NUCLÉAIRE: LES ÉTATS-UNIS AFFICHENT LEUR PESSIMISME MALGRÉ DES PROPOSITIONS IRANIENNES

Les États-Unis ont affiché jeudi leur pessimisme sur la possibilité de sauver l’accord sur le nucléaire iranien malgré la reprise des négociations à Vienne et des propositions présentées par Téhéran.

Pressé par Israël de mettre fin immédiatement aux pourparlers qui ont redémarré lundi, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken a semblé réserver sa réponse.

«Nous saurons très très rapidement, d’ici un jour ou deux, si l’Iran est sérieux ou pas» et s’il «entend désormais dialoguer de bonne foi», a-t-il dit à la presse en marge d’une réunion internationale à Stockholm.

Le secrétaire d’État a adressé un avertissement ferme à Téhéran.

«Ce que l’Iran ne peut pas faire, c’est entretenir le statu quo qui revient à développer son programme nucléaire tout en traînant des pieds» à la table des négociations, a-t-il martelé.

«Cela ne va pas être possible», a-t-il prévenu, assurant que les Européens étaient sur la même longueur d’onde.

«Je dois vous dire que les récentes mesures, les récentes déclarations, ne sont pas de nature à nous rendre optimistes», a poursuivi Antony Blinken, sans toutefois fermer encore définitivement la porte à la diplomatie: «Même si l’heure tourne, il n’est pas trop tard pour que l’Iran change d’attitude et dialogue de manière significative».

L’enjeu est de taille : il s’agit de sauver l’accord international de 2015 censé empêcher la République islamique de se doter de la bombe atomique. Et éviter donc un recours par Washington, ou l’État hébreu, à «d’autres options» qui pourraient aller jusqu’à l’usage de la force militaire.

La balle «dans le camp» américain »

Conclu entre l’Iran et des grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Allemagne, Royaume-Uni), le pacte est moribond depuis le retrait unilatéral en 2018 des États-Unis, sous la présidence de Donald Trump. Ce dernier a rétabli les sanctions américaines, poussant en riposte Téhéran à s’affranchir de la plupart de ses engagements.

Arrivé à la Maison-Blanche en janvier, son successeur Joe Biden dit vouloir revenir dans l’accord si l’Iran renoue aussi avec ses restrictions nucléaires.

Des négociations indirectes entre les deux pays ennemis ont débuté en avril avant de s’interrompre en juin avec l’arrivée au pouvoir en Iran du président ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

Après cinq mois d’interruption, elles viennent de reprendre, mais l’optimisme du printemps n’est plus de mise côté américain.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabdollahian, a pourtant estimé qu’un accord était «à portée de main», mais dépendait de la «bonne volonté» des Occidentaux.

Dans un entretien publié jeudi par le média en ligne Middle East Eye, il affirme aussi que «la balle est dans le camp des Américains» qui «doivent retirer leurs sanctions».

Le négociateur en chef iranien Ali Bagheri a déclaré jeudi avoir fait deux propositions sur une levée des sanctions et sur le programme nucléaire de Téhéran.

«Le premier document résume les points de vue de la République islamique d’Iran sur la levée des sanctions et le deuxième concerne les activités nucléaires de l’Iran», a-t-il dit lors d’un entretien avec la télévision publique iranienne IRIB depuis Vienne.

«Désormais, l’autre partie doit examiner ces documents et se préparer pour négocier avec l’Iran sur la base des textes que nous leur avons soumis», a expliqué Ali Bagheri, qui est également vice-ministre des Affaires étrangères.

Il a précisé qu’un «calendrier» des pourparlers devait être «fixé» vendredi.

L’émissaire a par ailleurs mis en garde ses interlocuteurs contre «d’autres acteurs qui sont en dehors des pourparlers, mais tentent de perturber la voie qui mène à un accord et à un dialogue constructif» — dans une allusion à Israël, qui s’oppose à toute entente.

Le premier ministre israélien Naftali Bennett a haussé le ton jeudi en demandant clairement à Antony Blinken, lors d’une conversation téléphonique, la «fin immédiate» des négociations de Vienne.

Il a évoqué «des violations à des fins de provocation de l’Iran dans le secteur du nucléaire».

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a en effet indiqué mercredi que les Iraniens avaient commencé à enrichir de l’uranium dans l’usine souterraine de Fordo.

L’AIEA fait état de la mise en cascade de 166 centrifugeuses IR-6 plus performantes, qui s’ajoutent aux 1.044 IR-1 fonctionnant déjà pour produire de l’uranium enrichi à 20%, bien au-delà du seuil prévu dans l’accord de 2015.

Par Francesco Fontemaggi (Agence France-Presse), publié le 2 décembre 2021 à 19h17

https://www.latribune.ca/2021/12/02/nucleaire-les-etats-unis-affichent-leur-pessimisme-malgre-des-propositions-iraniennes-80b180ce54221e98560c65bf23d966b3

BUGEY : UNE (PETITE) MANIFESTATION ANTI-NUCLÉAIRE À BOURG PENDANT LES ASSISES DES DÉPARTEMENTS

Cinq militants du collectif SDN Bugey étaient présents avec leurs banderoles, vendredi 3 décembre, au croisement entre le boulevard de Brou et du général De Gaulle. Objectif : attirer l’attention des congressistes qui se rendaient aux Assises des départements.

« Non aux nouveaux réacteurs EPR », « Pour un Bugey sans nucléaire » : deux banderoles du collectif Sortir du nucléaire (SDN) Bugey étaient déployées par cinq militants, vendredi 3 décembre. De 9 heures à 10 heures, ils se sont installés au croisement entre le boulevard de Brou et celui du général de Gaulle. Un emplacement stratégique. « Certains congressistes qui se rendent à Ainterexpo pour les Assises des départements sont obligés d’emprunter cette route, confirme Alain Minault, un militant. On veut qu’un maximum d’élus voient que des citoyens ne sont pas d’accord avec le développement du nucléaire. »

Contrôle des forces de l’ordre

L’action de SDN Bugey était initialement prévue aux abords d’Ainterexpo. Mais la préfecture de l’Ain a interdit les manifestations dans ce périmètre, « afin de prévenir tout risque de trouble à l’ordre public. » Le carrefour à la sortie de Bourg a donc été choisi par les militants, soumis à un contrôle des forces de l’ordre à leur arrivée sur place. « Les policiers étaient plus nombreux que nous », sourit Joël Guerry, membre de SDN Bugey. Le collectif reste notamment opposé au projet de construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires à la centrale du Bugey. « Les élus locaux ont décidé de modifier le Schéma de cohésion territoriale (Scot), afin que des terrains près de la centrale puissent être aménagés. Ils font tout pour faciliter l’arrivée des EPR, détaille Joël Guerry. Nous réfléchissons à des actions judiciaires. »

SDN Bugey mènera donc une nouvelle action, samedi 18 décembre. Différents ronds-points seront investis à la sortie de Bourg par les militants, toujours munis de leurs banderoles. Ce week-end sera marqué par des départs en vacances, « ce qui nous donnera plus de visibilité », admet Joël Guerry.

Par A.L., publié le 3 novembre 2021 à 12h16 | mis à jour  à 12h58

Photo en titre : Les militants de SDN Bugey étaient présents de 9 heures à 10 heures, vendredi 3 décembre.  Photo Progrès /Amaury LELU

https://www.leprogres.fr/social/2021/12/03/une-(petite)-manifestation-anti-nucleaire-a-bourg-pendant-les-assises-des-departements

ÉNERGIES RENOUVELABLES : POURQUOI LE RETARD DE LA FRANCE POSE PROBLÈME

Si les émissions de CO2 du mix électrique français sont relativement faibles grâce au nucléaire historique, le bouquet énergétique global de l’Hexagone reste largement dépendant des combustibles fossiles. Pour s’en sevrer, les pouvoirs publics entendent développer massivement les énergies renouvelables, indépendamment d’une éventuelle relance de l’atome. Mais en la matière, les objectifs sont encore loin d’être atteints, et la perspective de la neutralité carbone en 2050 s’éloigne.

Alors que l’urgence environnementale exige de changer de modèle énergétique, l’Hexagone entend se placer en leader mondial sur le sujet. En témoigne le discours d’ouverture de la COP26, le 1er novembre dernier, d’Emmanuel Macron, qui exhortait les autres pays à retrouver de « l’ambition » dans « leurs stratégies nationales » respectives. Et appelait à l’ « exemplarité », condition nécessaire pour revendiquer un quelconque « leadership ».

Car le chef de l’État ne manque pas de le rappeler, la France, elle, s’est doté d’un plan solide : la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) de 2015. Actualisée l’an dernier, elle définit une trajectoire forte de réduction des émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2050, et fixe des échéances à court-moyen terme. S’y ajoutent les lois Énergie Climat et de Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), votées en 2019, qui précisent les objectifs du pays, afin de le sevrer de sa dépendance aux énergies fossiles. Enfin, par les plans de relance et d’investissement (France 2030), le gouvernement a affecté des niveaux de financement sans précédent à la mobilité « durable », à la rénovation des bâtiments, à la décarbonation de l’industrie, à l’hydrogène, ou encore au nucléaire.

Autant d’ « efforts » salués par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans son évaluation de la politique énergétique de la France, publiée ce mardi 30 novembre. Mais qui ne suffiront pas : le pays a beau se vouloir précurseur, il n’est toujours pas dans les clous pour atteindre la neutralité carbone en 2050, alerte l’organisation, qui appelle à « accélérer » l’investissement dans les énergies renouvelables. (Voir NDLR en fin d’article)

Électrification des usages

Pour cause, en 2020, la part de ces dernières dans la consommation finale brute d’énergie n’était que de 19,1%, soit bien en deçà de la cible de 23,4% fixée par la PPE. Et atteindre l’objectif de mi-parcours fixé en 2023 paraît désormais impossible : d’ici à deux ans, la France devrait en fait ajouter 6,4 gigawatts (GW) de puissance éolienne, soit près de 40% de la capacité totale cumulée à ce jour. Elle devrait aussi presque doubler la capacité solaire photovoltaïque (de 12,6 GW à 20,6), nécessitant de mobiliser plusieurs milliers d’hectares.

Lire aussi : La demande d’électricité augmente… et les énergies renouvelables ne suivent pas

Résultat : même si son mix énergétique reste le moins carboné du G7, grâce à son parc nucléaire historique (qui émet très peu de gaz à effet de serre), « la France a un travail considérable devant elle sur la route du net zéro », estime le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol. Car alors que les centrales vieillissent, que la construction de nouveau nucléaire prendrait beaucoup de temps, et que la consommation d’électricité promet d’exploser, l’atome ne suffira pas à court et moyen termes, explique-t-il. Un constat partagé par tous les auteurs des scénarios prospectifs nationaux publiés ces dernières semainesde l’association négaWatt au gestionnaire de réseau RTE, en passant par l’Ademe.

« Comme le dit l’AIE, la solution économique la plus efficace pour atteindre la neutralité carbone dès 2050 sera d’électrifier. Cela implique de développer le plus d’énergies renouvelables possible, et de garder les réacteurs nucléaire en fonctionnement quand ceux-ci sont économiques », fait valoir Thomas Veyrenc, directeur de la stratégie et de la prospective chez RTE.

Et si Emmanuel Macron a récemment annoncé son intention de relancer l’atome, il ne s’agit pas non plus pour le gouvernement actuel de revenir sur la PPE, en reculant sur les énergies renouvelables. « Ce n’est pas parce qu’on a du nucléaire qu’on est sortis d’affaire », a ainsi clarifié mardi soir la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, lors d’un débat sur le sujet à l’Hôtel de Roquelaure.

Lourdeurs administratives

Alors pourquoi la France accuse-t-elle un tel retard ? Au cours de la dernière décennie, la production éolienne et solaire photovoltaïque a pourtant bien augmenté, faisant passer la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité (à ne pas confondre avec la consommation brute d’énergie en général) de 14% en 2010 à 23,4% en 2020, rappelle l’AIE. Mais de « très longues procédures d’autorisation, qui entraînent des autorisations administratives lourdes », et le « manque de disponibilité des terres » ont freiné la cadence, pointe le rapport.

L’AIE regrette, par exemple, la présence d’obstacles à l’installation de panneaux photovoltaïques. Notamment administratifs, « liés au code du bâtiment » ou à celui de « l’urbanisme ».

« Les municipalités devraient être soutenues dans la cartographie du potentiel solaire et le développement de projets, en particulier sur les bâtiments commerciaux, y compris les parkings », estiment les auteurs.

Surtout, pour l’éolien terrestre, « les procédures françaises d’autorisation sont très restrictives par rapport à d’autres pays », note l’AIE. Pour cause, les géants à pales sont souvent qualifiés de menace potentielle pour le patrimoine, le paysage et l’environnement. Emmanuel Macron lui-même avait indiqué cet été vouloir « renoncer » aux projets éoliens lorsque ceux-ci « dénaturent le paysage ». Et désormais, les maires disposent d’un droit de véto contre l’implantation de nouvelles infrastructures sur leur territoire. Plusieurs candidats à la présidentielle, notamment Xavier Bertrand (LR), plaident même pour instituer un moratoire national à la construction de nouveaux parcs.

« Je lance un appel à la responsabilité : on ne peut pas se permettre de perdre encore dix ans là-dessus. On constate un effet de loupe assez fort sur les anti-éoliens, alors que dans les sondages, on voit que l’image qu’en ont les Français est plutôt bonne, y compris les riverains », commente Alexandre Roesch, délégué général du Syndicat des Énergies Renouvelables (SER).

Encore aucun parc éolien offshore

Jusqu’ici, ces problèmes d’acceptabilité ont tellement freiné les projets de construction de parcs éoliens en mer, que la France n’en compte toujours aucun – même si le premier devrait sortir de l’eau l’an prochain, au large de Saint-Nazaire. Pourtant, l’Europe compte déjà 116 parcs éoliens offshore, dont 40% de la capacité installée au Royaume-Uni. Mais dans l’Hexagone, une multiplication des litiges et de très longues procédures d’autorisation ont retardé le processus, note l’AIE.

Pour y remédier, France Énergie Éolienne et le SER ont présenté, ce jeudi 2 décembre, l’idée de planifier spatialement dès 2022 le déploiement des nouveaux projets.

« Seule une planification précise et anticipée, pilotée par l’État en associant l’ensemble des acteurs du monde maritime, permettra un déploiement ambitieux de l’éolien en mer. L’installation de 50 GW d’éolien en mer au large des côtes métropolitaines ne représenterait qu’une occupation de 2,8% de l’espace, occupé à usage non exclusif », font-ils valoir.

Un modèle déjà développé par plusieurs pays européens, notamment le Danemark et le Pays-Bas. Concrètement, ces gouvernements identifient les zones éoliennes offshore appropriées, sélectionnent les sites, organisent les permis ainsi que de l’attribution de l’enveloppe financière par voie d’appels d’offres. Et les procédures d’autorisation et les appels d’offres sont attribués indépendamment des procédures contentieuses.

Mais cela ne suffira pas : en France s’ajoutent de lourdes « contraintes spatiales » au développement des éoliennes, estime l’AIE, « y compris à des fins de défense et d’aviation civile, telles que les périmètres de radars », notamment pour celles qui se trouvent sur terre. En effet, la distance radar requise de 30 kilomètres a été étendue à 70 km en 2021, ce qui limite la superficie d’accueil de futurs projets.

« Il y a des exigences qu’on ne souhaite pas lever, comme le fait de ne pas construire en zone Natura2000 ou trop près des habitations. Mais sur les radars, on pourrait assouplir les choses, afin d’étendre l’accès au foncier. C’est un thème qu’on porte auprès des pouvoirs publics », précise Alexandre Roesch.

Plusieurs candidats anti-renouvelables

Lever rapidement ces freins devrait ainsi permettre d’accélérer le mouvement, affirme l’AIE. Mais la question de la volonté politique sera centrale, et l’atteinte des objectifs de la PPE dépendra surtout du prochain président de la République. Pour l’heure, loin de proposer un assouplissement, plusieurs des candidats à l’Élysée mènent en fait une guerre contre les énergies renouvelables, en soulevant leurs impacts négatifs et l’intermittence de leur production. Et préfèrent valoriser la production nucléaire, source d’électrons bas carbone et vecteur d’industrialisation du territoire.

Lire aussi : Neutralité carbone en 2050: ce qu’impliquent les quatre scénarios modélisés par l’Ademe

Il n’empêche qu’aujourd’hui, les usages énergétiques en-dehors de l’électricité restent largement « dominés par les carburants fossiles », comme le pétrole et le gaz, notamment dans le secteur du transport. Dans ces conditions, et alors que le prochain EPR ne devrait pas voir le jour avant une quinzaine d’années, se passer des énergies fossiles tout en décarbonant l’économie semble illusoire.

Par Marine Godelier, publié le 2 novembre à 15h25

Photo en titre : En 2020, la part des renouvelables dernières dans la consommation finale brute d’énergie n’était que de 19,1%, soit bien en deçà de la cible de 23,4% fixée par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie. (Crédits : LetsgoFrance)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/transitions-ecologiques/energies-renouvelables-pourquoi-le-retard-de-la-france-pose-probleme-897672.html

NDLR : je répète inlassablement que le retard français dans le déploiement des énergies renouvelables est volontaire. Il a pour but de montrer que l’énergie nucléaire est indispensable. Le mouvement anti éolien fait partie de cette stratégie (sauf quelques rares cas justifiés).

NEUTRALITÉ CARBONE EN 2050 : CE QU’IMPLIQUENT LES QUATRE SCÉNARIOS MODÉLISÉS PAR L’ADEME

Après négaWatt et RTE, l’Ademe a dévoilé à son tour, mardi 30 novembre, des scénarios prospectifs pour atteindre la neutralité carbone à horizon 2050, au nombre de quatre. Alors que les deux premiers induisent un changement drastique de nos modes de vie passant par plus de sobriété énergétique, les deux suivants misent sur l’innovation technologique pour équilibrer le bilan carbone de la France. D’un bout à l’autre du spectre, les leviers mobilisés varient, et impliquent des choix de société structurants. Explications.

Comment atteindre la neutralité carbone à horizon 2050 ? C’est sur cette équation à plusieurs inconnues qu’a planché l’Ademe pendant deux ans, et pour laquelle elle a dévoilé mardi 30 novembre différentes stratégies possibles de résolution. Précisément, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a décliné hier quatre scénarios prospectifs susceptibles de permettre à la France de devenir neutre en carbone dès 2050.

Parmi eux, les deux premiers scénarios sont axés sur la sobriété énergétique et reposent sur un changement drastique de nos modes de vie et de consommation, tandis que les deux suivants tablent sur des innovations technologiques massives pour gagner en efficacité énergétique. D’un bout à l’autre du spectre, les leviers mobilisés pour atteindre la neutralité carbone sont donc distincts et impliquent des choix de société plus ou moins en rupture avec notre modèle actuel.

Nécessité de réduire la demande d’énergie

Mais malgré des trajectoires différentes pour parvenir à la neutralité carbone en 2050, ces scénarios convergent en réalité sur plusieurs points. Tous insistent sur la nécessité d’ « agir rapidement » et présentent la réduction de la demande d’énergie comme « le facteur clé » pour devenir neutre en carbone. Cette diminution d’énergie consommée va de -23% en 2050 par rapport à 2015 dans le quatrième scénario, à -55% dans le premier. En outre, l’approvisionnement énergétique repose à plus de 70% sur les énergies renouvelables dans tous les scénarios modélisés, et la biomasse, notamment, voit son utilisation multipliée par deux en trente ans.

Force est donc de constater que le mix énergétique a un rôle clé à jouer dans la réussite de l’objectif de neutralité carbone d’ici 2050. Ce qui explique d’ailleurs en partie pourquoi RTE, tout comme l’association négawatt, avaient axé leurs scénarios pour devenir neutre en carbone – rendus publics en octobre – sur ce volet énergétique.

Mais comme l’a rappelé le PDG de l’Ademe Arnaud Leroy, « la neutralité carbone n’est pas qu’un sujet énergétique ». Le rapport de l’Ademe dévoile ainsi d’autres volets sur le plan de l’alimentation, l’agriculture, la préservation du vivant ou encore l’aménagement du territoire, qui permettraient d’aboutir à un bilan carbone neutre en 2050.

Deux premiers scénarios axés sur la sobriété

Concrètement, les deux premiers scénarios présentés par l’Ademe sont axés sur la sobriété et impliquent un changement radical de nos modes de vie, avec entre autres « le recours à l’économie circulaire » et « l’abandon de la maison individuelle ». Seuls ces deux premiers scénarios permettent d’ailleurs de se conformer à l’objectif « Fit for 55 » annoncé par la Commission européenne, et qui vise à diminuer les émissions de CO2 de 55% en 2030 par rapport à leur niveau de 1990. Autre singularité : seuls ces deux scénarios garantissent à la France une indépendance énergétique totale à horizon 2050.

Scénario 1: « génération frugale« 

Le premier, intitulé « génération frugale« , induit une « modification drastique de nos habitudes de consommation », sur laquelle a insisté la directrice exécutive de l’Ademe, Valérie Quiniou. Dans ce scénario, à horizon 2030, un tiers des Français ne mange plus de viande, un autre tiers est flexitarien, et la quantité totale de viande consommée est ainsi divisée par trois. La bio représente en outre 70% de l’alimentation des Français.

Sur l’aménagement du territoire, les grandes villes sont délaissées au profit de villes moyennes et rurales et les résidences secondaires sont converties en résidences principales habitées à l’année, avec une rénovation énergétique rapide et massive. La proximité du lieu de travail par rapport au lieu de vie est favorisée à l’embauche, et la moitié des trajets s’effectuent à vélo ou à pied.

Lire aussi: Le gouvernement veut en finir avec la maison individuelle : un « non-sens écologique, économique et social »

Au niveau industriel, un nouveau modèle privilégiant la qualité à la quantité et focalisé sur le Made in France est mis en place, et la production est contractée. Les puits naturels suffisent à faire chuter les émissions et permettent aux compensations de CO2 de dépasser les émissions, avec un différentiel estimé à 42 millions de tonnes d’équivalent CO2 par rapport à 2015. Dans ce scénario, l’essentiel de la gouvernance se fait au niveau local, via des quotas de rationnement et des réglementations.

Scénario 2: « coopérations territoriales« 

Le second scénario est baptisé « coopérations territoriales« . Il repose, selon les propos tenus par l’Ademe, sur « une gouvernance partagée où les acteurs à l’échelle nationale et européenne réussissent à se concerter ». Dans ce scénario, la consommation de viande est divisée par deux et la part de la bio atteint les 50%.

Les villes moyennes sont privilégiées par les Français et se dessine quasiment une ville du quart d’heure. L’habitat est également transformé de façon radicale et les équipements sont notamment mutualisés: « on peut ainsi imaginer, par exemple, que les voisins d’un même immeuble partagent leur lave-linge », confie Valérie Quiniou.

Pour qu’un tel scénario puisse fonctionner, l’Ademe met également en avant la nécessité de politiques publiques pour accompagner la réindustrialisation de secteurs clés en lien avec les territoires et le recyclage des emballages, de sorte que 80% de l’acier, du verre, du papier-carton et des plastiques soient issus du recyclage en 2050. Le tout, combiné à un soutien aux circuits de proximité, permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 430 millions de tonnes d’équivalent CO2 par rapport à 2015, prise comme année de référence dans l’ensemble des scénarios.

Deux autres scénarios axés sur l’efficacité énergétique

À la différence des deux premiers scénarios, les deux suivants misent avant tout sur l’innovation technologique pour atteindre l’objectif de neutralité carbone fixé à 2050. Dans les scénarios 3 et 4, le modèle industriel est toujours fondé sur la quantité, contrairement aux deux premiers scénarios qui privilégient la qualité, mais fait appel à des procédés décarbonés.

Scénario 3: « technologies vertes« 

Le scénario 3, intitulé « technologies vertes » se réfugie ainsi dans de nouvelles technologies et un « consumérisme vert » pour optimiser les possibilités de réduire les émissions. La consommation de viande diminue de 30% et la part de la bio dans l’alimentation des Français grimpe quant à elle à 30%.

Sur les logements, plus que des politiques de rénovation massive comme dans les deux précédents scénarios, le troisième se base notamment sur des politiques de « déconstruction-reconstruction » à grande échelle de logements, pour accroître leur efficacité énergétique. Contrairement aux deux premiers scénarios, les trajets ne sont pas diminués (avec une moyenne de 13% de kilomètres supplémentaires parcourus par personne par rapport à 2015), mais la part de trajets en vélo ou à pied se hisse tout de même à 30%, la décarbonation des mobilités s’opère via l’électrification du parc et le recours généralisé au covoiturage et à l’auto-partage.

Au niveau industriel, le modèle reste dans une logique quantitative, mais orienté vers une croissance verte faisant appel à des procédés bas carbone, comme la biomasse. La décarbonation passe en outre par un recours massif à l’hydrogène, qui est en grande partie importé, et induit donc une forme de dépendance énergétique, contrairement aux deux premiers scénarios. Finalement, ce scénario échoue – de peu – à atteindre l’objectif de réduction des émissions de 55% d’ici 2030 par rapport à 1990, fixé par la Commission européenne dans le cadre de « Fit for 55 ».

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Scénario 4: « pari réparateur« 

Enfin, le scénario 4 (S4) est le plus « risqué » pour parvenir à la neutralité carbone à horizon 2050, comme le suggère d’ailleurs son intitulé: « pari réparateur« . Et une chose est claire: S4 est très éloigné des objectifs de « Fit for 55 », qui ne pourront donc indubitablement pas être atteints si le gouvernement opte en faveur de ce dernier scénario.

Avec un tel scénario, nos pratiques actuelles ne sont modifiées que dans une moindre mesure. « Les régimes alimentaires évoluent mais relativement peu », détaille ainsi Valérie Quiniou. À titre d’exemple, la consommation de viande baisse de 10% seulement, et est complétée par des protéines végétales ou de synthèse.

Au niveau de l’habitat, la construction de logements neufs ne s’arrête pas, et, comme dans le scénario 3, la moitié seulement des logements est rénovée au niveau « bâtiment basse consommation » (BBC). L’étalement urbain se poursuit dans la continuité de la tendance actuelle, et les trajets des Français continuent d’augmenter, avec 28% de kilomètres supplémentaires parcourus par personne, et seulement 20% des trajets sont effectués à pied ou à vélo.

Dans ce scénario, la coopération internationale est forte et plusieurs leviers de décarbonation sont utilisés, avec divers pays se spécialisant dans la production de gaz naturel ou décarboné, que la France importe ensuite. Les innovations sont poussées au maximum sur les technologies de captage – et de stockage – de CO2 dans l’air, à l’image du DAX, qui pour l’heure n’est pas encore mature, mais une croissance économique encore fortement carbonée se poursuit.

Des risques majeurs dans tous les scénarios

Dans l’ensemble des scénarios, l’Ademe pointe des risques majeurs induits et reconnaît qu’« atteindre la neutralité repose sur des paris forts, aussi bien sur le plan humain que technologique », même si elle note que « tous les scénarios n’entraînent pas les mêmes conséquences environnementales, sociales et économiques ».

Ainsi, dans le premier scénario, le risque majeur tient à l’acceptabilité sociale d’un changement aussi radical des modes de vie, tandis que le quatrième scénario est lui aussi hasardeux puisque la réussite de l’objectif repose sur les nouvelles technologies, qui pour beaucoup ne sont pas encore matures et ne sont donc pas des valeurs sûres pour atteindre la neutralité carbone.

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Par ailleurs, l’Ademe a également rappelé la nécessité de veiller à ce que ces scénarios – tant ceux axés sur la sobriété que sur l’efficacité énergétique -, ne conduisent pas à un accroissement des inégalités. Dans le cas du scénario 4, l’Ademe a ainsi souligné l’importance de s’assurer que les plus modestes puissent bénéficier des différentes innovations technologiques.

Enfin, une interrogation plus générale a été soulevée au niveau des implications de ces scénarios sur l’emploi, qui restent aujourd’hui encore difficiles à évaluer. En clair, la transition vers la neutralité carbone laisse en suspens une question : les emplois détruits parviendront-ils à être compensés par les nouveaux emplois verts créés ? Autrement dit, peut-on s’attendre à ce que les scénarios dévoilés par l’Ademe opèrent une « destruction créatrice » d’emplois ?

Par Juliette Laffont, publié le 2 décembre 2021 à 6h46

Photo en titre : Loin de se focaliser sur le seul mix énergétique, l’Ademe s’intéresse à d’autres volets majeurs pour atteindre la neutralité carbone en 2050, comme l’alimentation, l’agriculture, la préservation du vivant ou encore l’aménagement du territoire. (Crédits : Pascal Rossignol)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/transitions-ecologiques/neutralite-carbone-en-2050-ce-qu-impliquent-les-quatre-scenarios-modelises-par-l-ademe-897602.html

BUGEY: UNE FUTURE CENTRALE NUCLÉAIRE INQUIÈTE GENÈVE

Le site du Bugey, à 70 km du canton, pourrait accueillir deux nouveaux réacteurs d’ici quelques années. Les autorités genevoises y sont farouchement opposées.

Le Bugey, dans l’Ain (F), est source de préoccupation à Genève depuis de nombreuses années à cause de sa centrale nucléaire, la plus vieille de France, et de son site de stockage de déchets nucléaires, inauguré il y a une semaine à peine. Aux yeux des autorités hexagonales, le potentiel nucléaire des lieux ne semble pas épuisé. À en croire la «Tribune de Genève», les lieux pourraient accueillir deux nouveaux réacteurs, dans le cadre d’un programme national piloté par EDF visant à construire six infrastructures dès 2035.

Parmi les sites pressentis, le Bugey figure en bonne place. Des signaux vont dans ce sens depuis trois ans: demande de modification du schéma de cohérence territorial, concertations publiques, négociations pour l’acquisition de terrains, etc. Cette éventualité ne réjouit pas les autorités genevoises qui se battent depuis longtemps afin que cesse l’activité de ces infrastructures vieillissantes et l’extension du site. Sans succès pour l’heure, puisque malgré des actions en justice, elles n’ont pas obtenu gain de cause.

Par mpo, publié le 2 décembre 2021 à 13h58

Photo en titre : La centrale nucléaire du Bugey est en activité depuis 1978. Maurane Di Matteo /TDG

https://www.20min.ch/fr/story/une-future-centrale-nucleaire-inquiete-geneve-497047501870

QUAND LE NUCLÉAIRE AFFIRMAIT SAUVER LE CLIMAT

L’industrie électronucléaire s’est imposée en France à la faveur des chocs pétroliers. Mais, auparavant, l’argument des faibles émissions de gaz à effet de serre était déjà déployé par les politiques et les lobbyistes.

« Le nucléaire a pour lui d’être une énergie propre, à laquelle […] l’effet de serre devrait donner un nouvel essor. » Est-ce une punchline du discours du président Macron, annonçant la relance du nucléaire le 9 novembre 2021 ? Non. Cette tirade est signée Marcel Boiteux, fervent capitaine de l’industrie nucléaire française… en 1989 (1) ! Bien avant qu’Emmanuel Macron n’accède à l’Élysée avec un lobbyiste d’Areva dans ses bagages, bien avant l’association Sauvons le climat, créée en 2005 par le lobby nucléaire…

Cela fait en réalité trois quarts de siècle que les atomistes affirment nous sauver du réchauffement de la planète, avec les résultats que l’on sait. Aux États-Unis, les travaux sur le cycle du carbone et l’effet de serre alimentent des débats dès les années 1950. Dans le même temps, les atomistes, la main sur le cœur, se penchent au chevet de la Terre pour insister sur les limites de ses ressources en carburants fossiles, mais aussi sur le fragile équilibre de son climat menacé par l’effet de serre (2). D’ailleurs, l’Atomic Energy Commission finançait les travaux de King Hubbert sur le pic pétrolier…

En France, c’est en 1968 que les hautes sphères de l’administration et du secteur de l’énergie commencent à se préoccuper des nuisances comparées des déchets nucléaires qui débordent et de « l’augmentation du gaz carbonique dans l’ensemble de l’atmosphère, qui pourrait, dans une décennie ou un demi-siècle, commencer à poser des problèmes de modifications globales du climat terrestre ». Le même Marcel Boiteux (alors PDG d’EDF) voyait dans le risque climatique « un argument en faveur des déchets nucléaires, parce qu’ils sont solides, vitrifiés et n’encombrent pas l’atmosphère de gaz carbonique ». Son compère Pierre Guillaumat, PDG d’Elf (aujourd’hui TotalÉnergies), participait à la discussion et «[ses] conclusions personnelles rejoign[ai]ent celles de M. Boiteux » sur la nécessité de développer l’énergie nucléaire (3).

Dans la France des années 1968-1973, la question de l’effet de serre causé par la combustion des énergies fossiles et la perspective d’un réchauffement du climat est un signal encore modeste par rapport à d’autres enjeux environnementaux de l’époque. Mais l’alerte climatique émerge. Tous les grands experts et dirigeants du secteur énergétique sont au courant et en font un argument en faveur de l’énergie nucléaire. Ainsi, en 1973, Pierre Piganiol, dirigeant de la Délégation générale à la recherche scientifique et technique (DGRST, ancêtre du ministère de la Recherche), affirme que, si les prévisions du Club de Rome sur les limites des ressources ne lui semblent pas farfelues, « il y a un point pour lequel [il] ne voi[t] pas de solution. Tant que nous utiliserons des combustibles fossiles, charbon, pétrole, nous ferons du gaz carbonique […] ; ce qui est grave, c’est que ce gaz carbonique a une absorption infrarouge et nous ne savons pas [dans quelle mesure] l’augmentation de sa teneur dans l’atmosphère, qui est déjà de l’ordre de 30 % […], peut modifier les climats ». La solution ? Le recours « à l’énergie atomique bien sûr (4) ».

C’est aussi ce qu’affirme Claude Destival, ingénieur des Mines et rapporteur général de la commission de l’énergie du VIème Plan, la même année : « C’est l’accroissement de la teneur en gaz carbonique qui peut modifier le plus sensiblement l’équilibre thermique de la Terre, par l’effet de serre qu’il crée […]. La production de gaz carbonique est liée à l’utilisation d’énergie fossile ; il s’agira donc d’apprécier si l’on dépassera le seuil tolérable avant que la consommation de combustibles fossiles ne régresse pour faire place au nucléaire ; s’il en allait ainsi, ce serait une raison de plus pour accélérer cette évolution vers le nucléaire et résoudre ainsi ce problème (5). »

Puis, en octobre 1973, vint le choc pétrolier. Devant la montée des prix des carburants et la dégradation de la balance commerciale, le plan Messmer du tout-nucléaire fut lancé sans qu’il soit encore nécessaire de le légitimer par le risque de réchauffement climatique. Bilan de ce coup de force des années 1970 : nous avons eu en France le nucléaire et l’essor de notre empreinte carbone.

Comment faire pour que l’histoire ne se répète pas et que l’avenir ne soit pas la combinaison d’un désastre climatique et d’une impasse nucléaire ?

Par, Christophe Bonneuil, Historien au CNRS, rattaché au Centre de recherches historiques (EHESS) et membre de la revue terrestres.org, publié le 1 décembre 2021

NOTES

(1) Marcel Boiteux, 14e conférence mondiale de l’énergie, 1989.

(2) « La “transition énergétique”, de l’utopie atomique au déni climatique. USA, 1945-1980 », Jean-Baptiste Fressoz, à paraître dans la Revue d’histoire moderne et contemporaine.

(3) Premier Colloque international sur l’aménagement du territoire et les techniques avancées. Gif-sur-Yvette, 25-30 mars 1968, t. III. « Énergie et ressources naturelles », La Documentation française, 1968.

(4) Pierre Piganiol, interviewé dans l’émission « La France défigurée », le 1er juillet 1973, à l’occasion du colloque international « Les industriels et l’environnement ». À noter qu’il est aussi conseiller scientifique de Saint-Gobain, acteur industriel clé de la filière nucléaire.

(5) Claude Destival, « Électricité 2000. Symposium : Énergie, an 2000 », Revue française de l’énergie, vol. 24, no 249, janvier 1973.

https://www.politis.fr/articles/2021/12/quand-le-nucleaire-affirmait-sauver-le-climat-43853/

OPÉRATION SPÉCIALE CAMPAGNE DE DONS : LE SITE POLITIS EN ACCÈS LIBRE.

Cet article vous est offert, ainsi que tous ceux publiés pendant notre campagne de sauvetage, du 17 novembre et le 31 décembre. Faites-le savoir autour de vous. C’est le moment ou jamais de faire connaître notre journal. Politis ne doit pas mourir !

NDLR : possibilité de déduction fiscale (voir https://www.donspep.caissedesdepots.fr/?journal=PTIS )

LES RAISONS DU FORCING DE LA FRANCE POUR INCLURE LE NUCLÉAIRE DANS LA TAXONOMIE EUROPÉENNE

Paris pousse à l’inclusion du nucléaire dans la classification européenne des investissements verts. Bruxelles devrait rendre ses arbitrages dans les prochains jours.

C’est la grande bataille du moment à Bruxelles : faut-il, ou non, considérer le nucléaire comme un investissement vert ? Depuis des mois, Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie français, mouille la chemise pour défendre l’intégration de l’atome dans la taxonomie européenne, cette classification des activités compatibles avec la protection de l’environnement. A la tête d’une coalition de douze pays, parmi lesquels figurent la Finlande et la Pologne, la France considère que l’Europe devra continuer à investir dans le nucléaire si elle veut décarboner son mix énergétique. Face à elle, cinq pays, emmenés par l’Allemagne et l’Autriche, refusent de donner un label vert au nucléaire, mettant en avant la gestion problématique des déchets.

L’issue est proche. Après avoir longtemps tergiversé, la Commission européenne doit publier l’acte délégué sur la taxonomie européenne concernant le nucléaire « dans les jours qui viennent » a confirmé Bruno Le Maire mardi 30 novembre. La commissaire européenne à l’Énergie, Kadri Simson, l’a annoncé lors du World nuclear forum. Paris veut croire que la partie est bien engagée. Son soutien à l’inclusion du gaz, avec le nucléaire, dans la liste des énergies nécessaires à la transition, pourrait lever les blocages. Deux rapports remis en juillet à la Commission européenne se prononçaient par ailleurs en faveur du nucléaire dans la taxonomie.

Des effets très limités à court terme

Que changerait la taxonomie pour le nucléaire ? Compte tenu de l’importance du financement dans le coût total de production d’un kilowattheure, la moindre réduction des coûts financiers représente un gain énorme en matière de compétitivité. Si le nucléaire obtient son sésame vert, il pourrait, en théorie, bénéficier de financements accrus et accéder à de meilleures conditions de marché. Mais même les partisans de l’atome reconnaissent que son exclusion n’aurait qu’un effet limité dans l’immédiat. « Ne pas être dans la taxonomie ne serait pas rédhibitoire pour financer de nouveaux EPR », reconnaît Ludovic Dupin, le directeur de l’information de la société française de l’énergie nucléaire (SFEN).

La taxonomie concerne les acteurs financiers. Elle vise à orienter les fonds étiquetés finance durable vers les activités les plus respectueuses de l’environnement. Or, en l’état, les investisseurs institutionnels et privés considèrent les projets nucléaires trop risqués pour participer à leur financement, si l’on se fie aux surcoûts et délais observés sur les derniers chantiers EPR. La taxonomie n’est pas en mesure de changer cette donne. Pour les prochains projets de construction de réacteurs en France, le soutien public, sous forme de financement direct ou de garanties à des prêts, sera déterminant. La taxonomie européenne ne dit rien sur la possibilité ou d’accorder des financements publics. Chaque État membre est libre de déterminer son mix énergétique.

Un effet boule de neige possible

Si la France met autant d’énergie à sécuriser la place du nucléaire, c’est que le champ d’application de la taxonomie est amené à s’étendre. Sur le plan juridique, la taxonomie ne concerne, par exemple, pas les obligations vertes, sauf les « European green bonds ». Mais il est probable que les standards convergeront. Si le nucléaire est jugé vert, EDF pourrait émettre des green bonds pour refinancer sa dette d’entreprise. Avec à la clé, un coût de financement un peu bonifié… Même si, là aussi, le gain n’est pas évident. « Au regard du niveau des taux actuels, cela ne fait pas une différence majeure, même si la capacité à lancer un green bonds est bien vue par les marchés », met en avant un financier.

Mais cela pourrait devenir plus discriminant à long terme, si la finance durable continue sur sa lancée. « Il peut y avoir des effets en cascade sur toute la filière », avance Marc-Antoine Eyl Mazzega, le directeur du centre énergie de l’Ifri, qui fait état d’une possible situation « où les grandes banques ne voudront pas prêter aux utilities ayant des portefeuilles nucléaires, ni financer des projets et des entreprises dans le nucléaire ».

« Se posera ensuite la question des garanties publiques pour les projets à l’export », poursuit le chercheur. Les États-Unis, la Chine et le Japon élaborent eux aussi leurs propres taxonomies et n’affichent pas la même prudence que l’Europe sur le nucléaire. Cela pourrait avantager leurs industriels, qui pourraient proposer des offres de financements plus attractives. Ce qui fait dire à Jean-Bernard Levy, le PDG d’EDF, que les divisions européennes font le jeu de ses concurrents russes et chinois.

Un enjeu d’image

Pour la filière nucléaire, la bataille de la taxonomie est au moins autant une guerre d’image, que de conditions de financement. « L’urgence climatique crée un momentum qui est en train de changer l’image du nucléaire », reconnaît la SFEN, désireuse de surfer sur cette nouvelle image. L’étiquette verte pourrait rendre plus facile à faire accepter aux contribuables, les dépenses publiques pour la construction de nouveaux réacteurs. Dans le contexte pré-électoral, « pouvoir faire graver dans le marbre au niveau européen, que le nucléaire est vert, permet aussi d’avoir des arguments face aux opposants au nucléaire », pointe Thomas Pellerin Carlin, le directeur du centre énergie de l’institut Jacques Delors.

Même si le nucléaire est considéré comme vert, rien ne dit que cela suffira à garantir un accès plus aisé au financement. Thomas Pellerin Carlin rappelle que « la taxonomie fonctionne comme les labels bio ». « Son impact dépend de la crédibilité du label et de la façon dont les acteurs s’en saisissent », souligne-t-il. Les acteurs financiers pourront continuer à fixer des cadres plus stricts à leurs investissements. Il est peu probable que les assureurs allemands ou autrichiens, par exemple, puissent financer à l’avenir le secteur.

La bataille de la taxonomie n’est pas la seule condition qui pourrait freiner le financement du nucléaire en Europe. « De plus en plus de parties prenantes à Bruxelles militent pour se débarrasser des tarifs de rachat à long terme de l’électricité, que la baisse des coûts des énergies renouvelables rend moins nécessaire pour ce secteur », remarque Marc-Antoine Eyl Mazzega. Or, ces mécanismes qui réduisent les risques sont incontournables pour viser un prix compétitif du nucléaire.

Par , publié le 01 Décembre 2021 à 16h30

Photo en titre : La Commission européenne doit décider de l’inclusion ou non du nucléaire dans la taxonomie européenne début décembre. © EDF

https://www.usinenouvelle.com/editorial/les-raisons-du-forcing-de-la-france-pour-inclure-le-nucleaire-dans-la-taxonomie-europeenne.N1164752

L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE EST-ELLE UNE RÉPONSE AU CHANGEMENT CLIMATIQUE ? TOUT SAVOIR

De nombreuses études ont été menées sur les émissions de dioxyde de carbone de l’énergie nucléaire.

Énergie nucléaire et changement climatique : Depuis un certain temps déjà, les partisans de l’énergie nucléaire disent qu’elle peut aider à réduire la dépendance du monde aux combustibles fossiles et, par conséquent, à préserver l’environnement de la pollution causée par l’énergie à base de combustibles fossiles. Un rapport de DW a cité une étude du Global Carbon Project (GCP) disant qu’en 2021, les émissions de dioxyde de carbone devraient monter en flèche de 4,9% par rapport à 2020. Alors que les émissions en 2020 avaient diminué en raison de la pandémie mondiale et de la fermeture et l’augmentation des émissions cette année était attendue, l’ampleur est bien plus que prévu. Le rapport indique en outre qu’à un niveau de contribution de 40%, le secteur de l’énergie reste le plus gros contributeur en ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre.

Pendant ce temps, les partisans de l’énergie nucléaire ont assimilé l’utilisation de l’énergie nucléaire à la protection du climat, en particulier à l’époque du récent sommet COP26. Cependant, l’énergie nucléaire n’est pas une source d’énergie à zéro émission, selon le rapport, ajoutant que l’extraction, le transport ainsi que le traitement de l’uranium conduisent à la production d’émissions. En dehors de cela, la construction de centrales nucléaires ainsi que la démolition des centrales qui ont été déclassées entraînent également des émissions. De plus, le transport et le stockage des déchets nucléaires dans des conditions strictes provoquent également des émissions, selon le rapport.

ENCO, une société de conseil autrichienne, a préparé une étude en 2020 sur le rôle que l’énergie nucléaire pourrait éventuellement jouer aux Pays-Bas, et l’a considérée positivement, affirmant que l’énergie nucléaire serait sans émission. D’autre part, Scientists for Future a présenté un document à la COP26 qui a conclu que l’énergie nucléaire ne serait en aucun cas exempte d’émissions de carbone. Le rapport DW a souligné qu’ENCO pourrait avoir un certain intérêt dans la question concernant l’énergie nucléaire car elle travaille non seulement avec les parties prenantes du secteur nucléaire de manière régulière, mais a également été fondée par des experts de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

De nombreuses études ont été menées sur les émissions de dioxyde de carbone de l’énergie nucléaire, et elles fournissent des chiffres très variables en termes d’émissions, en grande partie en raison de certaines études ne prenant en compte que le processus de production d’électricité par l’énergie nucléaire et d’autres considérant la vie entière cycle d’une centrale électrique. Selon un rapport du GIEC de 2014, les émissions de l’énergie nucléaire variaient entre 3,7 et 110 grammes par kilowattheure (kWh).

L’hypothèse a longtemps été qu’une moyenne de 66 grammes de CO2 est émise par kWh par les centrales nucléaires, mais beaucoup pensent que les chiffres réels sont bien plus élevés que cela. Une étude du cycle de vie menée par le World Information Service on Energy ou WISE basé aux Pays-Bas, a révélé que les centrales nucléaires provoquent 117 grammes d’émissions de CO2 par kWh. Cependant, l’étude peut ne pas être entièrement fiable en raison du fait que WISE est en soi un groupe anti-nucléaire.

Cependant, de nombreuses études ont montré que les émissions se situaient dans une fourchette similaire.

Le rapport indique que si l’ensemble du cycle de vie d’une centrale nucléaire est pris en compte lors du calcul de l’empreinte carbone, l’énergie nucléaire s’avère toujours bien meilleure que l’énergie générée par les combustibles fossiles. Cependant, il est beaucoup plus nocif pour l’environnement par rapport aux énergies renouvelables. Cela signifie que si le financement prévu pour les centrales nucléaires était réorienté vers les énergies renouvelables, le résultat serait beaucoup plus respectueux de l’environnement, et cela fournirait également de l’énergie plus rapidement et moins chère que l’énergie nucléaire, selon l’expert nucléaire Jan Haverkamp.

Par Marseille News, publié le 1er décembre 2021

https://www.marseillenews.net/lenergie-nucleaire-est-elle-une-reponse-au-changement-climatique-tout-savoir.html

NDLR : conclusion : si on prend en compte l’ensemble du cycle de vie de l’industrie nucléaire, l’ensemble des experts indépendants est au moins d’accord sur le fait que les chiffres qu’on retrouve dans la littérature pronucléaire sont largement sous-estimés. Donc la réponse à la question posée dans le titre de cet article est: NON, l’énergie nucléaire n’est pas la bonne réponse au changement climatique.

LE MAIRE : LE NUCLÉAIRE SERA INTÉGRÉ DANS LA TAXONOMIE EUROPÉENNE DANS LES PROCHAINS JOURS

PARIS (Agefi-Dow Jones)–La France s’attend à ce que la Commission européenne reconnaisse dans les prochains jours que le nucléaire constitue une énergie décarbonée indispensable pour atteindre les objectifs climats de 2050, et qu’il soit ainsi inscrit dans sa taxonomie verte, a déclaré le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, à l’occasion de l’ouverture du salon World Nuclear Exhibition.

La France évoque actuellement le sujet avec ses partenaires européens, notamment le nouveau gouvernement allemand avec lequel un compromis devrait être trouvé dans les prochains jours, a ajouté le ministre.

La taxonomie verte est une liste d’énergies considérées comme respectueuses de l’environnement que la Commission européenne doit proposer avant la fin de l’année. 

Publié le 30 novembre à 11h18

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Le-Maire-Le-nucleaire-sera-integre-dans-la-taxonomie-europeenne-dans-les-prochains-jours–37164867/

NDLR : Ça sent le roussi !

VÉGÉTARISME, LOGEMENTS RÉNOVÉS, TECHNOLOGIES VERTES… LES SCÉNARIOS POUR UNE NEUTRALITÉ CARBONE EN 2050

Rénovation des logements, baisse de la consommation de viande, fiscalité environnementale… Dans un épais rapport, l’Ademe a dessiné quatre scénarios capables de conduire la France vers la neutralité carbone en 2050. Reste à les mettre en place.

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas lu un travail de prospective aussi vaste. Alors que depuis des semaines, les rapports techniques s’empilent à propos du mix énergétique souhaité pour la France (rapports de RTE et de Negawatt), l’Agence de la transition écologique (Ademe) prend le parti de voir « beaucoup plus large » : elle avance que la neutralité carbone est un enjeu qui dépasse largement le seul sujet d’un rapport production/consommation. (NDLR : effectivement, par exemple aucune étude connue n’aborde le problème de la surpopulation mondiale laquelle nous conduit dans le mur si elle continue à se développer car de nombreux pays – dont la France – encouragent la natalité). Dans ce rapport de près de 700 pages, publié le 30 novembre et intitulé « Transition(s) 2050 », l’Ademe propose quatre scénarios pour quatre tendances de société : un ambitieux « génération sobre » (S1), une « coopération territoriale » (S2), des « technologies vertes » (S3) et enfin un plus hasardeux « pari réparateur » (S4) très intensif technologiquement. Tous sont mis en regard d’un scénario tendanciel, qui ne permet pas de tenir les objectifs bas carbone et « nous envoie dans le mur », rappelle Arnaud Leroy, responsable de l’Ademe.

Une base commune : neutralité carbone et baisse des consommations globales

Premier enseignement : non seulement il est possible d’arriver à une neutralité carbone en 2050, mais il existe différentes voies pour y parvenir. Même le scénario le plus intensif technologiquement (S4) est construit sur la base d’une baisse de 75 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2050 par rapport à 1990, et les renouvelables représentent plus de 75 % d’un mix d’énergie, avec des besoins en énergie qui diminuent de plus d’un quart.

Autre caractéristique partagée : une mobilisation beaucoup plus forte de la biomasse pour les usages non alimentaires et l’utilisation de la forêt et des prairies comme « puits de carbone biologiques ». Tous les scénarios, avec des méthodes différentes, tablent sur une rénovation massive des logements — jusqu’à 90 % du parc —, important levier d’économies d’énergies, mais aussi de bien-être et de justice sociale.

Loin de la foire au gigawatt, « l’enjeu est de ne pas limiter la question de l’avenir de notre pays à une question d’EPR » (le réacteur pressurisé européen), selon Arnaud Leroy. Chaque scénario est aussi « tenu par une cohérence interne », souligne le responsable de l’Ademe. Il est même fait état du besoin de « nouveaux récits », qui résonneraient comme autant de propositions politiques — exclusion faites des plus réactionnaires.

© Rapport de l’Ademe

Deux scénarios sobres, pour une société en « recherche de sens »

Ainsi, le premier scénario (S1), le plus sobre, est baptisé « génération frugale » et vient répondre à des aspirations d’une « société en quête de sens ». Dans ce scénario, les métropoles laissent place à une redynamisation des villes moyennes. Les logements vacants et résidences secondaires sont réappropriés comme résidences principales. Côté transport, le nombre moyen de kilomètres parcourus baisse d’un tiers, avec une diminution de 70 % des émissions de GES du secteur.

L’Ademe évoque longuement les modes de vie, notamment la consommation alimentaire. Ainsi, dans cette perspective « sobre », un tiers des Français ne mange plus de viande, un autre tiers devient flexitarien et l’agriculture est à 70 % biologique, tandis que l’industrie a diminué ses émissions de moitié. Un scénario où la consommation énergétique finale est inférieure à 800 térawatts-heures (TWh), soit -55 % par rapport à 2015, qui a de quoi faire rêver une partie des écologistes. Mais selon l’Ademe, il est « risqué », pour des raisons de « désirabilité et d’acceptabilité sociale ». « On est au-delà du changement de comportement individuel », note Arnaud Leroy, et le saut à faire « est quand même très grand ».

Un exemple de société sobre. © Tommy dessine/Reporterre

Pour les moins optimistes, l’Ademe propose un second scénario de sobriété (S2) qui fait, lui, la part belle au collectif et aux territoires. Bienvenue dans une « économie du partage », avec « une rénovation massive des logements », dont une part est mise en commun, avec des « évolutions graduelles, mais profondes, des modes de vie ». La mobilité est maîtrisée, avec une baisse de 17 % du nombre de kilomètres parcourus par personne et « près de la moitié des trajets à pied ou à vélo ».

Dans cette vision, une fiscalité environnementale permet la redistribution dans une « gouvernance partagée ». Une réindustrialisation ciblée peut être opérée dans des secteurs clés. Ce scénario évoque assez fortement le modèle scandinave, et il nécessiterait 833 TWh de puissance énergétique en 2050, dont un tiers de production électrique.

« Technologies vertes » et « pari réparateur » : deux scénarios basés sur l’innovation

Baptisé « technologies vertes », le troisième scénario s’appuie sur l’innovation et le numérique, avec une « optimisation » des « green techs » à tous les niveaux, dont les cultures énergétiques pour la méthanisation et les biocarburants. Les habitats les plus anciens seraient alors détruits et reconstruits pour du neuf à basse consommation. La mobilité continue son redéploiement, avec un report modal en ville, et une électrification massive du parc de voitures ailleurs. La consommation énergétique diminuerait toutefois de 40 %.

Enfin, le quatrième scénario, fruit d’un imaginaire digne de la Silicon Valley, est baptisé « pari réparateur ». Cette fois, la mondialisation s’intensifie encore, l’agriculture également, avec par exemple un doublement des volumes d’eau destinés à l’irrigation, tandis que les monocultures se multiplient en forêt. L’efficacité dépend des projets technologiques, qu’il s’agisse de robotique, de domotique [1] ou du déploiement de l’intelligence artificielle. Pour les logements, la rénovation a lieu de manière industrialisée avec la construction de préfabriqués basse consommation ou passifs. Tout le pari réside en fait dans la captation à grande échelle de CO2 et son enfouissement, même si les expérimentations dans le domaine sont encore loin d’être abouties et viables.

Le troisième scénario s’appuie notamment sur la technologie. Pixabay/CC/Lxz2208180358

Des politiques actuelles limitées

Si cet imposant travail fournit déjà de nombreux éléments, deux grands « feuilletons » manquent à l’appel pour consolider cette étude. Le premier, qui sera publié par l’Ademe fin janvier 2022, précisera le contenu du mix électrique de chacun des scénarios, même s’il est déjà précisé que « tous les scénarios comportent une part de nucléaire historique de base en 2050 », excluant donc d’office l’hypothèse du scénario Négawatt d’une transition 100 % renouvelable. Dans ce même complément, la question des besoins en métaux sera également traitée : zinc, cuivre, lithium, mais également certaines terres rares essentielles pour la quasi-totalité des nouvelles technologies numériques et « vertes ». Enfin, à la fin mars, à quelques jours de l’échéance présidentielle, on connaîtra l’analyse des effets macroéconomiques de ces scénarios, les fiscalités associées et les dispositifs d’adaptation au changement climatique envisagés.

Écueil majeur, mais révélateur de la déconnexion entre les différents enjeux écologiques : si la question du « vivant » est évoquée comme centrale, elle ne l’est que dans sa forme « morte » — consommation alimentaire humaine ou celle des animaux d’élevage, valorisation des végétaux en tant que biomasse, etc. En fait, aucun chiffrage précis n’est donné sur les impacts de ces projections sur la biodiversité et les écosystèmes. L’eau n’est également abordée que par l’entrée « irrigation ». Rien n’est dit sur les capacités des nappes et des stockages d’abonder dans le futur.

Pour autant, ce travail est très complet et a le mérite de placer au centre du débat l’enjeu de la sobriété énergétique. Il propose d’ouvrir le débat sur cinq questions : jusqu’où doit aller la sobriété, peut-on s’appuyer uniquement sur les puits de carbone naturels pour atteindre la neutralité, comment définir une alimentation durable, quelle nouvelle économie du bâtiment et enfin la sobriété est-elle dommageable pour l’industrie ? Du grain à moudre pour les associations qui, dans une tribune portée par France Nature Environnement (FNE) le 30 novembre, dénoncent un débat démocratique « confisqué » sur les choix énergétiques.

Note :

[1] La mise en réseau par une centrale de commande des différents appareils électriques de la maison.

Par Grégoire Souchay, (Reporterre), publié le 1er décembre 2021 à 10h19, mis à jour le 1er décembre 2021 à 11h42

https://reporterre.net/Vegetarisme-logements-renoves-technologies-vertes-les-scenarios-pour-une-neutralite?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

NDLR : le plus important est que « …tous les scénarios comportent une part de nucléaire historique de base en 2050 », excluant donc d’office l’hypothèse du scénario Négawatt d’une transition 100 % renouvelable. » Dommage ! Mais au moins cela exclut la construction de nouveaux réacteurs ce qui serait un premier pas dans le bon sens.

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.

Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
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ÉNERGIE : L’« ÉCART MASSIF » ENTRE LES PROMESSES ET LES ACTES DE LA FRANCE SELON L’AGENCE INTERNATIONALE DE L’ÉNERGIE

Dans son dernier rapport, l’Agence internationale de l’énergie pointe les retards de la France en matière de transition. Elle appelle notamment à plus d’investissements dans les énergies renouvelables et à clarifier ses mesures sur l’après nucléaire.

C’est le paradoxe de la politique énergétique de la France que vient de dévoiler l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Dans son dernier examen de la politique énergétique nationale, rendu public le 30 novembre, l’organisme rattaché à l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) décrit un pays qui compte parmi les « premiers leaders d’opinion sur la transition énergétique mondiale » et dont le mix énergétique est le moins carboné des pays du G7 grâce à la prégnance du nucléaire (67 %).

Surtout, entre la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la « stratégie nationale bas carbone » (SNBC) ainsi qu’un plan de relance qui alloue des « financements verts historiques », l’AIE loue une « amélioration du cadre de travail ».

Pourtant, constate l’agence internationale, malgré ses multiples feuilles de route, la France accumule les retards pour atteindre son objectif d’un horizon 2050 sans carbone. Sur les énergies renouvelables, l’AIE souligne un « écart massif » entre les ambitions et la réalité. En 2020, selon ses données préliminaires, leur part dans la consommation finale brute d’énergie n’était que de 19,1 %, soit bien en deçà de l’objectif de 23,4 %, fixé par la PPE. « Pour atteindre son ambition de 2023, la France doit augmenter de 40 % sa production d’énergie éolienne et doubler sa capacité photovoltaïque en trois ans », avertit l’AIE.

Se positionner sur le nucléaire

L’AIE s’attarde aussi sur les échecs de la politique française en matière d’économies d’énergie. En 2019, la consommation finale d’énergie a atteint 145,5 millions de tonnes équivalent pétrole (TEP), soit près de 15 millions de plus que l’objectif annoncé dans la SNBC. Selon l’AIE, le seul espoir pour la France d’atteindre ses objectifs en 2030, soit une réduction de 20 % de la consommation d’énergie par rapport à 2012, serait de la faire baisser de 4 % chaque année. Pour l’instant, elle n’a diminué que de 4 % sur toute la décennie 2009-2019.

Outre les investissements en faveur des énergies renouvelables ou des économies d’énergie, l’AIE appelle la France à se positionner plus clairement sur l’avenir du parc nucléaire après 2035, date à laquelle EDF aura théoriquement fermé 14 des 56 réacteurs nucléaires du pays. Pour l’organisme international, la filière doit être « sécurisée » politiquement au même titre que les énergies renouvelables, « quel que soit le scénario de transition » choisi.

Or, sur ce dernier point, c’est le grand flou. « De fortes incertitudes subsistent sur l’avenir du nucléaire neuf et sur sa contribution à long terme aux objectifs de réduction des émissions de la France », observe l’AIE dans son rapport. Car si la SNBC s’appuie sur cette énergie bas carbone, il n’existe « aucune visibilité sur les sources » qui seront utilisées pour la maintenir après 2035. Raison pour laquelle l’agence juge comme une « mesure bienvenue » le report à 2035, au lieu de 2025, de la réduction de 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique français.

Cette mise en œuvre concrète de la transition énergétique, ou en tout cas celle qui répondrait aux ambitions nationales, a été esquissée par l’Agence de la transition énergétique (Ademe) dans son rapport publié le 30 novembre. Parmi ses quatre scénarios menant à la neutralité carbone en 2050, deux sont basés sur la sobriété, qui implique des changements considérables de la société, et deux prônent l’usage des technologies, notamment « vertes » ou de manière intensive.

Par Enzo Dubesset, (Reporterre), publié le 1er décembre 2021 à 10h37, mis à jour le 1er décembre 2021 à 11h25

https://reporterre.net/Energie-l-ecart-massif-entre-les-promesses-et-les-actes-de-la-France?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

C’est maintenant que tout se joue…

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CINÉ-DÉBAT “RETOUR À LA NORMALE” À L’ODÉON CHERBOURG DIMANCHE 5 DÉCEMBRE

Le mythe du nucléaire sans danger, une fiction documentée

Octobre 2021, une succession de défaillances dans l’un des réacteurs de la Centrale conduit au premier accident nucléaire français. Suite aux retombées radioactives massives, la population est évacuée et la zone interdite d’accès. Huit mois après, alors que les autorités veulent déjà tourner la page, habitant.e.s, évacué.e.s, scientifiques, journalistes, travailleurs de la filière nucléaire nous apportent un éclairage sur ce scénario d’accident.

Retour à la normale est un documentaire d’anticipation qui nous laisse imaginer quelles seraient les conséquences d’un tel drame sur nos vies, et nous questionne sur la civilisation que l’énergie nucléaire est en train de façonner.

Débat sur les risques nucléaires dans le Cotentin animé par le CRILAN

Un partenariat Cinéma Odéon, Associations AGORA et CRILAN.

Un film soutenu par le Réseau Sortir du Nucléaire.

Par André JACQUES, publié le 30 novembre 2021

Pour voir la bande-annonce (1mn42 s) cliquer sur :

http://crilan.fr/cine-debat-retour-a-la-normale-a-lodeon-cherbourg-dimanche-5-decembre/

POUR UNE FRANCE NEUTRE EN CARBONE, RÉDUIRE LA DEMANDE D’ÉNERGIE ET FAIRE UN « CHOIX DE SOCIÉTÉ »

Il faudra « faire un choix de société« : pour atteindre la neutralité carbone en 2050 et limiter le réchauffement du climat, la France dispose de plusieurs voies, selon l’Ademe, mais réduire la demande d’énergie sera quoi qu’il arrive « le facteur clé« .

Quel que soit le chemin choisi, il sera « impératif d’agir rapidement » et d’engager dans la décennie une « planification » concertée des transformations (aménagement du territoire, investissements…), pointe l’établissement public en publiant mardi quatre scénarios possibles, tous « difficiles« .

Une centaine d’experts et des partenaires extérieurs ont mené pendant deux ans ce travail prospectif, dont les conclusions sont rendues publiques alors que démarre la campagne présidentielle.

La neutralité carbone, qui implique de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’absorber les résiduelles, « va au-delà de la question énergétique« , souligne le PDG de l’Ademe, Arnaud Leroy, qui parle de « choix de société« .

« L’enjeu est de ne pas limiter la question de l’avenir de notre pays à une question d’EPR, qu’ils soient 6, 10, 12 ou je ne sais quoi« , relève-t-il.

Les quatre scénarios de l’Ademe impliquent plus ou moins de sobriété, de puits de carbone (des réservoirs naturels ou artificiels), d’impacts sociétaux et environnementaux.

Le scénario 1 voit les habitudes alimentaires modifiées (un tiers de la population ne mange plus de viande), optimise le bâti existant, pousse la rénovation énergétique… Les émissions chutent et les puits naturels (forêts…) suffisent.

Le 2 prévoit une sobriété plus concertée, un soutien aux circuits de proximité, un retour des villes moyennes où tout est accessible… La demande énergétique est divisée par deux et il faut capter le CO2 des industries lourdes.

Les 3 et 4 sont tournés vers les technologies. Dans le 3: biomasse pour l’énergie, planification de type haussmannien (on déconstruit et on reconstruit), les transports sont électriques mais leur usage change peu… Il faut recourir à des puits de CO2 technologiques, notamment les dispositifs de capture et stockage.

Le 4 modifie à peine nos modes de vie (domotique, transports connectés…) et tente d’en réparer l’impact, notamment avec des technologies de captage de CO2 dans l’air, pas encore au point.

« Paris forts »

Le premier soulève des questions d’acceptation. Quant au dernier, c’est celui « des technophiles qui expliquent que les technologies vont toujours être au rendez-vous. Or, elles ne seront pas forcément au rendez-vous et on voit les sommes à mobiliser« , met en garde M. Leroy.

« Atteindre la neutralité repose sur des paris forts, aussi bien sur le plan humain (changements de comportements) que technologique« , résume l’Ademe. « Mais tous les scénarios n’entraînent pas les mêmes conséquences environnementales, sociales et économiques« .

Pour l’Agence, la « réduction de la demande en énergie, elle-même liée à la demande de biens et services, est le facteur clé« .

Elle souligne aussi le rôle « indispensable » du « vivant » (forêt, agriculture…) pour stocker le carbone, produire la biomasse et réduire les émissions en modifiant les pratiques agricoles.

« Aucun de ces scénarios n’est décroissant« , relève le directeur général délégué de l’Ademe, Fabrice Boissier. « Il n’y a pas de solution miracle mais, si un pays comme la France ne peut pas y arriver, c’est un mauvais signal pour la planète« .

En revanche, si la France continue comme aujourd’hui, en dépit des lois climat, la neutralité sera inatteignable.

L’Agence internationale de l’énergie, qui présente aussi mardi un rapport sur le cas français aux côtés de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, ne dit pas autre chose.

« Le rythme actuel de déploiement des énergies bas carbone n’est pas assez rapide« , dit l’AIE, dont le patron Fatih Birol appelle le pays à « investir bien plus dans l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables et le nucléaire« .

Ces 20 dernières années, l’efficacité a crû dans le résidentiel et les services mais le taux de rénovation « reste lent » et les transports à la traîne. La production d’énergie renouvelable vient encore pour moitié de barrages construits il y a des décennies et l’essor du solaire et de l’éolien, malgré les efforts, nécessiterait « des mesures plus soutenues« .

Par cho/mch/tho, AFP, publié le 30 novembre 2021 à 13h02

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/pour-une-france-neutre-en-carbone-reduire-la-demande-denergie-et-faire-un-choix-de-societe-211130

NDLR: à part inclure le nucléaire dans la liste des énergies à développer, je suis assez d’accord avec l’analyse de l’Ademe.

LE NUCLÉAIRE REPREND ESPOIR MALGRÉ SES DÉBOIRES

Le World Nuclear Exhibition, salon international de l’énergie atomique, s’ouvre près de Paris. Il se déroulera dans une ambiance optimiste pour cette énergie, malgré les problèmes récurrents de sûreté subis par l’EPR.

Le World Nuclear Exhibition, le plus grand salon mondial dédié à la production d’énergie nucléaire, ouvre ses portes ce mardi 30 novembre au parc des expositions de Paris Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis). Près de 1 000 « hauts décisionnaires internationaux » — gouvernementaux, institutionnels, grands acheteurs — ainsi que « les grands acteurs internationaux de la filière » sont attendus à cet événement porté par le Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire (Gifen).

Cette 4e édition, intitulée « L’industrie du nucléaire, un acteur clé pour une société bas carbone et un avenir responsable », entend faire la promotion de l’atome dans la lutte contre le changement climatique. « Le nucléaire représente l’une des technologies clés du futur mix énergétique pour une transition durable vers une société zéro carbone », assure le communiqué de presse, qui annonce une journée spéciale consacrée aux petits réacteurs modulaires.

Une visite au Salon où le nucléaire rêve d’un avenir plein de neutrons

Ce salon se tient alors qu’en France, les décisions sur la relance du nucléaire se profilent avant un véritable débat. Le futur mix énergétique français est censé être neutre en carbone à partir de 2050, conformément aux engagements climatiques de la France. Premier à passer à l’offensive, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité haute tension RTE a dévoilé le 25 octobre six scénarios possibles pour la moitié du siècle. Ils sont présentés comme plus faciles à mettre en œuvre et moins coûteux que ceux prévoyant la construction de nouveaux réacteurs à partir de 2035 – mais RTE n’a pas exploré précisément le scénario « Sobriété », qui ne sera présenté qu’en début 2022. Deux jours plus tard, l’association négaWatt a détaillé son propre mix pour 2050, 100 % énergies renouvelables et misant sur la sobriété. Le 24 novembre, Greenpeace et l’institut Rousseau remettaient en cause dans un rapport commun les calculs économiques de RTE qui avantageaient les scénarios nucléaires, en soutenant que le coût du 100 % renouvelable et d’un scénario avec nucléaire « serait d’un ordre de grandeur similaire » en 2050-2060 — à condition de raisonner en coût courant économique (CCE) plutôt qu’en coûts complets annualisés comme RTE. Ce mardi 30 novembre, ce sera au tour de l’Ademe de dévoiler ses quatre scénarios « Transition(s) 2050 », « pour atteindre la neutralité carbone en 2050 », et de l’Agence internationale de l’énergie d’évaluer les politiques énergétiques de la France.

Reste à savoir si ce projet de relance est crédible

En parallèle, le nucléaire est devenu une question centrale de l’élection présidentielle. Deux sondages commandés ces dernières semaines par le groupe nucléaire français Orano puis par le quotidien Les Échos suggèrent qu’un nombre croissant de Français sont favorables à l’atome. Le 8 novembre, lors de leur débat sur LCI, les candidats Les Républicains ont tous annoncé leur volonté de lancer la construction de nouveaux réacteurs : six pour Valérie Pécresse, « six ou huit, peut-être dix » pour Michel Barnier et dix pour Xavier Bertrand. Côté extrême droite, Marine Le Pen a déjà exprimé son intention de construire trois nouveaux EPR et Éric Zemmour, dix. À gauche, les candidats Arnaud Montebourg, ancien socialiste, et Fabien Roussel, du Parti communiste, se sont également prononcé pour une relance du nucléaire. Seuls Yannick Jadot (Europe Écologie-Les Verts), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Anne Hidalgo (Parti socialiste), ont clairement exprimé leur opposition à la construction de nouvelles capacités.

Le débat a largement débordé l’Hexagone pour atteindre les plus hautes instances européennes. La Commission européenne doit proposer d’ici la fin de l’année sa « taxonomie verte », une liste des énergies considérées comme vertueuses pour le climat. Seules les filières incluses dans cette liste auront accès aux investissements verts. Pour la France, l’enjeu est vital. Elle a pris la tête d’une coalition d’États [1] qui défendent bec et ongles l’inscription du nucléaire dans cette taxonomie. Pour obtenir cette alliance et notamment amadouer la Pologne, la Hongrie et la Tchéquie, elle aurait même cosigné un texte plaidant pour l’intégration du gaz — un combustible fossile — dans la taxonomie.

Reste à savoir si ce projet de relance est crédible. Pour l’heure, un seul des EPR lancés par EDF dans le monde depuis 2005 est en fonctionnement : celui de la centrale de Taishan, qui en compte deux, en Chine. L’un de ses réacteurs a dû être mis à l’arrêt en juillet dernier à cause d’une accumulation de gaz rares radioactifs dans son circuit primaire. De nouvelles informations laissent penser que le défaut décelé à Taishan pourrait être générique, c’est-à-dire propre à tous les EPR. Si cela se confirmait, il faudrait d’abord revoir leur conception avant toute décision de construction.

L’EPR de Flamanville. © Charly Triballeau/AFP

Les chantiers actuels de ce réacteur restent d’ailleurs en difficulté. L’EPR de Flamanville n’a toujours pas démarré et accuse dix ans de retard et 8,7 milliards de surcoûts — il devait coûter 3,3 milliards et est désormais estimé à 19 milliards. (Voir NDLR en fin d’article). L’EPR finlandais d’Olkiluoto a lui aussi plus d’une décennie de retard et ne devrait pas fournir d’électricité avant juin 2022.

Lors d’une conférence de presse le 8 novembre dernier, EDF s’est pourtant dit « prêt » en cas de lancement d’un programme de construction. Mais plusieurs éléments permettent d’en douter. Selon un document de travail daté d’octobre dévoilé par le média Contexte, le gouvernement ne tablerait pas sur une mise en service de nouveaux EPR avant 2040. Le coût du programme y est réévalué à la hausse, à 64 milliards d’euros au lieu de 52-56 milliards. Une version officielle du rapport qui doit être publiée prochainement devrait prendre des hypothèses plus optimistes, précise toutefois Contexte.

L’Allemagne a fait le choix des énergies renouvelables 

Le 18 novembre, la Cour des comptes jetait à son tour un pavé dans la mare en exprimant ses doutes sur notre « capacité à construire un nouveau parc de réacteurs [nucléaires] dans des délais et à des coûts raisonnables ». Parmi les points de vigilance évoqués, les lieux d’implantation de ces nouveaux réacteurs — le changement climatique restreignant le nombre de sites disponibles. Mais aussi la gestion des combustibles nucléaires usés et des déchets radioactifs, puisque lancer un nouveau parc nécessiterait de redimensionner l’usine de retraitement de La Hague, de prévoir de nouveaux sites d’entreposage et d’avoir la garantie que le centre d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo soit mis en service un jour. Sur ce dernier point, l’Autorité environnementale a souligné un manque d’information sur les coûts environnementaux et économiques de ces différentes installations dans un avis rendu le 23 novembre.

Pendant que la droite et l’extrême droite française spéculent sur la construction de réacteurs EPR dont EDF peine à grand-peine à en fabriquer un en état de marche, l’Allemagne a confirmé son choix de tout placer sur les énergies renouvelables pour atteindre la neutralité carbone : la plus grande puissance économique du continent prend donc une direction radicalement différente de celle qu’envisagent les partis de droite et d’extrême droite en France.

LE GOUVERNEMENT À FOND SUR LES EPR

Macron pourrait intervenir au World Nuclear Exhibition mercredi 1e décembre, pour préciser ses intentions : lors de son allocution télévisée mardi 9 novembre, il a annoncé le lancement de nouvelles centrales nucléaires, sans en préciser la nature, le nombre et les échéances de mise en service. Le lendemain matin, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, promettait sur France Info des « précisions à la fois d’ordre technique et de calendrier » dans les semaines suivantes. Le même jour, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, invité de France Inter, évoquait plusieurs hypothèses sur le nombre d’installations envisagé par le président de la République : « Est-ce que c’est six ? Est-ce que c’est huit ? Est-ce que c’est dix ? »

Ce projet est à l’étude depuis plusieurs années. En août 2018, le quotidien Les Échos dévoilait un rapport commandé par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et le ministre de la Transition écologique et solidaire de l’époque, Nicolas Hulot, qui préconisait la construction de six nouveaux EPR à partir de 2025 pour maintenir les compétences de la filière nucléaire française. Depuis, l’État et EDF avancent main dans la main et dans la plus grande discrétion dans la mise en œuvre de ce chantier. En novembre 2020, Reporterre rendait public un rapport prévoyant le financement par l’État de la moitié des 47,2 milliards que devaient coûter ces nouveaux équipements nucléaires. Un mois plus tard, les sites convoités par l’électricien étaient dévoilés : Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Hauts-de-France), et Bugey (Ain) ou Tricastin (Drôme). En janvier 2021, on apprenait qu’EDF avait déjà commandé des pièces forgées en vue de la construction de ces nouveaux EPR.

NOTE

 [1] Cette coalition rassemble la France, la Roumanie, la République tchèque, la Finlande, la Slovaquie, la Croatie, la Slovénie, la Bulgarie, la Pologne et la Hongrie.

Par Émilie Massemin, (Reporterre), publié le 30 novembre 2021 à 10h13, mis à jour le 30 novembre 2021 à 16h50

Photo en titre: Exercice de la force nucléaire (Farn) dans la centrale de Paluel (Seine-Maritime), en janvier 2021.,

https://reporterre.net/Le-nucleaire-reprend-espoir-malgre-ses-deboires

NDLR : « … et 8,7 milliards de surcoûts — il devait coûter 3,3 milliards et est désormais estimé à 19 milliards ». Mes vagues souvenir de CE1 me disent que 16-3,3 =12,7 milliards de surcoût et non 8,7milliards !

Message de Reporterre

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La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.

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EDF VA ACHETER DE L’ÉLECTRICITÉ AU PARC ÉOLIEN OFFSHORE DE RWE SUR LA CÔTE BRITANNIQUE

L’entreprise française EDF a annoncé mardi qu’elle avait signé un contrat d’achat d’électricité de 15 ans avec l’entreprise allemande RWE pour acheter de l’électricité renouvelable provenant d’un grand parc éolien en mer sur la côte britannique.

Le parc éolien prévu, nommé Sofia – situé au large de la côte nord-est du Royaume-Uni – sera l’un des plus grands de ce type dans le monde et devrait être mis en service en 2025, a déclaré EDF dans un communiqué.

« Dans le cadre de l’accord le plus important conclu à ce jour entre RWE et EDF dans le domaine des énergies renouvelables, EDF achètera la totalité des 6,5 térawattheures (TWh) d’énergie éolienne renouvelable que Sofia produira chaque année« , a déclaré EDF.

Publié le 30/11/2021 à 16h31

Photo en titre : © Zonebourse avec Reuters 2021

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-va-acheter-de-l-electricite-au-parc-eolien-offshore-de-RWE-sur-la-cote-britannique-37170677/

NDLR : je croyais la France très attachée à son indépendance énergétique !! Pour une fois qu’une énergie pourrait vraiment l’assurer (contrairement au nucléaire puisque l’uranium est 100% importé). Cela prouve qu’en France,  le nucléaire est devenu une véritable religion d’état qui va coûter très très cher aux français. Lamentable !

ACTION DU WWF À BRUXELLES CONTRE L’ENTRÉE DU GAZ ET NUCLÉAIRE COMME INVESTISSEMENTS VERTS

Une trentaine de personnes se sont rassemblées lundi à 16h00 sur la place du Luxembourg, devant le parlement européen à Bruxelles, pour s’opposer à l’entrée du gaz et de l’énergie nucléaire dans la catégorie « Transition » de la taxonomie de la finance durable de l’Union européenne.

L’action a été organisée par l’ONG WWF, avec le soutien des organisations Greenpeace, Birdlife Europe, CAN Europe et de la Fédération européenne pour le transport et l’environnement.

Elle a pris la forme de funérailles de la taxonomie européenne, anticipant l’intégration par la commission européenne du gaz et de l’énergie nucléaire. Les participants portaient des pancartes noires avec le message « Repose en paix taxonomie européenne » en blanc. Des discours ont été prononcés devant un cercueil.

Garantir un investissement dans des secteurs réellement durables

Selon le WWF, il est important de garantir que si l’Union européenne choisit demain d’investir dans de l’économie verte, elle finance des secteurs réellement durables, non des énergies fossiles comme le gaz, ou l’énergie nucléaire, qui seront encore utilisés durant la transition énergétique. Les organisations mobilisées estiment qu’il y a une distinction à faire, sans quoi la taxonomie perdrait sa raison d’être et il serait alors préférable de l’enterrer.

« Le gaz n’est pas et ne sera jamais vert« , souligne Henry Eviston, porte-parole en finance durable chez WWF. « C’est un combustible fossile à haute teneur en composés carbonés, comme le charbon et le pétrole. L’Agence internationale de l’énergie elle-même a indiqué que l’expansion du gaz est incompatible avec l’accord de Paris. » Il estime qu’introduire le gaz dans cette taxonomie porterait atteinte à la crédibilité du pacte vert européen.

Newsletter info: Recevez chaque matin l’essentiel de l’actualité.

Par Belga, publié le lundi 29 novembre 2021 à 20h21

Photo en titre : © Belga – Dirk Waem

https://www.rtbf.be/info/monde/detail_action-du-wwf-a-bruxelles-contre-l-entree-du-gaz-et-nucleaire-comme-investissements-verts?id=10888331

POUR UN ARRÊT DU NUCLÉAIRE ET UNE SOCIALISATION DU SECTEUR DE L’ÉNERGIE

En France, 70 % de la production d’électricité vient des centrales nucléaires. Annonçant en décembre 2020 la construction de 6 EPR (1), d’un porte-avions et d’un sous-marin nucléaires, Macron a réaffirmé : « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil ». Cette relance du programme nucléaire a un alibi, la voiture électrique, et s’appuie sur ses influenceurs patentés qui avancent masqués.

La filière nucléaire est au bord de la faillite. Les 6 EPR coûteraient plus de 50 milliards d’euros à EDF, qui doit aussi débourser 100 milliards d’euros pour rénover ses centrales, 18 milliards d’euros pour le chantier EPR en Angleterre plus les surcoûts liés à divers fiascos (EPR Flamanville, opérations en Amérique latine…). L’État a injecté 4,8 milliards d’euros dans Orano, 3 milliards d’euros dans EDF, sans parler du démantèlement et de la gestion des déchets. Ces coûts titanesques seront payés par les usagerEs.

La privatisation d’EDF avec maintien d’une entité nucléaire publique est un exemple criant de socialisation des coûts et de privatisation des bénéfices. Dans un marché libéralisé de l’énergie livré à la concurrence capitaliste, les requins du secteur laissent durablement à la charge de la société toutes les conséquences sociales, économiques, environnementales et sanitaires. Les dividendes versés aux actionnaires d’EDF (22 milliards d’euros en 13 ans) auraient été plus utiles à développer les énergies renouvelables (EnR).

Un monopole public de l’énergie, secteur « essentiel »

Le productivisme capitaliste pousse à la consommation et crée des marchés socialement inutiles. Le principal gisement d’énergie, c’est d’abord les économies : arrêt des gabegies, du tout-auto, des gadgets inutiles, de l’obsolescence programmée … au profit d’appareils sobres en énergie, de l’isolation thermique, de la maîtrise de l’éclairage public, d’une politique de transports cohérente et efficiente

En plein déni sur les risques d’accidents et au lieu de développer les EnR, le gouvernement s’obstine à imposer de fausses solutions :

. prolonger les centrales vieillissantes,

. construire des EPR,

. enfouir les déchets de haute activité à Bure (Cigéo (2))…

. La PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) est un gaspillage éhonté de fonds publics :

. les compteurs Linky (6 milliards d’euros),

. l’EPR (19 milliards d’euros),

. Cigéo (35 milliards d’euros)… ou encore

. ITER (3) (20 milliards d’euros) pour produire 500 MW pendant 6 minutes !

Les entreprises d’État du nucléaire se comportent en multinationales sans scrupules, comme Orano-Areva qui soutient la dictature au Niger.

Le NPA propose leur mise sous contrôle total par les salariéEs et usagerEs, sans indemnités ni rachat. Et, pour satisfaire les besoins d’électricité, de créer un monopole public de l’énergie, débarrassé du nucléaire. Le mode actuel de production hyper-centralisé doit évoluer vers un maillage énergétique sur tout le territoire, permettant aux populations de contrôler et de décider en fonction des besoins prioritaires, tout en veillant à préserver la biodiversité. Cela permettrait aussi de centraliser l’évaluation des potentiels d’économies énergétiques, de mise en place des EnR et même d’assurer un transfert gratuit des technologies EnR vers les pays du Sud, permettant un développement écologiquement viable.

En Europe, une coopération doit permettre une mutualisation des productions d’éolien off-shore, de géothermie dans le nord, de solaire dans le sud… afin d’assurer un approvisionnement constant, dans le cadre d’un accord de service public européen.

Notes

  • (1). EPR : réacteur dit de « 3e génération » en construction à Flamanville.
  • (2). Cigéo : centre de stockage souterrain de déchets nucléaires en construction à Bure.
  • (3). ITER : réacteur d’essai à fusion nucléaire en construction à Cadarache.

Publié le dimanche 28 novembre 2021 à 12h00

Dessin en titre : Commission nationale écologie, Hebdo L’Anticapitaliste – 592 (25/11/2021)

https://lanticapitaliste.org/arguments/ecologie/pour-un-arret-du-nucleaire-et-une-socialisation-du-secteur-de-lenergie

QUAND LES ÉOLIENNES ANGLAISES PORTENT ASSISTANCE AUX CENTRALES NUCLÉAIRES FRANÇAISES

Ce 24 novembre, la production éolienne britannique en forte hausse, a permis au National Grid, le réseau de transport d’électricité du Royaume-Uni, d’exporter un record de 2 GW vers la France et la Belgique. En cause, la chute rapide des températures sur le continent mais aussi la défaillance du parc nucléaire français dont 3 réacteurs sont tombés en panne. Dans l’Hexagone, les prix de vente de l’électricité se sont envolés.

Le vent a soufflé fort sur les îles britanniques, au point que la production des parcs éoliens onshore et offshore est passée rapidement de 6 à 10 gigawatts (GW). Au même moment la France et la Belgique ont enregistré une baisse rapide des températures. Comble de malchance, le parc nucléaire français a subi des pannes sur 3 réacteurs : deux à Dampierre et un à Cattenom. En France le prix de l’électricité s’est envolé, atteignant un record de 302,4 € / MWh.

Grâce aux interconnexions qui relient le réseau britannique au continent, celui-ci a pu porter secours en exportant 2 GW d’électricité, soit l’équivalent, en puissance, de 2 réacteurs nucléaires.

Ce nouvel incident à la centrale de Cattenom intervient à la suite de deux autres arrêts qui se sont produits à quelques jours d’intervalle en septembre et octobre, peu après la remise en service du réacteur n°3 qui avait subi une révision décennale.

Lire aussi : Comment le nucléaire a forcé des éoliennes à stopper leur production

Interconnexions

Deux câbles sous-marins à très haute tension (CCHT ou HVDC en anglais) relient le réseau anglais à la France : IFA 2000 d’une capacité de 2 GW est opérationnel depuis 1986 sous le Pas-de-Calais. Et IFA 2 permet depuis le 22 janvier de cette année un transit de 1 GW entre le Calvados et la région de Southampton. ElecLink, une autre interconnexion de 1 GW, est en construction depuis 2016 dans le tunnel sous la Manche. Elle devrait entrer en service l’année prochaine après plusieurs retards dus à des problèmes de sécurité. Une quatrième liaison sous-marine d’une capacité de 1,4 GW, le FAB, est également en construction entre le Cotentin et le comté de Devon au sud de l’Angleterre, en passant par l’île anglo-normande d’Aurigny. Ce câble dont l’entrée en service est également planifiée pour 2022, permettra notamment de transporter la production hydrolienne prévue au large de cette île.

Quant à la Belgique, elle est reliée à l’Angleterre et ses parcs éoliens par le Nemo Link, un câble CCHT de 1 GW qui a été inauguré fin 2018.

Les interconnexions entre le continent et l’Angleterre. Depuis l’établissement de cette carte, les projets Nemo et IFA2 ont été mis en service.

Lire aussi : IFA2 : 224 km de solidarité électrique entre la France et l’Angleterre

Leader mondial de l’offshore

Le Royaume-Uni est l’un des pays d’Europe les plus exposés au vent tout au long de l’année. Il n’est donc pas étonnant qu’il soit aussi l’un des principaux producteurs d’énergie éolienne. En 2020, le parc éolien britannique a couvert 27 % de la demande nationale en électricité. C’est 3 fois plus que la « performance » du parc éolien français (9%).

Le pays dirigé par Boris Johnson est le leader mondial incontesté de l’offshore : avec une capacité de 10,4 GW à fin 2020, il devance l’Allemagne (7,7 GW) et la Chine (7,1 GW). L’année passée, la ferme marine Hornsea One, la plus grande du monde avec 1,2 GW, est entrée en service dans la mer du Nord au large des côtes du Yorkshire.

À ce jour, le Royaume Uni compte 2.294 éoliennes offshore. En France, le prototype de turbine flottante Floatgen, en test au large du Croisic, est toujours l’unique éolienne en production au large des côtes de l’Hexagone.

Lire aussi : Le Royaume-Uni pourrait être « l’Arabie Saoudite de l’éolien » selon Boris Johnson

Lire aussi : Variabilité des renouvelables : nos réseaux électriques sont-ils en danger?

Par Bernard Deboyser, publié le 29 novembre 2021

À propos de l’auteur

Bernard est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables et la transition énergétique depuis plus de 30 ans il développe (bénévolement) des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d’une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l’administrateur-délégué :

Image en titre : Les interconnexions entre le continent et l’Angleterre. Depuis l’établissement de cette carte, les projets Nemo et IFA2 ont été mis en service.

https://www.revolution-energetique.com/quand-les-eoliennes-anglaises-portent-assistance-aux-centrales-nucleaires-francaises/

NDLR : les pronucléaires brandissent l’argument de la non-intermittence du nucléaire Mais ils oublient les pannes, l’usure, les incidents… Heureusement qu’il y a les éoliennes ! Mais en France on n’en veut pas parce que, nous, on préfère le nucléaire !

NUCLÉAIRE. LA HAGUE : À L’ARRÊT DEPUIS FIN SEPTEMBRE, UNE USINE D’ORANO EN COURS DE REDÉMARRAGE

Présent sur le site de la Hague en fin de semaine dernière, le directeur général du groupe Orano annonce le redémarrage en cours de l’usine UP3, à l’arrêt depuis fin septembre.

Sur le site Orano de la Hague (Manche), l’usine UP3 est à l’arrêt depuis fin septembre 2021 pour des problèmes sur 2 de ses 3 évaporateurs

Dans le process de retraitement des combustibles usés, ces évaporateurs permettent, après le cisaillage des éléments de combustibles usés et la séparation de l‘uranium, du plutonium et des produits de fission, de concentrer ces derniers. Ils sont ensuite séchés avant d’être vitrifiés.

À lire aussi : Nucléaire : le projet de piscine d’EDF sur le site d’Orano La Hague fait des remous

« Une corrosion plus rapide que prévue »

Ces évaporateurs ont été mis en service en même temps que les usines et font l’objet d’un suivi renforcé depuis que des campagnes de mesures d’épaisseur sur l’acier de ces évaporateurs, réalisées par ultrasons en 2014 et 2015, ont montré « une corrosion plus rapide que prévue lors de leur conception. »

L’un d’eux, l’évaporateur numéro 23 de l’atelier T2, sur l’usine UP3, a même atteint un « critère d’arrêt ». 

À lire aussi : La Hague : l’Autorité de sûreté nucléaire fait part de sa « préoccupation » à Orano

Une « légère usure »

Autre problème sur l’évaporateur numéro 22 du même atelier : une « légère usure » avait été observée sur une tuyauterie. Il a donc lui aussi été mis à l’arrêt le temps de réparer.

2 évaporateurs à l’arrêt sur 3, cela signifiait l’arrêt temporaire de l’atelier et, par contrecoup, de l’usine UP3.  Elle a donc été stoppée fin septembre.

« UP3 est en phase de redémarrage, sur la base de fonctionnement de deux des trois évaporateurs. Le troisième fait encore l’objet d’investigations. Le redémarrage complet est attendu dans les jours qui viennent. Cet arrêt va avoir un impact très significatif sur la production du site cette année. » (Philippe Knoche, Directeur général du groupe Orano)

Présent en fin de semaine dernière sur le site de la Hague, pour une réunion décentralisée du comité de direction du groupe,  Philippe Knoche fait également le point sur les nouveaux évaporateurs, un investissement global de 700 millions d’euros pour les 2 usines UP3 et UP2-800.

« Dans un an environ, nous arrêterons définitivement les actuels évaporateurs sur UP3 pour effectuer le chantier de raccordement des nouveaux. L’objectif est une mise en service mi-2023. » (Philippe Knoch)

Philippe Knoche: « Cet arrêt va avoir un impact très significatif sur la production du site cette année. » (©Orano)

L’intégralité de l’interview du directeur général du groupe Orano, avec les perspectives en matière de recyclage ou les difficultés de Melox concernant les rebuts de Mox, est à lire dans l’édition de ce lundi 29 novembre de La Presse de la Manche.

Par Jean Lavalley, publié le 29 novembre à 6h40

Photo en titre : Un des nouveaux évaporateurs en cours d’installation sur le site Orano la Hague. Des problèmes sur les actuels évaporateurs ont conduit à l’arrêt de l’usine UP3 fin septembre. (©Orano)

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/nucleaire-la-hague-a-l-arret-depuis-fin-septembre-une-usine-d-orano-en-cours-de-redemarrage_46794182.html

LES RÊVES MILITARISTES DE JEAN-LUC MÉLENCHON (COMMUNIQUÉ DE PRESSE)

Dans son communiqué de presse du 27 novembre, Jean-Luc Mélenchon se demande pourquoi « «  où [il a] posé le problème de la pertinence de la dissuasion nucléaire du fait de l’entrée dans l’ère de la guerre par l’Espace, aucun autre candidat ni leur parti n’ait exprimé de point de vue sur le sujet ? Plus personne ne s’intéresse donc à la Défense nationale cinq mois avant une élection qui en confie le commandement au Président de la République ?»

Erreur. Nous sommes au moins deux à nous y intéresser. Pour ma part, je m’interroge depuis plus de 35 ans sur les aberrations de la prétendue « dissuasion nucléaire« . C’est elle qui a motivé ma propre candidature à l’élection présidentielle de 2002 et de nouveau à celle de 2022.

« La présidentielle de 2022 permettra-t-elle d’écarter les deux pires dangers qui menacent l’humanité, la dégradation du climat et les armes nucléaires ? On peut craindre que non. » (Candidature à la Présidentielle 2022, 4 novembre 2021)

Malheureusement, cette question en appelle d’autres :

– Pourquoi Jean-Luc Mélenchon n’a-t-il pas signé la « Proposition de Loi visant à organiser un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives« , qu’il s’était engagé à soutenir avant d’être élu… député en 2017, et que je lui ai remise en mains propres en 2018 ?

Quand donc les députés de la France Insoumise vont-ils respecter l’engagement de Jean-Luc Mélenchon, candidat à la présidence de la République ?  (Pour l’heure, ils sont 4 sur 17 à l’avoir fait.)

– Comment pourrait-on croire encore aux promesses dudit candidat -ainsi, celle de fermer toutes les centrales nucléaires en une seule législature, proférée à Reims le 17.10.2021, n’a pas tenu dix jours

– et surtout à sa volonté de promouvoir un désarmement nucléaire multilatéral, négocié et contrôlé ?  

En réalité, si J-L Mélenchon met en doute l’efficacité de la dissuasion actuelle, ce n’est sûrement pas pour y renoncer, mais pour mieux nous embarquer avec les autres « grandes puissances » dans la guerre de l’espace : « Si nous disposons, dit-il, des moyens de tirer depuis le sol vers l’espace et depuis l’espace vers le sol, notamment sur les installations nucléaires d’un adversaire potentiel, la dissuasion n’est-elle pas plutôt là ? Cela ne se substitue-t-il pas à la dissuasion nucléaire actuelle ? Si nous disposons de la capacité de faire une flotte d’avions hypersoniques, à quoi bon les sous-marins nucléaires ? »  

Vous avez dit « substitution » ? Allons donc ! Dites plutôt : extension ! À quand la « flotte d’avions hypersoniques » ? Cela fera une belle « charge de travail » supplémentaire pour le grand ami Dassault… 

Par Jean-Marie MATAGNE, Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)

Candidat à l’élection présidentielle de 2022, « Pour une France conviviale dans un monde vivable, décarboné, dénucléarisé, démilitarisé. »

Publié le 29 novembre 2021

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1268&lang=fr

CHINON : NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 2

Le 17 novembre 2021, l’exploitant de la centrale nucléaire de Chinon a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation du réacteur 2 concernant la durée d’indisponibilité d’une source d’alimentation électrique de secours.

Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite des réacteurs associées. Elles prescrivent notamment les délais maximums de réparation et les conduites à tenir en cas d’indisponibilité des systèmes requis pour assurer la sûreté des réacteurs.

Chaque réacteur est équipé de deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel, qui peuvent assurer de façon redondante l’alimentation électrique de certains systèmes de sûreté en cas de défaillance des alimentations électriques externes, notamment à la suite d’un séisme.

Lors de l’arrêt pour rechargement du réacteur 2 de Chinon, en mars 2021, l’exploitant a procédé au remontage et à la requalification d’un de ces deux groupes électrogènes de secours après une visite par le constructeur. Ce groupe électrogène a été requis par les règles générales d’exploitation à partir du 26 mars 2021.

Des essais sont régulièrement effectués sur ces groupes électrogènes afin de vérifier leur disponibilité. Le 17 octobre 2021, alors que le réacteur 2 de Chinon était en puissance, l’exploitant a réalisé un essai du groupe électrogène de secours qui avait été remonté en mars 2021. Constatant une température anormalement basse sur une sonde de température, ce groupe électrogène a été considéré comme indisponible jusqu’à sa réparation le 19 octobre 2021.

Les investigations menées par l’exploitant ont révélé un mauvais montage en usine des sondes de température équipant le groupe électrogène, qui n’a pas été détecté lors de sa réinstallation sur la centrale nucléaire de Chinon. L’exploitant a considéré, de manière conservatoire, que le groupe électrogène concerné était indisponible depuis le 26 mars 2021. Dans ces conditions, il s’avère a posteriori que les dispositions prescrites par les règles générales d’exploitation n’ont pas été respectées.

Le second groupe électrogène de secours à moteur diesel est resté disponible pendant toute cette période ; il aurait été en mesure d’assurer l’alimentation électrique des matériels nécessaires en cas de perte des alimentations externes.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, compte tenu de la détection tardive de l’indisponibilité d’un système requis par les règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 26/11/2021

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-22

À LANNION, SORTIR DU NUCLÉAIRE INTERPELLE LE DÉPUTÉ

Que pense-t-il de la construction de nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR ? À Lannion, l’association Sortir du nucléaire Trégor interroge le député Éric Bothorel.

Le 9 novembre, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé que la France allait relancer un programme nucléaire, EDF se disant prête à construire six nouveaux réacteurs de technologie EPR. L’association Sortir du nucléaire (SDN) Trégor n’a de cesse de dénoncer les défauts de fabrication de l’EPR en cours de construction à Flamanville, les risques en termes de sécurité et le « gouffre financier » que ce chantier représente, « passant de 3 milliards à au moins 19 milliards d’euros ».

Fin 2017, l’association avait interpellé les parlementaires à ce sujet. Éric Bothorel, le député de la 5ème circonscription des Côtes-d’Armor, lui avait alors répondu : « Pour moi, l’EPR de Flamanville, c’est un nouveau Titanic ; si on me demande mon avis, je refuserai la dérogation sollicitée par EDF !… ».

« Autrement dit, vous partagiez les craintes exprimées par SDN-Trégor quant à la dangerosité de cet EPR », écrit Laurent Lintanf, le président de l’association antinucléaire, dans une lettre adressée au député de Lannion, à qui il pose deux questions : « Vous déclarez-vous également défavorable aux six nouveaux EPR annoncés ? Demanderez-vous enfin un débat démocratique avant toute décision concernant la future politique énergétique de la France ? »

Publié le 28 novembre 2021 à 14h30

Photo en titre : Comme elle l’avait fait en 2017, l’association Sortir du nucléaire Trégor, présidée par Laurent Lintanf (à droite), demande au député de Lannion, Éric Bothorel, de se positionner sur le projet de construction de nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR. (Photo d’archives Le Télégramme/O. Paris)

https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/lannion/a-lannion-sortir-du-nucleaire-interpelle-le-depute-28-11-2021-12876554.php

SAINT-LIZIER. « LE DROIT DU SOL » : UNE BD DE LA MÉMOIRE ET DU NUCLÉAIRE

Nos ancêtres nous aurons légué des peintures rupestres, nous léguerons à nos enfants des déchets nucléaires. Un paradoxe nommé « évolution« .

Entrer dans une librairie est un acte politique. Un acte imaginaire, un acte sociologique. Et, parfois, tout cela à la fois. Entrer dans une librairie est toujours, toujours, une aventure. Un périple inattendu. Déambulation sur les sentiers de la littérature ou promenade le long des chemins de la poésie. Flânerie en terres de mangas ou randonnée à flanc de bande dessinée. La librairie « À La Lettre » (09200 Saint-Girons) offre tout cela – et bien plus encore.

Aujourd’hui, pour la rubrique « À la page » focus sur une BD d’Étienne Davodeau, plus que recommandable, n’est-ce pas, publiée chez Futuropolis : « Le droit du sol ». Il s’agit ici, pour coller à la métaphore qui trotte, d’un périple de l’auteur, sac sur le dos, chaussures bien lacées et foulard sur la tête. Conscience écologique en bandoulière et regard désolé posé sur ce monde résolument extravagant dans lequel nous baignons. Monde que nous façonnons autant qu’il nous façonne, ourlé de consumérisme tapageur, mâtiné de ce nucléaire qui pose tant question. Étienne Davodeau s’est donc élancé pour 800 kilomètres de marche, de la grotte de Pech Merle jusqu’à Bure. Bure, le tristement célèbre site d’enfouissement de nos déchets nucléaires, ultimes résidus de ce que l’atome a de meilleur. Ledit Bure étant situé dans la Meuse et non en Savoie, impossible, donc, de parler ici de l’atome de Savoie.

Dommage. Pour mémoire, un « déchet » est « ce qui est jeté, car il n’a plus d’utilisation précise » – comme peuvent parfois l’être l’imagination, la rêverie, l’humour, la paix ou, encore, la révolte.

Question de point de vue. C’est ainsi, en compagnie d’amis, de spécialistes, de ses réflexions acides et de son regard tristement lucide, qu’Étienne Davodeau nous parle avec une légèreté abyssale, avec une franchise fatale, de cette folie qui considère que glisser dans un trou des « déchets » encore dangereux dans 100 000 ans peut être considéré (par certains) comme une sacrément bonne idée. Ça oui, alors.

Étienne Davodeau signe avec « Le droit du sol » une BD essentielle autant que subtile, humaine autant qu’alarmante. Sidérante, parfois.

Un éclairage nécessaire sur un fait de société passablement irresponsable, une gestion de l’écologique schizophrène. Les libraires de la libraire « À La Lettre » l’ont lue, aimée et la conseille. On ne peut que leur donner raison.

« Le droit du sol », une BD d’Étienne Davodeau, publiée chez Futuropolis, à retrouver à la librairie ‘À La Lettre’, 25 euros.

Publié le 28/11/2021 à 05h14

Photo en titre : Récit de 800 kilomètres de marche, de la grotte de Pech Merle jusqu’à Bure. DDM

https://www.ladepeche.fr/2021/11/28/le-droit-du-sol-une-bd-de-la-memoire-et-du-nucleaire-9956777.php

CHINE : LES PROBLÈMES SUR L’EPR TAISHAN 1 POURRAIENT AVOIR DE LOURDES CONSÉQUENCES SUR LA FILIÈRE EPR

La CRIIRAD interpelle l’ASN et demande la plus grande transparence

Par un courriel du 27 novembre 2021, la CRIIRAD a saisi l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) au sujet des graves dysfonctionnements qui affectent l’EPR de TAISHAN 1 mis en service en 2018 et révélés en juin 2021 et de leurs éventuelles implications pour la sûreté de l’EPR de Flamanville.

Cette interpellation est basée sur la synthèse des échanges entre un lanceur d’alerte travaillant dans l’industrie nucléaire (qui souhaite garder l’anonymat) et le directeur du laboratoire de la CRIIRAD, ingénieur en physique nucléaire.

La CRIIRAD n’a pas identifié la cause des problèmes qui affectent Taishan 1. Les informations dont elle dispose restent à vérifier et valider mais lui ont paru suffisamment solides et cohérentes pour justifier, compte tenu des enjeux de sûreté pour la filière EPR en général et Flamanville 3 en particulier, l’envoi d’un courrier documenté demandant des réponses précises et des investigations approfondies à l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

En effet, les éléments recueillis suggèrent que les ruptures des gaines de combustible radioactif proviendraient en particulier d’un défaut de conception de la cuve de l’EPR : il entrainerait une mauvaise répartition du flux hydraulique et par voie de conséquence des vibrations très importantes sur les assemblages, conduisant à des ruptures de gaines, une usure anormale des grilles de maintien des crayons, la dispersion de débris radioactifs dans le cœur du réacteur, avec de lourdes conséquences en termes de sûreté et de radioprotection pour les travailleurs et les riverains.

Si ces éléments sont avérés, ils pourraient concerner toute la filière des EPR (Taishan 2, Flamanville 3, Olkiluoto, Hinkley Point). Il convient de vérifier également si le design des EPR2 tient compte de ce retour d’expérience.

La CRIIRAD attend des industriels concernés la plus grande transparence sur les éléments techniques en leur possession, et des autorités de sûreté nucléaire la plus grande détermination pour obtenir toutes les informations requises de la part de TNPJVC et des industriels français concernés.

Il est essentiel que les autorités de sûreté nucléaire des pays concernés puissent effectuer une analyse rigoureuse du retour d’expérience Taishan 1 et de ses conséquences sur la sûreté des EPR.

Message de la CRIIRAD reçu le 28 novembre à 17h33

CRIIRAD, 29 cours Manuel de Falla, 26000 Valence

Son site : http://www.criirad.org/

LA RUSSIE COMMENCE LA PRODUCTION DE MASSE DU MISSILE NUCLÉAIRE HYPERSONIQUE ZIRCON À 6670 MPH « TROP RAPIDE POUR ÊTRE BLOQUÉ » ALORS QUE LES TENSIONS AVEC L’OCCIDENT AUGMENTENT

La production en masse du terrifiant missile hypersonique Zircon de la Russie a commencé, alors que les tensions avec l’Occident montent.

Le Kremlin se vante que l’arme à 6 670 mph – qui porte une ogive conventionnelle ou nucléaire – est « imparable ».

Le missile a subi une série de tests réussis. Crédit : Est2Ouest

Les relations de la Russie avec l’Occident restent profondément tendues au milieu des craintes que des milliers de leurs troupes amassées à la frontière ukrainienne ne soient un prélude à une invasion tous azimuts.

Les chefs des espions ukrainiens ont déclaré qu’ils pensaient qu’une invasion à grande échelle était prévue pour le nouvel an.

Le feu vert pour la production à grande échelle de Zircon dans une usine top secrète près de Moscou fait suite aux récents tests réussis du missile.

Plus récemment, il y a eu un test réussi du missile hypersonique depuis une frégate en mer Blanche le 18 novembre.

Un mois plus tôt, le Zircon avait été tiré d’un sous-marin pour la première fois.

Vladimir Poutine a ordonné que le missile Zircon soit déployé l’année prochaine par la marine russe, se vantant d’être « vraiment sans précédent… dans le monde ».

Le Zircon sera déployé sur des frégates russes et, plus tard, sur des sous-marins.

Les missiles sont en développement depuis plus de 20 ans et sont considérés comme la prochaine étape clé de l’arsenal de Poutine.

Le vice-Premier ministre russe Yury Borisov a déclaré le mois dernier que la Russie avait devancé l’Occident en matière d’armes hypersoniques – et avait l’intention de maintenir son avance.

« Nous avons avancé, en particulier, dans le domaine des armes hypersoniques et (ceux) basées sur de nouveaux principes physiques », a-t-il déclaré.

« Nous avons maintenant de sérieux avantages à cet égard sur les principaux pays occidentaux – et nous essaierons de maintenir cette position. »

Au milieu des tensions accrues, l’allié de Poutine, Fiodor Lukyanov, a mis en garde contre un « nouveau conflit » si l’OTAN s’étendait plus à l’est dans un article publié hier soir.

Lukyanov – président du Conseil russe des affaires étrangères, qui conseille le Kremlin – a également clairement indiqué que Moscou chercherait plus que des assurances verbales de l’OTAN.

Il a écrit : « Cette récente escalade en Europe de l’Est a montré que les vieux principes de sécurité sur le continent ne fonctionnent plus. »

« La Russie devra changer le système et tracer de nouvelles » lignes rouges »

Ces derniers jours, Moscou a déclaré avoir intensifié sa « coopération » militaire avec Pékin à la lumière des menaces présumées de Washington, notamment des bombardiers nucléaires américains volant près de leurs frontières.

L’arme sera lancée à partir de navires de surface et de sous-marins. Crédit : Est2Ouest

Isabel Sawkins, chercheuse à la Henry Jackson Society spécialisée en Russie, a déclaré que l’union de la Russie et de la Chine pourrait « potentiellement pourrait être catastrophique » pour les puissances occidentales.

« Faire participer la Chine à la conversation est un ajout mortel pour l’Occident », a-t-elle déclaré au Sun Online.

Par News24, publié le 27 novembre 2021

https://news-24.fr/la-russie-commence-la-production-de-masse-de-missile-nucleaire-hypersonique-zircon-a-6670-mph-trop-%E2%80%8B%E2%80%8Brapide-pour-etre-bloque-alors-que-les-tensions-avec-loccident-augmentent

LA DISSUASION NUCLÉAIRE A-T-ELLE ENCORE UN SENS ?

Communiqué de presse de Jean-Luc Mélenchon – 27 novembre 2021

Comment comprendre que deux jours après l’émission de BFM ou j’ai posé le problème de la pertinence de la dissuasion nucléaire du fait de l’entrée dans l’ère de la guerre par l’Espace, aucun autre candidat ni leur parti n’ait exprimé de point de vue sur le sujet ? Plus personne ne s’intéresse donc à la Défense nationale cinq mois avant une élection qui en confie le commandement au Président de la République ?

Pourtant, la dissuasion nucléaire est le système central de défense de la France, de ses frontières et de ses « intérêts vitaux ». Si la militarisation de l’espace rend ce dispositif obsolète, quelle alternative avons-nous ? Et quel intérêt à maintenir un système qui prend alors l’allure d’une étape intermédiaire – contraire à l’esprit de la dissuasion – avant l’usage de coups massifs depuis l’espace ? Si nous disposons des moyens de tirer depuis le sol vers l’espace et depuis l’espace vers le sol, notamment sur les installations nucléaires d’un adversaire potentiel, la dissuasion n’est-elle pas plutôt là ? Cela ne se substitue-t-il pas à la dissuasion nucléaire actuelle ? Si nous disposons de la capacité de faire une flotte d’avions hypersoniques, à quoi bon les sous-marins nucléaires ? (voir NDLR en fin d’article)

Quoiqu’il en soit, ni la routine ni la monarchie présidentielle ne sont des raisons suffisantes pour ne pas en parler. Surtout après que Macron ait décidé tout seul et sans débat du Parlement de la création d’un État-major de l’espace et donc de la résiliation des traités existant sur le sujet. Surtout après que des manœuvres communes dans ce domaine aient été organisées avec l’Allemagne et les USA. Et surtout après que l’OTAN ait installé à Toulouse son centre de commandement spatial.

La présidentielle de 2022 est le moment où doivent être prises les décisions qui engageront l’avenir et la sécurité du pays. Le sujet de la sécurité collective du pays doit entrer en débat avant même toute autre question de sécurité au coin de la rue.

Publié le samedi 27 novembre 2021

Photo en titre : Sous-Marin Nucléaire Lanceur d’Engins

https://melenchon.fr/categorie/tous-les-articles/

NDLR : en fait, Mélenchon ne semble pas opposé au principe de la dissuasion nucléaire française mais seulement à sa nature. Il veut remplacer une dissuasion par une autre ! C’est ce que je comprends dans cet article. Dommage ! Mais en débattre comme le propose JL Mélenchon , je suis d’accord.

INCIDENT NUCLÉAIRE À L’EPR DE TAÏSHAN (CHINE): LA CAUSE IDENTIFIÉE, SELON LA CRIIRAD, QUI INTERPELLE L’ASN

LYON (awp/afp) – L’incident qui a conduit en juillet à l’arrêt d’un réacteur à la centrale nucléaire EPR de Taïshan (Chine) serait dû à un défaut de conception de la cuve, affirme samedi la CRIIRAD qui met en garde contre le risque de problème identique sur d’autres EPR.

Association créée au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) a écrit samedi à la direction de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour lui faire part de cette information qu’elle dit tenir d’un « lanceur d’alerte« .

« Il s’agit d’un Français qui travaille dans l’industrie nucléaire, ayant accès à des éléments techniques très précis sur la situation du cœur du réacteur de Taïshan 1« , a précisé à l’AFP Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la CRIIRAD.

L’opérateur chinois CGN exploitant principal de la centrale (70% des parts) avec EDF (30%), avait annoncé le 1er juillet « mettre à l’arrêt pour maintenance » le réacteur 1 de la centrale nucléaire EPR de Taïshan, proche de Hong Kong, la seule installation EPR actuellement en service dans le monde.

L’incident avait été signalé le 14 juin: un petit nombre de barres de combustible d’uranium endommagées (« crayons« ) causait une accumulation de gaz rares radioactifs dans le circuit primaire, étanche, de la centrale. Les autorités avaient qualifié le phénomène de « courant » et écarté tout danger.

Dans son courrier, dont l’AFP a obtenu copie, la CRIIRAD écrit, sur la foi d’informations transmises par ce lanceur d’alerte, que ces « dégradations constatés sur les assemblages de combustible nucléaire (…) sont dues principalement à des vibrations anormales » de ces assemblages. Et que celles-ci « seraient liées à un défaut de la conception de la cuve de la filière EPR« .

Toujours selon la CRIIRAD, des « résultats des essais sur maquette 0.2 » chez Framatome au Creusot, dès 2007-2008, auraient révélé ces insuffisances sur l’hydraulique de la cuve.

L’association demande ainsi l’ASN, entre autres, si elle a été informée « de la détection d’un niveau anormal de vibration des assemblages de crayon à Taïshan« .

Elle l’interpelle aussi sur l’EPR de Flamanville, en cours de construction: ne devrait-elle pas « imposer à EDF de changer le couvercle de cuve avant toute divergence?« ; considère-t-elle comme « acceptable, sur le plan de la sûreté et de la radioprotection, que le combustible neuf (…) soit chargé dans le cœur du réacteur en l’état?« .

L’ASN, contactée par l’AFP, n’a pas souhaité s’exprimer.

« Le travail d’inspection du combustible et de la cuve du réacteur 1 de Taïshan, lancé dès le déchargement, est toujours en cours. L’origine de l’inétanchéité de crayons combustibles ne sera déterminée qu’au terme de ces expertises« , a de son côté indiqué EDF.

Par rl-pm/or, publié le 27/11/2021 à 21h08

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Incident-nucleaire-a-l-EPR-de-Taishan-Chine-la-cause-identifiee-selon-la-37150329/

« PAROLES DE LECTEURS » – LE NUCLÉAIRE, UNE AFFAIRE DE CROYANCE ?

Billet de blog. « Avoir découvert l’intimité de la matière en ouvrant l’atome fut une conquête intellectuelle considérable, un coup d’œil déterminant sur ce que nous savions de la matière et de l’univers. De là à bidouiller cette découverte en réponse à une boulimie programmée de consommation d’énergie, ce pas n’était pas indispensable », estime Marc Hatzfeld.

En fait, cette histoire d’énergie nucléaire semble surtout affaire de croyance. Après tout, certains humains croient qu’ils ont été invités sur terre pour gérer la planète, d’autres croient que la terre est plate, d’autres encore qu’après la mort, ils trouveront un idéal jardin, certains croient même qu’accumuler des objets et multiplier les protections sécuritaires rend heureux.

Nous croyons tous dans des fanfredaines entendues dans l’enfance ou sous l’influence de sages et de séducteurs, de bonimenteurs et de poètes. On peut se dire que de croire à des fantaisies aussi bizarres est la seule façon de se retrouver entre copains sur quelques images partagées, de façon à échapper à l’absurdité d’un monde auquel nous ne comprenons pas grand-chose.

Lire l’éditorial du « Monde » : Nucléaire : débattre et informer, avant de décider

Mais sur la question nucléaire, la croyance engage des risques de vie et de mort sérieux. La méthode atomique de production de l’énergie ne tient pas debout comme projet politique. Avoir découvert l’intimité de la matière en ouvrant l’atome fut une conquête intellectuelle considérable, un coup d’œil déterminant sur ce que nous savions de la matière et de l’univers. De là à bidouiller cette découverte en réponse à une boulimie programmée de consommation d’énergie, ce pas n’était pas indispensable. D’autant que la transformation de cette énergie en millions de tonnes d’objets plutôt nuisibles, incrustés de force par les messages marchands dans nos modes de vie, pose quelques questions embarrassantes.

Longtemps, le dessein atomique a été tenu en semi-respect par des mouvements citoyens qui, suite aux bombes d’Hiroshima et de Nagasaki, suite surtout aux accidents de Three Mile Island, Tchernobyl et Fukushima, ont fait hésiter les messieurs-dames qui décident à notre place. Ça nous avait tellement glacé le sang qu’on aurait imaginé que, la récré terminée, on allait redevenir raisonnable.

Et voici que depuis une dizaine d’années une petite musique revient par la bouche des politiciens, selon laquelle le nucléaire serait la solution au réchauffement climatique. Carrément. Plus c’est gros, plus ça passe ! À part les écolos, personne ne moufte. La croyance dépasse ici l’absurde pour friser un projet de suicide collectif de l’espèce humaine, entraînant dans sa turpitude une bonne part du vivant.

La France historique des lumières et des droits humains produit l’électricité la plus nucléarisée du monde. Elle fabrique d’ailleurs d’excellents fromages, de la belle littérature et d’autres merveilles. Mais voilà que cette France, inventrice du Concorde qui n’a pratiquement pas volé, bâtisseuse du paquebot France juste avant que les traversées intercontinentales ne s’arrêtent et lanceuse du coup de bluff des avions renifleurs qui a bien faire rire, la France nous remet le couvert de la démesure. Ce nouvel appel du génie consiste à brandir la solution miracle aux demandes hagardes des humains pour une abondance d’énergie propre. On va vous planter des EPR sur tout le territoire, vous allez voir ça. On va même concocter des mini-centrales de proximité, puisque la proximité est à la mode. On va sauver l’humanité en lui vendant des centrales dernier cri.

Rappelons que le dernier EPR a eu dix ans de retard, a coûté un bras, n’est même pas terminé tandis que les eaux ont suffisamment monté pour que l’on panique à bord. Rappelons aussi que personne ne sait comment se débarrasser des déchets nucléaires qui s’entassent on ne sait trop où et dont aucun humain ne veut dans son voisinage. Sans parler des autres vivants qui ne sont jamais même mentionnés tant est odieuse la honte pour notre espèce de ne pas nettoyer ses déjections. Rappelons encore que de bâtir une centrale et la démanteler réclame des sommes incalculables.

On sait en revanche que le futur est imprévisible et que l’erreur est humaine. C’est ici qu’il faut donc appeler la croyance à la rescousse. Des personnes respectables croient encore que la science trouvera un jour la solution à l’accumulation des déchets, aux coûts de fabrication comme à ceux du nettoyage et que, de toute façon, nous n’avons pas le choix. Je prends le parti de considérer que ces décideurs sont sincères, mais frappadingues.

La solution est pourtant d’une telle simplicité qu’on feint de ne pas la voir. Elle consiste à diminuer notre consommation d’énergie. Entre nous, franchement, sentons-nous un besoin si pressant de ce bastringue de plastoc, de virtualité, de vitesse et de ferraille où l’on immerge les habitants des pays riches tandis qu’il fait fantasmer ceux des pays pauvres ? La frénésie énergétique est tout à fait neuve dans l’histoire humaine.

S’il n’est pas, verbalement, si compliqué de trier le vital du farfelu, politiquement, cette suggestion demande un courage et une détermination rares. Il faudra bien sûr aménager cet héritage pour en conserver le meilleur, ça ne sera pas facile et je ne pense pas qu’il existe de solution paisible. Je crois cependant, pour ma part, que les humains peuvent le faire. C’est ma part d’invérifiable croyance. Entre le choix du nucléaire tous azimuts et l’invention plus que compliquée d’une frugalité partageuse, pour ce qui me concerne et en pensant à mes petits-enfants, aux mésanges charbonnières et aux buis qui n’ont rien demandé, j’opterai pour la frugalité.

Par Marc Hatzfeld, Durban-Corbières (Aude), publié le 26 novembre à 15h36

Photo en titre : L’EPR de Flamanville (Manche) en juillet 2013.

https://www.lemonde.fr/blog-mediateur/article/2021/11/26/paroles-de-lecteurs-le-nucleaire-une-affaire-de-croyance_6103748_5334984.html

UN « CLUB NUCLÉAIRE » PRÉSIDÉ PAR CHRISTOPHE GRUDLER AU PARLEMENT EUROPÉEN

Le groupe créé ce jeudi 25 novembre 2021 à l’initiative du député européen Christophe Grudler  (Renew Europe) a pour objectif « de faciliter une discussion transpartisane au niveau européen sur l’avenir du nucléaire en tant que source d’énergie décarbonée, rentable et fiable. »

Ce réseau parlementaire transpartisan sur l’avenir du nucléaire en Europe a été lancé avec la coopération des députés européens Tsvetelina Penkova (Bulgarie, S&D), Tomas Tobé (Suède, PPE), François-Xavier Bellamy (France, PPE), Karin Karlsbro (Suède, Renew Europe) et Alexandr Vondra (République tchèque, ECR).

Pour les députés européens membres du club nucléaire, le Pacte Vert européen ne pourra atteindre ses objectifs sans une part de nucléaire dans une réflexion autour d’un mix énergétique global. Ils souhaitent donc amener « des solutions politiques concrètes » en ce sens.

L’une des premières activités du club sera une mission parlementaire à la World Nuclear Exhibition à Villepinte (Paris), et sera une première occasion de réunir les membres de ce nouveau réseau le 1er décembre

« Compte tenu des objectifs européens ambitieux en matière de lutte contre le changement climatique, nous devons mettre toutes les solutions possibles sur la table. L’essor des énergies renouvelables doit ainsi aller de pair avec les innovations nucléaires. »

Les trois priorités du « club nucléaire » :

  • l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie européenne,
  • la production d’hydrogène décarboné, et la recherche
  • l’innovation pour réduire les déchets nucléaires.

La gouvernance a été établie, avec le député Christophe Grudler comme président du réseau, et les députés François-Xavier Bellamy (PPE), Tomas Tobé (PPE), Tsvetelina Penkova (S&D), Karin Karlsbro (Renew Europe) et Alexandr Vondra (ECR) comme vice-présidents.

Publié le 26/11/2021 à 17h10, mis à jour le 26/11/2021 à 11h38

Photo en titre : © Twitter @GrudlerCh

https://www.macommune.info/un-club-nucleaire-preside-par-christophe-grudler-au-parlement-europeen/

NDLR : Attention : un nouvel ennemi qui ne manquera pas de moyens financiers ni de relations !

NUCLÉAIRE : À FUKUSHIMA, TEPCO S’INQUIÈTE DE LA FONTE PARTIELLE DU « MUR DE GLACE » QUI PROTÈGE LA CENTRALE

L’électricien vient de révéler qu’il allait devoir intervenir début décembre sur l’enceinte souterraine construite pour freiner les infiltrations d’eau dans les réacteurs détruits. Près du réacteur 4, des capteurs, placés dans le sol, ont mesuré, ces dernières semaines, des températures proches des 10 degrés.

Depuis début septembre, Tepco, l’électricien japonais responsable du démantèlement de la centrale de Fukushima-Daiichi, s’inquiète de la hausse des températures sur certains segments du « mur de glace » souterrain qui freinent les infiltrations d’eau dans les quatre réacteurs ravagés en mars 2011 . Près du réacteur 4, des capteurs, placés dans le sol, ont mesuré, ces dernières semaines, des températures proches des 10 degrés, soit un niveau incompatible avec le maintien d’une barrière glacée autour des fondations des bâtiments.

Dans une présentation, l’entreprise vient d’indiquer qu’elle craignait désormais de faire face à une « fonte » partielle de l’enceinte de glace et se préparait à intervenir, dans les tout prochains jours, sur son infrastructure. Ce dysfonctionnement n’augmente aucunement la dangerosité de la centrale détruite, mais risque de compliquer encore la gestion de l’eau « contaminée » qui s’accumule sur le site.

Des centaines de tuyaux

Mis en service en 2016, ce « mur de glace », constitué de centaines de tuyaux descendant à 30 mètres sous terre, court, dans le sol, autour des réacteurs sur près de 1.500 mètres. Réfrigérés en permanence, ces tuyaux glacent le terrain autour d’eux, créant ainsi une barrière imperméable souterraine qui limite les infiltrations d’eau de ruissellement dans la centrale construite en contrebas d’une butte. L’enceinte et l’installation de puits de drainage en amont du site ont permis de diviser par quatre les volumes d’eau s’infiltrant, chaque jour, dans le sous-sol des réacteurs.

Depuis la destruction de la centrale en mars 2011, Tepco tente de réduire au maximum ces flux qui se contaminent au contact des combustibles radioactifs ayant fondu lors de l’accident et coulé au fond des bâtiments des réacteurs 1, 2 et 3. Si une partie de cette eau est utilisée pour refroidir en permanence les combustibles détruits, le reste est pompé pour être débarrassé de ses radionucléides dans une usine de retraitement construite sur place, avant d’être stocké dans plus de 1.000 immenses réservoirs qui encombrent le site. Cette eau « décontaminée » contient toutefois toujours du tritium.

L’enjeu du tritium

Pour les ingénieurs, la fonte d’une partie du mur risque de faire grossir les infiltrations d’eau et de créer de plus gros flux de liquide à gérer, à un moment où Tepco se dit à court de capacités de stockage. L’électricien, qui a obtenu le feu vert du gouvernement, espère commencer à relâcher, en mer, cette eau chargée en tritium à partir de 2024.

Il la diluera auparavant dans d’énormes volumes d’eau de mer, puis rejettera ce mélange au bout d’un tunnel sous-marin s’avançant à un kilomètre au large. Une procédure similaire à ce que font nombre d’autres centrales nucléaires dans le monde.

Par Yann Rousseau, (Correspondant à Tokyo), publié le 26 novembre 2021 à 12h19, mis à jour le 26 novembre 2021 à 17h45

Photo en titre : Mis en service en 2016, le « mur de glace », constitué de centaines de tuyaux descendant à 30 mètres sous terre, court, dans le sol, autour des réacteurs sur près de 1.500 mètres. (Igor Belyayev/TASS/Sipa USA/SIPA)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/nucleaire-a-fukushima-tepco-sinquiete-de-la-fonte-partielle-du-mur-de-glace-qui-protege-la-centrale-1367342

CENTRALE NUCLÉAIRE DE PALUEL: UN MAUVAIS BRANCHEMENT PASSÉ INAPERÇU PENDANT UN AN

L’incident a été repéré lors d’un arrêt du réacteur n° 3 au mois de novembre. L’origine du mauvais branchement remonte à octobre… 2020.

La centrale de Paluel a déclaré mardi 23 novembre 2021 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif de sûreté, de niveau 1 sur l’échelle INES, qui en compte 7 (7 correspond aux accidents de Tchernobyl en 1986 ou Fukushima en 2011). Celui-ci concerne la détection tardive d’un défaut de verrouillage automatique d’un système de contournement de la vapeur. « Cet événement n’a pas eu d’impact réel sur la sûreté des installations », précise EDF, qui a publié l’information sur son site internet mercredi 24 novembre. Cependant, il met en cause « une détection tardive et le non-respect des spécifications techniques d’exploitation« . Et pour cause : le mauvais branchement concerné était en place depuis le dernier essai périodique, réalisé le 15 octobre 2020.

Lors d’un essai périodique

Que s’est-il passé ? Le 6 novembre 2021, l’unité de production n° 3 était à l’arrêt pour recharger une partie de son combustible et réaliser des opérations de maintenance. Lors d’un essai périodique, il est apparu que le verrouillage automatique du système de contournement de la vapeur ne s’activait pas.

« Dans une centrale nucléaire, un système est dédié au contournement de la vapeur du circuit secondaire dans le condenseur. Situé dans la partie non nucléaire des installations, il permet de décharger ce circuit de l’excédent de vapeur qui peut être créé dans les générateurs de vapeur. Lorsque certains paramètres sont atteints, ce système doit se verrouiller automatiquement », décrit l’exploitant.

Les équipes de la centrale ont réalisé un diagnostic technique qui a mis en évidence un branchement incorrect du système. « Aussitôt constaté, il est remis en conformité », explique la direction du site cauchois. L’analyse a révélé que la situation durait… depuis un an !

Par Ghislain Annetta, publié le 25/11/2021 à 18h50

Photo en titre : L’incident a été classé de niveau 1 sur l’échelle INES qui en compte 7 – DIDIER MARC – copyright EDF

https://www.lecourriercauchois.fr/actualite-300125-centrale-nucleaire-de-paluel-un-mauvais-branchement-passe-inapercu-pendant-un-an

CP STOP CIGÉO – LE TERRITOIRE CONVOITÉ POUR CIGÉO DÉCRÉTÉ OPÉRATION D’INTÉRÊT NATIONAL ? LA PIRE DES ANNEXIONS EN COURS !

Un décret sur mesure pour déposséder le territoire de ses prérogatives

Des communes et des collectivités meusiennes et haut-marnaises sont actuellement consultées pour donner un avis sur le projet de décret en Conseil d’État portant création d’une opération d’intérêt national (OIN) (1).

Ce décret permettrait à l’État et non plus à la commune de délivrer les autorisations d’occupation des sols et en particulier les permis de construire. L’État aurait ainsi toutes compétences en matière d’urbanisme sur 3695 hectares (ce qui est considérable), alors que le projet Cigéo n’a encore pas obtenu, ni même déposé sa demande d’autorisation de création.

Les aménagements préalables tels que voie ferrée, modifications pour l’adduction en eau potable, ou encore implantation du transformateur électrique, etc. pourraient être autorisés. Et ces travaux pourraient être très impactants et bouleverser le territoire alors même que Cigéo ne pourra pas avoir d’autorisation de création avant plusieurs années.

À noter que le décret n° 2021-851 du 29 juin 2021 permet l’implantation des installations nucléaires de base dans les zones à urbaniser (AU) situées dans le périmètre d’une opération d’intérêt national (OIN). Cette dérogation au droit de l’urbanisme pourrait permettre d’accélérer l’implantation de Cigéo. Un recours au Conseil d’État a été déposé par le Réseau Sortir du nucléaire.

Des démarches opérées sans en informer la population

Cette information relative à l’OIN a été versée au dossier de la DUP (déclaration d’utilité publique) en septembre 2021, à moins de 15 jours de l’enquête publique. Le projet Cigéo avance à marche forcée, sans donner aux principaux concernés le temps et les moyens de se faire un avis documenté et encore moins de prendre du recul. Cigéo confirme encore une fois les dérives antidémocratiques – inacceptables- qui le marquent dès l’origine. Il s’agit ici, clairement, de précipiter l’ancrage physique d’un projet de stockage nucléaire qui n’arrive pourtant pas à prouver sa faisabilité.

La Coordination Stop Cigéo alerte les communes et collectivités concernées (52)

Un courrier a été envoyé aux communes et collectivités concernées, afin d’apporter une information sur les démarches en cours, en particulier sur :

(1) Fiche comparée PIG / OIN

(2) Communes de Bonnet (55), Bure (55), Cirfontaines-en-Ornois (52), Gillaumé (52), Gondrecourt-le-Château (55), Horville-en-Ornois (55), Houdelaincourt (55), Mandres-en-Barrois (55), Ribeaucourt (55), Saint-Doire (55) et de Saudron (52), communautés de communes des Portes de Meuse (55) et du Bassin de Joinville-en-Champagne (52), Pôle d’équilibre territorial et rural du Pays Barrois, Syndicat Mixte Nord Haute-Marne, départements de la Haute-Marne et de la Meuse, région Grand Est.

Par Le CEDRA, publié le 25 novembre 2021

https://cedra52.jimdofree.com/2021/11/25/cp-stop-cig%C3%A9o-le-territoire-convoit%C3%A9-pour-cig%C3%A9o-d%C3%A9cr%C3%A9t%C3%A9-op%C3%A9ration-d-int%C3%A9r%C3%AAt-national-la-pire-des-annexions-en-cours/

LA CHINE STOCKE DES BOMBES NUCLÉAIRES HYPERSONIQUES « CONDAMNANT À MORT » CAPABLES D’ÉCHAPPER AUX BOUCLIERS AMÉRICAINS EN « GRAND NOMBRE »

La CHINE stocke des bombes nucléaires hypersoniques baptisées « la condamnation à mort volante » qui est capable d’échapper à tous les boucliers anti-missiles existants déployés par l’Amérique et ses alliés.

Le missile nucléaire balistique hypersonique terrestre – connu sous le nom de Dong Feng 17 ou DF-17 – peut atteindre des vitesses allant jusqu’à 7 680 mph (NDLR : soit 12 360 km/h) et les experts disent qu’il est capable de « toucher tous les coins de la Terre ».

La Chine met en service des missiles DF-17 en « grand nombre » [/caption]. Getty

Wu Qian, du ministère chinois de la Défense, a confirmé que le pays avait commandé des missiles DF-17 et DF-26 en « grand nombre ».

Pékin a dévoilé l’arme nucléaire hypersonique DF-17 en 2019 – offrant un aperçu du missile « aveuglément rapide et imparable » dans un clip de quatre minutes en juillet

L’arme contient un véhicule à glissement hypersonique et peut être équipée d’une ogive nucléaire et serait capable d’atteindre des vitesses allant jusqu’à 7 680 mph, soit dix fois la vitesse du son. (NDLR : soit 12 360 km/h)

Les analystes étrangers disent qu’il est conçu pour se déplacer à grande vitesse pour échapper aux défenses anti-missiles.

Le missile hypersonique DF-17 peut théoriquement manœuvrer brusquement à plusieurs fois la vitesse du son, ce qui le rend extrêmement difficile à contrer.

Cela survient alors que les tensions bouillonnent entre les États-Unis et la Chine au sujet de l’occupation croissante par Pékin de la mer de Chine méridionale contestée.

Un expert a averti que la Chine construisait des cibles fictives de porte-avions américains « pour provoquer les Américains » alors que les troupes s’entraînent pour des opérations militaires réelles.

Le pays a développé des cibles de missiles en forme de navires de guerre américains dans son dernier avertissement à ses rivaux.

Sam Armstrong, de la Henry Jackson Society, a déclaré au Sun que les derniers jeux de guerre visaient à provoquer l’Occident.

Il a déclaré : « Ce sont des modèles de travail qui sont prêts à être déployés en tant qu’exercice d’entraînement pour une opération réelle contre les forces occidentales. »

« Vous ne construisez pas un modèle d’entraînement d’un porte-avions à moins que vous ne prévoyiez de lancer un bombardement sur un porte-avions. »

Pékin semble avoir construit des cibles de missiles représentant un aperçu à grande échelle d’au moins deux destroyers lance-missiles de classe Arleigh Burke et d’un porte-avions américain, montrent des images.

Les experts pensent que les cibles pourraient être montées sur des rails pour imiter un navire en mouvement.

Collin Koh, chercheur à la S. Rajaratnam School of International Studies à Singapour, a déclaré : « Je ne pense pas que les cibles du désert seront l’étape finale. Il est destiné à être affiné davantage. »

Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a semblé nier toute connaissance des maquettes lorsqu’il a été interrogé.

Il a déclaré lors d’un briefing plus tôt ce mois-ci: « Je ne suis pas au courant de la situation que vous avez mentionnée. »

HYPER MENACE

Les clichés ont fait craindre que Pékin se moque de Washington alors que les tensions sur Taïwan « s’intensifient ».

Le président Xi a averti la semaine dernière que la région Asie-Pacifique ne doit pas revenir aux tensions observées pendant la guerre froide.

Il a déclaré : « La région ne peut et ne doit pas retomber dans la confrontation et la division de l’ère de la guerre froide. »

Pendant ce temps, il a été rapporté que la récente arme nucléaire hypersonique autour du monde de la Chine a tiré un deuxième missile tout en voyageant cinq fois plus vite que la vitesse du son.

Aucun pays n’avait auparavant été en mesure de démontrer cet exploit d’ingénierie de pointe et le test aurait pris les scientifiques du Pentagone au dépourvu.

Le mois dernier, la Chine a stupéfié le monde lorsqu’il est apparu qu’elle avait lancé un missile hypersonique tout autour du globe.

Maintenant, il a été révélé que l’arme est beaucoup plus avancée qu’on ne le pensait à l’origine.

Le véhicule de glissement hypersonique, un vaisseau spatial maniable qui peut transporter une ogive nucléaire, a tiré un missile distinct lors de son vol dans l’atmosphère au-dessus de la mer de Chine méridionale le 27 juillet, selon un rapport du Financial Times.

Les experts de l’agence de recherche avancée du Pentagone, la Darpa, ne sauraient pas comment la Chine a réussi cet exploit, car les scientifiques disent qu’elle « teste les contraintes de la physique ».

Par Gaspar Bazinet, publié le 25 novembre 2021 à 04h43

https://news-24.fr/la-chine-stocke-des-bombes-nucleaires-hypersoniques-condamnant-a-mort-capables-dechapper-aux-boucliers-americains-en-grand-nombre/

NDLR pour info : News24 est un site d’actualité sud-africain créé en octobre 1998 par le groupe de presse Naspers, qui le gère via sa société Media24 (Médias 24 est un portail marocain d’information économique, propriété de la Société des Nouveaux Médias)

UE: JADOT VEUT QUE LA FRANCE CESSE SON LOBBYING « INSUPPORTABLE » EN FAVEUR DU NUCLÉAIRE

La France doit cesser son « lobby insupportable » en faveur du nucléaire, a déclaré mercredi le candidat écologiste à l’élection présidentielle, Yannick Jadot, devant le Parlement européen à Strasbourg.

« Il est temps, à quelques semaines de la présidence française de l’UE (en janvier, ndlr), que la France cesse ce lobby insupportable qui encore une fois se fait au détriment de l’ambition européenne sur le climat« , a déclaré le député européen à propos de la « taxonomie verte« , une liste d’énergies jugées vertueuses pour le climat et l’environnement actuellement en négociation.

« Le gaz et le nucléaire ne sont pas durables, ne sont pas renouvelables » et donc n’ont rien à faire dans cette liste, a insisté l’eurodéputée écologiste allemande Ska Keller, lors d’une conférence de presse.

La « taxonomie verte« , classification que la Commission européenne est censée finaliser d’ici fin 2021, ouvrira l’accès à la finance verte et donnera un avantage compétitif aux filières reconnues, enjeu crucial pour le coûteux renouvellement du parc nucléaire français, mais aussi pour les pays de l’Est, qui misent sur les infrastructures gazières pour réduire leur dépendance au charbon.

Dix États de l’UE emmenés par la France avaient publié mi-octobre une tribune soutenant le nucléaire. Lors de la COP26 à Glasgow, les ministres de l’Environnement d’Allemagne, d’Autriche, du Danemark, du Luxembourg et du Portugal ont au contraire déclaré que l’énergie nucléaire était « incompatible » avec cette liste d’investissements considérés comme « durables« .

« Il est clair que le nucléaire ne fait pas partie de la solution, c’est trop risqué, trop lent et trop cher« , a déclaré par visioconférence, la ministre luxembourgeoise Carole Dieschbourg.

« C’est très très grave ce qui est en train d’arriver, on voit bien que la défense française du nucléaire se construit au détriment du climat« , a dénoncé Yannick Jadot.

« On veut que tout ça relève d’une décision démocratique et cela passe par le Parlement européen » et non par « un acte délégué de la Commission« , a ajouté le candidat EELV, député européen depuis 2009.

Par ID l’Info Durable, publié le 24/11/2021

Photo en titre : Le député européen, Yannick JAdot, membre du parti Europe Écologie Les Verts (EELV). Photo de Joël SAGET, AFP

https://www.linfodurable.fr/ue-jadot-veut-que-la-france-cesse-son-lobbying-insupportable-en-faveur-du-nucleaire-29726

LA CORÉE DU NORD AURAIT RELANCÉ LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE DE YONGBYON

L’AIEA et le site spécialisé américain « 38th North » affirment que le site de Yongbon n’est plus à l’arrêt. De nouveaux bâtiments seraient en construction tandis que des images satellites, prises cette semaine, montrent des signes d’activité.

De nouveaux signes indiquant que le réacteur nucléaire de cinq mégawatts du complexe nucléaire de Yongbyon en Corée du Nord. Fin août, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait évoqué des signes « profondément troublants » . Cette fois-ci, le directeur de l’agence, Mariano Grossi est plus catégorique et estime que les indications recueillies sont : « compatibles » avec une remise en exploitation du réacteur.

Au même moment, le site américain spécialisé « 38th North » a révélé des images satellites , qui vont dans ce sens. Ces photos, prises le 24 novembre, par un satellite commercial « montrent une nouvelle fois que le réacteur de 5 MW est en activité », affirme les experts du site internet, spécialiste reconnu de la Corée du Nord. « De la vapeur s’échappe du hall d’un générateur du réacteur, indiquant qu’au moins l’un des générateurs est en service », précisent-ils.

Près de 6 kg de plutonium chaque année

Selon l’AIEA, des travaux destinés à agrandir le site seraient aussi en cours avec la construction de plusieurs bâtiments, probablement destinés à permettre certaines opérations de maintenance du réacteur. Dans le même temps, a précisé Rafael Grossi , il y a aussi « des indications d’activités en cours au complexe de Kangson ». C’est-à-dire dans la deuxième usine d’enrichissement d’uranium de la Corée du Nord.

Un redémarrage de l’activité sur le site de Yongbyon, qui est officiellement à l’arrêt depuis décembre 2018, est loin d’être anodin. Construit en 1986 sur le modèle de la centrale nucléaire britannique de Calder Hall dont les Nord-Coréens s’étaient illégalement procuré les plans, le site abrite un réacteur nucléaire d’une capacité de cinq mégawatts qui peut produire du plutonium de qualité militaire.

Selon « 38th North », le réacteur de Yongbyon a la capacité de produire chaque année pas moins de 6 kg de plutonium. C’est-à-dire de quoi fabriquer une arme nucléaire équivalente à « Fat Man », la bombe atomique larguée le 9 août 1945 sur la ville japonaise de Nagasaki.

« Cette nouvelle activité est notable car la reprise de la production de plutonium serait nécessaire pour accomplir les objectifs ambitieux de développement de nouvelles armes nucléaires annoncés lors du 8e Congrès du Parti plus tôt cette année », précise encore le site américain. De fait, le site nucléaire de Yongbyon occupe une place particulièrement symbolique.

C’est en effet le seul site officiellement déclaré par Pyongyang, même si les experts internationaux s’accordent pour dire que la Corée du Nord dispose de plusieurs autres installations secrètes. Un récent rapport publié par la revue Science and Global Security affirme d’ailleurs que Pyongyang a les capacités de produire beaucoup plus d’uranium.

Par Claude Fouquet, publié le 25 novembre 2021 à 12h20

Photo en titre : Construit en 1986, le site de Yongbon abrite le seul réacteur nucléaire officiellement déclaré par la Corée du Nord. (HO/GeoEye Satellite Image/AFP)

https://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/la-coree-du-nord-aurait-relance-le-reacteur-nucleaire-de-yongbyon-1366927

POUTINE S’EN PREND À BIDEN POUR AVOIR « RÉPÉTÉ UNE FRAPPE NUCLÉAIRE » CONTRE MOSCOU

S’exprimant mardi, le ministre de la Défense de Poutine, Sergueï Choïgou, a accusé les bombardiers américains d’avoir répété les frappes plus tôt ce mois-ci, affirmant que les avions s’étaient approchés à moins de 20 km de la frontière russe.

Poutine s’en est pris aux États-Unis, se plaignant la semaine dernière des bombardiers stratégiques occidentaux transportant des « armes très sérieuses » près de la Russie.

Il a déclaré que l’Occident ne prenait pas assez au sérieux les avertissements de Moscou de ne pas franchir ses « lignes rouges ».

Cependant, le Pentagone a déclaré que les exercices avaient adhéré aux protocoles internationaux et avaient été annoncés publiquement à l’époque.

Mais M. Shoigu a déclaré que Moscou avait vu une augmentation significative de l’activité militaire des bombardiers stratégiques américains, affirmant qu’ils avaient effectué 30 vols près de la Russie ce mois-ci.

Selon le ministre de la Défense, ce chiffre est 2,5 fois supérieur à celui de la même période l’an dernier.

S’exprimant sur la frappe « préparée », M. Shoigu a déclaré: « Le ministre de la Défense a souligné que lors des exercices militaires américains » Global Thunder « 10 bombardiers stratégiques américains ont répété le lancement d’armes nucléaires contre la Russie depuis les directions ouest et est. »

« La proximité minimale de notre frontière d’État était de 20 km. »

Il a ajouté que les unités de défense aérienne russes avaient repéré et suivi les bombardiers stratégiques américains et pris des mesures non spécifiées pour éviter tout incident.

Global Thunder est l’exercice annuel de commandement et nucléaire du commandement stratégique américain conçu pour tester et démontrer l’état de préparation des capacités nucléaires américaines.

LIRE LA SUITE: La Russie accélère la préparation de la guerre alors qu’une énorme opération est en cours

Mais le porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Anton Semelroth, a déclaré : « Ces missions ont été annoncées publiquement à l’époque, et étroitement planifiées avec (Commandement stratégique), (Commandement européen), alliés et partenaires pour assurer un maximum d’opportunités de formation et d’intégration ainsi que le respect de toutes les et les exigences et protocoles internationaux.

Shoigu, s’exprimant lors d’une vidéoconférence avec le ministre chinois de la Défense Wei Fenghe, a également affirmé que les exercices militaires américains constituaient une menace pour la Chine, déclarant : « Dans ce contexte, la coordination russo-chinoise devient un facteur de stabilisation dans les affaires mondiales ».

La réunion a vu la Russie et la Chine accepter d’intensifier la coopération entre leurs forces armées, a déclaré le ministère russe de la Défense.

Suite à l’incident, le chef d’état-major général Valery Gerasimov et le président des chefs d’état-major interarmées Mark Milley – des officiers supérieurs de l’armée russe et américaine – se sont entretenus par téléphone mardi.

Aucune des deux parties n’a divulgué le contenu de la conversation.

Cela survient au milieu de l’escalade des tensions entre les États-Unis et la Russie au sujet de l’Ukraine, en raison des craintes d’une invasion russe du pays voisin.

La Russie a été accusée d’avoir constitué des forces près de la frontière, ce qui a conduit l’Ukraine à mettre en garde publiquement contre une invasion.

Les responsables américains ont fait part de leurs inquiétudes quant à une éventuelle invasion, mais le Kremlin a rejeté ces affirmations comme étant fausses.

Pendant ce temps, Moscou a accusé les États-Unis, l’OTAN et l’Ukraine de comportement provocateur et irresponsable, critiquant les livraisons d’armes américaines à l’Ukraine et l’utilisation par l’Ukraine de drones de frappe turcs contre les séparatistes soutenus par la Russie dans l’est de l’Ukraine.

Selon CNN, l’administration Biden envisage d’envoyer des conseillers militaires et de nouveaux équipements, y compris des armes, en Ukraine.

Par Marseille News Monde, publié le 24 novembre 2021

https://www.marseillenews.net/poutine-sen-prend-a-biden-pour-avoir-repete-une-frappe-nucleaire-contre-moscou-politique-nouvelles.html

L’ALLEMAGNE VA SORTIR DU CHARBON D’ICI 2030

L’Allemagne accélère sa transition. Le pays, premier émetteur de CO2 en Europe, très dépendant du charbon, va sortir, « dans l’idéal » de ce combustible fossile d’ici 2030. C’est ce qu’a annoncé la nouvelle coalition gouvernementale mercredi 24 novembre. Une mesure arrachée par les Verts, ce qui avance de huit ans les précédents objectifs. Parallèlement, la coalition s’est accordée sur une sortie du gaz d’ici 2040.

C’est un symbole fort pour un pays encore très dépendant du charbon. Deux mois après les élections en Allemagne, la nouvelle coalition, dont le social-démocrate Olaf Scholz prend la tête, a trouvé un accord pour former le nouveau gouvernement. Cette coalition, composée des sociaux-démocrates du SPD, des libéraux du FDP et des Verts, acte une sortie du charbon d’ici 2030, confirmant les informations publiées la veille par l’agence Reuters. À l’issue d’intenses négociations, les Verts ont en effet obtenu cette mesure de taille alors qu’ils regrettaient, il y a quelques jours encore, l’absence de mesures précises sur le climat dans l’accord en discussion.

L’Allemagne a longtemps été réfractaire à toucher au plus polluant des combustibles fossiles. Premier émetteur de CO2 en Europe, Berlin repose aujourd’hui sur un mix électrique composé à 40 % de charbon. En 2019, l’ex chancelière Angela Merkel s’était engagée à sortir du charbon d’ici 2038, un horizon jugé trop lointain par les ONG environnementales. Mais le rapport de force a changé avec la percée des Verts aux dernières élections. « Après des années d’immobilisme, une « nouvelle dynamique » est lancée pour amener l’Allemagne sur la voie des 1,5 degré« , ont déclaré les Verts au journal allemand Tagesspiegel.« C’était indispensable ».

Les énergies renouvelables vont monter à 80 % de la consommation électrique allemande

Concrètement, « cela exige le développement massif des énergies renouvelables », note l’accord, et implique « la construction de centrales à gaz modernes afin de couvrir les besoins croissants en électricité et en énergie au cours des prochaines années à des prix compétitifs ». Le journal Hanbelsblatt décrypte : « Tant que l’expansion des énergies renouvelables n’ira pas plus vite, cependant, il faudra mettre davantage l’accent sur les centrales électriques au gaz. Cela est également dû au fait que la dernière centrale nucléaire sera déconnectée l’année prochaine et que de grandes quantités d’électricité seront nécessaires pour produire de l’hydrogène ».

Une des solutions pour atteindre la neutralité carbone en 2045 passe en effet, pour l’Allemagne, par l’hydrogène alors que la coalition prévoit une sortie du gaz d’ici 2040« N’en déplaise aux fanatiques du nucléaire, l’Allemagne s’apprête à démontrer qu’il est tout à fait possible de sortir du charbon sans recourir à l’atome. Question de volonté politique », a réagi sur Twitter le porte-parole de Greenpeace, Clément Sénéchal.

Reste deux conditions préalables à cet accord : que la sécurité d’approvisionnement soit garantie et que les difficultés sociales des salariés soient atténuées. En attendant, la coalition a distribué les portefeuilles ministériels et les Verts héritent de cinq ministères dont celui des Affaires étrangères et un « super-ministère » regroupant économie et protection du climat. Les libéraux s’emparent, eux, du ministère des Finances.

Par Marina Fabre Soundron (@fabre_marina), publié le 24 novembre 2021

Photo en titre : L’Allemagne vise la neutralité carbone en 2045. IStock kruwt

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-fossiles/isr-rse/en-allemagne-la-nouvelle-coalition-devrait-annoncer-une-sortie-du-charbon-d-ici-2030-150336.html

ESPAGNE : UN ACCIDENT DE CENTRALE NUCLÉAIRE FAIT DES VICTIMES

Sept unités de pompiers et quatre véhicules d’urgence médicale ont été déployés à Ascó mercredi soir vers 19 heures, heure locale. Les équipes d’urgence ont sécurisé l’installation et évacué les blessés.

Le système de lutte contre l’incendie de l’usine « a subi une fuite de CO2 qui a touché quatre personnes », ont déclaré les autorités catalanes.

L’un des travailleurs touchés est décédé, tandis que les trois autres sont actuellement hospitalisés dans la ville voisine de Móra d’Ebre.

Selon la centrale et les autorités locales, aucun rayonnement n’a été émis lors de l’incident. L’usine d’Ascó avait fait l’objet d’une enquête pour une fuite radioactive au réacteur de la tranche 1 en novembre 2007, entraînant le limogeage de son directeur.

Par Gaspar Bazinet, publié le 25 novembre 2021 à 12h20

https://news-24.fr/un-accident-de-centrale-nucleaire-fait-des-victimes/

ARRÊTER LE NUCLÉAIRE EN MOINS DE 10 ANS, C’EST POSSIBLE ET NÉCESSAIRE !

Risque permanent de catastrophes et de contamination radioactive, gouffre financier, opacité, omerta, répression des opposantEs… le nucléaire est une énergie dépassée du passé.

Pourtant, le lobby met des moyens de propagande énormes pour prétendre contre toute évidence que l’électronucléaire serait une solution au dérèglement climatique. Absurde !

Pour atteindre un mix mondial à 50 % d’électricité nucléaire (actuellement 10 %), il faudrait construire 2 000 réacteurs, mobilisant sur la planète entière des ressources en eau de refroidissement.

Sachant que les réserves d’uranium pour les 441 réacteurs aujourd’hui en service seront épuisées dès 2070 et qu’il faut entre 5 et 10 ans pour construire une centrale, le nucléaire est « hors délai ». Et surtout « hors sujet » car l’électricité c’est 20 % de la consommation mondiale d’énergie… et le nucléaire, c’est 2 % de l’énergie brûlée sur la planète !

Dossier réalisé par la Commission nationale écologie

Publié le mercredi 24 novembre 2021 à 11h09.

https://lanticapitaliste.org/arguments/arreter-le-nucleaire-en-moins-de-10-ans-cest-possible-et-necessaire

NDLR: CQFD: c‘est ce qu’il faudrait démontrer! Car l’idée est séduisante mais n’a de valeur que si cette possibilité est démontrée.

[RAPPORT] : QUEL COÛT ACTUEL POUR L’ÉLECTRICITÉ BAS CARBONE ?

Dans un rapport dévoilé mercredi 24 novembre 2021, Greenpeace France et l’Institut Rousseau proposent une analyse des coûts actuels des principaux moyens de production d’électricité bas carbone, offrant pour la première fois un chiffrage objectivé permettant une comparaison des coûts par MWh.

À l’heure où la France est à la croisée des chemins et doit faire des choix cruciaux concernant son avenir énergétique pour atteindre la neutralité carbone avant 2050, Greenpeace France et l’Institut Rousseau ont mis en commun leur expertise technique pour apporter leur contribution à ce débat majeur. Les auteurs ont notamment choisi de se concentrer sur les coûts liés aux installations existantes de production électrique : nucléaire (existant et EPR de Flamanville), éolien et photovoltaïque, ainsi que leur impact sur le réseau [1].

 Au terme de cette étude, il apparaît que le coût courant économique de l’EPR de Flamanville est en moyenne au moins deux fois plus élevé que celui des autres options, se situant au même niveau que le photovoltaïque résidentiel.
Par ailleurs, le coût courant économique des énergies renouvelables les plus compétitives, à savoir le photovoltaïque en centrale au sol ou sur grandes toitures, et l’éolien terrestre est de 5 % à 30 % inférieur à celui du “vieux” nucléaire, celui de l’éolien offshore restant légèrement supérieur (moins de 15 %). [2]

“Que la France s’engage vers la construction de nouveaux réacteurs comme le propose Emmanuel Macron ou vers un mix 100% ENR, trop d’incertitudes pèsent encore sur la faisabilité ou le coût réel de chaque option [3]. Pourtant, ces choix vont nous engager sur des décennies et auront in fine des répercussions sur les territoires et le budget des ménages. Avoir une vision la plus nette possible des coûts actuels est un point de départ essentiel pour éclairer toute décision publique concernant les futures installations.” 

Afin de pousser cette réflexion, le rapport pose également les enjeux liés à l’évolution de notre mix électrique vers plus de renouvelables pour répondre à l’urgence climatique [4], ce qui implique une adaptation du système et des réseaux de transports ainsi que des investissements supplémentaires.

À l’approche de l’élection présidentielle, Greenpeace France et l’Institut Rousseau appellent les décideurs et la société civile à se saisir de ces enjeux et à engager un débat plus large et plus apaisé, avec des données concrètes à l’appui, sur un réel choix de société.

Notes aux rédacteurs :

[1] Le périmètre de cette étude n’est pas exhaustif : il ne traite pas des installations “futures” (SMR, EPR2 etc) mais se concentre sur les moyens de production “existants” qui émettent peu de gaz à effet de serre tout au long de leur cycle de vie et qui sont amenés à jouer un rôle central dans le renouvellement et le développement de la production d’électricité en France métropolitaine.

L’énergie hydraulique n’est ainsi pas traitée car son déploiement est d’ores et déjà relativement proche du maximum.

L’éolien en mer flottant, bien que voué à jouer un rôle dans les prochaines décennies, n’est pas non plus considéré du fait du manque de recul actuel sur cette technologie.

En revanche, l’EPR de Flamanville a été intégré au calcul bien qu’il ne fonctionne pas encore et qu’aucune certitude n’existe sur le respect de la date prévue de mise en service en 2023. En construction depuis 2007, il est la tête de série de la technologie EPR en France et enchaîne les déboires : alors que son coût initial était estimé à 3,3 milliards d’euros et qu’il devait être mis en service en 2012, le chantier accumule plus de 10 années de retard et le coût total du projet a été multiplié par 6.

[2] Pour les calculs, la méthode retenue est celle du coût courant économique, privilégiée par la Cour des comptes pour calculer le coût de production de l’électricité nucléaire. Elle propose un périmètre d’analyse commun pour les différentes technologies étudiées. Les chiffres utilisés proviennent tous de sources publiques les plus récentes possibles. Dans le cas du nucléaire, les données d’EDF ont été privilégiées et ont été complétées par des données d’autres sources, essentiellement celles de RTE ou de la Cour des comptes.

[3] Le récent rapport de la Cour des Comptes Les choix de production électrique : anticiper et maîtriser les risques technologiques, techniques et financiers  rappelle que la construction de nouveaux moyens de production électrique, qu’ils soient nucléaires ou renouvelables, « appelle des décisions à présent urgentes » et alerte sur les “incertitudes” pesant sur la capacité à construire un nouveau parc nucléaire « dans des délais et à des coûts raisonnables”.  (Source AFP)

[4] Selon la PPE (Programmation pluriannuelle de l’énergie) la part d’énergies renouvelables du mix électrique français devrait augmenter jusqu’à 50% en 2035.

Par ailleurs, dans l’ensemble des scénarios publiés par RTE en octobre 2021, la part des renouvelables progresse pour atteindre entre 50 et 100% du mix électrique en 2050.
Enfin selon le rapport Net zero by 2050, sorti par l’AIE en mai 2021, les énergies renouvelables devraient représenter 88 % de la production mondiale d’électricité pour être dans une trajectoire de neutralité carbone en 2050.

Publié le 24 novembre 2021

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/rapport-quel-cout-actuel-pour-lelectricite-bas-carbone/

LANNION. SORTIR DU NUCLÉAIRE TRÉGOR ADRESSE UNE LETTRE OUVERTE AU DÉPUTÉ ÉRIC BOTHOREL

L’association Sortir du nucléaire Trégor, basée à Lannion (Côtes-d’Armor), a écrit une lettre ouverte à destination du député Éric Bothorel. Ce dernier est interpellé sur le nucléaire à propos de la récente annonce de la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR en France.

L’association Sortir du nucléaire Trégor, basée à Lannion (Côtes-d’Armor), interpelle le député Éric Bothorel, de la 5e circonscription. Dans une lettre ouverte, le collectif s’émeut de l’annonce récente de la construction de six nouveaux EPR (réacteur nucléaire) en France, sans le moindre débat démocratique, et pointant du doigt le gouffre financier que représente l’EPR de Flamanville, sans savoir s’il marchera un jour.

« Demande de position concernant les six nouveaux EPR »

En juin 2017, Eric Bothorel affirmait être favorable à la sortie du nucléaire. SDN Trégor souligne que fin 2017, l’élu leur avait déclaré : Pour moi, l’EPR de Flamanville, c’est un nouveau Titanic, si on me demande mon avis, je refuserai la dérogation sollicitée par EDF.

Aussi, l’organisation demande au député de prendre position : vous déclarerez-vous également défavorable aux six nouveaux EPR annoncés ? La lettre se conclut par une deuxième question, à savoir si l’élu demandera un débat démocratique avant toute décision concernant la future politique énergétique de la France

Par Ouest-France, publié le 24/11/2021 à 08h57

Photo en titre : SDN Trégor interpelle le député des Côtes-d’Armor, Éric Bothorel, à propos de la décision de construire six nouveaux EPR (réacteur nucléaire) en France. Celui de la centrale de Flamanville (photo ci-dessus) est toujours en cours de construction. | ARCHIVES OUEST-France

https://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/lannion-sortir-du-nucleaire-tregor-adresse-une-lettre-ouverte-au-depute-eric-bothorel-03dd146e-4c67-11ec-bccc-b8f31b18ad36

« SI LES ÉNERGIES RENOUVELABLES INTERMITTENTES ÉTAIENT SOUMISES AUX LOIS DU MARCHÉ, NI ÉOLIENNES NI CENTRALES SOLAIRES NE VERRAIENT LE JOUR »

Tribune : L’expert en énergie Gilles David explique, dans une tribune au « Monde », qu’il faut développer le renouvelable intermittent en veillant à ce qu’il soit stockable et/ou substituable dans l’instant, et repenser notre mix énergétique dans le cadre de la transition énergétique.

L’actualité – COP26, hausse spectaculaire du coût de l’énergie – nous le rappelle chaque jour : la transition énergétique est en marche et doit encore s’accélérer. Pour autant, pour réussir, celle-ci ne pourra se faire que dans le respect des lois du marché.

Le marché de l’électricité en France, comme en Europe d’ailleurs, en est la parfaite illustration.

Ainsi, depuis vingt ans, les énergies renouvelables intermittentes (éoliennes, panneaux solaires) bénéficient de conditions de rachat garanti – sur quinze ou vingt ans – et prioritaires. Ce qui a pour conséquence une forte distorsion du marché de l’électricité avec, pendant une décennie, des prix anormalement bas liés à une surcapacité combinée à un sous-investissement chronique dans des solutions et/ou des technologies qui devraient pourtant être moteur de la transition énergétique.

À cette compétitivité artificielle des énergies renouvelables intermittentes, décorrélée des lois du marché, répond un sous-investissement qui aujourd’hui se traduit par une forte hausse des prix de l’électricité mais aussi des black-out comme ceux survenus dernièrement au Texas (États-Unis).

Il faut revenir à un principe simple et universel, à savoir celui d’acheter l’électricité à un producteur indépendant qui garantit la fourniture

Il est temps de retrouver la raison et de revenir aux fondamentaux du marché. Il faut en finir avec le capitalisme de rente qui, à terme, joue comme un frein puissant à la transition énergétique que nous appelons tous de nos vœux.

Si les énergies renouvelables intermittentes étaient véritablement soumises aux lois du marché, ni éoliennes ni centrales solaires ne verraient le jour. Du moins sans être adossées à des équipements complémentaires capables d’apporter une garantie de fourniture (centrales à gaz ou centrales à hydrogène notamment).

Une situation qui n’est bien sûr pas souhaitable mais qui souligne l’importance de revenir à un principe simple et universel, à savoir celui d’acheter l’électricité à un producteur indépendant qui garantit la fourniture. En somme, développer le renouvelable intermittent oui, mais dans le respect du marché c’est-à-dire en veillant à ce qu’il soit stockable et/ou substituable dans l’instant.

La période « bénie » d’une électricité bon marché est bel et bien révolue. La hausse observée ces derniers mois sera durable pour tous – particuliers comme industriels – et probablement aggravée par une demande en forte progression dans les prochaines années. L’opportunité est donc bien de définir des conditions de marché saines basées sur une utilisation optimale des ressources et des solutions à notre disposition.

Ces conditions, en France, pourraient être les suivantes.

Tout d’abord, arrêter de promouvoir des usages non efficients de l’électricité et ne pas simplement tabler sur l’amélioration naturelle de l’efficacité énergétique des technologies.

Sécuriser nos approvisionnements

Ensuite, encourager un développement raisonné et vertueux du solaire et de l’éolien : en favorisant l’autoconsommation et/ou la production d’hydrogène dans les régions à fort ensoleillement et à faible valeur agricole ; en systématisant le recours à des solutions hybrides en associant l’éolien à des centrales à gaz de puissance équivalente et en prenant en compte les vrais coûts de production qui doivent, comme pour le nucléaire, intégrer le coût de stockage et de démantèlement.

Mais cela passera aussi par l’obligation faite à tout nouveau projet de production d’énergie renouvelable intermittente bénéficiant de tarifs de combiner ce projet avec des solutions de stockage.

En outre, il est tout aussi urgent de remettre l’accent sur la question de l’efficacité énergétique et non plus seulement sur celle de la décarbonation. Et cela pourrait se faire simplement en donnant à chaque kilowattheure (kWh) électrique industriel économisé les mêmes conditions économiques qu’un kilowattheure produit par l’EPR de Flamanville (de l’ordre de 110 euros/mégawattheure + le transport).

Cela devrait inciter à aider l’efficacité énergétique comme s’il s’agissait de capacités de base supplémentaires en mobilisant le marché et pas un seul acteur. Au regard des difficultés rencontrées pour construire l’EPR, on pourrait ainsi sécuriser nos approvisionnements en électricité décarbonée.

L’enjeu est de taille. D’ici à 2050, notre pays devra être en mesure de produire 50 % de kilowattheures supplémentaires alors que les nouvelles tranches nucléaires ne seraient disponibles qu’à partir de 2040. C’est l’occasion de repenser notre mix énergétique dans le cadre des lois du marché et de la transition énergétique. Une transition qui ne pourra opérer qu’en mettant la question de l’efficacité et de l’économie d’énergie au cœur de notre réflexion et de nos actions.

Par Gilles David, (Ingénieur électricien, PDG d’Enertime), publié le 23 novembre 2021 à 8h00

NOTE : Enertime est une PME industrielle qui fabrique des machines thermodynamiques pour l’efficacité énergétique et la production d’énergie renouvelable.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/24/si-les-energies-renouvelables-intermittentes-etaient-soumises-aux-lois-du-marche-ni-eoliennes-ni-centrales-solaires-ne-verraient-le-jour_6103382_3232.html

OPINION : ÉNERGIES RENOUVELABLES : À QUAND UN PLAN STOCKAGE ?

Un plan stockage est le complément indispensable au développement des sources d’énergie intermittentes.

De manière régulière, de nouveaux projets de centrales solaires ou photovoltaïques sont annoncés, avec chiffres de puissance installée à l’appui, et des promesses de fourniture annuelle conséquente en termes de kWh. Cette puissance installée donne l’illusion que la demande en électricité sera couverte par ces moyens de production additionnels. Ce n’est qu’une illusion, car cette puissance n’est pas mobilisable sur demande.

L’intermittence de ces sources d’énergie est une réalité : tant qu’il y a du soleil et du vent, il y a production d’électricité. Parfois même trop, avec un surplus de production, pouvant amener l’électricité à un prix négatif sur le marché. Mais il existe des périodes nocturnes et sans vent, où la production d’électricité peut tomber à zéro. Et ce, quelle que soit la puissance installée de ces sources d’énergie intermittentes.

Ce n’est pas pour autant qu’il faut se priver de ces sources d’énergie intermittentes. Il faut simplement être conscient que, du fait de la variabilité des conditions météorologiques et des cycles jours/nuits, la réalité quotidienne en termes de fourniture d’électricité peut être très différente de celle donnée par des valeurs moyennes. Et il convient alors de prendre les mesures appropriées : en fait, aujourd’hui, il manque simplement une pièce à la chaine de fourniture d’électricité : elle est mentionnée partout, c’est une évidence pour tous, et elle n’est pas mise en œuvre : il s’agit du stockage de l’électricité.

Différents modes de stockage de l’électricité existent. D’abord, dans des batteries. On en mesure tout de suite les limites physiques – un kilo de batterie lithium-ion permet de stocker 150 WH – donc ce type de stockage ne peut être qu’un tampon très ponctuel et de puissance limitée. Mais utile dans une gamme de 0 à quelques dizaines de MW pour un stockage de quelques dizaines de MWH, avec un rendement supérieur à 90 %.

Ensuite, l’électricité peut se stocker de manière indirecte par le biais de vecteurs permettant sa production : l’hydrogène et l’eau.

Pour ce qui est de l’hydrogène, de nombreux projets sont développés sur la base du cycle : électrolyse de l’eau avec de l’électricité fournie par du solaire ou de l’éolien (dénommé hydrogène vert), stockage de cet hydrogène, puis fourniture d’électricité par le biais des piles à combustible. Le rendement est à ce stade de l’ordre de 40 %, et la taille des réalisations actuelles est encore très faible. Mais le principe est prometteur.

Le stockage par le biais de l’eau est aujourd’hui le plus abouti, et celui qui permet de stocker les plus grandes quantités d’équivalent kWh, avec des puissances de plusieurs GW.

Pour être répétitif avec une certaine fréquence, le stockage de l’eau doit se faire par le biais de STEP (Station de Transfert d’Énergie par Pompage), plus couramment dénommées Pompage/Turbinage : deux barrages à des niveaux différents, l’eau étant pompée du niveau le plus bas vers le niveau le plus haut en période de surplus d’électricité et turbinée du haut vers le bas en période de carence d’électricité. Vertu de ce système : reproductible un grand nombre de fois. Avec un rendement proche de 80 %. 6 STEP principales sont déjà en activité en France, pour une puissance totale de 5 GW, la plus importante étant la STEP de Grand Maison-Vernet : 1,8 GW. Mais elles ne sont pas assez nombreuses et ne représentent plus une puissance suffisante pour combler les gaps de fourniture d’électricité. Il existe de nombreux sites aménageables et plusieurs projets (vallée de la Truyère, de la Durance, etc.), malheureusement tous à l’arrêt aujourd’hui, plus pour des raisons politiques que pour des raisons techniques.

Continuons ce vaste programme de la transition énergétique, dont le développement des énergies intermittentes. En parallèle, mettons en place un réel « Plan Stockage« . Débloquons ces projets de STEP aujourd’hui à l’arrêt, et accélérons encore sur la production d’hydrogène vert, les unités de stockage et les piles à combustible associées. Et vite ! Avant que la réalité ne nous rattrape par un de ces froids jours d’hiver, se soldant par des ruptures sur le réseau électrique, et une incompréhension du grand public qui aura entendu moult discours indiquant qu’avec toutes ces nouvelles installations solaires et éoliennes, l’approvisionnement en électricité était assuré. Et ce sans centrales à charbon et sans Fessenheim.

Par Alain Verliere (ingénieur, fondateur du site GreenAndGreatAgain.com), publié le 24 novembre 2021 à 09h14, mis à jour le 24 novembre 2021 à 09h15

https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-energies-renouvelables-a-quand-un-plan-stockage-1366481

NDLR : C’est normal que le stockage soit le parent pauvre des énergies renouvelables puisque l’objectif de nos dirigeants (anciens, actuels et peut-être malheureusement futurs) est de démontrer que le nucléaire est indispensable. Il faut donc prouver que les renouvelables ne peuvent venir qu’en appoint du nucléaire. Le meilleur moyen : ne pas faire (ou trop peu) de stockage !!!

FLAMANVILLE : LE 10 NOVEMBRE 2021, DÉTECTION TARDIVE DE DÉFAUTS CONCERNANT LE CIRCUIT D’ASPERSION DE SECOURS (EAS) DU RÉACTEUR 1.

Le circuit d’aspersion de secours dans l’enceinte (EAS) pulvérise, en cas d’accident, de l’eau dans l’enceinte de confinement du réacteur afin d’en diminuer la pression et la température. Il est constitué notamment de deux pompes redondantes.

Le 18 août 2021, EDF a réalisé un essai périodique d’une pompe du circuit EAS, qui a conduit à détecter une vibration anormale sur l’équipement. Après analyse, l’exploitant a considéré cette pompe comme pleinement fonctionnelle, sous réserve de la réalisation d’une analyse complémentaire menée par les services d’ingénierie. Des contrôles supplémentaires, engagés en septembre et octobre 2021, ont mis en évidence une dégradation des caractéristiques vibratoires de la pompe.

Le 6 novembre 2021, dans le cadre d’un arrêt programmé du réacteur pour économie de combustible, l’exploitant a décidé d’intervenir sur la pompe et a détecté, au cours du démontage, qu’un des roulements n’avait pas été correctement monté. Cette anomalie de montage était à l’origine des vibrations anormales détectées.

Après analyse des interventions passées réalisées sur cette pompe, EDF a considéré qu’elle n’était ainsi pas en mesure d’assurer pleinement ses fonctions depuis le 3 septembre 2018.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois, en raison de la dégradation des fonctions de sûreté du réacteur et du caractère tardif de la détection du défaut, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

La pompe concernée a été remise en conformité et déclarée fonctionnelle à l’issue de l’intervention du 6 novembre 2021. L’exploitant a également vérifié que les autres pompes du site, susceptibles de présenter le même défaut, n’étaient pas concernées. Il doit désormais transmettre à l’ASN le retour d’expérience de cet évènement. L’ASN sera vigilante quant à l’analyse des causes techniques et organisationnelles ayant entraîné le mauvais montage du roulement.

Date de la dernière mise à jour : 22/11/2021

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-tardive-de-defauts-affectant-le-circuit-d-aspersion-de-secours-du-reacteur-1

GESTION CALAMITEUSE DU DÉFAUT DE RÉSISTANCE AU SÉISME DE LA DIGUE DU TRICASTIN : LE TRIBUNAL DE VALENCE SAISI

Pendant des années, malgré les demandes répétées de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), EDF a négligé de se préoccuper réellement de la tenue au séisme de la digue censée protéger le site nucléaire du Tricastin. Dénonçant cette gestion calamiteuse, nos associations avaient porté plainte contre EDF en novembre 2018.

Pourtant, malgré un procès-verbal d’infraction accablant dressé par l’ASN, le Parquet de Paris a classé l’affaire sans suite. Nous saisissons ce jour directement le tribunal de Valence afin que ces faits ne restent pas impunis.

Une digue qui aurait pu s’écrouler et conduire à une catastrophe nucléaire majeure

Le 30 juin 2017, EDF a informé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’un défaut de résistance au séisme majoré de sécurité (SMS) d’une portion de 400 mètres en rive droite de la digue du canal de Donzère-Mondragon, à l’amont de la centrale nucléaire du Tricastin.

La plateforme de la centrale est située six mètres en-dessous du niveau d’eau dans le canal de Donzère-Mondragon. Comme le précise l’ASN elle-même, « une rupture de cette portion de digue à la suite d’un séisme aurait entraîné une inondation importante de cette plateforme du Tricastin. La plupart des équipements indispensables pour la sûreté et de nombreux moyens de gestion des situations accidentelles auraient été rendus inopérants par cette situation. Cela aurait pu avoir pour conséquence la fusion du combustible sur l’ensemble des réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin, avec une capacité limitée d’intervention sur le site, et un impact sanitaire inacceptable à grande échelle. ». Et que dire des impacts pour les autres installations nucléaires voisines de la centrale ?

Le 27 septembre 2017, l’ASN a alors prescrit l’arrêt provisoire des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin, tant que la résistance de la digue au SMS ne serait pas assurée. Des travaux ont alors été menés.

De graves dysfonctionnements dans la gestion du risque de la part d’EDF

Un rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire daté du 25 juin 2018, revenant sur une inspection menée le 13 décembre 2017, permet de saisir à quel point EDF a négligé ce risque, faisant état de graves dysfonctionnements. Cette négligence est d’autant plus grave qu’elle s’étale sur près de dix ans (voir annexe). Et comme le montre le rapport, l’analyse des conséquences potentielles d’une rupture de la digue a été menée de manière tardive et sommaire.

Par ailleurs, alors qu’une question aussi grave doit faire l’objet d’une déclaration dans les meilleurs délais, EDF s’est gardée d’évoquer, dans ses échanges avec l’ASN début 2017, ses suspicions de non-tenue au séisme de la digue. Une fois le problème caractérisé, elle a attendu cinq mois pour en avertir l’Autorité de sûreté nucléaire. Elle a également mis quatre mois pour avertir son voisin Orano, qui exploite un énorme complexe nucléaire d’enrichissement de combustible nucléaire à proximité de la centrale, alors que ses installations aussi subiraient les conséquences d’une rupture de la digue !

Un séisme ne prévient pas : les graves négligences commises par EDF auraient pu conduire à une catastrophe nucléaire majeure et menacer des milliers de personnes.

Les associations Réseau “Sortir du nucléaire“, Frapna Drôme Nature Environnement, SDN Sud-Ardèche, Stop Nucléaire Drôme-Ardèche et Stop Tricastin ont porté plainte le 30 novembre 2018 contre EDF et son directeur de la direction du parc nucléaire et thermique pour risques causés à autrui et retard dans la déclaration d’incident. Le 25 janvier 2021, le Parquet de Paris a informé les associations que leur plainte avait fait l’objet d’un classement sans suite et ce, en dépit d’un procès-verbal d’infraction accablant dressé par l’ASN.

Le Réseau « Sortir du nucléaire », soutenu par les autres associations, saisit directement le tribunal de Valence afin que ces faits ne restent pas impunis. Les réacteurs du Tricastin doivent être arrêtés dès maintenant : au vu de l’inconscience d’EDF, il est hors de question qu’ils continuent à fonctionner jusqu’à 50 ans !

Retrouvez le dossier juridique ici : https://www.sortirdunucleaire.org/Tricastin-digue-plainte

Contacts presse :

 Marie Frachisse (juriste du Réseau “Sortir du nucléaire“) – 07 62 58 01 23
 Alain Volle (porte parole du collectif Stop Tricastin) – 06 85 12 40 62

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

ANNEXE

La très lente prise en compte par EDF de la vulnérabilité de la digue au séisme

 Suite à la tempête de 1999, qui a vu la centrale nucléaire du Blayais partiellement inondée, l’ASN demande à EDF de réévaluer la vulnérabilité au risque d’inondation de l’ensemble de ses sites et lui demande de s’assurer de la stabilité au séisme de la digue du canal de Donzère-Mondragon.

 2007 : l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire suggère des investigations afin de vérifier la tenue au séisme de cette portion de digue. EDF s’engage alors à effectuer des travaux de reconnaissance… sans donner suite

 2011 : par courrier, l’ASN demande à EDF d’effectuer au plus tôt ces travaux. En 2012, suite aux prescriptions post-Fukushima, elle impose une caractérisation plus précise des matériaux de la digue.

 2013 : EDF met enfin en œuvre les travaux de reconnaissance, mais sans effectuer de carottages sur la portion de digue concernée.

 2015 : EDF réalise enfin quatre carottages sur la portion de digue concernée et constate la présence de couches sableuses susceptibles de perdre leur résistance en cas de séisme.

 décembre 2016 : des experts d’EDF identifient des incertitudes très fortes sur la résistance de la digue… sans pour autant le mentionner à l’ASN

 Février 2017 : un défaut avéré de résistance au séisme majoré de sécurité est identifié sur un tronçon de la digue. EDF n’en informe toujours pas l’ASN.

 30 juin 2017 : l’ASN est enfin avertie…

Photo en titre : La centrale nucléaire du Tricastin

https://www.sortirdunucleaire.org/Gestion-calamiteuse-du-defaut-de-resistance-citation

CIVAUX : LA CENTRALE NUCLÉAIRE TOTALEMENT À L’ARRÊT

Alors que le réacteur un est en maintenance à l’occasion de la révision décennale, il a été décidé d’interrompre toute production d’électricité. Il s’agit d’un arrêt préventif, pour vérifier des tuyauteries.

Depuis vendredi 19 novembre, EDF a décidé d’interrompre complètement sa production d’électricité nucléaire à Civaux, dans la Vienne. Cette mesure de précaution, appelée à durer plusieurs semaines, est liée à la découverte d’anomalies sur des tuyauteries à la jonction avec le circuit primaire.

Ce diagnostic a été établi sur le réacteur un, grâce à la maintenance décennale, lors de contrôles par ultrasons. Des prémices de défaut, de l’ordre du dixième de millimètre, ont été repérées et vont aboutir au remplacement des tronçons concernés. Des vérifications identiques vont donc être menées sur le réacteur numéro deux, sans attendre la visite décennale, prévue à partir de l’été prochain.

Dès le lendemain de cette décision, l’opérateur d’électricité publiait un communiqué sur son site internet.

Cette coupure devrait durer un mois environ. Le réacteur deux devrait être remis en route à la mi-décembre.

La maintenance du réacteur un se poursuit normalement jusque début février, un millier d’ingénieurs et techniciens œuvrent à ces opérations pour un budget de 55 millions d’euros, à travers 150 entreprises intervenantes. C’est le deuxième contrôle de ce type mené depuis la mise en fonctionnement de cet équipement nucléaire.

Une révision XXL pour la centrale nucléaire de Civaux (vidéo de 2mn25)

Publié le 22/11/2021, mis à jour à 19h23

Photo en titre : La centrale nucléaire de Civaux, dans la Vienne. • © France 3 Poitou-Charentes

https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/vienne/poitiers/civaux-la-centrale-nucleaire-totalement-a-l-arret-2346754.html

NDLR: vous avez dit que « le nucléaire n’est pas intermittent? »

TOUS LES SOUS-MARINS AMÉRICAINS À PROPULSION NUCLÉAIRE ONT REÇU L’ORDRE D’ARRÊTER IMMÉDIATEMENT DE NAVIGUER

La marine américaine a émis un ordre rare interdisant à tous les sous-marins à propulsion nucléaire de poursuivre leur navigation.

Tous les sous-marins nucléaires de la marine américaine ont reçu l’ordre d’arrêter immédiatement de naviguer et de regagner leurs bases militaires. L’ordre implique l’annulation immédiate de toutes les missions dans toutes les régions du monde, ce qui a soulevé de nombreuses questions.

Selon les informations obtenues par l’agence de presse Avia.pro, le commandement de la marine américaine a ordonné à tous les sous-marins nucléaires en mer de cesser immédiatement leurs missions et de regagner les bases navales. La raison en est que certaines informations ont été révélées à la suite de l’enquête sur l’incident de la collision avec l’USS Connecticut. Aucun détail n’est disponible, mais selon diverses sources, le programme de navigation a été révisé et certaines lacunes dans la conception des sous-marins nucléaires de la marine américaine ont été révélées.

Selon des informations antérieures non confirmées, l’incident de la collision du Connecticut pourrait être lié au piratage des systèmes de navigation du sous-marin nucléaire, car aucun objet sous-marin susceptible de provoquer une collision n’avait été repéré sur sa trajectoire.

Traduit par Avic pour Réseau International, publié le 22 novembre 2021

Source : https://avia.pro/news/vsem-amerikanskim-atomnym-submarinam-otdan-prikaz-nemedlenno-ostanovit-navigaciyu

https://reseauinternational.net/tous-les-sous-marins-americains-a-propulsion-nucleaire-ont-recu-lordre-darreter-immediatement-de-naviguer/

FRANCE: LA NOUVELLE PISCINE DE RETRAITEMENT DE DÉCHETS RADIOACTIFS À LA HAGUE EN QUESTION

Le public est invité à s’exprimer sur le projet d’une piscine supplémentaire pour stocker les combustibles irradiés sur le site de La Hague. La consultation débute ce lundi 22 novembre et se poursuit jusqu’au 18 février. 

La question fait déjà beaucoup de bruit chez les écologistes. Faut-il construire une nouvelle piscine pour combustibles irradiés à La Hague ? La commission nationale du débat public (CNDP) organise jusqu’au 18 février une « concertation préalable » sur ce projet de « bassin d’une capacité de stockage totale de 6 500 tonnes » qui vise à « éviter la saturation » des piscines actuelles de La Hague.

Les combustibles irradiés dans toutes les centrales de France y refroidissent, soit un peu moins de 10 000 tonnes actuellement, l’équivalent de 100 cœurs de réacteurs. Des réunions publiques sont prévues dans la Manche et chacun peut également donner son avis sur le site https://projet-piscine.edf.fr/

D’un côté, l’urgence est là et de l’autre, le débat sur le traitement des déchets nucléaires en France est relancé. Le pays constitue une exception en la matière puisque dans d’autres États, les déchets sont enfouis à sec, à côté de chaque centrale, ce qui évite les problèmes notamment liés au transport des déchets radioactifs.

Le projet de deuxième bassin est évalué à 1,25 milliard d’euros. Il sera « protégé par une paroi bunkerisée », selon EDF, contrairement aux piscines actuelles.

► À écouter : Rapport de Greenpeace sur les déchets nucléaires : « On entretient le mythe du recyclage »

« Combustibles extrêmement brûlants et extrêmement radioactifs »

Le retraitement des déchets est plus que jamais remis en question, car il représente encore des risques en matière de sûreté et une pertinence économique contestable, selon le rapport d’une députée de la majorité. Les combustibles recyclés fabriqués sur place seraient, eux, très peu utilisés dans les faits, a démontré Greenpeace dans une récente étude.

Pour Catherine Fumé, membre du collectif Sortir du nucléaire et de la coordination Piscine nucléaire STOP, ce « projet de construire une nouvelle piscine, surtout pour ces combustibles Mox usés qu’on ne sait pas recycler, qui sont extrêmement brûlants, extrêmement radioactifs et qu’il faut garder sous l’eau entre 50 et 100 ans. Cela remet en question ce choix français du retraitement, qui produit du plutonium et dont on ne sait pas quoi faire. C’est une installation supplémentaire dans une usine qui est déjà polluante avec énormément d’installations qui sont vétustes et qu’on va devoir démanteler progressivement. »

« Est-ce judicieux de faire cet immense piscine-là ? », interroge la militante anti-nucléaire, qui demande des garanties : « Qu’est-ce qu’on va faire puisqu’elle est prévue pour 100 ans et qu’est-ce qui se passera quand elle sera terminée ? Quels seront les rejets dans l’environnement et que subira la population de la Hague ? Il y a tout un tas de questions qui se posent. » 

► À lire aussi : En France, des questions en suspens après le débat sur les déchets nucléaires

Par RFI, publié le 22/11/2021 à 00h06

Photo en titre : Piscine de traitement des déchets nucléaires à la Hague, dans le nord-ouest de la France, 5 juin 2018. © AFP – CHARLY TRIBALLEAU

https://www.rfi.fr/fr/france/20211121-france-la-nouvelle-piscine-de-retraitement-de-d%C3%A9chets-radioactifs-%C3%A0-la-hague-en-question

L’ARME NUCLÉAIRE HYPERSONIQUE CHINOISE A « TIRÉ UN SECOND MISSILE EN PLEIN VOL », LAISSANT LE PENTAGONE SOUS LE CHOC ALORS QUE LES EXPERTS DISENT QUE CELA « DÉFIE LA SCIENCE »

L’arme nucléaire hypersonique de la CHINE a « tiré un deuxième missile en plein vol » tout en voyageant au moins cinq fois la vitesse du son.

Aucun pays n’avait auparavant été en mesure de démontrer cet exploit et le test aurait pris les scientifiques du Pentagone au dépourvu.

La Chine a stupéfait le monde après avoir tiré un missile hypersonique autour du globe.

Maintenant, il a été révélé que l’arme est beaucoup plus avancée qu’on ne le pensait à l’origine.

Le véhicule de glissement hypersonique, un vaisseau spatial pouvant transporter une ogive nucléaire, a tiré un missile distinct lors de son vol dans l’atmosphère au-dessus de la mer de Chine méridionale le 27 juillet.

Les experts de l’agence de recherche avancée du Pentagone, Darpa, ne savent pas comment la Chine a réussi cet exploit, car les scientifiques disent que cela « défie la science », selon un rapport du Financial Times.

On dit que des experts militaires ont afflué sur les données pour découvrir comment cela a été réalisé.

Ils discuteraient également de l’utilité du projectile, qui a été tiré par le véhicule hypersonique mais qui semble n’avoir eu aucune cible évidente, avant qu’il ne plonge dans l’eau.

Certains experts du Pentagone pensent que le projectile était un missile air-air tandis que d’autres pensent qu’il s’agissait d’une contre-mesure pour détruire les systèmes de défense antimissile afin qu’ils ne puissent pas abattre l’arme hypersonique.

La Russie et les États-Unis tentent de développer des armes hypersoniques depuis des années, mais les experts ont affirmé que le tir de contre-mesures est la dernière preuve que les efforts de la Chine sont bien plus avancés que le Kremlin ou le Pentagone.

« Ce développement nous concerne comme il devrait l’être pour tous ceux qui recherchent la paix et la stabilité dans la région et au-delà », a déclaré un porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC). « Cela s’appuie également sur notre préoccupation concernant les nombreuses capacités militaires que la République populaire de Chine continue de poursuivre. »

Le NSC a ajouté que les États-Unis « continueraient à maintenir les capacités de défense et de dissuasion contre une série de menaces » en provenance de Chine.

Le véhicule de plané hypersonique a été propulsé dans l’espace via une fusée « système de bombardement orbital » qui peut survoler le pôle Sud, le mettant ainsi hors de portée des systèmes de défense antimissile américains.

La Russie a utilisé un « système de bombardement orbital fractionné » pendant la guerre froide, mais était moins avancé et n’avait pas de véhicule à glissement hypersonique maniable.

Armé et dangereux : les dépenses de défense de la Chine

La Chine a dépensé 151 milliards de livres sterling supplémentaires en dépenses militaires cette année – une augmentation de 6,8% – alors qu’elle cherche à étendre sa revendication sur le territoire de la mer de Chine méridionale.

Ses dépenses de défense surviennent au milieu des craintes d’une course aux armements entre les puissances asiatiques alors que le monde se dirige vers une nouvelle guerre froide.

Parmi ses missiles hypersoniques se trouve le DF-26, qui, selon les médias d’État, peut voyager 18 fois plus vite que la vitesse du son.

Il peut voyager assez loin pour bombarder le territoire américain de Guam dans l’océan Pacifique.

La fusée peut transporter des ogives conventionnelles ou nucléaires, et une variante serait capable d’éliminer des groupes de porteurs en haute mer.

La Chine a également annoncé qu’elle développait une arme hypersonique conçue pour générer une impulsion électromagnétique intense qui anéantirait les lignes de communication et électriques.

Le missile, qui a une portée de 2 000 milles et peut voyager à six fois la vitesse du son, est conçu pour créer une explosion chimique au-dessus d’une ville et la paralyser en quelques secondes.

Le test du 27 juillet a indiqué que la Force de fusée de l’Armée populaire de libération progressait beaucoup plus rapidement que beaucoup ne l’avaient pensé.

Ces craintes ont été renforcées par Pékin combinant un système orbital avec une arme hypersonique capable de tirer un missile.

Le test intervient à un moment où la Chine étend rapidement ses forces nucléaires, indiquant qu’elle abandonne sa position de « dissuasion minimale » qu’elle maintient depuis des décennies.

Les États-Unis ont récemment déclaré qu’ils quadrupleraient leur ogive nucléaire d’au moins 1 000 armes cette décennie.

L’ambassade de Chine a déclaré qu’elle n’était « pas au courant » du test de missile.

« Nous ne sommes pas du tout intéressés par une course aux armements avec d’autres pays », a déclaré Liu Pengyu, porte-parole de l’ambassade. « Ces dernières années, les États-Unis ont fabriqué des excuses comme ‘la menace chinoise’ pour justifier leur expansion des armements et le développement d’armes hypersoniques. »

Pékin a rejeté le test original d’armes hypersoniques, affirmant qu’il s’agissait d’un test d’un véhicule spatial réutilisable.

Les puissances mondiales sont à nouveau enfermées dans une course aux armements meurtrière alors que l’on prétend qu’une nouvelle guerre froide est en cours

Mais ce test du véhicule spatial a eu lieu 11 jours avant le test des armes hypersoniques, selon des personnes familières avec les deux tests.

La Chine aurait également effectué un autre test d’armes hypersoniques le 13 août.

Le général David Thompson, vice-chef des opérations spatiales de l’US Space Force, a déclaré que les États-Unis n’étaient « pas aussi avancés » que la Chine ou la Russie dans les armes hypersoniques.

« Nous avons du rattrapage à faire très rapidement. Les Chinois ont un programme hypersonique incroyablement agressif depuis plusieurs années », a déclaré Thompson samedi au Halifax International Security Forum.

« Sputnik a créé un sentiment d’urgence aux États-Unis », a déclaré le général John Hyten à CBS News. « Le test du 27 juillet n’a pas créé ce sentiment d’urgence. Je pense que cela devrait probablement créer un sentiment d’urgence. »

Plus tôt cette année, l’armée russe a annoncé avoir testé un missile hypersonique qu’elle prétendait capable d’échapper à toutes les défenses occidentales.

Le Zircon mortel a été lâché à une vitesse de Mach 7 sur une cible terrestre de la frégate Admiral Gorshkov dans la mer Blanche au large de la côte nord-ouest de la Russie.

Le zircon a été identifié par la télévision contrôlée par l’État de Moscou comme l’arme de choix de Vladimir Poutine pour anéantir les villes côtières américaines en cas de conflit nucléaire.

Une fusée porteuse Longue Marche-3B transportant un satellite Shijian-21 décolle du centre de lancement de satellites de Xichang le 24 octobre. Crédit : Getty

La Chine semble avoir fait des progrès étonnants dans le développement de ses armes hypersoniques. Crédit : Getty Images – Getty

La Chine a testé secrètement DEUX missiles nucléaires hypersoniques qui « ont défié les lois de la physique », provoquant la panique en Occident

Par Delmary delmar, publié le 22 novembre 2021 à 03h11

Photo en titre: La Chine lance le 16 octobre le vaisseau spatial Shenzhou-13, embarqué sur la fusée porteuse Longue Marche-2F. Crédit : Getty

https://news-24.fr/larme-nucleaire-hypersonique-chinoise-a-tire-un-second-missile-en-plein-vol-laissant-le-pentagone-sous-le-choc-alors-que-les-experts-disent-que-cela-defie-la-science/

TRIBUNE : IL NE FAUT PAS CONDAMNER L’ÉOLIEN POUR DE MAUVAISES RAISONS

Patrick Simon est directeur général d’EDP Renewables pour la France et la Belgique. Cette entreprise, active dans 25 pays, est un des leaders mondiaux des énergies renouvelables et le 4e plus grand producteur d’énergie éolienne. M. Simon nous propose aujourd’hui une tribune dans laquelle il démonte, chiffres à l’appui, une série de contre-vérités propagées à l’encontre des éoliennes.

Le réchauffement climatique est en route. Plus nous agirons tard, plus les dégâts sur nos sociétés et notre environnement seront violents. Un des principaux leviers pour amoindrir le choc est la production d’électricité décarbonée : l’augmentation de la production éolienne n’est plus une option, c’est un impératif.

Pourtant, les calculs politiques et les intérêts personnels ont instrumentalisé le sort des éoliennes. En France,  parce que l’électricité nucléaire est faiblement émettrice de CO2, certains considèrent qu’il n’y a plus lieu de s’intéresser aux énergies renouvelables. Fin du débat, comme si la question énergétique se résumait à la seule émissions de CO2.

C’est oublier que la vraie question du nucléaire est le danger lié au combustible. Avec le risque d’accident comme à Fukushima ou avec la question des déchets radioactifs, on remplace un risque par un autre, tout aussi grave et à des échéances que nous ne contrôlons pas.

Il ne s’agit pas d’opposer l’éolien au nucléaire. Mais il est paradoxal que le nucléaire devienne la principale motivation des anti-éoliens : ce serait LA solution face au réchauffement climatique ! Et le débat devient caricatural.

Les arguments ignorent toute logique. Calomniez, il en restera toujours quelque chose ! On frise la théorie du complot : approximations, mensonges, exagérations, ignorance. Mais il ne faut pas condamner l’éolien pour de mauvaises raisons.

Lire aussi : Trop cher et trop lent, le nucléaire ne sauvera pas le climat

Une éolienne se recycle à plus de 95 %

Regardons quelques antiennes du discours des opposants. Par exemple, l’argument du démantèlement des éoliennes en fin de vie. Comment peut-on s’inquiéter pour les fibres synthétiques des pales ou les fondations en béton, deux matériaux parfaitement inertes, alors que l’industrie éolienne est parmi les plus vertueuses avec 95 % de recyclage, un pourcentage qui ne cesse d’augmenter ? Précisément, l’avantage des parcs éoliens est qu’ils sont totalement « réversibles », c’est-à-dire qu’ils pourront être intégralement démontés sans laisser de traces.

C’est au contraire un des inconvénients du nucléaire qui génère chaque seconde des déchets radioactifs dangereux pendant des centaines, voire des milliers d’années. Nier les problèmes ou les reporter sur les générations futures est rarement la meilleure attitude – pensons à l’amiante, ou à la centrale de Brennilis dont le démantèlement n’est prévu d’être achevé qu’en 2032, soit 45 ans après son arrêt…

Lire aussi : Le démantèlement et le recyclage des éoliennes

Les éoliennes tournent plus de 80 % du temps

Pourquoi répéter que les éoliennes ne fonctionnent que 25 % par an alors qu’en réalité elles produisent plus de 80 % du temps ? Les contempteurs confondent le taux de charge, un indicateur théorique, avec le taux de fonctionnement, bien réel et concret, qui comptabilise les périodes de production. Les éoliennes tournent dès que le vent atteint une valeur suffisante, mais leur puissance maximale n’est atteinte qu’avec des vents forts. Dire que les éoliennes ne produisent que 25 % du temps, c’est comme si l’on considérait qu’une voiture n’est utilisée que lorsqu’elle roule à pleine vitesse.

Pourquoi prétendre que l’on ne peut pas compter sur les éoliennes au motif qu’elles dépendent du vent qui est incertain ? Mais intermittence ne veut pas dire aléatoire. Or c’est la prévisibilité qui est le plus important pour le système électrique. La production éolienne est certes variable, mais elle est prévisible avec une grande précision grâce aux prévisions météorologiques.

Par ailleurs, le phénomène de « foisonnement » permet d’équilibrer la production sur le plan national (et en Europe dont le réseau est de plus en plus intégré) : il est rare que le vent soit nul partout en France. Notons que l’intermittence n’est pas l’apanage de l’éolien : les centrales thermiques ou nucléaires ne fonctionnent pas toute l’année non plus. Elles doivent s’arrêter plusieurs semaines pour recharger le combustible et réaliser des travaux de maintenance. Et ces quelques semaines peuvent devenir quelques mois en cas d’aléas. En 2019, les 56 réacteurs français se sont arrêtés chacun 96 jours en moyenne, dont 30 jours non prévus ! Et que dire des reports permanents pour la mise en service de l’EPR ? Ou des arrêts liés aux températures trop chaudes en été ? Les éoliennes sont des moyens de production très fiables : elles ne nécessitent de s’arrêter pour leur maintenance que quelques jours par an. Leur niveau de production est juste variable. Comme une voiture qui roule à différentes vitesses.

Lire aussi : Variabilité des renouvelables : nos réseaux électriques sont-ils en danger?

La protection de la biodiversité est au cœur de chaque projet éolien

Pourquoi autant insister sur les collisions mortelles avec des oiseaux migrateurs, alors que les routes, les lignes électriques ou les animaux sont une source de mortalité des oiseaux bien supérieure ? Pourquoi ne pas plutôt souligner la quantité d’études ornithologiques réalisées tout au long de la durée de vie des ouvrages ? Il en résulte souvent des décisions d’arrêter les éoliennes à certains moments de la journée, par exemple au crépuscule pour préserver les chauves-souris ou à certains moments de l’année correspondant à des périodes migratoires : c’est ce qu’on appelle le « bridage ». Et, au-delà des oiseaux, pourquoi ne pas rappeler toutes les études sur la biodiversité locale réalisées avant la construction d’un parc éolien qui permettent de mieux connaître, et donc de mieux protéger, les espèces animales ou végétales dont personne ne se préoccupait auparavant ? Enfin, pourquoi ne pas rappeler qu’un danger bien plus grave guette l’ensemble de la faune et de la flore si nous n’agissons pas : celui du réchauffement climatique qui entraînera la disparition de nombreuses espèces.

Lire aussi : Parcs éoliens offshore : un paradis pour les poissons, crabes, moules et autres espèces marines

L’électricité éolienne coûte deux fois moins cher que l’électricité nucléaire

Comment peut-on affirmer que l’électricité éolienne est chère, quand c’est aujourd’hui le moyen de production le plus économique avec le solaire ? Le coût de l’électricité est calculé en divisant la totalité des montants investis pour la construction ou dépensés pendant l’exploitation par la quantité d’électricité prévue d’être produite. Le coût de l’éolien est deux fois inférieur au coût des nouvelles centrales nucléaires (qui du reste ne sont toujours pas en fonctionnement) : 6 c€ le kilowattheure contre 12 pour l’EPR. L’éolien est bon marché, c’est factuel. Augmenter la part de l’éolien dans la production française contribuera à diminuer le prix de l’électricité pour le consommateur. Depuis cet été, les prix de marché de l’électricité ont atteint des records à cause des hausses des prix du gaz et de la tonne de CO2. Le coût de l’éolien, lui, ne varie pas car le vent est gratuit et inépuisable : il garantit la stabilité des prix dans la durée.

Lire aussi : Les éoliennes réduisent notre facture d’électricité

La France à la traîne derrière ses voisins européens

Comment peut-on prétendre que les touristes renonceront à visiter un château parce qu’il est situé à 5 kilomètres d’une ferme éolienne ? Au contraire, les ressources perçues par les communes aident à développer l’attractivité des territoires. Pour beaucoup, surtout chez les jeunes qui plébiscitent les énergies renouvelables, une éolienne est un marqueur de progrès. Leur esthétique est souvent utilisée pour le décor de films publicitaires ou de jeux vidéo pour symboliser la modernité.

Comment peut-on parler d’un puissant lobby éolien alors qu’il est insignifiant en comparaison du lobby nucléaire ? Comment peut-on parler de développement anarchique de l’éolien alors que la délivrance des autorisations nécessaires à la construction et à l’exploitation des parcs éoliens  est strictement réglementée ? Comment peut-on dénoncer un déni de démocratie de la filière éolienne alors que toutes les politiques d’expansion sont votées par le Parlement ?

Comment ignorer le bénéfice de l’indépendance énergétique que permet le vent, ressource locale infinie, alors que l’importation d’uranium ou de gaz nous exposent en permanence à des tensions géopolitiques ?

Nous pourrions aussi parler du mythe des terres rares que l’on trouve davantage dans nos smartphones que dans les éoliennes, et nous pourrions continuer à dénoncer nombre d’arguments des auto-proclamés spécialistes du secteur électrique. Les vrais experts, tant à la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) qu’à RTE (Réseau de Transport d’Électricité), ne cessent de rappeler le rôle indispensable de l’éolien pour la transition énergétique. Avec moins de 9 % d’électricité d’origine éolienne, la France est loin derrière ses voisins européens qui ont largement dépassé les 20 % et même atteint les 50% au Danemark !

Finalement, l’essentiel est de comprendre que l’éolien est clairement du côté des solutions. Tout en comprenant aussi que l’éolien ne peut pas lutter seul. L’avenir est dans une combinaison intelligente de tous les moyens de production sobres en CO2. Il n’y a pas de raison de les opposer : il faut au contraire les unir. La bonne santé de notre planète en dépend.

Lire aussi : Éoliennes et métaux rares : rumeurs et réalités

Lire aussi : Lenteur dans l’éolien en France : Barbara Pompili se mouille

Par La rédaction, publié le 21 novembre 2021

https://www.revolution-energetique.com/tribune-il-ne-faut-pas-condamner-leolien-pour-de-mauvaises-raisons/

PALUEL : NON-RESPECT DES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION RELATIVES À LA GESTION DES INDISPONIBILITÉS MATÉRIELLES

Le 21 septembre 2021, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect des règles générales d’exploitation du réacteur 1 concernant le cumul d’indisponibilités matérielles sur l’installation.

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles encadrent en particulier les interventions réalisées sur les équipements contribuant à la sûreté et prescrivent la conduite à tenir en cas d’indisponibilité de matériels.

Le circuit de refroidissement intermédiaire (RRI) permet de refroidir, en fonctionnement normal comme en situation accidentelle, l’ensemble des matériels et fluides des systèmes auxiliaires et de sauvegarde du réacteur. Ce circuit assure en outre le refroidissement du circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA), qui assure l’évacuation de la puissance résiduelle dégagée par le combustible lors des phases d’arrêt du réacteur. Pour accomplir sa fonction, le circuit RRI est situé à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment réacteur, et dispose de traversées de l’enceinte de confinement.

Une perte de l’alimentation électrique externe du réacteur 1 survenue dans la nuit du 10 au 11 septembre 2021 a déclenché l’arrêt automatique du réacteur. L’exploitant a ensuite appliqué les procédures de conduite en situation incidentelle et accidentelle, qui demandaient, entre autres, l’ouverture d’une vanne du circuit RRI située au niveau d’une traversée du bâtiment réacteur. Celle-ci ne s’ouvrant pas depuis la salle de commande, un agent de conduite a alors réalisé un essai d’ouverture manuelle, qui nécessite le débrayage du servomoteur de la vanne. Cette tentative n’ayant pas permis d’ouvrir la vanne, l’exploitant a considéré la voie correspondante du système de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA) comme indisponible.

Une fois l’état du réacteur stabilisé, l’exploitant a engagé la réparation de la vanne bloquée sur le circuit de refroidissement intermédiaire (RRI), qui a nécessité trois jours. En parallèle l’exploitant a débuté les opérations de redémarrage du réacteur.

Les analyses techniques menées a posteriori sur la vanne ont montré que, bien que bloquée en position fermée, le débrayage du servomoteur ne permettait pas de garantir la bonne étanchéité de la vanne. Le temps de la réparation, EDF n’a donc pas respecté les règles relatives au cumul de l’indisponibilité d’une des voies du refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA) avec des systèmes concourant à l’isolement de l’enceinte de confinement.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois, en raison de la détection tardive du non-respect des règles générales d’exploitation du réacteur, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 19 novembre 2021

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-des-regles-generales-d-exploitation45

« ON EST EN DIRECT » : YANN ARTHUS-BERTRAND DEMANDE À JADOT UN RÉFÉRENDUM SUR LE NUCLÉAIRE

Le photographe et le candidat écologiste à l’élection présidentielle se sont faits face ce samedi 20 novembre sur le plateau de l’émission « On est en direct« .

« Je suis convaincu que l’on peut gagner et on va gagner ». Yannick Jadot était invité dans l’émission de Léa Salamé et Laurent Ruquier ce samedi 20 novembre. S’il a estimé être capable de remporter l’élection présidentielle, le candidat Europe Écologie Les Verts a vite été amené débattre de l’épineuse question du nucléaire, face à un autre invité écologiste, Yann Arthus-Bertrand.

Au cours de l’émission, les deux hommes se sont fait face. Sur le sujet du nucléaire, Yann Arthus-Bertrand demande à Yannick Jadot : « Toi président, est-ce que tu ne veux pas organiser un référendum ? Les Français choisissent. Est-ce qu’on pourrait tous choisir« , interroge le photographe. Ce à quoi le candidat écologiste répond : « On peut, pourquoi pas ?« 

Interrompu brièvement, Yann Arthus-Bertrand reprend alors, affirmant qu’il voterait pour Jadot à la présidentielle : « Je vais voter pour toi, parce que je vote écolo depuis 1970. Mais il ne faut pas fermer la porte au nucléaire. Il faut dire, ‘on verra, on choisira ensemble’« , conclut l’explorateur.

L’occasion pour Yannick Jadot de rebondir et de tempérer : « Attention, moi je ne ferme pas les centrales nucléaires demain. Je garantis qu’il n’y a pas une famille, ni une entreprise qui manquera d’électricité, mais je veux des énergies qui soient modernes, moins risquées, qui ne font pas des déchets qu’on envoie aux Russes« , a martelé le candidat EELV sur le plateau télévisé.

Publié le 21 novembre 2021 à 01h01

Photo en titre : Yann Arthus-Bertrand et Yannick Jadot sur le plateau de l’émission « On est en direct » ce samedi 20 novembre.

Vous pouvez voir et écouter cette partie de l’entretien (1mn11s) en cliquant sur https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/on-est-en-direct-yann-arthus-bertrand-demande-a-jadot-un-referendum-sur-le-nucleaire-7900098196

CÔTE-D’OR : UNE VIGIE CITOYENNE DEMANDE L’ADHÉSION DE LA FRANCE AU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Ce jeudi 18 novembre, deux vigies citoyennes se sont déroulées à Dijon et à Moloy pour demander la reconversion du site du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives de Valduc.

Communiqué du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 18 novembre 2021 :

22ème Vigie citoyenne mensuelle à DIJON et Valduc : reconversion du CEA et abolition des armes nucléaires.

Double Vigie ce 18 novembre 2021 : à DIJON et à MOLOY, près du site du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Valduc, qui assure la maintenance et la modernisation des 290 armes nucléaires françaises, une dizaine de lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ se sont relayés. Ils appellent :

– au respect par la France de l’art. 6 du Traité de non-prolifération (TNP) auquel elle a adhéré en 1992 et dont elle viole allègrement l’esprit et la lettre,
– à l’adhésion de la France au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), devenu le 22 janvier 2021 la norme du droit international,

– et à la reconversion à des activités pacifiques des sites CEA-DAM, dont celui de Valduc.

Prochaine Vigie citoyenne : le 15 décembre !

Le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ vous donne rendez-vous le mercredi 15, pour la Vigie de décembre, où nous fêterons les 2 ans d’existence de ces Vigies mensuelles !

Claude Bourdet, un Résistant contre l’arme nucléaire

Claude Bourdet (1909-1996), ingénieur français diplômé de l’École polytechnique fédérale de Zurich. Il participe avec Henri Frenay et Berty Albrecht à la fondation du mouvement de Résistance ‘Combat’. En 1942 il crée et développe le réseau ‘Noyautage des administrations publiques’ (NAP) pour infiltrer les administrations de l’État français et les faire fonctionner au service de la Résistance : renseignement de ‘la France libre’, sécurité des Résistants, sabotage « professionnel« , fourniture de faux papiers, préparation de la prise du pouvoir au moment de la Libération. Il y pratique la résistance non-violente et la non-collaboration avec l’occupant et avec le régime de Vichy, « comme Monsieur Jourdain faisant de la prose », écrira-t-il plus tard à Jean-Marie Muller. Les administrations concernées sont notamment les préfectures, la police, le ravitaillement, l’électricité, les PTT et la SNCF.

Arrêté en mars 1943 par la Gestapo, torturé, il est déporté à Buchenwald. En octobre 1945 il est fait ‘Compagnon de la Libération’. Écrivain, journaliste, il cofonde en 1950 le journal L’Observateur et en 1960 le ‘Parti socialiste unifié’ (PSU). Il dénonce la répression à Madagascar et la torture en Algérie.

Dans le prolongement de son combat contre le nazisme, et pour dénoncer une arme immorale et suicidaire, Claude Bourdet cofonde en 1963 avec Jean Rostand le ‘Mouvement contre l’Armement Atomique’ (MCAA), devenu en 1968 ‘Mouvement pour le Désarmement, la Paix et la Liberté’ (MDPL). Il est membre du Comité de parrainage du ‘Centre de documentation et de recherche sur la paix et les conflits’ (CDRPC), devenu en 2008 ‘Observatoire des armements’.

Il déclare, lors d’un échange à la Revue Défense nationale : « Il est bien certain qu’une grande partie du manque d’intérêt des citoyens pour les problèmes de défense nationale aujourd’hui, – sauf peut-être chez certaines élites très informées, – réside dans l’idée que le fameux « bouton » par lequel le chef de l’État déclenche la guerre nucléaire, nous garantit tellement bien que ce n’est vraiment plus la peine de se préoccuper de défense. Ce désintéressement satisfait peut-être certains « pacifistes ». Moi, il ne me satisfait pas. »

Comment les citoyens peuvent-ils soutenir le TIAN ?

– Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre Député et Sénateur pour que la France ratifie le TIAN.

– Participez aux Vigies citoyennes à Dijon ou Valduc, Paris et ailleurs.

– Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique en participant à la campagne d’action sur ce thème.

– Intéressez-vous aux armes nucléaires, aux questions de sécurité internationale et aux alternatives de défense de la démocratie.

Les Vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008). Découvrez l’historique avec photos des actions à Dijon et Valduc depuis 2014.

Par Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, publié le 21/11/2021à 06h58

http://abolitiondesarmesnucleaires.orgabolitiondesarmesnucleaires@orange.fr

Tél : 06 14 24 86 96

NUCLÉAIRE: LE SECRÉTAIRE AMÉRICAIN À LA DÉFENSE LANCE UN AVERTISSEMENT À L’IRAN

« Les actions de l’Iran ces derniers mois n’ont pas été encourageantes« , a déclaré Lloyd Austin

En déplacement au Bahreïn samedi, le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, a cherché à rassurer ses alliés au Moyen-Orient concernant l’engagement de l’administration Biden dans la région.

Ces déclarations interviennent alors que les États arabes du Golfe, fortement tributaires de l’aide militaire américaine, ont exprimé des doutes par rapport à l’engagement de Washington dans la région, surtout après le retrait des États-Unis d’Afghanistan. 

Dans un discours prononcé à l’occasion d’une tournée dans le Golfe, Lloyd Austin a évoqué le fait que les alliés américains au Moyen-Orient et le monde dans son ensemble se disaient préoccupés des nouvelles priorités géopolitiques des États-Unis, qui semblent se concentrer presque exclusivement sur la Chine.

« Soyons clairs : l’engagement de l’Amérique envers la sécurité au Moyen-Orient est sans équivoque« , a déclaré le secrétaire américain à la Défense.

Il a notamment souligné que les États-Unis étaient déterminés à contrer l’Iran, alors même que Washington s’efforce de relancer l’accord nucléaire de 2015.

« Nous restons attachés à une issue diplomatique sur la question du nucléaire« , a-t-il déclaré. « Mais si l’Iran n’est pas disposé à prendre de sérieux engagements concernant son programme nucléaire, alors nous examinerons toutes les options nécessaires afin d’assurer la sécurité des États-Unis. »

Le chef du Pentagone a insisté sur le fait que Washington ferait preuve de « bonne foi » lors des négociations indirectes avec Téhéran sur la relance de l’accord nucléaire qui doivent débuter le 29 novembre à Vienne.

Lloyd Austin a néanmoins pointé le fait que « les actions de l’Iran ces derniers mois n’avaient pas été encourageantes, notamment en raison de l’expansion de son programme nucléaire« . 

Les États du Golfe sont particulièrement inquiets des avancées nucléaires de la République islamique.

Ils réclament par ailleurs que les négociations de Vienne se concentrent sur le programme de missiles balistiques de l’Iran, ainsi que sur son comportement déstabilisateur dans la région par le biais de ses proxys.

Par i24NEWS, publié le 20 novembre 2021 à 18h59, dernière modification le 20 novembre 2021 à 22h37

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1637431010-usa-le-secretaire-a-la-defense-assure-de-l-engagement-americain-a-contrer-le-programme-nucleaire-iranien?minutetv=true

CONSTRUIRE UNE NOUVELLE PISCINE NUCLÉAIRE À LA HAGUE ? VOUS POUVEZ DONNER VOTRE AVIS

Pour faire face au risque de saturation des bassins existants, EDF prévoit d’investir 1,25 milliards d’euros dans la construction d’une nouvelle piscine de combustibles nucléaires usés à La Hague. Une consultation du public s’ouvre ce lundi 22 novembre.

La commission nationale du débat public (CNDP) organise, à partir de ce lundi 22 novembre et jusqu’au 18 février, une « concertation préalable » sur le projet de « bassin d’une capacité de stockage totale de 6.500 tonnes » qui vise à « éviter la saturation » des piscines actuelles de La Hague. Les combustibles irradiés dans toutes les centrales de France y refroidissent, soit un peu moins de 10.000 tonnes actuellement, l’équivalent de 100 cœurs de réacteurs. Des réunions publiques sont prévues dans la Manche et chacun peut également donner son avis sur le site projet-piscine.edf.fr.

Les réserves de Pompili en 2018

En incluant « la possibilité d’installer un deuxième bassin ultérieurement » mentionnée dans le projet, les capacités théoriques d’entreposage « doubleraient« , s’inquiète Guillaume Hédouin, conseiller régional EELV opposé au projet. L’absence d’eau sur les combustibles peut entraîner une catastrophe nucléaire. « On a là une question lourde qui se pose: est-ce que c’est raisonnable de laisser une telle quantité de matière nucléaire au même endroit« , s’était interrogée en 2018 Barbara Pompili, alors députée LREM après avoir visité La Hague. Dans un rapport parlementaire publié la même année, elle indiquait « continuer de s’interroger sur la nécessité d'(y) construire à grand frais une piscine centralisée dotée de deux bassins ayant pratiquement chacun la taille d’un terrain de football« .

La nouvelle piscine évaluée à 1,25 milliard d’euros serait toutefois « protégée par une paroi bunkerisée » selon EDF, contrairement aux bassins actuels propriété d’Orano qui les considère comme sûrs. Le sénateur PS de la Manche Jean-Michel Houllegatte est lui favorable au projet. L’unité recyclage d’Orano emploie 4.800 personnes en France.

Un projet « vraiment urgent » selon le gendarme du nucléaire

Surtout, le lancement de ce projet est « vraiment urgent« , face aux risques de saturation des bassins actuels, estimait en juin 2020 le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) Bernard Doroszczuk.  Fin 2016, le taux d’espace disponible dans les piscines était de 7,4% selon Orano. Si les bassins sont pleins, les réacteurs doivent progressivement s’arrêter. Aujourd’hui, le gendarme du nucléaire redoute même une « saturation (…) beaucoup plus rapide que prévu » des piscines de la Hague, selon un document daté du 25 octobre, deux semaines avant que l’Élysée n’annonce sa volonté de « relancer la construction de réacteurs nucléaires« .

Les craintes de l’ASN sont liées à « l’aggravation des difficultés auxquelles Orano est confrontée » dans son usine de Marcoule (Gard) pour faire du MOX, un combustible fabriqué à partir du retraitement des combustibles irradiés entreposés à La Hague, selon l’ASN.  Comme Marcoule produit moins, La Hague retire moins de combustibles de ses piscines qui continuent à se remplir. D’autant qu’Orano a dû arrêter fin septembre pour au moins de deux mois une de ses deux usines de retraitement de la Hague à la suite notamment d’un problème de corrosion. La mise en service du premier bassin est annoncée par EDF pour 2034. Orano a demandé l’autorisation de mettre plus de combustibles dans ses piscines en attendant.

Du stockage à côté des centrales ?

Selon Yannick Rousselet de Greenpeace France, une saturation est désormais redoutée pour 2028. Pour l’ONG comme pour EELV, il faut renoncer au retraitement et aux piscines de la Hague, pour entreposer les combustibles à sec à côté de chaque centrale, comme cela se fait à l’étranger. Et pour eux, c’est faisable dans les délais imposés par les risques de saturation. « Le retraitement constitue une exception française qui contribue à l’accroissement des risques en matière de sûreté et présente une pertinence économique contestable« , écrivait Mme Pompili dans son rapport préconisant d’étudier la piste de l’entreposage à sec. L’ASN a aussi demandé à EDF d’y réfléchir en parallèle à son projet de bassin.

Selon Orano, le retraitement sert à réduire le volume des déchets. Pour EELV, le retraitement est « un tour de passe-passe, un vrai scandale« . Les combustibles recyclés fabriqués par Orano sont très peu utilisés dans les faits, selon les écologistes.

Avec AFP, publié le 20/11/2021, mis à 15h59

Photo en titre : ARCHIVE Les piscines du site Orano de Beaumont Hague en 2012 • © PHOTOPQR/L’EST REPUBLICAIN

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/construire-une-nouvelle-piscine-nucleaire-a-la-hague-vous-pouvez-donner-votre-avis-2343793.html

ÉNERGIES FOSSILES : LE SYSTÈME PÉTROLIER S’EFFONDRE RAPIDEMENT

Cela pourrait compromettre les énergies renouvelables, avertissent des scientifiques du gouvernement français

Oubliez le « pic pétrolier ». Nafeez Ahmed révèle comment les industries pétrolières et gazières se cannibalisent à mesure que les coûts d’extraction des combustibles fossiles augmentent.

Une équipe de scientifiques français spécialisés dans l’énergie prévient que l’effondrement du système pétrolier mondial est si rapide qu’il pourrait faire dérailler la transition vers un système d’énergie renouvelable s’il ne se produit pas assez vite. En 13 ans seulement, la production mondiale de pétrole pourrait entrer dans un déclin terminal exponentiel, accompagné de l’effondrement général des industries pétrolières et gazières mondiales au cours des trois prochaines décennies.

Mais ce n’est pas parce que la terre est en train de manquer de pétrole et de gaz. C’est plutôt parce qu’ils s’entredévorent de plus en plus pour rester en vie. Les industries pétrolières et gazières consomment de l’énergie exponentiellement, juste pour continuer à extraire du pétrole et du gaz. C’est pourquoi elles sont entrées dans une spirale destructrice d’augmentation des coûts de production, de diminution des bénéfices, d’augmentation de la dette et de déclin économique irréversible.

Se cramponner au vieux modèle moribond des combustibles fossiles pour survivre est une recette pour un suicide civilisationnel.

Les pénuries d’énergie et les flambées de prix à l’échelle mondiale ne sont qu’un avant-goût de ce qui nous attend si nous restons dépendants des combustibles fossiles. Pourtant, un discours de plus en plus répandu désigne à tort la « transition vers une énergie propre » comme le coupable.

The Economist, par exemple, décrit la flambée mondiale des prix du gaz comme « le premier grand choc énergétique de l’ère verte », des investissements inappropriés dans les énergies renouvelables et « certains combustibles fossiles de transition » (comme le gaz). Cela pourrait conduire à « une révolte populaire contre les politiques climatiques. »

Cela implique que le moteur fondamental de la volatilité énergétique mondiale est la transition vers l’abandon des combustibles fossiles : mais ce récit erroné est l’exact inverse.

Rendement énergétique de l’investissement (EROI)

La clé pour comprendre tout cela réside dans la manière dont la nouvelle étude, publiée dans la revue éditée par Elsevier Applied Energy, applique le concept de « retour sur investissement énergétique » (EROI).

Mis au point par le professeur Charles Hall, spécialiste de l’écologie systémique (avec qui j’ai travaillé sur mon livre Failing States, Collapsing Systems, Les États défaillants, l’effondrement des systèmes, NdT), l’EROI mesure la quantité d’énergie qu’il faut utiliser pour extraire l’énergie d’une ressource ou d’une technologie donnée. Il s’agit d’un simple ratio qui estime la quantité d’énergie que l’on peut extraire pour chaque unité d’énergie injectée. Il est donc évident que plus le ratio est élevé, mieux c’est, car cela signifie que l’on en a plus pour son argent.

La nouvelle étude a été réalisée par trois scientifiques du gouvernement français – Louis Delannoy, Pierre-Yves Longaretti et Emmanuel Prados, de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA), qui dépend du ministère français de l’Éducation nationale et du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie – ainsi que par David J. Murphy, spécialiste de l’environnement et de l’énergie à l’université Saint-Laurent de New York.

Leurs recherches ont révélé que 15,5 % – plus d’un dixième – de l’énergie produite à partir du pétrole dans le monde est déjà nécessaire pour continuer à produire tout le pétrole.

Or, la situation s’aggrave, au lieu de s’améliorer. Depuis que la production du pétrole conventionnel le plus facile à obtenir a ralenti et atteint un plateau il y a une quinzaine d’années, nous dépendons de plus en plus de formes de pétrole non conventionnel difficiles à extraire, qui utilisent de plus grandes quantités d’énergie avec des techniques plus complexes comme la fracturation.

La spirale descendante

En 1950, l’EROI de la production mondiale de pétrole était très élevé, de l’ordre de 1 pour 44 (ce qui signifie que pour chaque unité d’énergie introduite, nous en retirions 44). Pourtant, comme l’illustre le graphique ci-dessous tiré de la nouvelle étude, cette valeur a connu une chute vertigineuse et choquante.

En 2020, elle a atteint environ 1 pour 8, et devrait diminuer et se stabiliser à environ 6,7 à partir de 2040.

D’ici 2024 – dans les quatre prochaines années – la quantité d’énergie que nous utilisons pour la production mondiale de pétrole va passer à 25 % de la production énergétique. En d’autres termes, le monde utilisera un quart de l’énergie produite à partir du pétrole uniquement pour continuer à produire ce pétrole.

Mais au lieu de devenir plus efficaces, les technologies d’extraction des combustibles fossiles le sont de moins en moins. C’est pourquoi la quantité d’énergie dont nous avons besoin pour continuer à produire du pétrole augmente de manière exponentielle.

D’ici 2050, la moitié de l’énergie extraite des réserves mondiales de pétrole devra être réinjectée dans de nouvelles extractions pour continuer à produire du pétrole. Les auteurs ont trouvé un nom intéressant pour ce phénomène autodestructeur : ils l’appellent « cannibalisme énergétique. »

Cette tendance a des conséquences massives sur la croissance économique à long terme que peu d’économistes classiques reconnaissent aujourd’hui. Le problème essentiel est que plus nous avons besoin d’énergie pour extraire l’énergie elle-même, moins il y a d’énergie disponible pour d’autres secteurs de l’économie et de la société.

Comme l’ont montré les économistes Tim Jackson et Andrew Jackson de l’université du Surrey, il existe désormais de nombreuses preuves scientifiques que le déclin de l’EROI est un facteur sous-jacent du déclin de la croissance économique.

Cela suggère que les deux dernières décennies de turbulences économiques mondiales sont étroitement liées à la dépendance structurelle continue de l’économie mondiale à l’égard des combustibles fossiles : une dépendance qui, si elle se poursuit, garantira un avenir sombre de déclin énergétique et économique dans un contexte de crise environnementale croissante.

Oui, l’ère des combustibles fossiles se termine

Qu’est-ce que cela signifie pour l’idée de « pic pétrolier » ?

Selon les scientifiques, les discussions précédentes sur le pic pétrolier étaient trop polarisées pour être utiles. Ils appellent donc à une réouverture du débat sur la base de ces nouvelles conclusions, non pas parce que nous sommes en train de manquer de pétrole (les auteurs soulignent que « nous avons clairement trop de stocks de combustibles fossiles pour respecter des objectifs climatiques ambitieux »), mais parce que notre capacité économique à accéder au pétrole à un prix abordable diminue à un rythme exponentiel dont les décideurs ne parlent pas.

« Si le pétrole de schiste a pu compenser le plateau de production des pétroles conventionnels depuis le milieu des années 2000, prévoient-ils, aucun autre pétrole ne devrait décoller et devenir la prochaine source d’énergie de secours. »

Selon eux, cela définira le moment où toute la production mondiale de pétrole atteindra probablement un pic et déclinera – une date qui, selon eux, se situe quelque part autour de 2034 : c’est-à-dire dans 13 ans seulement.

« Il existe une fenêtre de plus en plus étroite entre des prix du pétrole suffisamment élevés pour que l’extraction et le développement soient viables et suffisamment bas pour que les consommateurs puissent y avoir accès, concluent-ils. De ce point de vue, le pic pétrolier ne sera jamais ni un pic total de l’offre ni un pic de la demande, mais un mélange des deux dans des proportions difficiles à mesurer et à projeter. »

D’autres analystes ont souligné que les ruptures technologiques comme le solaire photovoltaïque, les éoliennes, les batteries de stockage et les véhicules électriques (VE) sont en passe d’éliminer la demande de pétrole et de gaz au cours de la prochaine décennie. Le pétrole est donc confronté à une tempête parfaite, tant en amont qu’en aval.

Dans une nouvelle étude distincte, la même équipe s’est penchée sur les données mondiales relatives au gaz et a constaté que si nous utilisons actuellement 6,7 % de l’énergie mondiale pour produire du gaz, cette quantité augmente à un rythme exponentiel et atteindra près d’un quart d’ici 2050.

Au cours des prochaines décennies, les investissements dans le pétrole et le gaz seront donc « coincés » en raison de trois pressions convergentes :

1 : les politiques climatiques exigeant que les combustibles fossiles restent dans le sol ;

2 : l’effondrement de la demande, les combustibles fossiles et les moteurs à combustion étant de plus en plus ébranlés par l’énergie solaire, l’énergie éolienne, les batteries et les véhicules électriques ;

3 : et l’accélération du « cannibalisme énergétique », les industries pétrolières et gazières se consumant elles-mêmes jusqu’à disparaître en essayant de continuer à fonctionner.

Abandonner l’alternative

L’implication la plus alarmante de cette nouvelle recherche concerne peut-être les technologies des énergies renouvelables. Les auteurs concluent :

« […] soit la transition énergétique mondiale se fait assez rapidement, (NDLR : ce qui exclut le redéveloppement du nucléaire!), soit nous risquons une aggravation du changement climatique, une récession historique et à long terme due à des déficits énergétiques (au moins pour certaines régions du globe), ou une combinaison de plusieurs de ces problèmes. »

Donc, si nous retardons trop longtemps la transformation en énergie propre, il pourrait ne pas y avoir assez d’énergie pour soutenir la transition en premier lieu – ce qui conduirait au « pire des scénarios » : l’effondrement à la fois du système de combustibles fossiles et de la capacité à créer une alternative viable.

La bonne nouvelle est que, selon des recherches de plus en plus nombreuses, cette alternative pourrait ouvrir un vaste espace de possibilités pour la civilisation humaine. Selon le groupe de réflexion financier Carbon Tracker, les technologies d’énergie renouvelable telles que l’énergie solaire, l’énergie éolienne et les batteries deviennent plus efficaces, sont déployées de plus en plus rapidement et génèrent des rendements plus élevés.

Comme je l’ai soutenu pour le groupe de prévision technologique RethinkX, il est également de plus en plus évident que les technologies d’énergie renouvelable ont un EROI plus élevé et croissant par rapport aux combustibles fossiles, et que, si elles sont déployées de manière optimale, elles peuvent éviter les goulets d’étranglement dans l’approvisionnement en minéraux et en matériaux.

Il n’y a pas de temps à perdre. Les nouvelles recherches menées par l’équipe française confirment, que nous le voulions ou non, que la civilisation humaine est au cœur de la transformation la plus rapide du système énergétique mondial que nous ayons jamais connue. S’accrocher au vieux paradigme moribond des combustibles fossiles est une recette pour le suicide civilisationnel.

Source : Byline Times, Nafeez Ahmed,

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises et publié le 20 novembre 2021

https://www.les-crises.fr/energies-fossiles-le-systeme-petrolier-s-effondre-rapidement/

DES REPTILES UTILISÉS COMME DES COMPTEURS GEIGER À FUKUSHIMA

Lorsqu’une catastrophe nucléaire survient, comme celle de Fukushima en 2011, les conséquences durent de nombreuses années et sont désastreuses pour l’environnement et notamment les êtres vivants. Afin d’estimer les zones encore contaminées et donc dangereuses, les scientifiques utilisent des compteurs Geiger afin de mesurer le taux de radioactivité. Cependant, pour la zone de Fukushima, des chercheurs ont décidé d’utiliser neuf serpents locaux, nommés Elaphe climacophare, en guise de compteur Geiger.

Pourquoi des reptiles ?

Leurs déplacements sont restreints par rapport à d’autres animaux, comme l’explique Hannah Gerke, co-autrice de l’étude sur le sujet publiée dans la revue Ichthyology & Herpetology. Ils parcourent environ 65 mètres par jour. Le reptile restant dans une zone contaminée sera exposé à une zone de radiation proportionnelle à celui de la zone étudiée : grâce à l’environnement que le reptile côtoie et grâce à la nourriture ingérée. « Les concentrations de radiocésium ingérées et accumulées par chaque serpent reflètent les niveaux de rayonnement de leur lieu de capture. » Contrairement, à des animaux plus vifs, où « la quantité de radiocésium qu’ils accumulent dans leur corps et les doses de rayonnement auxquelles ils sont exposés varient beaucoup plus, et ne seront pas nécessairement corrélées à la contamination de l’environnement », explique Hannah Gerke. « Quand nous disons que les serpents peuvent être des indicateurs de la contamination d’un certain environnement, c’est que les concentrations de radiocésium ingérées et accumulées par ces animaux sont corrélées au niveau de radiation de la zone où nous les capturons », souligne Hannah Gerke.

Les reptiles sont équipés d’émetteurs GPS et VHS, ainsi que des instruments de mesure du rayonnement radioactif. Grâce à l’émetteur VHS, les données GPS sont transmises aux équipes scientifiques qui peuvent ainsi les télécharger et travailler dessus. Après un mois de surveillance, près de 1 700 sites ont été identifiés, à 24 kilomètres aux alentours de la centrale nucléaire de Fukushima.

Ces chercheurs espèrent que cette méthode pourra être utilisée sur les zones contaminées comme celle de Tchernobyl.

Par FranceSoir, publié le 18/11/2021 à 13:26

Photo en titre : Issei Kato/AFP

https://www.francesoir.fr/societe-environnement/des-reptiles-utilises-comme-des-compteurs-geiger-fukushima

ASSISTE-T-ON À UNE RÉHABILITATION DU NUCLÉAIRE DANS LE DÉBAT PUBLIC ?

Dans le champ politique, le discours pro-nucléaire se décomplexe, au motif de l’urgence climatique.

La centrale de Cattenom s’affiche majestueuse et fière, sur toute la couverture de l’Obs. Une centrale nucléaire, et la vapeur d’eau qui s’élève dans le ciel, à la une de l’hebdomadaire de gauche. Le titre est encore plus éloquent : « la revanche du nucléaire ».

Le sous-titre nous précise le thème de l’enquête : « du cauchemar écologique à la solution climatique ? » (NDLR : avec un titre pareil, vous savez que vous avez affaire à une « pub pro nucléaire et anti-écolo »)

Cette couverture et ce dossier, fort intéressants, racontent bien le changement que nous sommes en train de vivre.

Longtemps, l’atome a eu mauvaise presse et ceux qui le défendaient mauvaise conscience (NDLR : mauvaise conscience ? Ça m’étonnerait !). Sur la défensive, ils se voyaient renvoyer au visage les catastrophes de Tchernobyl puis, plus récemment, de Fukushima.

C’est d’ailleurs après l’accident au Japon, en 2011, qu’Angela Merkel a décidé de fermer les centrales en Allemagne.

Mais, avec l’urgence climatique et la nécessité de produire une énergie dé-carbonnée, les partisans de l’atome ont trouvé une nouvelle vigueur.

Ainsi dans le débat présidentiel en cours, Emmanuel Macron affiche sa volonté de bâtir de nouveaux réacteurs. La droite surenchérit, Xavier Bertrand promet 10 EPR supplémentaires. Qu’importe si celui de Flamanville est encore en construction, avec moult retard et dépassement de budget initial. Le Rassemblement national est lui aussi pro-atome.

À gauche, l’investissement dans le nucléaire est ardemment défendu par Arnaud Montebourg, ancien ministre socialiste, et par Fabien Roussel, le candidat du Parti communiste, au nom, dit-il, de la confiance en la science.

Alors bien sûr, le parti communiste français n’a jamais été anti-nucléaire, mais cette fois, il est à l’offensive sur ce sujet. 

Les pro-nucléaires se sont décomplexés. Le vent serait-il en train de tourner… en défaveur des éoliennes ? 

À gauche, deux autres candidats majeurs sont eux favorables à l’arrêt complet du recours à l’énergie atomique. Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon. Mais ce dernier a dû reculer son objectif. Après avoir promis une sortie totale en 2030, il évoque désormais 2045.

Plus largement, des personnalités tournent casaque. Yann Arthus-Bertrand, qui a photographié la planète sous toute ses coutures, est un néo-converti : « j’ai été anti-nucléaire pendant très longtemps, un peu par principe », dit-il. « Mais il ne pourra pas y avoir de transition énergétique durable sans le nucléaire ». 

À l’international, là encore quelques signaux de ce léger glissement idéologique.

En Finlande, le parti écologiste est depuis peu favorable à la hausse de la part du nucléaire, via la construction de petites centrales. 

En Allemagne, récemment, le chef de file des conservateurs, Armin Laschet, a pris ses distances avec la décision d’Angela Merkel, pourtant issue du même parti que lui : « c’était une erreur de sortir du nucléaire avant de sortir du charbon » a-t-il lancé, en allusion à la production d’électricité carbonée qui a toujours cours en Allemagne. (NDLR : mais qui diminue d’année en année)

Ces prises de position se multiplient alors que les experts anticipent une croissance de la consommation d’électricité.

En France, 30% d’ici à 2050, selon le scénario central de RTE. Cela en raison de l’électrification des véhicules, de l’industrie, mais aussi de la croissance démographique, nous dit le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité. (NDLR : ces « prévisions » sont comme un mantra : à force de les répéter, on finit par y croire et le faire croire aux autres)

Il y a urgence à faire un choix, dit en substance la note publiée hier par la Cour des comptes. 

Or, dans ce débat public, il est un mot trop souvent absent : la sobriété. Autrement dit, l’économie d’énergie. Qui suppose une révolution des mentalités. 

Le combat n’est pas gagné d’avance. Tiens, dans l’Obs, la première page intérieure du magazine est une publicité pour une voiture de luxe… 100% électrique. Sobriété, disions-nous ? 

Par Frédéric Says, publié le 19 novembre 2021

Photo en titre : Les tours de refroidissement de la central de Cattenom, en Moselle. Crédits : Jean-Christophe VerhaegenAFP

https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-politique/assiste-t-on-a-une-rehabilitation-du-nucleaire-dans-le-debat-public

NDLR : Tant que la majeure partie des médias sera dans les mains des grands groupes financiers, le mot « sobriété » sera exclu !

POINT DE VUE. LES ÉNERGIES RENOUVELABLES POUR LUTTER CONTRE LE DÉRÈGLEMENT CLIMATIQUE

« Cessons d’engager des coûts colossaux dans le nucléaire et mobilisons les moyens sur les énergies renouvelables. » L’appel de Michel Ménard, président du Département de Loire-Atlantique dans une tribune pour Ouest-France.

Au lendemain de la COP26 et son appel à réduire fortement et rapidement les émissions mondiales de CO2, la limite écologique de notre modèle de croissance impose de construire une réponse politique socialement juste, démocratiquement acceptable et géographiquement différenciée.

Socialement juste car la question écologique doit intégrer la contrainte sociale et économique qui pèse sur nos concitoyens les plus fragiles.

Démocratiquement acceptable car, pour transformer en profondeur notre modèle de croissance, il faut transformer nos outils d’action publique.

Territorialement différenciée car la transition écologique du pays doit s’appuyer sur les spécificités de nos territoires.

C’est avec cette triple exigence que la Loire-Atlantique s’engage dans la transition énergétique. L’heure est à l’accélération de la production des énergies renouvelables pour sortir des modèles du passé.

L’hypothèse d’une installation nucléaire en Loire-Atlantique n’est pas nouvelle : dans les années 1990, certains imaginaient un réacteur au Carnet. Je m’y étais opposé, considérant que ce modèle n’était pas le nôtre et que nous devions nous engager plus fortement dans les énergies renouvelables. Ma position n’a pas changé.

Installer une mini-centrale nucléaire à la place de l’usine à charbon de Cordemais serait une aberration écologique, inadaptée aux enjeux du territoire et à l’urgence d’agir. Soyons pragmatiques et responsables : l’avenir de la centrale de Cordemais ne passe pas par le nucléaire. Le programme Ecocombust, abandonné par EDF, devait remplacer l’usage du charbon par une production d’électricité à base de déchets verts et de bois. Un combustible neutre. Je regrette l’abandon pour des questions financières d’une ambition qui consistait à faire de ce site un modèle de transition énergétique. Cessons d’engager des coûts colossaux dans le nucléaire et mobilisons les moyens sur les énergies renouvelables.

De nombreuses alternatives aux énergies carbonées existent

Agissons maintenant sur le potentiel de développement d’énergies renouvelables. De nombreuses alternatives aux énergies carbonées existent.

La méthanisation est une alternative. Le potentiel se chiffre à 25 % de la consommation de gaz en Loire-Atlantique. Dès 2016, le Département a engagé un partenariat avec les acteurs de la filière pour accompagner son développement et sa structuration. Celle-ci doit se faire avec discernement, en développant des projets soutenables pour nos territoires et nos habitants. C’est cette exigence qui a conduit le Département à refuser l’installation du plus gros méthaniseur d’Europe en Loire-Atlantique.

L’éolien est une alternative. Dès 2011, le Département s’est engagé pour développer l’éolien citoyen sur son territoire. Aujourd’hui, nous devons passer à une autre échelle. La Loire-Atlantique, avec son littoral, doit prendre sa part dans la production nationale de l’éolien marin. Fin 2022, 80 éoliennes en mer verront le jour au large de la Loire-Atlantique. La production envisagée pourrait couvrir près de 20 % de la consommation en électricité de notre département.

Le photovoltaïque est une alternative. La Loire-Atlantique dispose d’un potentiel solaire exceptionnel. C’est une opportunité de souveraineté énergétique et de constitution d’une filière industrielle d’avenir. Le Département soutient depuis de nombreuses années le développement de cette énergie de proximité.

Cop26 : l’avenir de la planète se joue-t-il à Glasgow ?

Alors, pourquoi s’obstiner à investir dans le nucléaire ? Je fais le choix d’une combinaison énergétique mêlant méthanisation, éolien terrestre et maritime, biomasse, photovoltaïque, ou encore solaire thermique, pour réaliser la transition énergétique du département. Je porte pour la Loire-Atlantique cette transition réaliste et pleine d’espoir pour les générations futures.

Par Ouest-France, Michel Ménard, publié le 19/11/2021 à 07h33

Photo en titre : « De nombreuses alternatives aux énergies carbonées existent […] L’éolien est une alternative » | ARCHIVES OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/environnement/point-de-vue-les-energies-renouvelables-pour-lutter-contre-le-dereglement-climatique-fc21c55a-4859-11ec-a192-3afacb30e02d

RELANCE DU NUCLÉAIRE : LA COUR DES COMPTES SOULIGNE DE NOMBREUX OBSTACLES

Dans une note publiée ce jeudi 18 novembre, la Cour des comptes met en doute notre « capacité à construire un nouveau parc de réacteurs [nucléaires] dans des délais et à des coûts raisonnables ». Ceci, alors que « le maintien d’une part nucléaire de 50 % dans la production d’électricité (…) au-delà de 2050 supposerait de disposer à terme non pas de sept EPR ou EPR2, mais de 25 à 30 dans l’hypothèse où les réacteurs actuels seraient presque tous arrêtés à cet horizon », précise le texte. Et que la composition du nouveau mix doit être impérativement décidée entre 2022 et 2027, estime l’institution, étant donné les délais de construction de nouvelles centrales.

Dans ce document intitulé « Les choix de production électrique : anticiper et maîtriser les risques technologiques, techniques et financiers », les sages de la rue Cambon rappellent les dérapages de coût — 19 milliards d’euros au lieu des 3 milliards prévus — et de délais — au moins onze ans de retard — du chantier de l’EPR de Flamanville. « Les écarts sont du même ordre pour l’EPR d’Olkiluoto en Finlande », précisent-ils. En juillet 2020, la Cour des comptes avait longuement détaillé ces dérives dans un rapport dédié à la filière EPR.

Plusieurs points de vigilance sont évoqués.

  • Les lieux d’implantation de ces nouveaux réacteurs, « le changement climatique pouvant rendre plus compliqué l’installation de sites en bord de fleuves ».
  • La gestion des combustibles usés et des déchets : la construction de nouveaux réacteurs prévus pour fonctionner jusqu’en 2100 supposerait en effet « soit de renouveler l’usine de retraitement des combustibles de La Hague (…) et de créer de nouveaux sites d’entreposage puis de stockage des déchets nucléaires, soit de proposer un autre mode de gestion des combustibles nucléaires usés et des déchets qui seraient, dans une telle hypothèse, beaucoup plus volumineux », lit-on dans la note.

Nitrates : l’usine nucléaire de La Hague pollue plus qu’une mégaporcherie

Un autre élément impératif pour la mise en œuvre de ce mix à moitié nucléaire souligné par la Cour est « le démarrage du projet de stockage des déchets radioactifs Cigéo » — projet lui aussi entaché de nombreuses incertitudes.

  • Le coût, enfin. « EDF ne pourra pas financer seule la construction de nouveaux réacteurs nucléaires alors qu’elle doit supporter le coût de la prolongation du parc actuel et des investissements de sûretépost Fukushima, faire face aux coûts futurs de démantèlement et à l’évolution incertaine de l’accès régulé au nucléaire historique depuis sa mise en place en 2011, et qu’elle est déjà endettée à hauteur de 42 milliards d’euros », alerte la Cour des comptes. Le projet de construction de six nouveaux EPR avait été estimé à 46 milliards d’euros par EDF et pourrait être financé à moitié par l’État, comme l’avait révélé Reporterre. Le coût de l’investissement a depuis été réévalué de 52-56 milliards d’euros à 64 milliards d’euros, selon un document de travail dévoilé fin octobre par le média Contexte.

La mise en œuvre d’un mix électrique 100 % énergies renouvelables représente aussi de nombreux défis, alerte néanmoins la Cour des comptes. Il faudrait ainsi définir des modalités de stockage de l’énergie (batteries, etc.) à un coût abordable et surmonter des difficultés d’implantation liées à la géographie, à la réglementation voire à l’acceptabilité sociale.

Dans tous les cas, « la tenue d’un débat démocratique éclairé favoriserait des choix arrêtés en toute connaissance de cause puis suivis d’effets dans la durée », préconise l’institution. Ce débat pourrait avoir lieu en 2023 pendant l’élaboration de la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie, feuille de route de la politique énergétique de la France.

La publication de cette note intervient alors que les débats font rage sur la définition du mix électrique du futur. Le 25 octobre, le gestionnaire de transport d’électricité a dévoilé ses six scénarios électriques pour 2050 : trois font la part belle à l’atome. Moins de trois semaines plus tard, Emmanuel Macron promettait la construction de nouveaux réacteurs nucléaires en France lors d’une allocution télévisée.

Publié le 18 novembre 2021 à 15h30, mis à jour le 18 novembre 2021 à 22h31

Photo en titre : la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly (Loiret). – Pymouss ((CC BY-SA 3.0/Wikipedia)

https://reporterre.net/Relance-du-nucleaire-la-Cour-des-comptes-pointe-de-nombreux-obstacles

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EPR FLAMANVILLE: LE CRILAN DEMANDE UNE EXPERTISE INDÉPENDANTE

Les membres des CLI ont la faculté de demander à la Commission Locale d’Information à procéder à des expertises indépendantes et des contre-expertises dans son domaine.

Notre objectif consiste à évaluer les différents problèmes apparus au cours de la construction de l’EPR de Flamanville et de leurs implications sur sa sûreté en exploitation.

Lors de la CLI de Flamanville de ce jeudi dont une partie de l’ordre du jour était consacrée à l’EPR, le CRILAN a demandé une expertise indépendante afin d’évaluer les aptitudes de l’EPR  à un éventuel démarrage un jour ou jamais. Le Président de la CLI va inscrire ce sujet pour une prochaine réunion de bureau.

Constat et arguments: Au moment où EDF nous présente l’état des réparations en cours et restant à intervenir sur l’EPR, l’exploitant communique déjà, une fois de plus, sur le calendrier du démarrage de l’installation.

Nous ne saurions accepter un démarrage en force avec tant de problèmes irrésolus et d’incohérences sans disposer d’une revue contradictoire de l’ensemble des questions qui restent posées du point de vue de la sûreté de ce réacteur.

Globalement, la construction de l’EPR a été le laboratoire d’un nouveau contexte d’instruction technique, où la confiance dans la sincérité, l’exactitude et la complétude des informations fournies par l’exploitant, premier responsable de la sûreté, ne peut plus être accordée comme elle l’était traditionnellement, quelles qu’en soient les raisons.

La construction de l’EPR a fait l’objet de nombreuses malfaçons et de nombreux écarts, depuis l’implantation de ferraillages ou le coulage de voiles béton jusqu’aux écarts sur les piquages du circuit primaire, en passant par les falsifications de dossiers de fabrication au Creusot.

Certaines ont donné lieu à des procédures dérogatoires, comme c’est le cas pour les marges consommées par le défaut de fabrication de la cuve, d’autres à des réparations inédites et incertaines, comme pour les soudures du circuit secondaire couvertes par l’exclusion de rupture.

La progression de l’instruction technique et le retour d’expérience international ont également mis en évidence des problèmes spécifiques parfois non résolus, comme la qualification des soupapes, les vibrations induites par le pressuriseur, voire plus récemment les incertitudes sur la tenue du combustible au vu de la situation à Taishan-1.

Cette liste n’est pas exhaustive. C’est pourquoi il nous semble indispensable, au regard de l’accumulation de ces dysfonctionnements, de disposer d’une revue technique des différents dossiers qui ont émaillé la construction du réacteur, et de leurs conséquences potentielles.

Notre demande: Ainsi, cette revue pourrait porter sur un rappel des implications de chacun de ces dossiers, sur l’analyse de la façon dont ils ont été instruits, sur le caractère conclusif ou non de cette instruction, et sur le caractère satisfaisant ou non de cette conclusion.

Cette démarche permettrait d’identifier les différentes implications de ces constats pour la sûreté, qu’il s’agisse de la consommation des marges de sûreté recherchées à la conception (cas de la cuve), de l’atteinte à la démarche de défense en profondeur (cas des défaillances dans l’application à la fabrication des exigences d’exclusion de rupture), ou encore des incertitudes résiduelles (cas des défauts de réalisation des ouvrages de génie civil ou de fabrication de gros composants), tout en tenant compte de leur éventuel caractère cumulatif.

Alors que les coûts et les délais de ce chantier dérapent toujours plus, que les recours et les plaintes des associations sont tous rejetés, alors que le Rapport Foltz sur l’EPR, le rapport de la Cour des Comptes sur son coût et le discours du ministre de l’Industrie décrivent un échec pour la filière nucléaire, alors enfin que la pression se renforce pour accélérer un démarrage ouvrant la voie à de nouvelles commandes de réacteurs, toutes les conditions d’une mise en service à tout prix de l’EPR sont réunies.

Ce contexte ne peut qu’inspirer l’inquiétude sachant que les conséquences d’un accident seraient catastrophiques pour notre presqu’ile et notre région.

C’est pourquoi le CRILAN demande à la CLI Flamanville de diligenter l’expertise indépendante esquissée ci-dessus, seule démarche susceptible d’éclairer complètement la CLI, par cette revue des différents sujets susceptibles d’affecter la sûreté de l’exploitation de l’EPR, sur l’aptitude de ce réacteur à démarrer un jour ou jamais.

Par André JACQUES, publié le 18 novembre 2021

Photo en titre : Photo Crilan

http://crilan.fr/epr-flamanville-le-crilan-demande-une-expertise-independante/

LA FRANCE ENVOIE-T-ELLE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES EN RUSSIE ?

ÉNERGIE – Greenpeace a bloqué lundi le centre de stockage de déchets d’Orano, dans la Drôme, pour empêcher l’envoi d’uranium appauvri vers la Sibérie. L’ONG dénonce l’exportation par la France de ses déchets nucléaires à l’étrangère, une pratique illégale. Qu’en est-il ?

Enchainés à un camion de transport d’uranium, des militants de Greenpeace ont bloqué lundi 15 novembre le prochain convoi en partance pour la Sibérie, depuis le centre de stockage de Pierrelatte, dans la Drôme. Sur Twitter, l’ONG a relayé son action et dénoncé « l’inconscience de l’industrie et du gouvernement dans la gestion de ces matières ». En réalité, elle accuse les acteurs de la filière du nucléaire d’exporter ses déchets nucléaires vers la Russie, une pratique pourtant illégale depuis plus de dix ans. Ces allégations sont-elles fondées ? La France envoie-t-elle ses déchets nucléaires en Russie pour qu’ils y soient traités ?

Ce n’est pas la première fois que Greenpeace formule ces accusations. Dans un communiqué du 12 octobre, l’association y détaille « comment l’industrie nucléaire française se débarrasse en Russie de ses stocks encombrants d’uranium usé » et comment « deux contrats -l’un liant Orano (ex-Areva) à l’entreprise étatique russe Rosatom, l’autre liant EDF à Rosatom- prévoient l’exportation d’uranium usé français vers la Russie ». 

« En enquêtant dans le port du Havre, Greenpeace France a découvert que plusieurs dizaines de tonnes d’uranium usé français avaient été chargées à bord du navire Mikhail Lomonosov à destination de Saint-Pétersbourg les 20 janvier et 12 février 2021. Pourtant, il y a 10 ans, Greenpeace France avait obtenu de l’industrie nucléaire française l’arrêt de ces exportations », avance encore l’ONG. En effet, l’envoi de déchets nucléaires depuis ou vers l’étranger est bien illégal. Ainsi, l’article L542-2-2 du Code de l’environnement dispose qu’« est interdit le stockage en France de déchets radioactifs en provenance de l’étranger ainsi que celui des déchets radioactifs issus du traitement de combustibles usés et de déchets radioactifs provenant de l’étranger ». 

C’est après un premier scandale, qui avait fait la Une des journaux en octobre 2009, que cette disposition avait été votée. À l’époque, Libération avait révélé que plus de 100 tonnes d’uranium appauvri, tout droit sorti des réacteurs d’EDF, étaient transportés en Sibérie chaque année. Un film, Le cauchemar du nucléaire, documentait le tout et avait contribué à l’interdiction du transport de déchets nucléaires vers la Russie et l’étranger. Dans un rapport de 2018, le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) expliquait d’ailleurs que « le recours à la Russie pour procéder à l’enrichissement d’une partie de l’uranium de retraitement tel que pratiqué par EDF et Orano Cycle (Ex-Areva) pour le compte de ses clients entre 2000 et 2010 a progressivement diminué pour être arrêté en 2014 pour des raisons industrielles, économiques et environnementales« . 

L’uranium, « une matière recyclable » pour Orano

Pourtant, les choses ont changé depuis et un contrat a bien été passé entre Orano et Rosatom. Sollicité, Orano confirme avoir signé un contrat « fin 2020 » avec l’entreprise russe « pour lui fournir de l’uranium recyclé qui est envoyé en Russie pour être converti puis ré-enrichi afin de fabriquer du combustible nucléaire pour les réacteurs russes ». Selon l’entreprise, un premier transport « a déjà été réalisé début 2021 », ce qui correspondrait au convoi mentionné par Greenpeace en date des 20 janvier et 12 février. Mais Orano rejette « les allégations qui consistent à présenter l’uranium de retraitement (URT) comme un déchet », présentant l’URT comme « une matière recyclable qui a des caractéristiques comparables à celles de l’uranium naturel ». 

Ici se trouve toute la subtilité, dénoncée par Greenpeace : considérer l’uranium de retraitement comme une matière recyclable et échapper à l’interdiction d’exporter des déchets nucléaires. Cette position n’est pas nouvelle puisqu’elle a déjà été adoptée par EDF en 2009, avant même l’entrée en vigueur d’une loi. Pour sa défense, l’entreprise distinguait alors nettement les déchets nucléaires, conditionnés et entreposés « en toute sûreté » au site de La Hague, de « l’uranium recyclable » qui était, lui, envoyé en Sibérie. À cette heure, le groupe n’a pas renvoyé d’uranium en Russie mais compte le faire, via un contrat passé avec Tenex, une filiale de Rosatom, qui possède les capacités pour convertir et enrichir de l’uranium. La signature de ce contrat en 2018, d’un montant de 600 millions d’euros, avait même été reprise par la presse française.

Cette décision de relancer la filière est d’ailleurs contenue dans le rapport du HCTISN, de 2018 : « EDF a décidé de reprendre à partir de 2023 le recyclage de l’URT dans certains de ses réacteurs. Cette reprise du recyclage de l’URT a pour objectif d’utiliser au mieux les matières nucléaires issues du traitement du combustible UNE usé (actuellement 1 080 tonnes/an produisant environ 1 026 tonnes d’URT) et de stabiliser puis réduire à terme le stock d’URT (à date, environ 26 930 tonnes) ». Aujourd’hui, l’ONG en appelle directement à l’État, lui demandant en tant qu’actionnaire majoritaire d’Orano et d’EDF de leur imposer la fin des transports d’uranium de retraitement vers la Russie. Une pétition lancée en octobre s’adressait directement à la ministre de la Transition écologique. Contacté, le cabinet de Barbara Pompili n’est pas revenu vers nous pour le moment.

Par Caroline Quevrain, publié le 18 novembre 2021 à 15h00

Photo en titre : Opération de blocage par Greenpeace d’un convoi d’uranium usé de la France vers la Russie, novembre 2021 − Maïté Baldi / Greenpeace

https://www.lci.fr/environnement-ecologie/nucleaire-la-france-envoie-t-elle-des-dechets-radioactifs-en-russie-comme-l-affirme-greenpeace-2202265.html

EPR DE FLAMANVILLE : EDF PROMET DU COURANT POUR 2023, GREENPEACE N’Y CROIT PAS

EDF estime que le réacteur nucléaire de type EPR de la centrale de Flamanville pourra produire de l’électricité sur le réseau d’ici à 2023. Une date impossible à tenir selon l’ONG Greenpeace.

EDF est « mobilisé » pour qu’en 2023 le réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche) fournisse de l’électricité sur le réseau, a indiqué jeudi l’entreprise face à Greenpeace qui ne croit « pas une seconde » à cette date.

« Toutes nos équipes sont mobilisées pour charger le combustible fin 2022 » dans le réacteur et « pour que le premier mégawatt soit produit sur le réseau en 2023 », a déclaré David Le Hir, le directeur de l’achèvement de ce chantier à EDF lors d’une commission locale d’information (CLI) aux Pieux, près de Flamanville.

Les réacteurs français émettent chaque année de 1,3 à 2 tonnes de SF6, le plus puissant des gaz à effet de serre, soit entre 30 000 et 45 000 tonnes équivalent CO2

À Civaux (Vienne), le courant est arrivé sur le réseau « 4,5 ans » après le démarrage du réacteur, a de son côté affirmé le chargé des questions nucléaires de Greenpeace France Yannick Rousselet lors de cette réunion. « 2023, je n’y crois pas une seconde. Les gens qui sont sur les commandes de l’EPR, parlent plutôt de 2025 », a ajouté le militant devant la presse. Certes, « huit soudures » défectueuses, « très complexes au niveau de l’accès ont été (re) faites », a reconnu le militant. Mais sur la centaine de soudures défectueuses détectées, « il nous reste effectivement quelques dizaines de soudures à remettre en conformité », a admis David Le Hir.

Des interrogations sur l’EPR

Par ailleurs, le directeur ne savait pas encore jeudi si l’incident qui s’est produit sur un des réacteurs EPR de Taishan (Chine) en juin pouvait avoir « des incidences » sur Flamanville. Selon Yannick Rousselet, « plusieurs dizaines » de crayons combustibles ont rompu à Taishan. Or selon lui, « c’est le même type de combustible construit par le même exploitant » que pour Flamanville. Ce point éventuellement « bloquant » est en cours d’instruction par l’ASN, selon M. Manchon.

Des problèmes sur un pressuriseur sont également en cours d’instruction. Le chantier de l’EPR cumule dix ans de retard. Son coût est monté à 12,4 milliards selon EDF, 19 milliards selon la Cour des comptes.

Par Sudouest.fr avec AFP, publié le 18/11/2021 à 17h03

Photo en titre : Le coût de la construction du réacteur EPR de Flamanville aurait coûté 19 milliards d’euros selon la Cour des comptes © Crédit photo : AFP

Sur le même sujet: Gaz à effet de serre : le nucléaire français peut mieux faire : « Les réacteurs français émettent chaque année de 1,3 à 2 tonnes de SF6, le plus puissant des gaz à effet de serre, soit entre 30 000 et 45 000 tonnes équivalent CO2 »

https://www.sudouest.fr/economie/energie/epr-de-flamanville-edf-promet-du-courant-pour-2023-greenpeace-n-y-croit-pas-7008260.php

PÉTITION : NON À LA CONSTRUCTION DE NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES EN FRANCE

Message adressé à tous les citoyens de France et d’Europe

Le fiasco des chantiers de construction des réacteurs EPR est total : Areva (qui a depuis fait faillite, en partie du fait de cet échec) et EDF ont respectivement commencé leurs chantiers en 2005 et 2008, les réacteurs devaient entrer en service en 2009 et 2012 or, à ce jour, ils ne sont pas terminés et présentent de graves malfaçons. De plus, annoncé au prix unitaire de 2,8 milliards (1), un EPR coûte en réalité pratiquement 20 milliards selon la Cour des comptes.

De fait, le lancement de nouveaux chantiers de réacteurs EPR ne pourrait que se solder par un désastre industriel et financier, achevant de ruiner EDF… et la France.

Bien sûr, EDF prétend être en mesure de tirer les enseignements des fiascos en cours pour ne pas connaître les mêmes mésaventures. Mais c’est déjà ce que disait EDF à propos du chantier de Finlande : on allait voir la différence à Flamanville… or c’est le même désastre.

Deux EPR ont ensuite été construits par les Chinois à Taïshan (Chine), avec certes un retard moins important mais se comptant néanmoins en années. Mais ce ne sont pas les Chinois qui vont venir faire des EPR en France où EDF a perdu toute maîtrise de ce genre de chantiers.

Et, surtout, la centrale de Taïshan connait de graves problèmes : le réacteur numéro 2 a dû être arrêté en juillet 2021 à cause de fuites radioactives importantes (2) : il apparait que c’est la conception même de l’EPR qui est en cause.

Si jamais les EPR de Finlande et de Flamanville entrent un jour en service, ainsi que d’éventuels autres EPR, il est certain qu’ils rencontreront les mêmes graves problèmes.

Pour mémoire, la cuve de l’EPR de Flamanville est défectueuse mais, suite à de terribles pressions de la part d’EDF, l’Autorité de sûreté nucléaire a fini par la valider en bafouant ses propres préconisations (3). Or, en cas de rupture de la cuve, aucune parade n’est possible et ce sera une catastrophe comparable à celles de Tchernobyl et Fukushima, avec la contamination de la France et d’une bonne partie de l’Europe.

Alors que l’on peut encore lire ici ou là que la France est « à la pointe de la technologie nucléaire » et qu’elle fait preuve d’un « savoir-faire que le monde entier nous envie« , il faut rappeler que EDF et Areva ne se sont pas seulement ridiculisées sur les chantiers d’EPR mais aussi avec un des pires scandales industriels au monde : la fabrication de milliers de pièces défectueuses dans les usines Areva du Creusot, accompagnée de la falsification de milliers de documents de sûreté. (4)

Notons à ce sujet que cela fait plus de cinq ans que la justice a été saisie et qu’elle ne semble pas pressée de faire la vérité dans cette affaire pourtant de la plus grande gravité. (5)

Aujourd’hui encore, EDF trompe l’Autorité de sûreté nucléaire avec « une politique de dissimulation des incidents« , dénoncée par un courageux cadre lanceur d’alerte (6).

À l’opposé d’une légende entretenue par les supporters de l’atome, l’Autorité de sûreté nucléaire français n’est absolument pas « la plus stricte et la plus compétente du monde« , bien au contraire : ce n’est pas elle qui a découvert la défectuosité de la cuve de l’EPR (7) et elle en est réduite à attendre les révélations des lanceurs d’alerte.

Notons enfin que, contrairement à ce qui est prétendu ces temps-ci, le nucléaire ne peut absolument pas « sauver le climat«  : la part du nucléaire dans l’électricité mondiale s’est effondrée de 17,1% en 2001 à 10,4% à ce jour, alors que la part des énergies renouvelables, en plein essor, en est déjà à 25,5% : plus du double du nucléaire ! (8)

Pour toutes ces raisons et bien d’autres (risques de catastrophe, aucune solution pour les déchets radioactifs, rejets massifs de produits radioactifs et chimiques des centrales dans les rivières, etc…), nous affirmons qu’il ne faut surtout pas construire de nouveaux réacteurs nucléaires en France et, au contraire, fermer dès que possible les réacteurs actuels, de plus en plus délabrés et dangereux. Le nucléaire est une énergie du siècle dernier, choisissons plutôt l’avenir !

Par Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du nucléaire, message reçu le 18 novembre 2021

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Pour signer la pétition, cliquer sur :

http://www.leslignesbougent.org/petitions/non-a-la-construction-de-nouveaux-reacteurs-nucleaires-en-france-4879/

NOTES :

(1) et non 3,3 milliards comme écrit ici ou là, cf :

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article41

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/IMG/pdf/edf-promo-epr-2005.pdf

(2) https://www.20minutes.fr/monde/3094279-20210730-chine-reacteur-finalement-mis-arret-apres-incident-epr-taishan

(3) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article341

(4) https://www.lepoint.fr/environnement/areva-le-creusot-des-anomalies-s-apparentent-a-des-falsifications-25-10-2016-2078544_1927.php

(5) https://www.connaissancedesenergies.org/afp/areva-lobservatoire-du-nucleaire-depose-plainte-pour-faux-et-mise-en-danger-dautrui-160504

(6) https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/centrale-nucleaire-du-tricastin-un-cadre-denonce-une-politique-de-dissimulation-des-incidents-et-porte-plainte-contre-edf_4842217.html

(7) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article336

(8) https://www.connaissancedesenergies.org/sites/default/files/pdf-pt-vue/KeyWorldEnergyStatistics2021.pdf, page 30

À QUIMPER, SORTIR DU NUCLÉAIRE CORNOUAILLE REDIT SON OPPOSITION AU DÉMANTÈLEMENT DE LA CENTRALE DE BRENNILIS

Dans le bulletin distribué à Quimper par Chantal Cuisnier, Marie Nicolas et Sylviane Saliou, Sortir du nucléaire Cornouaille exprime notamment ses craintes pour les travailleurs de la centrale de Brennilis. L’association s’interroge aussi sur le tri des déchets inhérents à la démolition. (Le Télégramme/Sophie Benoit)

Ce jeudi matin, dans le cœur historique de Quimper, quelques membres de l’association Sortir du nucléaire Cornouaille distribuent leur tout dernier bulletin, baptisé « Atomicmac ». Un document de cinq pages publié alors que l’enquête publique sur le démantèlement total de la centrale nucléaire de Brennilis, dans les monts d’Arrée, a été ouverte le 15 novembre. Une enquête publique qui permet à la population de consulter l’épais dossier déposé par EDF. Au total, « quelque 2 500 pages », déplorent Chantal Cuisnier, Marie Nicolas et Sylviane Saliou, qui y voient une manière de « noyer le poisson ».

« Il faut sanctuariser le site »

Ces trois membres de Sortir du nucléaire Cornouaille connaissent l’histoire du démantèlement de la centrale sur le bout des doigts. Ce qu’elles demandent ? « Que le démantèlement n’ait pas lieu », tranche rapidement Marie Nicolas. « Il faut sanctuariser le site, le maintenir en l’état, et attendre que la radioactivité diminue », enchérit Sylviane Saliou. « Derrière tout cela, poursuit-elle, il y a les annonces gouvernementales concernant une relance du nucléaire en France. Et ce, alors que nous avons dans le département le symbole des difficultés, voire de l’impossibilité, à démanteler les centrales ».

Chantal Cuisnier ne dit pas autre chose. Mais évoque en plus une autre demande. À savoir, qu’un débat national public sur la question du démantèlement soit organisé. La requête n’est pas nouvelle. Un tel débat est réclamé depuis plus de dix ans… En vain. « Il y a un déficit de démocratie », déplore-t-elle alors.

Publié le 18 novembre 2021 à 16h34

Photo en titre: Dans le bulletin distribué à Quimper par Chantal Cuisnier, Marie Nicolas et Sylviane Saliou, Sortir du nucléaire Cornouaille exprime notamment ses craintes pour les travailleurs de la centrale de Brennilis. L’association s’interroge aussi sur le tri des déchets inhérents à la démolition. (Le Télégramme/Sophie Benoit) 

https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/a-quimper-sortir-du-nucleaire-cornouaille-redit-son-opposition-au-demantelement-de-la-centrale-de-brennilis-18-11-2021-12869950.php

NUCLÉAIRE : DÉBATTRE ET INFORMER, AVANT DE DÉCIDER

Relancer un chantier colossal de plusieurs EPR, comme le souhaite le président Macron, a de très nombreuses implications, budgétaires, environnementales, technologiques… À quelques mois de la présidentielle, les Français méritent un débat public sérieux et transparent, qui s’appuie sur des chiffres et des arguments de qualité.

Éditorial du « Monde ».

En France comme ailleurs, les campagnes en vue d’une élection présidentielle apportent souvent autant de clarifications bienvenues que de simplifications malheureuses. Ces dernières semaines, les candidats virtuels ou déclarés au scrutin du printemps 2022 ont précisé leur position sur une question rendue impérieuse par l’ampleur de la crise climatique en cours : l’évolution de notre production d’énergie, principalement électrique, dans le cadre d’une trajectoire rigoureuse de réduction de nos émissions de CO2. Pour produire cette électricité décarbonée, notre pays possède un atout qui est devenu source de perplexité. Notre parc nucléaire, contributeur à hauteur d’environ 70 % du mix actuel, entre dans la dernière phase de sa vie et ne sera quasiment plus opérationnel dans une vingtaine d’années.

C’est sur son sort que les options défendues par les candidats ont tendance à basculer dans le simplisme. À droite, et à l’extrême droite, l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 est perçu comme une occasion d’offrir une revanche historique à la filière nucléaire, tout en évacuant toutes les questions gênantes : le nécessaire effort de réduction de la consommation d’énergie ainsi que l’indispensable développement des énergies renouvelables, notamment ces éoliennes devenues, pour ceux de ce bord politique, l’objet de tous les griefs. À gauche et chez les écologistes, à quelques exceptions près, la sortie rapide du nucléaire est toujours à l’ordre du jour, même si sa date prévue a été légèrement décalée. Ce report serait toutefois loin de nous éviter les nombreuses difficultés dans lesquelles nous voyons aujourd’hui se débattre l’Allemagne, après la décision d’un arrêt précipité de ses centrales, à la suite de la catastrophe de Fukushima.

Entre ces illusions du tout et celles du rien, Emmanuel Macron vient de se prononcer pour une relance de la construction de plusieurs centrales de type EPR, concomitante avec une accélération dans les énergies renouvelables, au sein d’un mix décarboné dont les proportions exactes doivent être encore choisies parmi les modélisations présentées récemment par le Réseau de transport d’électricité (RTE). Cette option, présentée comme rationnelle et raisonnable, n’en constitue pas moins, elle aussi, un pari sur l’avenir, comportant de nombreux risques qui devraient être beaucoup plus mûrement réfléchis et débattus avant de s’imposer comme une décision du président de la République.

D’abord parce que ses implications budgétaires sont considérables. Le renouveau, même limité, de l’atome en France, c’est avant tout l’allocation d’une manne financière à la fois immense et imprévisible. Songeons que l’EPR de Flamanville devait être connecté au réseau en 2012 après un investissement de quelque 3 milliards d’euros et qu’il ne devrait finalement entrer en service qu’une décennie plus tard, pour un budget de six à sept fois supérieur. Les problèmes techniques rencontrés depuis par l’un des deux réacteurs de l’EPR de Taishan (Chine) laissent craindre que les retards et dérives budgétaires soient plus une norme qu’une exception. Or les ressources d’argent public considérables qui seront consenties au nucléaire manqueront d’autant à la recherche de solutions techniques de stockage de l’énergie et d’adaptation des réseaux, aux renouvelables, à l’accompagnement des mesures de sobriété énergétique…

Les défauts en série sur le chantier de Flamanville, les inquiétudes maintes fois exprimées par l’Autorité de sûreté nucléaire et la situation financière désastreuse d’EDF ne peuvent qu’inciter à la prudence. Lancer un chantier colossal de plusieurs EPR implique pour les pouvoirs publics de disposer de garanties indépendantes sur la capacité d’EDF et de ses sous-traitants à mener à bien ce défi. Cette circonspection s’impose d’autant plus que les futures centrales pourraient fonctionner dans un milieu déréglé par l’effet d’un réchauffement climatique qui aura grand-peine à être maîtrisé. Dans un tel monde, ni le débit des fleuves, ni l’étendue des inondations, ni les dégâts que les ondes de tempêtes peuvent causer sur les littoraux ne sont pleinement anticipables. Comme n’était pas prévisible ou même imaginable la brutalité des inondations qui ont ravagé la Belgique et l’Allemagne cet été. À mesure que le climat change, l’improbable devient plausible, l’impensable s’impose dans l’actualité. Les risques faibles d’aujourd’hui sont les catastrophes de demain.

Ces nouvelles menaces, comme les dangers plus anciens – la lancinante question des déchets est toujours posée –, doivent être portées à l’attention du grand public. Tout comme les difficultés du démantèlement des centrales en fin de vie, le renchérissement prévisible des tarifs, les instabilités des sources renouvelables, l’adaptation inévitable de notre consommation et de nos modes de vie à cette nouvelle donne. Sur l’ensemble de ces sujets, nos concitoyens méritent un débat public sérieux et transparent, qui s’appuie sur des chiffres et des arguments de qualité. Cela passe tout autant par un effort de la filière nucléaire, qui a fini par se nuire à elle-même en se complaisant dans sa culture de l’opacité, que par une revitalisation de nos échanges démocratiques. Avant que le prochain président de la République ne présente ses orientations devant des citoyens – et leurs représentants – pleinement éclairés, les échanges entre candidats ne pourront pas se limiter à une stigmatisation stérile de l’atome ou de l’éolien

Par Jérôme Fenoglio (Directeur du « Monde »), publié le 18 novembre 2021 à 10h39, mis à jour à 11h46

Photo en titre: Jérôme Fenoglio (@JeroFeno) / Twitter

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/11/18/nucleaire-debattre-et-informer-avant-de-decider_6102540_3232.html

L’AUTRICHE SE DIT PRÊTE À POURSUIVRE L’UE EN JUSTICE SI ELLE INCLUT LE NUCLÉAIRE DANS SA TAXONOMIE VERTE

Lors d’un entretien exclusif, la ministre autrichienne de l’Énergie et du Climat, Leonore Gewessler, a confié à EURACTIV que son pays était prêt à aller devant la justice si l’UE décidait d’inclure l’énergie nucléaire dans sa taxonomie verte pour une finance durable.

En octobre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait annoncé que l’exécutif européen présenterait bientôt des propositions sur le gaz et le nucléaire dans le cadre de la taxonomie verte pour une finance durable du bloc, un ensemble de règles destinées à fournir une définition commune de ce qui est durable et de ce qui ne l’est pas au service des investisseurs.

Un groupe de douze États membres de l’UE, mené par la France et la Finlande, souhaite que l’énergie nucléaire soit incluse, affirmant qu’il s’agit d’une source d’énergie faible en carbone et que les déchets radioactifs peuvent être traités en toute sécurité si des mesures appropriées sont prises. (NDLR : et toutes les fuites radioactives en fonctionnement « normal », elles font partie aussi des choses durables ? Hélas OUI ! Mais de là à les financer…)

Toutefois, selon Leonore Gewessler, ministre autrichienne de l’Énergie et du Climat, l’Autriche serait prête à contester cette décision devant la Cour européenne de justice.

« L’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte européenne ne repose sur aucune base juridique », a déclaré Leonore Gewessler. « Oui, si la taxonomie de l’UE inclut l’énergie nucléaire, nous sommes prêts à contester cette décision devant la Cour », a-t-elle ensuite ajouté.

L’Autriche est au centre d’une alliance regroupant cinq pays – à savoir l’Autriche, le Danemark, l’Allemagne, le Luxembourg et le Portugal -, créée lors du sommet sur le climat COP26 à Glasgow et qui cherche à empêcher l’inclusion de l’énergie nucléaire dans les règles de financement vertes de l’UE.

Face aux pressions exercées par la France pour relancer l’énergie nucléaire en Europe, un groupe de cinq États membres de l’UE, dirigé par l’Allemagne, s’est allié pour demander à la Commission européenne d’exclure le nucléaire de la taxonomie européenne pour une finance durable.

Analyse juridique

Pour Mme Gewessler, « la crédibilité de la taxonomie est en jeu » lorsqu’il s’agit de décider comment classer le nucléaire dans le cadre des règles pour la finance durable de l’UE.

En début d’année, le ministère autrichien de l’Énergie et du Climat avait demandé une analyse juridique. Cette dernière aurait révélé que « l’inclusion de l’énergie nucléaire n’est pas compatible avec la base juridique de l’article 10 du règlement sur la taxonomie », a-t-elle ajouté.

« Nous avons une grande part de responsabilité en ce qui concerne la taxonomie verte, et nous devons rester cohérents et constants » avec les ambitions du Pacte vert européen (Green Deal) et préserver la confiance dans les marchés financiers, a-t-elle fait valoir.

« L’histoire a montré les dommages considérables que peut causer l’énergie nucléaire », a-t-elle expliqué, ajoutant que « l’énergie nucléaire en elle-même présente des dangers », comme en témoignent les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima.

L’élimination sûre du combustible radioactif usagé serait également un sujet de préoccupation. « Nous n’avons pas encore trouvé de solution globale pour […] la question du stockage définitif des déchets radioactifs », a-t-elle déclaré.

En outre, l’énergie nucléaire « est beaucoup trop chère et beaucoup trop lente pour apporter une quelconque contribution » aux objectifs climatiques de l’Union européenne, a poursuivi Mme Gewessler.

Le lancement du réacteur français de nouvelle génération en construction à Flamanville depuis 2007 a été considérablement retardé. En effet, son achèvement est désormais prévu pour 2023, alors que les coûts ont été multipliés par cinq, a-t-elle également fait remarquer.

Au début du mois, Pascal Canfin, eurodéputé français (Renew) et président de la Commission de l’environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire au Parlement européen, avait proposé d’inclure l’énergie nucléaire et le gaz dans la taxonomie verte en tant que sources d’énergie de « transition », pendant que l’Union européenne poursuit sa transition à long terme vers des sources d’énergie renouvelables.

Canfin suggère de qualifier le gaz d’investissement « de transition » lorsqu’il remplace le charbon et à condition que des seuils d’émission stricts soient respectés.

Mais Mme Gewessler a également rejeté cette proposition. « Ce n’est pas parce qu’une chose est moins mauvaise que le charbon qu’elle est bonne ou durable. Il s’agit toujours d’énergie fossile », a-t-elle déclaré.

Avec les garanties appropriées, le gaz et l’énergie nucléaire peuvent être inclus dans la catégorie « transition » de la taxonomie financière durable de l’UE, déclare Pascal Canfin, législateur de premier plan au Parlement européen.

Selon elle, l’Autriche pourra compter sur le soutien de l’Allemagne et de l’Espagne si elle va devant la justice à ce sujet.

« L’Espagne partage la position de l’Autriche à 100 %. Elle ne voit ni l’énergie nucléaire ni le gaz fossile dans la taxonomie verte et l’a fait savoir très clairement», a-t-elle déclaré.

Bien que l’Espagne soit absente de l’alliance de cinq pays créée à l’occasion de la COP26, elle a, [avec l’Autriche et d’autres pays], « envoyé une lettre conjointe sur l’énergie nucléaire à la Commission il y a plusieurs mois de cela. Nous partageons le même avis », a expliqué Mme Gewessler.

L’Autriche peut également toujours compter sur son voisin, l’Allemagne, lorsqu’il s’agit de s’opposer à l’énergie nucléaire. « L’énergie nucléaire ne peut pas être une solution dans le contexte de crise climatique actuel. Elle présente un risque trop élevé, est trop lente et coûte trop cher », avait expliqué son homologue allemande Svenja Schulze, ministre de l’Environnement, le 11 novembre dernier.

« Aucun militant pour le climat ne devrait compter sur l’énergie nucléaire », a-t-elle ajouté.

Par Nikolaus J. Kurmayer | EURACTIV.com | traduction Anne-Sophie Gayet, publié le 18 novembre 2021 à 12h50

Photo en titre : « L’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte européenne ne repose sur aucune base juridique », a déclaré Leonore Gewessler.

https://www.euractiv.fr/section/economie/news/lautriche-se-dit-prete-a-poursuivre-lue-en-justice-si-elle-inclut-le-nucleaire-dans-sa-taxonomie-verte/

LE NUCLÉAIRE S’IMPOSE DANS LA CAMPAGNE PRÉSIDENTIELLE

Alors que les candidats de droite et d’extrême droite défendent sans hésiter la construction de nouveaux réacteurs, ceux de gauche sont plus divisés sur la part à accorder à cette énergie dans la transition écologique.

Alors que le président de la République, Emmanuel Macron, vient d’acter la relance de la construction du parc nucléaire et que les prix de l’énergie sont au plus haut, la question de l’atome s’est invitée depuis plusieurs mois dans tous les programmes en vue de l’élection présidentielle d’avril 2022.

Par souci de souveraineté, et désormais sur fond d’argument écologique, la droite se fait la porte-parole historique du nucléaire. Au parti Les Républicains, les candidats à l’investiture, qui seront départagés le 4 décembre après le vote des adhérents, fustigent tous le « déclin » français et revendiquent d’aller plus loin que l’exécutif dans l’innovation et la construction de nouvelles centrales.

Xavier Bertrand, le président de la région Hauts-de-France, connu pour son opposition à l’éolien, a annoncé lors du premier débat entre les candidats à l’investiture, lundi 8 novembre, que, s’il est élu président de la République, sa première décision serait « d’ordonner au président d’EDF de lancer la construction de dix nouveaux réacteurs nucléaires ». Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, qui estimait, en 2018, qu’il fallait sortir progressivement de cette énergie, défend désormais, comme l’ancien commissaire européen Michel Barnier, la construction de six nouveaux réacteurs, soit la proposition défendue par EDF, et un investissement massif dans la recherche.

À l’extrême droite, Marine Le Pen souhaite lancer « immédiatement la construction de trois nouveaux [réacteurs] EPR » en plus de la révision et de la modernisation des centrales existantes. La candidate du Rassemblement national a également demandé « solennellement » à Emmanuel Macron, lundi 15 novembre, un moratoire sur le démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), prévu pour 2025. De son côté, le polémiste Eric Zemmour, qui joue encore de son statut flou de non-candidat déclaré, défend la construction de dix nouveaux réacteurs et l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).

Sortie « responsable »

À gauche, deux candidats assument aussi une ligne pronucléaire : l’ancien ministre socialiste, chantre du « made in France », Arnaud Montebourg, et Fabien Roussel, investi par le Parti communiste français, qui propose la construction de six à huit EPR. Si les deux sont favorables à l’atome, c’est parce que, selon eux, la transition écologique par la décarbonisation de la production énergétique ne peut se faire qu’avec cette technologie. Ils avancent également un argument économique, soulignant qu’il s’agit d’une énergie « à moindre coût » pour le porte-monnaie des Français.

Le reste de la gauche s’oppose à toute nouvelle construction d’EPR et au maintien au long cours du parc nucléaire actuel. Les autres candidats misent davantage sur les énergies renouvelables (éolien, solaire…). Anne Hidalgo, la candidate du Parti socialiste, reconnaît toutefois que la France ne pourra pas sortir du nucléaire avant quinze à vingt ans. Elle lui accorde donc une place dans la transition, par souci de souveraineté énergétique et pour contrer une flambée excessive des prix de l’électricité.

Les candidats d’Europe Écologie-Les Verts et de La France insoumise, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, sont plus clairement opposés à l’atome pour des questions de sûreté et de préoccupation écologique. Ils défendent notamment l’arrêt du chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). Néanmoins, les deux ont dû adapter leur discours. Yannick Jadot, héritier de la ligne antinucléaire du parti écologiste, souligne vouloir en sortir « de manière responsable », avec une phase de transition de quinze ou vingt ans. Jean-Luc Mélenchon défend un horizon « 100 % d’énergies renouvelables », non plus d’ici à 2030 mais plutôt 2045.

Par Marie Pouzadoux, publié le 18 novembre 2021 à 10h18, mis à jour à 13h38

Photo en titre : Le président de la République, Emmanuel Macron, lors de la présentation du plan d’investissement France 2030, au palais de l’Élysée, à Paris, le 12 octobre 2021.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/11/18/le-nucleaire-s-impose-dans-la-campagne-presidentielle_6102535_3234.html

PRODUCTION D’ÉLECTRICITÉ : L’ALERTE DE LA COUR DES COMPTES SUR L’AVENIR ÉNERGÉTIQUE DE LA FRANCE

Dans une note, la Cour des Comptes se dit sceptique quant à la capacité d’EDF à construire six nouveaux EPR « dans les délais et à un coût raisonnable« . Elle appelle à prendre des décisions urgentes mais sur « des bases mieux éclairées« .

La Cour des comptes a alerté jeudi 18 novembre sur les incertitudes énergétiques qui pèsent sur la France.

La construction de nouveaux moyens de production électrique – qu’ils soient nucléaires ou renouvelables – « appelle des décisions à présent urgentes pour garantir notre approvisionnement à l’horizon de la décennie 2040« , soulignent les Sages de la rue Cambon dans une note thématique.

C’était déjà la conclusion du récent rapport du gestionnaire du réseau RTE, alors que le parc nucléaire français vieillit et que les besoins en électricité doivent augmenter pour réduire l’utilisation des énergies fossiles.

Un défi pour la France

Les magistrats de la Cour des Comptes posent en prologue de la note les enjeux  pour le pays : « La production électrique française est aujourd’hui assurée à près de 70 % par des réacteurs nucléaires, dont les deux tiers auront cessé de produire avant 2050. Pour renouveler cette part importante de notre capacité de production d’électricité, de nouveaux moyens de production – ‘décarbonés‘, conformément aux engagements climatiques de la France – nécessiteront, non seulement un investissement financier considérable, mais aussi d’importants délais de construction. Cette situation appelle dès à présent des décisions urgentes, visant à garantir les besoins d’un approvisionnement énergétique croissant ». 

À la suite de la publication du rapport de RTE, Emmanuel Macron avait annoncé le 9 novembre le lancement d’un nouveau programme nucléaire, alors que le sujet s’est imposé comme l’un des thèmes majeurs de la campagne pour la présidentielle de 2022. La France construit pour l’heure un unique réacteur EPR de nouvelle génération, à Flamanville (Manche).

L’EPR de Flamanville, l’antécédent qui inquiète 

Rappelant « la dérive des délais de construction » de cet EPR, les magistrats soulignent « une incertitude en termes de capacité à construire un nouveau parc de réacteurs dans des délais et à des coûts raisonnables. » EDF a fait à l’État une proposition pour construire dans un premier temps 6 nouveaux modèles d’EPR (EPR2) pour un coût de construction estimé à 46 milliards d’euros. Mais les magistrats notent qu’il en faudrait beaucoup plus (jusqu’à « 25 à 30« ) pour maintenir une part de 50 % de nucléaire dans la production électrique au-delà de 2050.Cela nécessiterait « une mobilisation et un effort de redressement accélérés de notre industrie nucléaire » et poserait « la question du nombre de sites disponibles« . Ils remarquent aussi qu’EDF ne pourra financer seul les nouvelles constructions et qu’un « partage des risques avec l’État » sera nécessaire.

Comment stocker, où implanter, les énergies vertes ?

Mais le nucléaire n’est pas le seul à poser question : « les défis à relever paraissent tout aussi importants pour les nouvelles énergies renouvelables« , relève la note. Même s’il n’y a pas d’incertitude technologique du côté de l’éolien ou du solaire, ces derniers se heurtent à d’autres défis, du côté de leur stockage ou de leurs difficultés d’implantation notamment.

La Cour des comptes conclut sur le souhait d’un débat « sur des bases mieux éclairées » alors qu’il existe en particulier « un risque important pour les finances publiques« . « Il n’existe ni décision simple, ni solution à faible coût, ni risque zéro« , soulignent les auteurs.

Par Orange avec Media Services, publié le jeudi 18 novembre 2021 à 10h20

Photo en titre : Vue de l’EPR de Flamanville. ©CHARLY TRIBALLEAU / AFP

https://actu.orange.fr/france/production-d-electricite-l-alerte-de-la-cour-des-comptes-sur-l-avenir-energetique-de-la-france-magic-CNT000001GBmmL.html

LA FRANCE NUCLÉAIRE : PROJET DE MÉGAPISCINE POUR UN HAGU’APOCALYPSE NOW ?

Si la propagande présidentielle vante à tout va un nucléaire soi-disant propre et appelle à construire des nouveaux réacteurs, elle passe soigneusement sous silence les 1500 tonnes de combustibles usés hautement radioactifs produits annuellement par l’ensemble des 56 réacteurs , dont une centaine de tonnes de Mox, mélange de plutonium et uranium , combustibles usés encore plus difficiles à gérer.

Les piscines de combustibles usés arrivant à saturation en 2030*, un projet de mégapiscine a été envisagé un temps à Belleville sur Loire par EDF. Sous la pression de la mobilisation, elle y a renoncé en septembre 2020 pour se rabattre sur le site de La Hague, concentrant ainsi sur ce site toujours plus de matières hautement dangereuses où voisinent avec des dizaines de tonnes de plutonium , une centaine de cœurs de réacteurs usés stockés en piscine sous une simple toiture de hangar métallique.

De quoi déclencher une possible Hagu’Apocalypse Now et rendre inhabitables plusieurs régions d‘Europe, selon la météo et les courants du moment. Situation de crise, d’origine différente, qu’on a frôlée le 15 avril 1980 lors de l’incendie d’un transformateur **. Comme le révèle le journaliste Geoffrey Le Guilcher dans le préambule de son roman-fiction « la Pierre Jaune », Ben Laden y aurait envisagé un attentat car des plans de l’usine de La Hague auraient été retrouvés par les Américains à son domicile.

Une procédure de concertation va débuter du 22 novembre jusqu’au 18 février 2022*** pour imposer cette démente double piscine toxique d’une capacité de 6500 tonnes chacune à La Hague. Ce futur lieu d’implantation réjouit la direction et les syndicats d’Orano-La Hague car cela permettrait la pérennisation de la filière mortifère de l’extraction et de l’usage du plutonium contrairement à celui de Belleville.

Cerise sur le gâteau, un mur de 5 mètres de haut par 5 kilomètres de long va être construit pour clore le site de La Hague, dérisoire protection contre d’éventuelles agressions extérieures ! Société nucléaire, société militaire ont scandé de nombreuses fois les milliers de manifestants antinucléaires. Le Collectif anti-nucléaire Ouest appelle à le rejoindre pour stopper cette folie du nucléaire.

* https://www.can-ouest.org/saturation-des-piscines-dentreposage-des-combustibles-nucleaires-uses/

**http://www.lesinrocks.com/2011/10/04/actualite/la-hague-secrets-et-mensonges-dune-usine-nucleaire-francaise-119062/2/

***https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/piscine-d-edf-sur-le-site-orano-la-hague-la-procedure-de-concertation-va-debuter_46292510.html

Contact presse : Didier Anger 06 80 23 39 45 /Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 /

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

9 Bis sente des Grès, 76920 Amfreville-la-Mi-Voie, tél : 07 68 35 03 38

contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org

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Par Chantal CUISNIER, publié le 15 novembre 2021

https://www.can-ouest.org/la-france-nucleaire-projet-de-megapiscine-pour-un-haguapocalypse-now/

NUCLÉAIRE IRANIEN : L’IRAN A NETTEMENT AUGMENTÉ SES STOCKS D’URANIUM HAUTEMENT ENRICHI

L’Iran a significativement augmenté ces derniers mois la quantité d’uranium hautement enrichi produite, en violation des engagements pris dans le cadre de l’accord international de 2015, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) consulté mercredi par l’AFP.

À lire aussi : Nucléaire : l’AIEA se voit refuser l’accès à un site «indispensable» en Iran

Selon des estimations de début novembre, Téhéran a ainsi porté son stock d’uranium enrichi à 60%, soit bien au-delà de la limite autorisée de 3,67%, à 17,7 kg contre 10 kg fin août, tandis que celui à 20% est passé de 84,3 kg à 113,8 kg.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 17 novembre 2021

Photo en titre : Le drapeau Iranien devant le bâtiment de l’Agence internationale de l’énergie atomique. Leonhard Foeger / REUTERS

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/nucleaire-iranien-l-iran-a-nettement-augmente-ses-stocks-d-uranium-hautement-enrichi-20211117

AVEC L’ARME HYPERSONIQUE CHINOISE, WASHINGTON CROIT POSSIBLE UNE ATTAQUE NUCLÉAIRE SURPRISE

Le général John Hyten, numéro deux de l’armée américaine, a commenté sur la chaîne CBS le test chinois d’un missile hypersonique. Il craint que Pékin soit un jour capable de lancer une attaque nucléaire surprise contre les États-Unis, alors que les relations sont tendues entre les deux puissances.

Fin juillet, la Chine réalisait un test de son arme hypersonique en envoyant un missile faire le tour du monde à plus de cinq fois la vitesse du son. Mardi 16 novembre, le général John Hyten, vice-président des chefs d’État-Major des armées, considéré comme le numéro deux de l’armée américaine, a commenté cet essai sur la chaîne CBS.

Reconnaissant une certaine précision à ce missile hypersonique, bien qu’ayant raté sa cible, il s’interroge sur l’intention de la Chine derrière un tel développement. Il y voit une arme « de première utilisation« , prévue pour l’attaque, et craint que l’équilibre nucléaire, autrefois partagé par les États-Unis et la Russie, ne soit désormais menacé par Pékin.

CBS rappelle que les armes hypersoniques, se déplaçant relativement proche du sol, sont plus difficiles à détecter par les radars. Le général n’exclut pas qu’un jour la Chine puisse être capable de lancer une attaque nucléaire surprise sur les États-Unis. Bien que Washington ait déjà effectué plusieurs tests de ses propres missiles hypersoniques, aucun n’est encore en service.

Ce nouvel exploit de la Chine a été comparé au premier vol du satellite soviétique Spoutnik en 1957. L’événement avait créé à l’époque un sentiment de panique outre-Atlantique.

« Sur un plan technologique, c’est assez impressionnant« , reconnaît M.Hyten, « mais le test du 27 juillet n’a pas créé ce sentiment d’urgence. Je pense qu’il le devrait« .

« Le rythme auquel la Chine évolue est stupéfiant« , s’était-il déjà inquiété dans un entretien publié le 1er novembre dans Associated Press. « Les capacités militaires chinoises sont bien plus importantes que cela. Elles se développent rapidement dans l’espace, dans le cyberespace et dans les domaines traditionnels que sont la terre, la mer et l’air« , avait souligné de son côté le général Mark Miley, chef d’État-Major des armées des États-Unis.

Relations Chine-US

En plus de la Russie, les États-Unis craignent de plus en plus la Chine, le Pentagone ayant classé en juillet dernier ces deux pays au rang de menace importante. En octobre, un centre spécialement dédié au « défi global posé par la Chine » a été lancé au sein de la CIA. Les opérations et associations militaires américaines se multiplient pour tenter de contrer Pékin, en particulier dans le Pacifique. C’est d’ailleurs l’objectif à peine dissimulé du récent accord avec le Royaume-Uni et l’Australie qui a vu la France perdre un important contrat de livraison de sous-marins.

Les tensions semblent toutefois se concentrer sur Taïwan, cet état insulaire qui a proclamé son indépendance et tente de s’appuyer sur Washington alors qu’il est revendiqué par la Chine. Lundi, un sommet virtuel entre Joe Biden et Xi Jinping a été marqué par une menace de ce dernier: le rapprochement entre les autorités taïwanaises et américaines est « une tendance très dangereuse qui revient à jouer avec le feu« .

Arme hypersonique russe

Washington accuse toujours un retard sur Pékin et Moscou en matière d’armes hypersoniques. En avril, en juillet, puis en octobre de cette année, les États-Unis ont reconnu les échecs de leurs vols d’essai. L’armée les poursuivra courant 2022, avec l’intention de déployer ses premiers missiles de ce type en 2025.

Fin 2019, l’armée russe mettait déjà en service son système de missile Avangard doté d’un planeur hypersonique. La Défense teste également son arme hypersonique Zirkon, pouvant être lancée depuis un sous-marin nucléaire. « Nous avons dû créer ces armes en réponse au déploiement par les États-Unis d’un système de défense antimissile stratégique, qui à l’avenir sera en mesure de neutraliser, d’annuler tout notre potentiel nucléaire« , a justifié Vladimir Poutine le 19 septembre.

Par Alexandre Sutherland, publié le 17 novembre 2021 à 15h39

Photo en titre : © capture d’écran: YouTube

https://fr.sputniknews.com/20211117/avec-larme-hypersonique-chinoise-washington-croit-possible-une-attaque-nucleaire-surprise-1052645429.html

LE NUCLÉAIRE « BEAUCOUP PLUS CHER » QUE LE RENOUVELABLE : YANNICK JADOT DIT-IL VRAI ?

Invité de France Inter, Yannick Jadot a renouvelé sa proposition de cesser la production d’énergie nucléaire d’ici 20 à 25 ans. Selon lui, « cette électricité est beaucoup plus chère que celle issue des énergies renouvelables« . Baisse du coût des renouvelables, explosion de ceux des EPR, IL A EN PARTIE RAISON.

Ce sera l’un des sujets majeur de la prochaine présidentielle.

Au lendemain de la clôture de la COP26 à Glasgow, le candidat écologiste à la présidentielle, Yannick Jadot, invité de France Inter lundi matin, a renouvelé sa proposition de cesser la production d’énergie nucléaire d’ici 20 à 25 ans. Selon lui, « cette électricité est beaucoup plus chère que celle issue des énergies renouvelables ». Questionné sur ce point par Léa Salamé et Nicolas Demorand, l’écologiste avance les « dix ans de retard » de l’EPR de Flamanville, « 17 milliards d’euros de surcoût », et « un milliard » qu’il a fallu investir sur les centrales amorties pour des « mises à jour de sécurité », répétant que « les coûts du nucléaire ne font qu’augmenter quand ceux du renouvelable ne font que baisser« 

Ainsi, selon Yannick Jadot, si le nucléaire d’Emmanuel Macron est deux fois plus cher que les énergies renouvelables c’est notamment « parce que le coût du photovoltaïque a été divisé par dix sur les dix dernières années, l’éolien par quatre« . Il avance que « pas un seul investisseur privé dans le monde n’investit dans le nucléaire parce qu’aujourd’hui, c’est un gouffre financier ».

Les deux filières « font l’objet d’évolution tout à fait opposée« 

« Il existe aujourd’hui un écart entre les nouveaux projets d’énergies renouvelables et le coût projeté pour l’EPR de Flamanville« , affirme Yves Marignac, porte-parole de l’association négaWatt. D’après un rapport de la Cour des comptes datant du juillet 2020, les prévisions les plus pessimistes du coût de l’EPR normand donnent un montant à 19,1 milliards d’euros, alors que le projet initial était de 3,3 milliards d’euros. Mais ce n’est pas le seul désagrément : les deux EPR construits en Chine sont entrés en service mais en 2018 et 2019, soit avec un retard de cinq ans, et un budget qui a bondi de 60% selon l’audit réalisé pour EDF par Jean-Martin Folz, l’ancien PDG de PSA. Avec des répercutions à prévoir sur le prix de cette énergie.

Interrogé par France Inter, le porte-parole de négaWatt estime donc que le candidat à l’élection présidentielle a « raison de souligner que ces deux filières font l’objet d’évolution tout à fait opposée. » Selon Yves Marignac, « les coûts du nucléaire n’ont cessé d’augmenter, les projections pour des nouveaux réacteurs ne font pas exceptions à cette règle alors que les renouvelables ont connu ces dernières années des réductions extrêmement importantes et sont aujourd’hui incontestablement beaucoup plus compétitives. Cela se mesure au niveau mondial« . 

L’an dernier, il y a eu 256 gigawatts de capacité de nouvelles installations renouvelable ajoutées dans le monde, 0,4 gigawatt de nucléaire. Ce chiffre dit tout de leur compétitivité comparée aujourd’hui. 

Le développement du nucléaire passera, selon le Président Emmanuel Macron, par le développement des petits réacteurs modulaires, appelés SMR en anglais. « La filière nucléaire est confrontée à cette difficulté, elle propose des projets comme les EPR, extrêmement lourd, extrêmement gros et long à développer, et avec un risque important sur l’investissement« , assure l’expert. « Elle est dépassée par l’agilité de déploiement des énergies renouvelables. Ces petits réacteurs sont une volonté d’y répondre. Les indications que l’on a sur les coûts des tout premiers -il n’y en que deux construits dans le monde- sont contraires à cet objectif. Ce ne sont que des prototypes. Les projections des acteurs qui portent ces projets de SMR ne font qu’augmenter, et aujourd’hui, il est très probable que ces réacteurs ne seront pas plus compétitifs que les gros réacteurs de type EPR. » 

Les prix du photovoltaïque baissent de 85% en dix ans d’après l’Irena

« Les énergies renouvelables sont aujourd’hui la source d’électricité la moins chère », se réjouit le directeur général de l’Irena, l’Agence Internationale des Énergies Renouvelables, dans un rapport publié cette année, et qui révèle la chute vertigineuse du coût des ENR. Selon son directeur général, Francesco La Camera : « Le coût de l’électricité provenant des panneaux photovoltaïques a baissé de 7% sur un an, l’éolien terrestre de 13% et l’éolien offshore de 9%. »

Le rapport de l’Irena prend une échelle bien plus grande et rapporte la différence du coût de l’électricité entre 2010 et 2020. Le prix du photovoltaïque a diminué de 85% en dix ans, l’éolien terrestre de 56% et l’éolien offshore de 48%. « Les coûts de production d’électricité renouvelable ont fortement chuté au cours de la dernière décennie, sous l’effet de l’amélioration des technologies, des économies d’échelle, des chaînes d’approvisionnement compétitives » explique le rapport.

Énergies nucléaire et renouvelables, toutes moins chères en 2050

Dans son dernier rapport publié en mai 2021, l’Agence internationale de l’énergie entend présenter une feuille de route pour le secteur énergétique avec l’objectif zéro émission nette en 2050. On y trouve notamment des projections d’évolution des coûts de l’électricité produite entre aujourd’hui et cet horizon à 30 ans. Il apparaît clairement que l’ensemble des énergies en Europe seraient progressivement moins chères à produire, mais surtout que celle issue des renouvelables serait entre deux et cinq fois moins coûteuse que celle issue du nucléaire. Cette dernière passerait de 150 dollars du mégawattheure en 2020 à 115 dollars du mégawattheure en 2050, tandis que le solaire, déjà beaucoup moins onéreux, passerait de 55 dollars par MWh à 25 dollars sur la même période.

Coût du mégawattheure en Union européenne d’ici 2050 (en dollars)

Toutefois, si le calcul de l’AIE (appelé LCOE ou coût moyen actualisé de l’électricité) prend en compte un grand nombre de paramètres, notamment le fait que les coûts de production des ENR baissent depuis une petite dizaine d’années et que leurs capacités de production augmentent, il exclut les conséquences de l’intermittence de ces formes de production d’énergie et le fait de devoir par exemple financer et créer de coûteuses unités de stockage. Des données prises en compte en revanche par RTE dans son dernier rapport, qui propose un coût complet pour chaque énergie.

Le nucléaire « plus pertinent du point de vue économique » selon RTE

C’est un rapport de 600 pages paru à la fin du mois d’octobre, pour se projeter dans l’avenir du système électrique français. Ce rapport réalisé par le gestionnaire national du Réseau de transport d’électricité présente six scénarios pour orienter la stratégie future en matière d’énergie. Les experts estiment que la construction de nouveaux réacteurs nucléaires a des avantages économiques, mais le développement des énergies renouvelables est indispensable.

« Les scénarios comprenant de nouveaux réacteurs nucléaires apparaissent plus compétitifs« , peut-on lire dans le rapport. « Les coûts ‘bruts’ des nouvelles centrales nucléaires sont en moyenne plus élevés que ceux associés aux grands parcs d’énergies renouvelables » mais dès lors que les coûts annexes sont intégrés, cela change la donne. Car selon RTE, impossible de ne pas prendre en compte dans la question du coût complet des ENR : le caractère intermittent de ces énergies et ce qu’on appelle les besoins en flexibilité, à savoir des unités de stockage (électrolyseurs pour produire de l’hydrogène ou batteries) ou encore le pilotage de la demande. Autre coût à prendre en compte : le renforcement des réseaux de transport et distribution lié à l’augmentation de la part d’ENR dans le mix énergétique.

Estimations réalisées par RTE

Autrement dit, les scénarios complets avec des énergies renouvelables sont plus chers, car les investissements sont plus importants. D’après RTE, il existe par exemple un écart de dix milliards d’euros par an entre le scénario comprenant la construction de nouveaux réacteurs et celui où la part des énergies renouvelables est de 87% dans la production d’électricité : 61 milliards d’euros par an à l’horizon 2060 pour le premier, 71 milliards pour le second. Dans le scénario zéro nucléaire, la facture monte à 77 milliards d’euros par an en 2060

Toutefois, il s’agirait d’une vision assez optimiste des coûts de nouvelles centrales nucléaires si l’on en croit la Cour des compte : « On ne peut pas établir avec un degré raisonnable de certitude que les économies de construction de futurs EPR2 par rapport au coût de construction d’EPR de type Flamanville se matérialiseront”. Par ailleurs, selon nos confrères de Contexte, la Direction générale de l’énergie et du climat (qui dépend du ministère de la Transition écologique), dans un document de travail daté du mois d’octobre, table sur une mise en service des premiers réacteurs EPR2 « au plus tôt en 2040 » contre 2035 pour RTE, avec une facture revue à la hausse. 

Le ministère de la Transition écologique a assuré depuis que le document de travail était non finalisé, basé sur un seul des deux audits prévus par la PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie), mais Yannick Jadot a sauté sur l’occasion et fait référence à ce document sur France Inter ce lundi : « Je vous invite à lire le document du gouvernement qui avait fuité dans la presse et qui disait que ces statistiques étaient tronquées et que le nucléaire en réalité coûte bien plus cher.« 

Un scénario de sobriété à étudier

Les conclusions de RTE ont justement été ouvertement critiquées par Yannick Jadot ainsi que des associations écologistes. Le candidat EELV l’a qualifié de « manipulation du gouvernement » car la présentation « des scénarios de RTE se révèle être partielle et donc partiale« , mettant donc en valeur le nucléaire. De quelle façon ? Les six scénarios de RTE ne sont pas basés sur réduction importante de la consommation d’électricité, une « sobriété énergétique » comme l’entend l’écologiste.

Dans son rapport, RTE évoque trois trajectoires principales de consommation : une de « sobriété » (« moins de déplacements individuels au profit des mobilités douces et des transports en commun, moindre consommation de biens manufacturés, économie du partage, baisse de la température de consigne de chauffage, recours à davantage de télétravail, sobriété numérique, etc. »), à 555 TWh en 2050, une « réindustrialisation profonde » (avec investissements dans les secteurs technologiques de pointe) à 752 TWh en 2050, et un médian qui sert de « référence » (inspiré par la Stratégie nationale bas carbone, révisée en 2020 par le gouvernement) à 645 TWh en 2050.

Les six scénarios présentés par RTE en octobre sont basés sur cette seule trajectoire « référence« . Les autres travaux sur les deux autres trajectoires ne seront présentés qu’en 2022. Pour EE-LV, le scénario à prendre en compte doit être celui de la sobriété, à 550 TWh, et passe par des efforts de baisse de consommation d’énergies bien plus importants, comme le recours plus grand au télétravail, la réduction du parc automobile et le développement du covoiturage, etc…

Pas de consensus

En l’état actuel des données qui sont pourtant nombreuses, les experts s’opposent encore sur le coût futur de l’énergie. Tout dépend de la dose d’optimisme, ou inversement du pessimisme, que l’on met en avant à la lecture des hypothèses des différents rapports de l’AIE et de RTE. Yannick Jadot n’a pas tort de dire que le coût des énergies renouvelables est inférieur à celui du nucléaire en se basant sur les investissements dans l’éolien et le photovoltaïques et sur la facture toujours plus haute de l’EPR. Ses détracteurs, la ministre de la Transition énergétique notamment, Barbara Pompili, n’ont pas non plus tort de lui opposer les conclusions du rapport RTE qui permet de garantir l’objectif de réduction de 40% de la consommation d’énergie finale en 2050, à l’aide d’un mix énergétique nucléaire-renouvelables. « Il y a des questions dont on peut débattre, notamment sur la sobriété« , assure t-elle au candidat écologiste.

Par la rédaction numérique de France Inter, publié le 15 novembre 2021 à 18h56

https://www.franceinter.fr/economie/le-nucleaire-beaucoup-plus-cher-que-le-renouvelable-yannick-jadot-dit-il-vrai

NDLR : une simple remarque : les prix projetés pour les renouvelables partent des prix réellement constatés à ce jour alors que les prix projetés pour le nucléaire sont basés sur des hypothétiques améliorations des prix constatés actuellement.

Dans le cas des renouvelables on s’appuie sur du concret existant, dans celui du nucléaire on s’appuie sur un rêve.

Amis choisissez bien votre camp avant de voter !

DANS LA DRÔME, GREENPEACE BLOQUE LE SITE DE DÉPART DES CONVOIS DE DÉCHETS RADIOACTIFS À DESTINATION DE LA SIBÉRIE

Depuis 8h30 ce matin, des militantes et militants de Greenpeace France bloquent l’accès ferroviaire du site d’entreposage d’Orano à Pierrelatte dans la Drôme, où un train d’uranium usé français à destination de la Russie est en préparation. Greenpeace France dénonce l’irresponsabilité de l’industrie nucléaire et du gouvernement français dans la gestion des déchets radioactifs.

À la sortie immédiate du site d’Orano, un camion affichant « Stop aux trafics radioactifs » a été positionné sur la voie de chemin de fer et des activistes sont accrochés sous le camion et sur ses côtés.

Deux contrats – l’un liant Orano (ex-Areva) à l’entreprise étatique russe Rosatom, l’autre liant EDF à Rosatom – prévoient l’exportation d’uranium usé français vers la Russie, une pratique qui avait été abandonnée depuis 2010. Après un transport en train de Pierrelatte vers un port français, l’uranium usé – ou uranium de retraitement – est chargé à bord d’un cargo à destination de Saint-Pétersbourg en Russie, puis de Serversk en Sibérie, à nouveau par train. Le périple dure près de trois semaines.

« Nous déplorons le manque de transparence d’EDF et d’Orano sur ce qu’il advient de ces déchets nucléaires une fois en Sibérie. S’il a effectivement lieu, le processus de transformation dans l’usine de Seversk laisse au moins 85% de la matière initiale inutilisée et à la charge de la Russie. La France doit faire preuve de responsabilité et gérer ses déchets nucléaires sur son propre sol », explique Roger Spautz, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France et Luxembourg.

Au moins quatre transports d’uranium usé ont déjà été effectués entre la France et la Russie depuis début 2021. Si les premiers correspondaient au contrat entre Orano et Rosatom, il est désormais possible qu’EDF envoie aussi de l’uranium usé en Russie. En effet, Rosatom a annoncé le 6 novembre qu’EDF avait validé son installation de Seversk pour le traitement de l’uranium usé français. « EDF a rejoint Orano dans une fuite en avant qui consiste à dissimuler en Sibérie des déchets dont les deux industriels ne savent plus que faire en France », constate Roger Spautz.

Emmanuel Macron a annoncé le 9 novembre la construction de nouveaux réacteurs nucléaires sur le sol français. « Plus de réacteurs, c’est plus de déchets. Que propose Emmanuel Macron pour les gérer ? La Sibérie va-t-elle continuer à servir de poubelle au nucléaire français ? Le Président-candidat ne peut prendre seul des décisions qui engageront le pays sur des générations et des générations, alors qu’aucune solution éprouvée n’existe pour la gestion des déchets nucléaires », affirme Roger Spautz.

Le Président français et son gouvernement pèsent également de tout leur poids sur la Commission européenne pour faire labelliser le nucléaire comme énergie verte dans la taxonomie européenne, quitte à accepter d’y faire figurer le gaz fossile. Alors même que le nucléaire ne respecte pas les critères de la taxonomie puisqu’il produit des déchets non recyclés, dont certains sont envoyés en Sibérie, son inclusion pourrait conduire à une relance irresponsable et inutile du nucléaire au niveau européen.

Notes aux rédactions

Un dossier de presse complet « Déchets nucléaires : aller simple pour la Sibérie » est disponible ici.

Le 12 octobre 2021, à l’occasion d’une mobilisation devant le siège d’Orano à Châtillon, au Sud de Paris, Greenpeace avait révélé la reprise début 2021 des exports d’uranium usé vers la Russie. Le 29 octobre 2021, des militants et militantes de Greenpeace France étaient présent-es sur le port de Dunkerque pour dénoncer le chargement d’uranium usé à bord du cargo Conmar Elbe à destination de Saint-Pétersbourg.

Contact presse : 06 30 23 52 78

Photo en titre : Des photos et vidéos de l’action sont mises en ligne au fur et à mesure de la journée ici : https://media.greenpeace.fr/2573

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/action-dans-la-drome-greenpeace-bloque-le-site-de-depart-des-convois-de-dechets-radioactifs-a-destination-de-la-siberie/

DÉSINTOX. ALLEMAGNE : LA TRANSITION NUCLÉAIRE NE S’EST PAS ACCOMPAGNÉE DE L’OUVERTURE DE CENTRALES À CHARBON

Prisca Thevenot, porte-parole d’En Marche, l’assure sur Twitter. Selon elle, « prôner la fin du nucléaire permettra simplement de rallumer des centrales à charbon comme cela a été fait en Allemagne« .

La transition énergétique allemande s’est-elle accompagnée de l’ouverture de centrales à charbon, très émettrices en CO2 ? C’est un argument que l’on entend souvent. Prisca Thevenot, porte-parole d’En Marche l’assure sur Twitter : « prôner la fin du nucléaire permettra simplement de rallumer des centrales à charbon comme cela a été fait en Allemagne ».

Pourtant, les chiffres ne disent pas ça. L’abandon du nucléaire en Allemagne a été décidé en 2002, et le calendrier a été accéléré après l’accident de Fukushima, pour fermer toutes les centrales en 2022. La part du nucléaire dans l’électricité produite par l’Allemagne est donc passée de 27% en 2005 à 11% en 2020. Mais ce sont les énergies renouvelables qui ont compensé, et même plus que compensé cette baisse. Leur part dans la production d’électricité est passée de 11% en 2005 à 44% en 2020.

Le charbon, lui, a vraiment baissé à partir de 2014. Il pesait pour 45% de l’électricité produite en 2005, contre 24% aujourd’hui. Si une nouvelle centrale à charbon a été mise en service en 2020, leur nombre global a bien baissé, passant de 84 en 2010 à 63 aujourd’hui. Certes, la part de l’électricité produite par les centrales à gaz a un peu augmenté, passant de 12% à 16%, mais au final ce sont bien les énergies renouvelables qui ont le plus progressé.

Les pro-nucléaires objectent que l’Allemagne doit désormais importer plus d’électricité. Et que le maintien en service des réacteurs allemands, accompagné de l’essor des énergies renouvelables, aurait permis de faire baisser davantage le recours au charbon. Mais dire que l’Allemagne a dû rallumer des centrales à charbon comme l’affirme la porte-parole d’en Marche, est faux.

Par Elisabeth Quin, publié le 17/11/2021 à 11h27, mis à jour le 17/11/2021 à11h34

https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/desintox-allemagne-la-transition-nucleaire-ne-s-est-pas-accompagnee-de-l-ouverture-de-centrales-a-charbon_4848105.html

UNE BLANCHISSERIE NUCLÉAIRE À SAINT-VULBAS ?

Unitech Services, société spécialiste de la décontamination du linge, des vêtements et du matériel radioactifs, vient d’acquérir 40 000 m2 de terrains à Saint-Vulbas (01), en vue d’installer une blanchisserie industrielle destinées aux entreprises du secteur nucléaire.

Unitech Services a tenté d’installer son usine à Suzannecourt, en Haute-Marne où elle avait acheté un terrain. Bien qu’elle ait obtenu un avis favorable à sa construction et à son exploitation, suite aux pressions de différentes associations locales le projet semble toujours à l’arrêt. Jacques Grisot, le directeur général d’Unitech, a déclaré, il y a quelques mois « Nous sommes dans une situation où nous étudions l’ensemble des potentialités de meilleure acceptabilité ».

Le nouveau projet situé dans le Parc industriel de la plaine de l’Ain a suscité quelques remous. Toutefois, le parc accueille déjà la centrale du Bugey et l’installation ICEDA qui gère des déchets issus du démantèlement du réacteur.

Publié le 17 novembre 2021 à 11h30mn

https://www.entretien-textile.fr/actualite/blanchisseries-industrielles-hospitalieres/une-blanchisserie-nucleaire-a-saint-vulbas

TRICASTIN : INCIDENTS DISSIMULÉS ET INTIMIDATIONS AU TRICASTIN : LA PARTIE ÉMERGÉE DE L’ICEBERG ?

Ce 12 novembre 2021, Le Monde a dévoilé la plainte déposée par un cadre d’EDF au sujet d’une grave affaire de dissimulation d’informations et d’intimidation pour l’empêcher d’en faire état. (Voir : https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/incidents-dissimules-a-la-centrale-de-tricastin-ce-n-est-pas-un-cas-isole-denonce-la-porte-parole-de-sortir-du-nucleaire_4842663.html )

Les faits évoqués dans cet article, qui traduisent le décalage entre la réalité du nucléaire et la communication lénifiante de cette industrie s’autoproclamant propre et sûre, ne doivent pas être considérés comme des cas isolés. Faisant écho à d’autres événements déjà survenus sur le parc nucléaire français, ils confirment l’impasse d’un système de contrôle de la sûreté reposant sur le postulat de la bonne foi de l’exploitant.

Cette situation doit mener à s’interroger sur l’état réel des centrales françaises, alors qu’EDF entend les pousser coûte que coûte au-delà de leur durée de fonctionnement prévue.

Au Tricastin, une situation enjolivée dans la perspective de la visite décennale ?

Lourde inondation interne gérée avec des moyens rudimentaires, événements significatifs minimisés, non déclarés ou avec retard, intimidations et mise au placard de travailleurs qui alertent sur la sûreté, non-déclaration d’accidents de travail, nombreux éléments dissimulés à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) : les faits dévoilés par Le Monde, déjà partiellement évoqués par Médiapart en 2019, sont révoltants et doivent être pris au sérieux.

Le fait qu’un « amoureux du nucléaire » en vienne à porter plainte devrait alerter au plus haut point sur la gravité de la situation. « On a tellement bien dissimulé certains incidents que l’ASN ne les a pas vus, c’est très grave », témoigne ce cadre. Ces dissimulations devraient amener à s’interroger sérieusement sur l’état réel de la centrale du Tricastin suite à sa quatrième visite décennale. Alors que l’ASN est censée donner son avis en 2022 sur la poursuite du fonctionnement du réacteur n°1, comment ses inspecteurs peuvent-ils se prononcer sur la base d’éléments probablement lacunaires ?

Le Tricastin était la première centrale à subir sa 4ème visite décennale. Un nombre croissant de réacteurs atteignent désormais cette échéance. Alors qu’EDF table sur la prolongation à 50 ans de fonctionnement de la totalité de son parc (voire jusqu’à 60 ans pour certaines installations), cette affaire doit nous interpeller sur la probabilité de manœuvres pour dissimuler des signaux témoignant de l’état de dégradation de réacteurs vieillissants.

Des faits révélateurs de pratiques observées sur l’ensemble du parc

Le Réseau « Sortir du nucléaire » effectue depuis des années une veille quasi-quotidienne et une analyse des incidents survenus sur le parc nucléaire, sur la base des informations qu’EDF et l’ASN veulent bien publier. Au regard de ce suivi, il apparaît que les faits choquants cités dans l’article du Monde ne constituent malheureusement pas des cas isolés. Ils font écho à de nombreux autres exemples, qui ne représentent eux-mêmes sans doute que la partie émergée de l’iceberg.

Ainsi, la minimisation d’incidents et l’emploi de termes euphémisants est monnaie courante. Citons le « défaut d’étanchéité » annoncé en 2015 à Fessenheim, qui camouflait une fuite de 100 m3 d’eau survenue suite à la rupture d’une tuyauterie et qui avait provoqué des courts-circuits en salle des machines ! Idem pour les non-déclarations ou déclarations tardives d’incidents, avec des retards qui ont parfois attendu plusieurs mois [1] ou encore le reclassement tardif d’incidents à un niveau de gravité plus élevé [2].

La falsification de mauvais résultats pour qu’ils apparaissent passables semble également être une pratique généralisée à l’ensemble de l’industrie nucléaire (comme l’a prouvé en 2016 le scandale de l’usine du Creusot), tout comme celle de changer de méthode de calcul en espérant obtenir des résultats acceptables [3]. Alors que la construction de nouveaux réacteurs pourrait être relancée en France, il serait bien naïf de supposer que de telles pratiques appartiennent à une époque révolue.

Enfin, dans la filière nucléaire, les faits de harcèlement et de placardisation de lanceurs d’alerte semblent malheureusement tristement répandus, le nombre de personnes qui prennent contact avec notre association après avoir essayé, sans succès, d’en témoigner en interne n’étant pas anecdotique. Mentionnons également les témoignages recueillis par l’association Ma Zone Contrôlée.

Cette nouvelle affaire constitue une énième illustration de l’impasse d’un système de contrôle de la sûreté qui repose sur un principe déclaratif, et donc sur le postulat d’un exploitant qui, de bonne foi, viendra déclarer les problèmes dans les temps et sans les minimiser ! Qui peut encore croire que ce fonctionnement suffit à nous protéger d’un accident ?

Le Réseau « Sortir du nucléaire » a déjà eu l’occasion d’apporter son soutien à des lanceurs d’alerte du nucléaire [4]. Nous saluons la démarche de ce travailleur et espérons qu’elle encouragera d’autres personnes à témoigner.

Contact presse : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Notes :

[1] Ainsi, en 2017, EDF a mis plus de 4 mois pour déclarer à l’ASN un défaut de tenue au séisme majoré de sécurité de la digue du Tricastin (Plus d’informations ici). Autre exemple plus récent : en septembre 2021, EDF a découvert « par hasard » à la centrale de Cruas (Ardèche) l’existence de rejets non autorisés d’acide sulfurique et de monochloramine dans des cours d’eau, qui avaient lieu depuis 2013. Les faits n’ont été déclarés que sous la pression de l’ASN. Plus d’informations ici

[2] Mentionnons les faits survenus en octobre 2019 à Golfech, où une négligence avait mené à une situation périlleuse lors de la vidange du circuit primaire

[3] Citons ainsi l’exemple de la cuve de l’EPR de Flamanville, au sujet de laquelle le président de l’ASN lui-même avait déclaré devant le Sénat le 30 novembre 2017 « Quand on fait les calculs, ça passe encore, pour faire simple, mais de manière relativement limite »

[4] C’est notamment dans ce cadre que notre association a publié en 2017 l’ouvrage La farce cachée du nucléaire, rédigé sous pseudonyme par un ancien travailleur de la filière, dévoilant un certain nombre d’incidents et malfaçons affectant le parc.

Publié le 17 novembre 2021

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Incidents-dissimules-et-intimidations-au

BRETAGNE : TRENTE-SIX ANS APRÈS SA FERMETURE, LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BRENNILIS ATTEND TOUJOURS SON DÉMANTÈLEMENT

L’enquête publique concernant le démantèlement du cœur du réacteur par EDF s’ouvre ce lundi.

Fermée depuis 1985, la centrale nucléaire de Brennilis, dans le Finistère, n’est toujours pas démantelée.

  • Une enquête publique s’est ouverte ce lundi afin d’informer et de consulter la population autour du dernier chantier de démantèlement mené par EDF.
  • Le coût du démantèlement a explosé, comme les délais, suscitant les critiques et les craintes des opposants au nucléaire.

Elle a cessé de produire de l’énergie en 1985, après seulement dix-huit ans d’exercice. À Brennilis, dans le cœur des sauvages Monts d’Arrée (Finistère), la centrale nucléaire fait partie du décor. Dans ce coin rural connu pour être l’Himalaya breton, le dôme de béton niché au bord du lac se voit de partout, même encerclé par la dense végétation. C’est ici que l’État avait décidé d’installer ce qui devait être une vitrine du savoir-faire français dans le nucléaire. Son prototype de réacteur à eau lourde refroidi au gaz carbonique n’a pas convaincu et la technologie a été abandonnée. Arrêtés en 1985, le site et son réacteur de 70 mégawatts ont vu leur démantèlement démarrer dans les années 1990. À l’époque, on promettait un « retour à l’herbe » en vingt ans, moyennant une enveloppe de 42 millions d’euros. Trente ans plus tard, le bloc réacteur est toujours présent pour stocker la matière radioactive la plus dangereuse. Conséquence :  le coût annoncé du démantèlement a flambé pour s’établir à 850 millions d’euros… si tout va bien.

Chaque jour, environ 80 salariés d’EDF s’activent aux abords de la centrale nucléaire. Depuis 2018, les ingénieurs du groupe français sont pendus à la décision de l’Autorité de sûreté nucléaire qui étudie les 3.000 pages de son dossier. Ce lundi, une phase importante de ce processus a été entamée avec l’ouverture de l’enquête publique portant sur la phase finale du démantèlement. Une consultation d’un mois et demi portant sur l’intervention autour de l’enceinte réacteur et ses bâtiments annexes visant à « informer le public » et à « recueillir ses appréciations, suggestions et contre-propositions ». Il faudra pour cela se coltiner une bonne partie des 2.500 pages du rapport présentant la façon dont ce chantier hors-norme sera mené.

« Un échec complet », selon les écologistes

Pour achever le démantèlement de Brennilis, EDF prévoit d’envoyer des robots dans la « zone rouge » qui seront chargés de découper l’épaisse cuve de métal radioactive et de la stocker dans d’épais conteneurs. La matière sera ensuite évacuée vers l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs située dans l’Aube. Un chantier qui inquiète les opposants locaux, qui craignent de voir des matières dangereuses traverser la France. Les écologistes du conseil régional jugent ce chantier comme « un échec complet, que ce soit en termes de délais, de coût et de rejets dans l’environnement ». Les élus en profitent pour rappeler leur opposition à l’énergie nucléaire pourtant vantée par Emmanuel Macron et Jean Castex pour répondre aux enjeux climatiques de demain. Les écologistes critiquent « une forme d’entêtement de la part du gouvernement à vouloir poursuivre le développement de cette énergie du passé ».

L’enceinte réacteur de la centrale nucléaire de Brennilis et les turbines à combustion dépassent de la végétation des monts d’Arrée. – C. Allain / 20 Minutes

Souvent critiquée pour la lenteur de son chantier, la direction de la centrale de Brennilis se retranche derrière la question de la sécurité. « On avait prévu 10 ans de travaux. Mais je n’ai pas peur d’annoncer qu’on en aura pour 17 ans. Ce chantier n’a jamais été réalisé ailleurs dans le monde. Nous savons que nous sommes observés, mais on ne va pas nous reprocher d’être prudents », nous expliquait son directeur Jean Cucciniello lors de notre visite du site l’an dernier. La piste la plus optimiste prévoit une fin de chantier en 2039. Soit cinquante-quatre ans après la fermeture de la centrale. « Qu’on ne me dise pas que l’énergie nucléaire coûte moins cher. Ce chantier montre combien c’est irrationnel », aime à rappeler Bernadette Lallouet, farouche opposante au nucléaire installée dans les Monts d’Arrée.

Par Camille Allain, publié le 16/11/21 à 07h05, mis à jour le 16/11/21 à 07h05

Photo en titre : L’enceinte réacteur de la centrale nucléaire de Brennilis, dans le Finistère. — C. Allain / 20 Minutes

https://www.20minutes.fr/planete/3172739-20211116-bretagne-trente-six-ans-apres-fermeture-centrale-nucleaire-brennilis-attend-toujours-demantelement

BUGEY : DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ DE L’INJECTION DE SOUDE DU SYSTÈME D’ASPERSION DANS L’ENCEINTE DU RÉACTEUR 4

Le 9 novembre 2021, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de l’indisponibilité de l’injection de soude du système d’aspersion dans l’enceinte du réacteur 4 de la centrale nucléaire du Bugey.

Le système d’aspersion dans l’enceinte (EAS) est un système de sauvegarde, constitué de deux voies redondantes, qui pulvérise de l’eau contenant de la soude, en cas d’accident dans l’enceinte du réacteur afin d’y diminuer la pression et la température. L’injection de soude permet d’accélérer l’élimination de l’iode potentiellement radioactif et de limiter le dégagement d’hydrogène dans l’enceinte de confinement du réacteur en cas d’accident.

Le 5 novembre 2021, dans le cadre d’une mise à jour, dans le logiciel de maintenance, des caractéristiques d’une vanne du circuit d’injection de soude du système EAS du réacteur 4, l’exploitant a identifié une incohérence entre les paramètres attendus et ceux obtenus lors de la requalification effectuée à l’issue de la dernière opération de maintenance réalisée sur cette vanne. En effet, cette vanne doit s’ouvrir par manque d’air de régulation, alors qu’elle s’était fermée lors de la requalification effectuée le 21 mai 2021 après la maintenance réalisée lors de l’arrêt pour visite décennale.

Le 6 novembre 2021, cette vanne a été remise en conformité, permettant ainsi de retrouver la disponibilité de l’injection de soude du système EAS du réacteur 4. Ce circuit était indisponible depuis le 1er juin 2021, date à partir de laquelle sa disponibilité était requise par les règles générales d’exploitation. La durée totale d’indisponibilité de ce circuit, supérieure à 5 mois, est supérieure à celle permise par les règles générales d’exploitation du réacteur, qui est de 24 heures.

Cet événement n’a eu aucune conséquence sur l’installation, l’environnement, ou le personnel. Toutefois, compte tenu de la détection tardive de l’indisponibilité d’un système requis par les règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 16 novembre 2021

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-tardive-de-l-indisponibilite-de-l-injection-de-soude-du-systeme-d-aspersion

PRÈS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN, GREENPEACE BLOQUE L’ENVOI D’URANIUM EN SIBÉRIE

L’ONG de défense de l’environnement demande à l’État de faire cesser le transport d’uranium en fin de vie vers la Russie, une gestion des déchets nucléaires qui «multiplie les risques».

«La Sibérie n’est pas une poubelle», «Stop aux déchets radioactifs»… Banderoles à la main, une petite dizaine de militants de Greenpeace s’est interposée pour empêcher le départ d’un train chargé d’uranium usé vers la Russie, ce mardi matin. Ces éléments radioactifs en fin de vie provenaient du site d’entreposage de la société Orano à Pierrelatte (Drôme), située juste à côté de la centrale du Tricastin.

Les militants sont allés jusqu’à s’enchaîner à un camion stationné sur les rails donnant accès au site nucléaire, d’après France Bleu. Ils ont été délogés par la gendarmerie vers 10 heures. Le site Orano Tricastin, juste à côté de la centrale nucléaire EDF, est spécialisé dans la conversion et l’enrichissement de l’uranium, étape intermédiaire dans la création de combustibles qui seront, ensuite, livrés aux centrales nucléaires.

Selon Greenpeace, ces déchets radioactifs seront soit retraités dans l’usine russe de Tomsk (2 880 kilomètres à l’est de Moscou), soit ils seront simplement stockés dans des entrepôts. L’entreprise Orano a donné une autre version à France Bleu : l’uranium va être «à nouveau enrichi et doit resservir dans des centrales nucléaires».

En plein débat sur la place du nucléaire en France que le chef de l’État entend accroître, Greenpeace souhaite dénoncer «l’inconscience de l’industrie et du gouvernement dans la gestion de ces matières». Les envois en Russie, qui avaient cessé en 2010, ont repris en 2021, avec 400 tonnes envoyées dans l’année, toujours selon l’association de défense de l’environnement.

«Cesser tout transport d’uranium»

L’ONG explique sur Twitter que «le retraitement du combustible usé aggrave le problème de gestion des déchets en générant plus et en multipliant les risques, notamment liés à l’entreposage et au transport de matières extrêmement dangereuses». Enfin, Greenpeace demande à l’État français, actionnaire majoritaire d’Orano et d’EDF, d’imposer «à ces deux entreprises de cesser tout transport ou projet de transport d’uranium de retraitement vers la Russie».

En septembre, Greenpeace a été condamné à payer une amende après l’intrusion de militants dans le périmètre de la centrale nucléaire vieillissante d’EDF au Tricastin, en février 2020. Un jugement clément qui n’a pas dissuadé l’ONG de mener d’autres actions.

Par LIBÉRATION, publié le 16 novembre 2021 à 15h56

Photo en titre : La centrale nucléaire du Tricastin, mise en service au début des années 1980, est l’une des plus anciennes de France. (Olivier METZGER/Photo Olivier Metzger pour Libé)

https://www.liberation.fr/environnement/nucleaire/pres-de-la-centrale-nucleaire-du-tricastin-greenpeace-bloque-lenvoi-duranium-en-siberie-20211116_7PP2F2S6ZRD4NNDQCY2TECMK2Q/

RELANCER LE NUCLÉAIRE, C’EST SUICIDAIRE ! (INVENTAIRE DES DANGERS NÉGLIGÉS)

« Avec Fukushima, Tchernobyl, Kychtym et Three Mile Island, trois des quatre pays les plus nucléarisés au monde ont connu au moins un accident nucléaire majeur. [22].

Mais rassurez-vous, la France (pays qui compte le plus de réacteurs nucléaires par million d’habitants [22]) ne court aucun risque… sauf si l’on se met à écouter certains scientifiques pour qui « on serait statistiquement sûr de connaître un accident [nucléaire] majeur dans l’Union européenne au cours de la vie du parc actuel » avec une « probabilité de 50% de le voir se produire en France. » [12] [13] Peu importe : pour Emmanuel Macron, tout ce qui compte, c’est de sauver EDF.

Le 9 novembre 2021, le président de la République a déclaré que de nouveaux réacteurs nucléaires allaient être construits en France. Avant d’être élu, Emmanuel Macron avait pourtant promis de réduire « notre dépendance à l’énergie nucléaire, avec l’objectif de 50% d’énergie nucléaire à l’horizon 2025 ». [1] En prenant la décision de construire de nouveaux réacteurs, Emmanuel Macron trahit la démocratie, et aggrave la crise de confiance des Français envers leurs institutions politiques.

Pour l’anecdote, 192 pays sur 195 ont une part d’électricité produite par le nucléaire déjà inférieure à 50%, et la France, avec ses 76%, est, de très loin, en tête de ce classement ; première place qu’aucun dirigeant ne cherche à lui disputer. [24] À l’instar de l’Italie ou de l’Allemagne, nombreux sont les pays à avoir renoncé au nucléaire civil après les accidents de Tchernobyl ou de Fukushima. [22] [25]

Sur un coup de tête, Emmanuel Macron expose chacun d’entre nous et chacun de nos enfants à des dangers colossaux, que nous sommes en droit de refuser. Un nuage radioactif ne s’arrêtant pas à une frontière, Emmanuel Macron met également en danger une part importante de la population mondiale, à commencer par nos voisins européens. Et n’oublions pas que les conséquences d’un accident nucléaire ne se bornent pas à l’espèce humaine : la radioactivité peut engendrer mutations et cancers sur toutes les formes de vies (et ce, même si les biopsies sur les cadavres d’animaux sauvages sont assez rares).

En prenant seul une décision aussi lourde de conséquences (une décision contraire au programme pour lequel il a été élu), Emmanuel Macron doit être conscient qu’en cas d’accident nucléaire, le peuple et les peuples voisins auront le droit de le considérer comme premier responsable, et de le juger pour mise en danger de la vie de millions de personnes (et ce, en connaissance de cause).

En 2019, la France comptait 58 réacteurs nucléaires pour 67 millions d’habitants, soit 0,865 réacteur par million d’habitants. Mais ce record mondial ne suffit pas à Emmanuel Macron ! Si tous les pays comptaient autant de réacteur par tête, nous passerions de 449 réacteurs à 6700 réacteurs nucléaires à la surface de la Terre. [23] Le risque de survenue d’un accident nucléaire sur notre planète serait alors multiplié par 15. Si tous les pays du monde étaient aussi nucléarisés que la France (et sachant que 4 réacteurs nucléaires ont connu des accidents majeurs en l’espace de 37 ans), on pourrait s’attendre, en moyenne, à plus d’un Tchernobyl par an sur Terre ! [12] [29] En somme, si tous les dirigeants étaient aussi irresponsables qu’Emmanuel Macron, notre planète deviendrait vite inhabitable.

Tchernobyl : des sols français encore très radioactifs

Obnubilé par le sauvetage d’EDF, Emmanuel Macron oublie d’évoquer la question des risques relatifs aux énergies nucléaires. Son excès de confiance rappelle celui du Général de Gaulle, qui jugeait improbable la survenue d’un accident nucléaire. Mais, contrairement à De Gaulle, Macron a à sa disposition le recul de l’Histoire. Comment peut-il nous parler de nucléaire en faisant abstraction de Fukushima, de Tchernobyl ou de Three Mile Island ? En occultant ces catastrophes – parmi les plus importantes de l’histoire humaine –, Emmanuel Macron essaie de les enfouir dans un passé lointain et révolu. Mais, en réalité, les effets de Tchernobyl et de Fukushima sont toujours d’actualité, et continueront de nous toucher durant plusieurs siècles. La demi-vie du césium 137 est de 30 ans (c’est-dire que la radioactivité de cet élément est divisée par deux en 30 ans), celle du plutonium 240 de 6500 ans et celle du plutonium 239 de 24400 ans. [4] Et ce n’est pas un beau discours, fût-il prononcé par un énarque, qui changera ces réalités.

N’en déplaise aux journaux télévisés, le nuage radioactif de Tchernobyl a bel et bien traversé nos frontières. Pire, il s’est attardé plusieurs jours sur une grande partie du territoire français. [3] Des épisodes pluvieux ont, par ailleurs, accru la fixation au sol des atomes radioactifs composant ces nuages. [5] Ainsi, en 2015 (soit 29 ans après l’accident de Tchernobyl), l’activité en césium 137 mesuré à Vassieux-en-Vercors (village situé à plus de 2000 km de Tchernobyl) dépassait les 14000 Bq/m2. [6] Près du col de la Bonette, « les niveaux de radiation au contact du sol dépassent toujours, sur les zones d’accumulation, des valeurs plusieurs dizaines de fois voire plus de 100 fois supérieures au niveau naturel ». [26] Soulignant au passage les risques liés au fait de bivouaquer dans ces zones, la CRIIRAD considère que certains prélèvements de sol du Mercantour sont des déchets radioactifs (alors qu’au début du vingtième siècle, ces sols étaient dépourvus de césium 137). [26] Outre le Mercantour, la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la RADioactivité) a mesuré de forts taux de radioactivité au césium 137 en Alsace, dans le Jura ou encore dans le Vercors. [26] Sur ces territoires paissent des troupeaux de vaches et de moutons, dont la viande et le lait sont ensuite consommés.

Pour la CRIIRAD, outre le risque lié à la radioactivité des sols, « il faut garder à l’esprit le fait que l’exposition interne [notamment par ingestion de denrées alimentaires contaminées] peut constituer la part la plus importante [du risque radioactif pour l’humain] ». [6] Toujours selon la CRIIRAD : « Concernant l’impact spécifique de Tchernobyl, on ne peut que déplorer que la réglementation en vigueur au niveau européen, plus de 30 ans après la catastrophe, ne porte que sur les produits importés, avec des limites d’activité massique inchangées depuis 1986 […]. La réglementation aurait dû être étendue aux productions et cueillettes issues des États membres de l’Union européenne dont certains ont été fortement impactés par les retombées de Tchernobyl et les niveaux de contamination admissible auraient dû être notablement abaissés […] compte tenu de l’évolution des connaissances sur les effets sanitaires d’une contamination interne chronique. » [6]

Si la France préfère ignorer le risque radioactif post-Tchernobyl lié à sa production alimentaire, d’autres pays font preuve de plus de rigueur. Ainsi, en Norvège, plusieurs décennies après l’accident de Tchernobyl, des rennes d’élevage sont encore jugés impropres à la consommation, suite à des contrôles de radioactivité réalisés sur la viande ou sur le lait. [7] [8]

Cancers et accident nucléaire

Les risques radioactifs sont insidieux. Un cancer commence par un « accident » génétique à l’intérieur d’une cellule ; cellule qui va se mettre à proliférer de façon anarchique… Au moment de l’accident génétique, aucun biologiste ne se trouve dans l’organisme de la personne avec son microscope pour observer la cause de la cassure d’ADN ; cassure qui peut être provoquée par une molécule de pesticide, un atome de césium 137, un atome de plutonium, une molécule issue de la fumée d’une cigarette… Si bien que lorsqu’un patient cherche à connaître l’origine de son cancer, il se heurte à des médecins qui ne savent pas ou qui émettent des hypothèses (il faut également tenir compte du fait qu’un cancer est parfois diagnostiqué après plusieurs années d’évolution silencieuse).

À la vue des mesures de radioactivité effectués sur le sol français, il est vraisemblable qu’une part relativement importante des cancers diagnostiqués en France soit la conséquence des retombées radioactives de Tchernobyl (ce que tous les promoteurs de l’énergie nucléaire s’évertuent à nous faire oublier, comme l’on fait avant eux les industriels du tabac ou des pesticides). L’avantage des partisans du nucléaire est que leur pollution est invisible, qu’elle se fait oublier et que seuls quelques « hurluberlus » cherchent à la mesurer.

Quelle est la part des cancers imputables à Tchernobyl ? À ce jour, aucun scientifique n’est en mesure de le dire. Mais sachant qu’en France, des centaines de milliers de cancers sont diagnostiqués chaque année et que les cancers tuent chaque année environ cent cinquante mille Français, il n’est pas exclu que l’accident de Tchernobyl (bien que géographiquement lointain) ait fait, en France, plus de morts que le Covid-19. [9] [19] Il est à noter que dans notre pays, « le taux d’incidence du cancer, toutes localisations confondues » a fortement progressé entre 1986 et 2012. [9] On ne peut pas démontrer que cela soit fortement corrélé à l’accident de Tchernobyl, mais cette croissance du nombre de cancers ne fait que renforcer une suspicion fondée sur des arguments scientifiques.

Beaucoup d’incertitudes… Toutefois, en laboratoire, tentez d’exposer des cellules humaines à de fortes doses de radionucléides, le résultat sera sans appel… [33] « Si des particules de plutonium sont inhalées ou ingérées, elles irradient directement les organes où elles sont déposées (le poumon dans le cas d’une inhalation). Une fraction du plutonium inhalé ou ingéré passe dans le sang et se dépose notamment dans le foie et les surfaces osseuses. […] Une quantité de l’ordre d’une dizaine de milligrammes est susceptible d’être à l’origine du décès d’une personne ayant inhalé, en une seule fois, des oxydes de plutonium. » [35]

Tchernobyl a provoqué une explosion du nombre de cancers de la thyroïde en Ukraine, Biélorussie et Russie, en particulier chez les enfants. [10] Un lien avec les leucémies a également été mis en évidence, notamment chez les jeunes enfants. [10] Suite à l’accident nucléaire de Kychtym (accident « moins grave » que celui de Tchernobyl et de Fukushima), il a été observé, à 30 kilomètres de ce réacteur, un nombre de cancers 3,6 fois plus élevé et un nombre d’anomalies génétiques 25 fois plus élevé que dans le reste de la Russie. [28] [30]

Simulation d’accident nucléaire en France : jusqu’à 324 000 morts

Si Emmanuel Macron évite ces sujets, les assureurs, eux, s’y intéressent de près. Ainsi, en 2014, un courtier d’assurance modélisait « une explosion majeure à la centrale nucléaire de Saint-Alban située à 50 kilomètres de Lyon et 30 kilomètres de Saint-Étienne ». Modèle qui « permettait de déterminer les conséquences immédiates de la catastrophe et ses effets tardifs ». « Selon que des mesures de protection de la population sont prises ou non, le nombre de victimes évolue entre 104 178 et 324 384, dont une surmortalité à long terme de 100 000 pour des cancers ». [11] Selon l’IRSN, « un accident grave comme Tchernobyl ou Fukushima [coûterait environ] 600 à 1000 milliards d’euros. » [12] Frais que bien évidemment, aucune assurance ne couvre… S’il fallait assurer chaque réacteur à hauteur de 1000 milliards d’euros, le prix du mégawattheure exploserait, ce qui enterrerait définitivement la filière nucléaire. [12]

Accident nucléaire en Europe : « une certitude statistique »

En 2011, Bernard Laponche, physicien nucléaire, et Benjamin Dessus, ingénieur et président de Global Chance, estimaient que « sur la base du constat des accidents majeurs survenus ces trente dernières années, la probabilité d’occurrence d’un accident majeur sur [le parc de réacteurs nucléaires] serait […] de 50% pour la France et de plus de 100% pour l’Union européenne. Autrement dit, on serait statistiquement sûr de connaître un accident majeur dans l’Union européenne au cours de la vie du parc actuel et il y aurait une probabilité de 50% de le voir se produire en France. On est donc très loin de l’accident très improbable. Et cela sans prendre en compte les piscines de stockage des combustibles irradiés, les usines de production et d’utilisation du plutonium, les transports et stockages des déchets radioactifs. […] La réalité, c’est que le risque d’accident majeur en Europe n’est pas très improbable, mais au contraire une certitude statistique. » [12] [13] Et ces calculs font abstraction du risque terroriste, et ce à une époque où certains sont capables de détourner des avions pour les envoyer sur des buildings…

L’EPR, la rançon de l’échec

Pour sauver EDF, Emmanuel Macron joue avec le feu, d’un côté, en prolongeant des centrales nucléaires qui ont dépassé leur date de péremption, de l’autre, en initiant la construction de nouveaux réacteurs, basés soit sur une technologie d’apprenti sorcier (le SMR) soit sur une technologie pour le moins douteuse (l’EPR). Certains évoquent la construction de six, dix, voire quatorze EPR, alors que la France n’est pas capable de terminer son premier EPR. L’EPR de Flamanville (qui devait initialement coûter 3,3 milliards d’euros) devrait finalement coûter au moins 19 milliards d’euros. [14] L’EPR de Flamanville devait être construit en moins de 5 ans, mais ne sera toujours pas terminé après plus de 15 ans. [14] Face à ce succès tonitruant, pas d’autres choix, pour le brillant énarque Emmanuel Macron, que de se lancer dans la construction de nouveaux EPR… Si l’EPR est un gouffre pour les finances publiques, c’est aussi un moyen pour d’autres de gagner « un pognon de dingue » (expression empruntée à notre président qui se plaignait, en 2018, de ce que coûtent « les pauvres » à l’État). [32]

Franchement, comment peut-on accepter de laisser à nos descendants la charge d’une collection d’épaves nucléaires que nous ne savons même pas démanteler ? Il suffit que l’une d’elles « explose » pour qu’une région devienne inhabitable, pour que, selon les caprices du vent, des particules radioactives imprègnent nos sols durant des siècles, créant ainsi de forts risques de cancers. [11] Doit-on accepter qu’un homme seul, fût-il président de la République, se permette de jouer avec la vie de millions de personnes, et ce sur plusieurs générations ?

Mines d’uranium, déchets nucléaires et politique de dissimulation

Venons-en aux mines d’uranium. Pour Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la CRIIRAD, « les mineurs de l’uranium sont exposés en permanence [au rayonnement gamma] dont on ne peut pas se protéger, car même des vêtements en plomb n’arrêterait pas ces radiations. Alors si ces matériaux sont répandus pour faire des pistes et des routes ou encore pire dans des maisons [comme cela fut révélé à Arlit par des ONG il y a plusieurs années], cela veut dire que les habitants de ces lieux vont être exposés à ces radiations invisibles. […] Le suivi des travailleurs de l’uranium français montre un taux de décès par cancer du poumon 40% au-dessus de la normale et un taux de décès par cancer du rein 90% au-dessus de la normale. C’est pour cela que le suivi des mineurs du Niger est un enjeu très important, parce que les pathologies apparaissent souvent au bout de quelques années et parfois après quelques décennies. » [36] [34] Pour l’anecdote, l’uranium a une demi-vie de 4,5 milliards d’années (ce qui correspond à l’estimation de l’âge de la Terre). Lorsque de l’uranium est extrait, sont remontées à la surface des matières radioactives qui vont polluer l’air, l’eau, les sols et la chaîne alimentaire sur le très long terme… Et c’est ainsi que l’humain souille pour des milliers d’années de vastes espaces sauvages en Asie, en Afrique, au Canada, en Australie ou encore au Groenland. [36] [37] [38]

Il y a aussi l’insoluble problème des déchets nucléaires, dont la durée de vie peut être de plusieurs centaines de milliers d’années [35], dont personne ne veut et dont certains finissent dans les mers. Plusieurs dizaines de tonnes de plutonium sont provisoirement entreposés à La Hague, alors que l’inhalation d’un dixième de milligramme de plutonium suffit à provoquer le décès d’une personne ! [35] Mieux vaut éviter d’aborder l’hypothèse d’une attaque terroriste sur de tels sites de stockage… Faisons l’autruche, nous dormirons mieux.

Les arguments sont trop nombreux… Oublions le lien entre nucléaire civil et nucléaire militaire, et surtout oublions tous ces dictateurs sanguinaires qui, en moins d’un siècle, sont arrivés au pouvoir… L’humain est à la fois trop peu sage et trop faillible pour utiliser une énergie aussi dévastatrice que le nucléaire. Une grande majorité de pays se désengagent du nucléaire civil ou refusent de s’y lancer. La France est la seule à autant s’obstiner dans cette voie suicidaire. [22]

Notons que, malgré l’assurance de notre président, certains ont essayé de passer sous silence, en France, deux accidents nucléaires de niveau 4 sur une échelle de 7 (7 étant le niveau de Tchernobyl et de Fukushima). L’un de ces accidents aurait même conduit au déversement de plutonium directement dans la Loire[27] [28] Mais pas de souci, ayons confiance ! En 2021, « un cadre de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), qui sollicite le statut de lanceur d’alerte, a déposé plainte […], accusant sa hiérarchie de l’avoir placardisé pour avoir dénoncé une « politique de dissimulation » d’incidents de sûreté »… [31] Mais pas de souci, ayons confiance !

Le nucléaire peut sauver EDF, mais pas notre planète

Aujourd’hui, nous vivons une sixième extinction de masse. Le rythme de disparition des espèces est 100 à 1000 fois supérieur au rythme naturel d’extinction. [15] Cette sixième extinction est liée à cinq phénomènes majeurs : 1°) la destruction et la fragmentation des milieux naturels, 2°) la surexploitation d’espèces, 3°) la pollution de l’eau, de l’air, des sols, 4°) l’introduction d’espèces invasives et 5°) le réchauffement climatique. [15] [16] [17] La bataille doit se mener sur ces cinq fronts, et pas uniquement sur le climat.

Soit dit en passant, la vie a déjà résisté à d’importantes variations climatiques et atmosphériques. La vie serait même apparue dans une atmosphère très riche en gaz carbonique et quasi dépourvue de dioxygène. [18] [39] Le réchauffement climatique qui se profile est grave et va entraîner de gros bouleversements, mais ce réchauffement, à lui seul, n’a pas un caractère apocalyptique (au sens où il ne va pas conduire, à lui seul, à une disparition de la vie sur Terre). Après avoir résisté aux météorites, aux périodes glaciaires, aux périodes volcaniques, la nature devrait réussir, bon an mal an, à surmonter un réchauffement climatique de quelques degrés (mais pas sans blessures graves).

Par contre, ce qui peut avoir un caractère apocalyptique est une combinaison de phénomènes qui ne cessent de s’emballer : ce réchauffement climatique fulgurant, mais aussi les dégâts radioactifs humains, la bétonisation des sols, la surpêche, la déforestation, l’utilisation massive de pesticides, la disparition des insectes pollinisateurs, l’épuisement des ressources, la pollution du plastique, la réduction des zones de tranquillité pour les animaux… [15] [16] [17] C’est tout cet ensemble qui menace, à terme, l’équilibre de la vie sur Terre.

Pour promouvoir le nucléaire, fleuron de notre pays, beaucoup de grands médias français (loin d’être financièrement indépendants) ont tendance à ne parler que du réchauffement climatique et à occulter tous les autres problèmes, ce qui arrange bien les industriels français qui cherchent à vendre leurs centrales nucléaires décarbonées et leurs voitures électriques. Mais cette énergie nucléaire (qui n’a bonne presse qu’en France) est une dangereuse hérésie. Quant aux voitures électriques (pour lesquelles, en gros, ces nouvelles centrales seraient construites), leur fabrication nécessite l’extraction très polluante de nombreux métaux rares et l’émission de quantités faramineuses de CO2. [21] Ainsi, en 2020, pouvait-on lire dans Le Monde, des cocasseries du type : « une voiture électrique produite et circulant en Chine, dotée d’une batterie fabriquée sur place, devra parcourir 180 000 km avant de commencer à compenser les émissions de CO2 qui ont été nécessaires à sa fabrication », et ce alors que la durée de vie d’un véhicule électrique est estimé à 195 000 km ! [20] Arrêtons l’hypocrisie : acheter une voiture électrique, ce n’est pas sauver la planète, c’est continuer à la détruire. Sous prétexte de sauver le monde, Macron veut simplement sauver EDF et l’industrie automobile française.

Le combat contre le réchauffement climatique d’origine humaine est perdu depuis plusieurs décennies. C’est trop tard, nous ne faisons que péniblement limiter la casse. Construire des centrales nucléaires dans la précipitation (sur un coup de tête et sans référendum) ne fait qu’ajouter des problèmes insolubles aux problèmes déjà existants. Construisez quinze fois plus de réacteurs nucléaires dans le monde, vous obtiendrez quinze fois plus d’accidents et quinze fois plus de déchets… Non, ce qu’il faut, ce n’est pas renforcer le modèle actuel, beaucoup trop destructeur, mais changer de modèle, construire une société beaucoup plus sobre, afin d’essayer de créer une symbiose durable entre notre environnement et huit milliards d’êtres humains. Symbiose vers laquelle nous pourrions tendre en ayant recours aux énergies solaire, éolienne, hydraulique, mais aussi et surtout en faisant le choix de la sobriété.

Par Matthieu Stelvio (son site), publié le 15 novembre 2021

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/relancer-le-nucleaire-c-est-237191

SARKOZY AVAIT DÉJÀ ANNONCÉ LA CONSTRUCTION D’UN EPR À PENLY EN 2008 !

Mardi 9 novembre 2021, lors d’une de ses innombrables et martiales déclarations télévisées, Emmanuel Macron a déclaré « Nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays« . Immédiatement après, la direction d’EDF a signalé que le premier site choisi était celui de Penly (Seine-Maritime).

Il faut d’abord noter que l’emploi du « nous » est extrêmement suspect : c’est probablement de lui-même que M. Macron parle au pluriel tant il est vrai que, pour faire cette annonce, il n’a consulté personne : évidemment pas la population française, mais pas même les députés pourtant parfaitement godillots de LREM.

Notons aussi qu’une telle déclaration ne relève absolument pas des annonces faites lors de la campagne présidentielle de 2017 : il est une fois de plus démontré que le nucléaire, comme le macronisme, n’a strictement rien à voir avec la démocratie.

Cependant, contrairement à M. Macron et à de nombreux médias qui semblent couvrir l’actualité comme des poulets sans tête, et donc sans mémoire, l’Observatoire du nucléaire a des archives bien tenues qui lui permettent de rappeler que, en juillet 2008 et janvier 2009 (voir dépêches ci-dessous), le Président de la République de l’époque, M. Sarkozy, avait déjà annoncé la construction d’un second EPR – en plus de celui de Flamanville, dont le chantier venait tout juste d’être lancé – et annoncé que le site choisi était celui de Penly.

Treize ans plus tard, ce qui ne constitue d’ailleurs pas « des décennies« , M. Macron et ses séides en sont donc au même point. Il faut dire que les belles paroles ne font pas pousser les réacteurs nucléaires et, surtout, ne les financent pas. Il va de fait être très intéressant dans les semaines et mois à venir de voir si M. « Quoi qu’il en coûte »  va pouvoir encore une fois dépouiller les français pour offrir à EDF les dizaines de milliards destinés à être gaspillés dans un nouveau fiasco nucléaire.

Archives

Nicolas Sarkozy annonce la construction d’un 2eme réacteur EPR en France

AFP – 03 juillet 2008 – Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi la construction en France d’un deuxième réacteur nucléaire de troisième génération EPR, conçu par le groupe Areva, lors d’un déplacement au Creusot. « J’annoncerai dans quelques instants la construction d’une deuxième centrale nucléaire EPR en France », a affirmé M. Sarkozy devant des ouvriers de l’usine ArcelorMittal du Creusot.

Le chef de l’État, qui devait prononcer plus tard un discours consacré à la politique énergétique de la France, n’a pas précisé lors de son intervention devant les salariés d’ArcelorMittal l’implantation de ce nouveau réacteur, ni sa date programmée de mise en service. Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon ont récemment indiqué publiquement qu’ils réfléchissaient à la construction d’un deuxième EPR en France après celui de Flamanville (Manche), dont la construction a démarré en décembre 2007 pour une mise en service prévue en 2012. « Nous voulons que l’énergie nucléaire soit une des réponses principales à la crise du pétrole que l’on connaît« , avait indiqué M. Fillon le 12 juin lors d’un entretien accordé à France 2.

Un autre réacteur à eau sous pression (European Pressurised water Reactor, EPR), fruit d’une technologie franco-allemande développée par les groupes Areva et Siemens, est actuellement construit en Finlande et devrait être mis en service en 2011, avec un an et demi de retard sur le calendrier initial.

Autre archive

Sarkozy confirme la construction d’un 2ème EPR à Penly

AFP – 29 janvier 2009 – Le président Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi soir par un communiqué la construction d’une deuxième centrale nucléaire EPR à Penly (Seine-Maritime), confirmant les informations du site internet du Figaro. Le chef de l’État confirme aussi que GDF Suez sera associé minoritaire du projet conduit par EDF. « Le président de la République confirme le lancement de la réalisation d’une deuxième centrale nucléaire de type EPR en France« , indique un communiqué de l’Élysée.

« L’État valide le projet d’EDF de réaliser cette centrale sur le site de Penly, en Seine-Maritime« , lit-on ensuite: « EDF réalisera cet équipement dans le cadre d’une société de projet dont il aura la majorité. GDF SUEZ sera associé à ce projet. D’autres partenaires désireux de partager l’investissement et l’approvisionnement électrique seront invités à y participer« .

L’Élysée précise qu’EDF « déposera dans les prochaines semaines un dossier sur ce grand projet à la commission nationale du débat public, en vue de *commencer la construction en 2012 et de raccorder la centrale au réseau en 2017*« . Enfin, « dans la perspective du développement ultérieur de la filière, l’État reconnaît la volonté de GDF SUEZ d’assumer la maîtrise d’ouvrage et l’exploitation de l’EPR suivant« , c’est-à-dire le troisième du genre.

Communiqué du lundi 15 novembre 2021

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?rubrique3

[CLIMATO-ÉTHIQUE] PAS DE RÉINDUSTRIALISATION NI DE SOUVERAINETÉ ÉNERGÉTIQUE SANS SOBRIÉTÉ

Pour sortir des énergies fossiles, l’efficacité énergétique et l’électrification des transports, de l’industrie et des bâtiments, risquent de ne pas suffire, surtout si la France veut, en même temps, se réindustrialiser.

Construire de nouveaux réacteurs nucléaires en France ne va pas suffire. «Agir sur la consommation grâce à l’efficacité énergétique, voire la sobriété, est indispensable pour atteindre les objectifs climatiques», a expliqué le transporteur RTE lors de la présentation de son rapport Futurs énergétiques 2050, sur lequel le gouvernement s’est appuyé pour décider de lancer un nouveau programme nucléaire en France. C’est même le premier des dix-huit enseignements de son étude, le dernier étant «l’urgence à se mobiliser».

De fait, pour suivre la trajectoire de consommation de stratégie nationale bas carbone et parvenir à la neutralité en 2050, il va falloir réduire de 40 % la consommation d’énergie finale, grâce à l’efficacité énergétique, croit la SNBC. Ce qui est colossal même avec l’électrification des transports, de l’industrie et du chauffage, qui va avoir comme conséquence de porter la part de l’électricité dans le mix de 27 % aujourd’hui à 55 %.

Et la demande grimperait à 645 TWh, efficacité énergétique comprise, contre environ 460 TWh, aujourd’hui. Et encore, est-ce sans compter avec la réindustrialisation profonde voulue par le politique, ou une production d’hydrogène décarboné renforcée. Ce qui augmenterait encore d’environ 100 TWh la demande.

Le nucléaire limité

Pour la satisfaire, il faudrait que la France soit capable de développer encore plus de capacités nucléaires et renouvelables que dans le scénario de référence de RTE à 645 TWh. Ce qui n’a rien de garanti vu les problèmes d’acceptabilité et le défi industriel que représente le nouveau nucléaire. EDF semble fixer d’ailleurs comme un maximum la construction de 14 réacteurs EPR d’ici à 2050 ce qui ne suffirait même pas à rester à 50 % de nucléaire dans le mix électrique en 2050. Il faudrait construire aussi quelques SMR.

Autant dire qu’il va falloir sacrément maitriser la consommation, voire apprendre à la réduire encore. RTE, qui a travaillé aussi sur un scénario de sobriété qui réduirait de 90 TWh la demande, pense que la sobriété pourrait absorber les besoins énergétiques d’une industrialisation renforcée. Et ce sans décroissance, mais en partageant plus notre habitat, en réduisant de 1 °C le chauffage, en développant massivement le télétravail, en réduisant les équipements numériques et le nombre de véhicules individuels, en privilégiant les circuits courts, y compris dans l’industrie, etc…

Réduire les émissions importées

Ce qui au passage réduirait nos émissions importées et donc l’empreinte carbone de la France. Mais RTE ne dit rien des 285 TWh d’énergie décarbonée non électrique qu’il va aussi falloir produire. Dans son scénario avec 96 % de renouvelables en 2050, négaWatt, lui, en tient compte, ainsi que de l’impact carbone des matériaux bruts nécessaires à l’économie française. Et il propose un chemin de sobriété un peu différent, avec quand même une réindustrialisation, mais sur des critères de durabilité plus exigeants.

Un message qui passe mal, a observé RTE lors de sa consultation. Le sujet de la sobriété serait même devenu une sujet plus «clivant» que celui, stérile, opposant le nucléaire aux renouvelables. Pourtant, quelle que soit la manière, consommer mieux et moins va devenir indispensable pour concilier neutralité carbone, réindustrialisation et souveraineté énergétique.

Par Aurélie Barbaux, publié le 15 novembre 2021 à 10h00

Photo en titre : © Photo by Kate Trysh on Unsplash. Même pour l’industrie, il va falloir privilégier les circuit courts.

https://www.usinenouvelle.com/article/climato-ethique-pas-de-reindustrialisation-ni-de-souverainete-energetique-sans-sobriete.N1159517

CYBERACTION : PAS DE RÉACTEUR NUCLÉAIRE SMR (NI EPR), NI À CORDEMAIS, NI AILLEURS!

Par un communiqué du 22 octobre 2021, Mme Christelle Morançais, présidente du Conseil régional des Pays de la Loire, se prononce en faveur de l’implantation d’une « petite centrale nucléaire » (SMR, acronyme de Small Modular Reactor) à Cordemais, entre Nantes et Saint Nazaire. Mais a-t-elle conscience de l’absurdité et de la dangerosité de sa proposition?

Cliquer pour [ Participer à la cyberaction ]

Le projet de réacteurs nucléaires de type SMR n’est qu’une illusion, issue de la technologie des réacteurs militaires des sous-marins et porte-avions, qui, si les pré-études aboutissent, ne verrait le jour, au mieux, qu’en 2035 :

bien trop tard pour assurer la continuité de l’activité de production électrique de la centrale thermique à flamme de Cordemais dont la fermeture est programmée plus tôt (2024 ou 2026),

bien trop tard face à l’urgence climatique.

Par ailleurs, le coût du kWh issu de SMR serait hors de prix par rapport au coût du kWh issu des énergies renouvelables.

Mme Morançais, dans son communiqué (https://www.paysdelaloire.fr/sites/default/files/2021-10/cp_21-10-22_region_une-petite-centrale-cordemais.pdf   ), prétend de façon irresponsable que ce type de réacteur nucléaire serait, entre autres, “utile pour l’environnement” et “propre”. Elle semble ignorer l’existence des déchets radioactifs ingérables et de la production continue d’effluents radioactifs liquides et gazeux, nocifs pour la santé, tout comme elle semble ignorer les risques de catastrophe nucléaire rendant la vie impossible sur un territoire.

Cette annonce s’ajoute à un subventionnement scandaleux aux industriels du nucléaire (Naval Group, CEA, etc.) par le Conseil régional des Pays de la Loire qui dure depuis plus de 10 ans!

Aujourd’hui, la filière des nouveaux gros réacteurs à eau sous pression (EPR) est un fiasco technique et financier, ce qui peut expliquer cette offensive d’arrière-garde du lobby nucléaire vers les SMR. Le projet de SMR doit être abandonné au profit de l’investissement dans les énergies renouvelables, l’efficacité et la sobriété énergétiques, seules solutions pour un avenir sans pollution radioactive et sans réchauffement climatique.

Le contexte de ce communiqué de Christelle Morançais est particulier : le 22 octobre 2021 était aussi le dernier jour de consultation sur le projet de Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Équilibre des Territoires (SRADDET) des Pays de la Loire. Ce document prévoit, à l’horizon de 2050, 100% d’énergies renouvelables en Pays de la Loire. Le nucléaire ne peut pas s’inscrire dans un tel projet!

Enfin, Mme Morançais, en proposant une installation nucléaire à Cordemais, semble ignorer les précédents de forte opposition au nucléaire des populations de la Loire-Atlantique, et des Pays de la Loire en général.

Comme contre le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes et comme contre les projets de réacteurs nucléaires au Pellerin et au Carnet ou d’enfouissement des déchets radioactifs à Bourg d’Iré ou dans le massif d’Izé, nous espérons une mobilisation forte et victorieuse contre cette proposition dangereuse d’une centrale nucléaire, à Cordemais comme ailleurs.

Nous vous proposons d’écrire à Christelle Morançais (présidente du Conseil régional des Pays de la Loire).

Récapitulatif

Cette cyberaction va envoyer un courrier électronique à presidente@paysdelaloire.fr , avec les éléments suivants :

  • Sujet : Pas de réacteur nucléaire SMR (ni EPR)!
  • Message : Madame la Présidente,

    Vous vous prononcez en faveur de l’implantation d’une « petite centrale nucléaire » (SMR) à Cordemais.
    Ce type de réacteur nucléaire :
    – arriverait bien trop tard face à l’urgence climatique,
    – serait hors de prix par rapport aux énergies renouvelables,
    – génèrerait des déchets radioactifs ingérables et la production continue d’effluents radioactifs liquides (dans la Loire) et gazeux, nocifs pour la santé,
    – créerait le risque de catastrophe nucléaire rendant la vie impossible sur un territoire.

    Non seulement il ne faut pas faire de SMR mais vous devez cesser le subventionnement scandaleux aux industriels du nucléaire (Naval Group, CEA, etc.) par le Conseil régional des Pays de la Loire qui dure depuis plus de 10 ans!

    Croyez en ma vigilance sur vos décisions.

Pour signer la pétition (qui prendra fin le 2 février 2022), cliquer sur le site : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/pasderynacteurnuclynairesmr-niepr-n-5042.html

L’ENQUÊTE PUBLIQUE DÉBUTE SUR LE DÉMANTÈLEMENT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BRENNILIS

L’enquête publique concernant le démantèlement de la centrale nucléaire de Brennilis dans les Monts d’Arrée débute ce lundi et ce jusqu’au 3 janvier prochain.

 L’enquête publique sur le démantèlement complet de la centrale nucléaire de Brennilis dans les Monts d’Arrée débute ce lundi. Il faut encore extraire 8.000 tonnes de déchets radioactifs issus de la cuve et du béton du réacteur. La centrale a fonctionné de 1967 à 1985, elle est depuis en cours de démantèlement. 

Chantier sans danger ou nécessité d’attendre ?

EDF affirme que ce chantier est sans risque pour l’environnement et la population, mais « le stockage définitif n’a toujours pas commencé à être construit dans la Meuse », rappelle Chantal Cuisnier, porte-parole de Sortir du Nucléaire, Cornouaille. « EDF et le CEA ont recommandé d’attendre au moins 50 ans, car il y aurait eu une décroissance de la cuve, très radioactive, qui aurait permis de moins exposer les travailleurs et de générer moins de déchets. »

Le registre de remarques sur l’enquête publique est accessible dans les 15 mairies concernées et à la sous-préfecture de Châteaulin ainsi que sur l’adresse courriel : demantelement-centrale-brennilis@enquetepublique.net

Par Aurélie Lagain, Jean-Luc Bergot, France Bleu Breizh Izel, publié le 15 novembre 2021

Photo en titre : La centrale nucléaire de Brennilis en 2009 © Radio France – Benjamin Bourgine

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/l-enquete-publique-debute-sur-le-demantelement-de-la-centrale-nucleaire-de-brennilis-finistere-1636949513

EMMANUEL MACRON, PRESTIDIGITATEUR

Communiqué de presse d’ACDN, Saintes, le 10 novembre 2021

Ce 9 novembre, M. Macron a probablement délivré le meilleur de ses discours de la période « Covid », le plus séduisant, le plus habile. Celui dans lequel il s’attribue – avec une modestie inhabituelle, le « nous » venant remplacer le « je »… – le succès présumé d’une lutte contre le Covid pourtant extrêmement mal partie, et les effets économiques supposés de ses choix sanitaires.

Nous ne devons pas pour autant nous laisser prendre à ses tours de prestidigitation. Par exemple celui-ci : « C’est par le travail que nous pouvons bâtir notre indépendance énergétique… Mais si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l’étranger, il nous faut tout à la fois continuer d’économiser l’énergie et d’investir dans la production d’énergie décarbonée sur notre sol. C’est pourquoi, pour garantir l’indépendance énergétique de la France, pour garantir l’approvisionnement électrique de notre pays, nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays. »

Macron oublie que la production d’électricité d’origine nucléaire est déjà plus onéreuse que celle provenant des énergies renouvelables et qu’elle le deviendra de plus en plus ; que c’est très loin d’être une « énergie décarbonée» (donc bénéfique au climat) quand on prend en compte son amont (construction des centrales, alimentation en combustible…), son fonctionnement (66% de la chaleur produite sert à réchauffer l’atmosphère, émissions de gaz à effet de serre comme le R134a, 3700 fois plus nocif que le CO2, effluents radioactifs, etc.) et son aval (démantèlement des centrales, garde des déchets radioactifs pendant des millénaires…). Sans parler des risques d’accidents majeurs -comme celui qui faillit se produire le 27 décembre 1999 à Blaye (33) d’un coût humain, environnemental et financier tellement exorbitant que personne n’ose l’assumer, sauf l’État, en notre nom et à nos dépens.

Macron profère en outre un énorme mensonge puisque le nucléaire, contrairement à ce qu’il nous raconte et aux énergies alternatives, nous rend totalement dépendants de l’étranger: il fonctionne à partir du minerai d’uranium, source d’énergie fossile et non renouvelable dont pas le moindre kilo n’est désormais exhumé en France. De sorte que les prochaines guerres seront celles de l’uranium.

En fait, l’énergie nucléaire est une scandaleuse escroquerie climatique, écologique, sécuritaire… et démocratique ! Car qu’est-ce qui permet à M. Macron d’affirmer que « nous allons… relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays », sinon sa conviction autocratique qu’il suffit qu’il ait décidé quelque chose pour qu’aussitôt les Français s’y soumettent et votent pour lui !

Autre tour de passe-passe : M. Macron affirme que « oui, la France a les moyens de conforter ses positions de grande puissance, éducative, industrielle, agricole, d’innover, de créer et produire en tenant nos objectifs climatiques et de biodiversité… » Il oublie juste de dire que la France s’exporte avant tout comme une grande puissance militaire, 3ème vendeur d’armes du monde et jusqu’à présent 3ème puissance nucléaire après les États-Unis et la Russie. C’est ainsi qu’il escamote l’unique raison pour laquelle il nous vend l’énergie nucléaire comme une énergie d’avenir, alors que c’est une énergie en faillite, catastrophique à tous égards. M. Macron nous vend les instruments de mort comme il les vend au reste du monde.

Par exemple aux Émirats Arabes Unis, en guerre au Yémen, qui sponsorisent son Forum de Paris sur la Paix. Cf. Ventes d’armes et langue de bois : la tartuferie française (Lettre à Florence Parly).

Ou encore en justifiant la prolifération des armes nucléaires par la perpétuelle et ruineuse modernisation des nôtres.

Par Jean-Marie Matagne, Pour un monde décarboné, dénucléarisé, démilitarisé, publié le 10 novembre 2021

ACDN = Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire

contact@acdn.net

https://www.acdn.net/spip/rubrique.php3?id_rubrique=22&lang=f

NUCLÉAIRE. PLUSIEURS ENQUÊTES PUBLIQUES POUR ORANO LA HAGUE

Une enquête s’achève, une autre débutera dans quelques jours, ce qui provoque des réactions des associations antinucléaires. Le public est invité à exprimer son opinion concernant Orano La Hague (Manche), près de Cherbourg.

Jusqu’au mardi 16 novembre 2021 inclus, une enquête publique visant Orano La Hague (Manche), près de Cherbourg, est ouverte. Consultable depuis le 5 octobre, elle est préalable à la demande d’autorisation déposée auprès du Ministère de la Transition Écologique pour étendre la gamme des combustibles traités par UP3 et UP2-800.

Un appel à s’opposer à « ces projets dangereux »

Autrement dit, traduit le Crilan (Comité de réflexion, d’information et de lutte antinucléaire), il s’agit d’une demande d’autorisation pour retraiter de l’eau lourde ou Mox, plus radioactive, alors qu’une autre enquête publique va débuter le 22 novembre 2021 (jusqu’au 18 février 2022) pour « densifier les piscines CDE de la Hague et ainsi accroître de 30 % les capacités d’entreposage des combustibles usés ».

Le Crilan dénonce une « overdose atomique » et appelle à « s’opposer à ces projets dangereux ».

Par Ouest-France , publié le 14/11/2021 à 20h13

Photo en titre : L’usine d’Orano La Hague (Manche). | OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/nucleaire-plusieurs-enquetes-publiques-pour-orano-la-hague-c5a68576-43a7-11ec-bbd9-998ea1ad5f9a

AIN : RELANCE DU NUCLÉAIRE PAR MACRON : LES ANTI CRIENT À L’HÉRÉSIE

Les membres de Sortir du nucléaire Bugey expriment leur colère après les annonces du chef de l’État, qui souhaite construire de nouvelles centrales. 

Lors de son intervention télévisée du 9 novembre, Emmanuel Macron a annoncé, notamment, la relance du programme nucléaire français et la construction de nouvelles centrales. De quoi faire réagir les opposants locaux au nucléaire, Jean-Pierre Collet en tête. Membre de l’association Sortir du Nucléaire Bugey, il dit ne pas être surpris par les projets du chef de l’État en la matière.

« On assiste à une surenchère de la part de presque tous les partis« 

« Le contraire nous aurait étonnés. Depuis plusieurs mois, on assiste à une surenchère de la part de presque tous les partis, de gauche comme de droite. »

Selon lui, « le président de la République a voulu envoyer un signal fort aux Français face à l’évolution des prix des énergies et, pour répondre aux contraintes de la COP 26, faire croire que le tout nucléaire pourrait résoudre le problème ».

« Changement de paradigme énergétique »

Il est vrai que la relance de cette énergie décarbonée pourrait permettre aussi de garantir la neutralité carbone en 2050 et l’approvisionnement en électricité.

C’est oublier, pour le militant antinucléaire, le coût prévisible de ce choix.

« C’est une hérésie ! Sur la base d’un programme de six nouvelles centrales de type EPR, à plus de 50 milliards d’euros, auquel s’ajoute la déconstruction des anciens réacteurs d’un coût équivalent, comment peut-on garantir un prix raisonnable de l’électricité ? » Jean-Pierre Collet préférerait qu’on investisse ces mêmes sommes dans les énergies renouvelables.

« Le changement de paradigme énergétique, c’est maintenant », clame-t-il. Quid de l’avenir du site du Bugey, pour lequel les élus locaux sont favorables à l’accueil d’un EPR, réacteur de nouvelle génération ?

« Les élus ont outrepassé leur droit d’expression en se prononçant pour la réalisation d’EPR sur ce site, auquel s’ajoute le manque de transparence d’EDF sur ce sujet. L’avenir de ce site devra être soumis à l’expression des populations concernées. Ils n’ont pas été élus pour ça. Nous continuons notre lutte à travers nos actions d’information, on ne lâche rien. »

Par notre correspondant Pascal DUCROS, publié le 14 novembre 2021 à 12:00

Photo en titre : Plus que de la colère, c’est une totale incompréhension pour Jean-Pierre Collet : « Là où nous pouvions attendre des annonces face à l’urgence climatique, avec des énergies vertes et renouvelables, on nous met face à un danger nucléaire accru ».  Photo Progrès /Pascal DUCROS

https://www.leprogres.fr/environnement/2021/11/14/relance-du-nucleaire-par-macron-sortir-du-nucleaire-bugey-crie-a-l-heresie

NITRATES : L’USINE NUCLÉAIRE DE LA HAGUE POLLUE PLUS QU’UNE MÉGAPORCHERIE

La filière nucléaire dégage des déchets radioactifs, mais aussi des substances polluantes telles que le nitrate. Une association compare le site de retraitement de La Hague à une mégaporcherie industrielle.

Qui a dit que le nucléaire était une énergie propre ? Selon l’association Robin des bois, l’usine de retraitement de déchets radioactifs de La Hague, en Normandie, polluerait autant qu’une porcherie industrielle de 100 000 porcs. Chaque année, elle rejette 2 000 tonnes de nitrates directement dans la Manche. Ces substances chimiques sont issues de l’acide nitrique utilisé pour dissoudre les combustibles irradiés et pour séparer le plutonium, l’uranium et les produits de fission.

« La Hague peut se vanter d’être la plus grande porcherie du monde, s’exclame Jacky Bonnemains, le porte-parole de l’association joint par Reporterre. Elle dépasse même la pollution de la mégaporcherie de Nanyang, en Chine, qui va héberger plus de 84 000 truies. » Pour Robin des bois, les rejets bruts de nitrates déversés par l’usine de La Hague, ainsi que leur accumulation depuis plus de cinquante ans, contribueraient à l’eutrophisation des zones marines situées à proximité : le golfe normano-breton, la baie de Seine, la Manche Nord, etc. « L’usine de La Hague participe à la prolifération des algues vertes dans la région, assure Jacky Bonnemains. C’est une pollution ancienne, mais peu connue de la filière nucléaire. En communiquant sur ce sujet, nous avons voulu déplacer les radars et faire voler en éclats l’idée que cette énergie serait verte et durable. »

Usine de retraitement de La Hague, en 2008, alors Areva. Wikimedia Commons/CC BY-SA 2.0 FR/Jean-Marie Taillat

L’association écologiste s’appuie sur des documents récents. Une enquête publique est en cours jusqu’au 16 novembre pour autoriser Orano à élargir la gamme des combustibles nucléaires traités au sein de son usine. Dans ce cadre, l’Autorité environnementale vient de publier un rapport. Dans les premières pages, elle indique que l’usine déverse chaque année des milliers de tonnes de nitrates, « des flux importants, précise-t-elle, qui représentent, chaque année, plus de 1 % du rejet total d’azote » en France.

« Ces rejets représentent le lisier de 100 000 porcs »

Dans une note de bas de page, les membres de l’Autorité environnementale dressent eux-mêmes le parallèle avec l’agro-industrie. « Ces rejets représentent en équivalent azote le lisier de 100 000 porcs jetés directement dans la mer, non épuré, non épandu », décrivent-ils.

Ces rejets pourraient avoir des conséquences très concrètes sur le milieu aquatique. L’Autorité environnementale note d’ailleurs dans son rapport que l’anse des Moulinets, située sous le site industriel, présente des concentrations élevées en nitrates. Dans son rapport, elle recommande aux autorités de trouver des voies d’amélioration et de préciser les raisons des mauvais résultats en matière de dénitrification de la station d’épuration des eaux usées. Elle souligne aussi que La Hague est située en zone sensible à l’eutrophisation.

La situation est d’autant plus cocasse que le territoire de La Hague a candidaté en février 2021 au statut de géoparc mondial Unesco, un label créé fin 2015 qui consacre « des sites et paysages de portée géologique internationale […] gérés selon un concept global de protection, d’éducation et de développement durable ».

L’usine de La Hague se trouve à côté de la Manche. Flickr/CC BY-NC-SA 2.0/Tristan Nitot

Contactée par Reporterre, la filière nucléaire minore les enjeux. « Les rejets répondent à des réglementations très précises et très strictes, respectées en toute circonstance par le groupe et le site de La Hague, déclare un salarié d’Orano. Cela vaut autant pour les substances physico-chimiques que pour les éléments radioactifs. Des études réalisées par des organismes indépendants confirment que les teneurs en nitrates restent inférieures à la limite de potabilité. »

« C’est très compliqué d’analyser l’impact sur le long terme de ces rejets »

Une affirmation qui fait grincer des dents Robin des bois : « Orano compare les valeurs de ses nitrates à la norme de potabilité de l’eau pour les populations humaines, ce qui n’est pas un critère pertinent pour évaluer les risques d’eutrophisation et les effets des nitrates sur les populations marines », analyse Jacky Bonnemains.

Depuis plusieurs décennies, l’évaluation des risques environnementaux et sanitaires des rejets de La Hague fait polémique. Dans les années 2000, déjà, des scientifiques du groupe Radioécologie Nord-Cotentin (GRNC), avaient été mandatés par les autorités pour étudier ces incidences. Leurs conclusions n’avaient pas fait consensus.

« C’est très compliqué d’analyser l’impact sur le long terme de ces rejets, dit à Reporterre Pierre Barbey, un ancien membre du GRNC, militant de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro). On connaît la toxicité des substances chimiques lors d’une exposition aiguë, beaucoup moins lors d’une exposition chronique sur plus de cinquante ans. Cela demande des études d’ampleur, les incidences sont difficiles à mettre en évidence. »

Le phare du cap de La Hague. Flickr/CC BY-SA 2.0/Falcon® Photography

Tout dépend aussi de ce que l’on mesure. Lorsque le GRNC s’est créé, il y a vingt ans, la filière nucléaire affirmait ne rejeter à La Hague que 12 substances radioactives. Le GRNC en a compté en réalité… 72. Ses rejets chimiques sont également colossaux. « Au-delà du nitrate, chaque année, 100 tonnes de nitrite sont déversées dans la mer, 2 900 tonnes de phosphore total, 2,7 tonnes de phosphate de tributyle, sans compter aussi les métaux lourds, le plomb, le mercure, le zinc, énumère Pierre Barbey. C’est une vraie atteinte à l’environnement. On ne peut pas la nier. »

Par Gaspard d’Allens (Reporterre), publié le 12 novembre 2021 à 09h30,

Photo en titre : L’usine de La Hague se trouve à côté de la Manche. Flickr/CC BY-NC-SA 2.0/Tristan Nitot

https://reporterre.net/Nitrates-l-usine-nucleaire-de-La-Hague-pollue-plus-qu-une-megaporcherie

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Reporterre est géré par une association d’intérêt général, à but non lucratif. Nous pensons qu’un média doit informer, et non être un outil d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre accès, sans aucune restriction. Nous considérons que l’information est un bien public, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Son accès ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation, elle-même encouragée par la publicité. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.

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