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POUR LE DRIAN, L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN «EST SAUVÉ»

Le ministre des Affaires étrangères estime que le retrait des États-Unis est loin d’avoir signé l’arrêt de mort de l’accord de Vienne. Mais sa survie suppose toutefois la mise en place de nouveaux mécanismes de financements pour permettre le maintien d’une relation commerciale avec Téhéran.

L’accord sur le nucléaire iranien n’est pas mort en mai, avec le retrait des États-Unis. Selon le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, les cinq autres membres encore signataires (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni, Russie) ont même réussi à le sauver. «Cet accord est sauvé. Ce n’est pas parce que les États-Unis s’en vont que c’est fini. L’accord continu. L’Iran ne se dote pas de l’arme nucléaire», a-t-il assuré ce mercredi au micro de franceinfo.

En mai dernier, Donald Trump avait décidé de se retirer de cet accord signé en 2015, rétablissant dans la foulée une série de sanctions économiques qui touchent tous les pays qui entretiennent des relations commerciales avec l’Iran, notamment la France. Ces sanctions frapperont Téhéran en deux temps, le 6 août, puis le 4 novembre. Aujourd’hui, le président américain se dit prêt à discuter avec son homologue iranien Hassan Rohani. Il «refait le coup de Kim Jong-un en Corée du Nord. Il attaque, prend des mesures fortes et propose de discuter», a ironiquement commenté Jean-Yves Le Drian. «Concernant l’Iran, nous avons une position divergente de celle de Donald Trump. Nous considérons que l’accord de Vienne est un accord important, il permet d’éviter de lourdes perturbations dans la région», a insisté le ministre. «L’Iran est une puissance dangereuse. Mais il faut le maintien de l’accord sur le nucléaire. Peut-être que le président Trump se rend compte que c’est une nécessité», a-t-il ajouté.

Mise en place d’un mécanisme de financement

En plus d’encadrer le programme nucléaire iranien, le sauvetage de l’accord doit permettre de poursuivre les relations commerciales avec Téhéran. Plusieurs grands groupes, dont de nombreuses entreprises françaises, ont déjà annoncé qu’ils pliaient bagage, faute d’avoir obtenu des exemptions de la part de l’administration américaine. D’autres, qui ne sont pas directement exposés aux foudres de Washington, restent menacés par la disparition de leurs canaux de financement. Les cinq puissances encore signataires de l’accord se sont donc engagées à mettre sur pied un mécanisme financier pour tenter de garder l’Iran connecté au système commercial et financier international. «Pour début août, ce sera peut-être un peu court, mais pour le mois de novembre nous essayons d’y aboutir», avait assuré Jean-Yves Le Drian, début juillet. Européens, Russes et Chinois ont aussi accepté de garantir les revenus pétroliers de l’Iran.

À l’issue d’une réunion à Vienne, le mois dernier, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, avait salué leurs efforts. «Ce que j’ai constaté pendant cette réunion c’est que tous les membres, même les trois alliés [de Washington: Berlin, Paris et Londres, NDLR] se sont engagés et ont la volonté politique pour prendre des mesures et résister aux États-Unis», avait-il indiqué. «C’est la première fois qu’ils montrent un tel engagement à ce niveau, mais il faudra voir à l’avenir [s’il y a une différence entre] ce qu’ils veulent véritablement faire et ce qu’ils pourront faire», a estimé le ministre iranien.

Par Hayat Gazzane ,publié le 01/08/2018 à 12:09

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