CRISE SANITAIRE ET APPROVISIONNEMENT ÉLECTRIQUE DE L’HIVER 2020-2021 : LES PRÉVISIONS DE RTE

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) a prévenu que la « vigilance » serait de mise en cas de vague de froid, la crise sanitaire ayant perturbé la maintenance des réacteurs nucléaires réalisée au printemps 2020.

Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) a publié son étude annuelle(nouvelle fenêtre) sur la sécurité d’approvisionnement électrique pour l’hiver 2020-2021, le 19 novembre 2020. Le ministère de la transition écologique a pour sa part présenté des recommandations(nouvelle fenêtre) pour faire face à des tensions sur l’approvisionnement électrique en cas de vague de froid significativement plus importante que la normale saisonnière.

L’impact de la crise sanitaire sur la production et la consommation d’électricité en 2020

La crise sanitaire et le premier confinement ont contraint de décaler les opérations de maintenance des centrales nucléaires qui ont lieu, en principe, au printemps. Le calendrier de maintenance des centrales nucléaires a dû être adapté tout en maximisant la disponibilité du parc électrique au cours de l’hiver 2020-2021.

Une première analyse des répercussions de la crise sanitaire sur l’approvisionnement électrique a été faite par RTE le 11 juin. Cette analyse a mis en évidence une diminution importante de la consommation d’électricité au cours du premier semestre 2020 mais surtout un risque accru de tension sur le marché de l’électricité durant l’hiver 2020-2021. L’analyse actualisée en novembre montre que durant l’été et lors des débuts du deuxième confinement, la consommation est demeurée en retrait d’environ 3 à 4 points par rapport à une année normale (soit environ -5%). En outre, selon RTE, le programme de maintenance des réacteurs se serait déroulé de manière « satisfaisante« , d’où une légère réévaluation à la hausse de la disponibilité attendue du parc nucléaire tout en conservant un principe de prudence.

L’approvisionnement en électricité demeure toujours sous « vigilance particulière« 

Malgré les reprogrammations décidées par EDF pour maximiser la disponibilité du parc à l’hiver, RTE appelle à une vigilance particulière au respect de l’équilibre entre la consommation et la production d’électricité pour cet hiver. 

RTE souligne dans son communiqué du 19 novembre 2020(nouvelle fenêtre) que 13 réacteurs nucléaires devront être arrêtés fin février, à la suite du report des programmes de maintenance. En cas de températures comprises entre 2 et 7° en-dessous des normales pendant plusieurs jours consécutifs en janvier et février, la France risque de connaître des difficultés d’approvisionnement en électricité.

Dans son communiqué du 2 décembre, le ministère de la transition écologique précise qu’en cas de tension forte entre l’offre et la demande, plusieurs mesures peuvent être envisagées :

  • arrêt ponctuel, volontaire et contractualisé de la consommation d’industriels gros consommateurs d’électricité ;
  • baisse légère de la tension sur le réseau de distribution ;
  • coupures locales, planifiées et limitées dans le temps. Ces coupures peuvent durer jusqu’à deux heures consécutives, généralement pendant les périodes de pointe de consommation du matin et du soir. Les coupures ne sont envisagées qu’en dernier recours.

Par La Rédaction, publié le 10 décembre 2020 à 08h54

Photo en titre : Il y a un risque « sensiblement plus élevé que les années passées » de février à début mars 2021, estime RTE. Notamment dû aux 13 réacteurs du parc nucléaire qui devront être arrêtés fin février pour maintenance. © altonphoto – stock.adobe.com

https://www.vie-publique.fr/en-bref/277628-crise-sanitaire-production-delectricite-2020-2021-les-previsions-rte

NDLR : l’hyper centralisation de la production électrique nucléaire (18 sites seulement) rend le système hyper sensible alors qu’un système décentralisé de production renouvelable et de stockage de l’énergie bien dimensionné ne serait pas aussi fragile.

EDF: LE 10, NOUVELLE GRÈVE SUIVIE CONTRE HERCULE MAIS PRODUCTION PEU AFFECTÉE

PARIS (Reuters) – Le nouveau mouvement de grève des salariés d’EDF contre le projet de réorganisation du groupe était suivi jeudi mais n’entraînait pas de perturbations majeures en matière de production, selon les données fournies par le groupe et par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE.

Selon un décompte communiqué par EDF, le taux de grévistes s’établissait à environ 27% à la mi-journée contre 23% au même moment le 26 novembre, lors de la précédente journée de grève. La CGT évoquait pour sa part un taux de grévistes de 41% de l’effectif présent et de 36% de l’effectif total.

Selon les données compilées par RTE https://www.rte-france.com/eco2mix/la-production-delectricite-par-filiere#, le mouvement n’avait dans le même temps qu’un impact limité sur la production d’électricité alors que la précédente grève avait significativement freiné le fonctionnement des centrales nucléaires.

À 12h30, la production hydroélectrique s’élevait ainsi à 13.276 mégawatts (MW) contre 14.460 MW à la même heure mercredi, tandis que la production nucléaire atteignait 45.555 MW contre 46.736 MW la veille.

Le gouvernement finalise actuellement ses discussions avec la Commission européenne sur une réforme de la régulation du nucléaire français – avec potentiellement un volet sur l’hydroélectricité – qui s’accompagnerait d’une réorganisation d’EDF, connue sous le nom d’Hercule, censée améliorer les capacités d’investissement et de financement du groupe.

Les fédérations syndicales CGT, CFE-CGC, CFDT et FO ont annoncé jeudi avoir écrit à des associations d’élus locaux pour les alerter sur « les dangers cachés » du projet en dénonçant un schéma « bâti en catimini, inspiré des banques d’affaires et soutenu par un État actionnaire sans aucune considération industrielle ou d’intérêt général« .

« Les risques que ce projet de désintégration d’EDF fait peser sur ses missions d’opérateur public, celles d’un service public essentiel, l’électricité, dont certaines relèvent pourtant de la libre administration des collectivités locales garanties par la Constitution de notre République, appellent (…) la mobilisation de tous les élus locaux du pays contre ce projet« , ont-ils estimé dans un communiqué.

Hercule prévoit notamment une séparation entre le parc nucléaire existant d’EDF et une grande partie de ses activités liées aux énergies renouvelables, ainsi qu’une ouverture du capital de ces dernières, ce qui constituerait selon les syndicats un premier pas vers un démantèlement et une privatisation.

Les discussions entre Paris et Bruxelles portent entre autres sur une refonte du mécanisme de fixation du prix de l’électricité nucléaire (Arenh) visant à garantir la couverture des coûts d’EDF tout en préservant les consommateurs de hausses de prix trop importantes.

Des médias ont rapporté ces dernières semaines que le gouvernement pourrait introduire la réorganisation d’EDF dans le projet de loi de la Convention citoyenne pour le climat, qui doit être dévoilé prochainement, ou avoir recours aux ordonnances pour lancer la mise en œuvre du projet.

Par Benjamin Mallet, édité par Blandine Hénault, publié le 10/12/2020 à 12h19

Photo en titre : Le nouveau mouvement de grève des salariés d’EDF contre le projet de réorganisation du groupe était suivi jeudi mais n’entraînait pas de perturbations majeures en matière de production, selon les données fournies par le groupe et par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE. /Photo d’archives/REUTERS/Stéphane Mahé © STEPHANE MAHÉ

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-nouvelle-greve-suivie-contre-hercule-mais-production-peu-affectee.N1038814

LE NUCLÉAIRE CONDUIT LA FRANCE DANS UNE IMPASSE (par Corine Lepage)

Les dirigeants français, comme récemment Emmanuel Macron, vantent l’excellence de la filière nucléaire nationale et son caractère indispensable à notre pays. Sauf que cette rengaine n’a plus lieu d’être, pour l’autrice de cette tribune, qui explique en quoi le nucléaire, aujourd’hui, empêche la France de mener une politique énergétique ambitieuse.

Le président de la République a très récemment affirmé qu’il avait besoin du nucléaire. C’est possible mais la France, elle, doit faire en sorte de ne plus en avoir besoin, et ce pour une série de raisons, qui sont d’abord d’ordre financier et économique.

Tout d’abord, un paradoxe : plus la facture est élevée, plus le retard de Flamanville [EDF y construit un réacteur nucléaire de type EPR, dont la facture explose à mesure que s’accumulent les difficultés du chantier]– s’allonge, plus les recommandations de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) deviennent sévères et plus le lobby nucléaire s’active, non pas pour répondre aux critiques qui sont faites, mais pour vanter un projet devenu totalement virtuel et irréaliste : celui d’une France championne du monde du nucléaire, championne du monde de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, indépendante énergétiquement et dotée de l’énergie la moins chère du monde ; et, enfin, il n’y a aucun problème de sécurité et de sûreté. TOUT EST FAUX.

Nous avons été mais nous ne sommes plus depuis longtemps des champions du monde et, on peut le regretter, nous avons perdu notre savoir-faire, d’où la catastrophe financière et technologique de la filière nucléaire, vitrine d’une perte de compétences françaises ;

Nous ne sommes pas le champion du monde de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le Conseil d’État a rappelé, dans un arrêt qualifié de « tsunami juridique », le fait que nous n’étions pas dans les clous pour la période 2015-2020 et que l’État avait trois mois pour justifier qu’il l’était pour la période postérieure. La vérité est que nous faisons du surplace et que notre folie hexagonale à maintenir un nucléaire à très haut niveau a pour conséquence inévitable de nous condamner à ne pas pouvoir respecter nos engagements climatiques. On reviendra sur ce point ci-dessous ;

Le nucléaire ne signifie pas l’indépendance nationale. Du reste, l’Allemagne ne compte pas le nucléaire au rang des énergies « indépendantes ». Aller chercher l’uranium au Niger ou au Mali n’est pas sans conséquence ; seuls, le vent, le soleil et l’eau, y compris de mer, nous donnent l’indépendance énergétique ;

L’énergie la moins chère du monde parce que payée au départ par le contribuable devient la plus chère du monde. Non seulement les coûts initiaux du nucléaire n’intègrent pas la totalité du cycle, qui selon la Cour des Comptes donnerait un coût de l’ordre de six centimes du kilowatt-heure, mais aussi, les coûts du nouveau nucléaire, qu’il s’agisse du nucléaire ancien après l’opération de « grand carénage » ou du nucléaire EPR, sont près de 0,10 € du kilowatt-heure pour le premier et de l’ordre de 0,12 € pour le second. Dans le même temps, le coût du solaire a baissé de 75 % et continue à baisser, pour arriver, dans les pays très ensoleillés, à un ou deux centimes du kilowatt-heure et, dans nos contrées, à cinq centimes. Idem pour l’éolien terrestre, l’éolien marin restant beaucoup plus cher. La massification des renouvelables grâce à l’autoconsommation collective, à l’utilisation de tous les toits agricoles et des grandes surfaces, à l’utilisation de la biomasse présente le triple avantage d’assurer le développement des territoires, de leur garantir des revenus et d’abaisser considérablement les coûts. Mais, la décentralisation énergétique est incompatible avec 56 réacteurs nucléaires pour toute la France, qui assurent une totale centralisation ; (NDLR : d’autant plus que ces réacteurs sont réunis sur seulement 19 sites !)

Enfin, la sécurité et la sûreté deviennent un réel problème, que le dérèglement climatique accroît. En effet, la pénurie d’eau contraint à réduire voire à arrêter le fonctionnement des centrales, comme celle de Chooz, entre autres, cet été. Le plus grave est sans doute la mise à l’arrêt d’un certain nombre d’installations pour des raisons de sûreté à la demande de l’ASN et pas seulement pour assurer les opérations d’entretien indispensables qui n’auraient pas pu être mis en œuvre pendant le confinement. Ainsi, la récente communication de l’ASN devrait faire réfléchir nos décideurs. Elle affirmait que la prolongation au-delà de 40 ans des centrales nucléaires n’allait pas d’elle-même et qu’un examen approfondi nécessitant des investissements considérables serait indispensable. Est-il vraiment raisonnable d’investir entre 50 milliards et 100 milliards d’euros pour mettre à niveau notre parc de 56 réacteurs plutôt que d’investir cette somme, ou une partie d’entre elle, pour accélérer la massification du développement du renouvelable et investir dans la sobriété énergétique ?

Des objectifs climatiques contrecarrés par le nucléaire

En réalité, les choix actuels vont se révéler totalement contre-productifs, et ce dans tous les domaines :

. La sécurité d’approvisionnement énergétique grâce au nucléaire est remise en cause du fait de la non-disponibilité de nos centrales (près de la moitié du parc a été arrêté cet été), non-disponibilité qui va s’accroître en raison de la chaleur croissante et des coûts immenses de mise à niveau. Comme dans le même temps l’État a tout fait pour bloquer le développement du renouvelable (par des mesures réglementaires, par des coûts astronomiques, par des problèmes de raccordement, etc.), rien n’est prêt pour monter en puissance et contrebalancer la baisse inéluctable du nucléaire. Ce n’est pas seulement dû aux engagements du président Macron de réduire la part du nucléaire pour l’année 2035, année dont nous savons d’ores et déjà qu’elle ne verra plus sa présidence. C’est contre-productif ;

. Une énergie relativement bon marché pour doper l’économie française est désormais hors de portée. Certes, l’efficacité et la sobriété énergétique conduisent à avoir des prix relativement élevés de l’énergie mais, le coût de revient et le prix de vente sont des notions différentes et les efforts développés pour rendre les énergies renouvelables difficiles d’accès et les plus chères possibles, nous pénalisent doublement. Les investissements massifs qu’EDF doit faire et dont il ne dispose pas oblige à des acrobaties juridico-financières compte tenu des règles européennes et fait reposer sur le contribuable, en définitive, le coût non seulement de la mise à niveau indispensable depuis Fukushima (soit dix ans de retard ) mais aussi du financement de nouveaux réacteurs vers lesquelles la folie nucléocratique semble vouloir nous orienter. Rappelons simplement que le coût de Flamanville serait désormais compris entre 16 et 19 milliards d’euros ! Soit la facture énergétique la plus chère du monde ;

. Un retard industriel et territorial incontestable dans les énergies renouvelables. Nous n’avons pas de filière d’énergie renouvelable puissante comme l’ont nos voisins allemands ou espagnols ou encore nordiques. D’autre part, nous sommes très en retard, de telle sorte que les économies d’échelle sont difficiles à réaliser et que les territoires n’ont pas pu tirer jusqu’à présent tous les avantages qu’ils auraient pu tirer du développement économique énergétique. Ainsi, alors que nos voisins commencent à dépasser le stade de 50 % d’énergies renouvelables dans leur électricité (comme l’Allemagne, qui a réduit la part du charbon et du lignite à 25 % — une division par deux), nous n’avons même pas atteint les 20 %, soit trois points de moins que nos engagements communautaires pour 2020 et sommes pour le moment totalement hors course pour 2030. Ainsi, nous avons perdu sur les plans économique, industriel et financier ;

. L’impossibilité d’atteindre nos objectifs de réduction des émissions des effets de serre est largement due au nucléaire. En effet, si le bilan de départ français était effectivement bon et meilleur que celui de nos voisins, notre addiction à l’énergie nucléaire et les coûts pharaoniques qu’elle génère ont non seulement interdit le développement du renouvelable, dont le bilan énergétique est bien meilleur, mais, surtout, elle a privé de financement la politique de sobriété et d’efficacité énergétique. De plus, la fragilité actuelle du système nucléaire impose, lors des pics de consommation, d’utiliser des sources très carbonées et d’importer alors même que le choix du chauffage électrique fait que la France est à l’origine de 50 % des pics de consommation européens lorsqu’il fait froid ;

. Des difficultés communautaires inévitables, en particulier avec l’Allemagne. La France se bat pour que le nucléaire bénéficie des avantages financiers du renouvelable, ce qui est évidemment inconcevable et refusé par nos voisins. Mais, pour défendre le nucléaire, nous sommes dans l’obligation d’abandonner la défense d’autres d’intérêts qui seraient beaucoup plus fondamentaux pour l’avenir. De plus, la politique en ciseaux [1], qui nous écarte de plus en plus de l’Allemagne, est lourde de conséquences. Certes, on peut continuer à essayer de faire croire à nos concitoyens que les choix allemands sont stupides et que l’abandon du nucléaire outre-Rhin a favorisé le charbon. Les toutes prochaines années démontreront que, non seulement, l’Allemagne s’est dotée d’une industrie du renouvelable efficace, qu’elle dépasse largement ses objectifs en matière d’énergies renouvelables mais que le programme d’abandon du charbon est une réalité, le débat portant actuellement sur la rapidité de cet abandon. L’isolement de la France en Europe occidentale va peser sur la politique énergétique de l’Union européenne parce que tous nos voisins ont abandonné l’énergie nucléaire et que le Brexit ajoute des difficultés aux conséquences notamment financières d’Hinckley Point [où EDF construit deux EPR]).

En définitive, non seulement les prétendus avantages du nucléaire n’existent pas mais, surtout, les objectifs qui sont les nôtres dans le cadre de notre besoin de développement économique compatible avec l’épuisement des ressources et la priorité à la lutte contre le dérèglement climatique sont contrecarrés par le nucléaire.

Jusqu’où ira l’aveuglement des décideurs actuels qui ne tiennent que par les politiques de désinformation qu’ils utilisent !

[1] L’Allemagne sortira du nucléaire en 2022 et dépasse d’ores et déjà les 50 % d’électricité d’origine renouvelable dans son mix électrique ; la France a choisi de rester plus longtemps dans le nucléaire (2035 au lieu de 2025 (NDLR : pour réduire d’environ 1/3 seulement) et, avec l’EPR, de continuer tout le XXIe siècle. Dans le même temps, le renouvelable ne progresse pas.

Par Corinne Lepage, publié le 10 décembre 2020

Corinne Lepage est présidente de Cap21/Le Rassemblement citoyen ancienne ministre de l’Environnement et avocate.

https://reporterre.net/Le-nucleaire-conduit-la-France-dans-une-impasse

SORTIR DU NUCLÉAIRE BUGEY ET COORDINATION RETRAIT LOI SÉCURITÉ GLOBALE

Après échange au sein du CA de Sortir Du Nucléaire Bugey (SDN Bugey), une majorité s’est dégagée pour décider de joindre notre association à la coordination de l’Ain contre la loi sécurité globale.

SDN Bugey, association antinucléaire, veut s’opposer à ce projet de loi ainsi qu’aux trois décrets relatifs aux trois fichiers de « sécurité publique » (PASP, GIPASP et EASP).

Depuis des années les antinucléaires sont surveillés et assimilés à des « terroristes » !

Ces décrets et cette loi risquent d’accroître les pouvoirs de l’État pour qu’on ne puisse plus exprimer nos critiques et nos oppositions. Pour ce qui concerne SDN Bugey, le flicage est systématique dès qu’on organise la moindre action (contrôle d’identité, convocations, …), mais nous pensons également à nos collègues de Bure qui sont très réprimés (surveillance, gardes à vue, procès, prison, …) pour empêcher toute opposition au projet CIGÉO d’enfouissement des déchets très radioactifs pour des milliers, voire des millions d’années.

Nous vous laissons méditer les paroles de notre président de la  République, hier au Creusot : « Notre avenir économique et industriel passe également par le nucléaire. Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire !« 

MOBILISONS-NOUS !

Le CA de SDN-BUGEY

Publié le 10 décembre 2020

QUEL EST L’ASMPA, CE MISSILE PORTÉ PAR LES RAFALE QUI ASSURE LA DISSUASION NUCLÉAIRE FRANÇAISE ?

La France vient de réussir le tir de son missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMPA). MBDA est en charge de la production du vecteur propulsé par un stratoréacteur et le CEA de la charge nucléaire.

Un jour juste après la visite du président de la République Emmanuel Macron à l’usine de Framatome au Creusot (Saône-et-Loire) et son engagement à renforcer la stratégie nucléaire française civile comme militaire, la France vient de réussir le 9 décembre un tir d’essai de son missile stratégique air-sol de moyenne portée amélioré (ASMPA). Ce missile muni d’une tête nucléaire équipe les Rafale des Forces aériennes stratégiques de l’armée de l’Air et de la Force aéronavale nucléaire de la Marine nationale, qui assurent la composante aéroportée de la dissuasion nucléaire française.

Le tir a été réalisé le 9 décembre depuis un Rafale qui avait décollé de la base aérienne 120 de Cazaux. Tout au long de la phase de vol, l’arme a été suivie par les moyens de la DGA (Direction générale de l’armement). « Ce succès marque l’entrée en phase de qualification du missile ASMPA rénové, pré-requis avant sa mise en service dans les forces », précise le communiqué du ministère des Armées.

Une vitesse supersonique

Ce succès est le fruit d’un long investissement de recherche et d’efforts industriels. Il combine essentiellement l’expertise de deux acteurs, d’une part, MBDA comme maître d’œuvre industriel pour le vecteur, et d’autre part, le CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) pour la tête nucléaire. Les deux partenaires ont commencé leurs travaux sur le missile air-sol moyenne portée (ASMP) en 1987. En 2009, une version améliorée (ASMPA) est entrée en service en 2009 sur le Mirage 2000N puis sur le Rafale en 2010.

L’atout technologique de l’ASMPA ? Sa propulsion à des vitesses supersoniques grâce à son statoréacteur. « Ce mode de propulsion permet, par rapport à un mode de propulsion fusée, de réduire considérablement l’encombrement et la masse du missile pour une portée et une charge utile données. Il permet au missile de couvrir un vaste domaine de vol à des vitesses très largement supersoniques », précise la DGA. C’est un savoir-faire maîtrisé et amélioré depuis quarante ans par les forces françaises. Le bon fonctionnement de la charge thermonucléaire est assuré par la simulation.

Un remplaçant en 2035

Le futur du missile ASMPA est déjà engagé. En 2023, il bénéficiera d’une rénovation à mi-vie afin d’améliorer sa capacité de pénétration des défenses anti-missiles adverses. Son remplaçant est déjà à l’étude. En 2035, le missile actuel laissera place à l’ASN4G (Air-Sol Nucléaire de 4ème génération), présenté par les armées comme « une véritable  rupture technologique à même de pénétrer les défenses adverses les plus évoluées ». D’ores et déjà, il est prévu que l’ASN4G soit compatible avec le successeur du Rafale, le Next Generation Figther construit en coopération avec l’Allemagne et l’Espagne dans le cadre du programme SCAF, système de combat aérien du futur. Il sera également équipé de la technologie du statoréacteur.

La France consacre une part importante de son budget militaire à la dissuasion nucléaire. Sur la période 2019-2023, cet effort s’élèvera à environ 25 milliards d’euros afin de permettre d’engager le renouvellement de ses deux composantes, aéroportée et océanique.

Par Hassan Meddah , publié le 09/12/2020 à 20h00, mis à jour le 10/12/2020 à 10h52

Photo en titre : Les Rafale équipés du missile ASMPA (air-sol moyenne portée amélioré), assurent la mission de dissuasion nucléaire. © C.COSMAO / Dassault Aviation

https://www.usinenouvelle.com/article/quel-est-l-asmpa-ce-missile-porte-par-les-rafale-qui-assure-la-dissuasion-nucleaire-francaise.N1038464

NDLR : Que d’argent et d’intelligence perdus pour fabriquer des engins de mort ! (Qui je l’espère, ne serviront jamais !)

LE KREMLIN S’INQUIÈTE D’UN VOL DANS UN AVION PRÉVU EN CAS DE GUERRE NUCLÉAIRE

(Moscou) – La police russe et le Kremlin ont annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête après le vol d’équipements se trouvant à bord d’un avion militaire prévu pour servir de poste de commandement en cas de conflit atomique.

Agence France-Presse

Le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a qualifié l’incident de « situation d’urgence » et réclamé des mesures « pour que cela ne se répète pas ».

Dans un communiqué, le ministère de l’Intérieur de la région de Rostov-sur-le-Don a confirmé avoir reçu un signalement pour vol sur un aérodrome d’une entreprise de la ville de Taganrog.

Selon les autorités, « plus d’un million de roubles » (17 300 dollars canadiens) de matériel a été volé dans un appareil Iliouchine Il-80 Maxdome, sans plus de précisions sur la nature de l’équipement dérobé.

L’agence de presse russe Interfax, citant une source anonyme, avait précédemment indiqué que du matériel radio avait notamment disparu de l’appareil qui se trouvait depuis début 2019 en réparation.

La chaîne russe REN-TV a affirmé mardi que 12 personnes ont été interrogées par la police, ajoutant que les voleurs avaient laissé derrière eux des empreintes de doigts et de chaussures.

Contactés par l’AFP, le ministère russe de l’Intérieur et l’entreprise publique Beriev, où a eu lieu le vol, n’ont pas souhaité faire de commentaires.

Conçu sur la base du Il-86 dans les années 1980, à l’époque soviétique, le Il-80 doit servir de centre de commandement volant et de refuge pour les hauts responsables, dont le président, en cas de guerre nucléaire.

Censé pouvoir résister à une onde de choc atomique, l’appareil est dépourvu de hublots et ne compte de vitres que dans son cockpit.

Selon plusieurs médias, la Russie possède seulement quatre de ces appareils. Surnommés « avions du jugement dernier », ils ont comme équivalents aux États-Unis le E-4B Nightwatch, construit par Boeing.

Les Américains ont aussi leur « avion du jugement dernier » le Boeing E-4B Nightwatch, qui embarquerait le président et l’état-major américains en cas de guerre nucléaire.

L’expert militaire russe Pavel Felgenhauer estime que la recherche de métaux précieux contenus dans ces équipements serait « le motif le plus probable » du vol.

« Il y a toute une économie souterraine d’extraction d’or et d’argent de vieux équipements soviétiques », pointe-t-il auprès de l’AFP, affirmant « ne pas être sûr » que cet appareil puisse être utilisé à nouveau, étant donné son ancienneté.

Un autre expert, Mikhaïl Khodarenok, a affirmé lui sur le site d’information Gazeta.ru que cet incident pourrait être dangereux, car il constitue « une fuite d’informations hautement confidentielles ».

Spécialiste des questions militaires à l’École des hautes études en sciences économiques de Moscou, Vassili Kachine soutient pour sa part que « des têtes vont tomber » après ce vol, mais qu’il ne faut pas exagérer la disparition de « vieilles ferrailles soviétiques ».

En octobre, une source dans l’industrie aéronautique avait indiqué à l’agence TASS qu’il était prévu que les Il-80 soient remplacés prochainement par des Il-96-400 m du même constructeur.

Publié le 9 décembre 2020 à 12h45

Pour voir la vidéo (1mn 24s), cliquer sur: https://www.lapresse.ca/international/europe/2020-12-09/le-kremlin-s-inquiete-d-un-vol-dans-un-avion-prevu-en-cas-de-guerre-nucleaire.php#

GRÈVE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : LES SYNDICATS EDF À L’UNISSON CE JEUDI CONTRE LE PROJET HERCULE

Opposés au projet Hercule visant au démantèlement du groupe EDF, les six syndicats représentants les 800 agents de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) appellent à la grève, ce jeudi. Une intersyndicale « historique » qui promet une forte mobilisation. Il y a quinze jours déjà plus de 50% des agents avaient levé le pied.

De la CFDT à la CGT, en passant par Sud Énergie jusqu’à l’UNSA… Les six syndicats des agents EDF de la centrale nucléaire de Golfech seront unis comme un seul homme pour s’opposer au projet Hercule visant « à démanteler le parc EDF« , ce jeudi 10 décembre dans la matinée. De mémoire de syndicalistes, « on n’a pas vu d’intersyndicale sur la centrale depuis des années« , assure Nicolas Baudoux qui, avec ces collègues de la CGT énergie, sont mobilisés depuis des mois contre cette réforme. « Ce qui se joue là, certifie N. Baudoux, c’est la vente pure et simple au privé des barrages d’EDF« .

Les syndicats boycottent les commissions du Cnpe de Golfech

Le 26 novembre déjà lors d’une première journée de grève, plus de la moitié des 800 agents de la centrale ont répondu présent. Une mobilisation conséquente qui devrait être encore plus suivie jeudi alors même que les syndicats du Cnpe de Golfech ont demandé des comptes au nouveau directeur, Cyril Hisbacq, ce mardi lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire. « Il (le directeur, ndlr) a botté en touche lorsque nous lui avons demandé de se positionner contre ce projet qu’il soutient dans tous les services depuis son arrivée cet été« , indique le syndicaliste cégétiste confirmant que toutes les organisations syndicales (OS) ont appelé au boycott des commissions du Cnpe de Golfech. Jointe, la direction n’a pas souhaité commenter.

Unanimité contre…

Cette vente de la filière hydroélectrique d’EDF que déplorent aussi dans une rare unanimité les principales formations politiques à l’Assemblée nationale, mardi au cours d’une conférence de presse, est aussi pour ces élus une perte de souveraineté de la France sur le secteur stratégique de l’énergie. « Cela va être une aubaine pour l’actionnariat« , tempête N. Baudoux qui voit aussi derrière ce « dépeçage » d’EDF un moyen pour l’État de réduire à sa guise la part du nucléaire dans la production nationale. « L’État va avoir plus de pouvoir de décision et la possibilité de fermer certaines centrales nucléaires sans que cela passe en commission« , garantit l’agent EDF. L’enjeu, pour l’État, « c’est de descendre à 50 % de la production d’origine nucléaire alors qu’aujourd’hui, nous sommes à 74 %« . Plus prosaïquement, cet éclatement du fleuron de l’énergie française en trois branches (1), aura aussi des conséquences pour les agents comme « la remise en cause des contrats » ou encore « une mobilité réduite« .

(1) Trois filiales ainsi composées « EDF bleu » public, comprenant notamment le nucléaire, un « EDF vert« , coté en Bourse, incluant les renouvelables et une filiale EDF « Azur » pourrait aussi être créée pour les actifs hydroélectriques.

Par Max Lagarrigue, publié le 09/12/2020 à 17h27, mis à jour le 10/12/2020 à 09h55

Photo en titre : Ce jeudi à Golfech, les six syndicats de la centrale nucléaire appellent à la mobilisation contre le projet Hercule. Photo DDM, archives

https://www.ladepeche.fr/2020/12/09/greve-a-la-centrale-nucleaire-de-golfech-les-syndicats-edf-a-lunissons-ce-jeudi-contre-le-projet-hercule-9247971.php

COMMUNIQUÉ DES ASSOCIATIONS ET ÉLU-ES ANTINUCLÉAIRES ET CRITIQUES MEMBRES DE LA CLI DE FLAMANVILLE, ACRO, CREPAN, CRILAN, EELV, ET GREENPEACE

Protestation collective contre le démarrage partiel de l’EPR, le transport de combustible et les essais avec des gaz radioactifs.

Dans le cadre de l’autorisation de démarrage partiel de l’EPR donnée par l’ASN, et avant l’hypothétique deuxième transport de combustible destiné à charger le réacteur de l’EPR, les associations et les élus antinucléaires siégeant à la Commission Locale d’Information de Flamanville (CLI), protestent contre l’obstination d’EDF et donc de l’État, à vouloir démarrer coûte que coûte ce réacteur calamiteux.

Rien ne justifie cette précipitation, alors que le réacteur ne pourra pas démarrer avant 2022 dans le meilleur des cas. Des recours juridiques sont toujours en attente de décision. Ils concernent les nombreuses malfaçons et deux décrets dérogatoires à l’esprit de la loi, prolongeant l’autorisation de la construction qui aurait dû être achevée en 2017 au plus tard.

Pour rappel, l’autorisation était limitée à 10 ans (de 2007 à 2017) afin de permettre une réévaluation du projet tant pour des raisons technologiques que financières, ce qui aurait pu changer les conditions pour obtenir ou non une nouvelle autorisation. D’ailleurs, c’est bien ce qui se serait passé, après les dérives constatées et le coût du kWh issu des énergies renouvelables à présent meilleur marché que le kWh provenant du nucléaire.

Pour EDF, l’une des justifications inavouables de ces transports est bien d’exercer une pression sur les autorités pour rendre le démarrage inéluctable une fois le réacteur chargé. Or un nouvel évènement est intervenu dimanche 6 décembre avec la révélation par Greenpeace et Médiapart de documents confidentiels en circulation et relatifs à la sécurité du site. L’EPR est donc touché au cœur de sa sûreté et de sa sécurité.

Tout cela, nos organisations ne peuvent pas l’accepter. C’est pourquoi certaines de nos associations viennent d’engager un référé auprès du Conseil d’État pour demander la suspension puis l’annulation de l’autorisation de démarrage partiel de l’EPR, du transport du combustible et des essais avec des gaz radioactifs. À défaut de décision favorable nous donnerons rendez-vous à la population sur le parcours du combustible pour exprimer notre refus face à cette dangereuse fuite en avant.

Publié le 9 décembre 2020

http://crilan.fr/wp-content/uploads/2020/12/Communique%CC%81-de-presse-des-associations-et-e%CC%81lus-antinucle%CC%81aires-sie%CC%81geant-a%CC%80-la-CLI-de-Flamanville-V2.pdf

MACRON DÉCLARE SA FLAMME AU NUCLÉAIRE MAIS QUE FAIT-IL DES DÉCHETS ?!

Communiqué Bure stop 55, Cedra 52, Eodra:

Macron se proclamant champion de l’écologie, champion de la lutte contre le réchauffement climatique et… champion du nucléaire. Toujours plus fort, le triple langage présidentiel ferait sourire si l’enjeu n’était aussi grave.

Les collectifs BURESTOP55, CEDRA52 et EODRA dénoncent ce passage en force insupportable : embourber toujours plus le pays sur une voie dangereuse et dépassée, d’autant que la question des déchets radioactifs n’est pas réglée.

« Je crois dans l’écologie, je suis pour qu’on soit parmi les champions de la lutte contre le réchauffement climatique. Si on veut être meilleur encore, cela veut dire qu’on doit être meilleur encore sur le nucléaire ». (Brut, vendredi 4 décembre 2020)

« Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire » (AFP, 8/12 2020)

Les milliers de tonnes de déchets radioactifs ingérables : qu’en faites-vous M. Macron ?

Engager un nouveau programme électronucléaire –civil et militaire !– en faisant l’impasse sur une problématique majeure et non réglée, celle du devenir des déchets relève de l’escroquerie. Pourquoi un tel silence -coupable- du côté de la ministre de la Transition écologique et de nombreux élus régionaux et nationaux ?

Extraction du combustible, fonctionnement des réacteurs, opération de retraitement (fabrication du combustible mox), démantèlement des centrales, ces étapes génèrent :

– des milliers de m3 de déchets à faible activité et vie courte (TFA et FAC) qui sillonnent chaque jour la France pour rejoindre des centres d’entreposage en limite de saturation et qui soulèvent des questions côté rejets,

– des milliers de m3 de déchets à faible activité et à vie longue (FAVL) en attente de lieu de stockage (dossier d’options de sûreté du projet attendu pour 2023)

– des milliers de m3 de déchets dits de haute et moyenne activité à vie longue (HA-MA VL) destinés au stockage géologique à Bure, le dossier d’options de sûreté du projet Cigéo de 2018 ayant pourtant révélé des incertitudes technologiques et financières majeures…

Quid du bilan « décarboné » du projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo, qui nécessiterait des milliers de tonnes de béton* et serait un gouffre énergétique sans équivalent à ce jour, tant pour sa construction que pour son exploitation ?

Ils sont où, M. Macron, les milliards nécessaires à démanteler les centrales nucléaires, à parsemer la France de dépotoirs atomiques, à lancer le méga-chantier de Cigéo et à payer 6 nouveaux réacteurs EPR, si ce n’est dans notre poche à tous mais aussi dans celle de nos enfants et de dizaines de générations à venir ?

Jouer le VRP d’une filière industrielle en quasi faillite et en perte d’activité dans le reste du monde du nucléaire, est-ce le rôle du pouvoir exécutif ? Faire du nucléaire une énergie propre, décarbonée et indispensable est un mensonge éhonté, au service de qui ? La farce du nucléaire « écolo » est le cheval de Troie d’intérêts financiers discutables, qui malheureusement gouvernent dans l’ombre ce pays.

Encore une fois l’avis de la population, pourtant de plus en plus consciente des dangers du nucléaire et du défi que représente le changement de cap énergétique et sociétal, ne compte pas. Tout comme celui des meusiens et haut-marnais dont le territoire pourrait bien être condamné à jamais lourdement en se voyant imposer Cigéo, projet explosif et infinançable.

Le legs pour les générations à venir est effroyable, tant environnemental que financier. Pouvons-nous laisser faire cela ?

* CHIFFRES CLÉS ANDRA :

Le volume global de béton nécessaire sur toute la durée de vie de Cigéo serait de l’ordre de 6 millions de m 3; la quantité totale de ciment consommée serait d’environ 2,25 millions de tonnes; la quantité totale de sable consommée serait de 3,4 millions de tonnes; la quantité totale de gravier consommée serait 4,4 millions de tonnes, la quantité totale d’acier consommée serait de plus de 200 000 tonnes.

  • Sur 2031-2036, les besoins en électricité de Cigéo sont estimés à 724 mégawatts heure en moyenne par jour (soit l’équivalent de la consommation moyenne d’environ 56 000 foyers français de trois personnes sur une journée).
  • Sur la période 2102-2146, les besoins en électricité de Cigéo sont estimés à 822 mégawatts heure en moyenne par jour (soit l’équivalent de la consommation moyenne de plus de 63 000 foyers français de 3 personnes sur une journée).

Publié le 9 décembre 2020

https://cedra52.jimdofree.com/2020/12/09/macron-veut-encore-du-nucl%C3%A9aire-mais-que-fait-il-des-d%C3%A9chets/

NOGENT-SUR-SEINE : INDISPONIBILITÉ PARTIELLE DU SYSTÈME D’ASPERSION DANS L’ENCEINTE DE CONFINEMENT DU RÉACTEUR 2

Le 1er décembre 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité d’une des deux voies du système d’aspersion dans l’enceinte de confinement du réacteur 2.

Le circuit d’aspersion dans l’enceinte (EAS) est un système de sauvegarde, constitué de deux voies redondantes, qui pulvérise de l’eau contenant de la soude, en cas d’accident dans l’enceinte du réacteur, afin d’y diminuer la pression et la température et de diminuer la quantité d’iode radioactif sous forme de gaz. Cette eau est ensuite pompée depuis le fond du bâtiment constituant l’enceinte du réacteur, refroidie et réutilisée pour l’aspersion. Ce refroidissement est effectué au moyen de deux échangeurs (un par voie). En cas de brèche du circuit primaire, le circuit EAS permet également de récupérer le fluide primaire au fond de l’enceinte pour le réinjecter.

Le 24 novembre 2020, à l’occasion d’un essai de bon fonctionnement, l’exploitant a constaté que le débit dans l’un des échangeurs était inférieur au débit minimum prescrit par les règles générales d’exploitation, ce qui rendait la voie concernée inapte à remplir sa fonction en cas de situation d’accident. Selon les premières analyses menées par EDF, un diaphragme de mauvais diamètre a été monté dans le circuit de cet échangeur à l’occasion des travaux réalisés en mai 2020 sur le réacteur 2, lors de son arrêt pour visite décennale.

Le second échangeur est resté disponible et permettait, à lui seul, de remplir la fonction de refroidissement attendue en cas d’accident.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois il a affecté les fonctions de sûreté liées au confinement et au refroidissement du réacteur en situation accidentelle. Au regard de sa détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès la découverte du défaut, le diaphragme concerné a été remplacé et un nouvel essai a permis de valider le critère de débit attendu.

Publié le 08/12/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-partielle-du-systeme-d-aspersion-dans-l-enceinte-de-confinement-du-reacteur-2

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON : LES AGENTS EN COLÈRE VONT DÉFILER

À la centrale nucléaire de Chinon, les tensions autour du projet Hercule ne faiblissent pas. Une nouvelle manifestation doit avoir lieu ce jeudi 10 décembre à l’appel des quatre organisations syndicales (CGT, CFDT, CFE-CGC et FO), alors qu’une commission locale d’information (Cli) se réunira dans le même temps avec des élus du département et un représentant de l’État.

À l’entrée nord du CNPE la semaine dernière, la manifestation se déroulera cette fois-ci dans Avoine, avec un défilé dès 13 h depuis le Lac Mousseau jusqu’à la salle des fêtes de la commune, devant laquelle aura lieu un rassemblement.

Publié le 09/12/2020 à 06h25

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/avoine/centrale-nucleaire-les-agents-en-colere-vont-defiler

NUCLÉAIRE : L’IRAN PRÊT À REVENIR «À TOUT MOMENT» À SES ENGAGEMENTS

L’Iran est prêt à revenir «à tout moment» au respect complet des engagements qu’il a pris devant la communauté internationale sur ses activités nucléaires, a déclaré le président iranien, Hassan Rohani, mercredi 9 décembre.

À lire aussi :Touché au cœur, l’Iran soupèse sa riposte après l’assassinat d’un responsable du programme nucléaire

La République islamique a conclu à Vienne en 2015 un Plan d’action global conjoint (PAGC, JCPOA en anglais) avec le groupe 5+1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne) par lequel elle accepte de brider drastiquement ses activités nucléaires en échange d’un allègement des sanctions internationales la visant. Mais ce pacte menace de voler en éclats depuis que le président américain, Donald Trump, en a sorti son pays en mai 2018, avant de rétablir des sanctions ayant plongé la République islamique dans une violente récession. En riposte, l’Iran s’est désengagé à partir de mai 2019 de la plupart de ses engagements clef pris à Vienne.

«À tout moment, dès que les 5+1 ou les 4+1 [les 5+1 moins les États-Unis] reviendront à tous leurs engagements, nous reviendrons aussi à tous les engagements que nous avons pris», a déclaré M. Rohani lors d’une allocution télévisée en conseil des ministres. «Je l’ai déjà déclaré: cela ne demande pas de temps, c’est juste une question de volonté», a ajouté le président iranien.

En dépit des critiques des ultraconservateurs iraniens, M. Rohani a redit sa volonté de sortir par la diplomatie de la crise provoquée par la sortie des États-Unis de l’accord de Vienne, se disant résolu à ne pas manquer «l’occasion» que représente le changement de président devant intervenir en janvier à Washington.

Aux mains des conservateurs depuis les législatives de février (marquées par une abstention record), le Parlement iranien a adopté le 2 décembre – contre l’avis du gouvernement – une loi qui, si elle était appliquée, risquerait fort de renvoyer la question nucléaire iranienne devant le Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui achèverait de tuer cet accord en sursis. Il revient à M. Rohani de promulguer cette loi, validée par le Conseil des gardiens de la Constitution, mais le président a laissé entendre une nouvelle fois mercredi qu’il n’avait pas l’intention de signer ce texte.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 9 décembre 2020

Photo en titre : Le président iranien, Hassan Rohani, le 8 décembre. – / AFP

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/nucleaire-l-iran-pret-a-revenir-a-tout-moment-a-ses-engagements-20201209

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY: LES SALARIÉS D’EDF APPELÉS À MANIFESTER CE JEUDI 10 DÉCEMBRE

À l’appel des quatre organisations syndicales (FNME-CGT, CFE-CGC Énergies, FO Énergie et Mines, FCE-CFDT) représentatives d’EDF, une journée de mobilisation est organisée ce jeudi 10 décembre au Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) du Bugey pour s’opposer au projet de réorganisation « Hercule« .

Les salariés d’EDF sont en grève ce jeudi 10 décembre à l’appel des syndicats (FNME-CGT, CFE-CGC Énergies, FO Énergie et Mines, FCE-CFDT) pour protester contre le projet « Hercule« .

Le projet prévoit de scinder le groupe en deux entités : les activités nucléaires du groupe et celles liées aux énergies renouvelables.

Il pourrait se traduire par la création d’un « EDF bleu » comprenant le nucléaire, les barrages hydroélectriques et le transport de l’électricité et de l’autre un « EDF vert » avec Enedis, EDF Renouvelables, Dalkia, la direction du commerce, les activités d’outre-mer et de la Corse d’EDF.

« L’État français, l’Union européenne et notre PDG sont en train de préparer la destruction d’EDF et d’Engie comme entreprise intégrée d’intérêt public. Les menaces n’ont jamais aussi été importantes et malheureusement, elles pourraient être lourdes de conséquences pour les usagers et le service public de l’énergie, les entreprises des industries électriques et gazières, leurs emplois et leurs agents« , s’est exprimée la CGT Bugey. 

À Lagnieu, une manifestation est lancée à partir de 14 heures, vers le parking du Carrefour Market. « Nous interpellons tous ensemble notre député local Charles De La Verpillière, à Lagnieu« , lance les organisations syndicales.

Publié le 9 décembre 2020 à 12h47

Photo en titre : La centrale nucléaire du Bugey est implantée sur la commune de Saint-Vulbas dans l’Ain. Photo Progrès/Laurent THEVENOT

https://www.leprogres.fr/environnement/2020/12/09/centrale-nucleaire-de-bugey-les-salaries-d-edf-appeles-a-manifester-ce-jeudi-10-decembre

“DÉPEÇAGE”, “BRICOLAGE”… LA RÉORGANISATION D’EDF CRITIQUÉE A L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Les partis d’opposition à l’Assemblée nationale ont vertement critiqué le projet « Hercule » de réorganisation d’EDF. Ce projet prévoit de créer un « EDF bleu » public, comprenant notamment le nucléaire, et un « EDF vert« , coté en Bourse, incluant les énergies renouvelables.

À l’Assemblée nationale, les principales formations d’opposition ont tiré à boulets rouges sur le projet « Hercule » de réorganisation d’EDF. Des députés des groupes socialiste, Les Républicains, La France insoumise et Liberté et Territoires se sont joints à une conférence de presse des élus communistes pour s’opposer à ce projet qu’ils jugent nuisible pour la souveraineté énergétique de la France et la pérennité du groupe. Le communiste Sébastien Jumel s’est élevé contre un « bricolage entre le gouvernement et la commission européenne » et « une opération de dépeçage de l’opérateur historique » EDF, visant à en privatiser « ce qui est juteux« .

L’insoumis Adrien Quatennens a fustigé un « processus de déconstruction patient, méthodique » qui se traduirait, selon Marie-Noëlle Battistel (PS), « au pire par la privatisation d’EDF, au mieux par sa fragilisation extrême« . Julien Aubert, pour LR, a mis en cause un projet « produit d’arrière-pensées financières« , qu’il a assimilé à un jeu de Lego, avec des pièces « que l’on assemble au gré de marchandages ou d’accords« . Le projet « Hercule » de réorganisation du groupe EDF prévoit de créer un « EDF bleu » public, comprenant notamment le nucléaire, et un « EDF vert« , coté en Bourse, incluant les renouvelables. Une filiale « EDF Azur » pourrait aussi être créée pour les actifs hydroélectriques.

>> À lire aussi – Vers un mariage entre Engie et EDF ?

Ces perspectives inquiètent les syndicats, qui y voient un risque de démantèlement. La secrétaire d’État à la Biodiversité Bérangère Abba, interrogée lors de la séance des questions au gouvernement mardi, a souligné « l’attachement du gouvernement » à « ne pas déstabiliser cette entreprise » dans les négociations qui ont lieu « en ce moment« .

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« Il nous faut retrouver un équilibre économique tout en dégageant une nouvelle perspective industrielle, et ceci en ayant la plus grande attention aux salariés« , a-t-elle ajouté.

Publié le 08/12/2020 à 16h54

Photo en titre : Wikimedia Commons

https://www.capital.fr/entreprises-marches/depecage-bricolage-la-reorganisation-dedf-critiquee-a-lassemblee-nationale-1388062

LE «RÉSEAU SORTIR DU NUCLÉAIRE» S’EN PREND À EMMANUEL MACRON

Communiqué : En visite au Creusot, Emmanuel Macron compte-t-il enfoncer encore plus la France dans l’impasse nucléaire civile et militaire ?

Ce mardi 8 décembre, Emmanuel Macron est attendu à l’usine Framatome du Creusot pour y effectuer des annonces concernant la filière nucléaire. Un nouveau plaidoyer en perspective pour cette technologie dépassée ?

Le Creusot, lieu emblématique des scandales et défaillances de l’industrie nucléaire

Ce déplacement à l’usine Framatome du Creusot est révélateur du soutien inconditionnel de nos gouvernants à l’industrie nucléaire. Cette usine a été le théâtre d’un scandale colossal dévoilé en 2016, avec la perpétuation pendant des années de mauvaises pratiques et la falsification de dossiers de fabrication de pièces pour couvrir des malfaçons [1]. Nous avions déposé plainte à ce sujet en 2016 et l’Autorité de sûreté nucléaire avait également saisi la justice. Une instruction est en cours.

Emmanuel Macron veut-il faire croire que les phénomènes de fraude et de perte de compétences au sein de l’industrie nucléaire française appartiennent au passé ? Une telle mise en scène ne doit tromper personne. Les problèmes qui affectent la filière n’ont pas disparu comme par magie avec quelques audits et belles déclarations. Comme en atteste un rapport de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, certaines mauvaises pratiques perdurent au Creusot [2]. En outre, des anomalies ont encore été découvertes récemment sur des pièces provenant d’usines de Framatome [3].

Quand la défense vient au service d’une industrie mal en point

Selon plusieurs sources, cette visite est destinée à annoncer la construction d’un nouveau porte-avion à propulsion nucléaire. La défense viendra donc, aux frais des contribuables, au secours d’une industrie en perte de vitesse et au carnet de commande dégarni. Alors qu’un million de personnes a basculé dans la pauvreté avec la crise sanitaire, n’y avait-il pas une meilleure utilisation des deniers publics à faire ?

S’il est construit, ce porte-avion représentera deux réacteurs nucléaires de plus en circulation, avec leur lot de déchets ingérables, de risque d’accident et de risques pour le personnel. Il pourra emporter à son bord des missiles nucléaires et servir de plate-forme pour les Rafales pour effectuer une « frappe d’avertissement« , avec une arme nucléaire de 20 fois la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima ! Alors que le Traité d’interdiction des armes nucléaires devrait entrer en vigueur d’ici trois mois, notre pays devrait avoir d’autres priorités que d’assurer le transport d’engins de mort.

Et une déclaration d’amour de plus pour le nucléaire ?

« Moi, j’ai besoin du nucléaire« , a déclaré Emmanuel Macron dans son interview récemment accordée à Brut., parsemant son plaidoyer de mensonges éhontés sur le nucléaire « bon pour le climat » (voir NDLR) ou l’Allemagne qui aurait remplacé l’atome par le charbon [4]. Les déboires de l’EPR de Flamanville le montrent pourtant : trop lent, trop cher, trop dangereux et lui-même vulnérable aux agressions climatiques, le nucléaire est hors-jeu pour faire face à l’urgence climatique.

Aveugle au fiasco du chantier de l’EPR (auquel il faut maintenant ajouter les failles de sécurité dévoilées par Greenpeace France), le gouvernement travaille avec EDF à différents scénarios pour la construction de six nouveaux réacteurs dans les années à venir. Faut-il encore s’attendre à de nouvelles déclarations lors de sa visite au Creusot ? Nous dénonçons fermement cette tentative de préparer l’opinion publique à la construction soi-disant « inéluctable » de nouvelles installations, et le soutien répété du gouvernement à la filière depuis plusieurs mois.
NOTES :

[1] Voir ce dossier. À la fin 2018, outre la cuve de l’EPR, pas moins de 3861 « écarts », dont 2982 constats d’anomalie, avaient été recensés sur des pièces équipant le parc nucléaire français et provenant de l’usine du Creusot.

[2] Dans un rapport récent, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire étudie les changements organisationnels mis en place par Framatome suite au scandale dévoilé en 2016. Malgré des tournures très euphémisantes et une appréciation positive de la plupart des évolutions mises en place, il en ressort qu’il serait bien présomptueux de prétendre que la page est définitivement tournée.

Le rapport mentionne la « récurrence d’écarts » ainsi que la persistance de certaines mauvaises pratiques. En cas de découverte d’ »écarts », l’usine peut ainsi « décider de prendre le risque industriel de poursuivre la fabrication d’une pièce. Dans ce cas, le client est préalablement prévenu et [Framatome] prend la responsabilité d’assumer les coûts si le traitement de l’écart proposé n’est pas adéquat ». Malgré la faillite d’un système de contrôle basé sur le postulat de la bonne foi de l’exploitant, on continue de supposer qu’il déclarera de lui-même les problèmes et en informera ses clients !

[3] https://www.sortirdunucleaire.org/France-Anomalie-generique-Les-soudures-mal-faites-sur-plus-d-une-vingtaine-de-generateurs-de-vapeur-Framatome.

[4] Les données officielles démontrent pourtant que ce sont les énergies renouvelables qui ont pris le relai du nucléaire, comme le prouvent les graphiques éloquents du Fraunhofer Institut ou du World Nuclear Report 2019

Publié le 08/12/2020 à 10h20

https://www.creusot-infos.com/news/opinion/les-verts/opinion-le-reseau-sortir-du-nucleaire-s-en-prend-a-emmanuel-macron.html

NDLR: nucléaire et climat? Juste un rappel :  Si on compare la pollution CO2 de l’ensemble de la filière nucléaire de l’extraction  au stockage des déchets on est sur le même plan que le GAZ !! Et si on compare le prix des différentes filières d’énergies possibles  le Nucléaire n’a aucun espoir d’être compétitif.. De qui se moque t’on ??  La dictature nucléaire a encore frappée  !!!!

PLAIDOYER D’EMMANUEL MACRON POUR LE NUCLÉAIRE : « AUJOURD’HUI, IL FAIT UNE DÉCLARATION D’AMOUR SANS ÊTRE SÛR D’ÊTRE LE MARIÉ EN 2022 », IRONISE UN SYNDICALISTE

En visite à l’usine Framatome du Creusot, le chef de l’État a annoncé que la France va se doter d’un porte-avions à propulsion nucléaire. Mais Fabien Roussel, élu CGT de Saône-et-Loire, rappelle que le renouvellement du parc nucléaire « est reporté à 2023, soit après les élections« .

« Les déclarations ne suffisent pas. En amour, il faut des actes et dans la vie industrielle également », a réagi mardi sur franceinfo Laurent Roussel, élu CGT à Saint-Marcel, en Saône et Loire, et animateur métallurgique, alors qu’Emmanuel Macron a affirmé que « notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire ». Lors d’une visite au Creusot (Saône-et-Loire) à l’usine Framatome, fleuron de la filière nucléaire française, le chef de l’État a plaidé pour que le nucléaire reste le pilier de l’énergie civile et militaire en France, y compris comme mode de propulsion du futur porte-avions qui succèdera au Charles-de-Gaulle.

Inquiétudes sur le « maintien de la filière nucléaire« 

Laurent Roussel est « satisfait » pour l’entreprise Framatome, mais selon lui, il n’y a « pas d’annonce » dans le discours d’Emmanuel Macron. « Concrètement, il n’y a rien. Aujourd’hui, il fait une déclaration d’amour sans être sûr d’être le marié en 2022 ». Laurent Roussel note que la date de décision pour le renouvellement du parc nucléaire « est reportée à 2023, soit après les élections ». Pour l’élu CGT, « cela va poser des problèmes de charge et d’activité dans un certain nombre d’entreprises industrielles à horizon fin 2021, début 2022 ».

Au-delà de Framatome, Laurent Roussel appelle à regarder « l’ensemble de la filière » nucléaire. « La désindustrialisation se poursuit. On a des inquiétudes pour des fournisseurs essentiels au développement et au maintien de la filière nucléaire ». Le syndicaliste évoque Industeel, une filiale d’ArcelorMittal. Basée au Creusot, l’entreprise « apporte l’acier chaud à la forge pour fabriquer les lingots avec lesquels on va faire les pièces des gros composants des centrales », détaille Laurent Roussel. « Mittal met en vente cette filiale. Quid de l’avenir et des conséquences sur la filière ? On a questionné les représentants du gouvernement, on n’a pas de réponse. »

« On est inquiet parce qu’on perd des compétences qu’on ne retrouvera plus si on continue comme ça. » (Fabien Roussel, élu CGT à franceinfo)

« S’il n’y a pas de grands projets, s’il n’y a pas de décisions claires pour le renouvellement du parc, si on n’arrête pas l’hémorragie qui touche notre pays qui est l’un des plus désindustrialisé d’Europe, on va être en vraie difficulté pour affronter les défis de demain », alerte l’élu CGT à Saint-Marcel.

Par franceinfo, publié le 08/12/2020 à 23h13,

Photo en titre : Emmanuel Macron en visite à l’usine Framatome du Creusot (Saône-et-Loire), mardi 8 décembre 2020. (LAURENT CIPRIANI / POOL)

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/plaidoyer-d-emmanuel-macron-pour-le-nucleaire-aujourd-hui-il-fait-une-declaration-d-amour-sans-etre-sur-d-etre-le-marie-en-2022-ironise-un-syndicaliste_4212193.html

NDLR : j’ai fait un rêve : celui que les syndicats travaillaient à un projet de reconversion de l’industrie nucléaire et des salariés plutôt que de s’arcbouter sur une industrie du passé. Mais hélas, ce n’était qu’un rêve!

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS : UN APPEL À LA GRÈVE LE JEUDI 10 DÉCEMBRE

Les fédérations syndicales représentatives d’EDF appellent les agents du CNPE du Blayais à une journée de mobilisation pour s’opposer au projet de restructuration du groupe

À l’appel des quatre organisations syndicales (FNME-CGT, CFE-CGC Energies, FO Énergie et Mines, FCE-CFDT) représentatives d’EDF, une journée de mobilisation est organisée ce jeudi 10 décembre au Centre nucléaire de production d’électricité (CNPE) du Blayais pour s’opposer au projet de réorganisation « Hercule« . Celui-ci prévoit notamment une séparation entre les activités nucléaires du groupe et celles liées aux énergies renouvelables. 

« L’État français, l’Union européenne et notre PDG sont en train de préparer la destruction d’EDF et d’Engie comme entreprise intégrée d’intérêt public« , dénoncent les fédérations syndicales. « Les menaces n’ont jamais aussi été importantes et malheureusement, elles pourraient être lourdes de conséquences pour les usagers et le service public de l’énergie, les entreprises des industries électriques et gazières, leurs emplois et leurs agents« , s’inquiètent-elles. 

Les agents du CNPE du Blayais se réuniront jeudi au petit matin devant la centrale nucléaire de Braud-et-Saint-Louis pour contrer ce projet.

Par Thomas Dusseau, publié le 08/12/2020 à 11h47, mis à jour à 12h02

Photo en titre : Ce mardi matin, les quatre organisations syndicales représentatives d’EDF ont distribué un tract appelant les agents du CNPE du Blayais à faire grève le 10 décembre. © Crédit photo : CGT

https://www.sudouest.fr/2020/12/08/centrale-nucleaire-du-blayais-un-appel-a-la-greve-le-jeudi-10-decembre-8165095-3227.php

DU MÉPRIS À L’INTÉRÊT OPPORTUNISTE : LA MUE ÉCOLO DES RÉPUBLICAINS

Les Républicains, poussés par la vague verte des municipales, entendent eux aussi occuper le terrain de l’écologie qu’ils ont largement négligé. « Task force », « tour de France de l’environnement »… Le parti s’agite mais serine son refus d’une écologie dite « punitive » : pas question de changer de modèle de consommation ou de production.

« Task force environnement », « tour de France de l’environnement », « matinées de l’écologie »… Début septembre, les Républicains (LR) ont déployé un arsenal de projets pour occuper le terrain de l’écologie politique. « Nous avons une réflexion parlementaire pour nous positionner sur les textes législatifs à venir et faire des propositions. C’est la fameuse task force environnement”, dit à Reporterre Jean-Marie Sermier, député LR du Jura et vice-président de la commission du développement durable. Nous organisons aussi des forums pour définir le credo environnemental du parti, et travailler sur un projet qui nous permettra d’aller en 2022 avec une orientation précise. Ça n’empêche pas d’être prêts pour les élections régionales. »

Les bons scores des Verts aux élections municipales auraient-ils attisé les appétits électoraux ? Si la plupart de ses collègues jettent un voile pudique sur les raisons de leur coming-out écologique, le député LR du Vaucluse Julien Aubert l’admet sans fard : « C’est surtout la vague verte des municipales » qui a créé cette dynamique. Pour Jean-Marie Sermier, la droite dispose pourtant d’un héritage écologique qui légitime cette nouvelle orientation : « Le premier qui a parlé environnement et gaz à effet de serre, c’est Jacques Chirac en 2002 à Johannesburg. Et les premiers qui ont essayé de mettre en pratique la théorie, c’est le Grenelle de l’environnement avec Borloo et Sarkozy ! » Interrogés, les ténors du parti égrènent, inlassables, les faits d’armes du parti en matière d’écologie : inauguration du premier ministère de l’Environnement sous Georges Pompidou en 1971, instauration de la Charte de l’environnement par Jacques Chirac en 2005, Grenelle de l’environnement impulsé par Nicolas Sarkozy en 2007. Autant de victoires symboliques, derrière lesquelles se dissimulent des défaites écologiques infligées… par les élus de droite.

Le premier ministère de l’Environnement ne disposait que d’un pouvoir fragile. « Quel beau ministère dont on a inventé le nom avant de connaître la chose ! » lâchait, moqueur, Jacques Chaban-Delmas. La Charte de l’environnement, passée au forceps par un Jacques Chirac volontaire, pèse autant qu’un poids plume législatif. Quant au consensus initial du Grenelle de l’environnement, il s’est fracturé quand il a fallu déployer des mesures et y accorder des moyens financiers. Issu du Grenelle, le texte sur la culture des OGM-pesticides a été vidé de sa substance par un Sénat de droite. En 2009, Nicolas Sarkozy finira par lâcher, lors du salon de l’Agriculture, l’environnement « ça commence à bien faire ». L’ancien président a continué en dérivant vers le climato-scepticisme en 2016, lançant devant un auditoire de chefs d’entreprise : « On parle beaucoup de dérèglement climatique, c’est très intéressant, mais ça fait 4,5 milliards d’années que le climat change. L’homme n’est pas le seul responsable de ce changement. »

 Le lancement de la « task force environnement » des Républicains, le 16 septembre 2020.

« Ils ont perdu les personnalités qui en faisaient un enjeu primordial, comme Chantal Jouanno »

Comment expliquer ces convictions environnementales aussi fluctuantes ? « La volonté de se saisir de la question écologique a été cyclique, en fonction de la menace que font peser les Verts et de la visibilité publique des enjeux écologistes », dit le politologue Simon Persico, auteur d’une enquête sur les relations entre la droite et l’écologie. Depuis dix ans et la petite phrase de Nicolas Sarkozy, « aucun leader de la droite ni candidat à la présidentielle n’a fait état de cette question ». Une perte de terrain accentuée par la désertion des cadres sensibilisés aux questions écologiques. « Ils ont perdu les personnalités qui en faisaient un enjeu primordial : Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet et Chantal Jouanno », énumère le politologue.

L’environnement s’est de nouveau effacé de l’agenda. La « task force environnement » aurait dû rendre sa première copie le 4 novembre, mais l’échéance a disparu derrière l’urgence sanitaire, puis les attaques terroristes ont monopolisé l’attention des élus de droite, plus coutumiers du discours sécuritaire. « On s’est dit que ce n’est pas le timing où nous pouvons être entendus sur l’écologie », explique-t-on en interne. Le même contretemps a frappé le « tour de France de l’environnement » d’Aurélien Pradié. Stoppée dans son élan, l’initiative du secrétaire général de LR n’a pu faire qu’une unique étape à Marseille avant de disparaître des radars politiques. Quant aux « matinées de l’écologie », elles n’auront pu tenir que deux sessions.

Unique étape du « tour de France de l’environnement » lancé par Aurélien Pradié (à droite) : Marseille.

C’est finalement le 24 novembre, en visioconférence, que Les Républicains ont dévoilé la feuille de route verte du parti. Avec une promesse : atteindre la neutralité carbone en 2050, conformément à l’Accord de Paris. « Tout l’enjeu de la lutte contre le réchauffement climatique, c’est de consommer le moins d’énergie possible, et la plus décarbonée possible », a annoncé d’emblée Christian Jacob, le président du parti. Pour y parvenir, les élus de droite ont développé les trois axes de leur politique publique écologique : l’énergie, la rénovation thermique et les transports.

Sans surprise, l’atome serait la solution ultime pour décarboner la production d’électricité selon LR. Jean-Marie Sermier, vice-président de la commission du développement durable, l’assure :

La France est déjà une bonne élève avec un taux d’énergie nucléaire élevé. On souhaite pouvoir prospecter tout ce qui est nucléaire en réduisant les risques qui sont complètement maîtrisés par une filière d’excellence au niveau national. »

D’où une opposition catégorique à la fermeture de quatorze centrales nucléaires d’ici 2035 comme le prévoit le gouvernement. Au contraire, Les Républicains souhaitent allonger la durée de vie des réacteurs à soixante ans, et prescrire la construction de six réacteurs EPR supplémentaires. [Un projet est déjà en cours d’élaboration comme le révélait Reporterre]. (NDLR : vous êtes prévenus !!)

« Il faut que l’écologie soit pragmatique, pas dogmatique »

Quid des énergies renouvelables ? L’éolien et le photovoltaïque cristallisent les critiques de la droite. « Peu écologiques », « coûteux en métaux rares » et « fabriqués en Asie », ils « sacrifieraient notre souveraineté énergétique ». Autant d’arguments qui motivent la proposition d’un « moratoire sur l’éolien ». Pour décarboner les mobilités, Les Républicains prévoient de doubler d’ici 2030 le fret ferroviaire, en faisant grimper sa part de 9 à 18 % (NDLR : avec des projets comme le Lyon Turin, inutile, coûteux et pas écologique ?). Ils ambitionnent également de doubler l’utilisation des biocarburants dans le transport routier, et prévoient un grand plan hydrogène d’onze milliards d’euros, là où Emmanuel Macron n’avait mis que sept milliards sur la table. LR prévoit aussi un plan de rénovation visant à isoler les passoires thermiques d’ici 2040, en injectant 239 milliards d’euros sur trente ans pour un objectif de 430.000 logements rénovés par an. Dernière idée : une taxe carbone aux frontières de l’Union européenne, qui permettra de « réduire les émissions mondiales tout en arrêtant la concurrence déloyale ».

Sans surprise, l’atome serait la solution ultime pour décarboner la production d’électricité selon LR.

En résumé, « il faut que l’écologie soit pragmatique, pas dogmatique » selon Julien Aubert. Un élément de langage ressassé par de nombreux élus de droite, dans une tentative de tailler aux écologistes un costard de croque-mitaines. Le discours est rodé : tout sauf de « l’écologie punitive ». Question philosophie de l’écologie, Jean-Marie Sermier croit « au développement des technologies, à continuer de consommer, d’avoir un confort. Contrairement aux écologistes qui nous emmènent vers une idée de suppression de croissance, voire de décroissance. Je ne vois pas pourquoi il faut expliquer aux jeunes générations qu’on a eu du confort pendant soixante ans, et que maintenant il faut le réduire. »

Une attitude qui ne semble pas à la mesure du défi écologique : « Le dernier rapport du Haut Conseil pour le climat demande des modifications assez profondes du niveau de vie, des priorités économiques, et du modèle d’organisation et de consommation », observe Simon Persico. « Si vous dites « nous n’allons pas toucher à la consommation et au modèle de production« , je ne vois pas de quoi vous parlez en matière d’environnement, soupire le politologue. La question est de savoir quel niveau de priorité vous en faites, et quel compromis vous posez entre développement économique et protection de l’environnement. »

Par Moran Kerinec (Reporterre), publié le 8 décembre 2020

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ITALIE : « L’ÉLECTRICIEN ENEL TIENT SA REVANCHE SUR SES CONCURRENTS DANS LE NUCLÉAIRE ET LE PÉTROLE, LONGTEMPS IMBUS DE LEUR PUISSANCE »

L’énergéticien italien, qui a anticipé tôt sa transition énergétique, est devenu une « super major du renouvelable », relève dans sa chronique, Jean-Michel Bezat, journaliste au « Monde ».

Chronique. Francesco Starace ne jure que par les énergies vertes, roule en Tesla depuis plusieurs années, aime la poésie et projetait un temps de reconvertir des centrales au charbon en musées d’art contemporain, à l’exemple de la Tate Modern de Londres… Le patron du géant de l’électricité Enel, devenu la première entreprise italienne, n’a pas le profil d’un boss de l’énergie. Mais cet ingénieur nucléaire de formation, passé par le pétrole et l’industrie des turbines, a pris conscience avant d’autres patrons du secteur qu’il devait être à l’avant-garde d’une inévitable transition énergétique. Enel est ainsi devenu le symbole du renouveau des « utilities », ces entreprises de service public longtemps toisées par les firmes du big business.

Le patron d’Enel a annoncé, fin novembre, un investissement colossal d’ici à 2030 : rien de moins que 160 milliards d’euros dans les parcs éoliens et solaires, les réseaux électriques numérisés, les bornes de recharge pour véhicule électrique et les économies d’énergie, dont 40 milliards dans les trois prochaines années. Ses terrains de jeu sont l’Europe, les États-Unis et l’Amérique latine. Depuis sa nomination à la tête du groupe en 2014, il a plus que doublé sa valeur (84 milliards) pour en faire la plus grosse capitalisation de la Bourse de Milan et la première « utilitie » européenne.

Les plans de relance ne feront qu’amplifier le mouvement.

Il y a peu encore, exploiter des éoliennes ou des panneaux photovoltaïques n’était pas le cœur de métier des géants de l’énergie, tout juste une activité de niche permettant de verdir leur activité et de faire un peu de greenwashing. La donne a changé au milieu de la décennie, et cette révolution coïncide avec l’accord de Paris sur le climat de 2015. Les plans de relance ne feront qu’amplifier le mouvement. Notamment celui de l’Union européenne, qui doit consacrer une partie de ses 750 milliards d’euros à la lutte contre le réchauffement climatique. Comme l’espagnol Iberdrola, le danois Orsted ou l’américain NextEra Energy, Enel tient sa revanche sur des concurrents – dans le nucléaire et le pétrole – longtemps imbus de leur puissance financière et technologique.

Le nucléaire ? Il a fait la force de la France dans les années 1970-2000, assurant en partie son indépendance énergétique et fournissant une électricité bon marché propice au développement économique. Il est devenu un poids. Le chef de l’Etat l’a soutenu, vendredi 4 décembre, dans son interview au média en ligne Brut, mais sans donner à EDF une feuille de route claire pour la construction de nouveaux EPR. Ses capitaux sont en partie absorbés par la rénovation des 56 réacteurs en service. Une fois cette activité totalement réintégrée dans le giron public au terme de la réorganisation du groupe, EDF devra faire appel à des fonds privés pour cofinancer le développement des renouvelables.

Rien de tel pour son concurrent transalpin. En juin 2011, une écrasante majorité d’Italiens avait confirmé par référendum leur premier refus de cette énergie, vingt-cinq ans plus tôt, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl. Enel avait dû rompre le partenariat signé entre-temps avec EDF pour lancer plusieurs réacteurs EPR dans la Péninsule. Alors patron de la filiale cotée Enel Green Power, M. Starace ne croyait déjà plus dans les énergies fossiles, ni dans ces réacteurs coûteux, longs à construire et mis en service alors que le paysage énergétique a changé. Et il s’est transformé à grande vitesse.

Course à la puissance engagée

S’il peut présenter Enel comme une « super-major du renouvelable », c’est qu’elle joue désormais dans la cour des grands et pèse en Bourse autant, voire plus, que certains géants du pétrole. Près de trois fois son compatriote Eni. Elle draine sans difficulté les masses de capitaux en quête de placements sûrs et rémunérateurs, comme le recommande Larry Fink, le patron de BlackRock, premier gestionnaire d’actifs au monde et nouveau converti aux investissements dans l’économie durable. La course à la puissance est désormais engagée avec les compagnies pétrolières européennes, le Big Oil américain poursuivant obstinément son rêve d’or noir.

Majors du pétrole contre majors de l’électricité ! Total, Shell, BP, Eni, Equinor ou Repsol se sont lancés dans la révolution verte, et toutes visent la neutralité carbone en 2050. Si elles partent de loin, elles ont une force de frappe financière considérable, encore largement consacrée à l’exploitation du pétrole et de gaz. Leurs stratégies convergent ou se complètent : baisse des dépenses d’exploration-production, dépréciations d’actifs dans les bruts non-conventionnels coûteux et polluants (sables bitumineux, offshore ultra-profond…), forte hausse des investissements dans le solaire et l’éolien, efforts de recherche sans précédent dans des domaines prometteurs comme l’hydrogène vert.

Il y a de la place pour beaucoup de monde sur la route de ce nouvel eldorado

La concurrence entre les pétroliers et des « utilities » ne s’annonce pas aussi féroce qu’on pourrait le croire. M. Starace rappelle qu’avec 120 gigawatts (GW) de renouvelables en 2030, son groupe détiendra seulement 4 % du marché mondial. « En vingt ans, souligne-t-il, les capacités en énergies renouvelables seront multipliées par plus de quatre, ce qui créera un marché énorme pour les leaders mondiaux. » Il y a de la place pour beaucoup de monde sur le chemin de ce nouvel eldorado, et 2021 marquera peut-être une étape symbolique.

La banque Goldman Sachs estime que les investissements dans les énergies vertes devraient, pour la première fois, dépasser les capitaux injectés dans le oil & gas. Durant les trente prochaines années, il ne faudra pas moins de 9 000 milliards d’euros d’investissements dans les renouvelables pour espérer freiner un réchauffement de la planète qui semble depuis peu hors de contrôle. Le XXsiècle a été celui du pétrole, le XXIsiècle sera celui de l’électricité propre, assure M. Starace. À 65 ans, l’ingegnere romain a été reconduit pour un troisième mandat.

Par Jean-Michel Bezat, publié le 7 décembre 2020 à 8h34

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/12/07/l-electricien-enel-tient-sa-revanche-sur-ses-concurrents-dans-le-nucleaire-et-le-petrole-longtemps-imbus-de-leur-puissance_6062455_3232.html

NDLR : dommage que Monsieur Starace n’ait pas de petit frère pour mettre à la tête d’EDF !

ISRAËL «POSSÈDE 200 ARMES NUCLÉAIRES APPELÉES “BOUCLIER DE L’ARMAGEDDON”», AFFIRME L’EX-CHEF DU RENSEIGNEMENT SAOUDIEN

En marge d’un sommet des monarchies du Golfe au Bahreïn, le prince Tourki ben Fayçal Al-Saoud a accusé Israël de donner l’image d’un État qui promeut la paix, alors qu’il «possède 200 armes nucléaires» et continue sa politique coloniale en Palestine, selon CNN Arabic. L’État hébreu a réfuté ces accusations.

Dimanche 6 décembre à Manama, au Bahreïn, en marge de la rencontre entre les monarchies du Golfe consacrée à la résolution de la crise avec le Qatar, le prince Tourki ben Fayçal Al-Saoud, ex-puissant chef des services de renseignement saoudiens (1979-2001) et représentant de son pays à ce sommet, a mené une violente charge à l’égard d’Israël, a rapporté CNN Arabic.

Le prince a accusé l’État hébreu de servir les intérêts des anciennes puissances coloniales dans la région et d’être le principal obstacle à la paix. Dans le même sens, il a pointé la puissance de feu nucléaire que possède Tel-Aviv, alors qu’il se fait passer pour un pays vivant sous une menace existentielle de la part de voisins qui «veulent sa disparition».

Ces déclarations interviennent sur fond d’accords de paix signés entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Soudan. L’ex-chef de l’état-major de l’armée israélienne et actuel ministre des Affaires étrangères, Gabi Ashkenazi, a ensuite réagi aux propos de Tourki ben Fayçal, réfutant ses accusations.

Israël dispose d’un «Bouclier de l’Armageddon»

«Israël se présente toujours comme un État qui promeut la paix, épris de valeurs humaines universelles. Il prétend être le protecteur des droits de l’Homme et le seul pays démocratique du Moyen-Orient», a déclaré le prince, cité par CNN, ajoutant que l’État hébreu «se faisait également passer pour un petit pays vivant sous une menace existentielle de la part de voisins tueurs et sanguinaires qui veulent sa disparition».

Tout en soulignant que le propos qui allait suivre était une «opinion personnelle», l’ancien patron des renseignements saoudiens a lancé qu’«Israël possédait [illégalement, NDLR] 200 armes nucléaires appelées “Bouclier de l’Armageddon” [que Tel-Aviv n’a jamais reconnues officiellement à ce jour, NDLR], alors qu’il a mené une guerre sans merci contre le Hamas à Gaza, l’accusant d’être un mouvement terroriste et empêchant le Qatar de lui venir en aide». «Tous les gouvernements israéliens se sont comportés comme des résidus des anciennes puissances coloniales occidentales dans la région», a-t-il dénoncé.

À ce titre, il y a lieu de rappeler que l’Arabie saoudite avait toujours accordé son violon avec Israël pour dénoncer le programme nucléaire civil iranien, développé avec l’aide de la Russie. En effet, la République islamique qui a ratifié le traité de non-prolifération nucléaire (TPN) a ouvert ses sites aux inspecteurs de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) et signé un accord à Vienne avec les Européens et les États-Unis, avant que Donald Trump n’annonce unilatéralement le retrait de son pays. Israël, quant à lui, n’a jamais autorisé les experts de l’AIEA à inspecter ses sites nucléaires, malgré les sérieux soupçons qui pèsent sur son arsenal militaire atomique.

Une condition sine qua non pour la paix

Évoquant le blocage depuis des années du processus de paix israélo-palestinien, le prince Tourki ben Fayçal a pointé la responsabilité des Israéliens «qui continuent à construire des colonies sur les terres occupées de Cisjordanie». Ils ont même, selon lui, «érigé un mur d’apartheid pour empêcher les Palestiniens de revenir sur ces terres qu’on leur avait volées, au mépris de la décision de la Cour internationale de justice qui l’avait déclaré illégal».

En réponse aux accusations du prince, le ministre israélien des Affaires étrangères a exprimé ses regrets, soulignant que les accords de normalisation signés par des pays arabes avec Israël «ne s’étaient pas fait à l’encontre des intérêts du peuple palestinien». «Ces accords sont une opportunité à ne pas rater», a-t-il ajouté, appelant les Palestiniens à «changer d’avis et à entamer des négociations directes et sans condition préalable avec Israël, seule voie pour la paix».

Par la suite, l’ex-chef de l’état-major de l’armée israélienne et actuel ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi a qualifié «de mensonges» les propos du prince saoudien, ne reflétant pas «la nouvelle dynamique de la paix dans la région».

Tourki ben Fayçal Al-Saoud a été nommé en 1979 au poste stratégique de chef des services de renseignement par le roi Khaled ben Abdelaziz Al-Saoud, fonction qu’il conserva jusqu’à sa démission le 1er septembre 2001, soit dix jours avant les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Il a notamment recruté Oussama ben Laden à la fin des années 1970, qu’il a placé à la tête d’un réseau chargé de recruter des militants islamistes prêts à combattre en Afghanistan. Ben Laden est le fondateur et le chef historique du mouvement terroriste d’Al-Qaïda*.

*Organisation terroriste interdite en Russie

Par Kamal Louadj, publié le 7 décembre à 13h57, mis à jour à 14h04

Photo en titre : © AP Photo / Kamran Jebreili

https://fr.sputniknews.com/moyen-orient/202012071044890147-israel-possede-200-armes-nucleaires-appelees-bouclier-de-larmageddon-affirme-lex-chef-du/

MACRON DÉFEND LE NUCLÉAIRE MARDI AU CREUSOT

Emmanuel Macron se rend mardi sur le site industriel du groupe Framatome du Creusot (Saône-et-Loire) pour soutenir la filière nucléaire civile et militaire, dans le cadre d’une semaine consacrée à l’environnement et aux énergies décarbonées, a indiqué l’Élysée.

Le chef de l’État, qui prononcera un discours dans l’après-midi, est attendu sur la réforme de la filière ou encore le choix du mode de propulsion du second porte-avions français, qui doit succéder au Charles-de-Gaulle.

Aucune décision pour la filière EPR ne sera prise avant la mise en route de l’EPR de Flamanville, prévue mi-2023 au plus tôt, a indiqué l’Élysée. Le 5 novembre, le gouvernement avait dit n’avoir pris « aucune décision » quant à la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, après la publication d’un document évoquant la possible mise en service de six nouveaux EPR d’ici 2044.

Emmanuel Macron, qui sera accompagné de trois ministres — Barbara Pompili (Transition écologique), Bruno Le Maire (Économie) et Florence Parly (Armées) — rencontrera les représentants des acteurs de la filière tels qu’EDF, Orano, CEA, TechnicAtome et Naval Group, ainsi que des salariés.

Le site du Creusot a été choisi car Framatome y fabrique des cuves à la fois pour des réacteurs civils et pour des réacteurs utilisés dans la propulsion navale militaire, comme celle du Charles-de-Gaulle et des sous-marins.

Le chef de l’État devrait rappeler que « c’est le nucléaire civil et militaire qui donne à la France le statut de grande puissance« , ont expliqué lundi les conseillers de la présidence.

La France, avait déclaré M. Macron dans son interview vendredi à Brut, « produit une électricité qui est parmi les plus décarbonées au monde. Grâce à quoi ? Grâce au nucléaire« .

« On veut à terme le ramener à 50% » de la production d’électricité mais « il faut préserver la part du nucléaire« , avait-il insisté, ajoutant qu’il ne pouvait « pas le remplacer du jour au lendemain par des renouvelables« .

Sa visite mardi sera précédée dans la matinée d’un conseil de défense écologique, le septième depuis le début du quinquennat, consacré en particulier à l’éolien terrestre, notamment sur « une répartition harmonieuse sur le territoire » pour éviter « des concentrations qui créent des tensions« .

Lundi à l’Élysée, le chef de l’État recevait les dirigeants des dix plus grandes métropoles françaises sur le sujet des zones à faible émissions, prévues dans la loi mobilité pour améliorer la qualité de l’air.

L’exécutif finalise la loi devant reprendre les préconisations de la Convention citoyenne sur le climat, (NDLR : en partie seulement !) dont les membres ou représentants devraient être reçus par Emmanuel Macron mi-décembre.

Par AFP et eb/jk/pb, publié le 7 décembre 2020 à 19h14

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/macron-defend-le-nucleaire-mardi-au-creusot-201207

NDLR : tout, dans les mots d’Emmanuel Macron, prouve que, s’il est réélu en 2022, il donnera son feu vert à la construction des 6 EPR comme souhaité par EDF et certains industriels. Encore faudra-t-il qu’il soit réélu ! La balle est dans le camp des électeurs !

PARIS DISCUTE TOUJOURS AVEC BRUXELLES DU PROJET DE RÉFORME DU NUCLÉAIRE-SOURCE

PARIS, 7 décembre (Reuters) – Les discussions entre Paris et Bruxelles sur le projet de réforme du nucléaire en France et sur le mécanisme ARENH de fixation des prix sont “toujours en cours”, a déclaré lundi une source à l’Elysée.

Le gouvernement français finalise ces négociations avec la Commission européenne sur le projet – dont les grandes lignes ont été tracées fin 2019 – qui doit permettre d’améliorer les capacités d’investissement et de financement d’EDF à travers notamment une sanctuarisation de son parc nucléaire français et une ouverture du capital de ses activités dans les renouvelables. (Gwenaelle Barzic, Édité par Claude Chendjou et Henri-Pierre André)

Par Reuters Staff, publié le 7 décembre 2020 à 12h36

https://fr.reuters.com/article/union-nucleaire-france-idFRL8N2IN2N2

SÉCURITÉ DES SITES NUCLÉAIRES : LE RAPPORT POMPILI QUI ALERTAIT SUR LE DANGER DE LA SOUS-TRAITANCE

Une fuite de documents sensibles sur le site de l’EPR de Flamanville révélée par Greenpeace et Mediapart ce dimanche 6 octobre s’expliquerait par le mille-feuille de sous-traitants mobilisés sur place. Un problème que connaît bien la ministre de l’Écologie Barbara Pompili puisqu’elle l’a dénoncé dans un rapport parlementaire en 2018.

Rarement la sécurité d’un site de centrale nucléaire n’avait été à ce point publiquement remise en cause. Ce dimanche 6 décembre, Mediapart a publié une longue enquête détaillant le contenu de documents qui lui ont été confiés par Greenpeace. Parmi eux, des plans extrêmement précis de la sécurité autour de l’EPR de Flamanville (Manche) en construction, des schémas de certaines installations et de nombreux visuels. Une fuite qui serait liée à des mauvaises pratiques de sous-traitants massivement mobilisés dans le secteur nucléaire. Un problème que l’actuelle ministre de l’Écologie Barbara Pompili avait dénoncé en 2018 dans un rapport parlementaire.

Des plans très précis

Mediapart raconte, sans publier aucun original, que l’on peut observer dans ces documents les champs de vision des caméras de surveillance, « et leurs angles morts », un plan du « circuit reliant les alarmes aux tableaux électriques » mais aussi « des schémas des clôtures de l’EPR si précis que l’on voit les types de vis et de boulons utilisés pour monter les grilles ».

Des informations confidentielles qui, entre de mauvaises mains, pourraient mener à des incidents majeurs, d’intrusions de militants radicaux à des actes terroristes. « On peut imaginer la possibilité d’une intrusion, d’un sabotage de chantier ou d’un vol de matières radioactives », avance Greenpeace.

EDF a affirmé qu’aucun de ces documents n’était classé secret défense, tout en reconnaissant auprès de Mediapart que la diffusion de leur ensemble « pouvait poser difficulté pour la protection du secret de la défense nationale ». Jointe par Marianne, une porte-parole de Greenpeace explique qu’il est impossible de savoir si ces documents étaient classés secret défense, puisque «  le classement secret défense est lui-même une information classée secret défense ».

Une fuite évitable ?

L’ONG a annoncé avoir obtenu ces plans « par une personne qui n’avait aucune raison professionnelle d’y accéder, ne travaillant ni de près ni de loin pour l’industrie nucléaire ». Si ces documents confidentiels ont circulé jusqu’à atterrir entre les mains de Greenpeace, ce serait à cause d’échanges par mails non-sécurisés entre des employés d’entreprises sous-traitantes qui construisent l’EPR.

Alors que toutes les entreprises sous-traitantes ont signé des engagements de confidentialité, l’enquête de Mediapart révèle que de nombreux salariés s’échangent par mail des documents qui ne devraient pas sortir de serveurs sécurisés. Ce dispositif de sécurité particulièrement contraignant connaitrait parfois des dysfonctionnements, ce qui pousserait des salariés d’entreprises sous-traitantes à s’échanger directement certains documents.

Au sommet de l’État, les failles de sécurité des centrales nucléaires sont connues. En 2014, le député UMP Gérald Darmanin avait posé une question sur ce sujet à la ministre de l’Écologie et de l’Énergie Ségolène Royal. « Il semblerait que l’alerte et les protections passives des installations puissent encore faire l’objet d’évolutions », avançait celui qui est désormais ministre de l’Intérieur.

70% de sous-traitants

En 2018, une commission d’enquête parlementaire avait pointé le danger que représentait le recours massif à la sous-traitance dans la construction et l’entretien des centrales. Sa rapporteure n’était autre que Barbara Pompili, ministre de l’Écologie depuis début juillet 2020. Au moment de la publication du rapport, elle s’était épanchée dans les médias pour dénoncer « une cascade de failles ».

La lecture des conclusions de cette commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires montre qu’un événement comme cette fuite de données pouvait être anticipé. Les députés établissent que la filière nucléaire compte plus de 70% de salariés sous-traitants, ce qui « fait peser un certain nombre de risques sur la sûreté des installations ».

À LIRE AUSSI : Rapport sur le nucléaire : « Derrière des mots très policés, il y a un constat très lourd« 

Dilution des responsabilités

Selon ce rapport, le recours massif à la sous-traitance « entraîne une dilution des responsabilités », chaque travailleur se sentant de moins en moins impliqué dans la sûreté des installations. Mal formés et sous-payés, les employés d’entreprises sous-traitantes seraient plus à même de commettre des erreurs et omettraient parfois de signaler des incidents. Un constat que les révélations de Greenpeace viennent conforter.

Le turnover de salariés et intérimaires au sein des centrales « rend plus difficile le criblage, notamment des travailleurs étrangers » avançait le rapport. Une situation qui aggraverait même « le risque interne de sabotage », puisqu’il est plus difficile de repérer des éléments malveillants quand les personnes autorisées à pénétrer dans les installations changent sans cesse.

Ministre depuis cinq mois, la ministre Barbara Pompili n’a pas initié de réforme de la sous-traitance dans le nucléaire. Écolo dans un gouvernement qui ne l’est pas toujours, elle serait « bloquée » sur ce sujet selon l’ONG Greenpeace jointe par Marianne. Mais la fuite massive de documents confidentiels pourrait contraindre le gouvernement à s’engager rapidement sur le sujet. En novembre dernier, les députés Insoumis ont déposé une proposition de loi pour interdire la sous‑traitance « à plusieurs niveaux » dans le nucléaire, en s’appuyant notamment sur le rapport Pompili pour illustrer ses dangers.

Par Théo Moy, publié le 07/12/2020 à 17h42

Photo en titre : La ministre de l’Écologie Barbara Pompili avait dénoncé le recours massif à la sous-traitance dans le nucléaire en 2018. Bertrand GUAY / AFP

https://www.marianne.net/societe/securite-des-sites-nucleaires-le-rapport-pompili-qui-alertait-sur-le-danger-de-la-sous-traitance

EPR DE FLAMANVILLE : QUATRE ORGANISATIONS SAISISSENT LA JUSTICE POUR SUSPENDRE LA MISE EN SERVICE PARTIELLE, LE TRANSPORT DE COMBUSTIBLE ET LES ESSAIS RADIOACTIFS

Le Comité de Réflexion, d’Information et de Lutte Anti-Nucléaire (CRILAN), Greenpeace France, le Réseau “Sortir du nucléaire”, et le collectif “STOP EPR ni à Penly ni ailleurs” déposent aujourd’hui un recours devant le Conseil d’État contre l’autorisation de mise en service partielle de l’EPR de Flamanville délivrée par l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN).

Depuis deux mois, EDF est autorisée à livrer du combustible nucléaire sur le site de Flamanville et à mener des essais avec des gaz radioactifs sur les installations, alors que l’état du chantier ne le justifie absolument pas. Le 26 octobre dernier, un premier transport d’uranium enrichi a été effectué de Romans-sur-Isère à Flamanville. Dans l’attente du jugement du recours, un référé-suspension a également été introduit aujourd’hui pour empêcher toute nouvelle livraison et limiter au maximum la contamination d’installations qui n’entreront peut-être jamais en service.

Les nombreuses anomalies et failles de sécurité qui touchent le chantier de l’EPR rendent injustifiable une mise en service partielle. Greenpeace France et Mediapart révélaient dimanche 6 décembre que des milliers de pages de documents confidentiels touchant à la sécurité du site sont en circulation en dehors d’EDF et de ses sous-traitants. La mise en service partielle de l’EPR fait courir des risques inutiles aux travailleurs, à la population et à l’environnement.

Par ailleurs, la demande d’EDF de mise en service partielle de l’EPR date de 2015. L’ASN avait au maximum deux ans pour se prononcer sur cette demande, ce qu’elle n’a pas fait. Dans ce domaine, une absence de réponse de l’ASN vaut rejet et oblige EDF à déposer une nouvelle demande. Cela n’a pas été fait : c’est une nouvelle démonstration du laxisme de l’ASN à l’égard d’EDF.

Enfin, l’impact environnemental de cette mise en service partielle n’a pas été questionné. Le droit de l’Union européenne requiert pourtant, lorsqu’un projet a fait l’objet d’une étude d’impact lors de la délivrance d’une première autorisation, que la question de son actualisation soit posée à chacune des autorisations délivrées ultérieurement.

Mis bout à bout, les déboires de l’EPR démontrent l’incapacité industrielle d’EDF à mener ce chantier. À l’heure où le gouvernement français s’interroge (1) sur la construction de nouveaux EPR, la preuve est faite que cette option serait une dangereuse et coûteuse impasse. Si Emmanuel Macron, qui doit visiter demain l’usine Framatome du Creusot, affirme avoir besoin du nucléaire, la planète, elle, n’en a pas besoin.

Contacts presse :

Marie Frachisse (juriste, Réseau « Sortir du nucléaire ») – 07 62 58 01 23

Cécile Génot (Greenpeace France) – 06 30 23 52 78

Guillaume Blavette (STOP EPR) – 06 62 29 50 48

André Jacques (CRILAN) – 06 08 84 22 22

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Publié le 7 décembre 2020

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/EPR-de-Flamanville-quatre-organisations

NDLR (1) : Non, le gouvernement français ne s’interroge pas ; sa décision est prise depuis toujours : OUI, il veut construire des EPR. 

LES INFORMATIONS DU JAPON SUR L’ÉLIMINATION DE L’EAU DE FUKUSHIMA SONT INSUFFISANTES POUR JUGER DE LA SÉCURITÉ

SÉOUL, 07 déc. (Yonhap) — Le Japon a fourni à la Corée du Sud des informations insuffisantes jusqu’à présent sur son projet de rejet d’eau radioactive dans la mer depuis la centrale nucléaire dévastée de Fukushima, a déclaré ce lundi un responsable du ministère des Affaires étrangères.

Tokyo semble sur le point d’annoncer le projet de rejet progressif dans l’océan Pacifique de plus de 1,2 million de tonnes d’eau radioactive stockées dans des réservoirs depuis l’accident de 2011 suite à un tremblement de terre et un tsunami.

Le Japon fait valoir qu’il s’agit de la méthode d’élimination la plus réaliste et relativement inoffensive, mais le plan suscite une forte opposition et des inquiétudes parmi la population en Corée et au Japon.

«Fondamentalement, les informations que le Japon nous a fournies jusqu’à présent sont insuffisantes pour juger de la sûreté de son plan», a estimé un responsable du ministère des Affaires étrangères sous couvert d’anonymat.

Le ministère a demandé au Japon de partager autant de données et d’informations que possible, spécifiquement liées aux détails exacts concernant la manière dont les matériaux chimiques seront éliminés et comment, ainsi que les moyens de vérifier le processus, a expliqué le responsable.

«Nous leur avons posé des questions très spécifiques et scientifiques, et Tokyo a répondu dans la mesure du possible», a-t-il indiqué.

L’officiel a rejeté le point de vue de Tokyo selon lequel la décision de la méthode d’élimination est soumise à sa souveraineté dans laquelle les autres pays ne peuvent pas intervenir, affirmant que la Corée présentait une demande légitime sur des problèmes de sécurité basés sur le droit international.

«Ce n’est pas quelque chose que nous demandons au Japon de faire de bonne foi. Nous faisons une demande raisonnable fondée sur le droit international conformément à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer afin que nous puissions déterminer si cela est sûr» a souligné le fonctionnaire.

Un haut responsable de l’ambassade du Japon à Séoul a déclaré le mois dernier que Tokyo était disposé à travailler avec Séoul et à divulguer toutes les informations sur la surveillance du traitement envisagé ainsi que le rejet de l’eau contaminée.

Par Agence de presse Yonhap, publié le 7 décembre 2020 

Photo en titre : Des militants organisent une campagne près de l’ambassade du Japon à Séoul appelant au boycott des fruits de mer japonais pour protester contre le projet de Tokyo de rejeter dans la mer l’eau radioactive de sa centrale nucléaire détruite de Fukushima, le 9 novembre 2020.

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20201207002100884

EPR : LA SÉCURITÉ DU RÉACTEUR NUCLÉAIRE MISE À NU

Plan détaillé du site nucléaire de l’EPR de Flamanville, localisation des caméras de sécurité ou encore descriptions du système électronique de surveillance : ce sont plus d’un millier de pages, contenant des données hautement sensibles qui ont fuité. Un scandale majeur, qui concerne un réacteur nucléaire toujours en chantier après de multiples déboires, et remet totalement en cause la sécurité du site, avant même son hypothétique démarrage.

Des milliers de pages sur la sécurité d’un site nucléaire

Des documents contenant des informations détaillées et confidentielles touchant à la sécurité d’un site nucléaire circulent aujourd’hui. C’est le constat, aussi stupéfiant qu’alarmant, que nous avons fait quand nous a été remis, sans aucune sollicitation, recherche ou investigation de notre part, un lourd dossier regroupant de multiples données confidentielles sur le réacteur EPR de Flamanville, en Normandie. Plusieurs de ces documents font référence à des validations du Haut Fonctionnaire de Défense et de Sécurité, un service rattaché au ministre de la Transition écologique. Nous avons bel et bien pu établir une conformité entre nos observations sur le terrain, le calendrier de la construction de l’EPR et certains de ces documents.

Des documents qui circulent au-delà de la filière nucléaire

Plus inquiétant encore, le canal via lequel nous avons reçu ces informations n’a pas de lien, ni de près ni de loin, avec l’industrie nucléaire. Cela signifie donc qu’à l’heure actuelle, ces données détaillées touchant à la sécurité du site nucléaire de l’EPR circulent en dehors des cercles professionnels restreints et habilités, alors qu’elles auraient dû rester confidentielles. Dans d’autres circonstances, ces informations auraient pu être vendues ou communiquées à un groupe aux méthodes d’actions violentes. Entre de mauvaises mains, elles pourraient permettre de contourner ou de neutraliser certains systèmes de sécurité du site, laissant craindre la possibilité d’une intrusion, d’un sabotage de chantier ou d’un vol de matières radioactives.

Les défaillances structurelles d’un chantier nucléaire ubuesque

Une fuite de documents confidentiels d’une telle ampleur est la conséquence et la preuve de défaillances structurelles majeures, qui s’ajoutent aux multiples déboires qu’a connus l’EPR de Flamanville. Le vol de 150 cadenas fermant des armoires contenant du matériel informatique des systèmes de contrôle-commande (centre névralgique du réacteur) sur le chantier de l’EPR en 2018 posait déjà la question de la sécurisation du site. Cette fuite importante montre aujourd’hui clairement qu’EDF ne maîtrise plus la circulation de l’information et la sécurité de ses installations.

Une chaîne nucléaire incontrôlable

La multiplication des entreprises sous-traitantes (et de sous-traitants de sous-traitants…), dénoncée à de multiples reprises, notamment par la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires en 2018 ou plus récemment par la Cour des comptes, conduit aujourd’hui à une situation incontrôlable. La lecture des documents qui nous sont parvenus révèle que de nombreuses entités intervenant sur le chantier de l’EPR ont manipulé, sans précautions de confidentialité suffisante, sans habilitation, des documents atteignant à la sécurité du site. De nombreuses personnes qui travaillent à la sécurité du site de l’EPR n’ont pas été formées aux règles de confidentialité nécessaires pour réaliser leur travail.

Des livraisons de combustible nucléaire irresponsables

Comme nous l’avions révélé fin octobre 2020, un premier convoi a livré du combustible nucléaire sur le site du chantier de l’EPR de Flamanville, pourtant encore en travaux et sans aucune certitude que le réacteur pourra démarrer un jour. Avec ces nouvelles révélations, la poursuite des livraisons de combustible apparaît d’autant plus irresponsable et ne doit donc pas reprendre.

Au-delà de Flamanville, la filière EPR dans l’impasse

Une fois de plus, ce nouveau scandale des #EPRleaks pose cette question fondamentale : l’EPR de Flamanville sera-t-il capable de démarrer un jour dans des conditions de sûreté, de sécurité et de rentabilité satisfaisantes ? Plus globalement, c’est l’ensemble de la filière EPR et la capacité d’EDF et de l’industrie nucléaire à mener ce type de projets, qui sont une nouvelle fois mises en cause, au-delà du cas de Flamanville et de cette fuite d’informations sensibles. Anomalies, malfaçons et/ou dérives budgétaires n’ont épargné aucun des projets EPR en Chine, en Finlande et au Royaume-Uni, d’où les sérieux doutes émis par la Cour des comptes sur la rentabilité de la filière EPR. Les #EPRleaks sont la énième preuve de cette incurie d’une industrie nucléaire dans l’impasse.

Pour en savoir plus sur ces #EPRleaks, lire également l’enquête détaillée de Mediapart : Nucléaire: la sécurité percée d’EDF

Publié le 6 décembre 2020

https://www.greenpeace.fr/epr-la-securite-du-reacteur-nucleaire-mise-a-nu/

JAPON, CENTRALE NUCLÉAIRE D’ÔÏ : L’AUTORISATION DE L’AUTORITÉ DE RÉGULATION ANNULÉE PAR LA JUSTICE

Un tribunal d’Ôsaka a annulé la décision de l’Autorité de régulation nucléaire de remettre en service les réacteurs 3 et 4 de la centrale d’Ôï, suite à une plainte déposée par 127 personnes. La justice estime que l’Autorité de régulation a sous-estimé l’amplitude maximale des séismes qui pourraient secouer cette centrale située dans la province de Fukui.

Les deux réacteurs avaient été remis en service en 2018 (voir notre état des lieux du parc nucléaire japonais) et sont actuellement à l’arrêt pour maintenance. Un pourvoi en appel suspendrait la décision de justice, car les plaignants n’en ont pas fait la demande. Les deux réacteurs peuvent être exploités jusqu’à la fin de la procédure judiciaire.

Cette décision est un camouflet pour l’Autorité de régulation nucléaire, qui a donné son accord à une remise en service en 2017. Le séisme maximal pris en compte est proposé par l’exploitant et l’Autorité utilise ses propres critères pour accepter ou pas. En 2017, l’accélération maximale de 856 gals avait donc été validée quand l’exploitant, Kansaï Electric (KEPCo), a obtenu l’autorisation de remettre en service ces deux réacteurs.

Les plaignants ont contesté la façon dont KEPCo a évalué le séisme maximal. La méthode de calcul, basée sur la dimension des failles sismiques et leur densité, ne produirait qu’une valeur moyenne, selon les plaignants, et pas la valeur maximale. Ils se sont aussi appuyés sur une nouvelle disposition des règles de l’Autorité de régulation qui demandent de prendre en compte la variabilité des résultats en fonction des méthodes de calcul. Ainsi, ils estiment que KEPCo aurait dû renforcer la sûreté de ses réacteurs de façon à résister à une secousse d’au moins 1 150 gals.

Les avocats du gouvernement ont argué que l’exploitant avait pris en considération une zone fracturée plus grande que la réalité et que ses calculs pénalisant ne nécessitaient pas de prendre en compte plusieurs méthodes de calcul. Mais le tribunal a donné raison aux plaignants et a ordonné la suspension de l’autorisation de remise en service des deux réacteurs nucléaires. Il est, en effet, surprenant d’introduire dans la réglementation la nécessité de prendre en compte la variabilité des calculs, pour ne finalement pas la prendre en compte dans la pratique. Le tribunal demande donc l’application stricte des règles.

La résistance de la centrale d’Ôï aux séismes fait polémique depuis longtemps. Initialement, KEPCo ne voulait pas réviser le risque sismique et passer outre les nouvelles règles de sûreté, mais elle a dû se résigner face à la nouvelle autorité indépendante. L’accélération maximale était alors passée de 700 à 856 gals. En 2016, Kunihiko Shimazaki, sismologue et commissaire de l’Autorité de Régulation Nucléaire (NRA) jusqu’en septembre 2014, pensait qu’il fallait revoir les règles de sûreté. La pluralité des méthodes d’évaluation de l’accélération était déjà au cœur du débat. Mais l’Autorité de régulation nucléaire avait décidé de ne pas changer ses critères.

C’est la première fois que la justice japonaise remet en cause l’instruction des dossiers de sûreté et l’application les règles de sûreté révisées en 2013, après la catastrophe de Fukushima. Cette décision pourrait faire jurisprudence pour d’autres centrales nucléaires remises en service, car la méthode d’évaluation de l’accélération maximale y est la même qu’à Ôï. C’est le cas, en particulier, pour la centrale voisine de Takahama, où la même faille sismique a été utilisée pour le calcul. L’exploitant a immédiatement fait part de son intention de faire appel. L’Autorité de régulation, quant à elle, a annoncé vouloir se concerter avec les ministères avant de prendre une décision, alors qu’elle est indépendante. Les cours d’appel ont souvent remis en cause les jugements favorables aux plaignants.

L’Autorité de régulation nucléaire a régulièrement vanté ses nouvelles règles de sûreté, prétendument les plus strictes au monde, sans jamais démontrer cette affirmation. On découvre qu’elles ne sont appliquées strictement… Elle devrait donc revoir l’évaluation des risques sismiques des nucléaires japonais déjà remis en service. Il ne faut pas s’étonner ensuite, si la population japonaise ne veut plus de nucléaire.

Les réacteurs 3 et 4 d’Ôï ont été mis en service en 1991 et 1993, respectivement. Rappelons qu’ils avaient été temporairement remis en service durant l’été 2012, avant même que le nouveau référentiel de sûreté n’entre en vigueur le 8 juillet 2013, pour être arrêtés à nouveau en septembre 2013. Cela avait provoqué de fortes manifestations au Japon. En 2014, la justice avait déjà suspendu la remise en service de cette centrale car elle déjà estimait que les risques sismiques avaient été sous-évalués. Ce jugement, qui avait fait des vagues, n’était pas suspensif non plus. Les réacteurs 3 et 4 avaient finalement été remis en service en 2018 (réacteur 3, réacteur 4).

Les réacteurs 1 et 2 de la centrale d’Ôï ont été arrêtés définitivement après la catastrophe de Fukushima.

Publié le 5 décembre 2020

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

NUCLÉAIRE: L’IRAN PRÉVOIT D’INSTALLER TROIS NOUVELLES CENTRIFUGEUSES AVANCÉES À NATANZ

Le Parlement iranien souhaite « mettre fin » aux inspections de l’AIEA

Téhéran a indiqué à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qu’elle comptait installer « en cascade » – un procédé destiné à améliorer le processus d’enrichissement – trois nouvelles centrifugeuses avancées de type IR-2m dans la centrale de Natanz, a rapporté vendredi Reuters, citant un document de l’instance onusienne.

  « L’Iran a informé l’AIEA que l’exploitant de l’usine d’enrichissement du combustible nucléaire de Natanz avait l’intention d’installer en cascade trois centrifugeuses IR-2m« , détaille le rapport obtenu par l’agence de presse, précisant qu’elles s’ajouteraient à une machine déjà installée dans le site.

Selon l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, la République islamique est autorisée à produire de l’uranium enrichi uniquement avec des centrifugeuses de première génération (IR-1).

Ce développement intervient alors que le Conseil iranien des gardiens de la Constitution a approuvé mercredi un projet de loi visant à « mettre fin » aux inspections de l’AIEA sur ses sites nucléaires, et à « produire et stocker au moins 120 kilogrammes par an d’uranium enrichi à 20%« .

Selon la télévision d’État, le Conseil constitutionnel a officiellement remis sa décision au président iranien, Hassan Rohani, qui dispose désormais de cinq jours pour approuver ce texte de loi afin de l’entériner.

Rohani avait toutefois critiqué ce plan, le qualifiant de « nuisible » pour les activités diplomatiques iraniennes.

Par i24news., publié le 04 décembre 2020 à 15h43, dernière modification le 05 décembre 2020 à 16h23

Photo en titre : Atomic Energy Organization of Iran / AFPIllustration – Des installations d’enrichissement atomique de la centrale nucléaire de Natanz, à quelque 300 kilomètres au sud de la capitale de Téhéran, le 4 novembre 2019.

Vidéo: cliquer sur: https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1607092893-nucleaire-l-iran-prevoit-d-installer-trois-nouvelles-centrifugeuses-avancees-a-natanz

NUCLÉAIRE IRANIEN: LA LIGNE DURE DU PARLEMENT L’EMPORTE SUR LE PRÉSIDENT ROHANI

Dans le bras de fer entre le Parlement, dominé par les conservateurs, et le président Hassan Rohani, sur l’approche à adopter face aux Occidentaux après la victoire du démocrate Joe Biden, favorable au retour des États-Unis dans l’accord nucléaire, c’est la ligne dure qui semble l’avoir emporté. Le président Rohani semble en perte de vitesse.

Après plusieurs jours de bras de fer entre le pouvoir exécutif et le Parlement, le Conseil suprême de la sécurité nationale, qui réunit les plus hauts responsables politiques et militaires du pays, a pris fait et cause en faveur du Parlement qui a voté une loi sur la question nucléaire. 

Paradoxalement, ce Conseil est présidé par le président Hassan Rohani qui avait critiqué la loi. Partisan d’une position souple, Hassan Rohani a multiplié les signes d’ouverture depuis la victoire de Joe Biden favorable au retour des États-Unis dans l’accord nucléaire et la levée des sanctions américaines imposées ces dernières années. Mais le président élu américain veut durcir les conditions de l’accord nucléaire de 2015 et limiter le programme balistique de Téhéran. Pour les conservateurs, proche du guide suprême, il n’en est pas question.

La loi votée par le Parlement oblige le gouvernement à reprendre l’enrichissement à 20 % et installer des centrifugeuses ultra-modernes, ce qui est contraire à l’accord nucléaire.

Selon cette loi, si les pays occidentaux ne prennent pas des mesures concrètes d’ici deux mois pour permettre à l’Iran d’avoir des relations bancaires normales avec le reste du monde et d’exporter son pétrole, Téhéran va réduire sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Par RFI, avec notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi, publié le 06/12/2020 à 01h27

Photo en titre : Le président iranien Hassan Rohani à Téhéran le 2 décembre 2020. AP

https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20201206-nucl%C3%A9aire-iranien-la-ligne-dure-du-parlement-l-emporte-sur-le-pr%C3%A9sident-rohani

NUCLÉAIRE CIVIL : EMMANUEL MACRON A DÉJÀ ANNONCÉ LA COULEUR AVANT SA VENUE AU CREUSOT

Le programme de la visite présidentielle au Creusot se précise. La Ministre Barbara Pompili sera du voyage, avec deux autres ministres.

Samedi 5 décembre, l’Élysée a officialisé la visite du Président de la République au Creusot. Selon nos informations, c’est une arrivée en Saône-et-Loire par Saint-Yan qui serait privilégiée par les services de l’Élysée. Le Président de la République est annoncé sur le site de Framatome à 15 heures. Ainsi que Creusot-infos l’avait laissé entendre dès le 1er décembre, quand nous avions annoncé en primeur sa venue le 8 décembre, Emmanuel Macron sera accompagné de Barbara Pompili, ministre de la Transition Écologique, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance et de Florence Parly, ministre des Armées. Agnès Pannier-Runacher, dont nous avions annoncé la possible venue ne devrait finalement pas être du voyage en Bourgogne.

Peu de temps après son arrivée sur site, le Président de la République visitera l’atelier de la Forge, avec le PDG de Framatome, Bernard Fontana, et avec David Haguet, qui était encore le directeur du site il y a quelques semaines et qui vient d’être chargé des développements.

Emmanuel Macron devrait assister au forgeage d’une pièce sur la presse de 9000 tonnes, avant de visiter l’atelier d’usinage. Un atelier de haute précision. C’est dans cet atelier qu’il se fera présenter les partenariats et échangera avec les représentants de la filière nucléaire civile et militaire : Naval Group, TechnicAtome, EDF et ORANO. Cela avant une prise de parole annoncée vers 16h30. Elle devrait être retransmise en direct par les chaînes d’informations.

C’est à ce moment-là que devrait intervenir l’annonce concernant le ou les porte-avions de nouvelle génération (lire notre précédent article) pour lesquels Framatome et la Forge du Creusot seront directement impliqués. Il pourrait alors s’agir de la commande du siècle pour la défense nationale !

Le Président de la République évoquera-t-il aussi le nucléaire civil et l’avenir des centrales nucléaires pour les besoins en énergie ? Cela semble probable. Et si on ne sait pas s’il évoquera le nombre de réacteurs EPR qui devront obligatoirement être commandés dans les prochaines années, Emmanuel Macron a déjà annoncé la couleur en matière de nucléaire !

En effet, dans son interview à BRUT vendredi après-midi, le Président de la République, au contraire de son prédécesseur François Hollande, ne s’est pas montré frileux sur la question du nucléaire, en affirmant : «Le nucléaire m’importe. Le nucléaire, c’est des emplois  et c’est de l’énergie. Je ne suis pas antinucléaire. Je l’ai toujours dit avec beaucoup de force… Nous avons eu raison de vouloir réduire progressivement la part du nucléaire, c’était sous la présidence de François Hollande. Aujourd’hui si on veut lutter contre le réchauffement climatique, nous, on produit une électricité qui est parmi les plus décarbonées au monde, grâce à quoi ? Grâce au nucléaire !
Qu’est-ce qu’on doit faire ? Aller beaucoup plus fort sur le renouvelable, garder notre force sur l’hydraulique, en faire plus notamment sur l’éolien en mer. Mais on doit préserver la part du nucléaire.  C’est une réalité. Moi, j’ai besoin du nucléaire. Si je ferme le nucléaire demain, qu’est-ce que je fais ? Le nucléaire est une énergie décarbonée non intermittente. Je ne peux pas le remplacer du jour au lendemain par du renouvelable. Ceux qui disent ça, c’est faux ! Le renouvelable il est intermittent. L’Allemagne a rouvert des centrales à charbon. Le nucléaire c’est ce qui nous permettra de tenir. On doit travailler sur les techniques de stockage du renouvelable intermittent. J’assume à fond, je crois en l’écologie, on doit être les champions contre le réchauffement climatique. Si on veut le réussir on doit être encore meilleur sur le nucléaire. Ça veut dire continuer à innover, être encore plus dans la sûreté pour avoir un nucléaire encore plus sûr, dans notre pays»
.

Très clairement, le Président de la République ne souhaite par tergiverser sur la question du nucléaire. Il entend imprimer sa marque, au nom de l’intérêt national, car c’est bien de l’indépendance énergétique qu’il s’agit, (NDLR : avec 100% de l’uranium importé ? Foutaise !!) alors que les besoins en électricité n’ont jamais été aussi forts. Mais au Creusot tout le monde se souvient que lors de sa venue, il avait clairement affirmé que «le nucléaire est une énergie d’avenir». Il n’a de toute évidence pas changé de ligne.

Par Alain BOLLERY, publié le 06/12/2020 à 03h17

Photo en titre : photo d’archive Alain BOLLERY

https://www.creusot-infos.com/news/vie-locale/le-creusot/nucleaire-civil-emmanuel-macron-a-deja-annonce-la-couleur-avant-sa-venue-au-creusot.html

NDLR : Au moins c’est clair : plus pronucléaire que Macron (civil et militaire), ça n’existe pas. Vous êtes prévenus alors ne l’oubliez pas lorsque vous devrez voter pour ou contre sa réélection.

COMMENT LES ISRAÉLIENS ONT PU OPÉRER AU CŒUR DU TERRITOIRE IRANIEN

Le meurtre de Mohsen Fakhrizadeh, le père du nucléaire iranien, attribué aux services de renseignements israéliens, demeure une énigme. La veuve du physicien a vu une dizaine d’assaillants. Sont-ils Israéliens ou s’agit-il de recrues locales ? Pour Téhéran, c’est un nouveau coup dur.

Tous les éléments indiquent qu’Israël est à l’origine de l’assassinat du père du nucléaire iranien, Mohsen Fakhrizadeh, tué le 27 novembre lors d’une attaque à l’est de la capitale iranienne.

Les médias du monde entier, depuis, se penchent sur les mobiles de l’opération, perçue comme un message envoyé à Téhéran à quelques semaines d’une passation des pouvoirs attendue à Washington.

Mais cette lecture immédiate n’explique pas les modalités d’une opération sophistiquée et délicate, qui comporte toujours de nombreuses inconnues.

Comment les services de renseignements israéliens sont-ils parvenus à éliminer une personnalité de premier plan en plein territoire iranien, malgré les dispositifs de sécurité renforcés ?

Une opération préparée de longue date

“La prudence demeure de mise face aux différentes hypothèses qui circulent”, prévient Thomas Juneau, professeur à l’université d’Ottawa et spécialiste de l’Iran.

Un certain nombre de données connues indiquent pourtant qu’il s’agit d’une opération d’envergure préparée de longue date, qui a pu bénéficier de moyens quasi illimités, du soutien de l’allié américain, d’une technologie de pointe et d’un investissement dans le renseignement à la mesure de la menace que représente l’Iran aux yeux des autorités israéliennes.

Ces investissements ont permis, au fil des années, une “forte pénétration des réseaux israéliens en Iran”, estime Thomas Juneau.

Mobiliser le facteur temps

“Le développement des capacités humaines et technologiques est soutenu par de larges contingents, en Israël, chargés de vérifier les informations reçues d’Iran”, explique Nick Grinstead, expert en sécurité au Beck International, cabinet de conseil installé au Bahreïn.

Au-delà de ces ressources, Tel-Aviv a su mobiliser le facteur temps à son avantage afin de minimiser les risques de l’opération.

“À moins d’un coup chanceux, la préparation de ce genre d’opération peut prendre plusieurs années”, estime Bruce Riedel, expert américain en sécurité à la Brookings Institution [un think tank].

Sur la durée, les mécanismes de surveillance, opérés par des hommes ou des caméras, permettent de confirmer l’emploi du temps de la cible.

“Les agents ont dû attendre de connaître l’itinéraire que Fakhrizadeh s’apprêtait à prendre le jour de l’attaque, qui s’est déroulée sur une route située en dehors de la ville”, observe Nick Grinstead.

Une arme télécommandée

Les renseignements recueillis permettent d’élaborer une stratégie d’assassinat ou un “plan d’action”, explique Bruce Riedel.

D’autres éléments restent plus obscurs. Dès le lendemain du meurtre, des sources iraniennes font mention d’une arme télécommandée, qui n’aurait nécessité aucune présence humaine sur place.

Une hypothèse qui n’a pas été démentie par les autorités israéliennes, qui ont déjà fait usage de ce type d’arme par le passé.

Mais de nombreux doutes persistent, notamment en raison de déclarations de témoins présents sur la scène du crime le vendredi [27 novembre]. Parmi ces personnes, la femme et le fils de Mohsen Fakhrizadeh, qui ont fait état d’une dizaine d’assaillants tirant sur les gardes du corps du scientifique.

Une participation humaine indispensable à l’attaque

“Il est encore trop tôt pour en arriver à des conclusions fermes quant à la méthode précise qui a été utilisée”, en conclut Thomas Juneau.

Mais indépendamment de l’arme utilisée, la participation d’hommes a été indispensable à la préparation de l’attaque.

“Même si l’option d’une arme commandée à distance se révélait exacte, les agents israéliens auraient quand même eu besoin d’infiltrer cette arme de haute technologie sur le territoire iranien”, rappelle Nick Grinstead.

Reste à déterminer l’identité des personnes impliquées. “Des recrues locales ou des Israéliens infiltrés”, estime Bruce Riedel.

Les Juifs iraniens en Israël

Des Iraniens pourraient être prêts à aider Israël sur le terrain, pour des raisons politiques ou financières, certes en prenant le risque d’en payer le prix fort.

L’envoi d’Israéliens en Iran est également plausible. “La participation d’hommes a été indispensable à la préparation de l’attaque, des Juifs iraniens d’Israël qui pourraient facilement se fondre dans le pays, en entrant sur le territoire depuis Bakou, Dubaï ou d’autres villes où résident de larges communautés iraniennes”, explique Bruce Riedel.

“Il peut également s’agir d’une équipe mixte, mais ça reste une spéculation à ce stade”, note pour sa part Nick Grinstead.

La confirmation d’une infiltration israélienne signifierait que Tel-Aviv aurait attendu l’exfiltration des agents avant de déclencher la dernière étape du plan d’action, afin de ne pas mettre ces derniers en danger.

Un revers pour Téhéran

Mais au-delà des détails de l’affaire, la mort du scientifique représente un revers certain pour les autorités iraniennes qui se trouvent dans l’embarras face aux failles de l’appareil sécuritaire et aux déclarations contradictoires émanant des différentes parties.

D’autant que l’assassinat intervient au terme d’une année particulièrement douloureuse pour Téhéran.

Une année qui a commencé en janvier dernier par une frappe américaine contre le général Qassem Soleimani, chef de la Force Al-Qods au sein des Gardiens de la révolution islamique, et s’est poursuivie par une attaque contre le site nucléaire de Natanz et l’assassinat du leader d’Al-Qaida Abou Mohammad Al-Masri à Téhéran, en août dernier.

Une mise en échec répétée qui jette un certain discrédit sur le dispositif sécuritaire, pourtant composé de plusieurs agences jugées compétentes.

“La garde révolutionnaire ou le ministère des Renseignements sont deux organisations très capables qui se sont illustrées en Syrie, au Liban, au Yémen et ailleurs”, estime Bruce Riedel.

L’assassinat fait d’autant plus mal que des mesures spécifiques avaient été mises en place afin d’assurer la sécurité de Mohsen Fakhrizadeh, dont les autorités savaient qu’il pourrait être la cible d’une attaque.

“Son identité était protégée au point que jusqu’en 2018 il était impossible de trouver une photo de lui. Il était surveillé 24 heures sur 24”, indique Nick Grinstead.

Au-delà de possibles failles opérationnelles, “il s’agit donc d’un échec au niveau symbolique et politique : c’est particulièrement gênant pour la République islamique, qui consacre autant de ressources à la sécurité interne”, conclut Thomas Juneau.

Par Stéphanie Khouri, publié le 05/12/2020 à 06h04

Photo en titre : Les funérailles du scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh, le 30 novembre 2020, à Téhéran. PHOTO / Iranian Defense Ministry / Handout / Anadolu Agency / Via AFP.

https://www.courrierinternational.com/article/infiltration-comment-les-israeliens-ont-pu-operer-au-coeur-du-territoire-iranien

RÉACTEURS NUCLÉAIRES : ENCORE UNE CONSULTATION MASCARADE POUR LEUR FIN DE VIE !

L’Autorité de Sûreté nucléaire vient de mettre en ligne une consultation* pour prolonger une filière moribonde. 51 réacteurs sur les 56 officiellement en fonctionnement ont dépassé leur durée prévue initialement de 30 ans. C’est le président Giscard, décédé le 2 décembre 2020 qui a été le promoteur du « tout nucléaire », démarré en 1975**. Ce choix a été imposé à la population sans aucun processus démocratique. Et nul doute que l’ultra-libéral président Macron lors de sa prochaine visite à l’usine du Creusot prévue le 8 décembre s’inscrive dans la même lignée.

Ce faux-semblant de consultation aboutira probablement à leur accorder 10 ans de plus avec une probabilité accrue de catastrophe car l’acier de la cuve (qui ne peut être changée), devient de plus en plus cassant comme du verre au fil de décennies de réaction nucléaire. D’après la Cour des Comptes, le rafistolage dit « grand carénage »atomiserait au passage d’après la Cour des Comptes un minimum de 100 milliards d’euros, anéantissant tout espoir d’une société basée sur la sobriété et les énergies renouvelables.

Cette autorisation de prolongation fictive de la durée de ces réacteurs permettrait de maquiller les comptes d’EDF présentant ainsi une situation financière paraissant moins dramatique avec un amortissement supplémentaire de 10 ans. Cela avait été déjà le cas dans les années 2000 en affichant une durée de 40 ans au lieu de celle initiale de 30 ans.

Pourtant l’exemple de la centrale de Flamanville illustre l’agonie d’une filière dont il est temps de prononcer l’euthanasie. Les deux premiers réacteurs construits sous l’ère Giscard viennent d’atteindre leurs 30 ans et en raison de multiples déboires et vétustés, n’arrivent plus à redémarrer. Le réacteur n°2 est arrêté depuis le 10 janvier 2019, c’est-à-dire depuis près de deux ans : il rentre donc légalement dans le cas de l’arrêt définitif dès le 9 janvier 2021. De plus le chantier du réacteur EPR de Flamanville a viré au désastre avec une durée de construction qui a dépassé la décennie, ses malfaçons scandaleuses qui hypothèquent sa mise en service, son coût pharaonique de 19 milliards qui a sextuplé (et ce n’est pas fini !). Rappelons que neuf ou vieux, un réacteur fait courir un risque inacceptable de catastrophe aux populations, capable d’empoisonner à tout jamais leur milieu de vie à cause de la radioactivité dispersée sans parler du leg des déchets nucléaires pour des millions d’années.

Les cas des 18 autres centrales ne sont guère plus reluisants, ce qui explique au printemps dernier l’arrêt de plus d’un tiers des réacteurs. En novembre dernier, l’opérateur belge Engie a annoncé cesser tout projet de prolongation de ses réacteurs. À quand une même annonce pour EDF ?

*https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Poursuite-de-fonctionnement-des-reacteurs-de-900-MWe-au-dela-de-40-ans

**Discours houleux de Valéry Giscard d’Estaing à Valognes sur le programme nucléaire de la France :

https://www.ina.fr/video/I11160992

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 / Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

Collectif Anti-Nucléaire Ouest ; 9 Bis sente des Grès, 76920 Amfreville-la-Mi-Voie, tél : 07 68 35 03 38

contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org

https://www.facebook.com/can.ouest/ https://twitter.com/canouest

Par Chantal CUISNIER, publié le 4 décembre 2020

https://www.can-ouest.org/reacteurs-nucleaires-encore-une-consultation-mascarade-pour-leur-fin-de-vie/

USINE GEORGES BESSE II : NON-RESPECT D’UNE RÈGLE RELATIVE À LA MAÎTRISE DU RISQUE DE CRITICITÉ

La société Orano Cycle a déclaré le 2 décembre 2020 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif relatif au non-respect d’une règle relative à la maîtrise du risque de criticité [1]  dans son usine d’enrichissement de l’uranium Georges Besse II.

Dans cette usine, lors de certaines opérations de maintenance, des aspirateurs dédiés sont utilisés pour récupérer de la matière uranifère dans des pots décanteurs. Ces pots décanteurs sont ensuite entreposés dans un des trois locaux d’entreposage temporaire de déchets. Ces pots décanteurs peuvent contenir de la matière enrichie, qui, en quantité suffisante, peut conduire à un risque de criticité. En application des règles générales d’exploitation, l’exploitant a défini dans une consigne des règles comportant notamment une limitation d’entreposage par local à 5 pots décanteurs et un suivi régulier de la masse de matière uranifère au moyen d’un tableau affiché sur la porte de chaque local.

Dans le cadre d’une vérification après une opération de maintenance, l’exploitant a constaté, le 30 novembre 2020, la présence de 6 pots décanteurs dans le local d’entreposage de l’unité Sud, alors que le tableau de suivi indiquait la présence de 3 pots décanteurs. L’exploitant a alors vérifié les deux autres locaux concernés par ces consignes. Dans l’unité RECII, 6 pots étaient également présents, alors que le tableau de suivi indiquait la présence de 5 pots décanteurs. Dans l’unité Nord, 2 pots décanteurs étaient présents alors que le tableau de suivi n’en mentionnait aucun.

Les masses de matières uranifères réellement présentes dans les postes de décantation étant très inférieures aux limites de sûreté, cet écart n’a entraîné aucune conséquence sur l’installation, le personnel ou l’environnement.

Compte-tenu du non-respect d’une règle relative à la maîtrise de la criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des évènements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

L’ Asn veillera à ce que, sur la base de l’analyse des causes de cet événement, l’exploitant renforce ses dispositions pour s’assurer du respect de ses règles de criticité dans ses entreposages.

Note : [1] Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit. Pour prévenir ce risque, les règles générales d’exploitation de l’installation prévoient, notamment, la limitation de la masse de matière présente à chaque étape de fabrication et le contrôle de la géométrie de la matière fissile.

Publié le 4 décembre 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-d-une-regle-relative-a-la-maîtrise-du-risque-de-criticite

NON-RESPECT D’UNE CONSIGNE DE MAÎTRISE DE LA CRITICITÉ CHEZ FRAMATOME

La société Framatome a déclaré le 1er décembre 2020 à l’ASN un événement significatif relatif à la maîtrise du risque de de criticité [1] dans son usine de Romans-sur-Isère.

L’événement est survenu dans l’installation nucléaire de base (INB) 98, dédiée à la fabrication d’éléments combustibles standards utilisés dans les réacteurs à eau sous pression. La matière nucléaire utilisée dans cette installation est de l’uranium à un taux d’enrichissement maximal de 5 %.

L’atelier de pastillage a pour objectif de transformer la poudre d’oxyde d’uranium en pastilles de combustible nucléaire, qui sont ensuite insérées dans les crayons des combustibles nucléaires des réacteurs.

Lors des contrôles réalisés sur la production en cours, il a été détecté que la qualité des pastilles ne correspondait pas à celle attendue. Après investigations, il s’avère qu’une double charge d’additifs a été introduite par erreur dans la fabrication du mélange, le 25 novembre 2020. Les quantités d’additifs sont limitées et surveillées pour la maîtrise de la criticité du mélange.

Cette double charge d’additifs est prévue dans le référentiel de dimensionnement de l’installation et n’a pas eu d’incidence sur la sûreté, la sécurité des personnes ou l’environnement de l’installation. Toutefois, ceci constitue un écart au fonctionnement normal de l’installation, qui prévoit une seule dose d’additifs par mélange.

En raison du non-respect du référentiel de sûreté de l’installation relatif à la prévention du risque de criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

[1] Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit. Pour prévenir ce risque, les règles générales d’exploitation de l’installation prévoient, notamment, la limitation de la masse de matière présente à chaque étape de fabrication et le contrôle de la géométrie de la matière fissile.

Publié le 03/12/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-d-une-consigne-de-maitrise-de-la-criticite

LE DIFFICILE RETOUR DES DÉCHETS NUCLÉAIRES DANS LEUR PAYS D’ORIGINE

Le stockage longue durée des déchets nucléaires est un enjeu mondial. Sans solution, plusieurs pays laissent leurs déchets à l’usine Orano de La Hague (Manche). Quitte à payer des millions d’euros de pénalités.

« Avec l’Allemagne, il y a un vrai sujet compliqué. »

Le constat est de Jean-Christophe Varin, directeur adjoint de l’usine de traitement Orano de La Hague, lors d’une récente réunion de la Commission locale d’information (Cli).

Le retour des déchets nucléaires dans leur pays d’origine est un serpent de mer. Installation presque unique au monde, le site de La Hague reçoit des combustibles nucléaires usés, issus des centrales étrangères. Même si, aujourd’hui, son activité est quasiment entièrement consacrée aux produits des centrales EDF en France.

En cause : les déchets ultimes. Généralement de haute activité et de longue vie, ces matières restent après les opérations de traitement. La loi française et des accords intergouvernementaux imposent leur retour dans les pays d’origine. Ils ne sont pas respectés.

L’extrême complexité du cycle du nucléaire

L’Espagne, par exemple, accumule les retards. Pourtant, « les emballages sont prêts pour le retour », confirme Jean-Christophe Varin. Pour accélérer ces transferts, Orano a fini par mettre en place des pénalités. Selon Yannick Rousselet, de Greenpeace, Enresa, l’agence espagnole de gestion de déchets radioactifs, « paye près de 75 000 € par jour pour ne pas avoir respecté son engagement de rapatriement. La facture pourrait finir par dépasser 160 millions après six ans de paiement. » Car les solutions de stockage longue durée en Espagne n’existent pas. Un entrepôt temporaire pourrait voir le jour à Villar de Cañas dans la province de Cuenca (centre du pays), mais pas avant 2028.

Même problème pour l’Allemagne. « Après quarante-sept années d’études géologiques, le site de l’ancienne mine de sel de Gorleben, en Basse-Saxe, vient d’être abandonné », note Yannick Rousselet. Aujourd’hui, l’Allemagne a relancé une étude pour trouver un nouveau site. Il pourrait être opérationnel à l’horizon… 2050. Conséquence : les déchets restent entreposés en Normandie. Pour l’instant, l’Allemagne ne paye pas de pénalités. En 2008, elle avait signé un avenant à son contrat. Il fixait une date de retour à 2024 au lieu de 2012.

Ces relations compliquées entre Orano et ses clients étrangers montrent l’extrême complexité du cycle du nucléaire. « Tout le monde se refile la patate chaude, commente Yannick Rousselet. Il n’existe, dans le monde, aucun site de stockage définitif des déchets nucléaires ultimes. »

Face à cette situation, Orano La Hague précise qu’elle respecte la loi française. À ce jour, sur l’ensemble des contrats passés avec nos clients étrangers, nous avons retourné 97 % des déchets vitrifiés et 17 % des déchets métalliques.

Par Jean-Christophe LALAY, publié le 02/12/2020 à 20h45, modifié le 03/12/2020 à 17h38

https://www.ouest-france.fr/europe/france/le-difficile-retour-des-dechets-nucleaires-dans-leur-pays-d-origine-7070554

UN BOMBARDIER NUCLÉAIRE AMÉRICAIN PREND FEU ET ATTERRIT AU ROYAUME-UNI

Un bombardier stratégique B-52 de l’armée de l’air américaine a transmis un code d’urgence après qu’un de ses moteurs a pris feu. Après avoir brûlé son carburant, l’avion s’est posé sur une base aérienne dans le sud-ouest du Royaume-Uni, selon le quotidien britannique Express. Il venait d’accomplir une mission au-dessus de la Méditerranée.

Un bombardier stratégique B-52 de l’US Air Force, avec l’indicatif d’appel CAKE11, a envoyé un code d’urgence à usage spécial suite à l’arrêt d’un moteur provoqué par un incendie, rapporte le journal britannique Express.

L’avion a émis ce signal de détresse après avoir terminé une mission au-dessus de la Méditerranée.

Sa trajectoire de vol montre qu’il a commencé à se diriger vers le Royaume-Uni pour atterrir.

Défense russe: des B-52 US s’entraînent à tirer des missiles contre la Russie

Pendant plus de deux heures, il a tourné entre Worcester et Gloucestershire (ouest et sud-ouest de l’Angleterre) pour brûler son carburant.

Un bombardier basé dans le Dakota du Nord

Vers 17h10 GMT, le bombardier a commencé sa descente et s’est dirigé vers une base de la Force aérienne royale.

Juste après 17h15 GMT, il a atterri en toute sécurité à la RAF Fairford dans le comté de Gloucestershire.

Selon le site d’information local Gloucestershire Live, l’avion appartient à la base aérienne de Minot, dans le Dakota du Nord.

Par Victor Koulakov, publié le 4 décembre 2020 à 9h16

Photo en titre : © AP Photo / Jockel Finck

https://fr.sputniknews.com/international/202012041044875009-un-bombardier-nucleaire-americain-prend-feu-et-atterrit-au-royaume-uni–/

NUCLÉAIRE IRANIEN. UN RETOUR À L’ACCORD DE VIENNE « NE SUFFIRA PAS », PRÉVIENT L’ALLEMAGNE

Berlin s’est prononcé en faveur d’un accord plus large sur le nucléaire iranien et pas seulement un retour à l’accord de Vienne conclu en 2015.

Un retour à l’accord sur le nucléaire avec l’Iran de 2015 ne suffira plus désormais, a estimé vendredi 4 décembre le ministre allemand des Affaires étrangères, dont le pays préside l’Union européenne, estimant qu’un texte élargi devait être négocié.

« Un retour à l’accord actuel ne suffira pas », a déclaré le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas à l’hebdomadaire Der Spiegel , dans la perspective d’une possible relance de ce dossier après l’entrée en fonction du démocrate Joe Biden comme président des États-Unis. « Il va falloir une sorte d’accord nucléaire plus, ce qui est aussi dans notre intérêt », a déclaré Heiko Maas.

Joe Biden a confirmé mercredi être favorable à un retour de son pays dans l’accord si les autorités iraniennes reviennent à « un respect strict » des limites imposées à leur programme nucléaire, avant des négociations sur les autres menaces posées par Téhéran.

« L’Iran doit jouer un autre rôle »

« Nous avons des attentes claires à l’égard de l’Iran : pas d’armes nucléaires mais pas non plus de programme de missiles balistiques qui menace toute la région », a souligné pour sa part Heiko Maas, alors que l’Allemagne occupe jusqu’à la fin du mois la présidence semestrielle de l’Union européenne.

« En outre l’Iran doit jouer un autre rôle dans la région. Nous avons besoin de cet accord justement parce que nous ne faisons pas confiance à l’Iran », a dit Heiko Maas, assurant qu’il s’était entendu sur ces points avec ses homologues français et britannique.

L’actuel président américain Donald Trump, qui quittera la Maison Blanche en janvier, avait claqué la porte en 2018 de l’accord conclu par les États-Unis, la Chine, la Russie, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni avec l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire, le jugeant insuffisant pour endiguer les comportements « déstabilisateurs » de la République islamique.

« Cela sera difficile »

Dans la foulée, le président républicain a rétabli puis durci les sanctions américaines levées en 2015, au grand dam des alliés européens de Washington qui tentent eux de sauver l’accord.

Joe Biden a confirmé mercredi son projet de revenir dans cet accord. « Cela sera difficile, mais oui », a-t-il dit à un éditorialiste du New York Times.

Seulement après un retour de Washington et Téhéran dans les clous de l’accord, « en consultation avec nos alliés et partenaires, nous engagerons des négociations et des accords de suivi pour durcir et prolonger les restrictions nucléaires imposées à l’Iran et pour aborder le programme de missiles » iranien, a expliqué Joe Biden.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 04/12/2020 à 13h31

https://www.ouest-france.fr/monde/iran/nucleaire-iranien-un-retour-a-l-accord-de-vienne-ne-suffira-pas-previent-l-allemagne-7072993

L’IRAN NE VENGERA PROBABLEMENT PAS L’ÉLIMINATION DE FAKHRIZADEH – AMBASSADEUR US

Elliott Abrams affirme que Téhéran pourrait remettre en cause l’idée d’une riposte en raison de la crainte de mettre en péril l’allègement des restrictions par Biden

L’Iran ne devrait pas se venger de l’élimination de l’éminent physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh avant l’entrée à la Maison Blanche du président élu Joe Biden, afin de ne pas mettre en péril un changement potentiel de la politique américaine d’allègement potentiel des sanctions imposées à la République islamique, a déclaré l’ambassadeur américain pour l’Iran et le Venezuela dans la journée de jeudi.

Fakhrizadeh, l’homme qui, selon Israël et les États-Unis, dirigeait le programme d’armement nucléaire de l’Iran, a été tué, vendredi dernier, dans une embuscade de type militaire survenue aux abords de Téhéran. Un camion aurait explosé au passage de la voiture qui transportait le scientifique, l’amenant à s’arrêter, et des hommes armés auraient alors ouvert le feu.

Par Times of Israel Staff, publié le 4 décembre 2020 à 14h31

Photo en titre : Elliott Abrams (Autorisation Tikvah Fund)

https://fr.timesofisrael.com/liran-ne-vengera-probablement-pas-lelimination-de-fakhrizadeh-ambassadeur-us/

DISSUASION NUCLÉAIRE : L’AVEU TARDIF DE VALÉRY GISCARD D’ESTAING

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Vendredi 4 décembre 2020, IDN rend hommage à la prise de conscience de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing qui reconnaissait (voir la vidéo ci-dessous) : « moi je savais que je n’appuierais sans doute jamais sur le bouton nucléaire, pour une raison simple, qui a sa valeur : cela aurait été la fin de la France. » Fin abrupte par riposte nucléaire ; ou encore fin lente du fait d’un hiver nucléaire meurtrier. La fin, dans tous les cas.

Il est regrettable que cette déclaration soit intervenue près de 40 ans après la fin de son mandat présidentiel, au cours duquel il a pourtant défendu la position gaullienne traditionnelle. C’est ainsi qu’en mars 1979, il déclarait à la télévision française : « notre système nucléaire est un moyen qui a pour objet la sécurité ultime de la France. Si la décision appropriée à la sécurité de la France conduisait à appuyer sur le bouton de la force nucléaire, je le ferais. (…) »

Cette contradiction met en lumière l’absurdité du maintien d’un arsenal nucléaire en France, inutile, coûteux, et dangereux. Pour autant, en quelques mots, le « président moderne » a permis de dissiper un doute majeur : l’État français, quoiqu’il continue de faire la sourde oreille aux appels au désarmement nucléaire, n’a jamais été dupe de ce coup de bluff bancal appelé dissuasion.

Le Président Giscard d’Estaing le 7 novembre 1974 sort du sous-marin nucléaire lanceur d’engins  » Le Terrible », à la Pointe des Espagnols, dans lequel il a passé 24 heures. | ARCHIVES / OUEST FRANCE ARCHIVES

Publié le 4 décembre 2020

http://7seizh.info/2020/12/04/dissuasion-nucleaire-laveu-tardif-de-valery-giscard-destaing/

DÉFENSE : EMMANUEL MACRON DEVRAIT ANNONCER, AU CREUSOT, UN OU DEUX NOUVEAUX PORTE-AVIONS, AVEC LA MISE À CONTRIBUTION DE FRAMATOME

Le Président de la République devrait annoncer, lors de sa visite au Creusot, à Framatome, si la France va se doter d’un ou de deux nouveaux porte-avions nucléaires pour remplacer le Charles de Gaulle. Avec la mobilisation du savoir-faire de Framatome, mais aussi d’Industeel.

L’annonce du siècle ! Le mardi 8 décembre pourrait bien entrer dans l’histoire de France à la rubrique «défense nationale». Selon le site spécialisé «Mer et Marine», c’est d’abord pour parler de l’implication de Framatome dans la défense nationale, qu’Emmanuel Macron a choisi Le Creusot pour effectuer une visite présidentielle, ainsi que Creusot-infos l’a révélé.

Annonce du siècle, car non seulement le Président de la République devrait effectuer l’annonce officielle du remplacement du porte-avion le Charles de Gaulle, mais il pourrait annoncer les constructions non pas d’un mais de deux porte-avions à propulsion nucléaire. Le nom de code est PANG, comme porte-avions de nouvelle génération. C’est Mer et Marine qui a dévoilé l’information qui était encore secrète au mois d’octobre et que le Chef de l’État et à ce titre Chef des Armées, devait officialiser lors de sa venue au Creusot, à deux fois reportée en raison des événements (lire notre premier article), ainsi que BFM Business l’a écrit, après que le secret a été levé par Mer et Marine.

L’annonce du PANG aurait pu se faire dans une autre ville, comme par exemple à Toulon ou à Cherbourg. Mais on sait que le Député Rémy Rebeyrotte a plaidé et pesé pour que ce soit au Creusot, au regard de ce que sera le poids de Framatome dans un programme de plusieurs décennies.
La Forge du Creusot avait été directement impliquée dans la construction du Charles de Gaulle, avec d’ailleurs la construction d’un atelier pour la réalisation de l’arbre à came du porte avion. L’atelier avait été élevé le long de l’avenue de Verdun. Framatome est aussi impliqué sur d’autres réalisations autant militaires que stratégiques, comme dans le programme des sous-marins nucléaire Barracuda.

Selon les spécialistes, le Pang devrait être équipé de deux chaufferies nucléaires plus puissantes que celles du Charles de Gaulle. Avec une puissance totale de 450 MW. Une puissance imposée par les dimensions du nouveau porte-avions qui sera plus grand que le Charles de Gaulle et par la taille de ses catapultes, pour les avions de combat.

Toujours selon les spécialistes la longueur du nouveau porte-avions de nouvelle génération serait de 280 mètres, contre 261 mètres pour le Charles de Gaulle, avec un poids de 70.000 tonnes, contre 42.500 tonnes. Avec aussi des catapultes plus longues de 90 contre 75 mètres.

Le nouveau porte-avions étant prévu pour être compatible avec le SCAF (système de combat aérien du futur) développé avec l’Allemagne et l’Espagne et constitué d’un avion principal et de drones. La version navale du nouvel avion de combat présentera une masse de 30 tonnes, contre 20 tonnes pour les actuels Rafale Marine.

C’est donc bien l’annonce du siècle qui devrait être faite au Creusot par le Président de la République. Une annonce qui rejaillira non seulement sur l’activité de Framatome, mais aussi sur celle d’Industeel, puisque le numéro un du nucléaire aura évidemment besoin de l’aciérie pour accomplir les programmes qui vont lui être commandés avec des pièces de très grandes dimensions. L’entrée en service du PANG devrait intervenir à l’horizon de 2040.

Pourquoi un ou deux ?

On en saura sans doute plus avec l’annonce présidentielle. À savoir pourraient être annoncées les constructions de deux porte-avions. Pourquoi ? Tout simplement parce que deux PANG permettraient d’atteindre une disponibilité opérationnelle de 100% contre 63% avec un seul. Sans compter des économies d’échelle évaluées entre 30 et 40%.

Par Alain BOLLERY (Photos Alain BOLLERY et Marine Nationale), publié le 04/12/2020 à 03h17

https://www.creusot-infos.com/news/vie-locale/le-creusot/defense-emmanuel-macron-devrait-annoncer-au-creusot-un-ou-deux-nouveaux-porte-avions-avec-la-mise-a-contribution-de-framatome.html

MENACE NUCLÉAIRE : LA RUSSIE EXHORTE LES ÉTATS-UNIS À METTRE FIN À LA PROLIFÉRATION D’ARMES

Moscou appelle Washington à stopper le déploiement d’armes nucléaires en Europe dans les pays membres de l’OTAN. La Russie y voit une contradiction avec les traités sur la non-prolifération d’armes ainsi qu’une menace pour la sécurité.

Lors d’une visioconférence dans le cadre du forum international Fort Ross Dialogue lundi 30 novembre le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a déclaré que Moscou « [espérait] que les États-Unis [cesseraient] de « partager » les armes nucléaires avec leurs alliés et [mettraient] fin au déploiement des armes nucléaires dans les pays qui n’en possèdent pas». Selon le diplomate cette politique conduit à une déstabilisation de la sécurité internationale et constitue une infraction aux articles 1 et 2 du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

« La doctrine militaire américaine a fait un pas de 50 ans en arrière »

Sergueï Riabkov a ajouté par ailleurs que la Russie était préoccupée par les nouvelles mesures prises par les États-Unis afin de déployer des ogives dites «à faible rendement». «Cela abaisse ce qu’on appelle le seuil [de l’utilisation des armes nucléaires]. Et ainsi, nous assistons au retour du concept de guerre nucléaire limitée. Nous estimons que la doctrine militaire américaine a fait un pas de 50 ans en arrière vers l’époque où l’on croyait que, en principe, l’utilisation des armes nucléaires est l’une des options dans une guerre tactique», a-t-il conclu. Le lendemain de cette déclaration, Konstantin Kossatchev, président de la Commission des affaires étrangères du Conseil de la Fédération de Russie (sénat), a rappelé lors d’une interview que les armes nucléaires américaines étaient déployées en Europe dans cinq ou six pays alliés de Washington et membres de l’OTAN. Ces armes sont officiellement sous le commandement des États-Unis mais, selon le parlementaire il n’y a aucun doute qu’il s’agit de projets de gestion conjointe. «Ainsi, les États non doté d’armes nucléaires, comme l’Allemagne, obtiennent un accès indirect aux systèmes liés aux armes nucléaires, en violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires», a-t-il souligné. De son côté Sergueï Riabkov a noté que la Russie prenait ces menaces au sérieux et s’efforçait de prévenir les situations qui pourraient conduire à une guerre nucléaire. Moscou part du principe que les armes nucléaires doivent être utilisées exclusivement comme des armes de dissuasion et que leur seul objectif est de protéger l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’État, a-t-il expliqué lors du forum Fort Ross.

« Nous pensons qu’il n’est pas possible de gagner une guerre nucléaire et qu’il ne faut pas entrer dans une telle guerre. »

«Nous pensons qu’il n’est pas possible de gagner une guerre nucléaire et qu’il ne faut pas entrer dans une telle guerre», a fait remarquer Sergueï Riabkov. Il a noté que la Russie était prête à travailler sur la modernisation des mécanismes de gestion des situations dangereuses et de prévention des incidents susceptibles d’entraîner l’utilisation d’armes nucléaires. «La Russie est prête à coopérer pour réviser ces mécanismes. Nous avons déjà proposé de moderniser certains d’entre eux. En particulier, nous avons présenté des idées concrètes pour moderniser l’accord de 1972 sur la prévention des incidents en haute mer et dans les eaux côtières», a-t-il ajouté. Toutefois le vice-ministre, qui se veut optimiste, a souligné que la Russie était toujours prête à établir un dialogue sur toutes les questions d’actualité à l’ordre du jour avec les États-Unis, rapporte l’agence Tass. «En effet, nous avons beaucoup de choses à discuter. Nous devons soulever de nombreuses questions qui ne sont pas évoquées actuellement», a-t-il assuré. En 2019, les États-Unis se sont officiellement retirés du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait alors accusé la Russie d’avoir violé cet accord, ce que Moscou a fermement nié.

Publié le 3 décembre 2020 à 17h59

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/81314-menace-nucleaire-russie-exhorte-etats-unis-a-mettre-fin-a-la-proliferation-d-armes

DÉCHETS RADIOACTIFS : LA BD «CENT MILLE ANS» VOUS DIT TOUT

Comme vous le savez sûrement notre BD « cent mille ans«  est sortie il y a un mois. C’est une enquête au long cours qui dénonce l’emprise de l’Andra – l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs- sur le territoire de la Meuse.

La bande dessinée reçoit un bon écho dans la presse, on en a parlé sur France Inter, France culture, Arte, l’Obs, et même de manière élogieuse dans le Figaro. Elle a aussi été pré sélectionnée pour le prix France info des BD d’actualité.

Néanmoins, il semblerait aujourd’hui que l’ANDRA ait décidé de contre-attaquer. Elle ne supporte plus qu’une parole critique puisse s’épanouir dans les médias et qu’on repolitise ainsi la question des déchets radioactifs.

Elle exige un débat contradictoire et en fait une question de démocratie. Nous, on rigole un peu quand on connaît ses méthodes – 1 million d’euros dépensés dans la com chaque année, des pubs dans les journaux locaux, des publi reportages, des vidéos payés avec des youtubeurs etc –  sans parler de la situation locale où les opposants sont muselés par la répression policière.

On a besoin de vous. Sur les réseaux sociaux l’Andra, avec ses trolls pro nucléaires (ils sont légion) donne une version falsifiée de l’histoire de Bure. Ca mériterait d’être dégommé et de mener tous ensemble une offensive généralisée. La Revue dessinée a proposé un thread sur twitter pour défendre notre approche, dénoncer l’achat des consciences et rappeler les résistances populaires contre les poubelles nucléaires. D’autres journalistes comme Sébastien Bonetti ou Isabelle Masson Loodt ont aussi évoqué sur les réseaux les difficultés qu’ils avaient eu à enquêter sur CIGÉO. Derrière l’apparente ouverture, l’Andra cherche à neutraliser les critiques.

N’hésitez pas à relayer ces éléments.

Bien à vous,

Signé: Gaspard D’ALLENS et Pierre BONNEAU

Bande dessinée, date de parution 15/10/2020,  18.90 € TTC,  152 pages,           EAN 9782021459821

Pour en savoir plus : https://www.seuil.com/ouvrage/cent-mille-ans-pierre-bonneau/9782021459821

NDLR: Un beau cadeau pour les fêtes de fin d’année, chez votre libraire ou sur commande !

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON : LA DIRECTION D’EDF FACE AUX SYNDICATS SUR LE PROJET HERCULE

Antoine Ménager, directeur du CNPE de Chinon, et Alain Litaudon, directeur délégué aux opérations chez EDF, ont répondu à une quarantaine d’agents de la centrale nucléaire de Chinon ce jeudi matin. Ces derniers manifestaient contre le projet Hercule.

À l’appel du syndicat CGT de la centrale nucléaire de Chinon, jusqu’à une bonne quarantaine d’agents EDF manifestaient ce matin contre le projet Hercule, nom du projet de réorganisation lancé par la direction d’EDF à l’horizon 2022.

Un endettement de plus de 40 milliards pour le groupe EDF en 2019

Officiellement, celui-ci vise à scinder les activités de l’entreprise publique en deux entités distinctes : la première liée à la production d’électricité (détenues à 100 % par l’État) ; la seconde orientée vers les services et la commercialisation (ouverte à l’actionnariat privé).

Une restructuration qui, selon les représentants CGT, ouvre la voie à un « démantèlement« , une nouvelle « détérioration du service public« , et un « enrayement de la mobilité interne entre EDF et ses filiales« .

Ce jeudi 3 décembre, les manifestants attendaient donc de pied ferme la direction de l’établissement et le directeur délégué aux opérations chez EDF, Alain Litaudon, présent sur le site chinonais pour la journée, pour avoir leur point de vue sur ce projet Hercule.

« Le système d’aujourd’hui nous met dans une impasse financière […] Il faut faire des économies pour sauver les meubles » dit Antoine Ménager, directeur de la centrale nucléaire de Chinon

« On a cinq ans très difficiles devant nous, et Hercule représente certainement plein de menaces, mais je peux vous confirmer que la volonté de préserver au maximum l’intégrité d’EDF est très présente« , a déclaré Alain Litaudon, assurant qu’aujourd’hui « EDF n’est pas dans les discussions avec l’État et la Commission européenne » sur le projet Hercule.

Également appelé à s’exprimer sur le sujet, Antoine Ménager, directeur de la centrale de Chinon, voit dans l’augmentation du prix de l’électricité un début de solution pour sortir d’un endettement de plus de 40 milliards d’euros pour le groupe EDF (fin 2019).

« Le système d’aujourd’hui nous met dans une impasse financière. Si rien ne bouge, notamment sur le prix de l’électricité, il faut faire des économies pour sauver les meubles. On arrive pour le moment à en faire sans se faire mal, mais ça devient compliqué.« 

La CGT du CNPE de Chinon annonce de son côté la possibilité d’une action intersyndicale le 10 décembre prochain.

Par Malo RICHARD, publié le 03/12/2020 à 09h14, mis à jour le 03/12/2020 à 10h23

Photo en titre : Alain Litaudon (micro en main) et Antoine Ménager (caché) ont répondu à la quarantaine de manifestants qui ont suivi l’appel de la CGT lors du rassemblement contre le projet Hercule. © (Photo NR)

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/anche-37/centrale-nucleaire-de-chinon-la-direction-d-edf-face-aux-syndicats-sur-le-projet-hercule

MONDE : LES ÉNERGIES RENOUVELABLES, PREMIÈRE SOURCE D’ÉLECTRICITÉ EN 2025

Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la pandémie de Covid-19 n’a pas freiné le développement des énergies renouvelables. Alors que la consommation d’électricité mondiale a reculé en 2020, la production issue des énergies renouvelables a progressé de près de 7 % par rapport à 2019.

Cette année, 200 gigawattheures de capacités de production ont été installées, un chiffre en hausse de 4 %, malgré les ruptures de chaînes d’approvisionnement et les retards de constructions au printemps.

Mais la dynamique n’est pas près de retomber. Pour 2021, l’AIE anticipe encore une progression d’environ 10 % des capacités de production, tirée par l’Inde et l’Europe. (NDLR : sauf la France toujours à la traîne !)

D’ici à 2025, 90 % des nouvelles installations de capacités de production d’électricité dans le monde devraient concerner des projets solaires et éoliens, notamment offshore, en plein boom. « Dans beaucoup de pays, les centrales solaires et les parcs éoliens sont devenus la source d’électricité la moins chère« , souligne l’AIE. Les capacités de production du solaire et de l’éolien devraient dépasser en 2023 celles des centrales fonctionnant au gaz naturel et celles à charbon en 2024.

« D’ici à 2025, les énergies renouvelables devraient être la première source de production d’électricité dans le monde, devant le charbon« , précise Fatih Birol, le directeur de l’AIE.

À cet horizon, un tiers de l’électricité produite dans le monde proviendrait des énergies renouvelables. Cela pourrait arriver plus vite encore en cas de nouvelles politiques incitatives au développement des renouvelables en Chine et aux États-Unis, selon l’AIE. Joe Biden promet justement un plan ambitieux pour une révolution énergétique.

Par Solène Davesne, publié le 23 novembre à 7h00

Photo en titre : © Orange-Boralex

https://www.usinenouvelle.com/article/les-energies-renouvelables-premiere-source-d-electricite-en-2025.N1028769

NUCLÉAIRE : L’ASN POSE SES CONDITIONS POUR UNE PROLONGATION DE LA DURÉE DE VIE DES RÉACTEURS

Dans un projet de décision publié jeudi, l’Autorité de sûreté nucléaire se dit particulièrement vigilante quant à la capacité d’EDF à mener les travaux nécessaires.

C’est une question cruciale pour l’avenir de la filière nucléaire. Les réacteurs les plus anciens du parc français vont-ils être autorisés à poursuivre leur activité, quarante ans après avoir été mis en service ? Dans un projet de décision publié jeudi 3 décembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ouvre la voie à un prolongement du fonctionnement de ces réacteurs pour dix années supplémentaires et lance une concertation de la population sur le sujet.

S’il salue des propositions « ambitieuses » d’EDF, le gendarme du nucléaire met toutefois en garde quant à la capacité de l’exploitant à assurer ces chantiers colossaux dans un calendrier particulièrement contraint. « La poursuite de l’activité au-delà de quarante ans est un sujet sensible qui revêt une importance particulière pour l’exploitant, mais aussi pour le public », insiste Bernard Doroszczuk, le président de l’ASN.

Depuis 2019 et d’ici à 2030, trente-deux réacteurs de 900 mégawatts (MW), situés dans huit centrales, vont faire l’objet de leur quatrième visite décennale. Tous les dix ans, l’exploitant est en effet tenu d’effectuer un réexamen approfondi de l’état des installations et d’améliorer leur niveau de sûreté. Le réacteur numéro un de Tricastin (Drôme) a été le premier à connaître son quatrième arrêt décennal, qui a mobilisé près de 5 000 intervenants pendant six mois.

La réglementation française ne prévoit pas de « durée de vie » maximale des réacteurs, mais une partie des équipements a été conçue, à l’origine, selon une hypothèse de quarante ans de fonctionnement. Dès 2009, EDF a fait savoir qu’il souhaitait prolonger l’activité du parc jusqu’à cinquante ans, voire soixante ans – aux États-Unis, certains réacteurs pourront fonctionner jusqu’à soixante ans et des pays européens ont également validé une prolongation d’activité.

Améliorer la sûreté

Le vieillissement des installations sera donc particulièrement scruté lors des quatrièmes visites décennales. Certains équipements majeurs sont impossibles à remplacer : c’est le cas, notamment, de la cuve du réacteur et de l’enceinte de confinement en béton qui l’abrite, mais aussi de nombreux câbles ou tuyauteries. « Ce qui est important, c’est de bien connaître les phénomènes de vieillissement et de suivre leur évolution, explique Julien Collet, le directeur général adjoint de l’ASN. L’enjeu est de vérifier qu’il n’y ait pas de phénomènes de dégradation des équipements qui nous échappent. » Les générateurs de vapeur, qui ont vieilli plus rapidement que prévu, ont, eux, déjà été remplacés.

Au-delà de la vérification de l’état de l’ensemble des installations, l’enjeu est aussi d’améliorer la sûreté d’installations conçues à une autre époque. Les réacteurs doivent être à même de faire face à de nouveaux risques qui n’étaient pas pris en compte il y a quarante ans, comme le risque de séismes ou ceux liés au dérèglement climatique, sécheresses et canicules notamment.

Un système d’appoint de refroidissement de l’eau des piscines d’entreposage des combustibles usés doit être mis en place, pour parer à la possibilité d’une chute d’un petit avion sur ces installations. La dalle de béton d’enceintes de confinement doit également être épaissie pour éviter la pollution des nappes phréatiques en cas d’accident grave dans le cœur du réacteur. « L’objectif est de se rapprocher le plus possible des exigences de sûreté des réacteurs de troisième génération tels que l’EPR », salue Bernard Doroszczuk.

Dans son projet de décision, l’ASN recommande toutefois à EDF la mise en œuvre d’améliorations supplémentaires. Le gendarme du nucléaire affirme aussi que la mise en place de ces modifications doit être une « priorité absolue » de l’exploitant afin de « donner du sens à la poursuite de l’exploitation des réacteurs » au-delà de quarante ans.

« Test préalable »

Entre les lignes, l’ASN place EDF sous une forme de surveillance renforcée. Pour la première fois, l’autorité indépendante demande à l’exploitant des centrales nucléaires de lui faire un rapport annuel d’avancement sur le sujet. « Nous serons très vigilants sur la capacité industrielle à faire d’EDF et des intervenants de la filière nucléaire », prévient le président de l’ASN, qui souligne que le calendrier est particulièrement serré. « Dès 2021, 4 ou 5 réacteurs sont concernés chaque année par les réexamens. C’est considérable. Il y a une véritable vigilance à avoir sur la programmation des travaux et sur la capacité industrielle de la filière à se mobiliser, avec le niveau de qualité attendu, sur des travaux qui concernent le parc en exploitation. »

Les difficultés d’EDF pour terminer le chantier de l’EPR de Flamanville – qui ne devrait pas démarrer, au mieux, avant 2023 – et des problèmes sur plusieurs réacteurs actuels ont rendu l’ASN plus méfiante. Alors que la filière nucléaire tente de convaincre le gouvernement de prendre au plus vite une décision de construction de nouveaux réacteurs, le président de l’Autorité de sûreté rappelle que la priorité doit être donnée à la sûreté des réacteurs existants : « C’est en quelque sorte un test préalable : la filière se mobilise pour qu’il y ait de nouveaux grands projets. Il faut d’abord qu’elle démontre sa capacité à réussir ce réexamen. »

Ces dernières années, le gendarme du nucléaire a tancé EDF à plusieurs reprises pour ses difficultés récurrentes à respecter les recommandations ou le calendrier fixé. « Cette opération a lieu après une série de constats de non-conformité des installations aux règles qui leur sont applicables », rappelle M. Doroszczuk. « Sur certaines installations, nous avons constaté à nouveau des écarts sur les groupes électrogènes de secours, ou des phénomènes récurrents de corrosion non détectés par exemple. À l’issue de la remise en conformité des réacteurs réalisée dans le cadre du réexamen, il ne faut pas que cela reparte dans le mauvais sens », prévient-il.

Cet avertissement lancé à EDF intervient alors que l’entreprise est confrontée à des difficultés économiques majeures, aggravées par la crise due au Covid-19. L’énergéticien a par ailleurs mis en place un plan, appelé « Excell », pour tenter de rehausser ses exigences de qualité dans le domaine du nucléaire. Le président de l’ASN reconnaît que certaines modifications demandées sont « lourdes et onéreuses, mais elles sont justifiées ». « Nous n’avons pas intégré ces questions de coût dans notre décision, nous avons tenu compte d’un ordre de priorisation en fonction des enjeux de sûreté », explique M. Doroszczuk.

Il rappelle qu’EDF estime que cet investissement représente 7 à 8 milliards d’euros. Une somme jugée « accessible » pour EDF par l’Autorité de sûreté. Le budget total du « grand carénage », le plan de l’énergéticien pour améliorer ses centrales et prolonger leur durée de vie, est estimé à 49,4 milliards d’euros. Toutefois, l’ASN a finalement décidé que certains travaux non prioritaires pourront être réalisés dans les cinq ans qui suivent le réexamen de sûreté.

La loi énergie-climat et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route énergétique de la France publiée en avril, prévoient que la moitié de l’électricité produite en 2035 sera d’origine nucléaire. Un choix qui nécessite la prolongation de l’activité d’une partie des réacteurs de 900 MW. « L’ASN doit faire des arbitrages entre la sécurité d’approvisionnement et la sûreté des réacteurs, et doit négocier avec EDF, sa marge de manœuvre est limitée », estime l’ONG Greenpeace, qui appelle à une sortie du nucléaire. « Il faut distinguer les décisions politiques des décisions en termes de sûreté, affirme de son côté Bernard Doroszczuk. Nous n’avons jamais eu le sentiment de subir des pressions par rapport aux décisions que nous prenons. »

Greenpeace s’inquiète de la durée des travaux de mise aux normes recommandés par l’ASN. « Certaines prescriptions ne seront pas respectées avant les quarante-cinq ans de fonctionnement des réacteurs, il y a un vrai glissement du calendrier », juge l’ONG, qui dénonce une consultation de l’opinion « bâclée ».

Par Nabil Wakim et Perrine Mouterde, publié hier à 10h13, mis à jour hier à 18h09

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cruas (Ardèche), en novembre 2019. JEFF PACHOUD / AFP

https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/12/03/nucleaire-l-asn-pose-ses-conditions-pour-une-prolongation-de-la-duree-de-vie-des-reacteurs_6062024_3244.html

NUCLÉAIRE : LA PROLONGATION DES RÉACTEURS AU-DELÀ DE 40 ANS, EST-CE SÉRIEUX ?

ÉNERGIE. Construits à partir de la fin des années 1970, les 34 réacteurs de 900 MWe (mégawatt électrique) approchent les 40 années de fonctionnement. Leur durée de vie sera prolongée… Mais à quelles conditions ? 

Ce jeudi et jusqu’au 15 janvier, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ouvre une consultation publique sur les conditions de la poursuite de fonctionnement, au-delà des 40 ans, des 34 réacteurs de 900 MWe (mégawatt électrique) que compte la France.

Le sujet est très sensible. « La France n’a pas préparé d’alternatives pour que la non-prolongation de ces réacteurs puisse être une option », déplore-t-on à Greenpeace. L’enjeu est alors que ces réacteurs apportent les mêmes niveaux de sûreté que les EPR, réacteurs de nouvelle génération.

Est-ce possible ? Yves Marignac, à négaWatt, comme Roger Spautz, à Greenpeace, en doutent. Surtout, ils interrogent les capacités techniques et financières d’EDF pour réaliser les aménagements demandés par l’ASN pour permettre ces prolongations.

« L’urgence, c’est de statuer sur la poursuite d’exploitation des installations nucléaires. C’est le sujet de fond. » Dans une interview à L’Usine nouvelle, en avril 2019, Bernard Doroszczuk, président de l’ Autorité de sûreté nucléaire (ASN), en faisait la priorité de son mandat.

Vingt mois plus tard, on y est. Le « gendarme du nucléaire » français, met en ligne, ce jeudi, son avis sur les conditions de prolongations des réacteurs de 900 MWe (mégawatt électrique) d’EDF au-delà de quarante ans. Et ouvre, dans la foulée, une consultation du public sur ce sujet. Elle durera jusqu’au 15 janvier.

34 réacteurs qui approchent les 40 ans

La question se pose pour les 34 réacteurs* du palier 900 MWe construits à partir de la fin des années 1970. Leur 40ème anniversaire est en effet tout proche. Il est même parfois passé.

Ce cap n’est pas anodin : c’était la durée de vie initialement prévue pour ces réacteurs. « Ce n’est pas une échéance mais la durée retenue, à la construction, pour faire les calculs de conception et qualifier les matériels, indique Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN). Autrement dit, les composants devaient être conçus pour durer au moins quarante ans, ce qui ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas durer plus. En Suède, en Suisse, des réacteurs similaires ont déjà passé les 40 ans de fonctionnement. Aux États-Unis, des autorisations viennent d’être accordées pour aller jusqu’à 80 ans. »

En France, les acteurs du nucléaire prônent une prolongation jusqu’à 60 ans. Elle est d’autant plus envisageable, pour Valérie Faudon, que « quasi toutes les pièces de ces réacteurs peuvent être changées et ont fait l’objet de mises à jour régulières, au gré des progrès technologiques apparus depuis leur construction ».

Pourtant, Yves Marignac, chef du pôle « énergies nucléaires » à l’Institut négaWatt, rappelle que cette limite des 40 ans n’a pas toujours dérangé EDF. « C’est ainsi que le groupe justifiait la construction de  l’EPR de Flamanville en 2007, raconte le spécialiste. Il s’agissait de préparer le remplacement du parc des 900 MWe par une nouvelle génération de réacteurs à partir de 2015. » À l’approche, donc, de leur 40ème anniversaire. « Depuis, EDF a changé de stratégie pour privilégier la prolongation des réacteurs de 900 MWe présentée comme moins chère que leur remplacement, reprend Yves Marignac. D’une stratégie industrielle, on est passé à une stratégie économique ou financière. »

Au grand dam de la sûreté ? « Il y a des composants d’un réacteur qui ne peuvent être remplacés et pour lesquels, du coup, se pose la question de leur fatigue au-delà de 40 ans de fonctionnement », pointe en tout cas Yves Marignac. C’est le cas de l’armature en béton d’un réacteur et de la cuve, cette pièce ô combien maîtresse, puisqu’elle abrite le cœur du réacteur et doit résister aux irradiations, aux fortes chaleurs et aux fortes pressions.

Avoir le même niveau de sûreté que pour un EPR

C’est tout alors l’enjeu de l’avis communiqué par l’ASN ce jeudi. Pour Greenpeace et négaWatt comme de nombreux acteurs, il ne faut pas s’attendre à ce que l’ASN s’oppose formellement à la prolongation au-delà de 40 ans du parc des 900 MWe. « La France est de toute façon dans une situation où cette option, bien que souhaitable à nos yeux, est impossible puisque aucune alternative a été préparée pour pallier la fermeture de ces 34 réacteurs », regrette Roger Spautz, expert nucléaire à Greenpeace.

Dès lors, ce jeudi, l’ASN devrait bien plus préciser les conditions demandées à EDF pour cette prolongation. L’objectif est connu : que le dispositif de sûreté sur ces 34 réacteurs soit au même niveau que celui de l’EPR, réacteur de nouvelle génération, présenté comme une référence en la matière. « Ce sera un avis générique, pour l’ensemble du parc des 900 MWe, et qui sera suivi, plus tard, d’examen au cas par cas des 34 réacteurs lors de leur quatrième visite décennale**, détaille Valérie Faudon, plutôt confiante. On ne s’attend à rien d’insurmontable dans les recommandations de l’ASN. Le dialogue technique est permanent entre l’autorité et EDF et ce travail de mise à niveau du parc de 900 MWe a déjà commencé depuis 2015 dans le cadre du grand carénage. »

L’impossible récupérateur de corium ?

Tout de même, les EPR disposent d’un système de refroidissement et d’un récupérateur de corium – ce magma constitué d’éléments fondus du cœur d’un réacteur nucléaire – qui n’existent pas sur le parc des 900 MWe. « Ce sont deux dispositifs qui visent à limiter les conséquences d’un accident nucléaire, souligne Roger Spautz. Le système de refroidissement permet ainsi, dans toutes les circonstances, d’injecter de l’eau dans le réacteur ou dans les piscines à combustibles [où sont entreposés les combustibles usagés], et ainsi les refroidir en cas d’accident. Le récupérateur de corium, lui, est à voir comme un grand cendrier installé sous la cuve. Si cette dernière est percée, il pourra récupérer le corium avant qu’il ne s’écoule sur la dalle en béton, en dessous, et puisse s’échapper dans l’environnement. »

En théorie, les réacteurs 900 MWe devraient être équipés de ces deux dispositifs pour les autoriser à fonctionner dix ou vingt ans de plus. Le hic est que l’installation de récupérateurs de corium ne sera pas toujours physiquement pas possible. « On peut en revanche avoir des dispositifs de sûreté équivalents », assure Valérie Faudon.

Yves Marignac tique tout de même et voit un premier renoncement à l’objectif initial d’assurer, sur ce parc de 900 MWe, un niveau de sûreté équivalent à celui des EPR. « Ce jeudi, l’ASN devrait préconiser non plus l’installation d’un récupérateur de corium mais d’un « ralentisseur« , avance-t-il. L’idée n’est plus de garantir que le corium ne puisse s’écouler sur la dalle en béton, mais de mettre en place un système qui, en cas d’accident, refroidisse suffisamment le corium pour qu’il ne puisse pas percer le béton. Ce n’est pas la même chose. »

La capacité d’EDF à réaliser les travaux également en question

Roger Spautz anticipe d’autres renoncements encore dans l’avis que publiera ce jeudi l’ASN. Notamment sur les bâtiments abritant les piscines à combustibles. « Pour les EPR, ces bâtiments sont bunkerisés. C’est loin d’être le cas pour les réacteurs 900 MWe, assure l’expert nucléaire de Greenpeace. À notre connaissance, l’avis de l’ASN ne prévoit pas de renforcer ces bâtiments qui ne résisteraient pas, par exemple, à la chute d’un avion. »

Surtout, au-delà des aménagements à prévoir, Roger Spautz comme Yves Marignac s’interrogent  sur les capacités financières et industrielles d’EDF à les mettre en œuvre. En 2012, pour tirer les leçons de l’accident de Fukushima, l’ASN avait déjà demandé à EDF d’équiper ses réacteurs de « diesels d’ultime secours » pour qu’ils prennent le relais des générateurs existants et refroidissent le réacteur en cas d’accident. « La date limite pour réaliser ces travaux avait été fixé à fin 2018, rappelle Roger Spautz. EDF n’a pas su tenir le délai et a obtenu de l’ASN qu’il soit repoussé à fin 2020. » Ce qui témoigne, pour Greenpeace, d’un certain laxisme sur les questions de sûreté nucléaire, tant du côté d’EDF que de l’ASN.

Rebelote sur la prolongation au-delà de 40 ans ? « On ne sait même pas encore les délais que donnera l’ASN pour réaliser les travaux jugés nécessaires à leur prolongation, indique Yves Marignac. La logique aurait voulu qu’ils soient terminés avant leur 40e anniversaire. Une certitude : ça ne sera pas le cas. »

Par Fabrice Pouliquen, publié le 03/12/20 à 07h05, mis à jour le 03/12/20 à 07h05

Photo en titre : Les réacteurs de la centrale nucléaire de Bugey (Ain), le 18 janvier 2020. — ALLILI MOURAD/SIPA

https://www.20minutes.fr/planete/2920535-20201203-nucleaire-prolongation-reacteurs-dela-40-ans-serieux

POMA : L’ENTRÉE DU SITE DE GILLY-SUR-ISÈRE TAGUÉE PAR DES MILITANTS ANTI-NUCLÉAIRES

FLASH INFO – Plusieurs tags anti-nucléaires ont été relevés à l’entrée du site Poma de Gilly-sur-Isère (Savoie) près d’Albertville. L’entreprise leader mondial du transport par câble a en effet remporté un appel d’offre pour fabriquer le funiculaire qui transportera les déchets nucléaires du site Cigéo à Bure dans la Meuse.

Plusieurs activistes ont ainsi tagué des slogans anti-nucléaires à l’entrée du site dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 novembre. Ils ont également déployé une banderole contre le portail, sur laquelle on pouvait lire : « Poma complice du nucléaire ». Les militants ont ensuite tenté de sceller le portail.

Cette action visait clairement à dénoncer l’implication du groupe1 dans le projet Cigéo, acronyme de Centre industriel de stockage géologique.

Ce projet, mené par l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra), a pour objectif d’enfouir des déchets nucléaires 500 mètres sous terre pour une très longue durée.

Les anti-nucléaire souhaitent « interpeller la société »

Dans un communiqué, les militants appellent à « interpeller la société » sur les réseaux sociaux, par téléphone ou en direct. « Poma et ses filiales doivent se désengager immédiatement du projet Cigéo. Tant qu’elles n’auront pas annoncé leur retrait, nous ne les lâcherons pas ! », peut-on lire sur le site Enfouissons Poma.

 « On le déplore et on condamne ces agissements, a réagi Jean Souchal, PDG du groupe sur France Bleu Pays de Savoie. On a le droit de ne pas être d’accord et de s’exprimer démocratiquement. Là ce n’est pas le cas et ce n’est pas acceptable. »

1 Poma, dont le siège est basé à Voreppe, est connu dans le secteur de la montagne pour ses télécabines et ses téléphériques. Le groupe, qui existe depuis plus de 80 ans et continue d’investir dans la région, devrait construire le métrocâble entre Saint-Martin-le-Vinoux et Fontaine si le projet voit le jour.

Par Tim Buisson, publié le 02/12/2020 à 19h00

Photo en titre : Les militants anti-nucléaires dénoncent la participation de Poma dans la réalisation du funiculaire qui permettra d’enfouir les déchets nucléaires à Bure. DR

https://www.placegrenet.fr/2020/12/02/poma-action-anti-nucleaire-cigeo/404405

LES ÉTATS-UNIS DEVRAIENT CHERCHER À MODÉRER L’ARSENAL NUCLÉAIRE DE LA CORÉE DU NORD, SELON PERRY

SÉOUL, 02 déc. (Yonhap) — Les négociations américaines avec la Corée du Nord devraient se concentrer sur la modération de son arsenal nucléaire et la transformation du régime en un pays normal moins prompt aux provocations, a déclaré ce mercredi l’ancien secrétaire américain à la défense William Perry.

Perry a fait cette déclaration lors d’une conférence en ligne organisée par l’Institut pour la stratégie de sécurité nationale (INSS) et le Centre pour la sécurité et la coopération internationales (CISAC) de l’université de Stanford, déclarant qu’il serait «mission impossible» d’amener Pyongyang à abandonner ses armes nucléaires.

«Mon premier conseil concernant les futures négociations est que si vous pensez que vous allez les amener à abandonner leurs armes nucléaires, vous entreprenez peut-être une « mission impossible« », a déclaré Perry. «Nous pouvons les amener à restreindre (leur armement nucléaire), à le réduire, à ne pas le brandir et à bien d’autres choses encore, mais je ne crois pas que nous réussirons à leur faire abandonner leur arsenal nucléaire».

Perry a déclaré que le Nord voudra «volontiers» des améliorations économiques mais pas au prix de son arsenal nucléaire.

«Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas négocier. N’importe qui devrait négocier pour modérer un programme nucléaire et leur arsenal, et nous pouvons travailler pour en faire une nation normale afin qu’ils ne ressentent pas le besoin de prendre les mesures qu’ils prennent et qui provoquent les États-Unis, la Corée du Sud et le monde entier», a-t-il déclaré.

Perry a également souligné l’importance du rôle de la Corée du Sud pour aider la Corée du Nord à normaliser ses relations.

« (Nous devrions) travailler à faire de la Corée du Nord une nation plus normale. Cela les mettra en mesure de s’améliorer sur le plan économique. Je pense que la clé de cette évolution est avant tout la Corée du Sud», a-t-il déclaré.

Une téléconférence entre l’Institut pour la stratégie de sécurité nationale (INSS), financé par l’État sud-coréen, et le Centre pour la sécurité et la coopération internationales (CISAC) de l’université de Stanford se tient dans un hôtel de Séoul le 2 décembre 2020.

Perry, qui a été secrétaire à la défense sous l’administration du président Bill Clinton de 1994 à 1997, est connu pour sa proposition de 1999 en faveur d’une résolution en trois étapes sur les armes de destruction massive de la Corée du Nord, le «processus Perry».

Cette proposition prévoyait le gel des programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord et la normalisation des relations entre Pyongyang et Washington.

Mais l’accord entre le président Clinton et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-il s’est effondré lorsque l’administration George W. Bush est entrée en fonction en 2001.

Perry a déclaré qu’il pense que les négociations de 1999 avec Pyongyang ne peuvent pas être «répétées aujourd’hui dans les circonstances différentes».

«C’est une chose de persuader le gouvernement nord-coréen de renoncer à ses ambitions nucléaires s’il n’a jamais développé, construit et testé d’armes nucléaires», a-t-il déclaré. «C’est une autre chose de les amener à accepter de renoncer à un arsenal nucléaire, qu’ils ont et dont ils sont très contents

Par mathieu@yna.co.kr, publié le 02.12.2020 à 18h20

Photo en titre: l’ancien secrétaire américain à la défense William Perry.

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20201202002700884

PROLONGATION DES CENTRALES : L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE BÂCLE LA CONSULTATION PUBLIQUE

À partir de ce jeudi 3 décembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) proposera au public de se prononcer sur les conditions du fonctionnement au-delà de 40 ans des réacteurs nucléaires. Greenpeace France juge cette consultation bien trop tardive et de pure forme, alors que 13 réacteurs ont déjà dépassé 40 ans de fonctionnement.

Au fil de plusieurs centaines de pages, l’ASN va détailler ses prescriptions de travaux et d’études afin d’autoriser EDF à faire fonctionner ses centrales dix ans de plus. C’est ce document au contenu technique que les citoyens et citoyennes sont censés s’approprier et commenter en moins de six semaines, entre le 3 décembre et le 15 janvier, en pleine période des fêtes de fin d’année.

Lors de précédentes consultations publiques, l’ASN n’a pas répondu aux commentaires, provenant parfois d’études entières d’experts internationaux, qui lui étaient adressés. Pour Roger Spautz, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France, « menée dans ces conditions, cette consultation risque de n’être qu’une mascarade. L’ASN veut appliquer un vernis citoyen à des décisions qui engagent la sécurité de toutes et tous, sans mettre en place les moyens d’un réel débat ».

Les prescriptions de l’ASN – si elles sont bien respectées par EDF – ne permettront pas aux vieux réacteurs nucléaires d’atteindre le niveau de sûreté d’un réacteur de 3ème génération, comme l’EPR. « L’ASN ne prévoit pas ces mises aux normes parce qu’elles seraient trop coûteuses pour EDF, ou parce que ce n’est tout simplement pas faisable sur le plan technique », analyse Roger Spautz.

Les travaux de mise aux normes prescrits par l’ASN prendront des années. Certaines prescriptions de l’ASN ne seront donc pas respectées avant les 45 ans de fonctionnement des réacteurs, alors que ceux-ci continueront d’être exploités et de présenter un risque pour les populations et l’environnement.

Par ailleurs, l’ASN n’exige aucune évaluation environnementale pour autoriser le fonctionnement d’un réacteur au-delà de 40 ans. Greenpeace estime que cela place la France en situation d’illégalité et a donc déposé un recours contre l’ASN devant le Conseil d’État le 18 novembre dernier.

Même rénovées, les vieilles centrales resteront un danger car elles n’ont pas été conçues pour répondre aux enjeux du 21ème siècle. Le gouvernement doit présenter un calendrier précis pour leur fermeture, afin de limiter les risques et de permettre la transition socio-économique des territoires.

Notes aux rédactions 

Greenpeace France, le Réseau “Sortir du Nucléaire” et Global Chance proposent un point presse à distance le 15 décembre ou le 16 décembre pour décrypter le contenu des prescriptions de l’ASN quant à la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires françaises. Les modalités d’inscriptions seront envoyées la semaine prochaine.

Greenpeace France a réalisé en février 2020 une analyse du vieillissement des centrales nucléaires françaises et des dangers de leur fonctionnement au-delà de 40 ans. Elle est consultable ici.

Publié le 2 décembre 2020

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/prolongation-des-centrales-lautorite-de-surete-nucleaire-bacle-la-consultation-publique/

BIDEN : WASHINGTON REJOINDRA L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE SI L’IRAN S’Y CONFORME

Le président élu dit que les groupes terroristes mandataires de l’Iran doivent être freinés et s’inquiète d’une course à l’armement nucléaire au Moyen-Orient

Le président-élu Joe Biden a déclaré que les États-Unis réintégreraient l’accord nucléaire avec l’Iran si Téhéran se conformait totalement aux termes de l’accord et s’engageait à prendre des mesures pour freiner l’influence des alliés régionaux de la République islamique.

Biden a déclaré au New York Times dans une interview publiée dans la nuit de mardi que l’on « parle beaucoup des missiles de précision et de tout un tas d’autres choses qui déstabilisent la région » mais « le meilleur moyen d’obtenir la stabilité dans la région » c’est de gérer les choses ayant trait au programme nucléaire.

« En consultation avec nos alliés et partenaires, nous allons engager des négociations et des accords de suivi pour renforcer et étendre les contraintes nucléaires de l’Iran, ainsi que pour aborder le programme balistique », a-t-il déclaré, notant que les États-Unis ont toujours la possibilité de revenir à des sanctions si nécessaire.

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Il a soulevé des inquiétudes sur le fait que si l’Iran devait se doter d’une bombe nucléaire, cela augmenterait la pression sur l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Égypte et d’autres nations de la région pour qu’elles acquièrent de telles armes.

Le président-élu Joe Biden au Queen Theater, à Wilmington, dans le Delaware, le 25 novembre 2020. (Crédit :AP Photo/Carolyn Kaster)

« Et la dernière chose dont nous avons besoin dans cette partie du monde est une augmentation de la capacité nucléaire », a déclaré Biden.

« Cela va être difficile, mais oui », a déclaré Biden au Times lorsqu’on lui a posé des questions précises sur un essai qu’il a écrit et qui a été publié en septembre.

Biden a écrit dans un article pour CNN avant l’élection que « si l’Iran revient à un respect strict de l’accord nucléaire, les États-Unis rejoindront l’accord comme point de départ pour des négociations de suivi ».

Selon l’article paru dans le Times , Biden et son équipe travaillent en prenant pour hypothèse que si l’accord devait être une nouvelle fois conclu entre les deux parties, il devrait y avoir de nouvelles négociations sur la durée des restrictions appliquées sur la production des matériaux fossiles nécessaires pour produire une bombe – une durée qui était de 15 ans dans le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) qui avait été signé en 2015.

Les États-Unis avaient imposé des sanctions écrasantes sur la république islamique après le retrait unilatéral du président américain Donald Trump du pacte, en 2018. En réponse, Téhéran avait commencé à ouvertement outrepasser les limites stipulées dans l’accord, disant que l’Iran se conformerait rapidement et une nouvelle fois aux dispositions de ce dernier si les États-Unis faisaient de même.

De plus, a dit Biden, des initiatives devront être prises pour s’attaquer aux activités terroristes de la république islamique menées par ses groupes mandataires au Liban, en Syrie, en Irak et au Yémen.

L’article a ajouté que la future administration Biden souhaiterait que les pourparlers avec l’Iran ne se contentent pas d’inclure les parties qui avaient intégré initialement l’accord – l’Iran, les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne et l’Union européenne – mais aussi des acteurs régionaux déterminants, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis.

Le président iranien Hassan Rohani prononce un discours lors de la session inaugurale du nouveau parlement à Téhéran, le 27 mai 2020. (Crédit : AFP)

Ces propos ont été tenus alors que le président iranien Hassan Rohani a rejeté, mercredi, un projet de loi approuvé au Parlement qui aurait suspendu les inspections faites par les Nations unies et renforcé les travaux d’enrichissement de l’uranium, disant que le texte était « préjudiciable » aux efforts diplomatiques visant à restaurer l’accord sur le nucléaire de 2015 et à alléger les sanctions américaines.

Ce bras de fer concernant la loi – un bras de fer qui a pris de l’ampleur après l’assassinat du père du nucléaire iranien, le mois dernier, un meurtre qui a été attribué à Israël – reflète la rivalité entre Rohani et les députés de la ligne dure qui dominent le Parlement et qui favorisent une approche plus conflictuelle face à l’Occident.

Le projet de loi aurait ainsi mis en suspens les inspections réalisées par les Nations unies et aurait exigé du gouvernement qu’il reprenne ses travaux d’enrichissement de l’uranium à 20 %, si les nations européennes devaient échouer à obtenir un allègement des sanctions américaines imposées sur le pétrole et sur le secteur bancaire du pays. Ce seuil de 20 % ne correspond pas à celui qui est nécessaire pour la fabrication d’armes atomiques, mais il est plus élevé que celui qui est requis pour le nucléaire civil.

La centrale nucléaire de Bushehr, à l’extérieur de la ville de Bushehr, dans le sud de l’Iran. (Crédit : AP Photo/Mehr News Agency, Majid Asgaripour)

S’exprimant lors d’une réunion du cabinet, Rohani a déclaré que son administration « n’est pas d’accord et considère ce projet de loi comme préjudiciable aux activités diplomatiques ». Il a laissé entendre que les députés se positionnaient en amont des élections iraniennes qui sont programmées au mois de juin prochain.

Il a ajouté : « Aujourd’hui, nous sommes plus puissants dans le nucléaire que cela n’a jamais été le cas ».

La législation ne devrait avoir que peu d’impact, voire aucun, l’Ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême, ayant le dernier mot sur toutes les politiques majeures et notamment sur celles qui sont relatives au programme nucléaire. Elle a plutôt semblé être une démonstration de défiance après l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, personnalité déterminante du programme nucléaire de l’Iran, dans l’attaque attribuée à l’État juif.

Certains analystes estiment que ce meurtre a eu pour objectif de rendre plus difficile, pour Biden, la réintégration des États-Unis dans l’accord conclu avec l’Iran.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait mis en garde contre la menace posée par Fakhrizadeh dès 2018. Il y a quelques jours, il avait également fait part de sa réticence concernant la réintégration des États-Unis dans l’accord sur le nucléaire souhaitée par la nouvelle administration.

Sur cette photo transmise par le site officiel du ministère iranien de la Défense, des militaires se tiennent aux côtés du cercueil recouvert d’un drapeau de Mohsen Fakhrizadeh, un scientifique qui a été assassiné vendredi, pendant une cérémonie de funérailles à Téhéran, en Iran, le 30 novembre 2020. (Crédit : (Ministère iranien de la Défense via AP)

Fakhrizadeh était à la tête d’un programme qui, selon Israël et les pays occidentaux, se consacrait à la faisabilité de la conception et de la fabrication d’une arme nucléaire. L’Agence internationale de l’énergie atomique avait déclaré que le « programme structuré » s’était achevé en 2003 tandis que l’État juif affirme que l’Iran cherche toujours à se doter d’une arme atomique, soulignant son travail sur les missiles balistiques et autres technologies.

L’Iran insiste sur le fait que son programme nucléaire est entièrement pacifique, même si des archives iraniennes, volées à Téhéran par le Mossad et dont le contenu avait été révélé en 2018 par Netanyahu, ont révélé l’existence de travaux visant à pouvoir attacher une ogive nucléaire sur des missiles balistiques.

La république islamique a subi plusieurs attaques dévastatrices cette année, avec notamment la mort du général Qassem Souleimani dans une frappe américaine au drone, au mois de janvier, et une explosion et un incendie mystérieux qui ont endommagé une usine d’assemblage de centrifugeuses au sein de l’usine d’enrichissement d’uranium de Natanz – qui, selon de nombreux observateurs, auraient résulté d’un acte de sabotage.

Par Times of Israel Staff et AFP, publié le 2 décembre 2020 à 15h26

Photo en titre : Des centrifugeuses au sein de l’usine d’enrichissement de l’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran, le 5 novembre 2019. (Atomic Energy Organization of Iran via AP)

https://fr.timesofisrael.com/biden-washington-rejoindra-laccord-sur-le-nucleaire-si-liran-sy-conforme/

ÉNERGIE. HERCULE, CE DANGER TAILLE XXL QUI MENACE EDF

Unanimes, les syndicats réclament l’abandon du projet qui vise à démanteler l’entreprise sur fond de libéralisation du secteur. Jusqu’à présent, l’ouverture à la concurrence, érigée en dogme par la Commission européenne, n’a jamais tenu ses promesses.

Rarement les syndicats d’EDF avaient été aussi remontés. De la CGT à la CFDT en passant par FO et la CFE-CGC, tous tirent à boulets rouges sur le projet Hercule, avantageusement présenté par le gouvernement comme une « nouvelle régulation économique du nucléaire », mais qui risque fort d’éparpiller l’opérateur historique à la façon d’un puzzle. Ce lundi, ils ont demandé à être reçus en urgence par le premier ministre pour remettre le sujet sur la table, faute de quoi ils pourraient appeler à une nouvelle journée de grève, le 10 décembre. Dans le même temps, les principaux syndicats du secteur interpellent les parlementaires (lire pages 6 et 7) sur les risques pesant sur l’avenir des opérateurs historiques, EDF et Engie. Au-delà de leurs aspects techniques, ces dossiers recouvrent des enjeux décisifs, tant pour les salariés que pour les consommateurs.

Le projet Hercule vise à éclater EDF en plusieurs entités. Dans sa première mouture, l’opérateur serait scindé en deux parties étanches : d’un côté, EDF « Bleu », à 100 % public, qui réunirait le nucléaire et le thermique (centrales au gaz, charbon…) ; de l’autre côté, EDF « Vert », qui rassemblerait pour l’essentiel Enedis (distribution d’électricité) et les énergies renouvelables. Ce second pôle serait ouvert au privé, à hauteur de 35 % pour le moment. Pour le dire autrement, cela revient à garder dans le giron public ce qui « coûte » très cher (le nucléaire implique des investissements colossaux, qui rebutent le secteur privé) et à laisser au marché ce qui rapporte gros. En effet, selon les comptes d’EDF pour 2019, le pôle Vert ne « pèserait » pas moins de 6,5 milliards d’euros d’excédent brut d’exploitation. Un joli pactole pour les futurs entrants au capital, que ce soient des concurrents d’EDF ou des fonds d’investissement en quête de rentabilité financière.

Voilà pour la première mouture du projet. Selon certaines sources, une deuxième version serait actuellement dans les tuyaux, qui sanctuariserait la production d’électricité hydraulique dans un troisième pôle, à 100 % public, baptisé « Azur ».

Aucune de ces deux solutions ne convient aux syndicats. « Plus qu’une simple réorganisation, c’est un pas de plus dans le démantèlement d’un service public très particulier ! assène Anne Debregeas, de SUD énergie. L’électricité est une des pierres angulaires de la transition énergétique. Nous avons des investissements colossaux à effectuer, quelles que soient les options retenues en matière de nucléaire. Il faudrait 50 à 60 milliards d’euros de plus par an pour réussir la transition. Seul le public peut prendre en charge de telles sommes. »

Les consommateurs pourraient faire les frais de ce big-bang

Les quelque 100 000 salariés d’EDF redoutent, quant à eux, de se retrouver ballottés dans les multiples filiales créées. « Lorsque vous filialisez une activité, tous les accords collectifs tombent immédiatement, résume un cadre du groupe. Tous les salariés qui sortiront d’EDF SA (société anonyme) devront négocier de nouveaux accords par l’intermédiaire de leurs syndicats, avec des différences possibles d’une société à une autre. On peut imaginer qu’Azur aura son propre texte sur l’intéressement et l’organisation du travail ; Bleu  également, etc. À la clé, des reculs sociaux. »

Les consommateurs, eux aussi, pourraient faire les frais de ce big-bang, comme c’est le cas à chaque étape supplémentaire de l’ouverture du secteur à la concurrence. Initiée dès les années 1980 par le duo Reagan-Thatcher puis entérinée à coups de directives européennes dans les années 1990, cette lame de fond n’a jamais souri aux particuliers. Entre 2007 et 2017, la facture moyenne d’un client chauffé à l’électrique a, par exemple, augmenté d’environ 36 % en France. D’ailleurs, Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), a lui-même vendu la mèche, dans  le Monde du 26 octobre 2018 : « La concurrence par les prix reste marginale sur le marché de l’électricité. Elle ne sert pas à faire baisser les tarifs, mais à encourager l’innovation. »

Paris et Bruxelles seraient sur le point de conclure un accord

Pour justifier le maintien du projet Hercule, le gouvernement explique en substance qu’il s’agit d’une sorte de « cadeau » fait par l’État à la Commission européenne. En clair, le démantèlement d’EDF « offert » à Bruxelles permettrait, en contrepartie, à EDF de renégocier à la hausse l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique). Petite explication historique : « L’Arenh, créé en 2010, est une des inventions les plus absurdes qui soit, détaille Aurélien Bernier, spécialiste de l’énergie (1). Il oblige EDF à vendre une partie de sa production d’électricité nucléaire à ses concurrents, à prix coûtant. C’est aussi aberrant que si on avait exigé de Renault qu’il cède une partie de sa production à PSA, pour que PSA la revende aux consommateurs en réalisant une marge au passage ! »

Aujourd’hui, le montant de l’Arenh est fixé à 42 euros le mégawatt/heure, au grand dam d’EDF qui assure que ce tarif trop faible ne lui permet pas de s’y retrouver. D’après les Échos, Paris et Bruxelles seraient sur le point de conclure un accord pour un nouveau tarif autour de 45 à 50 euros. « Il ne faut pas s’y tromper, prévient Sébastien Menesplier, secrétaire général de la FNME-CGT.  La Commission européenne reste neutre sur le projet Hercule, il s’agit bien d’un projet du gouvernement et de la direction d’EDF. Et ce projet porte des risques tant pour les salariés que pour les consommateurs. La seule option viable est de sortir de ce modèle de concurrence de marché. »

(1) Auteur des Voleurs d’énergie, Utopia, 2018.

Par Cyprien Boganda, publié mercredi 2 Décembre 2020

Photo en titre : Centrale EDF de Civaux. Le nucléaire implique des investissements colossaux, qui rebutent le secteur privé. Hamilton/REA

https://www.humanite.fr/energie-hercule-ce-danger-taille-xxl-qui-menace-edf-696958

LE SCÉNARIO D’UN MARIAGE ENTRE RTE ET ENEDIS FLOTTE DANS L’AIR

Alors que le projet de réorganisation d’EDF bat son plein, émerge un nouveau scénario de création d’un géant des réseaux électriques pour gérer la transition énergétique.

C’est une petite phrase qui pèse lourd dans le grand projet de réorganisation d’EDF. « Il n’est pas question d’ouvrir le capital d’Enedis […] qui reste une filiale à 100% d’EDF » a assuré lundi Marianne Laigneau, la présidente du réseau de distribution électrique.

L’entreprise aux 38.000 salariés est au cœur du grand meccano lancé par Emmanuel Macron, qui consiste à revoir la régulation des prix du nucléaire en France. Avant de donner son aval au projet, la Commission européenne demande à la France d’avancer vers une nouvelle phase de la libéralisation de son secteur énergétique. EDF doit être scindée, et depuis un an, tous les scénarios poussent à séparer le réseau de distribution d’Enedis du reste du groupe.

Jeudi dernier, un tiers des salariés étaient en grève contre ce projet, baptisé « Hercule » qui vise à loger Enedis dans la branche d’EDF qui sera largement privatisée. Sa présidente se met ainsi en travers de ce scénario qui suscite beaucoup d’inquiétude et de tensions au sein du distributeur.

Les énergies renouvelables plus favorables à Enedis

Mais ces derniers mois, une autre option émerge autour d’Enedis qui consiste, selon nos informations, à le rapprocher de RTE. Le nouveau patron du Réseau de Transport de l’Électricité, Xavier Piechaczyk, est favorable à un tel scénario, selon plusieurs sources proches de RTE. L’objectif « politique » serait de vendre aux pouvoirs publics la création d’un géant français des réseaux, « Réseaux de France« , capable de piloter la transition énergétique. Une union des deux réseaux avait déjà été imaginée il y a plusieurs années par Enedis cette fois, et son ancienne patronne Michèle Bellon. Contactées, les entreprises n’ont pas souhaité commenter.

Industriellement, ce mariage aurait pour but d’intégrer la gestion des infrastructures électriques en France. « Le système électrique se gère encore par les lignes haute tension de RTE, mais avec les énergies renouvelables, ce sera de plus en plus par les réseaux locaux d’Enedis« , explique un bon connaisseur des deux entreprises. L’électricité produite par les éoliennes est injectée sur le réseau par Enedis ou RTE selon les zones. Mais le solaire entre essentiellement par celui d’Enedis.

Une machine à cash

À terme, la transition énergétique va favoriser Enedis au détriment de RTE. Ce dernier cherche donc à conserver une rentabilité qui risque de lui échapper. Enedis génère chaque année 4 milliards d’euros de marges, précieuses pour son actionnaire EDF. Au point que, selon nos informations, EDF demande à Enedis de doubler, d’ici quelques années, le dividende qu’il lui verse à environ 1,5 milliard d’euros.

Enfin, ce scénario a aussi le mérite de convenir aux syndicats, eux aussi très remontés contre le projet Hercule. Ils appellent d’ailleurs à une nouvelle journée de grève le jeudi 10 décembre. Ils sont favorables à la création d’un « Réseaux de France » 100% public, aux côtés du « Nucléaire de France » et « Hydro de France« » (barrages), eux aussi nationalisés.

Reste que l’État ne semble pas très favorable à ce rapprochement qui viserait surtout à « vider » la partie d’EDF qui doit être scindée: les énergies renouvelables, les services et donc Enedis. Bercy souhaite conserver Enedis dans ce « EDF Vert » pour garantir un haut niveau de marges et attirer des investisseurs privés.

Par Matthieu Pechbety, publié le 01/12/2020 à 6h20

https://www.bfmtv.com/economie/le-scenario-d-un-mariage-entre-rte-et-enedis-flotte-dans-l-air_AN-202012010011.html

65% DES PERSONNES ENCORE DÉPLACÉES DE FUKUSHIMA NE SOUHAITENT PAS RENTRER CHEZ ELLES – LE NOMBRE DE PERSONNES DÉPLACÉES PAUVRES A QUASIMENT DOUBLÉ

Il y a encore officiellement plus de 36 900 personnes déplacées à Fukushima, selon les autorités locales. La Kwansei Gakuin University a envoyé un questionnaire à 4 876 déplacés et a reçu 694 réponses, dont 522 d’habitants originaires de Fukushima avant la catastrophe. Il apparaît que 65% des répondants originaires de Fukushima ne souhaitent pas rentrer chez eux et 26% espèrent pouvoir rentrer. Selon l’agence Kyodo, qui reprend l’information, les autorités n’ont pas effectué une telle enquête ces dernières années.

À la question de savoir pourquoi ils n’étaient toujours pas rentrés, 46% des répondants disent craindre la contamination et 45% disent s’être réinstallés ailleurs.

Sur les 522 répondants de Fukushima, 100, ou 14,4% sont originaires des zones dites de retour difficile et 140, ou 20,2%, de zones où l’ordre d’évacuer a été levé. Enfin, 417, soit 60% de tous les 694 répondants, sont des auto-évacués, originaires de Fukushima ou d’autres provinces.

L’université a aussi interrogé les personnes déplacées sur leurs revenus. Selon le Maïnichi, qui reprend l’information, le nombre de foyers qui gagnaient moins de 3 millions de yens (24 000 €) par an en 2019 est 1,7 fois plus élevé qu’avant la catastrophe. La part de ces foyers était de 22,7% avant la catastrophe et 39,1% en 2019.

Sur les 117 mères célibataires qui ont répondu, 103 sont des auto-évacuées. 50 ont divorcé. Enfin, 44% ont eu un revenu annuel inférieur à 2 millions de yens (16 000€) en 2019. C’est 3,6 fois plus qu’avant la catastrophe. Certaines mères cumulent plusieurs “petits jobs” pour s’en sortir.

Publié dans ACROnique de Fukushima, le 1er décembre 2020

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

CONFLIT NUCLÉAIRE USA-IRAN : LES USA VIENNENT D’IMPOSER DES SANCTIONS FERMES CONTRE 2 ENTREPRISES CHINOISES ET 2 ENTREPRISES RUSSES

Le chef de la diplomatie américaine a annoncé vendredi dernier l’imposition de nouvelles sanctions économiques contre quatre sociétés chinoises et russes accusées d’avoir soutenu le développement du programme nucléaire iranien.

« Les États-Unis ont sanctionné quatre entreprises en Chine et en Russie pour leur soutien au programme nucléaire iranien », a déclaré dans un tweet le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

Washington a imposé mercredi dernier des mesures punitives à deux entreprises basées en Chine : Chengdu Best New Materials et Zibo Elim Trade, ainsi qu’à deux sociétés basées en Russie, Nilco Group et Joint Stock Company Elecon.

Ces entreprises, accusées d’avoir « fourni de la technologie de pointe et du matériel pour le programme de missiles nucléaires iraniens », subiront des mesures de restriction vis-à-vis des aides du gouvernement américain et de leurs exportations pendant deux ans, a précisé le Département d’État dans un communiqué :

« Nous continuerons à faire usage de toutes les sanctions à notre disposition pour empêcher l’Iran d’accroître sa capacité nucléaire ».

Le président américain Donald Trump a retiré en 2018 les États-Unis de l’Accord international signé avec l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire, estimant qu’il était insuffisant.

Il a dans la foulée rétabli, puis durci, toutes les sanctions américaines contre la République Islamique au nom d’une politique de « pression maximale ».

Les États-Unis se sont depuis montrés déterminés à sanctionner tout pays ou entreprise étrangère qui ne respecterait pas leurs mesures.

Par HIBAPRESS-RABAT-AGENCES, publié le 30 novembre 2020

https://fr.hibapress.com/news-57664.html

ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS : LA COUR D’APPEL ADMINISTRATIVE DE NANCY RECONNAÎT TROIS NOUVELLES VICTIMES

Trois personnes, dont un appelé du contingent, ont été reconnues comme victimes de l’une des campagnes des essais nucléaires français par la Cour administrative d’appel de Nancy, a-t-on appris mardi 1er décembre de sources judiciaires.

La cour nancéienne a confirmé la décision du tribunal administratif de Strasbourg du 15 mai 2019 contre laquelle le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) avait interjeté appel.

Le Civen avait expliqué en première instance qu’il avait refusé le statut de victimes à ces trois Alsaciens car les intéressés n’avaient pas pu être exposés à une dose de radioactivité suffisante. Mais le tribunal administratif avait réfuté cet argument et remarqué notamment qu’il y avait eu une insuffisance de surveillance médicale spécifique.

En fin de matinée, les attendus de la décision de la Cour administrative d’appel n’étaient pas disponibles dans l’attente de la communication aux parties. «Je ne peux que me satisfaire de la décision d’appel qui confirme le jugement du TA : ça va permettre de poursuivre la liquidation de ce préjudice. Le rapport d’expertise est déjà fait. Le tribunal pourra se prononcer si le Civen ne va pas devant le Conseil d’État», a déclaré l’avocate des victimes, Me Cécile Labrunie, du cabinet TTLA.

En revanche, un quatrième homme a été débouté au motif qu’il n’y avait plus d’essais nucléaires effectués sur le site de Reggane, en Algérie, quand il y a séjourné en 1962-63. «Le problème c’est que les conséquences de la radioactivité ne disparaissent pas du jour au lendemain», a déploré Me Labrunie, rappelant par exemple la durée de vie du plutonium: «24.000 ans». La loi a prévu d’indemniser les personnes victimes de 23 cancers à condition d’avoir séjourné dans des zones ayant été concernées par les essais nucléaires, Polynésie ou Sahara. Mais elle fixe une «condition d’imputabilité», a expliqué Me Labrunie. Cette condition a varié à plusieurs reprises dans les textes. Ainsi, les trois personnes qui viennent d’être reconnues comme victimes avaient été déboutées en 2013/2014, a rappelé Me Labrunie.

Après le vote de nouvelles règles et une décision du Conseil d’État, ces trois personnes avaient déposé un nouveau dossier. Selon Me Labrunie, le cabinet TTLA, l’un des plus importants de France dans ce type d’affaires, a déjà défendu quelque «400 à 500 dossiers» de demandes d’indemnisation pour les essais nucléaires et en a réglé à ce jour quelque 150 à 200″.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 1er décembre 2020

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/essais-nucleaires-francais-la-cour-d-appel-administrative-reconnait-trois-nouvelles-victimes-20201201

NUCLÉAIRE : LA RUSSIE CRITIQUE LES USA

Nouvelle passe d’armes entre Moscou et Washington. En effet, dans une récente sortie signée, la diplomatie russe a accusé le gouvernement américain de revenir aux préceptes d’il y a un demi-siècle, en ce qui concerne le nucléaire. Un tacle qui démontre une fois de plus, les dissensions entre les deux nations.

Sergueï Riabkov, vice-chef de la diplomatie russe, ne s’est pas montré très tendre avec les États-Unis. Selon lui, le gouvernement américain a adopté une posture similaire à celle d’il y a un demi-siècle, en ce qui concerne la question de l’armement nucléaire. Une prise de position qui démontre à quel point l’exécutif russe se montre préoccupé. En effet, aux yeux de Moscou, le gouvernement américain considère aujourd’hui le nucléaire comme une option politique et militaire, « pratique et acceptable ». En d’autres mots, Washington se réserve le droit d’utiliser l’arme nucléaire afin de répondre à ses détracteurs. 

La Russie pointe du doigt la doctrine américaine

Une sortie effectuée à l’occasion de la grande conférence Fort Ross 2020, organisée avec l’aide de Transneft, entreprise pétrolière, ainsi que Chevron, entreprise américaine et Sovcomflot, géant du transport d’hydrocarbures. Afin de calmer les esprits et remettre le nucléaire sur le rang des options secondaires, voire tertiaires en cas de conflit, Riabkov a appelé le gouvernement américain ainsi que l’ensemble de ses alliés à rejoindre le moratoire proposé par le gouvernement russe, au sujet du déploiement de missiles à moyenne ainsi qu’à courte portée.

L’administration Biden, pour tout changer ?

Dans les faits, Moscou s’est fermement engagé à ne déployer aucun missile de ce type, là où l’armée américaine n’aura pas placé de système de défense militaire. Reste désormais à définir si le gouvernement américain pourrait envisager une telle décision. À l’heure actuelle, l’administration Trump ne semble pas être favorable à cela. Pour autant, Joe Biden, le nouveau président élu, pourrait bien changer le cours des choses et tendre la main vers la Russie ou encore la Chine, sur la question de l’armement.

Par Florian Guénet, publié le 1er décembre 2020

https://lanouvelletribune.info/2020/12/nucleaire-la-russie-critique-les-usa/

NUCLÉAIRE IRANIEN: « PERSONNE N’AURAIT À GAGNER » D’UN ARRÊT DES INSPECTIONS (DIRECTEUR DE L’AIEA)

« L’Iran a un important programme nucléaire qui nécessite parmi les plus gros efforts en termes d’inspection« 

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’a pas reçu de notification de l’Iran sur un arrêt des inspections réclamé par les ultraconservateurs après l’assassinat du physicien nucléaire Mohsen Fakhrizadeh, et « personne n’aurait à y gagner« , a déclaré lundi son directeur général.

« Nous comprenons la détresse, mais il est clair que personne n’aurait à gagner d’une diminution, d’une limitation ou d’une interruption du travail que nous faisons ensemble« , a affirmé Rafael Grossi.

Mohsen Fakhrizadeh a été tué vendredi près de Téhéran dans une attaque au véhicule piégé, suivie d’une fusillade contre sa voiture, selon le ministère de la Défense. 

Nombre d’ultraconservateurs appellent à bannir les inspecteurs de l’AIEA, chargés de vérifier les activités iraniennes sensibles, conformément à l’accord conclu en 2015.

« Ce n’est pas la première fois que des parlementaires s’expriment de la sorte« , a réagi M. Grossi

« Nous devons être sur place, nous devons inspecter. Ils (Les Iraniens) ont un important programme nucléaire qui nécessite parmi les plus gros efforts en termes d’inspection« , a-t-il insisté.

« Sans cela, nous nous retrouverions dans l’obscurité totale, et les incertitudes, l’instabilité dans la région seraient bien plus élevées« , a-t-il averti.

Rafael Grossi a par ailleurs de nouveau appelé Téhéran à fournir des explications sur le site suspect du district de Turquzabad, dans la capitale, où la présence de particules d’uranium anthropogénique (résultant d’activités humaines) a été détectée.

« Je ne veux pas dramatiser mais il est important que nous obtenions des clarifications« , a-t-il souligné.

Par AFP, publié le 30 novembre 2020 à 19h38, dernière modification le 30 novembre 2020 à 23h11

Photo en titre : Christian BRUNA / POOL / AFPLe directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, lors d’un discours à Vienne, en Autriche, le 18 novembre 2020.

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1606761071-nucleaire-iranien-personne-n-aurait-a-gagner-d-un-arret-des-inspections-directeur-de-l-aiea

ALLEMAGNE : DE NOUVELLES NÉGOCIATIONS POUR SORTIR DU NUCLÉAIRE ?

Les agences de presse AFP et dpa, ainsi que des articles du Handelsblatt provoquent des inquiétudes au sujet d’une étape importante de ce procédé. La sortie du nucléaire a été de nouveau mise sur la table des négociations par les exploitants. Leurs intentions ne sont que partiellement identifiables. 

Les agences de presse annoncent qu’un arrêt du Conseil Constitutionnel de Karlsruhe a requis une nouvelle réglementation sur les droits aux indemnités des exploitants des installations nucléaires. Il ne faut pas oublier que la première option des exploitants était et est toujours la continuité des activités des 17 centrales nucléaires en Allemagne. Ce n’est pas la sortie, d’autant plus que les pays voisins continuent à exploiter leurs installations nucléaires. L’inquiétude ne fait que renforcer l’article du Handelsblatt sur l’arrêt du Conseil Constitutionnel requérant une nouvelle réglementation pour la sortie. Cela pourrait aussi poser la question d’une sortie plus tardive ou d’aucune sortie en fonction de ce nouveau calcul.

La décision de sortir du nucléaire met en avant que les installations nucléaires sont sources de dangers actuellement et pour les générations à venir (en raison de l’entreposage des déchets). La sortie est donc indiscutable.

La mission des élus du parlement et du gouvernement est de protéger la population de ces risques. La Constitution précise les actions des autorités et des entreprises dans les articles 2 (Liberté de la personne), 14 (2) (Propriété), 15 (Socialisation) et 20a (Protection des fondements naturels de la vie)

L’inquiétude provoquée par l’annonce est due au fait que les exploitants s’adressent aux plus hautes instances juridiques pour qu’elles défassent à nouveau l’accord de sortie. Il s’agit formellement, via ce recours juridique, pour les exploitants de centrales nucléaires d’obtenir des compensations financières, sur des points qui ne font pas partie de la Constitution. Pour les négociateurs du gouvernement, les indicateurs sont bien rouges.

Au sujet des revendications financières : l’identification de la valeur résiduelle des installations émanant d’investissements et coûts antérieurs ne devrait pas être problématique selon les règles juridiques actuelles en matière de comptabilité, de fiscalité d’entreprise, de comptabilisation de la valeur ainsi que des amortissements. Les montants que les exploitants ont reçus de l’état sous forme de fonds et subventions sont aussi des postes comptables, tout comme les impôts.

Le point litigieux serait certainement le calcul du manque à gagner, si une telle requête venait à être justifiée. Les juristes et les économistes ne sont pas unanimes à ce propos. Les bases et les grandeurs de calcul restent du domaine de la spéculation. La logique du système capitaliste suggère souvent un « oui » aux revendications des plus gros.

De plus, la justice définit très rarement qui porte la responsabilité des coûts pour le démantèlement de tels process de production. C’est encore une mission qui attend les scientifiques et les députés.

Les assurances gagnent de l’argent en couvrant de potentiels risques. Un démantèlement conformément à la loi n’est pas un risque évalué habituellement. Il n’y a aucune réglementation adéquate pour ce genre de cas particulier. La Constitution montre la voie en termes d’indemnisation, mais renvoie toujours vers les lois spécifiques en vigueur.

Est-ce que l’UE a son mot à dire, comme les juristes des exploitants le mentionnent ? Cela entraine une manœuvre spécifique à de telles négociations. L’Allemagne n’a pas abandonné sa souveraineté à l’UE en ce qui concerne la sécurité générale de ses concitoyens. 

Le Berliner Zeitung du 13.11.2020 intitule son article sur le jugement de la Cour Suprême « Un très cher fiasco ». On ne peut pas encore juger si la réglementation est un fiasco. Le fait de dire que c’est cher ne prend pas en considération les coûts d’une catastrophe nucléaire. Pour Fukushima, on parle de 270 milliards de dollars, selon Google. Pour Tchernobyl, le montant serait similaire.

En outre, le gouvernement n’a pas obligé les exploitants à fabriquer de l’énergie nucléaire. Les autorisations d’exploitation officielles octroyées comprennent d’autres questions de fond sur l’exploitation d’une grande installation. 

Par Günter Buhlke, publié le 30 novembre 2011

Traduction de l’allemand, Frédérique Drouet (Cet article est aussi disponible en: Italien, Allemand)

Photo en titre : Markus Distelrath auf Pixabay | CC0

https://www.pressenza.com/fr/2020/11/allemagne-de-nouvelles-negociations-pour-sortir-du-nucleaire/

TRICASTIN : POURRIEZ-VOUS VOUS PRIVER DE VOTRE POTAGER EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE ?

L’Autorité de Sûreté Nucléaire cherche des riverains de la centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme pour affiner sa stratégie post-accident. Un panel citoyen est en train de se constituer pour échanger sur les actions à mettre en place, une première.

Les autorités, les experts, ont évidemment planché sur une stratégie à mettre en place après un accident nucléaire, pour des choses de la vie de tous les jours comme la consommation des fruits et légumes et autres produits locaux. En fonction de la gravité de la contamination extérieure, il faut laver/peler les légumes, ou carrément ne pas les consommer ; il peut y avoir des interdictions de vendre, le lait, les œufs.

Mais ces mesures générales n’ont pas forcément le même impact dans le Sud Drôme qu’en Normandie. Pour la première fois de manière aussi directe, l’Autorité de Sûreté Nucléaire demande donc l’avis des premiers concernés. Des panels citoyens sont en train d’être constitués autour de quatre centrales nucléaires françaises : Paluel-Penly en Normandie, Golfech en Occitanie, Chinon en Touraine, et Tricastin dans le sud-Drôme.

L’objectif est bien d’affiner les mesures générales explique Olivier Rivière, directeur de l’environnement et des situations d’urgence à l’ASN : « le riverain de la centrale du Tricastin a la connaissance de ses besoins en matière de consommation des produits du potager. Il pourra préciser quel est l’impact pour lui, pour ses voisins, d’une interdiction de consommer ces denrées. Ce sont des choses qu’on peut difficilement voir lorsqu’on n’est pas sur le territoire. Les mesures établies par les experts, c’est important pour nous de voir comment les acteurs locaux les perçoivent : comment ils les comprennent ? Est-ce qu’ils les acceptent ? Est-ce que ces mesures leur paraissent suffisantes et fondées ? »

Élu local, commerçant, agriculteur, pharmacien, simple riverain…une vingtaine de personnes constitueront le panel citoyen autour du Tricastin. Il est préférable de ne pas avoir d’opinion arrêtée sur le nucléaire : « la question n’est pas de savoir si on est pour ou contre le nucléaire. L’objectif, c’est de se projeter dans une situation où il y a eu un accident nucléaire et il faut permettre à la vie sur le territoire de redémarrer tout en protégeant les populations. »

Vous avez quelques semaines pour vous inscrire au panel si vous souhaitez participer. L’adresse mail pour candidater : post-accident-nucléaire@asn.fr. Le calendrier des échanges qui auront lieu ensuite avec le panel est en train d’être établi. Il a été un peu perturbé par l’épidémie de coronavirus.

Par Nathalie Rodrigues, France Bleu Drôme Ardèche Pierrelatte, publié le lundi 30 novembre 2020 à 2h51

Photo en titre : Centrale nucléaire dans la Drôme. © Radio France – Victor Vasseur

https://www.francebleu.fr/infos/societe/tricastin-pourriez-vous-vous-priver-de-votre-potager-en-cas-d-accident-nucleaire-1606502795

MALGRÉ LE CONFINEMENT, LES FOURNISSEURS S’ARRACHENT L’ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE AU PRIX ARENH

Encore une fois, la demande d’électricité nucléaire dans le cadre du mécanisme Arenh dépasse le volume disponible. Dans sa lettre du 30 novembre, la Commission de régulation de l’énergie insiste sur le besoin de réforme.

Les fournisseurs continuent de s’arracher l’électricité nucléaire à prix régulé. Lundi 30 novembre, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) a livré ses données sur le mécanisme controversé Arenh (pour « accès régulé à l’énergie nucléaire historique« ). Si la demande diminue pour 2021, elle continue de dépasser la quantité d’électricité disponible à ce tarif.

25 % de la production du parc nucléaire historique

Pour rappel, l’Arenh alloue chaque année un maximum de 100 TWh (environ 25 % de la production du parc nucléaire historique) pour 42 euros par MWh. Le dispositif avait été imaginé en 2009 dans le but de développer la concurrence sur le marché de l’énergie.

Cette braderie génère toutefois des tensions entre EDF et ses concurrents, d’autant plus avec la crise du Covid-19. En avril, Total Direct Énergie attaquait EDF en justice pour obtenir une suspension d’une partie de ses obligations d’achat dans un contexte où la consommation d’électricité diminuait fortement.

Un volume réparti au prorata

Pour 2021, les fournisseurs alternatifs semblent avoir maintenu leur prédiction de consommation. La demande d’Arenh a légèrement diminué de  0,5 % avec 146,2 TWh demandés par 81 fournisseurs. “Ceci s’explique, notamment, par le ralentissement de la concurrence pendant la crise sanitaire et par les anticipations de baisse de la consommation en 2021 liées à cette crise”, analyse la Commission de régulation de l’énergie.

La demande surpassant le plafond de l’Arenh, la CRE a décidé de répartir le volume d’électricité au prorata des demandes des fournisseurs. “Chaque fournisseur concerné recevra une quantité d’Arenh égale à 68,39 % de sa demande”, précise la CRE.

Des discussions en cours pour réformer l’Arenh

Au passage, la Commission “renouvelle sa recommandation aux autorités françaises et européennes d’augmenter le plafond des volumes de l’Arenh”. Selon l’autorité indépendante, le mécanisme “n’est plus adapté à la situation actuelle sur le marché français de l’électricité.” Un point de vue sans aucun doute partagé par EDF et les fournisseurs alternatifs : le premier accuse un important manque à gagner à cause du dispositif tandis que les autres réclament des volumes plus adaptés à leurs besoins.

Un projet de révision de l’Arenh fait toujours l’objet d’une discussion avec la Commission européenne. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Levy, a conditionné la réorganisation du groupe à la mise en place de cette réforme.

Publié le 01/12/2020 à 12h30

Photo en titre : La centrale nucléaire de Saint-Alban (Haute-Garonne), au bord du Rhône. © EDF / MATTHIEU COLIN

https://www.usinenouvelle.com/article/malgre-le-confinement-les-fournisseurs-s-arrachent-l-electricite-nucleaire-au-prix-arenh.N1035129

PAYS-BAS: L’EXPLOITANT EPZ SOUHAITE UNE PROLONGATION DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BORSSELE

L’exploitant de la centrale nucléaire de Borssele aux Pays-Bas, EPZ (Elektriciteits Produktiemaatschappij Zuid-Nederland) souhaite prolonger l’activité de la centrale encore pendant vingt ans, mais également lui adjoindre deux autres centrales nucléaires, rapportait samedi le journal ‘Provinciale Zeeuwse Courant’ (PZC).

L’énergie nucléaire peut jouer un rôle important dans la réalisation des objectifs climatiques, d’après l’EPZ pour qui deux options s’imposent:

. prolonger l’activité de la centrale nucléaire actuelle – d’une capacité de 500 mégawatts – pendant dix à vingt ans et .

. construire deux nouvelles centrales nucléaires supplémentaires, d’une capacité de 1.500 mégawatts chacune.

La combinaison des deux permettrait de couvrir environ un quart de la demande actuelle d’électricité aux Pays-Bas.

La centrale de Borssele est située le long de l’Escaut, en Zélande, dans le sud-ouest des Pays-Bas.

Trois centrales nucléaires représentent l’équivalent de 4.400 éoliennes ou 70 millions de panneaux solaires, souligne l’EPZ ajoutant que la construction de deux nouvelles centrales apporterait un énorme coup de pouce à l’économie zélandaise. Le chantier, qui créerait des milliers d’emplois directs pendant huit à dix ans, pourrait s’achever vers 2035.

Selon PZC, les deux nouvelles centrales coûteraient, chacune, entre huit et dix milliards d’euros.

Par Belga, publié le 29/11/2020

https://www.msn.com/fr-be/finance/actualite/pays-bas-lexploitant-epz-souhaite-une-prolongation-de-la-centrale-nucl%C3%A9aire-de-borssele/ar-BB1bsDDR

NDLR : la mentalité productiviste des Pays-Bas va encore frapper ! Rassurez-vous, La France avec ses 6 futurs EPR se sentira moins seule.

GOOGLE EARTH RÉVÈLE UNE POSSIBLE USINE D’ARMEMENT NUCLÉAIRE AU PAKISTAN

Le Pakistan dispose de l’arme nucléaire depuis la fin des années 1990, mais n’a pas souscrit aux mesures de non-prolifération des armes nucléaires. C’est pourquoi le programme nucléaire du pays est étroitement surveillé. Une analyse récente d’images disponibles sur Google Earth a révélé qu’une des installations de retraitement nucléaire du pays avait été étendue au cours des deux dernières années. Un signe indiquant que le pays pourrait avoir intensifié son programme nucléaire militaire.

Des recherches d’images satellites sur Google Earth ont révélé une extension substantielle et non documentée d’une usine de traitement nucléaire présumée au Pakistan. Les chercheurs affirment que c’est un signe possible que le pays renforce la capacité de son programme d’armes nucléaires.

Le Pakistan possède des armes nucléaires depuis 1998, mais n’est pas signataire des principaux traités internationaux sur la prolifération et les essais nucléaires. Le programme secret d’armes nucléaires du pays est étroitement surveillé en raison des tensions avec l’Inde voisine, qui dispose également d’un arsenal nucléaire.

Une usine de retraitement nucléaire étendue en deux ans

Des chercheurs de l’Institute for Science and International Security (ISIS), une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis, ont déjà utilisé des images satellites pour identifier une installation nucléaire présumée à Chashma, dans le nord du pays, qui semble avoir commencé ses activités en 2015 et construite pour retraiter le combustible des centrales nucléaires voisines, séparant le plutonium pour une utilisation militaire.

Neil Hyatt de l’Université de Sheffield, au Royaume-Uni, a identifié ce qui semble être une expansion majeure de l’usine de retraitement. En utilisant des images satellites accessibles au public et en travaillant avec une équipe de l’ISIS pour l’aider à analyser sa découverte, il a constaté que la construction de l’extension avait commencé entre avril et septembre 2018. Les images des deux années suivantes montrent des fondations et d’autres travaux en cours.

Images Google Earth de l’usine de retraitement de Chashma, comparant la taille de l’installation entre novembre 2017 et mai 2020. Crédits : Neil Hyatt et al. 2020

Le 9 mai 2020, une image Google Earth a révélé un nouveau bâtiment de 30 mètres sur 30, juste à côté du bâtiment d’origine. Les images prises le 13 septembre 2020 montrent que le toit de l’extension est apparemment terminé et que les clôtures de construction ont été supprimées.

Une extension servant des objectifs militaires ?

Sans confirmation du gouvernement pakistanais, il est difficile de savoir à quoi servira l’installation ou si elle est opérationnelle, mais l’ampleur du développement suggère que le pays prévoit un effort soutenu de séparation du plutonium pour les armes, déclare Hyatt.

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 « Le Pakistan n’a aucun besoin immédiat de réutiliser le plutonium dans le combustible MOX (pour une utilisation dans une centrale nucléaire) et, comme l’installation est protégée militairement, il semble probable que l’intention est d’utiliser la matière dans le programme d’armement », ajoute-t-il.

À lire aussi : La NASA veut installer des réacteurs nucléaires sur la Lune

La nécessité de surveiller le programme nucléaire pakistanais

Sarah Burkhard, de l’État islamique, affirme que la découverte de l’installation montre la nécessité de surveiller en permanence les installations nucléaires secrètes du Pakistan. « Le Pakistan envisage peut-être d’introduire davantage de combustible pour le retraitement ou d’améliorer le fonctionnement de l’usine de retraitement, dans les deux cas peut-être en augmentant encore son stock de plutonium pour l’utilisation dans les armes nucléaires », dit-elle.

Les chercheurs modélisent régulièrement les conséquences mondiales apocalyptiques d’une guerre nucléaire entre le Pakistan et l’Inde. Jeffrey Lewis, du James Martin Center for Nonproliferation Studies en Californie, indique que si certaines personnes supposent que l’Inde dispose d’un plus grand stock d’armes nucléaires parce que c’est le plus grand pays, les chercheurs pensent que le Pakistan est le plus grand des deux à ce niveau-là. « Le Pakistan continue de mettre énormément l’accent sur l’expansion de son programme d’armes nucléaires, et l’expansion de l’installation de retraitement le souligne ».

Par Thomas Boisson, publié le·28 novembre 2020

Photo en titre : Crédits : Neil Hyatt et al. 2020

https://trustmyscience.com/google-earth-revele-possible-usine-armement-nucleaire-pakistan/

LE FUTUR PORTE-AVIONS NUCLÉAIRE FRANÇAIS SE DÉVOILE AVANT L’ANNONCE OFFICIELLE

Le successeur du Charles de Gaulle sera à propulsion nucléaire et taillé pour accueillir l’avion du futur Scaf. Reste encore à savoir si la France décidera d’en construire simultanément un second.

Pang! Cet acronyme va se faire entendre. Il s’agit du programme de porte-avions de nouvelle génération. Ce projet faramineux n’existe encore que sur le papier, mais de plus en plus d’éléments dévoilent ce vaisseau qui sera au cœur de la défense française et européenne. Ces annonces auraient dû être faites par Emmanuel Macron mais ont été annulées à cause de l’actualité.

Propulsion nucléaire ou classique? Le choix semble avoir été arrêté sur le nucléaire. Selon le site spécialisé Mer et Marine, il serait même acté et devrait être confié à Framatome qui a annoncé le mois dernier la création d’une division « Défense« . C’est d’ailleurs sur le site du Creusot (Saône et Loire) que le président de la République prévoyait de faire une annonce en octobre.

Le groupe n’a pas attendu pour dévoiler cette unité. Sur son site, il explique être déjà intervenu sur le porte-avions Charles de Gaulle et avoir contribué aux programmes de sous-marins nucléaires comme le Barracuda et le SNLE 3G. Ancienne filiale d’Areva, Framatome est désormais détenu par EDF (75,5 %), Mitsubishi Heavy Industries (19,5 %) et Assystem (5 %).

Le Pang sera équipé de deux chaufferies nucléaires bien plus puissantes que celles du Charles de Gaulle. Au lieu de deux réacteurs de 150 Mw chacune, le futur porte-avion affichera une puissance totale de 450 Mw.

Conçu pour l’avion du futur

Cette puissance est imposée par les dimensions du nouveau navire et la taille de ses catapultes. Le Pang est conçu pour être compatible avec le Scaf (Système de combat aérien du futur) développé en partenariat avec l’Allemagne et l’Espagne constitué d’un avion principal (NGF, pour new generation fighter) et de drones. La version navale du NGF aura une masse de 30 tonnes contre environ 20 tonnes pour les actuels Rafale Marine.

Ce navire devrait donc atteindre une longueur de plus 280 mètres contre 261 pour le Charles de Gaulle et un tonnage de 70.000 tonnes contre 42.500.

Quant aux catapultes, elles seront longues de 90 mètres contre 75 mètres pour celles du Charles de Gaulle. Elles seront aussi électromagnétiques et non plus à vapeur. Ces éléments, ainsi que les systèmes de freinages pour l’appontage des avions, seront produites par des groupes américains. Leur coût est évalué à plus d’un milliard d’euros.

Le choix du nucléaire faisait débat depuis l’annonce de ce nouveau porte-avion. En juin, un « proche du dossier« , indiquait à La Tribune qu’au départ, une propulsion classique était privilégiée.

« Les instructions étaient d’expliquer que le nucléaire allait prendre 15 ans de plus et que cette option compliquée. Alors que si la marine veut un nouveau porte-avions très, très vite, il vaut mieux qu’il soit classique. C’était l’état d’esprit au départ« , expliquait cette source.

Le Pang pourrait entrer en service à l’horizon 2040 en même temps que le Scaf avait indiqué l’amiral Christophe Prazuck, chef d’état major de la Marine, lors d’une audition au Sénat, soit un peu avant la mise en retraite du Charles de Gaulle qui est entré en fonction en 2000.

Deux Pang plutôt qu’un

Des questions restent en suspens, notamment la possibilité de construire deux Pang pour des raisons opérationnelles, mais aussi financières. Deux vaisseaux permettraient d’atteindre une disponibilité de 100%, contre 63% avec le Charles de Gaule, et des économies d’échelles évaluées entre 30% et 40%.

C’est ce que soulève un rapport sénatorial d’Olivier Cigolotti et Gilbert Roger, membres de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

« L’enjeu d’un deuxième porte-avions, c’est de pouvoir disposer d’une permanence d’alerte, concept à distinguer de la permanence à la mer (qui nécessite trois à quatre porte-avions). Ce deuxième PA permettrait d’être plus réactif, plus résilient, d’agir davantage dans la durée« .

Reste à financer ce programme. « La décision de construire un deuxième porte-avions de nouvelle génération n’a pas à être prise dans le cadre de la LPM en cours mais elle devrait l’être pour la LPM suivante (post-2025)« , note le rapport en rappelant que les Britanniques ont déjà privilégié cette option. Le Royaume Uni dispose désormais de deux porte-avions: le HMS Queen Elisabeth et le HMS Prince of Wales.

À ce jour, les États-Unis disposent de 11 vaisseaux, contre deux pour la Chine et un pour la Russie.

Par Pascal Samama, Journaliste BFM Éco, (https://twitter.com/PascalSamama), publié le 30/11/2020 à 14h29

Photo en titre : Le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle est opérationnel depuis 2000 – Minarm

https://www.bfmtv.com/economie/le-futur-porte-avions-nucleaire-francais-se-devoile-avant-l-annonce-officielle_AN-202011300205.html

EDF: LES SYNDICATS VEULENT VOIR CASTEX, NOUVELLE GRÈVE ENVISAGÉE

PARIS (Reuters) – Les syndicats d’EDF ont demandé lundi au Premier ministre Jean Castex de les recevoir en urgence pour discuter du projet de réorganisation du groupe, Hercule, faute de quoi ils envisagent une nouvelle journée de grève le 10 décembre pour exprimer leur opposition.

Hercule, dont le gouvernement discute avec la Commission européenne, prévoit notamment une séparation entre les activités nucléaires d’EDF et celles liées aux énergies renouvelables, ce qui constituerait selon les syndicats un premier pas vers un démantèlement et une privatisation, avec des menaces pour l’emploi.

« Au moment où le passage de l’hiver exige la mobilisation de tous et après un confinement printanier qui a vu la mobilisation des électriciens à assurer les missions de service public unanimement reconnue (…), l’intersyndicale n’imagine pas un seul instant que le gouvernement prenne le risque d’un passage en force« , écrivent dans un communiqué la CGT, la CFE-CGC Énergies, la FCE-CFDT et FO Énergie et Mines.

« Dans cette perspective et afin de porter toute la puissance de la mobilisation des salariés à exiger le retrait d’Hercule, l’intersyndicale demande une nouvelle fois au Premier ministre de la recevoir en urgence. Une proposition de rencontre de sa part est attendue avant le 7 décembre à 17h, sans quoi une nouvelle journée de mobilisation s’organisera le 10 décembre 2020.« 

Les syndicats ajoutent que, « jusqu’à nouvel avis« , ils appellent l’ensemble des représentants du personnel à ne plus siéger dans les instances représentatives du personnel « qui ne seraient pas prioritaires à l’intérêt des salariés« , ainsi qu’à la suspension des négociations et concertations nationales et locales « sans impérieuses nécessités« .

La précédente journée de grève des salariés d’EDF contre Hercule, jeudi, a été suivie par 31,6% des effectifs – selon les chiffres du groupe – et a entraîné une baisse marquée de la production française d’électricité d’origine nucléaire.

Par Benjamin Mallet, édité par Bertrand Boucey, publié le 30 novembre à 10h29

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-Les-syndicats-veulent-voir-Castex-nouvelle-greve-envisagee-31889870/

OTAN, SERVICE MILITAIRE… LE PROGRAMME DE MÉLENCHON POUR LA DÉFENSE

Après avoir « proposé » sa candidature pour 2022, le chef de file dévoile une partie de ses propositions dans les colonnes de « L’Opinion ».

Il lui reste un an et demi pour développer ses idées pour la France avant la présidentielle, mais Jean-Luc Mélenchon en détaille déjà un volet ce lundi 30 novembre. Dans un entretien à L’Opinion, il évoque son « programme pour la défense nationale ».

À la première question, qui porte sur la « dissuasion nucléaire », il répond que celle-ci « reste pour la France un outil irremplaçable aussi longtemps qu’il n’y a pas d’alternatives militaires ». Il se dit aussi « favorable au Traité d’interdiction des armes nucléaires [TIAN] approuvé par l’Assemblée générale des Nations unies ». « Mais il ne peut pas être question de demander aux Français de désarmer les premiers. Il faut que ce soient ceux qui ont le plus d’armes nucléaires qui commencent, c’est-à-dire les États-Unis et la Russie », poursuit le député des Bouches-du-Rhône.

Nous n’avons rien à faire dans l’Otan !

Sur ce même sujet, le leader Insoumis évoque la Russie comme « un partenaire fiable », quand les États-Unis « ne le sont pas ». « Cessons de nous rabâcher que nous avons des valeurs en commun avec les Nord-Américains ! Ce n’est pas vrai que nous défendons les mêmes principes », tacle-t-il aussi.

Concernant l’Otan, « nous n’avons rien à y faire ! » persifle Jean-Luc Mélenchon, jugeant qu’il s’agit d’« une alliance incertaine ». « Il s’y trouve des gens qui peuvent être des adversaires ou des ennemis », poursuit-il, citant « la Turquie ». Pour autant, il assure ne pas être sur la même ligne qu’Emmanuel Macron sur ce point. « Je conteste tout à fait que le président Macron ait quelque attitude forte à l’égard de la Turquie ! Il s’est fait provoquer deux fois et il n’y a eu aucune réplique… » assène l’élu LFI.!

« Poursuivriez-vous l’augmentation du budget de la défense ? » questionne aussi L’Opinion. « Il doit correspondre à ce qui est raisonnablement nécessaire », répond le parlementaire, s’en prenant de nouveau à l’Otan, où, dit-il, « l’idée des 2 % du PIB n’a pas de sens, c’est une ligne de crédit qu’on ouvre pour les Américains ».

Je suis partisan de la conscription

Sur le plan de l’industrie de défense, « importante » en France, note le journal, Jean-Luc Mélenchon se veut « réaliste » : « La France doit être indépendante ! » Pour être capables de nous défendre par nous-mêmes, nous devons « produire nous-même les armements nécessaires ». « Quant aux ventes d’armes, elles devraient être soumises à l’autorisation du Parlement », tranche-t-il aussi.

Enfin, le chef de file des Insoumis se prononce pour le rétablissement d’une forme de service militaire, précisant n’être « pas certain que tous les Insoumis soient d’accord avec ». « Je suis partisan de la conscription et je me suis opposé au fait qu’elle soit suspendue » en 1996. « La défense populaire passive et armée reste une nécessité à mes yeux », développe-t-il, soulignant la présence « d’autres menaces et dangers », comme le « dérèglement climatique ».

« Si nous avions plusieurs événements de ce type en même temps, il y aurait besoin d’un effort collectif. On ne peut pas se payer la réparation de la France au prix du marché. Donc, on sera obligé de demander la contribution des jeunes Français », juge le patron des députés Insoumis, qui envisage même, « dans les fonctions de police », le « très beau rôle » que « pourraient jouer les conscrits ». « Cela changerait le regard de la population sur sa police et changerait les pratiques internes de celle-ci », prédit l’aspirant président. Après avoir « proposé » sa candidature pour 2022, Jean-Luc Mélenchon est visiblement prêt à faire valoir une stature internationale pour accéder aux plus hautes fonctions

Par LePoint.fr, publié le 30/11/2020 à 10h00, modifié le 30/11/2020 à 11h18

Photo en titre : « Nous n’avons rien à faire » dans l’Otan, estime Jean-Luc Mélenchon. (Illustration) © PHILIPPE DESMAZES / AFP

https://www.lepoint.fr/politique/dissuasion-nucleaire-service-militaire-melenchon-detaille-son-programme-pour-la-defense-30-11-2020-2403224_20.php

NDLR: suite à la publication de cet article, une lectrice me prie de publier un correctif, (qui me rassure) ce que je fais avec plaisir:

Je tiens à vous faire remarquer que la France Insoumise ne propose pas un service « militaire » comme c’est titré sur la publication que vous m’avez envoyée mais un service civique  rémunéré et non obligatoire ce qui change beaucoup du service militaire avec en plus quelques avantages intéressants comme la possibilité d’y passer le permis. Soyez fair play veuillez le préciser.

Cordialement 
F.Doray

 

VARIABILITÉ DES RENOUVELABLES : NOS RÉSEAUX ÉLECTRIQUES SONT-ILS EN DANGER ?

Les énergies renouvelables « variables » comme l’éolien et le solaire occupent une part croissante dans le mix énergétique des pays européens. Certains y voient une sérieuse menace pour l’équilibre des réseaux électriques, d’autres affirment qu’il s’agit d’un faux problème. Qu’en est-il exactement ? Décryptage.

Les médias regorgent autant de chroniques annonçant l’imminence de blackouts liés à « l’intermittence » des énergies renouvelables, que d’articles vous enjoignant de « circuler car il n’y a rien à voir ».

Un fait est acquis : les énergies renouvelables représentent plus de la moitié des investissements dans la production d’électricité. Avec, pour corollaire, une part d’énergie verte de plus en plus importante dans le mix électrique des États membres de l’Union européenne : en 2019, le Danemark a couvert 75% de ses besoins électriques par les renouvelables, l’Autriche 72%, la Suède 56,8%, la Finlande 47% et l’Allemagne 40%[1] pour ne citer que les meilleurs élèves de la classe.

Précisons d’emblée que le terme « intermittence » est mal approprié : la production d’électricité ne s’interrompt pas comme on éteint la lumière. Il n’y a pas de position ‘on’ ou ‘off’, mais une variabilité de la production en grande partie prévisible : le soleil se lève et se couche à l’heure prévue, et la nébulosité comme la force du vent peuvent être calculées par les météorologues qui disposent de simulateurs numériques dont la fiabilité s’améliore d’année en année. La production attendue des énergies « variables » peut donc être déterminée par les gestionnaires de réseau plusieurs jours à l’avance.

Des énergies vertes « modulables » et « pilotables »

Malgré cette prévisibilité des sources renouvelables, il est clair que des moyens de production modulables doivent rester disponibles pour assurer la stabilité d’un réseau électrique, et fournir du courant lorsque les renouvelables n’en produisent pas assez ou pour moduler à la baisse lorsque l’énergie produite est excédentaire. Malgré une part de renouvelables de plus de 40% dans son mix énergétique en 2018, l’Allemagne a conservé plus de 200 GW de moyens de production d’électricité « pilotables », principalement au charbon et au gaz. Ceux-ci peuvent compenser la chute éventuelle de l’offre et garantir la stabilité du réseau.

Au Danemark, par contre, de nombreuses centrales au charbon ont été remplacées par des centrales à biomasse, modulables et pilotables elles aussi. Elles couvrent aujourd’hui plus de 25% des besoins électriques du pays et peuvent donc relayer les parcs éoliens par de l’électricité renouvelable lorsque la force du vent faiblit. Elles utilisent notamment comme combustible les importants surplus de paille produits par l’agriculture danoise. Et en Allemagne, les centrales à biomasse et hydroélectriques (également pilotables) fournissent déjà plus de 12% de l’électricité consommée.

Lire aussi : La performance du bon élève danois : 75 % d’électricité renouvelable en 2019

Une variabilité inquiétante ?

Il est néanmoins vrai que l’amplitude des variations dues aux aléas de la production des énergies vertes variables suscite certaines inquiétudes : en France, en 2019, la puissance éolienne a oscillé entre 46,7 GW et 0,4 GW. Celle-ci peut aisément passer de 10 GW à moins de 3 GW en à peine quelques heures.

La puissance délivrée par les panneaux photovoltaïques, entre la pointe méridienne d’hiver et le solstice d’été, a fluctué entre 1,3 GW et 33,6 GW.

Dans la nuit du 24 janvier 2019, l’éolien et le photovoltaïque n’ont fourni que 0,65 GW de puissance, soit moins de 1% de la puissance consommée à ce moment.

Et en Allemagne, la part des énergies variables peut parfois atteindre 75% de la production, mais également ne couvrir que 15% à peine quelques jours plus tard.

Si d’aucuns mettent en avant la complémentarité du solaire et de l’éolien, d’autres alertent donc contre les risques de déséquilibre des réseaux si la proportion des énergies renouvelables variables devient trop importante. Cette année, les États-Unis et le Royaume-Uni ont connu en avril des épisodes de coupure du courant. Bien que des défaillances de centrales thermiques aient été à l’origine de ces événements, ceux-ci sont utilisés par certains pour pointer la fragilité des réseaux face à la montée en puissance des énergies alternatives.

Lire aussi : Black-out en Californie : le mauvais procès fait aux renouvelables

Le foisonnement comme remède à la variabilité ?

L’intermittence ou plutôt la variabilité de certaines sources d’énergie renouvelable suppose une adaptation constante des réseaux aux cycles naturels. Pour remédier à leurs fluctuations, les scénarios projetant des mix électriques bâtis sur 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050 prévoient notamment un développement plus important des technologies de production d’énergies vertes modulables et pilotables : hydroélectricité, centrales à biomasse, géothermie, énergies de la mer. Ils tablent aussi sur la théorie du « foisonnement ».

À l’échelle nationale et certainement continentale, les sites de production éoliens et solaires sont suffisamment éloignés les uns des autres pour que les conditions météo soient différentes à un instant donné. Par exemple, une tempête septentrionale pourra compenser l’anticyclone qui s’installe dans le midi. Une dépression venant de l’Atlantique mettra 2 jours à traverser la France et une semaine pour se déplacer à l’autre extrémité de l’Europe. La production éolienne liée à ce passage s’étalera donc sur plusieurs jours et les interconnexions entre les réseaux des différents États permettront de la mutualiser. À l’échelle d’un continent, les productions variables cumulées sont donc plus constantes que celles d’une seule région et les prévisions sur l’ensemble du territoire sont plus précises. C’est ce qu’on appelle le foisonnement.

Ce terme décrit la capacité de la production d’électricité d’une zone climatique à compenser un excès ou un déficit de production dans une autre zone climatique. L’approche peut s’appliquer au territoire européen dans son ensemble en développant les interconnexions des réseaux entre des pays soumis à des régimes de vent différents.

En France, les données publiques de production fournies par RTE montrent que, si la variabilité de production à l’échelle d’un parc éolien est forte, elle est lissée à l’échelle régionale et, d’autant plus, à l’échelle nationale, du fait des trois régimes de vent indépendants présents sur le territoire : océanique (Bretagne, Centre-Val de Loire et Pays de la Loire), continental (Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine) et méditerranéen (Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées).

Précisons toutefois que la théorie du foisonnement est contestée par plusieurs scientifiques et notamment par Hartmut Lauer, docteur-ingénieur de l’université de Hanovre et ancien dirigeant d’un grand groupe énergétique allemand. Il a notamment enseigné l’énergie nucléaire à l’université de Darmstadt.  Dans son article « Énergies renouvelables : de nombreux défis », il admet que l’expression « il y a toujours du vent quelque part » paraît logique étant donné la multiplication des parcs éoliens, mais il soutient que « le fameux ‘foisonnement’ (…) ne correspond pas à la réalité ». Lauer prétend (sans le démontrer) que l’homogénéité des vents qui soufflent sur le continent européen explique les épisodes de prix négatifs, et il pointe l’inefficacité du foisonnement photovoltaïque puisque l’ouest européen ne couvre que 1,5 fuseau horaire.

Mais une étude rendue publique en janvier de cette année par le groupe énergétique français Engie apporte de l’eau au moulin de la théorie du foisonnement. Basée sur l’analyse de 20 années de données météo enregistrées heure par heure sur chacune des façades maritimes du pays (Manche, Atlantique, Méditerranée), l’étude démontre que les régimes de vent y sont complémentaires dans le temps et qu’il y aura un foisonnement de la production des futurs parcs éoliens offshore projetés sur les 3 côtes.

Selon les auteurs de l’étude, les statistiques montrent que l’ensemble de ces parcs produiront avec plus de 20% de leur puissance maximale cumulée de façon quasi constante (pendant 90% de l’année et même 95% de novembre à mars), le facteur de charge cumulé des parcs montant même à presque 30% pendant l’hiver, période au cours de laquelle la demande d’électricité est la plus forte. Les épisodes de vent très faible, sur toutes les côtes françaises en même temps, se réduisent à quelques jours dans l’année, durant l’été seulement. Enfin, lors des 18 dernières pointes annuelles de consommation d’électricité, ces parcs auraient produit ensemble plus de 25% de leur puissance cumulée, et plus de 50% à 13 reprises.

Notre étude offre « un éclairage pour le débat sur la contribution de l’éolien en mer au futur mix électrique français » souligne Dominique Moniot, directeur développement Énergies Marines Renouvelables chez Engie.

Lire aussi : Les énergies renouvelables intermittentes ne perturbent pas les réseaux

Interconnexions

Pour profiter à plein du foisonnement des énergies variables, il est évidemment important d’interconnecter les différents réseaux électriques nationaux des pays européens pour transporter instantanément le courant d’une zone qui bénéficie d’un surplus d’électricité vers une autre qui est en déficit.
Du Portugal à la Suède, c’est déjà le cas. Les échanges d’électricité entre pays sont rendus possibles par des câbles à haute tension, parfois sous-marins, et le plus souvent en courant continu lorsque les distances sont supérieures à 100 km. C’est ce qu’on appelle le CCHT (ou HVDC en anglais) qui permet de transporter le courant avec peu de pertes : 3 % pour 1 000 km. Plusieurs câbles sous-marins relient par exemple l’Angleterre au continent. Il y a notamment un projet d’interconnexion entre la France et l’Irlande par un câble sous-marin CCHT de 575 km et d’une capacité de 700 MW.  C’est le projet Celtic Interconnector qui devrait entrer en service en 2026.

Puisque c’est un des moyens de pallier la variabilité des énergies renouvelables et d’atteindre l’objectif de décarbonation complète du mix énergétique en 2050, l’Europe prévoit des investissements importants dans les interconnexions. Une directive européenne impose d’ailleurs à chaque État membre de disposer d’ici 2030 d’une capacité d’interconnexion électrique d’au moins 15 % de sa production installée.

Effacement

Pour éviter le déséquilibre d’un réseau entre l’offre et la demande d’électricité, leur gestionnaire dispose aussi d’un autre outil : l’effacement. Il consiste à réduire temporairement les consommations de sites industriels ou de groupes de consommateurs, ceux-ci étant disposés à le faire contre rémunération. Également appelé « gestion active de la consommation », l’effacement permet donc de piloter à distance la demande pour maintenir une tension constante, sans devoir recourir à des centrales pilotables.

C’est ainsi qu’émerge un nouveau métier : celui d’agrégateur d’effacement. Ces acteurs spécialisés regroupent des capacités d’effacement auprès de consommateurs individuels, en général des entreprises, afin de les valoriser sur le marché ou directement auprès du gestionnaire du réseau.

Récemment est apparue la technique de l’effacement diffus. En France, par exemple, RTE (le gestionnaire du réseau de transport d’électricité) teste la possibilité d’effacer simultanément la consommation de milliers de ménages volontaires. Un agrégateur ou opérateur d’effacement diffus disposant de moyens de télégestion (via un boitier, gratuitement ajouté au tableau électrique) éteint durant un certain temps (quelques minutes en général) le chauffage ou la climatisation du client. Celui-ci est ensuite rémunéré par un prix d’électricité un peu plus avantageux le reste du temps et par ses économies d’énergie. Quant à l’opérateur, il est rétribué par le gestionnaire du réseau, comme s’il était un producteur d’électricité.

Stockage

Enfin, la transition énergétique s’accompagne évidemment d’un développement important des solutions de stockage de l’électricité. Elles permettent d’emmagasiner les surplus produits par les parcs éoliens et solaires pour les restituer lors des épisodes au cours desquels la demande excède l’offre. Sur ce site nous vous avons déjà présenté de nombreuses techniques de stockage allant des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) aux systèmes de stockage gravitaire en passant par les batteries géantes, la production d’hydrogène vert ou les volants d’inertie. Lisez les articles qui les décrivent, cela vaut la peine !

Le groupe EDF va investir 8 milliards d’euros dans un plan de stockage électrique et installer 10 GW de nouvelles capacités dans le monde d’ici 2035. 80% de celles-ci seront des batteries au service de grands systèmes électriques. Dans l’Hexagone, l’entreprise s’est fixée comme objectif d’installer 2 GW de STEP.

Si le stockage d’électricité dans le monde est encore constitué à 98 % d’hydraulique, l’énergie emmagasinée et restituée par une STEP étant jusqu’il y a peu la moins chère, les batteries stationnaires au lithium-ion sont de plus en plus plébiscitées. Aux quatre coins de la planète, les batteries géantes rivalisent de puissance. Dernier record en date : la batterie LS installée à San Diego (Californie) d’une capacité de 250 MW.

Et puis, très récemment, l’hydrogène est apparu comme une solution de stockage d’avenir, plusieurs pays dont l’Allemagne et la France, mais aussi la Commission européenne ayant décidé de consacrer des budgets faramineux pour développer cette technologie.

Selon Luc Payen, expert énergie chez Enea Consulting : « le stockage ne sera jamais bloquant pour le développement des énergies renouvelables. Dès que l’on sentira un déséquilibre, il y aura quelqu’un pour y répondre. Le réseau [européen] est l’outil de stockage le plus efficace qu’on puisse imaginer ».

Aucun risque pour la transition énergétique

S’il est vrai qu’en 2008, les experts estimaient que les réseaux ne pourraient jamais supporter plus de 5 % d’énergies « intermittentes », la plupart des scientifiques constatent aujourd’hui que la variabilité de l’éolien et du solaire n’a pas empêché les renouvelables de se développer. En 2019, l’éolien a couvert 47% de l’électricité consommée au Danemark, sans que cela ne génère la moindre coupure de courant. « Et les Danois n’ont toujours pas besoin de stockage supplémentaire », précise Marc Jedliczka, le porte-parole de l’association négaWatt.

Dans une interview accordée en 2016 au quotidien allemand Tagesspiegel, Boris Schucht, directeur de l’opérateur du réseau à haute tension 50Hertz, mettait déjà les choses au clair : « 80% de renouvelables, ce n’est pas un problème » affirmait sans hésiter cet expert. Outre-Rhin, son réseau, l’un des plus performants d’Europe, alimente 18 millions de citoyens. « Nous couvrons environ un tiers de l’Allemagne. L’année dernière (en 2015 donc NDLR), la part des énergies renouvelables dans la consommation d’électricité a été calculée à 49,5% » expliquait-il. « Il y a quelques mythes dans l’industrie de l’énergie. L’un d’eux est l’idée que l’intégration des énergies renouvelables requiert immédiatement davantage de flexibilité dans le système. Ceci est une fiction. Nous avons dès à présent dans le système beaucoup plus de flexibilité que nécessaire. Et nous avons aussi un énorme potentiel supplémentaire » ajoutait ce gestionnaire qui approvisionne aussi en énergie les entreprises de la première puissance industrielle d’Europe.

Boris Schucht rappelait aussi que durant l’éclipse solaire du 20 mars 2015, une descente puis une remontée en puissance des 14.000 mégawatts du parc photovoltaïque a été réalisée en 75 minutes par temps ensoleillé sur la plus grande partie du pays. L’équivalent de 14 centrales nucléaires qui s’éteignent puis se rallument, une toutes les 5 minutes. La performance illustre la robustesse du système électrique allemand et sa capacité à faire face aux fluctuations de production.

Liu Zhenya directeur du réseau chinois, probablement le plus étendu de la planète, est sur la même longueur d’onde que Boris Schucht.  Interrogé par le site australien RenewEconomy, ce spécialiste expliquait que « le seul obstacle est le paysage mental de ceux dont la doctrine est archaïque. Il n’y a pas du tout de défi technique ». Mark Jacobson, directeur du Département énergie et atmosphère de l’Université Stanford, est encore plus catégorique : « la nécessité de disposer d’un ‘baseload’ (une production en base NDLR) assurée par des centrales pilotables est en réalité une fable utilisée par les lobbyistes des ‘énergies sales’ » déclarait-t-il dans un tweet.

En conclusion nous rappellerons enfin que toutes les recherches scientifiques sérieuses menées par des chercheurs universitaires et revues par leurs pairs, notamment l’étude publiée par la très réputée université Standford en Californie démontrent qu’une transition vers 100 % d’énergie renouvelable en 2050 est tout à fait possible en épaulant les énergies variables par des capacités de production modulables comme la biomasse, l’hydroélectricité, les énergies marines et la géothermie, par du stockage, des interconnexions pour profiter du foisonnement et par des capacités d’effacement. C’est évidemment la complémentarité de toutes ces solutions qui permettra d’atteindre l’objectif alors que les lobbyistes anti-renouvelables s’ingénient à en isoler une pour essayer de démontrer son inefficacité.

Lire aussi : 100 % d’énergies renouvelables : les sceptiques ont tort !

Par Bernard Deboyser, publié le 29 Novembre 2020

Note : Bernard Deboyser est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables et la transition énergétique depuis plus de 30 ans il développe (bénévolement) des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d’une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l’administrateur-délégué : https://hesbenergie.be/

[1] Source : Wikipedia

https://www.revolution-energetique.com/variabilite-des-renouvelables-nos-reseaux-electriques-sont-ils-en-danger/

EDF : CHIFFONS ROUGES

EDF efface pratiquement en Bourse l’effet pandémique grâce aux espoirs de réforme.

Si la gestion de la pandémie donne l’impression de marcher sur la tête, c’est oublier l’autre Absurdistan, celui où vivent les énergéticiens européens. Dernier sophisme en date, la France pourrait connaître cet hiver des coupures de courant car elle est « trop dépendante » du nucléaire, dixit sa ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili. L’approvisionnement du pays l’est certainement beaucoup moins des louvoiements de l’État depuis des années sur l’avenir de cette filière, ballottée entre les considérations politiques de court terme et les gages donnés à Bruxelles sur l’ouverture d’un marché dont l’ancien monopole, EDF, a pourtant perdu un quart. De vieilles directives européennes d’inspiration thatchérienne vont ainsi déterminer pour quelques décennies la capacité de l’électricien public à optimiser les productions ne reposant pas sur la météo au moment où celles-ci deviennent cruciales. Les trois EDF qui naîtraient de la réforme, « Bleu » (nucléaire), « Vert » (distribution et énergies renouvelables) et « Azur » (hydroélectricité), sont autant de chiffons rouges pour des syndicats criant déjà au démantèlement. Agités en Bourse, ils ont attiré les « bulls » qui ont presque effacé du titre l’épisode pandémique. Mais n’étant plus qu’à une encablure des 15 à 16 euros pièce, calculés par les courtiers en cas de relèvement du prix du mégawattheure nucléaire, celui-ci s’expose aux courts-circuits politiques.

Par Les Échos, publié le 29 novembre 2020 à 17h11, mis à jour le 29 novembre 2020 à 17h41

https://www.lesechos.fr/idees-debats/crible/edf-chiffons-rouges-1269361

BELGIQUE ET SORTIE DU NUCLÉAIRE: JEAN-MARC NOLLET, COPRÉSIDENT D’ÉCOLO, PARLE D’UN « PANEL DE SOLUTIONS DANS LES ÉNERGIES RENOUVELABLES »

La Belgique compte aujourd’hui 7 réacteurs nucléaires: 4 à Doel et 3 à Tihange. Le gouvernement d’Alexander De Croo a confirmé son intention de tous les fermer d’ici 2025. Une décision qui va redéfinir le paysage énergétique du pays. Invité sur le plateau de Pascal Vrebos ce 29 novembre, Jean-Marc Nollet a détaillé son plan énergie. En 2030, voici à quoi pourrait ressembler notre consommation selon le coprésident d’Écolo.

Une diminution de consommation

« Parce que tous les appareils et l’isolation des bâtiments permettront d’être plus efficaces. C’est la priorité absolue« , a précisé Jean-Marc Nollet.

  1. Les énergies renouvelables

« Ici, ne faisons pas l’erreur de se dire qu’il n’y a qu’une solution. Il y a un panel de solutions dans les énergies renouvelables. Il y a le solaire, l’éolien chez nous mais surtout en mer du Nord. Il y a un espace énorme en mer du nord. Et puis, il y a de nouvelles formes : la géothermie, la biomasse. Ça existe déjà aujourd’hui, les énergies renouvelables se déploient énormément et la Belgique ne peut pas être en retard par rapport à ça. C’est ça l’enjeu aujourd’hui », a insisté le coprésident d’Écolo. 

Le 22 novembre dernier, le commissaire européen et ex-vice-Premier ministre MR, Didier Reynders, se montrait favorable à la prolongation de deux réacteurs nucléaires après 2025 sur le plateau de Pascal Vrebos. « J’ai rencontré Jean-Pascal van Ypersele (climatologue et membre du GIEC) lorsqu’on essayait de former un gouvernement. J’ai été frappé de l’entendre dire qu’il vaudrait mieux maintenir encore pendant un temps une activité nucléaire pour maintenir les ambitions climatiques. Et je mets les ambitions climatiques de la Belgique et de l’Europe avant le débat pour ou contre le nucléaire », avait-il indiqué.  

« C’est pragmatique de se dire aujourd’hui qu’il y a des solutions »

Que pense Jean-Marc Nollet de ces déclarations ? « La Belgique est dans une situation où elle peut s’en passer. Jean-Pascal van Ypersele ne dit pas que c’est impossible mais dit ‘Attention, il y a des dimensions qui doivent être prises en compte’. C’est exactement ce qui sera fait par le gouvernement' », a répondu le coprésident d’Écolo. 

Pourquoi attendre une année avant de décider d’un plan énergétique? Jean-Marc Nollet a expliqué les raisons d’un tel délai. « Parce que Elia, le gestionnaire, nous dit ‘C’est possible. Mais si vous le faites, il faut le remplacer par quelque chose, 3.900 mégawatts’. Hier, dans l’Écho, on lit que projets existent déjà pour 6.500 mégawatts. Donc on pourra prendre les projets les moins chers et les moins polluants. Tout cela permettra à la Belgique de voir où elle en est en novembre 2021. Si jamais, il devait se révéler qu’il n’y a pas assez de projets, que ces 6.500 dont nous parle le journal L’Écho ne se traduisent pas concrètement, on garde les deux centrales. C’est pragmatique de se dire aujourd’hui qu’il y a des solutions et que la Belgique va être du côté de la modernité », a-t-il précisé. 

Par RTL INFO, publié le 29 novembre 2020 à 14h14

Pour écouter les 2 vidéos de Jean-Marc Nollet, cliquer sur :

https://www.rtl.be/info/belgique/politique/sortie-du-nucleaire-jean-marc-nollet-copresident-d-ecolo-detaille-un-plan-energie-pour-2030-1262175.aspx

NDLR : Monsieur Nollet fait une grave erreur de raisonnement (comme beaucoup avant lui). Il confond puissance et production. 6500 MégaWatts de puissance installée en énergies renouvelable intermittentes (solaire, éolien) ne remplaceront pas 3 900 MégaWatts de nucléaire. Donc de très importantes économies d’énergie électrique seront indispensables mais avec les nouveaux usages de l’électricité (voitures et vélos électriques, pompes à chaleur, climatiseurs, fabrication d’hydrogène…), cela semble difficile, d’où l’intérêt qu’il y aurait à ne pas perdre 1 an à réfléchir encore et encore…

SON SCIENTIFIQUE ASSASSINÉ, L’IRAN ACCÉLÈRERA L’EXAMEN DE LA LOI PORTANT SUR SON ACTIVITÉ NUCLÉAIRE

Le projet de loi iranien prévoyant notamment l’augmentation du taux d’enrichissement de l’uranium et le recours à des centrifugeuses plus avancées que celles prévues par l’accord nucléaire sera examiné sans délai. Cette décision a été prise par les députés à la suite de l’assassinat d’un de ses grands chercheurs du domaine nucléaire.

Les élus iraniens ont voté à une large majorité en faveur de l’accélération de l’examen du projet de loi ayant pour objet de donner un coup de fouet à l’activité nucléaire du pays, annonce le communiqué diffusé par le service de presse du parlement.

Cette séance s’est tenue dans la foulée de l’assassinat, commis le vendredi 27 novembre, d’un scientifique iranien haut placé dans la filière nucléaire. 232 des 246 élus ont donné leur voix en ce sens. S’il est adopté, le projet de loi en question prévoit la possibilité d’augmenter le taux d’enrichissement de l’uranium.

Sur son compte Twitter, le député Nezam Mousavi a pour sa part précisé que le vote du projet de loi pourrait avoir lieu mardi.

En outre, dimanche, les parlementaires ont convenu d’accorder le statut de double importance à ce projet de loi intitulé Action stratégique pour faire lever les sanctions.

Projet de loi en question

Ce projet de loi prévoit, comme annoncé précédemment, d’augmenter le niveau d’enrichissement de l’uranium à 20% et plus. Actuellement, l’Iran enrichit son uranium à 4%, alors que le taux prévu par l’accord nucléaire est de 3,67%.

L’Iran dit voir un lien entre le meurtre d’un scientifique du nucléaire et le sabotage à Natanz. © AP Photo / Heinz-Peter Bader

En outre, il propose d’utiliser les centrifugeuses IR-2M sur le site de Natanz et d’installer des IR-6 sur celui de Fordo, alors que l’accord nucléaire n’autorise que l’utilisation de centrifugeuses de génération IR-1. Enfin, il compte relancer le réacteur d’Arak et de lancer la construction d’un deuxième.

Un des paragraphes du projet de loi exige que les autorités renoncent au protocole additionnel donnant à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) un accès plus large à l’information et aux emplacements d’État.

Le communiqué adopté par les parlementaires et cité par l’agence de presse Fars affirme que le retrait du protocole additionnel est la meilleure réponse à l’assassinat du scientifique.

Assassinat du scientifique iranien

Un scientifique iranien haut placé du secteur nucléaire a été tué vendredi 27 novembre. Mohsen Fakhrizadeh, âgé de 59 ans, était à la tête du département Recherche et innovation du ministère iranien de la Défense lorsqu’il a été pris pour cible dans sa voiture par plusieurs assaillants dans la localité d’Absard, à l’est de Téhéran, qui l’ont gravement blessé. Il n’a pas pu être réanimé, selon les autorités iraniennes.

Le lendemain, le Président iranien, Hassan Rohani, a accusé Israël d’avoir agi comme «mercenaire» des États-Unis dans cet assassinat.

Par Elena Semionova, publié le 29 novembre 2020 à 11h55, mis à jour à 14h57

Photo en titre : © Sputnik . Sergueï Mamontov

https://fr.sputniknews.com/moyen-orient/202011291044850332-son-scientifique-assassine-liran-accelerera-lexamen-de-la-loi-portant-sur-son-activite-nucleaire/

L’HISTOIRE SANS FIN DU CHANTIER DE L’EPR FINLANDAIS

Avec un nouveau retard annoncé par l’électricien finlandais TVO fin août, le chantier de l’EPR finlandais accumule désormais douze ans de retard. Sa mise en service commerciale est désormais prévue pour 2022.

C’est un projet pharaonique qui suscite de nombreuses tensions. Le chantier de l’EPR de la centrale d’Olkiluoto en Finlande a débuté en 2005 pour une mise en service initialement prévue en 2009. Le montant ne devait pas dépasser les 3 milliards d’euros mais depuis, le chantier mené par le consortium entre Areva-Siemens -Areva est devenu Orano en janvier 2018 après la restructuration du groupe- ne cesse d’accumuler les retards et les surcoûts. Le montant final serait à ce jour aux alentours de 9 milliards d’euros, le triple du prix initial. Les déceptions s’enchaînent pour ce qui devait être la vitrine du savoir-faire nucléaire français.

Le bras de fer TVO – Areva

Dès les deux premières années du chantier, trois retards impactent les travaux, le réacteur OL3 est repoussé à 2012. Commence alors une série d’accusations mutuelles entre le fournisseur Areva et son client TVO. Fin 2008, les deux géants portent leur différend devant un tribunal d’arbitrage de la Chambre de Commerce Internationale (ICC). TVO demande 2,6 milliards d’euros de dédommagements mettant en cause la négligence grave d’Areva et Siemens concernant le respect du calendrier des travaux. De son côté, le consortium réclame 3,4 milliards d’euros reprochant les exigences de l’autorité de sûreté finlandaise (STUK) et la position trop contractuelle de leur client. Le groupe met notamment en cause la lenteur de la STUK qui a mis plus d’un an à rendre son rapport causant une prolongation du projet. Ce n’est qu’en 2013 que la Chambre de Commerce Internationale rend finalement un premier arbitrage en faveur de TVO. Cinq ans plus tard et après un deuxième arbitrage en faveur de TVO en 2016, les deux parties trouvent un accord mettant fin à l’ensemble des différends, le groupe français signant un chèque de 450 000 euros en réparation des retards successifs.

À lire aussi: – Nouveau retard pour le réacteur nucléaire EPR d’Areva et Siemens en Finlande

Un réacteur qui fait débat

Bien qu’il soit annoncé comme le réacteur le plus puissant et le plus sécurisé selon Areva, l’EPR suscite de nombreuses critiques, notamment de l’organisation Greenpeace. Une étude menée avec l’expert du risque nucléaire John Large a été publiée en 2007 et fait suite au lancement du chantier de l’EPR de Flamanville en France. Elle met en cause le combustible utilisé par ce nouveau réacteur de troisième génération, le MOX. Ce combustible à base d’uranium et de plutonium serait plus dangereux pour les populations en cas d’accident.

L’EPR ne fait pas non plus l’unanimité dans les pays où il est en construction. Les villes de Flamanville en France et d’Hinkley Point en Angleterre ont elles aussi un chantier d’EPR en cours mais avec, là encore, de nombreux retards à déplorer. Celui de Flamanville se voit notamment confronter à des problèmes de pièces défectueuses, différents essais ayant mis en cause des problèmes au niveau des soupapes de sûreté du pressuriseur qui ont un rôle essentiel dans la sûreté des EPR. En juin 2020, la STUK a d’ailleurs mis en évidence sur le chantier finlandais une même problématique liée à cette soupape de sûreté du pressuriseur. Cette pièce apporte donc une complication supplémentaire et pose, une nouvelle fois, la question de la sûreté de ces nouveaux réacteurs. La construction de l’EPR de Flamanville accumule à ce jour 10 ans de retard et 9 milliards d’euros de surcoûts. Les deux réacteurs d’Hinkley Point sont quant à eux déjà retardés de 15 mois après le début des travaux en 2018. Les deux seuls EPR en service aujourd’hui se situent à la centrale de Taishan en Chine. Le chantier a également rencontré des problèmes de qualité et de fabrication mais a bénéficié de l’avancée des études et du retour d’expérience des chantiers finlandais et français. Les deux réacteurs chinois sont en service depuis 2018 et 2019 après dix ans de travaux.

Par Loïs Larges, publié le 27 novembre à 19h45

https://www.capital.fr/economie-politique/lhistoire-sans-fin-du-chantier-de-lepr-finlandais-1387130

315 SCÉNARIOS POUR UNE ÉLECTRICITÉ 100% RENOUVELABLE EN FRANCE

Une étude parue dans The Energy Journal explore la possibilité d’une électricité 100% renouvelable en France en 2050. Face à l’incertitude des coûts des moyens de production à cette échéance, 315 scénarios sont étudiés. Explications.

Le Cired dévoile les résultats d’une étude parue dans The Energy Journal menée par deux de ses chercheurs et l’un de ses anciens chercheurs, désormais à l’institut I4CE. Ils ont développé un modèle open source pour la France continentale basé sur des données publiques, afin d’explorer le mix optimal de production et de stockage 100 % renouvelable capable de satisfaire la demande électrique heure par heure en 2050.

« Nous avons différents moyens de produire l’électricité : l’éolien maritime et terrestre, du solaire photovoltaïque, trois types d’hydrauliques – de lacs, au fil de l’eau et des stations de transfert d’énergie par pompage – du biogaz, de l’électrolyse pour produire de l’hydrogène qui combiné avec du CO2 produit du méthane de synthèse par méthanation, utilisé dans des turbines à gaz, et des batteries stationnaires », détaille Philippe Quirion, chercheur CIRED-CNRS et co-auteur de l’étude. Ces technologies suffisent à assurer un mix 100 % renouvelable en 2050.

Un coût du système électrique stable quel que soit le mix

L’ensoleillement et les vents étant difficilement prévisibles à l’horizon 2050, les profils horaires éolien et photovoltaïque reposent sur 18 années de données météorologiques historiques (2000-2017) issues de la Nasa et de la littérature scientifique. Le modèle se base sur le profil de consommation électrique horaire du scénario central de l’Ademe pour 2050.

« Le mix électrique optimal est très dépendant des coûts supposés pour 2050, ce qui peut expliquer les débats portant sur les technologies, souligne Quentin Perrier, chercheur au I4CE, ex-CIRED, et co-auteur de l’étude. Cela dépend parfois des hypothèses de coût et les optimisations sont assez sensibles à cela ». Si le mix électrique est variable, le coût total du système électrique reste toutefois stable.

Le scénario central de coût, se basant sur les projections du centre de recherche de la commission européenne (JRC) pour l’année 2050, prévoit un parc optimisé constitué à 46 % d’éolien sur terre, 31 % de PV, 11 % d’éolien offshore, 3 % de biogaz, 3 % d’hydraulique de lac et 6 % d’hydraulique de rivière. Quel que soit le scénario, le coût moyen de l’électricité oscille autour de 52 euros par mégawattheure, un coût proche de l’actuel. Philippe Quirion explique : « Le coût du système électrique est peu sensible aux coûts des technologies. Ces technologies sont largement substituables. Si par exemple le photovoltaïque s’avère être plus cher que ce que l’on pensait, on peut faire plus d’éolien et vice-versa. »

Choisir un système électrique sur la base d’une anticipation erronée des coûts n’entraîne qu’un regret de 4 %. En ce sens, Quentin Perrier prévient : « Mon message en matière de politiques publiques : il ne faut pas forcément attendre en cherchant le mix optimal parce que la bonne question est davantage de savoir comment on développe les investissements dans ces différentes filières pour avancer. »

Le coût du stockage n’est pas du tout prohibitif

Le modèle repose sur trois moyens de stockage d’énergie : des batteries, la méthanation et les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP). Ce stockage n’impacte pas tant le coût du système électrique. « Ce coût se répartit à 85 % dans les moyens de production et 15 % dans les moyens de stockage », prévient Philippe Quirion. « On entend beaucoup de messages qui disent que si l’on ne met que des énergies renouvelables variables, le coût de gestion va exploser, complète Quentin Perrier. Ce n’est pas ce que l’on observe : le coût du stockage reste entre 15 % et 23 % suivant les scénarios. »

Les chercheurs ont volontairement retenu des hypothèses pessimistes. « D’une part, on s’interdit les importations et les exportations d’électricité, ce qui pénalise l’équilibre économique, prévient Philippe Quirion. De l’autre, on s’interdit la flexibilité de la demande aux fluctuations de la production, ce qui est important pour un système basé sur les énergies renouvelables ». En ce sens, ils estiment que leurs projections de coûts restent conservatrices.

Un outil en ligne pour tester les différents scénarios

Quentin Perrier explique l’utilisation de l’outil interactif mis en ligne pour accompagner la sortie de l’article. « En fonction des hypothèses de coûts sur les différentes technologies que vous rentrez, l’outil calcule le mix électrique optimal à partir d’énergies renouvelables pour la France en 2050 sur la production et le stockage selon les 315 scénarios de coûts ».

Philippe Quirion complète : « Le modèle choisit le parc d’investissement dans les moyens de production et de stockage et le fonctionnement de ce parc qui permet de satisfaire la demande d’électricité pour chaque heure de l’année sans aucun délestage, c’est-à-dire sans demande non satisfaite ».

Par Matthieu Combe dans Énergie, publié le 27 novembre 2020

 https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/315-scenarios-pour-une-electricite-100-renouvelable-en-france-86208/

LA HAGUE. COMBUSTIBLES NUCLÉAIRES : DEUX NOUVELLES PISCINES DE REFROIDISSEMENT À ORANO ?

Reportage sur le site d’Orano La Hague, au bord d’une piscine de refroidissement de combustibles nucléaires usés, avant d’être traités et recyclés. EDF envisage d’y installer deux nouvelles piscines, à partir de 2034. Orano remettra un rapport de faisabilité fin 2020 à l’électricien, avant qu’il prenne une décision. 

Ce bassin de 75 mètres de long, sur 16 mètres de large, sert à refroidir les combustibles nucléaires usés à une température moyenne de 35°, pendant 4 à 5 ans. Le site d’Orano La Hague compte à ce jour quatre piscines, et pourrait en accueillir deux nouvelles, à la demande d’EDF. 

Il est rare d’y accéder. Une piscine de 75 m de long, sur 16 m de large, dans laquelle sont immergés des combustibles nucléaires usés. Le site Orano La Hague, situé sur la côte Ouest de la Manche, récupère, traite et recycle les combustibles usés de centrales nucléaires françaises, et étrangères. Après les avoir réceptionnés, Orano les plonge dans l’une de ses quatre piscines pour les refroidir, à une température moyenne de 35°C, pendant quatre à cinq ans, afin de diminuer leur radioactivité.

En octobre dernier, nous avions appris qu’EDF envisageait de construire deux nouvelles piscines d’entreposage de combustibles nucléaires usés sur le site d’Orano La Hague, à compter de 2034. Greenpeace France dénonçait de son côté un risque de saturation à l’horizon 2030 des piscines déjà existantes sur le site d’Orano. Un risque, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, qui pourrait bloquer progressivement tous les réacteurs français. « On a une capacité de 14 000 tonnes de combustibles usés, et aujourd’hui on est aux alentours de 10 000 tonnes dans nos quatre piscines, donc on est à 70 % de notre autorisation de capacité, explique Sylvain Renouf, chargé de communication. C’est un fait établi qu’il n’y a pas de risque de saturation des piscines de La Hague avant 2030, et on a ici la capacité de libérer de l’espace dans nos piscines.« 

EDF envisageait la mise en service d’un premier bassin en 2034, puis d’un autre ultérieurement. « Dans les études qui sont menées, ça pourrait être deux piscines, avec chacune une capacité de 5 000 tonnes », précise Mélanie Charles, directrice de la communication sur le site Orano La Hague. 

Orano remettra fin décembre une étude de faisabilité à l’électricien, qui devra ensuite prendre la décision de l’implantation ou non de bassins. Du côté d’Orano, la place n’est pas un problème. « On a des espaces qui sont disponibles sur le site, on a un site qui fait 300 hectares donc on a la capacité d’accueillir ce type d’installations« , estime Sylvain Renouf. 

Par Marthe Rousseau, publié le 27 novembre 2020 à 16h38

Pour écouter les 2 interventions de Sylvain Renouf (53 sec et 35 sec) cliquer sur : https://www.tendanceouest.com/actualite-374027-la-hague-combustibles-nucleaires-deux-nouvelles-piscines-de-refroidissement-a-orano.html

TÉHÉRAN ACCUSE ISRAËL DE L’ASSASSINAT D’UN RESPONSABLE DU PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN

Pour Israël, Mohsen Fakhrizadeh était le père du programme iranien d’armement nucléaire. Son assassinat intervient moins de deux mois avant l’arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche.

Mohsen Fakhrizadeh, un scientifique iranien travaillant dans le domaine nucléaire, a été assassiné, vendredi 27 novembre, dans les faubourgs de Téhéran. Blessé par balles alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture, le chercheur a succombé à l’hôpital. L’attaque n’a pas été revendiquée, mais sur Twitter, Mohammad Javad Zarif, ministre des affaires étrangères iranien, a aussitôt accusé Israël :

« Des terroristes ont assassiné aujourd’hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté avec des indications sérieuses du rôle d’Israël montre le bellicisme désespéré de ses auteurs. »

Le chef de la diplomatie a également appelé la communauté internationale à « mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste ».

Le ministère de la défense avait peu avant identifié la victime comme étant Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère. Il a été « gravement blessé » lorsque sa voiture a été prise pour cible par plusieurs assaillants, qui ont en retour été pris à partie par l’équipe de sécurité du scientifique, avait déclaré le ministère, ajoutant que l’équipe médicale n’était pas parvenue à le réanimer.

Plusieurs médias locaux, dont les agences de presse Tasnim et Fars, avaient plus tôt rapporté une tentative d’assassinat contre le scientifique dans la ville d’Absard, à l’est de la capitale iranienne. « Des terroristes ont fait exploser une voiture avant de tirer sur la voiture de M. Fakhrizadeh », avaient-elles indiqué.

Présenté comme le père du programme nucléaire

Mohsen Fakhrizadeh était l’unique scientifique iranien nommément désigné dans « l’évaluation finale » sur le programme nucléaire iranien que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a remis en 2015, qui évoquait aussi les projets du plan AMAD.

Le gouvernement israélien considère que le plan AMAD, abandonné en 2003, avait pour but d’acquérir l’arme atomique et il affirme s’être procuré une grande partie des « archives » nucléaires iraniennes à ce sujet. « Souvenez-vous de ce nom, Fakhrizadeh », avait déclaré le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, dans le discours prononcé en 2018 au cours duquel il avait révélé l’existence de documents. Malgré l’arrêt du plan AMAD, Mohsen Fakhrizadeh a continué à travailler à des « projets spéciaux » pour le compte du ministère de la défense iranien, avait-il ajouté.

Lire aussi : « Iran : des opposants dévoilent un nouveau site secret du projet nucléaire »

Sur Twitter, le président Donald Trump a aussitôt relayé les informations concernant cet assassinat qui intervient moins de deux mois avant l’arrivée à la Maison Blanche du démocrate Joe Biden, président élu à l’élection du 3 novembre aux États-Unis.

Biden entend changer de posture vis-à-vis de l’Iran après les quatre années de présidence du républicain Donald Trump, qui s’est retiré de l’accord avec les grandes puissances signé à Vienne en 2015 portant sur le programme nucléaire de Téhéran. Les États-Unis ont ensuite rétabli puis renforcé les sanctions visant l’Iran.

Lire aussi : L’Iran espère une reprise des négociations sur le nucléaire avec Joe Biden (article réservé à nos abonnés)

Par Le Monde avec AFP, AP et Reuters, publié le 27 novembre 2020 à 18h01

Photo en titre : La voiture de Mohsen Fakhrizadeh, après l’attaque dont il a été la cible, le 27 novembre 2020. AP

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/11/27/teheran-accuse-israel-de-l-assassinat-d-un-responsable-du-programme-nucleaire-iranien_6061406_3210.html

“LES ÉNERGIES RENOUVELABLES SONT LE CHANTIER DU SIÈCLE”

TRIBUNE. Diffusé mardi 24 novembre 2020 par Arte, le documentaire “La face cachée des énergies vertes” démontre avec efficacité que le vert ne serait pas si vert que ça au pays des éoliennes et des voitures électriques. L’idée fondamentale est que les éoliennes, comme les panneaux solaires, utilisent des métaux rares dont l’extraction minière est source de pollution et de ravages environnementaux dans d’autres pays du monde, en Chine, en Bolivie ou au Chili par exemple.

Si l’on ne conteste pas les faits reportés, il aurait cependant été utile de porter à la connaissance des téléspectateurs d’Arte que la majorité des terres rares et des métaux rares sont utilisés dans les activités traditionnelles comme la fabrication du verre, la métallurgie, les lampes, les écrans, l’imagerie médicale, l’énergie nucléaire, la défense… et bien sûr dans le milliard et plus de téléphones portables vendus chaque année dans le monde.

À lire aussi : La voiture électrique est-elle vraiment écolo ?

Mais il est vrai que les nouvelles activités comme la production de batteries de voitures, l’électronique, et les énergies renouvelables, concourent à une forte augmentation de cette consommation. Ce n’est pas vrai seulement des éléments dits “rares”, mais également du cuivre, de l’acier, de l’aluminium.

Des technologies peu gourmandes en terres rares

Faire des éoliennes et des panneaux solaires le bouc émissaire de la pollution mondiale due aux activités minières relève toutefois du sophisme.

C’est un peu comme si on disait d’un agriculteur bio que sa production est bien peu respectueuse de l’environnement parce que la teinture de son pantalon a pollué les eaux du Bangladesh.

L’allégation ne serait peut-être pas fausse, comme il n’est pas faux d’affirmer que la fabrication des éoliennes, ou de l’écran sur lequel vous lisez cet article, ont aussi des impacts environnementaux.

En ce qui concerne les éoliennes, dont les images sont associées par le reportage à de terribles pollutions à l’autre bout du monde, Jean-Louis Bal, président du syndicat des énergies renouvelables, considère que cette association relève du mensonge car “l’utilisation de terres rares dans l’éolien est très marginal. Seule une faible part des éoliennes terrestres sont à aimants permanents et utilisent du néodyme et du dysprosium.

Jean-Louis Bal fait aussi remarquer que ces éléments ne sont pas aussi rares que ça, et que, s’ils l’étaient, le recours au recyclage du néodyme (principalement utilisé dans les éoliennes en mer) serait compétitif, ce qui est loin d’être le cas.

L’Ademe a publié en octobre dernier un avis technique montrant que les énergies renouvelables n’utilisent que peu de terres rares, et qu’il existe des solutions de substitution pour les aimants permanents des éoliennes. Toujours selon l’Ademe, les technologies photovoltaïques n’utilisent pas de terres rares.

À lire aussi : Fabrication, recyclage… quel est le véritable impact écologique des panneaux solaires ?

Il faut préciser que le terme “terres rares” s’applique à un groupe de métaux bien précis qui ne comprend pas le lithium, le cadmium, l’indium ou l’argent par exemple, largement utilisés par l’électronique, et pour certains par les panneaux photovoltaïques. Ces métaux sont polluants, soit du fait de leurs procédés extractifs, soit par leur nature chimique. Le documentaire diffusé par Arte montre notamment les dégâts environnementaux de l’extraction du lithium qui exige de grande quantité d’eau.

Une pollution nouvelle, mais pas inéluctable

Entendons-nous bien, le documentaire d’Arte pose parfaitement le problème général de la pollution liée aux activités extractives, pas seulement des terres rares ou des métaux rares, mais aussi du cuivre dont la consommation augmente avec l’électrification de nombreuses activités (dont l’automobile) ; et il montre bien que la solution viendra aussi de la sobriété et de la reconsidération de nos modes de vies. On applaudit.

Mais encore une fois, montrer les dégâts environnementaux colossaux des activités extractives, les lier aux énergies renouvelables, sans les comparer à celles du charbon, du pétrole, du gaz, est incompréhensible.

La production minière actuelle de terres rares et de l’ordre de 150 000 tonnes. En comparaison, 8 milliards de tonnes de charbon sont extraites chaque année pour fabriquer de l’électricité, libérant dans l’environnement 150 millions de tonnes de cendres, des centaines de tonnes de mercure, des milliers de tonnes d’arsenic, du plomb, du cadmium, de l’antimoine, ainsi que des éléments radioactifs et ce, pas seulement au cours de l’extraction mais au cours de l’utilisation dans les centrales électriques.

N’oublions pas les 22 milliards de tonnes de CO2 relâchées chaque année, toujours pour le seul charbon dans l’atmosphère. Les énergies renouvelables permettent de tirer un trait sur cette gigantesque pollution : charbon, pétrole, et gaz.

Bien sûr, elles créent de nouvelles pollutions, mais les échelles sont incomparables. Et ces pollutions ne sont pas inéluctables. Ces terres rares, et autres métaux, rares ou non, destinés à la fabrication des éoliennes, ne sont pas destinés à être brûlés dans une chaudière, mais deviennent des composants de machines qui pourraient, en théorie, être recyclées, et pour lesquelles il existe, ou existera, des alternatives.

Tirer enfin un trait sur les énergies fossiles

Ce que le documentaire ne mentionne pas en revanche, c’est le signal d’alerte qui est lancé par l’Agence Européenne de l’Énergie (A.E.E.). Selon un rapport publié mardi 8 septembre 2020, 13 % des morts en Europe chaque année seraient liées à la pollution, soit 630 000 morts prématurées.

Alors faut-il continuer à rouler au Diesel et se priver des énergies renouvelables, ou avoir recours au tout nucléaire ?

Rappelons qu’aujourd’hui encore plus de 80 % de l’énergie consommée dans le monde provient du pétrole du charbon ou du gaz. Que faire quand l’Europe, la Chine, le Japon, maintenant les États-Unis appellent à la neutralité carbone en 2050 ou 2060 ?

Curieusement, parmi les autres solutions du Pacte vert pour l’Europe, le reportage d’Arte ne cite pas la capture et le stockage du CO2 produit par les centrales à charbon – qui n’enlève rien aux pollutions gigantesques que nous venons de citer.

Idem pour le recours au nucléaire, dont il serait intéressant de considérer aussi les impacts issus de la construction des réacteurs, de leur fonctionnement, depuis l’extraction de l’uranium dans des pays lointains jusqu’à la production d’effluents radioactifs et de déchets à la toxicité invisible, ingérable et terrifiante.

Dans le monde, en 2019, 282 milliards de dollars ont été investis dans les nouveaux moyens de production électriques renouvelables dont 138 milliards pour l’éolien et 131 pour le solaire. C’est plus que les investissements dans les moyens de production électriques au gaz et au charbon. C’est neuf fois plus que les investissements dans le nucléaire. 

Les renouvelables sont le chantier du siècle. Ils produisent désormais de l’électricité moins chère que celle produite avec le charbon le moins cher, en même temps que nous apprenons à gérer l’intermittence.

Et la baisse continue. Pour donner une idée, le coût de l’électricité produite par les deux réacteurs nucléaires que EDF construit au Royaume-Unis sera de 14,5 cts de dollar le kWh (sur la base du contrat passé en 2012 réactualisé aujourd’hui). Le même EDF produira de l’électricité éolienne au large de Dunkerque à 5,3 cts de dollar ; et aux Émirats arabes unis, avec un consortium d’entreprises chinoises, de l’électricité solaire à 1,35 cts de dollars.

Outre l’appel à une déconsommation généralisée souhaitable, ce documentaire ne nous a pas dit comment faire pour arriver à la neutralité carbone en 2050, objectif aujourd’hui repris par de plus en plus de pays dans le respect des Accords de Paris, ou comment réguler l’empreinte énergétique de ce qui représente encore aujourd’hui plus de 80 % de l’énergie produite dans le monde : le charbon, le pétrole et le gaz.

Par Yves Heuillard, journaliste environnemental, et François Siegel, directeur de publication de WE DEMAIN, publié le 27/11/2020

Photo en titre : Crédit : Shutterstock

https://www.wedemain.fr/dechiffrer/les-energies-renouvelables-sont-le-chantier-du-siecle/

NUCLÉAIRE : ENCORE UN REPORT POUR LE REDÉMARRAGE DU RÉACTEUR 2 À FLAMANVILLE

C’est un nouveau report au calendrier d’EDF pour la remise en service de ses réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville, où des vérifications sont toujours en cours.

Initialement, la visite décennale du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche) n’aurait pas dû durer plus d’un an. Mais l’unité n’a toujours pas redémarré, à l’arrêt depuis janvier 2019. Depuis des mois, EDF reporte la date de remise en service, cette fois fixée pour le 6 décembre 2020. Comme déjà exprimé à la mi-octobre, cette année 2020, le réacteur est « toujours en phase de redémarrage ».

« On devait effectivement redémarrer le 30 novembre. On a fait le choix de décaler au 6 décembre. On se donne le temps de remettre la tranche dans les meilleures conditions de sûreté. » (Stéphanie Schnebelen, Cheffe de mission communication à EDF Flamanville)

Pourtant il y a une dizaine de jours, l’exploitant restait toujours sur l’idée d’un redémarrage au 30 novembre, tout en ayant pris les devants auprès du gouvernement en demandant une prorogation face au risque de dépasser le délai de deux ans d’arrêt selon lequel un réacteur est alors considéré à l’arrêt définitif.

À lire aussi : Nucléaire : « au cas où », EDF-Flamanville demande une dérogation pour le réacteur numéro 2

« On a procédé aux opérations de maintenance et de vérification. Il reste du matériel à requalifier, explique aussi Stéphanie Schnebelen. Le réacteur 2 est en arrêt à chaud, juste avant la phase de divergence ». Cette étape précède celle où la réaction nucléaire est relancée dans une progression par paliers, pour une montée en puissance progressive et incontournable avant de voir le réacteur à nouveau participer à l’alimentation du réseau électrique.

Du côté du réacteur 1, lui aussi à l’arrêt, EDF reste sur une date de redémarrage au 31 janvier 2021, la priorité étant le réacteur 2.

Et les soudures de l’EPR

Et pour l’unité 3, l’EPR (réacteur européen à eau pressurisée), l’échance pour EDF reste fixée à la fin de l’année 2020 pour la validation du scénario de remise à niveau de huit soudures défectueuses, soudures de tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur.

À lire aussi : Nucléaire : après les essais à chaud, l’EPR de Flamanville entre dans une nouvelle phase

EDF espère démarrer ces travaux début 2021 et prépare le chantier, notamment en libérant de l’espace et en mettant en place de premiers outils. Les allées et venues du dossier se poursuivent aussi avec l’ASN (autorité de sûreté nucléaire), en charge de son instruction.

« EDF a indiqué à l’ASN envisager le démarrage des opérations de préparation au soudage au début du mois de novembre et les premières opérations de soudage à partir de décembre », situe du côté de l’ASN sa cheffe du pôle presse, Evangelia Petit. « Pour cela, EDF devra avoir mené à bien un ensemble de travaux préalables visant à caractériser les matériaux utilisés, qualifier les procédés de soudage et s’assurer du niveau de performance des dispositifs de contrôle des soudures. »

« L’ASN s’attache notamment à vérifier que les modalités prévues par l’exploitant permettront a priori d’atteindre le niveau de qualité attendu. L’ASN envisage une prise de position à ce stade début 2021, sous réserve de l’envoi par EDF, dans les temps convenus, des documents à instruire. » Evangelia Petit, Cheffe du pôle presse de l’ASN

Par Géraldine Lebourgeois, publié le 27 Novembre 2020 à 15h20 

Photo en titre : EDF se donne une semaine supplémentaire pour remettre le réacteur 2 en service. (©EDF)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-encore-un-report-pour-le-redemarrage-du-reacteur-2-a-flamanville_37747591.html

EDF, PLUS FORTE HAUSSE DU SRD À LA MI-SÉANCE DU VENDREDI 27 NOVEMBRE 2020

EDF bondit, ( AOF: EDF= + 9,19% à 12,78 euros) soutenu par des perspectives favorables. Selon les Échos, les négociations entre la France et la Communauté européenne concernant le tarif de l’électricité nucléaire et la réorganisation de l’électricien français s’accélèrent. Pour Libération, un accord aurait même été trouvé. Selon Les Échos, Paris et Bruxelles seraient raccord sur les principes de la réforme du mécanisme régulant la vente de l’électricité nucléaire qu’EDF juge déséquilibré depuis de nombreuses années.

Publié le 27/11/2020 à 12h14

Photo en titre : Pixabay

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-plus-forte-hausse-du-srd-a-la-mi-seance-du-vendredi-27-novembre-2020-1387097

NDLR : C’est bien la preuve que les actionnaires privés voient miroiter des bénéfices à venir puisque que l’état va brader la part d’EDF qui est profitable et conserver la part nucléaire qui est fortement déficitaire. Les salariés du nucléaire ne s’y sont pas trompés et ont commencé une grève qui devait s’amplifier.

BUGEY : UN COCKTAIL EXPLOSIF D’INDUSTRIES NUCLÉAIRES ET CHIMIQUES MENACE TOUTE LA RÉGION

Communiqué de la COORDINATION STOP-BUGEY

Les risques combinés, liés à la « coexistence » d’industries chimiques, dans la Plaine de l’Ain, et de la centrale nucléaire du Bugey, ont-ils été pris en compte par la DREAL et l’ASN ?

L’histoire récente a montré que des catastrophes industrielles majeures pouvaient se produire alors que la probabilité qu’elles surviennent était présentée jusqu’alors comme très faible.

On se souvient des catastrophes provoquées par l’industrie chimique :

Seveso Hoffman-Laroche en Italie (1976), Bhopal Union Carbide en Inde (1984), Toulouse en France AZF (2001), Rouen Lubrizol (2019), port de Beyrouth au Liban (2020).

Et pour l’industrie nucléaire, on se souvient notamment des catastrophes de Three Mile Island aux États Unis (1979), Tchernobyl en Ukraine (1986), Fukushima au Japon (2011).

Ce ne sont que quelques exemples de catastrophes majeures qui ont pour origine des installations industrielles ayant en commun la production de matières extrêmement dangereuses et toxiques, voire mortelles pour les organismes vivants.

Un autre point commun entre ces industries est qu’elles sont soumises à des autorisations et à des contrôles par des organismes publics.

En France, ce sont les Directions Régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL), qui autorisent et contrôlent les industries chimiques à risques.

Et c’est l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) qui autorise et contrôle l’industrie nucléaire.

Pour le Parc Industriel de la Plaine de l’Ain (PIPA), la DREAL a la responsabilité des autorisations et contrôles de :

– trois installations relevant de la directive SEVESO seuil haut (entreprises ORGAMOL, SPEICHIM et TREDI), susceptibles en cas d’accident de rejeter des gaz et liquides très dangereux pour tout être vivant,

– trois installations relevant de la directive SEVESO seuil bas (entreprises LEVER, SICO et ORAPI),

– de nombreuses Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE).

Un Plan Particulier d’Intervention en cas d’accident (PPI) a été établi pour le PIPA.

Il a même été revu en 2020 et comporte un scénario d’accident (scénario 5 majorant) qui engendrerait « une intoxication des personnes pouvant conduire à des blessures graves dans un rayon de l’ordre de 5,1 km ».

Le site nucléaire du Bugey, dont le respect des exigences de sûreté est contrôlé par l’ASN, se situe à moins de 5 km du PIPA et de ses installations chimiques à hauts risques.

En cas d’accident, il serait donc impacté dans son ensemble avec ses 4 réacteurs en activité, le Magasin Interrégional de stockage des « combustibles » neufs (MIR), l’Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés (ICEDA), le réacteur N°1 en démantèlement.

Or rien ne semble prévu pour les mesures à prendre sur le site nucléaire.

Par exemple, pour ce qui concerne l’ICEDA, qui vient d’être mise en service avec l’autorisation de l’ASN, le risque chimique lié à la proximité du PIPA n’est pas identifié dans les documents d’EDF à destination du public, présentés lors des différentes phases administratives du projet (décret d’autorisation de création, permis de construire, autorisation de mise en service).

Ce n’est qu’en examinant en détail le « dossier de sûreté » (de près de 2 000 pages) transmis par EDF à l’ASN pour la demande d’autorisation de mise en service, qu’on trouve des indications à ce sujet : les activités à risque y sont identifiées, rien de plus.

Pour l’ASN, en tout cas, un accident nucléaire est plausible. Sa probabilité augmente avec les problèmes récurrents des 4 vieux réacteurs et les nouvelles activités à risques de l’ICEDA (incendies et explosions d’hydrogène possibles).

Le rayon d’impact d’un accident nucléaire serait d’ailleurs bien plus large que celui d’un accident chimique.

Mais comment cela se passerait-il sur le site nucléaire du Bugey, en cas d’accident chimique nécessitant une évacuation ? Sachant que le maintien de la sûreté nécessite la présence d’un certain nombre de travailleurs qui se trouveraient alors en grand danger pour leur vie.

De la même manière, si un accident nucléaire grave se produisait sur le site de Bugey, toutes les entreprises à risque voisines seraient vidées de leurs personnels puis abandonnées en l’état, vu la gravité et la permanence de la pollution radioactive au risque de provoquer un autre accident dans leur entreprise.

Un accident grave intervenant en cascade sur les deux sites voisins, du PIPA et de la centrale nucléaire, peut-il être complètement exclu par les autorités ?

Nous ne pouvons ignorer ce qui s’est passé à Rouen en 2019 et les conséquences de l’incendie et de l’explosion du site de Lubrizol.

La catastrophe dans cette usine chimique classée SEVESO seuil haut, contrôlée par la DREAL et qui disposait en outre de toutes les certifications possibles en termes de qualité et d’environnement, a mis en évidence de nombreuses carences. Les pouvoirs publics, qui ignoraient les stocks et leur nature, ont beaucoup tardé à informer la population. Ils n’ont pas organisé de suivi médical pour les habitants de la région très fortement impactés par les pollutions.

Ici, ce pourrait être bien pire du fait de la présence simultanée de deux types de risques majeurs (chimique et nucléaire) couplés à de nombreux déclencheurs potentiels (risques d’inondation, sismique, de chute d’avion, de terrorisme, ou même tout simplement « erreur humaine » ou négligence).

C’est pourquoi nous souhaitons alerter les habitants de la région et les élus locaux sur la très grave menace que constitue la coexistence des industries à haut risque du parc industriel de la Plaine de l’Ain avec le site nucléaire du Bugey.

CONTACTS PRESSE :

     . Madeleine Chatard-Leculier : 07 82 11 69 18

     . François Vallet : 06 37 88 36 41

Par la Coordination Stop Bugey, publié le 25 novembre 2020

 http://www.stop-bugey.org/

QUEL COÛT POUR UN MIX 100 % RENOUVELABLE EN 2050 ?

Une équipe de chercheurs du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired) s’est penchée sur le coût d’un parc de production d’électricité 100 % renouvelables en France en 2050. À cet horizon, « toutes les centrales nucléaires auront dépassé soixante ans d’exploitation. On s’est donc posé la question de leur remplacement : par des énergies renouvelables, du nucléaire, avec du captage et stockage de CO2 (CCS) ? », explique Philippe Quirion, l’un des trois chercheurs.

Le premier volet de l’étude, publié dans la revue The Energy Journal en novembre, se penche sur des scénarios 100 % renouvelables. Le deuxième volet, qui analyse les coûts du nucléaire et du CCS, sera présenté courant janvier.

Les chercheurs ont évalué, à travers 315 scénarios de mix électrique renouvelable, le coût d’un parc de production et de stockage 100 % renouvelable répondant à la demande d’électricité chaque heure en 2050. Les niveaux et profils de consommation à cet horizon sont basés sur le scénario central de l’Ademe en 2050 et table sur de moindres besoins pour le chauffage, l’éclairage, l’électroménager et de nouveaux usages (véhicules électriques, climatisation…).

Côté offre, les scénarios excluent tout import/export d’électricité avec les pays voisins ainsi que les solutions de flexibilité de la demande. Pour les coûts et les rendements des différentes technologies, les chercheurs se sont appuyés sur les projections du Centre commun de recherche européen (JRC). Les données météorologiques sont prises sur une période de 18 ans (2000-2017). Enfin, les coûts du réseau n’ont pas été pris en compte.

Résultat : un parc optimisé reposerait sur 46 % d’éolien terrestre, 11 % d’éolien offshore, 31 % de photovoltaïque, 3 % de biogaz et 9 % d’hydraulique. Son coût serait de 21,4 milliards d’euros par an, soit 52 €/MWh. Autrement dit, assez proche des coûts actuels. Mais ce mix optimal est très sensible aux données météorologiques de référence et au coût des technologies.

Cependant, même en faisant bouger ces variables, le coût du système électrique 100 % renouvelable reste relativement proche de 52 €/MWh. Le stockage ne représenterait que 15 %.

Par Sophie Fabrégat, journaliste, rédactrice spécialisée, publié le 27 novembre à 10h50

Photo en titre : © Olivier Le Moal

https://www.actu-environnement.com/ae/news/cout-energies-renouvelable-2050-36580.php4

Mots

TRUMP VA-T-IL BOMBARDER L’IRAN POUR ÉVITER UN NOUVEL ACCORD NUCLÉAIRE AVEC BIDEN?

La menace d’un possible bombardement de l’Iran par Donald Trump ne serait-elle pas un avertissement dirigé contre Joe Biden? Alors que le Président sortant est encore en poste jusqu’au 20 janvier, son Administration pourrait tenter de nuire aux projets moyen-orientaux de Biden, comme semble l’illustrer la récente tournée de Mike Pompeo.

Analyse

À la suite d’un article paru dans le New York Times le 16 novembre dernier, qui révélait que le Président américain aurait demandé à ses conseillers si une frappe contre l’Iran était envisageable, le Secrétaire d’État Mike Pompeo a fait une tournée moyen-orientale, en Israël et en Arabie saoudite notamment. Si la «menace iranienne» a indubitablement été discutée, la venue de Pompeo avait pour priorité de consolider les alliances régionales renforcées sous le mandat Trump et d’empêcher la future Administration Biden de se rapprocher de l’Iran.

Plus d’informations dans cette vidéo Lignes Rouges en bref (4mn14) à voir et écouter directement sur le site ci-dessous

Par Louis Doutrebente, publié le 26 novembre à 19h14, mis à jour le 26 novembre à 21h52

https://fr.sputniknews.com/international/202011261044836976-trump-va-t-il-bombarder-liran-pour-eviter-un-nouvel-accord-nucleaire-avec-biden/

EDF : PARIS ET BRUXELLES VERS UN ACCORD SUR LA RÉFORME DU NUCLÉAIRE

Selon nos informations, un schéma général aurait été défini pour réformer le tarif de vente de l’électricité nucléaire. D’après EDF, 31,7% des salariés du groupe étaient en grève ce jeudi pour contester le projet de réorganisation du groupe. Selon la CGT, la mobilisation atteint 50 %.

Ce n’est pas encore une fumée blanche mais on s’en rapproche. Alors que les salariés d’EDF étaient en grève ce jeudi pour protester contre la réorganisation du groupe public, le calendrier de sa réforme s’accélère.

Selon plusieurs sources, « les planètes commencent à s’aligner » entre la Commission européenne et les pouvoirs publics français pour refondre la réglementation de l’électricité nucléaire et l’organisation de son champion EDF. Une réforme hautement sensible, qui vise à redonner des marges de manœuvre au nucléaire français, en prise depuis plusieurs années avec de très lourdes charges d’investissements qui pèsent sur les finances publiques.

« Paquet global et équilibré »

« La réforme n’est pas bouclée mais il y a un appel d’air positif », glisse une autre source qui estime qu’« un accord pourrait être formalisé dans les prochaines semaines ». À Bercy, on précise toutefois que les « discussions se poursuivent ». « Il y aura un accord sur un paquet global et équilibré », assure-t-on au sein des pouvoirs publics.

Selon nos informations, Paris et Bruxelles seraient raccord sur les principes de la réforme du mécanisme régulant la vente de l’électricité nucléaire qu’EDF juge déséquilibré depuis de nombreuses années. Pour assurer une rémunération couvrant les coûts de production du nucléaire, EDF devrait pouvoir bénéficier dans les années à venir de la garantie d’un prix fixe versé pour la vente de l’ensemble des mégawattheures produits par ses centrales. Un schéma moins favorable que le « corridor » de prix administré imaginé le PDG du groupe public, Jean-Bernard Lévy. « Bruxelles estime que ce corridor pourrait permettre, dans certains cas, à EDF d’être rémunéré au-delà de ses coûts de production », explique une source.

Tout n’est pas réglé pour autant. En particulier, le niveau de ce prix fait débat. La bonne nouvelle pour EDF, c’est qu’il devrait lui assurer une rémunération supérieure aux 42 euros qu’il perçoit dans le cadre de la réglementation actuelle « Arenh ». « Le nouveau prix devrait se situer entre 45 et 50 euros », indique une autre source.

Reste aussi et surtout à trancher le sujet le plus sensible : la scission d’EDF imaginée par les pouvoirs publics pour séparer ses métiers de vente d’électricité de sa production d’électricité nucléaire et ainsi éviter les distorsions de concurrence entre EDF et ses concurrents Engie ou Total Direct Énergie dans un tel cadre réglementaire. Explosif socialement et politiquement, cette scission fait craindre aux syndicats d’EDF comme à certains élus LR un « démantèlement » du champion du nucléaire français.

Muraille de Chine

Selon nos informations, deux schémas tiennent la corde. Le premier, favorisé par EDF, consisterait à filialiser ses activités commerciales et hydrauliques, en dessous d’une tête de groupe qui porterait les activités nucléaires, « EDF Bleu ». Mais un autre schéma qui permettrait de mettre davantage de murailles de Chine entre les activités régulées et non régulées est sur la table : il s’agit de réorganiser EDF sur le modèle de la SNCF.

Adoptée en 2018, la réforme du groupe ferroviaire consistait à regrouper dans deux entités distinctes, sous un holding de tête, les activités d’exploitation du réseau ferré d’une part et les activités concurrentielles de la SNCF d’autre part. Chez EDF, cette organisation se traduirait par la séparation du groupe en trois piliers, sous un holding de tête :

. un EDF Bleu regroupant le nucléaire et RTE,

. les barrages dans un EDF Azur et

. un EDF Vert regroupant les énergies renouvelables, Enedis et les activités commerciales de vente d’électricité.

L’objectif ici est triple :

. attirer des investisseurs privés dans la partie verte pour financer la croissance des énergies renouvelables,

. conserver la main sur les concessions hydrauliques que la France refuse d’ouvrir à la concurrence et

. isoler le nucléaire régulé pour éviter que les autres activités non régulées ne profitent indûment des prix de vente garantis. 

Pour la CGT, c’est le pire des scénarios. « Un holding va désintégrer la production d’électricité et fatalement les citoyens la paieront plus cher. C’est la fin du service public ! », dénonce un syndicaliste du groupe. Selon EDF, la part des salariés grévistes atteint 31,7% ce jeudi. La CGT de son côté évoque 50% de grévistes.

Par Sharon Wajsbrot, publié le 26 novembre 2020 à 18h42, mis à jour le 26 nov. 2020 à 19h17

Photo en titre : Selon nos informations, Paris et Bruxelles seraient tombés d’accord sur les principes de la réforme du mécanisme qui régule la vente de l’électricité nucléaire qu’EDF juge déséquilibré depuis de nombreuses années. Crédit : M.ASTAR/SIPA/ (SIPA)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/edf-paris-et-bruxelles-vers-un-accord-sur-la-reforme-du-nucleaire-1268721

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : DES DÉFAUTS DE MAINTENANCE POINTÉS DU DOIGT

L’année 2020 est un temps fort pour la centrale nucléaire du Bugey, désormais la plus vieille de France. C’est en effet l’année de la quatrième visite décennale (VD4) pour les réacteurs. L’association Sortir du Nucléaire Bugey surveille de près la gestion d’EDF sur ce point et a d’ailleurs alerté de la « souffrance » des réacteurs dans un communiqué.

« Pour sa VD4, EDF a fait savoir que Bugey 2 avait passé avec succès les différents tests. Cependant, sa remise en service prévue en juillet 2020 est maintenant reportée au 31 janvier 2021. » Le réacteur Bugey 3 inquiète également l’association : « Son arrêt est prolongé car en juin, un contrôle réglementaire sur un réservoir a mis en évidence des traces de corrosion. Ce réservoir est commun aux deux réacteurs Bugey 2 et 3. »

On trouve effectivement dans un rapport de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) daté du 19 octobre, le compte-rendu d’une visite effectuée qui stipule qu’il existe « des dégradations de type corrosion sous contrainte et de déformations (…) Les inspecteurs ont effectué une visite terrain (…), au vu de cet examen les conditions de suivi de la bâche et de la demande d’aménagement pointent un manque de rigueur dans leur gestion et soulèvent des questions sur la solidité de l’organisation en place ».

Mais là où EDF pourrait être critiqué, c’est que l’entreprise avait présenté un dossier de demande d’aménagement pour ce réservoir sans mentionner cette détérioration, l’ASN précise ainsi que « suite à la découverte de traces de corrosion sous contrainte, l’ASN a abrogé en septembre 2020 l’aménagement octroyé, considérant que les déclarations sur l’état de l’équipement figurant dans le dossier de demande d’aménagement étaient inexactes. De plus EDF a déclaré le 29 septembre avoir identifié des déformations complémentaires à celles déclarées initialement. »

D’où l’enclenchement d’une visite de terrain le 1er octobre…

« Il s’agit de rafistolage »

Pour Joël Guerry de « Sortir du Nucléaire Bugey », « ces défauts de maintenance pourraient être à terme dangereux ! EDF semble réticent à faire ce que l’ASN lui demande… On parle de grand carénage, de remise à niveau des réacteurs, mais pourquoi on ne les change pas ? Il s’agit de rafistolage »

En conclusion de son communiqué l’association écrit ainsi : « L’on constate les nombreux problèmes qui affectent les vieux réacteurs nucléaires du Bugey avec des composants en mauvais état et une maintenance insuffisante. Nous renouvelons notre demande de fermer très rapidement ces quatre réacteurs, les plus vieux de France, avant qu’un accident grave se produise et nous contraigne à l’exil»

Les chiffres d’EDF:

– La centrale du Bugey produit, en moyenne, chaque année l’équivalent de 40 % de la consommation en énergie de la région Auvergne Rhône-Alpes.

2,1 milliard d’euros dédiés au grand carénage pour poursuivre l’exploitation des unités de production.

– 2 visites décennales en 2020 sur les réacteurs 2 et 4 et 2 arrêts simples sur les réacteurs 3 et 5.

– 64 millions dédiés à la visite décennale du réacteur 2 et 62 millions d’ € pour le réacteur 4.

– 4 000 intervenants quotidiens entre 2020 et 2023.

Véronique Baude: «La Cli* n’a pas à s’immiscer dans la gestion de la centrale»

Véronique Baude, vice présidente au département et élue gessienne, est également présidente de la Cli*, commission locale d’information, une instance obligatoire pour toute installation nucléaire.

« La Cli est une instance d’information et de concertation, explique-t-elle. Nous devons informer en toute transparence de l’impact des activités nucléaires sur les êtres humains et la Nature. La Cli du Bugey, ce sont 200 membres. Un collège d’élus, un collège d’associations, des organisations syndicales, des experts, des représentants étrangers ou encore l’ASN (autorité de sûreté nucléaire). »

Mais cette instance est-elle au courant des problématiques soulevées plus haut ?

« Nous avons accès aux rapports de l’ASN, bien entendu. Lorsque la Cli se réunit, trois fois par an, il y a toujours une rubrique relative aux incidents. Que ce soit l’ASN ou EDF, la situation est présentée et il y a des questions/réponses des membres. Mais attention, la Cli n’a pas à s’immiscer dans la gestion de la centrale, la gestion courante revient à EDF, nous nous devons informer la population. Dès que l’on reçoit une communication sur la centrale, nous l’envoyons aux membres, libre ensuite aux différentes instances de les communiquer. On édite également une lettre d’information et l’on peut organiser des visites au sein de la centrale. »

La dernière Cli en date a eu lieu en visioconférence, Covid oblige, le 9 novembre dernier.

« Rappelons également qu’une consultation de l’État a été lancée sur les enjeux de la 4ème visite décennale, les travaux liés au grand carénage. Entre 2014 et 2025, EDF a prévu d’investir 2,1 milliards d’euros pour les travaux du réacteur. »

Par Coralie Dhenein, publié le 26/11/2020 à 12h00

https://www.lepaysgessien.fr/17849/article/2020-11-26/centrale-nucleaire-du-bugey-des-defauts-de-maintenance-pointes-du-doigt

LA SOCIÉTÉ POMA A L’HABITUDE D’ENVOYER LES AMATEURS DE SKI AU SOMMET DES MONTAGNES. À BURE, ELLE AMBITIONNE DE PARTICIPER À LA DESCENTE AUX ENFERS DES DÉCHETS RADIOACTIFS.

C’est dans un ancien hangar industriel à Froncles, une petite commune au cœur de la Haute-Marne, que la société POMA construit un prototype du funiculaire qui serait utilisé pour descendre les déchets radioactifs dans le Cigéo : un funiculaire de 4,2 kilomètres de long qui emmènerait les colis empoisonnés à 500 mètres de profondeur. 

Ce contrat, la société POMA l’a obtenu en 2014, lors d’appels d’offre effectués par l’ANDRA pour l’ingénierie du stockage (en plein débat public, rappelons-le). Elle aurait dû réaliser ce banc d’essai en Isère, mais l’ANDRA a su trouver les mots pour que la construction se fasse dans le secteur de Bure. Les 900 000 euros offerts par le GIP de la Haute-Marne pour favoriser cette implantation n’y sont bien entendu pas pour rien.  

Nous voyons dans ce funiculaire un enjeu prioritaire, à part entière, dans le combat à mener contre le projet Cigéo. Outre la charge symbolique importante qu’il constitue, il s’agit d’une pièce maîtresse pour l’Andra, incontournable pour le dépôt de sa demande d’autorisation de création (DAC). Une des pierres angulaires de la démonstration de faisabilité. Pas de funiculaire, pas de Cigéo. 

Société bien implantée dans le paysage français, POMA est spécialisée dans la fabrication des matériels de levage et de manutention, son nom n’est pas inconnu dans de nombreuses régions de France. Dans les Alpes, où elle a installé et où elle maintient plus d’un millier de remontées mécaniques dans les stations de sports d’hiver mais aussi dans les milieux urbains. Elle a quelques installations notoires à son actif, notamment dans les funiculaires comme celui de Montmartre. Florissante et championne mondiale du transport par câbles, elle a déjà construit plus de 8000 installations dans 91 pays. L’Asie vient de lui ouvrir ses portes : même en pleine crise économique elle tire son épingle du jeu comme l’annonce cet article du journal Le Point où elle est qualifiée de « pépite française ».

Mais la « pépite » ne serait-elle pas en pleine compromission en liant son nom à un projet technologiquement et politiquement controversé ? Alors que la société tient à son image de marque, pourquoi prendre le risque de l’abimer considérablement en l’associant aux déchets nucléaires ? Pourquoi cette diversification d’activités, craindrait-elle la fonte des neiges et le réchauffement climatique pour se reconvertir dans les bas-fonds du nucléaire français ? 

Nous lançons un large appel à actions : agissez partout où cela sera possible pour faire savoir que POMA est NUCLÉAIRE, que POMA veut ENFOUIR les déchets nucléaires.

Interpellez la société qui engage sa responsabilité dans Cigéo sur les réseaux sociaux, par téléphone, en direct. Rendez visible partout où POMA est implantée, sa caution et sa collaboration dans l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure en construisant ce funiculaire !

Première étape :

Partagez l’image « les déchets font du ski » et diffusez la campagne sur vos pages dans vos réseaux, avec ces #hashtags : #PomaNucléaire #PomaDésengageToi #PomaBure #PomaCigéo

Pour obtenir le Visuel : les déchets font du ski !, cliquer sur : https://s9cd03d47a788900f.jimcontent.com/download/version/1606383759/module/11579896421/name/LES-DECHETS-FONT-DU-SKI.jpg

Pour obtenir le Visuel : POMA certifiée pro-nucléaire, cliquer sur : https://s9cd03d47a788900f.jimcontent.com/download/version/1606383787/module/11579896921/name/LOGO-DETOURNE%CC%812.jpg

Premiers signataires :

Coordination Stop Cigéo (Association pour la sensibilisation de l’opinion sur les dangers de l’enfouissement des déchets radioactifs – ASODEDRA, Bure stop 55, Bure zone libre – BZL, Collectif d’action contre l’enfouissement des déchets radioactifs – CACENDR, Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs – CEDRA, Elus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs – EODRA, Meuse Nature Environnement – MNE), Amis de la Terre en Haute-Savoie, Collectif halte au nucléaire Gard (Chang-collectif Adn), France Nature Environnement Isère, Rhône-Alpes sans nucléaire, Sortir du nucléaire Bugey, Sortir du nucléaire Isère, Stop nucléaire 26-07 (Collectif Adn), Arrêt du Nucléaire, Réseau Sortir du Nucléaire

Publié le 25 novembre 2020

https://cedra52.jimdofree.com/2020/11/25/communiqu%C3%A9-projet-cig%C3%A9o-%C3%A0-bure-poma-d%C3%A9sengage-toi/

EDF: LA GRÈVE CONTRE LE PROJET HERCULE FREINE LA PRODUCTION NUCLÉAIRE

PARIS (Reuters) – Le mouvement de grève des salariés d’EDF contre le projet de réorganisation du groupe se traduisait jeudi matin par une baisse marquée de la production d’électricité d’origine nucléaire en France, selon les données compilées par le gestionnaire des lignes à haute tension RTE.

À 8h45, la production nucléaire s’établissait à 43.390 mégawatts (MW) contre 47.136 MW à la même heure mercredi, la baisse représentant l’équivalent de quatre réacteurs environ.

Toujours selon les chiffres fournis par RTE, qui ne détaillent pas toutefois l’impact de la grève, la production hydroélectrique française était en nette hausse à la même heure (+74% à 14.144 MW), de même que celle des centrales au charbon (à 1.195 MW contre 24 MW). La France restait dans le même temps exportatrice d’électricité. (NDLR : alors pourquoi rallumer des centrales à charbon polluantes en CO2 ? Réponse : pour gagner un peu d’argent quand le prix du marché est élevé. Voir les cours de l’électricité le 25 novembre sur https://www.rte-france.com/eco2mix/les-donnees-de-marche, jusqu’à 61 € le MWh vers 18h, bien mieux que l’Arenh à 42 € le MWh)

Les fédérations Mines-Énergies CGT, CFE-CGC Énergies, FCE-CFDT et FO Énergie et Mines ont appelé à la grève les salariés du secteur pour réaffirmer leur opposition au projet de réorganisation d’EDF, Hercule, qui prévoit notamment une séparation entre ses activités nucléaires et renouvelables.

Les syndicats, qui appellent aussi à défendre le service public de l’énergie, protestent également contre le projet d’Engie de créer une nouvelle entité regroupant une partie de ses activités de services en vue de les céder.

Par Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot, publié le 26 novembre 2020

Photo en titre : © Reuters/Stéphane MAHE EDF: la grève contre le projet hercule freine la production nucléaire

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/edf-la-gr%C3%A8ve-contre-le-projet-hercule-freine-la-production-nucl%C3%A9aire/ar-BB1bnx25

L’ENQUÊTE SUR LA VENTE D’URANIUM NIGÉRIEN PAR AREVA EN 2011 CONFIÉE À UN JUGE D’INSTRUCTION

L’affaire, baptisée « Uraniumgate », avait éclaté en février 2017 avec la publication, dans l’hebdomadaire nigérien Le Courrier, de documents portant sur la vente à l’automne 2011 d’une importante quantité d’uranium pour 320 millions de dollars.

Le parquet national financier (PNF) a ouvert une information judiciaire notamment pour « corruption » visant Areva, devenu Orano, dans une affaire de courtage d’uranium nigérien en 2011 qui s’était traduite par d’importantes pertes pour le groupe nucléaire, a-t-il indiqué ce mercredi 25 novembre.

Après avoir mené son enquête préliminaire pendant presque cinq années, le PNF a confié la suite des investigations en février 2020 à un juge d’instruction pour « corruption d’agent public étranger, corruption privée, association de malfaiteurs, abus de biens sociaux, abus de confiance et blanchiment en bande organisée de ces délits », a détaillé le parquet, confirmant une information de l’hebdomadaire L’Obs.

« S’il s’avérait qu’il y a eu des détournements ou tout autre acte qui soit susceptible d’avoir porté préjudice au groupe, Orano intenterait les actions judiciaires nécessaires à la défense de ses intérêts », a indiqué à l’AFP un porte-parole du groupe nucléaire.

« Uraniumgate »

L’affaire, baptisée « Uraniumgate », avait éclaté en février 2017 avec la publication, dans l’hebdomadaire nigérien Le Courrier, de documents portant sur la vente à l’automne 2011 d’une importante quantité d’uranium pour 320 millions de dollars.

Le stock avait dans un premier temps été cédé par Areva à une société russe, Energo Alyans, qui l’avait ensuite revendu à la société Optima Energy Offshore au Liban.

Quelques jours plus tard, Optima avait vendu l’uranium à la Société de patrimoine des mines du Niger (Sopamin), contrôlée par l’État nigérien. Areva avait alors racheté ce stock à la Sopamin à un prix bien supérieur à celui auquel il l’avait cédé initialement.

Montage financier

Les policiers de la brigade financière, chargée des investigations après la révélation de transactions douteuses par l’hebdomadaire Marianne à l’été 2015, cherchaient à déterminer si le montage financier aurait pu permettre de dissimuler des commissions ou des rétrocommissions.

Entre 24 et 101 millions de dollars auraient été détournés des caisses du groupe Areva entre novembre 2011 et février 2012, selon L’Obs.

D’après l’hebdomadaire, l’information judiciaire a été confiée au même juge d’instruction que celui qui était en charge de l’enquête sur l’acquisition par Areva d’une société minière canadienne, Uramin, propriétaire de trois gisements d’uranium en Afrique, pour laquelle elle a déboursé 1,8 milliard d’euros en 2007.

Deux informations judiciaires ouvertes

L’opération avait tourné au fiasco : après le départ de sa patronne Anne Lauvergeon, Areva avait divisé par cinq la valeur de la société et passé, fin 2011, une lourde provision de 1,5 milliard d’euros.

Deux informations judiciaires avaient été ouvertes : l’une porte sur des soupçons d’escroquerie et de corruption, la seconde sur les provisions inscrites en 2010 et 2011 par Areva, les magistrats soupçonnant d’anciens responsables de les avoir sous-évaluées dans les comptes pour masquer l’effondrement de la valeur d’Uramin.

Plusieurs anciens dirigeants du groupe sont mis en examen dans ces enquêtes, dont l’ancien directeur de la division « mines » Sébastien de Montessus. Anne Lauvergeon, elle, est poursuivie dans le volet comptable.

Dans ce dernier dossier, la cour d’appel de Paris doit se prononcer le 17 décembre sur la validité des mises en examen, qui ont été l’objet d’un bras de fer judiciaire à partir de 2017 entre les premiers juges d’instruction qui refusaient de les prononcer et le PNF qui les réclamait.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 25/11/2020 à 21h01

Photo d’illustration : OUEST-FRANCE / YANN CASTANIER

https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/areva/l-enquete-sur-la-vente-d-uranium-nigerien-par-areva-en-2011-confiee-a-un-juge-d-instruction-7062687

LA CALAMITEUSE HISTOIRE D’EDF ET DE SA CONCURRENCE

Contrainte par l’Europe de créer de toutes pièces un « marché de l’électricité », la France a enchaîné trente ans de décisions ubuesques. Le système s’enlise, mais le gouvernement accélère.

J’attire votre attention sur le caractère hallucinant du scénario »… La petite phrase de l’ex-patron d’EDF, Henri Proglio, en mai 2010 devant les députés français résume bien la rocambolesque histoire du « marché européen de l’énergie ». À travers un mille-feuille législatif et un appareillage financier kafkaïen, le pouvoir s’acharne depuis trois décennies à tenter de donner vie à une concurrence aussi fictive que lucrative pour une poignée d’industriels. Le plan Hercule, qui doit parachever avant la fin de l’année la dislocation d’EDF et préparer la privatisation de ses activités rentables, risque d’accroître encore les deux principaux problèmes de ce modèle : des prix en hausse pour les consommateurs et une transition énergétique qui patine.

L’histoire commence à la fin des années 1980. Le vent de néolibéralisme venu des États-Unis et du Royaume-Uni souffle sur tous les réseaux publics et s’arrête sur l’électricité. En France, personne n’est assez fou pour défendre un tel projet. L’Hexagone possède un des réseaux les plus fiables au monde et son électricité est la moins chère d’Europe de l’Ouest. « Grâce » au nucléaire et à la toute-puissance d’EDF, fondée trente ans plus tôt dans un pays en ruine pour unifier sous un monopole public les 154 sociétés qui produisaient l’électricité, les 86 entreprises qui la transportaient et les 1 150 compagnies qui la distribuaient. Pourquoi vouloir fragiliser ce fleuron, qui fut le seul capable de porter les investissements gigantesques du parc nucléaire et du réseau de barrages ? L’entreprise publique est alors rentable pour l’État, car la totalité de ses coûts de production est couverte par les factures des usagers et un supplément remonte sous forme de dividendes.

Une étape décisive est en passe d’être franchie dans la privatisation d’EDF. Le projet baptisé « Hercule » ressemble à un plan de sauvetage du nucléaire historique, protégeant les activités sensibles et déficitaires dans un pôle public, pour mieux privatiser les activités rentables, comme les énergies renouvelables. Un pur produit de technocratie, dont la négociation, tenue secrète, doit s’achever dans les prochaines semaines entre la Commission européenne, grand ordonnateur de la libéralisation du marché de l’énergie, et la France, qui tente depuis trente ans d’avancer sans trop avoir l’air d’y toucher.

Hercule laisse une désagréable impression de déjà-vu. On retrouve la même volonté acharnée d’organiser une concurrence de toutes pièces, qui a désorganisé La Poste, brutalisé France Télécom et converti la SNCF à la logique marchande.

Néanmoins, l’histoire d’EDF est rarement racontée et très peu débattue. Malgré les fiascos collectionnés sur le marché de gros de l’électricité, la libéralisation avance sans que ses architectes n’aient à rendre de comptes, ni même à produire le moindre argumentaire.

Ce 26 novembre, l’ensemble des syndicats du secteur de l’énergie, d’EDF à Engie, devaient lancer une mobilisation. Ils réclament que la transition énergétique ne soit pas laissée aux mains du privé et que la France n’hypothèque pas les outils d’une politique énergétique ambitieuse. Ils tenteront de fendre l’armure de complexité qui protège ce projet de tout débat public, en faisant entendre leur droit d’inventaire sur une incroyable collection d’absurdités économiques. Un combat majeur.

Mais une musique différente se joue dans les salons ministériels et les couloirs de la Commission européenne. Le secteur change. Les progrès techniques et les préoccupations écologiques font fleurir des projets de centrales électriques plus petites. La cogénération et les énergies renouvelables ringardisent l’énergie nucléaire et laissent croire à un nouvel eldorado pour des challengeurs visionnaires.

Les États-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni sont les premiers à ouvrir la production d’électricité à la concurrence. En 1992, les entreprises états-uniennes obtiennent le droit de s’exporter. Elles déploient donc un intense lobbying et se lancent à la conquête du monde. EDF se rêve en championne d’Europe. Elle passe à l’offensive, milite pour une libéralisation qui lui retire pourtant son monopole sur la France et investit partout sur la planète. Les géants de la métallurgie, de la sidérurgie ou de l’industrie papetière, gros consommateurs d’électricité, militent à leur tour pour une ouverture à la concurrence censée faire baisser les prix, en agitant le chantage à la délocalisation vers des contrées où l’électricité serait moins chère.

Après dix ans d’intenses tractations, la Commission européenne parvient à faire adopter la première résolution jetant les bases d’un marché ouvert de l’électricité. C’est un texte de compromis, tarabiscoté, supposé faire l’équilibre entre sa volonté de privatiser le secteur et les réticences qui s’expriment aux quatre coins de l’Europe.

« La France n’était pas demandeuse d’une modification de l’organisation de son secteur de l’électricité. » C’est par ces mots que le gouvernement socialiste présente le texte de transposition de la directive devant l’Assemblée, en février 1999 (1). La majorité, embarrassée, tente de mettre en scène une transposition a minima de la directive. L’« introduction maîtrisée de certains éléments de concurrence » offrira une « coexistence harmonieuse du service public et de la concurrence, au bénéfice de tous les consommateurs », chicane le socialiste Christian Pierret, secrétaire d’État à l’Industrie.

Pourtant, sous la houlette de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’Économie, elle vote une loi qui dessine la trame d’un gigantesque fiasco.

« Ça a été un débat compliqué, y compris au sein de la CGT, se souvient Marie-Claire Cailletaud, porte-parole de la fédération mines-énergie de la CGT, tout le monde était convaincu que la directive était mauvaise, mais nous étions partagés sur la stratégie à adopter : était-on capable d’imposer un rapport de force suffisant pour dire non à la Commission européenne, ou fallait-il retranscrire la directive en protégeant au maximum le service public ? »

Les écolos aussi sont gênés. EDF, État dans l’État, dicte à la France une politique énergétique obnubilée par l’énergie nucléaire. Impossible pour eux de chanter les louanges du monopole public de l’énergie.

Grande foire au gros

La suite ressemble à ce qui a métamorphosé La Poste, la SNCF et France Télécom. EDF est saucissonnée pour que les activités rentables ne puissent plus financer celles qui accumulent des déficits. Un gendarme du secteur est créé pour veiller à ce qu’elle n’utilise pas son rôle de transporteur du courant électrique (les lignes à haute tension) pour « fausser le jeu de la concurrence ». Elle endosse les statuts juridiques d’une entreprise privée, afin d’être exclue de toute subvention publique et d’être contrainte d’emprunter aux mêmes taux que ses concurrents.

Or gérer un réseau électrique demande une infinie précaution : la production doit être constamment en parfaite adéquation avec la consommation, car les déséquilibres modifient la fréquence du courant et peuvent conduire au black-out. Il faut donc piloter avec une réactivité maximale les moyens de production pour anticiper et compenser les oscillations de la demande. « En multipliant les acteurs intervenant dans cet équilibre, on rend le système plus complexe, donc plus fragile et plus coûteux », observe Anne Debrégeas, chercheuse à EDF et porte-parole de Sud Énergie.

Pour créer un nouveau marché tout en ménageant les usagers attachés au tarif réglementé, la technocratie accouche d’une inénarrable usine à gaz, faisant cohabiter, pendant des années et jusqu’à aujourd’hui, deux systèmes de tarification de l’électricité à la logique antagoniste.

Tout un chacun peut théoriquement produire de l’électricité, à condition d’obtenir une autorisation ou de répondre à un appel d’offres, mais dans les faits, EDF produit encore 85 % de l’électricité. Le législateur permet donc à des entreprises privées ne produisant pas la moindre étincelle d’acheter de l’électricité sur un marché de gros où des producteurs (essentiellement EDF) viennent écouler leurs mégawattheures.

Faites vos jeux… La grande foire est lancée en 1999 pour la fourniture en électricité des 189 sites industriels « électro-intensifs », avant d’être progressivement élargie jusqu’aux consommateurs, en 2006. Optimistes, beaucoup d’industriels se tournent vers les concurrents d’EDF et parient sur le marché de gros, où l’on promet des prix canon en raison de la surproduction d’électricité qui guette en Europe.

Une concurrence aussi fictive que lucrative pour une poignée d’industriels.

Cette bourse européenne d’électricité est d’une extraordinaire complexité. Elle fixe un prix au mégawattheure en confrontant l’offre et la demande, et en intégrant les prix des matières premières (gaz, charbon) et du CO2, qui constituent les principaux « coûts marginaux » de la production d’électricité. Voilà comment les fluctuations erratiques des cours mondiaux des matières premières font virevolter à leur tour les cours de l’électricité française. « Les traders peuvent y spéculer comme sur n’importe quel marché et les variations de prix sont hallucinantes, en fonction de facteurs totalement imprévisibles. On a vu une grève de dockers en Australie ou les JO de Pékin faire flamber les cours, en accroissant la concurrence sur le fret de charbon, par exemple », souffle Anne Debrégeas.

Après une courte phase d’euphorie, c’est la douche froide. Le prix du mégawattheure explose de 55 % entre 2001 et 2005, et grimpe à près du double du tarif réglementé. Un fiasco. Les industriels qui avaient souscrit des abonnements chez les fournisseurs « alternatifs » se tournent donc vers l’État et agitent la menace de délocalisations d’usines, en raison des prix prohibitifs de l’électricité. Ils sont autorisés à revenir dans le giron d’EDF et de ses tarifs régulés, moyennant une pénalité de 20 à 30 %, et c’est la puissance publique qui indemnise les concurrents d’EDF.

« Pile je gagne, face tu perds »

Au même moment, le nouveau gendarme du secteur – la Commission de régulation de l’énergie (CRE) – demande à EDF de faire des efforts pour… perdre des parts de marché. « L’objectif était que 30 % de notre portefeuille client nous quitte, de préférence ceux qui nous apportaient les taux de marge les plus faibles, se souvient Marie-Christine Nadeau, cadre chez EDF et responsable FNME-CGT. C’est à cette période que l’entreprise s’est convertie à l’idéologie managériale. On a installé une concurrence entre les services et découpé l’organisation en « business unit ». On s’est mis à commercialiser à part des services qui étaient jusqu’alors intégrés aux abonnements. »

Mais ça ne suffit pas. Les prétendants s’impatientent et attaquent EDF en 2007 devant la Commission européenne, qui tranche : les prix régulés constituent une « aide d’État ». Pour contenter Bruxelles, la France va alors imaginer un nouveau chef-d’œuvre d’absurdité économique. EDF sera contrainte d’offrir à ses concurrents un quart de sa production nucléaire à prix fixe, pour qu’ils puissent lui faire concurrence. Ce don du ciel, voté en 2010, s’appelle « l’accès régulé à l’énergie nucléaire historique » (Arenh), il vaut 42 euros du mégawattheure et doit prendre fin en 2025.

Pour EDF, la potion est doublement amère : premièrement, le législateur promet de faire évoluer le prix de l’Arenh, en négociation avec Bruxelles, pour qu’il couvre toujours ses coûts de production. Mais les blocages politiques rendent toute actualisation impossible.

Deuxièmement, les concurrents conservent la liberté de choisir entre l’Arenh et le marché de gros. « C’est le jeu du “pile je gagne, face tu perds” », ironise Philippe André, porte-parole de SUD Énergie. Autrement dit, le privé sera gagnant quel que soit le prix de l’électricité, tandis que le principal producteur, EDF, apparaît de plus en plus comme la vache à lait d’une concurrence montée de toutes pièces. « Il ne faut pas confondre la théologie et la pratique ! », grince Henri Proglio, patron d’EDF, en mai 2010 devant l’Assemblée, lors des débats sur l’introduction de l’Arenh.

Résultat : des prix en hausse et une transition énergétique qui patine.

Et, justement, les cours replongent en 2016, notamment à cause des surcapacités dues au développement des énergies renouvelables et au développement des gaz de schiste aux États-Unis, qui sème la zizanie sur les marchés des matières premières. Une aubaine pour les fournisseurs alternatifs, qui retournent se fournir sur le marché de gros. Dix ans après l’ouverture de la concurrence aux particuliers, nous allons enfin pouvoir assister à une guerre des prix et aux joies de la concurrence féroce ! Total, Leclerc, Casino ou encore CDiscount sont promis à un avenir radieux dans l’électricité.

Les fournisseurs déploient alors un marketing brutal. « Certains démarcheurs remplissent les contrats à la place des consommateurs ou profitent de la fragilité de personnes âgées. On a même vu un contrat signé par une personne mineure et un autre souscrit par une personne en vacances », s’étrangle Catherine Lefrançois-Rivière, cheffe de service auprès du médiateur national de l’énergie. Les irrégularités explosent de 65 % entre 2016 et 2019 (2) ciblant en premier lieu Engie, l’ex-GDF. C’est elle qui a été le plus lourdement condamnée à ce petit jeu, pour avoir fait souscrire des contrats en faisant croire aux clients qu’ils signaient un avis de passage, dans le cadre de campagnes de démarchage sauvage déployées dans des centres commerciaux (3).

Ce qui chagrine surtout le médiateur national de l’énergie, c’est que ces « pratiques commerciales malsaines, trop souvent malhonnêtes, risquent de jeter le discrédit sur l’ouverture à la concurrence des marchés de l’énergie, en faisant oublier les avantages qu’elle peut procurer pour les consommateurs ». Mais de quels avantages parle ce théoricien de la concurrence ? Pour les fournisseurs, l’électricité constitue une rente confortable et un marché captif, sur lequel les variations de prix n’impactent pas ou très peu la demande. Pour le consommateur, en revanche, le choix offert par la concurrence est presque toujours fictif. Les fournisseurs alternatifs produisent rarement de l’électricité. Ils ne l’acheminent pas – c’est RTE, entreprise publique qui entretient le réseau. Ils ne la distribuent pas – c’est Enedis, entreprise (encore) publique qui s’en charge. « Tous ces gens ne sont là que pour faire de l’argent sur le système », s’indigne Marie-Claire Cailletaud.

L’électricité est aussi un besoin de première nécessité que 12 millions de Français ont du mal à s’offrir. Non seulement les fournisseurs alternatifs ne rechignent pas à couper le courant en cas de retard de paiement, mais ils demandent même à pouvoir ficher les « mauvais payeurs ». Projet validé par la Cnil en 2018.

« Pour que certains jouent au Monopoly, on casse tout un service public. C’est un gâchis incroyable. »

Dans cette histoire, la coopérative dédiée aux énergies renouvelables Enercoop fait figure d’exception confirmant la règle. Si elle a pu exister grâce à la fin du monopole d’EDF, sa démarche prend à contre-pied la recherche de profit et la guerre commerciale que consacre l’ouverture à la concurrence. « On est un acteur assez paradoxal, concède Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale d’Enercoop, c’est l’ouverture du marché qui nous a permis d’exister, mais notre discours plaide pour plus de régulation et un lien avec le public. On considère l’énergie comme un bien commun et contrairement à la plupart des fournisseurs alternatifs, nous produisons notre propre électricité sur un modèle du circuit court. » Fondée en 2005 par un groupe d’organisations de la société civile (4) Enercoop finance des petites productions d’énergie renouvelable, essentiellement hydroélectriques, sur un modèle coopératif, à lucrativité limitée, locale et en associant les usagers aux décisions.

Vers le « tout-marché »

Le piège de « l’Arenh » ne tarde pas à se refermer. Avec un prix fixe à 42 euros, EDF ne rentre plus dans ses frais de production, mais la loi l’oblige à vendre à perte. « La puissance publique a amorti les mouvements de prix quand ils augmentaient trop, pour protéger le consommateur, mais il n’était pas possible qu’elle protège EDF lorsque les prix devenaient trop bas, du fait des règles européennes de la concurrence », résume Thomas Reverdy, sociologue à l’INP Grenoble et spécialiste du secteur électrique.

La crise de la Covid vient d’offrir un nouvel épisode de cette tragi-comédie. Depuis 2018, les tarifs de l’électricité sur le marché de gros sont redevenus prohibitifs. Les fournisseurs alternatifs s’approvisionnent donc de nouveau au tarif fixe de l’Arenh. Certains d’entre eux avaient pris leurs devants en passant commande en avance pour des périodes de plusieurs mois. Mais entre-temps, coup de théâtre, la pandémie a mis l’économie mondiale à genou et fait replonger les cours de l’électricité. Jamais à court de ressources, plusieurs fournisseurs alternatifs ont tenté de faire annuler les contrats qu’ils avaient conclus avec EDF, au nom d’une « clause de force majeure ». Le tribunal de commerce de Paris leur a donné raison le 20 mai 2020. Plusieurs fournisseurs se sortent donc de la crise du Coronavirus à bon compte, parmi lesquels figurent Total Direct Energie ou le groupe Gazel, propriété d’un certain Daniel Kretinsky, homme d’affaires tchèque qui a racheté en 2018 une partie du groupe de presse Le Monde.

Pour sortir de cette situation ubuesque, le gendarme du secteur compte remplacer l’Arenh par un « corridor » de prix : les cotations du marché de gros s’appliqueront uniquement si elles sont au-dessus d’un prix plancher et en dessous d’un prix plafond… « Comme le marché ne fonctionne pas et ne permet pas au producteur de couvrir ses coûts, on continue d’inventer des mécanismes pour compenser ses lacunes », souffle Anne Debrégeas. Côté consommateurs, depuis 2014, les tarifs réglementés glissent progressivement vers ceux du marché, pour préparer le basculement vers le « tout-marché » : +5,9 % en juin 2019, +1,23 % en août 2019, +2,4 % en février 2020, +1,55 % en août 2020…

Le projet Hercule, dont la négociation doit aboutir avant la fin de l’année entre le gouvernement français et la Commission européenne, parachève cette conversion du secteur à la logique financière et la dislocation d’EDF. Les activités hautement sensibles et financièrement fragiles (le nucléaire, l’hydroélectricité) seront logées, probablement avec la dette d’EDF, dans un pôle qui restera public. « Hercule est un moyen d’isoler le nucléaire pour le protéger des fluctuations des prix du marché, tout en accédant aux demandes de la Commission sur la libéralisation du reste du marché électrique », résume Thomas Reverdy. Tout le reste – Enedis, la devanture commerciale et le tiroir-caisse d’EDF, et sa filiale Dalkia, spécialisée dans les énergies vertes – sera placé dans un pôle prêt à être privatisé et coté en Bourse. Les pertes pour la collectivité, les profits pour le secteur privé.

« Il faut développer de vraies filières, pas des bulles spéculatives avec des tarifs extrêmement généreux qui devront être payés par l’usager ou l’État. Il n’y a jamais de vision industrielle. La technocratie n’a qu’une vision financière »

La Commission européenne réclame qu’une digue hermétique soit dressée entre les activités : EDF n’aurait pas le droit d’échanger des informations entre ses filiales et ne pourrait plus mutualiser ses finances. « Pour que certains jouent au Monopoly, on casse tout un service public, soupire Marie-Christine Nadeau. C’est un gâchis incroyable. On va tout casser et, dans vingt ans, nous serons obligés de tout reconstruire. »

Le développement des énergies renouvelables sera donc confié au marché. La rentabilité continuera de dicter les investissements nécessaires à la transition énergétique, malgré le retard accumulé et le gaspillage d’argent public que ce système a engendré. Les investissements ne sont en effet rentables que grâce à des prix d’achat d’électricité garantis, très élevés, qui alimentent des niches privées.

« Il faut développer de vraies filières, pas des bulles spéculatives avec des tarifs extrêmement généreux qui devront être payés par l’usager ou l’État. Il n’y a jamais de vision industrielle. La technocratie n’a qu’une vision financière », se désole Marie-Claire Cailletaud. Dans un système où chacun se bat pour tirer un maximum de bénéfices, personne n’aura par ailleurs intérêt à prêcher la sobriété, principal levier de la lutte contre le changement climatique.

« La crainte que nous avons, c’est que la réforme d’EDF soit réfléchie sans nous donner les moyens de préparer la transition, déplore Fanélie Carrey-Conte, secrétaire générale d’Enercoop. Nous avons besoin d’une vision qu’EDF n’a pas : le coût du grand carénage plane au-dessus de sa tête comme une épée de Damoclès, quelle est la trajectoire de fermeture des centrales ? Quelle est sa stratégie de reconversion des emplois ? Que fait-on des déchets ? Ce sont des enjeux fondamentaux qui ne sont ni traités, ni discutés. »

Les barrages, trésor convoité

Les choses sont plus complexes (et moins moroses) concernant la principale et plus ancienne source d’énergie renouvelable, l’hydroélectricité. La France négocie depuis 2010 avec Bruxelles, qui tente de lui imposer la mise en concurrence des concessions hydroélectriques. Jusqu’à présent, EDF est maintenue en place pour la gestion des barrages, outils hautement stratégiques pour l’équilibre du réseau électrique (EDF turbine pour passer les pic de consommation), la sûreté des barrages et des centrales nucléaires en aval, les activités touristiques, les risques induits sur l’environnement et les finances publiques. Mais la Commission européenne rêve d’offrir au privé cet énorme trésor industriel, dont les coûts de constructions sont amortis depuis des décennies, qui dégage un bénéfice net de 1,25 milliard d’euros par an. En 2015 puis en 2019, la Commission européenne a mis en demeure la France de mettre en concurrence les concessions arrivant à échéance. Les gouvernements successifs se plient à sa volonté : Ségolène Royal, ministre socialiste de l’Environnement, valide en 2015 le principe d’une ouverture à la concurrence et Nicolas Hulot propose en 2018 d’empêcher EDF de conserver la totalité de ses concessions à l’occasion des remises en concurrence… La pression s’accroît sur EDF, alors que 16 concessions représentant 2,5 GW seront échues fin 2020.

La mobilisation des agents EDF et la constitution de comités locaux ont permis de mettre en lumière les risques d’un tel dessein. « Hormis l’aspect idéologique et la philosophie libérale dogmatique, si la concurrence a pour objectif de faire rentrer des Américains, des Canadiens et des Chinois en Europe, comme c’est le plus probable, nous avons perdu », souligne Jean-François Astolfi, ancien patron d’EDF Hydro.

Une issue favorable serait à l’étude, selon les premiers éléments connus du projet Hercule. Le plan viserait à transformer le statut juridique de la branche hydroélectrique d’EDF pour en faire une quasi régie et l’extraire des règles européennes de la concurrence. Les défenseurs du modèle public attendent de juger sur pièces. Ils soulignent également que 20 % de la production est aujourd’hui gérée par d’autres entreprises qu’EDF. La Compagnie nationale du Rhône, propriété d’Engie et de la Caisse des dépôts et gestionnaire des installations de la vallée du Rhône (14 % de la production), a donc la désagréable impression d’être le cocu de l’histoire, si ses statuts devaient l’obliger à subir une mise en concurrence alors qu’EDF y échapperait.

En attendant, l’incertitude a gelé les investissements, alors qu’un potentiel de quasi-doublement de la capacité hydroélectrique a été identifié par EDF. Les projets sont restés dans les cartons, car les investissements sont lourds et il faut attendre 40 à 50 ans pour les amortir.

(1) Rapport accompagnant le projet de loi « relatif à la modernisation et au développement du service public de l’électricité ».

(2) Médiateur national de l’énergie, rapport annuel 2019.

(3) Une amende de 900 000 euros lui a été infligée en 2019 par le DGCCRF

(4) Greenpeace, Biocoop, Hespul, le Cler, les Amis de la Terre et la Nef

Par Erwan Manac’h, publié le 25 novembre 2020

https://www.politis.fr/articles/2020/11/la-calamiteuse-histoire-dedf-et-de-sa-concurrence-42553/

BIDEN ÉLU, NOUVEL ESPOIR POUR L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN ?

Les ministres des Affaires Étrangères britannique, français et allemand se sont réunis en début de semaine afin de discuter de la stratégie à adopter, dans l’espoir que les US réintègrent l’accord.

Un accord international d’ambition pacifique

Signé en 2015, entre les États-Unis, l’Iran, la France, l’Allemagne, la Chine, le Royaume-Uni et la Russie, il avait pour objectif de stabiliser la situation nucléaire au Moyen-Orient. Depuis les premières discussions quant au projet de ce texte, le Royaume-Uni à travers Theresa May et le Ministre des Affaires Étrangères et du Commonwealth, Alistair Burt, n’ont cessé de rappeler la nécessité de ce projet.

En effet, l’Iran s’engageait à ralentir son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions américaines et européennes qui pesaient sur le régime autoritaire depuis plusieurs décennies. Celles-ci avaient été décrétées en raison du soutien apporté par l’Iran auprès de plusieurs organisations terroristes.

Le retrait des États-Unis en 2018

Le 8 mai 2018, Donald Trump annonçait le retrait des États-Unis de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien. Le gouvernement américain estimait que l’accord était trop laxiste, ayant permis à l’Iran de violer plusieurs fois les différents alinéas du texte.

En conséquence, les États-Unis avaient réimposé des sanctions internationales, telles que l’interdiction d’utiliser la monnaie américaine pour commercer avec l’Iran ou le décret d’un embargo sur plusieurs secteurs économiques.

Sommet berlinois entre le E3

Cette expression désigne le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, trois partenaires européens majeurs dans les négociations avec l’Iran. Dominic Raab, Jean-Yves Le Drian et Heiko Maas se sont donc réunis à Berlin, suite à l’élection de Biden au poste de Président des États-Unis début novembre, qui avait été célébrée par les trois pays, avec toutefois un peu plus de réserve pour Raab. En effet, la consécration du démocrate laisse entrevoir la possibilité que les États-Unis puissent réintégrer l’Accord de Vienne et lever dans le même temps leurs sanctions contre l’Iran, auxquelles le pays a répondu en violant plusieurs fois l’accord depuis 2018. Il est essentiel de retrouver une certaine stabilité en Iran, alors que des guerres ravagent plusieurs pays voisins, comme en Lybie, en Syrie ou au Yémen.

Ce ne sera pas simple. Le Ministre des Affaires Étrangères iranien Javad Zarif a en effet rappelé que l’Iran souhaiterait obtenir certaines garanties avant de laisser les États-Unis réintégrer l’accord. De plus, les élections présidentielles iraniennes ne sauraient tarder. En juin 2021, les conservateurs risquent de réaliser un bon score d’après Wendy Sherman, directrice américaine des négociations avec l’Iran de 2011 à 2015, ce qui rendra les discussions internationales d’autant plus compliquées.

Par Pauline Berger, publié le 25/11/2020 à 14h43, mis à jour le 25/11/2020 à 16h18

Photo : dan meyers – unsplash

https://lepetitjournal.com/londres/biden-elu-nouvel-espoir-pour-laccord-sur-le-nucleaire-iranien-293159

TAHITI NUCLÉAIRE, LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF CONDAMNE L’ÉTAT À INDEMNISER LA FAMILLE D’UN ANCIEN TRAVAILLEUR DÉCÉDÉ

La loi ne prévoit pas d’indemnisation automatique des ayant-droits des victimes du nucléaire. Le tribunal administratif de Papeete vient pourtant de reconnaître implicitement ce droit en condamnant l’État à indemniser la famille d’un ancien travailleur.

Le Tribunal administratif examinait ce matin le sort d’un ancien plongeur sous-marin lors des essais nucléaires, décédé en Octobre  2019.

Son épouse Lily Bourdelon avait porté l’affaire devant les tribunaux. Ce matin le tribunal administratif a condamné l’état à verser à la victime et ses ayants droits la somme d’un montant de plus de 5 500 euros et un préjudice de plus de 1500 euros.

Une grand victoire pour l’avocat de la famille Me Philippe Neuffer car la loi ne prévoit pas d’indemnisation automatique des ayants-droits lorsque la victime est décédée.

Par DC, publié le 24 novembre 2020 à 15h34, mis à jour le 24 novembre 2020 à 15h38

Pour écouter Me Phillipe Neuffer interrogé par Belinda Tumatariri, (1mn13s), cliquer sur : https://la1ère.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/nuclèaire-le-tribunal-administratif-condamne-l-état-à-indemniser-la-famille-d-un-ancien-travailleur-décédé-896332.html

NDLR : 5 500 + 1 500 = 7 000 €, pas chère la vie d’un être humain !

NUCLÉAIRE: L’IRAN COMPTE CONSTRUIRE UN NOUVEAU RÉACTEUR À EAU LOURDE

L’Organisation iranienne de l’énergie atomique a quatre mois pour concevoir un nouveau réacteur à eau lourde.

Le Parlement iranien a adopté mardi un projet de loi qui va permettre à l’agence atomique du pays de construire un nouveau réacteur à eau lourde et d’exploiter une usine de production d’uranium métal, ont rapporté les médias d’État.

Pour Téhéran, ce texte de loi a pour but, une nouvelle fois, d’aller à l’encontre des sanctions internationales imposées contre son programme nucléaire.

Ainsi, le projet de loi a été officiellement nommé « Actions stratégiques afin de lever les sanctions internationales« , selon le porte-parole de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement, Abolfazl Amouei.

Selon ce responsable, l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a désormais quatre mois pour concevoir un nouveau réacteur à eau lourde d’une puissance de 40 mégawatts dans la centrale d’Arak, située dans le centre du pays.

Ce développement intervient alors que les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France se sont réunis lundi à Berlin pour discuter de l’état de l’accord nucléaire conclu avec la République islamique en 2015. 

Avant la réunion, une porte-parole du chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, avait déclaré à Reuters que Téhéran avait « systématiquement » violé l’accord.

Par i24NEWS, publié le 25 novembre 2020 à 09h43, dernière modification le 25 novembre 2020 à 16h13

Photo en titre : HO / Atomic Energy Organization of Iran / AFPIllustration – Un réacteur à eau lourde dans la centrale d’Arak, le 23 décembre 2019.

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1606293012-nucleaire-l-iran-compte-construire-un-nouveau-reacteur-a-eau-lourde

UN APPEL À LA GRÈVE CE JEUDI À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON

Les quatre organisations syndicales de la centrale nucléaire de Chinon relaient l’appel à la grève nationale contre le projet Hercule d’EDF.

Ce jeudi 26 novembre, 24 heures de grève sont ainsi prévues, « avec une baisse de la production et un CNPE à l’arrêt », annoncent-elles. Seules seraient maintenues les activités réglementaires de sûreté et sécurité. « Nous appelons les agents EDF à fortement se mobiliser par la grève car ce projet Hercule fera, à moyen terme, exploser les factures d’électricité encore parmi les moins chères d’Europe actuellement, et, à long terme, remettra en cause l’indépendance électrique de la France et mettrait fin à l’existence d’EDF, argumentent-elles. Devons-nous attendre sa mise en place et une crise électrique pour constater, comme la crise sanitaire a démontré l’état de déliquescence des services publics de santé, que ce projet Hercule est néfaste ? »

Par Malo RICHARD , Journaliste, publié le 25/11/2020 à 06h25

https://www.lanouvellerepublique.fr/indre-et-loire/commune/avoine/un-appel-a-la-greve-ce-jeudi-a-la-centrale-nucleaire-de-chinon

EDF : LES MOTEURS DE SECOURS DES CENTRALES NUCLÉAIRES SONT-ILS VRAIMENT SÛRS ?

Des documents obtenus par Capital laissent planer le doute sur la fiabilité des équipements de sécurité imposés à EDF après l’accident de Fukushima.

EXCLU CAPITAL

Décidément, EDF a de sérieux problèmes avec ses centrales nucléaires… Très éprouvé par les déboires de la construction de l’EPR de Flamanville (dix ans de retard sur le calendrier initial et triplement du coût prévu…), le deuxième producteur mondial d’électricité connaît aussi de gros ratés avec son programme de «diesels d’ultime secours» (DUS). Pour rappel, à la suite de la catastrophe de Fukushima, causée en mars 2011 par la défaillance des groupes électrogènes alimentant la centrale japonaise, l’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) avait en 2012 imposé à EDF d’installer, sur chacun de ses sites nucléaires, deux moteurs de secours autonomes. Capables de résister à des inondations et à des aléas extrêmes de températures, ils devaient être abrités dans des bâtiments bunkerisés et dotés d’une réserve de 120.000 litres de carburant pour faire face à une éventuelle coupure d’électricité.

À lire aussi : Sécurité nucléaire : le rapport confidentiel qui met en cause les choix d’EDF

La mise en place de ces DUS devait avoir lieu avant le 31 décembre 2018. Mais les deux consortiums retenus après appel d’offres, le groupement des américains Westinghouse et Fairbanks Morse Engine, et celui associant le français Clemessy (groupe Eiffage) et le belge ABC (Anglo Belgian Corporation), ne sont pas parvenus à tenir ce timing. Bon prince, l’ASN leur a alors accordé un délai, fixé au 31 décembre 2020.

Ce nouveau délai était visiblement encore trop court ! Le 2 juin, EDF a demandé un nouveau report de l’échéance au gendarme du nucléaire. Toujours étonnamment compréhensive, l’ASN a accepté de repousser jusqu’au 28 février l’achèvement de la mise en service du parc de DUS. Fin de l’histoire ? Peut-être pas : selon nos informations, l’électricien a constaté récemment de nouvelles défaillances très inquiétantes sur ces équipements de secours. C’est ce que révèle un courrier que Capital s’est procuré, adressé par la division de l’ingénierie d’EDF à Westinghouse France. L’auteur y indique : « Nous continuons à subir de nombreuses avaries. En particulier, lors de plusieurs démarrages moteurs, des départs de feu sont survenus au niveau du collecteur d’échappement des machines. (…) Le risque d’incendie n’ayant pas été écarté après 6 départs de feu, nous avons été contraints, le 12 juin 2020, de demander aux exploitants de ne plus démarrer les moteurs et de déclarer indisponibles les DUS Nogent 1, Nogent 2, Cattenom 2, Cattenom 3, Golfech 1 et Golfech 2. » Rien que cela…

Un extrait de la lettre envoyée par EDF à Westinghouse Capital

Interrogés par Capital, EDF, l’ASN et Westinghouse (le fournisseur des DUS) répondent en cœur que tout va bien (lire leur réponse en fin d’article*), que ces incidents ont été résolus. Une source interne à Westinghouse assure pourtant à Capital que le souci n’est toujours pas définitivement réglé, qu’il le sera d’ici le printemps. Et les multiples demandes de reports d’échéances EDF incitent à la méfiance.

S’il y a un spécialiste qui n’a pas été surpris par ces fâcheux contretemps, c’est l’ingénieur en génie atomique Yves-Marie Le Marchand. Expert près de la Cour d’Appel de Paris, il a dès le début contesté les choix d’EDF lors de son appel d’offres de 2013 pour la construction des DUS, comme l’avait raconté Capital en 2014. Selon lui, le consortium formé par Man Diesel (filiale du groupe allemand Man) et Alstom, était de loin le plus compétent. Les deux autres étaient un peu moins chers, mais ils présentaient plus de risques. Anglo Belgian fabrique surtout des moteurs de bateaux, et l’Américain Westinghouse, fondé en 1886, connaît depuis des années de grosses difficultés. Lourdement endetté, il a été racheté en 2006 par le japonais Toshiba, qui a jeté l’éponge en 2017 et placé la firme américaine en faillite, avant de la revendre à un fond d’investissement. Coïncidence : l’ingénieur au Corps des Mines Patrick Fragman, qui était membre du conseil d’administration de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) lorsqu’il a eu à donner son avis sur le choix des constructeurs des DUS, est aujourd’hui PDG du groupe Westinghouse à Pittsburgh.

Autre problème : certains critères de sécurité initialement définis par l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) et l’IRSN ont fini par être abandonnés, devant l’incapacité des constructeurs à les atteindre. Ainsi, selon le CCTP (Cahier des clauses techniques particulières) présenté par EDF lors de son appel d’offres, les DUS devaient pouvoir fonctionner sous des températures extrêmes de l’air extérieur, allant de – 35° à + 46°. Or selon l’ingénieur Le Marchand, qui a pu inspecter les moteurs fournis par Fairbanks Morse Engine, ceux-ci ne sont pas prévus pour fonctionner en dessous de – 15 °.

L’explication ? Fairbanks travaille aux États-Unis sous licence Man. En le choisissant comme partenaire pour répondre à l’appel d’offres d’EDF, l’électricien Westinghouse pensait donc pouvoir utiliser cette même technologie. Mais voilà : Man France, qui était lui aussi candidat à l’appel d’offres d’EDF aux côtés d’Alstom, a obtenu de sa maison mère allemande qu’elle refuse à Fairbanks d’étendre sa licence américaine à la France. Résultat : les moteurs livrés à EDF sont des OP38, un vieux moteur Fairbanks qui n’était plus fabriqué depuis 1970, car jugé trop polluant par les autorités américaines. Pourtant, EDF n’a pas hésité à le faire valider par l’IRSN. Le 31 mars 2020, l’institut de radioprotection a ainsi accepté de réhausser sa température minimale de «grand froid» de -35° à -15°.

EDF fait un chèque à Westinghouse

Devant ces aléas techniques et les retards de mise en service, EDF aurait pu logiquement réclamer de lourdes pénalités financières aux constructeurs, comme prévu par l’appel d’offres européen. Dans un premier temps, l’électricien public avait d’ailleurs chiffré la somme due par le groupement Westinghouse-Fairbanks à un peu plus de 74 millions d’euros. Mais par un véritable tour de passe-passe, un protocole transactionnel de 11 pages (dont Capital.fr a pu prendre connaissance) a été signé le 20 décembre 2019 entre le polytechnicien Jean-Bernard Lévy, patron d’EDF, et le polytechnicien Tarik Choho, président de Westinghouse France. Ce dernier a dû se frotter les mains… En effet, oubliant les pénalités de retard réclamées, EDF s’est engagée à verser à Westinghouse, en guise de cadeau pour l’aider à surmonter ses propres difficultés financières, une «somme transactionnelle» d’un montant de 47,5 millions d’euros pour solde de tout compte. Pour ce prix-là, le PdG d’EDF aurait peut-être pu exiger que les groupes électrogènes de secours fournis ne prennent pas feu aux premiers essais…

Les réponses d’EDF, de l’ASN et de Westinghouse

*Sollicité par Capital sur les incidents survenus sur 6 DUS, EDF nous a répondu ainsi : « À date, 52 des 56 DUS construits sont mis en exploitation et fonctionnent correctement. Les quatre DUS restant seront mis en exploitation conformément au calendrier prescrit par l’Autorité de sûreté nucléaire. Tous les matériels en exploitation (52 DUS) ont passé des essais d’endurance et ont été qualifiés. Ils sont conformes et sûrs.”

L’Autorité de sûreté nucléaire indique de son côté avoir été “informée de ces événements”. Et d’ajouter : “L’ASN a veillé à ce que les causes en soient déterminées et à ce que des mesures correctives soient mises en œuvre, ce qui a été fait.”

Enfin Westinghouse se veut aussi rassurant : “La situation observée lors de certains essais a fait l’objet d’une analyse de causes et a été corrigée. Elle est aujourd’hui sous contrôle. Aucun départ de feu n’a été constaté depuis cet été.”

Par Olivier Drouin, publié le 24/11/2020 à 17h40, mis à jour le 24/11/2020 à 21h41

Pour voir la vidéo (1mn18s), cliquer sur : https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-les-moteurs-de-secours-des-centrales-nucleaires-sont-ils-vraiment-surs-1386772

NUCLÉAIRE EN TCHÉQUIE: VERS UN REPORT DE L’APPEL D’OFFRES POUR LA CENTRALE DE DUKOVANY

Le projet de renforcement des capacités de la centrale de nucléaire de Dukovany pourrait être reporté, selon le chef du gouvernement tchèque.

« Je suis d’avis qu’un appel d’offres aussi important ne devrait pas être décidé par le gouvernement à dix mois des élections législatives » : cité par iRozhlas.cz, le texto du Premier ministre tchèque Andrej Babiš concernant la construction d’un nouveau réacteur à la centrale de Dukovany semble indiquer clairement que l’un des plus importants contrats internationaux pour le pays ne sera pas signer de sitôt.

« L’appel d’offres n’est pas prêt, il y a des consultations avec la Commission européenne, qui doit tout approuver, ce qui est une priorité à laquelle travaille le ministère de l’Industrie et du Commerce, et cette approbation va durer un an et demi », a ajouté le chef du gouvernement.

Cette annonce intervient quelques heures après que le chef de la diplomatie Tomáš Petříček a estimé dans un entretien accordé à la radio publique que le gouvernement devrait écouter les mises en garde des services de renseignement quant au choix du fournisseur d’un nouveau réacteur atomique pour le compte du groupe tchèque ČEZ.

Le ministre a rappelé que cet investissement serait un des plus importants dans l’histoire du pays, et qu’il était également crucial en termes de sécurité énergétique et de sécurité. Selon lui, le choix d’un fournisseur russe ou chinois accroîtrait la dépendance de la Tchéquie vis-à-vis de ces pays.

La presse tchèque a par ailleurs informé du fait que le Premier ministre Andrej Babiš et le ministre de l’Industrie et du Commerce Karel Havlíček ont rencontré vendredi à Prague Jean-Bernard Lévy, le PDG du groupe Électricité de France (EDF), lui aussi intéressé par cet appel d’offres nucléaire.

Parmi les autres sociétés sur les rangs figurent l’entreprise d’État russe Rosatom, China General Nucelar Power, la société coréenne KHNP ou encore les Américains de Westinghouse. Plusieurs milliards d’euros sont en jeu.

Un autre appel d’offres lancé début 2009 pour un nouveau réacteur nucléaire également lancé par ČEZ – dans l’autre centrale du pays, à Temelín – avait fait l’objet de très longues tractations pendant plus de cinq ans, avant d’être finalement annulé en avril 2014.

Par Alexis Rosenzweig, publié le 24 novembre 2020

Photo en titre : La centrale nucléaire de Dukovany, photo: Jiří Sedláček, CC BY-SA 4.0

https://francais.radio.cz/nucleaire-vers-un-report-de-lappel-doffres-pour-la-centrale-de-dukovany-8701022

CE YOUTUBEUR EXPLORE UN BUNKER NUCLÉAIRE DÉSAFFECTÉ ET Y FAIT UNE DÉCOUVERTE GLAÇANTE

Le Youtubeur Drew Scanlon s’est infiltré dans un vieux bunker nucléaire désaffecté, et voilà ce qu’il y a découvert…

Plus connu pour être le bonhomme derrière le même ‘white man blinking‘, le Youtubeur Drew Scanlon est aussi un explorateur sans peur… C’est dans un bunker nucléaire ukrainien situé dans la ville de Pervomaysk (à 300 km au sud de Kiev) que le jeune homme a décidé de partir à l’aventure.

Un bouton pour… détruire le monde !

Et ses premières découvertes ont de quoi surprendre : le lieu est encore équipé de grands stocks de nourriture, de fournitures médicales en tout genre et d’eau. De quoi survivre pendant 45 jours après une hypothétique attaque nucléaire.

Et l’arsenal de guerre encore présent dans les couloirs du bunker a de quoi impressionner. Mais ce n’est pas le pire : après quelques minutes d’exploration, Drew se retrouve tout simplement… face à la console de lancement d’un silo à missiles nucléaires ! De quoi complètement détruire une zone gigantesque, tout en étant en sécurité à l’intérieur de ce bunker.

Un protocole très particulier et plutôt rassurant

Et il a même découvert le bouton permettant de lancer les missiles en question. Et ce dernier ressemble à s’y méprendre aux autres boutons présents sur la console, bien loin des fantasmes hollywoodiens qui voudraient que ce bouton nucléaire soit gros, rouge et accompagné d’un avertissement.

À noter que la console a besoin de deux clés séparées pour valider le lancement, et de codes qui sont transmis aux soldats présents sur site par le Kremlin. Quand même. Une découverte exceptionnelle qui a rapidement fait le tour du web, et qui a probablement attiré l’attention du Kremlin.

Par Anthony Detrier, publié le 23 novembre 2020 à 16h44

https://www.gentside.com/insolite/exploration-ce-youtubeur-infiltre-un-bunker-nucleaire-desaffecte-et-y-fait-une-decouverte-glacante_art80741.html

LES ÉTATS-UNIS ONT TESTÉ LE LARGAGE DE LA FUTURE BOMBE NUCLÉAIRE B61-12

Les États-Unis ont mené à bien cet été des tests de compatibilité de leur future bombe nucléaire, la B61-12 – appelée à devenir la plus commune dans l’arsenal atomique américain – avec le chasseur-bombardier F-35A, dans la perspective d’une mise en production en 2022, annoncé le laboratoire national Sandia, responsable de son développement.

Plusieurs largages de bombes de ce type, inertes, ont eu lieu « avec succès » dans l’enceinte du terrain d’essai de Tonopah, situé dans le désert du Nevada (sud-ouest des États-Unis), dont l’un, le 25 août, à vitesse supersonique.

« La B61-12 inerte a frappé le sol du désert dans la zone désignée de la cible environ 42 secondes plus tard« , a indiqué Sandia dans un communiqué publié lundi.

« Nous avons exécuté avec succès ce premier test en vol, historique, avec un F-35A, sur le Tonopah Test Range (TTR) dans les critères de livraison spécifiés« , a expliqué un responsable de ce champ d’expérimentation, Brian Adkins, cité par le communiqué.

Le F-35A, dit Lightning II, emporte son armement en soute – contrairement à d’autres chasseurs-bombardiers -, ce qui contribue notamment à sa furtivité.

Des tests similaires ont déjà été menés par l’US Air Force et d’autres instances liées au Pentagone avec un F-15E Strike Eagle en mars et avec un bombardier furtif B-2 Spirit en juillet.

Par Belga, publié le 24 novembre 2020

Photo en titre : Les États-Unis ont testé le largage de la future bombe nucléaire B61-12 – © ROB ENGELAAR – AFP

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_les-etats-unis-ont-teste-le-largage-de-la-future-bombe-nucleaire-b61-12?id=10638902

ÉNERGIES RENOUVELABLES EN MER : QUELLE STRATÉGIE DE L’UE ?

Diverses technologies permettent de produire des énergies renouvelables en mer. Avec un espace maritime très vaste, l’Union européenne dispose d’un potentiel prometteur. Des investissements de 800 milliards d’euros sont néanmoins nécessaires pour devenir climatiquement neutre d’ici à 2050.

C’est à partir d’installations terrestres que l’Union européenne produit, à l’heure actuelle, la majeure partie des énergies renouvelables. La Commission européenne a présenté, le 19 novembre 2020, la stratégie de l’UE sur les énergies renouvelables(nouvelle fenêtre) en mer.(nouvelle fenêtre) Son objectif est de porter la capacité européenne de production éolienne en mer de 12 GW actuellement à au moins 60 GW d’ici à 2030 et à 300 GW d’ici à 2050.

Sur la même période, la Commission entend compléter cette augmentation de capacité par 40 GW provenant de l’énergie océanique et d’autres technologies émergentes (énergies éoliennes et solaires flottantes…).

Typologie des technologies

25% de l’électricité européenne pourrait provenir de la mer en 2050. Un effort important qui représente l’équivalent de cinq fois le parc nucléaire français tout en contribuant à l’objectif de neutralité carbone fixé à 2050.

Le terme « technologies liées aux énergies renouvelables en mer » englobe un certain nombre de technologies énergétiques propres qui se trouvent à différents stades de développement :

  • l’éolien fixe qui a un rendement supérieur à celui des éoliennes terrestres (l’UE est numéro un mondial dans la fabrication et l’utilisation de cette technologie en mer) ;
  • l’éolien flottant, plus flexible, pour s’adapter à la direction du vent et aux différents bassins maritimes de l’UE (il s’agit d’une technologie nouvelle, le premier parc ayant été inauguré au large de l’Écosse en 2017 et le second au Portugal en 2019) ;
  • les technologies en courant continu tels les convertisseurs et systèmes en courant continu à haute tension qui peuvent transmettre d’énormes quantités d’énergies renouvelables en mer vers le continent ;
  • l’énergie houlomotrice consistant à exploiter l’énergie produite par les vagues sur lesquelles oscillent des flotteurs ;
  • l’énergie marémotrice qui transforme le mouvement des marées en électricité, en exploitant leurs courants pour entraîner des turbines sous-marines ;
  • l’énergie solaire flottante, encore à ses débuts, où les panneaux photovoltaïques en mer offrent la possibilité de tirer le meilleur parti de la lumière du soleil ;
  • les algues comme source de biocarburants (cette technologie n’en est encore qu’au premier stade de son développement).

La stratégie européenne a par ailleurs comme objectif d’aborder la totalité de la chaîne de l’éolien en mer, y compris le processus de fabrication des éoliennes et le développement des infrastructures portuaires.

Un espace maritime européen très vaste

L’UE dispose du plus grand espace maritime au monde. Elle se trouve dans une position unique pour développer les énergies renouvelables en mer grâce à la diversité et à la complémentarité de ses bassins maritimes.

La mer du Nord,  la mer Baltique, les eaux de l’Océan atlantique situées dans l’UE, la mer Méditerranée, la mer Noire, les îles de l’UE ainsi que les nombreuses régions ultrapériphériques européennes et pays et territoires d’outre-mer, possèdent des potentiels naturels élevés pour accueillir ces différentes technologies renouvelables.

Selon cette stratégie européenne, les pays de l’UE mettront ainsi à disposition 3% de l’espace maritime disponible.

Par  La Rédaction, publié le 23 novembre 2020 à 15h16

https://www.vie-publique.fr/en-bref/277291-la-strategie-europeenne-pour-leolien-offshore-et-lenergie-marine

NDLR : La France est plus qu’à la traîne dans l’ensemble de ces domaines de production d’énergie renouvelable. Nos concurrents ont choisi des énergies d’avenir (renouvelables) et la France, une énergie du passé (le nucléaire). Cherchez l’erreur !

RE 2020 : LA CRAINTE DU « RETOUR DU CHAUFFAGE ÉLECTRIQUE OBLIGATOIRE »

Le patron du réseau de transport de gaz GRTGaz craint le retour en force du chauffage électrique dans les bâtiments neufs, alors que le gouvernement s’apprête à dévoiler ses arbitrages dans ce domaine.

Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz, a dit redouter « le retour du chauffage électrique obligatoire pour tous« . Le gouvernement doit présenter les principales orientations de la nouvelle réglementation environnementale pour les bâtiments neufs, dite « RE2020« .

Cette future réglementation, qui a pris du retard, oppose notamment les tenants du chauffage à gaz et électrique. « Les pompes à chaleur électriques sont des solutions intéressantes » mais, « derrière le cortège des pompes à chaleur, on trouve aussi des radiateurs électriques et, en fonction de la fixation d’un certain nombre de coefficients, on risque d’avoir le retour du radiateur électrique« , a souligné M. Trouvé.

La crainte d’un système électrique toujours plus fragile

« La crainte, c’est que dans les prochains hivers on ait une pointe (de consommation) dont la taille aura augmenté et un système électrique toujours plus fragile du fait du développement des renouvelables, de la fermeture d’un certain nombre de tranches nucléaires, de leur vieillissement« , a-t-il poursuivi.

« Il suffit qu’il y ait une crise d’une nature ou d’une autre et, tout d’un coup, le système électrique et donc le système énergétique devient très fragile« , a-t-il insisté.

Il faisait ainsi allusion aux récentes mises en garde du gestionnaire du réseau électrique RTE: la France pourrait connaître des difficultés d’approvisionnement électrique en cas de vague de froid au mois de février, la crise sanitaire ayant perturbé la maintenance des réacteurs nucléaires.

Par Batirama.com, publié le 23 /11/2020

https://www.batirama.com/article/36466-re-2020-la-crainte-du-retour-du-chauffage-electrique-obligatoire.html

NDLR: il faut bien justifier nos futurs EPR par une « non diminution » de notre consommation électrique!

Le gouvernement se fait tancer sur l’isolation thermique des vieux bâtiments… il répond alors en interdisant le gaz dans la construction neuve ?!? Ignorerait-il l’existence du biogaz dont il vient lui-même d’estimer le potentiel à 56 GWh (*) ?Toujours selon la même étude gouvernementale, plus de la moitié de biogaz a été injecté dans le réseau de gaz naturel en 2016.

A contrario, le gouvernement français autorise la mise en service de pompes à chaleur dont le liquide réfrigérant détruit la couche d’ozone et contribue à l’effet de serre : cela sans doute sur la base d’études comme celle produite en Grande Bretagne (**) dont les résultats de la modélisation « suggèrent qu’il est bénéfique (en termes d’émissions nettes de CO2) d’encourager la poursuite du déploiement des pompes à chaleur au Royaume-Uni »

Extrait p 79 sur les fuites de réfrigérants en Angleterre et 81, graphique du dessous, sur le seul équivalent CO²

L’USINE FRAMATOME DU CREUSOT LANCE LA PRODUCTION DE COMPOSANTS DE REMPLACEMENT POUR LE PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS

(Boursier.com) — Fin octobre, l’usine Framatome du Creusot a franchi une nouvelle étape dans la montée en puissance de ses productions en lançant la fabrication de pièces de remplacement pour le parc nucléaire français.

Le 28 octobre, l’usine du Creusot a démarré les opérations de forgeage sur une première virole destinée à la fabrication d’une série de générateurs de vapeur de remplacement pour le parc nucléaire français. Pour réaliser ces opérations, les équipes de Framatome ont produit un dossier de qualification technique soumis et validé par l’Autorité de sûreté nucléaire française pour un ensemble de 16 viroles. Cette qualification technique s’appuie sur les exigences de la règlementation pour les équipements sous pression nucléaires- dite ESPN. Elle intègre les optimisations réalisées dans l’usine par Framatome sur le processus de fabrication de ces composants ainsi que sur les équipements utilisés.

En plus de la maîtrise renforcée des procédés, l’Autorité de sûreté nucléaire a acté des améliorations apportées au système de management de la qualité de l’usine ainsi qu’à l’organisation et à l’ancrage de la culture de sûreté auprès des équipes.

Depuis 2016, l’usine s’est engagée dans la définition et la mise en œuvre d’un vaste plan d’amélioration. Mi-2017, ce plan avait permis la montée en puissance des productions pour le projet de construction de deux réacteurs EPR au Royaume-Uni, à Hinkley Point C.

Pour accompagner cette croissance, sur la période 2018-2020, l’usine a recruté plus de cent personnes et a investi 23 millions d’euros dans son outil industriel.

« Cette nouvelle étape est permise grâce à l’engagement de tous les salariés dans les actions d’amélioration de l’usine« , a déclaré Jean-Bernard Ville, directeur de la BU Projets et Composants. « Notre ambition chez Framatome est de faire de notre usine du Creusot la référence mondiale pour l’industrie nucléaire et le secteur de la défense. »

En 2020, l’usine du Creusot est le fer de lance du programme de standardisation et d’industrialisation des fabrications de Framatome, un programme appelé Juliette, et a renouvelé son engagement dans la démarche d’excellence industrielle.

Par Claude Leguilloux, publié le 23/11/2020 à 07h05

Photo en titre : L’usine Framatome du Creusot lance la production de composants de remplacement pour le parc nucléaire français. Crédit photo © Reuters

https://www.boursier.com/actualites/news/l-usine-framatome-du-creusot-lance-la-production-de-composants-de-remplacement-pour-le-parc-nucleaire-francais-836481.html

NDLR : et on veut nous faire croire qu’EDF travaille sérieusement sur un projet 100 % énergie renouvelable d’ici 2050 ! De qui se moque-t-on ?

EDF GAGNE EN APPEL CONTRE TOTAL DIRECT ÉNERGIE

Alors que le tribunal de commerce avait initialement donné raison à Total face à EDF dans l’affaire de la résiliation d’un contrat d’apport en électricité nucléaire, le géant tricolore de l’énergie a obtenu gain de cause auprès de la Cour d’appel.

Vents contraires pour Total. Alors qu’EDF, qui avait résilié en juin le contrat d’apport en électricité nucléaire passé avec plusieurs fournisseurs alternatifs dont Total Direct Énergie, avait perdu face au géant du pétrole et des énergies renouvelables (qui contestait la décision d’EDF) en première instance, la cour d’appel de Paris a donné raison à l’électricien.

L’électricien avait décidé début juin de résilier pour 2020 les contrats de Total Direct Énergie, Alpiq et Gazel, qui avaient considéré la crise sanitaire comme un cas de force majeure pour suspendre leurs achats. EDF faisait valoir sa décision par une durée de suspension dépassant deux mois. Le 1er juillet, le tribunal de commerce, saisi en référé par Total, avait considéré que la lettre portant résiliation « ne répondait pas aux critères de validité contractuels« , selon l’ordonnance. Mais en appel, l’ordonnance est « infirmée en toutes ses dispositions« .

EDF indique désormais se tourner vers la Commission de régulation de l’énergie (CRE), pour l’application de la décision. Total n’a pas réagi dans l’immédiat. Cette bataille engagée entre les deux groupes énergétiques a connu plusieurs épisodes depuis le confinement du printemps, tous en référé, aucun sur le fond.

En mai, la justice avait donné raison à Total, qui souhaitait suspendre, pour raison de « force majeure » en raison de la pandémie de Covid-19, ses achats à l’avance et à prix fixe d’une certaine quantité d’électricité nucléaire produite par EDF. Ses achats se font dans le cadre d’un mécanisme baptisé Arenh (« accès régulé à l’énergie nucléaire historique« ). Sur ce conflit autour de la notion de « force majeure« , EDF a ensuite été débouté en appel, et s’est depuis pourvu en cassation.

Par Kévin Comte, publié le 23/11/2020 à 16h56, mis à jour le 23/11/2020 à 21h43

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-gagne-en-appel-contre-total-direct-energie-1386641