Fév 18

SÉCURITÉ NUCLÉAIRE : LE CRI D’ALARME DE GREENPEACE DEVANT LES DÉPUTÉS

Vulnérabilité extrême de certains équipements, pelotons spécialisés de gendarmerie sous-dimensionnés… Auditionné jeudi par la commission d’enquête parlementaire, Yannick Rousselet, le responsable nucléaire de l’ONG écologiste, a été très critique sur la protection des sites nucléaires français. Au-delà du risque inhérent à ces sites, la menace terroriste mériterait, selon lui, un effort accru, en termes de sûreté et de sécurité.

La toute nouvelle commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires <http://www2.assemblee-nationale.fr/15/autres-commissions/commissions-d-enquete/commission-d-enquete-sur-la-surete-et-la-securite-des-installations-nucleaires>  a débuté ses travaux jeudi avec, notamment, l’audition de Yannick Rousselet, le responsable nucléaire de Greenpeace France.

Pendant un peu moins d’1h30, il a exposé ce qu’il pense être les limites du système de protection des installations françaises. L’ONG écologiste a en effet réussi par le passé à pénétrer dans l’enceinte de plusieurs centrales nucléaires <http://www.lepoint.fr/societe/intrusion-a-la-centrale-nucleaire-de-cattenom-greenpeace-devant-le-tribunal-correctionnel-03-01-2018-2183683_23.php> .

Les pelotons de gendarmerie sous-dimensionnés

Yannick Rousselet a particulièrement ciblé les PSPG, les pelotons spécialisés de protection de la gendarmerie <https://www.interieur.gouv.fr/Archives/Archives-des-dossiers/2013-Dossiers/Les-PSPG-au-caeur-de-la-chaine-de-contre-terrorisme> . Des unités « créées et entraînées pour faire face à une menace terroriste contre les centres nucléaires de production d’électricité« , explique le site du ministère de l’Intérieur.

Mais selon Yannick Rousselet, ces pelotons spécialisés « ne permettent pas de répondre à tous les scénarios d’attaques » :

Quand EDF vous dit qu’il y a 1.000 gendarmes, ça paraît énorme. En fait, il y a 20 pelotons, donc vous divisez par 20, puis vous divisez par le fait qu’ils font les « 3×8 » et, en plus, il y a les pourcentages classiques d’absents pour congés maladies, etc. Yannick Rousselet

Au final, estime le responsable de Greenpeace, « quand il se passe quelque chose, c’est 4 ou 5 gendarmes au maximum » qui se trouvent sur le site. Et parfois, « ils ne sont pas là du tout« , notamment lorsqu’ils sont mobilisés pour couvrir des étapes du Tour de France…

« Défense passive »

Yannick Rousselet estime nécessaire d’insister sur la notion de « défense passive » : il faudrait selon lui prévoir des installations qui peuvent « résister » par elles-mêmes – notamment grâce à leur design -, aux intrusions.

Le responsable de Greenpeace France a aussi évoqué le manque de protection de certains équipements « annexes » : « On a des installations qui ont des sources froides qui viennent de la rivière ou du canal d’à côté. Si une des écluses (….) venait à rompre, le canal se viderait et les pompes de la centrale pomperaient de l’air ! » Tout aussi grave, Yannick Rousselet ajoute que certaines stations de pompages sont « accessibles à partir de l’extérieur des sites, de manière extrêmement facile« .

« Transport de plutonium d’un bout à l’autre de la France »

Autre problème majeur : la localisation de l’usine de retraitement de La Hague, située dans la Manche :

On transporte toutes les semaines du plutonium d’un bout à l’autre de la France, je ne sais pas qui a pensé cela à l’époque mais cela paraît complètement fou…Yannick Rousselet

Selon Yannick Rousselet, cela « pose un vrai problème de sécurité« . Car si les camions sont escortés, « les escortes ont tendance à prendre la routine et à s’endormir« . Le membre de Greenpeace France assure qu’il est ainsi très facile de repérer les habitudes de transports des équipages.

Avions et drones

Par ailleurs, selon lui, « tout le monde sait que les installations nucléaires ne résistent pas aux chutes d’avions« . Pour pallier ce problème, Yannick Rousselet défend l’installation de missiles sol-air à proximité des sites ainsi que la circulation « en permanence » d’avions militaires prêts à intercepter des avions suspects :

« Dans (la catastrophe) Germanwings, le (pilote) est passé au-dessus de Cadarache avant de claquer son avion sur la montagne… Il y a bien deux Rafales qui ont décollé d’Orange, mais ils sont arrivés quand l’avion était déjà par terre » Yannick Rousselet

Le responsable de Greenpeace a par ailleurs nié être à l’origine du survol d’installations nucléaires par des drones en 2014 <http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2015/01/29/dix-sept-sites-nucleaires-ont-ete-survoles-par-des-drones-depuis-octobre_4565967_3244.html>  : « Nous aussi on a enquêté, mais on est resté devant un mystère.« 

Par Maxence Kagni

Pour écouter la vidéo (3mn55s), cliquer sur :

http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/securite-nucleaire-le-cri-dalarme-de-greenpeace-devant-les-deputes

Fév 18

NUCLÉAIRE: TILLERSON EST «À L’ÉCOUTE» DE LA CORÉE DU NORD

Washington | Les États-Unis sont «à l’écoute» de signes montrant que la Corée du Nord souhaite des discussions directes sur son programme nucléaire, affirme le secrétaire d’État américain Rex Tillerson dans un entretien à la chaîne CBS.

«Mon travail de chef de la diplomatie est de m’assurer que les Nord-Coréens savent que nous gardons nos canaux (de communications) ouverts», dit-il dans l’émission 60 Minutes qui doit être diffusée dimanche.

«Je suis à l’écoute. Je ne renvoie pas beaucoup de messages parce que nous n’avons rien à leur dire jusqu’ici», explique-t-il, lançant à l’adresse du régime de Pyongyang: «Donc j’attends que vous me disiez que vous être prêts à discuter».

Les États-Unis tentent depuis des années d’empêcher le développement des programmes nucléaire et de missiles balistiques nord-coréens, considérés par Washington comme une menace «existentielle». Le régime de Kim Jong Un a procédé l’année dernière à plusieurs tirs de missiles ICBM ayant une portée suffisante pour frapper le territoire américain et a mené en septembre son plus puissant essai nucléaire à ce jour.

Donald Trump souffle depuis un an le chaud et le froid, menaçant la Corée du Nord de frappe préventive ou de « détruire totalement » le pays en cas d’attaque, mais se disant aussi prêt au dialogue. Les relations se sont ainsi réchauffées récemment et Washington s’est dit ouvert à des discussions directes.

«Nous recevons des messages» de Corée du nord et je pense que nous nous exprimerons clairement sur la façon dont nous voulons que se déroule cette première conversation», précise M. Tillerson, soulignant que Washington ne ferait aucune concession.

«Nous n’avons pas de carotte pour les convaincre de parler, nous avons de gros bâtons et c’est ce qu’ils doivent comprendre», lance-t-il.

En 2017, à l’initiative de Washington, le Conseil de sécurité a imposé trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord qui touchent notamment ses exportations de charbon, de fer, sa pêche et son textile et limitent ses approvisionnements en pétrole. Donald Trump a également demandé à la Chine et à la Russie d’exercer des pressions sur Pyongyang.

«Cette campagne de pressions affecte la Corée du Nord», assure le secrétaire d’État, qui avait déjà évoqué la possibilité de discussions directes entre les deux pays.

«Nous avons dit depuis un moment que c’est vraiment du ressort des Nord-Coréens de décider quand ils sont prêts à entamer (la discussion) avec nous de manière sincère», a-t-il dit le 12 février lors d’une visite en Égypte. Il avait précisé que le régime de Kim Jong Un savait « quelles sont les conditions nécessaires pour la négociation».

Washington veut que Pyongyang fasse des pas concrets vers une dénucléarisation avant toute discussion.

http://www.journaldemontreal.com/2018/02/17/nucleaire-tillerson-est-a-lecoute-de-la-coree-du-nord

Fév 17

SANCTIONS US : MOSCOU PRÊT À PRENDRE DES CONTRE-MESURES (RIABKOV)

La Russie est prête à prendre des contre-mesures face à l’imposition de nouvelles sanctions par Washington.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a déclaré que son pays était entièrement disposé à élaborer une réponse appropriée au renforcement par les États-Unis des sanctions antirusses.

S’exprimant devant les journalistes, M. Riabkov a souligné que la Russie s’était déjà habituée aux sanctions américaines et qu’elle avait trouvé les moyens efficaces afin de réduire a minima les pertes et de surpasser ces obstacles.

 « Si les États-Unis décident d’appliquer des mesures réelles à notre encontre, nous ferons preuve de sang-froid et de retenue et, tout comme dans le passé, nous opterons pour d’autres initiatives pour accéder à nos objectifs économiques », a dit le diplomate russe.

Selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, les sanctions américaines ont prouvé leur inefficacité ; depuis février-mars 2014, la Russie a dépassé 50 trains de sanctions US.

« Les États-Unis ne peuvent pas accéder à de bons résultats par le levier de sanctions. Cependant, nous sommes témoins de la poursuite des politiques d’antan de Washington, qui ne lui apporteront rien », a-t-il précisé.

Riabkov a noté qu’en évoquant la possibilité du durcissement des sanctions antirusses, les États-Unis tentaient d’influer sur l’opinion publique russe au seuil des élections.

Le Trésor américain avait déclaré, mercredi dernier, qu’il annoncerait prochainement des sanctions contre les politiciens et hommes d’affaires russes dont les noms figuraient sur le « Rapport du Kremlin ».

Le département du Trésor américain a publié, fin janvier, une liste d’officiels et d’hommes d’affaires russes susceptibles d’être sanctionnés. Elle compte plus de 200 noms, dont 114 officiels et 96 hommes d’affaires. Parmi les personnes citées : le Premier ministre Dmitri Medvedev, le chef de la diplomatie Serguei Lavrov ou encore le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.  

Mais alors que les États-Unis annoncent de nouvelles sanctions économiques et financières contre la Russie, Moscou poursuit son virage vers l’Est. Nombreux sont les analystes qui sont d’avis que la stratégie diplomatique mise en place par le Kremlin vise à profiter du dynamisme économique de la région Asie-Pacifique et à se défaire de l’étreinte occidentale. 

http://www.presstv.com/Detail/2018/01/25/550149/Moscou-rpondra–toutes-nouvelles-sanctions-US

NDLR: Press TV est une chaîne d’information internationale iranienne

Fév 17

PRÔNER UNE CONFRONTATION AVEC LA CHINE EST « DANGEREUX », AVERTIT SON AMBASSADEUR AUX ÉTATS-UNIS

Il serait « dangereux » de prôner une confrontation avec la Chine, a averti mardi l’ambassadeur de Chine aux États-Unis, Cui Tiankai.

« Ce serait vraiment paranoïaque que de redouter qu’une Chine qui suit sa propre voie de développement puisse être une source de confrontation pour les États-Unis. Et il serait dangereux de prôner une stratégie de confrontation » envers Beijing, a-t-il déclaré à l’occasion d’une réception donnée pour la Fête du printemps (Nouvel An chinois) à l’ambassade de Chine.

« Ce serait prendre ses désirs pour des réalités que de s’imaginer qu’une espèce d’ingénierie génétique de type politique ou économique soit capable de changer l’ADN de la Chine« , a poursuivi le diplomate.

La relation sino-américaine « devrait se distinguer par une coopération globale« , a indiqué M. Cui. « Une concurrence amicale, lorsqu’elle est nécessaire, mais pas une confrontation.« 

« Nos deux pays connaîtront toujours des différends, mais nos intérêts communs croissants sont bien plus importants. Des désaccords peuvent continuer à exister entre nos deux pays, mais la nécessité de coopérer est bien supérieure aux différends entre nous. Nous continuerons de rencontrer des problèmes, mais nous parviendrons à trouver des solutions par la voie du dialogue« , a observé M. Cui.

Faisant remarquer que le Nouvel An chinois à venir inaugurait l’année du Chien, l’ambassadeur a indiqué : « Les chiens sont considérés comme des compagnons fidèles, sincères et dignes de confiance dans la culture chinoise comme dans la culture occidentale. Je suis persuadé que de telles vertus sont également essentielles pour les relations entre les pays« .

La sénatrice de l’État de Virginie-Occidentale Shelley Capito, qui a participé à la réception, a déclaré à Xinhua qu’elle espérait que les relations entre Beijing et Washington deviennent plus étroites.

« Notre État est vraiment encouragé par les investissements qui vont venir de Chine et nous pensons qu’ils vont changer le jeu et permettre à beaucoup de gens d’avoir du travail et de créer beaucoup de prospérité dans notre région« , s’est-elle enthousiasmée, en référence à une promesse d’investissement de 83,7 milliards de dollars faite par la Chine à l’occasion de la visite d’État du président Donald Trump à Beijing en novembre dernier.

« Nous avons beaucoup d’objectifs communs en ce qui concerne les projets de construction d’infrastructures, tout comme la Chine veut construire les siennes, et créer davantage de richesses pour tous nos concitoyens. Nous avons une valeur partagée. Donc, j’espère que nous aurons une relation plus étroite. J’ai hâte« , a déclaré Mme Capito.

Plus de 700 personnes ont participé à la réception de l’ambassadeur, dont le ministre américain du Commerce Wilbur Ross, le responsable de l’Asie au Conseil de sécurité nationale Matthew Pottinger et la secrétaire d’État adjointe par intérim Susan Thornton.

http://french.xinhuanet.com/2018-02/15/c_136977457.htm

Fév 17

SÉNATEUR RUSSE: LES USA PRÉPARENT UNE «MAUVAISE SURPRISE»

Les allégations américaines selon lesquelles la Russie violerait les obligations de réduire son arsenal nucléaire sont infondées, a déclaré Victor Bondarev, membre du Conseil de la Fédération. Selon lui, ces accusations visent à cacher des actions ultérieures des États-Unis.

Les accusations du Pentagone à l’adresse de la Russie, selon lesquelles elle n’entendrait pas réduire le nombre de ses armes nucléaires, sont infondées et témoignent de l’intention des États-Unis de violer eux-mêmes les normes internationales et de déclencher éventuellement un nouveau tour dans la guerre hybride, a déclaré Victor Bondarev, président de la commission de défense et de sécurité du Conseil de la Fédération de la Russie.

John Hyten, commandant de l’United States Strategic Command, a indiqué vendredi que les déclarations de la Russie concernant sa volonté de réduire le rôle des armes nucléaires allaient en contradiction avec les mesures prises concrètement par la Russie et qualifiées de menace par les États-Unis.

«La Russie respecte ses obligations en conformité avec le traité de réduction des armes nucléaires. Le nombre de nos ogives nucléaires sur tous les vecteurs correspond entièrement aux exigences du New START», a souligné M.Bondarev.

Selon lui, en portant des accusations infondées contre d’autres pays, les États-Unis «libèrent leurs mains afin d’effectuer des actions illicites étant contraires aux normes internationales». Le sénateur russe estime que les dernières accusations du Pentagone pourraient cacher «une mauvaise surprise dans le développement de la guerre hybride».

Le dernier traité sur la réduction des armes stratégiques, connu également comme le New START, a été conclu par la Russie et les États-Unis en 2009. Le 5 février le ministère russe des Affaires étrangères et le département d’État américain ont annoncé l’accomplissement de leurs obligations en conformité avec cet accord qui doit expirer en 2021. Les États-Unis et la Russie n’ont pas encore décidé d’entamer les négociations concernant sa possible prolongation ou la signature d’un nouveau traité.

https://fr.sputniknews.com/international/201802171035179063-usa-preparent-mauvaise-surprise/

NDLR : je rappelle que Sputnik est un média russe.

Fév 17

EDF TROP CONFIANT SUR LE REBOND ATTENDU EN 2018 ?

Tout en présentant des résultats en fort recul pour 2017, l’électricien public promet des lendemains meilleurs, malgré les nombreux défis auxquels il est confronté. Mais il prévoit d’ores et déjà un recul de sa production nucléaire en 2019 en raison notamment des premières visites décennales de centrales ayant atteint 40 ans.

C’était prévu et annoncé. Les résultats présentés ce 16 février par EDF sont médiocres, mais conformes à la dernière révision <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/edf-degringolade-en-bourse-apres-avoir-la-revision-a-la-baisse-d-objectifs-2018-757697.html>  (à la baisse) de novembre dernier.

En cause : un contexte de prix de marché dégradé en France, mais aussi dans la plupart des pays où le groupe est implanté, et des productions hydroélectrique et nucléaire en baisse. La première accuse un recul de 12,5% dû à la sécheresse, et la seconde atteint son niveau le plus bas depuis 1999.

EDF reste « un groupe profitable« , se félicite son Pdg

Avec un résultat net courant en baisse de 31% à 2,8 milliards d’euros, (mais un résultat net part du groupe en hausse de +11,3% à 3,2 milliards d’euros grâce notamment à la cession de 49,9% de RTE <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/edf-cede-sa-filiale-rte-valorisee-8-2-milliards-d-euros-676539.html> ), un chiffre d’affaires en recul de 2,2% à 69,6 milliards d’euros et un Ebitda qui plonge de 16,3% à 13,7 milliards, Jean-Bernard Lévy se félicite néanmoins de rester « un groupe profitable », qui voit son endettement diminuer pour la première fois depuis plusieurs années, mais s’élève quand même à 33 milliards.

Et encore, plusieurs éléments exceptionnels tels que la recapitalisation de l’État <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/augmentation-de-capital-de-edf-le-couteux-sauvetage-du-nucleaire-francais-655787.html>  à hauteur de 4 milliards, la plus-value dégagée par la cession de 49,9% de RTE et le paiement des dividendes sous forme d’actions cette année encore, qui a permis de faire économiser au groupe près de 5 milliards de cash, limitent l’impact sur les résultats.

Baisse des charges opérationnelles et cessions d’actifs bien avancées

Seuls points sur lesquels le groupe fait mieux que prévu : le plan de baisse des coûts et celui de cession d’actifs. De quoi rehausser les objectifs à 1,1 milliard d’euros pour le premier à horizon 2019 (au lieu du milliard prévu), et avancer à 2018 l’exécution des 10 milliards d’euros d’actifs cédés, initialement fixée à 2020.

Avec une hausse des capacités installées de 23% et une production en augmentation de 11% (auxquelles contribue l’acquisition de Futuren <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/avec-futuren-edf-en-veut-faire-ses-armes-dans-le-repowering-696774.html> ), les énergies renouvelables, un secteur dans lequel EDF a décidé d’accélérer <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/edf-se-transforme-en-moteur-de-l-energie-solaire-en-france-761303.html>  comme l’a martelé son PDG à plusieurs reprises, se portent bien. Mais une baisse des ventes d’actifs structurés fait néanmoins chuter l’Ebitda de près de 13%.

Malgré ces résultats, la Bourse a salué la performance de l’entreprise, avec un cours en hausse de près de 5% à 10,62 euros à 16h25. Apparemment soulagés que les nouvelles ne soient pas plus mauvaises encore, les investisseurs semblent également confiants dans la confirmation des prévisions pour 2018.

Le délicat exercice des prévisions de production nucléaire

Car l’opérateur public promet un rebond pour l’année prochaine. Qu’il s’agisse du déploiement du compteur Linky <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/le-compteur-linky-ne-tient-pas-ses-promesses-767572.html> , de l’EPR de Flamanville <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/epr-de-flamanville-accord-probable-au-demarrage-sous-conditions-741992.html>  ou du grand carénage destiné à prolonger la durée de vie des centrales jusqu’à 50, voire 60 ans, Jean-Bernard Lévy a rappelé que les investissements connaissaient actuellement un pic. Il anticipe aussi un rebond des cours sur le marché de gros de l’électricité (entamé depuis plusieurs mois) et une meilleure production nucléaire, notamment grâce à un planning de maintenance des centrales mieux articulé avec les capacités de stockage des grands barrages. D’où un Ebitda prévu dans une fourchette de 14,6 à 15,3 milliards et un cash-flow légèrement positif.

Mais à l’aune de l’année 2017, cette promesse ne convainc qu’à moitié. En effet, tout s’est passé « comme prévu », à l’exception de la production nucléaire. À 379 térawatts-heure (TWh), non seulement celle-ci a été inférieure de 1,3% à celle de 2016, mais elle a surtout été nettement en-dessous des prévisions, qui s’établissaient dans une fourchette de 390 à 400 TWh. Cette sous-performance est due à des indisponibilités techniques, à des arrêts pour maintenance, mais aussi à des travaux exigés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) comme à Tricastin <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-la-centrale-du-tricastin-mise-a-l-arret-a-cause-d-une-digue-trop-fragile-752132.html> . Dans ces conditions, comment être certain que l’objectif fixé à 395 TWh pour 2018 sera atteint ?

Multiples incertitudes pour le parc nucléaire en 2019

Autre point d’interrogation : EDF parviendra-t-il à enrayer la fuite des clients particuliers ? Entre les quelque 100.000 départ vers la concurrence (Engie, Direct Energie, Total ou encore CDiscount…) <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/cdiscount-ouvre-une-nouvelle-breche-dans-le-marche-residentiel-de-l-electricite-755818.html>  enregistrés chaque mois et les 300.000 retours de clients déçus annoncés par EDF, le solde s’établit à une perte de près d’un million de clients particuliers en 2017. La fin possible des tarifs réglementés de vente (TRV) attaqués par les fournisseurs alternatifs, sur le même schéma que celle décidée pour le gaz par le Conseil d’Etat en juin dernier <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/fin-des-tarifs-reglementes-apres-le-gaz-l-electricite-744896.html> , constitue un élément d’incertitude supplémentaire.

Surtout, EDF annonce dès aujourd’hui un nouveau recul de sa production nucléaire pour 2019. Cette année-là, à supposer que l’EPR de Flamanville soit bien entré en service comme prévu en fin d’année 2018 (un calendrier tendu, reconnaît l’opérateur), les deux réacteurs de Fessenheim <https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/fessenheim-le-calendrier-de-fermeture-precise-en-avril-765479.html>  devraient être arrêtés. Et cette baisse de production ne sera pas compensée avant la montée en puissance de Flamanville, qui prendra plusieurs mois. En outre, plusieurs centrales atteignant la limité d’âge de 40 ans, les visites décennales nécessaires à leur prolongation sur décision de l’ASN seront nécessairement plus complexes et plus longues que par le passé. Surtout, ce seront les premières intervenant à cette étape de la vie des centrales.

Et comme on a pu le constater dans un autre registre avec les délais et les coûts des EPR actuellement en construction, cet effet « tête de série » peut coûter très cher.

Par Dominique Pialot

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/edf-trop-confiant-sur-le-rebond-attendu-en-2018-768892.html

Fév 17

DÉCHETS NUCLÉAIRES : À FORCE DE MAUVAIS CHOIX, LA FRANCE EST DANS L’IMPASSE (4)

La filière française de l’atome a multiplié les types de déchets radioactifs, en instaurant une industrie du « retraitement » qui se révèle inutile. Le système est moribond, et, mezzo voce, les experts commencent à envisager sa fin.

Cet article est le quatrième et dernier d’une série que Reporterre consacre au stockage des déchets radioactifs en « piscine ». Mardi 13 février, nous avons révélé la volonté d’EDF de construire un stockage géant de déchets nucléaires à Belleville-sur-Loire (Cher), mercredi nous avons expliqué pourquoi les piscines de La Hague allaient déborder et jeudi, en quoi le stockage en piscines est excessivement dangereux.

Pourquoi conserver des « combustibles nucléaires usés » en piscine alors que, comme nous l’avons vu, cette technique est plus dangereuse que leur entreposage à sec ? Impossible de le comprendre si l’on ne se penche pas sur la distinction entre matière et déchet radioactifs, instaurée par la loi du 28 juin 2006. Ainsi, « une matière radioactive est une substance radioactive pour laquelle une utilisation ultérieure est prévue ou envisagée, le cas échéant après traitement » [1]. Et peu importe l’utilisation : « Jusqu’à présent, il suffisait quasiment de direje vous promets que j’ai l’intention de réutiliser ce combustible usépour qu’il soit considéré comme une matière valorisable », pointe Yves Marignac, directeur du service d’études et d’information sur l’énergie Wise-Paris.

« En France, on conserve l’idée que le retraitement est la seule voie et que tous les combustibles usés seront traités un jour, ce qui n’a aucun sens d’un point de vue technique et économique », complète Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace. Car retirer son caractère valorisable à une matière radioactive — donc la « rétrograder » en déchet — signifie qu’il faut trouver une solution pour la stocker à long terme dans les meilleures conditions possibles de sûreté. « Ça veut dire qu’il faudra mettre ces combustibles usés dans Cigéo [2], et donc que Cigéo va coûter plus cher et qu’EDF devra provisionner davantage pour ce projet », explique Yves Marignac.

À chaque matière son débouché, plus ou moins fantaisiste

En conséquence, les plans nationaux de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) successifs s’attachent à présenter toute une série de débouchés possibles pour les matières radioactives du cycle. L’uranium appauvri [3] ? Il est actuellement mélangé à du plutonium pour produire du combustible MOx mais pourrait aussi être réenrichi pour servir de combustible uranium classique. Selon Orano (ex-Areva), le réenrichissement deviendrait compétitif vers 2020 [4]. À plus long terme, il pourrait être valorisé dans le futur parc de réacteurs à neutrons rapides (RNR) de quatrième génération « dont le déploiement pourrait être décidé dans la deuxième moitié du siècle », lit-on dans le PNGMDR 2016-2018. Les Français seraient tranquilles : le stock français d’uranium appauvri suffirait pour faire fonctionner un futur parc RNR de 60 gigawatts électriques (Gwe) pendant 1.000 à 10.000 ans ! [5]

Actuellement, l’uranium de recyclage issu du traitement (URT) reste abandonné dans des fûts qui s’entassent sur le site du Tricastin [6]. Mais selon les nucléaristes, il pourrait également [7] être réenrichi et servir de combustible à des réacteurs adaptés. Ceux de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) ont tourné quelques années avec cet uranium de recyclage réenrichi (URE), produit entre 1994 et 2013 et qui désormais patiente dans les piscines d’entreposage de l’usine de retraitement de La Hague (Manche). EDF considère que le réenrichissement pourrait redevenir intéressant économiquement vers 2020, à raison de 600 tonnes réenrichies par an [8]. Enfin, l’URT et l’URE usés pourraient servir de combustible pour les réacteurs à neutrons rapides de quatrième génération.

Restent le plutonium et le MOx. Le premier est en partie recyclé pour fabriquer le second. Mais rien n’est fait du MOx usé, qui attend son heure dans les piscines de La Hague avant son transfert dans la future piscine d’entreposage de la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher). Seul débouché envisagé [9], l’utilisation comme combustible dans les réacteurs à neutrons rapides de quatrième génération [10]. Le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) évalue la quantité de plutonium disponible en 2040 suffisante pour le démarrage de vingt-cinq de ces futurs réacteurs [11].

Pour boucler la boucle, l’indispensable — et illusoire — surgénérateur

On le voit, le réacteur à neutrons rapides est la clé de voûte de tout le système, qui doit « boucler la boucle » du combustible en consommant ses rebuts. Son ancêtre, le surgénérateur, a été lancé par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) dans les années 1950 avec cet objectif — mais aussi, à l’époque, dans le but moins avouable de produire le plutonium nécessaire à la bombe atomique. Le premier réacteur expérimental Rapsodie a été construit à partir de 1959 et mis en service en 1967 au centre d’études de Cadarache (Bouches-du-Rhône). Vient ensuite Phénix, un ancien prototype de réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium, construit en 1968 sur le site nucléaire de Marcoule (Gard) et mis en service en 1973. Superphénix est le dernier, un réacteur à neutrons rapides à caloporteur sodium mis en service en 1984 sur le site de l’ancienne centrale nucléaire de Creys-Malville (Isère). « Après la crise du pétrole de 1973, le CEA prévoyait que, en l’an 2000, 540 surgénérateurs de type Superphénix seraient en activité dans le monde, dont vingt en France », rappelait le consultant Mycle Schneider à la commission d’enquête relative aux coûts passés, présents et futurs de la filière nucléaire [12], le 10 avril 2014.

Conséquence du choc pétrolier de 1973, « le prix de l’uranium s’est envolé, quadruplant en deux ans, et fut signée la première grande série de contrats de retraitement, notamment pour la construction de l’usine UP3 à La Hague », a poursuivi l’expert. Cette usine de plutonium fut mise en service en 1989, suivie, en 1994, d’une autre usine de plutonium UP2-800 à La Hague et de l’usine Melox d’assemblages de combustible MOx sur le site de Marcoule (Gard).

Après l’abandon des surgénérateurs, la filière de retraitement sur les bras

Las, la filière des réacteurs à neutrons rapides n’a pas dépassé le stade des prototypes. Rapsodie fut arrêté en 1983, Phénix en 2009. Quant à Superphénix, immense débâcle technologique, il est arrêté en 1997 après de graves incidents [13]. « Dans les années 1980 a été prise la décision de ne pas engager de parc de surgénérateurs, se souvient Yves Marignac. Il y a eu une discussion à ce moment-là : si l’on ne développe pas cette filière, est-ce que ça vaut le coup de continuer le retraitement pour fournir en MOx les réacteurs actuels ? La conclusion d’un rapport du ministère de l’Industrie de l’époque était que le retraitement allait coûter un peu plus cher, qu’il n’y avait pas réellement d’intérêt à le poursuivre, mais que le surcoût était supportable pour préserver l’image de l’industrie nucléaire dans le monde. » [14]

Sans compter que dans l’industrie, la taille et la technicité des équipements font qu’il est difficile de battre en retraite quand on réalise qu’on s’est fourvoyé. « Les investissements ont été faits, les installations de traitement existent et sont récentes. Dès lors qu’une politique industrielle a été décidée, en changer est extrêmement coûteux : non seulement on détruit de la valeur en ne laissant pas aux investissements le temps d’être rentabilisés, mais il faut en consentir de nouveaux », avait reconnu Sylvain Granger, directeur de la division « Combustible » d’EDF, face à la commission d’enquête sur les coûts de la filière nucléaire. « Il est compliqué pour EDF, qui dit depuis le début que le retraitement et l’utilisation du MOx sont de bons choix, de revenir là-dessus, analyse Yves Marignac. L’arrêt du retraitement signifierait aussi la fermeture de La Hague et porter le chapeau des quelques milliers d’emplois qui seront détruits à cette occasion. »

Astrid, le réacteur à neutrons rapides né de ses cendres ou déjà consumé ?

Depuis et devant l’accumulation de matières nucléaires, le projet de réacteur à neutrons rapides a été remis à l’ordre du jour. Le CEA a lancé en 2006 un projet de démonstrateur technologique de réacteur de quatrième génération baptisé Astrid (pour Advanced Sodium Technological Reactor for Industrial), censé être le prototype des réacteurs à neutrons rapides d’un futur parc. Ce projet permettrait en outre de séparer les éléments du combustible usé les plus radioactifs et les plus dangereux et de les transformer, grâce au réacteur à neutrons rapides, en éléments stables ou restants radioactifs moins longtemps (séparation – transmutation). Un espoir, pour la filière, de limiter le nombre de déchets à enfouir définitivement dans les profondeurs de Cigéo.

« Pure spéculation », affirmait Mycle Schneider à la commission d’enquête. Le projet est indéniablement à la peine. Initialement fixée à 2020, sa mise en service a été repoussée à 2039 (sous réserve du feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire). Selon le quotidien Les Échos le 30 janvier dernier, le CEA aurait, faute de moyens, proposé de revoir à la baisse la taille d’Astrid — 100 à 120 mégawatts au lieu des 600 mégawatts prévus initialement. Pourtant, la facture n’a cessé de gonfler depuis 2010 : 600 à 700 millions d’euros ont déjà été engloutis dans ce projet, un montant qui pourrait atteindre 850 à 900 millions d’euros fin 2019. Le scepticisme va également croissant : dans un avis (p. 30) du 20 juillet 2016, l’Autorité environnementale notait que le projet de déployer un parc de réacteurs à neutrons rapides passe « actuellement intégralement sous silence des enjeux préalables majeurs que sont la sûreté de ces installations et leur viabilité économique — compte tenu des retours d’expérience de Phénix et Superphénix, notamment — et, pour ce qui concerne très directement le plan, le volume et la nocivité des déchets qu’elles sont susceptibles de produire ».

Une filière coûteuse suspendue aux fermetures de réacteurs

En attendant l’hypothétique mise en service de ces réacteurs à neutrons rapide, le maintien du retraitement et la fabrication de MOx — une spécificité française, car les États-Unis, la Suède, l’Espagne et de nombreux autres pays n’ont pas choisi cette voie [15] — coûtent cher. « Depuis une trentaine d’années, de nombreuses études ont démontré que, quelles que soient les hypothèses émises, le retraitement se révèle plus coûteux que le stockage direct, a affirmé Mycle Schneider à la commission d’enquête. Ce type de comparaison reste néanmoins très problématique dans la mesure où l’on ne connaît pas le coût réel d’un site de stockage définitif. » De l’ensemble de ses auditions et travaux, la commission d’enquête a finalement établi qu’en tout cas, « il ne [revenait] pas plus cher de stocker directement le combustible usé que de le retraiter ».

Enfin, deux facteurs pourraient porter un coup fatal à cette filière moribonde : la loi de transition énergétique, qui vise la réduction de la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique d’ici 2025 (même si le gouvernement a annoncé fin 2017 que cet horizon ne serait pas respecté) ; et l’échéance des quarante ans pour les réacteurs de 900 mégawatts, notamment les vingt-quatre qui ont l’autorisation de fonctionner avec du MOx. Que se passera-t-il si le gouvernement ou l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) demandaient leur fermeture ? Orano, dans sa présentation à l’atelier « filière nucléaire » pour la préparation de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) le 11 janvier dernier, indiquait que la fermeture d’un réacteur de 900 mégawatts « moxé » entraînerait la baisse du volume de traitement de La Hague d’environ 5 %. Cette baisse de volume interviendrait cinq à sept ans avant la fermeture de la centrale. « En conséquence, une évolution brusque du parc nucléaire déstabiliserait rapidement les équilibres économiques et sociaux existants de l’aval », a prévenu l’exploitant.

« Si l’on ferme ne serait-ce que neuf réacteurs à 900 mégawatts dans le cadre de la PPE, on va se retrouver avec un surcroît de plutonium qu’il va bien falloir mettre quelque part », explique Guillaume Blavette, du collectif STOP-EPR ni à Penly ni ailleurs. Dominique Minière, le directeur exécutif d’EDF chargé de la direction du parc, aurait évoqué la possibilité de « moxer » les réacteurs à 1.300 mégawatts. « Mais les ingénieurs de l’IRSN disent que ce n’est pas possible aujourd’hui, rapporte le militant. Il faudrait changer tous les couvercles des réacteurs, ce serait un sacré chantier. »

Discrètement, le PNGMDR prépare l’après-retraitement

Face à ces difficultés, même si le discours officiel reste le maintien coûte que coûte du retraitement, la filière se prépare discrètement à changer de braquet. Le PNGMDR 2016-2018 rappelle qu’après avis de l’ASN, « l’autorité administrative peut requalifier les matières radioactives en déchets radioactifs si les perspectives de valorisation de ces matières ne sont pas suffisamment établies ». [16] Le plan expose même la gestion envisagée pour chaque matière nucléaire si elle était requalifiée en déchet — entreposage en subsurface pour l’URT, enfouissement en couche géologique profonde pour le combustible uranium et le MOx usés, etc. EDF est ainsi priée de provisionner les fonds nécessaires au stockage définitif de ces combustibles usagés reconnus pour ce qu’ils sont : des déchets empoisonnés pour des milliers d’années.

Du côté de l’électricien, l’option de transférer directement les combustibles usés des piscines d’entreposage à Cigéo n’est plus taboue. La nouvelle piscine en projet à Belleville-sur-Loire doit permettre « d’entreposer ces matières jusqu’à leur réutilisation dans de futurs réacteurs ou bien, si cette option industrielle n’était pas confirmée, jusqu’à leur stockage définitif dans Cigéo », a expliqué EDF dans un courriel adressé à Reporterre le 27 décembre dernier. Le fait même que la future piscine soit construite à Belleville « est un désengagement », analyse Yves Marignac. « Si l’on voulait vraiment poursuivre le retraitement, on aurait construit la nouvelle piscine à La Hague. »

L’enfouissement à Cigéo est à l’étude… avec d’immenses difficultés techniques en vue

L’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) est également appelée à étudier la faisabilité de l’enfouissement de ces combustibles usagés dans Cigéo. Plusieurs études ont été menées entre 2013 et 2015 sur les combustibles d’uranium, le MOx et l’URE. L’agence doit rendre au plus tard le 30 juin 2018, au ministre chargé de l’énergie, une évaluation du coût du stockage direct. Dans une présentation faite le 29 septembre dernier, elle a évalué à 28.000 tonnes le volume des assemblages qui pourraient finir dans le sous-sol meusien.

Reste qu’enfouir des combustibles usés s’annonce difficile et cher, surtout pour le MOx. Ce dernier est tellement brûlant qu’il est extrêmement difficile à gérer. « Y compris à très long terme, le dégagement thermique du MOx reste très supérieur au dégagement thermique du combustible uranium, indique Yves Marignac. Or, dans un stockage en couche géologique profonde, la densité thermique est un facteur dimensionnant. En gros, on ne peut stocker qu’un seul MOx là où l’on pourrait stocker quatre ou cinq combustibles uranium. »

Plus d’un siècle en piscine avant de pouvoir enfouir du MOx !

« Avec 150 ans de refroidissement, les MOx dissipent encore 2,9 fois plus d’énergie que les [combustibles uranium] à 60 ans, écrivait l’ingénieur en radioprotection Jean-Claude Zerbib dans un cahier de Global Chance [17]. Après 300 ans de refroidissement, les combustibles MOx ont toujours un potentiel thermique 2,3 fois supérieur à celui qui autoriserait le stockage géologique des combustibles [d’uranium]. La période d’entreposage des MOx usés, avant enfouissement définitif, sera plusieurs fois supérieure à celle des [combustibles d’uranium] usés (après 60 ans de refroidissement), ce qui entraîne une forte incidence sur le coût. »

Et la galère se poursuit au moment du conditionnement des colis, avant leur enfouissement dans la couche argileuse de Cigéo : « La masse du colis prévu pour les combustibles [d’uranium] est égale à huit fois la masse des éléments combustibles. Pour réaliser l’enfouissement des MOx, il sera nécessaire d’augmenter significativement la masse de conteneurs afin que la dissipation de l’énergie réduise suffisamment la température en surface du colis. Le maximum autorisé est voisin de 90 °C, afin de ne pas détériorer les performances de la roche d’accueil. »

Dans ces conditions, difficile de choisir entre la peste du retraitement et le choléra de l’enfouissement. Mais pour Yannick Rousselet, les échelles de temps monumentales du nucléaire pourraient cette fois jouer en faveur d’EDF : « De toute façon, un combustible d’uranium ne sera jamais enfoui avant d’avoir passé 60 ans en piscine, et un MOx avant 100 ans. Ça leur permet de repousser le problème. »

Notes :

[1Article L542-1-1 du code de l’environnement.

[2] Le projet de centre de stockage des déchets radioactifs en couche géologique profonde, mené par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne.

[3] Pour connaître la provenance de chaque matière radioactive — uranium appauvri, uranium de recyclage issu du retraitement (URT), uranium de recyclage réenrichi (URE), plutonium et MOx — ainsi que le fonctionnement du cycle du combustible, se référer au deuxième volet de notre enquête « Déchets nucléaires : les piscines de La Hague vont déborder ».

[4] Si la production mondiale d’énergie nucléaire augmentait de 50 % en 2030 par rapport à 2013. Cf. PNGMDR 2016-2018, p. 67.

[5] Cf. PNGMDR 2016-2018, p. 67.

[6] Le stock d’URT devrait atteindre 34.000 tonnes fin 2020. Cf. PNGMDR 2016-2018, p. 69.

[7] Selon le PNGMDR 2016-2018.

[8] Cf. PNGMDR 2016-2018, p. 70

[9« Des campagnes industrielles ont été menées à La Hague, qui ont montré que les combustibles MOx usés peuvent être retraités avec le même procédé que les combustibles fabriqués à partir d’uranium naturel. Le plutonium extrait du combustible MOx retraité présente cependant un potentiel énergétique jugé insuffisant pour un recyclage dans le parc nucléaire français actuel », lit-on dans l’« Avis sur la transparence de la gestion des matières et des déchets nucléaires produits aux différents stades du cycle du combustible » du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN), rendu le 12 juillet 2010.

[10] Cf. PNGMDR 2016-2018, p. 74.

[11] Cf. « Avis sur la transparence de la gestion des matières et des déchets nucléaires produits aux différents stades du cycle du combustible », p. 27

[12] Cette commission a remis un rapport le 5 juin 2014. Le chapitre 6 (p. 145) est consacré au retraitement, au MOx et aux réacteurs de quatrième génération.

[13] Sur ce point, lire l’encadré de notre article « Il y a quarante ans, l’État tuait Vital Michalon, jeune antinucléaire » : « Superpénix, douze ans de fiasco ».

[14« Il ne s’agissait pas d’une décision sur le fond, les conditions économiques de séparation et d’utilisation du plutonium s’étant très sensiblement dégradées, mais d’une décision destinée à honorer des engagements. On craignait, de surcroît, que l’arrêt de la construction de l’usine UP2-800, donc l’arrêt du retraitement français, n’eût un grave impact sur l’activité du nucléaire dans le reste du monde », disait déjà le consultant Mycle Schneider à la Commission d’enquête relative aux coûts passés, présents et futurs de la filière nucléaire, le 5 juin 2014.

[15] Cf. le rapport de la Commission d’enquête relative aux coûts passés, présents et futurs de la filière nucléaire, p. 145.

[16] Cf. Article L542-13-2 du code de l’environnement.

[17] Cf. « Les combustibles MOx d’EDF, production et stockages, bilans 2011 », André Guillemette, Jean-Claude Zerbib, Les Cahiers de Global Chance, no 33, mars 2013.

Source : Émilie Massemin pour Reporterre

https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-a-force-de-mauvais-choix-la-France-est-dans-l-impasse

Fév 16

LA CIBLE IRANIENNE

Une fois encore, il faut fabriquer la peur pour justifier la guerre. C’est l’Iran qui est aujourd’hui dans la ligne de mire du gouvernement étasunien. Éclairage.

Devant le Conseil de sécurité des Nations unies, le 5 février 2003, le secrétaire d’État américain Colin Powell agite un flacon pouvant contenir de l’anthrax et commente des photos satellite de sites secrets où se fabriqueraient des armes chimiques. Cette affabulation – reconnue plus tard par son auteur – servira ensuite de rampe de lancement publicitaire à la guerre d’Irak. Le 11 décembre 2017, l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies Nikki Haley se plante devant les fragments énormes d’un missile prétendument iranien qui n’a pas atteint son objectif. Et, théâtrale, elle soutient qu’il fut tiré, du Yémen, contre un aéroport d’Arabie saoudite, «un pays du G20». «Au risque de tuer des centaines de civils innocents. (…) Imaginez seulement qu’il ait pris pour cible l’aéroport de Washington ou de New York. Ou celui de Paris, Londres ou Berlin.» La portée de l’arme lui interdisait d’arriver jusque-là? Peu importe: une fois encore, il faut fabriquer la peur pour justifier la guerre. Quatorze ans après avoir détruit l’Irak, le gouvernement américain a pris l’Iran pour cible.

Son manque d’imagination serait réjouissant si le sujet se prêtait à la fantaisie. En 2003, M. Powell avait également dénoncé l’existence de liens «sinistres» entre Saddam Hussein et Al-Qaida. Là encore, rebelote le 1er novembre dernier: la CIA rend publique une moisson de documents saisis au Pakistan lors de l’assassinat d’Oussama Ben Laden et qui prouveraient l’existence de liens contre-nature entre les épigones (sunnites) de ce dernier et le pouvoir (chiite) de Téhéran. C’est à croire que Washington a déjà oublié son appui à lui, bien réel cette fois, à Ben Laden lorsqu’il guerroyait en Afghanistan contre les Soviétiques. Ou la vente illégale d’armes à l’Iran par Ronald Reagan quand le président américain espérait ainsi financer ses amis de l’extrême droite nicaraguayenne.

À l’époque, nul n’en tira prétexte pour déclarer la guerre aux États-Unis… En revanche, aujourd’hui, le désir d’en découdre avec l’Iran soude la monarchie saoudienne, le gouvernement israélien et nombre de dirigeants américains. L’influent sénateur républicain Tom Cotton, présenté comme le prochain directeur de la CIA, n’attend que cette occasion. À son avis, tous les défis diplomatiques de Washington (Iran, Corée du Nord, Chine, Russie, Syrie, Ukraine) comportent en effet une «option militaire». Et le danger posé par l’Iran, supérieur selon lui à celui de la Corée du Nord, ne pourrait être levé que par «une campagne navale et aérienne de bombardements contre son infrastructure nucléaire1.»

Le président Barack Obama relevait, il y a deux ans, que le budget militaire iranien représentait seulement un huitième de celui des alliés régionaux des États-Unis, et un quarantième de celui du Pentagone. Néanmoins, les roulements de tambour contre une prétendue menace iranienne battent leur plein. Dans un tel climat de guerre psychologique, le ministre des Affaires étrangères français n’avait-il vraiment rien de plus intelligent à faire, le 18 décembre, que de dénoncer, à Washington de surcroît, la volonté d’«hégémonie» de l’Iran?

https://lecourrier.ch/2018/02/16/la-cible-iranienne/

Note 1 : Jason Willick, «A foreign policy for ‘Jacksonian America’», The Wall Street Journal, New York, 9 et 10 décembre 2017.

 

Fév 16

DÉCHETS NUCLÉAIRES : IL FAUT QUE L’ÉTAT CESSE DE MENTIR

La gestion des déchets radioactifs en France est devenue inextricable. Plutôt que de continuer à empêcher le débat, les responsables doivent ouvrir l’information. Une vraie réflexion collective sur ce legs empoisonné aux générations futures est indispensable.

La réponse du gouvernement à la question posée par l’opposition, mercredi 14 février, sur les déchets nucléaires, était pitoyable et méprisante.

La députée (FI) Caroline Fiat formulait, dans le fil de la révélation par Reporterre du projet de stockage sous eau de déchets radioactifs à Belleville-sur-Loire, trois questions : la publication de la carte des sites de déchets nucléaires en France, un débat sur les déchets nucléaires, la protection des lanceurs d’alerte à Bure (Meuse), où un site d’enfouissement est envisagé.

La secrétaire d’État, Brune Poirson, représentant le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, et le gouvernement, n’a répondu à aucune de ces questions, et n’a donné aucune précision sur le projet de Belleville-sur-Loire. Continuant sur la lancée du mépris des contradicteurs et du refus de la transparence qui fait l’ordinaire de la politique nucléaire en France, elle a affirmé avec une emphase qui confine au ridicule : « Nous avons exploré depuis des années, des décennies, toutes les solutions au stockage des déchets. »

Eh bien non, on n’a pas envisagé toutes les solutions, ni même posé correctement la question des déchets. Et menti plus d’une fois, comme lorsque Mme Lauvergeon prétendait que les déchets nucléaires tiendraient dans… une seule « piscine olympique » <https://reporterre.net/Gaia-dans-la-piscine> .

Cinq casse-têtes au lieu d’un

Posons correctement la question des déchets. En soulignant que la situation dans laquelle l’industrie nucléaire a conduit la France est particulièrement compliquée. Pourquoi ? Parce que, alors que les autres pays exploitant l’énergie nucléaire n’ont à gérer qu’un seul type de déchets, les combustibles usés sortant très radioactifs des réacteurs, la France s’est engagé dans la voie du retraitement, qui aboutit à créer cinq types de déchets, comme nous l’avons expliqué en détail cette semaine <https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-les-piscines-de-La-Hague-vont-deborder>  :

. les actinides mineurs,
. le plutonium,
. le MOx usé,
. l’uranium de retraitement,
. le combustible uranium usé.

On simplifie ici la situation, parce qu’on compte aussi des combustibles graphite-gaz, de l’uranium appauvri, des stériles miniers, etc. Mais restons-en à ces cinq types de déchets, les plus dangereux. Comme chacun présente des caractéristiques radioactives et thermiques différentes, chacun appelle une solution particulière. Autrement dit, alors que, par exemple, les États-Unis ou la Suède n’ont à gérer qu’un seul type de déchets nucléaires — et n’y trouvent d’ailleurs pas de solution —, la France a cinq casse-tête au lieu d’un. L’honnêteté consisterait à le reconnaître, plutôt qu’à faire croire à l’opinion qu’il y a des « déchets nucléaires » et qu’il suffira de les enfouir pour régler le problème.

Ouvrir l’information et arrêter de criminaliser les contestataires

Raisonner sur la réalité – il y a cinq casse-tête et pas un seul – entraîne trois conséquences :

  • Il faut reposer nettement sur la table tout le projet Cigéo, dont les caractéristiques techniques sont très discutables ;
  • Il faut ouvrir l’information sur le projet de Belleville-sur-Loire et sur la situation du stockage à La Hague ;
  • Il faut préparer l’arrêt du retraitement, qui complique la situation en continuant à produire ces cinq types de déchets.

Toutes les solutions, on le voit, n’ont pas été envisagées. Il est temps de le faire. Et de réfléchir aussi à l’entreposage à sec, qui est pratiqué à grande échelle dans plusieurs pays.

Le débat est urgent, comme l’est la nécessité d’ouvrir l’information, plutôt que de continuer les cachotteries, comme le font EDF et le gouvernement.

Il est tout aussi indispensable de stopper la répression policière et judiciaire contre ceux qui, dans la Meuse et ailleurs, contestent le projet Cigéo et les choix dangereux de l’industrie nucléaire. Ils sont, comme l’a justement dit Mme Fiat, des lanceurs d’alerte, et contribuent à avertir la société des dangers qu’elle court à fermer les yeux. Pour l’instant, la réponse que donne le gouvernement est exactement celle d’un État policier. Cela n’est plus acceptable.

https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-il-faut-que-l-Etat-cesse-de-mentir

Fév 16

« LA POSTURE NUCLÉAIRE AMÉRICAINE CRÉE DES POSSIBILITÉS D’ESCALADE »

Un entretien de François d’Alançon avec Benoît Pelopidas, professeur associé à Sciences-Po

François d’Alançon: L’évolution de la posture nucléaire américaine augmente-t-elle le risque de prolifération et de conflit nucléaire ?

Benoît Pelopidas : La posture ne dit pas la réalité de l’arsenal nucléaire américain tel qu’il est aujourd’hui ou tel qu’il sera à la fin de ce mandat présidentiel. Ceci dit, en termes de conditions d’emploi, ladite posture affiche un abaissement du seuil nucléaire. Si par conflit nucléaire, on entend emploi d’armes nucléaires initié par les États-Unis, ce document annonce que cette possibilité est aujourd’hui plus grande.

D’aucuns avanceront que ces gesticulations sont au service d’un effet dissuasif et ne changent pas grand-chose. Mais en annonçant que l’on va dissuader d’éventuels adversaires d’utiliser en premier, même de façon limitée, l’arme nucléaire en augmentant soi-même les options nucléaires, on crée des possibilités d’escalade en cas de crise ou de guerre.

L’affichage de l’administration Trump donne des arguments à ceux qui veulent défendre des investissements pour une augmentation quantitative et qualitative de l’arsenal nucléaire dans leur propre pays.

Cependant, le désir de prolifération, comprise comme la possibilité pour de nouveaux pays de se doter d’armes nucléaires, ne va pas renaître soudain à la suite de l’affirmation américaine. 

D’une part, la modernisation massive de l’arsenal nucléaire américain ainsi réaffirmée avait été amorcée sous l’administration précédente. D’autre part, le souhait de développer des systèmes d’armes nucléaires n’est pas universel. La plupart des États n’ont jamais tenté de se doter de ce type de systèmes d’armes et un grand nombre a préféré y renoncer, pas seulement par incapacité, comme la Suède et l’Afrique du Sud.

On compte très peu d’États proliférant après la guerre froide et l’accord sur le nucléaire iranien résout la question de l’Iran au moins pendant le temps de son application.

F.A.: L’Allemagne appelle l’Europe à lancer de nouvelles initiatives pour le désarmement. La France et le Royaume-Uni sont restés très discrets. Comment analysez-vous ce décalage ?

Le document de la coalition gouvernementale à Berlin ne marque pas de changement majeur d’orientation politique de l’Allemagne : elle a traditionnellement soutenu la maîtrise des armements et des zones exemptes d’armes nucléaires avec pour objectif de long terme un monde sans armes nucléaires. Dans le même temps, l’Allemagne maintient qu’une négociation avec la Russie est un préalable à tout changement relatif à la présence des armes nucléaires tactiques de l’Otan sur son sol.

En France, il semble que les partisans d’investissements substantiels dans l’arsenal nucléaire ne souhaitent pas ouvrir la discussion sur le sujet. Les rares voix qui s’expriment présenteront plutôt les dépenses engagées par les autres États nucléaires dans leurs arsenaux comme un argument en faveur des dépenses de modernisation. C’est un moyen d’escamoter une réflexion stratégique large sur la question et de présenter comme une évidence dictée par des circonstances extérieures, un choix qui engage la communauté politique sur des décennies.

F.A.: Les accords de désarmement entre les États-Unis et la Russie sont-ils menacés?

Les deux accords principaux de maîtrise des armements entre les États-Unis et la Fédération de Russie sont le traité New Start, entré en vigueur en février 2011, et le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (INF) entré en vigueur en juin 1988. Le premier expire en février 2021 et il est très improbable que les deux États parviennent à un accord d’ici là.

Le second traité (INF) est menacé dans la mesure où la Russie l’a violé en déployant un missile de croisière prohibé, selon les accusations américaines émises depuis 2014. De son côté, le Congrès américain a approuvé le développement par les États-Unis d’un missile de croisière qui, lui aussi, violerait l’accord. Ce texte, qui marquait un progrès inédit au moment de sa signature avec la suppression d’une classe entière de systèmes d’armes nucléaires, semble à l’agonie.

Propos recueilli par François d’Alançon ,

https://www.la-croix.com/Monde/posture-nucleaire-americaine-cree-possibilites-descalade-2018-02-16-1200914231

Fév 16

LES NOUVELLES MENACES NUCLÉAIRES

À court terme, le Pentagone va modifier un petit nombre d’ogives de missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS) « afin de fournir une option de faible puissance » et pour « disposer d’une option de réponse rapide capable de pénétrer les défenses de l’adversaire ».

À plus long terme, les États-Unis chercheront à se doter d’un missile de croisière à lanceur naval (SLCM) à charge nucléaire. Par ailleurs, les États-Unis poursuivront la modernisation de l’arsenal nucléaire existant, initiée par l’administration Obama, après avoir mis en avant un agenda favorable au désarmement nucléaire.

Quelle est la doctrine russe ?

Depuis 1991, la Russie a renforcé la place des armes nucléaires dans sa politique de défense. La doctrine militaire envisage depuis 2000 l’emploi d’armes nucléaires dans les conflits régionaux conventionnels : elle pose que la menace d’une frappe nucléaire limitée devrait favoriser la désescalade d’un conflit régional.

Vladimir Poutine a même reconnu, au printemps 2015, qu’il était prêt à mettre les forces nucléaires russes en alerte pendant l’annexion de la Crimée en cas d’escalade de la crise. La Russie vise à s’assurer la maîtrise complète de son étranger proche par un mélange d’intimidation nucléaire, de capacités conventionnelles et de moyens d’action clandestins.

Selon Washington, la Russie contourne les obligations du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) signé en 1987 entre les États-Unis et l’URSS. Il s’agit du dernier élément du régime de maîtrise des armements en Europe encore en place, avec le traité New Start signé en avril 2010 et expirant en février 2021.

Que fait la France ?

La France s’en remet à une posture dite de « stricte suffisance » en faisant reposer le format de son arsenal, en volume et en caractéristiques techniques et opérationnelles, sur l’appréciation de ce que constitueraient, pour tout adversaire potentiel, des dommages inacceptables. L’arme nucléaire a une fonction strictement défensive visant à décourager une agression d’origine étatique contre les intérêts vitaux du pays.

L’arsenal nucléaire français a deux composantes, la composante océanique avec quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), et la composante aéroportée avec deux escadrons de chasse. Il offre un degré de flexibilité jugé suffisant pour mener à bien une frappe d’avertissement nucléaire et la conduite de représailles visant les centres de pouvoirs adverses.

La modernisation prévue des deux composantes nécessitera des financements croissants. Les dépenses d’équipement liées à la dissuasion devraient passer de 3,9 milliards d’euros en 2017 à près de 6 milliards d’euros en 2025, soit une augmentation annuelle continue d’en moyenne 300 millions d’euros jusqu’en 2025.

Quelle est la doctrine du Royaume-Uni ?

La doctrine nucléaire du Royaume-Uni repose sur des principes proches de ceux de la France. La détention d’armes nucléaires vise à prévenir un conflit qui porterait atteinte aux intérêts vitaux de la Nation. Le Royaume-Uni privilégie la notion de recours ultime mais n’exclut pas un usage sous-stratégique ou pré-stratégique, y compris en première frappe, contre des États nucléaires et non nucléaires qui menaceraient leurs intérêts vitaux.

Depuis la décision en 1995 de supprimer la composante aéroportée, la dissuasion nucléaire britannique repose sur la seule composante océanique composée de quatre SNLE, équipés de missiles Trident, de conception américaine. Londres a renoncé à maîtriser l’ensemble de la filière technologique nucléaire et intégré l’usage de ses forces à la réponse qu’apporterait l’Otan en cas d’agression. Le parlement a approuvé en juillet 2016 le renouvellement du programme nucléaire Trident pour un coût d’au moins 41 milliards de livres (47 milliards d’euros).

Que sait-on de l’arsenal nucléaire nord-coréen ?

La série d’essais de missiles réalisée en 2017 suggère que la Corée du Nord aurait réussi à développer des missiles à portée intercontinentale capables de frapper le territoire des États-Unis, même si des doutes subsistent sur la capacité du vecteur, – le missile Hwasong 15 –, à porter une charge nucléaire sur une telle distance et à frapper précisément une cible.

Par ailleurs, la Corée du Nord a conduit six essais nucléaires depuis 2006. Le dernier essai, en date du 3 septembre 2017, a dégagé une puissance estimée entre 100 et 370 kilotonnes.

En quoi consiste le traité d’interdiction des armes nucléaires adopté en juillet 2017 ?

122 États membres de l’ONU sur 192 ont adopté, le vendredi 7 juillet 2017, un traité d’interdiction des armes nucléaires. Ce texte, ouvert à la ratification le 20 septembre 2017, entrera en vigueur quand il aura été ratifié par cinquante États et ne s’appliquera qu’à ceux qui l’auront signé et ratifié.

Le traité vise à mettre les armes nucléaires hors la loi comme le sont les armes biologiques depuis 1972 et les armes chimiques depuis 1993. L’Autriche, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud, la Suède, l’Irlande et la Nouvelle-Zélande ont été en pointe pour le défendre.

Sa portée devrait rester essentiellement symbolique car les neuf pays détenteurs de la bombe, les cinq puissances nucléaires membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine) et les quatre autres (Israël, Inde, Pakistan et Corée du Nord), n’ont pas adhéré au traité, de même que les pays de l’Otan et le Japon.

Les partisans du traité affirment que l’établissement d’une norme juridique internationale forte fera monter la pression sur les États détenteurs. Ses détracteurs estiment que le désarmement nucléaire doit être progressif et négocié pour tenir compte des impératifs de la sécurité internationale.

Le Traité de non-prolifération nucléaire

Signé en 1968 et entré en vigueur en 1970, le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) repose sur la distinction entre les États dits dotés de l’arme nucléaire, ayant effectué un essai nucléaire avant le 1er janvier 1967, et les autres États, dits non dotés : les premiers (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine) s’engagent à ne pas aider un autre pays à acquérir des armes nucléaires ; les seconds s’engagent à ne pas développer d’armes nucléaires.

Malgré le TNP, quatre États se sont dotés officieusement de l’arme nucléaire (le Pakistan, l’Inde, Israël, non-signataires du traité, et la Corée du Nord, retirée du TNP en 2003).

D’autres pays ont depuis renoncé à leur programme nucléaire militaire, comme le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du sud, la Suisse et la Suède. L’Iran est considéré comme tout près du seuil d’acquisition de l’arme.

François d’Alançon ,

https://www.la-croix.com/Monde/nouvelles-menaces-nucleaires-2018-02-16-1200914239

Fév 16

« LA FRANCE DOIT PRENDRE UN RÔLE MOTEUR DANS LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE »

Le secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais atomiques, Lassina Zerbo, prône le dialogue après l’escalade de la Corée du Nord en 2017.

Ouvert à la signature en 1996, le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) prohibe tous les types d’essais quelle que soit leur puissance. Il a été signé par 183 États et ratifié par 159 d’entre eux dont la France, mais il n’est toujours pas entré en vigueur car 8 États possédant des capacités nucléaires significatives ne l’ont pas ratifié : les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël, l’Iran, la Corée du Nord et l’Égypte. En revanche, le système de surveillance internationale prévu dans le traité pour détecter les explosions nucléaires, grâce à des stations de mesure certifiées réparties dans le monde, progresse. À ce jour, 92 % des 337 stations prévues sont certifiées.

Secrétaire exécutif de l’Organisation du traité d’interdiction complète des essais nucléaires (OTICE), Lassina Zerbo a répondu aux questions du Monde.

L’année 2017, avec en septembre le sixième essai nucléaire nord-coréen, marque-t-elle l’échec de tous les instruments du désarmement nucléaire ?

Je préfère voir le verre à moitié plein, même si le contexte géopolitique reste morose. Si l’on prend l’OTICE comme un cadre permettant d’amener des États à discuter, on a progressé, et nous avons renforcé le dispositif de vérification des essais. Nous avons pu obtenir en une seule année que soient certifiées cinq stations de mesure, en Chine, pays qui a longtemps dit qu’il ne certifierait qu’une fois obtenue la mise en œuvre du Traité. Et nous avons une nouvelle station aux Galapagos. Ces deux points symboliques vont dans le sens de la crédibilité du système de surveillance mondial.

L’essai nord-coréen doit nous ramener à la réalité. Le leadeur Kim Jong-un dit qu’il ne veut pas se retrouver dans la situation de Saddam Hussein ou de Mouammar Kadhafi [qui ont été déposés après avoir renoncé à leurs armes nucléaires]. Il veut montrer ses muscles et bâtir une dissuasion. Je ne crois pas qu’il veuille employer l’arme nucléaire. Il dit : « Je fais des essais pour éviter qu’on ne m’attaque. » A-t-il raison ? Certainement pas, car la marche vers le désarmement est irréversible quoi qu’on en pense, la communauté internationale pousse vers ça.

Que faire alors avec la Corée du Nord ?

On n’est pas en mesure de lui tordre le bras, et il faut respecter ce pays, en raison de l’expertise de ses scientifiques, de sa résilience depuis trente ans, de sa capacité à faire des essais malgré les sanctions. Si les sanctions fonctionnaient il n’y aurait pas eu six essais.

Rien ne peut se faire sans compromis. La négociation est une nécessité. Or, la communauté internationale n’établit pas le cadre de ce dialogue. Les déclarations américaines récentes vont pourtant dans ce sens, c’est un premier pas. Mais il faut arrêter l’hypocrisie du système multilatéral : les États dotés de l’arme nucléaire sont perçus par les États non dotés comme n’ayant pas réalisé de pas significatif vers le contrôle des armements ou le désarmement.

Le Traité d’interdiction totale des armes nucléaires [le Ban Treaty, adopté par 122 pays à l’ONU en juillet 2017] est le produit de la frustration des pays non dotés. Il a eu le prix Nobel [remis en 2017 à la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, l’ICAN]. Mais qu’est-ce qui suit ? Rien ! On ne peut pas penser qu’une utopie peut devenir une réalité immédiate.

Le pas à franchir le plus simple, réalisable, dans le contrôle des armements au service de la non-prolifération, c’est la mise en œuvre du TICE, et celle du futur traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles. Je ne fais pas la promotion béate du TICE, mais j’utilise la situation géopolitique pour dire qu’il est le dénominateur commun qui peut amener les gens autour de la table.

Comment progresser, à l’heure où les États-Unis affichent une volonté de développer leurs armes et ont des déclarations tous azimuts peu lisibles ?

Il faut montrer que les institutions multilatérales sont plus fortes que les individus. Compte tenu des déclarations publiques récentes, la révision de la « posture nucléaire » américaine [publié par le Pentagone le 2 février] aurait pu être pire. Ils acceptent le moratoire sur les essais nucléaires, mais ils laissent la porte ouverte en cas de besoin.

Mais si les États-Unis vont à la prochaine conférence d’examen du Traité de non-prolifération (TNP) sans mettre le TICE en avant, ce sera le chaos car c’est le Ban Treaty qui va alors occuper tout le champ, et la division entre États dotés et non dotés conduira à un blocage total.

La situation laisse le champ libre aux pays proliférants. Les non dotés peuvent dire « ou bien vous mettez fin à tout, ou nous développons nos armes ». Mais elle peut aussi créer un sursaut d’orgueil parmi les États dotés qui pensent que le temps n’est pas venu de relancer le désarmement.

Quel rôle peut jouer la France ?

La France est le pays qui est allé le plus loin en matière de désarmement, en démantelant sa production de matières et ses sites d’essais, en ratifiant le TICE, en promouvant le Traité d’interdiction de la production de matière fissile… C’est un acquis qu’il faut vendre.

Tout cela est assombri par le fait que sa position ferme contre le Ban Treaty n’est pas comprise. Il faut créer un dialogue. Admettre que depuis quinze ans, le seul cadre qui a permis d’avancer est celui qui a conduit à l’accord iranien. Reconnaître qu’il existe des risques de cassure en vue des discussions du TNP en 2020. La France doit prendre un rôle moteur dans le désarmement en promouvant le TICE au conseil de sécurité, à l’ONU. Indépendamment de ce que fera la Corée du Nord, on n’a que cet instrument en main pour ramener la confiance.

L’Europe peut être un moteur pour relancer ce traité, en étant soutenue par la Russie et la Chine. Le président Macron suggère une « initiative pour la paix et le désarmement », dans l’esprit de la COP 21, c’est positif. Si cette conférence de Paris reconnaît le TICE, on placera de façon constructive la Chine et les États-Unis devant leurs responsabilités, et cela ouvrira une porte pour le dossier de la péninsule coréenne. Personne ne veut que la Corée du Nord dise : « Balayez d’abord devant votre porte. »

Pourrait-on, comme certains l’ont suggéré, convaincre l’Iran de revenir dans ce traité, alors qu’il l’avait signé et ouvert une station de mesures avant de tout quitter ?

C’est une bonne idée. Téhéran gagnerait à montrer des gages. Et si elle transmet ses données dans ce cadre, ce sera un pas pour restaurer les conditions de la confiance. Il ne faut pas nécessairement lier cette démarche à l’accord signé sur le nucléaire en 2015.

Propos recueillis par Nathalie Guibert

http://www.lemonde.fr/international/article/2018/02/15/la-france-doit-prendre-un-role-moteur-dans-le-desarmement-nucleaire_5257532_3210.html

Fév 15

LES CHERCHEURS APPELÉS À APPROFONDIR LES ÉTUDES SUR LES ESSAIS NUCLÉAIRES DANS LE SAHARA

ALGER- Le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a appelé, mardi à Alger, les chercheurs à poursuivre les efforts pour approfondir les études portant sur le thème des essais nucléaires dans le Sahara algérien.

Dans son allocution prononcée à l’occasion de la commémoration du 58ème anniversaire des essais nucléaires de la France dans le Sahara algérien (13 février 1960- 13 février 2018) organisée par le Musée national du Moudjahid en présence des ministres de la Communication et de l’Environnement ainsi que de personnalités nationales, le ministre a affirmé que la question des essais nucléaires « est l’un des volets fondamentaux de la mémoire nationale auquel l’on doit s’intéresser pour mettre en exergue ses effets destructeurs sur l’Homme et l’environnement« .

Zitouni a rappelé que le dossier des essais nucléaires fait l’objet d’une étude par les instances compétentes et figurait à l’ordre du jour des discussions lors de la réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau France-Algérie (CIHN) coprésidée par le Premier ministre Ahmed Ouyahia et son homologue français, le 07 décembre 2017.

Dans une déclaration à la presse, le ministre a rappelé que « ces crimes sont imprescriptibles » soulignant que « l’Algérie est en discussions pour trouver les solutions idoines, devant satisfaire l’Algérie en premier lieu« .

http://www.aps.dz/fr/algerie/69780-approfondir-les-etudes-sur-les-essais-nucleaires-dans-le-sahara-algerien

Fév 15

PISCINE ET TRANSPORT DE DÉCHETS NUCLÉAIRES : ÇA RISQUE GROS (3)

Le stockage des déchets radioactifs en « piscines » est excessivement dangereux : risque de brèche, d’attaque, dangerosité des transports, etc. La France est un des rares pays à n’avoir pas opté pour l’entreposage à sec, bien plus sûr.

Cet article est le troisième d’une série de quatre que Reporterre consacre au stockage des déchets radioactifs en « piscine ». Mardi 13 février, nous avons révélé la volonté d’EDF de construire un stockage géant de déchets nucléaires à Belleville-sur-Loire (Cher), mercredi nous avons expliqué pourquoi les piscines de La Hague allaient déborder.

Les piscines d’entreposage de combustible usé de La Hague sont proches de la saturation ? Construisons-en une nouvelle à Belleville-sur-Loire ! Ce raisonnement des nucléaristes semble frappé au coin du bon sens ; mais il est ultra risqué. « Si l’on veut tirer le retour d’expérience de Fukushima pour la sûreté et du 11 septembre 2001 pour la sécurité, il est irresponsable de poursuivre sur la voie de l’entreposage de long terme en piscine », affirme Yves Marignac, consultant international et directeur de Wise-Paris, une agence associative d’étude et de conseil sur le nucléaire et l’énergie.

Côté sûreté, l’ingénieur en radioprotection Jean-Claude Zerbib et ses collègues signalaient déjà en 2011 le risque sismique pesant sur l’usine de retraitement de La Hague. « La magnitude du séisme à l’origine de la catastrophe de Fukushima était bien supérieure à celle du séisme historique retenu pour dimensionner les installations. »

Autre sujet de préoccupation, la brèche. À La Hague, le bassin d’entreposage, profond de 9 mètres, consiste en une coque en béton dans laquelle est installé un cuvelage en inox. Les assemblages de combustible usé y sont immergés sous un écran de 4,5 mètres d’eau qui protège les travailleurs des radiations. « Les piscines ne sont pas complètement enterrées, en cas de brèche dans les parois latérales, il resterait seulement deux mètres d’eau dans le fond de la piscine, les combustibles étant ainsi dénoyés de 2,50 mètres », alertent les auteurs. De plus, le bassin est monté sur deux rangées de plots, eux-mêmes disposés sur une deuxième cavité qui n’est pas étanche. « L’eau pourrait, dans [l’hypothèse d’un scénario catastrophe], se répandre dans les sous-sols de la piscine concernée, et compliquer très significativement le rétablissement de l’immersion des combustibles. Or, un trou de 10 centimètres de diamètre en fond de piscine conduit à une situation non maîtrisable par les procédures normales de sécurité. »

Au-dessus de la piscine, un simple bardage métallique

Le toit des bassins de La Hague est un autre talon d’Achille. « On nous parle en permanence des trois barrières de confinement du bâtiment réacteur. Mais pour les piscines, il y a la gaine, première barrière ; puis l’eau, si tant est qu’on puisse la considérer comme une barrière de confinement, ce qui est vraiment limite ; puis plus rien, le bâtiment n’est pas étanche », explique Yves Marignac. Les murs sont « en béton assez épais en bas, puis beaucoup plus fin en haut, avec de simples bardages métalliques sur le toit — un simple toit de hangar ». Pas uniquement pour des raisons de coût : « Les combustibles échauffent l’eau, qui à son tour fait chauffer l’air du bâtiment. La ventilation naturelle à travers un toit qui n’est pas étanche contribue à évacuer toute cette chaleur », explique l’expert.

Un dispositif jugé bien pratique… jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001. Dès le 26 septembre 2001, Wise-Paris avait publié un « briefing » consacré au risque de chute d’avion sur les installations nucléaires. Conclusion : l’usine de La Hague, où sont entassées plus de matières nucléaires que dans n’importe quelle centrale [1], est particulièrement vulnérable. L’agence a calculé qu’en cas d’incendie sur la plus petite piscine, la quantité de césium rejetée dans l’environnement pourrait être soixante-sept fois supérieure à celle émise lors de la catastrophe de Tchernobyl [2].

Le risque de chute d’avion toujours sous-évalué

Le risque d’un avion de ligne a longtemps été écarté par l’exploitant de La Hague — trop improbable. En 1998, en pleine enquête publique pour l’augmentation des capacités d’entreposage de l’usine, « Cogema et l’Autorité de sûreté nucléaire avaient retenu l’hypothèse de la chute d’un bimoteur, mais jugé trop improbable le risque accidentel de chute d’un avion gros-porteur (moins de 1 sur 100 millions), rappelle Areva. Le risque d’un écrasement volontaire d’un avion commercial sur l’usine et a fortiori sur les piscines demeure lui aussi extrêmement faible ».

Juste après l’attaque contre les tours jumelles du World Trade Center, des lance-missiles avaient été positionnés autour de l’usine pour parer une éventuelle attaque. Mais le dispositif avait été rapidement levé au motif qu’un avion de chasse pourrait rapidement intercepter un gros-porteur en perdition. Il y a bien une réglementation encadrant strictement le survol d’installations nucléaires en France — il est interdit de pénétrer l’espace aérien dans un périmètre de dix kilomètres autour et de 1.524 mètres au-dessus de La Hague. Mais cela n’a pas empêché un engin de Greenpeace de voler, fin 2011, dans la zone interdite au-dessus de l’usine, comme en témoigne la vidéo postée par l’organisation en mai 2012.

Depuis 2013, les survols d’installations nucléaires par des drones — dont Greenpeace a démenti être l’instigateur — se multiplient. Le 19 octobre 2014, quatre sites (Bugey, Gravelines, Chooz, Nogent-sur-Seine) ont été survolés simultanément, « laissant penser qu’il s’agissait d’une opération coordonnée », a estimé Greenpeace. Dès le 30 octobre, le ministre de l’Intérieur de l’époque, Bernard Cazeneuve, avait appelé à recourir aux « dispositifs de neutralisation » contre ces objets volants. Cela n’a encore jamais été fait. Plus grave, en juillet 2017, un avion à réaction civil a survolé trois fois les zones interdites de Flamanville et de La Hague, rapporte Greenpeace.

La piscine de l’EPR sécurisée, mais quid des soixante-trois autres ?

La nécessité de protéger les installations a lentement fait son chemin. Le bâtiment combustible de l’EPR en construction à Flamanville est ainsi muni d’une « coque avion », double barrage en béton censé le protéger des crashs. « Cette disposition a été introduite après le 11 septembre 2001. Officiellement, il n’y a pas de demande spécifique liée à la sécurité, c’est juste qu’on a pensé qu’il fallait le faire », ironise Yves Marignac. L’ASN aurait également demandé à EDF de « bunkériser » sa piscine d’entreposage centralisée. Mais l’incertitude demeure sur le renforcement des soixante-trois piscines d’entreposage non protégées de France (celles des cinquante-huit réacteurs, les quatre de La Hague et celle de Creys-Malville). Ce sera un des enjeux de la quatrième visite décennale des réacteurs nucléaires [3], déterminante pour leur prolongation de fonctionnement au-delà des quarante ans initialement prévus et autorisés à ce jour.

La question de la sécurité ne se limite pas au risque de crash d’avion. Le 12 octobre, des militants de Greenpeace se sont introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle), ont franchi les deux barrières de sécurité et ont tiré un feu d’artifice juste à côté du bâtiment combustible. Comme toujours, la riposte a été judiciaire, conformément au délit d’intrusion créé en février 2015. Quelques jours plus tôt, l’organisation avait remis aux autorités une étude secrète commandée à un groupe international de sept experts indépendants, sur la vulnérabilité aux attaques extérieures des centrales nucléaires en général et des piscines d’entreposage non bunkérisées en particulier [4] « Faut-il attendre qu’un acte de malveillance survienne sur une centrale pour qu’EDF sorte enfin du déni dans lequel elle est engluée ? EDF doit agir dès maintenant en bunkérisant les piscines d’entreposage de combustible usé », insistait Yannick Rousselet dans un communiqué.

Accident, attaque, détournement… des transports à haut risque

Le transport est un autre maillon faible de la chaîne du combustible. « Transférer des combustibles en grande quantité d’une piscine à une autre n’est pas du tout simple, souligne Yves Marignac. Ce sont des opérations lourdes, qui nécessitent d’utiliser des châteaux de combustible, d’énormes cylindres en plomb et en béton dans lesquels on met les assemblages pour les transporter. » Le transport de ces châteaux monumentaux (environ 115 tonnes une fois chargés) se fait majoritairement en train, avec éventuellement un peu de route au départ et surtout à l’arrivée (l’usine de La Hague est à 40 kilomètres du terminal ferroviaire de Valognes). D’après l’IRSN (chiffres de 2009), 15 % des transports de matières nucléaires concernent le cycle du combustible : 200 chargements de combustibles neufs et 200 de combustibles irradiés, une cinquantaine pour le plutonium et une vingtaine pour le MOx. Les distances parcourues peuvent être considérables : « Toutes les semaines, deux semi-remorques banalisés contenant chacun 150 kilogrammes de plutonium (pour information, la bombe de Nagasaki en contenait huit) traversent la France sur plus de mille kilomètres de La Hague à Marcoule », alerte Greenpeace dans une fiche consacrée au transport de matières nucléaires. En effet, la filière nucléaire française, pas à une aberration près, a installé son usine de fabrication de MOx à l’exact opposé de l’usine de retraitement de La Hague.

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) identifie plusieurs des risques liés à ces transports : l’irradiation, la contamination [5], la criticité [6], ou encore la pollution chimique. Selon EDF, tout est sous contrôle : les emballages sont censés résister à des accidents et l’organisation du trajet est soumise à plusieurs textes comme le règlement de transport des matières radioactives de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et l’arrêté du 29 mai 2009 relatif aux transports de marchandises dangereuses par voie terrestre (dit « arrêté TMD »). Mais certaines conditions de sûreté laissent songeur Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire à la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad) : « Les essais portent sur la résistance aux chocs à 50 kilomètres/heure (chute de neuf mètres) sur cible indéformable, la résistance à la perforation (chute sur un poinçon d’une hauteur d’un mètre), la résistance à l’incendie (feu de 800 °C pendant trente minutes), la résistance à l’immersion (sous 200 mètres d’eau). Ces paramètres paraissent dérisoires face à certaines hypothèses d’accident. » Greenpeace abonde : « Ces convois transitent régulièrement sur des parcours qui soumettent ces emballages à des épreuves supérieures à leur résistance (par exemple des ponts de plus de 30 mètres de hauteur pour des emballages résistants à une chute de neuf mètres). »

Au risque d’accident s’ajoute celui d’attaque, de vol ou de détournement des combustibles usés par des terroristes. Pour prévenir le pire, les parcours et les horaires de ces convois sont gardés secrets et les véhicules sont escortés par la gendarmerie nationale. Mais dans leur documentaire « Sécurité nucléaire, le grand mensonge » (à partir de 31:07), les journalistes Éric Guéret et Laure Noualhat montrent que Yannick Rousselet et d’autres militants de Greenpeace n’ont mis que quelques mois à déterminer les fréquences, les horaires et les parcours exacts des combustibles usés. Ils ont même pu suivre un chargement de plutonium à destination de Marcoule sur des centaines de kilomètres, le doubler et se mettre en situation de l’attaquer du sommet d’un pont, sans jamais être repérés ni inquiétés. Glaçant, quand une étude menée en 2003 par l’IRSN sur la résistance des conteneurs de transport de plutonium à l’impact d’une roquette antichararme prisée des terroristes — démontre que cet emballage ne résisterait pas et que du plutonium serait rejeté dans l’environnement.

Qui pour s’assurer que les murs du bâtiment piscine sont suffisamment épais en cas d’attaque ?

Comment s’assurer que tous ces risques seront pris en compte dans la conception de la nouvelle piscine d’entreposage centralisé d’EDF ? « C’est un sujet qui va être extrêmement délicat, anticipe Yannick Rousselet. Difficile de savoir jusqu’où l’ASN ira dans la communication des documents de référence sur la sûreté, parce que ça va se heurter à la sécurité et au secret défense. » Les informations vont avoir d’autant plus de mal à filtrer qu’en France, contrairement à de nombreux autres pays nucléarisés, l’ASN n’est pas chargée des questions de sécurité [7] « Ce qu’elle va regarder, c’est le risque sismique, le risque de fuite par siphonage ou des choses comme ça, explique le chargé de campagne de Greenpeace. L’épaisseur des murs pour résister à une attaque terroriste à base de TNT, l’ASN ne peut pas s’en occuper. Le responsable officiel et légal de ce genre de question est le Haut Fonctionnaire de défense et de sécurité [HFDS] auprès du ministère de l’Énergie. »

Ce dernier est chargé de toutes les mesures de protection des activités nucléaires civiles contre les actes de malveillance. Mais pour Yannick Rousselet, il « n’a pas, dans ses services, les moyens de l’expertise technique ». Autrement dit, il s’intéresse davantage à la lutte contre les intrusions qu’à la résistance des matériaux en cas d’attaque. Idem pour le commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire (Cossen), un service de la gendarmerie nationale d’environ soixante-dix personnes créé par décret le 20 avril 2017 dans le cadre du plan d’action contre la radicalisation et le terrorisme du 9 mai 2016 (à télécharger ici, mesure 68). « Ce service s’occupe de l’intelligence, de renseignement, de savoir si un attentat se prépare ; il s’occupe de la hauteur des clôtures, des caméras, des habilitations, des portiques. Mais il n’a aucune compétence en génie civil », déplore le chargé de campagne à Greenpeace.

L’entreposage à sec, une solution plus sûre pourtant négligée

Une des pistes d’amélioration de la sécurité serait donc de confier certaines questions de sécurité à l’ASN. Mais surtout, plaide Yannick Rousselet, d’opter pour l’entreposage à sec des combustibles usés, plébiscité dans la plupart des pays nucléarisés qui y trouvent une solution provisoire avant le stockage définitif. « Cela consiste à mettre les combustibles dans des conteneurs de 120 tonnes environ, puis dans des alvéoles en béton. Notre idée serait de mettre ça en subsurface, sous un tumulus en terre pour protéger l’ensemble des chutes d’aéronef. Ce serait inerte ! Et la radioactivité protégerait les combustibles usés de toute agression malveillante ou terroriste, puisque la dose serait létale à l’intérieur du conteneur. » L’entreposage à sec est également la solution préconisée par Yves Marignac. « La sûreté et la sécurité passives d’un entreposage à sec correctement fait sont, quoi qu’il arrive, intrinsèquement supérieures à ce qu’on peut faire avec une piscine, affirme-t-il. Dans un entreposage à sec, on évite l’effet d’emballement et de lâcher massif de matières radioactives, parce que les assemblages de combustible sont séparés dans différents châteaux et que chaque château offre à la fois une protection contre les agressions extérieures et un confinement. »

L’ironie est qu’Areva est un des leaders mondiaux des solutions d’entreposage à sec et les exporte très bien — fin 2015, il avait déjà vendu plus de 900 solutions d’entreposage à sec aux États-Unis, qui ont signé un dernier contrat en mars 2016 pour 184 millions d’euros de conteneurs Areva Nuhoms.

Alors, pourquoi avoir choisi de construire une nouvelle piscine d’entreposage plutôt qu’un entreposage à sec ? Parce que la filière française du nucléaire n’a pas encore renoncé à sa filière de retraitement, malgré sa faillite évidente. Ce sera l’objet du quatrième volet de notre enquête.

Notes :

[1« Le site des installations Cogema de La Hague est celui où le scénario de chute d’avion serait le plus extrême en matière d’impact sur l’environnement et la santé des populations : les installations de retraitement de combustible usé du nord Cotentin représentent en effet un inventaire de matières radioactives de plusieurs ordres de grandeur supérieur à celui d’une centrale nucléaire. Le site est en particulier utilisé pour l’entreposage de milliers de tonnes de combustible irradié, de dizaines de tonnes de plutonium séparé et de centaines de mètres cubes de déchets hautement radioactifs », peut-on lire dans le briefing.

[2] L’agence s’est penchée sur l’hypothèse d’un feu causé par un « accident majeur ayant des causes internes » dans la piscine d’entreposage D, la plus petite, en supposant qu’elle n’était remplie qu’à moitié — soit, à l’époque, 1.745 tonnes de combustible usé — et que 100 % du césium contenu dans le combustible serait relâché. Résultat, « un accident majeur dans cette piscine aurait jusqu’à soixante-sept fois l’impact dû au relâchement de césium (un produit de fusion de l’uranium qui peut contaminer durablement l’environnement – végétaux et animaux — et par conséquent l’homme s’il les consomme) lors de l’accident de Tchernobyl ». Pour rappel, trente-deux ans après l’explosion du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, le 26 avril 1986 en URSS, la zone d’exclusion de trente kilomètres autour de l’installation sinistrée est toujours inhabitable. À noter que l’IRSN, à qui le gouvernement avait demandé en urgence une contre-expertise de ce briefing, avait conclu que la fraction de césium relâchée serait plutôt de 10 % — au lieu de 100 %, hypothèse empruntée à la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC). Ce qui correspond à 6,7 fois au lieu de 67 fois. « Et encore, ce calcul de l’IRSN ne prenait pas en compte l’impact du feu de kérosène », précise Yves Marignac.

[3] Le premier réacteur à passer cet examen de passage sera le réacteur 1 de la centrale du Tricastin, en 2019.

[4] « La sécurité des réacteurs nucléaires et des piscines d’entreposage du combustible en France et en Belgique, et les mesures de renforcement associées », octobre 2017. Experts indépendants contributeurs du rapport : Oda Becker (Allemagne), Manon Besnard (France), David Boilley (France), Ed Lyman (États-Unis), Gordon MacKerron (Royaume-Uni), Yves Marignac (France) et Jean-Claude Zerbib (France). Rapport commandé par Greenpeace France.

[5] La contamination se produit si des personnes ingèrent, inhalent ou se mettent sur la peau des particules radioactives présentes sur le colis

[6] Si une réaction en chaîne se produisait à l’intérieur du colis, avec un rayonnement intense

[7] Cela pourrait être amené à évoluer. « Nous avons été chargés par la loi de transition énergétique d’une nouvelle mission : la sécurité des sources radioactives, actes de malveillance inclus, a annoncé le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, lors de ses vœux à la presse, lundi 29 janvier 2018. Nos premières inspections sur ce sujet auront lieu à la fin du deuxième semestre 2018. C’est important pour nous, car il s’agit d’un premier pas dans le domaine de la sécurité. »

Retrouvez cet article et la vidéo de Greenpeace survolant La Hague (1mn17s), sur : https://reporterre.net/Piscine-et-transport-de-dechets-nucleaires-ca-risque-gros

Source : Émilie Massemin pour Reporterre

Photos : © Orano/Areva sauf  cycle du combustible : © IRSN

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Fév 15

L’AVEN DE TAMANRASSET INTERPELLE DE NOUVEAU LA FRANCE

58ème anniversaire du premier essai nucléaire français dans le Sud algérien

Nous interpellons la France et les autorités algériennes pour que ces victimes soient réellement prises en charge. Il est temps de sortir du verbe et des paroles creuses pour aller vers l’action”, se lamente Abdelkrim Touhami, vice-président de Taourirt.

Cinquante-huit ans se sont écoulés passés depuis la première tragédie nucléaire française, survenue le 13 février 1960 dans le Sahara algérien, et toujours rien n’est acquis pour les victimes qui meurent à petit feu. L’association “Taourirt” des victimes des essais nucléaires (Aven) effectués à In Eker, dans la wilaya de Tamanrasset, saisit cette occasion pour lancer un énième cri de détresse face la prolifération inquiétante des maladies radio-induites dans ce vaste territoire du pays. Un cri qui dénote les souffrances d’une population en proie à une importante charge de morbidité imputée particulièrement au cancer. L’association qui mène un double combat contre l’oubli et le silence coupable des autorités algériennes, se remet encore une fois dans le contexte de la douleur vécue tous les jours par les populations des zones irradiées. “Nous interpellons la France et les autorités algériennes pour que ces victimes soient réellement prises en charge. Il est temps de sortir du verbe et des paroles creuses pour aller vers l’action. Il faut qu’on agisse dans les faits afin d’aider ces populations à se débarrasser de ce lourd boulet sanitaire traîné depuis l’Indépendance. Nous devons faire toute la lumière sur les répercussions de cette tragédie afin d’y remédier en définissant les responsabilités de tout un chacun”, se lamente Abdelkrim Touhami, vice-président de Taourirt. Joint par téléphone, notre interlocuteur se dit interpellé par les décès signalés presque quotidiennement dans les zones irradiées d’In Eker. La toute dernière étude réalisée par des experts fait ressortir un taux de 18 cancéreux sur 500 habitants. Un taux en-dessous de la norme fixée à 104 cas pour le même nombre d’habitants, précise-t-on. Sauf qu’à Tamanrasset, ce chiffre reste loin de la réalité puisque les malades ne consultent pas et nombreux sont ceux qui trépassent dans l’anonymat. Plus de vingt types de cancers sont répertoriés dans la wilaya, indique Boubakeur Ibba, SG de ladite association qui ne dispose ni de siège social ni de moyens financiers pour mener ses projets à terme. M. Ibba regrette le fait que les cancéreux reçus dans les structures sanitaires locales soient généralement au dernier stade et décèdent peu après le diagnostic. Le constat est plus qu’alarmant. Le cancer de la thyroïde qui est au 10ème rang, selon les registres du cancer du nord du pays, est en 4ème position à Tamanrasset, surtout chez les femmes. Outre cette localisation néoplasique, on note un taux particulièrement élevé de cancers du sein et cutanés qui diffèrent par leur présentation clinique de ceux observés dans le nord du pays. La menace radioactive, faut-il le dire, pèse sur la femme enceinte avec son lot de malformations chez le nouveau-né et est souvent à l’origine de la stérilité des hommes. À l’unité d’oncologie de l’EPH de Tamanrasset on a dénombré 100 nouveaux cas de cancer en 2017. Depuis la mise en service en 2015 de cette unité qui manque cruellement de médecins spécialistes et de radiothérapie, plus de 280 cancéreux ont été enregistrés à Tamanrasset, relève le président du conseil médical de cette structure hospitalière, Elias Akhamouk. “L’unité fonctionne avec un seul cancérologue. Si celui-ci décide de partir, les malades galèreront et on sera contraint de les évacuer de nouveau vers Alger ou Ouargla” regrette M. Akhamouk qui s’en est remis aux plus hautes autorités de pays pour se pencher sérieusement sur ce problème.

Article de RABAH KARECHE

https://www.liberte-algerie.com/centre/laven-de-tamanrasset-interpelle-de-nouveau-la-france-287084

Fév 15

À BURE, L’ÉTAT HARCÈLE LES OPPOSANTS À LA POUBELLE NUCLÉAIRE

Deux procès d’antinucléaires s’ouvrent aujourd’hui mardi à Bar-le-Duc. Ils sont l’écume de vagues répétées d’inculpation sous les prétextes les plus divers. L’objectif de cette stratégie judiciaire est de faire taire les opposants à la poubelle nucléaire de Bure.

Ce mardi 13 février au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc (Meuse) se joue un nouvel épisode dans la bataille judiciaire que semblent mener les pouvoirs publics contre les opposants à la poubelle nucléaire de Bure.

Deux procès, trois accusés, qui viennent s’ajouter à la longue liste des interpellés, gardés à vue, mis en examen, condamnés, qui s’allonge au fil des mois. Premier volet de cette énième audience, deux sexagénaires, retraités et militants historiques de la lutte antinucléaire, comparaissent pour dégradation du bien d’autrui commise en réunion et refus de prélèvement ADN. D’après l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), à l’origine de la plainte, ils ont activement participé le 14 août 2016 à l’abattage d’un mur dans le bois Lejuc, censé protéger la zone où elle projetait alors de réaliser les travaux préparatoires au chantier de Cigéo.

Comme l’avait raconté Reporterre, ce jour-là, 400 personnes se sont livrées à « un acte de sabotage collectif et joyeux », renommé poétiquement « la chute du Bure de Merlin ». Trois générations étaient présentes, des locaux, des militants historiques, des jeunes, des paysans, certains masqués, d’autres non, contre ce mur, symbole du passage en force de l’Andra. Quelques semaines plus tôt en effet, le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc avait condamné les défrichements illégaux de l’Andra et enjoint l’agence à réhabiliter la forêt dans un délai de six mois.

De son côté, l’Agence rappelle dans un communiqué publié sur son site qu’elle a été victime de dégradations s’élevant à 1,2 millions d’euros : « des opposants ont détruit un mur de protection construit autour d’une partie du bois Lejuc dont elle est propriétaire. L’Andra avait initié la pose de ce mur après la destruction d’une clôture plus légère, elle-même construite pour protéger les salariés, prestataires et le matériel de l’Andra après plusieurs actes malveillants commis par les opposants. Comme elle le fait systématiquement lorsqu’elle est victime d’actes illégaux, l’Andra a fait valoir ses droits et a porté plainte contre X. »

« Des centaines de mauvaises photos pixelisées prises par hélicoptère ne veulent rien dire »

Pourquoi alors cibler deux personnes en particulier parmi les centaines présentes ?

D’après le ministère public, les deux prévenus ont été identifiés grâce à des photos prises depuis un hélicoptère de la gendarmerie : « Un était vu en train de tirer sur une corde afin de faire tomber des éléments du mur, l’autre apparaissait en train de donner des directives », a détaillé Olivier Glady, procureur, à nos confrères de L’Est républicain..

Pour Me Ambroselli, l’avocat des deux opposants, « ce procès vise, en désignant deux boucs émissaires, à diviser l’ensemble du mouvement. Ils ont choisi de poursuivre non pas des “casseurs”, non pas des “zadistes”, mais deux retraités connus comme le loup blanc, engagés de longue date, pour faire peur à tous les militants associatifs ». Une opposante abonde : « Ce qui gêne les pouvoirs publics, c’est cette union entre des citoyens qui privilégient les moyens légaux de lutte, et d’autres, plus tournés vers la désobéissance civile. » Faire peur pour faire taire, attaquer en justice pour diviser sur le terrain.

Car, pour étayer les faits, le dossier pénal parait bien mince : « Des centaines de mauvaises photos pixelisées prises par hélicoptère ne veulent rien dire, estime Me Ambroselli. S’il faut condamner toutes les personnes qui étaient présentes le 14 août, on n’a pas fini d’avoir des procès ! » Une membre de l’équipe juridique de la lutte anti-Cigéo, qui a épluché le dossier, approuve : « Ce n’est pas à nous de faire la preuve de notre innocence. Il n’y a pas d’élément à décharge dans ce dossier ; nulle part, il n’y est fait mention de l’illégalité du défrichement, de la remise en cause de la propriété de l’Andra sur le bois. »

Son de cloche différent du côté de l’agence : « Aujourd’hui l’Andra n’a plus accès au bois dont elle est propriétaire, bois qui a été largement dégradé par les personnes qui l’occupent illégalement. Cette occupation rend également impossible l’accès au bois et son usage par les riverains que l’Andra souhaitait préserver autant que possible avant les travaux. »

Ce mardi sera jugé un autre opposant, un Meurthe-et-Mosellan de 22 ans poursuivi pour diffamation. Dans un témoignage livré au site Mediapart, il avait accusé un commandant de gendarmerie de l’avoir étranglé lors d’une manifestation le 18 février 2017.

Voici ce qu’il écrivait à propos de sa participation à la manifestation du 18 février, au cours de laquelle des grilles entourant les bâtiments de l’Andra ont été mises à terre : « J’ai voulu faire tomber une grille de plus, alors que le groupe se repliait (…) Malheureusement, j’ai fini plaqué au sol par un gendarme. L’interpellation a duré plusieurs longues minutes. Je n’arrêtais pas de leur parler, d’exprimer l’indignation contre ce projet (…) Mais le commandant Dubois est venu redonner par sa présence la force de la soumission qu’incarne sa supériorité hiérarchique. J’ai continué tout de même à parler, le commandant m’a étranglé pendant plusieurs longues secondes pour que je me taise. Je ne pouvais ni respirer ni parler. Des marques de strangulation seront notées par le médecin pendant ma garde à vue. » À la suite de cette déclaration, le commandant Dubois a porté plainte pour diffamation.

« Tout devient prétexte à jugement : ainsi, on nous construit des carrières judiciaires » 

Dégradation en réunion, diffamation : des procédures « ordinaires », pourrait-on dire. Si ces deux procès cristallisent autant l’attention — un grand rassemblement est prévu devant le tribunal avec le soutien de plusieurs partis et organisations syndicales ou associatives —, « c’est qu’ils reflètent le tournant judiciaire de la répression et de la criminalisation du mouvement », estime Jean-Marc Fleury, de l’association des élus de Lorraine et Champagne-Ardenne opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs (Eodra). En un an, près de quinze procès contre des opposants anti-Cigéo ont eu lieu, donnant lieu à des condamnations, à des amendes ou à de la prison avec sursis. Lors de la première audience de l’année, le procureur de la République Olivier Glady a d’ailleurs prévenu qu’il n’était pas question « qu’une partie du territoire de la République échappe à l’application des règles de droit ».

En janvier, un militant, vivant à la Maison de la résistance à Bure lors de la perquisition du 20 septembre 2017, a écopé d’un mois de prison ferme pour rébellion et refus de test d’alcoolémie. « C’est tombé sur moi, mais ça aurait pu être n’importe qui d’autre, observe-t-il. Les gendarmes m’ont réveillé à 6 h du matin, ils m’ont bousculé, emmené manu militari. Oui, je me suis cogné la tête contre un mur, j’ai refusé le contrôle, je n’ai rien déclaré pendant la garde à vue, mais je ne suis coupable de rien ! C’est absurde, on n’a jamais vu une condamnation aussi lourde pour aussi peu de choses. »

Certains sont convoqués pour refus de prélèvement d’ADN, d’autres pour outrage. En mars prochain, un opposant connu pour cultiver un grand jardin sera jugé pour « port d’armes » : dans sa camionnette, les gendarmes auraient trouvé… une pelle à tarte, un câble électrique et deux opinels.

« À défaut de nous reprocher des faits concrets, on se retrouve à devoir répondre d’un véhicule mal garé ou d’une pelle à tarte, note un opposant qui préfère rester anonyme. Tout devient prétexte à jugement : ainsi, on nous construit des carrières judiciaires. Nous devenons connus de la justice, connus de la police, et donc suspects de tout. Nous nous retrouvons la cible de la surveillance et de la répression. » Ainsi, cette jeune femme qui, lors d’un banal contrôle d’identité dans une gare, découvre qu’elle est fichée S et est donc signalée comme « en lien avec des mouvements violents ». Son tort : être passée à Bure.

Ce harcèlement judiciaire pourrait s’intensifier dans les mois à venir, à la suite de l’enquête pour association de malfaiteurs lancée dans la foulée des dégradations commises à l’hôtel-restaurant de l’Andra à Bure en juin dernier. Dans ce cadre, cinq perquisitions ont été menées dans des domiciles d’opposants en septembre, et les convocations en audition libre se sont succédé. « Nous avons de bonnes raisons de penser que ces convocations vont aller en s’intensifiant au cours de l’année 2018 et qu’elles visent à nourrir une procédure bien plus lourde destinée à étouffer la lutte avec sa judiciarisation et une intimidation policière », écrit l’équipe juridique du mouvement. « L’association de malfaiteurs institue un cadre pervers, car tout le monde peut s’y retrouver : les associations qui aident financièrement, les gens qui hébergent, les agriculteurs qui prêtent du matériel. Cela crée une psychose car tout ce que nous faisons et déclarons peut être retenu contre nous », observe un militant qui s’est penché sur la question.

En parallèle, la pression policière s’intensifie à Bure et alentour

Pour les associations antinucléaires, « ce dispositif judiciaire s’appuie sur une motivation politique qui a pour objectifs de décourager les personnes de plus en plus nombreuses rejoignant le mouvement antinucléaire et de construire de toutes pièces une grossière image d’organisation pré-terroriste, d’un dangereux réseau de militant-es écologistes français et même étrangers ». Face à « cette pluie de convocations », elles ont lancé une pétition et un appel à la mobilisation dénonçant « une campagne de diabolisation, uniquement destinée à justifier une répression de plus en plus lourde » : désormais, « tout est prétexte à nous convoquer, devant les gendarmes jusqu’aux tribunaux. On nous filme, on nous fiche, on prend nos empreintes digitales et notre ADN, on perquisitionne nos outils de communication et nos maisons, on nous surveille : on nous harcèle. »

En parallèle de la judiciarisation de la répression, la pression policière s’intensifie à Bure et alentour. Au bois Lejuc, les opposants voient arriver chaque semaine des gendarmes agressifs : « Certains nous lancent des insultes homophobes, nous provoquent, ils urinent sur les barricades », témoigne l’un des habitants. Plusieurs personnes nous ont par ailleurs indiqué qu’une équipe de gendarmes de Toulouse aurait explicitement fait référence à la répression menée à Sivens afin d’intimider les opposants. Pour les gens du coin, il est devenu impossible de se déplacer sans être contrôlé, filmé, photographié. Un habitant de Bonnet, à quelques kilomètres de Bure, nous fait part de sa lassitude : « Des véhicules banalisés s’arrêtent régulièrement devant chez moi. Pourtant, ils ont déjà pris des dizaines de photos et connaissent ma plaque d’immatriculation par cœur. Que veulent-ils de plus ? » Comme d’autres, il a pris l’habitude lui aussi de filmer et de photographier ces intrusions. « Témoigner de ce que nous vivons, c’est notre meilleure réplique », assure-t-il.

Pour le moment, loin de se scinder, le mouvement semble garder sa farouche détermination et son sens de l’humour : ce mardi, des places pour assister à « la comédie andra-matique ’Les inculpés du mur’, au théâtre de la Justice, par la compagnie Les hiboux de Bure » seront distribuées.

https://reporterre.net/A-Bure-l-Etat-harcele-les-opposants-a-la-poubelle-nucleaire

Fév 15

LES ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS DES ANNÉES 1960 TUERAIENT ENCORE AUJOURD’HUI EN ALGÉRIE

La France a effectué des essais nucléaires dans les années soixante en Algérie. La région de Reggane au sud de l’Algérie resterait contaminée. Cette contamination radioactive peut provoquer des mutations génétiques et des changements irréversibles de tous les organismes vivants même de nos jours.

Les essais de bombes nucléaires peuvent avoir des suites fâcheuses sur les algériens pour une longue période. Le nombre de victimes des essais reste inconnu. Les seuls chiffres qui apparaissent dans des archives d’un membre français de l’Église, évoquent 42.000 victimes. Il y a trois ans, le ministère français de la Défense a déclaré que le nombre de victimes était de 27.000 personnes. Ce sont des soldats français et des habitants algériens des environs. Cependant, le taux de mortalité par cancer et d’autres maladies liées au nucléaire n’est pas dévoilé. Jusqu’à aujourd’hui, les zones contaminées restent dangereuses pour la vie et la santé. Le représentant des «Prisonniers du Désert» (un groupe de personnes qui ont purgé une peine dans les régions désertiques de l’Algérie de 1992 à 1996) Nureddin Mauhub a déclaré que de nombreux prisonniers ont été irradiés pendant leur séjour dans les prisons du désert.

L’ingénieur nucléaire Ammar Mansuri a annoncé au journal Al-Arabi al-Jadid, qu’en réalité il y avait eu plus d’explosions nucléaires en Algérie. « La France a effectué 13 essais nucléaires souterrains, 4 essais nucléaires aériens, 4 essais avec du plutonium et 35 autres essais.« 

Selon lui, les documents sur les essais nucléaires ont été transférés au gouvernement algérien, il n’y a que 10 ans. Les informations de certains documents restent classées « secret« . Voilà pourquoi aucune observation ou étude systématique n’a été menée dans la région au cours du siècle dernier. Par conséquent, aucune mesure adéquate n’a été prise pour réduire l’impact négatif sur l’environnement. Il est difficile de dire à quel point le niveau de pollution a changé au cours des dernières décennies et à quoi s’attendre dans l’avenir.

Le gouvernement algérien affirme que la superficie de la zone contaminée est supérieure à 100 km2, rapporte le site du journal Al-Arabi al-Jadid. Cependant, les problèmes ne concernent pas que cette zone. C’est un territoire désertique et les vents transportent des particules contaminées sur les territoires voisins. Maintenant, il est nécessaire d’étudier le niveau de rayonnement dans le désert pour déterminer les frontières de la zone contaminée.

Le 13 février 1960 dans la région de Reggane au sud de l’Algérie colonisée, la France a effectué son premier essai nucléaire. Au total, 17 essais nucléaires ont eu lieu sur les 6 années suivantes, d’après les données officielles.

https://fr.sputniknews.com/defense/201802141035151154-essais-bombe-algerie/

Fév 15

LA MONTÉE EN PUISSANCE DES ÉNERGIES RENOUVELABLES (ndlr: HORS FRANCE!)

Une étude de l’Institute for energy economics and financial analysis analyse plusieurs exemples concluant d’alimentation des réseaux électriques à parfois plus de 50% par les renouvelables.

Neuf grands marchés de l’énergie dans le monde ont porté à un niveau élevé la part de l’éolien et du solaire dans leur énergie, tout en assurant la sécurité de leur approvisionnement, selon une nouvelle étude de l’Institute for energy economics and financial analysis. « Ils offrent des exemples incontestables de la très rapide évolution de la production d’électricité », indiquent les auteurs du rapport.

Intitulé « Power-industry transition, here and now », le rapport présente des études de cas au Danemark, Australie (sud), Uruguay, Allemagne, Irlande, Espagne, États-Unis (Texas, Californie), Inde (État du Tamil Nadu).

En effet, ces 9 cas affichent déjà une part des renouvelables variables dans la production électrique comprise entre 14% et 53%, contre une moyenne mondiale de 5%, tout en bénéficiant de réseaux stables et fiables, comme en témoigne leur bon score SAIDI (« System average interruption duration index », indicateur standard de fiabilité des réseaux), à l’exception peut-être de l’Uruguay, dont le score est toutefois équivalent à celui d’autres pays au revenu par tête équivalent comme la Croatie (cf p.41).

Les approches mises en œuvre pour développer les renouvelables variables et assurer la stabilité du réseau sont aussi diverses que les profils. Ainsi, au Danemark, en Espagne et en Uruguay, le développement des renouvelables non variables (hydraulique, géothermie, biomasse, Centrale Solaire Thermodynamique) permet d’équilibrer la production (cf p.13).

Au Danemark (53%), les agrégateurs d’électricité éolienne sont chargés d’exploiter la réponse de la demande, et doivent s’engager sur leur production future, en mettant à contribution l’ensemble de leur portefeuille d’approvisionnement, et seront pénalisés s’ils ne tiennent pas leurs engagements (cf p.30).

L’Australie Méridionale s’assure 48% de son électricité par les renouvelables variables, en développant le stockage sur batteries avec l’aide de Tesla (cf p.24) et en exploitant les possibilités offertes par la réponse à la demande.

L’Uruguay est passé de 1% de solaire et d’éolien en 2013 à 32 % en 2017, en utilisant la complémentarité entre le solaire et l’éolien pour lisser la production, l’hydraulique pour équilibrer le réseau, et ses interconnexions avec le Brésil et l’Argentine en dernier ressort.

Les données sur les pannes d’énergie indiquent que les principales villes, dans les études de cas à l’échelle nationale, n’ont pas rencontré de problèmes de réseaux. Au contraire, ces données indiquent qu’elles comptent parmi les réseaux électriques mondiaux les plus robustes et qu’elles performent mieux que leurs paires.

Quant à la France, elle ne figure pas dans cette sélection de leaders

https://www.agefi.fr/asset-management/actualites/etude-texte-reference/20180214/montee-en-puissance-energies-renouvelables-240097

Pour télécharger le document (en anglais, 79pages) : 

http://ieefa.org/wp-content/uploads/2018/02/Power-Industry-Transition-Here-and-Now_February-2018.pdfhttp://www.agefi.fr/asset-management/actualites/etude-texte-reference/20180214/montee-en-puissance-energies-renouvelables-240097

Fév 15

NUCLÉAIRE : NICOLAS HULOT RÉPOND À MACRON (VIDÉO)

« On travaille à élaborer une méthode qui sera utilisée pour déterminer la trajectoire de diminution de la taille du parc nucléaire« , a indiqué le ministre d’État Nicolas Hulot, lors d’une audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, ce mercredi 14 février. Alors que le Président de la République, Emmanuel Macron, a indiqué hier, devant des journalistes, qu’il n’excluait pas l’option de construire de nouveaux réacteurs  <https://www.actu-environnement.com/dit-aujourdhui/722.html>  nucléaires, Nicolas Hulot a indiqué qu’il croyait à « un futur 100% renouvelable« . Cela nécessite « qu’on y aille à fond et qu’on change d’échelle ». La France a deux choix, a-t-il développé, « soit reconstruire des réacteurs nucléaires dont on sait qu’ils sont coûteux, (avec une logique implacable de non maîtrise des coûts…) et qu’ils laissent un héritage de déchets« , soit développer massivement les énergies renouvelables. « Ne montons pas dans le dernier wagon« , a-t-il mis en garde, prenant l’exemple de l’accélération de la Chine sur les énergies renouvelables.

Le ministre d’État souhaite faire de la consultation publique sur la future programmation pluriannuelle de l’énergie  <https://www.actu-environnement.com/ae/news/PPE-programmation-pluriannuelle-energie-debat-public-calendrier-modalites-CNDP-30644.php4>  (PPE), qui doit s’ouvrir en mars, « un grand rendez-vous démocratique pour dessiner une transformation très profonde de notre rapport à l’énergie »

Sophie Fabrégat (journaliste, rédactrice en chef adjointe)

Pour voir la vidéo de cette réunion (3h14mn41s) : http://videos.assemblee-nationale.fr/video.5559302_5a8452a217d96

Fév 14

LA QUESTION DU STOCKAGE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Mardi 13 février s’est déroulé à Bar le Duc le procès de trois militants qui ont démonté un mur construit dans le bois pour le centre d’enfouissement de Bure (Cigéo). Ce mur a pourtant été construit illégalement. Surtout, l’enfouissement des déchets d’une durée de vie de plusieurs milliers d’années fait porter des risques considérables sur les générations futures. Je tiens donc à manifester mon soutien à ces militants et vous inviter à en faire de même.

J’aimerais également revenir à cette occasion sur les modalités de stockage des déchets nucléaires. Car, que l’on soit pour ou contre la poursuite du nucléaire, une réalité s’impose à nous : l’obligation d’organiser le stockage des déchets radioactifs, et de le penser sur le long terme. Ils représentent un danger très sérieux, du fait de leur degré de radioactivité et de leur durée de vie, pour nous, les générations à venir et tous les êtres vivants. Ce qui est proposé à Bure est un enfouissement en couche géologique profonde. La loi Bataille de 1991 propose une organisation des axes de la recherche en matière de stockage, mais c’est du côté de son application qu’il faut aller voir pour remettre en perspective un projet comme celui de Cigéo à Bure. La loi Bataille prévoyait l’implantation de plusieurs laboratoires de recherche souterrains, or le second site du Gard, prévu pour permettre des recherches dans le granite, n’a pas vu le jour. Le choix – par défaut – de l’argile à Bure est donc en soi aujourd’hui questionnable.

Mais surtout, si l’on s’inquiète de la responsabilité que nous avons vis-à-vis des générations à venir, le choix de l’enfouissement en site profond pose la question de l’effectivité de la réversibilité, et appelle notre attention sur un certain nombre de points :

La question d’un stockage sur le très long terme – plus d’une centaine de milliers d’années – ne permet pas d’exclure le risque sismique, même dans un milieu argileux relativement stable. Les données historiques recueillies jusqu’ici ne peuvent être extrapolées sur une centaine de milliers d’années sans faire courir un risque majeur à celles et ceux qui nous succéderont. Il faut encore ajouter à cela le risque de déstabilisation de la zone par les nombreux forages qui seront pratiqués jusqu’en 2156 pour achever les galeries.

Cette question du temps pose également celle de la pertinence scientifique à concevoir des stockages inaccessibles après qu’ils auront été définitivement scellés – a fortiori dans des lieux susceptibles de contaminer durablement l’environnement en cas d’accident. Du point de vue de la réflexion scientifique, prendre aujourd’hui la décision d’interdire toute intervention future semble à tout le moins hasardeux compte tenu des progrès possibles.

Parallèlement à cette question se pose également le problème de la signalisation du site : l’enfouissement des déchets nucléaires s’inscrit dans un temps géologique qui n’est pas le temps des sociétés humaines ; comment dès lors concevoir un moyen durable de rendre visible et compréhensible le danger de ce site pour les générations lointaines quand on sait la rapidité et d’évolution des langues et des systèmes d’écriture ?

Parmi les risques que nous pouvons d’ores et déjà mesurer, il y en a un qui est lié au milieu du stockage. Si l’argile est une roche imperméable, sa saturation en eau permet de prévoir qu’au contact de la radioactivité, elle produira des quantités importantes d’hydrogène. Cette réaction présente des risques considérables d’explosions ou d’incendies, et bien qu’un certain nombre de garanties aient été présentées, l’expérience internationale confirme qu’il n’existe pas, de ce point de vue, de risque zéro. En cas d’incident, le stockage en couches géologiques profondes questionne notre capacité à intervenir efficacement et exclut le recours exclusif à des robots. Le cas de Fukushima, pourtant en surface, démontre d’ailleurs déjà que les niveaux de radioactivité et de complexité d’accès ne permettent de confier toutes les tâches à des robots. La France a déjà connu un précédent en matière de stockage profond de déchets toxiques, avec l’exemple de StocaMine en Alsace. L’incendie de 2002, causé par une réaction chimique des produits entreposés, a montré que le stockage profond (près de 500 m) ne permettait pas une intervention rapide et efficace. Deux semaines ont été nécessaires pour maîtriser l’incendie, sans que l’on ait pu éviter la contamination des sols, qui entrainera à terme celle de la plus grande nappe phréatique d’Europe. Cette prise de risque à une échelle si grande n’est pas acceptable.

Si le stockage en surface ne saurait sans doute constituer une solution pérenne, l’urgence à agir est relative en comparaison de l’urgence à continuer les recherches : prévu pour ouvrir en 2030, Cigéo n’accueillerait ses premiers colis qu’en 2075. Nous nous apprêtons à trancher sur des sujets pour lesquels notre expertise scientifique n’a guère plus de soixante ans. L’absence de décision ne vaut pas absence d’action.

L’industrie nucléaire nous met dans l’obligation de gérer des conséquences que nous ne maîtrisons pas ; c’est particulièrement le cas avec la question des déchets qui en sont issus. De la même manière que le stockage des déchets hautement radioactifs dans une mine de sel d’Asse en Basse-Saxe semblait présenter aux ingénieur.e.s des années 1960 toutes les garanties nécessaires en matière de sûreté, les certitudes que nous pouvons avoir aujourd’hui concernant le site de Bure pourraient s’avérer catastrophiques si elles nous conduisaient à prendre des décisions irréversibles. Plus récemment, en février 2014, l’incendie qui s’est déclaré dans le centre de stockage profond de déchets nucléaires au Nouveau Mexique n’a pu être maitrisé qu’après deux mois compte tenu des conditions d’accès et de la haute radioactivité des colis. Les travaux de nettoyage et de remise en état du site ne se termineront pas avant 2021, pour un coût dépassant deux milliards de dollars, assumés par les contribuables des États-Unis.

D’une manière générale, les solutions technologiques promises par l’industrie nucléaire à ses débuts tardent à voir le jour. Aujourd’hui, la quasi-totalité de la recherche sur les déchets est consacrée à l’enfouissement, quand il faudrait développer des solutions permettant de s’en débarrasser et de ne plus les léguer aux générations futures. Or des solutions alternatives à Cigéo existent ou existeront. La plus aboutie consiste à assurer un stockage sec en surface pour les déchets existants, tandis que seraient poursuivies les recherches en matière de stockage, conformément à la loi Bataille de 1991. Le fait que nous ne disposions pas aujourd’hui du savoir-faire nécessaire pour réduire la radioactivité des déchets nucléaires ne constitue pas une raison suffisante pour interdire aux générations futures de s’y essayer.

Ceci démontre qu’il est urgent de ne plus produire des déchets qu’on ne sait pas gérer et qu’il faut donc accélérer la sortie progressive mais continue du nucléaire.

https://blogs.mediapart.fr/barbara-romagnan/blog/140218/la-question-du-stockage-des-dechets-nucleaires

Article rédigé par Barbara Romagnan

Fév 14

DÉCHETS NUCLÉAIRES : LES PISCINES DE LA HAGUE VONT DÉBORDER (2)

Comme l’a révélé Reporterre (NDLR : voir article publié hier sur ce site), EDF projette de construire à Belleville-sur-Loire une « piscine » pour stocker des combustibles usés hautement radioactifs. Car les bassins de stockage existants, à La Hague, sont proches de la saturation. Un engorgement créé par un cycle de retraitement qui multiplie les types de déchets nucléaires.

L’objectif de ce nouvel équipement est de compléter les piscines de La Hague (Manche), qui risquent de déborder dans les années qui viennent. L’usine de retraitement dispose de quatre bassins, construits entre 1976 et 1985. Areva, qui exploite le site, a l’autorisation d’y entreposer au maximum 17.600 tonnes de métal lourd irradié. Fin 2016, 9.778 tonnes de combustibles usés y étaient entreposées.

Il reste de la marge, pense-t-on en voyant ces chiffres. Mais cette capacité théorique est surévaluée, selon Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France : « L’autorisation a été validée à partir du volume de la piscine, qui est un volume théorique. Or, à l’intérieur, il y a les “nymphéas” [des systèmes de refroidissement et de purification de l’eau]. Il y a aussi les racks vides où étaient entreposés les combustibles des réacteurs à eau bouillante, qui ne servent à rien mais qui ne sont pas retirés [1 <https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-les-piscines-de-La-Hague-vont-deborder#nb1> ]  ; et les allées vides pour faire circuler les racks dans le bassin sans les sortir de l’eau. Ce qui fait que la capacité théorique et la capacité réelle des piscines sont très différentes. » La capacité opérationnelle maximale n’est en fait que de 12.350 tonnes, confirme Yves Marignac, consultant international et directeur de WISE-Paris, soit  5.250 tonnes de moins que le volume réglementaire. D’ailleurs, fin 2016, EDF et Areva estimaient à 7,4 % seulement la capacité réelle d’entreposage encore disponible.

Malgré cela, les combustibles usés continuent d’affluer. « Tous les ans, 150 tonnes supplémentaires arrivent dans la piscine, indique Yannick Rousselet. Je calcule qu’il reste de la place pour environ 650 tonnes. 650 divisés par 150, ça fait un peu plus de quatre ans. Mais s’il survient un problème technique ou un problème de sûreté et que l’usine s’arrête, Areva sera bloquée en six mois. »

Un cycle du combustible qui crée quatre types de déchets : uranium usé, plutonium, uranium de retraitement, MOx

Pour comprendre pourquoi le dispositif de La Hague est en train de craquer, il faut faire un détour du côté du cycle du combustible. La France compte cinquante-huit réacteurs. Trente-six d’entre eux fonctionnent uniquement à partir d’oxydes d’uranium enrichi (UOx), et vingt-deux seulement [2 <https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-les-piscines-de-La-Hague-vont-deborder#nb2> ] avec du combustible MOx, qui se compose d’un mélange d’UOx avec un tiers d’un mélange de plutonium et d’uranium appauvri.

Le combustible UOx — ou combustible uranium — est fabriqué à partir d’uranium naturel issu de mines. Cet uranium est enrichi à Pierrelatte (Drôme) puis transformé en pastilles de combustible à Romans-sur-Isère (Drôme). Il alimente ensuite les réacteurs pendant trois à cinq ans. Une fois « usé », il est déchargé encore brûlant de la cuve et mis à refroidir quelques années dans une « piscine de désactivation » située à côté du réacteur, jusqu’à ce qu’il soit transportable.

Un lingot d’uranium hautement enrichi.

C’est à ce stade que les choses se compliquent. La France ayant fait le choix du « retraitement », les combustibles d’uranium usés sont acheminés jusqu’aux usines de La Hague. Là, ils subissent des opérations mécaniques et chimiques que l’on appelle retraitement. À son issue, on obtient trois produits : du plutonium (un élément qui n’existe pas à l’état naturel, mais est produit lors de la fission dans le réacteur nucléaire), de l’uranium de recyclage issu du traitement (URT) et des résidus de traitement inutilisables et très dangereux appelés actinides mineurs. Ces derniers sont stockés dans des colis vitrifiés en vue d’être enfouis dans les profondeurs de Cigéo <https://reporterre.net/La-demande-d-autorisation-de-creation-de-Cigeo-repoussee-a-2019> .

Quant au plutonium, il est acheminé à l’usine Melox de Marcoule (Gard), où il est utilisé pour fabriquer du MOx, en mélange avec de l’uranium appauvri (un sous-produit de l’enrichissement de l’uranium). Quant à l’uranium de recyclage issu du retraitement (URT), il a été enrichi à partir de 1994 pour devenir de l’uranium de recyclage réenrichi (URE). EDF a suspendu ce recyclage à partir de 2013, mais des stocks de combustible URE usés demeurent, dont 310 tonnes de métal lourd irradié (tMLi, l’unité de masse pour les combustibles irradiés) à La Hague.

On se retrouve au final avec quatre types de déchets radioactifs.

  • Combustible uranium usé. Ce système de recyclage laisse des centaines de tonnes de matières hautement radioactives au placard. « 1.200 tonnes de combustible usé sont déchargées chaque année des piscines des réacteurs mais le contrat de retraitement entre Areva et EDF ne concerne que 1.050 tonnes », relève Yannick Rousselet. Si bien qu’environ 150 tonnes de combustible d’uranium usé viennent s’entasser chaque année dans les piscines de La Hague.
  • Plutonium. Le plutonium est produit par le retraitement de l’UOx usé. Comme il pourrait être utilisé à des fins militaires et pour éviter la prolifération, la France s’est engagée [3 <https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-les-piscines-de-La-Hague-vont-deborder#nb3> ] à ne produire que la quantité de plutonium nécessaire à la fabrication du MOx utilisé dans les réacteurs nationaux. Mais en pratique, la France n’a jamais respecté cet « équilibre des flux » : le stock de plutonium non irradié français atteint 63,4 tonnes fin 2015.
  • URT (uranium de retraitement). Cet uranium issu du retraitement s’accumule aussi : fin 2013, 17.000 tonnes de cette matière attendaient leur heure dans des fûts entreposés sur le site nucléaire du Tricastin – un stock qui pourrait grimper à 34.000 tonnes fin 2020.
  • MOx. Quant au combustible MOx usé, il n’est pas retraité. Et fin 2013, 1.200 tonnes de ce combustible mixte d’uranium et de plutonium étaient plongées dans les piscines de La Hague, sans perspective de réemploi.

Or, l’accumulation de MOx accélère le phénomène de saturation des bassins de La Hague. Dans un cahier <http://www.global-chance.org/IMG/pdf/JCZ-PiscinesLaHague-081211.pdf>  de l’association de scientifiques Global Chance daté de mars 2012, l’ancien ingénieur en radioprotection au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) Jean-Claude Zerbib, l’ancien technicien en radioprotection d’Areva Ghislain Quetel, et l’ancien ingénieur de la Direction des constructions navales (DCN) de Cherbourg André Guillemette rappellent que la capacité des piscines ne se calcule pas seulement en volume du bassin, mais également en capacité des batteries de réfrigération externes de l’eau. En effet, si l’activité des fameux « nymphéas » de refroidissement était insuffisante, l’eau s’échaufferait de plus en plus au contact des combustibles brûlants. Elle finirait par s’évaporer et ne jouerait plus son rôle de barrière contre les radiations, les combustibles ne seraient plus refroidis et le risque augmenterait d’une réaction en chaîne, avec rejets massifs de radioactivité dans l’atmosphère. Une issue tellement catastrophique qu’elle n’est pas prise en compte dans les scénarios de sûreté.

C’est pourquoi la température des bassins et de leur contenu, qui doit être maintenue aux alentours de 35 °C d’après M. Zerbib et ses collègues, est surveillée de près. Or, « les combustibles anciens ont vu leur dégagement d’énergie thermique décroître, mais il y a de plus en plus de nouveaux combustibles d’uranium entreposés, et des combustibles MOx, qui dissipent encore plus de chaleur », soulignent-ils. Autrement dit, à volume de combustible usé égal, la chaleur dégagée augmente, en particulier à cause du MOx. Et ce processus n’est pas près de s’inverser : « À la suite d’un accord entre EDF et Areva, entre 2007 et 2017, le traitement à La Hague ne portera que sur le combustible à uranium naturel enrichi [l’UOx]. Le stock de combustible MOx […] entreposé à La Hague ira donc en augmentant. » Conclusion, « le bilan thermique […] est certainement sous-évalué ».

EDF asphyxiée par les déchets nucléaires

Ce problème de saturation taraude la filière depuis plus de vingt ans. La nouvelle piscine d’entreposage centralisé est la dernière réponse qui y est apportée. Avant cela, d’autres solutions ont été appliquées. Tout d’abord, « densifier » les piscines en augmentant la charge thermique autorisée dans les bassins. Cela consiste à augmenter l’épaisseur d’acier inoxydable boré qui sépare les assemblages de combustible usé. Objectif : pouvoir les approcher les uns des autres sans craindre qu’ils se mettent à réagir entre eux et donc, en caser davantage. Par ce tour de passe-passe, la capacité maximale théorique des quatre piscines de La Hague a plus que doublé pour passer de 8.400 tonnes d’uranium en 1993 (soit environ 98 cœurs de réacteur) à 17.600 tonnes en 2003 (181 cœurs environ).

Mais cette solution a rapidement trouvé ses limites. À la fin des années 2000, confrontée à un risque croissant de saturation des piscines de ses cinquante-huit réacteurs, EDF a demandé à son tour l’autorisation de densifier les bassins situés à côté de ses réacteurs. « Mais en 2010, l’IRSN a rendu un avis défavorable à la densification, parce que la sûreté des piscines commençait à faire débat, raconte Yves Marignac. Ensuite est survenue la catastrophe de Fukushima en mars 2011, avec l’immense crainte que tout le monde a eue d’un scénario d’emballement quand la piscine du réacteur numéro 4 a menacé de perdre son eau. Si ce scénario du pire était advenu, il aurait fallu évacuer toute la population dans un rayon de 250 kilomètres, c’est-à-dire quasiment jusqu’à Tokyo ! Résultat, l’ASN a refusé l’autorisation de densifier les piscines. »

Il a donc fallu trouver autre chose. Surtout qu’« il y a eu une demande de l’ASN à EDF, dès 2011, de revoir sa politique de gestion du combustible » et en particulier du MOx « plus réactif et plus chaud », se souvient Yannick Rousselet. « Des discussions techniques ont eu lieu entre Areva, EDF et l’ASN, et il a été demandé à Areva de construire une nouvelle piscine à La Hague, spécifique pour les MOx. Cette discussion a duré jusqu’en 2014. Sauf qu’Areva a regardé les coûts et s’est dit qu’elle n’avait pas l’argent pour ça, vu sa situation économique catastrophique. Elle a annulé le projet et a reporté la responsabilité sur EDF, en lui disant de se débrouiller avec ses combustibles. »

NOTES :

[1 <https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-les-piscines-de-La-Hague-vont-deborder#nh1> ] « Parce qu’ils sont d’une géométrie différente, qu’Areva espère toujours signer un petit contrat à l’étranger et qu’il a peur de ne pas réobtenir les autorisations de sûreté de l’ASN pour les y remettre », précise Yannick Rousselet.

[2 <https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-les-piscines-de-La-Hague-vont-deborder#nh2> ] Les quatre réacteurs à 900 mégawatts (MW) de la centrale nucléaire du Tricastin, les quatre réacteurs à 900 MW de Dampierre, les six réacteurs à 900 MW de Gravelines, les deux réacteurs à 900 MW de Saint-Laurent-des-Eaux, les réacteurs 1 et 2 à 900 MW du Blayais et les quatre réacteurs à 900 MW de Chinon. Depuis le 30 mai 2013, EDF a l’autorisation du gouvernement pour utiliser, à partir de 2017, du MOx dans les réacteurs 3 et 4 à 900 MW du Blayais.

[3 <https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-les-piscines-de-La-Hague-vont-deborder#nh3> ] Dans un rapport remis dans le cadre de la Joint Convention on the Safety of Spent Fuel Management and on the Safety of Radioactive Waste Management, en 2011, la France a indiqué qu’elle « [adaptait] le flux des opérations de traitement/recyclage aux besoins de consommation dans le combustible MOx afin de minimiser l’inventaire de plutonium séparé ». La déclaration du Sommet de la sûreté nucléaire de 2014, signée par la France, appelle les États à « maintenir à un niveau minimum leurs réserves de plutonium séparé, ceci conformément aux besoins nationaux ».

  Cet article est le second d’une série de quatre que Reporterre consacre au projet de stockage des déchets radioactifs en piscine. Hier, nous avons révélé la volonté d’EDF de construire une piscine géante de déchets nucléaires à Belleville-sur-Loire (Cher).

https://reporterre.net/Dechets-nucleaires-les-piscines-de-La-Hague-vont-deborder

Fév 14

BURE REFUSE D’ÊTRE LA NOUVELLE LUTTE « À LA MODE »

« Pas de  »transfert de Zad‘ » à Bure, mais une lutte toujours plus intense et légitime contre un projet de poubelle nucléaire qui bat de l’aile. » Voilà le message lancé par les opposants historiques au projet de centre d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, peu après l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et juste avant la visite en Meuse du secrétaire d’État Sébastien Lecornu, le 29 janvier.

Quelques semaines après l’abandon par décision gouvernementale du projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes, qui a signé la victoire des militants de là-bas parmi lesquels se trouvaient de nombreux “zadistes”, Sébastien Lecornu s’est rendu le 29 janvier à Bure (Meuse) où existe une autre “zone à défendre” (Zad). L’objectif du secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire n’était pas de rencontrer ces opposants, mais de visiter la cause de leur courroux : un laboratoire scientifique installé dès 1994 pour analyser la possibilité de stocker, à 500 mètres de profondeur, les déchets radioactifs les plus dangereux des activités nucléaires françaises.

Ce projet de centre industriel de stockage géologique (Cigéo) annoncé pour 2025 divise la population locale depuis ses débuts, au sein d’une lutte éparse où se mêlent inquiétudes citoyennes, convictions anti-nucléaires et scepticisme scientifique.

Si certains militants de Notre-Dame-des-Landes devraient naturellement rejoindre cet autre terrain de lutte par leurs accointances idéologiques avec les opposants de Bure, ces derniers réfutent l’idée d’un « transfert de Zad » et refusent de voir leur longue bataille se résumer à un « effet de mode » militant : « Nous n’avons jamais revendiqué l’étiquette Zad », rappelle dans un communiqué du 23 janvier le Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra), agrégateur des principaux opposants historiques du projet Cigéo (Burestop55, Bure zone libre ou encore les habitants vigilants de Gondrecourt-le-Château). « Il n’y a pas de “transfert de Zad” à Bure, mais une lutte toujours plus intense et légitime contre un projet de poubelle nucléaire qui bat de l’aile. »

« Déni de démocratie »

Le combat contre Cigéo en Meuse s’est vu adjoindre une “zone à défendre” en 2015, à l’époque où le sénateur meusien Gérard Longuet avait tenté d’entériner la création de ce projet par un simple amendement ajouté à la “loi Macron”. Le Conseil constitutionnel a finalement invalidé ce tour de force législatif, et la Zad est restée : composée d’acteurs parmi les plus radicaux de cette lutte, elle se trouve aujourd’hui implantée dans le bois Lejuc à Mandres-en-Barrois, où elle a stoppé certains travaux de l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), en charge du développement de Cigéo.

Leurs opérations n’excluent pas la violence, un mode opératoire nouveau mais qui s’inscrit comme l’une des suites logiques du combat d’après un militant de longue date : « Je comprends la radicalisation de certains opposants, face à une sorte de déni de démocratie », expliquait en 2015 un élu communiste du village meusien de Ménil-la-Horgne, Claude Kaiser, qui évoque des débats publics tronqués et l’absence d’une consultation pourtant sollicitée par 60 000 habitants de la Meuse et de la Haute-Marne, à travers une large pétition. Illustration de ce déni de démocratie ressenti par certains : la mairie de Mandres-en-Barrois a cédé en 2015 le fameux bois Lejuc à l’Andra alors qu’elle s’était engagée à suivre l’avis de sa population, consultée par référendum sur la question (50 voix contre sur 86 suffrages exprimés).

« Seule solution crédible » pour traiter les résidus radioactifs émis par la France selon ses défenseurs, le projet Cigéo a « atteint dans son ensemble une maturité technique satisfaisante » d’après l’Autorité de sûreté nucléaire. Qui a néanmoins formulé mi-janvier des réserves quant aux risques liés au stockage de certains types de déchets et demandé des compléments d’information à l’Andra sur la sécurité des installations de ce futur centre.

Par Arnaud STOERKLER • Journaliste de La Semaine •

http://www.lasemaine.fr/2018/02/09/bure-refuse-detre-la-nouvelle-lutte–a-la-mode-

Fév 14

POURQUOI LE PROJET D’UNE NOUVELLE PISCINE GÉANTE DE DÉCHETS NUCLÉAIRES POSE-T-IL QUESTION?

POLLUTION : Les capacités de stockage du combustible usagé arrivant à saturation, EDF et l’Autorité de sûreté nucléaire planchent sur l’opportunité de construire un nouveau bassin en France. Les discussions seraient plus avancées que veut le faire croire l’énergéticien.

EDF voulait rester discrète sur ce dossier. C’est raté. Reporterre a publié ce mardi le premier volet d’une enquête sur les réflexions en cours entre EDF, gestionnaire du parc nucléaire français, et l’ Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en vue de construire un nouveau bassin de stockage centralisé de combustibles usés en France. Selon les informations du magazine, c’est la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, dans le Cher, qui hériterait de ce site hautement sensible.

Ce combustible usé est la matière radioactive qui reste sur les bras de l’industrie nucléaire après utilisation dans le réacteur. Le parc nucléaire français – 58 réacteurs répartis dans 19 centrales- en produit chaque année 1.200 tonnes. Hautement radioactif et dégageant une forte chaleur, ce combustible usé est d’abord plongé dans plusieurs mètres d’eau, pendant deux à trois ans, dans des bassins de stockage au sein même de la centrale nucléaire où ils ont été produits. « Chaque réacteur a sa piscine », précise Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace.

Des capacités de stockage qui arrivent à saturation

C’est une première étape. Ces combustibles usés prennent ensuite la direction du centre de retraitement des déchets radioactifs d’Orano (ex-Areva), à La Hague (Manche) où ils sont aussitôt plongés dans un nouveau bassin pour trois à quatre nouvelles années. Ce n’est qu’ensuite qu’ils pourront être retraités.

Depuis 40 ans, les déchets des 58 réacteurs nucléaires français viennent ainsi poursuivre leur refroidissement à la Hague. Le hic, c’est que les bassins de refroidissement existant- les trois d’Areva à La Hague comme ceux de chaque réacteur EDF- arrivent à saturation. Le dilemme est connu et « pas caché », se défend EDF contacté par 20 Minutes. « Dans son dernier plan national de gestion des déchets radioactifs [rendu public en février 2017], l’ASN nous demande de réfléchir à de nouvelles modalités d’entreposage pour 2025-2035, horizon pour lequel le site de La Hague ne suffira plus forcément », explique l’énergéticien. Plus précisément, EDF devait remettre avant le 30 juin dernier un dossier présentant ses options techniques et de sûretés retenues pour la création d’une nouvelle piscine. L’échéance a été respectée et « le dossier est actuellement en phase d’instruction », précise ce mardi l’ASN. Nous rendrons un premier avis début 2019. »

Des discussions bien plus avancées que ne le dit EDF ?

Mais que contient ce fameux dossier ? L’ASN et EDF le disent encore très général. « Aucun site n’aurait encore été arrêté pour accueillir cette future piscine », assure l’énergéticien qui dit « avoir plusieurs pistes parmi ses 19 centrales nucléaires ». De son côté, Reporterre dit les discussions bien plus avancées. À Belleville-sur-Loire, il s’agirait de construire une piscine capable d’accueillir entre 6.000 et 8.000 tonnes de métal lourd irradié et accueillerait en priorité du Mox usé (« mélanges d’oxydes », un mélange d’uranium et de plutonium) « particulièrement dangereux à cause de sa radioactivité et de la chaleur très vive qu’il dégage pendant de nombreuses années ».

Yannick Rousselet confirme : « les regards se sont très vite tournés vers la centrale de Belleville-sur-Loire. Il y a de la place et elle répond au cahier des charges établi par l’ASN qui voulait une centrale géographiquement au centre de la France et raccordée au réseau ferroviaire pour éviter le transport de la matière radioactive par camion, jugé peu sûr. » Yves Marignac, directeur de l’agence sur l’information sur le nucléaire Wise-Paris dit aussi tenir de la part d’acteurs instruisant le dossier que « la réflexion se concentre sur Belleville-sur-Loire ». Pour les deux hommes également, ce nouvel équipement recevrait en priorité les combustibles Mox usés.

Une croix sur le retraitement du mox usé ?

Le projet nécessiterait alors, d’ores et déjà « un vrai débat public national », estime Yves Marignac, qui soupçonne EDF d’entretenir une opacité dans ce dossier pour retarder le plus possible la consultation du public.

L’enjeu porte déjà sur la vocation donnée à ce futur bassin : Faut-il y faire converger le mox usé généré par l’ensemble du parc nucléaire français ? Soit 150 tonnes chaque année évalue Yannick Rousselet. À ce jour, ce combustible n’est pas retraité après utilisation. « Le plutonium qu’il contient est jugé de trop faible qualité, explique Yves Marignac. Ils sont donc gardés en réserve avec la promesse faite, notamment par EDF, que le plutonium qu’il contient pourra servir un jour à alimenter des réacteurs de quatrième génération que prépare le CEA (Commissariat à l’énergie atomique). » C’est le projet Astrid. Or celui-ci patine par manque de financement, indiquaient encore fin janvier Les Échos.

« La piscine n’est pas la seule option »

Un nouveau bassin de stockage dédié prioritairement à recevoir le mox usé, au centre de la France, loin donc du centre de retraitement de la Hague, sous-entendrait que la filière nucléaire française a abandonné toute idée de retraiter un jour ce combustible. Celui-ci, hautement radioactif, serait alors entreposé pour une très longue période dans cette nouvelle piscine, à Belleville-sur-Loire ou ailleurs, « sachant que le délai avant de pouvoir mettre du mox usé dans un site de stockage définitif [type Cigeo à Bure] est de l’ordre de 150 ans », rappelle Yves Marignac.

Mais avant même le choix du site, Yves Marignac comme Yannick Rousselet posent la question de l’opportunité de construire une nouvelle piscine à combustible. Le 10 octobre dernier, Greenpeace avait déjà pointé du doigt la fragilité de ces installations, notamment face à une attaque terroriste. « Nous privilégions bien plus l’entreposage à sec, indique Yannick Rousselet. Les déchets sont mis dans des containers mais au lieu d’être plongé dans une piscine, ils sont entreposés dans des bunkers en surface ou en sub-surface [à faible profondeur]. Ce système à sec permet une gestion passive des combustibles usés tandis que la solution du bassin nécessite d’être alimenté en eau en permanence. » EDF connaît cette solution, puisque Framatome, ex-filiale d’Areva passé sous son giron, conçoit ce type de containers. « Elle a gagné plusieurs marchés aux États-Unis, poursuit Yannick Rousselet. La majorité des pays nucléarisés ont opté pour cette solution. »

https://www.20minutes.fr/planete/2220411-20180214-pourquoi-projet-nouvelle-piscine-geante-dechets-nucleaires-pose-question

Fév 14

MACRON N’EXCLUT PAS DE NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES

PARIS (Reuters) – Emmanuel Macron n’a pas exclu mardi la construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France, estimant qu’il n’y avait pas de tabou sur cette question.

« J’attends d’abord les délais finalisés pour (l’EPR de) Flamanville et aussi d’avoir les analyses de l’autorité de sûreté nucléaire, c’est dans ce contexte-là (…) qu’il conviendra de mettre en œuvre une stratégie pour le groupe EDF », a dit le chef de l’État lors d’une rencontre avec des journalistes à Paris.

Dans cette stratégie, « aucune option ne doit être aujourd’hui à priori exclue », a-t-il dit. « Il n’y a pas de tabou sur le sujet et donc je n’exclus pas l’option (d’ouverture de nouveaux réacteurs) mais je ne suis pas en situation – compte tenu en particulier de ce que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) peut nous dire à ce stade – de vous dire si ce sera à court terme, à moyen terme, à long terme ou si c’est à exclure ».

Le chef de l’État a également réaffirmé sa détermination à remplir les engagements internationaux pris par la France en matière de réduction des émissions de CO2 et d’en « finir avec les centrales thermiques et charbon ».

« Ce sera mis en œuvre dans le quinquennat », a-t-il assuré.

Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

Photo /REUTERS/Regis Duvignau

https://www.challenges.fr/finance-et-marche/macron-n-exclut-pas-de-nouveaux-reacteurs-nucleaires_567282

Fév 13

DIMANCHE 11 MARS 2018 GRAND RASSEMBLEMENT ANTINUCLÉAIRE 14H – PLACE DE LA RÉPUBLIQUE À PARIS

N’ATTENDONS PAS L’ACCIDENT : SORTONS DU NUCLÉAIRE ET LEVONS   LES  OBSTACLES AU DÉVELOPPEMENT DES ALTERNATIVES !

Le 11 mars prochain, cela fera 7 ans que la catastrophe de Fukushima a commencé. Le Japon ne sait plus quoi faire de ses montagnes de déchets et les réacteurs accidentés continuent de déverser dans l’environnement leur dangereuse radioactivité. Pourtant, les autorités organisent le retour des habitants dans les zones contaminées, comme si cela permettait de faire table rase du passé…
Un tel choix ne peut qu’accroître inexorablement le nombre de victimes.

En France, une sortie du nucléaire est plus urgente que jamais, alors que l’industrie nucléaire accumule les scandales, entre incidents à répétitions, malfaçons, falsification de dossiers et dissimulation d’anomalies… Tandis qu’EDF veut prolonger la durée de fonctionnement des réacteurs à 50 ans, voire 60 ans, le gouvernement poursuit sa grande reculade : invoquant le « réalisme », Nicolas Hulot a abdiqué sur les échéances de réduction dans la part du nucléaire.

Pourtant ce sont bien les investissements énormes dans le nucléaire qui bloquent le développement des alternatives ! Même les travailleurs du nucléaire n’ont plus confiance en leur outil de travail et s’étonnent qu’un accident n’ait pas encore eu lieu en France.

Face à l’irresponsabilité du gouvernement et pour dénoncer les risques que l’état nucléaire fait courir à la population, nous vous invitons à venir en nombre à partir de 14h30 à un grand rassemblement antinucléaire place de la République à Paris.

AU PROGRAMME :

  • GRANDE ACTION CHORÉGRAPHIQUE
  • MUSIQUE
  • VILLAGE ASSOCIATIF
  • DÉBATS
  • VOTATION POPULAIRE…

Nous comptons sur votre présence à toutes et tous !

Si vous souhaitez participer à la grande action chorégraphique ou donner un coup de main, faites-le nous savoir en écrivant à : mobilisations@sortirdunucleaire.fr

Le 11 mars marquera le début de 50 jours de mobilisation entre les anniversaires respectifs des accidents de Fukushima et Tchernobyl. Les événements s’enchaîneront ensuite avec, du 12 au 16 mars, la tournée entre Paris, l’Alsace et le Cotentin, de Naoto Kan, ancien Premier ministre du Japon devenu fervent antinucléaire, mais aussi le lancement du film Le couvercle du soleil, qui revient en détail sur les premiers jours de la catastrophe de Fukushima.

RESTEZ INFORMÉS : http://www.sortirdunucleaire.org/Agenda

Fév 13

CHINE: NOUVEAU RETARD POUR L’AP1000, RÉACTEUR NUCLÉAIRE RIVAL DE L’EPR

Le démarrage en Chine du premier AP1000, un réacteur nucléaire de troisième génération conçu par l’américain Westinghouse en concurrence avec l’EPR français, va être encore une fois retardé en raison « d’inquiétudes sur la sécurité« , selon un média officiel mardi.

Après de nombreux retards du chantier, ce réacteur construit à Sanmen, dans la province du Zhejiang (est), devait être prêt dès l’an dernier pour le chargement du combustible, ultime étape avant une mise en service en 2018, selon l’opérateur, le géant étatique CNNC.

Mais le chargement du combustible a été « suspendu » car l’autorité chinoise de sûreté nucléaire a exigé de nouveaux tests pour « s’assurer que la centrale répond aux normes les plus élevées en termes de sécurité« , indique un porte-parole de CNNC cité par le China Daily, un quotidien d’Etat.

Aucun nouveau calendrier n’est précisé, ajoute le journal. Le réacteur de Sanmen doit être le tout premier AP1000 dans le monde à être mis en service.

L’AFP a tenté à plusieurs reprises, sans succès, de joindre CNNC.

Démarrage mi-2018 du réacteur français

En contraste avec cet énième report, l’EPR que construit le français EDF dans le sud de la Chine pourrait donc être le premier réacteur de troisième génération opérationnel dans le pays. Le premier des deux réacteurs EPR de Taishan (province du Guangdong) doit démarrer mi-2018, après un chargement du combustible engagé le mois dernier.

Ce sera là aussi le premier EPR mis en activité dans le monde, avant ceux en chantier à Flamanville (France) et en Finlande.

De son côté, Pékin cherche à développer sa propre technologie: CNNC a commencé en 2015 à construire son premier Hualong-1, avec l’ambition ouverte de rivaliser à l’international avec l’EPR.

Westinghouse avait conclu en 2007 un accord pour établir en Chine quatre réacteurs AP1000 sur deux sites. Le groupe avait également lancé la construction de quatre autres exemplaires aux États-Unis. Mais comme pour son concurrent français EPR, le déploiement de l’AP1000 a accumulé déboires, surcoûts et retards à répétition.

Résultat: Westinghouse, passé en 2006 sous le contrôle du japonais Toshiba, a accumulé près de 9 milliards de dollars de dette, jusqu’à son rachat le mois dernier par le canadien Brookfield Asset Management.

Une terre promise

La Chine fait figure de terre promise dans l’atome civil, avec 38 réacteurs en activité ainsi que 20 en construction –soit un tiers des réacteurs en chantier dans le monde, tandis que près d’une quarantaine d’autres y sont en projet.

Pékin s’est fixé pour objectif de gonfler la capacité de son parc nucléaire à 58 gigawatts d’ici 2020, contre 36 GW actuellement.

http://premium.lefigaro.fr/flash-eco/2018/02/13/97002-20180213FILWWW00051-chine-nouveau-retard-pour-le-reacteur-ap1000.php

Fév 13

ESSAIS NUCLÉAIRES DE REGGANE : UN VÉRITABLE «CRIME ATOMIQUE»

Mémoire déchirée et avenir compromis. 58 ans après «les crimes atomiques» (essais nucléaires) de Reggane perpétré par le colonialisme français, plusieurs zones restent contaminées.

Depuis cette funeste date du 13 février 1960 à nos jours, les populations de Reggane portent encore les séquelles et souffrent des aventures insoucieuses et destructrices de l’empire colonial français.  

Ces explosions nucléaires, «ayant fait de cette zone vierge, paisible et à la nature intacte, un lieu désertique et de désolation», continuent d’affecter la vie  humaine, l’environnement, la faune et la flore… 

L’exposition des populations à la radioactivité n’est pas sans conséquences. Les spécialistes dénombrent plusieurs maladies, jusque-là méconnues dans la région et liées notamment au cancer, la leucémie et la cécité.

L’environnement n’a pas été épargné. L’exposition de zones oasiennes à la radioactivité a provoqué un rétrécissement des terres agricoles et une baisse des débits des ressources hydriques souterraines et parfois le tarissement de puits. «La région du Tanezrouft, en est un exemple éloquent de cet état de fait, elle qui, après avoir été riche en sites verdoyants très convoités jadis par les caravanes commerciales, est devenu un vaste désert sur des centaines de kilomètres», témoigne les membres de l’association « 13 février 1960 » de Reggane

À en croire, les prévisions des spécialistes, les émanations radioactives devant perdurer pour des milliers d’années.

«Essais» nucléaires ou «crime atomique» froidement perpétré ?

Qualifier cette barbarie d’essais nucléaire, c’est décriminaliser ses auteurs. Parler d’«essais», c’est réduire cette hécatombe à «un pétard de laboratoire», insiste, ce matin, le journaliste de la Chaîne 3.

En effet, comment parler d’ «essais», quand on expose sciemment des êtres humains comme des rats de laboratoire ? Il ne s’agit pas d’une petite expérimentation scientifique, comme veut nous le faire croire l’État français, c’est un «crime atomique». 

http://www.radioalgerie.dz/news/fr/article/20180213/133803.html

Fév 13

EDF VEUT CONSTRUIRE UNE PISCINE GÉANTE DE DÉCHETS NUCLÉAIRES À BELLEVILLE-SUR-LOIRE (1)

EDF et l’ASN réfléchissent dans la plus grande opacité à un nouveau bassin de stockage (une « piscine ») de combustibles usés, brûlants et hautement radioactifs. Reporterre révèle que la centrale de Belleville-sur-Loire, dans le Cher, a été choisie pour les accueillir. Et expose le dossier.

Les piscines de La Hague (Manche), où sont entreposés les combustibles usés des réacteurs nucléaires, débordent ? Pas de problème, EDF prépare actuellement, dans la plus grande discrétion, une nouvelle piscine « d’entreposage centralisé » où déverser le surplus. Selon les informations de Reporterre, EDF veut construire ce très grand équipement sur le site de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, dans le Cher. Il pourrait accueillir entre 6.000 et 8.000 tonnes de métal lourd irradié (tMLi, l’unité de masse pour les combustibles irradiés) — en clair, l’équivalent de 69 à 93 cœurs de réacteur nucléaire de combustibles brûlants et hautement radioactifs [1].

Pourquoi Belleville ? Selon nos informations, la centrale remplit plusieurs critères exigés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : un emplacement central dans l’Hexagone et un raccordement direct au réseau ferroviaire. En outre, il reste de la place dans l’enceinte de la centrale, qui couvre 170 hectares, puisque seulement deux des quatre réacteurs prévus y ont été construits. Les amateurs de vins fins apprécieront : la future piscine d’« entreposage » se trouvera pile entre les deux grandes AOC du Sancerre et du Pouilly fumé. Le terme officiel est « entreposage », mais on peut le qualifier de stockage de déchets nucléaires, dans la mesure où les combustibles Mox usés qui y seront placés n’auront aucune utilisation ultérieure…

Lire la suite de ce long et intéressant article d’Émilie Massemin (Reporterre) sur :

https://reporterre.net/EXCLUSIF-EDF-veut-construire-une-piscine-geante-de-dechets-nucleaires-a

Fév 13

D’APPARENCE PAISIBLE, CE LAC EST EN FAIT LE PLUS DANGEREUX DU MONDE

À l’ouest de la Russie, dans la région de Tcheliabinsk au sud de l’Oural, se trouve un lac un peu particulier, dans lequel on vous déconseille d’aller piquer une tête. Ce lac s’appelle Karatchaï, et c’est là que sont enfouis les déchets de Maïak, un complexe nucléaire de stockage et de retraitement en activité depuis 1949. Selon un rapport de l’institut américain Worldwatch sur les déchets nucléaires, cette étendue d’eau naturelle de 45 hectares, sans débouché et peu profonde, en serait devenue l’endroit le plus pollué au monde.

En effet, le lac Karatchaï a accumulé 4,44 EBq (l’exabecquerel est l’unité de mesure de l’activité d’un radionucléide du Système international) de radioactivité. Un taux extrêmement élevé, pas si loin de celui qu’avait libéré la catastrophe de Tchernobyl en 1986 (12 EBq sur une durée de 10 jours). On dit que passer rien qu’une heure au bord de ce lac peut provoquer la mort d’un humain instantanément. Des propos inquiétants appuyés par le NRDC (une ONG américaine engagée dans la protection de l’environnement), qui en 1990 rapportait que le niveau de radiation dans la région autour du lac était de 155 Ci/kg (curie par kilogramme, qui est une unité d’exposition) par heure, soit plus que la dose létale suffisante pour tuer un humain en une heure. Du coup, forcément, le lac a des effets dévastateurs sur la santé des populations alentours. Leucémies, cancers, handicaps…

Depuis plusieurs décennies, le bilan ne fait que s’alourdir, bien que des mesures aient été prises. À la fin des années 1960, à la suite d’une période sécheresse, le vent a emporté des poussières radioactives et irradié un demi-million de personnes. Pour éviter une récidive et empêcher les sédiments de remonter, 10 000 blocs de béton ont été jetés dans le lac entre 1978 et 1986. Pourtant, comme l’explique le journal Ouest France, « depuis le début du stockage des déchets radioactifs dans le lac, le nombre de cancers chez les travailleurs et résidents de la région a augmenté de 21 %. Les anomalies congénitales ont augmenté de 25 % et les leucémies de 41 %.

Publié par Elsa Raymond, le 12 février 2018

En savoir plus : http://www.ohmymag.com/before-you-die/d-039-apparence-paisible-ce-lac-est-en-fait-le-plus-dangereux-du-monde_art115866.html

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Fév 13

LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE : DE SÉRIEUSES QUESTIONS !

La présentation le 8 février par la ministre des Armées de la Loi de programmation  militaire (LPM) 2019/2025 pose de sérieuses questions concernant le fonctionnement de notre démocratie, les comptes publics et  la sécurité.

1) Ce projet de loi apparaît d’ores et déjà validé par le pouvoir exécutif avant même des discussions parlementaires. Comment parler de débat, alors que le Président l’a clôturé lors de ses vœux aux armées… De plus, nous remarquons que la Mission d’information sur le nucléaire (où P. Quilès, B. Norlain, JM. Collin ont été auditionnés) menée par les députés (M. Fanget et M. Lecoq) de la commission des Affaires étrangères, ne servira à rien, puisque ses recommandations seront publiées après le vote de la LPM !

2) Par un procédé des plus opaques, la réalité des sommes consacrées à la dissuasion n’apparaît pas clairement. Ainsi, il est annoncé « sur la période 2019-2023 l’effort au profit de la dissuasion s’élèvera à environ 25 Md€ ». Or, la majorité des investissements sera réalisée sur les années suivantes, avec pas moins de 12 milliards d’euros supplémentaires. Il s’agit donc au total de 37 milliards d’euros, soit un montant supérieur de plus de 60% à celui consacré à la LPM précédente (23,3 Mds) !

3) Ces annonces concernant le renouvellement des systèmes d’armes nucléaires montrent que la France tourne le dos à ses engagements pris en 1992 dans le Traité de Non- Prolifération nucléaire (TNP). Ce choix politique vient renforcer l’instabilité internationale et risque de rendre ce traité caduc. À l’heure où Sigmar Gabriel, ministre allemand des Affaires étrangères, appelle les Européens à lancer de nouvelles initiatives pour le désarmement nucléaire,  il est incompréhensible que la France ne montre pas le chemin.

Initiatives pour le Désarmement Nucléaire

http://7seizh.info/2018/02/12/104470/

Fév 13

RADIOACTIVITÉ : DES SEUILS « 100 FOIS PLUS ÉLEVÉS » POUR LES ALIMENTS

La Commission de recherche et d’information indépendante de la radioactivité (CRIIRAD), association créée à Valence au lendemain de Tchernobyl, juge « trop élevés » les seuils d’alerte de substances radioactives dans les aliments comme le lait, la viande ou encore les œufs. 

La CRIIRAD a détecté des « anomalies préoccupantes » dans la surveillance de la Direction générale de l’alimentation (DGAL), qui s’occupe des denrées d’origine animale comme le lait, la viande, ou encore les œufs. Cette branche du ministère français de l’Agriculture fixe les seuils de danger et fournit des directives à tous les exploitants concernant les substances radioactives dans la nourriture. Ces limites, définies par la DGAL, sont jugées « trop élevées » pour l’association valentinoise, qui se veut référence en termes de recherche sur la radioactivité. « Les seuils tolérés dans les aliments que nous consommons sont extrêmement hauts, et ce n’est qu’au-delà de ces limites que la DGAL demande d’établir une enquête« , déplore Corinne Castanier, la responsable des questions de réglementation et de radioprotection de la CRIIRAD.

« En France, on ne doit pas trouver de pollution radioactive dans les aliments« 

« Il est question de la protection sanitaire des populations« , explique Corinne Castanier. À titre d’exemple, « pour le strontium 90 (élément radioactif, ndlr), la limite est de 100 becquerels (unité de radioactivité, ndlr) par kg. Mais si l’on trouve ne serait-ce que 50 becquerels par kg dans du lait, une enquête est primordiale, car il est anormal de trouver de telles quantités« , explique la scientifique. « En France, on ne doit pas trouver de pollution radioactive dans les aliments, sauf pour les produits artificiels, où l’on peut retrouver notamment des traces de Tchernobyl« , précise-t-elle. Corinne Castanier met en garde contre ces produits radioactifs qui, selon elle, « sont cancérigènes, mutagènes et peuvent causer des problèmes cardiaques« . Pour la scientifique, « dès le premier becquerel, le risque augmente pour la santé« . 

« C’est presque une incitation à polluer pour les exploitants« 

Selon Corinne Castanier, la norme de la DGAL ne se base pas sur le règlement français, mais sur le Codex alimentarius, un programme commun de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui définit les seuils de danger pour le commerce international des aliments. « Si l’on considère uniquement les produits nationaux, la quantité de substances dangereuses ingérée est plus importante, et il faut que les limites soient revues« , affirme Corinne Castanier. Elle ajoute que juridiquement, les limites du Codex ne s’appliquent qu’en cas d’accident nucléaire : « En période normale, on n’a pas à accepter des substances radioactives dans nos aliments« . Par ailleurs, « appliquer les limites telles qu’elles sont définies par la DGAL, c’est presque une incitation à polluer pour les exploitants : ils n’ont pas à faire d’effort pour diminuer leur pollution radioactive« , explique-t-elle. 

La CRIIRAD demande aujourd’hui à ce que la DGAL corrige ces instructions. Corinne Castanier souhaite également que ces démarches soient rendues publiques, « pour que chacun sache comment l’État gère le contrôle de la radioactivité dans les aliments« . Pour elle, il s’agit surtout de « mettre des filtres supplémentaires, pour ne pas que la population soit contaminée« .  

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Dossiers/Nucleaire/Radioactivite-des-seuils-100-fois-plus-eleves-pour-les-aliments

Fév 12

POLLUTION RADIOACTIVE AU RUTHÉNIUM: LA PISTE RUSSE SERA CREUSÉE

Les inspections effectuées par les autorités russes ne collent apparemment pas avec le scénario d’un accident nucléaire survenu à l’usine de Mayak, au sud-est du pays. De nouvelles investigations vont être menées pour préciser l’origine du nuage de ruthénium, qui a déclenché les réseaux d’alerte européens en octobre 2017.Voici comment.

INVESTIGATIONS. La localisation de la source russe qui a dégagé du ruthénium, un radionucléide artificiel l’automne dernier demandera des investigations approfondies dont les résultats ne seront pas connus avant avril prochain, à minima. C’est ce qu’a expliqué Jean Luc Lachaume, directeur délégué à la crise de l’IRSNSciences et Avenir, à son retour de Moscou, début février. L’expert représentait la France, le 31 janvier 2018 lors de de la première réunion de la Commission internationale d’experts mise en place par les autorités russes pour découvrir l’origine de cette pollution. Les chercheurs ont collectivement écarté la possibilité que cette pollution soit d’origine satellitaire ou médicale (le ruthénium servant parfois à soigner des cancers de l’œil). Mais l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français, y a également défendu sa meilleure hypothèse:  » celle d’un rejet au cours d’un incident survenu en septembre 2017 lors d’une opération utilisant du combustible irradié refroidi deux ans environ à l’usine de Mayak (Russie) située dans une zone comprise entre la Volga et l’Oural ».  L’âge du combustible aurait pu être déterminé « en raison de la détection de ruthénium-103 avec un ratio par rapport au Ruthénium-106 caractéristique d’un combustible usé sorti d’un réacteur nucléaire depuis environ 24 mois » précise Jean-Luc Lachaume. Rappellons que le Ru-106 est un radionucléide artificiel né de la fission de produits nucléaires et qui n’est pas présent naturellement dans l’environnement. Ce scénario colle avec l’hypothèse avancée par des chercheurs dans les colonnes de notre confrère le Figaro le 2 février dernier : l’usine de Mayak a en effet justement remporté l’an dernier un appel d’offre auprès du CEA et de son homologue italien l’INFN pour fournir du cérium-144 aux fins d’une expérience de physique fondamentale, commande qu’elle n’a pu honorer.

Or, précise Jean-Luc Lachaume, « le retraitement de combustibles usés permet normalement de recueillir de tels radio-isotopes avec des filtres (voir notre image ci-dessous), mais en cas de réchauffement accidentel, le ruthénium peut s’évader à l’état gazeux« … et même être détecté par les stations de surveillance de la radioactivité atmosphérique européennes, en cas de rejet massif.

Le hic, c’est que ce scénario, né des investigations de l’IRSN français et approuvé par les experts allemands, ne colle pas avec les résultats des inspections effectuées par les russes sur le terrain, entre août et novembre 2017. Selon la directrice de l’Autorité de sûreté russe entendue par la Commission d’enquête,  » aucun incident n’est survenu entre août et novembre 2017 dans les installations de Dimitrovgrad et de Mayak situées dans la zone identifiée par l’IRSN« .

La Commission a donc décidé de poursuivre ses travaux. Les autorités russes doivent fournir à l’IRSN (et aux autres experts) les mesures réalisées autour de l’usine de Mayak  et dans la région. Ils doivent également fournir les conditions et données météorologiques locales entre septembre et octobre. Cela permettra un maillage des zones concernées plus fin que celui réalisé à partir des données de Météo France, situé à 6000 km de là. À partir de ces données, l’IRSN affinera donc ses simulations. Pour en finir avec l’incertitude sur l’origine du rejet, elle pourra alors recommander de nouvelles analyses du sol dans les endroits qui lui semblent pertinents, dans toute la région sise entre la Volga et l’Oural. La prochaine réunion est fixée au 11 avril 2018, à Moscou.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/pollution-au-ruthenium-la-piste-de-combustibles-mal-retraites-en-russie-sera-creusee_121173

Fév 12

TROIS ANS APRÈS LA SIGNATURE DE MINSK II, L’UKRAINE ET LES ÉTATS-UNIS JOUENT AVEC LE FEU DANS LE DONBASS QUITTE À EMBRASER LE MONDE

Le 12 février 2015, après 16 heures de négociations intensives entre l’Ukraine, les Républiques Populaires de Donetsk et de Lougansk (RPD et RPL), la France, l’Allemagne et la Russie, les accords de Minsk II étaient signés, et un nouveau cessez-le-feu conclu.

Trois ans après, le bilan de ces accords est pour le moins mitigé pour ne pas dire négatif. Le cessez-le-feu ne fut jamais réellement respecté de manière durable par l’armée ukrainienne, et il a fallu à plusieurs reprises conclure de nouvelles trêves pour empêcher l’escalade. Le seul point positif fut de faire baisser le nombre de bombardements menés par les FAU et donc le nombre de victimes parmi les civils de la RPD et de la RPL, et de gagner du temps, permettant aux républiques de développer des structures étatiques.

L’échange des prisonniers au format « tous contre tous » n’a jamais pu être réalisé, et les points politiques du processus sont totalement au point mort depuis la signature de Minsk II. En clair ces accords ont toujours été dans l’impasse de par le manque de volonté de Kiev d’appliquer ce qu’ils ont signé.

Mais suite au vote de la loi de réintégration du Donbass par la Rada, il est apparu clairement que Kiev compte sortir de l’impasse en enterrant définitivement les accords de Minsk. Après une tentative du Bloc d’Opposition de faire annuler la loi qui s’est soldée par un échec, le président du parlement ukrainien a signé la loi de réintégration du Donbass et l’a envoyée à Porochenko pour signature. Dès qu’il l’aura signée, celle-ci deviendra effective et la mort officielle des accords de Minsk sera actée (et ce malgré les interprétations lénifiantes dont nous ont abreuvé les chancelleries allemande et française après le vote en deuxième lecture).

Une erreur qui serait lourde de conséquences comme l’a souligné Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères.

« Je pense que celui qui fera le premier pas pour briser les accords de Minsk commettra une énorme erreur. En fait, les autorités de Kiev sont à un pas de cette erreur si elles approuvent enfin la loi sur la réintégration, qu’elles ont maintenant adoptée en deuxième lecture, » a déclaré Lavrov.

Et si Porochenko n’a toujours pas signé la loi, il semble que cela soit dû au fait qu’en coulisses, les chancelleries européennes essayent de ramener Kiev à la raison….

« D’après nos informations, les émissaires européens qui se rendent à Kiev envoient de tels messages et recommandent fortement de comprendre la nature contre-productive de telles approches et d’apporter les corrections nécessaires à leurs actions. Ils ne peuvent pas encore le dire publiquement, mais je pense que si le régime actuel à Kiev continue de se comporter de la même manière, il y aura bientôt des déclarations publiques, parce que l’Europe se méfie beaucoup des processus qui se déroulent en Ukraine, et en particulier de l’augmentation brutale de l’influence des radicaux et des néonazis, » a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

Il suffit de repenser aux réactions récentes de la Pologne (qui a adopté une loi anti propagande bandériste) et de la Hongrie (qui vient encore une fois de bloquer une réunion entre l’Ukraine et l’OTAN) pour voir que la déclaration de Lavrov n’est pas que du vœu pieu. Les voisins européens de Kiev se réveillent avec la gueule de bois et prennent des mesures contre ce qu’est devenu l’Ukraine.

Mais Porochenko est acculé, les manifestations contre lui se poursuivent, appelant à sa destitution, et la situation interne de l’Ukraine est catastrophique. Kiev a besoin de faire diversion. Et comme l’a souligné Lavrov, dans ce contexte, l’influence politique des mouvements et des partis les plus radicaux du pays ne fait que grandir. Et ils sont loin d’être des pacifistes ou des fans des accords de Minsk. De Secteur Droit à Svoboda, tous réclament de reprendre le Donbass par la force.

Et surtout, le contexte géopolitique et économique global et interne (dette stratosphérique, destruction de l’économie réelle, perte du statut hégémonique), pousse les États-Unis à jouer les pyromanes. Or il ne faut pas en douter une seconde, c’est Washington qui seul peut donner ou non le feu vert à Kiev pour lancer l’offensive.

Plusieurs analystes financiers tirent la sonnette d’alarme sur la détérioration évidente de la situation économique à l’échelle globale. Depuis début février, les indices boursiers à travers le monde décrochent, avec parfois une petite remontée vite perdue deux jours plus tard. Rien qu’aux États-Unis cette chute brutale a fait perdre plus de 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Dans ce contexte, la révision de la doctrine nucléaire américaine a de quoi effrayer bien des experts qui comprennent les implications que cela pourrait avoir. Même The Economist envisage le risque de dérapage global et de déclenchement d’une troisième guerre mondiale. La lecture de cet article issu d’un journal qui n’est ni plus ni moins que la voix officielle de l’oligarchie financière mondiale est effrayante à plus d’un titre.

Dans cet article, le journal exhorte les États-Unis à utiliser la force militaire pour empêcher le déclin de son hégémonie et se débarrasser des pays concurrents (Russie et Chine), ce qui permettrait de garantir la « paix mondiale » (chez moi ça s’appelle une dictature mondiale quand on impose ça par la force militaire). En lisant cet article on croirait lire 1984 : « La guerre c’est la paix ».

Le fin du fin est ce passage de l’éditorial du 27 janvier, où la Russie et la Chine sont décrites comme « des États révisionnistes qui veulent remettre en cause le statu quo et considèrent leurs régions comme des sphères d’influence à dominer. »

Vouloir un monde multipolaire (et donc plus équilibré) en refusant la domination totale du monde par un seul pays (qui n’a aucune légitimité pour se faire) n’a rien de révisionniste. Si considérer qu’un pays a le droit de dominer le monde entier et de bombarder tous ceux qui contestent ce fait c’est la « démocratie », je comprends que beaucoup de pays n’aient pas trop envie d’en découvrir les « joies ».

Mais cet article montre bien que l’oligarchie financière panique littéralement devant l’effondrement de l’hégémonie américaine. Devoir partager le gâteau leur est insupportable et ils sont prêts à risquer de déclencher un holocauste nucléaire en affrontant la Russie et la Chine plutôt que de devoir s’y résoudre. Si certains avaient besoin d’une preuve que ces gens-là n’ont rien de rationnel dans leurs comportements et leurs décisions…

Il semble en tout cas que cet appel de l’oligarchie financière (qui a besoin d’une guerre pour continuer à s’enrichir encore et toujours plus) ait été entendu, puisque les États-Unis viennent de battre un nouveau record en termes de dépenses militaires, en allouant 700 milliards de dollars pour le budget militaire du pays.

Quand on met autant d’argent sur la table ce n’est pas pour promouvoir la paix. La guerre, comme on peut le voir, est un business des plus lucratifs. Et quoi de mieux puisqu’ils ont échoué en Syrie que de rallumer le brasier du Donbass ?

Après la divulgation par la RPD des plans d’attaque prévus par le commandement ukrainien contre les deux républiques populaires, les signes prouvant qu’il ne s’agit pas juste d’une lubie de Kiev s’accumulent.

Redéploiement massif d’armes lourdes sur la ligne de front, enregistré par l’OSCE, arrivée d’officiers américains pour inspecter le niveau de préparation au combat de l’armée ukrainienne, volonté de l’armée ukrainienne de recruter de nouveaux soldats même parmi les criminels faute d’arriver à remplir ses unités avec des gens normaux, construction de camps de « filtration » pour épurer la population après reprise du Donbass par la force, arrivée d’instructeurs étrangers pour former les soldats ukrainiens au combat urbain, arrivée de renforts massifs près du front, etc.

Il faut y ajouter ces étranges demandes à répétition de la partie ukrainienne pour un cessez-le-feu afin de pouvoir réparer les voies de chemin de fer menant à la RPD et situées de leur côté, alors que tout trafic ferroviaire est interrompu entre l’Ukraine et les républiques populaires depuis le blocus total des transports institué par le Conseil National de Sécurité ukrainien en mars 2017.

Devant ces demandes à répétition (38 demandes faites depuis le 27 décembre 2017, soit presque une par jour !!!) de la partie ukrainienne alors que rien ne laisse penser que le blocus sera levé, le Centre Conjoint de Contrôle et de Coordination du cessez-le-feu (CCCC) se demande ce qui motive réellement ces demandes.

Puisque les civils ne pourront pas bénéficier de ces réparations faute de levée du blocus, alors qui en bénéficierait ? Si on regarde l’image d’ensemble et la menace croissante d’une offensive, on comprend bien dans quel but l’Ukraine veut réparer les voies ferrées : pouvoir les utiliser à des fins militaires ! Devant cette évidence, le CCCC a bien sûr refusé à chaque fois de satisfaire à ces demandes. Vouloir la paix ne veut pas dire être naïf au point de faciliter les tentatives de l’ennemi de mener une offensive !

Et alors que l’Ukraine se moque ouvertement du sort des civils vivant dans le Donbass en allant jusqu’à bombarder régulièrement la station d’épuration de Donetsk ou les conduites d’eau et stations de pompage, quitte à priver 1,5 millions de personnes d’eau potable, la RPD a exprimé ses inquiétudes concernant les innombrables victimes civiles que ferait l’offensive planifiée par l’État-major ukrainien.

Car la crainte du commandement opérationnel de la RPD, est que l’armée ukrainienne, formée par des instructeurs de l’OTAN, n’en vienne à noyer la population civile du Donbass sous un tapis de bombes.

« Environ 80 % des Forces Armées Ukrainiennes ont été entraînées selon les standards de l’OTAN, ce qui est terrifiant, parce que si vous regardez la façon dont les soldats de l’OTAN se battent, c’est-à-dire en fait les Américains, il s’agit d’annihilation complète, de terre brûlée, de tapis de bombes, de ratissage. Puis les unités arrivent, les groupes d’assaut, qui finissent le nettoyage. Le dernier exemple est ce qui s’est passé en Irak, à Mossoul. Dans le droit international, cela s’appelle un génocide quand une population ethnique est détruite,  » a rappelé Bassourine.

En RPD, tous sont désormais dans l’attente de l’offensive ukrainienne, qui pourrait démarrer dès la fin du mois de février. Nous ne pouvons plus qu’espérer que l’Ukraine n’arrivera pas à mener ses plans à bien, car si elle y arrivait, et obligeait la Russie à intervenir en tant que garante des accords de Minsk pour faire cesser le bain de sang à sa porte, alors les États-Unis tiendraient leur prétexte pour envoyer l’OTAN entrer en guerre contre la Russie.

Il est minuit moins deux à l’horloge de l’apocalypse et nous ne pouvons plus qu’espérer que nous ne nous rapprocherons pas plus de l’heure fatidique. Mais pour cela il faudrait que les gens de bonne volonté se réveillent de toute urgence.

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire » – Albert Einstein.

Christelle Néant

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/trois-ans-apres-la-signature-de-201509

Fév 12

ÉTATS-UNIS : LE SCANDALE DE L’AFFAIRE DE L’URANIUM

Comment le président Barack Obama et sa secrétaire d’État, Hillary Clinton, ont aidé la Russie dans ses efforts de parvenir à la domination du nucléaire mondial

En 2010, l’administration d’Obama a autorisé l’agence atomique russe Rosatom à acquérir une participation majoritaire dans la société canadienne Uranium One. L’accord était controversé, car cette société minière canadienne contrôlait à l’époque 20 % des capacités d’extraction d’uranium aux États-Unis.

Compte tenu des implications sur la sécurité nationale des États-Unis, l’accord devait être approuvé par le Comité des investissements étrangers aux États-Unis (CFIUS), qui comprenait le département d’État, dirigé à l’époque par Hillary Clinton.

La Russie ne cachait pas son intention d’accaparer le marché mondial de l’uranium afin d’exercer un contrôle politique sur d’autres pays. En 2006, la Russie a annoncé qu’elle dépenserait 10 milliards de dollars pour accroître de 600 % sa propre capacité de production d’uranium.

L’uranium est un élément clé pour la production des armes nucléaires et de l’énergie nucléaire. Un rapport d’Energy Information Administration des États-Unis, publié en juillet 2011, a révélé que l’approvisionnement en uranium des centrales nucléaires américaines dépendait à 92 % des importations, dont 23 % provenaient de la Russie.

Alors pourquoi le président Barack Obama et le département d’État dirigé par Hillary Clinton ont-ils approuvé l’accord qui a affaibli la sécurité et l’indépendance énergétique des États-Unis ?

En se basant sur des sources publiques, y compris le livre Clinton Cash de Peter Schweizer, Epoch Times a reconstitué les connexions et les événements liés à l’acquisition par la Russie de la société Uranium One.

Cette reconstitution montre que lorsque le département d’État sous Hillary Clinton envisageait d’approuver cet accord dans le cadre du processus d’approbation de CFIUS, la Russie et les principales parties prenantes de l’accord ont versé des millions de dollars à la Fondation Clinton.

Bill Clinton lui-même s’est rendu à Moscou pour rencontrer Vladimir Poutine quelques mois avant l’approbation de l’accord. Pour un discours prononcé à Moscou, M. Clinton a également reçu 500 000 dollars de Renaissance Capital, une société d’investissement ayant des intérêts dans l’affaire d’Uranium One et des liens avec le président russe Vladimir Poutine.

À l’époque, le FBI était au courant du fait que les autorités russes avaient organisé une opération à grande échelle afin de faire du chantage et racketter des sociétés américaines liées à la production et au transport d’uranium.

Le FBI avait également une source interne au sein de l’industrie de l’uranium qui a fourni de nombreuses preuves de pots-de-vin et de corruption.

Toutefois, l’enquête a été arrêtée en 2015 par James Comey, alors directeur du FBI, et l’informateur clé a reçu un ordre lui interdisant de commenter sur cette affaire. Il a aussi été empêché d’en parler devant le Congrès des États-Unis par Loretta Lynch, la procureure générale d’Obama.

Cette consigne du silence a été levée l’année dernière par le procureur général Jeff Sessions, et trois comités du Congrès ont interviewé William Campbell, l’informateur du FBI, le 7 février dernier.

Selon le reportage du journal The Hill du 7 février, William Campbell a révélé comment le gouvernement russe avait utilisé APCO, une firme de lobbying américaine, pour verser des millions de dollars à Global Initiative de la Fondation Clinton.

En décembre 2017, l’actuel procureur général Jeff Sessions a annoncé qu’il réexaminait les éléments de preuve obtenus par le FBI dans le cadre de l’enquête sur l’affaire d’Uranium One.

Le 12 janvier, le Département de la justice des États-Unis a dévoilé les 11 chefs d’inculpation contre l’ancien coprésident d’une société de transport de matières nucléaires du Maryland, accusé de participation dans une affaire de corruption impliquant un responsable russe lié à l’Agence fédérale de l’énergie atomique de Russie (Rosatom) [Pour en savoir davantage sur cette affaire : US Indicts Co-President of Uranium Shipping Company Over Alleged Bribery of Russian Official]

Jasper Fakkert et Joshua Philipp

http://www.epochtimes.fr/infographie-scandale-minerai-duranium-190237.html

Fév 12

TROIS ANTI-CIGÉO DEVANT LA JUSTICE

Un mur de l’Andra avait été mis à terre autour du Bois Lejuc en août 2016. Deux hommes seront jugés mardi à Bar-le-Duc pour dégradation ou détérioration. Un 3ème militant comparaîtra pour diffamation.

Un nouvel épisode judiciaire aura lieu mardi 13 février devant le tribunal correctionnel de Bar-le-Duc (Meuse). D’un côté deux hommes de 69 ans poursuivis par le ministère public pour dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion, de l’autre l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Ce procès fait écho à des événements qui se sont produits à la mi-août 2016, dans la Meuse, à quelques encablures de Bure, près du laboratoire de recherches de l’Andra, autour du désormais célèbre bois Lejuc en cours de défrichement à ce moment-là.

La cible des antinucléaires : un mur constitué de plaques de béton qu’ils ont décidé de mettre à terre. Ce même mur qui, quelques semaines plus tôt, avait été érigé par l’Andra contrainte ensuite par une ordonnance du juge des référés du tribunal de Bar-le-Duc de cesser ses travaux de défrichement et obligée de remettre en état les lieux.

Une victoire pour les opposants au projet d’enfouissement des déchets radioactifs qui s’était donc traduite par la chute du mur. À laquelle avaient participé 400 personnes, dont les deux prévenus, identifiés grâce à des photos prises depuis un hélicoptère de la gendarmerie. « Un était vu en train de tirer sur une corde afin de faire tomber des éléments du mur, l’autre apparaissait en train de donner des directives », détaille Olivier Glady, procureur de la République.

Ce mardi sera jugé un autre anti-labo, un Meurthe-et-Mosellan de 22 ans poursuivi pour diffamation. Dans un témoignage livré au site Mediapart, il avait accusé un commandant de gendarmerie de l’avoir étranglé lors d’une manifestation le 18 février 2017. Le gendarme mis en cause avait déposé plainte pour diffamation.

Un rassemblement de soutien aux trois antinucléaires est prévu dès 9 h devant le tribunal de grande instance de Bar-le-Duc.

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2018/02/12/trois-anti-cigeo-devant-la-justice

Fév 11

LE MONDE NE SURVIVRA PAS À LA DOCTRINE NÉOCONSERVATRICE DE L’HÉGÉMONIE MONDIALE DES ÉTATS-UNIS

Le gouvernement des États-Unis est clairement entre des mains démoniaques. Nous sommes submergés de preuves. Un rapport du comité du renseignement de la Chambre des représentants a été publié, qui prouve que le FBI, le ministère de la Justice (sic) et le comité national démocrate sont engagés dans une conspiration contre la démocratie américaine et le Président des États-Unis avec le plein appui des médias.

Comme si cela ne suffisait pas, le Pentagone publie également aujourd’hui sa nouvelle revue de la posture nucléaire. Une revue de la posture nucléaire précise l’attitude d’un pays à l’égard des armes nucléaires et de leur emploi. Dans le passé, on considérait que les armes nucléaires étaient inutilisables, sauf en représailles à une attaque nucléaire. L’hypothèse était que personne ne s’en servirait. Il y avait toujours la possibilité que de faux avertissements de missiles balistiques internationaux entrants aient pour effet de pousser le bouton nucléaire, ce qui déclencherait Armageddon. Il y a eu de nombreux faux avertissements pendant la guerre froide. Le président Ronald Reagan était très préoccupé par le fait qu’un faux avertissement pourrait entraîner des morts et des destructions de masse. C’est pourquoi son objectif principal était de mettre fin à la guerre froide, ce qu’il a réussi à faire. Il n’a pas fallu longtemps aux gouvernements qui lui ont succédé pour ressusciter la guerre froide.

La nouvelle posture nucléaire des États-Unis est une dérive imprudente, irresponsable et déstabilisatrice comparée à l’attitude antérieure à l’égard des armes nucléaires. L’utilisation ne serait-ce que d’une petite partie de l’arsenal américain suffirait à détruire la vie sur Terre. Pourtant, la revue de la posture préconise davantage d’armes, dit que les armes nucléaires sont « utilisables » et justifie leur utilisation lors des premières frappes, même contre des pays qui n’en possèdent pas.

C’est une escalade démente. Cela montre à tous les pays que le gouvernement américain croit à la première frappe nucléaire contre tous les pays. Des puissances nucléaires telles que la Russie et la Chine doivent voir cela comme une augmentation massive du niveau de menace venant des États-Unis. Les personnes responsables de ce document devraient être mises dans des hôpitaux psychiatriques, et non pas laissées dans des positions politiques où elles peuvent les mettre en action.

Le président Trump est blâmé pour l’agressivité nucléaire américaine annoncée aujourd’hui. Cependant, le document est un produit néoconservateur. Trump, peut-être, aurait pu empêcher la publication du document, mais sous la pression de l’accusation selon laquelle il aurait comploté avec Poutine pour voler l’élection présidentielle américaine à Hillary, Trump ne peut se permettre de s’opposer au Pentagone « néoconisé ».

Les néoconservateurs sont un petit groupe de conspirateurs. La plupart des néoconservateurs sont alliés à Israël. Certains ont la double nationalité. Ils ont créé une idéologie de l’hégémonie mondiale américaine, précisant que l’objectif principal de la politique étrangère américaine est d’empêcher l’ascension de toute autre puissance qui pourrait être contrainte contre l’unilatéralisme américain.

Comme les néoconservateurs contrôlent la politique étrangère américaine, cela explique l’hostilité des États-Unis envers la Russie et la Chine, ainsi que l’utilisation par les néoconservateurs de l’armée américaine pour écarter les gouvernements du Moyen-Orient considérés par Israël comme des obstacles à l’expansion israélienne. Depuis deux décennies, les États-Unis mènent des guerres pour Israël au Moyen-Orient. Ce fait prouve le pouvoir et l’influence des fous néoconservateurs.

Il est certain que des gens aussi fous que les néoconservateurs lanceraient une attaque nucléaire contre la Russie et la Chine. Les gouvernements russe et chinois semblent ignorer totalement la menace que les néoconservateurs leur font peser [note de la traductrice : je ne pense pas que le gouvernement russe soit aussi naïf que Mr Roberts semble le penser, il suffit de se plonger dans certaines mises en garde de Poutine sur le risque de guerre nucléaire pour comprendre que le président russe est totalement conscient du risque]. Je n’ai jamais rencontré dans mes entretiens avec des Russes et des Chinois la moindre conscience de l’idéologie néoconservatrice. C’est peut-être trop dément pour qu’ils puissent le comprendre.

Les idéologues tels que les néoconservateurs ne se basent pas sur des faits. Ils poursuivent leur rêve d’hégémonie mondiale. La Russie et la Chine font obstacle à cette hégémonie. Ayant appris les limites de la puissance militaire conventionnelle américaine – après 16 ans, la « superpuissance » américaine n’a pas été en mesure de vaincre quelques milliers de talibans légèrement armés en Afghanistan – les néoconservateurs savent que les invasions conventionnelles de la Russie ou de la Chine mèneraient à la défaite totale des forces américaines. Par conséquent, les néoconservateurs ont élevé les armes nucléaires au rang d’arsenal de première frappe, utilisable, qui dans le rêve néoconservateur de l’hégémonie mondiale peut être utilisé pour détruire la Russie et la Chine.

Les idéologues qui se désolidarisent des faits créent un monde virtuel pour eux-mêmes. Leur croyance en leur idéologie les rend aveugles aux risques qu’ils imposent au monde.

Il est assez clair que sans le ministère de la Justice (sic) et le FBI d’Obama, le comité national démocrate entièrement corrompu, contrôlé par Clinton, et les médias américains et européens totalement corrompus qui s’emploient à détruire la présidence de Trump en l’accusant d’être « un agent russe », le président Trump, sachant que la revue de la posture nucléaire du Pentagone n’aurait fait qu’empirer, et non normaliser, les relations avec la Russie, aurait enterré six pieds sous terre ce document démoniaque qui menace toute vie sur Terre.

Grâce aux Américains libéraux/progressifs/de gauche, le monde entier est confronté à une destruction nucléaire beaucoup plus probable que ce qui nous a menacés pendant la guerre froide avec l’Union soviétique.

Par sa collaboration avec le complexe militaire/de sécurité et le comité national démocrate corrompu d’Hillary, le Parti libéral/progressif/de gauche s’est discrédité pour toujours. Il est maintenant considéré par tous les penseurs du monde entier comme un ministère de propagande insensé pour le projet des néoconservateurs d’utiliser les armes nucléaires pour éliminer les contraintes contre l’unilatéralisme américain. Le libéral/progressif/de gauche a approuvé l’hégémonie ou la mort.

Ils vont obtenir la mort. Pour nous tous.

Paul Craig Roberts

Note de la traductrice : Si j’ai décidé de traduire cette analyse de Paul Craig Roberts, c’est qu’elle reflète à plus de 90 % ce que je pense de la situation dangereuse dans laquelle se trouve le monde actuellement à cause de quelques idéologues déconnectés de la réalité.

NDLR : le contenu de cet article n’engage que son auteur et la traductrice.

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-monde-ne-survivra-pas-a-la-201375

Source originale (en anglais) : https://www.paulcraigroberts.org/2018/02/02/nuclear-posture-review/

Fév 11

LA LISTE DES SCÉNARIOS LES PLUS PROBABLES D’UNE GUERRE AVEC LA RUSSIE RENDUE PUBLIQUE

Dans un document rédigé par le ministère russe des Situations d’urgence, des spécialistes indiquent des causes qui pourraient engendrer un conflit armé avec la Russie.

Le recours aux armes de destruction massive et les agissements de groupes infiltrés sont les raisons les plus probables qui pourraient provoquer une guerre avec la Russie, lit-on dans un document publié par le ministère russe des Situations d’urgence.

Selon les experts, des tirs de missiles de croisière ou des bombardements aériens ainsi que l’infiltration d’unités de renseignement pourraient entraîner un conflit armé.

L’utilisation d’armes de destruction massive ou d’armes nucléaires, par contre, est considérée comme une cause peu probable.

En outre, comme le précisent les spécialistes dans ce document, les lieux de concentration ou de contrôle et les infrastructures vitales pour la population deviendraient des cibles dans la guerre d’aujourd’hui.

https://fr.sputniknews.com/russie/201802101035093560-liste-scenariosl-guerre-russie/

Fév 11

BEATRICE FIHN: «LES SURVIVANTS D’HIROSHIMA SONT LES SEULS VRAIS EXPERTS DES ARMES NUCLÉAIRES»

L’ICAN vient de recevoir le Prix Nobel de la paix. Sa directrice, Beatrice Fihn, a beau avoir eu droit aux honneurs planétaires le 10 décembre dernier à Oslo, elle garde les pieds sur terre, dans le quartier de la Jonction à Genève.

Directrice de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, ONG dont le siège est à Genève, Beatrice Fihn raconte l’aventure du Prix Nobel de la paix obtenu le 10 décembre. Si elle a côtoyé les grands de ce monde, elle garde les pieds sur terre

Au milieu d’un couloir anonyme, la petite salle 477 installée dans le complexe du Conseil œcuménique des Églises au Grand-Saconnex, sur les hauts de Genève, ne paie pas de mine. Quelques chaises et bureaux entassés, une poignée d’employés. C’est pourtant là qu’a son siège la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), une organisation non gouvernementale méconnue du grand public qui vient de recevoir le Prix Nobel de la paix. Sa directrice, Beatrice Fihn, a beau avoir eu droit aux honneurs planétaires le 10 décembre dernier à Oslo, elle garde les pieds sur terre, dans le quartier de la Jonction à Genève, où elle vit avec son mari et ses deux enfants. Suédoise, millennial, elle ne s’embarrasse pas des étiquettes. Au Forum économique de Davos, elle était ravie de pouvoir défendre sa cause auprès des décideurs de la planète. Mais au fond, elle aurait presque préféré être du côté des manifestants, de l’autre côté des barrières. La cause du désarmement? Elle s’y est attelée un peu par hasard. En suivant les débats de la Conférence du désarmement à Genève, où les débats stériles n’ont pas manqué de l’irriter. Maintenant, elle ne ferait autre chose pour rien au monde.

Votre organisation, l’ICAN, a obtenu le Prix Nobel de la paix pour son engagement en faveur de l’abolition des armes nucléaires. Comment réagissez-vous à la nouvelle doctrine de l’administration Trump prônant l’usage de bombes nucléaires à faible puissance?

C’est une doctrine très dangereuse et irresponsable. Elle augmente le risque déjà élevé de recours à l’arme nucléaire. Elle abaisse le seuil à partir duquel on pourrait utiliser la bombe. Il suffit désormais d’une guerre commerciale ou d’une cyberattaque pour déclencher une riposte nucléaire. C’est un revirement majeur. De plus, on nous dit que de telles bombes à faible puissance rendraient la dissuasion nucléaire plus crédible, car elles pourraient effectivement être utilisées. C’est terrifiant. À la conférence de presse du Pentagone, ils n’ont jamais parlé des millions de morts que de telles armes peuvent causer.

L’ICAN a joué un rôle majeur dans l’adoption du traité sur l’interdiction des armes nucléaires en juillet 2017 à New York. Les puissances atomiques et les membres de l’OTAN (à l’exception des Pays-Bas) ont boycotté l’événement. Etes-vous un agent du changement ou une douce rêveuse?

On nous a dit que ceux qui bénéficient du statu quo rendront tout changement impossible. Ce n’est pas vrai. Nous sommes des agents du changement. Le monde a déjà accompli des choses plus difficiles. Il a fait des progrès immenses en matière de droits de l’homme, de droit humanitaire et même de désarmement. Ce que nous faisons n’est qu’une manière d’assurer un suivi des Conventions de Genève et des traités d’interdiction d’armes de destruction massive. Nous devons refuser le narratif des puissances nucléaires selon lequel les armes atomiques sont nécessaires pour notre sécurité et pour la paix. C’est faux. Si c’était le cas, pourquoi ne pas se réjouir de voir la Corée du Nord en acquérir? Pourquoi les gens sont-ils nerveux à l’idée que Donald Trump détient les codes nucléaires?

Comment convaincre maintenant les puissances nucléaires?

La tâche s’annonce ardue. Mais avec le Prix Nobel, nous avons une autorité morale que nous n’avions pas avant. Nous insistons: le risque zéro n’existe pas. Un mauvais calcul ne peut être exclu. Il ne s’agit pas de savoir si une telle arme sera utilisée un jour, mais quand. C’est un fait statistique. Les armes nucléaires seront abolies un jour. C’est ma conviction. J’espère simplement que cette abolition aura lieu avant que de telles armes ne soient utilisées.

En ce sens, la fausse alerte à l’attaque de missile à Hawaii voici quelques semaines est révélatrice…

Quand j’ai entendu parler de cette alerte, j’étais au Mémorial de la paix à Nagasaki. Des survivants venaient de me décrire ce qui se passe des heures, des jours voire des semaines après une attaque nucléaire. J’ai été d’autant plus bouleversée par cette fausse alerte que mes enfants étaient à des milliers de kilomètres de là. Imaginez: les habitants d’Hawaii ont dû décider en vingt minutes où aller, quel enfant aller chercher en premier. Paniqués, ils ont cherché sur Google comment agir en cas d’attaque nucléaire. J’étais aussi en colère. Pourquoi doit-on vivre avec une telle menace? C’est une situation inutile que nous avons créée nous-mêmes. Que se serait-il passé si l’alerte avait été adressée à Donald Trump ou à Kim Jong-un? L’homme qui a déclenché l’alerte à Hawaii pensait qu’il s’agissait d’une vraie alerte. Les armes nucléaires sont maniées par des êtres humains faillibles.

Avant le 6 octobre 2017, votre vie était plutôt normale. Depuis, vous avez rencontré la famille royale de Norvège, des personnalités politiques de haut rang à Davos, à New York et Bruxelles. Comment gère-t-on un tel tsunami?

À Oslo, ce fut un peu difficile, je l’avoue. Limousine, convoi spécial: j’avais l’impression d’être une cheffe d’État ou une pop star. À Genève, où je vis, il y avait de grandes photos dans les journaux. Les voisins les ont vues, mais tout est très vite redevenu normal. En fait, tout a changé et rien n’a changé. Nous avons beaucoup plus d’attention médiatique. Tant mieux. Mais aussi plus de pression, car nous devons obtenir des résultats. Nous restons cependant un mouvement de la base. Nous ne sommes pas des chefs d’État, ni des célébrités, juste des gens normaux qui poursuivent la lutte contre les armes nucléaires. Nous venons d’obtenir un levier supplémentaire grâce au Nobel et devons l’utiliser. C’est un vrai défi pour une petite organisation comme la nôtre, même si la campagne est importante (468 partenaires dans 101 pays). Notre priorité est de nous concentrer sur ce qui est faisable et sur ce qui aura le plus d’impact.

D’un côté, le risque nucléaire a augmenté, de l’autre, une nouvelle dynamique du désarmement est en route.

Oui, des épisodes comme celui d’Hawaii accroissent la prise de conscience du public. Nous n’avons plus parlé autant du risque nucléaire depuis la fin de la Guerre froide qu’aujourd’hui. Il faut saisir ce moment. Le Traité de non-prolifération nucléaire a été adopté après la crise des missiles de Cuba, le Traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire après les fortes tensions des années 1980.

Vous étiez à Hiroshima et à Nagasaki en janvier. Comment avez-vous vécu ce moment?

C’était très émouvant d’entendre des histoires d’enfants qui avaient le même âge que les miens et qui ont subi les effets de la bombe. On l’oublie, mais quand une bombe nucléaire éclate, ce n’est pas la fin du monde. Il y a des survivants qui doivent se battre pour vivre. Ce qui m’a beaucoup inspirée au Japon, ce sont les survivants. Bien qu’âgés, ils étaient très contents du Prix Nobel, du combat que nous menons, du traité d’interdiction. Ils ont l’impression d’avoir contribué à une cause importante alors qu’ils ont longtemps été ignorés, sacrifiés sur l’autel des préoccupations sécuritaires et de la théorie de la dissuasion. D’ailleurs pour moi, les vrais experts nucléaires, ce ne sont pas des spécialistes assis dans leurs bureaux à Paris ou Washington. Ce sont les survivants. Ils sont les seuls à connaître la vraie réalité et l’impact de telles armes.

Dans une vidéo, vous avez parlé de la bombe atomique comme d’un symbole phallique…

C’était à la fin d’une interview. La citation a pris des proportions excessives. Mais ces armes révèlent effectivement une masculinité toxique. Trump est la caricature de cette masculinité toxique quand il déclare que son bouton nucléaire est plus grand que celui du leader nord-coréen Kim Jong-un. Le président américain s’est aussi moqué de son secrétaire d’État Rex Tillerson, qui avait l’intention de mener une action diplomatique avec la Corée du Nord.

Les femmes sont-elles plus à même d’éviter les conflits?

Je ne dis pas que les femmes sont forcément plus pacifiques. Mais elles sont beaucoup plus formées pour valoriser la négociation et le compromis. C’est la société qui les a mises dans ce rôle. Contrairement aux hommes, elles n’ont pas appris à obtenir quelque chose par la pure force, à résoudre les conflits brutalement, mais plutôt à trouver d’autres voies pour obtenir ce qu’elles veulent. Quand les hommes disent que les armes nucléaires offrent davantage de sécurité, de quoi parlent-ils? Dans le Nevada et au Nouveau-Mexique, où des essais nucléaires ont été effectués, les femmes font des fausses couches en raison des radiations. Dans des négociations de paix, si vous n’incluez pas des femmes, les solutions diplomatiques seront plus difficiles à trouver et la paix ne sera pas durable.

Qu’allez-vous faire des 900 000 dollars obtenus grâce au Prix Nobel?

Nous les avons placés dans un «fonds dit des 1000 jours». À partir du 10 décembre 2017, nous nous donnons 1000 jours pour faire en sorte que le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires entre en vigueur. Ce travail s’effectuera moins au niveau de l’ONU, mais plus dans les capitales. Nous allons financer des projets visant à pousser les États à ratifier le traité et la recherche.

On vous dit déçue des positions suisse et suédoise…

Oui, la Suisse et la Suède attendent de voir comment les choses évoluent. Ce n’est pas une politique étrangère très courageuse. Mais nous ne lâcherons pas la Suisse, qui était d’ailleurs très engagée au début du processus. Si la Suisse ratifie le traité, c’est là qu’elle aura le plus d’impact. En renforçant la norme d’interdiction, elle fera indirectement pression sur les États nucléaires. Si le siège de l’ICAN est à Genève, ce n’est pas par hasard. C’est ici que se rencontrent les instances du désarmement et le monde humanitaire.

Barack Obama a obtenu le Prix Nobel en grande partie en raison de son discours de Prague d’avril 2009 où il appelait à dénucléariser le monde. A-t-il joué un rôle important?

Oui et non. Il a fait de bonnes choses, mais il a aussi accepté la modernisation de l’arsenal nucléaire américain en contrepartie d’une ratification du nouveau traité Start de réduction des armes stratégiques. C’est le plus grand investissement (1200 milliards de dollars) dans un programme nucléaire depuis le projet Manhattan. Le discours d’Obama à Prague nous a cependant énormément aidés. Il a montré qu’il était possible pour un président américain d’avoir une réflexion rationnelle sur les armes atomiques. Il a fait du problème une question centriste alors qu’elle était avant l’apanage de l’extrême gauche. L’impact d’Obama se fait sentir aujourd’hui encore.

Vous avez été touchée par votre visite du pape au Vatican.

Oui, je ne suis pas une personne religieuse, mais j’ai été impressionnée par le pape, par les valeurs qu’il véhicule. Il n’a pas de puissance militaire derrière lui. Son pouvoir, c’est son autorité morale, c’est le fait que les gens croient en lui. Le pape a joué un rôle crucial dans le processus d’interdiction. Le Saint-Siège a été le premier pays à signer le traité. Le message du Vatican fut très fort. Il dit que même posséder la bombe atomique est un péché.

Pour vous, la société civile joue un rôle primordial.

Oui, son rôle est essentiel. La démocratie ne consiste pas seulement à aller voter tous les quatre ans. La société civile doit se mobiliser pour reconquérir une forme de pouvoir. C’est à nous qu’incombe le changement. À personne d’autre. Les dirigeants politiques ne vont pas régler les problèmes pour nous.

Article de Stéphane Bussard

Pour voir la vidéo (4mn01s) qui accompagne cet article, cliquer sur :

https://www.letemps.ch/monde/beatrice-fihn-survivants-dhiroshima-seuls-vrais-experts-armes-nucleaires

Fév 10

ALAIN JUND : « TOURNER LA PAGE DU NUCLÉAIRE À FESSENHEIM POUR ENGAGER LA TRANSITION. »

Alors que 13 élus haut-rhinois demandent un report de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim de trois à cinq ans, l’élu écologiste strasbourgeois Alain Jund plaide dans une tribune pour y faire un pôle du démantèlement des centrales et d’y développer des énergies renouvelables comme la géothermie.

Ce sont 45 années de lutte antinucléaire sur les bords du Rhin qui vont, enfin, aboutir <http://www.rue89strasbourg.com/energies-renouvelables-fin-fessenheim-130518>  et ce malgré quelques derniers soubresauts désespérés. La ténacité et la combativité des citoyens et élus alsaciens, badois ou suisses, des associations régionales et nationales permettent aujourd’hui d’envisager la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim.  

Il en aura fallu des manifestations, des pétitions, des die-in, des fêtes, des rapports de force tournant parfois à l’affrontement et même des grèves de la faim ; je pense naturellement à la militante infatigable que fut Solange Fernex.  

Collectivement fiers de tourner la page

Nous devons, toutes et tous, être fiers de cette issue….qui semble se confirmer. Mais ce n’est qu’une étape dans un combat qui est loin d’être terminé. Certes après beaucoup de dérobades, de reniements et d’atermoiements – comment ne pas penser aux multiples annonces du candidat puis Président François Hollande mais également à la manière dont, lâché par le gouvernement le premier délégué interministériel, Francis Rol Tanguy, chahuté par les syndicats et abandonna la partie – la fermeture est un vrai soulagement. Centrale vieillissante, à la sécurité toute aléatoire sa rentabilité énergétique devenait marginale.  

Mais ce qui va être mis en place pour accompagner cette fermeture doit être exemplaire. En effet, de la réussite de la transition qui s’engagera localement dépend certainement la crédibilité d’une sortie du nucléaire en France….et de ses 58 réacteurs. Car si l’Allemagne, au lendemain de la catastrophe de Fessenheim a acté cette perspective en 2011, le lobby nucléaire français (EDF et AREVA en tête) a maintenu le cap malgré des interrogations sur la rentabilité, la question des déchets et plus généralement la sécurité, questionnement confirmé il y a quelques jours par un rapport de la très officielle Autorité pour la Sécurité Nucléaire (ASN).

Ouvrir le chemin de la sortie du nucléaire !

Trois orientations et un préalable sont nécessaires pour réussir cette perspective. Il est tout d’abord impératif de ne pas engager cette transition « à reculons ». Il convient, notamment d’ouvrir un horizon volontaire démontrant que la transition est créatrice d’emplois et d’activités. C’est la condition pour mobiliser les salariés du site, les sous-traitants et les acteurs économiques locaux. Construire un projet de territoire pour demain afin d’assumer cette étape, difficile pour d’aucuns, non comme une punition politique de circonstance ; c’est affronter collectivement cette transition plutôt que de mettre la tête dans le sable.  

La première orientation c’est la construction d’un pôle économique autour du démantèlement en matière nucléaire. Il n’est pas concevable que dans 20 ou 30 ans, le site de Fessenheim soit dans le même état que celui de la centrale bretonne de Brennilis fermée depuis 1985, envahie par les herbes folles, abandonnée et de plus en plus dangereuse.  

Pôle du démantèlement des centrales

La fermeture constitue, pour Fessenheim, une réelle opportunité pour créer, à proximité, un véritable pôle économique réunissant la recherche, le développement et les processus industriels sur le démantèlement des sites nucléaires au plan européen. Comme par exemple, la centrale suisse de Beznau et celle de Chooz dans les Ardennes fermée depuis 15 ans. Cette filière, et quelle que soit la vitesse de la sortie du nucléaire en France, ouvre des perspectives d’emplois durable pour plus de 50 ans. Plutôt que de persister dans l’exportation d’une filière nucléaire sans avenir, l’heure est à la promotion et au développement de cette technologie d’avenir autour du démantèlement.  

C’est ensuite la nécessité d’ouvrir un horizon transfrontalier et européen. Ce n’est pas à la commune et au territoire proche de « supporter » seules ces transformations complexes. C’est bien l’espace transfrontalier de l’Alsace, du Bade-Wurtemberg et de la Suisse qui doivent accompagner cette transition, en s’appuyant notamment sur une situation de l’emploi plutôt favorable outre-Rhin. Dès 2013, Conseil rhénan avait ouvert cette voie. L’Europe doit aussi prendre toute sa place dans ce chantier exemplaire au moment même où le Parlement Européen finalise le « Paquet Climat Énergie » et alors que la Banque Européenne d’Investissement et le Plan Juncker sont à la recherche de projets industriels et économiques alliant l’emploi et la transition énergétique.  

Symbole des énergies renouvelables

C’est enfin sur le symbole des énergies renouvelables qu’il est pertinent de tourner la page du nucléaire à Fessenheim. Notre pays est en retard dans ce domaine face à nos partenaires européens. Nous pouvons fonder un pôle de référence en matière d’énergies renouvelables tournant résolument le dos aux énergies fossiles néfastes pour le climat.  

La Plaine du Rhin est une vraie opportunité pour la géothermie…elle ne demande qu’à prospérer sur les trois régions. Le solaire reste particulièrement absent des toitures alsaciennes et suisses, l’éolien reste confidentiel à l’ouest du Rhin. En changeant de modèle, Fessenheim peut devenir un pôle de promotion, de recherche et de développement de la diversité de ces énergies renouvelables. C’est une concrétisation locale de l’accord de Paris sur le climat.  

La fermeture de la vieille centrale nucléaire alsacienne peut donc constituer une réelle chance pour construire, sur place, un projet mobilisateur pour notre avenir commun ; celui des habitants et salariés de Fessenheim, celui des citoyens de la plaine du Rhin. C’est enfin l’occasion d’ouvrir la voie pour engager, concrètement, la sortie du nucléaire.  

Il n’est pas trop tard….bien au contraire !

http://www.rue89strasbourg.com/alain-jund-tourner-la-page-du-nucleaire-a-fessenheim-pour-engager-la-transition-131362

NDLR : Alain Jund est aujourd’hui adjoint au Maire de Strasbourg et Vice Président de l’Euro-métropole en charge de la transition énergétique.

Fév 10

ITALIE : OTAN ET NUKES NE SONT PAS DES THÈMES ÉLECTORAUX (IL MANIFESTO)

Le Gouvernement [italien – NdR], qui dans la période électorale reste en place pour “traiter les affaires courantes”, est sur le point de prendre de nouveaux engagements contraignants dans l’OTAN pour le compte de l’Italie. Ils seront officialisés dans le Conseil Atlantique-Nord, qui se tient les 14 et 15 février à Bruxelles au niveau des ministres de la défense (pour l’Italie Roberta Pinotti).

L’ordre du jour n’a pas encore été communiqué. Il est cependant déjà écrit dans le “National Défense Strategy 2018”, que le secrétaire à la Défense des États-Unis Jim Mattis a donné le 19 janvier. À la différence des précédents, le rapport du Pentagone est cette année top secret. Seul un résumé en a été publié, suffisant quand même pour nous faire comprendre ce qui se prépare en Europe.

Accusant la Russie de “violer les frontières de nations limitrophes et d’exercer un pouvoir de veto sur les décisions de ses voisins”, le rapport déclare : “Le moyen le plus sûr de prévenir la guerre est d’être préparés à en gagner une”.

Il demande ainsi aux alliés européens de “maintenir leur engagement à augmenter la dépense pour augmenter la puissance de l’OTAN”. L’Italie s’est déjà engagée dans l’OTAN à porter sa propre dépense militaire des actuels environ 70 millions d’euros par jour à environ 100 millions d’euros par jour. Mais pratiquement personne n’en parle dans le débat électoral.

Tout comme on ne parle pas du contingent italien déployé en Lettonie au bord du territoire russe, ni des avions de chasse italiens Eurofighter Typhoon basés le 10 janvier en Estonie, à une dizaine de minutes de vol de Saint Petersburg, avec le motif de protéger les pays baltes de l’”agression russe”.

Silence sur le fait que l’Italie a pris le 10 janvier le commandement de la composante terrestre de la Force de Réaction de l’OTAN (Nato Response Force), utilisable dans n’importe quelle partie du monde “sous la dépendance du Commandant suprême des forces alliées en Europe”, toujours nommé par le président des États-Unis.

Ignorée, la nouvelle que la Marine italienne a reçu le 26 janvier le premier avion de chasse F-35B à décollage court et atterrissage vertical, dont le personnel sera entraîné dans la base des Marines de Beaufort en Caroline du Sud.

Tout cela et d’autres choses sont passées sous silence dans le débat électoral. Celui-ci se concentre sur les implications économiques de l’appartenance de l’Italie à l’Union européenne, mais en ignore celles politiques et militaires, et en conséquence économiques aussi, de l’appartenance de l’Italie à l’OTAN sous commandement étasunien, dont font partie (après le Brexit) 21 des 27 états de l’UE.

Dans ce cadre ne se trouve pas soulevée la question des nouvelles bombes nucléaires B61-12, que dans environ deux ans le Pentagone commencera à déployer en Italie à la place des actuelles B-61, poussant notre pays au premier rang dans la confrontation nucléaire toujours plus dangereuse avec la Russie.

Pour rompre la chape de silence sur ces questions fondamentales, nous devrions poser aux candidates et candidats aux élections politiques (comme le propose le Comité No Guerra No Nato) deux questions précises dans des rencontres publiques, sur les réseaux sociaux et émissions radio-télévisées : “Êtes-vous favorable ou non à ce que l’Italie sorte de l’OTAN ? Êtes-vous favorable ou non au déplacement immédiat hors de l’Italie des armes nucléaires étasuniennes ?” Répondez Oui ou Non, en motivant éventuellement la raison de votre choix”.

Aux 243 parlementaires (parmi lesquels se distingue le candidat leader du M5Stelle Luigi Di Maio), signataires de l’engagement Ican à faire adhérer l’Italie au Traité onusien sur l’interdiction des armes nucléaires, nous devrions poser une troisième question : “Sur la base de votre engagement soussigné, vous engagerez-vous, dans la prochaine législature, pour le déplacement immédiat hors de l’Italie des bombes nucléaires étasuniennes B-61, qui déjà violent le Traité de non-prolifération, et pour la non-installation des B61-12 et d’autres armes nucléaires ?”.

Manlio Dinucci (Traduit de l’italien par M-A P.

https://www.legrandsoir.info/otan-et-nukes-ne-sont-pas-des-themes-electoraux-il-manifesto.html

Fév 10

INCIDENT DU 9 FÉVRIER 2017 À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE (MANCHE)

Jeudi 9 février 2017 vers 10 heures, un départ de feu entraînant une détonation s’est produit dans la salle des machines du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Flamanville dans la Manche. Le feu a été rapidement maîtrisé par les équipes de la centrale. Les opérateurs ont engagé la mise à l’arrêt du réacteur conformément aux procédures, sans difficulté particulière.

Cet incident en zone non nucléaire n’a eu aucune conséquence sur la sûreté de l’installation ni sur l’environnement.

Télécharger la note d’information de l’IRSN du 9 février 2017 (pdf)

Fév 10

UN EXPERT DE L’ÉNERGIE DÉCRYPTE LES MOTS DU PRÉSIDENT SUR LE NUCLÉAIRE.

Fessenheim, la plus vieille centrale nucléaire française encore en activité, fermera ses portes dans quelques mois au terme d’un feuilleton aussi politique qu’écologique. Si d’autres fermetures devraient advenir d’ici à 2029, pour Emmanuel Macron ce n’est ni une priorité ni même forcément une direction à prendre. Il miserait plutôt sur la fin des énergies fossiles, comme il l’annonce dans un entretien sur France 2 en décembre dernier. Mais alors, face à l’urgence climatique, que nous disent les mots du président sur sa vision de l’environnement et de la transition écologique ?

Décryptage avec Mycle Schneider, expert du nucléaire mondial.

Mardi 12 décembre 2017, au soir du « sommet climat » à Paris, le président Macron reçoit Laurent Delahousse, présentateur sur France télévision. Ce soir-là, il tente de répondre aux préoccupations des français notamment au sujet de l’environnement et c’est ainsi que pendant plusieurs minutes il s’exprime sur l’état de l’industrie nucléaire en France.

Sur cette question, le président ne prend que deux engagements : fermer la centrale de Fessenheim et celles que l’Autorité de sûreté nucléaire jugerait dangereuses car pour lui, « le nucléaire n’est pas mauvais pour les émissions de CO2, c’est même la manière aujourd’hui, avec le renouvelable, la plus décarbonée de faire de l’électricité ». 

Des déclarations qui peuvent surprendre, comme le souligne Mycle Schneider.

Ainsi, pour cet expert, auteur du rapport mondial sur l’état de l’industrie nucléaire, quand Emmanuel Macron affirme « le nucléaire ça fait peur… mais aucune centrale en France n’a jamais explosé [donc la fermeture des centrales n’est pas une priorité] », cela revient à dire « moi je ne mets jamais la ceinture de sécurité car je n’ai jamais eu d’accident ».

Surprenant pour un dirigeant politique ? Pour Emmanuel Macron « il faut choisir ses batailles », entre énergie nucléaire et énergies renouvelables et faire preuve de pédagogie. 

Par Marie Lebon

https://www.publicsenat.fr/article/politique/com-une-image-en-marche-vers-la-transition-ecologique-un-expert-de-l-energie

Fév 10

CAMPAGNE NATIONALE POUR LA SORTIE DU NUCLÉAIRE ET POUR LA PROMOTION DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

NDLR: Pour la première fois dans notre histoire, un parti politique (France Insoumise) va mener une campagne nationale et un vote pour la sortie du nucléaire.

Extraits du texte de lancement de cette campagne:

« Au mois de novembre lors de la Convention, les insoumis·es ont décidé de mener trois campagnes thématique. La campagne pour la sortie du nucléaire et la promotion des énergies renouvelables sera la première campagne nationale que nous mènerons en 2018.

Pourquoi cette campagne ?

L’élection d’Emmanuel Macron, président des riches et des lobbies, n’a pas répondu à l’urgence écologique. Pire, elle a été celle des reculs dans ce domaine : l’objectif de réduction de la part d’électricité issue du nucléaire d’ici 2025 a été abandonné par Nicolas Hulot. L’urgence est pourtant réelle, à l’heure où deux tiers des réacteurs nucléaires français auront atteint 40 ans de vie en 2027 et présentent de nombreuses failles mettant en danger des millions de Français.es. Le nucléaire n’est pas une énergie sûre comme le prouvent les accidents de Tchernobyl et de Fukushima, sans même parler des défaillances sécuritaires des centrales face à des intrusions extérieures.

En plus d’être dangereuse, le nucléaire nous coûte cher. AREVA et EDF sont au bord de la faillite et pour prolonger la durée de vie des centrales au-delà de 40 ans, 100 milliards d’euros doivent être investis pour rafistoler les réacteurs nucléaires. Autant d’argent qui n’est pas investi ailleurs!

La France s’entête dans cette énergie qui met en danger notre indépendance énergétique et qui produit des déchets dont on ne sait que faire. Pourtant le nucléaire appartient au passé et freine le développement des énergies renouvelables.

La France Insoumise se fait force de proposition et portera partout cette campagne pour demander la décision politique de sortie planifiée de l’énergie nucléaire et convaincre que nous pouvons passer à 100% d’énergie renouvelable. Éolien, énergies marine, hydraulique, géothermie, biomasse, photovoltaïque : il suffit d’avoir la volonté politique pour construire le futur. D’autant que la transition énergétique créera 900 000 emplois.

Votation citoyenne du 11 au 18 mars

La campagne se terminera par une votation citoyenne qui aura lieu du 11 au 18 mars. Notre mouvement politique veut poser la question politique de notre avenir énergétique. Cette votation se fera sur Internet et avec des milliers de bureaux de vote physique dans tous le pays autour de la question :

« Êtes-vous favorable à la sortie du nucléaire ? »

Il s’agit du nucléaire civil et militaire : l’arrêt de tous les réacteurs nucléaires dans les meilleurs délais possibles, par le développement des énergies renouvelables, les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et la participation active de la France à la lutte contre la dissémination nucléaire pour l’abolition des armes nucléaires au niveau mondial.

Bien au-delà de notre mouvement, ce rendez-vous citoyen sera un événement national d’expression démocratique sur le nucléaire.

La campagne sera rythmée par des auditions filmées sur les différents aspects de la campagne et par des événements nationaux. »

Pour retrouver ce texte, les détails de l’organisation, le calendrier et accéder à la vidéo de lancement de cette campagne (4mn11s), cliquer sur :

https://lafranceinsoumise.fr/nos-campagnes/campagne-sortie-nucleaire/

Fév 09

EDF CONDAMNÉE POUR SA GESTION CHAOTIQUE DES DÉCHETS RADIOACTIFS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CRUAS

Communiqué commun du Réseau « Sortir du nucléaire« , France Nature Environnement, FRAPNA Ardèche, Sortir du nucléaire Sud-Ardèche, Stop nucléaire 26-07

Ce 9 février 2018, le tribunal de police de Privas a condamné EDF pour sa gestion inquiétante des déchets à la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche), des équipements contaminés s’étant retrouvé dans une benne de déchets conventionnels. Cette condamnation fait suite à une action en justice engagée par le Réseau “Sortir du nucléaire“, où France Nature Environnement, la FRAPNA Ardèche, Sortir du nucléaire Sud-Ardèche et Stop Nucléaire 26-07 se sont également portées parties civiles. Pour les associations, cette condamnation doit attirer l’attention sur l’ensemble des problèmes graves qui concernent la centrale.

Un manque de rigueur inquiétant dans la gestion des déchets contaminés

Le 6 novembre 2015, des techniciens de la centrale nucléaire de Cruas ont détecté de la radioactivité dans une benne de déchets conventionnels qui devait quitter le site pour rejoindre la déchetterie. Il leur faudra quatre jours pour retrouver dans cette benne un sac rempli de combinaisons papier et de surbottes qui avaient été portées par des personnes travaillant en zone nucléaire, alors que ces déchets contaminés doivent absolument être séparés des déchets conventionnels pour éviter toute contamination ! Pour couronner le tout, EDF n’a déclaré officiellement le problème à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qu’au bout de 10 jours.

La découverte de ce sac était intervenue quelques jours après une inspection de l’ASN portant précisément sur la gestion des déchets, de nombreux problèmes étant survenus les années précédentes… Depuis, EDF n’a pas fait preuve de beaucoup plus de rigueur. En juillet 2016, suite à une nouvelle inspection, l’ASN faisait état d’un laisser-aller important sur le site, de contenants destinés aux déchets radioactifs qui ne portaient pas d’étiquetage appropriés et stockés de manière désordonnée, de sacs de gravats contaminés sans mention permettant de les identifier comme tels et rangés à côté de gravats non contaminés… Fin 2017, une autre lettre d’inspection mentionnait toujours des sacs de déchets non identifiés ou non ligaturés, ce qui entraînait un risque de dispersion d’éléments potentiellement contaminés.

EDF enfin condamnée !

Cette gestion calamiteuse des déchets radioactifs pouvait aboutir à la dispersion de radioactivité dans l’environnement. En réaction à ce laisser-aller, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a fait citer EDF et le directeur de la centrale de Cruas devant le tribunal. France Nature Environnement, la FRAPNA Ardèche, Sortir du nucléaire Sud Ardèche et Stop nucléaire 26-07 se sont portées parties civiles en raison de la gravité des faits.

Après deux renvois, l’affaire a fini par être examinée le 14 novembre 2017 par le tribunal de police de Privas. Le 9 février 2018, celui-ci a condamné EDF à 6 amendes de 1000 € chacune et le directeur à 6 amendes de 500 € avec sursis.

Les associations se réjouissent de cette condamnation justifiée et espèrent qu’elle attirera l’attention sur les dysfonctionnements récurrents qui règnent à la centrale de Cruas, où défaillances techniques et problèmes organisationnels se cumulent (voir ci-dessous).

Dossier juridique

Contacts presse :

Pour le Réseau « Sortir du nucléaire » :

– Marie Frachisse (juriste) – 07 62 58 01 23

– Etienne Ambroselli (avocat) – 06 09 30 80 67

Pour Sortir du nucléaire Sud Ardèche :

– Alain Joffre – 06 75 50 29 86

Pour la FRAPNA Ardèche :

Frédéric Jacquemart (Président) – 04 66 56 65 78

Pour Stop nucléaire 26-07 :

Dominique Malvaud – 06 72 07 76 42

Note complémentaire

Un laisser-aller symptomatique de problèmes de sûreté plus généraux

Les associations rappellent qu’au-delà de ce problème récurrent de gestion des déchets, la centrale de Cruas est actuellement le théâtre de dysfonctionnements lourds qui menacent les travailleurs et les riverains.

Ainsi, en 2016, elle a été concernée par une série d’événements concernant la maîtrise de la réaction nucléaire, découlant de réglages inappropriés de paramètres des systèmes de pilotage et de protection du cœur du réacteur. Le 5 décembre 2017, l’ASN a dû prendre une décision pour enjoindre EDF de renforcer ses contrôles techniques et ses vérifications.

Cette centrale présente également un risque important de « perte de la source froide » (c’est-à-dire de capacités de refroidissement du réacteur en cas d’accident) en raison de nombreuses défaillances techniques et organisationnelles. En effet, non seulement les tuyauteries des stations de pompage des réacteurs 1 et 4 sont mal entretenues et si corrodées qu’elles ne résisteraient pas à un séisme (voire à un simple choc violent), mais en ce qui concerne le réacteur n° 4, il existe toujours un risque que la prise d’eau se retrouve obturée par les végétaux charriés par le Rhône.

Le réacteur n° 3, en particulier, a cumulé les dysfonctionnements. Pendant un an, une pompe de son système de refroidissement à l’arrêt est restée hors service du fait d’une mauvaise réparation, sans que personne ne s’en rende compte. De fin novembre 2017 à début janvier 2018, il a été affecté par une fuite d’une tuyauterie de l’enceinte de confinement (qui est pourtant censée être étanche), qui s’est mécaniquement traduite par des rejets non contrôlés dans l’environnement et a nécessité une mise à l’arrêt du réacteur pour réparation.

Ces exemples constituent autant d’illustrations de l’incapacité d’EDF à effectuer une maintenance correcte de ses installations et à contrôler la qualité des travaux. Ce ne sont pas les travailleurs qui doivent être mis en cause, mais bien les lignes directrices données par EDF qui, dans une course à la rentabilité absurde, cherche à raccourcir le temps dédié aux opérations de maintenance. Il est urgent de sortir du nucléaire avant que ces dysfonctionnements ne débouchent sur un accident.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/EDF-condamnee-pour-sa-gestion-chaotique-des

Fév 09

OLKILUOTO EN FINLANDE : NOUVELLE MÉDIATION ENTRE AREVA ET TVO

Selon nos informations, l’ancien président du tribunal de commerce de Paris, Frank Gentin, tente un règlement amiable autour de l’EPR en construction en Finlande.

Médiation, deuxième essai. 

Deux ans après avoir échoué à résoudre à l’amiable <https://www.lesechos.fr/27/05/2016/LesEchos/22200-063-ECH_epr-finlandais—l-etat-contraint-de-revoir-ses-plans.htm?texte=olkiluoto%20le%20billon>  leur contentieux autour de l’EPR en construction à Olkiluoto (Finlande), Areva, son partenaire Siemens et leur client TVO ont renoué les fils de la discussion. Une nouvelle tentative de conciliation qui a pour objectif d’éviter d’aller au bout de l’arbitrage international engagé depuis une dizaine d’années et qui pourrait trouver son épilogue cette année – chaque partie demandant plusieurs milliards d’euros de dédommagement pour un chantier qui a pris dix ans de retard.

Selon nos informations, un nouveau personnage a émergé pour conduire la médiation : Frank Gentin. L’ancien président du tribunal de commerce de Paris est rompu à ces conciliations dans des conflits lourds : il a dénoué les litiges entre LVMH et Hermès, mais aussi entre Lagardère et Vivendi ou entre Casino et Galeries Lafayette. Contacté, l’intéressé « ne dément, ni ne confirme ».

Le contexte a changé

Depuis deux ans, le contexte a changé, ce qui pousse à chercher une issue concertée. Pour Areva, l’issue de l’arbitrage international s’annonce mal : TVO a annoncé que  les premiers arbitrages partiels <https://www.lesechos.fr/21/07/2017/LesEchos/22491-055-ECH_epr-finlandais—arbitrage-partiel-defavorable-a-areva.htm?texte=TVO%20feitz>   de la Chambre de commerce international lui étaient favorables. « Areva est donc aujourd’hui plus ouvert à une soulte libératoire », indique un connaisseur du dossier. « Et tout le monde veut éteindre proprement Areva SA ».

Après trois ans de restructuration, l’ancien holding <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_holding.html#xtor=SEC-3168>  du groupe est devenu la structure de défaisance des derniers actifs à risque. Il a été doté en conséquence,  grâce à la recapitalisation de l’État <https://www.lesechos.fr/27/01/2016/lesechos.fr/021654281459_l-etat-lance-une-augmentation-de-capital-de-5-milliards-d-euros-chez-areva.htm?texte=olkiluoto%20le%20billon>   et à la vente d’actifs à EDF. Mi-2017, la finalisation du chantier était évaluée à 1,1 milliard d’euros  jusqu’en 2019 <https://www.lesechos.fr/10/10/2017/LesEchos/22547-081-ECH_nouveau-delai-pour-l-epr-finlandais.htm?texte=olkiluoto%20le%20billon>  , et le risque « OL3 » provisionné pour environ 700 millions d’euros, selon une source, au fait du dossier.

Voie étroite

Le client finlandais TVO, de son côté, assure aussi depuis plusieurs mois vouloir trouver une issue amiable. « TVO a besoin de montrer à ses créanciers bancaires que de l’électricité va sortir d’Olkiluoto », indique un expert. Les essais de la centrale ont débuté, mais l’expérience des opérateurs de TVO se limite aujourd’hui à l’exploitation de deux plus petits réacteurs nucléaires et ils ont donc besoin de la filière française – EDF compris – pour démarrer le réacteur.

La voie d’un accord reste toutefois étroite. Alors que les parties espéraient réconcilier les points de vue dès décembre, Areva vise désormais un accord en mars, selon une source. Il y a deux ans, les discussions avaient achoppé sur l’étendue des responsabilités une fois le chantier achevé.

Par Véronique Le Billon

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0301265898958-olkiluoto-nouvelle-mediation-entre-areva-et-tvo-2152374.php

Fév 09

ITALIE, URANIUM: PILI, LA DÉFENSE A COUVERT DES MEURTRES

Mattarella appelle la Chambre à reconnaître le lien entre exposition et maladie

« Omissions d’État pour occulter la vérité: j’ai des preuves que le ministère de la défense a couvert depuis de nombreuses années des homicides pluriels et des  catastrophes environnementales«  a déclaré Mauro Pili député du groupe mixte et membre de la commission d’enquête parlementaire sur l’uranium appauvri. C’est ainsi qu’il s’est exprimé aujourd’hui lors de sa conférence de presse à la Chambre où il a présenté son propre rapport final très différent de celui de la majorité de la commission qu’il juge « extrêmement faible ».

Pili a produit un travail de 900 pages  « avec certains des documents divulgués seulement ce matin ». Il y a « 168 noms et prénoms des victimes des dévastations à Salto di Quirra (Champ de tir militaire en Sardaigne), où des milliers de tonnes d’explosifs avec toutes sortes de substances cancérigènes et radioactives ont été utilisées. Depuis toujours cachées, il contient les analyses choquantes des animaux qui montrent des effets létaux sur la chaîne alimentaire humaine ». Ci-joint quelques photos  « d’ogives prêtes à être enterrées dans le polygone ».

Le député a parlé de « vingt ans de responsabilité de la part de la hiérarchie militaire, de Sergio Mattarella à l’actuelle ministre Roberta Pinotti » et a invité le chef de l’État à « envoyer un message aux deux Chambres pour les pousser à reconnaître le lien de causalité automatique pour les victimes de l’uranium appauvri et pour les maladies causées par les nanoparticules et des facteurs similaires contractés dans les théâtres de guerre ou les zones d’entraînement « . Il s’agirait, ajoute-t-il, « d’un acte susceptible de remédier à un conflit grave qui viole le pacte de loyauté entre l’État et ses hommes les plus exposés ».

Pili a rapporté qu’alors ministre de la Défense, « Mattarella avait déclaré que les munitions à l’uranium appauvri n’avaient jamais été employées en Bosnie, mais les actes de l’OTAN, citées dans mon rapport, dit le contraire: dès 1994 l’État italien avait été informé par les États-Unis que dans ces aires les soldats devraient avoir des tenues de protection nucléaire. Mais notre état-major n’a mis en place aucune mesure de précaution».

Le député sarde a également imputé la Défense « de catastrophe écologique, avec destruction des habitats naturels en Sardaigne et élévation des seuils de pollution autorisés dans les polygones militaires à ceux des sites industriels ». Il a également pointé du doigt la « connivence entre la hiérarchie militaire et l’industrie de guerre, avec des chefs d’état-major passés à des entreprises de fabrication d’armes comme Vitrociset et Oto Melara « .

« Les manipulations démontrées – a poursuivi Pili – exigent la transmission de ces documents aux procureurs compétents afin qu’ils évaluent l’ouverture de dossiers d’enquêtes. Il n’existe pas de zones franches où l’état puisse se retrancher pour se permettre tout et plus ».

Source : Ansa de Sardegna via et traduction de Paolo Scampa

Texte original (en italien) sur : http://www.ansa.it/sardegna/notizie/2018/02/08/uranio-pili-difesa-ha-coperto-omicidi_bf64b4e8-6415-4771-a6a6-ff778ed33a80.html

Fév 09

LA COMMISSION PARLEMENTAIRE ITALIENNE « URANIUM APPAUVRI » REND SES CONCLUSIONS… SILENCE EN FRANCE

La conclusion des parlementaires de la commission spéciale d’enquête Uranium appauvri est formelle sur le lien entre les nombreuses maladies chez les vétérans de l’armée italienne (351 morts à l’heure actuelle, plus de 4000 cancers) et l’exposition à l’uranium appauvri dans les Balkans et en Afghanistan. La presse italienne regorge d’articles sur les activités de cette commission parlementaire, qui a initié ses travaux il y a deux ans. Par exemple sur ANSA (l’équivalent de l’AFP) http://www.ansa.it/english/news/general_news/2018/02/07/uranium-caused-cancer-probe-3_dec8784e-9d95-42ff-9cb2-c12f37cf4aec.html , sur Repubblica.it ( https://video.repubblica.it/cronaca/uranio-impoverito-presidente-commissione-causalita-accertata-tra-esposizione-e-tumori/296549/297168?refresh_ce ), sur la RAI (principale télévision) http://www.rainews.it/dl/rainews/articoli/Uranio-Commissione-di-inchiesta-ammette-il-nesso-causa-effetto-con-i-tumori-Ma-e-polemica-3572c1ac-713e-4dc8-95b0-2ed85d4e3c09.html , sur Mediaset (la TV de Berlusconi)…

Ci-dessous, un copier / coller d’une liste d’actualités des dernières heures parues en italien sur le sujet (donnée par Google). Évidemment, SILENCE de l’AFP et des médias français sur ce qui se passe en Italie ou sur la récente réponse de la Commission européenne dénonçant également la dangerosité de l’uranium appauvri pour la santé humaine ( pour rappel https://depleteduranium.org/2018/01/09/first-european-commission-acknowledgement-on-depleted-uranium-dangerosity-for-human-health-premiere-reconnaissance-par-la-commission-europeenne-sur-la-dangerosite-de-luranium-appauvri-pour-la-sant/ )
On comprend bien qu’il s’agit d’abord pour les journaux de faire preuve de « solidarité nationale » avant de mettre en avant une « question sensible » qui pourrait « déstabiliser« … Pour rappel : Journaliste au chômage après reportage sur l’uranium appauvri https://fr.sputniknews.com/societe/201609151027760827-deadly-dust-docu-munitions-uranium-interdiction/ Gian Piero Scanu, président de ladite commission d’enquête italienne, non réinvesti par le PD https://www.change.org/p/say-no-to-depleted-uranium-weapons-non-aux-armes-%C3%A0-uranium-appauvri/u/22331445

Pour accéder à la liste d’actualités des dernières heures parues en italien sur le sujet, cliquer sur : https://www.change.org/p/5525242/u/22358742?utm_medium=email&utm_source=petition_update&utm_campaign=248663&sfmc_tk=2jJ%2frGfMaHNwoGZEhDKHl0XcC4JOx9tudBorzpl6WH0YkpvnUMJRv7%2fWgbj%2fRzB8&j=248663&sfmc_sub=170127406&l=32_HTML&u=45334520&mid=7259882&jb=4

Fév 09

CENTRALE NUCLÉAIRE DE BEZNAU (SUISSE): ERREUR DE CONCEPTION DANS L’ALIMENTATION ÉLECTRIQUE DE SECOURS

Source : Inspection fédérale de la sécurité nucléaire IFSN

Exposé des faits

Dans le cadre du projet AUTANOVE, les deux tranches de la centrale nucléaire de Beznau ont été rééquipées d’alimentations électriques autonomes de secours conçues pour résister à un tremblement de terre de sécurité (SSE). Lors d’une analyse du comportement du système, la centrale nucléaire de Beznau a constaté une erreur –soumise au devoir de notification– dans la conception. Selon cette erreur, des signaux provenant de parties de l’installation, non nécessaires pour la maîtrise d’un SSE, auraient eu pour conséquence lors d’un tel tremblement de terre que le groupe électrogène de secours à moteur diesel » nécessaire dans un tel cas, aurait été désactivé.

Ce groupe électrogène de secours alimente les barres d’alimentation électrique de secours prévues pour maîtriser un SSE. De cette façon, le principe d’autarcie n’aurait pas été respecté, lui qui revêt une importance centrale pour l’alimentation électrique autonome de secours en rapport avec un SSE.

La cause directe de la défaillance se trouvait dans un software qui n’était pas adapté à l’alimentation autonome de secours. Ce software employait pour le groupe électrogène de secours à moteur diesel le principe « ce qui est éteint est sûr ». Cela contredisait l’exigence d’autarcie de l’alimentation électrique de secours, où dans le cadre d’un SSE, « ce qui est en marche est sûr » est valable.

Davantage en amont, la cause se situait dans la communication avec le fournisseur pour la réalisation du projet AUTANOVE. La nécessité de l’autarcie pour l’alimentation d’électricité de secours n’était pas formulée de façon assez claire dans les spécifications de l’offre. La déviation du principe d’autarcie n’a pas été constatée lors du contrôle des documents du fournisseur, qui ont été dressés sur la base des spécifications de l’offre.

La mise à jour du software a permis de corriger l’erreur de conception dans les deux tranches de la centrale. Dans la tranche 2, la correction a été réalisée encore avant le redémarrage de l’installation.

Classement (selon la directive IFSN-B03)

INES: en dessous de l‘échelle

Mesures de l’exploitant

La centrale nucléaire de Beznau a adapté son software, et de cette manière corrigé l’erreur de conception. Dans la tranche 2 de la centrale de Beznau, la correction a eu lieu avant le redémarrage de l’installation suite à l’arrêt pour révision.

Mesures décidées par l’IFSN

Évaluation et autorisation du changement du software correctif

Évaluation par l’IFSN

Du point de vue de la sécurité, la défaillance a revêtu de l’importance surtout pour la tranche 2 pendant la période d’exploitation 2016/2017. La situation a correspondu principalement à celle d’AUTANOVE, lorsque la centrale hydraulique faisait partie de l’alimentation électrique de secours et n’était pas conçu pour un SSE. Dans le cas d’un SSE, l’évacuation de chaleur du réacteur à travers le système de secours en béton armé aurait été assurée de façon permanente. Il n’y avait pas d’éléments combustibles dans le cœur du réacteur de la tranche 1 lors de la période considérée. Cela signifie que l’ensemble de la capacité électrique du groupe électrogène de secours à moteur diesel de la tranche 1 se serait trouvé à disposition pour la tranche 2.

Critère pour la mise en ligne sur le site Web de l’IFSN

Événement ayant pour conséquence un endommagement du cœur avec une probabilité de 1 sur 100 millions.

L’IFSN informe le public dans son rapport de surveillance annuel sur tous les événements soumis au devoir de notification dans le domaine de la sécurité nucléaire. L’IFSN informe régulièrement sur son site Internet lors d’événements qui remplissent un des critères suivants :

  • Niveau 1 de l’échelle d’appréciation INES ou niveau plus élevé
  • Déclenchement de systèmes de sécurité
  • Evénement conduisant à une probabilité de fusion du cœur supérieure à 1 fois sur 100 millions
  • Incorporation de substances radioactives avec une dose consécutive de plus de 1 mSv

Actualisation: le 6 février 2018

NDLR : pour mémoire, la centrale nucléaire de Beznau est la plus ancienne centrale encore en activité dans le monde.

https://www.ensi.ch/fr/2018/02/08/centrale-nucleaire-de-beznau-erreur-de-conception-lalimentation-electrique-de-secours-13-septembre-2017/

Fév 08

BELGIQUE : UN AUDIT JETTE LE TROUBLE SUR L’AGENCE DE CONTRÔLE NUCLÉAIRE

« Je n’ai pas le sentiment de faire correctement mon travail »

À l’heure où la sortie du nucléaire fait débat, un audit épingle la gestion de l’Agence de contrôle du nucléaire. La Libre a pu éplucher le rapport et consulter les réponses des travailleurs: manque de motivation, sentiment d’injustice, management remis en cause… Certains d’entre eux estiment ne pas pouvoir faire leur job correctement. De là à mettre en péril la surveillance de nos centrales?

Début janvier, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire faisait savoir au Soir que le réacteur de Doel 3, à l’arrêt depuis mi-septembre, connaissait des dégradations importantes, notamment au niveau du béton d’un bunker. Alors qu’il était censé reprendre son activité en avril, le réacteur va finalement rester à l’arrêt trois mois supplémentaires, au moins.

Electrabel, l’exploitant, est pointé du doigt pour le manque d’entretien de ses centrales. On se dit alors que l’Agence fédérale de contrôle nucléaire fait son job. Pour rappel, comme elle le précise sur son site, le rôle de l’AFCN est de « de veiller à ce que la population, les travailleurs et l’environnement soient protégés d’une manière efficace contre le danger des rayonnements ionisants. ».

Seulement, un audit réalisé par Idewe vient jeter le trouble. La Libre a pu consulter cette grande enquête interne. Dedans, une série de questions ouvertes adressées directement aux travailleurs de l’agence. Ils épinglent « l’incompétence managériale » de leur direction, « le manque de vision« . Au point que certains qualifient leur travail de « compliqué et peu motivant« .

Une réponse en particulier inquiète: “Quand on approfondit un dossier important pour la sûreté nucléaire, on met d’autres dossiers importants en danger. Je n’ai pas le sentiment de faire correctement mon travail« .

Baptiste Lambert

https://fr.express.live/2018/02/08/je-nai-pas-le-sentiment-de-faire-correctement-mon-travail-un-audit-jette-le-trouble-sur

À consulter également : http://www.lalibre.be/actu/belgique/l-agence-de-controle-nucleaire-de-nouveau-dans-l-il-du-cyclone-un-audit-externe-pointe-de-multiples-derives-5a7b58aecd70f924c7e5e5c2

Fév 08

FUKUSHIMA : TEPCO CONDAMNÉ À VERSER PLUS DE 8 MILLIONS D’EUROS DE DÉDOMMAGEMENT

Un tribunal de Tokyo a ordonné à l’opérateur de la centrale nucléaire dévastée de Fukushima de verser cette somme aux habitants qui ont fui la région après la catastrophe de mars 2011.

RALLONGE.

Tokyo Electric Power (Tepco) a été sommé de régler la somme totale de 1,1 milliard de yens à 318 anciens résidents de l’arrondissement Odaka de Fukushima <https://www.sciencesetavenir.fr/tag_lieu/fukushima_1751/> , à environ 20 kilomètres de la centrale. Cette somme représente un dixième de ce que demandaient les plaignants qui invoquaient les difficultés financières et les souffrances psychologiques subies après la catastrophe nucléaire provoquée par un puissant tremblement de terre suivi d’un tsunami. Tepco avait déjà accepté de payer à chacun d’eux 8,5 millions de yens, mais cette décision de justice exige une somme supplémentaire de 3,3 millions de yen, selon Isamu Oki, un des avocats des habitants.

Les résidents sont en théorie autorisés à rentrer à Odaka, déclaré décontaminé par le gouvernement mais quelques dizaines de personnes seulement sont rentrées chez elles en raison de problèmes financiers et d’inquiétudes pour leur santé, a expliqué l’avocat à l’AFP. « 

Ce sont surtout ceux qui ont des petits enfants qui s’inquiètent (…) tandis que les personnes âgées ne peuvent pas revenir sans un soutien familial« , a-t-il ajouté. Junichiro Hironaka, qui dirige l’équipe de défense des habitants, avait estimé le 7 février 2018 que la décision du tribunal montrait qu’il reconnaissait la notion de « compensations pour la perte de sa ville d’origine« .

D’autres condamnations à suivre ?

Mais, pour lui, les dommages supplémentaires accordés sont insuffisants, ce qui laisse entendre que les plaignants pourraient faire appel. Tepco a de son côté dit examiner la décision du tribunal avant de décider de la marche à suivre. Quelque 12.000 personnes ayant quitté leur domicile par peur des radiations ont déposé des dizaines de plaintes contre le gouvernement japonais et contre Tepco.

En mars 2017, un tribunal de Maebashi, dans l’est du pays, avait jugé le gouvernement et Tepco responsables de la catastrophe. En juin 2017, trois ex-responsables de Tepco avaient été traduits en justice. Ils sont les seules personnes liées à la catastrophe de Fukushima à être poursuivis au pénal. Le procès est en cours. Un violent séisme sous-marin avait soulevé le 11 mars 2011 une gigantesque vague sur les côtes du nord-est du Japon. Plus de 18.000 personnes ont péri ou ont été portées disparues. La vague a provoqué dans la centrale l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire depuis celui de Tchernobyl en URSS en 1986.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/crise-nucleaire-au-japon/fukushima-tepco-condamne-a-verser-plus-de-8-millions-d-euros-de-dedommagement_120607

Fév 08

PAUL CHRISTOPHE, NOMMÉ PRÉSIDENT DE LA COMMISSION D’ENQUÊTE SUR LA SÛRETÉ ET LA SÉCURITÉ DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES

Ce jeudi, les trente membres de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, ont désigné Paul Christophe comme président de la commission et Barbara Pompili rapporteure.

La France est le premier pays au monde en nombre de réacteurs nucléaires en exploitation par habitant, avec 58 réacteurs pour 67 millions de Français. Ces réacteurs produisent plus de 70 % de l’électricité fabriquée dans notre pays. La création de cette commission intervient alors que le gouvernement a annoncé le report – à 2030 ou 2035 probablement – des objectifs énoncés par la loi Royal de 2015. Cette dernière prévoyait de ramener, à l’horizon 2025, la part d’électricité produite par l’énergie nucléaire à 50 %.

Sûreté et sécurité

La commission n’a pas pour objet de lancer un débat pour ou contre le nucléaire. Elle traitera, en premier lieu, des questions de sécurité dans un contexte de menace terroriste. Malgré le renforcement des sanctions prévues par la loi du 2 juin 2015, les tentatives d’intrusion se poursuivent. Pour Paul Christophe, ancien maire de Zuydcoote et député de la 14ème circonscription, «  les pouvoirs d’enquête et d’audition sous serment pourront nous être très utiles pour nous informer sur la vulnérabilité aérienne, notamment sur le survol de drones, ou sur les nouveaux types de menaces comme les cyberattaques  ». La commission traitera, en second lieu, des questions de sûreté. «  Il faut que nous soyons pleinement rassurés sur la façon dont les événements climatiques pourraient toucher les centrales françaises et sur la capacité à prévenir les risques d’inondation ou de submersion, voire les risques sismiques  ». Sans oublier la question des déchets et du transport.

Pour présider la commission d’enquête, Paul Christophe pourra s’appuyer sur son expérience en tant que président de la Commission locale d’information de la centrale nucléaire de Gravelines qui est, avec six réacteurs de 900 mégawatts mis en service de 1980 à 1985, la plus grande centrale d’Europe de l’Ouest. La Commission rendra son rapport dans les six mois.

http://www.lavoixdunord.fr/313451/article/2018-02-08/paul-christophe-nomme-president-de-la-commission-d-enquete-sur-la-surete-et-la

Fév 08

SOUTIEN AUX OPPOSANTS À CIGÉO CONVOQUÉS AU TRIBUNAL LE 13 FÉVRIER

Communiqué de presse du Réseau “Sortir du nucléaire“ – 8 février 2018

Le 13 février 2018, trois opposants au projet CIGÉO d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure sont convoqués au tribunal correctionnel de Bar-le-Duc. Deux sont jugés en rapport avec la chute du mur construit illégalement par l’Andra en juillet 2016 dans le Bois Lejuc, le troisième pour avoir soi-disant « attenté à l’honneur » d’un commandant de gendarmerie.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement la criminalisation de ces militants et appelle à venir les soutenir massivement lors du rassemblement qui sera organisé devant le tribunal le 13 février au matin.

Une criminalisation inacceptable des militant.e.s

Ces procès surviennent dans un contexte extrêmement lourd de pression policière, de stratégie de tension et de criminalisation des militant.e.s : surveillance permanente des opposant.e.s et des habitant.e.s des villages autour de Bure jusque devant leurs domiciles, présence policière lors de réunions associatives, contrôles d’identité récurrents, condamnation d’une personne à un mois de prison ferme pour de simples accusations de rébellion et refus de prélèvement…

Avec les associations et militant.e.s locaux, le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce une tentative de décourager et apeurer les opposant.e.s et de construire de toutes pièces une grossière image d’un réseau d’individus dangereux, pour détourner l’attention du danger réel que représente l’implantation d’une poubelle nucléaire.

À travers la convocation des deux personnes accusées pour la chute du mur, militants associatifs et syndicaux engagés depuis des décennies, il semble qu’il s’agisse non seulement d’écraser des individus, mais également de diviser et criminaliser tout un mouvement et les organisations qui s’y investissent. Sur la base d’un dossier vide et de photos floues, des chefs d’accusation démesurés sont évoqués à leur sujet, comme celui de « participation à une association de malfaiteurs ». Pire, leur accusation repose sur leur simple présence lors de la manifestation qui a débouché sur l’abattage du mur ! Une telle procédure constitue une dangereuse dérive qui doit être dénoncée haut et fort.

Pas d’ « association de malfaiteurs », mais un mouvement citoyen large qui refuse l’impuissance

Au-delà de ces accusations inquiétantes, il y a quelque chose de grotesque à convoquer des militants pour la destruction d’un mur construit sans autorisation d’urbanisme, sur le sol d’une forêt défrichée illégalement en pleine période de nidification. Alors même que le Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc venait de déclarer l’illégalité de ce défrichement (qui a même été confirmé ultérieurement en appel), l’Andra avait déclaré aux médias vouloir poursuivre les travaux !

Présenter les personnes présentes lors de cette action comme des criminels agissant en « association de malfaiteurs », c’est méconnaître la formidable portée de cette journée qui a vu tomber à terre, dans une ambiance déterminée, festive et bon enfant, ce mur de béton qui balafrait l’orée de la forêt. À travers leur participation à cette action ou par leur simple présence sur place, des opposant.e.s méprisé.e.s par les pouvoirs publics et à qui le projet avait été imposé, ont retrouvé le sentiment d’avoir prise sur les choses. C’est également ce qu’ont ressenti des milliers de personnes en France (et en Europe) en apprenant la chute du « Bure de Merlin ».

Un tel mouvement de fond mérite-t-il d’être qualifié d’ « association de malfaiteurs » ? Bien au contraire, sa légitimité ne devrait-elle pas interpeller les autorités, alors même que les failles techniques du projet CIGÉO sont maintenant officiellement reconnues, que ses coûts et son financement posent un problème insurmontable et que les salariés de l’Andra eux-mêmes expriment en interne de nombreuses incertitudes ?

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ invite celles et ceux qui se sentent touché.e.s par cette situation à participer au rassemblement organisé à partir de 9h au Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc (11 place Saint Pierre).

Une conférence de presse aura lieu le jour même à l’issue de l’audience (aux alentours de 13h30) devant le tribunal.

Contact presse :

Charlotte Mijeon (sur place le 13 février) – 06 64 66 01 23

Appel à mobilisation

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« …Le mur mord la poussière, la forêt résonne de cris de joie rageuse. Une vieille dame tire, tire, tire, et tombe à la renverse, les yeux mouillés. Un autre s’enquiert : «tout va bien ? Vous êtes blessée ?» «Non, c’est le plus beau jour de ma vie !» »… (Bure, La Bataille du nucléaire, p.116)

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Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Soutien-aux-opposants-a-CIGEO-convoques-au

Fév 08

PYONGYANG EXHIBE SES MISSILES INTERCONTINENTAUX À LA VEILLE DES JO

La Corée du Nord a organisé un défilé militaire jeudi à Pyongyang pour célébrer le 70ème anniversaire de ses forces armées, mettant en scène ses missiles balistiques intercontinentaux à la veille de l’ouverture des jeux Olympiques au Sud.

Pyongyang profite des JO de Pyeongchang pour mener une offensive de charme, envoyant au Sud des artistes, des centaines de pom-pom girls ainsi que la sœur de son dirigeant Kim Jong Un.

Mais des régiments de soldats ont défilé au pas de l’oie sur la place Kim Il Sung, suivis par des camions, de l’artillerie, des chars et finalement les missiles géants.

À la différence du dernier défilé militaire d’avril 2017, la télévision officielle nord-coréenne n’a pas fait de direct, diffusant les images des heures après l’événement.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, son épouse Ri Sol Ju et le chef de l’État de Corée du Nord Kim Yong Nam, qui dirigera la délégation nord-coréenne aux JO vendredi, ont pris place à la tribune au milieu des feux d’artifice.

« Nous sommes devenus capables de faire la démonstration devant la planète de notre statut de puissance militaire de classe mondiale« , a lancé le dirigeant nord-coréen. L’armée doit se tenir prête à empêcher des envahisseurs de violer la souveraineté du Nord « y compris de 0,001 mm« , a-t-il ajouté.

« Longue vie« , se sont écriés les militaires rassemblés. Certains étaient montrés avec des larmes aux yeux à la vue du dirigeant nord-coréen.  

Le Nord a annoncé le mois dernier qu’il célébrerait cette année le 70e anniversaire de son armée le 8 février, au lieu du 25 avril.

Délégation VIP  –

La nouvelle a pris les capitales étrangères de court après le spectaculaire revirement diplomatique amorcé par Pyongyang début janvier.

D’après les analystes, le Nord entend avec cette double approche normaliser son statut « d’État nucléaire de facto« , tenter d’obtenir l’adoucissement des sanctions et enfoncer un coin dans la relation Séoul/Washington.

Pyongyang est sous le coup de multiples trains de sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU à cause de ses programmes nucléaire et balistique. L’an passé, le Nord a tiré des ICBM capables d’atteindre le territoire continental des États-Unis et mené un sixième essai nucléaire, son plus puissant à ce jour.

Le Nord invite généralement des centaines de journalistes étrangers à ces manifestations, ce qui n’a pas été le cas cette fois-ci, peut-être le signe qu’il entendait garder la haute main sur la perception de l’événement.

Outre Kim Yong Nam, qui occupe les fonctions honorifiques de chef de l’État, la délégation du Nord attendue au Sud pour la cérémonie d’ouverture des jeux comprendra la sœur de M. Kim, Kim Yo Jong, personnage de plus en plus influent au sommet du pouvoir.

Les Nord-Coréens déjeuneront en outre samedi avec le président sud-coréen Moon Jae-in.

Une rencontre avec les Américains?  –

Le vice-président américain Mike Pence, attendu pour sa part jeudi en Corée du Sud, assistera lui aussi à la cérémonie d’ouverture des JO de Pyeongchang.

Il pourrait donc se retrouver dans la même pièce que Kim Yong Nam lors de la réception préalable des dirigeants. Ce qui pourrait présager d’une rencontre à haut niveau entre deux pays dont les dirigeants échangeaient l’année dernière insultes personnelles et menaces apocalyptiques.

Mais Cho Yong Sam, haut responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères, a exclu toute rencontre avec les autorités américaines.

« Nous n’avons pas la moindre intention de rencontrer des responsables américains pendant notre visite au Sud« , a-t-il dit selon l’agence officielle KCNA. « Nous n’avons jamais mendié un dialogue avec les États-Unis, et nous ne le ferons jamais« .

Il n’a cependant pas exclu formellement une rencontre éventuelle, et M. Pence, qui vient de tirer sur le Nord à boulets rouges, non plus.

« Il pourrait y avoir une possibilité de rencontre avec les Nord-Coréens« , formelle ou non, a-t-il dit. « Il faudra attendre de voir ce qu’il va se passer exactement« .

Les JO, organisés à tout juste 80 kilomètres au sud de la Zone démilitarisée qui divise la péninsule, ont permis d’amorcer un rapprochement éclair entre les deux camps, après deux années de tensions.

Mais les analystes jugent que le réchauffement a peu de chances de durer.

Au Sud, d’aucuns accusent le gouvernement d’avoir fait trop de concessions à Pyongyang.

Le chargé d’affaires des États-Unis à Séoul Marc Knapper a balayé l’éventualité que le Nord parvienne à affaiblir les liens de Washington avec le Sud.

« Il en faudra plus qu’une délégation olympique nord-coréenne pour porter atteinte à cette alliance. Plus les Nord-Coréens seront nombreux à venir constater la réussite du Sud mieux ce sera« .

(©AFP / 08 février 2018)

https://www.romandie.com/news/ZOOM-Pyongyang-exhibe-ses-missiles-intercontinentaux-a-la-veille-des-JO/888590.rom

Fév 08

ASSEMBLÉE NATIONALE : POURQUOI LES DÉPUTÉS VEULENT ENQUÊTER SUR LE NUCLÉAIRE

Sur une proposition de Barbara Pompili, députée LREM de la Somme, l’Assemblée Nationale a validé, le 31 janvier 2018, la création d’une Commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. Une trentaine de députés s’intéresseront ainsi aux risques d’intrusion, à la sûreté des installations vieillissantes ou au coût de la filière. Quels seront leurs pouvoirs et leurs missions face à l’exploitant ? Comment leurs enquêtes s’articuleront-elles avec celles des experts scientifiques de l’Autorité de sûreté nucléaire ? Ne risquent-ils pas de doublonner avec les travaux des parlementaires déjà chargés de l’évaluation de nos choix scientifiques et techniques ? Quels moyens auront-ils pour mener leurs travaux alors que certaines informations sont classées « secret défense » et comment en rendront-ils compte aux citoyens ? Barbara Pompili éclaire ces questions pour Sciences et Avenir.

Sciences et Avenir : Vous avez souhaité créer une Commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires pour sortir « de l’opacité sur le nucléaire ». Pourriez-vous préciser votre pensée ? Quels moyens allez-vous mobiliser pour cela ?

Barbara Pompili : L’énergie nucléaire, bien que prédominante dans notre mix électrique, reste opaque pour de nombreux citoyens, mais également pour de nombreux décideurs politiques. On sait que la production nucléaire expose à des risques bien différents de ceux d’autres sources d’énergie, si l’on pense notamment à plusieurs catastrophes qui ont eu lieu au 20e et 21e siècles. Les conséquences d’accidents nucléaires ou d’attaques sur des installations peuvent être très graves et avoir de lourdes conséquences sur le long terme. Pourtant, dans le débat public, on n’aborde pas ou très peu ces questions-là, sans doute également car elles mettent mal à l’aise, notamment car il reste de nombreux points d’incertitudes.

L’intérêt d’une commission d’enquête parlementaire est multiple, notamment car elle émane de la représentation nationale : elle permet, en procédant à des auditions notamment, de rendre un certain nombre d’informations publiques, car in fine c’est bien le consommateur d’électricité et le contribuable qui financent la centrale et sa sécurité, il a donc le droit d’être informé. Par ailleurs, cette commission sera également très utile pour de nombreux parlementaires, dont je fais partie, qui ne connaissent pas parfaitement cette question-là, ce que l’on ne peut pas leur reprocher.

« EDF et l’ASN peuvent tenir des propos différents sur des mêmes faits physiques, comme l’épaisseur des murs de piscines de refroidissement »

Que peut apporter une telle commission par rapport à l’ASN (Autorité de Sûreté nucléaire) qui auditionne des experts et des exploitants et rend ses avis publics ?

La commission d’enquête a des pouvoirs forts, notamment car les acteurs appelés à être auditionnés sont obligés de témoigner, et le font sous serment. Il existe bien sûr l’ASN, qui fait un travail considérable et précieux, mais la représentation nationale a également un rôle à jouer. Si les parlementaires ne se saisissaient pas des sujets déjà traités par une Autorité, alors aucun sujet ne serait traité à l’Assemblée Nationale. L’intérêt de cette commission d’enquête est également d’avoir un regard neuf et différent de celui de l’ASN.

Je souligne ici que lors de plusieurs auditions au sein de la commission développement durable et aménagement du territoire, l’opérateur historique EDF et l’ASN ont tenu des propos différents sur des mêmes faits physiques (par exemple sur l’épaisseur des murs de piscines de refroidissement). Cela nous a paru inquiétant, et il est intéressant de pouvoir se pencher sur de telles divergences de points de vue à propos de faits qui devraient être consensuels. Cela pose notamment la question importante de savoir si l’ASN a les moyens de travailler correctement.

Comment votre travail va-t-il s’articuler avec celui de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPECST), dont le premier vice-président est le député LREM Cédric Villani, et dont les auditions et rapports sont également rendus publics ?

Le travail de la commission d’enquête va évidemment s’articuler avec celui de l’OPECST, qui a été informé dès le début de nos démarches, afin d’y participer. Une fois de plus, notre commission d’enquête n’aura pas le même angle d’attaque ni les mêmes méthodes, étant donné aussi qu’elle se déroule sur un temps plus court et donc un format plus concentré.

Les résultats de cette commission d’enquête et les recommandations qui seront faites devraient également s’articuler avec la préparation et la publication de la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie)  donc pourraient avoir un impact différent de celui de l’OPECST qui travaille sur du long terme, ce qui est également absolument nécessaire.

« Attentats, contaminations : le nucléaire est un sujet de préoccupation pour les Français »

Sur la sécurité, comment votre enquête va-t-elle s’organiser face aux agents de la défense, qui évaluent la menace, et face aux agents de police ou de gendarmerie qui enquêtent sur les intrusions ?

Les acteurs de la défense seront entendus par la commission d’enquête, pour certains à huis-clos car certains éléments ne peuvent être diffusés au public, pour une question évidente de secret-défense. Il est justement très intéressant de travailler sur la sûreté et la sécurité au sein de la même commission, les deux sujets se rejoignant en plusieurs points. C’est un des intérêts majeurs de cette commission.

Selon le règlement de l’Assemblée Nationale, vous ne pourrez pas vous saisir de faits qui font ou ont déjà fait déjà l’objet d’enquêtes judiciaires, comme les intrusions de Greenpeace à Cattenom à la fin de l’année dernière, mais aussi l’explosion de la centrale de Flamanville en février 2017, ou encore la violation des règlements techniques à Civaux en 2014 ?

En réalité, l’article 139 du règlement de l’AN dit qu’une commission d’enquête ne peut enquêter sur des faits qui font l’objet d’enquête judiciaire, et ça n’est pas l’intention de la commission. En effet, nous travaillerons sur la possibilité de ce type de faits, mais pas sur ces faits eux-mêmes.

Ne mélangeons pas les rôles ! Une enquête judiciaire vise à établir les responsabilités et prononcer des sanctions, une commission d’enquête parlementaire émet des recommandations. À noter que la plupart des commissions d’enquêtes s’ouvrent à la suite de faits d’actualités (attentats, contaminations…), ce qui est normal car certains sujets deviennent des sujets de préoccupation pour les Français, d’où le fait que la représentation nationale s’en saisisse.

Quelles sont les prérogatives et les marges de manœuvre qui vous restent alors ? Que peut apporter une telle commission au débat public ?

Cette commission est une première, et sert de nombreuses causes. Mettre tout le monde autour de la table (notamment pro et anti-nucléaires) afin de discuter d’un sujet qui nous concerne tous, sans pour autant se prononcer pour ou contre l’énergie nucléaire ; écouter tous les grands acteurs concernés, que ce soit du côté des pouvoirs publics, des entreprises ainsi que les ONG qui travaillent depuis longtemps sur ces sujets, afin d’en faire une synthèse qui nous aidera à mieux comprendre ces aspects très techniques qui nous dépassent presque tous ; informer le public et les décideurs sur les réalités de nos installations, car que l’on soit pour ou contre l’énergie nucléaire, avec 58 réacteurs en France ainsi que nombreuses autres installations (laboratoires, déchets etc.) nous sommes tous concernés par leur bon fonctionnement ; éclairer le gouvernement au sujet des investissements à réaliser pour répondre aux enjeux de sécurité et de sûreté (notamment sur le prolongement au-delà de 40 ans sur la mise en place des normes post-Fukushima), et notamment au niveau de leurs coûts au moment où des choix importants sont à faire, avec la programmation pluriannuelle de l’énergie (qui décidera notamment de la fermeture ou non de centrales, NDLR).

Des réunions seront-elles ouvertes au public et/ou à la presse ?

Certaines auditions liées à sécurité sur le secret-défense devront rester à huis-clos, mais pour le reste nous allons faire en sorte d’ouvrir le maximum d’auditions au public et à la presse, car c’est là un des intérêts de cette commission.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/assemblee-nationale-une-commission-d-enquete-sur-la-securite-et-surete-nucleaire-pourquoi-faire_120590

Fév 08

LOI DE PROGRAMMATION MILITAIRE : LE PARLEMENT ATOMISÉ ?

Les parlementaires doivent en prendre conscience : déni de démocratie, relance de la course aux armements (nucléaires) et donc de l’instabilité internationale…. voilà ce qu’il résultera de l’adoption en l’état de cette 14e Loi de programmation militaire (LPM), qui va couvrir deux mandats présidentiels (2019-2025), et qui sera présentée en conseil des ministres ce jeudi 8 février. Par Jean-Marie Collin, vice-président d’Initiatives pour le Désarmement Nucléaire.

La quatorzième Loi de programmation militaire (LPM) est exceptionnelle, car elle lance la conception d’une nouvelle génération d’armes nucléaires qui seront utilisés jusqu’en 2080 ! Les parlementaires doivent être conscients que l’adoption de cette LPM en l’état va confirmer une absence de démocratie et accélérer l’instabilité internationale en contribuant à l’actuelle course aux armements.

Depuis 1960, le ministère des Armées, sur une volonté du général de Gaulle, a mis en place ce système de planification des dépenses d’achats d’équipements au moment du lancement des programmes de la force de dissuasion. Cette LPM, qui va couvrir deux mandats présidentiels (2019 à 2025), doit permettre de débuter la modernisation des composantes nucléaires sous-marines et aériennes. Pour les non-initiés, cela signifie qu’une nouvelle classe de sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), de nouveaux missiles balistiques et de croisière (sans compter la rénovation des missiles actuels), de nouvelles ogives nucléaires devront être mis en place progressivement entre 2030 et 2050.

Derrière le maintien de la dissuasion nucléaire, une inconnue de taille

Depuis 2015, il a été instillé l’idée de la nécessité de moderniser la force de dissuasion et donc de l’obligation d’augmenter largement son financement. Cette LPM en sera le premier acte, puisque le budget pour le nucléaire est appelé à atteindre le montant astronomique minimum de 6 milliards d’euros annuel à partir de 2025, et ce pour une durée minimum de 10 ans ; soit près du double des sommes de la LPM (2014-2019) précédente, alors de 23,3 milliards d’euros !

La volonté d’augmenter de façon considérable le budget de la défense, vient donc en très grande partie du choix de maintenir la dissuasion nucléaire comme clé de voûte de la stratégie militaire. Un choix politique qui cache une inconnue de taille : l’éviction budgétaire qui en résulte pour les systèmes de forces conventionnelles dont certains sont d’un âge très avancés.

Derrière cette question budgétaire épineuse se profile deux enjeux majeurs : le premier concerne notre démocratie et le second notre sécurité.

En novembre 2013, devant la volonté du pouvoir en place de refuser toute discussion sincère sur la dissuasion dans le cadre du vote de la 13e LPM, le député François de Rugy et l’ancien Premier ministre Michel Rocard ont publié une tribune sous le titre « La dissuasion nucléaire mérite un débat » (Libération, 26 novembre 2013) pour pointer « cette confiscation démocratique ». Depuis, rien n’a changé. Comme dans le Livre Blanc de 2013, la dissuasion nucléaire « cœur de la politique de défense » a été absente de toute réflexion dans la rédaction de la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale de 2017 ; le président Macron ayant « décidé le maintien » de l’arme nucléaire comme indispensable à la sécurité de la France

D’ailleurs, il a clos le débat (avant même de l’avoir ouvert) dans ses vœux aux armées indiquant vouloir lancer « au cours de ce quinquennat, les travaux de renouvellement » des composantes. Cette nouvelle assemblée, qui veut faire souffler un vent de nouveautés sur les us et coutumes de son fonctionnement, pourra-t-elle écarter la dissuasion – qui se traduit par l’exercice de menacer constamment des nations et leurs populations civiles avec des armes nucléaires – d’un véritable débat démocratique avec des consultations équilibrées ? La Mission d’information sur le nucléaire, menée par les députés (M. Fanget et M. Lecoq) de la commission des Affaires étrangères, aurait pu marquer ce renouveau parlementaire. Mais ces recommandations arriveront après le vote de la LPM…

Quel impact sur l’architecture internationale de sécurité ?

L’autre interrogation concerne l’impact de cette LPM sur l’architecture internationale de sécurité (et donc de notre sécurité). Le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) reconnait que certains États peuvent détenir l’arme nucléaire, mais à la condition (article VI) que ceux-ci réalisent de « bonne foi » un processus de désarmement nucléaire. Cet engagement pris par la France en y adhérant (1992), a été confirmé (en 2000 et 2010), et affirmé également dans la résolution 1887 du Conseil de sécurité (2009). Or, cette future LPM consacre la volonté de conserver durablement un arsenal nucléaire, puisque les nouveaux systèmes sont appelés, selon le député J.-J. Bridey (2016), aujourd’hui président de la commission de la défense, à « assurer que la dissuasion française demeurera indépendante jusqu’en 2080 ». En votant la LPM, les parlementaires ont-ils pleinement conscience qu’ils vont à l’encontre de l’essence même du TNP ? De même, comment le reste du monde pourra-t-il considérer que la France veut toujours réaliser de « bonne foi » ses obligations de désarmement ?

Les parlementaires doivent prendre leur responsabilité

Toutes ces questions ne peuvent être écartées d’un revers de la main sous le prétexte que le Président a indiqué de façon souveraine avoir « tranché » un débat qui n’a pas eu lieu. Le vote en l’état par le Parlement de cette LPM montrera encore la faiblesse de notre démocratie et viendra impacter notre sécurité du fait de la rupture de nos engagements internationaux.

À l’heure où le monde s’interroge sur le risque nucléaire, où l’ONU a adopté un Traité d’interdiction des armes nucléaires (juillet 2017), il est nécessaire que les parlementaires prennent leur responsabilité. Le gel des crédits du renouvellement des composantes et « en même temps » le lancement d’un processus véritable de réflexion (ouvert à l’ensemble des acteurs de la société) sur ce sujet majeur qu’est la défense et la sécurité de notre pays sont des pas concrets qu’ils doivent lancer. Une seule certitude, le statut quo actuel donne en héritage aux générations futures un monde en proie à une prolifération et à un risque d’utilisation accrue des armes nucléaires.

Article de Jean-Marie Collin, vice-président de Initiatives pour le Désarmement Nucléaire

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/loi-de-programmation-militaire-le-parlement-atomise-767710.html

Fév 08

NUCLÉAIRE: LA CRIIRAD DÉNONCE DES « ANOMALIES » DANS LA SURVEILLANCE DES ALIMENTS

La Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad) a pointé mercredi des « anomalies préoccupantes » dans la surveillance de la contamination des denrées d’origine animale produites en France.

Dans un courrier adressé à la Direction Générale de l’Alimentation (DGAL), l’association créée à Valence au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, juge « bien trop élevés » les seuils utilisés pour décider des suites à donner en cas de détection de produits radioactifs artificiels dans les aliments.

Ces seuils, qui reviennent selon elle à accorder « un permis de polluer » aux installations nucléaires, figurent dans une instruction technique de la DGAL, adressée le 16 janvier aux Directions départementales de la protection des populations (DDPP) et aux Directions régionales de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt. « Mais le problème remonte au moins à 2015« , estime la Criirad.

https://www.lyonpremiere.com/Nucleaire-la-Criirad-denonce-des-anomalies-dans-la-surveillance-des-aliments_a18378.html

Fév 08

UN TCHERNOBYL SOUTERRAIN EN BELGIQUE?

Allons-nous enfouir dans notre sous-sol 15.000m³ de déchets hautement radioactifs sans autre débat sur les enjeux et les alternatives ?

Le titre peut frapper mais l’enjeu est bien celui-là: allons-nous, après avoir largué dans la mer près de 30.000 tonnes de détritus nucléaires, enfouir dans notre sous-sol 15.000m³ de déchets hautement radioactifs sans autre débat sur les enjeux et les alternatives?

Pour mieux en confisquer les tenants et aboutissants, ce dossier est présenté comme étant purement technique alors qu’il est profondément politique et, plus encore, par les engagements qu’il entraîne, philosophique et éthique.

C’est une question de société et même de civilisation qui est posée et qui mérite que les choix et leurs conséquences soient exposés et débattus largement et publiquement, tant dans les médias qu’au parlement.

Réalité physique

Qu’on soit pour ou contre le nucléaire, les déchets qu’il génère sont une réalité physique qui doit être gérée avec un maximum de sécurité, de transparence et de débat démocratique.

En amont de la question de l’optimisation de la protection, c’est le principe même de l’enfouissement et plus encore de la (non) récupérabilité intemporelle des déchets que je souhaite éclairer et voir débattus. Puisque rien n’a été prévu au moment de la construction des centrales et qu’il n’y a pas de « bonne solution » en matière de gestion des déchets nucléaires, il nous faut rechercher, ensemble, celle qui sera la moins mauvaise, et la justifier.

C’est, cependant, dans une relative indifférence et en contradiction flagrante avec ce que les citoyens demandent que le gouvernement belge s’apprête à prendre, dans les jours qui viennent, par simple arrêté royal, une décision qui engagera pourtant un nombre de générations futures comme aucune autre décision n’a été amenée à le faire jusqu’à présent.

Quant au fond du dossier, l’option sur la table est celle du stockage géologique passif: les déchets seront stockés dans des galeries souterraines et les orifices seront scellés à tout jamais après une période de surveillance qui se limitera aux cent premières années alors que les déchets les plus radioactifs resteront dangereux plus d’un million d’années.

Les déchets seront devenus inaccessibles, ce qui entre en contradiction flagrante avec ce qu’une large majorité de citoyens ont exigé: que les déchets puissent être récupérés à tout moment. Cette option, qui prive les générations futures de toute capacité d’utiliser les probables avancées scientifiques, ne se base pourtant sur aucun retour d’expérience.

Et pour cause: il n’existe encore aucun site de stockage de déchets hautement radioactifs qui soit fonctionnel, où que ce soit sur notre planète.

L’ »exemple » américain

Aux États-Unis, un site souterrain accueille toutefois depuis 1999 des déchets nucléaires militaires de moyenne activité. Pensé sur la base de la même philosophie et présenté comme l’exemple à suivre, y compris dans les documents qui préparent la décision que doit prendre la Belgique, le WIPP était prévu pour préserver l’environnement de toute fuite pendant des centaines de milliers d’années.

En février 2014, après moins de 15 ans de fonctionnement, une réaction chimique se produit à l’intérieur d’un seul fût de déchets et provoque la rupture de celui-ci, libérant du plutonium et de l’américium, substances radioactives particulièrement dangereuses.

Cet accident, supposé ne jamais pouvoir se produire, coûtera deux milliards de dollars. Deux milliards pour un fût qui prend feu! Et dire que d’aucuns veulent, aux États-Unis comme en Belgique, y en enfouir plusieurs milliers…

Heureusement, toutefois, que cet accident est survenu alors que le site était encore ouvert et les déchets récupérables. Que serait-il advenu si l’incendie s’était produit après fermeture définitive? Selon certains experts: un Tchernobyl souterrain, du nom prémonitoire de cette ville martyr qui, en russe, signifie « absinthe« , comme cette boisson dont Oscar Wilde disait qu’elle apportait l’oubli…

Que faut-il de plus comme argument pour stopper le dossier en Belgique et enfin envisager l’autre piste, moins dangereuse: celle du stockage temporaire, en subsurface, avec des déchets récupérables en permanence et qui permet à la société de se reposer tous les siècles la question de ce qu’elle souhaite et peut faire de ces détritus très dangereux que nous lui aurons légué?

L’urgence prétendue

Contrairement à ce que prétend l’Ondraf (l’organisme chargé de gérer ces déchets), il n’y a aucune nécessité de décider dès à présent. Cet argument de l’urgence est d’ailleurs utilisé pour défendre la même et unique option (et sa localisation à Mol) depuis plus de 30 ans; c’est dire si sa relativité n’a d’égal que la durée de l’engagement qui serait pris.

Le gouvernement des Pays-Bas vient de sagement prendre option ce 29 janvier 2018 pour reporter toute décision définitive à l’an 2100. Nous avons tout autant que nos voisins du nord le temps et le devoir de mener un large débat public, parlementaire et contradictoire autour de cet enjeu. Ce sont plus de 10.000 générations de nos descendants qui seront engagées. Elles le méritent.

Par Jean-Marc Nollet
Député fédéral à la Chambre et co-chef de groupe Écolo/Groen

https://www.lecho.be/opinions/carte-blanche/un-tchernobyl-souterrain-en-belgique/9980018.html

Fév 08

RUTHÉNIUM 106 – L’IRSN CONTINUE DE MENTIR SUR L’EXPLOSION DE KALINOVKA

Le secret des armements conventionnels est en jeu. Il ne faut en AUCUN CAS que le public découvre que toutes les armes conventionnelles destinées à traverser des blindages utilisent depuis belle lurette la fission nucléaire (depuis, à vrai dire, la guerre d’Espagne, deux ans après la découverte de la fission nucléaire par Fermi en Italie.

https://florentpirotblog.wordpress.com/2018/02/02/lhistoire-de-larme-nucleaire-commence-a-guernica-merci-enrico-fermi-the-story-of-nuclear-weapons-started-in-guernica-likely-thanks-to-fermi/ ), et donc

1) que l’ajout d’uranium appauvri n’est pas nécessaire,

2) que cet ajout est criminel !

L’IRSN vient de publier un « rapport sur le ruthénium 106 » où elle se base sur des données différentes de celles rapportées par l’IAEA.

On voit très bien le petit point clair au nord du Kazakhstan qui indique une concentration de Ru106 très faible dans la zone où l’IRSN prétend à cor et à cri voir l’origine de la « fuite radioactive« .

Par ailleurs l’IRSN passe totalement sous silence l’ensemble des autres produits de fission détectés mis à part le ruthénium 103, aux fins de prétendre à nouveau qu’il s’agit d’un accident dans une usine destinée à fabriquer des traitements médicaux, alors qu’on a bien retrouvé du césium 134, 137, de l’iode 131 ou encore du cobalt 60.

Ceci démontre bien qu’il s’agit d’une explosion nucléaire produisant l’ensemble des produits de fission. On retrouve dans les balises des produits de fission à courte demi-vie (les plus radioactifs, donc les plus faciles à détecter).

Tous ces éléments sont présentés, avec lien vers un blog présentant les données sur les autres produits de fission que je mentionne, dans mon post de blog http://florentpirotblog.wordpress.com/2018/01/13/arsenals-explosions-in-ukraine-depleted-uranium-contamination-risk-kalinovka-balakliia-kalinovka-explosion-as-explanation-for-fission-products-in-europe-in-autumn-2017/
Je tiens aussi à rappeler la CENSURE TOTALE de toutes les sondes de détection du niveau de rayonnement gamma en Europe centrale, de la Suède à la Roumanie en passant par l’Allemagne et la Turquie… mis à part en Suisse, pays neutre, et en Estonie. Tous les pays se sont coordonnés pour effacer les données gamma sur la première semaine d’octobre 2017. On voit néanmoins le niveau total de radioactivité ambiante doubler sur les balises suisses…

Article de Florent PIROT, Lille, France

https://www.change.org/p/5525242/u/22352136?utm_medium=email&utm_source=petition_update&utm_campaign=247467&sfmc_tk=2jJ%2frGfMaHNwoGZEhDKHl%2fidDQrmTBmKZxOmLc4tbf%2fE566mA2ZSz%2fcZGu4kUf9t&j=247467&sfmc_sub=170127406&l=32_HTML&u=45136724&mid=7259882&jb=4

NDLR : les propos et informations de cet article n’engagent que son auteur.

Fév 07

18 PLAINTES DÉPOSÉES CONTRE L’ASN POUR FERMER LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE TRICASTIN (DRÔME)

18 plaintes de particuliers ont été déposées contre l’Autorité de Sûreté Nucléaire pour demander la fermeture de la centrale nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, a-t-on appris de la coordination Anti-nucléaire, mardi 6 février. 

Un « délit de risque à autrui »?

Ces plaintes sont déposées pour « délit de risque causé à autrui« , suite à la reprise d’activité des 4 réacteurs nucléaires du Tricastin, dans la Drôme autorisée par l’ASN en décembre 2017, après un arrêt temporaire de 2 mois. Ces sont des habitants de Provence et du Gard notamment, qui ont déposés ces plaintes auprès des procureurs des Hauts-de-Seine (Siège de l’ASN), de la Drôme (Site nucléaire du Tricastin) et de l’Ardèche, relayées par la coordination Anti-nucléaire du Sud Est.

Des plaintes symboliques ?

Pour demander l’arrêt des réacteurs, les plaignants pointent « l’état de dégradation et de délabrement des réacteurs« , et évoquent des « rejets radioactifs quotidiens dans l’air [et] dans l’eau« . Des accusations dont le fondement est contesté par l’ASN, qui indique que l’état des réacteurs ne présente pas de risque notable, et que les rejets radioactifs ne présentent aucun risque pour la population ou pour l’environnement. 

Le Tricastin dans la tourmente

Ces plaintes interviennent alors que paraît ce mercredi 7 février, un livre qui accuse, justement, la centrale nucléaire du Tricastin d’être la plus dangereuse de France.  L’ASN, qui a réagit suite aux révélations du livre, n’était pas disponible ce mercredi pour commenter les plaintes déposées à son encontre.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/valence/18-plaintes-deposees-contre-asn-fermer-centrale-nucleaire-tricastin-drome-1418083.html

Fév 07

UN DÉFILÉ À PYONGYANG POUR VOLER LA VEDETTE AUX JO DE PYEONGCHANG

En organisant un défilé militaire jeudi, veille de l’ouverture des «Jeux de la Paix» au Sud, Pyongyang cherche à profiter de l’exceptionnelle exposition médiatique de la péninsule pour réaffirmer aux yeux du monde sa puissance nucléaire, selon des experts.

La Corée du Nord a annoncé le mois dernier qu’elle célébrerait cette année le 70e anniversaire de son armée le 8 février, au lieu du 25 avril.

La nouvelle a pris les capitales étrangères de court, d’autant que Pyongyang avait amorcé depuis début janvier un spectaculaire revirement diplomatique, décidant d’envoyer une délégation aux jeux de PyeongChang (9-25 février) après avoir superbement ignoré les invitations sud-coréennes pendant des mois.

Les dernières images satellites, datées de lundi, montrent 13 000 personnes répétant dans un camp près de Pyongyang, mais avec un petit nombre de pièces d’artillerie et de blindés, selon le site internet américain de référence 38North.

«Le Nord s’est déclaré l’année dernière un État nucléaire», rappelle Park Won-Gon, professeur de relations internationales à l’Université Handong.

«Il veut « normaliser » son essor militaire et son statut de puissance nucléaire en organisant le défilé et en participant le lendemain aux Jeux olympiques comme si de rien n’était, comme s’il n’y avait rien de mal à ça», ajoute-t-il ajouté à l’AFP.

Une telle stratégie pourrait être contre-productive.

Saluée par Séoul et le Comité international olympique, la présence nord-coréenne aux jeux suscite le scepticisme de nombreux experts qui n’y voient qu’une manœuvre pour redorer le blason nord-coréen et alléger les sanctions qui pèsent sur le régime. Mais sans rien lâcher sur la question nucléaire.

«Farce»

Les États-Unis ont dit qu’ils «préféreraient» que le défilé nord-coréen n’ait pas lieu jeudi, et le site d’information américain Axios a cité un conseiller du vice-président américain Mike Pence -qui assistera vendredi à la cérémonie d’ouverture- parlant de la participation nord-coréenne comme d’un acte de «propagande».

«Tout ce que les Nord-Coréens font aux Jeux olympiques est une farce visant à masquer le fait qu’ils sont le régime le plus tyrannique de la planète», a encore dit ce conseiller.

La dynastie des Kim, qui règne en maître sur le nord de la péninsule depuis 70 ans, maîtrise à la perfection l’art de confisquer l’attention mondiale.

Pyongyang a ainsi souvent tiré ou menacé de tirer des missiles au moment où des personnalités en vue se rendaient au Sud, lors d’élections ou d’investitures en Corée du Sud ou aux États-Unis.

La Corée du Nord excelle aussi dans les gigantesques défilés où des milliers de soldats traversent au pas de l’oie la place Kim Il-Sung, avant ou après un ballet de véhicules militaires toujours plus impressionnants, reflets des progrès supposés du programme balistique national.

Cette grand-messe se déroule en général en présence de dizaines de milliers de spectateurs sous le regard satisfait du dirigeant Kim Jong-Un, traditionnellement posté sur un podium en surplomb.

La Corée du Nord a coutume d’inviter des centaines de journalistes étrangers pour un meilleur retentissement international de l’événement. Ce qu’elle n’a pas fait cette année.

Ces défilés sont aussi une opération de communication à l’attention des Nord-Coréens, «pour lutter contre une potentielle jalousie à l’égard des JO de PyeongChang», observe Cheong Seong-Chang, de l’Institut Sejong.

«Ne pas mendier un dialogue»

«C’est une façon de leur dire: « Nous sommes en retard sur le Sud d’un point de vue économique, mais en avance sur le plan militaire», explique-t-il.

À Séoul, ce défilé est une gifle pour le président Moon Jae-In qui, partisan d’une reprise du dialogue intercoréen, a poussé pour une présence nord-coréenne aux Jeux.

Il vient selon 38North couronner «une année de progrès spectaculaires des programmes nucléaire et balistique du Nord».

Ces défilés se préparent généralement pendant des mois. Mais il semble que celui de jeudi sera moins important que les précédents, peut-être aussi du fait des températures glaciales en février à Pyongyang. Et aucun missile n’a à ce stade été repéré sur les images satellites.

Le fait qu’aucun reporter étranger ne soit invité reflète peut-être un désir de mieux contrôler la narration de ce défilé.

Le Nord, affirmait aux députés le premier ministre sud-coréen Lee Nak-Yeon, «tente d’éviter de donner l’impression qu’il provoque la communauté internationale».

Et ce d’autant qu’est attendue à Séoul pour la cérémonie d’ouverture une délégation nord-coréenne de très haut niveau, emmenée par Kim Yong-Nam, protocolairement le chef de l’État de la Corée du Nord.

«Le défilé vise vraisemblablement à affirmer le nouveau statut de puissance nucléaire de la Corée du Nord», avançait lundi un éditorial du quotidien sud-coréen JoongAng.

«Nous devons accueillir les athlètes du Nord, mais nous ne devons pas mendier un dialogue

http://www.45enord.ca/2018/02/un-defile-a-pyongyang-pour-voler-la-vedette-aux-jo-de-pyeongchang/

Fév 07

ARMES NUCLÉAIRES : L’EUROPE PRISE DANS LA SURENCHÈRE DE WASHINGTON ET MOSCOU

Le ministre allemand des Affaires étrangères Sigmar Gabriel a appelé les Européens à prendre l’initiative dans le domaine du désarmement nucléaire.

Jean-Marie Collin, vice-président de l’Initiative pour le désarmement nucléaire (IDN), plaide en faveur d’une relance de « négociations bilatérales élargies » dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP)

La nouvelle posture nucléaire américaine, publiée vendredi 2 février par le Pentagone, va-t-elle relancer la course aux armements nucléaires comme au beau temps de la guerre froide ? Seul jusque-là, le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a sonné l’alarme après l’annonce par les États-Unis de leur intention de se doter d’armes nucléaires tactiques de faible puissance pour répondre à « l’expansion des capacités de la Russie ».

« Nous en Europe sommes particulièrement mis en danger »

« Comme à l’époque de la Guerre froide, nous en Europe sommes particulièrement mis en danger » par « une relance de la course aux armes nucléaires », a déclaré le ministre. « C’est précisément la raison pour laquelle nous devons en Europe lancer de nouvelles initiatives pour le contrôle de l’armement et le désarmement. » Le chef de la diplomatie allemande a appelé au « respect inconditionnel des traités de contrôle des armements existants » et affirmé que Berlin œuvrera « avec ses alliés et partenaires » en faveur du désarmement dans le monde.

Autre réaction attendue, le ministère russe des affaires étrangères a rejeté, sans surprise, comme un prétexte, l’argumentaire américain sur le rôle donné par la doctrine militaire russe aux armes nucléaires dans la prévention et la conduite des guerres régionales ou locales.

Moscou se dit, par ailleurs, prêt à une relance des discussions sur le désarmement nucléaire, en y incluant le Royaume-Uni et la France « en tant qu’États dotés de l’arme nucléaire alliés de Washington ».

À l’opposé, les deux puissances nucléaires européennes au sein de l’Otan, – la France et le Royaume-Uni –, sont restées particulièrement discrètes, peu soucieuses de modifier leur posture.

Du côté français, la ministre des Armées, Florence Parly, présentera, jeudi 8 février, le projet de loi de programmation militaire (LPM) aux députés de la commission de la défense de l’assemblée nationale. La modernisation prévue des composantes aéroportée et sous-marine portera les crédits alloués à la dissuasion de 3,9 milliards d’euros en 2017 à 6 milliards d’euros en 2025. Cette « bosse d’investissement » ne sera pas sans conséquence sur le reste du budget des Armées.

En Grande-Bretagne, le financement du renouvellement des quatre sous-marins nucléaires Trident, au moins 41 milliards de livres (49 milliards d’euros), voté par le parlement en 2016, soulève des problèmes considérables récemment soulignés par le général Nicholas Carter, commandant en chef de l’armée britannique.

« Peut-être la dernière chance de sauver le régime de non-prolifération »

Les circonstances ne semblent pas particulièrement propices à une relance des négociations sur le désarmement et la sécurité du continent européen, au moment où la Russie continue à remettre en cause les instruments existants, en particulier le traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) qui n’est plus appliqué par Moscou depuis 2007, à la veille de l’intervention en Géorgie. De même, la Russie n’a pas pleinement mis en œuvre ses engagements de 1991-1992 sur la réduction des armes nucléaires tactique en Europe.

Pour autant, Jean-Marie Collin, vice-président de l’Initiative pour le désarmement nucléaire (IDN), plaide en faveur d’une relance de « négociations bilatérales élargies dans le cadre du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) ». « La nouvelle posture nucléaire américaine offre aux Européens l’opportunité de prendre les Russes au mot » dit-il. « Si la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne engageaient des discussions avec la Russie, les États-Unis ne pourraient pas rester longtemps en dehors. »

La deuxième « conférence de préparation » du TNP, un traité signé il y a cinquante ans le 1er juillet 1968, doit se tenir du 24 avril au 4 mai à Genève, avant la conférence d’examen prévue en 2020. « C’est peut-être la dernière chance de sauver le régime de non-prolifération » ajoute Jean-Marie Collin en rappelant l’article VI du traité dans lequel les cinq États dits « dotés » de l’arme nucléaire (États-Unis, URSS, Royaume-Uni, France, Chine), s’engagent à poursuivre des négociations sur le désarmement nucléaire.

François d’Alançon

https://www.la-croix.com/Monde/Europe/Armes-nucleaires-lEurope-prise-surenchere-Washington-Moscou-2018-02-06-1200911727

Fév 07

TERRORISME : DES ISLAMISTES RADICAUX DANS LA FILIÈRE NUCLÉAIRE ?

Selon « Mediapart », l’État-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT) a recensé 59 personnes en 2017 comme islamistes radicaux ayant travaillé ou travaillant dans le nucléaire avec « différents degrés de radicalisation« .

L’information a de quoi inquiéter, mais le service de renseignement concerné nuance. Mardi 6 février, Mediapart publie un article sur « l’anatomie de la menace terroriste en France » et sort une information choc : l’État-major opérationnel de prévention du terrorisme (EMOPT) aurait recensé en 2017 59 individus comme islamistes radicaux travaillant ou ayant travaillé dans le nucléaire. Une vingtaine de sites ont été concernés ou le sont toujours. 

Selon les informations du journal, ces personnes auraient été embauchées à EDF et des sous-traitants du producteur et fournisseur français. Mais aussi chez des « prestataires d’Areva« , « au « CERN, l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire » et à « l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)« , écrit le journaliste Matthieu Suc qui précise qu’encore une quinzaine de personnes plus une dizaine d’ingénieurs et chercheurs auraient ou avaient accès à des sites sensibles.

Mais une source aux renseignements nuance auprès du média d’investigation : « Il y a différents degrés de radicalisation, les métiers liés au nucléaire ne sont pas une préoccupation majeure. Bien sûr, nous surveillons cela mais nous n’avons pas détecté d’individus extrêmement dangereux. Et au moindre doute, les habilitations sont retirées« .

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/terrorisme-des-islamistes-radicaux-dans-la-filiere-nucleaire-7792148539

Fév 07

LA RÉDUCTION DES ARMES NUCLÉAIRES DANS LE MONDE RISQUE DE MARQUER LE PAS

Sur fond de nouvelle doctrine nucléaire américaine et d’application du traité de réduction des armes nucléaires New START, des tensions sourdent entre Moscou et Washington. En carte et en graphique, Le Figaro revient sur l’état des arsenaux nucléaires dans le monde.

Les neuf puissances atomiques de la planète comptent près de 15.000 ogives nucléaires, mais les États-Unis et la Russie dominent l’ensemble, avec plus de 92% de ce total. Cet arsenal est certes nettement plus faible qu’en 1986 quand il s’élevait à près de 70.000 ogives, mais il demeure suffisant pour faire exploser plusieurs planètes, la très grande majorité de ces armes étant au moins dix fois plus puissantes que celles utilisées à Hiroshima ou Nagasaki. Carte et graphique à l’appui, Le Figaro fait le point sur l’état des arsenaux nucléaires dans le monde. (NDLR: pour les consulter aller sur le site du Figaro indiqué en fin d’article)

Les États-Unis ont publié, le 2 février, leur Nuclear Posture Review (NPR), un document qui résume leur doctrine nucléaire. Ces 72 pages préoccupent Moscou et Pékin car Washington souhaite privilégier les armes nucléaires tactiques, des bombes nucléaires de moindre puissance plus facilement utilisables en cas de conflit. C’est l’un des paradoxes de la dissuasion nucléaire: pour qu’elle fonctionne et que le nucléaire ne soit pas utilisé, un État doit croire que son adversaire a réellement l’intention de répliquer en cas d’attaque. Une «petite bombe» qui ne détruirait pas la planète renforce la crédibilité de cette intention, mais cet équilibre est précaire. Les États-Unis se justifient en rappelant que la Russie, qui modernise depuis plusieurs années son arsenal, dispose de longue date d’un armement nucléaire tactique particulièrement imposant.

Cette controverse intervient alors que, le 5 février, le traité américano-russe de réduction des armes nucléaires, dit New START, en vigueur depuis 2011 pour une décennie, arrive à un point d’étape. C’est à cette date que ses objectifs doivent être respectés par les deux parties, un cap que Moscou et Washington déclarent tous deux avoir déjà franchi. Les deux grandes puissances s’approchent en effet de l’objectif des 1550 ogives nucléaires stratégiques [destinées à assurer la dissuasion et non à être employées en cas de conflit, NDLR] et des 700 vecteurs stratégiques déployés, même si les chiffres publiés sont probablement légèrement inférieurs à la réalité, selon plusieurs observateurs internationaux, comme NTI (Nuclear Threat Initiative).

«Quand on parle de puissance nucléaire, il y a plusieurs paliers. Il faut d’abord observer le nombre d’ogives. Mais il faut aussi tenir compte des vecteurs de portée intercontinentale [supérieure à 5.500 km] et surtout des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE), qui sont un peu le Graal», explique au Figaro un chercheur spécialiste des questions nucléaires, qui préfère conserver l’anonymat. «Les armes tactiques offrent aux grandes puissances nucléaires une marge de manœuvre supplémentaire», poursuit-il, expliquant ainsi que seuls les États-Unis et la Russie disposent officiellement d’armes tactiques. En la matière, les tensions sont également à leur comble, les États-Unis accusant la Russie de ne pas respecter les stipulations d’un autre traité que New Start, le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF en anglais), signé en 1987.

Pour les petites puissances nucléaires, l’objectif est d’abord de diversifier leurs vecteurs et d’obtenir notamment des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM en anglais). L’Inde, Israël et la Corée du Nord, qui disposent déjà de missiles à portée intermédiaire (de 3.000 à 5.500 km), pourraient déjà avoir franchi ce seuil, même si leurs ICBM ne sont pas encore officiellement en service. L’autre étape consiste à se doter de sous-marins à propulsion nucléaire. Par leur discrétion et leur autonomie, ils assurent une capacité de représailles (ou seconde frappe) à une nation dont les infrastructures terrestres ou aériennes auraient été mises à mal par une première frappe. Avec un SNLE en service, l’Inde a rejoint le groupe des cinq puissances nucléaires historiques (États-Unis, Russie, France, Royaume-Uni, Chine) qui en disposent déjà. La Corée du Nord travaillerait également à un tel programme tandis qu’Israël dispose de sous-marins diesel-électriques capables de tirer des missiles de croisière à têtes nucléaires.

Cette nouvelle donne risque de mettre à mal les efforts de réduction des armes atomiques entrepris depuis 1991. «Il y a un changement d’état d’esprit: la dénucléarisation promise par Barack Obama en 2009 ne s’est certes pas concrétisée, mais elle fixait un cap. Au-delà de la nouvelle doctrine américaine promue par Donald Trump, on voit que le contexte est aujourd’hui plus difficile», conclut le chercheur, qui évoque des négociations «au point mort».

LEXIQUE

  • Ogive nucléaire: tête de projectile en forme de cône. Elle comprend la charge destructive.
  • Arme nucléaire stratégique: ogive nucléaire de grande puissance embarquée sur un vecteur de longue portée (bombardiers ou missiles intercontinentaux) capables de frapper le cœur d’une nation adverse. Elle est au cœur de la dissuasion nucléaire.
  • Arme nucléaire tactique: par opposition à une arme stratégique, elle est destinée à être utilisée lors de combats. Elle est de plus faible puissance et embarquée sur des vecteurs de moindre portée (missiles balistiques ou de missiles de croisière)..
  • Missile balistique: missile alimenté au départ de sa course par un moteur-fusée puis, à la sortie de l’atmosphère, seulement par sa vitesse acquise et sa gravité. Il décrit alors une trajectoire balistique (en forme de cloche) avant de rentrer dans l’atmosphère. Un missile balistique est différent d’un missile de croisière, qui, généralement propulsé par un réacteur, vole à longue distance et à très basse altitude.
  • ICBM (missile balistique intercontinental): missiles balistiques dont la portée dépasse 5.500 km (et souvent les 10.000 km). Ils jouent un rôle essentiel dans la dissuasion nucléaire. Il existe également des missiles balistiques de portée intermédiaire (3.000 à 5.500 km), de portée moyenne (1.000 à 3.000 km) et de courte portée (moins de 1.000 km).
  • SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins): sous-marin à propulsion nucléaire capable de lancer des missiles balistiques, souvent intercontinentaux et nucléaires. Très discret et disposant d’une grande autonomie, il joue un rôle essentiel dans la dissuasion en garantissant la capacité de représailles (seconde frappe).

Par Alexis Feertchak, Journaliste au Figaro

http://premium.lefigaro.fr/international/2018/02/06/01003-20180206ARTFIG00315-la-reduction-des-armes-nucleaires-dans-le-monde-risque-de-marquer-le-pas.php

Fév 06

NUCLÉAIRE : L’ARSENAL CHINOIS LOIN DERRIÈRE LA DISSUASION AMÉRICAINE

La nouvelle posture nucléaire américaine a été vivement critiquée à Pékin. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères, Geng Shuang, a rappelé, lundi 5 février, que la Chine militait pour « l’interdiction complète et la destruction totale des armes nucléaires » et n’allait pas dévier de sa doctrine de recours aux armes nucléaires pour la seule riposte. Le ministère de la défense chinois a, quant à lui, dénoncé les « suppositions outrancières » du rapport américain.

Un débat ne s’en fait pas moins jour dans l’ensemble des médias liés à l’armée chinoise sur la nécessité pour la Chine de renforcer ses capacités en réponse au programme de modernisation envisagé par Washington. Une tribune publiée le 30 janvier dans Le Quotidien de l’Armée populaire de libération appelait ainsi à « muscler » la dissuasion chinoise.

Dotée du deuxième budget militaire de la planète derrière les États-Unis, la Chine s’est lancée dans un effort spectaculaire de modernisation technologique et organisationnelle de son armée. Sa marine se dote de porte-avions et aligne désormais des navires de combat aussi sophistiqués que ses homologues occidentaux. Pékin développe également toutes sortes d’armes nouvelles – des engins hypersoniques aux canons électromagnétiques.

Des sous-marins réputés bruyants

Toutefois la Chine demeure très loin derrière les États-Unis en matière d’armement nucléaire. Pékin disposerait, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm, d’environ 270 ogives nucléaires, contre environ 6 800 pour les États-Unis, du fait qu’elle est restée à l’écart de la course à l’armement durant la guerre froide.

Selon un rapport publié en janvier par l’Union of Concerned Scientists, un regroupement indépendant de scientifiques américains, la Chine aurait en stock la matière fissile nécessaire à produire de 380 à 880 ogives nucléaires supplémentaires, contre 5 000 pour les États-Unis. Par ailleurs, le département de la défense américain estime de son côté que la Chine ne dispose que de 75 à 100 missiles intercontinentaux, dotés en grande majorité d’une seule ogive nucléaire, tandis que les États-Unis, dont les missiles intercontinentaux peuvent porter. trois ogives, en annoncent 400.

La Chine est bien moins avancée en termes de missiles balistiques stratégiques lancés par des sous-marins, pourtant essentiels pour garantir la capacité de seconde frappe d’un pays en cas d’attaque de son territoire. Ses quatre sous-marins à propulsion nucléaire de nouvelle génération (classe « Jin ») peuvent charger chacun douze missiles de longue portée – un cinquième en construction portera la capacité totale à 60.

Ces sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) sont les plus crédibles dont dispose la Chine mais sont réputés bruyants et donc trop facilement détectables. La marine chinoise a été critiquée début janvier quand un de ses sous-marins, de classe « Shang », non lanceur de missiles balistiques, a été suivi pendant deux jours par les forces d’autodéfense japonaises.

En outre, les sous-marins chinois n’auraient pas encore effectué de patrouilles armées – alors que les experts estiment à 890 le nombre d’ogives déployées sur des SNLE américains dans le monde.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/02/06/nucleaire-l-arsenal-chinois-loin-derriere-la-dissuasion-americaine_5252469_3216.html

Fév 06

TRUMP RELANCE LA COURSE À L’ARME NUCLÉAIRE

Washington veut « construire une force plus létale » contre les menaces représentées par Pékin et Moscou.

Les États-Unis ont assuré, lundi 5 février, avoir respecté leurs obligations d’étape relatives à un accord de réduction des armes nucléaires conclu avec la Russie en 2010. Ce traité New Start, négocié par l’administration de Barack Obama, doit s’étendre jusqu’en 2020, mais rien ne dit que cet effort sera durablement prolongé. Le 2 février, le Pentagone a en effet publié une révision de la « posture nucléaire » des États-Unis, qui complète sa « Stratégie de défense nationale », publiée un mois plus tôt. Or, ces documents donnent le signal d’un effort de réarmement massif de la première puissance militaire au monde.

Les projets du ministère américain de la défense s’inscrivent dans la vision stratégique du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche détaillée en décembre 2017, qui rompt avec certains accents de campagne néo-isolationnistes de Donald Trump. Ces projets illustrent plus particulièrement le thème de « la paix par la force », qui constitue l’une des principales références du président en politique étrangère.

Dans un contexte instable, marqué par « l’affaiblissement de l’ordre international » favorable à Washington mis en place au sortir de la seconde guerre mondiale, trois types d’adversaires sont identifiés. Tout d’abord, les puissances autoritaires chinoise et russe qualifiées de « révisionnistes » parce qu’elles œuvrent à cet affaiblissement ; ensuite les « État voyous » iranien et nord-coréen ; enfin, les entités non étatiques comme les groupes d’inspiration djihadiste. Présents sous la précédente administration, les dérèglements climatiques, alors considérés comme une menace pour les intérêts américains, ont disparu.

La lutte contre les acteurs non étatiques, à partir du 11-Septembre, a absorbé l’essentiel des moyens militaires et de la réflexion stratégique des États-Unis, progressivement réduite au contre-terrorisme. Toute l’énergie a été concentrée pendant près de deux décennies sur les théâtres d’opérations afghan, irakien et syrien, pour des résultats au mieux décevants. Pékin et Moscou ont mis à profit cette situation, selon Washington, pour s’engager dans un effort visant à réduire l’avantage comparatif des États-Unis en matière de défense. La volonté renouvelée de « construire une force plus létale » visant directement ces « rivaux » constitue donc le cœur des projets des militaires américains.

Élargir la gamme d’options crédibles

Là encore, le décalage est net avec le désir souvent exprimé par Donald Trump de « s’entendre » avec son homologue russe, Vladimir Poutine. La réaction de Moscou à la nouvelle « posture nucléaire » américaine a été sans nuances. « Dès la première lecture, le caractère belliqueux et antirusse de ce document saute aux yeux », a estimé le ministère des affaires étrangères dans un communiqué publié samedi.

L’ambition en la matière de Washington ne se limite pas, en effet, à la très coûteuse modernisation d’un arsenal nucléaire vieilli, déjà envisagée par Barack Obama. La mise à niveau de la triade (capacité de recours à l’arme atomique par les airs, les eaux et la terre), notamment par la mise à disposition de nouveaux missiles embarqués à bord de sous-marins ou de nouveaux bombardiers à longue portée, s’accompagne de la volonté de mettre à disposition du Pentagone des armes nucléaires nouvelles, d’ordre tactique, de faible puissance, terre-terre ou mer-terre.

Le Pentagone assure que ces nouvelles armes n’ont pour but que « d’élargir la gamme d’options crédibles des États-Unis pour répondre à une attaque stratégique nucléaire ou non nucléaire, et de renforcer la dissuasion en signalant aux adversaires potentiels » qu’un éventuel recours à des frappes nucléaires limitées « n’offre aucun avantage exploitable ». Cette formulation peut laisser entendre que le recours à ces armes pourrait être jugé légitime en cas de cyberattaques massives. Le rapport avance par ailleurs comme justification la modernisation par la Russie d’armes nucléaires tactiques qui échappent à la comptabilité des armes stratégiques, comme celles visées par le traité New Start.

« Peut-être qu’un jour, il y aura un moment magique où les pays du monde se rassembleront pour éliminer leurs armes nucléaires, a estimé Donald Trump dans son discours sur l’état de l’Union, le 30 janvier. Malheureusement, nous n’en sommes pas encore là. » Au cours de la même intervention, le président a demandé au Congrès de débloquer des moyens nécessaires pour cet effort de réarmement, qui est loin de se limiter à cette composante.

716 milliards de dollars

Onze jours plus tôt, en présentant sa stratégie, le secrétaire à la défense, James Mattis, avait insisté sur le fait que l’« avantage concurrentiel [des États-Unis] s’est érodé dans tous les domaines de la guerre, l’air, la terre, la mer, l’espace et le cyberespace, et il continue de s’éroder ». C’est pour répondre à cette érosion que la Maison Blanche envisage, pour l’exercice budgétaire 2019, un effort encore plus important que celui demandé pour 2018, et qui avait déjà frappé les esprits. Cette ambition s’est heurtée pour l’instant à l’immobilisme du Congrès, capable uniquement de reconduire les dépenses prévues dans le budget pour 2017.

Accédant aux demandes du Pentagone aux dépens des conservateurs fiscaux soucieux du niveau du déficit budgétaire – qui va encore se creuser du fait de la réforme fiscale adoptée en décembre –, Donald Trump a fixé le cap faramineux de 716 milliards de dollars, au lieu des 668 milliards prévus initialement pour 2018. Avec pour objectif à moyen terme, selon un expert des questions de défense ne souhaitant pas être identifié, de recreuser un écart qualitatif de vingt ans avec leurs principaux rivaux. Le budget américain dépasse en volume la somme de ceux des neuf autres pays qui consacrent le plus d’argent à leurs armées.

Walter Russel Mead, expert en géostratégie à l’Hudson Institute, un think tank conservateur installé à Washington, insiste sur la compatibilité des ambitions du Pentagone, des industriels et des poids lourds de la Silicon Valley qui leur sont associés, avec la sensibilité nationaliste qu’il qualifie de « jacksonienne » (du président Andrew Jackson, 1829-1837) exprimée par Donald Trump. « Les jacksoniens comme lui aiment la puissance, mais surtout pour ses qualités dissuasives », estime-t-il. Les diatribes présidentielles mettent en évidence une conception très extensive de la dissuasion.

http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/02/06/washington-se-lance-dans-une-course-a-l-armement-face-a-moscou-et-pekin_5252275_3222.html

Fév 06

NUCLÉAIRE : « CETTE INDUSTRIE JOUE AVEC LE FEU »

Dans Nucléaire, danger immédiat, Thierry Gadault et Hugues Demeude dressent un bilan alarmant de l’état des centrales nucléaires françaises. Rencontre avec l’un des auteurs.

Dans leur livre Nucléaire – Danger immédiat à paraître mercredi chez Flammarion, Thierry Gadault et Hugues Demeude dressent un bulletin de santé inquiétant des centrales nucléaires françaises. Ils  <https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-les-microfissures-menacent-de-nombreux-reacteurs-5544695> évoquent notamment des fissures sur les cuves de plusieurs réacteurs. <https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-les-microfissures-menacent-de-nombreux-reacteurs-5544695>  

Thierry Gadault, quel est l’état du parc nucléaire français aujourd’hui ?

Tricastin dans la Drôme, le Bugey dans l’Ain, Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-cher, Blayais en Gironde… Sur les 58 réacteurs du parc nucléaire français, une dizaine sont dans un état catastrophique. D’ici 2028, ils auront 40 ans, un seuil critique. A Flamanville (Manche), les enceintes de confinement sont parmi les pires des réacteurs <https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-edf-propose-la-fermeture-d-autres-reacteurs-partir-de-2029-5533256>  de 1300 MW. La centrale est connue pour avoir des problèmes de maintenance et d’exploitation. En cas d’incident il n’y aurait aucune barrière pour éviter que la radioactivité se propage à l’extérieur.

À Paluel (Seine-Maritime), en mars 2016, un générateur de vapeur s’est effondré sur la dalle lors de son remplacement. À La Hague, usine de retraitement âgée de 52 ans, tout tombe en panne et l’entreprise n’a pas les moyens pour entretenir ou renouveler ses équipements, notamment la ligne d’évaporateurs. En outre, suite aux restructurations, les salariés qui restent font de leur mieux, mais sont soumis à une pression maximale.

À l’annonce de la publication de votre livre, EDF rappelle que la sûreté nucléaire est sa « priorité absolue »… <https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-un-livre-met-mal-la-surete-des-centrales-edf-contre-attaque-5547104>

Cette industrie joue avec le feu et risque de se brûler les doigts. Nous ne sommes pas des anti-nucléaires forcenés. Nos sources, fruit de 6 ans d’enquête, émanent de scientifiques extrêmement compétents du Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Dès 2012, EDF reconnaissait dans un rapport diverses irrégularités, ce qui ne l’empêche pas, en raison de ses difficultés financières, de demander que le fonctionnement de ses centrales soit prolongé de 20 ans, au-delà des 40 ans prévus lors de leur mise en service. Rien n’a été prévu en cas de séisme, ni pour les diesels, ni pour les tuyauteries de secours. L’Assemblée Nationale vient précisément de nommer une commission d’enquête sur la sûreté nucléaire.

Quelles solutions apporter pour préserver notre système énergétique ?

Nous sommes dans une situation particulièrement grave avec un système électrique extrêmement déséquilibré. Il faut un débat national avec un référendum sur la dénucléarisation et l’avenir des énergies en France. L’urgence absolue pour pouvoir sortir rapidement du tout nucléaire, c’est un grand plan d’efficacité pour les économies d’énergies et la rénovation des 40% de foyers qui sont des passoires énergétiques et ne se chauffent qu’à l’électricité. Cela fait dix ans qu’on en parle (NDLR : et même beaucoup plus !) et dix ans que rien n’est fait. Il faut, en même temps libérer l’autoconsommation et les énergies renouvelables. Il est plus que temps de le faire.

Propos Recueilli par Frédérique Jourdaa

Le livre : « Nucléaire, danger immédiat », par  Thierry Gadault et Hugues Demeude, Flammarion, 286 p., 21 euros. À paraître mercredi 7 février.  

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-cette-industrie-joue-avec-le-feu-5547116

Fév 06

EDF REPORTE LE REDÉMARRAGE DU RÉACTEUR NUCLÉAIRE DE PALUEL 2

EDF a reporté du 15 avril au 5 juin le redémarrage prévu du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), indique lundi 5 février RTE, le gestionnaire des lignes à haute tension françaises, sur son site internet.  

EDF reporte le redémarrage du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime). Initialement prévu le 15 avril, le redémarrage du réacteur est désormais prévu pour le 5 juin, indique lundi 5 février RTE, le gestionnaire des lignes à haute tension françaises, sur son site internet. RTE ne donne pas d’explication à ce nouveau report. EDF n’a pu être jointe dans l’immédiat.

Le réacteur Paluel 2, d’une capacité de 1.300 mégawatts (MW), est arrêté depuis mai 2015 pour sa visite décennale de maintenance. Mais en mars 2016, un générateur de vapeur usé de 450 tonnes en cours d’évacuation a basculé et est tombé de toute sa hauteur en partie sur des plateaux de protection de la piscine du bâtiment du réacteur, faisant des dégâts.

Le redémarrage du réacteur a depuis été repoussé à plusieurs reprises pour achever les travaux de réparation.

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-reporte-le-redemarrage-du-reacteur-nucleaire-de-paluel-2.N649183

NDLR : Cela fera plus de 3 ans d’arrêt ! Je rappelle que la loi sur la transition énergétique, votée en août 2015, prévoit qu’un réacteur à l’arrêt depuis plus de deux ans, soit considéré comme étant en arrêt « définitif ». Mais le gouvernement a la possibilité de proroger de trois ans cette durée donc la loi, sous son aspect sécuritaire, ne sert à rien en réalité puisqu’il est prévu d’y déroger très largement. Un simple arrêté suffit !

Fév 06

LES ÉTATS-UNIS RELANCENT LA COURSE AUX ARMES NUCLÉAIRES

Alors que le traité de réduction des armes stratégiques New Start, signé avec la Russie en 2010, entre pleinement en vigueur aujourd’hui, la nouvelle “posture nucléaire” de l’administration Trump appelle Washington à se doter de nouvelles armes de faible puissance en réponse au réarmement de Moscou.

En signant il y a huit ans le traité de réduction des armes stratégiques New Start avec la Russie, “le président Obama avait exprimé l’espoir qu’il s’agissait d’une première étape vers de plus importantes réductions [des armements] et, à terme, vers l’avènement d’un monde sans armes nucléaires, rapporte le New York Times. <https://www.nytimes.com/2018/02/04/us/politics/trump-nuclear-russia.html?hp&action=click&pgtype=Homepage&clickSource=story-heading&module=first-column-region&region=top-news&WT.nav=top-news>

Mais alors que s’ouvre aujourd’hui la dernière phase de New Start – les deux parties devant désormais respecter les limites fixées par le traité –, “l’optimisme n’est plus de mise”, souligne le quotidien.

Et pour cause : la “nouvelle posture nucléaire” de l’administration Trump, dévoilée le 2 février et appelant à contrer la modernisation de l’arsenal russe, “va ouvrir une nouvelle course aux armements nucléaires”, note le New York Times. Une nouvelle compétition “moins basée sur le nombre d’armes que sur les nouvelles tactiques et technologies permettant de déjouer les plans de l’autre camp”.

Relents de guerre froide

Le magazine britannique The Economist détaille, <https://www.economist.com/news/united-states/21736366-america-seeks-expand-its-arsenal-low-yield-nuclear-weapons-new-threat-new-weapons>  pour sa part, le contenu de la “nouvelle posture nucléaire” américaine. Celle-ci appelle notamment au développement de nouvelles ogives nucléaires dites de ‘faible puissance’, qui équiperaient des missiles balistiques embarqués à bord de sous-marins, et à plus long terme, d’un nouveau missile de croisière destiné aux sous-marins”.

La logique qui sous-tend cette décision “rappelle le temps de la guerre froide, quand le gouvernement Kennedy avait mis au point la stratégie de ce que l’on appelait la ‘riposte graduée’”, note le magazine.

Le magazine Foreign Policy souligne, (https://foreignpolicy.com/2018/02/02/does-trump-want-a-nuclear-arms-race-because-obama-didnt/)  de son côté, que le traité New Start va expirer en 2021 et que le locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, n’a jusqu’ici “manifesté aucune envie de le prolonger”.

Coercition

“En dénigrant tous les accords négociés par le président Obama […], le gouvernement Trump court le danger de ne se concentrer que sur des moyens de coercition militaires, au lieu de puiser dans toute la panoplie de moyens diplomatiques, économiques, politiques et sécuritaires dont disposent les États-Unis”, souligne le magazine.

https://www.courrierinternational.com/article/les-etats-unis-relancent-la-course-aux-armes-nucleaires

Fév 05

PÉTITION : EN FINIR AVEC LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES DE BUGEY

Après Tchernobyl et Fukushima, nous savons qu’il n’est plus possible d’affirmer que le nucléaire soit une industrie sûre. Nous savons aussi que les catastrophes nucléaires ont des effets extrêmement graves bien au-delà des 30 km et que cela peut arriver en France.

Alors, soutenons la démarche de 201 personnalités de la région Rhône-Alpes, signataires de la lettre ouverte demandant l’arrêt des réacteurs nucléaires du Bugey (Ain).

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/enfiniraveclesreacteursnucleairesde-2054.html

Pétition mise en ligne le 05 février 2018

Proposée par la Coordination STOP BUGEY

Elle prendra fin le 30 juin 2018

Fév 05

CIGÉO PAPERS

CIGéo Papers, pourquoi cette expression ?

À vous de juger les « fuites » qui suivent.

Nous venons d’apprendre d’une source sûre, que des salariés de l’ANDRA remettent en cause la faisabilité de CIGéo.

Ils déclarent que les modèles mathématiques qu’on leur demande de produire ne peuvent pas démontrer que CIGéo n’aura pas d’impact sur l’homme et l’environnement sur une durée de 100 000 ans, voir 1 million d’années.

Ils avouent que la démonstration de sûreté n’est pas une démonstration mathématique mais un agencement cohérent de savoirs, un « faisceau d’arguments » donnant une représentation rassurante de l’évolution du stockage.

Le document que nous nous sommes procuré est authentique. On pourrait même le qualifier de certifié.

Le présent communiqué liste point par point les écrits et les dires de plusieurs équipes de salariés de l’ANDRA qui travaillent sur le projet CIGéo

Il comprend 2 parties :

# – Les points clés

# – La liste détaillée des 38 points, à découvrir sur ce lien.

# – Les points clés

Les salariés de plusieurs équipes de l’Andra ont dit et écrit :

En ce qui concerne l’INVENTAIRE,

a1 –  « Il y a tout de même des trucs merdiques là-dedans ! » avoue un participant lors d’une réunion.

a2 – On demande à ces salariés de tout faire pour que la première tranche de CIGéo soit aussi peu problématique que possible.

a3 – « Les colis, ce ne sont pas des cadeaux !« , crient les salariés qui n’ont aucune confiance dans les déclarations des producteurs de déchets. Ils font face aux mêmes problèmes que ceux des centres de stockage champenois de SOULAINES et de MORVILLIERS.

a4 – Pour plus de la moitié des déchets destinés au stockage, les salariés estiment que les connaissances du contenu des colis dont ils disposent sont mauvaises ou nulles. Ils sont même obligés de construire un inventaire par « analogie« . Ils sont amenés à constituer des inventaires « enveloppes » (c’est à dire des inventaires dont l’impact radiologique est potentiellement le plus important) pour s’en sortir. – « Sinon, c’est faire un stockage pour stocker n’importe quoi. » Ils savent que l’application arbitraire de « facteurs de marge de 2 ou de 10 » risque de « faire peur ». – Les salariés parlent de méfiance, d’hésitation et de tâtonnement.

a5 – Ils savent qu’un stockage « lowcost » ne permet pas d’y mettre tous les types de déchets.

En ce qui concerne les CALCULS et les INCERTITUDES

b1 – Un processus de revue, appelé Revue Finale des Modèles et des Données (RFMD) a été mis en place pour préparer la rédaction du dossier de demande de construction de. On lit que quelques-unes de ces réunions ont été interdites à une catégorie de salariés de l’ANDRA.

b2 – Les ingénieurs écrivent qu’il est formellement impossible d’assurer que les caractéristiques des ouvrages correspondront exactement aux exigences fixées pour leur conception. CIGéo n’est donc pas techniquement réalisable.

b3 – Un salarié déclare :  » Il y a un travail de « toilettage » et de « wording » (ré-écriture) des documents à faire pour mieux expliciter certaines incertitudes. Il faudra les « highlighter » (surligner). Ils pourraient en effet être « mal interprétés » par un contre-expert comme Bertrand Thuillier, et pourraient avoir un effet dévastateur. »

b4 – Pour minimiser les incertitudes, les salariés de l’ANDRA ont inventé la catégorie des incertitudes dites sans importance, comme :

– la longueur des alvéoles, leur inclinaison, leur position.

– l’émission et l’écoulement des gaz, la très faible perméabilité de l’argilite qui rend son étude expérimentale délicate – sa non homogénéité – les EDZ (Excavated Dammaged Zone – les zones endommagées par le creusement) – les scellements – la pression à l’intérieur des alvéoles HA.

b5 – Pour les salariés, il est impossible de garantir quoi que ce soit.

b6 – « On a été un peu light dans les docs, volontairement. Si l’IRSN est tatillon là-dessus, sur leur instruction, on est limite ! » a déclaré un membre de la Direction de la maîtrise des risques.

b7 – La discrétion et l’omission sont envisagées comme solution pour gérer l’incertitude.

b8 – À propos de la dissolution des verres des colis HA : « Dans les passages d’un état à un autre où on doit donner un temps, c’est là que les emmerdes commencent. Est-ce qu’on a donné des temps à l’ASN ? » remarque un participant.

b9 – « On va trouver « tout Mendeleïev » dans les bétons ! » déclare un chef de service de la direction de la R&D.

En ce qui concerne les SCENARII d’évolution du stockage

c1 – « Construire un scénario, c’est raconter une histoire ! »

c2 – « Dans le « worst case » (pire cas) étudié en 2005, l’impact radiologique calculé était proche de la limite réglementaire. Je crains qu’avec les hypothèses fixées lors de la RFMD, les impacts calculés dépassent la dose maximale autorisée« , déclare le directeur adjoint de la R&D. « Oh non ! Ça se négocie ce worst case ! » répond la directrice adjointe de maîtrise des risques.

c3 – Quid de l’hypothèse d’une glaciation ? Une glaciation qui, gelant le sol, bloquerait la migration des radionucléides, puis les relâcherait rapidement lorsque la température augmenterait, et entraînerait une contamination supérieure à la limite autorisée, de la population revenant vivre dans cette zone après la période glaciaire.

c4 – « Si c’est limite dans les arguments, on fait qu’il saute ! », déclare alors un membre de la revue, suggérant d’abandonner ce scénario hypothétique, s’il s’avère trop critique.

À propos de la DÉMONSTRATION DE SÛRETÉ

d1 – L’étude de la revue RFMD montre que la démonstration de sûreté est avant tout un exercice dont la conclusion est connue, et détermine en partie le choix des hypothèses retenues.

d2Prévoir précisément l’état du stockage dans plusieurs milliers d’années est scientifiquement impossible.

d3 – Aujourd’hui le calcul d’impact n’est plus qu’un élément parmi un « faisceau d’arguments. »

d4 – Les salariés reconnaissent qu’il n’y aura jamais de démonstration de la sûreté d’un projet de stockage et, à partir des années 2000, l’impossibilité scientifique d’apporter une preuve de la sûreté d’un stockage.

d5 – Sur une période d’un million d’années, il est impossible d’assurer l’exhaustivité des éléments qui peuvent influer sur la migration des radionucléides.

d6 – La démonstration de sûreté de CIGéo ne s’apprécie pas en fonction de sa justesse, mais en fonction de sa capacité à convaincre ses évaluateurs.

d7 – Les échanges entre les salariés de l’Agence et leurs évaluateurs, avant la publication des dossiers, ont permis, permettent et permettront d’anticiper leurs attentes.

Voilà, ce sont les points principaux.

Une première question vient alors immédiatement à l’esprit : est-ce une erreur d’encadrement de ces salariés, une erreur du service communication de l’ANDRA, ou bien est-ce une fuite organisée par des salariés « responsables« , qui en auraient marre de mentir et qui alertent ?

Une seconde question suit : le départ de responsables comme Marie-Claude DUPUIS, Directrice générale, et comme Fabrice BOISSIER, Directeur de la maîtrise des risques, en septembre et novembre 2014, ne serait-il pas un refus, tout à leur honneur, de cautionner un crime contre l’humanité ?

Nous présentons sur ces 20 pages la liste détaillées des 38 points principaux.

À venir le Dossier sur le rôle ambigu de la CNE (Commission nationale d’évaluation) dans la création de CIGéo.

Merci aux journalistes qui feront leur travail.

Merci à chacun des autres destinataires de faire circuler cette information dans leurs réseaux.

Par ailleurs, vous trouverez une quantité d’informations complémentaires sur le site villesurterre.com, notamment :

Nicolas HULOT : CIGéo, je dis NON !

la vidéo argumentaire contre CIGéo de 28 minutes, issue de la rencontre avec la Directrice de cabinet de Nicolas HULOT.

le cahier d’acteur n°97 du débat public CIGéo de 2013 (qui a été censuré par la CNDP)

– les NewsLetters

– le Dossier CIGéo Papers, à suivre…

Signé: Michel GUERITTE, un citoyen qui ne fait que son devoir.

citoyen@villesurterre.com   tèl : 06 71 06 81 17

Fév 05

DÉFICITS THYROÏDIENS CHEZ 145 000 DES 295 000 JEUNES DE MOINS DE 18 ANS AUSCULTÉS À FUKUSHIMA SOIT… 49 %

Le contexte

Le cancer de la thyroïde infantile est très préoccupant après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima. Les données analytiques de référence sur l’échographie thyroïdienne chez les enfants sont très importantes pour un examen ultérieur.

Objectif

Nous avons analysé la répartition par âge et par sexe des résultats des examens échographiques thyroïdiens des enfants et des adolescents dans l’enquête Fukushima Health Management (FHMS).

Conception, cadre et participants

D’octobre 2011 à mars 2014, 294 905 participants âgés de 18 ans ou moins ont volontairement subi une échographie thyroïdienne au premier tour de la FHMS. Un deuxième examen de confirmation a été réalisé chez 2 032 sujets. La prévalence et la taille des kystes thyroïdiens, des nodules et des cannes ont été analysées en fonction de l’âge et du sexe.

Principales mesures des résultats

L’âge, le sexe et la répartition par taille des résultats ont été analysés.

Résultats

Des kystes thyroïdiens, des nodules et des cancers cytologiquement suspectés ont été détectés chez 68 009, 1 415 et 38 sujets chez les mâles et 73 014, 2455 et 74 sujets chez les femelles, respectivement. Le taux de détection des nodules thyroïdiens et du cancer a augmenté en fonction de l’âge, mais celui des kystes a atteint un sommet à 11-12 ans. Le sexe a affecté la prévalence des nodules thyroïdiens et des cancers après le début de la puberté, mais seulement une petite différence a été montrée dans celle des kystes.

Conclusions

Le taux de détection du cancer de la thyroïde à Fukushima a été clarifié et la proportion de ceux qui ont des nodules thyroïdiens et des kystes varie considérablement selon l’âge. Les résultats de cette étude apporteront une contribution valable aux futures recherches épidémiologiques sur les maladies thyroïdiennes nodulaires chez les enfants et les adolescents…

Pour lire la suite de l’article et les statistiques, cliquer sur :

http://leblogdejeudi.fr/deficits-thyroidiens-chez-145000-des-295-000-jeunes-de-moins-de-18-ans-auscultes-a-fukushima-soit-49/

Fév 05

FLAMANVILLE 15 MARS 2018: FILM ET CONFÉRENCE DE NAOTO KAN « LE COUVERCLE DU SOLEIL »

Une soirée exceptionnelle à ne pas manquer au Rafiot de Flamanville (salle des fêtes près de l’église) 

Une conférence de Naoto KAN  ancien Premier Ministre japonais, en responsabilité au moment de la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

Réélu député en 2017, il fera part de son vécu, de son expérience et des enseignements qu’il a tirés de ce désastre nucléaire majeur. Un film en présence du producteur Tomiyoshi Tachibana :

« Le couvercle du soleil, une fiction journalistique puissante qui se définit comme une quête de la vérité dans laquelle les ministres de l’époque apparaissent sous leur véritable nom,  où l’accident et sa gestion sont scrupuleusement retracés. Les informations sont chaotiques et des hommes doivent gérer dans une tension extrême une situation limite. »

Du pays du « couvercle défectueux »  de la cuve de I’EPR  à celui du « couvercle du soleil » venez vous informer !

Réservez votre soirée du 15 mars 2018 (20 heures, entrée libre)

Collectif antinucléaire Ouest CRILAN  50340 Les Pieux

http://leblogdejeudi.fr/flamanville-15-mars-2018-film-et-conference-de-naoto-kan-le-couvercle-du-soleil/

Fév 05

EPR DE FLAMANVILLE : QUATRE QUESTIONS SUR UNE CATASTROPHE INDUSTRIELLE

Sept ans de retard et un devis qui a triplé en dix ans : le chantier de l’EPR de Flamanville a reçu vendredi la visite de Sébastien Lecornu, secrétaire d’État de Nicolas Hulot.

Après la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) et le futur site d’enfouissement de déchets à Bure (Meuse), le secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, a visité vendredi dans le Cotentin (Manche) le centre de retraitement de la Hague et l’EPR de Flamanville. Une tournée des grands ducs du nucléaire avant le débat public sur la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), lancée ce printemps. Elle doit fixer le nombre et le calendrier de fermetures des réacteurs les plus anciens. Le point sur un dossier clé pour EDF et politiquement sensible.

1: Quand l’EPR de Flamanville entrera-t-il en service ? « Notre objectif est de faire en sorte que nous puissions charger le combustible nucléaire dans la cuve au mois de décembre, a précisé le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Le calendrier est tendu, mais nous y sommes habitués. » Trois jours plus tôt, Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait aussi émis des doutes sur ce calendrier. La mise en service commerciale ne pourra de toute façon avoir lieu qu’après la fermeture de Fessenheim, prévue en 2019.

2: Au final, combien coûtera l’EPR ? Démarré en avril 2007, l’EPR devait coûter 3,3 Mds € et entrer en service en 2012. Sauf que le chantier a accumulé les déboires, dont le point culminant fut en avril 2015, après la découverte par l’ASN d’une anomalie dans l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur. En juin 2017, EDF obtient de l’ASN l’autorisation d’exploiter la cuve, mais la confiance dans la technologie de l’EPR s’est érodée. La facture a explosé : autour de 11 Mds €.

3: La France construira-t-elle un second EPR ? EDF l’envisage sérieusement, probablement dans la Manche, où le nucléaire est bien accepté. EDF ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. En 2017, Jean-Bernard Lévy plaidait pour la mise en service dans l’Hexagone « d’une trentaine de nouveaux EPR entre 2030 et 2050 ». Une provocation ? « Nous allons pour cela réduire les coûts de cet EPR nouveau modèle afin qu’il soit plus compétitif », plaidait Xavier Ursat, ancien patron de l’hydraulique devenu celui des projets EPR.

4: Combien d’anciens réacteurs seront fermés ? La bataille fait rage entre EDF et l’État, son actionnaire principal (83,5 %). Si ce dernier a reporté de 2025 à 2035 son objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % à 50 %, EDF a indiqué mardi dernier, par la voix de Philippe Sasseigne, le directeur du parc nucléaire français, « ne pas souhaiter arrêter d’autres réacteurs avant 2029 ». Ce qui n’a pas manqué d’irriter Nicolas Hulot, le ministre de la Transition énergétique qui, en juillet 2017, avait évoqué la fermeture de 17 réacteurs. Avant que l’État ne tranche le débat, Sébastien Lecornu a souhaité un « dialogue franc et sincère » avec EDF. « Il est temps, a-t-il conclu comme un avertissement, d’avoir une relation mature. »

http://www.leparisien.fr/economie/epr-de-flamanville-quatre-questions-sur-une-catastrophe-industrielle-03-02-2018-7538637.php

Fév 04

LA CORÉE DU NORD A UTILISÉ SON AMBASSADE POUR OBTENIR DES TECHNOLOGIES MILITAIRES

L’ambassade nord-coréenne à Berlin a servi à l’acquisition de technologies pour les programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, a affirmé le chef du renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen, dans un entretien avec la télévision publique ARD.

«Nous avons dû constater que depuis (l’ambassade) de telles activités d’acquisition avaient lieu. De notre point de vue c’était à destination du programme de missiles, mais aussi en partie pour le programme nucléaire» de la Corée du Nord, explique le responsable dans les extraits, publiés samedi, d’un documentaire de l’ARD qui sera diffusé lundi à 21H45 GMT.

Selon lui, ces technologies, dont la nature exacte n’a pas été précisée, ont un usage civil, mais aussi militaire.

«Lorsqu’on constate de telles choses, on les arrête. Mais on ne peut pas garantir qu’on repère et qu’on bloque chaque tentative», dit-il.

Le renseignement intérieur allemand (Bundesverfassungsschutz) avait obtenu des indices sur un tel trafic en 2016 et 2017, selon l’enquête de la télévision publique allemande. Un diplomate nord-coréen aurait lui tenté en 2014 d’obtenir du matériel utilisé dans l’élaboration d’armes chimiques.

Les accusations allemandes interviennent alors qu’un rapport des Nations Unies consulté vendredi par l’AFP accuse la Corée du Nord d’avoir exporté entre janvier et septembre 2017 des produits interdits par les sanctions de l’ONU. Au total, Pyongyang aurait ainsi obtenu près de 200 millions de dollars.

Le rapport pointe aussi des projets de coopération militaire avec la Corée du Nord repérés en Afrique et dans la région Asie-Pacifique, ainsi qu’avec la Syrie et la Birmanie dans le domaine des missiles balistiques. Le document évoque des accords sur des armes conventionnelles et des opérations cybernétiques pour voler des secrets militaires.

Les diplomates nord-coréens dans le monde continuent de jouer un rôle-clé dans le développement de programmes d’armement nord-coréens interdits. Ils fournissent un appui logistique à des transferts d’armes, des techniciens militaires et contribuent à des opérations de renseignement.

Agence France-Presse

http://www.tvanouvelles.ca/2018/02/03/la-coree-du-nord-a-utilise-son-ambassade-pour-obtenir-des-technologies-militaires

Fév 04

STRASBOURG : ILS DISTRIBUENT DES KITS CONTRE UN ACCIDENT NUCLÉAIRE À LA CENTRALE DE FESSENHEIM

Malgré la fermeture programmée de la centrale nucléaire de Fessenheim, les militants de Stop Transports – Halte au Nucléaire ne lâchent rien. Samedi à Strasbourg, ils ont distribué des kits un peu originaux pour se protéger d’un accident nucléaire.

La centrale nucléaire de Fessenheim doit fermer fin 2018 – début 2019. Malgré cette promesse du gouvernement, les membres de Stop Transports – Halte au Nucléaire <http://www.sortirdunucleaire.org/STOP-TRANSPORTS-HALTE-AU-NUCLEAIRE>  se sont encore mobilisés samedi à Strasbourg. Ils ont distribué des kits plutôt étonnants pour se protéger d’un éventuel accident nucléaire. 

L’ironie pour sensibiliser

Ils étaient une dizaine de militants samedi à distribuer des petits sacs en papier aux passants qui voulaient bien s’arrêter. À l’intérieur, chacun pouvait y trouver un masque et un bonbon. Voilà un parfait kit anti-nucléaire. « Bien sûr c’est ironique, » s’amuse Florence, une des membres du collectif. « C’est un moyen de dire aux gens que, de toute façon, on ne peut pas se protéger contre un accident nucléaire. » Une manière, pour Florence, de dénoncer l’arrogance de tous ceux qui prétendent qu’aucun problème ne peut arriver.

Certains passants reçoivent bien le message, comme Myriam : « Beaucoup de citoyens sont conscients qu’on ne pourrait pas grand chose contre un accident nucléaire mais on préfère ne pas y penser. » En revanche, d’autres ont plus de mal à saisir : « Je n’habite pas à Fessenheim, j’avoue que ça m’est un peu égal, » confie Eric. Enfin _ »_certaines personnes pensent qu’il s’agit d’un vrai kit et qu’il y a vraiment eu un accident à Fessenheim ! » s’exclame Jean-Marie. Au moins, ces citoyens apeurés prennent le temps de s’arrêter et de discuter avec les militants. 

En tous cas, même si l’annonce de la fermeture de la centrale de Fessenheim <https://www.francebleu..fr/infos/economie-social/video-fessenheim-fermera-bien-fin-2018-debut-2019-1511447600>  est une bataille de gagnée pour les membres de l’association, leur guerre contre le nucléaire continue. 

Maxime Nauche

https://franceaccident.fr/info/strasbourg-ils-distribuent-des-kits-contre-un-accident-nucleaire-a-la/

Fév 04

NUCLÉAIRE: TRICASTIN, AVEC SON RÉACTEUR 1, «LA PIRE CENTRALE DU PAYS»?

C’est en tout cas la conclusion des journalistes Thierry Gadault et Hugues Demeude dont des extraits de leur enquête Nucléaire, Danger immédiat sont publiés par le Journal du dimanche…

« Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si un accident grave est possible en France mais quand il aura lieu ». Thierry Gadault et Hugues Demeude disent tenir ce constat d’un haut cadre d’EDF. Les deux hommes – le premier journaliste indépendant (L’Expansion, L’Obs, Le Nouvel économiste…), le second enquêteur et réalisateur de documentaires sur des thématiques industrielles- publient ce mercredi 7 février Nucléaire, Danger immédiat (Ed. Flammarion Enquête).

Un réacteur qui cumule tous les problèmes

Journal du dimanche publie plusieurs extraits du livre dans son édition du 4 février. Notamment un passage se penchant sur l’état de la centrale de Tricastin (Drome), le long du Rhône à 50 km d’Avignon. La cuve du réacteur 1 de la centrale drômoise arrive en tête du top 5 des cuves les plus dangereuses du pays que les auteurs établissement en annexe de leur livre. Devant Le Bugey 5 (Ain), Saint-Laurent-des-Eaux B1 et B2 (Loir-et-Cher) et Blayais 1 (Gironde).

Si le réacteur 1 de Tricastin s’adjuge la première place, c’est qu’il cumule tous les problèmes, notent Thierry Gadault et Hugues Demeude. La cuve de ce réacteur est fissurée. Des défauts constatés avant sa mise en service, mais, à l’époque, les autorités l’ont jugé bonne pour le service. De nouvelles fissures ont depuis été constatées. « Deux de ces nouvelles anomalies s’apparentent à un cumul de défauts et atteignent la limite de sûreté, selon le rapport rédigé par l’ASN en novembre 2011, poursuivent les deux auteurs. Si leur taille s’accroît encore, le réacteur devra être arrêté d’urgence ! »

Sans oublier le risque d’inondation

S’ajoute à cela le canal de Donzère-Mondragon qui longe la centrale de Tricastin. Celle-ci est en contrebas du canal à six mètres en dessous du plan d’eau. De quoi faire craindre le risque d’inondation. Thierry Gadault et Hugues Demeude rapportent alors les propos de Pierre-Franck Chevet, président de l ’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le gendarme du nucléaire français, qui leur aurait confié qu’« en cas de séisme fort, on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima ».

En septembre dernier, l’ASN avait sommé EDF d’arrêter provisoirement la centrale de Tricastin en attendant que l’énergéticien entreprenne les travaux de renforcement de la digue du canal de Donzère-Mondragon. Il existe « un risque de rupture d’une partie de la digue pour les séismes les plus importants étudiés », précisait à l’époque l’ASN.

Le 5 décembre dernier, après avoir constaté les réparations menées par EDF pour renforcer la digue du canal, l’ASN a autorisé le redémarrage des réacteurs de la centrale nucléaire de Tricastin.

Fabrice Pouliquen (Publié le 04/02/18 à 14h47)

https://www.20minutes.fr/societe/2214455-20180204-nucleaire-tricastin-reacteur-1-pire-centrale-pays

Fév 04

NOUVELLE POSTURE NUCLÉAIRE AMÉRICAINE: LA RUSSIE ET LA CHINE VOIENT ROUGE

La publication d’un document sur la nouvelle « posture nucléaire » des États-Unis, vendredi 2 février 2018, a provoqué de vives réactions en Russie et en Chine. Alors que l’administration Trump souhaite doter le pays de nouvelles armes nucléaires à faible rayon d’action, Moscou dénonce le caractère « belliqueux » et « anti-russe » de ces annonces, et Pékin appelle Washington à sortir de sa « mentalité de guerre froide ».

Le rêve de Barack Obama, « bâtir un monde débarrassé des armes nucléaires », n’est plus à l’ordre du jour à Washington sous Donald Trump. Partant d’un constat sombre sur l’évolution des affaires internationales, Washington a décidé de revoir sa posture nucléaire pour la première fois depuis 2010.

« Dès la première lecture, le caractère belliqueux et anti-russe de ce document saute aux yeux », pouvait-on lire dans un communiqué de la diplomatie russe samedi, après la publication la veille de ce nouveau texte de référence aux États-Unis, qui prévoit un renforcement du dispositif américain face aux menaces.

Les États-Unis veulent notamment se doter de nouvelles armes nucléaires à faible rayon d’action pour renforcer leur dissuasion, mettant en avant le réarmement de la Russie dans ce domaine précis qu’il convient de contrer selon Washington, mais aussi le risque chinois et l’émergence de nouveaux acteurs comme la Corée du Nord

Le point de départ de cette nouvelle posture, c’est le constat d’une dégradation brutale de l’environnement stratégique depuis 2014. Les États-Unis ne peuvent plus continuer à réduire le rôle de l’arme nucléaire dans leur stratégie, en raison de la réémergence de tensions avec des grandes puissances, en particulier la Russie et la Chine, en raison de l’émergence d’adversaires nucléaires régionaux, par exemple la Corée du Nord. En ce changement réside l’explication de la nouvelle posture, qui est très différente dans l’esprit de celle qui avait été mise en avant par Obama en 2010

Le ministère russe des Affaires étrangères se dit « profondément déçu » de cette évolution et promet une réaction : « Nous devrons bien entendu prendre en compte les approches qui sont désormais en circulation à Washington et prendre les mesures nécessaires pour assurer notre sécurité. »

Même son de cloche du côté de Pékin

« Nous espérons voir les États-Unis renoncer à leur mentalité de guerre froide, prendre au sérieux leurs responsabilités sur la question du désarmement et corriger leur perception des intentions stratégiques de la Chine », informe ce dimanche le ministère de la Défense chinois.

« La paix et le développement sont des dynamiques mondiales irréversibles. Les États-Unis, pays qui possède le plus important arsenal nucléaire mondial, devraient prendre l’initiative de suivre cette tendance au lieu d’aller à son encontre », ajoute le communiqué.

Dans la posture américaine, la Chine et la Russie se voient placées au centre des préoccupations de la défense des États-Unis. « Nous espérons que Washington reste conscient du niveau de danger élevé que représentent ces directives d’un point de vue de planification militaire pratique », répond la diplomatie russe.

On avait déjà, dans l’arsenal stratégique américain, de manière générale, une assez grande flexibilité dans les options de frappes limitées. Mais l’administration a considéré que cette flexibilité n’était pas suffisante. Elle s’appuyait beaucoup sur les bombardiers stratégiques ou sur l’aviation de manière générale, ce qui posait des problèmes en termes de réactivité, de réponse rapide, en termes de discrétion et en termes de vulnérabilité aussi, d’où l’accent qui a été mis dans la posture actuelle sur les capacités portées par les sous-marins.

Les mécanismes de contrôle des armements mis en cause selon Moscou

Dénonçant les « clichés », Moscou rejette ses « accusations farfelues », notamment celles, « infondées », d’ingérences et de violations des accords sur le contrôle des armements. Et de dénoncer, de la part des États-Unis, « une tentative injuste de rejeter sur les autres leur propre responsabilité ».

Aux yeux de la diplomatie russe, « la détérioration de la situation en matière de sécurité internationale et régionale et pour le déséquilibrage des mécanismes de contrôle des armements » n’est en effet pas de son fait, mais « le résultat d’une série d’actes irresponsables des États-Unis eux-mêmes ».

Fin 2016, le président Poutine a ordonné un renforcement de la force de frappe nucléaire russe et une modernisation des armements, justifiés par le renforcement de la présence militaire de l’Otan à ses frontières. Mais les dépenses militaires de Moscou, bien que conséquentes, sont encore loin de celles des États-Unis.

Si vous souhaitez télécharger le rapport complet (en anglais), cliquer sur :

 US Nuclear Posture Review : télécharger le document en anglais (PDF)

Pour écouter 2 entretiens de Corentin Brustlein, responsable du Centre des études de sécurité de l’Institut français de relations internationales (Ifri), cliquer sur

http://www.rfi.fr/ameriques/20180204-trump-usa-posture-nucleaire-États-unis-russie-chine-coree

Fév 04

CRUAS-MEYSSE, DÉPARTS DE FEU À LA CENTRALE : L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE VEILLE

Trois représentants de l’Autorité de sûreté nucléaire siégeaient à côté de Christophe Chanut, directeur de la centrale (à gauche) à la commission locale d’information, hier.

Le seul point noir dans les bons chiffres de la sûreté de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, présentés hier en commission locale d’information : les départs de feu. En 2017, la direction en a recensé sept (un de plus qu’en 2016). Deux d’entre eux, dans la laverie et les bacs de conditionnement des déchets, avaient même obligé l’Autorité de sûreté nucléaire à faire des inspections “réactives” (menées à la suite d’un événement particulièrement significatif). Le gendarme du nucléaire affirmait hier qu’il serait « très attentif en 2018 à cette thématique ».

Or, l’année commence mal. Cette semaine, deux incendies se sont déclenchés sur le plancher en bois du chantier de la salle des machines de l’unité de production n° 2 (dans la partie non-nucléaire du site), en arrêt programmé pour maintenance (nos éditions du 1er et 2 février).

http://www.ledauphine.com/drome/2018/02/03/departs-de-feu-a-la-centrale-l-autorite-de-surete-nucleaire-veille

Fév 04

NUCLÉAIRE : LE LIVRE QUI MET À MAL LA SÛRETÉ DES CENTRALES FRANÇAISES

Le JDD publie en avant-première des extraits de Nucléaire, danger immédiat, un livre d’enquête qui conteste le dogme de la sûreté et de la rentabilité des centrales françaises.

Au premier rang des préoccupations : l’état alarmant de plusieurs cuves, qui renferment le cœur des réacteurs.

Extraits :

… »Ça y est, nous y sommes aux quarante ans. D’ici à 2028, 48 réacteurs [sur 58 en service en France] – ceux du palier de 900 MW et une partie des réacteurs de 1.300 MW – vont atteindre cet âge canonique. Depuis le milieu des années 2000, en raison de ses difficultés financières qui l’empêchent d’investir dans de nouveaux moyens de production, EDF demande, réclame, impose même, que l’ensemble de ses centrales nucléaires <http://www.lejdd.fr/Politique/nucleaire-hulot-pret-a-revenir-sur-lobjectif-des-50-en-2025-3486005> soient autorisées à fonctionner au-delà des quarante ans, et prolongées de vingt ans.

[…] [Parmi les éléments qui vont] déterminer la prolongation ou l’arrêt des cuves : ont-elles des malfaçons, d’origine ou apparues avec le temps, qui compromettent la sûreté? C’est l’un des plus grands secrets de l’industrie nucléaire en France. […] Selon EDF, 10 cuves en exploitation ont des fissures qui datent de leur fabrication.

Un séisme à Tricastin pouvait aller vers « un accident de type Fukushima »

[…] Tricastin <http://www.lejdd.fr/Societe/Actualite/Un-transformateur-explose-a-la-centrale-nucleaire-du-Tricastin-352273> , avec son réacteur 1, est la pire centrale du pays. Ce réacteur cumule tous les problèmes : défauts sous revêtement, absence de marge à la rupture, et dépassement des prévisions de fragilisation à quarante ans! Sans oublier le risque d’inondation catastrophique en cas de séisme, comme l’a relevé en septembre 2017 l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a arrêté d’office le fonctionnement des quatre réacteurs de la centrale en attendant qu’EDF fasse, enfin, les travaux de renforcement de la digue du canal de Donzère-Mondragon. La centrale est en contrebas du canal, à 6 m en dessous du plan d’eau. Pierre-Franck Chevet, le président de l’ASN, nous a confié qu’en cas de séisme fort on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima. « EDF a trouvé l’arrêt immédiat de la centrale pour réaliser ces travaux injustifié, moi je le trouve justifié. »…

Nucléaire, danger immédiat. Thierry Gadault et Hugues Demeude, Flammarion, 286 p., 21 euros. À paraître mercredi 7 février.

http://www.lejdd.fr/societe/nucleaire-le-livre-qui-met-a-mal-la-surete-des-centrales-francaises-3564173

Fév 04

NUCLÉAIRE : POUR L’IRAN, WASHINGTON MENACE D’ANÉANTIR L’HUMANITÉ

La nouvelle politique américaine en matière de nucléaire militaire « rapproche l’humanité de l’anéantissement« , a estimé le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif dans un message publié sur Twitter dans la nuit de samedi à dimanche.

Les États-Unis ont annoncé vendredi vouloir se doter de nouvelles armes nucléaires de faible puissance, mettant en avant notamment le réarmement de la Russie dans le domaine. Cette annonce fait craindre aux experts une relance de la prolifération et un risque plus élevé de conflit nucléaire.

Cette politique « traduit une dépendance accrue aux bombes nucléaires, en violation du TNP« , le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, écrit M. Zarif.

« L’obstination [du président américain Donald] Trump à tuer » l’accord international sur le nucléaire iranien « découle de la même inconscience dangereuse« , ajoute le ministre.

Signé en 1968 et entré en vigueur deux ans plus tard, le TNP, auquel adhèrent aujourd’hui la quasi-totalité des États de la planète, pose dans son préambule l' »intention » des États parties « de parvenir au plus tôt à la cessation de la course aux armements nucléaires et de prendre des mesures efficaces dans la voie du désarmement nucléaire« , en vue de parvenir, à terme, à « l’élimination des armes nucléaires« .

Conclu en juillet 2015 après une décennie de tension entre la communauté internationale et la République islamique autour du programme nucléaire controversé de Téhéran, l’accord international sur le nucléaire iranien est remis en cause par M. Trump, qui menace d’en retirer son pays d’ici à la mi-avril.

Les défenseurs du texte, en particulier les Européens, assurent que cet accord est le meilleur moyen de faire en sorte que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique.

(©AFP / 04 février 2018 08h21)

https://www.romandie.com/news/Nucleaire-pour-l-Iran-Washington-menace-d-aneantir-l-humanite/887037.rom

Fév 04

MGR TOMASI DÉNONCE LE PLAN AMÉRICAIN SUR LES ARMES NUCLÉAIRES

Pour Mgr Tomasi, la relance de l’arsenal nucléaire américain marque un retour à la guerre froide, et pourrait avoir de graves conséquences.

Mgr Silvano Maria Tomasi, membre du Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, exprime son inquiétude suite à l’annonce faite par l’administration Trump d’une relance du programme nucléaire américain, avec le développement de têtes à puissance réduite. Le Pape François, en parlant des armes nucléaires, a déjà déclaré que l’humanité risque le suicide.

«Il me semble que nous avons fait un pas en arrière dans l’histoire, et que l’on revient, comme durant la guerre froide, à une compétition dans laquelle celui qui a les armes les plus puissantes cherche à avoir le plus d’influence sur la situation internationale, regrette Mgr Tomasi, interrogé par la section italienne de Vatican News. La course aux armements recommence et elle est vraiment un pas qui perturbe profondément la situation actuelle. D’une part, on recommence à réinvestir d’énormes capitaux dans les armes, au lieu des services sociaux qui sont nécessaires aux personnes, pour leur santé, pour manger, pour se développer. Et d’autre part, nous créons une tension nouvelle, qui n’était pas nécessaire, entre puissances nucléaires. Donc en ce moment nous sommes arrivés à une situation qui ne promet rien de bon. C’est une réaffirmation de puissance qui stimule la compétition et augmente le risque que par accident ou par calcul explose une tête atomique, en créant des conséquences que nous ne savons pas comment anticiper et gérer», s’inquiète l’ancien diplomate pontifical, qui fut représentant du Saint-Siège à l’Onu, à Genève.

Savoir situer les vraies menaces

Pour le Pentagone, le nouveau plan des États-Unis nait du fait qu’il faut regarder la réalité droit dans les yeux, et voir le monde comme il est. «Mais quelle est la menace ?», s’interroge Mgr Tomasi. «La menace naît de la course aux armements parce que si quelqu’un se dote d’instruments d’attaque qui sont nouveaux et d’une sophistication technologique plus raffinée, d’autres devront ou voudront se mettre en mouvement pour avoir la même capacité, sinon la volonté de la dépasser. Donc le raisonnement devient un cercle vicieux. Il me semble que nous devons écouter la voix du Pape François qui aussi, récemment, lors du voyage qu’il a fait au Chili et au Pérou, a répété que la course aux armements atomiques et l’usage de ce moyen de destruction doit être éliminé, et nous devons tous travailler pour créer des relations internationales basées sur la confiance et non sur la menace réciproque. Ceci est la route qui mène à la paix et au développement, et non pas la course aux armements.»

Francesca Sabatinelli – Cité du Vatican, (Traduction en français par Cyprien Viet)

http://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2018-02/mgr-tomasi-denonce-le-plan-americain-sur-les-armes-nucleaires.html

Fév 03

CORÉE DU NORD: 200 MILLIONS DE DOLLARS DE REVENUS D’EXPORTATIONS INTERDITES EN 2017

La Corée du Nord a exporté entre janvier et septembre 2017 des produits interdits par des sanctions de l’ONU, lui générant des revenus estimés à près de 200 millions de dollars, selon un rapport des Nations-Unies.

Vu vendredi par l’AFP, ce document d’un groupe d’experts de l’ONU chargés de vérifier l’application des sanctions et remis aux 15 membres du Conseil de sécurité souligne notamment la poursuite d’exportation de charbon nord-coréen en dépit des sanctions internationales. Il évoque des pavillons de navire trompeurs, des transferts en mer de produits illicites entre navires et de la documentation frauduleuse destinée à masquer l’origine du charbon.
Les dernières enquêtes du groupe d’experts montrent que la Corée du Nord s’affranchit des interdictions de l’ONU en matière d’approvisionnement en pétrole via différents canaux, en s’appuyant sur des étrangers, des entreprises étrangères et sur le système bancaire international, indique aussi le document.
En rappelant que plusieurs navires ont été accusés par l’ONU de transbordements de charbon et de pétrole au bénéfice de la Corée du Nord, les experts soulignent qu' »un effort coordonné entre les États membres est crucial pour contrecarrer ces activités illicites rampantes« .

L’adoption entre fin 2016 et 2017 de quatre trains de sanctions économiques a fait émerger des « marchés lucratifs » pour des trafiquants cherchant à fournir du pétrole à Pyongyang et à lui faire exporter ses ressources naturelles, précisent ces experts.
Les marges bénéficiaires, associées à la nature offshore de la plupart des secteurs pétroliers, maritimes et financiers concernés, réclament entre États membres de l’ONU un partage d’informations et une surveillance du secteur privé accrus, précise le document.

En 2017, à l’initiative de Washington, le Conseil de sécurité a imposé trois séries de sanctions économiques à la Corée du Nord qui touchent notamment ses exportations de charbon, de fer, sa pêche et son textile et limitent ses approvisionnements en pétrole. Ces mesures ont été décidées après des tirs de missiles et un essai nucléaire menés par Pyongyang, jugés menaçants pour la stabilité internationale.

Espions et diplomatie

Le rapport pointe aussi des projets de coopération militaire avec la Corée du Nord repérés en Afrique comme dans la région Asie-Pacifique, ainsi qu’avec la Syrie et la Birmanie dans le domaine des missiles balistiques. Le document évoque des accords sur des armes conventionnelles et des opérations cybernétiques pour voler des secrets militaires.
Les diplomates nord-coréens dans le monde continuent de jouer un rôle-clé dans le développement de programmes d’armement nord-coréens interdits. Ils fournissent un appui logistique à des transferts d’armes, des techniciens militaires et contribuent à des opérations de renseignement.
Des institutions financières nord-coréennes ont plus d’une trentaine de représentants au Moyen-Orient et en Asie, où ils contrôlent des comptes en banque, facilitent des transactions, y compris avec de l’argent liquide, selon le rapport.
Des espions et d’autres individus utilisent des comptes bancaires au profit de Pyongyang en Europe et en Asie-Pacifique, en recourant à des passeports diplomatiques et des voitures portant des plaques diplomatiques afin de se jouer des frontières terrestres et aériennes, indiquent aussi les experts de l’ONU.

Ils réclament enfin une coopération internationale et une volonté politique renforcées en 2018 pour réduire le contournement des sanctions de l’ONU, en proposant plusieurs axes de travail pour aider les États membres à faire face aux défis d’une application rigoureuse des résolutions internationales.

Ce rapport survient alors que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé vendredi les parties prenantes à la crise nucléaire nord-coréenne à des discussions « sérieuses« , « absolument essentielles » pour mettre un terme au conflit.

Le patron des Nations unies a prévu de se rendre la semaine prochaine en Corée du Sud pour des entretiens avec les dirigeants sud-coréens et assister à la cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques d’hiver à Pyeongchang. Selon des sources diplomatiques, Antonio Guterres pourrait profiter de son séjour pour voir aussi des représentants de la Corée du Nord.

Les deux Corées sont toujours techniquement en guerre car le conflit s’est achevé en 1953 sur un armistice et non sur un traité de paix. Vingt-deux athlètes nord-coréens doivent participer aux JO, dont 12 hockeyeuses sur glace arrivées la semaine dernière pour participer à une équipe unifiée.

https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/coree-du-nord-200-millions-de-dollars-de-revenus-d-exportations-interdites-en-2017

Fév 03

ÉTATS-UNIS : FRAPPES PRÉVENTIVES ET MINI-BOMBES NUCLÉAIRES COMME NOUVELLE POLITIQUE DU PENTAGONE ?

Ce sont coup sur coup deux annonces de politique de défense américaine qui génèrent une inquiétude grandissante. Donald Trump semble très intéressé par la stratégie du « Nez ensanglanté » (Bloody nose) basée sur des frappes préventives à l’encontre de la Corée du Nord, tandis que le Pentagone annonce vouloir développer des mini bombes nucléaires.

Analyse

Une part du discours sur l’état de l’Union de Donald Trump n’est pas passée inaperçue ce mardi 30 janvier. Le président américain s’est en effet fendu de plusieurs déclarations à propos de la Corée du Nord. La première pour affirmer sa volonté de ne pas pratiquer une politique « faible« , symbolisée selon lui par l’administration Obama : « L’expérience passée nous a appris que la complaisance et les concessions n’invitent que l’agression et la provocation. Je ne vais pas répéter les erreurs des administrations passées qui nous ont mis dans cette position dangereuse« .  Puis de surenchérir dans la dangerosité de l’ennemi : « Nous devons seulement regarder le caractère dépravé du régime nord-coréen pour comprendre la nature de la menace nucléaire qu’il pourrait représenter pour l’Amérique et nos alliés« .

Si depuis le début de son mandat à la Maison Blanche Donald Trump agite souvent les bras face aux essais de missiles nord-coréens, menace et fait des déclarations théâtrales, aucune politique de défense américaine claire n’a encore émergé. Il est possible que cela soit en train de changer. Ou non ?

Le « Bloody nose » de plus en plus plébiscité

Une théorie de défense militaire américaine appelée « Bloody nose » (nez ensanglanté) est de plus en plus évoquée chez les hauts gradés de l’armée entourant la présidence. Le principe est simple : effectuer des frappes préventives sur des sites stratégiques militaires nord-coréens au cas où un nouvel essai de missile par PyongYang survenait. Donner « un coup de poing dans le nez de l’adversaire« , pour lui faire saigner, lui faire regretter son acte, et qu’il se tienne ensuite tranquille, de peur d’en recevoir d’autres…

Selon le New York Times, le général McMaster estimerait que « la planification militaire d’une attaque préventive est nécessaire pour crédibiliser les mises en garde du président et leur effet dissuasif. » Du côté du chef d’état-major Interarmées, Jospeh Dunford tout comme celui du secrétaire à la Défense, Jim Mattis, l’adhésion à cette stratégie semble nettement moins forte : la crainte que le régime de Pyongyang ne se sente forcé de répliquer contre la Corée du Sud est réelle. Dans le même temps, Le général Paul Selva, vice-chef d’état-major Interarmées, a malgré tout déclaré que l’armée américaine avait  la capacité de détruire « la plus grande partie de l’infrastructure » du programme nord-coréen de missiles. Le futur Ambassadeur américain en Corée du Sud, Victor Cha, ne s’est quant à lui pas gêné pour critiquer cette stratégie dans une tribune du Washington Post : sa nomination a été annulée. 

Un parfum de va-t-en guerre semble flotter autour de la Maison Blanche et bien que des résistances existent autour de cette stratégie, il se pourrait qu’elle devienne l’option principale du président américain face aux provocations de la Corée du Nord. Pour autant, Thomas Fleuchy de la Neuville, enseignant  à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr, ne croit pas que Trump ait l’intention de mener des frappes préventives : « À mon sens, c’est de la communication, parce que Trump est politiquement très isolé. Il y a en plus une opposition sur ce sujet entre ses conseillers proches. Si un nouvel essai était procédé par PyongYang je ne pense pas que Trump effectuerait des frappes préventives, à moins qu’il ne cède au lobby de l’industrie militaire et ne veuille faire une relance par la guerre. Mais cela aurait des implications incalculables sur le Pacifique…« 

Et comme une nouvelle inquiétante ne vient jamais seule, le choix du Pentagone — très anxiogène — en matière d’armement nucléaire vient compléter le tableau au même moment.

Les mini-bombes nucléaires : pour répondre aux Russes

Une nouvelle version de la « posture nucléaire » du Pentagone, de 75 pages, a été publiée hier, vendredi 2 février 2018. Ce document qui détermine les grands orientations en terme stratégie militaire nucléaire des États-Unis annonce directement la couleur : dans la préface, le secrétaire à la Défense Jim Mattis explique cette nouvelle orientation est là pour contrer « un retour déterminé de Moscou à la concurrence entre grandes puissances« . L’idée générale de la posture nucléaire du Pentagone en 2018 est que les Russes se sentant inférieurs en matière militaire conventionnelle seraient désormais prêts à faire usage de l’arme nucléaire en premier. C’est avec cette conviction sur les intentions stratégiques russes que le projet de mini-bombes nucléaires s’inscrit.

Le Pentagone prévoir donc de développer de nouveaux types de missiles nucléaires de faible puissance lancés depuis des sous-marins. L’intérêt de ces nouvelles armes est, qu’étant inférieures en puissance à la bombe d’Hiroshima, elles n’auraient pas besoin d’être stockées sur des territoires alliés et seraient censés aussi contrer les défenses antimissiles de la Russie. Ce programme — devant être approuvé par le Congrès —coûtera 50 millions de dollars pour une trentaine d’engins remplaçant des missiles conventionnels et évitant ainsi aux États-Unis de se mettre en délicatesse avec le programme de non-prolifération nucléaire. Pour le spécialiste en stratégie  militaire Thomas Fleuchy de la Neuville, c’est une nouvelle étape qui finit d’enterrer le droit de la guerre, avec des conséquences futures excessivement inquiétantes : « Avec ces mini-bombes, c’est la fin de la dissuasion nucléaire, puisque ce serait utiliser l’arme nucléaire comme une arme parmi d’autres. C’est une sorte de normalisation d’une arme hors norme. Les évolutions de l’utilisation des armes et de la guerre elle-même sont très inquiétantes dans la mesure où les guerres ne sont plus déclarées et que les États-Unis liquident des individus de façon ciblée lorsqu’ils en ont besoin.« 

Des annonces sur l’usage de ces mini-bombes nucléaires ont été faites et se veulent rassurantes : les États-Unis ne les utiliseraient pas en première intention, mais seulement pour riposter à une attaque. Il n’empêche qu’avec la stratégie du nez-ensanglanté potentiellement en cours d’adoption par Donald Trump et les tensions internationales qui ne cessent de grandir, penser que ces armements nucléaires — bien plus faciles à utiliser que les anciens — ne le seront pas pour frapper préventivement, ou dans des campagnes militaires hors des conventions internationales, est un pari très risqué.

Pascal Hérard, TV5MONDE

http://information.tv5monde.com/info/etats-unis-frappes-preventives-et-mini-bombes-nucleaires-comme-nouvelle-politique-du-pentagone

Fév 03

FUKUSHIMA : LA NRA PROPOSE DE CHANGER LES NORMES POUR FACILITER LA RECONSTRUCTION

Les experts commencent à regarder une carte de la contamination basée sur des relevés effectués à partir d’une voiture et à pied. Quelques points chauds en bord de route sont pris en compte et sont représentés par des triangles. La valeur la plus élevée atteint 8,48 µSv/h à Futaba, ce qui est très élevé. Que la NRA se contente de quelques relevés alors qu’il y a de nombreux autres résultats de mesure disponibles est pour le moins surprenant. Presque sept années depuis le début de cette catastrophe, il n’existe aucune synthèse officielle de toutes les données de la contamination qui intègrerait les mesures citoyennes au plus proche des préoccupations des populations. À noter qu’un réseau de laboratoires indépendants, auquel appartient Chikurin, le laboratoire fondé avec le soutien de l’ACRO, a sa base de données commune.

Se contenter de quelques relevés effectués le long des routes et rues n’est pas suffisant : quid des terrains agricoles, jardins, aires de jeu… La variété des situations et des expositions éventuelles doit être évaluée sérieusement avec les personnes potentiellement concernées.

Comme les niveaux de pollution restent élevés et que la décontamination est peu efficace, certains commissaires de la NRA proposent de revoir le calcul de dose. Comme nous l’avons expliqué dans un article dédié, les normes internationales sont en sievert par an, et la mesure sur le terrain est en sievert par heure. Pour passer de l’un à l’autre, il faut considérer un budget temps. Le modèle fixé au début de l’accident pour effectuer le calcul entre les deux suppose que les résidents passent 8 heures par jour à l’extérieur et qu’à l’intérieur, le débit de dose est réduit de 60%. Ainsi, la limite de dose en situation normale, fixée au niveau international à 1 millisievert (mSv) par an correspond ainsi à un débit de dose moyen de 0,23 microsievert (µSv) par heure. Ce calcul est certes conservateur, mais la limite de 1 mSv n’est pas une limite d’innocuité, mais une limite à ne pas franchir. Il faut rester bien en dessous. Viser 1 mSv/an avec un calcul conservateur permet de s’assurer  que les doses réellement reçues seront bien inférieures.

Des commissaires veulent remettre en cause ce calcul sous le prétexte que les personnes équipées de dosimètres ont enregistré des doses à 15% de celles obtenues par calcul. Et donc on peut accepter un débit de dose plus élevé. Là encore, cette affirmation ne repose sur aucune étude sérieuse : il s’agit d’un chiffre moyen et l’on doit protéger tout le monde. Les tests ont été effectués sur des personnes volontaires qui font attention à leur exposition, d’autant plus que leur dose est enregistrée et surveillée. Rien ne permet d’affirmer que toute la population se comportera de la même façon. Enfin, comme nous l’avons expliqué dans le rapport pour les 5 ans de la catastrophe les dosimètres et les radiamètres de terrain ne mesurent pas la même chose. Il y a 30 à 40% d’écart entre les deux. Et cela n’avait jamais été expliqué aux personnes concernées, comme nous l’avions révélé en janvier 2015, ce qui avait déplu à l’IRSN.

Le seul problème pour ces commissaires, qui proposent de passer à 0,8 voir 1 µSv/h au lieu de 0,23 µSv/h, c’est l’acceptabilité sociale du changement de méthode de calcul ! Avec aussi peu de sérieux dans l’évaluation et l’argumentation, pas étonnant que le public n’ait pas confiance.

Cette volonté de changer de thermomètre est un aveu d’échec. Ce qu’il y a d’inquiétant dans cette histoire, c’est que la NRA soit plus préoccupée par la reconstruction que par la protection des populations concernées. Jamais, il n’est question des enfants qui sont plus sensibles aux radiations par exemple.

Rappelons que la limite de 1 mSv/an est un objectif à long terme, sans calendrier précis, fixé par les autorités japonaises et que la politique de retour est basée sur une limite 20 fois plus élevée, qui correspond à la valeur haute des recommandations de la CIPR relatives à ce qui est généralement nommé « une situation existante », à savoir une pollution difficile à réduire. 20 mSv se traduisent par une limite de 3,8 microsieverts par heure (µSv/h) par la même méthode de calcul.

L’enjeu de la proposition de la NRA concerne donc la limite pratique à très long terme. Dit autrement, cela signifie accélérer la fin de la catastrophe en changeant la limite acceptable ou réduire les exigences en terme de décontamination. Selon nos informations, ce sujet est à l’ordre du jour du prochain « National Radiation Council » du MEXT, à savoir le ministère en charge des sciences et technologies.

Il y a fort à parier qu’une fois le calcul changé, il va être appliqué à la limite haute de 3,8 µSv/h qui ne fera pas plus de 20 mSv/h, mais peut-être 5 mSv/an. Ainsi les autorités auront réduit la limite apparente pour le retour des populations sans rien changer sur place par une simple modification des règles de calcul !

http://fukushima.eu.org/nra-discute-de-lavenir-territoires-contamines-propose-de-changer-normes-faciliter-reconstruction/

Note : Ce contenu a été publié dans ACROnique de Fukushima par ACRO. Mettez-le en favori avec son permalien.

Fév 03

POLLUTION RADIOACTIVE À LA HAGUE : L’ACRO DEMANDE PLUS DE TRANSPARENCE ET DE CONCERTATION

Le 31 janvier, l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) a demandé plus de transparence et une concertation sur la dépollution autour du ruisseau des Landes à La Hague (Manche).

En octobre 2016, l’Acro avait révélé la présence de cobalt-60, d’iode-129, de césium-137 et d’américium-241 à proximité du ruisseau des Landes situé au nord-ouest de l’usine de traitement de combustibles usés de La Hague.

En mars 2017, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a confirmé cette pollution radioactive. La présence d’éléments radioactifs mesurée par l’Acro était comprise entre 9 et 18 becquerels par kg de matière sèche (Bq/kg sec), soit sept fois les activités observées régulièrement dans le ruisseau entre 2007 et 2015.

La pollution mesurée dans les sédiments a atteint jusqu’à 71 Bq/kg sec en juillet 2016, soit plus de 30 fois les niveaux habituellement observés.

Les mesures de l’IRSN, plus faibles, confirment la pollution et montrent que le niveau de pollution radioactive mesuré fin 2016 est largement supérieur à ceux enregistrés depuis 1995, à l’exception de mesures réalisées en 2003.

Caractériser et délimiter les zones polluées

En juillet 2017, explique l’Acro, Orano (anciennement Areva) a proposé à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un plan de dépollution. Mais celui-ci n’est pas public, seul l’avis de l’IRSN est connu.

L’Association demande depuis octobre dernier que le plan de dépollution et son dossier technique soient rendus publics et fassent l’objet d’une consultation du public. « Si l’on en croit l’avis de l’IRSN (…) Orano se focaliserait uniquement sur une petite partie de la zone humide et un apport via la nappe phréatique qui continuerait à polluer la zone en plutonium« , explique l’Acro qui « considère que ce n’est pas suffisant car un talus en bordure de l’usine et de pâturage, situé en amont de la zone humide, est aussi fortement contaminé ».

Faute d’obtenir les résultats de la contamination de ce talus, l’association annonce qu’elle saisira la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada).

Outre l’étendue et la caractérisation de la pollution, l’Acro veut que les mécanismes de transfert des polluants radioactifs soient bien étudiés pour éviter de nouveaux apports. De même, elle demande que l’impact sanitaire soit étudié à partir des années 1970 dans le cadre d’un groupe d’expertise pluraliste.

Philippe Collet, journaliste, rédacteur spécialisé

https://www.actu-environnement.com/ae/news/pollution-radioactive-hague-acro-transparence-concertation-30581.php4

Fév 03

«REVUE DE LA POSTURE NUCLÉAIRE» US : UN RETOUR À LA LOGIQUE DE LA GUERRE FROIDE?

Le 2 février, le Pentagone publie sa première «Revue de la posture nucléaire» des États-Unis depuis huit ans. Ce document reflèterait le changement de la politique nucléaire sous Donald Trump. Marquerait-il la renaissance des règles d’une confrontation mondiale?

La publication de la nouvelle «Revue de la posture nucléaire» («Nuclear Posture Review» ou NPR) est un évènement d’une importance primordiale puisque qu’elle reflète non seulement la vision de l’Administration Trump, mais aussi les changements de la politique américaine en cette matière sur fond d’une évolution négative des relations mondiales.

C’est la quatrième version de la NPR depuis la fin de la guerre froide, qui peut être considérée comme un retour à la logique de la confrontation entre les grandes puissances, à en juger par sa version préliminaire publiée à la mi-janvier.

Dissuasion nucléaire: les réminiscences de la guerre froide

La nouvelle «Revue de la posture nucléaire» des États-Unis représenterait le changement de la vision américaine concernant le rôle des armes nucléaires dans le monde d’aujourd’hui. Le contraste avec la politique du prédécesseur de Donald Trump est impressionnant.

La NPR 2010 prévoyait une concentration sur la lutte contre le terrorisme nucléaire et la prolifération des armes de destruction massive, ce qui reflétait la hiérarchie des menaces pour la sécurité nationale des États-Unis.

La «Revue de posture nucléaire» actuelle renverserait cette hiérarchie, en mettant au premier plan les menaces émanant de la modernisation des arsenaux de la Russie et la Chine, ainsi que celles présentées par le programme nucléaire nord-coréen et le potentiel technologique iranien.

Dans la version préliminaire de la NPR 2018, la partie intitulée «Le retour de la compétition entre les grandes puissances» occupe l’une des premières pages.

«Tandis que les États-Unis ont continué de réduire la quantité et la saillance des armes nucléaires, d’autres pays, comme la Russie et la Chine, se sont avancés dans une autre direction», lit-on dans le projet de la NPR.

Cela témoignerait du retour de la compétition entre les grandes puissances et d’une possible course aux armes nucléaires.

L’idée d’un «monde sans armes nucléaires» enterrée?

Dès le début de son premier mandat présidentiel, Barak Obama promouvait l’idée d’un «monde sans armes nucléaires» qu’il a présenté pour la première fois en mai 2009 à Prague. Grâce à cette promesse, le 44ème Président américain s’est vu décerner le prix Nobel de la paix.

«L’existence de milliers d’armes nucléaires est le legs le plus dangereux que nous a laissé la guerre froide… Ainsi, aujourd’hui, j’affirme clairement et avec conviction l’engagement de l’Amérique à rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaire», avait-il déclaré dans la capitale tchèque.

Cette idée a été également inscrite dans la «Revue de la posture nucléaire» adoptée en 2010, visant à réduire «le rôle des armes nucléaires dans la stratégie de la sécurité nationale américaine», tout en reconnaissant que «ce but ambitieux» ne pouvait être atteint rapidement. C’est l’accomplissement des conditions du New START, le traité russo-américain conclu en 2010, qui était censé contribuer à l’accomplissement de la nouvelle stratégie des États-Unis.

Bien que la «Revue de la posture nucléaire» 2018 réitère l’attachement à l’idée d’un monde sans armes nucléaires, les efforts pour y arriver seraient moins intenses.

«Les stocks d’armes nucléaires américaines se sont réduits de plus de 85% en comparaison avec le maximum de la guerre froide. C’était une période prometteuse… Ces aspirations n’ont pas vu le jour. Les adversaires stratégiques des Américains n’ont pas suivi notre exemple. Le monde est plus dangereux, pas moins», lit-on dans le projet de NPR 2018.

Selon Reuters, en février 2017, lors d’une conversation téléphonique avec le Président russe, Donald Trump a refusé l’idée d’entamer des négociations sur la prolongation du traité START après son expiration en 2021.

Une modernisation d’envergure

Bien que les intentions de Barak Obama concernant une éventuelle renonciation à ce type d’arme de destruction massive aient été honorables, il a toutefois initié la modernisation de l’arsenal nucléaire américain.

«L’arsenal nucléaire massif dont nous avons hérité de l’époque de la guerre froide, caractérisée par une confrontation militaire bipolaire, n’est pas adapté aux défis représentés par des terroristes kamikazes et des régimes inamicaux en quête d’armes nucléaires», lit-on dans la NPR 2010.

Donald Trump a hérité du programme de modernisation lancé par Barak Obama qui, d’après les dernières estimations, coûtera aux États-Unis 1,2 trillion de dollars au cours des trente années à venir.

Les armes nucléaires deviennent plus utilisables

Selon le projet de la nouvelle NPR, les États-Unis mettent l’accent sur le développement des armes nucléaires de faible puissance. Selon Alexandra Bell, spécialiste du Centre du contrôle d’armement et de la non-prolifération, étant «plus utilisables», ces armes sont censées convaincre les autres pays que les États-Unis «répondront en acte à une agression». Cela augmenterait la possibilité du recours à ce type d’armes.

Une autre nouveauté inscrite dans la NPR 2018 qui suscite des préoccupations des experts est la possibilité d’employer des armes nucléaires non seulement en réponse à une attaque aux armes conventionnelles, mais aussi à une cyberattaque.

La «Revue de la posture nucléaire» 2018 marquerait donc le changement de la vision américaine concernant le rôle des armes nucléaires aujourd’hui. Serait-elle un appel à agir?

https://fr.sputniknews.com/analyse/201802021034986864-nuclear-posture-review-americain/

Fév 02

« IDIOTS UTILES » DU PENTAGONE

Washington : démocrates et républicains s’accordent au moins quand il s’agit de combattre la Russie. Selon eux, M. Vladimir Poutine doute de la détermination des États-Unis à défendre leurs alliés et veut protéger son régime autoritaire contre une contagion démocratique et libérale. Il aurait donc choisi d’agresser l’Occident. Alors, pour garantir la paix et la démocratie, l’armée américaine et les parlementaires des deux partis ont décidé de contre-attaquer…

L’armée américaine, tout d’abord. Répondant à une commande de la Maison Blanche, le Pentagone vient d’achever une étude qui préconise un emploi plus généreux de l’arme nucléaire (1) <https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/HALIMI/58393#nb1>. Celle-ci étant actuellement trop destructrice pour que son utilisation soit imaginable, et ne jouant donc pas son rôle de dissuasion, il conviendrait de la miniaturiser davantage afin de pouvoir y recourir contre un éventail plus étendu d’agressions. Y compris « non nucléaires » : destruction des réseaux de communication, « armes chimiques, biologiques, cyberattaques », etc.

En 2016, peu instruit des fondements mêmes de la dissuasion, le candidat Donald Trump aurait interrogé un de ses conseillers : « À quoi bon avoir des armes nucléaires si nous ne pouvons pas nous en servir (2) <https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/HALIMI/58393#nb2> ? » Le document du Pentagone répond à sa manière. Face aux « ambitions géopolitiques » de la Russie (mais aussi de la Chine), au désir de Moscou de « modifier par la force la carte de l’Europe » et de « remettre en question l’ordre international consécutif à la fin de la guerre froide », les États-Unis doivent engager sans tarder « la modernisation de [leurs] armes nucléaires ». Afin de demeurer « les sentinelles fidèles de la liberté ». Cette abnégation démocratique n’a pas de prix, ou plutôt si : le triplement du budget militaire américain consacré au nucléaire.

Un tel alarmisme géopolitique au service d’une nouvelle course aux armements susciterait davantage d’opposition aux États-Unis si, depuis un an, ce qui passe pour la gauche américaine ne s’était acharné à présenter M. Trump comme une marionnette de Moscou (3) <https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/HALIMI/58393#nb3>. Au point même de l’obliger à livrer des armes à l’Ukraine (son prédécesseur démocrate s’y était refusé) et à durcir les sanctions contre la Russie. L’ancien vice-président Joseph Biden vient de s’en réjouir dans un article dont le titre dévoile d’emblée la subtilité : « Défendre la démocratie contre ses ennemis. Comment résister au Kremlin (4) <https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/HALIMI/58393#nb4> ».

Au même moment, les sénateurs démocrates de la commission des affaires étrangères ont rendu public un rapport analysant « l’attaque asymétrique de Poutine contre la démocratie en Russie et en Europe ». Plus indignée encore que d’habitude, la journaliste-vedette Rachel Maddow, porte-voix de la « résistance » anti-Trump sur la chaîne MSNBC, l’a repris sur-le-champ : « Non seulement notre président n’a rien fait pour éteindre cet incendie, mais il a observé la montée des flammes ! » Elle peut dormir tranquille : le Pentagone saura veiller sur elle.

Serge Halimi

https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/HALIMI/58393

Notes :

 (1) Ashley Feinberg, « Exclusive : here is a draft of Trump’s nuclear review. He wants a lot more nukes », Huffington Post, 11 janvier 2018.

(2) MSNBC, 3 août 2016.

(3) Lire « Donald Trump débordé par le parti antirusse », Le Monde diplomatique, septembre 2017.

(4Foreign Affairs, New York, janvier-février 2018.

Fév 02

TIHANGE 1 (BELGIQUE) SUSCITE LES INQUIÉTUDES EN ALLEMAGNE

Plusieurs médias allemands font état d’une augmentation du nombre d’incidents et des risques liés à la sécurité dans les centrales nucléaires belges. 

Selon l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), les craintes ne sont pas fondées et sont alimentées par un climat antinucléaire en Allemagne. Le régulateur allemand devait tenir jeudi une conférence de presse pour calmer les esprits. La centrale de Tihange 1 a été mentionnée par une journaliste de la chaîne WDR, qui avait contacté l’AFCN sur le nombre d’arrêts d’urgence à la centrale, ainsi que d' »incidents précurseurs« , soit des incidents isolés qui auraient pu, dans une certaine mesure, causer d’importants dommages au réacteur.

« Le risque zéro n’existe pas« , commente Eric Hulsbosch, porte-parole de l’AFCN. Selon ce dernier, il n’y a pas lieu de s’inquiéter concernant les arrêts d’urgence, qui « démontrent juste que le système de sécurité fonctionne« .

La centrale de Tihange n’est qu’à environ 70 km d’Aix-la-Chapelle. Le gouvernement allemand et celui de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie ont déjà demandé à plusieurs reprises son démantèlement.

L’AFCN déplore les différents articles parus et constate qu’un sentiment antinucléaire circule dans les médias allemand et au sein de l’opinion publique.

BELGA/DPA

http://www4.lalibre.be/economie/conjoncture/tihange-1-suscite-les-inquietudes-en-allemagne-5a73433fcd70fdabb9c0dd8a

Fév 02

CIS BIO INTERNATIONAL (USINE DE SACLAY) CONDAMNÉE EN CORRECTIONNELLE

Mardi 30 janvier 2018, la société CIS Bio international était convoquée au tribunal correctionnel d’Évry suite à la plainte déposée par le Réseau “Sortir du nucléaire“ au sujet de graves violations des normes de sûreté dans son usine de Saclay (Usine de Production de Radioéléments Artificiels). En effet, l’usine de Saclay, où sont fabriqués des isotopes nucléaires destinés à un usage pharmaceutique, a rechigné pendant des années à mettre en œuvre des mesures pourtant indispensables.

Alors qu’un incendie aurait des conséquences désastreuses sur ce site où sont stockées de nombreuses sources radioactives, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait constaté en 2013 que la maîtrise de ce risque n’était pas suffisante sur le site et conditionné la poursuite de son exploitation à la réalisation de travaux.

Or, plus d’un an après, l’ASN a constaté que les dispositifs d’extinction automatique en cas d’incendie dont elle avait exigé la mise en place faisaient toujours défaut. En mai, puis en juillet, elle a alors adressé deux mises en demeure à CIS Bio. En août 2014, lors d’une inspection, elle a constaté que les travaux exigés en mai n’avaient toujours pas été réalisés. Pour la première fois en France, l’ASN a donc engagé en octobre 2014 un processus de consignation imposant à CIS Bio de verser au Trésor public la somme nécessaire à ces travaux, soit 480 000 € !

Les travaux n’ayant toujours pas été effectués, l’ASN a procédé à une deuxième consignation de 360 000 € en décembre 2014, puis une troisième de 830 000 € le 30 mars 2015 (mesure que CIS Bio a de nouveau attaqué en justice sans succès). Le 8 septembre 2016, l’ASN finira par lever cette dernière consignation, tout en soulignant que sans cette procédure, CIS Bio n’aurait jamais réalisé les travaux. Le site reste toujours sous surveillance renforcée et l’ASN considère que CIS bio doit progresser de manière significative en matière de sûreté.

Face à la désinvolture de l’industriel, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a déposé plainte le 3 septembre 2014 à l’encontre de CIS Bio international (voir le dossier sur cette page). Le Parquet a engagé des poursuites. L’affaire a été examinée le 30 janvier 2018 par le tribunal correctionnel d’Evry et la décision a été rendue le jour même.

CIS bio a été condamnée à 6 000 euros d’amende pour trois contraventions de la 5e classe et à 50 000 euros d’amende avec sursis pour les deux délits. « Les faits commis, même s’ils ont été régularisés, sont graves. C’est une peine d’avertissement, ça ne marche qu’une fois. Le tribunal tient à rappeler que parmi les peines prévues figure la fermeture de l’établissement », a prévenu le président du tribunal.

Pour en savoir plus : http://www.sortirdunucleaire.org/Violation-grave-de-prescriptions-techniques-a-34263

Fév 02

BESOIN D’UNE « RELATION PLUS MATURE ENTRE EDF ET L’ÉTAT » (LECORNU)

Cherbourg – Le secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu a demandé jeudi une « relation plus mature entre EDF et l’État », au moment où la France élabore sa feuille de route énergétique pour les années à venir.

Il est temps que l’on soit dans une relation plus mature entre EDF et l’État », a-t-il dit à des journalistes en marge d’un déplacement consacré au nucléaire en Normandie.

Parfois on parle d’EDF comme si c’était une entreprise dont l’État n’était pas actionnaire. Parfois EDF s’adresse au gouvernement comme si son actionnaire n’était pas l’État », a-t-il estimé.

L’État est actionnaire d’EDF, exploitant du parc de 58 réacteurs nucléaires français, à hauteur de 83,5%.

La France est actuellement en train d’élaborer sa feuille de route énergétique (la Programmation pluriannuelle de l’énergie, PPE) pour les années 2019-2023 ainsi que des orientations à horizon 2028.

L’objectif du gouvernement est de ramener la part du nucléaire dans la production électrique d’environ 75% actuellement à 50% d’ici 2030 ou 2035.

« On maintient l’idée des 50% d’une part de l’atome dans le mix électrique à un horizon le plus rapide mais le plus sincère possible », a redit Sébastien Lecornu.

La PPE sera élaborée en fonction de différentes variables, a-t-il souligné: protection du climat, sécurité d’approvisionnement électrique, sûreté, prix de l’électricité ou encore impact social des fermetures de sites.

Évoquant la baisse future des capacités nucléaires de la France, Sébastien Lecornu a dit souhaiter « que ça puisse se faire dans un dialogue franc avec EDF« .

« Il vaut mieux co-construire cela avec EDF que de leur imposer », a-t-il jugé.

Actuellement, seule la centrale de Fessenheim est promise à la fermeture lors du démarrage de l’EPR de Flamanville à la fin de l’année ou début 2019.

EDF a indiqué cette semaine ne pas souhaiter arrêter d’autre réacteur nucléaire avant 2029. En fermant alors des réacteurs ayant atteint l’âge de 50 ans, on pourrait ramener la part du nucléaire à 50% « à un horizon qui ressemble à 2035« , avait déclaré Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire français d’EDF.

« La politique énergétique est une prérogative du gouvernement par définition… Ce n’est pas une entreprise qui fixe ça« , a encore rappelé Sébastien Lecornu.

©AFP / 01 février 2018 15h55

https://www.romandie.com/news/Besoin-d-une-relation-plus-mature-entre-EDF-et-l-État-Lecornu/886429.rom

NDLR : Lecornu veut nous faire croire que ce n’est pas EDF qui décide. Mais qui a écarté d’un revers de manche les 2 scénarios proposés par RTE (filiale d’EDF pourtant), scénarios qui proposaient de mieux respecter la loi de la PPE ? On a là une nouvelle démonstration de force d’EDF qui reste, plus que jamais un État dans l’État !

Fév 02

BELGIQUE : LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE DOEL 3 À L’ARRÊT TROIS MOIS DE PLUS

Le réacteur nucléaire Doel 3 sera à l’arrêt trois mois supplémentaires, a indiqué jeudi Electrabel. Les travaux pour consolider le béton durent plus longtemps que prévu, selon un porte-parole.

Lors d’une révision de la centrale en septembre, il est apparu qu’il y avait des problèmes dans le béton d’un bunker situé dans une partie non-nucléaire. Ce bâtiment abrite une réserve de systèmes de sécurité.

Initialement, le redémarrage était prévu pour la mi-avril. Mais, Engie Electrabel ne prévoit désormais pas de redémarrage avant le 1er août. «Sur la base de l’analyse actuelle et de calculs, nous avons revu la durée des travaux. Le toit en béton du bunker doit être encore renforcé», explique le porte-parole.

http://www.sudinfo.be/id37209/article/2018-02-01/le-reacteur-nucleaire-doel-3-larret-trois-mois-de-plus

Fév 01

L’HISTOIRE CACHÉE DE LA BOMBE D’HIROSHIMA

Dans « Le monde comme projet Manhattan », Jean-Marc Royer bat en brèche la légende du bombardement de Hiroshima et de Nagasaki comme moyen de mettre un terme à la guerre. Pour les promoteurs états-uniens de la bombe atomique au sein du « projet Manhattan », l’enjeu était celui de « l’exercice du leadership mondial ». Ils ont donc recherché l’effet de destruction maximal.

On croyait tout savoir. On ne savait rien. Voilà le constat qui s’impose à la lecture des premiers chapitres de l’ouvrage de Jean-Marc Royer. On croyait tout savoir ou presque du « projet Manhattan » et de son aboutissement : le largage au-dessus d’Hiroshima (puis de Nagasaki) de la première bombe atomique par les États-Unis début août 1945.

Côté jardin, l’explication était limpide : pour éviter les pertes prévisibles liées à une invasion du Japon (on avançait le chiffre de 500.000 militaires états-uniens) et contraindre Tokyo à capituler, les États-Unis avaient opté pour une solution radicale en faisant exploser au-dessus des deux villes nippones une arme nouvelle au pouvoir destructeur sans équivalent, mise au point par des scientifiques particulièrement brillants. Le calcul était le bon puisque le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki allait être suivi peu après par une reddition du Japon et le retour de la paix.

« Le plus important projet militaire de tous les temps et, simultanément, le plus secret » 

Voilà pour la légende que Jean-Marc Royer s’emploie à démonter en exhibant sous nos yeux quantité de pièces à conviction, au profit d’une tout autre histoire. Celle d’une entreprise folle, d’un projet prométhéen conduit effectivement par la fine fleur des savants atomistes états-uniens (et européens exilés outre-Atlantique) avec la complicité active d’une escouade de galonnés et le concours intéressé des grands noms de l’industrie, de Dupont à Monsanto en passant par Kodak et General Electric. Einstein a-t-il eu sa part de responsabilité en attirant l’attention des autorités américaines sur les caractéristiques de l’uranium ? Royer affirme qu’« [une] lettre d’Albert Einstein [au président] Roosevelt a beaucoup contribué à faire de la recherche atomique une priorité politique ». Une biographie récente du célèbre physicien (Einstein. Les vies d’Albert, de Vincenzo Barono, éd. De Boeck Supérieur, 200 p., 17 euros) affirme le contraire et assure que la fameuse lettre, datée de 1939, « n’avait pas été concluante ».

Tout est gigantesque, hors-norme dans le projet Manhattan, « le plus important projet militaire de tous les temps et, simultanément, le plus secret ». Fin 1944, il occupait plus de 100.000 personnes et en a mobilisé près d’un demi-million, pour des durées variables, entre 1942 et 1945. Des dizaines de sites industriels (32 au total) étaient concernés. Sur celui de Hanford, dans l’État de Washington, où fut construit un réacteur nucléaire, il n’y avait pas moins de 1.200 bâtiments. Les dimensions de certains d’entre eux construits dans le cadre du projet donnent le vertige : 260 mètres de long, 30 mètres de large, autant en hauteur, et aucune fenêtre pour celui (baptisé « Queen Mary ») destiné à la séparation chimique du plutonium. Un autre site, celui d’Oak Ridge, s’étalait sur une superficie deux fois plus étendue que Paris.

« Le complexe scientifico-militaro-industriel » était décidé à utiliser la nouvelle arme désormais entre ses mains 

Le coût du programme, quintessence de la modernité industrielle de l’époque, est tout aussi colossal, équivalent à celui de la Nasa lorsqu’elle s’est lancée dans la conquête spatiale quelques décennies plus tard. Le plus étonnant, observe l’auteur, est que « ces dépenses pharaoniques furent […] engagées sans la certitude de réussir ».

Une première explosion atomique menée à bien en juillet 1945 dans le désert du Nouveau Mexique, quel enchaînement a conduit à larguer des bombes au-dessus du Japon ? Jean-Marc Royer rappelle que c’est pour contrer la menace nazie que fut lancé le projet Manhattan. Les États-Unis redoutaient que l’Allemagne nazie acquière la bombe avant eux. Mais, dès 1943-1944, cette hypothèse était exclue et c’est donc le Japon impérial qui devenait la cible naturelle, mais pas obligée.

Car rien, souligne l’auteur, n’obligeait à passer à l’acte. En mai 1945, l’Allemagne défaite, le Japon n’était pas en meilleure posture. Il était à genoux et, à Tokyo, une partie de la classe dirigeante, que ne désavouait pas l’empereur, était disposée à une reddition sans condition pour peu que l’institution impériale soit sauvegardée. Mais, et c’est là où le livre de Royer prend tout son sens, il était trop tard. Aux États-Unis, les acteurs du projet Manhattan — « le complexe scientifico-militaro-industriel »étaient décidés à utiliser la nouvelle arme désormais entre leurs mains. Il s’agissait d’ailleurs moins de vaincre des Japonais exsangues que de prendre le dessus face à l’Union soviétique, le nouveau rival sur la scène mondiale. « L’exercice du leadership mondial » était en jeu. Il demeure…

Dès lors, l’effet de la bombe devait être maximal : pas question de la faire exploser à titre de démonstration dans une zone désertique, de viser un site industriel japonais éloigné de tout centre urbain ou de prévenir la population civile pour qu’elle évacue les lieux. Non. Était recherché un effet maximal en termes de destruction.

« Produire un effet de focalisation du souffle qui augmenterait considérablement les dégâts de l’explosion » 

Ce sera le cas au terme d’une sélection de villes-cibles effrayante. Ainsi, Hiroshima l’a emporté, selon un document officiel, parce qu’« il s’agit d’un important dépôt de l’armée et d’un port d’embarquement au milieu d’une zone industrielle urbaine. C’est une bonne cible radar et d’une dimension telle qu’une grande partie de la ville pourrait être gravement endommagée. Il y a des collines adjacentes, qui sont susceptibles de produire un effet de focalisation du souffle qui augmenterait considérablement les dégâts de l’explosion ». Kyoto, la capitale culturelle du Japon, figurait également sur la liste. Elle présentait un avantage « psychologique. [Il] consiste dans le fait que Kyoto étant un centre intellectuel japonais, les gens y seront mieux à même d’apprécier l’importance d’une telle arme ». Mais, pour d’autres raisons, elle ne fut pas choisie.

Il serait absurde d’isoler les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki du fil de l’Histoire, soutient l’auteur. Au même titre qu’Auschwitz-Birkenau, ils s’inscrivent dans une trame qui s’articule depuis le XIXe siècle autour de trois « inventions » : la naissance des États-nations, les découvertes scientifiques et l’essor du capitalisme. Ce sont ces trois facteurs qui ont débouché sur les « crimes contre l’humanité » du XXe siècle parmi lesquels l’auteur, ingénieur de formation, féru de sociologie et de psychanalyse, et homme de gauche revendiqué, range Hiroshima-Nagasaki. Le succès des thèses eugénistes, les massacres de la Grande Guerre sont d’autres jalons de cette même barbarie que l’Occident refoule, écrit Royer.

On peut ne pas partager en totalité l’analyse de l’auteur, lui reprocher de faire la part trop belle à une psychanalyse de plus en plus décriée, son travail sur le projet Manhattan, et les ponts qu’il établit entre Hiroshima et l’accident de la centrale de Fukushima (et les mensonges officiels auxquels il a donné lieu) donnent à réfléchir. Au cœur d’un système politique ou au cœur de l’Homme, la barbarie est toujours là.

Le livre : Le monde comme projet Manhattan. Des laboratoires du nucléaire à la guerre généralisée au vivant, de Jean-Marc Royer, éditions le Passager clandestin, novembre 2017, 320 p., 19 €.

https://reporterre.net/A-DEC-Le-projet-Manhattan-la-bombe-atomique-comme-arme-geopolitique-Le-projet

Fév 01

DÉFENSE OU AGRESSION ? LA NOUVELLE STRATÉGIE DE DÉFENSE NATIONALE DES USA DÉCRYPTÉE

« La semaine dernière, le Secrétaire de la Défense James Mattis a publié le NDS (National Defense Strategy, stratégie de défense nationale) pour 2018. Demandé par le Congrès, le NDS remplace la Quadriennal Defense Review (Bilan de la défense quadriennal). Il en diffère sur un point : le NDS est classifié ; le document publié par Mattis est donc un résumé déclassifié de ce qui est sûrement un document plus complet et plus ambitieux sur les orientations stratégiques du Département de la défense des USA. »

Vendredi dernier, le Pentagone a publié un résumé non classifié du rapport de la Stratégie de défense nationale pour 2018. Le même jour, le Secrétaire de la Défense James Mattis a donné des remarques additionnelles sur le document.

Lire le résumé est éclairant, pour dire le moins, et quelque peu inquiétant, parce qu’il ne se concentre que très peu sur la défense et se préoccupe beaucoup plus d’actions militaires offensives qui pourraient être entreprises pour soutenir des intérêts nationaux discutables. De loin en loin, il tombe dans la fantasmagorie, par exemple quand il parle de consolider « les gains que nous avons obtenus en Afghanistan, en Irak, en Syrie et ailleurs ».

Parfois, les « remarques » additionnelles de Mattis relevaient de la fanfaronnade, par exemple quand il prévenait « … ceux qui menaceraient l’expérience démocratique de l’Amérique ; si vous nous défiez, vous vivrez votre jour le plus long et le pire ». Il n’a pas expliqué quelle serait la réponse militaire des USA au « hacking » des mails d’un politicien, on ne peut donc que l’imaginer. Et c’est précisément le problème.

L’un des aspects les plus bizarres de ce résumé est le ton de conviction effarante sur lequel il énonce que les « concurrents » devront faire face à de possibles réponses militaires s’il est déterminé qu’ils entrent en conflit avec les buts stratégiques du gouvernement des USA. Nous sommes très loin de l’ancien concept constitutionnel selon lequel les forces armées servent à défendre un pays contre des menaces réelles impliquant une attaque par des forces hostiles. À la place, il prône la guerre préventive, ce qui est une excuse transparente pour lancer des interventions en série à l’étranger.

Quelques-unes des remarques de Mattis ont trait à la Chine et à la Russie. Il a dit, « Nous faisons face à des menaces montantes de la part de puissances révisionnistes aussi différentes que la Chine et la Russie, des nations qui cherchent à créer un monde en accord avec leurs modèles autoritaires – en recherchant des droits de veto sur les décisions économiques, diplomatiques et sécuritaires d’autres nations. » Il n’y a toutefois aucune preuve que ces pays soient en train d’exporter « des modèles autoritaires », ni d’une quelconque volonté de veto sur ce qu’ils ne perçoivent pas comme des menaces directes et immédiates, comme celles que Washington orchestre fréquemment dans l’une ou l’autre de ses nombreuses interventions dans des querelles locales situées à des milliers de kilomètres des frontières des USA. Et à propos d’exportation de modèles, qui le fait de façon plus obstinée que Washington ?

Le résumé continue en déclarant que la Russie, la Chine et des « régimes voyous » comme l’Iran ont « développé leurs efforts non guerriers en étendant la coercition à de nouveaux fronts, violant les principes de souveraineté, exploitant l’ambiguïté, et brouillant délibérément les lignes de démarcation entre les buts civils et militaires. » Comme brouiller les lignes de démarcation entre le civil et le militaire est précisément ce que les États-Unis ont fait en Libye, en Irak et en ce moment en Syrie, l’allégation pourrait être considérée comme un pied de nez.

L’affirmation la plus effrayante du résumé est celle-ci : « La puissance nucléaire – la modernisation de la force de frappe nucléaire implique le développement d’options capables de contrer les stratégies coercitives des concurrents, fondées sur la menace de recourir à des attaques stratégiques nucléaires ou non-nucléaires. » Cela signifie que la Maison-Blanche et le Pentagone se réservent le droit d’utiliser des armes nucléaires, même en l’absence de menace imminente ou existentielle, du moment qu’il y a une raison « stratégique » de les employer. « Stratégique » serait défini par le président et Mattis, alors que de plus, la loi dite War Powers Act autorise Donald Trump à déclencher une attaque nucléaire en toute légalité.

Qu’est-ce que cela veut dire en pratique ? En 2005, le vice-président Dick Cheney réclamait une guerre contre l’Iran dans le cadre d’« un plan à employer en réponse à une autre attaque possible de type 9/11 contre les USA… [y compris] un assaut aérien de grande ampleur qui emploierait à la fois des armes conventionnelles et nucléaires… ne dépendrait pas de l’implication ou non de l’Iran dans l’acte de terrorisme dirigé contre les États-Unis. » [La seule source que nous ayons trouvée pour cette affirmation est Philip Giraldi lui-même, dont cette citation attribuée à Cheney a été reproduite dans plusieurs articles et livres, notamment Vagueness as a Political Strategy: Weasel Words in Security Council Resolutions Relating to the Second Gulf War, de Giuseppina Scotto di Carlo, Cambridge Scholars Publishing, 2013. Sur le même sujet, nous avons entre autres un article de Seymour Hersh, ‘The Iran Plans’, The New Yorker 2006, NdT]

La possibilité d’employer des armes de destruction massive (dont des armes nucléaires) répondait à des soi-disant rapports des services de renseignements selon lesquels des armes conventionnelles seraient incapables de pénétrer les sites nucléaires souterrains iraniens, selon eux. Mais il s’est avéré que l’Iran n’avait pas de programme nucléaire et que l’attaquer aurait été totalement gratuit. Quelques autres plans inspirés des néocons comprenaient aussi l’option nucléaire si l’Iran avait la témérité de résister à la volonté des USA.

Les planificateurs du Pentagone anticipent clairement une autre année à se cacher derrière le mot ‘défense’ alors que l’agression est la réalité. Un président impétueux et mal informé représente un danger pour nous tous, en particulier parce qu’il est entouré de généraux-conseillers qui voient une solution militaire à tous les problèmes. Espérons que des personnes plus sages prévaudront.

Philip Giraldi

Article original en anglais : America’s National Defense Is Really Offense

Traduction et source pour la version française Entelekheia

Article reproductible en citant les sources, Strategic Culture Foundation et Entelekheia.fr pour la version française

Philip Giraldi est un ex-officiel des renseignements militaires de la CIA et un expert du contre-terrorisme.

La source originale de cet article est Strategic Culture Foundation

Copyright © Philip Giraldi, Strategic Culture Foundation, 2018

Fév 01

LA RUSSIE DÉTIENT L’ARME NUCLÉAIRE LA PLUS PUISSANTE AU MONDE

Récemment, la fuite d’une copie d’un rapport expliquant la politique nucléaire de Trump a mis en lumière de nombreuses informations sensibles. Dans ce document lourd en révélations, l’administration du président américain confirme notamment l’existence de Kanyon, l’arme nucléaire aujourd’hui la plus puissante au monde. Détenue par les Russes, il s’agit d’une torpille autonome avec une charge utile de 100 mégatonnes d’armes nucléaires. 

The Huffington Post publiait le 11 janvier dernier des extraits de la copie du premier rapport de l’administration Trump sur le nucléaire. Le rapport évalue entre autres le rôle que les armes nucléaires joueront dans la sécurité des États-Unis au cours des cinq à dix prochaines années. Mais surtout, il confirme que la Russie a réussi à développer l’arme nucléaire la plus puissante du monde. Si la nouvelle avait déjà fuité en Russie en 2015, les autorités russes avaient par la suite démenti la révélation.

L’arme est donc aujourd’hui non plus une rumeur, mais un fait militaire. Pire, sa puissance est au moins deux fois plus puissante que n’importe quelle arme nucléaire jamais testée à ce jour. Kanyon se présente comme une torpille autonome capable de parcourir 10 000 kilomètres avec une charge utile thermonucléaire de 100 mégatonnes. Massive et puissante, la torpille n’est en revanche pas particulièrement rapide, note le rapport. La vitesse maximale déclarée est de 100 nœuds (environ 185 km/heure), il faudrait donc près de 36 heures pour se rendre de Kronstadt, le point le plus occidental de la Russie, à New York, la ville la plus peuplée des États-Unis.

« Kanyon est unique à tous égards », explique l’analyste de la défense et historien militaire H.I. Sutton au site Futurism. « Il n’y a vraiment rien de tel dans l’inventaire de la marine » confirme-t-il. Selon le simulateur de bombe nucléaire Nukemap, si cette seule torpille était larguée demain sur New York, elle tuerait instantanément 8 millions de personnes et en blesserait 6,6 millions supplémentaires. Arrivant depuis l’océan, elle emporterait également dans ses bagages un tsunami massif qui recouvrirait la zone côtière d’eau radioactive. Si l’ogive est effectivement agrémentée de l’isotope radioactif Cobalt-60 comme certains l’ont signalé, une détonation pourrait rendre les zones contaminées inhabitables par les humains pendant un siècle entier.

Reste à savoir dans quel but cette ogive a-t-elle été pensée. Cette arme terrifiante est aujourd’hui perçue comme le signe que la Russie cherche à diversifier son arsenal nucléaire, probablement dans le but de trouver des moyens de contourner les futures défenses antimissiles. Si on se base sur cette stratégie nucléaire, on peut dès lors penser que la Russie possède une arme contre laquelle les États-Unis – ni aucun autre pays – ne peuvent se défendre. Ce qui par conséquent rend toute attaque nucléaire contre la Russie compliquée, voire impossible. S’agit-il alors d’une nouvelle version de l’équilibre de la terreur ?

Par Brice Louvet , le1er février 2018

http://sciencepost.fr/2018/02/russie-developpe-larme-nucleaire-plus-puissante-monde/

Fév 01

BELGIQUE : UNE PROLONGATION DU NUCLÉAIRE? RISQUÉE ET PAS AVANTAGEUSE

Prolonger la durée de vie de deux réacteurs nucléaires ne procure aucun avantage économique à long terme, mais est plus risqué. Les organisations environnementales Greenpeace, Bond Beter Leefmilieu (BBL) et Inter-Environnement Wallonie (IEW) en arrivent à cette conclusion sur la base d’une mise à jour par le centre de recherche EnergyVille de son étude énergétique 2017 réalisée à la demande des grands consommateurs industriels.

L’étude est en fait une actualisation d’un rapport réalisé l’an passé à la demande de Febeliec, la fédération des gros consommateurs d’électricité. Greenpeace a demandé au centre de recherche qui associe la KULeuven et l’UHasselt de modifier deux paramètres initiaux: le prix du gaz, moins élevé que prévu, et la disponibilité des réacteurs nucléaires.

« Cette mise à jour montre que la prolongation de deux réacteurs n’entraîne pas de baisse du coût systémique à l’horizon 2040 », explique Jan Vande Putte, expert en énergie chez Greenpeace Belgium. « Retarder, même partiellement, la sortie du nucléaire est donc une fausse solution. La seule façon d’aller de l’avant, et la plus rentable à long terme, est de confirmer la sortie du nucléaire et de se consacrer totalement à la transition vers un système énergétique plus vert ».

Si, comme prévu, le parc nucléaire ferme en 2025, le coût annuel du système électrique belge sera de 5,415 milliards d’euros en 2030, soit trois fois plus que le coût actuel. Si les deux réacteurs les plus récents sont prolongés jusqu’en 2035, le coût baissera à 5,130 milliards d’euros. Par contre en 2040, les deux scénarios se valent à deux millions près, soit 7,19 milliards d’euros.

«Une prolongation du nucléaire ne fait donc que postposer les investissements nécessaires dans les capacités de remplacement», indique Jan Vande Putte, expert en énergie chez Greenpeace.

Mise à jour de l’étude des grands consommateurs

Les discussions sur le pacte énergétique reprendront prochainement sur la base des chiffres supplémentaires demandés par la ministre Marghem. En actualisant l’étude d’EnergyVille, les organisations environnementales donnent un argument de poids aux différents gouvernements pour confirmer la sortie du nucléaire, explique Greenpeace dans son communiqué.

« Même dans l’éventualité d’une prolongation partielle, nous devrons à terme fermer ces deux centrales nucléaires et investir dans de nouvelles capacités », ajoute Arnaud Collignon d’Inter-Environnement Wallonie. « Étant donné que cette prolongation n’est pas avantageuse pour les citoyens et qu’elle les expose à des risques nucléaires, nous devrions nous en tenir à l’élimination complète du nucléaire d’ici 2025. Les entreprises et les citoyens seront ainsi incités à investir dans des solutions d’avenir : une énergie propre, fiable et sûre, sans risques ni déchets nucléaires. »

https://fr.metrotime.be/2018/02/01/actualite/belgique/prolongation-nucleaire-risquee-avantageuse/