SUISSE : LE CONSEIL NATIONAL REFUSE DE RÉHABILITER LE NUCLÉAIRE

Pas question de revenir sur l’interdiction de construire de nouvelles centrales. Par contre, celles existantes doivent continuer à produire tant qu’elles sont sûres.

«L’octroi d’autorisations générales pour la construction de centrales nucléaires est interdit», telle est la formule actuelle qui figure dans la loi sur l’énergie nucléaire helvétique. Et elle va le rester. Dans le cadre du projet pour un approvisionnement en électricité sûr reposant sur des énergies renouvelables, le Conseil national a refusé une proposition de l’UDC, portée par Pierre-André Page (UDC/FR), d’introduire une possibilité d’octroi d’autorisations pour de nouvelles installations nucléaires. «L’eau, le vent et le soleil sont des éléments sympathiques. Mais ils ne suffisent pas. Ne rêvons pas. Soyons réalistes», a tenté de convaincre le Fribourgeois. Mais le résultat est sans appel: 132 voix contre 59 (essentiellement à l’UDC).

Une proposition de Christian Wasserfallen (PLR/BE) pour autoriser les installations nucléaires de la quatrième génération a également été retoquée. Rapporteur de la commission, Roger Nordmann (PS/VD) avait annoncé la couleur: «La question du nucléaire est réglée en Suisse, il n’y a pas de raison de s’écarter de la stratégie votée par le peuple en 2017 avec plus de 58% des voix.» Avant lui, le conseiller fédéral Albert Rösti, dont on connaît pourtant la position favorable au nucléaire, avait dû admettre: «Le Conseil fédéral refuse toute modification de la loi sur le nucléaire».

Pas tirer la prise des centrales

Le Conseil national a refusé aussi une proposition des Vert.e.s visant à se passer des centrales existantes dans un avenir proche. Delphine Klopfenstein Broggini (V/GE) s’en est faite la porte-parole: «Il faut inclure un plan de désengagement pour les centrales existantes. En France, 40% des centrales