ENGIE TIRE UN TRAIT SUR LE NUCLÉAIRE BELGE

L’énergéticien français va passer une provision de 1,9 milliard d’euros dans ses comptes pour acter la fermeture de ses réacteurs belges en 2025. Leur prolongation au-delà de cette date est interdite par la loi, même si le gouvernement de Bruxelles tente encore de laisser la porte ouverte.

La fin du nucléaire est bien en vue pour Engie. L’énergéticien français va passer une provision de 1,9 milliard d’euros dans ses comptes pour acter la fermeture de tous ses réacteurs en Belgique d’ici à 2025, conformément à ce que prévoit la loi du royaume. L’information révélée par BFM Business a été confirmée de source sûre aux « Échos ». Cette dépréciation d’actifs sera annoncée vendredi lors de la publication des comptes de l’exercice 2020.

En conséquence, le résultat net d’Engie sera négatif pour la première fois depuis 2016, devrait annoncer Catherine MacGregor, arrivée aux commandes du groupe le 1er janvier. « Ces résultats pourraient être une bonne occasion pour la nouvelle directrice générale de se débarrasser des mauvaises nouvelles », estiment les analystes d’UBS.

Cette dépréciation est plus une confirmation qu’une surprise. Le groupe avait annoncé, dès novembre dernier, qu’il cessait tout investissement en vue de l’éventuelle prolongation de la durée de vie de ses centrales belges de Tihange, près de Liège, et Doel, près d’Anvers. Autrement dit, qu’il préparait leur fermeture. Il tirait ainsi les conséquences de la législation belge, qui prévoit que le pays sortira totalement du nucléaire en 2025.

Sortie de l’atome

Le gouvernement d’Alexander De Croo avait confirmé la sortie de l’atome lors de son arrivée au pouvoir en septembre dernier. Il avait seulement laissé une petite porte ouverte, expliquant qu’une prolongation était encore possible si des incertitudes subsistaient sur l’approvisionnement du pays. Les quelque 6 gigawatts de capacités en service aujourd’hui couvrent la moitié de la consommation d’électricité de la Belgique et leur remplacement par de nouvelles centrales à gaz est encore hypothétique.

Engie remanie en profondeur son état-major

Pour Engie, il est déjà trop tard. La prolongation de la durée de vie des réacteurs au-delà de 2025 « demanderait un long travail de préparation et entre 500 millions et un milliard d’euros d’investissement, expliquait le président du groupe français, Jean-Pierre Clamadieu , en novembre dernier. Pour être prêts dans cinq ans, il faudrait commencer à engager ces dépenses dès maintenant. » Engie n’avait « pas d’autre choix », ajoutait-il, que « de préparer la fermeture de tous les réacteurs ».

Hautement improbable

« Il reste encore une minuscule chance que le gouvernement décide, d’ici à la fin de l’année, de prolonger les deux derniers réacteurs, mais de quelques mois ou quelques années seulement », explique une source au fait du dossier. Cette option n’exigerait pas les lourds investissements nécessaires à une prolongation de dix ou vingt ans. « Mais il n’est même pas certain que le régulateur belge l’autorise », ajoute-t-on.

Engie pourrait obtenir jusqu’à 6 milliards en cédant son pôle services à des fonds

Engie estime donc hautement improbable que les réacteurs belges continuent à fonctionner au-delà de 2025. Jean-Pierre Clamadieu et Catherine MacGregor en tirent les conséquences en dépréciant leur valeur. « Le groupe met le sujet derrière lui, d’autant plus qu’il n’a plus aucune ambition stratégique dans le nucléaire », ajoute une autre source.

Résultat négatif

D’ici là, les centrales belges ne rapporteront rien. Car « Engie devra tout de même investir pour maintenir la flotte en opération », soulignent les experts d’UBS. La banque suisse prévoit un résultat d’exploitation du nucléaire globalement négatif pour les cinq prochaines années.

Par Vincent Collen, publié le 24 févr. 2021 à 15h43, mis à jour le 24 févr. 2021 à 16h03

Photo en titre : Les trois réacteurs de Tihange (photo) et les quatre de Doel couvrent la moitié de la consommation d’électricité de la Belgique. (engel.ac/Shutterstock)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/engie-tire-un-trait-sur-le-nucleaire-belge-1293122

NUCLÉAIRE IRANIEN : UN SITE CACHÉ PRÉOCCUPE « VIVEMENT » L’AIEA

Téhéran continue à accumuler de l’uranium faiblement enrichi, dont la quantité dépasse désormais de 14 fois la limite autorisée par l’accord de 2015.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) s’est déclarée « vivement préoccupée » par la possible présence de matière nucléaire sur un site iranien non déclaré, selon un rapport consulté mardi 23 février par l’Agence France-Presse à Vienne.

Ces propos interviennent dans un contexte tendu, alors que l’Iran a commencé à limiter les inspections de l’agence onusienne, après l’expiration d’une échéance fixée par Téhéran pour la levée des sanctions américaines.

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Des explications iraniennes insuffisantes

L’AIEA avait déjà pointé ce site dans son rapport de novembre, jugeant les explications de la République islamique « non crédibles ». Il s’agit d’un entrepôt du district de Turquzabad, dans la capitale. « La présence de particules d’uranium anthropogénique (résultant d’activités humaines), non déclarées par l’Iran, traduit clairement la présence de matériel nucléaire et/ou d’un équipement contaminé par du matériel nucléaire à cet endroit », écrit l’agence.

« Au bout de 18 mois, l’Iran n’a toujours pas fourni les explications nécessaires, entières et techniquement crédibles », poursuit-elle, précisant que son directeur général Rafael Grossi, qui s’est rendu ce week-end à Téhéran, a redit « son inquiétude face au manque de progrès » sur la question. Téhéran continue par ailleurs à accumuler de l’uranium faiblement enrichi, dont la quantité dépasse désormais de 14 fois la limite autorisée par l’accord de 2015, d’après ce document qui sera examiné lors d’un Conseil des gouverneurs la semaine prochaine.

À LIRE AUSSI : Gérard Araud – Nucléaire iranien : à l’Europe de jouer !

Accumulation de stock d’uranium

Elle atteignait à la date du 16 février 2 967,8 kg pour un plafond fixé à 202,8 kg (ou 300 kg équivalent UF6). Dans le précédent rapport, ce stock était de 2 442,9 kg. En riposte au retrait américain du pacte, Téhéran s’est affranchi progressivement depuis 2019 de nombreuses limitations qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en échange d’un allègement des sanctions à son encontre.

L’Iran avait ainsi annoncé début janvier avoir repris l’enrichissement à hauteur de 20 %, dans ce qui a constitué le plus spectaculaire de ses désengagements. Un mois plus tard, il a dit entamer la production d’uranium métal pour alimenter son réacteur de recherche à Téhéran. Or cette matière peut être utilisée dans la fabrication d’armes nucléaires. Malgré ses démentis, l’Iran est accusé de chercher à se doter de l’arme atomique, notamment par Israël, son ennemi juré.

Source AFP, publié le 23/02/2021 à 20h30, modifié le 24/02/2021 à 10h28

Photo en titre : Réacteur de recherche de Téhéran. (Archives)

https://www.lepoint.fr/monde/nucleaire-iranien-un-site-cache-preoccupe-vivement-l-aiea-23-02-2021-2415195_24.php

POLYNÉSIE : UNE ASSOCIATION TAXE L’INSERM DE «NÉGATIONNISME» POUR SON ÉTUDE SUR LES CONSÉQUENCES DES ESSAIS NUCLÉAIRES

L’association 193, l’une des principales sur le dossier du nucléaire en Polynésie française, conteste le bilan rendu mardi par l’Institut de la recherche et de la santé (Inserm), qui n’établit pas de lien avéré entre les essais nucléaires menés dans ses archipels et les maladies développées par certains habitants.

La colère est vive pour les associations anti-nucléaires de Polynésie française. Lundi, l’Institut national de la recherche et de la santé (Inserm) a dévoilé les contours d’un rapport, à paraître ce mercredi, qui n’établit pas de lien direct entre les essais nucléaires menés dans ses archipels et un certain nombre de maladies. Pour l’association 193, ce rapport relève du « négationnisme ».

Dix experts réunis par l’Inserm estiment que les résultats des études menées en Polynésie française « sont insuffisants pour conclure de façon solide sur les liens entre l’exposition aux rayonnements ionisants issus des retombées des essais nucléaires atmosphériques en Polynésie française et l’occurrence » de pathologies comme le cancer de la thyroïde ou les hémopathies malignes.

« Ce rapport n’apporte rien de nouveau, c’est la continuité d’une négation de la réalité. 193 essais nucléaires, c’est l’équivalent de 800 bombes d’Hiroshima : dire qu’il n’y a pas eu d’effets, c’est du négationnisme », réagit le père Auguste Uebe-Carlson, président de 193. Cette association milite notamment pour une meilleure indemnisation des victimes des essais.

« Tout ce qui touchait au nucléaire était entièrement contrôlé par l’armée »

Au-delà des effets sanitaires des essais nucléaires, l’association 193 s’inquiète d’une réinterprétation de l’Histoire, par exemple au sein du Centre de Mémoire, qui devrait voir le jour à Tahiti après un engagement du Président François Hollande. « Le Centre de mémoire va devenir un lieu où on va retrouver ce genre d’affirmation sur les essais propres, ça va être le lieu d’une seule parole » s’inquiète le père Uebe-Carlson.

Le rapport de l’Inserm a réuni 1 200 études portant sur la Polynésie, mais aussi sur d’autres lieux d’essais nucléaires. « Parmi les documents étudiés, il y en a quelques-uns qui sont issus des années folles où tout ce qui touchait au nucléaire était entièrement contrôlé par l’armée », a regretté le député Moetai Brotherson, cadre du parti indépendantiste polynésien.

L’historien Jean-Marc Regnault regrette « des régressions sur l’ouverture des archives militaires » qui nourrissent les « doutes » des militants sur la sincérité de l’étude. « Compte tenu de tous les mensonges qu’il y a eu, on peut se demander si ces conclusions ne sont pas un nouveau mensonge, même si ce sont des scientifiques de l’Inserm et non l’État ».

Par Le Parisien avec AFP,  publié le 24 février 2021 à 07h48

Photo en titre : Explosion nucléaire dans l’atoll de Mururoa, en Polynésie, en 1971. AFP

https://www.leparisien.fr/societe/polynesie-une-association-taxe-linserm-de-negationnisme-pour-son-etude-sur-les-consequences-des-essais-nucleaires-24-02-2021-VXUWNOZY6JEJNA3ZTTAXTRIITM.php

SIGNEZ LA PÉTITION EUROPÉENNE : L’UE ET LA FRANCE DOIVENT SORTIR DU TRAITÉ SUR LA CHARTE DE L’ÉNERGIE, CE TRAITÉ QUI PROTÈGE LES POLLUEURS

Saviez-vous qu’il existe un Traité international, dont la France et l’Union européenne sont membres, et qui permet, parmi des dizaines d’exemples, à :

  • la multinationale allemande RWE de poursuivre les Pays-Bas pour leur décision de sortie du charbon et leur réclamer 1,4 milliard € ? 
  • une entreprise britannique d’exiger 350 millions $ de compensation suite à la décision de l’Italie d’interdire les plateformes pétrolières près des côtes ?
  • aux industriels des énergies fossiles d’obtenir de la France qu’elle édulcore la Loi Hulot sur les hydrocarbures de peur de poursuites éventuelles ? 

Ce Traité est le Traité sur la charte de l’énergie. Peu connu, ratifié dans les années 1990, il est une arme juridique puissante aux mains des entreprises du secteur des énergies fossiles qui leur permet de dissuader et/ou sanctionner les pouvoirs publics lorsque ceux-ci veulent prendre des mesures favorables à la lutte contre le réchauffement climatique et à la transition énergétique.

Disons STOP ! Il est temps de sortir de ce Traité obsolète, dangereux et climaticide.

Exigeons de l’UE et de la France qu’elles se retirent du Traité sur la charte de l’énergie dans les plus brefs délais.

PASSEZ À L’ACTION ET SIGNEZ LA PÉTITION !

Pour signer aller sur le site : https://www.collectifstoptafta.org/traite-sur-la-charte-de-l-energie/article/signez-la-petition-l-ue-et-la-france-doivent-sortir-du-traite-sur-la-charte-de

Pour mieux comprendre, voir l’article « COMMENT UN TRAITÉ SIGNÉ EN 1994 PLOMBE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE » publié le 23 février 2021 sur Nucléaire Infos ou sur le site de Reporterre qui a initialement publié l’article : https://reporterre.net/Comment-le-Traite-sur-la-charte-de-l-energie-plombe-la-transition-ecologique?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

Pour tout renseignement, contacter : contact@collectifstoptafta.org

FUKUSHIMA : BAISSE DE PRESSION DANS LE RÉACTEUR N°1 SUITE AU SÉISME DU 13 FÉVRIER DERNIER – SISMOGRAPHES EN PANNE

Le fort séisme du 13 février dernier a finalement eu un impact sur les réacteurs accidentés de la centrale nucléaire de Fukushima daï-ichi. Il y a deux jours, TEPCo a noté une baisse continue du niveau d’eau dans l’enceinte de confinement des réacteurs 1 et 3. Cette baisse ce poursuit, ce qui confirme l’hypothèse d’une aggravation des fuites.

Maintenant, c’est une baisse de pression qui est annoncée : TEPCo a confirmé que la pression dans l’enceinte de confinement du réacteur n°1 a baissé de 1,2 hectopascal à 0,9 hectopascal. La compagnie va donc injecter plus d’azote pour augmenter la pression et réduire le risque d’une explosion hydrogène. Elle pense que la baisse du niveau d’eau a peut-être exposé une partie endommagée qui permet à l’air de fuir.

Par ailleurs, TEPCo a admis devant l’Autorité de régulation nucléaire que deux sismographes installés dans le bâtiment réacteur n°3, au rez de chaussée et au 4ème étage, étaient en panne et qu’ils n’avaient pas été réparés. Installés en mars 2020, l’un est tombé en panne en juillet et l’autre en octobre derniers et ils n’ont pas pu enregistrer le séisme du 13 février dernier. Ce point avait été omis lors de la conférence de presse liée au séisme ou dans sa communication en ligne. Tous les sismographes installés avant mars 2011 dans les réacteurs 1 à 4 ont été détruits lors de la catastrophe et n’ont pas été remplacés. La compagnie utilise actuellement les sismomètres installés dans les réacteurs 5 et 6.

Dix ans après la catastrophe nucléaire, TEPCo reste TEPCo…

La compagnie a aussi indiqué qu’une vingtaine de réservoirs avaient légèrement glissé à cause du séisme, qu’un conteneur de stockage transportant des déchets radioactifs avait basculé et que le revêtement en asphalte de la centrale était fissuré.

Publié le 22 février 2021

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

LE FISC RÉCLAME PLUS DE 500 MILLIONS D’EUROS D’IMPÔTS À EDF

Le Conseil d’État a donné tort à EDF : la méthode comptable du nucléariste utilisée pour l’amortissement financier du démantèlement de ses réacteurs atomiques lèse le fisc (et les contribuables). L’administration fiscale réclame donc à EDF 500 millions d’euros d’impôts, soustraits au bien public comme n’importe quel profiteur privé du CAC40. La bombe à retardement du nucléaire est aussi fiscale et financière.

D’ici quelques mois, selon le journal patronal « Les Échos » (1), la bombe à retardement du nucléaire risque d’exploser pour des raisons financières et fiscales. Il s’agit d’un tour de passe-passe comptable lié au démantèlement des centrales atomiques et des 58 réacteurs nucléaires tricolores. Précisément du coût des déchets nucléaires au cœur des réacteurs lors de leur arrêt définitif. Car tout à une valeur marchande et un coût, même la merde.

Les produits de fission atomique (combustible) restant dans le cœur du réacteur ne sont évidemment pas réutilisables, quoiqu’en disent régulièrement les fameux experts d’Areva-Orano lorsqu’ils affirment que 99% des déchets sont recyclables alors que seuls 1% sont effectivement recyclés en Mox encore plus dangereux que le « simple » uranium.

EDF inclus donc dans ses charges liées au démantèlement ce coût de dernier « cœur » mais, subterfuge, il les a étalé sur la totalité de la durée de vie du réacteur, ce qui lui permet chaque année de bénéficier d’une réduction de son impôt sur les sociétés. Et plus le nucléariste fera durer ses réacteurs (en multipliant les atteintes sanitaires et les risques) plus il profitera de l’argent public.

L’administration fiscale conteste logiquement cette méthode comptable préjudiciable au bien commun. Et comme le Conseil d’État a donné tort à EDF, le nucléariste a dû provisionner 520 millions d’euros dans ses comptes 2020.

Un litige entre EDF et l’administration fiscale qui, devenu contentieux, menace d’exploser d’un jour à l’autre. Vers un redressement fiscale d’EDF comme une vulgaire boîte privée du CAC40 tentant de faire sécession du reste de la nation en détournant la loi et la règlementation à son unique profit ?

(1) https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/pourquoi-le-fisc-reclame-plus-de-500-millions-deuros-dimpots-a-edf-1291999

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Par admin le mardi, publié le 23 février 2021 à 17h21

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/02/23/Le-fisc-reclame-plus-de-500-millions-d-euros-d-impots-a-EDF

LA CORÉE DU NORD ENRICHIT DE L’URANIUM POUR LES ARMES NUCLÉAIRES DEPUIS DES MOIS

C’est ce que suggèrent des photos après que les experts mettent en garde contre une «  menace catastrophique  »

La Corée du NORD a enrichi de l’uranium pour les missiles nucléaires tout l’hiver au milieu des tensions croissantes avec l’Occident craint-on.

L’État voyou a été aperçu en train de poursuivre ses activités illicites dans sa principale usine d’enrichissement d’uranium (UEP) pendant deux mois, selon les observateurs américains.

Les images satellite de l’installation top secrète ont montré le mouvement de véhicules et d’équipements spécialisés en janvier et février.

La révélation inquiétante survient quelques semaines à peine après avoir prétendu que l’arsenal nucléaire de Kim Jong-un constituait désormais une «menace catastrophique» pour le monde.

Le site Web du moniteur américain 38Nord a déclaré à propos des nouvelles images: «Contrairement à la zone du réacteur du complexe, l’UEP a montré des signes continus de fonctionnement tout au long des mois d’hiver. »

«Le plus notable est l’arrivée et le départ de trois wagons spécialisés à configuration unique. »

« Ces wagons suivent un schéma: arriver deux à trois fois par an à la gare de transfert ferroviaire … où ils restent pendant environ quatre semaines pendant qu’ils transfèrent leur contenu, probablement des réactifs chimiques, puis partent. »

Les images surviennent au milieu d’une impasse prolongée dans les négociations entre Washington et Pyongyang visant à démanteler les programmes de missiles nucléaires et balistiques de Kim en échange d’un allègement des sanctions.

La Corée du Nord dispose désormais de suffisamment de matériel pour construire au moins 45 armes nucléaires, selon un scientifique de haut niveau qui a visité l’État voyou.

Le Dr Siegfried Hecker s’est rendu au Centre de recherche scientifique nucléaire de Yongbyon pour évaluer son programme controversé sur le plutonium.

Le célèbre expert en armement – un professeur à l’Université de Stanford – estime que la Corée du Nord pourrait désormais «atteindre la plupart du Japon avec des missiles à pointe nucléaire».

Cependant, il pense que le terrifiant arsenal nucléaire de Kim a encore besoin de tests supplémentaires pour le rendre «militairement utile».

Scott A Snyder, chercheur principal pour les études coréennes et directeur du programme sur la politique américano-coréenne au Council on Foreign Relations (CFR), a ajouté que le danger venant du Nord a toujours été là.

Il a déclaré: «Le président Obama a averti le président élu Trump en novembre 2016 que la menace de sécurité internationale la plus vexante à laquelle il serait confronté proviendrait de la Corée du Nord. »

« Deux essais nucléaires, une myriade d’essais de missiles à longue portée et trois sommets Trump-Kim plus tard, l’ampleur et la probabilité que la Corée du Nord représente une menace catastrophique pour les intérêts nationaux américains sont plus grandes qu’il y a quatre ans. »

Le CFR a placé les essais d’armes nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord au premier rang des préoccupations de conflit pour 2021.

Il a averti que les tensions militaires allaient probablement recommencer dans la péninsule coréenne – qui avait déjà été poussée au bord de l’an dernier, Kim a ordonné la destruction d’un bureau de liaison clé avec la Corée du Sud.

On pense que Kim complote d’utiliser ses essais d’armes nucléaires pour narguer Joe Biden – de la même manière qu’il l’a fait avec Trump et Barack Obama.

Kim a déclaré que les États-Unis sont «le principal ennemi» de la Corée du Nord et a critiqué la «politique hostile» de Washington envers Pyongyang.

Et le royaume isolé se vante depuis longtemps que son arme nucléaire Hwasong-15 Doomsday « révolutionnaire » peut aplatir des villes partout aux États-Unis.

Et les analystes de l’Institut international d’études stratégiques craignent que la fusée puisse livrer une charge utile de 1 000 kilogrammes sur environ 8 000 milles.

Les médias d’État de Kim l’ont décrit comme «un nouveau type d’ICBM capable de transporter une ogive nucléaire super lourde et d’attaquer tout le continent américain».

Cependant, beaucoup pensent que l’arme de 16 mètres n’a pas été correctement testée et pourrait échouer si elle est mise en action.

Par Merlin Charpieil, publié le 22 février 2021

https://news-24.fr/la-coree-du-nord-enrichit-de-luranium-pour-les-armes-nucleaires-depuis-des-mois-suggerent-des-photos-apres-que-les-experts-mettent-en-garde-contre-une-menace-catastrophique/

NUCLÉAIRE IRANIEN : TÉHÉRAN LIMITE DÉSORMAIS LES INSPECTIONS DE L’AIEA

Le numéro un iranien Ali Khamenei a averti lundi que son pays pourrait enrichir l’uranium à 60% si besoin, un nouveau geste de défi envers l’Occident à quelques heures du début des limitations imposées par l’Iran aux inspections de ses sites nucléaires.

Publié le : 23/02/2021 à 11h38

https://www.france24.com/fr/vid%C3%A9o/20210223-nucl%C3%A9aire-iranien-t%C3%A9h%C3%A9ran-limite-d%C3%A9sormais-les-inspections-de-l-aiea

COMMENT UN TRAITÉ SIGNÉ EN 1994 PLOMBE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE

C’est la nouvelle enquête, dévoilée ce 23 février, du groupement de journalistes Investigate Europe : le Traité sur la charte de l’énergie. Il permet aux géants des énergies fossiles de dissuader les États d’instaurer des politiques climatiques volontaristes. Qu’est-ce que ce traité ? Peut-on en sortir ? Reporterre fait le point.

C’est un traité méconnu, mais aux effets désastreux. « Il rend l’action climatique plus coûteuse, plus difficile et plus lente », pour Amandine Van Den Berghe, juriste au sein de l’organisation environnementale Client Earth. Le Traité sur la charte de l’énergie (TCE) est un outil très utile aux investisseurs et aux entreprises des énergies fossiles : ses mécanismes permettent de dissuader ou de sanctionner les pouvoirs publics qui adoptent des mesures favorables à la lutte contre le réchauffement climatique. À cause de lui, tout pays voulant interdire les projets de forage ou d’extraction minière s’expose à des réclamations et des dédommagements.

Cette mésaventure est arrivée aux Pays-Bas. Après avoir été condamné pour non-respect de ses engagements climatiques à la suite de l’« affaire Urgenda » et au jugement historique de la Cour suprême de son pays, l’État néerlandais a décidé de sortir du charbon d’ici à 2030. Le 4 février, le conglomérat allemand RWE, s’estimant lésé par la fermeture d’une de ses centrales à charbon, a annoncé qu’il attaquerait les Pays-Bas. Pour son manque à gagner, l’énergéticien réclame une compensation de 1,4 milliard d’euros, en vertu du TCE.

Selon une enquête du groupement de journalistes Investigate Europe, parue ce mardi 23 février, les infrastructures fossiles protégées par le TCE dans l’Union européenne, la Grande-Bretagne et la Suisse représentent 344,6 milliards d’euros, soit le double du budget annuel de l’UE. Les trois quarts des investissements protégés sont les infrastructures gazières et pétrolières (126 milliards d’euros) et les pipelines (148 milliards). Des révélations qui sont l’occasion de faire le point sur ce traité méconnu.

Qu’est-ce que le Traité sur la charte de l’énergie ?

Signé le 17 décembre 1994, le TCE est entré en vigueur en 1998 et compte, à ce jour, cinquante-trois parties prenantes, dont l’Union européenne (UE) et tous les pays de l’UE — sauf l’Italie, qui s’est retirée en 2016 —, le Japon, l’Australie, ou encore la Turquie. « Son objectif initial était de sécuriser l’approvisionnement en énergies fossiles des pays d’Europe de l’Ouest à partir des pays issus du bloc soviétique », explique à Reporterre Yamina Saheb, experte des politiques énergétiques et ancienne responsable de l’unité efficacité énergétique du secrétariat international du TCE.

Le traité repose sur un mécanisme de règlement des différends entre investisseurs et États, qui permet aux entreprises d’attaquer un État devant un tribunal arbitral privé. « S’ils estiment qu’une politique gouvernementale nuit à leurs activités commerciales, des investisseurs peuvent ainsi contourner les tribunaux nationaux », précise Yamina Saheb. Ce faisant, « le TCE protège les investisseurs étrangers dans leur pays d’accueil en leur octroyant une protection privilégiée, sous forme d’une justice privée qui leur est beaucoup plus favorable que les juridictions nationales, et habilitée à ordonner aux gouvernements de verser des milliards d’euros aux entreprises concernées », déplore Amandine Van Den Berghe. Les Pays-Bas ne sont pas le premier pays à faire face à une telle réclamation. Depuis 1998, plus de 136 litiges connus font référence au TCE, « dont 66 % sont des litiges intraeuropéens », souligne Yamina Saheb.

Pourquoi ce traité entrave-t-il la lutte contre le changement climatique ?

« Cette justice parallèle peut réduire à néant les objectifs de l’Accord de Paris pour le climat, alerte Sara Lickel, chargée de plaidoyer commerce à l’Institut Veblen, qui œuvre pour une économie plus juste et respectueuse des limites physiques de la planète. L’industrie des énergies fossiles utilise de plus en plus le TCE pour contester l’action climatique et continuer à tirer profit de la combustion du pétrole, du charbon et du gaz. »

Outre le contentieux entre RWE et les Pays-Bas, l’Allemagne a été poursuivie à deux reprises par la multinationale énergétique suédoise Vattenfall. Dans le premier cas, l’entreprise a réussi à assouplir les normes environnementales imposées à une de ses centrales électriques au charbon près de Hambourg. Aujourd’hui, elle réclame plus de 6,1 milliards d’euros pour le manque à gagner lié à deux de ses centrales nucléaires à la suite de l’abandon progressif du nucléaire allemand décidé après la catastrophe de Fukushima.

« Ces actions contribuent à la fois à ralentir certaines mesures, mais aussi à obtenir une compensation financière que les investisseurs n’auraient pas obtenue sur un plan national », observe Amandine Van Den Berghe. Or, cette compensation ne se justifie pas toujours. Dans le cas de RWE, qui attaque l’État néerlandais, « RWE aurait dû prévoir il y a des années que des mesures seraient prises pour réduire les émissions, et a décidé de mettre en service une nouvelle centrale à charbon en 2015 en connaissance de cause. Maintenant, la société essaie de faire payer la facture au contribuable. »

Le TCE a été utilisé pour faire pression sur la France lorsqu’elle a voulu interdire les nouveaux forages d’hydrocarbures.

Comme le montre l’enquête d’Investigate Europe, les investisseurs peuvent poursuivre les gouvernements non seulement pour la valeur de leurs infrastructures, mais aussi pour le manque à gagner attendu, ce qui a pour effet d’alourdir considérablement le coût des politiques climatiques. De plus, Investigate Europe a démontré que le personnel dirigeant du TCE a des liens étroits avec l’industrie des combustibles fossiles. Tant et si bien que saisir un tribunal ne constitue pas le seul moyen de pression pour les gouvernements, puisqu’« il suffit parfois simplement de brandir cette menace pour dissuader les décideurs politiques d’adopter des mesures ambitieuses », dénonce Sara Lickel.

En France, l’entreprise pétrolière canadienne Vermilion est parvenue à faire reculer le gouvernement sur le projet de loi hydrocarbures. C’était en 2017 et le ministère de la Transition écologique de Nicolas Hulot présentait un projet de loi mettant fin à l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures sur l’ensemble du territoire français d’ici 2040. Il interdisait la délivrance de nouveaux permis d’exploration ainsi que le renouvellement des permis d’exploitation. Mécontente, la compagnie Vermilion a envoyé une note au Conseil d’État, menaçant la France de poursuite devant des tribunaux d’arbitrage, car le projet de loi portait atteinte à ses droits d’investisseur au titre du TCE. La version définitive de la loi a finalement autorisé le renouvellement des permis d’exploitation pétrolière jusqu’en 2040, voire au-delà sous certaines conditions.

« En protégeant les investissements étrangers dans les énergies fossiles, le TCE protège les investissements étrangers dans les émissions de gaz à effet de serre, résume Yamina Saheb. Il défait la souveraineté des États à un moment de notre histoire où nous avons besoin d’enclencher les politiques énergétiques les plus ambitieuses possibles. »

La sortie ou la réforme ?

Que faire de ce traité : le transformer ou en sortir ? Depuis 2019, l’Union européenne et le secrétariat du TCE négocient une « modernisation » du traité. Trois cycles de négociations ont eu lieu en 2020, et le prochain round se tiendra du 2 au 5 mars. Mais « il est peu probable que les négociations en cours sur la modernisation du TCE aboutissent à un traité compatible avec l’Accord de Paris », juge Yamina Saheb. Toute modification du traité requiert un vote à l’unanimité de tous les pays signataires, or les positions des États sont très disparates. Certains, comme le Japon qui investit massivement dans le charbon, vivent de la rente des énergies fossiles et sont opposés à la réforme du traité.

Résultat : un rapport du secrétariat du TCE, fuité en décembre, montre qu’il n’y a eu aucun progrès sur les discussions autour de la modernisation du traité. La prochaine phase de négociations n’est guère plus encourageante. Bruxelles propose de continuer à protéger les projets existants et certains nouveaux investissements dans les fossiles pendant dix ans, et d’étendre la protection des investissements à l’hydrogène et à la biomasse. Au sein même de l’Union européenne, les voix discordent et ne sont pas en phase avec la position définie à la Commission, notamment sur les sources d’énergie à exclure de la protection du TCE.

Certains États, comme la France ou l’Espagne, ne croient pas en une modernisation du traité. En décembre, les ministres français Bruno Le Maire, Barbara Pompili, Franck Riester et Clément Beaune ont adressé une lettre à la Commission européenne dans laquelle ils reconnaissent que « les conditions ne sont (…) clairement pas réunies pour envisager une conclusion satisfaisante des négociations à court ou moyen terme » et demandent que « l’option d’un retrait coordonné de l’Union européenne et de ses États membres soit dès à présent évoquée publiquement tout en étant expertisée dans ses modalités juridiques, institutionnelles et budgétaires ».

Le siège de la Commission européenne, à Bruxelles.

La sortie coordonnée souhaitée par la France est nécessaire pour pouvoir annuler la « clause de survie » du TCE. Cette clause prolonge l’application des dispositions du TCE pendant une période de vingt ans aux investissements réalisés dans le pays qui se retire du traité. Mais « une sortie commune est improbable, tant l’Europe est déchirée sur la question », juge Amandine Van Den Berghe. L’Allemagne est pour l’heure silencieuse, et le Luxembourg considère qu’une sortie collective du TCE serait un échec de la diplomatie. Des députés européens sont néanmoins parvenus à inclure dans le projet loi Climat de la Commission européenne un amendement qui stipule que l’Union doit mettre « fin à la protection des investissements en faveur des combustibles fossiles dans le contexte de la modernisation du Traité sur la charte de l’énergie ». « La première étape pour les États qui souhaitent mettre fin à la participation de nos pays à ce traité devrait être de soutenir cet amendement lors des négociations en cours de la loi climat », affirme Yamina Saheb.

Du côté de la société civile, la grogne monte contre le traité et les atermoiements des diplomates. Ce mardi 23 février, plusieurs dizaines d’organisations européennes, dont Youth For Climate, Alternatiba, Attac, les Amis de la Terre et Stop Ceta-Mercosur, ont publié une pétition pour demander aux gouvernements et aux institutions européennes de sortir du traité et de stopper son expansion à de nouveaux pays. « Désarmez les entreprises du secteur des énergies fossiles dès maintenant », exhortent-elles.

Quelques mois plus tôt, déjà, plusieurs déclarations et lettres, de parlementaires européens, de scientifiques, d’acteurs du marché des renouvelables ou encore de jeunes du monde entier appelaient l’UE et ses États membres à se retirer du Traité sur la charte de l’énergie. « La voie de la réforme sera longue et insuffisante, soutient Amandine Van Den Berghe. Nous n’avons plus le temps. Mieux vaut commencer d’une feuille blanche pour être plus créatifs et ambitieux. »

Par Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre), publié le 23 février 2021

https://reporterre.net/Comment-le-Traite-sur-la-charte-de-l-energie-plombe-la-transition-ecologique?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

C’est maintenant que tout se joue…

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SUISSE : UNE RARISSIME CRUE DE L’AAR POURRAIT MENACER DES CENTRALES NUCLÉAIRES

En cas de « crue extrême » de l’Aar, susceptible de se produire une fois tous les 100’000 ans, plusieurs centrales nucléaires pourraient être inondées. Les infrastructures sont toutefois jugées suffisamment préparées à de tels événements.

Quatre offices fédéraux et l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) ont présenté lundi de nouvelles analyses des risques pour les centrales nucléaires de Mühleberg (BE), Gösgen (SO) et Beznau (AG).

Intitulée « Crues extrêmes de l’Aar » et lancée suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, en mars 2011, l’étude a été conduite par l’institut de recherche WSL. Elle doit permettre aux autorités et aux exploitants des infrastructures sensibles de se préparer au mieux à un événement très rare.

En effet, une crue extrême de ce fleuve pourrait être provoquée par un épisode de précipitations extrêmement rare. La probabilité qu’un tel épisode se produise est équivalente à une fois tous les 100’000 ans.

Immenses dégâts potentiels

Une simulation réalisée par l’équipe de recherche indique que cela pourrait gonfler les débits à plus de 7000 mètres cube par seconde avant la confluence de l’Aar et du Rhin, soit 12 fois le débit moyen.

Dans un tel cas, les sites des centrales nucléaires de Beznau et Gösgen seraient submergés d’environ 1,1 mètre. Celui de la centrale nucléaire de Mühleberg, à l’arrêt, serait également inondé de près d’un mètre.

En outre, les environs de la gare d’Olten (SO), carrefour d’importantes infrastructures de transports, pourraient se retrouver submergés jusqu’à 3,1 mètres sous l’eau, mais seulement si certains ponts étaient bloqués par des débris flottants.

Le bassin versant de l’Aar représente 43% du territoire suisse et comprend certaines des régions urbaines les plus densément peuplées du pays.

Sûreté nucléaire suffisante

Selon l’IFSN, les niveaux d’eau pertinents pour les analyses de sécurité des centrales nucléaires se situent dans une fourchette similaire à celle des analyses précédentes. Toutes les centrales sont déjà suffisamment préparées à de tels événements, a déclaré le directeur de l’IFSN, Marc Kenzelmann, dans un entretien en ligne.

Les exploitants des centrales sont néanmoins invités à réviser leurs analyses sur la base de la nouvelle étude. L’Office fédéral de l’énergie (OFEN), pour sa part, exigera des exploitants d’ouvrages d’accumulation placés sous surveillance fédérale de contrôler, à la lumière des nouvelles connaissances, la conformité des ouvrages en cas de crues.

Autres études prévues

Des simulations similaires doivent être appliquées aux bassins versants d’autres grands cours d’eau. Les résultats seront mis à la disposition des autorités compétentes et des exploitants d’installations dans le but de revoir, voire d’améliorer la protection contre les crues.

Par ats/jop, publié le 22 février 2021 à 16h00, modifié à 16h34

Photo en titre : Des volutes de vapeur d’eau se dégagent de la tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Gösgen (SO), située au bord de l’Aar. / Le Journal horaire

https://www.rts.ch/info/suisse/11994215-une-rarissime-crue-de-laar-pourrait-menacer-des-centrales-nucleaires.html

17 AVRIL 2021 : NOUVEL APPEL À AGIR CONTRE LA RÉINTOXICATION DU MONDE

Après les vagues d’actions des 17 juin et 17 novembre 2020, une constellation de syndicalistes, paysan.nes, zads, associations, territoires en luttes, espaces autogérés, coopératives ont décidé d’un appel commun pour le 17 avril 2021 contre des lieux de production, chantiers, projets et infrastructures toxiques.

En mai dernier, à la sortie du premier confinement, alors que la machine économique et productiviste se réemballait de plus belle, un appel à agir contre la réintoxication du monde a été lancé et suivi par des dizaines de groupes à travers le pays. Le 17 juin 2020, plus de 70 actions, occupations, blocages se sont déployés simultanément. Depuis, des collectifs se sont constitués, des résistances, un temps en pause, se sont réveillées, des projets destructeurs ont été arrêtés. Cette journée a matérialisé un rebond des luttes de terrain face à l’expansion dramatique de la crise écologique et au cynisme patent de « nos dirigeants ».

De nouveau le 17 novembre dernier, malgré les obstacles et interdictions, des mobilisations aux quatre coins du pays sont parvenues à percer les murs du confinement (voir les retours complets sur notre site).

Une constellation de collectifs impliqués dans la « dynamique des 17 », réunie le 20 janvier dernier, a décidé d’un appel commun à une nouvelle journée d’actions le

SAMEDI 17 AVRIL 2021.

Alors que nos sociétés « modernes » semblent s’ancrer dans un état de semi-confinement permanent, que le lien entre le covid et la folie écocide n’est plus à faire, les sociétés marchandes semblent toutes prêtes à poursuivre l’empoisonnement du monde jusqu’à leur dernier souffle. Tandis que les leviers pour faire obstacle au ravage des milieux vivants sont anesthésiés par la virtualisation générale, le gouvernement propose de criminaliser le renouveau des mouvements d’actions écologistes et s’entête à faire passer en force la loi de sécurité globale.

À lire > Un pouvoir qui se barricade

Dans une séquence historique où toutes les politiques affirment être guidées par l’urgence sanitaire, la France et les pays voisins poursuivent l’exportation de pesticides interdits sur leur propre sol, qui empoisonnent gravement près de 400 millions de personnes par an sur d’autres continents. Malgré les études officielles sur son caractère climaticide, les déclarations municipales et les actions directes pour la freiner, le déploiement de la 5G sur nos territoires ne fait qu’accroître encore notre dépendance aux écrans. Pourtant la numérisation des existences, que vient cimenter l’ère covid, va de pair avec une perte dépressive des liens, du rapport à la terre et au vivant. C’est dans ces bulles que grandiront dorénavant les jeunes générations si nous ne faisons pas en sorte que le monde soit de nouveau respirable.

Sans attendre la levée de l’urgence sanitaire, des résistances locales renaissent de l’air du temps et de ses cris d’alerte. Le mouvement Stop Amazon se déploie aux 4 coins du pays contre l’implantation de nouveaux entrepôts, symboles de la dystopie moderne. À Gonesse, une nouvelle zad naît contre l’artificialisation des terres fertiles qui bordent encore le « Grand Paris ». À Marseille, un McDonald’s a été transformé en lieu de solidarité et de redistribution de nourriture par ses ancien.nes salarié.es. Autour de la raffinerie de Grandpuits, des militant.es écologistes et des syndicalistes en grève s’allient pour dénoncer le greewashing de Total. Elles nous rappellent à l’urgence de penser, avec les travailleurs des secteurs les plus toxiques, les mutations possibles des activités, les réappropriations des lieux de travail, ainsi que les rapports de force à engager pour garantir des ressources et droits pendant les périodes de transition.

À lire > Qui arrêtera le bulldozer Amazon ?

En venant réunir certains de ces fronts, en en faisant émerger d’autres, les mobilisations des 17 juin et 17 novembre ont dessiné une cartographie de sites de production destructeurs qui doivent s’arrêter, de milieux naturels – forêts, zones humides, terres cultivables – qui ne doivent pas être bétonnées, de projets insensés auxquels il faudra les faire renoncer… Nous savons que cela nécessitera de revenir régulièrement sur tous ces lieux, d’en habiter certains, d’en métamorphoser d’autres, de continuer à se coordonner et de lancer de nouvelles vagues de mobilisations encore plus amples et déterminées. C’est seulement à cette condition que nous parviendrons peut-être à maintenir des conditions d’existence possibles et désirables pour nous comme pour le reste du vivant, hors du nihilisme marchand.

Nous appelons donc une nouvelle fois les habitant.es des villes et des campagnes à informer et accentuer localement la pression sur les secteurs qui leur semblent le plus évidemment empoisonnants et dispensables : cimenteries, usines de pesticides ou productions de gaz et grenades de la police, industrie aéronautique, publicitaire ou construction de plates-formes Amazon, unités d’élevage industriel, développements de l’industrie nucléaire, clusters développant le monde « sans contact »… Nous appelons en ce sens le 17 avril à une troisième série d’actions, blocages, rassemblements et occupations contre de tels lieux de production, chantiers et infrastructures.

Le 17 avril se trouve être aussi la journée internationale des luttes paysannes, qui défend chaque année la nécessité de préserver des terres nourricière pour une agriculture soigneuse du vivant. Si nous visons sérieusement à nous défaire de pans conséquents du monde marchand, il nous faut conjointement nous doter des formes d’autonomies à même de répondre à nos besoins fondamentaux. Nous appelons donc également à des occupations de terres en villes ou dans les zones péri-urbaines pour des projets de cultures vivrières, mais aussi à des réquisitions d’espaces d’entraide, de soin, de redistribution et de création. Il n’y aura pas de « tournant » sans que l’on construise ici et maintenant des formes de vie pleines de sens et bien plus désirables que celles inféodées aux besoins du marché.

Vous trouverez ci-dessous une liste des premiers collectifs, syndicats, associations, territoires en lutte co-signataires et engagés sur cet appel. Si vous souhaitez le signer aussi, nous envoyer un appel à mobilisation locale ou un texte d’analyse complémentaire, vous pouvez écrire à 17nov@riseup.net

Pour nous rejoindre : agir17@riseup.net

Pour plus d’infos : agir17@noblogs.org

Facebook : agir17 contre la réintoxication du monde

À BIENTÔT POUR L’ACTE 3, LE 17 AVRIL 2021 !

Liste des premiers signataires

Zad du Triangle de Gonesse 95 – Résistance écologiste Rennes – Union syndicale Solidaires -NDDL Poursuivre Ensemble – Attac France – Emancipation Collective – Notre Maison Brûle – PACT Pas d’Autoroute Castres- collectif Fête La Friche 59 Toulouse – XR PEPPS – Collectif Seine 78-95 – La lutte des sucs – Désobéissance écolo Paris Adieu Glacier 05 – Stop Golfech – Association des sinistrés de Lubrizol 76 – des Habitant.es de la zad de Notre-dame-des-Landes – Non aux JO 2024 à Paris – Partager c’est sympa ! – le PRÉ 44 – Youth for Climate France – Avignon Zéro Fossile – La Croissance tue ! 49 – Collectif Oxygene – Résilience France – Écocampus ENS – Solidaires 44 – XR Pantin et alentours – Saccage2024 – Stop Carrière Montcabrier 81 – Morbihan contre les fermes usines – La Croissance tue ! – XR Reims – Longo Maï – Anv-Cop21 Montpellier – Attac Reims – tendance intersyndicale et pédagogique Emancipation – réseau Sortir du Nucléaire – Non à Tropicalia 62 – Quartier libre des Lentillères 21 – Association de Défense de la Vallée du Gambon 27 – Extinction Rebellion Tours – Greenpeace Montpellier – XR Besançon – Radiaction – Association Résistance 5G Nantes 44 – Attac Vendée – Droit au Logement – Association Familiale Laïque de Commercy (AFL)55 – Sauv-Natur Saintleulaforet 95 – Coordination antinucléaire du sud-est – ATTAC 93 Sud – Pour une écologie populaire et sociale (PEPS)- Attac 44 – La dérive social club – revue Parade – Collectif Citoyen  » Notre Parc N’est Pas à Vendre » – La cagette des terres 44 – Comité Bure en Retz – cinémas Utopia – GIGNV – Alternatiba Nantes — Collectif Antinucléaire de Vaucluse – Écologie sociale Liège – XR Nantes – Vitré-Tuvalu – Théâtre de l’ADN – Vigilance ogm 21 – Les Communaux – Attac Flandre – Association de défense quartier viaduc Timbergues Aubugues de Souillac 46 – XR05 – Ras le rallye 05 – Les Jardins des Vaîtes 25 – ATTAC-Lille – ATTAC-Villeneuve d’Ascq – ATTAC-Roubaix-Tourcoing – XR Bretagne – ANV-COP21 Reims – collectif Erma Selva – Casse-noix 26-38 – AGIR ( Association pour une Gestion Insulaire Respectueuse) 56 – Informations Pesticides Belle Ile – ZEA – Espace autogéré des Tanneries 21 – Confluences 81 – XR Saint-Brieuc – collectif « changeons le système, pas le climat  » de Montpellier – collectif mit 44 – Attac Rennes – gdeam-62 – ACNET Alternative Citoyenne du Nord-Est Toulousain – Collectif des Grévistes de la Faim Pour un Avenir Possible – Attac Alès Cévennes – Balance Ton Port la Nouvelle 11 – Stop nucleaire Drome/Ardeche – StopTERRA2 81 – Collectif Pour le Triangle de Gonesse – Attac Montpellier – Attac Nîmes – Collectif « Plus Jamais ça » Gard – XR Marseille – Les Riverains et les Amis de Béner 72 – Alternatives et Autogestion – XR du Trégor – collectif des faucheuses et faucheurs d’OGM de l’Hérault – STOP Nucléaire Drôme-Ardèche – XR Corsica – Balagne en Transition 02 – A Rimigna 02 – PARC St Sauveur 59 – Coordination Fête une autre Terre 85 – Attac Landes Côte Sud 40 – Capre 06 – Alternatiba/ANVCOP21 Grenoble – – ANV/COP21 Besançon – Collectif « la tête dans le sable » 44 – Collectif Non à Tropicalia – XR France – XR Brest – Attac Gap – XR Hautes-Alpes – CAPE (Comité d’Alerte Pour l’Espiguette) 30

Par Collectif, publié le 22 février 2021

http://www.politis.fr/articles/2021/02/17-avril-2021-nouvel-appel-a-agir-contre-la-reintoxication-du-monde-42857/

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NUCLÉAIRE IRANIEN: ACCORD SUR UNE « SOLUTION TEMPORAIRE » POUR MAINTENIR UNE SURVEILLANCE

L’Iran et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ont annoncé dimanche un accord « temporaire » pour maintenir une surveillance des activités nucléaires, le temps que les pourparlers diplomatiques s’engagent entre les signataires du pacte de 2015 afin de tenter de sortir de l’impasse.

La loi iranienne, qui prévoit de restreindre certaines inspections, y compris sur des sites militaires suspects, si les sanctions américaines ne sont pas levées, « existe et va être appliquée » à partir du 23 février, a regretté le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, à son retour à Vienne après des « consultations intenses » à Téhéran. « L’accès sera réduit, ne nous voilons pas la face, mais nous serons en mesure de maintenir le degré nécessaire de surveillance et de vérification », s’est-il félicité. « Cela sauve la situation dans l’immédiat. »

Un accord bilatéral technique et temporaire

Selon les termes de cet « accord bilatéral technique » d’une durée de trois mois mais susceptible d’être suspendu à tout moment, le nombre d’inspecteurs sur place reste ainsi inchangé et l’AIEA pourra procéder à des inspections inopinées. « Bien sûr, pour parvenir à une situation stable, il faudra une négociation politique, et ce n’est pas de mon ressort », a ajouté M. Grossi.

De son côté, l’Iran avait évoqué un peu plus tôt des discussions « fructueuses« , alors que le directeur de l’AIEA a rencontré au cours du week-end le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. M. Grossi pourra « s’acquitter de son obligation de montrer que le programme nucléaire iranien reste pacifique« , a promis le chef de la diplomatie iranienne dans une déclaration à Press TV, la chaîne en anglais de la télévision d’État.

Zarif a précisé que la loi votée en décembre par le Parlement obligeait son gouvernement à « ne pas fournir les enregistrements » des caméras de surveillance installées sur les sites à l’AIEA. Le chef de l’agence onusienne ne s’est pas exprimé sur ce point. Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, « les inspections de l’AIEA seront réduites d’environ 20 à 30% après la mise en œuvre de la loi ». « Cela ne signifie certainement pas un retrait de l’accord » de 2015. Ce pacte prévoit une levée progressive des sanctions en échange de la garantie que l’Iran ne se doterait pas de l’arme atomique.

Qui doit relancer les discussions? Les États-Unis et l’Iran se renvoient la balle 

La République islamique a toujours nié avoir de telles intentions. Après le retrait unilatéral américain et le rétablissement des sanctions qui étranglent l’économie iranienne, l’Iran s’est cependant affranchi progressivement à partir de 2019 de plusieurs limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en vertu de l’accord conclu en 2015 avec le groupe 5+1 (États-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Chine). D’après M. Zarif, « les stocks d’uranium enrichi vont augmenter » également, en attendant que l’autre camp respecte ses obligations. « Une fois que tout le monde aura fait sa part et rempli ses obligations, alors il y aura (une reprise) des discussions« , a-t-il souligné.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, les États-Unis et l’Iran se renvoient la balle sur la question de savoir qui doit faire le premier pas pour relancer l’accord. Dans un geste, Washington a accepté jeudi une invitation des Européens à participer à des pourparlers sur le sujet. Mais le lendemain, le nouvel hôte de la Maison Blanche a appelé ses alliés à travailler de concert pour répondre aux « activités déstabilisatrices » de l’Iran au Moyen-Orient. Dans ce contexte diplomatique complexe et alors que l’Iran et les États-Unis n’ont plus de relations diplomatiques depuis 1980, M. Araghchi a indiqué que l’Iran examinait la proposition de l’UE pour une « réunion informelle« .

Par AFP, publié le 21 février 2021 à 21h58

Photo en titre : © Belga

https://www.rtl.be/info/monde/international/nucleaire-iranien-accord-sur-une-solution-temporaire-pour-maintenir-une-surveillance-1281275.aspx

PROJET HERCULE : EDF DÉMANTELÉE, BRUXELLES ENCHANTÉE

« Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. » Ce principe, inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, a toujours valeur constitutionnelle, puisqu’il a été repris dans les premières lignes de l’actuelle loi fondamentale.

On pourrait croire, dès lors, qu’il est impossible pour le législateur de le contourner. Mais la construction européenne est passée par là. Depuis le milieu des années 1980, à chaque fois que nos gouvernements ont eu à choisir entre l’UE et la Constitution de la République, ils ont opté pour la première au détriment de la seconde. L’actuel projet de démembrement d’EDF n’est que le dernier exemple en date de cet esprit de soumission.

Un précédent exemplaire : GDF

Tous les grands groupes publics créés au moment de la Libération [1], conformément aux engagements du Conseil National de la Résistance [2], ont été méthodiquement démantelés et/ou offerts au privé ces dernières décennies, sans que jamais les citoyens ne soient appelés à exprimer leur volonté sur ce sujet éminemment politique. Le processus a commencé dès 1986-1987, parallèlement à l’adoption de l’Acte unique européen, dans les domaines industriel (Saint-Gobain) et bancaire (Paribas, Suez, Société Générale)[3].

Il a été poursuivi jusqu’à aujourd’hui par tous les gouvernements, sans discontinuer [4]. Le secteur de l’énergie a été concerné à partir de 2000, lorsque le gouvernement Jospin transposa en droit français les directives européennes de 1996 et de 1998 qui imposaient la libéralisation de ce secteur et son ouverture à la concurrence à hauteur de 30 % (en attendant 70 % à partir de 2004).

Aucun argumentaire sérieux, ancré dans la rationalité économique, ne fut jamais mis en avant pour justifier le démantèlement de ce vaste secteur public. Pour obtenir le ralliement du personnel politique, il suffisait d’évoquer les généralités creuses du nouveau paradigme néolibéral, discréditant l’État pour sa prétendue impotence (alors que toutes les entreprises privatisées excellaient dans leur domaine respectif), vantant les vertus du capitalisme actionnarial, la nécessité de partir à la conquête du monde, le changement pour le changement ou, plus prosaïquement, la politique d’expédients par laquelle l’État, rendu impécunieux par la croissance molle née de ses choix macro-économiques, tentait en privatisant de se reconstituer à court terme quelques marges de manœuvre budgétaires. Une politique d’expédients érigée en modèle de gestion : Du grand art !

Ainsi engagea-t-on, sans jamais l’avouer, le principe du service public sur une dynamique de déclin. Pilier dans notre pays de la justice sociale, il fut (et il est encore) insidieusement remis en cause, voué à reculer sans cesse pour cause d’incompatibilité foncière avec les canons d’une idéologie dominante peu soucieuse d’égalité. Ceux qui auraient pu, à l’échelle syndicale ou politique, s’opposer à cette régression étaient de toute façon condamnés à l’accepter sous la pression juridique des autorités bruxelloises ou sous le poids moral du projet européen : personne ne pouvait raisonnablement refuser de se soumettre au surmoi européiste qui dominait les esprits.

Tout au plus était-il possible de négocier avec Bruxelles quelques détails, d’obtenir quelques délais pour mieux manœuvrer l’opinion publique, que l’on rassurait par ailleurs en formulant des engagements solennels tout à fait mensongers. La grande cause de « l’Europe », glorieusement matérialisée par la « concurrence libre et non faussée » des traités, justifiait amplement cette pratique malhonnête. Nicolas Sarkozy, alors ministre des Finances, s’illustra de cette manière en affirmant le 6 avril 2004 à l’Assemblée nationale : « Je redis qu’EDF et GDF ne seront pas privatisés [5] ». Puis au Sénat le 27 avril suivant : « Il n’y aura pas de privatisation d’EDF ni de GDF, et ce pour une raison simple : EDF et GDF ne sont pas des entreprises comme les autres [6] ».

En 2007, devenu président de la République, il privatisa GDF en acceptant sa fusion avec Suez [7], instaurant le règne tout-puissant des actionnaires sur la conduite de la nouvelle entreprise [8].

Treize ans plus tard, à propos du démembrement d’EDF cette fois-ci, Barbaba Pompili, ministre de la Transition écologique, affirme, bravache, n’avoir aucune « certitude de parvenir à un accord [9]» avec la Commission européenne. Que peut-on en penser ?

Un projet orwellien

On ne saura jamais dans quel cerveau a jailli cette idée, mais c’est ainsi : il a été décidé que le projet de démembrement d’EDF porterait un nom, et qu’il s’appellerait « Hercule». Quoi de mieux, pour mettre fin à l’existence d’un géant national, deuxième producteur mondial d’électricité, que de convoquer la figure du demi-dieu de la mythologie gréco-romaine ? La tentative d’enfumage est si grossière qu’elle ne dupera personne, mais elle a le mérite de révéler l’extraordinaire présomption de ses auteurs, convaincus qu’il est possible de continuer à pratiquer ce genre d’inversion à la Orwell, comme ils le font depuis des décennies.

Or, ce qui était accepté au cours de la phase ascendante du néolibéralisme ne passe plus dans le contexte de son déclin, lorsque le gouffre séparant les promesses et les réalisations concrètes de cette idéologie est constaté par le plus grand nombre. Ce détail pourrait sembler anecdotique ; il est au contraire très révélateur : nous ne sommes plus en 1986 ou en 1992, mais en 2021 et le néolibéralisme économique, contesté de toutes parts, disparaît sous nos yeux. Hercule pourrait bien être l’opération qui, par son échec, marquera la fin de son hégémonie en France…

Avec ce projet, donc, EDF doit être tronçonnée en trois branches, EDF « bleu » pour les centrales nucléaires et le réseau de transport, EDF « azur » pour les barrages hydroélectriques et EDF « vert » pour les activités commerciales, la distribution d’électricité et les énergies renouvelables. La première branche resterait publique à 100 %, mais l’avenir de la deuxième est très flou, la commission insistant depuis plusieurs années pour l’ouverture au privé du secteur hydroélectrique [10].

Quant à EDF vert, il serait coté en bourse pour une fraction de son capital, minoritaire à ce stade. J-B Lévy, le PDG d’EDF, peut bien affirmer devant les députés, en jouant sur les mots, qu’il n’y aura « aucune privatisation », son projet prévoit explicitement d’en entamer le processus, une tactique éprouvée depuis trente ans au moins.

La « réforme » est nécessaire, selon J-B Lévy, pour permettre à EDF de surmonter son endettement et de trouver les financements nécessaires à des investissements massifs dans les renouvelables. Soit. C’est oublier un peu vite que cet endettement est le produit de la politique de dérégulation du secteur de l’énergie à partir des années 1990, qui a incité, course au gigantisme oblige, les dirigeants d’EDF à multiplier les acquisitions de concurrents étrangers en recourant à l’emprunt.

La dette est ainsi passée de 15 milliards d’euros en 2006 à 42 en 2009 soit un montant équivalent, au demeurant, à la dette actuelle. Autre effet pernicieux de la dérégulation, une pratique tarifaire aberrante, imposée par la Commission européenne dans le seul but de développer la concurrence dans un secteur où elle est pourtant difficilement envisageable [11].

Dans le cadre de l’ARENH (« Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique [12] »), EDF est ainsi contrainte de vendre son électricité nucléaire à ses concurrents à un prix trop bas, de 42 euros/kWh, aggravant de façon chronique l’endettement du groupe. Le PDG d’EDF fait de la remise en cause de ce dispositif baroque une priorité à juste titre, mais le conflit avec la commission, qui y voit le seul moyen de casser le monopole d’EDF, est inévitable.

Si cet objectif de refonte de la pratique tarifaire imposée à EDF est éminemment souhaitable, le tronçonnage du groupe en trois éléments relève d’une logique industrielle douteuse, caractéristique des compromis boiteux auxquels aboutissent la commission et le gouvernement français dans ce type de négociations : il est impossible, pour des raisons politiques, de démanteler complètement EDF, mais il est également impensable, la construction européenne étant ce qu’elle est, de laisser intact le monopole de la production et de la distribution électrique en France ; le choix est donc fait d’un entre-deux instable qui permet d’engager une dynamique de délitement tout en affirmant le contraire et en pariant sur le temps.

La financiarisation par l’ouverture au capital privé d’EDF vert est présentée par le gouvernement comme la solution aux importants besoins de financement du groupe dans les années à venir. C’est d’un choix purement idéologique qu’il s’agit, même s’il est présenté sous un jour comptable : l’État a déjà recapitalisé EDF en 2017 [13] et peut procéder à une nouvelle augmentation du capital sans difficulté, d’autant plus aisément qu’il s’endette actuellement à taux négatifs.

Le choix du marché pour financer un groupe public, chargé d’une mission de service public, indispensable à la sécurité énergétique du pays reflète simplement la prégnance de l’idéologie néolibérale dans les esprits. En est-on pourtant encore au stade où les intérêts privés du marché peuvent arracher à l’État un secteur productif d’intérêt général ?

Depuis quarante ans, la France a mieux résisté que d’autres pays à cette hégémonie idéologique ; le déclin du secteur et du service publics organisé par les gouvernements s’est heurté à de vives oppositions sociales et syndicales qui en ont limité l’ampleur.

La lutte contre le démantèlement et la privatisation d’EDF constitue le dernier combat de cette séquence historique à double titre : parce que c’est le dernier grand groupe à faire passer à la moulinette bruxelloise, et parce qu’il n’est pas exclu, cette fois, que Bruxelles soit mis en échec, compte tenu de l’usure des croyances néolibérales. Le changement de paradigme en cours — plus ou moins acté par le président de la République — semble inciter le gouvernement à faire preuve de fermeté et même d’intransigeance.

« Les débats sont intenses [14] » avec la commission affirme B. Le Maire, qui ajoute : « Nous ne transigerons pas sur un certain nombre de points durs qui nous paraissent essentiels au succès de la transformation de cette entreprise ». L’expérience montre cependant qu’au-delà de ces mots, rodomontade classique en ce genre de circonstances, seule une intense mobilisation politique, sociale et syndicale pourra empêcher le néolibéralisme finissant d’accomplir une ultime œuvre funeste pour notre pays. Non à Hercule !

Notes

1 Entre 1944 et 1948, les nationalisations touchèrent les secteurs stratégiques de la banque, des transports aériens, de l’industrie automobile, de l’énergie (charbon, gaz, électricité) et des assurances.

2 Le programme du CNR de mars 1944 propose « l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie » et subséquemment « le retour à la nation des grands moyens de production monopolisée, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques » : Formules fameuses, passées à la postérité.

3 La privatisation de ces grands groupes fut même vendue à l’opinion comme un moyen de diffuser l’esprit du capitalisme financier dans tous les foyers : chacun était invité à acheter, pour lui ou pour ses enfants, des actions dont certaines stars, débauchées pour l’occasion, vantaient les rendements à venir dans des pages publicitaires à la télévision. Ainsi Catherine Deneuve https://www.youtube.com/watch?v=cupBbKPMmGY

4 https://fr.wikipedia.org/wiki/Privatisations_en_France

5 https://www.nouvelobs.com/politique/20060920.OBS2627/quand-sarkozy-promettait-de-ne-pas-privatiser-gdf.html

6 https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/quand-nicolas-sarkozy-s-invite-dans-les-debats-sur-la-privatisation-d-engie-au

7 https://www.humanite.fr/node/377020

8 https://www.lesechos.fr/2013/01/gdf-suez-quand-le-dividende-impose-sa-loi-1096265

9 https://www.bfmtv.com/economie/projet-hercule-d-edf-pas-de-certitude-sur-un-accord-avec-bruxelles_AD-202102040225.html

10 http://www.gaullistelibre.com/2018/12/plus-de-barrage-contre-les-interets.html#more

11 Comme le rappellent Anne Debregeas et David Garcia dans leur article Qui veut la peau d’EDF ? (Le monde diplomatique février 2021), le secteur de l’électricité est un exemple de monopole naturel, observé « lorsque les coûts fixes qu’engendre la production d’un bien sont très importants et que les coûts moyens baissent très fortement avec l’augmentation de la production, ce qui rend plus compétitive une seule entreprise ».

12 https://entreprises.selectra.info/energie/guides/arenh

13 https://www.lepoint.fr/economie/edf-boucle-avec-succes-sa-recapitalisation-28-03-2017-2115450_28.php

14 https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/projet-hercule-bruno-le-maire-dement-tout-objectif-de-demantelement-d-edf

Par Eric Juillot, publié le 22 février 2021

Photo en titre : Des opposants au projet « Hercule », visant à réorganiser EDF, ont manifesté, ce mercredi 10 février, à Paris. © AFP

https://www.les-crises.fr/projet-hercule-edf-demantelee-bruxelles-enchantee-par-eric-juillot/

NOUVELLES PARTICULES HAUTEMENT RADIOACTIVES DÉCOUVERTES DANS L’UNITÉ 1 DU RÉACTEUR DAIICHI DE FUKUSHIMA : PROPRIÉTÉS ET IMPACTS ENVIRONNEMENTAUX

Le 10ème anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima Daiichi a lieu en mars. Les travaux qui viennent d’être publiés dans la revue « Science of the Total Environment » documentent de nouvelles particules hautement radioactives de grande taille (> 300 micromètres) qui ont été libérées par l’un des réacteurs endommagés de Fukushima.

Des particules contenant du césium radioactif (134+137Cs) ont été libérées des réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (FDNPP) lors de la catastrophe nucléaire de 2011. Les petites particules (de taille micrométrique) (connues sous le nom de CsMPs) ont été largement distribuées, atteignant jusqu’à Tokyo. Les CsMPs ont fait l’objet de nombreuses études ces dernières années. Cependant, il est récemment apparu que des particules plus grosses (>300 micromètres) contenant du Cs, avec des niveaux d’activité beaucoup plus élevés (~ 105 Bq), ont également été libérées de l’unité de réacteur 1 qui a subi une explosion d’hydrogène. Ces particules se sont déposées dans une zone étroite qui s’étend sur environ 8 km au nord-nord-ouest du site du réacteur. À ce jour, on sait peu de choses sur la composition de ces particules plus grosses et sur leurs impacts potentiels sur l’environnement et la santé humaine.

Aujourd’hui, des travaux qui viennent d’être publiés dans la revue Science of the Total Environment caractérisent ces grandes particules à l’échelle atomique et font état de niveaux d’activité élevés qui dépassent 105 Bq. (NDLR : 100 000 Bq)

Les particules, signalées dans l’étude, ont été trouvées lors d’une étude des sols de surface à 3,9 km au nord-nord-ouest de l’unité 1 du réacteur.

Parmi les particules de 31 Cs collectées au cours de la campagne d’échantillonnage, deux ont donné les plus hauts niveaux d’activité de 134+137Cs associés à des particules pour des matériaux émis par la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi (plus précisément : 6,1 × 105 et 2,5 × 106 Bq, respectivement, pour les particules, après correction de la désintégration jusqu’à la date de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi).

L’étude a été menée par des scientifiques du Japon, de la Finlande, de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis, sous la direction du Dr Satoshi Utsunomiya et de Kazuya Morooka, étudiant de troisième cycle (département de chimie de l’université de Kyushu). L’équipe a utilisé une combinaison de techniques analytiques avancées (analyse synchrotron des rayons X nano-focalisés, spectrométrie de masse des ions secondaires et microscopie électronique à transmission à haute résolution) pour caractériser pleinement les particules. La particule ayant une activité de 134+137Cs de 6,1 × 105 Bq s’est avérée être un agrégat de nanoparticules de silicate en flocons plus petites, qui avaient une structure semblable à celle du verre. Cette particule provenait probablement des matériaux de construction du réacteur, qui ont été endommagés lors de l’explosion d’hydrogène de la tranche 1 ; puis, au fur et à mesure de sa formation, la particule a probablement adsorbé les Cs qui avaient été volatilisés du combustible du réacteur. L’activité 134+137Cs de l’autre particule a dépassé 106 Bq. Cette particule avait un noyau de carbone vitreux et une surface qui était recouverte d’autres microparticules, dont un alliage Pb-Sn, un silicate d’aluminium fibreux, un carbonate/hydroxyde de calcium et du quartz.

La composition des microparticules encastrées en surface reflète probablement la composition des particules en suspension dans l’air à l’intérieur du bâtiment du réacteur au moment de l’explosion d’hydrogène, offrant ainsi une fenêtre médico-légale sur les événements du 11 mars 2011. Utsunomiya a ajouté : « Les nouvelles particules provenant des régions proches du réacteur endommagé fournissent de précieux indices médico-légaux. Elles donnent un aperçu des conditions atmosphériques dans le bâtiment du réacteur au moment de l’explosion d’hydrogène, et des phénomènes physico-chimiques qui se sont produits pendant la fusion du réacteur« . Il a poursuivi, « alors que près de dix ans se sont écoulés depuis l’accident, l’importance des connaissances scientifiques n’a jamais été aussi cruciale. Le nettoyage et le rapatriement des résidents se poursuivent et une compréhension approfondie des formes de contamination et de leur distribution est importante pour l’évaluation des risques et la confiance du public.« 

Le professeur Gareth Law (co-auteur, Université d’Helsinki) a ajouté : « Les efforts de nettoyage et de déclassement du site sont confrontés à des défis difficiles, en particulier l’enlèvement et la gestion sûre des débris de l’accident qui présentent des niveaux de radioactivité très élevés. Dans ce contexte, la connaissance préalable de la composition des débris peut contribuer à éclairer les approches de gestion sûre« .

Étant donné la forte radioactivité associée aux nouvelles particules, l’équipe du projet souhaitait également comprendre leurs impacts potentiels sur la santé et les doses.

Le Dr Utsunomiya a déclaré : « En raison de leur grande taille, les effets sur la santé des nouvelles particules sont probablement limités aux risques de rayonnement externe lors d’un contact statique avec la peau. Ainsi, malgré le niveau d’activité très élevé, nous nous attendons à ce que les particules aient un impact négligeable sur la santé humaine car elles n’adhèrent pas facilement à la peau. Cependant, nous devons prendre en compte les effets possibles sur les autres créatures vivantes telles que les filtreurs dans les habitats entourant Fukushima Daiichi.

Même si dix ans ont presque passé, la demi-vie du 137Cs est de ~30 ans. Ainsi, l’activité des particules hautement radioactives récemment découvertes n’a pas encore diminué de manière significative. Elles resteront donc dans l’environnement pendant de nombreuses décennies encore, et ce type de particules pourrait encore se trouver occasionnellement dans les points chauds de rayonnement« .

Le professeur Rod Ewing (co-auteur de l’Université de Stanford) a déclaré que « ce document fait partie d’une série de publications qui donnent une image détaillée des matières émises lors de la fusion du réacteur de Fukushima Daiichi. C’est exactement le type de travail requis pour la remise en état et la compréhension des effets à long terme sur la santé« .

Le professeur Bernd Grambow (co-auteur de l’IMT Atlantique) a ajouté que « les travaux actuels, utilisant des outils analytiques de pointe, ne donnent qu’un aperçu très limité de la très grande diversité des particules émises lors de l’accident nucléaire, beaucoup plus de travail est nécessaire pour obtenir une image réaliste de l’impact environnemental et sanitaire très hétérogène« .

Source : Université d’Helsinki, https://www.sciencedaily.com/releases/2021/02/210217134852.htm, traduction automatique par Deepl, document original publié le 17 février 2021

NDLR:

Mais le Dr Utsunomiya rassure… hélas pour les japonais les billes ci-dessous, par leur dimension ne rentrent pas dans son critère rassurant.

– en 2016, fût annoncé que des « billes » avaient été découvertes dans les poussières recueillies, le 15 mars 2011, dans un filtre à air installé sur un bâtiment à l’ouest de Tokyo, à 230 km de la centrale endommagée. Elles étaient d’une taille comprise entre 0,58 et 5,3 micromètres et composées principalement de silice et contiennent également du fer, du zinc, du plomb et du chlore. Elles concentrent une forte quantité de césium 134 et de césium 137. ( https://www.lemonde.fr/energies/article/2016/07/06/l-accident-de-fukushima-a-disperse-des-billes-de-cesium-radioactif-jusqu-a-tokyo_4964380_1653054.html )

– il y eut une autre découverte ancienne, en 2013, de la particule la plus chaude découverte à… 483 km de Fukushima ! ( https://www.fairewinds.org/nuclear-energy-education/hottest-particle via Hubert C.)

LIVRE SUR LES CONSÉQUENCES MÉDICALES ET ÉCOLOGIQUES DE L’ACCIDENT NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA

Il y a 8 ans, pour le deuxième anniversaire de l’accident nucléaire de Fukushima, la Fondation Helen Caldicott organisait un symposium exceptionnel de deux jours à l’Académie de médecine de New York.

À cette occasion, des personnalités de renommée internationale, scientifiques, médecins, biologistes, ingénieurs nucléaires, mais aussi des personnes inconnues comme ces marines qui se sont fait gravement irradiés alors qu’ils étaient en mission, ont présenté des communications et discuté des conséquences biomédicales et écologiques de la catastrophe de Fukushima.

Voici les noms des intervenants : Herbert Abrams, Robert Alvarez, David Brenner, Ken Buesseler, Helen Caldicott, Maurice Enis, Ian Fairlie, Cindy Folkers, David Freeman, Arnie Gundersen, Kevin Kamps, Naoto Kan, Hiroaki Koide, David Lochbaum, Joseph Mangano, Akio Matsumura, Timothy Mousseau, Mary Olson, Jaime Plym, Hisako Sakiyama, Steven Starr, Mari Takenouchi, Wladimir Wertelecki, Steven Wing et Alexey Yablokov.

Malgré la grande qualité des interventions, cet événement international consacré à l’une des catastrophes nucléaires les plus graves de l’Histoire est passé presque inaperçu dans les médias, en particulier en France. Suite à ce constat, une vingtaine de personnes, toutes bénévoles, se sont mobilisées pour réaliser des traductions françaises et allemandes afin de diffuser les communications sur la toile. Mais la tâche était colossale. Il n’y avait pas moins de 26 conférences à transcrire et à traduire à partir de vidéos. Grâce à l’impressionnante mobilisation de Kna, l’objectif a été quasiment atteint au bout de 20 mois.

Le blog de Fukushima, qui se proposait de diffuser les textes et les vidéos des conférences au fur et à mesure de leur traduction, a publié 6 conférences d’août à novembre 2013. Beaucoup plus endurant, Kna a réalisé le sous-titrage en français de tous les enregistrements qu’il a diffusés systématiquement sur ses chaînes vidéo et sur Kna-blog, où ont été publiés également 12 articles concernant ces traductions. Il a ainsi pu mettre un point final à ce projet en décembre 2014 en mettant à disposition, en ligne, l’ensemble de la documentation créée.

Un nouveau livre

Suite à la création des éditions de Fukushima en 2017, il m’a paru intéressant de rassembler toutes les traductions en un seul ouvrage afin d’en augmenter encore leur diffusion. L’ampleur du projet était telle qu’il a connu de longues pauses et qu’il a même failli être abandonné, jusqu’à ce qu’il soit réactivé début 2021.

Finalement, soutenus par Helen Caldicott et avec l’accord des conférenciers, nous avons réussi à finaliser ce nouveau livre. Le bébé fait 378 pages et comporte 26 communications de qualité, accompagnées des nombreuses illustrations utilisées par les experts qui se sont exprimés durant ce colloque.

On pourrait croire que ces conférences de 2013 sont trop anciennes mais, de fait, l’ensemble des communications de ce symposium est toujours d’actualité. De plus, c’est un cours complet pour celles et ceux qui veulent connaître dans le détail la catastrophe de Fukushima ou qui souhaitent avoir les bases de ce qu’il faut savoir sur le nucléaire, son histoire et ses conséquences.

Je tiens, pour conclure, à remercier ces bénévoles transcripteurs et traducteurs en les nommant car vraiment, sans eux, cet ouvrage collectif n’aurait jamais pu voir le jour : Robert Ash, Beata, Chris Cote, François Gillard, Odile Girard, Leonore Golling (†), Marie-Élise Hanne, Taka Honda, Kna, Andreas Kohler, Mali Lightfoot, Janick Magne, Mimi Mato, Mélanie, Cécile Monnier, Hermann Ölberg, Marie-France Payrault-Gaber, Catherine Thirion. Merci à vous tous !

Par Pierre Fetet, publié le 20 février 2021

Vous pouvez télécharger ce livre en cliquant sur ce lien : https://editionsdefukushima.fr

http://www.fukushima-blog.com/2021/02/les-consequences-medicales-et-ecologiques-de-l-accident-nucleaire-de-fukushima.html

LA RUSSIE SE PRÉPARERAIT À TESTER UN NOUVEAU MISSILE HYPERSONIQUE

Un nouveau missile hypersonique, qui pourrait équiper les chasseurs de cinquième génération Su-57 grâce à sa petite taille, devrait être testé en Russie en 2023, relate le journal russe Izvestia.

Des essais d’un missile hypersonique aéroporté russe baptisé Gremlin sont programmés pour 2023, selon un calendrier du ministère russe de la Défense cité par le journal Izvestia.

Les spécialistes qui travaillent sur le missile se préparent déjà à tester son moteur qui porte pour l’instant le nom de «Produit 70», ajoute Izvestia.

Selon le journal, les travaux de conception de ce missile, plus petit que le Kh-47M2 Kinjal déjà en dotation, ont débuté en novembre 2018.

Pour l’instant, il n’est pas clair si le Gremlin sera doté d’une ogive nucléaire. Le missile devrait avoir une portée de 1.500 kilomètres et atteindre une vitesse de Mach 6, six fois la vitesse du son. L’ancien commandant en chef de l’Armée de l’air russe, Alexandre Zeline, avait évoqué ces caractéristiques dès 2013.

D’après des données préliminaires, le Gremlin est conçu pour les chasseurs de cinquième génération Su-57, mais les experts n’excluent pas que les bombardiers Tu-22M3M, Tu-95 et Tu-160 puissent aussi être dotés de ce missile.

La Russie mise sur les armements hypersoniques

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a déclaré début février que la Russie ferait des systèmes hypersoniques la base de ses forces de dissuasion non-nucléaires.

En 2020, la Russie a mis en service opérationnel deux missiles balistiques intercontinentaux munis de blocs hypersoniques Avangard. Une escadrille d’intercepteurs modernisés MiG-31K armés de missiles hypersoniques Kinjal d’une portée de 2.100 kilomètres était précédemment arrivée dans la région militaire du Sud.

Le ministère de la Défense a en outre annoncé avoir mené des tirs réussis de missiles Tsirkon, qui équiperont des navires et des sous-marins.

Des Gremlins aux États-Unis

Les États-Unis développent aussi une arme baptisée Gremlin. En 2018, le Pentagone avait annoncé la création de drones Gremlin fonctionnant en essaims et pouvant être largués et récupérés par un avion.

En janvier 2020, la société Dynetics, chargée de réaliser le programme expérimental X-61A Gremlins de la Defense Advanced Research Projects Agency (DARPA), a publié une vidéo des premiers essais de ses Gremlins réalisés en novembre 2019.

Par Irina Dmitrieva, publié le 20 février 2021 à 18h29

Photo en titre : © Photo / Lockheed Martin

https://fr.sputniknews.com/defense/202102201045251827-la-russie-se-preparerait-a-tester-un-nouveau-missile-hypersonique/

LE TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES, UNE ÉTAPE VERS L’ABOLITION DE LA MENACE ATOMIQUE

Interrogé par le Conseil œcuménique des Églises, le cardinal Silvio Tomasi réagit à la récente entrée en vigueur, le 22 janvier dernier, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Il y voit une première étape fondamentale annonçant le début d’une «nouvelle ère» en droit international et le signe d’une opinion publique en évolution, estimant «de plus en plus» qu’il n’est «pas juste que les États utilisent et possèdent des armes nucléaires».

Lisa Zengarini – Cité du Vatican

L’ancien Observateur permanent du Saint-Siège auprès des agences des Nations-Unies à Genève et de l’Organisation Mondiale du Commerce, le cardinal Tomasi, se dit optimiste quant aux effets à long terme du traité, bien qu’il n’ait pas encore été signé par divers États, détenteurs ou non de l’arme atomique. «Personne ne se berce d’illusions en pensant que les déclarations morales seules conduiront au désarmement, mais les normes nouvellement promulguées peuvent soutenir et même guider des négociations complexes, en espérant atteindre l’objectif d’un monde sans armes nucléaires», dit-il.

Selon l’ancien nonce, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires devrait encourager les États qui ne possèdent pas l’arme atomique à s’unir pour démontrer qu’il est possible d’avancer aussi sur le front du désarmement. La prochaine conférence d’examen du Traité de non-prolifération nucléaire offre, selon lui, aux États «une excellente occasion de faire entendre leur voix et de s’engager à coopérer davantage».

Le travail de sensibilisation des Églises 

Le poids des acteurs de la société civile, qui se mobilisent par le biais de campagnes de sensibilisation du public, est également important. Leurs actions, affirme-t-il, «peuvent avoir un réel impact dans les sociétés démocratiques. En fait, tous les États et les organisations politiques peuvent jouer un rôle fondamental dans la réalisation du désarmement nucléaire».

Le cardinal Tomasi rappelle notamment le rôle du Saint-Siège et des autres Églises chrétiennes qui ont activement soutenu ce traité et continuent à lutter pour un monde sans armes atomiques: «Dans ce domaine, les religions et toutes les confessions chrétiennes peuvent converger et amplifier ensemble le même message moral pour les croyants comme pour les non-croyants», notamment par des initiatives de sensibilisation et d’information au niveau local et des campagnes de pression sur les décideurs politiques.

Le développement comme garant de la sécurité

Dans cet entretien, le cardinal italien réaffirme une nouvelle fois que «la simple existence des armes nucléaires», avec les menaces apportées par le progrès des technologies, représente un «risque constant» pour la sécurité mondiale, mais aussi un obstacle au développement, qui est la véritable condition de cette sécurité, comme l’a souligné à plusieurs reprises le Pape François. «Les investissements croissants dans les armes découlent d’un sentiment d’insécurité mais, affirme-t-il, une société ne peut jamais être sûre si les besoins essentiels de ses citoyens ne sont pas satisfaits».

C’est pourquoi, insiste le cardinal Tomasi, la proposition relancée par le Pape François de créer un Fonds mondial pour le développement humain avec l’argent précédemment investi dans les armes est cruciale pour relever les défis auxquels le monde est confronté aujourd’hui. «La création de ce Fonds réduirait le risque de conflit, car elle va dans le sens de l’élimination des arsenaux nucléaires, de la réaffectation des fonds pour atteindre les objectifs de développement durable et du respect des engagements des États en matière de sécurité intégrale» estime le prélat.

L’actuelle pandémie de Covid-19 pourrait servir de catalyseur en ce sens. «En période de difficultés économiques pour tous les États, y compris les grandes puissances, il est essentiel – observe-t-il – de pouvoir dégager des fonds pour relancer l’économie. Réduire les crédits alloués à la course aux armements et les consacrer à la relance économique est en fait un choix stratégique pour les États qui souhaitent maintenir leur rôle prééminent dans le système international», conclut le cardinal Tomasi.

Par Lisa Zengarini (Cité du Vatican), publié le 21 février 2021

Photo en titre : Reproduction de la première bombe nucléaire produite massivement par les forces soviétiques, le RDS-4, au parc Fedora Poletayeva, le 16 janvier 2021.  (ANSA)

https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2021-02/traite-interdiction-armes-nucleaires-reaction-cardinal-tomasi.html

NDLR : Monsieur Macron ayant été reçu chanoine d’honneur de la basilique Saint-Jean de Latran (1), pourquoi n’écoute-t-il pas le pape auquel il « se soumet » en acceptant de recevoir ce titre ? Bizarre ! D’habitude, lorsqu’on accepte d’entrer dans une hiérarchie, on doit obéir au chef, non?

Note (1) : le 25 juin 2018 après sa rencontre avec le pape François.

NUCLÉAIRE: DISCUSSIONS «FRUCTUEUSES» ENTRE L’IRAN ET L’AIEA

L’Iran s’est félicité dimanche des discussions à Téhéran du chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, à deux jours de la mise en application prévue d’une loi qui limiterait les inspections des activités nucléaires en cas de maintien des sanctions américaines.

L’échéance fixée par la loi iranienne expire dimanche mais un responsable iranien a affirmé qu’elle n’entrerait en vigueur que mardi à moins d’une annonce par les États-Unis d’une levée de leurs sanctions.

Celles-ci avaient été rétablies en 2018 par l’ex-président Donald Trump qui a retiré unilatéralement son pays de l’accord international de 2015 censé encadrer le programme nucléaire iranien.

Grossi, directeur général de l’AIEA, a rencontré le président de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, et le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif.

«L’Iran et l’AIEA ont eu des discussions fructueuses fondées sur le respect mutuel et dont les résultats seront publiés en soirée», a tweeté Kazem Gharibabadi, l’ambassadeur d’Iran auprès de l’AIEA, «gendarme» nucléaire de l’ONU.

Grossi doit tenir en soirée une conférence de presse à son retour à Vienne, siège de l’AIEA, après une visite de 24 heures à Téhéran.

Dans une déclaration à Press TV, la chaîne en anglais de la télévision d’État, M. Zarif a indiqué qu’il évoquerait avec le chef de l’AIEA la mise en œuvre de la loi iranienne, qui vise à restreindre certaines inspections de l’AIEA, gendarme nucléaire de l’ONU, de sites en Iran.

Mais selon M. Zarif, la loi n’aboutirait pas à une «impasse» dans la collaboration entre l’Iran et l’AIEA. Et M. Grossi pourra ainsi «s’acquitter de ses obligations de montrer que le programme nucléaire iranien reste pacifique».

«Pas d’enregistrements»

Zarif a précisé que la loi votée en décembre par le Parlement obligeait son gouvernement à «ne pas fournir les enregistrements» des caméras de surveillance installées sur les sites, à l’AIEA.

Selon le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi, «les inspections de l’AIEA seront réduites d’environ 20 à 30% après la mise en œuvre de la loi». «Cela ne signifie certainement pas un retrait de l’accord» de 2015.

Ce pacte prévoit une levée progressive des sanctions, en échange de la garantie que l’Iran ne se doterait pas de l’arme atomique. Même si l’Iran a toujours démenti chercher à se doter d’une telle arme.

Photo d’archives fournie par Maxar Technologies montrant une image satellite de la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran, le 8 janvier 2020 / Satellite image ©2021 Maxar Technologies/AFP/Archives

Après le retrait unilatéral américain et le rétablissement des sanctions qui étranglent l’économie iranienne, l’Iran s’est affranchi progressivement à partir de 2019 de plusieurs limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire en vertu de l’accord conclu en 2015 avec le groupe 5+1 (États-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Russie, Chine).

D’après M. Zarif, «les stocks d’uranium enrichi vont augmenter» également, en attendant que l’autre camp respecte ses obligations.

En décembre, le Parlement iranien a exigé du gouvernement de restreindre certaines inspections de l’AIEA sur des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspects en Iran, si les sanctions ne sont pas levées au 21 février.

«Escroquerie occidentale» –

Dans un geste à l’égard de l’Iran, les États-Unis ont accepté jeudi une invitation des Européens à participer à des pourparlers pour relancer l’accord de 2015. Mais le lendemain, Joe Biden a appelé les puissances européennes à travailler de concert avec les États-Unis pour répondre aux «activités déstabilisatrices» de l’Iran au Moyen-Orient.

Dans ce contexte diplomatique complexe et alors que l’Iran et les États-Unis n’entretiennent pas de relations diplomatiques depuis 1980, M. Araghchi a indiqué que l’Iran examinait la proposition de l’UE pour une «réunion informelle».

Les installations nucléaires en Iran / AFP

La visite de M. Grossi en Iran a reçu un accueil mitigé dans la presse iranienne.

Dénonçant «l’escroquerie occidentale», le quotidien ultraconservateur Kayhan a salué la loi du Parlement, une «stratégie» qui a montré au camp adverse que «la rupture du contrat est coûteuse»

En revanche, le journal réformateur Sharq a dit douter de l’efficacité du vote de cette loi vu que Washington «n’a manifesté aucune volonté de revenir à l’accord» sous les conditions iraniennes.

«Les jours à venir sont critiques pour l’Iran» et pour les autres pays parties de l’accord nucléaire, a-t-il écrit.

Par afp, publié le 21/02/2021 à 10h27, modifié le 21/02/2021 à 14h54

Photo en titre : Photo fournie par l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, montrant le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi (centre), lors d’une réunion à Téhéran, le 21 février 2021 / Atomic Energy Organization of Iran/AFP

https://www.la-croix.com/Le-chef-AIEA-debute-pourparlers-Teheran-nucleaire-2021-02-21-1301141821

ISRAËL PROCÈDE À L’EXPANSION DE SON INSTALLATION NUCLÉAIRE DANS LE NÉGUEV (MÉDIA)

« Des constructions semblent avoir commencé vers la fin de l’année 2018« 

Israël procèderait actuellement à une expansion majeure de son installation de recherche nucléaire située près de la ville méridionale de Dimona dans le désert du Néguev, a rapporté jeudi le quotidien britannique The Gardian.

Selon cette source, des travaux de construction ont été révélés par des images satellite publiées par le Panel international sur les matières fissiles (IPFM), un groupe d’experts indépendant.

Pour voir la vidéo (1mn05s), cliquer sur l’adresse en fin d’article

« Des constructions semblent avoir commencé vers la fin de l’année 2018, elles sont donc en cours depuis près de deux ans, mais c’est tout ce que nous pouvons dire à ce stade« , a indiqué Pavel Podvig, chercheur dans le cadre du programme sur la science et la sécurité mondiale à l’Université de Princeton, cité par le quotidien.

D’après le journal, l’ambassade d’Israël à Washington n’a pas souhaité réagir sur les images publiées par le groupe d’experts.

Le programme nucléaire israélien a été lancé en 1949 par le premier ministre en poste à l’époque, David Ben Gourion. 

Si Israël reconnait l’existence de ce complexe nucléaire, il refuse de communiquer sur son objectif militaire, et les informations sur ce site sont classées Secret défense par l’État hébreu.

Par i24NEWS, publié le 20 février 2021 à 10h44, dernière modification 20 février 2021 à 14h39

Photo en titre : Moshe Shai/FLASH90Vue du réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d’Israël, le 13 août 2016

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1613813387-israel-procede-a-l-expansion-de-son-installation-nucleaire-dans-le-neguev-media

CONTRE LA RÉSILIENCE, À FUKUSHIMA ET AILLEURS

Au seuil des dix années écoulées depuis le début de la catastrophe toujours en cours de Fukushima, les auteurs de ce nouveau livre, qui paraîtra  le 5 mars prochain aux éditions de L’Èchappée, font le bilan des tenants et aboutissants de ladite « politique de résilience » menée à Fukushima. L’ouvrage  « Contre la résilience – À Fukushima et ailleurs » dévoile que ce concept psycho-idéologique de résilience y est essentiellement conduit et développé en tant que technologie du consentement, notamment aux nuisances radioactives.

Funeste chimère promue au rang de technique thérapeutique face aux désastres en cours et à venir, la résilience érige leurs victimes en cogestionnaires de la dévastation. Ses prescripteurs en appellent même à une catastrophe dont les dégâts nourrissent notre aptitude à les dépasser. C’est pourquoi, désormais, dernier obstacle à l’accommodation intégrale, l’« élément humain » encombre.

La résilience s’inscrit parfaitement dans le solutionnisme de l’infinie reconstruction, partageant pleinement cette espérance avec la technologie nucléaire elle-même, lorsqu’elle prétend entreprendre de réparer le climat. Convaincus que l’on révèle sa vraie nature dans les situations contre nature, les partisans de la résilience défendent la thèse d’un dévoilement de l’homme dans les atrocités.

L’auteur de « Contre la résilience – À Fukushima et ailleurs«  (1), Thierry Ribault, est chercheur en sciences sociales au CNRS – Université de Lille (2). Il énonce clairement les leçons de résilience de « Fukushima » et d’ailleurs (1) : il s’agit de mobiliser la science afin d’initier la population à l’attiédissement de son appréhension des menaces sur sa santé et son environnement, et de lui fournir ainsi les meilleures raisons de s’adapter à la vie contaminée et de patiemment se sauver par elle-même.

La résilience est despotique car elle contribue à la falsification du monde en se nourrissant d’une ignorance organisée. Elle prétend faire de la perte une voie vers de nouvelles formes de vie insufflées par la raison catastrophique. Elle relève d’un mode de gouvernement par la peur de la peur, exhortant à faire du malheur un mérite.

L’analyse de la politique de résilience menée dans les suites du désastre nucléaire de Fukushima depuis dix ans, permet également d’identifier et de comprendre les enjeux régressifs des politiques du même nom menées face à d’autres catastrophes de la société industrielle. Ce sont les mécanismes de cette élaboration du consentement au pire que Thierry Ribault propose de mettre au jour.

NOTES :

(1) https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/contre-la-resilience .  14 x 20,5 cm | 360 p. | 22 euros . isbn 9782373090864

(2) Il est coauteur, avec Nadine Ribault, des Sanctuaires de l’abîme. Chronique du désastre de Fukushima paru en 2012 aux Éditions de l’Encyclopédie des Nuisances.

Articles de ou en liaison avec Thierry Ribault sur ce site :
. Nucléaire : une maladie d’État    (23/04/2017)
. Vivre dans le jardin nucléaire avec Ethos, un crime contre l’humanité    (07/11/2016)
. Japon : un stock de plutonium suffisant pour la bombe atomique. Le double-jeu des USA et de… Areva   ( 03/09/2015)
. Soirée de solidarité avec la CANSE à Avignon    (15/03/2015)
. Des postmodernistes déprimés organisent cette semaine à Paris une opération masturbatrice d’enfumage : « Penser/Créer avec Fukushima ». L’infamie gagne du terrain.   (09/06/2014)
. Fukushima et les silences du CNRS : une parodie de « neutralité scientifique » et la domestication des masses    (14/06/2013)
. Salariés du nucléaire : l’Etat japonais discrimine et recrute les travailleurs comme des prostituées    (08/02/2012)

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Par admin, publié le vendredi 19 février 2021 à 14h11

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/02/18/Contre-la-resilience-a-Fukushima-et-ailleurs

UN AN APRÈS L’ARRÊT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM, LES ÉLUS ATTENDENT ENCORE LES COMPENSATIONS PROMISES PAR LE GOUVERNEMENT

Selon les élus locaux, l’État « abandonne » le territoire de Fessenheim (Haut-Rhin) où la plus ancienne centrale nucléaire française a été mise à l’arrêt en 2020, rapporte France Bleu Alsace.

Un an après l’arrêt du premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), les élus attendent encore les compensations financières et fiscales promises par le gouvernement, rapporte France Bleu Alsace vendredi 19 février.

En signe de protestation, tous les maires du secteur vont déployer ces prochains jours une banderole sur le fronton de leur mairie indiquant : « Macron au secours, prélèvement FNGIR = Faillite du territoire.« 

Au cœur de l’affaire : le règlement du dossier du Fonds national de garantie individuelle des ressources (FNGIR). Il s’agit d’un fonds que les communes devront alimenter après 2023 alors qu’elles n’auront plus les retombées fiscales de la centrale nucléaire, s’inquiète le maire de Fessenheim, Claude Brender.

L’arrêt du premier réacteur, suivi en juin 2020 par le second, a marqué la fin définitive de la production d’électricité par la centrale nucléaire. Cela représente un bouleversement économique pour ce bassin d’emploi. Des aides financières devaient aider à la reconversion des salariés.

Mais selon le député Les Républicains de la circonscription, Raphaël Schellenberger, « l’État a fermé la centrale et abandonne le territoire sur tous les plans« . Il appelle à la mobilisation de tous les élus.

Par France Bleu Alsacefranceinfo, publié le 19/02/2021 à 16h22

Photo en titre : Vue de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) depuis le grand canal d’Alsace, 12 février 2020. (PATRICK GENTHON / RADIOFRANCE)

https://www.francetvinfo.fr/politique/jean-castex/gouvernement-de-jean-castex/un-an-apres-l-arret-de-la-centrale-nucleaire-de-fessenheim-les-elus-attendent-encore-les-compensations-promises-par-le-gouvernement_4303383.html

NDLR : Recette pour rater la première fermeture de centrale nucléaire afin de rendre impopulaire l’éventuelle fermeture d’autres centrales : faire des promesses financières et de reconversions génératrices d’emplois ET NE PAS LES TENIR !!!

NUCLÉAIRE IRANIEN : WASHINGTON MULTIPLIE LES GESTES DE BONNE VOLONTÉ VIS-À-VIS DE TÉHÉRAN

L’administration Biden tend la main à l’Iran. Jeudi, Washington a procédé à trois gestes d’ouverture à l’égard de Téhéran, avec la volonté de relancer l’accord nucléaire de 2015. Des gestes qui interviennent après une mise en garde des Européens aux Iraniens contre la tentation – « dangereuse » – de limiter les inspections internationales.

Les États-Unis ont multiplié, jeudi 18 février, les gestes à l’égard de l’Iran, sur fond d’intensification des discussions pour une relance de l’accord nucléaire de 2015 conclu avec Téhéran et alors que l’Iran prévoit de restreindre à partir de dimanche l’accès des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à des installations non nucléaires.

Après une réunion virtuelle des chefs des diplomaties française, britannique, allemande et américaine, Washington a annoncé accepter une invitation de l’Union européenne à des pourparlers en présence de Téhéran pour relancer les efforts visant à restaurer cet accord.

« Les États-Unis acceptent une invitation du haut représentant de l’Union européenne à une réunion du P5+1 (un groupe rassemblant États-Unis, Royaume-Uni, France, Chine, Russie et Allemagne) et de l’Iran pour évoquer la meilleure façon d’avancer concernant le programme nucléaire iranien« , a annoncé le porte-parole du département d’État, Ned Price.

Un peu plus tôt, les ministres français Jean-Yves Le Drian, allemand Heiko Maas, britannique Dominic Raab et américain Antony Blinken avaient affirmé dans un communiqué, à l’issue d’une visioconférence, leur objectif de « voir l’Iran revenir au plein respect de ses engagements«  prévus en 2015, afin de « préserver le régime de non-prolifération nucléaire et garantir que l’Iran ne puisse jamais acquérir une arme nucléaire« .

Retour sur une décision de Donald Trump

L’administration de Joe Biden a annulé dans la foulée une proclamation unilatérale effectuée en septembre par le gouvernement de Donald Trump sur un retour de sanctions internationales contre l’Iran.

« Aujourd’hui, il s’agit de prendre des mesures diplomatiques pour voir si nous pouvons arriver » à l’objectif du président Joe Biden d’une remise en route de l’accord de Vienne, a indiqué un responsable américain sous couvert d’anonymat.

L’annonce en septembre par l’administration Trump, qui avait décidé en 2018 du retrait des États-Unis de l’accord, avait été jugée nulle et non avenue par une large majorité des autres membres du Conseil de sécurité.

Allègement de restrictions

La diplomatie américaine a enfin annoncé jeudi l’allègement des restrictions imposées sur les déplacements des diplomates iraniens auprès de l’ONU à New York.

Ces restrictions avaient été considérablement alourdies par l’administration Trump. Elles imposaient à ces diplomates et au chef de la diplomatie iranienne de se cantonner à quelques rues autour du siège de l’ONU avec un parcours très précis pour aller et revenir de l’aéroport Kennedy.

L’allègement des restrictions leur permettra de revenir à une situation précédente les autorisant à se déplacer librement à New York et dans ses proches environs.

« L’idée est de prendre des mesures pour supprimer les obstacles inutiles à la diplomatie multilatérale en modifiant les restrictions sur les voyages intérieurs qui ont été extrêmement restrictives« , a expliqué un responsable du département d’État.

De son côté, l’Iran a réitéré vendredi son appel aux États-Unis pour une levée de toutes les sanctions imposées par l’ancien président Donald Trump.

Téhéran « annulera immédiatement » ses mesures de rétorsion si l’administration Biden « lève sans condition toutes les sanctions imposées, réimposées ou rebaptisées par Trump« , a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif.

Le patron de l’AIEA à Téhéran samedi

La réunion américano-européenne et le triple geste de Washington sont intervenus alors que l’Iran prévoit de restreindre à partir de dimanche l’accès des inspecteurs de l’AIEA à des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspectés d’avoir une activité nucléaire.

Téhéran a menacé de s’affranchir de nouveaux engagements pris en vertu de l’accord de 2015 sauf si Washington levait ses sanctions unilatérales imposées depuis 2018 et qui étranglent l’économie iranienne.

L’Europe et les Américains ont appelé la République islamique à évaluer « les conséquences d’une mesure aussi grave, en particulier dans ce moment d’opportunité pour un retour à la diplomatie« .

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, est attendu samedi en Iran pour « trouver une solution mutuellement acceptable« , selon l’organisation basée à Vienne.

Certes, « l’accord (de 2015) est moins que jamais mis en œuvre, mais pour la première fois depuis plus de deux ans, on a un consensus politique de toutes les parties initiales sur l’objectif politique commun« , et « les Américains disent : ça doit commencer par une discussion« , a-t-on expliqué de source diplomatique française.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Joe Biden, États-Unis et Iran se renvoient la balle sur la question de savoir qui doit faire le premier pas vers l’autre pour relancer l’accord.

Depuis 2018, Téhéran s’est affranchi progressivement de nombre de limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire.

« Préoccupation commune«   

Le communiqué américano-européen souligne une « préoccupation commune » face à la récente décision iranienne de produire de l’uranium enrichi à 20 % et de l’uranium métallique, qui constitue une « étape-clé dans le développement d’une arme nucléaire« .

Pour un responsable américain, un éventuel refus de l’Iran à des pourparlers à sept serait « malheureux et en contradiction » avec la position de Téhéran d’affirmer être prêt à revenir dans l’accord nucléaire si les États-Unis y reviennent.

Un réengagement américain et iranien dans cet accord « ne va pas se produire si une partie dit à l’autre quoi faire« , admet ce responsable sous couvert d’anonymat.

Texte par : FRANCE 24 , avec AFP, Vidéo par : Bilal TARABEY , publié le 19/02/2021 à 07h50

Photo en titre : Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a déclaré que l’Iran attend des actes, pas des paroles, de la part des puissances occidentales impliquées dans l’accord de Vienne. © Khamenei.ir / AFP

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20210219-nucl%C3%A9aire-iranien-washington-multiplie-les-gestes-de-bonne-volont%C3%A9-vis-%C3%A0-vis-de-t%C3%A9h%C3%A9ran

L’ÉTAT DES ARMES

Alors que le traité sur l’interdiction des armes nucléaires, élaboré par l’Organisation des Nations unies (ONU), est entré en vigueur en janvier 2021, deux ouvrages éclairent l’histoire et les enjeux de ce type d’armement.

Dans le livre dirigé par le juriste Nicolas Haupais (1), les contributeurs analysent l’arsenal français, qui compte aujourd’hui trois cents têtes nucléaires, chacune d’une puissance de 300 kilotonnes. Respectueuse du droit international, la France adhère au traité sur la non-prolifération (TNP) de 1968, qui engage 191 États. Ce qui ne l’empêche pas d’entretenir sa force de frappe. Certes, depuis la fin de la guerre froide, Paris a désarmé, reconfigurant son modèle de dissuasion nucléaire selon le critère de suffisance. Le deuxième Livre blanc sur la défense, en 1994, consacrait le démantèlement du système d’armes Hadès (missile sol-sol nucléaire tactique à courte portée). En revanche, la France maintient et entretient son armement nucléaire de haut niveau — Rafale, Mirage, missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMP A) — et estime que les autres puissances ne désarment pas assez. L’arsenal mondial a pourtant diminué, passant de 65 000 armes dans les années 1980 à 15 000 aujourd’hui. Une tendance que s’emploie à accélérer la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix en 2017.

Le colonel Claude Lefebvre et le juriste Guillaume Weiszberg analysent quant à eux la notion de prolifération nucléaire (2). Ils distinguent la prolifération « verticale », c’est-à-dire une augmentation du nombre d’armes ou une amélioration de la puissance destructrice d’un pays, et la prolifération « horizontale » : un accroissement du nombre de pays qui en détiennent. Adoptant une perspective historique, ils rappellent que la notion de « désarmement » est apparue en 1868 dans le préambule de la déclaration de Saint-Pétersbourg, le tsar de Russie préconisant d’interdire l’usage des balles explosives, trop meurtrières et donc « contraires aux lois de l’humanité ». Ils montrent aussi que la notion d’« armes de destruction massive » (ADM) est apparue sous la plume de l’archevêque de Cantorbéry Cosmo Gordon Lang, qui évoquait à la fin de 1937 le bombardement de Guernica, en Espagne, ainsi que les atrocités perpétrées par les Japonais lors de leur invasion de la Chine, notamment le massacre de Nankin. L’expression « ADM » a ensuite été entérinée en 1946 par l’ONU, dont l’Assemblée générale, soulignent les auteurs, a joué un rôle moteur. Ainsi, les Nations unies ont organisé en 1984 la Conférence du désarmement, réunion historique à laquelle prirent part dix États du bloc de l’Est et dix du bloc de l’Ouest.

Malgré ces efforts multilatéraux, malgré les accords bilatéraux SALT (pour « Strategic Arms Limitation Talks ») I et II entre les États-Unis et l’Union soviétique dans les années 1970, le désarmement général et complet n’a jamais pu être atteint. En outre surgissent aujourd’hui de nouveaux enjeux liés à l’apparition des drones et des robots de combat, ainsi qu’au perfectionnement des armes chimiques et bactériologiques. Il apparaît nécessaire de légiférer au niveau international pour réglementer leur usage.

Plus que jamais, la question du désarmement, que portent l’ICAN, le Mouvement de la paix, etc., est cruciale dans un monde instable et multipolaire, en proie à des conflits inter- et intra-étatiques violents. Mais il semble que cet enjeu mobilise moins que durant la guerre froide.

Par Chloé Maurel, (Docteure en histoire contemporaine, auteure d’Histoire de l’Unesco. Les trente premières années. 1945-1974, L’Harmattan, Paris, 2010), publié le 19 février 2021

https://www.monde-diplomatique.fr/2021/02/MAUREL/62764

(1) Nicolas Haupais (sous la dir. de), La France et l’arme nucléaire, CNRS Éditions, coll. « Biblis », Paris, 2019, 264 pages, 10 euros.

(2) Claude Lefebvre et Guillaume Weiszberg, Les Armes de destruction massive et leur interdiction, L’Harmattan – Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS), Paris, 2020, 234 pages, 23,50 euros.

NUCLÉAIRE : UN NOUVEL INCIDENT À LA CENTRALE EDF DE FLAMANVILLE

La centrale EDF de Flamanville (Manche) a déclaré, vendredi 19 février 2021, un événement de niveau 1 concernant le diesel de l’unité de production n° 1, toujours à l’arrêt.

La direction de la centrale nucléaire de Flamanville 1-2 (Manche) a déclaré, vendredi 19 février 2021, un évènement significatif sûreté au niveau 1 de l’échelle INES, auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire.

« Le 23 octobre 2020, un essai est réalisé sur le diesel de la voie A de l’unité de production n°1. Cet essai est déclaré non-satisfaisant du fait d’une élévation de la température du palier de l’alternateur du diesel. L’ensemble des autres paramètres sont satisfaisants. Après une première analyse, un nouvel essai est réalisé le 5 novembre 2020, amenant aux mêmes conclusions. Des analyses complémentaires concluent à un défaut de calage d’un élément du palier de l’alternateur. Son repositionnement est réalisé. Un nouvel essai est réalisé le 29 décembre 2020, qui est déclaré satisfaisant » (Direction de la centrale de Flamanville 1-2)

Un défaut présent depuis 2019

Finalement, les investigations ont démontré que le défaut de calage de la pièce de l’alternateur du diesel était présent depuis novembre 2019.

« Le diesel aurait dû être déclaré comme indisponible. Durant la durée de l’événement, d’autres systèmes disponibles auraient permis de maintenir le réacteur dans un état sûr », conclut l’électricien. « Cet incident n’a eu aucun impact sur la sûreté des installations »

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 19 Février 2021 à 20h48 

Photo en titre : Un événement de niveau 1 a été déclaré à la centrale EDF de Flamanville (Manche), vendredi 19 février 2021. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-un-nouvel-incident-a-la-centrale-edf-de-flamanville-2_39650828.html

NDLR : ou bien ce diesel ne sert à rien, ou bien il est l’ultime rempart pour préserver la sûreté du réacteur de cas de problèmes sur les autres possibilités de le refroidir et dans ce cas, c’est une chance qu’il n’y ait « eu aucun impact sur la sûreté » mais la sûreté a néanmoins été affectée.

SNLE-3G : LE PRIX DES SOUS-MARINS FRANÇAIS EST « CLASSIFIÉ »

La ministre des armées Florence Parly annonce une étape essentielle du renouvellement de la dissuasion avec le lancement d’une nouvelle classe de sous-marins.

Le prix des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) est « classifié », indique-t-on dans l’entourage de la ministre des armées. La question du coût d’un tel programme majeur se pose, alors que Florence Parly annonce aujourd’hui 19 février 2021 le lancement de la « phase de conception générale » de la troisième génération de SNLE français. Le contrat de « plusieurs milliards » sur une durée de cinq ans a été notifié hier. Il sera suivi par d’autres contrats, les premières tôles devant être découpées en 2023, pour une livraison « à partir de 2035 ». Le rythme de livraison sera d’un bateau tous les cinq ans, ce qui nous amène à 2050…

S’il est « trop tôt », dit-on à l’Hôtel de Brienne, pour estimer le coût d’un tel programme, étalé sur plusieurs décennies, il reste impossible de savoir combien à coûté la génération actuelle – la classe Triomphant en service. Ces chiffres relèvent du secret-défense. Seul, l’ « agrégat » des dépenses pour la dissuasion figure au budget. Il s’élève à 4,12 milliards en 2021, un chiffre en nette augmentation comme le prévoit la loi de programmation militaire, qui vise les 6 à 7 milliards en 2025. La part des crédits de la dissuasion nucléaire (12% aujourd’hui) va progressivement augmenter dans le budget des armées. Les sommes exactes destinées à la fabrication des armes sont elles aussi « classifiées » et ne figurent pas dans les documents budgétaires.

Il est difficile d’estimer le prix d’un sous-marin : le chiffre de 9 milliards pour les 6 SNA classe Suffren est régulièrement avancé, soit 1,5 milliard par unité. Les SNLE sont des bateaux plus gros et plus complexes, donc plus chers. Au coût de développement puis de fabrication, il faut ajouter celui de « possession » – c’est-à-dire sa mise en œuvre et son entretien tout au long de son existence. On estime généralement le coût annuel de possession d’un bateau à 10% de son prix d’acquisition. Sachant que la durée de vie d’un SNLE est d’une quarantaine d’années, c’est donc quatre fois l’investissement de départ.

Le coût du programme SNLE-3G n’inclut pas celui des missiles M-51, ni celui de leurs têtes nucléaires.

Le développement d’une nouvelle génération de SNLE représente 15 millions d’heures de travail, indique-t-on au ministère des armées, et la construction de chacun d’eux 20 millions.

Cette troisième génération de SNLE français ne marquera pas une rupture radicale par rapport à la classe actuelle, même si elle intègrera des innovations importantes. Elle doit rester en service jusqu’en 2090.

Comme ses prédécesseurs, les classes Redoutable et Triomphant, le SNLE-3G mettra en œuvre seize missiles stratégiques. Le choix a été fait de conserver les actuels M-51 qui bénéficieront d’ « améliorations et d’évolutions incrémentales ». Mais l’architecture du bateau ne sera donc pas modifiée pour l’essentiel. Tout comme le fait qu’il doit pouvoir être accueilli dans les infrastructures actuelles, en particulier dans la base de l’Ile Longue (Finistère). Le ministère des armées assure simplement que les SNLE-3G « un peu plus gros et un peu long » que les Triomphants (14 000 tonnes en plongée et 138 mètres). Comme pour les Suffren, ses barres de plongée seront en forme de croix de Saint-André (X).

Pour la propulsion, il n’y aura pas non plus de révolution, puisqu’elle sera basée sur les actuelles chaudières nucléaires K15.

L’essentiel de la performance d’un SNLE est lié à sa discrétion acoustique. Celle-ci devrait être améliorée par rapport à la génération actuelle, déjà jugée comme « l’une des meilleures du monde » au ministère. La ministre Florence Parly se rend aujourd’hui à DGA-Techniques hydrodynamiques (Val-de-Reuil, Eure), l’ancien Bassin d’essais des carènes, où la discrétion des sous-marins est testée, soit de manière numérique, soit par des expériences réelles dans l’eau. L’un des problèmes à résoudre est celui de la « cavitation », c’est-à-dire de la production de microbulles par l’hélice du bateau.

Le nom des SNLE-3G n’a pas encore été choisi. Depuis les années 60, la tradition veut qu’ils portent des noms exaltant la puissance : Triomphant, Vigilant, Téméraire, Terrible, Redoutable, Foudroyant, Indomptable, Tonnant, Inflexible.

L’équipage des SNLE-3G sera d’ « une centaine » de marins (112 pour les Triomphant) et dès sa conception « ils seront capables d’accueillir un équipage mixte » d’hommes et de femmes.

Le choix de construire quatre SNLE est fondé sur l’idée de garantir la « permanence à la mer d’au moins un sous-marin » susceptible à tout moment de procéder à une « frappe en second » après une première attaque visant les « intérêts vitaux » de la France.

Reste la question des conséquences de la désindustrialisation de la France, illustrée par les difficultés de l’EPR de Flamanville, ou les vaccins dans un tout autre domaine. Le programme de SNA Suffren avait pris trois ans de retard, en particulier pour des problèmes de tuyauteries. À ce sujet, « on n’est jamais tranquille, mais le risque – permanent – reste maîtrisable », reconnait-on au ministère des armées.

La maîtrise d’ouvrage du programme est confiée à la DGA (Direction générale de l’armement) et au CEA (Commissariat à l’énergie atomique) et la maîtrise d’œuvre à Naval Group et Technicatome.

Par  Jean-Dominique Merchet, publié le 19 février 2021

Photo en titre : Vue d’artiste d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins de 3e génération. © Sipa Press

https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/snle-3g-prix-marins-francais-est-classifie-237029

LA HAGUE. NUCLÉAIRE : EDF CHOISIT LE SITE D’ORANO POUR IMPLANTER UNE NOUVELLE PISCINE

EDF a présenté jeudi 18 février, lors de l’assemblée générale de la Commission locale d’information (CLI) à la Hague, son projet d’implantation d’une piscine d’entreposage de combustibles usés sur le site d’Orano La Hague, à compter de 2034.

L’installation d’un nouveau bassin sur le site d’Orano La Hague est estimée à 1,25 milliard d’euros de la part d’EDF.

Après avoir pris connaissance d’une étude de faisabilité, EDF a confirmé son choix d’implanter une piscine d’entreposage de combustibles usés sur le site Orano La Hague, qui compte pour le moment quatre bassins.

Le projet a été présenté par EDF jeudi 18 février, lors de l’assemblée générale de la Commission locale d’information (CLI) à la Hague. Un investissement estimé à 1,25 milliard d’euros, afin de répondre au risque de saturation des bassins actuels. 6 500 tonnes de combustibles pourraient être entreposées dans un premier bassin, situé dans la partie ouest du site, et dont la mise en service est prévue pour 2034.

Un second bassin est prévu ultérieurement. « Les travaux de construction mobiliseront en moyenne 300 personnes, avec un pic de l’ordre de 500 personnes au plus fort du chantier de génie civil« , a précisé EDF dans un document. Plusieurs étapes sont encore nécessaires, comme le dépôt de Demande d’autorisation de création de l’installation (DAC), prévue fin 2022. Les citoyens devraient être invités à participer à un débat public d’ici là.

Par Marthe Rousseau avec AFP, publié le 19 février 2021 à 11h54

https://www.tendanceouest.com/actualite-378173-la-hague-nucleaire-edf-choisit-le-site-d-orano-pour-implanter-une-nouvelle-piscine.html

LE SOUS-MARIN NUCLÉAIRE LANCEUR D’ENGINS DE TROISIÈME GÉNÉRATION EST LANCÉ

Le sous-marin nucléaire lanceur d’engins de troisième génération (SN3G) a été lancé le vendredi 19 février par Florence Parly, la ministre des Armées, en visite au centre DGA techniques hydrodynamiques de Val-de-Reuil (Eure).

Le ministère a notifié la veille un contrat de « plusieurs milliards d’euros ». Ce contrat qui court jusqu’en 2025 permettra de terminer le développement, réellement commencé « en 2017 », reconnaît l’entourage de Florence Parly. Le centre de Val-de-Reuil a un rôle incontournable dans ce programme pour l’étude du système propulsif et les caractéristiques hydrodynamiques du SN3G.

La première tôle sera découpée en 2023 par Naval group à Cherbourg, augure la même source, alors que le développement se poursuivra encore. Le premier SN3G est attendu en 2035, et le dernier sera retiré du service en 2090.

Ce sous-marin sera légèrement « plus gros et plus lourd » que l’actuelle classe Triomphant et sera mis en œuvre par « une centaine de marins ». Le ministère des Armées assure qu’avec quatre SN3G, la permanence à la mer d’un sous-marin pourra être garantie, comme c’est le cas pour la génération actuelle. Un deuxième sous-marin est en permanence en grand carénage, un troisième prêt à reprendre la mer et le quatrième en entretien au retour de sa patrouille de trois mois.

La composante missile (M51) fournie par Airbus sera modernisée – elle a été conçue dans les années 1990 et 2000 -, mais le gabarit du missile n’évoluera pas afin de contenir la facture globale du SN3G. Selon le ministère, les installations de stationnement et de maintenance ne seront pas non plus adaptées, là aussi dans le but de limiter la dépense.

Par Jean-Marc TANGUY, publié le 19/02/2021 à 11h07

https://lemarin.ouest-france.fr/secteurs-activites/chantiers-navals/38297-le-sous-marin-nucleaire-lanceur-dengins-de-troisieme

NDLR : de moins en moins de lits dans les hôpitaux mais heureusement de plus en plus de sous-marins : cherchez l’erreur !

LE REDÉMARRAGE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE BRITANNIQUE DE DUNGENESS, À 50 KM DE BOULOGNE-SUR-MER, DOIT-IL NOUS INQUIÉTER ?

Suite à de nombreux dysfonctionnement, la centrale nucléaire de Dungeness, en Grande-Bretagne, avait stoppé sa production depuis 2018. Après deux ans de travaux, le site s’apprête à reprendre du service. Ce qui n’est pas sans inquiéter certains observateurs des deux côtés de la Manche.

À Boulogne-sur-Mer, dans le Pas-de-Calais, ils sont peu nombreux à connaître l’existence de cette centrale vieillissante. Il faut dire que Dungeness est difficilement visible depuis la ville, à moins de monter en hauteur un jour de beau temps, équipé de jumelles ou du téléobjectif d’un appareil-photo. Pourtant, en cas d’accident nucléaire, les Boulonnais pourraient bien se retrouver en première ligne. La faute « aux vents marins dominants, des vents d’ouest » comme nous l’explique Denis Buhagiar, élu Europe Écologie Les Verts (EELV). « On nous dit que le nucléaire est une technologie hyper sûre et sécurisée. Donc ce n’est pas surprenant et illogique que l’opinion publique soit peu sensible à cette question”.

La probabilité d’un accident nucléaire à Dungeness est peut-être minime, mais “les conséquences peuvent être importantes, parmi elles, la contamination du Sud de l’Angleterre et du Nord de la France”, détaille Pete Roche, directeur du Conseil en énergie et environnement d’Édimbourg et responsable du site d’information anti-nucléaire No2NuclearPower.

Mais Dungeness abrite-t-elle vraiment une centrale à risque ?

Les rapports d’incidents de ces quinze dernières années n’inspirent guère confiance. Prévue pour être exploitée jusqu’en 2008, la centrale de Dungeness a vu sa durée de vie prolongée de dix ans par EDF Energy. Mais des problèmes majeurs sont apparus très rapidement, conduisant à plusieurs mises à l’arrêt de la production : un incendie en 2009, un défaut sur le condensateur de turbine en 2013 puis sur une soupape de sûreté pour la vapeur en 2014. La présence de rouille, de corrosion et des fissures signent son arrêt en 2018, ordonné par l’Office britannique de régulation nucléaire (l’équivalent de l’Autorité de Sûreté Nucléaire en France). La centrale est vieille, il faut la réparer.

Pourtant, l’Office britannique de régulation nucléaire décide dans le même temps de renouveler son exploitation pour dix années supplémentaires ! Une décision contestée par John Large, ingénieur en chef de la centrale, pour qui Dungeness est trop vieille pour marcher. Quelques temps avant son décès l’an dernier, il s’était dit inquiet par rapport à sa sécurité de l’installation. “Il pensait qu’elle ne devait pas être remise en marche à cause des nombreux dysfonctionnements et du dépassement de l’âge limite d’exploitation, raconte le journaliste britannique Paul Brown.

Si même l’ingénieur en chef vous dit de fermer la centrale, c’est inquiétant !” (Paul Brown, journaliste)

Pour le journal britannique Guardian, Paul Brown a enquêté sur la centrale de Dungeness depuis son ouverture en 1983. Il s’y est rendu plusieurs fois et a lui-même constaté les dégradations au fil des années. « Une centrale qui est à l’arrêt pendant deux ans pour des réparations, ça n’est vraiment pas bon signe« . Selon lui, le risque de submersion des eaux est également à prendre en compte. La centrale “est construite sur des bancs de galets, et avec la montée des eaux due au changement climatique, on risque d’avoir bientôt une centrale dans la mer”, comme pour celle de Fukushima, frappée par un tsunami en 2011.

© Wikimedia Commons

Pas de réouverture avant que tout danger soit écarté

Bien sûr, l’office britannique de régulation nucléaire assure qu’il n’autorisera la réouverture et le fonctionnement de la centrale « que s’il est certain qu’elle ne présente aucun danger« . C’est ce que nous a expliqué l’un de ses représentants. L’Autorité de sûreté nucléaire française (ASN) précise aussi que “les autorités ont des accords bi-latéraux, avec des pays frontaliers, des accords de partage d’information.” Chaque autorité de sûreté nucléaire a des obligations de notification en cas d’incident.

Les autorités ont des accords bi-latéraux, avec des pays frontaliers, des accords de partage d’information.

Mais pourquoi prolonger la vie d’une centrale qui présente des signes de faiblesse évidents, si ce n’est pour des raisons économiques ? “Beaucoup de centrales sont trop vieilles et devraient être fermées. Mais les exploitants du nucléaire ne veulent pas se trainer un boulet qui ne fonctionne plus et qui coûtera cher« , conclut Paul Brown. Car même si le prolongement et l’entretien des infrastructures nécessitent plusieurs centaines de millions d’euros, mettre la centrale de Dungeness définitivement à l’arrêt coûterait encore plus cher. Malgré les mises en garde, le vieillissement et les dysfonctionnements, EDF Energy persiste donc à la garder ouverte. 

Par Anas Daif, publié le 19/02/2021 à 11h32, mis à jour le 19/02/2021 à 11h42

Photo en titre : © Wikimedia Commons

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/pas-calais/boulogne-mer/le-redemarrage-de-la-centrale-nucleaire-britannique-de-dungeness-a-50-km-de-boulogne-sur-mer-doit-il-nous-inquieter-1962472.html

CORÉE DU SUD : LE MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES POUR LA REPRISE RAPIDE DES DISCUSSIONS NUCLÉAIRES AVEC LE NORD

SÉOUL, 18 fév. (Yonhap) — Le ministère des Affaires étrangères a réaffirmé son engagement à rechercher une reprise rapide du dialogue nucléaire bloqué entre la Corée du Nord et les États-Unis, en travaillant étroitement avec Washington à cette fin.

«Afin de relancer le dialogue Corée du Nord – États-Unis à une date rapprochée et faire de réels progrès dans la dénucléarisation de la péninsule coréenne, nous allons accélérer les efforts avec Washington pour élaborer des stratégies coordonnées», a déclaré le ministère dans un rapport rendu au Parlement.

Le gouvernement continuera à communiquer avec les États-Unis à tous les niveaux sur la question, y compris l’examen de la politique américaine sur Pyongyang actuellement en cours par l’administration du nouveau président américain Joe Biden, a indiqué le ministère.

Concernant l’alliance bilatérale avec les États-Unis, le ministère cherchera à la développer en une alliance mutuellement bénéfique qui contribuera à la stabilité régionale dans la péninsule coréenne et en Asie de l’Est.

Il s’efforcera également d’organiser un sommet et des réunions de haut niveau entre les deux pays et de conclure rapidement les questions de l’alliance en suspens, telles que les négociations sur le partage des coûts nécessaires au stationnement des soldats américains en Corée du Sud, a déclaré le ministère.

En ce qui concerne les relations avec le Japon, le ministère s’est engagé à faire des efforts pour résoudre les questions épineuses liées au travail forcé et à l’esclavage sexuel en temps de guerre et améliorer les liens tendus en profitant des occasions comme les Jeux olympiques de Tokyo.

Le ministère renforcera la diplomatie avec la Chine, en organisant la visite du président chinois Xi Jinping à Séoul et en rétablissant les échanges bilatéraux et la coopération, a-t-il déclaré.

Le ministère tentera également de concrétiser l’organisation par la Corée du Sud d’un sommet trilatéral avec la Chine et le Japon cette année. Séoul prévoyait d’accueillir la réunion trilatérale l’an dernier, mais elle a été annulée en grande partie en raison de l’épidémie de Covid-19.

Par eloise@yna.co.kr, publié le 18 février 2021 à 18h05

Photo en titre : Cette photo d’archives montre le ministre des Affaires étrangères Chung Eui-yong lors d’une réunion du Cabinet au complexe gouvernemental à Séoul, le 9 février 2021.

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20210218003600884

EUROPÉENS ET AMÉRICAINS DISCUTENT DU SAUVETAGE DE L’ACCORD NUCLÉAIRE IRANIEN

Le gouvernement iranien prévoit de restreindre l’accès des inspecteurs de l’AIEA à ses installations si Washington ne lève pas ses sanctions imposées depuis 2018.

Le président iranien Hassan Rohani a critiqué mercredi «les performances européennes» pour faire respecter les engagements prévus par l’accord de 2015 depuis le retrait américain du texte. – / AFP

Les chefs de la diplomatie française, britannique et allemande discutent jeudi 18 février avec les États-Unis du sauvetage de l’accord encadrant le programme nucléaire de Téhéran, qui pourrait d’ici quelques jours limiter l’accès des inspecteurs internationaux à certaines de ses installations. Le Français Jean-Yves Le Drian reçoit à Paris l’Allemand Heiko Maas et le Britannique Dominic Raab, rejoints en visioconférence par le secrétaire d’État américain Antony Blinken pour une réunion «principalement consacrée à l’Iran et à la sécurité régionale au Moyen-Orient», selon le ministère français des Affaires étrangères.

À lire aussi : Iran: la fuite en avant vers la bombe

La dirigeante allemande Angela Merkel a exprimé mercredi son «inquiétude» à propos des multiples entorses de Téhéran à l’accord international sur le nucléaire, lors d’un entretien téléphonique avec le président Hassan Rohani. Ce dernier a en retour «critiqué les performances européennes» pour faire respecter les engagements prévus par l’accord de 2015 depuis le retrait américain du texte. Et mercredi, le président américain Joe Biden et le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ont évoqué l’Iran lors de leur premier échange téléphonique. Les deux dirigeants ont souligné «l’importance de la poursuite d’une étroite consultation sur les questions de sécurité régionale, en particulier l’Iran», a indiqué la Maison-Blanche.

Cette intensification des échanges diplomatiques intervient quelques jours avant une échéance qui alimente les inquiétudes: conformément à une nouvelle loi adoptée en décembre, le gouvernement iranien prévoit de restreindre l’accès des inspecteurs de l’AIEA à des installations non nucléaires, y compris des sites militaires suspectés d’avoir une activité nucléaire, sous certaines conditions, si les États-Unis ne lèvent pas leurs sanctions imposées depuis 2018. Il s’agirait d’un nouveau manquement à l’accord nucléaire de 2015. Depuis le retrait des États-Unis de ce texte décidé par l’ancien président américain Donald Trump, l’Iran a cessé de respecter la plupart de ses engagements clés.

« Il existe encore une toute petite fenêtre d’opportunité pour limiter les dommages qui découleraient des prochaines actions iraniennes. » (Ellie Geranmayeh, du Conseil européen des relations internationales (CEFR))

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, est attendu samedi à Téhéran pour «trouver une solution mutuellement acceptable», selon l’organisation basée à Vienne, qui s’inquiète du «sérieux impact» des limitations prévues par l’Iran. Le président iranien s’est dit prêt à le recevoir. «S’il veut négocier, il peut négocier», a-t-il affirmé mercredi, en assurant qu’il «ne s’agit pas de laisser notre activité nucléaire sans inspection».

Depuis le retrait de Washington de l’accord et la réimposition de sanctions draconiennes qui étouffent son économie, l’Iran s’est affranchi progressivement de nombre de limites qu’il avait accepté d’imposer à son programme nucléaire. L’arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison-Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue, après la politique de «pression maximale» exercée par son prédécesseur. Mais la nouvelle administration américaine exige que Téhéran se conforme en premier lieu aux termes de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique. Téhéran doit garantir «une coopération entière et rapide» à l’AIEA, a insisté mercredi le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. «L’Iran devrait faire marche arrière et ne pas prendre d’autres mesures qui auraient un impact sur les garanties de l’AIEA sur lesquelles comptent non seulement les États-Unis, non seulement nos alliés et partenaires dans la région mais le monde entier», a-t-il ajouté.

À lire aussi : L’Iran, premier test international de Joe Biden

La République islamique, en retour, réclame d’abord la levée des sanctions et rejette les appels à élargir les termes de l’accord. Vendredi, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont averti Téhéran qu’il «compromettait» tout retour à des négociations pour sauver l’accord de 2015 avec ses violations répétées de ce texte, dernièrement encore sur la production d’uranium métal pouvant être utilisé dans la fabrication d’armes nucléaires.

«Il existe encore une toute petite fenêtre d’opportunité pour limiter les dommages qui découleraient des prochaines actions iraniennes», selon Ellie Geranmayeh, du Conseil européen des relations internationales (CEFR). «Ce qu’il faut désormais, ce sont des gestes américains concrets qui montrent véritablement à l’Iran que les États-Unis prennent leurs distances avec la politique de pression maximale du mandat Trump», juge l’experte, en estimant que «les Européens devraient presser l’administration Biden d’annoncer clairement sa détermination à réintégrer l’accord» de Vienne. Enfin, suggère-t-elle, «États-Unis et Europe devraient travailler ensemble pour fournir un peu de répit économique à l’Iran sur le court terme» en vue de reprendre le chemin du respect des termes de l’accord nucléaire de 2015, alors que le pays, asphyxié par les sanctions américaines, souffre aussi des conséquences économiques de la pandémie de Covid-19.

À VOIR AUSSI – Nucléaire iranien: l’ayatollah Khamenei refuse tout engagement sans levée des sanctions (07/02/2021)

 

Par Le Figaro avec AFP, publié le 18 février 2021

Pour voir et écouter la vidéo, cliquer sur: https://www.lefigaro.fr/international/europeens-et-americains-discutent-du-sauvetage-de-l-accord-nucleaire-iranien-20210218

EDF JUGE « TRÈS ÉLEVÉ » LE RISQUE RELATIF AU CALENDRIER ET AU COÛT DE FLAMANVILLE

PARIS (Agefi-Dow Jones) – EDF a prévenu jeudi que le projet de construction du réacteur de nouvelle génération EPR de Flamanville n’avait plus aucune marge. Le producteur et fournisseur d’électricité juge ainsi « très élevé » le risque relatif au calendrier et au coût à terminaison du chantier, qui a été suspendu pendant le premier confinement en France.

« À fin 2020, la revue de l’impact du premier confinement sur le chantier n’a pas amené à modifier les cibles de date du chargement de combustible et de coût de construction annoncées en octobre 2019, mais a montré que le projet n’a plus aucune marge, ni en termes de calendrier ni en termes de coûts« , a estimé EDF dans un document annexe à la présentation de ses résultats pour 2020.

« Le respect de ces cibles est dépendant de nombreux facteurs et en particulier des instructions menées par l’ASN [Autorité de sûreté nucléaire], notamment sur les modalités envisagées par EDF pour le traitement des soudures du circuit secondaire principal, et en particulier de la qualification du robot soudeur pour la reprise des soudures de traversée« , a expliqué l’électricien.

« Le report de l’approbation par l’ASN du procédé de réparation des soudures de traversée par robots télé-opérés au premier trimestre 2021 est un risque supplémentaire sur le coût à terminaison et le calendrier du chantier. Par ailleurs, d’autres risques peuvent émerger« , a ajouté EDF.

Le dernier calendrier ajusté publié par le groupe en octobre 2019 prévoit une date de chargement du combustible à fin 2022 et un coût de construction à 12,4 milliards d’euros. Par un décret datant de mars 2020, le gouvernement français avait repoussé à 2024 le délai maximal de mise en service du réacteur nucléaire de nouvelle génération, contre 2022 auparavant.

Fin janvier, EDF avait annoncé que le début de la production d’électricité par l’unité 1 de la centrale nucléaire de Hinkley Point C au Royaume-Uni avait été repoussé à juin 2026. Le démarrage de l’unité 1 était initialement prévu à la fin 2025. Cet ajustement avait fait suite à une revue détaillée du calendrier et des coûts destinée à mesurer les impacts de la pandémie de coronavirus à ce jour sur le chantier de construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point C.

Par Alice Doré, Agefi-Dow Jones; (+33 (0)1 41 27 47 90; adore@agefi.fr, ed: ECH, The financial newswire, publié le 18 février 2021 à 09h58, mis à jour à 15h22

Photo en titre : EDF juge très élevé le risque relatif au calendrier et au coût de Flamanville | Crédits photo : © EDF / MORIN ALEXIS

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/edf-juge-tres-eleve-le-risque-relatif-au-calendrier-et-au-cout-de-flamanville-1949946.php

ARMES NUCLÉAIRES. LA FRANCE DEVRAIT S’ENGAGER DANS UN DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE UNILATÉRAL

Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (Tian) est entré en vigueur ce 22 janvier… sans faire de bruit. Par contre, dans votre édition du 22 janvier, un article cite le compte rendu de la conférence donnée par la ministre des armées Florence Parly sur les enjeux de la « revue stratégique de défense et de sécurité nationale ». (…) J’ajoute deux grandes menaces que n’a pas citées notre ministre des armées :

. celle d’un déclenchement accidentel d’une arme nucléaire, ce n’est pas une vue de l’esprit ;

. et celle d’un déclenchement par un chef d’État qui ne mesurerait plus les conséquences de ses actes.

Les derniers jours de la présidence Trump ont ravivé les inquiétudes y compris aux États-Unis à ce sujet : la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi a déclaré s’être entretenue avec l’armée américaine pour s’assurer que Donald Trump, un « président déséquilibré », ne puisse pas utiliser les codes nucléaires.

Par les dépenses qu’elle entraîne au détriment des causes vitales (lutte contre la pauvreté, climat, développement écoresponsable…), la course aux armements, notamment nucléaires, engendre l’instabilité et l’insécurité liées à l’émergence de forces politiques radicales ou d’États quasi incontrôlables. Plutôt que d’investir chaque année plusieurs milliards d’euros à maintenir et à moderniser ces armes de destruction massive, la France s’honorerait à être le premier des pays dotés à ratifier le Tian et à s’engager ainsi dans un désarmement nucléaire unilatéral et une reconversion des industries concernées.

Par Michel Hautdidier, publié le 18/02/2021 à 10h21

https://www.la-croix.com/Debats/Armes-nucleaires-France-devrait-sengager-desarmement-nucleaire-unilateral-2021-02-18-1201141362

NDLR : c’est exactement la position de Nucléaire Infos : un désarmement nucléaire unilatéral. Je serai alors fier d’être français ! Malheureusement, il est probable que ce n’est pas demain la veille…

NW JOULES DEVIENT LE LEADER FRANÇAIS DU STOCKAGE D’ÉLECTRICITÉ PAR BATTERIE

Le pionnier français du stockage d’électricité par batterie NW Joules, filiale de NW Groupe, a annoncé la mise en service de 50 JBox® sur le territoire français et le démarrage d’un projet d’installation de 100 JBox® supplémentaires, qui portera sa puissance installée de stockage par batterie à 185 MW en novembre 2021.

« Nous sommes fiers de contribuer à ce développement inédit de la capacité de stockage d’électricité en France, levier majeur du développement des énergies renouvelables, indispensable face à l’urgence climatique. Outre la rapidité de déploiement permise par la solution JBox®, cette performance inédite est le fruit d’un travail de collaboration avec Enedis et RTE. Je tiens à les remercier pour leur écoute et pour leur réactivité à assurer le raccordement de nos JBox® sur le réseau de distribution et leur certification sur le réseau de transport », a commenté Jean-Christophe Kerdelhué, Président fondateur de NW Joules.

NW Joules vient de finaliser la mise en service de 50 Box® sur le territoire français. Ces installations de stockage d’électricité par batterie permettent ainsi à ce pionnier français du stockage d’électricité de devenir leader du marché, grâce une puissance totale installée de 60 MW.

Dans le prolongement de la prise de participation au capital de la société de gestion RGREEN INVEST en novembre 2020, NW Joules entame un nouveau projet d’installation, entre mi-avril et fin novembre, de 100 nouvelles JBox® qui agrègeront une puissance totale de 125 MW en collaboration avec Smart Grid Energy, filiale de Vinci Énergies.

La puissance totale de stockage installée de NW Joules sera ainsi portée à 185 MW, permettant à ce pionnier français de compter parmi les acteurs européens majeurs du marché.

Ce développement exceptionnel de par son volume et sa rapidité – 18 MW mis en service par mois – est permis grâce au concept-même de la JBox®. NW Joules a en effet pris le parti de développer une solution « plug and play » intégrant de petites capacités. Outre la rapidité de mise en service, les JBox® permettent également d’obtenir un maillage resserré du territoire.

La JBox® est une innovation française issue d’une expertise pluridisciplinaire qui ouvre une nouvelle voie pour le développement du stockage par batterie, contribuant à l’accélération du développement de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

Le faible encombrement d’une JBox® lui permet de s’intégrer facilement dans le paysage sans avoir besoin de libérer d’importantes surfaces de terrain.

Une JBox® est un poste préfabriqué constitué de 3 parties :

. Un dispositif de raccordement direct au réseau public de distribution d’électricité ;

. Une agrégation de batteries lithium-ion ;

. Un système intelligent permettant de piloter et contrôler en permanence les besoins de la réserve primaire pour permettre de soutirer et d’injecter de l’électricité intelligemment et en fonction des besoins.

Publié le 18 février 2021

https://www.enerzine.com/nw-joules-devient-le-leader-francais-du-stockage-d-electricite-par-batterie/33659-2021-02

NUCLÉAIRE MON AMOUR

Une association de défense du patrimoine nucléaire, il fallait oser. Il est vrai que les tours de refroidissement des centrales et le potentiel radioactif de leur cœur font partie du paysage français au même titre que la Tour Eiffel ou les trésors du Mont Saint-Michel. Ils irradient nos territoires de fierté patrimoniale et culturelle.

Attention, billet sarcastique et satirique pour rire jaune radioactif !

Ce sera sans doute le produit touristique phare d’après crise, lorsque le coronavirus et ses cousins (bien plus dangereux) auront été vaincus et que les hordes de touristes étrangers seront de retour. La visite de nos monuments nucléaires fera sans aucun doute un tabac (bien plus dangereux) dans les agences de voyage et les offices de tourisme. Imaginez un tour d’hélico avec passage dans le nuage des tours de refroidissement ou un bain de minuit avec repas gastronomique de champignons hallucinogènes (bien plus dangereux) dans une de ces piscines privées aux eaux limpides qui hébergent les barres d’uranium (naturel, lui). On pourra aussi se régaler d’une exploration spéléologique des tunnels-dépotoirs de Bure puis observer des chauves-souris (bien plus dangereuses) dans les environs, juste pour le frisson.

Car une Association de défense du patrimoine nucléaire et du climat (PNC-France)1, véritable faux nez du lobby nucléaire, a fait son apparition en septembre dernier. Un héritage radioactif qui a rassemblé pour sa défense un attelage assez hétéroclite Républicain-Communiste-Socialiste et une troupe de « militants » nucléaires. Parmi ces Zorro de la cause radioactive, Bernard Accoyer, co-fondateur de PNC, ancien très droitier président de l’Assemblée nationale, opposant déterminé au Pacs « pour la sécurité des enfants »,2 n’a par contre aucune crainte pour la sécurité de ces chères têtes blondes en cas d’un Tchernobyl à la française puisqu’un tel faux pas est inenvisageable et inenvisagé3. Il y a aussi Gérard Longuet, ex-militant musclé de l’extrême droite, ex-co-fondateur condamné d’Occident et ex-membre éminent du GUD et d’Ordre nouveau4, libéral viscéral, et promoteur enjoué de Cigéo et de la poubelle nucléaire de Bure. Le communiste André Chassaigne représente quant à lui les vieilles lunes productivistes du communisme à l’ancienne (pour ne pas dire léniniste), quel qu’en soit le prix sanitaire et écologique à payer. Et j’allais oublier le protecteur des abeilles françaises en la personne d’Arnaud Montebourg qui ne pouvait pas ne pas s’engager pour le patrimoine historique français.

Bon, c’est vrai, le nucléaire civil, enfant légitime du nucléaire militaire (voir plus loin) n’a fait officiellement que quelques dizaines de malheureuses victimes accidentelles. Oublions les bombes nucléaires jetées négligemment sur des villes japonaises. Oublions aussi les civils polynésiens ou algériens, mauvais coucheurs, qui se plaignent de lourdes conséquences après les feux d’artifice des bombinettes françaises. Rien à voir donc avec d’autres industries comme l’amiante, le tabac, la pharmacie (Dépakine, Médiator, Vioxx, Distilbène…), la chimie (Seveso, Bhopal, AZF Toulouse, Minamata, micro-plastiques), entre autres. Tchernobyl, Three mile Island ou Fukushima n’auront été que des intermèdes indésirables au même titre qu’une démangeaison de piqûre de moustique.

Peut-être nos protecteurs de patrimoine pensent-ils aussi au savoir-faire patrimonial de nos vaillantes industries nationales du nucléaire. Il est vrai que la construction des EPR est une vitrine formidable qui éblouit le monde entier et fait même rigoler les chinois. Il faut dire que nos industriels ont aligné de manière très spectaculaire les malfaçons, au point d’en faire une véritable performance artistique et rayonnante. Délai triplé, budget multiplié par six (3,3 milliards à 19,1 milliards) pour Flamanville5, mais aussi un chantier finlandais catastrophique et un projet anglais qui accumule déjà les retards et difficultés financières, les bâtisseurs de cathédrales n’auraient pas fait mieux. EDF, Bouygues, Areva (pardon, Orano, vaut mieux changer de nom après plantage magistral), Framatome… ont donc bien besoin d’un comité de soutien dévoué.

Rappelons aussi que l’industrie énergétique nucléaire est le pendant commercial de l’industrie nucléaire militaire. La création par Mon Général d’une force de dissuasion nucléaire dans les années 1960 coûtant les yeux de la tête, Pompidou décida de rentabiliser les recherches et les essais nucléaires en faisant du nucléaire civil. Á une telle échelle qu’il a fallu créer une clientèle captive à ce déluge d’électricité avec réseau de distribution centralisé et promotion éléphantesque du chauffage électrique pour tous, dont il nous reste comme patrimoine à défendre les grille-pain dans des logements passoires thermiques et une dépendance énergétique pour la population. On pourrait ajouter l’exploitation irresponsable du minerai d’uranium par Areva (Orano)6 dans l’un des pays les plus pauvres de la planète qui n’en profite guère sur le plan financier7, juste sur le plan des pollutions locales, mais il ne faut pas trop charger la barque du patrimoine, « français, monsieur ».

Et, pour être complet sur ce panorama touristique, n’oublions pas que cette pantalonnade se nomme précisément Association de défense du patrimoine nucléaire ET du climat. Greta Thunberg, Greenpeace, l’Affaire du siècle, Réseau Action climat… peuvent tous aller se rhabiller, le climat est entre de bonnes mains, comme la biodiversité est protégée par nos amis chasseurs.

À quand une association de défense de notre patrimoine « pesticidaire » qui permettrait de visiter presque tous nos territoires avec dégustations de produits du terroir assaisonnés ?

NOTES:

  1. https://www.journal-officiel.gouv.fr/associations/detail-annonce/associations_b/20200038/1732.
  2. https://fr.wikipedia.org/wiki/Bernard_Accoyer.
  3. Vu l’âge respectable de notre patrimoine nucléaire, les incidents plus ou moins graves se multiplient. Voir à ce sujet https://journaldelenergie.com/nucleaire/augmentation-incidents-graves-nucleaire-edf/.
  4. https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Longuet.
  5. Voir cet article récapitulatif du Monde ou le détail des malfaçons sur Wikipedia.
  6. https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/02/26/niger-a-arlit-les-gens-boivent-de-l-eau-contaminee-par-la-radioactivite_5262875_3212.html.
  7. https://www.jeuneafrique.com/mag/419702/politique/le-niger-plonge-dans-laffaire-de-luraniumgate-avec-areva/.

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Par Yves GUILLERAULT, publié le 17 février 2021 (Le blog de Yves GUILLERAULT)

Image en titre : Le lobby du nucléaire contre-attaque © Réseau Sortir du nucléaire

https://blogs.mediapart.fr/yves-guillerault/blog/170221/nucleaire-mon-amour

FLAMANVILLE. LE CRILAN EXIGE L’ARRÊT IMMÉDIAT DU RÉACTEUR 2, « DÉFECTUEUX ET DANGEREUX »

Nucléaire. Le Comité de réflexion, d’information et de lutte anti-nucléaire (CRILAN) exige l’arrêt immédiat du réacteur 2 de la centrale de Flamanville, qu’il estime défectueux et dangereux.

À la suite de la Commission locale d’information (CLI) du 4 février, où le ratage de l’exercice de sécurité de la centrale nucléaire a été mis en exergue, le Comité de réflexion, d’information et de lutte anti-nucléaire (CRILAN), pointe également, dans un communiqué en date du 15 février, le « redémarrage du réacteur 2, validé par l’Autorité de sécurité nucléaire (ASN) par dérogation au ‘code de la route’ nucléaire et donc dans des conditions dégradées, juste avant le 24ème mois d’arrêt qui lui aurait valu un arrêt définitif. En effet, les quatre générateurs de vapeur, qui auraient dû être changés, ont été rafistolés pour étancher les fuites, avec le risque d’un accident nucléaire. Après la dérogation donnée par l’ASN sur la cuve de l’EPR, le CRILAN s’insurge contre cette politique dérogatoire alors même que la centrale a été placée par la même ASN sous surveillance renforcée depuis septembre 2019. Le CRILAN alerte sur l’état du réacteur 2 qui présente un grave danger pour la population de la région. Il exige l’arrêt immédiat de ce réacteur défectueux et dangereux. »

Par Jean Rioufol, publié le 17/02/2021 à 17h50   

Photo en titre : Le Comité de réflexion, d’information et de lutte anti-nucléaire (CRILAN) exige l’arrêt immédiat du réacteur 2 de la centrale de Flamanville, qu’il estime défectueux et dangereux. – EDF

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-929934-flamanville-le-crilan-exige-l-arret-immediat-du-reacteur-2-defectueux-et-dangereux

L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE DÉCRÉPITE DES ÉTATS-UNIS PROMET UNE CATASTROPHE

Faire fonctionner des centrales électriques décrépites bien au-delà de leur capacité de conception prépare les États-Unis à une catastrophe à l’échelle de Tchernobyl ou de Fukushima.

Le professeur Karl Grossman est un critique expert renommé de l’industrie nucléaire des États-Unis. Dans l’interview suivante avec Strategic Culture Foundation, il souligne sa préoccupation face à la décision actuellement proposée par les autorités de régulation d’étendre les autorisations d’exploitation des réacteurs nucléaires, déjà vieillissants, aux centrales américaines qui étaient initialement conçues pour avoir une durée de vie de 40 ans, maintenant portée à 100 ans. Le mouvement, dit Grossman, est poussé par le lobby de l’industrie nucléaire comme un moyen de sauver l’économie de plus en plus non viable de l’énergie nucléaire. Il y a aussi, note-t-il, l’effet « tourniquet » [passage du privé au public entre régulateurs et dirigeants, NdT] entre les entreprises privées de l’énergie nucléaire et les autorités gouvernementales qui sont censées réglementer l’industrie. Cela signifie que les questions de sécurité publique sont ignorées pour la poursuite des profits. Faire fonctionner des centrales électriques obsolètes bien au-delà de leur capacité de conception prépare les États-Unis à une catastrophe de l’ampleur de Tchernobyl ou de Fukushima, prévient Grossman.

La biographie de Karl Grossman inclut une activité à temps plein comme professeur titulaire de journalisme à l’Université d’État de New York au College Old Westbury. C’est un cinéaste primé, un auteur et un expert international renommé en armement spatial, ayant pris la parole à des conférences de l’ONU et à d’autres forums sur le sujet. Il est directeur fondateur (en 1992) du Réseau mondial contre les armes et l’énergie nucléaire dans l’espace. Grossman est l’auteur du livre fondateur «Weapons in Space». Il est également associé du groupe de veille médiatique Fairness and Accuracy in Reporting (FAIR).

Entretien

Question : Combien de centrales nucléaires y a-t-il aux États-Unis ? L’énergie nucléaire contribue-t-elle moins à l’approvisionnement énergétique total des États-Unis ?

Karl Grossman : Le nombre de centrales nucléaires aux États-Unis est maintenant tombé à 94 par rapport à un sommet de 129. Et l’énergie nucléaire est en déclin en tant que source d’énergie. Voici un rapport du Nuclear Information and Resource Service à ce sujet.

Question : La plupart des centrales nucléaires ont-elles atteint la limite de service de 40 ans et peut-on prolonger la période jusqu’à 100 ans ?

Karl Grossman : Toutes les centrales nucléaires aux États-Unis sont autorisées à servir pendant 40 ans. La plupart ont maintenant reçu une prolongation de 20 ans – pour une durée de 60 ans. Jusqu’à présent, seuls quelques-unes ont obtenu une extension pour une durée de 80 ans. Et la décision de la US Nuclear Regulatory Commission (NRC) de leur permettre de fonctionner pendant 100 ans n’a pas encore été adoptée, de sorte qu’aucune centrale n’a, à ce jour, été autorisée à fonctionner pendant 100 ans.

Question : Pourquoi le NRC réglementaire envisage-t-il cette étape d’extension des licences d’exploitation ? Des bénéfices pour les opérateurs ? Y a-t-il un lobbying lucratif du NRC ? Des effets de « tourniquets » ?

Karl Grossman : L’US Nuclear Regulatory Commission devrait vraiment s’appeler l’US Nuclear Commission d’enregistrement. Elle fait tout ce que veulent l’industrie nucléaire et les partisans du nucléaire au sein du gouvernement américain. Le NRC est issu de la Commission américaine de l’énergie atomique (AEC), créée en 1946 pour promouvoir et réglementer l’énergie nucléaire aux États-Unis. Voici comment le NRC lui-même explique l’histoire sur son site Web :

L’Agence fédérale (connue sous le nom d’AEC), a été créée en 1946 pour gérer le développement, l’utilisation et le contrôle de l’énergie atomique (nucléaire) à des fins militaires et civiles. L’AEC a ensuite été abolie par l’Energy Reorganization Act de 1974 et remplacée par l’Energy Research and Development Administration (qui fait maintenant partie du  U.S. Department of Energy) et la Nuclear Regulatory Commission des États-Unis. Pour plus d’informations, consultez notre histoire.

Ce que cette explication oublie, c’est pourquoi la Commission de l’énergie atomique a été abolie. Son double rôle de promouvoir et de réglementer l’énergie nucléaire était, a conclu le Congrès américain, en conflit d’intérêts – et pas par hasard, l’Agence internationale de l’énergie atomique est calquée sur l’AEC et continue d’être en conflit d’intérêts.

Ainsi, une Commission de réglementation nucléaire a été mise en place pour faire la réglementation et, tout d’abord, une Administration de la recherche et du développement énergétiques (ERDA) a été formée pour la promotion. Quelques années plus tard, en 1977, un département américain de l’énergie a été créé et l’ERDA y a été absorbée.

Cependant, la mentalité promotionnelle de l’AEC s’est maintenue au NRC.

Il suffit de se rendre à une audience de délivrance de licence par la NRC pour voir cela – comme je l’ai fait. Les «juges administratifs», à de très rares exceptions près, ne sont pas des juges équitables ou objectifs – et les procédures fonctionnent comme des tribunaux nucléaires fantoches.

Quant à la proposition qui permettrait aux centrales nucléaires de fonctionner pendant 100 ans, il s’agit d’un effort pour maintenir l’énergie nucléaire aux États-Unis. Les deux seules centrales nucléaires en construction aux États-Unis actuellement, Vogtle 3 et 4, coûtent 28 milliards de dollars pour les deux, et le prix continue d’augmenter.

L’industrie nucléaire américaine est dans les affres de la mort – et ce, malgré le baratin actuel selon lequel l’énergie nucléaire est nécessaire pour faire face à la crise climatique. Les Pinocchios nucléaires menteurs insistent sur le fait qu’une centrale nucléaire n’émet pas de gaz à effet de serre. Ce qu’ils ne veulent pas mentionner, c’est que le cycle du combustible nucléaire – exploitation minière, broyage, enrichissement du combustible, etc. – a une importante empreinte en CO2. Et les centrales nucléaires elles-mêmes émettent du carbone, du carbone radioactif : le carbone 14.

La stratégie est donc de laisser ces centrales nucléaires vieillissantes continuer à fonctionner pour maintenir en quelque sorte l’industrie en vie. Et comme je l’ai noté dans cet article récent, ce que le NRC a également fait, c’est permettre, avec l’extension de licence, une mise en mode « turbo » des centrales – en les laissant tourner de plus en plus fort pour produire plus d’électricité. C’est une invitation au désastre. Qui aurait envie de rouler dans une voiture centenaire, et surtout de la pousser pour essayer d’atteindre 120 ou 140 kilomètres à l’heure ?

Question : Y a-t-il eu des études techniques approfondies pour justifier les extensions proposées sur des décennies ? Ou est-ce plutôt une décision fantaisiste qui n’est pas du ressort public, un défi ?

Karl Grossman : La seule étude que je connaisse est celle à laquelle je fais référence dans mon article, réalisée par le Pacific Northwest National Laboratory, qui, comme le dit Paul Gunter de l’organisation Beyond Nuclear, a été «purgé» des sites Web gouvernementaux depuis qu’elle a été citée lors d’une réunion du NRC.

Question : Y a-t-il un signe que l’administration Biden contestera la décision du NRC ? Biden a parlé d’augmenter les énergies renouvelables. Son administration ne devrait-elle pas être alarmée par les extensions du NRC et par l’ensemble de l’industrie nucléaire en général ?

Karl Grossman : Cela reste à voir. Biden est pour une «énergie nucléaire avancée» – le terme actuel employé par les partisans du nucléaire pour des centrales nucléaires «nouvelles et améliorées». Ce que l’on appelle le «petit réacteur modulaire avancé» est particulièrement encouragé maintenant.

Malgré les absurdités manifestes des promoteurs nucléaires à ce sujet, des problèmes de sécurité persistent – et ils produiront des déchets nucléaires mortels.

La grande question nucléaire est la suivante : Biden peut-il prendre conscience de la vérité sur l’énergie atomique, à quel point elle est sale, dangereuse et coûteuse ?

Et concernant le NRC, le président nomme ses membres. Quel genre de choix Biden fera-t-il ? Il pourra nommer un nouveau président pour remplacer une personne nommée par Trump, démissionnant à la fin de ce mois.

«La Commission est composée de cinq membres, nommés par le président et confirmés par le Sénat, dont l’un est désigné par le président comme directeur», comme le reconnaît ici le NRC lui-même.

Voici la biographie du NRC de la directrice actuelle qui révèle sa solide expérience en génie nucléaire :

Le président actuel, l’honorable Kristine Svinicki, nommée présidente de la US Nuclear Regulatory Commission par le président Donald J. Trump le 23 janvier 2017. Elle remplit actuellement son troisième mandat, se terminant le 30 juin 2022. Elle a commencé son service à la Commission en 2008. La présidente Svinicki a une carrière distinguée en tant qu’ingénieure nucléaire et conseillère politique, travaillant aux niveaux du gouvernement fédéral et étatique, ainsi que dans les branches législative et exécutive. Avant de rejoindre le NRC, Svinicki a passé plus d’une décennie en tant que membre du personnel du Sénat des États-Unis à faire progresser un large éventail de politiques et d’initiatives liées à la sécurité nationale, à la science et à la technologie, à l’énergie et à l’environnement. Elle a également été membre du personnel professionnel du Comité sénatorial des forces armées, où elle était responsable du portefeuille des programmes et politiques de science et technologie de défense, et des activités de défense de l’énergie atomique du Département américain de l’énergie, y compris les armes nucléaires, le nucléaire et les programmes de sécurité et environnementaux. Auparavant, Svinicki a travaillé comme ingénieure nucléaire au département américain de l’énergie.

Question : Dans le pire des cas, quel serait l’effet de la défaillance des centrales nucléaires en raison d’une sécurité obsolète ? Parlons-nous de catastrophes de type Tchernobyl ? Le pire des cas est-il un risque réel ?

Karl Grossman : Oui, une catastrophe de type de Tchernobyl ou Fukushima serait un bon exemple des conséquences si on laisse les centrales nucléaires essayer de fonctionner pendant 100 ans. Tchernobyl était de conception soviétique ; les usines de Fukushima étaient de fabrication General Electric. La majorité des centrales nucléaires dans le monde ont été fabriquées ou conçues par GE ou Westinghouse.

Les conséquences d’une catastrophe dans une centrale nucléaire – les deux plus grands types d’accidents étant un emballement nucléaire ou une fusion du cœur – sont énormes.

En ce qui concerne Tchernobyl, voici une émission télévisée, « Tchernobyl : un million de victimes », que j’ai réalisée en interviewant Janette Sherman, rédactrice en chef du meilleur livre sur la catastrophe de Tchernobyl.

Question : Au cours des dernières semaines, les médias et les renseignements américains ont renouvelé les déclarations selon lesquelles la Russie aurait lancé des cyberattaques contre les infrastructures américaines, y compris les centrales nucléaires. On dirait que la Russie peut être un bouc émissaire pratique pour l’échec des centrales nucléaires, qui est un problème inhérent aux États-Unis, rien à voir avec les cyberattaques russes présumées. Des pensées à ce sujet ?

Karl Grossman : S’il y a un accident en laissant de vieilles centrales nucléaires essayer de fonctionner pendant 100 ans, les «Russkies» (1) pourraient-ils être blâmés par l’industrie nucléaire américaine ? Ce n’est pas au-delà de l’imagination de considérer que ces gens mentent comme ils respirent.

Par Finian Cunningham, traduit par jj, relu par Hervé pour le Saker Francophone, (Source Strategic Culture) publié initialement le 20 janvier 2021 puis publié le 17 février 2021 par https://lesakerfrancophone.fr/lindustrie-nucleaire-decrepite-des-etats-unis-promet-une-catastrophe

Photo en titre : La centrale nucléaire Cooper du Nebraska Public Power District (NPPD) le 18 mars 2019. © Photo : REUTERS

Note : (1) Russkies est un drame américain réalisé par Rick Rosenthal, sorti en 1987.

https://lesakerfrancophone.fr/lindustrie-nucleaire-decrepite-des-etats-unis-promet-une-catastrophe

LA CRIIRAD VOUS INVITE !

Cela fait 10 ans que la catastrophe nucléaire de Fukushima-Daiichi a ébranlé le Japon à la suite d’un tremblement de terre et d’un tsunami.

Les rejets massifs de substances radioactives ont entrainé une forte contamination de l’environnement et des denrées alimentaires du pays. Des citoyens japonais se sont à l’époque organisés pour comprendre les impacts sanitaires et tenter de mieux assurer leur propre protection en dépit des discours rassurants des autorités.

La CRIIRAD s’était alors rapidement mobilisée afin d’effectuer des contrôles indépendants et d’apporter une assistance méthodologique et scientifique aux populations locales.

Mais les impacts d’une telle catastrophe, toujours en cours, sont durables. 10 ans après, les citoyens japonais doivent en supporter les conséquences sanitaires et sociales. Quelles réalités font suite à une telle contamination ? A quels enjeux la population japonaise est-elle toujours confrontée ?

Afin d’analyser la situation actuelle, la CRIIRAD réunira le 6 mars prochain 7 experts japonais et français dans le cadre de son webinaire « Fukushima 10 ans : quelles réalités ? ».

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Suivez librement et sans inscription l’évènement en direct depuis notre chaîne YouTube : Je regarde le direct

Pour faire connaissance avec la CRIIRAD cliquer sur son site : www.criirad.org/

Note pour ceux qui ne connaissent pas encore la CRIIRAD

La CRIIRAD – Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité – est née en mai 1986, au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, à l’initiative d’un groupe de citoyens révoltés par les mensonges officiels et qui souhaitaient connaître la vérité sur la contamination réelle du territoire français. La CRIIRAD est une association. Ses missions sont définies dans l’article 1 de ses statuts (voir ci-dessous). Elle possède son propre laboratoire d’analyses (agréé par l’État)

Indépendante de l’État, des exploitants du nucléaire et de tout parti politique, la CRIIRAD existe grâce au soutien moral et financier de quelques milliers d’adhérents (dont Nucléaire Infos).

Elle mène ses propres investigations, informe le public et les médias. Si nécessaire, elle interpelle les responsables et les pouvoirs publics, engage des actions en justice et contribue ainsi à faire évoluer la règlementation en vigueur.

L’association CRIIRAD est gérée par 11 administrateurs. Actuellement, Didier GLATIGNY, préside le Conseil d’Administration.

La CRIIRAD emploie 12 salariés.

Le responsable du laboratoire est Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire.

NDLR : les dons à la CRIIRAD bénéficient d’une réduction d’impôt de 66 %. Ainsi un don de 100€ ne vous coûte que 34€.

Publié le 17 février à 20h17

LA CORÉE DU NORD DÉVELOPPE SES INSTALLATIONS DE MISSILES, AUCUNE ACTIVITÉ INHABITUELLE SUR SES SITES NUCLÉAIRES

SÉOUL, 17 fév. (Yonhap) — La Corée du Nord a amélioré ses installations de missiles mais aucun signe inhabituel n’a été détecté sur son site d’essais nucléaires démoli et son réacteur producteur de plutonium suspendu depuis longtemps, a fait savoir ce mercredi le ministère de la Défense.

Cette évaluation figure dans un rapport présenté par le ministère à la commission de la défense de l’Assemblée nationale pour une séance de briefing des politiques.

«Aucun mouvement particulier n’a été détecté depuis le 24 mai 2018, quand le Nord a démoli le site d’essais nucléaires de Punggyeri. Le réacteur nucléaire de 5 mégawatts au complexe nucléaire de Yongbyon est à l’arrêt depuis longtemps», a déclaré le ministère, en faisant référence à la principale source de plutonium de qualité militaire du Nord.

«La Corée du Nord élargit des établissements de recherche et de développement de missiles», a ajouté le ministère.

Dans un contexte de suspension des discussions sur la dénucléarisation avec les États-Unis, le Nord s’efforce de renforcer ses missiles et d’autres armes conventionnelles.

Plusieurs nouveaux types de missiles balistiques ont été dévoilés depuis 2019, y compris ses versions de l’Iskander russe et du système de missiles tactiques de l’armée américaine (ATACMS) et des missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS).

«En dévoilant de nouveaux missiles et MSBS, le Nord cherche à montrer ses capacités de défense et à renforcer la fierté du régime», a indiqué le rapport.

L’Agence centrale de presse nord-coréenne (KCNA) rapporte le vendredi 15 janvier 2021 la tenue la veille d’une parade militaire à Pyongyang à l’occasion de l’organisation du 8e Congrès du Parti du travail. Cette photo capturée du site Internet de la KCNA montre des armes présentées au défilé. Il s’agirait de missiles mer-sol balistiques stratégiques (MSBS), dont les ogives sont plus grandes que celles qui ont été dévoilées lors de la parade militaire du 75ème anniversaire de la fondation du Parti en octobre de l’année dernière.

Le ministère a déclaré également que la Corée du Nord avait consolidé sa posture de défense terrestre et maritime près de ses frontières depuis l’année dernière et avait effectué des exercices militaires réguliers.

«Afin de prévenir les accidents et d’endiguer la diffusion de la pandémie, les troupes mènent des manœuvres aux alentours de là où elles sont stationnées», selon le rapport.

La Corée du Sud surveille étroitement les mouvements militaires du Nord et maintient un état de préparation solide, a noté le ministère, en s’engageant à prendre des mesures fortes contre les possibles provocations.

Durant le briefing, le ministère a souligné de nouveau sa volonté de reprise rapide du contrôle opérationnel (OPCON) en temps de guerre de ses troupes des mains des États-Unis.

Séoul et Washington coopèrent actuellement pour le transfert de l’OPCON basé sur des conditions. Aucun délai exact n’a été fixé, même si l’administration du président Moon Jae-in souhait reprendre l’OPCON avant la fin du mandat de Moon en mai 2022.

«Des consultations actives sont en cours avec les États-Unis pour effectuer un test de capacité opérationnelle complète (FOC) durant la (prochaine) manœuvre combinée», a-t-il été ajouté.

Le test de FOC destiné à vérifier si Séoul est sur la bonne voie pour répondre aux conditions de la transition devait avoir lieu l’année dernière mais les deux parties n’ont pas pu le faire à cause du Covid-19.

«Afin de mieux traiter les questions clés en suspens, nous nous efforcerons d’établir un canal de dialogue de haut niveau avec les autorités de défense américaines», a dit le ministère.

Par mjp@yna.co.kr, publié le 17.02.2021 à 15h48

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20210217002600884

NUCLÉAIRE: L’IRAN ANNONCE LA VENUE SAMEDI DU DIRECTEUR DE L’AIEA

VIENNE (Reuters) – Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, va se rendre à Téhéran samedi après la décision de l’Iran de mettre fin aux inspections inopinées de l’agence onusienne sur ses installations nucléaires, a déclaré mercredi l’émissaire de l’Iran auprès de l’organisation.

« Le DG de l’AIEA se rend samedi à Téhéran pour des discussions techniques avec l’Organisation de l’énergie atomique (d’Iran) sur les modalités de la poursuite de la coopération au regard des nouvelles dispositions« , écrit sur Twitter Kazem Gharibabadi.

L’AIEA a annoncé mardi que l’Iran l’avait informée la veille qu’il cesserait d’appliquer à partir du 23 février les mesures de transparence volontaires prévues par l’accord de 2015 sur son programme nucléaire.

Téhéran cherche à accentuer la pression sur la nouvelle administration américaine pour qu’elle lève les sanctions décidées par Donald Trump à la suite du retrait des États-Unis de l’accord de Vienne.

Le nouveau président américain Joe Biden a déclaré récemment que les Iraniens devaient d’abord cesser d’enrichir de l’uranium à des niveaux prohibés par l’accord de Vienne avant d’envisager une telle possibilité.

Par Francois Murphy; (version française Claude Chendjou, édité par Bertrand Boucey),par Reuters publié le 17 février 2021 à 13h54

Photo en titre : Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, va se rendre à Téhéran samedi après la décision de l’Iran de mettre fin aux inspections inopinées de l’agence onusienne sur ses installations nucléaires. /Photo prise le 14 septembre 2020/REUTERS/Leonhard Foeger

https://www.challenges.fr/monde/nucleaire-l-iran-annonce-la-venue-samedi-du-directeur-de-l-aiea_751464

CIGÉO : LANCEMENT DES PREMIÈRES CONSULTATIONS SUR LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Le 28 janvier dernier, près de 280 personnes ont participé à la concertation en ligne engagée par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), sur la phase industrielle pilote du projet de stockage géologique Cigéo à Bure (Meuse).

Dans un premier temps d’échanges sur la phase industrielle pilote (Phipil) de Cigéo, près de 280 personnes ont pris part à la concertation organisée jeudi 28 janvier 2021. Cette démarche de concertation a été engagée par l’Andra sur la phase pilote, pour plus de « transparence et de dialogue avec la société » sur le projet Cigéo. Il consiste à enfouir en profondeur des déchets radioactifs à haute activité dans les sous-sols de Bure située dans la Meuse.

L’adjoint du directeur du projet, Pascal Leverd, a d’abord présenté la démarche de déploiement et de fonctionnement de la Phipil si le projet est autorisé. Il a également précisé les prochaines étapes de concertation avec le public et les parties prenantes pour « poursuivre la définition des objectifs de ces premières années du projet ». Cette réunion a également été l’occasion pour la Direction générale de l’Énergie et du Climat (DGEC), d’évoquer les enjeux de la gestion des déchets les plus radioactifs et les grandes orientations stratégiques de la phase industrielle pilote.

La démarche de concertation initiée par l’agence se poursuivra durant le premier semestre 2021 afin de permettre au public de donner son avis et de l’informer des potentielles évolutions du projet.

Une démarche progressive de déploiement du projet

Pour rappel, la phase pilote a été proposée par l’Andra à l’issue du débat public de 2013 pour répondre à une démarche progressive de déploiement du projet de Cigéo. Elle débutera après l’obtention du décret d’autorisation de création (DAC) et correspond ainsi aux premières années de fonctionnement du centre de stockage. Celle-ci pourra durer de 15 à 25 ans.

Ce projet estimé entre 20 et 30 milliards d’euros, prévoit de confiner environ 80.000 mètres cubes de déchets radioactifs à 500 mètres sous terre, dans le bois Lejuc à Mandres-en-Barrois, près de Bure (Meuse). En janvier 2018, l’Autorité de sûreté nucléaire estimait que les options de sûreté nécessitaient des compléments concernant l’architecture de stockage ainsi que sa surveillance. Cigéo avait fait l’objet d’une expertise technique par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire rendue en juin 2017. Celui-ci faisait déjà part de ses doutes concernant la sûreté de l’architecture du projet.

Par Abdessamad Attigui, publié le 17 février 2021

Photo en titre : La concertation aborde la question du projet d’enfouissement profond de déchets nucléaires à haute activité à Bure. Crédits : Pixabay

https://www.environnement-magazine.fr/recyclage/article/2021/02/17/132651/cigeo-les-premieres-consultations-sur-projet-enfouissement-des-dechets-nucleaires

ALERTE À L’OFFENSIVE DU LOBBY DU NUCLÉAIRE

Ce billet a pour but d’attirer l’attention sur l’offensive de valorisation du nucléaire engagée par le lobby et ses soutiens. Non seulement cela apparait dans des décisions récentes (voir ci-dessous), mais ce qui vient de se passer à Montpellier doit nous interpeller.

Il s’agit de la démarche, en direction d’associations écologiques ou sociétales, du think thank Shift project financé par de grands groupes intéressés par le nucléaire et présidé par JancovicI.

Il apparait que nous sommes face à une offensive du lobby pour influencer certains mouvements de défense du climat, au sein desquels de nombreuses personnes ne connaissent du nucléaire que le discours convenu officiel.

Voir la lettre que Didier Latorre d’Arrêt du Nucléaire 34 a diffusée en réaction à cette situation : Shift Project.pdf

Pourquoi cette offensive?

EDF et l’État préparent l’annonce de la construction de 6 réacteurs EPR et se préparent à neutraliser autant que possible les oppositions que cela déclenchera. Cette annonce est différée à après les prochaines présidentielles (sachant que les partis politiques de pouvoir sont pronucléaires à part EELV, F.I. et NPA).

Mais, dès maintenant, EDF passe commande au Creusot de pièces nécessaires à ces constructions, ce qui signifie que quel que soit le résultat des présidentielles, l’État nucléaire considère être sûr de s’imposer (sait-on que dans chaque ministère, l’un des conseillers est membre du corps des mines qui gère le CEA et le nucléaire?…).

Et tout cela n’est-ce pas en symbiose avec la fameuse force de frappe atomique comme l’a rappelé récemment E. Macron?

Par quelle stratégie?

La stratégie est de prétendre à toutes occasions de débat public ou d’articles que le nucléaire est une énergie verte décarbonée. Cela est en partie vrai si on ne considère que le fonctionnement du réacteur dans la production d’électricité. Mais en partie seulement car 70% de la chaleur produite dans le cœur est perdue, relâchée dans l’environnement, dont une partie sous forme de vapeur d’eau, gaz à effet de serre plus actif que le gaz carbonique.

Mais c’est oublier tous les dégâts écologiques et les coûts énergétiques considérables liés à l’extraction du minerai d’uranium, et à toute la chaine d’élaboration du « combustible » nucléaire dans les centres atomiques successifs de Malvesi, Tricastin, Marcoule, Romans qui contaminent l’air et l’eau de leur environnement.

Et surtout c’est faire l’impasse sur l’accumulation de déchets radioactifs ingérables sur des millénaires, et sur le risque permanent de catastrophe dont nous menace le fonctionnement des centrales et des centres nucléaires, alors que déjà nous sommes passés près de la catastrophe, comme au Blayais en 99.

Écologique le nucléaire?

Rendre indispensable l’électricité nucléaire? C’est le 2ième volet de la stratégie, et pour cela œuvrer à retarder, freiner, les alternatives énergétiques renouvelables et les mesures favorables à la sobriété.

Voilà pourquoi la France est en retard sur ses voisins et, qu’au contraire, des décisions sont prises pour accroitre la consommation d’électricité:

– Le chauffage électrique est à nouveau possible dans le bâti, et comme son installation est moins chère que tous les autres systèmes de chauffage, les promoteurs vont s’engouffrer dans cette brèche.

– Les primes à la casse de véhicules en état, et d’achat de véhicules prétendus « propres » car électriques, sont un scandale écologique (1). Il en est de même des moteurs à hydrogène, cet élément nécessitant beaucoup d’électricité pour être obtenu(2). L’électricité distribuée en France étant à 70% d’origine nucléaire, ces véhicules à batterie ou à hydrogène fonctionnent en fait au nucléaire pour l’essentiel.

– Le déploiement des compteurs Linky, de la 5G, des objets connectés, et l’augmentation de l’utilisation du numérique sont très gourmands en électricité.

Nous sommes bien loin de la sobriété nécessaire à la limitation du risque climatique. Tout est fait pour que la demande en électricité s’accroisse rapidement et que le nucléaire paraisse inévitable à la population. On se demande comment font nos voisins européens sans nucléaire, sans doute sont-ils des « amish » retournés à la caverne et la bougie….

Ne restons pas inactifs. Il nous faut donc argumenter inlassablement, agir pour dénoncer la dérive actuelle de notre société, en particulier auprès des défenseurs du climat. Ne laissons pas le champ libre aux Giacometi et autres soutiens du lobby du nucléaire, dénonçons le véritable négationnisme sur les ravages du nucléaire institué dès ses débuts (3). 

Rappelons sans cesse que déjà la contamination radioactive généralisée de tout le vivant contribue à l’épidémie de cancers, leucémies, diabètes, et autres pathologies, et qu’elle est déjà responsable de dizaines de millions de victimes (4).

Préparons-nous aux luttes nécessaires à l’opposition de la construction de nouveaux réacteurs, en réclamant l’Arrêt du Nucléaire civil et militaire.

(1) « Non la voiture électrique n’est pas écologique », Reporterre, Célia Izoard, 1 septembre 2020 , https://reporterre.net/Non-la-voiture-electrique-n-est-pas-ecologique,

« Derrière la voiture électrique, l’empire des Gafam » Reporterre, Célia Izoard, 3 septembre 202, https://reporterre.net/Derriere-la-voiture-electrique-l-empire-des-Gafam,

(2) » L’hydrogène un rêve industriel mais pas écologique? »
https://reporterre.net/L-hydrogene-un-reve-industriel-mais-pas-ecologique?

(3) https://apag2.wordpress.com/2019/06/18/negationnisme-nucleaire-et-climat-concurrence-des-catastrophismes/comment-page-1/,

(4) https://apag2.wordpress.com/2019/11/29/et-si-le-nucleaire-etait-encore-beaucoup-plus-mortifere-quon-ne-limagine/,

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Par Pierre Péguin, publié le lundi 15 février 2021 à 10h38 – Lien permanent

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/02/15/ALERTE-%C3%A0-l-offensive-du-lobby-du-nucleaire

ENTREPOSAGE NON AUTORISÉ DE MATIÈRES URANIFÉRES MÉTALLIQUES DANS UN MASSIF D’ENTREPOSAGE DE L’INSTALLATION MAGENTA

Le 5 février 2021, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) a déclaré à l’ASN un entreposage non autorisé de matières sous forme d’alliage uranium/aluminium (U-Al) dans un massif d’entreposage de l’installation Magenta, située à Cadarache. Cette installation est dédiée à l’entreposage de matières fissiles non irradiées ou faiblement irradiées, ainsi qu’à la caractérisation, par des mesures non destructives, des matières nucléaires réceptionnées.

En février 2021, le CEA a déclenché des vérifications des matières réceptionnées dans l’installation à la suite de l’identification d’une erreur de renseignement d’une fiche interne dite « d’adéquation matières et conditionnement » (FAMC) pouvant conduire à un entreposage de matières dans un massif d’entreposage non autorisé. Celles-ci ont permis de détecter que des matières de type U-Al étaient entreposées dans le massif d’entreposage no 1 du hall « spécifiques » depuis le 24 février 2020, alors que les règles générales d’exploitation (RGE) de l’installation interdisent aujourd’hui strictement ces matières dans cet entreposage particulier. Les procédures en vigueur le 24 février 2020 ne permettaient pas d’identifier clairement ce type d’interdictions.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, compte-tenu de l’utilisation de procédures inadéquates en matière de gestion du risque de criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

La maîtrise du risque de criticité1 de l’installation n’est pas remise en cause car la conception du massif d’entreposage no 1 est compatible avec l’entreposage de ce type de matières. L’accès au massif d’entreposage n° 1 du hall spécifique est actuellement interdit jusqu’à la définition de dispositions permettant le traitement de cet écart. L’ASN veillera à ce que, sur la base de l’analyse des causes de cet événement, l’exploitant renforce ses dispositions pour assurer le respect des règles de réception et d’entreposage de matières fissiles dans son installation.

Note: [1] Le risque de criticité est défini comme le risque de démarrage d’une réaction nucléaire en chaîne lorsqu’une masse de matière fissile trop importante est rassemblée au même endroit. Pour prévenir ce risque, les règles générales d’exploitation de l’installation prévoient, notamment, la limitation de la masse de matière présente à chaque étape de fabrication et le contrôle de la géométrie de la matière fissile.

Publié le 16 février 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Entreposage-non-autorise-de-matieres-uraniferes-metalliques-dans-un-massif-d-entreposage

CANADA : LA RÉVISION DES NORMES SUR LE NUCLÉAIRE DOIT ÊTRE PLUS TRANSPARENTE

Politique canadienne sur les déchets radioactifs

 « Il est crucial que cette révision, qui aura des répercussions majeures, tienne vraiment compte des priorités du public, » conclut Mme Pauzé.

Ressources naturelles Canada (RNCan) a lancé une révision de la politique canadienne sur les déchets radioactifs qui inquiètent plusieurs regroupements citoyens et le Bloc Québécois qui interpellent à nouveau le ministre Seamus O’Regan. La missive envoyée par près d’une centaine de personnes, dont la porte-parole en matière d’environnement du Bloc Québécois, Monique Pauzé, réclame un processus plus transparent et la prolongation de la période de consultation.

« Ce qui se passe actuellement est assez inquiétant, estime Mme Pauzé. Des déchets qui étaient auparavant considérés de moyenne radioactivité pourraient maintenant être considérés de faible radioactivité et être enfouis à seulement 30 mètres de profondeur dans le sol. On parle de déchets qui pourraient rester radioactifs pendant une centaine d’années. On ne peut pas laisser faire ça! Il pourrait y avoir de grands risques environnementaux, notamment pour notre eau potable puisqu’un des sites visés par les modifications est Chalk River sur la rivière des Outaouais. Un accident dans ce site d’enfouissement pourrait contaminer l’eau potable de millions de Québécois qui prennent leur eau dans le fleuve. »

Déjà en juillet dernier, les députés du Bloc Québécois avaient fait part au ministre O’Reagan de leur crainte relativement au processus amorcé par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), l’organisme  de réglementation nucléaire indépendant du ministère qui réglemente l’utilisation de l’énergie et des matières nucléaires tout au long de leur cycle de vie. 

« À cette époque, nous avions exigé que la Commission retarde l’adoption des modifications de la classification des déchets radioactifs car le comité avait entendu uniquement les arguments du personnel de la CCSN. Aucun organisme ou individu n’était autorisé à intervenir lors de cette assemblée. J’ai demandé au ministre s’il ne trouvait pas étrange que la Commission ait un pouvoir de décision dans un dossier dans lequel elle a ses propres intérêts. Pour moi, le processus semble biaisé et ça n’a aucun sens », déplore Monique Pauzé.

La lettre envoyée au ministre des Ressources naturelles le 4 février réclame donc que tous les Québécois et les Canadiens aient une chance égale de participer à cette révision de la politique canadienne sur les déchets radioactifs.

« Il est crucial que cette révision, qui aura des répercussions majeures, tienne vraiment compte des priorités du public, conclut Mme Pauzé. Il faut éviter les conflits d’intérêts, l’industrie nucléaire ne doit pas bénéficier d’une voix privilégiée pour orienter les conclusions de cette révision. En ce moment, trop peu de gens savent qu’une consultation a lieu et qu’elle se terminera le 31  mars, c’est pourquoi nous souhaitons également prolonger le délai de cette consultation. »

Publié le 15 février 2021

https://www.hebdorivenord.com/article/2021/02/15/la-revision-des-normes-sur-le-nucleaire-doit-etre-plus-transparente

QUESTION AU DR VALLEY: LE POINT FAIBLE DU NUCLÉAIRE ISRAÉLIEN?

Selon (1) : « Depuis sa création, l’État d’Israël se trouve dans un environnement hostile et a été contraint de consacrer des ressources importantes à la défense. Les dirigeants israéliens surveillent de près les tendances mondiales en matière de développement d’armes de guerre et ne peuvent ignorer le rôle de plus en plus important des armes nucléaires.

Selon des données publiées par des sources étrangères, certaines des structures sont cachées sous le sol. De nombreuses parties importantes du complexe nucléaire israélien sont protégées par des sarcophages en béton capables de résister à une bombe aérienne.

En outre, dans les installations nucléaires, sans précédent même selon les normes israéliennes, des mesures de sécurité et le secret le plus strict sont appliqués.

Le point faible du programme nucléaire israélien est l’impossibilité de mener des essais nucléaires. Cependant, on peut supposer que, étant donné les liens de défense étroits qui unissent les forces de défense israéliennes, les ogives nucléaires israéliennes auraient pu être testées sur le site de test américain du Nevada, où ces explosions ont été émises pour des tests américains. Aux États-Unis, des précédents similaires existent déjà depuis le début du 60, toutes les charges nucléaires britanniques y ont été testées. À l’heure actuelle, l’expérience acquise au fil des décennies et les performances élevées des supercalculateurs modernes permettent de créer des modèles mathématiques réalistes d’ogives nucléaires et thermonucléaires, ce qui permet de se passer d’une charge nucléaire sur le site d’essai. »

Note (1) : https://fr.topwar.ru/143462-yadernyy-potencial-izrailya.html

Par Israelvalley Desk|, publié le 15 février 2021

(Avertissement : IsraelValley ne fait que reproduire cet article publié en dehors d’Israël).

https://israelvalley.com/2021/02/15/question-au-dr-valley-le-point-faible-du-programme-nucleaire-israelien/

SAINT-ROMAIN-DE-JALIONAS : UNE MANIFESTATION CONTRE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

Une quinzaine de personnes de l’association Sortir du nucléaire SDN Bugey manifestent ce mardi après-midi au rond-point situé avant le pont de Loyettes à Saint-Romain-de-Jalionas. Plusieurs banderoles ont été déployées, notamment contre l’installation de nouveau réacteur à la centrale du Bugey.

Par Jules BOURGOIN & Mourad ALLILI, publié le 16 février 2021 à 16h05 | mis à jour à 16h16 Photo en titre extraite de la vidéo (Montage Mégane GILLET), durée 1mn05s, visible sur :

https://www.ledauphine.com/environnement/2021/02/16/saint-romain-de-jalionas-une-manifestation-contre-la-centrale-nucleaire-du-bugey

LE NUCLÉAIRE EST CONFRONTÉ À « BEAUCOUP D’INCERTITUDES » À L’APPROCHE DE L’ÉVALUATION ENVIRONNEMENTALE DE L’UE

L’industrie est de plus en plus nerveuse face aux projets de la Commission européenne visant à évaluer la sécurité de la manipulation des déchets radioactifs. En effet, un rapport d’experts est attendu le mois prochain sur la manière de classer l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte de l’UE.

L’organisme de recherche interne de la Commission européenne, le Centre commun de recherche (CCR), met la dernière main à un rapport sur la sécurité de la manipulation des déchets radioactifs qui pourrait être fatale pour l’avenir de l’industrie nucléaire européenne.

Ce rapport, attendu pour fin février ou début mars, pourrait finalement reconnaître l’énergie nucléaire comme un « combustible de transition » au sens du règlement du financement vert de l’UE, ou au contraire la stigmatiser de manière irréversible comme une forme d’énergie polluante qui « nuit considérablement » à l’environnement.

« Le grand problème que pose pour nous cette taxonomie est qu’elle permettra aux entreprises éligibles d’avoir accès à des obligations et à des fonds qui ont un taux d’intérêt plus faible », a déclaré Jessica Johnson, directrice de la communication de Foratom, l’association professionnelle représentant l’industrie nucléaire à Bruxelles.

« Cela signifie que le coût du financement pourrait potentiellement être inférieur s’ils ont accès à ces fonds car le montant des intérêts qu’ils devront rembourser est beaucoup moins élevé », a-t-elle déclaré aux journalistes lors d’un point de presse en ligne mercredi (9 février).

Les banques privées sont réticentes à accorder des prêts pour de nouveaux projets nucléaires à moins que les gouvernements ne les soutiennent avec des garanties financières et des aides d’État substantielles. Les énergies renouvelables, en revanche, sont moins chères à construire et offrent des délais de livraison et des retours plus rapidesde plus en plus sans aide de l’État.

L’énergie nucléaire « morte et vivante », proclame S&P

« Nous ne voyons guère de justification économique à la construction de nouvelles centrales nucléaires aux États-Unis ou en Europe occidentale, en raison de l’augmentation massive des coûts et de la compétitivité des coûts des énergies renouvelables », a déclaré l’agence de notation S&P dans une note publiée en 2019.

La concurrence croissante de l’électricité renouvelable bon marché, les préoccupations de sécurité et l’augmentation des coûts des nouvelles centrales poussent lentement l’énergie nucléaire à sa limite – sauf en Russie et en Chine où l’industrie continue de bénéficier d’un soutien important de l’État, a déclaré S&P.

« Cette question du financement est absolument essentielle pour notre industrie dans la perspective d’une nouvelle construction. Et il est clair que la taxonomie à cet égard sera également très importante », déclaré Yves Desbazeille, directeur général de Foratom.

Mais le débat sur le nucléaire en Europe est tellement polarisé qu’il s’est avéré impossible de parvenir à un compromis lors des négociations sur le livre vert de l’UE sur le financement.

Lorsque les États membres de l’UE et le Parlement européen ont conclu un accord sur le règlement de taxonomie en décembre 2019, la décision sur la manière de classer les technologies « de transition » comme le gaz naturel et l’énergie nucléaire a été repoussée.

Selon l’Autriche et l’Allemagne, la question des déchets radioactifs disqualifie automatiquement le nucléaire en vertu du principe de la taxonomie de « ne pas causer de dommages significatifs », qui empêche les technologies de recevoir un label vert de l’UE si elles portent atteinte à une liste de six objectifs environnementaux prédéfinis allant de l’atténuation du changement climatique à la prévention de la pollution et à la protection de la biodiversité.

D’autres pays, comme la France et la Grande-Bretagne, n’étaient pas d’accord et ont bloqué un accord sur le règlement de la taxonomie parce qu’il ne reconnaissait pas le nucléaire comme une source d’électricité « à faible teneur en carbone », qui apporte une « contribution substantielle » au premier objectif – l’atténuation du changement climatique.

Pour régler le différend, la Commission a alors décidé de charger le CCR de rédiger ce rapport. Une fois publié, celui-ci sera examiné par deux autres groupes d’experts, qui auront trois mois pour émettre leur avis.

Sur la base de cette contribution, la Commission européenne décidera ensuite, au cours du second semestre, comment elle entend classer l’énergie nucléaire dans la taxonomie du financement vert de l’UE. En attendant, « cela est pour nous un gros problème car cela crée beaucoup d’incertitudes », a déclaré Mme Johnson.

Par Frédéric Simon, (EURACTIV.com), publié le 16 février 2021 à 7h49, mis à jour à 7h51

Photo en titre : Réacteur nucléaire de Doel, Port d’Anvers, Belgique. Alors que la Belgique est en train de sortir du nucléaire, de nouveaux projets sont envisagés en Pologne et en République tchèque. [TonyV3112 / Shutterstock]

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/le-nucleaire-est-confronte-a-beaucoup-dincertitudes-a-lapproche-de-levaluation-environnementale-de-lue/

LECTOURE. GERS : DISTRIBUTION PRÉVENTIVE DE COMPRIMÉS D’IODE DANS LE LECTOUROIS

Plusieurs foyers lectourois viennent de recevoir dans leurs boîtes aux lettres un courrier gouvernemental intitulé « Alerte nucléaire : je sais quoi faire ! ».

Cette lettre est signée par Alain Thirion, préfet, directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, le Professeur Jérôme Salomon, directeur général de la santé et Carine Wolf-Thal, présidente du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens.

Le texte de ce courrier est le suivant : « Madame, Monsieur, depuis l’extension de 10 à 20 km du rayon des Plans particuliers d’intervention autour des centrales nucléaires, vous êtes concerné(e) par la distribution préventive de comprimés d’iode, et avez à cette occasion reçu, en septembre 2019, un bon de retrait de ces comprimés. Au terme de la période de retrait des comprimés en pharmacie, il semble que vous n’ayez pas encore réalisé cette démarche ; vous trouverez donc votre boîte de comprimés d’iode dans cette enveloppe. Conservez-la dans un endroit accessible et facilement mémorisable, idéalement dans votre kit d’urgence préparé suivant le Plan familial de mise en sûreté (PFMS), à l’abri de l’humidité et hors de portée des enfants. Selon la composition du foyer et la posologie, si vous avez besoin de comprimés supplémentaires, vous pouvez vous en procurer dans une des pharmacies participant à l’opération (liste sur le site www.distribution-iode.com).

Nous vous rappelons qu’en cas d’alerte nucléaire, l’iode stable, moyen efficace de protéger la thyroïde contre les effets d’éventuels rejets d’iodes radioactifs, doit être pris uniquement sur instruction du préfet. Il est important que chaque citoyen participe à cette action de prévention des risques.

D’autres réflexes doivent être connus pour bien réagir en cas d’alerte nucléaire :

. se mettre rapidement à l’abri dans un bâtiment, se tenir informé(e),

. ne pas aller chercher ses enfants à l’école,

. limiter ses communications téléphoniques,

. se préparer à une éventuelle évacuation.

Pour en savoir plus, le site www. distribution-iode.com est à votre disposition et des conseillers sont à votre écoute au 0 800 96 00 20 (appel gratuit) du lundi au vendredi, de 10 heures à 18 h 30.« 

Publié le 15/02/2021 à 05h07, mis à jour à 09h04

Photo en titre : La centrale nucléaire de Golfech Image d’illustration DDM

https://www.ladepeche.fr/2021/02/15/distribution-preventive-de-comprimes-diode-dans-le-lectourois-9373903.php

COLLECTIF CITOYEN#2 : COLLECTIF D’ALARME NUCLÉAIRE DE L’ORLÉANAIS (CANO)

Alors qu’au nom du climat et de la transition énergétique, certains font la promotion de l’énergie nucléaire comme étant l’énergie propre du futur, le « Collectif d’Alarme Nucléaire de l’Orléanais » (CANO) veut informer la population sur les risques encourus en vivant dans une vallée où, sur 200 km, fonctionnent quatre centrales nucléaires. En effet la région Centre Val de Loire abrite 4 des 19 centrales nucléaires françaises et 12 des 58 réacteurs. Nous interrogeons Monsieur Frédéric Tarche, un des membres du collectif.

En décembre 2019 votre collectif a édité un livret : « Saint-Laurent, STOP à l’acharnement nucléaire ! » sur les menaces que fait peser l’état de la centrale nucléaire de Saint*Laurent, proche des villes de Blois et d’Orléans. Les risques nucléaires ne sont pas spécifiques à cette centrale. Quel est l’accident le plus redoutable ?

Frédéric Tarche : À l’heure actuelle, l’industrie nucléaire, sans prendre en compte son secteur militaire, est la plus dangereuse pour toute l’humanité. En cas d’explosion d’un réacteur dans une des quatre centrales (Belleville, Dampierre, St Laurent, Chinon) de notre région, avec des vents à dominante Est/Ouest et Ouest/Est, la contamination radioactive entrainera de très nombreux cancers ainsi qu’une pollution des terres pour des centaines d’années. Nous en avons malheureusement désormais la preuve après les explosions de Tchernobyl et Fukushima. La situation dans les centrales françaises, comme pour les quatre de notre région, est critique de l’aveu même de l’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) : cuves usées, fissures, radier (dalle d’assise des cuves) à consolider. Ce sont des travaux gigantesques, très coûteux, voire techniquement impossibles pour les cuves.  

Après ces deux désastres, comment des décideurs de haut niveau, des ingénieurs bardés de diplômes, peuvent encore faire prendre ces risques mortels à la population ?

F.T. : Nous sommes entrés dans un temps de l’humanité où ceux qui ont du pouvoir veulent faire croire que l’intelligence artificielle, autrement dit l’usage de formules mathématiques pour réglementer notre vie, est supérieure à l’intelligence humaine. Ils satisfont ainsi leur désir névrotique de toute puissance et ils continuent de croire dans le progrès « à tout prix » y compris celui de la vie.

Vous dénoncez toute une liste de dangers en rapport avec les centrales nucléaires de la région Centre-Val de Loire mais, en cas d’accident, que préconisez-vous afin d’en limiter les terribles conséquences ?

F.T. : Nous demandons, entre autres, que les autorités de l’agglomération orléanaise, du département, de la région, distribuent rapidement, à toute la population, par courrier postal, parce que tout le monde n’a pas un smartphone ou ne souhaite pas être une fois de plus connecté, les informations expliquant ce qu’il faut faire et ne pas faire en cas d’accident nucléaire. Il faut indiquer où seront stockés les pastilles d’iode à distribuer urgemment. Nous réclamons que les sirènes municipales soient à nouveau en fonctionnement avec des exercices d’alerte réguliers, bien au-delà des 20 km préconisés autour des centrales, calcul irresponsable qui oublie que la radioactivité se diffuse par voie aérienne et n’a pas de frontière !

Comment travaillez-vous ?

F.T. : Nous collaborons régulièrement avec de nombreuses associations, d’autres collectifs et des partis politiques. Ainsi nous échangeons des informations avec l’association Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité  (CRIIRAD), le réseau « Sortir du nucléaire », « ATTAC France » et « La Loire vivra », les partis politiques la France Insoumise (LFI), le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), Europe Écologie Les Verts (EELV)…

Avec la pandémie nos actions auprès du public sont ralenties. Nous continuons néanmoins de nous réunir et diffusons une pétition exigeant des élus de la région qu’ils informent la population de ce qu’il faudra faire en cas d’explosion d’un réacteur.

Quels sont vos projets dans un proche avenir ?

F.T. : Plusieurs villes de France vont commémorer les dix ans de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Notre collectif loue un car afin de se rendre le samedi 13 mars à Nantes qui sera une de ces villes commémoratives. D’autres livrets sont en préparation dont un sur la dernière trouvaille d’EDF : « Programme Ethos-Vivre dans un jardin nucléaire ». Le projet Ethos veut convaincre la population qu’après l’explosion d’un réacteur, vivre dans une zone irradiée est une preuve de courage et de résilience. Ces propos sous entendent que ceux qui refuseront de revenir dans ce « jardin » sont des couards « qui n’osent pas se confronter au danger en dominant leurs peurs »…

Propos recueillis par Jean-Paul Briand

Dans la série consacrée aux collectifs citoyens voici le « Collectif d’Alarme Nucléaire de l’Orléanais ».

Alors qu’au nom du climat et de la transition énergétique, certains font la promotion de l’énergie nucléaire comme étant l’énergie propre du futur, le « Collectif d’Alarme Nucléaire de l’Orléanais » (CANO) veut informer la population sur les risques encourus en vivant dans une vallée où, sur 200 km, fonctionnent quatre centrales nucléaires. En effet la région Centre Val de Loire abrite 4 des 19 centrales nucléaires françaises et 12 des 58 réacteurs. Nous interrogeons Monsieur Frédéric Tarche, un des membres du collectif.

Publié le lundi, 15 février 2021

Photo en titre : La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux dans le Loir-et-Cher. Photo Suaudeau/wiki

Joindre le Collectif d’alarme nucléaire de l’orléanais pour tous renseignements ou commander leur livret d’information (2€) : alarmenucleaireorleans@orange.fr

https://www.magcentre.fr/208048-collectif-citoyen2-collectif-dalarme-nucleaire-de-lorleanais-cano/

NUCLÉAIRE : L’IRAN REDIT SON OPPOSITION À LA BOMBE A

La République islamique d’Iran a réaffirmé lundi son opposition à la bombe atomique, arguant d’un interdit religieux sur la possession d’une telle arme après une polémique suscitée par les propos d’un ministre

« La position de l’Iran n’a pas changé : les activités nucléaires de l’Iran ont toujours été pacifiques et le resteront », a déclaré le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes Saïd Khatibzadeh, lors d’une conférence de presse, ce lundi, à Téhéran, arguant d’un interdit religieux.

« La fatwa du guide suprême sur l’interdiction des armes nucléaires est toujours valide », a ajouté M. Khatibzadeh en faisant référence à un décret religieux du numéro un iranien, l’ayatollah Ali Khamenei. Le texte de cette fatwa, dont l’Iran affirmait l’existence depuis plusieurs années, a été rendu public pour la première fois en 2010, en pleine crise sur la question nucléaire iranienne.

Bras de fer

Si un chat est acculé, il peut se comporter autrement que le ferait un chat libre.

La fatwa du Guide déclare comme « haram » l’utilisation de la bombe atomique et est régulièrement brandie par les autorités iraniennes comme une garantie absolue des bonnes intentions de la République islamique en matière nucléaire. Mais le ministre des Renseignements iranien, Mahmoud Alavi, a semé le doute il y a quelques jours avec des propos jugés « très inquiétants » par le département d’État à Washington.

«Notre industrie nucléaire est une industrie pacifique, le Guide suprême [l’a] explicitement déclaré dans sa fatwa …] Mais si un chat est acculé, il peut se comporter autrement que le ferait un chat libre », avait déclaré M. Alavi à la télévision d’État le 8 février. «S’ils poussent l’Iran dans cette direction, alors ce ne sera pas la faute de l’Iran, mais la faute de ceux qui l’ont poussé», avait-il encore dit avant d’ajouter qu’«en temps normal, l’Iran n’a ni une telle intention ni un tel plan

À l’étranger, les propos de M. Alavi ont pu être perçus comme une tentative de faire monter les enjeux dans le bras de fer qui oppose Téhéran à Washington à propos de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015 alors que l’Occident s’alarme de la montée en puissance des activités nucléaires de la République islamique.

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Par SudOuest.fr avec AFP, publié le 15/02/2021 à 11h46

https://www.sudouest.fr/international/nucleaire-l-iran-redit-son-opposition-a-la-bombe-a-1327237.php

13 MARS : « FUKUSHIMA PLUS JAMAIS ÇA » : ARRÊT DU NUCLÉAIRE CIVIL ET MILITAIRE, MANIFESTATION À NANTES (LOIRE-ATLANTIQUE)

SAMEDI 13 MARS – À PARTIR DE 14H00 AU PARC DES CHANTIERS, BOULEVARD LÉON BUREAU (près de l’éléphant), TRAM LIGNE 1 – ARRÊT CHANTIERS NAVALS

Au programme : Stands, animations, prises de parole… Fukushima : point sur l’accident dix ans après. En France : fiasco de l’EPR, risques de la construction de nouveaux réacteurs, comment le nucléaire pollue l’eau potable, pourquoi le nucléaire ne sauvera pas le climat, que faire des déchets pendant 100 000 ans, pourquoi le nucléaire militaire est illégal, etc.

Rdv dans le respect des gestes barrières et en téléchargeant ici l’attestation pour pouvoir rentrer de la manifestation après 18h00 : https://www.sortirdunucleaire.org/nantes

> Ici l’événement Facebook à faire tourner : https://www.facebook.com/events/418742699209495

> Flyer disponible sur le site pour impression ou diffusion web.

TEXTE D’APPEL :

Premiers signataires : ACEVE | Attac 44 | Bure Stop 55 | Cedra | Collectif anti-nucléaire Ouest | Collectif Loire Vienne Zéro nucléaire | Comité Bure en Retz | EELV Pays de la Loire | Ensemble ! 44 | Fakir Nantes | FAN Bretagne | Greenpeace Nantes | LFI 44 | Moine et Sèvre pour l’Avenir | NDDL Poursuivre Ensemble | NPA 44 | Réseau « Sortir du nucléaire » | Rezé à Gauche Toute | Solidaires 44 | Sortir du nucléaire Cornouaille | SDN Pays de Saint-Malo | SDN Berry Giennois Puisaye | SDN Pays nantais | SDN 49 | SDN 72 | SDN 79 | Stop nucléaire 56 Trawalc’h | UCL Nantes…

Au Japon, la catastrophe de Fukushima du 11 mars 2011 n’est pas terminée et impacte toujours la santé et l’environnement. Dix ans après la fusion des trois cœurs de réacteurs, une large partie de l’archipel reste contaminée. Dans certaines régions, la radioactivité ambiante est trop élevée et les habitants mangent de la nourriture contaminée. Tandis que le gouvernement prévoit de se débarrasser des milliards de litres d’eau contaminée en les rejetant directement dans l’océan Pacifique, aux quatre coins du pays des millions de tonnes de déchets radioactifs continuent de s’entasser.

Mais en accord avec le lobby international de l’industrie nucléaire, les autorités nippones accélèrent le déni des conséquences de la catastrophe pourtant encore bien présentes. Sous prétexte d’un retour à la normale, les habitants sont forcés de retourner vivre dans les territoires contaminés. Les limites d’exposition à la radioactivité restent anormalement élevées (le seuil d’exposition maximale « admissible » avait été relevé de 1mSv/an à 20mSv/an le lendemain de l’accident). Malgré cela, plusieurs épreuves des Jeux Olympiques 2021 sont programmées dans la préfecture de Fukushima cet été.

En France, nous exigeons un arrêt du nucléaire afin d’éviter une nouvelle catastrophe. Nous nous opposons à EDF, qui prétend imposer aux citoyens avec la complicité de l’État la prolongation des réacteurs nucléaires au-delà de 40 ans, augmentant les risques et les coûts. Estimée à 45 milliards d’euros, la construction de 6 nouveaux réacteurs EPR alors même que la mise en service de celui de Flamanville n’est pas garantie, serait dangereuse et synonyme de nouveaux déchets radioactifs ingérables.

Les lobbyistes du nucléaire le vendent comme une solution au changement climatique. C’est faux. Nous refusons la prolongation des réacteurs existants et la construction de nouveaux réacteurs EPR, à Flamanville, mais aussi à Gravelines, à Penly, au Bugey et au Tricastin. De nombreuses études ont de nouveau démontré la faisabilité de scénarios 100% renouvelables, à condition de miser sur la sobriété et l’efficacité énergétique. Avec de la volonté politique, la France a la capacité de se passer du nucléaire.

Par Reporterre, publié le 15 février 2021

https://reporterre.net/Fukushima-plus-jamais-ca-arret-du-nucleaire-civil-et-militaire-manifestation-a-Nantes

CLI FLAMANVILLE : UN EXERCICE RATÉ FAIT LE BUZZ ET ÉCLIPSE L’ÉTAT DÉGRADÉ DU RÉACTEUR 2

L’ordre du jour de l’assemblée générale de la CLI de Flamanville du 4 février, déplacée au Conseil départemental à Saint-Lô pour cause de Covid était bien fourni. Trop peut-être, au point qu’au bout de près de 4 heures non-stop les derniers sujets ont été escamotés et reportés.

Tous les médias (sauf un*) n’ont parlé que des remontrances de l’ASN suite au ratage de l’exercice inopiné imposé par la même ASN par temps de neige en janvier 2021.

Le bilan de l’exercice de crise est une vraie gifle pour la centrale qui est placée en surveillance renforcée ! Mais cet évènement a créé un écran de fumée sur la suite de l’ordre du jour.

Il a fallu attendre midi pour aborder le redémarrage du réacteur 2 juste avant le 24ème mois fatidique qui lui aurait valu un arrêt définitif. Nous avons donc appris que l’ASN si vigilante à propos de l’exercice raté de janvier avait, le 12 décembre 2020, validé ce redémarrage dans des conditions dégradées et pas des moindres.

Les tuyauteries des 4 générateurs de vapeur qui auraient dû être changées ont été colmatées, bouchonnées et manchonnées afin d’étancher les fuites entre les deux circuits primaire et secondaire. Le changement de ces pièces si importantes est désormais prévu en 2024 ou 2025 pour le réacteur 2 et en 2022 pour le réacteur.  Dans cette attente, dans quel état ce réacteur 1 va-t-il redémarrer ?

Des spécialistes ont expliqué à l’assemblée les nouvelles règles de conduite du réacteur afin d’en maitriser le fonctionnement ; ce réacteur étant supposé devenir tête de série des 1300 MW pour ce type de rafistolage.

Le « code de la route » a donc été aménagé pour ce réacteur 2 et une dérogation a été donnée par l’ASN afin qu’il puisse redémarrer pour 10 ans. Cette situation est inadmissible dans la mesure où la dérogation donnée par l’ASN autorise un fonctionnement dégradé du réacteur pouvant entrainer un risque d’explosion des générateurs de vapeur et donc d’un accident nucléaire.

Pour mémoire, sur le site, la cuve défectueuse de l’EPR a été validée par dérogation aux normes relatives aux équipements sous pression mais sous réserve du respect de règles de conduite en deçà de sa capacité maximale de 1650 mégawatts. N’oublions pas que son couvercle non conforme doit être remplacé en 2024. L’EPR « tête de série » est déjà une « fin de série”.

Le CRILAN s’insurge contre cette politique dérogatoire de l’ASN sur les réacteurs du site de Flamanville alors même que la centrale a été placée par la même ASN sous surveillance renforcée en septembre 2019.

En août dernier, ce contexte dégradé a amené le Crilan, le Réseau sortir du Nucléaire, FNE et FNE Normandie à porter plainte à propos de 36 infractions à la réglementation environnementale sur le site de Flamanville.

Qu’importe, aucun des recours en Conseil d’État ou au pénal n’ont été retenus à ce jour…

Face à cette fuite en avant dont de trop nombreux médias ont fait l’impasse suite à la CLI du 4  février, le CRILAN alerte sur l’état du réacteur 2 qui présente un grave danger pour la population de la région.

Le CRILAN exige l’arrêt immédiat de ce réacteur défectueux et dangereux.

FUKUSHIMANCHE NON MERCI !

Par André JACQUES, publié le 15 février 2021

https://crilan.fr/cli-flamanville-un-exercice-rate-fait-le-buzz-et-eclipse-letat-degrade-du-reacteur-2/

DE L’EAU RADIOACTIVE SE DÉVERSE DANS 2 CENTRALES DE FUKUSHIMA PENDANT LE RÉCENT SÉISME

L’opérateur des centrales nucléaires de Fukushima 1 et 2 a annoncé que le tremblement de terre du 13 février avait entraîné le débordement d’eau des piscines contenant du combustible usé, selon l’agence japonaise de régulation du nucléaire.

Les spécialistes de la société japonaise Tokyo Electric Power Company (TEPCO) ont constaté des fuites d’eau des piscines de combustible irradié dans les centrales nucléaires de Fukushima Daiichi et Daini (1 et 2) suite au séisme de magnitude 7,3 qui s’était produit au large de la préfecture de Fukushima le 13 février, a annoncé ce dimanche 14 février la Commission de réglementation de l’énergie nucléaire japonaise (NRA).

«Une inspection a révélé que quelque 160 millilitres d’eau se sont déversés dans un fossé à côté d’une piscine pour stocker le combustible nucléaire usé de la centrale nucléaire de Fukushima Daini, réacteur 1, en vue du décommissionnement dans la préfecture de Fukushima», a indiqué NRA dans un communiqué.

Environ 1,4 litre de liquide s’est répandu d’une autre piscine, a précisé l’agence, soulignant que ce débordement n’influait pas sur le refroidissement du combustible irradié.

Fuites d’eau radioactive à la centrale accidentée de Fukushima 1

L’agence a confirmé l’information de la chaîne de télévision japonaise NHK qui avait fait état du déversement de 600 millilitres d’eau d’une piscine au réacteur 5 et de 1,6 litre au réacteur 6 de la centrale accidentée de Fukushima Daiichi (Fukushima 1).

Selon la NRA, une autre fuite de 600 millilitres d’eau a été enregistrée dans une piscine utilisée pour le stocker le combustible usé des réacteurs 5 et 6.

NHK avait indiqué que cet incident ne représentait pas de danger pour l’environnement puisque le volume d’eau déversée était faible et que sa teneur en matières radioactives était insignifiante.

Séisme du 13 février

Un tremblement de terre de magnitude 7,3 s’est produit dans le Pacifique, au large de la préfecture japonaise de Fukushima le 13 février, à 23h08 (14h08 UTC). Son foyer se trouvait à une profondeur de 55 kilomètres.

Les secousses ont été ressenties dans au moins 10 préfectures du nord, du nord-est et du centre du pays, y compris à Tokyo. Leur intensité maximale a atteint Shindo 6, sur l’échelle d’intensité sismique japonaise qui va jusqu’au niveau 7 (7 étant le plus fort), dans les préfectures de Fukushima et de Miyagi. Au centre de Tokyo, l’intensité du séisme a été évaluée à Shindo 4.

Selon un nouveau bilan, le séisme a fait au moins 124 blessés dont 66 dans la préfecture de Fukushima.

En 2011, ce même district avait été frappé par un tremblement de terre de magnitude 9,0 qui a fait près de 16 000 morts et plus de 2 500 disparus. Le tsunami qui s’en était ensuivi avait entraîné une catastrophe majeure à la centrale de Fukushima Daiichi (Fukushima 1), provoquant l’évacuation de quelque 160 000 personnes.

Par Irina Dmitrieva, publié le 14 février à 17h26, mis à jour à 17h27

Photo en titre : © CC BY-SA 2.0 / IAEA Imagebank/Tokyo Electric Power Co., TEPCO / 04780014

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202102141045223815-de-leau-radioactive-se-deverse-dans-deux-centrales-de-fukushima-pendant-le-recent-seisme/

JAPON ET CONTAMINATION RADIOACTIVE DE LA POUSSIÈRE D’ASPIRATEUR – UNE ÉTUDE DU LABORATOIRE CITOYEN CHIKURIN

En attendant la mise en place du laboratoire citoyen d’analyse de la radioactivité, l’ACRO a, lors des deux premières années de la catastrophe nucléaire, effectué de nombreuses mesures dans des échantillons envoyés du Japon. Tous les résultats sont en ligne. Parmi les échantillons très variés analysés, il y a eu, notamment, des poussières d’aspirateur.

À l’occasion du dixième anniversaire de la catastrophe de Fukushima, le laboratoire citoyen Chikurin a effectué une nouvelle campagne d’analyse de la contamination radioactive des poussières d’aspirateur dans 153 maisons. Tous les résultats sont en ligne en japonais.

Cette étude est en complément d’autres projets de surveillance citoyenne de la radioactivité auxquels Chikurin est aussi associé :

– la cartographie de la contamination des sols par le réseau Minna no data

– le relevé des débits de dose ambiants par le Fukuichi Environmental Radiation Monitoring Project.

Ce projet a pour but d’évaluer la contamination intérieure en mesurant la concentration en césium dans la poussière des aspirateurs domestiques, 10 ans après l’accident nucléaire. L’exposition des habitants par inhalation de ces poussières vient s’ajouter aux autres expositions à la radioactivité.

Les résultats sont disponibles dans ce tableau en japonais où les sites sont classés du plus contaminé au moins contaminé. Ils peuvent aussi être visualisés sur cette carte qui indique la zone proche de la maison, de sorte que les personnes ne puissent pas être identifiées :

Les maisons numérotées 1, 3 et 7 dans le tableau sont situées dans la zone dite de retour difficile et personne n’y habite depuis 2011. Les résultats sont donnés à titre indicatif. La contamination la plus élevée, dans la maison 1, est de 45 000 Bq/kg.

Dans 5 maisons habitées, situées dans les quartiers Haramachi de Minamisôma et Komiya d’Iitaté-mura, la contamination dépasse 8 000 Bq/kg, qui est le seuil fixé après la catastrophe à partir duquel un déchet doit être géré comme un déchet radioactif. Le niveau le plus élevé, dans la maison n°2 située à Minami-Sôma, est de 29 000 Bq/kg.

Le seuil de libération fixé à 100 Bq/kg pour des matériaux issus du démantèlement des installations nucléaires est dépassé pour des poussières prélevées dans des maisons situées dans les provinces de Fukushima, Ibaraki, Niigata, Chiba, Miyagi, Iwaté et Tôkyô.

Les maisons 29 et 30, situées respectivement dans les provinces d’Ibaraki et de Niigata, ont une contamination de l’ordre de 1 100 Bq/kg, qui est élevée par rapport aux autres maisons environnantes. Mais dans les deux cas, les habitants sont originaires de Minami-Sôma et ont probablement emporté des poussières radioactives lors de leur déménagement.

Ces poussières domestiques peuvent être inhalées par les habitants et rester bloquées dans les alvéoles pulmonaires. En effet, seule une faible partie du césium est soluble. Comme décrit dans ce document en japonais, des linges en lin ont été déposés en haut de placards ou armoires dans des maisons pour collecter de la poussière. Ils ont ensuite été rincés, et l’eau de rinçage filtrée, avant d’être analysée pour déterminer la part soluble du césium dans les poussières. Il en ressort qu’environ 75 % ou plus du césium de la poussière à l’intérieur n’est pas soluble dans l’eau. Cela signifie qu’il y a une forte possibilité que du césium non soluble reste dans les alvéoles pulmonaires pendant une longue période lorsque de petites particules de poussière domestique sont inhalées.

Chikurin demande que cette voie d’exposition soit prise en compte et conteste la façon dont les doses sont évaluées pour permettre le retour dans les zones évacuées.

Publié le 14 février 2021

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

JAPON : UN SÉISME AU LARGE DE FUKUSHIMA FAIT AU MOINS 100 BLESSÉS

Le tremblement de terre de magnitude 7,3 n’a pas endommagé les centrales nucléaires du Nord-Est, déjà frappées par la catastrophe de 2011.

Plus de peur que de mal. Plus d’une centaine de personnes ont été blessées au Japon dans un séisme de magnitude 7,3 au large de Fukushima (Nord-Est) qui a effrayé le pays près de dix ans après le tsunami qui avait entraîné un accident nucléaire majeur dans la centrale de cette région, ont annoncé dimanche 14 février 2021 les autorités. Le séisme, survenu samedi peu après 23 heures (14 heures GMT), a fait 114 blessés, dont six grièvement atteints dans la région, mais aussi aux alentours de Tokyo où il a été fortement ressenti. Suivi de plusieurs répliques dans la nuit, il n’a pas provoqué de tsunami.

Aucun décès ou dégât matériels majeurs n’étaient signalés dimanche matin et aucune anomalie n’a été détectée sur les centrales nucléaires des zones touchées, les mêmes que celles frappées par la catastrophe de 2011. Le 11 mars 2011, un séisme de magnitude 9 accompagné d’un gigantesque raz-de-marée avaient fait 18 000 morts et disparus et gravement endommagé la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi.

Le séisme de samedi, d’une magnitude de 7,3, est considéré comme une lointaine réplique du séisme de 2011, selon l’Agence météorologique japonaise (JMA). L’épicentre s’est situé à une profondeur de 60 kilomètres dans l’océan Pacifique et à environ 60 kilomètres des côtes de Fukushima, selon la JMA. L’Institut américain de géophysique (USGS) a enregistré une magnitude de 7,1 avec une profondeur de 51 km.

À LIRE AUSSI: Séisme au Japon : les leçons de Fukushima n’ont pas été tirées

« J’ai vraiment eu peur pour ma sécurité »

«  J’étais chez moi (…). La secousse a été tellement forte que j’ai vraiment eu peur pour ma sécurité  », a témoigné dimanche auprès de l’AFP Masami Nakai, un responsable municipal de la petite ville de Soma, dans la préfecture de Fukushima. «  La première secousse m’a paru plus puissante que celle que j’avais connue  » en 2011, a assuré Tomoko Kobayashi, qui travaille dans une auberge traditionnelle à Minamisoma dans la même région, à l’agence Kyodo.

Le courant était quasiment rétabli à 100 % dimanche matin, alors que près d’un million de foyers avaient été privés d’électricité après la première secousse samedi soir. Le principal dégât matériel visible pour le moment était un glissement de terrain ayant abîmé une autoroute dans la préfecture de Fukushima. Des images aériennes télévisées ont également montré un autre glissement de terrain sur un circuit de course dans un endroit reculé. Les liaisons de train à grande vitesse (Shinkansen) dans le nord du Japon étaient suspendues dimanche, le temps d’examiner l’état de leurs infrastructures.

Risque de répliques

Les autorités japonaises ont invité la population à «  la plus grande prudence  », prévenant que de nouvelles importantes répliques pourraient se produire dans les jours à venir, et que le risque de glissements de terrain allait augmenter avec la pluie attendue lundi dans la région. «  En particulier pour les deux ou trois jours à venir, il pourrait y avoir de très forts séismes  », a averti le porte-parole du gouvernement, Katsunobu Kato.

Le gouvernement continuait dimanche d’évaluer le bilan des dégâts, faisant état de huit structures endommagées, principalement des maisons, tandis que des médias locaux évoquaient des dizaines de bâtiments avec des plafonds écroulés ou des tuyauteries éventrées. Des membres des Forces japonaises d’autodéfense étaient dépêchés dans les zones affectées pour y distribuer notamment de l’eau, quelque 4 800 foyers n’ayant plus accès à l’eau courante, selon Katsunobu Kato. Le séisme survient au moment où le Japon tente de contenir le Covid-19 tout en préparant l’accueil de Jeux olympiques (23 juillet-8 août 2021) reportés l’an dernier à cause de la pandémie.

250 réfugiés

Plus de 250 personnes se sont réfugiées dans 173 centres d’évacuation durant la nuit dans la région de Fukushima, en respectant des gestes barrières avec des tentes pour chaque famille, mais la plupart sont à présent rentrées chez elles, a ajouté Katsunobu Kato. Le groupe américain Pfizer, dont le vaccin contre le Covid-19 devrait devenir dimanche le premier à être approuvé par le Japon, a indiqué au gouvernement que ses centres de stockage pour le vaccin n’avaient pas été affectés, a-t-il précisé.

Situé au carrefour de plusieurs grandes plaques tectoniques, le Japon est régulièrement touché par des tremblements de terre et a de strictes normes de construction pour que ses bâtiments soient capables de résister à de fortes secousses. En septembre 2018, un séisme de magnitude 6,6 avait tué 44 personnes dans l’île septentrionale d’Hokkaido. En janvier 1995, le tremblement de terre de Kobe (Ouest) avait tué près de 6 500 personnes.

Par AFP, publié le 13 février 2021 à 11h13

Photo en titre : Le courant était quasiment rétabli à 100 % dimanche matin, alors que près d’un million de foyers avaient été privés d’électricité après la première secousse samedi soir.  © Kotaro Numata / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP

https://www.lepoint.fr/monde/japon-un-seisme-au-large-de-fukushima-fait-au-moins-100-blesses-14-02-2021-2413907_24.php

LES OPTIONS DE BIDEN POUR SAUVER L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Le temps presse. Mais le gouvernement de Joe Biden fait mine de prendre son temps. Déterminé à sauver l’accord sur le nucléaire iranien abandonné par Donald Trump, le nouveau président des États-Unis va bientôt devoir dévoiler son jeu.

Quelle est la position américaine?

« Respect total pour respect total« : le démocrate résume ainsi son retour conditionnel dans l’accord de 2015 censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

Autrement dit, il est prêt à revenir parmi les signataires, et donc à lever les sanctions draconiennes imposées par son prédécesseur républicain, mais seulement une fois que Téhéran aura renoué avec les restrictions nucléaires prévues par le texte.

Or la République islamique, qui a commencé à s’affranchir de ces engagements justement en riposte aux sanctions américaines, exige de son côté que Washington lève au préalable toutes ces mesures punitives.

Quelles sont les échéances?

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif à Erevan, en Arménie, le 27 janvier 2021 (AFP/Archives – Karen MINASYAN)

Dans une semaine, les autorités iraniennes devraient franchir un cap qui inquiète les observateurs et les autres signataires de l’accord (Chine, Russie, Allemagne, France, Royaume-Uni). Conformément à une loi adoptée par son Parlement contrôlé par les conservateurs, Téhéran cessera le 21 février de se soumettre au régime très strict d’inspections internationales.

« La plupart des violations » de l’accord entreprises jusqu’ici par l’Iran, notamment en matière d’enrichissement d’uranium, « peuvent être rapidement réversibles« , dit Kelsey Davenport, de l’Arms Control Association. Plusieurs experts évoquent un délai de moins de trois mois.

« Mais les violations que l’Iran a planifiées pour les prochains mois sont plus graves » et « plus difficiles à annuler« , prévient-elle. À commencer par celle sur les inspections, car « toute perte d’accès » aux sites iraniens « alimentera les spéculations sur des activités illicites de l’Iran« .

Plus loin, en juin, les élections iraniennes risquent aussi de compliquer la donne, si les tenants de la ligne dure l’emportent.

Est-il encore temps?

Le 21 février approche à toute vitesse et « il est impératif que la diplomatie se mette en action« , s’alarme un ex-diplomate de l’Union européenne. Pour lui, « les dix prochains jours seront cruciaux pour savoir » s’il est « possible de convaincre l’Iran de ne pas aller de l’avant » avec cette nouvelle violation.

« Tout l’enjeu est de s’assurer que ce seuil ne soit pas franchi à cette échéance-là« , acquiesce une source européenne, soulignant qu’il s’agirait aussi d’une « ligne rouge pour la Russie et la Chine« .

Jon Wolfsthal, qui conseillait Joe Biden sur ces questions lorsqu’il était vice-président, croit savoir que les États-Unis et l’Iran « envisagent, avant le 21, une déclaration qui montrerait leur intention mutuelle à respecter à nouveau l’accord« .

Américains et Iraniens vont-ils se parler?

L’accord sur le nucléaire iranien de 2015 (AFP/Archives – John SAEKI)

« Nous ne nous fixons aucune date-butoir particulière« , a balayé le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price, interrogé vendredi sur l’échéance du 21 février.

Officiellement, l’administration Biden, qui a nommé Rob Malley, l’un des artisans américains du texte de 2015, comme émissaire pour l’Iran, se concentre pour l’instant sur ses contacts avec ses alliés européens et les autres signataires. Le dialogue direct avec Téhéran, après la rupture des années Trump, n’interviendrait que dans un second temps.

Mais en coulisses, « je pense que les responsables américains ont déjà commencé à discuter avec les responsables iraniens« , glisse un ex-conseiller de la Maison Blanche sous la présidence de Barack Obama.

Quelles sont les options?

Thomas Countryman, qui était sous-secrétaire d’État sous l’administration Obama-Biden, estime que le président américain pourrait lever, par décret, « certaines sanctions pour prouver sa bonne volonté« .

Mais cette piste semble peu praticable tant que l’Iran ne fait pas le premier pas. Dans les deux pays, reconnait en effet Thomas Countryman, les dirigeants doivent démontrer qu’ils ne « cèdent pas à la pression« .

La droite américaine, mais aussi certains démocrates, voient en effet d’un mauvais œil la reprise du dialogue et exhortent Joe Biden à ne pas se précipiter dans les bras des ayatollahs sans garantie concrète.

Une autre option serait selon lui une « déclaration d’intentions réciproque de Téhéran et Washington s’engageant à revenir pleinement dans l’accord« , préalable à une négociation sur les modalités et le calendrier.

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a suggéré que l’UE joue un rôle pour « chorégraphier » les mesures des deux pays ennemis.

Selon une source européenne, le Vieux Continent peut être « le pivot de cette négociation entre Américains, Iraniens, Russes et Chinois« .

« Tout est dans l’extrême détail du séquençage« , dit une autre.

Des observateurs évoquent d’autres gestes américains envers Téhéran pour rebâtir une certaine confiance, comme une aide en matière de vaccins contre le Covid-19, une assistance humanitaire ou des garanties économiques — en débloquant par exemple la demande iranienne de prêt du Fonds monétaire international.

Par AFP le 14 février 2021 à 6h45

Photo en titre : Le président américain Joe Biden écoute son secrétaire d’État Antony Blinken, avant leur prise de fonctions, le 24 novembre 2020 à Wilmington, dans l’État du Delaware. GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives – Mark Makela

https://www.challenges.fr/monde/les-options-de-biden-pour-sauver-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien_750974#comments

JAPON : SÉISME DE MAGNITUDE 7 AU LARGE DE FUKUSHIMA, PAS D’ALERTE AU TSUNAMI

Le séisme a été ressenti jusqu’à Tokyo, mais aucune alerte tsunami n’a été déclenchée dans cette zone ravagée par le tremblement de terre de 2011.

Un séisme sous-marin de magnitude 7.0 a eu lieu samedi 13 février au large du nord-est du Japon peu après 23 heures locales. La secousse a été fortement et longuement ressentie également à Tokyo, mais aucune alerte tsunami n’a été déclenchée. 

Selon l’Agence météorologique japonaise (JMA), le tremblement de terre a eu lieu à une profondeur de 60 kilomètres dans l’océan Pacifique au large de la zone de Fukushima, ravagée par le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 qui avaient causé 18.000 morts et disparus et provoqué une catastrophe nucléaire. 

À la suite de ce récent séisme, il n’y avait pas de victimes ou de dégâts matériels signalés dans l’immédiat, à part des coupures de courant pour plusieurs centaines de milliers de foyers dans le nord-est du pays, selon les médias locaux. 

Tepco, l’opérateur de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi gravement accidentée en mars 2011, a déclaré dans un tweet qu’il surveillait l’impact du séisme sur ses installations. Le Premier ministre Yoshihide Suga s’est rendu dans ses bureaux, et le gouvernement mettait en place un dispositif spécial pour suivre l’évolution de la situation avec les départements touchés, selon la chaîne de télévision publique NHK. 

Par Marie Zafimehy et AFP, publié le 13/02/2021 à 17h00

Photo en titre : Une vue de la centrale de Fukushima prise le 12 novembre 2014 Crédit : AFP / Archives, Shizuo Kambayashi

https://www.rtl.fr/actu/international/japon-seisme-de-magnitude-7-au-large-de-fukushima-pas-d-alerte-at-tsunami-7900001495

ANNIVERSAIRE FUKUSHIMA 10 ANS: VIDÉOS, LIVRES

Bande dessinée intitulée Fukushima 3.11.

L’Association Nos Voisins Lointains 3.11 a le plaisir de vous annoncer la mise en ligne en libre accès de la bande dessinée intitulée Fukushima 3.11. Les pages de cette bande dessinée sont parues dans le n°15 de la revue TOPO (janvier/février 2019). Elles ont été réalisées à partir du témoignage de Suguru Yokota, recueilli dans le cadre du projet de recherche « DILEM » du CNRS….

Suguru, le garçon qui avait 15 ans lorsqu’il fut interviewé pour la première fois, est originaire de la ville de Koriyama, qui se situe en dehors des zones d’évacuation par l’ordre. Les déplacé-e-s de ces territoires sont appelés les « évacué-e-s volontaires » ou « auto-évacué-e-s » par rapport aux évacué-e-s forcé-e-s, et sont souvent les cibles de critiques et de brimades, puisqu’ils ont osé prendre la décision de partir, alors que le gouvernement n’avait pas donné l’ordre d’évacuer.

Cliquer sur FUKUSHIMA 3.11 pour visualiser la BD

Source: http://nosvoisinslointains311.home.blog/…/bd-fukushima…/

Mon Troupeau Irradié :

Mon Troupeau Irradié est un film avec des témoignages d’éleveurs de vaches de Fukushima. Mise en ligne du film d’accès gratuit prévue pour la période du 21 février au 14 mars 2021

Pour voir la bande annonce (4mn07s), aller sur le site du CRILAN indiqué à la fin de cet article.

Débat en ligne avec la participation du réalisateur prévu pour le samedi 13 mars à 14h ; plus d’informations sur: https://nosvoisinslointains311.home.blog/agenda/?fbclid=IwAR1

Cécile Asanuma Brice annonce son nouvel ouvrage, Fukushima : Dix ans après.

Sociologie d’un désastre nucléaire, paraîtra le 4 mars 2021 aux éditions de la Maison des Sciences de l’Homme. Il sera question de ses recherches sur les banlieues japonaises, de ses travaux sur l’après-Fukushima, mais aussi de l’entrecroisement de ces thématiques au travers de la gestion des populations à la suite de la catastrophe du 11 mars 2011.

AUDIOBLOG.ARTERADIO.COM
Audioblog | Episode 6 – L’urbanisme japonais, entre aménagement des banlieues et gestion de la catastrophe de Fukushima : entretien

Par André JACQUES, publié le 13 février 2021

https://crilan.fr/anniversaire-fukushima-10-ans-videos-audios-livres-expos/

CATTENOM : NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 3

Le 3 février 2021, l’exploitant de la centrale nucléaire de Cattenom a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation (RGE) du réacteur 3 concernant un dépassement du délai de repli de ce réacteur requis en cas de cumul d’événements.

Les RGE sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent notamment des délais pour la mise à l’arrêt des réacteurs en cas de panne sur certains équipements. Ces délais sont réduits lorsque plusieurs indisponibilités surviennent simultanément.

Le 29 janvier 2021, EDF a réalisé un essai de bon fonctionnement de vannes situées sur l’un des deux circuits d’injection de sécurité (RIS) ainsi que sur l’un des deux circuits d’aspersion de secours (EAS) du réacteur 3 ; cet essai s’est révélé non satisfaisant, les vannes ne manœuvrant pas au cours du test. Dans cette situation cumulant deux indisponibilités de matériel, les RGE imposent, à défaut de réparation sous huit heures, l’arrêt du réacteur.

Un premier diagnostic a mis en cause une carte électronique du système de protection du réacteur. L’intervention sur cette carte, entraînant elle-même des indisponibilités de ce système, est soumise à un délai de huit heures également.

À la suite de cette intervention, une mauvaise analyse de l’équipe de maintenance a conduit à la réalisation incomplète des essais permettant de s’assurer de la disponibilité du matériel. Cette omission a conduit, lors de la reprise des essais de manœuvre des vannes, à un cumul de trois indisponibilités simultanées sur une durée totale d’un peu plus de deux heures, alors que ce cumul est soumis à un délai réduit à une heure, au lieu des huit heures prévues pour les événements pris séparément. Le repli du réacteur a finalement été engagé en dehors du délai prévu par les RGE.

L’événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, des systèmes de sécurité ont été simultanément indisponibles sur une durée plus longue que prévu par les RGE. En raison du non-respect des règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Pendant les différentes phases de mise à l’arrêt du réacteur, le diagnostic définitif réalisé par EDF a permis d’identifier le matériel en cause, de le remettre en conformité et de réaliser des tests satisfaisants. Les procédures de mise à l’arrêt du réacteur ont ainsi été interrompues dès la remise en conformité des installations.

Publié le 12 février 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-32

ESSAIS NUCLÉAIRES EN ALGÉRIE : RECRUDESCENCE DE CAS DE CANCERS, DE MALFORMATIONS CONGÉNITALES À ADRAR

ADRAR- L’Association « El Gheith El Kadem » d’aide aux malades dans la wilaya d’Adrar alerte sur une recrudescence « inquiétante« , ces dernières années, des cas de cancer de tous les types, de malformations congénitales et de stérilité dus à la radioactivités induite par les explosions menées par la France coloniale dans la région de Reggane, le 13 février 1960.

Dans une déclaration à l’APS à la veille du 61ème anniversaire des essais nucléaires français dans cette région, le président de l’Association, Toumi Abderrahmane, a tiré la sonnette d’alarme sur « les effets persistants des radiations induites par les explosions nucléaires à Reggane. »

« Les conséquences désastreuses de ces explosions menées en surface, pour la plupart, sont constatés, encore aujourd’hui, sur les différentes composantes écologiques et l’environnement de la région« , a-t-il confirmé.

De son côté, le chercheur en histoire de la région, Dr. Lamharzi Abderahmane, affirme que les crimes nucléaires « abominables » perpétrés par la France à Reggane et dans le Sahara algérien, en général, resteront « à jamais des crimes imprescriptibles » au regard des répercussions sur la population, la faune et la flore.

« D’une puissance de 20 à 70 kilotonnes, ces opérations baptisées successivement Gerboise bleue, verte, blanche et rouge, ont été menées dans le mépris total de l’intégrité écologique », a-t-il précisé, rappelant que la France avait fait croire à l’opinion publique internationale qu’aucune vie humaine n’existait dans la région de Reggane.

Lire aussi : Essais nucléaires en Algérie: la France doit « s’excuser » pour tous ses « crimes coloniaux »

Soulignant le caractère « infondé » de ces allégations, Dr. Lamharzi évoque des témoignages vivants de nombreux autochtones et même d’étrangers ayant travaillé sur les chantiers de réalisation du site nucléaire.

Pour cet académicien, la « déclassification » de ce dossier est impérative pour rétablir les vérités historiques sur ce crime abject.

Par ailleurs, la population de la région de Reggane appelle les autorités suprêmes du pays à prendre des mesures pratiques au profit de « ceux qui continuent à souffrir atrocement des effets et répercussions désastreux des explosions nucléaires françaises dans la région sur le plan sanitaire et environnemental« .

Des appels au secours pour bénéficier de soins et de la décontamination des lieux

Père d’enfants souffrant de malformations congénitales et de problèmes de santé complexes, M. Khaldi Mohamed (55 ans), originaire de Reggane, a appelé à l’ouverture de cliniques spécialisées dans les diverses pathologies en recrudescence parmi la population de la région et de structures spécialisées pour les enfants à besoins spécifiques.

Un autre citoyen, (Djoudi, 44 ans) plaide, lui, pour l’assainissement de l’environnement des déchets nucléaires et la création d’un musée de la mémoire nationale à Reggane, dédié à cette douloureuse tragédie.

Soulignant l’importance d’un tel édifice pour « jeter toute la lumière sur crime colonial, à travers les recherches historiques et scientifiques« , il soutient qu’il s’agit là, « d’une revendication des acteurs et élites de la société ».

S’agissant de prolifération des cancers, plusieurs acteurs de la société civile de la wilaya d’Adrar ont appelé à « la cristallisation de l’efficacité visée à travers la plateforme numérique relative à la lutte contre le cancer, lancée par le ministère de la Santé, pour une meilleure prise en charge des malades au Sud, notamment dans la wilaya d’Adrar où le lien entre la hausse des cas et la radioactivité n’est plus à faire« .

Plusieurs associations locales, dont « El Gheith El Kadem » ont appelé à doter les structures sanitaires en équipements spécialisés. Le centre anti-cancer (CAC) d’Adrar manque d’un service de biopsie, d’une Imagerie à résonance magnétique (IRM), d’un service de chirurgie générale et d’un service d’hématologie pour éviter aux malades les déplacements jusqu’à la wilaya de Batna, affirment ces associations.

L’accent a été mis, également, sur « l’urgence » d’accorder un intérêt à l’oncologie pédiatrique, spécialité inexistante au Sud et à l’intégration de ces enfants malades dans la plateforme du ministère de la Santé. Un appel a été lancé, aussi pour la spécialité de radiologie.

Lire aussi : Anniversaire des essais nucléaires : caravane de solidarité au profit des habitants de Reggane

Pour sa part, le coordonnateur du Registre cancers à la Direction de la santé, de la population et de la réforme hospitalière, Dr. Mabrouki M’Hamed, a confirmé la hausse du taux de prévalence du cancer homme/femme au cours de l’année écoulée.

Parmi les cancers à forte prévalence chez les hommes, il y a lieu de citer le cancer des poumons, de la prostate, du pancréas, du colon, de l’estomac, de la vessie, de la thyroïde, et le cancer du système nerveux central.

Concernant les femmes, il s’agit du cancer du sein, cancer colorectal, des ovaires, des voies biliaires, de l’utérus et des voies respiratoires.

Publié le vendredi 12 février 2021 à 15h55

https://www.aps.dz/regions/117467-essais-nucleaires-recrudescence-de-cas-de-cancers-de-malformations-congenitales-et-de-sterilite

LA RUSSIE VA EFFECTUER LE PREMIER TEST DE SON DRONE NUCLÉAIRE « APOCALYPTIQUE » QUI POURRAIT ÉCRASER LES ÉTATS-UNIS PAR DE MÉGA TREMBLEMENTS DE TERRE

La RUSSIE s’apprête à effectuer le premier test de son drone nucléaire «  apocalyptique  » – censé être capable de détruire l’Amérique avec un tremblement de terre nucléaire.

Les préparatifs pour tester le drone sous-marin «Poséidon» à bord d’un sous-marin à propulsion nucléaire nommé Belgorod sont déjà en cours, selon le journal russe Izvestia.

Il est entendu que la marine russe devrait sécuriser environ 30 véhicules sous-marins sans pilote Poséidon d’ici 2027.

Ils peuvent être équipés d’armes conventionnelles et nucléaires, ce qui leur permet d’atteindre un large éventail de cibles – et ils ont déjà été testés avec succès à partir d’un sous-marin diesel (rapports Spoutnik).

DRONE NUCLÉAIRE

Le régime de Poutine a d’abord divulgué des informations sur le drone nucléaire – alors appelé «Ocean Multipurpose System Status-6» – fin 2015.

Il peut voyager à des vitesses de 85 km / h, a une portée intercontinentale allant jusqu’à 10 000 km et porte une ogive de 100 mégatonnes, selon les médias en Russie.

L’année dernière, le capitaine de la marine russe Konstantin Sivkov a déclaré qu’une attaque de Poséidon pourrait provoquer une rupture tectonique et détruire totalement le sous-continent nord-américain, (signalé par la Fondation Jamestown via Gazeta.ru).

Les tremblements de terre qui détruisent la ville se produisent lorsque les plaques tectoniques de la planète s’affrontent le long de lignes de faille.

Et le capitaine Sivkov a déclaré que les États-Unis étaient « terrifiés » après que Washington ait appelé Moscou à arrêter le développement de l’arme apocalyptique.

Dans la fuite de 2015, Poséidon aurait été développé pour «détruire d’importantes régions côtières économiques de l’ennemi et provoquer une contamination radioactive massive de longue durée».

Le sous-marin de Belgorod peut transporter jusqu’à six des drones nucléaires qui peuvent anéantir des villes côtières en explosant près du rivage, créant d’énormes tsunamis radioactifs, selon les médias russes.

En janvier de l’année dernière, Fox News a rapporté qu’un ancien conseiller principal du président américain Donald Trump avait admis qu’il y avait de «véritables inquiétudes» au sujet du Poséidon.

L’ancien conseiller principal du département d’État, Christian Whiton, a déclaré qu’une explosion créerait une «vague – et une vague hautement irradiée», mais comme l’eau absorberait une grande partie de l’énergie, la vague serait moins dommageable que d’être touchée par la bombe elle-même.

S’exprimant à Saint-Pétersbourg le 26 juillet, Poutine a vanté le Poséidon et le nouveau missile nucléaire hypersonique russe.

Il a déclaré: «Le déploiement de technologies avancées qui n’ont pas d’égales dans le monde, y compris les systèmes de frappe hypersonique et les drones sous-marins, augmentera les capacités de combat naval».

En 2018, le président russe a parlé avec éloge de l’arme terrifiante de Poséidon, la qualifiant de «vraiment fantastique».

Il a déclaré: «Ils sont silencieux, très maniables et n’ont pratiquement aucune vulnérabilité à exploiter par l’ennemi. »

« Il n’y a tout simplement rien au monde capable de les supporter. »

Par Merlin Charpie dans News, publié le 12 février 2021

https://news-24.fr/la-russie-va-effectuer-le-premier-test-de-son-drone-nucleaire-apocalyptique-qui-pourrait-nous-aplatir-avec-megaquakes/

Article original (en anglais): https://www.thesun.co.uk/news/14033807/russia-nuke-drone-flatten-america-megaquakes/

NUCLÉAIRE : LA FRANCE, LE ROYAUME-UNI ET L’ALLEMAGNE LANCENT UN AVERTISSEMENT À L’IRAN

Dans un communiqué commun, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont averti vendredi l’Iran que ses violations répétés de l’accord sur son programme nucléaire compromettait tout retour à la diplomatie

La France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont averti vendredi 12 février l’Iran qu’il « compromettait » tout retour à des négociations pour sauver l’accord encadrant son programme nucléaire en violant de façon répétée ce texte, dernièrement encore sur la production d’uranium métal.

À voir aussi sur France 24: L’ENTRETIEN – Nucléaire iranien : les États-Unis « devraient faire le premier pas »

« Nous appelons instamment l’Iran à mettre fin à ces activités sans délai et à s’abstenir de toute nouvelle violation de ses engagements nucléaires« , écrivent les trois puissances occidentales dans un communiqué conjoint.

« En accélérant ses violations, l’Iran compromet la possibilité qu’un retour à la diplomatie permette la réalisation pleine et entière des objectifs du PAGC [Plan d’action global commun]« , ont déclaré les porte-paroles des trois ministères des Affaires étrangères dans un communiqué commun. 

« En vertu de cet accord, l’Iran s’est engagé à ne pas produire d’uranium métallique et à ne pas conduire de recherche et développement sur la métallurgie de l’uranium pour une durée de quinze ans« , ont rappelé les trois pays, cosignataires du texte de 2015 avec les États-Unis – qui en sont sortis en 2018 – la Russie et la Chine.

« Aucune justification civile crédible« 

L’Agence internationale de l’énergie atomique a annoncé mercredi avoir « procédé le 8 février à la vérification de 3,6 grammes d’uranium métal dans l’usine d’Ispahan » (centre).

Si ce n’est pas une surprise – l’Iran avait fait savoir mi-janvier qu’il avançait dans cette direction –, le sujet est sensible car l’uranium métal peut être utilisé dans la fabrication d’armes nucléaires.

« Nous réaffirmons que ces activités, qui constituent une étape clé dans le développement d’une arme nucléaire, n’ont aucune justification civile crédible en Iran« , ont martelé Paris, Londres et Berlin en appelant « instamment l’Iran à y mettre fin sans délai et à s’abstenir de toute nouvelle violation de ses engagements nucléaires« .

Cette nouvelle violation affaiblit encore un peu plus l’accord sur le nucléaire iranien, qui menace de voler en éclats depuis que Donald Trump en a retiré les États-Unis en 2018 avant de rétablir des sanctions économiques.

En riposte, Téhéran s’est affranchi progressivement depuis 2019 de la plupart de ses engagements, arguant qu’il en avait le droit face aux « violations flagrantes » des règles par les autres parties.

L’arrivée le 20 janvier de Joe Biden à la Maison Blanche a laissé espérer une reprise du dialogue après la politique de « pression maximale » exercée par son prédécesseur.

Toutefois, le nouveau président américain a prévenu qu’il ne ferait pas le premier pas en levant les sanctions. Les Iraniens réclament à l’inverse un retour des États-Unis dans l’accord, avant de revenir eux-mêmes au respect de leurs engagements.

Par FRANCE 24 , AFP et Reuters, publié le 12/02/2021 à 13h53, modifié le 12/02/2021 à 14h33

Photo en titre : Photo d’un test de missile publiée le 16 janvier 2021 par les Gardiens de la révolution islamique. AP

https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20210212-nucl%C3%A9aire-la-france-le-royaume-uni-et-l-allemagne-avertissent-l-iran

Le résumé de la semaine : France 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

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LES DÉPUTÉS EUROPÉENS SOULÈVENT DES PRÉOCCUPATIONS EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ CONCERNANT UNE NOUVELLE CENTRALE NUCLÉAIRE EN BIÉLORUSSIE

Les députés européens ont appelé à la suspension du lancement commercial d’une nouvelle centrale nucléaire en Biélorussie en raison de problèmes de sécurité.

La société nucléaire d’État russe, Rosatom, qui a construit l’usine, a rejeté les affirmations selon lesquelles l’installation d’Astravets n’était pas sûre, affirmant que la conception était conforme aux normes internationales les plus élevées.

Elle a commencé à produire de l’électricité en novembre 2020 mais l’a fait avant de répondre aux préoccupations de sécurité en suspens, affirment les députés.

Ils ont voté par 642 voix contre 29 jeudi pour suspendre le lancement commercial de l’installation, qui est prévu pour mars, selon le Parlement européen.

La Lettonie, la Lituanie et l’Estonie se sont engagées à cesser d’acheter de la puissance au Bélarus l’année dernière.

Mais cela n’a pas empêché l’électricité de la centrale d’entrer dans l’UE, car les pays baltes sont toujours connectés au système russe – qui comprend la Biélorussie.

Pavel Havlicek, chercheur à l’Association pour les affaires internationales à Prague, a expliqué quels sont les domaines particulièrement préoccupants – et qui demande la suspension de l’usine.

« Il y a donc plusieurs niveaux de préoccupation, en fait. Le premier est évidemment lié à la sécurité parce que cela a été remis en question par l’UE et les autorités lituaniennes.

« La Commission d’enquête de l’UE est en Biélorussie cette semaine seulement et est sur le point de conclure l’enquête dans plusieurs semaines et plusieurs mois.

« Nous n’avons donc pas encore vu certains des résultats. Mais certaines des principales préoccupations exprimées, par exemple, par les régulateurs de l’énergie atomique lituaniens sont liées au fait que le sol sous la centrale électrique est instable et qu’il y a des risques. Des tremblements de terre et d’autres tests n’ont pas été effectués correctement. Il y a donc un certain nombre de problèmes liés à la sécurité de l’usine. »

Par Robinette Girard, publié le 11 février 2021 dans News

https://news-24.fr/les-deputes-soulevent-des-preoccupations-en-matiere-de-securite-concernant-une-nouvelle-centrale-nucleaire-en-bielorussie/

URANIUM : ORANO OBTIENT DEUX PERMIS D’EXPLORATION MINIÈRE AU GROENLAND

Le gouvernement du Groenland a attribué à Orano deux permis d’exploration minière pour des gisements d’uranium, au sud-est et au sud-ouest du pays, a annoncé le groupe le 4 février 2021 dans un communiqué. La zone concernée serait large de plus de 3.500 kilomètres carrés, précise le réseau Sortir du nucléaire.

Orano doit commencer ses travaux d’exploration dès cette année 2021. Il s’agira de mesures géophysiques réalisées depuis le ciel, d’observations sur le terrain et de prélèvements de surface effectués par les géologues du groupe, selon l’exploitant nucléaire. Après cette première phase d’exploration, une étude d’impact environnemental sera réalisée, suivie d’évaluations plus poussées du potentiel des deux sites. L’uranium — extrait de la roche, dans des mines (souvent) à ciel ouvert — est le combustible principal des centrales nucléaires.

Ce projet s’inscrit dans ce que Nicolas Maes, directeur des activités minières du groupe Orano, appelle une « politique d’exploration dynamique » avec des projets au Niger, au Kazakhstan, en Mongolie, au Canada et récemment en Ouzbékistan.

« L’extraction de l’uranium pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement de l’île »

Mercredi 10 février, 141 associations environnementales, parmi lesquelles le réseau Sortir du nucléaire, ont interpellé le gouvernement danois pour appeler à un moratoire sur les activités minières au Groenland et lui demander de protéger cette île à l’écosystème fragile. En effet, selon ces associations, « le Groenland possède certaines des plus grandes réserves de pétrole, de gaz et de minéraux du monde et il existe actuellement environ 70 licences d’exploration et d’exploitation à grande échelle [sur l’île], couvrant des milliers de kilomètres carrés, et presque toutes liées à des projets d’exploitation minière à ciel ouvert. La plupart de ces exploitations sont situées dans le sud du Groenland, qui possède la biodiversité la plus riche du pays et toutes [ses] terres agricoles ».

« L’extraction de l’uranium, activité extrêmement polluante, pourrait avoir des conséquences désastreuses sur l’environnement de l’île, voire plus largement », s’inquiète le réseau Sortir du nucléaire.

Un autre site du sud du Groenland, Kujataa, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, est également menacé par des projets d’extraction d’uranium, mais qui ne sont pas portés par Orano.

Publié le 11 février 2021

Par Reporterre avec Orano et le réseau Sortir du nucléaire (courriel)

Photo en titre : Est du Groenland. Pixabay

https://reporterre.net/Uranium-Orano-obtient-deux-permis-d-exploration-miniere-au-Groenland

FUKUSHIMA : LE RETRAIT DES COMBUSTIBLES USÉS DE LA PISCINE DU RÉACTEUR N°3 TOUCHE À SA FIN

TEPCo arrive au bout du retrait des combustibles usés du réacteur n°3 de la centrale de Fukushima Daï-ichi. Le dernier bilan, daté du 10 février 2021, rapporte que 483 assemblages usés sur 514 ont été retirés. La compagnie a déjà fini depuis longtemps de retirer les 52 assemblages neufs. Les opérations ont débuté en 2019.

Quatre assemblages ont été endommagés par la chute de débris suite à l’explosion hydrogène qui a détruit le bâtiment réacteur en mars 2011. TEPCo et Toshiba ont donc dû concevoir un équipement spécifique pour les retirer, avec un crochet adapté.

TEPCo espère avoir vidé cette piscine avant la fin mars 2021.

Publié le 10 février 2021

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

LA FRANCE DOIT ASSUMER L’HÉRITAGE NUCLÉAIRE ET PRENDRE EN CHARGE SES CONSÉQUENCES AU SAHARA

Combien d’avions et autres engins militaires contaminés par la radioactivité, la France a-t-elle volontairement enterré dans les sables du Sahara ? Combien de tonnes de déchets hautement radioactifs sont enfouis au cœur de la montagne du Tan Afella ? Pendant combien d’années encore les générations actuelles et futures, comme l’environnement vont-ils souffrir de cette pollution ? La question reste entière 61 ans après le premier essai nucléaire français au Sahara algérien. Nous demandons, une nouvelle fois, que la France regarde en face son héritage radiologique, prenne en charge les conséquences sanitaires et environnementales et agisse pour la sécurité de tous.

Le 13 février 1960, la France réalisait son premier essai nucléaire, suivi de 16 autres jusqu’au 16 février 1966. La radioactivité générée, les déchets enterrés volontairement ou cachés, comme nous le révélions le 27 août 2020 dans une étude* — réalisée par ICAN France et l’Observatoire des armements —, pèse toujours, au vu de l’importance des conséquences humanitaires et environnementales, dans les relations franco-algériennes.

Septembre 2020, les députés François-Michel Lambert (Libertés et Territoires), Jean-Paul Lecoq (GDR), Sébastien Nadot (non-inscrit), Aurélien Taché, (non-inscrit) ont déposé des questions écrites demandant de « publier les zones où ces déchets ont été enterrés afin de mettre un terme aux dangers que court les générations actuelles et futures dans ces zones ». Le ministère des Armées a répondu sans apporter aucune précision sur les déchets. 

21 octobre 2020, la ministre de l’Environnement Barbara Pompili, dans une audition publique, en réponse à l’interpellation de la députée Mathilde Panot, a indiqué qu’elle allait se renseigner sur cette problématique des déchets laissés en Algérie. Qu’en est-il ?

20 janvier 2021, l’historien Benjamin Stora a remis au président Macron, son rapport sur la réconciliation mémorielle entre la France et l’Algérie dans lequel il reprend certaines de nos recommandations à propos des déchets et des essais nucléaires.

Le « passé nucléaire » ne doit plus rester profondément enfoui dans les sables. Comme leurs prédécesseurs, le président Emmanuel Macron et ses ministres seront coupables aux yeux de l’histoire s’ils n’agissent pas. À eux d’agir et de prendre des initiatives en direction des autorités algériennes pour une prise en charge des victimes et une réhabilitation de l’environnement !

Rappel de quelques données

17 essais nucléaires, entre le 13 février 1960 et le 16 février 1966, dont :

  • 4 atmosphériques, laissant sur le sol des fragments noirs de sable vitrifié ;
  • 13 souterrains, dont 4 (Béryl, Améthyste, Rubis, Jade) provoqueront une diffusion massive dans l’atmosphère de gaz et de roches radioactives.

363 personnes ont bénéficié en dix ans d’existence de la loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français, adoptée le 5 janvier 2010. Un chiffre ridicule au regard des dizaines de milliers de personnes qui ont participé et aux populations qui ont subi les 210 essais réalisés par la France entre 1960 et 1996 en Algérie et en Polynésie ! Soit : 1 seule indemnisation a été accordée à une personne habitant en Algérie, 63 à des personnes résidant en Polynésie et 299 à des membres du personnel civil ou militaire.

Citations

Pour Patrice BOUVERET, directeur de l’Observatoire des armements, porte-parole de ICAN France, « à la différence de ce qui s’est passé en Polynésie, il est frappant de constater à quel point les conséquences environnementales et sanitaires des essais nucléaires en Algérie ont été largement passées sous silence par les autorités françaises. La principale raison dépasse me semble-t-il le cadre des relations entre les deux pays. Elle se trouve dans la difficulté de l’État à reconnaître qu’il a mis sciemment en danger la population. De plus, la loi du 15 juillet 2008  bloquant l’accès aux archives liées au nucléaire, nous prive des sources qui renforceraient la sécurité des populations vivant proche des sites d’essais ».

Pour Jean-Marie COLLIN, expert et porte-parole d’ICAN France, « nous avons identifié des déchets non radioactifs, du matériel contaminé par la radioactivité volontairement enterrés et des matières radioactives issues des explosions nucléaires. Ces déchets sont de la responsabilité de la France et aujourd’hui du président Macron. Il n’est plus possible que ce gouvernement attende encore pour remettre aux autorités algériennes la liste complète des emplacements où ils ont été enfouis. Pourquoi continuer de faire peser sur ces populations des risques sanitaires, transgénérationnels et environnementaux ? »

*Étude : Sous le sable, la radioactivité ! Les déchets des essais nucléaires français en Algérie. Analyse au regard du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, étude de l’Observatoire des armements et de ICAN France (campagne internationale pour abolir les armes nucléaires), publiée par la Fondation Heinrich Böll, 2020.

Publié le 11 février 2021

http://icanfrance.org/la-france-doit-assumer-lheritage-nucleaire-et-prendre-en-charge-ses-consequences-au-sahara/

ISÈRE-AIN : DES COMPRIMÉS D’IODE MIS À DISPOSITION DES RIVERAINS DES CENTRALES NUCLÉAIRES DE SAINT-ALBAN ET DU BUGEY

Les centrales du Bugey dans l’Ain et celle de Saint-Alban/Saint-Maurice l’Exil font partie des 19 centrales nucléaires françaises concernées par cette nouvelle campagne nationale de distribution de comprimés d’iode aux riverains et établissements recevant du public (2,2 millions de personnes, et plus de 200 000 établissements à l’échelle de l’hexagone).

Les comprimés d’iode sont à retirer en pharmacie 

534 300 particuliers et 7341 établissements situés à proximité des centrales du Bugey (01) et de Saint-Alban / Saint-Maurice-l’Exil (38),  situés dans un rayon de 10 à 20 kilomètres, sont concernés.

Cette seconde étape fait suite à une première vague de mise à disposition des comprimés d’iode en pharmacie depuis le mois de septembre 2019.

Sont invités à retirer leurs comprimés d’iode dans l’une des pharmacies partenaires :

  •  les foyers n’ayant pas pu les retirer lors de la première campagne,
  •  les nouveaux arrivants des communes concernées qui n’ont pas pu en bénéficier précédemment,
  •  les ERP, parmi lesquels figurent les établissements scolaires. Ils pourront effectuer leur retrait sur simple présentation d’un justificatif de domiciliation 

Pour connaître les pharmacies participantes à cette opération sur l’ensemble du territoire, vous pouvez consulter la liste disponible sur le site www.distribution-iode.com à la rubrique « Les comprimés d’iode « .

La prise d’iode : une démarche préventive en cas d’accident nucléaire

Les campagnes de distribution des comprimés d’iode ont lieu régulièrement depuis 1997 et concernent les personnes qui résident ou travaillent à proximité d’une centrale nucléaire.

Organisées par les pouvoirs publics (services de l’Etat et EDF, propriétaire des centrales nucléaires) ces campagnes ont pour objectif la mise à disposition des populations riveraines des centrales nucléaires des comprimés d’iode stable permettant de protéger leur thyroïde en cas de rejet accidentel d’iode radioactif dans l’atmosphère.

« En cas d’accident nucléaire, la prise de comprimés d’iode stable protège la thyroïde de l’iode radioactif qui pourrait être rejeté dans l’environnement. La thyroïde va absorber l’iode stable jusqu’à saturation, et ne pourra donc plus assimiler l’iode radioactif qui serait éventuellement respiré ou ingéré. Les comprimés d’iode doivent être administrés en situation accidentelle et uniquement sur instruction des autorités.

Une campagne qui est aussi l’occasion de rappeler, si besoin, les réflexes en cas d’alerte nucléaire :

  • Se mettre à l’abri rapidement dans un bâtiment en dur
  • Se tenir informé via les médias et les réseaux sociaux
  •  Ne pas aller chercher ses enfants à l’école
  •  Limiter ses communications téléphoniques
  •  Prendre les comprimés d’iode stable sur instruction du préfet et selon la posologie
  •  Se préparer à une éventuelle évacuation 
  • Des informations utiles et une foire aux questions sont présentes sur le site www.distribution-iode.com

 

Publié le 10/02/2021 à 16h26, mis à jour le 10/02/2021 à 17h58

Photo en titre : Centrale nucléaire de Saint-Alban en Isère • © EDF

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere-ain-des-comprimes-d-iode-mis-a-disposition-des-riverains-des-centrales-nucleaires-de-saint-alban-et-du-bugey-1950421.html

NDLR : ces comprimés d’iode ne protègent que de l’iode radioactif (129I, 131I…).mais pas des nombreux autres éléments radioactifs rejetés en cas d’accident: gaz rares, césium, strontium, ruthénium, Cérium, Zirconium, Baryum, Lanthane….

Pour plus d’infos, vous pouvez consulter le site de L’IRSN : https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/La_surete_Nucleaire/risque-nucleaire/mesures-radioactivite-crise/Pages/principaux-radionucleides-rejetes-en-cas-accident.aspx#.YCVWrXnjKvY

NUCLÉAIRE IRANIEN : LES ÉTATS-UNIS « DEVRAIENT FAIRE LE PREMIER PAS » (VIDÉO)

Dans une interview accordée à FRANCE 24, l’ambassadeur d’Iran à l’ONU a évoqué la possibilité d’un retour des États-Unis dans l’accord nucléaire de 2015. Majid Takht-Ravanchi affirme que c’est à Washington, qui s’est retiré de l’accord, « de faire le premier pas« . Interrogé sur la guerre au Yémen, Téhéran « encourage toutes les parties » du conflit à « accepter un cessez-le-feu général » affirme-t-il. Enfin, l’ancien vice-ministre des affaires étrangères a déclaré que l’Iran était prêt à faire un échange de prisonniers, une proposition restée sans réponse des États-Unis.

Par Sanam SHANTYAEI, publié le 11/02/2021 à 10h27

Photo en titre : Nucléaire iranien : les États-Unis « devraient faire le premier pas » © FRANCE 24

Pour écouter et voir la vidéo complète de cet entretien (12mn10s), cliquer sur : https://www.france24.com/fr/%C3%A9missions/l-entretien/20210211-nucl%C3%A9aire-iranien-les-%C3%A9tats-unis-devraient-faire-le-premier-pas

GIRONDE : AU PIED DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS, DES ÉLUS MOBILISÉS CONTRE HERCULE

Ce mercredi, à l’invitation de la CGT, des élus ont pris la parole contre le projet de scission d’EDF devant la centrale de Braud-et-Saint-Louis.

« C’est un combat qui dépasse largement la centrale. » Micro à la main, ce mercredi matin, sous une tonnelle à l’entrée de la centrale nucléaire du Blayais, à Braud-et-Saint-Louis, le délégué syndical de la CGT Olivier Delbos s’exprime devant une trentaine de personnes, dont plusieurs élus girondins.

Tous manifestent leur rejet du projet « Hercule », qui prévoit la scission d’EDF en trois entités. Les opposants craignent un démantèlement et la privatisation de la partie la plus rentable. « Tout ce qui coûte va rester public », prédit Sébastien Lavaud, élu (PC) de Bordeaux Métropole. « C’est un choix de société », complète Denis Baldès, maire (DVG) de Blaye et président de la Communauté de communes (CdC) de Blaye.

Pour les élus présents, il s’agissait ainsi de « défendre le service public de l’énergie », pour reprendre les mots de la présidente de la CdC du Grand Cubzaguais, Valérie Guinaudie (PS). « Il y a un risque pour les secteurs ruraux, qui sont moins rentables : à la fin, ce sont les collectivités qui paient », craint-elle, faisant l’analogie avec le développement de la fibre qui se fait attendre dans les campagnes.

Le débrayage, démarré à 7 heures, a pris fin un peu avant 10 heures. Les syndicats prévoient une nouvelle action le jeudi 18 février à destination des usagers de Haute Gironde.

Par Vincent Trouche, publié le 10/02/2021, mis à jour à 17h43

Photo en titre : Denis Baldès, le maire de Blaye, et plusieurs autres élus étaient présents. © Crédit photo : V. T.

https://www.sudouest.fr/gironde/braud-et-saint-louis/gironde-au-pied-de-la-centrale-nucleaire-du-blayais-des-elus-mobilises-contre-hercule-1273501.php

LIVRE : « UN JOUR, ÇA VA ARRIVER »… LA BRETAGNE AU CŒUR D’UNE FICTION DE CATASTROPHE NUCLÉAIRE

LITTÉRATURE Le journaliste Geoffrey Le Guilcher publie l’ouvrage « La Pierre jaune » où il évoque la résistance d’un groupe marginal après un attentat terroriste sur l’usine de la Hague

Le site du Cotentin sert au stockage des matières nucléaires françaises. D’après un scientifique, un attentat dans l’une de ses piscines serait bien pire que Tchernobyl.

Le journaliste a imaginé l’intrigue dans le golfe du Morbihan, un coin qu’il connaît très bien.

C’est un scénario digne d’un blockbuster. Nous sommes en 2024 et la catastrophe que beaucoup craignaient se produit. Comme en septembre 2001, deux avions pilotés par des fanatiques islamistes viennent s’écraser sur une cible de choix. Après les tours jumelles à New York, c’est l’usine nucléaire de La Hague, dans le Cotentin, qui est visée.

Un nuage toxique vient irradier une bonne partie de l’ouest de la France et toute la population est invitée à décamper. Mais dans la communauté d’activistes de La Pierre Jaune, certains décident de rester sur place et de tenter de survivre au beau milieu de ce chaos. Ce scénario catastrophe né dans l’esprit du journaliste Geoffrey Le Guilcher constitue l’intrigue de son roman fiction La Pierre Jaune, qui se déroule dans la petite commune de Saint-Gildas-de-Rhuys, dans le golfe du Morbihan.

« Quand on étudie les catastrophes nucléaires, c’est comme de la science-fiction »

L’idée de cet ouvrage a germé dans l’esprit de ce jeune auteur quand il s’est penché sur des documents classés, découverts dans l’ordinateur d’Oussama Ben Laden. Le terroriste y cachait les travaux très sérieux d’un scientifique allemand, qui estime que les émissions radioactives d’un attentat dans l’une des piscines d’entreposage de l’usine de La Hague seraient 66,7 fois supérieures à celles de Tchernobyl.

« Quand on étudie les catastrophes nucléaires, c’est comme de la science-fiction. Toute la réalité change, tout le monde doit suivre. On ne sait plus si on a le droit de sortir, comment s’habiller, comment manger, on ne peut plus boire l’eau du robinet… C’est ça qui me fascine », explique Geoffrey Le Guilcher. La question ce n’est pas de savoir si on va connaître une catastrophe mais plutôt de savoir quand »

L’homme a un goût pour les sujets qui fâchent. Après avoir infiltré un abattoir breton pendant quarante jours pour sortir le brûlant « Steak Machine », le journaliste s’attaque cette fois au délicat sujet de l’énergie la plus controversée au monde. « Nous avons 58 sites nucléaires en France. Pour moi la question ce n’est pas de savoir si on va connaître une catastrophe mais plutôt de savoir quand. Un jour, ça va arriver ».

« J’aimerais que chacun réfléchisse à sa réaction face à une telle catastrophe »

Dans sa fiction, l’auteur a choisi de s’immiscer dans une communauté marginale d’activistes quelque peu inspirée de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Un choix délibéré. « C’est un milieu écolo, qui s’intéresse souvent à la collapsologie et suit de près ces sujets de catastrophe. J’avais envie de voir si cela pouvait servir d’être un peu documenté pour survivre dans une zone contaminée ». Dans son ouvrage, il évoque par exemple les « traitements » au bleu de Prusse, qui permettent de minimiser la portée toxique du césium ou encore la nécessité de se raser les cheveux et les sourcils pour limiter l’exposition aux radiations.

Grand habitué de la Bretagne où il possède une maison de famille, le journaliste basé à Paris a choisi la charmante presqu’île de Rhuys comme théâtre de cette ZAD. D’abord parce qu’il connaît très bien le coin, mais aussi parce que la commune se situe à 300 km de l’usine de La Hague, qui se trouve elle-même à 300 km de Paris et de Londres. « Ce livre, je le vois comme une nouvelle manière de regarder le nucléaire. Je ne suis ni pour, ni contre, mais j’aimerais que chacun réfléchisse à sa réaction face à une telle catastrophe. Est-ce que je pars, est-ce que je reste ? Comment me décontaminer ? À qui faire confiance ? Toutes ces questions méritent d’être posées ».

Son ouvrage, tiré à 5.000 exemplaires par la maison d’édition qu’il a co-fondée, le journaliste le décrit comme « un roman d’anticipation réaliste ». Un récit bien ficelé qui laisse entrevoir ce qu’une telle catastrophe pourrait avoir comme impact sur nos vies. À côté de ça, le Covid-19 passe pour un non-événement.

Par Camille Allain, publié le 11 février à 07h05, mis à jour le 11/02/21 à 07h05

Photo en titre : Le journaliste Geoffrey Le Guilcher livre un roman fiction autour d’une catastrophe nucléaire en Bretagne. — Goutte d’Or

https://www.20minutes.fr/arts-stars/livres/2974227-20210211-jour-ca-va-arriver-bretagne-ur-fiction-catastrophe-nucleaire

ESSAIS NUCLÉAIRES EN ALGÉRIE : STORA N’A PAS ACCORDÉ D’IMPORTANCE AUX CONSÉQUENCES SANITAIRES

ALGER – Le directeur de l’Observatoire des armements en France, Patrice Bouveret, a regretté, dans un entretien accordé à l’APS, que l’historien Benjamin Stora n’ait pas accordé une « grande importance » aux conséquences sanitaires sur les populations de Reggane et de Tamanrasset, victimes des essais nucléaires effectués par la France en Algérie.

« Nous regrettons que la place consacrée aux conséquences des 17 essais nucléaires, réalisés par la France pendant la guerre d’Algérie et les cinq premières années de l’indépendance, ne soient pas plus importante. Benjamin Stora n’aborde que la question des déchets laissés par la France sur place, sans souligner l’importance des conséquences sanitaires pour les populations du Sahara« , a déploré M. Bouveret.

Il a estimé que ces conséquences sanitaires « ne peuvent pas être considérées comme un problème dont la gestion reviendrait uniquement au service de santé algérien, mais l’inquiétude vient surtout dans la mise en œuvre des nombreuses recommandations du rapport« .

Les essais nucléaires criminels, menés par la France coloniale du 13 février au 1er mai 1966 à Reggane (Adrar) et In Ecker (Tamanrasset) continuent de faire des ravages parmi les populations de la région, causant des pathologies jusque-là méconnues, aujourd’hui perceptibles aussi bien sur la santé humaine que l’environnement, la faune et la flore.

Le cofondateur et directeur de l’Observatoire des armements a rappelé que des propositions pour le règlement des conséquences des essais nucléaires ont été annoncées à deux reprises au moins, en 2008 et en 2012, par les responsables politiques des deux pays, « sans qu’elles soient suivies d’une mise en œuvre concrète« , relevant que la mission confiée par le président Emmanuel Macron à l’historien Benjamin Stora « brassait un spectre très large couvrant toute la période de la colonisation et la guerre d’Algérie« .

Le co-auteur, avec Jean-Marie Collin, de « Sous le sable, la radioactivité! Déchets des essais nucléaires français en Algérie« , a également noté, en enchainant sur l’absence d’indemnisation des victimes algériennes de ces essais nucléaires, que cette question « ne concerne pas seulement les victimes en Algérie, mais bien l’ensemble des personnes affectées ».

Il a fait savoir qu' »en dix ans d’existence de la loi de reconnaissance et d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Loi Morin), seulement 363 personnes ont pu en bénéficier« , qualifiant cela de « ridicule au regard des conséquences subies par l’ensemble des populations et des personnels, suite aux 210 essais réalisés par la France entre 1960 et 1996 en Algérie et en Polynésie« .

Citant les dernières données publiées par le Comité chargé d’examiner les dossiers (Civen, Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires), il a révélé « qu’une seule indemnisation a été accordée à une personne habitant en Algérie, contre 63 indemnisations à des personnes résidant en Polynésie et 299 à des membres du personnel civil ou militaire« .

Il a indiqué que « plusieurs raisons expliquent cette situation anormale« , faisant observer que « si le gouvernement français a adopté une loi d’indemnisation, c’est avant tout le résultat des actions menées durant de nombreuses années par les populations, les personnels militaires et civils des essais nucléaires avec le soutien des associations, tout particulièrement de l’Observatoire des armements, de l’Aven (Association des vétérans des essais nucléaires) et de l’association +Moruroa e nous+, regroupant les anciens travailleurs polynésiens« .

À cela s’ajoutent des « actions menées au niveau des médias, des parlementaires y compris devant la Justice« , a-t-il dit, estimant qu’en Algérie « la constitution d’associations de victimes a été plus tardive et rencontre encore beaucoup de difficultés pour se faire entendre« .

Lire aussiEssais nucléaires en Algérie: la France doit « s’excuser » pour tous ses « crimes colonia

Soulignant que la loi Morin pose le principe de réparation du préjudice subi pour toute personne souffrant d’une maladie radio-induite résultant des essais nucléaires, M. Bouveret a noté que « les démarches pour bénéficier de cette la loi ne sont pas des plus simples, notamment pour les populations vivant dans la zone des essais« .

« Outre que tout se passe en français dans un pays où la langue officielle est l’arabe, il faut rassembler nombre de pièces administratives et pouvoir se déplacer si besoin en France. Il faudrait, par exemple, que la France, en concertation avec l’Algérie, dépêche des équipes socio-médicales sur place pour aider à la constitution des dossiers. Nous en sommes loin », a-t-il encore regretté.

Il a ajouté que la loi Morin « pose le principe de réparation du préjudice subi pour toute personne souffrant d’une maladie radio-induite résultant des essais nucléaires« , relevant que « le problème réside dans son application qui repose, pour une large part, sur de simples décrets pris par le gouvernement« .

M.Bouveret a expliqué que parmi « les mesures rapides qui pourraient être prises concernant particulièrement les populations en Algérie, c’est, d’une part, élargir les zones où les personnes doivent avoir séjourné et, d’autre part, compléter la liste des maladies ouvrant droit à l’indemnisation« .

En outre, il a estimé que la loi pourrait être modifiée « au niveau de la prise en compte des conséquences génétiques et de leur transmission pour les générations suivantes« , rappelant que depuis son adoption en 2010, « la loi Morin a déjà été modifiée à plusieurs reprises afin de permettre sa mise en œuvre effective« .

Le secret-défense toujours en vigueur pour les archives des essais nucléaires

Pour ce qui est des opérations de décontamination des sites du Sahara (Reggane et Tamanrasset), M. Bouveret a relevé que cela nécessite « obligatoirement un accord entre les deux gouvernements et une volonté politique« .

Au sujet du refus de la France de fournir à l’Algérie les archives et la documentation liées à ces essais nucléaires, il a précisé que « la principale raison dépasse le cadre des relations parfois tumultueuses entre les deux pays et se trouve dans cette culture du secret particulièrement bien ancrée dans la tradition française, tout particulièrement concernant le domaine militaire« .

« La difficulté d’accès aux archives se pose pour l’ensemble des chercheurs, journalistes ou citoyens, quelle que soit leur nationalité « , a déploré M. Bouveret.

Lire aussiLe rapport de Stora, un « prolongement » de la loi française glorifiant la colonisation

« En 2008, alors que nous arrivions au terme où ces archives allaient rentrer dans le domaine public, une loi a été adoptée créant une catégorie spéciale pour les archives concernant le nucléaire, les rendant ainsi non communicables sans autorisation spécifique« .

En somme, les abominables essais nucléaires français en Algérie n’ont pas livré tous leurs secrets, alors que les conséquences de ces crimes contre l’humanité font toujours des ravages parmi les populations sans oublier la radioactivité nucléaire sur l’environnement.

Publié le mercredi, 10 février 2021 à 13h30  

https://www.aps.dz/algerie/117378-essais-nucleaires-en-algerie-stora-n-a-pas-accorde-d-importance-aux-consequences-sanitaires

NUCLÉAIRE : LES « ANTI » SE RASSEMBLENT POUR RÉCLAMER LA FERMETURE DE LA CENTRALE DU BUGEY

Ce mardi 9 février, des membres de l’association Sortir du nucléaire en Bugey vont investir le rond-point de Loyettes, sur la RD 20 à la sortie nord de la commune contre les EPR et la prolongation des quatre réacteurs de la centrale du Bugey.

Une dizaine de militants compte s’installer sur le rond-point à partir de 15 h 30 pour protester sur l’utilisation de l’énergie nucléaire. L’association SDN Bugey est née en 2011, après l’accident de Fukushima. Elle compte une centaine d’adhérents.

Publié le 9 février 2021 à 18 heures

Photo en titre : L’association SDN Bugey est née en 2011, après l’accident de Fukushima. Photo DR

https://www.leprogres.fr/environnement/2021/02/09/nucleaire-les-anti-se-rassemblent-pour-reclamer-la-fermeture-de-la-centrale-du-bugey

LES ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS EN ALGÉRIE, « UNE CONCRÉTISATION LITTÉRALE » DE LA POLITIQUE DE LA TERRE BRULÉE

ALGER- Les explosions nucléaires françaises dans la région de Reggane ont été « une concrétisation littérale » de la politique de la terre brulée suivie par la colonisation française, a affirmé mardi à Alger Me Fatma Zohra Benbraham, avocate au barreau d’Alger.

« Les explosions nucléaires françaises en Algérie ont été une concrétisation littérale de la politique de la terre brûlée, suivie par la colonisation française en Algérie et demeureront un crime imprescriptible contre l’Humanité et la terre« , a déclaré à l’APS Me Bnebraham en marge de sa participation au Forum du quotidien « El Moudjahid« , organisé en collaboration avec l’association « Machaal Echahid » et le Musée du Moudjahid, à l’occasion de la commémoration du 61ème anniversaire de ces explosions.

Rappelant que l’ancien président français François Hollande avait reconnu, en 2014, que ce qui s’est produit à Reggane étaient « des explosions et non des essais nucléaires« , elle a estimé que « cette reconnaissance est à même de constituer un élément supplémentaire pour prouver le crime perpétré à l’encontre des Algériens« .

« Il est inadmissible d’occulter le droit d’Algériens qui ont été utilisés comme des rats de laboratoire pour des essais nucléaires », a-t-elle dénoncé ajoutant que « leur mort ne peut être un prétexte pour oublier ce qu’ils ont subi, au même titre que la terre saine et pure qui porte à nos jours les traces d’une pollution dangereuse ».

Pour Me Benbraham, les effets des explosions qui se sont étendues à travers les eaux souterraines jusqu’à la Tunisie « ne peuvent être ignorés« , d’autant que le lieu où ils ont été menées « demeure témoin de ce crime« .

De son côté, le membre et représentant de l’Association 13 Février des victimes de la région de Reggane, Mahmoudi Mohamed, a mis en avant « les souffrances » des habitants de la région et « les graves maladies héritées en conséquence de ces explosions nucléaires« , affirmant que « le calvaire » hérité de génération en génération demeure « une infamie dans l’Histoire de l’occupant français« .

Le président de l’Association « Mechaal Echahid« , Mohamed Abbad a estimé, pour sa part, que la commémoration de cet anniversaire « se veut une immortalisation des inoubliables sacrifices que tout un chacun doit veiller à leur communication aux générations montantes « .

Dans sa quête de maitriser la technologie nucléaire à but militaire, la France coloniale a fabriqué une bombe atomique dès la fin des années 50 du siècle dernier.  Elle avait décidé, alors, de prendre le Sahara algérien et sa population pour champ à ces essais nucléaires. La première explosion, d’une puissance de 60.000 à 70.000 tonnes de T.N.T a été réalisée dans la région de Reggane, le 13 février 1960. Cette bombe est cinq fois plus puissante que celle d’Hiroshima, selon les experts.

Publié le mardi, 09 février 2021 à 20h16

https://www.aps.dz/algerie/117340-les-essais-nucleaires-francais-en-algerie-une-concretisation-litterale-de-la-politique-de-la-terre-brulee

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM PROVOQUE UNE CHUTE DE NEIGE QUI N’ÉTAIT PAS PRÉVUE

En Moselle, les habitants de Cattenom se sont réveillés ce 9 février avec plusieurs dizaines de centimètres d’une étrange neige. Il s’agit d’un phénomène de « neige industrielle » : la vapeur d’eau de la centrale nucléaire voisine s’est condensée dans l’air froid, provoquant des chutes de neige très localisées.

Les prévisions météorologiques avaient annoncé l’arrivée de la neige en Bretagne, mais les dizaines de centimètres qui sont tombés dans la nuit du 8 au 9 février sur Cattenom (Moselle) n’étaient pas prévues. Normal, il n’y avait pas de précipitations attendues, mais simplement des températures négatives.

Les habitants de Cattenom se sont donc pourtant réveillés avec plusieurs dizaines de centimètres d’une neige inhabituelle, décrite par Le Républicain Lorrain comme de petites boules compactes, presque semblables à du polystyrène .

Cette couche de neige a provoqué d’importantes perturbations de la circulation routière dans le secteur :

Info trafic Lorraine et Frontières – ITLF

Plus surprenant, quelques kilomètres plus loin, il n’y avait aucune trace de neige. Il s’agit d’un phénomène de  neige industrielle – ou neige de pollution – qui se produit parfois et est difficile à prévoir, dit Météo-France.

Vapeur d’eau

Cette neige survient lorsque l’air ambiant est chargé d’humidité supplémentaire (par les industries, les appareils de chauffage, la circulation…) et qu’il y a du vent ou des températures négatives. Rennes avait par exemple connu ce phénomène en décembre 2016.

L’épisode survenu à Cattenom est dû semble-t-il à la vapeur d’eau rejetée par la centrale nucléaire située sur le territoire de la commune. La vapeur d’eau s’est condensée au contact de l’air très froid et est retombée sous forme de neige.

L’épisode a été extrêmement localisé, comme le montrent les images radar :

Le phénomène n’a concerné que quelques kilomètres autour de Cattenom. Dix kilomètres plus loin, il n’y avait pas de trace de neige.

La vapeur rejetée par ses tours s’est condensée et est retombée juste à côté. Cela apparaît parfaitement sur la carte de cumul de neige!

Photo Maurice Spick

Sur le secteur de Thionville, la neige a provoqué d’importants ralentissements de la circulation. Les salariés de la centrale ont été invités à rester chez eux.

Dans l’ensemble du département, le verglas avait compliqué les conditions de circulation.

Par Erwan ALIX et Ouest-France, publié le 09/02/2021 à 15h04

Photo en titre : La vapeur d’eau rejetée par la centrale nucléaire de Cattenom (ici en octobre 2017) a entraîné des chutes de neige très localisées. | PATRICK HERTZOG / ARCHIVES AFP

https://www.ouest-france.fr/meteo/neige/la-centrale-nucleaire-de-cattenom-provoque-une-chute-de-neige-qui-n-etait-pas-prevue-7148353

PYONGYANG A DÉVELOPPÉ SES PROGRAMMES NUCLÉAIRE ET BALISTIQUE EN 2020, SELON L’ONU

NEW YORK (Reuters) – La Corée du Nord a entretenu et développé ses programmes nucléaire et balistique en 2020, en violation des sanctions internationales, selon rapport confidentiel des Nations unies que Reuters a pu consulter lundi.

D’après ce rapport rédigé par des observateurs indépendants, Pyongyang « a produit des matériaux fissiles, entretenu des centrales nucléaires et amélioré ses infrastructures de missiles balistiques« , tout en cherchant à se procurer à l’étranger des matériaux et des technologies pour ces programmes.

Ce rapport annuel a été transmis au comité de l’ONU supervisant les sanctions imposées à la Corée du Nord seulement quelques semaines après la prise de fonction de Joe Biden à la présidence américaine. Une porte-parole du département d’État américain a fait savoir lundi que l’administration Biden prévoyait d’adopter une nouvelle approche avec la Corée du Nord, dont un examen complet avec des alliés des « moyens de pression et de la possibilité d’une quelconque diplomatie à l’avenir« .

L’an dernier, la Corée du Nord a dévoilé lors de parades militaires de nouveaux missiles à courte portée et à moyenne portée, des missiles lancés depuis des sous-marins et des missiles balistiques intercontinentaux, note le rapport de l’ONU.

Bien qu’aucun essai de missile nord-coréen n’a été effectué l’an dernier, Pyongyang a « annoncé préparer les tests et la production de nouvelles têtes de missile balistique et le développement de nouvelles armes tactiques nucléaires. »

Aucun commentaire n’a été obtenu dans l’immédiat auprès de la mission de la Corée du Nord à l’ONU.

Par Michelle Nichols, version française Camille Raynaud, édité par Jean Terzian, reuters.com, publié le 09/02/2021 à 6h06  

Photo en titre : Crédits : Kcna

https://www.latribune.fr/depeches/reuters/KBN2A90GA/pyongyang-a-developpe-ses-programmes-nucleaire-et-balistique-en-2020-selon-onu.html

EN INDO-PACIFIQUE, JOE BIDEN VEUT TRANSFORMER LE « QUAD » EN « MINI-OTAN » POUR CONTRECARRER LA CHINE

Avec la Chine en toile de fond et sa puissance militaire montante au cœur de leurs préoccupations majeures, le président américain Joe Biden et son administration organisent la riposte en menant des discussions approfondies avec les principaux chefs de la diplomatie européenne. Ils préparent aussi un sommet prochain du « Quad », ce forum stratégique qui rassemble les États-Unis, le Japon, l’Australie et l’Inde et dont Washington souhaiterait en faire « un nouvel Otan » en Asie.

Vendredi 5 février, les chefs de la diplomatie de l’Allemagne, de la France, du Royaume-Uni et des États-Unis ont déclaré leur intention de « relancer » les liens transatlantiques, lors de leur première rencontre virtuelle depuis que le président Joe Biden est entré en fonctions à Washington le 20 janvier. « Les ministres des Affaires étrangères ont convenu qu’ils souhaitaient relancer le partenariat transatlantique traditionnellement fort, et affronter ensemble les défis globaux à l’avenir, ont-ils affirmé selon un communiqué du gouvernement américain. Ce premier échange approfondi entre les ministres des Affaires étrangères depuis l’investiture du président Biden s’est caractérisé par une atmosphère confiante et constructive. »

Ces échanges virtuels ont été l’occasion d’aborder un éventail de sujets, dont l’Iran, la pandémie de coronavirus, mais aussi les relations avec la Chine et la Russie, a précisé Berlin. Le secrétaire d’État Antony Blinken a « souligné l’engagement américain en faveur d’une action coordonnée pour surmonter les défis mondiaux », a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. Des propos qui tranchent avec la politique du cavalier seul et de « l’Amérique d’abord » de l’administration Trump. Anthony Blinken et ses homologues ont « affirmé le rôle central de la relation transatlantique pour affronter les questions de sécurité, de climat, d’économie, de santé et d’autres défis auxquels fait face le monde », a ajouté Ned Price.

« Asie-Pacifique ouverte »

Plus important, l’entourage du président Joe Biden est en train de préparer la tenue d’une première réunion virtuelle au sommet du « Quad », ce forum qui réunit Washington, Tokyo, Canberra et New Delhi, croit savoir l’agence Kyodo samedi 6 février. Ce serait sa première réunion au plus haut niveau depuis que l’administration Trump a transformé ce « Dialogue quadrilatéral sur la sécurité » en un mécanisme dont l’objectif avoué est de contrecarrer l’influence croissante de la Chine dans la région Asie-Pacifique.

Selon l’agence japonaise, l’agenda de ce sommet comprend en particulier des discussions sur le respect d’une « Asie-Pacifique ouverte » ainsi que sur les inquiétudes suscitées par les activités de la Chine dans la région, dont en particulier la militarisation chinoise conduite en mer de Chine du Sud revendiquée par Pékin.

« Un sommet du « Quad » ne serait pas une surprise puisque l’alliance sécuritaire contre la Chine en Asie-Pacifique est une stratégie constante des États-Unis », relève Shi Yinhong, un expert des relations internationales de l’Université Renmin à Pékin cité par le South China Morning Post. Ce spécialiste table cependant sur une évolution probable du « Quad » en « mini-OTAN » pour l’Asie-Pacifique après que le Royaume-Uni a manifesté son désir d’en faire partie. Ce plan de l’administration américaine a déjà fait surface à plusieurs reprises ces derniers mois.

Sans confirmer explicitement la tenue prochaine de ce sommet, le ministère japonais des Affaires étrangères a indiqué que le Premier ministre Yoshihide Suga et le président américain étaient tombés d’accord sur le principe d’un renforcement du « Quad » à l’occasion d’un entretien téléphonique fin janvier.

Le « Quad » a tenu sa première réunion au niveau des ministres des Affaires étrangères en 2019 à New York, puis une seconde en octobre 2020 à Tokyo.

Coup de fil à Xi Jinping en attente

Mais tandis que Joe Biden a appelé la quasi-totalité de ses principaux interlocuteurs étrangers, il n’a toujours pas téléphoné au président Xi Jinping, trois semaines après son investiture. Dans une interview à la chaîne de télévision américaine CBS diffusée dimanche 7 février, le président américain a expliqué qu’il n’y avait pas de raison pour les deux présidents de ne pas se parler au téléphone. Pékin, a-t-il dit, « a envoyé des signaux » dans ce sens. « Nous n’avons pas besoin d’un conflit, mais il y aura une concurrence extrême, a prévenu Joe Biden. Je ne vais pas suivre la méthode Trump et nous allons nous concentrer sur les règles internationales pour la route à suivre. »

Un premier contact officiel sino-américain a néanmoins eu lieu samedi 6 février lors d’un entretien téléphonique entre le secrétaire d’État américain Anthony Blinken et le chef de la politique étrangère du Parti communiste chinois Yang Jiechi. Le successeur de Mike Pompeo a profité de cette discussion pour affirmer que les États-Unis continueraient de se porter aux côtés des droits de l’homme et des valeurs démocratiques dans le monde.

« J’ai clairement dit que les États-Unis défendraient nos intérêts nationaux, lutteraient pour nos valeurs démocratiques et tiendraient Pékin pour responsable de tout abus contre le système international », a tweeté le nouveau secrétaire d’État à l’issue de cet entretien téléphonique. Les États-Unis « continueront de défendre les droits humains et les valeurs démocratiques, y compris au Xinjiang, au Tibet et à Hong Kong », a précisé Anthony Blinken selon un communiqué du département d’État.

De son côté, Yang Jiechi a demandé aux États-Unis de ne pas porter préjudice « aux intérêts fondamentaux » de la Chine et de « corriger leurs politiques erronées ». Le responsable chinois a invité Washington à travailler avec Pékin dans le but de créer un environnement qui évite la confrontation, selon l’agence Chine Nouvelle (Xinhua).

Capacités nucléaires de Pékin

Entre-temps, les déclarations au sujet de la Chine se sont multipliées ces derniers jours au sein de la nouvelle administration américaine. C’est ainsi que le nouveau secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, a qualifié la Chine de « menace constante » pour le Pentagone, lors d’une audition au Sénat. Son adjointe, Kathleen Hicks, a quant à elle déclaré que face à la menace croissante de la Chine contre Taïwan, l’engagement américain à l’égard de « l’île rebelle » devait être « transparent comme le cristal ». Quant au conseiller pour la Sécurité nationale de Joe Biden, Jake Sullivan, il a estimé que la Chine représentait « un concurrent stratégique fondamental ».

Par ailleurs, selon le chef du Commandement stratégique nucléaire américain, l’amiral Charles Richard, les États-Unis doivent se préparer « à une possibilité très réelle » d’une attaque nucléaire à l’heure où la Chine et la Russie augmentent rapidement leurs capacités nucléaires. La Chine, a-t-il écrit dans un article du numéro de février du magazine Proceedings de l’Institut des forces navales américaines, est en train de devenir un « concurrent stratégique » des États-Unis dans ce domaine, tandis que son engagement pris dans les années 1960 de ne pas être le premier à lancer une attaque nucléaire « pourrait bien changer en un clin d’œil ». Et de préciser : « Pékin est engagé dans la recherche de capacités et d’opérations stratégiques qui ne sont pas cohérentes avec une dissuasion minimale, lui donnant une panoplie complète d’options, y compris un usage limité de même qu’une capacité d’attaque préventive. »

La Chine n’a jamais révélé l’étendue de son arsenal nucléaire. Mais les experts occidentaux l’estime généralement entre 200 et 300 ogives nucléaires, soit à peu près l’équivalent de celui du Royaume-Uni ou de la France, très loin derrière l’arsenal de la Russie ou des États-Unis.

Le 25 janvier, la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki avait été on ne plus explicite : « Ce que nous avons vu ces dernières années est une Chine de plus en plus autoritaire chez elle et agressive à l’extérieur. Pékin en vient maintenant à défier notre sécurité, notre prospérité et nos valeurs d’une façon telle qu’elle exige de nous une nouvelle approche. »

Par Pierre-Antoine Donnet, publié le 9 février 2021

 Pierre-Antoine DonnetÀ propos de l’auteur: Ancien journaliste à l’AFP, Pierre-Antoine Donnet est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages consacrés à la Chine, au Japon, au Tibet, à l’Inde et aux grands défis asiatiques. En 2020, cet ancien correspondant à Pékin a publié « Le leadership mondial en question, L’affrontement entre la Chine et les États-Unis » aux Éditions de l’Aube. 

Photo en titre : Le président américain Joe Biden n’a toujours pas appelé son homologue chinois Xi Jinping. (Source : The Australian)

https://asialyst.com/fr/2021/02/09/etats-unis-biden-veut-transformer-quad-mini-otan-pour-contrecarrer-chine/

AVENIR DU NUCLÉAIRE DANS LA DRÔME : « ON NE VEUT PAS FINIR EN CHAIR À NEUTRONS POUR EDF » EXPLIQUE STOP TRICASTIN

Dans une lettre adressée à son PDG et signée par la présidente (LR) de la Drôme Marie-Pierre Mouton, de nombreux élus proposent à EDF la candidature du Tricastin pour accueillir des réacteurs nucléaires nouvelle génération de type EPR. Une prise de position contestée par « Stop Tricastin« . 

Il se murmure, dans la presse et le monde politique, que, dans les projets d’EDF, deux sites basés en Auvergne Rhône-Alpes seraient en concurrence pour accueillir un nouvel EPR : le site du Bugey, dans l’Ain, ou celui de Pierrelatte, dans la Drôme. C’est pour « emporter la partie » qu’une démarche a été entreprise par la présidente (LR) de la Drôme, Marie-Pierre Mouton, sous la forme d’une lettre de candidature.

Le courrier, communiqué à la presse lundi 1er février, a été cosigné par des élus du département de la Drôme, du Vaucluse, du Gard et de l’Ardèche parmi lesquels on trouve Pascal Terrasse ancien président (PS) du département de l’Ardèche, Jean Michel Catelinois, maire (LREM) de Saint-Paul-Trois-Châteaux et président de la Communauté de communes de Drôme sud ou encore Alain Gallu (DVD), maire de Pierrelatte.

Dans un communiqué récent, l’association « Stop Tricastin« , composée d’habitants opposés au nucléaire, balaye l’ensemble des arguments présentés dans ce courrier en faveur d’un tel projet.

Ils nient tout d’abord « l’acceptation du nucléaire par la population » qui est évoquée : « Dans le sondage BVA /ORANO évoqué dans la lettre des élus 29% des sondés autour de Tricastin estiment que la centrale est un handicap pour la région. Et rappelons que notre pétition pour la fermeture du réacteur numéro 1 du Tricastin a recueilli plus de 41 000 signatures dont 1024 en Drôme et 987 en Ardèche. » répond l’association.

Des arguments défavorables au projet

Autre argument : pour « Stop-Tricastin« , il ne faut pas négliger les risques que représenterait l’implantation d’un nouveau réacteur dans une zone sismique : « On ne pourra donc se prononcer sur la centrale du Tricastin que lorsque l’IRSN et le CNRS auront terminé leur évaluation du séisme de référence à prendre en compte, tout en sachant, Fukushima nous l’a montré, qu’un séisme nettement supérieur au séisme historique est toujours possible lorsque le site de la centrale se trouve en zone sismique. » est-il expliqué.

Les opposants s’interrogent également sur l’avenir des déchets radioactifs « dont on ne sait que faire et que personne ne veut… leur gestion et le coût de celle-ci reposeront sur les générations futures. » Enfin, ils estiment que ces réacteurs nucléaires de nouvelle génération représenteraient un coût trop important, qui reviendra, au final, au consommateur ou au contribuable.

Contactés par nos soins, le porte-parole de « Stop Tricastin » soulève d’autres points qu’il estime problématiques dans ce projet.

Le premier est très politique. Il concerne la présidente (LR) de la Drôme, Marie-Pierre Mouton. « Elle est également présidente de la Commission d’Information des citoyens sur le nucléaire autour de Tricastin, et ouvertement pro-nucléaire. Nous lui prêtons des arrière-pensées politiques, notamment les futures élections cantonales où elle compte se présenter. » De leur côté, les opposants au nucléaire fondent beaucoup d’espoir sur une éventuelle victoire des écologistes aux futures élections régionales, officiellement hostiles à l’implantation d’un EPR à Tricastin. « Ils ont remporté Grenoble, Lyon, Annecy et d’autres villes. C’est maintenant ou jamais. » commente-t-il. 

Une autre solution serait possible

Concernant l’emploi, les anti-EPR réfutent l’argument avancé par les élus chiffrant à 7000 salariés la mise en œuvre d’un grand chantier EPR. Selon eux, on peut à l’inverse tout à fait développer des emplois d’une autre manière : « Notre région bénéficie d’un potentiel exceptionnel en matière d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, hydraulique et géothermie) et une grande partie des travailleurs du nucléaire pourraient utiliser leurs compétences et leur savoir-faire dans le développement de nouvelles filières énergétiques permettant de fournir de l’électricité décarbonnée et d’accroître notre indépendance énergétique. » explique Alain Volle.

Il cite l’implantation à Valence des concepteurs du projet « Négawatt« , qui, depuis les années 2000, travaillent en faveur d’une transition énergétique réaliste et soutenable pour la France. « Leur scénario de transition écologique régional pourrait parfaitement s’appliquer ici. » estime Stop Tricastin. « Il suffirait simplement de faire un grand audit social des compétences de la région. Et, à côté du démantèlement, on pourrait reconvertir très largement toutes ces personnes« . Le scénario envisagé par Négawatt estime qu’il est possible de se passer de centrale nucléaire, à condition de réduire de 50% notre consommation en énergie au préalable, d’améliorer l’efficacité énergétique en isolant les bâtiments, ou en améliorant les moteurs. 

RTE travaille sur un scénario alternatif à l’horizon 2050

Stop Tricastin a d’autres raisons de se montrer optimiste. Leur association met en avant un rapport très récent, auquel collabore RTE, montrant une étude sur les conditions d’un système électrique à forte part d’énergies renouvelables en France à l’horizon 2050. « Bien qu’il n’y ait aucune barrière technique infranchissable a priori, il faut regarder les faits scientifiques, techniques et industriels« , relevait en janvier 2021 Xavier Piechaczyk, président de RTE. « Il reste beaucoup de sujets à résoudre. Le rapport suggère une méthode et des feuilles de route pour traiter ces enjeux« .

La ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a salué cette annonce. « Ce rapport constitue un moment copernicien pour le monde de l’énergie. Nous avons désormais la confirmation que tendre vers 100% d’électricité renouvelable est techniquement possible« , a-t-elle commenté. Pour Alain Volle, de Stop-Tricastin, « Cela veut clairement dire qu’aujourd’hui, même au gouvernement, tout le monde n’est pas d’accord avec EDF« . conclut-il.

En conclusion, l’association opposée à cette implantation d’un EPR à Tricastin estime qu’EDF pratiquerait « une fuite en avant, et une politique du fait accompli. » Pour appuyer cette opinion, ils rappellent que l’entreprise a déjà commandé à Framatome au Creusot des pièces pour ce futur EPR 2, alors que le projet n’a pas encore été validé par l’État. « EDF est une espèce d’État dans l’État, totalement obsédé par le nucléaire. Nous, les riverains, on est inquiets, parce qu’on n’a pas envie d’être de la chair à neutrons. On aime notre région et on n’a pas envie de se retrouver demain ou évacués ou…mort« . ajoute Alain Volle. « On ne veut pas d’un nouvel EPR à Tricastin, et on est solidaires de nos copains du Bugey, qui n’en veulent pas non plus. » 

Publié le 08/02/2021 à 16h34, mis à jour le 08/02/2021 à 18h02

Photo en titre : La centrale du Tricastin sera-t-elle remplacée par un EPR nouvelle génération ? Les opposants au nucléaire le refuse • © Guillaume Horcajuelo /Newscom/ Max PPP

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/valence/avenir-du-nucleaire-dans-la-drome-on-ne-veut-pas-finir-en-chair-a-neutrons-pour-edf-explique-stop-tricastin-1946758.html

« BANNIR TOUTES LES ARMES ATOMIQUES »

Défense. « La France doit ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires, communément appelé TIAN. »

L’arme nucléaire est une arme de destruction massive, car elle tue indistinctement l’adversaire armé et la population civile.

Après les armes chimiques, les armes biologiques, l’arme nucléaire est interdite, illégale, illégitime depuis le 22 janvier 2021.

Le Traité d’interdiction des armes nucléaires, communément appelé TIAN, a été porté par les ONG de la société civile. « Les survivants des explosions nucléaires et des essais nucléaires ont offert des témoignages tragiques et ont été une force morale » (déclaration du porte-parole du secrétaire général de l’Onu).

La France est l’un des pays à détenir l’arme atomique. Elle dépense plus de 6 milliards d’euros par an pour la moderniser. Le secret-défense interdit toute discussion, débat et vote parlementaire.

Ne soyons pas sourds aux lanceurs d’alerte, aux organisations, qui demandent un dialogue afin que la France ratifie le TIAN.

Le risque continu d’avoir 250 bombes prêtes à l’emploi, en France (soit plus de 2 500 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima) est un risque aux conséquences humanitaires et écologiques catastrophiques.

La France ne doit pas rester trop longtemps en dehors de l’Histoire.

Par Annick Martin (Maine-et-Loire) via Ouest-France, publié le 09/02/2021 à 05h50

Photo en titre : Le sous-marin nucléaire français « Suffren », en 2019. | THOMAS BRÉGARDIS, OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/medias/ouest-france/courrier-des-lecteurs/bannir-toutes-les-armes-atomiques-7147703

L’ANDRA TENTE DE DÉSAMORCER L’AVIS DE L’AUTORITÉ ENVIRONNEMENTALE

BURESTOP 55  – COMMUNIQUÉ du 8 février 2021 :

Jusqu’où allons-nous fermer les yeux sur les défaillances majeures du dossier Cigéo ?

L’Andra, championne de la pensée positive, tente de minimiser l’avis très critique rendu par l’Autorité environnementale sur l’étude d’impact globale qu’elle a fourni dans le cadre de la procédure de DUP. (Est Républicain – 05/02 2021).

Le collectif Burestop55 alerte sur l’inquiétante vacuité – ou vide sidéral – de ses réponses. Parti comme c’est, le feu vert au projet industriel le plus risqué du siècle repose à présent sur un incroyable marché : fermer les yeux sur des risques identifiés et sans solution, reporter à « plus tard » les démonstrations… le tout sur fond de silence acheté à coup de promesses de développement parfaitement illusoire.

Avec Cigéo, on flirte avec un risque de type Tchernobyl, arrêtons de banaliser l’évidence

Cigéo a pour objectif de « de protéger l’homme et l’environnement du danger de ces déchets sur le très long terme ». Problème, l’Andra n’arrive pas à démontrer cette hypothèse. Deux décennies d’étude dans le laboratoire de Bure démontrent le contraire : la radioactivité ne restera pas enfouie à 500m sous terre à Bure.

L’Autorité environnementale porte à l’attention du public des probabilités d’accidents majeurs. Incendie souterrain non maîtrisable dû aux déchets bitumés, explosion de colis de déchets nucléaires sous terre, séisme mettant à mal 265 km de galeries, contamination incontrôlable de nappe phréatique et de cours d’eau : le risque est bien de type Tchernobyl ou Fukushima…

Il faut s’appeler Andra pour rester optimiste et déclarer que l’avis rendu est « positif », que la qualité de l’étude d’impact est « plutôt bonne » et que le projet Cigéo intègre « une garantie de sûreté même avec des activités humaines ».

Quand les élus et décideurs vont-ils prendre enfin conscience, ou avouer, que Cigéo serait une dangereuse installation nucléaire de base (INB), pas le stockage idéalisé depuis des années par l’Andra? L’Autorité environnementale conseille d’ailleurs de stopper tout développement du territoire qui serait impacté.

L’Andra esquive ou reporte à plus tard, c’est selon

Ressource géothermique sous Bure ? Circulez, il n’y a rien à voir, même si l’Autorité environnementale s’en inquiète, à juste titre, et recommande de nouvelles études.

Proximité alarmante du fossé tectonique de Gondrecourt ? Cigéo serait construit pour résister « à un séisme supérieur à celui susceptible d’intervenir », comprenne qui pourra cette affirmation quasi magique.

Manque notoire de rapport de sécurité ? L’Andra prend son temps et produira ses démonstrations en temps voulu, après, une fois la DUP acquise et la DAC en bonne voie.

Des millions d’euros ont été consacrés aux études dans le « laboratoire » de Bure, la seconde phase d’investissement pourrait embarquer le pays sur une voie sans aucune issue.

En effet, la phase pilote (5 Md€ + 5,7md€ pour l’extension progressive du stockage) s’apparente à une gigantesque, juteuse et unique opération de BTP, sur fond de gaspillage d’argent public. À ce niveau d’investissement et de destruction territoriale, l’étape censée « valider une démonstration de sûreté » ne tient pas la route.

Retrouvez la tribune dans Le Monde 05/02 2021 :  « Ne poursuivons pas sur la voie sans retour du stockage géologique des déchets radioactifs »
EN PDF > ICI

Par BURESTOP 55, (www/burestop.eu) , publié le 8 février 2021

http://burestop.free.fr/spip/spip.php?article986

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM A DÉCLARÉ UN INCIDENT DE NIVEAU 1

La centrale nucléaire de Cattenom a déclaré un incident de niveau 1 (sur les sept que compte l’échelle INES) fin janvier. En cause : un délai d’intervention trop long sur l’un des deux circuits d’injection de sécurité du réacteur n° 3. Il n’a pas eu d’impact sur la sûreté, assure EDF.

Le vendredi 29 janvier , les équipes de la centrale nucléaire de Cattenom réalisent un essai de bon fonctionnement de vannes situées sur l’un des deux circuits d’injection de sécurité de l’unité de production n° 3. Il s’agit d’un circuit qui, en cas d’accident, permet d’introduire de l’eau borée dans le circuit primaire du réacteur afin de refroidir le cœur. Lors de l’essai, les équipes ont mis en évidence un défaut dans le déroulement du test de ces vannes.

Règles d’exploitation

Dans ce type de situation, les règles d’exploitation demandent d’entamer les procédures de mise à l’arrêt du réacteur ou de procéder à la réparation dans des délais réglementaires (huit heures dans ce cas). Après un premier diagnostic, une carte électronique a fait l’objet d’une réparation. La requalification incomplète de la carte électronique a conduit EDF à sous évaluer le nouveau délai pour entamer les opérations de mise à l’arrêt du réacteur, qui était alors demandé sous une heure.

Tests concluants

Pendant les différentes phases de mise à l’arrêt du réacteur, le diagnostic définitif réalisé a permis de remettre en conformité le matériel et de réaliser des tests concluants. Les équipes de la centrale ont ainsi pu interrompre les procédures de mise à l’arrêt du réacteur. L’unité de production n° 3 est restée couplée au réseau d’électricité à puissance réduite.

Cet événement n’a pas eu d’impact sur la sûreté des installations puisqu’une seconde voie assurant les mêmes fonctions était opérationnelle et que l’état du réacteur ne nécessitait pas de solliciter le système d’injection de sécurité.

Publié le 8 février 2021 à 17h18, mis à jour à 17h34

Photo en titre : Le défaut a été décelé sur la tranche 3, moins d’un mois avant sa révision décennale.  Photo RL /Armand FLOHR

https://www.republicain-lorrain.fr/environnement/2021/02/08/la-centrale-nucleaire-a-declare-un-incident-de-niveau-1

LA LEÇON DE STOCAMINE POUR BURE : L’ÉTAT NE TIENT PAS SA PAROLE

Les 42.000 tonnes de déchets hautement toxiques enfouies dans le site de Stocamine y resteront, malgré la promesse de la « réversibilité ». Les en sortir coûterait trop cher, même si c’est faisable, expliquent les auteurs de cette tribune. Qui s’interrogent : pourquoi serait-ce différent pour le projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure en cas d’accident ?

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a annoncé lundi 18 janvier que les 42.000 tonnes de mercure, de cyanure, d’arsenic, d’amiante, etc., encore présentes dans le centre de stockage de déchets hautement toxiques Stocamine, à Wittelsheim (Haut-Rhin), resteraient définitivement confinées à 500 mètres de profondeur. Et ce, malgré la contamination inéluctable, à plus ou moins long terme, de la nappe phréatique par remontée de ces produits toxiques et l’obligation légale de réversibilité du stockage souterrain (c’est-à-dire l’obligation de se donner les moyens de récupérer les déchets). Une trahison que, lors de sa visite à Wittelsheim, le 5 janvier 2021, Mme Pompili s’est vue obligée de reconnaître :

 Il faudra que l’on tire des leçons de l’Histoire, une leçon de ce qu’il s’est passé, une leçon sur la parole de l’État et l’utilisation du mot « réversibilité ». Je crois qu’il faut le bannir à tout jamais ce mot. »

Parallèlement, elle justifiait sa décision en invoquant l’affaissement probable des galeries sur les déchets, à la suite de l’incendie de 2002, ainsi que le risque sanitaire pour les travailleurs en cas d’opérations de déstockage. Mais il est probable que le coût du déstockage, régulièrement évalué autour de 450 millions d’euros quand celui du confinement définitif en vaudrait trois fois moins, ait été un paramètre déterminant.

Cette annonce est un véritable scandale, tant du point de vue environnemental que démocratique. Et comment ne pas faire un parallèle avec le très controversé projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure ? Alors, Madame la Ministre, puisque vous l’avez souhaité à Wittelsheim, tirons « les leçons de l’Histoire » !

L’accident « impossible »

Prévu pour accueillir 320.000 tonnes de déchets, mis en service en 1999 avec la promesse de réversibilité en cas d’incident, le site de Stocamine a été mis à l’arrêt en 2002 à la suite d’un incendie souterrain. Depuis, un bras de fer oppose, d’un côté, les acteurs du territoire alsacien, qui demandent le retrait des 42.000 tonnes de déchets chimiques enfouis, et de l’autre, l’État, qui se défile.

Pourtant, aux dires de ses exploitants avant ce fameux incendie, Wittelsheim était un site extrêmement favorable, même à très long terme. La mine était stable, les études hydrogéologiques réalisées par l’École des mines de Paris et par l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques) l’attestaient. On était tranquilles pour au moins dix mille ans ! À Bure, aujourd’hui, même topo : l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) vante le caractère exceptionnel du site, répète qu’il est stable depuis des millions d’années et continue de souligner les qualités de la couche d’argile malgré les remises en cause de nombreux experts indépendants.

À Stocamine, c’est un simple défaut dans la procédure d’admission des colis qui a conduit à l’accident de 2002. Depuis, les galeries s’affaissent. Elles se referment sur les déchets à un rythme deux fois plus rapide que celui prévu par les géologues. Élus, habitants et travailleurs des mines avaient pourtant fait confiance à ceux qui leur garantissaient la sûreté et la réversibilité du site. Notamment à Pierre-Franck Chevet, alors directeur de la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement (Drire) Alsace, qui avait validé le projet. Et que l’on a retrouvé, entre 2012 et 2018, président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) chargée d’évaluer la sûreté du projet Cigéo.

En 2019, jumelage à Bure lors de la venue de Stocamine pour une conférence.

En 1999, élus et dirigeants se sont succédé sur les plateaux de télévision en présentant Stocamine comme une aubaine pour la région de Mulhouse : ils promettaient la création d’une centaine d’emplois et d’un pôle de recherche sur les déchets en liaison avec l’école de chimie de Mulhouse. En réalité, seuls quinze emplois de mineurs recyclés ont été créés. Le rêve de la « Silicon Valley alsacienne » n’a jamais vu le jour.

Même stratégie à Bure. Le fameux « laboratoire de recherche » installé par le gouvernement s’est vite transformé en agence de communication. Plus d’un milliard d’euros a déjà été dépensé pour favoriser l’acceptabilité sociale du projet. Mais le territoire continue à se désertifier, les promesses d’emplois ne sont pas au rendez-vous, et les acteurs du territoire ont le sentiment de s’être fait berner.

La « réversibilité », une formule rhétorique

La réversibilité a été inscrite dans l’arrêté d’autorisation de Stocamine en 1997. Ce n’était pas une promesse, mais une obligation légale. À l’époque, chacun faisait semblant d’y croire. Michel Streckdenfinger, ingénieur des Mines et président de Stocamine de 1991 à 2000, déclarait : « Nous devons garantir les conditions techniques et financières de la remontée [des déchets toxiques] [1]. » Promis, juré. Finalement, c’est le coût de l’opération qui aura été déterminant pour décider d’abandonner à jamais les 42.000 tonnes de déchets toxiques. C’est du moins le sentiment qui domine chez de nombreuses associations environnementales et élus du territoire : la question financière l’a emporté, malgré les preuves fournies de la faisabilité de la récupération des déchets [2].

Les gouvernements successifs ont perdu (ou gagné ?) du temps en commandant rapport sur rapport. Mais, alors que les avis convergeaient vers la faisabilité du déstockage total, ils n’ont pris aucune décision, se sont refilé la patate chaude pendant deux décennies, pour finir par dire : « On n’a plus le temps, il y a un risque d’effondrement des galeries. »

En Alsace, c’est la sidération. Comment faire confiance à ceux qui prônent aujourd’hui un confinement définitif alors qu’avant l’incendie de 2002, ils assuraient que le centre de stockage de Stocamine était parfaitement sous contrôle ?

À Bure, c’est le coup de massue. Le refus de respecter le cahier des charges de Stocamine aujourd’hui confirme que, demain, à Bure, si le projet Cigéo était autorisé, même en cas d’accident majeur jamais l’option de récupérer les déchets ne serait retenue, pour des raisons techniques, politiques ou financières. Une crainte d’autant plus forte qu’elle a déjà été formulée par les autorités nucléaires chargées d’évaluer le projet Cigéo, et notamment par l’Autorité environnementale, dans son avis du 13 janvier 2021.

Tirer les leçons du fiasco de Stocamine doit donc conduire à l’abandon du projet Cigéo à Bure. Car, désormais, nul ne pourra dire : on ne savait pas !

Par Coordination Stop-Cigéo et collectif Destocamine, publié le 8 février 2021

La coordination Stop Cigéo réunit les associations en lutte contre le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires (Asodedra, Bure Zone libre, Bure stop 55, Cacendr, Cedra 52, Eodra, Meuse Nature Environnement) ; le collectif Destocamine rassemble associations et organisations syndicales.

https://m.reporterre.net/La-lecon-de-Stocamine-pour-Bure-l-Etat-ne-tient-pas-sa-parole

L’ÉTAT DES ARMES (LIVRES)

Alors que le traité sur l’interdiction des armes nucléaires, élaboré par l’Organisation des Nations unies (ONU), est entré en vigueur en janvier 2021, deux ouvrages éclairent l’histoire et les enjeux de ce type d’armement.

Dans le livre dirigé par le juriste Nicolas Haupais (1), les contributeurs analysent l’arsenal français, qui compte aujourd’hui trois cents têtes nucléaires, chacune d’une puissance de 300 kilotonnes. Respectueuse du droit international, la France adhère au traité sur la non-prolifération (TNP) de 1968, qui engage 191 États. Ce qui ne l’empêche pas d’entretenir sa force de frappe. Certes, depuis la fin de la guerre froide, Paris a désarmé, reconfigurant son modèle de dissuasion nucléaire selon le critère de suffisance. Le deuxième Livre blanc sur la défense, en 1994, consacrait le démantèlement du système d’armes Hadès (missile sol-sol nucléaire tactique à courte portée). En revanche, la France maintient et entretient son armement nucléaire de haut niveauRafale, Mirage, missile air-sol moyenne portée amélioré (ASMP A) — et estime que les autres puissances ne désarment pas assez. L’arsenal mondial a pourtant diminué, passant de 65 000 armes dans les années 1980 à 15 000 aujourd’hui. Une tendance que s’emploie à accélérer la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), lauréate du prix Nobel de la paix en 2017.

Le colonel Claude Lefebvre et le juriste Guillaume Weiszberg analysent quant à eux la notion de prolifération nucléaire (2). Ils distinguent la prolifération « verticale », c’est-à-dire une augmentation du nombre d’armes ou une amélioration de la puissance destructrice d’un pays, et la prolifération « horizontale » : un accroissement du nombre de pays qui en détiennent. Adoptant une perspective historique, ils rappellent que la notion de « désarmement » est apparue en 1868 dans le préambule de la déclaration de Saint-Pétersbourg, le tsar de Russie préconisant d’interdire l’usage des balles explosives, trop meurtrières et donc « contraires aux lois de l’humanité ». Ils montrent aussi que la notion d’« armes de destruction massive » (ADM) est apparue sous la plume de l’archevêque de Cantorbéry Cosmo Gordon Lang, qui évoquait à la fin de 1937 le bombardement de Guernica, en Espagne, ainsi que les atrocités perpétrées par les Japonais lors de leur invasion de la Chine, notamment le massacre de Nankin. L’expression « ADM » a ensuite été entérinée en 1946 par l’ONU, dont l’Assemblée générale, soulignent les auteurs, a joué un rôle moteur. Ainsi, les Nations unies ont organisé en 1984 la Conférence du désarmement, réunion historique à laquelle prirent part dix États du bloc de l’Est et dix du bloc de l’Ouest.

Malgré ces efforts multilatéraux, malgré les accords bilatéraux SALT (pour « Strategic Arms Limitation Talks ») I et II entre les États-Unis et l’Union soviétique dans les années 1970, le désarmement général et complet n’a jamais pu être atteint. En outre surgissent aujourd’hui de nouveaux enjeux liés à l’apparition des drones et des robots de combat, ainsi qu’au perfectionnement des armes chimiques et bactériologiques. Il apparaît nécessaire de légiférer au niveau international pour réglementer leur usage.

Plus que jamais, la question du désarmement, que portent l’ICAN, le Mouvement de la paix, etc., est cruciale dans un monde instable et multipolaire, en proie à des conflits inter- et intra-étatiques violents. Mais il semble que cet enjeu mobilise moins que durant la guerre froide.

Par Chloé Maurel, publié le 8 février 2021

Note sur l’auteure : Docteure en histoire contemporaine, auteure d’Histoire de l’Unesco. Les trente premières années. 1945-1974, L’Harmattan, Paris, 2010.

LES LIVRES :

1) Nicolas Haupais (sous la dir. de), La France et l’arme nucléaire, CNRS Éditions, coll. « Biblis », Paris, 2019, 264 pages, 10 euros.

(2) Claude Lefebvre et Guillaume Weiszberg, Les Armes de destruction massive et leur interdiction, L’Harmattan – Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS), Paris, 2020, 234 pages, 23,50 euros.

« UN ÉVÈNEMENT HISTORIQUE »

A. Martin, Angers :« L’arme nucléaire tue, c’est une arme de destruction massive car elle tue indistinctement l’adversaire et la population. Après les armes chimiques, les armes biologiques, l’arme nucléaire est interdite, illégale, illégitime depuis le 22 janvier 2021. »

« Le traité d’interdiction des armes nucléaires, communément appelé TIAN, a été porté par les ONG de la société civile. » « Les survivants des explosions nucléaires et des essais nucléaires ont offert des témoignages tragiques et ont été une force morale » (déclaration du porte-parole du secrétaire général de l’ONU).

La France est l’un des neuf pays à détenir l’arme atomique (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord, Israël).

« La France dépense plus de 6 milliards d’euros pour la moderniser, soit près de 10 000 euros chaque minute. Le secret-défense interdit toute discussion, débat et vote parlementaire. Ne soyons pas sourds aux lanceurs d’alerte, aux organisations, qui demandent un dialogue afin que la France ratifie le TIAN. Le risque continu d’avoir 250 bombes prêtes à l’emploi, en France, (soit + 2 500 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima) est un risque aux conséquences humanitaires et pour la biodiversité, catastrophique. »

« La France ne doit pas rester trop longtemps en dehors de l’Histoire. »

Par Le Courrier de l’Ouest, publié le 07/02/2021 à 05h02

https://www.ouest-france.fr/le-courrier-de-l-ouest/co-courrier-des-lecteurs/un-evenement-historique-9b0b4190-4b29-43af-8606-5899720f9b0b

IMPLANTATION D’UN EPR AU TRICASTIN ? 33 CITOYENS ET CITOYENNES RÉPONDENT AUX ÉLU-ES PRO-NUCLÉAIRES ET AU PDG DE EDF

33 élu-es, fanatiques du nucléaire, réclament l’implantation d’un réacteur atomique EPR sur le site du Tricastin (Vaucluse-Drôme). En réponse 33 citoyens et citoyennes responsables associatifs et simples habitants de la Drôme, du Gard, du Vaucluse, d’Ardèche co-signent une lettre au président d’EDF.

Un courrier dans lequel sont rappelés les dangers, risques permanents et atteintes sanitaires et environnementales que ces départements subissent du fait de l’industrie nucléaire depuis 40 ans. Il proclame leur refus que soit implanté un quelconque réacteur atomique alors qu’il s’agit de tourner définitivement la page du nucléaire.

Lettre ouverte à Jean-Bernard Lévy, Président d’EDF

Valence, le 4 février 2021

Monsieur le Président Directeur Général,

La Loi Climat-Énergie, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) et la Stratégie Nationale bas-carbone définissent de très faibles objectifs et priorités d’actions du Gouvernement en matière d’énergie en décalage avec les urgences climatiques et sanitaires présentes.

Les risques que fait courir au pays et aux pays limitrophes la destruction atomique comme mode de production d’énergie électrique et d’armements terrifiants ne répond pas plus et sans attendre aux menaces et enjeux d’aujourd’hui tels les atteintes sanitaires du fait des rejets radioactifs et des déchets sacrifiant les générations futures, le dérèglement climatique qui entraîne l’émergence de nouvelles maladies et de déséquilibres.

La sécurité d’approvisionnement énergétique ne peut être assurée que par des technologies soustraites aux atteintes sanitaires radioactives, aux risques de catastrophe nucléaire telle celle subie à  Tchernobyl (1986) et celle de Fukushima-Daïchi (2011) qui continuent de meurtrir les populations et les territoires sans que les problématiques des contaminations et déchets accumulés ne puissent être solutionnées.

L’amélioration de l’efficacité énergétique, la baisse de la consommation d’énergie primaire en particulier fossile telle celle extraite des mines d’uranium – afin de ne pas voler à la Terre plus qu’elle ne peut offrir – doit s’accompagner de l’augmentation du pouvoir d’achat des usagers par un abaissement des coûts de production de l’énergie ce qui est antinomique avec le nucléaire coûteux et dévoreur de soutiens financiers publics récurrents.

Les coûts d’investissement exorbitants et démesurés du nucléaire et le retour sur investissement  trop long et très aléatoire ne répondent pas non-plus aux urgences. Le décret gouvernemental de la PPE paru le 21 avril 2020 entérine l’exigence et la fuite en avant d’EDF de construire six réacteurs EPR dit de « nouvelle génération ». Pourtant la conception de ce réacteur date en fait du siècle passé, son niveau de sûreté n’a pu être démontré en dehors des plans théoriques, sa construction-test de Flamanville (et d’Olkiluoto en Finlande) accumule plus de 12 ans de retard avec un coût prévisionnel multiplié par trois, sa surpuissance est contraire à la baisse indispensable de la surproduction, son existence même est loin de répondre aux performances environnementales en générant aussi des déchets mortels pour des centaines de milliers d’années et des rejets quotidiens radio-contaminants dans l’air et dans les eaux.

Implanter de nouveaux réacteurs au Tricastin dans une zone sismique active, lancer la construction éventuelle d’un tel délirant chantier n’est pas raisonnable. D’autant que la digue du canal de Donzère-Mondragon n’est pas de nature à protéger l’ensemble du site qui se trouve en contre-bas à 10 m sous le niveau de l’eau et bien que renforcée en deux endroits (après l’obligation de l’ASN en 2017 de mettre à l’arrêt l’ensemble de la centrale nucléaire) ne pourra jamais être aux normes de robustesse « post-Fukushima« .

Et ces nouveaux réacteurs nucléaires EPR vont produire à leur tour des déchets radioactifs dont on ne sait que faire si ce n’est les cacher sous terre et que personne ne veut, et leur gestion et le coût reposera pour des centaines de milliers d’années sur les générations futures.

La réserve foncière de 135 hectares constituée par EDF sur et autour du site du Tricastin devrait servir au développement des énergies alternatives à non-risques dans notre région qui bénéficie d’un potentiel exceptionnel en matière d’énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse, hydraulique, géothermie,..). Dans ce cadre, il importe qu’EDF développe une véritable politique de reconversion professionnelle, une grande partie des travailleurs du nucléaire pourraient mettre en œuvre leurs compétences et leur savoir-faire dans le développement de nouvelles filières énergétiques permettant de fournir de l’électricité décarbonnée favorisant notre indépendance énergétique et la planète.

Un réacteur atomique EPR ne sera pas non plus de nature à compenser la fermeture inéluctable des 4 réacteurs 900 MW du Tricastin et, passé le chantier qui mobiliserait des travailleurs au statut souvent précaire et intérimaire, aucun impact positif durable sur l’économie  de nos départements ne sera enregistré.

Pire toute la valeur et le renom des terres et productions agricoles de nos départements comme de l’immobilier s’effondreront durablement, comme c’est déjà le cas actuellement. La région sera considérée comme zone à risque extrême et le secteur touristique en pâtira aussi. Tous nos départements seront encore plus sinistrés.

Vous avez accordé un entretien à une délégation d’élus pro-nucléaires complices et fanatiques du sud Drôme en février au siège d’EDF à Paris. À cette occasion vous vous êtes répartis les rôles pour manipuler les populations et faire prendre des vessies pour des lanternes. Ces élu-es aux ordres ne manquent d’ailleurs pas de faire acte d’allégeance en vous remerciant par lettre-ouverte et communiqué de presse « des échanges constructifs que nous avons partagés » en souhaitant « dans le cadre d’une délégation d’élus élargie, apporter notre soutien à la concrétisation de cette candidature en Tricastin ».

C’est oublier un peu vite les 7000 signataires de la pétition remise au Conseil général de Vaucluse il y a quelque temps et les 41 000 dernièrement réclamant la fermeture des réacteurs nucléaires du Tricastin et de l’ensemble du site atomique. Ne prenez pas en otage et comme cobaye les 1 900 000 personnes qui vivent dans un rayon de 90 km autour du site atomique du Tricastin.

Tels des bonimenteurs de bas étage ces élu-es reprennent la propagande des cabinets conseils privés qui vous accompagnent (chèrement) dans la mise en place de votre manipulation mentale et financière louant bêtement « des atouts significatifs », contraires à la réalité, en s’appuyant sur un sondage BVA de juin 2019 démontrant le contraire de ce qu’ils affirment.

Ainsi cette étude BVA réalisée à la demande de Orano (ex-Areva, en faillite) et le baromètre annuel de l’IRSN (1) font ressortir que les interrogés (échantillon représentatif) estiment  à :

. 69% : que l’énergie nucléaire contribue à la production de gaz à effet de serre et au dérèglement climatique,

. 43% : que le nucléaire à un impact négatif sur la santé,

. 56% : que la gestion des déchets nucléaires est une préoccupation

. 52% : que le risque d’accident est inquiétant,

. 45% : que le vieillissement des installations est un problème

Citons aussi les autres appréciations négatives tel

. le coût de l’électricité nucléaire pour 63%

. l’impact environnemental pour 53%

tandis que 70% estiment que l’énergie nucléaire est coûteuse à la production.

À la question du baromètre annuel de l’IRSN « l’énergie nucléaire est-elle une énergie d’avenir ?»  mise en perspective avec différentes formes d’énergies : la réponse des Français est sans appel : c’est NON à 70% qui jugent l’énergie nucléaire (tout comme le pétrole et le gaz) comme n’étant pas une énergie d’avenir. (Ces dernières sont largement devancées par le renouvelable, le solaire pour une majorité absolue avec 51% de citations).

Nous savons que la prétendue « indépendance » de la France grâce au nucléaire est une supercherie : les plans des réacteurs atomiques sont états-uniens, la mise à feu de la bombe atomique tricolore est britannique, l’uranium vient du Niger et du Kazakhstan.

Bien sûr, nous savons par expérience que EDF est un État dans l’État, que la caste militaire polytechnicienne tient les rênes, que le CEA/Orano/EDF sont les véritables décideurs de la politique énergétique de la France depuis 1945, que vous ne tenez jamais compte – vous comme vos prédécesseurs – de l’opinion des citoyen-nes et imposez vos choix au pays quelques soient les régimes politiques en place, que votre véritable raison d’être est la domination des peuples par un système d’entreprise/de décision/de production centralisé et par la production du plutonium et du tritium indispensable à la bombe atomique. Cette même bombe et arsenal atomique que l’ONU vient de décréter illégal en janvier dernier (traité TIAN). La France est donc en infraction au droit international et vous avec en tant que producteur atomique.

Nous savons aussi que le secteur nucléaire ne tient que par le soutien financier constant et massif des gouvernements puisant allégrement dans l’impôt payé par les citoyen-nes.

Nous vous invitons à ne pas troubler ni porter atteinte à la vie publique de nos départements, à la paix civile. Pas d’EPR ni en Provence, ni en Occitanie ni ailleurs. Nous vous exhortons : honorez-vous d’avoir été le PDG qui sortira la France de l’horreur nucléaire et donnera aux citoyens, aux salariés, aux élus, aux associations la maîtrise de leur avenir commun énergétique.

Soyez assuré, Monsieur le Pdg de EDF, de notre extrême vigilance et détermination à empêcher toute implantation atomique et tout écocide nucléariste en Provence et ailleurs.

Signé par :

Michèle Van Moss, éducatrice retraitée, Elisabeth Bénichou, retraitée de l’éducation nationale, Christine Dardhalon, artiste retraitée, Sylvie Drouet Croc, spécialiste informatique et logiciels libres, Maya Farhat, enseignante, Maryline Balbo, aide-soignante en Ephad, Flamina Kung, Ingénieur ISIM et IMACOF, Claire Maugein, orthophoniste, Julie Lavarello, chargée de communication, Florence Miller, enseignante retraitée de l’éducation nationale, Martine Lacoste-Guiraute, enseignante, Florence Grillot, auteur et professeur de théâtre, François Warlop, agronome, Bernard Senet, médecin, Victor Alzina, retraité du bâtiment, Pierre Péguin, docteur es-science en physique du solide retraité, Jean-Pierre Seignon, éditeur de presse, diplômé d’agriculture biologique, Marc Isoard, enseignant retraité, Alain Volle, porte-parole du collectif Stop Tricastin, Jean Marc Bagnol , artisan, Jacques Gelez, architecte, Gilbert Tallent, retraité de l’Education nationale, Robert Eymeri, écrivain, Jean-Pierre Prablanc, agent de sécurité,  Bertrand Monboisset, artiste, Eric Knufner, aide-soignant en psychiatrie,  Georges Richard, comptable retraité, Raymond Vial, éducateur, Daniel Drouet, chef de chantier en bâtiment , Guy Chenevier, musicien, syndicaliste, Benoît Massoteau, retraité de l’Éducation Nationale, Michel Gay, retraité de la métallurgie, Serge Sargentini, Organisation Environnementale EHS-France .

Note : (1) https://barometre.irsn.fr/les-francais-et-le-nucleaire-opinion-sur-lenergie/

Par admin, publié le lundi 8 février 2021 à 10h35

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/02/08/Implantation-d-un-EPR-au-Tricastin-33-citoyens-et-citoyennes-repondent-aux-elu-es-pro-nucleaires-et-au-Pdg-de-EDF

COMMENT ISRAËL A CRÉÉ SA BOMBE ATOMIQUE AU NEZ ET À LA BARBE DES AMÉRICAINS. L’UNE DES GRANDES MANIPULATIONS DU XXème SIÈCLE.

Officiellement, Israël ne dispose pas de la bombe atomique. Le pays n’a pas signé le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et n’est donc pas soumis au contrôle des inspecteurs de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA).

Le secret est pourtant de Polichinelle: personne dans le monde n’ignore que l’État hébreu s’est doté de l’arme atomique en 1967, notamment grâce à l’aide de la France.

Le programme nucléaire israélien est lancé en 1949 par le Premier ministre David Ben Gourion. Les États-Unis, qui veulent à tout prix éviter la nucléarisation du Proche-Orient, essayent de dissuader Israël par tous les moyens.

Ils réclament des visites d’inspection régulières sur le complexe de Dimona, dans le désert de Néguev, où les Israéliens construisent une centrale nucléaire avec l’assistance des Français, et où ils sont soupçonnés de développer en réalité un programme atomique militaire.

Plusieurs visites sont ainsi organisées entre 1961 et 1964, et concluent qu’Israël n’est pas en capacité de produire une arme nucléaire «dans les deux ou trois ans». Pour la Commission de l’énergie atomique des États-Unis (AEC), Dimona manque notamment d’une usine chimique de retraitement de l’uranium, indispensable pour extraire du plutonium nécessaire à la fabrication d’une bombe.

Double-jeu français

Mais les mois suivants, les Israéliens semblent de plus en plus réticents face aux inspections américaines. En 1965, le Premier ministre Levi Eshkol concède enfin une visite à l’AEC, mais celle-ci est étroitement encadrée: les experts ne pourront rester que dix heures sur place et on leur présente même, à leur insu, une fausse salle de contrôle.

Pourtant, de nombreux experts ont alerté le gouvernement américain à plusieurs reprises. Différents indices contribuent à alimenter leurs soupçons. Le complexe de Dimona a été «secrètement étendu», de l’uranium a été acheté en grande quantité à l’Argentine et les techniciens français ont quitté les lieux.

Au fil des années, l’évidence commence à s’imposer: Israël a bel et bien développé des armes nucléaires à Dimona. La confirmation viendra en 1986, lorsque Francis Perrin, le commissaire français à l’énergie atomique, révèle dans le Sunday Times que Dimona a été pensé «dès le départ» pour élaborer l’arme nucléaire.

Selon les auteurs d’un article de Haaretz, l’aveuglement des Américains tient principalement aux cachotteries des Français, qui auraient dissimulé aux États-Unis l’assistance technique et le matériel livré à Israël. Dans les années 1950, l’aide française a en effet été déterminante dans le développement de ce programme nucléaire.

L’État hébreu disposerait aujourd’hui, selon les spécialistes, de 100 à 200 têtes nucléaires. Son armée détient également toute la gamme d’avions pouvant délivrer une arme atomique, notamment des bombardiers américains F-15 ou F-16, ainsi que des missiles balistiques.

Repéré par Céline Deluzarche sur Haaretz, publié le 8 février 2021

Photo en titre : Centre de recherche nucléaire d’Israël à Soreq,

https://korii.slate.fr/tech/comment-israel-cree-sa-bombe-atomique-au-nez-et-barbe-americains-dimona

ESSAIS NUCLÉAIRES EN ALGÉRIE: « LA FRANCE DOIT ASSUMER SES RESPONSABILITÉS HISTORIQUES »

ALGER- La France doit « assumer ses responsabilités historiques » à travers la décontamination des sites des essais nucléaires effectués dans le Sahara algérien et l’indemnisation des personnes souffrant de pathologies conséquentes à ces essais atomiques, a affirmé le chef de service du génie de combat du Commandement des forces terrestres, le général Bouzid Boufrioua.

« La France doit assumer ses responsabilités historiques, surtout après que 122 États de l’Assemblée générale de l’ONU ont ratifié, le 7 juillet 2017, un nouveau traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), qui vient s’ajouter aux traités antérieurs« , a-t-il souligné dans un entretien à la revue El-Djeïch.

Selon ce responsable, « le principe du pollueur-payeur y a été d’ailleurs introduit et reconnu officiellement. C’est la première fois que la communauté internationale demande aux puissances nucléaires de rectifier les erreurs du passé ».

Il a précisé, à ce propos, que le nombre des essais nucléaires effectués par la France, sous prétexte de la recherche scientifique, a atteint « 17 explosions (4 en surface à Reggane et 13 souterraines à In Ekker), en plus d’autres essais complémentaires« .

Les essais en surface effectués à Reggane, a-t-il poursuivi, « ont causé la pollution d’une grande partie du sud algérien« .

« Leurs effets se sont étendus jusqu’aux pays africains voisins, alors qu’un nombre d’essais souterrains a échappé au contrôle, ce qui a provoqué la propagation des produits de fission due à l’explosion et la pollution de vastes zones », a-t-il ajouté.

Détaillant les conséquences de ces essais, le général Bouzid Boufrioua cite « les déchets immenses très radioactifs et de longue vie, certains sont enfouis sous terre et d’autres sont laissés à l’air libre, sans oublier les radiations répandues sur de vastes surfaces, causant un grand nombre de victimes parmi la population locale et des dégâts à l’environnement qui perdurent hélas jusqu’à nos jours« .

Néanmoins, « au regard de la croissance démographique dans les zones concernées et les risques dus à la pollution radioactive, il a été du devoir de l’État, très engagé envers ses citoyens, de sécuriser et de protéger les vieux sites des essais nucléaires français ».

La mission de « protéger et d’assainir ces sites qui furent le théâtre des essais nucléaires français dans le désert de notre pays » a été confiée à l’Armée nationale populaire (ANP), a-t-il fait savoir, soulignant qu’il a déjà été procédé dans ce contexte au « déploiement d’une formation de sécurisation dans les sites à travers la création de deux unités de l’arme de génie de combat des forces terrestres, une compagnie dans la région de Reggane, dans la 3ème Région militaire, et une compagnie à In Ekker, dans la 6ème RM, chargées de la sécurisation et de la protection des vieux sites des essais nucléaires« .

Il a également été procédé à la « marcation et quadrillage des frontières des sites », « la reconnaissance et surveillance aérienne des zones polluées », « la sécurisation sanitaire des éléments et assistance médicale de la population locale », et le « contrôle et analyse périodique des sources d’eau et fermeture des puits près des zones polluées », a-t-il précisé.

« Nous pouvons qualifier ces efforts de satisfaisants, au regard des résultats obtenues sur le terrain à travers l’application des mesures susmentionnées, sachant que ces zones étaient une sorte de décharge à ciel ouvert pour les déchets radioactifs. Maintenant, elles sont désormais sous total contrôle« , a-t-il soutenu.

« Nous avons réussi à éradiquer le phénomène lié à l’enlèvement aléatoire des déchets radioactifs et empêché les citoyens de s’approcher des zones polluées, en plus du suivi continu de la situation radioactive« , a-t-il encore ajouté.

Le général Bouzid Boufrioua a déploré, à ce titre, « l’absence d’informations techniques sur la nature des explosions nucléaires et le matériel pollué enfoui« , qualifiant l’absence de données sur ces essais de « crime majeur commis par la France coloniale« .

Publié le dimanche 07 février 2021 à 18h29  

https://www.aps.dz/algerie/117195-essais-nucleaires-francais-en-algerie-la-france-doit-assumer-ses-responsabilites-historiques

NUCLÉAIRE. NOUVELLE MOBILISATION CONTRE LE TRANSPORT DE COMBUSTIBLE À L’EPR DEMAIN MARDI 9 FÉVRIER

Plusieurs associations antinucléaires lancent un appel à manifester, mardi 9 février 2021, à 11 h, à l’entrée des Pieux et à Virandeville, contre le nouveau convoi de combustible destiné au réacteur nucléaire EPR de Flamanville.

Comme la semaine dernière, les antinucléaires prévoient un comité d’accueil pour protester contre le convoi de combustible destiné à au réacteur EPR de Flamanville

Une semaine après la mobilisation contre le deuxième transport de combustible pour l’EPR de Flamanville, les militants antinucléaires vont de nouveau manifester contre le passage d’un convoi à destination de du réacteur EPR de Flamanville.

Dans un communiqué, le Gama (Groupe action Manche antinucléaire) donne rendez-vous à 11 h, mardi 9 février 2021, au rond-point de l’entrée des Pieux, au croisement des routes de Bricquebec, Cherbourg et Barneville. À la même heure, les associations et organisations antinucléaires et critiques Acro, Crilan, Greenpeace, Crepan FNE et Europe Écologie-Les Verts et des membres de la CLI (de Flamanville) seront mobilisées sur la place de l’Église de Virandeville.

Les camions partent de Romans-sur-Isère (Drôme), où Framatome fabrique les assemblages de combustibles, et traversent la France jusqu’à l’EPR, qui doit recevoir 241 assemblages d’ici 2022, date annoncée de la mise en service du réacteur.

Par Ouest-France, publié le 07/02/2021 à 20h30

Photo en titre : ARCHIVES OUEST-France

https://www.ouest-france.fr/normandie/flamanville-50340/nucleaire-nouvelle-mobilisation-contre-le-transport-de-combustible-a-l-epr-mardi-7146208

NUCLÉAIRE: L’IRAN NE REPRENDRA AUCUN ENGAGEMENT SANS LEVÉE PRÉALABLE DES SANCTIONS (KHAMENEI)

Les États-Unis doivent d’abord «lever entièrement» les sanctions imposées à l’Iran avant que Téhéran ne reprenne ses engagements dans le cadre de l’accord international sur le nucléaire iranien, a déclaré, dimanche 7 février,  le guide suprême iranien Ali Khamenei, cité par l’AFP.

Publié le 07/02/2021 à 11h30

https://www.rfi.fr/fr/en-bref/20210207-nucl%C3%A9aire-l-iran-ne-reprendra-aucun-engagement-sans-lev%C3%A9e-pr%C3%A9alable-des-sanctions-khamenei

DIJON : TROIS «BAGNARDS» CONTRE LA BOMBE ATOMIQUE

Communiqué du collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 7 février 2021 :

13ième Vigie Citoyenne pour l’abolition des armes nucléaires. Ce 6 février 2021, une trentaine de lanceurs d’alerte du ‘Collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ ont tenus la Vigie mensuelle place Darcy à Dijon, pour que la France et le Royaume-Uni respectent le Traité de Non-Prolifération et que la France signe le TIAN, Traité d’interdiction des armes nucléaires. Parmi eux, trois bagnards en costume de Dalton, les trois dijonnais convoqués prochainement au tribunal !

Dénoncer l’accord nucléaire militaire avec le Royaume-Uni, qui viole l’article VI du TNP

Le Traité de non-prolifération (TNP) auquel la France a adhéré seulement en 1992, 22 ans après son entrée en vigueur, stipule : Article VI « Chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace. »

Or la France viole allègrement depuis bientôt 30 ans ses engagements internationaux en modernisant ses armes de destruction massive : missiles balistiques intercontinentaux M-51 (6 000 km de portée) remplaçant les missiles M-45 (4 000 km de portée), missiles de croisière ‘d’avertissement’ ASMP-A (Air Sol Moyenne Portée Amélioré) emportés par les ‘Rafale’. Et les programmes de simulation d’explosions nucléaires ‘Laser Méga-joule’ au Barp, programme, dans le cadre du Traité franco-britannique Teutatès, ‘Epure’ au C.E.A. de Valduc (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), à 40 km de Dijon, qui assure la maintenance et le « perfectionnement » des 290 armes nucléaires françaises.

Les anglais de Trident Plougshares écrivent au président Macron

Dans une Lettre du 1 février 2021 au Président de la République française, l’association britannique Trident Plougshares exprime son « opposition résolue au Traité Teutatès par lequel le Royaume-Uni et la France, sans débat public, se sont engagés dans une coopération nucléaire militaire ruineuse et immorale, d’une manière directement contraire aux dispositions du TNP, dont les deux pays sont pourtant signataires ».

Les objectifs du programme Teutatès sont clairement énoncés dans un document concernant le programme de simulation ‘Epure’, que le CEA a réalisé à l’occasion du dixième anniversaire de la signature du Traité : « [Notre] coopération en matière de nucléaire de défense permet à nos deux pays de préserver sur le long terme leurs capacités hydrodynamiques et les technologies associées ».

Deux pays atomiques marginaux en Europe

La France et le Royaume-Uni sont les deux seuls pays d’Europe à posséder la bombe atomique. Ces pays sont les mieux placés pour saisir l’initiative et tirer parti des opportunités morales, politiques et diplomatiques qu’offre le ‘Traité sur l’interdiction des armes nucléaires’ (TIAN) devenue la norme du droit international le 22 janvier 2021. On prétend à tort que notre possession d’armes nucléaires assure le « statut » de nos deux pays dans un monde où notre prééminence historique s’est estompée, et dans lequel nous ne sommes plus que des puissances de rang intermédiaire.

Deux pays nucléaires ont déjà renoncé volontairement à leurs armes de destruction massive

Nous pensons au contraire que nos deux pays européens doivent suivre les pays exemplaires, l’Afrique du Sud et le Kasakhstan qui se sont débarrassés de leurs armes de destruction massive, montrant ainsi la voie aux 9 pays dotés d’armes nucléaires. En adhérant au TIAN, et en nous engageant à réduire véritablement puis à éliminer nos arsenaux atomiques. Notre leadership moral et notre statut dans le monde s’en trouveraient rehaussés. Les pays ayant voté le TIAN – les deux tiers des pays de cette planète – nous accueilleraient en tant que partenaires dans la construction d’un monde meilleur et plus sûr.

Le programme atomique britannique Trident lui aussi contesté

Ce changement de cap des deux pays est d’autant plus opportun qu’une grande majorité de Français est favorable à la signature du TIAN et que Trident, le système de dissuasion nucléaire du Royaume-Uni, composé de quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engin (SNLE) est de plus en plus contesté. Le processus de reconduite du système de dissuasion est semé d’incertitudes politiques et financières. La nécessité stratégique pour le pays de posséder l’arme nucléaire est décriée, et sa capacité à financer cette arme est aussi fortement remise en question.

Citoyens et associations demandent :

– Respect par la France de ses engagements dans le cadre de l’article 6 du TNP.

– Adhésion de la France au TIAN.

– Reconversion progressive des centres CEA-DAM (Direction des applications militaires) à des activités civiles, notamment chez nos voisins du CEA Valduc, la reconversion étant d’autant moins difficile qu’elle sera anticipée et que le CEA a maintenant dans ses attributions les énergies alternatives.

– Réorientation rapide des dépenses du nucléaire militaire vers des objectifs d’utilité publique.

Procès : la bombe atomique, le CEA Valduc et les 3 dijonnais

Trois citoyens sont poursuivis pour « intrusion en réunion dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires, en l’espèce être entré(s) dans l’enceinte du CEA Valduc malgré la présence de panneaux indiquant qu’il s’agissait d’une propriété privée ». En réalité, ils sont entrés en voiture sur un parking libre d’accès du CEA-Valduc pour se prendre en photo avec une banderole « Reconversion du site CEA de Valduc« .

Les coupables dans cette affaire sont-ils des lanceurs d’alerte non-violents au sujet du péril nucléaire qui menace l’humanité, ou les gouvernants qui perfectionnent à grands frais une nouvelle ligne Maginot nucléaire en violation des engagements de leur pays ?

Ce procès, prévu le 12 février à Dijon, va être reporté. La nouvelle date sera connue le 12 février. L’humour des trois bagnards ne remet pas en cause la confiance des trois prévenus envers la Justice, mais ce procès correctionnel sera l’occasion d’évoquer devant l’autorité judiciaire le non-respect par la France de ses engagements internationaux.

Comment les citoyens peuvent soutenir le TIAN ?

Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre député et sénateur pour que la France ratifie le TIAN.

Participez aux vigies citoyennes (la prochaine est le 12 mars, à Dijon ou à Valduc), à Paris et ailleurs

Venez soutenir les 3 Dijonnais lanceurs d’alerte au procès devant le Tribunal judiciaire de Dijon.

Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique, et n’hésitez pas à changer pour une banque éthique, grâce au guide éco-citoyen “Choisis ta banque !” sur le site des Amis de la Terre

Intéressez-vous aux questions de sécurité internationale et de défense de la démocratie, notamment aux alternatives reposant sur les stratégies de non-coopération avec un pouvoir illégitime.

Les vigies et actions non-violentes menées par le « Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires » s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Par Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, (http://abolitiondesarmesnucleaires.org), abolitiondesarmesnucleaires@orange.fr        Tél : 06 14 24 86 96

Publié le 07/02/2021 à 11h48

Photo en titre : Trois Dijonnais, convoqués au tribunal pour être entrés dans l’enceinte du CEA Valduc, se sont imaginés en frères Dalton le temps d’une vigie citoyenne contre les armes nucléaires le 6 février à Dijon.

https://www.infos-dijon.com/news/opinion/autres/dijon-trois-bagnards-contre-la-bombe-atomique.html

Les 3 « bagnards »

LES INSPECTEURS DE L’AIEA ONT DÉCOUVERT DES PREUVES D’ACTIVITÉS NUCLÉAIRES NON OFFICIELLES EN IRAN (MEDIA)

« Des échantillons prélevés sur deux sites contenaient des traces de matières radioactives« 

Les inspecteurs de l’ONU ont découvert de nouvelles preuves montrant que l’Iran aurait entrepris des travaux liés aux armes nucléaires sans déclarer de telles activités, a rapporté samedi le Wall Street Journal.

« Des échantillons prélevés sur deux sites lors des inspections effectuées à l’automne par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) des Nations Unies contenaient des traces de matières radioactives« , indique le journal, citant des diplomates proches du dossier.

 Vidéo 1mn26 (pour la visualiser, cliquer sur l’adresse en bas de l’article)

Les responsables admettent toutefois ne pas connaître la nature exacte de ce qui a été découvert, mais ces indices soulèvent de nouvelles questions sur la portée des ambitions nucléaires de l’Iran, a-t-il été ajouté.

La semaine dernière, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Téhéran avait affirmé que l’Iran n’avait aucune intention d’expulser les inspecteurs de l’AIEA, malgré l’adoption d’une loi controversée au Parlement qui appelle avant tout à lever les sanctions imposées par l’ancien président américain Donald Trump contre la République islamique.

L’Iran a ainsi accepté de se soumettre au régime d’inspection le plus strict jamais mené par l’AIEA.

Ce programme prévoit la mise en œuvre volontaire du protocole additionnel au TNP (sans attendre sa ratification par le Parlement iranien) et le contrôle par l’agence onusienne du programme nucléaire iranien au vu des limites que l’Iran s’est engagé à respecter à Vienne.

Le protocole additionnel au TNP est un document signé entre l’AIEA et les différents États parties à ce traité, prévoyant des inspections poussées des installations nucléaires du pays signataire.

Par i24NEWS, publié le 06 février 2021 à 10h12, dernière modification le 06 février 2021 à 1606

Photo en titre : Atomic Energy Organization of Iran via AP, File. Cette photo publiée le 5 novembre 2019 par l’Organisation iranienne de l’énergie atomique montre des centrifugeuses dans l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz dans le centre de l’Iran

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1612602725-les-inspecteurs-de-l-aiea-revelent-des-preuves-d-activites-nucleaires-non-officielles-en-iran-media

LA STRATÉGIE DE MILITARISATION NORD-CORÉENNE À L’ÉPREUVE DE LA NOUVELLE ADMINISTRATION AMÉRICAINE

Tribune – Le 14 janvier 2021, sur la place Kim Il-Sung à Pyongyang, la Corée du Nord a dévoilé ce qui pourrait devenir l’arme la plus puissante au monde, un missile balistique à lancement sous-marin (SLBM) Pukguksong, ainsi que de nouveaux missiles balistiques à courte portée, en clôture du congrès du Parti du travail.

Une scène qui rappelle celle du 10 octobre 2020, au cours de laquelle la Corée du Nord avait exhibé un nouvel ICBM monstre, le missile balistique intercontinental Hwasong-16, missile à propulseur liquide de deux étages, de 25 à 26 mètres de long et 2,5 à 2,9 mètres de diamètre, équipé d’un véhicule post-boost (VPB) installé à l’avant et permettant le développement d’un missile à têtes nucléaires multiples (MIRV).

Aucun diplomate étranger n’avait été convié à cette parade militaire parfaitement synchronisée sous les yeux du leader nord-coréen Kim Jong-Un. Les observateurs ont donc dû attendre les images en différé de la télévision nord-coréenne pour analyser la montée en puissance militaire du régime.

Quel sera le véritable impact de la stratégie de modernisation de l’arsenal nucléaire nord-coréen sur les relations diplomatiques entre Pyongyang et Washington, à l’aube d’une nouvelle administration américaine ?

Pyongyang entre dissuasion nucléaire et autonomie économique

La parade du pays le plus militarisé au monde constitue le point d’orgue d’une série de signaux envoyés par Pyongyang au cours de l’année 2020. Le moratoire sur les essais nucléaires et les missiles à longue portée est bel et bien terminé et le programme d’armement nucléaire est de nouveau actif et constitue même une priorité.

Un autre signal est donné par la montée en grade fulgurante de Ri Pyong Chol, nommé au plus haut rang de l’armée nord-coréenne. Ri qui était auparavant général de l’armée, a sauté la hiérarchie pour devenir maréchal, du jamais vu pour quelqu’un n’appartenant pas à la dynastie Kim. Son ascension reflète ainsi l’intention du régime d’aller de l’avant avec la construction et le déploiement d’armes stratégiques.

Lors du 8e congrès du parti en janvier 2021, Kim Jong-un a consolidé son autorité en étant nommé secrétaire général du parti du travail, reprenant le titre de son défunt père Kim Jong-Il.

La Chine qui est le premier partenaire commercial de la Corée du Nord et son plus proche allié a immédiatement félicité le dirigeant nord-coréen. Xi Jinping aurait déclaré que « la Corée du Nord, sous la direction de Kim Jong-Un, pourrait atteindre ses objectifs de développement économique et social et un plus grand succès dans le développement du socialisme », selon l’agence de presse officielle chinoise Xinhua.

Les médias d’État nord-coréens ont également déclaré que Xi Jinping avait exprimé sa volonté de préserver la paix et la stabilité régionale, le développement et la prospérité, et de renforcer les relations entre les deux pays pour le plus grand bonheur des deux peuples.

Lors de ce congrès, Kim Jong-Un y laisse entrevoir les prémices des futures relations diplomatiques avec la nouvelle administration américaine. La rhétorique apaisée mise en avant sous l’ère Trump semble s’être diluée pour laisser place à une rhétorique plus hostile. Kim Jong-un a ainsi qualifié les États-Unis de « plus grand obstacle au développement » et « d’ennemi » de la Corée du Nord, justifiant le renforcement de la dissuasion nucléaire.

Kim Jong-un souhaite « conduire la diplomatie dans la bonne direction » et garantir la « paix » sur la péninsule coréenne.

Cependant, si la position américaine qui demande un désarmement nucléaire complet et total avant que les sanctions ne puissent être assouplies ne change pas, il est fort probable que Kim continue à développer à grande vitesse son arsenal d’armes nucléaires tactiques à longue portée.

Un levier souvent utilisé par la Corée du Nord pour faire pression sur Washington dans les négociations sur la dénucléarisation et les sanctions économiques.

Kim Jong-un a aussi fait part de son nouveau plan quinquennal prônant l’autosuffisance et une plus grande intervention de l’État pour redresser l’économie. Il envisage par exemple de devenir moins dépendant des importations, de développer presque toutes les industries et de réformer l’administration.

La position de la nouvelle administration américaine

Si les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord s’étaient améliorées après le sommet de Singapour de 2018 et la visite de Donald Trump à la frontière nord-coréenne le 30 juin 2019, peu de progrès semblent avoir été réalisés depuis.

Les pourparlers de dénucléarisation entre Pyongyang et Washington sont restés dans l’impasse après que les négociations s’étaient effondrées en raison de désaccords sur ce que la Corée du Nord était prête à abandonner en échange d’un allégement des sanctions.

Les récentes démonstrations de force du 10 octobre 2020 et du 14 janvier 2021 puis le récent discours de Kim Jong-un indiqueraient même un retour en arrière dans les relations diplomatiques entre Pyongyang et Washington.

« L’administration Biden pourrait se retrouver avec moins de pouvoir de négociation que Trump, compte tenu des progrès impressionnants réalisés par la Corée du Nord dans le développement d’armes et de missiles nucléaires » depuis 2018, a déclaré récemment Sue Mi Terry, une ancienne analyste de l’Asie de l’Est à la CIA

Dans le rapport 2021 Index of US Military Strength, la Fondation Héritage a déclaré que la Corée du Nord constituait une menace majeure pour les intérêts vitaux des États-Unis avec cette nouvelle progression de ses capacités nucléaires.

En effet, le nouvel ICBM pourrait atteindre le continent américain et lâcher plusieurs têtes nucléaires simultanément, ce qui représenterait une menace d’un ordre nouveau pour le système de défense antimissile américain.

Les experts de la défense américaine s’inquièteraient également de la complexité et de l’investissement financier nécessaire pour intercepter le missile Hwasong-16. « Fabriquer un nouveau missile coûte moins cher qu’un système de défense fiable et compréhensif incluant des censeurs, de la haute technologie et des intercepteurs pour chaque tête nucléaire », affirme Melissa Hanham, directrice de l’Open Nuclear Network.

En effet, si la première ogive était abattue par un système de défense antimissile américain, la deuxième ou peut-être la troisième ogive saturerait les défenses et détruirait la cible visée. Des vérifications supplémentaires semblent cependant nécessaires pour déterminer si la Corée du Nord dispose bien d’une technologie de rentrée atmosphérique.

Même si le nouvel ICBM n’est pas encore opérationnel et pourrait être une simple maquette, les responsables gouvernementaux sud-coréens et américains prévoient que la Corée du Nord soit en mesure de le tester en 2021, profitant des transitions gouvernementales en Corée du Sud et aux États-Unis pour marquer les esprits et augmenter son rapport de force en vue de négociations futures.

« La Corée du Nord a historiquement lancé de fortes provocations au cours de la première année d’une administration américaine et sud-coréenne », a déclaré Bruce Klingner, ancien analyste de la CIA et chercheur principal à la Fondation Héritage « Nous pouvons nous attendre à voir un événement majeur, peut-être un lancement du nouvel ICBM au début de 2021. »

L’administration Biden qui a nommé Kurt Campbell, un architecte clé du pivot américain vers l’Asie, haut responsable politique de la région, devra communiquer sur sa position dans les semaines qui suivent l’investiture.

Une chose est certaine : Washington devra vraisemblablement faire le premier pas et s’astreindre à utiliser la diplomatie comme arme pour éviter un affrontement avec Pyongyang tout en rassurant ses alliances d’Asie de l’Est comme le Japon et la Corée du Sud, sur sa capacité à maintenir une stabilité régionale.

Par Jérome le Carrou, spécialiste de l’Asie, publié le 5 février 2021

https://www.iris-france.org/154085-la-strategie-de-militarisation-nord-coreenne-a-lepreuve-de-la-nouvelle-administration-americaine/

MIEUX PENSER LE RENOUVELABLE : LE DÉFI DU STOCKAGE DE L’ÉNERGIE POUR L’EUROPE VERTE DE DEMAIN

Si la question de la transition énergétique est centrale pour l’Union européenne, l’accroissement de la part des énergies renouvelables dans l’électrification du continent ne pourra se faire qu’à la condition d’une réflexion collective sur la façon de mieux les stocker et les distribuer.

En 2020, et pour la première fois, les énergies renouvelables (ENR) sont devenues la principale source d’électricité en Europe. Responsables de 38% des apports, 37% étaient dus aux énergies fossiles et 25% à l’énergie nucléaire. Le chemin reste néanmoins encore long pour le navire européen s’il veut respecter ses engagements climatiques. Le principal hic au déploiement des énergies renouvelables réside dans leur caractère intermittent. La question de son stockage, qualifié de “hautement stratégique” par quiconque est un minimum stratège, est épineuse et elle concentre efforts et financements de la part des institutions européennes.

Le stockage énergétique : un souci d’ordre spatio-temporel

L’intermittence

Énergies solaires et éoliennes, les deux renouvelables les plus abondantes, dépendent de la météorologie et de l’horaire matinal ou vespéral de la journée et leur production diffère fortement selon les saisons. Ces variations ne coïncident pourtant pas nécessairement avec nos besoins. Stocker l’énergie devient alors un impératif pour pouvoir utiliser les quantités adéquates et au moment opportun. L’autre “pépin” est d’ordre géographique. Les sources d’énergies renouvelables sont plurielles et parfaitement éclatées sur le territoire. Un second enjeu du stockage de l’énergie réside donc dans la nécessité d’homogénéiser cette production.

Un rapport publié par le RTE (Réseau de Transport d’Électricité) et l’AIE (Agence Internationale de l’Énergie) recommande, pour mieux intégrer les ENR dans un bouquet énergétique, l’usage de gestionnaire de réseaux intelligents, capables d’anticiper les besoins avec précision, et d’assurer leur équilibre : il faut réaliser correctement les calculs de l’offre et de la demande pour injecter sur le circuit pile poil la quantité d’électricité nécessaire (si un jour il vente trop et qu’on ne l’avait pas prévu, cela peut entraîner des black-out comme cela avait failli être le cas en Allemagne lors du premier confinement). Il pointe la nécessité de maintenir la fréquence du réseau à 50 Hz pour qu’il soit stable, ce qu’il est plus difficile d’effectuer lorsque les sources sont décentralisées comme c’est le cas avec les ENR. Ensuite, il préconise de prévoir des capacités de stockage importantes pour faire face aux aléas, et d’accroître les interconnexions entre les différents pays frontaliers. La quatrième condition, la plus exigeante, nécessite de redimensionner le réseau, de créer de nouveaux canaux de transport et de distribution de l’électricité afin de l’adapter aux multiples sources de production d’énergie (l’été il faudra faire venir l’électricité du sud où les panneaux solaires carbureront, tandis que l’hiver c’est le vent du Nord qui sera l’affluent principal).

À la lumière de ces travaux et grâce au Green Deal qui offre aux États membres un cadre pour dialoguer, la nécessité pour les pays européens de mener une politique électrique coordonnée ne fait plus aucun doute. C’est la raison pour laquelle, le 15 décembre dernier, la Commission européenne présentait un plan pour la création d’un réseau de transport et de distribution d’énergie transeuropéen, et l’investissement de 50,5 milliards d’euros jusqu’à 2030 pour atteindre cet objectif.

Le stockage stationnaire pour assister les réseaux électriques

STEP. Il ne s’agit pas d’un mot qui, cherchant vainement sa place sur un programme sportif, se serait égaré dans cet article. STEP est l’acronyme de Station de Transfert d’Énergie par Pompage, les barrages que l’on connaît. Il n’en existe pas moins de 400 dans le monde, dont plus de la moitié sont en Europe. Majoritairement créées afin d’apporter de la flexibilité (en stockant l’énergie quand l’offre surpasse la demande et en rendant ce surplus quand la production ne soutient plus la consommation) à la production énergétique nucléaire ou hydraulique (les classiques), elles peuvent aussi être couplées à des installations d’énergies renouvelables. La photographie illustrant cet article en est un exemple éloquent : à El Hierro, dans les espagnoles Canaries, centrale de pompage turbinage et éoliennes travaillent main dans la main. C’est la solution de stockage “la moins coûteuse”, mais elle nécessite un ingrédient phare qu’il n’est pas si facile de se procurer : une montagne.

C’est pourquoi les moyens de stockage se diversifient. Les panneaux photovoltaïques, qui transforment fissa l’énergie solaire en électricité pour la stocker dans des batteries, a connu une baisse des coûts rapide et a en quelque sorte tué dans l’œuf la popularité des centrales solaires thermodynamiques. Le fonctionnement de ces dernières consiste en un jeu de miroirs qui concentrent le rayonnement solaire en direction d’un système stockant la chaleur (l’énergie la plus simple à stocker), puis la catapulte vers des caloporteurs producteurs de vapeur dont le passage en turbine fournit de l’électricité.

L’Union européenne se veut souveraine en batteries

Les batteries stockent l’énergie de façon très modeste en comparaison des STEP, mais présentent l’avantage de se mouvoir bien plus aisément pour accompagner les objets auxquels elles transfusent de l’électricité. Alors que la Chine fabrique plus de 80% des batteries lithium-ion, l’Union européenne multiplie les projets pour accroître son influence sur ce terrain et contenter l’appétit croissant de ses citoyens pour les véhicules électriques.

Des batteries made in Europe ? Fabriquées selon des normes exigeantes et qualifiables de “vertes” ? Voici ce à quoi aspire la Commission européenne. Déjà en 2017, suite à l’appel à la création d’un “Airbus de la batterie” de Maros Šefčovič, vice-président de la Commission européenne en charge de l’énergie, la Commission mettait sur pied l’Alliance européenne pour les batteries. Autour de la table se trouvent les États, la Banque européenne d’investissement (BEI) et les quelque 260 acteurs industriels de l’innovation dans les secteurs de l’industrie automobile, chimique et de la construction. Leur mission : concevoir un plan d’action afin que l’Europe puisse garantir son autonomie stratégique, concurrencer les fabricants asiatiques et américains, tout en respectant ses aspirations décarbonées (les batteries sont lourdes et voyagent mal, la facture carbone de leur importation est salée, celle de leur conception et de leur élimination aussi). Dans ce cadre, la BEI contribue pécuniairement à la création de giga-usines, du genre de celles de l’américain Tesla, sur le Vieux Continent. Les premières devraient commencer à charbonner (comprenez fonctionner) en 2021 ou 2022 (à l’instar de la start-up suédoise Northway).

Le 26 janvier dernier, la Commission européenne donnait son feu vert à un versement de 2,9 milliards d’euros pour créer un nouveau centre de recherche et d’innovation dans le domaine des batteries, projet commun à douze États membres (dont la France) et quarante entreprises. 9 milliards d’euros d’investissements privés devraient être ajoutés dans la tirelire de ce deuxième “Airbus de la batterie”. Au menu des travaux de recherche, Margrethe Vestager, Vice-Présidente à la Commission, annonce qu’il y aura de “l’extraction des matières premières, la conception et la fabrication des cellules et des packs de batteries et, enfin, le recyclage et l’élimination dans le cadre d’une économie circulaire, en mettant fortement l’accent sur la durabilité”.

Alors, à quoi ressemblera le réseau électrique de demain ? Pour Bernard Multon, Pr de génie électrique à l’ENS Rennes et Philippe Barboux, de l’Institut de recherche de chimie de Paris, qui ont débattu de la question au micro de France Culture, il faudra trouver un équilibre dans l’équation suivante : un bouquet d’énergies renouvelables variables, de multiples moyens de stockage, un réseau au maillage serré et intelligent, et une réflexion à l’échelle européenne pour promouvoir davantage les solutions coopératives comme les interconnexions transfrontalières.

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Par Sophia Berrada, publié le 6 février 2021

À propos de l’auteur : Volontaire en service civique au Taurillon, aspirante journaliste, jadis étudiante en médecine, passionnée de théâtre et de littérature, chroniqueuse littéraire sur le blog https://www.poseesurletagere.com/.   Twitter : @sophi27a

Photo en titre : Réservoir supérieur de la centrale hydro-éolienne d’El Hierro lors de sa construction en janvier 2011, Espagne

https://www.taurillon.org/mieux-penser-le-renouvelable-le-defi-du-stockage-de-l-energie-pour-l

« NE POURSUIVONS PAS SUR LA VOIE SANS RETOUR DU STOCKAGE GÉOLOGIQUE DES DÉCHETS RADIOACTIFS »

Tribune – Des incertitudes rédhibitoires persistent, confirmant la dangerosité du projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse), assurent, dans une tribune au « Monde », les membres d’un front associatif et syndical contre ce projet, s’estimant confortés par un avis rendu par l’Autorité environnementale.

En août 2020, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) avait déposé un dossier en vue d’obtenir la déclaration d’utilité publique (DUP) pour Cigéo, projet d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux à Bure, dans la Meuse. Le 13 janvier, l’Autorité environnementale [instance indépendante créée en France en 2009, conformément au droit européen de l’environnement], a rendu son avis sur l’étude d’impact globale de l’Andra, soulignant de nombreux oublis ou lacunes et demandant des études complémentaires.

L’Autorité environnementale confirme ainsi nos doutes. Une vigoureuse opposition ne cesse d’alerter, depuis 1987, sur les risques immenses du stockage géologique des déchets radioactifs. L’avis de l’Autorité environnementale corrobore ce que dénoncent des milliers de citoyens, d’élus et de scientifiques indépendants depuis des années, sans être véritablement entendus.

Argilite du sous-sol meusien

Rejoignant nos analyses, l’Autorité environnementale pointe une longue liste d’insuffisances :

. absence de rapport sur la sécurité de Cigéo ;

. impossible récupération des déchets en situation accidentelle ;

. choix discutable de l’argilite du sous-sol meusien ;

. besoin d’études complémentaires sur la sismicité et les impacts environnementaux (dont la protection de la nappe phréatique)

. non-prise en compte de la ressource géothermique dont la présence aurait dû interdire le projet…

Lire aussi : Déchets nucléaires : l’Autorité environnementale livre son avis sur le projet de stockage à Bure (Article réservé à nos abonnés)

Les autorités compétentes (Autorité de sûreté nucléaire, Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) ont déjà reconnu, en 2017, que l’Andra n’avait pas suffisamment étudié les risques d’accidents (incendie souterrain, explosion, etc.), ni prévu les mesures adéquates. À ce jour, les réponses de l’Andra se font toujours attendre.

La prise en compte des enjeux environnementaux est visiblement insuffisante. Ce chantier de plus d’un siècle aurait une énorme incidence sur la ressource en eau, la biodiversité et sur les milieux naturels ; notamment sur le Bois Lejuc, cette forêt occupée pendant un an et demi pour la protéger de la destruction.

Pour les populations concernées, difficile aussi d’accepter le principe de « compensations du préjudice écologique », alors que se profile une mutation profonde de leur territoire. Rappelons que la déclaration d’utilité publique donnerait le feu vert à des expropriations et à des travaux préparatoires dévastateurs, avant même tout dépôt de demande d’autorisation de création.

Reconnaissance inédite

Alors qu’un « projet de développement du territoire pour l’accompagnement de Cigéo » a été signé en 2019, l’Autorité environnementale recommande, à l’inverse, de ne pas « développer démographiquement le territoire, afin de limiter la population exposée » aux risques à venir.

Cette reconnaissance du préjudice sanitaire – inédite – devrait alerter les élus locaux. Plus d’un milliard d’euros ont déjà été dépensés sur le territoire, travestissant Cigéo en trompeuse opportunité, alors que le piège de la désertification programmée des départements de la Meuse et de la Haute-Marne sera fatal.

Lire aussi : Site d’enfouissement de Bure : « On ne nous atomisera jamais » (Article réservé à nos abonnés)

Nous devons tirer les leçons des erreurs passées. Malgré deux décennies d’étude dans le laboratoire de Bure, des incertitudes technologiques rédhibitoires persistent, révélatrices de l’infaisabilité de Cigéo, sans compter le mortel effondrement d’une galerie, en 2016. L’Andra doit cesser de masquer son impuissance quant à cet impossible défi : retenir sous terre une radioactivité qui, à l’évidence, ne restera pas confinée.

Les accidents survenus ces dernières années sur trois sites d’enfouissement de déchets radioactifs ou toxiques démontrent que leurs conséquences sont dramatiques : déchets nucléaires baignant dans la saumure de l’ancienne mine d’Asse, en Allemagne, explosion d’un colis mal conditionné dans le centre du Waste Isolation Pilot Plant (WIPP) au Nouveau Mexique, aux États-Unis, tandis qu’à Stocamine, en Alsace, le gouvernement a renoncé à récupérer les 42 000 tonnes de produits chimiques abandonnés à 500 m sous terre suite à un incendie il y a vingt ans. Trop risqué et trop cher. La preuve par l’expérience que la « réversibilité » promise du projet Cigéo est bien irréalisable.

Manque de sérieux

L’Andra, interpellée par l’avis de l’Autorité environnementale, évoque l’ajout d’un mémoire complémentaire à son dossier avant l’enquête publique prévue mi-2021. Cette réaction tardive démontre son manque de transparence et de sérieux : il est impossible de réaliser les études demandées en quelques mois. Les décideurs ne doivent plus se contenter des réponses tronquées et délibérément optimistes de l’Andra, sauf à cautionner un dangereux passage en force pour Cigéo.

Rappelons enfin le flou qui entoure le coût réel de Cigéo et son financement, sachant que la « phase pilote », première étape du projet, risquerait d’engloutir à elle seule et à minima la totalité des provisions constituées à ce jour. Tout comme pour ses projets de nouveaux réacteurs, l’industrie nucléaire, en faillite, fait reposer les coûts et toujours plus de risques sur les générations suivantes.

D’une voix unanime, nous appelons le gouvernement à tirer toutes les conclusions de l’avis de l’Autorité environnementale et à considérer le dossier visant à obtenir la DUP comme inacceptable. Il est temps de stopper ce projet industriel hors norme et controversé. Nous demandons donc au gouvernement de mettre en 2021 un coup d’arrêt à Cigéo.

Ne poursuivons pas sur la voie sans retour du stockage géologique, et mettons dès à présent en route le plus urgent des chantiers, l’abandon du nucléaire, qui tarira à la source la production de ces déchets ingérables.

Les organisations représentées par les signataires de cette tribune sont rassemblées au sein du Front associatif et syndical contre Cigéo, dont la charte peut être retrouvée en cliquant sur ce lien.

Les signataires : Gabriel Amard, coordination Eau bien commun France ; Didier Aubé, Union syndicale Solidaires ; Jérémy Chomette, directeur général de la Fondation France libertés-Danielle-Mitterrand ; Morgane Créach, directrice du réseau Action climat ; Anny Fradin, Sortir du nucléaire Paris ; Corinne François, Coordination Stop Cigéo, collectif d’associations locales ; Catherine Fumé, collectif Loire-Vienne zéro nucléaire, composé d’associations locales ; Khaled Gaiji, président des Amis de la Terre France ; Nicolas Girod, Confédération paysanne ; Angélique Huguin, réseau Sortir du nucléaire ; Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France ; Bernard Laponche, association Global Chance ; Didier Latorre, Arrêt du nucléaire ; Gilliane Le Gallic, association Alofa Tuvalu ; Bernard Mounier, président de l’association Eau bien commun PACA ; Jean-Claude Oliva, directeur de la coordination Eau Ile-de-France ; Guillaume Riquier, SUD Culture solidaires ; Arnaud Schwartz, France Nature environnement ; Aurélie Trouvé, Attac France.

Collectif

Par le Collectif, publié le 5 février 2021 à 13h20

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/02/05/ne-poursuivons-pas-sur-la-voie-sans-retour-du-stockage-geologique-des-dechets-radioactifs_6068912_3232.html

RÉFORME D’EDF : NICOLAS HULOT EXPRIME SES DOUTES SUR LE PLAN « HERCULE »

L’ancien ministre de la transition écologique appelle à « surseoir » au projet de réorganisation du premier opérateur nucléaire au monde.

La centrale thermique de Bouchain, près de Valenciennes, en juillet 2020. Pascal Rossignol / REUTERS

Il avait été l’un des tout premiers, en tant que ministre de la transition écologique et solidaire, à avoir affirmé publiquement, en novembre 2017, qu’il était nécessaire de réfléchir à l’« architecture » d’EDF. Mais Nicolas Hulot n’est pas pour autant favorable au projet tel quel de réorganisation du premier opérateur nucléaire au monde, présenté par le gouvernement. « Je suis très prudent là-dessus. Je demande prudence et transparence, parce que les choses ne se font pas forcément au grand jour », estime l’ancien ministre lors d’un entretien au Monde mercredi 3 février, en faisant référence à la négociation entre Paris et Bruxelles, qui dure depuis plusieurs mois, sur le sujet.

Lire aussi : Nicolas Hulot : « L’écart énorme entre les promesses politiques et leur réalisation sape notre démocratie »

Le projet « Hercule », porté par la dir