Une relation endommagée ne peut pas être endommagée. Elle est déjà endommagée“. C’est ce que le président russe lui-même a déclaré en novembre dernier à l’émission de télévision de Moscou.

Dans son télégramme, Poutine a souhaité plein succès à Biden. En outre, il a exprimé sa confiance que “La Russie et les États-Unis, qui ont une responsabilité particulière pour la sécurité et la stabilité mondiales. Ils peuvent, malgré leurs différences, vraiment contribuer à résoudre de nombreux problèmes et défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui. “

Le président russe a noté que dans cet esprit, une coopération russo-américaine basée sur les principes d’égalité et de respect mutuel “servirait les intérêts des peuples des deux pays et de l’ensemble de la communauté internationale”.

Également, a exprimé l’espoir que la position de Biden sur le contrôle des armes à feu sera un élément important pour une “interaction possible dans le futur”.

Accord nucléaire

Et est-ce que le 5 février, le seul accord de réduction des armes nucléaires en vigueur entre les deux puissances expire, le START III ou le nouveau START ? Pour le moment, ils ne se sont pas entendus sur une prolongation de celui-ci ni négocié de nouvelles conditions.

En octobre, Poutine a proposé de prolonger le traité d’un an sans conditions. Cependant, il n’a pas évoqué la possibilité d’un gel mutuel de l’arsenal nucléaire comme l’exigent les États-Unis. Par la suite, le ministère des Affaires étrangères a précisé que Moscou est prêt à franchir cette étape pendant 12 mois, uniquement si le pacte de réduction est prolongé pour la même période armes nucléaires.

Bien qu’au cours des 4 dernières années, les allégations d’ingérence de la Russie aux États-Unis aient été continues, Poutine et le président américain sortant, Donald Trump, ont maintenu une bonne harmonie personnelle. Tout le contraire du dirigeant russe et de Barack Obama (2008-2016).

Les experts russes estiment que l’arrivée de Biden au pouvoir n’améliorera pas les relations entre Moscou et Washington. En fait, ils sont à leur pire niveau depuis la guerre froide.

Par Marseille News .net, publié le 15 décembre 2020

https://www.marseillenews.net/news/international-news/poutine-est-pret-pour-linteraction-et-les-contacts-avec-biden-apres-sa-confirmation-presidentielle-76732.html

PLUTONIUM POUR TOUJOURS.

Une bombe A au plutonium ne peut exploiter en moyenne que 10% de l’explosif atomique embarqué et doit en contenir au moins 6 kg pour pouvoir exploser. Sur les 6 kg de plutonium obligatoires capables en théorie de fournir ≈ 105 kt, au plus 600 grammes seront en moyenne fissionnés pour en pratique produire 10,5 kt « seulement ». Pour en faire « exploser » 700 grammes, et en tirer 12 kt, il en faudra mettre 7 kg et ainsi de suite. Autrement dit, pour dépasser le maxima de puissance autorisé par une masse critique minimale il faudra en moyenne prédisposer 10 fois plus d’explosif au plutonium que l’on projette d’en exploser. Les militaires du sérail savent parfaitement cela. Les civils très diplômés au demeurant pas.

Autour de la moitié des 170 Mt de fission détonnées dans l’atmosphère, soit 85 Mt, sont le fait d’engins au plutonium. C’est le plus classique des rapports entre l’activité radioactive du Cs137 et du Sr90 dans les retombées mondiales qui, entre autres, nous le prouve objectivement. Il en découle que pour obtenir 85 Mt il a fallu fissionner 4,85 tonnes de plutonium et en avoir pour cela employé 48,5 tonnes. Une masse aussi considérable que redoutable de plutonium pulvérisé en particules nanométriques flotte ainsi encore dans l’atmosphère depuis les « essais ». Pas plus de 3 tonnes de ce plutonium non consommé sont en effet retombées sur notre planète d’après les relevés radiométriques. Le reste voltige pour l’essentiel toujours dans un volume d’atmosphère de 35 km de haut à être optimistes. 

On ne trouve cependant nulle part un seul mot sur le poids inéluctable des charges nucléaires. Beaucoup a été écrit sur leur masse critique minimale mais jamais rien d’essentiel sur leur palier maximal de rendement alors que c’est l’aspect crucial à considérer pour ses implacables conséquences pour la radioprotection interne. Rien ne comparait des bibliothèques traitant des essais atmosphériques « pacifiques » sur ces tonnes « nano-pulvérisées » de plutonium résiduel qui s’insinuent sans obstacle au plus profond de tous nos organismes, de tous les organismes qui respirent. Il y a pourtant là un potentiel suspendu de presque 20 mille milliards de Sievert par inhalation (américium compris) qui chaque année moissonnent des millions de victimes « stochastiques ». (Pour ceux qui savent compter avec scrupuleux respect des totémiques « facteurs de dose par inhalation » et « coefficients de risque point unanimes » de l’ICRP.) Les auteurs reportent pourtant tous les retombées au sol publiées par l’UNSCEAR sans néanmoins jamais les rapporter à l’indispensable charge atomique de départ, ni tirer la moindre implication sur l’état de santé de leur propre système respiratoire. Et voilà comment par magie le gros de la radiotoxicité rémanente disparait des esprits tout en continuant d’en saturer les poumons.

Cette charge atomique n’est pourtant pas une opinion avinée. C’est un fait matériel « dense » et physiquement vérifiable. Ici on l’écrit ainsi page 54 « Lors d’une explosion nucléaire, les réactions de fission consomment de l’ordre de 10 % de la totalité de la matière fissile de l’engin testé. Aussi, les constituants nucléaires du dispositif, isotopes du plutonium (239Pu, 240Pu, 241Pu), américium (241Am), isotopes de l’uranium (235U, 238U, 234U) et tritium (3H) sont-ils libérés dans l’environnement. ». Comment donc ignorer que ces engins ont ensemble une charge minimale et un rendement maximal proportionnel à cette charge ? Comment négliger que les engins atomiques de fission comme de fusion sont des dispositifs proportionnels qui ne savent consommer en moyenne jamais plus de 4% de l’uranium 235, 10% du plutonium 239 et 25% du tritium de la charge de fusion ?  Comment ne pas voir l’explosion universelle ne serait-ce que des maladies pulmonaires qui ont fait suite à la contamination radioactive indélébile de l’air vicié que l’on respire fatalement depuis ces maudits « essais » et que l’on respirera des millénaires durant ? Que vaut une médecine qui oblitère de manière systématique l’épouvantable état plutonigène de l’air faute de comprendre les charges ? N’est-elle pas d’ores et déjà vouée à l’échec en imputant à des causes mineures les déficits immunitaires croissants ? Comment s’étonner que les générations soumises aux retombées fraîches durant leur enfance et chroniquement infectées depuis soient celles qui souffrent le plus de pneumonies en ce moment ?

Une telle méconnaissance certifiée de la part des « experts atomistes » est-elle concevable ou est-elle complice ? Faut-il les honorer de radioprotéger si mal les castes dominantes en les faisant croire indemnes, alors qu’une simple analyse ICP-MS d’un de leur cheveu raconte exactement le contraire, ou faut-il nous incliner tels des esclaves devant leur volonté atomique kamikaze ?

Par AIPRI, publié le 14 décembre 2020

AIPRI = Association Internationale pour la Protection contre les Rayons Ionisants. L’AIPRI a pour but la divulgation scientifique dans le domaine de la physique nucléaire et des dangers radiologiques de la contamination interne.

https://aipri.blogspot.com/2020/12/plutonium-pour-toujours.html

LANNION, NUCLÉAIRE : COMMENT SE POSITIONNENT LES DÉPUTÉS ET SÉNATEURS DU SECTEUR ?

À la suite des déclarations pronucléaires récentes d’Emmanuel Macron sur le nucléaire, les Trégorrois du collectif Sortir du nucléaire ont voulu en avoir le cœur net : qu’en pensent nos députés et sénateurs du Trégor et de l’Argoat ? Ils leur ont adressé un questionnaire afin de connaître leur positionnement.

À l’issue du plaidoyer pronucléaire d’Emmanuel Macron, le 8 décembre 2020, les membres de Sortir du nucléaire ont décidé d’interpeller les parlementaires du Trégor et de l’Argoat pour savoir comment ils se positionnent sur la question.

« Une annonce consternante »

L’évocation par le président de la République de possibles « constructions d’EPR, ainsi que d’un nouveau porte-avions nucléaire, constituent une inquiétante et consternante annonce » pour Sortir du nucléaire du Trégor. Le collectif pointe un nucléaire civil « trop dangereux et trop coûteux », en évoquant « le fiasco implacable de l’EPR de Flamanville ». Pas mieux à ses yeux pour le nucléaire militaire, qui engloutit de « nouveaux crédits en pleine crise climatique, sanitaire, économique et sociale » et « replace la France dans la course aux armements nucléaires ».

Trois questions posées

Dans ce contexte, Sortir du nucléaire a envoyé des questionnaires aux parlementaires du Trégor et de l’Argoat, demandant à Éric Bothorel (LREM), Yannick Kerlogot (LREM), et Marc Le Fur (Les Républicains), mais aussi aux sénateurs Gérard Lahellec (PC) et Annie Le Houérou (PS) de répondre à trois questions :

. Êtes-vous favorable aux six nouveaux EPR annoncés par le président de la République ?

. Êtes-vous favorable au nouveau porte-avions nucléaire ?

.  Êtes-vous favorable à la signature du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires par la France ?

Les élus ont jusqu’au 10 janvier pour rendre leur copie.

Par Ouest-France, publié le 14/12/2020 à 17h08

Photo en titre : Face à un nucléaire civil jugé « trop dangereux et coûteux » tout comme le nucléaire militaire, le collectif demande aux parlementaires de se prononcer clairement sur le sujet (REUTERS)

https://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/lannion-nucleaire-comment-se-positionnent-les-deputes-et-senateurs-du-secteur-7085687

NUCLÉAIRE: L’ASN REND SON AVIS SUR LA GESTION DES DÉCHETS

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a publié ce lundi son avis sur les déchets les plus radioactifs, relativisant l’intérêt de l’entreposage temporaire à faible profondeur et ne jugeant pas crédible la piste de la possible transmutation des déchets. L’avis du gendarme du nucléaire, saisi par le gouvernement, porte sur les déchets dits de haute activité et de moyenne activité à vie longue. Il s’inscrit dans le cadre de la révision du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

La France prévoit un stockage des déchets les plus radioactifs à 500 mètres sous terre (stockage géologique profond), à Bure (Meuse): c’est le projet Cigéo. En attendant, les déchets sont entreposés temporairement. «L’entreposage de longue durée ne peut pas constituer une solution définitive», réaffirme l’ASN. «Les entreposages à faible profondeur ne présentent pas d’avantage déterminant, en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection, par rapport aux entreposages en surface», ajoute l’avis. L’ONG Greenpeace, totalement opposée au projet Cigéo, privilégie pour sa part un entreposage de longue durée en «sub-surface» (à faible profondeur).

L’ASN se penche aussi sur la transmutation, une piste pour la recherche qui permettrait de transformer des radionucléides dont la période radioactive est très longue en éléments stables ou à vie plus courte. «L’ASN rappelle que les perspectives de transmutation à une échelle industrielle des déchets déjà conditionnés de l’inventaire de référence de Cigéo ne sont pas crédibles», conclut-elle. Cette transmutation pourrait s’opérer avec une nouvelle génération de réacteurs (appelée quatrième génération). La France avait un projet de démonstrateur baptisé ASTRID, qui a été abandonné.

Concernant Cigéo, l’ASN avait demandé en 2018 aux concepteurs du projet de revoir leur copie concernant les déchets les plus inflammables: les déchets bitumés, des boues radioactives conditionnées dans du bitume. Elle avait ensuite estimé, l’année suivante, que ces déchets bitumés pourraient éventuellement être stockés sans traitement à l’aide de techniques existantes. (Voir NDLR après l’article) Elle demande lundi que «les producteurs mettent en œuvre un programme ambitieux de caractérisation des colis de déchets bitumés, indispensable pour développer la démonstration que tout ou partie de ces colis pourrait être stocké avec un haut niveau de sûreté sans traitement préalable».

Elle demande enfin aux producteurs de déchets de moyenne activité d’avant 2015 de «mettre toutes les dispositions en œuvre pour respecter l’échéance de 2030 fixée par la loi pour procéder au conditionnement de ces déchets».

Par Le Figaro avec AFP, publié le 15 décembre 2020

Photo en titre : L’avis du gendarme du nucléaire, saisi par le gouvernement, porte sur les déchets dits de haute activité et de moyenne activité à vie longue. Il s’inscrit dans le cadre de la révision du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR). Gilles Paire / Gilles Paire – stock.adobe.com

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/nucleaire-l-asn-rend-son-avis-sur-la-gestion-des-dechets-20201214

NDLR : un petit sketch pour résumer

Question de l’ASN : les déchets bituminés sont-ils inflammables ?

Réponse : oui.

ASN : alors il ne faut pas les enterrer avec les autres.

Réponse : on n’a pas d’autre solution bon marché !

ASN : bon, …finalement…tout bien réfléchi…j’enlève ma question mais n’oubliez pas de bien mettre une étiquette. Problème suivant…

LES CONTRE-VÉRITÉS D’EMMANUEL MACRON SUR LE NUCLÉAIRE

Énergie décabornée, peu émettrice de CO2, non intermittente… Bref, le nucléaire serait « notre avenir environnemental, écologique », comme le rabâche Emmanuel Macron. Reporterre vous propose une analyse point par point, experts à l’appui, des louanges présidentielles envers cette filière.

« Moi, j’ai besoin du nucléaire ! » Vendredi 4 décembre, interrogé par le média en ligne Brut, puis mardi 8 décembre à l’usine Framatome du Creusot, Emmanuel Macron a multiplié les déclarations d’amour à la filière nucléaire française. À grand renfort de contre-vérités. Reporterre analyse ses propos, point par point.

Emmanuel Macron : « Le nucléaire est une énergie décarbonée non intermittente »

S’il émet très peu de gaz à effet de serre, le nucléaire n’est pas intégralement décarboné

« Même si le nucléaire émet moins de gaz à effet de serre qu’une centrale à charbon ou à gaz, il en produit quand même », rappelait à Reporterre en janvier 2020 Marie Frachisse, coordinatrice des questions juridiques à l’association Réseau sortir du nucléaire. Ainsi, le Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) évalue les émissions de CO2 du nucléaire à 12 grammes par kilowattheure (g/kWh), contre 41 g/kWh pour le photovoltaïque, plus de 490 pour le gaz et 820 pour le charbon.

« Effectivement, un réacteur nucléaire émet moins qu’une centrale à charbon. Mais, si l’on prend l’ensemble de la chaîne de production de l’énergie nucléaire de l’extraction minière à la gestion des déchets, ce bilan est beaucoup plus lourd », rappelle la juriste. Et la filière compte son lot de mauvais élèves : l’usine Orano Malvési de traitement de l’uranium et ses émissions de protoxyde d’azote, un gaz à effet de serre 265 fois plus réchauffant que le CO2, le site de transformation et d’enrichissement de l’uranium d’Orano Tricastin et ses 2.928 tonnes équivalent CO2 émises chaque année (plus 1.558 tonnes équivalent CO2 d’émissions indirectes), l’usine de retraitement du combustible usé de La Hague et ses 80.551 tonnes de CO2 émises en 2007 Ainsi, le total des émissions de gaz à effet de serre d’Orano s’établissait à plus de 260.000 tonnes équivalent CO2 en 2018.

La non-intermittence du nucléaire, une assertion à nuancer

Déjà, qu’est-ce qu’une énergie intermittente ? Il s’agit typiquement de l’énergie éolienne ou solaire qui nécessite d’être stockée pour gérer les pics de consommation. « Pour l’année 2018, nous avons calculé que le nombre de jours où des réacteurs français étaient à l’arrêt s’établissait à 5.000 jours. Nous avons aussi réalisé qu’EDF qualifiait un arrêt de programmé même si la date de reconnexion au réseau du réacteur était corrigée vingt fois », explique à Reporterre Mycle Schneider, coordinateur du rapport annuel World Nuclear Industry Status Report (WNISR). Pour l’année 2019, son équipe et lui se sont aperçus que la durée de ces arrêts programmés était en moyenne 44 % plus longue que prévu. « Il y a ainsi eu 1.700 jours d’arrêt imprévus. En d’autres termes, quand EDF arrête un réacteur, il ne sait pas quand il le rallumera. On dit que le solaire est intermittent car il n’y a pas de soleil la nuit. Mais on sait que le soleil se lève chaque matin ! Avec le nucléaire, on n’a aucune certitude. En réalité, l’intermittence des gigawatts du nucléaire est devenue totalement incalculable. »

Le nucléaire, une énergie non intermittente ? C’est sans compter les arrêts de réacteurs imprévus. (Centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche), en 2013. ioshimuro/Flickr)

Emmanuel Macron : « Je suis pour qu’on soit parmi les champions de la lutte contre le changement climatique. Si on veut réussir, on doit réussir à être meilleurs encore sur le nucléaire » ; « Plusieurs pays européens comme la Finlande, la Pologne, la République tchèque ou les Pays-Bas se sont engagés dans cette voie en étudiant la réalisation de nouveaux réacteurs nucléaires pour atteindre leurs objectifs climatiques ».

La construction nucléaire exige trop de temps

Trop lent pour lutter efficacement contre le changement climatique : « D’après le Giec, lancer un réacteur prend en moyenne de dix à dix-neuf ans, contre trois à quatre ans pour une installation éolienne ou solaire, rapporte Nicolas Nace, chargé de campagne Transition énergétique à Greenpeace. Or, le programme de l’ONU pour le développement indique qu’il faut baisser nos émissions de 7 % par an d’ici 2030, tous secteurs confondus. Un pays qui se lancerait aujourd’hui dans le nucléaire se mettrait automatiquement hors des clous. »

« Ce qu’il faut examiner, c’est la combinaison entre les gains d’émissions de gaz à effet de serre et les délais, enchérit Mycle Schneider. Un euro ne peut être dépensé qu’une fois, et il doit servir à réduire les émissions le plus rapidement possible. Qu’importe la réduction des émissions de gaz à effet de serre, si elle n’a lieu que dans vingt, trente ou cinquante ans – comme c’est envisagé pour les projets de fusion nucléaire. Les chiffres sont éloquents : la Chine a installé dans les six premiers mois de l’année 2020 – malgré le COVID-19 – plus de 11 gigawatts de capacité solaire, plus que ce que la France a installé en nucléaire en quarante ans. La construction du parc éolien offshore Hornsea One dans les eaux du Royaume-Uni — beaucoup plus compliquée que l’installation à-terre — a mis treize mois. En comparaison, la durée moyenne de construction des 63 réacteurs nucléaires bâtis dans le monde dans la dernière décennie s’établit à dix ans, comptés à partir du cimentage des fondations du bâtiment réacteur. » Les délais sont encore plus longs pour le nouveau réacteur français : après une interminable accumulation de déboires, l’EPR de Flamanville ne devrait entrer en service que fin 2023, soit seize ans après le début des travaux.

Quelle est la compétitivité de l’énergie nucléaire ?

Le coût de l’EPR devrait s’établir à 12,4 milliards d’euros, selon la dernière estimation d’EDF, soit 3,3 fois plus que prévu. En conséquence, d’après une estimation de la Cour des comptes, le coût de production du mégawattheure à Flamanville 3 pourrait être compris entre 110 et 120 euros, et serait ainsi plus élevé que celui des réacteurs existants ou même que celui d’énergies renouvelables – coût de stockage compris. L’exemple n’est pas isolé. L’équipe du WNISR s’est intéressée au cas de la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis.

Le coût du nucléaire par rapport au solaire. (« Nucléaire non merci » : rassemblement, en 2008, à Paris, à l’occasion du 22e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. Philippe Leoryer/Flickr)

Alors que la banque Lazard donnait une fourchette de 77 à 114 dollars américains par mégawattheure (US$/MWh) pour les projets nucléaires nationaux et internationaux lors du lancement du chantier en 2012, cette estimation avait atteint 129 à 192 US$/MWh en 2019, année de la mise en service de la première tranche de Bakarah. En parallèle, dans les contrats commerciaux, donc marge incluse, l’électricité solaire photovoltaïque était négociée à 59,8 US$/MWh en 2014 et redescendait à 13,5 US$/MWh en 2020, dans un contrat proposé par les fournisseurs… Jinko et EDF. « L’écart entre les énergies renouvelables et le nucléaire ne cesse de se creuser au détriment de celui-ci », observe Mycle Schneider.

Le nucléaire, trop lent à déployer pour lutter efficacement contre le changement climatique ? (Centrale de Fessenheim. © Christoph de Barry/Reporterre)

Emmanuel Macron : « Le Giec confirme que l’énergie nucléaire est l’énergie non intermittente qui émet le moins de CO2, la Commission européenne le souligne »

  • Le Giec propose effectivement des scénarios de baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre comprenant une part de production d’énergie nucléaire. Mais son rapport consacré à l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 °C propose aussi des scénarios de décroissance et de sortie du nucléaire :

« Dans ce rapport, le nucléaire est l’énergie qui recueille le plus de commentaires négatifs », observe Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. « En particulier, le Giec considère les nuisances environnementales liées à cette industrie – production de milliers de tonnes de déchets radioactifs chaque année, pollution des mines d’uranium, risque persistant d’accident de type Tchernobyl ou Fukushima – comme des effets négatifs au regard des « objectifs de développement durable » (ODD), comme on peut le lire p. 461 du rapport.

La Commission européenne reste divisée sur ce sujet, comme l’a récemment expliqué Reporterre.

En décembre 2019, le Conseil européen a fait figurer dans ses conclusions, à propos du changement climatique, la mention de l’usage du nucléaire dans les solutions à envisager. En revanche, le nucléaire a été exclu de deux instruments majeurs du Green Deal : le fonds InvestEU (qui permet, entre autres, à des investissements privés d’être garantis par la Banque européenne d’investissement (BEI)) et le fonds de Transition juste, qui comprend des financements pour aider les régions les plus en difficulté à sortir des énergies polluantes.

Enfin, le bras de fer se poursuit pour savoir si le nucléaire serait intégré ou non dans la « taxonomie verte » – outil de classification environnementale pour flécher les investissements vers des énergies considérées comme durables, et ainsi contrer les tentatives d’écoblanchiment du secteur énergétique. « Emmanuel Macron est gonflé d’évoquer la Commission européenne car la France est justement un des acteurs qui presse le plus pour que le nucléaire soit reconnu comme une énergie verte, faisant pour cela alliance avec la Pologne et la République tchèque, commente Charlotte Mijeon. Pour l’instant, la question des déchets radioactifs bloque car elle ne permet pas au nucléaire de répondre au principe d’innocuité inscrit dans cette classification. »

Les nuisances environnementales liées à l’industrie nucléaire sont légion : production de milliers de tonnes de déchets radioactifs chaque année, pollution des mines d’uranium, risque d’accident de type Tchernobyl…(Centrale nucléaire de Chooz. Wikipedia)

Emmanuel Macron : « Renoncer au nucléaire, totalement ou trop rapidement, ce serait ouvrir, comme d’autres pays l’ont fait, des centrales à charbon ou à gaz, ou importer de l’énergie carbonée » ; « Et donc l’Allemagne, qui a encore plus de renouvelables que nous, quand elle a fermé son nucléaire, avec sa stratégie, elle a fait quoi, elle a rouvert des centrales à charbon, de la [sic] lignite, et elle a beaucoup plus pollué. C’est une réalité. Et tous les pays qui ont fait ça ont beaucoup plus pollué. Ou ils ont accru leur exposition à d’autres énergies fossiles comme le gaz. »

FAUX.

« Il exagère, réagit Nicolas Nace. L’Allemagne a bien ouvert 1 centrale à charbon depuis sa décision de sortir du nucléaire, mais pour des raisons économiques – ce projet était déjà engagé et l’annuler aurait coûté trop cher. » « En France, on a ce fantasme que la sortie du nucléaire signifie le retour au charbon, dit Charlotte Mijeon. Mais le pic d’émissions constaté en 2013 en Allemagne n’était pas lié à cette décision, mais à un prix du carbone particulièrement bas qui rendait le lignite plus intéressant financièrement que le gaz. En réalité, le recours aux énergies fossiles n’a pas augmenté en Allemagne avec la décision de fermer le parc ; il a au contraire décru, et ce sont les énergies renouvelables ont pris le relais. »

Mycle Schneider indique de son côté que jusqu’en 2019, la production d’électricité à partir de fossiles a baissé de 93,6 térawattheures par rapport à 2010, tandis que dans le même temps, la production d’électricité nucléaire baissait de 65 térawattheures.

Évolution du système énergétique allemand (Graphique sur la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis. World Nuclear Report)

Résultat, l’Allemagne atteindra à coup sûr son objectif de réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre en 2020 par rapport à 1990. « Quand Emmanuel Macron dit que l’Allemagne rouvre des centrales à charbon depuis qu’elle a décidé de sortir du nucléaire, il ment. Et il ment devant plus de la moitié des jeunes de ce pays. C’est gravissime ! » tacle l’expert.

De toute manière, la situation du nucléaire à l’échelle mondiale ne donne pas raison au président français. Le nombre de réacteurs en service dans le monde a chuté de neuf au cours de l’année écoulée pour s’établir à 408 à la mi-2020, soit en dessous du niveau atteint en 1988, et à trente unités du pic historique de 438 en 2002, d’après le World Nuclear Industry Status Report. En 2019, la construction nucléaire était en déclin pour la cinquième année consécutive, avec 46 chantiers en cours à mi-2019, contre 68 en 2013 et 234 en 1979.

Cette même année, pour la première fois de l’histoire, les énergies renouvelables non hydrauliques comme le solaire, l’éolien et la biomasse ont produit plus d’électricité que les centrales nucléaires.

LE NUCLÉAIRE EST VULNÉRABLE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le nucléaire, solution miracle pour lutter contre le changement climatique ? Encore faudrait-il qu’il puisse y résister. Avec le réchauffement des températures, l’élévation du niveau des mers et les événements climatiques extrêmes, la filière est déjà mise à rude épreuve.

Le défi de la ressource en eau :

« Sur les 56 réacteurs en service en France, 38 sont situés au bord de rivières ou de fleuves », rappelle Nicolas Nace. Dans les conditions normales d’exploitation, les installations y puisent l’eau nécessaire pour refroidir les réacteurs. Sauf que… « Chaque été et jusqu’à l’automne, il peut y avoir des problèmes d’étiage, ce qui interdit à la centrale de puiser dans ces cours d’eau et peut la contraindre à baisser sa puissance voire à stopper son activité. » En août dernier, la centrale nucléaire de Chooz (Ardennes) a ainsi été mise à l’arrêt pour préserver la Meuse. La température de l’eau que les centrales rejettent dans les cours d’eau est également réglementée pour ne pas perturber la biodiversité. « Parfois, les préfets autorisent le dépassement de la température limite. Aujourd’hui, cela ne pose pas forcément de problème ; mais quand, à l’avenir, il faudra choisir entre des coupures d’électricité et des rejets d’eau chaude dans les rivières, on peut se demander quelle sera la décision du gouvernement », redoute Nicolas Nace.

En août dernier, la centrale nucléaire de Chooz a été mise à l’arrêt pour préserver la Meuse. (Graphique sur l’Allemagne. World Nuclear Report)

Se pose aussi la question des conflits d’usage et du coût que fait peser sur la collectivité cette soif inextinguible des centrales. « Une usine de dessalement d’eau de mer a dû être construite à côté de l’EPR de Flamanville en prévision de ses besoins en eau », rappelle Mycle Schneider.

Dans un long thread publié sur Twitter, l’ingénieur spécialiste des risques climatiques Thibault Laconde pose même la question : où trouver suffisamment d’eau pour implanter les six nouveaux EPR envisagés par le gouvernement ?

Les risques liés à l’élévation du niveau des mers et aux événements climatiques extrêmes :

Les centrales situées en bord de mer ne sont pas épargnées par le risque climatique. « Si l’on se réfère à la carte de Climate Central des territoires dont le niveau devrait être plus bas que celui des crues en 2050, Gravelines et le Blayais sont concernés », indique Charlotte Mijeon. Les vagues de chaleur font également peser un risque sur les installations. « Certains équipements, comme les diesels de secours, ont besoin que la température ne monte pas trop haut pour bien fonctionner, poursuit-elle. L’IRSN [Institution de radioprotection et de sûreté nucléaire] s’en est même inquiété et a dit à EDF que ses calculs sur la tenue des réacteurs aux grandes chaleurs n’étaient pas convaincants. »

  • Quelle résilience du nucléaire face aux crises à venir ?

En travaillant sur leur rapport 2020, Mycle Schneider et son équipe ont été frappés par les conséquences de la crise du Covid-19 sur le parc nucléaire français. « Les conditions d’exploitation n’étaient pas normales, avec deux tiers de salariés d’EDF en télétravail et quasiment aucune inspection sur site de l’Autorité de sûreté nucléaire pendant deux mois dénonce le consultant. On a eu de la chance – même s’il y a quand même eu des accidents et incidents dont une explosion d’hydrogène à la centrale de Belleville. Et le problème est loin d’être réglé. Il faudra deux ans voire plus pour rattraper le retard des travaux. Cette phase restera particulièrement problématique et hors normes. Quand on parle de résilience du nucléaire, c’est une fumisterie. »

« Le changement climatique peut provoquer de graves déstabilisations de notre société, politiques, sociales et en matière de sécurité, redoute Charlotte Mijeon. Or, le nucléaire a besoin d’une société stable, d’un système économique stable, d’infrastructures et d’investissements constants dans la recherche. Si l’on va vers des déstabilisations, il faut tabler sur les énergies les plus résilientes possible. »

MESSAGE DE REPORTERRE

C’est maintenant que tout se joue…

Le désastre environnemental s’accélère et s’aggrave, les citoyens sont de plus en plus concernés, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans le traitement de l’actualité.

Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Le journal n’appartient à aucun milliardaire ou entreprise ; Reporterre est géré par une association à but non lucratif. Nous pensons que l’information ne doit pas être un levier d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre consultation, sans aucune restriction. Nous considérons que l’accès à information est essentiel à la compréhension du monde et de ses enjeux, et ne doit pas être dépendant des ressources financières de chacun.
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Pour ces raisons, Reporterre est un modèle rare dans le paysage médiatique. Le journal est composé d’une équipe de journalistes professionnels, qui produisent quotidiennement des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable, indépendante et transparente sur ces enjeux est une partie de la solution.

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NDLR: en 2020, Nucléaire Infos a soutenu Reporterre.

Par Émilie Massemin (Reporterre) , publié le 14 décembre 2020

Photo en titre : Emmanuel Macron en visite au réacteur nucléaire du Creusot, dans le centre de la France, le 8 décembre 2020. © Laurent Cipriani / POOL / AFP

https://reporterre.net/Les-contre-verites-d-Emmanuel-Macron-sur-le-nucleaire

SAINT-VULBAS – LES PREMIERS DÉCHETS NUCLÉAIRES AFFLUENT À LA CENTRALE DU BUGEY

Le site d’entreposage Iceda, entré en activité en septembre dernier, accueille les déchets provisoirement.

C’est officiel. Après des années de bataille juridique et administrative, Iceda est enfin entrée en service en septembre dernier. « Nous avons reçu les premiers déchets de la centrale en déconstruction de Chooz (Ardennes), a révélé Thierry Le Courtois lundi soir, lors de la commission locale d’information qui s’est réunie en visio. Nous attendons une deuxième autorisation de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avant de fabriquer le premier colis. Ce projet de décision fera l’objet d’une consultation du public, avant la prise de décision par les commissaires de l’ASN. »

Le délégué à la direction des projets déconstruction et déchets d’EDF a profité de cette réunion publique pour évoquer les fonctions et les enjeux de l’Installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés.

Lisez cet article en intégralité dans l’édition (Bugey) papier du journal, disponible en kiosque jusqu’au 17 décembre, et sur notre boutique en ligne.

Les mauvais chiffres de la distribution d’iode

Un an après le début de la nouvelle campagne de distribution d’iode dans les communes situées à moins de 20 km de la centrale, les premiers résultats de retrait sont tombés. Sur le plan national, 85 % des établissements scolaires ont récupéré leurs comprimés d’iode en pharmacie. En revanche, moins de 25 % des riverains ont effectué la démarche, a révélé Lucie Roesch, directrice de cabinet de la préfète de l’Ain. Ces chiffres sont sensiblement identiques autour de Bugey, où aucun comptage précis n’a été fait. Le double confinement a très probablement joué en défaveur de cette campagne. Une nouvelle opération de communication aura lieu en 2021, avec l’envoi de bons de retrait. Si certains ne le reçoivent pas, un justificatif de domicile suffit. 71 pharmacies distribuent des comprimés d’iode autour du CNPE du Bugey. Plus d’informations sur http://www.distribution-iode.com  ou au 0800 96 00 20 (appel gratuit). 

Par Cyprien Dumas, publié le 14 décembre 2020 à 9h30

Photo en titre : Les éléments de Bugey 1, à l’arrêt depuis 1994 et en cours de déconstruction, seront entreposés à ICEDA. – Photo : archives C. D

https://www.lavoixdelain.fr/actualite-43080-saint-vulbas-les-premiers-dechets-nucleaires-affluent-a-la-centrale-du-bugey

TARN-ET-GARONNE : ENQUÊTE SUR LE TRÈS LONG ARRÊT DU RÉACTEUR NUCLÉAIRE DE LA CENTRALE DE GOLFECH

La centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) refonctionne à plein régime depuis, ce vendredi dans la nuit. Le réacteur n°1 qui était en arrêt de tranche depuis le 10 août dernier a, enfin, été reconnecté au réseau national électrique d’EDF. Cette remise en route était initialement prévue à la mi-octobre, elle a finalement nécessité 123 jours de travail au total. La crise sanitaire obligeant à travailler différemment en serait en partie la cause, selon la direction du site nucléaire. De nombreux aléas techniques qui ont aussi émaillé cet arrêt, l’expliquent aussi. Notre enquête…

C’est par un communiqué publié sur sa page web que la direction de la centrale nucléaire de Golfech a informé de la reprise d’activité de son réacteur n° 1, vendredi 11 décembre vers 1 h du matin. Jusque-là rien d’anormal dans les éléments de langages fournis par le service communication d’EDF Golfech qui met en valeur le travail des 1 000 prestataires externes ayant procédé aux côtés des 800 agents EDF du site nucléaire à « 10 000 activités de maintenance », avant le remplacement des barres d’uranium usagées du réacteur. 

Cette reconnection au réseau électrique national était très attendue d’autant plus que le site de Golfech fourni 50 % de la consommation électrique de la région Occitanie, et qu’en cette période hivernale la demande est soutenue. Et de la patience, il en aura fallu, la reprise du réacteur ayant eu un sacré retard.

Cette opération de changement d’un tiers du « combustible » (barres d’uranium) contenu dans la cuve du réacteur qui a lieu tous les 18 mois sur l’un et l’autre des deux réacteurs de Golfech, était couplée à une « visite partielle » des installations. Cela qui implique de fait un arrêt plus long qu’un arrêt pour simplement rechargement de combustibles, un « ASR » dans le jargon nucléaire : celui-ci durant en moyenne 30 jours. Lancé le 10 août dernier, cet arrêt de « visite partielle » était donc programmé jusqu’à la mi-octobre, soit un peu plus de 66 jours, il a finalement duré 57 jours de plus : soit un arrêt total de 123 jours. Rappelons qu’un arrêt de cette nature est programmé près d’un an à l’avance, et répond à un planning draconien qui rythme la cadence de travail de centaines d’intervenants.

Les soudeurs cas contact

Selon nos informations, cet important retard dans la remise en fonctionnement du réacteur n° 1 est dû à plusieurs aléas humains et surtout techniques. Le premier, difficile à prévoir dans le rétroplanning de l’arrêt, a été l’interruption de l’équipe de soudeurs effectuant des activités de maintenances essentielles et complexes.

« Les treize soudeurs se sont retrouvés cas contact au Covid-19 », nous informe une source syndicale. Des professionnels qui font le tour de France des centrales nucléaires durant les arrêts de tranche qu’il est bien difficile de remplacer au pied levé. Toutefois, leur mise en septaine n’explique pas les presque deux mois de retard de cet arrêt de tranche.

« On a habituellement une semaine de marge sur le planning au cas où il arriverait ce genre d’incident», atteste la même source confirmant que les problèmes techniques se sont accumulés au fil des jours renvoyant loin la reconnection du réacteur. Un retard qui «a un coût, précise-t-on de source syndicale. C’est de l’électricité qui n’est pas produite, ça coûte cher». Selon nos informations, chaque journée de retard durant un arrêt de tranche coûte 1 million d’euros. Dans le même temps, l’arrêt inopiné par deux fois du réacteur n° 2, le 31 août, treize jours durant, et le 14 novembre durant cinq jours, a mis, purement et simplement, la centrale à l’arrêt.

La crise sanitaire en cause pour la direction

Joint ce dimanche, la direction de la centrale impute pour l’essentiel son retard à la crise sanitaire. « L’impact moyen du Covid sur les arrêts programmés pour l’ensemble du parc nucléaire EDF a été évalué de 1 à 3 mois selon le type d’arrêt. Une organisation spécifique a été mise en place afin de protéger la santé de nos salariés. Des personnes considérées comme cas contacts ont été mises en quarantaine entre 7 et 14 jours. Cette organisation a prouvé son efficacité: une seule personne a été contaminée dans la centrale de Golfech (1) ».

La direction reconnaît aussi que durant cet arrêt, « quelques aléas ont eu lieu ». Elle précise: « Un contrôle visuel d’un matériel (à l’extérieur du réacteur), qui n’a pas été réalisé au bon moment, a demandé un prolongement des opérations de redémarrage. […] Un retour d’expérience sera fait pour préparer au mieux la visite partielle de l’unité n° 2 prévue en 2021. » La direction relève aussi pour expliquer son retard que «plusieurs opérations nécessitent une instruction par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Certains dossiers ont pris plus de temps que prévu initialement.»

(1) D’autres cas de salariés contaminés à l’extérieur de la centrale de Golfech, indique la direction, ont été comptabilisés.

Publié le 13/12/2020 à 16h15, mis à jour à 20h34

Photo en titre : Depuis vendredi, le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Golfech a, enfin, été reconnecté au réseau national électrique. Photo DDM, archives.

https://www.ladepeche.fr/2020/12/13/tarn-et-garonne-enquete-sur-le-tres-long-arret-du-reacteur-nucleaire-de-la-centrale-de-golfech-9255414.php

TOKYO VERSERAIT DES SUBVENTIONS POUR REPEUPLER FUKUSHIMA 10 ANS APRÈS L’ACCIDENT NUCLÉAIRE

Les autorités japonaises envisagent de payer des subventions aux personnes souhaitant s’installer dans la préfecture de Fukushima dix ans après l’accident majeur à la centrale nucléaire locale provoqué par un séisme et un tsunami, relate Japan News.

Des subventions allant jusqu’à 2 millions de yens (près de 16 000 euros) seront accordées, en été prochain ou plus tard, aux personnes qui s’installeront dans l’une des 12 communes situées à proximité de la centrale nucléaire Fukushima-1 accidentée pendant le grand séisme de 2011, a annoncé le journal Japan News.

Les 12 communes -Futaba, Okuma, Tomioka, Namie, Iitate, Kawamata, Minami-Soma, Katsurao, Naraha, Kawauchi, Tamura et Hirono- sont situées dans la préfecture de Fukushima.

En mars 2021, cela fera dix ans qu’un accident majeur survenu à la centrale de Tokyo Electric Power Company Holdings a provoqué l’évacuation de ces communes. Les interdictions de résider dans ces régions ont progressivement été levées, mais leur population oscille toujours autour de 20% de celle d’avant l’accident, précise la publication.

Attirer des personnes qui n’ont jamais résidé à Fukushima

Le gouvernement souhaite reconstruire et repeupler la région en encourageant les personnes évacuées à y revenir, mais aussi en y attirant des personnes qui n’y résidaient pas au moment de l’accident.

Les familles ou personnes seules venant de l’extérieur de la préfecture de Fukushima recevront respectivement 2 millions et 1,2 million de yens (16 000 et 9 500 euros). Pour celles ayant déjà habité là-bas, les subventions se chiffreront respectivement à 1,2 million et 800 000 yens (9 500 et 6 350 euros), précise le journal.

Les bénéficiaires devront résider dans la région pendant au moins cinq ans et avoir un emploi. Ceux qui vivent dans l’une des 12 communes et font du télétravail pour des entreprises hors de la région pourront également bénéficier d’une subvention. Ceux qui créent une entreprise dans les cinq ans suivant leur emménagement dans l’une des 12 communes verront les trois quarts de leurs frais assumés par le gouvernement, avec une limite maximale fixée à 4 millions de yens (quelque 32.000 euros).

Le 10 décembre, le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a inspecté des zones du nord-est du pays touchées par le séisme et le tsunami de 2011, promettant de répondre aux demandes des autorités locales pour résoudre les problèmes restants. selon l’agence de presse Kyodo.

Accident de Fukushima

Un séisme de magnitude 9,0 et un tsunami de 15 mètres de haut ont frappé le Japon le 11 mars 2011, provoquant une série d’accidents dans la centrale nucléaire de Fukushima-1.

La fonte du combustible dans les réacteurs 1, 2 et 3 et les explosions d’hydrogène ayant détruit ou endommagé les toits des réacteurs 1, 3 et 4 ont entraîné la contamination de vastes étendues aux alentours. Les autorités ont évacué la population vivant dans un rayon de 30 km autour de la centrale.

Selon les données au 1er mars 2020, l’accident a fait environ 16.000 morts, 2.529 personnes sont portées disparues. Environ 740 personnes vivent toujours dans des abris temporaires.

Les travaux de décontamination et le démontage des réacteurs accidentés devraient prendre près de 40 ans. Le site a été définitivement fermé fin 2013. Cet accident nucléaire a été reconnu comme le plus grave après Tchernobyl.

Par Irina Dmitrieva, publié le 13 décembre 2020 à 23h22, mis à jour le 14 décembre 2020 à 01h14

Photo en titre : © CC BY 2.0 / yisris / Bandai-san, Fukushima

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202012131044924027-tokyo-verserait-des-subventions-pour-repeupler-fukushima-10-ans-apres-laccident-nucleaire/

PYONGYANG FINIRA-T-IL PAR NUCLÉARISER LE VENEZUELA?

Les États-Unis se sentent menacés par une coopération stratégique accrue entre l’Iran, le Venezuela et la Corée du Nord.

Un magazine nippon s’est penché dans un article sur le renforcement des relations entre l’Iran, le Venezuela et la Corée du Nord, malgré les sanctions américaines, et a écrit que ces trois pays intensifient leur partenariat stratégique alors que les États-Unis continuent de faire pression sur eux.

L’ICBM de Kim en Iran ? Un triangle Iran-Corée du Nord-Venezuela ou comment mettre en miettes le régime de sanctions US

The Diplomat souligne dans son article daté de ce samedi 12 décembre que « ces dernières années, cette coalition émergente a cherché à renforcer sa coopération dans les domaines militaires, du renseignement, de l’économie et de la cybercriminalité pour contourner les sanctions américaines. Avec le renforcement de leur coopération trilatérale, ces pays pourraient devenir plus aptes à éviter les sanctions US et à étendre leurs capacités militaires qui menacent la sécurité nationale des États-Unis. De plus, les répercussions humanitaires induites par les sanctions entraînent d’énormes coûts de réputation pour les États-Unis et peuvent renforcer la rhétorique antiaméricaine ».

Selon l’article, la politique américaine vis-à-vis de l’Iran n’a pas dissuadé efficacement la collaboration Iran-Corée du Nord dans le développement des armes, une tendance qui est vraie avec et sans l’accord nucléaire iranien, le Plan global d’action conjoint (PGAC). Les deux États ont toujours partagé la méfiance à l’égard de la politique étrangère américaine et ont été rapprochés une fois que l’administration Trump s’est retirée du PGAC et a intensifié les sanctions.

Venezuela/Iran : Kim ralliera l’axe ? Corridor maritime anti-sanction Est-Ouest Iran-Venezuela

The Diplomat ajoute que Téhéran et Pyongyang collaborent au développement et à la vente d’armes, qui jettent les bases de futurs partenariats. La Corée du Nord achète également de l’énergie à l’Iran. « Il est également à noter que les deux États collaborent sur les capacités de cyberattaque et de défense et peuvent partager des renseignements qui nuisent aux intérêts des alliés américains. À son tour, cela pourrait rapprocher les deux États face à des sanctions américaines plus sévères », ajoute le magazine japonais.

Lire aussi : Après le corridor maritime, l’Iran ouvre-t-il un corridor aérien « militaire » vers l’Amérique du Sud ?

Alors que le gouvernement des États-Unis continue d’imposer de dures sanctions économiques contre le gouvernement de Caracas, le Venezuela a renforcé ses relations diplomatiques avec l’Iran et la Corée du Nord. Les sanctions US ont en effet encouragé une plus grande collaboration économique entre l’Iran et le Venezuela dans un contexte de montée du sentiment antiaméricain. Plus tôt cette année, l’Iran a contourné la campagne de pression maximale de l’administration Trump avec une flotte de camions-citernes à destination du Venezuela, transportant 1,53 million de barils d’essence et de composants de raffinage. En outre, l’Iran continue de faire bon usage de son statut d’observateur au sein de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) pour renforcer les liens commerciaux existants avec le Venezuela et contourner les sanctions économiques américaines. L’Iran a récemment ouvert son premier supermarché à Caracas. Ces investissements commerciaux bilatéraux jettent les bases des futurs efforts de collaboration pour échapper aux sanctions américaines et renforcer les partenariats stratégiques préjudiciables à la sécurité nationale des États-Unis, précise The Diplomat.

L’Iran barricade le ciel vénézuélien!. La coopération militaire irano-vénézuélienne

Publié le samedi 12 décembre 2020 à 6h48  

Photo en titre : Les pétroliers iraniens ont livré 1,53 millions de barils de carburant au Venezuela. ©Twitter

https://french.presstv.com/Detail/2020/12/12/640584/Iran-Venezuela-Cor%C3%A9e-du-Nord-USA-sanctions

SOMMET “AMBITION CLIMAT” : RÉACTION DE GREENPEACE FRANCE AU DISCOURS D’EMMANUEL MACRON

Samedi 12 décembre, Emmanuel Macron a pris la parole lors du Sommet “Ambition Climat” organisé dans le cadre des cinq ans de l’Accord de Paris.

Au lendemain d’un accord européen qui établit un nouvel objectif de -55% de réduction nette des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, le Président français a vanté l’engagement européen et appelé au succès de la prochaine COP à Glasgow, mais ne s’est pas engagé pour autant à relever d’ici là l’objectif français pour 2030.

Cinq ans après l’élan de la COP21, la France se présente à ce nouveau sommet sans résultats probants sur son propre bilan, et au contraire sommée par la justice de démontrer la crédibilité de son action. Pourtant, plutôt qu’accélérer, Emmanuel Macron s’apprête à faire du projet de loi de la Convention Citoyenne pour le Climat un joli paquet cadeau vide de toutes mesures structurantes”, commente Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Contrairement à ce qu’a annoncé le Président face aux nombreux pays participant à ce Sommet, le plan de relance adopté par la France est bien loin d’engager une transition écologique juste : financements insuffisants et temporaires pour les secteurs de la transition, inclusion de fausses solutions sous le label soi-disant “vert” comme le nucléaire, l’agriculture de précision ou les agrocarburants, maintien des niches fiscales sur les énergies fossiles, baisses des impôts sans contreparties pour les secteurs les plus polluants, enterrement des mesures fiscales et budgétaires de la Convention citoyenne pour le climat. Toutes ces décisions risquent, en réalité, de nourrir un rebond des émissions françaises.

Quant au sujet des inégalités mentionné par Emmanuel Macron, il a été escamoté dans le dernier budget voté à l’Assemblée nationale par le gouvernement et la majorité qui ont opposé un veto ferme aux conditionnalités sociales et écologiques pour les grandes entreprises, ou à la réforme de la fiscalité carbone via l’ISF climatique. Des reculs en cascade, à l’opposé du Royaume-Uni qui propose une baisse des émissions de 68% en 2030 (contre 40% actuellement pour la France), la fin des financements export aux projets fossiles dès l’an prochain (contre 2035 pour la France) ou encore la fin de vente des véhicules thermiques en 2030 (contre 2040 pour la France). Après 3 ans et demi au pouvoir, le champion du climat promis se révèle un cancre endurci”.

Publié le 12 décembre 2020

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/sommet-ambition-climat-reaction-de-greenpeace-france-au-discours-demmanuel-macron/

LA DÉFENSE RUSSE FOURNIT DES DÉTAILS SUR LE RÉCENT TIR DE MISSILES BOULAVA PAR UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE

Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a informé le Président Poutine des tirs d’entraînement de missiles balistiques Boulava par un submersible nucléaire. Selon lui, les missiles ont franchi une distance de plus de 5.500 km.

Tous les missiles Boulava tirés ce samedi 12 décembre par le sous-marin nucléaire Vladimir Monomakh, ont parcouru une distance de plus de 5.500 km avant de frapper leur cible, a annoncé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, au Président et chef suprême des armées russe, Vladimir Poutine.

Pendant les exercices, «le sous-marin nucléaire Vladimir Monomakh de la Flotte du Pacifique, qui se trouvait en plongée, a tiré quatre missiles balistiques Boulava à une distance de plus de 5.500 km depuis la mer d’Okhotsk», a indiqué le ministre.

Toutes les ogives sont arrivées dans le secteur requis du polygone de tir de Tchija, dans la région d’Arkhangelsk, a-t-il précisé.

Exercices des forces stratégiques

Les lancements de missiles Boulava font partie des manœuvres des forces stratégiques russes qui ont débuté le 9 décembre sous le commandement de Vladimir Poutine.

Ces exercices engagent tous les éléments de la «triade nucléaire» des Forces armées russes: des sous-marins nucléaires, des avions stratégiques Tu-160 et Tu-95MS et un système mobile de missiles balistiques intercontinentaux Iars.

Le 9 décembre, le sous-marin nucléaire Karelia a tiré un missile balistique Sineva en direction du polygone de Koura, au Kamtchatka, alors que des bombardiers stratégiques ont frappé le polygone Pemboï, dans la république de Komi, avec des missiles de croisière.

Missile Boulava

Le missile balistique intercontinental R30 3M30 Boulava, à qui a été attribué le code Otan SS-NX-30 et qui figure dans les traités internationaux sous celui de RSM-56, est un missile à trois étages à propergol solide, conçu pour armer les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins du projet Boreï.

Il peut transporter plusieurs ogives nucléaires hypersoniques autoguidées. Selon le ministère russe de la Défense, Boulava constituera la base du groupement des forces nucléaires stratégiques russes jusqu’en 2040-2045.

Par Irina Dmitrieva, publié le 12 décembre 2020 à 21h21

Photo en titre : © Sputnik . Ministère russe de la Défense

https://fr.sputniknews.com/russie/202012121044920751-la-defense-russe-fournit-des-details-sur-le-recent-tir-de-missiles-boulava-par-un-sous-marin/

CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE-SUR-LOIRE : INSPECTION DE L’ASN DU 26 11 2020 : RELÂCHEMENT CERTAIN POUR LA PROTECTION DES TRAVAILLEURS

Après la visite de l’ASN du 26 novembre 2020 au CNPE Belleville (Rapport complet ici)

Entre les demandes de correction (5), de compléments d’information(5) et d’observations (6), il ressort de ce rapport :

  1. que le risque d’incendie ne soit toujours pas pleinement pris en considération, d’où risque pour les travailleurs
  2. qu’en matière de radioprotection (que la contamination soit interne ou externe), notamment pour les prestataires, un relâchement certain y est souligné !

Ci-dessous, les extraits du rapport de l’inspection :

Synthèse de l’inspection

L’inspection du 26 novembre 2020 avait pour objet de vérifier les dispositions de radioprotection mises en œuvre lors des interventions en zone réalisées sur le CNPE de Belleville et notamment dans le réacteur n°1 en cours de visite décennale. Les connaissances en radioprotection de plusieurs prestataires, la propreté radiologique de diverses zones, l’état des installations et le colisage des matériels ont également fait l’objet d’un contrôle.

Après une tournée dans l’ensemble du bâtiment du réacteur n°1, les inspecteurs ont visité le bâtiment des auxiliaires de sauvegarde (BAS) ainsi que le bâtiment de traitement des effluents (BTE). Ils ont également vérifié l’entreposage de l’aire des déchets très faiblement radioactifs (TFA) et fait effectuer une analyse de l’eau présente dans une des rétentions associées à cette aire. Ils se sont enfin intéressés à la zone dite « Pampa » où divers conteneurs de matériels et de produits utilisés par les prestataires notamment sont entreposés sans identification administrative spécifique (la zone est située hors périmètre INB).

A. Demandes d’actions correctives

Entreposage de conteneurs en zone « pampa »

Suite au contrôle de l’aire TFA, dont le colisage, les fiches d’action incendie et environnement et les débits de doses mesurés n’ont pas soulevé de remarques des inspecteurs, ces derniers se sont intéressés à une activité de colisage en cours dans deux conteneurs de la zone « pampa ».

Ce contrôle a mis en évidence la présence :

  • d’une quantité significative de produits inflammables, qui semblait dépasser les 400 kg autorisés,
  • de produits CMR (cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques) non clairement identifiés sur la fiche d’entreposage qui ne faisait état que de risques multiples, sans précision,
  • de rétentions inadaptées aux volumes présents (mais en cours de remplacement) et l’absence : d’analyse du risque incendie disponible lors de l’inspection et associée à cet entreposage, de conditions de manipulation adaptées aux produits entreposés, de FAI ou de FAE associées à la zone, de marquage sur des récipients/réservoirs placés à proximité, d’identification du régime administratif applicable à l’ensemble de la zone au regard des matériels, substances et volumes concernés. Au regard du retour d’expérience de l’accident « LUBRIZOL » et des derniers événements survenus sur le CNPE de Belleville concernant l’incendie (dont un a concerné l’incendie d’un barnum situé à proximité de cette zone), il apparaît nécessaire de déterminer rapidement et a minima, concernant la zone « pampa » :
  1. les volumes de produits inflammables et combustibles présents sur la zone et l’adéquation (ou non) de ces volumes avec les dispositions de prévention du risque incendie en place,
  2. la classification chimique des substances (et les volumes associés) présentes dans la zone (et ceci à tout moment),
  3. le régime administratif applicable à la zone dans son ensemble.

Demande A1 : je vous demande de prendre, sous un mois, toutes les dispositions qui s’imposent pour permettre une gestion de la zone « pampa » adaptée aux risques qu’elle comporte.

Demande A2 : je vous demande de rapidement rappeler à l’ensemble des intervenants (notamment les prestataires) présents sur le CNPE :

  • le fondement de l’existence des RTR (Régimes de travail radiologique – document annexe),
  • leur importance notamment du fait de l’identification des mesures à mettre en œuvre pour réduire l’exposition aux rayonnements ionisants,
  • la nécessité d’enregistrer les actions réellement mises en œuvre et d’identifier celles ne correspondant pas à leur activité afin d’améliorer le suivi des chantiers,
  • l’importance des relevés des débits de dose au poste de travail notamment pour s’assurer de l’absence de variation des débits de dose ambiants,

Vous me rendrez compte des actions engagées en ce sens.

Lors du contrôle de terrain, les inspecteurs ont identifié concernant les RTR (Régimes de travail radiologique) :

  • des chantiers en cours dont certaines dispositions de radioprotection ont été annoncées réalisées aux inspecteurs sans qu’elles soient identifiées (« cochées ») dans le RTR,
  • des RTR entièrement renseignés (toutes les cases cochées) alors que certaines dispositions n’avaient pas encore été mises en œuvre,
  • des RTR très génériques et de fait inadaptés à l’activité réellement en cours,
  • des RTR renseignés manifestement sans réelle compréhension des éléments cochés,
  • un RTR sans aucune recommandation pour un chantier pourtant réalisé en zone contaminante,
  • des débits de dose au poste de travail non relevés, ou (dans un cas) très sensiblement inférieur à la valeur relevée par les inspecteurs,
  • une méconnaissance complète de l’existence même d’exigences de radioprotection portées par le RTR (seul le code barre utile à l’entrée en zone est connu).

Suite aux écarts constatés par les inspecteurs lors de leur vérification de divers RTR, le 26 novembre 2020, ces derniers ont souhaité s’assurer, par sondage, de l’effectivité de la surveillance de ses prestataires que doit exercer EDF sur le sujet. S’ils ont pu vérifier, via l’analyse préalable et le programme de contrôle consultés, que la présence d’un RTR sur le chantier faisait effectivement partie des champs de contrôle de la surveillance des activités, les échanges qu’ils ont eus avec le métier concerné montrent que la compréhension dudit RTR par les intervenants, son utilité ou encore le sens des éléments qu’ils comportent ne font pas l’objet de contrôles. Il convient donc qu’EDF tire le retour d’expérience des constats faits par l’ASN sur le sujet.

L’inspection du 26 novembre 2020 a permis de mettre en évidence un zonage « DI82 » déficient au BTE (bâtiment de traitement des effluents). En effet, alors que cette zone doit servir de zone tampon entre un espace potentiellement contaminé et l’extérieur et doit être particulièrement bien entretenue et délimitée, les inspecteurs ont relevé :

  • un état de propreté déficient,
  • une absence de délimitation entre zone propre et zone potentiellement contaminée,
  • un entassement de matériel à cheval sur la délimitation de la zone connue des inspecteurs.

À noter cependant que les frottis réalisés lors de l’inspection, pour dépistage, n’ont pas montré de contamination flagrante de la zone.

Ces écarts, identifiés en fin de visite décennale, doivent être rapidement corrigés pour éviter un relâchement excessif des intervenants qui leur fait perdre le sens même des dispositions de radioprotection des RTR qui sont la déclinaison de terrain du principe d’optimisation des doses du principe ALARA («As Low As Reasonnably Achievable» soit en français «Aussi bas que raisonnablement possible»).

Risque de contamination interne

Au cours des différents déplacements des inspecteurs, ceux-ci ont identifié plusieurs tuyaux d’air respirable dont les embouts traînaient au sol, dans des locaux potentiellement contaminés (LD0307, LC 0510). Cette situation peut être à l’origine de contamination interne des prochains utilisateurs desdits tuyaux d’air respirable.

Demande A6 : je vous demande de mettre en place des dispositions matérielles et organisationnelles pour permettre un entreposage adapté des flexibles d’air respirable en attente d’utilisation en zone contrôlée. Vous me préciserez les actions engagées en ce sens.

Demandes de compléments d’information

Maintien des qualifications radioprotection des agents EDF et des prestataires : Bien que la formation à la radioprotection relève de l’employeur, il semble donc nécessaire qu’EDF (CNPE et services centraux) s’interroge sur le suivi et le contrôle des agents prestataires susceptibles d’intervenir sur des chantiers afin de s’assurer que leur connaissance en radioprotection soit suffisante pour leur propre protection comme pour celle des autres intervenants.

État des matériels : Lors de leurs contrôles dans le BAS, les inspecteurs ont constaté que les portes JSL0313 et 306 PD étaient ouvertes alors qu’un affichage demandait leur fermeture pour gestion du confinement. Ces ouvertures ont déjà été identifiées lors d’une précédente inspection.

Charge calorifique des locaux : Les travaux en cours dans le BTE, au titre du projet MRI (maîtrise du risque incendie), génèrent un entreposage évolutif en HQB0523LO dont la charge calorifique associée peut dépasser les 400 MJ/m² qui impose la réalisation d’une analyse du risque incendie spécifique.

Entreposage au BTE : La consigne d’exploitation du BTE (D5370CO10277) précise les règles de gerbage des coques (sur 2 ou 3 niveaux au maximum) et des fûts dans les conteneurs mais ne fixe pas de règle concernant le gerbage des conteneurs. Le nombre de conteneurs empilés peut pourtant détériorer le sol du BTE et même induire des déformations du conteneur en contact avec le sol en fonction de la masse totale qu’il supportera ce qui, à terme, peut nuire au confinement des déchets contenus. Lors de l’inspection, un gerbage de conteneurs sur 4 niveaux a été constaté.

C3. Les inspecteurs ont noté que les gardiens en charge de la surveillance des accès et sorties du vestiaire chaud « hommes » pouvaient se retrouver en chaussettes dans la zone « mules ». Il vous revient de les sensibiliser au risque de dispersion de la contamination que cette situation est susceptible de générer. Ils ont également noté que les gardiens du vestiaire chaud n’avaient pas obligation de contrôler le port du dosimètre par les agents entrant en zone.

C5. Les inspecteurs ont pu constater l’absence de point chaud dans le vestiaire froid féminin du réacteur n°1. Ils ont également noté positivement l’arrêt d’un chantier, pendant l’inspection, pour cause de non identification des règles d’intervention.

C6. Alors que des dispositions sont en place dans les vestiaires hommes et au magasin pour permettre la décontamination virale (liée au Covid) des dosimètres opérationnels et des matériels empruntés, les inspecteurs ont constaté l’absence de moyen de décontamination des dosimètres opérationnels au BTE et au magasin SPR du bâtiment Sancerrois.

Concernant ce bâtiment des moyens de décontamination ont été mis en place de manière réactive.

Publié le 12 décembre 2020 à 21h52

https://www.sdn-berry-giennois-puisaye.fr/news/inspection-de-lasn-du-26-11-2020-relachement-certain-pour-la-protection-des-travailleurs/

LA RUSSIE COMMENCE LA CRÉATION D’UN REMORQUEUR SPATIAL NUCLÉAIRE

Roscosmos a signé un contrat pour 47 millions d’euros sur le développement d’un remorqueur spatial nucléaire destiné à effectuer des vols à destination de la Lune, de Jupiter et de Vénus, selon le site russe des marchés publics de l’État.

Le bureau d’études Arsenal de Saint-Pétersbourg réalisera un avant-projet de conception d’un remorqueur spatial nucléaire baptisé Nuklon aux termes d’un contrat de 4,17 milliards de roubles (47 millions d’euros) signé le 10 décembre par le groupe spatial russe Roscosmos, informe une publication sur le site russe des achats publics de l’État.

«L’avant-projet Nuklon-AP est appelé à étudier la possibilité de créer un complexe spatial comprenant un module de transport et d’énergie doté d’un réacteur nucléaire et un module de charge utile, de mener ses essais en vol et d’effectuer des recherches scientifiques dans l’intérêt de l’exploration de la Lune», expose le document.

Les appareils du système Nuklon seront lancés depuis le cosmodrome Vostotchny, dans la région de l’Amour, au sud-est de la Sibérie.

Les travaux sur l’avant-projet doivent se terminer le 28 juillet 2024, selon le site.

Projet réalisé depuis 2010

La Russie travaille sur un module de transport doté d’un réacteur nucléaire depuis 2010. En 2019, elle a présenté une maquette du remorqueur au Salon aérospatial MAKS. Cette année, les visiteurs du forum Armée-2020 ont pu découvrir une présentation 3D du fonctionnement du remorqueur dans l’espace.

Le premier directeur général adjoint de Roscosmos, Iouri Ourlitchitch, a annoncé en janvier 2020 qu’un remorqueur nucléaire russe serait testé en orbite en 2030.

Cet appareil pourrait notamment permettre de prélever des échantillons de sol sur une lune de Jupiter, a déclaré à Sputnik Anatoli Petroukovitch, directeur de l’Institut des études spatiales de l’Académie des sciences russe.

Le futur remorqueur déjà visé par des sanctions US?

Selon un projet de nouvelles sanctions, préparé par l’administration Trump, l’institut scientifique de Roscosmos et un producteur russe de fusées spatiales pourraient être touchés par des restrictions limitant la coopération avec des sociétés américaines.

Ces sanctions seraient surtout appelées à empêcher la conception du remorqueur nucléaire en Russie pour limiter la concurrence, affirme Sergueï Doubik, directeur général adjoint de Roscosmos.

Par Irina Dmitrieva, publié le 11 décembre 2020 à 20h18

Photo en titre : © Sputnik . Oleg Smislov

https://fr.sputniknews.com/sci_tech/202012111044916712-la-russie-commence-la-creation-dun-remorqueur-spatial-nucleaire/

NUCLÉAIRE : LA FRANCE DEVRAIT RENFLOUER AREVA

Chargée de terminer le chantier de l’EPR finlandais, Areva SA devrait être renflouée par l’État français, qui pourrait racheter jusqu’à 16% du capital d’Orano. Le montant de la transaction ressortirait à 0,6-0,8 milliard d’euros.

Bouffée d’oxygène en vue pour Areva SA ? En lui rachetant jusqu’à 16% de sa participation dans le groupe nucléaire Orano, l’État pourrait renflouer la société, de source proche du dossier. « On cherche des sources pour se refinancer et a priori on a trouvé un schéma« , a indiqué une source proche d’Areva SA, l’entreprise issue de la restructuration de l’ancien Areva qui est chargée d’achever le chantier de l’EPR finlandais, aux multiples retards. Cette solution, qui a été évoquée par Le Monde et Les Échos, consisterait en un rachat par l’État d’une part de 16% maximum sur les 40% détenus par Areva SA au capital d’Orano, pour une somme allant jusqu’à 600 à 800 millions d’euros.

Issue de l’ancien groupe Areva, dont les activités principales ont par ailleurs donné naissance à Orano et Framatome (filiale d’EDF), Areva SA est une structure dont le but essentiel est d’achever le chantier de l’EPR finlandais d’Olkiluoto (projet OL3). Ce réacteur nucléaire de nouvelle génération devait initialement être mis en service en 2009 mais n’a toujours pas démarré. Fin 2019, l’électricien finlandais TVO espérait un chargement du combustible en juin 2020. Mais cet objectif avait été abandonné début avril en raison de la pandémie de Covid-19.

>>> À lire aussi – Nouveau retard pour le réacteur nucléaire EPR d’Areva et Siemens en Finlande

Le chantier a aussi été retardé par des problèmes techniques, et au final le chargement du combustible n’est prévu désormais que l’an prochain, pour une production d’électricité en février 2022. Un accord signé en 2019 prévoyait qu’Areva SA verse 450 millions d’euros à TVO en compensation des retards, plus un malus supplémentaire de 20 millions d’euros par mois de retard au-delà de la fin 2019. Mais cet accord doit maintenant être renégocié, indique-t-on de source proche du groupe français. Le nouvel accord devra notamment faire le tri entre les retards attribuables à la pandémie et ceux qui sont de la responsabilité d’Areva SA.

Outre les difficultés en Finlande, Areva SA a aussi hérité d’un certain nombre de « fantômes du passé » au moment de la restructuration de la filière nucléaire française. L’entreprise subit ainsi des réclamations financières d’EDF pour des problèmes passés sur le chantier de Flamanville 3 (Manche) et dans la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin), selon cette source. Sur ce dernier point, EDF n’a pas souhaité faire de commentaire.

Publié le 11/12/2020 à 11h52

Photo en titre : Jasper Juinen/Bloomberg via Getty Images

https://www.capital.fr/entreprises-marches/nucleaire-la-france-devrait-renflouer-areva-1388392

APPEL À FINANCER LES PROJETS L’INSTITUT DE RADIOPROTECTION “BELRAD” DESTINÉS AUX ENFANTS CONTAMINÉS

Exposé des motifs :

Deux millions de personnes au moins, dont 500 000 enfants, vivent, en Biélorussie, sur un sol contaminé par l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Toute la chaîne alimentaire est polluée par des éléments radioactifs. Parmi ceux-ci, le Césium 137. Le sol en regorge. Pour les familles peu fortunées, il est (quasiment) impossible de ne pas en ingérer.

Les populations des zones les plus contaminées dépendent d’un soutien dérisoire de l’État biélorusse et du travail de l’Institut « Belrad », représenté en France par l’association franco-biélorusse Enfants de Tchernobyl Bélarus (ETB), loi 1901, créée le 27 avril 2001.

L’Institut indépendant « Belrad » a été créé à Minsk en 1990, avec l’aide de Sakharov et de Karpov, par le Prof. Vassili Nesterenko, un physicien nucléaire du plus haut niveau qui, après l’accident de Tchernobyl, s’est reconverti dans la radioprotection des enfants qui sont les plus gravement touchés par la contamination radioactive. On constate en effet dès la naissance :

  • Des malformations
  • Une grande fragilité
  • Atteinte de tous les systèmes de défense contre les infections
  • Maladies cardiovasculaires
  • Maladies endocrines dont le diabète sucré grave
  • Thyroïdites
  • Atteintes neuro-psychiques et oculaires
  • Lésions d’autres organes
  • Cancers

L’Institut BELRAD utilise un système de mesure de la radioactivité du Césium 137 incorporé chez chaque enfant et un traitement qui réduit la charge en césium radioactif accumulé dans les organes. Ce traitement, à base de pectine de pomme vitaminée comporte des cures pour les enfants contaminés pendant 3 semaines, les cures devant être répétées de 2 à 4 fois par an pour produire un effet significatif. Cette préparation permet d’éliminer les atomes radioactifs (Césium, Strontium et dérivés de l’Uranium).

Beaucoup de Biélorusses, ayant de faibles revenus, doivent se nourrir d’aliments produits localement, fortement contaminés, et ne peuvent financer les traitements de leurs enfants.
Les équipes de l’institut BELRAD sillonnent les villages biélorusses, en mesurant le taux de Césium 137 chez les enfants et en leur fournissant gratuitement les comprimés de Pectine.

L’institut BELRAD est, avec 430 000 mesures effectuées sur les enfants en vingt ans d’activité, le seul témoin irréfutable de la contamination radioactive toujours présente dans une grande partie du territoire de Biélorussie. Il va à l’encontre de la version rassurante diffusée par les gouvernements et les organismes internationaux sous l’égide de l’OMS et de l’AIEA qui veulent faire croire que “Tchernobyl, c’est fini”. (voir le site d’Independent Who ) Loin d’aider l’institut, on s’acharne à le faire disparaître.

Il y a donc deux raisons de défendre l’institut BELRAD, que pratiquement seule l’association “Enfants de Tchernobyl Bélarus” finance :

  1. L’aide humanitaire, qui seule permet, par l’information des familles et l’utilisation des cures de pectine pour réduire les effets délétères du Cesium137, tout spécialement chez l’enfant, bien plus vulnérable que l’adulte.
  2. Renforcer le combat pour que la vérité scientifique sur les conséquences sanitaires immédiates et à long terme d’un accident tel que celui de Tchernobyl soit enfin reconnue. BELRAD nous apporte pour cela une quantité de données irremplaçables.

Historique et financements :

À l’origine, le financement de BELRAD reposait sur l’aide du premier gouvernement biélorusse. Les gros donateurs étaient des millionnaires russes, comme Karpov, puis une fondation américaine qui a arrêté son aide à la suite de l’attentat de septembre 2001. D’autres sources, en provenance d’ONG occidentales, ont rapidement diminué.

  • L’institut est né quand l’URSS disparaissait: il fallait répondre d’urgence aux immenses dégâts provoqués par la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des habitants des zones contaminées et non évacuées de Biélorussie.
  • La Fondation France Libertés de Danielle Mitterrand, qui nous avait aidé généreusement les premières années, a cessé toute aide.
  • L’institut ne reçoit plus aucune aide d’origine publique depuis 2005
  • L’association “Enfants de Tchernobyl Belarus” se bat pratiquement seule pour assurer la survie de l’institut BELRAD.

Le contexte actuel :

En réponse à l’appel d’offre européen financé par EuropeAid inspiré par un nouveau programme de l’ONU, l’Institut Belrad a présenté, en avril 2009, un projet de radioprotection incluant les cures de pectine pour les enfants contaminés. Le financement demandé sur 18 mois s’élevait à 60 000 euros. La délégation de l’Union Européenne à Kiev, en charge de l’instruction de ces dossiers, a répondu à l’Institut par une insultante fin de non-recevoir : « La thématique de votre projet n’est pas d’actualité »
Pour comprendre ce refus, il faut savoir que les quatre agences de l’ONU (AIEA, OMS, PNUD, UNICEF) sous l’égide de l’AIEA, ont déclaré le 24 avril 2009 que les territoires affectés par l’accident de 1986 ne sont plus dangereux pour les populations… ce que même le gouvernement français n’ose prétendre en déconseillant formellement aux touristes de se rendre dans le Sud-Est du Bélarus (voir page web du Ministère des affaires étrangères).
Or, trois exemples – pour ne s’en tenir qu’à ceux-ci – en provenance des pays les plus touchés par l’accident, se sont inscrits en faux de cette affirmation, en confirmant l’utilité de la radioprotection des enfants telle que la pratique l’Institut Belrad au Bélarus, en empruntant la même méthode.

D’UKRAINE – En partenariat avec le Centre de Médecine Radioactive de l’Académie des Sciences d’Ukraine, une  ONG  alsacienne qui s’occupe des enfants ukrainiens (Les Enfants de Tchernobyl ) a réalisé, en 2008, une étude qui reprenait le protocole de l’Institut Belrad de Nesterenko. Des centaines d’enfants, habitant des villages contaminés du nord de l’Ukraine, ont fait l’objet d’une mesure de la contamination radioactive en césium 137 incorporé dans leur organisme, avant et après leur séjour dans l’Est de la France, mais également avant et après des cures de Vitapect2, un composé de pectine, fabriqué sous licence pour l’Institut Belrad de Minsk.

Dans sa dernière édition, la très officielle « Revue de l’Académie des Sciences médicales du Ministère de la santé publique d’Ukraine »  a consacré un article de 9 pages aux résultats obtenus à l’initiative de l’association française. On retiendra de cette publication scientifique 4 informations majeures :

  1. Les organismes des enfants qui n’étaient pas nés au moment de l’explosion du réacteur nucléaire contiennent du césium 137.
  2. Les enfants sont contaminés par le biais de la chaîne alimentaire.
  3. Un séjour de 3 semaines en France permet de réduire de 30% en moyenne la contamination interne en césium 137 et ne plus subir la contamination externe. Ces résultats sont remarquables et prouvent l’intérêt de ces projets.
  4. Une cure de pectine de 3 semaines dans leur école permet de réduire de 50% à 70% la contamination interne en césium 137.

Pour permettre à BELRAD de continuer à soulager les souffrances des milliers d’enfants contaminés par les radiations dues à la catastrophe de Tchernobyl, toutes les aides sont les bienvenues. Merci.

P.S. : . Pour info, en 2011, la France possède 58 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales.
     . Tchernobyl: un seul réacteur, des centaines de milliers de morts, des millions de malades !

M. Hugot

Siège social de l’association française :

Les Enfants de Tchernobyl : 13 rue d’Amont, 21410 Ancey

Pour visiter le site de l’association : http://www.lesenfantsdetchernobyl.fr/

Vos dons sont ouvrent droit à une réduction d’impôt de 66 %.

NDLR : l’administrateur de Nucléaires Infos est donateur depuis plusieurs années.

KAZAKHSTAN : LES VICTIMES MÉCONNUES DES ESSAIS NUCLÉAIRES MENÉS PAR L’URSS

Dans son dernier numéro, la revue « We Demain » propose un reportage glaçant sur des habitants de Semeï (Kazakhstan), qui ont été irradiés à cause d’essais nucléaires réalisés par l’URSS.

Entre 1949 et 1989, l’URSS (Union des Républiques socialistes soviétiques) a mené un total de 450 essais nucléaires dans le polygone de Semipalatinsk (Kazakhstan). Des centaines de milliers d’habitants ont été irradiés et souffrent désormais, pour certains, de pathologies lourdes (malformations, cancers, maladies cardio-vasculaires, etc.). C’est notamment le cas à Semeï, ville la plus proche (130 kilomètres seulement) de la zone sur laquelle ces essais ont eu lieu

« Un scandale sanitaire terrible et méconnu »

« On connaît Fukushima, on connaît Tchernobyl, mais Semeï, c’est un scandale sanitaire terrible et méconnu, » affirme Antoine Lannuzel, rédacteur en chef de We Demain, qui consacre un photoreportage aux victimes collatérales de ces essais. Les clichés révélés par la revue sont terrifiants. « C’est un travail mémoriel, mais aussi d’actualité, poursuit le journaliste. Pour l’avenir, nous devons nous souvenir de ce que peut provoquer le nucléaire ».

Par Patricia Loison (franceinfo, France Télévisions), publié le 10/12/2020 à 13h23

Pour voir la vidéo (6mn01), cliquer sur: https://www.francetvinfo.fr/monde/kazakhstan-les-victimes-meconnues-des-essais-nucleaires-menes-par-l-urss_4214351.html

BELGIQUE : PROVISIONS NUCLÉAIRES : PLUSIEURS MILLIARDS TOUJOURS ABSENTS

Dernier volet de notre série sur  » Les petits secrets du nucléaire « . Il touche le nerf de la guerre : l’argent. Car, si la Belgique opte pour l’enfouissement des déchets, elle va devoir casser sa tirelire. Et pas qu’un peu.

Au départ, ce projet de stockage géologique profond était estimé à 3,5 milliards d’euros. Il est passé ensuite à 8 milliards pour finalement arriver aujourd’hui à un montant de 10,7 milliards d’euros. C’est l’estimation la plus récente.

Elle est faite pour un certain volume de déchets à enfouir à une profondeur d’environ 400 mètres. Souvenez-vous, dans l’inventaire de référence, l’ONDRAF, l’organisme national qui gère tous les déchets radioactifs belges, a fixé le volume de déchets à 13.500 m³, soit l’équivalent de 5 piscines olympiques à mettre sous terre.

On a vu que cet inventaire était loin d’être complet. 10 000m³ de déchets supplémentaires en provenance d’Umicore à Olen pourraient faire exploser les coûts de l’enfouissement.

Qui va payer la facture ? En Belgique, le principe du pollueur-payeur est d’application. Prenons le cas d’Engie-Electrabel. Sur les 5 piscines olympiques de déchets radioactifs, Engie en a rempli un peu plus de deux composées :

  • De 2600 m³ de déchets C (le combustible usé)
  • De 25% de l’ensemble des déchets B, soit environ 2725 m³.

Le pollueur-payeur

La loi belge oblige l’exploitant nucléaire à faire des provisions pour gérer l’ensemble de ses déchets. Tout cela sous le contrôle d’un gendarme appelé la Commission des provisions nucléaires. Au 31 décembre 2019, Engie-Electrabel avait mis de côté 7,449 milliards d’euros pour son combustible usé et encore 5,739 milliards d’euros pour le démantèlement des centrales. Au total, un peu plus de 13 milliards d’euros. Déjà une belle somme.

Elle a été confiée à Synatom, une filiale d’Engie qui fait office de société de provisionnement. Mais, bizarrerie du système, la loi de 2003 autorise Synatom à reprêter 75% du montant total des provisions à… Engie-Electrabel. Vous avez bien lu. Celui qui est censé mettre de côté peut réinvestir ses provisions dans ses activités comme bon lui semble.

Pour voir cette vidéo (1h03mn) aller sur le site indiqué en fin d’article

Où est l’argent ?

Robert Leclère, administrateur délégué de Synatom – © Tous droits réservés

Fin 2019, Engie-Electrabel s’est engagé à rembourser cet argent pour 2025, date de sortie du nucléaire. Mais, cela veut dire que les milliards reprêtés ne sont toujours pas revenus chez Synatom. Quelle somme est alors vraiment disponible aujourd’hui ?

 » – Dès à présent, nous ne prêtons plus à Electrabel. Electrabel nous rembourse le prêt que nous lui avions accordé. Cela signifie que d’ici 2025, 9 milliards auront été transférés. »

– Cela veut dire que 9 milliards se trouvent encore à l’extérieur de Synatom ?

– Il y a une somme importante qui se trouve à l’extérieur de Synatom. Vous avez raison. « , nous confie Robert Leclère, l’Administrateur délégué de Synatom.

Quand on lui demande s’il sait à quoi sert l’argent prêté à Electrabel, la réponse est claire :  » nous n’avons pas la gestion et l’occupation de ces moyens financiers « .

Signal d’alarme de la Commission des provisions

Luc Defresne, Président de la Commission des provisions nucléaires – © Tous droits réservés

On s’est tourné alors vers la Commission des provisions nucléaires (CPN). Même réponse de Luc Defresne, son président :  » L’argent se trouve dans le groupe. Mais, dire que ça a servi pour construire une centrale au gaz au Pérou ou en Thaïlande, ça, je ne le sais pas « .

En réalité, cette Commission tire la sonnette d’alarme depuis plusieurs années. Le rapport annuel de la CPN de 2019 est très explicite à ce propos et parle du  » besoin urgent de revoir la loi du 11 avril 2003… Il s’agit en effet d’éviter que les défauts et lacunes du texte de loi actuel ne continuent à impliquer un risque considérable susceptible d’avoir pour effet que la population belge ne doive supporter à l’avenir les énormes frais de démantèlement des centrales nucléaires et/ou de la gestion des manières fissiles irradiées « .

S’il voit le jour, le projet d’enfouissement ne devrait pas démarrer avant 2050. Que deviendra Engie-Electrabel dans 30 ans ? Sur les 5 dernières années, les dettes de l’exploitant nucléaire sont passées de 28 à 31 milliards. Ses fonds propres ont diminué de 21 à 18 milliards. Le groupe n’est pas à l’abri d’un coup dur malgré une réputation solide.

Même si Engie-Electrabel s’est engagé, il n’existe aucune garantie absolue que les provisions seront bien disponibles au moment de payer la facture. Certains avancent déjà l’idée de confier la gestion de ces provisions à un fonds public comme cela se fait aux Pays-Bas, en Allemagne ou au Japon. D’autres incertitudes subsistent. Si l’on regarde le cas d’Umicore qui n’a provisionné que 30 millions d’euros pour deux fois plus de déchets, on se rend compte qu’Engie-Electrabel n’est certainement pas le plus mauvais élève de la classe. Au législateur maintenant de répondre à l’appel de la Commission des provisions nucléaires pour offrir les garanties nécessaires. Sans quoi, ce sera le contribuable qui va casser sa tirelire.

Par Emmanuel Morimont, publié le jeudi 10 décembre 2020 à 17h57

https://www.rtbf.be/info/dossier/investigation/detail_provisions-nucleaires-plusieurs-milliards-toujours-absents?id=10651000

COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF ARRÊT DU NUCLÉAIRE SUITE À LA VISITE DU PRÉSIDENT MACRON ET DE SA MINISTRE DE L’ÉCOLOGIE AU CREUSOT LE 8 DÉCEMBRE 2020

Mardi 8 décembre, le Président et chef de guerre Macron était au Creusot, pour soutenir l’industrie nucléaire militaro-civile. Et pour lui, peu importe le prix à payer, les graves menaces et les dégâts pour la population mais aussi pour les nombreux salariés qui en assurent le fonctionnement, tout particulièrement lorsqu’ils sont sous-traitants ! Macron a besoin du nucléaire !

Cette visite au Creusot n’est qu’une nouvelle manifestation ostentatoire de soutien du représentant de l’état nucléariste français à cette industrie de destructions massives.

Ce n’est pas un hasard si elle intervient à un moment décisif pour la survie de cette industrie, dont les « fleurons » EDF et Orano sont en quasi-faillite, dont la restructuration n’est qu’une énième manœuvre de sauvetage à l’aide de subventions publiques massives, ce que la Commission Européenne a bien remarqué et ne peut accepter.

Avec les annonces du Président en visite à l’usine Framatome du Creusot, désormais filiale d’EDF suite à la faillite d’Areva, il devient clair qu’EDF est un fabricant de matériel militaire.

Est-ce bien la vocation d’une entreprise dont les dirigeants et les syndicats de salariés prétendent qu’elle assure un service public ? La Commission Européenne va-t-elle accepter un plan de sauvetage d’un industriel de l’armement dans le cadre du plan de relance ?

La ministre de la « transition écologique », qui a publiquement rappelé son opposition au nucléaire lors de sa prise de fonction(1) et qui accompagnait le chef de guerre Macron au Creusot, va-t-elle rester muette dans un ministère de « l’écologie guerrière » au service de la bombe ?

La ministre connaît très bien les méfaits de cette industrie militaro-civile dont Mr Macron prétend avoir besoin. Faut-il lui rappeler qu’après avoir tué des centaines de milliers de civils et entraîné des milliers de cancers et maladies graves, à Hiroshima et Nagasaki, cette industrie a rendu inhabitables les territoires contaminés par les essais nucléaires et par des catastrophes à répétition (Kychtym en URSS, Tchernobyl en Ukraine, Fukushima au Japon) ?

Faut-il lui rappeler aussi qu’elle a pour conséquences des maladies radio-induites et des décès prématurés qui se chiffrent en dizaines de millions, sans parler des altérations génétiques ayant des effets à très long terme(2) ?

Faut-il lui rappeler enfin que cette industrie de corruption à grande échelle (affaire Uramin par exemple) et de mensonges à répétition, dont le dernier en date est celui du nucléaire qui ne réchaufferait pas la planète(3), ne perdure qu’avec l’appui de pratiques politiques anti-démocratiques,

Il est grand temps d’arrêter de produire et disséminer dans l’environnement de la radioactivité destructrice des organismes vivants, d’arrêter de produire des déchets radioactifs extrêmement dangereux qu’il va falloir surveiller pendant des milliers d’année, d’arrêter de détruire l’économie du pays par des subventions massives à une industrie de guerre.

Cette industrie est inacceptable et des dirigeants politiques soucieux de l’intérêt général devraient tout faire pour l’arrêter.

NOTES :

(1) Interrogée sur ses positions antinucléaires, la ministre a souligné qu’elle n’avait « pas changé d’opinion sur le sujet » et a vivement critiqué l’EPR de Flamanville (Manche) qu’elle a qualifié de « gabegie » : https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-ou-renouvelable-pour-barbara-pompili-la-france-devra-choisir-apres-2035-6915983

(2) Des études indépendantes de l’industrie nucléaire estiment ses dégâts sanitaires, jusqu’en 1989, à une soixantaine de millions de morts prématurées et à plus de cent vingt millions de cancers radio-induits, sans parler des autres maladies. Lire à ce sujet l’article en ligne d’Actu Environnement : « Lacunes persistantes du régime de radioprotection mondial » du 25 avril 2012 : https://www.actu-environnement.com/ae/news/lacune-radioprotection-mondial-radioactivite-cipr-ceri-15540.php4

(3) Le Jury de Déontologie Publicitaire s’est prononcé le 4 mai 2020 et a donné raison à deux particuliers et au Réseau Sortir du Nucléaire qui l’avaient saisi contre une publicité mensongère d’Orano : https://www.can-ouest.org/orano-publicites-mensongeres/

Pour en savoir plus : http://collectif-adn.fr/entree.html

Publié le 11 décembre 2020 sur: http://ocparis.canalblog.com/archives/2020/12/11/38700549.html

GRÈVE À EDF : LE « PROJET HERCULE » EN CINQ QUESTIONS

Les salariés de l’énergéticien français sont appelés à la grève ce jeudi. En cause, la réorganisation programmée d’EDF voulue par l’État et la direction. De quoi parle-t-on exactement ? Eléments de réponse dans CQFD.

Après la grève du 26 novembre, qui avait conduit à une baisse significative de la production nucléaire, les salariés d’EDF sont de nouveau appelés à cesser le travail ce jeudi. Les syndicats du groupe public entendent protester contre le projet de réorganisation du groupe, baptisé « Hercule ».

1. En quoi consiste le projet Hercule ?

Élaboré par la direction d’EDF, le projet Hercule prévoit notamment la séparation de ses activités en plusieurs entités distinctes. D’un côté, EDF « Bleu », détenue à 100 % par l’État, regrouperait l’ensemble des activités nucléaires ainsi que le gestionnaire de réseau du transport d’électricité (RTE).

De l’autre, EDF « Vert » comprendrait les activités commerciales du groupe (la vente d’électricité au consommateur), le réseau de distribution Enedis et les énergies renouvelables. Elle serait contrôlée par l’État et ouverte aux capitaux privés, éventuellement en Bourse.

La question de ses activités hydrauliques, qui comprennent notamment les barrages, n’est pas encore tranchée. Initialement intégrées à EDF « Bleu », elles pourraient finalement être logées dans une troisième filiale, baptisée EDF « Azur ».

2. Pourquoi est-il mis en œuvre ?

Comme ses concurrents Enel, Iberdrola ou encore Engie, EDF veut accroître ses investissements dans les énergies renouvelables solaires et éoliennes pour profiter de la croissance phénoménale promise par ces activités dans les années à venir. Toutefois, la grande majorité de ses capacités d’investissements sont aujourd’hui captées par la modernisation de son parc nucléaire.

Par ailleurs, le groupe est peu attractif pour les investisseurs privés qui sont très réticents à soutenir le nucléaire à l’avenir incertain dans de nombreux pays. En scindant ses activités dans différentes entités (Bleu et Vert), EDF espère se rendre plus attractif aux yeux des investisseurs privés et ainsi financer sa croissance.

3. Pourquoi les syndicats sont-ils opposés au « projet Hercule » ?

Vent debout contre le projet de réorganisation de leur entreprise, les syndicats d’EDF estiment que le projet acte le démantèlement du groupe. Ils craignent également que l’ouverture du capital d’EDF « Vert », qui concentre les activités les plus rentables, conduise à une privatisation des profits et à une nationalisation des pertes. Avec, à plus long terme, une menace pour l’emploi et leurs conditions de travail.

Les syndicats craignent aussi une moindre optimisation de la production d’électricité liée à la séparation des activités nucléaires et hydrauliques, qui jusqu’ici travaillaient de concert pour produire au meilleur moment. In fine, ils estiment que cela pourrait se traduire par une hausse des prix de l’électricité pour le consommateur. Enfin, plus globalement, les syndicats craignent que cette réforme n’affaiblisse EDF et acte la fin « du service public de l’électricité », la mission originelle d’EDF.

Le gouvernement, lui, a souvent répété son attachement à conserver un groupe « intégré », réfutant tout détricotage d’EDF. Sans convaincre pour l’instant les syndicats, eux-mêmes appuyés par l’opposition, de droite comme de gauche.

4. Où en est le projet ?

Cette réorganisation en profondeur d’EDF n’a pas encore débuté. Elle est en fait suspendue à la mise en œuvre d’une autre réforme, qui doit modifier le mécanisme régulant le prix de vente d’électricité nucléaire. Connue sous le nom d’Arenh (pour « Accès régulé à l’électricité nucléaire historique »), la régulation actuelle oblige EDF à vendre un quart de son électricité nucléaire à un prix fixé par la loi. Mise en place en 2011 pour favoriser l’émergence de la concurrence sur un marché où la grande majorité des moyens de production d’électricité sont aux mains d’EDF, cette réglementation doit évoluer.

Pour donner les moyens au groupe public de financer les investissements massifs afin de prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires, mais aussi pour contenir les hausses des prix de l’électricité pour les consommateurs français, le gouvernement a engagé la refonte de cette régulation.

Potentiellement, cette réforme contrevient aux règles européennes en matière d’aide d’État. C’est pourquoi le gouvernement français négocie avec Bruxelles la mise en œuvre d’un nouveau cadre réglementaire pour la vente de l’électricité nucléaire produite par EDF.

5. Quelle est la position de l’État ?

Actionnaire à 83,6 % d’EDF, l’État est à l’initiative de cette réforme, et les pouvoirs publics ont demandé au PDG d’EDF de concevoir ce projet de réorganisation de l’entreprise baptisé « Hercule ».

D’intenses tractations sont en cours avec la Commission européenne, soucieuse de ne pas entraver le libre jeu de la concurrence en accordant un « coup de pouce » à EDF. La nouvelle régulation du prix de vente de son électricité nucléaire pourrait en effet bénéficier à l’ensemble des activités du groupe, en subventionnant des activités non régulées comme la vente d’électricité – qui, elle, est en concurrence avec ENI, Engie ou autre Total Direct Énergie. Une séparation stricte pourrait ainsi être mise en œuvre entre les activités régulées d’EDF (la vente d’énergie nucléaire) et ses autres métiers. Des mécanismes garantissant leur indépendance, comme des structures juridiques propres, pourraient par exemple être mis en place. Sur ce sujet hautement sensible, Paris et Bruxelles souhaitent trouver un accord avant la fin de l’année.

Par Yann Duvert, publié le 10 décembre 2020 à 11h01

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/greve-a-edf-le-projet-hercule-en-cinq-questions-1272754

LES DÉBOIRES D’AREVA EN FINLANDE VONT (ENCORE) COÛTER PLUS DE 600 MILLIONS D’EUROS À L’ÉTAT

Selon les informations du « Monde », la France va devoir débourser cette somme pour tenter de sauver le groupe. Une nouvelle fois.

Nouvelle lourde facture en perspective pour l’État dans le long feuilleton du chantier de l’EPR en Finlande. Selon nos informations, qui confirment celles publiées mercredi par Le Canard enchaîné, le gouvernement doit une nouvelle fois éponger les surcoûts de l’aventure finlandaise. Après un premier chèque de 400 millions d’euros signé cet été, un second, évalué entre 600 millions et 800 millions d’euros, sera nécessaire.

Commencé en 2005, le chantier du réacteur de troisième génération EPR d’Olkiluoto, dans le sud-ouest de la Finlande, devait initialement se terminer en 2009 et coûter autour de 3 milliards d’euros. Après avoir enchaîné les difficultés techniques, les retards et les surcoûts, le réacteur ne sera pas connecté au réseau avant février 2022 – au mieux –, selon l’opérateur finlandais TVO. Le coût total du projet, non communiqué, se rapproche désormais des 10 milliards d’euros.

Lire aussi : Les nouvelles dérives de l’EPR en Finlande pourraient coûter cher à l’État français

Une nouvelle déception pour un projet qui n’a cessé d’accumuler les problèmes, alors qu’il devait être, à l’origine, la vitrine du savoir-faire franco-allemand en matière de nucléaire. Le chantier mené par le consortium Areva-Siemens accuse désormais douze ans de retard, soit un peu plus que celui de l’EPR de Flamanville (Manche), qui ne devrait pas être connecté au réseau avant 2023. Seulement deux réacteurs EPR sont opérationnels dans le monde, à Taishan, dans la province du Guangdong, en Chine.

Des années de conflit

Pour faire face aux nombreux aléas du chantier, Areva doit donc assumer ces surcoûts. Or l’entreprise est confrontée à un handicap important : elle n’en a pas les moyens financiers et pourrait se retrouver en cessation de paiements en avril 2021 si l’État n’intervient pas.

Pour comprendre cet imbroglio, il faut remonter à la quasi-faillite du groupe Areva en 2015, qui a été scindé en trois sociétés. Une opération qui a coûté 7,5 milliards d’euros aux finances publiques : 2,5 milliards pour la création d’Orano, qui gère le combustible nucléaire, 3 milliards pour qu’Électricité de France (EDF) puisse racheter Framatome, qui fabrique les réacteurs, et, enfin, 2 milliards pour conserver la structure Areva SA. Cette entreprise, qui appartient à 100 % à l’État, était pensée comme une entité entièrement consacrée à finir, le plus vite possible, le catastrophique chantier finlandais d’OL3. Cette réorganisation avait été pensée et mise en œuvre sous le mandat de François Hollande par son ministre de l’économie, Emmanuel Macron.

Lire aussi : Pour Bruno Le Maire, les « dérives » de la filière nucléaire sont « inacceptables »

Après des années de conflit entre Areva et TVO, un accord global avait été signé en mars 2019 : le groupe français payait 450 millions d’euros de pénalités à TVO et s’engageait à finir le chantier avant la fin de cette même année. Les nouveaux retards annoncés en août obligent Areva à payer 400 millions d’euros supplémentaires, dans le cadre de cet accord.

Un calendrier tendu

Mais cela ne sera pas suffisant : selon un document confidentiel adressé au conseil social et économique (CSE) du groupe, que Le Monde a pu consulter, un nouvel accord entre Areva et TVO est en négociation. Les coûts supplémentaires pour Areva pourraient s’élever à 600 millions d’euros.

Pour se renflouer, l’ancien fleuron du nucléaire français n’a plus qu’une seule option : céder 16 % de sa participation dans Orano, aux frais du contribuable. Une nouvelle fois, l’État va donc devoir éponger les difficultés d’Areva. Le nouvel accord entre Areva, TVO et Siemens, qui construit la centrale, n’est pas encore signé, mais le calendrier est tendu : pour éviter une nouvelle faillite d’Areva, il faut trouver un débouché avant la mi-janvier 2021. D’autant que plusieurs procédures judiciaires en cours contre Areva pourraient également lui coûter cher : elles sont menées par EDF, qui lui reproche les défauts sur le chantier de Flamanville.

Le dossier embarrasse les pouvoirs publics, qui n’ont d’autre option que de continuer à renflouer Areva, sans aucune garantie que le chantier se termine dans les temps. Une partie des problèmes provient notamment du vieillissement de certains équipements qui sont devenus inutilisables, alors qu’ils n’ont jamais fonctionné. « Notre objectif, maintenant, c’est que le chantier se termine dans les temps, dit en soupirant Alexandre Crétiaux, délégué syndical central CFDT de Framatome. Si on remet de l’argent public, c’est pour arriver au bout. »

Par Nabil Wakim, publié le 10 décembre 2020 à 18h41, mis à jour à 20h12

Photo en titre : À la centrale nucléaire d’Olkiluoto, en Finlande, en août 2015. MARTTI KAINULAINEN / AFP

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/12/10/les-deboires-d-areva-en-finlande-vont-encore-couter-plus-de-600-millions-d-euros-a-l-etat_6062944_3234.html

LES SALARIÉS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON APPELÉS À LA GRÈVE CE JEUDI

Les salariés de la centrale nucléaire de Chinon sont appelés à cesser le travail ce jeudi dans le cadre d’une journée nationale organisée par l’intersyndicale. Dans le viseur des syndicats, le projet de restructuration d’EDF baptisé « Hercule« .

La centrale nucléaire de Chinon devrait être à l’arrêt ce jeudi, hormis les activités de sûreté et de sécurité, comme lors du 26 novembre. Une journée d’action nationale est organisée par l’intersyndicale, contre le projet de restructuration d’EDF baptisé « Hercule« . 

Ce projet complexe – dénoncé de longue date – prévoit le démantèlement du groupe EDF en trois entités. Les syndicats craignent une capitalisation d’une partie du géant de l’électricité, et avancent les effets néfastes qu’auraient cette ouverture de capital sur le prix de l’électricité et le statut des agents EDF. 

« La hausse des prix serait inévitable » estime Ronan Cresteaux, secrétaire général CGT à la centrale de Chinon. « Ces trois entreprises vont entrer directement en concurrence puisqu’il y aura des producteurs dans les trois branches, et leur intérêt ne sera pas de faire du service public mais de l’argent. Pour rappel depuis que la concurrence est ouverte en France, les prix n’ont pas baissé mais n’ont fait qu’augmenter. On craint également que les filiales ne soient pas au statut des industries électriques et gazières et qu’on attaque directement le statut des salariés. Là, ce serait une solution toute trouvée pour le casser et passer à autre chose. »

La grève du 26 novembre à Chinon avait mobilisé 58 % des salariés, un chiffre important au regard des précédentes mobilisations. Le cortège s’élancera d’Avoine à 13h.

Par Romain Dézèque, France Bleu Touraine, publié le Jeudi 10 décembre 2020 à 5h02

Photo en titre : Un salarié EDF devant la centrale nucléaire de Chinon. © Maxppp – PHOTOPQR/LE COURRIER DE L’OUEST/MAXPPP

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/les-salaries-de-la-centrale-nucleaire-de-chinon-appeles-a-la-greve-ce-jeudi-1607538887

INCIDENT « SÉRIEUX » DANS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE EN FINLANDE

Dans le sud-ouest de la Finlande, un incident « sérieux » s’est produit dans la centrale nucléaire d’Olkiluoto, peu après 12 h, ce jeudi 10 décembre.

Un incident « sérieux » s’est produit ce jeudi 10 décembre dans une centrale nucléaire en Finlande, mais sans danger pour l’homme ou pour l’environnement, ont annoncé l’autorité de sûreté du pays nordique et l’exploitant du réacteur, TVO.

L’incident s’est produit à 12 h 22 locales (10 h 22 en France) dans le réacteur 2 de la centrale d’Olkiluoto, dans le sud-ouest du pays, où est également en chantier depuis plus d’une décennie un réacteur EPR du groupe français Areva.

« Il n’y a pas de danger pour les personnes »

« Il n’y a pas de danger pour les personnes ou pour l’environnement extérieur », a déclaré Tomi Routamo, le directeur adjoint de l’autorité de sécurité nucléaire finlandaise (Stuk), qui a qualifié l’incident de « sérieux ».

« Des niveaux élevés de radiation » ont été relevés à l’intérieur, mais pas à l’extérieur de la centrale, a précisé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans un tweet, précisant être en contact avec les autorités finlandaises.

Les systèmes automatiques ont détecté ces niveaux élevés dans le circuit primaire d’alimentation du réacteur, mais la cause de cette hausse n’est pas encore connue et fait l’objet d’investigations, a expliqué Tomi Routamo. « C’est la première fois qu’un évènement de ce type se produit en Finlande », a-t-il précisé.

Un défaut dans la tuyauterie d’une autre centrale finlandaise s’était produit il y a une trentaine d’années, mais dans le circuit dit secondaire, moins sensible. L’incident d’Olkiluoto concerne, lui, le circuit d’eau dit primaire, plus sensible car il circule en circuit fermé dans le réacteur même.

« Les niveaux élevés de radiation ont été mesurés dans un secteur où les niveaux de radiations sont élevés, même en opération normale, et pour cette raison personne n’y travaille », a précisé Stuk.

Le réacteur 2 d’Olkiluoto, lancé en 1980, est désormais dans une « situation stable » et la radioactivité est revenue à des niveaux normaux, selon l’autorité. Environ un tiers de l’électricité finlandaise provient du nucléaire, avec quatre réacteurs en opération et deux en chantier.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 10/12/2020 à 17h51

https://www.ouest-france.fr/europe/finlande/incident-serieux-dans-une-centrale-nucleaire-en-finlande-7080958

CRISE SANITAIRE ET APPROVISIONNEMENT ÉLECTRIQUE DE L’HIVER 2020-2021 : LES PRÉVISIONS DE RTE

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) a prévenu que la « vigilance » serait de mise en cas de vague de froid, la crise sanitaire ayant perturbé la maintenance des réacteurs nucléaires réalisée au printemps 2020.

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) a publié son étude annuelle(nouvelle fenêtre) sur la sécurité d’approvisionnement électrique pour l’hiver 2020-2021, le 19 novembre 2020. Le ministère de la transition écologique a pour sa part présenté des recommandations(nouvelle fenêtre) pour faire face à des tensions sur l’approvisionnement électrique en cas de vague de froid significativement plus importante que la normale saisonnière.

L’impact de la crise sanitaire sur la production et la consommation d’électricité en 2020

La crise sanitaire et le premier confinement ont contraint de décaler les opérations de maintenance des centrales nucléaires qui ont lieu, en principe, au printemps. Le calendrier de maintenance des centrales nucléaires a dû être adapté tout en maximisant la disponibilité du parc électrique au cours de l’hiver 2020-2021.

Une première analyse des répercussions de la crise sanitaire sur l’approvisionnement électrique a été faite par RTE le 11 juin. Cette analyse a mis en évidence une diminution importante de la consommation d’électricité au cours du premier semestre 2020 mais surtout un risque accru de tension sur le marché de l’électricité durant l’hiver 2020-2021. L’analyse actualisée en novembre montre que durant l’été et lors des débuts du deuxième confinement, la consommation est demeurée en retrait d’environ 3 à 4 points par rapport à une année normale (soit environ -5%). En outre, selon RTE, le programme de maintenance des réacteurs se serait déroulé de manière « satisfaisante« , d’où une légère réévaluation à la hausse de la disponibilité attendue du parc nucléaire tout en conservant un principe de prudence.

L’approvisionnement en électricité demeure toujours sous « vigilance particulière« 

Malgré les reprogrammations décidées par EDF pour maximiser la disponibilité du parc à l’hiver, RTE appelle à une vigilance particulière au respect de l’équilibre entre la consommation et la production d’électricité pour cet hiver. 

RTE souligne dans son communiqué du 19 novembre 2020(nouvelle fenêtre) que 13 réacteurs nucléaires devront être arrêtés fin février, à la suite du report des programmes de maintenance. En cas de températures comprises entre 2 et 7° en-dessous des normales pendant plusieurs jours consécutifs en janvier et février, la France risque de connaître des difficultés d’approvisionnement en électricité.

Dans son communiqué du 2 décembre, le ministère de la transition écologique précise qu’en cas de tension forte entre l’offre et la demande, plusieurs mesures peuvent être envisagées :

  • arrêt ponctuel, volontaire et contractualisé de la consommation d’industriels gros consommateurs d’électricité ;
  • baisse légère de la tension sur le réseau de distribution ;
  • coupures locales, planifiées et limitées dans le temps. Ces coupures peuvent durer jusqu’à deux heures consécutives, généralement pendant les périodes de pointe de consommation du matin et du soir. Les coupures ne sont envisagées qu’en dernier recours.

Par La Rédaction, publié le 10 décembre 2020 à 08h54

Photo en titre : Il y a un risque « sensiblement plus élevé que les années passées » de février à début mars 2021, estime RTE. Notamment dû aux 13 réacteurs du parc nucléaire qui devront être arrêtés fin février pour maintenance. © altonphoto – stock.adobe.com

https://www.vie-publique.fr/en-bref/277628-crise-sanitaire-production-delectricite-2020-2021-les-previsions-rte

NDLR : l’hyper centralisation de la production électrique nucléaire (18 sites seulement) rend le système hyper sensible alors qu’un système décentralisé de production renouvelable et de stockage de l’énergie bien dimensionné ne serait pas aussi fragile.

EDF: LE 10, NOUVELLE GRÈVE SUIVIE CONTRE HERCULE MAIS PRODUCTION PEU AFFECTÉE

PARIS (Reuters) – Le nouveau mouvement de grève des salariés d’EDF contre le projet de réorganisation du groupe était suivi jeudi mais n’entraînait pas de perturbations majeures en matière de production, selon les données fournies par le groupe et par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE.

Selon un décompte communiqué par EDF, le taux de grévistes s’établissait à environ 27% à la mi-journée contre 23% au même moment le 26 novembre, lors de la précédente journée de grève. La CGT évoquait pour sa part un taux de grévistes de 41% de l’effectif présent et de 36% de l’effectif total.

Selon les données compilées par RTE https://www.rte-france.com/eco2mix/la-production-delectricite-par-filiere#, le mouvement n’avait dans le même temps qu’un impact limité sur la production d’électricité alors que la précédente grève avait significativement freiné le fonctionnement des centrales nucléaires.

À 12h30, la production hydroélectrique s’élevait ainsi à 13.276 mégawatts (MW) contre 14.460 MW à la même heure mercredi, tandis que la production nucléaire atteignait 45.555 MW contre 46.736 MW la veille.

Le gouvernement finalise actuellement ses discussions avec la Commission européenne sur une réforme de la régulation du nucléaire français – avec potentiellement un volet sur l’hydroélectricité – qui s’accompagnerait d’une réorganisation d’EDF, connue sous le nom d’Hercule, censée améliorer les capacités d’investissement et de financement du groupe.

Les fédérations syndicales CGT, CFE-CGC, CFDT et FO ont annoncé jeudi avoir écrit à des associations d’élus locaux pour les alerter sur « les dangers cachés » du projet en dénonçant un schéma « bâti en catimini, inspiré des banques d’affaires et soutenu par un État actionnaire sans aucune considération industrielle ou d’intérêt général« .

« Les risques que ce projet de désintégration d’EDF fait peser sur ses missions d’opérateur public, celles d’un service public essentiel, l’électricité, dont certaines relèvent pourtant de la libre administration des collectivités locales garanties par la Constitution de notre République, appellent (…) la mobilisation de tous les élus locaux du pays contre ce projet« , ont-ils estimé dans un communiqué.

Hercule prévoit notamment une séparation entre le parc nucléaire existant d’EDF et une grande partie de ses activités liées aux énergies renouvelables, ainsi qu’une ouverture du capital de ces dernières, ce qui constituerait selon les syndicats un premier pas vers un démantèlement et une privatisation.

Les discussions entre Paris et Bruxelles portent entre autres sur une refonte du mécanisme de fixation du prix de l’électricité nucléaire (Arenh) visant à garantir la couverture des coûts d’EDF tout en préservant les consommateurs de hausses de prix trop importantes.

Des médias ont rapporté ces dernières semaines que le gouvernement pourrait introduire la réorganisation d’EDF dans le projet de loi de la Convention citoyenne pour le climat, qui doit être dévoilé prochainement, ou avoir recours aux ordonnances pour lancer la mise en œuvre du projet.

Par Benjamin Mallet, édité par Blandine Hénault, publié le 10/12/2020 à 12h19

Photo en titre : Le nouveau mouvement de grève des salariés d’EDF contre le projet de réorganisation du groupe était suivi jeudi mais n’entraînait pas de perturbations majeures en matière de production, selon les données fournies par le groupe et par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE. /Photo d’archives/REUTERS/Stéphane Mahé © STEPHANE MAHÉ

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-nouvelle-greve-suivie-contre-hercule-mais-production-peu-affectee.N1038814

LE NUCLÉAIRE CONDUIT LA FRANCE DANS UNE IMPASSE (par Corine Lepage)

Les dirigeants français, comme récemment Emmanuel Macron, vantent l’excellence de la filière nucléaire nationale et son caractère indispensable à notre pays. Sauf que cette rengaine n’a plus lieu d’être, pour l’autrice de cette tribune, qui explique en quoi le nucléaire, aujourd’hui, empêche la France de mener une politique énergétique ambitieuse.

Le président de la République a très récemment affirmé qu’il avait besoin du nucléaire. C’est possible mais la France, elle, doit faire en sorte de ne plus en avoir besoin, et ce pour une série de raisons, qui sont d’abord d’ordre financier et économique.

Tout d’abord, un paradoxe : plus la facture est élevée, plus le retard de Flamanville [EDF y construit un réacteur nucléaire de type EPR, dont la facture explose à mesure que s’accumulent les difficultés du chantier]– s’allonge, plus les recommandations de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) deviennent sévères et plus le lobby nucléaire s’active, non pas pour répondre aux critiques qui sont faites, mais pour vanter un projet devenu totalement virtuel et irréaliste : celui d’une France championne du monde du nucléaire, championne du monde de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, indépendante énergétiquement et dotée de l’énergie la moins chère du monde ; et, enfin, il n’y a aucun problème de sécurité et de sûreté. TOUT EST FAUX.

Nous avons été mais nous ne sommes plus depuis longtemps des champions du monde et, on peut le regretter, nous avons perdu notre savoir-faire, d’où la catastrophe financière et technologique de la filière nucléaire, vitrine d’une perte de compétences françaises ;

Nous ne sommes pas le champion du monde de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Conseil d’État a rappelé, dans un arrêt qualifié de « tsunami juridique », le fait que nous n’étions pas dans les clous pour la période 2015-2020 et que l’État avait trois mois pour justifier qu’il l’était pour la période postérieure. La vérité est que nous faisons du surplace et que notre folie hexagonale à maintenir un nucléaire à très haut niveau a pour conséquence inévitable de nous condamner à ne pas pouvoir respecter nos engagements climatiques. On reviendra sur ce point ci-dessous ;

Le nucléaire ne signifie pas l’indépendance nationale. Du reste, l’Allemagne ne compte pas le nucléaire au rang des énergies « indépendantes ». Aller chercher l’uranium au Niger ou au Mali n’est pas sans conséquence ; seuls, le vent, le soleil et l’eau, y compris de mer, nous donnent l’indépendance énergétique ;

L’énergie la moins chère du monde parce que payée au départ par le contribuable devient la plus chère du monde. Non seulement les coûts initiaux du nucléaire n’intègrent pas la totalité du cycle, qui selon la Cour des Comptes donnerait un coût de l’ordre de six centimes du kilowatt-heure, mais aussi, les coûts du nouveau nucléaire, qu’il s’agisse du nucléaire ancien après l’opération de « grand carénage » ou du nucléaire EPR, sont près de 0,10 € du kilowatt-heure pour le premier et de l’ordre de 0,12 € pour le second. Dans le même temps, le coût du solaire a baissé de 75 % et continue à baisser, pour arriver, dans les pays très ensoleillés, à un ou deux centimes du kilowatt-heure et, dans nos contrées, à cinq centimes. Idem pour l’éolien terrestre, l’éolien marin restant beaucoup plus cher. La massification des renouvelables grâce à l’autoconsommation collective, à l’utilisation de tous les toits agricoles et des grandes surfaces, à l’utilisation de la biomasse présente le triple avantage d’assurer le développement des territoires, de leur garantir des revenus et d’abaisser considérablement les coûts. Mais, la décentralisation énergétique est incompatible avec 56 réacteurs nucléaires pour toute la France, qui assurent une totale centralisation ; (NDLR : d’autant plus que ces réacteurs sont réunis sur seulement 19 sites !)

Enfin, la sécurité et la sûreté deviennent un réel problème, que le dérèglement climatique accroît. En effet, la pénurie d’eau contraint à réduire voire à arrêter le fonctionnement des centrales, comme celle de Chooz, entre autres, cet été. Le plus grave est sans doute la mise à l’arrêt d’un certain nombre d’installations pour des raisons de sûreté à la demande de l’ASN et pas seulement pour assurer les opérations d’entretien indispensables qui n’auraient pas pu être mis en œuvre pendant le confinement. Ainsi, la récente communication de l’ASN devrait faire réfléchir nos décideurs. Elle affirmait que la prolongation au-delà de 40 ans des centrales nucléaires n’allait pas d’elle-même et qu’un examen approfondi nécessitant des investissements considérables serait indispensable. Est-il vraiment raisonnable d’investir entre 50 milliards et 100 milliards d’euros pour mettre à niveau notre parc de 56 réacteurs plutôt que d’investir cette somme, ou une partie d’entre elle, pour accélérer la massification du développement du renouvelable et investir dans la sobriété énergétique ?

Des objectifs climatiques contrecarrés par le nucléaire

En réalité, les choix actuels vont se révéler totalement contre-productifs, et ce dans tous les domaines :

. La sécurité d’approvisionnement énergétique grâce au nucléaire est remise en cause du fait de la non-disponibilité de nos centrales (près de la moitié du parc a été arrêté cet été), non-disponibilité qui va s’accroître en raison de la chaleur croissante et des coûts immenses de mise à niveau. Comme dans le même temps l’État a tout fait pour bloquer le développement du renouvelable (par des mesures réglementaires, par des coûts astronomiques, par des problèmes de raccordement, etc.), rien n’est prêt pour monter en puissance et contrebalancer la baisse inéluctable du nucléaire. Ce n’est pas seulement dû aux engagements du président Macron de réduire la part du nucléaire pour l’année 2035, année dont nous savons d’ores et déjà qu’elle ne verra plus sa présidence. C’est contre-productif ;

. Une énergie relativement bon marché pour doper l’économie française est désormais hors de portée. Certes, l’efficacité et la sobriété énergétique conduisent à avoir des prix relativement élevés de l’énergie mais, le coût de revient et le prix de vente sont des notions différentes et les efforts développés pour rendre les énergies renouvelables difficiles d’accès et les plus chères possibles, nous pénalisent doublement. Les investissements massifs qu’EDF doit faire et dont il ne dispose pas oblige à des acrobaties juridico-financières compte tenu des règles européennes et fait reposer sur le contribuable, en définitive, le coût non seulement de la mise à niveau indispensable depuis Fukushima (soit dix ans de retard ) mais aussi du financement de nouveaux réacteurs vers lesquelles la folie nucléocratique semble vouloir nous orienter. Rappelons simplement que le coût de Flamanville serait désormais compris entre 16 et 19 milliards d’euros ! Soit la facture énergétique la plus chère du monde ;

. Un retard industriel et territorial incontestable dans les énergies renouvelables. Nous n’avons pas de filière d’énergie renouvelable puissante comme l’ont nos voisins allemands ou espagnols ou encore nordiques. D’autre part, nous sommes très en retard, de telle sorte que les économies d’échelle sont difficiles à réaliser et que les territoires n’ont pas pu tirer jusqu’à présent tous les avantages qu’ils auraient pu tirer du développement économique énergétique. Ainsi, alors que nos voisins commencent à dépasser le stade de 50 % d’énergies renouvelables dans leur électricité (comme l’Allemagne, qui a réduit la part du charbon et du lignite à 25 % — une division par deux), nous n’avons même pas atteint les 20 %, soit trois points de moins que nos engagements communautaires pour 2020 et sommes pour le moment totalement hors course pour 2030. Ainsi, nous avons perdu sur les plans économique, industriel et financier ;

. L’impossibilité d’atteindre nos objectifs de réduction des émissions des effets de serre est largement due au nucléaire. En effet, si le bilan de départ français était effectivement bon et meilleur que celui de nos voisins, notre addiction à l’énergie nucléaire et les coûts pharaoniques qu’elle génère ont non seulement interdit le développement du renouvelable, dont le bilan énergétique est bien meilleur, mais, surtout, elle a privé de financement la politique de sobriété et d’efficacité énergétique. De plus, la fragilité actuelle du système nucléaire impose, lors des pics de consommation, d’utiliser des sources très carbonées et d’importer alors même que le choix du chauffage électrique fait que la France est à l’origine de 50 % des pics de consommation européens lorsqu’il fait froid ;

. Des difficultés communautaires inévitables, en particulier avec l’Allemagne. La France se bat pour que le nucléaire bénéficie des avantages financiers du renouvelable, ce qui est évidemment inconcevable et refusé par nos voisins. Mais, pour défendre le nucléaire, nous sommes dans l’obligation d’abandonner la défense d’autres d’intérêts qui seraient beaucoup plus fondamentaux pour l’avenir. De plus, la politique en ciseaux [1], qui nous écarte de plus en plus de l’Allemagne, est lourde de conséquences. Certes, on peut continuer à essayer de faire croire à nos concitoyens que les choix allemands sont stupides et que l’abandon du nucléaire outre-Rhin a favorisé le charbon. Les toutes prochaines années démontreront que, non seulement, l’Allemagne s’est dotée d’une industrie du renouvelable efficace, qu’elle dépasse largement ses objectifs en matière d’énergies renouvelables mais que le programme d’abandon du charbon est une réalité, le débat portant actuellement sur la rapidité de cet abandon. L’isolement de la France en Europe occidentale va peser sur la politique énergétique de l’Union européenne parce que tous nos voisins ont abandonné l’énergie nucléaire et que le Brexit ajoute des difficultés aux conséquences notamment financières d’Hinckley Point [où EDF construit deux EPR]).

En définitive, non seulement les prétendus avantages du nucléaire n’existent pas mais, surtout, les objectifs qui sont les nôtres dans le cadre de notre besoin de développement économique compatible avec l’épuisement des ressources et la priorité à la lutte contre le dérèglement climatique sont contrecarrés par le nucléaire.

Jusqu’où ira l’aveuglement des décideurs actuels qui ne tiennent que par les politiques de désinformation qu’ils utilisent !

[1] L’Allemagne sortira du nucléaire en 2022 et dépasse d’ores et déjà les 50 % d’électricité d’origine renouvelable dans son mix électrique ; la France a choisi de rester plus longtemps dans le nucléaire (2035 au lieu de 2025 (NDLR : pour réduire d’environ 1/3 seulement) et, avec l’EPR, de continuer tout le XXIe siècle. Dans le même temps, le renouvelable ne progresse pas.

Par Corinne Lepage, publié le 10 décembre 2020

Corinne Lepage est présidente de Cap21/Le Rassemblement citoyen ancienne ministre de l’Environnement et avocate.

https://reporterre.net/Le-nucleaire-conduit-la-France-dans-une-impasse

SORTIR DU NUCLÉAIRE BUGEY ET COORDINATION RETRAIT LOI SÉCURITÉ GLOBALE

Après échange au sein du CA de Sortir Du Nucléaire Bugey (SDN Bugey), une majorité s’est dégagée pour décider de joindre notre association à la coordination de l’Ain contre la loi sécurité globale.

SDN Bugey, association antinucléaire, veut s’opposer à ce projet de loi ainsi qu’aux trois décrets relatifs aux trois fichiers de « sécurité publique » (PASP, GIPASP et EASP).

Depuis des années les antinucléaires sont surveillés et assimilés à des « terroristes » !

Ces décrets et cette loi risquent d’accroître les pouvoirs de l’État pour qu’on ne puisse plus exprimer nos critiques et nos oppositions. Pour ce qui concerne SDN Bugey, le flicage est systématique dès qu’on organise la moindre action (contrôle d’identité, convocations, …), mais nous pensons également à nos collègues de Bure qui sont très réprimés (surveillance, gardes à vue, procès, prison, …) pour empêcher toute opposition au projet CIGÉO d’enfouissement des déchets très radioactifs pour des milliers, voire des millions d’années.

Nous vous laissons méditer les paroles de notre président de la  République, hier au Creusot : « Notre avenir économique et industriel passe également par le nucléaire. Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire !« 

MOBILISONS-NOUS !

Le CA de SDN-BUGEY

Publié le 10 décembre 2020

QUEL EST L’ASMPA, CE MISSILE PORTÉ PAR LES RAFALE QUI ASSURE LA DISSUASION NUCLÉAIRE FRANÇAISE ?

La France vient de réussir le tir de son missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMPA). MBDA est en charge de la production du vecteur propulsé par un stratoréacteur et le CEA de la charge nucléaire.

Un jour juste après la visite du président de la République Emmanuel Macron à l’usine de Framatome au Creusot (Saône-et-Loire) et son engagement à renforcer la stratégie nucléaire française civile comme militaire, la France vient de réussir le 9 décembre un tir d’essai de son missile stratégique air-sol de moyenne portée amélioré (ASMPA). Ce missile muni d’une tête nucléaire équipe les Rafale des Forces aériennes stratégiques de l’armée de l’Air et de la Force aéronavale nucléaire de la Marine nationale, qui assurent la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française.

Le tir a été réalisé le 9 décembre depuis un Rafale qui avait décollé de la base aérienne 120 de Cazaux. Tout au long de la phase de vol, l’arme a été suivie par les moyens de la DGA (Direction générale de l’armement). « Ce succès marque l’entrée en phase de qualification du missile ASMPA rénové, pré-requis avant sa mise en service dans les forces », précise le communiqué du ministère des Armées.

Une vitesse supersonique

Ce succès est le fruit d’un long investissement de recherche et d’efforts industriels. Il combine essentiellement l’expertise de deux acteurs, d’une part, MBDA comme maître d’œuvre industriel pour le vecteur, et d’autre part, le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) pour la tête nucléaire. Les deux partenaires ont commencé leurs travaux sur le missile air-sol moyenne portée (ASMP) en 1987. En 2009, une version améliorée (ASMPA) est entrée en service en 2009 sur le Mirage 2000N puis sur le Rafale en 2010.

L’atout technologique de l’ASMPA ? Sa propulsion à des vitesses supersoniques grâce à son statoréacteur. « Ce mode de propulsion permet, par rapport à un mode de propulsion fusée, de réduire considérablement l’encombrement et la masse du missile pour une portée et une charge utile données. Il permet au missile de couvrir un vaste domaine de vol à des vitesses très largement supersoniques », précise la DGA. C’est un savoir-faire maîtrisé et amélioré depuis quarante ans par les forces françaises. Le bon fonctionnement de la charge thermonucléaire est assuré par la simulation.

Un remplaçant en 2035

Le futur du missile ASMPA est déjà engagé. En 2023, il bénéficiera d’une rénovation à mi-vie afin d’améliorer sa capacité de pénétration des défenses anti-missiles adverses. Son remplaçant est déjà à l’étude. En 2035, le missile actuel laissera place à l’ASN4G (Air-Sol Nucléaire de 4ème génération), présenté par les armées comme « une véritable  rupture technologique à même de pénétrer les défenses adverses les plus évoluées ». D’ores et déjà, il est prévu que l’ASN4G soit compatible avec le successeur du Rafale, le Next Generation Figther construit en coopération avec l’Allemagne et l’Espagne dans le cadre du programme SCAF, système de combat aérien du futur. Il sera également équipé de la technologie du statoréacteur.

La France consacre une part importante de son budget militaire à la dissuasion nucléaire. Sur la période 2019-2023, cet effort s’élèvera à environ 25 milliards d’euros afin de permettre d’engager le renouvellement de ses deux composantes, aéroportée et océanique.

Par Hassan Meddah , publié le 09/12/2020 à 20h00, mis à jour le 10/12/2020 à 10h52

Photo en titre : Les Rafale équipés du missile ASMPA (air-sol moyenne portée amélioré), assurent la mission de dissuasion nucléaire. © C.COSMAO / Dassault Aviation

https://www.usinenouvelle.com/article/quel-est-l-asmpa-ce-missile-porte-par-les-rafale-qui-assure-la-dissuasion-nucleaire-francaise.N1038464

NDLR : Que d’argent et d’intelligence perdus pour fabriquer des engins de mort ! (Qui je l’espère, ne serviront jamais !)

LE KREMLIN S’INQUIÈTE D’UN VOL DANS UN AVION PRÉVU EN CAS DE GUERRE NUCLÉAIRE

(Moscou) – La police russe et le Kremlin ont annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête après le vol d’équipements se trouvant à bord d’un avion militaire prévu pour servir de poste de commandement en cas de conflit atomique.

Agence France-Presse

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a qualifié l’incident de « situation d’urgence » et réclamé des mesures « pour que cela ne se répète pas ».

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur de la région de Rostov-sur-le-Don a confirmé avoir reçu un signalement pour vol sur un aérodrome d’une entreprise de la ville de Taganrog.

Selon les autorités, « plus d’un million de roubles » (17 300 dollars canadiens) de matériel a été volé dans un appareil Iliouchine Il-80 Maxdome, sans plus de précisions sur la nature de l’équipement dérobé.

L’agence de presse russe Interfax, citant une source anonyme, avait précédemment indiqué que du matériel radio avait notamment disparu de l’appareil qui se trouvait depuis début 2019 en réparation.

La chaîne russe REN-TV a affirmé mardi que 12 personnes ont été interrogées par la police, ajoutant que les voleurs avaient laissé derrière eux des empreintes de doigts et de chaussures.

Contactés par l’AFP, le ministère russe de l’Intérieur et l’entreprise publique Beriev, où a eu lieu le vol, n’ont pas souhaité faire de commentaires.

Conçu sur la base du Il-86 dans les années 1980, à l’époque soviétique, le Il-80 doit servir de centre de commandement volant et de refuge pour les hauts responsables, dont le président, en cas de guerre nucléaire.

Censé pouvoir résister à une onde de choc atomique, l’appareil est dépourvu de hublots et ne compte de vitres que dans son cockpit.

Selon plusieurs médias, la Russie possède seulement quatre de ces appareils. Surnommés « avions du jugement dernier », ils ont comme équivalents aux États-Unis le E-4B Nightwatch, construit par Boeing.

Les Américains ont aussi leur « avion du jugement dernier » le Boeing E-4B Nightwatch, qui embarquerait le président et l’état-major américains en cas de guerre nucléaire.

L’expert militaire russe Pavel Felgenhauer estime que la recherche de métaux précieux contenus dans ces équipements serait « le motif le plus probable » du vol.

« Il y a toute une économie souterraine d’extraction d’or et d’argent de vieux équipements soviétiques », pointe-t-il auprès de l’AFP, affirmant « ne pas être sûr » que cet appareil puisse être utilisé à nouveau, étant donné son ancienneté.

Un autre expert, Mikhaïl Khodarenok, a affirmé lui sur le site d’information Gazeta.ru que cet incident pourrait être dangereux, car il constitue « une fuite d’informations hautement confidentielles ».

Spécialiste des questions militaires à l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, Vassili Kachine soutient pour sa part que « des têtes vont tomber » après ce vol, mais qu’il ne faut pas exagérer la disparition de « vieilles ferrailles soviétiques ».

En octobre, une source dans l’industrie aéronautique avait indiqué à l’agence TASS qu’il était prévu que les Il-80 soient remplacés prochainement par des Il-96-400 m du même constructeur.

Publié le 9 décembre 2020 à 12h45

Pour voir la vidéo (1mn 24s), cliquer sur: https://www.lapresse.ca/international/europe/2020-12-09/le-kremlin-s-inquiete-d-un-vol-dans-un-avion-prevu-en-cas-de-guerre-nucleaire.php#

GRÈVE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : LES SYNDICATS EDF À L’UNISSON CE JEUDI CONTRE LE PROJET HERCULE

Opposés au projet Hercule visant au démantèlement du groupe EDF, les six syndicats représentants les 800 agents de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) appellent à la grève, ce jeudi. Une intersyndicale « historique » qui promet une forte mobilisation. Il y a quinze jours déjà plus de 50% des agents avaient levé le pied.

De la CFDT à la CGT, en passant par Sud Énergie jusqu’à l’UNSA… Les six syndicats des agents EDF de la centrale nucléaire de Golfech seront unis comme un seul homme pour s’opposer au projet Hercule visant « à démanteler le parc EDF« , ce jeudi 10 décembre dans la matinée. De mémoire de syndicalistes, « on n’a pas vu d’intersyndicale sur la centrale depuis des années« , assure Nicolas Baudoux qui, avec ces collègues de la CGT énergie, sont mobilisés depuis des mois contre cette réforme. « Ce qui se joue là, certifie N. Baudoux, c’est la vente pure et simple au privé des barrages d’EDF« .

Les syndicats boycottent les commissions du Cnpe de Golfech

Le 26 novembre déjà lors d’une première journée de grève, plus de la moitié des 800 agents de la centrale ont répondu présent. Une mobilisation conséquente qui devrait être encore plus suivie jeudi alors même que les syndicats du Cnpe de Golfech ont demandé des comptes au nouveau directeur, Cyril Hisbacq, ce mardi lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire. « Il (le directeur, ndlr) a botté en touche lorsque nous lui avons demandé de se positionner contre ce projet qu’il soutient dans tous les services depuis son arrivée cet été« , indique le syndicaliste cégétiste confirmant que toutes les organisations syndicales (OS) ont appelé au boycott des commissions du Cnpe de Golfech. Jointe, la direction n’a pas souhaité commenter.

Unanimité contre…

Cette vente de la filière hydroélectrique d’EDF que déplorent aussi dans une rare unanimité les principales formations politiques à l’Assemblée nationale, mardi au cours d’une conférence de presse, est aussi pour ces élus une perte de souveraineté de la France sur le secteur stratégique de l’énergie. « Cela va être une aubaine pour l’actionnariat« , tempête N. Baudoux qui voit aussi derrière ce « dépeçage » d’EDF un moyen pour l’État de réduire à sa guise la part du nucléaire dans la production nationale. « L’État va avoir plus de pouvoir de décision et la possibilité de fermer certaines centrales nucléaires sans que cela passe en commission« , garantit l’agent EDF. L’enjeu, pour l’État, « c’est de descendre à 50 % de la production d’origine nucléaire alors qu’aujourd’hui, nous sommes à 74 %« . Plus prosaïquement, cet éclatement du fleuron de l’énergie française en trois branches (1), aura aussi des conséquences pour les agents comme « la remise en cause des contrats » ou encore « une mobilité réduite« .

(1) Trois filiales ainsi composées « EDF bleu » public, comprenant notamment le nucléaire, un « EDF vert« , coté en Bourse, incluant les renouvelables et une filiale EDF « Azur » pourrait aussi être créée pour les actifs hydroélectriques.

Par Max Lagarrigue, publié le 09/12/2020 à 17h27, mis à jour le 10/12/2020 à 09h55

Photo en titre : Ce jeudi à Golfech, les six syndicats de la centrale nucléaire appellent à la mobilisation contre le projet Hercule. Photo DDM, archives

https://www.ladepeche.fr/2020/12/09/greve-a-la-centrale-nucleaire-de-golfech-les-syndicats-edf-a-lunissons-ce-jeudi-contre-le-projet-hercule-9247971.php

COMMUNIQUÉ DES ASSOCIATIONS ET ÉLU-ES ANTINUCLÉAIRES ET CRITIQUES MEMBRES DE LA CLI DE FLAMANVILLE, ACRO, CREPAN, CRILAN, EELV, ET GREENPEACE

Protestation collective contre le démarrage partiel de l’EPR, le transport de combustible et les essais avec des gaz radioactifs.

Dans le cadre de l’autorisation de démarrage partiel de l’EPR donnée par l’ASN, et avant l’hypothétique deuxième transport de combustible destiné à charger le réacteur de l’EPR, les associations et les élus antinucléaires siégeant à la Commission Locale d’Information de Flamanville (CLI), protestent contre l’obstination d’EDF et donc de l’État, à vouloir démarrer coûte que coûte ce réacteur calamiteux.

Rien ne justifie cette précipitation, alors que le réacteur ne pourra pas démarrer avant 2022 dans le meilleur des cas. Des recours juridiques sont toujours en attente de décision. Ils concernent les nombreuses malfaçons et deux décrets dérogatoires à l’esprit de la loi, prolongeant l’autorisation de la construction qui aurait dû être achevée en 2017 au plus tard.

Pour rappel, l’autorisation était limitée à 10 ans (de 2007 à 2017) afin de permettre une réévaluation du projet tant pour des raisons technologiques que financières, ce qui aurait pu changer les conditions pour obtenir ou non une nouvelle autorisation. D’ailleurs, c’est bien ce qui se serait passé, après les dérives constatées et le coût du kWh issu des énergies renouvelables à présent meilleur marché que le kWh provenant du nucléaire.

Pour EDF, l’une des justifications inavouables de ces transports est bien d’exercer une pression sur les autorités pour rendre le démarrage inéluctable une fois le réacteur chargé. Or un nouvel évènement est intervenu dimanche 6 décembre avec la révélation par Greenpeace et Médiapart de documents confidentiels en circulation et relatifs à la sécurité du site. L’EPR est donc touché au cœur de sa sûreté et de sa sécurité.

Tout cela, nos organisations ne peuvent pas l’accepter. C’est pourquoi certaines de nos associations viennent d’engager un référé auprès du Conseil d’État pour demander la suspension puis l’annulation de l’autorisation de démarrage partiel de l’EPR, du transport du combustible et des essais avec des gaz radioactifs. À défaut de décision favorable nous donnerons rendez-vous à la population sur le parcours du combustible pour exprimer notre refus face à cette dangereuse fuite en avant.

Publié le 9 décembre 2020

http://crilan.fr/wp-content/uploads/2020/12/Communique%CC%81-de-presse-des-associations-et-e%CC%81lus-antinucle%CC%81aires-sie%CC%81geant-a%CC%80-la-CLI-de-Flamanville-V2.pdf

MACRON DÉCLARE SA FLAMME AU NUCLÉAIRE MAIS QUE FAIT-IL DES DÉCHETS ?!

Communiqué Bure stop 55, Cedra 52, Eodra:

Macron se proclamant champion de l’écologie, champion de la lutte contre le réchauffement climatique et… champion du nucléaire. Toujours plus fort, le triple langage présidentiel ferait sourire si l’enjeu n’était aussi grave.

Les collectifs BURESTOP55, CEDRA52 et EODRA dénoncent ce passage en force insupportable : embourber toujours plus le pays sur une voie dangereuse et dépassée, d’autant que la question des déchets radioactifs n’est pas réglée.

« Je crois dans l’écologie, je suis pour qu’on soit parmi les champions de la lutte contre le réchauffement climatique. Si on veut être meilleur encore, cela veut dire qu’on doit être meilleur encore sur le nucléaire ». (Brut, vendredi 4 décembre 2020)

« Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire » (AFP, 8/12 2020)

Les milliers de tonnes de déchets radioactifs ingérables : qu’en faites-vous M. Macron ?

Engager un nouveau programme électronucléaire –civil et militaire !– en faisant l’impasse sur une problématique majeure et non réglée, celle du devenir des déchets relève de l’escroquerie. Pourquoi un tel silence -coupable- du côté de la ministre de la Transition écologique et de nombreux élus régionaux et nationaux ?

Extraction du combustible, fonctionnement des réacteurs, opération de retraitement (fabrication du combustible mox), démantèlement des centrales, ces étapes génèrent :

– des milliers de m3 de déchets à faible activité et vie courte (TFA et FAC) qui sillonnent chaque jour la France pour rejoindre des centres d’entreposage en limite de saturation et qui soulèvent des questions côté rejets,

– des milliers de m3 de déchets à faible activité et à vie longue (FAVL) en attente de lieu de stockage (dossier d’options de sûreté du projet attendu pour 2023)

– des milliers de m3 de déchets dits de haute et moyenne activité à vie longue (HA-MA VL) destinés au stockage géologique à Bure, le dossier d’options de sûreté du projet Cigéo de 2018 ayant pourtant révélé des incertitudes technologiques et financières majeures…

Quid du bilan « décarboné » du projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo, qui nécessiterait des milliers de tonnes de béton* et serait un gouffre énergétique sans équivalent à ce jour, tant pour sa construction que pour son exploitation ?

Ils sont où, M. Macron, les milliards nécessaires à démanteler les centrales nucléaires, à parsemer la France de dépotoirs atomiques, à lancer le méga-chantier de Cigéo et à payer 6 nouveaux réacteurs EPR, si ce n’est dans notre poche à tous mais aussi dans celle de nos enfants et de dizaines de générations à venir ?

Jouer le VRP d’une filière industrielle en quasi faillite et en perte d’activité dans le reste du monde du nucléaire, est-ce le rôle du pouvoir exécutif ? Faire du nucléaire une énergie propre, décarbonée et indispensable est un mensonge éhonté, au service de qui ? La farce du nucléaire « écolo » est le cheval de Troie d’intérêts financiers discutables, qui malheureusement gouvernent dans l’ombre ce pays.

Encore une fois l’avis de la population, pourtant de plus en plus consciente des dangers du nucléaire et du défi que représente le changement de cap énergétique et sociétal, ne compte pas. Tout comme celui des meusiens et haut-marnais dont le territoire pourrait bien être condamné à jamais lourdement en se voyant imposer Cigéo, projet explosif et infinançable.

Le legs pour les générations à venir est effroyable, tant environnemental que financier. Pouvons-nous laisser faire cela ?

* CHIFFRES CLÉS ANDRA :

Le volume global de béton nécessaire sur toute la durée de vie de Cigéo serait de l’ordre de 6 millions de m 3; la quantité totale de ciment consommée serait d’environ 2,25 millions de tonnes; la quantité totale de sable consommée serait de 3,4 millions de tonnes; la quantité totale de gravier consommée serait 4,4 millions de tonnes, la quantité totale d’acier consommée serait de plus de 200 000 tonnes.

  • Sur 2031-2036, les besoins en électricité de Cigéo sont estimés à 724 mégawatts heure en moyenne par jour (soit l’équivalent de la consommation moyenne d’environ 56 000 foyers français de trois personnes sur une journée).
  • Sur la période 2102-2146, les besoins en électricité de Cigéo sont estimés à 822 mégawatts heure en moyenne par jour (soit l’équivalent de la consommation moyenne de plus de 63 000 foyers français de 3 personnes sur une journée).

Publié le 9 décembre 2020

https://cedra52.jimdofree.com/2020/12/09/macron-veut-encore-du-nucl%C3%A9aire-mais-que-fait-il-des-d%C3%A9chets/

NOGENT-SUR-SEINE : INDISPONIBILITÉ PARTIELLE DU SYSTÈME D’ASPERSION DANS L’ENCEINTE DE CONFINEMENT DU RÉACTEUR 2

Le 1er décembre 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité d’une des deux voies du système d’aspersion dans l’enceinte de confinement du réacteur 2.

Le circuit d’aspersion dans l’enceinte (EAS) est un système de sauvegarde, constitué de deux voies redondantes, qui pulvérise de l’eau contenant de la soude, en cas d’accident dans l’enceinte du réacteur, afin d’y diminuer la pression et la température et de diminuer la quantité d’iode radioactif sous forme de gaz. Cette eau est ensuite pompée depuis le fond du bâtiment constituant l’enceinte du réacteur, refroidie et réutilisée pour l’aspersion. Ce refroidissement est effectué au moyen de deux échangeurs (un par voie). En cas de brèche du circuit primaire, le circuit EAS permet également de récupérer le fluide primaire au fond de l’enceinte pour le réinjecter.

Le 24 novembre 2020, à l’occasion d’un essai de bon fonctionnement, l’exploitant a constaté que le débit dans l’un des échangeurs était inférieur au débit minimum prescrit par les règles générales d’exploitation, ce qui rendait la voie concernée inapte à remplir sa fonction en cas de situation d’accident. Selon les premières analyses menées par EDF, un diaphragme de mauvais diamètre a été monté dans le circuit de cet échangeur à l’occasion des travaux réalisés en mai 2020 sur le réacteur 2, lors de son arrêt pour visite décennale.

Le second échangeur est resté disponible et permettait, à lui seul, de remplir la fonction de refroidissement attendue en cas d’accident.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois il a affecté les fonctions de sûreté liées au confinement et au refroidissement du réacteur en situation accidentelle. Au regard de sa détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès la découverte du défaut, le diaphragme concerné a été remplacé et un nouvel essai a permis de valider le critère de débit attendu.

Publié le 08/12/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-partielle-du-systeme-d-aspersion-dans-l-enceinte-de-confinement-du-reacteur-2

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON : LES AGENTS EN COLÈRE VONT DÉFILER

À la centrale nucléaire de Chinon, les tensions autour du projet Hercule ne faiblissent pas. Une nouvelle manifestation doit avoir lieu ce jeudi 10 décembre à l’appel des quatre organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC et FO), alors qu’une commission locale d’information (Cli) se réunira dans le même temps avec des élus du département et un représentant de l’État.

À l’entrée nord du CNPE la semaine dernière, la manifestation se déroulera cette fois-ci dans Avoine, avec un défilé dès 13 h depuis le Lac Mousseau jusqu’à la salle des fêtes de la commune, devant laquelle aura lieu un rassemblement.

Publié le 09/12/2020 à 06h25

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/avoine/centrale-nucleaire-les-agents-en-colere-vont-defiler

NUCLÉAIRE : L’IRAN PRÊT À REVENIR «À TOUT MOMENT» À SES ENGAGEMENTS

L’Iran est prêt à revenir «à tout moment» au respect complet des engagements qu’il a pris devant la communauté internationale sur ses activités nucléaires, a déclaré le président iranien, Hassan Rohani, mercredi 9 décembre.

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