ALERTE : À TCHERNOBYL UNE RÉACTION NUCLÉAIRE INCONTRÔLÉE VIENT DE DÉMARRER DANS UNE DES SALLES DU RÉACTEUR N°4 ÉVENTRÉ

Un signal de fission atomique auto-entretenue critique, en provenance d’une pièce inaccessible de la centrale nucléaire en ruine de Tchernobyl, vient d’être détecté. La braise mortelle couve sous l’enchevêtrement des amas radioactifs d’uranium et de zirconium du réacteur n°4. Un amalgame de graphite des ex-barres de contrôle et des tonnes de sable déversées à partir du 26 avril 1986 pour tenter d’éteindre l’incendie sur le cœur du réacteur s’est transformé en lave. Environ 170 tonnes d’uranium irradié s’y trouve piégées. Le sarcophage en béton et en acier Shelter, érigé dans l’année qui a suivi l’accident au-dessus de l’installation nucléaire, a permis à l’eau de pluie de s’infiltrer. Le deuxième sarcophage gigantesque, glissé par-dessus, pour parer aux fissures et fuites du premier et contenir la réaction nucléaire ne résisterait pas. Les autorités s’inquiètent d’une possible accélération de façon exponentielle de la réaction de fission. Menace pour tous les pays.

Les réactions nucléaires couvent à nouveau à Tchernobyl. C’est ce qu’indique dans le plus grand mutisme de la communauté internationale scientifique et nucléariste et des médias institutionnels de tous les pays, la revue scientifique en langue anglaise « Science » du 5 mai 2021 (1) se faisant écho des propos de Maxim Saveliev de l’ISPNPP (Institut pour les problèmes de sûreté des centrales nucléaires, à Kiev en Ukraine). Les réactions de fission couvent à nouveau dans des masses de combustible d’uranium enfouies au fond d’une salle de réacteur mutilée. Les scientifiques ukrainiens s’efforcent de déterminer si les réactions pourraient se dissiper d’elles-mêmes (c’est le retour des croyances en l’intervention divine) ou si il faudrait intervenir avec des moyens fabuleux pour tenter d’éviter le pire sur le déjà effroyable.

Un nombre croissant de neutrons représentatif d’un signal de fission en provenance d’un endroit inaccessible

Trente-cinq ans après le pire accident nucléaire au monde – l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl – le spectre de la fission auto-entretenue (la criticité) dans les ruines nucléaires de Tchernobyl hante les esprits. Comment étouffer la menace ? Alerté, Neil Hyatt, chimiste des matières nucléaires à l’Université de Sheffield indique que «c’est comme la braise dans un barbecue». La menace ne peut être ignorée, celle que « la réaction de fission s’accélère de façon exponentielle » conduisant à «une libération incontrôlée d’énergie nucléaire».

Anatolii Doroshenko du même ISPNPP précise que « des capteurs indiquent un nombre croissant de neutrons représentatif d’un signal de fission en provenance d’un endroit inaccessible – la salle 305/2 – qui a doublé en un peu moins de 4 ans« . Un amalgame de graphite des ex-barres de contrôle, des barres de combustible en uranium, leur revêtement en zirconium, des tonnes de sable et de plomb et d’argile déversées à partir du 26 avril 1986 pour tenter d’éteindre l’incendie sur le cœur du réacteur se sont transformés en lave. Environ 170 tonnes d’uranium irradié (95% du combustible d’origine) s’y trouve piégées. Le magma a coulé dans les sous-sols du hall du réacteur et s’est durci.

Maxim Saveliev de l’ISPNPP complète le propos : «Il existe de nombreuses incertitudes car le nombre de neutrons augmente lentement. Mais nous ne pouvons pas exclure la possibilité [d’un] accident.« 

Quelques gouttes de pluie et les certitudes des experts sont lessivées

Depuis l’averse de juin 1990 l’eau de pluie s’est infiltrée sous le sarcophage en béton et en acier (Shelter) érigé sur le réacteur nucléaire en ruine un an après l’accident. Les experts se disaient que c’était bon signe car en théorie l’eau modère les neutrons. Mais elle augmente aussi leurs chances de percuter et de diviser les noyaux d’uranium : le nombre de neutrons monte alors en flèche lors de grosses pluies. Un scientifique («harceleur») s’était alors risqué dans le hall du réacteur endommagé et, en se précipitant car les radiations mortelles le frappaient, a pulvérisé une solution de nitrate de gadolinium propice à l’absorption des neutrons. On n’était pas passé loin, déjà, de l’emballement critique. Depuis des gicleurs au nitrate de gadolinium ont été installés dans le toit de l’abri mais le spray pulvérisé ne peut pas pénétrer dans certaines pièces du sous-sol.

Lorsque l’énorme deuxième sarcophage (New Safe Confinement/NSC) a été glissé au-dessus des ruines radioactives en novembre 2016 (3) toute la nucléocratie internationale s’est ravie car ainsi, juré craché foi d’experts, tout risque de criticité disparaissait. Pour la bagatelle de 1,5 milliard d’euros l’isolation permettrait de passer à la stabilisation de cette ignominie atomique et au démantèlement où il y aurait beaucoup de fric à se faire. L’atomiste français Areva (devenu Orano) avait même signé quelques contrats juteux. Manque de pot il s’était planté dans la conception et la réalisation des tunnels en béton de réception des colis radioactifs. Le diamètre était plus petit que celui des fûts. Exit les français.

Si jusqu’à présent ce sarcophage avait empêché la pluie d’entrer stabilisant alors le nombre de neutrons dans la plupart des zones sous l’abri, ceux-ci remontent à présent. Les scientifiques et ingénieurs nucléaires se grattent le crâne. Leurs connaissances pointues et prévisions modélisées avaient exclu un tel possible. Pourtant cela a bien lieu. Selon les analyses de l’ISPNPP c’est le séchage du combustible qui conduit les neutrons à « ricocher » à travers le magma (2) augmentant la division des noyaux d’uranium et le risque de réaction en chaîne incontrôlée. Mr Hyatt, le chimiste de l’Université de Sheffield, estime que «ce sont des données crédibles et plausibles» d’autant que « on ne sait tout simplement pas quel pourrait être le mécanisme. » Et de poursuivre qu’au Japon qui tente de contenir les conséquences de la catastrophe nucléaire de Fukushima-DaIch: « c »est une ampleur similaire de danger.« 

Maxim Saveliev de l’ISPNPP précise qu’après la catastrophe nucléaire d’avril 1986, le magma FCM fut nommé « Elephant’s Foot » (pied d’éléphant). Il était si dur que les scientifiques avaient dû utiliser une mitraillette Kalachnikov pour en arracher un morceau afin de pouvoir l’analyser; «Maintenant, il a plus ou moins la consistance du sable». Nous voilà bien rassuré, les enfants tous et toutes au bac à sable!

On n’en finit jamais avec l’horreur nucléaire concoctée par les apprentis-sorciers

En 1986 l’explosion nucléaire et l’incendie du réacteur atomique ukrainien ont recouvert presque toute l’Europe d’un nuage radioactif mortel, contaminant les populations et la chaîne alimentaire… malgré les mensonges officiels français (les vents ont protégés la France). Pour les experts nucléaristes d’aujourd’hui un même petit air de « tout va très bien madame la marquise » se profile. Pour eux  « Il n’y a aucune chance que cela se reproduise car une réaction de fission incontrôlée dans un magma pourrait seulement, par la chaleur de la fission, provoquer des éclaboussures par les restes d’eau bouillante« .

Mais Maxim Saveliev, l’expert de « l’Institut pour les problèmes de sûreté des centrales nucléaires » d’Ukraine, refroidit les certitudes et douche quelque peu les affirmations : « Bien que toute réaction explosive puisse être potentiellement contenue, elle peut intégralement contaminer l’Arche, compliquer grandement la surveillance et la gestion de l’installation et du réacteur pour les décennies à venir, menacer de faire tomber des parties instables de l’abri branlant, remplissant le sarcophage de poussières hautement radioactives« . Ah, si c’est contenu alors promenons-nous dans les bois et chantons gaiement.

La démesure et l’hubris qui gouvernent ces esprits sachant tout en tout, se heurtent au réel, au rationnel : les niveaux de rayonnement (radioactivité) dans la salle 305/2 empêchent tout simplement de s’approcher du lieu pour y installer le moindre instrument de mesure apte à renseigner sur ce qui s’y passe. Quant à la pulvérisation de nitrate de gadolinium sur le magma mortel et les débris nucléaires : elle ne sert que le temps de sa projection puis s’infiltre et disparaît sous le béton. Et pour couronner le tout : le magma (FCM) baigne et produit des radiations nucléaires intenses, une humidité élevée, se désintègre et génère en grande quantité de nouvelles poussières radioactives. Difficile aussi d’envisager de démanteler les installations dans ces conditions.

Tous complices du crime

Le rêve des nucléaristes et politiciens ukrainiens de stocker sous terre dans un dépôt géologique les déchets radioactifs retirés du monstre atomique en perdition s’éloigne quelque peu. Aux générations futures de s’en débrouiller. Heureusement la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (les impôts des populations européennes) vient à la rescousse. Avant septembre elle va financer un plan global pour mettre les saletés radioactives sous le tapis et voir ce qu’il est possible de faire avec ce foutu magma.

Et l’idée de développer un robot capable de résister à l’intense radioactivité des lieux est de nouveau sur le tapis. Une forme d’entêtement en quelque sorte puisque déjà expérimenté sans succès à Fukushima depuis près de 10 ans. Les pilotes perdent le contact avec le robot dont les circuits électroniques explosent sous les radiations. Une lueur (d’espoir atomique) : un nouvel appareil est parvenu au Japon à approcher du magma et à le toucher il y a deux ans. Une sorte de gros tuyau télécommandé à distance depuis une salle sécurisée, mais aucun prélèvement n’avait été réalisé. À Tchernobyl il faudrait qu’un tel robot tienne le coup assez longtemps pour pouvoir, rien de moins que, de percer des trous dans les FCM, suffisamment gros et larges, y insérer des tubes de bore conçus et fabriqués à cet effet, mais beaucoup plus maniables (tel des barres de contrôle de la réaction nucléaire dans un réacteur) pour limiter le bombardement neutronique et « absorber » les neutrons. Et après? Mystère et boule de gomme.

Les scientistes font joujou pendant qu’une réaction en chaîne incontrôlée a démarré et menace la planète.

NOTES :

(1) rédacteur : Richard StoneMay) du 5 mai 2021 à 11h20 . https://www.sciencemag.org/news/2021/05/nuclear-reactions-reawaken-chernobyl-reactor

(2) nommé aussi « corium » (hautement radioactif)

(3) une structure nommée « l’arche« 

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Par Jean Revest, publié le mardi 11 mai 2021 à 15h51

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/05/11/Alerte-%3A-a-Tchernobyl-une-r%C3%A9action-nucleaire-incontrolee-vient-de-demarer-dans-la-salle-du-reacteur-n%C2%B04-eventre

DÉPASSEMENT DE LA MASSE DE MATIÈRE FISSILE AUTORISÉE DANS UN COLIS ENTREPOSÉ DANS L’INB 164, DÉNOMMÉE CEDRA (CADARACHE)

Le 5 mai 2021, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un dépassement de la masse de matière fissile autorisée dans un des colis dits « faiblement irradiants » de 870 litres entreposé dans l’installation Cedra (INB 164) du centre de Cadarache.

L’installation Cedra entrepose des colis de déchets solides produits dans différentes installations nucléaires. (NDLR : CEDRA = Conditionnement et Entreposage de Déchets RAdioactifs)

Le 2 mars 2021, un transport de deux colis de déchets a été réceptionné au Cedra en provenance de l’installation d’entreposage et de conditionnement de déchets alpha (IECDA), située dans l’INBS du centre de Marcoule. Les documents constitutifs du transport des deux colis indiquaient une masse de matière fissile inférieure à la limite de masse de matière fissile autorisée de 200 g par colis dans Cedra. Les deux colis ont donc été acceptés dans l’installation Cedra.

Ces colis de 870 litres sont constitués chacun de quatre fûts primaires de déchets nucléaires, qui ont été compactés et bloqués dans un mortier au sein de l’installation IECDA. Lors de la constitution d’un de ces colis, une substitution fortuite d’un des fûts primaires par un autre fût contenant plus de matière fissile que prévu a entrainé la sous-estimation de la masse totale de matière fissile de ce colis. Cet écart n’a été détecté ni lors des contrôles réalisés à l’issue de la fabrication du colis ni lors des contrôles préalables à la réalisation du transport et à la réception du colis à Cedra.

Cette inversion de fût primaire a été détectée par l’installation IECDA, qui en a informé le chef d’installation de Cedra le 3 mai 2021. La masse totale de matière fissile d’un des deux colis expédiés le 2 mars 2021 est en réalité de 224,1 grammes, dépassant ainsi le seuil autorisé par colis au sein de Cedra.

Les contrôles radiologiques réalisés sur le colis à la suite de l’événement ne montrent pas de contamination surfacique ni d’augmentation du débit de dose ambiant. Une zone d’exclusion a été mise en place au-dessus et autour du colis, le temps pour l’exploitant d’étudier toutes les conséquences de cet écart, notamment du point de vue de la maîtrise des réactions nucléaires en chaîne au sein de l’entreposage.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, compte-tenu du dépassement d’une limite de masse autorisée de matière fissile, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

L’ASN veillera au caractère suffisant des contrôles et de la surveillance réalisés par le CEA sur la qualité des colis reçus au sein de l’installation CEDRA.

Cet événement a donné lieu à deux autres déclarations de la part du CEA :

  • une déclaration à l’ASN concernant le non-respect du certificat d’agrément de l’emballage de transport ayant servi à transporter le colis entre IECDA et Cedra ;
  • une déclaration à l’ASND concernant l’erreur de constitution du colis dans l’installation IECDA de l’INBS de Marcoule.

Par ASN, publié le 12 mai 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Depassement-de-la-masse-de-matiere-fissile-autorisee

POLYNÉSIE, L’INVITÉE CAFÉ : LANA TETUANUI – 11/05/2021

L’invitée café du mardi 11 mai 2021 est Lana Tetuanui, Sénatrice de la Polynésie française.

La sénatrice de Polynésie française, Lana Tetuanui est revenue sur la feuille de route qui devra guider les participants à la future table ronde sur le nucléaire qui se tiendra en juin prochain à Paris. À cette table ronde il faut mettre un contenu un ordre du jour ; les associations veulent des réparations qui pourraient prendre la forme de réalisations ou d’investissements pour développer par exemple la desserte des îles dans la construction d’un centre régional de lutte contre les cancers. 

La feuille de route prendra en compte d’abord des malades et ensuite les enjeux socio-environnementaux du post nucléaire.

Il est temps « d’assumer » la question des réparations subies par l’impact des essais nucléaires en Polynésie française et ainsi mieux indemniser les familles des victimes

La sénatrice défend les indemnisations à tous les anciens travailleurs et leurs ayants droits, et seulement eux. (voir NDLR en fin de d’article)

Oui à la réparation pour tous ceux qui ont travaillé à Moruroa idem pour les ayants droits.

Par Polynésie la 1ère ; SD, publié le 11/05/2021 à 12h00, mis à jour le 11/05/2021 à 12h11

Photo en titre : © polynésie la 1ère

Si vous souhaitez retrouver cet article et écouter Lana Tetuanui qui est interrogée en direct par Ibrahim Ahmed Hazi, cliquer sur : https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/emissions-radio/l-invite-cafe/invitee-cafe-lana-tetuanui-11052021-953166.html

NDLR: si ça commence par des exclusions, c’est plutôt mal parti!

UN CHOIX CRUCIAL: COURSE AUX ARMEMENTS NUCLÉAIRES OU MONDE SANS ARMES NUCLÉAIRES

L’annonce récente par le gouvernement britannique de son intention d’augmenter de 40% le nombre d’armes nucléaires qu’il possède met en évidence l’escalade de la course aux armements nucléaires, exceptionnellement dangereuse et coûteuse.

Après des décennies de progrès dans la réduction des arsenaux nucléaires grâce à des accords de contrôle des armements et de désarmement, toutes les puissances nucléaires s’activent à nouveau en vue d’améliorer leurs capacités en matière d’armes nucléaires. Depuis plusieurs années, le gouvernement des États-Unis s’est engagé dans un programme massif de «modernisation» nucléaire, destiné à remettre à neuf ses installations de production, à améliorer les armes existantes et à en construire de nouvelles.

Le gouvernement russe investit lui aussi massivement dans le renforcement de ses forces nucléaires. En juillet 2020, le président Vladimir Poutine a annoncé que la marine russe serait bientôt armée d’armes nucléaires hypersoniques et de drones nucléaires sous-marins. Pendant ce temps, la Chine, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord augmentent la taille de leurs arsenaux nucléaires, tandis qu’Israël construit une nouvelle installation secrète d’armes nucléaires et que la France modernise ses missiles balistiques, ses missiles de croisière et ses sous-marins lanceurs de missiles.

Ce développement nucléaire coïncide avec l’abandon d’accords clés en matière de contrôle des armes nucléaires et de désarmement, notamment le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPoA) et le Traité Ciel ouvert (Treaty on Open Skies).

Comme les courses aux armements du passé, la relance de la course aux armements nucléaires fait courir un immense danger au monde, car lorsque les nations s’engagent dans un conflit militaire, elles sont enclines à utiliser les armes les plus puissantes dont elles disposent. Combien de temps faudra-t-il avant qu’un gouvernement agressif et doté d’armes nucléaires – ou simplement un gouvernement menacé de défaite militaire ou d’humiliation – ne recoure à la guerre nucléaire?

Outre l’énorme danger qu’elle représente, une course aux armements nucléaires s’accompagne d’un énorme prix financier – dans ce cas, des billions de dollars. Les analystes militaires ont estimé que le programme de «modernisation» nucléaire du gouvernement des États-Unis coûtera à lui seul environ 1,5 billion de dollars.

Bien sûr, le processus de contrôle des armes nucléaires et de désarmement n’est pas mort, du moins pas encore. L’une des premières actions du président américain Joseph Biden après son entrée en fonction a été de proposer de prolonger le traité New Start américano-russe, qui limite considérablement le nombre d’armes nucléaires stratégiques américaines et russes. Et le gouvernement russe a rapidement accepté. En outre, des efforts sont en cours pour rétablir l’accord sur le nucléaire iranien. Plus spectaculaire encore, le traité des Nations unies sur l’interdiction des armes nucléaires, qui a été adopté par 122 nations en 2017, a obtenu suffisamment de ratifications pour devenir une loi internationale en janvier 2021. Les dispositions de cet accord historique, si elles sont respectées, devraient créer un monde sans armes nucléaires.

Malgré cela, lorsqu’il s’agit de libérer le monde du danger de la destruction nucléaire, la situation n’est pas prometteuse. Aucune des puissances nucléaires n’a signé le traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Et sans leur participation, un monde sans armes nucléaires restera une ambition plutôt qu’une réalité. En fait, les pays nucléaires les plus puissants restent dans une situation de haute tension les uns avec les autres, ce qui ne fait que renforcer la possibilité d’une guerre nucléaire. Évaluant la situation au début des années 2020 et 2021, un panel nommé par les rédacteurs du Bulletin of the Atomic Scientists a placé les aiguilles de sa célèbre «horloge de l’apocalypse» à 100 secondes avant minuit, le réglage le plus dangereux de son histoire.

En conséquence, les puissances nucléaires sont confrontées à un choix crucial. Elles peuvent poursuivre leur course aux armements nucléaires et en subir les terribles conséquences. Ou elles peuvent suivre la voie de la raison dans l’ère nucléaire et rejoindre les autres nations pour construire un monde sans armes nucléaires.

(Article publié dans Counterpunch en date du 10 mai 2021; traduction rédaction À l’Encontre)

Par Lawrence Wittner (professeur d’histoire émérite à SUNY/Albany et l’auteur de Confronting the Bomb (Stanford University Press, 2009), publié le 12 mai 2021

https://alencontre.org/societe/un-choix-crucial-course-aux-armements-nucleaires-ou-monde-sans-armes-nucleaires.html

LE GOUVERNEMENT REPOUSSE DISCRÈTEMENT LA RÉFORME D’EDF

Tiraillé entre les syndicats et la Commission européenne, Bruno Le Maire défend désormais un nouveau projet appelé « grand EDF », qui ne pourra être mis en place rapidement.

Dans la série « Il faut sauver le soldat EDF », la saison « Hercule » s’achève sans tambour ni trompette. Ce grand projet de réforme, porté depuis près de deux ans par la direction du groupe, est désormais en passe d’être discrètement enterré par le gouvernement, qui fait face à un calendrier intenable et à une forte pression syndicale.

Un nouvel échange, lundi 10 mai, entre le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, et la vice-présidente de la Commission européenne, Margrethe Vestager, a illustré les divergences d’approche entre la France et Bruxelles. Non seulement les négociations sont loin d’être terminées, mais Paris a durci sa position pour préserver les intérêts d’EDF, explique-t-on désormais au sein du gouvernement.

À l’origine, la direction du groupe et l’exécutif ont construit un projet appelé « Hercule » qui consiste à organiser le groupe en trois entités. Un « EDF Bleu », 100 % public, regrouperait les activités nucléaires, tandis qu’un « EDF Vert », dont le capital serait ouvert au privé, rassemblerait la vente d’électricité, les énergies renouvelables et le distributeur Enedis (ex-ERDF). Une troisième structure, « EDF Azur », avec un statut public particulier, comprendrait les barrages hydroélectriques – qui sont l’objet d’un contentieux de plus de dix ans avec la Commission européenne. Les syndicats et l’opposition sont mobilisés depuis plusieurs mois contre ce qu’ils qualifient de « démantèlement » du groupe public et affirment que ce projet ouvre la porte à une « privatisation » d’une partie des activités de l’électricien.

Projet aux contours flous

La raison de ce grand chambardement ? La situation économique difficile d’EDF, une entreprise lestée d’une dette de 42 milliards d’euros et qui doit faire des investissements considérables pour prolonger ses réacteurs nucléaires et investir dans les énergies renouvelables. Surtout, EDF estime être lésée par le dispositif, qui l’oblige à vendre une partie de sa production d’électricité nucléaire à ses concurrents à un prix fixe.

C’est la volonté de mettre fin à ce mécanisme complexe d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique (Arenh) qui a poussé la France à ouvrir une négociation avec Bruxelles : en échange d’un dispositif plus rémunérateur pour EDF, le groupe serait réorganisé d’une manière plus conforme à la vision européenne de la concurrence. Mais ces négociations patinent depuis plusieurs mois, même si le gouvernement s’est montré, à plusieurs reprises, optimiste sur le sujet.

Cet épisode est désormais terminé. Après avoir multiplié les rencontres avec les syndicats du groupe et échangé avec la Commission, fin avril et début mai, Bruno Le Maire, a repris le sujet en main et changé de stratégie. Il a remisé le plan « Hercule » et mis en place un nouveau projet, aux contours flous, appelé « grand EDF ».

Une démarche qui se veut beaucoup plus en phase avec ce que souhaitent les syndicats. Un groupe intégré dans lequel les flux financiers entre les entités seraient possibles, tout comme la mobilité des salariés. Enfin, ce « grand EDF » aurait une gouvernance commune. Le plan pourra peut-être satisfaire ceux qui s’inquiétaient d’un démantèlement du groupe, mais va durcir fortement les négociations avec la Commission européenne.

Main tendue aux syndicats

À Bercy, on vante un projet « plus équilibré », mais on reconnaît que ce changement de cap ne facilite pas la tâche des négociateurs. Bruxelles voit historiquement d’un mauvais œil le poids d’EDF en France et réclame de longue date une libéralisation plus grande du secteur de l’électricité. Surtout, pour la Commission européenne, le gouvernement doit garantir des séparations claires entre les différentes activités, notamment la production d’électricité et la commercialisation. Le nom même de « grand EDF » sonne comme une provocation pour Bruxelles. Résultat : il semble aujourd’hui quasi impossible d’arriver à un accord à brève échéance.

Désormais, le ministre de l’économie se dit prêt à tendre la main aux syndicats et à rediscuter de certaines parties du plan, celles qui concentrent les critiques – notamment la place du réseau de distribution Enedis. En coulisse, on estime à Bercy que l’absence de discussion avec les représentants syndicaux pendant dix-huit mois de la part de la direction d’EDF n’a pas aidé à faire avancer le projet. La mobilisation de Bruno Le Maire est, en creux, un désaveu pour Jean-Bernard Lévy, qui a porté cette réforme contre une partie de son corps social.

Au gouvernement, on reconnaît désormais que certaines critiques des syndicats contre la direction d’EDF sont « légitimes ». Le PDG d’EDF répondait pourtant à une demande du président de la République, qui lui a explicitement demandé de travailler à ce sujet lors de sa reconduction à la tête de l’entreprise, en 2018. Mais, depuis, l’Élysée s’est bien gardé de s’avancer sur le sujet.

Prendre le temps de la négociation

D’autant que l’exécutif est de plus en plus contraint par le calendrier électoral. Comment mener un projet aussi sensible en pleine campagne présidentielle ? Pour qu’une telle réorganisation voie le jour, il faudra un vote au Parlement – dans un agenda parlementaire déjà surchargé – et un processus de transformation de l’entreprise qui demandera du temps. Cette réforme complexe risque aussi de devenir une patate chaude pour Emmanuel Macron, déjà attaqué par la gauche, par une partie de la droite et par l’extrême droite pour sa volonté de « privatiser EDF ».

En avril, le gouvernement estimait qu’il était encore possible de faire aboutir cette réforme en concluant les négociations fin mai et en faisant voter l’Assemblée au début de l’année 2022. Cette perspective s’éloigne, puisqu’il est acquis que les négociations avec les services de la Commission européenne vont se poursuivre en juin.

Désormais, on estime au gouvernement qu’« il ne faut pas cette réforme à n’importe quel prix » et on assure qu’il faudra prendre le temps de la négociation, aussi bien avec les syndicats à Paris qu’avec la Commission européenne à Bruxelles. Autrement dit : il est urgent d’attendre. Même si les difficultés financières d’EDF sont toujours là.

Par Nabil Wakim, publié le 11 mai 2021

Photo en titre : Lors d’une manifestation de syndicats contre le plan « Hercule », devant la centrale nucléaire EDF de Blaye (Gironde), le 25 mars 2021.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/05/11/le-gouvernement-repousse-discretement-la-reforme-d-edf_6079906_3234.html

NDLR : en fait, il est urgent d’attendre… que les présidentielles soient passées car ensuite, si le président est réélu, il aura les mains libres pour faire plaisir à Bruxelles (ainsi qu’à lui-même d’ailleurs !)

LA COORDINATION STOP CIGÉO ET PLUS DE 100 SOUTIENS DONNENT RDV POUR LE « 123 PROCÈS ! » DES OPPOSANT-ES AU PROJET CIGÉO À BAR-LE-DUC

La Coordination Stop Cigéo appelle tous ses soutiens et toutes les personnes qui se sentent reliées à la lutte contre le projet Cigéo à venir au procès des « malfaiteurs » de Bure les 1, 2 et 3 juin. Sept camarades de lutte comparaîtront devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc. Le clap final de l’absurde accusation « d’association de malfaiteurs » qui aura lourdement affecté la lutte à Bure. Le point d’orgue d’une instruction liberticide qui aura duré quatre longues années. 

Sept ami-es sont prévenu-es, mais tout le mouvement de résistance au projet Cigéo sera à la barre

Nos ami-es ont été ciblé-es par l’appareil judiciaire et ont particulièrement subi ses foudres depuis quatre ans. Pourquoi elles, pourquoi eux ? Parce qu’ils-elles ont été identifié-es comme étant des personnes impliquées dans la lutte. La criminalisation de leur engagement est au cœur de la procédure. En cela, l’instruction pour association de malfaiteurs est une peine en elle-même, une condamnation anticipée. Une opération politique qui a sévèrement attaqué nos libertés de s’exprimer, de se réunir ou de se déplacer. Des atteintes personnelles mais aussi collectives : elle a considérablement et à dessein été utilisée pour désorganiser le mouvement de résistance à Bure. Comme une machine de renseignement aux moyens surréalistes, notamment issus de l’anti-terrorisme. Une totale dérive qui menace aujourd’hui l’ensemble de nos luttes. 

Pour autant, en tentant d’éclater la lutte à Bure, loin de l’éteindre, elle n’a fait que l’essaimer. Aucun couvercle ne fut suffisant pour l’étouffer. Ces dernières années ont été riches malgré le harcèlement policier et judiciaire ! 

Le procès se déroulera en pleine année de demande d’utilité publique du projet Cigéo

Alors que l’instruction n’a été clôturée que récemment, en décembre 2020, l’annonce du procès « des malfaiteurs » pour début juin semble précipitée. Il arrive aussi à un moment fatidique, soit quelques mois avant le début de l’enquête publique de la demande d’utilité publique. La volonté de s’en débarrasser ? La crainte que le procès fasse une mauvaise publicité à Cigéo ? Le souhait qu’il se déroule le plus discrètement possible pour ne pas salir l’Andra l’année où d’importantes décisions pourraient être prises pour sa poursuite ?

Nous ne laisserons pas ce procès se dérouler en catimini et nos ami-es subir l’isolement et les murs froids d’une salle d’audience

Si coupables ils-elles sont, nous le sommes aussi. S’ils-elles sont des malfaiteur.ices, alors nous en sommes aussi. Alors ce procès ne sera pas le leur, mais le nôtre et celui de tou-tes ses opposant-es. Mais aussi et surtout celui de Cigéo, le projet de la démesure qui accumule depuis 30 ans scandales, manipulations politiques et scientifiques en tout genre, qui ne tient qu’à la collusion entre les différents acteurs du nucléaire et de l’appareil politico-judiciaire. 

Venir nous rejoindre les 1, 2 et 3 juin, c’est à la fois affirmer son soutien à nos camarades et confirmer son opposition à Cigéo !

En particulier, nous appelons à participer massivement au cortège festif du 1er juin à 14h, départ place St Pierre !

Si vous avez partagé un bout de lutte à nos côtés, prenez le temps de lire ce texte « Lettre ouverte à toi qui partage des souvenirs avec Bure ». Il est pour vous : https://noussommestousdesmalfaiteurs.noblogs.org/lettre-ouverte-a-toi-qui-partage-un-des-souvenirs-avec-bure/

Faites tourner l’info svp, le délai est très court pour mobiliser : parlez-en autour de vous !

Pour organiser votre venue, c’est par là :

L’appel du 1.2.3 procès, affiches et tracts à télécharger : https://bureburebure.info/123proces/

Possibilité d’hébergement à Bure et ses environs : nous vous invitons à remplir le formulaire suivant pour aider les collectifs sur place à vous préparer un super accueil : https://framaforms.org/hebergement-a-bure-et-environs-123-juin-2021-1619363758

Toutes les informations pratiques et le pré-programme : https://bureburebure.info/123-infos-pratiques/

S’organiser pour venir en co-voiturage : https://www.mobicoop.fr/covoiturages-evenements/645/123-Proces-des-opposant-es-au-projet-Cigeo-a-Bure

En savoir plus sur le procès : https://noussommestousdesmalfaiteurs.noblogs.org/

APPEL A DONS POUR LE SOUTIEN JURIDIQUE DES 7 PERSONNES : https://www.helloasso.com/associations/cacendr/collectes/en-soutien-au-proces-des-malfaiteurs-de-bure-1

Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, nous invitons chacun-e à prendre les mesures adéquates. Gel et masques seront à disposition en quantités suffisantes.

Publié le 11 mai 2021

Pour retrouver cet article et voir la liste des SIGNATAIRES, cliquer sur : https://cedra52.jimdofree.com/2021/05/11/la-coordination-stop-cig%C3%A9o-et-plus-de-100-soutiens-donnent-rdv-pour-le-123-proc%C3%A8s-des-opposant-es-au-projet-cig%C3%A9o-%C3%A0-bar-le-duc/

FESTIVAL INTERNATIONAL DU FILM SUR L’URANIUM 2021 : DEUX FILMS DE LARBI BENCHIHA SÉLECTIONNÉS !

Alors que la question des essais nucléaires français dans le Grand Sud algérien est revenue de plus belle au-devant de la scène du débat mémoriel entre l’Algérie et la France, ces quelques derniers mois, deux films-documentaires du cinéaste et documentariste franco-algérien, Larbi Benchiha, sont sélectionnés et programmés au Festival international du film sur l’uranium de Rio de Janeiro (Brésil), qui se tiendra dans sa 10ème édition entre le 20 et 30 mai.

D’une manière quasi-chronologique, étant tous les deux produits par France Télévisions, lesdits films, qui seront à l’honneur, traitent de la problématique des explosions atomiques expérimentales françaises au Sahara et en Polynésie, de 1960 à 1996, ainsi que leurs conséquences sanitaires et environnementales.

Le premier documentaire est intitulé « L’Algérie, de Gaulle et la bombe » (2010), lauréat du Prix de la critique au Festival de Tanger. Il revient sur les premiers pas de la France en tant que quatrième puissance atomique au monde, trouvant dans le territoire algérien un terrain «idéal» pour les 17 premiers essais, entre 1960 et 1966.

Dès la fin des années 1950, les autorités coloniales ont créé une base atomique secrète dans la région de Reggane. Malgré la réticence de ses alliés de la Seconde Guerre mondiale, le général de Gaulle réaffirma les ambitions françaises sur le plan du nucléaire militaire lors d’une conférence de presse tenue en octobre 1958. «Celui qui n’a pas la bombe ne compte pas», a-t-il déclaré.

En novembre 1959, le délégué français auprès des Nations unies, Jules Moch, affirma que le site nucléaire installé en Algérie ne présentait «aucun danger pour la population». Le 13 février 1960, y explosa la première bombe A française, baptisée Gerboise bleue. Trois autres «essais atmosphériques» y seront effectués : Gerboise blanche (avril 1960), Gerboise rouge (décembre 1960) et Gerboise verte (avril 1961).

Puis, de novembre 1961 à février 1966, suivront 13 «essais en galerie» à In Ekker, dans le massif du Hoggar. En 1967, au moment où les autorités françaises restituaient entièrement les sites atomiques au gouvernement algérien, le «mal radioactif» était bien réel, mais on se contenta de l’enfouir sous les sables ! Tel décrit dans le film, la population locale et la nature y souffriront en silence des décennies durant.

Elles attendent toujours des réparations, financières et matérielles : inventorier et indemniser toutes les victimes humaines des essais ; situer et évaluer les effets des déchets nucléaires enfouis ; cartographier tous les sols impactés par la radioactivité et mettre en place un plan ambitieux de nettoyage, particulièrement en ce qui concerne le périmètre touché par l’accident de Béryl, le deuxième essai souterrain (mai 1962).

Le second documentaire est titré « Bons baisers de Moruroa » (2016). Déjà distinguée plusieurs fois – Grand prix au UIFF à Berlin, Prix spécial au Fespaco à Ouagadougou, Prix meilleur documentaire à New York –, cette œuvre est une suite logique de l’histoire racontée dans la précédente. En effet, ne pouvant plus le faire en Algérie une fois les clauses spéciales dans les Accords d’Évian qui le permirent sont devenues caduques, le gouvernement français a été contraint de réaliser les tests de son programme nucléaire ailleurs. Pour ce faire, il choisit les atolls polynésiens. Entre 1966 et 1996, 193 essais nucléaires y ont été réalisés.

Pendant cette période, des milliers de civils et de militaires ont été exposés aux radiations sans le savoir. En conséquence, des dizaines de personnes, parfois leurs enfants également, ont développé toutes sortes de pathologies, singulièrement des cancers à répétition. Ces victimes se battent, encore aujourd’hui, pour arracher à l’État français une reconnaissance pleine et entière envers toutes les victimes des essais nucléaires sans distinction, en Polynésie, en Algérie et partout ailleurs !

Par Samir G., publié le 11 mai 2021 à 10 h 10 min

https://www.elwatan.com/pages-hebdo/france-actu/festival-international-du-film-sur-luranium-2021-deux-films-de-larbi-benchiha-selectionnes-11-05-2021

TAHITI ET NUCLÉAIRE : « NOUS N’AVONS PAS PEUR DE LA VÉRITÉ »

Tahiti, le 10 mai 2021 – Le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, a évoqué lundi le sujet des conséquences des essais nucléaires en Polynésie française avec notamment les confessions religieuses et les associations de victimes et de vétérans. L’objectif étant la préparation de la “table ronde” voulue par Emmanuel Macron pour le mois de juin, sans “avoir peur” de n’occulter aucun sujet pour faire “la vérité” sur le nucléaire.

C’était l’une des “séquences” les plus attendues de la longue visite officielle du ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, en Polynésie française. La journée de lundi a été consacrée à l’épineux dossier des conséquences des essais nucléaires, d’abord avec une rencontre en matinée avec les représentants des confessions religieuses à la résidence du haut-commissaire, ensuite avec une rencontre avec les associations de défense des victimes et vétérans, parlementaires et élus dans l’après-midi à la présidence. L’occasion surtout pour le ministre de “commencer à travailler au contenu et à la méthode” de la “table ronde” proposée par le Président de la République au président Édouard Fritch pour le mois de juin prochain, avant une visite d’Emmanuel Macron avancée au mois de juillet. Une table ronde qui fait directement suite aux informations du livre Toxique et à l’enquête des médias d’investigations regroupés autour de Disclose, sortis en mars dernier. “Un ouvrage qui a rouvert des plaies et qui a créé beaucoup de questions”, a concédé le ministre.

Argument répété à plusieurs reprises depuis l’arrivée de Sébastien Lecornu en Polynésie, le ministre affirme qu’Emmanuel Macron et lui-même ont une “relation apaisée et dépassionnée” avec le sujet du fait de leur jeune âge. “Nous n’avons pas peur de la vérité”, a affirmé Sébastien Lecornu lundi après-midi à la présidence. “Au contraire, la vérité nous la voulons et surtout nous souhaitons assumer. Et pour nous, assumer ça veut dire aussi faire rencontrer la vérité d’une part et la justice d’autre part.” Une position qui répond, selon le ministre, à la demande de “pardon” souhaitée par les associations et les militants anti-nucléaires : “Je pense qu’assumer, poser ce qu’est rendre justice et ce qu’est la vérité, c’est plus fort que le pardon.” Sébastien Lecornu a également répété à plusieurs reprises refuser que ce débat se fasse sur le terrain de la “politique politicienne” : “Je le refuserai. Je ne suis pas candidat à une élection en Polynésie française. Je n’ai pas de calendrier électoral. Si je viens en représentant l’État, c’est pour répondre aux angoisses et aux interrogations bien légitimes de mes concitoyens.

“Ne pas avoir peur d’un débat global”

Et pour le ministre, cette “justice” sur les conséquences des essais nucléaires passe d’abord par la réparation. Sébastien Lecornu a indiqué que la question de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires serait un des points importants de la table ronde : “On voit que ce qui a été imaginé par la loi Morin suscite beaucoup de questions. Les dossiers sont parfois très complexes. Les indemnisations sont parfois trop longues. Et le nombre des personnes indemnisées est particulièrement faible. En tous cas, c’est un chiffre que je reconnais comme tel”. Le ministre a également évoqué le sujet de la réparation environnementale pour une “justice territoriale” et confirmé que la question de la déclassification des documents « secret défense » sur le nucléaire serait posé au cours de cette table ronde.

Autre axe de travail : laisser toute la place aux experts et aux scientifiques. “Je ne suis pas un spécialiste, ni un médecin. Le livre pose des thèses. D’autres rapports du CEA, de l’Inserm, de l’AIEA, d’associations, d’ONG posent un certain nombre de thèses sur lesquelles je ne suis pas juge”. Le ministre dit attendre un débat et une confrontation sur ces sujets scientifiques. “On ne peut pas avoir des thèses qui poussent à droite à gauche et dire aux Polynésiens : débrouillez-vous et faîtes le tri et vous verrez bien où est la vérité.”

Enfin, Sébastien Lecornu a affirmé que le “travail de vérité” ne serait pas complet sans “replacer les choses dans leur contexte”. Le ministre, qui s’est rendu dimanche à Moruroa, a indiqué que si le CEP avait “pesé dans l’histoire des Polynésiens”, il ne fallait pas occulter ses aspects économiques, fiscaux et sociaux sur l’emploi. “Ce n’est pas l’État seul qui a imposé ce CEP à un territoire. Il y a aussi un territoire qui l’a accueilli pendant des années avec des élus qui ont participé à un certain nombre d’échanges et de travaux.” Et le ministre de rappeler que cet aspect économique est d’ailleurs une des thèses du livre Toxique. “C’est de dire que beaucoup d’argent a circulé. Eh bien, il ne faut pas avoir peur d’avoir un débat global sur l’ensemble de ces vérités.”

Associations “dubitatives”

Du point de vue, plus concret, de l’organisation de cette table ronde, Sébastien Lecornu a annoncé la nomination d’un préfet, Alain Rousseau, qui sera en charge de la préparation, pour le compte de l’État, de la table ronde. Côté Pays, le président Édouard Fritch a annoncé la nomination de Joël Allain, ancien dirigeant d’EDT ou d’Air Tahiti, comme coordinateur côté Pays pour cette table ronde. Le président du Pays a indiqué qu’il souhaitait que davantage de “jeunes” intervenants, également côté associations, puisse prendre part à ce débat qui devra orienter la question du nucléaire “vers l’avenir”.

Sur la question de la participation de plusieurs acteurs anti-nucléaires qui s’étaient élevés contre l’organisation d’une telle table ronde à Paris et non en Polynésie (Moruroa e tatou et l’Église protestante en tête) le ministre des Outre-mer et le président du Pays se sont voulus rassurants. Édouard Fritch constatant que toutes les associations avaient répondu présentes pour la rencontre de lundi après-midi. Sébastien Lecornu affirmant que ceux qui ne pourraient pas venir à Paris auraient “les moyens de travailler en amont”.

Côté associations, le discours était moins angélique à la sortie de la réunion. Le président de Moruroa e tatou, Hiro Tefaarere, a confirmé que son association ne participerait pas à ces travaux. Et du côté de l’Église protestante, on concédait que “si le discours a surpris par sa nouveauté”, on restait néanmoins “dubitatif” sur sa traduction en avancées concrètes et surtout sur la forme d’une démarche impulsée depuis Paris. Commentaire d’un des responsables de l’Église protestante lundi soir : “Cela laisse un sentiment de déjà-vu”.

Rédigé par Antoine Samoyeau, publié le lundi 10 Mai 2021 à 21h53

https://www.tahiti-infos.com/Nucleaire-Nous-n-avons-pas-peur-de-la-verite_a200570.html

RASSEMBLEMENT À AVIGNON CE 9 MAI 2021 : « L’INACTION CLIMATIQUE EST UN CRIME » TOUT COMME LE NUCLÉAIRE

Alors que la majorité des député-es viennent d’adopter une Loi Climat vidée de toute perspective de changement réel d’avec le système de prédation capitaliste et en totale contradiction avec la « Convention Citoyenne« , dans toute la France ce 9 mai 2021 des marches et rassemblements citoyens ont eu lieu comme ici à Avignon (Vaucluse) avec la participation du CAN84.

Près de 200 personnes se sont rassemblées ce dimanche 9 mai dans l’après-midi à Avignon pour s’insurger contre le vote par l’Assemblée nationale d’une loi pseudo-climatique vidée de toute substance. Le CAN84 a pris la parole pour alerter sur la prolongation des 4 vieux réacteurs nucléaires du Tricastin et la volonté d’EDF et de politiciens départementaux et régionaux (macronistes  / socialistes / Les Républicains) d’implanter « 2 nouveaux réacteurs atomiques EPR sur ce site situé en zone sismique« . L’orateur antinucléaire a fustigé « les rejets quotidiens de radioactivité par les installations atomiques et l’impact délétère sur la santé, l’environnement, la faune et la flore, et la chaîne alimentaire« . Évoquant le gouffre financier du secteur nucléaire il a précisé que « son renflouement permanent par l’État se fait au détriment des politiques publiques de la santé, de l’éducation de la culture et du social« .

Au terme de son intervention, deux trentenaires (à peine) salarié-es du nucléaire à Marcoule (Gard) sont venus le rencontrer pour échanger. L’une est technicienne en démantèlement, l’autre ingénieur en sûreté nucléaire : « on ne peut par sécuriser le nucléaire à 100%, c’est impossible… oui vous avez raison il y a un impact des rejets liquides réchauffant des installations nucléaires sur la faune et la flore… nous essayons de limiter au maximum ces impacts et les rejets radioactifs mais pour fonctionner les installations nucléaires ont besoin de rejeter ce trop-plein d’énergie… oui il ne faut pas démanteler les installations et réacteurs nucléaires dès leur mise à l’arrêt car c’est trop dangereux pour les travailleurs qui devront intervenir dessus… non la fission nucléaire ITER n’est pas la solution et rien ne prouve scientifiquement que c’est moins contaminants et plus sécure…« 

Un peu plus tôt, le militant antinucléaire qui avait installé sur la rambarde du palais des papes la banderole « Arrêt immédiat du nucléaire militaire et civil » est interpellé par un promeneur qui se rend au rocher des doms. Il a la quarantaine : « Et vous ne savez pas tout ce qui se passe dans le nucléaire… j’y ai travaillé comme intervenant sur les arrêts de tranche (arrêt des réacteurs nucléaires pour réparations ponctuelles ou rechargement en produits des fission atomique) c’est le bordelLorsqu’on intervient rien ne correspond aux plans et schémas qu’on nous a remis, depuis des années des modifications successives ont été faites sur les installations et rien n’a vraiment été consigné, les anciens avaient la mémoire de ce qui s’était passé mais ils sont partis à la retraite et nous nous n’avons pas cette connaissance. Le nucléaire c’est du bricolage permanent faut pas croire…« 

https://youtu.be/dlPGMTo9ipw

les autres vidéos sur le climat :
. https://www.youtube.com/watch?v=pZMtjM3_gbU
. https://www.youtube.com/watch?v=0xQvtYHpVC4
. https://www.youtube.com/watch?v=N4JvJjFiDn0
. https://www.youtube.com/watch?v=Y6MGzHa2j_Q

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Par admin, publié le dimanche 9 mai 2021 à 19h58

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/05/09/Rassemblement-a-Avignon-ce-9-mai-2021-%3A-l-inaction-climatique-est-un-crime-tout-comme-le-nucleaire

BUDGET DU CONTRÔLE DE LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE ET DE LA RADIOPROTECTION EN FRANCE : L’ASN REND SON AVIS

Note d’information : L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rend chaque année un avis sur les moyens nécessaires au contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection.

L’ensemble des moyens en personnel et en fonctionnement concourant à l’exercice des missions confiées à l’ASN provient du budget général de l’État. Ces moyens sont inscrits à l’action 9 du programme budgétaire 181 (« prévention des risques ») dont le responsable de programme est le Directeur général de la prévention des risques.

Par ailleurs, l’ASN bénéficie de prestations d’expertise de la part de l’IRSN pour l’appuyer techniquement. Ces crédits de prestation proviennent en partie de l’action 11 « Recherche dans le domaine des risques » du programme 190 « Recherche dans les domaines de l’énergie, du développement et de la mobilité durables » dont le responsable de programme est le Commissaire général au développement durable. L’autre partie provient d’une contribution due par les exploitants nucléaires, versée directement à l’IRSN.

Au titre des emplois, l’ASN avait présenté dans son avis n°2020-AV-0362, l’estimation de ses besoins sur la période 2021 à 2023 (8 ETP). Compte tenu de l’emploi créé en 2021, du maintien de forts enjeux sur les sujets identifiés dans son avis précité et de nouveaux besoins apparus en 2021 pour les constructions en cours ou envisagées, l’ASN demande la création de 4 emplois dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2022.

Au titre des dispositions prévues par le code de l’environnement, l’ASN est chargée de suivre les travaux de recherche et de développement menés aux plans national et international pour la sûreté nucléaire et la radioprotection, et de formuler toutes propositions ou recommandations sur les besoins de recherche pour la sûreté nucléaire et la radioprotection.

Au vu du retour d’expérience de la mise en œuvre de ces dispositions qui met en évidence que, malgré des résultats positifs, l’action de l’ASN en la matière n’a pas produit à ce stade les effets escomptés pour tous les sujets qu’elle estimait prioritaires, l’ASN porte une demande nouvelle dans le cadre du PLF 2022. Cette demande ciblée s’inscrit en complément des dispositifs existants et vise à donner à l’ASN les moyens lui permettant de soutenir ou de piloter directement des actions spécifiques de recherche à vocation opérationnelle nécessaires à l’exercice de ses missions.

Enfin, au titre plus général du financement du contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, l’ASN constate que ce financement est « éclaté » sur plusieurs programmes budgétaires dont aucun n’est sous sa responsabilité et fait appel à des ressources fiscales affectées. Ce financement éclaté conduit à un manque de maîtrise et de souveraineté par l’ASN, en matière de gestion budgétaire, alors qu’elle serait jugée comme la première responsable du bon usage des crédits votés par le Parlement en manière de contrôle de la sûreté et de la radioprotection.

Ce manque est particulièrement notable sur une partie importante du financement du contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection que constituent les expertises réalisées par l’IRSN à la demande et pour le compte de l’ASN. Le montage budgétaire actuel dédié à cet appui technique est peu lisible et fragile, notamment pour ce qui concerne la part liée à la contribution acquittée par les exploitants d’installations nucléaires de base (INB) au bénéfice de l’IRSN.

En conséquence, l’ASN demande une modification du périmètre budgétaire afin de pouvoir mieux piloter et optimiser la ressource dédiée aux expertises techniques dont elle est commanditaire, et dont elle doit pouvoir assumer la responsabilité du bon usage devant le Parlement, en tant qu’autorité indépendante, comme ses homologues à l’étranger dans le domaine nucléaire.

Tout en restant neutre sur l’enveloppe budgétaire des moyens dont disposera l’IRSN, l’ASN propose en conséquence que :

. la contribution annuelle des exploitants nucléaires, actuellement versée à l’IRSN, soit regroupée aux taxes sur les INB et reversée au budget général ;

. le montant total des crédits ASN dédiés à l’expertise (84 M€) soit inscrit sur le programme 181, sur  une action spécifique homologue à celle figurant dans le programme 190 actuellement, et dont  la responsabilité serait confiée à l’ASN, à l’instar des crédits de fonctionnement et d’investissement de l’ASN déjà inscrits sur ce programme.

Publié le 10/05/2021 à 10h04

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Budget-du-controle-de-la-surete-nucleaire-et-de-la-radioprotection-en-France-l-ASN-rend-son-avis

L’ALGÉRIE CÉLÈBRE SA PREMIÈRE « JOURNÉE DE LA MÉMOIRE » ET RÉCLAME LA « REPENTANCE » FRANÇAISE

Des milliers de personnes ont participé samedi à une marche commémorative à Sétif, à l’endroit même où une manifestation pro-indépendance avait donné lieu à une brutale répression par les forces françaises, en mai 1945.

C’était le 8 mai 1945. En Algérie, les manifestations indépendantistes avaient été violemment réprimées par la France. Le pays a célébré, samedi 8 mai 2021, sa première « journée nationale de la mémoire » en hommage aux victimes de cette sanglante répression. L’Algérie a réclamé de nouveau la « repentance » de Paris pour ses crimes durant la colonisation.

Des milliers de personnes ont participé à une marche commémorative à Sétif, dans l’est du pays, empruntant le parcours qu’avaient suivi, il y a soixante-seize ans, des manifestants demandant l’indépendance de l’Algérie. Ce jour-là, le défilé dans la ville célébrant la victoire des Alliés sur le nazisme se transforme en manifestation pour « l’Algérie libre et indépendante » et tourne à la tragédie, déclenchant des émeutes et une répression qui fera des milliers de morts.

Lire aussi : Relations franco-algériennes : « Nous ne renoncerons jamais à notre mémoire », déclare le président algérien Tebboune

La mise en place d’une « journée de la mémoire » avait été décidée, il y a un an, par le président Abdelmadjid Tebboune. Ce dernier avait qualifié de « crimes contre l’humanité » les tueries perpétrées par les forces de l’ordre françaises dans le Constantinois (Sétif, Guelma et Kherrata) et les exactions de la période coloniale (1830-1962).

Dans un message, M. Tebboune a réaffirmé que « l’excellence des relations avec la République française ne saurait exister en dehors de l’Histoire et du traitement des dossiers de la Mémoire, qui ne sauraient faire l’objet d’aucune renonciation ».

45 000 morts

Samedi, la foule menée par des scouts a défilé jusqu’à la stèle érigée à la mémoire de Bouzid Saâl, abattu à 22 ans lors de la manifestation de 1945 par un policier français parce qu’il refusait de baisser le drapeau algérien.

Les médias officiels ont rapporté qu’une gerbe de fleurs y avait été déposée en présence d’Abdelmadjid Chikhi, conseiller du président algérien pour les questions mémorielles. L’ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, est également venu présenter, au nom du président, Emmanuel Macron, une gerbe en hommage aux victimes.

La France a déjà reconnu les massacres de Sétif en février 2005, par la voix de son ambassadeur d’alors, Hubert Colin de Verdière, qui avait évoqué « une tragédie inexcusable ». Les Algériens font état de 45 000 morts dans les émeutes du Constantinois et les historiens français de quelques milliers à 20 000.

À l’occasion de cette journée mémorielle, le porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, a réitéré les demandes de l’Algérie auprès de la France concernant ses crimes coloniaux. « L’Algérie reste attachée au règlement global du dossier mémoriel » qui repose sur « la reconnaissance officielle, définitive et globale par la France de ses crimes, la repentance et des indemnisations équitables », a-t-il déclaré.

Lire aussi : En « facilitant » l’accès aux archives de la guerre d’Algérie, Macron poursuit sa politique des « petits pas » sur la réconciliation mémorielle (article réservé à nos abonnés)

« Réconcilier les mémoires »

Selon M. Belhimer, cela passe aussi par « la prise en charge des conséquences des explosions nucléaires et la remise des cartes d’enfouissement des déchets de ces explosions ». La France a procédé à 17 essais nucléaires au Sahara algérien entre 1960 et 1966, sur les sites de Reggane puis d’In Ekker. Le dossier est l’un des principaux contentieux mémoriels entre Alger et Paris.

Malgré tout, M. Belhimer a admis que des « acquis certes modestes » mais d’une « grande valeur morale » avaient été obtenus par l’Algérie ces derniers mois. Il a notamment cité la récupération l’année dernière des crânes de 24 combattants nationalistes tués au début de la colonisation et la reconnaissance en mars par le président français, Emmanuel Macron, de la responsabilité de l’armée française dans la mort du dirigeant nationaliste Ali Boumendjel en 1957.

La question mémorielle reste au cœur des rapports souvent passionnels entre l’Algérie et l’ancienne puissance coloniale. M. Macron, premier président français né après la guerre d’Algérie, a engagé ces derniers mois une série d’« actes symboliques » pour tenter de « réconcilier les mémoires » entre les deux rives de la Méditerranée, à l’approche du 60ème anniversaire de l’indépendance.

Lire aussi : France-Algérie : « Il faut mettre fin à la “double peine” frappant les archives nucléaires », (article réservé à nos abonnés)

Coup de froid des relations

Mais le rapport de l’historien Benjamin Stora, remis en janvier et sur lequel M. Macron s’appuie pour sa politique mémorielle, ne préconise ni excuses ni repentance et a été vivement critiqué en Algérie.

« Il faut des gestes politiques beaucoup plus forts, de part et d’autre », a plaidé samedi M. Stora dans un entretien avec la chaîne française internationale TV5 Monde. « Néanmoins, pas de repentance. (…) Ce que les Algériens veulent, c’est la reconnaissance des exactions, [des] massacres et des crimes qui ont été commis. Il y a, de ce côté-là, une vraie demande », a-t-il souligné.

Les relations bilatérales ont connu un nouveau coup de froid après l’annulation d’un déplacement, début avril, à Alger du premier ministre français, Jean Castex, à la demande expresse des hôtes. Des médias algériens ont ensuite accusé Paris de « provocation », tandis que le ministre du travail, El-Hachemi Djaâboub, qualifiait la France « d’ennemi traditionnel et éternel » de l’Algérie.

En visite à Alger en février 2017 lorsqu’il était candidat à la présidence, M. Macron avait qualifié la colonisation de l’Algérie de « crime contre l’humanité » et de « vraie barbarie », ce qui lui avait valu de vives critiques de responsables politiques de droite.

Lire aussi : France-Algérie : la réconciliation mémorielle à la peine (article réservé à nos abonnés)

Par Le Monde avec AFP, publié le 08 mai 2021 à 19h01, mis à jour le 08 mai 2021 à 20h27

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/05/08/l-algerie-celebre-sa-premiere-journee-de-la-memoire-et-reclame-la-repentance-francaise_6079603_3212.html

NUCLÉAIRE: LA CENTRALE DE NOGENT-SUR-SEINE A-T-ELLE CORRECTEMENT RENFORCÉ SES MESURES DE SÛRETÉ ?

Dix ans après la catastrophe de Fukushima, Greenpeace dresse un état des lieux de la sûreté des centrales nucléaires françaises. On fait le point sur celle de Nogent-sur-Seine.

Entrée en service entre 1997 et 1988, la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) emploie 774 salariés EDF et 403 salariés permanents d’entreprises partenaires. Équipée de deux réacteurs à eau pressurisée de 1 3000 MWe, elle produit chaque année environ 4% de la production nucléaire française (©EDF)

C’était il y a un peu plus de 35 ans. Le 26 avril 1986, le réacteur n° 4 de la centrale soviétique de Tchernobyl (Ukraine) explosait à ciel ouvert, irradiant une grande partie de l’Europe de l’Est pour plusieurs siècles.

À lire aussi : Centrale nucléaire de Nogent. Des comprimés d’iode pour 26 nouvelles communes de Seine-et-Marne

Vingt-cinq années plus tard, le monde était une nouvelle fois secoué par un accident nucléaire de type 7 (le plus élevé). Le 11 mars 2011, un tsunami consécutif à un séisme balayait la centrale de Fukushima au Japon, provoquant une explosion au sein de trois de ses quatre réacteurs.

Imaginer l’inimaginable

Ce fut une prise de conscience mondiale : les centrales nucléaires étaient trop vulnérables aux risques extérieurs, notamment naturels. En France, les autorités se sont alors données 10 ans pour mettre aux normes l’ensemble du parc nucléaire, soit 18 centrales et 56 réacteurs. L’objectif ? « Imaginer l’inimaginable », selon les mots du directeur de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) de l’époque.

Or, nous y voilà. En mars dernier, l’échéance des 10 ans est arrivée à son terme. À cette occasion, l’ONG Greenpeace et l’institut spécialisé négaWatt ont dévoilé un rapport qui dresse le bilan des mesures réellement mises en œuvre par EDF, au regard des prescriptions de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) :

« Le constat est sans appel : aucun réacteur en fonctionnement n’est aujourd’hui aux normes post-Fukushima, accuse le rapport. Sur les 23 mesures structurantes identifiées, seules 12 ont été mises en place sur l’ensemble du parc. Pire, au rythme prévu, il faudrait attendre 2039 pour que les normes post-Fukushima soient enfin respectées sur l’ensemble des réacteurs français. »

Greenpeace et l’institut négaWatt : rapport de mars 2021 sur les mesures de renforcement du parc nucléaire français, dix ans après la catastrophe de Fukushima.

« 14 ans de retard »

Dans l’Aube, à la frontière avec la Seine-et-Marne, la centrale de Nogent-sur-Seine ne fait pas exception. « Sur certains équipements, elle est moins en retard que d’autres, observe néanmoins Greenpeace. Mais on arrive quand même à une fin des travaux en 2035, soit 14 ans après ce qui avait été initialement prévu par l’ASN. »

Parmi les mesures de sécurité mises en place après l’accident de Fukushima (Japon) en mars 2012, la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a équipé les parties sensibles de ses deux réacteurs (aération, tuyaux etc.) de cages protectrices, capables de résister à des projections d’objets, telle qu’une voiture (©MB/RSM77)

À lire aussi : Seine-et-Marne. Avec le projet « Hercule » d’EDF, la crainte d’une électricité plus chère

Mis en service en 1987-1988, le site est équipé de deux réacteurs qui produisent environ 4 % de la production nucléaire annuelle française. Conformément aux directives de l’ASN, elle a commencé sa mise aux normes post-Fukushima en renforçant ses installations contre les agressions externes (tornade, tempête, grand chaud, grand froid et inondation).

Le « noyau dur » opérationnel

Sur la vingtaine de mesures prescrites, un peu plus de la moitié a déjà été réalisée ou est en cours de réalisation. Parmi elles, la mise en place de portiques anti-inondation, d’éléments couvrants capables de résister à la projection d’une voiture, mais surtout d’un « noyau dur ».

« Il s’agit, en cas d’avarie majeure, d’assurer l’approvisionnement en eau et en électricité des installations afin de garantir le refroidissement des combustibles et le fonctionnement des pompes. Pour cela, nous avons doté nos deux unités d’un Diesel d’ultime secours (Dus), permettant trois jours d’autonomie. Ils sont en service depuis fin 2019. Ensuite, nous avons foré deux puits de 30 m de profondeur dans la nappe phréatique, en cas où notre source d’eau habituelle, à savoir la Seine, serait indisponible. Cet appoint d’ultime secours peut fonctionner, mais sera finalisé d’ici fin 2021 par un raccordement électrique. »

Olivier Garrigues, Directeur de la centrale EDF de Nogent-sur-Seine

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Un des deux diesels d’ultime secours de la centrale de Nogent-sur-Seine. Hauts de 20 m, larges de 24 m, ils assurent une autonomie d’énergie de trois jours (©MB/RSM77)

Conformément aux directives de l’ASN, « une organisation renforcée en cas de crise » a par ailleurs été mise en place. Les 70 techniciens d’astreinte de la centrale seront désormais épaulés par 300 membres de la Force d’action rapide nucléaire (Farn). Créée en 2012, elle est capable d’intervenir sous 24 heures en situation extrême.

En revanche, un élément du « noyau dur » fait encore défaut : la construction d’un nouveau Centre local de crise (CCL), se voulant plus moderne et autonome dans son fonctionnement. Pourtant prévu dans la tranche 2015-2021, il ne sera mis en place qu’en 2024.

Chantiers titanesques

Car la centrale accuse du retard sur une dizaine de mesures structurantes. Pointé du doigt par Greenpeace comme un élément majeur non-réalisé, « l’arrêt automatique du réacteur en cas de séisme », fixé à 2017 selon les objectifs de l’ASN.

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« Mais nous sommes déjà équipés d’un système anti-séisme qui permet l’arrêt automatique des installations », assure le directeur de la centrale. Avant de rappeler :

« Il s’agit de chantiers titanesques. La majorité des mesures doivent être mises en place sur les 56 réacteurs français. Il faut avoir les capacités industrielles. L’ASN fixe des dates, mais il arrive qu’on soit obligé de les renégocier sur la base d’éléments tangibles, comme des délais d’appel d’offres ou de certification. Les mesures qu’il reste à effectuer à Nogent le seront d’ici 2030. » Olivier Garrigues Directeur de la centrale EDF de Nogent-sur-Seine

Farn (©MB/RSM77)

« Un renoncement inavoué »

Pour Greenpeace, c’est précisément ces réexamens décennaux qui posent problème : « Dès 2014, le plan d’action national de l’ASN fait apparaître trois phases, dont la troisième s’étend après 2019 : il s’agit déjà d’un renoncement inavoué à l’objectif initial d’une mise en œuvre 10 ans après Fukushima, dénonce l’ONG. La perspective de faire de la réalisation des travaux post Fukushima une condition préalable à la prolongation de fonctionnement des réacteurs au-delà de 40 ans a été abandonnée. »

« En capacité de gérer un événement de type Fukushima »

Même son de cloche du côté de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) : « Ce qu’il faut, c’est mettre de l’argent, martèle Roland Desbordes, physicien de formation et porte-parole de l’association spécialisée. L’ASN reconnaît qu’elle n’a pas les moyens humains et politiques d’imposer une sûreté optimum pour éviter une catastrophe. On a avancé, mais pas suffisamment. »

« Les sujets qui devaient être traités en priorité l’ont été, se défend Olivier Garrigues. Le noyau dur est là. Il reste des éléments à mettre en place pour aller plus loin, mais on est aujourd’hui en capacité de gérer un événement comme Fukushima. »

Par Maxime Berthelot, publié le 10 Mai 21 à 13:57  dans La République de Seine et Marne

Photo en titre : Entrée en service entre 1997 et 1988, la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube) emploie 774 salariés EDF et 403 salariés permanents d’entreprises partenaires. Équipée de deux réacteurs à eau pressurisée de 1 3000 MWe, elle produit chaque année environ 4% de la production nucléaire française (©EDF)

https://actu.fr/grand-est/nogent-sur-seine_10268/nucleaire-la-centrale-de-nogent-sur-seine-a-t-elle-correctement-renforce-ses-mesures-de-surete_41702384.html

TCHERNOBYL 35 ANS APRÈS RISQUE TOUJOURS D’EXPLOSER

NOTE: la nouvelle terrible menace du cœur du réacteur n°4 de Tchernobyl avait été énoncée par le regretté Maurice Eugène André sur le site de l’Association Internationale de Protection contre les Rayonnements ionisants (AIPRI). (*)

Cette donnée scientifique unanimement médiatiquement étouffée (tout va bien à Tchernobyl) apparaît aujourd’hui comme une menace très concrète…

35 ans après la catastrophe de Tchernobyl, le « combustible » fondu de la centrale propage une radioactivité d’environ 9 millions de curies (3,4417 Bq) émis par encore plus de 150 divers radioéléments.

D’après les données de la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), cette activité durable détient :

– un potentiel radiotoxique par inhalation de plus de 860 milliards de sieverts  – soit 172 milliards de doses létales aigües potentielles et,

– une radiotoxicité potentielle par ingestion de 5 milliards de sieverts – soit 1 milliard de doses létales aigües potentielles

Autour de 97,8% de cette radioactivité du corium dépend d’éléments métastables et Bêta (barium, césium, strontium, etc.) qui représentent un potentiel radiotoxique par inhalation de 76 milliards de sieverts et autour de

2,2% de la radioactivité (200 mille Curie) (Ndf : soit  7 400 000 000 000 000 becquerels ou encore 7.4 millions de milliards désintégrations chaque seconde) relève par contre d’émetteurs Alpha (uranium, plutonium, américium, etc.) qui véhiculent cependant à eux seuls un potentiel par inhalation de 780 milliards de Sievert

Il vaudrait mieux pour tous qu’une explosion atomique amorcée par la fission spontanée ne les souffle au hasard dans l’atmosphère.

Échanges d’il y a 16 ans

Lettre de Maurice Eugène André à Vassili Nesterenko.

Si le magma présent dans la centrale de Tchernobyl ne risquait pas selon moi d’exploser ‘nucléairement’ au moment de l’accident, par contre, ce qui pourrait arriver maintenant c’est une explosion nucléaire tardive. Ceci proviendrait du fait que du plutonium du magma (le Pu fond à seulement 641 degrés C°) sédimente petit à petit dans le fond du magma actuel car il est pratiquement le plus lourd des métaux présents là et que se réunisse goutte à gouttes au fond du magma un volume liquide d’un seul tenant de seulement 6 kilos de Pu 239 (suffisant pour amorcer une explosion nucléaire) … ce qui représente un faible volume, car 1 litre de Pu 239 pèse 19,84 kilos et 6 kilos du Pu occupent un volume d’environ 0,330 litre seulement, soit moins de 1/3 de litre de Pu 239.

Ceci signifie que Tchernobyl pourrait maintenant exploser nucléairement si ces conditions plutonigènes se réunissent.

Maurice-Eugène ANDRÉ, ancien officier instructeur en protection nucléaire (NBCR) (ancien de la Belgian Air Force).

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Réponse de Vassili Nesterenko (Protocole 200, le 22.04.2005. Institut Belrad)

Je suis tout à fait d’accord avec Maurice André que la sédimentation du plutonium fondu sous le réacteur peut provoquer une explosion nucléaire des dizaines d’années après l’accident. Voilà pourquoi il est indispensable de vider le réacteur de Tchernobyl en ruines de tout le carburant nucléaire qui s’y trouve encore.

Salut, Vassili.

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C’EST COMME LES BRAISES DANS UNE FOSSE DE BARBECUE. LES RÉACTIONS NUCLÉAIRES COUVENT À NOUVEAU À TCHERNOBYL

Depuis 2016, le nouveau confinement sûr scelle et protège le réacteur en ruine de Tchernobyl.

Trente-cinq ans après l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, dans le pire accident nucléaire du monde, les réactions de fission couvent à nouveau dans les masses de combustible d’uranium enfouies profondément dans un hall de réacteur mutilé. « C’est comme les braises d’un barbecue« , déclare Neil Hyatt, chimiste spécialiste des matériaux nucléaires à l’université de Sheffield. Aujourd’hui, les scientifiques ukrainiens s’efforcent de déterminer si les réactions s’arrêteront d’elles-mêmes ou si des interventions extraordinaires seront nécessaires pour éviter un autre accident.

Des capteurs suivent un nombre croissant de neutrons, un signal de fission, provenant d’une pièce inaccessible, a indiqué la semaine dernière Anatolii Doroshenko, de l’Institut pour les problèmes de sécurité des centrales nucléaires (ISPNPP) de Kiev, en Ukraine, lors de discussions sur le démantèlement du réacteur. « Il y a beaucoup d’incertitudes« , déclare Maxim Saveliev de l’ISPNPP. « Mais nous ne pouvons pas exclure la possibilité d’un accident [de réacteur]« . Selon Maxim Saveliev, le nombre de neutrons augmente lentement, ce qui laisse penser que les responsables ont encore quelques années pour trouver un moyen d’étouffer la menace. Tout remède que lui et ses collègues trouveront sera d’un grand intérêt pour le Japon, qui doit faire face aux conséquences de sa propre catastrophe nucléaire, survenue il y a dix ans à Fukushima, note Hyatt. « Il s’agit d’un danger d’une ampleur similaire« .

Le spectre de la fission auto-entretenue, ou criticité, dans les ruines nucléaires, hante depuis longtemps Tchernobyl. Lorsqu’une partie du cœur du réacteur de l’unité quatre a fondu le 26 avril 1986, les barres de combustible en uranium, leur gaine en zirconium, les barres de contrôle en graphite et le sable déversé sur le cœur pour tenter d’éteindre le feu ont fondu ensemble pour former une lave. Celle-ci s’est écoulée dans les salles du sous-sol du réacteur et a durci en formations appelées matériaux contenant du combustible (FCM), qui sont chargées d’environ 170 tonnes d’uranium irradié – 95 % du combustible d’origine.

Le sarcophage de béton et d’acier appelé « Shelter« , érigé un an après l’accident pour abriter les restes de l’unité 4, a laissé s’infiltrer l’eau de pluie. Comme l’eau ralentit, ou modère, les neutrons et augmente ainsi leurs chances de frapper et de fendre les noyaux d’uranium, les fortes pluies font parfois monter en flèche le nombre de neutrons. Après une averse en juin 1990, un « stalker » – un scientifique de Tchernobyl qui risque de s’exposer aux radiations pour s’aventurer dans le hall du réacteur endommagé – s’est précipité et a pulvérisé une solution de nitrate de gadolinium, qui absorbe les neutrons, sur un FCM dont il craignait, avec ses collègues, qu’il ne devienne critique. Plusieurs années plus tard, la centrale a installé des pulvérisateurs de nitrate de gadolinium sur le toit de l’abri. Mais le jet ne peut pas pénétrer efficacement dans certaines pièces du sous-sol.

Les responsables de Tchernobyl ont supposé que tout risque de criticité s’estomperait lorsque l’énorme nouveau confinement sûr (NSC) a été glissé au-dessus du Shelter en novembre 2016. La structure, d’un coût de 1,5 milliard d’euros, était censée sceller le Shelter afin qu’il puisse être stabilisé et éventuellement démantelé. Le CSN empêche également la pluie de s’infiltrer, et depuis sa mise en place, le nombre de neutrons dans la plupart des zones du massif est stable ou en baisse.

Mais ils ont commencé à augmenter à certains endroits, doublant presque en 4 ans dans la salle 305/2, qui contient des tonnes de MFC enfouis sous des débris. La modélisation de l’ISPNPP suggère que l’assèchement du combustible rend les neutrons qui ricochent à travers lui plus, et non moins, efficaces pour diviser les noyaux d’uranium. « Ce sont des données crédibles et plausibles« , dit Hyatt. « C’est juste qu’on ne sait pas clairement quel pourrait être le mécanisme« .

La menace ne peut pas être ignorée. Alors que l’eau continue de se retirer, la crainte est que « la réaction de fission s’accélère de manière exponentielle« , dit Hyatt, conduisant à « une libération incontrôlée d’énergie nucléaire. » Il n’y a aucune chance que se reproduise l’année 1986, lorsque l’explosion et l’incendie ont envoyé un nuage radioactif au-dessus de l’Europe. Une réaction de fission incontrôlée dans un FCM pourrait s’éteindre après que la chaleur de la fission ait fait bouillir l’eau restante. Néanmoins, M. Saveliev note que, même si toute réaction explosive serait contenue, elle pourrait menacer de faire s’effondrer les parties instables de l’abri fragile, remplissant la NSC de poussière radioactive.

Faire face à cette menace nouvellement démasquée est un défi de taille. Les niveaux de radiation dans le 305/2 ne permettent pas de s’approcher suffisamment pour installer des capteurs. Et il n’est pas possible de pulvériser du nitrate de gadolinium sur les débris nucléaires qui s’y trouvent, car ils sont enfouis sous le béton. L’idée est de mettre au point un robot capable de résister aux rayonnements intenses suffisamment longtemps pour percer des trous dans les FCM et y insérer des cylindres en bore, qui fonctionneraient comme des barres de contrôle et absorberaient les neutrons. Entre-temps, l’ISPNPP a l’intention d’intensifier la surveillance de deux autres domaines où les FCM peuvent devenir critiques.

Par Richard Stone, publié le 5 mai 2021 à 11h20

Photo en titre : Pyotr Sivkov/TASS/Getty Images

Source originale : https://www.sciencemag.org/news/2021/05/nuclear-reactions-reawaken-chernobyl-reactor

Sciences Magazine via Polo S. traduction automatique DeepL

« POURQUOI MAINTENIR UN TEL SECRET AUTOUR DES DISCUSSIONS SUR EDF ? »

Élu local PS à Brest, Tristan Foveau (Vice-président de Brest Métropole, en charge des opérateurs d’énergie, et président du Pôle énergie Bretagne ) s’élève dans une tribune au « Monde » contre l’absence d’informations sur les négociations entre le gouvernement et la Commission européenne sur l’avenir de l’électricien français.

La foudre serait-elle tombée sur le projet « Hercule » d’EDF ? Interrogé par Ouest France le 23 avril, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, affirme en effet que celui-ci est « oublié » et que le gouvernement ne démantèlera pas EDF en trois sociétés indépendantes : EDF bleu contrôlé par l’État et rassemblant les activités liées au nucléaire ; EDF azur chargé de la gestion des barrages hydroélectriques sous la forme d’une quasi-régie ; et EDF vert pour la distribution d’électricité et les énergies renouvelables, dont le capital serait ouvert au privé.

En réalité, le ministre applique une règle d’or du mauvais marketing : quand une marque pâtit d’une mauvaise image, plutôt que de changer le contenu, on change de marque ! Et de fait, « Hercule » fait depuis plusieurs mois l’unanimité contre lui : syndicats, parlementaires, élus locaux, citoyens… Exit donc « Hercule », mais… pas la réforme !

Bruno Le Maire appelle désormais à construire un « grand EDF » et les tractations avec Bruxelles sur le sujet se poursuivent aussi inéluctablement que confidentiellement. Mais pourquoi maintenir un tel secret autour de ces discussions ? Ni la représentation nationale, ni les élus locaux, ni, a fortiori, le grand public ne disposent d’informations précises et confirmées.

Un paradoxe démocratique

Pis, auditionné le 10 février au Sénat, Jean-Bernard Lévy, le PDG du groupe, admettait lui-même ne pas être au fait du contenu des échanges avec l’Union européenne (UE)… Si, dans notre système institutionnel, l’élection présidentielle confère à son vainqueur une légitimité démocratique pour cinq ans qui permet au chef de l’État et au gouvernement d’agir, celle-ci ne saurait se muer en un blanc-seing général, inconditionnel et absolu.

Si la réforme d’EDF devait demain aboutir, elle prendrait corps dans un projet de loi ou une ordonnance. Les parlementaires seraient donc appelés à se prononcer sur un texte qu’ils n’auraient à aucun moment contribué à définir et sur lequel leur capacité d’amendement serait contrainte par le résultat des discussions menées avec la Commission.

Paradoxe démocratique s’il en est. En vérité, le gouvernement utilise indûment le secret qui entoure les négociations européennes pour soustraire aux yeux de la représentation nationale le contenu des négociations. Or, sur des sujets aussi critiques pour notre nation que son avenir énergétique, ne serait-il pas normal que le Parlement puisse contribuer à définir et contrôler les mandats de négociation que le gouvernement défend auprès de l’UE ?

Réduire les déficits de légitimité

Afin de contrebalancer ce déséquilibre institutionnel patent, il faut envisager de conférer au Parlement la capacité d’encadrer le pouvoir discrétionnaire du gouvernement, par un dispositif de résolution parlementaire contraignante introduit à l’article 88-4 de la Constitution.

La Vème République ne facilitant pas cet exercice, il pourrait, à tout le moins, être prévu une information régulière et détaillée des commissions compétentes de l’Assemblée et du Sénat sur le cadre et le contenu des négociations.

Pour le philosophe allemand Jürgen Habermas, « des déficits de légitimité se font sentir chaque fois que le cercle des personnes qui participent aux décisions démocratiques ne recoupe pas le cercle de ceux qui subissent les conséquences de ces décisions ». De telles dispositions, sans entraver en rien l’action gouvernementale, contribueraient à réduire ces déficits de légitimité.

Par Tristan Foveau, Vice-président de Brest Métropole, en charge des opérateurs d’énergie, et président du Pôle énergie Bretagne, publié le 06 mai 2021

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/05/10/pourquoi-maintenir-un-tel-secret-autour-des-discussions-sur-edf_6079691_3232.html

UN INCENDIE SE DÉCLARE DANS UNE VILLE PORTUAIRE PRÈS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE IRANIENNE

À peine 4 semaines après qu’une panne de courant a frappé le centre nucléaire iranien de Natanz, que la nation a attribué à Israël comme un acte de « terrorisme nucléaire », un incendie s’est en fait déclaré près du port de Bushehr, à seulement 12 km au sud de la seule centrale nucléaire en état de marche.

Des images de l’incendie ont été partagées sur les réseaux sociaux. Selon les rapports régionaux, il s’est produit sur une base marine locale.

L’incendie a éclaté pendant la nuit, à la suite duquel un autre incendie a éclaté de l’autre côté du pays, dans une usine chimique à Qasvin.

La vague d’incendies survient au milieu de la crispation entre l’Iran et l’Occident, en particulier avec Israël, car le traité nucléaire d’autrefois est renégocié alors même que l’Iran enrichit l’uranium à des niveaux plus élevés que jamais.

Alors que la nation a franchi la barre des 60% d’enrichissement en avril, son président Hassan Rohani a déclaré que la décision restait en action contre le «terrorisme nucléaire» d’Israël contre l’installation de Natanz.

En juillet 2020, une explosion à l’assemblage de la centrifugeuse Natanz a causé de graves dommages à l’installation, certains analystes affirmant que cela a retardé le programme nucléaire du pays de 1 à 2 ans. La panne d’électricité à l’usine en avril de cette année a également été attribuée à Israël, bien qu’Israël ne l’ait pas déclaré ouvertement.

2020 a vu une série d’événements à travers l’Iran qui ont affecté des industries stratégiques comme les ports et les centrales électriques. Un incendie dans le port de Bushehr lui-même en 2020 a vu sept navires subir des dommages.

Les puissances mondiales ont tenu vendredi le 4ème cycle de pourparlers de haut niveau en Autriche dans le but de ramener les États-Unis dans l’accord nucléaire avec l’Iran, les deux parties signalant leur volonté de résoudre les principaux obstacles.

Publié le 8 mai 2021

https://lentrepreneur.co/actualites/international/un-incendie-se-declare-dans-une-ville-portuaire-pres-de-la-centrale-nucleaire-iranienne-08052021

POLYNÉSIE : ÉDOUARD FRITCH CHERCHE À FÉDÉRER POUR LA TABLE RONDE SUR LE NUCLÉAIRE

Les représentants de l’assemblée se sont réunis hier à Tarahoi pour la troisième séance de la session administrative.

« L’État a un devoir de vérité et de justice vis-à-vis des Polynésiens. Je l’ai martelé sans cesse depuis mon premier mandat à la présidence de ce pays, en septembre 2014. Je l’ai écrit et dit publiquement. Et je l’ai rappelé au président de la République », a déclaré hier, à l’assemblée, Édouard Fritch.

 «On n’efface pas d’un revers de main 60 ans de propagande d’État, de dénis, d’intimidations, de mépris et d’arrogance même parfois. (…) La parole droite, apporter vérité et justice sur le fait nucléaire, c’est l’objectif, que je porte au nom du Pays. »

En réponse à une question orale de la présidente du groupe Tapura, Tepuaraurii Teriitahi, le président du Pays est revenu, hier à Tarahoi, sur l’organisation, en juin, à Paris, d’une « table ronde de haut niveau » sur le passé atomique de la Polynésie française.

Le président de la République ayant proposé à Édouard Fritch de présider lui-même cette table ronde, « sur deux journées », c’est pourquoi elle se tiendra à Paris à des dates encore non précisées, probablement autour du 20 juin.

Le chef de l’exécutif local a annoncé à l’Élysée qu’il a l’intention d’y conduire une délégation de vingt à trente personnes car il veut que toutes les forces vives du Pays puissent s’exprimer.

Vérité, justice : « reko tika, la parole droite ». Édouard Fritch a retenu ces mots pour désigner tout le mouvement de préparation avant de se rendre en délégation polynésienne à la table ronde, « qui n’est pas une fin en soi » mais plutôt « une étape historique ». Il précise avoir demandé au chef de l’État d’ajouter le mot « accompagnement » pour le « devoir de réparations futures ».

Le président du Pays « regrette » que certains aient décidé de pratiquer la politique de la chaise vide, « avant même d’avoir eu connaissance de la façon dont nous, Polynésiens, allons aborder cette rencontre et la manière dont les échanges seront construits et organisés ».

Une « délégation reko tika »

L’occasion de réitérer son invitation, en s’appuyant sur le concept de « Pacific way », selon lequel le dialogue est rarement rompu entre Océaniens.

L’ambition du Pays est que la délégation reko tika représente le mieux possible les diversités de la société polynésienne. Concrètement, le président Fritch a invité une vingtaine de personnes, à titre nominatif, à participer à une rencontre d’échange et de dialogue, libre, avec le ministre des Outre-mer, Sébastien Lecornu, lundi prochain, dans l’après-midi, à la présidence. « Après cette rencontre, je verrai si les conditions sont acquises pour désigner formellement les membres de la délégation reko tika que je réunirai deux ou trois fois, de sorte à bâtir ensemble un cahier des doléances », a indiqué le patron de la majorité, avant de préciser qu’un délégué coordonnateur pour cette opération sera nommé en conseil des ministres, mercredi prochain.

Interrogé par La Dépêche sur cette nouvelle invitation du Pays à participer à la table ronde à Paris, le président du groupe Tavini huiraatira a indiqué que les représentants indépendantistes allaient se réunir pour en discuter et adopter une position commune.

Sans laisser beaucoup d’espoirs puisque Antony Géros estime à nouveau que Paris ne peut être juge et partie à la fois.

Le camp bleu ciel n’a de cesse de répéter qu’il juge indispensable la présence d’experts indépendants, idéalement de l’ONU puisque c’est à cette tribune que le parti indépendantiste, avec le soutien de l’Église protestante maohi et des associations Moruroa e tatou et 193, explique que, selon lui, l’État français n’assume pas les conséquences des 193 tirs atomiques réalisés aux Tuamotu, qu’elles soient sanitaires, environnementales ou sociétales.

Reste que le Pays juge cette table ronde « incontournable » pour pouvoir ensuite aller de l’avant.

« L’avenir de la Polynésie française, c’est pour moi ce qu’il y a de plus important », a insisté Édouard Fritch. « Nous devons parvenir à dépasser notre passé nucléaire pour rendre possible notre avenir. »

Par Damien Grivois, publié le 7 mai 2021 à 8h25 

https://actu.fr/politique/edouard-fritch-cherche-a-federer-pour-la-table-ronde-sur-le-nucleaire_41695479.html

CATASTROPHE NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA : « LE PLUS DANGEREUX DES RADIONUCLÉIDES, C’EST LE MENSONGE »

Michel Jacquemin-Raffestin, spécialiste de Tchernobyl, installé à La Réunion depuis plus de 10 ans, publie un nouvel ouvrage sur une nouvelle catastrophe nucléaire. Le 11 mars 2011, un tremblement de terre puis un tsunami endommagent la centrale de Fukushima. Les cœurs de trois réacteurs entrent en fusion. 10 ans après les conséquences des émissions radioactives sont dramatiques, multiples et étendues bien au-delà de la préfecture de Fukushima ou même du Japon. Le journaliste a mené l’enquête et dénonce « un mensonge d’État« .

Après avoir travaillé sur les conséquences sanitaires et écologiques du drame de Tchernobyl, vous vous intéressez à la catastrophe de Fukushima. Les deux catastrophes nucléaires sont-elles comparables ? En quoi ? 

Ces deux catastrophes nucléaires sont comparables sur plusieurs points, leurs conséquences, entre autres, mais différentes. 

Tchernobyl, c’est la fusion d’un réacteur sur 10 à 15 jours, le nuage va contaminer toute l’Europe. Mais le réacteur est rapidement maitrisé, les soviétiques vont déverser du bore et du sable, construire un tunnel pour bétonner sous le réacteur en faisant venir des ouvriers des mines de charbon. La mentalité de la population communiste soviétique voulait que l’on se sacrifie pour le pays. Les ouvriers qui iront sur le toit pour enlever les morceaux de matières radioactives vont mourir dans des souffrances atroces en quelques jours. 

Fukushima, c’est la fusion de trois réacteurs, deux explosions dues à l’hydrogène, les réacteurs n°1 et le 3. Le n°2 a également failli exploser, ils ont eu de la chance. Six ouvriers ont accepté de se sacrifier pour aller ouvrir les vannes d’aération, sinon, il y aurait eu également une explosion. Mais la contamination est « chronique et pérenne » selon les termes de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN). Le Japon est contaminé sur 8% de son territoire. Mais, surtout, le déversement de l’eau dans l’océan Pacifique pollue cet océan et les fonds marins. Fin mai 2011, les poissons pêchés au large de Hong-Kong, (3039 km), étaient contaminés au césium de Fukushima. Plus tard, ce sont les thons pêchés au large de la Californie qui étaient contaminés au césium de Fukushima.

Le point commun est que ces deux catastrophes ont montré que le nucléaire est parfois incontrôlable, comme l’a déclaré le Premier ministre en poste à l’époque, Naoto Kan. Que l’on ne tient pas compte des catastrophes précédentes. De l’inconscience de construire 54 réacteurs dans un pays qui concentre à lui seul 20% des tremblements de terre dans le monde. Et finalement, du peu d’importance que l’on porte aux populations.

Comment interprétez-vous le bilan d’un comité scientifique de l’ONU qui affirme en mars dernier « zéro mort, aucun cancer » directement imputable à la catastrophe ?

Alors, ce rapport est proprement scandaleux avant même d’être mensonger. Et relisez la dernière ligne de ma réponse précédente. Mais ce rapport de l’UNCEAR (Comité Scientifique des Nations Unies sur les Effets des Radiations Atomiques) n’est pas une surprise. C’est leur travail de nier. En mai 2016, le rapporteur spécial du Haut-Commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies, Anand Grover, présentait les résultats de sa mission. Pour une fois, les Nations Unies avaient fait leur travail. 

Leurs principales conclusions : « La quantité de césium relâchée suite à l’accident nucléaire de la centrale de Fukushima est de l’ordre de 168 fois celle relâchée lors du bombardement de Hiroshima. Sans parler du Tellure, du Lanthane, et du Baryum »

Il prend également acte que « l’on ne peut appliquer à Fukushima les mêmes méthodes de maquillage de la réalité mobilisées après Tchernobyl, notamment en ce qui concerne les effets sanitaires désormais identifiés, (aberrations chromosomiques, hausse de la morbidité infantile, hausse du nombre de leucémie) ».

Selon Anand Grover : « on ne peut plus considérer comme négligeable les travaux scientifiques démontrant le lien entre une exposition durable aux faibles doses et le développement des cancers« . Vous comprendrez facilement que cet homme a gentiment été remercié. Il est retourné en Inde, son pays d’origine.

Ce zéro mort est une insulte aux Japonais, les 6 décédés dans les 7 mois qui ont suivis la catastrophe. Ces 6 employés ont reçu une dose entre 309 et 678 mSv, (la limite est de 1mSv pour la population et de 50 mSv pour les travailleurs du nucléaire). L’UNSCEAR a effectivement refusé de reconnaitre que leur décès est dû aux radiations. 

Mais la non-reconnaissance officielle d’un lien entre l’irradiation et la survenue du cancer en septembre 2016 de Monsieur Masao Yoshida, le directeur de la centrale, resté volontairement dans un milieu hautement radioactif, en pleine connaissance de cause, est véritablement une insulte à la mémoire de ce héros. Il est décédé en juillet 2013.C’est également nier les déclarations du gouvernement japonais qui le 17 décembre 2015 reconnaissait le premier cancer d’un ouvrier dû aux radiations, il avait été exposé à 19,8 mSv. 

C’est également nier les 202 cancers de la thyroïde chez les enfants reconnus par le Japon. Le docteur Hisako Sakiyama explique que les cancers observés chez les enfants ont une incidence plusieurs dizaines de fois supérieure à la normale. Dès août 2011, les examens montraient des traces radioactives dans la thyroïde de 45% des enfants de Fukushima. 

Après enquête, quelles sont vos conclusions ? Elles sont différentes de celles des autorités…

Si vous me parlez des conclusions des autorités japonaises, mes conclusions vont plus loin. Des personnes vont vivre sur des terres contaminées et recevoir des faibles doses sur une longue période, je pense que ce sont des milliers de cancers qui vont se déclarer dans les années à venir.

Les autorités japonaises reconnaissent, les leucémies, les cancers des enfants, mais les études ne sont faites que pour la préfecture de Fukushima, et pour les cancers dus à l’iode radioactif. 

Rien n’est fait pour le césium, aucun examen anthropogammamétrique n’est réalisé. Or, le césium, qui a les mêmes propriétés que le potassium se met dans les muscles, le foie le pancréas, et le principal, le cœur. Le professeur Michel Fernex qui s’est rendu au Japon a été surpris de rencontrer des professeurs de médecine qui ne connaissaient rien aux travaux du professeur Belarus, Youri Bandhazevsky, et qui étaient surpris de trouver des infarctus du myocarde chez de jeunes enfants, ça c’est le césium. À 200 km de Fukushima, l’ACRO, (Association Contre la Radioactivité dans l’Ouest), a analysé 12 sacs aspirateurs, ils étaient tous avec une charge de 600 B/kg, donc les personnes qui vivent dans ces maisons vont avoir un cancer dans les années à venir.

Je rappelle que le journal Le Monde annonçait : le 05 juin 2013 « Des cancers de la thyroïde confirmés chez des mineurs de Fukushima » ; le 19 juillet 2013 « Fukushima : 2000 travailleurs exposés à un cancer de la thyroïde », 28 février 2013 : « Un risque de cancer accru près de la centrale de Fukushima ». 

Arrivé là, je pense que vous avez compris, mes conclusions sont très différentes de celles des organismes internationaux tels que l’UNSCEAR, l’AIEA et l’OMS, qui travaillent tous main dans la main. 

Je vous rappelle l’accord OMS/AIEA signé en 1958 stipulait à l’article 151 :  » La solution la plus satisfaisante serait de voir monter une génération qui s’accommoderait de l’ignorance et de l’incertitude« . 

10 après la catastrophe, le Japon a finalement annoncé le rejet après traitement de plus d’un million de tonnes d’eau issue de la centrale dans l’océan. Quelles seront les conséquences ? La Réunion pourrait être concernée? 

Alors là, c’est une vaste plaisanterie. Le Japon relâche de l’eau radioactive depuis 10 ans. Cela va donc enfin être officiel le 13 avril. Rien de plus. 

Le journal Le Point publiait un article le 2 avril 2011 : « De l’eau radioactive s’écoule dans l’océan ». Le 7 février 2016, on pouvait lire un article publié par Le Nouveau Paradigme : « Fukushima : 5 ans après, 1/3 des océans gravement contaminés ». Le 12 août 2017, Ouest France : « Fukushima veut se laver dans le Pacifique ». Le 13 août 2019, RFI : « Le Japon veut déverser l’eau de Fukushima dans le Pacifique ». Le 15 septembre 2019, LCI : « Le Japon s’apprête à rejeter à la mer de l’eau contaminée ; stockée dans plus d’un millier de citernes » etc… donc rien de nouveau. 

L’homme continue de polluer la planète et personne ne bouge, contrairement au changement climatique qui permet de lever des impôts et taxes supplémentaires.

Je ne pense pas que La Réunion soit concernée, mais, qui sait ? Je ne connais pas les courants marins entre l’océan Pacifique et l’océan Indien.

Quelles leçons doivent être tirées de ces catastrophes nucléaires ?

Que le plus dangereux des radionucléides n’est ni l’iode, ni le césium, ni le strontium, mais le MENSONGE !

Lors de la publication de ce fameux rapport de l’UNSCEAR, tous les médias français, hormis Le Monde, on fait le même titre : PAS D’EFFETS NÉFASTE. C’est une honte !

Les mêmes qui depuis 10 ans font des articles sur les dangers de Fukushima, qui ont fait des articles sur les cancers des enfants, sur le décès de Monsieur Masao Yoshida, mentent à présent sur les conséquences sanitaires de cette catastrophe.

Qui ordonne une telle censure ? Oui, le plus dangereux, c’est le mensonge !

Par PB, publié le samedi 8 Mai 2021 à 18h20

https://www.zinfos974.com/Catastrophe-nucleaire-de-Fukushima-Le-plus-dangereux-des-radionucleides-c-est-le-mensonge_a168618.html

DE VASTES DIVERGENCES DEMEURENT ENTRE USA ET IRAN SUR LE NUCLÉAIRE

WASHINGTON (Reuters) – Des représentants américains, iraniens et européens ont indiqué jeudi que d’importantes divergences demeuraient entre Washington et Téhéran sur un retour dans l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien, même si un représentant américain a dit qu’une entente sous quelques semaines était possible si l’Iran y était disposé.

« Est-il possible de voir un retour mutuel au respect (de l’accord) dans les prochaines semaines, ou une entente sur un respect mutuel ? Oui, c’est possible« , a dit un haut représentant du département d’État américain.

S’exprimant sous couvert d’anonymat lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, il a ajouté que « seul le temps dira » si cette hypothèse est probable. « Au bout du compte, il s’agit d’une décision politique qui doit être prise en Iran« .

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a dit que Washington ne savait pas si Téhéran était disposé à prendre les décisions nécessaires pour que les deux camps reviennent dans le cadre du Plan d’action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais) conclu à Vienne en juillet 2015.

« Le jury délibère« , a-t-il déclaré dans un entretien à NBC News, selon des extraits communiqués en avance.

À Téhéran, le négociateur en chef sur le nucléaire a indiqué qu’il restait un long chemin à parcourir. « Ce qui va se produire est impossible à prévoir et un calendrier ne peut être établi« , a dit Abbas Araqchi à la télévision publique iranienne.

« L’Iran essaie de faire en sorte que cela se produise le plus tôt possible, mais nous ne ferons rien dans la précipitation« , a-t-il poursuivi.

Un quatrième cycle de discussions indirectes s’ouvre vendredi à Vienne entre représentants américains et iraniens, environ deux ans après que l’ancien président américain Donald Trump a dénoncé le PAGC et rétabli les sanctions américaines contre l’Iran, poussant celui-ci à s’affranchir par étapes depuis 2019 des termes de l’accord.

D’après un diplomate européen, Washington a formulé une proposition complète incluant le retrait de sanctions contre des domaines clé, comme le pétrole et le secteur bancaire, et a laissé entrevoir son ouverture concernant des sanctions liées au terrorisme et aux droits de l’homme.

Il a ajouté, sous couvert d’anonymat, que Téhéran n’avait pas exprimé de volonté de tronquer l’expertise qu’il pourrait avoir acquise avec les travaux de ses centrifugeuses de pointe, ni de détruire celles-ci.

Le diplomate européen a déclaré que, dans les rangs de l’Occident, commençait à se répandre une théorie selon laquelle la délégation de négociateurs iranienne ne disposait d’aucune latitude et le guide suprême de la Révolution, l’ayatollah Ali Khamenei, pensait que Téhéran pouvait obtenir davantage de Washington et ne se pressait pas avant les élections iraniennes du 18 juin.

Par Arshad Mohammed et Humeyra Pamuk, avec Parisa Hafezi à Dubaï et John irish à Paris; version française Jean Terzian), publié le 7 mai 2021 à 07h44

Photo en titre : Crédits : Carlos Barria

https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN2CO09W/de-vastes-divergences-demeurent-entre-usa-et-iran-sur-le-nucleaire.html

LA FRANCE S’APPRÊTERAIT À TESTER SON MISSILE HYPERSONIQUE V-MAX !

Ceci n’est pas un scoop : la France est l’une des nations les plus militarisées au monde. Celle-ci prévoit donc comme d’autres de tester des missiles hypersoniques. Or, l’armée de notre pays pourrait prochainement tester le V-Max, mis au point par ArianeGroup.

Certains doutes planent

En février 2019, nous évoquions le fait que la France désirait s’équiper d’un planeur hypersonique – le V-Max – dans un futur proche. Il s’agissait d’entrer dans le groupe très fermé des pays maîtrisant ce genre de technologie, à savoir les États-Unis, la Chine, la Russie ainsi que l’Inde. Selon la ministre des Armées Florence Parly, le premier démonstrateur devrait prendre son envol en 2021.

« La DGA (1) a notifié un contrat d’études à ArianeGroup, qui s’appuiera sur les recherches de l’Onera, pour réaliser un prototype de planeur hypersonique à l’horizon de 2021. Envoyé par une fusée-sonde, le planeur non propulsé doit rebondir sur les couches de l’atmosphère à une vitesse supérieure à Mach 5 », expliquait Joël Barre de la Direction générale de l’armement (DGA).

Comme l’expliquaient tout récemment plusieurs sources dont The Drive et Opex360, la France serait sur le point de tester le V-Max. L’armée de notre pays a émis des avertissements de navigation et ceci pourrait annoncer le premier essai de cet engin. Néanmoins, le consultant Marco Langbroek de l’Université de Leiden (Pays-Bas) a annoncé sur Twitter (voir ci-après) que ces avertissements pouvaient également concerner une nouvelle version du M51 (le M51.3), un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) déjà connu.

Un mystère dissipé dans les prochaines semaines

Parmi les zones identifiées, celle se trouvant le plus à l’est semble concerner le site de test de la DGA dans les Landes. En revanche, celle la plus à l’ouest se trouve près des Bermudes et s’éloigne ainsi de la trajectoire d’un éventuel projectile balistique. Autrement dit, il est possible que l’on assiste à un test différent de celui qu’avait assuré le sous-marin nucléaire Le Téméraire en 2020 avec le missile M51.2. Il pourrait alors s’agir d’une sous-munition lancée par une fusée traditionnelle, une description collant davantage à celle qu’avait formulée Joël Barre en 2019. Quoi qu’il en soit, l’armée française a émis ses alertes le 27 avril et ces dernières sont entrées en vigueur pour trois semaines. Le mystère actuel devrait donc s’éclaircir dans les prochains jours.

Enfin, rappelons tout de même que certains experts dont le physicien au MIT David Wright sont plutôt sceptiques sur l’efficacité promise par les missiles hypersoniques. Selon l’intéressé, ces missiles ne représenteront pas une révolution – ni même une évolution -, et ce malgré l’apparition de certaines nouveautés. Ses simulations informatiques ont démontré que les trajets intercontinentaux des missiles hypersoniques sont plus longs que ceux de leurs équivalents balistiques.

NDLR: note (1): DGA = Direction Générale de l’Aviation

Par Yohan Demeure rédacteur scientifique, publié le 7 mai 2021 à 13 h 56

Photo en titre : Crédits : ArianeGroup

https://sciencepost.fr/la-france-sappreterait-a-tester-son-missile-hypersonique-v-max/

CHUTE D’UN PANIER CONTENANT DES TRONÇONS DE CRAYONS DE COMBUSTIBLE DANS UN PUITS D’ENTREPOSAGE D’UNE CELLULE BLINDÉE DE L’INB 55 DÉNOMMEE LECA-STAR.

Laboratoire d’examens des combustibles actifs (Leca) et station de traitement, d’assainissement et de reconditionnement de combustibles irradiés (Star) – Utilisation de substances radioactives – CEA

Le 21 avril 2021, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a informé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de la chute d’un panier contenant des tronçons de crayons de combustible nucléaire lors de sa mise en puits dans la cellule blindée C3 de l’INB Star.

Le CEA réalise dans cette cellule des examens non destructifs par radiographie X, spectrométrie gamma et courants de Foucault sur des échantillons de crayons de combustible utilisés dans des réacteurs nucléaires. Lorsqu’ils ne sont pas expertisés, les échantillons de crayons sont entreposés en paniers dans des puits pouvant contenir jusqu’à six paniers superposés.

Le 14 avril 2021, des opérations de remise en puits de paniers étaient en cours dans la cellule C3 de l’installation Star. Lors de l’introduction d’un panier dans un puits au moyen d’un grappin mécanique, le grappin a lâché le panier qui a chuté dans le puits d’une hauteur d’environ 90 cm sur un autre panier déjà présent au fond du puits.

À la suite de la chute du panier, les opérateurs ont contrôlé avec une caméra l’état du grappin et des contenants des échantillons de crayons de combustible à l’intérieur du panier. L’examen n’ayant pas montré de défaut, ce type de panier étant conçu pour résister à une chute de plus de 4 m, les opérateurs ont décidé de poursuivre leur activité de rangement des paniers au moyen du grappin sans s’assurer auprès du chef de l’installation que leur contrôle était suffisant après cette chute.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, compte-tenu de la poursuite d’une activité à la suite d’un événement inhabituel, qui traduit des lacunes en matière de culture de sûreté des opérateurs, et de la prise en compte partielle du retour d’expérience d’une situation similaire survenue dans une autre INB du centre en 2017, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

L’ASN a mené une inspection le 27 avril 2021 portant sur cet événement et a notamment demandé que le processus décisionnel en situation dégradée soit mieux formalisé. L’ASN examinera particulièrement l’analyse des causes profondes de l’événement menée par l’exploitant, notamment celles liées aux facteurs organisationnels et humains, ainsi que l’expertise attendue de la défaillance du grappin et le retour d’expérience relatif à l’exploitation de ce système.

Publié le 7 mai 2021

Photo en titre : Chute d’un panier LECA STAR CEA – image copyright ASN

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Chute-d-un-panier-contenant-des-troncons-de-crayons-de-combustible-dans-un-puits-d-entreposage

LA RUSSIE VA TESTER SON NOUVEAU MISSILE NUCLÉAIRE SUPERSONIQUE SATAN-2

L’arme russe va tester un nouveau missile nucléaire intercontinental, le RS-28 Sarmat, auquel elle a donné le surnom pas du tout inquiétant de « Satan II ». Au cours des prochains mois, elle devrait ainsi procéder à trois essais, rapportait l’agence de presse russe TASS le 5 mai.

L’agence de presse qualifie l’arme d’ « invulnérable ». Le missile Satan II est destiné à remplacer le modèle original, développé dans les années 1970. Cette nouvelle version aurait une portée de 18 000 kilomètres et pourrait donc frapper partout sur Terre. De plus, il peut transporter jusqu’à dix tonnes de charge utile, soit plusieurs ogives nucléaires. C’est donc une réelle « amélioration » que s’offre l’arsenal russe.

Si ces tests à venir se passent bien, l’armée soviétique pourra même déployer ces armes en situation de combat d’ici la fin de l’année prochaine. « Le premier lancement du Sarmat dans le cadre des tests de développement en vol sera effectué provisoirement au troisième trimestre 2021 », a déclaré une source militaire. « Un champ de la zone d’essais de Kura au Kamtchatka servira de cible. »

Ce qui inquiète le plus les observateurs, c’est la vitesse du missile balistique. Il a été conçu spécifiquement pour éviter toute forme de défense antimissile, et est supersonique. Il est également capable d’utiliser sa très longue portée pour survoler des zones plus faiblement défendues comme le pôle Nord ou Sud. En théorie, aucun système de défense ne pourra donc arrêter l’arme nucléaire avant qu’elle ne touche sa cible.

Source : TASS

Publié le 7 mai 2021

https://www.ulyces.co/news/la-russie-va-tester-son-nouveau-missile-nucleaire-supersonique-satan-2/

CENTRALE DE BELLEVILLE-SUR-LOIRE : LA PLAINTE DU RÉSEAU « SORTIR DU NUCLÉAIRE » DEVANT LA COUR D’APPEL D’ORLÉANS

La Cour de cassation renvoie la plainte du réseau « Sortir du nucléaire » devant la Cour d’appel d’Orléans. L’association avait déposé plainte en 2017, après une série d’anomalies relevées par l’Agence de sûreté nucléaire à la centrale de Belleville-sur-Loire.

La date de l’audience n’est pas encore fixée. Mais déjà, le réseau « Sortir du nucléaire » se félicite de l’arrêt pris par la Cour de cassation le 4 mai. Le dossier va enfin pouvoir être instruit, quatre ans après le dépôt de plainte contre des infractions commises à la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher).

« La plainte était frappée de nullité sur la forme, de façon systématique, sous prétexte que seule l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) était autorisée à relever ces infractions. Nous allons maintenant pouvoir parler du fond  » explique Catherine Fumé, membre de l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye, et riveraine de la centrale.

Le fond, ce sont les 47 infractions au code de l’environnement et aux règles de sécurité nucléaire relevées lors d’une inspection réalisée par l’ASN, en avril 2017. Six mois plus tard, l’Autorité plaçait la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire sous surveillance renforcée. « Le tableau d’ensemble montrait un laisser-aller qui fragilisait les installations », se rappelle Catherine Fumé. Manque d’entretien, rafistolage, le rapport de l’ASN évoquait encore l’existence de matières radioactives avec lesquelles les personnes travaillant sur site étaient susceptibles d’être en contact.

Le réseau et l’association tirent la sonnette d’alarme après chaque visite de contrôle de Belleville-sur-Loire. La première plainte remonte à 2015. « En général, la centrale nucléaire se plie aux exigences de l’ASN pendant un certain temps, et puis ça commence à se dégrader à nouveau, petit à petit», remarque Catherine Fumé. « En tant que riverains, nous exigeons que la sécurité soit maximale ». 

Publié le 07/05/2021 à 18h11

Photo en titre : Belleville-sur-Loire (Cher) est l’une des quatre centrales nucléaires de la région • © Loïc Blache

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/cher/bourges/centrale-de-belleville-sur-loire-la-plainte-du-reseau-sortir-du-nucleaire-devant-la-cour-d-appel-d-orleans-2081776.html

ÉLECTRICITÉ : QUAND FRANÇOIS BAYROU FAIT DES ÉTINCELLES

Le Haut-Commissaire au plan a publié fin mars une note qui fait réagir vivement le Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Pas de doute : François Bayrou, Haut-Commissaire au plan, aime l’atome. Personne ne songerait à le lui reprocher. Mais sa défense de l’atome, illustrée dans une note intitulée « Le devoir de lucidité » passe par des arguments qui ont vivement fait réagir le Syndicat des énergies renouvelables, dans une lettre ouverte publiée fin mars et intitulée « Le droit à la vérité, préalable indispensable au devoir de lucidité« .

Soleil noir

Si le SER a si vivement réagi, c’est qu’à ses yeux, la note de M. Bayrou comporte beaucoup de contre-vérités. Ainsi, le Haut-Commissaire oppose d’un côté la hausse massive à venir de la consommation, et de l’autre la diminution de nos capacités de production. Or, rappelle le SER, toutes les capacités de production en ENR sont orientées à la hausse à l’horizon 2035. Seule la capacité nucléaire pourrait baisser.

Autre point d’achoppement, le bilan carbone des panneaux photovoltaïques. « Le gain environnemental résultant de la production électrique d’origine solaire est incapable de compenser les émissions entraînées par cette fabrication. Au terme de la durée de vie de ces panneaux (quelque 25 années de production), le bilan total  des émissions tout au long du cycle de vie est probablement défavorable« , écrit Bayrou. Or, le SER rapporte que selon les données scientifiques du Fraunhofer ISE, il suffit de quatre mois à un an et demi de fonctionnement d’un panneau, selon la technologie utilisée et la localisation, pour compenser le carbone lié à sa production. De même, l’argument de l’utilisation de terres arables ou boisées pour y construire des centrales solaires fait grincer des dents le SER. Outre que les surfaces concernées sont très faibles, il s’agit le plus souvent d’aires déjà urbanisées…

Enfin, M. Bayrou évoque les difficultés techniques d’une production en courant continu à basse tension. Difficulté résolue depuis des décennies par l’emploi d’un onduleur. (NDLR : Je confirme : mes panneaux solaires ont plus de 20 ans et sont, bien entendu, équipés d’un onduleur qui fonctionne toujours très bien. Monsieur Bayrou parle beaucoup trop sans connaître le B – A – BA de son sujet  ce qui enlève tout crédit à ses positions pronucléaires et je m’en réjouis!).

Réseau

Autre point de discorde, les investissements lourds dans le réseau que rendraient nécessaires les énergies renouvelables. « Nous rappelons que RTE et Enedis ont publié au cours des années écoulées leurs stratégies d’investissement qui intègrent le raccordement massif d’énergies renouvelables prévu par la loi. Ces documents ont été revus et approuvés par la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et prévoient, pour RTE, des investissements à peu près similaires à ceux réalisés dans les années 1970-1990, alors même qu’en plus du développement des énergies renouvelables, RTE devra gérer le renouvellement massif des réseaux hérités des années 1950-60. S’agissant de la distribution, l’impact du raccordement des énergies renouvelables restera marginal par rapport aux investissements à destination des consommateurs, tout au plus 15% des investissements totaux d’Enedis en 2035« , écrit le SER.

Une mise au point qui laisse ouverte la question de savoir qui est à l’origine de la note endossée par François Bayrou. Une chose est sûre : elle n’est pas l’œuvre d’un défenseur des ENR !

Par Pierre Pichère, publié le 7 mai 2021

https://www.lemoniteur.fr/article/electricite-quand-francois-bayrou-fait-des-etincelles.2143694

RÉFORME D’EDF : LE GOUVERNEMENT ENGLUÉ FACE AU DOUBLE FRONT SYNDICATS-BRUXELLES

EDF, détenu à près de 84% par l’État, est notamment contraint aujourd’hui de vendre une partie de son électricité nucléaire à un prix fixe et bon marché à ses concurrents. La réforme de ce mécanisme, qu’il considère comme injuste, s’inscrit dans le projet de réforme.

Le gouvernement mène des discussions toujours difficiles avec les syndicats comme avec la Commission européenne sur l’avenir d’EDF, dont le projet de réorganisation traîne en longueur faute d’accord.

Ce projet au long cours aboutirait dans ses grandes lignes à la création de trois entités, avec une société mère publique qui conserverait notamment le nucléaire, et deux filiales pour les barrages d’un côté, les renouvelables et le réseau de distribution de l’autre.

Si les discussions se poursuivent activement, elles n’ont pas encore débouché sur un accord avec Bruxelles malgré des progrès sur certains points.

« Le dossier n’avance pas à la vitesse souhaitée par EDF », estime une source proche de la Commission européenne, où les services de la commissaire Margrethe Vestager veillent au strict respect des règles de la concurrence. « On n’est pas proche d’un accord », juge cette source.

Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a même qualifié jeudi (6 mai) les discussions d’« extrêmement difficiles ».

« Ligne rouge »

Un point d’achoppement majeur reste le degré de relation entre les futures entités d’EDF.

La Commission exige des « murailles de Chine » entre elles. Elle veut notamment éviter des « subventions croisées », par exemple qu’un coup de pouce au nucléaire bénéficie à d’autres activités d’EDF au détriment de ses concurrents.

Mais Paris insiste sur le fait que le groupe doit rester intégré, avec une stratégie unique et des flux financiers entre les différentes activités.

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, comme le PDG d’EDF, ont ainsi fait de l’unité d’EDF une « ligne rouge ».

Une manière d’essayer de rassurer des syndicats farouchement opposés au projet de réorganisation, longtemps baptisé « Hercule » et assimilé à un démantèlement de l’entreprise.

Bruno Le Maire a mené une série de rencontres avec les syndicats mais sans jusqu’à présent parvenir à les convaincre.

L’interfédérale syndicale énergie et mines CGT, CFE-CGC, CFDT et FO s’est ainsi dite mardi (4 mai) « davantage soudée pour s’opposer au projet Hercule ».

« La direction et le gouvernement essayent de trouver l’organisation qui pourra dévier demain et les suivre. Je connais ce jeu de déstabilisation. On ne tombe pas dans le piège », affirme Sébastien Menesplier, de la CGT.

« Détente du calendrier »

L’horloge tourne, car il faudrait près d’un an pour boucler une réforme qui doit passer devant le Parlement et risque d’entrer en collision avec le calendrier de la campagne présidentielle l’an prochain.

« On est dans le “money time“ », espère l’un des protagonistes, faisant référence aux dernières minutes décisives d’un match.

Après avoir espéré finaliser son projet fin 2020 puis au printemps, le gouvernement s’est posé une nouvelle échéance avant l’été.

Un conseil des ministres devait même aborder le sujet le 19 mai, une date finalement abandonnée faute d’avancée, selon plusieurs sources.

Et le projet pourrait encore prendre du retard : à l’issue d’une rencontre avec Bruno Le Maire, la CGT a rapporté « une détente du calendrier pour aller probablement, c’est une supposition, jusqu’à l’automne ».

Du côté d’EDF comme du gouvernement français, on juge pourtant la réforme nécessaire pour mieux rémunérer la production nucléaire française, accélérer le développement dans les renouvelables, tout en réglant un vieux contentieux avec Bruxelles sur les barrages hydroélectriques.

Le groupe, détenu à près de 84% par l’État, est notamment contraint aujourd’hui de vendre une partie de son électricité nucléaire à un prix fixe et bon marché à ses concurrents. La réforme de ce mécanisme, qu’il considère comme injuste, s’inscrit dans le projet de réforme.

Jean-Bernard Lévy alerte régulièrement sur le risque pour EDF, par ailleurs lourdement endetté, d’être « relégué en deuxième division » face à ses concurrents européens.

Mais sans certitude pour l’instant de trouver une solution rapide. « Rien ne permet de penser que les discussions pourront aboutir rapidement, rien ne permet non plus de penser qu’elles pourraient ne pas aboutir », a-t-il encore dit jeudi (6 mai).

Par Agence France Presse (AFP), publié e 7 mai 2021 à 8h45, mis à jour à 8h57

Photo en titre : [EPA-EFE/CAROLINE BLUMBERG]

NUCLÉAIRE : À LA HAGUE, TROIS MOIS DE RETARD POUR LE CHANTIER NCPF

Le chantier NCPF, l’un des plus actuellement implantés sur le site de La Hague (Manche), accusera un retard de trois mois par rapport aux délais annoncés.

Le chantier NCPF, l’un des plus importants dans La Hague (Manche), a annoncé qu’il cumulait un retard de trois mois par rapport aux délais annoncés. Une erreur a en effet été décelée. « Il y a eu une inversion de cuves. Pour faire simple, chaque cellule possède une cuve A et une cuve B, la A a été mise à la place de la B, et inversement. Tant sur l’unité R2 que T2 », explique Arnaud Baudry, délégué syndical CFDT.

À lire aussi : Nucléaire : à l’usine de la Hague, la « supercherie » d’une entreprise de soudure démasquée

Une erreur dans un plan 3D

Et de détailler : « C’est une erreur dans un plan 3D qui a engendré cette inversion. Les problèmes de raccordement générés l’ont révélée. Heureusement, rien n’était en fonction, et le bâti ne doit pas être recassé, sinon cela aurait pu avoir de lourdes conséquences. Un plan d’action a été présenté pour réparer l’erreur ».

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 6 Mai 21 à 20h46 

Photo en titre : Trois mois de retard pour le chantier NCPF, à La Hague. (©La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/nucleaire-a-la-hague-trois-mois-de-retard-pour-le-chantier-ncpf_41645056.html

NDLR : Question : qui va payer ?

Pour info, NCPF = Nouvelles unités de Concentration des Produits de Fission

NUCLÉAIRE: EDF A REMIS SA COPIE SUR DE POSSIBLES NOUVEAUX EPR EN FRANCE

EDF a annoncé jeudi avoir remis au gouvernement son dossier sur la possible construction de nouveaux réacteurs EPR nucléaires en France.

Nous souhaitons que soit décidée la construction en France de nouveaux EPR. À ce titre, le dossier que le gouvernement a demandé sur la faisabilité et sur les conditions d’un tel programme vient de lui être adressé”, a indiqué le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, lors de l’assemblée générale des actionnaires.

La France envisage le renouvellement de son parc nucléaire avec six réacteurs de nouvelle génération EPR mais n’a pas encore pris de décision. Celle-ci a été a été repoussée après le démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche), prévue fin 2022 après de nombreux retards, et concernera donc le prochain quinquennat.

Dans ce cadre, il était prévu qu’EDF remette un dossier complet au gouvernement à la mi-2021.

Sollicités par l’AFP, le ministère de la Transition écologique (en charge de l’énergie) et celui de l’Économie n’avaient pas réagi à la mi-journée.

Par ailleurs, EDF développe avec d’autres partenaires un projet de petit réacteur modulaire (ou SMR pour “small modular reactor” en anglais). Baptisé “Nuward”, il sera destiné à l’exportation à l’horizon 2030.

Pour donner à ce produit toutes ses chances sur ses marchés cibles à l’extérieur de la France, nous proposons que la prochaine PPE prévoie la construction d’un premier SMR en France”, a indiqué M. Lévy.

Il faisait référence à la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route énergétique de la France, dont la version actuelle va jusqu’à 2028.

jmi/ode/shu

Par AFP, publié le 06.05.2021

https://www.lemondedelenergie.com/nucleaire-edf-epr/2021/05/06/

NDLR : Appel aux électeurs : avant de déposer votre bulletin de vote dans l’urne, vérifiez bien que la personne objet de votre choix est fermement opposée au nucléaire donc à ces nouveaux projets. Et en cas de doute, n’hésitez pas à lui poser la question par écrit.

REGISTRE DES CANCERS DE CORSE : LE TEMPS DE LA RECHERCHE

La structure portée par l’observatoire régional de santé se met en place de façon graduelle tandis que les obstacles techniques et administratifs tombent les uns après les autres. L’intérêt est d’avoir un suivi des cancers et de pouvoir, le cas échéant, identifier leur origine.

Le registre des cancers de Corse porté par l’observatoire régional de la santé – ORS – prend forme. Le réseau de partenaires est construit à 95 %*, la confidentialité et la sécurité des données recueillies sont cadrées, le système d’information fonctionne. Le comité d’évaluation des registres a délivré un avis.

LIRE AUSSIINTERVIEW. Marc Germain, président du comité 2B de la Ligue contre le cancer : « Forte baisse des dépistages en raison de la crise »

« Nous en sommes cette année au stade de la mise en place de la recherche. Nous avons fait le choix de retenir entre trois et quatre thématiques. Nous espérons les sortir en début d’année 2022« , résume Jean Arrighi, épidémiologiste, conseiller auprès de Christophe Arena, directeur de l’ORS de Corse. Dans sa ligne de mire figure d’ores et déjà, une présentation générale de l’activité du registre, un travail sur des cancers assez courants qui devrait permettre d’estimer la pertinence de la démarche d’évaluation mise en œuvre par la structure, tandis que le cancer de la thyroïde constituera un point d’intérêt majeur.

Les retombées de Tchernobyl

Du même coup, on revient ainsi à la « demande initiale« . Car, d’une certaine manière, c’est le 26 avril 1986, alors qu’une explosion détruit le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, que débute l’histoire du registre. L’accident, à l’époque, provoquera la formation d’un nuage chargé de particules radioactives. Il touchera la Corse quelques jours plus tard. Les autorités d’alors minimisent le phénomène. Pourtant, le 2 et le 4 mai notamment, le détecteur de radioactivité des pompiers à Ajaccio s’est déclenché. Quelques semaines plus tard, en juin, l’observatoire régional de santé de Corse voit le jour. L’une de ses premières tâches est de répondre à une commande gouvernementale. « L’État nous a demandé de réaliser un inventaire concernant un certain nombre de produits de consommation courante dont le taux de radioactivité faisait l’objet d’une analyse systématique », se souvient Jean Arrighi alors directeur de l’ORS.

Un rapport est établi dans la foulée. Il reste dans les tiroirs de la préfecture un long moment avant d’être rendu public. À mesure que le temps passe, l’ORS de Corse, comme ses homologues sur le continent, prend de l’ampleur. Bientôt, l’heure est « à la santé observée » sur le territoire. L’approche est indissociable de l’élaboration d’indicateurs et de bases de données. En 1998, dans une atmosphère d’intenses débats et de pression médiatique sur les retombées de Tchernobyl dans l’île, la Région demande à l’ORS de se saisir du volet sanitaire. Les autorités compétentes affichent des préoccupations comparables. Des groupes de travail se mettent en place, des études sont lancées. Mais, on ressent la nécessité d’aller bien au-delà des travaux de l’Inserm et de l’Institut national de veille sanitaire pour faire toute la lumière sur l’épisode Tchernobyl. D’autant plus qu’entretemps, une enquête scientifique, réalisée par une équipe de chercheurs de l’hôpital Galliera de Gênes, a relevé une nette augmentation des maladies de la thyroïde, dont des cancers, en Corse dans le prolongement de Tchernobyl.

L’impulsion décisive est, au final, donnée par Fabienne Giovannini au moment où elle accède à la présidence de l’ORS.

Le principe du registre des cancers est posé. Le 26 septembre 2014, l’ORS est officiellement chargé par Paul Giacobbi alors président du conseil exécutif de la création du registre. Le dispositif a vocation à procéder à un recueil continu et exhaustif de données nominatives, autrement dit à recenser tous les nouveaux cas de cancer chez les résidents corses, quel que soit le lieu où les soins sont prodigués. L’approche « répond à un objectif de santé publique« , souligne Jean Arrighi. On surveille les cancers de la thyroïde, les pathologies en lien avec le radon. « Nous sommes également amenés à observer le circuit de prise en charge des patients », complète-t-il. Toutes ces données constituent pour les autorités compétentes, « une aide à la décision pour les actions de prévention dans les domaines médical et médico-social« .

Parmi ceux-ci, des déclarants, c’est-à-dire les réseaux régionaux de cancérologie, les établissements de soins dans l’île et sur le continent, à quelques rares exceptions près au sein desquels les patients corses sont pris en charge, les laboratoires d’anatomopathologie, les caisses d’Assurance Maladie, au titre des admissions en ALD.

Par: Véronique Emmanuelli, publié le: 06 mai 2021 à 10h00 dans Santé

Photo en titre : Il y a 35 ans, l’explosion d’un réacteur de la centrale nucléaire entraînait la formation d’un nuage radioactif. Archives cm

https://www.corsematin.com/articles/registre-des-cancers-de-corse-le-temps-de-la-recherche-117456

ÉTATS-UNIS : LE PENTAGONE ANNONCE L’ÉCHEC D’UN TEST DE MISSILE INTERCONTINENTAL

DÉFENSE – Une enquête était en cours pour découvrir la cause du dysfonctionnement

Les États-Unis ont annoncé, ce mercredi, l’échec d’un test de missile balistique intercontinental (ICBM) Minuteman III au décollage, précisant que le missile était non-armé et qu’une enquête était en cours pour découvrir la cause du dysfonctionnement.

L’armée américaine envisage de retenter ce tir d’essai, a précisé l’US Air Force dans un communiqué.

Rassurer les alliés de Washington

Le missile devait être lancé mercredi à la première heure depuis la base aérienne de Vandenberg, en Californie, pour un test comme l’armée de l’air américaine en effectue régulièrement pour démontrer l’efficacité de la dissuasion nucléaire américaine et rassurer les alliés de Washington.

Il avait été annoncé lundi dans un tweet du commandement de la force de frappe américaine. Le communiqué ne précise pas où il devait s’écraser mais les missiles testés sont en général tirés en direction des îles Marshall, et s’abîment en mer.

Un seul lanceur terrestre

En service depuis cinquante ans, Minuteman III est le seul missile à lanceur terrestre de l’arsenal nucléaire des États-Unis depuis 2005. Il est installé dans des silos de lancement répartis sur trois bases militaires américaines, dans le Wyoming, le Dakota du Nord et au Montana.

L’arsenal nucléaire américain comprend aussi les missiles Trident, lancés depuis la mer et déployés à bord des sous-marins américains, et des bombes nucléaires transportées par des bombardiers stratégiques

Par 20 Minutes avec AFP, publié le 05/05/21 à 18h23, mis à jour le 05/05/21 à 18h26

Photo en titre : Un missile balistique intercontinental Minuteman III lancé depuis une base aérienne en Californie en août 2017. — U.S. Air Force/SIPA

https://www.20minutes.fr/monde/3035735-20210505-etats-unis-pentagone-annonce-echec-test-missile-intercontinental

« PROJET HERCULE ? LIBÉREZ EDF D’ABORD ! »

Tribune – Plusieurs experts du marché de l’énergie en France demandent au gouvernement de redonner à EDF sa faculté de fixation des prix. Ainsi, le groupe pourrait retrouver son rang sur le marché européen. Et le pouvoir de décision concernant le marché français de l’électricité reviendrait à Paris, et non plus à Bruxelles.

Il y a plus de quarante ans, à la suite de l’Acte unique européen, les États de l’Union Européenne ont approuvé à l’unanimité (NDLR : donc avec l’accord du gouvernement français !) le principe de mise en concurrence des fournisseurs d’électricité, avec comme objectif l’intérêt des consommateurs. Le client serait libre de choisir son fournisseur. Les fournisseurs seraient libres de la fixation de leurs prix, donc de leur politique commerciale. Comme toute liberté, cette dernière est limitée par celle des autres. Les règles de concurrence fixent ces limites. Les autorités de concurrence font respecter ces règles. Si le commerce entre États est impliqué, comme c’est souvent le cas pour EDF, l’Autorité de concurrence de la Commission européenne est la seule compétente pour autoriser des dérogations.

La mise en œuvre de la concurrence en électricité a débuté avec le nouveau siècle. La France terminait un important programme nucléaire, qui s’est révélé exceptionnellement compétitif. Les concurrents potentiels d’EDF hésitèrent à s’engager sur le marché français. EDF apparaissait comme imbattable dans son pré hexagonal, et devint rapidement le premier exportateur d’électricité mondial. Le gouvernement, soucieux de faire profiter les Français de cette électricité bon marché, décida de prolonger les tarifs réglementés d’électricité reflétant les coûts bas dus à l’atome national.

Mise en concurrence

Ces prix administrés, décidés par l’État, sont contraires aux règles de concurrence qui imposent que les prix soient fixés librement par les entreprises. Ils nécessitent une dérogation que seule la Commission européenne peut accorder. Cette dernière refusa un tarif réglementé destiné aux industriels. Le gouvernement français, pour montrer sa bonne volonté, proposa alors une mesure radicale : les concurrents potentiels d’EDF, rebutés par les bas coûts du nucléaire, auraient eux aussi accès à cette manne d’électricité nucléaire bon marché afin qu’ils puissent concurrencer l’opérateur historique. Ce fut le dispositif ARENH (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique).

L’ARENH eut des résultats rapides et spectaculaires. Des dizaines de fournisseurs alternatifs apparurent. Mais ce remède de cheval provoqua d’importants effets secondaires indésirables. L’ARENH est un dispositif administré, « totalement dérogatoire » suivant l’Autorité de concurrence française. Il nécessitait l’accord de la Commission européenne. Satisfaite de l’apparition de nombreux concurrents, celle-ci l’accepta en 2012. Mais désormais, le marché français de l’électricité reposait largement sur des dérogations, comme les tarifs réglementés rescapés et l’ARENH. La Commission européenne était seule compétente pour les gérer. Le pouvoir de décision concernant le marché français de l’électricité passa en grande partie de Paris à Bruxelles.

Effondrement de la capitalisation d’EDF

Les tarifs régulés rescapés et l’ARENH privent largement EDF de sa liberté de fixer ses prix, principalement décidés par l’État. Selon son président, l’ARENH « nous empêche de mener à bien notre stratégie ». Les investisseurs se sont détournés d’une entreprise handicapée par une maîtrise insuffisante de sa politique commerciale, donc en grande difficulté face à des concurrents, dont les grandes compagnies européennes, libres de leurs mouvements.

La capitalisation d’EDF s’est effondrée, aggravant durement ses problèmes financiers. EDF, l’un des premiers électriciens mondiaux, et premier exportateur mondial d’électricité, ne figure ainsi plus au CAC 40 et son président craint « qu’il ne soit relégué en seconde division ». Quant au consommateur français, il attend toujours une baisse des tarifs. Celle-ci a bien peu de chance de voir le jour, car EDF et ses concurrents s’approvisionnent principalement à la même source, le parc nucléaire.

Si la réforme Hercule comporte d’importants dispositifs administrés, donc dérogatoires au droit de la concurrence, le pouvoir restera à Bruxelles. Si elle prive largement EDF de sa liberté de fixation des prix, cette entreprise aura des difficultés à exister et nécessitera des financements d’État. Une augmentation du tarif administré de vente du nucléaire amènerait une amélioration temporaire, mais la future EDF, handicapée par l’absence d’une véritable politique commerciale, serait reléguée en seconde division.

EDF ne pratique pas de prix prédateurs

Dans une économie de marché, donc en concurrence, une entreprise ne peut exister sans politique commerciale c’est-à-dire sans la liberté de fixer ses prix, liberté inscrite dans le Code du commerce. Les règles de concurrence peuvent-elles entraîner une limite de cette liberté pour EDF ?

Oui, si EDF a reçu pour la construction du parc nucléaire des aides d’État. Or, en 1993, après un examen minutieux, la Commission européenne a conclu que ce ne fut pas le cas. Oui, si EDF, abusant de sa position dominante, pratique des prix bas dits prédateurs, afin de gêner ses concurrents ou d’empêcher leur venue.

A LIRE AUSSI : Démantèlement d’EDF : les cinq sujets qui fâchent

Mais des prix prédateurs doivent faire partie d’une stratégie délibérée dans ce but. Or, les coûts faibles du nucléaire historique n’ont pas comme objectif de gêner les concurrents. Ils sont… historiques ! C’est-à-dire issus de résultats de la politique industrielle d’EDF. Par ailleurs les tarifs d’EDF couvrent les coûts totaux. EDF ne pratique donc pas de prix prédateurs.

Dans sa décision de 2012 concernant l’ARENH, la Commission européenne écrit : « une limitation de la liberté de la fixation des prix [par EDF] peut s’avérer justifiée par la situation et les caractéristiques du marché français ». L’argument de la Commission est que les concurrents d’EDF ne pourraient disposer avant longtemps de moyens de production aux coûts comparables au nucléaire français. Il n’est pas impossible que les règles de concurrence autorisent cette argumentation, mais imposer des contraintes à une entreprise du fait de sa compétitivité est une démarche incertaine. La Commission n’a jamais lancé contre EDF de procédure de ce genre.

Concurrence du solaire

En outre, aujourd’hui, un fait nouveau est apparu. Dans un rapport de la Commission européenne d’octobre 2020, il est indiqué que les coûts complets (LCOE) de l’électricité des centrales solaires de plus de 10 MW sont aujourd’hui inférieurs en Europe au prix de vente de l’électricité nucléaire via l’ARENH.

De plus, le solaire a été introduit en avril 2021 dans la taxonomie et ses investissements en seront largement facilités. Les installations solaires sont construites bien plus rapidement que des réacteurs nucléaires. Le rapport de la Commission de 2020 indique qu’est désormais possible pour tout fournisseur alternatif de disposer rapidement d’installations de production d’électricité solaire aux coûts comparables au nucléaire français. Il annule l’argumentation de cette même Commission de 2012, qui aurait pu permettre de limiter la liberté pour EDF de fixer ses prix.

En conséquence, nous préconisons :

– la renonciation aux dispositifs administrés tels que les tarifs réglementés, hors ceux relevant de missions de service public, et l’ARENH. La sortie de l’ARENH sera progressive et préparée comme le préconise l’Autorité de la concurrence française. Ainsi le pouvoir de décision reviendra à Paris.

– qu’EDF exerce sa liberté de fixation des prix afin que ses clients, qui sont essentiellement français, bénéficient des coûts bas de l’atome national et que le financement des investissements soit assuré. L’État s’exprimera par ses représentants au conseil d’administration.

En retrouvant ses libertés d’entreprise, EDF, qui était avant la pandémie la première société mondiale pour la production d’électricité – non par ses capacités de production – et le premier exportateur d’électricité de la planète, retrouvera son rang dans le marché européen et la confiance des investisseurs. Pôle industriel indispensable, EDF pourra largement contribuer à la transition énergétique française qui prévoit le doublement en France de la part de l’énergie consommée sous forme d’électricité d’ici 2050.

À LIRE AUSSI : « Hercule » : EDF démantelé, Bruxelles comblée, les citoyens français lésés

La liste des signataires :

Lionel Taccoen, ancien délégué général pour les affaires communautaires d’EDF, Claude Desama, ancien président de la Commission de l’énergie, de la recherche et de la technologie du Parlement européen, Rapporteur de la première directive sur le marché européen de l’électricité, André Merlin, ancien président du directoire de RTE, Yves Bonnet, préfet honoraire, Jacques Peter, ingénieur des mines, Jean Fluchère, ancien délégué régional d’EDF, Michel Gay, essayiste, André Pellen, président d’association, Henri Thomé, chef d’entreprise

Par Tribune collective, publié le 05/05/2021 à 14h21

Photo en titre ; En retrouvant ses libertés d’entreprise, EDF, qui était avant la pandémie le premier exportateur d’électricité de la planète, retrouvera son rang dans le marché européen.
© NurPhoto via AFP

https://www.marianne.net/agora/tribunes-libres/projet-hercule-oui-a-une-entreprise-edf-libre

NUCLÉAIRE : À L’USINE DE LA HAGUE, LA « SUPERCHERIE » D’UNE ENTREPRISE DE SOUDURE DÉMASQUÉE

Une entreprise sous-traitante, implantée en Croatie, a falsifié des documents afin que trois soudeurs puissent intervenir sur l’un des plus gros chantiers actuels de La Hague.

Pour souder sur le site nucléaire d’Orano La Hague, dans le Cotentin, les travailleurs doivent avoir une qualification soudure particulière, pas si évident que cela à obtenir, d’ailleurs.

Une entreprise sous-traitante, dont le siège social est implanté en Croatie, Techni D.O.O, a falsifié ces documents afin que trois soudeurs puissent intervenir sur l’un des plus gros chantiers actuels du site de la Hague, le chantier NCPF. Ce dernier, rappelons-le, permettra le remplacement des évaporateurs existants par de nouveaux équipements sur deux ateliers d’extraction, R2 et T2, qui assurent la séparation de l’uranium, du plutonium et des produits de fission.

« Nous subissons aujourd’hui le jeu du marché. Nous allons au moins cher, et là, notamment, c’est un groupement d’entreprises, qui a sous-traité à un patron croate peu scrupuleux, Techni D.O.O, qui a reconnu avoir falsifié les qualifications de ses soudeurs pour obtenir le marché. »

Arnaud Baudry, Délégué syndical central, CFDT

À lire aussi : EPR de Flamanville : l’ASN donne son feu vert pour les huit soudures problématiques

Réaction rapide d’Orano

Sur le site, on assure s’être « rapidement rendu compte de la supercherie », explique le service communication Orano La Hague. Une inspection en interne a révélé en décembre dernier l’anomalie.

« Il y avait en effet un écart entre des documents sur les qualifications des soudeurs, l’entreprise a été tenue de s’expliquer et a reconnu les faits. L’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) a été informée le 15 février et a décidé aussitôt d’inspecter les soudures. Ce sont 25 tuyauteries qui sont concernées ».

Orano La Hague, Service communication

L’inspection s’est donc déroulée le 23 mars, et a conclu que « l’organisation définie et mise en œuvre sur le site pour investiguer ces irrégularités apparaît globalement satisfaisante. […] Ces soudures, au nombre de vingt-cinq, ont toutes été contrôlées par tirs radiographiques, avec un contrôle de second niveau systématique effectué par le personnel d’Orano Projet. Parmi ces soudures, quatorze sont classées EIP2 de rang 1, dont quatre sont considérées comme appartenant au « noyau dur 3 ». L’exploitant a indiqué que ces quatorze soudures subiront une épreuve hydraulique avant mise en service. »

À lire aussi : Cherbourg-en-Cotentin : Orano s’installe dans l’ancien atelier d’OpenHydro

Un événement qui pose question

En somme, ces 14 soudures en zone sensible subiront de nouvelles vérifications de la part d’Orano et seront de nouveau validées par l’ASN. Si les soudures semblent correctes, reste que l’événement interpelle dans le milieu du nucléaire.

« D’autant plus à l’heure où une entreprise telle que ACPP habilitée et habituée à ce genre de travail, est en liquidation judiciaire, et que des soudeurs qualifiés peuvent perdre leur travail, souligne Arnaud Baudry. Nous ne cessons d’alerter sur les compétences et le danger de validation de contrats low cost, on se doit d’être les meilleurs possible pour éviter tout accident. »

Le sujet devrait être à l’ordre du jour de la prochaine commission locale d’information (CLI).

Par Solène Lavenu, publié le 4 mai 2021 à 20h43 

Photo en titre : Plusieurs soudeurs non-qualifiés ont été démasqués sur le site d’Orano La Hague. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/nucleaire-a-l-usine-de-la-hague-la-supercherie-d-une-entreprise-de-soudure-demasquee_41572672.html

APPEL DE LA CRIIRAD POUR PERMETTRE LE DÉVELOPPEMENT DE SON RÉSEAU CITOYEN DE VIGILANCE SUR LA RADIOACTIVITÉ, CIVIRAD

Depuis le 17 mars dernier, la CRIIRAD mène une campagne de financement participatif au profit du développement de son réseau Citoyen de Vigilance sur la RADioactivité, CiViRAD. .

À ce jour, nous avons réuni  31 000€ et nous remercions d’ores et déjà tous les donateurs et toutes les donatrices pour leurs contributions.

Mais à 2 semaines de la fin de la campagne, il nous reste encore du chemin à parcourir pour atteindre l’objectif ! La somme déjà collectée nous permettra de financer les 11.000€ nécessaires à la première étape du projet : une nouvelle session de formation conçue et dispensée par l’équipe scientifique du laboratoire de la CRIIRAD pour faire monter en compétences les membres du réseau.

Grâce à cette formation complémentaire, l’équipe bénévole de CiViRAD sera en capacité de réaliser des mesures de radioactivité et des prélèvements dans l’environnement à proximité des centrales nucléaires. Les données et échantillons collectés seront transmis au laboratoire de la CRIIRAD dans le but d’estimer le niveau radiologique de référence de chacun des sites couverts.

La seconde partie du budget (26.000€) est destinée à constituer des dossiers de référence pour au moins 10 des 18 sites nucléaires français de production d’électricité. Ce travail permettra d’estimer, indépendamment des autorités et des exploitants du nucléaire, l’ampleur des retombées radioactives en cas de contamination, et d’informer la population des résultats observés.

À ce stade nous n’avons collecté qu’une partie du budget destiné à cette action.

Pour réunir d’ici le 17 mai la somme de 37 000€, nous avons besoin de votre aide ! Nous comptons sur vous pour relayer massivement le lien de la campagne : 

https://urlz.fr/feh5

Nous vous invitons à visionner et partager les vidéos explicatives ainsi que les témoignages de membres du réseau, qui ont enrichi cette campagne depuis le 17 mars.

Pour mieux comprendre, cliquez sur les liens ci-dessous :

Avec la CRIIRAD, développez le réseau citoyen de vigilance CiViRAD !

Qu’est-ce que le réseau CiViRAD ?

Réseau CiViRAD : les formations

Réseau CiViRAD : le terrain

Par avance, nous vous remercions infiniment pour votre soutien !

L’équipe de la CRIIRAD

Pour plus d’informations et pour faire votre don cliquer sur :

https://www.helloasso.com/associations/criirad/collectes/avec-nous-developpez-le-reseau-citoyen-de-vigilance-civirad

NDLR : Nucléaire Infos est adhérent de la Criirad et va participer au DÉVELOPPEMENT DE SON RÉSEAU CITOYEN DE VIGILANCE SUR LA RADIOACTIVITÉ, CIVIRAD

(NB : La CRIIRAD est habilitée à établir des attestations fiscales vous permettant de déduire de votre imposition 66% de votre don)

CRIME NUCLÉAIRE : CAMPAGNE DE LA DERNIÈRE CHANCE

Alors que son site bilingue www.acdn.net a reçu sa millionième visite, ACDN lance avec plusieurs autres associations la campagne de la dernière chance pour obtenir le référendum qui permettra au peuple français d’ouvrir la voie à l’abolition des armes nucléaires et radioactives.

Parlementaires et citoyens, réveillez-vous quand il en est encore temps !

Les députés et sénateurs français ont entre les mains le moyen d’éviter une catastrophe nucléaire. Vont-ils s’en saisir ?

Deux risques majeurs menacent la planète : climatique et nucléaire. Le premier n’est pas assez combattu, mais il est désormais universellement reconnu. Le second n’est ni combattu, ni reconnu. Il est au contraire promu, sous ses formes militaire et civile, par tous les chefs d’États Dotés d’Armes Nucléaires (EDAN), à commencer par la France : « Pas de nucléaire civil sans nucléaire miliaire, pas de nucléaire militaire sans nucléaire civil ! » (E. Macron, Le Creusot, 8.12.2020). Préparons donc la catastrophe…

De 2019 à 2025, le budget de la France consacré à moderniser ses armes nucléaires passe de 4 à 6 milliards par an (soit 14,5 millions d’Euros par jour pendant 7 ans). Sans compter leur entretien et leur service. La Grande-Bretagne augmente le nombre de ses ogives nucléaires de 180 à 260 (+ 45 %). États-Unis, Russie, Chine font de même. Résultat : les tensions militaires et climatiques nous placent à 100 secondes de l’Apocalypse selon les savants atomistes. Depuis 1945, jamais nous n’en avons été aussi près. Mais en France, personne n’en parle et personne n’en parlera pendant les élections de 2022. C’est un scandale démocratique et c’est préparer un crime contre l’humanité. UN CRIME CONTRE NOUS TOUS.

La France refuse catégoriquement de signer le TIAN (Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires) et a entraîné les autres EDAN à en faire autant. Mais on peut l’obliger à respecter l’article 6 du TNP (Traité de Non-Prolifération) qu’elle a signé en 1992 et qui exige que les États nucléaires négocient l’élimination totale et contrôlée de leurs arsenaux. Citoyens, nous avons un moyen de le lui imposer : le « référendum d’initiative partagée ».

En effet, d’après l’IFOP, 85 % des Français répondraient OUI à la question : « Approuvez-vous que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Une Proposition de Loi, déjà signée par 50 députés et sénateurs, membres de 14 groupes parlementaires, prévoit d’organiser un référendum sur cette question. Il faudrait 185 signatures de parlementaires, puis 10 % de soutiens citoyens recueillis en 9 mois par Internet ou en mairie. Selon le même sondage, 82% des Français souhaitent ce référendum et sont prêts à lui apporter leur soutien s’il se trouve 1/5 du Parlement pour le demander. C’est donc possible !

Le peuple français peut encore ouvrir la voie à un autre monde, sans menace nucléaire ni radioactive.

Nous avons jusqu’au 30 juin 2021 pour obtenir les 135 signatures de parlementaires manquantes. Cf. ci-dessous Comment agir.

Soutenez sans délai cette campagne en retournant le bulletin ci-dessous à : contact@acdn.net ou à : ACDN, 31 Rue du Cormier, 17100 Saintes.

Signez la pétition WeSignIt et tweetez à vos parlementaires, député et sénateur.

Merci !

Comment AGIR: https://www.acdn.net/spip/IMG/docx/campagne_de_la_derniere_chance_-_comment_agir.doc-2.docx

Bulletin de participation: https://www.acdn.net/spip/IMG/docx/campagne_de_la_derniere_chance_bulletin_de_participation.docx

Documents de campagne :

 Proposition de Loi:  https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/proposition_de_loi_pour_un_referendum_sur_l_abolition_des_armes_nucleaires_et_radioactives-7.pdf

 Formulaire de soutien : https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/pour_signature_proposition_de_loi_visant_a_organiser_un_referendum_sur_l_abolition.__tous_signataires_.pdf

 Députés et sénateurs déjà signataires: https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/ppl_abolition_signataires_au_1er_mars_2021-2.pdf

 Sondage IFOP mai 2018: https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/sondage_ifop-acdn_mai_2018_rapport-3.pdf

Publié le 4 avril 2021

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1245&lang=fr

L’argent est le nerf de la paix ! ACDN vous remercie de lui faire un DON

Publié le 4 avril 2021

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MENACE NUCLÉAIRE CHINOISE ? L’ALARMISME IRRÉFLÉCHI DES FAUCONS AMÉRICAINS

Dans le cadre de leur campagne d’agitation en faveur d’une intensification de la rivalité avec le gouvernement chinois, les faucons contre la Chine feignent de s’intéresser à la maîtrise des armements afin de pouvoir se livrer à un alarmisme irréfléchi sur un renforcement nucléaire chinois essentiellement imaginaire.

Selon les estimations du gouvernement américain, la Chine possède moins de 300 armes nucléaires, et il n’y a aucune raison de penser qu’elle cherche à augmenter ce nombre de manière significative. Des faucons comme le sénateur Tom Cotton (Républicain-Arkansas) prétendent que la Chine a l’intention d’atteindre la parité avec les États-Unis et que leur gouvernement travaille à une expansion massive et secrète de leur arsenal nucléaire, mais ils n’ont aucune preuve à l’appui de leurs folles accusations. Ces critiques espèrent effrayer les Américains au sujet des armes nucléaires chinoises afin d’obtenir un soutien pour une politique anti-chinoise plus agressive et de justifier des dépenses énormes et inutiles pour de nouvelles armes nucléaires.

L’administration Biden devra faire la sourde oreille et chercher des moyens d’engager la Chine de manière constructive sur le contrôle des armements afin d’arrêter une future course aux armements avant qu’elle ne commence.

L’intérêt des faucons pour le contrôle des armements avec la Chine est, comme toujours, fallacieux. Au cours de la dernière année de la présidence de Trump, l’envoyé américain pour le contrôle des armements, Marshall Billingslea, a insisté pour que la Chine soit incluse dans les discussions relatives à la prolongation du New START, le traité de réduction des armements entre les États-Unis et la Russie qui devait expirer en février 2021. L’inclusion de la Chine dans ces discussions n’a jamais eu de sens en raison de la taille bien plus réduite de l’arsenal chinois, et Pékin n’a naturellement pas voulu participer aux négociations.

Il était évident pour de nombreux experts en contrôle des armements à l’époque que l’effort pour inclure la Chine était un moyen de retarder le renouvellement du New START et de fournir une excuse pour laisser le traité mourir. Les alarmes de l’administration Trump à propos de la Chine sur cette question étaient clairement faites de mauvaise foi, et c’est ainsi que la Chine les a perçues. New START a survécu grâce à Biden, mais le désir des faucons d’attiser la peur d’un renforcement chinois exagéré n’a pas disparue.

Le sénateur Cotton a parlé au nom des faucons contre la Chine au Congrès lorsqu’il a lancé l’idée saugrenue que la Chine pourrait bientôt surpasser nos capacités nucléaires stratégiques. Le sénateur Cotton a demandé à l’amiral Philip Davidson si la Chine « pourrait avoir une capacité nucléaire supérieure à celle des Etats-Unis avant la fin de cette décennie. » Davidson a répondu que cela pourrait arriver, mais seulement si la Chine quadruplait la taille de son arsenal dans un avenir proche. En fait, même si la Chine quadruplait le nombre d’armes nucléaires dont elle dispose, elle aurait toujours beaucoup moins que les 1 550 ogives que les États-Unis déploient dans le cadre des limites du New START.

La tentative de Cotton concernant une montée des menaces n’a fait qu’exposer sa propre ignorance et son opportunisme. Comme l’a fait remarquer David Axe après la publication de cet échange, « À moins que Davidson ne sache – et pour une raison quelconque ait choisi de révéler – quelque chose de nouveau sur le stock de Pékin, il a en fait sous-estimé l’avantage atomique des États-Unis. »

Il est peu probable que la Chine se lance soudainement dans une augmentation massive et coûteuse de la taille de son arsenal. Comme l’expliquait David Logan l’année dernière dans un excellent article déboulonnant les mythes sur les armes nucléaires chinoises, « la Chine ne dispose pas des matières fissiles nécessaires pour construire un arsenal nucléaire nettement plus important. »

Le manque de preuves et de matières fissiles n’a pas empêché les va-t’-en guerre en puissance d’une nouvelle Guerre froide de traiter une accumulation majeure comme si c’était un fait. Hal Brands a déclaré l’année dernière que « ce ne serait pas une nouvelle Guerre froide sans une accélération de la course aux armements nucléaires. »

Une telle course aux armements n’existe pas encore, mais il ressort clairement de cette rhétorique surchauffée que les faucons de la Chine souhaitent désespérément qu’il y en ait une. Il est possible que la Chine double la taille de son arsenal actuel au cours de la prochaine décennie, mais il n’y a pas lieu de s’alarmer. Jeffrey Lewis, expert en contrôle des armements, a observé que l’arsenal nucléaire de la Chine est assez limité : « Nous devrions nous demander pourquoi le programme d’armement nucléaire de Pékin a été si limité et comment le maintenir ainsi. » Gonfler la menace que représente l’arsenal chinois est à la fois trompeur et dangereux car cela pourrait conduire à des politiques provocatrices qui transformeraient le mythe d’un renforcement chinois en une réalité.

Si Washington voulait sérieusement engager la Chine dans des discussions bilatérales sur la stabilité stratégique, il devrait faire quelque chose qui est totalement sacrilège pour les faucons : faire des concessions sur la défense antimissile. Si les États-Unis ne veulent pas encourager la Chine à poursuivre son développement nucléaire, ils devraient s’abstenir de poursuivre la construction de systèmes de défense antimissile en Asie de l’Est. Étant donné que l’arsenal chinois est relativement faible, les Chinois ne manqueront pas de considérer les défenses antimissiles, même peu fiables, comme une menace potentielle et de réagir en conséquence.

Tong Zhao, chercheur principal au Carnegie-Tsinghua Center for Global Policy, a lancé cet avertissement dans un rapport l’été dernier : « Si elle n’est pas traitée, cette question continuera à alimenter l’inquiétude de la Chine quant à sa dissuasion nucléaire et à perturber gravement la stabilité de la relation nucléaire bilatérale. » Les partisans américains de la défense antimissile ont longtemps refusé de voir pourquoi les autres États dotés d’armes nucléaires la considèrent comme si déstabilisante, mais dans la mesure où d’autres gouvernements croient que le gâchis de la défense antimissile représente une parade efficace à leurs arsenaux, ils vont supposer qu’elle les désavantage encore plus.

Il y a quatre ans, nous avons vu à quel point le gouvernement chinois est sensible sur cette question lorsqu’il a lancé une guerre économique contre la Corée du Sud en raison de la volonté de Séoul d’autoriser un système de défense antimissile terrestre THAAD sur son territoire. Alors que le système THAAD est officiellement destiné à se prémunir contre les missiles nord-coréens, la Chine s’oppose au système en raison du radar et du potentiel de collecte de renseignements qui l’accompagnent. Si les États-Unis étaient disposés à retirer ces systèmes de la région dans le cadre d’un accord avec la Chine, cela pourrait introduire une plus grande stabilité et prévisibilité dans les relations américano-chinoises et supprimer une irritation dans les relations entre la Chine et la Corée du Sud.

La Corée du Sud a déjà payé un lourd tribut économique pour avoir autorisé le système THAAD sur son territoire, et les États-Unis n’ont rien fait pour la soutenir ou la dédommager des coûts que la Chine lui a imposés. Trouver un compromis en matière de contrôle des armements sur la défense antimissile pourrait servir les intérêts des trois pays et contribuer à réparer notre négligence à l’égard d’un allié.

S’il est toujours insensé de faire entrer la Chine dans le programme américano-russe de contrôle des armements, il pourrait être possible de parvenir à un compromis avec la Chine sur des questions spécifiques à la relation américano-chinoise et à la sécurité régionale de l’Asie de l’Est. Il ne fait aucun doute qu’il y aurait une opposition politique intense à tout accord de contrôle des armements entre les États-Unis et la Chine, et il est peu probable que les conditions soient favorables à des négociations dans un avenir immédiat. Néanmoins, les États-Unis devraient faire un effort sérieux pour s’engager sur cette question afin de créer une plus grande transparence entre nos gouvernements et de réduire les tensions générales.

Il faudra un certain temps avant que les séquelles de la tentative cynique de l’administration Trump d’utiliser la Chine comme diversion l’année dernière ne s’estompent, mais Biden devrait être prêt à saisir l’opportunité une fois qu’elle se présentera. Si les États-Unis et la Chine veulent gérer avec succès les tensions dans leurs relations et éviter un conflit entre grandes puissances, le contrôle des armes est un bon point de départ.

Source : Responsible Statecraft, Daniel Larison, 08-04-2021

Traduit par les lecteurs du site Les Crises

Publié le 4 mai 2021

Photos en titre : Le sénateur Tom Cotton (Moneymaker Anna / Pool / ABACA via Reuters Connect); explosion d’une bombe nucléaire (Shutterstock / Romolo Tavani)

https://www.les-crises.fr/les-faucons-americains-se-livrent-a-de-folles-accusations-sur-une-menace-nucleaire-chinoise-essentiellement-imaginaire/

L’AUTRICHE PRÉSENTE UNE PROPOSITION DE RÉFORME DU TRAITÉ EURATOM

VIENNE : Le gouvernement autrichien propose de réformer le traité Euratom.

La ministre autrichienne de l’Action verte et du Climat, Leonore Gewessler, a présenté lundi (3 mai) une proposition de réforme du traité Euratom sur le nucléaire, estimant que sa version actuelle est dépassée et qu’il convient d’adopter des règles plus strictes en matière de sécurité et de démantèlement des centrales et de stockage définitif des déchets nucléaires. (Oliver Noyan, Euractiv Allemagne)

Par le Réseau EURACTIV, publié le 4 mai 2021 à 8h44

https://www.euractiv.fr/section/lactu-en-capitales/news/lautriche-presente-une-proposition-de-reforme-du-traite-euratom/

NUCLÉAIRE: LES FRANÇAIS PAS ASSEZ PRÉPARÉS À UN ACCIDENT, SELON DES ACTEURS LOCAUX

Les Français sont insuffisamment préparés en cas d’accident nucléaire, selon des acteurs locaux qui veulent associer plus largement le public aux exercices de crise ou encore favoriser la distribution des cachets d’iode.

« Dans le pays le plus nucléarisé au monde par nombre d’habitants, les moyens mis en œuvre pour protéger les Français sont inadaptés et insuffisants« , s’alarme mardi l’Association nationale des comités et commissions locales d’information (ANCCLI) dans un rapport.

Celle-ci regroupe la trentaine de Commissions locales d’information (CLI) rattachées à chaque site nucléaire français.

La France compte de nombreuses implantations nucléaires: outre les 19 centrales d’EDF (y compris celle de Fessenheim, où les réacteurs ont cessé de fonctionner), il existe des sites de retraitement comme celui d’Orano à La Hague (Manche) ou encore des sites consacrés à la recherche.

Chaque implantation compte une CLI regoupant élus, associations, syndicats etc. aux côtés des représentants de l’État et des opérateurs comme EDF, Orano ou le CEA.

« Déficit de précaution« 

Première cible de ces instances: « les ratés de la dernière campagne de distribution d’iode ».

Cette campagne lancée en 2019 concernait 2,2 millions de riverains de centrales nucléaires et des établissements recevant du public, comme les écoles ou les entreprises.

Ils se trouvent dans un rayon de 10 à 20 km autour des centrales d’EDF, les publics plus proches ayant déjà été servis lors de campagnes précédentes.

« Avec un taux d’échec de 75%, le bilan est rude. Sur les 2,2 millions de riverains ciblés, seuls 550.000 sont allés chercher leurs comprimés en pharmacie », regrette l’ANCCLI.

Ces cachets sont pourtant utiles en cas d’accident nucléaire: l’iode radioactif rejeté se fixe sur la glande thyroïde, organe essentiel à la régulation hormonale.

La prise de comprimés d’iode stable, sur instruction des pouvoirs publics, permet de saturer la glande thyroïde, qui ainsi ne peut plus capter ou fixer l’iode radioactif.

Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Bernard Doroszczuk, avait déjà regretté le faible taux de retrait des comprimés.

« C’était gratuit et il suffisait de se déplacer. On ne prend pas les précautions pour se protéger soi-même! », avait-t-il constaté le mois dernier lors d’une audition au Sénat.

« Il existe un déficit de précaution chez la population », avait-il jugé.

Pour l’ANCCLI, il « faut sortir de l’emprise du lobbying pharmaceutique » et confier la distribution d’iode aux 1.600 maires des communes concernées.

Impliquer les riverains

Autre sujet d’inquiétude: les exercices de simulation de crise, dont la population est dans les faits « exclue ».

« En pratique, ces exercices sont réservés aux autorités et aux services de secours », regrette l’ANCCLI.

Un constat toutefois « exagéré« , selon un industriel du nucléaire interrogé par l’AFP. « Il y a des exercices de confinement locaux et d’évacuation de populations ciblées, comme les écoles », selon cette source.

« Il est temps de développer une conscience du risque nucléaire à la hauteur du danger encouru« , presse de son côté l’association, disant vouloir tirer les enseignements de la pandémie de Covid-19 sur la gestion des risques.

« Une implication totale des riverains dans les exercices permettrait d’éviter tout mouvement de panique et limiterait considérablement les conséquences d’un accident majeur », selon l’ANCCLI.

Concrètement, elle prône une multiplication des exercices réalistes avec mise à l’abri et évacuation pour sensibiliser le public.

Avec, comme pour la distribution des cachets d’iode, la nécessité de s’appuyer sur les maires et les Commissions locales d’information.

Par AFP, publié le 04/05/2021 à 10h32, mis à jour le 04/05/2021 à 10h35

Photo en titre : Centrale de Fessenheim. Photo AFP

http://assets01.nicematin.com/technologie/nucleaire-les-francais-pas-assez-prepares-a-un-accident-selon-des-acteurs-locaux-679808

L’INGÉNIEUR QUI AVAIT PRÉDIT FUKUSHIMA VOIT VENIR D’AUTRES DÉSASTRES

Les mesures de sécurités de Tepco sont, selon lui, nettement insuffisantes.

«Un désastre créé par l’homme.» C’est ainsi que le rapport d’enquête mandaté par le Parlement japonais avait décrit, un an après le drame, la catastrophe de Fukushima Daiichi.

Dix ans après l’incident nucléaire le plus important depuis Tchernobyl, un ancien ingénieur nucléaire estime que le pays n’est pas à l’abri d’une nouvelle catastrophe.

En 2005, Toshio Kimura, un ingénieur pour la Tokyo Electric Power Company (Tepco), qui gère une partie du parc nucléaire nippon avait, après avoir quitté l’entreprise, prévenu que «si Fukushima était frappé par un tsunami, les pompes supposées utiliser l’eau de mer comme refroidissement seraient perdues», raconte le journaliste Jake Adelstein dans le Daily Beast. C’est très précisément ce qui causera la fusion de trois des quatre réacteurs de la centrale, six ans plus tard.

Bombes à retardement

Toshio Kimura a récemment publié un livre intitulé Comment l’énergie nucléaire va tuer la nation, dans lequel il estime que les leçons de Fukushima n’ont pas été retenues et que Tepco a continué de mentir et de couvrir ses défauts de sécurité, transformant nombre de centrales japonaises en bombes à retardement.

En 2012, le rapport parlementaire avait attribué la catastrophe de Fukushima Daiichi non seulement au tsunami qui avait ravagé la côte, mais aussi à «une multitude d’erreurs et de négligences volontaires qui ont laissé la centrale de Fukushima non préparée à l’accident».

En avril 2021, l’Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA) a interdit à Tepco de rouvrir la centrale de Kashiwazaki-Kariwa. Située à 250 kilomètres de Tokyo, cette unité est la plus puissante du monde et sujette à de larges failles de sécurité.

Les inspecteurs ont identifié une quinzaine d’entrées non autorisées et des «équipements anti-terroristes défectueux». La NRA a donc donné une notation «rouge» à la centrale, le pire des quatre niveaux de sécurité. C’est la première fois qu’une centrale japonaise reçoit cette note.

La situation est telle qu’en mars, Junichiro Koizumi et Naoto Kan, deux ex-Premiers ministres de partis rivaux, ont tenu une conférence de presse commune afin de réclamer l’arrêt total du recours à l’énergie nucléaire.

Repéré par Barthélemy Dont sur The Daily Beast, publié le 04/05/2021 à 7h00

Photo en titre : Des policiers en combinaison de protection, non loin du réacteur de Fukushima, le 14 avril 2011. | STR/AFP

https://korii.slate.fr/et-caetera/centrale-nucleraire-japon-autres-fukushima-couvent-tepco-securite-lanceur-alerte

LA HAGUE : ORANO RECYCLAGE MIS EN DEMEURE PAR L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE

Utilisé pour la lutte contre les incendies, le halon appauvrit la couche d’ozone. L’Autorité de sûreté nucléaire a récemment épinglé Orano Recyclage pour son utilisation.

Le 22 avril, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a mis en demeure l’établissement de la Hague Orano Recyclage de se conformer aux dispositions réglementaires relatives à la mise hors-service d’équipements de protection contre l’incendie contenant des halons.

Le halon 1301 « est un gaz appauvrissant la couche d’ozone », rappelle l’ASN. Depuis 2009, la réglementation européenne a banni ces halons. Ils étaient utilisés comme agent extincteur dans les systèmes de protection incendie des ateliers du site. Au 31 décembre 2020, ce halon 1301 devait ainsi avoir été remplacé sur le site de la Hague.

Plus qu’un seul atelier à utiliser le halon

« Depuis 2001, nous avons commencé à le remplacer par un substitut. Cela représente 400 locaux dans 40 ateliers différents à équiper », explique la direction d’Orano.

Il ne restait en fait plus qu’un seul atelier, AD2, où sont conditionnés les déchets technologiques, à équiper. Le halon 1301 y avait été maintenu jusqu’à présent dans les systèmes d’extinction incendie, « conformément à la réglementation, pour des motifs de sûreté et de performance », convient l’ASN.

« En raison de l’indisponibilité de certains prestataires et de la crise sanitaire, nous avons prévenu l’ASN en décembre que l’échéance du 31 ne pourrait pas être tenue »

Direction d’Orano

Le 27 janvier dernier, l’ASN a diligenté une inspection afin d’examiner les options industrielles retenues par l’exploitant pour assurer la conformité à la réglementation et les étapes de la gestion de projet depuis la parution du règlement. L’ASN rapporte que l’inspection a permis de constater le maintien en service des équipements de protection contre l’incendie au halon 1301 de l’atelier AD2.

« Elle a aussi permis de révéler des insuffisances dans les méthodes de détection de fuites déployées sur ces systèmes. Enfin, Orano Recyclage doit encore mener des études complémentaires concernant la solution technique de substitution avant de pouvoir nous transmettre un dossier de modification », ajoute l’Autorité de sûreté nucléaire.

Une échéance en décembre 2022

Au vu de ces éléments, l’ASN a donc décidé d’« encadrer les délais de modification du système d’extinction de l’atelier AD2 par une mise en demeure. L’exploitant devra également veiller à mettre en conformité les méthodes de détection des fuites permettant de garantir l’absence de rejets dans l’atmosphère pendant cette période. »

Cette substitution doit être réalisée au plus tard le 1er décembre 2022. « Nous en prenons acte », assure Orano.

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 3 Mai 2021 à 20h27 

Photo en titre : Sur le site d’Orano la Hague, il n’y a plus qu’un atelier à utiliser du gaz halon 1301 dans le système d’extinction incendie.

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/la-hague-orano-recyclage-mis-en-demeure-par-l-autorite-de-surete-nucleaire_41536386.html

LE PETIT RÉACTEUR ATOMIQUE SMR FAIT RÊVER LES NUCLÉARISTES

Les industriels du nucléaire espèrent sauver leur filière avec un nouveau concept, les SMR, des réacteurs de petite taille. En France, EDF vante la puissance de son modèle. Pourtant, plusieurs études pointent le gouffre financier et l’aberration écologique que constitue cette technologie.

Le chantier de l’EPR de Flamanville accumule retards et surcoûts, le projet de réacteur de quatrième génération Astrid est suspendu ? Peu importe, « en avant le nucléaire » ! C’est ainsi qu’EDF et ses partenaires ont sobrement baptisé leur dernier projet en date, le « Nuward » (pour « Nuclear Forward »). Ce petit réacteur de 170 mégawatts électriques (MWe) à eau pressurisée (la même technologie que les réacteurs du parc actuel et que l’EPR), dont il a présenté le design le 6 avril dernier, est supposé lui permettre de rentrer dans la course internationale aux « Small Modular Reactor » (SMR, Petit réacteur modulaire). Des réacteurs dont la puissance est comprise entre 10 et 300 MWe, et qui sont censés révolutionner l’industrie nucléaire dans les prochaines décennies.

« Ce réacteur sera petit et compact, explique un porte-parole d’EDF à Reporterre. Il sera équipé de générateurs de vapeur à plaques, inspirés de la technologie des sous-marins, qui prennent beaucoup moins de place. Pressuriseur et générateurs de vapeur seront imbriqués dans la cuve. » Le tout tiendra dans une enceinte de confinement plongée dans un cube d’eau de vingt-cinq mètres par vingt-cinq — la moitié d’une piscine olympique —, présenté comme un dispositif de sûreté passive. Autre particularité, les différentes parties du réacteur seront fabriquées en usine et transportées jusqu’au site en camion ou en bateau. « L’idée est de réduire les assemblages sur site, ce qui permet d’éviter les rework [1] », poursuit EDF.

Répandre le nucléaire

EDF et ses partenaires, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), Naval Group, industriel français de construction navale de défense, et la société TechnicAtome, prévoient de livrer un premier dossier d’options de sûreté à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’ici 2022 et de finaliser le design et les spécificités techniques de ce nouveau réacteur d’ici 2026. Objectif, « être prêt pour la décennie 2030, au moment où le marché va décoller, quand des pays d’Asie, d’Afrique et d’Europe devront fermer leur parc thermique pour respecter leurs engagements climatiques. L’idée est aussi de s’en servir pour produire de l’hydrogène, faire du dessalement… Ce SMR permettra également un accès plus simple au nucléaire, avec un coût d’entrée moins élevé pour se familiariser avec cette technologie », explique EDF. Ces nouveaux réacteurs, destinés à être mis en service par paires dans des petites centrales de 340 MWe, sont avant tout destinés à l’export ; mais EDF discute avec les pouvoirs publics de l’installation d’un démonstrateur en France.

EDF reprend les prévisions optimistes, selon lesquelles le marché est censé exploser dans les années à venir. En 2016, l’Agence pour l’énergie nucléaire de l’OCDE estimait qu’au moins 10 % de la nouvelle capacité nucléaire entre 2020 et 2030, soit 25 gigawatts électriques (GWe), pourraient être occupés par des SMR, soit un marché d’au minimum cent milliards d’euros. Deux ans plus tôt, le National Nuclear Lab britannique prédisait une capacité cumulée des petits réacteurs modulaires de 65 GWe en 2035, pour une valeur totale d’environ 250 milliards de dollars, s’ils devenaient compétitifs au cours de la décennie 2020. Des estimations qui ne tiennent compte que de la production électrique, hors production d’hydrogène, dessalement et autres usages innovants.

Ces nouveaux réacteurs pourront en théorie être couplés dans une piscine partagée.

Mais le Nuward n’est pas le seul modèle de SMR à lorgner cette appétissante perspective. Fin 2020, soixante-douze concepts de SMR étaient en développement dans le monde, 40 % de plus qu’en 2018. La moitié sont des réacteurs à eau légère ; les autres sont des réacteurs de quatrième génération, caractérisés par des liquides de refroidissement alternatifs (métal liquide, gaz, sels fondus).

En Russie, la barge nucléaire Akademic Lomonosov, équipée d’un SMR de 70 MWe, alimente en électricité la ville arctique de Pevek depuis 2019. Rosatom élabore le design d’un autre SMR de 55 MWe, le RITM-200, dont la construction en série pourrait commencer d’ici 2030 et qui est destiné, entre autres, à équiper les grands sites miniers russes.

Aux États-Unis, une filière largement subventionnée

Aux États-Unis, le projet le plus avancé, le réacteur NuScale (60 MWe) a reçu l’approbation de la Commission fédérale de réglementation nucléaire (NRC). Le prototype, qui doit être construit au laboratoire national de l’Idaho, devrait commencer à produire de l’électricité en 2029. NuScale a d’ores et déjà signé un contrat pour la construction d’une centrale de 720 MWe, composée de douze SMR, pour un coût estimé de 4 200 dollars le kilowatt-heure (kWh). Une petite dizaine d’autres designs, parmi lesquels de micro-réacteurs modulaires (moins de 10 MWe) et des réacteurs avancés, sont en lice. La filière est soutenue par de généreuses subventions du département de l’Énergie étasunien qui, entre 2011 et 2019, avait déjà versé 1,2 milliard de dollars aux SMR et petits réacteurs avancés dont 540 millions de subventions directes.

En Chine, China General Nuclear développe un réacteur de 60 MWe pour des utilisations maritimes et China National Nuclear Corporation un autre de 125 MWe pour des usages terrestres. Au Canada, plusieurs modèles sont à l’étude et trois gouvernements provinciaux se montrent intéressés par cette technologie pour fournir de l’électricité à des communautés éloignées et à des sites miniers. Rolls-Royce (220 MWe) en Grande-Bretagne, SMART (330 MWe) en Corée du Sud, AHWR (220 MWe) en Inde, CAREM25 (25 MWe) en Argentine… Dans le monde entier, les compétiteurs à la course aux SMR sont dans les starting-blocks.

En blanc, bleu et rouge, l’« Akademik Lomonosov » en train d’être transporté, en 2019.

EDF veut y croire. « Le SMR français, avec ses 170 MWe, est plus puissant que les autres, ce qui le rend plus compétitif », explique-t-on dans le groupe. Même si le coût du kilowatt-heure installé devrait s’établir à quelque 4 000 euros, ce qui signifie que l’électricité produite sera plus chère que celle issue de l’EPR de Flamanville.

Mais de larges zones d’ombre subsistent pour les SMR. Principal écueil, la cherté de l’électricité produite. Ces dernières décennies, les réacteurs ont été conçus pour être de plus en plus puissants, afin de réaliser des économies d’échelle. C’est ce qui a conduit les réacteurs français à passer de 900 à 1 450 MW pour les réacteurs à eau pressurisée, à 1 650 MWe pour l’EPR. Les petits réacteurs modulaires, de taille réduite, rompent totalement avec cette logique. Dès lors, ils ne pourront être compétitifs qu’à condition d’être produits en très grandes séries dans des usines, ce qui permettrait des économies dites « d’apprentissage » [2]. Mais « cela supposerait que le marché d’un seul modèle soit relativement important, ce qui souligne la nécessité d’un marché mondial tout en suggérant que seul un petit sous-ensemble des nombreux modèles en cours de développement sera finalement capable d’établir un tel marché. La réalisation d’un marché mondial nécessitera en tout état de cause des niveaux plus élevés d’harmonisation réglementaire et de consolidation du marché », admet l’OCDE dans son dernier rapport sur les SMR.

Un succès commercial tout sauf acquis

Dans son article « Petits réacteurs nucléaires modulaires et avancés : une confrontation avec la réalité » (en anglais) paru en mars 2021, M. V. Ramana, physicien au laboratoire de recherches sur l’énergie nucléaire de l’université Princeton, démonte cette possibilité. « Pour des taux d’apprentissage tels que ceux prévus pour l’industrie nucléaire, le même modèle de SMR devra être fabriqué par milliers pour que le coût de l’électricité produite par les SMR soit équivalent au coût correspondant de l’électricité produite par les grands réacteurs », prévoit-il. En outre, « si l’on examine les données historiques, on constate qu’au niveau du parc, l’énergie nucléaire pourrait même avoir ce que l’on a appelé un taux d’apprentissage négatif. Aux États-Unis et en France, les deux pays possédant les plus grands parcs de réacteurs nucléaires, les réacteurs construits plus tard ont en fait coûté plus cher que ceux construits plus tôt », poursuit le chercheur.

Il douche tout espoir d’un vaste marché mondial : « Les SMR développés en Russie (KLT-40S), en Chine (HTR-PM) et en Corée du Sud (SMART) n’ont pas trouvé de clients. Aux États-Unis, le premier projet SMR proposé, impliquant la construction d’un réacteur NuScale, a connu des difficultés, de nombreuses compagnies d’électricité qui s’étaient engagées dans le projet ayant choisi d’abandonner le processus lorsque le coût élevé est devenu plus évident, rappelle-t-il. Les marchés de niche, par exemple les mines et les communautés éloignées qui ne sont pas desservies par le réseau et qui sont actuellement électrifiées par des centrales diesel dont le coût du carburant est très élevé, sont assez limités. En effet, même dans le meilleur des cas, où l’économie ne joue aucun rôle et où presque tous les utilisateurs potentiels de SMR achètent un petit réacteur modulaire, il a été démontré que la demande nette des mines et des communautés isolées au Canada était bien inférieure à la demande minimale nécessaire pour construire les usines nécessaires à la construction de ces réacteurs. »

« On essaie de nous vendre des technologies qui ne seraient pas matures avant 2040 ! »

Le consultant en énergie Mycle Schneider, qui coordonne chaque année le World Nuclear Industry Status Report, s’est également penché sur le cas de ces petits réacteurs modulaires. Son panorama de la situation n’est guère plus engageant. « Quand on fait le bilan des SMR en regardant quelles sont les réalisations, les durées de construction et les coûts, il est catastrophique. La construction des réacteurs flottants russes a pris environ quatre fois plus de temps que prévu, pour un coût estimé à 11 600 dollars par kilowatt installé, ce qui est nettement plus cher que les réacteurs de troisième génération les plus chers. En Chine, un réacteur à haute température est en cours de développement depuis les années 1970, en construction depuis 2012 et son démarrage est finalement envisagé cette année, soit quatre ans plus tard que prévu et avec un surcoût de 40 %. Le projet auparavant le plus avancé, le PBMR d’Afrique du Sud, a été abandonné après plus d’un milliard de dollars de dépenses publiques », énumère l’expert.

Il qualifie de « fumisterie » l’argument selon lequel les SMR seraient un outil de plus dans la lutte contre le changement climatique. « On ne peut pas dépenser un euro deux fois, donc il faut le dépenser pour réduire un maximum d’émissions de gaz à effet de serre au plus vite. Or si les premiers prototypes de SMR voyaient le jour en 2030, cela signifierait qu’ils ne seraient pas produits en série avant 2040. On nous parle d’urgence climatique et on essaie de nous vendre des technologies qui ne seraient pas commercialisées avant 2040 ! C’est une arnaque intellectuelle. Ceci, alors que le solaire photovoltaïque disponible aujourd’hui vient de battre le record de 0,9 centime d’euros le kWh en Arabie saoudite et 1,1 centime au Portugal, en Europe, soit environ le quart des coûts de fonctionnement des réacteurs nucléaires en service dans le monde. »

Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 4 mai 2021 à 09h22, mis à jour le 4 mai 2021 à 09h22

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POMPILI ET LE DRIAN FOUTENT LA ZONE NUCLÉAIRE

EDF est en faillite et fourgue des réacteurs EPR un peu partout. Le projet indien Jaitapur vient d’être relancé par une visite de la ministre Barbara Pompili, suivie de Jean-Yves Le Drian. Derrière le rêve de la plus grande centrale nucléaire du monde, un sac de nœuds rempli de folie.

Ah quels petits cachottiers ! En janvier 2021, la ministre de l’Écologie Barbara Pompili se rend en Inde. Pendant cinq jours. Et s’y fait épingler par Survival International pour y avoir cautionné une réserve naturelle où l’on tire à vue sur les hommes. Son agenda ne prévoyait pas de discussion sur le nucléaire, mais, comme elle est ministre d’État et exerce la tutelle d’EDF, la question des centrales EPR de Jaitapur a fatalement été évoquée.

Il y a moins de quinze jours, c’est Jean-Yves Le Drian qui était en Inde à son tour. Le ministre des Affaires étrangères, peu glorieux VRP du nucléaire made in France, semble y avoir débloqué ce fort lourd dossier, en panne depuis 2009. Résumé express : cette année-là, le groupe public Areva – devenu Orano – propose à l’entreprise du nucléaire indien, Nuclear Power Corporation of India Limited (NPCIL), un projet qui n’est alors pas précisé. Fin 2010, on apprend qu’il s’agirait de construire six réacteurs de nouvelle génération dits EPR sur un plateau du village de Jaitapur, qui domine la mer d’Oman, au centre-ouest.

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À ce moment-là, l’affaire est entre les mains d’Anne Lauvergeon, patronne d’Areva soutenue par le président Sarkozy. Mais Areva sombre dans des emmerdements financiers sans précédent, et, du côté indien, aucune décision n’intervient, d’autant que la catastrophe de Fukushima en mars 2011 démontre une fois de plus la fragilité de cette industrie.

Pendant dix ans, tous nos gouvernants, à commencer par Hollande, puis Macron et déjà Le Drian, sont allés faire de la lèche à Delhi. Et, en 2016, c’est EDF qui reprend le flambeau, activant tous ses réseaux. Cela en vaut la peine : Jaitapur, une fois terminée, serait la plus extravagante centrale nucléaire au monde, susceptible de fournir de l’électricité à 70 millions de personnes. Le coût ? Secret d’État, mais il faudra compter en dizaines de milliards d’euros, alors qu’EDF est endettée à hauteur de 42 milliards d’euros.

Si EDF vient de présenter une « offre technico-commerciale engageante » de 7000 pages, c’est sous une forme très inattendue : elle fournirait les équipements et l’ingénierie, mais laisserait la responsabilité de la construction au partenaire indien. Pourquoi ? Pour au moins deux raisons. Un, la construction de prototypes EPR à Flamanville (France) et Olkiluoto (Finlande) est devenue un cauchemar, avec des retards qui atteignent des années et des surcoûts de milliards d’euros. Mais aussi parce que Jaitapur est un sac de nœuds.

Sur place, cinq villages seraient évacués pour laisser place à l’atome-roi. Or la zone est considérée comme l’un des hot-spots – points chauds – de biodiversité en Inde et au-delà, et, même si une partie des villageois ont accepté des transactions pour partir ailleurs, la résistance locale reste très forte, et a déjà entraîné mort et blessés chez les opposants.

Reste la question de la sécurité qui fait flipper tous les gens raisonnables. Dans une tribune publiée par le quotidien The Indu en janvier 2019, deux physiciens, Suvrat Raju et M.V. Ramana, mettent les pieds dans le plat et, soulignant les problèmes de sécurité rencontrés en Finlande et à Flamanville par les prototypes EPR, dénoncent les opacités du projet et les risques inouïs que courrait l’Inde.

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Reste enfin la question géologique. De très nombreux rapports, depuis un demi-siècle, démontrent les risques sismiques de la zone, parcourue par une faille préoccupante. Le terrain, formé de latérite dégradée, résisterait-il à un tremblement de terre ? Jaitapur a connu trois secousses supérieures au niveau 5 de l’échelle de Richter en seulement vingt ans… Et certains évoquent même des risques, plus hypothétiques, de tsunami.

Résumons. EDF est dans une nasse financière qui se referme et a choisi la fuite en avant, la seule capable de la sauver, selon elle en tout cas, de la banqueroute. Mais comme la guêpe n’est pas folle, elle entend refiler la responsabilité de Jaitapur aux Indiens, l’important étant de signer le plus grand nombre possible de contrats au moment où le chantier des EPR britanniques a du plomb dans l’aile.

Il n’y a pas besoin de chercher bien loin la moralité de l’histoire, car elle n’existe pas. Des politiciens français médiocres – de Sarkozy à Macron, en passant par Pompili ou Le Drian – nous lancent sans nous tenir au courant dans une énième et terrible aventure nucléaire. Tout plutôt que reconnaître l’évidence : le nucléaire français, qui avait promis en 1971 la Lune, et une Lune presque gratuite, est une gabegie. Plutôt, une faillite morale, politique et financière.

Par Fabrice Nicolino, publié le 3 mai 2021

https://charliehebdo.fr/2021/05/ecologie/pompili-et-le-drian-foutent-la-zone-nucleaire/

G7: WASHINGTON PRÉSENTE SA NOUVELLE APPROCHE SUR LE DOSSIER NORD-CORÉEN

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken a entamé lundi à Londres la première rencontre en personne des ministres des Affaires étrangères du G7 depuis deux ans, en présentant l’approche de l’administration Biden sur la Corée du Nord, déjà dénoncée par Pyongyang.

Sur fond de pandémie de Covid-19 ravageant l’Inde à l’heure où l’horizon s’éclaircit pour les pays occidentaux, le Royaume-Uni accueille les chefs de la diplomatie du club des pays riches, pour préparer la sortie de la crise sanitaire et le sommet du G7 le mois prochain dans le Sud-Ouest de l’Angleterre.

Inde, Corée du Sud, Afrique du Sud et Brunei, qui préside l’Asean, l’Association des pays d’Asie du Sud-Est, ont été invités pour ces trois jours de discussions. Celles-ci aborderont également les tensions croissantes avec la Russie et la Chine, ainsi que les pourparlers pour remettre sur pied l’accord nucléaire iranien.

Avec un arsenal de strictes mesures anti-Covid, Antony Blinken a rencontré séparément ses homologues japonais et sud-coréen quelques jours après que Joe Biden a passé en revue la politique américaine à l’égard de la Corée du Nord.

Le ministre britannique des Affaires étrangères Dominic Raab lors d’une réunion au siège de l’Otan, le 14 avril 2021 à Bruxelles / POOL/AFP

«Nous sommes très reconnaissants d’avoir cette occasion de tenir des discussions approfondies avec les États-Unis après les conclusions de la revue de votre politique», a déclaré le chef de la diplomatie sud-coréenne Chung Eui-yong, saluant «le message très positif et ouvert» de Joe Biden au Congrès la semaine dernière.

Le président américain a affirmé qu’il utiliserait «la diplomatie tout autant qu’une dissuasion sévère» pour contenir les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Selon le département d’État américain, Antony Blinken et ses homologues japonais et sud-coréen se sont mis d’accord sur le but commun d’aller vers une dénucléarisation de la péninsule coréenne.

Voie intermédiaire

Le président américain Joe Biden a demandé un examen de la politique américaine envers la Corée du Nord, après l’approche hautement personnalisée de son prédécesseur Donald Trump et ses trois rencontres taillées pour les télévisions avec Kim Jong Un.

Les forces de l’Otan en Afghanistan / AFP/Archives

Cette évaluation propose un terrain d’entente en s’éloignant de la tentative ambitieuse, mais finalement infructueuse, de M. Trump de parvenir à un accord de grande envergure qui, après sept décennies, pourrait enfin mettre officiellement fin à la guerre de Corée.

Mais la Maison Blanche veut aussi discuter avec la Corée du Nord, un changement par rapport à la politique de «patience stratégique» de l’ancien président Barack Obama, qui consistait à maintenir Pyongyang à distance jusqu’à ce que son comportement change.

La Corée du Nord a dénoncé dimanche l’approche de Joe Biden, affirmant qu’il conserve une «politique hostile» en vigueur depuis un demi-siècle.

«La soi-disant +diplomatie+ américaine est une pancarte fallacieuse destinée à couvrir leurs actes hostiles, et la +dissuasion+ annoncée est simplement un moyen de poser des menaces nucléaires», a récemment déclaré un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères Kwon Jong Gun.

Les États-Unis s’attendaient à une réaction stridente de Pyongyang qui avait en 2019 décrit M. Biden comme un «chien enragé» qui «doit être battu à mort avec un bâton».

Antony Blinken a également évoqué la Birmanie à la fois avec le Japon et Brunei, un peu plus d’une semaine après que les dirigeant de l’Asean ont invité le chef de la junte à un sommet et appelé à la fin des violences.

Blinken et son homologue japonais Toshimitsu Motegi se sont entretenus au sujet «du besoin urgent de mettre la Birmanie de retour sur la voie de la démocratie et de demander des comptes à la junte militaire», selon le département d’État américain.

Les forces de sécurité birmanes ont tué des centaines de personnes en réprimant des manifestations quasi-quotidiennes, tandis que la violence ethnique s’est également accrue.

La Corée du Nord se trouve avec l’Iran au menu des discussions du dîner d’ouverture du sommet.

Le ministre japonais des Affaires étrangères Toshimitsu Motegi, le 30 mars 2021 à Tokyo / POOL/AFP/Archives

Washington et Londres ont tempéré les informations selon lesquelles Téhéran va libérer leurs citoyens respectifs détenus en Iran.

La diplomatie britannique a affirmé dimanche que les «discussion légales se poursuivent», au sujet de l’Irano-britannique Nazanin Zaghari-Ratcliffe, récemment condamnée en Iran à une nouvelle peine de prison et dont le traitement relève selon Londres de la «torture».

Après le G7 qui se tient à Londres jusqu’à mercredi, le secrétaire d’État américain se rendra à Kiev pour témoigner du soutien «indéfectible» des États-Unis à l’Ukraine après le déploiement de troupes russes à la frontière, sur fond de relations tendues avec la Russie.

Par afp, publié le 03/05/2021 à 01h03, modifié le 03/05/2021 à 17h01

Photo en titre : Le secrétaire d’État américain Antony Blinken à son arrivée à l’aéroport de Stansted, au nord-est de Londres, le 2 mai 2021 au Royaume-Uni / AFP

https://www.la-croix.com/G7-Le-secretaire-Etat-americain-rencontre-homologue-britannique-2021-05-02-1301153841

À LANNION, SORTIR DU NUCLÉAIRE DÉNONCE LE SILENCE DE LA PRÉFECTURE

Début avril, Sortir du nucléaire Trégor écrivait aux maires pour qu’ils interpellent les services de l’État à propos du stock de pastilles d’iode en cas d’accident nucléaire. Ceux qui ont répondu affirment n’avoir aucune information en la matière.

En cas de catastrophe nucléaire, estime l’association Sortir du nucléaire Trégor, « la crise des pastilles d’iode sera alors bien pire que celle des masques de la covid et nos pauvres maires seront à nouveau bien démunis ». (Le Télégramme/Claude Prigent)

« Aucune de ces mairies n’a reçu la moindre information de la préfecture ! » L’association Sortir du nucléaire (SDN) Trégor revient à la charge. Début avril, elle adressait une lettre ouverte aux maires du Trégor dans laquelle elle évoquait son inquiétude quant au stock de pastilles d’iode. Ces pastilles protègent la thyroïde en cas d’accident nucléaire. Dans un communiqué publié lundi 3 mai, l’association évoque des « échanges avec certaines mairies : Lannion, Ploulec’h, Ploubezre, Plounérin, St-Quay-Perros, Tréduder… ».

Toujours selon l’association, plusieurs élus ont contacté les services préfectoraux pour obtenir des informations sur les modalités de distribution de ces pastilles en cas d’accident nucléaire (SDN pointe notamment du doigt le site EDF de Flamanville). Les maires en auront la charge.

« Comme d’habitude, on sera au courant une fois que le mal sera fait !… », explique Patrick L’Héréec, maire de Plounérin, cité dans le communiqué. L’association déplore ce qu’elle qualifie de refus d’évoquer le sujet de la part de l’État « afin de ne pas nuire à l’image du nucléaire ». En cas de catastrophe, « la crise des pastilles d’iode sera alors bien pire que celle des masques du covid et nos pauvres maires seront à nouveau bien démunis ».

À lire sur le sujet : À Lannion, Sortir du nucléaire Trégor toujours inquiète pour les pastilles d’iode

Publié le 03 mai 2021 à 16h30

Photo en titre : En cas de catastrophe nucléaire, estime l’association Sortir du nucléaire Trégor, « la crise des pastilles d’iode sera alors bien pire que celle des masques de la covid et nos pauvres maires seront à nouveau bien démunis ». (Le Télégramme/Claude Prigent)

https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/lannion/a-lannion-sortir-du-nucleaire-denonce-le-silence-de-la-prefecture-03-05-2021-12744026.php

DÉCARBONER L’ÉCONOMIE MONDIALE : COMMENT S’ATTAQUER SÉRIEUSEMENT AUX ÉNERGIES FOSSILES ?

Réforme de l’Organisation mondiale du commerce, taxation des activités polluantes et de tout investissement dans le secteur des énergies fossiles… Des solutions existent pour accélérer drastiquement la transition vers une économie verte, estime l’économiste Stéphane Madaule.

Peut-on continuer à croire aux engagements toujours plus vertueux des États en matière d’atteinte de la neutralité carbone ? De ce point de vue, le dernier sommet organisé par Joe Biden sur le climat les 22 et 23 avril 2021, sommet plein d’espoir puisqu’il signe le retour des États-Unis dans la lutte contre le changement climatique, est symptomatique du décalage croissant entre des dirigeants qui ne cessent de s’engager toujours plus fort sur le long terme et un monde qui ne cesse de s’enfoncer dans la crise écologique à court terme.

Le niveau comme le rythme de décarbonisation de l’économie mondiale ne semble toujours pas au rendez-vous. Depuis 1990, la quantité de CO2 émise par unité de PIB a certes diminué d’un tiers dans le monde mais dans le même temps, le PIB lui-même a été multiplié par 2,5, ce qui aboutit à une hausse continue sur cette même période des rejets de GES liées aux activités humaines (l’équivalent de 55,3 milliards de tonnes de CO2 (Gt CO2 éq) en 2018, soit +65% par rapport à la référence de 1990) (1). La vieille économie dopée à l’énergie fossile résiste. Elle est toujours et de loin beaucoup plus utilisée que la nouvelle économie qui fonctionne aux énergies renouvelables. Les lois du marché, telles que les défend l’Organisation mondiale du commerce (OMC) favorisent le moins-disant sur le plan des prix et non le mieux-disant sur le plan environnemental.

Taxer les activités polluantes

Les accords commerciaux de libre-échange les plus récents passés entre l’Union européenne et des pays comme le Vietnam, le Canada, le Japon ou encore Singapour vont dans le même sens. Comment d’ailleurs pourrait-il en être autrement puisqu’ils se doivent d’être conformes aux règles de l’OMC qui ne permettent pas d’appréhender l’empreinte carbone des marchandises comme un critère de différenciation acceptable pour autoriser la taxation des produits les plus polluants ? En d’autres termes, aucune différenciation n’existe sur le marché entre produire à base d’une énergie charbon ou produire à base d’une énergie décarbonée.

À lire aussi: Un décès sur cinq serait dû à la pollution de l’air par les énergies fossiles dans le monde (Pollution, 9 févr. 2021)

Alors comment pourrait-on au juste accélérer de manière drastique la décarbonisation de l’économie mondiale dont nous avons besoin dès aujourd’hui ?

En favorisant trois évolutions majeures.

Premièrement, il faudrait changer les règles de l’OMC en y intégrant la possibilité de taxer les activités polluantes, sans être accusé d’enfreindre les règles du marché. Le but serait de légaliser la taxation carbone aux frontières, en la rendant compatible avec les règles du commerce. Il s’agirait de dissuader par le prix le producteur ou le consommateur d’utiliser ce type de produits. Ainsi, si une union douanière comme l’Union européenne décidait de mettre en place une taxation carbone à ses frontières, cette mesure serait non seulement compatible avec les règles de l’OMC mais pourrait être mise en œuvre de manière unilatérale, sans se soucier de l’adoption par d’autres parties du monde d’un tel mode de taxation.

Prix plancher de vente de la tonne de carbone

Deuxièmement, il faudrait taxer lourdement tout investissement dans le secteur des énergies fossiles. Il s’agirait ainsi de favoriser une rétractation de l’offre d’énergie fossile afin d’en faire un facteur de production de plus en plus cher, et donc de moins en moins compétitif. Les producteurs d’énergie qui exploitent le gaz, le pétrole ou encore le charbon seraient ainsi lourdement taxées dans leurs investissements de production comme ils seraient lourdement taxés dans leurs bénéfices éventuels. Ces sociétés sont faciles à identifier car elles sont souvent de grande taille et se prêtent plus facilement à la taxation.

Troisième idée, on pourrait instaurer au niveau mondial un prix plancher de vente de la tonne de carbone sous lequel il serait interdit de descendre et qui irait croissant. Ce prix et sa trajectoire de hausse seraient négociés entre les signataires de l’Accord de Paris sur le climat. Le but serait d’accompagner mécaniquement l’établissement d’un prix du carbone beaucoup plus élevé afin d’inciter à consommer de l’énergie propre.

Pour résumer, l’Accord de Paris sur le climat verrait sa prééminence reconnue sur les anciennes règles du libre-échange, ce qui passe par une réforme de l’OMC. L’offre en énergie fossile serait dissuadée afin d’engendrer une hausse des prix favorable à l’économie verte. La tonne de carbone ne pourrait plus descendre en dessous d’un prix plancher dissuasif pour les producteurs de CO2.

Voilà quelques pistes afin d’éviter que la transition vers l’économie propre, très médiatisée par nos dirigeants, ne continue à faire du surplace.

(1) Source : DataLab. Chiffres clés du climat France, Europe et Monde, édition 2021, Ministère de la transition écologique.

Par Stéphane Madaule, Professeur d’économie à l’INSEEC/HEIP, publié le 2 mai 2021 à 6h09

Photo en titre : Assaad Al-Niyazi/AFP

https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/decarboner-leconomie-mondiale-comment-sattaquer-serieusement-aux-energies-fossiles-20210502_QXY46DLVRVDL5OICY3CTBUKUOM/

NUCLÉAIRE IRANIEN: JOE BIDEN A RENCONTRÉ LE CHEF DU MOSSAD À LA MAISON BLANCHE (RAPPORT)

Les négociateurs sur le nucléaire iranien ont dressé un bilan d’étape mitigé samedi à Vienne

Le président américain Joe Biden a rencontré vendredi le chef du Mossad Yossi Cohen à la Maison Blanche, pour des discussions concernant l’accord nucléaire, rapporte Channel 12.

Avant son départ pour les États-Unis, Yossi Cohen se serait entretenu avec le Premier ministre Benyamin Netanyahou qui lui a fait part des problèmes que soulève l’accord iranien de 2015, que les États-Unis envisagent de réintégrer sous conditions.

Le détail des questions sensibles qui ont été débattues n’a pas été dévoilé. Israël cherche à convaincre Washington d’instaurer un accord visant à empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires plutôt que de revenir sur l’accord de 2015.

Le secrétaire d’État américain Anthony Blinken a rencontré jeudi à Washington Yossi Cohen, et l’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Gilad Erdan.

Le Département d’État a refusé de commenter la réunion, mais a déclaré que l’administration Biden s’engageait à faire preuve de transparence avec Israël dans sa diplomatie nucléaire avec l’Iran.

Plus tôt jeudi, Gilad Erdan a déclaré que les États-Unis comprenaient qu’Israël conservait une « liberté d’action » pour agir contre les activités iraniennes qui menacent l’État juif.

Les négociateurs sur le nucléaire iranien ont dressé un bilan d’étape mitigé samedi à Vienne à l’issue d’un 3ème round de pourparlers pour sauver l’accord de 2015 et appellent à aller plus vite, dans l’espoir d’aboutir d’ici « trois semaines » selon la partie russe.

« Un succès n’est en aucun cas garanti mais pas impossible« , a tempéré auprès une source diplomatique du côté européen, tout en promettant de « redoubler d’efforts » pour y parvenir.

Par i24NEWS, publié le 1er mai 2021 à 22h16, dernière modification 1er mai 2021 à 22h59

Photo en titre : Miriam Alster/Flash90Le chef du Mossad, Yossi Cohen

Pour retrouver cet article et voir et écouter la vidéo (4mn01s), cliquer sur :

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1619899457-nucleaire-iranien-joe-biden-a-rencontre-le-chef-du-mossad-a-la-maison-blanche-rapport

LA POLITIQUE NORD-CORÉENNE DE BIDEN EST UNE MAIN TENDUE À KIM JONG UN

L’administration Biden a finalement annoncé sa politique en Corée du Nord après avoir achevé un examen politique de trois mois. Et la politique sur laquelle il a décidé est un peu une surprise.

C’est parce que son objectif final déclaré est apparemment le même que celui de Pyongyang: «La dénucléarisation de la péninsule coréenne».

Cette expression spécifique, «dénucléarisation de la péninsule coréenne», est une expression que le gouvernement nord-coréen aime beaucoup utiliser. Pour Pyongyang, cela signifie qu’il est prêt à démanteler son programme nucléaire si et seulement si la Corée du Sud dénucléarise également.

Mais la Corée du Sud n’a pas d’armes nucléaires. Ce qu’il a, c’est ce qu’on appelle le «parapluie nucléaire» américain. Cela signifie essentiellement que les États-Unis promettent de défendre la Corée du Sud du Nord – jusqu’à et y compris avec l’utilisation des armes nucléaires américaines. (Il y a aussi actuellement 28 500 soldats américains stationnés en Corée du Sud pour la défendre contre une éventuelle agression du Nord.)

Donc, ce que la Corée du Nord comprend de cette phrase est: «Bien sûr, nous abandonnerons nos armes nucléaires, dès que vous (le président Biden) retirerez tout le soutien militaire américain à la Corée du Sud

C’est un objectif final très différent de ce que les États-Unis ont traditionnellement recherché, du moins jusqu’à l’arrivée du président Donald Trump: la «dénucléarisation de la Corée du Nord». Cette formulation implique que Pyongyang est le seul à devoir faire des concessions nucléaires. C’est un objectif final qui verrait la Corée du Nord abandonner toutes ses armes nucléaires alors que la Corée du Sud est toujours sous la protection nucléaire américaine.

Si vous êtes Kim Jong Un, c’est une sacrée différence. Dans le premier scénario, il abandonne son arsenal nucléaire, ce qui rend son régime plus vulnérable, mais c’est compensé par le fait que les États-Unis ne soutiennent plus la Corée du Sud avec ses armes nucléaires, non plus. Dans le deuxième scénario, il abandonne simplement ses armes nucléaires, rendant son régime plus vulnérable. Point.

Donc, la différence de quelques mots ici n’est pas seulement de la sémantique – le libellé compte vraiment, vraiment.

La Maison Blanche confirme qu’elle a terminé son examen de la politique nord-coréenne.

Ce qui nous amène à une autre question: pourquoi l’administration Biden adopterait-elle un libellé sur la question nucléaire toujours épineuse que la Corée du Nord aime?

En partie parce que cela pourrait rendre Kim heureux – et c’est potentiellement une bonne chose.

Trois raisons pour lesquelles Biden a probablement adopté le phrasé nucléaire préféré de la Corée du Nord

Lorsque Biden a annoncé que les troupes américaines quitteraient l’Afghanistan, il a noté qu’une des raisons de sa décision était que l’ancien président Trump avait conclu un accord avec les talibans pour qu’un retrait complet se produise.

Ce n’est peut-être pas ce que j’aurais négocié moi-même, mais c’était un accord conclu par le gouvernement des États-Unis, et cela signifie quelque chose”, a déclaré le président.

Biden est peut-être arrivé à une conclusion similaire ici. En 2018, Trump a rencontré Kim à Singapour et a signé une déclaration déclarant qu’ils «travailleraient à la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne».

Ce n’est peut-être pas la formulation que Biden aimerait, mais c’est le dernier accord entre les États-Unis et la Corée du Nord en cours, et il a donc peut-être honoré cela. Tout le reste ressemblerait à un retour unilatéral dans le processus diplomatique, ont déclaré des experts.

«C’est la bonne formulation à utiliser parce que les deux parties l’ont acceptée», a déclaré Vipin Narang, un expert du programme nucléaire nord-coréen au MIT.

Le président sud-coréen Moon Jae-in a également adopté cette phrase au cours de ses années d’efforts pour négocier un accord entre Pyongyang et Washington. Il l’a soutenu dans une interview accordée au New York Times en avril, notant que c’était «clairement un exploit» pour Trump et Kim de se rencontrer à Singapour et de signer un accord.

Moon arrive à la Maison Blanche le 21 mai, et il aurait été gênant que les États-Unis abandonnent la formulation qu’il soutient quelques semaines avant son arrivée.

«Je suis d’accord pour utiliser l’expression de la RPDC pour mettre en évidence la différence, surtout depuis que Séoul l’a adoptée», m’a dit Jeffrey Lewis, expert nord-coréen au Middlebury Institute of International Studies, en utilisant l’acronyme du nom officiel du pays, le République Populaire Démocratique de Corée.

Il y a un autre avantage à s’en tenir à la formulation soutenue par Séoul et Pyongyang, ont déclaré les analystes: cela pourrait ramener Kim ou des membres de son régime à la table des négociations.

En termes simples, opter pour la «dénucléarisation de la Corée du Nord» conduirait presque assurément Kim à se hérisser et à continuer l’épaule froide qu’il a donnée à Biden jusqu’à présent. Cela condamnerait toute chance de diplomatie avant qu’elle ne commence.

Mais en utilisant la formulation que Kim aime, il y a une chance qu’il ordonne à ses subalternes de parler avec les États-Unis. «Les objectifs ne sont pas pertinents», a déclaré Narang. “Le but est d’amener la RPDC à la table des négociations”.

C’est important, en particulier lorsque l’attachée de presse de la Maison Blanche, Jen Psaki, a déclaré que l’administration tentera de réaliser sa politique via une «approche calibrée et pratique ouverte à la diplomatie avec la RPDC et explorera la diplomatie avec la RPDC et de réaliser des progrès pratiques qui accroissent la sécurité de la République populaire démocratique de Corée. Les États-Unis, nos alliés et nos forces déployées. »

Cette approche n’est pas vraiment nouvelle. Faire de petits pas vers l’objectif final de manière réciproque en consultation avec les alliés a été essayé pendant des décennies – c’est ce que la Corée du Nord considère comme la seule voie à suivre – menant à des accords mais ne résolvant jamais le problème.

Ce plan a été mis sur l’étagère sous Obama, qui a tenu la Corée du Nord à distance pendant sa présidence. Trump a également rejeté l’approche progressive en faveur d’essayer (et d’échouer) d’obtenir un gros problème.

«Ces approches étaient irréalisables et extrêmes au départ et n’auraient pas dû être employées en premier lieu», a déclaré Frank Aum, l’expert principal sur la Corée du Nord à l’Institut américain de la paix. L’équipe de Biden est maintenant de retour à l’approche progressive «qui nous a donné un minimum de succès au cours des 30 dernières années, à savoir des négociations réciproques, proportionnelles et échelonnées».

La formulation de l’administration peut alors sembler déroutante, surtout lorsqu’elle a adopté le libellé que Kim aime. Mais relancer les négociations nucléaires pourrait être une pièce audacieuse – et cela pourrait être assez fou pour fonctionner.

Par Marseille News, publié le 1er mai 2021

https://www.marseillenews.net/la-politique-nord-coreenne-de-biden-est-une-main-tendue-a-kim-jong-un.html

LE ROYAUME-UNI VA ENVOYER EN MER DE CHINE MÉRIDIONALE LE PLUS GRAND GROUPE D’ATTAQUE DE PORTE-AVIONS DEPUIS LA GUERRE DES MALOUINES

Le gouvernement britannique a donné des détails sur l’imposant groupe aéronaval de la Royal Navy et de la Royal Air Force envoyé dans la région indo-pacifique. Cette mission, décrite comme «un déploiement véritablement mondial, de l’Atlantique Nord à l’Indo-Pacifique», inclut, de manière provocante, la traversée de la mer de Chine méridionale. Le départ pourrait avoir lieu dès le 18 mai.

Le nouveau porte-avions britannique HMS Queen Elizabeth mène la mission, soutenue par l’OTAN, d’un coût de 3,2 milliards de livres sterling, qui effectue son premier déploiement opérationnel. Le porte-avions, le navire de guerre le plus grand et le plus puissant jamais construit par la marine, a été lancé en octobre 2017 et participe depuis à des essais en mer et à des entraînements opérationnels. La Marine le décrit comme étant «capable de frapper depuis la mer au moment et à l’endroit de notre choix…»

Aucune force de la Royal Navy n’a été mobilisée à une telle échelle depuis la guerre des Falklands/Malouines de 1982. Le ministère de la Défense (MoD) a déclaré qu’il s’agirait de la «plus grande concentration de puissance maritime et aérienne à quitter le Royaume-Uni en une génération». The Spectator a noté l’importance de l’envoi par la Royal Navy d’une «flotte de combat en Asie pour la première fois depuis le début de la guerre de Corée en 1950».

Avec la fin de la guerre froide, la flotte de surface de la Royal Navy britannique, composée de frégates et de contre-torpilleurs, a été réduite et ne compte plus que 19 navires. Mais les dépenses sont de nouveau augmentées de plusieurs dizaines de milliards de livres dans toutes les forces armées, dans le cadre de la révision du ministère de la Défense intitulée «La défense à l’ère de la concurrence».

La mission indo-pacifique mobilise une grande partie des effectifs actuels de l’ensemble de la marine. Le porte-avions aura à son bord 18 chasseurs furtifs F-35B et sera soutenu par les contre-torpilleurs de type 45, HMS Defender et HMS Diamond, les frégates anti-sous-marines de type 23, HMS Kent et HMS Richmond, et les navires logistiques de la Royal Fleet Auxiliary, Fort Victoria et Tidespring. Ces navires seront appuyés par un sous-marin nucléaire de classe Astute de dernière génération, armé de missiles de croisière Tomahawk. Participeront également à l’opération 14 hélicoptères de la marine, huit chasseurs rapides de la RAF et une compagnie de Royal Marines.

Le groupe de porte-avions visitera plus de 40 pays en 28 semaines et parcourra 26.000 miles nautiques. Il prendra part à 70 engagements, dont des exercices avec des partenaires de l’OTAN et d’autres pays, en traversant la Méditerranée jusqu’au canal de Suez. Les États-Unis participent avec un contre-torpilleur l’USS The Sullivans, et un escadron de 10 avions F-35B Lightning II du corps des Marines.

Le groupe d’attaque de la Royal Navy fera une escale d’une semaine à Duqm, la base de soutien logistique conjointe du Royaume-Uni à Oman. Il mènera ensuite des opérations dans l’océan Indien avec la marine indienne ainsi que des exercices conjoints avec la Corée du Sud et Singapour. Les opérations seront complétées par jusqu’à deux semaines d’exercices conjoints avec les forces armées américaines et japonaises. La flottille effectuera sa navigation provocatrice en mer de Chine méridionale.

Le document stratégique (Integrated Review) global du Royaume-Uni intitulé «Global Britain in a Competitive Age» et le document stratégique de la défense ont tous deux identifié la Chine et la Russie comme des adversaires majeurs et des menaces économiques. L’Integrated Review décrit la Chine comme «un concurrent systémique. La puissance croissante et l’affirmation internationale de la Chine seront probablement le facteur géopolitique le plus important des années 2020». Le rapport indique que «le Royaume-Uni renforcera son engagement dans la région indo-pacifique… en établissant une présence plus importante et plus persistante que celle de tout autre pays européen. La région est déjà essentielle pour notre économie et notre sécurité; elle est un point central pour la négociation des lois, règles et normes internationales; et elle deviendra plus importante pour la prospérité du Royaume-Uni au cours de la prochaine décennie».

Conformément aux desseins de l’impérialisme américain sur la région, le Royaume-Uni agissant comme un partenaire junior, le MoD a déclaré que la mission faisait «partie de l’inclinaison du Royaume-Uni vers la région indo-pacifique… elle contribuera à atteindre l’objectif du Royaume-Uni d’un engagement plus profond dans la région indo-pacifique pour soutenir la prospérité partagée et la stabilité régionale».

La mission a été décrite par le ministre de la Défense Ben Wallace comme faisant partie de la stratégie de la Grande-Bretagne post-Brexit pour sécuriser les marchés: «Lorsque notre groupe d’attaque de porte-avions prendra la mer le mois prochain, il portera le drapeau de la Grande-Bretagne mondiale, projettera notre influence, signalera notre puissance, s’engagera avec nos amis et réaffirmera notre engagement à relever les défis de sécurité d’aujourd’hui et de demain…» Le déploiement montre que la Grande-Bretagne est prête à «jouer un rôle actif dans le façonnement du système international du 21ème siècle».

La semaine dernière, après une longue campagne menée par les principaux bellicistes de l’establishment politique, les députés ont voté, sur la base d’affirmations non fondées, que la Chine menait un «génocide» contre les musulmans ouïghours. La Grande-Bretagne rejoint le gouvernement américain et seulement trois autres corps législatifs: la Belgique, les Pays-Bas et le Canada, pour accuser Pékin de génocide.

La Chambre des communes a adopté à l’unanimité une motion non contraignante présentée par la députée conservatrice Nusrat Ghani qui déclare: «Les Ouïghours et les autres minorités ethniques et religieuses de la région autonome ouïghoure du Xinjiang sont victimes de crimes contre l’humanité et d’un génocide; et l’on demande au gouvernement d’agir pour qu’il remplisse ses obligations en vertu de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide et à tous les instruments pertinents du droit international afin d’y mettre un terme».

Ghani est l’un des cinq députés britanniques sanctionnés par la Chine le mois dernier, aux côtés de plusieurs groupes de pression anti-chinois tels que China Research et la Commission conservatrice des droits de l’homme. Cette mesure faisait suite aux sanctions coordonnées prises par le Royaume-Uni, l’Union européenne, les États-Unis et le Canada à l’encontre de responsables chinois dans le but d’exacerber les tensions géopolitiques.

Au nom du Parti travailliste d’opposition, le ministre fantôme des Affaires étrangères, Stephen Kinnock, a déclaré que le parti soutenait la motion, car «on ne peut demeurer indifférent ou ne pas agir devant un génocide».

Ce vote marque une nouvelle montée en puissance des faucons anti-Chine, menés par l’ancien chef du Parti conservateur, Iain Duncan Smith. Ils ont essayé sans succès d’introduire un projet de loi qui donnerait à la Haute Cour du Royaume-Uni le droit de décider si un pays commet un génocide. En mars, Smith a échoué pour la troisième fois à obtenir un amendement au projet de loi sur le commerce, dans le but de l’utiliser pour renforcer les sanctions et autres mesures contre la Chine sur la base des allégations de «génocide». Le premier ministre Boris Johnson tente de trouver un équilibre entre Washington et Pékin.

Témoignant de l’escalade de la fièvre guerrière parmi les puissances impérialistes, la Chine et la Russie dans leur ligne de mire, a été la réponse belliqueuse des principaux députés conservateurs – qui entretiennent des liens étroits avec l’armée – qui soutiennent que la mission de mai en mer de Chine méridionale n’était pas assez provocatrice. Reprenant à leur compte les récentes déclarations du gouvernement Biden et du commandant de la flotte américaine du Pacifique, l’amiral John Aquilino, affirmant que Taïwan est «la poudrière la plus importante qui pourrait conduire à une guerre à grande échelle» entre les États-Unis et la Chine, les députés ont exigé que le groupe de frappe entre également dans le détroit de Taïwan lors de son voyage vers le Japon.

Duncan Smith a déclaré au Telegraph: «Je suis heureux que le porte-avions soit déployé en mer de Chine méridionale, mais on doit compléter ce processus en faisant savoir aux Chinois que l’on condamne leurs actions très agressives contre leurs voisins en naviguant dans le détroit de Taiwan».

Il a reçu le soutien de Tobias Ellwood, président de la Commission de la défense, qui a déclaré que la mission Indo-Pacifique avait été «déployée comme une importante déclaration d’intention» mais qu’il craignait qu’elle ne soit «diminuée» par «crainte d’offense». Le fait d’éviter le détroit de Taïwan va à l’encontre du «but» de l’opération, qui «est de s’opposer à l’autoritarisme de la Chine».

De tels commentaires donnent un aperçu de la pensée dérangée de certains cercles dirigeants et des hauts gradés de l’armée, qui envisagent un conflit armé avec des puissances nucléaires.

À la suite de l’examen de la Défense britannique, le Telegraph a publié un «reportage spécial» du correspondant étranger Roland Oliphant, intitulé «Les arsenaux militaires de la Chine et de la Russie sont d’une ampleur terrifiante, mais comment se comporteraient-ils en situation de combat?»

Il décrit la marine chinoise comme étant «déjà la plus grande du monde avec environ 350 navires et sous-marins, dont plus de 130 grands navires de surface. Elle devrait avoir cinq porte-avions à flot d’ici 2030 et développe rapidement sa flotte de contre-torpilleurs. Elle a développé des missiles de croisière et balistiques de précision à longue portée, des radars d’alerte avancée et des systèmes de défense aérienne qui lui permettent de dominer l’espace aérien jusque dans le Pacifique». De plus, «elle a récemment dévoilé des armes hypersoniques conçues pour s’attaquer aux groupes de porte-avions américains».

Tout cela n’est pas bien grave, ajoute-t-il, car «l’Armée populaire de libération [plus de 2 millions de membres actifs et plus d’un million de réservistes] n’est pas nécessairement invincible. L’armée est confrontée à des défis majeurs en matière de personnel, luttant pour recruter, former et conserver des soldats professionnels et faisant face à un problème de morale alimenté par la corruption perçue. Et elle n’a pas fait la guerre depuis plus de 40 ans».

Par Robert Stevens, publié le 1er mai 2021 (Article paru en anglais le 30 avril 2021)

Photo en titre : Les porte-avions britanniques HMS Prince of Wales et HMS Queen Elizabeth amarrés au port de Portsmouth, novembre 2020 (Source: WSWS media)

https://www.wsws.org/fr/articles/2021/05/01/rumn-m01.html

BELGIQUE : SORTIE DU NUCLÉAIRE : LE CONSEIL DES MINISTRES APPROUVE LA MISE AUX ENCHÈRES DE DEUX À TROIS CENTRALES AU GAZ

Le Conseil des ministres a approuvé vendredi le cadre juridique du mécanisme d’investissement visant à organiser la sortie du nucléaire, le CRM, et a décidé du volume d’enchères. Environ 2,3 GW de nouvelles capacités seront ainsi mis aux enchères en octobre 2021. Celles-ci concernent deux à trois centrales électriques au gaz.

La Chambre avait approuvé le 11 mars dernier le projet de loi qui adapte le Mécanisme de rémunération de capacité (CRM) approuvé sous la législature précédente. Il prend notamment en compte une résolution votée l’été dernier à une large majorité.

Le CRM organise un système d’enchères de capacité de production d’électricité en vue de la sortie du nucléaire en 2025. La première d’entre elles aura donc bien lieu, comme attendu, en octobre prochain. D’ici là, la Commission européenne se sera en principe prononcée sur la compatibilité du CRM avec les règles en matière d’aides d’État.

La Vivaldi avait déjà confirmé la fermeture des sept centrales nucléaires belges d’ici 2025. « Cinq des sept réacteurs nucléaires ne peuvent de toute façon pas rester ouverts parce qu’ils sont trop vieux et trop coûteux pour garantir leur sécurité plus longtemps« , commente vendredi la ministre Van der Straeten. Selon elle, le besoin de nouvelles infrastructures énergétiques flexibles est distinct de la fermeture des deux dernières centrales nucléaires.

« Aujourd’hui, les éoliennes en mer sont éteintes lorsque le vent souffle, car elles produisent trop d’électricité et manquent de flexibilité. C’est le monde à l’envers. D’ici 2030, près de la moitié de notre production énergétique sera constituée d’énergies renouvelables. C’est le double de ce que nous avons aujourd’hui« , fait-elle valoir.

« Davantage d’énergie renouvelable signifie que nous avons besoin de sources d’énergie d’appoint flexibles, qui peuvent être activées et désactivées lorsqu’il y a beaucoup ou peu de soleil et de vent. Nous permettons dès lors aux personnes qui veulent investir dans notre pays de le faire maintenant. En tant que transition, le gaz à faible teneur en carbone est un maillon indispensable sur la voie d’une énergie 100 % renouvelable« , estime-t-elle. « Et nous réduisons le nombre de centrales au gaz au strict minimum. Deux ou peut-être trois centrales électriques au gaz seront finalement déployées, soit beaucoup moins que prévu. En outre, nous investissons également dans le développement de technologies qui rendront les centrales à gaz aussi respectueuses de l’environnement que possible.« 

Par Belga, publié le vendredi 30 avril 2021 à 18h17

Photo en titre : La centrale au gaz de Drogenbos – © EMMANUEL DUNAND – AFP

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_sortie-du-nucleaire-le-conseil-des-ministres-approuve-la-mise-aux-encheres-de-deux-a-trois-centrales-au-gaz?id=10752655

L’ÉTAT DE LA CENTRALE DE GOLFECH INQUIÈTE TOUJOURS LES RIVERAINS

35 ans après la catastrophe de Tchernobyl, survenue fin avril 1986, les centrales nucléaires produisent toujours 70 % de notre électricité. Dans des infrastructures parfois vieillissantes, la question de leur sûreté est souvent remise en question. Victime de plusieurs incidents ces dernières années, la centrale nucléaire de Golfech, à 75 kilomètres de Toulouse, est aujourd’hui un point de tension pour les riverains. 

La centrale nucléaire de Golfech a été construite en 1982 pour une première mise en service en 1991, cinq ans seulement après le drame de Tchernobyl dont on vient de commémorer le 35ème anniversaire. Dès sa construction la centrale a été au centre de nombreux débats avec les populations locales craignant pour leur sécurité. En 1989, alors que les travaux se terminaient sur la première partie de la centrale, une des deux tours a été occupée par l’association Stop Golfech, qui est depuis la principale source d’opposition à la centrale. 

Face aux préoccupations grandissantes des habitants, la direction de la centrale s’est voulue rassurante à travers les années, mesurant un risque d’accident majeur « faible, voire très faible ». Les rapports récents de l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN) montrent pourtant de nombreux manquements aux règles de sûreté sur le site tarn-et-garonnais. Le réseau Sortir du nucléaire révèle ainsi plusieurs incidents, dont un en octobre 2019 qui montre un réel « manque de rigueur », terme employé à plusieurs reprises par l’ASN dans ses rapports à l’encontre de la centrale.

« Des performances nettement en retrait » 

La police du nucléaire explique ainsi dans son rapport annuel de juin 2020 que « les performances en matière de sûreté nucléaire sont nettement en retrait de l’appréciation générale que l’ASN porte sur le parc nucléaire ». La Criirad, un laboratoire indépendant proche des mouvements antinucléaires, affirme de son côté que le taux de particules radioactives (tritium) retrouvé dans l’eau de la Garonne est quatre fois supérieur en aval de la centrale qu’en amont. Malgré les contestations et les risques de contamination de l’eau évoqués par les groupes écologistes, ces taux relevés ont toujours été en deçà des limites fixées par l’Organisation mondiale de la santé. 

D’après Charlotte Migeon, l’une des porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, la centrale de Golfech collectionne ainsi les rappels à l’ordre. Sur le site de l’ASN, 81 rapports d’incidents sont ainsi disponibles. Une situation qui semble s’être dégradée avec le temps, les incidents ont tendance à se multiplier ces dernières années. Toujours selon Charlotte Migeon, c’est le renouvellement accéléré des équipes et une très mauvaise organisation humaine qui sont les deux principales raisons de cette multiplication des incidents, plus encore que la vétusté de la centrale, âgée de 30 ans.

De son côté l’ASN se veut tout de même optimiste et note que « des efforts ont été faits » à Golfech ces derniers mois. Si le rapport annuel ne sera publié qu’à la fin juin, le chef de la division bordelaise de l’ASN, Simon Garnier, a confirmé cette amélioration même si « tout n’est pas encore parfait ». Contactée par notre rédaction, la direction de Golfech n’a pas souhaité s’exprimer. 

Golfech est aujourd’hui un des 18 sites nucléaires en France. Si la question sur l’avenir de cette énergie, qui produit 70% de notre électricité, occupe depuis des décennies le débat public, les associations écologistes reconnaissent elles-mêmes que le site tarn-et-garonnais n’est pas leur première source de préoccupation à travers l’Hexagone. Selon les plans de transition les plus radicaux, la fermeture des centrales pourrait avoir lieu au début des années 2030, mais pour Charlotte Migeon « la question est bien plus politique que technique».

Par l’Institut Supérieur de Journalisme de Toulouse (Cet article a été écrit par des élèves de l’Institut Supérieur de Journalisme de Toulouse dans le cadre d’un partenariat avec le Journal Toulousain.), publié le 30 avril 2021 à 14h00

Photo en titre : © Clicgauche CC-BY

https://www.lejournaltoulousain.fr/occitanie/tarn-et-garonne/letat-de-la-centrale-de-golfech-inquiete-toujours-les-riverains-119154/

NORMANDIE. L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE ALERTE SUR TROIS SOUDURES À L’EPR DE FLAMANVILLE

EDF a déclaré, le 3 mars 2021, un événement significatif sur trois piquages non conformes dans le circuit primaire du futur EPR de Flamanville. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a également mis en demeure Orano La Hague de se conformer à la réglementation en cas d’incendie.

Le 3 mars 2021, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif sur l’EPR en construction à Flamanville (Manche). Il concerne trois piquages (un piquage est un élément qui permet de raccorder au circuit principal une autre tuyauterie, selon EDF) du circuit primaire principal, qui permet de refroidir le cœur du réacteur et de transférer l’énergie aux générateurs de vapeur.

Les soudures de ces piquages ne respectent pas les exigences de la démarche d’exclusion de rupture qui doit rendre le risque de rupture de ces matériels extrêmement improbables. L’ASN a demandé à EDF de « mettre en œuvre les actions correctives ».

Faut-il sortir du nucléaire ?

Le gendarme du nucléaire a également mis en demeure, le 22 avril 2021, Orano Recyclage, à La Hague, de se conformer à la réglementation en cas d’incendie. L’atelier de conditionnement des déchets technologiques (AD2) d’Orano devait cesser d’utiliser un système d’extinction contenant de l’halon, un gaz appauvrissant la couche d’ozone, au 31 décembre 2020. L’exploitant n’a pas respecté le délai, n’ayant trouvé aucune solution de substitution sûre et performante.

Par Noémie BAUDOUIN, Ouest-France, publié le 29/04/2021 à 17h58

Photo en titre : L’EPR de Flamanville devra corriger les trois piquages du circuit primaire avant sa mise en marche. | OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/normandie/normandie-l-autorite-de-surete-nucleaire-alerte-sur-trois-soudures-a-l-epr-de-flamanville-86a08b02-a8f6-11eb-a2f9-f7b5d2c81d6b

USA : NOUVELLE FUITE DE « PRODUIT CHIMIQUE ET RADIOACTIF DANGEREUX » DÉTECTÉE SUR LE SITE DE DÉCHETS NUCLÉAIRES DANS L’ÉTAT DE WASHINGTON

Un réservoir de stockage de déchets nucléaires dans un ancien réacteur au plutonium dans l’État de Washington a provoqué une fuite, a déclaré le ministère de l’Énergie, alors que les responsables locaux préviennent que le navire vieillissant émettra 1300 gallons de produits chimiques au cours de l’année prochaine. (Ndlr : 1 gallon US = 3,785 litres)

Le réservoir qui fuit, situé sur le site de Hanford dans le sud-est de Washington, à seulement 8 miles à l’ouest du fleuve Columbia, a été annoncé jeudi par le département de l’énergie. Une brèche dans le réservoir de stockage vieux de 75 ans a été soupçonnée il y a plus d’un an, mais n’a été confirmée que récemment, l’un des nombreux réservoirs décrépis de l’installation.

«C’est une question sérieuse chaque fois qu’un réservoir Hanford fuit ses déchets chimiques radioactifs et dangereux», La directrice de l’écologie de l’État, Laura Watson, a déclaré dans un communiqué, ajoutant que les responsables ne croient pas que la violation pose de «risque accru pour les travailleurs ou le public», bien que cela contribue à «La menace environnementale continue à Hanford.»

Cette fuite s’ajoute à l’estimation d’un million de gallons de déchets de réservoir déjà dans le sol du site de Hanford. Cela met en évidence le besoin critique de ressources pour faire face aux réservoirs vieillissants de Hanford, qui continueront de tomber en panne et de fuir au fil du temps.

Alors que le réservoir problématique, désigné B-109, n’est que la deuxième fuite officiellement confirmée à Hanford (la première a été détectée en 2013), beaucoup des 149 réservoirs de stockage du site sont soupçonnés d’avoir des problèmes, le département d’écologie de Washington estimant que plus de 200 000 gallons de déchets se sont échappés du «Ferme B» seul, où se trouve B-109. Dans toute l’installation de Hanford, ils pensent qu’un million de gallons ont été déversés dans des réservoirs compromis.

Avec le B-109 qui fuit environ 3,5 gallons par jour, soit 1300 gallons par an, les préoccupations sont aggravées par la proximité du réservoir avec la nappe phréatique, située à un peu plus de 200 pieds au-dessus, ainsi que le fleuve Columbia.

Une évaluation officielle des fuites a été lancée l’année dernière après que les niveaux du réservoir ont chuté, et bien qu’une brèche ait été découverte, les mains des responsables locaux restent liées en vertu d’un accord régissant les opérations de nettoyage à Hanford. Les agences environnementales ne peuvent prendre « d’action immédiate » en réponse à une fuite si elle est jugée «Nécessaire pour réduire une menace imminente et substantielle pour la santé publique, le bien-être ou l’environnement.» Pour l’instant, l’État, ainsi que les agences fédérales, n’ont évalué aucun danger immédiat du B-109, malgré la fuite confirmée.

«La contamination dans cette zone n’est pas nouvelle et des mesures d’atténuation sont en place depuis des décennies pour protéger les travailleurs, le public et l’environnement», Le porte-parole du département de l’énergie, Geoff Tyree, a déclaré à l’Associated Press, ajoutant «Il n’y a pas de risque accru pour la santé ou la sécurité des employés de Hanford ou du public.»

Hanford a connu un effort de nettoyage de plusieurs années et de plusieurs milliards de dollars en raison de son équipement défaillant, qui est lui-même devenu controversé. En 2019, le gouvernement fédéral a poursuivi le marchand d’armes Lockheed Martin, qui a obtenu un contrat de 3,2 milliards de dollars dans le projet de nettoyage aux côtés d’une autre société privée, alléguant avoir fraudé les contribuables américains avec des paiements de pots-de-vin illégaux.

La direction du site a également été critiquée ces dernières années, les travailleurs étant accusés d’avoir délibérément rejeté des déchets toxiques dans l’environnement en 2017.

L’usine de Hanford a une riche histoire qui remonte à l’époque du projet Manhattan, devenant le site du premier réacteur de production de plutonium à grande échelle au monde. Le plutonium fabriqué là-bas a été utilisé dans le premier essai de bombe nucléaire sur le site de Trinity, ainsi que dans Fat Man, la bombe larguée sur Nagasaki, au Japon, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Le réservoir B-109 est entré en service en 1946, fonctionnant pendant 30 ans avant d’être fermé, tandis que l’ensemble de l’installation a été fermé en 1987, laissant derrière lui quelque 53 millions de gallons de déchets. Depuis lors, les autorités locales ont travaillé pour stabiliser les réservoirs de stockage restants, mais les problèmes continuent de s’accumuler, car des milliers de gallons de matières dangereuses continuent de couler dans le sol sans relâche.

Par Gaspar Bazinet, publié le 30 avril 2021

https://news-24.fr/nouvelle-fuite-de-produit-chimique-dangereux-detectee-sur-le-site-de-dechets-nucleaires-dans-letat-de-washington-rt-usa-news/

« L’ÉLIMINATION DES ARMES NUCLÉAIRES EST ESSENTIELLE »

« Le 22 janvier 2021, le Traité d’interdiction des armes nucléaires est entré dans le droit international à l’Onu. La logique aurait voulu que les neuf États dotés de l’arme nucléaire gèlent leurs dépenses et entament des négociations pour organiser le désarmement nucléaire. Mais ce n’est évidemment pas du tout ce qui s’est passé.

Ce traité ne semble avoir aucun caractère contraignant, sachant que les cinq pays membres du Conseil de sécurité permanent de l’Onu sont dotés de l’arme nucléaire.

Jean-Yves Le Drian nous a expliqué que la France ne respecterait pas ce traité. En fait, il le considère comme un vulgaire « chiffon de papier ».

C’est là faire preuve d’un mépris du multilatéralisme, du droit international et des 122 pays qui avaient voté ce Traité le 7 juillet 2017.

L’élimination des armes nucléaires est essentielle pour l’avenir de l’humanité et de notre planète, le gouffre financier que représentent les dépenses liées à cette arme de destruction massive permettrait de résoudre une grande partie des maux dont souffre l’humanité. »

Par Jacques Berthelot (Ille-et-Vilaine), Ouest-France, publié le 30/04/2021 à 05h03

https://www.ouest-france.fr/medias/ouest-france/courrier-des-lecteurs/lelimination-des-armes-nucleaires-est-essentielle-555fa4ae-80f5-41f3-ab03-1286457615e1

NARBONNE : LES RIVERAINS DE L’USINE D’URANIUM ORANO MALVÉSI INQUIETS DES TAUX DE RADIOACTIVITÉ

Les riverains du site de traitement d’uranium le plus important de France, à Narbonne (Aude), sont inquiets : des prélèvements réalisés près de l’usine et analysés en laboratoire montrent un important niveau d’uranium. Le directeur du site affirme pourtant qu’il n’y a aucun danger pour les habitants.

Le site de traitement d’uranium le plus important de France se trouve à trois kilomètres de Narbonne (Aude). Des riverains inquiets viennent vérifier régulièrement le taux de radioactivité aux abords de l’usine. Au niveau de la barrière qui limite l’accès au site, le compteur s’emballe et dépasse de quatre fois le taux de radioactivité naturel. L’usine Orano Malvési est le point d’entrée du nucléaire en France. L’uranium arrive du monde entier sous forme de poudre jaune et doit être purifié et transformé en combustible nucléaire. En 60 ans, déjà plus de 300 000 m3 de déchets radioactifs ont été produits et sont contenus dans des bassins, sous forme de boue. 

La direction de l’usine se veut rassurante face aux mesures effectuées par les riverains. “Ce sont des mesures ponctuelles, faites à un jour donné en fonction de l’activité du site, explique Daniel Bect, le directeur. La surveillance que nous mettons en œuvre au niveau du site est faite sur l’année entière et permet de garantir l’absence d’impact sur la santé des riverains.” Selon lui, l’impact radiologique sur les riverains les plus proches est “quatre fois inférieur à une radio des poumons“. 

Les riverains ont cependant prélevé des feuilles de cyprès qui poussent aux abords de l’usine pour les faire analyser. Le laboratoire responsable des analyses observe 28 fois plus d’uranium dans les échantillons prélevés à l’est, dans la direction du vent, que dans les feuilles cueillies plus loin. “Ça veut dire que certaines populations proches du site respirent en permanence de l’uranium“, lance Bruno Chapeyron, ingénieur en physique nucléaire et directeur d’un laboratoire Criirad. 

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Article rédigé par A.Domy, C.Pain, O.Martin, C.Chabaud, F.Mazou, J-P.Rivalain, O.Guérin, J-M.Talenton, publié le 29/04/2021 à 15h57

Photo en titre : Images drone : Orano Malvesi – France 2, France Télévisions

https://www.nouvellesduweb.com/societe/narbonne-les-riverains-de-lusine-duranium-orano-malvesi-inquiets-des-taux-de-radioactivite/

LUXEMBOURG : TAINA BOFFERDING RENVOIE AU PLAN CATTENOM DE 2014

Ce plan fixe notamment le système d’utilisation des comprimés d’iode ainsi que le déroulement des évacuations éventuelles.

À quel point sommes-nous protégés en cas d’accident nucléaire? Comment se déroulerait une évacuation? Le député vert François Benoy souhaitait obtenir des détails sur le sujet de la part du gouvernement mercredi à la Chambre, 35 ans après la catastrophe de Tchernobyl.

La ministre de l’Intérieur, Taina Bofferding, s’est référée au Plan Cattenom, qui remonte à 2014 et qui a été une nouvelle fois adopté en conseil de gouvernement il y a deux ans.

Chaque ménage a reçu des comprimés d’iode. Ils ne sont pas encore périmés. En cas d’accident nucléaire, chacun doit en prendre afin de saturer la thyroïde, qui ne pourra dès lors plus absorber l’iode radioactif. Les comprimés d’iode doivent cependant être pris au bon moment. Le cas échéant, le gouvernement donnera des ordres précis. À titre d’exemple, la ministre a cité les écoles, où des comprimés d’iode sont stockés.

Sinon, en cas d’accident nucléaire, la règle est celle que nous connaissons bien depuis un moment:

« Restez à la maison! Surtout pendant les heures où un nuage radioactif passe au-dessus des régions du pays. À l’intérieur d’une maison, aucune particule radioactive ne peut se poser directement sur la peau et sans aération extérieure, on n’inhale pas de radioactivité. Les murs en béton protègent en partie des rayonnements. On peut donc dire que nous sommes cinq fois moins exposés à notre domicile qu’à l’air libre. »

Une évacuation est prévue en cas d’accident très grave, si les valeurs radioactives risquent d’être très élevées. Dans un premier temps, une zone de 15 kilomètres de rayon à partir de la centrale de Cattenom, est évacuée, selon la ministre de l’Intérieur.

Par RTL, publié le 28.04.2021 à 14h48

Photo en titre : © AFP

https://5minutes.rtl.lu/actu/luxembourg/a/1713332.html

AU JAPON, LES VIEILLES CENTRALES NUCLÉAIRES REPRENNENT DU SERVICE

Takahama No. 1 et No. 2 et Mihama No. 3, ce sont trois réacteurs nucléaires au Japon qui devraient redémarrer prochainement. Une compagnie d’électricité japonaise a reçu l’autorisation de la préfecture de Fukui, au centre du Japon, de remettre en service ces installations vétustes.

Après la catastrophe de Fukushima, il y a 10 ans, les coûteuses mises à niveau de sécurité obligatoires ont incité les compagnies d’électricité à mettre au rebut 24 des 54 réacteurs en état de marche du Japon. Seuls neuf réacteurs ont redémarré depuis l’introduction des normes plus strictes.

L’approbation du gouverneur de Fukui est la première autorisation accordée à des réacteurs de fonctionner au-delà de leur durée de vie prévue de 40 ans. L’Autorité de régulation nucléaire a accordé à chaque réacteur une prolongation de 20 ans.

Le plan énergétique actuel du Japon, établi en 2018, prévoit que 22 à 24 % de son énergie provienne des énergies renouvelables, 20 à 22 % de l’énergie nucléaire et 56 % des combustibles fossiles tels que le pétrole, le charbon et le gaz.

Par Bnews, publié le 28 avril 2021

https://bruxelles.news/au-japon-les-vieilles-centrales-nucleaires-reprennent-du-service/

LE PROJET DE DÉVERSEMENT EN MER DE L’EAU CONTAMINÉE DE FUKUSHIMA PROVOQUE LA COLÈRE DES VOISINS DU JAPON

L’opération de rejet dans le Pacifique de cette eau actuellement stockée dans un millier de réservoirs de la centrale nucléaire sinistrée, programmée pour 2023, suscite une vague d’indignation en Chine, en Corée du Sud et à Taïwan.

La décision du Japon de rejeter dans l’océan l’eau contaminée de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi suscite un vif mécontentement au Japon, mais aussi dans les pays voisins. Elle intervient dans un contexte de relations délétères, en particulier avec les Chinois et les Coréens. Pékin a en effet annoncé, le 26 avril, avoir obtenu de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) l’intégration d’experts chinois dans le groupe de travail qui sera mis en place pour surveiller et évaluer le projet nippon. La Chine avait auparavant critiqué le déversement, ajoutant que l’océan n’était pas « le système d’égout japonais ».

Annoncée le 13 avril, l’opération doit se traduire par le rejet, dans le Pacifique, du 1,25 million de tonnes d’eau issu du refroidissement des réacteurs endommagés, à la suite du séisme et du tsunami du 11 mars 2011, dans le nord-est de l’archipel. Cette eau est stockée dans plus de 1 000 réservoirs à la centrale sinistrée et son volume augmente de près de 140 tonnes par jour. Le rejet devrait commencer en 2023 et durer le temps du démantèlement du site, soit entre trente et quarante ans.

La compagnie d’électricité de Tokyo (Tepco, propriétaire de la centrale) affirme que l’eau sera rejetée après un passage dans ses systèmes de filtration par absorption ALPS (« Advanced Liquid Processing System »). Le dispositif permet de réduire la présence des nucléides qu’elle contient encore, afin de ramener « au minimum les risques liés aux matières radioactives », avance le ministère de l’économie.

Comme les systèmes de filtration ne permettent pas de retirer le tritium, l’eau sera diluée pour que le niveau de ce nucléide soit abaissé. Affichant sa confiance dans Tepco, le vice-premier ministre et ministre japonais des finances, Taro Aso, n’hésite pas à considérer l’eau ainsi traitée comme « buvable ». Sans convaincre pour autant.

« Si l’eau est pure, déversez-la à Tokyo »

Outre la Chine, la Corée du Nord et la Russie ont critiqué la décision japonaise. « C’est un crime contre l’humanité, justifié par des raisons économiques, alors que d’autres options sont possibles pour éviter le rejet de l’eau », écrivait, le 14 avril, le Choson Sinbo, journal proche de la Corée du Nord publié au Japon, tandis que Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, faisait part des « vives inquiétudes » de Moscou, qui attend « de la transparence » de la part du Japon.

La mobilisation la plus forte est en Corée du Sud. Une trentaine d’étudiants se sont rasé la tête le 20 avril, devant l’ambassade du Japon, pour obtenir l’annulation du projet de rejet. Dans un communiqué du 21 avril, la fédération des pêcheurs de la province de Jeolla du Sud (dans le sud-ouest coréen) craint « des dommages dévastateurs en raison des inquiétudes du public d’une possible contamination radioactive des produits de la pêche » et ce, « même si l’eau contaminée ne s’écoule pas directement dans les eaux coréennes ». Leur position est en phase avec celle du président Moon Jae-in, hostile au projet.

Les récriminations de ces pays, déjà en froid avec Tokyo sur les questions historiques et territoriales, n’excluent pas des arrière-pensées politiques. Les industries nucléaires russe, chinoise et sud-coréenne rejettent également de l’eau chargée de tritium dans l’océan.

Mais les critiques émanent aussi de pays réputés proches de Tokyo. À Taïwan, le Conseil de l’énergie atomique – organe officiel – a qualifié le projet de déversement de regrettable. « Si l’eau est pure, déversez-la à Tokyo », a lancé Motarilavoa Hilda Lini, politicienne du Vanuatu et militante du mouvement pour un Pacifique sans nucléaire et indépendant. « Nous sommes le peuple de l’océan, nous devons nous lever et le protéger. »

Soutien des États-Unis

Ces oppositions s’ajoutent à celles au Japon même, à commencer par la fédération des coopératives de pêche JF Zengyoren. Même le gouverneur de la préfecture de Fukushima – où se trouve la centrale –, Masao Uchibori, pourtant proche des autorités, s’inquiète de voir « réduites à néant les dix années passées à reconstruire l’image de la région ». La colère est d’autant plus vive que le ministère de la reconstruction a diffusé en ligne, le jour de l’annonce gouvernementale, une vidéo affirmant que le rejet du tritium ne représentait aucun risque. Face aux critiques, la vidéo a été retirée du site du ministère, le lendemain de sa mise en ligne.

Seuls les États-Unis se rangent derrière le Japon. Le département d’État américain estime que Tokyo a été « transparent quant à sa décision », adoptant une approche « conforme aux normes de sécurité nucléaire mondialement acceptées » et approuvée par l’AIEA.

Le principal grief des pays les plus critiques est d’avoir été maintenus à l’écart du processus de décision. « La proposition de déversement doit être considérée comme un rejet transnational de substances radioactives et les accords de l’AIEA précisent que les pays et acteurs concernés doivent être consultés dans ce cas », rappelaient, dans une tribune publiée le 25 avril dans le quotidien Japan Times, Azby Brown, chercheur de l’ONG environnementale Safecast, et le physicien Iain Darby.

Opacité persistante

La défiance tient également à l’opacité persistante des informations données par Tepco. Après la mise en service des systèmes ALPS, la compagnie affirmait qu’il ne restait que du tritium dans l’eau traitée. Or, en août 2018, elle a reconnu que 80 % de cette eau contenait une soixantaine de nucléides – strontium 90, cobalt 60 ou encore ruthénium 106 –, à des niveaux supérieurs aux normes.

« Le Japon a dit qu’il purifiait l’eau contaminée avec le système ALPS, mais les données ne sont pas fiables. Le gouvernement sud-coréen doit obtenir des informations plus précises, afin que nous puissions estimer l’impact national », estimait, le 20 avril, lors d’une réunion au ministère sud-coréen des sciences, Seo Kyung-seok, responsable de l’évaluation des catastrophes à l’institut de recherche coréen sur l’énergie atomique.

Ces pays font déjà partie des quinze États maintenant des restrictions sur les importations de produits alimentaires de la région de Fukushima, depuis la catastrophe de 2011. Et ils pourraient engager des poursuites, la décision japonaise constituant peut-être une infraction aux traités internationaux comme la Convention de Londres de l’Organisation maritime internationale sur les déchets immergés en mer, signée en 1972. La Corée du Sud envisagerait notamment déjà le dépôt d’une plainte auprès du Tribunal international du droit de la mer.

Par Philippe Mesmer, (Tokyo, correspondance), publié le 29 avril 2021 à 02h19, mis à jour à 15h55

Photo en titre : Manifestation contre la décision de rejeter dans le Pacifique l’eau traitée de la centrale nucléaire de Fukushima Dai-ichi, à Séoul, le 20 avril.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/29/le-projet-de-deversement-en-mer-de-l-eau-contaminee-de-fukushima-provoque-la-colere-des-voisins-du-japon_6078433_3244.html

CATASTROPHE DE TCHERNOBYL : 35 ANS APRÈS, RETOUR SUR LES CONSÉQUENCES DU NUAGE RADIOACTIF EN CORSE

Le 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, explosait et libérait un nuage chargé de radioéléments sur une partie de l’Europe. Trente-cinq ans plus tard, retour sur les conséquences de la catastrophe en Corse.

Dans la nuit du 26 avril 1986, l’équipe de la centrale de Tchernobyl effectue un test de l’alimentation électrique des réacteurs. Suite à une série d’erreurs, la puissance du réacteur numéro 4 devient hors de contrôle. Quelques minutes plus tard, à 1h23, le bâtiment explose et libère un nuage radioactif sur une grande partie de l’Europe occidentale.

C’était il y a 35 ans. Ce lundi 26 avril, l’Ukraine a commémoré ce triste anniversaire qui a fait des milliers de morts. En France, des millions de personnes auraient été blessés suite à une exposition aux radio-éléments.

La Corse, région la plus touchée

La Corse n’a pas été épargnée par la catastrophe. L’île a été la région française la plus touchée par le nuage radioactif. Selon une enquête italienne indépendante commandée par la Collectivité territoriale de Corse (CTC) en 2013, les cancers de la Thyroïde auraient bondi de 28,29 % chez les hommes. Un taux trois fois plus élevé que la moyenne nationale.

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Chez les femmes, l’étude ne montrait pas de chiffre significatif. En revanche, en ce qui concerne les thyroïdites, l’augmentation du pourcentage a été de 55,33 % chez les femmes et de 78,28 % chez les hommes, suite à la catastrophe. Le travail du groupement Ospedali Galliera s’était notamment basé sur 14 000 dossiers médicaux.

Un « mensonge d’État  »

À Conca, Denis Fauconnier a gardé de nombreuses coupures de presse de l’époque. Toutes sont rangées dans des classeurs qu’il garde dans un coin de sa maison. Ce médecin généraliste a été le premier professionnel de santé de l’île à alerter sur les dangers du nuage radioactif.

Le lanceur d’alerte n’a pas cessé de se battre pour mettre à jour la vérité sur Tchernobyl. Un combat notamment mené face aux décisions politiques de l’époque.

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Contrairement à l’Italie ou l’Allemagne, la France ne prend aucune restriction suite à la propagation de radioéléments. Le gouvernement de Jacques Chirac assure que le pays est protégé.

Pour Denis Fauconnier, il s’agit d’un mensonge d’État : « La France est un pays très nucléarisé. Il faut protéger l’industrie nucléaire. Il faut éviter que le nucléaire fasse peur à la population pour poursuivre l’activité. »

« Tout est fait par les services de l’État pour masquer l’impact de Tchernobyl alors que la catastrophe a fait des milliers de victimes. Et des millions de malades en France« , poursuit-il. 

Depuis 35 ans, les débats sont houleux sur les conséquences sanitaires de la catastrophe. Pour l’organisation Greenpeace, 200.000 décès seraient dus à la catastrophe en Russie, au Bélarus et en Ukraine entre 1991 et 2006.

Par Antoine Belhassen, publié le 28/04/2021 à 12h24

Photo en titre : Depuis 2019, la centrale nucléaire de Tchernobyl est recouverte d’une nouvelle arche pour permettre le démantèlement du site. • © Sergei Supinsky/AFP

https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/catastrophe-de-tchernobyl-35-ans-apres-retour-sur-les-consequences-du-nuage-radioactif-en-corse-2066233.html

DÉMANTÈLEMENT D’EDF : LES CINQ SUJETS QUI FÂCHENT

Le gouvernement serait sur le point d’arriver à un accord avec la Commission européenne sur sa grande réforme d’EDF, et aimerait dans la foulée la faire voter au Parlement. Mais il risque de se retrouver dans une position très inconfortable car son projet de scission du groupe est difficilement défendable. Détails des sujets qui vont faire débat dans les semaines à venir.

L’Élysée aurait certainement préféré que sa réforme d’EDF, initialement nommée « Hercule » et imaginée il y a plus de deux ans, passe comme une lettre à la poste. Son objet : scinder le groupe EDF, qui croule sous plus de 40 milliards d’euros de dette, en plusieurs entités. D’une part les centrales nucléaires et thermiques ainsi que les réseaux de transport (RTE) dans une structure détenue à 100% par l’État, et qui contrôlerait aussi les barrages hydroélectriques via une quasi-régie. Et d’autre part les autres énergies renouvelables (solaire, éolienne…) et les réseaux de distribution (Enedis) dans une filiale partiellement privatisée. Après d’âpres négociations, le gouvernement se serait récemment entendu, d’après le Figaro, sur les grands principes de cette réforme avec la Commission européenne, et aimerait présenter un projet de loi en Conseil des ministres avant l’été.

Hélas pour Emmanuel Macron, l’incompréhension générale face au démantèlement – un terme que réfute le gouvernement – de ce fleuron industriel français du XXème siècle pourrait faire tanguer ses velléités réformatrices. « Cette réforme est probablement la plus mauvaise réponse qui pouvait être donnée aux problèmes d’EDF », fustige un ancien cadre dirigeant. « Ceux qui l’ont conçu n’ont rien compris à ce qui fait la dynamique de l’entreprise EDF », ajoute-t-il. Au Parlement, il n’est pas à exclure qu’un référendum d’initiative partagée soit envisagé, comme pour la privatisation d’ADP. Focus sur les cinq sujets qui fâchent.

Les énergies renouvelables et Enedis privatisées

Pour satisfaire la Commission, l’Élysée a donc imaginé une réforme de la structure capitalistique du groupe EDF. Le bât blesse principalement sur le sort réservé aux énergies renouvelables (ENR) et à la distribution d’électricité (Enedis), logées dans une filiale « verte » dont environ 30 % du capital serait mis en bourse.(NDLR : 30 % dans un premier temps et ensuite… ?) Lorsqu’ils ont appris la nouvelle, le sang des syndicalistes d’EDF n’a fait qu’un tour : Enedis considérée comme la pépite du groupe et les ENR, un secteur économique d’avenir, seraient donc isolées et livrées aux marchés financiers. Comprendre : le coûteux vieux nucléaire au secteur public, et les activités les plus juteuses aux investisseurs privés !

Pis, lors d’une audition menée par les syndicats d’EDF, les représentants de la Commission européenne ont été clairs : « Bruxelles est complètement agnostique sur le sujet de la propriété publique ou privée des entreprises », rapporte Anne Debrégeas, ingénieure chercheuse à EDF R&D et membre du syndicat Sud Énergie. « Donc les règles européennes n’obligent en rien à l’ouverture du capital d’EDF Vert. Et surtout rien n’oblige à la privatisation partielle d’Enedis », s’indigne-t-elle.

Par ailleurs, « on ne gagne rien à éclater l’entreprise », peste l’ancien cadre dirigeant cité ci-dessus. Selon lui, en scindant en plusieurs entités, on oublie ce qui a fait le succès de la grande entreprise intégrée EDF : la maîtrise de la chaîne de production d’électricité de l’amont à l’aval. En séparant, on crée de nouvelles lourdeurs, une contractualisation constante des échanges entre entités à tous les échelons de la chaîne. Et donc in fine un renchérissement du coût de l’électricité pour le consommateur.

Hausse de la facture à prévoir

Un renchérissement de la facture d’autant plus prévisible car « le citoyen n’aura pas la main sur le pan de la production d’électricité verte et paiera beaucoup plus cher pour rémunérer les actionnaires », déplore Anne Debrégeas. En effet, dans le secteur de l’énergie électrique, « essentiellement composé d’investissements à long terme, l’impact de la rémunération du capital sur le coût global du mégawatt/heure produit est déterminant. Pour le nucléaire comme pour les énergies renouvelables, des simulations faites à partir de données publiques sur les coûts montrent qu’une augmentation du taux de rémunération des investissements de 2 %, comme le demande le secteur public, à 9 %, comme le demande le privé, conduit approximativement à doubler le coût total de l’électricité produite ! », alerte la syndicaliste.

L’association de consommateur CLCV abonde son constat dans un rapport de mars 2021 : « À aucun moment la libéralisation du secteur de l’électricité ne produit ce que l’on a pu constater dans nombre des marchés qui ont été ouverts à la concurrence (télécoms, transport aérien, taxi, assurance emprunteur, etc.) à savoir une rupture plus ou moins forte du modèle tarifaire ». Un état de fait contre lequel le gouvernement aura certainement du mal à manœuvrer durant les discussions parlementaires.

Autrement dit, avec Hercule, l’État français s’ôte d’un côté la possibilité de mettre en œuvre la planification écologique grâce à un opérateur public de premier plan. Et de l’autre, il prend le risque que le marché dicte sa loi sur le terrain des énergies vertes en en tirant des revenus juteux… au détriment du consommateur.

Un point positif sur l’Arenh…

Autre sujet dans le viseur des détracteurs du projet du gouvernement : les conséquences de la réforme du mécanisme de l’« accès régulé à l’électricité nucléaire historique » (Arenh). Certes, personne, pas même le gouvernement, ne défend l’Arenh : ce dispositif impose à EDF de vendre un quart de sa production nucléaire à des fournisseurs concurrents, principalement Total et Engie, au prix de 42 euros le mégawattheure, soit en dessous du coût de revient du nucléaire en France. (NDLR : tien, je croyais que grâce au nucléaire, la France avait le prix de revient le moins cher d’Europe… enfin, c’est ce que certains pronucléaires prétendent ! Et ce prix de 42 Euros, ils l’avaient bien accepté ! Alors, incompétence prévisionnelle ou sous-estimation du vrai coût du nucléaire ?)

En fait, avec l’Arenh, EDF est perdant à tous les coups : lorsque le prix de marché de l’électricité en Bourse est très bas, c’est-à-dire inférieur à celui du nucléaire produit par EDF, ses concurrents Total et Engie partent s’approvisionner à moindre coût. Et EDF se retrouve lésée. Et lorsque les marchés de l’électricité s’emballent, le nucléaire est là pour assurer une rente solide aux concurrents d’EDF, sans que ce dernier ne puisse gagner de l’argent. Bref, un non-sens économique pour l’entreprise publique.

Pour remédier à cela, l’État français a donc demandé deux choses à la Commission européenne : d’abord de pouvoir relever le tarif administré à 49 euros le mégawattheure, afin qu’Edf se redonne de l’air financièrement – l’enjeu est de plusieurs milliards d’euros par an. Et ensuite d’en finir avec ce mécanisme pervers asymétrique où EDF subit l’évolution du prix de marché. « La production nucléaire ne serait plus soumise aux fluctuations des prix de marché », se félicitait ainsi le gouvernement dans un document présentant leur projet et envoyé aux syndicats il y a deux semaines.

… mais qui donne le pouvoir à Bruxelles

Mais la France met ici le doigt dans un engrenage pervers. En effet, le nouveau mécanisme qui va remplacer l’Arenh est une dérogation évidente au sacro-saint principe de libre concurrence européenne inscrit dans les traités : on favorise une entreprise publique sur un marché concurrentiel. Ainsi, « étant seule compétente pour gérer les dérogations, l’Autorité de Concurrence de Bruxelles a pris la direction des opérations. Et les décisions ne se prennent plus à Paris », déplore un autre ancien cadre dirigeant d’EDF, fin connaisseur des discussions européennes. La Commission a ainsi demandé des contreparties. Notamment qu’EDF « vende son courant nucléaire dans les mêmes conditions à tout acheteur européen », ajoute-t-il.

Fini, donc, la préférence française qui existe de fait aujourd’hui. Un risque qui inquiétait les syndicats en mars : « il semble être envisagé que le dispositif ne profite pas seulement aux revendeurs d’électricité en France, mais dans toute l’Europe ». Et de questionner : « la production française financée par les Français, compétitive, fiable, pilotable et bas carbone aurait-elle ainsi vocation à favoriser l’ensemble du marché européen qui a su démontrer ses propres incohérences et sur lequel certains acteurs veulent la fin du nucléaire français ? ».

Par ricochet, les entreprises françaises les plus consommatrices de courant, et qui bénéficient de l’avantage compétitif de l’électricité nucléaire à bas coût, pourraient aussi être défavorisées par la réforme. « Toutes les comparaisons entre la France et l’Allemagne confirment que les grandes entreprises françaises paient une facture d’électricité systématiquement inférieure à celle de leurs concurrents allemands », rappelle un fin connaisseur du sujet.

Pourquoi poursuivre le développement à l’international ?

À la décharge de Bruxelles, EDF nourrit de nombreuses ambitions sur les marchés internationaux, inscrites dans le plan Cap 2030 de son PDG Jean-Bernard Lévy. Dès lors, pourquoi lui accorder un passe-droit à l’intérieur des frontières françaises ? C’est davantage la politique de développement à l’international d’EDF qu’il faudrait questionner. Une stratégie coupable par le passé « d’investissements hasardeux », peste Anne Debrégeas, qui ont « mis en danger le service public en France, exposant EDF à des risques financiers qui se sont souvent traduits par de lourdes pertes (Argentine, Brésil, États-Unis, etc.) ». Pertes qui sont « l’une des causes des plans d’austérité qui se sont succédé à EDF », ajoute-t-elle.

Au reste, est-ce le rôle d’un opérateur de service public comme d’EDF d’aller par exemple constituer un consortium pour remporter fin 2020 un appel d’offres pour le projet photovoltaïque d’Al Dhafra à Abu Dhabi ? Pendant qu’en France et en Europe, la croissance des énergies renouvelables est encore insuffisante pour atteindre les objectifs climatiques fixés pour 2030…(NDLR : et pourquoi ne pas citer les aventures nucléaires d’EDF à l’export où ses chantiers sont hyper-déficitaires ?)

Quid du nouveau nucléaire?

Enfin, dernier sujet, et non des moindres : l’avenir du nucléaire en France. Les retards et les dérives financières de l’EPR de Flamanville, dont le coût est évalué à 19 milliards d’euros contre 3 milliards initialement, ont refroidi les ardeurs des gouvernements proches de leurs sous. Qu’en sera-t-il de la rénovation des centrales nucléaires, qui coûtera au moins 50 milliards d’euros ? Quid de la construction de six réacteurs EPR2 ? Allons-nous vers une gestion du nucléaire existant jusqu’à extinction ? Les questions ne manquent pas.

Mais pour y répondre, une chose est sûre : le gouvernement ne compte pas sur un retour du monopole public sur l’électricité, demandé notamment par l’association de consommateurs CLCV. Il n’entend pas non plus dépenser à outrance pour EDF, en cette période où la BCE a pourtant ouvert les vannes, ni davantage mobiliser le surplus d’épargne des Français accumulé durant la crise, et qui dort sur leurs comptes en banque. Ce sujet devrait pourtant devenir un thème central de la campagne présidentielle de 2022. L’enjeu est de taille : la défense d’un service public de l’énergie, et la sauvegarde pour les citoyens français du bien commun qu’est l’électricité.

LIRE AUSSI : « Hercule » : EDF démantelé, Bruxelles comblée, les citoyens français lésés

Par Mathias Thépot, publié le 28/04/2021 à 6h00

Photo en titre : Incompréhension générale face à ce démantèlement de fleuron industriel français du XXème siècle.

https://www.marianne.net/economie/economie-francaise/demantelement-dedf-les-cinq-sujets-qui-fachent

NDLR: Un État bien géré doit garder 100% de la maîtrise de sa production d’énergie (ce qui n’est déjà pas le cas avec le nucléaire puisque nous importons l’uranium) mais qui est le cas avec les énergies renouvelables.

RÉACTIONS AU TIR DE MISSILE INTERCONTINENTAL M51 PAR LA FRANCE

Face à une pandémie mondiale, face à une crise climatique, face à une crise des valeurs démocratiques la France réalise ce mercredi 28 avril 2021 un essai de missile M51.

Cette croyance dans la puissance d’une arme de destruction massive devient irréelle au vu des angles morts de cette politique de défense, du non-respect du droit international humanitaire et des conséquences en cas de détonation.

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian (table-ronde, Le Grand Continent, 26 avril) à totalement raison : « Ce qui est en jeu est une certaine vision de l’humanité. Une idée de l’humain et de l’humanité qui est au cœur du droit international. » Ces belles paroles n’ont aucun sens quand la France rejette le droit international que 122 États ont créé le 7 juillet 2017 en adoptant le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) qui est entré en vigueur le 22 janvier 2021. Ces mots n’ont aucun sens quand la France ne respecte pas le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) en ne réalisant aucune des mesures acceptées encore en 2010. 

Pour Patrice BOUVERET, directeur de l’Observatoire des armements, porte-parole de ICAN France,

  • « Il est assez rare de voir la Force océanique stratégique réaliser un tir de missile à une année d’intervalle (12 juin 2020) de son dernier exercice. Cela prouve que la politique de modernisation et de renouvellement de l’arsenal nucléaire est pleinement à l’œuvre. »

« Alors que lorsqu’il s’agit de réparer les conséquences sanitaires et environnementales des 210 essais réalisés au Sahara et en Polynésie, la France bloque toutes les initiatives malgré les demandes des associations de victimes ou du gouvernement algérien, notamment celles concernant l’ouverture des archives, ou la remise des listes des lieux d’enfouissement des déchets… »

Pour Jean-Marie COLLIN, expert et porte-parole de ICAN France,

  • « La France se veut toujours dans ses discours une championne du multilatéralisme, du droit international. Des mots qui n’ont plus de sens quand dans le même temps la France réalise à un rythme soutenu, quasi trimestriel, des exercices nucléaires militaires entre ce tir et ceux réalisés par les forces aériennes stratégiques. »
  • « 45 villes de France (Paris, Lyon, Millaux, ..) ont signé l’Appel des villes pour montrer leur soutien au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires et refuser ainsi cette politique de dissuasion nucléaire qui ne prépare rien d’autres que la destruction des villes russes ou encore chinoises ! »

http://icanfrance.org/reactions-au-tir-de-missile-intercontinental-m51-par-la-france/

DES ARCHIVES DU KGB AUX VICTIMES IRRADIÉES, UNE AUTRE HISTOIRE DE TCHERNOBYL

Pourquoi nos sociétés n’ont-elles quasiment pas évolué après Tchernobyl ? C’est la faute à l’État soviétique qui a tout fait pour dissimuler la vérité, suivi par plusieurs États occidentaux. Dans « Tchernobyl par la preuve », l’historienne Kate Brown se plonge dans la mère des catastrophes modernes et se propose simplement de raconter l’histoire des dépossédés.

On ne trouvera nulle meilleure preuve du mythe selon lequel l’accident nucléaire de Tchernobyl aurait causé peu de dommages que sur Reporterre même. Trente-cinq ans après la catastrophe, le média invitait Éric Piolle et Arnaud Montebourg à débattre autour du nucléaire. Or, pour justifier la prétendue sécurité du nucléaire, l’ex-ministre du Redressement productif assura que l’accident de Tchernobyl avait causé « zéro mort » alors que même l’URSS parle officiellement de cinquante-quatre victimes — erreur qu’il reconnût cependant immédiatement.

C’est précisément pour déconstruire ce mythe d’une catastrophe maîtrisée par l’État soviétique que Kate Brown a écrit Tchernobyl par la preuve (mars 2021, Actes Sud). Première historienne occidentale à avoir exploré les archives ukrainiennes, Kate Brown, qui lit et parle parfaitement la langue russe, livre une reconstitution minutieuse de la gestion par les autorités soviétiques des suites de l’accident du 26 avril 1986 et de ses conséquences écologiques, économiques, politiques, sanitaires et sociales sur les populations qui vivaient — et vivent encore — là. Avec une question simple, à laquelle on n’apporte en général aucune réponse : « Pourquoi nos sociétés n’ont-elles quasiment pas évolué après Tchernobyl ? »

Une affaire étouffée pour garantir la stabilité politique

Un premier élément de réponse apparaît dès qu’on pénètre avec l’autrice dans les archives soviétiques : rien n’a changé parce que les autorités ont tout fait pour étouffer l’affaire. Contrairement aux portraits qu’en ont brossés plus tard les experts internationaux, les médecins et scientifiques soviétiques, aussi compétents qu’eux mais nettement moins bien équipés, ont dès les premiers jours mesuré la portée du drame.

Le problème est que les garants de l’ordre, à commencer par le KGB, ont eux aussi rapidement compris à quel point un tel événement menaçait la stabilité politique. On peut en effet imaginer l’émoi populaire qu’aurait provoqué le fait de rendre publique l’épidémie de cancers de la thyroïde qui a sévi plusieurs années durant chez les enfants irradiés, délibérément laissés sur place, alors que « le Parti communiste s’autoproclamait le défenseur de tous les enfants ».

Le gouvernement de Moscou et ses institutions ont donc redoublé d’efforts pour lancer des études orientées afin de prouver le caractère inoffensif des radiations émises par l’explosion du réacteur. Or, dans le même temps, constatant les maladies qui se multipliaient dans les territoires contaminés, les autorités locales publiaient quantité de guides et de recommandations sur la survie en milieu radioactif et relevaient considérablement le seuil d’exposition maximale à ces radiations… Montrant à quel point les instances soviétiques ont sciemment manipulé les chiffres et autres données sanitaires, Kate Brown conclut que ceux-ci « ne sont pas des appareils médicaux, mais des outils politiques ».

Cependant, l’URSS n’est pas la seule à avoir menti effrontément. Lorsqu’au début des années 1990, le gouvernement progressiste de Gorbatchev invita les experts internationaux à se rendre sur place, ces derniers, le plus souvent étasuniens, minimisèrent les conséquences de l’accident nucléaire aussi vigoureusement que leurs homologues communistes.

Et pour cause : Tchernobyl menaçait de révéler au grand jour les conséquences sanitaires désastreuses des essais nucléaires que les gouvernements américain comme soviétique tentaient de garder secrètes depuis des années. Elle initia donc une coalition internationale informelle des tenants du nucléaire face aux assauts de plus en plus pressants de ses détracteurs.

Comme on le voit, l’État soviétique — comme beaucoup d’autres régimes productivistes — fit primer les impératifs économiques sur la sécurité et la santé de ses citoyens. Et s’efforça de maintenir l’ordre social, aussi inégalitaire et dangereux fût-il. Comme pour beaucoup de catastrophes, Tchernobyl frappa donc surtout les classes populaires. Ainsi, sous prétexte de ne pas apeurer la population en brisant la routine économique, les dirigeants de l’usine textile de Tchernihiv, à 80 kilomètres à l’est du réacteur, une ville pourtant réputée saine, sacrifièrent délibérément leurs ouvrières en leur faisant filer de la laine provenant des régions contaminées. Sur les 200 « liquidatrices » qui travaillaient en 1986, il n’en vivait plus que dix lorsque Kate Brown se rendit en Ukraine dans les années 2010.

Entrée dans la zone d’exclusion de Tchernobyl.

De même, afin de ne pas perturber davantage une distribution alimentaire déjà restreinte en temps ordinaire, des agronomes moscovites organisèrent sciemment l’abattage du bétail des régions polluées et sa commercialisation sous forme de saucisses à « répartir le plus largement possible sur le vaste territoire de l’URSS, afin que chaque Soviétique ingère, sans le savoir, sa petite part de la tragédie ». À l’inverse, lorsque le gouvernement ukrainien s’efforçait publiquement de protéger ses ressortissants, le gouvernement central de Moscou, hostile à toute autonomie régionale et condescendant envers les « petits frères ukrainiens », le sanctionnait systématiquement.

Nul plus que les Polésiens, ces paysans habitant depuis des siècles les marécages entourant Tchernobyl au confluent de l’Ukraine, de la Biélorussie et de la Pologne, n’ont autant souffert de l’accident. La région étant longtemps restée rebelle au pouvoir central — tant durant la guerre civile soviétique que pendant la Première et la Seconde Guerres mondiales —, elle subissait une répression continue de type militaire. Le territoire avait été transformé en terrain d’expérimentation nucléaire et militaire, empoisonnant les locaux déjà bien avant l’accident de 1986.

La domination étatique se heurta à d’innombrables résistances

En vérité, une société a bel et bien évolué après cet accident : la société polésienne. Mais pas nécessairement dans le bon sens. Au lieu de prendre en compte la nature catastrophique de Tchernobyl, les autorités soviétiques préférèrent s’en servir pour « accélérer l’entrée dans la modernité » de l’économie locale. C’est pourquoi les ingénieurs agricoles interdirent l’élevage domestique et obligèrent les propriétaires de cheptels à se spécialiser soit dans la viande, soit dans le lait, à l’image des fermes industrielles aux États-Unis. De fait, « la catastrophe » — ou plutôt son instrumentalisation politique — « a privé les Polésiens de leur indépendance économique et en a fait des nécessiteux ».

En réinscrivant ainsi l’événement du 26 avril 1986 dans le temps long, l’historienne en déconstruit le caractère accidentel, qui équivaut, à ses yeux, à « regarder ce drame par le petit bout de la lorgnette ». Car « Tchernobyl n’est que l’expression d’une accélération, un point d’orgue spectaculaire dans une séquence de contaminations qui a transformé les paysages, les corps et la politique ».

Heureusement, la domination étatique se heurta à d’innombrables résistances. Même lorsque l’État communiste œuvrait dans le plus grand secret, quelques courageux scientifiques s’efforcèrent de révéler l’ampleur du drame à l’étranger. Ainsi, la physicienne Natalia Lozytska, en mai 1988, lors de la première conférence internationale sur le sujet qu’organisait l’URSS, n’hésita pas à se déguiser en femme de ménage pour transmettre aux experts occidentaux des documents contredisant les chiffres officiels avancés par le gouvernement. Mais c’est surtout au début des années 1990, lorsque Mikhaïl Gorbatchev initia sa politique de la perestroïka (« transparence » en russe), que « Tchernobyl devint le slogan de tous ceux qui voulaient dénoncer le pouvoir soviétique ».

Contester les mensonges et les demi-vérités du gouvernement rassembla les forces démocratiques et écologistes, qui firent appel à l’aide et à l’expertise internationale — aussi décevantes s’avérèrent-elles — pour rétablir la vérité et lever le voile sur les maladies à répétition qui frappaient durement l’Ukraine et la Biélorussie. Défiance envers la science et soif d’un renouveau politique s’imbriquaient dès lors inextricablement, car, comme l’écrit Kate Brown, « le réacteur, en explosant, n’avait pas seulement contaminé le sol et l’air, il avait aussi vicié l’atmosphère politique et la confiance générale en la science ». Fourre-tout à force de coaliser toutes les oppositions, un tel mouvement partit dans plusieurs directions. Si, d’une part, de nombreux citoyens menèrent des enquêtes indépendantes sur les dégâts de Tchernobyl, d’autres se montrèrent si sceptiques envers un appareil scientifique qui les avait trompés aussi effrontément qu’ils se tournèrent vers les prétendus miracles d’hypnotiseurs.

Le sarcophage de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en septembre 2018.

Au bout du compte, et même si l’on ne saura jamais précisément combien de morts aura causé l’accident nucléaire de Tchernobyl, Kate Brown avance une fourchette minimale de 35 000 à 150 000 décès liés à la catastrophe. Mais se focaliser sur une statistique rend aveugle à toutes les reconfigurations qu’entraîna le drame. Ainsi, la décision finale de ne pas déplacer les populations des marais irradiés bouleversa le mode de vie des Polésiens. Plus personne ne voulant de leurs viandes contaminées, ils renouèrent avec la cueillette de baies et de champignons… qu’ils commercialisent encore aujourd’hui, via la Pologne et par le jeu de quelques truchements sur leur taux de millisieverts, dans toute l’Union européenne et jusqu’en Amérique du Nord.

Par de tels exemples concrets, la lecture de Tchernobyl par la preuve dépasse largement une simple querelle statistique, aussi capitale soit-elle pour comprendre les risques nucléaires. Par sa plume polyvalente, capable d’analyser scrupuleusement une archive du KGB comme de décrire avec force vie l’écosystème d’une forêt irradiée ou de croquer en détail le caractère d’un personnage, Kate Brown assigne un rôle moral à son métier d’historienne. Face aux estimations chiffrées dans lesquelles « se perd le corps de ceux qui ont ingéré tous ces isotopes, et ce qui leur est arrivé », elle se propose simplement de raconter l’histoire des dépossédés.

Au terme de l’ouvrage, on comprend à quel point Tchernobyl fait figure de mère des catastrophes modernes. La plupart de celles qui l’ont suivie reprendront le même schéma, dans lequel l’État gestionnaire se sert de l’accident pour transformer en profondeur la société — le plus souvent, contre son gré. On l’a vu à l’œuvre aux États-Unis après le 11 septembre, qui a renforcé la société de surveillance, au Japon après Fukushima, devenue emblème de l’acceptation — forcée — du risque technologique… et il y a fort à parier que la pandémie de Covid-19 ne le reproduise. Et ce, toujours au détriment des dépossédés.

Tchernobyl par la preuve — Vivre avec le désastre et après, de Kate Brown, aux éditions Actes Sud, collection Questions de société, mars 2021, 528 p., 25 euros.

https://reporterre.net/Des-archives-du-KGB-aux-victimes-irradiees-une-autre-histoire-de-Tchernobyl

UN RESPONSABLE CHINOIS DÉFEND LA CARICATURE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES DE FUKUSHIMA AU MILIEU D’UNE DISPUTE DIPLOMATIQUE AVEC LE JAPON

S’exprimant mercredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a refusé de s’incliner face aux critiques de Tokyo et à la condamnation généralisée de la presse japonaise.

«Vous avez demandé si je supprimerais le tweet et je m’excuserais. Vous l’avez peut-être remarqué, j’ai épinglé le tweet en haut, »  a déclaré Zhao aux journalistes réunis lors d’une conférence de presse quotidienne à Pékin. «L’illustration montre l’appel juste du peuple. C’est le gouvernement japonais qui doit révoquer sa mauvaise décision et s’excuser » a-t-il ajouté.

Le porte-parole a déclaré que les responsables japonais avaient joué « sourd et muet » aux appels de la communauté internationale qui a été très critique des projets de Tokyo de déverser plus d’un million de tonnes d’eaux usées nucléaires de l’ancienne usine de Fukushima dans l’océan.

Le tweet controversé, qui a été publié lundi, utilisait une image d’une gravure sur bois traditionnelle trafiquée pour montrer des déchets nucléaires déversés dans la mer. L’arrière-plan original du mont Fuji a été remplacé par une centrale nucléaire.

Mardi, le ministre japonais des Affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, a déclaré que Tokyo émettrait une «Protestation énergique» et demanderait, par la voie diplomatique, la suppression du tweet. Selon Kyodo News, Motegi a poursuivi sa condamnation mercredi en s’adressant aux législateurs, notant « De tels tweets sans cœur ne devraient pas être autorisés. »

La Chine s’est montrée très opposée au projet du Japon de rejeter les eaux usées nucléaires dans l’océan, craignant que l’eau ne soit toujours contaminée malgré des années de traitement. Pékin a fait pression pour une action internationale, notant, «Ce ne sont certainement pas les tâches ménagères du Japon. Si les eaux usées nucléaires ne sont pas polluées, pourquoi le Japon ne les garde-t-il pas pour lui-même?»

Le crachat survient dans un contexte d’aggravation des relations entre les deux puissances asiatiques. Alors que les projets de Tokyo de rejeter dans la mer des eaux usées nucléaires prétendument traitées dans les deux ans ont été un sujet de différend ces dernières semaines, l’alliance renforcée du Japon avec les États-Unis a provoqué la colère de Pékin.

Mardi, le ministère chinois des Affaires étrangères a critiqué le Japon après que son évaluation annuelle de la politique étrangère ait souligné les préoccupations concernant le comportement et l’activité militaire de la Chine. Pékin a appelé Tokyo à établir de meilleures relations avec son voisin de taille.

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Par Gaspar Bazinet, publié le 28 avril 2021 dans News

https://news-24.fr/un-responsable-chinois-defend-la-caricature-des-dechets-nucleaires-de-fukushima-au-milieu-dune-dispute-diplomatique-avec-le-japon/

NUCLÉAIRE IRANIEN: LES NÉGOCIATEURS DÉCIDÉS À «ACCÉLÉRER» LE PROCESSUS

Les négociateurs sur le nucléaire iranien, qui se sont retrouvés mardi à Vienne après une pause de quelques jours, ont convenu «d’accélérer le processus», selon Téhéran, pour sauver l’accord.

Les représentants des États toujours parties à l’accord (Iran, Chine, Russie, France, Allemagne, Royaume-Uni) se sont réunis pendant moins de deux heures dans un hôtel de luxe de la capitale autrichienne, entamant ainsi une troisième séquence dans ces pourparlers qui ont débuté le 6 avril.

Des policiers devant le Grand Hôtel de Vienne où ont lieu des pourparlers sur le nucléaire iranien le 27 avril 2021 / AFP

«De retour à Vienne (…) pour avancer vers nos objectifs», a tweeté à l’issue de la rencontre le diplomate européen Enrique Mora, qui chapeaute les pourparlers.

Selon le ministère iranien des Affaires étrangères, les participants ont décidé de passer à la vitesse supérieure. «Les activités des groupes d’experts vont s’enchaîner rapidement», a-t-il indiqué dans un communiqué.

Il s’agit d’une «semaine très importante», a réagi à la sortie l’ambassadeur chinois Wang Qun, seul à s’exprimer, alors que les lieux sont fermés à la presse pour cause de restrictions sanitaires liées au Covid-19.

«Nous observons des progrès majeurs mais d’importantes différences demeurent à ce moment critique», a-t-il ajouté. «Nous espérons que toutes les parties vont maintenir l’élan actuel pour résoudre la question au plus vite».

Un policier et des banderoles de l’opposition iranienne devant le Grand Hôtel de Vienne où ont lieu des pourparlers sur le nucléaire le 27 avril 2021 / AFP

Les différents protagonistes s’étaient quittés le 20 avril sur des avancées mais ils avaient aussi prévenu que la tâche à accomplir demeurait immense pour rétablir ce pacte.

L’accord est moribond depuis le retrait des États-Unis de Donald Trump en 2018 et le retour dans la foulée des sanctions américaines à l’encontre de Téhéran.

«Le chemin à parcourir est plus long que celui déjà parcouru», avait commenté plus tôt en avril le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price.

Il évoquait des «difficultés» en raison du caractère «indirect» des négociations, l’Iran refusant de se trouver dans la même pièce que les États-Unis.

Mikhaïl Oulianov, le représentant de la Russie auprès de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) devant le Grand Hôtel de Vienne où ont lieu des pourparlers sur le nucléaire iranien le 27 avril 2021 / AFP

Dans une tribune publiée lundi sur le site espagnol Politica Exterior, M. Mora fait état de «nombreux obstacles».

Il mentionne «la politique intérieure à Téhéran et Washington, où l’accord a probablement plus de détracteurs que de partisans», avec «la peur à chaque minute des négociations d’+aller trop loin+ dans les propositions», qu’il s’agisse pour les États-Unis de la levée des sanctions et pour l’Iran du retour à ses engagements nucléaires.

Il s’agit d’écrire noir sur blanc quelles mesures punitives le gouvernement américain de Joe Biden est prêt à lever et comment l’Iran compte renouer en échange avec les restrictions nucléaires dont il s’est affranchi.

Outre ceux déjà existants sur ces deux volets, un troisième groupe va entamer les travaux pour examiner «l’enchaînement possible» des étapes pratiques afin de remettre sur les rails cet accord censé empêcher la République islamique de se doter de l’arme atomique.

En termes de calendrier, l’espoir est de parvenir à un résultat concret «d’ici fin mai», avant les élections iraniennes, selon une source diplomatique contactée par l’AFP.

Par burx-cjk-anb/ial, publié le 27/04/2021 à 12h20, modifié le 27/04/2021 à 18h57

Photo en titre : Le représentant iranien, Abbas Araghchi, quittant le Grand Hôtel de Vienne après des pourparlers sur le nucléaire le 27 avril 2021 / AFP

https://www.la-croix.com/Nucleaire-iranien-negociateurs-decides-accelerer-processus-2021-04-27-1301153003

35 ANS DE TCHERNOBYL : UN COLLECTIF DE FEMMES RÉPOND À L’APPEL DU 26 AVRIL 2021

35 ans après Tchernobyl et l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire ukrainienne le 26 avril 1986, un collectif de femmes du Cotentin a rendu hommage aux victimes de la catastrophe, sur les marches du théâtre de Cherbourg.

Alors que l’on célèbre le 35ème anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine, ce collectif d’une quinzaine de femmes manchoises a répondu à l’Appel du 26 avril 2021, repris dans le monde entier : la lecture du prologue de La Supplication, paru en 1997, de Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature en 2015. Il s’agit du témoignage d’une jeune femme parlant de son mari sapeur-pompier, de garde cette nuit-là, un des premier sur les lieux et qui meurt après 14 jours d’agonie.

Pour Evelyn, femme et anti-nucléaire, c’était important de se joindre à ce  »chœur de femmes » a fortiori dans le contexte actuel,  » surtout dans ces temps de confinement, on se rappelle qu’il y a plus grave. Une épidémie c’est une épidémie, le nucléaire c’est irréversible. Le message c’est stop arrêtons tout! « 

Un texte qui a déjà une histoire avec Cherbourg 

En 2006 l’auteur de La Supplication est à Cherbourg, le texte est joué au théâtre de la Butte. Alors que des milliers de personnes sont rassemblées contre l’EPR de Flamanville, c’est le début d’une aventure particulière « la diagonale de Tchernobyl », une troupe de comédiens part de Cherbourg vers Tchernobyl, où le texte est lu pour la 1ere fois devant la centrale. 

Les pompiers étaient partis comme ils étaient, personne ne les avait prévenus. On les avait appelés comme pour un incendie ordinaire

Pour ce 35ème anniversaire, le texte est lu d’une façon sobre par plusieurs voix de femmes dont Françoise. 35 ans après la tragédie, ces mots résonnent pour elle encore de façon très actuelle. « On oublie les conséquences d’un drame comme Tchernobyl, on banalise le nucléaire mais on voit là dans ce texte, par des faits très concrets que c’est toujours présent et que ça peut encore arriver. »

Des mots lus et repris pour ce 35ème anniversaire, à travers plus de 150 manifestations dans le monde

On banalise le nucléaire mas on voit là dans ce texte, par des faits très concrets que c’est toujours présent et que ça peut encore arriver » Françoise © Radio France – Jacqueline FARDEL

35 ans après la catastrophe, le bilan humain ne fait pas consensus. Le comité scientifique de l’ONU (Unscear) ne reconnaît officiellement qu’une trentaine de morts directs chez les opérateurs et pompiers tués par des radiations aiguës juste après l’explosion. L’ONG Greenpeace a évalué en 2006 à 100.000 le nombre de décès provoqués par la catastrophe

Par Jacqueline Fardel, France Bleu Cotentin, publié le lundi 26 avril 2021 à 18h33

Photo en titre : Un collectif de femmes de la Manche s’est joint à l’appel du 26 Avril 2021 pour célébrer les 35 ans de Tchernobyl © Radio France – Jacqueline FARDEL

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/35-ans-de-tchernobyl-un-collectif-de-femmes-repond-a-l-appel-du-26-avril-2021-1619453886

LES GOUVERNEMENTS DÉPENSENT DES MILLIERS DE MILLIARDS DE DOLLARS EN ARMEMENT ET PRÉTENDENT QU’IL N’Y A PAS D’ARGENT POUR LES SOINS DE SANTÉ

Alors que les gouvernements du monde entier ont rejeté l’an dernier les mesures qui visent à contenir le COVID-19 au motif qu’il manquait l’argent pour les financer, le monde a dépensé des sommes sans précédent en armes nucléaires, chars et missiles.

Les États-Unis, qui dépensent plus pour leur armée que les dix pays qui les suivent réunis, ont augmenté leurs dépenses militaires de 4,4 pour cent par rapport à l’année précédente. Rien que l’année dernière, le pays a dépensé quelque 778 milliards de dollars pour son armée.

Ces données proviennent d’un rapport annuel de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), qui suit les dépenses militaires mondiales depuis plus de 30 ans.

Le total des dépenses militaires mondiales a atteint près de deux mille milliards de dollars l’année dernière, soit une augmentation de 2,6 pour cent par rapport à l’année précédente, après correction de l’inflation.

Il est stupéfiant de constater que cette croissance s’est produite alors que la production économique mondiale a diminué de 4,4 pour cent. En conséquence, la part des dépenses militaires dans l’économie mondiale a atteint son niveau le plus élevé depuis dix ans.

Le SIPRI a noté que l’augmentation massive des dépenses militaires américaines est attribuée à la politique – qui s’étend maintenant sur trois présidents, républicain comme démocrates – de renforcement massif des forces militaires et conventionnelles, pour préparer des «conflits de grandes puissances» avec la Russie et la Chine.

«Les récentes augmentations des dépenses militaires américaines peuvent être principalement attribuées à de lourds investissements dans la recherche et le développement, et à plusieurs projets à long terme tels que la modernisation de l’arsenal nucléaire américain et l’acquisition d’armes à grande échelle», a déclaré Alexandra Marksteiner, chercheuse au SIPRI.

«Cela reflète des préoccupations croissantes au sujet de menaces perçues venant de concurrents stratégiques tels que la Chine et la Russie», a-t-elle ajouté.

Cette tendance ne fait que se poursuivre. Au début du mois, le gouvernement Biden a demandé le plus gros budget militaire de l’histoire des États-Unis, réclamant 753 milliards de dollars de dépenses militaires annuelles. Le budget prévoit des dépenses supplémentaires pour les armes nucléaires, la modernisation de la flotte de sous-marins balistiques à capacité nucléaire du pays et le développement d’une toute une nouvelle gamme d’armes à longue portée visant la Russie et la Chine.

Après avoir pris ses fonctions en s’engageant à restreindre les armes nucléaires, le gouvernement Obama avait lancé un programme de «modernisation nucléaire» de plusieurs milliards de dollars, qui n’a fait que s’accélérer avec Trump et maintenant avec Biden. Il s’agit de développer toute une gamme d’armes nucléaires et les systèmes de lancement – des missiles de croisière aux missiles balistiques, en passant par les bombardiers et les sous-marins de haute technologie – qui les lanceraient en cas de guerre mondiale.

Cependant, l’augmentation des dépenses s’est étendue à toutes les puissances impérialistes. «Presque tous les membres de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ont vu leur charge militaire augmenter en 2020. Ainsi, 12 membres de l’OTAN ont consacré 2 pour cent ou plus de leur PIB à leur armée, l’objectif de dépenses indicatif de l’Alliance, contre 9 membres en 2019.»

Le rapport note que la France, dont le président Emmanuel Macron a déclaré que la population devait «apprendre à vivre avec» le COVID-19, «a franchi le seuil des 2 pour cent [de dépenses militaires] pour la première fois depuis 2009.» Les dépenses militaires du pays ont bondi de 2,9 pour cent en 2020.

Au Royaume-Uni, où le premier ministre Boris Johnson a déclaré en novembre dernier: «plus de pu***ns de confinements, que les corps s’entassent par milliers», les dépenses militaires ont également augmenté de 2,9 pour cent, plaçant le pays sur la liste des cinq pays dépensant le plus.

L’Allemagne, qui se réarme rapidement déclarant qu’elle devait redevenir une «grande puissance», a vu ses dépenses militaires augmenter de 5,2 pour cent, soit 28 pour cent de plus qu’en 2011.

Après que les États-Unis ont quitté le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire l’année dernière, le monde s’est trouvé pris dans une course mondiale aux armements avec la Russie et la Chine, cibles du renforcement militaire des États-Unis et de l’OTAN. Les deux pays ont réagi en augmentant leurs propres dépenses militaires, bien qu’à un rythme plus lent que la moyenne mondiale.

L’Inde, qui s’est montrée totalement impréparée face à la pandémie de COVID-19, des milliers de personnes mourant dans les rues sans accès aux soins médicaux, a augmenté ses dépenses militaires de deux pour cent.

Le fait que précisément les gouvernements qui ont prétendu qu’ils manquaient «d’argent» pour financer des confinements et sauver des vies dans la pandémie de COVID-19, ont trouvé des milliers de milliards de dollars à distribuer aux fabricants d’armes, montre clairement quelles sont les véritables priorités du système capitaliste.

Par Andre Damon, publié le 28 avril 2021 (Article paru d’abord en anglais le 27 avril 2021)

Photo en titre : Un F/A-18E Super Hornet atterrit sur le pont d’envol de l’USS Ronald Reagan (CVN 76), alors que l’USS Nimitz (CVN 68) navigue à côté dans la mer de Chine méridionale, lundi 6 juillet 2020. (Spécialiste en communication de masse de 2ème classe, Samantha Jetzer/U.S. Navy via AP)

https://www.wsws.org/fr/articles/2021/04/28/gmcv-a28.html

NUCLÉAIRE : GENÈVE DÉPOSE UN NOUVEAU RECOURS CONTRE LA CENTRALE DU BUGEY

La bataille se poursuit entre Genève et la centrale française du Bugey. Le canton et la Ville de Genève ont déposé un recours contre la décision de l‘ASN (Autorité de sûreté nucléaire) du 23 février 2021 qui se prononce sur la poursuite du fonctionnement de certains réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans, dont ceux du Bugey.

Dans un communiqué, le canton et la Ville dénoncent une nouvelle fois « l’état de vétusté du Bugey et les risques sécuritaires que cette centrale fait encourir à un large bassin de population ». C’est donc un nouveau recours contre la centrale de Saint-Vulbas dans l’Ain mise en service dans les années 70 et située à 70 kilomètres à vol d’oiseau de Genève. Le canton et la Ville reprochent en plus la procédure appliquée par l’ASN de poursuite d’exploitation, ne nécessitant pas une évaluation environnementale, ni d’étude d’impacts transfrontaliers.

En octobre dernier, Ville et canton avait à nouveau recouru contre une installation nucléaire du Bugey : contre Iceda, un lieu de stockage et de conditionnement des déchets nucléaires issus d’autres centrales.

Par M.N., publié le 27 avril 2021 à 15h48, mis à jour à 19h09

Photo en titre : Le canton et la Ville dénoncent « l’état de vétusté du Bugey et les risques sécuritaires que cette centrale fait encourir à un large bassin de population ».  Photo Le DL /Mona BLANCHET

DIJON : COMMÉMORATION DES 35 ANS DE L’ACCIDENT NUCLÉAIRE DE TCHERNOBYL

Le samedi 24 avril, une trentaine de personnes se sont rassemblées place Darcy en considérant que «les deux plus graves dangers menaçant les humains sont la dérive climatique et les bombes atomiques».

Communiqué du collectif Abolition des armes nucléaires Bourgogne-Franche-Comté et de Sortir Du Nucléaire 21 du 26 avril 2021 :

La catastrophe de TCHERNOBYL a 35 ans, et est toujours en cours.

Un rassemblement a eu lieu samedi à DIJON, en même temps que la 15ième Vigie mensuelle Citoyenne pour la reconversion du CEA de VALDUC et la ratification du TIAN (Traité d’interdiction des armes nucléaires) par la France.

Menaces sur l’Humanité

Les 2 plus graves dangers menaçant les humains sont la dérive climatique et les bombes atomiques.

Mais heureusement, les solutions sont là !

– Pour le Climat, nous devons agir très fort en moins de 10 ans : voir le RAC, Réseau Action Climat https://reseauactionclimat.org et les scénarios 100 % renouvelables à l’horizon 2050 : L’ADEME, RTE, l’AIE et bien-sûr l’association négaWatt ! www.negawatt.org

Le prochain rendez-vous citoyen à DIJON est la Marche CLIMAT du 9 mai !

– Pour démanteler les bombes atomiques : l’ONU a voté en 2017 le TIAN, Traité d’interdiction des armes nucléaires, entré en vigueur le 22 janvier 2021 ! Les neufs pays qui « possèdent » la bombe ne veulent actuellement pas le signer, mais nous demandons que la France le ratifie. Nos associations, regroupées au sein d’ICAN ont obtenues le Prix Nobel de la PAIX 2017 http://icanfrance.org/

Contamination mondiale

Bien que le nucléaire soit devenu la plus chère des techniques pour produire de l’électricité, EDF et le gouvernement français voudrait polluer une partie de l’INDE en poussant à la construction de 6 réacteurs EPR sur le site de Jaitapur. Sans prendre en compte les vives oppositions locales et les risques sismiques.

Le nucléaire « civil », destiné au départ à produire du plutonium pour les militaires, est source de contaminations radioactives et chimiques en fonctionnement «normal», relarguées dans l’environnement par les cheminées et par les rejets liquides. Plus les contaminations accidentelles, récurrentes, dans l’air, les cours d’eau et les nappes phréatiques …

Et les accidents ou catastrophes nucléaires, présentés dans les années 1970 comme impossibles ne cessent d’arriver : Three Mile Island (fonte du cœur du réacteur en 1979), Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), Tchernobyl (fonte du cœur en 1986), Le Blayais (Gironde), Fukushima (fonte de 3 cœurs en 2011), ce qui fait 5 fontes de cœurs de réacteurs civils de 1954 à 2021, déplaçant les populations et stérilisant des territoires entiers. En France nos 56 réacteurs sont de véritables bombes à retardement.

Les centrales nucléaires, vous préférez les arrêter avant ou après l’accident ?!

Le nucléaire militaire, lui est coupable de tirs génocidaires sur deux villes japonaises et de plus de 2 000 tirs appelés essais. Les radioéléments issus de ces explosions se retrouvent dans les sols du monde entier et les bases nucléaires polluent leurs territoires.

Déchets nucléaires ingérables, cessons d’en produire.

Depuis 50 ans notre haute technologie ne sait toujours pas que faire des déchets nucléaires, issus des centrales de production d’électricité, des militaires avec leurs bombes atomiques, et plus modestement de la médecine et la recherche. Les fûts de déchets ont d’abord été largués en mer par bateaux, aberration interdite seulement depuis 1993, mais les rejets liquides dans les fleuves ou mers restent toujours autorisés en 2021.

L’enfouissement profond, partout un échec.

– Envahissement d’eau en 2008 en Allemagne (déchets nucléaires à 700 m dans une ancienne mine de sel d’Asse « déclarée sèche et appropriée pour le stockage de déchets radioactifs » par les scientifiques).

– Incendie en 2002 à StocaMine en Alsace. Déchets industriels de « classe 1 » (dangereux) et « classe 0 » (hautement toxiques) à 550 m. 42 000 tonnes d’arsenic, amiante, chrome, cadmium et autres déchets toxiques menacent de contaminer la nappe phréatique d’Alsace, première réserve d’eau potable d’Europe. L’industrie sait remonter les déchets, mais le 18 janvier 2021 la ministre Barbara Pompili et le gouvernement français décident de les abandonner pour une question de prix.

– Incendie en 2014 aux USA (déchets radioactifs militaires à 655 m, Waste Isolation Pilot Plant – WIPP).

– Effondrement en 2017 aux USA (déchets radioactifs à Hanford, ou de nombreux incidents avaient déjà eu lieu).

– …

Le projet « CIGÉO » d’enfouissement à BURE ne peut apporter aucune sécurité, il doit être abandonné. Les budgets ré-orientés vers le stockage en subsurface, comme le font certains pays, et la recherche scientifique pour diminuer leur toxicité.

La France, voisine toxique ?

Les pays voisins de la France s’inquiètent depuis toujours de la proximité de réacteurs nucléaires françaises. Ainsi, en Suisse le canton de Genève demandait l’arrêt de Super-Phénix (arrêté en 1997, mais pas fini de démanteler), et réclament toujours l’arrêt des quatre vieux réacteurs du Bugey (Ain).

Le Luxembourg et les régions allemandes de la Sarre et de Rhénanie-Palatinat demandent eux l’arrêt des 4 réacteurs de Cattenom (Moselle) et ils « réaffirment leur opposition à la poursuite de l’énergie nucléaire, qui doit appartenir au passé, en particulier chez nos voisins directs ».

Les renouvelables les moins chères

Depuis plusieurs années, les renouvelables sont devenues moins chères que toutes les énergies fossiles ou fissiles ! Leur prix continue à diminuer, et elles remplacent de plus en plus charbon, fioul et gaz de terre, ainsi que le nucléaire dont le prix augmente sans cesse !

De 50 E / MWh, l’Éolien terrestre tend vers 35 E, l’Éolien en mer de 70 E tend vers 50 E, le Photovoltaïque autour de 50 E mais est déjà à 11 E / MWh au Portugal ! Le nucléaire sera au minimum entre 110 et 135 E / MWh pour les deux EPR vendus aux Anglais, mais sans intégrer le coût réel des déchets nucléaires.

« Le nucléaire ne répond à aucun besoin technique ou opérationnel que ses concurrents sobres en carbone ne puissent satisfaire mieux, moins cher et plus rapidement ». Conclusion sans appel du World Nuclear Industry Status Report (WNISR 2019). Plus coûteuse que les énergies renouvelables, la construction d’un nouveau réacteur dure en moyenne 10 ans : trop long pour sauver le climat ! www.worldnuclearreport.org

Chacun peut faire le choix de s’abonner chez Enercoop, fournisseur d’électricité 100 % renouvelable !

Comment les citoyens peuvent obtenir la fin de la bombe ?

Écrivez à votre :

Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, comme une trentaine de villes dont Paris, Grenoble, Lyon, Besançon, …

Député et sénateur pour que la France ratifie le TIAN.

Participez aux vigies citoyennes (la prochaine est le 21 mai, à Dijon ou à Valduc), à Paris et ailleurs

Venez soutenir les 3 Dijonnais lanceurs d’alerte au procès devant le Tribunal judiciaire de Dijon.

Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique, et n’hésitez pas à changer pour une banque éthique, grâce au guide éco-citoyen “Choisis ta banque !” sur le site des Amis de la Terre.

Intéressez-vous aux questions de sécurité internationale et de défense de la démocratie, notamment aux alternatives reposant sur les stratégies de non-coopération avec un pouvoir illégitime.

Les vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Appel conjoint du Collectif Abolition des armes nucléaires Bourgogne Franche-Comté et de SDN 21 http://abolitiondesarmesnucleaires.org

abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr

Tél : 06 14 24 86 96

Publié le 26/04/2021 à 10h47

https://www.infos-dijon.com/news/vie-locale/vie-locale/dijon-commemoration-des-35-ans-de-l-accident-nucleaire-de-tchernobyl.html

À BERCY, POUR FINANCER LES EPR, UNE TROISIÈME MISSION DE CONSEIL EN DIX-HUIT MOIS ?

Il y eut d’abord, avant d’envisager la construction de centrales nucléaires nouvelle génération en France, la contre-expertise demandée en septembre 2019 à Roland Berger devant l’accumulation des retards des EPR de Olkiluoto en Finlande, de Flamanville en France et de Hinkley Point en Angleterre (relire notre article).

Puis, un an plus tard, ce même Roland Berger (cabinet probablement le plus actif dans le secteur public français à haut niveau) remettait fin 2019 un audit confidentiel dans lequel le cabinet estimait que la construction de six réacteurs nucléaires EPR d’ici 2044 coûterait 47,2 milliards (relire notre article).

Jamais deux sans trois ?

Le 15 avril dernier, la direction générale du Trésor a publié un appel d’offres pour la réalisation d’une mission de conseil financier « relative aux modalités de financement de nouvelles centrales nucléaires en France ». Un accord-cadre de six mois, non divisible en lots, et non reconductible, dont le montant total est estimé à 300 000 euros, selon l’information de La Lettre A.

Cette mission s’intègre à la future programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui vise à réduire à 50 % la part du nucléaire (contre 75 % aujourd’hui) dans la production d’électricité en France en 2035 et d’atteindre 40 % d’énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030.

Fin de l’appel d’offres : le 14 mai prochain.

Article publié le 27 avril 2021

Photo en titre : Crédit photo : Adobe Stock.

https://www.consultor.fr/devenir-consultant/breves/6489-a-bercy-pour-financer-les-epr-une-troisieme-mission-de-conseil-en-dix-huit-mois.html

NDLR : avec ces 6 réacteurs EPR, ce sont 47,2 milliards (et probablement bien plus suite aux sous-estimations habituelles d’EDF) qui n’iront pas dans la production d’énergies renouvelables + des milliers de tonnes de déchets radioactifs pour nos descendants (non non, ne nous remerciez pas…)

DANS LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE TRICASTIN, UN PROBLÈME ÉLECTRIQUE A ACCRU LE RISQUE D’ACCIDENT GRAVE

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, l’incident détecté en 2019 sur le moteur d’une pompe souligne l’importance de bien mesurer les effets du vieillissement des installations.

C’est un incident d’apparence anodine, mais qui a accru de façon significative le risque d’un accident majeur d’un réacteur du parc nucléaire français, et qui illustre les difficultés associées à son vieillissement. Telle est l’analyse de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), exprimée dans un avis publié fin mars, à propos de la défaillance du moteur d’une pompe survenue dans la centrale de Tricastin, située à cheval entre la Drôme et Vaucluse.

Le 1er septembre 2019, le réacteur numéro 1 de la centrale est à l’arrêt pour effectuer sa « visite des 40 ans », un examen de sûreté approfondi. Un essai révèle alors un défaut électrique sur le moteur de l’une des deux pompes du circuit de refroidissement à l’arrêt. En cas d’accident, c’est ce système qui permet d’évacuer la puissance que continue à produire le réacteur – même une fois qu’il a cessé de fonctionner – et ainsi d’éviter une explosion. Selon les expertises, la défaillance électrique du moteur – qui a depuis été remplacé – est liée au vieillissement prématuré de câbles, qui n’ont pas été montés de façon optimale

Pour évaluer l’importance de cet incident, l’IRSN, le bras technique de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a mené une étude pour quantifier son effet sur la probabilité d’un risque de fusion du cœur du réacteur, et donc d’un accident grave. « Compte tenu de la présence de cette défaillance avérée, nous avons estimé quelle a été l’augmentation du risque de fusion du cœur au cours de cette période, explique Olivier Dubois, adjoint du directeur de l’expertise de sûreté à l’IRSN. Si l’augmentation de la probabilité est supérieure à 1 pour 1 million, nous considérons que c’est un événement dit “précurseur”, c’est-à-dire significatif en termes de sûreté. Si elle est supérieure à 1 pour 10 000, c’est un événement “précurseur particulièrement important”. Là, l’augmentation se trouve entre les deux. »

« Pas que les composants majeurs »

Une hausse du risque qui nécessite de traiter la défaillance « le plus rapidement possible » et d’y accorder « une attention particulière ». Selon Olivier Dubois, on recense en moyenne entre cinq et dix événements « précurseurs » par an. EDF, qui exploite les centrales nucléaires, était toutefois parvenue à une conclusion différente de l’IRSN : selon ses études, le problème survenu à Tricastin n’était pas susceptible d’accroître le risque d’accident grave.

Lorsque le moteur de la pompe n’a pas fonctionné, le 1er septembre 2019, le combustible ne se trouvait plus dans le cœur du réacteur et l’incident n’a donc eu aucune conséquence. Le réacteur numéro 1 du site de Tricastin était alors le premier des 32 réacteurs les plus anciens du parc à passer sa quatrième visite décennale. Fin février, l’ASN a ouvert la voie à la prolongation de la durée de vie de l’ensemble de ces installations pour une période de dix ans. La réglementation française ne prévoit pas de « durée de vie » maximale de ces tranches, mais une hypothèse de quarante ans de fonctionnement avait été retenue lors de leur conception.

« Le cas de Tricastin est un très bon exemple du fait qu’il n’y a pas que les composants majeurs comme les cuves et les enceintes qui vieillissent et dont l’importance est cruciale pour la sûreté, souligne Olivier Dubois. Les défaillances peuvent aussi venir des câbles électriques, de certaines pompes ou des moteurs. Même si ces éléments sont remplaçables, il faut repérer les défaillances suffisamment tôt et être donc très attentifs aux méthodes de détection. »

Les câbles électriques liés au problème du moteur de Tricastin, partiellement noyés dans le béton et donc invisibles, sont contrôlés de manière électrique. Les derniers examens, réalisés en juillet 2019, n’avaient pas fait apparaître de défaut particulier. Dans un précédent avis rendu en juillet 2020, l’IRSN recommande à EDF d’améliorer ses méthodes de détection des problèmes électriques. En février, l’ASN a donné trois mois à l’exploitant pour lui présenter un calendrier de résorption de ce défaut. L’entreprise assure que les réponses aux demandes du gendarme du nucléaire sont « en cours d’instruction » et qu’elle ne peut communiquer avant leur envoi formel.

Dans un rapport publié lundi 26 avril, le Groupe international d’évaluation des risques nucléaires (International Nuclear Risk Assessment Group), qui compte parmi ses membres l’ancien président de l’autorité de sûreté américaine Gregory Jaczko ou l’ex-directeur général de la sûreté nucléaire allemande Wolfgang Renneberg, affirme que les prolongations de durée de vie et l’exploitation des vieilles centrales accroissent le risque nucléaire en Europe. « Les processus de vieillissement tels que la corrosion, l’usure ou la fragilisation réduisent la qualité des composants, des systèmes et des structures et provoquent des défaillances », écrivent-ils notamment.

Par Perrine Mouterde, publié le 27 avril à 09h44

Photo en titre : Dans la centrale nucléaire du Tricastin, située à cheval entre la Dôme et la Vaucluse, le 27 juin 2019.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/27/dans-la-centrale-nucleaire-de-tricastin-un-probleme-electrique-a-accru-le-risque-d-accident-grave_6078206_3244.html

DANS LES ARCHIVES DE MATCH – LES ENFANTS MAUDITS DE TCHERNOBYL

Quelques années après la catastrophe de Tchernobyl, notre magazine avait publié deux reportages sur des enfants biélorusses souffrant de cancers et de malformations. Avec Rétro Match, suivez l’actualité à travers les archives de Paris Match. 

Il y a 35 ans, le 26 avril 1986, à 01h23, le réacteur numéro 4 de la centrale de Tchernobyl, située à une centaine de kilomètres au nord de Kiev, explosait lors d’un test de sûreté. Le combustible nucléaire, brulant dix jours durant, avait rejeté dans l’atmosphère des éléments radioactifs qui aurait contaminé, selon certaines estimations, jusqu’aux trois quarts de l’Europe. L’Ukraine, la Biélorussie et la Russie, alors républiques soviétiques, ont été les plus touchées. Avec quelles conséquences ?

Absence de données, difficultés du suivi, manque de recul, divergences méthodologiques, rivalités scientifiques, confrontations idéologiques… Trois décennies ans après la catastrophe, le bilan humain est toujours impossible à dresser, et fait l’objet d’un âpre débat. En 2006, l’OMS avançait le chiffre de 4000 morts. La même année, Greenpeace évoquait jusqu’à 200 000 décès provoqués par des maladies dues aux radiations… En 2011, le comité scientifique de l’ONU sur l’effet des radiations atomiques (Unscear) avait revu le bilan à… 28 opérateurs et pompiers tués par des radiations aiguës juste après l’explosion, mais refusé de se prononcer sur des répercussions à plus long terme.

En 2019, la professeure de l’Institut de technologie du Massachusetts Kate Brown, s’appuyant notamment sur des archives des anciennes républiques soviétiques, estimait que les conséquences étaient encore largement méconnues. La chercheuse du MIT avait notamment découvert que, dans les années suivant l’accident, les médecins locaux avaient fait état d’une forte hausse de cancers ou de malformations congénitales. Le rapport de l’Unscear avait affirmé, pour sa part, qu’il n’y avait ni preuve, ni statistiques montrant une augmentation de ces cas, suite à la catastrophe.

En 1990, Match avait diffusé le reportage choc du photographe Wojtek Laski de l’agence Sipa, qui avait découvert de nombreux enfants souffrant de malformations et de cancers dans les hôpitaux de Biélorussie. En 1996, notre magazine avait suivi les « docteurs rêve » de la fondation Théodora venus amuser des enfants malades à l’hôpital de Minsk.

Voici les deux reportages consacrés aux enfants malades de Biélorussie suite à la catastrophe de Tchernobyl, tels que publiés dans Paris Match en 1990 et 1996.

. Le premier tiré de Paris Match n°2137, 10 mai 1990

Tchernobyl, les enfants maudits, Interview Joëlle Ody

. Le second tiré de Paris Match n°2449, 2 mai 1996

Les drôles de médecins de Tchernobyl, de notre envoyée spéciale Colette Porlier

NDLR : pour lire ces 2 reportages et voir de nombreuses photos (âmes sensibles s’abstenir), nous vous invitons à aller directement sur le site : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/dans-les-archives-de-match-les-enfants-maudits-de-tchernobyl/ar-BB1g5gOY#image=BB1g5gOY_1|2

Article de Clément Mathieu, publié le 26 avril 2021

Photo en titre : © Wojtek Laski / Sipa

ÉLECTRICITÉ : LA FRANCE NE RESPECTE PAS SA FEUILLE DE ROUTE POUR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Les trajectoires de développement des énergies renouvelables et de réduction du nucléaire pour les dix prochaines années ont peu de chance d’être tenues.

C’est un document méconnu, qui comporte les briques essentielles de la stratégie française en matière d’énergie et de climat. La feuille de route énergétique de la France, appelée en langage bureaucratique programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), trace les perspectives du pays pour les dix prochaines années. Adoptée il y a tout juste un an, alors que la France était en plein confinement, l’orientation 2019-2028 est déjà compromise.

Elle prévoit de diminuer de manière conséquente la consommation d’énergie, d’entamer une décrue du parc nucléaire et de développer rapidement les énergies renouvelables. Mais, à moins de réviser de manière rapide et massive les politiques publiques, ces objectifs ne seront pas tenus. « Notre ambition, c’est d’y arriver », assure-t-on encore au ministère de la transition écologique, où l’on reconnaît qu’« on a beaucoup à rattraper ».

Le solaire très en retard

C’est le principal point noir de cette feuille de route. Fin 2020, la filière a passé le cap des 10 gigawatts (GW) de capacités installées (2,5 % de la production électrique actuelle). Pour tenir le cap de la PPE, celles-ci doivent avoir doublé d’ici deux ans. Et, en 2028, elles devraient presque avoir quadruplé. Autrement dit : la France doit multiplier par trois les capacités raccordées chaque année. Impossible, s’inquiète le gestionnaire du réseau, RTE, dans son dernier rapport.

« On s’éloigne véritablement de cette trajectoire, alors que la France a tout le potentiel pour atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés », constate aussi Rosaline Corinthien, directrice générale d’Engie France Renouvelables. En cause notamment, des procédures jugées trop longues. « D’année en année, le volume des projets en file d’attente augmente régulièrement, observe ainsi Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Mais la puissance installée, elle, n’augmente pas : il y a un goulet d’étranglement au niveau de l’instruction des autorisations. »

Lire aussi : La difficile quête de terrains pour implanter les parcs éoliens et solaires (Article réservé à nos abonnés)

À cela s’ajoute un accès au foncier de plus en plus compliqué pour les développeurs, le gisement des terrains dégradés – qui doivent en France être privilégiés – atteignant progressivement ses limites. Plusieurs projets qui nécessitent d’utiliser des parcelles de forêts font d’ailleurs l’objet de contestations locales, comme en Gironde ou dans les Hautes-Alpes, une difficulté supplémentaire pour le photovoltaïque.

L’éolien terrestre sur la bonne voie, mais trop lentement

Pour atteindre l’objectif de la PPE – doubler les capacités actuelles pour arriver à plus de 33 GW installés –, il faudrait raccorder 2 GW chaque année. Or, le rythme actuel est plutôt autour de 1,5 GW, voire de 1 GW en 2020. L’éolien représente actuellement entre 6 % et 7 % de la production. « Le retard qu’on accumule est préoccupant, car il ne pourra pas être rattrapé, note Michel Gioria, délégué général de l’association France énergie éolienne (FEE). On ne pourra pas installer 4 ou 5 gigawatts d’un coup en 2026 ou 2027 pour atteindre les objectifs, ça ne fonctionne pas comme ça. »

La filière dénonce la lenteur des délais d’instruction et le manque de moyens humains pour traiter les dossiers. Les professionnels s’inquiètent aussi de la montée de la contestation des projets à l’approche de l’élection présidentielle. « Il faut un message politique fort de la part du gouvernement », demande Jean-Louis Bal, du SER. Or, l’exécutif envoie des signaux contradictoires.

Le président de la République a déjà fait part de son scepticisme sur l’essor de l’éolien, en février 2020, faisant écho aux critiques de plusieurs élus locaux, dont le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. Pourtant, la ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, continue de promouvoir son développement. « Pour la ministre, le développement de ces énergies est la priorité, assure son entourage. Il y a un enjeu fort d’acceptabilité, mais on mise aussi sur le marché, ces énergies devenant de plus en plus compétitives. »

L’éolien offshore enfin sur les rails

Plus de dix ans après le lancement des premiers appels d’offres, les premières éoliennes en mer vont-elles voir enfin le jour ? Quatre chantiers ont démarré, après des années de procédures et de contestation devant les tribunaux. Le premier d’entre eux doit être opérationnel en 2022, et les autres devraient suivre relativement rapidement. Les premières fermes pilotes d’éolien flottant doivent également commencer à fonctionner à partir de 2023.

Lire aussi : Le laborieux démarrage de l’éolien en mer (Article réservé à nos abonnés)

Malgré cette tendance positive, les objectifs de la PPE, qui prévoit d’atteindre entre 5,2 et 6,2 GW fin 2028, paraissent d’ores et déjà hors d’atteinte. La filière table, au mieux, sur 3,5 GW installés à cette date. Outre les sept premiers projets, un seul appel d’offres, concernant un dossier au large de la Normandie, a pour l’instant été lancé en janvier. Il pourrait être attribué, au mieux, en 2022. Très en retard par rapport à d’autres pays européens, la France risque donc de voir cet écart continuer à se creuser. À la fin de l’année, l’Allemagne aura installé 6,6 GW de capacités éoliennes offshore. Elle vise 20 GW en 2030, et le Royaume-Uni le double.

La difficile trajectoire du nucléaire

L’un des objectifs de la feuille de route énergétique de la France était d’arriver à une réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 % en 2035 (contre 70 % aujourd’hui). Ce point d’arrivée avait été défini en 2015 par la loi de transition énergétique, sous le mandat de François Hollande, mais il prévoyait à l’époque de l’atteindre en 2025. Un objectif repoussé de dix ans par Emmanuel Macron et le ministre de la transition écologique d’alors, Nicolas Hulot.

Les difficultés actuelles pourraient encore causer du retard. La PPE prévoit ainsi la fermeture de douze réacteurs, sur les 56 que compte l’Hexagone aujourd’hui, d’ici à 2035. Dans le détail, il s’agirait de fermer deux unités en 2027 et 2028, et d’étudier la possibilité d’en arrêter deux autres dès 2025 et 2026. Le reste serait fermé entre 2028 et 2035 – soit plus d’une fermeture par an.

Or, le gestionnaire du réseau, RTE, a déjà averti que les prochains hivers seraient difficiles en matière de sécurité d’approvisionnement, notamment parce que le réacteur de troisième génération EPR de Flamanville manque toujours à l’appel. Il recommande ainsi de « conserver les moyens de production bas carbone dont la fermeture pouvait être envisagée d’ici à 2026 ». Comprendre : ne pas fermer davantage de réacteurs. Mais combien de temps la France pourra-t-elle prolonger son parc existant ? L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) vient de donner son accord pour prolonger de dix ans les plus vieux réacteurs, jusqu’à leurs 50 ans. Mais ce processus représente un défi industriel d’envergure pour EDF et il sera long, coûteux et semé d’embûches.

Le charbon en bonne voie de fermeture

C’est le point le plus avancé des engagements du gouvernement. Emmanuel Macron avait promis la fermeture des quatre dernières centrales françaises en 2022. Trois d’entre elles auront cessé leurs activités, au Havre (Seine-Maritime), à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et à Saint-Avold (Moselle).

Mais la plus puissante de France, celle de Cordemais (Loire-Atlantique), devrait être maintenue pour pouvoir assurer l’équilibre du réseau électrique en Bretagne, à la demande du gestionnaire du réseau d’électricité. Le gouvernement se défend en estimant que son activité restera très réduite. Un projet de reconversion à la biomasse est actuellement en cours d’étude. S’il est accepté, elle devrait fonctionner jusqu’en 2026 avec 80 % de résidus de bois et 20 % de charbon. Mais l’utilisation de biomasse étant peu efficace sur le plan énergétique, la centrale ne pourrait produire que 400 heures par an, contre 2 000 heures aujourd’hui.

Un contexte chamboulé

D’autant que d’autres paramètres viennent compliquer cette tâche. D’abord, la PPE, écrite avant l’arrivée du Covid-19, s’appuie sur l’analyse que la croissance économique sera pendant cinq ans du même niveau que celle d’avant la crise. Les difficultés économiques dues aux mesures de confinement ne sont pas prises en compte.

La consommation d’électricité devrait elle aussi évoluer : elle est envisagée dans la PPE comme relativement stable. D’un côté, la France mise sur des économies d’énergie, dans le bâtiment notamment, mais elle va également connaître de nouveaux usages, comme le véhicule électrique, la production d’hydrogène ou le basculement d’une partie du chauffage au fioul ou au gaz vers l’électricité. Résultat : au rythme actuel, en 2030, la consommation devrait être similaire à celle d’aujourd’hui.

Mais, selon les analyses de RTE, si jamais la France atteignait les objectifs qu’elle s’est fixés en matière de développement de l’hydrogène ou des voitures électriques, la consommation d’électricité pourrait augmenter de 6 % à cette date, alors qu’elle est relativement stable depuis dix ans. Soit l’équivalent de la production de 4 ou 5 réacteurs de type EPR supplémentaires.

Par Nabil Wakim et Perrine Mouterde

Publié le 27 avril à 01h27, mis à jour à 10h05

Photo en titre : Emmanuel Macron visite avec Barbara Pompili le site de Framatome, au Creusot (Saône-et-Loire), en décembre 2020.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/04/27/electricite-la-france-ne-respecte-pas-sa-feuille-de-route-pour-la-transition-energetique_6078171_3234.html

NDLR : la PPE est déjà largement insuffisante et en plus elle ne sera pas tenue ! Mais que ne ferait-on pas pour justifier la construction d’un nouveau parc nucléaire… ? Réponse : il suffit de ne rien faire (ou trop peu) et pour ça, nos gouvernants sont très forts !

TCHERNOBYL : LA DRÔMOISE MICHÈLE RIVASI INSISTE POUR SORTIR DU NUCLÉAIRE

Le 26 avril 1986 reste une date importante dans l’histoire contemporaine. Il y a 35 ans, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, explosait. La fusion du cœur et la libération d’éléments radioactifs qui en découlait ont eu des conséquences néfastes nombreuses, au-delà des frontières de l’URSS, sur l’environnement et la santé des Européens.

Trente-cinq ans plus tard, Michèle Rivasi, eurodéputée valentinoise (EELV), met à nouveau en garde les autorités contre les dangers de l’énergie atomique. « Dans l’Union européenne, sur les 143 réacteurs nucléaires, qui peut garantir qu’aucun réacteur ne brûlera pas un jour ? Actuellement, 41 réacteurs européens ont plus de 40 ans, période pour laquelle ils ont été construits initialement. Ils tournent dans l’illégalité », indique-t-elle.

« Dangereuse, non viable économiquement et sale »

Michèle Rivasi milite toujours pour une sortie du nucléaire. Et ce même si l’énergie est qualifiée par ses adeptes ou son producteur, EDF, comme “décarbonée”, c’est-à-dire très faiblement émettrice de dioxyde de carbone. « Mais l’énergie nucléaire n’a pas les capacités d’être une solution pour le climat, répond l’ancienne élue municipale de Valence. Il faudrait déployer des milliers de nouveaux réacteurs sur le globe en quelques années. Une perspective irréaliste ! »

Pour elle, l’industrie nucléaire est

« DANGEREUSE, NON VIABLE ÉCONOMIQUEMENT ET SALE »

Et de préciser : « Chaque année, 23 000 m³ de déchets nucléaires sont produits, dont une partie sont hautement radioactifs et le resteront pendant plusieurs milliers d’années. »

Une manière pour Michèle Rivasi de rappeler son opposition aux deux réacteurs nouvelle génération, les EPR, qui pourraient être implantés à la centrale du Tricastin. Sur ce dossier, EDF n’a pas encore pris de décision.

La Confédération nationale du travail (CNT) de la Drôme appelle à une mobilisation ce lundi 26 avril à 17 heures, devant la mairie de Montélimar. Le prologue du texte “La Supplication” de la journaliste biélorusse Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature en 2015, qui évoque la catastrophe de Tchernobyl, sera lu. Les manifestants diront aussi non à l’EPR, le réacteur nucléaire de 3ème génération, « ni ici, ni ailleurs ».

Par T.C., publié le 25 avril 2021 à 06h05 –

https://www.ledauphine.com/actualite/2021/04/25/35-ans-apres-tchernobyl-michele-rivasi-insiste-pour-sortir-du-nucleaire

TRENTE ANS AVANT TCHERNOBYL, LA CATASTROPHE NUCLÉAIRE DE KYCHTYM

Alors que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl s’est produite il y a trente-cinq ans, une autre explosion, survenue en 1957 en Russie dans le centre nucléaire militaire de Mayak, continue d’empoisonner la région. Retour sur cette catastrophe tenue secrète pendant plus de vingt ans.

Moscou (Russie), correspondance

Le 29 septembre 1957, en Russie, l’explosion d’un stock de déchets radioactifs dans l’usine de Mayak, au sud de l’Oural, a provoqué l’irradiation d’une zone de 23 000 km² affectant plus de 270 000 habitants. Le secret maximum sur cet accident fut alors maintenu. De niveau 6 sur l’échelle internationale des événements nucléaires (Ines), il s’agit du troisième plus grave accident nucléaire de l’histoire après Tchernobyl et Fukushima, classés au niveau 7.

Il a pourtant fallu attendre près de vingt ans pour que les premières informations sur cette catastrophe soient révélées. Dans un article publié dans la revue New Scientist en 1976, le biochimiste soviétique Jaurès Medvedev, dissident exilé au Royaume-Uni, évoquait une explosion nucléaire dans la région de Kychtym, seule ville à proximité du complexe nucléaire apparaissant sur les cartes de l’époque. Il publia un livre plus détaillé sur ses recherches trois ans plus tard, en 1979, Nuclear Disaster in the Urals (traduit en français en 1988, Désastre nucléaire en Oural, aux Éditions Isoète). Presque dix ans se sont écoulés avant que l’Académie soviétique des sciences reconnaisse officiellement l’accident en 1988.

C’est une défaillance du système de refroidissement de l’une des cuves de déchets qui causa l’explosion. Cette cuve contenait 70 à 80 tonnes de liquides hautement radioactifs qui ont été projetés en l’air. Si 90 % retombèrent à proximité immédiate du site de Mayak, l’explosion entraîna la formation d’un panache radioactif, dérivant vers le Nord-Est. « Des centaines de personnes ont été tuées et des milliers ont été contaminées par les radiations », estimait Jaurès Medvedev dès 1976.

En 1957, les autorités soviétiques prirent la décision de garder le secret sur la catastrophe. Ils mirent six jours avant d’évacuer les zones les plus exposées et ne donnèrent pas d’explication aux habitants. Au cours des deux années suivant la tragédie, 10 000 personnes d’une vingtaine de villages furent ainsi déplacées. D’autres, comme celui de Tatarskaya Karabolka, pourtant dans la zone irradiée, ne furent pas évacués, sans qu’aucune raison logique ne puisse expliquer cette décision.

Rapidement, les premières victimes des radiations sont apparues, mais il était interdit aux médecins d’en parler dans les rapports médicaux.

Une contamination durable

La construction du site de Mayak a été décidée à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Union soviétique voulait se doter de la bombe nucléaire. Au milieu de la forêt sibérienne, à 70 kilomètres au nord de Tcheliabinsk (la ville la plus importante et la plus proche du site), le complexe nucléaire dédié à la fabrication de plutonium vit le jour en 1948.

Parallèlement, une ville secrète baptisée Tcheliabinsk-65, puis Tcheliabinsk-40, était créée à proximité du site pour accueillir les travailleurs, avec des restrictions d’accès. Elle fut renommée Oziorsk en 1994.

L’entrée de l’« entité territoriale administrative fermée » d’Oziorsk, en 2007.

« Les dirigeants considéraient Mayak comme le pivot central pour empêcher les États-Unis d’attaquer l’URSS. Ils construisaient cette bombe pour protéger le socialisme et voulaient réussir quoi qu’il arrive », dit à Reporterre Jan Haverkamp, expert en énergie nucléaire à Greenpeace et auteur d’un rapport sur la catastrophe publié en 2017.

Dans les premières années, les conditions de travail sur le site étaient effroyables. En outre, le complexe nucléaire était exploité sans porter attention ni aux habitants ni à l’environnement local. Au début, les déchets radioactifs issus de la fabrication du plutonium étaient directement déversés dans la rivière Tetcha, puis ils furent stockés dans des réservoirs entreposés dans le lac Karatchaï, qui fut ensuite asséché. Ces pratiques et la catastrophe de 1957 ont entraîné une contamination durable du territoire et de sa population, avec de graves conséquences sanitaires et environnementales.

« Les habitants de la région ont tous souffert des radiations. »

Dans le village de Muslimovo, situé à 30 kilomètres de Mayak, le nombre de cancers est aujourd’hui encore 3,6 fois plus élevé que dans le reste de la Russie et les anomalies génétiques 25 fois, selon le rapport de Greenpeace. « J’ai vécu à côté de la rivière Tetcha, je me baignais dedans. Personne ne disait rien de spécial car il était interdit de parler », témoigne Roustam Khassanov, 46 ans, joint au téléphone par Reporterre. Cet ancien habitant de Muslimovo a fondé une ONG locale qui soutient les victimes des radiations.

« Nous fournissons une aide aux habitants de la région, qui ont tous souffert des radiations. Les autorités ne font rien pour améliorer leur vie. Elles ne font que l’empirer. »

Une réserve d’État de l’Oural oriental a été créée en 1966 après l’accident.

En 2006, un programme de relogement a été proposé aux habitants de Muslimovo. Mais tous n’ont pas pu en profiter, et le nouveau village a été construit juste à côté de l’ancien. « Concernant la rivière, rien n’a changé, le bétail continue de paître sur les bords de la Tetcha », précise Roustam Khassanov.

Et Mayak contamine toujours la rivière avec des substances radioactives, selon Greenpeace. Exploité par la société d’État russe Rosatom, le site sert aujourd’hui au retraitement du combustible nucléaire usé, dont une part importante provient de pays étrangers. La ville d’Oziorsk, qui compte 80 000 habitants environ, demeure soumise à un régime spécial en raison de l’existence du site de Mayak. Comme une vingtaine d’autres villes en Russie, elle est fermée aux non-résidents.

20 000 personnes officiellement affectées

Autour de cet immense complexe, la culture du secret reste forte. En 2017, une émission dans l’atmosphère de ruthénium-106, un gaz radioactif non présent à l’état naturel, a été observée en Europe. Bien que toutes les investigations ont conclu que la source était localisée dans la zone de Mayak, Rosatom affirme qu’aucun incident ne s’est produit sur ses installations.

Pour Jan Haverkamp, cette attitude de déni est très inquiétante, car en cas d’accident, elle ralentit la prise de décisions appropriées. « Le problème est que les fidèles au nucléaire font tout pour empêcher la diffusion d’informations négatives, c’est devenu une sorte de religion. »

Aujourd’hui, « jusqu’à 20 000 personnes sont officiellement considérées comme ayant été affectés par les conséquences de la catastrophe de 1957 et des activités de Mayak », indique Greenpeace dans son rapport, en précisant toutefois que la commission médicale mise en place pour évaluer le lien entre les effets sur la santé et l’exposition aux rayonnements « ne travaille plus depuis 2016 en raison de manque de fonds ».

Construction du site d’entreposage des déchets nucléaires de Mayak (date inconnue).

Pourtant, soixante ans après cette tragédie, de nouveaux malades apparaissent tous les jours. Petite-fille d’une ingénieure chimiste de Mayak décédée d’un cancer du système lymphatique, l’avocate russe Nadezhda Kutepova se bat depuis des années pour faire reconnaître le droit des victimes et a déjà gagné plusieurs procès devant la justice.

Contrainte de s’enfuir en France en 2015 (Reporterre l’avait rencontrée en 2016), cette ancienne habitante d’Oziorsk défend notamment des descendants d’habitants de la région. « Elle a mis au jour des effets transgénérationnels des radiations. C’est une découverte très préoccupante », souligne Jan Haverkamp, qui plaide pour une suppression progressive des installations nucléaires. En 1989, Reporterre avait livré les premières informations en France sur la catastrophe de Kychtym.

En 1989, Reporterre avait livré les premières informations en France sur la catastrophe de Kychtym.

Par Estelle Levresse , (Reporterre), publié le 26 avril 2021 à 09h23, mis à jour le 26 avril 2021 à 13h13

Pour retrouver cet article ET lire ce que Reporterre écrivait sur cet accident dès janvier 1989, aller sur le site :https://reporterre.net/Trente-ans-avant-Tchernobyl-la-catastrophe-nucleaire-de-Kychtym?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Reporterre est géré par une association d’intérêt général, à but non lucratif. Nous pensons qu’un média doit informer, et non être un outil d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre accès, sans aucune restriction. Nous considérons que s’informer est un droit essentiel, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Ce droit ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation, elle-même encouragée par la publicité. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.

En résumé, Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
Le journal emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produisent chaque jour des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Nous faisons cela car nous pensons que la publication d’informations fiables, transparentes et accessibles à tous sur ces questions est une partie de la solution.

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POLYNÉSIE : HIRO TEFAARERE VEUT UNE INDEMNISATION GLOBALE DES VICTIMES DU NUCLÉAIRE

Défendre les familles des victimes du nucléaire, mises à l’écart du processus d’indemnisation, c’est le nouveau cheval de bataille de l’association Moruroa e Tatou. La famille polynésienne est donc logiquement le thème choisi pour le rassemblement prévu le 2 juillet prochain. 

Non, l’association Moruroa e tatou ne participera pas à la table ronde avec les autorités nationales pour discuter du nucléaire. « Avant de parler d’un déplacement à Paris, de rencontrer le président de la République, sur quelque dossier que ce soit, il est nécessaire que l’État accepte de remplir tous les préalables, c’est-à-dire une indemnisation globale de tous ceux et celles qui souffrent« , a déclaré hier soir sur notre plateau le président de l’association, Hiro Tefaarere. Et d’ajouter qu’aux États-Unis « ils ont fait une indemnisation globale…aujourd’hui, on a que 141 dossiers et au niveau de Moruroa e tatou, à peine 11 ont été traités et acceptés par les tribunaux et non par le Civen ».

Polynésie la 1ère, publié le 25 avril 2021 à 10h14, mis à jour le 25 avril 2021 à 10h23

Écoutez l’intervention d’Hiro Tefaarere, il était interviewé par Aiata Tarahu (4mn04s) : pour cela cliquer sur :

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/hiro-tefaarere-veut-une-indemnisation-globale-des-victimes-du-nucleaire-992587.html

TCHERNOBYL : LES « FAISEURS DE PLUIE » ONT CONTAMINÉ POUR LONGTEMPS LA BIÉLORUSSIE

Dans les 48h qui ont suivi l’accident majeur de la centrale de Tchernobyl, les Russes ont missionné des bombardiers pour ensemencer les nuages radioactifs qui se dirigeaient vers Moscou. Leur objectif : essorer les nuages au-dessus des terres biélorusses. Celles-ci ont été inondées par des pluies radioactives pendant une dizaine d’heures. Des pluies qui contaminent et condamnent les habitants des régions touchées pour longtemps.

Ce récit a pour source l’ouvrage Tchernobyl par la preuve, vivre avec le désastre et après, de l’historienne américaine Kate Brown, publié chez Actes Sud. Les phrases en italiques sont extraites du livre.

Le 26 avril 1986, l’augmentation incontrôlée de la puissance du réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl conduisait à la fusion du cœur et à l’explosion de l’installation. L’incendie qui l’embrasait à émis de grandes quantités de fumées radioactives dans l’atmosphère. Cela se passait en Ukraine, à 3 km de la frontière biélorusse. Le lendemain, le Comité d’État d’hydrométéorologie de l’URSS se penchait sur une carte de prévision de déplacement des nuages de fumées. Avec inquiétude, Youri Izraël, le directeur du Comité, découvrait qu’une masse d’air de plus de 15 km de large se dirigeait vers la Russie en passant au préalable au-dessus de la Biélorussie. « Si cette agrégation de nuages radioactifs atteignait Moscou, où un front orageux se formait, des millions de personnes risquaient d’en être victimes. »

Izraël prend alors la décision d’envoyer en mission des « faiseurs de pluie ». Les scientifiques soviétiques maîtrisaient en effet la méthode d’ensemencement des nuages. Dès les Jeux Olympiques d’été de 1980, ils avaient déployé des avions Tupolev TU-16 pour larguer dans les nuages des sels d’iodure d’argent et déclencher la pluie avant qu’ils n’atteignent le ciel moscovite. Avec cette technique, ils ont ensuite pu assurer des jours sans pluie aux grandes fêtes soviétiques, réduire les coûts de déneigement des aéroports, etc. Quarante-huit heures après la catastrophe nucléaire, donc, une flottille de bombardiers survole Tchernobyl, dispersant de l’iodure d’argent grâce à des fusées d’artillerie.  Les avions sillonnent le ciel jusqu’à 100 km de distance de la centrale. « Dans la ville endormie de Narowlia, en Biélorussie, à 48 km au nord de Tchernobyl, des villageois se souviennent d’avoir vu passer des avions aux étranges traînées de condensation jaunes et grises qui quadrillaient un ciel d’étain. » Les nuages s’amoncellent au-dessus des champs labourés. Un orage éclate à 20h, et jusqu’à 6h du matin un déluge de pluie inonde les sillons. La même scène se reproduit dans plusieurs villes et provinces biélorusses. Les pluies déposent au sol « une douzaine éléments radioactifs et de métaux lourds qui avaient servi à étouffer l’incendie du réacteur ».

Objectif : épargner les grandes villes russes

Les grandes villes russes sont ainsi épargnées, au détriment de centaines de milliers de Biélorusses vivant sous ces torrents de pluies radioactives. Les pilotes des bombardiers ont eux-mêmes été sacrifiés. Après leur atterrissage en Ukraine, « des hommes équipés de compteur Geiger et en combinaison de protection se sont approchés de notre avion, se remémore Alexandre Grushin, qui dirigeait l’expédition. Ils ont regardé leurs aiguilles et d’un seul coup, comme sur ordre, ont fait demi-tour et ont déguerpi. Je n’ai jamais vu personne courir aussi vite ». Les doses élevées de radioactivité reçues au cours de ce vol ont « ravagé leur appareil digestif et causé des lésions tissulaires dans leurs organes vitaux et sur les extrémités exposées de leur corps ».

L’action est inverse en Ukraine, les autorités craignant que les pluies d’été ne contaminent la rivière Pripiat, un affluent du fleuve Dniepr, principale source d’eau douce du pays. Neuf tonnes d’un mélange de ciment et de réactifs sont déversés par des avions dans le but d’assécher l’atmosphère dans un rayon de 80 km autour de la centrale. Au final, « pendant l’été et l’automne 1986, certaines régions de Biélorussie [ont] été systématiquement inondées, quand certaines régions d’Ukraine [ont] connu cinq mois de sécheresse ininterrompue ».

TWITCH. Les 35 ans de la catastrophe de Tchernobyl, c’est aussi le sujet du stream enregistré sur Twitch le 22 avril 2021 avec Yves Lenoir, spécialiste de la radioprotection et président de l’association « Les Enfants de Tchernobyl Belarus« . La vidéo est à revoir sur le site de Sciences et Avenir

Les autorités biélorusses ne sont pas averties par leurs homologues russes du traitement qui leur a été infligé. Les plans de vol et les cartes des épandages sont gardés secrets. Mais dès les premières heures, les dosimètres du physicien Vassili Nesterenko s’affolent, à l’institut de recherche nucléaire biélorusse. C’est ainsi que le lièvre est levé, déclenchant l’ire des dirigeants biélorusses ! Nesterenko est rapidement dépêché sur le terrain pour dresser des cartes des zones contaminées. « Trois semaines après l’accident, le réacteur continuait à rejeter avec force les principaux radionucléides émis lors de l’accident : l’iode radioactif et le césium 137. En quelques semaines, les habitants [ont] reçu plus de radioactivité qu’il n’est recommandé en un an. »

Des champs contaminés pour longtemps

Les champs étant contaminés pour longtemps, un cinquième seulement de la production de viande et de produit laitiers peut être assurée. Mais « même les vaches qui pâturaient dans des champs décontaminés produisaient du lait radioactif ». En cause : le foin radioactif provenant de fermes situées sur le passage des « faiseurs de pluie ». Car les quotas de production imposés par l’État soviétique sont restés les mêmes. Il a donc fallu labourer les champs des régions contaminées, faucher leur foin et traire les vaches qui y broutaient. Dans certaines régions, la radioactivité de la viande et du lait est plus élevée en 1987 qu’en 1986 ! De même, la radioactivité des champignons et de la viande n’a pas diminué. Les populations pourtant continuent à aller à la cueillette de champignons et de baies, à boire du lait en quantité… La radio-exposition des populations a ainsi été en grande partie induite par une contamination interne due à l’alimentation. De surcroît, les familles se chauffaient et cuisinaient en brûlant du bois radioactif, contaminant ainsi tout leur intérieur. Les cendres et le fumier radioactifs servaient d’engrais pour les potagers. Autant de pratiques qui auraient, selon Kate Brown, été ignorées par la suite par les experts occidentaux, ce qui les auraient amenés à minorer leurs évaluations.

En 1989, le Comité d’État d’hydrométéorologie rend finalement publiques les cartes de la radioactivité dans plusieurs centaines de localités biélorusses. Cela met le feu aux poudres, la population prenant soudain conscience de la gravité de leur situation. Sous le feu des critiques, les dirigeants biélorusses évacuent les habitants des deux villages les plus contaminés, pour les reloger dans un nouveau village fraîchement bâti et doté de commodités modernes telles que eau courante et gaz, lycée et piscine. La règle en vigueur à l’époque est de reloger les évacués dans leur région d’origine. Mais dans des régions comme Tcherikov, à environ 300 km de Tchernobyl, peu de sites échappent à la contamination. « Lorsque les officiels du Parti se sont rassemblés pour couper le ruban, quelqu’un a sorti un compteur Geiger. Le village, flambant neuf, présentait le même niveau de radioactivité que l’ancien – plus de 26 curies par mètre carré. Un an plus tard, il était rasé. »

Les régions du sud de la Biélorussie sont exposées aux vents provenant de Tchernobyl. Dans la région de Tcherikov vivent alors 20.500 personnes, dont 5000 enfants, qui ont été exposés à des niveaux de 40 à 140 curies par km² (les limites des « zones contaminées » lors de l’accident de Tchernobyl ont été fixées selon la norme d’un curie par km2). Les brigades médicales dépêchées dans la région font état d’analyses alarmantes : 5 à 25 % des habitants analysés affichent une concentration élevée de radioactivité dans la thyroïde ; 22 % des échantillons de lait maternel présentent des niveaux de contamination supérieurs au seuil de tolérance. Chez les adultes comme chez les enfants, les hypertrophies de la thyroïde sont multipliés par au moins un facteur deux. Idem pour les nombreuses autres atteintes sanguines, hépatiques, neurologiques, etc. D’après un document établi en 1988, « sur 103 grossesses, seuls 63 bébés sont nés vivants. (…) Le nombre de ceux qui sont morts avant leur 28e jour de vie a doublé en 1987, et presque triplé en 1988. » Dans la région de Tcherikov, la prévalence des cancers – surtout des lymphomes, leucémies, cancer de la thyroïde et de l’appareil digestif – est cinq fois plus élevée en 1988 que dans le reste de la Biélorussie ! Les malformations à la naissance des bébés et des animaux ont augmenté, de même que la difficulté à procréer. Certains médecins recommandent alors aux jeunes femmes de ne pas avoir d’enfant…

« A la fin des années 1990, le physicien Vassili Nesterenko [crée] Belrad, une fondation qui [aide] les habitants des régions contaminées de Biélorussie à connaître le niveau de danger dans leur environnement immédiat. De toutes les catégories de victimes radio-exposées, ce sont celles qui vivent toujours sur des sols contaminés qui connaissent aujourd’hui le plus de problèmes de santé et le plus fort taux de mortalité – plus que les liquidateurs ou les évacués. » La fondation fournit des appareils de mesures aux écoles, qui forment les enfants à les utiliser. Ceux-ci sont ensuite chargés de sillonner les champs et forêts, pour effectuer des relevés en vue de dresser des cartes locales de la radioactivité. Charge à eux ensuite d’informer leur famille des dangers encourus, notamment par la chasse au gibier ou la cueillette des champignons et autres baies sauvages.

Plus d’un million d’habitants ont continué à vivre jusqu’à ce jour dans ces territoires contaminés. Chez leurs voisins ukrainiens (l’enquête n’a pas été faite en Biélorussie), on récolte des myrtilles en juin, des canneberges en août et des champignons à l’automne. Depuis 2014, des dizaines de milliers de tonnes de ces produits sont envoyés et transformés en Pologne, avant d’entrer… sur le marché européen.

« Tchernobyl par la preuve, vivre avec le désastre et après », Kate Brown, Actes Sud, 526 pages, 25€

Par Sylvie Rouat,  publié le 25 avril 2021 à 21h00

Photo en titre : Quelques heures après l’incendie de Tchernobyl, une flottille d’avions russes Tupolev TU-16 a sillonné le ciel jusqu’à 100 km autour de la centrale pour ensemencer les nuages radioactifs et déclencher prématurément des pluies létales. U.S. Defense Imagery

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/tchernobyl-les-faiseurs-de-pluie-russes-contaminent-pour-longtemps-la-bielorussie_153763

UNE EXPERTE UKRAINIENNE MET EN GARDE CONTRE LES RISQUES LIÉS AU DÉVERSEMENT D’EAU USÉE RADIOACTIVE DANS L’OCÉAN (INTERVIEW)

KIEV, 25 avril (Xinhua) — Une experte nucléaire ukrainienne a tiré la sonnette d’alarme sur les risques sanitaires posés sur des générations par l’eau usée radioactive que le Japon prévoit de déverser dans l’océan.

« Déverser 1,2 million de tonnes (d’eaux usées radioactives) dans l’océan est barbare (…) Je sais de première main à quel point cela affecte les gens« , a déclaré Olga Kosharna, membre du Conseil de l’inspection d’État pour la réglementation nucléaire de l’Ukraine, dans une interview accordée vendredi à Xinhua.

Les eaux usées que le Japon prévoit de rejeter dans la mer contiennent du tritium, un sous-produit radioactif des réacteurs nucléaires, qui pourrait présenter des risques pour la santé même pour les prochaines générations, a averti l’experte.

« Le tritium est un élément très dangereux pour le corps humain […]. Sa demi-vie est de 12,5 ans (NDLR : ce qui signifie que la moitié des atomes radioactifs se désintègrent au cours de cette période), et il provoque une irradiation interne des cellules, ce qui entraîne des conséquences irréversibles principalement pour les embryons humains et les femmes enceintes« , a déclaré Mme Kosharna.

La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi a stocké 1,25 million de tonnes d’eau dans des réservoirs après l’accident de 2011. Cette eau de mer a été utilisée pour refroidir les réacteurs, qui ont fondu à la suite du séisme et du tsunami qui s’est ensuivi. L’exploitant de la centrale, la Tokyo Electric Power Company, connu sous le nom de TEPCO, devrait manquer d’espace pour stocker les eaux contaminées par le nucléaire d’ici l’été 2022.

« Le Japon est en train de manquer de réservoirs de stockage. Il est clair que la demi-vie (du tritium) approche, mais de nombreuses technologies sont disponibles« , a déclaré l’experte.

Elle a ajouté que le Canada et la Russie avaient proposé au Japon une technologie d’élimination du tritium conforme aux normes de sécurité, mais que Tokyo avait refusé cette aide.

Parlant de la façon dont le Japon a géré l’accident de Fukushima, Mme Kosharna s’est dite désagréablement surprise par les efforts de nettoyage, qui ont conduit à des explosions d’hydrogène dans la centrale, libérant des matériaux radioactifs dans l’atmosphère.

« J’ai suivi le déroulement de l’accident de Fukushima. J’ai toujours admiré la technologie japonaise, mais quand j’ai vu qu’ils avaient laissé l’accident se transformer en une explosion d’hydrogène, j’ai été choquée« , a déclaré Mme Kosharna, notant que le Japon n’était pas préparé pour l’accident de Fukushima.

« Il s’est avéré qu’à l’époque, il n’y avait aucune institution scientifique au Japon qui étudierait la distribution des radionucléides dans différents environnements« , a déclaré l’experte.

L’incompétence professionnelle est à l’origine des conséquences dévastatrices de la catastrophe survenue à la centrale de Fukushima, selon Mme Kosharna.

Par French.xinhuanet.com, publié le 2021-04-25 à 18h55

http://french.xinhuanet.com/europe/2021-04/25/c_139905254.htm

LES CENTRALES NUCLÉAIRES FACE À LA MENACE DES MÉDUSES !

Les centrales nucléaires craignent les attaques terroristes, les crashs d’avion ainsi que les catastrophes naturelles. Toutefois, ces mêmes centrales font aujourd’hui aussi face à des menaces assez insolites, dont les méduses. Comment cela est-il possible ?

Salpes, méduses et poissons

Les menaces planant sur les centrales nucléaires sont légion. Dans un article publié le 7 avril 2021, Bloomberg Green évoque une de ces menaces dont la nature est assez surprenante. Le quotidien évoque la fermeture récente de deux réacteurs nucléaires en Corée du Sud à cause de la présence de salpes dans le circuit de refroidissement. Les salpes (ou Salpidae) sont des animaux au corps gélatineux, dont la taille varie de un à dix centimètres. Ces dernières ressemblent aux méduses en raison de leur consistance et leur mode de déplacement. Toutefois, elles seraient plus proches des vertébrés simples, car elles possèdent ce qui semble être une forme primitive de système nerveux.

En l’occurrence, les salpes se sont accumulées en si grand nombre que le filtre du circuit des deux réacteurs sud-coréens a été bouché durant plusieurs jours. Or, il s’avère que cet incident est le second en quelques semaines seulement. La Corée du Sud a donc imaginé un robot broyeur, le Jellyfish Elimination Robotic Swarm (Jeros) capable de broyer 900 kg de salpes par heure !

En 2012, une centrale nucléaire de Californie a également stoppé sa production quelque temps à cause des salpes. Un an plus tard, une invasion de méduses en Suède avait endommagé les filtres d’eau de refroidissement d’une centrale. En France, la centrale de Paluel (Seine-Maritime) a subi une baisse de production en janvier 2021 en raison de la présence d’un banc de poissons. 

La centrale nucléaire de Paluel en Seine-Maritime.
Crédits : Energi-vore / Wikipedia

Le réchauffement climatique en cause ?

Qu’il s’agisse des salpes, des méduses ou des poissons, les incidents de ce genre ont tendance à se multiplier. Or, certains estiment que le réchauffement climatique joue peut-être un rôle dans ce phénomène. Le problème réside dans la prolifération de ces organismes marins. Les élevages de poisson sont d’ailleurs aussi touchés par des invasions de salpes et de méduses. Une étude sud-coréenne publiée en 2012 estimait entre 68,2 millions et 204,6 millions de dollars les pertes que causent ces animaux à l’industrie de la pêche.

Par ailleurs, le réchauffement climatique est à l’origine d’épisodes de canicule de plus en plus fréquents. Or, ceux-ci ont un effet sur les centrales nucléaires, notamment en France où EDF a déjà été contrainte de fermer ce type d’établissement. Le but était de veiller à ne pas dépasser le seuil de température légal des rivières, ces dernières servant pour le refroidissement. Dans une publication en 2020, la Société française d’énergie nucléaire (Sfen) affirmait toutefois que toutes les énergies sont dans le pire des cas conduites à réduire leur production en cas de canicule. Cela concerne d’ailleurs aussi les sources d’énergie renouvelable que sont le solaire, l’éolien ainsi que l’hydroélectricité. (NDLR : affirmer n’est pas expliquer).

Par Yohan Demeure, rédacteur scientifique, publié le 25 avril 2021 à 9h59

Photo en titre : Crédits : Lars Plougmann / Wikimedia Commons

https://sciencepost.fr/les-centrales-nucleaires-face-a-la-menace-des-meduses/

TCHERNOBYL : 35ème ANNIVERSAIRE DE LA PIRE CATASTROPHE NUCLÉAIRE DE L’HUMANITÉ

Demain, lundi 26 avril 2021, c’est un triste anniversaire que l’on fête : celui de la pire catastrophe nucléaire que l’homme n’ait jamais connu. L’explosion de la centrale de Tchernobyl, en Ukraine, ex-république de l’URSS a fait, officiellement, 25 000 victimes. Mais selon Viatcheslav Grichine, membre de l’Union Tchernobyl, principale organisation des “liquidateurs” (*), sur 600 à 900 000 intervenus, « 25 000 sont morts et 70 000 restés handicapés en Russie. En Ukraine les chiffres sont proches et en Biélorussie 10 000 autres, sont morts aussi. Le nombre exact reste inconnu à ce jour ».

Flash back : le 26 avril 1986, à 1h23 du matin, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, une installation de conception soviétique des années 1960, fond et explose.

La réaction en chaîne soulève et fait voler en éclats la dalle en béton d’un poids de 2000 tonnes. La puissance de l’explosion représente l’équivalent de 400 bombes d’Hiroshima !

Des erreurs humaines, un matériel et une construction défaillants, seraient à l’origine de l’accident. La minimisation de l’accident par les autorités soviétiques de l’époque, n’arrange pas les choses.

Toujours est-il que les pompiers, appelés dans la nuit à la rescousse, parviennent à circonscrire le feu. Gravement irradiés, plusieurs d’entre eux succombent immédiatement à leurs blessures. Pendant plusieurs semaines les autorités vont s’efforcer de combler le trou du réacteur avec des largages de sable par une armada d’hélicoptères.

Puis dans les semaines qui suivent, des centaines de milliers (600 000) d’ouvriers venus des États voisins, (Ukraine, Biélorussie, Lettonie Lituanie et Russie), sont chargés de nettoyer la chape de poussière et de déchets radioactifs déposés par l’explosion.

Baptisés les “liquidateurs”, ils ne disposent que d’outils rudimentaires pour mener leur tâche à bien. Leur protection est quasiment inexistante.

Ils travaillent pour la plupart à mains nues dans un environnement radioactif hostile et très nocif. Beaucoup d’entre eux développeront par la suite des cancers et des leucémies.

Tchernobyl : Un paysage fantomatique et des masques à gaz qui jonchent le sol

Plusieurs dizaines de villages aux alentours de l’épicentre ont été rayés de la carte. La zone devient un no man’s land et les experts estiment qu’il faudra plus de 20 000 ans avant que ce territoire redevienne habitable.

Trente-cinq ans après le cataclysme, la nature a repris ses droits. Au milieu d’épais rideaux d’arbre on aperçoit des routes, des rues, des maisons occultées par le feuillage épais et même des manèges forains, couronnés par une grande roue.

Un paysage fantomatique, des masques à gaz qui jonchent le sol, des poupées désarticulées et des meubles rouillés…

Voilà les derniers vestiges de la folie des hommes, apprentis-sorciers, incapables de maîtriser le déchainement des éléments qu’ils défient.

Aujourd’hui on peut (on doit) visiter Tchernobyl. Ne serait-ce que pour l’exemplarité de la démarche et se dire : « plus jamais ça !« . Quelques guides ukrainiens, compteur Geiger à la main, vous accompagnent, à distance respectable du réacteur, emballé dans son énorme sarcophage, tel une œuvre de Cristo.

On aperçoit les “héros” de l’Union soviétique, matérialisés par des fresques sur un mur et une liste de noms des victimes directes de la catastrophe.

Les becquerels font crépiter le compteur pendant la visite et l’aiguille indique une intensité supportable et inoffensive (encore heureux) pour l’être humain. Si vous avez l’occasion de vous rendre sur le site de Tchernobyl, ne manquez pas la visite du musée éponyme à Kiev. (MUSEE KIEV)

Très fourni, avec des photos, coupures de presse, simulations, vidéos d’époque, etc…, il est un complément indispensable pour comprendre l’ampleur de la catastrophe qui a endeuillé des dizaines de milliers de familles.

Par Jean DA LUZ,  Directeur de la rédaction – TourMaG.com,  publié le samedi 24 Avril 2021

https://www.tourmag.com/Tchernobyl-35e-anniversaire-de-la-pire-catastrophe-nucleaire-de-l-Humanite_a108432.html

NDLR : si vous pouvez faire lire cet article à Arnaud Montebourg qui a déclaré le 12 avril 2021 « Tchernobyl, zéro mort » n’hésitez pas à le lui envoyer.

BELLEY (01) : « LE NUCLÉAIRE, C’EST FINI », LES MILITANTS MANIFESTENT CONTRE LA CENTRALE DU BUGEY

Samedi 24 avril de 9 heures à midi, une trentaine de militants de l’association Sortir du nucléaire en Bugey se sont retrouvés sur le rond-point Jean Monnet le long de la RD 1504. Les militants demandent aux autorités de s’orienter et d’investir massivement vers les énergies renouvelables.

Ce rendez-vous, samedi 24 avril, avait pour but de marquer le 35ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl. « Le parc nucléaire français arrive en fin de vie et la centrale du Bugey a plus de 40 ans », explique Jean-Pierre Collet, porte-parole de l’association.

« Malgré quelques travaux, l’État a décidé que cette centrale pouvait encore fonctionner dix ans, arguant que notre technologie est différente de celles des Soviétiques, poursuit le porte-parole. Maintenant, on veut nous imposer de nouveaux réacteurs de type EPR, dont certains pourraient être construits sur le site du Bugey, qui, je le rappelle, n’est qu’à une trentaine de kilomètres à vol d’atomes de Belley. » (NDLR : et de Lyon-Villeurbanne 700 000 habitants !)

« Comment penser que le nucléaire même français est sûr ? »

« Nos élus départementaux et la Communauté de communes  de la plaine de l’Ain semblent ravis de ce projet. Il est urgent de développer le mix énergétique. Comment penser que le nucléaire même français est sûr ? Regarder ce qui s’est passé à Fukushima. Comment penser que, nous citoyens français, nous ne connaîtrons pas de catastrophe sur notre territoire. De plus, le nucléaire produit des déchets hautement toxiques dont on ne sait que faire, si ce n’est les enterrer », conclut le porte-parole.

Les sympathisants ont ensuite déambulé en combinaison blanche autour du rond-point ou de nombreuses banderoles dénonçant le nucléaire avaient été dressées afin de sensibiliser les nombreux automobilistes à cette cause.

Les militants se sont fait remarquer par des tenues blanches et leurs masques.  Photo Progrès /Michel ZUCCALI

Publié le 24 avril 2021 à 17h35

Photo en titre : Le groupe de militants autour d’une des banderoles déployées sur le rond-point Jean-Monnet.  Photo Progrès /Michel ZUCCALI1 /4

Plus de photos sur le site:  https://www.leprogres.fr/environnement/2021/04/24/le-nucleaire-c-est-fini-les-militants-manifestent-contre-la-centrale-du-bugey

SUISSE : RECOURS PARTIELLEMENT ADMIS CONTRE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BEZNAU

Lausanne (awp/ats) – La centrale atomique de Beznau (AG) n’a pas livré toutes les preuves de sécurité nécessaires après l’accident nucléaire de Fukushima en mars 2011, estime le Tribunal fédéral (TF). Il a admis vendredi partiellement le recours de quinze particuliers.

Après la catastrophe au Japon, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) avait exigé que l’exploitant de la centrale de Beznau, Axpo Power, fournisse des justificatifs de sécurité.

Il devait démontrer qu’en cas de séisme, qui se produit une fois tous les 10’000 ans, éventuellement accompagné de crues, le refroidissement du cœur de la centrale et la sécurité des bassins de stockage des éléments combustibles demeureraient garantis et que la valeur limite de dose de radiations de 100 millisieverts ne serait pas dépassée.

L’IFSN a considéré en 2017 que la preuve avait été apportée. Plusieurs particuliers ont fait appel de la décision de l’autorité de surveillance auprès du Tribunal administratif fédéral, en vain.

Justificatif à fournir

Dans un arrêt publié vendredi, le Tribunal fédéral donne cependant en partie raison aux recourants. Si la haute cour reconnaît que le justificatif requis pour un accident de catégorie 3, dont la valeur limite est de 100 millisieverts, a été fourni correctement, il aurait aussi fallu prouver que la valeur limite de dose de radiations d’un millisievert était respectée pour un accident de catégorie 2.

Le TF justifie sa décision par le fait que le respect de la valeur limite plus élevée ne dit rien sur l’exposition au rayonnement d’un millisievert à respecter dans le cas d’un accident moins grave.

L’IFSN doit désormais demander à l’exploitant de la centrale de Beznau le justificatif de sécurité supplémentaire, à moins qu’il ne soit devenu obsolète à la suite d’autres vérifications. (Arrêt 2C_206/2019 du 25.03.2021)

Par ats/vj, publié le 23 avril 2021 à 13h03

https://www.zonebourse.com/cours/action/TOKYO-ELECTRIC-POWER-COMP-6491247/actualite/Recours-partiellement-admis-contre-la-centrale-nucleaire-de-Beznau-33046784/

CES CENTRALES NUCLÉAIRES FRANÇAISES QUI FONT PEUR À L’ITALIE

L’exploitation de 16 réacteurs nucléaires à la frontière italienne a été prolongée sur décision des autorités françaises. Greenpeace Italie alerte sur les risques pour les habitants de certaines régions italiennes et réclame une consultation transfrontalière.

La France a décidé de prolonger de 10 ans l’exploitation de 16 réacteurs nucléaires à la frontière italienne. Une décision qui indigne Greenpeace Italie, car ces installations ont au moins 40 ans, rapporte la chaîne RaiNews24.

«Ces vieilles usines sont dangereuses même maintenant et aucun miracle ne pourra jamais les amener aux normes de sécurité exigées aujourd’hui», pointe auprès de la chaîne Giuseppe Onufrio, directeur exécutif de Greenpeace Italie, évoquant les «risques considérables» pour les habitants de la Ligurie, du Piémont, du Val d’Aoste et de la Lombardie.

Ce choix de Paris rentre dans le cadre du projet de prolongation de l’exploitation des 32 plus anciens réacteurs français pour 10 ans décidé le 3 décembre par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). À la demande de Greenpeace, le ministère de l’Environnement de l’époque a adressé le 14 janvier une note aux autorités françaises demandant une consultation transfrontalière.

«Après trois mois de silence nous demandons au ministre Cingolani, non seulement de protester auprès du gouvernement français, mais aussi, et surtout, d’entamer les procédures nécessaires auprès des instances compétentes pour infractions à la Convention d’Espoo», fait savoir Ivan Novelli, président de Greenpeace Italie.

Adoptée en 1991, la Convention d’Espoo définit les obligations des parties quant à l’évaluation des effets éventuels sur l’environnement de certains projets et d’en informer les autres États, et de les consulter avant de prendre des décisions. Selon la chaîne, Greenpeace France a adressé une demande similaire au Secrétariat de la Convention.

Le ministère de la Transition écologique réagit

Contacté par Sputnik, le ministère de la Transition écologique estime que les centrales nucléaires françaises ne sont pas proches de la frontière italienne.

«Nous n’avons pas de centrales nucléaires à la frontière italienne. En tout état de cause, toute décision de prolongation de la durée de vie de réacteurs au-delà de leur 4ème visite décennale est conditionnée au respect des plus hauts critères de sûreté, ce respect étant contrôlé et sanctionné par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN)», précise le ministère.

Centrales nucléaires en France

Le journal numérique TorinoToday cite quatre centrales nucléaires, les plus proches de la frontière italienne: Cruas, Saint Alban, Bugey et Tricastin, situées entre autres dans des zones à risque sismique modéré ou moyen.

Et c’est le Tricastin, en région Rhône-Alpes, à environ 180 kilomètres à vol d’oiseau de l’Italie, qui suscite le plus d’attention des inspecteurs européens en matière de contrôles, car cette centrale équipée de quatre réacteurs nucléaires à eau sous pression de 900 mégawatts chacun, en service depuis 1974, a évité de justesse des conséquences graves.

En 2011, un incendie s’est déclenché sur le site, touchant le transformateur d’une unité à l’arrêt de la centrale nucléaire. Sans conséquence, car il «s’est déroulé dans la partie non nucléaire des installations».

Par Nikita Martynov, publié le 23 avril 2021 à 15h42

Photo en titre : © AFP 2021 JEFF PACHOUD

https://fr.sputniknews.com/europe/202104231045512708-ces-centrales-nucleaires-francaises-qui-font-peur-a-litalie/

POLYNÉSIE : UNE PROPOSITION DE LOI SUR LE NUCLÉAIRE BIENTÔT DÉBATTUE À L’ASSEMBLÉE NATIONALE

Moetai Brotherson a annoncé ce vendredi lors d’une conférence de presse l’examen de sa proposition de loi sur le nucléaire à l’Assemblée nationale. Ce texte a pour objectif de demander à l’État une meilleure prise en charge des victimes et leurs descendants en les plaçant officiellement sous le statut de pupille de la Nation. Il prévoit aussi la mise en place d’une commission sur le volet environnemental des conséquences des essais, et notamment la dépollution des sites.

Le 17 juin prochain, l’Assemblée nationale examinera la proposition de loi du député polynésien relative aux conséquences des essais nucléaires. Les parlementaires évoqueront le volet environnemental et la dépollution de Moruroa, mais il sera surtout question de santé. Le texte a pour but d’améliorer l’accompagnement des victimes du nucléaire sur le plan médical. « Des victimes qu’elles soient polynésiennes ou les autres. Il y a aussi ceux qui ont vécu les essais au Sahara. Si vous êtes victime aujourd’hui des essais nucléaires et que vous êtes indemnisé, on vous donne une fois une somme d’argent et après vous continuez à vivre avec votre ou vos cancers parce que certains ont de multiples pathologies. Et il faut vous soigner et ça coûte des sous », relève Moetai Brotherson.

Les descendants de ces victimes seront également au cœur des débats. Le député indépendantiste souhaite demander à l’État de les placer sous le statut de pupille de la Nation. Une qualité attribuée en général à tout enfant de moins de 21 ans dont les parents ont été victimes de guerre ou bien d’actes de terrorisme. « Je pense que c’est à l’État de prendre en charge, pas tout mais une partie. Au moins l’éducation des enfants, indique le député. Il y a un certain nombre de règles qui découlent du statut de pupille de la Nation et qu’on pourrait peut-être transposer. »

Enfin, Moetai Brotherson a annoncé la mise en place en août prochain d’un colloque sur le cannabis. Il se tiendra à l’Université de la Polynésie française, et passera en revue les avantages et les inconvénients du paka sur le plan de la santé, de la justice et de l’économie. Un débat qui défraie la chronique depuis quelques semaines au fenua mais également en métropole. « Les opportunités existent. Je ne suis pas le seul à le dire puisque c’est déjà inscrit dans le plan de développement 2025 du gouvernement actuel, précise Moetai Brotherson. Donc vous voyez bien que même si on n’est pas de la même couleur, au moins on s’accorde sur le vert. »

Le colloque sur le cannabis se tiendra sur 3 jours. Il sera retransmis sur Internet pour permettre au grand public de participer aux débats et suivre les interventions de spécialistes internationaux et du fenua.  

Par Nicolas Perez, édité par Manon Kemounbaye, publié le 23/04/2021 à 16:h50

Photo en titre : crédit photo : Tahiti Nui Télévision

https://www.tntv.pf/tntvnews/polynesie/politique/une-proposition-de-loi-sur-le-nucleaire-bientot-debattue-a-lassemblee-nationale/

PROJET HERCULE : « ILS CHANGENT LE NOM, UN PEU LES TUYAUX, MAIS C’EST TOUJOURS LA MÊME VOLONTÉ DE DÉMANTELER UNE PARTIE D’EDF », FUSTIGE FABIEN GAY

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé vendredi 21 avril l’abandon du nom du projet, mais pas sa finalité, qui vise à diviser en trois entités EDF.

Le projet « Hercule » n’aura finalement pas le temps d’arriver au bout de ses travaux. Dans un entretien accordé au quotidien Ouest-France, Bruno Le Maire a appelé à une nouvelle stratégie dans les négociations visant à réorganiser le géant de l’énergie EDF, colossal chantier démarré en 2018. « Oublions Hercule et construisons ensemble le grand EDF. Voilà le message que je porte aux organisations syndicales », a ainsi précisé le locataire de Bercy.

Une annonce qui intervient alors que ce même projet Hercule, nommé en référence au héros de la mythologie romaine, fils de Jupiter, faisait depuis son annonce en avril 2019 quasi l’unanimité contre lui, autant de la part des organisations syndicales que des personnalités politiques de gauche comme de droite. À terme, il prévoit de réorganiser en profondeur EDF, en divisant l’entreprise en trois entités distinctes. En premier lieu, EDF bleu, entièrement public et consacré aux activités nucléaires du groupe. EDF vert serait lui dévolu à la vente d’électricité, aux énergies renouvelables et à la distribution via le réseau Enedis, ouvert à hauteur de 30 % aux capitaux privés. Et enfin EDF Azur, une entité publique séparée en charge des barrages hydroélectriques.

Le projet avait réveillé de vieilles craintes, notamment de voir le fleuron national privatisé. Les sénateurs socialistes avaient ainsi en décembre 2020 initié un référendum d’initiative partagée, à l’image de celui relatif contre le projet de privatisation d’Aéroport de Paris. L’objectif annoncé, empêcher ce qu’ils estiment être comme le « démantèlement d’EDF ». Et le 13 janvier, un débat, demandé par le groupe communiste au Sénat avait eu lieu en présence de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, autour du thème « Quel avenir pour l’entreprise EDF avec le projet Hercule ? ».

Des changements à la marge

Mais Bruno Le Maire l’a promis, « nous ne démantèlerons pas EDF », expliquant que le futur du projet dépendrait des propositions des syndicats. Dans un document de travail transmis à ces derniers le 12 avril, le ministère de l’Économie ne faisait déjà plus mention du terme Hercule, ni des trois couleurs choisies pour désigner ce qui aurait pu devenir les trois futures filiales, Bleu, Vert et Azur.

À la place, le gouvernement planche désormais sur une entité mère et deux filiales, tel que cela a été présenté aux syndicats dans le document de travail.

. La société principale se dénommerait désormais EDF SA, détenue à 100 % par l’État français et regroupant les activités nucléaires et thermiques du groupe, ainsi que les fonctions centrales. Cette société ne serait pas cotée en Bourse.

. Ce qui devait être EDF Azur deviendrait une filiale détenue à 100 % par EDF SA, en charge donc des activités hydroélectriques.

. Enfin, une deuxième filiale, qui serait contrôlée « très majoritairement » par EDF SA, serait en charge des activités renouvelables et du réseau de distribution. Bruno Le Maire se serait engagé auprès des syndicats à inscrire dans la loi une participation de l’État à hauteur de 75 % pour cette dernière.

Une situation qui fait dire à Fabien Gay, sénateur communiste de Seine-Saint-Denis, que les changements annoncés ne sont que minimes. « Ils changent le nom, un peu les tuyaux, mais au final, c’est toujours la même volonté de démanteler une partie d’EDF. Les syndicats sont reçus un par un, on leur présente une société mère, et deux filiales dont ils pourront choisir le nom. La belle affaire ! » ironise-t-il.

Pour le sénateur, le problème avec ce nouveau plan, comme avec ce qui était prévu initialement avec Hercule, est le statut des filiales, qui ne correspondrait pas avec les demandes de leur secteur d’activité. « On aurait l’hydroélectricité et le nucléaire complètement nationalisés, alors que c’est là que sont demandés les plus grands investissements, notamment avec le démantèlement annoncé de plusieurs réacteurs. Au contraire, la filière distribution, la plus lucrative avec une croissance annoncée à 3 milliards d’euros par an, serait en partie contrôlée par des actionnaires privés ».

« Ils vont trouver un autre nom. Ils peuvent l’appeler Ulysse ou Jupiter, le véritable problème, c’est la philosophie du projet » critique Fabien Gay. Bruno Le Maire s’est pourtant voulu rassurant dans son entretien à Ouest-France. Pour lui, la transformation d’EDF « doit aussi nous permettre de garantir des tarifs stables pour protéger les ménages français et les entreprises du prix de fluctuation des prix énergétiques ».

Bras de fer avec Bruxelles

L’État peut difficilement se passer de cette réforme, demandée de longue date par Bruxelles qui voit d’un mauvais œil la situation de quasi-monopole sur le marché d’EDF. Ainsi, l’Union Européenne exigerait que la production et la distribution d’électricité soit deux activités complètement étanches l’une de l’autre, demande notamment formulée par Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence, avec qui Paris est en discussion. Exaucer une telle demande rendrait difficile d’assurer l’unité du groupe EDF, volonté pourtant affichée par le gouvernement.

Et l’achèvement d’un accord avec Bruxelles est également nécessaire pour la survie économique du groupe. L’exécutif espère qu’en répondant aux exigences de l’Union Européenne, il arrivera à vendre l’électricité française plus cher qu’elle ne l’est actuellement. Jusqu’à maintenant, les tarifs sont encadrés par l’Arenh, un dispositif obligeant EDF à vendre à un prix régulé sa production électrique réalisée dans ses centrales nucléaires.

Les nouvelles discussions entamées avec les syndicats au mois d’avril laissent prévoir la stratégie du gouvernement. Faire front commun afin de peser plus lourd dans les négociations. Bruno Le Maire l’a ainsi évoqué, avec Bruxelles, « nous avons des lignes rouges ». En ligne de mire, une direction des ressources humaines capables de s’occuper de l’ensemble des salariés du groupe.

Des négociations débouchant donc sur une situation où chaque acteur défend ses propres intérêts, rendant de plus en plus lointain l’objectif d’arriver à réformer EDF avant la présidentielle de 2022 et remettre à flot ce navire submergé par les dettes.

L’espoir pour le groupe pourrait cependant venir de là où ne l’attend actuellement pas, en Inde. EDF a annoncé ce vendredi matin qu’une étape cruciale avait été franchie, dans le projet de construction de ce qui serait la plus grande centrale nucléaire au monde, située à Jaitapur. En espérant cette fois-ci que les investissements étrangers du groupe, qui dans le passé « n’ont pas toujours été heureux et ont coûté une fortune » comme le rappelle Fabien Gay, ne portent pas encore plus préjudice à l’entreprise.

Par Jules Fresard, publié le 23 avril 2021

Photo en titre : ALLILI MOURAD/SIPA

https://www.publicsenat.fr/article/politique/projet-hercule-ils-changent-le-nom-un-peu-les-tuyaux-mais-c-est-toujours-la-meme

(NDLR: je rappelle que lorsqu’une entreprise publique perd de l’argent, c’est le contribuable qui renfloue! Ce qui est le cas aujourd’hui avec Areva par exemple)

THREE MILE ISLAND, TCHERNOBYL, FUKUSHIMA : LE RÔLE DES ACCIDENTS DANS LA GOUVERNANCE NUCLÉAIRE

Jusque dans les années 1970, les centrales nucléaires étaient jugées intrinsèquement sûres, par conception. L’accident était appréhendé comme hautement improbable, pour ne pas dire impossible par les concepteurs et exploitants ; cela en dépit d’incidents récurrents qui ne faisaient l’objet d’aucune publicité.

Tout bascule en 1979 avec l’accident Three Mile Island (TMI) aux États-Unis. Largement médiatisé malgré l’absence de victimes, il apporte la preuve qu’un accident dit « majeur », ici avec fusion du cœur, est possible.

Dans les décennies suivantes, deux autres accidents majeurs, classés 7 sur l’échelle INES, surviennent : Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011. (NDLR : auxquels s’ajoutent pour la France 2 accidents graves à la centrale de Saint-Laurent- des Eaux, le premier le 17 octobre 1969, (50 kg de dioxyde d’uranium sont entrés en fusion au cœur du réacteur) et le second le  13 mars 1980 (fusion partielle du cœur du réacteur no 2), ces 2 accidents ont été classé 4 sur l’échelle INES.)

Le tournant des années 1980

Les niveaux de classements des événements sur l’échelle INES. IRSN, CC BY-NC-ND

Nous ne reviendrons ici, ni sur cette catégorisation, ni sur l’invention, après l’accident de Tchernobyl, de l’échelle INES permettant de classer les événements anti-sécuritaires sur une échelle graduée, allant d’un simple écart à la norme jusqu’à l’accident majeur.

Nous partirons de la conversion, à partir de 1979, de l’accident comme événement inenvisageable en événement possible, appréhendé et présenté par les experts nucléaires comme une opportunité d’apprentissage et d’amélioration.

Dès lors, l’accident offre l’occasion de « tirer les leçons » afin de renforcer la sûreté nucléaire, dans une démarche d’amélioration continue.

Mais quelles leçons exactement ? Le dernier accident en date, Fukushima, a-t-il conduit à des évolutions profondes dans la gouvernance des risques nucléaires, à l’instar de Tchernobyl ?

La fin de la logique de la faute

Three Mile Island est souvent présenté comme le premier accident nucléaire : en dépit des barrières techniques et procédurales alors en place, l’accident a lieu, il est donc possible.

Certains, comme le sociologue Charles Perrow, le qualifient même de « normal », au sens d’inévitable, du fait de la complexité des installations nucléaires et du couplage fort – c’est-à-dire des interdépendances très fortes entre les éléments composant le système –, susceptibles d’entraîner des « effets boule de neige » difficilement maîtrisables.

Du côté des experts institutionnels, industriels et académiques, l’analyse de l’accident modifie la vision de la place de l’homme dans ces systèmes et de l’erreur humaine : de problème moral, imputable aux « mauvais comportements » humains, il devient un problème systémique, imputable à une mauvaise conception du système.

Rompant avec la logique de la faute, ces leçons ont ouvert la voie à la systématisation du retour d’expérience, prônant une logique de transparence et d’apprentissage.

Tchernobyl et la gouvernance des risques

C’est avec Tchernobyl que l’accident devient « organisationnel », conduisant les organisations nucléaires comme les pouvoirs publics à lancer des réformes structurantes des doctrines de sûreté, fondées sur la reconnaissance du caractère essentiel des « problèmes d’organisation et de culture […] à la sûreté des opérations » (AIEA, 1999).

C’est aussi Tchernobyl qui initie des évolutions majeures des modalités de gouvernance des risques, aux échelles internationale, européenne et française. Un ensemble d’organisations et de dispositions législatives et réglementaires font alors leur apparition, dans le double souci de tirer les leçons de l’accident survenu dans la centrale ukrainienne et d’éviter qu’un tel accident se produise ailleurs.

La loi du 13 juin 2006 relative à la « transparence et à la sécurité en matière nucléaire » (dite TSN) qui promulgue, entre autres, le statut de l’ASN comme Autorité administrative indépendante du gouvernement, en est une manifestation emblématique.

Une possibilité pour chaque pays

25 ans après Tchernobyl, c’est le Japon qui fait l’expérience d’un accident au sein de la centrale de Fukushima-Daïchi.

Tandis que l’accident survenu en 1986 pouvait être imputé, pour partie, au régime soviétique et à sa technologie RBMK, la catastrophe de 2011 concerne une technologie de conception américaine et un pays que beaucoup considèrent à la pointe de la modernité.

Avec Fukushima, l’accident grave redevient une possibilité qu’aucun pays ne saurait écarter. Il ne donne pourtant pas lieu aux mêmes mobilisations que celui de 1986.

Fukushima, point de rupture ?

Dix ans après la catastrophe japonaise, on peut en effet faire le constat que celle-ci n’a pas initié de rupture profonde : ni dans la manière de concevoir, maîtriser et contrôler la sûreté des installations ; ni dans les plans et dispositifs conçus pour gérer une crise similaire en France (ou en Europe).

C’est ce que montrent notamment les travaux réalisés dans le cadre du projet de recherche Agoras.

S’agissant de la préparation à la gestion de crise, Fukushima a conduit à réinterroger les frontières temporelles entre phase d’urgence et phase post-accidentelle, et à investir davantage cette dernière.

Cette catastrophe a également conduit les autorités françaises à publier, en 2014, un plan de préparation à la gestion d’un accident nucléaire, faisant entrer ce dernier dans le régime commun de la gestion de crise.

Ces deux éléments se sont traduits par un renforcement du volet sécurité civile dans les exercices nationaux de gestion de crise conduits annuellement en France.

Mais comme le souligne de récents travaux, l’observation de ces exercices nationaux n’a pas révélé d’évolution significative, ni dans leur organisation et leur déroulement ; ni dans le contenu des plans et dispositifs, ni plus généralement dans la manière d’appréhender une crise résultant d’un accident majeur. À l’exception toutefois de la création de groupes nationaux capables d’intervenir rapidement sur site (la FARN).

Des changements limités

On peut certes considérer qu’à l’image des effets induits par les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl, les transformations structurelles prennent du temps et qu’il est peut-être encore trop tôt pour constater une absence de changements significatifs.

Mais les travaux menés dans le cadre d’Agoras nous amènent à formuler l’hypothèse que les changements demeureront limités ; cela pour deux raisons.

Une première raison tient au fait que des changements structurels ont été entrepris dans les 20 ans qui ont suivi l’accident de Tchernobyl ; on a vu la mise en place d’organisations dédiées à la prévention des accidents et à la préparation à la gestion de crise – comme l’ASN en France, ou encore des organismes de coopération européens (WENRA, ENSREG) et internationaux.

Ceux-ci ont entamé un travail continu sur les accidents nucléaires, développant progressivement des outils de compréhension et de réponse, ainsi que des mécanismes de coordination entre responsables publics et industriels, nationaux et internationaux.

Ces outils ont été « activés » à la suite de l’accident de Fukushima et ont permis de proposer rapidement une explication de cet accident, d’engager des procédures communes comme les évaluations complémentaires de sûreté (les fameux « stress tests »), et de proposer collectivement des révisions limitées des normes existantes de la sûreté nucléaire.

Ce travail a permis de normaliser l’accident, en le faisant entrer dans les organisations et cadres de pensée existants de la sûreté nucléaire.

Cela a contribué à établir la conviction, parmi les professionnels du secteur et les pouvoirs publics français, que le régime de gouvernance en place était en mesure de prévenir et de faire face à un événement de grande ampleur, sans qu’il soit nécessaire de le réformer profondément.

L’inertie du système français

Une deuxième raison tient aux relations étroites qu’entretiennent en France les acteurs majeurs de la filière nucléaire civile (exploitants – EDF en premier lieu – et régulateurs – l’ASN et son appui technique l’IRSN), notamment autour de la définition et de l’évaluation des mesures de sûreté dans les centrales.

Ces relations sont constitutives d’un système d’action organisé exceptionnellement stable. L’accident de Fukushima a offert, un bref instant, une fenêtre d’opportunité pour imposer des mesures supplémentaires aux exploitants.

À lire aussi : L’heure des comptes a sonné pour le nucléaire français

Mais cette fenêtre s’est rapidement refermée, et le système d’action a retrouvé sa stabilité. On observe l’inertie de ce système dans la production de nouveaux instruments de régulation, dont la conception et la mise à jour prennent plusieurs années.

On la retrouve également dans l’organisation des exercices de gestion de crise, qui continuent de perpétuer les distinctions sûreté-sécurité, accident-crise, intérieur de l’installation-environnement, et plus largement technique-politique – autant de distinctions qui préservent la forme et le contenu des relations qu’entretiennent régulateurs et exploitants.

Apprendre des accidents

À l’instar de Tchernobyl, Fukushima a d’abord été appréhendé comme un événement exceptionnel : en insistant sur la rencontre entre un tsunami de taille inédite et la centrale nucléaire, en mettant en avant l’absence d’agence de régulation indépendante au Japon, en insistant sur le respect excessif des Japonais pour la hiérarchie, il s’est agi de construire un événement singulier, pour postuler qu’il ne pouvait se reproduire à l’identique dans d’autres régions du monde.

Mais dans le même temps s’est opéré, notamment en France, un processus de normalisation, ne portant pas tant sur l’événement lui-même, que sur les risques qu’il représente pour l’organisation de la filière nucléaire, soit des acteurs et de formes de savoirs légitimes et autorisés.

Le processus de normalisation a ainsi abouti à faire entrer l’accident dans des catégories, institutions et dispositifs existants, afin de démontrer leur capacité à en prévenir l’occurrence et, si un accident survenait, à en limiter l’impact.

Il résulte d’un travail de délimitation de frontières, certaines parties cherchant à les maintenir, d’autres les contestant et travaillant à les déplacer.

On observe finalement le maintien de frontières auxquelles les acteurs de la filière (opérateurs et régulateurs) tiennent fortement : entre technique et politique, et entre experts et profanes.

Questionner sans relâche la gouvernance nucléaire

Si l’accident de Fukushima a pu être saisi par des acteurs politiques ou de la société civile pour contester la gouvernance de la filière nucléaire et son caractère « fermé », très vite aux échelles européenne et française, opérateurs et régulateurs ont entrepris de démontrer leur capacité, autant à prévenir un tel accident qu’à en gérer les conséquences ; cela afin de suggérer que l’on pouvait continuer à leur confier la régulation de ce secteur.

Quant au mouvement d’ouverture vers les acteurs de la société civile, celui-ci a été amorcé bien avant l’accident Fukushima (notamment avec la loi TSN de 2006), et ce dernier a, au mieux, prolongé une tendance préexistante.

Mais d’autres frontières semblent ces dernières années émerger ou se renforcer, notamment entre facteur technique et facteurs humain et organisationnel ou entre l’exigence de sûreté et les autres exigences des organisations nucléaires (performance économique et industrielle en particulier), sans que l’on sache précisément si cela est lié ou non aux accidents.

Ces mouvements, qui vont de pair avec une bureaucratisation des relations entre le régulateur et son expert technique et entre ceux-ci et les opérateurs, appellent de nouvelles recherches à même de questionner leurs effets sur les fondements de la gouvernance des risques nucléaires.

Se parler et s’entendre

Les mêmes causes produisant les mêmes conséquences, c’est bien dans la fermeture de la filière nucléaire à toute forme de « savoir inconfortable », selon le concept de Steve Rayner, que le bât blesse.

La recherche en sciences sociales a depuis longtemps démontré la nécessité dans l’étude des problèmes complexes d’associer une pluralité d’acteurs de profil et de formation différents, pour un travail qui dépasse les frontières disciplinaires et institutionnelles.

Chercheurs en sciences sociales, ingénieurs et pouvoirs publics doivent se parler et, surtout, s’entendre. Cela signifie être prêts, pour les ingénieurs ou décideurs, à prendre en compte des faits ou savoirs susceptibles de remettre en cause des doctrines et arrangements établis et leur légitimité.

Les chercheurs en sciences sociales, eux, doivent être prêts à franchir les portes des organisations nucléaires, pour s’approcher au plus près de leur fonctionnement ordinaire, écouter ses acteurs, observer les situations de travail.

Mais notre expérience, notamment dans le cadre d’Agoras, nous montre que ce travail est non seulement long et coûteux, mais également semé d’embûches. Car même lorsqu’un acteur finit par être convaincu du bien-fondé de tel ou tel savoir, les relations étroites d’interdépendance qu’il entretient avec les autres acteurs de la filière, constitutives du système de gouvernance, compliquent pratiquement son opérationnalisation et, par suite, préviennent des évolutions majeures des modalités de gouvernance.

Finalement, le couplage fort caractérisant le système de gouvernance de la filière nucléaire en constitue sans doute l’une des vulnérabilités.

Par Stéphanie Tillement (Sociologue, IMT Atlantique – Institut Mines-Télécom) et Olivier Borraz (Directeur de recherche CNRS – Centre de Sociologie des Organisations, Sciences Po), publié le 23 avril 2021 à  22h33

Déclaration d’intérêts

Stéphanie Tillement a reçu des financements du programme Investissements d’avenir et de l’ANR, dans le cadre du projet Agoras.

Olivier Borraz a reçu des financements du programme Investissements d’avenir et de l’ANR dans le cadre du projet Agoras.

Photo en titre : En mars 1980, après l’accident de Three Mile Island, le chef de la radioprotection de Pensylvanie, Thomas Gerusky, regarde à l’intérieur du sas de la zone de confinement de l’unité 2 de la centrale. UPI / AFP

https://theconversation.com/three-mile-island-tchernobyl-fukushima-le-role-des-accidents-dans-la-gouvernance-nucleaire-159375

EN FRANCE, 35 ANS APRÈS LA CATASTROPHE DE TCHERNOBYL, LA DÉSINFORMATION EST PLUS QUE JAMAIS À L’ŒUVRE

La catastrophe de Tchernobyl est à l’origine de la création de la CRIIRAD. De simples citoyens ont voulu réagir à la diffusion d’informations mensongères qui sous-évaluaient considérablement la contamination, et dénoncer l’absence de protection des populations.

Aujourd’hui pourtant un nombre croissant d’articles assure que les autorités n’ont pas menti. Les procédés utilisés sont assez grossiers mais ils semblent fonctionner car, le temps passant, la mémoire s’efface.

Nous avons souhaité réagir et mettre à jour les manipulations : lire notre communiqué de presse.

En complément, un premier volet du dossier rappelle les déclarations choquantes, et sans fondement scientifique, des services officiels français sur l’ampleur de l’accident et son impact en Union soviétique. Le second volet traite du fameux bouclier anticyclonique qui aurait protégé la France (avec le panneau STOP sur la frontière française). Il sera diffusé lundi.

Par la CRIIRAD, (29, cours Manuel de Falla, 26 000 Valence), publié le 23 avril 2021

https://www.criirad.org/

MOSELLE. LE LUXEMBOURG AFFIRME QUE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM PEUT ÊTRE ARRÊTÉE

Dans un communiqué, le Luxembourg et les Länder allemands de Sarre et Rhénanie-Palatinat affirment que la centrale nucléaire de Cattenom pourrait être arrêtée sans problème.

Installée à quelques kilomètres à peine des frontières luxembourgeoise et allemande, la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) continue d’inquiéter le Grand-Duché et les Länder allemands de Sarre et Rhénanie-Palatinat.

À tel point que dans un communiqué, ils réaffirment leur opposition « à la poursuite de l’énergie nucléaire […] qui doit appartenir au passé, en particulier chez nos voisins directs ».

Une étude menée par des experts

Pour appuyer leur demande, le Luxembourg a commandé une étude auprès d’un bureau d’expert indépendant, Consentec, pour savoir si l’arrêt de cette centrale, dont le premier réacteur a été posé en 1986, poserait problème pour l’approvisionnement en électricité.

Selon cette étude, la réponse est NON. « Les problèmes de sécurité d’approvisionnement n’empêchent pas le démantèlement de la centrale », estiment les experts.

« Cette conclusion pourrait inciter le gouvernement français, qui a prévu de retirer plusieurs centrales nucléaires du réseau dans les années à venir, d’arrêter celle de Cattenom en priorité », estiment les gouvernements dans leur communiqué.

Un docu-choc sur Arte

Cette centrale nucléaire a notamment inspiré un docu-fiction intitulé An Zéro, comment le Luxembourg a disparu, diffusé le mercredi 21 avril sur Arte.

Celui-ci imagine une catastrophe nucléaire qui pourrait rayer le Grand-Duché de la carte.

Par Ninon Oget, publié le 23 avril 2021 à 13h42

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, pourrait être arrêtée sans problèmes selon une étude commandée par le Luxembourg. (©Illustration/Adobe Stock)

https://actu.fr/societe/moselle-le-luxembourg-affirme-que-la-centrale-nucleaire-de-cattenom-peut-etre-arretee_41294198.html

TCHERNOBYL +35: LA VOIX D’ELENA EN ÉCOUTE SUR LE WEB

Svetlana ALEXIEVITCH a recueilli la parole de survivants de la catastrophe.

De ce travail de journaliste, elle a fait une œuvre d’écrivain: La SUPPLICATION qui a obtenu le  prix Nobel de littérature 2015  pour son œuvre liée à la catastrophe de Tchernobyl.

Elle donne à entendre la maladie, l’abandon, la mort, mais aussi l’amour, la vie.

Comment vivre et penser après Tchernobyl ? C’est la question que pose Svetlana Alexievitch. L’ouvrage en russe avait pour sous-titre Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse (titre original : La Prière de Tchernobyl, chronique du futur).

Ces 25 et 26 avril 2021, dans plusieurs villes et suite à un appel national, des groupes de femmes vont déclamer en public le prologue  de « La supplication ». Il s’agit du monologue d’Elena, jeune femme de 23 ans qui voit partir cette nuit-là son mari, pompier. Elle parle ensuite de l’hôpital, décrit le corps de son mari jour après jour, et sa mort; et les sacs en plastique, le cercueil en zinc, le cimetière de “déchets radioactifs” …Et sous les mots terribles, c’est l’amour fou exprimé par Hélena.

https://april26appeal.noblogs.org/post/2021/04/

En raison du confinement et de ses limitations pouvant empêcher de participer aux déclamations en public du prologue, le CRILAN propose ci-dessous un lien pour l’écoute documentée du préambule sur Soundcloud.

https://soundcloud.com/lamireau-thierry/des-vies-irradiees-la-supplication-prologue-a-une-voix-solitaire-de-svetlana-alexievitch

Un rappel historique

Tchernobyl est située en Ukraine, à 40 kilomètres de la frontière sud de la Biélorussie, à 135 kilomètres de Gomel (Biélorussie), à 150 kilomètres de Kiev (Ukraine), à 600 kilomètres de Moscou (Russie) et à 2 000 kilomètres de Paris. Le 26 avril 1986, lorsque le réacteur de la quatrième tranche de la centrale nucléaire explose, les vents soufflent vers le nord. En Biélorussie, 2,1 millions de personnes sont contaminées, dont 700 000 enfants. Mais, « selon les observations, un haut niveau de radiation fut enregistré le 29 avril 1986 en Pologne, en Allemagne, en Autriche et en Roumanie ; le 30 avril, en Suisse et en Italie du Nord ; les 1er et 2 mai, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Grande-Bretagne et dans le nord de la Grèce ; le 3 mai, en Israël, au Koweït, en Turquie… ». En moins d’une semaine, Tchernobyl était devenu un problème pour le monde entier.

Pour aller plus loin sur « La Supplication » :

. Un article sur Wikipédia

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Supplication

. L’émotion de Michel Polac à propos du livre de Svetlana Alexievitch

https://www.ina.fr/audio/P14008638?gclid=CjwKCAjw9r-DBhBxEiwA9qYUpW7o5mGMSkkxhltMwb6w2xkkPPjrhvmVQRaJ7ugmSZKYWXPcUh7MrhoCsSMQAvD_BwE

Par André JACQUES, publié le 22 avril 2021

http://crilan.fr/tchernobyl-35-la-voix-delena-en-ecoute-sur-le-web/

TCHERNOBYL: 35 ANS DÉJÀ ET ENCORE…

Communiqué de Presse CRILAN

Il y a 35 ans se produisait à Tchernobyl en Ukraine soviétique, sans doute le plus grave accident nucléaire connu. Le réacteur toujours en fusion sous son sarcophage de béton maintient la radioactivité sous le boisseau, pour combien de temps encore ?

On n’en a pas terminé de comptabiliser les survivants(es) de l’époque qui développent les maladies aujourd’hui et les enfants nés malades cardiaques après la catastrophe.

Cet événement de 1986 et le dixième anniversaire de Fukushima du mois dernier, sont pour nous habitants du Cotentin le rappel que de telles catastrophes sont possibles pour nous aussi.

Les réacteurs vieillissants de Flamanville 1 et 2 qui peinent à redémarrer après leur récent rafistolage. L’EPR qui n’en finit pas d’allonger la liste des dysfonctionnements et malfaçons, le centre de la Hague dont les piscines contiennent environ l’équivalent d’une centaine de réacteurs ne sont pas protégées contre la chute accidentelle ou volontaire d’un avion de ligne.

N’excluant plus la possibilité d’un accident majeur, les autorités « responsables » plaident pour la « résilience » et le retour d’expérience post Fukushima démontre leur volonté d’insuffler la « culture du risque » dans la population. Cela veut dire : « soyez responsable de votre propre sécurité en adoptant des gestes et en ayant des comportements adaptés, vous pourrez vivre en zone contaminée comme on demande aux japonais de le faire aujourd’hui ».

Pour le CRILAN comme pour la plupart des habitants du Cotentin, nous refusons cette perspective post accidentelle.

La vraie culture du risque, c’est la suppression du risque.

Arrêtons les réacteurs 1 et 2 de Flamanville devenus obsolètes, ne démarrons pas l’EPR hors service et dangereux avant d’avoir produit le moindre kilowatt heure, bunkérisons les piscines de la Hague et arrêtons la production de plutonium par le retraitement des combustibles usés.

Pour le 35ème anniversaire de cette catastrophe de Tchernobyl, nos pensées vont vers les victimes, les malades et notamment les enfants.

Le CRILAN qui a reçu Yves Lenoir, le Président de l’association « Enfants de Tchernobyl Bélarus » en 2019, invite la population à soutenir les associations qui leur viennent en aide car les besoins sanitaires sont très importants.

Par André JACQUES, publié le 22 avril 2021

http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

Vous pouvez également voir sur ce site une vidéo annonce (7mn35s) de Tchernobyl le monde d’après un film de Yves Lenoir et Marc Petijean sur « Tchernobyl aujourd’hui »

QUAND BRUXELLES CHERCHE À VERDIR LES INVESTISSEMENTS FINANCIERS

Comment réorienter les flux financiers vers des technologies et entreprises respectueuses de l’environnement ? C’est tout l’enjeu de la création de la «taxonomie verte» de l’Union européenne (UE) : un système de classification d’activités économiques jugées «durables» écologiquement. Avec l’idée que cela incite les investisseurs à privilégier les activités inclues dans cette classification. D’où une bataille acharnée de la part de certains secteurs comme le nucléaire ou le gaz, pour en faire partie.

Une première série de critères, déterminant quelles activités permettent de lutter contre le changement climatique, a été adoptée mercredi par la Commission européenne. Fondés sur les avis scientifiques du groupe d’experts techniques (TEG) sur la finance durable, ils concernent, précise Bruxelles, «les activités économiques de quelque 40 % des sociétés cotées dans les secteurs responsables de près de 80 % des émissions directes de gaz à effet de serre (GES) en Europe (énergie, sylviculture, industrie manufacturière, transports, construction)».

Le document dans lequel figurent ces critères «sera amené à changer au fil du temps», selon la Commission qui précise qu’ils «feront l’objet d’un réexamen régulier» et qu’il sera «possible […] de faire entrer dans leur champ d’application de nouveaux secteurs et de nouvelles activités».

«Greenwashing»

De quoi laisser présager de futures bagarres, notamment au sujet de l’énergie nucléaire et du gaz fossile. Pour l’heure, la Commission européenne a reporté sa décision sur ces deux secteurs, tant celle-ci est délicate et oppose les lobbys industriels, certains États, et les ONG. Présenté par ses partisans comme une énergie de transition pour sortir du charbon et du pétrole, le gaz fera l’objet d’un texte complémentaire qui sera «adopté plus tard cette année». Pour se prononcer sur le nucléaire, la Commission attend les conclusions de deux groupes d’experts indépendants (NDLR : vraiment indépendants ? Hum…?) sur les impacts environnementaux de cette énergie, présentée par ses défenseurs comme «décarbonée».

Mercredi, l’UE a «créé un précédent important en se dotant du premier registre mondial des investissements “verts”», estiment les ONG membres du Réseau Action Climat (RAC). Mais «les conditions pour réorienter la finance vers la transition écologique ne sont pas réunies», déplorent-elles. Elles voient deux raisons à cela. Tout d’abord, «en accédant à la demande de la France [très active pour que le nucléaire soit labellisé comme “vert”, ndlr] et en laissant la porte ouverte à l’inclusion du gaz fossile et du nucléaire dès l’été, la Commission risque de décrédibiliser cet outil et d’en faire un instrument de greenwashing pour les industries polluantes».

Ensuite, les ONG déplorent que des «critères désastreux» aient été retenus pour les secteurs de la forêt et de la bioénergie, poussant certaines d’entre elles, dont le WWF ou Greenpeace, à appeler le Conseil et le Parlement européens à rejeter le document, soulignant que ces critères permettraient de labelliser comme «vert» «quasiment tous les types d’exploitation du bois et de combustion des arbres pour produire de l’énergie, ce qui peut émettre plus de GES que le charbon». Un débat loin d’être terminé.

Par Coralie Schaub, publié le 23 avril 2021

Photo en titre : © Omar Marques La centrale à charbon de Belchatow, dans le village de Rogowiec, en Pologne, le 23 février.

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/quand-bruxelles-cherche-%C3%A0-verdir-les-investissements-financiers/ar-BB1fXmG3

35 ANS DE TCHERNOBYL : LA CATASTROPHE CONTINUE DANS UN DÉNI INDÉCENT

Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale ukrainienne de Tchernobyl explosait, entraînant le pire accident nucléaire jamais connu et relâchant un panache radioactif qui toucha une bonne partie de l’Europe et de la Russie. Des centaines de milliers de personnes durent quitter leur lieu de vie et une zone d’exclusion de 2600 km2 fut créée. Sans le sacrifice de centaines de milliers de « liquidateurs » intervenant sur la centrale accidentée, les conséquences de l’accident auraient pu être plus catastrophiques encore.

35 ans après, la catastrophe est toujours en cours

Rappelons-le avec force : Tchernobyl n’appartient pas au passé et les conséquences de cet accident se feront encore sentir pendant des siècles. Le Césium 137, principal radioélément rejeté, toujours présent dans les sols, n’a vu sa radioactivité diminuer que de moitié. Plus de 4 millions de personnes vivent encore sur des territoires hautement contaminés et doivent surveiller en permanence leur alimentation. Les données publiées par des hôpitaux biélorusses laissent apparaître une prévalence élevée chez les enfants de différentes pathologies, notamment cardiovasculaires, et de malformations congénitales [1].

Malgré les clichés d’une nature qui reprend ses droits dans la zone, la faune et la flore sont également affectées par les radiations persistantes [2] et s’avèrent encore plus vulnérables aux incendies [3], comme celui qui a ravagé 870 km2 au printemps 2020 et dont les flammes sont arrivées non loin de la centrale. Enfin, 35 ans après, même si une gigantesque enceinte a été installée au-dessus de l’ancien sarcophage qui menaçait de s’effondrer, il n’existe toujours pas de solution pour évacuer les restes de combustible et de corium enfouis sous les 4000 tonnes de matériaux ayant servi à étouffer l’incendie.

En France, la majorité de la classe politique persiste dans le déni du risque nucléaire

Pourtant, plus le temps passe, plus une musique inquiétante s’installe chez certains commentateurs : l’inexorable minimisation des conséquences pour les victimes de la catastrophe. La morbidité persistante et les pathologies radio-induites sont tenues pour quantité négligeable, quand les décès entraînés par l’accident ne sont pas tout simplement niés. Qu’un prétendant à la présidentielle tel qu’Arnaud Montebourg puisse proclamer comme une évidence « Tchernobyl : zéro mort ! » est extrêmement grave.

Rappelons qu’une catastrophe nucléaire comme Tchernobyl pourrait malheureusement arriver en France : l’Autorité de sûreté nucléaire, non sans cynisme, entend même nous y préparer et appelle au développement d’une « culture du risque » [4] ! Ses conséquences sanitaires, environnementales et économiques seraient écrasantes [5]. Même hors conditions accidentelles, rappelons qu’une relance du nucléaire irait de pair avec la poursuite de la pollution des mines d’uranium et de la production de déchets ingérables, ainsi que la poursuite de rejets radioactifs réguliers dans l’eau et dans l’air.

Nous dénonçons fermement cette minimisation du risque nucléaire et l’offensive qui l’accompagne, menée par l’industrie nucléaire et ses soutiens politiques, pour  présenter la construction de nouveaux réacteurs comme inéluctable et discréditer la perspective d’une France 100% renouvelable. Alors qu’EDF est confrontée à une dette abyssale, le lobby joue des pieds et des mains pour rendre le nucléaire éligible aux investissements « verts » européens et faire financer les nouvelles installations par l’argent public. Tout en prétendant que la décision de construire de nouveaux réacteurs n’est pas encore prise, le gouvernement vient de passer un appel d’offre pour étudier des pistes de financement. Pourtant, miser sur l’électricité « bas-carbone » de nouveaux réacteurs hors de prix et lents à construire serait une perte de temps et d’argent inexcusable face à l’urgence climatique.

Pour rappeler l’actualité de la catastrophe de Tchernobyl et exprimer notre refus déterminé d’une relance du nucléaire, des actions seront organisées dans plusieurs villes de France. En particulier, dans le cadre de l’Appel du 26 avril, en de nombreux lieux se tiendront des lectures publiques du prologue de La Supplication, œuvre du prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch, qui s’ouvre sur le récit poignant de la femme d’un pompier de Tchernobyl.

Notes :

[1] Voir notamment les travaux du Pr. Yuri Bandazhevsky et les données collectées par l’association Enfants de Tchernobyl Belarus laissant apparaître un taux de malformations cardiaques congénitales 10 à 20 fois supérieur à la normale chez les enfants suivis par la polyclinique de Minsk.

[2] Voir à ce sujet les travaux des biologistes Anders Møller et Timothy Mousseau.

[3] Comme le montrent les travaux d’Anders Møller et Timothy Mousseau, la radioactivité affecte les organismes du sol responsables de la décomposition du bois mort, ce qui résulte en l’accumulation de matières sèches inflammables

[4] L’ASN a ainsi mis en place le site https://post-accident-nucleaire.fr/. Dans les schémas prévus, ce serait alors aux élus locaux, personnels de santé, entrepreneurs, enseignants de se responsabiliser, « de prendre leur destin en main » (terme utilisé par l’IRSN à l’occasion du retour d’expérience de Fukushima) pour gérer une crise …. dans laquelle ils n’ont eu aucune responsabilité, aucune décision !)

[5] Selon l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, un accident de type Fukushima pourrait coûter plus de 430 milliards d’euros. Une précédente évaluation de l’IRSN, datée de 2007, envisageait même un scénario extrême à 5800 milliards d’euros.

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Publié le 23 avril 2021

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/35-ans-de-Tchernobyl-la-catastrophe-continue-dans

Photo en titre : © 2016 Wikipedia – Le réacteur 4 de la centrale a explosé dans la nuit du 26 avril 1986

NEUVY/LOIRE (58) : MOBILISATION AUTOUR DES 35 ANS DE LA CATASTROPHE TOUJOURS EN COURS A TCHERNOBYL

À 17h Dimanche 25 avril 2021 – au pied de Notre-Dame de la Délivrance à NEUVY/LOIRE (58)

«Tel est le cycle du mal aigu des rayons : quatorze jours … En quatorze jours, l’homme meurt…»

Sortir Du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye fera une Lecture collective du prologue de « LA SUPPLICATION, de Svetlana Alexievitch (témoignage de la femme d’un des pompiers intervenus en premier sur la centrale)

Le 26 avril 1986 la centrale de Tchernobyl explose.

La Biélorussie est le pays le plus gravement touché par la catastrophe, c’est le pays de Svetlana Alexievitch.

Dix ans après l’exposition, elle recueille les témoignages des victimes.

Elle nous les livre dans un ouvrage qui s’intéresse aux vies de ceux qui l’ont subi de plein fouet, La supplication.

Le premier témoignage, qui sert de prologue, est celui de la femme d’un pompier qui raconte le calvaire de son mari.

Il fut l’un des premiers sur les lieux après l’explosion.

Ni protégé, ni informé des risques encourus, il a subi de plein fouet les irradiations… 

https://april26appeal.noblogs.org/

Le texte du prologue

Publié le 22/04/2021 à 15h18

En savoir plus : http://m.sdn-berry-giennois-puisaye.fr/news/mobilisation-autour-des-35-ans-de-la-catastrophe-toujours-en-cours-a-tchernobyl/

USINE FRAMATOME DE ROMANS-SUR-ISÈRE : NON-RESPECT D’UNE RÈGLE DE MAÎTRISE DE LA CRITICITÉ