Avr 20

ET SI UN MISSILE US SURVOLAIT LE TERRITOIRE RUSSE? UNE POSSIBLE RIPOSTE EFFRAIE WASHINGTON

Le Service de recherche du Congrès américain a publié un rapport consacré au concept de frappe instantanée globale avec l’utilisation de missiles conventionnels. Les experts américains ont souligné le danger d’une interprétation erronée d’un tel lancement, par la Russie qui pourrait riposter avec ses armes nucléaires.

Washington a peur de la réaction de Moscou à un possible survol du territoire russe par des missiles américains qui pourraient être lancés dans la cadre du concept de frappe instantanée globale, apprend-on du rapport du Service de recherche du Congrès américain intitulé «Frappe instantanée globale conventionnelle et missiles balistiques de longue portée: contexte et enjeux » («Conventional Prompt Global Strike and Long-Range Ballistic Missiles: Background and Issues»).

Le concept de frappe instantanée globale stipule que les États-Unis doivent être capables de porter une frappe avec des armes conventionnelles en moins d’une heure contre des cibles situées dans n’importe quel pays du monde. Une telle mesure vise à renforcer les capacités américaines de «dissuader ou vaincre ses adversaire […] au début ou au cours du conflit».

Selon ce document, les missiles balistiques américains dotés d’ogives conventionnelles pourraient survoler les territoires de la Russie et de la Chine, ce qui augmenterait le risque d’une interprétation erronée d’un tel lancement qui pourrait être pris comme une attaque nucléaire et pourrait provoquer une frappe de riposte, y compris avec l’utilisation d’armes nucléaires.

Afin d’éviter un scénario semblable, les auteurs du rapport proposent de prévenir la Russie et la Chine de telles frappes en avance ou de créer «un téléphone rouge» dans le but d’expliquer les intentions américaines en cas de lancement.

https://fr.sputniknews.com/defense/201804191036018062-missile-us-riposte-russe/

Avr 20

CENTRALE DE CATTENOM: CE QUI SE TROUVAIT DANS LA VOITURE VOLÉE À AMNEVILLE

La voiture professionnelle d’un prestataire EDF de la centrale nucléaire de Cattenom a été volée le 16 février dernier. Nous en savons plus.

Interrogées à ce sujet par un député, la ministre de la Santé et la ministre de l’Environnement sont revenues sur cette affaire jeudi après-midi.

Première information surprenante: cela a pris plus d’un mois au Centre nucléaire de production électrique de Cattenom pour informer la Division de la radioprotection du ministère de la Santé du vol de la voiture en question. 

En effet, l’information relayée tout d’abord par les médias français n’a été confirmée qu’en « date du 21 mars » aux instances compétentes. Une information relayée par les ministres de la Santé et la ministre de l’Environnement luxembourgeoises. 

D’après les deux ministres, EDF a donné des précisions supplémentaires le 22 mars en confirmant le contenu de cette voiture de service.

À bord se trouvaient donc: un ordinateur portable, un badge d’accès à la centrale de Cattenom et deux clés USB contenant des informations sur des chantiers portant sur le système de ventilation.

D’après EDF, l’ordinateur aurait été crypté, le badge d’accès désactivé et les plans de chantier seraient essentiellement « des schémas de portions de circuit de ventilation, des pièces utiles à l’intervention et des photos des ventilateurs« . 

Enfin, le salarié n’aurait pas eu accès aux documents sensibles de l’installation ce qui signifierait que « cet événement n’aurait pas d’impact sur la sûreté ou la sécurité de la centrale« . 

http://5minutes.rtl.lu/laune/actu/1167479.html

Avr 20

SÉOUL ET WASHINGTON TIENDRONT UNE RÉUNION DE HAUT NIVEAU SUR LA QUESTION NUCLÉAIRE NORD-CORÉENNE

SÉOUL, 20 avr. (Yonhap) — La Corée du Sud et les États-Unis tiendront un dialogue de haut niveau sur le sujet nucléaire nord-coréen mardi prochain, à l’approche du sommet inter-coréen, a fait savoir ce vendredi un officiel du ministère des Affaires étrangères.

Selon l’officiel, le représentant spécial pour la paix sur la péninsule coréenne et les affaires de sécurité Lee Do-hoon devrait s’entretenir mardi à Séoul avec la secrétaire d’État adjointe par intérim pour l’Asie de l’Est Susan Thornton.

Les deux côtés devraient parler de la «dénucléarisation complète» de la Corée du Nord, à trois jours du sommet inter-coréen.

Thornton viendra à Séoul dimanche et restera jusqu’à mardi, avant de se rendre à Tokyo le 24 avril, a déclaré plus tôt le département d’État américain dans un communiqué de presse.

Durant sa visite à Séoul, elle devrait réaffirmer les engagements de l’alliance et coordonnera des sujets d’importance pour le maintien de la sécurité et de la prospérité dans la région pendant ses réunions avec des officiels gouvernementaux, dont la ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha.

Avant le dialogue avec Thornton, Lee rencontrera également son homologue japonais Kenji Kanasugi lundi à Séoul, a dit la source, quelques jours après que le président américain Donald Trump et le Premier ministre japonais Shinzo Abe ont tenu un sommet bilatéral sur le sujet du nucléaire en Corée du Nord, entre autres.

Les deux Corées tiendront un sommet à la Maison de la paix, dans la partie sud du village de la trêve de Panmunjom, le 27 avril. La dénucléarisation du Nord et l’établissement d’une paix durable sur la péninsule coréenne devraient y être à la tête de l’ordre du jour.

rainmaker0220@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/04/20/0200000000AFR20180420001200884.HTML

Avr 20

« FRANÇAIS, GARE À VOS CENTRALES NUCLÉAIRES ! » : LA MISE EN GARDE D’UN DÉPUTÉ BELGE

Jean-Marc Nollet s’est exprimé hier devant la commission d’enquête sur le nucléaire de l’Assemblée nationale. Et il en a, des recommandations, à nous donner…

Dès qu’on parle nucléaire en Belgique, Jean-Marc Nollet n’est jamais très loin. Ce député, chef du groupe écologiste au Parlement fédéral, est aussi membre de la commission de sécurité nucléaire du Parlement belge et, à ce titre, il connaît toutes les lacunes de l’atome dans son pays. Il jure qu’elles ne sont guère différentes des lacunes françaises

Voilà, du reste, pourquoi il a été auditionné ce jeudi 19 avril par la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires à l’Assemblée nationale, en France.

Qu’est-ce qu’un élu belge peut avoir à dire aux Français en matière de nucléaire ?

Que chez vous, comme chez nous, la sûreté et la sécurité des installations sont loin d’être garanties. Les frontières n’ont guère de sens quand il s’agit de nucléaire : un accident en Belgique pourrait avoir de graves conséquences sanitaires sur votre pays. Et nous redoutons, notamment, tous les pépins à la centrale française de Gravelines, près de Dunkerque –  une installation soumise au risque de submersion – qui pourrait irradier toute la côte balnéaire belge.

Puisque je m’exprime devant les députés français, je vais tenter de les mettre en garde : Français, gare à vos centrales nucléaires ! Même si la Belgique est le pays qui connaît le plus de problème, vous n’êtes pas très différents de nous.

Sur quels « cas » belges peut-on s’appuyer pour mieux se prémunir contre un risque d’accident ?

Hélas, ils abondent… En termes de sécurité contre le terrorisme d’abord. Rappelons que des dizaines d’heures de vidéo ont été retrouvées dans l’ordinateur de Mohamed Bakkali [logisticien présumé des attentats du 13 novembre, NDLR], prouvant que Daech espionnait le domicile d’un physicien du Centre d’études nucléaires, le plus grand centre de recherche nucléaire belge. Ils avaient l’intention probable de fabriquer une bombe « sale« , contenant des matériaux radioactifs.

Un autre terroriste, Nizar Trabelsi [membre d’Al Qaïda] avait, lui, planifié un attentat-suicide au camion contre la base belge de Kleine-Brogel, où sont entreposées les armes atomiques américaines.

Enfin, je rappelle qu’en 2014, quelqu’un a ouvert une vanne qui a relâché 6.000 litres d’huile destinée à lubrifier la turbine à vapeur du réacteur de la centrale belge de Doel. Pendant plus d’une demi-heure, cette turbine a tourné « à sec« , constituant un danger énorme pour le réacteur. Qui a perpétré ce sabotage ? La justice belge ne le sait toujours pas…

Cela prouve en tout cas que le recrutement des employés du nucléaire n’est pas sécurisé contre l’infiltration terroriste…

Exactement. Parmi les Européens radicalisés qui sont partis en Syrie, rappelons que certains avaient travaillé dans des centrales belges !

Qu’avons-nous à apprendre de la Belgique en termes de sûreté, c’est-à-dire de fiabilité matérielle des installations nucléaires ?

Parmi nos sept réacteurs en service, deux sont fissurés et trois sont périmés… Périmés, c’est-à-dire que leur durée de vie a été prolongée au-delà des 40 ans pour lesquels ils ont été conçus au départ [un prolongement réclamé à cor et à cri en France par EDF]. C’est une très mauvaise initiative en termes de sûreté, qui ne doit pas surtout pas se reproduire en France. L’Autorité de sûreté belge, qui a tranché sur la prolongation des installations, a clairement cédé à des pressions du lobby nucléaire qui n’avaient pas lieu d’être. Quand l’Autorité française devra se prononcer [en 2021], il ne faudra pas qu’elle commette la même erreur !

Propos recueillis par Arnaud Gonzague

https://www.nouvelobs.com/planete/20180418.OBS5414/francais-gare-a-vos-centrales-nucleaires-la-mise-en-garde-d-un-depute-belge.html

Avr 20

“ÔTEZ-VOUS LA BOMBE DU CRÂNE”

Communiqué de presse du Mouvement de la Paix, le 20 avril 2018

Le Mouvement de la paix va proposer sur les deux prochaines années des actions ouvertes à l’ensemble des membres d’ICAN France pour « alerter, informer et mobiliser la population et ses élus dans toutes ses composantes et semer le doute au sein des forces politiques pour obtenir un grand débat national » sur la politique de dissuasion nucléaire.

Une campagne qui va promouvoir la ratification par la France du traité d’interdiction sur les armes nucléaires. Parmi les grandes actions, nous pouvons noter de multiples débats en France via leurs comités locaux (par exemple à la suite de la projection du film « La Bombe et nous »), une participation cet été à l’Université de la Solidarité internationale et une journée nationale (14 octobre) de mobilisations sur les sites où sont modernisées et mis en œuvre les armes nucléaires françaises.

En 2018, le Mouvement de la Paix poursuit et amplifie sa campagne pour l’abolition des armes nucléaires.

Il fait sien cet appel de Setsuko Thurlow, survivante d’Hiroshima et ambassadrice de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, lancé en juillet 2017 à l’ONU : « Aux chefs d’État de par le monde, je vous en conjure, si vous aimez cette planète vous signerez ce Traité ».

Après l’adoption du Traité d’interdiction des armes nucléaires par l’ONU, le 7 juillet 2017, l’attribution du prix Nobel de la Paix à ICAN (Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires),  en novembre dernier, il est indispensable d’amplifier la campagne française pour l’abolition des armes nucléaires et convaincre le Président français, seul à en décider, de ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires, ouvert à la signature depuis septembre 2017.

Le Mouvement de la Paix sollicite ses partenaires au sein d’ICAN-France, du collectif national « En Marche pour la Paix », et toutes celles et ceux qui aiment cette planète pour dessiner ensemble un nouveau paysage en France du désarmement nucléaire.

La campagne sera ponctuée de moments forts :

– Un quatre pages d’information sur l’arme nucléaire, ses dangers pour l’humanité, son coût (37 milliards d’€ pour la dissuasion nucléaire et sa modernisation pour la période 2019-2025) et les alternatives possibles pour une sécurité collective dans un monde débarrassé des bombes atomiques.

– La signature de la pétition adressée au président Macron (http://www.icanw.org/petitionfrench/#.UWfdYze4rTp).

– Un sondage d’opinion qui fera suite à celui de 2012 selon lequel 81% des Français demandaient que la France s’inscrive résolument dans un processus international de désarmement nucléaire. Résultats à paraître fin mai, début juin.

– Une grande journée nationale de rassemblements, le 14 octobre 2018, devant «  les lieux du crime », chaque endroit en France où se prépare le feu nucléaire militaire.

Mouvement de la Paix

http://7seizh.info/2018/04/20/otez-vous-la-bombe-du-crane/

 

Avr 20

GRENOBLE JEUDI 26 AVRIL : POUR EN FINIR AVEC LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES DU BUGEY

32 ans jour pour jour après l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, les groupes de la coordination Stop-Bugey* organisent un rassemblement suivi d’une conférence de presse à Grenoble le jeudi 26 avril 2018 à partir de 18h30 dans le parc Hoche au pied de la statue « L’enfant de Tchernobyl ».

Le Maire de Grenoble, des élus et autres personnalités locales, signataires de la lettre ouverte adressée fin janvier au Ministre Nicolas HULOT et aux administrateurs d’EDF, prendront la parole.

Un porte-parole de la coordination présentera :

  • les dangers que fait courir à toute la région le site nucléaire du Bugey,
  • la démarche engagée début janvier pour obtenir, du Ministre de la « transition écologique et solidaire» et du conseil d’administration d’EDF, la mise à l’arrêt définitif avant leur quatrième visite décennale des 4 réacteurs nucléaires en service (lettre ouverte et pétition),
  • le dossier destiné à la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires françaises.

La conférence de presse sera suivie par une conférence-débat entre 20h et 22h à la salle du Petit Angle, 1 rue Président Carnot. Joël GUERRY, administrateur de Sortir du nucléaire Bugey et membre de la Commission Locale d’Information du Bugey, animera cette conférence.

En cas d’intempéries la conférence de presse se tiendra à la salle du Petit Angle, 1 rue Président Carnot.

* Groupes de la coordination Stop Bugey : Association Chalonnaise pour la transition écologique (ACTE), Arrêt du nucléaire Savoie, Rhône-Alpes sans nucléaire (RASN), Sortir du nucléaire Isère, Sortir du nucléaire Bugey.

Avr 19

TRUMP AFFICHE SA CONFIANCE APRÈS LA MISSION DU CHEF DE LA CIA À PYONGYANG

Extraits de l’article :

Le président américain Donald Trump a affiché mercredi une grande confiance dans la spectaculaire amorce de dialogue en cours avec la Corée du Nord, en se félicitant des résultats d’une rencontre secrète du chef de la CIA avec Kim Jong Un à Pyongyang.

Mike Pompeo, l’un des responsables les plus proches du président américain, s’est rendu dans la capitale nord-coréenne pendant le week-end de Pâques. « Il vient juste de quitter la Corée du Nord, il a eu une bonne rencontre avec Kim Jong Un, et il s’est vraiment bien entendu avec lui« , a dit mercredi le président américain.

Cette visite de Mike Pompeo à Pyongyang marque une soudaine accélération des préparatifs en vue d’un sommet historique entre Donald Trump et Kim Jong Un qui, selon le président américain, doit avoir lieu autour du début juin.

Pressenti pour devenir secrétaire d’État, Mike Pompeo devrait continuer à se charger de ce dossier dans ses nouvelles fonctions, s’il est confirmé par le Sénat dans les jours qui viennent.

Donald Trump s’exprimait depuis Mar-a-Lago, sa luxueuse résidence de Floride, où il avait invité le Premier ministre japonais Shinzo Abe, autre acteur clé du dossier. Les deux hommes y ont passé deux jours, avec au menu des entretiens politiques mais aussi des moments de détente et une partie de golf, une passion commune.

Aux côtés de Shinzo Abe, le président des États-Unis a distillé à la fois un message d’espoir mais aussi une mise en garde aux Nord-Coréens.

« Une voie prometteuse est ouverte pour la Corée du Nord si elle accomplit une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible« , a dit Donald Trump. Mais, a-t-il averti, Kim Jong Un doit être sérieux dans ses engagements.

Inquiets des progrès nord-coréens dans les domaines balistique et atomique, les États-Unis ont toujours posé la perspective d’une dénucléarisation de la péninsule coréenne comme condition à des discussions directes avec Pyongyang.

« Si je pense que cette rencontre ne sera pas fructueuse, nous n’allons pas nous y rendre. Si la rencontre, lorsque j’y serai, n’est pas fructueuse, je la quitterai respectueusement« , a affirmé Donald Trump…

… « Nous les respectons »

Les moments clé du sommet inter-coréen, dont la première poignée de main entre MM. Kim et Moon, seront diffusés en direct à la télévision, a annoncé Séoul mercredi après une réunion de travail entre les deux parties mercredi.

Mais le monde a déjà les yeux braqués sur le face-à-face qui se dessine entre Donald Trump et Kim Jong Un. Il aura lieu début juin ou peut-être un peu avant, avait précisé le président américain mardi.

Donald Trump a évoqué « cinq lieux » possibles pour ce sommet, sans davantage de précisions. Panmunjom, village situé dans la Zone démilitarisée, fait partie des hypothèses régulièrement évoquées, de même que la Corée du Sud ou la Corée du Nord et la Chine.

Pékin est le principal allié de Pyongyang, mais leurs relations s’étaient rafraîchies avec la multiplication des tirs de missiles balistiques et les essais nucléaires du Nord, Pékin soutenant les sanctions de l’ONU.

19/04/2018, © 2018 AFP

Pour lire l’intégralité de l’article, cliquer sur: http://www.lepoint.fr/monde/le-directeur-de-la-cia-a-pyongyang-seoul-etudie-un-traite-de-paix-18-04-2018-2211687_24.php

Avr 19

CORÉES : LE PRÉSIDENT SUD-CORÉEN MOON VEUT UN TRAITÉ DE PAIX

Le président sud-coréen Moon Jae-in a souhaité la conclusion d’un traité de paix pour mettre fin officiellement à la guerre de Corée, à l’approche d’un sommet avec Kim Jong Un, le dirigeant de la Corée du Nord dotée de l’arme nucléaire.

La guerre (1950-53) s’était achevée sur un armistice plutôt qu’un traité si bien que les deux parties sont toujours techniquement en conflit. La Zone démilitarisée, qui divise la péninsule et où aura lieu le sommet intercoréen du 27 avril, est hérissée de mines et de fortifications.

« L’armistice qui traîne en longueur depuis 65 ans doit prendre fin« , a dit jeudi M. Moon à des représentants d’entreprises de presse à la Maison bleue, la présidence sud-coréenne, ajoutant: « il faut rechercher la signature d’un traité de paix après la déclaration de la fin de la guerre« .

Mais M. Moon a souligné que la conclusion d’un traité de paix serait soumise à l’abandon par le Nord de ses programmes nucléaire et balistique.

« Si le sommet intercoréen et le sommet entre la Corée du Nord et les Etats-Unis débouchent sur la dénucléarisation, je crois qu’il ne sera pas trop difficile de trouver des accords pratiques au sens large sur un régime de paix, la normalisation des relations entre le Nord et les États-Unis, ou une aide internationale pour améliorer l’économie nord-coréenne« , a-t-il déclaré.

Le sommet entre MM. Kim et Moon sera le point d’orgue de l’effervescence diplomatique qui s’est emparée de la région depuis les jeux Olympiques d’hiver organisés au Sud. Il sera aussi le prélude d’un sommet historique très attendu entre M. Kim et le président américain Donald Trump.

Le président américain vient de prévenir que la réunion pourrait être annulée.

Dénucléarisation ?

« Si je pense que cette rencontre ne sera pas fructueuse, nous n’allons pas nous y rendre. Si la rencontre, lorsque j’y serai, n’est pas fructueuse, je la quitterai respectueusement« , a affirmé le président américain.

La question de savoir si Pyongyang est prêt à renoncer à ses programmes atomiques, qu’il qualifie « d’épée chérie« , est essentielle.

Le Nord dit de longue date avoir besoin de l’arme atomique pour se protéger d’une invasion américaine. Des responsables sud-coréens comme chinois ont fait savoir que M. Kim s’était dit disposé à la dénucléarisation de la péninsule. Il s’agit en réalité d’une formule qui désigne le retrait des troupes américaines et la fin de la protection offerte par le parapluie nucléaire américain à l’allié sud-coréen.

Washington martèle pour sa part qu’il veut la dénucléarisation totale, vérifiable et irréversible de la Corée du Nord.

« Pour l’heure, a poursuivi M. Moon, la Corée du Nord montre à la communauté internationale une disposition pour une dénucléarisation totale« . Mais, a-t-il prévenu, « il est trop tôt pour garantir le succès du dialogue » qui ne pourra avoir lieu « qu’après un sommet américano/nord-coréen réussi« .

L’agence officielle nord-coréenne KCNA a annoncé pour sa part que le Parti des travailleurs, le parti unique au pouvoir, se réunirait en séance plénière vendredi pour prendre des décisions clé.

L’agence ne précise pas ce dont il pourrait s’agir, expliquant simplement que le parti discuterait d’une « nouvelle étape » dans une « période historique importante de la révolution coréenne en développement« .

Promesses rompues

Selon les analystes, Pyongyang pourrait à cette occasion annoncer des bouleversements dans sa politique envers les États-Unis.

La Corée du Nord « a besoin d’une explication logique et d’une justification pour modifier des relations avec +l’ennemi américain+ dans lesquelles baignent les Nord-Coréens depuis les 70 dernières années« , a déclaré Kim Dong-yub, chercheur à l’Institut des études extrême-orientales à l’Université Kyungnam.

« On dirait qu’ils sont prêts à le faire ».

Quoi qu’il en soit, il est vraisemblable que la rédaction d’un traité de paix sera extrêmement compliquée, impliquant les deux Corées mais aussi d’autres parties.

Si le commandement de l’ONU emmené par les États-Unis, la Chine et la Corée du Nord sont signataires de l’armistice de 1953, ce n’est pas le cas de la Corée du Sud.

Pyongyang et Séoul revendiquent tous deux la souveraineté sur toute la péninsule. Mais un traité pourrait vouloir dire que les deux Corées se reconnaissent l’une l’autre.

De telles promesses ont déjà été rompues. Lors du dernier sommet intercoréen de 2007, les deux pays étaient convenus de travailler ensemble pour que les dirigeants « des trois ou quatre parties directement concernées (…) se réunissent sur la péninsule et déclarent la fin de la guerre« .

19/04/2018 12:38:26 -Séoul (AFP) © 2018 AFP

http://www.lepoint.fr/monde/corees-le-president-sud-coreen-moon-veut-un-traite-de-paix-19-04-2018-2211938_24.php

Avr 18

SUITE EXPULSION DE BURE : PREMIÈRE CONFÉRENCE DU COLLECTIF CLANCHE LE 26 AVRIL

Suite aux expulsions du bois Lejuc, le 22 février dernier, à Bure, une cinquantaine de Lunévillois viennent de créer un Comité lunévillois antinucléaire et contre l’hérésie de l’enfouissement (ER du 2 mars). L’objectif du Clanche est de se tenir informé au travers de contacts avec les associations et collectifs présents à Bure ou non (Bure Zone Libre, Cedra, Eodra, VMC Camp, Bure Stop, Sortir du Nucléaire…).

Le groupe lunévillois veut agir et se mobiliser de différentes manières en complément des actions menées à Bure contre l’enfouissement des déchets nucléaires, et au-delà, pour l’arrêt des centrales nucléaires. Il est ouvert à toutes les bonnes volontés qui souhaitent œuvrer dans ce sens sans souci d’appartenance religieuse, politique ou idéologique.

Différentes actions sont envisagées : expositions itinérantes, conférences, organisation de covoiturage pour aller à Bure, actions clownesques et théâtre de rue, spectacles, rencontres avec les élus, soutien aux procès en cours…

Le premier rendez-vous donné par le Clanche a pour but d’envisager les alternatives au nucléaire. Cette conférence-débat, animée par Claude Kaiser, élu meusien membre du Cedra (Collectif des élus contre l’enfouissement des déchets rAdioactifs), aura pour thème : « Sortir du nucléaire en dix ans, c’est possible ! ». Elle se déroulera le jeudi 26 avril, à 20 h 30, à l’atelier de Dominique Grentzinger, 7, rue Pacatte, à Lunéville.

Contact : bureluneville@lists.riseup.net (pour s’inscrire à cette liste de diffusion : bureluneville-subscribe@lists.riseup.net )

https://www.estrepublicain.fr/edition-de-luneville/2018/04/18/premiere-conference-du-collectif-clanche-le-26-avril

Avr 18

SUIVI DU NUAGE D’URANIUM APPAUVRI DES FRAPPES EN SYRIE

18 avril 2018 : on peut suivre exactement l’évolution du nuage des frappes en Syrie avec les données des balises de radioactivité européenne EURDEP !

Le 14 avril au matin, frappes en Syrie, avec 66 Tomahawk dans lesquels on attend 695 kg d’uranium appauvri, 19 AGM-158 JASSM avec chacun une estimation de 399 kg d’uranium appauvri, 20 Scalp-Eg avec chacun une estimation de 595 kg d’uranium appauvri, soit au total 105 missiles de croisière avec 65,4 tonnes d’uranium appauvri (hors MdcN, qui doit incorporer plus d’UA que le Tomahawk). On peut facilement recouper ces estimations (faites par Paolo Scampa) avec le nuage de poussière radioactif que l’on suit très bien après le bombardement. Se référer aux images ci-dessus (ce qui me permet de ne pas les coller deux fois et alourdir votre navigateur…) : on voit d’abord les vents le matin du 14 avril, qui visiblement traversent la Méditerranée très rapidement, et cela correspond à la localisation du premier pic, le plus important, à Montpellier. On observe ensuite, tandis que la météo permet au nuage de revenir vers l’Est et de survoler l’Italie, plusieurs pics, par ordre chronologique dans le nord de l’Italie et de la Croatie (Villa Potenza, Premantura, marina de Cecina), puis Rome, Maratea et Melfi dans le sud, et enfin, alors qu’on confirme que les vents permettent une traversée de l’Adriatique vers la Grèce, deux pics simultanés à Kavala et Limnos en Grèce.

CQFD : toutes les bombes tirées en Syrie le 14 avril étaient rempli d’une TRÈS grosse quantité d’uranium appauvri. Le pic à Montpellier est particulièrement significatif et ne peut être obtenu avec de faibles quantités d’uranium appauvri, il en faut des centaines et des centaines de kilos par missile pour avoir des retombées aussi importantes à un point aussi éloigné.

L’uranium émet à 99% en alpha, ce qui n’est PAS visible sur ces sondes de radioactivité qui ne détectent que le gamma ! Ce qui est la raison pour laquelle je dis que cela représente BEAUCOUP d’uranium appauvri.

Ne pas hésiter à suivre les liens en haut de page pour en savoir plus.

Pour accéder à l’article, à ces liens,  aux graphiques et images, cliquer sur :

https://depleteduranium.org/2018/04/17/the-du-cloud-of-the-april-14-strikes-in-syria-le-nuage-dua-des-frappes-du-14-avril-en-syrie-tomahawk-scalp-jassm-mdcn/

Avr 18

POLYNÉSIE : MARCEL TUIHANI « PARTAGE LE COMBAT » DE 193

Dans sa réponse à la lettre ouverte de l’association 193 sur le nucléaire, le leader de la liste Te ora api o Porinetia, Marcel Tuihani, est globalement en phase avec les revendications de l’association sur l’organisation d’un référendum, la modification de la loi Morin, les maladies transgénérationnelles et la prise en charge des dépenses de maladie liées au nucléaire par l’État.

L’association 193 a diffusé mardi matin la réponse apportée par la tête de liste de Te ora api o Porinetia, Marcel Tuihani, à sa lettre ouverte aux candidats sur le sujet du nucléaire. Dans une réponse de deux pages, l’actuel président de l’assemblée affirme qu’il « partage le combat » de l’association de défense des victimes du nucléaire. Il se dit favorable à l’organisation d’un référendum, même s’il demande d’en préciser la question. Et il propose même une formulation très restrictive à l’association : « L’État doit-il lever le secret défense qui entoure les dossiers médicaux des personnes ayant travaillé sur les sites du Centre d’expérimentation du Pacifique ? ».

Marcel Tuihani se dit également prêt à demander la révision de la loi Morin à la fois sur l’extension de la liste des maladies et sur la suppression de la date butoir du 31 décembre 1998. Il estime « normal » que l’État doive indemniser la CPS pour la prise en charge des maladies radio-induites. Il propose également que la Polynésie soit éligible à la Contribution au service public de l’énergie (CSPE) ou qu’elle bénéficie d’une taxe prélevée sur le coût de l’énergie des ménages métropolitains, au titre de la contribution des Polynésiens à l’industrie nucléaire française. Enfin, Marcel Tuihani estime qu’il faut mener une étude « indépendante » sur les risques de maladies transgénérationnelles liées aux essais nucléaires.

Il conclut en affirmant que la question nucléaire est « le préalable incontournable » du dialogue qu’il souhaite reconstruire avec l’État.

https://www.radio1.pf/marcel-tuihani-partage-le-combat-de-193/

Avr 17

ÉTATS-UNIS, RUSSIE : UN AFFRONTEMENT EN PERSPECTIVE ?

Contrairement à ce que pensent nos experts, ce ne sera pas une nouvelle guerre froide. Pourquoi ? La nouvelle guerre n’est plus une bataille d’idéologies, un combat philosophique, une lutte d’idéaux mais une bataille entre une superpuissance déclinante, ses alliés et des pays en pleine renaissance comme la Russie et la Chine.

Dans la dernière semaine de mars, des dizaines de diplomates russes ont été désignés comme persona non grata dans plusieurs capitales européennes. Alors que la tension augmentait entre les États-Unis et la Russie, le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, avait déclaré qu’il était temps de relancer les canaux de communication de la guerre froide du siècle dernier. « Ces mécanismes sont démantelés. Il est temps de les raviver à nouveau », avait-il souligné publiquement, avertissant que sinon, il y avait un danger que les choses puissent échapper à tout contrôle.

Un autre signal fort d’une guerre froide muée en guerre chaude fut la Nuclear Posture Review de l’administration Donald Trump, publiée en février de cette année. Le document révélait à la presse un plan pour augmenter l’arsenal nucléaire américain et justifiait à l’avance une utilisation plus permissive des armes nucléaires. Cette déclaration a été suivie par le discours du Président  Poutine sur l’État de l’Union, prononcé le 1er mars, dans lequel il annonçait lui-aussi le développement de nouveaux systèmes nucléaires et de missiles capables de frapper n’importe quel coin du monde. Poutine avait surtout mis l’accent (guerre psychologique?) sur le fait que la Russie avait la capacité de percer les boucliers de défense antimissile tant vantés par les États-Unis et disposait d’armes hypersoniques alors qu’en 2016, les États-Unis avaient installé un système antimissile de 800 millions de dollars dans une base militaire roumaine.

En Asie, ce même mois de mars 2018, le Parti communiste chinois a levé la restriction des mandats présidentiels en vigueur depuis le début des années 1990 et le président Xi Jinping est devenu président-empereur à vie. Les États-Unis avaient pourtant tenté en novembre et décembre 2017 de construire une alliance militaire pour conserver leur hégémonie dans la région Asie-Pacifique mais ils avaient échoué. Même les Philippines ne font plus confiance à l’Oncle Sam. Moscou et Pékin ont indiqué à Washington que si désormais l’un d’entre eux venait à être attaqué par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) ou par tout autre groupe militaire parrainé par les États-Unis, les deux pays opposeront un front uni. Dès l’annonce des attaques contre la Syrie, quelques bâtiments de la marine chinoise rejoignaient la flotte russe en Méditerranée. Le ministre chinois de la Défense, Wei Fenghe, qui était à Moscou la première semaine d’avril pour assister à la 7ème conférence de Moscou sur la sécurité internationale, déclara aux médias que les deux pays avaient une « position commune » sur les questions. Par ailleurs, on sait que Poutine et Xi ont convenu dans des pourparlers « secrets » de remplacer progressivement le dollar américain par un étalon-or comme monnaie de réserve pour le commerce international. La Chine a d’ailleurs déjà commencé à payer une partie de ses importations d’énergie en yuans. Les deux pays ont déjà établi des systèmes pour le commerce mondial qui contourneront à terme le dollar.

Donald Trump, un président toujours aussi imprévisible

Lors de sa campagne électorale, le candidat Trump avait donné l’impression qu’il était pour la normalisation des relations avec Moscou mais on ne s’arrache pas aussi facilement en Amérique à l’État profond et au lobby sioniste surtout lorsqu’on a fait sa carrière dans l’immobilier à New York. Du coup, depuis son élection, les relations américano-russes n’ont fait que se détériorer et l’on peut craindre qu’il n’y ait jamais de fête cette année pour la Coupe du monde de football qui devrait pourtant normalement se dérouler à Moscou. Donald Trump est  prisonnier de sa haute administration et cette dernière avait pris les devants en accélérant le déploiement des systèmes de missiles en Europe de l’Est. Face à un tel mécanisme qui n’a rien en Europe d’un mécanisme de défense, la Russie n’avait d’autre choix que de chercher des moyens de neutraliser la menace émergente.

Par ailleurs, les États-Unis n’ont pas pardonné à la Russie son intervention opportune dans le conflit syrien à l’invitation du gouvernement de Damas. Or cette intervention a sauvé la Syrie et probablement la région de la désintégration et du chaos. L’objectif des alliés était pourtant de priver la Russie du gaz et de sa base sous-marine de Tartous c’est-à-dire la priver du partage tacite de la Méditerranée entre les deux grandes puissances depuis la première guerre froide. Pour n’importe quel observateur militaire ou géopoliticien, priver Moscou des ports syriens ne peut pas être négociable. Depuis un an, tout a donc été bon pour mettre au ban de la communauté internationale la Russie : intervention présumée de celle-ci à l’élection présidentielle américaine, empoisonnement d’un agent double russe au Royaume-Uni, attaques chimiques sur la Ghouta orientale. Moscou a toujours nié avec véhémence toutes ces accusations

2014 : le grand début de la guerre chaude

Quand on refera l’histoire, on pointera du doigt l’année 2014 comme le grand début. La guerre en Syrie sera déclenchée un an après. L’Ukraine a inauguré une marque, celle de « la révolution orange » : un gouvernement démocratiquement élu à Kiev, aligné sur Moscou, fut renversé avec la participation des États-Unis et de l’Union européenne avec l’aide de militants néo-nazis ouvertement déclarés. La guerre civile a alors éclaté et les habitants de la péninsule de Crimée ont voté massivement pour revenir en Russie. En représailles, l’Occident a introduit des sanctions draconiennes contre la Russie. Là encore la France de Hollande était en première ligne.

La fin de la première guerre froide a vu l’alliance occidentale étendre son influence jusqu’aux frontières de la Russie mais les assurances données à l’Union Soviétique sur la dissolution de l’OTAN n’ont jamais été à l’époque honorées. L’expansion de l’OTAN vers l’Est a donc changé toute la donne géopolitique et brisé les rêves d’une paix européenne. En 2002, la décision américaine de se retirer du Traité sur les missiles anti balistiques (Traité ABM), traité qui était pourtant la pierre angulaire du système de sécurité international, a tout fait capoter. De fait, si les États-Unis avec l’UE avaient dissous l’OTAN, poussé pour l’abolition nucléaire, et aidé à créer une nouvelle architecture de sécurité en Europe qui incluait la Russie, la première guerre froide serait morte de sa belle mort naturelle.

Ce que n’ont pas vu les Occidentaux c’est que pendant tout ce temps, la Chine progressait inexorablement vers le statut de superpuissance tandis que l’Amérique et le système financier mondial qui lui restait attaché étaient en déclin constant par le poids de la dette et la politique des banques centrales. Avec Xi Jinping, la Russie dispose maintenant d’un partenaire stratégique et économique fiable pour contrecarrer les machinations des faucons de guerre de Washington. De plus, les mésaventures des champs de bataille américains en Asie de l’Ouest, en Afghanistan, en Irak et en Libye ont accéléré le rythme du déclin des États-Unis et ses efforts pour provoquer une nouvelle guerre froide peuvent être considérés comme un certain chant du cygne, comme faisant partie de l’ultime tentative d’un Empire déclinant pour conserver son statut de superpuissance prééminente et d’empêcher ainsi la communauté internationale de le considérer comme rien.

Relevons que lors de la guerre froide des années 1960 et 1970, les conflits les plus intenses se sont déroulés en Asie et en Afrique

Au cours de la dernière décennie, les États-Unis ont construit tout un réseau de bases sur le continent africain. En 2007, utilisant la «guerre contre la terreur» et Boko Haram comme prétexte, Washington a mis en place le Commandement Afrique des États-Unis (AFRICOM). Nous avions analysé à l’époque cela. La montée des forces islamistes en Afrique subsaharienne ont permis aux États-Unis et à son principal allié dans la région, la France avec la force Barkhane d’étendre l’influence militaire occidentale en ajoutant plus de bases. Le dernier pays africain à avoir officiellement cédé une base militaire aux États-Unis est le Ghana. Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, avait annoncé à la fin de l’année dernière que le nombre de forces spéciales américaines sur le continent africain augmenterait encore en 2018. L’Afrique sera le prochain terrain de guerre de la nouvelle guerre froide. Or, la Chine est maintenant totalement occupée pour des raisons vitales (les matières premières) sur le continent africain.

Si jusqu’alors, l’objectif de Pékin a toujours été d’éviter les collisions géopolitiques et militaires avec l’Occident en mettant toujours l’accent sur le commerce et le développement, le fait que depuis 2009, la Chine a dépassé les États-Unis en tant que principal partenaire commercial de l’Afrique ne pourra pas la laisser sur la touche. Beaucoup d’États africains et c’est sans doute le cas de la République démocratique du Congo de Kabila , ont compris ce qui se passe et, parfaitement lucides, sont désireux d’échapper coûte que coûte à l’embrasement stratégique américain.

Que ce soit donc pour protéger les projets de la route de la soie ou défendre ses intérêts en Afrique, la Chine semble comprendre, ces dernières semaines, qu’elle devra intervenir et elle renforce actuellement toutes ses forces de défense et la formation de ses soldats. La Chine a maintenant le deuxième plus grand budget militaire du monde, certes toujours dérisoire par rapport au budget de défense gargantuesque des États-Unis. Mais on en ignore aussi beaucoup de choses d’elle et, de plus, elle bénéficiera de l’expertise militaire séculaire de la Russie.

Il n’est pas du tout certain que la nouvelle guerre chaude sera encore une guerre conventionnelle. L’un de ses champs de bataille sera africain. L’autre sera-t-il Européen et de quelle Europe ?

https://metamag.fr/2018/04/17/etats-unis-russie-un-affrontement-en-perspective/

Avr 17

COLLOQUE SUR LES ANCIENNES MINES D’URANIUM ET LE RISQUE RADON – VANNES 28 AVRIL 2018 (de 10 h à 20h)

Si la situation des terres contaminées suite aux catastrophes nucléaires de Fukushima (11 mars 2011) et Tchernobyl (26 avril 1986) est globalement connue du grand public, il n’en est pas de même des contaminations radioactives laissées par l’exploitation de plus de 250 mines d’uranium en France. Elle lègue plus de 200 millions de tonnes de déchets radioactifs dont 50 millions de résidus. 11 millions d’entre eux sont stockés sur l’ancien site de l’usine de l’Écarpière à proximité de Clisson en Loire-Atlantique. En Bretagne et ailleurs, des prés, jardins, bois, cours, terrains de jeux, parkings, sentiers de randonnée présentent de fortes anomalies radioactives. La Fédération anti-nucléaire Bretagne dénonçait déjà cette situation intolérable dans son communiqué du 5 juin 2014 intitulé « Uranium, la Bretagne contaminée »

Aussi pour informer sur cette situation méconnue du grand public, la Fédération anti-nucléaire Bretagne (Fan-Bretagne) organise samedi 28 avril de 10h à 20h à la maison des associations à Vannes un colloque sur les anciennes mines d’uranium et le risque radon. Les associations de Bretagne et Pays de Loire du Collectif Mines Uranium (CMU) vous exposeront la situation découverte et vous parleront de leur difficile combat patient et tenace contre ORANO (ex-AREVA) pour faire respecter les règles élémentaires de radioprotection du public.

La CRIIRAD parlera d’un gaz radioactif omniprésent dont elle a pointé le risque depuis 1988 : le radon que l’on trouve très présent dans les anciennes mines mais aussi dans les massifs granitiques, les maisons, les bâtiments publics (écoles, mairies…) et donc ici en Bretagne.

Le colloque se clôturera avec la projection d’un montage sur les anciennes mines réalisé par Larbi Benchiha : il sera suivi d’échanges avec le réalisateur, la CRIIRAD et le CMU.

Au moment où le risque de catastrophe nucléaire en France grandit, où la recherche extractive en Bretagne risque de reprendre à proximité des filons d’uranium, où le risque radon augmente dans nos habitations de plus en plus confinées, venez-vous informer. (voir le site)

CRIIRAD =Commission de Recherches et d’Informations Indépendantes sur la RADioactivité créée en mai 1986 au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl en réaction aux mensonges des autorités sur le « nuage » (voir le site)

Contacts presse : Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Marie Nicolas 06 72 50 89 14/ Alain Rivat : 06 65 72 31 66 /

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne a été constituée le 27 octobre 2012 à Pontivy. Elle a pour but de structurer et d’amplifier l’action régionale du mouvement antinucléaire breton, et d’agir pour l’arrêt immédiat du nucléaire.

https://abp.bzh/colloque-sur-les-anciennes-mines-d-uranium-et-le-risque-radon-vannes-28-avril-2018-44784

Avr 17

NUCLÉAIRE IRANIEN: LES EUROPÉENS PARTAGÉS SUR DE NOUVELLES SANCTIONS

Les Européens se sont montrés lundi partagés sur l’opportunité d’imposer de nouvelles sanctions à l’Iran pour son programme de missiles.

Le but est de donner des gages au président américain Donald Trump et d’éviter la rupture de l’accord sur le nucléaire conclu avec Téhéran.

Aucune décision n’a été prise lundi lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE à Luxembourg, leur dernière réunion formelle avant le terme de l’ultimatum fixé au 12 mai par M. Trump.

«Je n’attends pas de décisions sur ce sujet aujourd’hui», avait déjà averti la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini. «Nous avons déjà des sanctions en place», avait-elle rappelé.

Les Européens ont en fait 4 régimes de sanctions pour l’Iran –non-prolifération qui comprend 121 noms de personnes ou entités, droits de l’homme (83 noms), politique en Syrie et terrorisme- auxquels s’ajoutent un embargo sur les armes et un contrôle des ventes de biens dits «à double usage» (civil et militaire).

Mais l’unanimité est requise au sein de l’UE pour adopter de nouvelles sanctions et plusieurs pays –Autriche, Italie, Suède, Espagne — sont réticents.

«Si on ne fait rien, Trump casse l’accord nucléaire. Si on en fait trop, les Iraniens sortiront de l’accord et on n’aura rien gagné», a expliqué le chef de la diplomatie du Luxembourg, Jean Asselborn, à l’issue de la réunion.

«Si on veut une solution politique en Syrie, il faut avoir un dialogue avec la Russie et avec l’Iran», a pour sa part soutenu le ministre belge Didier Reynders.

Le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas a toutefois signifié son mécontentement vis-à-vis de Téhéran. «Nous sommes préoccupés par le rôle joué par l’Iran dans la région et par son programme de missiles balistiques», a-t-il souligné. L’Iran est un des soutiens militaires du régime syrien avec la Russie.

«Nous devons discuter de la manière dont nous nous positionnons face à cela», a ajouté M. Maas, sans préciser s’il souhaitait de nouvelles sanctions.

Il faut envoyer un message fort à l’Iran pour «signifier notre préoccupation», a insisté le ministre irlandais Simon Coveney.

«L’inaction vis-à-vis de l’Iran n’est pas une solution», a soutenu le représentant d’un Etat membre sous couvert de l’anonymat. «Il n’est pas question de toucher à l’accord sur le nucléaire, mais on peut agir dans son environnement et la gamme des options est vaste», a-t-il ajouté. «On a tous les régimes de sanctions nécessaires. Il faut voir où ajouter les noms», a précisé la même source.

Mandat a été donné à la France, l’Allemagne et au Royaume-Uni, les trois pays de l’UE impliqués dans l’accord sur le programme nucléaire de l’Iran, pour trouver une solution avec Donald Trump.

La chancelière Angela Merkel, le président français Emmanuel Macron et la Premier ministre britannique Theresa May ont tous les trois prévus de se rendre à Washington fin avril, a précisé Jean Asselborn.

«Le temps presse et ce n’est pas joué», a souligné le ministre du Grand Duché. Certains États membres de l’UE sont convaincus que Donald Trump a déjà pris la décision de sortir de l’accord avec Téhéran, a-t-il fait valoir. «Si les Américains prenaient cette responsabilité, ce serait une faute grave», a jugé M. Asselborn.

Donald Trump considère que l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran comporte beaucoup de lacunes et menace de le rompre.

Il a donné aux Européens jusqu’au 12 mai pour encadrer les activités balistiques de l’Iran et imposer des «sanctions sévères» si Téhéran continue à mettre au point et tester des missiles susceptibles d’emporter un jour des têtes nucléaires.

http://www.liberation.fr/planete/2018/04/16/nucleaire-iranien-les-europeens-partages-sur-de-nouvelles-sanctions_1643795

Avr 16

DISCRIMINATION À ORANO POUR LES EX-POLINORSUD ? SOUTIEN À UN SOUS-TRAITANT DE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE

Communiqué de soutien commun du Réseau « Sortir du nucléaire », Ma Zone Contrôlée, Sud Rail, Association Française des Malades de la Thyroïde

Nos organisations apportent leur soutien à Patrice GIRARDIER, salarié de la sous-traitance nucléaire pour EDF depuis 2013. Son cas serait-il la preuve que l’on discrimine sciemment les salariés devenus malades après expositions aux rayonnements ionisants ?

Patrice GIRARDIER a contracté un cancer de la thyroïde. Sa maladie, en attente de reconnaissance comme Maladie Professionnelle, ne lui permet plus à présent de travailler en zone contrôlée et zone surveillée.

Son ancien employeur, la société STMI NEW CO DS, ex POLINORSUD, ancienne filiale du groupe AREVA devenu aujourd’hui ORANO, ne compte pas le conserver dans ses effectifs car le 12 avril 2018, il le convoque à une procédure de licenciement pour inaptitude partielle.

Pourquoi inaptitude partielle ? Le médecin du travail en charge de son suivi médical professionnel a constaté des inaptitudes aux travaux en zone contrôlée et zone surveillée mais a surtout validé qu’il était apte pour tout autres travaux où il n’y a pas une exposition aux rayonnements ionisants.

Se pourrait-il qu’un groupe comme ORANO n’ait pas de poste pour un de ses salariés qu’elle a rendu malade par un manquement à sa probable obligation de sécurité ?

Ou se pourrait-il que ce nouveau groupe ORANO DISCRIMINE ses salariés malades de leurs expositions par la sentence finale : LICENCIEMENT… et hop, dossier classé !!!

Nous ne pouvons pas accepter que ce jeune salarié de 33 ans, père de famille, subisse les manquements de son employeur par un licenciement discriminatoire.

De plus, Patrice GIRARDIER est reconnu travailleur handicapé et se voit de fait discriminé par une procédure de licenciement.

L’Association Ma Zone Contrôlée, le Réseau “Sortir du nucléaire“, l’Association Française des Malades de la Thyroïde et le syndicat Sud-Rail dénoncent cette procédure discriminatoire et demandent à la société ORANO de maintenir ce salarié dans ses effectifs et de respecter les restrictions médicales du médecin du travail.

Contacts presse :

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ : Guillaume Blavette – 06 62 29 50 48

Pour Ma Zone Contrôlée : Gilles Reynaud – 06 34 21 15 68

http://www.sortirdunucleaire.org/Discrimination-a-Orano-pour-les-ex-POLINORSUD

Avr 16

L’UE PROROGE D’UN AN SES SANCTIONS CONTRE L’IRAN

Les États membres ont décidé de prolonger jusqu’au 13 avril 2019 les sanctions imposées à l’Iran depuis 2011, en raison de « graves violations des droits de l’Homme » dans le pays.

« Le 12 avril 2018, le Conseil a prolongé jusqu’au 13 avril 2019 les mesures restrictives qu’il avait adoptées en réaction aux violations graves des droits de l’homme commises en Iran », a indiqué l’UE dans un communiqué le 12 avril.

Les sanctions en vigueur depuis 2011 consistent en « une interdiction de pénétrer sur le territoire de l’UE et un gel des avoirs imposés à 82 personnes et une entité, ainsi qu’une interdiction des exportations vers l’Iran d’équipements qui pourraient être utilisés à des fins de répression interne ou pour la surveillance des télécommunications », selon le communiqué.

Ces mesures restrictives, imposées sur la base de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, visent à faire pression sur l’Iran pour que le pays respecte « ses obligations internationales », a déclaré le Conseil européen dans un communiqué.

L’accord nucléaire de l’Iran, signé en 2015 avec la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Union européenne, les États-Unis, la Russie et la Chine, a permis de lever progressivement les sanctions imposées à Téhéran pour accompagner le processus de dénucléarisation du pays.

Un article de notre partenaire, Euroefe.

Traduction par Mathilde Mortier

https://www.euractiv.fr/section/l-europe-dans-le-monde/news/lue-proroge-dun-an-ses-sanctions-contre-liran/

Avr 15

MOSCOU: LE SORT DU TRAITÉ SUR LES ARMES NUCLÉAIRES DÉPEND DES USA

La prolongation du traité sur la réduction des armes stratégiques entre la Russie et les États-Unis ne peut pas être discutée avant qu’il ne soit entièrement respecté par les Américains. Tel est l’avis du directeur du département de non-prolifération et de contrôle des armements du ministère russe des Affaires étrangères.

Il ne sera pas possible de discuter de la prolongation de l’accord russo-américain sur la réduction des armes stratégiques (New START) avant que les États-Unis ne commencent à le respecter, a déclaré le directeur du département de non-prolifération et de contrôle des armements du ministère russe des Affaires étrangères, Vladimir Ermakov.

«En ce qui concerne les marges de négociations et le Traité START, nous ne considérons pas une telle possibilité [de le prolonger] en ce moment puisque les Américains se comportent de manière louche dans le cadre du traité actuel. C’est la raison pour laquelle il ne sera possible de dire s’ils seront capables de le prolonger que lorsqu’ils commenceront à respecter la lettre et l’esprit de cet accord», a-t-il dit lors de l’Assemblée du Conseil de la politique extérieure et de la défense.

Le Traité New START, signé par Moscou et Washington en 2010, est entré en vigueur le 5 février 2011. Conformément à ce document, les deux parties doivent réduire le nombre de leurs lanceurs de missiles jusqu’à 700 et celui des têtes nucléaires jusqu’à 1.550. Le traité oblige les États-Unis et la Russie à échanger des données concernant leurs arsenaux nucléaires une fois tous les deux ans. Le 5 février, Moscou et Washington ont annoncé avoir accompli les conditions du New START, qui expirera en 2021.

https://fr.sputniknews.com/defense/201804151035957982-russie-usa-new-start/

Pour mémoire : Sputnik est un média russe.

Avr 15

KIM JONG-UN APPELLE À RENFORCER LES LIENS AVEC LA CHINE

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un a rencontré un haut responsable chinois à Pyongyang, appelant à renforcer les liens avec Pékin, a rapporté aujourd’hui l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

Kim a rencontré Song Tao, dirigeant du département international du comité central du Parti communiste chinois, qui accompagnait une troupe d’artistes participant au festival du printemps qui se tient chaque année à Pyongyang pour commémorer la naissance en 1912 du fondateur du régime Kim Il Sung.

Cette visite intervient quelques semaines après les débuts diplomatiques du dirigeant nord-coréen qui, alors qu’il n’avait effectué aucune visite officielle à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, est allé à Pékin où il a rencontré le président chinois Xi Jinping.

Pékin est l’allié le plus proche du régime nord-coréen, sur les plans diplomatique et économique, mais les relations se sont tendues ces deux dernières années, Pékin s’opposant de plus en plus fortement aux programmes balistique et nucléaire nord-coréens interdits par la communauté internationale.

Kim Jong-Un doit rencontrer le président sud-coréen Moon Jae-in le 27 avril, avant un sommet historique avec le président américain Donald Trump à une date qui reste à déterminer.

« Développement de l’amitié traditionnelle« 

Selon l’agence officielle nord-coréenne KCNA, M. Kim a reçu samedi la délégation chinoise lors d’une réunion au cours de laquelle Song Tao lui a transmis les « salutations chaleureuses » du numéro un chinois. Les deux hommes ont eu « un échange de vues poussé sur les sujets importants d’intérêt mutuel« , a ajouté l’agence nord-coréenne sans plus de détail.

« Le Leader Suprême a déclaré qu’il œuvrerait positivement au développement de l’amitié traditionnelle entre la RPDC (acronyme officiel de la Corée du Nord, ndlr) et la Chine vers une phase nouvelle, comme le requiert la nouvelle ère« .

D’autres échanges et coopérations à haut niveau devraient suivre entre Pékin et Pyongyang, selon des propos de Kim rapportés par KCNA. Song Tao a souhaité en retour « contribuer à la promotion de relations sino-nord coréennes durables et prolongées« . M. Kim a également présidé un banquet en l’honneur de la délégation chinoise.

Le quotidien officiel Rodong Sinmun a publié des photos montrant les responsables chinois et nord-coréens assis à plusieurs tables rondes dans une gigantesque salle de réception ornée d’une une image figurant MM. Kim et Xi se serrant la main. Un autre cliché montrait un concert d’un orchestre nord-coréen avec un grand portrait de M. Xi projeté en arrière-plan. Plusieurs délégations d’artistes étrangers participent au festival en cours à Pyongyang.

L’agence KCNA a publié de son côté une dépêche au sujet de l’épouse de M. Kim, ce qui est relativement rare, indiquant qu’elle avait assisté en l’absence de son mari à un spectacle donné par des artistes chinois.

Par Le Figaro.fr avec AFP

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/04/15/97001-20180415FILWWW00016-kim-jong-un-appelle-a-renforcer-les-liens-avec-la-chine.php

Avr 14

CENTRALE NUCLÉAIRE DE PALUEL : LA FACTURE DU CHANTIER S’ENFLAMME

Les réparations du réacteur 2 et de divers incidents survenus à la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime) prennent plus de temps que prévu. La facture de ce chantier, le premier d’une telle envergure pour EDF, risque d’être salée. 

Le chantier de maintenance de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime) devait durer moins d’un an. Le réacteur 2 du site est à l’arrêt depuis près de trois ans, après des difficultés coûteuses pour EDF. Un des générateurs était tombé en 2016. 

Il s’agit du réacteur le plus cher du parc, selon Sylvain Chevalier, délégué CGT de le centrale. En effet, quand un réacteur en inactivité coûte un million d’euros par jour.  « Quand on aligne les jours, c’est une catastrophe économique« , poursuit ce membre du CHSCT, sans compter les coûts des réparations liées aux incidents survenus depuis l’arrêt programmé du réacteur, le 16 mai 2015. La CGT espère un redémarrage rapide mais au fil du temps le doute s’installe. Sa reprise est programmée pour le 5 juin après déjà plusieurs reports. 

Des réparations longues

La chute de ce générateur de vapeur (GV), une pièce de 465 tonnes et 22 mètres de long, a endommagé le 31 mars 2016 la piscine à combustibles. Cet « aléa » spectaculaire entraîne des réparations conséquentes sur ce bassin qui doivent s’achever « début 2018 » d’après l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).. Des changements de 4 GV, dont 2 avant l’accident, ont été effectués mais ces opérations ne se sont terminées que le mois dernier.

Premier chantier de grande envergure

C’est la première fois qu’EDF entreprend le changement d’un générateur de vapeur d’une telle dimension. Il y en a 80 en tout sur le parc nucléaire français. L’opération de maintenance à Paluel est un « chantier pilote » dans le but de rallonger la durée de vie des centrales nucléaires.
Le prochain remplacement de générateur de vapeur de cette dimension aura lieu à la centrale de Flamanville en 2021. 

Le recours d’EDF à des sous-traitants en cause

Pour assurer ses chantiers, EDF confie la maintenance à des sous-traitants. Dans un rapport sur la chute du générateur, demandé par le CHSCT de Paluel, remis en mars, il est fait part de nombreux dysfonctionnements, selon le cabinet Apteis. L’organisme estime également qu’une « vraisemblable » erreur d’Areva NP dans l’analyse du dispositif de levage des GV est ainsi passée inaperçue, malgré des alertes les mois précédant l’accident.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/dieppe/centrale-nucleaire-paluel-facture-du-chantier-s-enflamme-1458445.html

Avr 13

GRENOBLE LE 26 AVRIL : RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN POUR LA FERMETURE DE BUGEY

La lettre ouverte signée par 201 personnalités et envoyée le 30 janvier 2018 à M. Hulot et aux membres du Conseil d’Administration d’EDF est à ce jour sans réponse. Par ailleurs la pétition en soutien à ces 201 signataires sur le site Cyberacteurs a besoin de se faire connaître.

C’est donc dans ce cadre que la coordination Stop Bugey organise

le jeudi 26 avril 2018 un rassemblement et une conférence à Grenoble

et nous vous invitons à y participer :

  • À 18h00, le long du Boulevard Gambetta (proche n°47) face à la caserne de Bonne, dans le Parc Hoche: autour de la statue « L’Enfant de Tchernobyl », récemment inaugurée, rassemblement avec banderoles, combinaisons blanches et grande carte des risques nucléaires sur la région.
  • À 18h30, au même endroit, conférence de presse avec interventions d’un responsable de la Coordination Stop-Bugey, du Maire de Grenoble, d’autres élus et cosignataires de la lettre ouverte, avec interviews. (En cas de pluie, la conférence de presse aurait lieu à la même heure dans la salle du « Petit angle« ). Poursuite du rassemblement jusqu’à 19h30 maximum.
  • De 20h à 22h00- conférence -Débat : la situation à risques des vieux réacteurs du Bugey, animé par Joël Guerry à la salle du Petit Angle, 1 rue Président Carnot

Venez nombreuses et nombreux afin de montrer la force du mouvement antinucléaire pour fermer les réacteurs du Bugey.

Possibilité d’organiser un covoiturage (contact@sdn-bugey.org).

Pour la coordination Stop Bugey : Joël Guerry

Avr 13

POLLUTION IONIENNE : SAISIE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ROTONDELLA (MATERA, ITALIE)

Le bureau du procureur a ordonné la saisie de l’usine pour éviter le déversement continu de la contamination du site nucléaire de Sogin Itrec en mer

À Rotondella, dans la province de Matera, une enquête coordonnée par le DDA et le pouvoir de police Noe a mené à la saisie d’urgence des réservoirs de collecte des eaux souterraines et tuyaux de drainage vers la mer de l’usine Itrec de la Sogin et de l’usine « ex Magnox » adjacente au site dans la région d’Enea.

Les crimes potentiels sont : la pollution de l’environnement, le mensonge idéologique, des disposition illicites vis-à-vis des déchets et le trafic illicite de déchets. L’enquête a commencé avec un état de pollution environnementale grave causée par des produits chimiques dangereux (chrome hexavalent et trichloréthylène) détectés dans les eaux souterraines en aval du site d’Enea / Sogin. Ces substances ont été utilisées pour le traitement (dit retraitement) des barres uranium / thorium placées sur le site d’Itrec (station d’épuration et reclassement des éléments combustibles nucléaires).

Dans le cadre de l’enquête, il aurait été établi « une activité grave et illicite visant à rejeter une eau contaminée en mer n’ayant fait l’objet d’aucun traitement »,

C’est ce que nous pouvons lire dans une note du procureur Francesco Curcio. Ces eaux, à travers ce tuyau, ont quitté le site et, après quelques kilomètres, sont entrées directement dans la mer Ionienne. La disposition a été ordonnée de toute urgence pour éviter d’augmenter le danger pour la santé humaine et l’intégrité de l’environnement.

Cependant, cette saisie préventive n’arrête pas les activités de «démantèlement» du site nucléaire qui peuvent se poursuivre alors que les gestionnaires du site sont obligés de prendre des mesures pour protéger l’environnement et la santé publique qui n’auraient pas été prises jusqu’alors.

https://www.avvenire.it/attualita/pagine/matera-sequestro-itrec

Avr 13

EDF FAIT DIVERSION AVEC L’EPR CHINOIS

Alors que Flamanville risque de nouveaux retards, EDF se félicite du prochain lancement de l’EPR de Taïshan. Gonflé.

Cela ne fait désormais plus aucun doute, le premier réacteur nucléaire de troisième génération (EPR) en activité sera chinois. Ce mardi 11 avril, le jour même où l’autorité de sûreté nucléaire de l’empire du Milieu donnait son feu vert au chargement du combustible sur le premier des deux EPR en construction dans la province de Guangdong, EDF annonçait qu’un nouveau retard serait à prévoir sur celui de Flamanville. L’électricien aurait en effet découvert  » des écarts de qualité dans la réalisation des soudures « , nécessitant une nouvelle série de contrôles par l’Autorité de Sûreté Nucléaire. Cruel hasard du calendrier, alors que la France espérait que le lancement de Taïshan redorerait pour un temps l’image de l’EPR tricolore…  

Interrogé le lendemain par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, Jean-Bernard Lévy n’a d’ailleurs pas caché sa fierté de voir le réacteur chinois bientôt mis en service. « La décision de la Chine de faire fonctionner l’EPR de Taïshan » ainsi que celle de l’Inde, qui envisage de construire six EPR, vont « dans le sens de la consolidation du produit« , a ainsi péroré le patron d’EDF devant les députés. 

S’il peut s’enorgueillir d’avoir investi 1 milliard d’euros dans le très rentable projet chinois, EDF n’est toutefois pas responsable de la bonne avancée des travaux de Taïshan. Il ne détient en effet que 30 % du projet, dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par le chinois CGNPC.  » Aujourd’hui sur les trois EPR en construction dans le monde, il existe trois maîtres d’œuvre différents : EDF pour l’EPR français, Areva pour le finlandais et CGNPC pour le chinois « , détaille un consultant. Mais alors que le chantier chinois n’a accumulé « que » 4 ans de retard sur son calendrier initial, le français a déjà emmagasiné 7 ans de retard, et le finlandais (OL3) 10 ans. De là à conclure que les industriels français ne sont pas les meilleurs maîtres d’ouvrage au monde…  

La réputation de la filière française mise en doute

Ce qui est sûr c’est que les multiples déconvenues de Flamanville, et notamment les découvertes de malfaçons sur les cuves en acier produites par l’usine du Creusot (anciennement Areva), commencent à sérieusement ternir la réputation de l’ex-grande filière française du nucléaire. Depuis trois jours, les critiques sont d’ailleurs reparties de plus belle pour dénoncer une véritable crise systémique de la sûreté nucléaire en France.  » L’incompétence ou le laxisme d’EDF en terme de contrôle qualité atteint un nouveau sommet « , tempête notamment Yves Marignac, directeur de Wise-Paris et expert du nucléaire.  

Dans un communiqué publié mardi, l’ASN n’a pas été tendre non plus avec les deux champions de l’atome :  » L’inspection a mis en évidence que l’organisation et les conditions de travail lors des contrôles de fin de fabrication ont globalement nui à la qualité des contrôles. Par ailleurs une surveillance inadaptée de ces prestations par EDF et Framatome n’a pas permis d’identifier et de remédier aux difficultés rencontrées par les intervenants.  » Traduction de ces formules alambiquées :  » Le travail n’était pas méticuleux et les plannings étaient trop serrés ce qui ne permettait pas d’avoir une bonne qualité de service « , précise l’ASN à L’Express. 

À l’avenir, la Chine – qui avec une vingtaine de réacteurs en construction, apparaît comme la terre promise de l’atome civil – continuera-t-elle à faire appel au savoir-faire français ? Rien n’est moins sûr.  

https://lexpansion.lexpress.fr/actualite-economique/edf-fait-diversion-avec-l-epr-chinois_1999727.html

Avr 13

BELGIQUE : GREENPEACE FAIT LE FORCING POUR UNE NOUVELLE ÉTUDE D’INCIDENCES DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

L’organisation de défense de l’environnement Greenpeace compte bien introduire un recours devant le Conseil d’État si le gouvernement ne fait pas procéder à une étude d’incidences et à une consultation publique avant de valider un arrêté royal sur le délicat sujet des déchets nucléaires hautement radioactifs. L’information figure vendredi dans les pages du Soir.

L’arrêté royal en question a récemment été validé par l’Ondraf, organisme fédéral chargé de gérer les déchets radioactifs, et doit encore passer par l’Agence de contrôle nucléaire (AFCN) avant que le gouvernement ne se prononce. Dans ce texte, l’Ondraf propose d’enfouir les milliers de mètres cubes de déchets « dans une installation loin en dessous de la surface« , un « stockage géologique » sans autre précision, encore, sur le type de sol à privilégier.

L’Ondraf estime qu’il n’est pas nécessaire d’opérer une nouvelle étude d’incidences sur la décision d’enfouissement, car une telle étude avait déjà été faite pour le « plan déchets » proposé (et refusé) en 2010. Greenpeace voit les choses différemment, et pointe que le projet de 2010, et l’étude qui y était associée, ne concernaient que l’enfouissement dans de l’argile de Boom, « ce qui ne concernait que 21 communes campinoises« .

http://www.levif.be/actualite/belgique/greenpeace-fait-le-forcing-pour-une-nouvelle-etude-d-incidences-des-dechets-nucleaires/article-normal-826165.html

Avr 13

L’EPR, UNE FAILLITE FRANÇAISE

Retour sur le calendrier très tendu de mise en service de l’EPR avec François Lévêque, professeur d’économie à Mines-ParisTech, alors que le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire a annoncé mardi des défauts graves de soudure sur le site de Flamanville dans la Manche.

Le président de l’Autorité de Sûreté Nucléaire, ASN, Pierre-Franck Chevet, est revenu en des termes sévères ce jeudi 12 avril au Sénat sur les nouveaux défauts de soudure mis au jour mardi sur le fameux EPR de Flamanville dans la Manche.

Il faut dire qu’en France le nucléaire c’est une religion.

Au mieux le nucléaire n’est pas physique, il est métaphysique, c’est l’ASN qui le dit dans son dernier rapport. Et je dois dire que ce rapport fait plus pour Dieu que Saint-Thomas et le discours d’Emmanuel Macron aux Bernardins réunis.

Que dit-il ? Que les tuyaux de la centrale nucléaire doivent être en exclusion de rupture : la probabilité de leur rupture doit être égale à 0. Un progrès considérable dans l’histoire des mathématiques parce qu’en général la probabilité d’un événement physique n’est jamais nulle.

Pour le nucléaire français, on a inventé le risque zéro, celui dont on dit qu’il n’existe pas. La perfection incarnée, les tuyaux de Flamanville… Cela ne vous rappelle rien ?

Mais si bien sûr, Dieu est parfait, c’est même le premier terme de la preuve ontologique formulée par Saint Anselme de Cantorbéry, au XIème siècle, Dieu est un être parfait affirmait le saint homme. Dieu est parfait et s’il n’existait pas, il ne serait pas parfait, c’est donc qu’il existe, assénait Saint Anselme.

Le nucléaire français, c’est un peu la même chose, le tuyau est parfait parce que sinon il ne serait ni nucléaire, ni français. Le tuyau est parfait ou plutôt sera parfait à la fin des temps…
Vous avez donc compris pourquoi l’EPR n’est pas prêt de fonctionner, Dieu est mort disait l’autre et les tuyaux de l’EPR ne se sentent pas très bien… 

Avec notre invité : François Lévêque, professeur d’économie à Mines-ParisTech où il enseigne l’économie industrielle et l’économie de l’énergie. Ses travaux de recherche portent sur la politique de la concurrence, la réglementation des industries de réseau et la transition énergétique.

En caricaturant, les réacteurs nucléaires ressemblent un peu aux aéroports, on en construit peu et surtout, ils sont tous différents.
Si on reprend l’image de la voiture, pour un modèle donné, on standardise, avec parfois même des plateformes communes pour plusieurs modèles.

Dans le nucléaire on ne standardise pas suffisamment.
Plusieurs entreprises réalisent des réacteurs et chaque type est différent. Il faut aussi tenir compte de l’évolution technique et des nouvelles règles de sûreté. Comme tout cela évolue, il faut faire évoluer également votre réacteur en fonction.

Le nouveau modèle d’EPR n’est ni construit dans les temps, ni dans le budget…

Pour écouter l’émission Superfail (9mn55s) : cliquer sur : https://www.franceculture.fr/economie/lepr-une-faillite-francaise

Avr 13

EDF SABORDE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

EDF vient de présenter en conseil d’administration sa stratégie énergétique long terme. Alors que le coût du solaire et de l’éolien baisse chaque année – il est déjà moitié moins cher que le nouveau nucléaire -, que la Belgique confirme sa sortie du nucléaire en 2025 et que le Portugal a couvert en mars plus de 100 % de ses besoins en électricité par des sources renouvelables, EDF défie son actionnaire principal, l’État, et s’entête dans le tout nucléaire. Le groupe confirme ne pas avoir l’intention de fermer de réacteur nucléaire, hormis ceux de Fessenheim, avant 2029, mettant en péril sa rentabilité et sa viabilité avec des surplus d’électricité qui vont faire chuter les prix de vente pour les producteurs. Par cet entêtement il met également en péril les emplois des filières des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique et risque d’accentuer le retard de la France dans ces activités d’avenir.

L’État a démontré son incapacité à faire évoluer EDF

Depuis plus de 10 ans, l’État a démontré son incapacité à faire évoluer le groupe EDF. Déjà en 2007, le Grenelle de l’environnement, avec son modèle original de concertation entre collèges d’acteurs, avait permis de sortir du dialogue fermé avec quelques lobbies défendant leur pré carré et de donner un cap vers un futur davantage orienté vers l’intérêt général. Son engagement n° 62 marquait un tournant : « Les programmes de maîtrise de la demande d’énergie et de développement des énergies renouvelables entraîneront une baisse mécanique de la part du nucléaire dans le bouquet énergétique français ». Face au risque de « l’effet falaise », avec la fin de vie en même temps de nombreux réacteurs nucléaires construits à la même époque, la loi sur la transition énergétique a fixé un cap à la baisse du nucléaire avec 50 % de la production d’électricité à l’horizon 2025. Elle a ainsi donné une nouvelle ambition pour les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique.

Une faillite annoncée

Mais EDF ne l’entend pas de cette oreille. En difficultés financières avec une dette qui a quasiment triplé en dix ans, un excédent brut d’exploitation au plus bas depuis 2006 et un mur d’investissements à venir de près de 160 milliards d’euros sur dix ans, (1) l’entreprise s’entête dans une stratégie suicidaire : prolonger le plus possible les réacteurs nucléaires. Il n’y a pas de débouchés pour cette production d’électricité alors que la consommation décroît en France depuis plusieurs années et que les renouvelables se développent ? EDF invente le mythe des exportations massives vers les pays voisins !

EDF s’entête dans une stratégie suicidaire : prolonger le plus possible les réacteurs nucléaires

Ces pays n’envisagent pas d’importer cette électricité, d’où un risque de surcapacité en France qui entraînerait un effondrement du prix de marché de l’électricité mettant en péril la rentabilité des producteurs d’électricité, en premier lieu EDF (2) ? Pas de souci, l’État renflouera EDF qu’il ne peut pas laisser s’écrouler. Les contribuables paieront. EDF va même jusqu’à proposer la construction de trois nouveaux EPR, ces réacteurs de nouvelle génération qui font régulièrement parler d’eux par des défauts de fabrication et des coûts et délais sans cesse croissants.

Nous n’avons pas besoin d’EPR produisant une électricité deux fois plus chère que celle d’origine renouvelable. L’enjeu n’est pas là, l’objectif est seulement d’avoir des « EPR-témoins » pour tenter d’en exporter vers des pays émergents. L’argent serait mieux investi dans des solutions moins coûteuses et plus rapides à mettre en œuvre comme l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Oui, mais EDF serait alors face à des concurrents qui ont déjà pris de l’avance sur ces marchés et le groupe s’engage à commencer à investir dans le solaire en France… mais seulement en 2020.

Schizophrénie gouvernementale

Que répond le gouvernement ? Tiraillé entre son rôle de pilote de la transition vers un modèle énergétique d’avenir et celui d’actionnaire majoritaire d’EDF, il semble incapable de parler d’une voix forte et unique et propose, comme ses prédécesseurs, de reporter à plus tard les décisions. Emmanuel Macron se fait pourtant l’avocat de la modernité en déclarant : « Ne pas freiner le changement car il est en marche (…) mais essayer d’être à l’avant-garde de ce changement (…). Le changement peut détruire des emplois à très court terme, mais en créer parallèlement de nouveaux dans d’autres secteurs. » Beau discours… malheureusement contredit dans les faits.

Le ministère de la transition écologique et solidaire a déjà fait son choix sur le nucléaire

Le ministère de la Transition écologique et solidaire a ainsi déjà fait son choix sur le nucléaire, sans même avoir précisé ses orientations en matière d’évolution de la consommation d’énergie ou de développement des énergies renouvelables : dans le dossier qu’il a remis au débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie, il précise que le gouvernement sera à l’écoute des retours du public sur les variantes des scénarios de RTE appelés « Volt » et « Ampère », ceux qui prévoient le moins de fermetures de réacteurs nucléaires (seulement 9 ou 16 réacteurs fermés sur les 58 actuels d’ici 2035) et des exportations massives d’électricité équivalentes à la production de 20 réacteurs nucléaires.

Les Français préfèrent les renouvelables au nucléaire

Les Français sont pourtant clairs. Selon un récent sondage BVA, ils sont très majoritairement favorables à des sources d’électricité renouvelables (à 90 % au solaire et à 84 % à l’éolien par exemple), mais en revanche défavorables au nucléaire à 57 %. Prolonger des réacteurs nucléaires, avec les risques et déchets associés, uniquement pour exporter hypothétiquement de l’électricité vers des pays voisins n’est donc pas une option acceptable. D’autant que les difficultés à exporter notre surplus d’électricité nous amèneraient à freiner le développement des énergies renouvelables et les économies d’énergie, investissement pourtant les plus utiles et sans regret.

Le gouvernement ne peut pas laisser EDF ramener la France en arrière

Alors que le débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est en cours, le gouvernement ne peut pas rester sourd aux attentes des Français et laisser EDF ramener la France une décennie en arrière. La baisse de la puissance nucléaire installée est inéluctable pour laisser la place aux alternatives plus durables et plus compétitives comme les énergies renouvelables.

Elle devra être actée dans la PPE dès 2023 avec une trajectoire chiffrée pour éviter des investissements inutiles dans la prolongation de réacteurs amenés à être fermés prochainement. Elle devra aussi préciser les moyens d’engager cette baisse du nucléaire comme une fiscalité sur le combustible nucléaire, ce qui permettra par ailleurs de dégager des moyens financiers pour accompagner les salariés et les territoires concernés par les fermetures de réacteurs vers des activités d’avenir. Alors que la Chine et l’Inde prennent le leadership dans les énergies renouvelables, la France d’Emmanuel Macron va-t-elle aggraver son retard en regardant sans cesse avec nostalgie vers son passé ?

Notes:

Source : https://www.alternatives-economiques.fr/anne-bringault/edf-saborde-transition-energetique/00084130

Avr 13

L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE RENFORCE SES CONTRÔLES SUR EDF

« Fraude » : le mot a été le fil rouge de l’audition du président de l’Autorité de sûreté nucléaire devant les parlementaires de l’OPECST. L’ASN a revu sa stratégie de contrôle et prépare un plan antifraude.

Ce jeudi 12 avril, Pierre-Franck Chevet, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait rendez-vous devant les membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) pour présenter le rapport de l’Autorité sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2017. Cette année, le gendarme du nucléaire a tenu à faire passer un message : sa stratégie de contrôle des exploitants nucléaires a été revue en 2017 et continuera à évoluer en 2018. « Il n’y a pas de fraude généralisée, mais il y en a eu, par exemple au Creusot« , justifie Pierre-Franck Chevet. Dans ce contexte, l’ASN entend fixer les « orientations pour les années à venir », alors que son président s’apprête à quitter son poste en novembre.

Sur le plan de la sûreté nucléaire stricto sensu, Pierre-Franck Chevet a repris l’appréciation qu’il avait présentée en janvier à l’occasion des vœux de l’Autorité : la situation est « globalement satisfaisante ». « Le contexte à long terme est un peu moins préoccupant », mais « la vigilance » reste de mise. Le président relève toutefois la multiplication des incidents classés au niveau 2 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (Ines). « EDF a des progrès à faire sur la détection, le signalement et le traitement des écarts », note Pierre Franck Chevet ajoutant que « l’ASN est vigilante et le restera ».

Des lanceurs d’alertes pour aider l’ASN

Une fois n’est pas coutume, le directeur général de l’ASN a pris la parole en début d’audition. Olivier Gupta a donné le ton en dressant un panorama des méthodes de contrôle du gendarme du nucléaire et de son évolution en 2017. L’année écoulée a été mise à profit pour refonder l’approche de l’ASN, a-t-il expliqué. Premier paramètre : le champ des contrôles, qui a été redéfini afin d’« éviter les angles morts ». Dorénavant, les contrôles « couvrent la possibilité de fraude dans les activités nucléaires », c’est-à-dire que l’ASN vérifie que les exploitants s’assurent de la sincérité et de la fiabilité des informations transmises par leurs sous-traitants. L’intensité des contrôles a elle aussi été revue, de sorte à focaliser l’activité de l’ASN sur les domaines présentant le plus de risques de fraude ou sur lesquels les exploitants n’exercent pas suffisamment leur responsabilité en matière de sûreté. Enfin, l’ASN a renforcé sa présence sur le terrain, et notamment lors des arrêts périodiques des réacteurs d’EDF.

Mais les réflexions de l’ASN ne s’arrêtent pas à ces premiers ajustements. Le gendarme du nucléaire prépare un plan antifraude qui devrait être dévoilé à la fin du premier semestre 2018. « Détecter une fraude n’a rien de simple. Par définition, c’est intentionnelle et c’est fait pour ne pas être trouvée », rappelle le président de l’ASN. Pour autant, l’Autorité prépare une dizaine de mesures, dont trois ont été présentées aux parlementaires. L’ASN compte s’appuyer sur un « système organisé de lanceurs d’alerte« . Les discussions portent encore sur des aspects juridiques, notamment en termes de protection des lanceurs d’alerte, d’une part, et de protection des entreprises contre les « déclarations insincères », d’autre part. Un équilibre doit encore être trouvé.. Autre mesure à l’étude : le renforcement de la présence des inspecteurs de l’ASN lors des étapes présentant le plus grand risque de fraude. Elle veut « cibler les bonnes opérations et le bon moment ». Enfin, des analyses de conformité devraient être confiées à des laboratoires agréés et indépendants pour rendre plus difficile la falsification de documents.

L’EPR illustre certaines défaillances des contrôles

Ce renforcement des contrôles s’applique déjà à la mise en service de l’EPR de Flamanville. « L’ASN sera extraordinairement attachée à la qualité des essais qui sont faits et qui seront faits », avertit Pierre-Franck Chevet qui rappelle que deux anomalies « sérieuses » ont été décelées en février et en mars sur les soudures du circuit secondaire du réacteur. Pour l’ASN, ces défauts illustrent justement un des points clé auquel la nouvelle stratégie de contrôle doit répondre : le défaut de surveillance et de suivi sur le terrain des travaux. Là encore, le doute s’immisce. Si Pierre-Franck Chevet n’évoque pas d’éventuelles falsifications de documents, il explique toutefois qu’à l’issue des premières inspections des soudures, l’ASN « ne comprend pas » comment les défauts n’ont pas été identifiés auparavant. Il s’agit d’un point que l’Autorité « va investiguer ». À ce stade, il semble qu’EDF ait vérifié 20 soudures et que 7 soient défectueuses, selon les informations obtenues en aparté de l’audition.

Preuve que de sérieux doutes planent sur le travail réalisé par les sous-traitants d’EDF, l’ASN a demandé à l’entreprise d’étendre ses contrôles au-delà des 150 soudures du circuit secondaire de l’EPR. Toutes les soudures réalisées par les deux industriels en cause, Fives Nordon et Ponticelli, devraient être vérifiées pour s’assurer que des défauts n’ont pas échappé aux contrôles de fin de fabrication.

Philippe Collet, journaliste, Rédacteur spécialisé 

https://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-controle-asn-edf-fraude-31056.php4

Avr 13

SI L’EPR DE FLAMANVILLE EST « REPOUSSÉ », HULOT POURRAIT REVOIR LA DATE DE FERMETURE DE FESSENHEIM

Le ministre de la Transition écologique et solidaire a été interpellé par les députés sur la situation de la centrale nucléaire nouvelle génération d’EDF, après la révélation mardi de nouveaux défauts de fabrication. Nicolas Hulot promet d’évaluer les conséquences de ce « nouveau paramètre« , alors que l’exécutif a jusque-là lié la fermeture de la centrale de Fessenheim à l’ouverture de l’EPR.

Ouvrira, ouvrira pas ? Prévu initialement pour 2012, le réacteur EPR de Flamanville se fait attendre malgré un budget qui a triplé, à 10,5 milliards d’euros. Mardi, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a dévoilé des défauts de soudure sur certains circuits. Des problèmes qui s’ajoutent à d’autres : une partie de la tuyauterie d’évacuation de la vapeur n’a pas respecté le cahier des charges initial et la cuve du réacteur elle-même a fait l’objet de malfaçons…

Malgré les déconvenues, EDF maintient pour l’instant son calendrier : le combustible sera chargé avant la fin de l’année pour une mise en service en 2019. Or, la production électrique d’origine nucléaire étant plafonnée en France, l’exploitation de Flamanville est censée signer l’arrêt de Fessenheim, la plus vieille centrale actuellement en fonctionnement. C’est du moins l’engagement du gouvernement. Une promesse qui pourrait toutefois évoluer face aux « événements récents« , a reconnu Nicolas Hulot devant les députés, jeudi.

Le ministre, interrogé par la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, le sous-entend : « Si d’avenir les derniers événements devaient repousser de plusieurs années l’ouverture de Flamanville, vous pensez bien que je ne m’accommoderai pas de cette situation en ce qui concerne le calendrier de Fessenheim. » (Nicolas Hulot, le 12 avril 2018)

Autrement dit, dans cette optique, Nicolas Hulot pousserait pour que la centrale de Fessenheim puisse fermer avant même le démarrage de l’EPR, surtout si celui-ci prenait encore du retard. « Si tout cela doit décaler éternellement les choses, je verrai ce qu’on peut prendre comme disposition« , explique-t-il aux députés.

Plus tôt dans la journée, le président de l’ASN Pierre-Franck Chevet a prévenu qu’il serait « extraordinairement attaché » à la qualité des essais finals que mènera EDF à Flamanville. Une façon de mettre un peu plus la pression sur l’opérateur historique qui joue sa crédibilité internationale sur ce chantier.

http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/si-lepr-de-flamanville-est-repousse-hulot-pourrait-revoir-la-date-de-fermeture

Avr 12

ANCIENNE MINE D’URANIUM AREVA-ORANO DES BOIS NOIRS : LES EAUX CONTAMINÉES S’ÉCOULENT DIRECTEMENT DANS LA RIVIÈRE

Des résidus radioactifs non confinés

ORANO (ex COGEMA-AREVA) est responsable de la gestion de l’ancien site minier uranifère des Bois Noirs (Loire).

À la fermeture du site en 1980, 1,3 million de tonnes de résidus radioactifs issus de l’extraction de l’uranium ont été laissés en place dans un lac artificiel (Grand bassin) retenu par une digue de 42 mètres de haut et 500 mètres de long qui barre la vallée de la Besbre. Les résidus étant en contact direct avec l’eau, celle-ci se charge en éléments radioactifs : l’uranium, le radium 226, le radon 222, etc…. Les propres mesures d’AREVA montrent que la contamination des eaux par le radium 226 est 5 fois supérieure aux normes de rejets édictées dans l’arrêté préfectoral qui régit le site.

Des eaux contaminées qui s’écoulent directement dans la rivière

Les documents présentés par AREVA ces dernières années lors des réunions de la Commission de Suivi de Site laissaient penser qu’en cas de risque de débordement du grand bassin, les eaux étaient pompées vers la station de traitement afin de retenir une partie des éléments radioactifs avant rejet dans la rivière. Ceci était probablement exact dans le passé : un salarié de COGEMA-AREVA mettait alors en place une pompe qui permettait ce transfert. Ce n’est manifestement plus le cas actuellement.

Les images recueillies par la CRIIRAD et le Collectif des Bois Noirs au moyen d’un drone le 19 mars 2018 montrent que les eaux contaminées s’écoulent directement dans la rivière sans traitement. En effet, lorsque le niveau des eaux du grand bassin monte, elles s’écoulent vers un bassin annexe relié directement au dispositif évacuateur de crues vers la Besbre.

Voir la vidéo : https://youtu.be/N0EoZ1adJRk

Une contamination sur plusieurs dizaines de kilomètres

Les études réalisées par le laboratoire de la CRIIRAD en 2014 ont montré que dans la rivière, la contamination des mousses aquatiques par le radium 226 est 200 fois supérieure à la normale en aval de la digue, 800 fois à 100 mètres en aval des rejets après traitement, 500 fois à 1,5 km du site et 12 fois à plus de 30 kilomètres en aval du site. Cette situation est inacceptable. La préfecture a mis en demeure AREVA de remédier à cette situation, sans effet concret pour l’instant. Au contraire l’industriel a attaqué l’arrêté de mise en demeure en contentieux.

Le Collectif Bois Noir donne rendez-vous à la presse le 13 avril 2018 à 17 heures à l’entrée du site AREVA à Saint-Priest-La-Prugne.

Contact Collectif des Bois Noirs : Mme Arlette Maussan, présidente du Collectif des Bois Noirs : arlette.maussan@gmail.com / téléphone : 04 70 59 73 50.

Contact CRIIRAD : Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD bruno.chareyron@criirad.org / Mobile : 06 27 27 50 37

Pour voir la vidéo (4mn24s) : https://www.youtube.com/watch?v=N0EoZ1adJRk&utm_source=sendinblue&utm_campaign=communiqu_CRIIRAD_du_12042018_adhrent&utm_medium=email

Source : http://www.criirad.org/actualites/dossiers-08/stpriest-la-prugne/CP_CRIIRAD_2018_04_12_AREVA_ORANO_BOIS_NOIRS_Radioactivite.pdf?utm_source=sendinblue&utm_campaign=communiqu_CRIIRAD_du_12042018_adhrent&utm_medium=email

Avr 12

FESSENHEIM: LE PRINCIPE DE LA FERMETURE AU DÉMARRAGE DE L’EPR EST « IRRÉVERSIBLE » SELON SÉBASTIEN LECORNU

Le « principe » de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) au moment de la mise en service de l’EPR de Flamanville est « irréversible« , a déclaré jeudi le secrétaire d’État à la Transition écologique Sébastien Lecornu.

« La fermeture de Fessenheim au moment de l’ouverture du réacteur EPR de Flamanville est un principe qui est irréversible », a affirmé sur France Inter M. Lecornu, qui se rend jeudi dans la région Grand Est et en Allemagne, dans le cadre d’une réunion du comité de pilotage pour l’avenir du territoire de Fessenheim.

Ce principe figure dans la loi avec un plafonnement des capacités nucléaires qui empêche de faire fonctionner en même temps Fessenheim et Flamanville. Pour l’heure, le démarrage de cette dernière est prévu à la fin de l’année pour une mise en service commerciale en 2019, mais EDF a annoncé mardi des défauts de soudure. Une expertise a été lancée pour analyser les causes et la nature des écarts, selon EDF.

À l’issue de cette procédure, l’électricien sera en mesure de préciser si un ajustement du calendrier et du coût du projet seront nécessaires. « J’attends que l’on puisse quantifier les retards potentiels« , a déclaré M. Lecornu, qui a précisé que l’Autorité de sureté nucléaire (ASN) devait s’exprimer sur le sujet de Flamanville dans la matinée.

« Il y a l’irréversibilité du principe (…) mais ça doit s’accompagner de mesure de protection pour les collectivités territoriales, pour les salariés bien évidemment, pour les sous-traitants », a ajouté M. Lecornu, concernant Fessenheim. « La question sociale est dans le cœur de la transition écologique », a insisté le secrétaire d’État, qui s’était déjà rendu sur place en janvier.

Le ministère de la Transition écologique a par ailleurs souligné que « des discussions » étaient « en cours entre le gouvernement et EDF sur les paramètres déterminant la date de mise à l’arrêt de la centrale de Fessenheim, qui doit intervenir préalablement à la mise en service de l’EPR de Flamanville ». « Ces paramètres tiendront compte du calendrier de mise en service de l’EPR, et des discussions sur la définition de la mise en service pourront se tenir dans ce cadre« , selon la même source.

Fessenheim, doyenne des centrales françaises, a redémarré lundi son réacteur numéro 2 après presque deux ans d’arrêt en raison d’une anomalie sur un générateur de vapeur.

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/fessenheim-le-principe-de-sa-fermeture-au-demarrage-de-flamanville-irreversible-lecornu-180412

Avr 12

SUISSE : DÉSAFFECTER LE NUCLÉAIRE COÛTERA ENCORE PLUS CHER QUE PRÉVU

L’estimation pour le montant des travaux, y compris la gestion des déchets radioactifs, est passée de plus de 21 milliards à près de 23,5 milliards de francs.

Le Département fédéral de l’énergie (DETEC) revoit à la hausse les coûts de désaffectation des centrales nucléaires et de gestion des déchets radioactifs. La douloureuse devrait se monter à 24,581 milliards, soit 1,097 milliard de plus qu’une proposition de décembre.

Cette estimation rendue publique jeudi sert à définir le montant des contributions annuelles des exploitants aux deux fonds pour la période de taxation allant de 2017 à 2021. En 2016, Swissnuclear avait estimé les coûts totaux à 21,767 milliards de francs.

En décembre dernier, la commission pour le fonds de désaffectation et le fonds de gestion des déchets (STENFO) a contrôlé l’étude et proposé de remonter le total à 23,484 milliards de francs.

Le DETEC se rallie aux considérations de la commission, à quelques exceptions près. Selon lui, les coûts pour la déconstruction conventionnelle de toutes les structures de bâtiments y compris les fondations font partie des coûts de désaffectation.

Pas question de prendre en compte avec une probabilité de 20% l’objectif de démantèlement partiel (dit objectif «friche industrielle»). Cela rajoute 46 millions aux coûts de désaffectation et porte leur total à 3,779 milliards de francs.

Dépôt combiné improbable

En matière de déchets, le DETEC a gonflé les coûts de 651 millions. Il refuse de prendre en compte la probabilité de 40 % d’un dépôt combiné, soit un dépôt combinant des déchets faiblement ou moyennement radioactifs avec des déchets hautement radioactifs.

L’avancement des travaux de recherche de sites aptes à accueillir des dépôts en couches géologiques profondes ne permet pas encore d’opter pour ou contre un dépôt combiné, justifie le département.

Enfin, les indemnités prévues pour les régions d’implantation de dépôts en couches géologiques profondes sont doublées. Un montant de 800 millions a été prévu dans les études de coûts 2006 et 2011. La commission a retenu la probabilité de devoir les verser à 50 %.

Le DETEC estime ce que ce n’est pas recevable, ce qui alourdit la note de 400 millions. Le coût de la gestion des déchets est fixé au total à 20,802 milliards de francs.

Recours possible

STENFO peut recourir contre la décision dans un délai de 30 jours auprès du Tribunal administratif fédéral. La commission fixera les montants définitifs après l’entrée en vigueur de la révision de l’ordonnance sur le fonds de désaffectation et sur le fonds de gestion.

Un projet devrait être mis en consultation encore ce semestre afin que le Conseil fédéral puisse l’approuver d’ici à mi-2019. Les bases de calcul des contributions annuelles sont l’objet principal de la réforme. L’ordonnance actuelle table sur un rendement du capital de 3,5%, un taux de renchérissement de 1,5% et supplément de sécurité de 30% sur les coûts calculés pour la désaffectation et la gestion des déchets.

http://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Desaffecter-le-nucleaire-co-tera-encore-plus-cher-19801285

Avr 12

NUCLÉAIRE : « ON A L’IMPRESSION QUE NICOLAS HULOT SE COUCHE DEVANT EDF ! »

Des ONG rencontrent ce jeudi le ministre de la Transition écologique. Leur but : qu’il ne repousse pas la fermeture des réacteurs nucléaires  aux calendes grecques.

Elles ont le sentiment de perdre du terrain et cela les met en colère : plusieurs dizaines d’associations membres notamment du collectif Réseau Action Climat France (Greenpeace, Fondation pour la Nature et l’Homme, WWF…) font entendre leurs voix ce jeudi 12 avril en rencontrant Nicolas Hulot au ministère de la Transition écologique. Leur objectif : que la PPE reste conforme aux engagements de la France.

La PPE ? Rappelons que cette « Programmation pluriannuelle de l’énergie » est la feuille de route que le gouvernement doit rendre publique d’ici la fin de l’année et qui devrait indiquer, pour les périodes 2018-2023 et 2024-2028, comment vont se développer concrètement les énergies en France.

Dans un pays où plus de 70% de l’électricité provient encore de l’atome, on n’étonnera personne en disant que l’enjeu majeur de cette PPE est d’indiquer clairement à quel rythme vont être fermés les réacteurs français. Or, au goût des ONG, l’actuel gouvernement ne semble pas pressé de traiter cette épineuse question. « On a l’impression qu’Hulot se couche devant EDF et que l’énergéticien n’en fera qu’à sa tête, comme d’habitude« , regrette Alix Mazounie, chargée des questions d’énergie chez Greenpeace. « On est là pour secouer le cocotier sur lequel le ministre s’est endormi ! »

Reculade

De fait, Nicolas Hulot a beau répéter que la PPE fixera un « cadre » précis de fermeture des réacteurs (ce que la précédente PPE, publiée en 2016, s’était bien gardée de faire…), on ne sait pas encore si le calendrier sera ambitieux ou non.

« Si c’est pour écrire une phrase lapidaire de type : ‘On commencera à se poser la question de la fermeture en 2028’, ce n’est pas la peine », tranche Alix Mazounie.

Rappelons que le ministre de la Transition écologique lui-même a contredit publiquement l’objectif – pourtant inscrit en toutes lettres dans la loi de Transition énergique de Royal – de parvenir à ce que l’électricité d’origine nucléaire ne représente plus que 50% du bouquet électrique national en 2025. Et précisé qu’il allait travailler sur une « échéance de 2030 ou 2035« . Un constat qui se voulait réaliste – ce n’est pas un secret, l’objectif de 2025 était difficilement accessible – mais qui était passé pour une pure reculade aux yeux des ONG.

En cette année 2018, plusieurs signaux les inquiètent encore : d’abord, une déclaration du conseil d’administration d’EDF à la fin du mois de janvier, affirmant qu’il n’était pas possible de fermer le moindre réacteur (sauf ceux de Fessenheim) avant 2029.

Et qu’il faudrait prolonger la durée de vie des réacteurs de dix, voire vingt ans – en dépit du fait qu’ils ont été construits, en termes de sûreté, pour une durée de quarante ans seulement.

« La procédure prévue par la loi, c’est qu’EDF aurait dû attendre la publication de la PPE pour se prononcer sur les moyens qu’il mettra en œuvre pour la respecter, s’étrangle Alix Mazounie. Il a décidé de prendre les devants, au mépris de toutes les règles et on n’entend aucun recadrage de la part de Hulot ! »

Quinze ans de retard

L’autre signal inquiétant pour les partisans de la fin de l’atome, est une révélation de nos confrères de BFM Business selon laquelle le gouvernement privilégierait le scénario le moins ambitieux de tous. C’est-à-dire une fermeture d’une dizaine de réacteurs d’ici à 2035.

Ce qui signifie concrètement qu’en 2035, encore 56% du bouquet électrique national serait d’origine nucléaire et qu’il faudrait attendre environ 2040 pour réaliser le scénario initialement prévu, rappelons-le, pour 2025. Quinze ans de retard !

« Le ministre Hulot passe son temps à répéter qu’il faut développer les énergies renouvelables. A-t-il bien compris que les investissements ne se porteront pas sur ces énergies tant qu’un calendrier ambitieux de fermeture de réacteurs ne sera pas publié ? », interroge Alix Mazounie.

Problème pour le ministre : l’Elysée, tout heureux de vendre des centrales EPR à l’Inde, semble très désireux de prendre son temps. Dans une interview donnée au « Monde » le 13 décembre dernier, le président Macron le disait clairement :

« Je ne peux pas accélérer de manière indue l’agenda nucléaire. Parce qu’une forte baisse de capacité nucléaire ne peut pas être immédiatement remplacée par du renouvelable. »

Arnaud Gonzague, journaliste

https://www.nouvelobs.com/planete/20180411.OBS5029/nucleaire-on-a-l-impression-que-nicolas-hulot-se-couche-devant-edf.html

Avr 12

LE GOUVERNEMENT DOIT RÉÉVALUER EN URGENCE LE COÛT DE CIGÉO

En mars 2016, quatre associations avaient attaqué devant le Conseil d’État un arrêté pris par Ségolène Royal en janvier 2016, qui fixait le coût de Cigéo à 25 milliards d’euros alors que l’Andra l’avait évalué à 34,5 milliards.

Ce 11 avril 2018, le Conseil d’État a rejeté la requête des associations, suivant les conclusions de la rapporteure publique : celle-ci estimait que le gouvernement avait fixé un « coût de compromis » pour éviter d’alourdir les charges des producteurs de déchets.

Pour les associations, rien ne peut justifier un tel compromis qui aggrave le fardeau pour les générations futures. Mais loin de clore le débat, cette décision démontre que la question est plus brûlante que jamais. Les associations appellent le gouvernement à réévaluer en urgence le coût de Cigéo et de la gestion des déchets radioactifs : les mensonges doivent cesser !

Coût de Cigéo : le Conseil d’État légitime un arbitrage qui n’avait pas lieu d’être

Dans sa décision du 11 avril 2018, le Conseil d’État a rejeté la requête des associations, suivant ainsi les conclusions de la rapporteure publique qui estimait qu’il n’y avait pas eu d’erreur d’appréciation de la part de l’État dans la fixation du coût de Cigéo. Elle mettait en avant le fait que l’Andra ait proposé au gouvernement de fixer ce coût dans une fourchette allant de 20 à 30 milliards d’euros. Selon elle, l’État avait la possibilité de choisir un chiffre entre les deux, en effectuant un compromis entre la situation financière des producteurs de déchets radioactifs et le coût de leur gestion pour les générations futures.

Les associations ne peuvent en aucun cas se satisfaire de ce discours, qui légitime un « coût politique » sans aucun rapport avec un quelconque « coût objectif ». Il est pour le moins surprenant, de la part de l’Andra, d’avoir effectué un chiffrage détaillé des coûts pour finalement proposer à l’État de trancher à la hache. Quelles tractations se cachaient donc derrière une telle proposition ?

Surtout, il est injustifiable de qualifier ce coût de « juste équilibre ». L’État n’aurait jamais dû effectuer de compromis en prenant en compte les intérêts financiers à court terme des producteurs de déchets. Au contraire, il aurait dû se focaliser uniquement sur le fait d’identifier les ressources nécessaires pour réaliser Cigéo et de s’assurer qu’elles soient disponibles le moment venu. L’arbitrage effectué, choix contestable et contesté, revient à faire peser un fardeau considérable sur les générations futures.

Le Conseil d’État n’a pas voulu prendre la responsabilité d’annuler cet arrêté et, ce faisant, de rajouter près de deux milliards d’euros au passif d’EDF [1]. Mais cette décision ne clôt pas le sujet : il n’est pas exclu que la Commission Européenne se saisisse de la situation, dans la mesure où il s’agirait ici d’une aide d’État déguisée !

Le gouvernement doit actualiser en urgence le coût de Cigéo et de la gestion des déchets radioactifs

Le Conseil d’État a reconnu les importantes incertitudes qui entourent le coût effectif du projet. Pour les associations, ces incertitudes auraient justement dû conduire l’État à faire preuve de la plus grande prudence et à retenir le haut de la fourchette proposée, au lieu de « couper la poire en deux ».

Il est incompréhensible qu’une telle attitude ait été légitimée, alors que de nouveaux éléments vont fatalement renchérir ce coût : retard prévu dans le dépôt de la demande d’autorisation de création, recherches complémentaires exigées par l’ASN sur de nombreux points pour fournir d’hypothétiques démonstrations de sûreté, nécessité d’une expertise internationale sur les déchets bitumineux… sans compter les critiques émises par les économistes de la Commission Nationale d’Évaluation (et notamment le choix de taux d’actualisation bien optimistes [2]).

Puisque le coût de Cigéo est reconnu comme « évolutif », les associations appellent solennellement le gouvernement à le réactualiser en urgence. Le respect des générations futures et des contribuables actuels exige un chiffrage sincère du fardeau qu’ils devront supporter, et ce quelle que soit l’option choisie.

Graves problèmes de sureté non résolus, financement hypothétique : il est hors de question que le gouvernement prenne la responsabilité d’engager Cigéo dans ces conditions. Un tel choix serait d’autant plus irresponsable que la phase expérimentale pilote prévue entre 2020 et 2034 engloutirait, à elle seule, en 15 ans, 95% des provisions constituées à ce jour par les exploitants pour la gestion à long terme (sur plus de 120 ans) des déchets radioactifs les plus dangereux. La seule issue à cette impasse est de tarir la production de déchets et lancer de toute urgence l’étude des alternatives à l’enfouissement.

Que Cigéo se construise ou soit abandonné, des sommes colossales seront dans tous les cas nécessaires pour la gestion de ces déchets dangereux. En l’état actuel, l’attitude du gouvernement nous mène tout droit au pire des scénarios. Nous nous dirigeons vers la construction d’un projet dangereux et imposé, doté d’une sûreté hypothétique sur 100 000 ans ; où les risques d’accidents pourraient être encore plus élevés, la sûreté ayant été revue à la baisse faute de financements... et en cas de problème, plus aucun moyen suffisant pour développer un plan B, les ressources financières ayant toutes été absorbées..

Plus que jamais, il est urgent d’abandonner ce projet dangereux et mettre fin à la production de déchets radioactifs ingérables.

Notes :

[1] Pour plus d’informations, lire l’article L’impossible financement du projet Cigéo, de Romain Virrion, dans l’ouvrage collectif L’opposition citoyenne au projet Cigéo. Cadrage géographique et enjeux géopolitiques locaux et globaux, publié en 2017 chez l’Harmattan sous la direction de Pierre Ginet.

[2] La Commission Nationale d’Évaluation, dans son rapport de novembre 2017, alerte notamment sur ce point et recommande « de veiller à ce que les taux d’actualisation choisis préservent au mieux l’équité intergénérationnelle ».

Pour en savoir plus : http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-arrete-ministeriel-cout-Cigeo

Avr 11

PROLONGEMENT DES CENTRALES NUCLÉAIRES : COMMENT SE CALCULENT LES COÛTS ?

Le 19 mars dernier s’est ouvert le débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (la PPE), cette feuille de route qui fixe la politique énergétique de la France jusqu’en 2023.

La PPE doit mettre en œuvre les objectifs de la loi de transition énergétique adoptée en 2015 : réduire les émissions de gaz à effet de serre, réduire la consommation d’énergie, augmenter la part des énergies renouvelables dans la consommation énergétique, faire baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité.

Évaluer les coûts du nucléaire

Dans ce débat public sur la PPE, il sera notamment question de l’évaluation des coûts du nucléaire. Si ce sujet a été abordé à maintes reprises, le débat de la PPE aborde cette question par une confrontation inédite et directe entre deux modalités de calcul des coûts, ce qui pourrait venir alimenter un des arbitrages importants que devra rendre la PPE : à savoir, le prolongement des centrales nucléaires ou la fermeture de certaines d’entre elles.

Le site Internet de la PPE donne accès à deux évaluations de ces coûts : celles produites par la Cour des comptes en 2014 et 2016 et un document rédigé par la Société française d’énergie nucléaire.

Ce ne sont pas les seules expertises existantes : nous pourrions ajouter le rapport de la Commission d’enquête parlementaire dirigée par François Brottes et Denis Baupin, publié en 2014 ; ainsi que le rapport réalisé la même année par le cabinet WISE pour l’ONG Greenpeace.

L’enjeu de l’objectivation des coûts

Le débat sur l’industrie nucléaire a toujours porté à la fois sur la sécurité et sur la compétitivité par rapport aux autres sources d’énergie. Depuis la fin des années 1990, l’argument de la compétitivité relative du nucléaire est présenté comme la clé de voûte du soutien d’une large partie de l’opinion publique en France.

La diversité dans l’évaluation des coûts provient essentiellement des éléments qui sont pris en compte dans le calcul et de la difficulté d’anticiper des coûts à venir et non de la crédibilité des informations données par les entreprises du secteur.

Auteurs

  1. Thomas Reverdy , Maître de conférences HDR en sociologie, Institut polytechnique de Grenoble (Grenoble INP)
  1. Frédéric Marty , Chargé de recherche en droit, économie et gestion, Centre national de la recherche scientifique (CNRS)

Déclaration d’intérêts

. Thomas Reverdy a reçu des financements dans le cadre du programme NEEDS (Nucléaire, énergie, environnement, déchets, société) coordonné par le CNRS. Par ailleurs, il réalise des analyses organisationnelles sur le pilotage de projets industriels dans plusieurs entreprises du secteur de l’énergie et des transports.

. Frédéric Marty a reçu des financements dans le cadre du programme NEEDS (Nucléaire, énergie, environnement, déchets, société) coordonné par le CNRS.

https://theconversation.com/prolongement-des-centrales-nucleaires-comment-se-calculent-les-couts-93885

Avr 11

EDF DÉPENSERA 3,2 MILLIARDS D’EUROS POUR PROLONGER DE DIX ANS LA CENTRALE DE TRICASTIN

Pour prolonger de dix ans le fonctionnement de la centrale de Tricastin et sécuriser les infrastructures, EDF va investir plusieurs milliards d’euros. 

Gros chantier en vue à la centrale nucléaire de Tricastin, dans la Drôme. Le lieu va en effet subir une grande rénovation pour permettre aux quatre réacteurs de fonctionner dix ans de plus. Coût de l’opération : 3,2 milliards d’euros, comme le révèle France Bleu, mercredi. Les travaux ont notamment été pensés pour éviter un accident comme celui de la centrale de Fukushima, en mars 2011, lorsque les installations avaient cessé de fonctionner après la submersion liée au tsunami. 

« On prend des risques ». Au total, le fonctionnement de la centrale va continuer au-delà de 40 ans, durée de vie initialement prévue à sa construction, en 1974. « On prend des risques à poursuivre l’exploitation d’une centrale nucléaire ancienne« , déplore pourtant auprès de France Bleu Roland Desbordes, président de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (CRIIRAD). La centrale est aujourd’hui la troisième plus âgée du parc nucléaire français.

http://www.europe1.fr/economie/nucleaire-edf-depensera-32-milliards-deuros-pour-prolonger-de-dix-ans-la-centrale-de-tricastin-3623894

Avr 11

MOBILISATION POUR LE PROCÈS GREENPEACE À PRIVAS (ARDÈCHE)

Le 17 mai, retrouvons-nous toutes et tous à Privas en soutien aux militantes et militants de Greenpeace !

Le procès de 22 militant(e)s de Greenpeace France, qui s’étaient introduits dans la centrale de Cruas-Meysse en Ardèche, se tient le 17 mai à Privas. Sont également poursuivis : Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France pour “complicité” et Greenpeace en tant que personne morale.

Pourquoi cette intrusion dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse ? Pour dénoncer l’accessibilité et la fragilité des piscines d’entreposage de combustibles usés, comme d’autres militant(e)s de Greenpeace France l’avaient démontré 6 semaines auparavant, en s’introduisant dans la centrale de Cattenom en Moselle. Alors que ces bâtiments sont ceux qui sont les plus chargés de radioactivité, ils sont très mal protégés face aux risques d’attaques extérieures.

EDF prétend sécuriser ses centrales. Pourtant, les militant(e)s de Greenpeace France ont démontré le contraire ! Ils ont agi en lanceurs et lanceuses d’alertes et ont mis le doigt sur une vérité qui dérange EDF. Et ils et elles l’ont fait pour nous. Car nous sommes toutes et tous concernés par les risques nucléaires.

Le 17 mai, à Privas soutenons-les : toutes et tous faisons-le pour elles, pour eux, pour nous!

— INFOS PRATIQUES —

RDV le 17 mai 2018 dès 8 h et tout au long de la journée, à Privas – square Vincent d’Indy, en face du tribunal de grande instance

Venez habillé-e-s en noir et/ou jaune !

Possibilité de rejoindre la mobilisation plus tard dans la matinée – agenda de la journée et infos sur les transports à venir

Nous reviendrons vers vous le 20 avril avec des horaires de départs et arrivées en fonction des villes de départ.

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLScPxeetQTZN_B_Mvxy_MzPi51qbhJncijTHS98655DRFz6-3A/viewform

Si vous souhaitez participer, remplissez le questionnaire qui figure à l’adresse ci-dessus (et n’oubliez pas votre adresse mail pour rester informé-e-s)

Avr 11

L’ASN MET EN DEMEURE LA SOCIÉTÉ CIS BIO INTERNATIONAL DE RESPECTER CERTAINES PRESCRIPTIONS …

L’ASN met en demeure la société CIS bio international de respecter certaines prescriptions fixées lors du précédent réexamen périodique et d’achever son étude sur la gestion des déchets

L’INB n29 est une usine de production de radioéléments artificiels exploitée par la société CIS bio international et située sur le site nucléaire de Saclay (Essonne).

Le 16 février 2016, au regard des conclusions du précédent réexamen périodique, l’ASN avait encadré la poursuite de fonctionnement de l’installation nucléaire de base (INB) n29 par la décision 2016‑DC‑0542.

Les prescriptions fixées par cette décision imposent à l’exploitant d’améliorer la sûreté de son installation. Cependant, des retards dans la mise en œuvre d’actions d’amélioration préalablement définies par CIS bio international ont été constatés par les inspecteurs de l’ASN. L’exploitant a sous-estimé les délais de réalisation et la complexité des travaux à mettre en œuvre pour :

  • la maîtrise des risques liés à l’incendie,
  • la maîtrise des flux de substances nucléaires,
  • la maîtrise des risques liés aux agressions climatiques et sismiques.

Par conséquent, le 15 mars 2018, l’ASN a mis en demeure la société CIS bio international de respecter certaines prescriptions fixées par la décision du 16 février 2016.

Par ailleurs, l’ASN a également mis en demeure CIS bio international de définir les règles en matière de gestion des déchets, conformément aux dispositions définies au titre II de la décision de l’ASN du 21 avril 2015. Ces règles visent à prévenir et à réduire le volume et la nocivité des déchets produits dans les installations nucléaires de base.

Ces deux mises en demeure font l’objet de deux décisions de l’ASN prises en application de l’article L. 596-4 du code de l’environnement.

Enfin, dans la mesure où l’exploitant a justifié auprès de l’ASN que le non-respect de certaines autres prescriptions de la décision du 16 février 2016 était dû à des obstacles techniques rencontrés dans le pilotage de travaux complexes, l’ASN envisage d’aménager certaines dispositions en modifiant la décision du 16 février 2016. Un projet de décision modificative est donc mis en consultation sur le site de l’ASN.

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/CIS-bio-international-L-ASN-met-en-demeure-l-installation-nucleaire

Avr 11

CORINNE LEPAGE JUGE « HALLUCINANT » QU’IL Y AIT DE NOUVELLES ANOMALIES SUR L’EPR DE FLAMANVILLE

L’ex-ministre de l’Environnement et actuelle présidente de Cap21 était l’invitée de Franceinfo mardi, quelques heures après qu’EDF a annoncé avoir détecté de nouveaux défauts de soudure sur son chantier d’EPR dans la Manche.

Corinne Lepage juge « hallucinant » le nouveau retard qui plane sur le chantier du réacteur EPR de Flamanville dans la Manche.

Invitée sur Franceinfo mardi 10 avril, l’ancienne ministre de l’Environnement et présidente du mouvement Cap21, une fondation en faveur du développement durable, a réagi aux nouveaux retards annoncés mardi sur ce chantier, EDF ayant constaté des « écarts de qualité » sur des soudures de la tuyauterie

Elle se dit « extrêmement choquée que l’Autorité de sûreté nucléaire donne le feu vert [au démarrage du projet] malgré une baisse des marges de sécurité de 50% »

L’ancienne ministre juge d’ailleurs qu’il n’y a pas de sens à poursuivre ce projet d’EPR mais que l’« on est dans un pays où l’on ne fera demi-tour là-dessus que si on ne peut pas du tout faire autrement ».

Un principe de précaution pour Linky

Interrogée sur l’autre combat qu’elle mène actuellement pour le respect d’un principe de précaution concernant les compteurs Linky, dits intelligents, l’avocate a estimé que ces derniers sont « intelligents pour EDF mais pas pour le consommateur », rappelant le rapport de la cour des comptes le 7 février. « Dans ces conditions, est-ce logique d’obliger les gens à courir un risque, même minime ?, s’interroge Corinne Lepage, tout en précisant n’avoir « jamais dit » que les compteurs sont dangereux.

« Je rappelle que, sur l’électro sensibilité, il y a 20 ans, on disait que c’était des problèmes psychologiques, que les gens étaient un peu fous. Aujourd’hui, l’Anses elle-même reconnaît qu’il y a des pathologies liées à l’électro sensibilité« , indique-t-elle encore..

Corinne Lepage doit écrire dans les prochains jours un courrier à Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, l’exhortant de demander à l’Agence nationale de sécurité sanitaire et alimentaire (Anses) de « mener à bien » une étude sur ce sujet. En attendant le résultat de cette étude, elle demande à ce « que ceux qui n’en veulent pas ne soient pas obligés de les avoir car il n’y a aucune disposition législative ou communautaire qui oblige quelqu’un à avoir un compteur qu’il ne veut pas chez lui ».

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/l-interview-J-1/nucleaire-corinne-lepage-juge-hallucinant-qu-il-y-ait-de-nouvelles-anomalies-sur-l-epr-de-flamanville_2691020.html

Avr 10

CONDAMNATION ARBITRAIRE DE DEUX MILITANTS POUR LA CHUTE DU MUR DANS LE BOIS LEJUC : LE TRIBUNAL A CHERCHÉ À FABRIQUER DES COUPABLES

Aujourd’hui, le TGI de Bar-le-Duc vient de condamner deux militants associatifs et syndicaux à quatre mois de prison avec sursis et 3000 € d’amende chacun pour leur participation supposée à la chute du mur dans le Bois Lejuc en août 2016.

Nos organisations assurent ces militants de tout leur soutien et dénoncent une erreur judiciaire grave et une décision arbitraire. S’ils se trouvaient tous les deux dans le Bois Lejuc lors de la manifestation qui a vu le mur construit illégalement par l’Andra tomber à terre, et s’étaient déclarés solidaires de cette action, ils n’y ont pourtant participé ni l’un ni l’autre. Le juge a fait le choix d’ignorer le certificat médical attestant que l’un deux, qui venait de subir une opération, n’aurait pas été en capacité de tirer sur une corde pour faire tomber à terre de lourdes plaques de béton. Il a accepté d’aller dans le sens du procureur qui, de connivence avec la police, a semblé prêt à tout pour fabriquer des « preuves » grossières. C’est sur la base de photos aériennes floues, aux pixels gros comme le pouce (« Tu n’as rien de mieux à me proposer ? » avait même déclaré un gendarme à son collègue lors de l’audition de l’un d’entre eux), et d’interprétations aussi hasardeuses qu’arbitraires, que ces deux militants sont condamnés aujourd’hui. Ainsi, lors de l’audience, le procureur avait prétendu que l’un des prévenus avait été reconnu sur une photo par le maire de son village… en omettant de préciser, comme l’avait rappelé un avocat de la défense, que l’image en question n’avait pas été prise lors de l’action dans le Bois Lejuc mais dans la gendarmerie, lors de l’audition ! De même, le fait qu’un des militants apparaisse sur une photo le doigt levé avait suffi, pour le procureur, à déduire que celui-ci « donnait des instructions » pour faire tomber le mur ! En condamnant sur des « preuves » aussi ouvertement bancales, le tribunal sanctionne finalement les prévenus sur la base de leur simple présence à cette manifestation. Cette condamnation est d’autant plus révoltante au regard de l’illégalité (constatée par ce même tribunal) de la construction du mur tombé à terre. Quelle condamnation pour toutes les infractions commises par l’Andra ? Cette décision arbitraire apparaît motivée uniquement par un besoin de fabriquer des coupables et punir pour l’exemple, afin de diviser la lutte et dissuader de s’engager. Révoltés par cette condamnation qui ne repose sur aucune preuve matérielle, les militants font appel pour faire reconnaître leur absence de culpabilité. Mais cette décision de justice ne pourra pas freiner l’élan de solidarité envers les victimes de la répression, ni le mouvement d’opposition à CIGÉO. Nos organisations assurent également de leur soutien un autre militant opposé à CIGÉO, condamné aujourd’hui pour « diffamation » à deux amendes de 400 € pour avoir déclaré qu’un commandant de gendarmerie avait essayé de l’étrangler. Retrouver la déclaration <https://vmc.camp/2018/02/15/declaration-de-christian-a-son-proces-le-13-fevrier/>  de l’un des militants lors de son procès.

Contacts presse : Juliette Geoffroy – 06 50 69 72 61 Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Condamnation-arbitraire-de-deux-militants-pour-la

Avr 10

DES DÉFAUTS DE SOUDURE CONSTATÉS SUR L’EPR DE FLAMANVILLE

EDF a annoncé mardi 10 avril 2018, avoir constaté, fin mars, des « écarts de qualités » sur certaines soudures du réacteur nucléaire de type EPR à Flamanville, dans la Manche. Ce n’est pas le premier déboire pour un chantier qui a vu sa facture s’envoler et les problèmes de fabrication s’accumuler.

Des « écarts de qualité » sur certaines soudures du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) ont été détectés fin mars, a annoncé, mardi 10 avril, EDF, sans pouvoir encore préciser les éventuels retards et surcoûts que cela pourrait entraîner.

Une expertise a été lancée pour analyser les causes et la nature de ces écarts, selon EDF. Elle permettra de définir les actions pour y remédier. Celles-ci seront ensuite proposées à l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), a précisé le groupe dans un communiqué.

Après la détection de ces écarts de qualité, EDF a décidé de faire des « contrôles additionnels sur les 150 soudures concernées du circuit secondaire principal ». L’expertise et l’ensemble des contrôles s’achèveront d’ici à la fin du mois de mai.

Un coût qui pourrait encore s’alourdir

« À l’issue de l’expertise en cours et de la démarche d’instruction qui sera retenue par l’ASN, EDF sera en mesure de préciser si le projet nécessite un ajustement de son planning et de son coût », précise EDF.

Pour l’heure, le démarrage est prévu à la fin de l’année, pour une mise en service commerciale en 2019, sept ans après la date prévue, pour un coût de 10,5 milliards d’euros, soit le triple du montant initial.

C’est lors de la « visite complète initiale », une étape réglementaire préalable à la mise en service de l’installation, que ces écarts ont été détectés.

« Conformément aux procédures industrielles », les soudures avaient déjà été contrôlées « par le groupement des entreprises en charge de la fabrication du circuit », qui les avait déclarées « conformes », « au fur et à mesure de leur réalisation », affirme EDF dans un communiqué.

Un problème qui s’ajoute à celui de la cuve du réacteur

« Les équipes d’EDF et leurs partenaires industriels sont pleinement mobilisés et poursuivent l’ensemble des autres activités de montage et d’essais de l’EPR de Flamanville, notamment les essais d’ensemble », assure EDF, qui ajoute que la conception et l’étanchéité du bâtiment réacteur ont été récemment validées.

En cours depuis 2007, le chantier de l’EPR a connu de nombreux déboires, en raison notamment d’anomalies découvertes sur la composition de l’acier du couvercle et du fond de la cuve. En outre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) exige que le couvercle de la cuve soit remplacé avant la fin 2024.

Cette nouvelle découverte d’une anomalie pourrait donc encore lourdement peser sur un dossier déjà contesté par de nombreux acteurs, en raison de son coût et de la difficulté à le rendre effectif.

La Croix (avec AFP)

https://www.la-croix.com/Economie/Entreprises/defauts-soudure-constates-lEPR-Flamanville-2018-04-10-1200930528

Avr 10

NUCLÉAIRE IRANIEN: S’IL VIOLE L’ACCORD, WASHINGTON «REGRETTERA», MENACE ROHANI

Le président iranien Hassan Rohani a prévenu lundi 9 avril que les États-Unis « le regretteront » s’ils se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien comme le président Donald Trump menace de le faire.

Cette sortie, faite pendant un discours, intervient le même jour où une attaque a frappé l’aéroport militaire syrien du T-4 pendant laquelle au moins 14 combattants, dont des Iraniens, ont été tués, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Damas et Moscou accusent Israël d’en être à l’origine.

« Nous ne serons pas les premiers à violer l’accord, mais ils [les États-Unis, NDLR] doivent impérativement savoir qu’ils le regretteront s’ils le violent », a déclaré M. Rohani lors d’un discours à l’occasion de la Journée nationale de la technologie nucléaire. « Nous sommes bien plus préparés qu’ils le pensent, et ils verront que s’ils violent cet accord, en une semaine, en moins d’une semaine, ils en verront le résultat », a-t-il ajouté.

« Cela signifiera qu’ils ne tiennent pas parole. Cela ternirait leur réputation et leur dignité sur la scène internationale », a encore déclaré le président iranien.

Cette sortie d’Hassan Rohani intervient le même jour où l’aéroport militaire syrien T-4 de Tayfur, près de Homs, a été frappé par des missiles, ce lundi 9 avril très tôt. Selon Damas et le Kremlin, l’attaque aurait été menée par Israël. L’OSDH fait état d’au moins 14 combattants, dont des Iraniens.

La base en question accueillait des forces russes et iraniennes, ainsi que des combattants du Hezbollah libanais, des alliés de Bachar el-Assad, comme l’a indiqué le chef de l’Observatoire Rami Abdel Rahman. L’Iran et le Hezbollah étant les bêtes noires de l’État hébreu.

L’accord sur le nucléaire iranien a été conclu en juillet 2015 entre la République islamique d’Iran et le Groupe des six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne). Il est censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, mais Donald Trump estime qu’il n’apporte pas de garanties suffisantes pour la sécurité internationale et l’a sans cesse attaqué, avant et après sa prise de fonctions.

Trump a menacé en janvier de sortir son pays de l’accord le 12 mai prochain, à l’expiration d’un ultimatum qu’il a donné aux Européens pour durcir le texte. Si Washington met en pratique cette menace, il devrait alors réimposer contre l’Iran des sanctions économiques actuellement suspendues.

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20180409-nucleaire-iranien-iran-etats-unis-viole-accord-rohani-syrie

Avr 10

KIM JONG UN ÉVOQUE POUR LA PREMIÈRE FOIS OFFICIELLEMENT UN « DIALOGUE » AVEC WASHINGTON

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a évoqué pour la première fois publiquement, lors d’une réunion du parti au pouvoir à Pyongyang, un « dialogue » avec les États-Unis, alors que se prépare le sommet historique avec Donald Trump.

Le chef de la Maison Blanche a accepté le mois dernier la tenue d’une rencontre avec le Nord, qui serait la première de l’histoire entre un président américain en fonction et un leader nord-coréen. Mais ni la date ni le lieu de ce sommet n’ont été arrêtés.

Lors d’une réunion de hauts responsables du Parti des travailleurs, lundi, M. Kim a discuté du « développement actuel des relations Nord-Sud et de la perspective du dialogue entre les États-Unis et la RPDC » (acronyme officiel de la Corée du nord), a rapporté l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Il a présenté un rapport « sur la situation dans la péninsule coréenne » et notamment l’autre sommet, prévu à la fin du mois avec la Corée du Sud, selon KCNA.

Après deux années de montée des tensions liées aux programmes nucléaire et balistique nord-coréens, la péninsule est depuis le début de l’année le théâtre d’une remarquable détente que doit illustrer la tenue le 27 avril d’un sommet exceptionnel entre M. Kim et le président sud-coréen Moon Jae-in.

Trump avait annoncé le mois dernier qu’il acceptait le principe d’un sommet avec M. Kim pour discuter de la dénucléarisation. Mais Pyongyang ne s’était jamais exprimé publiquement sur une telle rencontre, depuis que l’invitation de M. Kim avait été transmise à M. Trump par des responsables sud-coréens.

‘En mai ou début juin’

Certaines sources laissaient entendre que les semaines de silence nord-coréen sur le sujet suscitaient la nervosité de responsables américains redoutant que les émissaires sud-coréens n’aient surestimé la volonté réelle du Nord de négocier son arsenal nucléaire.

Les propos de M. Kim rapportés lundi viennent rompre ce silence, même s’il n’a pas spécifiquement parlé du « sommet » avec le président américain.

Devant la presse lundi, Donald Trump a annoncé, lui, que cette rencontre historique aurait lieu « en mai ou début juin« .

« Je pense qu’il y aura un grand respect mutuel et nous espérons qu’il y aura un accord sur la dénucléarisation » lors de cette rencontre, a dit M. Trump.

« Nous espérons que la (nouvelle) relation sera très différente de ce qu’elle a été pendant beaucoup, beaucoup d’années« , a ajouté le président américain.

Dimanche, le Wall Street Journal avait rapporté que la Corée du Nord avait confirmé directement auprès des États-Unis qu’elle était prête à négocier sur la dénucléarisation.

L’amélioration des relations sur la péninsule, après deux années marquées par trois essais nucléaires nord-coréens et des dizaines de tests de missiles balistiques, a été favorisée par les jeux Olympiques de Pyeongchang auxquels le Nord a finalement participé

Depuis lors, Kim Jong Un a fait ses grands débuts diplomatiques avec une visite surprise à Pékin, son premier déplacement officiel à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011.

Le chef de la diplomatie nord-coréenne, Ri Yong Ho, est arrivé lundi à Moscou où il doit être reçu par son homologue russe Sergueï Lavrov, après une tournée internationale qui l’a conduit en Chine, en en Azerbaïdjan et dans d’autres ex-républiques soviétiques.

Ri s’est également rendu le mois dernier en Suède, qui joue le rôle d’intermédiaire entre Washington et Pyongyang.

Beaucoup d’experts s’interrogent sur les chances de succès d’un éventuel sommet entre MM. Trump et Kim, deux dirigeants imprévisibles.

Si elle a lieu, cette rencontre se tiendra en effet sans que n’aient eu lieu en amont les mois de travaux préparatoires qui interviennent généralement avant ce type de sommet.

https://www.challenges.fr/monde/kim-jong-un-evoque-pour-la-premiere-fois-officiellement-un-dialogue-avec-washington_579664

Avr 10

REMISE EN SERVICE DU RÉACTEUR N° 2 DE LA CENTRALE FESSENHEIM

Fessenheim 2 devrait reprendre du service pour une durée limitée : la centrale doit fermer d’ici à la fin de l’année.

Après presque deux ans d’arrêt, le réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin, a été remis en service lundi 9 avril à la mi-journée. Il devrait retrouver sa pleine puissance – 880 mégawatts – dans les prochains jours.

Fessenheim 2 avait été stoppé en raison d’une anomalie sur un générateur de vapeur, décelée à la suite d’un audit mené à la forge Areva au Creusot (Saône-et-Loire), où des irrégularités ont été constatées dans des dossiers de suivi de fabrication de grands composants nucléaires.

La remise en service de ce réacteur était initialement prévue à partir du printemps 2017, mais elle a été reportée à plusieurs reprises. « Un programme d’essais complémentaires » a été mené par Framatome sur le générateur de vapeur depuis 2016, a fait savoir EDF dans une note. « Il consistait notamment en la réalisation d’examens mécaniques et d’essais de résistance sur deux pièces représentatives fabriquées spécialement à cet effet », a détaillé le groupe français.

Les éléments d’analyses ont été transmis à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en juillet 2017. L’ASN avait donné son feu vert au redémarrage le 12 mars. « Cette levée de suspension était la dernière condition permettant de procéder au redémarrage du réacteur n° 2 », a rappelé EDF.

Démantèlement de cinq ans

Fessenheim 2 devrait toutefois reprendre du service pour une durée limitée : les deux réacteurs de la centrale doivent normalement fermer entre fin 2018 et début 2019, au moment de la mise en place de l’EPR de Flamanville, dans la Manche. Une première phase de préparation au démantèlement devrait durer cinq ans, avant une phase de déconstruction de quinze ans. Il s’agira d’une première pour le parc électronucléaire français, qui compte 58 réacteurs en fonctionnement.

Située tout près de la frontière avec la Suisse et avec l’Allemagne, la centrale de Fessenheim a été mise en service en 1977. Elle comporte deux réacteurs à eau pressurisée d’une puissance de près de 900 mégawatts (MW) chacun qui produisent l’équivalent de 65 % de l’électricité consommée en Alsace. Depuis de nombreuses années, les écologistes français, allemands et suisses dénoncent sa vétusté. L’installation est construite sur une zone sismique et en contrebas du Rhin.

http://www.lemonde.fr/energies/article/2018/04/10/remise-en-service-du-reacteur-n-2-de-la-centrale-fessenheim_5283100_1653054.html

Avr 09

TRANSMISSION GÉNÉTIQUE DES MALADIES RADIO-INDUITES : LE DR FURITSU NE MÈNERA PAS L’ÉTUDE

Le docteur Katsumi Furitsu, spécialiste généticienne japonaise, renonce. Elle devait présenter, à la demande du gouvernement Fritch, un projet d’étude sur les maladies trans-générationnelles et les essais nucléaires, devant le comité d’éthique de la Polynésie française.

Il ne s’agit pas, de sa part, d’un refus définitif de coopérer avec le gouvernement polynésien, mais de l’expression d’une incompatibilité totale entre démarche scientifique et revendications militantes et politiques”, indiquait hier la Présidence du Pays.

On peut souligner aussi que tous les scientifiques, y compris bien sûr Furitsu, mettent en garde que la Science n’apportera pas de réponses certaines et définitives, ni dans un sens ni dans l’autre, d’autant que, sur le sujet des éventuelles conséquences transgénérationnelles, il faut commencer par des études épidémiologiques, forcément longues et devant porter sur des ensembles significatifs au plan statistique.”

Cette question avait été lancée en fanfare, le jour même de l’arrivée au fenua de la ministre des Outre-mer, Annick Girardin.

Aujourd’hui, il est évident qu’en France et en Polynésie française, les autorités politiques et sanitaires étatiques comme locales préfèrent nier ou minimiser systématiquement le risque nucléaire concernant la santé des enfants et des générations à venir”, déclarait, le 21 janvier, au journal Le Parisien, Christian Sueur, qui “voulait approfondir ses recherches sur les conséquences de l’exposition des grands-parents à la radioactivité sur les petits-enfants”.

Le pédopsychiatre estimait que la Délégation polynésienne pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN) avait entravé sa volonté d’approfondir ses travaux avec l’équipe japonaise du Dr Furitsu.

Le Pays s’était indigné que Christian Sueur, pédopsychiatre, puisse avancer des conclusions hâtives sur un sujet aussi sensible et anxiogène et surtout aussi complexe, n’ayant aucune compétence en génétique. La délégation avait alors précisé que c’était le docteur Furitsu elle-même qui avait stoppé toute collaboration avec le médecin car elle “n’était pas d’accord avec la méthode de travail que voulait imposer Christian Sueur”.

Climat de méfiance

Les associations comme Moruroa e tatou ou 193, suspicieuses à l’égard de tout discours officiel, avaient embrayé et considéré comme acquis le principe d’une transmission génétique des maladies radio-induites.

Le discours de l’armée sur “la bombe propre” a en effet laissé de profondes cicatrices. Édouard Fritch avait alors décidé de se donner les moyens d’obtenir des réponses sur cette question sensible, “plutôt que de choisir entre des propos sans fondements et l’inquiétude légitime des Polynésiens”.

Des travaux de recherche très compliqués sur les plans technique et scientifique, avait prévenu la généticienne nippone. Mais dont le Pays espérait qu’ils permettraient, à terme, de clarifier la réalité sanitaire post-CEP.

À ce jour, la transmission génétique de maladies radio-induites n’a été mise en évidence de manière scientifique ni au Japon (Hiroshima et Nagasaki), ni en Biélorussie (Tchernobyl).

Le 23 janvier, la déléguée Yolande Vernaudon avait déjà estimé indispensable de “poursuivre les investigations”. Mais ces recherches scientifiques ne seront pas menées par le Dr Furitsu, qui refuse ainsi de travailler dans un climat passionnel. Retour à la case départ, donc. Probablement le pire des scénarios.

Les associations estiment toutefois qu’un recensement systématique de toutes les maladies radio-induites à Tahiti comme dans les îles, puisque tout le fenua a subi des retombées radioactives, serait déjà une première étape nécessaire.

Damien Grivois

http://www.ladepeche.pf/nucleaire-risque/

Avr 09

LA FRANCE A PRIS UN SACRÉ RETARD

Le ministre français Nicolas Hulot a choisi le Luxembourgeois Claude Turmes pour intégrer un comité sur la transition écologique dans l’Hexagone. Un défi que l’eurodéputé compte bien relever sans langue de bois. (Photo : archives editpress)

Voilà une mission pas banale pour l’écologiste luxembourgeois, invité par la France à rejoindre le comité «Accélérateur de la transition écologique (AcTE)». Une mission que l’eurodéputé prend à cœur: il ne manquera pas d’avoir un «regard critique», prévient-il…

Extraits :

Nucléaire : le «boulet» français

Pour Claude Turmes, l’histoire du divorce Areva-Siemens résume bien la fausse route française.

Pendant que la première, une multinationale française du nucléaire, accumule une montagne de dettes, la seconde « a misé sur l’éolien, et est devenue un leader de ce secteur dynamique ».

La France, « par son obstination nucléaire, a souvent raté le coche. Sur l’éolien, elle aurait pu être un des grands leaders, sachant qu’elle dispose en plus d’un littoral idéal pour l’éolien en mer ». Nicolas Hulot a donc « la volonté de ne pas rater cette dimension industrielle de la transition énergétique », témoigne-t-il.

C’est pourtant le même Hulot qui a reculé sur l’objectif de réduire de 75 % à 50 % la part de l’électricité nucléaire à l’horizon 2025! « C’est bien sûr un des points chauds », admet Claude Turmes. « Mais Nicolas Hulot a annoncé qu’il ne ferait pas l’impasse sur ce sujet. On rentre dans une année décisive, la France va devoir décider quelle part elle donnera au renouvelable et au nucléaire d’ici la prochaine décennie. »

Et de citer un scénario présenté par RTE, le gestionnaire des réseaux de transport d’électricité en France, qui « propose d’arrêter toutes les centrales nucléaires après 40 ans. Un scénario qui mettrait la France plutôt en harmonie avec une bonne partie de l’Europe ». Pourtant, du côté de la centrale de Cattenom, située à un jet de pierre du Luxembourg, on mise toujours sur une durée de vie de 60 ans! « En effet, donc il faudra montrer que cette exception française est plutôt un boulet qu’un progrès, car c’est un frein à la transition énergétique.»

http://www.lequotidien.lu/a-la-une/la-france-a-pris-un-sacre-retard/

Avr 09

LE SAMEDI 21 AVRIL À LYON : ACTION ANTINUCLÉAIRE

Communiqué

À l’occasion de « l’anniversaire » de Tchernobyl, ‘RASN’ et ‘SDN Bugey’ organisent une action le 21 avril à Lyon.

. LIEU : à Lyon, sur les berges du Rhône – ‘au pied et sur’ la passerelle du Collège, côté quai du Général Sarrail 

. QUAND : samedi 21 AVRIL à partir de 13 h jusqu’à 17 h.

Nous serons en tenue blanche, afin de sensibiliser et d’informer la population, avec des stands, des banderoles, des cartes, des tracts et la pétition pour l’arrêt immédiat de Bugey.

La presse est conviée.

Venez nombreux, afin de redire avec force qu’il est urgent et nécessaire de fermer cette centrale du Bugey de plus en plus dangereuse.

Action organisée par :

. RHÔNE ALPES SANS NUCLÉAIRE : 06 42 37 04 86 ou 06 70 30 54 88 

. et SORTIR DU NUCLÉAIRE BUGEY : 06 81 09 75 87 /Jean-Pierre

Avr 08

TÉHÉRAN VA « SÛREMENT » SE RETIRER DE L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE SI WASHINGTON RÉIMPOSE DES SANCTIONS, SELON UN LÉGISLATEUR

TÉHÉRAN, 7 avril (Xinhua) — Téhéran se retirera sûrement de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, si Washington lui réimpose des sanctions, a déclaré samedi un législateur iranien.

« L’objectif le plus important du Plan d’action global commun (JCPOA, conclu entre Téhéran d’une part et les cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne de l’autre part) était la levée des sanctions » contre Téhéran, a souligné le président de la Commission parlementaire chargée de la sécurité nationale et de la politique étrangère, Alaeddin Boroujerdi.

« Si des sanctions sont réimposées à l’Iran, il est évident que nous nous retirerons du JCPOA« , a mis en garde M. Boroujerdi, cité par PressTV.

Jeudi dernier, l’ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Mme Nikki Haley, a affirmé que Washington se retirerait probablement de l’accord sur le nucléaire iranien et réimposerait des sanctions à la République islamique.

Elle a accusé Téhéran de soutenir le terrorisme et violer les modalités du JCPOA. Estimant que l’Europe fermait les yeux sur cette situation, Mme Haley a fait entendre que les États-Unis ne le toléreraient pas.

L’Iran a déclaré qu’il ne prendrait aucune mesure allant au-delà de ses engagements au titre du JCPOA, et qu’il n’accepterait aucune modification à cet accord, ni maintenant ni dans les années à venir.

http://french.xinhuanet.com/2018-04/08/c_137094135.htm

Avr 08

L’ÉNERGIE SOLAIRE DÉPASSE LES CARBURANTS FOSSILES EN NOUVELLE CAPACITÉ INSTALLÉE EN 2017

La nouvelle capacité de production d’énergie renouvelable, qui comprend aussi le vent, les biocarburants et l’énergie géothermique, est bien plus importante que les 70 GW de nouvelle capacité nette d’énergie dérivée des carburants fossiles en 2017.

L’énergie solaire chinoise a contribué au record de 157 gigawatts de nouvelle capacité d’énergie renouvelable installée l’année dernière, soit plus de deux fois la capacité de nouvelle génération liée aux carburants fossiles, d’après un rapport publié jeudi.

Au niveau mondial, un record de 98 GW de capacité solaire a été installé l’an dernier, la Chine contribuant à plus de la moitié avec 53 GW, d’après l’ONU Environnement, le Centre Frankfurt School-UNEP Collaborating Centre et le groupe Bloomberg New Energy Finance

La nouvelle capacité de production d’énergie renouvelable, qui comprend aussi le vent, les biocarburants et l’énergie géothermique, est bien plus importante que les 70 GW de nouvelle capacité nette d’énergie dérivée des carburants fossiles en 2017.

Les coûts bien moins importants sont le moteur des investissements solaires dans le monde

« Nous sommes à un point tournant’ passant des carburants fossiles à un monde renouvelable » a déclaré Erik Solheim, directeur d’ONU Environnement. « Les marchés sont là et les énergies renouvelables peuvent prendre le dessus sur le charbon, le pétrole et le gaz ».

Les carburants fossiles cependant dominent encore la capacité existante. L’énergie solaire, éolienne, la biomasse et d’autres énergies renouvelables ont produit 12,1% de l’électricité mondiale en 2017, contre 5,2% dix ans plus tôt.

Les scientifiques climatiques ont conseillé aux gouvernements de placer les énergies renouvelables en tête des sources d’énergie d’ici le milieu du siècle s’ils veulent réaliser les objectifs ambitieux fixés dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat pour lutter contre le changement climatique.

Les investissements mondiaux dans les énergies renouvelables ont augmenté de 2% pour atteindre 279,8 milliards de dollars en 2017 par rapport à 2016. La Chine est le pays qui a le plus investi dans les énergies renouvelables avec 126,6 milliards de dollars soit 45% du total.

« Les coûts bien moins importants sont le moteur des investissements solaires dans le monde » a déclaré Angus McCrone, éditeur en chef du Bloomberg New Energy Finance et principal auteur du rapport.

Et l’énergie solaire en Chine a profité des politiques mises en place par le gouvernement pour aider l’industrie à réduire la pollution atmosphérique et ralentir le changement climatique.

Le rapport indique que le coût de la production d’électricité à partir de technologies à grande échelle de photovoltaïque solaire a chuté de 15% l’an dernier.

Par Sandra BESSON

https://www.actualites-news-environnement.com/38005-energie-solaire.html

Avr 08

EPR : LE RECOURS DES ANTI-NUCLÉAIRES DEVANT LE CONSEIL D’ÉTAT REJETÉ

En mai 2017, deux associations anti-nucléaires avaient déposé une requête devant le Conseil d’État demandant l’annulation du décret de prolongation de mise en service du réacteur nucléaire EPR. Cette requête a été rejetée le 28 mars 2018.

Le 23 mai 2017, le Comité de Réflexion, d’Information et de Lutte Anti-Nucléaire (CRILAN) et l’association « Notre affaire à tous » avaient déposé une requête au Conseil d’État demandant l’annulation du décret du 23 mars 2017, portant à 13 ans le délai de construction du réacteur EPR de Flamanville. <https://www.lamanchelibre.fr/actualite-328703-manche-il-deposent-un-recours-devant-le-conseil-d-etat-contre-l-epr-de-flamanville>  Les anti-nucléaires pointaient alors du doigt un allongement du délai sans procédure nouvelle alors que selon eux, le futur réacteur ne correspond plus au projet validé en 2007.

Retard, coût et composition de la cuve

Les coûts de construction multipliés par trois et les anomalies d’homogénéité de composition de l’acier de certaines zones du couvercle et fond de la cuve du réacteur <https://www.lamanchelibre.fr/actualite-473079-epr-de-flamanville-une-anomalie-notable-dans-les-soudures-selon-l-asn>  avaient notamment été soulignés dans le mémoire déposé devant le conseil d’État.

Par jugement du 28 mars 2018, les requêtes des deux associations ont été rejetées. Elles ont également été condamnées à verser chacune à EDF une somme de 2000 euros au titre des frais d’avocat.

Des requêtes pas substantielles

Dans un communiqué daté du 7 avril 2018 le CRILAN rapporte que : « Le Conseil d’État a considéré que n’étaient substantielles, notamment, ni les modifications de la conduite de rejets, ni l’abandon prévu à l’origine du combustible MOX au plutonium au profit de l’uranium enrichi, ni la validation d’une cuve aux fond et couvercle fragilisés par des aciers aux excès de carbone, non conformes aux lois et règlements en vigueur quant à la sécurité des installations ».

Lors de l’audience du 8 mars 2017, le rapporteur public avait estimé pour sa part qu’il n’était pas « impossible que ces anomalies ne soient surmontées au cours des trois prochaines années « .

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-496061-epr-le-recours-des-anti-nucleaires-devant-le-conseil-d-etat-rejete

Avr 08

RACHAT D’URAMIN: L’EX-DIRECTEUR DES MINES D’AREVA MIS EN EXAMEN POUR « CORRUPTION »

L’ancien directeur des mines d’Areva a été mis en examen à Paris pour « corruption » dans l’enquête sur le rachat désastreux pour le spécialiste du nucléaire de la compagnie minière Uramin en 2007, a appris l’AFP samedi de sources proches du dossier.

Sébastien de Montessus a été mis en examen le 29 mars pour « corruption d’agent public étranger« , « corruption privée » et « abus de confiance« , des faits qu’il conteste.

Areva, devenu Orano, avait déboursé 1,8 milliard d’euros pour acquérir le canadien Uramin, mais l’exploitation des trois gisements de la société en Namibie, Afrique du Sud et Centrafrique s’était révélée beaucoup plus difficile que prévu. L’opération s’était transformée en gouffre financier et avait contraint Areva, fin 2011, à provisionner 1,5 milliard d’euros.

L’affaire est au cœur de deux informations judiciaires.

Un volet comptable, dans lequel l’ex-patronne emblématique d’Areva, Anne Lauvergeon (2001-2011), a été mise en examen ainsi que deux ex-responsables, soupçonnés d’avoir présenté des comptes inexacts pour masquer l’effondrement de la valeur d’Uramin.

L’autre enquête, dans laquelle « Atomic Anne » est témoin assistée, porte sur des soupçons d’escroquerie et de corruption lors de l’acquisition de la compagnie minière.

C’est dans ce volet que Sébastien de Montessus vient d’être mis en examen.

« Les juges s’interrogent notamment sur plusieurs opérations cherchant à savoir si elles auraient pu dissimuler d’éventuels détournements de fonds« , a indiqué une des sources proches du dossier.

Notamment deux contrats dans lesquels Areva a déboursé au total près de 6,9 millions de dollars en 2009 et 2010 en faveur du groupe minier namibien United Africa Group (UAG).

Les magistrats s’interrogent également sur des versements mensuels de 10.000 dollars en 2008 et 2009 au ministre namibien du Commerce et de l’Industrie de l’époque, l’actuel président Hage Geingob.

Sébastien de Montessus est aussi suspecté d’avoir joué les intermédiaires dans la vente d’un luxueux yacht, le Cape Arrow, pour laquelle il aurait perçu un virement de 750.000 euros.

Dans ce volet, Olivier Fric, mari d’Anne Lauvergeon, est mis en examen pour délit d’initiés, soupçonné d’avoir spéculé sur le titre Uramin lors de son rachat en profitant d’informations privilégiées. Ses liens avec un financier belge Daniel Wouters sont également au cœur des investigations.

Ce dernier, recruté en 2006 par Areva comme responsable du développement et des acquisitions de sa division mines, a joué un rôle clé dans le rachat d’Uramin. Placé en garde à vue cette semaine, il devrait être convoqué prochainement par les juges d’instruction financiers, selon une des sources.

(©AFP / 07 avril 2018 15h17)

https://www.romandie.com/news/Rachat-d-Uramin-l-ex-directeur-des-mines-d-Areva-mis-en-examen-pour-corruption/906498.rom

Avr 08

TAHITI : LE CEA POURRAIT DEVOIR REMBOURSER DES FRAIS ENGAGÉS PAR LA CPS

Rebondissement dans le dossier des dépenses engagées par la Caisse prévoyance sociale (CPS) en matière de maladies radio-induites. Comme l’a révélé ce vendredi Radio 1, la Cour de cassation a ouvert le 15 mars dernier la possibilité pour la CPS d’obtenir du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) le remboursement des frais médicaux engagés pour la pathologie d’un ancien travailleur de Moruroa et Hao. Les magistrats ont en effet annulé la décision de la cour d’appel de Papeete du 18 février 2016 qui refusait à la CPS la possibilité d’engager un recours contre le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), la partie civile du Centre d’expérimentation du Pacifique (CEP) et de son sous-traitant Sodetra.

L’ancien travailleur de Moruroa et de la base arrière Hao avait développé un « lymphome folliculaire inguino-illiaque » en 2005, maladie « éligible » à la loi d’indemnisation Morin selon la liste des pathologies radio-induites officiellement reconnues. Initialement, le malade avait saisi en 2006 le tribunal du travail afin de faire reconnaître le caractère professionnel de son cancer.

Il est probable que le CEA se pourvoira en cassation dans ce dossier. Si en dernier recours la justice reconnaissait définitivement à la CPS le droit de réclamer le remboursement des dépenses engagées au titre de maladies radio-induites, et sous certaines conditions, la nouvelle serait de première importance.

Une estimation de la CPS évaluait en 2017 à plus de 54 milliards de francs les dépenses déjà engagées par la Caisse, en progression d’environ 7 milliards par an. Pour l’État, rembourser cette somme équivaudrait de fait à reconnaître que toutes ces maladies ont été provoquées par les tirs atomiques. Les associations qui luttent pour la réparation du fait nucléaire, mais également des élus de l’assemblée de Polynésie ont déjà pointé le coût pour la CPS des maladies potentiellement provoquées par les expérimentations atomiques françaises. Et estimé qu’en conséquence il serait légitime que l’État les prenne à sa charge.

Pour l’instant, Paris botte en touche et souligne que tous les cancers en Polynésie ne sont pas liés à la radioactivité, quand bien même ils apparaissent sur la liste des maladies radio-induites reconnues par la loi Morin.

Une position de plus en plus inconfortable pour le gouvernement central, sachant que l’inversion de la charge de la preuve a totalement bouleversé la donne. Auparavant, c’était au malade d’apporter la preuve que sa maladie était liée à l’exposition aux rayons ionisants des tests français de Moruroa et Fangataufa.

C’est aujourd’hui tout le contraire puisque c’est à l’État d’apporter la preuve que la maladie n’est pas liée aux expérimentations nucléaires. La réforme de la loi d’indemnisation permet à présent à toute personne ayant séjourné en Polynésie française entre 1966 et 1998 de déposer un dossier de demande d’indemnisation en cas de maladie reconnue comme radio-induite. Même si les essais atmosphériques ont pris fin en 1974, l’association 193 par exemple demande à faire sauter le verrou temporel limitant le séjour à 1998, afin d’y intégrer les éventuels malades qui seraient, selon elle, victime d’une transmission transgénérationnelle de pathologies radio-induites. C’était tout l’objet de l’étude commandée par le gouvernement Fritch au Dr Katsumi Furitsu. Comme l’annonçait La Dépêche ce jeudi, la spécialiste généticienne japonaise a renoncé à conduire cette enquête en Polynésie française au motif qu’elle ne pourrait travailler en toute sérénité, le sujet étant polémique depuis le début de l’année à Tahiti.

Damien Grivois

http://www.ladepeche.pf/nucleaire-cea-pourrait-devoir-rembourser-frais-engages-cps/

Avr 07

PAS D’ARGENT POUR LES BESOINS SOCIAUX ET ENVIRONNEMENTAUX MAIS UN BUDGET DÉFENSE CONFORME AUX DÉSIRS DE L’OTAN

Communiqué de presse de la CGT (https://7seizh.info/author/communique/)

Vous connaissez le refrain : « Il n’y a pas d’argent, il va falloir faire des efforts et vous serrez la ceinture ». Bien sûr puisque depuis la crise 2008, il tourne en continu.

C’est ainsi que s’est accrue la casse des services publics, de la Sécurité sociale, et sont apparus de nombreuses réformes dont la loi El Khomri, les ordonnances Macron, …
Pourtant, alors que nous, salariés, retraités, jeunes, privés d’emploi, précaires, devons nous serrer la ceinture et vivre avec l’incertitude des lendemains, se discute actuellement à l’Assemblée nationale la loi de Programmation militaire 2019-2025.

Une loi qui a pour objectif de porter les dépenses de défense à 2% du PIB de la France d’ici 2025, selon les exigences de l’OTAN (organisation illégale au regard des lois internationales). Alors que le gouvernement Macron exige de nous toujours plus de sacrifices, le budget annuel de la Défense devrait progressivement passer de 34,2 milliards à 50 milliards d’euros, avec une hausse de 1,7 milliard par an jusqu’en 2022, puis 3 milliards par an jusqu’en 2025. Au total, Monsieur Macron propose d’engager 295 milliards d’euros entre 2019 et 2025 au titre de la loi de Programmation militaire dont 42 milliards pour le renouvellement de la flotte de sous-marins nucléaires de l’Ile Longue et la composante nucléaire aéroportée.

Ces choix sont contradictoires aux engagements internationaux de la France au titre de l’article 6 du Traité de Non-Prolifération (TNP) qui stipule que « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace ». Ainsi, la France viole le TNP, alors que les Nations Unies viennent d’adopter le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN). Ainsi, les armes nucléaires ne sont plus seulement immorales, elles sont illégales depuis le 7 juillet 2017.
La lutte pour la Paix et le désarmement dans le monde, notamment nucléaire, s’inscrivent dans les priorités de la CGT.

La guerre est toujours un échec. Elle conduit au chaos et enfante des monstruosités dont sont victimes les peuples et les populations civiles jetées sur le chemin de l’exil.
Lorsque la guerre se développe, que les dépenses militaires augmentent et que la paix est menacée, il est nécessaire d’agir pour obtenir des politiques sociales, économiques, environnementales, culturelles et de paix s’inspirant de la charte des Nations Unies et de la culture de la Paix définie par l’Unesco afin de contribuer à la construction d’un monde de justice, de solidarité, de fraternité et de Paix !

Engagée dans un syndicalisme de transformation de société pour un Développement Humain Durable, la CGT exige que la France :
  1: ratifie et applique le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires de l’ONU ;
  2: renonce à porter son budget militaire à 2% du PIB ;
  3: se retire de l’OTAN ;
  4: s’engage résolument à construire une politique de Paix et de prévention des conflits en application de la Charte des Nations Unies et des résolutions de l’ONU pour une culture de la Paix.

La CGT, acteur au sein du Collectif National « En marche pour la Paix », vous invite à signer la pétition du Mouvement de la Paix, exigeant de la France la ratification du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires :

https://www.mvtpaix.org/wordpress/petitions/

Avr 06

IRAN : AVERTISSEMENT AUX ÉTATS-UNIS CONTRE UNE RUPTURE DE L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE DE 2015

TÉHÉRAN – Le haut responsable iranien du nucléaire a mis en garde jeudi les États-Unis contre toute mesure supplémentaire qui ira à l’encontre de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015.

« Nous cherchons sérieusement à préserver nos intérêts nationaux et notre souveraineté, mais si les États-Unis, l’Europe et d’autres puissances se retirent de l’accord, il est évident que nous agirons différemment, » a martelé le chef de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (AEOI), Ali Akbar Salehi, cité par PressTV.

Pour M. Salehi, le président américain Donald Trump est un homme d’affaires qui veut régler les dossiers de l’ordre du jour par la prise de décisions imprévisibles.

Trump a régulièrement exigé l’élimination des « clauses provisoires«  relatives à certaines restrictions que Washington fait peser sur Téhéran dans le cadre de l’accord sur le nucléaire, des règles d’inspection plus strictes et la limitation du développement par Téhéran des missiles à longue portée.

Mais Téhéran déclare qu’il ne tolèrera rien qui aille au-delà de ses engagements au titre de l’accord sur le nucléaire, officiellement dénommé Plan d’action global conjoint (JCPOA), et qu’il n’acceptera aucune modification à l’accord.

http://french.xinhuanet.com/2018-04/06/c_137090979.htm

Avr 06

MONTPELLIER LUNDI 9 AVRIL À 19H : SOIRÉE NUCLÉAIRE À NE PAS MANQUER

Le groupe local d’Europe-Écologie les Verts de Montpellier fête dignement les anniversaires de Fukushima (11 mars 2011), et Tchernobyl (26 Avril 1986) et Tricastin (10 Avril 2018)

Soirée nucléaire dans ta face !

Lundi 9 Avril 3018 à 19h30, Avenue Georges Clemenceau à Montpellier. Entrée libre.

Avec la participation d’Arrêt du Nucléaire 34 qui fera un état des lieux du nucléaire civil et militaire en 2018.

Puis, dans le cadre de La Bibliothèque Bavarde et en lien avec les « Lundis en Coulisses », la Compagnie Rêves du 22 Mars présentera une lecture en espace de :

« Régner sur les cendres », de Romain Nicolas,

Une farce burlesque et ubuesque sur le pouvoir au sein d’une centrale nucléaire. Avec 12 comédien.ne.s du bassin montpelliérain.

La lecture sera suivie d’une discussion à bâtons d’uranium rompus sur la nécessité de mourir dans d’atroces souffrances du fait d’une fission du réacteur 9.

Contacts : montpellier@eelv.fr, tél : 06 81 10 44 76
montpellier.eelv.fr

Avr 06

LE 26 AVRIL, ALLEZ VOIR LE FILM « TCHERNOBYL, LE MONDE D’APRÈS » À PARIS

Vous êtes cordialement invité à participer à la projection-débat en présence des réalisateurs et de trois des héros biélorusses du film.

Il reste encore des places pour cette première parisienne sur grand écran du film « TCHERNOBYL, le monde d’après », de Marc Petitjean et Yves Lenoir, produit par Enfants de Tchernobyl Belarus.

URL de la page d’achat des billets pour cette projection :

<https://www.cinetick.fr/?p=XP11&E=DT291241509&s=XP11_19405&src=web#P=%5B%22XP11%22%5D&E=CN2018001590&S=XP11_19405&D=20180426

Le bénéfice de la soirée sera intégralement versé à l’Institut indépendant de protection radiologique Belrad de Minsk.

Le film :

Dans les territoires de Tchernobyl trente-deux ans après l’accident, il y a de moins en moins d’enfants en bonne santé. Le nombre de malformations congénitales augmente ; les leucémies infantiles aussi. Beaucoup d’adultes encore jeunes sont atteints de cancers. L’État a tourné la page, laissant à de rares initiatives privées le soin de convaincre la population de ne pas faire de bêtises avec la radioactivité.

Les personnes qui s’impliquent ainsi sont assurément « les derniers liquidateurs », ceux qui luttent pour limiter les dégâts humains résultant de l’échec de la « liquidation », celle menée durant les premiers mois. Elles racontent comment Tchernobyl leur est tombé dessus, et témoignent de leur choix de vie au service des autres. 

Le destin des habitants aurait été autre si leur protection avait été assurée durant les jours critiques. La leçon de cette histoire est terriblement banale : lorsque les responsables chérissent une cause, l’énergie atomique, ils en sous-estiment les risques et finissent par en nier les effets.

Au cinéma « Les 7 Parnassiens », 98 boulevard du Montparnasse, Paris 14 ème à 20h30 (salle 2)

Avr 06

EDF AGRANDIT SON EMPRISE POUR LA CENTRALE DE BELLEVILLE : LA PISCINE SE CONFIRME?

La centrale nucléaire entre Berry-Sologne et Nivernais a augmenté sa superficie voici quelques jours. Une opération foncière qui peut être en lien avec l’éventuelle création d’une piscine  « d’entreposage centralisé » de déchets nucléaires… ou pas.

Depuis que le site d’information écologiste Reporterre a joué le rôle de lanceur d’alerte concernant la forte possibilité de la construction d’une piscine d’entreposage/stockage de déchets nucléaires, le moindre vol de grues au-dessus des cheminées de la Centrale de Belleville-sur-Loire, le moindre train de voitures à vitres teintées sont disséqués et interprétés par tous les oracles et les Pythies des coteaux de Sancerre. Là, l’AOC a fait officiellement la demande de classement au patrimoine de l’UNESCO en 2015 et, depuis, les fumées blanches de la Centrale ne sont pas forcément vues comme un facteur favorable.

Selon le journal local, La Voix du Sancerrois, déjà installée sur une superficie de 170 hectares, la Centrale aurait étendu sa réserve foncière voici quelques semaines, après qu’une « superficie importante de terrains ait été  à vendre dernièrement autour de la centrale. » Des agriculteurs et EDF se seraient ainsi répartis les parcelles. Pour le producteur d’électricité, l’occasion faisait le larron puisque, en d’autres lieux déjà, l’extension des réserves foncières autour des sites est monnaie courante. Pour le service com du site « l’acquisition de terrains fait partie d’un processus à plus long terme que l’échéance de l’éventuel projet de piscine. »

Circulez, y a rien à voir

Comme à l’accoutumée donc, le « circulez, y a rien à voir » est plus ou moins de rigueur. Cependant, même si le site de la Centrale de Belleville-sur-Loire est dimensionné pour  accueillir quatre tranches, alors que deux seulement sont effectives, il n’est pas inconvenant de s’interroger sur cet agrandissement qui, s’il n’est pas caché, n’a pas non plus été placé sous le feu des projecteurs. D’autant que, à la suite de l’alerte de Reporterre, la députée LRM de la Nièvre,  Perrine Goulet, s’était exprimée sur le sujet et avait rappelé que si « Il y a bien un projet d’entreposage de déchets nucléaires, un besoin prévu à l’horizon 2030, Belleville fait partie des options et la réserve foncière de la centrale, notamment, est un argument. »

On peut croire sur parole l’élue Nivernaise, ex-chef de projet de la centrale de Belleville-sur-Loire qui s’est par ailleurs exprimée lors d’une commission parlementaire qui concernait la sécurité des sites nucléaires. Elle avait alors demandé s’il était possible de tirer sur les personnes qui s’introduisaient dans les centrales nucléaires. Sur cette affaire, elle a été dans l’obligation de préciser sa pensée, par l’intermédiaire d’une interview de France 3-Franche-Comté. « J’ai peut-être mal tourné ma phrase. Le mot tirer pour moi n’était pas tirer pour tuer mais tirer dans les jambes par exemple, comme ça se fait aux États-Unis … » avait-elle expliqué.

Du côté de la région Centre-Val de Loire, la position est claire. François Bonneau, le président de la région, s’était exprimé en séance plénière et ne souhaitait pas que la région ne soit pas une poubelle nucléaire. Quant au groupe Europe Écologie-Les Verts Centre, il a initié une pétition en ligne, toujours en cours, « pour dire NON à une poubelle nucléaire géante, ni à Belleville-sur-Loire dans le Cher, ni ailleurs ». Un mois plus tard plus de 2 600 personnes ont signé cette pétition.

Aux confins de quatre départements

Si l’emprise de la centrale se situe  bien sur les communes de Belleville et de Sury-près-Léré, elle se trouve à la limite de trois départements, le Cher, le Loiret, en Région Centre-Val de Loire, et la Nièvre, tandis que l’Yonne n’est qu’à quelques encablures, pour la région Bourgogne-Franche Comté. Une situation géographique idéale pour les projets du fournisseur d’énergie qui voit là s’ajouter les conditions d’accès facilitées par un réseau ferroviaire à proximité.

À l’heure actuelle, la Centrale comporte deux tranches du type REP d’une puissance de 1300 MWe. La première, selon l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) constitue l’installation nucléaire de base n°127 alors que la deuxième constitue l’installation nucléaire de base n°128. L’espace libre actuellement est déjà suffisant pour intéresser le producteur-fournisseur d’électricité EDF après avoir lancé des études de faisabilité, au niveau national, pour la construction d’une nouvelle piscine « d’entreposage centralisé ». Les surplus de La Hague pourraient y être entreposés.  Entre 6000 et 8000 tonnes de métal lourd  irradié soit plusieurs dizaines de cœur de réacteurs nucléaires pourraient se retrouver à baigner en bordure de Loire, au pied du piton de Sancerre et de ses vignobles. Des déchets qui seraient essentiellement du combustible MOX, pour Mélange d’OXyde de plutonium et d’OXyde d’uranium. Un produit à très importante radioactivité qui dégage une forte chaleur. Le problème de ce combustible, après son utilisation en centrale nucléaire, c’est qu’il met dix fois plus de temps à refroidir qu’un combustible classique (50 ans contre 5 à 8 ans) et que, actuellement son retraitement ne semble pas suffisamment rentable … 

Fabrice Simoes.

http://www.magcentre.fr/152058-edf-agrandit-son-emprise-pour-la-centrale-de-belleville-la-piscine-se-confirme/

Avr 06

NUCLÉAIRE : LA DIRECTION DE L’UFC-QUE CHOISIR SE DÉCONSIDÈRE ENCORE (COMME SUR LE LINKY)

Communiqué de l’Observatoire du nucléaire

Après s’être déconsidérée et avoir été désavouée par la justice dans le dossier des compteurs Linky (*), la direction de l’UFC-Que Choisir tente un nouveau coup d’esbroufe en portant contre EDF et le parc nucléaire des attaques stupides à la place des vraies critiques qui méritent d’être portées.

Le summum du ridicule est atteint par la direction de l’UFC-Que Choisir lorsqu’elle termine son communiqué (**) en demandant « un fonctionnement du parc nucléaire qui soit à la fois bénéfique aux consommateurs et qui n’hypothèque pas les objectifs environnementaux de long terme. »

Les dirigeants de l’UFC-Que Choisir semblent donc ignorer que, lorsqu’ils fonctionnent, les réacteurs nucléaires produisent des déchets radioactifs qui vont rester dangereux pendant des milliers d’années et que, de fait, le seul mode de fonctionnement « qui n’hypothèque pas les objectifs environnementaux de long terme » est… l’arrêt pur et simple du parc nucléaire.

Par ailleurs, la direction de l’UFC-Que Choisir croit déceler une « manipulation » d’EDF dans le faible taux de fonctionnement des centrales françaises, ignorant donc que le parc nucléaire est dans un état de délabrement avancé qui, outre la démultiplication du risque de catastrophe, entraine de nombreux arrêts fortuits de réacteurs, arrêts dont se passerait bien EDF !

D’autre part, habituée à amputer le citoyen de sa pleine dignité en le rabaissant au rang de simple consommateur, la direction de l’UFC-Que Choisir croit pouvoir réduire la problématique de l’électricité à la seule question de son coût de production immédiat.

Or, du fait des problématiques inextricables des déchets radioactifs et du démantèlement des installations, une part importante du coût de la production nucléaire est léguée aux futurs citoyens (… et consommateurs !).

Le mouvement consumériste a certainement joué un rôle utile au siècle dernier mais, de nos jours, des organisations comme UFC-Que Choisir sont elles-mêmes devenues de véritables entreprises rémunérant grassement des cadres qui se préoccupent finalement bien plus de défendre la concurrence et l’idéologie néo-libérale que l’intérêt du citoyen.

Article de Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du nucléaire

(*) Rappel : http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article346

(**) https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-concurrence-sclerosee-sur-la-production-d-electricite-un-surcout-de-2-4-milliards-d-euros-pour-les-consommateurs-n53613

Source : http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Avr 05

TÉHÉRAN: LA NOUVELLE DOCTRINE NUCLÉAIRE US RAPPROCHE L’HUMANITÉ DE L’EXTERMINATION

L’Iran a commenté la nouvelle doctrine nucléaire publiée le 2 février par les États-Unis. Selon le ministre iranien des Affaires étrangères, l’humanité est au seuil de sa disparition.

Par leur nouvelle doctrine nucléaire, les États-Unis se montrent très dépendants des armes nucléaires et rendent la fin du monde très proche, a déclaré samedi soir le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

«La Revue de la posture nucléaire des États-Unis reflète leur dépendance croissante aux armes nucléaires ce qui constitue une violation du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP). Rien d’étonnant que l’horloge de l’Apocalypse soit dans la position la plus dangereuse depuis 1953», a indiqué M.Zarif sur Twitter.

https://fr.sputniknews.com/international/201802041035006086-iran-doctrine-militaire-usa/

Rappel : Sputnik est un média russe

Avr 05

TAHITI ET NUCLÉAIRE : OSCAR TEMARU RÉPOND À L’ASSOCIATION 193

Le Tavini Huiraatira a diffusé mercredi un communiqué en réponse à la lettre ouverte adressée par l’association 193 aux groupes politiques candidats aux prochaines élections territoriales.

Le communiqué est signé Oscar Temaru. Il a été diffusé par le Tavini Huiraatira en réponse à la lettre ouverte adressée le 27 mars dernier par l’association 193 aux groupes politiques candidats aux élections territoriales afin de les inviter à se positionner vis-à-vis de ses revendications sur la question du nucléaire.

Sur la question du référendum local, le leader souverainiste reste prudent : « comment se prononcer uniquement sur le principe, alors que la (ou les) questions ne sont pas clairement définies ?« , interroge le leader indépendantiste, tout en saluant « le courage et la volonté » des signataires de la pétition que porte l’association 193 depuis fin 2015.

Pour le reste, Oscar Temaru abonde avec l’association 193 dans le sens d’une extension de la liste des maladies radio-induites de la loi Morin, du retrait de cette loi d’indemnisation de la date butoir du 31 décembre 1998, et de « la prise en charge totale par l’État de tous les préjudices liés à la maladie ou à la mort d’une victime« , de même que sur la question de la réalisation en Polynésie française d’études fiable sur le phénomène de transmission transgénérationnel des maladies radio-induites.

Oscar Temaru insiste aussi pour rappeler que la position du Tavini Huiraatira sur la question du nucléaire « est constante depuis 1977, et ne s’inscrit pas dans un quelconque calendrier électoral« .

https://www.tahiti-infos.com/Nucleaire-Oscar-Temaru-repond-a-l-association-193_a170557.html

Avr 05

VIDÉO. THIERRY GADAULT, JOURNALISTE : « IL N’Y A PAS BESOIN DE LOBBY DU NUCLÉAIRE EN FRANCE, NOUS SOMMES UN ÉTAT NUCLÉAIRE »

Invité de « l’éco », l’auteur du livre, Nucléaire, danger immédiat … et ça se passera près de chez vous, est venu parler des risques que présentent de cette industrie.

Trois quarts de notre énergie est nucléaire. (NDLR : NON, de l’énergie électrique seulement !). C’est de ce constat qu’est parti le journaliste Thierry Gadault dans son livre. « La France est un État nucléaire. Mais on importe 100% de l’uranium donc on n’est pas indépendant énergétiquement.« 

Et selon lui, les centrales françaises représentent un risque réel : « Les réacteurs étaient dimensionnés pour fonctionner pendant 40 ans. (NDLR : initialement 30 ans) Et cela a marché. Aujourd’hui 48 d’entre eux atteignent ces 40 ans, mais nous n’avons rien pour les remplacer donc EDF va continuer à les faire fonctionner. On sait par exemple aujourd’hui que des cuves peuvent casser. L’entreprise n’informe pas toujours dans les temps sur les incidents. Notamment au Tricastin ou à la centrale du Bugey.« 

Des révélations, certes, mais un titre un peu racoleur. Quelle était la visée de l’auteur ? Provoquer la panique ou faire un bon coup marketing ? C’est l’objet de la question qui fâche : « Ni l’un ni l’autre. Je suis journaliste donc j’alerte. Il n’y a aucun fantasme, c’est juste un travail journalistique.« 

Alors dans ces conditions, faut-il faire confiance à l’ASN ? C’est la question de l’Agence France-Presse. « On est obligé de se poser des questions depuis les décisions qu’elle a prises sur l’EPR de Flamanville, qui a de gros défauts et qui va quand même être mis en marche.« 

L’interview s’est terminée avec Antisocial de Trust.

L’éco, c’est du lundi au jeudi, à 9h20, sur Franceinfo: (canal 27 de la TNT).

Pour voir et écouter la vidéo complète (7mn20s), cliquer sur :

https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/franceinfo/l-eco/video-thierry-gadault-journaliste-il-ny-a-pas-besoin-de-lobby-du-nucleaire-en-france-nous-sommes-un-etat-nucleaire_2689710.html

Avr 05

AU CREUSOT, ARCELORMITTAL CUMULE AUSSI LES MALFAÇONS

Depuis 2013, le sidérurgiste a multiplié les défauts de fabrication sur des pièces majeures des centrales nucléaires. EDF a changé de fournisseur, pas Areva.

C’est un nouveau scandale dans le berceau français du nucléaire. Dans son usine du Creusot, l’aciériste ArcelorMittal a connu plusieurs défauts de fabrication sur des pièces essentielles au parc nucléaire français. Une situation qui rappelle celle d’Areva sur son site voisin, même si ses anomalies cachaient même des falsifications. Entre 2013 et 2016, le géant mondial de la sidérurgie a réalisé plusieurs dizaines de tôles en acier pour EDF et Areva qui ont toutes été mal fabriquées.

Tout commence en 2012 quand EDF remarque de l’usure sur des « tubes guide de grappe » de certains sites, dont celui de Paluel, en Normandie. Ces pièces essentielles s’introduisent dans la cuve pour moduler, et donc arrêter en cas d’urgence, la réaction nucléaire. Conscient que ce phénomène se produira sur tous les réacteurs en France, l’électricien anticipe le changement de toutes ces pièces. Il lance une commande de 2000 tubes auprès de deux sous-traitants: Areva et l’américain Westinghouse. Un contrat important d’une centaine de millions d’euros au total.

Des défauts visibles à l’œil nu

Areva sous-traite la conception et la fabrication de ces pièces auprès de la société d’ingénierie REEL, qui travaille régulièrement pour EDF. De son côté, Westinghouse choisit Alcen, habitué à travailler dans le nucléaire militaire et l’industrie de défense. Alcen commande alors des tôles en acier auprès d’Industeel, la filiale d’ArcelorMittal basée au Creusot.

En 2013, les premiers défauts sont repérés par Alcen: d’importantes traces de fer dans des pièces censées être en acier… Ces anomalies risquent de provoquer l’oxydation et donc la détérioration des tubes. En cause, une erreur de débutants : de simples barres en fer que les ouvriers de l’usine ont laissé « tremper » dans le four. Un an plus tard, ces trois tôles sont réexpédiées à ArcelorMittal qui les renvoie à nouveau au lieu de les détruire! Mais en juin 2015, l’usine livre une deuxième commande de 41 tôles qui présentaient toutes les mêmes défauts. Alcen devait livrer ses premières pièces trois semaines plus tard…

Les inspecteurs d’EDF n’ont pas eu beaucoup de mal à déceler cette nouvelle anomalie. « Elle était visible à l’œil nu » se désole un cadre du groupe qui précise que leur fabrication est très encadrée par la réglementation. Les défauts ont été repérés à temps par EDF et ses sous-traitants pour éviter que les composants ne soient installés dans les centrales nucléaires.

Des erreurs répétées

Dans la foulée, ArcelorMittal a lancé une enquête interne au Creusot. Dans l’audit que BFM Business s’est procuré, l’entreprise reconnait ses malfaçons et surtout que celles de 2013 et 2015 sont « similaires« , impliquant de fait que rien n’a été fait pour les corriger pendant deux ans… Pourtant une lettre du service « qualité » du Creusot, datant de 2013, indiquait avoir mis en place une « action corrective« .

Contactée à plusieurs reprises, la direction d’ArcelorMittal a reconnu, il y a plusieurs mois, ces faits « isolés« . Sauf qu’en 2016, le sidérurgiste a réalisé une nouvelle fabrication de tôles pour les deux sous-traitants d’Areva et Westinghouse. Les mêmes défauts n’ont pas été renouvelés mais d’autres sont apparus… Et cette fois chez REEL, l’autre sous-traitant qu’EDF avait privilégié. Elle aussi se fournissait en acier auprès d’ArcelorMittal. La société d’ingénierie n’a pas souhaité nous répondre mais selon nos informations, d’autres problèmes de qualité, moins graves, ont été repérés par les inspecteurs d’EDF. ArcelorMittal botte en touche et précise que les contrôles d’EDF ne sont pas terminés…

Pertes de compétences

Depuis, REEL a cessé de travailler avec ArcelorMittal, privilégiant des aciéristes étrangers, notamment finlandais. De son côté, Areva-Framatome (racheté l’an passé par EDF) continue à se fournir chez Arcelor. Il est « coincé » depuis qu’il a investi, en 2014, 70 millions d’euros dans l’usine de son fournisseur pour l’aider à se moderniser. En contrepartie de quoi, Areva bénéficie de réserves de commandes jusqu’en… 2024.

Ces anomalies chez ArcelorMittal illustrent les difficultés de l’industrie nucléaire française à se relancer. Ces « tubes« , comme beaucoup d’autres composants, n’ont pas été produits en France depuis plus de trente ans. « La perte de compétences pose un vrai problème » explique un dirigeant du secteur. Depuis plusieurs années, EDF et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pointent du doigt les difficultés à trouver des compétences dans certains métiers. Arcelor en est l’exemple criant. Au-delà du savoir-faire, les industriels s’interrogent sur la culture du travail dans les usines du Creusot. Tout comme l’usine d’Areva, celle d’Arcelor appartenait il y a vingt ans à l’ancien fleuron industriel Usinor. Un nouveau coup dur pour l’industrie française.

Matthieu Pechberty

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/au-creusot-arcelormittal-cumule-aussi-les-malfacons-1408528.html

Avr 05

12 PROPOSITIONS POUR ÉVITER LA CATASTROPHE NUCLÉAIRE

Le risque d’une guerre nucléaire n’a jamais été aussi élevé depuis la Guerre froide. Ce n’est pas un pacifiste illuminé qui l’affirme, mais l’ancien Secrétaire à la Défense américain William Perry.

Pendant des décennies, on nous a tenu un discours rassurant : la dissuasion nucléaire visait à empêcher la guerre grâce à la peur de représailles dévastatrices en cas d’agression. Aujourd’hui, force est de constater que le tabou du « non-emploi » est en passe de voler en éclats. La nouvelle doctrine américaine (Nuclear Posture Review) annoncée par Donald Trump n’est que le point culminant d’une évolution qui abaisse dangereusement le seuil d’utilisation des quelque 14 000 armes nucléaires existantes et entraîne le monde vers le cataclysme. La plupart des puissances nucléaires, dont la France, malgré un discours lénifiant sur le caractère dissuasif de l’arme nucléaire, ont procédé à des choix technologiques ou stratégiques qui contribuent à accroître ce risque : recours aux missiles de croisière voire aux missiles hypersoniques, miniaturisation des têtes nucléaires, scénarios d’escalade vers le nucléaire en cas d’attaque conventionnelle, chimique, biologique, voire cybernétique, vulnérabilité au danger d’utilisation accidentelle, non autorisée ou terroriste et de piratage informatique, etc. Les échanges de menaces entre la Corée du Nord et des États-Unis et la croyance fallacieuse qu’une frappe préventive sur Pyongyang règlerait définitivement le problème ne peuvent que conduire le monde au bord du précipice.

De nombreux États, hautes personnalités et experts sont convaincus que la seule façon efficace d’empêcher la guerre nucléaire consiste non pas à accumuler, moderniser et rendre plus utilisables les armes nucléaires, mais à les éliminer. C’est pourquoi IDN présente ou soutient plusieurs mesures qui auraient pour effet, à court terme, de réduire le danger de guerre nucléaire, à moyen terme, d’empêcher la prolifération des armes nucléaires et, à long terme, de les éliminer dans un processus multilatéral, progressif et contrôlé. Une occasion unique pour la France de jouer un rôle moteur dans ce processus et retrouver ainsi un espace d’initiative et d’influence.

Réduire d’urgence le risque d’utilisation des armes nucléaires

1) Diminuer au niveau le plus bas possible le niveau d’alerte de forces nucléaires

La moitié des quelque 3 000 armes nucléaires déployées par les États-Unis et la Russie sont placées en alerte maximale, permettant un tir dans les minutes suivant la détection d’un lancement adverse. C’est ce statut qui risque de provoquer le déclenchement accidentel, par erreur ou non autorisé d’une guerre nucléaire. Les armes doivent donc être séparées de leurs vecteurs afin de laisser du temps aux décideurs pour intervenir et éviter une telle catastrophe.

2) Négocier sans délai et sans condition préalable le gel du programme nucléaire et balistique nord-coréen en échange d’un gel des exercices militaires américains et sud-coréens

Cette proposition russo-chinoise de mesure de confiance doit permettre de renouer avec les négociations multilatérales (Pourparlers à Six), seul cadre possible pour aboutir à une dénucléarisation effective de la Péninsule coréenne. L’exemple réussi de l’accord sur le nucléaire iranien a démontré que des sanctions sans perspective de négociation étaient vouées à l’échec.

3) Annoncer le retrait des armes nucléaires tactiques américaines déployées en Europe en échange du retrait total des armes nucléaires tactiques russes d’Europe

Ces armes sont destinées à être utilisées sur le sol européen et dans le cadre d’une escalade nucléaire entre les États-Unis et la Russie. Leur déploiement, loin d’assurer la sécurité de l’OTAN, fait des pays européens qui les accueillent (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Italie, Turquie) des cibles d’attaques nucléaires. Leur neutralisation, dans un premier temps, puis leur retrait favoriseront la négociation de nouvelles réductions des arsenaux nucléaires américains et russes.

4) Proposer à toutes les puissances nucléaires d’adopter une politique de non-emploi en premier

En dehors de la Chine et de l’Inde, toutes les puissances nucléaires incluent peu ou prou dans leur doctrine des scénarios de recours à l’arme nucléaire en réponse à des attaques non nucléaires (conventionnelles, chimiques, biologiques, cybernétiques) perpétrées par d’autres puissances nucléaires voire par des États non dotés d’armes nucléaires (exceptions aux « garanties négatives de sécurité »). Le seuil d’emploi des armes nucléaires doit être élevé : seule une politique de non-emploi en premier des armes nucléaires réduira significativement ce risque. En effet, seule une attaque nucléaire est de nature à mettre en cause les intérêts vitaux d’un pays. Tous les autres scénarios peuvent être dissuadés efficacement par des armements conventionnels ou d’autres formes de défense.

5) Mettre en place un système de transparence sur les armes nucléaires

Les puissances nucléaires membres du Traité de Non-Prolifération (TNP) se sont engagées à présenter des rapports périodiques sur les mesures prises pour favoriser le désarmement nucléaire. Mais ces rapports sont de qualité inégale et contribuent peu à la transparence. Or celle-ci serait de nature à rassurer les pays non dotés d’armes nucléaires que leurs engagements de non-prolifération sont équilibrés par des efforts de désarmement nucléaire.

Renforcer la non-prolifération des armes nucléaires

6) Œuvrer à l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des essais nucléaires (TICE)

Ce traité, adopté en 1996, est toujours dépendant de la ratification de huit pays (Chine, Corée du Nord, Égypte, États-Unis, Inde, Iran, Israël, Pakistan), même si son application provisoire a démontré sa capacité de détecter les essais nord-coréens. Une ratification conjointe des États-Unis et de la Chine suivie d’une campagne internationale aurait un effet d’entraînement sur les autres États et renforcerait encore la norme d’interdiction des essais, élément essentiel du régime de non-prolifération.

7) Négocier sans tarder un Traité d’interdiction de la production de matières fissiles destinées aux armes nucléaires (FMCT)

Même si la plupart des puissances nucléaires ont décrété des moratoires unilatéraux de production, tant leurs stocks sont élevés, une nouvelle norme d’interdiction de production serait un moyen efficace d’empêcher le développement de nouveaux programmes nucléaires. Si cette négociation est impossible à la Conférence du désarmement (pour cause de veto pakistanais), le cadre de l’Assemblée générale de l’ONU peut s’y substituer. Mais un accord exigera que la simple interdiction de toute production future s’accompagne d’un engagement des puissances nucléaires de ne pas puiser dans leurs stocks pour produire de nouvelles armes.

8) « Accomplir davantage de progrès pour réduire le rôle attribué aux armes nucléaires dans les politiques de sécurité » comme prévu par le TNP
Découlant des obligations contenues dans l’Article VI du TNP visant au désarmement nucléaire dans le cadre d’un désarmement général et complet, cet engagement vise à rendre la sécurité des États moins dépendante des armes nucléaires (qu’ils les détiennent ou en bénéficient) et donc celles-ci moins attractives pour des États tentés par la prolifération.

9) Agir en faveur d’une zone exempte d’armes de destruction massive au Moyen-Orient

Ce projet est à l’ordre du jour de l’ONU et du TNP depuis 1991. Malgré plusieurs tentatives en 1995 et 2010, le processus de négociation en vue de l’établissement d’une telle zone reste bloqué par le dilemme « désarmement en premier » (pays arabes, Iran) ou « paix en premier » (Israël, États-Unis). Une conférence internationale que la France pourrait convoquer devrait permettre un compromis de nature à lancer les négociations combinant des mesures de confiance et de sécurité avec des mesures de désarmement.

Éliminer les armes nucléaires progressivement et sous contrôle

10) Annoncer de nouvelles réductions négociées des arsenaux nucléaires

Détenteurs de 90% des armes nucléaires mondiales, les États-Unis et la Russie ont la responsabilité de négocier en priorité de nouvelles réductions substantielles et vérifiables de leurs arsenaux en incluant toutes les catégories (stratégiques déployées et non déployées, non stratégiques) ainsi que la défense anti-missiles et les composantes spatiales. Un tel abaissement des plafonds facilitera l’association des autres puissances nucléaires à la négociation et l’étude en commun de systèmes de vérification fiables.

11) Procéder à de nouvelles réductions unilatérales

Plusieurs puissances nucléaires, dont la France, ont déjà procédé à des réductions unilatérales de leurs stocks d’armes nucléaires. Le Royaume-Uni a renoncé à la composante aéroportée et ne conserve que la composante sous-marine. La France a déjà supprimé la composante terrestre et elle pourrait renoncer progressivement à la composante aérienne et aéronavale, jugée onéreuse, vulnérable et inutile. De même, ayant modernisé ses missiles sous-marins, elle peut sans dommage réduire leur nombre et celui des ogives dont ils sont équipés.

12) Adhérer au mécanisme prévu par le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN)

Ce traité, adopté par 122 États à l’ONU, mais dont les puissances nucléaires ont boycotté la négociation, comble une lacune juridique importante : après les armes biologiques et chimiques, il établit la norme d’interdiction de l’arme nucléaire, dernière catégorie d’arme de destruction massive à être prohibée, notamment parce qu’elle est incompatible avec le droit international humanitaire. Ce traité prévoit que les États dotés de cette arme ont le choix pour y adhérer : soit éliminer leurs armes et s’y joindre, soit devenir parties au traité et annoncer aux autres États parties un plan de désarmement vérifiable (le cas échéant négocié avec les autres puissances nucléaires).

Comme on le voit aisément, le choix n’est pas entre deux extrêmes – l’abolition totale et immédiate des armes nucléaires ou la poursuite indéfinie de la dissuasion nucléaire – mais entre réduire effectivement le risque de cataclysme nucléaire ou maintenir le monde actuel et futur à la merci de ce danger d’anéantissement total.

Article de Marc Finaud, ancien diplomate français, membre du Bureau d’IDN

http://7seizh.info/2018/04/04/brest-defense-securite-et-paix-un-forum-avec-jean-marie-colin-ican-france-jeudi-5-avril/

Avr 04

SÉOUL ET WASHINGTON PARTAGENT L’OBJECTIF DE DÉNUCLÉARISATION COMPLÈTE DU NORD, SELON KANG

SÉOUL, 04 avr. (Yonhap) — La ministre des Affaires étrangères Kang Kyung-wha a réaffirmé ce mercredi que la dénucléarisation complète, irréversible et vérifiable de la Corée du Nord est un objectif partagé par la Corée du Sud et les États-Unis, en ajoutant que les deux alliés collaborent étroitement pour aborder la question.

Il faudra du temps pour vérifier la sincérité de l’engagement de dénucléarisation récemment affirmé par la Corée du Nord, a prévenu Kang aux journalistes lors d’une conférence de presse, en ajoutant que cela deviendra plus clair durant le processus de préparation du prochain sommet intercoréen prévu à la fin du mois.

«La dénucléarisation complète de la Corée du Nord est un objectif partagé non seulement par la Corée du Sud et les États-Unis mais également par la communauté internationale», a affirmé Kang en ajoutant que Séoul et Washington sont en consultation étroite pour déterminer la façon de réaliser cet objectif et un calendrier détaillé.

Kang a fait ces remarques en réponse à des questions sur comment et quand ils chercheront un démantèlement complet, vérifiable et irréversible du programme nucléaire de la Corée du Nord.

La chef de la diplomatie a affirmé que le gouvernement et le ministère des Affaires étrangère en particulier ont des expériences dans les négociations sur le dossier nucléaire nord-coréen et donc ils ont une «feuille de route» du processus global de dénucléarisation mais a refusé de donner des détails. Elle a fait remarquer qu’il serait inapproprié de s’étendre sur une question impliquant d’autres parties.

La Corée du Sud et les États-Unis sont actuellement en train de préparer leurs sommets respectifs avec la Corée du Nord en avril et mai. Les deux Corées sont convenues d’avoir leur troisième sommet intercoréen au village de la trêve de Panmunjom le 27 avril.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a exprimé sa volonté de dénucléarisation durant sa rencontre avec des officiels sud-coréens au début de mars à Pyongyang. Kim a réaffirmé cet engagement durant la récente réunion avec le président chinois Xi Jinping à Pékin.

«Je pense que la signification de l’engagement (affirmé) de la Corée du Nord pour la dénucléarisation signifie exactement qu’elle pourra être comprise durant la réunion avec la Corée du Nord, dans le processus de préparation (du sommet)», a déclaré Kang.

«Nous sommes en train de préparer (le sommet) pour que la dénucléarisation du Nord puisse être une priorité à l’ordre du jour. J’espère que nous serons capables de comprendre plus de détails dans le processus des discussions», a-t-elle ajouté.

Séoul souhaite que le sommet inter-coréen soit une conversation «ouverte et complète» qui ne soit pas entravée par la rigidité de l’ordre du jour, selon la ministre.

«Dans l’ensemble, les sujets majeurs seront la dénucléarisation, les relations intercoréennes et l’établissement de la paix, mais concernant les points détaillés qui seront ajoutés, nous sommes convenus que la discussion devra être franche et ouverte, pas limitée à des sujets fixes», a estimé Kang.

Concernant la question de savoir si les droits humains devront être abordés durant le sommet inter-coréen, Kang est restée prudente en disant que plus de discussions sont nécessaires. La position du gouvernement est de continuer à coopérer avec la communauté internationale pour améliorer la situation des droits humains en Corée du Nord, a réaffirmé la chef de la diplomatie.

Le gouvernement est en étroite communication avec les pays voisins et les partenaires concernés à travers divers canaux, dont un sommet trilatéral avec le Japon et la Chine qui aura lieu probablement en mai pour renforcer l’ambiance de paix actuelle, a-t-elle ajouté.

kimsy@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/04/04/0200000000AFR20180404001800884.HTML

Avr 04

LE FEU QUI A ENDOMMAGÉ UNE TRENTAINE DE VÉHICULES À TIHANGE ÉTAIT ACCIDENTEL

Le feu qui a endommagé une trentaine de voitures sur le parking de la centrale nucléaire à Tihange, dans la matinée du 15 mars, était d’origine accidentelle, a indiqué mardi le parquet de Huy, confirmant une information de l’Avenir.

L’incendie s’était propagé rapidement et avait touché une trentaine de voitures à des degrés divers. Une dizaine d’entre elles étaient complètement calcinées.

« Au niveau judiciaire, nous avions désigné un expert qui a d’ailleurs demandé l’appui d’un second expert. Ils ont conclu à une thèse accidentelle. Tout n’est pas encore déterminé mais le rapport définitif devrait être rendu dans les semaines qui suivent« , a confirmé la magistrate en charge du dossier.

« Dans un premier temps, deux véhicules avaient été isolés, l’un étant suspecté d’être à l’origine de l’incendie. Il est désormais identifié, c’est une voiture de marque BMW« , ajoute-t-elle dans les pages de l’Avenir.

Toutes les voitures appartenaient à des personnes travaillant sur le site. « La grande majorité des voitures impactées appartiennent aux particuliers. Dans la mesure où il n’y a pas de suite judiciaire, c’est désormais au niveau des assurances que tout se passe. De notre côté, on accompagne les agents sinistrés pour les aider au maximum de nos possibilités« , a indiqué le porte-parole d’Engie-Electrabel, Serge Dauby. « Il n’y avait pas de voiture hybride ou électrique sur cette partie du parking, contrairement à ce qui avait circulé.« 

Le rapport définitif de l’expert sera rendu dans le courant du mois d’avril.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/3402785/2018/04/03/Le-feu-qui-a-endommage-une-trentaine-de-vehicules-a-Tihange-etait-accidentel.dhtml

Avr 04

ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN : LES ENJEUX POUR LA FRANCE ET L’UNION EUROPÉENNE

Face à la pression américaine sur le dossier iranien, la France mise sur son poids diplomatique pour trouver une sortie de crise dans une région sous haute tension.

Lors de sa visite en Iran les 4 et 5 mars derniers, le ministre des Affaires étrangères français a souhaité obtenir des concessions de Téhéran sur son programme balistique et sur son soutien au régime syrien afin de pouvoir convaincre le président américain de respecter l’accord sur le nucléaire iranien. Depuis sa campagne électorale, Trump n’a cessé d’affirmer sa volonté de mettre fin à cet accord signé sous le mandat de son prédécesseur, Barack Obama. Il a lancé récemment un ultimatum aux États européens signataires fixé au 12 mai 2018 pour corriger les lacunes de l’accord qu’il juge « le pire de l’histoire américaine », faute de quoi Washington en sortira et réintroduira les sanctions américaines. Les enjeux de cet accord sont énormes, car le retrait américain non seulement met en jeu la crédibilité déjà fragile du Conseil de sécurité et de l’ONU, mais risque aussi de fermer toute possibilité de dialogue pour établir une paix durable au Moyen-Orient.

Rappelons que l’accord a été conclu à Vienne par l’Iran avec les 5+1 (membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne) en échange de la levée des sanctions économiques imposées depuis 2006. En contrepartie, Téhéran s’est engagé à revenir sur son projet d’arme nucléaire : réduire le nombre de ses centrifugeuses (passées de 20000 à 5060), à limiter sa production de plutonium, son stock d’uranium à moins de 3,67 % – loin des seuils nécessaires à un usage militaire – et enfin faciliter le contrôle des inspecteurs internationaux de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA [i]).

Il est évident que ni l’UE, ni même les alliés de l’Iran, que sont la Russie et la Chine, ne souhaitent laisser Téhéran se doter de l’arme nucléaire, en raison du risque de prolifération dans une région déjà minée et instable. Mais ils pensent que l’accord est le meilleur moyen pour permettre de surveiller et d’encadrer le programme nucléaire iranien ; tandis que ses détracteurs – principalement Washington et ses alliés israéliens et saoudiens – craignent qu’il n’offre plutôt la possibilité à Téhéran d’échapper aux contrôles et de poursuivre ses ambitions.

La France intervient donc dans un contexte de tensions croissantes, notamment depuis que Téhéran a dévoilé, lors du 39e anniversaire de la Révolution islamique, son programme balistique (modèle de missile Qader de 2000 km de portée, selon l’agence Fars). Ces tensions sont d’autant plus fortes que Trump vient de nommer Mike Pompeo – farouche opposant à l’accord sur le nucléaire iranien – comme nouveau Secrétaire d’État, envoyant ainsi un signal fort de l’intransigeance de la politique américaine. La visite du Prince Bin Salman à Washington ne fera que renforcer la position de Trump. L’Arabie saoudite, qui affronte l’Iran dans une guerre d’influence, use de tout son poids diplomatique pour mettre fin à l’accord sur le nucléaire. Que peut faire la France, voire l’Union européenne (UE), face à la politique de défiance de Washington ?

Malgré son inquiétude vis-à-vis du programme balistique iranien, l’UE affirme sa confiance quant à l’efficacité de l’accord comme moyen de renforcer la coopération et le dialogue avec l’Iran. L’UE s’appuie également sur les conclusions de l’AIEA qui soutient, comme l’annonce son directeur général Ykiya Amano, que l’Iran respectait les engagements sur le nucléaire [ii]. Il faut rappeler que cet accord représente aussi un enjeu économique et stratégique majeur pour l’UE : la levée des sanctions ouvre théoriquement le marché iranien aux entreprises européennes, d’autant que l’approvisionnement en gaz et pétrole iraniens réduirait la dépendance européenne à l’énergie russe.

Dans cette logique, Paris tente de faire pression sur Téhéran pour l’inciter à infléchir ses ambitions militaires et son influence dans la région, notamment son soutien au régime syrien, en échange du soutien européen à l’accord. Selon Paris, les relations directes avec Damas permettraient à Téhéran de faire pression sur le régime d’Al-Assad pour se plier aux résolutions de l’ONU. Il importe ainsi de s’interroger sur le poids de la médiation française et de sa marge de manœuvre compte tenu de l’intransigeance des différents acteurs. Face à la pression américaine, le gouvernement iranien, qui a accepté une réduction drastique de ses capacités nucléaires, refuse de se plier à des mesures supplémentaires et menace, à son tour, de riposter si Washington renonce au traité.

La marge de manœuvre de la France est donc infime, d’autant qu’il serait peu crédible de tenter de convaincre l’Iran de renoncer à son programme balistique et de réduire son influence dans la région alors que les puissances occidentales continuent à vendre des armes à son rival saoudien. De plus, en dépit de son soutien au régime syrien, il est peu probable que Téhéran puisse exercer une réelle influence sur la prise de décision à Damas. L’échec de la visite de Jean-Yves Le Drian en Iran en est la preuve. Le chef de la diplomatie française s’est heurté à l’intransigeance de Téhéran qui rejette toute modification de l’accord ou de sa politique régionale. Sur la crise syrienne, le président iranien a déclaré que renforcer le régime de Bachar al-Assad était la seule issue possible. Le ministre des Affaires étrangères, Mohammed Javad Zarif, avait dénoncé l’« extrémisme » de l’UE  vis-à-vis de l’Iran, quelques heures avant de rencontrer son homologue français.

Pour que la France, et plus globalement l’UE, puisse jouer un rôle efficace de médiateur, elle doit préserver sa neutralité dans la guerre hégémonique qui est à l’origine de la rivalité entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Le respect de l’équilibre des puissances de la région est la seule voie possible pour instaurer une paix durable au Moyen-Orient ; cela permettrait également à la médiation française de gagner plus de crédibilité auprès des acteurs régionaux.

Pour ce qui concerne la position américaine, Trump augmente le suspense en plaçant le destin de l’accord entre les mains du Congrès qui est divisé sur la question. Cette stratégie permet au président américain d’éviter de porter seul la responsabilité du fiasco qui découlerait d’une éventuelle fin de l’accord, et de sauver l’honneur, vis-à-vis de son électorat et de ses alliés, si le Congrès votait en faveur du traité. La visite qu’effectuera le président de la République à Washington du 23 au 25 avril prochains offre une dernière chance pour la diplomatie française, à savoir si Macron réussira à convaincre Trump de revenir sur sa décision.

Par Brahim Oumansour

Notes :

[i] AIEA, « Verification and monitoring in the Islamic Republic of Iran in light of United Nations Security Council resolution 2231 (2015) », rapport par le Director General, 22 février 2018.  [Consulté le 26/03/2018].

[ii] AIEA, « Iran is Implementing Nuclear-related JCPOA Commitments, Director General Amano Tells IAEA Board ». 5 mars 2018. https://www.iaea.org/newscenter/news/iran-is-implementing-nuclear-related-jcpoa-commitments-director-general-amano-tells-iaea-board. [consulté le 26/03/2018].

Source : http://www.iris-france.org/110290-accord-sur-le-nucleaire-iranien-les-enjeux-pour-la-france-et-lunion-europeenne/

Avr 04

LA CHINE FAIT PART DE SES EFFORTS POUR L’APPLICATION DES SANCTIONS CONTRE LE NORD

SÉOUL, 04 avr. (Yonhap) — La Chine a dévoilé ses efforts pour mettre en place les sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations-Unies (ONU) suite aux provocations balistiques de la Corée du Nord, a annoncé ce mercredi La Voix de l’Amérique (VOA).

Selon son rapport sur l’application des sanctions soumis au comité des sanctions de l’ONU et mis en ligne sur son site Web, la Chine a interdit les exportations de fer, acier et autres métaux ainsi que d’équipements industriels et véhicules de transport vers la Corée du Nord.

La Chine a également imposé une limite sur les exportations de produits pétroliers raffinés vers la Corée du Nord, à 500.000 barils cette année, alors que les permis de travail ne seront plus délivrés aux travailleurs nord-coréens à partir du 22 décembre 2019.

Les mesures ont été prises conformément à la résolution 2397 adoptée par le Conseil de sécurité en décembre après un autre test de missile balistique intercontinental (ICBM) de la Corée du Nord.

La Chine est un allié solide et un partenaire économique important de la Corée du Nord, mais il avait été demandé à Pékin de renforcer les sanctions à plusieurs niveaux contre la Corée du Nord pour que les pressions internationales puissent être exercées sur le pays reclus.

Dans son rapport, la Chine a réaffirmé son engagement en faveur d’une résolution pacifique du dossier nucléaire de la Corée du Nord et ses soutiens pour les pourparlers à six suspendus depuis longtemps.

Les pourparlers à six comprennent les deux Corées, les États-Unis, la Chine, la Russie et le Japon et ont été lancés en 2003 afin de persuader le Nord d’abandonner son programme nucléaire. Les discussions multilatérales organisées par la Chine ont été suspendues à la fin de 2008, quand la Corée du Nord a claqué la porte des négociations.

La Corée du Sud et les États-Unis sont actuellement en train de préparer leurs sommets respectifs avec la Corée du Nord en avril et mai. Les deux Corées sont convenues d’avoir leur troisième sommet inter-coréen au village de la trêve de Panmunjom le 27 avril.

kimsy@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/04/04/0200000000AFR20180404001400884.HTML

Avr 03

DÉSARMEMENT: L’ONU SALUE « LES SIGNES D’UN NOUVEAU SOUFFLE »

NEW YORK (Nations Unies)– À l’ouverture de la session 2018 de la Commission du désarmement, le Haut-Représentant adjoint de l’ONU aux affaires de désarmement (UNODA), Thomas Markram, a souligné lundi que des mesures de désarmement et de contrôle sont plus que jamais vitales, selon un communiqué publié lundi par l’ONU.

Risques de péril nucléaire dans la péninsule coréenne, manque de respect des engagements sur le contrôle stratégique des armements, usage en toute impunité des armes chimiques en Syrie, accélération des avancées scientifiques et technologiques, c’est dans ce contexte que le Secrétaire général de l’ONU a annoncé son intention de mettre en place un « désarmement qui sauve des vies« , dont le programme sera révélé par UNODA au printemps.

Markram a salué « les signes d’un nouveau souffle » dans les organes de désarmement des Nations Unies. Le Haut-Représentant adjoint s’est félicité par exemple de la décision de la Conférence du désarmement d’établir des organes subsidiaires dont l’importance, a-t-il prévenu, sera jugée à leur capacité de mener à la reprise des négociations sur les deux sujets-phares de cette session: le désarmement nucléaire et la non-prolifération, d’un côté, et l’espace extra-atmosphérique, de l’autre.

S’agissant du premier thème, M. Markram a reconnu que tout le monde est conscient des difficultés et des divisions. En tant qu’organe universel qui a pour mandat d’assurer des progrès vers le consensus, la Commission du désarmement ne peut aller de l’avant que si elle renonce à discuter des résultats controversés d’autres processus ou à revenir sur des divergences irréconciliables.

La force de la Commission, a estimé le Haut-Représentant adjoint, réside dans son universalité qui lui permet de tenir des discussions ouvertes entre toutes les parties prenantes.

La Commission, a-t-il conseillé, doit commencer par l’un des points consensuels les plus récents, à savoir la Conférence des États parties au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 2010 dont les conclusions ont été approuvées par presque tous les États. Même si le document n’a pas été entériné par l’ONU, la substance des nombreuses actions qu’il contient reflète des principes et aspirations universels.

Le Haut-Représentant adjoint a aussi noté que les enseignements tirés du passé montrent que lorsque les négociations sur le désarmement sont difficiles, ce sont les mesures collatérales sur le contrôle des armes qui ont permis de renforcer la confiance, faire baisser la tension et de créer un environnement favorable. Dans le domaine nucléaire, de telles mesures servent à stopper et inverser la course aux armements.

Pour le Haut-Représentant adjoint, l’une des mesures spécifiques à laquelle la Commission pourrait travailler serait la protection de l’espace extra-atmosphérique contre les conflits, attirant l’attention sur la croissance massive des acteurs opérant dans cet espace, y compris les gouvernements et le secteur privé.

http://french.xinhuanet.com/2018-04/03/c_137084272.htm

Avr 03

SÉOUL CHERCHERA UNE DÉCLARATION DE DÉNUCLÉARISATION LORS DU SOMMET INTER-CORÉEN

SÉOUL, 03 avr. (Yonhap) — La Corée du Sud cherchera une déclaration de dénucléarisation lors du prochain sommet inter-coréen, a déclaré ce mardi un officiel présidentiel.

L’officiel a indiqué que c’est une «évidence» de chercher une telle déclaration car la dénucléarisation sera l’un des principaux points à l’ordre du jour du sommet qui aura lieu le 27 avril, avec la paix permanente sur la péninsule coréenne et l’amélioration des relations inter-coréennes.

L’officiel réagissait à un rapport d’un journal affirmant que le Sud cherche à produire une déclaration sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne durant le sommet entre le président Moon Jae-in et le leader nord-coréen Kim Jong-un au village de la trêve de Panmunjom.

Pour la résolution du sujet nucléaire nord-coréen, l’officiel a indiqué que la «solution de style libyen», parfois citée dans les médias, pourrait être difficile à appliquer si cela signifie fournir des récompenses seulement après le démantèlement par Pyongyang de son programme nucléaire de manières complète, vérifiable et irréversible.

L’officiel a également déclaré que certains médias ont mal compris la solution de style libyen, en disant que les États-Unis ont fourni des récompenses trois fois alors que la nation africaine a abandonné son programme nucléaire au début des années 2000.

Un autre officiel présidentiel de haut niveau a également indiqué que malgré les éventuelles solutions sur le sujet nucléaire citées par les médias, comme celles de styles ukrainien, libyen et maltais, rien n’a été décidé, en ajoutant que la seule chose qui a été décidée est que le problème doit être résolu de manières complète et progressive.

«Un accord sera conclu et son application doit être mise en place progressivement», a déclaré l’officiel. Il a également noté que c’est un sujet qui doit être résolu au sommet Corée du Nord-États-Unis.

L’officiel a ajouté que la nouvelle solution sera différente des traités nucléaires du passé comme elle sera conclue, si tel est le cas, par le sommet et non à partir du bas.

Il a indiqué que le Sud se focalise actuellement sur le sommet inter-coréen à venir. «Il y aura des discussions approfondies durant le sommet inter-coréen. Une fois que le résultat sortira, beaucoup de préparations seront effectuées pour le sommet Corée du Nord-États-Unis en se basant sur cela», a anticipé l’officiel.

«Les sujets qui seront discutés au sommet inter-coréen affecteront directement le sommet Nord-États-Unis. C’est la raison pour laquelle nous nous concentrons sur le sommet inter-coréen

Le premier officiel présidentiel a dit qu’il est encore «trop tôt» pour parler du rapport d’un média qui a dit que les deux Corées et les États-Unis cherchent à publier une déclaration conjointe de paix durant l’assemblée générale des Nations unies en septembre, même si une telle idée pourrait être envisagée.

L’officiel a dit que le bureau présidentiel Cheong Wa Dae n’a pas de commentaire à faire sur la remarque du haut officiel nord-coréen Kim Yong-chol, qui est accusé par le Sud d’être le «principal coupable» du naufrage meurtrier du navire de guerre Cheonan en 2010.

Kim, haut officiel nord-coréen en charge des affaires inter-coréennes, a fait ce rappel quand il s’est présenté devant des journalistes sud-coréens dans un hôtel à Pyongyang pour s’excuser d’avoir restreint leur couverture du concert donné par la troupe artistique sud-coréenne à Pyongyang dimanche soir. Kim est soupçonné d’avoir orchestré le naufrage qui a coûté la vie à 46 marins.

À propos de rapports de médias russes selon lesquels le président Moon a décidé de se rendre en Russie en juillet à l’occasion de la Coupe du monde de football, l’officiel présidentiel a affirmé qu’il n’y a pas de changement dans la position de Cheong Wa Dae alors qu’une telle visite est actuellement à l’examen.

rainmaker0220@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/northkorea/2018/04/03/0500000000AFR20180403002900884.HTML

Avr 03

TRICASTIN : PLAINTE CONTRE L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE POUR MISE EN DANGER DE LA VIE D’AUTRUI

18 habitants des départements du Vaucluse, du Gard, de la Drôme et des Bouches-du-Rhône portent plainte contre l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour mise en danger de la vie d’autrui.

Risque sur le système de refroidissement des réacteurs, défaillance d’éléments importants pour la protection en cas de séisme, irrégularités dans la fabrication d’équipements… La liste des « incidents » relatifs à la centrale nucléaire du Tricastin (en zone sismique, sur la commune de Saint-Paul-Trois-Châteaux, Drôme) est longue. On la trouve sur le site de l’ASN, Autorité de Sûreté Nucléaire, qui « assure, au nom de l’État, la réglementation et le contrôle du nucléaire pour protéger le public, les patients, les travailleurs et l’environnement ».

Estimant que la centrale est l’une des plus vieilles et des plus délabrées du parc nucléaire français, le Collectif antinucléaire du Vaucluse avait adressé à l’ASN en novembre 2017 une mise en demeure pour que ses 4 réacteurs ne redémarrent pas. N’ayant pas obtenu de réponse, en février, 18 habitants des départements du Vaucluse, du Gard, de la Drôme et des Bouches-du-Rhône ont porté plainte au pénal contre l’organisme, pour « mise en danger de la vie d’autrui et non-interdiction de fonctionnement d’une installation nucléaire en situation d’urgence radiologique et de protection des personnes face à la contamination radioactive de l’environnement », en saisissant les Procureurs des Hauts-de-Seine (siège de l’ASN) et de la Drôme.

Risque d’accident majeur

Le canal de Donzère-Mondragon longe le site du Tricastin et assure le refroidissement des réacteurs, mais sa digue présente des faiblesses. En cas de séisme, un accident de type Fukushima n’est pas à exclure. Selon Jean Revest, qui s’exprime au nom de la Coordination antinucléaire du sud-est, « avec le mistral, en cas d’accident, en une heure Avignon serait atteint, Marseille en deux ». Il évoque l’objectif principal de la démarche judiciaire : briser le mur du silence. « La mobilisation citoyenne pourrait changer les choses, car nous avons un pouvoir. Nous pouvons refuser de servir de rats de laboratoire. »

Il est vrai que les décennies de lobbyisme intense et la politique nucléariste du gouvernement français, qui soutient coûte que coûte EDF, CEA et Areva, ont bien fonctionné. Le 22 février, des gendarmes ont évacué les opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires sur la commune de Bure (Meuse). Significativement, malgré un appel à manifester sa solidarité devant les Préfectures, très peu de monde était présent à Marseille. Pour Christine Dardhalon, l’une des plaignantes domiciliée dans le Gard, « à chaque manifestation, on se rend compte que les gens sont conscients du risque qu’ils encourent, mais ils sont résignés ». Les propos répétés du président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, qui anticipe un accident majeur sur le sol français, sans cependant prendre de mesures radicales, ne sont pas fait pour la rassurer : « il essaie de se couvrir ».

Contamination au quotidien

Selon Jean Revest, il y a d’autant plus urgence que, sans même la survenue d’un accident, « le crime est déjà à l’œuvre au quotidien, avec des rejets toxiques jour et nuit ». L’une des autres plaignantes, Michèle Van Mosse, évoque son sentiment d’être de plus en plus menacée par le nucléaire, et pas seulement à cause du Tricastin : « dans la Vallée du Rhône on est aussi concernés par Cruas, Marcoule, Cadarache… nos enfants vont avoir à gérer 48 centrales en fin de course et leurs déchets ». La Vauclusienne déplore le fait que « tout le monde est arrosé en respirant, en mangeant des légumes ou en buvant du vin produit à proximité des sites ». À l’instar des riverains de l’Étang de Berre, qui ont diligenté eux-mêmes une étude des pollutions industrielles dans leur secteur, faute d’action des pouvoirs publics, des analyses citoyennes pourraient être entreprises, afin d’évaluer précisément l’impact sur l’environnement des centrales. La procédure juridique, elle, est entre les mains de l’avocat des 18 plaignants, Me Riglaire, du Barreau de Lille. Une cinquantaine de plaintes du même type ont été déposées le 9 mars auprès du Procureur d’Avignon, par un avocat du Vaucluse, Me Faryssy.

Zibeline reviendra sur la question cruciale du nucléaire, dans ses prochains numéros.

GAËLLE CLOAREC

Avr 03

LE SOLAIRE NE DÉROUGIT PAS

Est-ce le soleil printanier qui inspire les investisseurs ? Ou l’émergence d’une nouvelle conscience écologique dans la haute finance ? Ou simplement le gros bon sens économique qui parle ?

Une chose est certaine, les grands projets dans le domaine de l’énergie solaire se multiplient dans le monde.

De la Chine à la France, en passant par le Moyen-Orient et l’Afrique, des investissements gigantesques ont été annoncés ces derniers jours, confirmant que le solaire est en train de devenir l’option privilégiée des investisseurs attirés par les énergies propres.

LES CHEIKHS DU SOLEIL

Dans le cadre de sa visite aux États-Unis, la semaine dernière, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, a capté l’attention de l’industrie énergétique en annonçant le plus grand projet d’énergie solaire au monde – une affaire de 200 milliards US.

Fruit d’une entente de principe avec le grand conglomérat japonais Softbank (services bancaires, télécoms), le projet regroupera plusieurs installations dans le désert du royaume, avec une capacité totale de 200 gigawatts d’ici 2030, soit la moitié de la capacité mondiale du parc nucléaire.

Cette annonce intervient quelques mois après le lancement par l’Arabie saoudite de son premier appel d’offres pour un autre projet solaire de grande envergure.

Touché de plein fouet par la chute des cours du pétrole, le pays pétrolier a lancé l’an passé le plan Vision 2030 pour relancer et diversifier son économie.

« Le soleil est largement présent en Arabie saoudite, a rappelé Masayoshi Son, président de Softbank, lors d’une conférence à New York. Mais le plus important, c’est que ce royaume est visionnaire. »

ORANGE ET EDF MISENT GROS

Après avoir dévoilé en décembre un investissement massif dans un projet solaire de 30 gigawatts en France, EDF vient de dévoiler un immense projet de stockage électrique de 8 milliards d’euros (12,6 milliards CAN) sur l’horizon 2035.

EDF veut ainsi soutenir les énergies renouvelables en aidant à conserver l’électricité lorsque le soleil brille (panneaux solaires) ou que le vent souffle (éoliennes) avant de la réinjecter dans le réseau en périodes creuses.

En plus de viser le marché français, EDF veut équiper de gigantesques batteries les réseaux électriques étrangers, imitant ainsi ce que l’américain Tesla a fait en Australie, en novembre, pour réduire les interruptions de courant.

Le groupe énergétique français espère devenir le leader européen du secteur d’ici 2030.

Même le géant des télécommunications Orange entend participer à la transition énergétique, mais en visant surtout le marché africain.

Après le Congo et Madagascar, le groupe français – qui veut contrer la stagnation de son marché local des télécoms – a annoncé mardi le lancement d’un service d’énergie solaire pour les zones rurales au Burkina Faso. Suivront plus tard le Sénégal, le Mali et la Côte d’Ivoire, notamment.

Proposé sous forme de « kit », avec panneau solaire, batterie et accessoires (ampoules à DEL, chargeur de téléphones, etc.), le matériel sera fourni par des partenaires locaux, dont le congolais BBOXX.

D’ici cinq ans, Orange espère distribuer jusqu’à 500 000 de ces kits, qui peuvent éclairer toute la maison ou faire fonctionner un téléviseur.

UN TOURNANT

À voir les projets d’énergie solaire se multiplier, écologie rime de plus en plus avec économie. C’est du moins la conclusion d’une étude de l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA), qui prédit une baisse marquée des coûts des énergies renouvelables d’ici 2020.

D’après l’IRENA, « toutes les technologies renouvelables seront compétitives par rapport aux énergies fossiles en 2020 » dans le monde : ça veut dire de 30 à 100 $US le mégawattheure (MWh) pour une énergie renouvelable, contre de 50 à 170 $US pour le fossile. Cette baisse des prix s’explique par les progrès technologiques et la concurrence.

Une évolution qui se confirme déjà sur le terrain : au Chili, le coût de l’énergie solaire a atteint 45 $CAN par MWh en 2016, contre 1100 $CAN par MWh en 2008. En France, le prix moyen de l’électricité photovoltaïque est moins de la moitié du coût de l’électricité produite par les nouveaux projets nucléaires, selon l’IRENA.

Bref, miser sur le soleil est de plus en plus une bonne affaire dans plusieurs pays.

C’est reparti

Selon Bloomberg New Energy Finance (BNEF), filiale du groupe médiatique Bloomberg, la vague solaire est bien réelle sur la planète. Les investissements dans les énergies renouvelables sont d’ailleurs repartis en hausse en 2017, portés notamment par les sommes records dépensées par la Chine dans le solaire. Après un repli en 2016, ces investissements ont atteint 334 milliards US l’an dernier, en hausse de 3 % sur un an. La Chine a battu son record avec un investissement de 132,6 milliards US – dont 86,5 milliards dans le solaire. Une hausse de 24 % sur un an.

http://www.lapresse.ca/affaires/economie/energie-et-ressources/201804/02/01-5159494-le-solaire-ne-derougit-pas.php

Avr 02

DÉCHETS NUCLÉAIRES: ET DANS 100000 ANS ?

Comment réagiront les générations futures, dans 100 000 ans, lorsqu’elles découvriront les anciens sites de stockage des déchets nucléaires à vie longue ? Aura-t-on vraiment réussi à transmettre les explications nécessaires pour comprendre la dangerosité de ces sites ou bien se seront-elles diluées au fil des siècles et des millénaires jusqu’à devenir des mystères, des énigmes ?

C’est en partant de ce postulat qu’est né le spectacle « Le Grand Trou », du théâtre de La Démesure, sur une mise en scène de Benjamin Abitan. Il sera proposé par l’association L’ÉclairCit, mardi soir, au centre culturel Didier-Bienaimé, à La Chapelle-Saint-Luc. (NDLR : Aube)

Dans un avenir lointain, des scientifiques découvrent, sur une planète bleue désertée, une formidable source d’énergie émettant des radiations. Leurs seuls indices sont des textes retrouvés à la surface, apparemment des comptes rendus de réunions ou des textes de théâtre, derniers vestiges d’un peuple de « Gardiens » organisé autour d’un unique tabou : l’interdiction absolue de creuser le sol.

Ces scientifiques doivent témoigner devant la commission du Sénat intergalactique chargée de déterminer si, oui ou non, il faut creuser le sol de cette planète.

Si l’idée du spectacle est née d’un article de Mediapart sur le site d’enfouissement d’Onkalo, en Finlande, il ne peut que faire écho au projet Cigéo à Bure. Néanmoins, la troupe s’est avant tout intéressée plus largement à la question de la transmission des savoirs au fil du temps.

S.Mu

« Le Grand Trou » par le théâtre de La Démesure, mardi 3 avril à 19 h 30, au centre culturel Didier-Bienaimé à La Chapelle-Saint-Luc. Tarifs : 7 €, 5 € (réduit).

http://www.lest-eclair.fr/63433/article/2018-04-02/dechets-nucleaireset-dans-100000-ans

Avr 02

MUSIQUE POP ET MANŒUVRES MILITAIRES DANS LA PÉNINSULE CORÉENNE

La Corée du Sud et la Corée du Nord continuent de montrer des signes de rapprochement tandis que les États-Unis et l’ONU maintiennent la pression sur Pyongyang.

La Corée du Sud et les États-Unis ont entamé dimanche 1er avril des exercices militaires conjoints annuels plus discrets qu’à l’ordinaire alors que le dégel diplomatique avec Pyongyang s’accélère. Les manœuvres dites Key Resolve et Foal Eagle, qui se tiennent chaque printemps, avaient été repoussées pour éviter qu’elles ne coïncident avec les Jeux olympiques et paralympiques de Pyeongchang, qui se sont déroulés en février-mars.

Prévues pour durer tout le mois d’avril, elles ont été raccourcies de quatre semaines. De même, les alliés sud-coréens et américains s’abstiendront de déployer certains armements stratégiques, selon l’armée sud-coréenne.

Par le passé, ce type d’exercice ne manquait jamais de provoquer des tensions sur la péninsule. La Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, les considère comme une sorte de répétition générale de l’invasion de son territoire.

Trois cent mille soldats en manœuvre

Mais cette année, un haut responsable sud-coréen, qui a fait le voyage de Pyongyang début mars, a fait savoir que le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un « comprenait » la décision prise par Washington et Séoul de mener ces exercices. Foal Eagle est un exercice de terrain qui rassemble environ 11 500 soldats américains et 290 000 militaires sud-coréens. Key Resolve est un exercice de commandement à base de simulations sur ordinateur.

Les Jeux olympiques en février 2018 en Corée du Sud ont été l’occasion d’un remarquable rapprochement qui a débouché sur un projet de sommet entre le Sud et le Nord, et d’un autre entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président des États-Unis Donald Trump. Ce climat de détente a aussi permis l’organisation d’un concert où des stars de la pop sud-coréenne doivent se produire dimanche soir à Pyongyang.

Des groupes sud-coréens en concert à Pyongyang

Le concert, le premier d’artistes sud-coréens en Corée du Nord depuis plus de dix ans, survient en pleine période de détente sur la péninsule après deux années d’escalade due aux essais nucléaires et balistiques de Pyongyang. Les 120 Sud-Coréens, onze groupes ainsi que des danseurs, des techniciens et des adeptes de taekwondo, sont arrivés samedi 31 mars à Pyongyang.

Dimanche soir, ils donneront un concert dans le grand théâtre de Pyongyang Est, d’une capacité de 1.500 places. Mardi, ils se produiront conjointement avec des artistes nord-coréens au Gymnase de Ryugyong Jong Ju Yong qui peut accueillir 12 000 spectateurs.

Le pape François a encouragé dimanche le « dialogue » entre les deux Corées, lors de son message urbi et orbi.

Les Jeux olympiques avaient également permis la rencontre à Pyongyang de Kim Jong-un et du président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach, lequel a annoncé que la Corée du nord participerait aux JO de 2020 et 2022. Le président nord-coréen s’est par ailleurs rendu à Pékin la semaine dernière, pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2011. Il y a longuement rencontré son homologue chinois Xi Jinping.

L’ONU vigilante sur les sanctions contre Pyongyang

Le sommet inter-coréen, entre Kim Jong-un et le président sud-coréen Moon Jae-in, aura lieu le 27 avril. Il sera le troisième du genre après ceux de 2000 et 2007. Aucune date n’a en revanche été arrêtée pour le sommet entre les présidents nord-coréen et américain.

Ces nombreux signes de dégel ne signifient pas que la confiance s’installe entre la Corée du nord et la communauté internationale. L’ONU a ainsi frappé un grand coup vendredi 30 mars en punissant une cinquantaine de navires et sociétés accusés d’aider la Corée du Nord à contourner les sanctions internationales.

C’est la première fois que le Conseil de sécurité désigne une liste d’entités aussi large dans le cadre de l’embargo économique frappant la Corée du Nord. Cette liste « historique » est « un signe fort de l’unité de la communauté internationale dans nos efforts pour maintenir une pression maximale sur le régime nord-coréen », s’est félicitée dans un communiqué l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley.

En 2017, à l’initiative de Washington, le Conseil de sécurité a imposé trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord qui touchent notamment ses exportations de charbon, de fer, sa pêche et son textile et limitent ses approvisionnements en pétrole. Ces mesures ont été décidées après des tirs de missiles et un essai nucléaire menés par Pyongyang, jugés menaçants pour la stabilité internationale.

Des mesures très ciblées

Au total, quinze navires et pétroliers nord-coréens voient leurs avoirs gelés et treize d’entre eux sont aussi interdits d’entrée dans les ports du monde entier. Douze autres bateaux sont également interdits d’entrée dans les ports internationaux.

L’ONU gèle par ailleurs les avoirs mondiaux de 21 compagnies maritimes et d’import-export, dont trois basées à Hong Kong et notamment Huaxin Shipping, qui avait livré du charbon nord-coréen au Vietnam en octobre 2017.

Deux sociétés chinoises – Shanghaï Dongfeng Shipping et Weihai World Shipping Freight – sont notamment accusées d’avoir fait transporter sur leurs navires du charbon nord-coréen. Douze sociétés nord-coréennes sont accusées d’être impliquées dans des livraisons frauduleuses de pétrole et de carburant. D’autres compagnies sont basées à Singapour, dans les îles Samoa et les îles Marshall, et au Panama.

Un homme d’affaires, identifié comme Tsang Yung Yuan, est frappé d’une interdiction de voyager et d’un gel de ses avoirs pour avoir organisé des livraisons illégales de charbon depuis la Corée du Nord, avec la complicité d’un intermédiaire nord-coréen basé en Russie.

Washington insiste sur un maintien des sanctions jusqu’à ce que de réels progrès soient enregistrés dans les tractations en vue du démantèlement du programme d’armes nucléaires de Pyongyang.

Un marché noir lucratif

Un rapport des experts de l’ONU chargés des sanctions contre la Corée du Nord publié en mars indiquait que l’adoption entre fin 2016 et 2017 de quatre trains de sanctions a fait émerger des « marchés lucratifs » pour des trafiquants cherchant à fournir du pétrole à Pyongyang et à lui faire exporter ses ressources naturelles.

Selon le rapport, la Corée du Nord a exporté entre janvier et septembre 2017 des produits interdits, notamment du charbon, générant des revenus estimés à près de 200 millions de dollars. Il évoque des pavillons de navire trompeurs, des transferts en mer de produits illicites entre navires et de la documentation frauduleuse destinée à masquer l’origine du charbon.

Pékin est le premier partenaire économique de la Corée du Nord, mais soutient les sanctions économiques de l’ONU

La Croix (avec AFP)

https://www.la-croix.com/Monde/Asie-et-Oceanie/Musique-pop-manoeuvres-militaires-peninsule-coreenne-2018-04-01-1200928377

Avr 02

VIDÉO – NUCLÉAIRE : MORUROA E TATOU CONTINUE SON COMBAT POUR « LA VÉRITÉ ET LA JUSTICE

INVITÉ – Le vice-président de l’association, Mitema Tapati, était sur le plateau de TNTV ce samedi.

Vous avez perdu deux grandes figures de la lutte pour la reconnaissance des effets des essais nucléaires, John Doom et Bruno Barrillot. Est-ce que vous parvenez à trouver la relève ?

Je crois qu’on peut marcher vers l’avant. On va essayer de relayer les travaux que nos deux disparus ont menés depuis longtemps… Il ne faut pas qu’on s’arrête et il faut que l’on arrive à redémarrer.

Avez-vous des nouvelles recrues ?

Nous avons installé aujourd’hui le nouveau conseil d’administration et le bureau de travail de l’association. Nous avons de nouvelles recrues. Ce sont des gens motivés qui s’investissent pour toute la population.

Pourquoi est-ce important pour vous d’aller dans les îles et comment arrivez-vous à financer ces voyages ?

Au niveau du financement, nous avons toujours demandé à la direction de l’église protestante de nous aider. Nous avons reçu une subvention pour faire des déplacements dans les îles. On ne peut pas ne pas aller vers la population.

Où en est l’étude génétique annoncée par le Pays ?

Il parait que cette scientifique japonaise ne veut plus travailler avec le Pays. Ce qui nous met en colère ce que nous-même maohi de ce pays, nous n’acceptons pas les études. On exhorte le Pays à faire avancer toutes les études nécessaires sur les problèmes inter génétiques.

L’association 193 s’est invitée dans les dans des élections. Quel regard portez-vous là-dessus ?

Au niveau de Mororua e tatou, on ne veut pas que le problème devienne le sujet d’un parti politique. C’est un combat d’un peuple qui n’appartient pas un parti politique. Il ne faut pas qu’on arrive à faire de ce sujet-là un sujet politique.

Pourquoi ne travaillez-vous pas ensemble dans ce cas-là ?

Le but de Moruroa e tatou est la justice et la vérité dans ce Pays. La France peut nous aider, injecter des tonnes de milliards et quand ils vont arriver, on va rester bouche-bée et ne plus penser à la justice. Certes il faut indemniser les victimes mais il ne faut pas s’arrêter de lutter pour la vérité et la justice.

Rédaction web avec Tamara Sentis 

Pour voir et écouter la vidéo (5mn08s), cliquer sur :

https://www.tntv.pf/Video-Nucleaire-Moruroa-e-tatou-continue-son-combat-pour-la-verite-et-la-justice_a24934.html

Avr 02

JAPON : DÉCOUVERTE D’UN TROU DANS UNE CANALISATION À LA CENTRALE DE GENKAI

L’exploitant de la centrale nucléaire de Genkai, dans le sud-ouest du Japon, affirme avoir trouvé un trou dans une conduite du réacteur où une fuite de vapeur avait été détectée vendredi.

Kyushu Electric Power Company a commencé à inspecter le réacteur n ° 3 de l’usine dans la préfecture de Saga dimanche après-midi.

Le réacteur avait redémarré le 23 mars, après une suspension de plus de 7 ans. Il a commencé à générer et à transmettre du courant deux jours plus tard.

Mais Kyushu Electric a découvert une petite quantité de vapeur s’échappant d’un tuyau relié à un équipement qui élimine l’oxygène, le dioxyde de carbone et d’autres substances. Il a suspendu la production d’électricité tôt dans la journée de samedi.

L’opérateur affirme que la vapeur ne contient pas de substances radioactives et qu’il n’y a eu aucun impact sur l’environnement.

La compagnie dit qu’elle essaie de déterminer ce qui a provoqué ce trou qui fait environ un centimètre de diamètre.

Kyushu Electric affirme qu’il n’y a actuellement aucun besoin d’arrêter le réacteur, mais les résultats de l’inspection peuvent affecter le planning.

L’entreprise prévoit reprendre l’exploitation commerciale du réacteur no 3 le 24 avril et remettre le numéro 4 en ligne en mai.

https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/en/news/20180401_18/

Avr 02

NUCLÉAIRE : LES AMBITIONS CONTRARIÉES DU JAPON

Le gouvernement a annoncé le démantèlement du surgénérateur de Monju qui n’a jamais fonctionné.

En validant, mercredi 28 mars, le projet de démantèlement du surgénérateur de Monju, l’Autorité de régulation du nucléaire (ARN) contrarie l’ambition japonaise de maîtriser le cycle du combustible et ajoute une nouvelle facture au nucléaire dans l’archipel.

Le projet prévoit un démontage sur trente ans de l’installation bâtie à Tsuruga dans le département de Fukui (centre). Il devrait coûter 375 milliards de yens (2,86 milliards d’euros). L’opération commencera dès juillet par le retrait du combustible. Puis le sodium – liquide de refroidissement délicat à manipuler car inflammable au contact de l’air – sera retiré. Le démontage suivra, avec une fin programmée pour 2048.

Monju devait permettre au Japon de réaliser le cycle du combustible nucléaire, un objectif formulé dans les années 60 pour augmenter l’indépendance énergétique d’un pays aux faibles ressources énergétiques. Le cycle, explique sur son site le Commissariat français à l’énergie atomique (CEA), correspond aux différentes étapes d’extraction, de fabrication, de retraitement puis de recyclage du combustible des centrales nucléaires. Il se traduit notamment par le recyclage d’une partie du combustible utilisé – dont l’usage s’est traduit par la formation de plutonium – pour produire du MOX, réutilisable dans les réacteurs.

Grave fuite de sodium

Le surgénérateur fonctionne bien avec du MOX. Monju a fait l’objet d’un investissement gouvernemental de plus de 1 050 milliards de yens (8 milliards d’euros) d’argent public mais n’a connu que dysfonctionnements et scandales. Connecté au réseau commercial en août 1995, il a subi en décembre de la même année une grave fuite de sodium suivie d’un incendie, qui l’a contraint à un arrêt durable.

L’incident reste comme l’un des plus graves de l’histoire du nucléaire japonais avant Fukushima en 2011. Les efforts de l’exploitant, la Société de développement de réacteur et d’exploitation du combustible nucléaire (PNC), pour en dissimuler la gravité avait suscité de vives protestations.

En 2010, la Commission de sûreté nucléaire (NSC) – prédécesseure de l’ARN – a accepté son redémarrage. Monju a été relancé mais un nouvel accident – la chute d’un engin de levage dans la cuve – l’a contraint à un nouvel arrêt.

En 2012, l’Agence japonaise de l’énergie atomique (JAEA), l’exploitant ayant succédé à PNC, a été reconnue coupable de ne pas avoir effectué les inspections sur près de 25 % des composants du site. L’ARN a recommandé de lui retirer la gestion du site en 2015 en raison de craintes pour la sécurité.

Accord de coopération avec la France

Le gouvernement a décidé en 2016 de fermer le surgénérateur, alors que le gouverneur de Fukui, Issei Nishikawa, souhaitait le conserver. Son département accueille 13 réacteurs, un record au Japon. M. Nishikawa reste un fervent promoteur de l’atome, même si 49,8 % des habitants de son département souhaitent, selon un sondage d’octobre 2017, l’arrêt de l’utilisation de cette énergie. Le ministère de l’économie, le METI, maître d’œuvre de la politique énergétique, ne voyait plus guère d’intérêt commercial pour la technologie et ne trouvait pas d’alternative sérieuse à la JAEA.

La fin de Monju interroge sur la poursuite au Japon de la politique du cycle nucléaire auquel l’archipel ne veut pas renoncer. Pour compenser l’abandon de Monju, les autorités évoquent un autre surgénérateur, le réacteur Joyo plus petit, construit dans les années 70 dans le département d’Ibaraki (est) mais arrêté en 2008 après un accident. Le Japon a également signé en 2014 un accord de coopération avec la France sur le projet de réacteur à neutrons rapides Astrid. Ce projet reste hypothétique même si la France a, selon la presse nippone, demandé au Japon de financer la moitié des 570 milliards de yens (4,3 milliards d’euros) pour la construction du réacteur.

Importantes quantités de plutonium

Toujours dans le cadre du cycle du combustible, le site de retraitement de Rokkasho (nord du Japon), autre installation fondamentale du cycle, ne fonctionne toujours pas. En décembre 2017, son opérateur Japan Nuclear Fuel (JNF) a annoncé un nouveau délai, le 23e depuis 1997, pour sa mise en route. Le site a déjà coûté 13 900 milliards de yens (106 milliards d’euros, financés par les compagnies d’électricité de l’archipel) et la facture devrait à nouveau grimper. Même s’il n’a jamais fonctionné, le site regorge d’installations désormais vieillissantes qu’il faut remplacer car la vétusté pourrait « faire perdre la confiance de la population dans l’installation », craint Ikuo Sasaki, gouverneur adjoint du département d’Aomori.

Les difficultés liées au cycle du combustible au Japon inquiètent les États-Unis car il pose la question de l’usage du plutonium. L’archipel en a accumulé 47,8 tonnes, à utiliser notamment à Monju.

En janvier, Tokyo et Washington ont renouvelé l’accord qui les lie dans le domaine nucléaire depuis 1988 et qui devait arriver à expiration en juillet. Cet accord autorise le Japon à produire du plutonium à usage civil. « Du point de vue de la prévention de la prolifération, il apparaît hautement problématique de posséder d’importantes quantités de plutonium – utilisable pour des armes nucléaires – sans avoir de projets particuliers pour son utilisation », s’inquiétait le quotidien Mainichi dans un éditorial au moment de la prorogation de l’accord.

Par Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)

http://www.lemonde.fr/energies/article/2018/04/01/nucleaire-les-ambitions-contrariees-du-japon_5279295_1653054.html

Avr 01

NUCLÉAIRE : FESSENHEIM ET CATTENOM, CES CENTRALES FRONTALIÈRES AU CŒUR DES DISCUSSIONS AVEC BERLIN

Le réacteur 2 de Fessenheim redémarre, samedi, sur fond de négociations entre la France et l’Allemagne en matière d’environnement. Berlin a réaffirmé cette semaine sa volonté d’un arrêt « le plus rapide possible » de la centrale nucléaire alsacienne.

Après deux ans d’arrêt pour contrôle, le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) doit redémarrer samedi 31 mars. Cela ne devrait durer que quelques mois puisque le gouvernement a promis de fermer la centrale alsacienne fin 2018, quand l’EPR de Flamanville (Manche) aura démarré. 

Cette fermeture est aussi un enjeu pour les voisins européens de la France, comme l’Allemagne. Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, a rencontré son homologue allemande, Svenja Schulze, cette semaine et pour la première fois. Lors de cet entretien, la ministre allemande de l’Environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire a rappelé que les demandes de son pays n’avaient pas changé sur ce dossier« J’ai évidemment fait part des inquiétudes de la population allemande, a indiqué Svenja Schulze, et c’est pourquoi je salue vraiment le fait qu’on aille vers un arrêt le plus rapide possible de la centrale de Fessenheim. »

« Personne n’a de leçon à donner »

« J’ai bien sûr aussi parlé de la centrale de Cattenom [en Moselle] et notre position qu’il ne doit pas y avoir de délai supplémentaire, a encore déclaré la ministre allemande. Nous étions d’accord pour dire que les sujets que nous abordons ici sont aussi très importants pour la population allemande à la frontière. » Réponse de Nicolas Hulot : le gouvernement va bien fermer la centrale de Fessenheim dès que l’EPR aura démarré, soit à la fin de l’année 2018 ou en 2019. En revanche, pour Cattenom, il a rappelé qu’EDF débutait des travaux de maintenance, afin de poursuivre sa production pendant encore 10 ans.

Le ministre français de la Transition écologique et solidaire a voulu faire le meilleur accueil à son homologue fraîchement nommée, pour montrer qu’ils avaient aussi des terrains d’entente. « Personne n’a de leçon à donner, a rappelé Nicolas Hulot. Nos deux pays sont dans des transitions énergétiques sans commune mesure, en tout cas historiques, avec des paramètres, des contraintes, qui ne sont pas toujours les mêmes – c’est le moins qu’on puisse dire – mais en tout cas avec des ambitions qui sont communes. »

Paris pousse à mettre un prix du carbone

Le ministre a ainsi assuré que les deux pays avaient des ambitions « très fortes » en matière de réduction d’émission de gaz à effet de serre, « excessivement fortes » en termes de développement des énergies renouvelables et pour sortir des énergie fossiles, tout en répétant qu’il y a « des contextes qui sont très différents ».

Paris demande à Berlin une ambition climatique plus forte alors que Berlin est en retard sur la baisse de ses émissions de gaz à effet de serre. Paris pousse aussi pour mettre un prix du carbone pour l’électricité, ce qui désavantagerait le charbon allemand et donc n’enchante pas Berlin. Quel gage chaque pays est-il prêt à donner à l’autre ? Les négociations commencent… Avec les centrales nucléaires frontalières au milieu.

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/nucleaire-fessenheim-et-cattenom-ces-centrales-frontalieres-au-coeur-des-discussions-avec-berlin_2682302.html

Avr 01

SONDAGE : LES FRANÇAIS TRÈS FAVORABLES AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES

Alors que le débat public sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) visant à définir la politique énergétique de la France d’ici à 2023 vient d’être lancé, BVA en partenariat avec FONCIA et La Dépêche du Midi ont souhaité s’intéresser au sujet de l’énergie dans le cadre de l’Observatoire de la vie…

La consommation énergétique des Français : entre réelle préoccupation et besoin d’information

Une majorité de Français déclare être attentive à sa consommation d’énergie concernant les lumières (86% y font régulièrement attention) et le chauffage (79%).

Pour autant, l’appropriation d’éco-gestes dans le quotidien des Français n’est pour certains pas encore un réflexe : plus d’un tiers déclarent n’éteindre qu’occasionnellement leurs appareils électriques au lieu de les laisser en veille (36%).

La rénovation énergétique afin d’optimiser la consommation

Un tiers des propriétaires d’un domicile déclarent avoir l’intention de faire des travaux de rénovation énergétique (33%), tels que l’isolation des murs (39%) et de la toiture (36%).

Un souhait de réaliser certains travaux dans le but également d’apporter un peu plus de confort : près des deux tiers des Français affirment avoir froid durant l’hiver malgré le chauffage (64%).

Les Français favorables aux nouvelles énergies et partagés sur le nucléaire

Si les Français se montrent très majoritairement favorables à des sources d’électricité renouvelables telles que l’énergie solaire (90%), hydroélectrique (89%) et éolienne (84%), ils sont plus partagés sur l’énergie nucléaire (42% y sont favorables contre 57% défavorables). 

De fait, plus de huit Français sur dix déclarent qu’ils souhaiteraient voir davantage se développer l’énergie solaire (81%) et éolienne (53%) dans les années à venir contrairement au nucléaire (8%).

PHILIPPE RIOUX

https://www.ladepeche.fr/article/2018/03/31/2771170-sondage-les-francais-tres-favorables-aux-energies-renouvelables.html

Avr 01

CIGÉO BURE = JE DIS NON COMME 11855 PÉTITIONNAIRES QUI ONT DÉJÀ SIGNÉ : ET VOUS ?

Sensible à cette cause, vous souhaitez rejoindre cette pétition ?

C’est simple, à portée de chacun-e et efficace (cf NDDL) pour populariser la lutte contre CIGÉO à BURE :

1 : vous cliquez sur le lien : https://www.flickr.com/photos/petition-anti-bure/

2 : vous imprimez une des affichettes proposée (format A3)

3- vous vous (faites) photographiez avec l’affichette et envoyez à l’adresse indiquée (petition.bure@yahoo.fr)

4- vous gardez sur vous cette affichette avec votre appareil photo ou tél, et pensez à proposer aux personnes que vous rencontrez de les photographier  (réunions, marché, manifs,  ami-es, famille, connaissances, associations, syndicats, travail..) pour participer à cette action. GARDEZ CE RÉFLEXE

5- vous diffusez cette action et son mode d’emploi sur vos réseaux sociaux et vous créez une signature électronique automatique dans votre boite de messagerie avec le lien vers l’action

Mar 31

LA BELGIQUE SORTIRA DU NUCLÉAIRE EN 2025

Le gouvernement fédéral a approuvé sa stratégie énergétique.

Le gouvernement fédéral s’est accordé sur une stratégie énergétique, ont annoncé vendredi le Premier ministre, Charles Michel, et la ministre de l’Énergie, Marie-Christine Marghem, à l’issue du comité ministériel restreint. Il ne remet pas en cause la sortie du nucléaire en 2025.

Cette stratégie fédérale est l’un des piliers du Pacte énergétique qui doit unir le fédéral et les trois Régions, et qui a déjà reçu le feu vert de la Wallonie et de Bruxelles. La mise en œuvre de la stratégie doit répondre à quatre critères : la sécurité de l’approvisionnement énergétique, le respect des accords de Paris sur le climat, le maintien d’un prix abordable pour les ménages et les entreprises et, enfin, la sécurité des installations.

Un comité de monitoring sera mis en place pour vérifier le respect de ces quatre critères. Il formulera chaque année des recommandations aux différents gouvernements. Il ne sera pas politisé, a insisté M. Michel.

Les représentants de l’administration fédérale, des Régions, des employeurs et de l’industrie en feront partie. La N-VA calait sur l’échéance de sortie du nucléaire en 2025, qu’elle ne juge pas tenable, mais elle était isolée politiquement. « J’espère que le trajet qui a été fixé pourra être réalisé. Nous examinerons cela année après année et s’il le faut, il y aura des mécanismes de correction. Le maintien de centrales nucléaires peut être une solution, mais cela doit être étudié au moment où le problème se pose », a expliqué le vice-Premier ministre Jan Jambon.

Le gouvernement a établi un calendrier. Un avant-projet de loi est attendu pour le 20 juillet à propos de la norme énergétique qui doit faire en sorte que les différentes composantes du prix de l’énergie ne soient pas plus élevées en Belgique que dans les pays voisins.

Un avant-projet de loi est attendu avant cela – le 31 mai – pour mettre sur pied un mécanisme de rémunération de la capacité. Un « dialogue » est en cours avec la Commission européenne.. Maintenant que le gouvernement fédéral est tombé d’accord, il ne manque plus que la décision du gouvernement flamand.

http://www.dhnet.be/actu/monde/la-belgique-sortira-du-nucleaire-en-2025-5abe72cacd709bfa6b15dac6

NDLR : compte-tenu des 4 critères imposés, la sortie du nucléaire pour 2025 n’est pas gagnée ! Il suffira de faire traîner un peu les choses (prendre modèle sur la France par exemple)

Mar 31

DE WASHINGTON À FUKUSHIMA, JUSQU’À QUAND RÉPÉTERONS–NOUS « NEVER AGAIN » ?

Extraits : La manifestation du 24 mars 2018 pour le contrôle de la détention d’arme aux États-Unis dépasse largement le problème américain pour mettre en évidence des logiques propres aux violences structurelles auxquelles font face nos sociétés…

…Le matin-même, à quelques rues de là, chercheurs japonologues, cinéastes et victimes de l’accident nucléaire de Fukushima se réunissaient afin de faire un bilan de la situation actuelle concernant la protection des populations. De victimes à victimes, parce que les armes prennent des formes qui ne sont pas toujours celles que l’on veut croire, c’est avec enthousiasme que nous nous dirigeons vers la manifestation afin de partager notre soutien avec ceux et celles qui construiront le changement.

Never again

« Ici aussi on crie encore « plus jamais ça » pour la énième fois » glissais-je à l’oreille de Ruiko Muto, qui me répond par un sourire d’entendement approuvant l’ironie de la situation. Son regard à la fois fatigué mais inlassablement déterminé se perd dans la foule. Combien de fois aura-t-elle entendu ce « plus jamais ça ! ». Combien de fois l’aura-t-elle scandé aussi durant ces sept années qui ont suivi l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima. Victime directe de la contamination, cette femme aux cheveux grisonnants avait choisi de vivre au beau milieu de la nature dans une maison construite de ses mains. Le niveau d’irradiation ambiant interdit désormais les balades dans un environnement d’ordinaire luxuriant. Les événements de mars 2011 l’ont projeté à la tête des citoyens réclamant la prise de responsabilité de l’accident par l’État japonais via une procédure judiciaire qui n’en finit pas de durer. De tribunaux en tribunaux, de manifestation en manifestation, Ruiko Muto, infatigable, est venue cette fois à Washington pour raconter sa démarche. À ses côtés, Norma Field[1] sait où elle nous mène. Professeure émérite de l’université de Chicago, elle aussi n’en n’est pas à son premier combat.

Après avoir organisé avec Margherita Long (Professeure associée à l’Université de Californie) un panel de présentation relatif à l’accident nucléaire lors du congrès annuel de l’Association for Asian Studies, elle nous enfourne dans un taxi, en direction de la manifestation annoncée. « Ce sont des lycéens qui ont lancé l’appel », nous dit-elle. « Vous vous rendez compte ?! Ici, les jeunes ont une force d’expression impressionnante ». Mon regard croise celui de Katsuya Hirano, professeur d’histoire à l’université de Los Angeles qui approuve vivement : « Jamais on ne permettrait aux jeunes japonais de pouvoir s’exprimer de la sorte. C’est fabuleux ce qui se passe ici. Les jeunes ont une totale liberté d’expression. Au Japon, ils auraient été arrêtés dans leur entrain par les professeurs de l’école, par les voisins ou par leurs parents »…

…La petite fille de Martin Luther King, 10 ans, témoigne devant la foule : « Mon grand-père avait un rêve, j’en ai un aussi ! Je rêve d’un jour où le marché des armes ne sera plus. Je rêve d’un jour où nous pourrons nous rendre à l’école sans être tué par une balle perdue. Je rêve d’un jour où l’on cessera de protéger les armes pour protéger la vie »…

…Cette logique est semblable à celle qui motive la détention de l’arme nucléaire à l’échelle de la nation. Faut-il agir pour l’armement de la totalité des nations ou au contraire interdire l’arme nucléaire comme le suggère le projet de loi voté à New York le 7 juillet 2017[4] interdisant la prolifération de l’arme nucléaire. Ce texte voté par 122 voix sur les 193 pays reconnus par l’ONU est pour l’instant resté sans écho. La multiplication des accidents prouve pourtant que plus on arme, plus les crimes se multiplient. Concernant l’arme nucléaire, sa puissance est telle, que le crime qui en émanera sera ultime. Il ne sera plus temps alors de crier « Never again » !

Par Cécile Asanuma-Brice
samedi 31 mars 2018 – 09h10

Pour lire l’article complet et les notes, cliquer sur :

https://blogs.mediapart.fr/cecile-asanuma-brice/blog/120717/la-septieme-nuit-du-septieme-mois-0

Mar 31

FRANCE D’EN HAUT- SORTIE DU NUCLÉAIRE ? POISSON D’AVRIL !- FRANCE D’EN BAS

En cette année où elles reviennent de Rome un 1er avril, que vont nous apporter les cloches de Pâques ? Allons-nous trouver dans nos jardins, tombées du ciel, les prémices d’un monde libéré de la menace nucléaire ? Hélas, non, ce n’est pas demain la veille du jour où nous en sortirons. Ne comptons pas sur la France d’en haut pour en prendre le chemin. Comptons plutôt sur celle d’en bas : sur les Français. ***

Il y a tout juste trois semaines, le dimanche 11 mars, des milliers de Parisiens se rassemblaient place de la République pour commémorer le 7e anniversaire du début de la catastrophe nucléaire de Fukushima.

Le même jour, à peine terminées les commémorations du drame dans son propre pays, le Premier ministre japonais confronté à la catastrophe en 2011, prenait l’avion pour Paris, afin d’apporter son soutien aux antinucléaires de France. Le 12 mars, il atterrissait dans notre capitale et présentait le soir même, dans une salle bondée, son témoignage aux spectateurs du film « Le couvercle du soleil« , où l’effarante réalité inspire la fiction. Le message de Naoto Kan, ancien partisan de l’énergie nucléaire, est clair et simple : renoncez à toutes vos centrales, renoncez au nucléaire civil et militaire, ils sont bien trop dangereux !

Le 13 mars c’est à l’Assemblée nationale que Naoto Kan délivrait son message, lors d’une conférence de presse qu’une dizaine de députés (de la France Insoumise) honoraient de leur présence, ainsi que la présidente de la Commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, Barbara Pompili. ACDN y assistait et lui posait une question sur les liens entre nucléaire civil et nucléaire militaire. En revanche, aucun émissaire, aucun représentant officiel du gouvernement. Le 14 mars, Naoto Kan était à Strasbourg et tenait à nouveau conférence, cette fois au Parlement européen, en présence notamment de Michèle Rivasi, l’eurodéputée écologiste co-fondatrice de la CRIIRAD au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl. Le 15, il était à Flamanville, et témoignait à nouveau devant une salle bondée de 400 personnes. Enfin, le 16 mars, l’ancien Premier ministre s’est envolé pour Tokyo, avec un sentiment réconfortant : au pays d’AREVA – l’entreprise criblée de dettes et de déboires qui s’était vantée de fournir au Japon le combustible MOX qui allait fondre à Fukushima-Daïchi et diffuser son plutonium dans l’air et l’eau du Pacifique, mais qui n’ose tellement plus se vanter de ses prestations qu’elle camoufle désormais son activité réduite sous le nom d’« Orano » – il existe de nombreux citoyens déterminés à mettre un terme à la menace nucléaire.

Pendant toute cette semaine du 11 au 18 mars, la votation citoyenne organisée à l’initiative de la France Insoumise a mobilisé à travers la France plus de 300 000 personnes, qui à 93 % se sont déclarées « favorables à la sortie du nucléaire ».

Cependant, le bon sens n’a pas encore atteint les sphères dirigeantes qui prennent les décisions pour nous. La plus vieille centrale de France, celle de Fessenheim, n’est toujours pas fermée malgré les promesses à répétition. Sa fermeture est suspendue à l’ouverture de l’EPR de Flamanville, le mirage à 3 milliards d’Euros qui en a déjà coûté 11 et ne fonctionne toujours pas, mais qui nous promet, si par malheur il diverge un jour, 60 ans de prolongations nucléaires. Cerise sur le gâteau pascal, l’Assemblée nationale vient d’adopter en première lecture la Loi de Programmation Militaire 2019-2023, qui nous promet 197,8 milliards de dépenses sur 5 ans, faisant passer le budget de la Défense de 35,9 en 2019 à 44 milliards en 2023. Dont des investissements en hausse constante, quoique non chiffrée, dans les programmes de modernisation des deux composantes, aérienne et navale, de l’armement nucléaire et la poursuite du programme franco-britannique TEUTATES, prévu pour durer 50 ans. La participation de la France au désarmement nucléaire n’est pas à l’ordre du jour. La fermeture des centrales, pas davantage. L’avenir est rayonnant.

Debout, les irradiés de la terre !

Par ACDN, samedi 31 mars 2018 – 09h47

source: <http://www.acdn.net/spip/spip.php?article1117&lang=fr>

Publié par: https://bellaciao.org/fr/spip.php?article159360

Mar 31

FUKUSHIMA, TRISTE ANNIVERSAIRE

Voilà déjà 7 longues années que la pire des catastrophes nucléaire s’est produite, le 11 mars 2011, à Fukushima, au Japon…Tepco tentant tout d’abord, pendant de longues semaines, de cacher la triste vérité.

Sans doute porté par une prémonition, j’écrivais, dans un article intitulé « Tchernobyl, drôle d’anniversaire » <https://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/tchernobyl-drole-d-anniversaire-90438> , : « Si les manœuvres désespérées pour refroidir le réacteur échouent, on aura comme à Tchernobyl fusion du cœur, explosion, et dissémination dans l’atmosphère de particules radioactives, qui, portées par les vents, viendront polluer nos poumons et le sol, au gré des pluies »…une demi-heure après avoir écrit ces lignes, la fusion des réacteurs était devenue réalité.

Il est intéressant de relire les commentaires de quelques nucléocrates, qui, jusqu’au bout, tenteront de minimiser la situation, et j’attends encore leurs plus plates excuses…

Mais où en sommes-nous aujourd’hui ?

De multiples problèmes ne sont toujours pas résolus…l’eau contaminée s’accumule, une partie à rejoint l’océan, avec les dommages que l’on peut imaginer, car, selon la règle du plus gros mangeant le plus petit, les premiers ont accumulé des doses radioactives posant un vrai problème de santé à ceux qui vont s’aventurer à les consommer.

La contamination de la chaine alimentaire ne cesse de causer des dommages, et on trouve 40% d’espèces impropres à la consommation, selon les normes japonaises qui ont déjà été baissées. Lien :<https://blogs.mediapart.fr/danivance/blog/300717/la-catastrophe-de-fukushima-n-est-toujours-pas-terminee>

Le consommateur a pris conscience du danger, et malgré les propos rassurant des laboratoires japonais, lesquels affirment que la contamination des poissons ne dépasse pas les normes, les poissons ne se vendent pas très bien, c’est le moins qu’on puisse dire. Liens <https://www.lesechos.fr/industrie-services/conso-distribution/0301420832597-dans-les-ports-de-fukushima-la-malediction-de-la-rumeur-2160071.php> et

http://www.sortirdunucleaire.org/IMG/jpg/chaine_alimentaire_contaminee-58706.jpg

D’ailleurs d’autres constats sont encore moins rassurants.

Ainsi, des scientifiques ont constaté, dès le mois de juin 2015, une élévation de la radioactivité sur la Côte Ouest des États-Unis, notamment en Césium 137, et en Strontium 90, ce dernier capable de provoquer des cancers des os, et du sang.

Extrait : « les radiations dans le poisson sont si terribles que le poisson sauvage pêché en Alaska, le Hareng du Pacifique, et le poisson blanc Canadien ont été trouvé en sang, avec des tumeurs cancéreuses tout au long du corps ». Liens <http://www.finalscape.com/alimentation-vous-mangez-des-radiations-de-fukushima-tumeurs-cancereuses-sanglantes-dans-les-poissons-et-les-crustaces/> et

 > http://www.finalscape.com/wp-content/uploads/2017/03/fukushima.jpg

Un groupe d’étude s’est occupé de la question, et Nicolas Fisher, de l’Université Stony Brooks (état de New York) confirme la présence de césium 134 et de césium 137.

Daniel Madigan, l’écologiste qui a dirigé l’étude affirme : « le thon emmagasine le maximum de radiation et l’apporte à travers le plus grand océan du monde. Nous étions vraiment surpris de voir cela dans son ensemble et encore plus surpris de voir le taux mesuré dans chacun des poissons ».

Pas étonnant dès lors que les japonais, et pas seulement eux, éprouvent quelque appréhension à consommer du thon, ce qui on s’en doute est dommageable au commerce japonais, et la situation ne risque pas de s’améliorer, vu que le césium 137 à une période (demi-vie) de 30 ans, c’est dire qu’il va poser un problème pendant au moins un siècle…. lien : <https://resistanceauthentique.net/2014/01/23/alerte-fukushima-les-thons-rouges-peches-en-californie-sont-radioactifs-ces-poissons-etranges-au-bout-de-lhamecon/ >

Or les techniciens de Fukushima, au-delà de ce qui déjà été rejeté dans l’Océan, se trouvent devant un stock d’un million de tonnes d’eau radioactive, et ils ont le projet de le rejeter progressivement dans l’Océan, en assurant qu’ils pouvaient traiter cette eau, à part le Tritium. lien <http://www.cnewsmatin.fr/monde/2018-03-02/le-japon-ne-sait-pas-quoi-faire-dun-million-de-tonnes-deau-radioactive-775796>

Encore faut-il que ce soit possible, car jusqu’à présent les tentatives de traitement de cette eau ont toutes échoué….

Areva avait en 2014 proposé un dispositif de décontamination, que Tepco a finalement décidé d’abandonner, vu le peu de résultats. Lien <https://blogs.mediapart.fr/edition/japon-un-seisme-mondial/article/130814/fukushima-tepco-abandonne-le-systeme-de-decontamination-dareva-sur-fond-de-c>

Quant aux robots divers et variés qui ont tenté d’intervenir pour au moins savoir l’état des fonds de cuve dévastés, le taux de radiation est si élevé qu’il empêche toute mission de longue durée, et à part les quelques images glanées récemment par l’un d’eux, avant de tomber en panne, on ne peut pas dire que les opérations aient été couronnées de succès. Liens :

<https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/fukushima-le-robot-sous-marin-mini-mambo-explore-le-3e-reacteur-noye-de-la-centrale_114925>

https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2017/07/20/cover-r4x3w1000-5970aaf98fef1-170719-06.jpg

Sur le chapitre des finances et des milliards déjà dépensés, tout comme ceux à venir, on atteint des sommets.

En octobre 2016, une estimation très optimiste du démantèlement faite par les autorités japonaises dépassait 17 milliards d’euros, contredisant celle de 2014. lien <http://www.leparisien.fr/tsunami-pacifique/fukushima-le-demantelement-coutera-plus-de-17-milliards-d-euros-25-10-2016-6249858.php>

En effet,  le gouvernement japonais l’avait déjà estimé à 42 milliards d’euros, alors que Kenichi Oshima, professeur d’économie environnementale à l’Université Ritsumeikan avait multiplié par 2 le chiffre initial, soit 80 milliards d’euros. Lien <https://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140827tribb735a0b20/la-catastrophe-de-fukushima-coutera-deux-fois-plus-cher-au-japon-que-prevu.html>

Depuis, les milliards ont fait des petits, car en ajoutant au prix du démantèlement celui du dédommagement des riverains et de la décontamination de l’environnement, la facture grimpe à 170 milliards. Lien <https://www.20minutes.fr/monde/1972115-20161201-fukushima-cout-catastrophe-devrait-depasser-170-milliards-euros>

Et encore faudrait-il que la décontamination soit possible…

Pas étonnant dès lors que, contre l’avis du premier ministre japonais, la très grande majorité des citoyens nippons ne veulent plus entendre parler du nucléaire.

La sortie du nucléaire n’est pas seulement demandée par le peuple, mais aussi par le prince Akishino, son épouse Kiko, appelant à manifester pour s’opposer à l’atome, soutenus par les anciens premiers ministres Junichiro Koizumi, Mohiriro Hosokawa, et même Naoto Kan, celui-là même qui dirigeait le pays au moment de la catastrophe. Lien <http://www.lemonde.fr/energies/article/2018/03/10/l-opposition-japonaise-se-mobilise-pour-la-sortie-du-nucleaire_5268778_1653054.html>

Et où en sommes-nous en France ?…

Les promesses du grenelle de l’environnement censées promouvoir le remplacement du nucléaire par les énergies propres ont fait long feu…lien <https://www.infochretienne.com/cop-21-comment-remplacer-les-energies-fossiles-par-les-energies-renouvelables/>

Des EPR sont prévus pour remplacer les vieilles centrales, alors qu’ils ont couté au moins 3 fois plus cher que prévu…celui de Flamanville est doté d’une cuve dont l’acier pose quelques problèmes, ce qui n’a pas empêché l’autorité de sécurité de le valider. Lien <https://www.asn.fr/Informer/Dossiers-pedagogiques/Anomalies-de-la-cuve-de-l-EPR-et-irregularites-usine-Creusot-Forge-de-Framatome>

Récemment, l’ASN (autorité de sûreté nucléaire) a validé un générateur de vapeur défectueux à Fessenheim…alors que la centrale doit être bientôt fermée. Lien <http://www.sortirdunucleaire.org/Feu-vert-pour-le-generateur-de-vapeur-defectueux>

Ne parlons pas des autres vieilles centrales qui subissent des pannes à répétition, des fuites, équipées de tuyauteries rouillées… lien <http://www.leparisien.fr/economie/nucleaire-des-reacteurs-menaces-par-la-rouille-17-10-2017-7336641.php>

À Bugey, à 30 km de Lyon, Une nouvelle fuite a été signalée le 7 mars. Lien <http://www.leparisien.fr/societe/ain-la-centrale-nucleaire-du-bugey-accusee-de-fuites-de-tritium-07-03-2018-7595502.php>

Ce qui fait dire à d’honorables responsables, qu’un accident nucléaire grave n’est plus à écarter en France, le président de l’ANCCLI (association nationales des comités et commission locales d’information), Jean Claude Delalonde en l’occurrence, ayant déclaré : « en France, les conséquences d’un accident nucléaire pourraient être pires qu’à Tchernobyl ou Fukushima ». Lien <https://www.letemps.ch/monde/france-consequences-dun-accident-nucleaire-pourraient-pires-qua-tchernobyl-fukushima>

Alors que Hulot a reculé sur l’objectif de la transition énergétique (lien <https://www.capital.fr/economie-politique/transition-energetique-pourquoi-nicolas-hulot-ne-pourra-pas-tenir-son-objectif-1236689> ), Macron va aux Indes pour vendre des EPR…mais il ne communique que sur le photovoltaïque. Lien <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-edf-pourrait-signer-la-vente-de-6-epr-a-l-inde-d-ici-a-la-fin-de-l-annee-elysee-771342.html>

Comme dit mon vieil ami africain : « le feu qui te brûlera c’est celui qui te chauffe ».

Le 13 mars, une émission tv sur le sujet ici <https://www.rtbf.be/tv/thematique/documentaire/detail_soiree-speciale-japon-sur-la-trois?id=9858824>  (à 14h40)

Le dessin illustrant l’article est de Cabu

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel <https://blogs.mediapart.fr/olivier-cabanel>

https://blogs.mediapart.fr/olivier-cabanel/blog/310318/fukushima-triste-anniversaire

Mar 31

CORÉE DU NORD: L’ONU FRAPPE 49 NAVIRES ET SOCIÉTÉS POUR VIOLATION DES SANCTIONS

L’ONU a frappé un grand coup vendredi en punissant une cinquantaine de navires et sociétés accusés d’aider la Corée du Nord à contourner les sanctions internationales, en dépit d’une récente détente diplomatique sur le dossier nucléaire de Pyongyang.

C’est la première fois que le Conseil de sécurité, agissant à la demande des États-Unis, désigne une liste d’entités aussi large dans le cadre de l’embargo économique frappant la Corée du Nord, a précisé un diplomate sous couvert d’anonymat.

Cette liste « historique » est « un signe fort de l’unité de la communauté internationale dans nos efforts pour maintenir une pression maximale sur le régime nord-coréen« , s’est félicitée dans un communiqué l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley.

En 2017, à l’initiative de Washington, le Conseil de sécurité a imposé trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord qui touchent notamment ses exportations de charbon, de fer, sa pêche et son textile et limitent ses approvisionnements en pétrole. Ces mesures ont été décidées après des tirs de missiles et un essai nucléaire menés par Pyongyang, jugés menaçants pour la stabilité internationale.

Au total, 15 navires et pétroliers nord-coréens voient leurs avoirs gelés et 13 d’entre eux sont aussi interdits d’entrée dans les ports du monde entier, selon un document obtenu par l’AFP.

Douze autres bateaux sont également interdits d’entrée dans les ports internationaux.

L’ONU gèle par ailleurs les avoirs mondiaux de 21 compagnies maritimes et d’import-export, dont trois basées à Hong Kong et notamment Huaxin Shipping, qui a livré du charbon nord-coréen au Vietnam en octobre 2017.

Deux sociétés chinoises – Shanghai Dongfeng Shipping et Weihai World Shipping Freight – sont notamment accusées d’avoir fait transporter sur leurs navires du charbon nord-coréen.

Et douze sociétés nord-coréennes sont accusées d’être impliquées dans des livraisons frauduleuses de pétrole et de carburant.

Les autres compagnies sont basées à Singapour, dans les îles Samoa et les îles Marshall, et au Panama.

« Marchés lucratifs »

Un homme d’affaires, identifié comme Tsang Yung Yuan, est frappé d’une interdiction de voyager et d’un gel de ses avoirs pour avoir organisé des livraisons illégales de charbon depuis la Corée du Nord, avec la complicité d’un intermédiaire nord-coréen basé en Russie.

Les sanctions ont été approuvées dans un contexte de rapprochement prudent entre la Corée du Nord et les États-Unis, d’une part, et la Corée du Sud d’autre part, après plusieurs mois d’escalade des tensions.

Le président américain Donald Trump a accepté le principe d’une rencontre inédite avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, qui devrait se tenir d’ici fin mai, faisant naître l’espoir d’une issue diplomatique à la crise nucléaire.

Un rarissime sommet inter-coréen doit également se tenir le 27 avril à la frontière des deux Corées, après une visite surprise de Kim Jong Un cette semaine en Chine.  

Mais Washington insiste sur un maintien des sanctions jusqu’à ce que de réels progrès soient enregistrés dans les tractations en vue du démantèlement du programme d’armes nucléaires de Pyongyang.

Un rapport des experts de l’ONU chargés des sanctions contre la Corée du Nord publié en mars indiquait que l’adoption entre fin 2016 et 2017 de quatre trains de sanctions a fait émerger des « marchés lucratifs » pour des trafiquants cherchant à fournir du pétrole à Pyongyang et à lui faire exporter ses ressources naturelles.

Selon le rapport, la Corée du Nord a exporté entre janvier et septembre 2017 des produits interdits, notamment du charbon, générant des revenus estimés à près de 200 millions de dollars.

Il évoque des pavillons de navire trompeurs, des transferts en mer de produits illicites entre navires et de la documentation frauduleuse destinée à masquer l’origine du charbon.

Pour s’approvisionner en pétrole, le régime reclus utilise différents canaux, en s’appuyant sur des étrangers, des entreprises étrangères et sur le système bancaire international.

Les États-Unis avaient initialement proposé de sanctionner 33 navires et 27 sociétés, mais la Chine avait suspendu la demande afin d’avoir « plus de temps » pour enquêter.

Pékin est le premier partenaire économique de la Corée du Nord, mais soutient les sanctions économiques de l’ONU.

(©AFP / 31 mars 2018 00h25)

https://www.romandie.com/news/Coree-du-Nord-l-ONU-frappe-49-navires-et-societes-pour-violation-des-sanctions/904455.rom

Mar 30

INFRACTIONS EN PAGAILLE AU RÉACTEUR À HAUT FLUX DE GRENOBLE

Par un avis d’incident publié le 31 mai 2017 et plusieurs rapports d’inspection publiés les 26 juillet 2017, les 9 février et le 15 février 2018 sur le site Internet de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les associations Réseau « Sortir du nucléaire » et « Sortir du nucléaire 38 » ont été informées de faits constituant des infractions au Code de l’environnement et à la réglementation relative aux installations nucléaires de base sur le site du réacteur à haut flux de l’Institut Laue Langevin à Grenoble. Celles-ci ont donc déposé plainte le 30 mars 2018.

Présentation sommaire du réacteur à haut flux de l’Institut Laue Langevin à Grenoble

L’ILL (Institut Laüe Langevin), organisme de recherche internationale, abrite un réacteur à haut flux neutronique (RHF) de 57 MW, à eau lourde, qui produit des faisceaux de neutrons thermiques très intenses destinés à la recherche fondamentale, notamment dans les domaines de la physique du solide, de la physique neutronique et de la biologie moléculaire. Le RHF constitue l’INB (Installation Nucléaire de Base) n° 67 et accueille sur son périmètre l’EMBL (European Molecular Biology), laboratoire de recherche internationale en biologie. Cette INB composée d’environ 500 personnes occupe une surface de 12 ha, située entre l’Isère et le Drac, juste en amont du confluent, à proximité du CEA Grenoble. À la suite d’une demande de l’ASN, des travaux importants de renforcement de la tenue aux séismes du RHF ont été mis en œuvre ces dernières années. L’installation de détritiation, située à proximité de l’ILL, est définitivement arrêtée, l’exploitant ayant décidé de confier la détritiation de l’eau lourde à une entreprise canadienne.

Dans son appréciation 2016, l’ASN attend un renforcement de l’organisation de l’ILL au regard des exigences de la réglementation. Elle attend de l’ILL qu’il analyse et utilise davantage le retour d’expérience pour améliorer son organisation et ses pratiques, en particulier à partir des événements significatifs déclarés, des observations et demandes formulées par l’ASN à l’issue des inspections, ou dans le cadre des bilans annuels relatifs à la sûreté, à l’environnement et à la radioprotection. L’ASN a relevé que l’organisation actuelle de l’exploitant ne lui permet pas de répondre à l’ensemble des exigences concernant la gestion des écarts, la détection des événements et le système de gestion intégré (SGI) telles que précisées par l’arrêté du 7 février 2012.

Détails des faits qui se sont déroulés entre mai 2017 et février 2018

Le 19 mai 2017, un évènement significatif pour la sûreté a été déclaré à l’ASN suite au blocage d’un élément combustible usé dans sa hotte de manutention lors de son transfert dans la piscine du réacteur à haut flux de l’ILL : cet évènement mal géré par l’exploitant a fait apparaître qu’un certain nombre de risques n’étaient pas pris en compte dans la démonstration de sûreté de l’installation.

En outre, une inspection de l’ASN en date du 19 juillet 2017 a porté sur la vérification du respect des exigences règlementaires relatives aux modifications matérielles de l’exploitant. Les inspecteurs ont notamment vérifié les dispositions de l’article 26 du décret n° 2007-1557 du 2 novembre 2007 relatif aux installations nucléaires de base et au contrôle, en matière de sûreté nucléaire, du transport de substances radioactives et se sont intéressés à la manière dont l’exploitant préparait et réalisait les opérations de modifications. Les conclusions de l’inspection sont sans appel et ne sont pas satisfaisantes, au point que l’ILL a été mis en demeure par l’ASN de se conformer à la réglementation par décision n° 2018-DC-0623 du 6 février 2018 (sous 4 mois => 6 juin 2018).

Enfin, un autre rapport d’inspection de l’ASN en date 9 février 2018 a fait apparaître que les travaux de réfection de rétentions associées à des capacités d’entreposage d’acide nitrique, de potasse et d’effluents radioactifs n’avaient pas été réalisés selon les règles prévues par l’arrêté du 7 février 2012.

Il convient de noter également que l’article L. 125-17 du Code de l’environnement prévoit qu’une commission locale d’information (CLI) est instituée auprès de tout site comprenant une ou plusieurs installations nucléaires de base et que celle-ci doit organiser, au moins une fois par an, une réunion publique ouverte à tous. Or, il semble qu’une telle réunion n’ait jamais été organisée concernant la CLI ILL-CEA. Précisons également que cette dernière semble également faire fi du décret n° 2008-251 du 12 mars 2008 qui prévoit notamment que la commission locale d’information doit être réunie en séance plénière, sur convocation de son président, au moins deux fois par an et qu’un rapport d’activité doit être fait chaque année et rendu public.

Le 30 mars 2018, les associations Réseau « Sortir du nucléaire » et Sortir du Nucléaire Isère ont donc porté plainte contre l’Institut Laue Langevin (ILL), exploitant personne morale du réacteur à haut flux (RHF) situé à Grenoble, et contre Helmut Schober, directeur personne physique de l’ILL, pour exploitation de l’installation en violation du Code de l’environnement et de la réglementation relative aux installations nucléaires de base.

http://www.sortirdunucleaire.org/ILL-infractions-en-pagaille

Pour télécharger la plainte : http://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/plainte_ill_30032018_annexes.pdf

Mar 30

LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE : PAS D’AUSTÉRITÉ POUR LA GUERRE…

Alors que dans plusieurs pays d’Europe, les élus s’interrogent et discutent sur le budget militaire, les élus français ne posent pas de questions sur les services qui seront affectés, si on augmente le budget de l’armée, c’est au détriment des services publics. Nous ignorons le résultat des nombreuses opérations en OPEX et malgré cela, il est demandé à nos élus de voter les yeux fermés et…. ILS VOTENT!! Partagez !

« Le temps des sacrifices est révolu », annonçait ce mardi la ministre des Armées Florence Parly devant les députés qui entamaient l’examen de la nouvelle loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025. Avec 294,8 milliards d’euros, celle-ci promet une hausse inédite des crédits de la défense : « Le renouveau de nos armées commence ». La France était-elle à la traîne en termes de dépenses militaires ? L’armée le parent pauvre du budget de l’État ? Pas si sûr, si l’on s’en tient aux chiffres. Mais dans le pays européen qui consacre le plus d’argent au militaire, il semble déplacé de questionner les dépenses et les guerres dans le contexte d’instabilité géopolitique actuel et de menace terroriste.

La défense « sacrifiée » ?

Il l’avait promis : Emmanuel Macron allait consentir un effort budgétaire inédit pour mettre fin à « la lente érosion de nos capacités militaires ». Mais y a-t-il eu érosion budgétaire ? Selon les chiffres de l’économiste Claude Serfati, entre 2009 et 2016, le budget de la défense a augmenté de 11,6 %, soit davantage que le budget total de l’État (+10,4%). Dans la loi de finance 2018, la défense a obtenu 1,76 milliard d’euros supplémentaires, quand la mission « travail emploi » perdait 1,5 milliard.

Avec 34,2 milliards d’euros pour 2018, la défense reste le troisième budget de l’État après l’éducation et le service de la dette. À titre de comparaison, le ministère de la transition écologique ne dispose que de 10,4 milliards d’euros. La loi de programmation militaire prévoit d’aller encore plus loin, avec 1,7 milliard d’euros supplémentaires par an jusqu’en 2022 puis 3 milliards par an jusqu’en 2025. Jusqu’à atteindre 50 milliards d’euros… soit pratiquement autant que le ministère de l’Éducation.

2 % du PIB pour la défense : un objectif déjà atteint selon la Cour des Comptes

Un niveau de dépense militaire équivalent à 2 % du PIB, comme exigé par l’Otan, voilà l’objectif. Un objectif assez abstrait, voire dogmatique, puisqu’il est plus facilement atteint par des économies en crise : avec 4,1 milliards de budget militaire par an la Grèce y consacre ainsi 2,38% de son PIB. Pour les États à l’économie florissante, cette exigence est pharaonique. En Allemagne, cela reviendrait ainsi à passer d’un budget de 37 milliards à près de 70 milliards d’euros par an. « Une idée un peu folle », selon l’ancien ministre des Affaires étrangères social-démocrate Sigmar Gabriel, qui plaisante sur la quantité de porte-avions que Berlin devrait acheter pour atteindre ce montant.

S’agissant de la France, pendant que les députés débattent pour savoir si la loi de programmation militaire permettra d’arriver ou non à ces 2 %, la Cour des Comptes estime que, même si les crédits budgétaires votés n’atteignent pas ce seuil, celui-ci est déjà atteint quand on inclut la totalité des dépenses réalisées effectivement. Un dépassement notamment lié aux surcoûts des « opérations extérieures », les interventions de l’armée française à l’étranger, ou OPEX.

Opérations extérieures : quels bilans ?

Ces OPEX sont décidées par le gouvernement, le Parlement étant largement marginalisé [1]. Depuis 1995, les armées françaises ont pourtant été engagées dans 106 nouvelles opérations menées à l’étranger. Avant d’accorder de nouveaux crédits, il serait intéressant d’en connaître les bilans. Quel est le bilan, par exemple, de l’opération Barkhane, qui a pris la suite il y a bientôt quatre ans de l’opération Serval, lancée au Mali en janvier 2013 pour empêcher les groupes armés djihadistes de s’emparer du sud du pays et de la capitale, Bamako. Étendue au Niger, au Tchad et au Burkina Faso, avec un déploiement de 4000 militaires, l’opération Barkhane « vise à ce que les États partenaires acquièrent la capacité d’assurer leur sécurité de façon autonome ». Où on est-on ? Tous les amendements demandant davantage d’informations sur ces « opérations » passées et à venir ont jusqu’ici été rejetés. Il faudrait une révision constitutionnelle pour que les députés en sachent plus sur ce que l’armée française fait à l’étranger.

De même, les députés ne pourront en savoir plus sur nos exportations d’armes, alors même que la France est pointée du doigt pour ses ventes de matériel militaire à des pays impliqués dans des violations du droit humanitaire international. Ils sont renvoyés à un rapport annuel, bien trop parcellaire pour permettre une vraie analyse des marchés et des activités des industriels français. On leur demande donc de voter les yeux fermés la création 400 postes pour le soutien aux exportations d’armes.

Absence de débats sur la dissuasion nucléaire

Quant à la dissuasion nucléaire – 37 milliards d’investissements prévus sur la période –, la décision de renouveler l’arsenal a été prise par Emmanuel Macron. Les parlementaires sont priés d’approuver les crédits nécessaires sans en discuter le principe, en dépit de toutes les questions que ce choix soulève, à commencer par sa conformité avec le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

En Espagne, en Allemagne ou en Angleterre, l’annonce d’une hausse des budgets de la défense entraîne des controverses et de vives discussions : quelles coupes cela va-t-il entrainer pour d’autre services publics ? Quelle est la réalité des menaces mises en avant pour la justifier ? Est-ce vraiment nécessaire ? Est-ce que les investissements dans l’accueil des réfugiés des guerres ayant mal tourné ne contribuent pas tout autant à la stabilité que les dépenses militaires [2] ?

En France, malgré le manque d’information sur son utilisation et les besoins concrets des soldats, cette hausse a été validée par l’Assemblée nationale dans un consensus presque parfait. Le même gouvernement qui semble peiner à trouver des fonds pour les EHPAD ou le logement ne fera pas d’économies sur l’armée : une prodigalité d’exception, qui devrait permettre à la France de rester numéro un des dépenses militaires en Europe.

Auteur Anne-Sophie Simpere pour BastaMag

Notes

1] Le Parlement est simplement informé, puis consulté en cas de prolongation après quatre mois, alors que les troupes françaises sont déjà déployées

2http://www.dw.com/en/german-foreign-minister-gabriel-questions-natos-defense-spending-target/a-37758402

Source : https://lesmoutonsenrages.fr/2018/03/29/loi-de-programmation-militaire-pas-dausterite-pour-la-guerre/

Mar 30

LE « SATAN » ENTRE LES MAINS DE POUTINE

Le président russe a dévoilé le 1er mars le nouveau système de missiles Sarmat, capable de surmonter tout bouclier antimissile, suscitant ainsi l’angoisse aussi bien au sein des Américains que des Européens.

Le président russe a dévoilé, lors de son discours annuel du 1er mars devant l’Assemblée fédérale, le système de missiles Sarmat, doté d’un large éventail d’armes nucléaires de grande puissance, notamment hypersoniques, qui est capable de neutraliser tous les systèmes de défense antiaérienne et de surmonter tout bouclier antimissile.

« Aucune arme, même des systèmes de défense antimissile prometteurs, ne peuvent rivaliser avec le système de missiles Sarmat », a souligné Vladimir Poutine.

Le discours de Poutine n’est pas allé sans provoquer la réaction des médias occidentaux et l’angoisse des États-Unis et des pays européens qui ont opté, depuis quelques années, pour une politique de sanctions contre la Russie.

Le président russe a, en fait, répondu à la nouvelle doctrine nucléaire 2018 des États-Unis qu’a, récemment, publiée le président américain Donald Trump qui avait évoqué la tension croissante avec la Russie et le début éventuel d’une confrontation nucléaire. Une confrontation qui ne devrait jamais se produire dans la mesure où les armements stratégiques américains ne peuvent absolument pas contrer les armes russes, comme le confirme d’ailleurs le document.

Vladimir Poutine a donné, ainsi, une réponse cinglante à Washington: la Russie peut utiliser, à tout moment, une arme nucléaire stratégique qui pourrait raser une grande partie du territoire américain.

Et selon l’analyste F. William Engdahl (mondialisation.ca), le discours du président russe « contient une section tranchante au sujet des technologies militaires russes, que les médias pro-OTAN ont préféré minimiser comme constituant ou un stratagème de propagande, ou bien une acrobatie rhétorique de campagne« .

Compte tenu des allusions aux développements technologiques militaires russes dévoilés en plus sur le théâtre de guerre syrien depuis septembre 2015, Washington ignore ce qui constitue clairement un développement stratégique bouleversant les règles du jeu. Et ceci transforme en gâchis les centaines de milliards de dollars de la soi-disant technologie de défense missilière américaine qui est en train d’être mise en place depuis la Corée du Sud, le Japon et jusqu’à la Pologne et au-delà, rien de plus que de l’argent du budget de défense du Pentagone jeté par les fenêtres.

La pierre d’angle de Poutine dans ce passage relatif à la sécurité, qui a été ignorée par les médias occidentaux, ce fut la réponse russe au « retrait américain unilatéral du traité sur la défense anti-balistique de 1972, et dans la pratique au déploiement de leurs systèmes de défense anti-balistiques à la fois aux États-Unis et au-delà de leurs frontières nationales ».

En effet, quand Washington s’est unilatéralement retiré du traité ABM en 2002, le gouvernement américain a commencé une série de mouvements agressifs incluant l’élargissement de l’OTAN aux anciens pays communistes d’Europe de l’Est − quitte à fomenter un coup et une guerre civile en Ukraine ainsi que d’autres provocations − qui avaient mené à la construction de bases de missiles anti-balistiques en Roumanie et en Pologne, toutes deux membres de l’OTAN, de même que face à l’Extrême-Orient russe au Japon et en Corée du Sud.

De plus, comme Vladimir Poutine l’a remarqué « le système de défense anti-balistique mondial américain inclut également cinq croiseurs et 30 destroyers, qui pour autant que nous le sachions, ont été déployés dans des régions proches des frontières russes ». Ce n’est pas là un déploiement mineur aux yeux des Russes.

Le RS-28 Sarmat que l’OTAN a nommé Satan 2, est un missile balistique intercontinental basé en silo qui pèse deux fois moins que son prédécesseur, le Voevoda. Ce missile de très grande taille sera mis en service d’ici 2019 ou 2020. Les experts estiment qu’il pourra transporter une ogive mirvée de 10 tonnes. (NDLR : mirvée = qui possède plusieurs têtes qui suivent chacune leur trajectoire lors de leur entrée dans l’atmosphère)

Au moins 500 antimissiles américains sont nécessaires afin d’intercepter un missile balistique intercontinental Sarmat, a déclaré Victor Bondarev, président de la commission de défense et de sécurité du Conseil de la Fédération de la Russie, interrogé par Sputnik.

Difficile aux Américains de cacher leur inquiétude. Auparavant, le journal The New York Times avait annoncé, en se référant à un responsable américain haut placé, que Donald Trump avait informé Vladimir Poutine lors de leur conversation téléphonique de ses inquiétudes concernant la mise au point de nouvelles armes russes, capables de surpasser les systèmes de défense américains.

Les analystes politiques jugent possible et proche une véritable guerre nucléaire entre la Russie et l’Occident. Est-ce vrai ?

http://www.presstv.com/DetailFr/2018/03/28/556722/Le-satan-entre-les-mains-de-Poutine

Mar 30

CATTENOM – SÉCURITÉ : TROISIÈME INCIDENT EN UN MOIS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Une anomalie a été constatée au niveau des grappes de commande d’un réacteur.

La centrale de Cattenom a déclaré un nouvel incident de niveau 1 à l’Autorité de sûreté nucléaire. Au moment de l’arrêt programmé de l’unité de production n°2, les équipes de la centrale ont repéré une anomalie dans la position de deux grappes de commande dans le cœur du réacteur. Ces grappes, au nombre de soixante-cinq, permettent de réguler la puissance de production et la température du cœur. EDF indique que la position des deux grappes a été corrigée immédiatement après la détection du problème.

Des anomalies en zone nucléaire

Selon EDF, cette anomalie n’aurait eu aucune conséquence sur la sûreté des installations. L’exploitant affirme que les marges permettant de réguler la puissance et la température du réacteur ont toujours été suffisantes.

Ce mois-ci, c’est le troisième incident de niveau 1 (sur l’échelle Ines qui en compte 7) déclaré par la centrale à l’Autorité de sûreté nucléaire. Le premier concernait un dysfonctionnement d’une vanne du circuit de ventilation entre les deux enceintes de béton du réacteur numéro 1. Le deuxième signalait un écart de mesure sur un capteur de niveau d’un réservoir d’eau de refroidissement, sur le réacteur numéro 2. Ces trois anomalies ont été constatées en zone nucléaire.

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-thionville-hayange/2018/03/29/troisieme-incident-en-un-mois-a-la-centrale-nucleaire

 

Mar 29

LES DEUX CORÉES SE RETROUVERONT POUR UN SOMMET RARISSIME LE 27 AVRIL

Les deux Corées se sont mises d’accord jeudi sur la date du 27 avril pour un sommet rarissime, peu après les débuts de Kim Jong Un sur la scène internationale avec une visite surprise en Chine.

Ce sommet entre le dirigeant nord-coréen et le président sud-coréen Moon Jae-in, seulement le troisième du genre, doit précéder un face-à-face historique avec le président américain Donald Trump en mai.

«Conformément à la volonté des deux dirigeants, le Sud et le Nord sont convenus de tenir le +sommet 2018 Sud-Nord+ le 27 avril à la Maison de la paix sud-coréenne de Panmunjom», selon un communiqué de presse conjoint.

C’est dans ce village frontalier situé dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule que fut signé l’armistice de la guerre de Corée (1950-53).

Kim sera ainsi le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la fin de la guerre. D’après les récits officiels de la Corée du Nord cependant, son grand-père et prédécesseur Kim Il Sung s’est rendu plusieurs fois durant le conflit à Séoul, tombé à deux reprises aux mains de ses forces.

Les deux précédents sommets inter-coréens, en 2000 et 2007, avaient eu lieu à Pyongyang.

Les deux parties sont convenues de se revoir mercredi prochain pour de nouveaux entretiens préparatoires, y compris sur le protocole et la sécurité.

«Sans précédent»

Les jeux Olympiques d’hiver organisés au mois de février en Corée du Sud furent le catalyseur de ce très rapide processus de rapprochement.

La détente fait suite à deux années d’escalade due aux programmes balistique et nucléaire nord-coréens, avec en toile de fond, des échanges d’insultes personnelles et de menaces apocalyptiques entre MM. Trump et Kim.

Les délégations sud et nord-coréennes, fortes chacune de trois membres, se sont rencontrées au Pavillon de l’unification, du côté nord-coréen de Panmunjom.

«Ces derniers 80 jours, de nombreux événements sans précédent dans les relations intercoréennes se sont produits», a relevé Ri Son-gwon, qui préside le Comité nord-coréen pour la réunion pacifique de la péninsule.

Parallèlement, le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi, est attendu jeudi à Séoul pour informer M. Moon des résultats de la visite à Pékin du numéro un nord-coréen.

Kim s’est rendu dans le plus grand secret à Pékin, son premier déplacement à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, qui signe le retour au premier plan de la diplomatie chinoise.

Pékin et Pyongyang sont traditionnellement proches depuis qu’ils ont combattu côte à côte durant la guerre de Corée, et le géant chinois est de très loin le premier partenaire économique de la Corée du Nord.

Mais les relations bilatérales s’étaient tendues ces dernières années en raison du soutien croissant de Pékin aux sanctions économiques de l’ONU destinées à mettre le holà aux ambitions nucléaires de Pyongyang.

«Bonne volonté»

Kim et le président chinois Xi Jinping ont rendu hommage à leurs relations historiques, le dirigeant chinois acceptant une invitation du Nord-Coréen à se rendre en Corée du Nord, selon l’agence nord-coréenne KCNA.

«Il n’y a aucun doute que ma première visite à l’étranger (devait être) pour la capitale chinoise», a déclaré M. Kim, d’après KCNA. «C’est mon devoir solennel».

Le dirigeant nord-coréen s’est prononcé à cette occasion pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne, selon l’agence Chine Nouvelle.

Mais, a-t-il ajouté, il compte sur le Sud et Washington pour prendre des «mesures progressives et synchronisées pour parvenir à la paix».

Cette question «peut être résolue si la Corée du Sud et les États-Unis répondent à nos efforts en faisant preuve de bonne volonté», a ajouté M. Kim.

D’après les analystes, les deux parties avaient chacune intérêt à ce que cette rencontre ait lieu: Pyongyang pour obtenir le soutien de Pékin et la Chine pour protéger ses intérêts dans ce qu’elle considère comme son pré carré.

AFP

http://www.liberation.fr/planete/2018/03/29/les-deux-corees-se-retrouveront-pour-un-sommet-rarissime-le-27-avril_1639717

Mar 29

ÉLECTRICITÉ : LE DÉCOUPLAGE ENTRE CONSOMMATION ET CROISSANCE ÉCONOMIQUE SE CONFIRME EN EUROPE

Selon un rapport de la Commission européenne publié le 26 mars, le découplage entre consommation d’énergie et croissance économique se confirme : « Le PIB de l’Union européenne a augmenté de près de 12% entre 2010 et la fin de l’année 2017 ; sur la même période, la consommation d’électricité a baissé de 4% ». Si la demande peut être influencée par de nombreux facteurs à court terme (conditions météorologiques, éclairage saisonnier, besoins en chaleur et en froid…), la tendance au découplage est clairement visible, analyse l’exécutif européen.

Par ailleurs, le rapport note une augmentation du prix de gros de l’électricité au quatrième trimestre 2017, due à la saison hivernale mais aussi à la hausse du recours aux énergies fossiles, « alors qu’une part importante de capacités nucléaires étaient indisponibles en France, à cause d’opérations de maintenance ou d’inspections de sûreté ».

Sophie Fabrégat, Journaliste : Rédactrice en chef adjointe

https://www.actu-environnement.com/ae/news/electricite-decouplage-consommation-croissance-europe-30941.php4

NDLR : 2 remarques :

. Le gouvernement français ne mise pas sur une baisse de la consommation électrique en France (et fait tout pour que cela n’arrive pas !)

. La production électrique hyper centralisée de la France l’oblige à recourir à des énergies fossiles dès qu’il y a un problème dans le nucléaire (ce qui, vu l’âge des centrales nucléaires, arrivera de plus en plus).

Mar 29

ORANO (EX AREVA)-RÉSULTATS 2017 EN BAISSE, VISE LE CONTRAT CHINOIS FIN 2018

PARIS, 29 mars (Reuters) – Orano, l’ancienne Areva désormais recentrée sur le cycle du combustible nucléaire, a annoncé jeudi des résultats et un carnet de commandes en baisse au titre de 2017, tout en réaffirmant vouloir finaliser d’ici la fin de l’année un contrat géant pour concevoir et équiper une usine de traitement-recyclage en Chine.

Le chiffre d’affaires du groupe public, renfloué en juillet dernier par l’État français, est ainsi revenu à 3,926 milliards d’euros l’an dernier, contre 4,401 milliards en 2016 tandis que le carnet de commandes était de 30,79 milliards à fin 2017 contre 33,57 milliards un an plus tôt.

L’excédent brut d’exploitation (EBE) a reculé de 29%, à 946 millions d’euros, tandis que la perte nette s’est légèrement creusée, à 252 millions.

« Les résultats de l’année 2017 restent impactés par la restructuration du groupe, dans un marché difficile (..)« , déclare Philippe Knoche, directeur général d’Orano, cité dans un communiqué.

« Notre groupe déploie son plan d’action stratégique autour de trois objectifs : être cash-flow net positif dès cette année en s’appuyant sur notre nouveau plan de performance « Value 2020 », renforcer notre développement en Asie et développer nos activités dans les services notamment en ingénierie, logistique et démantèlement. »

En 2017, la génération de trésorerie a été négative de 1,066 milliard d’euros, contre -915 millions en 2016.

Après des années de graves difficultés industrielles et financières, Areva s’est renommé Orano fin janvier, se donnant alors, entre autres, comme objectif de renforcer sa présence en Asie.

Le 9 janvier, le groupe a dit avoir conclu un protocole d’accord commercial en vue de construire une usine de traitement-recyclage en Chine pour quelque 10 milliards d’euros, un contrat qu’Orano cherche à finaliser depuis plus de 10 ans.

« Par ce protocole, Orano et China National Nuclear Corporation (CNNC) ont réaffirmé leur engagement mutuel à faire aboutir les négociations du contrat dans les meilleurs délais, afin de pouvoir lancer le projet avant la fin de l’année 2018« , souligne le groupe. (Benoit Van Overstraeten, édité par Jean-Michel Bélot)

https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/orano-resultats-2017-en-baisse-vise-le-contrat-chinois-fin-2018-1752860.php

Mar 29

NUCLÉAIRE. LE DÉLAI OFFERT À L’EPR DE FLAMANVILLE EST-IL NORMAL ?

Compte tenu du retard pris par le chantier, un décret ministériel a prolongé l’autorisation de construction de l’EPR signée en 2007. Pas valable, selon les opposants. Ils ont déposé un recours.

La construction du nouveau réacteur nucléaire de type EPR à Flamanville ne se déroule pas vraiment comme prévu… Le chantier a pris sept ans de retard et le devis a triplé en dix ans : en 2007, le chantier de l’EPR prévoyait une mise en service en 2012 et un coût de 3,3 milliards.

Depuis les mésaventures se sont succédé. La plus marquante : la découverte d’anomalies sur le couvercle et le fond de la cuve du réacteur en 2015. La dernière : la présence de soudures fragiles sur le réseau secondaire révélée il y a dix jours. Pendant ce temps, la facture grimpe. Elle s’élève aujourd’hui à 11 milliards d’euros.

Opposés à cette construction, le Comité de réflexion d’information et de lutte anti-nucléaire (le Crilan) et l’association Notre affaire à tous ont déposé un nouveau recours devant le Conseil d’État, le 8 mars 2018. Elles estiment que le décret ministériel, signé le 23 mars 2017, qui a prolongé de trois ans l’autorisation de construction du 10 avril 2007 (pour une durée de dix ans) n’est pas valable en raison de l’absence d’une nouvelle enquête publique.

« Pas impossible » de surmonter les anomalies

Louis Dutheillet de Lamothe, le rapporteur public chargé du dossier, réfute cet argument, considérant que le projet initial n’a pas été modifié.

Mais pour les opposants, des éléments techniques ont changé. C’est le cas du combustible exploité (oxyde d’uranium faiblement enrichi ou mélange d’oxyde d’uranium et d’oxyde de plutonium) et de la concentration en carbone de l’acier utilisé pour la cuve du réacteur.

Ce dernier point a retenu l’attention du rapporteur public… qui a renvoyé la balle à l’Autorité de sûreté nucléaire, le gendarme du nucléaire. Cette question ne pourra être étudiée qu’au stade de l’autorisation de mise en service de l’EPR. L’ASN a d’ailleurs demandé à EDF de régler ses problèmes de soudures avant de pouvoir délivrer son autorisation de démarrage. « Il n’est pas impossible que ces anomalies soient surmontées au cours des trois prochaines années », estime Louis Dutheillet de Lamothe.

Pour lui, « autoriser la prorogation du délai de construction n’implique pas l’autorisation de la production ». Il propose donc aux juges de rejeter la requête des deux associations. La décision sera rendue courant mars.

https://www.ouest-france.fr/normandie/nucleaire-le-delai-offert-l-epr-de-flamanville-est-il-normal-5610634

Mar 29

« LA BOMBE ET NOUS », FILM ET DÉBATS SUR LES ARMES NUCLÉAIRES

Présenté dans 12 cinémas finistériens, suivi de débats, le film La bombe et nous sensibilise à l’abandon du nucléaire civil et militaire. Trois questions à Roland de Penanros, du Cian, Collectif finistérien pour l’interdiction des armes nucléaires.

Qu’est ce qui a motivé la création du Cian ?

En 2017, deux événements majeurs sont passés inaperçus.

. En juillet, l’ONU adopte un projet de traité sur l’interdiction des armes nucléaires, décidé par 122 pays sur 192.

. En octobre, à Oslo, le prix Nobel de la Paix est attribué à l’ICAN, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires.

La France, comme les autres puissances nucléaires, a boycotté ce traité d’interdiction. Mais, dans le Finistère, des citoyens ont décidé de mener un travail d’information au sein du Cian.

Parlez-nous de La bombe et nous de Xavier-Marie Bonnot

Construit sur trois ans de rencontres fortes, inquiétantes et passionnantes, ce film amène à réfléchir sur l’avenir du nucléaire militaire. Des militaires, scientifiques, diplomates, militants, ministres d’une dizaine de nationalités, y livrent leur expertise. Cette arme de destruction massive a-t-elle encore un sens aujourd’hui ? Peut-on penser le monde autrement que par l’équilibre de la terreur ? En mars 2017, le pape François déclarait : « L’objectif ultime de l’élimination totale des armes nucléaires est devenu un défi et un impératif moral et humanitaire. »

Que prévoyez-vous comme actions ?

Nous allons intervenir auprès des parlementaires à propos de la Loi de programmation militaire qui prévoit une augmentation du budget lié à l’armée : nous avons déjà alerté les 8 députés et 4 sénateurs du Finistère. On réfléchit à un Tour du Finistère de la paix. Cela ne sera pas facile, les lobbies industriels et financiers de l’armement veillent. Seul un grand débat national peut convaincre les détenteurs du pouvoir politique qu’il faut adopter une vision du monde différente.

Mardi 27 mars, à 20 h, O’Keltia, Quimperlé. Mercredi 28, à 20 h, MPT de Kerfeunteun, Quimper. Jeudi 29, à 20 h, aux Studios, Brest. Samedi 31, à 17 h 15, Grand-Bleu, Carhaix. Et le 5 avril à Scaër, le 6 à Châteaulin, le 9 à Landerneau, le 12 à St-Renan, le 14 à Berrien…

https://www.ouest-france.fr/bretagne/finistere/la-bombe-et-nous-film-et-debats-sur-les-armes-nucleaires-5649109

NDLR: et vous, dans votre département?

Mar 29

L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN «NE DOIT PAS ÊTRE NÉGOCIABLE»

L’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin a déclaré, mardi à Alger, que l’accord sur le nucléaire iranien «ne doit pas être négociable», estimant que cela y va «de la stabilité et de la crédibilité de la parole internationale».

«Je ne cesserai d’appeler l’Europe à être plus précise sur son engagement à défendre l’accord sur le programme nucléaire iranien. L’accord sur l’Iran ne doit pas être négociable. Les États-Unis peuvent choisir de s’en démettre, mais nous (les Européens), nous devons défendre cet accord. Cela y va de la stabilité et de la crédibilité de la parole internationale», a souligné M. de Villepin lors d’une conférence intitulée: «Réconcilier les silences : Donner sa parole pour la paix» tenue à Alger. «Comment veut-on que les nord-coréens renoncent à leur essais de missiles balistiques si au même moment un accord sur le nucléaire iranien est remis en cause», s’est-il interrogé.

La rencontre annoncée pour le mois de mai entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, et l’ultimatum de 120 jours lancé par Washington pour corriger «les lacunes» que comporte l’accord signé à Vienne le 14 juillet 2015 entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Union européenne (UE) et l’Allemagne, constituent, pour de Villepin, «le pivot des relations internationales marquées par une rivalité accrue entre les grandes puissances». De la même façon, a enchainé M. de Villepin, «l’UE ne peut pas concevoir son destin contre la Russie, celui-ci se joue avec la Russie. Nous devons affirmer notre identité d’Européens et apporter notre contribution à la stabilité internationale partout où nous avons à le faire». «Nous sommes dans une zone d’escalade où personne ne peut véritablement savoir où cela nous conduira. Il y a un risque de se laisser entrainer dans une logique de bloc à bloc, et donc dans un risque de guerre». Et le devoir «absolu» à présent réside, selon de Villepin, dans «le fait de maintenir le dialogue, de garder le contrôle de nos stratégies et de nos gestes aussi». Dominique de Villepin, effectue une visite en Algérie du 26 au 28 mars 2018 à l’invitation de l’ambassadeur de France en Algérie.

Homme de lettres, ministre des Affaires étrangères engagé, Dominique de Villepin propose une réflexion profonde sur l’état du monde d’aujourd’hui dans son dernier ouvrage intitulé Mémoire de «Paix pour Temps de Guerre» (Grasset, 2016). Il y partage son expérience, ses convictions et sa vision pour un monde apaisé : Le moment est venu de s’atteler au travail de la paix, d’ouvrir les yeux sur les blessures du monde et de nous doter des outils pour construire un nouvel ordre, stable et juste.
De Villepin profitera de son déplacement en Algérie pour rencontrer des représentants des institutions algériennes et des personnalités de la vie économique et culturelle du pays. La conférence de M. de Villepin s’est tenue en un lieu emblématique de la coopération franco-algérienne : l’École supérieure algérienne des affaires (ESAA). Née de la volonté politique et de la vision de deux présidents, Abdelaziz Bouteflika et Jacques Chirac, cette école de gestion et de management du plus haut niveau possible, est devenue la référence, non seulement en Afrique du Nord, mais au niveau continental.

Nucléaire iranien : l’AIEA réaffirme que Téhéran respecte ses engagements

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Yukiya Amano, a réaffirmé jeudi à New York à l’ambassadrice américaine à l’ONU, Nikki Haley, que Téhéran respectait ses engagements dans l’accord nucléaire de 2015, selon un communiqué de l’AIEA. Il s’agit de la deuxième rencontre entre les deux responsables, la première ayant eu lieu fin août à Vienne, lors d’une visite au siège de l’AIEA de la diplomatie américaine qui est à la manœuvre côté américain sur le dossier nucléaire iranien. Depuis ce déplacement, le président américain Donald Trump a décidé en octobre, sur conseil de Nikki Haley, de ne pas «certifier» que l’Iran respecte ses engagements, et de renvoyer le dossier au Congrès américain pour décider d’une éventuelle reprise de sanctions américaines.

En échange de garanties sur le caractère uniquement civil du programme nucléaire iranien, les signataires de l’accord ont entrepris de lever progressivement leurs sanctions internationales sur l’Iran. Lors de leur entretien, les deux responsables «ont discuté de l’application et de la surveillance» des engagements de Téhéran dans cet accord conclu avec six grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne), a précisé l’AIEA. Yukiya Amano a répété à son interlocutrice que cet accord «représentait un apport considérable pour la vérification nucléaire et que les engagements iraniens étaient respectés», selon la même source. «Jusqu’à présent, l’AIEA a accès à tous les sites qu’elle veut visiter dans le pays», a aussi assuré Yukiya Amano à la diplomate américaine, a précisé l’AIEA.

Fin août, Nikki Haley avait réclamé davantage de contrôles en Iran, les jugeant insuffisants. «Les inspecteurs de l’AIEA continueront à faire leur travail d’une manière factuelle et impartiale», a insisté le directeur de l’Agence onusienne. Dans un communiqué, la mission américaine à l’ONU a fait savoir de son côté que Nikki Haley avait «salué l’expertise et le professionnalisme» de l’AIEA ». La diplomate a aussi «exprimé le soutien des États-Unis aux efforts de l’AIEA pour une vérification robuste des activités nucléaires en Iran».

Nikki Haley a enfin réaffirmé l’importance à ses yeux d’«un accès complet et transparent» pour l’AIEA aux installations iraniennes, selon le communiqué. Yukiya Amano effectue actuellement une tournée aux États-Unis. Il s’est entretenu au Congrès américain à Washington avec plusieurs parlementaires et doit prononcer vendredi une allocution devant l’Assemblée générale de l’ONU.

http://lnr-dz.com/index.php?page=details&id=75340

Mar 28

« ENFOUIR LES DÉCHETS NUCLÉAIRES EST LA PIRE DES SOLUTIONS »

Pour le physicien Bernard Laponche, cofondateur de l’association d’experts Global Chance, il faut laisser à la science le temps de trouver une meilleure alternative que le stockage géologique.

Le gouvernement a annoncé un nouveau débat national sur la gestion des déchets radioactifs, en particulier ceux, à haute activité et à vie longue, qu’il est prévu d’enfouir dans un Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), à Bure, dans la Meuse.

Polytechnicien, docteur ès sciences en physique des réacteurs nucléaires et docteur en économie de l’énergie, ancien directeur général de l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie (aujourd’hui Ademe) et cofondateur de l’association de scientifiques Global Chance, Bernard Laponche est l’un des experts les plus reconnus dans son domaine. Il estime que, pour les générations futures, le stockage des déchets radioactifs dans la croûte terrestre est un risque « inacceptable ».

La France a décidé d’enfouir à grande profondeur ses déchets les plus radioactifs. Pour le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, c’est « le seul choix responsable ». Pour le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, « la moins mauvaise solution ». Vous ne partagez pas cet avis. Pourquoi ?

L’opinion générale sur la gestion des déchets radioactifs produits par l’industrie électronucléaire est qu’il n’existe pas de solution satisfaisante. Certains prétendent alors que le projet Cigéo d’enfouissement en profondeur serait la solution la moins mauvaise. En réalité, parce qu’elle est périlleuse, définitive et irréversible, c’est la pire des solutions.

Les avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire [IRSN] et de l’ASN, comme les travaux d’experts indépendants, soulèvent des questions fondamentales sur la faisabilité du projet : risques d’incendie ou d’explosions liés à la production d’hydrogène, infiltrations d’eau, difficulté voire impossibilité en cas d’accident de récupérer un colis de déchets présentant un défaut, etc. Sans parler des déchets contenus dans des colis en bitume, jusqu’ici prévus pour être stockés dans Cigéo et qui seraient certainement, in fine, interdits du fait du risque d’incendie.

À cela s’ajoutent les questions de sécurité du site par rapport à des agressions externes malveillantes, alors que se déroulerait en parallèle la construction de cet immense labyrinthe de galeries et d’alvéoles d’une emprise au sol d’au moins 15 km2, équipé de bouches d’aération réparties sur tout ce territoire, et la réception et l’enfouissement de colis radioactifs. Cela représente le fonctionnement de deux installations nucléaires de base, l’une en surface et l’autre à 500 mètres de profondeur. La vulnérabilité d’un tel ensemble est évidente.

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), chargée de ce projet, assure que le stockage sera réversible pendant au moins cent ans. N’est-ce pas une garantie ?

La loi du 25 juillet 2016 indique que « la réversibilité est la capacité, pour les générations successives, soit de poursuivre la construction puis l’exploitation des tranches successives d’un stockage, soit de réévaluer les choix définis antérieurement et de faire évoluer les solutions de gestion ». Les exigences paraissent claires mais en réalité la réversibilité serait limitée à la période d’exploitation – un peu plus d’un siècle, ce qui représente un très petit nombre de « générations futures » – et la récupérabilité, possibilité de récupérer des colis de déchets, n’est imposée formellement dans la loi que pendant les premières années.

La vérité est que l’irréversibilité du stockage a été admise dès le choix de l’enfouissement des déchets en couche d’argile. Il était clair qu’il serait impossible de « revenir en arrière » ou de changer de stratégie de gestion des déchets une fois la fermeture de l’installation effectuée. Ce choix est de fait imposé aux générations futures, sans espoir de retour, même si une solution plus satisfaisante était proposée par la recherche scientifique.

Faut-il alors stopper le projet Cigéo ?

L’Andra propose, comme première étape du fonctionnement de Cigéo, une « phase industrielle pilote » d’une dizaine d’années, préalable au déploiement du projet global. Comment peut-on admettre que l’on décide de construire une installation colossale, qui devrait contenir les déchets de haute activité et à vie longue résultant de tout le programme nucléaire français depuis son origine – un projet absolument unique au monde, les autres projets du même type à l’étranger étant en couche granitique –, sans avoir réalisé et testé auparavant un projet pilote indépendant ? Aucun ingénieur ne peut considérer comme raisonnable ce saut dans l’inconnu que représente l’enchaînement, sans aucun recul sérieux, d’une phase pilote et de la suite du projet.

Si l’on juge utile de poursuivre la voie de l’enfouissement profond, il est indispensable de construire et d’exploiter un pilote industriel, une « maquette de démonstration » du projet Cigéo – une galerie et quelques alvéoles par exemple – qui permette de tester dans des conditions réelles, y compris avec chargement de déchets radioactifs, non seulement toutes les opérations prévues dans le projet mais aussi les réponses à des situations accidentelles et surtout l’évolution du système de stockage sur une durée suffisante, de l’ordre de cinquante à cent ans. La décision de la réalisation éventuelle d’une installation de stockage de la taille envisagée pour Cigéo ne serait prise qu’après la réalisation et l’exploitation de ce pilote industriel.

Pour le gouvernement et le Parlement, il est inacceptable de laisser aux générations futures le fardeau de ces déchets…

La thèse selon laquelle on dispense ainsi les générations futures de se soucier des déchets radioactifs, parce que, d’une certaine façon, on va les faire « disparaître », est d’une grande hypocrisie : en les enfouissant de manière totalement irréversible dans la croûte terrestre, on impose en fait aux générations futures une pollution du sous-sol dont elles vont très probablement pâtir, sans aucun moyen d’agir.

À long terme, la présence d’eau dans la couche d’argile où est prévu le stockage entraînerait la corrosion des emballages de tous les types de déchets et conduirait à des fuites d’éléments radioactifs, parmi lesquels les éléments gazeux remonteraient à la surface. En outre, quels que soient les dispositifs imaginés pour informer nos lointains descendants de la présence d’un stockage de déchets nucléaires, il est à craindre que, dans quelques milliers d’années, subsiste seulement dans les mémoires qu’il y a, sous la terre, quelque chose qui pourrait bien être précieux et qu’il faudrait aller chercher.

À court et moyen termes, le plus grave est que si la France, « championne du nucléaire », adoptait cette solution d’enfouissement en profondeur, de nombreux États et entreprises s’empresseraient d’imiter son exemple. Ce « modèle » serait internationalement adopté pour faire disparaître non seulement des déchets radioactifs, mais aussi toutes sortes de déchets toxiques, dans des conditions incontrôlables. Et l’on se retrouverait en moins d’un siècle avec une croûte terrestre, où circule de l’eau, parsemée de trous soigneusement rebouchés, contenant des déchets extrêmement dangereux. C’est cette perspective qui est inacceptable. Le choix de faire ou ne pas faire un stockage profond est loin d’être seulement scientifique et technique : c’est un choix éthique, politique et citoyen.

Quelle alternative préconisez-vous ? Qu’espérez-vous de la science ?

Il n’existe pas à l’heure actuelle de solution satisfaisante pour la gestion de ces déchets. Celle qui paraît la moins mauvaise est l’entreposage à sec en subsurface, c’est-à-dire près de la surface. En Allemagne et surtout aux États-Unis, les combustibles usés, qui sont considérés comme des déchets puisqu’ils ne sont pas retraités comme en France pour fabriquer de nouveaux combustibles, sont placés dans des entreposages à sec de longue durée, après un séjour d’environ cinq ans dans les piscines de refroidissement situées près des réacteurs nucléaires.

L’option de la subsurface permet de stocker les combustibles usés dans des galeries creusées à faible profondeur, ou à flanc de colline, afin d’assurer la protection du site par rapport aux agressions extérieures. De la sorte, on facilite la surveillance et on garantit la possibilité d’extraire ces combustibles. Cette méthode pourrait s’appliquer également aux déchets de haute activité et à vie longue destinés à Cigéo, après une période de refroidissement nécessaire. Certes, il ne s’agit pas d’une solution définitive. Mais un tel entreposage, réversible et contrôlé, peut être assuré sur une durée de plusieurs siècles. On donne ainsi une marge de manœuvre à la recherche pour développer une ou des solutions satisfaisantes, et aux générations futures la possibilité de faire des choix.

À la logique du projet Cigéo – l’oubli et la confiance dans la nature et la technique comme garantie de sûreté – s’oppose la notion d’entreposage surveillé et pérennisé qui repose sur une attitude très différente. La notion d’évolution – évolution scientifique et technique, évolution des esprits et des sociétés – est au cœur de cette proposition alternative. On rejoint ainsi l’association de deux des voies proposées par la loi de 1991 relative aux recherches sur la gestion des déchets radioactifs : associer l’entreposage à moyen terme en subsurface à la poursuite de la recherche afin de réduire la nocivité et la durée de vie des déchets nucléaires les plus dangereux. Le fait qu’il n’existe pas de solution satisfaisante aujourd’hui ne justifie en aucune façon l’abandon de la voie de la recherche pour trouver une meilleure option que l’enfouissement.

Mais qui peut savoir si, dans deux ou trois siècles, il existera toujours une filière et une recherche nucléaires avec des moyens humains, techniques et financiers garantissant la sûreté d’un entreposage ?

De toute façon, il faudra surveiller et contrôler pendant au moins trois cents ans les stockages en surface qui existent déjà pour les déchets de faible activité : c’est la durée nécessaire pour que la décroissance de leur radioactivité permette de les considérer comme inoffensifs. Les compétences et les moyens devront donc être conservés pendant toute cette période.

Au vu des progrès de la recherche dans tous les domaines pendant les quatre-vingts ans qui nous séparent de la découverte de la fission nucléaire, je pense qu’il y a de fortes chances que la recherche soit capable de découvrir une solution satisfaisante pour la gestion des déchets bien avant deux ou trois siècles. En tout cas, le choix restera ouvert.

C’est aussi une question de moyens. Le coût de Cigéo est aujourd’hui chiffré à 25 milliards d’euros. L’Andra l’avait même estimé à 35 milliards d’euros. Poursuivre ce projet risque de conduire à des dépenses colossales et inutiles. Pour soutenir la recherche de façon volontaire et continue, l’engagement politique pourrait être pris d’utiliser une partie d’un tel budget pour maintenir des équipes de scientifiques dans un cadre international, car cela intéresse toutes les nations utilisant l’énergie nucléaire, à l’image des activités du CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire.

Propos recueillis par  Pierre Le Hir

http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/03/28/enfouir-les-dechets-nucleaires-est-la-pire-des-solutions_5277293_3244.html

Mar 28

KIM JONG UN ACCUEILLI EN GRANDE POMPE À PÉKIN AVANT SON SOMMET AVEC TRUMP

Kim Jong Un a été accueilli en grande pompe à Pékin pour sa première visite –secrète– en Chine, signe de la volonté de rapprochement des deux alliés historiques avant le sommet prévu entre le dirigeant nord-coréen et l’Américain Donald Trump.

Pour sa première sortie à l’étranger depuis son arrivée au pouvoir fin 2011, Kim et son épouse ont eu droit à une cérémonie solennelle et à un banquet sous les ors du Palais du peuple, lors de cette visite qui n’a été officiellement révélée que mercredi, une fois que le couple nord-coréen avait regagné son pays en train.

La visite, qui s’est déroulée de dimanche à mercredi selon l’agence de presse Chine nouvelle, souligne spectaculairement le rapprochement entre les deux voisins, divisés ces dernières années par l’appui de Pékin aux sanctions internationales visant à forcer Pyongyang à renoncer à son programme nucléaire. Kim Jong Un n’avait encore jamais rencontré Xi Jinping.

« Il n’y a aucun doute que ma première visite à l’étranger (devait être) pour la capitale chinoise« , a déclaré M. Kim, selon des propos rapportés par l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. « C’est mon devoir solennel« , a-t-il ajouté.

Selon Chine nouvelle, l’homme fort de Pyongyang s’est dit prêt à un sommet avec le président américain Donald Trump, après des mois de menaces de guerre entre les deux pays autour du programme nucléaire nord-coréen.

Ce sommet avait été annoncé de sources sud-coréenne et américaine mais pas encore confirmée de source nord-coréenne. Selon Séoul, il pourrait se dérouler fin mai, mais ni le lieu ni la date exacte de la rencontre n’ont encore été annoncés.

« Bonne volonté »

Le dirigeant nord-coréen, qui a procédé ces dernières années à une série d’essais nucléaires et de tirs de missiles susceptibles d’atteindre les États-Unis, s’est prononcé pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne.

« Notre position constante est d’être engagés en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne, conformément à la volonté de l’ancien président Kim Il Sung et de l’ancien secrétaire général Kim Jong Il« , les prédécesseurs et grand-père et père respectifs de Kim Jong Un, a rapporté l’agence chinoise.

Cette question « peut être résolue si la Corée du Sud et les Etats-Unis répondent à nos efforts en faisant preuve de bonne volonté« , a ajouté le dirigeant nord-coréen.

La Corée du Sud a rapporté le mois dernier que Pyongyang serait prêt à abandonner son programme nucléaire en échange de garanties américaines en matière de sécurité. Ses essais nucléaires et balistiques sont suspendus.

À Washington, la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders a révélé que Donald Trump avait reçu un message de Xi Jinping concernant ses entretiens avec M. Kim.

« Nous y voyons une nouvelle preuve montrant que notre offensive de pression maximale a créé une atmosphère propice au dialogue avec la Corée du Nord« , s’est-elle félicitée.

Kim en costume Mao

La télévision publique chinoise CCTV a diffusé des images de MM. Kim et Xi se serrant la main devant les drapeaux des deux pays, en compagnie de leurs épouses. M. Xi et son hôte, vêtu d’un costume Mao anthracite, ont entendu les hymnes des deux pays avant de passer les troupes en revue.

Cette visite avait été dévoilée dès lundi soir par des médias japonais, affirmant qu’un haut dirigeant nord-coréen était arrivé en train à Pékin, mais sans pouvoir affirmer qu’il s’agissait bien de Kim Jong Un.

Les médias chinois s’étaient gardés de confirmer la visite, attendant vraisemblablement que M. Kim ait regagné son pays.

Xi Jinping a salué l’amitié sino-nord-coréenne, forgée lors de la guerre de Corée (1950-53).

« Il s’agit d’un choix stratégique et du seul bon choix fait par les deux pays sur la base de l’histoire et de la réalité« , a-t-il déclaré. M. Xi a accepté une invitation à se rendre en Corée du Nord, selon KCNA.

La visite à Pékin de M. Kim constitue un retour au premier plan pour la diplomatie chinoise, qui avait pu paraître marginalisée par l’annonce d’un sommet Kim-Trump.

Avant de rencontrer Donald Trump, Kim Jong Un doit s’entretenir avec le président sud-coréen Moon Jae-in fin avril dans la zone démilitarisée qui sépare les deux pays.

burs-lth/bar/plh

https://www.romandie.com/news/ZOOM-/903541.rom

Mar 28

DES ÉVACUÉS DE FUKUSHIMA DEMANDENT LE SOUTIEN DE L’ONU

Une Japonaise qui a évacué Fukushima après l’accident nucléaire de 2011 a appelé à un soutien international au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. 

 Akiko Morimatsu a prononcé un discours au Conseil à Genève lundi. Elle a déménagé à Osaka avec ses deux enfants après l’accident. Morimatsu a critiqué le gouvernement japonais pour se concentrer uniquement sur les politiques qui encouragent les anciens résidents à retourner dans les zones touchées. Elle a appelé la communauté internationale à apporter son soutien pour protéger les enfants contre une nouvelle exposition aux radiations.

Un responsable japonais a déclaré que le gouvernement fera tout ce qui est en son pouvoir pour accélérer la reconstruction, tout en gardant à l’esprit que les personnes touchées rencontrent toujours des difficultés dans leur vie quotidienne.

Le Conseil des droits de l’homme a recommandé en novembre dernier que le Japon continue à soutenir les résidents affectés et les évacués volontaires, conformément aux demandes de l’Allemagne et d’autres États membres. Le gouvernement japonais déclare accepter les recommandations du Conseil relatives à l’accident. Mais il dit aussi qu’il a fourni le soutien nécessaire conformément aux lois. https://www3.nhk.or.jp/nhkworld/en/news/20180320_06/

La video youtube (2mn 5s) et les liens sur leur voyage en France :

https://www.youtube.com/watch?v=HzfY0xIy0l8&feature=share

Source : http://leblogdejeudi.fr/des-evacues-de-fukushima-demandent-le-soutien-de-lonu/

Mar 27

HINKLEY POINT : LA SÛRETÉ INQUIÈTE LE GENDARME BRITANNIQUE DU NUCLÉAIRE

La presse britannique rapporte les doutes de l’ONR (Office for nuclear regulation) concernant la sûreté de l’EPR qu’EDF construit en Angleterre. En cause, les dysfonctionnements relevés dans le management de la chaîne d’approvisionnement du chantier.

Après d’autres, The Guardian rapporte dans un article publié le 25 mars que des dysfonctionnements observés dans le management de la chaîne d’approvisionnement de NNB GenCo, l’entreprise créée par EDF pour gérer le projet Hinkley Point C, inquiètent l’ONR (Office for nuclear regulation), qui craint qu’ils n’affectent la sûreté s’ils ne sont pas rapidement résolus.

Selon Mark Foy, inspecteur en chef de l’ONR, si, prises isolément, elles ne suffisent pas à créer un problème de nature réglementaire, collectivement, les insuffisances constatées pourraient refléter une déficience plus générale dans la façon dont l’entreprise est gérée. Cette conclusion, le gendarme britannique la tire à l’issue des visites menées avec dix autres inspecteurs en octobre et novembre derniers sur le chantier de l’EPR britannique, dans les locaux d’EDF à Paris et à Bristol, ainsi que chez des sous-traitants dont l’usine du Creusot, aujourd’hui propriété de Framatome (ex Areva), un fournisseur clé du chantier d’Hinkley Point, qui doit notamment dessiner les réacteurs.

Des visites décidées suite aux dysfonctionnements de l’usine du Creusot

L’ONR a décidé ces visites à la suite des révélations concernant la falsification de rapports élaborés précisément dans cette usine. Le gendarme du nucléaire au Royaume-Uni s’étonne que les dysfonctionnements qui y ont été observés n’aient pas été soulevés par EDF directement mais par l’autorité de sûreté. Par ailleurs, l’ONR déplore qu’aucun audit interne des process de contrôle qualité n’ait pu être mené en 2017.

En dépit des progrès constatés, l’ONR juge encore inadéquat le projet d’amélioration du processus d’auto-évaluation. Il regrette également qu’un flou persiste sur la responsabilité du contrôle qualité au sein de l’entreprise, et déplore qu’EDF n’ait pas suffisamment informé ses sous-traitants des problèmes rencontrés dans l’usine du Creusot.

Prochain point d’étape en août 2018

Néanmoins, l’ONR se dit confiant dans le fait que des progrès soient effectivement réalisés d’ici au prochain, point d’étape réglementaire programmé en août 2018.

EDF a d’ores et déjà annoncé plusieurs mesures qui doivent être mises en œuvre d’ici à la montée en charge du chantier, qui accueillera 6 000 personnes en vitesse de croisière dans 18 mois, contre 3 500 aujourd’hui.

Les deux réacteurs de Hinkley Point C, un projet de 20 milliards de livres (24 milliards d’euros) qui a déjà connu des dérapages concernant à la fois sa facture et son calendrier, doivent entrer en service en 2025.

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/hinkley-point-la-surete-inquiete-le-gendarme-britannique-du-nucleaire-773116.html

Mar 27

NUCLÉAIRE: LE PLAN DU GOUVERNEMENT POUR LES 15 PROCHAINES ANNÉES

VIDÉO (52s) – Le ministère de la transition écologique planche sur une feuille de route visant à fermer seulement une dizaine de réacteurs d’ici à 2035 au plus tard.

Tout pour sauvegarder le nucléaire. Le gouvernement lance aujourd’hui les débats sur la politique énergétique de la France pour les vingt prochaines années. Mais le ministère de la Transition écologique planche déjà sur une feuille de route assez précise. En novembre dernier, le Réseau de Transport d’Électricité (RTE) avait présenté cinq scénarios de transition énergétique à horizon 2030-2035. Le gouvernement en a rapidement sélectionné deux pour approfondir ses travaux. Mais depuis quelques semaines, il étudie l’un plus que l’autre. Dans les échanges avec les associations environnementales ou les industriels, le scénario qui « ferme le moins de réacteurs nucléaires est clairement privilégié » explique le représentant d’une association qui participe aux réunions ministérielles.

Dans un document que BFM Business s’est procuré, l’administration cible un objectif de 56% de nucléaire dans la production électrique à horizon 2035 contre 75% aujourd’hui (le gouvernement acte ainsi définitivement un retard de dix ans sur la loi de transition énergétique écrite en 2015 par Ségolène Royal). (NDLR : et même plus car la loi prévoyait 50 % en 2025 et non 56 % en 2035 !!). Pour y parvenir, le plan prévoit la fermeture de onze réacteurs dont les deux de la centrale alsacienne de Fessenheim. L’autre scénario vise 46% de nucléaire toujours 2035 et prévoit d’en fermer dix-huit, soit un tiers du parc nucléaire français.

Ce scénario n’est pas le plus privilégié par l’État qui préfère celui qui correspond davantage à ce que souhaite EDF. L’électricien milite depuis plusieurs mois pour préserver le maximum de réacteurs nucléaires jusqu’en 2035 afin de les exploiter au maximum, jusqu’à l’âge de 50 ans. Le groupe a toujours envisagé de fermer, en dehors de Fessenheim, les deux plus vieilles centrales, Bugey et Tricastin, ce qui porterait à dix le nombre de réacteurs fermés…

Pari osé sur les exportations

L’option sur laquelle planche donc le gouvernement a aussi l’avantage de développer fortement les énergies renouvelables en portant leur production à 40%, même si le second schéma les propulse à 49% de la production d’électricité. Cette solution semble conforter les deux « clans » en conservant beaucoup de nucléaire et en augmentant les énergies renouvelables. Elle permet surtout de limiter les subventions publiques à environ 70 milliards d’euros sur la période 2017-2030. Bémol de taille, dans un marché déjà en excès de capacité de production, en rajouter va aggraver le déséquilibre. D’autant qu’EDF prévoit pour les vingt prochaines années une stabilisation de la consommation en France.

Le gouvernement a trouvé la parade en misant sur les exportations d’électricité! Il prédit qu’elles doubleront d’ici 2035 tout en misant sur un manque de capacité de production de nos voisins européens, notamment la Grande-Bretagne et l’Italie. Un pari audacieux, voire utopique, car tous les pays cherchent à assurer leur indépendance énergétique. Sans demande extérieure, la surproduction ne se transforme pas en exportation mais fait baisser les prix au détriment des finances d’EDF… Sans pour autant redresser celles de la France. L’excédent commercial « électrique » passerait certes de 2 à 4 milliards d’euros. Pas de quoi compenser une facture pétrolière qui atteint près de 40 milliards d’euros aujourd’hui.

Impact nul sur l’emploi

Seul avantage certain, l’impact sur l’emploi. Plusieurs protagonistes au cœur des échanges avec le gouvernement rapportent que « le choix de cette trajectoire énergétique est largement motivée par son impact nul sur l’emploi« . Selon le document ministériel, la fermeture d’une dizaine de réacteurs entraînera la suppression de 35.000 emplois entre 2017 et 2035 quand l’essor des énergies renouvelables en créeront 36.000 sur la même période.

Loin des idéaux écologiques de Nicolas Hulot, cette feuille de route gouvernementale s’assoit d’abord sur la sauvegarde du nucléaire pour stabiliser les finances d’EDF. Certes, le bilan carbone est heureusement positif. Mais l’essor des énergies renouvelables est avant tout dicté par des impératifs financiers et sociaux. La conversion d’Emmanuel Macron à l’écologie passe d’abord par l’économie. (NDLR : s’il a appris l’économie quand il travaillait chez AREVA qui a fait faillite, ça promet !)

Article de Matthieu Pechberty

http://bfmbusiness.bfmtv.com/france/nucleaire-le-plan-du-gouvernement-pour-les-15-prochaines-annees-1402569.html

Mar 27

CENTRALE DE GOLFECH : DE CITOYENS VIGILANTS À EXPERTS NUCLÉAIRES

Le collectif est désormais capable de mesurer la radioactivité émise par la centrale.

C’est une nouvelle fois la sonnette d’alarme que tirent les opposants au nucléaire lot-et-garonnais. Rassemblés depuis le 14 octobre 2017 au sein du Réseau citoyen de surveillance de la radioactivité, les organisateurs ont voulu faire sortir leur combat du militantisme pur, pour transformer leur action en un véritable mouvement citoyen. L’objectif : mettre la pression sur les dirigeants en charge de la centrale nucléaire de Golfech, jugée trop dangereuse selon eux.

Achat de détecteurs

Si la pression exercée à la suite de l’incident survenu en octobre 2016 avait tout de même conduit au déplacement des balises de la centrale, qui n’avaient pas signalé la fuite ce jour-là, et à l’inclusion de 31 nouvelles communes dans le plan particulier d’intervention, les militants ont décidé d’enfoncer le clou en créant un réseau citoyen. C’est aujourd’hui d’un « militantisme d’expertise » qu’ils se revendiquent, avec l’aide de formations dispensées par les scientifiques mondialement reconnus de la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) et de l’achat de détecteurs de radioactivité. Désormais, neuf releveurs bénévoles sillonnent le Lot-et-Garonne et les départements limitrophes pour fournir à la Criirad des relevés quotidiens du niveau de radioactivité émis par la centrale. Conscient que ce contrôle sert l’intérêt général, les objectifs du Réseau citoyen sont d’augmenter le nombre de bénévoles et d’être reconnu d’utilité publique.

Golfech : voici les 40 communes du Lot-et-Garonne concernées par le périmètre de sécurité
<http://www.sudouest.fr/2018/03/01/golfech-voici-les-40-communes-du-lot-et-garonne-concernees-par-le-perimetre-de-securite-4242524-3603.php>

Carte – 31 nouvelles communes rejoignent les neuf autres déjà concernées par le Plan particulier d’intervention. 

Par Paul Pontacq.

http://www.sudouest.fr/2018/03/26/golfech-sous-surveillance-du-reseau-citoyen-4314402-4585.php

Mar 27

BURE : LA PRESSION SUR LES OPPOSANTS EST « ÉNORME, INSUPPORTABLE »

« Samedi 24 mars, 19h30. On vient d’effectuer le trajet Bure – Mandres-en-Barrois, de la Maison de la résistance à une ferme achetée récemment par des copains. On allait les voir. Et on était suivis par un fourgon de gendarmerie depuis plusieurs kilomètres. Au croisement, voyant arriver notre véhicule, un 4×4 des forces de l’ordre a fait demi-tour au frein à main. » Trois hommes armés de fusils en sont sortis, manquant percuter une autre voiture, puis se sont précipités vers la voiture de Jérôme *, pour une énième vérification d’identité et fouille du coffre.

Lui est opposant au projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure. Il sortait tout juste de l’assemblée générale de lutte regroupant les différentes composantes du mouvement.

« C’est tous les jours comme ça »

« C’est tous les jours comme ça, et même plusieurs fois par jour. La pression est énorme, constante, insupportable. On les voit au bout des jardins, à passer et repasser sans arrêt. Les habitants sont à bout, comme certains d’entre nous. » Il y a quelques semaines, le jeune homme a dû réconforter des amis ayant perdu leurs habitations construites dans le bois Lejuc. L’arrivée de 500 gendarmes et des bulldozers qui les suivaient, puis la deuxième perquisition, « violente », de la Maison de la résistance, ont laissé des traces.

« Pour pouvoir ensuite défricher et détruire cet écosystème de la forêt, ils ont rasé des lieux de vie en quelques heures. » L’opération s’est soldée par de nouvelles interpellations, gardes à vue, détentions préventives. Résultat : deux procès se sont tenus lundi dernier au tribunal de Bar-le-Duc. Et à l’accueil des jugements, des peines de prison ferme avec interdiction de territoire en Meuse et Haute-Marne (une dizaine à l’heure actuelle), la colère s’est exprimée. Des dégradations ont eu lieu dans le bâtiment.

Interdictions de manifester

Amandine*, Meusienne, évoque, elle, « dans notre beau pays de la liberté », les interdictions de manifester les 3 et 4 mars, ainsi que l’avancée, « coûte que coûte, du projet, au mépris des lois. Alors que des recours concernant le bois Lejuc ont été déposés, mettant en cause sa propriété par l’Andra ou des conflits d’intérêt des élus de Mandres qui ont voté sa cession. Et je ne parle pas de l’absence de concertation populaire véritable, ici et en général, dans le nucléaire. Mais on ne va pas baisser les bras. Le mouvement des opposants est uni, et le restera, avec ses différences de moyens d’actions, et son but commun ».

*Les prénoms ont été modifiés.

https://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2018/03/26/bure-la-pression-sur-les-opposants-est-enorme-insupportable#0_0

Mar 27

RADIOACTIVITÉ : UN HÉRITAGE ENCOMBRANT EN XAINTRIE CORRÉZIENNE

L’association « Agir Autrement pour la Xaintrie (http://agirpourlaxaintrie.fr/)  » lutte pour obtenir une dépollution des sites contaminés suite à l’exploitation des mines d’uranium sur ce secteur de la Corrèze. Une séance de mesures sur le terrain a eu lieu pour constater, de visu, la présence de radioactivité : l’expérience a été édifiante. 

Les 25 et 26 mars 2018, elle organisait une réunion publique d’information. À cette occasion, Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire pour la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité (http://www.criirad.org/) a réalisé des mesures de radioactivité sur le terrain, afin de prouver le risque sanitaire qu’encourent les habitants.

Des mesures considérées comme inquiétantes, selon les mesures des compteurs Geiger qui ont enregistré un taux de radioactivité 10 à 20 fois supérieur aux normes autorisées.

Des stériles miniers issus de l’exploitation des mines d’uranium locales ont été utilisés pour remblayer des pistes, on en retrouve aussi dans les cours des bâtiments, une irradiation dénoncée par l’association « Agir autrement pour la Xaintrie » qui souhaite faire prendre conscience aux habitants du risque qu’ils encourent. 

Pour l’instant, l’association utilise les mesures réalisées par Areva, mais celles-ci sont loin d’être exhaustives. Elle lance donc un appel aux citoyens pour recueillir les témoignages d’utilisation de ces stériles miniers afin de dresser une cartographie précises des zones « contaminées ».

Restera ensuite peut-être le plus difficile : convaincre les élus locaux de faire pression sur Areva pour nettoyer les sites;

Reportage de Jean-Sébastien Tingaud et Pierre Gauthier avec Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire pour la CRIIRAD et Christine Guérin, secrétaire de l’association « Agir Autrement pour la Xaintrie« 

Par Annaick Demars, publié le 27/03/2018

VIDÉO 1mn36s) sur https://youtu.be/ASEEP3YfNb8

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/radioactivite-heritage-encombrant-xaintrie-correzienne-1447941.html