Juin 26

L’UNION EUROPÉENNE DANS LA STRATÉGIE NUCLÉAIRE DU PENTAGONE

La France ne dispose plus de la triade nucléaire (vecteurs depuis le sol, l’air et l’océan) depuis 1996 et le Royaume-Uni ne l’a jamais eu. Seuls les États-Unis, la Russie et la Chine ont ce privilège.

Dans un nouveau document, le commandant du Comité joint des chefs d’état-major US affirme sa volonté de désarmer nucléairement ses alliés qui, à terme, n’auraient le droit d’utiliser que les bombes US, pas les leurs.

Les ministres de la Défense de l’Otan (pour l’Italie Elisabetta Trenta, M5S, pour la France, Florence Parly, LREM) ont été convoqués à Bruxelles les 26 et 27 juin pour approuver les nouvelles mesures de « dissuasion » contre la Russie, accusée sans aucune preuve d’avoir violé le traité FNI. En substance ils se mettront en rang derrière les États-Unis qui, en se retirant définitivement du Traité le 2 août, se préparent à déployer en Europe des missiles nucléaires à portée intermédiaire (entre 500 et 5 500 km) avec base à terre, analogues à ceux des années 80 (les Pershing II et les missiles de croisière) qui furent éliminés (avec les SS-20 soviétiques) par le Traité signé en 1987 par les présidents Gorbachev et Reagan.

Les plus grandes puissances européennes, de plus en plus divisées à l’intérieur de l’UE, se re-compactent dans l’Otan sous commandement US pour soutenir leurs intérêts stratégiques communs. Cette même Union européenne —dont 21 des 27 membres font partie de l’Alliance (comme en fait partie le Royaume-Uni sortant de l’UE) a rejeté aux Nations Unies la proposition russe de conserver le Traité FNI. Sur une question d’une telle importance l’opinion publique européenne est laissée volontairement dans l’ignorance par les gouvernements et les grands médias. Ainsi ne perçoit-on pas le danger croissant qui nous menace : la possibilité augmente qu’on arrive un jour à l’emploi d’armes nucléaires.

C’est ce que confirme le dernier document stratégique des Forces armées USA, Nuclear Operations (11 juin), rédigé sous la direction du président du Comité joint des chefs d’états-majors. Étant entendu que « les forces nucléaires fournissent aux USA la capacité de poursuivre leurs propres objectifs nationaux », le document souligne qu’elles doivent être « diversifiées, flexibles et adaptables » à une « vaste gamme d’adversaires, de menaces et de contextes ». Alors que la Russie prévient que même l’usage d’une seule arme nucléaire de basse puissance amorcerait une réaction en chaîne qui pourrait porter à un conflit nucléaire à grande échelle, la doctrine états-unienne est en train de s’orienter sur la base d’un dangereux concept de « flexibilité ».

Le document stratégique affirme que « les forces nucléaires US fournissent les moyens d’appliquer la force à une vaste gamme de cibles en des temps et moyens choisis par le président ». Cibles (spécifie le même document) en réalité choisies par les agences de Renseignement, qui évaluent leur vulnérabilité à une attaque nucléaire, en prévoyant aussi les effets de la retombée radioactive. L’utilisation d’armes nucléaires —souligne le document— « peut créer les conditions de résultats décisifs : en particulier, l’utilisation d’une arme nucléaire changera fondamentalement le cadre d’une bataille en créant les conditions qui permettent aux commandants de l’emporter dans le conflit ».

Les armes nucléaires permettent en outre aux USA de « rassurer leurs alliés et partenaires » qui, se fiant à ces armes, « renoncent à la possession de leurs propres armes nucléaires, en contribuant aux objectifs états-uniens de non-prolifération ».

Le document indique cependant que « Les USA et certains alliés de l’Otan sélectionnés conserveront des avions à double capacité pouvant transporter des armes nucléaires ou conventionnelles ». Il admet ainsi que quatre pays de l’Union officiellement non-nucléaires —l’Italie, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas— et la Turquie, violant le Traité de non-prolifération, non seulement hébergent des armes nucléaires US (les bombes B-61 qui à partir de 2020 seront remplacées par les plus meurtrières B61-12), mais sont préparés à les utiliser dans une attaque nucléaire sous commandement du Pentagone.

Tout cela est tu par les gouvernements et les parlements, les télévisions et les journaux, avec le silence complice de l’écrasante majorité des politiciens et des journalistes, qui par contre nous répètent tous les jours combien est importante, pour nous, Italiens et Européens de l’Union, la « sécurité ». Elle nous est garantie par les États-Unis déployant en Europe d’autres armes nucléaires.

Par Manlio Dinucci, traduction Marie-Ange Patrizio

Source : Il Manifesto (Italie)

Réseau Voltaire | Rome (Italie) | publié le 25 juin 2019

https://www.voltairenet.org/article206838.html

Juin 26

NUCLÉAIRE: MOON DÉMENT TOUTE « IMPASSE » DANS LES DISCUSSIONS AVEC PYONGYANG

Non, les négociations sur le nucléaire entre Washington et Pyongyang ne sont pas dans une « impasse« : c’est le message qu’a martelé mercredi le président sud-coréen Moon Jae-in, tout en appelant à la patience après 70 années de « défiance« .

Dans des réponses écrites à plusieurs médias, M. Moon, qui avait joué un rôle crucial l’an dernier dans le rapprochement entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, a également exhorté Pyongyang à reprendre le dialogue pour témoigner de sa volonté d’aller vers la dénucléarisation.

Le président sud-coréen, qui doit recevoir ce week-end son homologue américain après le sommet du G20, multiplie les efforts pour relancer un processus de négociations qui semble au point mort depuis le fiasco, en février à Hanoï, du second sommet entre MM. Kim et Trump.

Les deux camps n’étaient pas parvenus à un accord sur l’allègement des sanctions internationales pesant sur la Corée du Nord, et sur les mesures que Pyongyang devrait prendre en échange.

Le président américain Donald Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-in, à New York le 24 septembre 2018 / AFP/Archives

La Corée du Nord a depuis lors ignoré les appels à de nouvelles discussions, ne maintenant que des contacts minimums avec le Sud.

« Il n’y a pas de raison de voir la situation actuelle comme le signe d’un processus de paix dans l’impasse, juste parce que le rythme est demeuré lent« , a expliqué M. Moon.

« Océan de défiance »

La volonté de MM. Trump et Kim de dialoguer n’a « jamais disparu« , a-t-il affirmé, en invoquant notamment le récent échange de lettres entre les deux dirigeants.

Dimanche, l’agence officielle nord-coréenne KCNA a affirmé que M. Kim avait reçu de M. Trump une missive au contenu « excellent« .

Une photographie de l’agence officielle nord-coréenne KCNA publiée le 23 juin 2019 montre Kim Jong Un lisant une lettre de Donald Trump / KCNA VIA KNS/AFP

Quelques jours plus tôt, ce dernier avait indiqué avoir reçu une lettre « magnifique » et « très chaleureuse » de Kim Jong Un, ajoutant qu’il continuait à faire confiance au Nord-Coréen malgré l’absence de progrès tangibles sur la dénucléarisation.

Le président américain a récemment affirmé qu’il n’y avait pas d’urgence à la tenue d’un troisième sommet. Mais M. Moon a affirmé que celui-ci faisait l’objet de « discussions en coulisses » entre Washington et Pyongyang.

En dépit de cette correspondance médiatisée, des responsables américains disent en privé que le Nord n’a pas répondu à la proposition américaine de discussions de travail. Et le ministre sud-coréen de l’Unification a récemment admis que le processus était au point mort.

Le président sud-coréen a appelé à la patience, en raison de décennies d’hostilité entre Washington et Pyongyang.

« Les relations hostiles ont duré plus de 70 ans« , a-t-il dit. « Il serait difficile de traverser d’un coup un océan de défiance. »

« Passivité »

Les deux camps se sont imputé la responsabilité de l’échec du sommet de Hanoï.

Washington a affirmé que Pyongyang demandait la levée de toutes les sanctions en échange d’un désarmement partiel. Le Nord a soutenu de son côté qu’il ne demandait la levée que de certaines sanctions contre le démantèlement de toutes les installations nucléaires de son complexe de Yongbyon.

Kim Jong Un et Donald Trump lors de leur sommet à Hanoï le 27 février 2019 / AFP/Archives

Depuis lors, Pyongyang a accusé Washington de « mauvaise foi » et lui a donné jusqu’à la fin de l’année pour changer de stratégie.

Le Nord s’en est notamment pris plusieurs fois au chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, demandant sa mise à l’écart des discussions au motif qu’il contribuerait à une « mauvaise » atmosphère.

Un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères a encore vu mercredi « une manifestation de l’hostilité la plus extrême » dans de récents propos de M. Pompeo.

La Corée du Nord avait fait monter la tension d’un cran le mois dernier en lançant des missiles à courte portée, premiers tirs depuis novembre 2017.

Mais M. Moon a estimé que ces lancements n’avaient pas provoqué de « hausse soudaine des tensions » ni entraîné « l’effondrement du dialogue sur la dénucléarisation« .

Le président sud-coréen a cependant exhorté son voisin du Nord à revenir à la table des négociations « au plus vite« .

Par afp, publié le 26/06/2019 à 10h40

https://www.la-croix.com/Monde/Nucleaire-Moon-dement-toute-impasse-discussions-Pyongyang-2019-06-26-1301031499

Juin 26

INCIDENT À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM: DEUX RÉACTEURS SUR QUATRE À L’ARRÊT

Dans la nuit du 25 au 26 juin, EDF a arrêté l’unité de production n°4 de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle). Soit un quart de sa capacité à alimenter le pays en électricité. Seules deux réacteurs -ou unités- sur quatre fonctionnent encore.

Dans la nuit du mardi 25 au mercredi 26 juin 2019, les opérateurs EDF de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) ont procédé à la mise à l’arrêt de l’unité de production n°4.

Une mesure prise  « en application des consignes d’exploitation » selon le communiqué officiel d’EDF.

Une armoire électronique en panne

Toujours selon le laconique communiqué de l’opérateur, injoignable aujourd’hui: « Cet arrêt est lié à la perte de l’alimentation électrique d’une armoire électronique. Les règles d’exploitation en vigueur prévoient dans cette situation l’arrêt de l’unité de production concernée. »

Cet arrêt semble ne pas avoir d’impact pour la sûreté des installations. Des équipes d’intervention réalisent aujourd’hui le changement de l’alimentation électrique pour redémarrer au plus vite l’unité de production.

Rappelons que depuis le samedi 11 mai 2019 l’unité de production n°1 est en arrêt « programmé pour maintenance et renouvellement du combustible. »

Les unités de production n°2 et n°3  sont en fonctionnement et alimentent le réseau électrique national. Le site exploite donc la moitié de son potentiel.

Par Jean-François Didier, publié le 26/06/2019 à 13h40

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/moselle/incident-centrale-nucleaire-cattenom-deux-reacteurs-quatre-arret-1691024.html

Juin 26

NUCLÉAIRE, GOLFE : L’IRAN SEMBLE JOUER L’APAISEMENT

Téhéran semble jouer l’apaisement mercredi après une première réaction très ferme à l’annonce de sanctions américaines à caractère éminemment politique sur fond de tensions exacerbées dans le Golfe et sur la question nucléaire iranienne.

Le président Hassan Rohani s’est entretenu par téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron et l’a assuré que son pays ne cherchait « la guerre avec aucun pays« , pas même les États-Unis, selon l’agence officielle Irna.

Sur la question de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne, et menacé depuis que les États-Unis en sont sortis unilatéralement en mai 2018, M. Rohani a cependant répété à M. Macron la déception des Iraniens face à ce que Téhéran estime être l’inaction des Européens.

Notant que l’adhésion de son pays à ce pacte « était conditionnée aux promesses européennes visant à assurer les intérêts économiques de l’Iran« , écrit Irna, M. Rohani a averti que son pays serait amené à réduire davantage les engagements auxquels il a souscrit s’il « ne parvient pas à bénéficier » de l’accord.

Ces propos contrastent avec le contenu d’une note rédigée par l’amiral Ali Shamkhani, secrétaire général du Conseil suprême de la sécurité nationale, publiée mardi par l’agence Fars, proche des ultraconservateurs.

« Plus rien à attendre »

Dans ce document, l’officier, écrit qu’il n’y a plus rien à attendre des Européens et que la République islamique appliquera « résolument » la deuxième phase de son « plan de réduction » de ses engagements en matière nucléaire dès le 7 juillet.

Photo de l’usine de production d’eau lourde d’Arak, dans le centre de l’Iran, prise le 26 août 2006 / AFP/Archives

En d’autres termes, l’Iran recommencerait dès cette date à enrichir de l’uranium à un degré prohibé par l’accord de Vienne (la limite est fixée par ce texte à 3,67%) et relancerait son projet de construction d’un réacteur à eau lourde à Arak (centre), mis en sommeil.

Les propos de M. Rohani laissent plutôt entendre qu’il reste du temps pour inverser le cours des choses.

Par l’accord de Vienne, Téhéran s’est engagée à ne jamais chercher à se doter de l’arme atomique, et à limiter drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée partielle des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie.

Mais le président américain Donald Trump, qui accuse l’Iran de chercher à obtenir l’arme atomique et d’être responsable de tous les maux du Moyen-Orient, a engagé son pays dans une campagne de « pression maximale » sur la République islamique.

Les sanctions extraterritoriales américaines réimposées depuis août 2018 contre Téhéran ont conduit les principaux clients de Téhéran à renoncer officiellement à lui acheter du brut et isolent l’Iran du système financier international, privant ainsi le pays des bénéfices qu’il attendait de l’accord de Vienne.

En réaction, Téhéran a annoncé le 8 mai qu’il cessait de se sentir tenu par deux seuils fixés par l’accord de Vienne concernant ses réserves d’uranium enrichi et d’eau lourde.

Téhéran a également adressé un ultimatum jusqu’au 7 juillet aux autres États parties au pacte de Vienne (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour l’aider à contourner les sanctions américaines, faute de quoi l’Iran passerait à la deuxième phase de son « plan de réduction » de ses engagements.

Téhéran a déjà indiqué que ses réserves d’uranium (faiblement) enrichi devraient passer au-dessus de la limite des 300 kg jeudi.

Cela risque d’amener l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à constater une violation iranienne alors que cette agence onusienne a jusqu’ici certifié que l’Iran respectait ses engagements pris à Vienne.

Paris a jugé mardi qu’une « violation iranienne » du pacte serait « une grave erreur« .

Les incertitudes autour de l’avenir de cet accord interviennent dans un contexte d’extrême tension entre Téhéran et Washington.

Représailles « écrasantes« 

Mardi, l’Iran a accusé les États-Unis d’avoir « fermé de façon permanente la voie de la diplomatie« , au lendemain de l’annonce de nouvelles sanctions américaines.

La réaction de l’Iran est « insultante« , a répliqué le président Trump.

Les sanctions américaines de lundi, d’une portée essentiellement symbolique, visent le numéro un iranien Ali Khamenei tandis que le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, visage de la politique iranienne de détente voulue par M. Rohani, devrait être placé sur la liste des sanctions « cette semaine« .

Ces sanctions viennent s’ajouter à une spirale d’accusations et d’incidents, dont des attaques d’origine inconnue contre des pétroliers et la destruction le 20 juin d’un drone américain par l’Iran dans la région stratégique du Golfe.

Mardi, la Russie a dénoncé les nouvelles sanctions américaines comme « déstabilisatrices » et a dit disposer d’informations selon lesquelles le drone américain abattu se trouvait « dans l’espace aérien iranien« , comme l’assure Téhéran. Washington affirme que l’incident a eu lieu dans l’espace aérien international.

 

 Les présidents américain Donald Trump et français Emmanuel Macron, le 6 juin 2019 à Caen (France) / POOL/AFP/Archives

Trump a prévenu mardi que toute attaque iranienne contre des intérêts américains ferait l’objet de représailles « écrasantes« .

Selon Irna, M. Rohani a lui déclaré à M. Macron que Téhéran répondrait « avec détermination » si les États-Unis veulent pénétrer illégalement dans les eaux territoriales iraniennes« .

Par afp le 26/06/2019 à 10h17

https://www.la-croix.com/Monde/Nucleaire-Golfe-Iran-semble-jouer-apaisement-2019-06-26-1301031494

Juin 25

URGENT // NE LES LAISSONS PAS VOTER LA « LOI ÉNERGIE CLIMAT » SANS AGIR

À partir d’aujourd’hui et jusqu’au vendredi 28 juin, la “loi énergie climat“ concoctée par le gouvernement pro-nucléaire d’Édouard Philippe (ancien lobbyiste d’Areva), est débattue à l’Assemblée Nationale. Son article 1 prévoit de décaler de 10 ans, de 2025 à 2035, l’échéance pour atteindre 50% de nucléaire dans la production électrique.

Pourtant le parc nucléaire français vieillit et il est nécessaire de fermer des réacteurs en urgence.

Si elle est votée, cette mesure inacceptable augmentera considérablement le risque nucléaire en France. La trajectoire énergétique ainsi définie signifierait la prolongation du fonctionnement de la quasi-totalité du parc nucléaire. En 2035, l’âge moyen des réacteurs français serait alors de 49 ans, dépassant dangereusement leur durée de fonctionnement initialement prévue !

Le 12 juin 2019, nous avons envoyé un courrier aux 577 député·es pour les interpeller sur ce projet de loi.

Nous avons mis en place un outil pour qu’à votre tour, vous interpelliez les député·es. Dites-leur que vous ne voulez pas de cette prolongation du risque nucléaire !

> J’interpelle

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Et si vous n’avez pas encore signé la pétition, vous pouvez encore le faire !

>Je signe

Déjà parmi les 27 000 signataires de cette pétition ? Aidez-nous à la diffuser en envoyant ce lien https://www.sortirdunucleaire.org/petition2019 à vos ami·es !

Ni prolongation, ni nouvelle installation : le nucléaire n’est pas notre avenir.

https://www.sortirdunucleaire.org/

Juin 25

EPR DE FLAMANVILLE : VISUALISEZ COMMENT LE COÛT ET LA DURÉE DU CHANTIER ONT TRIPLÉ DEPUIS 2007

En 2007, le chantier devait durer cinq ans pour un coût de 3,3 milliards d’euros. Il devrait finalement durer quinze ans pour une facture estimée à onze milliards. (NDLR : et probablement bien plus…)

Le 11 avril 2007, le décret « autorisant la création de l’installation nucléaire de base dénommée Flamanville 3 » est publié au Journal officiel. Ce réacteur européen à eau pressurisée (EPR) doit être construit en cinq ans pour un montant de 3,3 milliards d’euros. Mais le chantier situé dans le nord de la Manche a pris du retard : soudures défectueuses, dalles de béton à renforcer, un durcissement de normes liées à la catastrophe nucléaire de Fukushima…

Lire aussi Après le nouveau retard de l’EPR de Flamanville, la filière nucléaire dans l’impasse (Article réservé à nos abonnés)

L’EPR ne devrait pas être terminé avant la fin de l’année 2022, au mieux, soit quinze ans de chantier, trois fois plus que prévu au départ. Non seulement la construction s’étale dans le temps, mais elle alourdit la facture : de 3,3 milliards d’euros envisagés en 2007, on passe à 6 milliards en 2011, à 9 milliards en 2015 et à 11 milliards d’euros en 2019, soit un budget multiplié par 3,3 en douze ans.

Plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) demandent de longue date à mettre fin au chantier et en profitent pour dénoncer « le mythe du nucléaire pas cher ».

Par Pierre Breteau, publié le 24 juin 2019 à 12h06, mis à jour à 12h22

Pour voir et lire les différents graphiques, aller directement sur le site du Monde en cliquant sur :

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/06/24/epr-de-flamanville-visualisez-comment-le-cout-et-la-duree-du-chantier-ont-triple-depuis-2007_5480745_4355770.html

Juin 25

L’EXCLUSION DU NUCLÉAIRE DE LA FINANCE DURABLE FRAGILISE SON FUTUR

La décision du Parlement européen d’exclure le secteur de l’énergie nucléaire de la liste des investissements bénéficiant du label européen d’investissement n’est pas sans conséquences pour la filière.

Le financement de la transition énergétique est sans doute l’un des défis majeurs de notre siècle. Pour se donner les moyens de son ambition, « le Parlement européen a récemment voté un projet de taxonomie de la finance durable qui définit un cadre d’activités considérées comme environnementales ou vertes », explique Nicolas Redon, expert finance verte de Novethic. Il s’agit principalement d’orienter davantage les flux de capitaux vers une économie décarbonée. Car les besoins sont colossaux. Ainsi, sur la base des travaux réalisés par le HLEG (High Level European Group), la Cour des comptes européenne estime à 11 200 milliards d’euros le coût de la transition énergétique à l’échelle de l’Europe entre 2021 et 2030, soit plus de 1 000 milliards d’euros par an.

Orienter les flux de capitaux vers l’économie décarbonée

Exit donc de la finance durable, les investissements réalisés dans les énergies fossiles ou encore le nucléaire, tenus à l’écart des besoins de financement de la transition. D’ailleurs, dans cette même logique, la Commission européenne travaille sur un « Écolabel européen qui permettrait de flécher plus facilement les fonds d’investissement vers les énergies propres d’ici fin 2020», ajoute Nicolas Redon. En effet, en toute logique, la nouvelle taxonomie mise en place par l’Union Européenne devrait contribuer à stimuler l’offre de produits financiers durables, et donc les sommes investies dans les énergies propres.

Une décision non sans conséquences pour la filière

La décision européenne ne va pas sans susciter le débat. Ainsi, un récent rapport publié par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), exhorte les pays développés à prolonger la durée de vie de leurs centrales nucléaires pour la production d’électricité, sans quoi la transition énergétique serait plus complexe à mettre en œuvre, avec le rejet de millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère. Une supplique qui s’explique par la situation actuelle : selon les données Eurostat, l’atome est la première source d’électricité à faible émission de carbone en Europe, devant l’énergie hydraulique. Mais l’allègement de la durée de vie d’une centrale nucléaire nécessite de très lourds investissements qui risquent d’être pénalisés par la taxonomie de l’Union européenne.

La rénovation des centrales françaises en question

C’est particulièrement vrai en France où plus de la majorité de l’électricité est toujours produite à partir de centrales nucléaires selon le think-thank britannique Sandbag. Du coup, un arrêt progressif de leur capacité de production nécessiterait sans nul doute des investissements massifs dans les énergies vertes comme le solaire et l’éolien afin de pouvoir faire face à la consommation. Et cela ne serait pas sans conséquences pour les ménages et les entreprises car « ce scénario de développement à marche forcée des énergies renouvelables risquerait de nuire aux consommateurs en raison du renchérissement qu’il induirait sur la facture d’électricité » indique le rapport de l’AIE. En effet, dans les cinq ans à venir, environ la moitié des réacteurs nucléaires français atteindra l’âge de 40 ans. Pour continuer à fonctionner, ils devront être rénovés pour un coût d’environ 55 milliards d’euros d’ici à 2025 d’après EDF et à près de 100 milliards d’euros d’ici à 2030 selon un récent rapport de la Cour des comptes. Des sommes considérables pour le groupe dont la capitalisation boursière se chiffre en quelques dizaines de milliards d’euros.

Par : Romain Thomas | EURACTIV.fr, publié le 25 juin à 8h40, mis à jour à 10h41

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/lexclusion-du-nucleaire-de-la-finance-durable-fragilise-son-futur/

Juin 25

SEATLE USA : UNE URGENCE  » EXTRAORDINAIREMENT GRAVE  » : LA FUITE RADIOACTIVE À HARBORVIEW

Une petite grue à plate-forme soulève deux hommes près de la gouttière du toit d’un immeuble plat d’un étage sur le campus Harborview à First Hill. Lentement, l’un des hommes déplace une barre ronde et épaisse d’environ 15 cm le long de la gouttière avec sa main droite, s’arrête, puis regarde le radiamètre à sa gauche. Puis il déplace la barre de 15 cm de plus. Et un autre.

S’il reste des radiations provenant de la fuite de matières radioactives qui ont laissé 13 personnes exposées lors du déclassement d’un irradiateur au milieu de Seattle le 2 mai, ces hommes le trouveront et l’essuieront.

Le quai de chargement et le terrain de stationnement en béton en forme de L, coincés entre le bâtiment de recherche et de formation du centre médical UW Medicine Harborview et un petit bâtiment administratif près de Terry Ave et Terrace, sont déjà parsemés de traces de peinture blanche, indiquant les endroits où des traces potentielles de césium-137 ont été découvertes.

Pendant qu’on vérifie s’il y a des résidus radioactifs, le bâtiment de R&T est toujours en état d’arrêt. Les soldats de la patrouille d’État surveillent les entrées clôturées pour s’assurer que personne ne peut y entrer ou en sortir. De derrière le maillon de chaîne, il n’y a pas grand-chose à voir – pas de scènes de type Tchernobyl ici – si ce n’est une bande de peinture blanche large comme un trottoir près des portes du quai de chargement et une boîte en plastique blanc qui recouvre le système de ventilation. Le parking dégage un calme fantomatique.

Ici, la nuit du 2 mai, des équipes du service d’incendie de Seattle se sont précipitées sur les lieux pour tenter de comprendre un incident rare impliquant plus de 50 personnes d’au moins six organismes différents, dont l’équipe HAZMAT du département, le ministère de la Santé de l’État de Washington, le FBI, l’Université de Washington et une équipe de nettoyage comprenant plus de 40 fonctionnaires du ministère américain de l’Énergie.

Plus de six semaines après la fuite, on sait peu de choses au sujet de ce qui s’est passé cette nuit-là – et de ce qui a mal tourné.

Les dossiers obtenus par le SHC, les rapports de la Commission de réglementation nucléaire ainsi que des entrevues avec des représentants de l’Université de Washington, du Washington State Department of Health et de la National Nuclear Security Administration du département de l’Énergie des États-Unis ont permis de mieux comprendre la nuit de la fuite et ses conséquences.

Le plan pour cette nuit, dont les préparatifs ont été lancés au début de l’année, a été élaboré pendant des mois.

Un irradiateur, un dispositif médical contenant des matières radioactives utilisées dans la recherche sur les liens entre les cellules de la moelle osseuse et la réponse immunitaire dans un laboratoire du bâtiment R&T, serait mis hors service et déplacé vers un site d’élimination sûr avec l’aide d’International Isotopes, un entrepreneur engagé par le ministère américain de l’Énergie. International Isotopes, une société ouverte de l’Idaho d’une valeur de 20,85 millions de dollars, effectue régulièrement ce genre d’opérations dans les hôpitaux, les banques de sang et les centres de recherche pour aider à déclasser les machines médicales contenant des matières radioactives.

Cet irradiateur du bâtiment R&T a été, comme beaucoup d’autres, pendant des années, rempli d’échantillons de recherche à stériliser à l’aide de l’isotope radioactif césium-137, qui tue le VIH, l’hépatite et autres virus, bactéries et pathogènes.

Dans un irradiateur, les échantillons de sang et de recherche sont exposés au rayonnement du césium 137, une poudre blanche, à travers une fenêtre qui s’ouvre brièvement et bloque le rayonnement, comme un obturateur de caméra. Tout cela se passe à l’intérieur de la machine. De multiples tubes de conteneurs métalliques entourent le césium 137, pour s’assurer que rien ne puisse s’échapper. Ce serait incroyablement dangereux. L’exposition à de grandes quantités de césium 137 peut causer des brûlures, le mal des rayons et augmenter le risque de cancer – et en cas de très grandes quantités, la mort.

Comme le césium 137 se disperse si facilement dans l’air, c’est aussi un matériau « idéal » pour une bombe sale. C’est pourquoi un officier du FBI et des soldats de la patrouille d’État sont généralement sur place lors d’une telle procédure.

Et c’est pourquoi les soldats de la patrouille d’État sont toujours là des semaines plus tard sur la première colline, gardant les entrées de l’immeuble dans des voitures de patrouille non marquées. La source radioactive et l’irradiateur sont toujours à l’intérieur du bâtiment pendant que l’enquête suit son cours.

Le césium 137 est l’un des isotopes les plus préoccupants dans ce qu’on appelle la  » non-prolifération nucléaire « , a déclaré Leigh Winfrey, Ph.D., professeur agrégé de génie nucléaire à la Pennsylvania State University. « Il pourrait être une cible potentielle pour les terroristes de le prendre et de le mettre dans des bombes ordinaires, parce qu’il est facilement dispersé [dans l’air], il se dissout dans l’eau. Ce serait vraiment, vraiment méchant s’il était distribué avec une bombe ordinaire. »

Après le 11 septembre 2001, les préoccupations au sujet des bombes sales ont augmenté, de sorte que le Programme de récupération des sources radioactives hors site du ministère de l’Énergie, qui récupère les sources radioactives excédentaires et indésirables, a intensifié ses efforts pour déclasser davantage de types de sources contenant des quantités élevées de matières radioactives, particulièrement les sources dites  » à risque élevé  » supérieures à 130 curies.

Le déclassement de l’appareil à Harborview – qui contenait 4 000 curies de césium 137 – faisait partie d’une procédure d’élimination progressive assez courante dans les hôpitaux et les laboratoires du pays. Mais une fuite comme celle-ci ne l’est pas. Le ministère de la Santé de l’État l’a qualifié de « très rare« , comme l’a fait Winfrey.

« Ce genre de matériel ne se contente pas de rester assis, » dit Winfrey. « donc on est d’habitude très, très prudents. »

Pour le processus de déclassement du 2 mai, cela signifiait que sept entrepreneurs internationaux en isotopes seraient, conformément au protocole, accompagnés d’un agent du FBI, d’inspecteurs du ministère de la Santé et de deux experts en radioprotection de l’UW.

La procédure ne prendrait pas plus d’une nuit. Ils commençaient après 17 heures et peut-être sortaient l’appareil à l’aube. D’ici le matin du 3 mai, l’irradiateur et le flacon de césium 137 seraient à bord de camions pour être expédiés vers des sites d’élimination sûrs, et les quelque 200 chercheurs et employés de l’édifice de R&T pourraient retourner à leur travail et dans leurs laboratoires pour effectuer des tests sur les maladies transmises sexuellement, la maladie d’Alzheimer, les essais vaccinaux et d’autres recherches.

Mais ce n’est pas ce qui s’est passé.

La première étape de la procédure s’est bien passée. La machine avait été déplacée, à l’aide d’une grue, vers le quai de chargement, essentiellement un garage (quelques étages au-dessus du vivarium qui abrite des animaux vivants, principalement des rongeurs, pour la recherche). Les entrepreneurs internationaux en matière d’isotopes avaient mis en place une  » chambre  » sécurisée en acier dans laquelle ils devaient effectuer une partie cruciale et des plus périlleuses de l’opération : retirer la capsule avec du césium 137 de l’irradiateur.

Séparer les deux avant le transport ne sort pas de l’ordinaire. Winfrey a déclaré que le transport de la capsule à l’intérieur de l’irradiateur serait extrêmement dangereux et contre la réglementation – il existe des conteneurs de transport spéciaux pour la capsule radioactive qui peuvent résister aux accidents et même aux impacts de missiles.

C’est ainsi que l’équipage, bottes et gants à bout d’acier, a déployé une « meule » pour retirer un bouchon en tungstène qui maintenait un manchon protecteur autour de la capsule. Le tungstène est à la fois très dur et cassant, difficile à couper et a tendance à se briser. Ça aurait pu faire travailler plus dur la coupe. À un moment donné, la capsule contenant du césium 137, au lieu du simple bouchon de tungstène, a été coupée.

« En général, une fois que l’épingle est retirée, le porte-source est retiré de la fiche et la source [capsule de césium 137] est accessible « , a déclaré Leslie Velarde, spécialiste des affaires publiques de l’Administration nationale de la sécurité nucléaire du DOE. « Il n’y a jamais eu l’intention de couper la source elle-même. »

Rapidement, environ 2 800 curies de césium 137 se sont répandues dans l’irradiateur, la « chambre« , le quai de chargement et un rayon de 100 pieds autour du quai de chargement, plus les trois premiers étages et un escalier du bâtiment R&T, provoquant une « contamination étendue« .

La fuite s’est produite à 21h30 et a été découverte au cours d’un essuyage régulier et procédural, destiné à vérifier si du matériel avait été libéré.

Un appel au 911, provenant du coordonnateur des armes de destruction massive (ADM) sur place, est arrivé environ une heure plus tard, à 22 h 25. Le message : il y a eu une « fuite de rayonnement d’un irradiateur de sang », note un projet de rapport du service d’incendie de Seattle.

Rapidement, l’équipe d’intervention du service d’incendie de Seattle (équipe HAZMAT) se rend rapidement sur les lieux. Une fois sur place, du ruban adhésif a déjà été accroché pour boucler les deux entrées du stationnement.

Le responsable de la radioprotection de l’UW, qui était sur place pour l’opération et qui avait très probablement été exposé lui-même aux matières radioactives, dit au service d’incendie que sept entrepreneurs sont toujours à l’intérieur pour tenter de « souder la brèche ».

En dehors d’eux, dit-il, six autres se trouvaient dans l’immeuble : des concierges qui avaient « peut-être été exposés à la contamination » et qui avaient été conduits à l’angle des rues Alder et Terry, à quelque 150 pieds de là, en attendant d’être examinés pour déceler toute contamination.

Pendant ce temps, l’équipe HAZMAT ne reçoit pas beaucoup de réponses de l’agent de sécurité : Quel matériau a fui exactement ? C’était granuleux ? Une poudre ? « Nous avons tenté d’interroger le responsable de la radioprotection de C-UW afin d’élaborer un plan d’action, mais nous n’avons pas reçu d’information pertinente « , peut-on lire dans le rapport provisoire.

« Nous n’avions aucune connaissance officielle préalable du déclassement de l’irradiateur et, par conséquent, nous n’étions pas au courant du plan d’action du site ni des mesures d’urgence prévues à l’avance « , peut-on y lire.

Ce n’est que plus tard que l’équipe a découvert que c’était du césium 137 « sous forme de poudre de talc« , qui est hautement dispersable dans l’air. Et ce n’est que lorsqu’ils ont demandé si le système de CVC de l’immeuble avait été sécurisé que l’agent de sécurité de C-UW a appelé quelqu’un, note le rapport. En quelques minutes, il s’éteint.

L’information affluant lentement, l’équipe HAZMAT s’affiche du côté nord de l’immeuble en raison d’un vent du sud et présente son plan d’action à la volée, faisant appel à une équipe de décontamination, au chef de bataillon, à trois voitures de pompiers et à un officier des services médicaux.

Ce soir-là, plus de 30 personnes du service d’incendie sont appelées sur les lieux. Ils avisent également le FBI, la 10ème équipe de soutien civil de la Garde nationale de Washington, le Radiological Assistance Program Region 8, l’Environmental Protection Agency et les services publics de Seattle. L’Agence fédérale de gestion des situations d’urgence et le Département de la sécurité intérieure en sont également informés.

Bien que l’information sur ce qui se passe soit incomplète et continue d’arriver, l’équipe de HAZMAT – vêtue de vêtements de protection – prend la situation au sérieux. Ils jugent le potentiel de contamination « significatif » en fonction du type de matière radioactive, du nombre de radiations et de « l’absence d’EPI [Équipement de Protection Individuelle] portés par toutes les personnes exposées ».

Kate Lynch, du ministère de la Santé, a déclaré qu’il n’était pas inhabituel que l’équipe responsable du déclassement ne porte pas d’équipement de protection individuelle de niveau supérieur parce que, habituellement,  » c’est un processus assez simple « .

Au moins, note le service d’incendie, personne ne semblait avoir un besoin médical urgent. Les patients ont été essuyés avec des lingettes sèches et humides pour enlever le « contaminant » et, une fois débarrassés, ils ont été « enveloppés dans des vêtements temporaires » et transportés à Harborview dans des ambulances.

Au total, 10 personnes, les entrepreneurs internationaux en isotopes, l’agent du FBI et deux employés de l’UW ont été envoyés à l’hôpital et placés dans une zone confinée de la salle d’urgence du Harborview Medical Center, bien qu’à la fin, seuls les sept entrepreneurs aient soumis des échantillons de sang et d’urine, les expositions les plus élevées se situant autour de 55 de radiation.

Ces doses, a expliqué Mme Winfrey, étaient de l’ordre d’une mammographie, de 10 à 12 vols à travers le pays, soit environ le quart d’un tomodensitogramme. « Ce n’est pas grand-chose du tout, » dit-elle.

Avec les personnes exposées à l’hôpital, la décontamination pourrait commencer. Les persiennes extérieures et les portes du quai de chargement étaient recouvertes de plastique lourd. Une équipe du ministère de l’Énergie a inspecté les planchers de l’immeuble, tandis que des employés d’International Isotopes ont inspecté l’aire du stationnement, en marquant avec de la peinture blanche les endroits présentant des niveaux de rayonnement.

À 5h51 du matin, tout était à nouveau un peu sous contrôle. À 10 h, tous les « patients » avaient été évalués et libérés de l’urgence.

Mais les choses étaient loin d’être revenues à la normale. Le fait que le système de CVC ait été fermé pour empêcher le césium de se répandre dans le bâtiment était une bonne chose. Mais comme il est resté éteint, dans les jours qui ont suivi la fuite, le bâtiment a commencé à se réchauffer. Les congélateurs du bâtiment, qui maintiennent les échantillons de recherche à -80°C, ont donc dû travailler plus fort pour rester au frais. Certains échouaient. D’importants échantillons de recherche étaient en danger.

« Des centaines de milliers de dollars d’équipement, de main-d’œuvre et d’échantillons sont perdus quotidiennement. Cela pourrait détruire la carrière de personnes qui ont travaillé toute leur vie à la recherche visant à sauver des vies et à améliorer la santé publique et les résultats hospitaliers « , a déclaré une source anonyme à KIRO.

Le personnel de C-UW/Harborview a déplacé le contenu de certaines unités vers d’autres congélateurs à proximité environ une semaine après le déversement, a déclaré Susan Gregg de l’UW Medicine.

« S’ils montraient des signes de défaillance, les matériaux étaient transférés dans d’autres congélateurs « , a dit M. Gregg. « Nous avons fait très attention qu’aucun de ces spécimens de recherche n’ait été endommagé. » Aucun spécimen n’a été trouvé contaminé, a-t-elle ajouté. Les animaux, pour la plupart des rongeurs, détenus dans le vivarium du bâtiment, ont tous été déplacés à un autre endroit également. Il a fallu environ deux semaines pour que le système de CVC soit remis en marche.

Pas plus tard que ce mardi, des équipes se sont rendues dans l’immeuble pour enlever les biodéchets, le matériel de maladies infectieuses laissé par les expériences et le matériel des incubateurs où les choses se sont développées depuis l’événement.

La plupart des employés de R&T Building ont repris le travail, a déclaré UW. Certains chercheurs, portant des bottes et des gants et escortés par quelqu’un de l’équipe de nettoyage, ont pu entrer dans l’édifice pour récupérer des échantillons et poursuivre leur travail dans d’autres laboratoires de C-UW de la ville.

Ana Mari Cauce, présidente de l’Université de Washington, a déclaré que la situation était  » une urgence d’une gravité et d’une ampleur extraordinaires « , a déclaré M. Gregg, qui a qualifié une telle déclaration de  » juste sans précédent « . Cauce « les dirigeants universitaires autorisés ayant autorité sur le lieu de travail touché pour prendre les mesures nécessaires, y compris la libération avec solde dans les situations appropriées ».

UW a également déclaré qu’il était trop tôt pour « spéculer sur les coûts potentiels encourus« .

Tina Mankowski, de l’UW Medicine, a déclaré que jusqu’à présent, personne n’avait demandé d’indemnisation d’aucune sorte et que le service des ressources humaines de l’UW était en contact avec le représentant syndical des sept concierges (également employés de l’UW) travaillant dans une autre partie du bâtiment ce soir-là.

UW dit qu’un avis a été envoyé à tous les employés de l’immeuble avant l’événement de déclassement prévu le 2 mai, y compris les superviseurs des concierges. Quand on lui a demandé si les concierges étaient censés être dans l’immeuble ce soir-là, Mankowski a répondu : « Je crois que oui. »

Pendant ce temps, la décontamination – c’est-à-dire la mesure des niveaux de rayonnement à l’aide de détecteurs portatifs ainsi que l’aspiration, le balayage et l’essuyage des matières résiduelles – se poursuit, tandis que l’irradiateur et la matière radioactive restent dans le bâtiment dans un conteneur blindé.

Des questions subsistent également. Qu’est-ce qui s’est exactement passé pendant le processus de découpe ? Que s’est-il passé dans l’heure qui s’est écoulée entre la brèche et l’appel aux pompiers ? Et, comme l’équipe d’intervention du service d’incendie le note dans l’ébauche du rapport : Pourquoi le service d’incendie n’a-t-il pas été informé de l’opération ou du plan d’urgence préétabli ? Le Code de prévention des incendies de Seattle ne l’exige pas pour cette situation particulière, a déclaré un agent d’information publique de Seattle Fire. Et pourquoi n’ont-ils pas installé une barrière sur les portes et les évents avant ?

« Nous ne connaissons pas la raison [pour] le processus qu’ils ont utilisé « , dit Kate Lynch du ministère de la Santé. « C’est quelque chose qui fait l’objet d’une enquête. Ils vont les déplacer [l’irradiateur et la source] vers un des laboratoires nationaux. Ils vont recréer ce qui s’est passé dans un environnement contrôlé. »

Ce n’est qu’ensuite que la capsule et l’irradiateur seront transportés à leur destination d’origine par les entrepreneurs du ministère de l’Énergie qui s’affairent à nettoyer le bâtiment en ce moment même. Environ quatre douzaines de personnes du ministère de l’Énergie se sont rendues à Seattle pour superviser l’enquête et le nettoyage.

Ce n’est que lorsque le ministère de la Santé aura donné son feu vert que l’édifice rouvrira. Cela prendra des mois, probablement jusqu’après la fête du Travail, a dit un porte-parole de l’UW. « Et on ne sait même pas combien de temps après la fête du travail. »

Source : Capitol Hill Seatle Blog via Paolo S. ,traduction automatique DeepL –

Original en anglais publié le jeudi 20 juin 2019 – 7h00 par Margo Vansynghel

http://www.capitolhillseattle.com/2019/06/an-extraordinarily-severe-emergency-the-radioactive-leak-at-harborview/?fbclid=IwAR0ctTeDSsyEXwcsjKXQCcdV2hFEaJ8nlrGSRIqta_VEit-P3wfJP1GC5wM

Juin 25

EDF: VERS DAVANTAGE DE NUCLÉAIRE POUR LA CONCURRENCE, LE PRIX MONTERAIT

PARIS (Reuters) – Le gouvernement projette de relever de 50% le plafond de production d’électricité d’origine nucléaire qu’EDF doit céder à ses concurrents et discute d’une hausse du prix de vente de cette production avec la Commission européenne, a annoncé lundi le ministère de la Transition écologique et solidaire.

L’exécutif souhaite que ces deux questions soient réglées avant le prochain guichet de souscription à l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire), qui permet aux opérateurs alternatifs d’acheter à EDF environ un quart de sa production nucléaire, prévu en novembre 2019.

« Si on veut que les tarifs aient des hausses contenues sur l’année 2020, il faut qu’il y ait un relèvement. La volonté du gouvernement est d’aborder conjointement les deux discussions (sur le plafond et sur le prix-NDLR) », a dit à des journalistes un responsable au ministère de la Transition écologique.

« (Le prix) devrait augmenter légèrement« , a-t-il ajouté, précisant qu’une hausse n’interviendrait pas forcément dans le cadre du prochain guichet.

La direction générale de la concurrence de la Commission européenne devra en outre approuver toute modification de ce prix.

Alors que le système actuel permet aux rivaux d’EDF de lui acheter jusqu’à 100 térawatts-heure (TWh) de production nucléaire à 42 euros par mégawatt-heure (MWh) pour fournir leurs propres clients, au lieu de s’approvisionner à des prix plus hauts sur le marché de gros, la réforme envisagée par le projet de loi sur l’énergie relèverait le plafond réglementaire à 150 TWh.

L’Arenh est une composante essentielle des tarifs de l’électricité, dont le gouvernement veut revoir le mode de calcul pour éviter des hausses trop importantes après celle de 5,9% TTC survenue le 1er juin, une réforme plus structurelle de la régulation du nucléaire français étant par ailleurs envisagée.

Son plafonnement a contraint ces derniers mois les rivaux d’EDF à s’approvisionner en partie sur le marché de gros, ce qui a entraîné une hausse de leurs propres prix mais aussi du tarif réglementé.

Les opérateurs alternatifs, parmi lesquels Total Direct Energie, Engie ou Eni, ainsi que des associations de consommateurs, ont en conséquence fait valoir qu’un relèvement du plafond de l’Arenh serait bénéfique aux clients finals.

EDF réclame en revanche une suppression du mécanisme ou à défaut une revalorisation du prix de vente. L’électricien juge que le système actuel est une forme de subvention pour ses concurrents et ne permet pas de financer les investissements dans le parc nucléaire.

Bate Félix, Benjamin Mallet pour le service français, édité par Bertrand Boucey et publié le 24/06/2019 à 18h17.

https://www.boursier.com/actualites/reuters/edf-vers-davantage-de-nucleaire-pour-la-concurrence-le-prix-monterait-235178.html

Juin 24

DÉTECTION TARDIVE D’UN NON-RESPECT DES SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 4 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN

Le 20 juin 2019, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect des spécifications techniques d’exploitation (STE) du réacteur 4 de la centrale nucléaire du Tricastin concernant le débit des fuites non quantifiées du circuit primaire principal.

Le circuit primaire principal est un circuit fermé, contenant de l’eau sous pression, qui assure le refroidissement du cœur du réacteur. Les fuites de ce circuit sont classées en deux catégories :

  • les fuites quantifiées, qui sont collectées par conception et dont le débit est mesuré ;
  • les fuites non quantifiées, dont le débit est calculé.

Les STE définissent des seuils à ne pas dépasser pour chacune de ces catégories.

Le 18 juin 2019, une activité sur le circuit d’injection de sécurité du réacteur 3 est réalisée en utilisant une pompe commune aux réacteurs 3 et 4. Cette activité prend fin à 11h55.

À 14h00, l’exploitant du réacteur 4 détecte une évolution anormale du niveau d’eau d’un réservoir du circuit de contrôle volumétrique et chimique. Une évaluation rapide du débit des fuites non quantifiées du circuit primaire principal par l’équipe de quart conclut au dépassement de la valeur limite définie par les STE.

À 14h45, l’origine de la fuite est identifiée et l’exploitant engage les actions qui permettent d’isoler la fuite et de retrouver une situation conforme aux STE.

Le débit des fuites non quantifiées du circuit primaire principal du réacteur 4 a été de 237 l/h en moyenne de 11h55 à 14h45. Les STE fixent une limite à 230 l/h pour les fuites non quantifiées et, en cas de dépassement de cette limite, la conduite à tenir est le repli du réacteur sous 2 heures. La détection tardive de cet événement a conduit à une durée de l’événement supérieure au délai d’amorçage du repli du réacteur prévu par les STE.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur le personnel ou l’environnement.

En raison de la détection tardive de cet écart et du non-respect des spécifications techniques d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 24/06/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-d-un-non-respect-des-STE-du-reacteur-4-du-Tricastin

Juin 24

TRUMP IRA EN CORÉE DU SUD APRÈS LE G20

Le président américain Donald Trump se rendra ce week-end en Corée du Sud, après le sommet du G20, pour s’entretenir avec son homologue sud-coréen Moon Jae-in des négociations sur le nucléaire avec Pyongyang, actuellement dans l’impasse, a annoncé le bureau présidentiel à Séoul.

Trump s’envolera pour la Corée du Sud samedi à l’issue du G20 au Japon, ont précisé des responsables sud-coréens.

Cette visite intervient après un échange de lettres entre le président américain et le leader nord-coréen Kim Jong Un, ce dernier ayant qualifié d' »excellent » le contenu de la missive de Donald Trump, selon l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

Le 11 juin, Donald Trump avait indiqué avoir reçu une lettre « magnifique » et « très chaleureuse » de Kim Jong Un, ajoutant qu’il continuait à faire confiance au Nord-Coréen malgré l’absence de progrès tangibles sur la dénucléarisation.

Un responsable sud-coréen a déclaré aux journalistes que M. Trump « envisageait » une visite dans la Zone démilitarisée (DMZ) mais qu’il n’y avait aucun projet de sommet trilatéral entre MM. Trump, Moon et Kim.

La péninsule coréenne a connu en 2018 une remarquable détente après des années de tensions relatives aux programmes balistique et nucléaire de Pyongyang. Cet apaisement a été marqué par une série de rencontres diplomatiques, dont deux sommets entre MM. Kim et Trump.

Mais le deuxième sommet entre les deux hommes, en février à Hanoï, s’est soldé par un fiasco retentissant et les négociations entre Américains et Nord-Coréens sont depuis dans l’impasse.

Kim Jong Un a reçu la semaine dernière en visite d’État Xi Jinping, premier président chinois à se rendre à Pyongyang en 14 ans.

Des experts ont vu dans cette visite de M. Xi, avant sa rencontre avec M. Trump en marge du G20, le signe de la volonté du président chinois de montrer l’influence dont Pékin continue à jouir en Corée du Nord.

Ko Min-jung, porte-parole de la présidence sud-coréenne, a déclaré que MM. Trump et Moon auraient des « discussions en profondeur sur les moyens d’établir un régime de paix permanente au travers de la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne« .

Les responsables américains parlent généralement spécifiquement de la « dénucléarisation de la Corée du Nord« .

Ce sera la huitième rencontre entre M. Moon et M. Trump qui s’est pour la dernière fois rendu en Corée du Sud en novembre 2017, quand il n’avait pas pu se rendre sur la DMZ en raison d’un épais brouillard.

« M. Trump se rendra certainement sur la DMZ si le temps le permet parce que c’est le lieu où l’on peut observer directement la baisse des tensions militaires entre les deux Corées« , a déclaré à l’AFP Koh Yu-hwan, professeur d’études nord-coréennes à l’Université Dongguk University de Séoul.

« Se rendre sur la DMZ pourrait être une façon de réaffirmer l’importance du processus de dénucléarisation« .

Mais il serait « stupéfiant » que M. Trump y rencontre M. Kim, a-t-il dit, en raison de « l’impasse dans les discussions sur le nucléaire« .

Par AFP, publié le 24/06/2019 à 12h00, modifié le 24/06/2019 à 12h14

https://www.lepoint.fr/monde/trump-ira-en-coree-du-sud-apres-le-g20–24-06-2019-2320632_24.php

Juin 24

FRANÇOIS DE RUGY DOUTE DE LA COMPÉTITIVITÉ DU NUCLÉAIRE AVEC LE RETARD DE L’EPR DE FLAMANVILLE

Le ministre de la Transition écologique et solidaire a réagi vendredi 21 juin au nouveau retard de l’EPR de Flamanville (Manche). Selon, François de Rugy « on peut avoir des doutes sur la compétitivité future » du nucléaire. Le chantier du réacteur a subi de nouveaux déboires après un avis négatif de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Après les déboires de l’EPR de Flamanville (Manche), le gouvernement exprime ses réserves sur le chantier. Vendredi 21 juin, sur le plateau de France 3 Normandie, le ministre de la Transition écologique et solidaire a confié ses doutes sur la compétitivité du réacteur nucléaire de troisième génération. “Il faudra tirer toutes les leçons pour voir […] du point de vue économique si ce type de réacteur nucléaire est compétitif”, a déclaré François de Rugy.

“Aujourd’hui on peut avoir des doutes en effet sur la compétitivité future par rapport aux énergies renouvelables dont les coûts de production baissent, a poursuivi le ministre. Le constat qu’on fait aujourd’hui c’est que les coûts du production de l’électricité par le nucléaire augmentent alors que les coûts de production de l’électricité, notamment par l’éolien et le solaire, baissent ».

François de Rugy écarte l’abandon du chantier

Ces déclarations interviennent deux jours après un avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur le chantier de l’EPR de Flamanville. L’ASN a imposé à EDF de réparer plusieurs soudures sur le site avant sa mise en service. Une décision qui retarde encore plus le démarrage du réacteur nucléaire et qui risque d’alourdir sa facture. En parallèle, le ministre de la Transition écologique est en opération communication pour démontrer les efforts de la France sur le développement des énergies renouvelables.

Tandis que des associations écologistes comme Greenpeace ont dénoncé le “déni” et la “stratégie industrielle” d’EDF, François de Rugy a écarté un abandon du chantier. “Ce serait un gâchis monumental, selon le ministre. On ne peut envisager qu’EDF ait investi 11 milliards d’euros dans ce projet de centrale nucléaire nouvelle génération et que cela ne produise jamais d’électricité ».

Par Simon Chodorge, publié le 24/06/2019 à 07H52

https://www.usinenouvelle.com/article/francois-de-rugy-doute-de-la-competitivite-du-nucleaire-avec-le-retard-de-l-epr-de-flamanville.N858205

Juin 24

L’IRAN MINIMISE L’EFFET DES NOUVELLES SANCTIONS PROMISES PAR WASHINGTON

L’Iran a minimisé l’impact des nouvelles sanctions américaines promises pour lundi dans un contexte ultra tendu, estimant que les États-Unis avaient déjà fait tout leur possible pour le punir économiquement.

Deux jours après la destruction d’un drone américain par un missile iranien dans la région stratégique du Golfe, le président américain Donald Trump a affirmé samedi que des «sanctions supplémentaires majeures» contre l’Iran seraient annoncées lundi, mais sans préciser leur nature.

Il a fait cette déclaration après avoir annulé in extremis des frappes contre des cibles iraniennes en représailles à la destruction du drone, dernier incident en date dans la région du Golfe, qui a fait craindre un embrasement.

Cheville ouvrière de la politique américaine de «pression maximale» contre l’Iran, le secrétaire d’État Mike Pompeo s’est rendu en Arabie saoudite, un proche allié de Washington et grand rival régional de l’Iran, avant un déplacement aux Émirats arabes unis.

Il a dit avoir discuté avec les dirigeants saoudiens de «la nécessité de promouvoir la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz», un point de passage clé pour le commerce mondial de pétrole situé dans la zone où l’Iran a abattu le drone américain et où des attaques ont ciblé des pétroliers ces dernières semaines.

Pompeo avait déclaré considérer «mettre en place une coalition mondiale» face à l’Iran qu’il a accusé d’être «le plus grand État au monde parrainant le terrorisme».

Dans une première réaction à l’annonce des sanctions, le porte-parole des Affaires étrangères iranien, Abbas Moussavi, a affirmé: «Nous ne savons vraiment pas ce que sont (ces sanctions) ni où ils veulent encore frapper davantage, mais nous estimons qu’elles n’auront aucun résultat».

«Nous prenons néanmoins au sérieux toute (nouvelle) sanction, que nous considérons comme un acte hostile conforme au terrorisme économique et à la guerre économique lancés contre notre nation», a-t-il ajouté.

«Illégales»

Alors que l’Iran a toujours nié vouloir se doter de l’arme atomique, l’administration Trump l’accuse de chercher à l’obtenir en secret. Elle s’est ainsi retirée en mai 2018 de l’accord nucléaire censé limiter les activités sensibles de l’Iran, et considéré par les Européens, les Russes et les Chinois -toujours parties à l’accord- comme le meilleur moyen de s’assurer que l’Iran n’aura pas la bombe.

Les États-Unis ont ensuite rétabli à partir d’août 2018 une série de sanctions économiques contre Téhéran dans le cadre d’une campagne de «pression maximale» contre l’Iran, accusé également de déstabiliser la région.

Avant la signature de l’accord nucléaire qui a permis la levée progressive des sanctions, l’Iran avait été mis au ban des nations et son économie avait été asphyxiée par les sanctions internationales.

En annonçant «les sanctions supplémentaires majeures contre l’Iran», M. Trump a lancé: «l’Iran ne peut pas avoir d’armes nucléaires!».

Alliée de l’Iran, la Russie a qualifié les sanctions promises d’«illégales».

Selon des sources diplomatiques, Washington a demandé la tenue lundi d’une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l’ONU.

«La raison du plus fort»

« (…) Qu’est-ce que les Américains peuvent faire de plus, en termes de sanctions ? Il y a peu d’exemples dans l’histoire de pays qui ont été autant sanctionnés en si peu de temps (…)», a estimé Thierry Coville, spécialiste de l’Iran à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Cette administration américaine, c’est «la raison du plus fort est toujours la meilleure».

Les tensions entre Washington et Téhéran se sont intensifiées avec des attaques d’origine inconnue contre des pétroliers dans le Golfe, les 12 mai et 13 juin, imputées par Washington à Téhéran qui a démenti.

Et elles ont été encore exacerbées avec la destruction le 20 juin par un missile iranien du drone américain –-dans l’espace aérien iranien selon Téhéran, dans l’espace aérien international selon le Pentagone. Depuis mai, Washington a renforcé son dispositif militaire au Moyen-Orient, en arguant de «menaces iraniennes» contre des cibles américaines.

«L’ennemi a envoyé son avion de reconnaissance et de surveillance le plus avancé dans la zone interdite et tout le monde a vu comment ce drone a été abattu», a dit lundi le contre-amiral Hossein Khanzadi, commandant de la Marine iranienne cité par l’agence Tasnim. « (…)Cette riposte cinglante peut se répéter, et l’ennemi le sait».

Le ministre iranien des Télécommunications, Mohammad Javad Azari-Jahromi, a par ailleurs affirmé sur Twitter que son pays n’avait subi aucun dégât après des «présumées cyberattaques» des États-Unis. «Cela fait longtemps que nous faisons face au cyberterrorisme» des États-Unis mais à ce jour «aucune de leurs attaques n’a réussi».

Selon Yahoo! News et le Washington Post, M. Trump a autorisé secrètement des cyberattaques contre des systèmes de lancement de missiles et un réseau d’espionnage iraniens, en riposte à la destruction du drone américain.

Par AFP, publié le 24 juin 2019 à 10h24 (mis à jour à 14h20)

PHOTO : Des ambassadeurs en Iran participent à une rencontre avec des responsables iraniens à Téhéran, le 24 juin 2019. Photo ATTA KENARE. AFP

https://www.liberation.fr/depeches/2019/06/24/l-iran-minimise-l-effet-des-nouvelles-sanctions-promises-par-washington_1735792

Juin 24

LIVRE : STOP OTAN

Dans leur livre « Stop à l’OTAN », les auteurs Hervé Hannoun et Peter Ditius expliquent les dangers encourus aujourd’hui par la France et l’Union Européenne par leur adhésion à l’OTAN.

L’organisation sous domination américaine empêche la France, depuis qu’elle l’a rejointe en 2008, de continuer à mener une politique étrangère indépendante et équilibrée. De la même manière, l’OTAN fait obstacle à la construction d’une défense européenne et crédible. En outre, l’émergence de nouvelles sources de tensions entre les États-Unis et la Russie, spécialement sur la question ukrainienne, ainsi que l’actuelle doctrine nucléaire américaine risquent d’emporter l’Union Européenne dans un conflit non voulu. Les auteurs plaident en faveur d’un retrait non seulement de la France, mais aussi de tous les pays européens membres de l’OTAN de cette organisation, afin de garantir leur indépendance vis-à-vis des États-Unis ainsi que pour pouvoir rediriger ces fonds vers le domaine social ou environnemental.

Dans leur livre Stop à l’OTAN, Hervé Hannoun et Peter Dittus exposent les dangers que pose l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord pour la sécurité et l’indépendance de la France, et plus largement de l’Union Européenne. Face à la transition d’une « Europe de la Paix » à une « Europe de la guerre », ils pensent que les élections européennes de mai 2019 doivent être une occasion pour les européens de s’exprimer sur ce sujet et de dire stop à l’OTAN.

Ils observent un retournement dans la politique étrangère de la France au moment de sa réintégration dans l’OTAN décidée en 2008 par Nicolas Sarkozy. Cette décision rompt avec la politique de Charles de Gaulle après la Seconde Guerre mondiale, qui voulait une France « non-alignée » et « indépendante » vis-à-vis des États-Unis.

L’OTAN était considérée, à cette époque comme aujourd’hui, comme un organisme sous le contrôle quasi-total des États-Unis. La décision de N.Sarkozy de rejoindre l’OTAN s’est faite sans consultation du parlement, malgré les importantes conséquences qu’elle comportait. Depuis ce moment, la politique étrangère française s’est montrée largement pro-américaine. Malgré quelques prises de distance, Emmanuel Macron, comme François Hollande, n’a pas changé d’orientation et a écarté toute possibilité de quitter l’OTAN. Ce positionnement est celui du Quai d’Orsay qui est résolument atlantiste.

Les auteurs expliquent que 4 nouvelles crises majeures ont perturbé l’équilibre géopolitique et ont rendu l’appartenance à l’OTAN bien plus dangereuse qu’elle l’était en 2008.

Il s’agit d’abord de la situation ukrainienne qui suit l’annexion de la Crimée par la Russie, qui a relancé les tensions entre les États-Unis et la Russie, et par conséquent entre tous les pays membres de l’OTAN et la Russie. L’adhésion à l’OTAN force ses membres à suivre la politique américaine en faveur du gouvernement ukrainien et en opposition à la Russie, sans laisser la place à une posture plus équilibrée.

La deuxième crise est la guerre en Syrie, et encore une fois, selon les auteurs, l’appartenance à l’OTAN force la France à se positionner sans mesure en opposition complète au régime de Bachar el-Assad, sans hiérarchiser avec la menace djihadiste dans le pays.

Un troisième point est l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, qui marquerait un bouleversement radical dans la politique extérieure américaine et donc dans celle de l’OTAN. Ce bouleversement se traduit par une attitude de plus en plus agressive des États-Unis, ce qui représente un danger accru de conflit.

Enfin, la nouvelle stratégie de sanctions des États-Unis pourrait relancer des conflits mondiaux. Washington a régulièrement recours à des sanctions économiques et financières sévères envers les États qu’ils considèrent comme hostiles, comme l’Iran par exemple.

Les auteurs mettent en garde contre l’accroissement des tensions internationales qui risquent de relancer des conflits. La France pourrait se retrouver forcée à y participer en raison de son implication dans l’OTAN.

H.Hannoun et P.Dittus montrent combien l’OTAN est polarisée par les tensions entre la Russie et les États-Unis, et en quoi la crise ukrainienne a cristallisé le conflit. Les auteurs soutiennent que ces tensions ont également été exacerbées par l’extension progressive de l’OTAN aux ex-pays du pacte de Varsovie. Cette décision est largement critiquée, car elle est vue par la Russie comme une provocation, voir un danger par le rapprochement de l’influence américaine de ses frontières. Ce problème est également lié à l’imbrication de l’Union Européenne dans la politique de l’OTAN, car plusieurs de ces pays de l’est l’ont rejointe à la même époque. Ainsi, l’Union Européenne se retrouve au centre des tensions entre la Russie et les États-Unis, et en devient même un accessoire, risquant d’être entrainée dans un conflit entre ces deux États. Les auteurs rajoutent que ce risque est également amplifié par la méfiance, voir l’hostilité, de plusieurs de ces nouveaux pays membres envers la Russie.

Ils analysent également l’influence de l’OTAN du point de vue plus large de l’Union Européenne. Aujourd’hui, 22 des 28 pays composant l’Union font aussi partie de l’OTAN, et pour les nouveaux membres il est presque obligatoire d’adhérer préalablement à l’OTAN. L’influence indéniable de l’OTAN et des États-Unis à travers elle, empêche la création d’une défense européenne indépendante et crédible. Par ailleurs la mille-feuille d’organisations de défense en Europe, comme la PESCO (ou politique étrangère et de sécurité commune), l’AED (Agence Européenne de Défense) et l’E2I (Initiative Européenne d’Intervention) complique la situation.

H.Hannoui et P.Dittus expliquent ensuite comment le changement radical de la doctrine nucléaire des États-Unis, qui est entre autre appliquée à travers l’OTAN, représente un danger d’escalade dont l’Europe serait le première victime. Ils se réfèrent spécifiquement à un document publié en février 2018 par le gouvernement américain, où est envisagée la possibilité d’utiliser l’arme nucléaire après toute attaque par des armes conventionnelles, soit non nucléaires. C’est un renversement inquiétant de la doctrine nucléaire américaine, qui jusque alors ne concevait l’utilisation de l’arme nucléaire que comme outil défensif en cas d’attaque nucléaire. De plus, le retrait des États-Unis du Traité INF (Forces Nucléaires à Portée Intermédiaire), qui avait permis de mettre fin à la crise des euromissiles des années 80, a relancé le déploiement d’armes nucléaires tactiques par l’OTAN dans différents pays d’Europe. On estime qu’il y en a actuellement 150 sur le territoire européen, ce qui fait de l’Union Européenne une cible pour toute attaque nucléaire. Finalement, l’attitude plus offensive des États-Unis vis-à-vis du nucléaire, le déploiement d’armes sur le territoire européen ainsi que l’obéissance de l’Union Européenne à travers l’OTAN risque de la placer en danger en cas de conflit entre les deux puissances.

Malgré ce constat alarmant, l’OTAN reste un sujet peu débattu, ce que les auteurs expliquent d’abord par un fort lobby « atlantiste » et le fait que toute critique risque d’être vue comme un argument pro-Russie. Les deux auteurs proposaient de faire de cette question un enjeu central des élections européennes de mai 2019, pour enfin donner la possibilité aux citoyens européens de se prononcer sur ce sujet primordial. Ils décrivent 4 objectifs essentiels :

. Sortir la France de l’OTAN : un référendum pour voter sur le retrait ou non l’OTAN devrait être organisé, potentiellement à travers des procédures de démocratie semi-directe comme le RIC proposé par les gilets jaunes. Cela permettrait non seulement à la population de se prononcer sur ce sujet essentiel, mais aussi à la France de regagner sa position d’indépendance si le référendum allait dans la direction du retrait.

. Sortir les 22 pays européens étant également membres de l’OTAN : c’est selon eux une condition essentielle à l’indépendance et la crédibilité de l’Union Européenne, et spécifiquement de la défense européenne.

. Rediriger les 1000 milliards de dollar du budget de l’OTAN : H.Hannoun et P.Dittus soutiennent que, après la fin de la Guerre froide, l’OTAN a continué ses dépenses militaires excessives malgré la disparition du principal ennemi qui avait motivé sa création. Qui plus est, ces dépenses sont même aujourd’hui croissantes, avec l’objectif pour chaque pays de l’OTAN de consacrer au moins 2% de leur PIB à la défense (la France étant aujourd’hui à un taux de 1,8%). Selon les auteurs, cela est encouragé à la fois par le gouvernement américain et par le complexe militaro-industriel. Ils pensent qu’une grande partie de ces montants pourrait être redirigée vers des dépenses sociales ou environnementales qui seraient plus profitables pour la population.

. Refuser un fédéralisme européen flou : refuser cette tendance de l’Union Européenne à se construire sans processus démocratique, spécialement dans le cas de l’adhésion à l’OTAN qui représente un majeur abandon de souveraineté. Ainsi ils réclament un processus européen plus démocratique, en accord avec la proposition précédente de référendum.

En conclusion, ce livre expose les risques d’implication dans un conflit qui accompagnent l’adhésion à l’OTAN, ainsi que son impact sur la conduite d’une politique étrangère française indépendante et équilibrée. Ces risques sont spécialement importants sur le domaine du nucléaire, car la nouvelle doctrine américaine place à la fois l’Europe comme cible d’une attaque mais risque aussi la dissémination de ces armes et l’escalade des tensions. À partir de ces différents risques les auteurs font un argumentaire efficace en faveur de la nécessité de l’ouverture d’un débat sur le sujet de l’OTAN, et en faveur du retrait complet de la France et des pays membres européens.

Marie Lureau (source IDN : idn-france.org)

Par Rédaction 7seizh, publié le 23 juin 2019

Cliquer sur https://7seizh.info/2019/06/23/stop-otan/ pour voir la vidéo (1h23mn10s) de la « Conférence Stop OTAN » avec Hervé Hannoun et Marie-Noëlle Lienemann du mercredi 15 mai 2109.

Juin 24

UNE MOBILISATION JAUNE-VERT-ROUGE S’ORGANISE CONTRE LA PRIVATISATION DES BARRAGES

Le gouvernement, aiguillonné par Bruxelles, envisage d’ouvrir à la concurrence la gestion des barrages hydroélectriques. Une mobilisation multicolore et transpartisane grandit pour défendre une gestion publique de ces infrastructures et du bien commun qu’est l’eau.

Jaune, vert et rouge : la manifestation organisée au barrage de Roselend (Savoie) ce samedi 22 juin sera multicolore. Si les syndicats pronucléaires d’EDF et les associations et politiques écolos opposés à l’atome se réunissent dans un même cortège, c’est que l’heure est grave. Gilets jaunes, CGT, Sud, Parti communiste, EELV, socialistes, et d’autres dénoncent en chœur l’intention du gouvernement de « privatiser » les barrages hydroélectriques. Ou, plus précisément, d’ouvrir leur gestion à la concurrence.

Quelque 150 barrages pourraient ainsi, dans les années à venir, voir leur gestion offerte au plus offrant, et basculer entre les mains d’opérateurs privés. Parmi les sociétés intéressées, on trouve Total (via Direct Énergie), le suédois Vattenfall, ou encore le Finlandais Fortum. Alors que l’hydraulique rapporte environ 1,5 milliard d’euros par an à l’État, « il y a un très fort lobbying des opérateurs, qui veulent récupérer une part de cette rentabilité », estime Fabrice Coudour, chargé de la question des barrages à la CGT Énergie.

L’affaire date d’il y a bientôt 15 ans [1], mais elle a été relancée début mars par la Commission européenne qui a mis en demeure la France de se conformer au droit de l’Union. Les barrages appartiennent à l’État français, mais sont gérés par des concessions attribuées pour la très grande majorité à EDF [2], détenue à 83 % par l’État français. Celles arrivant à échéance doivent désormais être ouvertes à la concurrence via des appels d’offres, réclame la commission.

Difficile de connaître les intentions de l’exécutif sur le sujet 

Depuis, les collectifs de défense des barrages se multiplient. « On veut privatiser l’eau », proteste Jean Ganzhorn, Gilet jaune et installateur de photovoltaïque dans les Hautes-Alpes. Il a réussi, avec son collectif « Ne nous laissons pas tondre », à réunir plus de 1.000 personnes sous une pluie battante sur le barrage de Serre-Ponçon le 8 mai dernier. Des manifestations ont aussi eu lieu à L’Isle-Jourdain, dans la Vienne, au Tech dans les Hautes-Pyrénées, ou encore à Saint-Égrève en Isère.

Ajoutant leur voix à la mobilisation, plus d’une centaine de députés de tous bords — communistes, insoumis, socialistes, républicains et même quelques marcheurs, dont Cédric Villani — déposaient à l’Assemblée nationale le 5 avril dernier une proposition de résolution dénonçant comme « dangereuse et irrationnelle l’ouverture à la concurrence de ce secteur stratégique au plan économique, social et environnemental, qui s’adosse à un patrimoine financé de longue date par les Français et conservé en excellent état », et demandant au gouvernement d’y renoncer.

Carte des « grands barrages » français (ceux qui font plus de 20 mètres de haut).

Pour l’instant, difficile de connaître les intentions de l’exécutif sur le sujet. Début 2018, Le Monde annonçait que des appels d’offres seraient lancés d’ici la fin de l’année. Cela n’a pas eu lieu. Désormais, les déclarations restent floues. Dernière en date, celle du Premier ministre, Édouard Philippe, le 12 juin dernier lors de son discours de politique générale : « Nous respecterons le droit européen, mais nous n’accepterons pas le morcellement de ce patrimoine commun des Français. »

« On est dans le royaume duen même temps” ! dit la députée Delphine Batho, qui, quand elle était ministre de l’Environnement, en 2012, s’était opposée à cette ouverture à la concurrence. Dire que l’on respecte le droit européen veut dire que l’on va ouvrir à la concurrence, et s’opposer en même temps au morcellement implique de ne pas le faire… » Autre députée suivant le dossier de près, Marie-Noëlle Battistel croit savoir qu’« une annonce de la part du ministre François de Rugy, lors des débats sur la loi Climat énergie, est prévue pour la semaine prochaine [mardi 25 juin ou mercredi après-midi]. On a compris qu’il ne reviendrait pas sur l’ouverture à la concurrence. » À la CGT, Fabrice Coudour veut malgré tout y croire : « Jusqu’à il y a quelques semaines, [l’exécutif] semblait décidé. Mais, avec la mobilisation qui fait du bruit, et le contexte de la privatisation d’Aéroports de Paris, la donne est désormais différente. »

 « Quelle sera la part de la biodiversité dans les cahiers des charges élaborés par les ministères ? »

S’ajoute à ces atermoiements le plan de restructuration d’EDF — baptisé Hercule — voulu par l’Élysée. Reporterre vous a expliqué que le projet est de nationaliser les activités nucléaires et de privatiser des filiales, notamment dans les énergies renouvelables, du groupe. Reste à savoir quelle serait la place de l’hydroélectricité. Une des options est que les plus grands barrages iraient dans la partie nationalisée, et que le reste des équipements hydrauliques serait inclus dans le lot ouvert aux capitaux privés. « Mais, on a l’impression que même EDF ne sait pas ce que le gouvernement l’autorise à faire », dit Fabrice Coudour.

Sans attendre les précisions du gouvernement, les opposants de l’ouverture à la concurrence peaufinent leurs arguments en faveur du maintien de ce qui s’apparente, pour eux, à un service public. Certains craignent pour la sécurité, qui pourrait ne pas être aussi bien assurée par des opérateurs cherchant avant tout la rentabilité. D’autres soulignent les pertes économiques qu’engendrerait un système géré par une multiplicité d’acteurs devant sans cesse se coordonner plutôt que par un seul.

Manifestation à Serre-Ponçon (Hautes-Alpes), le 8 mai 2019.

Surtout, tous insistent sur le fait que, en plus de produire de l’électricité, les barrages ont de multiples usages. Les lacs de retenue sont devenus des espaces de loisir, de tourisme, de pêche et servent de réserve d’eau pour l’agriculture ou même les populations, les barrages servent à écrêter les crues et doivent maintenir des débits suffisamment importants pour le refroidissement des centrales nucléaires… ou pour la biodiversité. « Les concessions dureraient 30 ou 40 ans, prévoir les usages pour une durée aussi longue serait rigoureusement impossible, et chaque changement impliquerait une renégociation du cahier des charges et des coûts supplémentaires », estime Philippe André, de Sud Énergie, coauteur d’un rapport regroupant des paroles d’experts d’EDF sur les barrages. « À Serre-Ponçon (Hautes-Alpes), le remplissage estival pour le tourisme est fait gratuitement, et il faudrait désormais le payer », craint de son côté Jean Ganzhorn, le Gilet jaune des Hautes-Alpes. « Quelle sera la part de la biodiversité dans les cahiers des charges élaborés par les ministères ? » demande aussi Pierre Janot, président des Amis de la Terre Isère.

« L’eau est un bien commun, de première nécessité » 

Philippe André rappelle également le contexte du changement climatique : « Une étude du ministère de l’Écologie indique que les débits d’étiage [le débit minimal observé sur un cours d’eau dans l’année] vont être divisés par deux dans les 30 ans à venir. Or, les trois quarts de l’eau de surface en France sont stockés dans les barrages gérés par EDF. C’est le plus mauvais moment pour confier le robinet au privé ! »

L’hydraulique représentait par ailleurs, en 2017, plus de la moitié de l’électricité d’origine renouvelable produite en France (et 10 % de l’électricité produite au total). « Si on a vraiment pour objectif de faire baisser le nucléaire et d’augmenter les renouvelables, l’hydroélectricité est un outil nécessaire et stratégique pour y parvenir », estime Marie-Noëlle Battistel. « Les barrages ont deux qualités : ils peuvent stocker l’énergie et être démarrés très rapidement. Donc, ils sont indispensables pour compenser le côté intermittent et non pilotable de l’éolien et du solaire », explique Philippe André. « L’eau est un bien commun, de première nécessité », résume Marie-Noëlle Battistel.

« Sans ouverture à la concurrence, il n’y aura pas d’amélioration de la situation existante », avertit au contraire Marc Boudier, président de l’Association française indépendante de l’électricité et du gaz (Afieg). Le ministère de la Transition écologique a déjà indiqué les trois critères qui pourraient présider au choix entre les candidats en cas de mise en concurrence : des investissements pour augmenter la performance des barrages, une gestion durable de l’eau conciliant les différents usages et une redevance suffisante pour l’État et les collectivités locales. « La compétition fera émerger ce qu’il y a de meilleur pour la collectivité en fonction de ces trois critères », poursuit Marc Boudier. « Par ailleurs, il faut équiper de façon plus moderne les barrages, il est normal de considérer que tous ces investissements peuvent être le fait de plusieurs entreprises et pas d’une seule. EDF est déjà sollicitée par énormément de besoins de financement, notamment dans le nucléaire. » Quant aux inquiétudes sur la sécurité, « l’hydraulique est un secteur extrêmement réglementé », rassure-t-il encore.

Pas de quoi convaincre les opposants à la libéralisation. Les pistes pour mettre les barrages français à l’abri des appétits privés et des injonctions de la Commission européenne sont multiples : la CGT propose de faire d’EDF un service d’intérêt économique général (Sieg), Delphine Batho propose de qualifier l’hydroélectricité de « service d’intérêt général » via la loi (son amendement a pour l’instant été déclaré irrecevable), Jean Ganzhorn propose une coopérative citoyenne à « réinventer ».

Ce dernier a d’ailleurs créé une banderole de 100 mètres de long à brandir sur les barrages : « Quand tout sera privé, on sera privé de tout. » « On a réussi à réunir des personnes qui n’avaient jamais manifesté ensemble », se réjouit-il. Fait rare, « il y a une véritable unanimité syndicale », ajoute Fabrice Coudour, à la CGT. « On va continuer, on peut faire autant de mobilisations que de barrages », avertit Pierre Janot, pour les Amis de la Terre.

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[1] L’historique est résumé par Checknews de Libération dans cet article.

[2] EDF exploite 80 % des barrages, les autres sont exploités par la Compagnie nationale du Rhône et la Shem (Société hydroélectrique du midi) qui appartiennent notamment à Engie.

Lire aussi : La privatisation des barrages menace la gestion de l’eau

Source : Marie Astier pour Reporterre

Photos :
. chapô : le barrage de Roselend, en Savoie. Wikipedia (versgui/CC BY-SA 3.0)
. carte : Géorisques
. manifestation : © Thierry Bento

Par Marie Astier (Reporterre), publié le 22 juin 2019

https://reporterre.net/Une-mobilisation-jaune-vert-rouge-s-organise-contre-la-privatisation-des

Juin 23

DES ALLEMANDS PRÉOCCUPÉS PAR LE POSSIBLE DÉPLOIEMENT D’ARMES NUCLÉAIRES SUR UNE BASE US

Pendant une semaine à compter du dimanche 23 juin, des activistes envisagent de protester près de la base aérienne américaine de Ramstein, située dans le nord de l’Allemagne. Les manifestations viseront à attirer l’attention sur le problème d’un possible déploiement d’armes nucléaires sur cette base.

Pour la cinquième année consécutive, des protestations de masse auront lieu les 23 et 30 juin près de la base aérienne américaine de Ramstein, dans le nord de l’Allemagne, a fait savoir le co-organisateur de l’action, l’avocat Reiner Braun. D’après lui, des milliers d’activistes sont préoccupés par une éventuelle guerre en Iran et par le rôle que la base de Ramstein pourrait y jouer.

«Nous voulons augmenter le degré de discussion sur le déploiement des armes nucléaires jusqu’à ce que ce sujet ne soit même plus abordé. C’est une politique de paix préventive», a déclaré à Sputnik M.Braun.

Il a mentionné que des politiciens conservateurs, dont la ministre de la Défense Ursula von der Leyen, «disent sans hésiter qu’après la fin du FNI (le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire), le développement de tous les événements est possible, ce qui peut signifier un nouveau déploiement d’ogives nucléaires». Selon l’avocat allemand, la base de Ramstein a encore «la capacité technique pour le déploiement d’armes nucléaires», en plus d’un «emplacement géographique central»:

«Il est très probable que si les armes nucléaires doivent être redéployées en Europe, ce sera à Ramstein».

Les manifestants, dont certains hommes politiques allemands, envisagent d’encercler la base sans l’approbation des autorités, comme lors des années précédentes. Ils stationneront pendant une semaine sur le terrain et y organiseront un congrès international ainsi qu’un festival de la paix.

La base aérienne américaine et de l’Otan située à Ramstein compte environ 15.000 militaires et 30.000 spécialistes civils. C’est l’une des deux bases sur le territoire allemand qui disposerait d’ogives nucléaires. Le 603ème centre des opérations aériennes et spatiales, qui y a été déployé en 2011, coordonne et dirige les opérations des drones américains en Afghanistan, en Irak, en Somalie, au Yémen et au Pakistan.

Publié le 23 juin 2019 à 12h39

https://fr.sputniknews.com/international/201906231041499913-des-allemands-preoccupes-par-le-possible-deploiement-darmes-nucleaires-sur-une-base-us/

Juin 23

DONALD TRUMP ANNONCE DE NOUVELLES SANCTIONS « MAJEURES » CONTRE L’IRAN

« L’Iran ne peut pas avoir d’armes nucléaires ! », a tweeté samedi le président américain. Selon le « Washington Post », des cyberattaques ont été lancées contre les systèmes de défense iraniens.

Les tensions restent vives entre Téhéran et Washington, samedi 22 juin, après que Donald Trump a affirmé, vendredi, avoir annulé à la dernière minute des frappes contre l’Iran en réponse à un drone américain abattu la veille par Téhéran.

Lire aussi « Dix minutes avant la frappe, je l’ai stoppée » : les douze heures où Trump a failli attaquer l’Iran (Article réservé à nos abonnés)

Le président américain a annoncé que les États-Unis imposeraient dès lundi de nouvelles sanctions « majeures » contre le pays. « L’Iran ne peut pas avoir d’armes nucléaires ! », a tweeté samedi M. Trump.

Quelques heures avant cette annonce, le locataire de la Maison Blanche avait assuré que si les Iraniens renonçaient à leur programme nucléaire, il deviendrait leur « meilleur ami ». « Nous n’allons pas laisser l’Iran se doter de l’arme nucléaire et quand ils auront accepté cela, ils auront un pays riche, ils seront tellement heureux et je serai leur meilleur ami. J’espère que ça va arriver », a-t-il lancé à la presse depuis Washington.

« Mais si les dirigeants iraniens se comportent mal, ils vont passer une très mauvaise journée », a-t-il ajouté avant de s’envoler pour la résidence présidentielle de Camp David, où il doit s’entretenir de cette crise avec plusieurs responsables. « Espérons qu’ils se montrent intelligents », a-t-il poursuivi. « Si on pouvait remettre l’Iran sur les rails de la reconstruction économique, ce serait fantastique. »

Des cyberattaques lancées contre l’Iran, selon des médias

Selon le Washington Post, le locataire de la Maison Blanche avait déjà autorisé secrètement des représailles sous forme de cyberattaque contre les systèmes de défense iraniens. Une des cyberattaques a visé des ordinateurs servant à contrôler des lancements de missiles et de fusées.

D’après le Washington Post, ces cyberattaques, planifiées depuis plusieurs semaines, avaient été initialement proposées par les militaires américains comme riposte contre les attaques mi-juin contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Washington accuse l’Iran de ces attaques, alors que Téhéran nie toute implication.

« Poudrière »

Du côté de l’Iran, l’agence de presse ISNA a affirmé plus tôt samedi qu’« un fournisseur du ministère de la défense » qui avait été condamné pour espionnage au profit de Washington a été exécuté. « Jalal Haji Zavar, un fournisseur de l’organisation aérospatiale du ministère de la défense, qui était un espion pour la CIA et le gouvernement américain, a été exécuté », a précisé ISNA, citant l’armée. L’agence ne donne pas plus de détails, mais le timing de cette annonce apparaît comme un message adressé à Washington.

L’homme avait été condamné par un tribunal militaire et sa sentence a été exécutée à la prison de Rajai-Shahr dans la ville de Karaj, au nord-ouest de Téhéran. Selon ISNA, M. Zavar a été « identifié par les services de renseignement du ministère de la défense » et avait, au cours de l’enquête, « avoué explicitement espionner au profit de la CIA pour de l’argent tandis que des documents et des outils d’espionnage avaient été retrouvés à son domicile ».

Et en début de journée, l’armée iranienne a averti les États-Unis que la moindre attaque contre son territoire aurait, selon elle, des conséquences dévastatrices pour les intérêts américains dans la région. « Tirer une balle en direction de l’Iran mettra le feu aux intérêts de l’Amérique et de ses alliés », a ainsi déclaré le général de brigade Abolfazl Shekarchi, porte-parole de l’état-major conjoint des forces armées iraniennes dans un entretien à l’agence Tasnim.

« Aujourd’hui, la situation régionale est à l’avantage de l’Iran », a ajouté l’officier : « Si l’ennemi – en particulier l’Amérique et ses alliés dans la région – fait l’erreur de tirer une balle vers la poudrière sur laquelle repose l’Amérique, alors ses intérêts prendront feu. » « L’Amérique, ses intérêts et ceux de ses alliés seront consumés par ce feu », a assuré le général Shekarchi, pour qui « le but de l’ennemi », en particulier Israël, « est de désarmer l’Iran ».

Un diplomate britannique dépêché en Iran dimanche

De son côté, le ministère britannique des affaires étrangères a fait savoir qu’Andrew Murrison, secrétaire d’État pour le Moyen-Orient, se rendra en Iran dimanche. « En cette période de tensions régionales exacerbées, cruciale pour l’avenir de l’accord nucléaire, cette visite est une opportunité pour un dialogue plus ouvert, franc et constructif avec le gouvernement iranien », dit le Foreign Office dans un communiqué diffusé samedi.

Lire aussi Le Global Hawk, un drone aussi puissant que facile à abattre

« M. Murrison plaidera en faveur d’une désescalade urgente dans la région, il exprimera les préoccupations du Royaume-Uni et de la communauté internationale concernant le comportement régional de l’Iran et sa menace de cesser de se conformer à l’accord nucléaire auquel le Royaume-Uni reste pleinement attaché », ajoute-t-il.

Décidés à sauver l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015, que les États-Unis ont dénoncé trois ans plus tard, les signataires européens ont promis la mise en place d’un dispositif censé compenser les sanctions américaines, mais le programme a pris du retard et Téhéran juge leurs efforts insuffisants.

Lire aussi Qui est John Bolton, le conseiller va-t-en-guerre de Donald Trump ? (Article réservé à nos abonnés)

Le 8 mai, la République islamique leur a donné soixante jours pour mettre leurs promesses en œuvre, faute de quoi elle menace de ne plus respecter les dispositions de l’accord.

Le Monde avec AFP et Reuters, publié le 22 juin 2019 à 11h55, mis à jour à 12h41

Photo : Le président américain, Donald Trump, donne une conférence de presse le 22 juin à la Maison Blanche. SAUL LOEB / AFP

Cet article a été publié sur https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/22/l-iran-met-en-garde-les-etats-unis-sur-les-consequences-en-cas-d-attaque_5480113_3210.html que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Juin 23

POLYNÉSIE : PRÉSIDENCE DE MORUROA E TATOU : « NOUS VOULONS QUELQU’UN D’APOLITIQUE »

PAPEETE, le 21 juin 2019. Moruroa e tatou organise une marche le 2 juillet jusqu’aux jardins de Paofai pour commémorer le 1er essai nucléaire. L’association souhaite faire reconnaître le « préjudice direct des ayants droit des victimes des essais nucléaires. »

Chaque année, l’association commémore le 1er essai nucléaire qui a eu lieu le 2 juillet 1966. Baptisé Aldébaran, du nom de l’étoile la plus brillante de la constellation du Taureau, ce premier essai nucléaire a marqué le départ d’une longue série de 46 tirs aériens pendant huit ans, à Moruroa et Fangataufa, puis de 147 essais dans la base rocheuse de ces deux atolls, jusqu’en 1996.

Moruroa e Tatou a choisi de placer la journée du 2 juillet sous le thème « Mes chers parents, quels est mon avenir ? ». « Chaque paroisse va développer un message » souligne le pasteur Mitema Tapati. vice-président de l’association. « On s’occupe des victimes des essais nucléaires mais à côté il y a les familles aussi. Jusqu’à présent, on ne s’en occupe pas. Les familles des victimes ont aussi subi des conséquences sur leur santé. Mais elles ont subi aussi un préjudice économique après le décès d’un père par exemple ou d’un mari. »

Des doléances seront remises au représentant du haut-commissaire et au président du Pays. «On a une grande interrogation sur la nature trans-générationnelle des conséquences à des expositions de rayons ionisants », poursuit l’avocat Philippe Neuffer. « Ce n’est pas impossible qu’elles se transmettent de génération en génération. Moruroa e Tatou souhaite attirer l’attention des pouvoirs publics sur cette question. Il est difficile d’avoir un avis indépendant. Aucune puissance nucléaire ne fera cette démarche. »

Tir Aldébaran le 2 juillet 1966.

Moruroa e tatou dénonce aussi la modification en décembre dernier de la loi Morin qui prévoit depuis une exposition minimale aux rayonnements ionisants pour contrecarrer le principe de causalité dont bénéficiaient les demandes de réparation faite dans le cadre de cette loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français. L’association dénonce ce « risque négligeable déguisé » et souhaite qu’une nouvelle loi soit mise en place et regrette que la « loi Morin contienne beaucoup trop de dates butoir. Il y a trop de choses qui retardent les indemnisations des victimes », souligne Mitema Tapati. «Cette loi Morin ne devrait pas exister. Elle ne résout en rien la problématique des victimes des essais nucléaires. L’indemnisation devrait être automatique. »

Les arrondissements de l’Église protestante se dirigeront le 2 juillet vers les jardins de Paofai. Tout au long de la matinée, à partir de 9 heures, ils feront des prestations (chants et danses).

Président de Moruroa e tatou : « Nous voulons quelqu’un d’apolitique »

Quatre personnes ont passé un entretien avec les représentants de l’Eglise protestante Maohi, dont dépend Moruroa e Tatou, pour devenir président de l’association. Il s’agit de Hiro Tefaarere, ancien syndicaliste et ancien représentant Tavini à l’assemblée, Clément Pito, ancien proche de Joinville Pomare, Heinui Le Caill, secrétaire général adjoint du Tavini, et de Xavier Mahaa, adhérent de Moruroa e tatou.
La commission permanente de l’Église protestante ma’ohi doit examiner la semaine prochaine la question de la succession à Roland Oldham. C’est elle qui devra fixer une date pour une assemblée générale extraordinaire. « Ce n’est pas aussi pressé que ça. Normalement selon les statuts, il faut convoquer une assemblée générale extraordinaire. On verra avec la commission permanente la semaine prochaine », explique Pasteur Mitema Tapati, vice-président de l’association Moruroa e Tatou. « On n’a plus le droit à l’erreur. Il faut choisir la meilleure personne pour aller de l’avant. On ne peut pas choisir quelqu’un aujourd’hui et voir l’année prochaine qu’il est sur une liste politique aux prochaines élections ou qu’il est avec un leader politique. »

En peu de temps, l’association a perdu trois piliers : John Doom, Bruno Barrillot et Roland Oldham. « Petit à petit, on se reconstruit », souligne Me Neuffer qui poursuit : « Le combat politique est international. Il faut parler anglais. C’est un des critères. »

Le Pasteur Mitema Tapati souligne aussi l’importance pour le futur président de Moruroa e tatou de s’inscrire dans la lignée de l’Eglise protestante. « Moruroa e Tatou est une branche d’activité de l’Église protestante Maohi. Il faut être en symbiose avec l’Église protestante. Il faut choisir quelqu’un qui pourra le faire. Il ne faut pas que Moruroa e Tatou aille dans le sens contraire de l’EPM. »

Rédigé par Mélanie Thomas le vendredi 21 Juin 2019 à 14h03

https://www.tahiti-infos.com/Presidence-de-Moruroa-e-tatou-Nous-voulons-quelqu-un-d-apolitique_a182459.html

Juin 23

KIM JONG UN DIT AVOIR REÇU UNE LETTRE « EXCELLENTE » DE DONALD TRUMP

Le dirigeant nord-coréen loue aussi le « courage extraordinaire » du président américain, alors que les négociations entre les deux pays sur le nucléaire restent au point mort.

 

 Une photographie de l’agence officielle nord-coréenne KCNA publiée le 23 juin 2019 montre Kim Jong Un lisant une lettre de Donald Trump. (©KCNA VIA KNS/AFP/KCNA VIA KNS)

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a reçu une lettre personnelle du président américain Donald Trump au contenu « excellent », a annoncé dimanche 23 juin 2019 l’agence officielle nord-coréenne KCNA alors que les négociations entre les deux pays restent enlisées.

« Après avoir lu la lettre », Kim « a déclaré avec satisfaction que son contenu était excellent », a indiqué KCNA. « Marquant son appréciation pour la faculté de jugement politique et le courage extraordinaire du président Trump, Kim Jong Un a dit qu’il allait étudier avec attention son intéressant contenu ».

KCNA n’a pas donné d’autres détails sur le contenu de la missive. La Maison Blanche a refusé de confirmer l’envoi par Donald Trump d’une lettre à son homologue nord-coréen, mais la présidence sud-coréenne a dit être au courant de l’existence de ce courrier.

Séoul « considère cela comme positif, dans la mesure où le dialogue entre le Nord et les États-Unis continue d’aller de l’avant au travers d’échanges de lettres au plus haut niveau », a indiqué la présidence.

Le 11 juin, Donald Trump avait indiqué avoir reçu une lettre « magnifique » et « très chaleureuse » de Kim Jong Un, ajoutant qu’il continuait à faire confiance au Nord-Coréen malgré l’absence de progrès tangibles sur la dénucléarisation.

Lire aussi : Donald Trump dîne avec son « ami » Kim Jong Un lors d’une rencontre à Hanoï

« La Chine détient la clé »

Kim Jong Un vient de recevoir en visite d’État le président chinois Xi Jinping. Pékin, qui applique les sanctions internationales, reste le seul allié important de Pyongyang. À cette occasion, Xi Jinping a assuré son hôte qu’il se félicitait « des efforts » de la Corée du Nord pour « maintenir la paix et la stabilité dans la péninsule coréenne et promouvoir sa dénucléarisation ».

« La Chine détient la clé de ce que la Corée du Nord désire plus que tout : des garanties de sécurité et le développement économique », a expliqué Koh Yu-hwan, professeur à l’Université Dongguk à Séoul. « Après avoir obtenu de la Chine la promesse de son aide active dans ces deux domaines, Kim tend la main aux États-Unis », a-t-il estimé.

Le leader nord-coréen Kim Jong Un (à droite) reçoit le président chinois Xi Jinping à Pyongyang, le 21 juin 2019. (©KCNA VIA KNS/AFP/KCNA VIA KNS)

Xi Jinping et Donald Trump doivent se rencontrer à l’occasion du sommet du G20 au Japon fin juin. Les analystes pensent que le président chinois utilisera son voyage à Pyongyang pour montrer à son homologue américain l’étendue de son influence sur Kim Jong Un.

La tension entre la Corée du Nord et le reste du monde s’est considérablement réduite l’an dernier. Elle avait atteint des sommets au cours des années précédentes à la suite des essais nucléaires et des tirs de missiles pratiqués par le régime de Pyongyang.

La détente avait été symbolisée en 2018 par l’historique sommet de Singapour entre Kim Jong Un et Donald Trump.

Mais un deuxième sommet Trump-Kim en février à Hanoï n’a rien donné, Américains et Nord-Coréens restant bloqués sur la question de la dénucléarisation coréenne. Washington exige qu’elle intervienne avant la levée des sanctions internationales, ce que Pyongyang refuse.

Kim Jong Un et Donald Trump lors de leur sommet à Hanoï le 27 février 2019. (©AFP/Archives/Saul LOEB)

Kim Jong Un a déclaré jeudi à son hôte chinois que son pays avait pris « beaucoup de mesures positives » l’an dernier afin de réduire la tension mais n’avait pas « obtenu de réponses positives de la part des parties concernées », selon le compte rendu de la télévision chinoise.

Le déplacement de Xi Jinping à Pyongyang était pour le président chinois une façon d’afficher son entente avec la dynastie des Kim alors qu’il doit lui-même retrouver Donald Trump la semaine prochaine au Japon pour discuter de la guerre commerciale entre les deux géants du Pacifique.

Source : © 2019 AFP, publié le 23 Juin 19 à 9h51

https://actu.fr/monde/kim-jong-dit-avoir-recu-une-lettre-excellente-donald-trump_25162021.html

Juin 22

RÉVISION DES RECOMMANDATIONS DE LA CIPR APRÈS UN ACCIDENT GRAVE

La Commission internationale de protection radiologique (CIPR) est une organisation non gouvernementale internationale qui émet des recommandations concernant l’exposition aux rayonnements ionisants. La quasi-totalité des réglementations et normes internationales et des réglementations nationales en radioprotection reposent sur ces recommandations.

Suite à la catastrophe de Fukushima, elle a mis en place un groupe de travail pour réviser ses recommandations (Task group 93). Peu d’information est disponible alors que cela intéresse toutes les personnes exposées dans les territoires fortement pollués par la radioactivité, comme autour de Kychtym, Tchernobyl ou Fukushima daï-ichi. Les seules communications sont destinées aux experts. En cherchant bien sur Internet, on trouve ce résumé donné à une conférence (lien direct, copie), ainsi que la présentation faite (lien direct, copie). La même personne a fait une autre présentation plus récente, à une autre conférence (ConRad), sans que rien ne soit disponible en ligne. Mais l’ACRO a reçu le catalogue des résumés.

Pour ce qui est de la révision des recommandations de la CIPR, l’application des principes de justification et d’optimisation reste assez abscons. Rien de bien concret n’est donné dans les résumés. La présentation (lien direct, copie) donne clairement l’orientation générale des changements envisagés : éviter les évacuations, puis autoriser les populations à rester à long terme dans les territoires contaminés. Cela est présenté sous la forme “faire plus de bien que de mal”. Mais les “dialogues de la CIPR” menés à Fukushima n’ont concerné que quelques personnes qui n’ont pas quitté Fukushima, sans prendre en compte l’avis des personnes qui sont parties et ne souhaitent pas rentrer. Les leçons sont forcément biaisées.

La CIPR envisage aussi une modification des niveaux de référence qui ne sont pas “compris et acceptés”. Durant la phase d’urgence, la recommandation actuelle propose un intervalle allant de 20 à 100 mSv pour les niveaux de référence. Le groupe de travail 93 propose de ne plus mettre de limite inférieure : le niveau de référence pour les sauveteurs et les populations serait alors inférieur à 100 mSv pendant la phase d’urgence ou sur un an. Une fois l’urgence terminée, s’il y a une contamination rémanente, la CIPR parle de “situation existante”. La recommandation actuelle propose un intervalle allant de 1 à 20 mSv par an, avec un retour à 1 mSv par an, sans pour autant donner de calendrier. Le groupe de travail 93 propose de limiter à 10 mSv/an les niveaux de référence, avec un retour progressif à 1 mSv/an, sans plus de précision sur la vitesse à laquelle doit se faire ce retour.

Il s’agit d’un progrès, mais ce n’est pas assez contraignant : le Japon s’est bien engagé à un retour à 1 mSv/an, mais à long terme, sans préciser ce qu’il entend par long terme. Pour le moment, plus de huit ans après la catastrophe, il s’accroche à sa limite de 20 mSv/an qui n’est pas acceptée par une grande partie de la population. Le taux de retour moyen dans les territoires où les ordres d’évacuer ont été levés est de 23% seulement (voir notre bilan chiffré pour le huitième anniversaire). En plus d’une dose limite annuelle, il faut vraiment introduire une dose limite sur la vie ou sur 50 ans. Les États-Unis limitent la dose à 50 mSv sur 50 ans en plus de la limite annuelle. Cela permettrait aux personnes âgées de rentrer chez elles si elles le souhaitent, tout en protégeant les enfants. L’ACRO avait milité pour une telle approche lors de la transposition des règles européennes dans le droit français. En vain.

Le groupe de travail 93 insiste aussi sur la prise en charge par les populations de leur radioprotection pour apprendre à vivre en territoire contaminé. Cela peut être une solution pour les personnes qui veulent rentrer ou rester en territoire contaminé, mais cela ne peut être en aucun cas une contrainte imposée aux populations pour les pousser à rentrer.

La présentation se termine par la phrase habituelle, “engager les parties-prenantes”, sans que la CIPR ne se l’applique à elle-même !

Les recommandations actuelles de la CIPR sont ici en français.

La conférence ConRad qui a eu lieu à Bonn ce mois-ci incluait une session complète sur la vie en territoire contaminé comme le montre le catalogue des résumés. Certains en sont encore à présenter les expériences menées il y a plus de 10 ans dans les environs Tchernobyl, comme s’il n’y avait rien eu de neuf depuis. Et surtout, il y a eu le professeur Yamashita, célèbre au Japon pour avoir déclaré qu’il fallait sourire et ne pas craindre les radiations car les principaux effets étaient psychologiques…

Quand est-ce que tous ces groupes de travail et programmes de recherche vont prendre en compte les préoccupations des populations exposées ?

Publié dans ACROnique de Fukushima, Urgence nucléaire le 19 juin 2019

Mise à jour : la consultation de la CIPR est ouverte jusqu’au 20 septembre 2019

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

Juin 22

L’ACCIDENT NUCLÉAIRE DE TCHERNOBYL N’A-T-IL FAIT QUE 130 MORTS ?

Le bilan de Tchernobyl est depuis trente ans une source de débat, et de chiffrages très divergents. Le succès de la série «Chernobyl» a relancé l’intérêt pour le sujet.

Le succès de la série Chernobyl, diffusée sur OCS, a relancé l’intérêt du public pour l’accident nucléaire intervenu le 26 avril 1986. Le 31 mai, Léo Grasset, aussi connu pour sa chaîne YouTube de vulgarisation scientifique DirtyBiology, écrivait dans un tweet, que la catastrophe de Tchernobyl n’avait fait qu’environ trente morts après l’accident et une centaine de cancers thyroïdiens mortels. Soit un bilan faible, par rapport à l’image populaire de l’événement.

La question du bilan de la catastrophe de Tchernobyl est un serpent de mer sur lequel Libération a déjà écrit comme en 1996 – «Impossible bilan des maladies» – ou en 2006 – «Un bilan toujours impossible à établir».

D’où viennent ces chiffres ?

Léo Grasset met un lien dans son tweet vers un article de Forbes qui critique la série de HBO sur sa dramatisation d’un événement moins meurtrier qu’il n’y paraît. «J’étais amené à penser que des douzaines de travailleurs et de pompiers avaient été tués immédiatement, mais, selon le rapport officiel des Nations unies sur l’accident, seulement deux travailleurs, pas des douzaines, ni des centaines, ont été tués dans les heures suivant l’explosion», écrit Forbes.

Ensuite l’article dresse le bilan de la catastrophe, toujours selon les Nations unies. Concernant les travailleurs, il parle de trois morts sur le site, vingt-huit dans les semaines suivantes et encore dix-neuf quelques années plus tard. Voici les environ trente morts de DirtyBiology, puisque les dix-neuf décès plus tardifs ne sont pas clairement causés par l’accident, selon les sources citées.

Plus loin, on trouve les données sur le cancer de la thyroïde. Toujours en reprenant les estimations des Nations unies, Forbes parle d’un nombre de cancers de la thyroïde attribuables aux radiations compris entre 5 000 et 16 000. En appliquant une mortalité de la maladie de 1%, il trouve donc entre 50 et 160 morts. Voici donc les «environ 100 cancers de la thyroïde» de DirtyBiology.

À lire aussi : La vidéo de France Info montrant l’explosion du réacteur de Tchernobyl est-elle authentique?

L’UNSCEAR

La principale source de Forbes est donc le Comité scientifique des Nations unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants (ou UNSCEAR) où la France est représentée par des membres du CEA et de l’IRSN. Son analyse du bilan de l’accident de Tchernobyl est accessible en français ici. On y retrouve le chiffrage repris par Forbes d’une trentaine de morts parmi les employés en l’espace de quelques semaines. Concernant la mortalité du cancer de la thyroïde, le comité ne parle que de quinze morts reconnus en 2005. Forbes va au-delà (évoquant donc entre 50 et 160 morts) par un calcul propre.

Ce qui surprend, dans l’analyse de l’UNSCEAR, c’est que seuls les pathologies des travailleurs sur le site et le cancer de la thyroïde dans la population générale sont précisément chiffrés. Pour les autres maladies, «il n’existait, vingt ans après l’accident, aucune preuve d’un impact majeur d’une exposition aux rayonnements sur la santé publique», écrit l’UNSCEAR.

De même, le comité refuse de prendre position sur le nombre de décès à venir, faute d’une méthodologie satisfaisante si l’on en croit son rapport de 2008 «le comité a décidé de ne pas utiliser de modèle pour chiffrer les effets sur les populations exposées à de faibles doses de radiation à cause de l’accident de Tchernobyl en raison des incertitudes inacceptables sur les prédictions».

L’UNSCEAR va jusqu’à conclure que «l’accident de Tchernobyl a certes bouleversé des vies, mais du point de vue radiologique, les perspectives concernant la santé de la plupart des personnes sont plutôt positives».

Des prédictions incertaines

Pourquoi l’UNSCEAR se plaint d’incertitudes sur les prédictions ? Plusieurs sujets sont l’objet de débat. Le cancer peut se déclarer dix, quinze, vingt ou trente ans après l’exposition. Entre-temps, d’autres facteurs environnementaux peuvent jouer le rôle de déclencheur. Dès lors, il est difficile d’apporter des preuves irréfutables d’un lien entre un événement, même nucléaire, et une maladie.

Et même quand tout le monde est d’accord pour lier une maladie à une exposition, il reste à en définir la part attribuable à l’exposition. Par exemple, l’UNSCEAR estime que 25 % des cancers de la thyroïde observés sont attribuables à l’accident. Mais la fourchette d’incertitude de ce chiffre va de 7% à 50% (voir ici). L’attribution des pathologies à l’exposition aux radiations est un des points durs de la recherche sur le sujet.

À lire aussi : La France a-t-elle volontairement exposé des personnes aux radiations lors des essais nucléaires sur le sol algérien ?

Ajoutons que les données sur les populations exposées à de faibles doses sont faibles sinon inexistantes. Si l’IRSN écrit que «l’absence d’effets décelables ne permet pas d’exclure l’existence d’un risque», il est très difficile de quantifier les risques. La commission canadienne de sûreté nucléaire donne une bonne explication sur le sujet. Pour faire simple, on dispose de données assez solides pour faire un lien entre la dose reçue et l’augmentation du risque de cancer au-delà de 100mSv. En dessous de cette dose, c’est plus flou et les modèles d’estimation des risques sont controversés.

Déficit de confiance

Les précautions de l’UNSCEAR s’expliquent enfin par le manque de confiance dans certaines données fournies par les scientifiques des pays touchées par la catastrophe. Dans son rapport réalisé pour le compte de l’IRSN, la sociologue Christine Fassert indique ainsi que «l’évaluation des conséquences sanitaires dans la situation post-Tchernobyl est caractérisée par des désaccords profonds entre les conclusions des rapports d’organisation internationale (AIEA, UNSCEAR…) et les résultats des scientifiques locaux en Ukraine et au Belarus». Ces derniers allant jusqu’à estimer le nombre de morts possibles à près d’un million, dans un livre publié par l’académie des sciences de New York mais pas revu par ses pairs avant publication.

Ainsi, note Christine Fassert, les scientifiques locaux «ont constaté une baisse générale dramatique du niveau de santé des enfants : le nombre d’enfants « pratiquement sains » a diminué de 80% en 1985 à 20% en 2000». Mais «ces données « locales » ne furent pas reprises en compte par les rapports que nous avons appelés « institutionnels »». Preuve du grand écart statistique : en 2016, l’Ukraine comptait 35 000 personnes sous le statut «époux·se d’un·e victime de Tchernobyl».

Les difficultés méthodologiques ainsi que cette défiance entre institutions internationales et autorités locales, poussent l’IRSN à écrire sur son site que «trente ans après l’accident, il est impossible de dresser un bilan sanitaire exhaustif. Et pour cause : les résultats disponibles sont limités par la qualité des études épidémiologiques réalisées, la difficulté d’identifier précisément les populations exposées et les incertitudes associées aux estimations dosimétriques. Surtout, la réalisation de bilans sanitaires est rendue extrêmement compliquée par les changements socio-économiques majeurs survenus dans ces régions suite à la chute de l’Union soviétique».

Quelques chiffres

En ayant en tête ces limites et controverses, on peut donner quelques chiffres. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) livrait en 2005 les données suivantes concernant l’impact sanitaire de la catastrophe (qui ne font pas tous consensus). Au moins 5 millions de personnes vivent en zone contaminée, 600 000 personnes ont travaillé sur le site de la centrale depuis l’accident (dont 226 000 en 1986-1987), les fameux «liquidateurs» et 350 000 personnes ont été évacuées.

Au moment de la catastrophe, 600 travailleurs étaient présents, 237 ont été hospitalisés, parmi lesquels 134 présentaient un syndrome d’irradiation aiguë. C’est parmi cette population que se trouvent les 31 + 19 morts évoqués au début de cet article.

Des bilans différents

Pour ce qui est du nombre de victimes, l’OMS, en 2005, reconnaissait moins de 50 morts attribués aux radiations (liquidateurs et victimes du cancer de la thyroïde compris). Elle estimait toutefois que ce chiffre pourrait s’élever, à terme, à 4 000 décès au sein des populations les plus exposées (200 000 premiers travailleurs et population la plus exposée).

En 2006, le Centre international de recherche sur le cancer a livré son évaluation sur le sujet. Les auteurs estimaient à l’époque que Tchernobyl a causé 3 000 cas de cancers (autres que leucémie, cancer de la thyroïde, cancer de la peau non mélanique) en Europe, soit 0,008% du total des cancers. En se projetant à l’horizon 2065, le CIRC évaluait à «25 000 le nombre de cas de cancers supplémentaires diagnostiqués (autres que le cancer de la thyroïde) et à 16 000, le nombre de décès dus à cette maladie qui pourraient être attribués aux retombées radioactives de Tchernobyl».

D’autres chiffres ont circulé : 220 000 morts (de 1990 à 2004), 115 000 morts de 1986 à 2056 ou encore 50 000 décès de 1986 à 2006… Le total des victimes tournerait autour de 90 000 pour Greenpeace. Enfin, un rapport commandé par les Verts européens, en 2006, estimait le nombre de cas de cancers fatals dus à la catastrophe, à terme, entre 30 000 et 60 000. Les écarts s’expliquent aussi bien par les désaccords sur le nombre de victimes chez les populations les plus exposées, l’impact des radiations chez les populations les moins exposées, ou encore le territoire étudié (alentours de la centrale ou Europe entière).

Un débat encore pour les années à venir

On pourrait élargir encore le débat et ajouter les effets de l’évacuation en elle-même. Si l’on se fie à l’expérience de Fukushima, une évacuation rapide et un déracinement peuvent s’accompagner d’une hausse de suicide ou de défaut de soin chez les personnes les plus fragiles.

À lire aussi : Est-il vrai que l’accident nucléaire de Fukushima n’a causé aucun mort ?

Les différentes autorités, ONG, et scientifiques vont continuer à suivre le taux de cancer chez les populations concernées. Un recul de trente ans n’est pas forcément suffisant pour mesurer tous les effets de la catastrophe.

«Nous devons demander à en savoir plus, et nous armer de données pour résister à ceux qui essaient de nous endormir avec des demi-vérités», expliquait récemment à Libération l’historienne américaine Kate Brown, professeure au Massachusetts Institute of Technology (MIT), auteure d’un ouvrage qui vient de paraître aux États-Unis et au Royaume-Uni (Manual for Survival : A Chernobyl Guide to the Future, Norton).

Un appel qui fait écho à celui du CIRC en 2016 : «Les besoins de nouvelles études sont importants alors que les financements se réduisent d’année en année.» 

En résumé : le bilan de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl va de 50 morts… à 1 million, selon les sources. Loin de nous la prétention de trancher ici. Si l’on enlève les évaluations les plus hautes et basses, on se retrouve avec une fourchette, ou plutôt un râteau, allant de 4 000 à 200 000. L’ONU en 2006 retenait une fourchette de 4 000 à 93 000. Rappelons que certains chiffres sont des estimations des victimes à un instant donné et d’autres des prédictions du total à attendre.

Par Olivier Monod 22 juin 2019 à 10h14

https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/22/l-accident-nucleaire-de-tchernobyl-n-a-t-il-fait-que-130-morts_1731784

Juin 22

RISQUE NUCLÉAIRE : LE PLAN PARTICULIER D’INTERVENTION ÉLARGI À 26 COMMUNES DU SAUMUROIS

L’État établit le Plan particulier d’intervention (PPI) qui a vocation à protéger la population et l’environnement en cas d’incident dans une centrale nucléaire. Le périmètre d’intervention a été élargi de 10 à 20 km en 2019.

Les 57 000 habitants des 26 communes concernées dans le département ont reçu cette semaine un courrier de l’État, les informant de l’extension du Plan particulier d’intervention (PPI) autour de la centrale nucléaire de Chinon. En septembre, ils pourront retirer leurs pastilles d’iode.

Ingénieur en prévention des risques industriels, passé par tous les échelons hiérarchiques des services de secours et d’incendie, Samuel Gesret est un expert reconnu en sécurité civile. Avant de prendre ses fonctions de sous-préfet de Saumur le 20 mai 2019, il a assumé le même rôle dans l’arrondissement de Chinon.

Pourquoi les périmètres des Plans particuliers d’intervention (PPI) autour des centrales nucléaires ont-ils été élargis à 20 km ?

Après Fukushima en 2011, on a constaté que les zones significatives étaient à 20 km. On a trouvé de la radioactivité plus loin, évidemment, mais sur des seuils faibles. L’idée est d’associer un maximum de population. Communiquer en amont, savoir ce qu’il faut faire en cas d’incident. C’est très pertinent. J’ai passé ma vie à gérer des crises. Tout ce qui peut être fait en amont, il faut le faire. Tout ça, c’est du temps de gagné le jour J, s’il y a un incident un jour.

Le risque nucléaire a-t-il augmenté ?

Clairement, non. Il a même baissé. Après Fukushima, où il y avait eu une rupture d’alimentation électrique, des travaux ont été réalisés dans les centrales nucléaires françaises pour augmenter la sécurité et les contrôles. L’avantage du nucléaire, c’est que les installations sont particulièrement contrôlées, par EDF, l’État et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Mais il n’y a pas de risque zéro.

Le nouveau PPI impose aux communes de penser une nouvelle organisation ?

On leur demande d’ajouter le risque nucléaire à leur Plan communal de sauvegarde (PCS). Ici, toutes les communes en ont un, avec le risque inondation lié à la Loire et le risque d’effondrement des cavités souterraines. En cas d’incident, l’État et les collectivités travaillent ensemble.

Quelles mesures sont prises ?

Il y a une partie évacuation et une partie mise à l’abri. Les choix sont faits en fonction de la gravité et du temps qu’on a pour intervenir.

Comment les habitants vont-ils être informés ?

Ils ont reçu cette semaine un premier courrier. Ils en recevront un autre en septembre, avec la marche à suivre et un flash code pour retirer ses pastilles d’iode dans les pharmacies équipées. Les établissements recevant du public sont aussi concernés, les écoles, les entreprises, les hôtels, les hôpitaux, etc. Il faut qu’ils puissent fournir des pastilles d’iode au public se trouvant dans leurs locaux.

Quelle est l’utilité de la pastille d’iode ?

L’iode se fixe sur la thyroïde. La pastille d’iode permet de saturer sa thyroïde afin que l’iode radioactif ne s’y fixe pas. Si cela arrive, le risque pour la santé n’est pas immédiat. Le risque, c’est de développer un cancer. Il peut y avoir un incident sans émission d’iode. Il faut utiliser la pastille d’iode si la consigne en est donnée.

Que se passe-t-il pour la population qui vit à plus de 20 km ?

La préfecture du Maine-et-Loire prépare un plan Orsec pour intervenir au-delà des 20 km. Si c’est nécessaire, d’autres pastilles d’iode seront distribuées.

Les six réflexes à adopter

En cas de problème, le signal d’alerte de la sirène est utilisé. Six réflexes sont à adopter.

  • Premièrement, se mettre rapidement à l’abri dans un bâtiment. Fermer les portes et les fenêtres, couper la ventilation.
  • Ensuite, se tenir informé des consignes de protection données par les pouvoirs publics, via la radio, la télé ou le site Internet de la préfecture.
  • Troisièmement, ne pas aller chercher ses enfants à l’école. Ils sont pris en charge dans l’établissement et il faut éviter les déplacements afin de rester à l’abri au maximum.
  • Quatrièmement, ne pas saturer les réseaux de communication, donc limiter l’usage du téléphone.
  • Cinquièmement, prendre l’iode dès qu’on en reçoit l’instruction. La dose doit être prise uniquement et immédiatement à la demande du préfet.
  • Enfin, se préparer à une éventuelle évacuation. Préparer le kit d’urgence : papiers personnels, traitements médicaux, vêtements, nourriture et boisson.

Plus d’infos sur le site Internet : www.distribution-iode.com.

Écrit par Mélanie MAROIS et publié le 21.06.2019 à 18h07

https://www.courrierdelouest.fr/actualite/securite-risque-nucleaire-le-plan-particulier-d-intervention-elargi-a-26-communes-du-saumurois-21-06-2019-403699

Juin 22

EPR DE FLAMANVILLE : UN BAPTÊME DU FEU POUR LE « GENDARME DU NUCLÉAIRE »

Bernard Doroszczuk, le président de l’ASN, a fait preuve de fermeté sur le dossier des soudures du réacteur normand.

Sa main n’aura pas tremblé. Sur le dossier brûlant des soudures de l’EPR de Flamanville (Manche) – le plus important qu’il ait eu à gérer depuis sa prise de fonctions –, Bernard Doroszczuk, nommé président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en novembre 2018, a indéniablement mis en avant les deux attributs majeurs de son poste : l’autorité, donc, mais aussi l’indépendance. Cet ingénieur général au corps des Mines, qui se trouve être également diplômé… de l’École supérieure du soudage, a su faire preuve en la circonstance d’une fermeté que ne laissaient pas forcément soupçonner son air affable, ses prises de parole toujours pesées et sa parfaite courtoisie.

Cette attitude est, bien sûr, conforme aux missions de l’ASN, qui assure, au nom de l’Etat, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, en même temps que l’information du public. Mais, par le passé, cette autorité administrative indépendante a pu être suspectée, par certaines ONG, de servir de caution à la filière nucléaire, voire de manifester à son égard une certaine complaisance, sinon connivence.

Tel a notamment été le cas sur le dossier de la cuve de l’EPR normand. Alors que des défauts avaient été décelés dans l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur – des excès de carbone susceptibles de fragiliser cette pièce dont la robustesse doit être à toute épreuve –, l’ASN, alors présidée par Pierre-Franck Chevet, a autorisé EDF, en juin 2017, à conserver cette cuve en l’état, sous réserve de remplacer son couvercle au plus tard fin 2024.

Lire aussi Après le nouveau retard de l’EPR de Flamanville, la filière nucléaire dans l’impasse (Article réservé à nos abonnés)

Courroux

À l’époque, beaucoup d’observateurs s’étaient étonnés d’une décision mi-chèvre mi-chou, dont les fondements laissaient perplexes. Imaginerait-on un constructeur automobile dire à un client : « La carrosserie de votre voiture n’est pas totalement fiable, mais vous pouvez rouler quelques milliers de kilomètres avant de la changer » ?

En d’autres occasions, pourtant, le « gendarme du nucléaire » n’a pas hésité à hausser le ton. En février 2017, par exemple, M. Chevet avait réagi avec courroux à l’annonce par EDF que le démantèlement des six anciens réacteurs à uranium naturel graphite-gaz (ceux de la première génération du parc français) ne sera pas achevé vers 2040, comme initialement prévu, mais au début du siècle prochain. « Les difficultés techniques évoquées sont réelles, mais repousser l’échéance au début du XXIIe siècle ne nous paraît absolument pas raisonnable, ni très conforme à la doctrine du démantèlement immédiat. Ou alors, la notion d’immédiateté a changé », s’était-il fâché, sans s’opposer pour autant à ce nouveau calendrier.

De même, en septembre 2017, l’ASN n’a pas craint d’imposer la mise à l’arrêt provisoire de la centrale du Tricastin (Drôme), en exigeant le renforcement de la digue du canal de Donzère-Mondragon, jugée insuffisamment résistante aux séismes. Une demande que les dirigeants d’EDF qualifiaient, en privé, d’exagérément procédurière.

« Conséquences » lourdes

Mais l’affaire des soudures de l’EPR constitue le vrai baptême du feu pour le nouveau patron de l’ASN. Certes, celui-ci ne ferme pas complètement la porte à la possibilité qu’EDF ne fasse les réparations sur les tuyauteries qu’après la mise en service l’EPR, jusqu’ici prévue début 2020. Mais il affirme, très clairement, que la réparation avant le démarrage constitue « la solution de référence ». Il ajoute que « l’hypothèse d’une réparation différée n’est pas réaliste », car elle nécessiterait, pour que la sûreté du réacteur soit néanmoins garantie, « des études longues, complexes et au résultat très incertain ».

Bernard Doroszczuk en a conscience : la position de l’ASN est « lourde de conséquences », pour l’EPR, comme, plus largement, pour la filière nucléaire nationale. Il prend soin, du reste, de préciser qu’elle « ne remet à aucun moment en cause la conception de l’EPR ni les avancées indiscutables pour la sûreté que présente ce réacteur ». Façon de dire que la perte d’expérience et de compétences de l’industrie nucléaire ne vaut pas condamnation.

À chaque intervention, devant les journalistes comme devant les parlementaires, le président de l’ASN veille à s’entourer de son directeur général et de membres de son collège. Comme pour mieux partager la responsabilité des décisions d’une autorité qui, plus que jamais, tient entre ses mains l’avenir de l’atome tricolore.

Par Pierre Le Hir, publié le 21 juin 2019 à 09h18, mis à jour hier à 09h25

Photo : Bernard Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, à Paris, fin janvier. Charles Platiau / REUTERS

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/21/epr-de-flamanville-un-bapteme-du-feu-pour-le-gendarme-du-nucleaire_5479509_3234.html

Juin 22

FESSENHEIM : BRUNE POIRSON CONFIRME LA FERMETURE DE LA CENTRALE EN 2020, MALGRÉ LE RETARD DE L’EPR À FLAMANVILLE

De nouveaux retards sur le chantier de l’EPR (réacteur pressurisé européen) de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche, en Normandie) ont été annoncés le 20 juin. Autrefois conditionnée à livraison de cet EPR, la fermeture de Fessenheim ne sera pas impactée, a déclaré la ministre Brune Poirson.

C’est confirmé. La secrétaire d’État à la Transition écologique, Brune Poirson, a répondu par l’affirmative à la question de la journaliste de Public Sénat, ce vendredi 21 juin 2019. « Même si l’EPR de Flamanville n’est pas mis en route en 2020, Fessenheim fermera en 2020 ?C’est le projet du gouvernement, effectivement.«  La question fait suite au nouveau retard qui va impacter le démarrage de l’EPR (réacteur pressurisé européen) de Flamanville (Manche, en région Normandie), révélé le 20 juin. 

Par Vincent Ballester, publié le 21/06/2019 à 13h35, mis à jour le 21/06/2019 à 13h47

(NDLR : la ministre a dit « …c’est le projet… » et non « …c’est la décision… ». Aussi ai-je quelques doutes…)

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/fessenheim-centrale-nucleaire-fermera-bien-2020-meme-cas-retard-epr-flamanville-1688616.html

Juin 22

NUCLÉAIRE: LES NOUVEAUX DÉBOIRES DE L’EPR ILLUSTRENT LES FRAGILITÉS DE LA FILIÈRE

Les nouveaux déboires de l’EPR de Flamanville illustrent les fragilités de l’ensemble de la filière nucléaire française, qui a souffert de pertes de compétences importantes et perdu l’habitude des gros chantiers.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décidé jeudi qu’EDF devrait réparer huit soudures difficilement accessibles de l’EPR de Flamanville (Manche), occasionnant de nouveaux retards importants pour ce très coûteux projet. L’électricien pense pouvoir effectuer les réparations « d’ici fin 2022 », selon l’ASN. « Aucune date n’a été fixée concernant le délai de réparation des soudures », indique pour sa part EDF.

Si le calendrier et les surcoûts probables doivent encore être précisés, c’est dans tous les cas un nouveau coup dur pour le fleuron de la filière nucléaire française, qui n’a cessé d’accumuler des déboires depuis le début du chantier en 2007. « La situation dans laquelle s’est trouvé l’EPR est la conséquence d’une interruption prolongée, pendant plus de 15 ans, des constructions de ce type, de haut niveau de qualité, et il y a donc eu une certaine perte d’expérience », a souligné le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk.

La France a en effet construit ses 58 réacteurs actuels dans un laps de temps relativement court, avec des mises en service entre 1977 (Fessenheim) et 1999 (Civeaux). Les projets ont ensuite connu une pause avant le lancement de Flamanville, unique réacteur de nouvelle génération construit en France actuellement. Ceux qui ont construit le parc historique « ont maintenant l’âge pour la plupart d’être à la retraite », remarque Florent Nguyen, du cabinet Oresys.

« Mains dans le cambouis »

« La politique de recrutement a aussi un peu changé. Dans les années 70/80 il y avait beaucoup de profils de techniciens mais ces dernières années c’est plutôt des ingénieurs », poursuit le consultant. « On n’a plus aujourd’hui des jeunes embauchés qui ont vécu et qui ont mis les mains dans le cambouis ».

Un certain nombre de fonctions ont aussi été sous-traitées par EDF, auquel l’ASN a reproché par le passé des manques dans sa supervision. Sur les quelque 5 000 personnes présentes sur le chantier pharaonique de Flamanville, l’électricien n’en emploie d’ailleurs que 900, qui pilotent et surveillent sa construction et préparent l’exploitation. Le reste des effectifs provient de prestataires, dont une partie significative vient même de l’étranger. « Il n’y a pas qu’EDF, c’est un ensemble d’intervenants », rappelle Bernard Doroszczuk. « EDF fait appel pour la construction à des fabricants qui eux-mêmes peuvent faire appel à des sous-traitants donc on voit bien que c’est une chaîne de responsabilité globale », estime-t-il.

En France, la filière revendique 2 500 entreprises, 220 000 salariés et la troisième place parmi les industries tricolores, derrière l’aéronautique et l’automobile.

La réputation du secteur avait aussi été entachée par des irrégularités sur le site du Creusot (Saône-et-Loire), qui a fabriqué la cuve de l’EPR. L’usine appartenait à l’époque à Areva, aujourd’hui Framatome, qui est passé sous le contrôle d’EDF.

« Réapprentissage »

L’ASN a plusieurs fois alerté sur les compétences de la filière ces dernières années, son patron réclamant même en début d’année un « ressaisissement collectif et stratégique de la filière autour de la formation professionnelle et des compétences clefs d’exécution ». Mais elle estime aussi que la France a encore les capacités de mener des projets complexes.

« L’expérience ça se retrouve, ça se retrouve lorsque l’on pratique et que l’on corrige les erreurs que l’on a commises », juge Bernard Doroszczuk, qui ne met pas en cause la conception du réacteur.

D’autres constructions ont d’ailleurs été achevées : deux EPR ont déjà démarré, sur le site de Taishan en Chine, malgré un début de construction ultérieur à Flamanville. « On est clairement dans la phase de réapprentissage mais il ne faut pas non plus noircir le tableau », déclarait cette semaine le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy.

À moyen terme, la filière se pose aussi la question de son attractivité alors que son avenir est incertain, marqué par les hésitations des gouvernements successifs. « Si on regarde les dix ans écoulés, il n’y a pas eu de ligne directrice forte et clairement établie… ça ne donne pas forcément confiance à un jeune qui sort de son BTS soudage », souligne Florent Nguyen.

Par AFP, parue le 21 juin 2019 à 06h32

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-les-deboires-de-lepr-illustrent-les-fragilites-de-la-filiere-190621

Juin 22

IMPUISSANCE ET DÉSARROI LORS DU 5ÈME DÉBAT SUR LES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Les inquiétudes sur l’implantation d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont dominé le débat national du jeudi 20 juin 2019, organisé à Bar-le-Duc. L’échange était organisé autour de la gestion des matières et déchets radioactifs, perturbé par des antinucléaires.

Dans le cadre du 5ème Plan national pour la gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) 2019-2021, une série de réunions publiques est organisée dans toute la France depuis mi-avril et jusqu’au 25 septembre 2018. L’objectif est d’apporter des éléments d’information à la population et, en dépassant les clivages, de recueillir le point de vue des citoyens.

Le 5ème débat : « Les alternatives au stockage profond« 

« Les alternatives au stockage profond » était donc le thème retenu pour la soirée de débat et 190 personnes s’étaient rassemblées au gymnase pour la rencontre. Rapidement, le débat public a été vif et les échanges ont été parfois tendus entre les experts et les participants. « Dans cette région, vous êtes sensibles, plus que quiconque, à ce sujet qui reste national« , avait souligné en préambule Isabelle Harel Dutirou, présidente de la Commission particulière du débat public (CPDP).

En effet, à une quarantaine de kilomètres de Bar-le-Duc est installé le Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), qui vise à enfouir à 500 m sous terre quelque 80.000 m3 de déchets, les plus radioactifs ou à vie longue venant, du parc nucléaire français. « Nous allons essayer de vous apporter des éléments d’analyse et de réflexion scientifiques. Où en est la recherche? Quels sont les choix des autres pays?« , a-t-elle prévenu.

« Débat public ? Enfumage garanti« 

Très vite, des militants antinucléaires, assis aux premiers rangs, ont applaudi, avec un entrain feint, lançant de faux « Bravo !« , lors notamment des interventions sur les alternatives au stockage géologique profond, l’option d’entreposage en attente d’une solution et la transmutation des déchets nucléaires. À l’extérieur, des opposants avaient déployé une banderole jaune et noire, intimant : « Les déchets à l’Élysée !« . Et au sol, sur des feuilles blanches, des messages : « Débat public? Enfumage garanti« , « Enfouissement des déchets nucléaires = explosion assurée« .

Des militants, riverains et associations locales, opposés au projet Cigéo, avaient aussi annoncé qu’ils ne participeraient pas au débat, jugé inutile, étant donné que, selon eux, les choix sont déjà faits. Le micro a ensuite circulé parmi les participants, dans une ambiance plus apaisée. « Le sud de la Meuse est sinistré« , a déploré un vieil homme dans la salle, observant au passage qu’aucun des organisateurs n’habitait dans la région. « Pourquoi Cigéo finance les communes par l’intermédiaire d’un groupement d’intérêt public ? Pour compenser un désavantage ?« , a demandé un retraité.

Anxiété commune vis-à-vis des générations futures

Deux femmes blondes, avec des lunettes de soleil, ont interpellé la présidente du débat : « Est-ce je peux encore faire des enfants en Meuse? Est-ce que mes enfants auront trois bouches et quatre yeux ? », lui ont-elles demandé sur une voix mécanique, à tour de rôle. Tour à tour, les thèmes de l’héritage pour les générations futures, les risques de fuites de radioactivité, la sismicité ou le coût des installations ont été abordés par les participants. « On a des déchets, à nous de nous débrouiller avec ça. Ils sont là, qu’est-ce qu’on en fait ?« , a dit, avec un air d’impuissance, « un opposant depuis 50 ans« .

Des représentants de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), du CNRS, de la CPDP et un physicien nucléaire ont répondu à chaque interrogation et tenté d’apaiser les craintes. « C’est une belle façade, on est là pour débattre sauf que des copains sont en prison. On n’accepte pas cette mascarade« , a dit un homme en distribuant des tracts à l’entrée. Un rapport de la Ligue des droits de l’Homme, publié le jour-même, préconise de dessaisir le tribunal correctionnel de Bar-Le-Duc des procédures lancées contre les militants anti-Cigéo, déplorant une « absence de sérénité » et l’attitude des magistrats lors des audiences.

Après deux heures d’échanges, Mme Harel-Dutirou a clos le débat, applaudie par une partie de la salle. « C’est notre rôle de retranscrire votre parole, j’espère qu’elle sera entendue« , a-t-elle terminé.

Par Sciences et Avenir avec AFP le 21.06.2019 à 10h30

Photo : Le laboratoire d’un futur site d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse, le 16 avril 2018 AFP/Archives – FRANCOIS NASCIMBENI

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/debat-public-sur-les-dechets-nucleaires-dialogue-de-sourds-a-bar-le-duc_134705

Juin 21

YVES MARIGNAC  : « LA FILIÈRE S’EST LAISSÉE ENFERMER PAR CE MODÈLE »

Faut-il renoncer à l’EPR ? Le point de vue d’Yves Marignac, directeur de Wise-Paris, porte-parole spécialiste du nucléaire à l’association négaWatt.

Le projet d’EPR a été initié au début des années 1990 et la construction de l’unité de Flamanville a débuté vers 2003. À cette époque, la pression pour s’engager dans une stratégie énergétique bas carbone était déjà présente, mais moins forte qu’aujourd’hui. Surtout, depuis cette date, le potentiel d’action sur la maîtrise de consommation d’énergie, celui du développement compétitif des énergies renouvelables ont été accrus. Dans le monde, les énergies renouvelables bénéficient de quinze fois plus d’investissements que le nucléaire. (NDLR : ce qui n’est pas le cas en France !)

La faisabilité d’une trajectoire sans nucléaire est aujourd’hui revenue sur la table. L’EPR, conçu dans un contexte post-Tchernobyl, est sans doute plus sûr, mais aussi plus gros, plus complexe, impossible à exporter dans de nombreux États. Il n’y a clairement pas de perspective de marchés internationaux pour construire des réacteurs nucléaires, alors que la France s’est lancée dans l’EPR avec l’idée d’en vendre des dizaines à l’international, ce qui n’est plus réaliste. Nous ne disposons pas de plan B pour construire des réacteurs d’autres types. La filière française s’est laissée enfermer par ce modèle.

Le cas de Flamanville est douloureux. Ce projet est devenu prisonnier de lui-même. Plus on s’enfonce dans ce désastre industriel, plus il devient difficile d’y renoncer. EDF, qui prévoit dorénavant une mise en service fin 2022, propose là un scénario très optimiste. D’ici là, chaque année de retard coûtera environ un milliard d’euros. La Chine, dans une économie plus planifiée, se retrouve dans la situation de la France des Trente glorieuses, avec un haut niveau de compétences disponibles. Chez nous, il y a eu à l’inverse une perte dans les compétences requises pour ce type de chantiers.

À lire aussi : Huit soudures plombent l’EPR de Flamanville

Nous avons dépensé beaucoup d’argent et cet investissement ne sera pas rentabilisé, dans un marché européen dominé par le développement des énergies renouvelables, dont le prix devrait revenir à 50 € par MGh, contre environ 100 MGh pour celui de l’EPR. Le projet de Flamanville, incluant les coûts de fabrication, de combustible, de contrôle, de maintien de fonctionnement, de stockage des déchets, est donc condamné à être déficitaire pour les soixante prochaines années.

Le bon indicateur n’est pas ce que nous avons déjà dépensé. Nous ferions des économies en l’arrêtant, comme cela s’est déjà vu, par exemple aux États-Unis où des chantiers de réacteurs quasiment achevés ont été stoppés. Il n’est pas certain qu’EDF parvienne à réparer les soudures, qui se trouvent dans des endroits très sensibles. Une mise en service en 2022 relève d’un scénario très optimiste. Aucune garantie n’existe sur ce point.

Lire le deuxième point de vue du débat

Recueilli par Romain Subtil, le 21/06/2019 à 08h59

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Yves-Marignac-filiere-sest-laissee-enfermer-modele-2019-06-21-1201030405%20Yves%20Marignac

Juin 21

APRÈS LE NOUVEAU RETARD DE L’EPR DE FLAMANVILLE, LA FILIÈRE NUCLÉAIRE DANS L’IMPASSE

La décision de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui demande à EDF de reprendre huit soudures, remet en question la stratégie de tout le secteur.

C’était la prise de parole que toute la filière nucléaire attendait avec appréhension : jeudi 20 juin, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a confirmé qu’EDF devra reprendre huit soudures sur l’EPR de Flamanville (Manche). Une décision qui devrait accentuer le retard de ce chantier devenu le symbole des difficultés de la filière nucléaire française. La construction du réacteur de troisième génération, commencée en 2007, devait être initialement terminée en 2012 et coûter autour de 3,5 milliards d’euros. Avec ce nouveau revers, l’EPR ne devrait pas entrer en service avant, au mieux, la fin de l’année 2022, et le coût devrait dépasser les 11 milliards d’euros.

Même si EDF pense encore possible de démarrer l’EPR avec les soudures actuelles, et de ne les réparer qu’en 2024, après plusieurs années de fonctionnement, le président de l’ASN, Bernard Doroszczuk, a signifié que « la solution de référence » devait être leur réparation immédiate.

La mise en œuvre des travaux promet d’être un casse-tête pour EDF. Les soudures concernées sont situées entre les deux enceintes de confinement du réacteur. Or, ce bâtiment est solide, puisqu’il a été conçu pour résister à la chute d’un avion. Pour reprendre les soudures, il faudra probablement défaire une partie du béton, ce qui sera long et coûteux. Une fois ce processus effectué, le travail peut prendre jusqu’à huit semaines par soudure. Avec un problème de main-d’œuvre : la filière nucléaire manque de soudeurs qualifiés et les mobiliser en urgence a un coût. Ensuite, il faudra soumettre de nouveau ces soudures au regard de l’ASN. Enfin, un nouveau décret d’autorisation de création de l’EPR sera nécessaire. L’actuel arrive à échéance en avril 2020.

« L’arrogance incroyable du groupe à l’époque »

Ces difficultés s’ajoutent aux nombreux déboires rencontrés par le chantier depuis son démarrage. La gestion du projet a été désastreuse, reconnaissent les dirigeants d’EDF. « Ces difficultés sont surtout le fruit de l’arrogance incroyable du groupe à l’époque. Le chantier a été lancé alors que le design [la conception] n’était pas gelé », admet aujourd’hui un haut cadre. De fait, EDF n’avait pas construit de centrales depuis de longues années.

À ces difficultés d’origine se sont ajoutés des problèmes dans l’exécution industrielle, comme l’illustre l’affaire des soudures. À son arrivée à la présidence de l’ASN, M. Doroszczuk avait immédiatement alerté dessus. « L’exécution et le contrôle ne sont pas réalisés avec la qualité attendue pour le nucléaire. En plus de la perte d’expérience, il y a une perte de compétences », expliquait-il au Monde en janvier.

Les conséquences sont majeures pour EDF, qui a misé sur l’EPR pour assurer son avenir, en France comme à l’international. Le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, va réunir, en juin, le conseil d’administration pour lui présenter les options possibles pour le chantier. Le choix privilégié serait celui d’une réparation qui permette un démarrage à la fin de 2022 ou au début de 2023. Mais Jean-Bernard Lévy devrait être contraint d’aborder pour la première fois l’hypothèse d’un arrêt du projet pur et simple, alors que le chantier – hors les huit soudures en question – est quasi terminé. Un tel abandon signerait la fin du développement de l’EPR et serait un échec douloureux pour l’électricien.

200 000 emplois

Le président d’EDF, qui vient tout juste d’être reconduit dans ses fonctions par Emmanuel Macron, n’a en réalité pas le choix : il a besoin que l’État valide une nouvelle fois le choix de l’EPR et lui apporte son soutien.

La filière nucléaire – plus de 200 000 emplois – peut s’interroger sur son avenir. Flamanville était censé être le porte-étendard d’une stratégie de construction de nouveaux réacteurs, qui devait se dérouler en plusieurs étapes. D’abord, le démarrage de l’EPR. Ensuite, la présentation à M. Macron, dans le courant de l’année 2021, d’un dossier complet d’un EPR simplifié et moins cher. Enfin, l’éventuelle décision, prise par les pouvoirs publics, du lancement de la construction d’un nouveau parc nucléaire sur les quinze prochaines années. Une décision qui aurait pu être prise avant l’échéance présidentielle de 2022.

Récemment, M. Lévy espérait que la trajectoire soit celle de la construction d’une dizaine d’EPR, pour remplacer les réacteurs existants, dont beaucoup vont dépasser dans les prochaines années la durée de quarante ans de fonctionnement prévue à l’origine.

Le nouveau retard de Flamanville rend caduc ce calendrier et reporte toute décision après la présidentielle. Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a répété qu’il n’était pas question de décider du lancement de la construction de nouveaux réacteurs tant que Flamanville ne serait pas en fonctionnement.

Or, selon la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), la décision doit impérativement être prise en 2021 pour avoir des premiers EPR en fonctionnement autour de 2035, afin de pouvoir prendre à temps le relais du parc actuel. Mais aussi de fournir de l’activité aux entreprises de la filière : selon une étude du Boston Consulting Group, réalisée pour le compte de la SFEN, 58 % des acteurs du secteur vont réduire leurs effectifs si aucune décision n’est prise dans les trois ans.

La fermeture de certaines centrales à charbon repoussée ?

L’EPR souffre d’un paradoxe : deux réacteurs ont démarré en Chine, à Taishan, et un autre devrait être mis en service en Finlande, à la fin de l’année. Mais, tant que le chantier français ne sera pas terminé, il sera difficile pour EDF de faire la démonstration que son modèle est compétitif. La volonté d’exporter l’EPR prend elle aussi un coup avec cet important retard normand. Et ce, tandis qu’EDF négocie avec l’Inde pour tenter d’y vendre entre deux et six réacteurs.

La décision de l’ASN risque de repousser la fermeture de certaines centrales à charbon. « Nous avions anticipé des scénarios potentiellement pessimistes et nous maintenons le cap, qui est de fermer nos quatre centrales à charbon d’ici la fin du quinquennat », a promis la secrétaire d’Etat à la transition écologique, Brune Poirson, au micro de Radio Classique.

Mais ce scénario semble de moins en moins réaliste. Le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE) a répété que, sans le démarrage avant 2021 de l’EPR de Flamanville, il serait difficile de fermer la plus grosse centrale à charbon de France, située à Cordemais (Loire-Atlantique), voire celle du Havre, qui assurent en partie l’approvisionnement électrique de la Bretagne. Deux centrales gérées par EDF.

Par Pierre Le Hir et Nabil Wakim Publié le 21 juin 2019 à 17h36, mis à jour à 18h12

Photo : Sur le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche), en novembre 2016. Benoit Tessier / REUTERS

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/20/apres-le-nouveau-retard-de-flamanville-la-filiere-nucleaire-dans-l-impasse_5479200_3234.html

Juin 21

INFORMATIONS DE L’IRSN SUR LES MESURES DE TRITIUM DANS LA LOIRE

Le 18 juin 2019, l’ACRO a rendu publics les résultats d’une campagne de mesure citoyenne de la radioactivité sur le bassin versant de la Loire. Elle attire l’attention du public sur le niveau élevé d’une des mesures du tritium faite dans la Loire (310 Bq/L) et sur la présence de tritium dans l’eau du robinet prélevée régulièrement à Châtellerault.

Le rapport de l’ACRO appelle les commentaires suivants de la part de l’IRSN:

1/ En ce qui concerne l’ensemble des mesures et observations

À une seule exception, les résultats des mesures réalisées dans le cadre de cette étude sont proches de ceux habituellement mis en évidence par les différentes surveillances réalisées sur le fleuve. Ils montrent notamment:

  • que les produits de fissions ou d’activation émetteurs gamma susceptibles d’être rejetés par les centrales nucléaires ne sont que très rarement détectés dans les matrices indicatrices du milieu fluvial (sédiments, végétaux aquatiques). Le radionucléide le plus régulièrement détecté, le césium 137 (137Cs), provient également des retombées atmosphériques des essais nucléaires et de l’accident de Tchernobyl et ne peut être spécifiquement attribué à l’influence des centrales sur le milieu fluvial ;
  • que le tritium est présent dans l’eau de la Loire1ou de la Vienne à des niveaux proches de ceux observés dans le cadre de la surveillance de l’IRSN. On note toutefois que la méthode employée par l’ACRO (prélèvements ponctuels) fournit des résultats plus variables que ceux produits par des systèmes de prélèvements intégrateurs qu’utilise l’IRSN2. C’est pourquoi on peut observer, dans le cadre de cette étude, des niveaux soit supérieurs soit inférieurs à ceux de la surveillance de l’Institut. Cette différence est intrinsèque aux méthodes mises en œuvre.

2/ En ce qui concerne la mesure d’un niveau de 310 Bq/L dans la Loire à Saumur

Sur une fenêtre d’observation décennale, la surveillance radiologique de l’eau de la Loire faite par l’IRSN (ou par EDF) révèle d’assez grandes fluctuations dans les niveaux de tritium observables. Il existe une assez bonne corrélation (inverse) entre ces niveaux et le débit du fleuve. Ainsi, en aval immédiat de Chinon, ils peuvent varier dans une gamme de 3 à un peu plus de 100 Bq/L.

Les concentrations observées dans la Vienne, en aval de Civaux, varient dans une gamme très analogue mais sont beaucoup moins associées au débit du fleuve3.

1 Même s’il n’a pas été détecté en aval de Belleville, du fait de la méthode de prélèvement utilisée (prélèvement ponctuel une fois tous les trois mois).

2 Les hydrocollecteurs de l’IRSN collectent l’eau en « quasi continu » durant une semaine. Le produit de chaque collecte est ensuite mélangé pour former un échantillon composite représentant un mois de prélèvement qui est ensuite analysé.

3 Car l’exploitant du CNPE pratique une régulation étroite de ses rejets liquides en fonction des débits de la Vienne.

La surveillance opérée par l’IRSN durant les dix dernières années n’a pas permis de mettre en évidence une activité de l’ordre de 310 Bq/L. L’examen plus particulier des résultats de la surveillance faite dans le cadre du réseau national de mesure (RNM) durant la période où a été détectée cette concentration par l’ACRO non plus(voir en annexe)4. Autrement dit, le niveau mis en évidence par l’ACRO n’est pas un niveau habituel et son origine doit être recherchée. À ce stade, les principales pistes d’investigation possibles que l’IRSN examinera dans les prochaines semaines sont :

  • un rejet exceptionnel / non concerté entre différentes installationsd’EDF5;
  • un écart attaché aux différences méthodologiques entre un prélèvement ponctuel et un prélèvement intégré ;
  • une autre source de tritium 6.

3/ En ce qui concerne l’eau de boisson

Le contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine est de la responsabilité de la direction générale de la santé (DGS) et de ses agences régionales (ARS). L’IRSN n’opère donc pas de surveillance régulière des eaux de boisson mais il peut réaliser des études sur le sujet, à la demande de la DGS. Dans le cadre des dernières études qu’il a réalisées7 pour le compte de la DGS et de l’ASN sur les eaux destinées à la consommation humaine (eau du robinet et eaux en bouteille), l’IRSN n’a jamais mis en évidence de dépassement de la référence de qualité utilisée pour le contrôle du tritium (100 Bq/L)8. Les niveaux de tritium relevés par l’ACRO dans les eaux de boisson prélevées dans le cadre de son étude ne dépassent pas non plus cette référence. Ils restent très inférieurs à la valeur guide recommandée par l’OMS (10 000 Bq/L)9.

Rappel : l’estimation des doses reçues par le public réalisé dans le cadre du bilan de l’état radiologique de l’environnement français de 2015 à 201710(sur la base de l’hypothèse d’une consommation journalière de 2 L d’eau fluviale) conduit à des niveaux compris dans la gamme de 0,05à 5 μSv/an pour l’ensemble des fleuves nucléarisés. Ces niveaux sont à mettre en regard de la limite de 1000 μSv/an pour le public.

4 Même si l’Institut ne dispose plus d’un hydocollecteur après la confluence de la Vienne et de la Loire, son évaluation des concentrations de tritium à Saumur à partir des hydrocollecteurs installés en amont ne permettent pas de « remonter » à un tel niveau d’activité.

5 Même si les informations collectées à ce stade ne révèlent pas d’anomalie concernant les rejets d’EDF.

6 En aval des systèmes de surveillance de l’IRSN ou d’EDF.

7 Cf. https://www.irsn.fr/eaux-embouteilleeset https://www.irsn.fr/bilan-eaux-robinet-2008-2009

8 Cette référence de qualité ne constitue pas une limite sanitaire mais un seuil qui, lorsqu’il est dépassé, entraine une investigation complémentaire pour rechercher une éventuelle source de pollution.

9 Activité de tritium dans l’eau de boisson correspondant à une exposition d’environ 100 μSv/an.10Cf. https://www.irsn.fr/BR2015-2017

 ANNEXES

Figure 1 : Concentration en tritium et débit de la Loire (Langeais) pour le CNPE de Chinon.

Figure 2 : Concentration en tritium et débit de la Vienne(Chauvigny) pour le CNPE de Civaux.

Publié le 20 juin 2019

https://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN_NI-Tritium-Loire_20190620.pdf

Juin 21

FRANCE : POURQUOI LE STOCKAGE ET LA GESTION DES DÉCHETS NUCLÉAIRES FONT-ILS DÉBAT ?

Un récent rapport indique que 1,6 millions de m3 de déchets nucléaires seraient traités en France. Un chiffre repris par les communiqués officiels, que certains experts remettent en cause.

Certains déchets radioactifs ne sont pas pris en compte dans les bilans officiels car ils ont été l’objet de modes de gestions spécifiques. C’est le cas des résidus de minerais d’uranium, exploités en France à partir des années 1960.

La France est le pays le plus nucléarisé au monde. Si le nucléaire présente certains avantages, notamment d’un point de vue de l’indépendance énergétique de notre pays, (NDLR : et l’uranium, il vient d’où ?) le principal inconvénient de la production de ce type d’énergie reste le stockage de ses résidus et de la pollution que cela peut engendrer.

Les déchets radioactifs se distinguent les uns des autres par de nombreux critères comme leur provenance, leur nature physique et chimique, leur type de radioactivité (exprimé en becquerels par gramme) ou encore leur durée de vie. Leur gestion s’appuie sur ces classifications. Il en existe cinq catégories ; les déchets de très faible activité (TFA), les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC), les déchets de faible activité à vie longue (FA-VL), les déchets de moyenne activité à vie longue (MA-VL) et les déchets de haute activité (HA).

DES DÉCHETS NON COMPTABILISÉS 

Selon la synthèse du dossier coproduit par le Ministère de la transition écologique et solidaire et par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) prendrait en charge 1,6 million de m3 de déchets radioactifs. Un chiffre repris par les documents officiels et accessibles au public, qui éluderait le réel stock de déchets radioactifs en France. « Contrairement à ce qu’affirme le dossier, le stock n’est pas de 1,6 million, mais plutôt de l’ordre de 200 millions de m3 » affirmait récemment Corinne Castanier, responsable de la réglementation et de la radioprotection à la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), à nos confrères du Monde.

Didier Gay, directeur adjoint de l’environnement et Bruno Cessac du Service des déchets radioactifs et des transferts dans la géosphère (SEDRE), tous deux experts pour le compte de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), nous précisent toutefois qu’il est important de nuancer cette déclaration. « La différence importante entre ces deux estimations s’explique par la différence de périmètre pris en compte pour comptabiliser les quantités de déchets. » En effet, les 1,6 million de m3 correspondent au volume de déchets produits à fin 2017, dont la gestion est ou sera assurée par l’Andra.

À cette estimation, il est possible d’ajouter des volumes de déchets ayant fait l’objet de modes de gestion spécifiques et qui ne sont en effet pas comptabilisés dans les bilans. « Par cette dénomination, l’Andra désigne les déchets gérés pour des raisons historiques en dehors des filières que l’Agence a la responsabilité de développer et exploiter. » On retrouve notamment dans cette catégorie les déchets stockés au sein ou à proximité des périmètres d’installation nucléaires, représentant plusieurs milliers de tonnes et dont l’activité est de l’ordre de quelques becquerels par gramme ; les déchets immergés en milieu marin, dont le recours est interdit depuis 1993, ou encore les résidus de traitement de minerais d’uranium, les FA-VL, dont le niveau d’activité peut atteindre plusieurs milliers d’années et qui représentent à ce jour 50 millions de tonnes en France.

Ces derniers, du fait de leur important volume, ont vu leur gestion assurée sur ou à proximité de leurs sites de production, mais les roches extraites pour accéder à ces minerais, appelées « stériles uranifères » (environ 100 millions de tonnes au total), contenant de lourds métaux radioactifs et provoquant des émanations de radon, un gaz cancérigène issu de la désintégration de l’uranium, n’ont pas fait l’objet de précautions appropriées et ont parfois été laissées sans protection.

En France, certaines zones sont très contaminées en dehors des sites eux-mêmes. C’est le cas du site des Bois Noirs. En amont de la mine Saint-Priest-la-Prugne, la rivière est complètement contaminée par les déchets émanant cette mine. « Les plantes aquatiques et les poissons, sont complètement contaminés par ces déchets radioactifs, qui peuvent avoir de grandes répercussions sur notre environnement » concède Roland Desbordes. Des études sur l’évolution de la qualité des eaux rejetées depuis les sites miniers et la stabilité à long terme en cas de séisme  de ces sites notamment sont également réalisées par Orano.

QUELS RISQUES ET QUELLES MESURES ?

Ces déchets existent en réalité depuis les années 1960, lorsque la France a commencé à exploiter l’uranium. « Les FA-VL ne sont pas les éléments les plus dangereux en becquerels par gramme, mais certains de leurs résidus sont très radiotoxiques, comme le polonium 210 par exemple, qui est encore plus radiotoxique que le plutonium lui-même » nous affirme Roland Desbordes, porte-parole et ancien président de la Criirad. « Ces déchets à vie longue représentent de gros volumes qui n’étaient pas, il y a quelques années, reconnus comme déchets. S’ils avaient été dès le départ reconnus comme tels, ils ne seraient pas là où ils sont aujourd’hui ».

Comme exemple, l’ancien directeur évoque le parking du stade municipal de la ville de Gueugnon, n’ayant jamais ouvert au public car en-dessous reposent plus de 20 000 tonnes de déchets radioactifs déversés par une ancienne usine de traitement de minerai d’uranium. Il faudrait selon lui placer ces déchets dans des endroits appropriés et surtout étanches, où l’eau n’entre pas en contact avec ces résidus car elle est le principal vecteur de la radioactivité.

« En l’absence de réglementation encadrant la gestion de ces matériaux, la cession de stériles en provenance des anciennes mines d’uranium à des particuliers ou des entreprises a eu cours jusqu’en 1984 et leur utilisation en soubassement de bâtiments a donné lieu à des situations d’exposition parfois notables » concèdent les experts de l’IRSN. « Cette pratique a ensuite été réglementée à partir de 1992 puis interdite au début des années 2000 ».

En conséquence, la circulaire n° 2009-132 du 22 juillet 2009 du ministère de l’Environnement relative à la gestion des anciennes mines d’uranium a demandé à Orano, responsable de la plupart des anciens sites miniers d’uranium, de faire un recensement des situations d’exposition notable afin d’évaluer les besoins d’assainissement. 30 000 analyses de l’air, de l’eau et de la végétation sont ainsi réalisées chaque année sur les 17 sites de stockage et aux alentours.

« Ce travail de caractérisation des sites miniers effectué par Orano et les contrôles complémentaires effectués par l’IRSN ont mis en évidence, sur certains sites et dans leur environnement proche, des niveaux de radioactivité parfois 10 à 100 fois plus élevés que les niveaux usuellement relevés dans des secteurs géologiques comparables » concluent les experts de l’IRSN. « Les zones concernées demeurent néanmoins localisées. »

Alors, quels sont les dangers ? Si la radioactivité n’est dangereuse pour les organismes vivants que si la quantité d’énergie transmise est trop élevée, certains risques de contamination existent bel et bien. L’impact du rayonnement de ces déchets sur nos organismes est mesuré en Sievert (Sv). Il faudrait, pendant une année entière, avoir un débit de dose de 114 nanosievert par heure (nSv/h) pour atteindre la limite d’exposition du public qui est de 1 millisievert par an (mSv/an) en dehors des expositions médicales et naturelles. Cette limite a été fixée aux industries par les normes européennes et françaises en matière de radioprotection et d’exposition au public. Elle équivaut, pour comparaison, à trois radiographies pulmonaires.

À partir de 10 mSv, l’IRSN préconise une mise à l’abri des populations. Cette dose représente 3 fois la dose annuelle reçue par la population française. Au-delà de 50 mSv, l’évacuation est recommandée. 1000 mSv est une dose très élevée ; ce niveau d’exposition à la radioactivité a un effet direct sur la santé et implique un risque pour la vie de la personne exposée dans les semaines et les mois qui suivent. Les rayonnements ionisants commencent à détruire la moelle osseuse, atteignent les cellules souches et entraînent une diminution des plaquettes sanguines et des globules blancs.

Par Arnaud Sacleux, publié le 20 juin 2019

Photographie de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine par Max Labeille, getty images via istock

https://www.nationalgeographic.fr/environnement/2019/06/france-pourquoi-le-stockage-et-la-gestion-des-dechets-nucleaires-font-ils

Juin 21

SOUDURES DÉFECTUEUSES DE L’EPR DE FLAMANVILLE : IL FAUT TIRER LES CONCLUSIONS DU COMPORTEMENT D’EDF ET ABANDONNER LE CHANTIER !

Communiqué du 20 juin 2019 du Réseau Sortir du Nucléaire

Dans un courrier du mercredi 19 juin adressé à EDF, l’Autorité de sûreté nucléaire a confirmé qu’EDF devra réparer sans attendre huit soudures défectueuses traversant l’enceinte de confinement de l’EPR de Flamanville. Après avoir tenté de jouer le fait accompli et proposé de laisser ces soudures en l’état, EDF suggérait un stratagème pour démarrer à tout prix son réacteur en 2020 : n’effectuer les réparations qu’en 2024, alors qu’il serait déjà en fonctionnement ! Contrairement à ce qui s’était passé avec la cuve de l’EPR, l’ASN a refusé cette proposition.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“, qui a déposé plainte en juillet 2018 avec Greenpeace au sujet de des soudures défectueuses de l’EPR, appelle à prendre toute la mesure de la gravité de cette affaire, révélatrice de l’attitude inacceptable d’EDF et des failles du système de contrôle de la sûreté. Les conclusions qui s’imposent doivent en être tirées.

Cette situation est le résultat de la fuite en avant d’EDF, qui a négligé non seulement les exigences de haute qualité qui s’appliquaient à des pièces cruciales, mais aussi le contrôle de la qualité de ces soudures, déclarées conformes alors qu’elles étaient défectueuses. Comble du comble, l’entreprise n’a informé l’ASN de la non-prise en compte des exigences spécifiques s’appliquant aux soudures que deux ans après leur fabrication en usine, alors que les pièces étaient déjà installées dans le réacteur. Comme pour la cuve de l’EPR, EDF a pratiqué la politique du fait accompli.

Il ne s’agit d’ailleurs que de la partie émergée de l’iceberg. Cette affaire vient s’ajouter aux multiples malfaçons déjà connues sur l’EPR de Flamanville, comme celle de la cuve. Et comme le montrent des inspections récentes, ces phénomènes de négligence et contrôle défectueux continuent de se reproduire : en novembre 2017, puis en février 2019, des défauts de fabrication ont été retrouvés sur des pompes contribuant au refroidissement du réacteur. Plus grave, en janvier 2019, l’ASN a adressé une mise en demeure à EDF, constatant que la qualification du matériel aux conditions accidentelles n’était pas démontrée, des points de réserve disparaissant mystérieusement des dossiers.

Combien d’autres problèmes détectés par EDF ont-ils potentiellement été passés sous silence pour ne pas entraver la mise en service à marche forcée de ce réacteur ? Si des pièces censées faire l’objet de la plus haute attention s’avèrent défectueuses et échappent aux contrôles, comment ne pas s’inquiéter de l’état de celles qui font l’objet d’une moindre surveillance, et qui pourraient réserver de très mauvaises surprises au démarrage de l’EPR ?

Il est hors de question que soit mis en service ce réacteur dangereux, criblé de défauts et rafistolé avant même d’avoir démarré. Gaspiller encore des milliards dans des réparations constitue une fuite en avant absurde : ce chantier doit être abandonné définitivement.

Il est inacceptable que les choix énergétiques continuent à être dictés par un industriel prêt à mettre en danger la population pour finaliser à tout prix son réacteur-vitrine. La France doit en finir avec les projets visant à relancer ou maintenir cette énergie du passé, et s’engager pour de bon dans une transition énergétique menant à l’arrêt définitif du nucléaire.

Contacts presse :

 Laura Hameaux – 06 85 23 05 11

 Martial Chateau – 06 45 30 74 66

https://www.sortirdunucleaire.org/Soudures-defectueuses-de-l-EPR-de-Flamanville-il

Juin 21

L’ASSOCIATION SORTIR DU NUCLÉAIRE BUGEY EMPÊCHÉE DE MILITER PACIFIQUEMENT

Comme vous le savez sans doute, SDN Bugey a mené une nouvelle opération ‘’ZONE À ÉVACUER EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE’’ samedi dernier sur le secteur de la Côtière (AIN). Le Progrès a écrit un long article à ce sujet dans son édition de dimanche. Cette action faisait suite à d’autres déjà menées précédemment (en avril dans le nord-Isère et à Loyettes, et en mars sur le secteur d’Ambérieu), sans oublier toutes celles de moins grande envergure déjà réalisées sur de nombreuses communes de l’Ain. À chaque fois, nous avons pu faire ces actions, sans problème particulier.

Cette fois-ci les choses ont été tout autre. Les gendarmes sont venus en fin de matinée et après un contrôle d’identité classique, ils nous ont demandé d’enlever immédiatement toutes les pancartes au prétexte que nous étions dans l’illégalité. (D’après eux, la loi stipule qu’« il est interdit d’apposer ou de fixer, même temporairement des pancartes sur des panneaux officiels »).

Nous avons bien sûr argumenté que nous avions plusieurs fois réalisé ces actions sans être « empêchés », alors même que des contrôles avaient été effectués dans les mêmes conditions. Nous avons ajouté qu’il n’y avait aucun préjudice matériel et que, comme à chaque fois, nous nous engagions à les enlever le soir même. Et pour finir, il leur a été mentionné que le texte en lui-même ne comportait rien de subversif puisqu’il rappelle une vérité objective. Les gens vivent effectivement dans une zone très dangereuse et ne le savent pas toujours. D’ailleurs, nous avons ajouté que cela serait même le travail, voire la mission des pouvoirs publics que de faire apparaître de manière pérenne, à l’entrée de chaque commune concernée par le PPI, ces panneaux informatifs. Il y un manque évident d’information et d’une certaine façon, SDN Bugey le « comble ».

Les gendarmes n’ont rien voulu savoir. Pour eux, ce n’était pas le problème. Ils avaient des ordres clairs : faire « disparaître » ces pancartes gênantes. Nous avons dû obtempérer pour éviter une amende et des poursuites. Un des membres de SDN Bugey a fait l’objet d’une convocation le jour-même à la gendarmerie de Montluel, pour faire une déposition (durant 1 heure) et avoir un rappel officiel à la loi en bonne et due forme…

En tant que militants antinucléaires, nous nous retrouvons donc dans une situation où il va être compliqué de poursuivre ces actions à but informatif. On peut légitimement penser qu’elles dérangent, et ce de plus en plus, puisque déjà en avril un maire a menacé de porter plainte contre SDN Bugey. D’après cet édile, nous n’avions pas respecté « la loi en apposant nos pancartes sur les panneaux de sa commune et nous avions tenté d’effrayer inutilement la population avec nos messages ‘’anxiogènes et erronés’’ »…

On constate donc que le plus important et le plus urgent pour un certain nombre de personnes -dont quelques élus-, ce n’est pas le danger incarné par cette centrale vétuste et vieillissante, et le fait de pouvoir dire clairement à tout le monde qu’elle constitue une menace permanente, mais bien de garder le silence et de faire « comme si tout allait bien ».

Nous allons voir comment envisager la suite. Mais depuis sa création en 2011, SDN Bugey n’a de cesse d’alerter sur le danger lié à la centrale. Nous continuerons donc, sans nous mettre en infraction avec la loi, comme nous l’avons toujours fait jusqu’à présent.

Respecter la loi est évidemment essentiel et incontournable pour nous. Et en aucun cas, même si l’enjeu de ces actions en termes d’impact est toujours très fort, nous ne projetterons aucune action illégale. Mais alerter, informer, interpeller la population (avec vous médias locaux et régionaux, qui relayez nos actions) constitue un des axes forts de SDN Bugey. D’une manière ou d’une autre, nous poursuivrons notre démarche.

Aussi, il nous paraissait utile et opportun que les médias de la région du Bugey soient informés de ces faits.

Bien cordialement.

Pour SDN Bugey, Jean-Pierre Collet

Voir le site de l’association : http://www.stop-bugey.org/

Juin 20

NOUVEAU RETARD POUR LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE EPR : L’AUTORISATION DE MISE EN SERVICE EST (ENCORE) CADUQUE !

Une nouvelle prolongation, après celle obtenue de justesse par EDF de 2017 à 2020, semble impossible à justifier : il faut reprendre toute la procédure à zéro ou, mieux, décider enfin d’abandonner l’EPR de Flamanville.

En avril 2007, en accordant 10 ans à EDF pour construire l’EPR et le charger en combustible, le premier ministre Villepin pensait assurément avoir fait preuve de la plus grande prudence sachant qu’EDF prétendait construire le réacteur en seulement 4 ans et demi.

Or, de malfaçons et défectuosités, de fautes mineures en graves erreurs, le chantier a dépassé la date limite du 10 avril 2017. En catastrophe, et en faisant preuve de la plus grande complaisance pour EDF, le premier ministre Bernard Cazeneuve a publié le 24 mars 2017 un décret rectificatif se contentant de préciser qu’ « Au II de l’article 3 du décret du 10 avril 2007 susvisé, le mot : « dix » est remplacé par le mot : « treize ». »

Un simple changement de mot pour accorder 3 ans de plus sans l’ombre d’une évaluation de la situation qui, pourtant, a considérablement évolué depuis 2007 : cuve de l’EPR défectueuse, catastrophe de Fukushima, forte augmentation du prix de l’électricité nucléaire, effondrement du coût des énergies renouvelables, situation financière d’EDF, etc.

Saisi par l’Observatoire du nucléaire et d’autres associations, le Conseil d’État a finalement consenti à valider en avril 2019 la prolongation de 3 ans de l’autorisation de création. Mais ce tour de passe-passe, déjà difficilement justifiable, semble improbable à rééditer, sauf si le Conseil d’État souhaite totalement se ridiculiser.

Après une nouvelle grave malfaçon (d’importantes soudures mal réalisées), l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), elle-même gravement ridiculisée par sa décision de validation de la cuve défectueuse de l’EPR, n’a pas eu d’autre choix que d’exiger la réparation de ces soudures, opération très complexe susceptible d’endommager le réacteur.

Persistant dans le déni de son incompétence, la direction d’EDF annonce simplement ce jour que la mise en service du réacteur aura lieu cette fois en 2023, tablant probablement sur un nouveau décret de convenance se contentant de remplacer le mot « treize » par « seize », ou « dix-sept », et pourquoi pas « vingt » ou même « trente » pour plus de précautions ?!

En réalité, il est encore plus injustifiable aujourd’hui qu’en 2017 de récompenser l’incompétence de l’industrie nucléaire en accordant à EDF la prolongation exigée : la situation de l’EPR dans le contexte énergétique et industriel a encore évolué. Plus que jamais, la conception de l’EPR, datant du début des années 90, en fait un dinosaure sans même qu’il ne soit terminé.

Il va désormais être intéressant de voir si l’ASN, le gouvernement et le conseil d’État vont continuer à se ridiculiser ou si l’une au moins de ces institutions va finir par prendre ses responsabilités et mettre fin à la fuite en avant d’EDF.

La moindre des choses serait d’imposer à EDF de refaire totalement la procédure de création (ce qui prendrait à nouveau des années), en tenant compte de l’importante évolution de la situation depuis 2007. Mais le plus raisonnable est de mettre enfin un terme à l’aventure de l’EPR de Flamanville.

Certes, il est déplorable que près de 12 milliards d’euros soient gaspillés en vain dans ce chantier, mais il est clair que cet argent sera tout aussi gaspillé si l’EPR est un jour mis en service, avec de graves conséquences possibles et probables : accident nucléaire, désastre financier, production de déchets radioactifs, réacteur irradié à démanteler (il est immensément moins problématique et cher de démanteler un réacteur qui n’a pas été mis en service). (NDLR : comme en Autriche, on pourrait en faire un musée, il serait enfin rentable !). Affaire à suivre…

Communiqué publié le 20 juin 2019 par l’Observatoire du Nucléaire

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?rubrique3

Juin 20

POURQUOI LA SÉRIE « CHERNOBYL » NOUS FASCINE (ET NOUS EFFRAIE) AUTANT ?

Christine Fassert, spécialiste des conséquences éthiques, sociales et politiques de l’accident nucléaire de Fukushima (Japon), nous livre ses impressions sur la série diffusée sur OCS, ainsi que quelques éléments de compréhension sur son succès.

Il n’aura fallu que cinq épisodes à Chernobyl pour faire oublier la fin de Game of Thrones. Diffusée en France sur la chaîne OCS City entre le 7 mai et le 4 juin, la série coproduite par HBO et Sky Atlantic, qui retrace les événements survenus après l’explosion d’un réacteur nucléaire dans une centrale près de Pripiat (Ukraine), le 26 avril 1986, est rapidement devenue la série la mieux notée sur le site de référence IMDb.

Christine Fassert, chercheuse en sociologie au laboratoire des sciences humaines et sociales de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) et à l’université de Paris 1, nous livre quelques clés pour tenter de comprendre cet engouement autour d’une série qui relate un événement aussi dramatique que terrifiant.

Franceinfo : Comment expliquez-vous le succès de la série Chernobyl ?

Christine Fassert : Déjà, beaucoup de jeunes, qui sont majoritairement le public qui regarde aujourd’hui des séries, n’étaient pas nés en 1986. Pour mon fils de 17 ans, Tchernobyl évoquait « simplement » un accident nucléaire. Ceux qui ne l’ont pas vécu ne se rendaient pas compte de l’ampleur des faits. Moi, je suis certes un peu obsédée par le nucléaire, mais j’ai été complètement happée par l’histoire au point de regarder trois épisodes à la suite un soir. Et je peux vous dire que je n’ai pas bien dormi.

Le plus effrayant dans la série, c’est qu’on nous montre que le terrible accident de Tchernobyl aurait pu être pire. C’est l’utilisation de ce qu’on appelle en sociologie le contre-factuel. Si on n’avait pas réussi à contrecarrer le problème des réservoirs d’eau, la contamination aurait été plus importante. Et comme l’a montré le chercheur Benoît Pelopidas, à plusieurs reprises dans l’histoire, il y a eu plusieurs « presque accidents » qui ont failli déclencher une guerre nucléaire et, à chaque fois, c’est un facteur chance plutôt que le véritable contrôle qui a fait qu’on n’a pas appuyé sur le bouton. Cet emploi du contre-factuel est présent dans la série et c’est aussi ça qui touche les gens. Voir qu’il y avait encore un autre degré de catastrophe possible.

L’incendie dans la centrale de Tchernobyl tel qu’il est montré dans la série. (HBO)

D’autre part, la série pose un certain regard sur l’accident. À l’IRSN par exemple, on entendait beaucoup parler de la catastrophe en termes d’erreur humaine, mais ce n’est pas que cela. La série insiste beaucoup sur la fragilité structurelle du réacteur et c’est une très bonne chose. De même, elle met l’accent sur la notion de sacrifice en parlant du nucléaire comme d’un système sacrificiel, comme le décrit le philosophe japonais Tetsuya Takahashi. Car même lorsqu’il n’y a pas d’accident, c’est le sacrifice des générations futures que l’on fait. Aujourd’hui, on ne sait toujours pas quoi faire des déchets radioactifs. Et puis, il y a ce sacrifice humain. Entre les mineurs et les liquidateurs qui sont employés pour tenter d’endiguer la catastrophe, on comprend que ce n’est pas la prime de quatre cents roubles promise qui les décide. Il faut y aller. C’est l’honneur de l’homo sovieticus qui est en jeu.

Enfin, une autre qualité de la série, c’est qu’elle est très pédagogique. Même si vous n’êtes pas un ingénieur en nucléaire, à la fin vous avez compris pas mal de choses. Même si la ficelle scénaristique est parfois un peu grosse, on ne prend pas les gens pour des imbéciles. On ne leur dit pas simplement que c’est horrible. On leur montre ce qui s’est passé. Beaucoup pensent qu’ils ne peuvent pas s’intéresser au risque nucléaire parce que c’est trop compliqué et qu’il faut laisser ça aux experts. Chernobyl montre que monsieur Tout-le-monde peut essayer de comprendre. 

Même à l’IRSN, on commence à se poser la question de diffuser la série au sein de l’institut. Ça nous intéresse. On pourrait la regarder ensemble parce que ça interroge à tous les niveaux.

Pourquoi la menace nucléaire nous angoisse-t-elle autant ?

Ce serait l’inverse qui serait bizarre. Déjà, quand on parle de menace nucléaire, il y a la menace de la bombe atomique qui est un peu sortie des préoccupations actuelles, remplacée par d’autres dangers. Quand j’étais enfant dans les années 1960-1970, j’avais très peur dès qu’on parlait de la bombe atomique. Maintenant, c’est le changement climatique et ce que certains collapsologues considèrent comme la prochaine étape : l’effondrement généralisé. Chaque société se focalise sur une menace à la fois, par rapport à un contexte et un imaginaire.

Ce qui serait intéressant, c’est de savoir si Chernobyl fait rejaillir dans l’espace public la peur de l’accident nucléaire de l’industrie civile, mais aussi de la bombe atomique. 

Sur le tournage de « Chernobyl », avec une partie des acteurs incarnant les mineurs qui sont intervenus sous la centrale nucléaire. (HBO)

Pourquoi la menace nucléaire est-elle plus redoutée qu’une épidémie virale de type Ebola par exemple ?

En tant que sociologue, je ne me positionnerai pas en disant que c’est plus ou moins dangereux. Cette hiérarchie des risques est impossible à opérer car on a trop d’incertitudes. À l’heure actuelle, une des menaces qui plane sur l’industrie nucléaire, c’est un attentat terroriste. C’est extrêmement difficile de connaître les degrés de vulnérabilité d’une centrale. Certains y réfléchissent, mais au sein de très petits comités.

Ce qui est caractéristique de l’accident nucléaire, et que je trouve effrayant, c’est qu’on est passé d’un extrême à l’autre. Pendant des décennies, on l’a considéré comme étant extrêmement improbable : le risque d’accident d’un réacteur nucléaire civil a ainsi longtemps été considéré comme égal à 10 puissance 6, donc du même ordre que la chute d’une météorite sur la Terre. Puis, André-Claude Lacoste, l’ancien président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a déclaré en 2011 après la catastrophe de Fukushima (Japon) : « On ne peut pas garantir qu’il n’y aura jamais d’accident grave en France« . On est passé de « quasiment impossible » à « oui, c’est envisageable« , dans un temps très court et sans qu’on se pose la question de savoir ce que l’on fait face à cette éventualité.

Certains pays comme l’Allemagne, la Suisse ou l’Italie se sont déjà penchés sur la question en organisant des référendums qui ont conduit à un abandon du nucléaire. Mais dans beaucoup d’autres États, même si on reconnaît que l’accident de Fukushima pourrait avoir lieu ailleurs, on en est simplement à l’étape de la « préparation« . On se dit que, si on se prépare, on va pouvoir gérer. Mais quand on a vu Chernobyl, c’est difficile de se dire que la simple « préparation » est suffisante. On doit se demander ce que signifie se préparer. Et c’est très difficile de mobiliser les populations sur le sujet car ce n’est pas forcément une chose à laquelle on veut penser.

En regardant Chernobyl, j’ai repensé à ce que le philosophe et historien allemand Hans Jonas appelle « l’heuristique de la peur ». Dans le principe de responsabilité, il explique que notre puissance technique excède nos connaissances.

L’homme a développé des technologies qu’il ne maîtrise pas véritablement. La série montre que les opérateurs dans la centrale ne peuvent pas imaginer que le cœur du réacteur a explosé. Ça contrevient aux lois de la physique, donc on se retrouve débordés par ce que l’on a créé.

Certains médias ou scientifiques reprochent toutefois à la série un côté trop hollywoodien et de verser dans le film catastrophe ?

Après avoir lu des ouvrages sérieux de sciences sociales et politiques sur le sujet, je ne pense pas. Le spectacle de ces radiations aigües et de ces corps suppliciés est hélas vrai. Ce n’est pas pire que ça ne l’a vraiment été. C’est extrêmement émouvant quand les corps des pompiers sont mis dans des cercueils scellés et coulés dans une chape de béton. Même chose pour l’abandon des animaux domestiques. J’ai observé ces deux choses après la catastrophe de Fukushima. Tout cela rajoute une couche de cruauté à une situation déjà atroce.

La scène dans la série « Chernobyl » où les premiers pompiers tentent d’éteindre l’incendie dans la centrale. (HBO)

Est-ce vraiment important de savoir ce qui est vrai ou pas dans cette reconstitution historique ?

Oui. À chaque fois qu’un film fait de la fiction à partir de faits réels, c’est important qu’il y ait une sorte de réflectivité, soit du réalisateur, soit de l’auteur. À la fin de la série, il est mentionné que le personnage de la chercheuse a été inventé [Ilana Khomyuk] pour les besoins de la fiction. C’est un petit peu décevant, mais c’était important de le faire et de le dire. Comme de montrer à la fin du dernier épisode ces images d’archives qui font le lien avec la réalité.

Pour ceux qui souhaitent en savoir plus sur la catastrophe de Tchernobyl, il existe de très bons ouvrages. Je conseille de lire Traverser Tchernobyl de Galia Ackerman (éd. Premier Parallèle) qui est facile à lire, très bien écrit et en même temps très profond. Après, il y a des livres plus techniques comme les livres d’Olga Kuchinskaya ou Producing Power, l’ouvrage formidable de Sonja D. Schmid qui montre comment on est arrivés à la catastrophe de Tchernobyl d’un point de vue du système socio-technique et politique qui a produit ce type de réacteur, donc une vision assez nuancée par rapport à ce que propose la série. C’est de la sociologie des sciences. Elle montre que c’est facile a posteriori de dire que ces réacteurs étaient dangereux. Ce qui est considéré comme dangereux dépend de l’information contextuelle que vous avez à ce moment-là.

L’actrice Emily Watson qui incarne dans « Chernobyl » le personnage fictif d’Ilana Khomyuk, une scientifique biélorusse membre de l’équipe chargée de l’enquête sur la catastrophe. (LIAM DANIEL / HBO)

Au-delà de la menace nucléaire, « Chernobyl » fait écho à d’autres thématiques anxiogènes comme les « fake news« , la place de la Russie sur l’échiquier mondial… La série est-elle une compilation de toutes nos peurs modernes ?

Sans doute. Il y a les thématiques de la dissimulation des informations par l’État, les fausses rumeurs, la place centrale du régime politique… C’est intéressant parce que c’est quand même Gorbatchev qui est au pouvoir à l’époque et non Staline ! Il s’en sort d’ailleurs assez bien dans la série.

Et il y a ce très beau clin d’œil à la fin quand la série rappelle que le président soviétique s’est demandé si la chute de l’URSS était peut-être due à catastrophe de Tchernobyl. Ça fait vraiment écho à plusieurs choses et ça les met en musique de façon romanesque, donc intéressante à regarder. Ce qui sera rigolo, c’est de voir la contre-série des Russes.

L’acteur suédois David Dencik incarne dans « Chernobyl » Mikhaïl Gorbatchev, le secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique.  (HBO)

Cette menace invisible qu’est le nucléaire résonne particulièrement à notre époque où l’on sait la planète menacée par le dérèglement climatique, une menace peut-être trop conceptuelle pour être prise au sérieux. Peut-on faire un parallèle entre les deux ?

Je crois que c’est le philosophe Dominique Bourg qui l’a très bien dit. En fait, tant que le dérèglement climatique restait des modèles du Giec (groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), les gens y croyaient, mais sans trop y croire. Le déclic, c’est quand ça commence à avoir un impact, quelque chose de sensoriel, comme des incendies en Suède, des immenses sécheresses ici ou là ou des typhons plus importants. Ça rend tangible des choses qui étaient encore un peu trop désincarnées.

Finalement, la menace nucléaire, typiquement dans le cas des accidents, elle s’incarne. Ce qui est intéressant avec Chernobyl, c’est qu’on constate à quel point elle a des conséquences. Et ce qui est très bien vu, c’est que les politiques, les institutions, ne sont pas d’accord sur ces conséquences. Même chose pour la question sanitaire, qui est toujours sujette à polémiques lorsque l’on parle de catastrophe nucléaire. Et c’est clair qu’on ne pourra jamais se mettre d’accord sur le nombre de victimes car, à l’époque, il n’y avait pas les moyens et les infrastructures pour le faire.

Un des pompiers présent sur les lieux de la catastrophe quelques heures après l’explosion du réacteur. (HBO)

Est-ce qu’avoir peur d’un nouveau Tchernobyl est un sentiment rationnel ?

Si, comme je le disais plus tôt, le chef de l’ASN qui, a priori, est quelqu’un de rationnel, dit juste après la catastrophe de Fukushima que l’accident nucléaire est possible en France, c’est que ce n’est pas un sentiment irrationnel. Aujourd’hui, dans le monde de l’industrie nucléaire, personne ne vous dira que l’accident nucléaire est impossible en France. On ne dit plus ça. On fait des exercices, on s’y prépare. Dix fois par an, à l’IRSN, on fait un exercice de préparation à l’accident nucléaire. Donc c’est bien qu’on ne pense pas que c’est irrationnel.

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/tchernobyl/pourquoi-la-serie-chernobyl-nous-fascine-et-nous-effraie-autant_3489739.html

Juin 20

EDF, UN SAUVETAGE IMPOSSIBLE

En plus de la perte de compétitivité du nucléaire par rapport aux énergies renouvelables, la trésorerie exsangue de l’entreprise ne lui permet ni de financer tous ses investissements ni de se désendetter.

EDF, un sauvetage impossible

Tribune. Hercule, Apollon, Bleu, Vert… Depuis 2016, la presse multiplie les informations sur le projet de réorganisation capitalistique d’EDF, rendant publics les divers noms de code dont sont affublées les différentes structures qui seraient créées par ce plan d’urgence. Pour autant, personne ne pose la seule véritable question qui vaut : EDF peut-il encore être sauvé ? L’actualité démontre, quotidiennement ou presque, la perte de compétitivité du nucléaire par rapport aux énergies renouvelables. L’attribution de l’appel d’offres pour le parc éolien offshore de Dunkerque a ainsi débouché sur un tarif garanti inférieur à 50 euros par MWh, alors que le coût complet du nucléaire en exploitation ressort autour de 63 euros par MWh (chiffrage de la Cour des Comptes). Le coût du MWh que devrait produire l’EPR de Flamanville (le jour où il serait enfin en fonctionnement…) est supérieur à 100 euros. Enfin, pour sa prochaine génération d’EPR que l’électricien national compte construire, il prévoit un prix du MWh compris entre 60 et 80 euros.

Il faut avoir en tête ces quelques chiffres pour comprendre l’ampleur du problème. L’entreprise est dans une situation financière inextricable. Une dette financière de 59 milliards d’euros, une trésorerie exsangue et des marges bénéficiaires insuffisantes pour financer tous ses investissements et se désendetter. Sans compter qu’il faudra bien reconstruire un appareil de production (le parc nucléaire est en fin de vie) : une facture que l’on peut évaluer autour de 200 milliards d’euros si le complexe politico-nucléariste persiste dans sa stupide volonté de remplacer les centrales existantes par des EPR. L’État a-t-il les moyens de prendre en charge tout ce passif ?

Des acquisitions surpayées

Comment cette grande entreprise a-t-elle pu se retrouver dans cette situation alors que sa rente nucléaire aurait dû lui permettre de constituer d’abondantes provisions ? Très simple : elle a dilapidé sa fortune dans des acquisitions surpayées et, généralement, non rentables un peu partout dans le monde entre 1998 et 2009. C’est ce qui explique l’explosion de sa dette financière : en 1998, au moment où EDF termine la construction de son parc nucléaire, son endettement s’élève à 22 milliards d’euros. Depuis, plus de 30 milliards ont été gaspillés dans des opérations inutiles, qui n’ont jamais généré l’argent suffisant pour rembourser le coût de leur acquisition.

Deuxième cause des difficultés

Nous n’avons jamais payé le vrai prix de l’électricité nucléaire ! Trop longtemps, les dirigeants gouvernementaux et ceux de l’entreprise ont fait croire que le nucléaire était une énergie bon marché, moins chère que toutes ses concurrentes. Pour sauver EDF, il faudrait faire passer, le plus rapidement possible, la part du tarif qui rémunère la production au moins au niveau du coût complet. Mais qui est prêt à accepter une augmentation de près de 50%, alors que tout le monde s’empaille déjà pour une «petite» hausse de 5,9% ? Surtout, cette hausse est-elle possible, alors que les prix de marchés sont inférieurs au coût complet d’EDF ? La concurrence aurait un boulevard pour casser les prix et piquer par millions des clients à l’ex-monopole public…

Fini le vieux monde

Troisième cause de cette impasse mortelle : longtemps identifiée comme «le» service public de l’électricité, EDF a perdu de vue sa mission pour n’être qu’un producteur d’atomes. Or la croissance exponentielle des énergies renouvelables impose un nouveau modèle. Fini le vieux monde vertical, centralisé et hiérarchisé dont EDF fut le parfait exemple, l’heure est à la déconcentration, à la décentralisation, à l’énergie collaborative et à l’efficacité énergétique. Comme pour le bio, l’énergie est rentrée dans le monde des circuits courts, celui des producteurs-consommateurs et de la frugalité. C’est une révolution qui est en cours. Si Bruxelles évitera, peut-être, de s’opposer à Paris sur la question du sauvetage financier (les centrales nucléaires d’EDF sont encore nécessaires pour équilibrer l’offre et la demande sur toute la plaque européenne, notamment la nuit), croire qu’il suffira de nationaliser les pertes d’EDF pour sortir l’entreprise du fossé constitue une erreur majeure. Nous ne ferons que perdre quelques dizaines de milliards supplémentaires sans régler le problème.

Par Thierry Gadault, journaliste, publié le 19 juin 2019 à 11h16

Thierry Gadault est l’auteur de Nucléaire, danger immédiat (avec Hugues Demeude, Flammarion, 2018) et du documentaire Nucléaire, la fin d’un mythe (avec Hugues Demeude et Bernard Nicolas), diffusé par Public Sénat en septembre 2018.

Photo : Le chantier de construction du réacteur nucléaire européen à eau pressurisée de troisième génération à Flamanville, en 2016. Photo Benoit Tessier. Reuters

https://www.liberation.fr/debats/2019/06/19/edf-un-sauvetage-impossible_1734600

Juin 20

ÉTATS-UNIS : L’EX-GENDARME DU NUCLÉAIRE PASSE À TABLE DANS UN LIVRE

Gregory Jaczko raconte dans un livre palpitant mais très inquiétant comment ses efforts pour sécuriser les centrales américaines ont été systématiquement réduits à néants par l’industrie et ses bras armés.

Vous êtes un putain d’enculé et personne ne vous apprécie. Personne ne veut vous voir à ce poste. » C’est par ces mots affables que Rahm Emanuel, le directeur de cabinet du nouveau président des États-Unis, Barack Obama, accueille en 2009 à la Maison Blanche Gregory Jaczko, le nouveau patron de la NRC, la Nuclear Regulatory Commission, l’autorité de sûreté du nucléaire.

Rares sont les régulateurs à vraiment tenir tête aux industriels. Jaczko l’a fait.

Twitter

Cette institution a pouvoir de vie et de mort sur les entreprises du secteur : c’est elle qui autorise les réacteurs, contrôle les dispositifs de sécurité, impose des mises aux normes, voire des fermetures. En théorie, du moins. Car en pratique, rares sont les régulateurs à vraiment tenir tête aux industriels. Jaczko l’a fait.

Le docteur de l’université comprend qu’il est moins intéressé par la théorie des particules que par les services que les progrès technologiques peuvent rendre à la société. Une fois diplômé, c’est sans hésiter qu’il saisit une opportunité de travailler comme conseiller parlementaire à Washington. C’est l’influent sénateur démocrate du Nevada, Harry Reid, engagé contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires de Yucca Mountain, qui pousse sa candidature au board de la NRC.

Poussé à la démission

Il en devient l’un des cinq commissaires en 2005, au terme d’une longue partie d’échecs, sur laquelle s’ouvrent ces mémoires. Une histoire de coups fourrés et de tractations politiques dont Capitol Hill a le secret, racontée comme dans un polar. Jaczko a la plume alerte, palpitante, souvent drôle. Sauf qu’il ne fait pas dans le roman. C’est de la santé et de la sécurité de millions de citoyens dont il est préoccupé.

Gregory Jaczko a contre lui d’avoir travaillé pour de (rares) parlementaires ardents défenseurs de la sécurité des installations nucléaires, soucieux de contrôler cette industrie. Le jeune régulateur n’est pas un antinucléaire – il est plutôt techno-optimiste –, mais cela suffit à lui coller une étiquette de scélérat. Si Obama signe en 2009 sa nomination à la tête de la NRC, c’est moins par conviction que parce qu’il a besoin de l’appui du sénateur Reid.

Le témoignage de l’ancien gendarme du nucléaire du plus grand pays nucléaire est un document unique

Twitter

Les conflits vont s’exacerber après l’accident de Fukushima. Gregory Jaczko détaille comment ses efforts pour renforcer la sécurité des réacteurs en activité ou en projet sont systématiquement ruinés, non seulement par l’industrie, mais aussi par les coups bas de ses adversaires au sein même de la NRC, si bien que, peu avant la fin de son mandat, il finira par être poussé à la démission. Le témoignage de l’ancien gendarme du nucléaire du plus grand pays nucléaire est un document unique, à la fois passionnant et très alarmant.

Sa conclusion tient en deux mots.

Premièrement : les accidents nucléaires graves sont inévitables. Dans un jour ou dans un siècle, mais ils sont inévitables. Aussi devons-nous faire en sorte de circonscrire au maximum leur gravité en renforçant la sécurité. Et il y a du boulot.

Deuxième message : parce que les technologies décarbonées alternatives deviennent compétitives, investir dans de nouvelles centrales nucléaires, et assumer les risques qui vont avec, est un choix stupide. À bon entendeur…

Par Antoine de Ravignan, publié le 19/06/2019

Le livre : Confessions of a Rogue Nuclear Regulator par Gregory Jaczko, Simon & Schuster, 2019, 208 p., 19,80 €.

https://www.alternatives-economiques.fr/etats-unis-lex-gendarme-nucleaire-passe-a-table/00089674

Mots

Juin 20

COMMENT LE PATRON D’EDF VEUT SCINDER SON GROUPE EN DEUX ET LE PRIVATISER EN PARTIE

Le projet, voulu par l’Élysée, prévoit de créer un EDF « bleu », qui s’occupera du nucléaire, et un EDF « vert », pour la fourniture d’électricité aux particuliers et aux entreprises.

C’est un plan historique que doit présenter, jeudi 20 juin en matinée, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, aux syndicats du groupe : un gigantesque chantier, surnommé « Hercule » en interne, qui consiste à transformer complètement l’électricien créé en 1946 sur les bases du programme du Conseil national de la Résistance.

Le projet suscite de nombreuses interrogations chez les représentants des salariés mais aussi chez les cadres, tant il est complexe. Face aux élus syndicaux, M. Lévy devait reprendre la présentation qu’il a déjà faite devant les principaux dirigeants de l’entreprise, début juin. Au programme : le découpage d’EDF en deux entités distinctes, un EDF « bleu » et un « vert ».

La maison mère EDF continuerait d’exister et serait totalement détenue par l’État (alors qu’il en possède aujourd’hui 83 %). Elle serait propriétaire à 100 % de la filiale « bleue », alors que la filiale « verte » verrait son capital ouvert au privé.

Faire face au défi du financement du nucléaire

« EDF bleu » rassemblerait l’ensemble du nucléaire de la société : l’exploitation des 19 centrales existantes, les projets de nouvelles centrales en France et à l’étranger mais aussi Framatome, rattachée à l’énergéticien et détenue en partie par des investisseurs privés. On trouverait, dans ce même ensemble, les centrales hydroélectriques opérées par EDF, soit la quasi-totalité des barrages français, ainsi que RTE, le Réseau de transport d’électricité, détenu à 50,1 % par le groupe.

« EDF vert » regrouperait la branche commerce, qui fournit l’électricité aux particuliers et aux entreprises, mais aussi les activités dans les énergies renouvelables, hors l’hydroélectricité. Cet ensemble serait renforcé par le distributeur Enedis (ex-ERDF), aujourd’hui propriété à 100 % d’EDF, et par la filiale consacrée aux services, Dalkia.

Cette réforme d’ampleur, voulue par Emmanuel Macron et aujourd’hui portée par la direction de l’énergéticien, est présentée comme une solution permettant à celui-ci de faire face au défi du financement du nucléaire. Le parc français est vieillissant et nécessite plusieurs dizaines de milliards d’euros d’investissement, alors qu’EDF est plombée par une dette de 33 milliards d’euros.

D’autant que l’arrivée de la concurrence, qui s’est accélérée ces dernières années, a un double impact sur le groupe. D’abord, l’électricien perd 100 000 clients par mois en moyenne depuis plus de deux ans, ce qui représente une baisse importante de revenus. Mais surtout, pour favoriser la mise en place de la concurrence, un dispositif appelé Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) oblige EDF à vendre une partie de sa production nucléaire à un prix fixe. Ce dispositif est considéré comme un « péril mortel » par les dirigeants de l’entreprise, qui estiment qu’il revient à subventionner ses concurrents, qui eux n’ont pas à investir dans le parc nucléaire.

Le calendrier se précise

C’est le point-clé qui incite la direction d’EDF à travailler sur cette nouvelle structure : de la régulation du nucléaire actuel, et futur, dépend l’avenir de la compagnie. Le sujet a d’ailleurs occasionné une récente passe d’armes sur Twitter entre Jean-Bernard Lévy et Patrick Pouyanné, le patron de Total.

Quel rapport entre la répartition de la rente nucléaire et la structure de l’électricien ? La réponse est en partie à chercher à Bruxelles. Le mécanisme de l’Arenh, qui doit prendre fin en 2025, avait été créé sous le gouvernement Fillon, en 2011, pour convaincre la Commission européenne que le marché français de l’électricité était ouvert et ne se trouvait pas totalement sous la coupe d’EDF. En échange de l’Arenh, la France pouvait conserver dans la même structure la production d’électricité et la fourniture aux particuliers.

En séparant les activités d’EDF producteur et d’EDF fournisseur d’électricité, les partisans de ce grand chamboule-tout espèrent convaincre la future Commission européenne que l’énergéticien français se plie aux règles européennes. Ce chantier a ainsi pour objectif de permettre à l’État français de soutenir le choix nucléaire d’EDF, aussi bien pour prolonger les centrales existantes que pour la construction de futurs réacteurs EPR.

Le groupe et l’exécutif doivent échanger dès cet été pour défendre ensuite leur cause devant la nouvelle Commission en décembre.

De fait, selon nos informations, le calendrier se précise : le groupe et l’exécutif doivent échanger dès cet été pour arriver en septembre ou en octobre à une position commune. Et défendre ensuite leur cause devant la nouvelle Commission européenne en décembre.

Pour les concurrents d’EDF, la séparation du nucléaire et des activités de commercialisation serait plutôt une bonne nouvelle. Le patron de Total, Patrick Pouyanné, s’est déjà prononcé publiquement pour une telle opération.

Mais en l’état actuel des choses, ce projet semble très peu réaliste. D’abord, il suscite une opposition résolue des syndicats, qui ont publié un communiqué commun (CGT-CGC-FO-CFDT), lundi 17 juin, pour dénoncer la « désintégration-privatisation » du groupe.

Surtout, ce plan ne semble pas pouvoir recueillir, en l’état, l’assentiment d’une Commission qui estime depuis des années que la France ne joue pas le jeu européen de la concurrence et surprotège EDF. La liste des sujets potentiels de conflit avec Bruxelles est longue : comment faire accepter la nationalisation de plus de 80 % de la production d’électricité côté « EDF bleu » ? La France serait un cas unique en Europe, où le marché concurrentiel de production de l’électricité serait réduit à la portion congrue – et pour longtemps.

Un immense défi politique

La France devrait, en échange, donner de sérieux gages à la Commission. « Mais ajouter les barrages dans cet ensemble nationalisé relève de la provocation : voilà près de dix ans que la France s’est engagée à ouvrir le marché à la concurrence, elle a été mise en demeure à ce sujet. Revenir en arrière, c’est se décrédibiliser ! », relève un bon connaisseur de l’entreprise.

L’ensemble « EDF vert » pose aussi un certain nombre de questions : quelle sera la cohérence de ce groupe aux activités hétéroclites ? La branche commerce, qui vend les contrats de fourniture d’électricité, aura le plus grand mal à survivre sans être rattachée à la production et risque de se retrouver écrasée par la concurrence. Les syndicats s’inquiètent déjà du sort des 8 500 salariés de cette activité.

« Macron va être accusé de nationaliser les pertes et privatiser les bénéfices »

Enfin, le défi politique apparaît immense. Cette transformation du statut devra nécessairement passer par une loi. Or, le débat sur la privatisation du Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris) illustre la sensibilité de l’opinion et des parlementaires à ce type de sujet. « Et ADP, c’est un sujet minuscule comparé à EDF », s’alarme un patron du secteur, qui estime que « Macron va être accusé de nationaliser les pertes et privatiser les bénéfices ».

Le caractère explosif du schéma présenté amène certains acteurs à se demander s’il ne s’agit pas d’un ballon d’essai pour obtenir autre chose. « Est-ce que ce n’est pas un scénario à la noix pour énerver tout le monde et sortir du chapeau un autre modèle ? », s’interroge un syndicaliste prudent, qui rappelle que la priorité de Jean-Bernard Lévy, c’est d’abord d’obtenir de l’exécutif des engagements sur la rente nucléaire actuelle et sur la construction de nouveaux réacteurs en France. Une décision qui, elle, ne devrait pas être prise avant mi-2021.

Par Nabil Waki, publié le 19 juin à 17h02, mis à jour le 20 juin à 06h50

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/19/comment-le-patron-d-edf-veut-scinder-son-groupe-en-deux-et-le-privatiser-en-partie_5478619_3234.html

Juin 19

DÉNUCLÉARISATION DE LA CORÉE DU NORD : XI JINPING VEUT JOUER LES MÉDIATEURS

La Chine de retour dans le jeu. Xi Jinping effectuera ce jeudi 20 et ce vendredi 21 juin une visite d’État en Corée du Nord, la première pour un président chinois depuis quatorze ans. Avec ce déplacement, Pékin veut montrer aux États-Unis et à Donald Trump qu’elle aussi a un rôle à jouer dans les négociations sur la dénucléarisation de Pyongyang, actuellement dans l’impasse.

Xi Jinping a annoncé la couleur dans une tribune parue, ce mercredi 19 juin, en première page du quotidien officiel nord-coréen Rodong Sinmun – un honneur rarement fait à un chef d’État étranger. Le dirigeant communiste y souligne la volonté de son pays de contribuer à «renforcer les échanges et la coordination entre la Corée du Nord et les parties intéressées afin de faire progresser les pourparlers sur la péninsule coréenne».

Depuis le second sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump, à Hanoï (Vietnam), en février dernier, les discussions sur le programme nucléaire nord-coréen sont au point mort. Les deux dirigeants n’ont en effet pas réussi à trouver un terrain d’entente sur ce que Pyongyang serait prêt à abandonner en échange d’un allégement des sanctions internationales dont le pays fait l’objet.

La Chine veut profiter de sa proximité retrouvée avec la Corée du Nord – Kim Jong-un s’est rendu chez son voisin à quatre reprises l’an dernier -, après des années de tensions dues aux essais nucléaires nord-coréens, pour relancer les discussions. «Le message de la Chine, c’est qu’elle reste un acteur essentiel» des pourparlers sur ce dossier, explique Yuan Jingdong, expert de l’Asie-Pacifique à l’université de Sydney. «On ne peut pas ignorer la Chine et la Chine peut jouer un rôle très important

Une «monnaie d’échange» avec les États-Unis

Un message adressé en particulier aux États-Unis, avec qui la Chine est en pleine guerre commerciale, et au cœur de laquelle se trouve le géant chinois des télécoms Huawei. La visite de Xi Jinping en Corée du Nord est «un rappel clair à Donald Trump que la Chine peut être une aide, ou bien jouer un rôle perturbateur, dans la démarche pour mettre fin à la menace nucléaire en Corée du Nord», explique à CNN Daniel Russel, ex-secrétaire d’État adjoint pour l’Asie de l’Est et le Pacifique sous l’administration Obama et actuel vice-président de l’Asia Society Policy Institute.

Ainsi, le dossier nord-coréen pourrait être utilisé par Pékin comme une «monnaie d’échange» dans sa guerre commerciale avec Washington, estime Yuan Jingdong. C’est pour cela que la Chine a tout fait pour organiser une visite officielle en Corée du Nord avant toute rencontre Xi-Trump. Cette dernière devrait avoir lieu lors du sommet du G20 à Osaka, au Japon, les 28 et 29 juin prochains, a confirmé le président américain sur Twitter, ce lundi 18 juin.

Par Julien Da Sois, publié le 19/06/2019 à 17h45,

https://www.cnews.fr/monde/2019-06-19/denuclearisation-de-la-coree-du-nord-xi-jinping-veut-jouer-les-mediateurs-852308

Juin 19

DÉCHETS NUCLÉAIRES : DÉBAT PUBLIC EN LORRAINE SANS LES OPPOSANTS CLASSIQUES

La Commission du débat organise une réunion publique ce jeudi 20 juin à Bar-le-Duc (Meuse) sur les « alternatives au stockage géologique« . Les associations militantes et les riverains ont majoritairement décidé de boycotter ce rendez-vous.

Déchets radioactifs : quelles alternatives au stockage géologique ? C’est le sujet du débat, ce jeudi 20 juin, à 18h30, à Bar-le-Duc (Meuse), au gymnase de la Côte Sainte-Catherine. 

Événement piloté par la Commission particulière du débat public dédiée au Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), présidée par Isabelle Harel-Dutirou , invitée de France Bleu Sud Lorraine, ce jeudi matin.

Des rapports d’expertise et la voix du Prix Nobel de Physique, Gérard Mourou, ont récemment relancé l’idée de stocker en surface les futurs déchets radioactifs. Le démantèlement des vieilles centrales nucléaires et la probable augmentation des matières à gérer remettront-elles en cause l’hypothèse initiale d’un stockage souterrain (projet Cigéo) ? 

Débat « inutile« , selon des riverains des sites de l’ANDRA

Ce débat est présenté par la présidente de la Commission comme une « occasion unique » de s’exprimer librement sur des « sujets extrêmement importants », à l’heure où « les besoins futurs sont certains ».  

La Commission a pour rôle d’expliquer les données techniques et juridiques du problème, de recueillir tous les avis, et de rendre transparents tous les débats qu’elle organise. Les synthèses des réunions seront livrées au gouvernement.

Si le débat est ouvert à tous les citoyens, les associations militantes engagées contre les projets de l’ANDRA et les riverains de Cigéo ont décidé de ne pas participer à cette réunion lorraine. 

Ce rendez-vous serait « inutile » dans la mesure où « l’alternative existe déjà« , explique Jean-François Bodenreider, porte-parole de l’association Habitants Vigilants, lancée il y a dix ans en Haute-Marne.

Par Laurent Watrin, France Bleu Sud Lorraine, France Bleu Lorraine Nord, publié le mercredi 19 juin 2019 à 17h42 –

Pour retrouver cet article et écouter la déclaration de Jean-François Bodenreider, porte-parole de l’association Habitants Vigilants de Gondrecourt-le-Château, cliquer sur : https://www.francebleu.fr/infos/societe/dechets-nucleaires-debat-public-en-lorraine-sans-les-opposants-classiques-1560958708

Juin 19

ISRAËL DISPOSE DE 80-90 OGIVES NUCLÉAIRES, SELON UN INSTITUT INTERNATIONAL INDÉPENDANT

Un récent rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) affirme que l’État hébreu, contrairement aux États-Unis et la Russie, aurait maintenu au moins au même niveau qu’en 2018, son stock d’ogives nucléaires.

Dans un rapport publié le 17 juin, l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) estime qu’Israël détiendrait approximativement entre 80 et 90 ogives nucléaires en 2019. A contrario des grandes puissances nucléaires comme la Russie ou les États-Unis, l’État hébreu maintiendrait  son stock à un niveau similaire ou légèrement supérieur en comparaison à l’année précédente (80 ogives selon SIPRI).

«Début 2019, neuf États – États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Chine, Inde, Pakistan, Israël et République populaire démocratique de Corée [Corée du Nord] – possèdent environ 13 865 armes nucléaires. Cela représente une diminution par rapport aux 14 465 armes nucléaires estimées par le SIPRI début 2018», note l’institut indépendant dans son document.

Israël, considérée comme la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient, n’a jamais admis ni démenti détenir l’arme atomique, et est le seul pays du Moyen-Orient à n’être pas signataire du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Détenteur supposés d’ogives nucléaires, Israël accuse l’Iran de vouloir s’en doter

Lire aussi : Netanyahou a-t-il évoqué l’intérêt commun d’Israël et des pays arabes à «une guerre contre l’Iran» ?

Ce rapport intervient dans un contexte de très fortes tensions entre d’un côté les États-Unis et ses alliés, dont fait partie Israël, et l’Iran régulièrement accusé de vouloir se procurer l’arme atomique – quand bien même le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) affirmait en janvier 2019 que l’Iran respectait ses engagements liés à l’accord sur le nucléaire de 2015. De son côté, le 13 juin, alors qu’il était en visite d’État au Royaume-Uni, Donald Trump avait fait savoir qu’il était prêt à prendre «toutes les décisions» pour empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire.

Quant au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, fervent soutien de la politique offensive des États-Unis à l’encontre de l’Iran, il avait affirmé, à plusieurs reprises, que les autorités iraniennes ne respectaient pas leur engagement en matière de non-prolifération d’armes nucléaires. Pour appuyer ses dires, il avait même assuré, à la faveur de son intervention à l’Assemblée générale des Nations unies en septembre 2018, avoir déniché un site nucléaire iranien secret. Une affirmation qu’un responsable américain avait alors remise en cause, et que de nombreux Iraniens avaient raillé sur les réseaux sociaux.

Lire aussi : Netanyahou confirme qu’Israël mène des frappes en Syrie pour «empêcher l’Iran de s’y implanter»

Publié le 18 juin 2019, 21:31

https://francais.rt.com/international/63073-israel-dispose-80-90-ogives-nucleaires-selon-institut-international

Juin 19

EPR DE FLAMANVILLE: LE PATRON D’EDF CONFIRME LE RETARD DE MISE EN SERVICE

Paris (AFP) –Le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy a indiqué mardi que la reprise de certaines soudures de l’EPR de Flamanville (Manche) entraînerait un retard dans la mise en service du réacteur nucléaire.

« Nous allons avoir du retard à cause de la reprise de ces soudures », a confirmé le patron d’EDF lors d’une conférence. « On est clairement dans la phase de réapprentissage (de construction de centrales, NDLR) mais il ne faut pas non plus noircir le tableau ».

Mi-avril, l’électricien avait reconnu que diverses recommandations de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) « pourraient » se traduire par de nouveaux retards et surcoûts de l’European Pressurised Reactor (EPR).

Les experts de l’ASN, qui a prévu de se prononcer en juin sur le dossier, avaient alors estimé qu’EDF devait engager dans son réacteur des travaux complexes à la suite de problèmes de soudures.

Il y a un an, EDF avait annoncé des « écarts de qualité » sur des soudures du réacteur nucléaire en construction dans la Manche, en Normandie, dont le démarrage est officiellement prévu fin 2019.

EDF avait proposé de laisser ces soudures en l’état en prouvant avec des essais qu’elles ne posaient pas de problème de sûreté, et de renforcer les contrôles pendant le fonctionnement du réacteur. Ce qui lui permettrait d’éviter des travaux complexes, potentiellement longs et coûteux.

« En France, on a rencontré de nombreux obstacles », a ajouté M. Lévy. « On a un EPR en Chine qui fonctionne parfaitement bien. On a recommencé à construire des centrales nucléaires il y a une dizaine d’années après s’être arrêté pendant 15 ans ».

Publié le 18/06/2019 à 21h02

https://www.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EPR-de-Flamanville-le-patron-d-EDF-confirme-le-retard-de-mise-en-service-28776224/

Juin 19

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES STAGNENT, UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR LE CLIMAT

Même si le secteur couvre désormais plus du quart des besoins mondiaux d’électricité, sa progression n’est pas suffisante pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, selon un groupe d’experts.

C’est un paradoxe qui a de quoi inquiéter celles et ceux qui se préoccupent du climat : alors que le coût des énergies renouvelables électriques continue à baisser de manière fulgurante, le rythme d’installation de nouvelles capacités de solaire et d’éolien semble stagner au niveau mondial.

Dans son rapport annuel rendu public mardi 18 juin, le réseau international REN21, qui dresse un panorama complet de l’évolution des renouvelables dans le monde, souligne que la croissance se poursuit, mais qu’elle est comparable à celle de 2017. Un constat déjà fait, en mai, par l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui s’alarmait de ce « tassement inattendu ».

C’est une mauvaise nouvelle pour la poursuite des objectifs climatiques et le respect de l’accord de Paris de décembre 2015. « Le monde ne peut pas se permettre de presser la touche “pause” concernant l’expansion des [énergies] renouvelables, et les gouvernements doivent agir rapidement pour corriger cette situation et permettre un flux plus rapide dans le développement de nouveaux projets », expliquait Fatih Birol, le directeur exécutif de l’AIE, début mai.

Pourtant, de prime abord, les bonnes nouvelles s’accumulent sur ce front : le secteur compte pour près des deux tiers (64 %) des nouvelles capacités de production d’électricité installées en 2018 et couvre désormais plus du quart (26 %) des besoins mondiaux d’électricité, tout en employant plus de 11 millions de personnes dans le monde. La croissance est aussi importante à l’échelle urbaine, puisque plus d’une centaine de grandes villes, de Seattle à Stockholm en passant par Auckland, Nairobi ou Dar es-Salaam (Tanzanie), consomment au moins 70 % d’électricité d’origine renouvelable.

Le charbon reste dominant

Lire aussi La loi sur le climat devient un test pour le gouvernement (Article réservé à nos abonnés)

Mais ce tableau est obscurci par les données des derniers mois. C’est la première fois, depuis 2001, que la croissance n’accélère pas d’une année sur l’autre. En 2018, les capacités installées de toutes les énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique, etc.) ont augmenté de 177 gigawatts, une tendance similaire à celle de l’année 2017.

Or, selon les calculs de l’AIE, les énergies renouvelables doivent croître de 300 gigawatts par an, en moyenne, entre 2018 et 2030, pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris. Au niveau mondial, le solaire et l’éolien occupent une part minime du mix (moins de 6 %), alors que le charbon reste dominant, avec 38 % de la production d’électricité.

Depuis quinze ans, la croissance des énergies renouvelables est portée par une diminution drastique des coûts – le solaire a baissé en moyenne de 90 % en dix ans –, mais aussi par des mécanismes de subventions. Or, dans de très nombreux pays, une diminution du soutien public et des changements de réglementation ont affecté le développement de cette énergie et de l’éolien.

Infographie Le Monde

C’est, par exemple, le cas en Chine. « Pékin, qui est le leader en capacité d’installation photovoltaïque et éolien, a revu, en 2018, son soutien au solaire, ce qui a abouti à une baisse de 45 % des installations », explique Rana Adib, secrétaire exécutive de REN21. Cette baisse de subventions s’explique par la volonté du gouvernement chinois de réduire l’enveloppe des coûts liés à ce soutien et de limiter les projets au modèle économique douteux.

Ralentissement dans de nombreux pays

Mais le ralentissement se ressent également dans d’autres pays. L’Allemagne, pays pionnier, en Europe, de la transition énergétique, voit ainsi le nombre de nouvelles installations éoliennes chuter lourdement. Au premier trimestre, l’installation de nouveaux parcs éoliens a produit seulement 134 mégawatts, son plus bas niveau depuis 2000. Sur l’année 2019, l’Allemagne ne devrait pas installer plus de 2 gigawatts, moitié moins que sa moyenne annuelle. En cause : le changement des règles de soutien public, mais aussi les difficultés juridiques qui s’accumulent et retardent l’exécution des projets. « Le secteur est en très grande difficulté en Allemagne », s’est alarmé, dans un communiqué, Giles Dickson, le PDG de WindEurope, l’association européenne de la filière.

Le secteur a besoin d’un soutien public important, financier et réglementaire, pour pouvoir s’imposer dans le mix électrique mondial

D’autres pays illustrent ce ralentissement, causé par des modifications dans les systèmes de subventions : en Inde, très gros consommateur de charbon, l’éolien marque également le pas. Au Japon, qui a tardé à se développer dans les énergies renouvelables, le solaire ralentit.

Ces difficultés illustrent le besoin pour le secteur de conserver un soutien public important, financier et réglementaire, pour pouvoir s’imposer dans le mix électrique mondial. « Ces énergies ont besoin de politiques stables et d’une vision de long terme, ainsi que d’une réflexion sur leur intégration dans les réseaux électriques d’une manière optimale », estime Fatih Birol.

« C’est aussi le soutien politique qui a permis de baisser les coûts, rappelle Rana Abid, mais des décisions plus audacieuses sont nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques. »

Lire aussi Éolien en mer : la bataille de Dunkerque est lancée (Article réservé à nos abonnés)

Le gaz en progression

Cette difficulté à croître rapidement est d’autant plus préoccupante qu’un autre pan du secteur électrique est en grande difficulté : le parc nucléaire mondial, dont la production n’émet pas de CO2, est en déclin, et de nombreux réacteurs vont devoir cesser leur activité dans les prochaines années. (NDLR : sauf si on les prolonge ce qui multiplie le risque d’accidents et la quantité de déchets qui posent problèmes)

Le nucléaire représente aujourd’hui 10 % de la fourniture d’électricité dans le monde, mais cette part est en baisse : plusieurs pays, comme l’Allemagne ou la Belgique, ont décidé de sortir de l’atome, et le nombre de réacteurs en construction est faible, tant cette technologie est coûteuse et complexe.

« Sans la contribution du nucléaire, la transition énergétique mondiale sera encore plus difficile », estime Fatih Birol. (NDLR : c’est le raisonnement du lobby nucléaire : faire tout son possible pour ralentir la transition énergétique pour rendre le nucléaire indispensable). Selon l’AIE, si les réacteurs actuels ferment au rythme prévu, la pression pour développer les énergies renouvelables sera encore plus importante : non seulement le solaire et l’éolien devront remplacer le charbon, mais ils vont, en plus, devoir se substituer aux centrales nucléaires.

Un bilan sombre qui devrait inciter les États à muscler sérieusement leurs politiques d’économies d’énergie, pour limiter les émissions de CO2 et l’augmentation du coût de la facture énergétique pour les citoyens.

En attendant, c’est une autre source d’énergie qui progresse fortement et continûment : le gaz. Il est porté par la hausse de la production du gaz de schiste américain. Dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis et en Chine, il tend à remplacer le charbon dans la production d’électricité, ce qui permet de diminuer les émissions de CO2. Mais pas de les ramener à un niveau suffisant pour respecter l’accord de Paris.

Infographie Le Monde

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Par Pierre Le Hir et Nabil Wakim, publié le 18 juin 2019, mis à jour à 11h01

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/06/18/climat-alerte-mondiale-sur-les-energies-decarbonees_5477833_3234.html

Juin 19

DES ASSOCIATIONS DEMANDENT UNE ENQUÊTE À LA SUITE D’UNE « CONTAMINATION » AU TRITIUM DANS LA LOIRE

Le relevé d’une concentration « anormalement élevée » de cet hydrogène radioactif à Saumur, en janvier 2019, « inquiète » ces associations antinucléaires.

Plusieurs associations antinucléaires demandent une enquête après avoir relevé, en janvier 2019, un taux anormalement élevé de tritium dans les eaux de la Loire, au niveau de Saumur (Maine-et-Loire). Ils dénoncent, mardi 18 juin, une « contamination » radioactive « anormalement élevée » en aval de cinq centrales nucléaires.

Le laboratoire de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) a relevé une concentration en tritium (hydrogène radioactif) de 310 becquerels par litre en janvier dernier. Il s’agit du seul relevé supérieur à 60 Bq/L entre décembre 2017 et mai 2019, selon le rapport des associations.

« Valeur exceptionnelle »

« Est-ce dû à un incident ? », se demande le collectif, dont Sortir du nucléaire, qui réclame que « cette valeur exceptionnelle » soit « expliquée par EDF et les autorités ». Leurs relevés pointent, par ailleurs, des concentrations régulièrement supérieures à 15 Bq/L dans les eaux potables de Saumur.

Naturellement présent dans l’eau à des niveaux très faibles, le tritium peut être rejeté par de nombreuses installations nucléaires, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui précise que son impact est « toujours très local. » Les niveaux de cet isotope de l’hydrogène montent habituellement, selon l’IRSN, « de quelques Bq/L à plusieurs dizaines de Bq/L en aval des centrales nucléaires », et « de quelques dizaines à quelques centaines de Bq/L autour des certaines installations [centres CEA de Marcoule et Valduc, site Orano de La Hague] ».

Selon le rapport du collectif, « sur la Loire, le tritium est présent sur près de 400 km, entre Dampierre-en-Burly et Nantes ». À Châtellerault, sur la Vienne, « les eaux de la rivière et de consommation sont contaminées à chaque prélèvement mensuel depuis décembre dernier, à des niveaux qui peuvent atteindre 50 Bq/L. » Les associations affirment que « la centrale nucléaire de Civaux en est à l’origine ».

Augmentation des rejets en France

Selon un arrêté ministériel, le dépassement du seuil de 100 Bq/L doit entraîner « l’identification et la quantification » d’autres particules nucléaires. Et l’Organisation mondiale de la santé recommande « une valeur guide de 10 000 Bq/L pour le tritium dans l’eau de boisson, à considérer en cas de consommation permanente de l’eau ».

Dans un rapport demandé par l’Association nationale des commissions locales d’information nucléaire, un scientifique du CNRS concluait en 2010 à une « sous-estimation » par « les instances de radioprotection » de « la toxicité » du tritium, seul radioélément dont les rejets autorisés augmentent en France. Par ailleurs, « le manque de données » sur des « effets cancérogènes du tritium (…) est flagrant », selon ce rapport.

Le Monde avec AFP, publié le 18 juin 2019 à 19h15

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/18/des-associations-demandent-une-enquete-a-la-suite-d-une-contamination-au-tritium-dans-la-loire_5478128_3244.html

Juin 18

L’IRAN DIT AVOIR DÉMANTELÉ UN RÉSEAU D’ESPIONS AMÉRICAIN EN PLEINES TENSIONS

L’Iran a affirmé mardi avoir démantelé un « nouveau réseau » d’espions agissant pour le compte des États-Unis, en pleines tensions accrues entre les deux pays ennemis, face auxquelles Moscou et Pékin ont exprimé leurs inquiétudes.

La crise s’est accentuée avec l’annonce lundi par le Pentagone d’un renforcement du dispositif militaire américain au Moyen-Orient après que l’Iran a affirmé son intention de franchir bientôt une limite prévue par l’accord sur le programme nucléaire iranien censé limiter Les activités sensibles de Téhéran.

L’Iran et les États-Unis sont engagés dans un bras de fer depuis le retrait unilatéral américain en 2018 de l’accord nucléaire et le rétablissement de sanctions économiques américaines à Téhéran. Des attaques contre des pétroliers en mai et en juin derniers dans la région du Golfe, attribués par Washington à l’Iran, qui a démenti, ont jeté de l’huile sur le feu.

« Sur la base de nos propres renseignements et d’indices collectés au sein des services américains, nous avons récemment découvert les nouvelles recrues embauchées par les Américains et démantelé ce nouveau réseau« , a annoncé l’agence officielle iranienne Irna, en citant sans l’identifier le « chef du contre-espionnage au ministère des Renseignements« .

Certains espions du réseau mis sur pied, selon Irna, par l’Agence centrale du renseignement des États-Unis (CIA), ont déjà été arrêtés et remis à la justice. L’agence ne donne toutefois aucun chiffre et ne précise pas la nationalité des suspects.

« Boîte de Pandore »

Face à l’escalade des tensions, la Russie, pays allié de l’Iran, a appelé à la « retenue ».

Bases militaires américaines au Moyen-Orient / AFP

« Nous préférerions ne pas voir de mesures susceptibles de provoquer une montée des tensions dans cette région déjà instable« , a déclaré le porte-parole du Kremlin.

La Chine de son côté a appelé Américains et Iraniens « à garder la tête froide » et « à ne pas ouvrir la boîte de Pandore« .

Lundi, le Pentagone a annoncé « l’envoi de 1.000 militaires supplémentaires à des fins défensives pour répondre à des menaces aériennes, navales et terrestres au Moyen-Orient« .

« Les récentes attaques iraniennes valident les renseignements fiables et crédibles que nous avons reçus sur le comportement hostile des forces iraniennes« , a indiqué le chef du Pentagone Patrick Shanahan, en allusion aux attaques contre les pétroliers qui n’ont pas été revendiquées.

Photo diffusée par le Pentagone le 17 juin 2019 montrant une cavité, évaluée à plus d’un mètre de diamètre, provoquée par une mine sur la coque d’un pétrolier / US NAVY/AFP

L’administration américaine de Donald Trump entend mener une politique de « pression maximale » contre l’Iran qu’elle accuse de « déstabiliser » le Moyen-Orient, tout en affirmant ne pas chercher de guerre avec Téhéran.

Rivale de l’Iran et alliée des États-Unis, l’Arabie saoudite a elle aussi accusé l’Iran d’être derrière les attaques contre les pétroliers le 13 juin en mer d’Oman près du détroit d’Ormuz, par lequel transite le tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde.

Londres a aussi incriminé Téhéran, mais l’Union européenne a refusé de s’aligner sur les conclusions de Washington.

« Iran fidèle »

Avant l’annonce des nouveaux renforts américains, Téhéran a annoncé lundi que ses réserves d’uranium faiblement enrichi passeraient à partir du 27 juin au-dessus de la limite prévue par l’accord nucléaire de 2015.

Fruit d’intenses efforts diplomatiques entre l’Iran et le Groupe des Six (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie), l’accord vise à limiter drastiquement le programme nucléaire de Téhéran en échange d’une levée des sanctions économiques. Mais le rétablissement des sanctions américaines prive l’Iran des bénéfices qu’il attendait de ce pacte.

L’enrichissement de l’uranium / AFP

Pris à la gorge par les sanctions qui ont fait fuir les investisseurs étrangers revenus en Iran à partir de 2016, l’Iran a annoncé le 8 mai qu’il s’affranchissait de deux engagements pris aux termes de l’accord, notamment celui limitant à 300 kg ses réserves d’uranium enrichi.

Téhéran menace aussi de s’affranchir progressivement du reste de ses obligations en matière nucléaire, à partir de début juillet, si d’ici là les États restant parties à l’accord de Vienne ne l’aident pas à briser les effets dévastateurs des sanctions.

Jusqu’ici, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a certifié que l’Iran agissait en conformité avec ses engagements.

Le monde entier « loue » la loyauté de l’Iran, a assuré le président iranien Hassan Rohani. « L’Iran est resté fidèle à sa signature« , a-t-il souligné, en accusant les États-Unis de « fouler au pied » le droit international.

Mais après l’annonce iranienne sur ses stocks d’uranium enrichi à 3,67% (un niveau très en-deçà des 90% permettant d’envisager la fabrication d’une bombe atomique), les États-Unis ont appelé le monde « à ne pas céder au chantage nucléaire de l’Iran« .

burx-mj/tp,

Pr afp, publié le 18/06/2019 à 15h51

https://www.la-croix.com/Monde/L-Iran-dit-avoir-demantele-reseau-espions-americain-pleines-tensions-2019-06-18-1301029693

Juin 18

NUCLÉAIRE À FLAMANVILLE : DES COMPRIMÉS D’IODE DISTRIBUÉS AUX 135 000 HABITANTS DU COTENTIN

Suite à la signature par le préfet de la mise à jour des plans particuliers d’intervention autour des centrales nucléaires, de l’iode va être distribué à 135 000 Cotentinais.

En 2016, le gouvernement avait pris la décision d’étendre le rayon des plans particuliers d’intervention (PPI) autour des centrales nucléaires de 10 à 20 kilomètres. Il s’agissait, à la suite de l’accident nucléaire de Fukushima en 2011, de réviser le dispositif de protection des personnes.

Selon la préfecture de la Manche, « l’extension de ce rayon permet d’améliorer la réactivité des pouvoirs publics et de mieux sensibiliser et préparer la population à réagir en cas d’alerte nucléaire ». (NDLR : 5 ans pour décider + 3 ans pour appliquer, bravo la réactivité de nos gouvernants !!)

Le 29 janvier dernier, le préfet a signé la mise à jour du PPI de la centrale EDF de Flamanville.

Lire aussi : Centrale nucléaire de Flamanville : 3 sous-traitants légèrement contaminés

135 000 personnes concernées 

Elle implique une nouvelle campagne de distribution de comprimés d’iode. L’iode permet, en cas de rejet radioactif accidentel dans l’atmosphère, de protéger la thyroïde. La distribution se fait de manière préventive : les comprimés ne doivent être ingérés que sur instruction du préfet.

Les 17 000 riverains de l’ancien rayon du PPI de Flamanville (de 0 à 10 kilomètres) ont déjà été dotés de comprimés d’iode lors de la campagne de 2016. Ces comprimés ont une validité de sept ans.

Il faut maintenant en distribuer dans un rayon allant jusqu’à 20 kilomètres, soit 118 000 personnes en allant de Cherbourg-en-Cotentin au nord, Sottevast à l’est et Barneville-Carteret au sud…

Lire aussi : Le nucléaire en Normandie : satisfaisant, mais peut mieux faire

À retirer en pharmacie 

« Dans le courant du mois de juin, les foyers concernés recevront un courrier les informant de l’extension du rayon du PPI », explique la préfecture. « Puis en septembre, un nouveau courrier leur sera adressé pour la nouvelle campagne de distribution de comprimés d’iode. » Ces comprimés seront à retirer gratuitement en pharmacie.

Dans le même temps, une campagne d’information sera organisée par les pouvoirs publics et EDF. Elle vise à expliquer les risques associés à la présence d’une centrale nucléaire, la prévention de ces risques et la conduite à tenir en cas d’alerte nucléaire.

Lire aussi : Nucléaire : la visite décennale va se prolonger à Flamanville

Pour en savoir plus, un numéro vert (0 800 96 00 20) et un site internet (www.distribution-iode.com) sont à la disposition du grand public depuis le 3 juin.

Publié le 18 Juin 19 à 16h38

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-flamanville-comprimes-diode-distribues-135-000-cotentinais_25061543.html

Juin 18

BAR-LE-DUC: UN DÉBAT SUR LES ALTERNATIVES AU STOCKAGE GÉOLOGIQUE

Débat public du Plan national de gestion des matières et des déchets nucléaires ce jeudi 20 juin à Bar-le-Duc sur la thématique des alternatives au stockage géologique.

Lancé officiellement depuis le 17 avril à Paris, le débat public sur le Plan national de gestion des matières et des déchets nucléaires (PNGMDR) doit s’inviter dans quatre métropoles et dans les territoires les plus concernés au fil de seize rencontres-débats thématiques jusqu’à sa clôture programmée le 25 septembre.

Ce jeudi 20 juin, il fait justement une étape capitale en Meuse. Ce département ayant été choisi depuis 2006 par le Parlement pour recevoir le projet Cigéo de stockage en couche profonde des déchets nucléaires à 500 m sous Bure, sous le pilotage de l’ Andra.

Ouvert à tous, l’atelier thématique pose une question clé : « La gestion des déchets radioactifs ultimes : quelles alternatives au stockage géologique ? ». Organisé par la commission particulière du débat public, il permettra « de faire le bilan des recherches sur toutes les alternatives au stockage géologique profond, de donner au public l’opportunité de s’informer sur leurs progrès, et de discuter de leurs mérites et inconvénients. Il offrira un panorama de toutes les idées explorées en France et à l’étranger pour la gestion des déchets de moyenne activité et haute activité vie longue, une description plus précise d’une alternative au stockage géologique profond proposée en France par certains acteurs du débat et enfin un état des recherches et des progrès sur la transmutation, selon différentes techniques : réacteurs à neutrons rapides, accélérateurs, laser. » Présentation par Isabelle Harel-Dutirou et Michel Badré, respectivement présidente et membre de la commission, en la présence de représentants du ministère de la Transition écologique et solidaire, de la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) et de l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN).

Débat public : le jeudi 20 juin à partir de 18 h 30 au Gymnase de la Côte Sainte-Catherine, situé rue d’Anjou, à Bar-le-Duc. Entrée libre.

Publié le 17/06/2019 à 05h02, mis à jour le 17/06/2019 à 08h22

https://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2019/06/17/un-debat-sur-les-alternatives-au-stockage-geologique

Juin 18

DU DROIT D’AVOIR OU PAS LA BOMBE ATOMIQUE : LE CAS DE L’IRAN

L’Occident devrait balayer devant sa porte !

Si avec l’accord de l’ONU (de 2017) qui demande aux nations du monde de ne pas se doter de l’arme nucléaire, on peut espérer un monde moins pourri, cela ne signifie pas pour autant, que l’Iran soit dans son tort lorsqu’elle parle de copier les mêmes stupidités que le monde dit développé (USA, Russie, Angleterre, France, Chine, Pakistan, Inde, Corée du Nord et Israël …) en voulant s’ériger en puissance nucléaire.

En effet, de quel droit des nations nucléaires imposeraient-elle à d’autres, l’interdiction de s’approprier aussi cette puissance destructrice ? (Je devrais écrire en fait : exterminatrice !) Le droit du plus fort comme d’habitude.

Là est une fois de plus l’hypocrisie des nations nucléaires. Et l’aveuglement de ceux qui aident au passage l’Iran à la prolifération de cet armement (La Russie).

En effet, si l’on parle de liberté et de démocratie, je ne vois pas pourquoi on empêcherait une nation de faire les mêmes bêtises que celles-là même qui ont les moyens de le faire.

Ou alors arrêtons de parler de liberté et de démocratie et imposons un diktat pour empêcher que les jeunes nations choisissent la voie des grandes nations. Ne parlons plus de démocratie à ce moment-là !

Non, la sagesse voudrait que les nations atomiques commencent à montrer l’exemple du désarmement. (Comme le recommande l’accord de l’ONU de 2017 !)

À oublier de nettoyer devant sa porte, l’Occident pourrait bien être pris aux propres pièges de sa soi-disant morale démocratique. Il serait plus juste et honnête de parler de dictatures démocratiques dans ce cas précis. (L’usage de l’arme atomique nécessite un contrôle policier très hiérarchisé et cela n’a donc rien de démocratique !)

Donc, si l’Iran (et d’autres !) désire se développer, il serait quand même plus profitable à long terme qu’ils empruntent une autre voie plus judicieuse que le chemin des dictatures démocratiques occidentales.

Disons que ce serait moins stupide et tout à leur honneur de ne pas suivre les bêtises des autres… (qui se disent développés et ne sont des nains spirituels…)

Ce pays au régime assez conservateur et répressif (surtout envers les femmes !) et son Président Iranien seraient d’ailleurs bien inspirés en copiant les bons exemples d’un authentique développement des peuples en favorisant le monde rural et son autonomie alimentaire.

Et cela n’est pas impossible à réaliser ! L’Afrique du Sud qui possédait l’arme atomique a eu le courage de renoncer dans cette voie et a démantelé son arsenal de mort.

C’est par de tels actes que l’on reconnaît les grandes nations.

On peut donc espérer de l’avenir, mais pour le moment, on conviendra là encore, qu’il est quand même désolant de constater les fortes tendances des nations émergentes, à copier les mêmes erreurs que celles qui les ont devancées.

Votre serviteur pacifiste de service, Pierre Sarramagnan-Souchier, le 18 juin 2019.

Note : Moyen-Orient. L’Iran menace de violer les termes de l’accord sur le nucléaire :

(VOIR : https://www.courrierinternational.com/article/moyen-orient-liran-menace-de-violer-les-termes-de-laccord-sur-le-nucleaire)

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/du-droit-d-avoir-ou-pas-la-bombe-215981

Juin 18

L’AFRIQUE DU SUD MISE SUR LE RENOUVELABLE

EXTRAIT : L’Afrique du Sud qui dépend encore à 90% du charbon a décidé de privilégier désormais les énergies renouvelables et le gaz. Le pays le plus industrialisé du continent ne devrait donc plus augmenter sa production d’électricité nucléaire dans les années à venir. Un nouveau tournant s’annonce…

En attendant les résultats de l’étude qui montrera si oui ou non, l’Afrique du Sud doit pousser le nucléaire, le pays s’inscrit dans un nouveau schéma : celui des énergies renouvelables et du gaz. De quoi opter pour une électricité moins coûteuse, mais surtout moins polémique d’un point de vue environnemental. L’objectif d’un tel parti pris est clair : réduire la dépendance au charbon en passant d’un ratio de 90% actuellement, à 65% à l’avenir, et ne pas avoir non plus à augmenter la production d’origine nucléaire comme le pays le prévoyait jusqu’ici…

…240 ha de miroirs paraboliques

Les miroirs paraboliques de Kathu Solar Park s’étendent sur 240 hectares (soit 38 4000 miroirs)… La centrale est censée atteindre une puissance de 100 MW pour un coût de 750 millions d’euros. Mais face à la crise énergétique du pays, cette initiative ne suffira pas. L’Afrique du Sud prévoit donc de multiplier les projets solaires et éoliens pour prendre le relai des opérations nucléaires mises en suspens.

Par Article partenaire – Enedis, publié le 18/06/2019, à 10h49  

Photo : Crédits : DR

https://afrique.latribune.fr/entreprises/la-tribune-afrique-de-l-energie-by-enedis/2019-06-18/l-afrique-du-sud-mise-sur-le-renouvelable-820675.html

Juin 17

ESSAIS NUCLÉAIRES. LES VICTIMES SOUTENUES ET INDEMNISÉES

L’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires) du Morbihan tenait, samedi, son assemblée générale au Dauphin, rassemblant une centaine de membres et en présence de Patrick Suberville et Jean-Louis Camuzat, respectivement président et vice-président d’Aven France.

L’association a été créée le 9 juin 2001 et compte actuellement 6 000 adhérents au niveau national et 160 au niveau départemental. Son objet consiste à faire reconnaître et défendre les droits des personnes civiles ou militaires confrontées à la maladie (23 recensées dont 19 cancers) suite à leur présence sur site lors d’un essai nucléaire français (210 réalisés en tout) sur les sites du Sahara et de Polynésie française depuis le 13 février 1960 jusqu’au 27 janvier 1996. En 2010, la loi Morin reconnaît le statut des malades ; il est désormais possible d’être indemnisé du fait d’avoir été sur les sites où avaient eu lieu les tirs et d’être atteint d’une des 23 maladies radio-induites.

L’équipe se tient à disposition des victimes pour monter les dossiers et les défendre auprès de la commission indemnisation.

Contact

Christian Coulon, président de l’association des vétérans des essais nucléaires du Morbihan, référent juridique Bretagne, tél. 07 82 34 58 02, www.aven.org

Publié le 16 juin 2019 à 16h40

https://www.letelegramme.fr/morbihan/kervignac/essais-nucleaires-les-victimes-soutenues-et-indemnisees-16-06-2019-12312683.php

Juin 17

UN CONVOI NUCLÉAIRE MARQUÉ PAR GREENPEACE TRAVERSE L’ILE-DE-FRANCE

Évreux/Paris, le 17 juin 2019

Ce matin, un camion transportant des déchets radioactifs a été tagué par des activistes de Greenpeace sur l’A13 à hauteur des Mureaux en Île-de-France. Parti le matin même du Cotentin, le semi-remorque s’apprête à contourner Paris par la Francilienne pour rejoindre le centre de stockage de Soulaines dans l’Aube.

Quelques jours auparavant, les activistes avaient « relooké » un train contenant de l’uranium de retraitement en gare de Vierzon pour dénoncer les convois radioactifs qui sillonnent la France à l’insu de la population.

Un convoi nucléaire marqué par Greenpeace circule sur l’A13 en Île-de-France

« Ce camion radioactif est une nouvelle illustration du va-et-vient incessant de convois nucléaires sur nos routes ou nos voies ferrées. En cause, notre modèle de production électrique qui repose à 75 % sur le nucléaire, une énergie polluante à l’empreinte lourde puisqu’il faut compter trois siècles au minimum pour que ces déchets redeviennent inoffensifs (et plusieurs millions d’années pour les plus radioactifs d’entre eux) », explique Yannick Rousselet, chargé de campagne sur les questions nucléaires pour Greenpeace France.

19 000 convois radioactifs par an, directement imputables à l’industrie électronucléaire, sont recensés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Un certain nombre d’entre eux sont liés au retraitement des déchets par Orano à la Hague : transport de combustibles usés, d’uranium de retraitement, de plutonium ou de matériaux divers contaminés au cours des opérations de retraitement.

« Par ces deux actions, nous disons clairement que les transports liés au retraitement sont inutiles et que nous pourrions très bien nous en passer ! En multipliant les types de déchets et les transports de substances radioactives, le retraitement multiplie aussi les risques. Il est prouvé que l’industrie ne recycle pas ses déchets [1]. La France doit mettre un terme à cette politique absurde et dangereuse », poursuit-il.

Alors qu’un débat public sur la gestion des matières et déchets nucléaires se tient en ce moment, Greenpeace France dénonce la fuite en avant de la filière nucléaire et appelle à un sursaut des pouvoirs publics.

« La France est envahie par les déchets du nucléaire qui s’entassent partout. Personne n’est épargné : ni en zone urbaine, ni en territoire rural où l’industrie planque ses déchets et matières radioactives comme elle entend le faire à Bure avec le projet Cigéo dont nous dénonçons le danger pour les générations futures », conclut-il.

Photos et vidéos disponibles ici : https://media.greenpeace.fr/811
Photos et vidéos de la précédente action : https://media.greenpeace.fr/?p=781

Les demandes de Greenpeace France :

  • Renoncer au projet d’enfouissement profond Cigéo et privilégier d’autres options, comme le stockage à sec en sub-surface.
  • Mettre un terme au retraitement du combustible usé, qui multiplie les risques.
  • Mettre fin aux transports nucléaires inutiles (notamment ceux liés au retraitement) et interdire les passages en zone de concentration urbaine.
  • Comptabiliser les « matières radioactives » non réutilisées dans la liste des déchets nucléaires d’EDF.
  • En priorité : cesser de produire des déchets nucléaires en planifiant une sortie du nucléaire qui s’appuiera sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement d’énergies renouvelables, selon des scénarios compatibles avec la lutte contre le changement climatique.

[1] Selon un rapport de l’HCTISN, moins de 1 % des combustibles usés est réutilisé.

Contact presse :

Guillaumine Lickel, chargée de communication à Greenpeace France : tél : 06 73 89 48 90

Publié le 17 juin 2019

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/action-un-convoi-nucleaire-marque-par-greenpeace-traverse-lile-de-france/

Juin 17

L’IRAN VA DÉPASSER SON PLAFOND D’URANIUM FAIBLEMENT ENRICHI

Téhéran avait fait savoir en mai qu’il allait réduire ses engagements sur le nucléaire, en signe de protestation contre la décision des États-Unis de se retirer de l’accord de 2015 et de rétablir des sanctions contre la République islamique.

La tension entre l’Iran et Washington ne faiblit pas. Conformément aux menaces du président iranien, Hassan Rohani, l’Iran s’est engagé à réduire les engagements pris sur le contrôle de son programme nucléaire si les pays signataires de l’accord conclu à Vienne, en juillet 2015, n’apportent pas des «signaux positifs» à son application.

Lire aussi L’Iran lance un compte à rebours en vue de son retrait de l’accord sur le nucléaire (Article réservé à nos abonnés.)

Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a annoncé que les réserves d’uranium enrichi de l’Iran dépasseraient la limite fixée aux termes de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 à partir du 27 juin. « Aujourd’hui, le compte à rebours pour passer au-dessus de 300 kilogrammes pour les réserves d’uranium enrichi a commencé et dans dix jours, c’est-à-dire le 27 juin, nous dépasserons cette limite », a déclaré, lundi 17 juin, Behrouz Kamalvandi lors d’une conférence de presse diffusée en direct par la télévision d’État iranienne.

L’Iran avait annoncé le 8 mai qu’il avait décidé de ne plus respecter deux engagements qu’il a pris aux termes de l’accord international conclu à de Vienne en 2015 à propos de son programme nucléaire : ceux limitant ses réserves d’uranium enrichi (UF6) à 300 kg et ses réserves d’eau lourde à 130 tonnes. Cette décision survient dans une période de vives tensions avec les États-Unis qui ont fait de l’Iran leur bête noire au Moyen-Orient.

Lire aussi L’uranium enrichi à 20 % au centre des discussions avec l’Iran

Retrait de Washington de l’accord de 2015

Le 8 mai, l’Iran avait également lancé un ultimatum de soixante jours aux États signataires de l’accord pour l’aider à contourner les sanctions américaines rétablies par Washington après la décision prise par les États-Unis, en mai 2018, de ne plus respecter ce pacte.

Le plan d’action conjoint (JCPoA), signé par l’Iran et par les pays membres du groupe P5 + 1 (Chine, Russie, USA, France, Grande-Bretagne et Allemagne) le 14 juillet 2015 à Vienne, prévoit un contrôle du programme nucléaire iranien en échange d’une levée progressive des sanctions économiques.

Il a permis de mettre fin à des années d’isolement de l’Iran en levant une partie des sanctions économiques internationales contre ce pays. En échange, Téhéran a accepté de limiter drastiquement son programme nucléaire afin de garantir que le pays ne cherche pas à se doter de l’arme atomique.

Mais Donald Trump, qui estime que cet accord est l’un des plus mauvais approuvés par les États-Unis, l’a dénoncé en mai 2018 et a remis en vigueur des sanctions économiques contre l’Iran.

Le Monde avec AFP et Reuters,publié le 17 juin 2019 à 11h35, mis à jour à 12h19

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/17/l-iran-va-depasser-son-plafond-d-uranium-faiblement-enrichi_5477324_3210.html

Juin 17

LE NOMBRE D’ARMES NUCLÉAIRES DANS LE MONDE EN BAISSE, SELON UN RAPPORT DU SIPRI

Malgré cette diminution en 2019, les auteurs du rapport regrettent que les pays détenant l’arme atomique lui donnent une « importance accrue » et modernisent leur arsenal.

Le nombre total d’ogives nucléaires dans le monde a encore baissé durant l’année écoulée, selon le dernier rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri) publié lundi 17 juin. Au début de 2019, les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord détenaient environ 13 865 armes nucléaires, soit quelque 600 de moins qu’au début de 2018, selon les estimations du rapport.

Le nombre d’armes atomiques a radicalement baissé depuis le pic du milieu des années 1980, lorsqu’il atteignait presque 70 000.

La baisse de ces dernières années vient essentiellement des États-Unis et de la Russie, dont les arsenaux représentent toujours plus de 90 % des armes nucléaires mondiales. Les deux pays remplissent ainsi leurs obligations découlant du traité New Start qu’ils ont signé en 2010, qui prévoit un nombre limité d’ogives fonctionnelles et le désamorçage des vieilles ogives datant de la guerre froide.

Mais ce traité expire en 2021 et il n’y a « aucune discussion sérieuse en cours pour le prolonger », dans une période de fortes tensions entre les deux plus grandes puissances nucléaires, rapporte auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Shannon Kile, directeur du programme de contrôle des armes nucléaires au Sipri et coauteur du rapport. L’année prochaine, le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), considéré comme la pierre angulaire de l’ordre nucléaire mondial, aura 50 ans.

Des inquiétudes concernant la modernisation de l’arsenal

Kile note plusieurs tendances inquiétantes, comme l’accumulation d’armes nucléaires des deux côtés de la frontière indo-pakistanaise, qui renforce le danger qu’un conflit conventionnel dégénère en échange nucléaire.

Il existe également une tendance plus générale à donner « une importance accrue » aux armes nucléaires, avec un changement de doctrine stratégique, notamment aux États-Unis, qui donnent un rôle plus important à ces armements dans les opérations militaires et les discussions sur la sécurité nationale, selon M. Kile.

Les puissances nucléaires sont en train de moderniser leur arsenal et la Chine, l’Inde et le Pakistan en augmentent également la taille. « Le monde connaît moins d’armes [nucléaires], mais plus neuves », résume Shannon Kile. « Je pense que la tendance s’éloigne de là où nous en étions il y a cinq ans, lorsque les armes nucléaires étaient marginalisées à travers le monde. »

Pour retrouver cet article et voir la vidéo Faut-il interdire les armes nucléaires ? (4mn31s), cliquer sur :

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/17/le-nombre-d-armes-nucleaires-dans-le-monde-en-baisse-selon-un-rapport-du-sipri_5477105_3210.html

Juin 16

UN NOUVEAU COLLECTIF ÉCOLOGISTE SAVOYARD, « FAISONS BARRAGE », VIENT DE SE CRÉER

Un nouveau collectif écologiste savoyard, « Faisons barrage », vient de se créer à l’initiative de citoyens d’Albertville et d’Ugine préoccupés par les projets de privatisation des barrages français appartenant à EDF par le gouvernement Macron.

La privatisation de l’énergie des barrages – de Savoie mais aussi d’ailleurs ! – est:

  • une véritable menace pour la sécurité des habitants en aval,
  • une aberration économique pour le service public, il s’agit encore une fois de « privatiser les profits et nationaliser les pertes ».

Ce sont les concessions d’exploitation d’un bien public (payé par la collectivité et largement amorti) qui sont offertes aux groupes financiers privés avec tous les risques de perte de maîtrise publique sur tous les domaines liés à cette ressource : production, stockage, irrigation, environnement, etc…

L’eau sous toutes ses formes doit rester un bien commun, les barrages font partie du patrimoine local. On peut craindre aussi que la gestion privée de cette « houille blanche » comme on la nommait autrefois, ne crée des difficultés très en aval pour le refroidissement des centrales nucléaires de la vallée du Rhône.

C’est donc une première manifestation contre cette trahison qui se déroulera le 22 juin près du barrage de Roselend en Savoie à partir de 11h.

Publié le 16 juin 2019

https://www.nice-provence.info/2019/06/16/bonne-semaine-mauvaise-foi-16-juin-2019/

Message:

Pour celles et ceux qui veulent se rendre au barrage de Roselend samedi 22 juin (contre la privatisation des barrages), ATTAC Savoie organise un covoiturage au départ de Chambéry.
Rendez-vous au parc des Expositions de Chambéry pour un départ à 9h00.
Merci de vous signaler pour comptabiliser les participant⋅e⋅s et prévoir le nombre de véhicules à mobiliser.
Laisser un numéro de téléphone au cas où.

On peut déjà compter sur 2 véhicules (Gilles et J-François – 8/10 places).

Contact: jf.falconnier@wanadoo.fr

Juin 15

CES ARMES DU FUTUR QUI ÉQUIPERONT LE FLEURON DES PLUS PUISSANTES ARMÉES DU MONDE

Missile de croisière hypersonique, sous-marin nucléaire, véhicule blindé multi-rôles, armes laser… Certains pays développent des armes de rupture stratégique qui leur conféreront un jour une avancée technologique et militaire sans précédent. Tour d’horizon avec Sputnik de ces armes dont les militaires attendent la mise en service.

Les États-Unis, la Russie et la France forment le top-3 des plus gros pays exportateurs d’armes au monde. À eux trois, ils représentent les trois quarts du volume total des exportations d’armement. En parallèle, ils continuent de développer des armes sophistiquées, qui leur conféreront un jour une avancée technologique et militaire sans précédent. Sans oublier l’Inde, l’un des deux plus gros importateurs mondiaux, qui travaille aussi sur ces armes du futur.

RUSSIE

Zircon

Le missile russe Zircon huit fois hypersonique, © Sputnik . Ildus Gilyazutdinov

En février 2019, Vladimir Poutine a annoncé dans son adresse à l’Assemblée fédérale que le nouveau missile de croisière hypersonique Zircon devrait équiper les sous-marins et les navires de surface. Selon le Président, le missile se déplacera à la vitesse de Mach 9 et sa portée sera supérieure à un millier de kilomètres.

Comme l’avait précisé à Sputnik un amiral russe à la retraite, les missiles hypersoniques Zircon tirés depuis des navires se trouvant à une distance de 500 km des côtes, sont capables de porter en cinq minutes une frappe garantie sur des cibles se trouvant sur le littoral.

Sarmat

Le système de missiles Sarmat possède une puissance de frappe meurtrière et peut contourner les moyens de défense antimissile les plus sophistiqués, notamment grâce à «l’attaque orbitale» [autrement dit quand le missile met la charge en orbite pour ensuite plonger avant d’avoir effectué un tour complet de la Terre, et de ce fait peut tirer en passant par le pôle sud pour contourner les défenses ennemies, ndlr].

Le développement du projet Sarmat a débuté en 2011. Le missile doit être mis en service dans l’armée en 2020. Il remplacera le redoutable Voevoda, surnommé Satan en Occident (classification Otan — SS-18 Mod. 1.2.3. Satan).

Monolith

Un missile air-sol guidé de nouvelle génération qui appartiendra à la classe des armes de haute précision, conçu pour avions de combat et hélicoptères.

Sans donner plus de détails, le PDG adjoint de la société d’armement Techmash a révélé à Sputnik que Monolith serait mis au point dans deux ou trois ans.

Kniaz Vladimir

CNBC dévoile les projets de la Russie sur ses sous-marins dotés de missiles hypersoniques (© Photo. Chantiers navals Sevmach)

Le sous-marin nucléaire du projet modernisé 955 Boreï A, Kniaz Vladimir sera opérationnel d’ici 2020, a annoncé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou.

Les sous-marins de cette classe sont capables de porter 20 missiles Boulava, dont chacun est équipé de dix ogives nucléaires hypersoniques.

FRANCE

Serval

Serval est un véhicule blindé multirôle léger destiné à équiper l’armée de Terre. Cet engin de 17 tonnes peut embarquer huit hommes en plus des deux assis à l’avant.

Comme le précise le ministère, «le nom de ce petit félin du désert s’inscrit dans la lignée des appellations des véhicules du programme Scorpion (Griffon et Jaguar). Il fait également référence à l’opération française déclenchée au Mali en janvier 2013».

Serval est destiné à équiper des unités agissant dans les zones de contact et en particulier la QRF (la force de réaction rapide) de l’échelon national d’urgence, indique Ouest-France. Le projet de la Loi de programmation militaire (2019-2025) prévoit de doter l’armée de Terre d’un parc de plus de 978 Serval à l’horizon 2030, dont 489 seront livrés d’ici 2025. Un premier régiment devrait être équipé fin 2022

Arme laser antisatellites

L’Onera, le laboratoire public de recherche aérospatiale, a indiqué le 7 juin travailler sur de futures armes laser antisatellites, destinées à rendre inopérants des satellites d’observation situés entre 400 et 700km d’altitude, rapporte le magazine Challenges, se référant au ministère des Armées.

Selon Franck Lefèvre, directeur de l’activité défense de cet établissement rattaché au ministère des Armées, «l’effet recherché n’est pas de détruire l’objet, mais de l’empêcher d’effectuer sa mission. En concentrant l’énergie sur la cible, on pourrait endommager les panneaux solaires d’un satellite ennemi, ou pénétrer par ses fenêtres optiques et l’éblouir».

ÉTATS-UNIS

Canon électromagnétique

La Marine américaine s’apprête à tester un canon électromagnétique en mer

Depuis 2005, l’armée américaine travaille sur un canon électromagnétique qui consiste à faire circuler un courant électrique intense couplé à un champ magnétique entre deux rails parallèles conducteurs d’électricité.

Déjà testée sur terre, cette arme de haute technologie le sera bientôt en mer avec le concours de la marine américaine, indique le portail Space.com. Lors des essais, un projectile avait atteint la vitesse de 2 km/s, soit six fois la vitesse du son.

High Energy Laser

Un laser de l’US Air Force a abattu des missiles pendant un essai (© AP Photo / US Navy, John F. Williams)

Le département américain de la Défense a l’intention de développer une arme laser (High Energy Laser) qui serait montée sur le véhicule de combat d’infanterie Stryker, selon un document publié sur le site des marchés publics du gouvernement des États-Unis. La commande provient de la direction de la défense spatiale et antimissile auprès de l’United States Strategic Command (STRATCOM).

En avril dernier, l’armée de l’air américaine a révélé, citée par le portail The Drive, avoir testé le prototype d’un système laser destiné à protéger dans un futur proche les avions de combat et autres aéronefs, précisant que plusieurs missiles tirés dans le cadre de ces essais avaient été abattus.

INDE

Nirbhay

Nirbhay est un missile de croisière subsonique qui se positionne comme une solution universelle pour les trois «dimensions» (la mer, le sol, les airs) et conçu pour compléter la puissance du missile supersonique Brahmos, que l’Inde avait développé conjointement avec la Russie. Le missile peut se déplacer à une vitesse d’environ 0,7 Mach, à des altitudes basses de seulement 100 mètres.

 

À la mi-février, Nirbhay a été testé avec succès, comme l’ont annoncé des médias locaux se référant à l’Organisation indienne de recherche et développement sur la Défense (DRDO). Il s’agissait du sixième essai de cette nouvelle arme, les trois s’étant soldés par un échec.

Par Irina Tarassova, publié le 14 juin 2019 à 16h47, mis à jour à 20h40

https://fr.sputniknews.com/defense/201906141041433229-ces-armes-du-futur-qui-equiperont-le-fleuron-des-plus-puissantes-armees-du-monde/

(NDLR : les adorateurs du « progrès technique » seront sans doute ravis, ceux de la vie beaucoup moins !)

Juin 15

2023, L’ANNÉE DES PROMESSES

EXTRAITS : Les promesses, c’est bien connu, rendent les enfants joyeux… mais qu’en est-il des électeurs qui, jour après jour, voient les promesses faites en 2017 s’éloigner ?

En effet, les nombreuses promesses faites par le chef de l’état sont majoritairement repoussées à plus tard… généralement à 2023… Alors que le mandat présidentiel sera terminé le 13 mai 2022.

Est-ce de la prétention de la part de Macron ? Serait-il sûr à ce point d’être réélu pour promettre ainsi des mesures qu’il n’a pas réalisées lors de son premier mandat ?…

… Allons faire maintenant un tour du côté du nucléaire, et découvrons le report des fermetures des centrales nucléaires.

La centrale de Fessenheim a vu ainsi sa fermeture reportée pour l’instant à 2020… (lien) puis à plus tard, lorsque l’EPR de Flamanville sera opérationnel… ce qui pourrait faire sourire lorsque l’on connait les retards faramineux que cette centrale connait année après année.

Son démarrage prévu pour 2012 est maintenant repoussé pour l’instant à 2022… voire plus tard ou pas du tout. lien.

En effet, Yannick Rousselet, de Greenpeace, réclamait récemment l’arrêt définitif du chantier de l’EPR. lien

Quant au programme nucléaire français, dont la réduction était annoncée à 50%, au lieu de 72% actuel, la promesse est là aussi reportée à 2035… lien

En tout état de cause, c’est le contraire qui s’annonce, car en relançant la voiture électrique, fatalement nucléaire, c’est vers un accroissement conséquent de la production d’électricité d’origine nucléaire que l’on s’achemine, ce qui est confirmé par les achats récents de terrains, à proximité des centrales nucléaires actuelles avec le but probable d’y installer de nouveaux EPR

Il serait possible d’allonger la liste des promesses reportées, ou du moins pas encore tenues, mais n’est-il pas préférable de signaler qu’un internaute taquin en a dénombré pas moins de 289  ? lien

Cet internaute avisé propose une lecture très pointue sur le sujet, puisque l’on peut sélectionner les thèmes, et comparer celles qui ont été partiellement tenues, en cours, en doute…ou tout simplement non tenues. lien

Il y a par contre une promesse qui a été tenue, et appliquée sans perdre une seconde, celle de la suppression de l’impôt sur la fortune, et qui n’a jamais été rétabli malgré la pression d’une majorité de la population. lien

Comme dit mon vieil ami africain : « le poisson a confiance en l’eau, et c’est dans l’eau qu’il est cuisiné  ».

L’image illustrant l’article vient de fdgpierrebe

Merci aux internautes pour leur aide précieuse

Par olivier cabanel (son site) , vendredi 14 juin 2019

https://www.youtube.com/watch?v=faT5VwPknPo&t=2242s

Extrait d’un message d’un internaute : … en ce qui concerne le nucléaire, est parue sur Youtube une vidéo parfaite dans sa description du nucléaire en France ; elle avait paru sur la 5 il y a un an, mais il faudrait la divulguer à tous, surtout à ceux qui, par une force d’inertie peu croyable, pensent encore que la voiture électrique c’est le top !…

Pour accéder à cette vidéo que je vous recommande, (1h 6mn 32s), cliquer sur : https://www.youtube.com/watch?v=faT5VwPknPo&t=2242s

Juin 15

DES DÉCHETS NUCLÉAIRES DANS LA TERRE DES FRANÇAIS

Alors que se tient actuellement un grand débat national sur l’avenir de nos déchets nucléaires, un article du Monde nous apprend que 200 millions de mètres cubes de résidus radioactifs contaminent le sol français. Bien loin des 1,6 million de mètres cubes pris en charge par les autorités.

Après le grand débat national, les Français sont à nouveau appelés à se mobiliser et à donner leur avis dans le cadre du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs…ou PNGMDR pour les intimes.

Car, comme l’explique le journaliste au Monde, Pierre Le Hir, « dans un pays aussi nucléarisé que la France, qui compte 58 réacteurs en activité, des usines de fabrication et de retraitement du combustible, l’ensemble de la population est en prise, plus ou moins directe, avec les déchets radioactifs ». 

Des résidus bien souvent invisibles, cachés dans les méandres d’une installation scientifique, ou emmenés au loin par les files anonymes de trains banalisés. Une carte publiée par l’association Greenpeace a d’ailleurs fait grand bruit en recensant les soixante-dix principaux sites de stockage des déchets nucléaires

Une carte qui entend faire la transparence sur l’omniprésence des déchets atomiques, disséminés autour de nous comme autant de traces indélébiles d’une industrie que l’on voulait croire propre. C’est ainsi une kyrielle de points jaunes, de lignes orangées qui macule notre bel hexagone. Greenpeace retrace ainsi les lieux d’activités, mais aussi les lieux de passage, les gares, les routes, on l’on fait transiter ces montagnes de déchets.

L’objectif de l’association est ainsi de rappeler, qu’au-delà du million six de mètres cubes répertorié par les autorités, il existe une quantité phénoménale de matériaux radioactifs, parsemant notre territoire, sans être officiellement classifiées, cartographiées, identifiées pour le plus grand nombre.

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À ÉCOUTER AUSSI (5 min), Les Nouvelles de l’écoLes déchets millénaires du nucléaire

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Certains parlent ainsi d’un stock réel d’environ 200 millions de mètre cubes de résidus radioactifs en France. Ce sont les chiffres donnés par la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, une association qui a mené plusieurs campagnes sur le terrain afin de mesurer la présence de matériaux actifs.

Parmi ces déchets « oubliés » figurent ainsi les rebuts des activités minière, ces millions de tonnes de roches excavées pour atteindre l’uranium. Il faut en effet se rappeler qu’entre 1947 et 2001, 250 gisements d’uranium ont été exploités sur le territoire français. Or ces roches contenant des métaux lourds radioactifs ont été, bien souvent, réutilisées, « pour remblayer les chemins, aménager des terrains de sport, ou servir de soubassements à nos habitations ». 

Le journaliste du Monde nous parle ainsi de la petite ville de Gueugnon en Saône et Loire, dont le stade a été construit à proximité immédiate d’un de ces sites d’enfouissement. 20 000 tonnes de déchets radioactifs déversés par une ancienne usine de traitement d’uranium, exploitée jusqu’au début des années 1980. Il a fallu attendre 2009 pour que le terrain vague soit interdit au public, gardé par une vague barrière aisément franchissable. Ce n’est qu’au début de l’année 2019 qu’un grillage a été installé et que le site a été classé. 

Comme le rappelle Le Monde, récupérer ces quelques 200 millions de mètres cubes, les conditionner et les transférer vers des centres de stockage serait un chantier colossal au coût faramineux. En attendant, c’est donc la quasi-totalité de l’hexagone qui est contaminée. C’est un poison qui s’écoule lentement, une tumeur imprégnée au grain-même du bitume : des concrétions de roche envahies par l’atome.

Et si ces résidus ont, en réalité, une faible radioactivité, ils pourraient néanmoins représenter un risque pour l’environnement et la santé. Un risque étalé sur une très longue durée, puisque certains matériaux contiennent des isotopes de thorium 230, un élément radioactif qui ne disparaîtra que dans 750 000 ans. Difficile de dire ce qu’il restera alors de nos clôtures, nos barrières et nos interdictions. 

Par Arjuna Andrade, publié le 16 juin 2019

Vous pouvez écouter l’émission en podcast (6 minutes) en cliquant sur:

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouvelles-de-leco/les-nouvelles-de-leco-du-jeudi-13-juin-2019

Juin 15

AIN : LA CÔTIÈRE DÉSORMAIS ÉVACUÉE EN CAS D’ACCIDENT NUCLÉAIRE

Peut-être avez-vous aperçu, entre Beynost et Béligneux, des panneaux «Zone à évacuer en cas d’accident nucléaire majeur». On vous explique de quoi il s’agit.

Il est 10h45 ce samedi 15 juin lorsque les militants de «Sortir du nucléaire Bugey» ont terminé d’installer leurs panneaux dans toutes les communes, de Beynost à Béligneux.

En tout, une vingtaine de communes étaient concernées par l’action non violente de ces quelques militants.

L’objectif : alerter les habitants de la Côtière sur l’extension du PPI, plan particulier d’intervention. En effet, désormais, en cas d’accident à la centrale du Bugey, c’est un périmètre de 20 km autour de l’installation qui devra être évacué.

Plus d’informations dans nos éditions payantes du dimanche 16 juin.

Publié le 15/06/2019 à 15h16

https://www.leprogres.fr/ain-01/2019/06/15/la-cotiere-desormais-evacuee-en-cas-d-accident-nucleaire

NOTE : Aussitôt installés les panneaux ont dû être retirés. La gendarmerie a demandé aux militants de cesser leur action / Photo M.D.

NDLR : s’il n’est plus possible en France, de manifester pacifiquement, il ne faut pas s’étonner que certaines manifestations, pacifiques à l’origine, aient parfois tendance à dégénérer (je ne parle pas des black blocks casseurs et assimilés).

Juin 15

LOI ÉNERGIE CLIMAT : LE RÉSEAU “SORTIR DU NUCLÉAIRE“ APPELLE LES PARLEMENTAIRES À LA RESPONSABILITÉ

Jeudi 13 juin 2019, alors que les discussions sur la « loi énergie climat » commencent mardi en Commission des Affaires Économiques de l’Assemblée Nationale, le Réseau “Sortir du nucléaire“ interpelle les députés dans un courrier pour les avertir des risques qu’entraînerait le vote de ce texte en l’état.

L’article 1 de cette loi propose en effet, pour régulariser une Programmation Pluriannuelle de l’Énergie actuellement illégale, de repousser à 2035 – au lieu de 2025 – l’échéance prévue pour atteindre la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Seuls 14 réacteurs seraient arrêtés d’ici 2035, la plupart étant censés fonctionner jusqu’à leur 5ème visite décennale (soit 50 ans de fonctionnement… ou plus). Quant aux autres, ils seraient maintenus en fonctionnement au-delà de 50, voire 60 ans.

Cette extension du fonctionnement des réacteurs irait évidemment de pair avec la poursuite des rejets habituels d’effluents radioactifs et l’accumulation de déchets radioactifs ingérables.

Contrairement aux idées reçues, cette situation n’est justifiée ni par la sécurité d’approvisionnement, ni par la lutte contre le changement climatique. Les scénarios sur lesquels se base le gouvernement tablent sur des objectifs démesurés d’exportation d’électricité. En y renonçant et en mettant l’accent sur les économies d’énergie, il serait possible de commencer à fermer dès maintenant un grand nombre de réacteurs tout en respectant nos objectifs climatiques.

Revenir sur l’objectif figurant dans la loi – déjà insuffisant au regard de l’état du parc –, sans même chercher à l’atteindre, ne constitue en aucun cas une attitude pragmatique. Au contraire, ce procédé revient à valider l’inaction. Surtout, la trajectoire qui se dessine fait fi des risques pour la sûreté.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ rappelle que certains équipements cruciaux, qui ne sont ni remplaçables ni réparables, ont été conçus pour 40 ans d’utilisation. Les pousser au-delà revient à rogner les marges de sûreté. En outre, les risques existants sont accrus par la présence de nombreux défauts sur des pièces métalliques, certains connus dès l’origine et d’autres découverts récemment. Pas moins de 2982 anomalies ont ainsi été recensées sur des pièces produites à l’usine Creusot Forges équipant le parc nucléaire français. Ignorer délibérément ces faits, c’est accepter de faire passer les profits à court terme d’EDF SA avant la protection des citoyens.

Ce courrier est également destiné à attirer l’attention des parlementaires sur le contexte global dans lequel vont se dérouler les quatrièmes visites décennales des réacteurs. L’ASN elle-même doute de la capacité d’EDF à mener de gros travaux et de nombreux travailleurs du nucléaire s’alarment déjà des conditions dans lesquelles ceux-ci pourraient se dérouler. En outre, le calendrier prévu pour ces « réexamens de sûreté » dessine d’ores et déjà une prolongation de fait des réacteurs bien au-delà de leurs 40 ans effectifs [1]. Enfin, comme le montrent des exemples récents [2]
, le risque est grand de voir EDF SA pratiquer le fait accompli et obtenir la poursuite du fonctionnement de ses réacteurs en échange de la promesse de travaux qui seraient ensuite sans cesse ajournés.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“, qui a déjà interpellé le gouvernement par une pétition signée par plus de 26 000 personnes, appelle donc les parlementaires à la responsabilité. Plutôt que de voter cette prolongation du risque nucléaire, ils doivent au contraire faire leur possible pour inscrire dans la loi des mesures permettant de protéger les populations. La meilleure des protections reste une sortie en urgence du nucléaire !

Télécharger le courrier adressé aux parlementaires en cliquant sur : https://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/lettre_aux_de_pute_.es-loi_energie.pdf

COMMUNIQUÉ DE PRESSE du 14 juin 2019

Juin 15

LE GRAND ÉCART SUR LE CLIMAT DE LA FRANCE SE CONFIRME

Les grandes ambitions sur le long terme et à Bruxelles contrastent avec les renoncements du gouvernement français, concrétisés dans la loi climat énergie actuellement en discussion.

C’est la première et sans doute la seule loi énergie et climat qui sera adoptée sous le quinquennat de Macron. Le projet de loi énergie et climat, examiné cette semaine par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, frappe moins par son ambition que par ses renoncements successifs.

« On a un double discours permanent de la part de la France. D’un côté elle pousse pour des objectifs plus ambitieux à Bruxelles sur le long terme. Mais à plus court terme, il y a un problème de mise en œuvre : la France a l’habitude de se fixer des objectifs et de ne pas les tenir », constate Anne Bringault, responsable transition énergétique du Réseau Action Climat.

C’est le cas de l’objectif d’énergies renouvelables, qui sont censées représenter 23 % de la consommation d’énergie française en 2020, dans 6 mois. Or pour l’instant, elles n’en représentent que 16,3 %. De même, le budget carbone annuel fixé par la programmation pluriannuelle de l’énergie a été allègrement dépassé en 2016 et 2017.

Protéger le climat et la démocratie en Europe, double impératif pour notre génération

L’urgence climatique c’est l’affaire de notre génération et nous sommes la dernière à pouvoir agir. Face à la « vague réactionnaire » marquée par les idées climato-sceptiques, nous prônons l’impératif européen de protéger le climat et la démocratie.

Dans ce contexte, l’objectif de parvenir à la neutralité carbone en 2050, en divisant les émissions de gaz à effet de serre par au moins six, n’impressionne guère.  Car sur le fond, les messages sont brouillés : le gouvernement propose aussi dans le texte de loi de réduire de 40 % la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030, mais ne prend pas de mesures concrètes pour y parvenir.

Pour l’heure, la formulation du paragraphe 3 de la loi, portant sur les quatre dernières centrales thermiques à charbon d’ici à 2022, est peu clair : il propose que l’autorité environnementale plafonne la production des centrales dont les émissions de CO2 dépassent 0,550 tonnes d’équivalent dioxyde de carbone par MWh. Ce qui concerne les centrales à charbon et au fioul. Des centrales qu’il ne s’agit pas de fermer donc contrairement à la promesse de campagne du président sur le charbon, mais dont la production sera progressivement limitée.

Une des idées pourrait être de mélanger charbon et biomasse sur un des sites, à Cordemais en Loire-Atlantique.

« Sachant que le repreneur de deux de ces centrales, le Tchèque Kretinski, s’est fait une spécialité de prolonger la durée de vie des centrales à charbon qu’il reprend, on peut s’interroger sur la fermeté de cet engagement », note Cécile Marchand, des Amis de la Terre.

Marche arrière sur le nucléaire

Sur la question du nucléaire, la loi fait marche arrière par rapport à la précédente adoptée sous Hollande, qui prévoyait de réduire la part du nucléaire à 50 % de la consommation d’énergie en 2025 : l’échéance est repoussée à 2035.

« Nous avons proposé un chemin crédible pour réduire la part du nucléaire à 50 % d’ici 2035, avec le développement massif des renouvelables et notamment de l’éolien en mer », a expliqué le Premier ministre Édouard Philippe lors de sa déclaration de politique générale, mercredi 12 juin devant l’Assemblée nationale.

Un calendrier qui suppose d’allonger la durée de vie des centrales, qui sont déjà en bout de course : leur âge moyen atteindra près de 50 ans en 2035, alors qu’elles sont prévues pour durer 40 ans en moyenne.

Pour le réseau « Sortir du nucléaire », cette décision consiste à « valider l’inaction ». « Nous souhaitons attirer votre attention sur les conséquences de cette trajectoire, tant en termes de démocratie et de politique énergétique et de sûreté », alerte l’ONG dans une lettre adressée aux députés français, qui souligne le danger de vétusté de ces centrales et a lancé une pétition pour éviter l’adoption de cette loi.

Autre problème de la loi climat : la question de la taxe carbone, dont le niveau a été gelé fin 2018 après les revendications des Gilets jaunes.

À plus court terme, la France ne soutient pas activement la révision à la hausse de l’engagement de l’UE dans le cadre de l’accord de Paris sur le climat, ce qui permettrait de montrer l’exemple aux autres signataires. Plus grave, malgré l’ambition de façade, les émissions de CO2 de l’UE sont reparties à la hausse depuis 2017, notamment en raison des émissions de lignite et du secteur industriel pourtant soumis à la contrainte du marché du carbone (EUTS). Les émissions de CO2 de l’industrie avaient pourtant reculé depuis 2010.

Une preuve de l’inefficacité de ce marché pour l’industrie, compte tenu de la faiblesse de ses prix.

La France toujours radine avec le climat

Pouvoirs publics, entreprises, ménages consacrent près de deux fois plus d’argent aux énergies fossiles qu’aux investissements bas carbone, souligne le dernier Panorama des financements climat, publié par l’Institut de l’économie du climat, (I4CE). Un article de notre partenaire, le Journal de l’environnement.

Par : Aline Robert | EURACTIV.fr,  13 juin 2019

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/le-grand-ecart-sur-le-climat-de-la-france-se-confirme/

Juin 14

COMMUNIQUÉ DE L’ASSOCIATION VILLE-SUR-TERRE SUR LA POLLUTION RADIOACTIVE EN CHAMPAGNE

# 1  – À Soulaines-Dhuys (Aube, en Champagne) et dans les villages voisins, on boit de l’eau radioactive, au moins depuis 2 000 !

# 2 : En effet, l’activité alpha globale de l’eau des nappes phréatiques autour du CSA (Centre de stockage des déchets radioactifs de l’Aube) et du CIRES (Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage), ainsi que des captages du Soulainois, est supérieur au seuil d’alerte 0,1.

Et l’eau des puits qui provient de ces mêmes nappes phréatiques, est également radioactive !

Il y a donc un réel problème.

Ce graphique interactif a été réalisé à partir des publications de l’ANDRA et des analyses d’eau du robinet distribuée dans les villages. Ces analyses sont visibles sur le site du Ministère de la santé. C’est clair, on est bien au delà de la norme. On atteint même un pic de 0,33 au lieu de 0,1. C’est trois fois trop !

Sur la pire des courbes, celle du CIRES Morvilliers, chacun des points correspond à la valeur maximale mesurée par l’un des sept piézomètres autour du site. TC 009 – TC 010 – TL 003 – TL 202 – TL 301 – TL 303 – TL 306 (voir www.mesure-radioactivite.fr) – On peut les repérer sur la carte ci-dessous.

# 3 : L’eau du Soulainois serait naturellement radioactive !

Lors de la réunion du 7 juin 2019l’ANDRA a confirmé les affirmations de l’ARS à propos du captage de Sauvage-Magny : l’eau des nappes phréatiques et des captages du Soulainois serait naturellement radioactive.

Depuis quand ces nappes seraient-elles radioactives ?

Et pourquoi ne l’aurait-on jamais su ?

Il y a bien des publications sur la radioactivité naturelle en Bretagne, dans le Limousin, etc… Voir notamment ce bilan de l’IRSN.

Mais personne n’a jamais lu, ni entendu parler d’eau radioactive en Champagne.

Quand l’ANDRA est arrivée, elle a fait un état zéro en 1986. Les nappes n’étaient pas radioactives. En 2001, quand elle fait l’état zéro pour le CIRES, elle trouve 0,16. Or, 0,16 est plus grand que 0,1. L’ANDRA a alors eu le culot de prendre 0,16 comme valeur guide.

Peut-on alors parler de négligence ou de complicité de la part des organismes de surveillance et de contrôle : IRSN, ASN, AE, CNE, CODERST, ARS, Santé publique France, Préfecture…

Nous avions déjà alerté sur le choix à faire entre La Route du Champagne et la Route des déchets nucléaires.

À quand le champagne de Trannes, de Saulcy et de Colombé-la-Fosse (de la Communauté de Communes Vendeuvre-Soulaines), ainsi que le champagne de la Côte des Bar, avec la mention « délicieusement radioactif » ?

# 4: Une ligne de partage des eaux !

Et ce n’est pas tout ; lors de cette réunion, l’ANDRA a révélé qu’une ligne de partage des eaux dans la nappe phréatique empêche les éventuelles fuites radioactives et rejets du CSA et du CIRES de se déplacer vers les captages de la Haute-Marne.

Une sorte de mur infranchissable. Les radionucléides ne pourraient pas migrer dans cette direction.

À grand renfort de Loi de Darcy, et avec des schémas de ce type, l’ANDRA nous aurait presque convaincus.

Mais nous avons retrouvé le document utilisé lors de la présentation, il précisait : « La Loi de Darcy n’est strictement applicable que pour des milieux homogènes où l’écoulement de l’eau est laminaire. Elle ne peut être utilisée en particulier pour les réseaux karstiques.« 

Or, l’ANDRA sait très bien que la région concernée est bien karstique !

Et en cherchant un peu, on a découvert que cette ligne de partage peut se déplacer au cours de l’année.

Bref, rien n’empêche les radionucléides de migrer vers les captages.

Voir le dossier complet et l’historique de l’affaire.

# 5 : Appel d’offre aux hydrogéologues

Nous recherchons des hydrogéologues compétents et indépendants disposés à nous fournir documents, études et analyses qui confirment nos doutes, et qui puissent répondre à ce Questionnement complet au 190613 et évolutif que vous trouverez actualisé sur cette page.

# 6 : Appel à financement

Pour rémunérer le travail des hydrogéologues, pour payer les analyses d’eau des nappes phréatiques et du robinet, que nous allons réaliser, nous avons besoin de recharger notre trésorerie.

Merci de visiter ce formulaire. Et si cela vous « barbe » de remplir encore un formulaire, de payer via Paypal… vous pouvez adresser directement un chèque à :

Association la Qualité de Vie – 8 route de Soulaines – 10200 VILLE-SUR-TERRE

# 7 : Appel à ré-orientation des dons

Avant d’envoyer dons et subventions au Réseau Sortir du nucléaire qui, contrairement à sa traditionnelle communication, ne représente aujourd’hui qu’une trentaine de Groupes anti-nucléaire, et non pas plus de 900… Une fédération qui s’offre le luxe d’avoir une quinzaine de salariés, qui dépense énergie et argent dans des licenciements, démissions, conflits de toutes sortes, qui a décidé de boycotter le Débat public PNGMDR, au lieu d’avoir le courage d’argumenter CONTRE le nucléaire, il serait peut-être préférable que chacun d’entre vous réfléchisse à l’idée de contribuer utilement au financement de notre démonstration :

Les centres de stockage de déchets radioactifs CSA et CIRES fuient et relâchent des radionucléides qui se retrouvent dans les nappes phréatiques, puis dans les captages, puis dans l’eau du robinet !

Nous comptons sur vous.

# 8Que fait la Presse ?

En dehors de M6, de France 3 Champagne-Ardenne, de France-info, aucun média ne s’est intéressé à cette affaire, à cette catastrophe.

Si ce n’est pas une affaire d’État, comme disait ma mère, pourquoi les journaux locaux n’ont ni enquêté, ni publié. Comment les gentils journalistes de l’Est-Éclair sont-ils encadrés ?

Juin 14

CATTENOM EST-ELLE NÉFASTE POUR LA MOSELLE?

LUXEMBOURG – Le Luxembourg va faire part de ses interrogations à la France concernant les possibles effets néfastes de la centrale nucléaire.

La centrale de Cattenom demeure encore et toujours un sujet pour le moins épineux, dans les relations France-Luxembourg. Suite à un échange de lettres avec le ministre français de la Transition écologique, François De Rugy, le Grand-Duché dévoilera un avis détaillé en été sur le nucléaire français et son impact transfrontalier, indique la ministre de l’Environnement, Carole Dieschbourg, dans une réponse parlementaire.

Basé sur des expertises locales mais également sur le point de vue de spécialistes internationaux, l’avis en question se focalisera sur deux points: l’influence des rejets de la centrale nucléaire de Cattenom, sur la qualité et la température de la Moselle, ainsi que les questions de sécurité de manière générale.

Autant dire que l’annonce du gouvernement français d’envisager une prolongation d’activité de la centrale pour 30 années supplémentaires ne réjouit pas le Luxembourg: «Les « prolongations » doivent être soumises aux mêmes conditions que la construction de nouvelles centrales. Cela devra faire l’objet d’investissements importants», conclut la ministre.

(th/L’essentiel), publié le 14 juin 2019 à 13h37; actualisé le 14.06.2019 à 14h10

http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/cattenom-est-elle-nefaste-pour-la-moselle-30568288

Juin 14

UN CONGRÈS DES ANTI-NUCLÉAIRES DANS LE LOIRET

À partir de ce vendredi après-midi 14 juin et jusqu’à dimanche, le Réseau Sortir du Nucléaire fait son Assemblée Générale à Pierrefitte-ès-Bois (Loiret). Il y sera beaucoup question des réacteurs du Centre-Val de Loire.

Ils ne seront sans doute qu’une cinquantaine de militants, mais ils représenteront l’ensemble du Réseau Sortir du Nucléaire. Ce rassemblement de près de 900 partenaires, associations, syndicats, partis politiques compte aux alentours de 60 000 adhérents ou sympathisants en France.

En Centre-Val de Loire 37 groupes sont recensés par le Réseau et notamment l’association « Sortir du Nucléaire Berry-Giennois-Puisaye« . Ce groupe est la cheville ouvrière du congrès organisé cette fin de semaine à Pierrefitte-ès-Bois (Loiret).

Cette association est connue pour ses actions à l’encontre du nucléaire civil dans les départements du Cher et du Loiret, où sont implantées les centrales de Belleville-sur-Loire et Dampierre-en-Burly.

Le Réseau débutera son rassemblement par des ateliers de travail, vendredi après-midi. Il y sera question de l’avenir du militantisme au sein de SDN (Sortir du Nucléaire) et des évolutions de la lutte contre le nucléaire.

Ce samedi matin sera consacré à l’assemblée générale du réseau, mais l’après-midi permettra de dialoguer avec le public.

La table ronde, prévue au centre CGCV de Pierrefitte-ès-Bois, aura pour thème « Nucléaire et climat« . Les citoyens intéressés pourront entendre un expert des questions énergétiques internationales et interroger les représentants du réseau SDN sur les liens entre nucléaire et changement climatique. Les questions de vieillissement du parc nucléaire régional (Dampierre, Belleville, Saint-Laurent, Chinon), le projet de piscine de stockage de combustible à Belleville-sur-Loire (Cher) ou les tentatives de rachat de terres agricoles près de Saint-Laurent-Les-Eaux (Loir-et-Cher) seront également abordées.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/loiret/congres-anti-nucleaires-loiret-1684950.html

Juin 14

COMMENT L’HUMANITÉ VA-T-ELLE S’ÉTEINDRE? LES QUATRE PLUS GRANDS RISQUES

Pendant que les scientifiques de différents pays débattent des scénarios de fin du monde, aucune organisation internationale ni aucun État n’a encore réfléchi de manière systémique à la garantie de la sécurité de la civilisation en tant que telle. Cependant, l’humanité disposera toujours d’au moins une option pour survivre.

L’agence britannique Blueclaw a dressé la liste des catastrophes potentielles susceptibles de détruire la vie sur Terre en compilant les données de 50 sources différentes. De quelles catastrophes s’agit-il exactement?

Réchauffement climatique

   La psychose gagne l’Est de la RDC, en proie au virus Ebola 

@AP Photo / Abbas Dulleh

D’après le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), d’ici 2055 la température globale pourrait augmenter de 2°C par rapport à l’époque préindustrielle. Si la planète continuait de se réchauffer au même rythme qu’aujourd’hui, dans 2.136 ans la température sur terre augmenterait de 44 degrés, ce qui est considéré comme un niveau critique pour l’humanité.

Selon les experts, une telle hausse de la température conduirait à l’inondation de la majeure partie de la surface de la planète et à des tsunamis réguliers.

Maladies mortelles

La tuberculose, la malaria, la fièvre de Lassa et le virus Ebola, la peste bubonique et pneumonique, le choléra et d’autres virus font également partie de la liste des plus grandes menaces pour la civilisation. D’après les médias, en 2017 seulement, plus de 10 millions de personnes ont été contaminées par la tuberculose, et près de 2 millions en sont morts.

Les maladies mortelles menacent avant tout la partie de la planète où vit près de la moitié de la population: la Chine, l’Inde, l’Indonésie et d’autres pays de la région Asie-Pacifique, ainsi que les pays d’Afrique.

Catastrophe nucléaire

 

© Sputnik . Vitali Belooussov

Lavrov explique quelle mesure devraient prendre Moscou et Washington pour contrer la menace nucléaire

Rien n’a autant effrayé les populations pendant la seconde moitié du XXe siècle que le risque d’une guerre nucléaire entre les États-Unis et l’Union soviétique. Le risque de conflit armé nucléaire persiste à ce jour, notamment parce que de plus en plus de pays se dotent d’armes nucléaires.

À l’heure actuelle, les USA occupent la première place en matière d’essais nucléaires avec 1.030 explosions au compteur. L’URSS et la Russie en ont organisé 715, tout en sachant que Moscou dispose de la plus grande Tsar-Bomba, dont l’explosion pourrait emporter près de 18,3 millions de vies. 4.206 explosions de telles bombes suffiraient pour détruire toute la planète, écrit le média RBC.

Menace venue de l’espace

Selon la NASA, l’impact de la planète avec un grand corps céleste est peu plausible, mais l’agence spatiale américaine a découvert le plus grand astéroïde, baptisé Florence, d’un diamètre d’environ 5 km. D’après les scientifiques, si Florence percutait la terre il tuerait au moins 1,2 milliards d’habitants.

Avis de Stephen Hawking

 

CC0 / DasWortgewand

Surhumains, autres planètes à explorer: l’avenir décrit par Hawking est-il pour demain?

À travers les époques, de nombreux scientifiques se sont penchés sur les scénarios d’extinction de la civilisation, notamment le célèbre physicien britannique Stephen Hawking. Étonnamment, ses scénarios coïncident à 75% avec ceux de l’agence Blueclaw, mais divergent néanmoins sur un point: Hawking n’attendait pas une menace de l’espace mais percevait un risque dans l’intelligence artificielle (IA).

«Le développement d’une véritable IA pourrait signifier la fin de la race humaine», avait-il déclaré à la BBC en 2014. «L’IA se développerait seule et se redéfinirait de plus en plus vite. Les humains, limités par leur lente évolution biologique, ne pourraient pas rivaliser et seraient dépassés», pensait Stephen Hawking.

Avis des scientifiques russes

«Tous ces articles à sensation des médias sur les scénarios de fin du monde résultent du fait qu’aucune organisation internationale ni aucun État ne se soit encore penché sérieusement sur le problème de la modélisation des menaces pour la civilisation. Mais ces questions sont prises en charge par certains chercheurs, moi y compris», a déclaré au journal Vzgliad Alexandre Kononov, membre de l’Association des futurologues, chercheur à l’Institut d’analyse systémique affilié à l’Académie des sciences de Russie.

«Selon mon modèle de menaces, ces dernières sont innombrables. Leur nombre est si élevé que les suppositions concernant seulement quatre ou cinq types de risques, comme le font les chercheurs britanniques, paraissent cognitivement déformées. Une partie des menaces est ignorée et l’accent est porté sur une autre partie», explique le futurologue.

CC BY 4.0 / Verteidigungsministerium Russlands

«Viser l’espace»: les capacités du nouveau système S-500 Prometeï décryptées

D’après ce dernier, les risques évoqués par les experts britanniques et Stephen Hawking sont superficiels, et certains se complètent. Par exemple, l’IA est étroitement liée au risque nucléaire et à l’autodestruction de la civilisation.

«De plus en plus de solutions dans le domaine de l’utilisation de l’arme nucléaire sont laissées à la charge de systèmes informatiques et de l’IA qui y est intégrée. Et si par malheur une erreur se produisait dans ces systèmes, nous pourrions ne pas avoir le temps de reprendre le contrôle», estime le spécialiste.

«Mais le plus dangereux, pour la civilisation, est le fait que personne ne traite sérieusement le problème de sa sécurité. Il existe pourtant une approche classique, qui repose sur trois critères. Premièrement, c’est la simulation des risques; deuxièmement, la simulation de la défense; et troisièmement, la prise de décisions permettant au mieux de contrer les menaces. Rien de cela n’est fait par rapport à la civilisation. C’est ce qui frappe le plus», déplore Alexandre Kononov.

CC0 / Pixabay

Sciences et espace: vers une «coopération gagnant-gagnant» entre Paris et Moscou

«Quant aux menaces qui n’ont pas été mentionnées, il s’agit avant tout des risques géophysiques et géocosmiques – que nous ne contrôlons pas du tout. Parmi les premiers se trouvent notamment les volcans et la déstabilisation de la croûte terrestre. En cas de lancement de l’activité volcanique et d’éruptions à travers la planète, nous risquons l’extinction. Et de telles menaces sont nombreuses», poursuit l’expert.

De plus, les risques géocosmiques n’incluent pas seulement certains astéroïdes mais également beaucoup d’autres menaces. «Étudier toutes ces menaces représente un travail sans fin. Toute déstabilisation du nuage de Oort, de la ceinture du Kuiper, une explosion de supernovas, des trous noirs errants et un comportement imprévisible de la matière sombre pourraient nous anéantir en un instant», ajoute Alexandre Kononov.

«Mais la plupart de ces menaces peuvent être contrées grâce à l’expansion spatiale – la colonisation de nouveaux espaces vitaux et des programmes d’évacuation. Si nous colonisons l’espace, nous pourrons alors contrer tous les risques», conclut l’expert.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Publié le 13.06.2019 à 19h30 (Traduction de la presse russe (juin 2019)

https://fr.sputniknews.com/presse/201906131041426101-comment-lhumanite-va-t-elle-seteindre-les-quatre-plus-grands-risques/

Juin 14

CONFÉRENCE DE PRESSE : POUR UNE LOI ÉNERGIE-CLIMAT AMBITIEUSE

Le 12 juin, nous étions présents à la conférence de presse organisée par le Réseau Climat Action qui a partagé ses propositions concernant la loi énergie-climat débattue au parlement cette semaine. En effet, depuis 2015, la France s’est fixé des plafonds d’émissions carbone à ne pas dépasser, mais ces derniers n’ont pas été respectés. La loi énergie-climat est donc l’occasion de faire le bilan des résultats obtenus et des urgences à prendre en compte. WWF et Greenpeace étaient présents, comme d’autres associations qui sont impliquées dans la lutte contre le dérèglement climatique. La loi, qui prévoit de décaler les objectifs de 10 ans et de renforcer quelques objectifs, devrait, selon eux, donner la priorité à l’action immédiate.

Pourquoi cette conférence ?

Bilan rapide des efforts réalisés

Le Réseau Action Climat a proposé des solutions concrètes en termes de transition énergétique puisque le bilan des efforts réalisés par la France est, d’après eux, loin d’être satisfaisant. En effet, si la consommation d’énergie en 2017 a été supérieure de 4,2 % aux objectifs fixés par le gouvernement, la France est aussi en retard de 18,7 % sur la consommation d’énergies renouvelables prévues en 2020 et ne respecte donc pas son engagement vis-à-vis de l’Union européenne. Le Directeur du CLER (Réseau pour la transition énergétique), Jean-Baptiste Lebrun, a rappelé que l’objectif avancé par Édouard Philippe au début du mandat était de supprimer les passoires thermiques en 10 ans. Concernant ces logements de classes F ou G, au nombre de 7,4 millions en France, l’objectif de 500 000 logements rénovés par an, fixé en 2017, est loin d’être atteint et la mise en œuvre semble plus complexe que prévue.

Un projet de loi débattu cette semaine

D’après le Réseau Action Climat, c’est le bon moment pour agir puisqu’un arsenal administratif existe déjà depuis plusieurs années, qu’il s’agisse de la loi Brunel ou de la loi sur la transition énergétique. La situation n’est, d’après eux, plus à la planification de mesures à long terme mais d’actions immédiates, compte tenu de l’urgence climatique. Celle-ci a été soulignée dans le dernier rapport du GIEC qui alerte sur les conséquences d’un réchauffement global supérieur à 1,5°. A ce sujet, Célia Gautier, Responsable Climat-énergie de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme, a avancé lors de la Conférence de Presse qu’ « entre 1,5° et 2°, il y a tout un monde ».

Des propositions de rénovation énergétique à court terme

Éliminer les passoires thermiques

  • L’obligation de rénovation des logements F et G en cas de changement de locataire dès 2020
  • L’obligation de rénovation des logements F et G en cas de changement de propriétaire dès 2022

Un accompagnement nécessaire et lucide

Pour ce faire, il a été rappelé que le Service Public de la Performance Energétique de l’Habitat (SPPEH), qui a été instauré par la loi sur la transition énergétique, n’a toujours pas été mis en œuvre. De plus, il est nécessaire, selon le Réseau Action Climat, de mettre en place des outils financiers simples et accessibles pour la rénovation énergétique.

Des solutions possibles

Certains ont peur que trop de logements sortent du parc locatif à cause de l’obligation de rénovation énergétique des passoires thermiques. Pourtant, cet argument semble désavoué quand Réseau Action Climat avance que le nombre de logements dans le parc locatif a augmenté de 23,5 % entre 2001 et 2017 alors même que des mesures plus strictes concernant la décence de ceux-ci ont été mises en place. De plus, les associations ont précisé que seulement 7 % des passoires du parc locatif privé, à savoir 218 000 logements, appartiennent à des bailleurs très modestes et 6 % à des bailleurs modestes. Aussi, la plupart des propriétaires bailleurs peut investir sans aide publique supplémentaire.

Les annonces d’Édouard Philippe à l’Assemblée nationale

Le Premier Ministre a annoncé que « Les douze prochains mois seront ceux de l’accélération écologique » dans son discours de politique générale puisqu’au « aujourd’hui les jeunes nous bousculent » sur ces thématiques environnementales. Edouard Philippe a donc présenté plusieurs mesures dont certaines qui concernent la rénovation énergétique. De plus, un amendement adopté en commission du développement durable et de l’aménagement du territoire prévoit l’interdiction de louer des « passoires thermiques » en 2025 pour les zones tendues et en 2028 pour le reste du territoire français.

    • Ouverture des discussions à l’échelle européenne pour définir une nouvelle régulation du prix de l’électricité
    • Réforme des aides à la rénovation énergétique et notamment la transformation du crédit d’impôt en « aide plus massive » pour ceux qui en ont le plus besoin

https://www.quelleenergie.fr/magazine/politique/conference-de-presse-pour-une-loi-energieclimat-la-hauteur-de-lurgence-climatique/

Juin 13

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES ONT FOURNI 11 MILLIONS D’EMPLOIS EN 2018 DANS LE MONDE

De plus en plus de pays ont tiré des bénéfices socio-économiques de la transition énergétique.

Abou Dhabi, É.A.U. – En 2018 dans le monde, 11 millions de personnes occupaient un emploi lié aux énergies renouvelables, selon les dernières analyses publiées par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA). Ce chiffre est à mettre en regard de celui de 2017, où le nombre d’emplois s’établissait à 10,3 millions. De plus en plus de pays se sont lancés dans l’ingénierie, le commerce et la construction d’installations faisant appel aux technologies de production énergétique à partir de sources renouvelables ; la dernière édition du Rapport annuel sur les énergies renouvelables et l’emploi que l’IRENA vient de rendre publique (Renewable Energy and Jobs – Annual Review) souligne que le nombre d’emplois concernés est plus haut que jamais, malgré le tassement de la croissance sur certains marchés de premier plan, notamment la Chine.

La diversification de la chaîne d’approvisionnement des énergies renouvelables est en train de transformer l’implantation géographique de ce secteur. Jusqu’à présent, les différents secteurs de production d’énergie à partir de sources renouvelables sont restés relativement confinés dans quelques marchés de premier plan comme la Chine, les États-Unis d’Amérique et l’Union européenne. On constate toutefois que les pays du Sud-Est asiatique se sont taillé une place aux côtés de la Chine et comptent désormais parmi les plus gros exportateurs de panneaux photovoltaïques. Parmi les pays de la région où la croissance du nombre d’emplois liés aux énergies renouvelables a été marquée l’année dernière, on peut citer la Malaisie, la Thaïlande et le Viet Nam. Grâce à eux, c’est encore en Asie que se trouvent 60 % des emplois liés aux énergies renouvelables.

« Les gouvernements ont aujourd’hui une vision qui déborde les objectifs climatiques ; ils s’intéressent aux énergies renouvelables car la transition vers ces dernières ouvre la porte à une croissance économique pauvre en carbone et peut créer des emplois en masse,» indique Francesco La Camera, Directeur général de l’IRENA. « Les énergies renouvelables fournissent des services pour tous les principaux piliers du développement durable, aussi bien sur le plan environnemental que sur les plans économique et social. La transformation énergétique mondiale est en marche et les emplois liés soutiennent la durabilité socio-économique, ce qui constitue une raison de plus pour que les pays s’engagent en faveur des énergies renouvelables

Les énergies solaires photovoltaïques et éoliennes demeurent les secteurs les plus porteurs. L’énergie photovoltaïque, qui représente un tiers de toute l’énergie produite à partir de sources renouvelables, reste en tête en 2018 devant l’énergie hydroélectrique, les biocarburants liquides et l’éolien. En termes géographiques, c’est en Asie qu’on trouve neuf emplois sur dix liés à l’énergie photovoltaïque, soit trois millions de personnes.

Les installations de production d’énergie éolienne se trouvent encore pour l’essentiel à terre et c’est là que la plus grande partie des 1,2 million d’emplois de ce secteur ont été créés. La Chine représente à elle seule 44 % de tous les emplois liés à l’énergie éolienne, suivie de l’Allemagne et les États-Unis d’Amérique. L’éolien offshore pourrait représenter une option particulièrement intéressante pour mettre en exploitation les capacités intérieures et pour exploiter les synergies avec les industries extractives du gaz naturel et du pétrole.

Fait saillants concernant les emplois dans le secteur des énergies renouvelables :

– L’énergie solaire photovoltaïque reste en tête, comptant pour le tiers des emplois liés aux énergies renouvelables dans le monde. En 2018, le secteur de l’énergie solaire photovoltaïque a crû en Inde, en Asie du Sud-Est et au Brésil et s’est contracté en Chine, aux États-Unis d’Amérique et dans l’Union européenne.

– Une hausse de la production a tiré vers le haut les emplois liés aux biocarburants, qui s’établissent à 2,1 millions d’emplois soit une croissance de 6 %. Au Brésil, en Colombie et dans le Sud-Est asiatique, on trouve des chaînes d’approvisionnement très demandeuses d’emplois, notamment informels, tandis que la production est nettement plus mécanisée aux États-Unis d’Amérique et dans l’Union européenne.

– L’éolien fournit 1,2 million d’emplois. Les installations à terre sont les plus importantes, mais le segment offshore est en train de décoller et pourrait bénéficier des infrastructures et de l’expertise développées par les secteurs pétrolier et gazier.

– L’énergie hydroélectrique bénéficie des capacités installées les plus importantes entre toutes les sources d’énergie renouvelables mais sa croissance est en berne. Le secteur emploie 2,1 millions de personnes directement, dont les trois quarts dans des fonctions opérationnelles ou d’entretien.

Le Rapport annuel de l’IRENA sur les énergies renouvelables et l’emploi est disponible au téléchargement (en anglais seulement: Renewable Energy and Jobs – Annual Review).

Alwihda Info | Par Info Alwihda – 13 Juin 2019 modifié le 13 Juin 2019 à 13h57

https://www.alwihdainfo.com/Les-energies-renouvelables-ont-fourni-11-millions-d-emplois-en-2018-dans-le-monde_a74019.html

Juin 13

LOI ÉNERGIE ET CLIMAT : LE RÉSEAU “SORTIR DU NUCLÉAIRE“ APPELLE LES PARLEMENTAIRES À LA RESPONSABILITÉ

Alors que les discussions sur la « loi énergie climat » commencent mardi en Commission des Affaires Économiques de l’Assemblée Nationale, le Réseau “Sortir du nucléaire“ interpelle les députés dans un courrier pour les avertir des risques qu’entraînerait le vote de ce texte en l’état.

L’article 1 de cette loi propose en effet, pour régulariser une Programmation Pluriannuelle de l’Énergie actuellement illégale, de repousser à 2035 – au lieu de 2025 – l’échéance prévue pour atteindre la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Seuls 14 réacteurs seraient arrêtés d’ici 2035, la plupart étant censés fonctionner jusqu’à leur 5ème visite décennale (soit 50 ans de fonctionnement… ou un peu plus). Quant aux autres, ils seraient maintenus en fonctionnement au-delà de 50, voire 60 ans.

Cette extension du fonctionnement des réacteurs irait évidemment de pair avec la poursuite la poursuite des rejets habituels d’effluents radioactifs et de l’accumulation de déchets radioactifs ingérables.

Contrairement aux idées reçues, cette situation n’est justifiée ni par la sécurité d’approvisionnement, ni par la lutte contre le changement climatique. Les scénarios sur lesquels se base le gouvernement tablent sur des objectifs démesurés d’exportation d’électricité. En y renonçant et en mettant l’accent sur les économies d’énergie, il serait possible de commencer à fermer dès maintenant un grand nombre de réacteurs tout en respectant nos objectifs climatiques.

Revenir sur l’objectif figurant dans la loi – déjà insuffisant au regard de l’état du parc -, sans même chercher à l’atteindre, ne constitue en aucun cas une attitude pragmatique. Au contraire, ce procédé revient à valider l’inaction. Surtout, la trajectoire qui se dessine fait fi des risques pour la sûreté.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ rappelle que certains équipements cruciaux, qui ne sont ni remplaçables ni réparables, ont été conçus pour 40 ans d’utilisation. Les pousser au-delà revient à rogner les marges de sûreté. En outre, les risques existants sont accrus par la présence de nombreux défauts sur des pièces métalliques, certains connus dès l’origine et d’autres découverts récemment. Pas moins de 2982 anomalies ont ainsi été recensées sur des pièces produites à l’usine Creusot Forges équipant le parc nucléaire français. Ignorer délibérément ces faits, c’est accepter de faire passer les profits à court terme d’EDF SA avant la protection des citoyens.

Ce courrier est également destiné à attirer l’attention des parlementaires sur le contexte global dans lequel vont se dérouler les quatrièmes visites décennales des réacteurs. L’ASN elle-même doute de la capacité d’EDF à mener de gros travaux et de nombreux travailleurs du nucléaire s’alarment déjà des conditions dans lesquelles ceux-ci pourraient se dérouler. En outre, le calendrier prévu pour ces « réexamens de sûreté » dessine d’ores et déjà une prolongation de fait des réacteurs bien au-delà de leurs 40 ans effectifs [1]. Enfin, comme le montrent des exemples récents [2], le risque est grand de voir EDF SA pratiquer le fait accompli et obtenir la poursuite du fonctionnement de ses réacteurs en échange de la promesse de travaux qui seraient ensuite sans cesse ajournés.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“, qui a déjà interpellé le gouvernement par une pétition signée par plus de 26 000 personnes, appelle donc les parlementaires à la responsabilité. Plutôt que de voter cette prolongation du risque nucléaire, ils doivent au contraire faire leur possible pour inscrire dans la loi des mesures permettant de protéger les populations. La meilleure des protections reste une sortie en urgence du nucléaire !

Télécharger le courrier adressé aux parlementaires

Contact presse :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Notes :

[1] Comme le montre un document publié par la CRIIRAD, les réacteurs aborderont cette échéance alors qu’ils auront déjà dépassé 42 ans en moyenne et seront autorisés à continuer à fonctionner tant que l’ASN n’aura pas publié ses préconisations (ils auront alors 44 ans en moyenne). Enfin, EDF SA ayant obtenu la fragmentation des travaux en deux lots, le deuxième commencera alors que les réacteurs totaliseront déjà 47 ans en moyenne, et jusqu’à 50 ans pour certains !

[2] L’exploitant a ainsi tardé à effectuer certains travaux importants de mise aux normes post-Fukushima. Sommée en 2012 d’installer des diesels d’ultime secours sur tous ses sites d’ici au 31 décembre 2018, EDF SA n’a informé l’ASN que mi-2017 qu’elle ne tiendrait pas son engagement dans les temps et a demandé à ce que Fessenheim puisse en être dispensée. Par ailleurs, elle a mis des années à effectuer les travaux demandés pour s’assurer de la tenue au séisme de la digue du Tricastin.

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Loi-energie-climat-le-Reseau-Sortir-du-nucleaire

Juin 13

DES ACTIVISTES DE GREENPEACE TAGUENT UN CONVOI DE DÉCHETS NUCLÉAIRE À VIERZON

Le train chargé de déchets radioactifs faisaient étape à Vierzon quand il a été pris pour cible par des militants de l’association Greenpeace.

« Aujourd’hui, nous avons souhaité focaliser l’attention sur tous ces déchets et matières radioactives qui passent sous notre nez quotidiennement à notre insu » explique Greenpeace dans un communiqué de presse rendu public sur les réseaux sociaux. Plusieurs militants de l’organisation ont peint en orange des wagons d’un train en provenance de Valognes qui faisait étape à Vierzon. Les activistes ont également sorti des banderoles antinucléaires.

« Ce train est parti du Cotentin ce matin. Il a déjà traversé plusieurs gares d’agglomérations comme celle de Caen, Le Mans et Tours, avant d’arriver à son terminus, l’usine de Pierrelatte dans la Drôme » précise l’association. 

Par Gaëlle Fontenit, France Bleu Berry, publié le mercredi 12 juin 2019 à 18h46

Photo : L’inscription Greenpeace au dos du blouson d’un manifestant. © Radio France – Nathanael Charbonnier

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/des-activistes-de-greenpeace-tague-un-convoi-de-dechets-nucleaire-a-vierzon-1560357971

[ACTION] « Ce train ne prend pas de voyageurs« … et pour cause! Il est chargé d’uranium de retraitement. Repeint par nos activistes en gare de Vierzon (après 1 passage à Caen et au Mans), il traverse la France du nord au sud https://www.greenpeace.fr/action-un-train-radioactif-relooke-en-gare-de-vierzon/ 

Juin 13

CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE : 3 SOUS-TRAITANTS LÉGÈREMENT CONTAMINÉS

Ce mercredi 12 juin, 3 salariés d’une entreprise sous-traitante d’EDF ont été légèrement contaminés dans le cadre d’opérations liées à la visite décennale du réacteur numéro 2.

Dans le cadre de la visite décennale du réacteur numéro 2 de la centrale de Flamanville, 3 salariés d’une entreprise sous-traitante d’EDF travaillaient dans le bâtiment auxiliaire nucléaire.

Ils intervenaient pour reposer des capots de calorifuge sur des tuyauteries. A l’occasion des contrôles systématiques réalisés en sortie de zone nucléaire, ils ont présenté des traces de contamination.

Ces 3 salariés ont été pris en charge par le service médical de la centrale. Selon la direction: « Les premières analyses médicales ont confirmé la présence de légères traces de contamination interne, inférieures au niveau de déclaration réglementaire. Un suivi médical est mis en place afin de s’assurer de l’élimination naturelle et complète des traces de contamination. 

La direction de la centrale EDF de Flamanville a communiqué l’information à l’Autorité de sûreté nucléaire, aux services de l’État, à la Commission locale d’information du nucléaire et aux mairies des communes de proximité du site de production. »

Le chantier a également été balisé. Des mesures doivent être réalisées sur les calorifuges et l’outillage.

Par Jean Lavalley La Presse de la Manche, publié le 12 Juin 19 à 18h47

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/centrale-nucleaire-flamanville-3-sous-traitants-legerement-contamines_24974323.html

Lire aussi : Nucléaire : la visite décennale va se prolonger à Flamanville

Lire aussi : Le nucléaire en Normandie : satisfaisant, mais peut mieux faire

Juin 13

DES ONG ESTIMENT QUE LE PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE EST « VIDE DE SENS »

Le projet de loi doit entériner le report à 2035 – contre 2025 auparavant – de l’objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité en France…

 (Boursier.com) — Le projet de loi sur l’énergie et le climat n’est pas assez ambitieux, voire « vide de sens » et même potentiellement dangereux en matière de nucléaire, ont déploré mercredi les associations françaises de défense de l’environnement… Ce texte, qui fixe les grands caps de la France dans ces deux domaines à l’horizon des 30 prochaines années, passe actuellement en commission à l’Assemblée nationale puis doit être examiné en séance publique à partir du 25 juin.

« Cette loi arrive à un moment où il ne faut pas se tromper« , a déclaré Célia Gautier, de la Fondation Nicolas Hulot, lors d’une conférence de presse organisée par plusieurs ONG. « On ne peut plus se permettre de passer des lois qui aujourd’hui ne sont pas des lois d’urgence climatique et c’est pourtant le chemin que l’on prend. »

Selon elle, c’est un texte « vide d’effet et vide de sens, avec quelques dispositions, des grands objectifs, mais finalement pas les moyens à court terme pour réduire au plus vite nos émissions de gaz à effet de serre« .

La réduction du nucléaire repoussée

Le projet de loi doit entériner le report à 2035 – contre 2025 auparavant – de l’objectif de réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité en France.

Le gouvernement, qui s’efforce de soigner son image verte, y a inclus l’ambition de réduire de 40% la consommation d’énergies fossiles d’ici à 2030 et celle de parvenir à la neutralité carbone en 2050 en divisant, pour ce faire, les émissions de gaz à effet de serre par « au moins » 6 !

Manque de cohérence ?

« On voit une politique du gouvernement dont on a du mal à voir la cohérence« , a fustigé Anne Bringault, chargé des questions de transition énergétique au Réseau action climat.

Et, compte tenu de l’âge des centrales, « cette loi nous met en zone de danger nucléaire si on ne crée pas plus de contrôles pour s’assurer que tous les réacteurs sont bien aux normes de sûreté et de sécurité maximales« , a mis en garde Alix Mazounie, de Greenpeace France.

Les ONG demandent le maintien de l’objectif de 2025 en matière de nucléaire, assorti toutefois d’une date butoir en 2030, ainsi qu’un calendrier précis de fermeture des réacteurs. Elles réclament aussi une formulation plus claire permettant de « sécuriser » la fermeture des quatre centrales à charbon d’ici à 2022, conformément à un engagement présidentiel…

C.L. avec Reuters, publié le 12/06/2019 à 15h47 (Crédit photo © Reuters)

https://www.boursier.com/actualites/economie/des-ong-estiment-que-le-projet-de-loi-sur-l-energie-est-vide-de-sens-41584.html

Juin 13

JUSQU’AU 28 JUIN, MOBILISONS-NOUS CONTRE LA LOI DE TOUS LES DANGERS

Du 24 au 28 juin, la « petite loi énergie » sera débattue à l’Assemblée nationale, avant de passer devant les sénateurs en juillet. Concocté par le gouvernement pro-nucléaire d’Édouard Philippe – ancien lobbyiste d’Areva – l’article 1 de ce texte repousse l’échéance de diminution de la part du nucléaire à 50% à 2035. Si cette loi est mise en œuvre, seuls 14 réacteurs seraient arrêtés d’ici à 2035, les autres voyant leur fonctionnement prolongé jusqu’à 50, voire 60 ans !

(NDLR : et rien ne dit que d’ici 2035, une autre « petite loi » ne reportera pas à nouveau cette échéance)

Agissons pour que les députés ne votent pas cette prolongation du risque nucléaire !

Sur internet

  • En signant ou en diffusant largement la pétition « Le nucléaire n’est pas notre avenir, arrêtons-le ! » afin de tenter de peser sur la décision.

> Je partage la pétition

  • En interpellant vos députés en leur envoyant un mail pour les convaincre de ne pas voter cette prolongation du risque nucléaire. Votre mobilisation permettra de renforcer le courrier envoyé ce jour par le Réseau « Sortir du nucléaire » aux 577 députés. Vous pouvez vous inspirer de ce courrier.

> Je consulte les arguments clés pour interpeller mon député

> Je me procure l’adresse mail de mon député

Sur le terrain

  • En allant remettre votre texte d’interpellation directement à votre député, à sa permanence, lors d’un déplacement officiel ou en organisant un rendez-vous.
  • En imaginant d’autres actions, devant les permanences de vos députés ou sur la place publique.
  • Et pour afficher vos convictions et rendre vos actions plus visibles, vous pouvez commander le nouveau matériel de campagne sur notre boutique en ligne.

> Je commande du matériel

Pour discuter des modalités d’action possibles ou rendre-compte de celles que vous aurez menées, vous pouvez écrire à julien.baldassarra@sortirdunucleaire.fr

Ni prolongations, ni nouvelles installations : en 2019, le nucléaire non c’est non !

Réseau « Sortir du nucléaire », 9 rue Dumenge – 69317 Lyon cedex 04

www.sortirdunucleaire.org

Juin 12

POUTINE COMPARE LES RISQUES CLIMATIQUE ET NUCLÉAIRE

Vladimir Poutine a rencontré les dirigeants des principales agences de presse mondiales en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, le 6 juin 2019.

Transcription :

Sergei Mikhailov : Nous avons toujours commencé nos dernières réunions en convenant que notre planète traversait une période de confrontation extrêmement dangereuse : les pays qui s’embrasent, les régions entières en flammes, les sanctions et les guerres commerciales, les fausses informations – tel est le contenu de presque tous les flux de nouvelles des agences de presse mondiales. Elles parlent d’une nouvelle guerre froide. Chaque pays est certain de savoir qui est responsable de cela.

Pourquoi devons-nous commencer notre conversation en 2019 avec cette même question : pourquoi le monde ne devient-il pas plus sûr ? Où va notre civilisation ? Voyez-vous de la lumière au bout du tunnel ? Que peuvent faire les pays qui sont les principaux acteurs du processus politique à cet égard ? C’est une question générale, Monsieur le Président.

Vladimir Poutine : Si nous regardons les peintures murales et les fresques autour de nous, on voit que la guerre est partout. Malheureusement, cela a été le cas depuis des siècles. L’histoire humaine est pleine d’histoires de conflit. Il est vrai que tous les conflits étaient suivis de périodes de paix. Mais il vaudrait mieux éviter complètement les conflits.

Après l’invention et la création d’armes nucléaires, l’humanité a maintenu un état de paix mondiale relative pendant près de 75 ans – relative, bien sûr, à l’exception des conflits régionaux.

Rappelons-nous de Winston Churchill, qui a d’abord détesté l’Union soviétique, a ensuite qualifié Staline de grand révolutionnaire quand ils ont dû combattre le nazisme, puis, après que les Américains aient mis au point des armes nucléaires, il a pratiquement appelé à la destruction de l’Union soviétique. Vous vous souvenez de son discours de Fulton qui a déclenché la guerre froide ?

Mais dès que l’Union soviétique s’est dotée d’armes nucléaires, Churchill a initié le concept de coexistence des deux systèmes. Je ne pense pas que c’était vraiment un opportuniste, mais il prenait en compte la réalité. Il acceptait la réalité. C’était quelqu’un d’intelligent et un homme politique pragmatique.

Peu de choses ont changé depuis ce temps. Nous devons avoir à l’esprit et bien comprendre dans quel genre de monde nous vivons et quelles menaces et dangers pourraient nous guetter. Si nous ne gardons pas ce «serpent ardent» (référence mythologique slave) sous contrôle, si nous laissons le mauvais génie sortir de la lampe, Dieu nous en préserve, cela pourrait conduire à une catastrophe mondiale.

Regardez, aujourd’hui, tout le monde parle des problèmes environnementaux, et ils ont raison de le faire, car il existe des menaces mondiales telles que le changement climatique, les émissions anthropiques, etc. Tout cela est correct. Même les enfants, filles et garçons du monde entier, s’impliquent contre ce danger.

Mais ils ne se rendent pas compte, ces jeunes gens, et en particulier les adolescents et les enfants, ils ne sont pas conscients de la menace mondiale et du grave défi que représente la possibilité de conflits mondiaux. C’est une chose à laquelle les hommes et les femmes adultes devraient penser davantage.

Cependant, j’ai l’impression que ces questions sont en quelque sorte devenues banales et ont été déplacées au second plan. Cela soulève des préoccupations légitimes.

Nos partenaires américains se sont retirés du Traité ABM (régulant les missiles balistiques). Alors, Mesdames et Messieurs, je voudrais vous demander : l’un d’entre vous est-il sorti avec des pancartes pour manifester contre ce grave danger ?

Personne. Silence absolu. Comme si c’était quelque chose de normal. Incidemment, c’était le premier pas vers une déstabilisation fondamentale du cadre de la sécurité mondiale, et un pas très important dans cette direction.

Aujourd’hui, nous faisons encore face à la suppression unilatérale par nos partenaires américains de leur adhésion au Traité FNI (Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire).

Dans le premier cas, ils ont au moins agi honnêtement et se sont retirés du traité unilatéralement. Cependant, dans le second cas, apparemment pleinement conscients du fait qu’ils en porteront la responsabilité, ils essayent de faire porter le chapeau à la Russie.

Écoutez-moi : vous et vos lecteurs, votre public, vous devriez ouvrir le traité FNI et le lire. Ses articles stipulent clairement que les lanceurs de missiles à courte et moyenne portée ne peuvent pas être déployés au sol. Le traité le dit clairement. Cependant, ils sont allés de l’avant et les ont déployés en Roumanie et en Pologne, ce qui constitue une violation directe.

Vérifiez ce que sont les paramètres des missiles à courte et moyenne portée, puis comparez-les à ceux des drones. C’est la même chose. Maintenant, regardez les spécifications des cibles pour les antimissiles. Ce sont des missiles à courte et moyenne portée.

Tout le monde fait semblant d’être sourd, aveugle ou dyslexique. Nous devons réagir à cela d’une manière ou d’une autre, n’est-ce pas ? Nous devons clairement réagir. Ils commencent immédiatement à rechercher les coupables en Russie. Bien sûr, la menace est grave.

Le renouvellement du traité START-3 est à notre ordre du jour. Cependant, nous pouvons choisir de ne pas le faire. Nos derniers systèmes garantissent la sécurité de la Russie pendant une assez longue période dans l’avenir. Car nous avons fait des percées scientifiques spectaculaires. Et, je dois le dire franchement, nous avons dépassé nos concurrents en termes de création de systèmes d’armes hypersoniques. Si personne ne souhaite renouveler le traité START-3, nous ne le renouvellerons pas. Nous avons déjà dit cent fois que nous sommes prêts à le faire, mais personne ne veut en parler avec nous.

Veuillez noter qu’il n’y a pas de processus de négociation formel et que tout expirera en 2021. Ayez bien conscience de ce que cela signifie : il n’y aura plus d’instruments pour limiter la course aux armements.

Ni même, par exemple, pour déployer des armes dans l’espace. Comprenons-nous ce que cela signifie ? Posez donc la question aux experts. Cela signifie que chacun de nous devra vivre à tout moment, par exemple, avec une arme nucléaire au-dessus de lui. En permanence ! Mais les choses suivent ce cours, et très rapidement. Est-ce que quelqu’un va y réfléchir, en parler ou montrer une quelconque préoccupation ? Non, c’est le silence complet.

Nous pouvons aussi considérer les armes nucléaires tactiques, aussi dites non stratégiques. Et si un missile stratégique à portée mondiale était lancé depuis un sous-marin se trouvant au milieu de l’océan ? Comment saurons-nous s’il porte une charge nucléaire ou non ? Vous rendez-vous compte à quel point c’est grave et dangereux ?

Et si l’autre côté répond tout de suite ? Qu’est-ce qui va arriver ? Je suis profondément convaincu que cela devrait faire l’objet d’un débat professionnel ouvert et absolument transparent, et que la communauté internationale devrait être impliquée dans ce processus autant que possible dans les affaires de ce type. Dans tous les cas, les gens ont le droit de savoir ce qui se passe dans ce domaine.

Pour me répéter, nous sommes prêts à cela. Encore une fois, nous sommes confiants en notre sécurité, mais le démantèlement complet de l’ensemble du mécanisme de contrôle des armements stratégiques et de non-prolifération suscite bien entendu des inquiétudes.

Quelle est la solution ? C’est la coopération, point final. La conversation la plus récente que j’ai eue avec le Président Trump, je dois dire, inspire un certain optimisme, car Donald m’a dit que lui aussi était préoccupé par cette situation. Il est pleinement conscient du montant des dépenses d’armements engagées par les États-Unis et d’autres pays. Cet argent pourrait être utilisé à d’autres fins. Je suis tout à fait d’accord avec lui.

Le Secrétaire d’État américain est venu ici. Nous nous sommes rencontrés à Sotchi et il a parlé dans le même sens. S’ils pensent vraiment ce qu’ils disent, nous devrions prendre des mesures concrètes pour faire un effort commun.

Encore une fois, aujourd’hui, les pourparlers entre les pays dotés du potentiel nucléaire le plus puissant sont les plus importants. Cependant, sur une note personnelle, je pense que tous les pays dotés d’armes nucléaires devraient être impliqués, qu’ils soient officiellement reconnus comme tels ou non.

Ne parler qu’avec les puissances nucléaires officiellement reconnues et laisser de côté les pays non officiels signifie qu’ils continueront à développer des armes nucléaires. En fin de compte, ce processus va stopper les discussions entre les États nucléaires officiels. Nous devons donc créer une vaste plate-forme de discussion et de prise de décision.

En ce sens, bien sûr, cela pourrait être la lumière au bout du tunnel.

Sergei Mikhailov : Merci, Monsieur le Président.

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Source : http://en.kremlin.ru/events/president/news/60675

Traduction : lecridespeuples.fr

Publié le 12 juin 2019 par Le Cri du Peuple.

https://blogs.mediapart.fr/le-cri-des-peuples/blog/120619/poutine-compare-les-risques-climatique-et-nucleaire

Juin 12

L’AIEA S’INQUIÈTE DES TENSIONS CROISSANTES CONCERNANT LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a exprimé lundi son inquiétude concernant « les tensions croissantes autour de la question du nucléaire iranien« , lors d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’agence onusienne basée à Vienne, en Autriche.

« Le 8 mai, le Conseil suprême iranien de la sécurité nationale a annoncé qu’il avait ‘émis l’ordre d’annuler aujourd’hui certaines mesures de l’Iran au titre du PAGC’« , a indiqué M. Amano, en référence au Plan d’action global commun, l’accord signé en 2015 par l’Iran, six autres pays (Allemagne, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie) et l’Union européenne pour limiter le programme nucléaire iranien.

« Comme je l’ai toujours souligné, les engagements nucléaires pris par l’Iran dans le cadre du PAGC représentent un gain important pour la vérification nucléaire. J’espère donc que l’on pourra trouver des moyens de réduire les tensions actuelles par le dialogue. Il est essentiel que l’Iran respecte pleinement ses engagements en matière nucléaire dans le cadre du PAGC« , a déclaré le chef de l’AIEA.

Il a indiqué que son agence continuait de vérifier le non-détournement de matières nucléaires déclarées par l’Iran dans le cadre de son accord de garanties.

Ces tensions sur la question du nucléaire iranien interviennent dans le contexte du retrait il y a un an des États-Unis de l’accord de 2015.

Xinhua, rédacteurs :Xiao Xiao, Yishuang Liu, publié le 12.06.2019 à 08h23

À lire aussi :

http://french.peopledaily.com.cn/International/n3/2019/0612/c31356-9586842.html

Juin 12

LE LENT POISON DES DÉCHETS RADIOACTIFS « OUBLIÉS » QUI CONTAMINENT LES SOLS FRANÇAIS

En France, 200 millions de mètres cubes de résidus à vie longue n’ont pas de filière de gestion. Seuls 1,6 million de mètres cube sont pris en charge par l’Andra.

Devant le stade municipal de la petite ville de Gueugnon (Saône-et-Loire), une esplanade goudronnée, entièrement vide, est ceinturée d’un grillage métallique haut de deux mètres. « Accès interdit », annonce en lettres rouges un panneau. Sur cet ancien terrain vague, la commune avait prévu d’aménager un parking pour les jours d’affluence. Car le Football Club de Gueugnon a eu son heure de gloire : champion de France de deuxième division en 1979, vainqueur de la coupe de la Ligue en 2000 face au PSG.

Là, sous le bitume, reposent plus de 20 000 tonnes de déchets radioactifs déversés par une ancienne usine de traitement de minerai d’uranium, exploitée, de 1955 au début des années 1980, par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), puis par la Cogema, devenue Areva et aujourd’hui Orano.

« A certains endroits, ça crache ! Les émanations de radon [un gaz cancérigène formé par la désintégration de l’uranium] sont énormes », affirme le physicien Roland Desbordes, porte-parole et ancien président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), qui a mené plusieurs campagnes de mesures.

Fermé au public depuis 2009, le terrain n’a longtemps été gardé que par de simples barrières. En octobre 2018 encore, lors d’un match, des dizaines de supporteurs y ont pénétré pour se garer. Ce n’est que début 2019 qu’a été posé un grillage et que le site a été intégré à une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), englobant une ancienne sablière où ont été transvasées 220 000 tonnes de boues uranifères, recouvertes d’une butte de terre. Sans que nul ne s’en émeuve à l’époque. Au point qu’avait été aménagé, tout autour, un parcours de santé démonté depuis.

« Informations tronquées et tendancieuses »

Le cas de Gueugnon est loin d’être isolé. Entre 1947 et 2001, près de 250 gisements d’uranium ont été exploités dans l’Hexagone, pour la fabrication de l’arme atomique puis l’alimentation en combustible des réacteurs nucléaires.

Ils ont laissé comme héritage 51 millions de tonnes (environ 40 millions de mètres cubes) de résidus stockés dans les enclaves minières, mais aussi 170 millions de tonnes (plus de 100 millions de mètres cubes) de stériles : des roches extraites pour accéder au minerai, qui contiennent des métaux lourds radioactifs. Ces stériles ont été entassés çà et là en « verses », lorsqu’ils n’ont pas été réutilisés, sans autre précaution, pour remblayer des chemins, aménager des terrains de sport, voire servir de soubassement à des habitations.

De ces montagnes de résidus, il n’y a pourtant pas trace dans les documents d’information mis à la disposition du public, dans le cadre du débat en cours sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR). Du moins pas dans les documents les plus accessibles, comme la synthèse du dossier coproduit par le ministère de la transition écologique et solidaire et par l’Autorité de sûreté nucléaire. On y lit qu’« à la fin 2017, toutes catégories confondues, le stock de déchets radioactifs est d’environ 1,6 million de mètres cubes ». Un chiffre tiré de l’inventaire établi par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) et repris dans toutes les publications officielles.

Article réservé à nos abonnés. Lire aussi Un débat public sur les déchets nucléaires : « un sujet qui nous concerne tous »

« Contrairement à ce qu’affirme le dossier, le stock n’est pas de 1,6 million, mais de l’ordre de 200 millions de mètres cubes », s’étrangle Corinne Castanier, responsable de la réglementation et de la radioprotection à la Criirad. Laquelle a décidé de boycotter le débat public, pour protester contre « des informations tronquées et tendancieuses ».

Parmi les déchets radioactifs « oubliés » figurent donc les rebuts des activités minières et les stériles uranifères. S’ajoutent 50 millions de mètres cubes de déchets à radioactivité naturelle élevée : des substances contenant des radionucléides et générées par de multiples activités, comme la production d’engrais ou d’alumine, la combustion de charbon dans les centrales thermiques, ou encore l’industrie du zirconium (utilisé dans la métallurgie, la pétrochimie, la cimenterie ou la fonderie). S’ajoutent encore 282 000 mètres cubes de déchets produits par l’usine de purification du minerai d’uranium d’Orano, à Malvési (Aude) : des résidus de traitement entreposés dans des bassins de décantation.

Dix-sept sites de stockage

Comment justifier une omission aussi massive ? « Le dossier des maîtres d’ouvrage est de leur responsabilité, se défend la magistrate Isabelle Harel-Dutirou, qui préside la commission du débat sur le PNGMDR. Notre rôle est de veiller que grâce au débat, l’information du public soit complète, sincère et accessible. Les rencontres thématiques permettront de traiter de tous les types de déchets radioactifs. »

L’inventaire de l’Andra précise en réalité que le chiffre de 1,6 million correspond aux « volumes de déchets déjà stockés ou destinés à être pris en charge par l’Andra ». Si l’on prend la peine de le lire de façon exhaustive, on y trouve bien le recensement détaillé – catégories, volumes, localisations – de tous les autres déchets, présentés comme des « cas particuliers » ou des « situations historiques ».

Inventaire des déchets radioactifs en France à fin 2017. Andra

« La mission que la loi a confiée à l’Andra est d’une part d’inventorier l’ensemble des déchets radioactifs présents sur le territoire national, d’autre part de gérer les déchets de haute et moyenne activité à vie longue [les plus dangereux, destinés à rejoindre le centre de stockage géologique de Bure dans la Meuse] et ceux en cours de production. Pas les déchets historiques déjà stockés sur des sites qui font tous l’objet de surveillance et de contrôles », explique Soraya Thabet, chargée de cet inventaire.

Les résidus générés par le traitement du minerai d’uranium sont ainsi regroupés dans dix-sept sites de stockage, pour l’essentiel dans le centre de la France, au sein d’ICPE placées sous la responsabilité d’Orano. L’industriel effectue chaque année 30 000 analyses de l’air, de l’eau, de la végétation et de la chaîne alimentaire, indique Jean-Michel Romary, directeur du démantèlement et des déchets. Pour les stériles uranifères, il assure aussi « une mission de service public » : il en a fait, entre 2009 et 2013, la cartographie par survol aérien et il consacre 1 million d’euros par an à assainir les sites où la radioactivité est la plus élevée.

750 000 ans pour disparaître

Orano est également responsable des déchets accumulés dans son usine de Malvési. Ceux produits à l’avenir, en volume fortement réduit grâce à de nouveaux procédés de traitement dans lequel le groupe a investi plus de 100 millions d’euros, seront en revanche pris en charge par l’Andra. Quant aux déchets à radioactivité naturelle élevée, ils sont tout simplement stockés sur leurs lieux de production, dans plusieurs dizaines de dépôts localisés notamment dans le nord, le sud et l’ouest de l’Hexagone. Voire, dans certains cas, dans des stockages de déchets conventionnels.

Récupérer les quelque 200 millions de mètres cubes de résidus radioactifs qui échappent aux filières de gestion de l’Andra, les conditionner et les transférer vers des centres de stockage, qu’il faudrait construire à grande échelle, serait un chantier colossal au coût faramineux. Le résultat – on le constate en superposant les cartes de tous les dépôts – est que la quasi-totalité de l’Hexagone est contaminée par un poison lent.

Ces déchets sont, en effet, de très faible ou de faible activité, mais à vie longue, et même très longue : on trouve, par exemple, dans les résidus de traitement de l’uranium, du thorium 230 qui n’aura disparu, par désintégration, qu’au bout de 750 000 ans.

À Gueugnon, comme pour les autres sites miniers, c’est ce qui inquiète Roland Desbordes. « Les niveaux de radioactivité restent faibles, mais ils peuvent présenter un risque pour la santé et l’environnement, estime-t-il. Le site est aujourd’hui clôturé et surveillé, avec des garanties financières sur trente ans. Mais qu’en sera-t-il sur le long terme ? Qui assurera l’entretien et le contrôle ? Et qui paiera ? »

Par Pierre Le Hir, publié le 11 juin à 6h10, mis à jour à 12h23

Photo titre : l’usine Orano de la centrale nucléaire du Tricastin, en 2018. JEFF PACHOUD / AFP

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/11/la-contamination-sans-fin-des-dechets-radioactifs-oublies_5474470_3244.html

Juin 12

EDF CHERCHE DU FONCIER POUR SES CENTRALES

L’énergéticien recherche des terrains autour des quatre centrales nucléaires de la Région Centre.

Qu’est-ce que manigance EDF autour des centrales nucléaires ? Depuis cet automne, l’énergéticien recherche du foncier. Il a mandaté la Safer pour réaliser une étude sur une quinzaine de centrales en France. Dans la Région Centre Val de Loire, l’étude, remise à EDF à la fin d’avril, portait sur près de 400 hectares.

EDF a besoin de place

« C’est un périmètre beaucoup plus large que leurs besoins. L’état des lieux sera affiné au fil du temps. Ils ne veulent pas passer en force », assure Céline Braconnier, directrice de la Safer du Centre. Avant d’ajouter : « Notre Région possède quatre centrales nucléaires, c’est une zone à faible risque sismique et son emplacement proche de l’Île de France est un atout. Il faut se préparer à ce qu’au moins un des sites soit retenu. »

Retenu pour quoi ? C’est la grande question. EDF est dans l’attente de l’adoption, cet été, de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour se prononcer. Mais que ce soit pour démanteler ou pour construire un nouveau réacteur, l’énergéticien a besoin de place.

Chinon et Belleville en pole position

À Saint-Laurent-Nouan (Loir-et-Cher), EDF a renoncé, pour l’instant, à construire un nouvel EPR, à la suite de la forte mobilisation des six exploitants touchés. À Dampierre-en-Burly (Loiret), les serres chauffées devraient être épargnées. À Chinon, le foncier est plutôt envisagé pour un démantèlement. EDF a déjà acquis 90 hectares à Avoine et un second zonage de 60 ha est en cours.

Il reste Belleville-sur-Loire (Cher), où l’étude sur 140 ha ne semble pas poser de problème. « Cela ne fait aucun bruit », note Pascal Viguié, maire de Sury-près-Léré, une commune voisine de la centrale. « On se mobilisera quand EDF donnera des informations précises. Aujourd’hui, c’est prématuré », ajoute Maxime Buizard, responsable du foncier au syndicat JA Centre.

Gilles Menou, porte-parole de la Confédération paysanne, est plus résigné : « On s’attend à des projets à Chinon, stratégique dans l’approvisionnement de la Bretagne, et à Belleville. L’agriculture ne pèse pas lourd face aux enjeux énergétiques et économiques, mais nous serons très vigilants à l’augmentation des prix des terres dans ces secteurs. » Réponse d’EDF à la fin de 2019.

Par Aude Richard, publié le 11 juin 2019

http://www.lafranceagricole.fr/actualites/centre-val-de-loire-du-foncier-agricole-pour-le-nucleaire-1,7,3727268559.html

Photo : À Saint-Laurent-Nouan (Loir-et-Cher), 80 % des 116 hectares visés appartiennent à deux jeunes céréaliers. EDF renonce, pour l’instant. © A. Richard

NDLR : la réponse de Gilles Menou, porte-parole de la Confédération paysanne, est plus que décevante. Ceux qui aimaient la Conf’ vont être déçus (j’en suis !).

Juin 12

NON ! PAS DE DÉCHETS RADIOACTIFS ! LE TEXAS ET LE NOUVEAU-MEXIQUE NE SONT PAS DES TERRAINS VAGUES !

Le projet de transporter les déchets des réacteurs nucléaires de tout le pays dans la région du Texas / Nouveau-Mexique, devrait être arrêté immédiatement, vu les risques de contamination radioactive résultant de fuites, d’accidents ou d’attaques terroristes. Notre santé, notre sol et nos nappes phréatiques seraient menacés si des déchets contenant du plutonium et de l’uranium étaient transportés, à raison de 10 000 transports pendant 20 ans. Une personne se trouvant à proximité des déchets mourrait en une semaine.

Déverser des déchets radioactifs sur une population majoritairement hispanique, avec peu de ressources pour se défendre, serait une injustice écologique extrême. Les habitants de l’ouest du Texas et du Nouveau-Mexique ne bénéficient pas de l’électricité produite par les réacteurs nucléaires d’autres états, et ne méritent pas d’en être envahis.

Les Spécialistes du Contrôle des Déchets (WCS) ont déjà demandé une licence à la Commission de Régulation Nucléaire pour entreposer des déchets hautement radioactifs pendant 40 ans dans leur site à la frontière du Texas et du Nouveau-Mexique. [Voir carte ci-dessous]

Le gouvernement fédéral sait que personne ne veut de déchets radioactifs, et il a donc cherché des communautés “volontaires” pour les accepter.

Avec cette idée derrière la tête, le Ministère de l’Énergie des États-Unis a tenu huit réunions “basées sur le consentement” en divers endroits du pays, mais ne sont pas venus au Texas ni au Nouveau-Mexique, des états considérés comme le degré zéro pour les déchets radioactifs. Ils ont fait croire aux autres communautés que le Texas et le Nouveau-Mexique acceptaient les déchets radioactifs, se fondant sur un vote des Commissaires du Comté d’Andrews, au Texas. La vérité est que beaucoup de gens du Comté d’Andres sont opposés au projet, mais ils n’ont jamais eu l’occasion de voter. Il faudrait qu’ils puissent le faire.

Il n’y a pas besoin de consolider les déchets radioactifs pour les entreposer. Ils peuvent rester où ils sont, ou près de l’endroit où ils sont produits. La Commission de Régulation Nucléaire avait dit auparavant que l’option la moins risquée était de garder les déchets où ils sont.

Audience sur l’Énergie et le Commerce des déchets nucléaire, 13 juin 2019 : NWPA 2019, HR2699 [proposition de loi de la Chambre des Représentants], priorité des Déchets HR2995 [idem], Loi sur l’Entreposage du Fuel Nucléaire HR3136 [ibidem].

Photo de la présentation de Leona Morgan, activiste anti-nucléaire, Diné du Nouveau-Mexique

Par Ian Zabarte, Shoshone de l’Ouest, publié le 9 juin sur Censored News, traduction Christine Prat
http://www.chrisp.lautre.net/wpblog/?p=5134

Juin 12

DES SOLUTIONS PLUS OU MOINS FARFELUES POUR GÉRER LES REBUTS NUCLÉAIRES

Plusieurs alternatives au stockage géologique des déchets les plus dangereux ont été explorées. Les plus périlleuses ont été abandonnées.

Pour ses déchets nucléaires à haute activité et à vie longue, la France a choisi le stockage géologique, dans le sous-sol argileux de la commune de Bure (Meuse), où ils doivent rester confinés pendant des centaines de milliers d’années. Une solution dont la filière assure qu’elle est la plus sûre, sinon la seule. D’autres voies, plus ou moins réalistes, ont pourtant été explorées dans le monde. Dans un récent rapport, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire en fait la recension.

Les fonds marins

Entre 1946 et 1993, la plupart des pays nucléarisés (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, France, Belgique…) ont procédé à l’immersion de déchets radioactifs dans l’Atlantique, l’océan Arctique et le Pacifique, sur plus de 80 sites. La France a notamment participé, en 1967 et 1969, à deux campagnes européennes qui ont rejeté un total de 20 000 tonnes de déchets au large de la Galice (Espagne) et de la Bretagne, avant de cesser ces opérations après la mise en service de son centre de stockage en surface de la Manche. Mais elle a continué à rejeter dans le Pacifique, jusqu’en 1982, des déchets issus de ses essais nucléaires en Polynésie.

 

Pendant un demi-siècle, des déchets radioactifs ont été immergés dans plus de 80 sites dans les océans Atlantique, Arctique et Pacifique. Andra

Après un moratoire adopté en 1983, le rejet en mer de tout type de déchet radioactif a été interdit en 1993, dans un souci de préservation des milieux océaniques. Mais les produits immergés n’ont jamais été récupérés.

L’envoi dans l’espace

L’agence spatiale américaine, la NASA, l’a très sérieusement envisagé dans les années 1970 et 1980, en imaginant plusieurs destinations : la surface de la Lune (accessible en quelques jours), l’orbite autour du Soleil (atteignable en six mois), voire même l’au-delà du système solaire.

Ses travaux ont porté sur des conditionnements assez robustes pour parer à tout accident de l’engin porteur, navette spatiale ou lanceur lourd, le risque étant un « retour à l’envoyeur ». Un risque dont la désintégration au décollage de la navette Challenger, en 1986, puis celle, lors de son retour sur Terre, de la navette Columbia, en 2003, ont montré qu’il n’avait rien d’hypothétique. Ajouté à un coût prohibitif, ce danger a conduit à l’abandon du programme.

Les glaces polaires

L’idée était de déposer les colis de déchets sur ou dans les calottes polaires de l’Antarctique et du Groenland, la chaleur dégagée par la radioactivité provoquant la fusion des glaces qui auraient peu à peu emprisonné les conteneurs.

Les trois options étudiées par les États-Unis dans les années 1970 pour piéger les déchets dans les glaces polaires. IRSN

Mais les scientifiques ont mis en évidence la présence, dans les glaces, de poches salées susceptibles de corroder rapidement les aciers. Ils ont aussi alerté sur l’impossibilité de garantir la pérennité des calottes sur des centaines de milliers d’années. En tout état de cause, le traité sur l’Antarctique de 1959 interdit tout dépôt de déchets radioactifs au pôle Sud.

  • Les forages

Le principe s’apparente au stockage géologique de Bure, à cette différence qu’il ne prévoit pas de galeries souterraines, mais des puits verticaux creusés dans la roche, jusqu’à plusieurs kilomètres de profondeur. Trois variantes existent : placer les déchets dégageant de la chaleur, comme les combustibles usés, dans une roche magmatique (granite ou basaltes) dont la fusion formera une gangue vitreuse ; injecter des déchets liquides dans une couche rocheuse perméable ; empiler des colis de déchets solides dans un forage.

Concept d’injection de déchets radioactifs dans la proche profonde, dont la fusion assure le confinement. IRSN

Ces concepts ont été étudiés par plusieurs pays, en particulier les États-Unis et la Russie, mais seule la troisième variante fait encore l’objet de travaux, notamment outre-Atlantique. Le stockage en forages est surtout adapté à de petits volumes de déchets de faible activité, nullement aux 85 000 m3 de résidus de haute activité ou à vie longue qui doivent être enterrés à Bure.

L’entreposage de longue durée

C’est la solution que préconisent les opposants à l’enfouissement. Alors qu’un stockage est définitif, un entreposage est conçu comme temporaire. La question est de savoir s’il peut être de longue durée – plusieurs siècles –, voire pérenne. Les Pays-Bas, l’Écosse, l’Italie ou encore les États-Unis envisagent un entreposage à long terme pour laisser la possibilité à la science de réaliser des progrès dans le traitement des déchets.

En France, cette option était l’un axes de recherche définis par la loi de 1991 sur la gestion des déchets radioactifs. Elle a été étudiée par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Mais en 2006, le stockage en couche géologique profonde a été retenu comme la « solution de référence » pour les produits à haute activité et à vie longue.

La séparation-transmutation

C’est l’approche qui mise le plus sur l’avancée de la recherche et qui, si elle aboutissait, pourrait justifier l’entreposage de longue durée comme solution d’attente. L’idée est de séparer, au sein du combustible nucléaire usé, les éléments les plus radiotoxiques (produits de fission, actinides mineurs, plutonium), puis de les transformer en noyaux stables ou à vie plus courte, en utilisant de futurs réacteurs à neutrons rapides, ou encore des réacteurs dédiés couplés à un accélérateur de particules.

Cette filière a été étudiée par plusieurs pays, notamment, en France (elle figurait elle aussi dans la loi de 1991), par le CEA, qui a validé plusieurs procédés sur certains radioéléments. Le dossier du débat public sur le plan national de gestion des matières et déchets radioactifs précise toutefois qu’« en l’état actuel des connaissances, il n’y a pas de solution de séparation-transmutation qui serait adaptée à tous les radionucléides à vie longue et industrialisable dans un futur proche ».

Par Pierre Le Hir, publié le 11 juin à 12h16

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/06/11/des-solutions-plus-ou-moins-farfelues-pour-gerer-les-rebuts-nucleaires_5474663_3244.html

Juin 11

UN AN APRÈS LE SOMMET HISTORIQUE DE SINGAPOUR, LES RELATIONS TRUMP-KIM DANS L’IMPASSE

Il y a un an, le 12 juin 2018, Donald Trump et Kim Jong-un se serraient la main, au cours d’un sommet historique à Singapour, le premier jamais organisé entre un président américain en exercice et un dirigeant nord-coréen. Mais l’enthousiasme des deux camps a depuis laissé place aux invectives.

C’est peu dire que l’atmosphère des relations entre Washington et Pyongyang a changé depuis un an. Lors de leur rencontre en juin 2018, Donald Trump et Kim Jong-un avaient réussi à signer un accord, à la formulation très vague, sur la «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne», présenté comme une avancée majeure par le locataire de la Maison Blanche. Ce dernier avait même déclaré que le processus allait commencer «très rapidement», tandis que le leader nord-coréen prédisait «une relation fantastique» avec Donald Trump.

Mais le soufflé est brutalement retombé en février dernier, lors du second sommet Trump-Kim à Hanoï, au Vietnam. Alors que les experts prévoyaient un accord a minima, destiné à confirmer la dynamique diplomatique entre les deux pays, les deux dirigeants se sont finalement quittés sur un constat d’échec, sans signature d’une déclaration commune, et ce avant même le déjeuner prévu entre les deux délégations.

En cause, des visions bien différentes des deux côtés. Quand Washington privilégiait «le tout ou rien», la Corée du Nord voulait elle procéder par étapes. Ainsi, les deux parties ont imputé à l’autre la responsabilité de l’échec des discussions.

Désaccord sur la levée des sanctions imposées à Pyongyang

Concrètement, les États-Unis ont accusé Pyongyang d’exiger la levée de toutes les sanctions internationales dont le pays fait l’objet pour ses programmes nucléaire et balistique, en échange d’un simple désarmement partiel. De son côté, la Corée du Nord a dit avoir proposé un allègement de certaines mesures américaines ciblant son économie, en échange de la fermeture de «toutes les infrastructures nucléaires» de son complexe de Yongbyon.

Depuis ce second sommet, les négociations entre les deux États sont dans l’impasse. La Corée du Nord a même repris de plus belle ses provocations. En avril, Kim Jong-un a par exemple supervisé le test d’une nouvelle «arme tactique guidée» avec une «puissante ogive», selon l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA. Puis, en mai dernier, le pays a effectué deux tirs de missiles à courte portée, ses premiers depuis novembre 2017.

Ces nouveaux lancers ont provoqué une escalade verbale entre les deux camps. John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, a jugé que ces deux essais constituaient «sans nul doute» une violation des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Une analyse «au-delà de la stupidité» a répondu Pyongyang.

Donald Trump a tout de même essayé de calmer le jeu, disant faire toujours confiance à Kim Jong-un. «La Corée du Nord a tiré quelques petits missiles, qui ont perturbé certains dans mon camp et d’autres, mais pas moi», a-t-il déclaré sur Twitter fin mai.

La Corée du Nord s’impatiente

Mais pas de quoi faire redescendre en pression Pyongyang, qui a exhorté ce mardi 11 juin Washington à en finir avec sa «politique hostile». La «politique arrogante et unilatérale» des États-Unis ne marchera jamais avec la Corée du Nord, a averti l’agence de presse officielle KCNA.

Le pays d’Asie de l’Est est allé jusqu’à lancer un ultimatum aux États-Unis, leur laissant jusqu’à la fin de l’année pour changer de stratégie. Il demande notamment le limogeage de John Bolton et du secrétaire d’État américain Mike Pompeo, responsables selon Pyongyang de l’échec du sommet de Hanoï pour avoir «créé une atmosphère d’hostilité et de défiance».

L’Eurasia Group, un cabinet de consultants basé à New York, évalue ainsi à seulement 10 % les chances de troisième sommet Trump-Kim cette année. Même si les deux dirigeants se retrouvent une nouvelle fois, un compromis sera «très difficile à négocier», estime Andrei Lankov, professeur à l’université Kookmin, basée à Séoul, en Corée du Sud. «Les Américains ne vont pas accepter une Corée du Nord nucléaire et les Nord-Coréens ne vont pas vivre sans armes nucléaires.»

Par Julien Da Sois, avec AFP – Publié le 11/06/2019 à 16h10

https://www.cnews.fr/monde/2019-06-11/un-apres-le-sommet-historique-de-singapour-les-relations-trump-kim-dans-limpasse

Juin 11

NUCLÉAIRE IRANIEN : MACRON ET TRUMP ÉVOQUENT DE POSSIBLES NOUVELLES NÉGOCIATIONS

Donald Trump et Emmanuel Macron, qui divergent sur l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 dénoncé par Washington, ont toutefois affiché une certaine unité jeudi en espérant une reprise des négociations.

« Je comprends qu’ils (le gouvernement iranien, ndlr) veulent parler, c’est très bien. Nous parlerons, mais une chose est sûre: ils ne peuvent pas avoir l’arme nucléaire et je pense que le président français serait entièrement d’accord avec moi », a déclaré Donald Trump devant la presse aux côtés d’Emmanuel Macron à Caen (Ouest de la France).

« Nous voulons être sûrs qu’ils n’obtiennent pas l’arme nucléaire« , a abondé Emmanuel Macron, ajoutant toutefois « nous avions un instrument jusqu’en 2025« , en référence à l’accord nucléaire signé à Vienne en 2015, mais dénoncé ensuite par Donald Trump estimant qu’il ne remplissait pas son objectif.

Listant une série d’objectifs supplémentaires pour la France (réduire l’activité balistique de l’Iran, limiter son influence régionale), il a ajouté un « quatrième objectif commun » à Paris et Washington: « la paix dans la région« , pour lequel « nous devons ouvrir de nouvelles négociations« , et « je pense que les mots prononcés par le président Trump aujourd’hui sont très importants« .

Les tensions militaires entre l’Iran et les États-Unis (ainsi que leurs alliés saoudiens et émiriens) sont très vives dans la région du Golfe depuis que Washington a infligé de nouvelles sanctions internationales à l’Iran le 8 mai, et certains observateurs mettent en garde contre le déclenchement d’une guerre dans cette poudrière.

Le président français tente de longue date de vendre l’idée de ce nouvel accord qui viendrait élargir la base de l’accord de 2015 (JCPOA) en intégrant notamment des éléments limitant l’activité de missiles balistiques de Téhéran.

Le président américain a semblé considérer jeudi que l’Iran est en train de perdre de son influence internationale dans les crises de la région, attribuant cela à sa politique de fermeté.

Selon lui, « l’Iran était authentiquement un État terroriste » à son arrivée à la Maison Blanche. « Ils le sont encore (…) Nous les voyions combattre sur 14 théâtres, entre le Yémen, la Syrie, bien d’autres (…) Ils ne le font plus désormais. Ils ont de piètres performances en tant que pays. Ils sont en train d’échouer. Je ne le souhaite pas. Nous pouvons retourner la situation très rapidement. Les sanctions ont été extraordinairement efficaces« , a-t-il déclaré juste avant d’entrer en réunion bilatérale avec Emmanuel Macron.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe prévoit de se rendre en Iran la semaine prochaine, ont indiqué jeudi des officiels japonais, alors que Tokyo, où M. Trump était la semaine dernière, espère servir de médiateur entre Washington et Téhéran.

« Il sera important dans la suite de cette visite de savoir comment nous pourrons en effet (…) obtenir des engagements iraniens« , a expliqué une source proche de la présidence française après la rencontre Macron-Trump, insistant sur le fait que la priorité était « de faire baisser la tension« .

Par AFP, publié le 06/06/2019

https://www.lorientlejour.com/article/1173662/nucleaire-iranien-macron-et-trump-evoquent-de-nouvelles-negociations-possibles.html

Juin 11

RUSSIE-CHINE : LE SOMMET QUI NE FAIT PAS L’INFO

Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg a montré la réalisation à grande vitesse du « Partenariat de l’Eurasie élargie », évoqué par le président Poutine au Forum de Valdaï, en 2016, et annoncé par le ministre Lavrov à l’Assemblée générale de l’Onu, en 2018. Désormais les projets chinois de « Route de la soie », et russe de réseau de communication de l’« Union économique eurasiatique » se rejoignent. Contrairement aux déclarations officielles, ce sommet a été suivi par une considérable délégation états-unienne.

Les projecteurs médiatiques se sont focalisés, le 5 juin 2019, sur le président Trump et les leaders européens de l’Otan qui, pour l’anniversaire du D-Day, auto-célébraient à Portsmouth « la paix, liberté et démocratie assurées en Europe » en s’engageant à « les défendre en tout moment où elles soient menacées ». La référence à la Russie est claire.

Les grands médias par contre ont ignoré ou relégué au second plan, parfois sur un ton sarcastique, la rencontre qui s’est déroulée le même jour à Moscou entre les présidents de la Russie et de la Chine. Vladimir Poutine et Xi Jinping, à leur presque trentième rencontre en six ans, ont présenté non pas des concepts rhétoriques, mais une série de faits.

Les échanges entre les deux pays, qui ont dépassé l’an dernier les 100 milliards de dollars, se trouvent accrus d’environ 30 nouveaux projets chinois d’investissement en Russie, notamment dans le secteur énergétique, pour un total de 22 milliards.

La Russie est devenue le plus grand exportateur de pétrole en Chine et s’apprête à le devenir aussi pour le gaz naturel : en décembre entrera en fonction le grand gazoduc oriental, auquel s’en ajoutera un autre depuis la Sibérie, plus deux gros sites pour l’exportation de gaz naturel liquéfié.

Le plan états-unien d’isoler la Russie par les sanctions, opérées aussi par l’UE, et avec la coupure des exportations énergétiques russes en Europe, va être ainsi rendu vain.

La coopération russo-chinoise ne se limite pas au secteur énergétique. Ont été lancés des projets conjoints dans le domaine aérospatial et autres secteurs de haute technologie. On est en train de faire monter en puissance les voies de communication ferroviaires, routières, fluviales et maritimes entre les deux pays. En forte augmentation aussi les échanges culturels et les flux touristiques.

Coopération tous azimuts, dont la vision stratégique émerge de deux décisions annoncées au terme de la rencontre : la signature d’un accord intergouvernemental pour étendre l’utilisation des monnaies nationales, le rouble et le yan, dans les échanges commerciaux et dans les transactions financières, comme alternative au dollar encore dominant ; l’intensification des efforts pour intégrer la Nouvelle Route de la Soie, promue par la Chine, et l’Union économique eurasiatique, promue par la Russie, avec « la visée de former dans l’avenir un plus grand partenariat eurasiatique ».

Que cette visée ne soit pas simplement économique est confirmé par la Déclaration conjointe sur le renforcement de la stabilité stratégique mondiale, signée à l’issue de la rencontre. La Russie et la Chine ont « des positions identiques ou très proches », de fait contraires à celles des USA/Otan, par rapport à la Syrie, à l’Iran, au Venezuela et à la Corée du Nord.

Elles préviennent : le retrait des USA du Traité FNI (dans le but de déployer des missiles nucléaires à portée intermédiaire au bord de la Russie aussi bien que de la Chine) peut accélérer la course aux armements et accroître la possibilité d’un conflit nucléaire. Elles dénoncent la décision US de ne pas ratifier la mise au ban total des essais nucléaires.

Elles déclarent « irresponsables » le fait que certains États, bien qu’adhérant au Traité de non-prolifération, pratiquent des « missions nucléaires conjointes » et leur demandent « le retour dans les territoires nationaux de toutes les armes nucléaires déployées hors de leurs frontières ».

Requête qui concerne directement l’Italie et les autres pays européens où, violant le Traité de non-prolifération, les États-Unis ont basé des armes nucléaires utilisables aussi par les pays hôtes sous commandement états-unien : les bombes nucléaires B-61 qui seront remplacées à partir de 2020 par les encore plus dangereuses B61-12.

De tout cela n’ont pas parlé les grands médias, qui le 5 juin étaient occupés à décrire les splendides toilettes de la First Lady Melania Trump aux cérémonies du D-Day.

Par Manlio Dinucci, publié le 11 juin 2019

Traduction : Marie-Ange Patrizio, : source Il Manifesto (Italie)

https://www.voltairenet.org/article206713.html

Juin 11

GREENPEACE : MOBILISATION CITOYENNE FACE AUX DÉCHETS NUCLÉAIRES

Samedi 8 juin 2019, dans toute la France, les militantes et militants de Greenpeace France se sont mobilisés pour dénoncer la pollution des déchets nucléaires dans une vingtaine de villes. Face à la présence accrue et inquiétante de déchets nucléaires aux quatre coins du pays, cette journée a été l’occasion d’échanger sur les moyens d’agir pour cesser d’en produire et limiter les risques et les conséquences environnementales.

Voir la carte des déchets nucléaires

Nos groupes locaux sont allés à votre rencontre dans les villes suivantes : Angers, La Rochelle, Montpellier, Poitiers, Strasbourg, Toulouse, Versailles, Bordeaux, Chambéry, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Nancy, Nice, Paris-Nord, Paris-Orsay, Paris Saint-Lazare, Rennes, Rouen, Tours, Troyes. N’hésitez pas à les contacter et vous informer sur leurs prochaines actions !

Après la publication d’une carte interactive intitulée Y a-t-il des déchets près de chez vous ? pointant du doigt des sites et des transports radioactifs passant à proximité de zones denses, nous continuons à encourager la mobilisation citoyenne en marge du débat public sur les déchets et matières radioactives.

Nous souhaitons alerter le public sur les risques liés à ces déchets dont la durée de vie est très longue : trois siècles au minimum et des millions d’années pour les plus dangereux d’entre eux. C’est aussi l’occasion de rappeler les raisons de notre opposition au projet d’enfouissement profond à Bure, dans la Meuse, et à la politique de retraitement dans laquelle la France s’est isolée.

Parce qu’il s’agit aussi d’un enjeu de démocratie locale, Greenpeace France nous invitons les citoyennes et citoyens à venir s’informer et à interpeller les pouvoirs publics sur un sujet qui engage leur territoire et les générations futures.

Nos demandes face à la crise des déchets nucléaires

  • Renoncer au projet d’enfouissement profond Cigéo et privilégier d’autres options, comme le stockage à sec en sub-surface.
  • Mettre un terme au retraitement du combustible usé, qui multiplie les risques.
  • Mettre fin aux transports nucléaires inutiles (notamment ceux liés au retraitement) et interdire les passages en zone de concentration urbaine.
  • Comptabiliser les « matières radioactives » non réutilisées dans la liste des déchets nucléaires d’EDF.
  • En priorité : cesser de produire des déchets nucléaires en planifiant une sortie du nucléaire qui s’appuiera sur les économies d’énergie, l’efficacité énergétique et le développement d’énergies renouvelables, selon des scénarios compatibles avec la lutte contre le changement climatique.

Signer la lettre ouverte à François de Rugy

Crédit photo d’entête : Tours © Joseph Melin / Greenpeace

Publié le 8 juin 2019

https://www.greenpeace.fr/mobilisation-citoyenne-face-aux-dechets-nucleaires/

Juin 11

GRAND SECRET DE FUKUSHIMA!

Savez-vous que huit ans après « le grave accident de la Centrale Nucléaire de Fukushima No.1 » du 11 mars 2011, divers cancers, pneumonies et infarctus du myocarde se produisent fréquemment avec « une augmentation anormale » chez les habitants de Fukushima?

Le Premier ministre japonais, Shinzo Abe essaie de cacher ce fait important en utilisant tous les moyens, y compris les médias.

La raison en est que Shinzo Abe est le principal responsable de l’accident de la Centrale Nucléaire de Fukushima No.1.

【Image No.1】Le Premier Ministre Shinzo Abe avait déclaré que « Il est impossible de perdre toutes les alimentations électriques (de la Centrale Nucléaire de Fukushima No.1) » à l’Assemblée Générale en décembre 2006, cinq ans avant  « l’accident de la Centrale Nucléaire de Fukushima No.1 » Il avait donc refusé de prendre des mesures contre le Tsunami.

▲ »Les données secrètes » de l’Hôpital Général Municipal de la ville de Minami-Soma, dans la préfecture de Fukushima, située à seulement 30 km de « La Centrale nucléaire de Fukushima NO.1″ à l’origine du  » grave accident d’explosion nucléaire » ont récemment été exposées.

Ce sont les données  qui montrent le nombre de patients atteints de différents types de cancer, de pneumonie et d’infarctus du myocarde de l’année de  « l’explosion nucléaire » (en 2011) et 7 ans après de l’accident (en 2018).

▲Les données du nombre de patients par nom de maladie de l’Hôpital Général Municipal de Minami-Soma en 2011, en 2018 et l’augmentation 2018/2011.
Quand vous regardez ces données, il est clair que « l’apparition du cancer » avec « l’augmentation anormale » parmi les habitants de Fukushima serait causée par « l’exposition aux radiations » due à « l’explosion nucléaire » de « La Centrale Nucléaire de Fukushima No1 Nuclear » du 11 mars 2011.

Il a récemment été rapporté que la chanteuse Chiemi Hori avait eu le cancer de la langue et le cancer de l’œsophage et que l’athlète en natation Erika Ike et le chanteur-compositeur-interprète Takako Okamura avaient  développé une leucémie aiguë.

L’apparition de ces cancers ne serait pas « un accident » qui s’est produit séparément.

Ils seraient causés par « l’exposition aux radiations » provoquée par « le grave accident nucléaire de Fukushima« .

▲Comme vous pouvez le voir lorsque vous regardez « l’image No.1″ ci-dessous, « l’exposition aux radiations » causée par « l’accident d’explosion de la Centrale Nucléaire de Fukushima No1 » du 11 mars 2011 n’a pas attaqué seulement les 2 millions de personnes dans la préfecture de Fukushima.

« L’exposition aux radiations » a également attaqué les 30 millions d’habitants dans la région de l’Est du Japon (Préfecture de Miyagi, Préfecture d’Iwate, Préfecture de Niigata, Préfecture de Tochigi, Préfecture de Gunma, Préfecture de Tochigi, Préfecture de Saitama, Préfecture de Chiba, Métropolitain de Tokyo, Préfecture de Kanagawa, Préfecture de Yamanashi, Préfecture de Shizuoka et Préfecture de Nagano).

【Image No.2】 « Carte de répartition spatiale des doses de rayons gamma » de l’Est du Japon (2 juillet 2017)

▲Ce qui suit est le témoignage de M. Hiroaki Koide, professeur adjoint à l’Institut du Réacteur de l’Université de Kyoto, à la Chambre des Conseillers dans le Comité du Contrôle du Gouvernement.

【ImageNo.3】 Mr. Koide, Professeur adjoint à l’Institut du Réacteur de l’Université de Kyoto

1. J’ai examiné la dose de radioactivité dans l’air à Tokyo le 15 mars 2011, quatre jours après l’accident de la Centrale Nucléaire de Fukushima.

2. J’ai détecté de l’iode, du tellure et du césium. Ce sont les radiations dans l’air de Tokyo, des centaines de becquerels par mètre carré.

3. »La concentration » de rayonnement qui a volé  de Fukushima à Tokyo était « environ 1000 fois » plus concentrée que celle qui avait été envoyée à Tokyo au moment de l’accident de Tchernobyl en 1986.

4. Tout le monde à Tokyo la respirait. En termes d’exposition interne, la dose  était « d’environ 20 microsieverts » en une heure.

Par Hikochan Yamazaki, publié le 6 juin 2019, (Blog : Le blog de Hikochan Yamazaki)

https://blogs.mediapart.fr/hikochan-yamazaki/blog/060619/grand-secret-de-fukushima

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Juin 11

L’ÉLECTRICITÉ BON MARCHÉ EMPÊCHE LE DÉVELOPPEMENT DES RENOUVELABLES

L’autrice de cette tribune s’élève contre la « primauté absolue donnée au nucléaire » et l’électricité trop peu chère vendue par EDF, qui rend la concurrence ardue pour les fournisseurs d’électricité renouvelable. Si la hausse des prix est une évidence, elle fait avant tout « payer à l’usager la politique catastrophique de l’État ».

Le prix de l’électricité est monté de 23 % entre 2007 et aujourd’hui et d’autres hausses sont attendues. Cette hausse est pour partie inéluctable mais, faute pour le gouvernement de s’attaquer aux vrais problèmes, elle ne résout rien.

Elle est pour partie inéluctable dans la mesure où la France a fait le choix d’une électricité bon marché, contrepartie de la décision imposée à la population française de faire de notre pays le pays le plus nucléarisé du monde. D’autres pays comme la Suède, qui ont pourtant fait le choix d’un nucléaire important (de l’ordre de 35 % du mix énergétique), ont décidé de mettre un prix élevé sur l’électricité afin de conduire les consommateurs à réduire leur consommation énergétique. En France, aujourd’hui, ce choix du bas prix n’est plus tenable compte tenu de la situation financière catastrophique d’EDF. Situation catastrophique liée à la dette abyssale de cette entreprise, dette qui l’empêche en réalité d’investir non pas pour un grand « carénage » — qui n’est que de la communication — mais simplement une mise aux normes qui n’a pas été faite depuis des années de manière suffisante.

Situation catastrophique liée aussi aux coûts abyssaux et sans fin de Flamanville et au financement de la centrale — aléatoire en période de Brexit — de Hinckley Point en Angleterre. À ce tableau idyllique, on peut ajouter une réduction drastique de la disponibilité des centrales nucléaires, réduisant d’autant le chiffre d’affaires d’EDF et mettant le nucléaire très en dessous des 70 % du mix énergétique. Situation catastrophique liée enfin au fait que le produit, à savoir l’électricité nucléaire, n’est plus compétitive dans le monde actuel. Certes, les vieilles centrales, qu’EDF veut à tout prix continuer à faire fonctionner malgré les risques, en raison de leur rentabilité, produisent encore à un coût relativement bas, grâce à une comptabilité qui minore les dépenses en aval. Mais ce coût, inexact sur le plan économique, est aujourd’hui talonné par l’éolien et même par le solaire photovoltaïque. À moyen terme, nous savons tous que le nucléaire n’est ni compétitif ni rentable. Et cette situation pèse infiniment plus sur les comptes de l’entreprise publique que le régime au demeurant difficilement justifiable aujourd’hui de non-paiement de leurs factures d’électricité par les employés d’EDF. Cette entreprise a fait et imposé à l’État le choix de rester sur un secteur d’activité non rentable, dont la survie ne peut être assurée que par le contribuable (via l’État) et par l’usager (l’abonné à EDF).

Poussons au développement d’une concurrence beaucoup plus active des énergies renouvelables

Pour autant, la hausse du prix de l’électricité ne résout pas le problème de fond et fait payer à l’usager la politique catastrophique de l’État en matière d’électricité, et ce à plusieurs niveaux.

  • D’abord, la lecture de la structure de la facture d’électricité permet de constater que 27 % est lié à l’acheminement. Cette part de la facture pourrait être considérablement réduite grâce à la décentralisation énergétique et à l’utilisation de l’électricité produite localement. L’autoconsommation collective a précisément cet objectif… Sauf qu’EDF a obtenu de l’État qu’il freine son développement ; les aménagements récents de la loi Pacte améliorent la situation mais on est très loin du compte et il faudra probablement attendre 2021 et l’entrée en vigueur de la nouvelle directive pour qu’enfin en France, l’autoconsommation collective et les communautés d’énergie puissent réellement se mettre en place. L’intérêt de l’usager serait donc d’aller très vite vers ce système, mais l’intérêt d’EDF est à l’opposé et c’est l’intérêt d’EDF qui prédomine.

  • En second lieu, le montant de la facture est une quantité multipliée par un prix. Or, si le prix au consommateur reste dans la moyenne basse en Europe, la quantité d’électricité est beaucoup plus importante pour les foyers français que pour la moyenne des foyers européens. En effet, l’encouragement systématique donné au chauffage électrique enferme les ménages français et singulièrement les plus modestes d’entre eux dans une addiction électrique dont ils ne sont en rien responsables. Autrement dit, la volonté qu’a eu l’État d’assurer le débouché de la production d’électricité nucléaire par une très forte consommation d’électricité et, jusqu’à une date très récente, sans aucun effort de réduction de la consommation électrique — les compteurs Linky n’entraînent en rien une baisse de consommation — se traduit pour les clients d’EDF par une condamnation à voir leur facture d’électricité monter constamment. La seule manière d’en sortir est de pousser nos concitoyens à aller vers la production d’électricité verte et décentralisée et vers des solutions alternatives de chauffage. Ce n’est évidemment pas ce que souhaite l’État.
  • En troisième lieu, la question de l’ouverture à la concurrence réelle se pose évidemment. Les associations de consommateurs qui contestent la hausse du prix de l’électricité la justifient par le fait que trois points de la hausse seraient dus au besoin de compenser les difficultés d’accès à la rente nucléaire pour les concurrents d’EDF. Il est de fait qu’EDF perd de manière régulière des clients particuliers et entreprises. En revanche, les industries grosses consommatrices bénéficient d’un tarif de faveur qui les conduit à rester fidèles au leader historique. La charge pèse donc sur les ménages. La question serait différente si la concurrence se faisait en direction des énergies renouvelables. Or, malheureusement, les difficultés liées au développement de renouvelables en France et la propagande d’une électricité bon marché vendue par EDF laissent une portion congrue aux clients des fournisseurs d’électricité renouvelable. La solution consiste dans le développement d’une concurrence beaucoup plus active en particulier des énergies renouvelables.

Mais, ce changement de cap est à l’opposé de celui poursuivi par le gouvernement qui est le choix d’une primauté absolue de l’investissement et du financement dans le nucléaire, décision irrationnelle et à terme suicidaire pour l’industrie, l’économie et le contribuable français.

Par Corinne Lepage, publié le 10 juin 2019 (Corinne Lepage est présidente de Cap21/Le Rassemblement citoyen ancienne ministre de l’Environnement et avocate.)

Juin 11

BELGIQUE, TIHANGE : UN BÀTIMENT POUR L’ENTREPOSAGE DE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE ?

LIÈGE : L’enquête publique quant au projet d’Electrabel démarre ce 12 juin à Huy et dans les communes voisines

En janvier dernier, Electrabel annonçait son intention d’introduire une demande de permis unique pour la construction de trois bâtiments sur le site de la centrale nucléaire de Tihange, destinés à la manutention et à l’entreposage temporaire d’emballages contenant du combustible nucléaire usé.

Pour l’heure, aucune solution en effet n’existe en matière de stockage définitif de combustible nucléaire en Belgique. Le combustible usé de la centrale nucléaire de Tihange est actuellement entreposé dans une piscine de stockage dite “temporaire”. Or, la capacité d’entreposage sur le site atteint progressivement la saturation. D’où la nécessité d’un nouveau bâtiment qui permettra un stockage à sec pour 80 ans et qui, selon Electrabel, sera résistant aux séismes, accidents d’avion, etc.

En février dernier, dans le cadre de l’étude d’incidence, Electrabel organisait une séance d’information préalable auprès du public hutois. La demande de permis est désormais déposée. Dès lors, une enquête publique est ouverte dès ce 12 juin et jusqu’au 12 juillet, à l’administration communale de Huy et dans les communes voisines (Wanze, Villers-le-Bouillet…). À Huy, le dossier peut être consulté au service Urbanisme, rue des Frères Mineurs, les jours ouvrables de 8h à 12h30 et sur rendez-vous les 13, 20 et 27 juin et les 4 et 11 juillet, de 14 à 20 heures. Les réclamations ou observations écrites sont à adresser au collège communal par courrier ordinaire (Grand’Place, 1 à 4500 Huy) ou par courrier électronique à  urbanisme@huy.be

Une fois l’enquête publique clôturée, la Ville de Huy remettra un avis qui sera envoyé avec l’ensemble des réclamations au fonctionnaire délégué de la Région wallonne. Si le permis est accordé, les travaux de construction pourraient débuter courant de l’année 2020, avec une mise en service de l’installation en 2023.

Par Aude Quinet Publié le lundi 10 juin 2019 à 10h00

https://www.dhnet.be/regions/liege/tihange-un-batiment-pour-l-entreposage-de-combustible-nucleaire-5cfd1b409978e27796189db5

Juin 11

GRAVELINES : DES COMPRIMÉS D’IODE DÉSORMAIS DISTRIBUÉS DANS UN RAYON DE 20 KM AUTOUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Une campagne d’information et distribution préventive de comprimés d’iode a débuté lundi dernier dans les communes situées dans un rayon de 20 km autour de la centrale nucléaire de Gravelines, dans le cadre de l’extension du plan particulier d’intervention (PPI) prévu en cas d’incident.

L’extension du plan particulier d’intervention (PPI) de 10 à 20 km autour des centrales nucléaires françaises avait été annoncée en avril 2016 par l’ancienne ministre de l’Environnement, Ségolène Royal. 

« L’accident nucléaire de Fukushima en 2011 au Japon a conduit les pouvoirs publics à réviser les actions de protection des populations, en cohérence avec les pratiques internationales et les recommandations des autorités européennes de sûreté nucléaire et de radioprotection« , rappelle les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais, l’Agence de Sûreté Nucléaire et EDF dans un communiqué commun diffusé vendredi. « L’élargissement de la zone de planification n’est pas lié à un accroissement du risque nucléaire mais permet d’améliorer l’information et la protection des personnes ainsi que la réactivité des acteurs de la gestion de crise.« 

Jusqu’à présent, le PPI pour Gravelines concernait 64 000 habitants vivant dans 14 communes situées dans un rayon de 10 km autour de la centrale. Avec l’extension à 20 km, ce sont désormais 340 000 habitants qui sont impliqués dans 58 communes, dont les villes de Dunkerque et Calais.


Extension du Plan particulier d’intervention (PPI) autour de la centrale nucléaire de Gravelines. / © IE

Lundi dernier, une campagne d’information et distribution préventive de comprimés d’iode a débuté à l’attention de l’ensemble des riverains et des responsables d’établissements recevant du public, résidant dans un rayon de 10 à 20 km autour des 19 centrales nucléaires françaises. Les premières concernées sont les pharmacies qui ont d’ores-et-déjà reçues les instructions de la préfecture.

Gravelines : des comprimés d’iode distribués dans un rayon de 20 km autour de la centrale (Reportage d’Hugo Smague et Lucie Martin.)

Cette campagne se poursuivra en septembre par l’envoi d’un second courrier nominatif, contenant un bon de retrait permettant aux personnes et aux établissements concernés d’aller retirer gratuitement leurs comprimés d’iode dans une pharmacie participante.

Ces comprimés d’iode stable permettent de protéger la thyroïde en cas de rejet accidentel d’iode radioactif dans l’atmosphère.

Par YF avec Hugo Smague, publié le 09/06/2019 à 17h29 Mis à jour le 09/06/2019 à 19h41

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/gravelines-comprimes-iode-desormais-distribues-rayon-20-km-autour-centrale-nucleaire-1683016.html

Remarques sur l’article ci-dessus :

Comme déjà précisé ici, l’iodure de potassium sature la thyroïde et protège des quelques variétés d’iodes radioactifs présents dans le panache (131I, 132I, 133I…) d’un accident nucléaire mais pas des plus de mille autres radioéléments également émis qui vont attaquer tous les organes des personnes exposées… Et pour les seuls iodes radioactifs, l’affaire n’est pas simple puisqu’il faut prendre l’iode stable quelques heures avant l’exposition. Passé ce délai les pastilles d’iode ne servent à rien. Il faut aller sur le site d’État au Canada pour en savoir plus :

Figure 1 : Efficacité du KI (%) en fonction du temps écoulé depuis l’exposition (heures) au moment de l’ingestion

Administration de KI aux personnes de plus de 40 ans

D’après les observations scientifiques, le blocage de la thyroïde n’est pas recommandé aux adultes de plus de 40 ans à moins que la dose à la thyroïde ne dépasse le niveau qui porterait atteinte au fonctionnement de la thyroïde, soit environ 5 Gy.

De telles doses sont peu probables loin du site d’un accident. En outre, le risque de cancer de la thyroïde chez les personnes de plus de 40 ans est très faible et baisse avec l’âge, alors que le risque d’effets secondaires consécutifs à l’administration de KI s’accroît avec l’âge, car l’incidence de troubles thyroïdiens est plus élevée ».

Source : http://www.health.gov.on.ca/fr/pro/programs/emb/rhrp/docs/ki_guidelines.pdf

Juin 10

ASSEMBLÉE NATIONALE : UN RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE PARTAGÉE POUR ABOLIR LES ARMES NUCLÉAIRES ET RADIOACTIVES !

Le 5 juin 2019, la Proposition de Loi visant à organiser un Référendum d’Initiative Partagée (RIP) sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives a fait l’objet d’une présentation à l’Assemblée nationale.

Trois députés signataires de la Proposition de Loi sont d’abord intervenus : Jean-Michel Clément (Vienne, Libertés et Territoires), président de séance et organisateur de la conférence avec ACDN, Jerôme Lambert (Charente, Socialistes et apparentés), André Chassaigne (Puy-de-Dôme, président du groupe Gauche Démocrate et Républicaine).

Jean-Paul Lecoq (Seine Maritime) et Moetai Brotherson (Polynésie) s’étaient fait représenter par leurs collaborateurs. Nombre d’autres signataires étaient excusés, comme Yves Daniel (Loire Atlantique, LREM), Paul Molac (Morbihan, Libertés et Territoires), Maina Sage (Polynésie, UDI, Agir et indépendants), Sabine Rubin (Seine Saint-Denis, France Insoumise), etc., de même qu’une dizaine de sénateurs et sénatrices cosignataires.

Jean-Paul Maurel a apporté le soutien de Jacques Boutault, maire du 2ème Arrondissement de Paris. Catherine Quéré, ancienne députée (Charente Maritime, socialiste) a rappelé la campagne de 2016-2017 au cours de laquelle 126 parlementaires avaient cosigné une Proposition de Loi similaire, déjà avancée par ACDN pour amener la France à rejoindre la négociation du futur traité d’interdiction des armes nucléaires. Enfin Jean-Marie Matagne, président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) a développé les différents aspects de la nouvelle Proposition de Loi référendaire.

Au cours de la discussion qui a suivi cet exposé, plusieurs personnes ont pris la parole dans l’assemblée, dont Benoit de Cornulier, administrateur du réseau « Sortir du nucléaire » et Alexandre Quinet, chargé de mission « désarmement nucléaire » à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du Ministère de la Défense.

Excepté ce dernier, venu en observateur et tenu au devoir de réserve, tous les intervenants ont souligné l’extrême importance, dans le contexte international actuel, d’un débat public sur la question vitale du désarmement nucléaire, l’urgence d’une initiative de la France en ce sens, et l’intérêt du référendum pour y conduire. Une telle initiative reçoit d’ores et déjà, d’après plusieurs sondages, le soutien massif de la population française. De l’avis général, il ne faut pas seulement interdire ces armes d’extermination, de crime contre l’humanité, il faut les éliminer toutes, conformément à l’article 6 du Traité de Non Prolifération (TNP) auquel la France a adhéré en 1992. C’est un impératif catégorique.

Telle est précisément la question que la Proposition de Loi demande de soumettre aux Français : « Approuvez-vous que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Les parlementaires ayant signé cette Proposition de Loi invitent tous leurs collègues sans considération d’étiquette à la cosigner, les citoyens à s’adresser à leurs députés et sénateurs pour les y encourager, et les journalistes à lui accorder, au titre de leur devoir d’information, tout l’écho qu’elle mérite dans la presse et les médias,.

La collecte des signatures parlementaires se poursuit, sans attendre une éventuelle réforme du Référendum d’Initiative Partagée, parlementaire et citoyenne.

Contacts :

Jean-Marie Matagne, contact@acdn.net, 06 73 50 76 61
Jean-Michel Clément, jmclement@assemblee-nationale.fr

Tous les soutiens, parlementaires et citoyens, sont à envoyer à ACDN, qui coordonne la campagne nationale.
Par la poste à : ACDN, 31 Rue du Cormier, 17100 Saintes
Et par courriel à : contact@acdn.net

Par   Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire, Source : Pressenza   (8/6/2019)

https://www.pressenza.com/fr/2019/06/assemblee-nationale-un-referendum-dinitiative-partagee-rip-pour-abolir-les-armes-nucleaires-et-radioactives/

Juin 10

TRAITÉ NUCLÉAIRE START : POUTINE AVERTIT LES AMÉRICAINS

Nouvelle source de tensions entre Pékin et Washington puisque Vladimir Poutine a directement menacé les États-Unis de laisser expirer le traité START, sur le contrôle de l’utilisation d’armes nucléaires stratégiques, si ces derniers ne montraient aucune intention de le prolonger. Washington a jusqu’à 2021 pour faire un geste en direction de Moscou, au risque de voir Poutine, définitivement tourner le dos à ces réglementations.

Dans les mots, le chef du Kremlin a été très clair. « Si personne ne souhaite prolonger l’accord START, alors nous ne le ferons pas […] Nous avons dit 100 fois que nous y étions prêts », a ainsi assuré Vladimir Poutine, à l’occasion d’une rencontre organisée du côté de Saint-Pétersbourg, en marge du Forum économique. Aujourd’hui, la Russie se sent visiblement un peu seule sur ce dossier, le président russe assurant par exemple que personne n’avait ouvert le dialogue afin de renégocier ce traité.

Moscou et Washington ont jusqu’ à 2021

Signé en 2010, ce traité START permet à la Russie et aux États-Unis, de mieux maîtriser et contrôler leurs arsenaux nucléaires et surtout, de les limiter bien en dessous de ce que les deux nations disposaient au moment de la guerre froide. L’idée ici est donc de structurer et surtout d’éviter de possibles débordements en cas de situation politique instable entre les nations. Arrivant à échéance en 2021, ce traité risque donc d’être abandonné si les principaux partis concernés venaient à le mettre entre parenthèses.

Les conséquences elles, pourraient être assez difficiles à gérer et assumer. En effet, dans le cas où une escalade venait à survenir, la menace nucléaire représenterait de fait une alternative au dialogue. Dans un contexte compliqué où Moscou et Washington semblent avoir bien du mal à s’entendre sur de très nombreux sujets, certains experts y voient là une terrible nouvelle. D’ailleurs, le président russe est bien au fait de cette possibilité et n’a pas hésité à mettre en garde, « Il n’y aura plus aucun instrument limitant la course aux armements, avec par exemple l’envoi d’armes dans l’espace ».

Washington inquiète fortement

Du côté américain, la porte n’est toutefois pas totalement fermée même si l’inquiétude se fait vivement ressentir chez les démocrates et les républicains. En effet, Mike Pompeo a récemment affirmé que la Chine devait joindre le prochain traité START. Toutefois, il est aujourd’hui difficile de quantifier l’apport réel d’un tel accord puisque Moscou et Washington se sont accusés à diverses reprises d’avoir violé les lois en vigueur. Vladimir Poutine n’a d’ailleurs pas hésité à ordonner la création de nouveaux types de missiles terrestres d’ici deux ans, ajoutant au mois de février dernier que la Russie disposait d’armes « invincibles » qu’il pourrait très bien demander à déployer.

Par Florian Guénet, publié le 7 juin 2019

https://lanouvelletribune.info/2019/06/traite-nucleaire-start-poutine-avertit-les-americains/

Juin 10

NUCLÉAIRE : LES CENTRALES SUISSES SONT VÉTUSTES ET DANGEREUSES

Un accident nucléaire dans l’une des 4 centrales nucléaires suisses provoquerait l’irradiation de millions de personnes, des dizaines de milliers de cancers et de maladies cardiovasculaires, et l’impossibilité de cultiver des milliers de km2 devenus radioactifs.

Voilà le résultat d’une étude très intéressante (1) publiée le 21 mai dernier. Un spécialiste de sciences de l’environnement, un médecin, un météorologue et des géomaticiens se sont associés pour simuler les effets d’un accident nucléaire majeur dans l’une des 4 centrales nucléaires suisses. Les conclusions font froid dans le dos.

L’impact sanitaire et environnemental serait catastrophique. Il faut aussi imaginer le chaos généré par un tel accident, avec des centaines de milliers, si ce n’est des millions de réfugiés, selon la direction du vent le jour de l’accident. La Suisse est un petit pays : un accident majeur dans l’une des quatre centrales pourrait rendre plusieurs cantons inhabitables, couper le pays en deux, et le déstabiliser politiquement de manière profonde et durable. Tout ceci est du domaine du possible, étant donné que cela est déjà arrivé en Ukraine, et au Japon, et que nos centrales nucléaires sont prolongées au-delà des 30 ans prévus à l’origine. Avec chaque année qui passe, les risques d’accident augmentent. La vieille centrale de Beznau est exploitée depuis 50 ans !

Et pourtant… tout avait si bien commencé

Sous le choc de Fukushima en 2011, le Conseil fédéral décide de sortir du nucléaire. Une dynamique nouvelle naît alors pour penser « l’après », produire des énergies de substitution à l’électricité atomique, consommer moins. De multiples initiatives de la part de la Confédération, des cantons, communes, entreprises et particuliers éclosent ou prennent leur essor, stimulées par cette volonté partagée de produire et consommer de l’énergie autrement.

Comme d’autres, ma ville (Nyon) a agi: des centrales photovoltaïques, des installations de chauffage à distance, de géothermie profonde, etc. sont étudiées. Des soutiens à des projets privés qui visent une consommation moindre et propre, dans les deux sens du terme, sont octroyés. Les autorités visent l’exemplarité dans les modes de construction, d’achats, ou encore de mobilité. Bref, comme 436 autres communes suisses, regroupant 60 % de la population de notre pays, Nyon est une « Cité de l’énergie » : cet excellent résultat helvétique a été obtenu au cours de ces deux dernières décennies. Mais à quoi bon ?

Le soufflé est retombé

Après les décisions fédérales de ne plus construire de centrales nucléaires, c’est l’heure du grand flou et du coup de mou. Les autorités tergiversent quant à la date de fermeture des centrales nucléaires. On sous-estime systématiquement les risques liés à l’utilisation prolongée de ces machines vétustes. La situation économique est difficile, et du coup l’investissement environnemental des collectivités publiques fléchit. Il n’est plus prioritaire à tous les niveaux des élus, ou est devenu concurrencé par d’autres projets considérés comme plus « urgents ».

Cette baisse du feu sacré est aussi causée par la baisse des soutiens fédéraux pour les particuliers, entreprises et institutions publiques dans le domaine des énergies renouvelables. Si des raisons financières ont été avancées par les autorités pour justifier cette réduction de subventions, il y a aussi des calculs économiques à court terme qui sont faits par les gros producteurs et consommateurs d’électricité (voir ci-dessous). Le résultat final de cette réduction du soutien fédéral est que les investissements faits maintenant dans le domaine de l’environnement sont devenus plus chers, et risqués. Ce sont pourtant eux, et particulièrement ceux dans la production d’électricité photovoltaïque, qui vont permettre de remplacer le nucléaire (voir le récent livre de Roger Nordmann à ce sujet : Le Plan solaire et climat, Éditions Favre).

Pourquoi ce coup de mou ?

La sortie du nucléaire implique le démantèlement de centrales : une entreprise complexe, longue et dangereuse. La loi suisse sur le nucléaire oblige les propriétaires de centrales à le faire à leurs frais. Le fonds d’épargne pour les démantèlements n’a été que très partiellement approvisionné par les producteurs d’électricité. Autrement dit, il n’est pas inclus dans le prix de l’électricité.

Inutile de préciser que les propriétaires de centrales ne sont pas pressés de fermer ces centrales, ni de favoriser l’essor des énergies renouvelables. Ils le sont d’autant moins que la production d’énergie « propre » met leur modèle d’affaire en danger. La décentralisation de la production rendue possible par les panneaux photovoltaïques sur les bâtiments est bonne pour la nature, l’économie et la population, mais nocive pour les monopoles.