QUELLE PART DE L’ÉNERGIE MONDIALE PROVIENT DES COMBUSTIBLES FOSSILES ? LES ÉNERGIES RENOUVELABLES PEUVENT-ELLES TOUT REMPLACER ?

Comment se forment les combustibles fossiles, pourquoi libèrent-ils du dioxyde de carbone et quelle quantité d’énergie mondiale fournissent-ils ? Et quelles sont les sources d’énergie renouvelables qui pourraient remplacer les combustibles fossiles ?

Les combustibles fossiles se sont formés pendant des millions d’années à partir des restes de plantes et d’animaux piégés dans les sédiments puis transformés par la chaleur et la pression.

La majeure partie du charbon s’est formée pendant la période carbonifère (il y a 360 à 300 millions d’années), une époque d’amphibiens et de vastes forêts marécageuses. La fossilisation des arbres a déplacé d’énormes quantités de carbone de l’air vers le sous-sol, entraînant une baisse des niveaux de dioxyde de carbone atmosphérique (CO₂) – suffisamment pour amener la Terre à un état complètement gelé.

Lorsque les combustibles fossiles sont brûlés, leur carbone réagit avec l’oxygène pour former du dioxyde de carbone.

Ce changement de climat, conjugué à l’évolution de champignons capables de digérer le bois mort et de restituer son carbone dans l’air, a mis fin à la période de formation du charbon.

Le pétrole et le gaz naturel (méthane, CH₄) se sont formés de manière similaire, non pas à partir d’arbres mais à partir de plancton océanique, et sur une plus longue période. Le champ pétrolier de Maui en Nouvelle-Zélande est relativement jeune, datant de l’Éocène, il y a environ 50 millions d’années.

Soleil brûlant enfoui

Lorsque les combustibles fossiles sont brûlés, leur carbone réagit avec l’oxygène pour former du dioxyde de carbone. L’énergie fournie à l’origine par le Soleil, stockée dans des liaisons chimiques pendant des millions d’années, est libérée et le carbone retourne dans l’air. Un exemple simple est la combustion du gaz naturel : une molécule de méthane et deux d’oxygène se combinent pour produire du dioxyde de carbone et de l’eau.

CH + 2 O → CO + 2 HO

Brûler un kilogramme de gaz naturel libère 15 kWh d’énergie sous forme de rayonnement infrarouge (chaleur rayonnante). Il s’agit d’un montant considérable.

Pour arrêter l’aggravation continue du changement climatique, nous devons arrêter de brûler des combustibles fossiles pour produire de l’énergie. C’est un défi de taille, car les combustibles fossiles fournissent 84 % de toute l’énergie utilisée par la civilisation humaine. (La Nouvelle-Zélande est moins dépendante des combustibles fossiles, à 65 pour cent.)

Il existe de nombreuses sources possibles d’énergies renouvelables ou bas carbone : nucléaire, hydraulique, éolien, solaire, géothermique, biomasse (usines de combustion d’énergie) et biocarburants (fabrication de combustibles liquides ou gazeux à partir de plantes). Une poignée de centrales marémotrices sont en service et des expériences sont en cours avec la génération de vagues et de courants océaniques.

Mais, parmi ceux-ci, les deux seuls capables de s’adapter à la quantité stupéfiante d’énergie que nous utilisons sont l’éolien et le solaire. Malgré une croissance impressionnante (qui a doublé en moins de cinq ans), l’éolien ne fournit que 2,2 % de toute l’énergie et le solaire 1,1 %.

La transition vers les énergies renouvelables

Une grâce salvatrice, qui suggère qu’une transformation complète vers les énergies renouvelables est possible, est qu’une grande partie de l’énergie provenant des combustibles fossiles est gaspillée.

Premièrement, l’extraction, le raffinage et le transport des combustibles fossiles représentent 12 % de toute la consommation d’énergie. Deuxièmement, les combustibles fossiles sont souvent brûlés de manière très inefficace, par exemple dans les moteurs à combustion interne des voitures. Un monde basé sur les énergies renouvelables aurait besoin de moitié moins d’énergie en premier lieu.

Les ressources solaires et éoliennes potentielles sont énormes et les coûts ont chuté rapidement. Certains ont fait valoir que nous pourrions passer à des énergies entièrement renouvelables, y compris des lignes de transmission et de stockage d’énergie ainsi que des carburants liquides entièrement synthétiques, d’ici 2050.

Un scénario voit la Nouvelle-Zélande construire 20 GW d’énergie solaire et 9 GW d’énergie éolienne. Ce n’est pas déraisonnable – l’Australie a construit autant en cinq ans. Nous devrions dépêcher. Les centrales électriques renouvelables prennent du temps à construire et les industries prennent du temps à se développer.

Autres facteurs à considérer

Le passage aux énergies renouvelables résout les problèmes de carburant et de changement climatique, mais pas ceux de l’utilisation croissante des ressources. Construire un tout nouveau système énergétique nécessite beaucoup de matériaux, dont certains sont rares et difficiles à extraire. Contrairement au combustible brûlé, le métal peut être recyclé, mais cela n’aidera pas lors de la construction d’un nouveau système pour la première fois.

Les recherches ont conclu que bien que certains métaux soient rares (en particulier le cobalt, le cadmium, le nickel, l’or et l’argent), « un système d’énergie entièrement renouvelable n’épuisera probablement pas les réserves et les ressources de métaux jusqu’en 2050 ». Il existe également des possibilités de substituer des matériaux plus courants, avec une certaine perte d’efficacité.

Mais de nombreux métaux sont très localisés. La moitié des réserves mondiales de cobalt se trouvent en République démocratique du Congo, la moitié du lithium se trouve au Chili et 70 % des terres rares, utilisées dans les éoliennes et les moteurs électriques, se trouvent en Chine.

Le gaspillage est un autre problème. Les nouvelles technologies (robots, drones, internet) et la croissance économique conduisent à une utilisation accrue de l’énergie et des ressources. Les riches utilisent une quantité disproportionnée d’énergie et modèlent une consommation excessive et des déchets auxquels d’autres aspirent, y compris les riches émergents des pays en développement.

Des recherches analysant les émissions au niveau des ménages dans les pays européens ont révélé que le 1% de la population ayant l’empreinte carbone la plus élevée produisait chacun 55 tonnes d’émissions d’équivalent CO₂, contre une médiane européenne de 10 tonnes.

Les scientifiques ont mis en garde contre la consommation des riches et il y a un débat vigoureux sur la façon de la réduire tout en préservant une société stable.

Une façon de renverser ces questions est de commencer par le bas et de se demander : quelle est l’énergie minimale requise pour les besoins humains fondamentaux ?

Une étude a considéré qu’une « vie décente » comprenait :

.  un logement confortable,

. suffisamment de nourriture et d’eau,

. 10 000 km de déplacements par an,

. l’éducation,

. les soins de santé et

. les télécommunications pour tout le monde sur Terre –

ce que nous n’avons clairement pas réussi à réaliser jusqu’à présent. Il a constaté que cela nécessiterait environ 4 000 kWh d’énergie par personne et par an, moins d’un dixième de ce que les Néo-Zélandais utilisent actuellement, et une quantité facilement fournie par les énergies renouvelables.

Tout ce carbone sous le sol était une énergie mûre pour la cueillette. Nous l’avons choisi.

Mais maintenant, il est temps d’arrêter.

Robert McLachlan, (professeur de mathématiques appliquées, Université Massey),

Par Arthur, publié le 17 septembre 2021 à 18h46

https://45secondes.fr/quelle-part-de-lenergie-mondiale-provient-des-combustibles-fossiles-les-energies-renouvelables-peuvent-elles-tout-remplacer/

 

SOUS-MARINS AUSTRALIENS : DERRIÈRE LE NOUVEL ACCORD, LE RISQUE DE PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE

En acceptant de fournir des sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie, les États-Unis prennent le risque de voir d’autres pays réclamer cette même technologie, alimentant ainsi la crainte d’une prolifération.

Au-delà du camouflet infligé à la France, l’annonce par Washington de la future livraison de sous-marins à propulsion nucléaire à Canberra pose de nombreuses questions quant au risque de prolifération de cette technologie dans la zone Indo-Pacifique. Si cette opération, réalisée dans le cadre du nouvel accord stratégique entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie se concrétise, l’île-continent rejoindrait le club très fermé des six nations disposant de submersibles de ce type : les États-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Russie, la Chine et l’Inde, toutes dotées de l’arme atomique

Exacerbation des tensions

Même si le Premier ministre australien Scott Morrisson a assuré que ces sous-marins ne seront pas équipés d’ogives nucléaires – mais de missiles conventionnels Tomahawk -, le bond technologique reste considérable pour Canberra. Contrairement aux moteurs conventionnels diesel-électriques nécessitant des remontées en surface fréquentes, la propulsion nucléaire permet une navigation de plusieurs mois en plongée, garantissant ainsi plus de discrétion.  

« Le sous-marin à propulsion nucléaire est l’arme de combat par excellence pour obtenir la supériorité maritime dans une zone donnée, souligne l’ancien amiral d’escadre Jean-Louis Lozier, aujourd’hui conseiller à l’IFRI et spécialiste de la dissuasion nucléaire. La lutte contre ce type d’engins est beaucoup plus difficile que celle contre des sous-marins à propulsion conventionnelle, donc leur prolifération peut être de nature à exacerber les tensions dans la zone Indo-Pacifique. »  

LIRE AUSSI >> Sous-marins australiens : la gifle de Joe Biden à l’Europe (et surtout à la France)

Du côté de la Chine – principale cible de cet accord stratégique -, la réaction a en effet été des plus virulentes. « Cette coopération en matière de sous-marins nucléaires sape gravement la paix et la stabilité régionales, intensifie la course aux armements et compromet les efforts internationaux de non-prolifération nucléaire« , a déclaré jeudi le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.  

En outre, l’annonce est intervenue au milieu d’une semaine déjà particulièrement tendue dans la région, après les deux tests successifs de missiles par la Corée du Nord, puis le premier lancement de missile mer-sol depuis un sous-marin sud-coréen mercredi. « On assiste à une course à l’armement ces derniers jours dans la région Indo-Pacifique. Les grandes puissances sont en train de réorganiser leurs moyens de défense de manière large et approfondie« , résume Annick Cizel, enseignante-chercheuse à l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3 et spécialiste de la politique étrangère américaine.  

Risque de précédent

Dans ce contexte inflammable, la fourniture de sous-marins à propulsion nucléaire pourrait créer un précédent. « Même si le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) n’interdit pas la propulsion nucléaire, il était tacitement convenu de ne pas exporter cette technologie. Cette décision des États-Unis constitue donc un changement complet de paradigme« , glisse Jean-Louis Lozier. Un revirement loin d’être anodin. « On peut se demander ce qui empêcherait désormais la Chine de vendre ces mêmes sous-marins à d’autres pays comme le Pakistan ou la Corée du Nord. Il serait alors compliqué pour les États-Unis et le Royaume-Uni de s’y opposer« , ajoute-t-il.  

Pour Washington, le risque est aussi de se retrouver dans une position délicate vis-à-vis de ses autres alliés dans la région. « La Corée du Sud a déjà montré son intérêt pour cette technologie par le passé, et on ne peut pas exclure non plus que le Japon se montre un jour demandeur. Donc il pourrait être difficile de leur refuser ce qui a été accordé à l’Australie« , pointe Emmanuelle Maitre, chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), spécialiste des questions de prolifération.  

LIRE AUSSI >> La nouvelle alliance militaire annoncée par Biden rebat les cartes en Asie Pacifique

Autre interrogation : la nature du combustible qui sera utilisé pour faire fonctionner les réacteurs australiens. À l’inverse des marines française, chinoise ou indienne, qui utilisent de l’uranium faiblement enrichi, les forces navales américaine et britannique se servent d’uranium hautement enrichi (UHE) à plus de 90%. Un seuil pouvant théoriquement servir à la production d’armes nucléaires.  

Par Paul Véronique, publié le 18/09/2021 à 12h30, mis à jour à15h50

Photo en titre : Dans cette image fournie par la Force de défense australienne, le sous-marin de la Royal Australian Navy HMAS Rankin est vu lors d’AUSINDEX 21, un exercice maritime biennal entre la Royal Australian Navy et la Marine indienne le 5 septembre 2021 à Darwin dans les eaux australiennes. Getty Images via AFP

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/asie/sous-marins-australiens-derriere-le-nouvel-accord-le-risque-de-proliferation-nucleaire_2158648.html

DÉCHETS NUCLÉAIRES : 5 QUESTIONS POUR COMPRENDRE LE MÉGA-PROJET D’ENFOUISSEMENT DE BURE

Initié il y a plus de 20 ans, le projet Cigéo de stockage des déchets nucléaires les plus radioactifs dans le sous-sol de Bure (Meuse) devient de plus en plus concret. Afin d’évaluer s’il est d’utilité publique, et ainsi permettre au maître d’ouvrage d’acquérir de gré ou de force les terres nécessaires à sa construction, une enquête indépendante a été lancée mercredi.

RESTE QUE SES CONCLUSIONS NE SERONT PAS CONTRAIGNANTES, ET QUE LA DÉCISION REVIENDRA IN FINE À L’ÉTAT.

(NDLR : tout est dit dans cette phrase)

Pour y voir plus clair, La Tribune revient sur les principaux enjeux d’un projet colossal…et contesté.

À cheval entre les départements de la Meuse et de la Haute-Marne, c’est un projet aussi gigantesque que controversé qui pourrait bientôt voir le jour. Un complexe industriel immense qui mobiliserait plus de 700 hectares en surface, l’équivalent de 1.000 terrains de football… et bien plus en sous-sol. Baptisé Cigéo, ce centre de stockage en couche géologique profonde consisterait à enfouir, à 500 mètres sous terre, quelque 80.000 mètres cube de déchets nucléaires à haute et moyenne activité – dont certains resteront radioactifs pendant des millions d’années.

De quoi permettre d’enterrer, en même temps que ces substances issues des 56 réacteurs nucléaires français, le dossier épineux de leur dangerosité – avant que le pays ne puisse se passer de cette source d’énergie ? Si l’on en croit le pilote du projet, l’Andra (Agence nationale de gestion des déchets radioactifs), la réponse est oui : les générations futures n’auront « plus à s’en soucier », fait-elle valoir. La promesse a de quoi séduire…

Reste que de nombreux opposants, riverains ou non, se battent corps et âmes contre son autorisation. « Celle-ci dépendra de beaucoup de choses », explique Patrice Torres, directeur des opérations industrielles et directeur du Centre de Meuse/Haute-Marne de l’Andra. Y compris des résultats d’une enquête indépendante, officiellement lancée le 15 septembre. Composée de cinq membres nommés par le tribunal administratif de Nancy, elle doit permettre d’y voir plus clair sur l’éventuelle utilité publique de Cigéo. Une reconnaissance qui permettrait à l’Andra d’acquérir les 120 hectares restants qui lui sont nécessaires… si besoin par expropriation. Avant une mise en service prévue vers l’année 2035, et la réception à l’échelle industrielle des déchets les plus dangereux d’ici à 2080.

« Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans la construction du projet, mais dans sa phase finale : il s’agit de le valider ou de ne pas le valider », a précisé le président de la commission d’enquête, Claude Bastien, retraité, lors d’un point presse à Bar-le-Duc (Meuse) le mardi 14 septembre.

Pourquoi ce projet d’État, mis sur les rails dès 1998, est-il aujourd’hui en passe d’être – ou non – autorisé, et quelles conséquences les conclusions de la commission d’enquête pourraient-elles entraîner sur cette validation ? Pour y voir plus clair, La Tribune revient sur les principaux enjeux d’un plan déroulé sur le (très) long terme.

Pourquoi vouloir enfouir les déchets nucléaires ?

Lorsqu’elles produisent de l’électricité, les centrales nucléaires rejettent des éléments issus des combustibles usés, dont une partie sont radioactifs. Alors que la majorité deviennent rapidement inoffensifs, certains restent problématiques sur le long terme, soulevant la question de leur gestion. Dans le détail, il s’agit de ceux de moyenne activité à vie longue (MA-VL), qui constituent 3% du volume des déchets radioactifs pour 4% de leur radioactivité. Mais surtout, de ceux de haute activité à vie longue (HA-VL), qui ne constituent que 0,2% du volume des déchets radioactifs… pour 96% de leur radioactivité totale en France.

Si ces derniers sont aujourd’hui vitrifiés et stockés en surface dans des conteneurs en acier inoxydable, cette solution s’avère en fait peu viable, estime l’Andra. D’autant que s’ajoutent aux déchets issus du nucléaire civil ceux qui proviennent du nucléaire militaire.

« Cela nécessite que toute cette infrastructure soit reconstruite et mise à niveau tous les 50 ou 60 ans, ce qui revient à faire peser le problème sur les générations futures », note Patrice Torres.

Vue aérienne du centre de stockage de la Manche, à La Hague, où ont été stockés plus de 500.000 m³ de déchets radioactifs. ©Andra

Lire aussi (4 mn) : Déchets nucléaires: pourquoi Orano remporte un contrat de plus de 1 milliard avec l’Allemagne

Conscient du problème, l’État réfléchit depuis plusieurs décennies à des solutions de « sécurité passive». C’est-à-dire, à une façon de stocker ces déchets pour l’éternité – de manière irréversible et ne nécessitant plus aucune intervention humaine. Inscrit dans la loi en 2006, puis en 2016, l’enfouissement en profondeur vise ainsi à les entreposer à 500 mètres sous terre. Le but : piéger la radioactivité dans une très large couche d’argile, pour des milliers d’années.

En quoi le projet Cigéo consiste-t-il ?

C’est dans cette idée que l’Andra installe dès 1998 son centre de recherche dans le village meusien de Bure, le futur projet Cigéo déjà en tête. Car le lieu n’a pas été choisi au hasard : le territoire est majoritairement agricole, et les propriétés de son sous-sol retiennent l’attention des experts. En effet, la large couche d’argile qui le compose permettrait de freiner considérablement le transfert des éléments radioactifs vers la surface. Il n’en faut pas plus pour que le train soit lancé : missionnée par l’État, l’agence se met dès 1999 à creuser des galeries souterraines, avant de mettre sur pied en 2007 un laboratoire opérationnel.

« Il sert pour l’instant à tester des échantillons et à réaliser des forages d’observation, afin d’étudier le comportement de la roche », développe Patrice Torres.

Et pour se déployer, l’Andra acquiert de nombreux terrains auprès des riverains, en échange de compensations avantageuses. « Nous disposons aujourd’hui d’un peu plus de 660 hectares au niveau du sol», précise Patrice Torres. De quoi y installer dans le futur d’immenses puits verticaux, permettant au personnel d’accéder aux souterrains. Car les galeries devront être assez vastes pour enfouir tout ce que le nucléaire aura produit de plus dangereux en France, depuis les années 1950 jusqu’au démantèlement du parc – estimé dans cinquante ans environ.

Concrètement, les déchets MA-VL seraient solidifiés dans des bitumes et placés dans un conteneur en béton, et les HA-VL vitrifiés et coulés dans un colis en inox. « Nous testons déjà les robots qui entreposeront les colis dans les alvéoles souterraines », développe l’Andra. L’opération n’est cependant pas prévue pour tout de suite : le site ne commencerait à les accueillir que dans plusieurs décennies, et ceux-ci ne pourraient être scellés – et donc impossibles à récupérer – qu’un siècle plus tard.

Pourquoi les oppositions sont-elles si fortes ?

Mais ce plan bien rodé est loin de faire l’unanimité. Fin août, quelque 200 militants manifestaient aux alentours de Bure pour faire entendre leur désapprobation. Deux mois plus tôt, c’est le procès de sept protestataires qui faisait couler de l’encre. Et l’on peut remonter bien plus loin : l’opposition est en fait aussi vieille que le projet.

« Nous avons derrière nous plusieurs décennies de concertations, de dialogue avec le public. Et ce sera encore la même chose pour des décennies », fait valoir Patrice Torres.

Pour cause, les inquiétudes sont multiples. Sur la modification du paysage de ces communes agricoles, d’abord. Certains riverains craignent que l’image de la région, défigurée sur plus de 700 hectares, ne s’en trouve dégradée. D’autant que le spectre d’une expropriation plane sur les propriétaires qui refuseraient de céder leurs terres à l’Andra. « Ce n’est jamais une opération anodine, c’est potentiellement un traumatisme. C’est pour ça qu’on essaie au maximum de réaliser des acquisitions à l’amiable », défend Patrice Torres.

À cela s’ajoute l’angoisse autour de la sécurité du projet. À cet égard, l’incident de Stocamine de 2002 reste dans toutes les têtes. A l’époque, un incendie incontrôlable se déclare au fond d’un centre alsacien d’enfouissement de déchets ultimes hautement toxiques, piégeant les 42.000 tonnes d’arsenic, chrome, mercure et autres pesticides qui s’y trouvent. Près de vingt ans plus tard, ils y sont toujours confinés, sans aucune solution d’extraction du sous-sol contaminé.

Mais la situation est différente à Bure, assure l’Andra, qui se veut rassurante. « Nous avons la capacité d’analyser les impacts en fonctionnement normal, mais aussi accidentel », assure Patrice Torres. Quant à l’hydrogène dégagé par certains des déchets, dont la trop haute concentration pourrait entraîner un risque d’explosion, son taux est régulièrement surveillé, précise-t-elle.

Reste que des limites ont été pointées du doigt par l’Agence environnementale, qui a rendu début janvier un avis contrasté sur le projet. Celle-ci demande par exemple de « réévaluer» la perméabilité de la nappe phréatique qui jouxte les couches d’argiles dans lesquelles seront stockés les déchets et de « démontrer» la non-sismicité du site.  Elle recommande aussi, au nom du principe de précaution, de « chercher à limiter durablement la population exposée ». Sur ce dernier point, la stratégie de l’Andra a jusqu’ici plutôt été l’inverse, en essayant d’attirer des populations dans la région à coups d’investissements massifs dans les infrastructures locales.

Quel est l’intérêt de l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique ?

Dans ce contexte, l’enquête lancée le 15 septembre et menée jusqu’au 23 octobre consiste à réunir des données sur l’éventuelle utilité publique de Cigéo. Concrètement, cinq commissaires indépendants récolteront les avis de personnes intéressées ou opposées au projet, par le biais de permanences physiques et téléphoniques, et grâce à un registre numérique dédié. Chacune de ces contributions sera analysée et transmise à l’Andra pour avis. Mais ce n’est pas tout :

« L’utilité publique sera appréciée à partir de différents éléments, comme son intérêt, ses coûts, ses contraintes, ses impacts sur l’environnement ou encore son niveau de sécurité », affirme à la Tribune le président de la commission d’enquête, Claude Bastien.

Enfin, la commission remettra son rapport fin novembre, dans lequel elle se déclarera favorable ou défavorable à la déclaration d’utilité publique (DUP), « éventuellement avec réserve ou recommandation», précise Claude Bastien. Reste que ses conclusions ne seront pas contraignantes : la décision reviendra in fine au Premier ministre, après avis du Conseil d’État.

« Nous n’émettrons qu’un avis. Le gouvernement pourra passer outre, dans la mesure où il le motive », explique le président de la commission d’enquête.

Une « vaste fumisterie » et un « simulacre de démocratie», estime le CEDRA (Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs). « C’est une phrase réglementaire qui ne remet en aucun cas en cause le projet », a ainsi réagi auprès de l’AFP Juliette Geoffrroy, la porte-parole du collectif.

Quelles sont les suites possibles ?

Côté calendrier, le dossier devrait atterrir sur le bureau du Premier ministre et de la ministre de la Transition écologique d’ici à la fin de l’année, voire début 2022. S’ils décident d’accorder l’utilité publique au projet, l’Andra pourra acquérir les 120 hectares restants si besoin par la force, et demander à mener certains travaux préparatoires.

En parallèle, l’agence déposera «mi-2022 » une demande d’autorisation de création auprès de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), qui sera chargée de vérifier l’impact et l’accessibilité du projet au sens large. Concrètement, l’ASN et ses appuis techniques prendront entre 3 et 5 ans pour instruire le dossier, avant d’émettre éventuellement un avis d’autorisation. Sans ce précieux sésame, l’Andra ne pourra pas construire le centre de stockage.

Par Marine Godelier, publié le 17 Septembre 2021 16h19

Photo en titre : Les galeries déployées dans le sous-sol du laboratoire devront être assez vastes pour enfouir tout ce que le nucléaire aura produit de plus dangereux en France, depuis les années 1950 jusqu’au démantèlement du parc – estimé dans cinquante ans environ. (Crédits : Reuters)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/dechets-nucleaires-5-questions-pour-comprendre-le-mega-projet-d-enfouissemen-de-bure-892515.html

PRÉSIDENTIELLES 2022 : ANNE HIDALGO AU CREUSOT SE DIT «POUR LE MIX ÉNERGÉTIQUE» AVEC DU NUCLÉAIRE

Résumé – Pour sa première visite de campagne depuis l’annonce de sa candidature, la Maire de Paris a choisi Le Creusot. Elle est venue dire combien l’industrialisation de la France est importante à ses yeux. Considérant que «l’exemple du Creusot peut être utile à la France», elle a aussi parlé nucléaire : «Je suis pour le mix énergétique avec une énergie décarbonée». Et elle l’a affirmé : Elle n’est pas opposée au nucléaire.

Parlant d’Arnaud Montebourg, elle a cette formule : «Il faut qu’on l’embarque»

——————————————

Dix ans, moins 5 jours, après François Hollande – c’était le 22 septembre 2011 -, Anne Hidalgo est donc venue au Creusot dans le cadre de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2022. Et il s’agissait de sa première visite depuis l’annonce de sa candidature, intervenue moins d’une semaine plus tôt en Normandie.

En règle générale, quand on vient au Creusot c’est pour aller industrie, même si quelques visites ministérielles sont sur d’autres thèmes. Anne Hidalgo est donc venue dans la cité du pilon et sur un territoire, la Saône-et-Loire, où elle était attendue sur la question du nucléaire.

Elle ne s’est pas dérobée et a parlé avec conviction de la question énergétique. En affirmant ses convictions. «Il faut déjà entretenir les centrales nucléaires qui arrivent en fin de vie». Et de poursuivre : «Il y a un rapport qui doit sortir en octobre».

«Sortir du débat idéologique»

L’avenir du nucléaire civil ? «Il faudra que le nucléaire ait son vrai prix. Mais je rappelle qu’il a permis à la France de gagner son indépendance énergétique. (Voir NDLR en fin d’article). Il faut progresser sur le sujet pour sortir du débat idéologique. Oui il y a un problème par rapport à l’obsolescence des centrales. L’énergie, doit être produite différemment. Je considère qu’il faut planifier les choses. Sur toutes les énergies y compris renouvelables. Un des enjeux c’est de produire localement de l’énergie qui sera consommée normalement.

Je le redis, il ne faut pas rester dans des affrontements idéologiques. Je suis pour le mix énergétique, avec une énergie décarbonée et le nucléaire n’émet pas de particules. Il faut dire ce que l’on veut à 5, 10, 15 ou 20 ans. Comment on construit pour notre énergie de demain».

Anne Hidalgo, sans donner de noms, assure que des membres d’Europe Écologie Les Verts ont avancé sur ce terrain, sans pour autant se prononcer.

«L’équipe de France des Maires»

Concernant sa décision de ne pas se rendre au congrès du PS à Villeurbanne, la Maire de Paris estime que «la Présidentielle ce ne sont pas des échanges entre les partis, mais avec les Français. Il faut poser les vraies questions». Ainsi elle dit comprendre la colère et la tristesse qu’ont exprimées les Français qui se sont traduites par la crise des gilets jaunes.

Elle parle aussi de l’école : «On n’a pas su la transformer. Il faut être dans l’écoute. C’est pour cela que je compte m’appuyer sur l’équipe de France des Maires».

En ce sens, Anne Hidalgo salue le rebond de l’industrie au Creusot, «car des femmes et des hommes ont partagé cette vision».

Histoire de prolonger le discours qu’elle avait tenu en quittant l’entreprise Matière, comme fascinée de voir que Le Creusot, «après avoir été fortement percuté par les mutations industrielles dans les années 80», a su rebondir pour être aujourd’hui sur le devant de la scène.

«L’exemple du Creusot peut être utile à la France»

«Le Creusot, aujourd’hui c’est David Marti, un Maire très engagé pour porter l’industrie de son territoire». Et de considérer que «l’exemple du Creusot peut être utile à la France, car Le Creusot c’est une vraie réussite».

Mais la Maire de Paris veut aller plus loin : «Il faut créer plus de synergies et de liens entre les villes, les régions, les industriels, les écoles, la formation. Il faut rétablir la place du travail. Il faut accompagner la réindustrialisation en tenant compte de la transition écologique. »

Arnaud Montebourg ? «Il faut qu’on l’embarque»

Forcément que la candidature d’Arnaud Montebourg ne laisse pas de marbre la Maire de Paris. Elle a cette formule qui claque : «Il faut qu’on l’embarque !» Entendez qu’elle considère que son ralliement à sa candidature serait dans la logique.

Anne Hidalgo, qui devait être l’invitée de la Fête de la Rose à Frangy en Bresse, avant qu’Arnaud Montebourg revienne dans l’arène politique et décide de revenir à la tribune du rendez-vous bressan, pour le coup décalé d’un mois, ne s’offusque pas quand il lui est dit qu’au sujet de l’industrie et de la réindustrialisation, elle est sur le même discours que l’ancien Ministre du Redressement productif. «Je suis là aujourd’hui et j’irai partout en France. Oui je souhaite aborder la question du travail et de la réindustrialisation. Il faut redonner sa fierté à l’industrie. Mais il faut que les gens qui travaillent gagnent leur vie. Quand on est candidat à la Présidence de la République on a une vision. Et j’en veux une pour les classes moyennes qui décrochent. Qui ont du mal à payer leur logement, ne peuvent pas payer les études supérieures de leurs enfants».

Anne Hidalgo est donc contre la taxe carbone qui, avec les carburants, frappe les Français au porte-monnaie. «Et puis la question des salaires est centrale. De grands patrons commencent à l’admettre parce qu’ils ont du mal à recruter. Je crois au dialogue social, aux syndicats, aux discussions. Il faut une meilleure redistribution des richesses. Il ne peut pas y avoir que des dividendes».

Par Alain BOLLERY, publié le 17/09/2021 à 17h30

Photos Alain BOLLERY

https://www.creusot-infos.com/news/vie-locale/le-creusot/presidentielles-2022-anne-hidalgo-au-creusot-se-dit-pour-le-mix-energetique-avec-du-nucleaire.html

NDLR : côté indépendance énergétique, je rappelle que depuis 20 ans, 100 % de l’uranium est importé. Bien sûr il est transformé en France pour devenir le combustible des centrales nucléaire. Mais avec le même raisonnement on peut dire que le pétrole importé à 99% nous rend indépendant puisqu’il est raffiné en France avant d’être utilisé. Vous voyez le ridicule de cette affirmation.

Encore une candidate pronucléaire ! J’ai publié cet article pour que vous le sachiez.

KIM JONG-UN « ACCÉLÈRE SA PRODUCTION D’URANIUM APRÈS AVOIR LANCÉ DES MISSILES BALISTIQUES »

KIM Jong-Un accélérerait sa candidature à la guerre nucléaire après que des images satellites aient suggéré qu’il « accélère sa production d’uranium ».

Les experts pensent qu’un nouveau chantier de construction au centre de recherche nucléaire de Yongbyon, près de la capitale nord-coréenne de Pyongyang, a les capacités de produire du matériel de qualité militaire.

Kim Jong-Un a intensifié son programme de missiles nucléaires, avertissent les experts. Crédit : AFP

On pense que son centre de recherche nucléaire a étendu ses opérations d’uranium – capable de fabriquer du matériel de qualité militaire

Cela survient alors que la Corée du Nord effectue une série de tests sur des missiles balistiques alors qu’elle continue de signaler ses intentions effrayantes à l’ouest.

Selon Les temps, les missiles balistiques ont été testés mercredi et sont intervenus quelques jours seulement après qu’un missile de croisière, qui, selon les experts, pourrait avoir une capacité nucléaire, a été tiré dans le ciel.

Les experts ont ajouté que sa portée était si mortelle qu’elle était même capable d’atteindre le Japon.

À présent, le site, qui est susceptible de produire les matériaux qui les rendent fonctionnels, semble devoir étendre ses opérations – quelques semaines seulement après sa réouverture pour la première fois en trois ans.

Le site obtenu par CNN a été capturé par Maxar, une société d’imagerie commerciale et analysé par des experts.

Jeffery Lewis, professeur à l’Institut d’études internationales de Middlebury, spécialisé dans le renseignement open source, a suggéré qu’une nouvelle extension de l’installation pourrait augmenter de 25 % la production de matériel de qualité militaire.

« La nouvelle zone est d’environ 1 000 mètres carrés », a estimé Lewis.

« Il y a de la place pour loger 1 000 centrifugeuses (à gaz) supplémentaires. »

Si la Corée du Nord devait moderniser le type de centrifugeuses actuellement utilisées dans cette usine, cela « pourrait augmenter considérablement la capacité de l’usine », a-t-il ajouté.

L’usine de Yongbyon vient de reprendre ses activités

RENFORCER LES ADVERSAIRES ÉTRANGERS

Ces dernières images satellites uniquement renforcer les accusations dirigées contre les États-Unis au milieu de leur échec à empêcher la chute chaotique de l’Afghanistan aux mains des talibans.

Les experts ont depuis averti qu’ils vivaient sur du temps emprunté, car un certain nombre d’adversaires étrangers, comme la Corée du Nord, sentent le sang.

Le Dr Nigel Gould-Davies, analyste principal à l’Institut international d’études stratégiques, a déclaré à The Sun Online que l’Afghanistan ne pouvait être qu’un début.

Le Dr Gould-Davies a déclaré: « Bien sûr, si votre adversaire montre qui montre ces qualités négatives, vous en profiterez.»

« Ils se sentiront enhardis et essaieront de tester si les Américains maintiennent vraiment leur détermination, leur force et leur engagement. »

« Nous entrons dans une situation instable. Il y aura plus de concours que moins. Cela pourrait devenir assez turbulent pendant un certain temps. »

« Qu’il s’agisse d’un nouvel ordre mondial, cela pourrait ressembler davantage à un  nouveau monde de désordre »

La dernière vague de tests de missiles en provenance de Corée du Nord semble avoir seulement encouragé la nation ermite, car les nouvelles images suggèrent qu’elle commencera à faire jouer ses muscles militaires et à renforcer ses arsenaux.

Ned Price, le porte-parole du département d’État américain, a condamné les lancements effectués par l’équipe de Kim et a appelé à une solution diplomatique au défi croissant de Pyongyang.

Il a déclaré que l’administration Biden s’était engagée à dialoguer avec la Corée du Nord et son chef, Kim Jong-un, dans le but de dénucléariser la péninsule coréenne.

Mais, ils ont jusqu’à présent rencontré des railleries et des menaces de la part du chef dictatorial allégé qui maintient qu’il se prépare toujours à une « confrontation » militaire.

Les États-Unis tentent de rouvrir les pourparlers dans le but de dénucléariser la péninsule coréenne

Kim Jong-Un a affirmé qu’il se préparait toujours à une « confrontation » militaire. Crédit : AP

La Corée du Nord tire un système de missile ferroviaire bizarre lors du dernier test d’armes

Par Gaspar Bazinet, publié le 17 septembre 2021 à 04h35

https://news-24.fr/kim-jong-un-accelere-sa-production-duranium-apres-avoir-lance-des-missiles-balistiques/

AUSTRALIE : IL FAUDRA LEVER LES INCERTITUDES SUR LA QUESTION NUCLÉAIRE

« Sur l’architecture globale de sécurité et la non-prolifération, la vente à un pays non doté de l’arme nucléaire de sous-marins nucléaires d’attaque n’a pas de précédent. Avec le nouveau projet envisagé, les États-Unis et le Royaume-Uni changent les règles du jeu. Les conséquences globales en ont-elles été bien mesurées? » a tout de suite interrogé Christian Cambon (LR), le président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées au Sénat.

La question du risque de prolifération nucléaire a tout de suite été posée d’autant que « la première grande initiative d’AUKUS sera de livrer une flotte de sous-marins à propulsion nucléaire à l’Australie » a confirmé jeudi le premier ministre australien Scott Morrisson. « Mais permettez-moi d’être clair: l’Australie ne cherche pas à acquérir des armes nucléaires ou à établir une capacité nucléaire civile. Et nous continuerons de respecter toutes nos obligations en matière de non-prolifération nucléaire. »

Les tensions restent fortes sur le plan international. « La méfiance et les tensions croissantes entre les États dotés d’armes nucléaires ont augmenté les risques nucléaires », rappelait en octobre 2020 António Guterres, secrétaire général des Nations unies.

Pour Lijian Zhao, porte-parole du gouvernement chinois, « la coopération sous-marine nucléaire entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie compromet gravement la paix et la stabilité régionales, intensifie la course aux armements et sape les efforts de non-prolifération internationale. C’est hautement irresponsable et montre des doubles standards sur l’utilisation de l’exportation nucléaire pour des jeux géopolitiques. »
La France fait partie des pays qui possèdent l’arme nucléaire avec les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la Chine, l’Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord.

Publié le 17/09/2021 à 06h44

https://www.centre-presse.fr/article-810644-il-faudra-lever-les-incertitudes-sur-la-question-nucleaire.html

LES MILITANTS DE SORTIR DU NUCLÉAIRE VEULENT RENCONTRER LES MARINIERS DE GIEN CE DIMANCHE ET DÉNONCENT LA POLLUTION DE LA LOIRE PAR LES CENTRALES

Une escale à Gien est prévue ce dimanche 19 septembre par une flottille de bateaux qui partiront en direction d’Orléans pour le Festival de Loire. Les membres de l’association Sortir du nucléaire Berry-Loire-Puisaye veulent en profiter pour rencontrer les mariniers et « informer sur la pollution de la Loire« . EDF se défend de son côté.

Une flottille d’environ huit bateaux venant de Marseilles-lès-Aubigny (Cher) est attendue pour faire escale ce dimanche 19 septembre à Gien en vue de sa participation au Festival de Loire, à Orléans.

Des membres de l’association Sortir du nucléaire Berry-Loire-Puisaye ont indiqué leur intention de rencontrer les mariniers et les habitants giennois dans le cadre de cet arrêt prévu autour de 19 heures au niveau du Port aux bois.

Les militants n’ont pas choisi cette ville au hasard puisqu’elle se situe à proximité de deux centrales nucléaires : celles de Dampierre-en-Burly et de Belleville-sur-Loire (Cher).

Ce choix s’explique aussi « par la présence de la station Vigicrues par laquelle sont scrutés deux aspects essentiels à la sûreté nucléaire : le débit et l’étiage« . « Nous donnons rendez-vous à nos sympathisants ce jour-là pour y accueillir les mariniers« , précisent-ils.

« Sulfates, chlorures, sodium, cuivre, phosphates… »

L’association a publié cette semaine un tract et un communiqué dénonçant « les pollutions invisibles de la Loire et de l’industrie nucléaire« . Ces documents pointent les « 480 tonnes de rejets chimiques et écotoxiques déversés en Loire pour la seule année 2020«  par les six réacteurs concernés.

Des données que Sortir du nucléaire indique s’être procurées dans deux documents publics de 2020 : le rapport environnemental annuel relatif aux installations nucléaires du centre de production d’électricité de Dampierre-en-Burly et le rapport annuel d’information du public relatif aux installations nucléaires du site de Belleville-sur-Loire.

396 tonnes de produits chimiques sont ainsi imputées au site de Dampierre et 88,3 tonnes seraient déversées dans la Loire par l’établissement de Belleville. Sulfates, chlorures, sodium, cuivre, phosphates et autres détergents font partie de la liste établie par l’association.

Plongée au cœur du réacteur de la centrale de Dampierre-en-Burly : nos photos de la quatrième visite décennale

Des rejets auxquels s’ajouteraient « 88.150 milliards de becquerels (une unité de mesure) de rejets liquides radioactifs, ainsi que des rejets gazeux chimiques, radioactifs et des pertes de fluides frigorigènes. »

« C’est une pollution chronique qui dure depuis plus de trente ans, assure Françoise Pouzet, membre de l’association. Nous faisons cette action pour dénoncer la communication désinhibée d’EDF qui prône un nucléaire « propre ». Ces rejets démontrent que cette propreté n’est pas là. C’est une intoxication lente de la Loire. »

« Surveillance permanente de l’environnement », selon EDF

Les deux centrales répondent par communiqués que « les conditions et les limites de rejets […] sont fixées par des décisions de l’Autorité de sûreté nucléaire signées par la ministre de la Transition écologique et publiées au Journal officiel« . Les deux sites « respectent rigoureusement la réglementation et n’ont pas connu de dépassement des concentrations autorisées« , souligne EDF.

Les militants de Sortir du nucléaire ne nient d’ailleurs pas que les centrales respectent ces normes, mais pointent « l’insuffisance » de celles-ci. L’association souligne également que l’Autorité environnementale « a exhorté la centrale de Belleville « à revoir sa copie« , dans son avis du 23 juin 2021 sur les rejets du site nucléaire du Cher. L’institution « recommande, dans le contexte du changement climatique qui devrait modifier les débits de la Loire, de réduire les prélèvements d’eau, sujet qui n’est pas traité dans le dossier » qui leur avait été remis.

EDF insiste de son côté sur la « surveillance permanente de l’environnement » autour des deux sites. Sont cités notamment les relevés établis « chaque matin (samedi et dimanche compris) » par un technicien sur des éléments tels que le débit, des analyses physico-chimiques ou encore le contrôle de la radioactivité de l’air.

« Rejets énormes » ou « énergie propre » ?

Des prélèvements sont aussi effectués sur l’eau de la Loire, la poussière atmosphérique sur filtre, les eaux souterraines, des échantillons d’herbe ou encore le lait provenant de deux fermes témoins, précise EDF. La centrale de Dampierre aurait réalisé « plus de 20.000 analyses en 2020« . Celle de Belleville en aurait fait « plus de 18.000« .

Les arguments ne font toutefois pas mouche auprès des militants de Sortir du nucléaire, qui parlent de « communication assez superficielle« . « Ils se basent toujours sur le début des centrales, au moment où les rejets n’étaient absolument pas contrôlés, contrebalance Françoise Pouzet. Ils se félicitent que ce soit de moins en moins polluant, mais les rejets actuels restent énormes ! » À cela, EDF rétorque que l’énergie nucléaire reste « propre, sûre et compétitive« . Au citoyen de se faire sa propre opinion.

Par Thomas Derais, publié le 16/09/2021 à 17h38

https://www.larep.fr/gien-45500/actualites/les-militants-de-sortir-du-nucleaire-veulent-rencontrer-les-mariniers-de-gien-ce-dimanche-et-denoncent-la-pollution-de-la-loire-par-les-centrales_14013250/

NDLR : pour rappel, respecter une norme n’est jamais que respecter une autorisation de polluer à condition de ne pas dépasser le maximum « autorisé » par la norme.

LE PDG DE CHEVRON ESTIME QU’IL VAUT MIEUX VERSER DES DIVIDENDES AUX ACTIONNAIRES QUE D’INVESTIR DANS L’ÉOLIEN ET LE SOLAIRE.

Le directeur général de Chevron Corp, Mike Wirth, a déclaré mercredi que la société préférait verser des dividendes aux actionnaires plutôt que d’utiliser l’argent pour investir dans la production d’énergie solaire et éolienne, en raison du faible rendement généré par ces projets de combustibles renouvelables. (Reportage de Sabrina Valle ; édition de Chris Reese)

Par © Zonebourse avec Reuters, publié le 16 septembre 2021 à  01h00

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Le-PDG-de-Chevron-estime-qu-il-vaut-mieux-verser-des-dividendes-aux-actionnaires-que-d-investir-dans–36437565/

NDLR : ce qui montre bien que le capitalisme pur et dur n’a pas de conscience, ce qui compte c’est le fric, le fric et le fric…, la planète on s’en fout. On va bientôt voter alors pensez-y au moment de choisir votre bulletin.

IMPACT DES ACTIVITÉS D’EXTRACTION D’URANIUM À ARLIT (NIGER) ET A MALVÉSI (FRANCE)

L’extraction de l’uranium utilisé pour alimenter les centrales électronucléaires implique des impacts environnementaux très lourds et une pollution durable.

La CRIIRAD vous invite à visionner le documentaire « Vert de rage, L’uranium de la colère » du journaliste d’investigation Martin Boudot qui a mené l’enquête en 2020 et 2021 sur des installations exploitées par le géant du nucléaire ORANO (ex AREVA) à Arlit (Niger) et à Malvési près de Narbonne (France).

Le documentaire sera accessible pendant deux mois à partir du dimanche 19 septembre 2021 sur la plateforme france.tv. Il sera ensuite diffusé en ouverture du FIGRA (Festival International du Grand Reportage) le 29 septembre à Douai (59).

Une diffusion sur France 5 est également prévue dans le courant du mois d’octobre.

La CRIIRAD apporté son soutien scientifique au journaliste pour la conduite de cette enquête (stratégie de prélèvement et de mesure, contacts locaux, matériel de mesure, analyses en laboratoire).

L’association CRIIRAD et son laboratoire travaillent en effet sur ces questions en tant que « lanceur d’alerte » depuis de nombreuses années :

. depuis 2002 sur la question de l’impact des activités d’extraction de l’uranium au Niger en partenariat avec l’association AGHIRIN’MAN basée à Arlit.

. depuis 2006 sur l’impact des activités de purification et conversion de l’uranium sur le site ORANO de Malvési, près de Narbonne.

En 2006, les associations ADN34, SDN11 et Greenpeace 34 ont décidé de mettre en place, avec le soutien scientifique de la CRIIRAD, le projet « Vigilance Malvési ». Il permet d’effectuer une surveillance citoyenne de la radioactivité autour de l’usine de Malvési. Au-delà des associations organisatrices, l’équipe de bénévoles rassemble des personnes également membres d’autres associations présentes sur le terrain : Le Covidem, Tcna, Eccla. Les derniers résultats seront communiqués prochainement.

Message reçu le 16 septembre 2021

Pour retrouver le teaser, cliquer sur :

https://vimeo.com/536781193/7eeaff6615?_se=YnJpc291eC5nZXJhcmRAd2FuYWRvby5mcg%3D%3D&utm_campaign=Sortie+docu+-Vert+de+rage+Luranium+de+la+colre-+-+envoi+adhrentes&utm_medium=email&utm_source=sendinblue

L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES À BURE : UN SUJET TOUJOURS INFLAMMABLE

L’enquête sur la demande de déclaration d’utilité publique du projet d’enfouissement de déchets radioactifs de Bure a débuté ses travaux mercredi. Fervent partisan du projet, le sénateur LR Gérard Longuet salue « une étape importante », tandis que les opposants sur place se disent prêts à lancer « tous les recours juridiques possibles ».

« Défendons notre territoire ». La banderole a été tendue mercredi matin, entre deux colonnes du petit péristyle de l’hôtel de ville de Montiers-sur-Saulx dans la Meuse. C’est dans ce bâtiment du XIXème que se tenait ce 15 septembre la première permanence de l’enquête publique organisée dans le cadre de la demande de déclaration d’utilité publique (DUP) de Cigéo, un projet de centre de stockage des déchets radioactifs en profondeur, au cœur de vives polémiques depuis la fin des années 1990. Les opposants avaient pris date pour « une occupation festive autour de la mairie » : ils étaient « une centaine » à s’être rassemblés, selon le décompte de l’un des organisateurs, même si la foule semblait bien plus clairsemée sur une vidéo postée par Le Journal de la Haute-Marne. La gendarmerie était présente pour s’assurer que les membres de cette commission indépendante nommés par le tribunal administratif de Nancy puissent accéder sans encombre à leur permanence.

Ces derniers auront à charge durant un peu plus de 5 semaines – jusqu’au 23 octobre – de recueillir les avis des riverains et des différents acteurs du projet, via des permanences organisées sur six des onze communes concernées par le site d’enfouissement (Bonnet, Bure, Cirfontaines-en‐Ornois, Gillaumé, Gondrecourt‐le‐Château, Houdelaincourt, Horville-en-Ornois, Mandres-en-Barrois, Ribeaucourt, Saint-Joire et Saudron), par téléphone, ou encore à travers un site internet dédié. Ils rendront fin novembre un avis favorable ou défavorable à ce projet.

À 500 mètres sous terre

Cigéo vise à enfouir à partir de 2035 quelque 83.000 m3 de déchets radioactifs de haute activité et de moyenne activité à vie longue, majoritairement issus de la production d’électricité d’origine nucléaire, à 500 mètres sous terre, dans une zone à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne. Depuis le début des années 2000, un laboratoire souterrain installé à Bure est chargé d’étudier la faisabilité du projet. Adoptée le 26 juin 2006, la loi relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs a confié son pilotage à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Le texte conditionnait toutefois la création du site à l’adoption d’une loi fixant les conditions de « réversibilité » du stockage. Le 17 mai 2016 cette étape a été franchie avec l’adoption d’une proposition de loi déposée par le sénateur LR de la Meuse Gérard Longuet, défenseur historique du projet. Durant un siècle « les colis » de déchets pourront être récupérés pour offrir aux générations futures la possibilité de reconsidérer leur traitement. « Bien sûr, on n’a pas envie de les ressortir puisque l’on pense que c’est une bonne solution. Mais si dans l’avenir, on trouve par exemple le moyen de transformer ces déchets en matière combustible, il ne faudrait pas s’en priver », détaille l’élu.

L’ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy attend désormais la reconnaissance d’utilité publique, « une étape importante qui consolidera l’irrévocabilité du projet, même si l’on sait grâce à Notre-Dame-des-Landes que celle-ci n’a pas d’importance », raille-t-il en référence à l’abandon du projet d’aéroport du Grand Ouest en janvier 2018, malgré la déclaration d’utilité publique et la tenue d’une consultation locale. « Mais je ne suis pas inquiet, sur le fond le dossier Cigéo est solide et ancien », ajoute Gérard Longuet. Moins toutefois que celui de Notre-Dame-des-Landes, dont les premières évocations remontaient… au début des années 1960.

Le découragement des opposants

L’enquête publique « marque un point de bascule important dans la concrétisation du projet : une déclaration d’utilité publique permettrait à l’Andra de réaliser des expropriations pour acquérir le foncier nécessaire pour la construction de Cigéo et de tous les ouvrages qui l’accompagnent », alerte le réseau Sortir du nucléaire dans un communiqué. La déclaration d’utilité publique est en effet une procédure nécessaire lorsque l’aménagement du territoire nécessite l’appropriation de terrains déjà occupés.

« On sait très bien ce qui va se passer. La commission va rendre un avis positif, et derrière ils pourront commencer à réquisitionner des terrains. On ouvre des enquêtes, on invite le citoyen à des débats publics, mais on ne l’écoute pas », soupire Jean-Marc Fleury, président de l’Association des élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs (EODRA), et qui appelle au boycott de l’enquête qui vient de s’ouvrir. Mobilisé mercredi devant l’hôtel de ville de Montiers-sur-Saulx, cet ancien édile milite depuis 26 ans contre la création du site d’enfouissement. Aujourd’hui il ne cache pas son découragement devant l’irrésistible avancée du projet, mais aussi devant la difficulté de sensibiliser les riverains. « Le nucléaire est un sujet complexe pour une population rurale. Les habitants ont du mal à s’en saisir, ils sont dépassés », explique-t-il. « La région est moins peuplée que la moyenne nationale, c’est pour ça que l’on nous demande de devenir la poubelle nucléaire du pays ! », ajoute Jean-Marc Fleury. Mais il l’assure « tous les recours juridiques possibles seront lancés ».

De son côté Gérard Longuet balaye l’hypothèse d’un enkystement des oppositions, avec une éventuelle occupation de la zone comme à Notre-Dame-des-Landes. « Le plateau burois n’est pas d’un séjour touristique facile. Toutes les tentatives d’installation ont échoué. »

Les points d’inquiétude soulevés par l’Autorité environnementale

Même s’il obtient la déclaration d’utilité publique – qui n’équivaut pas encore à un feu vert -, le projet Cigéo aura d’autres obstacles administratifs à surmonter. Notamment une instruction technique détaillée réalisée par l’Autorité de sûreté nucléaire et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Le projet doit également lever les points d’inquiétude soulevés le 13 janvier dernier par l’Autorité environnementale dans un avis prudent, également venu alimenter le dossier de demande d’utilité public. Elle appelle à des études plus poussées pour démontrer le caractère asismique de la zone, mais aussi l’impact potentiel sur les eaux et le milieu aquatique.

« Une assemblée de fonctionnaires qui émet des critiques sans proposer de solutions », fustige l’un des soutiens du projet. « On se situe dans une logique d’évaluation environnementale, c’est le rôle de l’Autorité environnementale de regarder les améliorations possibles », commente dans un communiqué Sébastien Crombez, directeur sûreté et environnement à l’Andra, évoquant une volonté « d’optimiser en permanence le projet ». 

Le sénateur Longuet tient quant à lui à démonter certains fantasmes. « On parle souvent d’’enfouissement’, mais c’est un terme équivoque parce qu’il donne l’impression qu’on se débarrasse des déchets nucléaires dans un coin. En vérité, il s’agit bien de ‘stockage’ dans un espace sécurisé de haute technologie avec une surveillance permanente. Je rappelle que deux-tiers des déchets qui iront à Bure ont déjà été produits », fait-il valoir. Il évoque encore les retombées économiques pour la région, avec l’installation d’entreprises sous-traitantes et des créations d’emplois. « Mais aussi le développement d’une compétence mondiale dans ce domaine, qui intéresse jusqu’à Fukushima. »

La réversibilité du projet en question

Autre élément d’inquiétude qu’avait soulevé l’Autorité environnementale : la durée de la réversibilité, jugée « assez courte au regard de la longue durée de vie et la nocivité des déchets ». L’Andra rappelle que la récupérabilité des colis ne pourrait avoir lieu que dans le cadre d’un changement « de la gestion globale des déchets radioactifs ». En clair, les déchets n’ont pas vocation à être récupérés à moins que les décideurs politiques n’optent pour une nouvelle stratégie. Jean-Marc Fleury appelle à ce que cette reconsidération se fasse dès à présent : « Évidemment, on ne les récupérera pas. On nous dira qu’il est impossible d’aller les chercher. La réversibilité ne peut être que politique ! »

Par Romain David, publié le : 15/09/2021 à 17h39, mis à jour le 16/09/2021 à 08h42

https://www.publicsenat.fr/article/politique/l-enfouissement-des-dechets-nucleaires-a-bure-un-sujet-toujours-inflammable-190424

LES POLLUTIONS INVISIBLES DE LA LOIRE ET L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE

Communiqué de presse du 14/09/2021.

Samedi dernier, une grande opération de nettoyage des pollutions visibles fut organisée sur les rives de Loire par les chasseurs, entre Decize et Léré, sous le slogan « J’aime la Loire propre ».

À l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye, nous chassons les pollutions invisibles : en effet, notre gros travail de collecte des chiffres officiels EDF sur les rejets autorisés en Loire des centrales de production nucléaire d’électricité de Dampierre en Burly et Belleville-sur-Loire, a donné naissance à un tract  (ci-dessous).

Celui-ci a pour but de sensibiliser les riverains du fleuve royal – patrimoine de l’UNESCO – aux pollutions importantes, année après année, dues au fonctionnement de ces 6 réacteurs atomiques, depuis plus de 30 ans pour Belleville et déjà plus de 40 ans pour Dampierre.

480 tonnes de rejets chimiques1 et écotoxiques ont été déversés en Loire pour la seule année 2020 !

Auxquels se rajoutent aussi les rejets liquides radioactifs, 88 150 milliards de becquerels (88,15 TBq) !

Le 19 septembre, une flottille de bateaux, partie de Marseilles-les-Aubigny pour rallier Orléans à l’occasion du festival de LOIRE, fera escale à GIEN2. Nous donnons rendez-vous à nos sympathisants sur le pont de Gien ce jour-là, pour y accueillir les mariniers de passage.

Un autre rendez-vous s’annonce par la récente demande d’EDF Belleville3 d’augmenter notablement ses rejets divers et ses prélèvements d’eau, ce sera l’objet d’une prochaine enquête publique. L’occasion pour nous d’affirmer qu’une sortie rapide du nucléaire pour la production d’électricité serait certainement profitable à la Loire et à ses habitants riverains et aquatiques.

1 – Pour Belleville-sur-Loire : https://www.edf.fr/sites/default/files/contrib/groupe-edf/producteur-industriel/carte-des-implantations/centrale-belleville/edf_rapport_belleville_2021.pdf

Pour Dampierre : https://www.edf.fr/sites/default/files/contrib/groupe-edf/producteur-industriel/carte-des-implantations/centrale-dampierre/surete-et-environnement/rapport_environnemental_annuel_dam2020_web2.pdf

2 – Le choix de GIEN est basé sur sa position géographique entre les deux centrales de Belleville et de Dampierre-en-Burly et aussi par la présence de la station « vigicrues » par laquelle sont scrutés 2 aspects essentiels à la sûreté nucléaire : le débit et l’étiage.

3 – http://www.cgedd.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/210623_centrale_nucleaire_belleville_18_delibere_cle5ce1e1.pdf

Publié le 15/09/2021 à 16h07

http://m.sdn-berry-giennois-puisaye.fr/news/les-pollutions-invisibles-de-la-loire-et-lindustrie-nucleaire/

PROJET CIGÉO À BURE : L’ENQUÊTE PUBLIQUE DÉBUTE, NOUS NE SOMMES PAS DUPES !

Ce 15 septembre 2021, s’ouvre l’enquête publique organisée dans le cadre de l’instruction de la demande de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) de Cigéo, ce projet d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux à Bure, dans la Meuse.

Cette procédure officielle ne dupe personne : pour les autorités comme pour l’industrie nucléaire, Cigéo doit avancer coûte que coûte, quelles que soient ses lacunes techniques.

Nous appelons chacune et chacun à se mobiliser partout en France, avec les moyens qui lui sembleront pertinents, pour dire non à ce projet démentiel et imposé.

Cigéo, un projet démesuré et dangereux

L’enquête publique qui s’ouvre aujourd’hui fait suite au dépôt, en août 2020, de la demande de déclaration d’utilité publique effectuée par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pour le projet Cigéo à Bure. Cette étape marque un point de bascule important dans la concrétisation du projet : une déclaration d’utilité publique permettrait à l’Andra de réaliser des expropriations pour acquérir le foncier nécessaire pour la construction de Cigéo et de tous les ouvrages qui l’accompagnent. En plus des 270 km de galeries souterraines, le projet compterait 270 hectares d’installations de surface et 130 autres pour accueillir la terre extraite, sans compter l’emprise de nouvelles voies d’accès, d’un transformateur réservé à Cigéo et d’une voie ferrée dédiée exclusivement au transport de déchets radioactifs sur près de 20km.

Depuis que l’Andra a jeté son dévolu sur cette région du Grand Est, elle veut faire passer ce projet en force malgré des problèmes toujours irrésolus. En janvier 2021, l’Autorité environnementale, instance indépendante, a rendu un avis extrêmement négatif sur le dossier d’étude d’impact présenté par l’Andra, faisant écho aux critiques exprimées par les opposant.es depuis des années. Insuffisante prise en compte des enjeux environnementaux, menace sur les eaux de surface, récupérabilité des déchets devenant rapidement irréalisable, impossibilité d’intervenir en cas d’accident, importants rejets de surface… La liste est longue et certains problèmes, découlant du choix de conception du projet, ne pourront être résolus par des aménagements à la marge. Mais en réponse à ces critiques, l’Andra botte en touche et promet un dossier d’étude d’impact « évolutif » !

Quel sens a une consultation sur un projet déjà acté et au dossier incomplet ?

Ni ces critiques, ni les avis négatifs exprimés par plusieurs communes désormais opposées au projet n’ont entraîné de remise en question. La seule réponse des autorités est le déni, la répression et la criminalisation de la contestation. La raison de cette fuite en avant est claire : Cigéo est la caution de l’industrie nucléaire, censée lui permettre de se présenter comme une filière « propre » et capable de gérer ses déchets. Peu importent les failles du projet et les nuisances pour les générations futures, il doit à tout prix être mis en œuvre dans le cadre de la stratégie de communication d’un lobby aux prises avec ses rebuts qui débordent de partout.

Dans ces conditions, comment prendre au sérieux cette enquête publique ? Quelle assurance peut-on avoir que les remarques exprimées seront entendues ? Cette « consultation » s’inscrit dans la longue lignée des procédures démocratiques de façade organisées autour de Cigéo : un passage réglementaire obligé et vide de sens.

Nous comprenons pleinement le choix des associations qui, exposant leurs arguments depuis des années sans recevoir de réponse des autorités, ont décidé de boycotter cette enquête publique. Le Réseau « Sortir du nucléaire« , en tant qu’association nationale, n’y participera pas non plus, mais appelle toutes les personnes qui se sentent concernées, où qu’elles soient en France ou en Europe, à exprimer leur refus de ce projet imposé par les moyens qui leur sembleront pertinents.

Ce temps d’enquête publique doit aussi être l’occasion de poser la question fondamentale esquivée par les autorités : la poursuite de la production de ces substances radioactives ingérables, qui resteront dangereuses pour une durée dépassant celle des civilisations humaines. Alors même qu’aucun projet viable pour gérer ces déchets n’est à l’ordre du jour, il est aberrant que le gouvernement continue d’envisager la construction de nouveaux réacteurs nucléaires.

Retrouvez toutes les informations sur le projet et les moyens de le dénoncer (y compris en s’exprimant dans le cadre de l’enquête publique) sur le blog On est pas DUP.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon ; (Tél : 06 64 66 01 23), communiqué publié le 15 septembre 2021

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Projet-Cigeo-a-Bure-l-enquete-publique-debute

CIGÉO : L’ENQUÊTE PUBLIQUE DÉBUTE SUR FOND DE CONTESTATIONS ET DE BLOCAGES

Alors que débute ce 15 septembre l’enquête publique pour la demande d’utilité publique du projet Cigéo, le centre de stockage des déchets radioactifs à Bure, les opposants organisent quatre jours de mobilisation pour dénoncer une « grande duperie ».

L’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) du projet Cigéo, le Centre de stockage en couche géologique profonde à Bure (Meuse), commence ce mercredi 15 septembre et s’achèvera le samedi 23 octobre. L’enjeu est de taille : « Le public a pu participer à de nombreuses concertations conduites par l’Andra [Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs] et par la Commission nationale du débat public. Aujourd’hui, nous ne sommes plus dans la construction du projet, mais dans sa phase finale : il s’agit de le valider ou de ne pas le valider », a expliqué le président de la commission d’enquête Claude Bastien, retraité, lors d’un point presse à Bar-le-Duc (Meuse) et en ligne mardi 14 septembre.

Le projet à l’étude consiste à enfouir à 500 mètres sous terre quelque 83 000 mètres cubes de déchets nucléaires d’une dangerosité extrême. Certains d’entre eux resteront radioactifs des centaines de milliers d’années. La déclaration d’utilité publique est une étape d’une importance cruciale pour l’Andra, qui travaille sur ce projet depuis le début des années 1990 : elle doit permettre à l’État d’acquérir les dernières parcelles privées nécessaires à la construction de cet ouvrage, en expropriant leurs propriétaires au besoin. D’après M. Bastien, « il reste à l’État une bonne centaine d’hectares à acquérir, pour environ 700 hectares déjà acquis ».

Concrètement, pendant la durée de l’enquête publique, organisée par les préfectures de la Meuse et de la Haute-Marne, les habitants des onze communes [1] concernées par le projet sont invités à livrer leurs observations et propositions sur un registre numérique, par courriel [2] ou par courrier postal [3]. Ils pourront également inscrire leurs remarques sur un registre lors de vingt-quatre permanences prévues [4] dans les mairies des communes concernées ou prendre rendez-vous pour participer à l’une des trois permanences téléphoniques. L’occasion aussi de consulter le dossier d’enquête publique [5], un pavé de quelque 3 000 pages élaboré par l’Andra, maître d’ouvrage du projet.

Le laboratoire de l’Andra du projet Cigéo, à Bure (Meuse), en octobre 2020. © Jean-Christophe Verhaegen/AFP

Une « grande DUPerie »

Rien n’est joué d’avance, a assuré M. Bastien. « C’est un dossier complexe. On ne prendra parti qu’à la fin de l’enquête, sur la base des observations recueillies, et après avoir pris connaissance du mémoire en réponse de l’Andra au rapport de l’Autorité environnementale. » En janvier dernier, l’Autorité environnementale avait livré un avis très critique sur le projet d’enfouissement des déchets nucléaires, remettant en question jusqu’à ses fondements — choix du mode de stockage compris.

Les opposants à Cigéo, eux, dénoncent une « grande DUPerie ». « Nous ne voulons plus dialoguer avec celles et ceux qui, depuis trente ans, se sont assis sur nos craintes, nos oppositions et nos colères, quelle que soit la manière que nous avions de les formuler, dans des actions, dans des débats publics ou des tribunes, dans la rue ou dans des pétitions, dans une forêt occupée ou sous les dorures des cabinets ministériels », ont-ils écrit sur leur blog. « Par ailleurs, le gouvernement tente de faire déclarer Cigéo [comme une] opération d’intérêt national (OIN). Cette procédure retirerait aux élus locaux leurs compétences en matière d’urbanisme sur un périmètre donné, alertent-ils aussi dans un tract diffusé sur Facebook. Derrière cet acronyme se cache une opération qui permettrait à l’État […] de délivrer parallèlement des autorisations de construire en lieu et place des acteurs locaux. »

Les opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires ne digèrent pas non plus le revirement de la ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, sur ce projet. « Les objectifs politiques sont clairs : pour la ministre Barbara Pompili, il s’agit maintenant d’expédier cette enquête dans l’espoir d’en recevoir les conclusions en début d’année prochaine et de pouvoir promulguer l’utilité publique de Cigéo avant le mois de mars 2022. Au-delà de ce délai, le processus se trouverait stoppé net durant plusieurs mois par les élections présidentielles puis législatives », affirment ainsi « des habitant·e·s du Sud Meuse » sur le site participatif d’information sur les luttes à Dijon et aux alentours Dijoncter.info.

En juillet 2015, alors coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, Barbara Pompili avait qualifié Cigéo d’« insupportable coup de force ». Elle a été rapporteure de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires qui, en juillet 2018, n’avait pas épargné Cigéo, relevant « des lacunes en matière de sûreté », « l’impossibilité de prouver la sûreté à long terme » et son « coût imprévisible ». Mais, devenue ministre, elle affirmait en mars dernier que Cigéo « irait à son terme » — même si la recherche concernant d’éventuelles alternatives continuerait.

Le 1er juin, devant le tribunal de Bar-le-Duc lors du procès de sept militants qui luttent contre le projet Cigéo. © Quentin Zinzius/Reporterre

Rassemblements et blocages

Quatre jours de mobilisation « Ni DUP ni DAC » à l’appel des Bure à cuire, de l’association Bure Stop et du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra) sont donc d’ores et déjà prévus pour « empêcher cette enquête publique par tous les moyens » et « bloquer chacune des permanences prévues ». En effet, « pour que l’enquête publique soit jugée conforme aux dispositions légales, il faut que ces permanences se tiennent. C’est-à-dire, que les commissaires accèdent aux mairies, que le dossier et les registres y soient consultables (probablement en version électronique), que les créneaux horaires soient respectés, etc. », rappellent les opposants.

Ce mercredi 15 septembre, un grand rassemblement était donc prévu à 9 heures devant la mairie de Montiers-sur-Saulx pour la première permanence de l’enquête publique, suivi d’une déambulation « festive et informative » dans le village et d’un repas pris en commun à 12 heures. Jeudi 16 septembre, se succéderont à Mandres-en-Barrois un tractage dans le village et la préparation de la journée du lendemain à partir de 14 heures, une vente de légumes à prix libre à 18 heures, un spectacle de marionnettes à 19 heures, un repas à 19 h 30 et la projection du film Le dossier Plogoff par le Cinéma voyageur à 20 h 30 [6]. Rebelote avec un rassemblement vendredi 17 septembre à 9 heures devant la mairie de Bure et samedi 18 septembre à 9 heures devant la mairie de Gondrecourt-le-Château pendant les permanences de l’enquête publique suivantes. Un rassemblement est également prévu de 17 à 19 heures à Gondrecourt-le-Château pendant l’unique réunion d’information organisée par l’Andra.

Cette mobilisation est une nouvelle étape d’une contestation qui ne faiblit pas, malgré une intense répression policière. Plusieurs centaines de personnes ont participé au camp antinucléaire des Rayonnantes du 16 au 26 août à Luméville-en-Ornois (Meuse). Point d’orgue de l’événement, la marche du samedi 21 août entre Horville-en-Ornois de Gondrecourt avait rassemblé plusieurs centaines de personnes.

Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 15 septembre 2021 à 09h53,

https://reporterre.net/Cigeo-l-enquete-publique-debute-sur-fond-de-contestations-et-blocages?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Reporterre est géré par une association d’intérêt général, à but non lucratif. Nous pensons qu’un média doit informer, et non être un outil d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre accès, sans aucune restriction. Nous considérons que l’information est un bien public, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Son accès ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation, elle-même encouragée par la publicité. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.

En résumé, Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
Le journal emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produisent chaque jour des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Nous faisons cela car nous pensons que la publication d’informations fiables, transparentes et accessibles à tous sur ces questions est une partie de la solution.

Vous comprenez donc pourquoi nous sollicitons votre soutien. Des dizaines de milliers de personnes viennent chaque jour s’informer sur Reporterre, et de plus en plus de lecteurs comme vous soutiennent le journal. Les dons de nos lecteurs représentent plus de 97% de nos ressources. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, le journal sera renforcé. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

DÉCHETS NUCLÉAIRES : LANCEMENT D’UNE ENQUÊTE PUBLIQUE SUR LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DE BURE

La commission chargée de l’enquête publique sur ce projet controversé a annoncé son calendrier.

Nouvel épisode pour le projet controversé d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). Une enquête publique va être menée à partir de mercredi et jusqu’au 23 octobre sur le projet Cigéo, a annoncé mardi 14 septembre la commission indépendante chargée de la mener. Cette enquête est une étape préalable à une éventuelle déclaration d’utilité publique de ce projet controversé piloté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Pendant cinq semaines, la commission récoltera les avis des personnes intéressées ou opposées au projet, grâce à des permanences physiques et téléphoniques, et à un site internet dédié. Dans son rapport qu’elle remettra fin novembre, la commission rendra un avis favorable ou défavorable: « Ce n’est pas une autorisation de travaux mais une reconnaissance de l’intérêt général du projet », a précisé son président, Claude Bastien.

« Une vaste fumisterie » pour les opposants

Les associations opposées à ce projet ont exprimé leur scepticisme face à cette enquête publique, qualifiée notamment de « vaste fumisterie«  et de « simulacre de démocratie«  par le Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra). « On ne peut que dénoncer l’enquête publique, c’est une phase réglementaire qui ne remet en aucun cas en cause le projet«  Cigéo, a expliqué à l’AFP Juliette Geoffroy, porte-parole du collectif. « On ne peut pas encourager les gens à participer à ce processus qui ne répondra pas aux craintes », a-t-elle ajouté.

Les collectifs antinucléaires ont prévu trois jours de mobilisation de mercredi à vendredi dans les communes de la Meuse autour de Bure. Le projet Cigéo vise à enfouir, à 500 mètres sous terre, 85 000 m3 des déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français, à partir de 2035.

Par franceinfo avec AFP (France Télévisions), publié le 14/09/2021 à 17h02

Photo en titre : Le site du projet Cigéo, le 7 octobre 2020 à Bure (Meuse). (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/dechets-nucleaires-a-bure/dechets-nucleaires-lancement-d-une-enquete-publique-sur-le-projet-d-enfouissement-de-bure_4771091.html

GREENPEACE : LA FUITE DE TRITIUM À WOLSONG EN CORÉE DU SUD, UNE CATASTROPHE D’ORIGINE HUMAINE

Greenpeace pointe du doigt une importante fuite de substances radioactives dont du césium et du tritium sur le site de la centrale nucléaire de Wolsong située à Gyeongju, dans le sud-est de la Corée du Sud.

Selon l’organisation non gouvernementale internationale de protection de l’environnement, il s’agit d’un échec de la politique de sûreté du nucléaire sud-coréen et d’une catastrophe d’origine humaine.

Lors d’une conférence de presse tenue hier en ligne, Greenpeace a reproché à la Commission sur la sûreté et la sécurité nucléaires (NSSC), à Korea Hydro and Nuclear Power (KHNP) et à l’Institut coréen de sûreté nucléaire (KINS) de n’avoir pris aucun dispositif fondamental pour prévenir la fuite radioactive.

Pour rappel, la NSSC a publié le 10 septembre le résultat de sa première enquête sur la fuite de tritium dans le réacteur n°1 de la centrale. Selon cette investigation, le radionucléide a été détecté dans des échantillons de terre et d’eau prélevés près d’une piscine de stockage du combustible usagé.

Greenpeace a appelé les autorités sud-coréennes à prendre des mesures destinées à bloquer la fuite et à élucider les causes de l’accident qui a endommagé la piscine en question.

L’ONG à but non lucratif a ensuite demandé des enquêtes afin de vérifier la sûreté des autres piscines de stockage du combustible usagé dans les réacteurs n°2, n°3 et n°4 et d’informer les riverains sur l’ampleur des dégâts avant de lancer les travaux pour stopper la fuite radioactive dans la région.

Publié le 14 septembre 2021 à 12h49, mis à jour à 13h51

Photo en titre : YONHAP News

http://world.kbs.co.kr/service/news_view.htm?lang=f&Seq_Code=75219

UNE GRÈVE RÉDUIT LA CAPACITÉ ÉLECTRIQUE FRANÇAISE DE 1 GW

(Montel) Une grève des travailleurs du secteur de l’électricité français réduisait la capacité nucléaire de 1 080 MW mardi matin, selon les dernières données de transparence.

L’action syndicale abaissait la production des réacteurs nucléaires EDF de Nogent 1 (1 310 MW) et de Blayais 4 (910 MW), de 1030 MW et 50 MW respectivement, ont montré les données.

Les grévistes protestent contre leurs conditions de travail, a dit à Montel Fabrice Coudour, représentant syndical de la CGT.

« EDF et les entreprises du secteur affichent des résultats records mais rien n’est redistribué aux salariés », a-t-il déclaré.

Ces grèves locales spontanées pourraient s’étendre à d’autres centrales, a-t-il ajouté.

Par Leila Fernández Thévoz, publié le 14 Septembre 2021 à 09h53

Photo en titre: Fabrice Coudour, représentant syndical de la CGT.

https://www.montelnews.com/fr/news/1253878/une-grve-rduit-la-capacit-lectrique-franaise-de-1-gw

ÉCOSSE, SNP LE PLUS RÉCENT : TENSIONS ÉLEVÉES AU FIL DU TEMPS DU RETRAIT DU TRIDENT DE L’ÉCOSSE INDÉPENDANTE

Une motion a été déposée par des membres du SNP (Scottish National Party) des branches du parti à Glasgow, Maryhill, Anniesland et Southside pour retirer les armes nucléaires de l’Écosse dans les trois ans suivant l’indépendance. Cependant, un contre-amendement a été déposé par la succursale de Castle Douglas appelant à un délai plus long.

Ils exhortent le parti à « commencer les travaux pratiques pour retirer les armes nucléaires d’Écosse d’ici trois ans ».

Mais l’amendement a été retiré avant le débat de cet après-midi – et aucune représentation n’a été faite par la branche avec l’adoption de la motion de Glasgow.

Le SNP a promis que les armes quitteront la base sous-marine de Faslane et le dépôt d’ogives de Coulport sur la Clyde après un vote « oui ».

Bien que son Livre blanc de 2014 ait exprimé le souhait de voir cela se faire au cours du premier mandat du Parlement écossais après l’indépendance, il ne donne pas de calendrier définitif.

Présentant la motion des succursales de Glasgow, SNP MSP Bill Kidd a déclaré: «Le chemin et l’échelle de temps sont réalisables. »

« Nous comprenons l’urgence de ce problème. »

« L’Écosse est prête à saisir une occasion unique de faire progresser la sécurité internationale et nous pouvons aujourd’hui nous engager à débarrasser l’Écosse des armes de destruction massive illégales. »

Qualifiant l’arsenal nucléaire d’armes de « meurtre de masse », le MSP de Glasgow Anniesland a ajouté : « Au SNP, nous sommes d’accord sur le fait que l’utilisation d’armes nucléaires est odieuse, car les détenir est une menace pour la paix mondiale. »

Une résolution présentée par la conseillère de l’Aberdeenshire Leigh Wilson – avec l’ancien chef du Parti socialiste écossais Tommy Sheridan s’exprimant en sa faveur – a été adoptée par une « majorité écrasante » lors de la première conférence du parti.

Un effort visant à retarder la décision – connu sous le nom de « renvoi en retour » – a été rejeté, bien que des orateurs aient affirmé que les armes pourraient être utilisées comme « levier » lors des négociations d’indépendance, ou que le rejet du système le premier jour n’était pas réaliste.

La motion a poursuivi en disant que le gouvernement écossais devrait créer “le plus grand parc éolien d’énergie renouvelable d’Europe” sur le site de la base navale de Faslane.

Sheridan, membre d’Alba, a salué la qualité du débat et ceux qui se sont prononcés en faveur de la remise, mais a déclaré que la première conférence du parti était l’occasion pour les membres d’exposer leurs “principes”.

Je dirais que cette conférence, cette conférence inaugurale, consiste à énoncer nos principes, à énoncer ce en quoi vous croyez, à énoncer ce qui est et n’est pas non négociable”, a-t-il déclaré.

Il a ajouté : “Le principe est qu’en aucun cas les armes nucléaires ne seront acceptables dans une Écosse indépendante, pas dès la première année, pas à partir de la deuxième année, pas dès le premier jour.”

Mais le député libéral-démocrate écossais Willie Rennie a déclaré : « Que notre future défense puisse être entre les mains de ce groupe de nationalistes querelleurs est une perspective effrayante. »

« Je pense que le système de défense nucléaire a contribué à assurer notre sécurité, mais quel que soit votre point de vue, il ne fait aucun doute que le SNP n’a pas de politique de défense cohérente et sensée. »

Une source du gouvernement britannique a déclaré : « Le SNP et Alba semblent se battre comme des rats dans un sac sur cette politique ridicule. »

« La dissuasion nucléaire du Royaume-Uni contribue à la sécurité et à l’économie de l’Écosse et du Royaume-Uni dans son ensemble. »

Nous nous engageons à maintenir une dissuasion nucléaire crédible et indépendante à HM Naval Base Clyde pour dissuader les menaces les plus extrêmes contre le Royaume-Uni et nos alliés de l’OTAN.”

Par Marseille News, publié le 12 septembre 2021

https://www.marseillenews.net/snp-le-plus-recent-tensions-elevees-au-fil-du-temps-du-retrait-du-trident-de-lecosse-independante-politique-nouvelles.html

LA CORÉE DU NORD TESTE AVEC SUCCÈS UN NOUVEAU « MISSILE DE CROISIÈRE LONGUE PORTÉE »

Le pays, sous le coup de sanctions pour ses programmes balistiques et nucléaires, poursuit le développement de son arsenal, qui inquiète la communauté internationale.

La Corée du Nord a effectué avec succès des tirs d’essai d’un nouveau « missile de croisière longue portée » durant le week-end, ses premiers tirs de missile depuis mars, a annoncé l’agence de presse officielle KCNA, dimanche 12 septembre.

Ses derniers tirs, en mars, en mer du Japon, en violation des résolutions de l’Organisation des Nations unies (ONU), avaient été interprétés comme un signe de défi à l’égard de l’administration du président des États-Unis, Joe Biden, en place depuis janvier. Les nouveaux tirs d’essai réalisés samedi et dimanche ont eu lieu en présence de hauts responsables nord-coréens, selon KCNA, qui affirme que les tests ont été réussis.

Lire aussi : Kim Jong-un teste Joe Biden en lançant deux missiles nord-coréens (Article réservé à nos abonnés)

Les missiles ont parcouru une trajectoire de 1 500 kilomètres, avant d’atteindre leur cible, non spécifiée par KCNA, qui célèbre des « armes stratégiques de grande importance ». « L’efficacité de ce système d’armement a confirmé son excellence », vante l’agence de presse, qui évoque une « arme de dissuasion » destinée à « contrer les manœuvres militaires des forces hostiles »

L’armée sud-coréenne, qui est habituellement la première source d’information sur les tirs nord-coréens, n’a pour l’instant pas confirmé le tir. « Nos militaires mènent une analyse détaillée, en coopération étroite avec le renseignement sud-coréen et américain », a ainsi prudemment déclaré l’armée sud-coréenne.

Signes de bonne volonté contredits

Cette annonce survient quelques jours après que la Corée du Sud a annoncé un tir d’essai d’un missile mer-sol balistique stratégique (MSBS) de sa propre fabrication. La Corée du Nord avait pourtant donné des signes de bonne volonté avec, la semaine dernière, une parade de tracteurs et de camions de pompier plutôt que les habituels chars d’assaut et missiles, pour son troisième défilé en moins d’un an, à l’occasion de l’anniversaire de la fondation de la République démocratique populaire de Corée, nom officiel du nord de la péninsule.

Lire aussi : La Corée du Sud a effectué son premier tir de missile balistique mer-sol (Article réservé à nos abonnés)

Pyongyang a utilisé les défilés militaires à plusieurs reprises par le passé pour envoyer des messages à l’étranger et à sa propre population, généralement lors de certains anniversaires. Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisent à la Corée du Nord la poursuite de ses programmes d’armements nucléaires et de missiles balistiques.

Mais, bien que frappé par de multiples sanctions internationales, le pays a rapidement développé ces dernières années ses capacités militaires sous la direction de Kim Jong-un. La Corée du Nord a procédé à plusieurs essais nucléaires et testé avec succès des missiles balistiques capables d’atteindre les États-Unis.

Main tendue de l’administration Biden

« Cette activité souligne le développement continu par la Corée du Nord de son programme nucléaire et les menaces que cela fait peser sur ses voisins et la communauté internationale », a réagi dimanche soir le Pentagone dans un communiqué, tandis que le Japon s’est rapidement dit « inquiet » des nouvelles en provenance de Pyongyang. Un missile d’une telle portée « présenterait une menace pour la paix et la sécurité du Japon et de la région alentour », a ajouté le porte-parole du gouvernement japonais, Katsunobu Kato.

Les pourparlers sur le nucléaire avec Washington sont suspendus depuis l’échec du sommet de Hanoï, en février 2019, entre Kim Jong-un et Donald Trump. Le représentant de l’actuel président des États-Unis, Joe Biden, pour la Corée du Nord a exprimé à plusieurs reprises sa volonté de rencontrer ses homologues nord-coréens « n’importe où, n’importe quand ». L’administration Biden a promis une « approche pratique, calibrée », avec des efforts diplomatiques pour inciter Pyongyang à abandonner son programme d’armement, ce à quoi la Corée du Nord ne s’est jamais montrée prête.

À la fin d’août, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait fait état de « signes » indiquant que la Corée du Nord semblait avoir redémarré son réacteur produisant du plutonium dans le complexe nucléaire de Yongbyon. L’AIEA avait estimé que les signes de fonctionnement du réacteur étaient « profondément troublants ».

Lire aussi : Corée du Nord : l’AIEA craint le redémarrage d’un réacteur nucléaire (Article réservé à nos abonnés)

Par Le Monde avec AFP, publié le 13 septembre 2021 à 01h59, mis à jour à 09h21

Photo en titre : Les essais d’un missile de croisière longue portée montrés par l’agence de presse officielle nord-coréenne, le 13 septembre 2021. KCNA / REUTERS

https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/13/la-coree-du-nord-teste-avec-succes-un-nouveau-missile-de-croisiere-longue-portee_6094425_3210.html

TAXONOMIE VERTE EUROPÉENNE : LA FRANCE DÉTERMINÉE À Y INCLURE LE NUCLÉAIRE

Durant la réunion des ministres des Finances de l’Union Européenne, à Kranj, en Slovénie, ce 10 septembre 2021, le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a lancé un nouvel appel à inclure le nucléaire dans la taxonomie verte des énergies « durables », qui permettent de lutter contre le changement climatique.

Taxonomie verte et nucléaire, un enjeu économique, industriel et environnemental

La lutte d’influence continue dans l’Union Européenne sur la question de l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte. Cette liste regroupe les énergies jugées « durables », favorisant la lutte contre le changement climatique, et donc éligibles aux investissements « verts ». Une question centrale pour une industrie nucléaire particulièrement dépendante d’investissements de départ lourds, et notamment pour la France, qui doit encore trancher sur l’avenir de cette filière.

Le 21 avril 2021, la Commission Européenne a publié une première version de cette taxonomie verte, mais en suspendant sa décision sur le nucléaire. Sur cette question, deux groupes de pays s’opposent : l’un, mené par la France et six pays de l’Europe de l’Est (Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie et Slovénie) défend l’intégration du nucléaire dans la taxonomie ; l’autre, mené par l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, l’Espagne et le Luxembourg, s’y oppose farouchement.

Alors que de nombreux analystes estiment que la décision pourrait tomber après les élections législatives allemandes de fin septembre 2021, la France, par la voix de son ministre de l’Économie Bruno Le Maire, a réaffirmé sa position face à l’ensemble de ses partenaires européens.

Bruno Le Maire appelle à lutter contre le changement climatique avec une approche « scientifique » et non « idéologique »

Bruno Le Maire a en effet profité de la réunion des ministres des Finances de l’Union Européenne au château de Brdo, à Kranj, en Slovénie, ce 10 septembre 2021, pour déclarer : “soit nous luttons contre le changement climatique avec une approche idéologique et nous échouerons, soit nous luttons contre le changement climatique avec une approche scientifique et dans ce cas nous réussirons. Mais cela signifie reconnaître la valeur ajoutée de l’énergie nucléaire”.

“Je veux juste rappeler aux autres États membres et aux citoyens européens que deux rapports d’experts sont arrivés à la même conclusion, à savoir que l’énergie nucléaire est nécessaire pour lutter contre le changement climatique”, a argumenté ensuite le ministre français de l’Économie.

Fin mars 2021, notamment, le Centre commun de recherche (CCR), le service scientifique de la Commission européenne, a conclu qu’aucune « analyse ne fournit de preuves scientifiques que l’énergie nucléaire porte atteinte à la santé humaine ou à l’environnement davantage que les autres énergies” susceptibles d’intégrer la taxonomie. Par ailleurs, le nucléaire a sur toute sa durée de vie un impact carbone équivalent ou inférieur aux énergies renouvelables (hydro-électricité, solaire, éolien).

“Il n’y a aucune raison pour que l’énergie nucléaire ne soit pas incluse d’ici la fin de l’année dans la taxonomie européenne”, conclue avec force Bruno Le Maire.

Rédigé par La Rédaction, publié le 13 septembre 2021

https://lenergeek.com/2021/09/13/taxonomie-verte-europeenne-france-inclure-nucleaire/

NDLR : tous les coups sont permis y compris le chantage au réchauffement climatique alors qu’il existe bien d’autres solutions que le nucléaire mais voilà… la France a volontairement raté le coche par idéologie pronucléaire et les grandes sociétés leaders des énergies renouvelables ne sont pas françaises.

L’AIEA ARRACHE UN ACCORD SUR LE MATÉRIEL DE SURVEILLANCE DU PROGRAMME NUCLÉAIRE IRANIEN

Alors que le directeur de l’AIEA est à Téhéran, dimanche, pour tenter d’obtenir des gages de bonne volonté de la part de l’Iran, l’organisation onusienne a annoncé un accord concernant le matériel de surveillance du programme nucléaire iranien.

C’est un petit pas dans un dossier qui n’avançait plus depuis des mois. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dont le chef Rafael Grossi se trouve à Téhéran, a annoncé avoir trouvé, dimanche 12 septembre, un accord avec l’Iran au sujet du matériel de surveillance du programme nucléaire, quelques jours après avoir dénoncé un manque de coopération.

« Les inspecteurs de l’AIEA ont l’autorisation d’intervenir pour entretenir l’équipement et remplacer les disques durs« , a indiqué l’instance onusienne dans un communiqué conjoint avec l’Organisation iranienne de l’énergie atomique. 

Elle n’aura toujours pas accès aux données des caméras mais en février, Téhéran s’est engagé à les lui fournir à terme, en cas de succès des pourparlers pour sauver l’accord international de 2015.

À lire : Iran : de nombreux défis mais peu de marge de manœuvre pour le nouveau président 

Rafael Grossi, qui effectue son deuxième voyage en Iran cette année, s’assure ainsi d’une continuité dans la surveillance du programme nucléaire iranien. L’AIEA craignait en effet de perdre des données en cas de saturation de la capacité d’enregistrement des outils.

Il reviendra à Téhéran « dans un futur proche pour des consultations de haut niveau« , précise le communiqué, qui insiste sur « la coopération et la confiance mutuelles des deux parties« . 

Dialogue de sourds

Cette visite intervient quelques jours après la remise d’un rapport du gendarme onusien du nucléaire accusant l’Iran de manque de coopération, et avant une réunion à partir de lundi du Conseil des gouverneurs de l’Agence.

En vertu d’une loi votée en décembre par son Parlement, l’Iran a restreint en février l’accès des inspecteurs de l’AIEA à certaines de ses installations nucléaires.

Un compromis avait été négocié pour garantir un certain degré de surveillance mais il a expiré en juin. 

Ce nouvel arrangement offre un sursis aux grandes puissances, qui tentent de ressusciter l’accord de Vienne, torpillé en 2018 par la décision de l’ex-président américain Donald Trump de s’en retirer et de rétablir les sanctions américaines. 

En riposte, l’Iran s’est affranchi de la plupart de ses engagements.

Les pourparlers ont été ajournés le 20 juin, deux jours après la victoire du président iranien ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

Par FRANCE 24 avec AFP, publié le 12/09/2021 à 08h25, modifié le 12/09/2021 à 13h13

Photo en titre : Rafael Grossi, le directeur de l’AIEA, lors d’une réunion au QG de l’organisation onusienne à Vienne, le 7 juin 2021. © Joe Klamar, AFP

https://www.france24.com/fr/asie-pacifique/20210912-nucl%C3%A9aire-iranien-le-directeur-de-l-aiea-%C3%A0-t%C3%A9h%C3%A9ran-pour-sortir-de-l-impasse

ISRAËL RENOUVELLE SES MENACES D’EMPÊCHER L’IRAN D’ACQUÉRIR DES ARMES NUCLÉAIRES

AA / Jérusalem : Le ministre israélien des Affaires étrangères Yaïr Lapid a déclaré que son pays a le « droit d’agir » si le monde n’empêche pas l’Iran d’acquérir un « arsenal nucléaire« .

Les déclarations de Lapid ont eu lieu lors d’une conférence de presse qu’il a tenue avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, dans la capitale russe, Moscou, à l’issue de leur toute première rencontre.

Le ministre israélien des Affaires étrangères a déclaré : « le ministre des Affaires étrangères et moi avons discuté du programme nucléaire iranien et du danger qu’il représente pour le monde entier« .

Et d’ajouter dans son discours, communiqué par le ministère israélien des Affaires étrangères à l’Agence Anadolu, « le tableau est clair et très préoccupant, le programme nucléaire avance rapidement sans aucune supervision efficace« .

« Le message à l’Iran doit être fort, et il doit être clair, la marche de l’Iran vers une arme nucléaire n’est pas seulement un problème israélien, c’est un problème pour le monde entier« , a-t-il poursuivi.

Le ministre israélien a estimé que la possession d’un arsenal nucléaire par l’Iran conduirait à une “course à l’armement nucléaire au Moyen-Orient“, ajoutant que “la dernière chose que chacun d’entre nous veut, c’est de voir les armes nucléaires tomber entre de mauvaises mains“. (Voir NDLR en fin d’article) Le monde doit empêcher l’Iran d’acquérir un arsenal nucléaire à tout prix, si le monde ne le fait pas, alors Israël se réserve le droit d’agir« , a-t-il affirmé.

Et de souligner que “les Iraniens n’ont jamais caché le fait qu’ils veulent détruire Israël. C’est une menace existentielle pour nous. Israël ne permettra pas à l’Iran de devenir un État nucléaire, ou même un État au seuil du nucléaire“.

Yaïr Lapis a aussi déclaré “je ne veux pas donner l’impression que toute la conversation entre moi et le ministre Lavrov portait sur les menaces et les conflits. Israël et la Russie ont des relations fortes et profondes, dans l’économie, la culture, le tourisme, l’énergie et la science“.

Il a fustigé que “l’Iran est la principale source de terrorisme dans le monde. Il nous menace tous. Israël ne demeurera pas placide pendant que l’Iran construit des bases terroristes sur nos frontières nord, ou pendant que l’Iran fournit aux organisations terroristes des armes avancées, des armes qui sont destinées à être utilisées contre nous« .

Six sessions de pourparlers ont eu lieu entre l’Iran et les grandes puissances internationales à Vienne, entre avril et juin, dans le but de relancer l’accord sur le nucléaire.

Ces négociations, tenues sous l’égide de l’Union européenne, visaient le retour de Washington dans le giron de l’accord, dont il s’est retiré sous l’administration de l’ancien président Donald Trump, en mai 2018, et amener l’Iran à respecter ses engagements internationaux liés à son programme nucléaire.

Photo en titre : Lors d’une conférence de presse avec le ministre russe des Affaires étrangères à Moscou.

Par Abdel Ra’ouf D. A. R. Arnaout  , publié le 09.09.2021

Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

https://www.aa.com.tr/fr/politique/isra%C3%ABl-renouvelle-ses-menaces-demp%C3%AAcher-liran-dacqu%C3%A9rir-des-armes-nucl%C3%A9aires/2360348

NDLR : toute main qui possède l’arme nucléaire est une mauvaise main ! Mais il est vrai qu’il y a probablement des mauvaises mains qui sont plus mauvaises que d’autres !

ANNE HIDALGO : DANS L’ARÈNE PRÉSIDENTIELLE

C’est sur les quais de Seine, mais pas ceux de Paris, qu’Anne Hidalgo apparaît ce dimanche matin. Elle était à Rouen, loin de la capitale, pour casser son image et pour mettre fin à un suspense qui n’en était plus un. Elle a annoncé sa candidature pour la présidence de la République française.

Anne Hidalgo rappelle son histoire familiale : des parents espagnols de milieu modeste et une arrivée dans l’Hexagone dès l’âge de trois ans. Elle s’adresse à la jeunesse et à ce pays qui a trop souffert, dit-elle, pendant ces cinq dernières années. Elle a fait un discours clairement à gauche et des premières propositions : multiplication par deux des salaires, notamment pour les enseignants au cours du prochain mandat, la sortie du nucléaire à long terme et plus de pouvoir aux communes.

Désormais, elle va devoir convaincre les électeurs et tenter de rassembler une gauche plus que jamais divisée. Dès la semaine prochaine, Anne Hidalgo sortira un livre très personnel intitulé « Une femme française« . Elle va continuer son tour du pays tout en restant maire de Paris.

Publié le 12 septembre à 13h00

https://www.lci.fr/politique/video-anne-hidalgo-dans-l-arene-presidentielle-2196073.html

NDLR: encore faudrait-il préciser ce qu’elle entend par long terme et quid de la construction programmée d’autres réacteurs nucléaires (EPR en particulier). Si, comme cela a déjà été publié, il s’agit de « sortir du nucléaire aussi vite que le développement des énergies renouvelables le permet », il lui suffirait de « traîner » dans les investissements nécessaires (comme ont fait Macron et ses prédécesseurs) pour ensuite justifier quelques réacteurs jugés « indispensables à la sécurité d’approvisionnement électrique ».

NUCLÉAIRE IRANIEN: LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DE L’AIEA SE REND À TÉHÉRAN DIMANCHE

Le directeur général de l’AIEA a prévu de se rendre à Téhéran dimanche pour tenter de désamorcer les tensions entre les Occidentaux et l’Iran, accusé d’un manque de coopération quant à la surveillance de son programme nucléaire. Cette visite intervient juste avant la tenue la semaine prochaine d’une réunion trimestrielle du Conseil des gouverneurs de l’instance onusienne.

À lire aussi : Nucléaire iranien: la fenêtre se referme

«Rafael Grossi va rencontrer le vice-président de la République islamique et le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Mohammad Eslami», a indiqué samedi l’AIEA dans une déclaration transmise à l’AFP. Son départ est prévu dans l’après-midi, a précisé dans un tweet l’ambassadeur iranien auprès des organisations internationales à Vienne, Kazem Gharib Abadi.

Le responsable de l’AIEA, qui effectue là son deuxième voyage en Iran cette année, tiendra une conférence de presse à son retour dimanche soir à l’aéroport de Vienne, aux alentours de 20h30 (18h30 GMT).

À voir aussi – Iran: les États-Unis «proches» d’abandonner les efforts pour relancer l’accord nucléaire

Constat sévère

L’Agence internationale de l’énergie atomique a dressé un constat sévère dans un rapport remis cette semaine aux États membres. «Depuis février 2021, les activités de vérification et de surveillance ont été sérieusement entravées du fait de la décision de l’Iran» de restreindre les inspections, peut-on lire dans le document consulté par l’AFP.

Dans ces conditions, la capacité technique de l’AIEA à suivre sur la durée le programme nucléaire iranien est «fortement compromise», et «sa confiance se réduit au fil du temps», estime le gendarme onusien du nucléaire.

À lire aussi : Paris appelle Téhéran à une «reprise immédiate des négociations» sur le nucléaire iranien

Le président iranien Ebrahim Raïssi avait réagi en assurant que son pays faisait preuve de «transparence». «Naturellement, en cas d’approche non constructive de l’AIEA, il est déraisonnable d’attendre de l’Iran une réponse constructive», avait-il dit mercredi selon un communiqué de la présidence.

Appels répétés des Occidentaux

Dans le même temps, les négociations entamées en avril à Vienne, sous l’égide de l’Union européenne, pour tenter de ressusciter l’accord international de 2015 sont suspendues depuis juin. Aucune date de reprise n’a encore été annoncée en dépit des appels répétés des Occidentaux, qui s’alarment de la récente montée en puissance du programme nucléaire iranien.

Devant cette impasse, les États-Unis sont «proches» d’abandonner leurs efforts, a averti le secrétaire d’État américain Antony Blinken. L’émissaire américain pour l’Iran Robert Malley s’est rendu de mardi à vendredi à Moscou et Paris pour des «consultations» avec la Russie et les Européens. Il a fait état sur Twitter de «réunions constructives» en vue d’un «retour rapide» dans les clous du «plan d’action global commun» (JCPOA, selon son acronyme anglais).

Par Le Figaro avec AFP, publié le 11 septembre 2021

Photo en titre : Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi (ici en juin dernier, à Vienne), se rend dimanche à Téhéran. LEONHARD FOEGER / REUTERS

Pour retrouver cet article et voir la vidéo (31s) de Rafael Grossi, cliquer sur :

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/nucleaire-iranien-le-directeur-general-de-l-aiea-se-rend-a-teheran-dimanche-20210911

PLUSIEURS MOBILISATIONS ANTINUCLÉAIRES, DE DIVERSES NATURES, SONT PRÉVUES EN CETTE RENTRÉE

L’enquête publique sur le dossier de Demande d’Utilité Publique (DUP) du projet Cigéo (enfouissement des déchets nucléaires à Bure), présentée par l’ANDRA, aura lieu du 15 septembre au 23 octobre.

Cette enquête est une mascarade : le projet a déjà été validé politiquement et économiquement. Les avis des opposants ne seront pas pris en compte comme c’est toujours le cas lorsqu’il s’agit de projets qui concernent l’industrie nucléaire. La ministre de la « transition écologique » signera, quoi qu’il en coûte, le Décret d’Utilité Publique, comme elle vient de signer l’arrêté d’autorisation d’exploiter l’EPR de Flamanville « ni fait, ni à faire » (ce qui ne veut pas dire qu’EDF est en mesure de l’exploiter, ni que cet EPR pourra être mis en service).

Pour s’opposer à cette enquête publique, et à la déclaration d’utilité publique, des associations et groupes locaux ont récemment invité à bloquer l’enquête sur le terrain et en ligne.

Vous trouverez toutes les informations utiles à partir du lien suivant : https://bureburebure.info/appel-zbeule-ton-enquete-publique

Une manifestation est prévue le dimanche 3 octobre à Saint-Vulbas à proximité de la centrale nucléaire du Bugey. Elle est organisée par la coordination Stop Bugey élargie à un ensemble de groupes politiques, associations, opposés :

– à la poursuite de l’exploitation des 4 réacteurs du Bugey qui ont dépassé 40 ans de fonctionnement,

– à la construction de deux EPR au Bugey,

– à l’exploitation de l’ICEDA, installation de conditionnement et d’entreposage de déchets radioactifs, qui permet à EDF de continuer sa fuite en avant nucléariste.

Pour toute information sur cette manifestation, et sur le site nucléaire du Bugey, vous pouvez consulter le site internet de la coordination Stop Bugey : http://www.stop-bugey.org/

Un car au départ de Savoie (Chambéry) est prévu pour rejoindre la manifestation (10 € par personne). Vous pouvez vous inscrire par le lien suivant : https://www.helloasso.com/associations/amis-de-la-terre

ou en prenant directement contact avec les organisations de Savoie qui appellent à manifester (voir la liste sur le tract en ligne sur le site de la coordination Stop Bugey).

Les journées d’étude du collectif national Arrêt du nucléaire sont programmées pour les 8, 9 et 10 octobre, au lycée autogéré à Paris, pour :

– favoriser des échanges entre personnes d’âges et d’horizons divers, élèves du LAP, militants contre CIGÉO, contre le réchauffement climatique etc., et des militants antinucléaires;

– partager et actualiser nos connaissances sur les questions du nucléaire ;

– réfléchir aux actions communes, élaborer collectivement des stratégies pour arrêter le nucléaire.

Vous trouverez toutes les informations utiles, bulletin d’inscription et programme, sur le site internet du collectif Arrêt du nucléaire : http://collectif-adn.fr/entree.html

Message d’un militant, reçu le 10 septembre 2021.

PELLERIN-CARLIN : BRUXELLES SE PRÉPARE À RECONNAÎTRE LE NUCLÉAIRE COMME UNE ÉNERGIE « VERTE »

Selon toute vraisemblance, la Commission européenne devrait dans les prochains mois faire une proposition pour inclure l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte européenne, selon Thomas Pellerin-Carlin, chercheur à l’institut Jacques Delors. Mais elle a d’abord intérêt à attendre le dénouement des élections allemandes, souffle-t-il.

Thomas Pellerin-Carlin est chercheur à l’institut Jacques Delors où il a la direction du Centre Énergie. Il s’est confié à Frédéric Simon pour EURACTIV à Bruxelles.

EN BREF:

  • L’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte est la décision « la plus probable» au regard des derniers rapports d’experts qui ont été rendus à la Commission européenne.
  • Selon ces rapports, il n’y a pas suffisamment de preuves que les déchets sont un problème qui cause un dommage « significatif» à l’environnement.
  • Une décision négative de l’Europe, a contrario, déclencherait des attaques virulentes contre « Bruxelles» et mettrait Emmanuel Macron dans une position délicate à l’approche des élections présidentielles de 2022.
  • Un label vert pour le nucléaire nuirait toutefois à la crédibilité de la taxonomie aux yeux des investisseurs Allemands, Autrichiens ou Italiens.
  • Dans l’hypothèse où la Commission saurait déjà qu’elle va proposer d’inclure le nucléaire dans la taxonomie, elle a intérêt à attendre le dénouement des élections allemandes

Le ministre Français de l’économie Bruno Le Maire a souligné l’importance que revêt pour la France l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie verte au niveau européen. Quels sont les enjeux pour la France ?

Il y a deux enjeux principaux, l’un économique et l’autre politique.

Du point de vue économique, le nucléaire en France est très lié à l’entreprise EDF qui est détenue par l’état à plus de 80%.  Et EDF a de gros problèmes de cash, avec une dette nette de plus de 40 milliards d’euros et des investissements massifs qui doivent être faits, en partie dans les énergies renouvelables et en partie dans le nucléaire.

Côté nucléaire, il y a deux types d’investissements : d’abord ce qu’on appelle « le grand carénage », c’est-à-dire la modernisation des centrales historiques construites dans les années 80, qui doivent répondre aux mesures de sûreté imposées par l’Agence de Sûreté Nucléaire (ASN).

L’autre type d’investissement – et c’est un choix de la part d’EDF – c’est le nouveau nucléaire, dont le fer de lance est le grand projet ds l’EPR de Flamanville, qui est un fiasco complet, une débâcle industrielle comme on en a rarement vu dans l’histoire de l’énergie. Pour vous donner un ordre de grandeur, l’EPR de Flamanville devait coûter initialement 3,5 milliards d’euros, alors qu’aujourd’hui on a une estimation de la Cour des Comptes à 19 milliards !

Et la construction n’est toujours pas achevée…

Le projet est né vers 2001-2003, la centrale devait être achevée en 2012, donc il ont déjà au moins dix ans de retard ! Au-delà du retard, il y a un coût financier énorme pour EDF. Et malgré cela, EDF souhaite construire six nouvelles centrales du même modèle en France.

Et pour faire tout ça, il faut énormément d’argent. Et EDF n’en a pas assez, l’entreprise a raté le tournant des renouvelables et elle ne génère pas assez de cash de ce côté-là bien qu’elle essaye de combler son retard.

Du côté nucléaire, EDF doit donc chercher des financements, publics ou privés. Et c’est là que la taxonomie entre en jeu. Si le nucléaire est considéré comme vert dans la taxonomie européenne, ça facilitera les financements aussi bien privés que publics.

Maintenant, soyons clair : l’énergie nucléaire a un impact nocif sur l’environnement. Une centrale nucléaire – comme un parc éolien d’ailleurs – nécessite du ciment, de l’acier, et des sols artificialisés. En plus, les centrales nucléaires peuvent poser un problème à la biodiversité et polluer les eaux, par exemple en cas d’incidents nucléaires ou de mauvaise gestion des déchets nucléaires. Pour la taxonomie, l’enjeu est de savoir si ce dommage à l’environnement est « significatif », c’est le principe du ‘Do No Significant Harm’.

La Commission européenne a justement commandé trois études d’experts sur le sujet, qui ont toutes conclu que le problème des déchets radioactifs était gérable. Sur cette base, la Commission doit maintenant faire une proposition pour inclure le nucléaire dans la taxonomie mais elle semble hésiter. Quelles seraient les conséquences au niveau industriel si le nucléaire devait être exclu ? Est-ce que ce serait le début de la fin pour le nucléaire en France ?

Non, je pense que ce serait plutôt un bâton dans les roues qui rendrait les capacités de financement du nucléaire plus difficiles et plus coûteuses. Pour une industrie comme le nucléaire où les coûts d’investissements sont extrêmement élevés, les taux d’intérêts auxquels les entreprises peuvent emprunter est un facteur fondamental de profitabilité.

Une exclusion éventuelle de la taxonomie rendrait également plus compliqués les financements publics, car le nucléaire serait dès lors reconnu dans le droit européen comme une technologie qui cause un dommage significatif à l’environnement. Ce serait dès lors plus difficile de justifier l’utilisation de fonds publics – les impôts de Mr et Mme tout-le-monde – pour financer quelque chose qui est déclaré dommageable pour l’environnement.

Une voie de sortie, ce serait d’aller chercher des financements hors d’Europe, notamment en Chine. EDF a déjà un partenariat avec la Chine, il y a un premier EPR en fonctionnement à Taïshan. Et il y a le projet Hinkley Point C au Royaume-Uni qu’EDF construit avec un partenaire Chinois.

Économiquement, ce serait logique de continuer dans cette voie. Mais d’un point de vue géopolitique et diplomatique, que le nucléaire Français passe sous pavillon Chinois, ça poserait un problème majeur en termes de souveraineté et potentiellement de sécurité.

Avec les élections présidentielles en avril, quel serait selon vous l’impact politique en France si le nucléaire devait être exclu de la taxonomie verte ? 

D’abord, cela attiserait les attaques politiques françaises contre « Bruxelles ». Ce serait aussi un coup de pouce pour les Verts, qui est le seul parti français qui a toujours eu un positionnement antinucléaire très clair. Il y aurait probablement des attaques venant de la gauche historique, notamment de la part du parti communiste qui est très pronucléaire et imbriqué avec les syndicats de cette industrie.

Mais les attaques les plus virulentes viendraient certainement de l’extrême droite et de la droite conservatrice – le Rassemblement National (RN) et Les Républicains (LR). À l’exception de Michel Barnier, LR se montre aujourd’hui plus ambigüe sur l’Europe mais reste par contre très pronucléaire. Les candidats de cette famille politique par exemple dénonceraient probablement une décision technocratique et opaque de l’Europe qui ne tient pas compte des intérêts français, etc.

Cette critique anti-Bruxelles mettrait Emmanuel Macron dans une position délicate car le président français s’est toujours positionné comme un pro-européen convaincu, taper sur Bruxelles n’a jamais été son fonds de commerce.

Donc une décision négative sur le nucléaire au niveau européen pourrait mettre un bâton dans les roues de sa campagne en étant interprété comme un exemple de manque d’influence politique de la France à Bruxelles. À partir de janvier 2022, il compte utiliser la présidence française du Conseil de l’UE pour montrer à quel point il a été capable de faire bouger l’Europe, en phase avec le discours « une France forte dans une Europe forte ». Et ce message-là deviendrait du coup plus difficile à faire passer.

L’opinion publique en France me semble aussi plutôt pronucléaire. Est-ce qu’il n’y a pas également un risque d’attiser les sentiments anti-européens au sein de la population ?

Ce risque est limité. Pour l’immense majorité des Français, la question du nucléaire n’est pas assez saillante pour provoquer des manifestations ou un changement de vote.

L’enjeu se situe plutôt au niveau des émotions que va susciter le sort d’EDF en tant qu’entreprise publique symbole du service public à la Française. L’imaginaire autour d’EDF est fortement associé à la puissance de l’État, qui est fondamentale dans la vision politique des français.

Donc à moins d’un scénario autour d’une faillite d’EDF, je ne pense pas que la question du nucléaire soit suffisamment importante pour provoquer un véritable problème politique dans le peuple français.

C’est je pense également pour cette raison qu’Emmanuel Macron a reporté les discussions autour de la réforme d’EDF à l’après élections, tant la question était éminemment politique.

L’inclusion du nucléaire dans la taxonomie et l’avenir d’EDF ne sont-ils pas liés ?

Oui, ils sont liés. Mais, je ne crois pas qu’une décision négative de la Commission sur le nucléaire puisse entrainer des impacts massifs sur EDF dans les mois à venir. Les impacts seraient importants bien sûr mais ils seront différés dans le temps, avec un accès au financement qui sera plus difficile.

Pour l’instant, avec des prix de l’électricité élevés, EDF a moins de problème de trésorerie. Ils n’ont pas de problèmes financiers à court terme. Et d’ici avril 2022, je ne pense pas qu’il y aurait un impact important sur EDF.

Du point de vue politique par contre, le débat sur le nucléaire et la taxonomie risque de soulever des questions sur le bilan européen d’Emmanuel Macron et de la place de l’Europe en France.

Et après les élections de 2022, le nouveau gouvernement quel qu’il soit devra bien s’attaquer à la question de l’avenir d’EDF. Et là, il y a un vrai risque politique si jamais EDF devait être scindé ou privatisé. Pour une large partie de l’opinion publique et de la classe politique Française, ce serait interprété comme un symbole de ce qu’ils perçoivent comme un déclin de l’État, un « déclin de la France ».

L’Allemagne fait partie des pays qui sont le plus farouchement opposés à l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie. Les positions Allemandes et Françaises sont-elles selon vous devenues irréconciliables ?

Je pense qu’il faut différencier ce qui relève du discours politique et ce qui relève de l’accord qu’on trouve derrière des portes closes.

En Allemagne, le mouvement antinucléaire est profondément ancré et radical. Les manifestations des années 70-80 étaient parfois violentes, avec des centaines de blessés, des manifestants armés de cocktails Molotov. C’est un niveau de violence qui rappelle plus les Gilets Jaunes que les manifestations pacifiques du mouvement Fridays for Future. Pour le gouvernement Allemand, la position antinucléaire est donc profondément ancrée dans la société.

Après, il y a des accords qui sont trouvés entre diplomates sur ce sujet-là comme sur les autres. Et le rôle-clé c’est celui de la Commission européenne qui a le monopole de l’initiative au niveau législatif. Et de ce point de vue, il y a un rôle important joué par Thierry Breton, le commissaire au marché intérieur.

A priori la proposition de la Commission, quelle qu’elle soit, a de bonnes chances d’être adoptée car il est difficile de constituer une majorité pour renverser sa proposition.

On entend parfois parler d’un compromis possible entre Paris et Berlin. Pour faire simple, la France soutiendrait l’Allemagne sur le gaz en échange du soutien allemand sur le nucléaire. Un tel compromis vous paraît-il envisageable ?

L’inclusion du gaz, ce serait la fin de la taxonomie. Pour les investisseurs, il faut que la taxonomie soit crédible et le débat scientifique sur le gaz est tranché : le gaz fossile n’est pas vert, il ne peut pas entrer dans la taxonomie à cause des émissions polluantes de CO2 et de méthane qui y sont associées. Ce serait la mort de la taxonomie et un coup dur pour le Pacte Vert pour l’Europe (Green Deal), car ça enverrait le message que tout ça n’est qu’un grand exercice de greenwashing.

Un label vert pour le nucléaire, de son côté, nuirait à la crédibilité de la taxonomie aux yeux des investisseurs Allemands, Autrichiens ou Italiens.

A contrario, du point de vue d’un investisseur Américain, il n’y a pas de débat : le nucléaire c’est vert. Et ce serait la même chose aux yeux des investisseurs Chinois, Indiens, Australiens ou Canadiens. Des pays qui ont décidé de sortir du nucléaire, en dehors d’Europe, en fait je n’en connais pas.

Pour le nucléaire, de ce point de vue il n’y a pas de bon choix – que vous décidiez de l’inclure ou de l’exclure de la taxonomie, il n’y a que des mauvaises options. Mais à un moment, il faudra bien trancher.

Vous venez de le dire, sur le nucléaire il n’y a pas de bon choix. Comment la Commission européenne peut-elle sortir de cette impasse ?

Je ne vois pas comment elle pourrait faire. La taxonomie, soit on est dedans, soit on est dehors.

La taxonomie reconnaît pourtant les technologies dites « de transition ». Et sur le gaz, la Commission a trouvé une solution créative en disant qu’elle ferait une proposition législative séparée sur le rôle du gaz en tant qu’énergie de transition. Est-ce qu’une solution du même genre pourrait être envisagée pour le nucléaire ?

Oui, mais ça dénaturerait la taxonomie. L’objectif de la taxonomie, c’est de définir des seuils au-delà desquels un investissement est considéré comme vert ou pas.

En fait, une taxonomie crédible ne peut recouvrir que 1, 2 ou 3% du PIB actuel. À part les éoliennes, les batteries ou quelques autres investissements, la vaste majorité de l’économie aujourd’hui n’est absolument pas alignée avec les objectifs de la taxonomie, ou de l’Accord de Paris. Et la valeur ajoutée de la taxonomie, elle est là : identifier ces quelques secteurs qui sont réellement verts afin d’aider les investisseurs, les entreprises et les prometteurs de projet à comprendre quels objectifs ils doivent atteindre pour devenir vert. Inclure dans la taxonomie des secteurs qui, comme le gaz fossile, ne sont pas compatibles avec la neutralité climat, ce serait du greenwashing.

Tout le lobbying qui a été fait depuis deux ans, tant sur le nucléaire que sur le gaz ou les « activités de transition », tend à décrédibiliser la taxonomie aux yeux des investisseurs. Il y a un moment où ça casse.

La Commission devait faire une proposition d’ici la fin de l’été sur l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie mais elle semble jouer la montre. Les élections allemandes de septembre ont elles, selon vous, une influence sur ce retard ?

Je ne suis pas dans le secret des dieux. Mais la dynamique actuelle me laisse penser que la Commission fera une proposition dans ce sens en reconnaissant le nucléaire comme une technologie « verte » au sens de la taxonomie. Selon les rapports d’experts qui ont été rendus, il n’y a pas suffisamment de preuves que les déchets sont un problème qui cause un dommage « significatif » à l’environnement.

Dans l’hypothèse où la Commission saurait déjà qu’elle va proposer d’inclure le nucléaire dans la taxonomie, elle a effectivement intérêt à attendre la fin des élections allemandes.

Suite aux rapports d’experts, la Commission devrait donc logiquement proposer d’inclure le nucléaire dans la taxonomie et le reconnaître comme une technologie « verte » ?

Oui, c’est ce qui serait le plus cohérent avec la dynamique des derniers mois. C’est très compliqué aujourd’hui de faire une démonstration scientifique que les déchets nucléaires posent un problème « significatif » pour l’environnement qui ne peut pas être surmonté.

C’est peut-être aussi l’une des nouveautés de la politique européenne actuelle : si on compare les mandats de la Commission von der Leyen avec les Commissions précédentes, il y a désormais une priorité claire donnée au climat dans la hiérarchie des objectifs environnementaux et énergétiques. Le climat est clairement la priorité numéro un.

À court terme, fermer un réacteur nucléaire d’un gigawatt – la taille moyenne d’un réacteur actuellement – ça revient presque automatiquement à rajouter 2 à 3 millions de tonnes d’émission de CO2 en plus par an, selon que l’électricité produite en remplacement provient plus ou moins de nouvelles capacités renouvelables, ou d’une hausse du recours aux centrales à charbon et à gaz existantes.

Du coup, il y a un rôle nécessaire pour le nucléaire en Europe dans la décennie 2020 et probablement au-delà. Et dans les pays où on ferme des centrales – l’Allemagne, la Belgique, et même la France avec la centrale de Fessenheim – c’est avant tout le reflet d’un choix politique légitime, et qui en Allemagne est le fruit d’un soutien démocratique profond à la sortie du nucléaire.

Par ailleurs, au sein de la Commission, on sait que la Présidente Ursula von der Leyen n’est pas connue pour des prises de position anti-nucléaire, contrairement à nombre d’élus politiques allemands. Quant à Frans Timmermans, le Vice-Président Exécutif, il est prudent et ne s’oppose pas farouchement au nucléaire, sujet que connaît très bien son chef de cabinet, Diederik Samsom qui est diplômé en physique nucléaire.

Et puis au sein de la Commission il y a également Thierry Breton, qui est un homme-clé sur ce sujet, et qui outrepasse quelque peu ses prérogatives de Commissaire au marché intérieur en militant publiquement en faveur du nucléaire.

En fait, lorsque je regarde le Collège de Commissaires, je ne vois personne qui est farouchement antinucléaire. Alors que vous avez une majorité de Commissaires qui sont clairement pro-climat et qui ont accepté le nucléaire comme une énergie de transition et en tout cas comme un mal nécessaire en attendant la fin du charbon. Et vous avez aussi quelques Commissaires, dont Thierry Breton, qui sont farouchement pronucléaires.

Donc au regard de tout ça, ce qui me semble le plus probable effectivement c’est que la Commission fasse une proposition en faveur de l’intégration du nucléaire dans le cadre de la taxonomie.

Par Frédéric Simone, (EURACTIV France), publié le 10 septembre 2021

Photo en titre : Le site de construction du réacteur nucléaire EPR de Hinkley Point C au Royaume-Uni. « EDF souhaite construire six nouvelles centrales du même modèle en France. Et pour faire tout ça, il faut énormément d’argent », relate Thomas Pellerin-Carlin. [EDF Energy]

https://www.euractiv.fr/section/climat/interview/pellerin-carlin-bruxelles-se-prepare-a-reconnaitre-le-nucleaire-comme-une-energie-verte/

NDLR : Question : article « intox » ou « pour préparer les esprits à l’impensable » ?

CRUAS : NOUVEL ARRÊT D’URGENCE (SCRAM) DU RÉACTEUR ATOMIQUE N°4

Ce jeudi 9 septembre 2021, à 13h51, le réacteur nucléaire n°4 de la centrale de Cruas-Meysse a subit un incident de sécurité entraînant son arrêt automatique d’urgence. L’origine exacte de l’événement n’était pas encore identifiée par EDF près de 24h plus tard. Déjà le 12 août un des deux groupes électrogènes à moteur diesel de secours avait affecté ce réacteur. Il venait d’être redémarré trois jours plus tôt après une mise en arrêt depuis le 27 juillet pour économiser les produits de fission atomique. Comme à l’accoutumé EDF tente de minimiser la situation tandis que l’ASN ne communique toujours pas d’information.

Un arrêt soudain et immédiat, déclenché automatiquement par les systèmes de surveillance du cœur du réacteur nucléaire s’est produit sur le réacteur n°4 de la centrale atomique de Cruas (Ardèche). Un tel arrêt n’est jamais anodin, EDF risquait d’en perdre le contrôle. Ce réacteur venait tout juste de redémarrer, le 6 septembre, après plusieurs semaines d’arrêt depuis le 27 juillet pour économiser ses produits de fission atomique (combustible).

Comme à l’accoutumé le communiqué de EDF est des plus laconique (1) et l’ASN reste mutique.

Le 12 août 2021 un autre événement significatif pour la sûreté –  l’indisponibilité d’un des deux groupes électrogènes à moteur diesel de secours – avait frappé ce réacteur atomique °4 et le mois dernier nous alertions déjà sur la menace que représente ce réacteur  : « Nul doute que ce réacteur n’a pas fini de faire parler de lui. Et il vaudrait mieux le mettre en arrêt définitif avant qu’il ne soit trop tard » (2).

Et dire que ce réacteur avait fait l’objet pendant plus d’un an d’un « grand carénage » à plusieurs centaines de millions d’euros sensé permettre à EDF de faire turbiner ces vieilles poubelles atomiques dix années de plus.

(1) https://www.edf.fr/la-centrale-nucleaire-de-cruas-meysse/les-actualites-de-la-centrale-nucleaire-de-cruas-meysse/arret-automatique-du-reacteur-de-l-unite-de-production-ndeg4-de-la-centrale-nucleaire-de-cruas-meysse

(2) https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-un-groupe-electrogene-de-secours-a-moteur-diesel3

Partagez !

Par admin, publié le vendredi 10 septembre 2021 à 11h21

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/09/10/Cruas-%3A-nouvel-arr%C3%AAt-d-urgence-%28scram%29-du-r%C3%A9acteur-atomique-n%C2%B04

ONU : LE PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DEMANDE L’ARRÊT DES ESSAIS NUCLÉAIRES

Le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Volkan Bozkir, a appelé mercredi à l’arrêt des essais nucléaires, alors que les ambassadeurs se réunissaient pour commémorer la Journée internationale contre les essais nucléaires, observée chaque année le 29 août.

« Malgré les progrès récents en matière de désarmement nucléaire, il reste encore beaucoup à faire », a déclaré M. Bozkir, en exhortant les pays qui n’ont pas encore signé ou ratifié le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) à le faire sans délai.  

« Plus de 2.000 essais nucléaires ont été effectués depuis l’avènement des armes nucléaires. Si le rythme des essais a diminué, ils n’ont pas cessé », a-t-il déclaré. 

« Ces essais ont des conséquences durables sur la santé et l’environnement. Ils dévastent les communautés qu’ils touchent. Ils déplacent des familles de leurs terres natales », a-t-il ajouté.

Des progrès en matière de désarmement

Soulignant l’engagement de l’Assemblée générale en faveur du désarmement nucléaire, M. Bozkir a salué les progrès réalisés au cours de l’année écoulée, malgré les défis posés par la pandémie de Covid-19.

Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté en 2017, est entré en vigueur en janvier dernier après avoir obtenu les 50 ratifications requises.

Les États-Unis et la Russie ont également prolongé leur accord de réduction des armes nucléaires, connu sous le nom de Traité New START, pour cinq années supplémentaires, jusqu’en février 2026.

Du travail en perspective

Bozkir a toutefois souligné qu’il restait du travail à faire, notamment l’organisation des réunions d’examen du Traité de non-prolifération, qui doivent se tenir au plus tard en février 2022, et la convocation de la quatrième conférence des zones exemptes d’armes nucléaires et de la Mongolie, reportée depuis avril 2020.

Bozkir a également demandé que des mesures soient prises pour faire progresser le TICE, adopté en 1996, qui interdit tout essai d’armes nucléaires explosives en tout lieu et par toute nation.

Le traité a été signé par 185 pays, et ratifié par 170, dont trois États dotés d’armes nucléaires. Toutefois, il doit être signé et ratifié par 44 pays détenteurs de technologies nucléaires spécifiques avant de pouvoir entrer en vigueur.

« Comme mon mandat de Président de l’Assemblée générale prend fin dans quelques jours, je voudrais saisir cette occasion pour appeler les États qui n’ont pas encore signé ou ratifié le traité d’interdiction complète des essais nucléaires à le faire dès que possible », a déclaré M. Bozkir.

La fin d’une époque

La Journée internationale contre les essais nucléaires commémore la fermeture, le 29 août 1991, du site d’essai de Semipalatinsk, au Kazakhstan, où plus de 450 engins nucléaires ont explosé au cours des quatre décennies de l’ère soviétique.

Cette fermeture a marqué « la fin de l’ère des essais nucléaires effrénés », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, dans son message à l’occasion de cet événement, qui a été lu par la Haut-Représentante de l’ONU pour les affaires de désarmement, Izumi Nakamitsu.

Le Secrétaire général a également appelé à la ratification du TICE et à un engagement mondial renouvelé pour mettre fin aux essais nucléaires.

Publié le 9 septembre 2021

Photo en titre : Des manifestants demandent l’interdiction des armes nucléaires. ICAN/Tim Wright

https://news.un.org/fr/story/2021/09/1103382

THIERRY BRETON, PORTE-VOIX DU NUCLÉAIRE À BRUXELLES

La Commission européenne doit trancher à l’automne si le nucléaire est considéré comme « vert » dans la future taxonomie. Le commissaire français Thierry Breton entend peser en faveur de l’atome.

Thierry Breton n’en fait pas mystère. Au sein du collège des commissaires à Bruxelles, le Français compte parmi les chauds partisans du nucléaire. « On aura besoin de nucléaire pour arriver » à tenir nos objectifs du green deal de baisse des émissions de C02, estime le commissaire au marché intérieur, de passage à Paris. Il n’hésite pas à tacler la décision allemande de sortie du nucléaire « coûteuse en CO2 ». « Quand il y a de la pollution à Paris, on voit bien d’où cela vient. Cela vient de l’Est », raille Thierry Breton.

Décision à l’automne sur la taxonomie

Pas sûr que l’argument fasse mouche à Bruxelles. Mais la force de conviction du Français va être mise à rude épreuve.

La Commission européenne doit trancher à l’automne le sort de l’énergie nucléaire dans la taxonomie européenne. Et le débat fait rage entre partisans et opposants à l’atome pour savoir si les investissements verts doivent pouvoir servir à financer de nouvelles centrales nucléaires. Par prudence, la Commission a préféré une première fois en mars battre en retraite, sur le nucléaire comme sur le gaz. Sous couvert d’attendre la remise de deux rapports supplémentaires, elle avait reporté sa décision sur l’atome. Mais depuis les deux rapports en questions ont été publiés, début juillet. Ceux-ci sont venus dans les grandes lignes conforter les conclusions d’un premier rapport du centre de recherche commun de la Commission, favorable au nucléaire.

Logiquement, les obstacles sont donc presque levés. Sauf que politiquement, chacun campe toujours sur ses positions. Allemagne, Autriche et Danemark, pour qui le nucléaire ne peut pas être une énergie verte comme une autre même s’il n’émet pas de CO2, ne désarment pas. En face, la France fait le forcing pour sécuriser un feu vert européen au plus tard pendant sa présidence début 2022. Faute de décision, les 250 milliards d’euros d’obligations vertes lancés début septembre par la Commission européennes feront l’impasse sur le nucléaire.

Chiffrer les besoins en électricité

Pour peser dans le débat, Thierry Breton affûte ses arguments. Le commissaire au marché européen a fait travailler ces derniers mois ses quatorze écosystèmes industriels, instaurés au printemps. Objectif : évaluer les conséquences du grand paquet « Fit for 55 » sur leur activité mais aussi quantifier leurs besoins additionnels en électricité d’ici 2050. « On sait qu’il va falloir augmenter nos capacités de production d’électricité », assure le Commissaire, qui veut mettre des chiffres précis sur la table du conseil.

Pour tenir ses engagements climatiques, l’Europe devrait avoir besoin de dix fois plus d’éoliennes et huit à neuf fois plus de photovoltaïque qu’aujourd’hui, estime-t-il à la louche. Et donc de nucléaire. Le Français veut aussi encourager les États à temporiser sur le démantèlement de leurs centrales vouées à fermeture. Après avoir été déconnectées du réseau, elles pourraient servir pendant deux à trois ans supplémentaire à produire de l’hydrogène vert. Une façon pour les États de ne pas perdre la face. Et pour l’Europe de s’offrir du temps pour faire monter en puissance ses infrastructures énergétiques.

Par Solène Davesne, publié le10 Septembre 2021 à09h00

https://www.usinenouvelle.com/article/thierry-breton-porte-voix-du-nucleaire-a-bruxelles.N1139056

NDLR : NON monsieur Breton, il faut prendre les mesures nécessaires pour que notre consommation d’électricité diminue (voir les scénarios de l’Ademe, de négaWatt et même de RTE qui prouvent que c’est tout à fait possible de se passer du nucléaire). Mais bien entendu, cela n’arrangerait pas le lobby du nucléaire dont vous semblez être le chantre !

EPR DE FLAMANVILLE : UNE SCANDALEUSE AUTORISATION D’EXPLOITATION ACCORDÉE À EDF

Par un arrêté du 30 août 2021, EDF a été autorisée à exploiter l’EPR de Flamanville, aux termes d’une procédure de consultation extrêmement contestable. Alors même que le réacteur est toujours affecté de nombreuses malfaçons, EDF poursuit sa marche forcée pour préparer son démarrage coûte que coûte. Nous dénonçons fermement cette irresponsable fuite en avant.

Persistant à vouloir démarrer l’EPR de Flamanville fin 2022 malgré les problèmes non résolus qui l’affectent, EDF a déposé en mars 2021 son dossier de demande d’autorisation d’exploitation [1]. Censé démontrer la pertinence du projet d’un point de vue énergétique, celui-ci a été mis en consultation par le gouvernement dans le cadre de la procédure d’instruction. Ne dérogeant pas à la coutume, cette consultation a eu lieu en plein été et sur deux semaines seulement.

D’une indigence choquante (18 pages seulement !), ce dossier mêlait informations datées, mensonges par omission et déclarations fausses. Ainsi, censée démontrer sa capacité technique, EDF mettait fièrement en avant un plan de recrutement mené entre 2008 et 2012 (!) ; mais elle faisait l’impasse sur les malfaçons répétées sur le chantier et sur le problème de perte de compétence – pourtant de notoriété publique – qui affecte toute la filière nucléaire. Le chapitre « Performances en matière de sûreté nucléaire » taisait bien sûr les multiples défauts du réacteur, qu’il s’agisse des soudures ou de la fragilité de sa cuve. Censée apporter la preuve de « l’efficacité énergétique de l’installation, comparée aux meilleures techniques disponibles à un coût économique acceptable », EDF esquivait toute comparaison de l’EPR avec les énergies renouvelables, qui aurait forcément été défavorable. En outre, elle le présentait abusivement comme une tête de série pour expliquer ses surcoûts. Elle omettait également de mentionner l’évaluation effectuée par la Cour des comptes en 2020 chiffrant la construction à 19,1 milliards d’euros.

Malgré ces omissions, par un arrêté du 30 août 2021, la ministre en charge de la transition énergétique a donné son feu vert à l’exploitation du réacteur. Si cette décision était politiquement prévisible, elle n’en reste pas moins inacceptable, et nous n’excluons pas de l’attaquer en justice.

Nous dénonçons fermement la fuite en avant d’EDF et la complaisance du gouvernement à son égard. Plutôt que de mettre le holà à ces aventures, l’État facilite la mise en exploitation de ce réacteur truffé de malfaçons et étudie même la construction de nouveaux EPR, quitte à faire payer les surcoûts par les contribuables. Cette attitude est profondément irresponsable.

Le démarrage de l’EPR de Flamanville mettrait en danger les populations et s’accompagnerait immanquablement d’une nouvelle production de déchets radioactifs et d’une pollution autorisée dont les générations futures se passeraient bien. La préservation de nos biens communs exigerait au contraire d’en finir avec cette folie et d’entamer dès maintenant une sortie du nucléaire.

Notes :

[1] Article L. 311-5-6 du Code de l’énergie : Pour les installations de production d’électricité soumises au régime des installations nucléaires de base telles que l’EPR de Flamanville, la demande d’autorisation d’exploiter une installation de production d’électricité doit être déposée au plus tard dix-huit mois avant la date de mise en service de l’installation, et en tout état de cause au plus tard dix-huit mois avant l’expiration du délai dans lequel l’installation doit être mise en service prévu dans le décret d’autorisation de création de l’installation (fixé, pour l’EPR de Flamanville, à avril 2024 après avoir été prorogé deux fois).

Publié le 9 septembre 2021

https://www.sortirdunucleaire.org/EPR-de-Flamanville-une-scandaleuse-autorisation-d

EN IMAGES. SUR LE PORT DE CHERBOURG, UNE NUIT MOUVEMENTÉE AVEC LE TRANSPORT DE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE

Dans la nuit du 7 au 8 septembre, Orano a convoyé des assemblages de Mox, ces combustibles recyclés, pour le Japon. Retour en images sur un transport hors norme.

Les assemblages Mox sont composés de milliers de petites pastilles cylindriques contenue dans des tubes d’environ 4 mètres (©Jean-Paul Barbier)

Nuit mouvementée sur le port de Cherbourg (Manche), de mardi 7 au mercredi 8 septembre 2021. Dès 20 heures, une vingtaine de militants des associations antinucléaires s’installaient sur le rond-point de Pyrotechnie pour dénoncer le convoi de Mox programmé dans la nuit. 

7ème convoi de Mox

Ce chargement prend la direction du Japon, et de son usine de Takahama. Depuis 1999, c’est le 7ème de ce type à s’élancer de notre territoire pour alimenter la centrale nippone en combustible nucléaire. Pour assurer la sécurité, d’importants moyens ont été déployé. CRS, gendarmes maritimes, motards… tous étaient sur le pied de guerre. Les routes départementales, depuis Orano ont été fermées à la circulation sur quarante-six kilomètres.

Deux assemblages envoyés

À 2 h 50, mercredi 8 septembre, le convoi des deux camions et de l’armada de motards et fourgons policiers arrivaient sur le port de Cherbourg. Au même moment, l’un des deux bateaux de l’entreprise anglaise PNTL accoste. Avec un système de double coque, des cloisons anti-collisions, des panneaux de cale renforcés, le navire est spécialisé dans le transport de telles marchandises.

Pour le transport, plus de 150 employés Orano ont été sur le pont toute la nuit. Doucement, délicatement, l’assemblage de Mox est monté, tourné, manipulé. Près de quatre heures plus tard, le chargement de combustible est dans le navire.

À lire aussi : Nucléaire : les nouveaux générateurs de vapeur sont arrivés à la centrale de Flamanville

Direction Takahama

À 14 h 45, les bateaux de PNTL ont repris la mer, direction Takahama. L’opération est terminée, mais les convois nucléaires n’ont pas fini de bousculer les nuits cherbourgeoises.

D’autres convois devraient en effet encore être programmés. « Quatre réacteurs nippons sont utilisateurs de Mox, explique Régis Faure, porte-parole de l’activité recyclage d’Orano. Ce transport est le fruit de l’accord de 2017, et nous venons de signer en février 2020 un nouveau contrat toujours avec Kansai Epco. Nous avons un carnet de commandes assuré pour les dix années à venir avec les Japonais. » 

Par Solène Lavenu, publié le 9 Septembre 2021 à 20h55 (La Presse de la Manche)

Pour voir les 17 photos de l’évènement, cliquer sur :

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/en-images-sur-le-port-de-cherbourg-une-nuit-mouvementee-avec-le-transport-de-combustible-nucleaire_44762842.html

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre La Presse de la Manche dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

LA PANDÉMIE : UNE AUBAINE POUR L’ÉTAT NUCLÉAIRE FRANÇAIS !…

En pleine crise sanitaire, la publication d’un arrêté autorisant l’exploitation du réacteur nucléaire EPR de Flamanville pour … fin 2022 !

En même temps que la Présidence prétend préserver la biodiversité à Marseille, elle reste aveugle aux risques d’accident liés aux nombreuses malfaçons de ce réacteur EPR qui ont émaillé toutes les étapes de sa construction, des risques qui mettent en danger non seulement le Cotentin, mais bien plus largement, son environnement maritime et terrestre, humain et économique .

Il lui faut continuer à le mettre « en marche » pour tenter de le vendre à l’Inde et de reprendre contact avec les Etats-Unis : le fric, toujours le fric, « quoiqu’il doive nous en coûter »…

Et en « même temps »,

En pleine crise sanitaire, l’état nucléaire français reprend le transport du MOX de Cherbourg vers le Japon…

La catastrophe de Fukushima , en 2011, sur un réacteur utilisant du MOX, énormément toxique, de fabrication française, à Marcoule et à la Hague, n’a pas arrêté le commerce mortifère de la France : l’état nucléaire français, par les services d’ORANO à la Hague et à Marcoule a organisé un 7ème transport de MOX, combustible mixe à l’uranium et au plutonium, continuant à ne pas tenir compte des risques bien connus :

  • risques des longs transports en mer,
  • risques d’attentats et de vols de ces matières sensibles, y compris militairement,
  • risques de son utilisation dans des réacteurs civils ;
  • risques d’utiliser le plutonium, à des fins militaires, face au durcissement des autorités chinoises et aux divers désengagements de la présence et protection américaine depuis les traités de 1945 et l’interdiction du Japon de s’armer de la bombe atomique…

Il faut continuer à le marteler : la crise n’est pas que sanitaire, environnementale, climatique et sociale mais encore nucléaire, passée et …à venir. Il est urgent de réagir et de ne pas se résigner à une catastrophe programmée.

Contact presse : Didier Anger 06 80 23 39 45 /Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 /

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

9 Bis sente des Grès, 76920 Amfreville-la-Mi-Voie

Tél : 07 68 35 03 38

contact@can-ouest.orgwww.can-ouest.org

https://www.facebook.com/can.ouest/ https://twitter.com/canouest

Par Chantal CUISNIER, publié le 9 septembre 2021

https://www.can-ouest.org/la-pandemie-une-aubaine-pour-letat-nucleaire-francais/

L’AIEA EXAMINERA LE REJET EN MER DE L’EAU DE FUKUSHIMA

L’Agence internationale de l’énergie atomique a promis un examen «complet» et «objectif» avec «plusieurs missions et visites techniques dans les mois et années à venir».

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a promis jeudi un examen «complet» et «objectif» du projet controversé du Japon de déverser en mer de l’eau de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi, une opération devant s’échelonner sur plusieurs décennies.

L’AIEA va recueillir des avis d’experts, y compris de Chine et de Corée du Sud, pays voisins du Japon qui avaient immédiatement critiqué la décision de Tokyo, a souligné Lydie Evrard, directrice générale adjointe de l’Agence lors d’une conférence en ligne.

Cet examen «complet» et «objectif» comportera «plusieurs missions et visites techniques dans les mois et années à venir», a ajouté Mme Evrard lors d’un déplacement à Tokyo et Fukushima (nord-est du Japon) pour rencontrer des responsables locaux.

Plus d’un million de tonnes d’eau stockées

Plus d’un million de tonnes d’eau provenant de la pluie, de nappes souterraines ou d’injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs entrés en fusion après le tsunami de 2011 sont actuellement stockées dans un millier de citernes sur le site de Fukushima, dont les capacités sont bientôt saturées.

Cette eau a déjà été traitée pour être débarrassée de la plupart de ses substances radioactives (radionucléides), mais pas du tritium, lequel ne peut être éliminé avec les technologies actuelles.

Après des années de réflexion, le gouvernement japonais a décidé en avril de rejeter progressivement cette eau dans l’océan Pacifique à partir de 2023, en dépit des inquiétudes de pays voisins, d’organisations environnementales et de pêcheurs et agriculteurs de Fukushima, qui redoutent que cela n’affecte encore davantage l’image de leurs produits.

Sûreté du rejet «garantie»

Cependant Tokyo assure que la sûreté du rejet sera «garantie» car l’eau sera retraitée au préalable et diluée pour que sa teneur en tritium soit très en deçà des normes réglementaires japonaises. Cette solution avait été approuvée par l’AIEA, qui l’a jugée techniquement faisable et conforme aux pratiques courantes d’exploitants de centrales nucléaires dans le monde entier, et qui a accepté de contrôler l’opération sur toute sa durée.

Le ministère japonais de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (Meti) a précisé de son côté que l’agence de Vienne allait examiner la «caractérisation radiologique» de l’eau, les procédés prévus pour son rejet en mer et l’impact sur l’environnement et la santé.

Selon des experts en radiations, le tritium n’est dangereux pour la santé humaine qu’à de hautes doses concentrées, une situation a priori exclue en cas de rejet très graduel et de sa dilution en mer. Fin août, Tokyo Electric Power (Tepco), l’opérateur de la centrale de Fukushima Daiichi, a annoncé qu’il allait construire un conduit sous-marin avançant d’environ un kilomètre dans l’océan pour y déverser l’eau et éviter ainsi qu’elle ne revienne vers la côte.

Par AFP, publié le 9 septembre 2021 à 14h31

Photo en titre : L’eau utilisée pour refroidir les cœurs des réacteurs est stockée dans des citernes sur le site. AFP

https://www.20min.ch/fr/story/laiea-examinera-le-rejet-en-mer-de-leau-de-fukushima-958351457278

PRÉSIDENTIELLE 2022 : COMMENT YANNICK JADOT VEUT SORTIR DU NUCLÉAIRE « SUR VINGT ANS »

INVITÉ RTL – Le candidat à la primaire écologiste souhaite « investir massivement » dans les énergies renouvelables et l’isolation des logements.

La Commission européenne, soutenue par l’Allemagne, a proscrit le nucléaire du plan de relance. Autrement dit, le nucléaire ne sera plus financé à terme, alors qu’il faut remplacer des centrales. 

Invité de RTL jeudi 9 septembre, Yannick Jadot, a présenté sa solution, qualifiée de « baguette magique« . Le candidat à la primaire écologiste prévoit de sortir du nucléaire « sur vingt ans – qui est à peu près le temps qu’on a mis à construire notre parc nucléaire« . Au programme : « nous allons investir massivement sur l’isolation des logements (…) nous allons investir massivement sur les énergies renouvelables. »

L’eurodéputé prend l’Allemagne en exemple, malgré son retour au charbon. « Regardez la réalité du mix énergétique allemand depuis 2011, insiste-t-il. On a réduit en Allemagne d’au moins 50% le nucléaire et d’au moins 50% le charbon. La force de leur investissement, c’est d’agir à la fois sur les économies d’énergie et d’agir sur les énergies renouvelables. »

Au sujet de l’EPR de Flamanville, Yannick Jadot parle de « fiasco industriel » et préfère se tourner vers l’entreprise Siemens au Havre qui est « en train de recruter 750 personnes pour l’éolien offshore« .

« Est-ce qu’à un moment donné, la France va se saisir de cet incroyable opportunité économique que sont les énergies renouvelables ? » (Yannick Jadot)

Combien d’emplois dans le nucléaire ?

L’eurodéputé a tenu à rassurer sur l’emploi dans la filière. « J’entends François Lenglet nous dire qu’il y a 400.000 emplois dans le nucléaire. Il y en a moitié moins, 200.000. » 

Réponse du principal intéressé : « Comme je l’ai dit, c’est une évaluation du responsable politique que je citais, une mesure large, c’est-à-dire que cela intègre tous les emplois de la filière électrique française, qui est pour l’essentiel industrielle, et aussi les questions de nucléaire relatives aux militaires« .

Et Yannick Jadot de conclure : « Donc, on est bien d’accord que si on met des énergies renouvelables, une bonne partie de ces emplois seront maintenus« .

Publié par RTL le 9 septembre 2021 à 10h34

Pour écouter la totalité de l’entretien (10mn34), cliquer sur: https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-comment-yannick-jadot-veut-sortir-du-nucleaire-sur-vingt-ans-7900070104

La rédaction vous recommande

LES ÉTATS-UNIS «PROCHES» D’ABANDONNER LES EFFORTS POUR RELANCER L’ACCORD NUCLÉAIRE AVEC L’IRAN, AVERTIT BLINKEN

Les États-Unis sont «proches» d’abandonner leurs efforts pour relancer l’accord sur le nucléaire iranien, devant l’impasse des négociations avec Téhéran et le manque de coopération de l’Iran, a averti mercredi 8 septembre le secrétaire d’État américain.

À lire aussi : Nucléaire: exsangue, l’Iran accroît la pression sur les États-Unis

«Je ne vais pas donner de date, mais nous nous rapprochons du moment où un retour strict au respect du JCPOA (l’accord sur le nucléaire iranien) ne reproduira pas les avantages de cet accord», a déclaré Antony Blinken lors d’une conférence de presse sur la base américaine de Ramstein (Allemagne). «Il y a un moment où il sera très difficile de retrouver (…) tous les avantages du traité en revenant à une stricte conformité», a-t-il ajouté. «Parce que plus le temps passe et plus l’Iran continue à faire des progrès dans son programme nucléaire, notamment en utilisant des centrifugeuses plus sophistiquées, en enrichissant plus de matière», a-t-il déploré.

VOIR AUSSI – Nucléaire: l’Iran reproche à Biden d’exiger «la même chose» que Trump

Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, a de son côté indiqué avoir téléphoné à son nouvel homologue à Téhéran pour l’inciter à «revenir plus rapidement à la table des négociations». L’AIEA a dénoncé mardi le manque de coopération de l’Iran, qui porte gravement atteinte selon l’organisme à sa mission de surveillance du programme nucléaire de Téhéran, sur fond d’impasse des négociations pour sauver l’accord international de Vienne en 2015. Le président iranien Ebrahim Raïssi a affirmé en retour mercredi que son pays faisait preuve de «transparence» dans ses activités nucléaires.

À lire aussi : L’Iran fait preuve de «transparence» dans ses activités nucléaires selon son président

L’accord de 2015 offrait à l’Iran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange d’un contrôle strict de son programme nucléaire, surveillé par l’ONU. En représailles au retrait des États-Unis il y a trois ans et à l’imposition de sanctions sévères, l’Iran a en fait abandonné la plupart de ses engagements. Mais le président Joe Biden, qui a succédé à Donald Trump, a affirmé vouloir ramener Washington dans l’accord.

Par Le Figaro avec AFP, publié 8 septembre 2021 à 19h06, mis à jour le 9 septembre 2021 à 09h50

Pour retrouver cet article et les 2 vidéos qui l’accompagnent, cliquer sur : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/les-etats-unis-proches-d-abandonner-les-efforts-pour-relancer-l-accord-nucleaire-avec-l-iran-avertit-blinken-20210908

RENCONTRE – DÉBAT À METZ : «LE NUCLÉAIRE NE SAUVERA PAS LE CLIMAT»

Quand : le 01/10/2021 à 18h00

Où ? Place de la République à Metz (Voir le plan d’accès)

Organisateur : Sortons du nucléaire (06 04 15 39 96)

Publics concernés : Seniors, Jeunes / Étudiants (12-25 ans)

Tarif : Gratuit

Conférence animée par Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire.

Elle expliquera pourquoi le nucléaire n’est pas la solution pour sauver le climat de ses bouleversements : consommation d’eau des centrales, leur vieillissement, etc. Autant d’arguments mis en débat lors de cette conférence.

Publié le 7 septembre 2021

https://www.republicain-lorrain.fr/pour-sortir/loisirs/Rencontre-conference/Debats/Lorraine/Moselle/Metz/2021/10/01/Le-nucleaire-ne-sauvera-pas-le-climat

 

NUCLÉAIRE: L’IRAN A QUADRUPLÉ SES STOCKS D’URANIUM ENRICHI À 60 % DEPUIS MAI (AIEA)

Téhéran a porté son stock d’uranium enrichi à 60% à 10 kg, celui à 20% est passé à 84,3 kg

L’Iran a considérablement augmenté sa production d’uranium hautement enrichi ces derniers mois, tout en refusant de reprendre sa pleine coopération avec les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), selon un rapport de l’instance onusienne publié mardi.

Téhéran a quadruplé ses stocks d’uranium enrichi à 60% depuis mai, en violation flagrante de l’accord de 2015 signé avec les puissances mondiales qui devait contenir son programme nucléaire, a-t-il été dénoncé.

Selon des estimations de fin août, Téhéran a ainsi porté son stock d’uranium enrichi à 60%, soit bien au-delà de la limite autorisée de 3,67%, à 10 kg contre 2,4 kg en mai, tandis que celui à 20% est passé de 62,8 kg à 84,3 kg.

L’AIEA a également déclaré aux États membres dans son rapport trimestriel confidentiel que ses activités de vérification et de surveillance ont été « sérieusement compromises » depuis février par le refus de l’Iran de laisser les inspecteurs accéder aux équipements de surveillance de l’Agence.

« Depuis février 2021, les activités de vérification et de surveillance ont été sérieusement entravées du fait de la décision de l’Iran » de restreindre les inspections, écrit l’instance onusienne.

Le directeur général de l’agence, Rafael Grossi, s’est dit disposé à se rendre en Iran « pour rencontrer des membres de la nouvelle administration et aborder ces problèmes« , précise le rapport. Pourtant le voyage ne s’est pas fait, la même source soulignant que l’Iran n’était visiblement « pas prêt à parler« .

Par i24NEWS, publié le 07 septembre 2021 à 19h12, dernière modification le 07 septembre 2021 à 23h14

Photo en titre : Diverses machines à centrifuger bordent le hall endommagé le 11 avril 2021, à l’installation d’enrichissement d’uranium de Natanz en Iran. IRIB via AP, File

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1631034340-nucleaire-iranien-l-iran-augmente-ses-stocks-d-uranium-hautement-enrichi-aiea

INTRUSION SUR LE SITE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN: AMENDES MODÉRÉES POUR GREENPEACE

Le procureur avait prôné la clémence et le tribunal de Valence l’a suivi, lundi, en condamnant 34 militants de Greenpeace à 300 euros d’amende chacun pour une intrusion dans la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) en 2020.

Douze femmes et 22 hommes âgés de 28 à 70 ans avaient comparu en juin, les uns pour avoir pénétré dans l’enceinte d’EDF – en découpant du grillage – le 21 février 2020, les autres pour avoir manifesté devant l’entrée du site ce jour-là, en relayant l’opération sur les réseaux sociaux.

Ces derniers activistes, initialement poursuivis pour complicité, ont été condamnés finalement pour des faits d’intrusion, comme les autres, a indiqué l’avocat de Greenpeace à l’AFP.

L’ONG de défense de l’environnement a parallèlement été condamnée à 20.000 euros d’amende pour “incitation” à commettre un délit. Greenpeace devra verser aussi quelque 123.000 euros à EDF, au titre des dommages et intérêts et du préjudice moral.

Le producteur d’électricité, par la voix de son avocat, avait réclamé plus de 600.000 euros à l’audience le 29 juin.

Le tribunal a requalifié les faits en considérant qu’il s’agissait d’une action collective d’intrusion, et condamné tout le monde à la même peine”, a commenté l’avocat de Greenpeace, Me Alexandre Faro. “Mais c’est la plus faible que je vois depuis 20 ans que je plaide dans ces affaires.”

Depuis 2015, la loi considère le fait de pénétrer dans une centrale comme un délit et des peines de prison, avec sursis ou ferme pour les récidivistes, ont été prononcées par certaines juridictions.

Ce jugement est un désaveu cinglant pour EDF qui a fait des pieds et des mains pour durcir la loi, or plus ça va, moins les peines sont lourdes”, a poursuivi le conseil de Greenpeace, pour qui la clémence des peines prononcées est “une manière de reconnaître la légitimité des questions posées par l’ONG” en matière de sécurité nucléaire.

Au procès, le procureur avait prôné la clémence et s’était montré particulièrement critique envers EDF et la filière nucléaire, en rappelant les catastrophes de Three Mile Island (États-Unis), Tchernobyl (Ukraine) et Fukushima (Japon).

Greenpeace et ses bénévoles, jusqu’à présent, n’ont tué personne”, avait affirmé le magistrat en évoquant, cette fois, l’épisode du Rainbow Warrior, un navire de l’ONG coulé par les services secrets français en 1985 – un photographe de l’organisation était mort.

Par AFP, publié le 07.09.2021

https://www.lemondedelenergie.com/tricastin-justice-greenpeace/2021/09/07/

L’EUROPE FIXE UN CADRE AUX OBLIGATIONS VERTES

La Commission européenne a adopté un cadre pour les obligations vertes dont l’émission démarrera en octobre. L’UE exclut le nucléaire des investissements liés à ces obligations.

La Commission européenne émettra en octobre prochain les premières obligations vertes (« green bonds« ) en application du plan de relance et de résilience européen post-covid de 800 milliards d’euros. Pour donner des assurances aux investisseurs sur ces nouveaux produits financiers, la Commission a adopté, ce mardi, un cadre indépendant pour l’évaluation des obligations vertes.

Selon ce cadre, toutes les dépenses couvertes par les obligations vertes devront respecter les objectifs environnementaux. Certains investissements, comme le nucléaire, en sont exclus.

« La relance européenne va de pair avec une transition écologique« , a déclaré, ce mardi, Johannes Hahn, le commissaire européen au Budget et à l’Administration. « Ce cadre pour les obligations vertes fera de l’UE le leader mondial de la finance durable.« 

Pour rappel, l’Union européenne s’est engagée à émettre jusqu’à 250 milliards d’euros d’obligations vertes d’ici fin 2026 dans le cadre de son plan de relance adopté en juillet 2020, ce qui devrait constituer la plus importante émission d’obligations vertes dans le monde.

Cadre d’évaluation indépendant

En juillet dernier, l’exécutif européen a déposé une proposition législative fixant les normes qui encadreront les émissions de ces obligations vertes. Cette proposition est en cours de négociation entre le Parlement européen et les États membres. Comme ces négociations devraient prendre un an ou deux, la Commission européenne propose un cadre d’évaluation indépendant pour les obligations qu’elle émettra à partir d’octobre.

Ce cadre a été défini en fonction des principes de l’International capital market association (ICMA) et revu par Vigeo Eiris, une branche de Moody’s ESG Solutions. Concrètement, il identifie 9 grandes catégories de dépenses auxquelles les obligations vertes doivent être consacrées, comme l’isolation des bâtiments ou la mobilité durable.

« Ce cadre pour les obligations vertes fera de l’UE le leader mondial de la finance durable. » (Johannes Hahn, Commissaire européen au Budget et à l’Administration)

Les États européens se sont engagés à consacrer au moins 37% de leur plan de relance à des dépenses permettant de parvenir à la neutralité carbone d’ici 2050, mais de nombreux pays sont plus ambitieux.

« Beaucoup de plans nationaux vont bien au-delà et octroient jusqu’à 60% à des mesures en faveur des objectifs climatiques, comme l’Autriche et le Luxembourg« , a précisé Johannes Hahn. » Ces mesures accordent des investissements en faveur des bâtiments sobres en énergie, d’énergies renouvelables et de mobilité durable. »

Le nucléaire exclu

Certains États, la France en tête, pratiquent un lobby intense pour tenter d’introduire les investissements en faveur du nucléaire dans le plan de relance européen. Mais, « le plan de relance et de résilience ne permet pas d’investir les fonds levés sur le marché des capitaux pour effectuer des investissements dans le nucléaire« , a tranché Johannes Hahn.

Le plan de financement 2021 inchangé

Le commissaire Hahn a également précisé que le plan de financement de l’UE resterait inchangé pour le reste de l’année. Ce plan représente environ 80 milliards d’euros d’obligations à long terme pour 2021. À ce jour, 45 milliards d’euros ont déjà été émis dans le cadre de ce plan.

La Commission proposera des obligations par le biais d’enchères qui devraient démarrer le 15 septembre. Ce programme comportera 2 enchères par mois, les premier et troisième mercredis.

Le résumé

  • La Commission européenne a adopté, ce mardi, un cadre indépendant pour les obligations vertes qui seront émises dès octobre prochain.
  • L’UE, qui s’est engagée à émettre pour 250 milliards d’euros d’obligations vertes d’ici fin 2026, ambitionne de devenir le leader mondial de la finance durable grâce à cet instrument.
  • La Commission a confirmé son plan de financement pour le reste de l’année, soit environ 80 milliards d’euros d’obligations à long terme pour 2021.

Par Vincent Georis, publié le 7 septembre 2021 à 14h29

Photo en titre : Le commissaire européen au Budget et à l’Administration, Johannes Hahn, a présenté, ce mardi, le cadre pour les obligations vertes. ©EPA

https://www.lecho.be/economie-politique/europe/general/l-europe-fixe-un-cadre-aux-obligations-vertes/10330602.html

BELGIQUE : SORTIE DU NUCLÉAIRE EN 2025 : « ON NE REMPLACE PAS LE NUCLÉAIRE PAR DU GAZ », INSISTE JEAN-MARC NOLLET (ÉCOLO)

La fermeture des centrales nucléaires en Belgique est annoncée pour 2025. Pour compenser la production d’électricité et garantir la sécurité d’approvisionnement, le gouvernement a lancé un appel aux entreprises afin de construire des centrales électriques au gaz. Interrogé sur La Première, le coprésident d’Écolo Jean-Marc Nollet précise : « On ne remplace pas le nucléaire par du gaz. L’objectif, et c’est dans l’accord de gouvernement, c’est de remplacer le nucléaire par du renouvelable, 100% d’énergie renouvelable« .

À cause du « retard accumulé par les gouvernements qui se sont succédé depuis 2003, il y a un besoin d’avoir recours à quelques centrales au gaz. Mais ceci est vrai aussi si l’on prolonge deux réacteurs. Cela est a priori un peu paradoxal » de construire des centrales au gaz polluantes mais « le système ETS (d’échange de quotas de pollution, ndlr) permet une comptabilité européenne qui fait que les centrales ultramodernes qu’on va installer en Belgique, permettront de passer très rapidement du gaz naturel au gaz vert ou à l’hydrogène, du gaz décarboné. Ces centrales vont chasser du marché des centrales plus polluantes, comme celles au charbon. Si on installe des centrales TGV (turbine gaz vapeur, ndlr), certes cela va produire un peu plus de CO2 en Belgique, mais au niveau européen cela va faire fermer des centrales plus polluantes que sont celles au charbon« .

La Belgique va-t-elle pouvoir sortir totalement du nucléaire selon le timing prévu ? « La réponse sera donnée par le gouvernement fédéral en novembre, comme c’est prévu dans l’accord de gouvernement, qui dit que, si à la fin novembre les alternatives sont suffisantes le gouvernement quittera le nucléaire. Si ce n’est pas le cas, pensez-vous que nous prendrions le risque par rapport à la sécurité d’approvisionnement ? On quittera le nucléaire de toute façon. Au plus vite on peut le quitter, au plus vite le renouvelable peut se déployer en Belgique. La question est de savoir si les alternatives sont suffisantes, et on a un feu vert européen par rapport au mécanisme qui vient consolider la construction juridique de Tinne Van Der Straeten (la ministre de l’Énergie) et qui fait que les entrepreneurs ont aujourd’hui la certitude que s’ils déposent des projets dans le cadre de l’appel à projets, ils seront soutenus. C’est un signal positif ».

Par A. Lechien, publié le 7 septembre 2021 à 09h18

Photo en titre : Jean-Marc Nollet © RTBF

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_sortie-du-nucleaire-en-2025-on-ne-remplace-pas-le-nucleaire-par-du-gaz-insiste-jean-marc-nollet-ecolo?id=10837307

YANNICK JADOT : « UN SEUL OBJECTIF, GAGNER ! »

Reporterre s’est entretenu avec chacun des candidats à la primaire écologiste pour l’élection présidentielle de 2022. Aujourd’hui, l’eurodéputé Yannick Jadot, qui soutient la fin des accords de libre-échange, la sortie du nucléaire, un treizième mois écolo ou encore un revenu citoyen.

Reporterre publie chaque jour de la semaine le portrait et l’interview de l’un des cinq candidats à la primaire des écologistes, dont le premier tour se déroule du 16 au 19 septembre et le second du 25 au 28 septembre, en vue de la présidentielle de 2022. L’ordre de passage a été tiré au sort.

Reporterre — Quelles sont les trois premières mesures qu’il faudrait adopter pour enrayer la crise climatique et la sixième extinction des espèces ?

Yannick Jadot — Chaque euro d’argent public dépensé dans les marchés publics, les subventions à l’économie et aux entreprises, devra être vertueux pour le climat, la biodiversité, la justice sociale et l’égalité femme-homme. Plus un euro d’argent public ne sera par exemple versé à une entreprise toujours engagée dans les énergies fossiles. À travers la réforme de la Politique agricole commune (PAC) et sa mise en œuvre en France, nous passerons également des contrats de transition agricole qui nous permettront de sortir des produits phytosanitaires de synthèse, pesticides ou engrais azotés qui participent largement au dérèglement climatique et à la disparition du vivant.

Ensuite, nous stopperons les importations de soja et de bœuf provenant d’Amérique latine, ou encore d’huile de palme venant d’Asie du Sud-Est et d’Afrique centrale. Cela passe notamment par la fin des accords de libre-échange. C’est le cœur de mes combats au Parlement européen depuis plus de dix ans. Ces traités organisent la guerre du « tous contre tous », c’est la mondialisation de la malbouffe, de la souffrance animale, de l’extinction des espèces ou de la disparition des paysans. Nous devrons par ailleurs sortir de l’élevage industriel et réduire drastiquement nos consommations de viande, lait et poisson.

Je porte également un grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros par an pour reconstruire l’économie, accélérer la rénovation des logements, déployer les énergies renouvelables et tout ce qui relève des mobilités collectives et décarbonées. Je soutiens ainsi l’interdiction de la vente de véhicules thermiques en France dès 2030.

Je défends aussi la mise en place d’un grand ministère de l’Alimentation, de la Santé et de l’Environnement, qui serait le premier ministère du gouvernement écologiste. Ces trois grands enjeux seraient articulés à travers l’approche « une seule santé ». Ce grand ministère permettrait d’extirper les lobbies des décisions publiques essentielles, qui relèvent de l’intérêt général.

La transition énergétique ne se fera pas sans action sur les économies d’énergie, angle mort des politiques. Quelle mesure prendre pour la sobriété énergétique ?

En investissant 10 milliards d’euros dans la rénovation énergétique des logements, en favorisant les rénovations profondes. Cette mesure doit être indissociable de la lutte contre la précarité et, pour mettre fin aux passoires énergétiques, il faut rendre la rénovation thermique possible sans qu’un euro ne soit déboursé par les 2 millions de ménages qui en ont le plus besoin.

Nous devons aussi revoir nos modes de mobilité en rééquipant et réinvestissant massivement dans le ferroviaire, que ce soient les trains du quotidien — nous rouvrirons des petites gares —, de nuit et de marchandises. Pour favoriser les mobilités douces, nous sommes favorables à une prise en charge obligatoire du forfait mobilité par les entreprises, pour les vélos ou les transports collectifs.

L’intérêt de ces mesures est profondément social : quand nous investissons à la fois dans la rénovation thermique et dans les logements sociaux, quand nous différencions les taux de TVA en fonction de ce qui est vertueux ou non, quand nous investissons dans une mobilité accessible pour les familles les plus touchées socialement, nous obtenons ce que j’appelle le « treizième mois écolo du pouvoir de vivre » : l’équivalent d’un treizième mois en économies, qui nous donne du pouvoir de vivre pour faire autre chose que travailler, pour satisfaire des besoins essentiels, en protégeant la vie.

Yannick Jadot : « Le nucléaire est une énergie dangereuse, opaque. » © Mathieu Génon/Reporterre

Comment sortir du nucléaire ?

Je combats le nucléaire, militaire ou civil, depuis trente ans. J’ai d’ailleurs été espionné par EDF quand j’étais directeur de campagne de Greenpeace. Il n’y a pas d’ambiguïté : le nucléaire est une énergie dangereuse, opaque et menaçant l’existence même d’un service public de l’énergie, puisque c’est l’ensemble de l’entreprise EDF qui est aujourd’hui menacée.

Il faut reprendre le scénario négaWatt qui prévoit des investissements massifs dans la sobriété énergétique — sinon on n’est pas sérieux —, le déploiement tout autant massif des énergies renouvelables, et favoriser les communautés énergétiques locales. Cela doit nous mener à sortir, progressivement, mais inéluctablement, du nucléaire. D’ici vingt ans, et en fermant prioritairement les centrales les plus vieilles et les plus à risque, notamment du fait du dérèglement climatique, puisque certaines sont refroidies par des fleuves qui eux-mêmes se réchauffent trop, ou n’ont plus assez de débit du fait des sécheresses.

Il faut aussi en finir avec l’omerta qui règne sur la réalité du nucléaire en France. Nous devons rendre transparents ses coûts comparés aux énergies renouvelables. Et rappeler qu’il n’existe aucune solution responsable pour les déchets radioactifs. La sortie du nucléaire est aussi un enjeu de rationalité sociale : la transition énergétique telle que nous la portons — sobriété, renouvelables, réseaux intelligents — représente beaucoup plus d’emplois que le nucléaire.

Passer à la VIᵉ République est une priorité largement partagée. Mais quelle évolution de la Constitution vous semble prioritaire ?

L’option Macron, c’est de concentrer tous les pouvoirs et, au fond, de dire « On se revoit dans cinq ans ». Celle que je défends, et que défendent les écologistes, c’est de remettre de la démocratie partout. Je suis favorable à un septennat non renouvelable pour la présidence de la République et à une séparation nette des pouvoirs. Nous voyons aujourd’hui à quel point l’exécutif tente de dénigrer et de remettre en cause l’indépendance de la justice. Les parlementaires devraient avoir plus de pouvoir et être élus à la proportionnelle, pour que les sensibilités politiques soient réellement représentées. Le président ou la présidente doit également être garant du temps long, celui de l’écologie.

Au-delà des institutions, il convient de développer ce qui est lié à la démocratie participative : référendum d’initiative locale, conventions citoyennes, conférences de consensus. Cela passe aussi par plus de démocratie dans l’entreprise. Je propose un système avec 50 % de salariés dans les conseils d’administration et un chèque syndical, qui renforcerait la puissance des syndicats et leur place dans l’entreprise. Nous renforcerons également notre système associatif, avec le retour des emplois aidés dans les associations.

« Je ne veux ni la dilution de l’écologie dans un autre mouvement politique ni une écologie identitaire forcément minoritaire. »

Enfin, nous devons relancer un grand processus de décentralisation : les dernières lois ont généré un mille-feuille de responsabilités, de compétences et d’administration incompréhensible pour les citoyens. Les mégarégions de François Hollande sont une catastrophe. Il faut clarifier, renforcer les compétences des collectivités locales, puisque toute une partie de la transition écologique, du progrès social et de l’émancipation se construit avec les citoyens à l’échelle des territoires.

Yannick Jadot : « Je ne veux ni la dilution de l’écologie dans un autre mouvement politique ni une écologie identitaire forcément minoritaire. » © Mathieu Génon/Reporterre

Comment faire pour qu’au niveau mondial les émissions de gaz à effet de serre se réduisent fortement ?

La France est le pays de l’Accord de Paris. Cela ne signifie pas qu’elle est la seule artisane du succès de cet accord, mais cela lui donne une responsabilité, celle d’être exemplaire. Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus de faire de grands discours, de s’en tenir à des COP débouchant très souvent sur d’autres COP, où l’on sauve plus souvent le processus onusien de négociations que le climat. L’enjeu, c’est l’exemplarité en démontrant, à l’échelle de la France et de l’Europe — puisque les deux sont intimement liés en matière de transition énergétique —, qu’il est tout à fait possible de transformer nos sociétés, que cela participe à relocaliser l’économie et à créer de l’emploi. La construction de la société écologique demandera incontestablement des efforts et des ruptures, mais elle offrira des perspectives passionnantes d’innovations sociales, démocratiques, économiques et technologiques. Nous devons démontrer que la lutte pour le climat est aussi une promesse de liberté et d’émancipation individuelle et collective.

Il faudra également œuvrer pour mettre fin à la mondialisation néolibérale, écocidaire, écologiquement et socialement prédatrice, et s’assurer que les populations les plus fragiles ne soient pas négativement impactées par la lutte contre le dérèglement climatique mais, au contraire, en bénéficient. J’aime aussi l’idée d’un traité de non-prolifération des combustibles fossiles : les pays s’engageraient à mettre fin aux subventions publiques aux énergies fossiles — 55 milliards d’euros par an en Europe—, et à ne plus chercher de nouveaux gisements dans les sols.

Yannick Jadot : « Je soutiens le rétablissement d’un impôt sur la fortune (ISF), beaucoup plus efficace que le précédent. » © Mathieu Génon/Reporterre

Les riches ont un impact écologique démesuré. Quelle politique de justice redistributive envisagez-vous ?

Les riches ont un impact avec leur consommation, mais aussi leurs placements financiers. Je soutiens le rétablissement d’un impôt sur la fortune (ISF), beaucoup plus efficace que le précédent qui était miné par les dérogations. Je trouve très intéressante l’idée d’un ISF climatique développé par les associations. Nous reviendrons aussi sur la « flat-tax » afin que la fiscalité sur le capital cesse d’être plus attractive que celle sur le travail. La réforme de la fiscalité devra aussi porter sur les inégalités de patrimoine.

Pour les plus vulnérables, je défends donc la rénovation thermique et le treizième mois écolo, mais aussi un revenu citoyen, accessible dès 18 ans, qui démarrerait à 660 euros par mois pour monter progressivement jusqu’au seuil de pauvreté. Il faut donc à la fois rétablir une justice fiscale dans ce pays, mais aussi aider ceux qui sont en bas.

Comment accueillir les personnes migrantes ?

J’ai défendu, avec mes collègues européens, la mise en œuvre de la directive européenne de 2001 sur la protection temporaire, qui avait été adoptée après la guerre au Kosovo mais n’a jamais été appliquée. Elle permet d’accueillir des personnes en danger, en proie à des oppressions, des violences. Et il faut absolument revenir sur le règlement Dublin III, un système totalement dingue qui renvoie toute la responsabilité de l’accueil aux pays de première ligne.

Et puis il est urgent de rompre avec la politique absurde qui consiste à tenter de contrer la migration, d’empêcher de soi-disant « appels d’air » en lacérant des tentes, en renforçant la précarité et l’humiliation des migrants sur notre territoire. Il est urgent de cesser d’abandonner les migrants qui traversent la Méditerranée ou les continents, et sont soumis aux persécutions et à la noyade. Cette politique a déjà fait cette année 1 000 morts en Méditerranée, et près de 20 000 depuis 2014. Elle est inhumaine et inefficace.

Yannick Jadot : « Il est urgent de cesser d’abandonner les migrants qui traversent la Méditerranée ou les continents. » © Mathieu Génon/Reporterre

Comment mettre fin aux violences policières ?

Il existe plusieurs types de violences. Pour celles liées au maintien de l’ordre, notamment dans les manifestations, nous avons vécu durant ce quinquennat une rupture dans la tradition républicaine du maintien de l’ordre. L’objectif est désormais d’empêcher et de décourager, par la violence, les logiques de nasse, les LBD [1] ou les grenades, celles et ceux qui veulent exercer leur droit à manifester. Ces stratégies blessent lourdement, font peur et mettent également les policiers en danger.

Il y a aussi tout ce qui relève de la politique du chiffre. Elle conduit à une multiplication des contrôles, comme sur le cannabis — je défends sa légalisation —, des contrôles au faciès ou des contrôles de migrants ; ils construisent des logiques de violence et d’humiliation incompatibles avec les missions de protection républicaine que doivent mener les équipes policières.

Je défends l’idée de transformer le ministère de l’Intérieur en ministère de la Protection républicaine, où nous redéfinirions les missions des policières et policiers afin qu’elles soient davantage portées sur la prévention, avec une formation sur les violences faites aux femmes et aux enfants, sur les délits, les discriminations ou encore sur les crimes en matière d’environnement. Nous devons réformer la police — recrutement, missions, effectif, équipements, stratégie — pour qu’elle ne fasse plus peur à un certain nombre de concitoyens, et soit perçue comme un corps protecteur de notre sécurité au sens large du terme, et de nos libertés fondamentales.

La police doit être exemplaire vis-à-vis des citoyens, mais nous devons aussi l’être vis-à-vis d’elle. Nous pourrons alors être plus exigeants. Et évidemment, pour régler les cas de violences, je souhaite que l’IGPN [2] soit transférée à la Défenseuse des droits, pour garantir des enquêtes sur la police objectives et impartiales.

Comment rendre, concrètement, la société moins sexiste ?

En reconnaissant, pleinement et entièrement, l’inégalité profonde qu’il y a aujourd’hui entre les femmes et les hommes. Vis-à-vis des violences, il y a trois viols par heure dans notre pays. L’immense majorité des violences intrafamiliales sont le fait des hommes, dont les femmes sont dramatiquement victimes. Il y a déjà eu 77 féminicides depuis le début de l’année. Il nous faut un grand programme, à l’espagnole, d’investissement massif sur la formation de l’ensemble des actrices et acteurs dans l’éducation nationale, dans la justice, la police et les services publics. Nous devons pouvoir identifier les signaux faibles et venir en soutien.

La différence de salaire reste également considérable entre les femmes et les hommes, et elle est totalement injustifiable. Par l’éducation, notre société doit nous apprendre à être beaucoup plus intelligents, construits et informés sur les questions de genre, d’orientation sexuelle, d’égalité et de discriminations. Malgré le mouvement #MeToo et la parole qui s’est heureusement libérée, nous restons dans une société avec un modèle de consommation extrêmement sexiste. La libération des femmes reste un combat.

Imaginons qu’Anne Hidalgo (PS) et Jean-Luc Mélenchon (LFI) vous proposent chacun une alliance. Avec qui allez-vous ?

Je leur propose de venir derrière moi parce que nous, écologistes, sommes porteurs du seul projet capable de rassembler largement les progressistes et les humanistes. Je ne veux ni la dilution de l’écologie dans un autre mouvement politique ni une écologie identitaire forcément minoritaire. Il y a cinq ans, parce que ça a été le choix du mouvement Europe Écologie—Les Verts (EELV), nous avons retiré la candidature écologiste au profit du candidat choisi par les socialistes, Benoît Hamon, parce qu’il avait un programme inspiré par l’écologie. Le résultat a été pour le moins décevant. Il faut donc être en capacité d’imposer un rapport de force pour que le rassemblement, dont tout le monde convient qu’il doit se faire autour de l’écologie, se fasse autour de la candidature écologiste. Si je suis désigné, je serai le candidat à la présidence de la République qui garantira qu’il y aura un bulletin vert à la présidentielle et que ce bulletin rassemblera largement, avec un seul objectif : gagner !

Par Alexandre-Reza Kokabi (Reporterre), publié le 7 septembre 2021 à 09h18,

Photo en titre : Yannick Jadot à Paris, le 30 août 2021. – © Mathieu Génon/Reporterre

https://reporterre.net/Yannick-Jadot-Un-seul-objectif-gagner?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Reporterre est géré par une association d’intérêt général, à but non lucratif. Nous pensons qu’un média doit informer, et non être un outil d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre accès, sans aucune restriction. Nous considérons que l’information est un bien public, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Son accès ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation, elle-même encouragée par la publicité. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.

En résumé, Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
Le journal emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produisent chaque jour des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Nous faisons cela car nous pensons que la publication d’informations fiables, transparentes et accessibles à tous sur ces questions est une partie de la solution.

Vous comprenez donc pourquoi nous sollicitons votre soutien. Des dizaines de milliers de personnes viennent chaque jour s’informer sur Reporterre, et de plus en plus de lecteurs comme vous soutiennent le journal. Les dons de nos lecteurs représentent plus de 97% de nos ressources. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, le journal sera renforcé. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

VU D’ITALIE : EN EUROPE, MACRON EST LE “CHEVALIER NOIR” DU NUCLÉAIRE

Au cœur de l’Union européenne qui tente de lancer une ambitieuse transition écologique, une bataille diplomatique est en cours pour savoir si le nucléaire peut être considéré comme une énergie verte ou pas. Pour le quotidien italien La Repubblica, le leader des défenseurs de l’atome est Emmanuel Macron, soucieux de protéger les intérêts de la France. (NDLR : de la France ou de ses «amis » ?)

C’est une des nombreuses batailles qui se jouent sur l’échiquier de l’UE, “avec des armées qui se font face dans des tranchées, des alliances et beaucoup, beaucoup trop d’ambiguïté de la part de Bruxelles”. En ce moment, comme l’explique La Repubblica, deux camps s’affrontent à l’intérieur de l’Union européenne sur la question du nucléaire : ceux qui veulent que cette énergie soit considérée comme verte, et ceux qui s’y opposent.

Le contexte, détaille le quotidien italien, c’est celui du Green Deal, c’est-à-dire l’ensemble de propositions “visant à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre de l’UE”. Ce projet a été présenté le 14 juillet, mais “il laisse la question du nucléaire ouverte, en affirmant à la fois que celui-ci ne pollue pas, mais qu’il laisse en héritage aux générations futures des déchets radioactifs”.

Les deux camps vont donc continuer à se disputer à ce sujet et, selon le média romain, le bataillon des favorables au nucléaire compte dans ses rangs un meneur d’exception : “Macron, le président français, véritable chevalier noir de la fission nucléaire. C’est lui qui est en train de conduire cette guerre du nucléaire.

La suite de l’article est réservée aux abonnés.

Publié le 06/09/2021 à 17h23

https://www.courrierinternational.com/article/vu-ditalie-en-europe-macron-est-le-chevalier-noir-du-nucleaire

LA CHINE FAIT VOLER 19 BOMBARDIERS NUCLÉAIRES ET AVIONS DE CHASSE DANS L’ESPACE AÉRIEN DE TAÏWAN

La Chine fait voler 19 bombardiers nucléaires et avions de chasse dans l’espace aérien de Taïwan pour des jeux de guerre « d’invasion » suscitant les craintes de la Troisième Guerre mondiale

Les craintes de la Troisième Guerre MONDIALE montent après que la Chine a fait voler 19 bombardiers nucléaires et avions de chasse dans l’espace aérien de Taïwan pour des jeux de guerre « d’invasion ».

La dernière incursion militaire chinoise de dimanche a impliqué 10 avions de combat J-16 et quatre avions de combat Su-30, un avion anti-sous-marin et quatre bombardiers H-6, qui peuvent transporter des armes nucléaires, a déclaré le ministère taïwanais de la Défense.

Quatre bombardiers H-6 ont volé dans l’espace aérien de Taïwan lors de la dernière incursion militaire de la Chine. Crédit : EPA

L’armée de l’air taïwanaise a répondu en brouillant les avions de combat, en émettant des avertissements radio et en déployant des systèmes de missiles de défense aérienne pour surveiller l’activité, a ajouté le ministère de la Défense.

L’avion chinois a volé dans une zone plus proche de la côte chinoise, à peu près au nord-est de l’île de Pratas, selon une carte fournie par le ministère.

La Chine considère Taïwan comme faisant partie de son territoire et menace depuis longtemps de recourir à la force pour le mettre sous son contrôle.

Taipei se plaint depuis plus d’un an des missions répétées de l’armée de l’air chinoise près de l’île.

Plus tôt cette année, la Chine a promis d’envahir Taïwan et a offert un aperçu d’un plan terrifiant en trois étapes pour ouvrir la voie à une force d’invasion pour prendre d’assaut l’île séparatiste.

Toute invasion représenterait une grave escalade des hostilités et pourrait entraîner les États-Unis à travers leur pacte pour défendre Taïwan.

Des tensions bouillonnent dans les mers autour de la Chine depuis des mois, où les États-Unis et le Japon auraient organisé des exercices militaires conjoints par crainte d’un éventuel conflit.

En juillet, la Chine a organisé des exercices militaires massifs, notamment des débarquements d’assaut et des exercices de contrôle des îles dans le but de démontrer la puissance militaire de l’État communiste sur Taïwan.

La Chine a décrit ses jeux de guerre comme nécessaires pour protéger la souveraineté du pays et faire face à la « collusion » entre Taipei et Washington.

Et les craintes de conflit augmentent après que le ministère de la Défense de Taïwan a averti la semaine dernière que les forces armées chinoises pourraient « paralyser » ses défenses.

JOUER AVEC LE FEU’

La Chine a déclaré à Taïwan qu’elle devrait « trembler » car les États-Unis « ne protégeront pas » l’île de l’invasion.

Dans un autre message effrayant, Pékin a averti les États-Unis qu’ils «jouaient avec le feu» et s’est engagé à «écraser» Taïwan s’il cherche à obtenir son indépendance.

Pékin lance souvent des missions militaires dans l’espace aérien de Taïwan pour exprimer son mécontentement face aux commentaires faits par l’île ou lors de manifestations de soutien international à Taïwan – en particulier de la part des États-Unis.

Bien que la cause de la dernière incursion ne soit pas claire, un navire de guerre américain et un garde-côte américain ont traversé le détroit de Taïwan à la fin du mois dernier.

Cela survient quelques semaines seulement après que la Chine a envoyé 11 avions de guerre dans l’espace aérien de Taïwan pendant les jeux de guerre – menaçant une invasion « immédiate ».

Les six avions de combat, deux bombardiers et trois avions de surveillance ont survolé la zone d’identification de la défense aérienne de Taïwan.

Et en juin, la Chine a envoyé 28 avions militaires dans l’espace aérien – la plus grande incursion signalée par Taïwan à ce jour.

UNE POLITIQUE CHINE

En janvier, une mission similaire a vu 15 avions entrer dans la zone de défense aérienne de Taïwan et en avril, l’île a signalé 25 autres avions à réaction.

La Chine n’a pas commenté la dernière incursion.

Les relations entre Taïwan et la Chine sont tendues depuis 2016 après que la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen a riposté à la politique « Une seule Chine » menée par Pékin, qui ne reconnaît pas l’indépendance de Taïwan.

En vertu de cette politique, Taïwan est considérée comme une province séparatiste du pays plutôt que comme un pays distinct avec son propre gouvernement.

La politique d’une seule Chine est une pierre angulaire des relations diplomatiques sino-américaines et a été reconnue par l’ancien président Donald Trump.

Washington, cependant, a toujours entretenu une relation « non officielle solide » avec Taïwan et a continué à vendre des armes à l’île.

Le ministère taïwanais de la Défense a déclaré que 10 avions de combat J-16 étaient entrés dans son espace aérien. Crédit : EPA

La troisième guerre mondiale craint que la Chine organise des exercices massifs d’ « invasion de Taiwan » et se vante de vaincre les États-Unis et le Royaume-Uni dans tout conflit

Par Gaspar Bazinet, publié le 6 septembre 2021 à 12h55

Photo en titre: Le ministère taïwanais de la Défense a déclaré que 10 avions de combat J-16 étaient entrés dans son espace aérien. Crédit : AFP

https://news-24.fr/la-chine-fait-voler-19-bombardiers-nucleaires-et-avions-de-chasse-dans-lespace-aerien-de-taiwan-pour-des-jeux-de-guerre-dinvasion-suscitant-les-craintes-de-la-troisieme-guerr/

À ATHIS (ORNE), 20 ANS DU COLLECTIF CITOYEN NORMAND : UNE NOUVELLE OCCASION DE SENSIBILISER AU NUCLÉAIRE

Dans la salle des Terriers d’Athis-de-l’Orne (Orne), le Collectif citoyen normand célébrait ses 20 ans, samedi 4 et dimanche 5 septembre 2021. Une nouvelle occasion de sensibiliser

Certains des adhérents et organisateurs du Collectif citoyen normand, le nucléaire et ses déchets, non merci ! présents à la salle des Terriers d’Athis-de-l’Orne dimanche 5 septembre 2021.

Rappeler aux élus que les déchets posent problème, et sensibiliser les jeunes à ces questions. Samedi 4 et dimanche 5 septembre 2021, le Collectif citoyen normand, le nucléaire et ses déchets, non merci ! a fêté ses 20 ans dans l’enceinte de la salle des Terriers d’Athis-de-l’Orne (Orne). Une manifestation retardée deux fois en raison de la crise sanitaire.

Présidé par Viviane Thébault, le collectif a imaginé un parcours de visite avec de nombreux documents : 42 dessins de bandes dessinées prêtés par l’association Sortir du nucléaire – Pays de Saint-Malo, un diaporama de 300 photos regroupant les grands évènements, des archives de presse et une frise historique.

Par Maureen Marie, publié le 6 Septembre 2021 à 17h44 (L’Orne Combattante)

https://actu.fr/normandie/athis-val-de-rouvre_61007/a-athis-20-ans-du-collectif-citoyen-normand-un-nouvelle-occasion-de-sensibiliser-au-nucleaire_44667250.html

CHERBOURG: MOBILISATION AUTOUR D’UN NOUVEAU DÉPART DE MOX POUR LE JAPON

Appel des associations Greenpeace, CRILAN, CREPAN-FNE, ACRO

Communiqué de presse du 6 septembre 202

Orano prépare pour demain mardi un nouveau transport maritime de combustible MOX destiné aux réacteurs N° 3 et N°4 de la centrale nucléaire de Takahama au Japon.

Ce combustible MOX est composé d’un mélange d’uranium et de plutonium hautement radioactif extrait des combustibles usés.

Rappelons-nous, le réacteur 3 de Fukushima qui a explosé en 2011 contenait du MOX.

En soutien aux japonais qui s’opposent au redémarrage des réacteurs nucléaires et au déversement des eaux radioactives de Fukushima dans l’océan, les associations antinucléaires et critiques ci-dessus appellent à une mobilisation de protestation dans l’attente du passage du convoi :

Mardi 7 septembre à partir de 20 Heures au rond-point de la Pyrotechnie à Tourlaville.

Par André JACQUES, publié le 6 septembre 2021

http://crilan.fr/cherbourg-mobilisation-autour-dun-nouveau-depart-de-mox-pour-le-japon/

PRÉSIDENTIELLE : CE QU’IL FAUT RETENIR DU PREMIER DÉBAT DE LA PRIMAIRE DES ÉCOLOGISTES

Delphine Batho, Jean-Marc Governatori, Yannick Jadot, Eric Piolle et Sandrine Rousseau ont échangé pendant près de deux heures pour tenter de convaincre les sympathisants écologistes

Extrait de l’article :

…La sortie du nucléaire

Yannick Jadot a défendu la sortie du nucléaire à un horizon de quinze à vingt ans. « Nous sommes des écologistes responsables. Être responsable vis-à-vis du nucléaire, c’est s’organiser pour éviter la catastrophe », a dit le candidat en citant la catastrophe de Fukushima et l’enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse). Tout en sortant du nucléaire, l’eurodéputé souhaite « déployer des énergies renouvelables » et « investir massivement dans l’efficacité énergétique ». « Dépendre du soleil, du vent, de la géothermie, dépendre de nos déchets, des énergies marines, c’est quand même mieux que de dépendre de Poutine, des pétromonarchies du Golfe ou de l’importation d’uranium du Niger », a déclaré Yannick Jadot.

« Il faut enclencher le processus » de sortie du nucléaire, juge également Jean-Marc Governatori. Mais « on ne peut pas dire quand » la France pourra abandonner ce modèle énergétique, nuance-t-il, « ça peut être dans dix ans, ça peut être trente ans ».

Interrogé sur le risque de perdre les 220 000 emplois liés à la filière nucléaire, Eric Piolle a mis en avant les emplois créés par la transition énergétique, dont il estime le nombre à 1,5 million. Sandrine Rousseau a dénoncé de son côté la construction de l’EPR de Flamanville, dans la Manche, un réacteur de troisième génération qui est pour elle « une hérésie, une absurdité », notamment en raison de son coût. « On était partis sur le coût de l’EPR à 3 milliards d’euros. On va arriver probablement à 19 milliards d’euros. »

Par franceinfo, publié le 05/09/2021 à 16h32, mis à jour le 05/09/2021 à 18h10

Pour lire la totalité de l’article, cliquer sur : https://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/presidentielle-ce-qu-il-faut-retenir-du-premier-debat-de-la-primaire-des-ecologistes_4760795.html

NUCLÉAIRE : ENJEU MAJEUR DES PRÉSIDENTIELLES DE 2022 ?

La nécessité d’un débat ouvert et transparent sur l’avenir de notre secteur énergétique en France est souvent évoquée. Se pose dans ce cadre la question d’une possible relance du nucléaire.

Différentes notes ont ainsi été produites, comme celle du HCP[1] « Électricité : devoir de lucidité », de l’OPECST[2] sur « l’Énergie nucléaire du futur », ou encore de l’Académie des Sciences : « L’apport de l’énergie nucléaire dans la transition énergétique».

On peut toutefois s’interroger sur l’approche retenue dans le cadre de ces discussions.

Le nucléaire fait face à plusieurs défis

Au-delà des contraintes techniques et de sécurité qui freinent la diffusion de cette technologie, si la filière bénéficie aujourd’hui d’une meilleure image du fait de sa capacité à produire de l’électricité pilotable bas carbone avec un facteur de charge élevé, elle reste confrontée à plusieurs problèmes :

  • Le coût de production de l’électricité. Les nouvelles centrales, en dehors de la Chine, sont au-dessus de 100 EUR/MWh, en constante hausse depuis 10 ans. Ce coût, est plus de 7 à 8 fois supérieur aux derniers appels d’offres pour du solaire en Espagne, et 2,5 fois au dernier appel d’offre d’éolien offshore en France.
  • La complexité de la planification. La durée de construction moyenne en 2020 est de 117 mois. En ajoutant les différents permis et autorisations, la durée totale est entre 10 et 15 ans. La pertinence du lancement d’un nouveau programme doit donc s’apprécier en fonction des anticipations de l’environnement technologique et économique à un horizon de 15 ans, difficile à prévoir.
  • Les modes de financement. Le nucléaire est perçu comme présentant des risques difficiles à gérer par le marché. L’État joue alors un rôle très fort, que ce soit sous forme de garantie ou d’apport en capital. Malgré tout, la mise en place des financements reste un exercice difficile.

Jusqu’à présent, la filière nucléaire n’a pas su bien réagir face à ces défis : les retards de construction de 5 ans sont courants, même en Chine, parfois 10 ans ou plus. Des dépassements budgétaires, pouvant aller largement au-delà de 30 à 50%, ont été constatés. Ces difficultés ont fortement impacté la filière, avec par exemple la faillite de Westinghouse ou la restructuration d’Areva.

Malgré l’arrivée potentielle de nouvelles technologies, il semble difficile de résoudre ces problèmes à court terme sans changements organisationnels significatifs.

Lire aussi : Trop cher et trop lent, le nucléaire ne sauvera pas le climat

Baisse constante de la part du nucléaire dans le monde

Depuis 1996, la part du nucléaire, alors de 17,5% de la demande mondiale, a constamment baissé pour aboutir à 10,5% aujourd’hui. Les investissements stagnent depuis 10 ans autour de 30-35 milliards de USD par an, soit seulement 4 à 5% des investissements annuels dans le secteur de l’électricité, le marché étant aujourd’hui essentiellement en Asie, les deux tiers en Chine.

En 2020, les projections de l’AIEA [3] pour les capacités installées en 2050, variaient entre une baisse de 7%, et une hausse de 82%. Le scénario « haut », signifierait pour le nucléaire une part aux environs de 20% de la demande électrique mondiale. Or la tendance actuelle ne correspond pas aux à ces prévisions : selon l’AIE [4], nous atteindrions un peu plus de 450 GWe en 2040, contre 415 GWe aujourd’hui.

Il est difficile d’imaginer que les nouvelles technologiques nucléaires (SMR [5] ou GEN-4 [6]) changent drastiquement cette trajectoire. Elles ne verront pas le jour avant 2030-2040, et les temps de déploiement et d’ajustement longs de la filière, nous permettent déjà d’anticiper qu’elles ne joueront pas un rôle décisif pour nos objectifs de 2050.

Prolonger au maximum les durées de vie des centrales est alors crucial, ce qui présente des enjeux techniques – qui doivent être étudiés au cas par cas – mais aussi économiques. Aux États-Unis, un tiers des réacteurs ne sont pas rentables ou sont prévus à la fermeture.

Lire aussi : Multiplication des canicules : le nucléaire peut-il encore assurer un approvisionnement énergétique sûr ?

Quels scénarios pour la France ?

Pour que la part du nucléaire français soit de 50% en 2050, nous devrions construire, selon RTE, 14 EPR (ou 28 GW) d’ici 2050, et prolonger la vie de centrales jusqu’à 60 ans (24 GW).

Une approche rationnelle commanderait, compte tenu des retours d’expérience des premières constructions – avec des retards de plus de dix ans et des dépassements budgétaires de plus de 10 milliards – et des faiblesses sectorielles identifiées, que cette décennie soit l’occasion d’avancer sur au moins 3 points :

  • La restructuration sectorielle – restructuration d’EDF et poursuite des formations.
  • La continuité du grand carénage [7], des visites décennales, et autres remises à niveau.
  • Le lancement, sous conditions à préciser, de la construction d’une 1ère paire d’EPR2 [8] dans le cadre d’un programme de 3.

Aller plus loin, s’apprécierait en fonction du succès du premier chantier. Un tel scénario limiterait toutefois le nombre d’EPR pouvant être construit d’ici 2050 : il n’est donc pas sûr que nous ayons tant de flexibilité dans le choix de nos scénarios énergétiques.

Le soutien à la filière, doit également s’apprécier en fonction des opportunités commerciales, et des retombées de la recherche. Or, la taille du marché à l’international reste limitée, d’autant que le grand marché est la Chine. Et la recherche, en-dehors de la production d’hydrogène avec les réacteurs GEN-4, semble relativement isolée des technologies de la transition : IA[9], batteries, réseaux intelligents, gestion de la demande, véhicules électriques, recyclage, … Autant d’évolutions qui sont associées aux énergies renouvelables.

Lire aussi : La France étudie en secret le financement de 6 nouveaux réacteurs nucléaires

Relance du nucléaire ? Finalement, de quoi parle-t-on ?

Aucune des notes produites en France n’abordent ces questions et l’analyse stratégique de la filière apparait très succincte.

La situation du nucléaire contraste avec la dynamique des énergies renouvelables : plus de 90% des installations de production d’électricité qui se connectent aujourd’hui dans le monde, sont des énergies renouvelables. Le secteur mobilise 300 milliards de dollars, soit 40% des investissements dans la production d’électricité. Les capacités ont quadruplé depuis 2009 pour atteindre 280 GW en 2020. En seulement 10 ans, les coûts du solaire ont baissé de plus de 90%, ceux de l’éolien de plus de 60%. La plupart des marchés fonctionnent aujourd’hui sans subvention. Enfin, leur déploiement ne pose aucune difficulté – même si la disponibilité des matériaux et les conséquences environnementales de leur extraction font aujourd’hui l’objet d’études, en anticipation des volumes qui seront nécessaires dans les prochaines décennies.

Nos champions nationaux du secteur ont de fortes ambitions, chacun ayant des projets pour plusieurs dizaines de GW d’ici 2030. Et d’impressionnants succès à l’international, comme la réalisation par EDF RE de la plus puissante centrale photovoltaïque au monde (2 GW), à un coût de 11.14 EUR/MWh, soit 10 fois moins que le coût des EPR de Hinkley Point, construits eux aussi par EDF.

En outre, seules des énergies renouvelables se connecteront au réseau français entre 2020 et 2035. Le secteur est amené à croitre significativement, avec au moins 140 GW prévus d’ici 2050, entrainant de nombreuses retombées pour différents secteurs associés.

On peut donc raisonnablement se demander si le nucléaire doit être un sujet prioritaire. Les enjeux semblent plutôt ailleurs : électrification des usages, développement des renouvelables et amélioration du cadre réglementaire, évolution des réseaux de transport et de distribution, développement des outils de flexibilité.

Sachant que le secteur de l’électricité ne devrait peut-être pas non plus autant attiser autant les passions. Il n’est pas certain en effet que nous ayons beaucoup de flexibilité. Au contraire, discuter d’un programme climatique global de réduction des émissions, devrait être le contenu majeur des discussions pour la présidentielle de 2022.

Lire aussi : Déchets nucléaires : un rapport international tire à nouveau la sonnette d’alarme

Lire aussi : Comment le nucléaire a forcé des éoliennes à stopper leur production

Par Karim Megherbi, publié le 4 Septembre 2021

https://www.revolution-energetique.com/nucleaire-enjeu-majeur-des-presidentielles-de-2022/

Notes

[1] HCP : Haut-Commissariat au Plan

[2] OPECST : Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques

[3] AIEA : Agence Internationale de l’Énergie Atomique

[4] AIE : Agence Internationale de l’Énergie

[5] Les petits réacteurs modulaires (en anglais : Small modular reactors, ou SMR) sont une catégorie de réacteurs nucléaires à fission, de taille et puissance plus faibles que celles des réacteurs conventionnels, fabriqués en usine et transportés sur leur site d’implantation pour y être installés.

[6] GEN-4 : Les réacteurs nucléaires de génération IV (ou 4e génération) sont un ensemble de conceptions de réacteurs nucléaires actuellement à l’étude pour des applications commerciales prévues à partir de 2030

[7] La notion de « grand carénage » est proposée et étudiée par EDF depuis 2008. Elle désigne en France un vaste projet  d’adaptation et de modernisation des centrales nucléaires, visant à allonger leur durée d’exploitation.

[8] L’EPR2 est une nouvelle génération de réacteurs de 3e génération de type EPR (Réacteur pressurisé européen). Aucun exemplaire n’a encore été construit dans le monde.

[9] IA : Intelligence Artificielle

NUCLÉAIRE, ÉNERGIE PROPRE ? LA LOIRE, GRAND FLEUVE ROYAL ET SAUVAGE, OU GRANDE POUBELLE DE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE ?

Savez-vous que les centrales* sont autorisées à rejeter en Loire et dans l’air que nous respirons, des quantités de substances toxiques, voire mortelles pour certaines !

Au menu :

  • radioactivité : par le tritium, le carbone, les iodes…
  • toxicité : par l’acide borique, les détergents, les phosphates, le sodium, la morpholine, les chlorures, le cuivre, le zinc, l’arsenic, l’hydrazine, le chloroforme, l’azote, etc.
  • risque sanitaire : par les légionelles et amibes
  • chaleur : 2/3 de la puissance produite est perdue, seulement 1/3 part en électricité sur le réseau !

Les cinq centrales rejettent, chaque année, tout un cocktail de polluants en Loire (des milliers de m3) et y prélèvent des milliards de m3 d’eau !

Récemment, EDF-Belleville a demandé l’augmentation de certains rejets en Loire (par ex. doubler celui de tritium) et une forte élévation de ses prélèvements d’eau (10,5 m3/seconde au lieu de 4 m3/s). Mais, l’Autorité Environnementale, dans son Avis délibéré n° 2021-36, émet plusieurs recommandations et critiques, et exhorte EDF Belleville à revoir sa copie.

La Loire sert depuis trop longtemps de poubelle, et Belleville est la première des 5 centrales nucléaires impactant son bassin versant :

Les rejets liquides chimiques dans la Loire,

Chaque année, issus des 2 réacteurs de Belleville, depuis plus de 30 ans (Chiffres EDF) :

  • 194  tonnes de sodium en 2020
  • 387  tonnes de chlorures en 2020
  •   58  tonnes de cuivre en 2018, 16 tonnes en 2015
  •   28  tonnes de zinc en 2018
  •     6,11 tonnes d’acide borique en 2020
  •     4   tonnes d’azote global (Ammonium – nitrites – nitrates) en 2020
  •     2,6  tonnes d’AOX (produits organochlorés) quand il y a chloration
  •     —    —   Trihalométhanes (THM) quand il y a chloration
  •     268  kilos de morpholine en 2020, cancérogène
  •     190   kilos de phosphates en 2020
  •          0,58  kilo d’hydrazine, mutagène, cancérogène, reprotoxique, corrosif
  •          0,28  kilo de lithine en 2020

soit environ 680 tonnes de polluants déversés chaque année en Loire !

Auxquels s’ajoutent :

. les autres rejets liquides radioactifs en Loire (Tritium : 51 000 milliards de becquerels ; Carbone 14 : 11 milliards de becquerels – en 2020)

sans oublier aussi

. les rejets gazeux chimiques (ammoniac, chlore, acide hypochloreux, trichlorométhanes ) – NB : il n’existe pas de limite de rejets chimiques gazeux !
. les rejets gazeux radioactifs : 1811 milliards de becquerels
. les pertes de fluides frigorigènes
(gaz à effet de serre à très fort impact climatique)

ET… 163 millions de m3 d’eau ponctionnée !

Comment ne pas imaginer un impact pernicieux sur les biotopes ligériens par ces rejets cumulés, année après année, des cinq centrales nucléaires et ce, jusqu’à l’estuaire* ?

* Une récente étude «Pollusols» confirme que l’on retrouve dans les sédiments de l’estuaire, l’uranium et le tritium, produits du nucléaire… et nous interroge sur le taux de cuivre qui a doublé depuis 30 ans…

Publié le 03/08/2021à 21h36

 https://www.sdn-berry-giennois-puisaye.fr/

FUKUSHIMA 10 ANS APRÈS (TÉMOIGNAGE)

10ème témoignage de Fonzy, 10 ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima. Merci à elle de continuer à nous donner de ses nouvelles ! La vigilance, même si elle est moins assidue, est toujours de mise.

Bonjour,

Voilà plusieurs années que je gardais le silence. Je vais bien, j’habite toujours au même endroit, à 280 km de la centrale de Fukushima Daiichi.

Depuis l’accident de la centrale, 10 ans se sont écoulés. Je dois vous avouer qu’il est difficile d’être toujours en vigilance, ou en état d’alerte tout le temps. Petit à petit, je laisse tomber des restrictions que je m’étais imposées. Il y a quand même des choses que je continue, par exemple :

– Port du masque

En 2011, je portais un masque N95 chaque fois que j’allais à Tokyo, même en été quand il faisait 35 C. Etant donné que le masque N95 coûte cher, je porte un masque « normal » depuis 2012, et je continue encore aujourd’hui. En ce moment, le masque est presque obligatoire même dans mon voisinage à cause du Covid 19.

– Plus de champignons

Shiitaké, champignon de Paris, pleurotes,… enfin toutes sortes de champignons sont disparus de la table. De temps en temps, le Shiitake me manque, mais ce ne sera pas mortel de ne pas manger de champignons. Par contre, consommer des champignons pourrait l’être…

– Acheter des produits du sud-ouest du Japon

J’achète normalement des légumes qui sont produits au-delà de 500 km depuis la centrale Daiichi. Idem pour les fruits. Autrement dit, j’achète un brocoli de Kyoto, mais pas de laitue de Chiba (250 km). Avant, j’évitais des produits du sud de Nagano (300 km de Daiichi) ou de Gifu (400 km de Daiichi), mais maintenant j’achète de temps en temps des fruits qui y sont produits.

– Manger le moins souvent possible dans un restaurant 

Au cours des premières années, je ne mangeais presque jamais au restaurant. Quand j’étais obligée de participer à une soirée avec des collègues, je m’efforçais de ne rien manger, car on disait que les produits de Fukushima (qui ne devaient pas dépasser la limite de 100 Bq/kg) étaient utilisés dans la restauration. À partir de 2015 ou 16, je commençais à dîner une fois tous les deux ou trois mois dans des restaurants que j’ai bien choisis et qui nous servaient des produits de Kyushu ou Shikoku, des régions qui se trouvent dans le Sud-Ouest du Japon.

– Éviter la pluie

Avant j’aimais me promener sans parapluie sous la pluie, surtout avec une pluie fine. Après Fukushima, dès que je sens une goutte, j’ouvre mon parapluie. J’ai toujours mon parapluie quand il risque de pleuvoir plus tard dans la journée. Donc je fais toujours très attention à la météo.

Maintenant je vous dis ce que je ne fais plus.

– Eau minérale

Jusqu’en mars 2021, nous ne buvons que de l’eau minérale, nous n’utilisons que de l’eau minérale pour faire de la soupe, du pot-au-feu, bref tout ce qui est à manger chez nous. Toutefois, les bouteilles d’eau sont lourdes, il faut aller au supermarché assez souvent pour acheter un carton de six bouteilles que nous consommons assez rapidement. Ce n’est pas gratuit non plus… Nous avons donc décidé de ne plus utiliser d’eau minérale pour faire la cuisine. Nous continuons toujours à boire l’eau minérale dont la radioactivité est mesurée.

Eau minérale : le césium et l’iode sont mesurés par le spectromètre gamma (Photo Fonzy). La bouteille de gauche coûte 0,6 euros, la bouteille de droite 2,15 euros.

– Poisson

Pendant au moins huit ans après l’accident, nous n’avons pas mangé de poisson. Toutefois, mon partenaire a eu un cancer du côlon en 2019, et après, il a préféré plutôt manger « légèrement », du coup nous avons repris l’habitude de manger du poisson. J’achète la plupart du temps du poisson venant du Sud-Ouest du Japon, mais de temps en temps du poisson pêché dans un port près de chez nous, car ils sont beaucoup plus frais. J’évite tout de même des poissons des bas-fonds tels que sole ou turbot.

– Compteur Geiger

Je me suis souvent promenée avec mon compteur Geiger en 2011, et un peu moins en 2012, et maintenant … je ne sais plus où il est, peut-être dans un tiroir, mais ça fait des années que je ne le vois plus. Je me demande si mes amis qui en avaient un l’utilisent toujours.

– Manifestations anti-nucléaires

Pendant deux ou trois années après Fukushima, il y a eu de nombreuses manifestations antinucléaires organisées non seulement à Tokyo mais aussi un peu partout au Japon. On a crié devant le siège social de Tepco, devant le Parlement, dans les rues, on était très nombreux à un moment donné. Il y avait des militants qui faisaient des mobilisations antinucléaires tous les vendredis soirs devant le Parlement. Cela a été un succès pendant quelque temps. Moi aussi j’y ai participé souvent, surtout en 2011 et en 2012. Toutefois ils ont arrêté définitivement leur mouvement en mars 2021 car il y avait, selon eux, beaucoup moins de participants dernièrement et qu’ils n’avaient plus de budget pour continuer. Maintenant les manifestations anti-nucléaires se font très rares, bien qu’il y en ait toujours qui se mobilisent de temps en temps. Il me semble que nous ne sommes pas très manifs, les Japonais. On verra…

– Convaincre les autres

J’avais beau parler à mes amis et à mes parents des risques de contamination et des dangers des centrales nucléaires, il était quasiment impossible de les convaincre à s’intéresser à ce genre de problèmes.

Voilà. Je fais ce qui me semble possible de faire sans trop de stress. Penser toujours à Fukushima, c’est possible, mais maintenant il faudrait plus d’imagination, car on n’en parle plus. Je remercie ceux qui continuent à penser à Fukushima malgré tant de distance géographique et tant d’années écoulées. Merci pour votre solidarité.

Par Fonzy, publié le 3 septembre 2021

Pour retrouver ce témoignage (ainsi que les 9 précédents), cliquer sur : http://www.fukushima-blog.com/

ARDÈCHE. UN SALARIÉ D’EDF EXPOSÉ À UNE PARTICULE RADIOACTIVE À LA CENTRALE DE CRUAS-MEYSSE

Un agent du géant de l’électricité a été contaminé par une particule radioactive lors d’une intervention dans la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche). Il ne pourra pas travailler dans une zone nucléaire pendant douze mois

Fin août, un salarié d’EDF a été contaminé par une particule radioactive alors qu’il intervenait dans la centrale de Cruas-Meysse, en Ardèche, révèle Franceinfo ce samedi 4 septembre. L’information a également été publiée par Le Dauphiné Libéré (article payant). Cette contamination, jugée ponctuelle, est classée de niveau 2 par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ce qui est plutôt rare.

Interdiction de travailler en zone nucléaire pendant 12 mois

Les faits ont eu lieu le 24 août alors que des travaux d’entretien étaient réalisés. Deux salariés du fournisseur d’électricité sont intervenus dans le bâtiment du réacteur numéro 2 de la centrale qui en compte quatre. Ce dernier est alors à l’arrêt. L’opération consiste à vérifier d’éventuelles fuites sur une tuyauterie d’air non radioactif, selon Franceinfo. À la fin de l’intervention, l’un d’eux ne passera pas les contrôles : une particule radioactive s’est collée sur sa nuque.

Il a été pris en charge et douché au service médical. Mais la dose reçue entraîne une interdiction de travailler en zone nucléaire pendant un an. Pour l’instant, les recherches se sont montrées infructueuses quant aux causes de cette contamination. Des investigations approfondies ont été lancées par EDF : elle a deux mois pour transmettre un rapport à l’ASN et faire des propositions afin qu’un tel incident n’ait pas de nouveau lieu.

Il s’agit du deuxième avertissement de l’année donné par l’ASN à la centrale de Cruas-Meysse, exigeant notamment des efforts de sécurité radiologique et de mieux veiller à la propreté radiologique de ses installations.

Par Ouest-France, publié le 04/09/2021 à 08h50, modifié le 04/09/2021 à 08h54

Photo en titre : La centrale de Cruas-Meysse en Ardèche photographiée en 2016. | PHILIPPE DESMAZES/AFP

https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/ardeche-un-salarie-d-edf-expose-a-une-particule-radioactive-a-la-centrale-de-cruas-meysse-a7022e8a-0d48-11ec-b0e4-020644947e6b

UNE MOBILISATION DE TROIS JOURS POUR LE LANCEMENT DE L’ENQUÊTE PUBLIQUE DE CIGÉO/BURE

Communiqué du CEDRA :

L’enquête publique pour la demande d’utilité publique aura lieu du 15 septembre au 23 octobre

C’est à l’approche de l’automne que l’enquête publique de la DUP de Cigéo va commencer alors que de colossales incertitudes demeurent sur des sujets absolument essentiels :

. Maîtrise des risques et sécurité de Cigéo,

. Avenir du territoire,

. Risque de dissémination de la radioactivité dans l’environnement,

. Coût du projet… 

L’Andra a réagi aux recommandations de l’Autorité Environnementale, qui a émis un avis très critique début 2021 sur cette demande de DUP, mais nous savons d’ores et déjà que ces réponses sont insuffisantes*. Elles renvoient à des étapes ultérieures du projet : à l’instruction de l’autorisation de création de Cigéo (DAC) ainsi qu’à la phase pilote. Une belle entourloupe pour contourner les questions qui fâchent tout en ne gelant pas le projet.

Cela signifie que le projet pourrait être déclaré d’utilité publique et entrer en phase opérationnelle sans que l’ensemble des doutes ne soient levés. Nous ne pouvons pas l’accepter.

Nous craignons par ailleurs que le gouvernement tente de faire déclarer le projet Cigéo Opération d’Intérêt National (OIN). Cette procédure retirerait aux élus locaux leurs compétences en matière d’urbanisme sur un périmètre donné, afin de simplifier la mise en compatibilité des documents d’urbanisme avec les travaux rendus nécessaires par le projet. Derrière cet acronyme pourrait se cacher une opération qui permettrait à l’État de délivrer des autorisations de construire en lieu et place des acteurs locaux. Demander à la population locale de s’exprimer sur l’utilité publique d’un projet tout en le déclarant Opération d’intérêt national serait une profonde arnaque !

Et maintenant qu’est-ce qu’on fait de toutes ces infos ? CIGÉO/Bure, on n’est pas DUP**, on n’est pas DAC*** !

N’attendons rien de l’issue de l’enquête publique. N’est-elle pas juste une formalité pseudo-participative supplémentaire ? Le projet de « labo » de Bure a déjà fait l’objet de deux enquêtes publiques par le passé, qui n’ont rien changé à l’avancée du projet. En revanche, profitons de cette période pour donner de la résonance à nos profondes inquiétudes et nous opposer plus franchement encore. Début 2021, diverses communes ont émis de nombreuses réserves, ou des avis négatifs pour certaines, sur l’étude d’impact produite par l’Andra : peuvent-elles se contenter maintenant de non-réponses ? Ensemble, collectifs, communes, habitant-es, disons non à Cigéo, il est temps, plus que jamais, de défendre notre territoire et empêcher la poursuite du projet d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure.

La Coordination Stop Cigéo propose 3 jours de mobilisation !

JOUR 1 – MERCREDI 15 SEPTEMBRE, 9h00 MONTIERS-SUR-SAULX, appel à être largement présent-es pour dénoncer la grande DUPerie !

Nous appelons tous nos soutiens, les habitant-es révolté-es, les élu-es qui doutent, à se retrouver devant la Mairie pour dénoncer le lancement de l’enquête publique ! Depuis presque 3 décennies, l’essentiel se passe en dehors des murs… Prises de parole, partage d’infos, restauration, kermesse et surprises sont prévus !

JOUR 2 – JEUDI 16 SEPTEMBRE, MANDRES-EN-BARROIS

Déambulation festive et informative dès 14h, distribution de légumes des Semeuses (collectif de paysan-nes autour de Bure) et projection le soir par le Cinéma Voyageur du film « Le Dossier Plogoff » !

Ce film réalisé en 1980  raconte la lutte contre l’installation d’une centrale nucléaire à deux pas de la Pointe du Raz en Bretagne. C’est toute une population qui a résisté dans la baie d’Audierne, en période d’enquête publique, au milieu de la pression étatique et des forces de l’ordre. L’ampleur du mouvement a mené à l’abandon du projet. C’est cet imaginaire de réussite que nous avons envie de partager avec vous pour ce début d’enquête publique. Il ne doit pas nous abattre : c’est à l’approche de moments décisionnels qu’il faut montrer d’autant plus de détermination pour espérer se frotter à la victoire !

JOUR 3 – VENDREDI 17 SEPTEMBRE, GONDRECOURT-LE-CHÂTEAU

L’Andra organise une réunion d’information publique de 17h à 19h à la salle polyvalente de Gondrecourt. Date d’ores et déjà à bloquer 😉

Nous enchaînerons avec une 2ème projection du film « Le Dossier Plogoff » et nous invitons fortement les participant-es à la réunion publique de l’Andra à venir le visionner !

ET + SI affinités, SAMEDI 18 SEPTEMBRE, MONTIERS-SUR-SAULX

Nous envisageons une nouvelle projection du Dossier Plogoff par le Cinéma Voyageur. Nous aimerions que tou-tes les habitant-es des villages concernés par le périmètre de l’enquête publique puissent voir ce film et en discuter avec nous.

Toutes les infos sur ces trois jours et les RDV qui seront programmés durant ces 6 semaines d’enquête publique seront à retrouver sur ce site : https://onestpasdup.noblogs.com

C’est parti pour 40 jours contre la DUP ! CIGÉO/BURE, NI DUP, NI DAC !

Gardons le lien, suivez nos sites et nos réseaux sociaux :
Facebook : bureacuire2 – Burestop  – cedra52
Twitter : @bureacuire @cedra_collectif @cigeoburestop

Sites : www.burestop.euhttps://cedra52.jimdofree.com/

NOTES *

*nous y reviendrons plus longuement dans les communications suivantes

**DUP = demande d’utilité publique

***DAC = demande d’autorisation de création

Cet article a été publié le 3 septembre 2021

https://cedra52.jimdofree.com/2021/09/03/une-mobilisation-de-trois-jours-pour-le-lancement-de-l-enqu%C3%AAte-publique-de-cig%C3%A9o-bure/

SAINT-LAURENT-DES-EAUX : RECLASSEMENT AU NIVEAU 1 DE L’ÉCHELLE INES D’UN ARRÊT AUTOMATIQUE DE RÉACTEUR

Le 1er septembre 2021, EDF a reclassé au niveau 1 de l’échelle INES un événement significatif pour la sûreté nucléaire portant sur un arrêt automatique du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux.

En juillet 2020, dans le cadre de la prise en compte du retour d’expérience d’un arrêt automatique réacteur survenu sur la centrale nucléaire de Belleville, EDF a réalisé un contrôle des câbles électriques susceptibles d’être en contact avec des points chauds sur tous les réacteurs du parc. Ce contrôle a été déclaré sans écart pour la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux.

Le 30 mai 2021, la fermeture d’une vanne du système de régulation du débit d’eau des générateurs de vapeur a provoqué un arrêt automatique du réacteur 1. La fermeture de cette vanne a été provoquée par l’échauffement et la détérioration de son câble d’instrumentation et de commande, qui se trouvait en contact direct avec le point chaud que constituait la vanne elle-même. À la suite de cet arrêt automatique réacteur, le câble concerné a été remplacé et la vérification du placement de l’ensemble des câbles a été réalisée sur les deux réacteurs du site.

L’ASN a effectué une inspection sur la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux le 8 juin 2021 (voir la lettre de suites INSSN-OLS-2021-0760) afin d’analyser les causes et conséquences de cet événement. Lors de cette inspection, il a été constaté la présence d’un autre câble électrique en contact avec la même vanne du réacteur 1 ainsi qu’un câble endommagé sur une vanne équivalente du réacteur 2. L’ASN a également eu confirmation que le contrôle de juillet 2020 n’avait pas été effectué avec toute la rigueur exigée.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, après analyse approfondie et à la suite des constats et interrogations de l’ASN concernant notamment le manque de culture de sûreté, cet évènement a été reclassé par EDF au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

L’ensemble des câbles concernés a fait l’objet d’une remise en état et d’une protection par l’exploitant.

Publié le 3 septembre 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Reclassement-au-niveau-1-de-l-echelle-INES-d-un-arret-automatique-de-reacteur

L’EAU ÉTAIT SI BLEUE, BANDE DESSINÉE EN LIGNE SUR LE NUCLÉAIRE

Nous sommes deux camarades âgées d’une vingtaine d’années, Cécile et Alice. Nous postons aujourd’hui un article sur le blog de Mediapart car nous avons créé une bande dessinée disponible sur Instagram et sur notre site internet portant sur le barrage de Vouglans et le risque nucléaire encouru si celui-ci venait à céder.

Si le barrage de Vouglans venait à céder, la vague engendrée par la rupture pourrait atteindre les quatre centrales nucléaires sur son chemin (Saint-Alban, Bugey, Tricastin et Cruas). Le déni est une réaction mise en lumière dans l’histoire de notre bande dessinée qui suit Léa et Jade, deux amies cherchant à se battre concernant ce problème. 

Lorsque nous avons appris l’existence du barrage de Vouglans et du risque nucléaire potentiel qu’il représente, nous avons été saisies d’un sentiment d’impuissance dérangeant. Que pouvions-nous faire? Comment faire entendre notre voix à d’autres voix, d’autres manières de penser? Nous avons par conséquent choisi de produire une bande dessinée virtuelle, gratuite, à titre informatif dans un souci d’accessibilité.  

Deux de nos protagonistes sont des jeunes filles, futures étudiantes. Nous avons voulu illustrer l’ignorance politique et environnementale, mais également le déni puissant et cette capacité à faire l’autruche alors que le risque nucléaire est un risque réel.

Nous voulions montrer à quel point une décision gouvernementale (concernant ici le risque nucléaire) peut impacter le monde entier. Nous souhaitions montrer l’impuissance qu’il est possible de ressentir lorsque nous voulons être écouté.e.s et voir des changements concrets concernant le nucléaire.

Ainsi, nous avons cherché à nuancer la place du ou de la citoyen.ne. Car s’il est important de prendre part dans la lutte, d’être engagé.e, renseigné.e, politisé.e, nous voulions montrer que la responsabilité ne revient pas totalement aux citoyen.ne.s. Car comme dit précédemment, l’État qui nous gouverne prend les décisions et est en capacité totale de changer une loi.

Lien de notre site internet : https://www.leauetaitsibleue.com/

Nom de notre page Instagram : leau_etait_si_bleue

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

Par Aliceandcompagny (Blog : Le blog de Aliceandcompagny), publié le 3 septembre 2021

https://blogs.mediapart.fr/aliceandcompagny/blog/030921/leau-etait-si-bleue-bande-dessinee-en-ligne-sur-le-nucleaire

LE ROYAUME-UNI ENVISAGE-T-IL DE DÉPLACER SES SOUS-MARINS NUCLÉAIRES EN FRANCE EN CAS D’INDÉPENDANCE ÉCOSSAISE?

Le Royaume-Uni a préparé des plans secrets pour déplacer ses sous-marins nucléaires hors de sa base navale en Écosse en cas d’indépendance de celle-ci, affirme le Financial Times. La France et les États-Unis seraient des options de redéploiement. Le gouvernement nie toutefois l’existence de tels plans.

La base navale de Clyde, en Écosse, abrite actuellement les sous-marins nucléaires britanniques Trident. Mais face à la menace indépendantiste de cette nation du nord, Londres devrait prévoir où les redéployer. Des sources «briefées sur ces plans» en ont révélé certains éléments au Financial Times.

L’une des solutions serait d’établir une nouvelle base pour ses sous-marins hors d’Écosse, mais toujours sur son territoire, par exemple à Devonport, à Plymouth. Une autre possibilité serait de la délocaliser vers des pays alliés, soit sur l’Île Longue en Bretagne, qui sert de base pour les sous-marins français, soit à Kings Bay dans l’État de Géorgie, qui accueille des Trident américains.

Le quotidien parle d’une troisième option, à savoir de négocier avec l’Écosse pour que la base navale de Clyde devienne un territoire britannique enclavé. Cette solution serait la plus pratique pour Londres, mais pas la plus facile à obtenir. En effet, le parti indépendantiste SNP (Parti national écossais) actuellement au pouvoir s’oppose fermement aux armes nucléaires, et ferait tout pour éloigner les ogives britanniques du territoire écossais, avance le Financial Times.

Démenti

Réagissant à ces affirmations, un porte-parole du gouvernement britannique a nié l’existence d’un tel plan. «Le Royaume-Uni est fermement résolu à maintenir sa force de dissuasion nucléaire crédible et indépendante à la HMNB (Her Majesty’s Naval Base) Clyde, qui existe pour dissuader les menaces les plus extrêmes pour le Royaume-Uni et nos alliés de l’Otan», a-t-il assuré auprès du quotidien.

Le gouvernement écossais a quant à lui affirmé qu’il était fermement opposé à la possession, à la menace et à l’utilisation d’armes nucléaires et qu’il était «engagé dans le retrait sûr et complet des Trident d’Écosse», comme le présageait le média. «Une Écosse indépendante n’accueillera pas d’armes nucléaires», a insisté un député du SNP cité par The Independent.

Indépendance

Le SNP, qui a gagné les élections législatives en mai dernier, fait toujours face à une société écossaise divisée sur la question de l’indépendance. Le referendum de 2014 l’avait rejetée de peu. Depuis, les sondages d’opinion ne cessent d’osciller entre le pour et le contre, sans que l’un l’emporte franchement sur l’autre.

En août, le parti écologiste écossais a accepté de former une coalition au gouvernement avec le SNP, ce qui pourrait amener un nouveau referendum au cours du mandat. Du côté de Londres, Boris Johnson plaide que le peuple s’est déjà exprimé en 2014 et se montre réticent à l’idée d’un nouveau vote. Sauf qu’entre temps, le Brexit a eu lieu, et les Écossais se sont retrouvés hors de l’Union européenne contre leur gré (62% avaient voté pour y rester), estime la chef du parti Nicola Sturgeon.

Par Alexandre Sutherland, publié le 3 septembre 2021 à 16h28

Photo en titre : © AFP 2021 Andy Buchanan

https://fr.sputniknews.com/europe/202109031046088981-le-royaume-uni-envisage-t-il-de-deplacer-ses-sous-marins-nucleaires-en-france-en-cas-dindependance/

ÉCOSSE : LE SNP PRÊT À « NÉGOCIER » LE DÉPLACEMENT DES SOUS-MARINS NUCLÉAIRES BRITANNIQUES APRÈS L’INDÉPENDANCE

Le SNP a indiqué que le gouvernement de Nicola Sturgeon serait prêt à négocier toute proposition visant à déplacer Trident à l’étranger en cas d’indépendance de l’Écosse, au milieu des informations selon lesquelles les sous-marins nucléaires pourraient être amarrés aux États-Unis ou en France.

La dissuasion nucléaire du Royaume-Uni pourrait être déplacée à l’étranger si l’Écosse optait pour une rupture, selon un rapport détaillant les plans d’urgence «secrets» du gouvernement.

Se référant au rapport dans le Temps Financier à propos de la possibilité que le stock soit déplacé à l’étranger, le député du SNP Stewart McDonald, porte-parole du parti pour la défense, a déclaré : « Une Écosse indépendante n’abritera pas d’armes nucléaires. »

« Négocier leur retrait sera l’une des tâches les plus importantes à laquelle une Écosse nouvellement indépendante sera confrontée, et les capitales de toute l’Europe se tourneront vers Édimbourg pour avoir l’assurance que nous serons un partenaire fiable et digne de confiance. »

Le chef de file du SNP a ajouté : « La sécurité et la sûreté seront le principe principal qui guidera le processus de départ – qui se déroulera rapidement. »

La base de la Royal Navy à Faslane sur la côte ouest de l’Écosse abrite les sous-marins nucléaires du Royaume-Uni, mais des « hauts responsables » ont déclaré au FT quils pourraient être déplacés vers des bases navales aux États-Unis ou en France si l’Écosse vote oui lors d’un deuxième référendum sur l’indépendance.

Le journal rapporte également que le ministère de la Défense (MoD) pourrait les maintenir au sein d’une Écosse indépendante en créant un nouveau territoire britannique d’outre-mer que certains ont décrit comme un « Gibraltar nucléaire ».

McDonald a clairement indiqué qu’une Écosse indépendante n’accepterait aucune proposition visant à maintenir Trident au nord de la frontière. « Avec une nette majorité multipartite des élus écossais opposés à Trident, il n’y a aucune arithmétique parlementaire possible qui permettrait de conserver ces armes à Faslane.»

L’option préférée serait de déplacer la dissuasion nucléaire vers la base de la Royal Navy à Devonport à Plymouth, selon le rapport.

Cependant, un porte-parole du ministère de la Défense a nié qu’il y ait des plans pour déplacer les sous-marins. « Le Royaume-Uni est fermement déterminé à maintenir sa dissuasion nucléaire crédible et indépendante à HM Naval Base Clyde, qui existe pour dissuader les menaces les plus extrêmes contre le Royaume-Uni et nos alliés de l’OTAN », a déclaré un porte-parole.

«Il n’est pas prévu de déplacer la dissuasion nucléaire de la base navale HM Clyde (Faslane), qui contribue à la sécurité et à l’économie de l’Écosse et du Royaume-Uni, et ses installations de soutien sont sûres pour les communautés locales

Une porte-parole du gouvernement écossais a déclaré : « Le gouvernement écossais s’oppose fermement à la possession, à la menace et à l’utilisation d’armes nucléaires et nous nous engageons à retirer complètement et en toute sécurité Trident d’Écosse. »

Par Gaspar Bazinet, publié le 2 septembre 2021 à 03h02

https://news-24.fr/le-snp-pret-a-negocier-le-deplacement-des-sous-marins-nucleaires-britanniques-apres-lindependance/

DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ D’UNE POMPE DU SYSTÈME D’ALIMENTATION DE SECOURS DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR DU RÉACTEUR 2 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHOOZ

Le 27 août 2021, l’exploitant de la centrale nucléaire de Chooz a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de l’indisponibilité d’une pompe du système d’alimentation de secours des générateurs de vapeur (ASG) du réacteur 2.

Les générateurs de vapeur sont des échangeurs thermiques entre l’eau du circuit primaire, portée à haute température et à pression élevée dans le cœur du réacteur, et l’eau du circuit secondaire, qui se transforme en vapeur et alimente la turbine. Le système d’alimentation de secours des générateurs de vapeur assure cette alimentation pendant les phases de mise en service et de mise à l’arrêt du réacteur ainsi qu’en situation accidentelle.

Au cours d’un essai périodique sur le système ASG réalisé le 24 août 2021, l’exploitant a constaté une fuite d’eau sur une pompe sur laquelle il était précédemment intervenu le 14 août 2021 pour la même fuite. Les investigations de l’exploitant ont montré que, bien qu’ayant résorbé la fuite, la mise en œuvre de cette opération n’avait pas permis de corriger totalement la défaillance, ce qui l’a amené à considérer que la pompe était indisponible depuis cette date. La durée d’indisponibilité de la pompe a en conséquence dépassé les trois jours prescrits par les règles générales d’exploitation du réacteur, au-delà desquels doit être engagé le repli du réacteur dans un état ne nécessitant pas le recours aux générateurs de vapeur pour le refroidir.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois il aurait dégradé la capacité de refroidissement du réacteur dans les situations où le recours à ce système aurait été nécessaire. Au regard de l’indisponibilité de l’équipement concerné et de sa détection tardive, cet évènement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès la détection de la seconde fuite, l’exploitant a procédé à la remise en état des pièces concernées.

Publié le 1er septembre 2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-une-pompe-du-systeme-d-alimentation-de-secours-des-GV

LA RUSSIE CRAINT QUE LA NOUVELLE TORPILLE À POINTE NUCLÉAIRE TERRIFIANTE DE POUTINE SOIT DÉCOUVERTE PAR SATELLITE

L’arme semble avoir la taille d’un bus et les services de renseignement américains indiquent qu’il s’agit d’une “torpille autonome nucléaire intercontinentale à propulsion nucléaire”. Connue sous le nom de Poséidon, l’arme menaçante a eu des experts en sécurité sous le cou depuis que le président russe Vladimir Poutine a divulgué pour la première fois l’existence de la torpille «top secrète» lors d’un discours en direct en 2015. Les nouvelles images donnent un indice sur la façon dont la Russie peut utiliser leur nouvelle arme.

Les experts pensent qu’il fonctionnera extrêmement profondément et rapidement sous l’eau, à en juger par sa conception.

Ces avancées signifient que la nouvelle catégorie d’armes stratégiques de Poséidon devrait changer la forme des menaces nucléaires.

Cela survient après que M. Poutine a mis un nouvel arsenal de missiles supersoniques en “alerte au combat”.

Poutine s’efforce de renforcer le potentiel militaire de la marine russe en développant de plus en plus de bases militaires, d’infrastructures et d’armes de pointe.

Il s’agit notamment des missiles russes développés par le bureau de conception de fusées NPO Mashinostroyenia, qui auraient été conçues pour frapper des cibles terrestres et maritimes à plus de 1 000 kilomètres (620 miles) et peuvent voler neuf fois la vitesse du son.

Les images satellite de Maxar Technologies prises plus tôt ce mois-ci ont également confirmé qu’un navire spécial, Akademik Aleksandrov, utilise également l’installation où les nouvelles armes de la taille d’un bus ont été capturées par satellite.

L’installation se trouve sur la rive nord de la rivière Dvina nord, au bord de la mer Blanche.

Les travaux du nouveau quai ont débuté en 2018 et se sont terminés en 2020.

LIRE LA SUITE: Poutine frappe « dans le mille » avec de nouveaux missiles hypersoniques mortels

Il est également basé juste le long de la même rivière

Severodvinsk, où sont construits de nombreux sous-marins les plus avancés de Russie, est déjà étroitement associé à l’arme Poséidon.

Les navires et les sous-marins spécialisés utilisés dans les premiers tests y étaient également basés.

En observant certaines des nouvelles installations russes comme celle-ci, cela donnera aux experts une bonne idée des capacités de la marine russe.

Il leur donne également une estimation du coût du programme, qui nécessite de nouvelles infrastructures de soutien et un ensemble de navires et de sous-marins d’essai.

Par Marseille News , publié le 1er septembre 2021

https://www.marseillenews.net/la-russie-craint-que-la-nouvelle-torpille-a-pointe-nucleaire-terrifiante-de-poutine-soit-decouverte-par-satellite-sciences-nouvelles.html

EN AFRIQUE DU SUD, LE NOUVEAU PROJET D’ÉNERGIE NUCLÉAIRE PROVOQUE DE VIVES RÉACTIONS

Alors que le régulateur national de l‘énergie a approuvé l’achat de 2 500 MégaWatts d’énergie nucléaire, les experts en énergie ont été choqué que le gouvernement se tourne vers cette solution pour régler ses problèmes d’électricité du pays.

Ils déplorent notamment que le choix ne se soit pas dirigé vers des solutions plus écologiques et plus rapides, comme la production d’électricité, principalement à partir de l’énergie solaire et éolienne, qui pourrait générer 33 GigaWatts d’électricité d’ici 2030. (voir NDLR)

Les projets d’énergie renouvelable tels que l’éolien et le solaire peuvent être mis en œuvre relativement rapidement et à des prix de plus en plus compétitifs.

Le développement des centrales nucléaires prend en effet des années et est très coûteux ; il risque d’entraîner des dépassements de coûts et de délais.

Le ministère des ressources minérales et de l’énergie a pourtant confirmé la semaine dernière qu’un appel d’offres sera lancé d’ici mars 2022.

Publié le 31 août 2021

Photo en titre : Copyright © africanews, cleared

https://fr.africanews.com/2021/08/31/l-afrique-du-sud-fait-le-choix-du-nucleaire-et-provoque-un-tolle/

NDLR : le lobby du nucléaire a encore frappé !

NDLR: il y a trop souvent (dans de nombreux articles) un mélange entre puissance installée et production. Une puissance s’exprime en Watts (ou multiples tels que kilowatts, mégawatts ou gigawatts…) alors qu’une production (ou consommation) s’exprime en Wattheures ou multiples tels que kiloWattheures, mégawattheures ou gigawattheures…. Or ce qui est consommé n’est pas une puissance mais une production. Pour comparer plusieurs manières de produire (ou de consommer) de l’électricité, il faut parler en termes de production par heure (ou par an) et non en termes de puissance installée.

L’ALLEMAGNE RÉCUSE LA DÉCISION ENVISAGÉE PAR BRUXELLES D’INCLURE LE NUCLÉAIRE DANS LES INVESTISSEMENTS VERTS

Revue de presse : alors que l’Allemagne a décidé de sortir du nucléaire en 2011, à la suite de l’accident survenu dans la centrale de Fukushima au Japon, elle doit aujourd’hui encore assumer les conséquences de ce choix, en devant gérer les déchets produits sur son sol, mais aussi défendre sa position antinucléaire au sein de l’Union européenne.

L’énergie nucléaire ne peut être un investissement vert

L’Allemagne fait partie des cinq pays membres de l’Union européenne (avec l’Autriche, le Danemark, l’Espagne et le Luxembourg) demandant dans une lettre ouverte à la Commission de Bruxelles de renoncer à inclure l’énergie nucléaire dans son nouveau système de classification des investissements financiers verts. Selon la ministre allemande de l’Environnement, Svenja Schulze (SPD), l’énergie nucléaire est en effet incompatible avec cette « taxonomie de la finance durable », qui exige l’absence de nocivité, rapporte le magazine en ligne heise. Elle récuse ce faisant l’avis rendu au mois de mars 2021 par les experts du Centre commun de recherche (CCR), le service scientifique interne de la Commission européenne, stipulant que l’énergie nucléaire n’est pas « plus dommageable pour la santé humaine ou l’environnement que d’autres technologies de production d’électricité déjà incluses dans la taxonomie« , car la très faible probabilité du risque d’accident et le stockage des déchets dans des formations géologiques profondes constituent des garanties suffisantes de sécurité et de protection de la biodiversité à long terme. Bien au contraire, affirment les cinq pays alliés : le nucléaire est « une technologie à haut risque » et jusqu’à présent, après 60 ans d’utilisation de cette énergie, il n’existe encore aucune forme opérationnelle de stockage définitif pour les déchets de haute radioactivité. C’est pourquoi Svenja Schulze se réjouit d’avoir pu célébrer le 30 juin 2021 le dixième anniversaire de la décision prise par le Bundestag de sortir du nucléaire ; à ses yeux, cette énergie est « dépassée« , et le risque qui lui est inhérent est encore augmenté par le fait qu’elle soit produite dans des réacteurs à présent obsolètes. Le rapport du CCR a entre-temps été soumis à l’examen des commissions Radioprotection et gestion des déchets et Santé, environnement et risques émergents, qui ont confirmé la décision du CCR.

La fin de l’article est réservée aux abonnés.

Par Sara de Lacerda, publié le 31 août 2021 à 15h11

Photo en titre : De la vapeur s’élève des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Grohnde dans l’arrondissement de Hamelin-Pyrmont (Allemagne). Julian Stratenschulte/dpa JULIAN STRATENSCHULTE / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/l-allemagne-recuse-la-decision-envisagee-par-bruxelles-d-inclure-le-nucleaire-dans-les-investissements-verts_157178

OÙ L’ON REPARLE DU DICTATEUR JOUFFLU DE CORÉE DU NORD

Le complexe nucléaire nord-coréen de Yongbyon semble avoir repris du service. C’est une mauvaise nouvelle et un avertissement adressé aux États-Unis

Vous le savez, la Corée du Nord, c’est mon pêché mignon ! Enfin, pas si mignon que cela, selon l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique. Un rapport publié hier explique en effet que l’activité de la centrale nucléaire de Yongbyon semble avoir repris.

Ce n’est pas n’importe quelle centrale : c’est celle que les Nord-Coréens utilisent pour fabriquer le plutonium nécessaire à leur arsenal nucléaire qui, selon les experts, comprendrait de 30 à 60 bombes. Or toute activité avait cessé depuis décembre 2018.

En janvier dernier, les limiers de l’AIEA avaient commencé à noter des mouvements indiquant des manipulations de « crayons » nucléaires usagés. Ces mouvements ont duré 5 mois ce qui est bien trop long pour un simple renouvellement de combustible.

Surveiller les centrales nucléaires nord-coréennes

Depuis qu’en 2009 la Corée du Nord a expulsé les inspecteurs de l’AIEA, il n’y a qu’un moyen : les satellites d’observation. C’est comme cela que, début juillet, l’Agence a également remarqué que l’on approvisionnait Yongbyon en eau pour le circuit de refroidissement.

C’est très inquiétant parce que Pyongyang avait interrompu l’activité de cette centrale quelques semaines seulement avant la rencontre de 2019 entre le dictateur joufflu Kim Jong Un et le président chevelu Donald Trump. Une sorte de signe de bonne volonté.

En pure perte d’ailleurs : les Coréens du Nord ont proposé le démantèlement de cette énorme installation contre la levée des sanctions ; les Américains ont refusé l’offre, la jugeant moins-disante. Fin de négociations mais pas de reprise de l’activité nucléaire.

L’arrivée de Joe Biden à la Maison blanche a tout changé

D’abord les Nord-Coréens ont attendu des signaux en provenance de Washington. Ils ont même attendu sagement. Puis rien n’est venu et pour cause : Joe Biden avait d’autres priorités en politique étrangère, à commencer par l’Afghanistan.

Malgré tout, Pyongyang a commencé à envoyer quelques signaux d’agacements. D’abord, les Nord-Coréens ont fait savoir, ce qui est très inhabituel, que la crise induite par la pandémie de Covid19 allait rapidement dégénérer en disette généralisée pour le pays.

Comme la réaction des États-Unis n’a pas été à la hauteur de leurs espérances, ils sont passés au courroux. Ils ont fait savoir combien ils étaient mécontents des manœuvres militaires conjointes des armées étasuniennes et sud-coréennes. Un classique !

Un avertissement et une invitation à négocier

Ça aussi, c’est un classique ! Vous connaissez l’axiome de kimologie ? Pour paraphraser Tintin : « quand Kim fâché, lui toujours faire ainsi ! ». C’est ce qui est fascinant avec la Corée du Nord : la prévisibilité et le timing parfaitement maîtrisé.

Ils ont attendu le dénouement de la crise afghane pour se rappeler aux bons souvenirs de Joe Biden… qui s’est empressé de faire savoir « que dialogue et diplomatie étaient urgents ». Ça tombe bien : Pyongyang ne demande rien d’autre… pour le moment !

Reste à voir si la stratégie étasunienne fonctionnera mieux que la précédente : elle a été définie par Joe Biden comme un moyen terme entre les sommets spectaculaires mais sans lendemain de Donald Trump et la « patience stratégique » de Barack Obama.

Par Anthony Bellanger, publié le 31 août 2021

Photo en titre : Le site de Yongbyon © Getty / Yongbyon

https://www.franceinter.fr/emissions/la-chronique-d-anthony-bellanger/histoires-du-monde-du-mardi-31-aout-2021

LA RUSSIE SE DÉCLARE PRÊTE À FAIRE FACE À UNE ATTAQUE SPATIALE

Alors que Moscou manifeste toujours contre la militarisation de l’espace, le directeur général de l’agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, estime que si une guerre à grande échelle se déclare à l’avenir, elle sera dans l’espace. En outre, il a assuré que la Russie était prête à faire face à toute menace, même à celle provenant de l’espace.

Malgré son opposition constante à la militarisation de l’espace et ses critiques envers notamment les États-Unis qui admettent la possibilité d’actions militaires dans cette zone, la Russie est capable de faire face et de répondre à toute menace provenant de l’espace, a relaté le directeur général de Roscosmos Dmitri Rogozine.

«La Russie a connu tant de guerres, d’énormes pertes, de ce fait nous sommes évidemment prêts à faire face à toute attaque, y compris dans l’espace», rassure-t-il.

Il a expliqué que, selon les analystes, si une prochaine guerre à grande échelle advenait, elle «commencera dans l’espace» et les participants au conflit tenteront d’attaquer le groupe orbital de satellites de l’ennemi pour le priver des données récoltées grâce à ces appareils.

«Nous sommes réalistes et nous savons très bien que les guerres s’améliorent. Avant, tout conflit commençait à la frontière. Les frontières ont cessé d’être importantes lorsque les missiles à longue portée ont été inventés. Ils ont pu frapper tous les endroits, même dans la profondeur stratégique du territoire de l’ennemi», explique Dmitri Rogozine.

Interrogé sur si les systèmes terrestres étaient capables aujourd’hui de contrer une menace imminente, par exemple, un astéroïde venant de l’espace, qui frapperait la planète, Dmitri Rogozine a répondu négativement, jugeant que «les élites occidentales pensent de manière étroite, dans le sens de la résistance à la Russie, au lieu de s’asseoir ensemble à une table et de réfléchir à la manière de sauver notre planète».

SpaceX coopère avec le Pentagone

De plus, le chef de l’agence spatiale russe a rappelé que toutes les dernières élaborations, que réalise l’entreprise d’Elon Musk SpaceX, sont liées au Pentagone.

«Par exemple, une belle idée, qui a été immédiatement soutenue par nos passionnés, est la livraison rapide intercontinentale des personnes. […] Les passagers ordinaires n’utiliseront jamais ces services. C’est une surcharge, un choc émotionnel. C’est tout pour les forces spéciales. Pour transporter des gens spécialement formés d’un continent à l’autre, ces technologies seront bonnes. Mais ce n’est pas pour permettre à l’humanité de traverser un océan en quelques minutes», a expliqué le directeur général de Roscosmos.

Dmitri Rogozine a en outre critiqué l’idée d’Elon Musk de transporter des armes nucléaires dans l’espace sous prétexte de terraformation de Mars, processus consistant à transformer un corps céleste afin de le rendre habitable par l’homme. Selon le haut fonctionnaire russe, cette idée finira par l’introduction d’armes nucléaires dans l’espace, mais pour une attaque contre un ennemi et non pour une démarche vraiment pacifique, comme la protection contre les astéroïdes ou la terraformation.

La militarisation de l’espace évoquée par différents pays

Les États-Unis sont devenus le premier pays qui a reconnu la possibilité d’actions militaires dans l’espace. Le 18 juin 2018, Donald Trump avait ordonné au Pentagone de créer la Force spatiale en tant que nouvelle branche indépendante des Forces armées du pays. En janvier 2019, dans la nouvelle mouture de la revue de la défense antimissile, le Pentagone a admis le déploiement d’éléments d’attaque dans l’espace.

Ce 29 août, l’United States Space Command (USSPACECOM), dissous en 2002 sous George Bush et recréé le 29 août 2019 sous Donald Trump, célèbre son deuxième anniversaire. Il y a cinq jours, son chef, le général James Dickinson, a annoncé que les forces de combat qu’il dirigeait disposaient de suffisamment de personnes et de ressources pour protéger les satellites américains, dissuader toute agression et fournir des services spatiaux à l’armée américaine.

La France avait auparavant exprimé son envie de se doter d’un nouveau programme militaire pour l’espace sous la supervision de l’armée de l’air, et avait dit compter s’en donner les moyens dans la nouvelle stratégie spatiale militaire. Cette dernière a été présentée par Florence Parly le 25 juillet 2019 au siège du commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes à la base aérienne de Lyon-Mont Verdun.

Enfin, à l’issue du sommet de l’Otan à Londres en 2019, il a été décidé de reconnaître l’espace comme une sphère d’activité de l’Alliance atlantique. Avant la tenue du sommet, son secrétaire général, Jens Stoltenberg, avait expliqué que l’Otan n’envisageait pas de déployer des armes dans l’espace, mais devait prendre en compte le fait que ce domaine a un effet sur la défense et la sécurité.

Pour rappel, le traité de l’espace, adopté le 19 décembre 1966 par la Résolution n°2222 de l’Assemblée générale des Nations unies, pose comme principe fondateur l’usage pacifique de l’espace et l’interdiction de se l’approprier.

Position de Moscou

La Russie n’est pas favorable à la militarisation de l’espace, mais, compte tenu des circonstances, il est impératif de prêter attention au renforcement du groupe orbital, avait auparavant avancé le Président Poutine.

Mi-juin, Vladimir Poutine avait déclaré à la chaîne américaine NBC que la Russie était contre la militarisation de l’espace, lequel devrait «être exempt de tous types d’armes».

Par Julia Belyakova, publié le 29 août 2021 à 17h28, mis à jour à18h46

Photo en titre : © Photo / Pixabay / Free-Photos

https://fr.sputniknews.com/defense/202108291046066536-la-russie-se-declare-prete-a-faire-face-a-une-attaque-spatiale/

LA CORÉE DU NORD AURAIT REDÉMARRÉ UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE, EN ‘VIOLATION’ DES RÉSOLUTIONS DE L’ONU

L’Agence internationale de l’énergie atomique se dit préoccupée par le redémarrage d’un réacteur produisant du plutonium en Corée du Nord. Celui se trouverait dans le complexe nucléaire de Yongbyon.

« Depuis début juillet, il y a des signes, notamment le déversement d’eau de refroidissement, compatibles avec le fonctionnement du réacteur« , a indiqué l’AIEA dans son rapport annuel. Le réacteur de Yongbyon serait à l’arrêt depuis début décembre 2018, précise le rapport daté de vendredi 27 août.

Un redémarrage de ce réacteur, d’une capacité de cinq mégawatt, pourrait signifier que Pyongyang poursuit son programme de développement nucléaire en violation flagrante des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. L’avenir de ce complexe nucléaire fut l’un des points de contentieux du deuxième sommet du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avec le président américain Donald Trump qui s’est soldé par un échec en 2019 à Hanoï.

À lire aussi — La Corée du Sud va développer son propre ‘Dôme de fer’ sur le modèle israélien

La Corée du Nord avait proposé de démanteler une partie du complexe de Yongbyon mais pas ses autres infrastructures de production nucléaire, en échange d’une levée « partielle » des sanctions économiques. Cette offre avait été rejetée par Washington et depuis les négociations entre les deux pays sont au point mort.

Le régime reclus est sous le coup de multiples sanctions internationales pour ses programmes militaires, notamment nucléaires, interdits et qui ont considérablement progressé sous le règne de Kim Jong Un. Les experts de l’AIEA avaient été expulsés de la Corée du Nord en 2009 et depuis l’agence surveille les activités de la Corée du Nord depuis l’étranger.

Profondément troublants

Un éventuel redémarrage de ce réacteur fait suite à une information récente selon laquelle Pyongyang utilise également un laboratoire radiochimique situé à proximité pour séparer le plutonium du combustible usagé provenant du réacteur.

Les signes de fonctionnement du réacteur et du laboratoire sont « profondément troublants« , a déclaré l’AIEA, ajoutant que ces activités constituent une « violation claire » des résolutions des Nations unies.

Situé à une centaine de kilomètres au nord de Pyongyang, le complexe nucléaire nord-coréen de Yongbyon comprend des dizaines de bâtiments en rapport avec le programme nucléaire nord-coréen. Ouverte en 1986, c’est là que fut construit le premier réacteur nord-coréen, la seule source de plutonium connue de la Corée du Nord.

Yongbyon ne serait cependant pas la seule installation d’enrichissement d’uranium du pays et sa fermeture ne signifierait pas la fin du programme nucléaire du pays.

À lire aussi — Comment une guerre dans la péninsule coréenne pourrait virer en un affrontement naval

Par AFP, Business Insider, publié le 30/08/2021 à 9h36P

Photo en titre : Photo d’archive du complexe nucléaire de Yongbyon avant la destruction, en 2008, de sa tour de refroidissement (à droite). © Kyodo News Stills/Getty Images

https://www.businessinsider.fr/la-coree-du-nord-aurait-redemarre-un-reacteur-nucleaire-en-violation-des-resolutions-de-lonu-188522

L’ONU EXHORTE À INTERDIRE LES ESSAIS NUCLÉAIRES SANS DÉLAI

À l’occasion de la Journée contre les essais nucléaires, le 29 août, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a exhorté les pays qui n’ont pas encore ratifié le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) à le faire sans délai.

Cette année cette date marque le 30ème anniversaire de la fermeture du site d’essais nucléaires de Semipalatinsk au Kazakhstan, le plus grand site de ce type dans l’ancienne Union soviétique, où plus de 450 engins nucléaires ont explosé au cours de quatre décennies.

Des conséquences terribles

Guterres a signalé que les essais nucléaires ont causé d’énormes souffrances humaines et des dommages environnementaux.

« Ils ont eu des conséquences terribles sur la santé des personnes vivant dans les zones touchées.  Beaucoup ont été déplacés de leurs terres ancestrales, ce qui a perturbé leur vie et leurs moyens de subsistance.  Des environnements et des écosystèmes vierges ont été détruits, ce qui prendra des décennies, voire des siècles, pour guérir », a déploré le chef de l’ONU.

La fermeture du site d’essai de Semipalatinsk a marqué la fin de l’ère des essais nucléaires sans restriction, a déclaré M. Guterres, rappelant que peu après les pays ont commencé à négocier le TICE.

Ce traité interdit tous les essais d’armes nucléaires explosives, où que ce soit, par n’importe quel pays, a-t-il ajouté, ce qui  « met un frein à la course aux armements nucléaires et constitue un puissant frein à la mise au point de nouvelles armes nucléaires».

Aucune excuse

Le TICE, adopté en 1996, a été signé par 185 pays et ratifié par 170, dont trois États dotés d’armes nucléaires.  Il doit toutefois être signé et ratifié par 44 pays détenteurs de technologies nucléaires avant de pouvoir entrer en vigueur. 

Malgré son acceptation quasi universelle par les pays, le TICE n’est toujours pas entré en vigueur car huit pays détenteurs d’armes nucléaires ne l’ont pas encore ratifié.

« J’exhorte une fois de plus les États qui n’ont pas encore ratifié le traité à le faire sans délai.  Les huit États dont la ratification est nécessaire pour que le traité entre en vigueur ont une responsabilité particulière.  Dans le même temps, tous les États devraient maintenir ou appliquer des moratoires sur les explosions nucléaires », a continué M. Guterres.

Même si le monde a assisté au développement progressif d’une norme contre les essais nucléaires au cours des trois décennies qui ont suivi la fermeture du site de Semipalatinsk, le potentiel du TICE n’a pas été pleinement exploité, a déploré M. Guterres.

« La Journée internationale contre les essais nucléaires est l’occasion de réaffirmer notre engagement en faveur de l’interdiction de tous les essais nucléaires, par qui que ce soit et où que ce soit. Aucune excuse ne saurait retarder la réalisation de cet objectif », a conclu M. Guterres.La menace est toujours réelle 

La menace que les armes nucléaires font peser sur le monde reste « aussi réaliste que jamais », a déclaré l’Ambassadeur du Kazakhstan auprès des Nations Unies, Magzhan Ilyassov, lors d’un entretien avec ONU Info à l’approche de la Journée internationale. 

« Pour nous, le 29 août n’est pas un jour du calendrier. C’est un rappel de la façon dont les essais nucléaires peuvent être traumatisants pour l’humanité, car rien qu’au Kazakhstan, 1,5 million de personnes souffrent encore et souffriront malheureusement pour les générations futures, de maladies génétiques, de cancers, de leucémies, qui ont été causés par l’exposition aux essais nucléaires », a expliqué le diplomate.

Ilyassov a souligné que l’impact total des explosions nucléaires réalisées sur le site de Semipalatinsk était « 1.200 fois plus important » que la bombe atomique larguée sur Hiroshima, au Japon, pendant la Seconde Guerre mondiale.

« Le site d’essai lui-même est de la taille d’Israël, c’est donc un gros morceau du territoire du Kazakhstan qui ne peut être utilisé à d’autres fins, comme l’agriculture, depuis de très nombreuses décennies », a-t-il déclaré, ajoutant que « sur cette base, nous pouvons également projeter quels ont été les dommages causés par d’autres sites d’essais nucléaires dans le monde qui ont finalement été fermés ».

Publié le 29 août 2021

Photo en titre : CTBTO. Des cratères et des trous de forage parsèment le site d’essais nucléaires de l’ancienne Union soviétique de Semipalatinsk, dans ce qui est aujourd’hui le Kazakhstan. (archives)

https://news.un.org/fr/story/2021/08/1102642

ÉQUIPE DE L’ONU : PEUT-ÊTRE QUE LA RÉCUPÉRATION DE FUKUSHIMA NE PRENDRA PAS FIN MÊME EN 2051

L’équipe de l’AIEA chargée d’inspecter la situation à Fukushima doute fortement que le calendrier de remédiation soit respecté.

On sait trop peu de choses sur le combustible fondu à l’intérieur des réacteurs endommagés de la centrale nucléaire de Fukushima, même une décennie après la catastrophe, pour dire si son déclassement peut être achevé d’ici 2051 comme prévu. C’est ce qu’il a dit vendredi dernier Christophe Xerri, chef de l’équipe de l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie nucléaire de l’ONU, qui examine les progrès réalisés dans l’assainissement de la centrale.

« Honnêtement parlant, je ne sais pas, et je ne sais pas si quelqu’un sait » ‘(Christophe Xerri, AIEA)

Fukushima : d’autres études sont nécessaires, et le plus tôt possible.

L’équipe de l’AIEA a exhorté le Japon à accélérer les études de réacteurs pour mieux comprendre à long terme le processus de déclassement de la centrale de Fukushima.

Le plus grand défi consiste à éliminer et à gérer les débris de combustible hautement radioactifs des trois réacteurs endommagés, explique Xerri. « Nous devons rassembler plus d’informations sur la gestion et le stockage du combustible fondu pour savoir si le plan peut être achevé comme prévu au cours des 30 prochaines années« , a-t-il déclaré aux journalistes.

Le désastre vu d’en haut

C’est le cinquième rapport de l’AIEA sur Fukushima

L’incertitude des estimations peut provenir en partie du dernier examen de l’équipe de l’AIEA, le cinquième depuis la catastrophe. En raison du coronavirus, l’examen a été principalement mené en ligne. Seuls Xerri et un autre membre de l’équipe ont visité physiquement l’installation avant de déposer et de soumettre un rapport au gouvernement japonais.

Dans le rapport, l’équipe note des progrès dans plusieurs domaines depuis sa dernière révision en 2018. Il s’agit notamment du retrait du combustible usé d’une piscine de stockage dans l’un des réacteurs endommagés. Pas seulement cela : aussi la décision de commencer à rejeter dans l’océan, à partir de 2023, d’énormes quantités d’eau (encore radioactive !) stockées dans l’usine.

Il n’y a pas encore de technologies de remédiation

La récupération de Fukushima est une question d’avenir, littéralement. Il y a plus de compréhension de ce qui s’est passé, bien sûr. Sur d’autres choses, cependant, un déclic est nécessaire : des ressources économiques sont nécessaires pour rechercher et développer de nouvelles technologies pour reconquérir Fukushima. Actuellement, ils ne sont pas prêts et les estimations parlent d’une ou deux décennies.

Vous avez bien lu : dans 10 ou 20 ans, nous aurons la technologie à démanteler, puis ils devront commencer à le faire. C’est en effet une vision à long terme, et actuellement nous tâtonnons dans le noir. Les représentants du gouvernement et l’exploitant de la centrale, Tokyo Electric Power Company Holdings, n’ont même pas fourni une image claire de ce à quoi ressemblera la centrale une fois la remise en état terminée.

En avril, le Japon a annoncé qu’il commencerait à rejeter dans la mer de grandes quantités d’eau traitée mais toujours radioactive qui s’est accumulée dans la centrale après l’accident. TEPCO a annoncé mercredi un plan de libération de l’eau au large par un tunnel souterrain après un traitement supplémentaire pour réduire les matières radioactives à des niveaux admissibles.

L’AIEA a accepté d’aider à faciliter le démantèlement de Fukushima et de coopérer à la surveillance et à la mise en œuvre de l’évacuation des eaux. Une première mission de l’AIEA sur l’évacuation des eaux devrait se rendre au Japon en septembre.

Par Gianluca Riccio, publié le 29 août 2021

Photo en titre : Sur cette photo de février 2021, l’océan Pacifique devant les unités du réacteur nucléaire No. 3, à gauche, et 4 à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi à Okuma City, préfecture de Fukushima, dans le nord-est du Japon. Mardi 24 août 2021, le gouvernement japonais a adopté un plan intérimaire qui espère obtenir le soutien des pêcheurs et d’autres groupes intéressés pour un rejet prévu dans la mer des eaux traitées mais toujours radioactives de l’épave de la centrale nucléaire de Fukushima. Le gouvernement a décidé en avril de commencer à déverser de l’eau dans l’océan Pacifique au printemps 2023 après avoir construit une installation et élaboré des plans de rejet en fonction des exigences de sécurité fixées par les régulateurs Crédit : AP Photo / Hiro Komae, File

https://fr.futuroprossimo.it/2021/08/team-onu-forse-la-bonifica-di-fukushima-non-finira-neanche-nel-2051/

À L’INTÉRIEUR DE L’ARSENAL NUCLÉAIRE DE LA CHINE ALORS QUE LES ÉTATS-UNIS PRÉVIENNENT QUE LA MENACE D’ARMES DE XI JINPING POURRAIT DÉPASSER LA RUSSIE

Les armes nucléaires de la Chine pourraient bientôt dépasser celles de la Russie et créer un tout nouveau niveau de menace, a averti un responsable. Le message clair est venu alors que la Chine est en train de construire rapidement son arsenal, tandis que les États-Unis font pression pour un traité nucléaire.

Le lieutenant-général de l’US Air Force Thomas Bussière a averti que la Russie et la Chine manquaient de mécanismes pour éviter les problèmes de communication et que le stock nucléaire croissant pourrait s’avérer mortel.

Le lieutenant-général Bussière est le commandant adjoint du commandement stratégique américain, qui supervise l’arsenal nucléaire du pays.

Il a averti que le développement des capacités nucléaires de la Chine “ne peut plus être aligné” sur sa revendication publique qu’elle veut maintenir une dissuasion nucléaire minimale.

Bussière a déclaré sur un forum en ligne : “Il va y avoir un point, un point de croisement, où le nombre de menaces présentées par la Chine dépassera le nombre de menaces que la Russie présente actuellement.

Lire aussi: Le dernier vol d’évacuation du Royaume-Uni part – mais 150 Britanniques sont laissés pour compte

Le commandant adjoint a ajouté que le niveau de menace de la Chine dépend d’un certain nombre de facteurs.

Cela ne signifie pas seulement qu’il est basé sur le nombre d’ogives nucléaires de Pékin, mais aussi sur la façon dont elles sont “opérationnelles”.

Bussière a expliqué: “Il y aura un point de croisement, pensons-nous, dans les prochaines années.”

Et il a averti que les États-Unis n’avaient actuellement aucun traité et n’avaient pas de système de dialogue avec la Chine sur la question des armes nucléaires pour « atténuer toute perception erronée ou confusion ».

Bussière a également déclaré qu’en 2020, la Chine avait testé plus de capacités de missiles balistiques que le reste du monde réuni.

Cela intervient après que le secrétaire d’État américain Antony Blinken a exprimé son inquiétude concernant l’arsenal nucléaire croissant de la Chine lors d’une réunion avec les ministres des Affaires étrangères des pays asiatiques et des pays partenaires début août.

Le département d’État a publié une déclaration après la réunion de M. Blinken disant que le secrétaire d’État avait demandé à la Chine de mettre fin aux comportements « provocateurs » en mer de Chine méridionale et « avait soulevé de sérieuses inquiétudes concernant les violations des droits de l’homme en cours au Tibet, à Hong Kong et au Xinjiang ».

Le communiqué ajoute : « Le secrétaire a également fait part de sa profonde inquiétude face à la croissance rapide de la RPC [People’s Republic of China] arsenal nucléaire qui met en évidence comment Pékin s’est fortement écarté de sa stratégie nucléaire vieille de plusieurs décennies basée sur la dissuasion minimale.

Des déclarations de Pékin ont également déclaré qu’elles seraient ouvertes à la discussion sur les armes nucléaires, mais seulement si les États-Unis réduisent leur propre arsenal nucléaire au niveau de la Chine.

Le député républicain Mike Turner, membre de haut rang du sous-comité des forces armées de la Chambre des communes sur les forces stratégiques, a déclaré que la montée en puissance nucléaire de la Chine était « sans précédent ».

Il a déclaré qu’il était clair que la Chine “déployait des armes nucléaires pour menacer les États-Unis et nos alliés”.

Il a déclaré que le refus de la Chine de négocier le contrôle des armements “devrait être une source de préoccupation et condamné par toutes les nations responsables”.

Un rapport du Pentagone en 2020 a estimé le stock d’ogives nucléaires de la Chine à environ « 200 faibles ».

Le rapport ajoute que cet arsenal devrait au moins doubler de taille à mesure que Pékin agrandit et modernise ses forces.

En comparaison, les analystes ont déclaré que les États-Unis disposaient d’environ 3 800 ogives, et une fiche d’information du Département d’État a indiqué qu’au 1er mars, 1 357 d’entre elles avaient été déployées.

Alors que pour la Russie, les experts ont estimé au début de 2021 que le Kremlin disposait d’un stock de près de 4 500 ogives à la fois pour une utilisation à longue portée et des armes tactiques à courte portée.

Par Marseille News, publié le 28 août 2021

https://www.marseillenews.net/a-linterieur-de-larsenal-nucleaire-de-la-chine-alors-que-les-etats-unis-previennent-que-la-menace-darmes-de-xi-jinping-pourrait-depasser-la-russie-monde-nouvelles.html

ARMES NUCLÉAIRES : LA MENACE EXISTE TOUJOURS

En 2021, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est entré formellement en vigueur. Il complète un autre traité en cours d’adoption.

Le dernier essai nucléaire effectué sur la planète l’a été par la Corée du Nord en 2017. Malgré la dégradation de son économie domestique, Pyongyang a cependant continué de développer son programme et ses missiles balistiques encore en 2021, en violation des sanctions internationales, affirme un rapport des Nations unies publié le 6 août dernier.
« On regrette notamment l’absence des États-Unis et de la Chine »

Le 29 août, c’est la journée internationale contre les essais nucléaires.

Une initiative lancée par l’Onu. En janvier 2021, le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires est entré formellement en vigueur. À l’heure actuelle, 86 pays du monde en sont signataires et 55 l’ont effectivement ratifié.

Ce nouveau traité vise à interdire purement et simplement les armes nucléaires dans le monde. Du fait de cette interdiction, l’ensemble d’actes liés à la production et l’investissement est donc désormais prohibé.

Édith Boulanger, membre du Bureau national du mouvement de la paix, explique dans un article pour The Conversation, que ce traité doit permettre aussi aux opposants de faire pression sur les grandes entreprises et sur les grandes banques pour qu’elles cessent d’investir dans l’armement nucléaire.

De plus, une disposition prévoit que les États ne pourront plus installer de bases nucléaires à l’étranger. Le traité ajoute aussi l’interdiction complète des essais nucléaires afin de mettre un terme aux explosions expérimentales d’arme nucléaire ou d’autres explosions, même à des fins civiles.

Deux traités se complètent Neuf États disposent actuellement de l’arme nucléaire : les États-Unis, la Russie, le Royaume-Uni, la France, la Chine, Israël, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord. Parmi elles, seules trois – la France, le Royaume-Uni et la Russie – ont signé et ratifié un autre traité : celui qui instaure l’interdiction complète des essais nucléaires, initié en 1996. Trois autres, ont aussi signé ce traité, mais ne l’ont pas ratifié. Il s’agit de la Chine, des États-Unis et d’Israël. Enfin, la Corée du Nord, l’Inde et le Pakistan ne l’ont ni signé, ni ratifié.

« On regrette la position des États-Unis et de la Chine. Si ces deux états ratifient ce Traité d’interdiction complète des essais (TICE) nucléaires (1), on peut penser que cela entraînerait un certain nombre d’autres pays à faire de même », explique Jean-Marie Collin, expert et porte-parole de l’ICAN France (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires).

« La seule façon d’éliminer le risque nucléaire est de mettre fin à ce type d’armes » (Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies)

Pour autant, même non signé et non ratifié, ce traité est formellement respecté par tous les États, à l’exception de la Corée du Nord, donc. Certains pays, dont la France, ont même détruit leurs centres d’essai. « À ce jour, il est peu probable que les États-Unis ou la Chine décident d’engager de nouveau des essais nucléaires, parce qu’ils savent que cela créera une émotion internationale et entraînera forcément des conséquences négatives » ajoute Jean-Marie Collin.

De surcroît, ces deux puissances maîtrisent parfaitement la fabrication d’une bombe atomique. Ils auraient donc peu d’intérêt scientifique à mener de nouveaux essais. En revanche pour l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord, effectuer une campagne serait un moyen d’afficher leur puissance.
Le risque existe donc toujours. « La méfiance et les tensions croissantes entre les États dotés d’armes nucléaires ont augmenté les risques nucléaires. Les programmes de modernisation des arsenaux font peser la menace d’une course aux armements nucléaires qualitative, basée non pas sur des chiffres, mais sur des armes plus rapides, plus furtives et plus précises », a déclaré en octobre 2020 António Guterres, secrétaire général des Nations unies dans un rapport de l’ONU. « La seule façon d’éliminer le risque nucléaire est de mettre fin à ce type d’armes ».

(1). Le TICE est avec le Traité sur la non-prolifération des armes (1968) et le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, l’un des trois traités de portée universelle en matière de désarmement nucléaire.

En savoir plus

Les essais nucléaires atmosphériques ont entraîné des retombées radioactives dont les conséquences sanitaires et environnementales sont encore peu connues. Selon Bruno Barrillot, cofondateur de l’Aven, un certain nombre d’effets des rayonnements nucléaires peuvent se manifester quelques années après l’exposition. Parmi eux, et mis à part les effets génétiques, on peut citer la formation de cataractes, la réduction de la durée de vie, la leucémie, certaines autres formes d’affections malignes et le développement retardé des enfants in utero au moment de l’irradiation.

Repères

Le 27 juillet 2021, à Papeete, Emmanuel Macron a officiellement reconnu dans un discours que « la Nation a une dette à l’égard de la Polynésie française ». Évoqué les essais nucléaires abrités en Polynésie « entre 66 et 74 », dont « on ne peut absolument pas dire qu’ils étaient propres », il a expliqué aux Polynésiens qu’il voulait « la vérité et la transparence avec vous ».

Au total, 193 essais ont eu lieu en Polynésie française jusqu’en 1996. Depuis de nombreuses années, le Loir-et-Chérien Jean-Louis Camuzat, président de l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) milite au plus près des hautes sphères de l’État pour obtenir une meilleure reconnaissance. Grâce à ses efforts, le nombre de dossiers de vétérans qui ont été traités a été multiplié par vingt. L’un des enjeux aujourd’hui est d’ouvrir des enquêtes transgénérationnelles, pour pouvoir suivre l’impact causé par les radiations sur les descendants des vétérans.

Publié le 29/08/2021 à 06h25, mis à jour le 29/08/2021 à 08h46

Photo en titre : Le CEP (Centre d’expérimentations du Pacifique) a détruit les installations utilisées pendant la période des essais nucléaires effectués en Polynésie française. © (Photo Maxppp)

https://www.lanouvellerepublique.fr/a-la-une/armes-nucleaires-la-menace-existe-toujours

BUGEY: UNE NOUVELLE ACTION ANTINUCLÉAIRE ET UN APPEL À UNE GRANDE MANIFESTATION

Une fois de plus, le collectif Sortir du nucléaire Bugey s’est réuni au rond-point de l’Aviation. Banderoles déployées, ils appellent à fermer les réacteurs de la centrale. Une grande manifestation est prévue à Saint-Vulbas, le 3 octobre.

Des coups de klaxon de soutien et des doigts d’honneur adverses. Autour du rond-point de l’Aviation, le collectif Sortir du nucléaire Bugey a généré des réactions contrastées chez les automobilistes ce samedi 28 août dans la matinée.

Une nouvelle fois, les militants avaient planté des messages d’alerte tels que « Accident nucléaire : tous contaminés, évacués, ruinés. » Objectif : continuer d’interpeller les habitants sur les dangers de la centrale bugiste et annoncer une grande manifestation le 3 octobre à Saint-Vulbas.

« Fermer ces réacteurs avant qu’il y ait un accident »

« Ce qui nous pose problème, c’est le prolongement de la centrale au-delà de 40 ans, on y est avec des tranches de 1978 et 1979, expose Jean-Pierre Collet, le porte-parole. Il faut fermer ces réacteurs d’ici 2024/2025 avant qu’il y ait un accident. On est en surcapacité de production en France, on exporte l’électricité. On pourrait fermer des réacteurs sans répercussion. Et ce qui nous inquiète, c’est le risque de voir deux nouveaux réacteurs de type EPR, puisque Saint-Vulbas fait partie des sites retenus par l’État. L’EPR tout neuf en Chine pose déjà des problèmes. »

Si l’énergie atomique n’émet pas les gaz à effet de serre des centrales à charbon, « on ne peut pas dire que le nucléaire c’est du zéro carbone depuis l’extraction de l’uranium jusqu’au démantèlement des centrales, souligne Jean-Pierre Collet. Et on ne peut pas sauver le climat par une filière dangereuse pour la population ».

Par Le Progrès, publié le 28 août 2021 à 13h40, mis à jour à 13h50

Photo en titre : Les membres de SDN Bugey annoncent une grande manif à Saint-Vulbas le 3 octobre, pour alerter les habitants sur le danger lié au prolongement de la centrale du Bugey et le risque de deux nouveaux réacteurs EPR en 2030. Photo Progrès/Fabienne PYTHON

https://www.leprogres.fr/economie/2021/08/28/une-nouvelle-action-antinucleaire-et-un-appel-a-une-grande-manifestation

Mots

TAXONOMIE EUROPÉENNE: POURQUOI BRUXELLES DÉTESTE NOTRE NUCLÉAIRE

INTERVIEW- L’avocate et ex-ministre Noëlle Lenoir revient sur la nouvelle réglementation de « taxonomie » de la Commission européenne, dans laquelle le nucléaire n’est pas considéré comme « durable« . Un coup dur pour la France. 

Noëlle Lenoir, avocate, ancienne ministre des Affaires européennes et ex-membre du Conseil constitutionnel revient sur la nouvelle taxonomie de la Commission européenne, un système de classification des secteurs considérés comme « durables » ou non.

Challenges: Le mot « taxonomie » est récemment entré dans le vocabulaire européen, de quoi s’agit-il?

Noëlle Lenoir: C’est un système de classification mis en place par un règlement européen de 2020 pour identifier les activités économiques écologiquement durables en fonction de leurs émissions de gaz à effet de serre. Le but est d’orienter les capitaux privés vers ces activités, au détriment des activités moins durables ou regardées comme préjudiciables à l’environnement. En dissuadant les investisseurs de s’intéresser aux sociétés non vertueuses, l’Europe veut faire pression sur les entreprises pour qu’elles accélèrent leur transition énergétique et permettent d’atteindre les objectifs du Pacte vert: une réduction de 55% des émissions en 2030 par rapport à 1990 et la neutralité carbone en 2050.  Autre objectif: labéliser les produits financiers respectueux de l’environnement en pourchassant l’écoblanchiment de la part de services financiers (banques, fonds etc.) dont les produits seraient faussement présentés comme des placements responsables.   

Lire aussi : Philippe Sourlas (AMF): « Nous posons les règles du jeu contre le greenwashing »

Sur quoi s’appuie la Commission européenne pour procéder à la classification des activités économiques durables et non durables?  

La Commission s’est vue déléguer ce pouvoir par le règlement de 2020 sur la taxonomie. Le premier « acte délégué » élaboré par elle date de juin dernier. Il détaille sur 527 pages le profil climatique des activités durables sur la base de critères d’examen technique. Pour être durable, une activité doit contribuer substantiellement à un objectif environnemental et ne pas porter atteinte aux autres objectifs environnementaux; les objectifs pris en compte étant l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ce changement, la protection des ressources aquatiques et marines, l’économie circulaire, la lutte contre la pollution et enfin la biodiversité.

Qui a décidé de cette classification? 

La Commission s’est appuyée sur son groupe d’experts techniques sur la finance durable. Ce groupe est formé de 35 membres représentant le secteur financier et des ONG dont WWF, le Fonds mondial pour la Nature. Le Parlement européen et surtout les États membres n’ont qu’une influence très relative sur les « actes délégués« . Ils peuvent seulement s’y opposer, et encore faut-il pour ce faire un vote à la majorité du Parlement et la majorité qualifiée au Conseil des États membres.

Lire aussi : Climat: mesurer les émissions de CO2, une véritable usine à gaz

Pourquoi le nucléaire, qui est pourtant bas carbone, n’est pas classé « durable« ?

Il y a plusieurs explications. D’abord, les ONG représentées dans le groupe d’experts de la Commission sont des militants antinucléaires. Ensuite, la plupart des États membres n’ont pas ou plus d’intérêt à voir se déployer l’industrie nucléaire. L’Allemagne et l’Italie y ont renoncé ainsi que la Belgique, même si elle a retardé l’échéance de sa sortie du nucléaire. Pour la France, en revanche, le nucléaire est un avantage formidable en termes tant climatiques que technologiques, industriels et stratégiques. La France est, depuis le Brexit, le seul pays de l’Union européenne au Conseil de sécurité de l’ONU. On imagine mal un membre du Conseil de sécurité de l’ONU ne possédant pas de technologie nucléaire. (Voir NDLR en fin d’article). C’est pourquoi, il est surprenant que le gouvernement ait laissé passer cet « oubli » de la Commission auquel celle-ci devra remédier dans son deuxième acte délégué sur la taxonomie prévu pour 2022. « Chaque entreprise sera jugée sur les marchés financiers à l’aulne de ses efforts climatiques« .

La taxonomie va-t-elle créer des obligations nouvelles pour les entreprises européennes?

Oui, et des obligations très contraignantes et coûteuses. Le profil climatique des entreprises va en effet considérablement influencer, via la taxonomie, leurs capacités de financement. La Déclaration de Performance Extra-Financière (DPEF) que doivent publier les sociétés cotées et les sociétés non cotées à partir d’un chiffre d’affaires de 40 millions d’euros (selon leurs effectifs) va revêtir une importance cruciale. Chaque entreprise déclarante sera jugée par les acteurs des marchés financiers, à l’aune de ses efforts de lutte contre le changement climatique.

Mais ce n’est pas tout. La Commission européenne entend renforcer les obligations de reporting non financier au titre de la DPEF. La proposition de directive qu’elle a publiée en avril dernier introduit de nouvelles exigences imposant aux entreprises de fournir des informations sur leur stratégie, leurs objectifs, le rôle du conseil d’administration et de la direction, les principales incidences négatives liées à leurs activités et à leur chaîne de valeur etc. Je suis très réservée sur cet aspect de la proposition, comme l’est du reste le Conseil constitutionnel. Dans plusieurs décisions, il a rappelé que les obligations de transparence imposées aux entreprises ne sauraient les contraindre à rendre publiques des informations relatives à leur stratégie industrielle et commerciale, sous peine de porter une atteinte excessive à la liberté d’entreprendre.

La taxonomie est-elle une usine à gaz bureaucratique?

 C’est à voir. La taxonomie conduit à une hyper-régulation, qui est nécessairement source de bureaucratie.  Pour être bien notées par les investisseurs et donc obtenir les financements dont elles ont besoin, les entreprises vont devoir faire réaliser des audits, des due diligence etc. Elles devront s’en remettre aux bureaux d’études, aux sociétés d’audits, aux organismes de certification et aux agences de notation spécialisées pour démontrer leur implication dans le développement durable. Sans parler du name and shame qui s’abattra sur les moins bien notées, par exemple celles qui n’auraient pas les moyens financiers de s’investir lourdement et suffisamment rapidement dans les technologies du renouvelable.

Par Pierre-Henri de Menthon, publié le 27 août 2021 à 09h00

Photo en titre : Le nucléaire n’est pas considéré comme un secteur « vert » par Bruxelles. AFP/Archives – SEBASTIEN BERDA

https://www.challenges.fr/green-economie/voici-pourquoi-bruxelles-deteste-notre-nucleaire_778293

NDLR : Madame Noëlle Lenoir confond les 15 membres du Conseil de Sécurité de l’ONU (dont 10 sont élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans) avec les 5 membres permanents qui eux sont détenteurs de l’arme nucléaire. Or, à ce jour, si un conflit nucléaire mondial venait à se déclarer, c’est au sein de ces 5 puissances qu’il adviendrait le plus probablement. Comment peut-elle dire « On imagine mal un membre du Conseil de sécurité de l’ONU ne possédant pas de technologie nucléaire » puisqu’au contraire ce serait d’eux que viendrait le conflit. Son seul argument fait pschitt… !!!

De plus, je rappelle que tous les états qui disposent aujourd’hui de l’arme nucléaire ont commencé par construire un réacteur nucléaire indispensable pour fabriquer les éléments fissiles nécessaires à la fabrication de la bombe. Voir Israël (environ 1967), l’Inde (1974), le Pakistan (1998) et la Corée du Nord (2006) et bientôt peut-être l’Iran. Donc développer le nucléaire dit « civil » est l’antichambre indispensable au développement du nucléaire militaire. NE L’OUBLIEZ JAMAIS !!!

NUCLÉAIRE : LE GUIDE SUPRÊME IRANIEN REPROCHE À BIDEN D’AVOIR LES «MÊMES» EXIGENCES QUE TRUMP

Ali Khamenei a réagi ce samedi aux menaces de Joe Biden, qui a rappelé vendredi son refus de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire. Le guide suprême iranien l’a comparé à Trump, qui avait quitté unilatéralement l’accord de Vienne en 2018.

Le guide suprême iranien Ali Khamenei a accusé samedi le président américain Joe Biden d’avoir les «mêmes» exigences vis-à-vis de Téhéran que son prédécesseur Donald Trump sur la question du nucléaire iranien.

À lire aussi : Nucléaire : l’Iran accélère la production d’uranium enrichi à 60% (AIEA)

«Le gouvernement américain actuel n’est en rien différent du précédent parce que ce qu’il exige de l’Iran sur la question nucléaire est, avec des mots différents, la même chose que ce que Trump exigeait», a déclaré l’ayatollah Khamenei dans un discours dont des extraits ont été publiés sur son site internet officiel.

Un haut responsable à Téhéran a par ailleurs indiqué que l’Iran se réserve le droit à une «réponse réciproque» face à Washington, au lendemain de menaces agitées par le président américain, Joe Biden, en présence du Premier ministre israélien.

En recevant Naftali Bennett à la Maison Blanche, Joe Biden a affirmé que les États-Unis s’engageaient à s’assurer que «l’Iran ne développerait jamais une arme nucléaire». «Nous privilégions la diplomatie (…). Mais si la diplomatie échoue, nous sommes prêts à nous tourner vers d’autres options», a mis en garde Biden.

«L’accent mis par Bennett et Biden (…) sur l’utilisation d’autres options contre l’Iran, en plus de constituer une menace illégale contre un autre pays, fonde pour l’Iran le droit à une réponse réciproque contre ces options disponibles», a réagi sur Twitter le secrétaire général du Conseil suprême de la sécurité nationale iranien, Ali Chamkhani.

Un accord international toujours fragile

Naftali Bennett, qui comme son prédécesseur Benjamin Netanyahu accuse l’Iran de chercher à se doter de la bombe atomique en secret (ce que la République islamique a toujours démenti), est opposé à l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015 à Vienne entre Téhéran et la communauté internationale.

Ce pacte offre à l’Iran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l’arme atomique, et d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l’ONU.

Mais il menace de voler en éclats depuis que l’ex-président des États-Unis, Donald Trump, annonce en mai 2018 le retrait unilatéral de Washington de l’accord et le rétablissement de sanctions vis-à-vis de Téhéran.

En riposte, l’Iran a progressivement abandonné à partir de l’année suivante la plupart des garde-fous à ses activités nucléaires qu’il avait acceptés dans l’accord.

Joe Biden a tenté de faire revenir Washington dans le giron de l’accord de Vienne, et des négociations se sont ouvertes en avril entre Iraniens, Occidentaux, Russes et Chinois dans la capitale autrichienne en vue de permettre cette réintégration. La dernière session a eu lieu fin juin après la présidentielle iranienne du 18 juin, remportée par l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi.

Depuis que celui-ci a été investi, début août, les partenaires de l’Iran aux discussions de Vienne guettent un signe de la volonté de Téhéran de reprendre ces pourparlers. Mais le nouveau gouvernement affirme qu’en politique étrangère, sa priorité va aux pays «voisins (de l’Iran et à) l’Asie».

Par Le Figaro avec AFP, publié le 28 août 2021

Photo en titre : Le guide suprême iranien, Ali Khamenei. AFP

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/nucleaire-le-guide-supreme-iranien-reproche-a-biden-d-avoir-les-memes-exigences-que-trump-20210828

EXCLUSIF. EDF S’APPRÊTE À RACHETER LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES DE GE

Les célèbres turbines vapeur Arabelle, qui équipent les EPR, vont-elles redevenir 100 % françaises ? Selon nos informations, l’électricien national, EDF, s’apprête à racheter les activités nucléaires de General Electric, regroupées dans la filiale GE Steam Power, lesquelles sont principalement situées à Belfort.

Est-ce le retour de la stratégie du grand champion français du nucléaire ? Alors que le débat monte en France et en Europe sur le rôle de cette énergie dans un monde décarboné, l’électricien national EDF s’apprête, selon nos informations, à racheter les activités nucléaires de General Electric, regroupées dans la filiale GE Steam Power sur plusieurs sites industriels emblématiques à Belfort. Interrogé par La Tribune, EDF n’a fait aucun commentaire.

Les célèbres turbines vapeur Arabelle, qui équipent les EPR, redeviendraient 100 % françaises ? Cela fait un peu plus d’un an que le groupe américain, empêtré dans de nombreuses difficultés financières, a fait savoir son intention de vendre plusieurs de ses actifs. L’opération de rachat de GE Steam Power lancée par EDF serait « imminente », selon une source proche du dossier.

EDF renâclait, mais l’Élysée poussait

C’est une surprise, car l’année dernière, EDF était loin d’être favorable à une telle opération de reprise. Jean Bernard Lévy, le PDG de l’électricien n’avait pas caché son scepticisme quant à l’utilité pour son groupe public de racheter ce joyau industriel. « En turbine, je peux me fournir en Chine », avait-il  glissé à l’un de ses interlocuteurs à l’automne dernier.

À l’origine, l’idée que la France reprenne les activités nucléaires de GE avait été portée depuis plus d’un an par Frédéric Pierucci, cet ex haut cadre d’Alstom qui s’était retrouvé emprisonné par la justice américaine, alors que son groupe était déstabilisé jusqu’à voir sa branche énergie rachetée par… GE. Quelle ironie ! L’une des activités les plus stratégiques de l’ancien Alstom (pour nos centrales nucléaires comme pour nos sous-marins nucléaires), passée chez les Américains, va donc redevenir française, après sept ans passée sous la coupe de l’Oncle Sam. Tout ça pour ça.

C’est qu’à l’origine, General Electric n’était pas du tout intéressé par ces turbines vapeur, seuls les turbines à gaz faisait partie de son objectif initial, et ce, pour contrer Siemens notamment dans le secteur. À l’époque, c’est à la faveur des négociations que les vendeurs avaient décidé de vendre l’ensemble des activités énergie d’Alstom à GE, suscitant le scandale. « L’Affaire Alstom » était née. Alors, quand Pierucci a pris son bâton de pèlerin pour convaincre investisseurs français et pouvoirs publics du bien-fondé d’une telle reprise, l’exécutif a fini par s’y intéresser sérieusement. Au point de dicter la marche à suivre. Exit donc la proposition de Pierucci d’un consortium 100 % français : « Ils n’ont pas voulu étudier d’autres propositions alternatives, en plus de celle de Pierucci, il y en avait pourtant », déplore un acteur du dossier.  

Finalement, le gouvernement a « désigné » EDF l’électricien pour faire une offre de reprise à GE. Et Jean-Bernard Lévy a donc fini par répondre présent. Le périmètre cible proposé pour cette reprise correspond aux activités de GE Steam Power (dont la société GEAST). Ce périmètre exclurait donc les activités GE Grid et GE Hydro, laissant encore le site principal industriel à Belfort en pleine incertitude. Malgré la reprise des turbines vapeur, les syndicats craignent la fermeture par GE des autres activités sur place.

EDF, un exploitant ou un industriel ?

Cette opération soudaine pose d’autres questions. Historiquement, EDF est d’abord un exploitant. L’électricien n’est pas un industriel, et n’a pas forcément vocation à devenir le leader industriel de la filière nucléaire française. Avec le démantèlement d’Areva en 2016, le positionnement d’EDF avait pourtant déjà évolué avec le rachat de Framatome (ex Areva NP). Dès 2015, l’État demande d’ailleurs à EDF de prendre la tête de la filière nucléaire française en s’appuyant sur le GIFEN. Mais une tête de pont commerciale ne signifiait pas forcément une intégration industrielle totale.

D’autant qu’EDF, comme exploitant, accumule déjà les difficultés industrielles et financières. Sous quasi tutelle de l’État actionnaire, le groupe fait face à des défis considérables : grand carénage du parc existant (avec le démarrage des visites décennales du palier 900 MW, ce qui en fait le plus gros programme industriel depuis la création du parc), finalisation et mise en route de l’EPR de Flamanville, continuation de son projet britannique Hinkley Point, sans compter le coût du démantèlement dans les années à venir, ainsi que la question de la réorganisation de l’entreprise alors que le projet Hercule, porté à l’origine par l’Élysée, est aujourd’hui au point mort.

Report d’«Hercule»: le PDG d’EDF craint que le groupe ne puisse se maintenir en «première division»

À ces défis nationaux s’ajoutent le développement mondial de l’énergie et notamment du nucléaire, avec l’ouverture à des marchés prometteurs et croissants pour différentes technologies, et pas uniquement l’EPR : Chine, Russie, et plus largement Asie et Pays de l’Est notamment. « Pour GE Steam Power Belfort, cette opportunité lui impose de pouvoir contracter librement avec un grand nombre d’opérateurs de production d’électricité et d’intervenir comme fournisseur de groupes turbo alternateurs pour des acteurs autres qu’EDF », remarque un expert du secteur.

Avant la présidentielle, un dossier très politique

C’est sans compter l’aspect excessivement politique de dossier à quelques mois de la présidentielle. Alors qu’Emmanuel Macron et son gouvernement ne cesse d’évoquer, depuis le début de la pandémie, la nécessité de retrouver une « souveraineté économique », ce dossier s’est très vite retrouvé sur le bureau d’Alexis Kohler, le puissant secrétaire général de l’Élysée.

Le président sait que cette filière industrielle est devenue un symbole. Lors du rachat d’Alstom Énergie par General Electric, les partisans de l’industrie française avaient dénoncé un fiasco et même un complot contre les intérêts nationaux. Après les récriminations d’Arnaud Montebourg contre Patrick Kron, une commission d’enquête avait été montée à l’Assemblée nationale par le député LR Olivier Marleix. Le rôle d’Emmanuel Macron, comme secrétaire général adjoint à l’Élysée et ancien banquier d’affaires chez Rothschild, avait été pointé par la presse. Ministre de l’Économie, il s’était retrouvé sur le banc des accusés, coupable aux yeux de beaucoup de ne pas accorder un grand intérêt aux considérations industrielles.

Aujourd’hui, Emmanuel Macron compte donc bien profiter de cette reprise de GE Steam Power par EDF pour redéfinir son image publique dans le domaine. D’autant qu’à Belfort, l’inquiétude est grande. En décembre 2020, la direction de General Electric a annoncé un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) supprimant 238 postes sur près de 1800 chez GE Steam Power dont 200 sur son site belfortin. Les élus locaux étaient alors montés au créneau pour défendre les salariés, notamment la présidente socialiste de région.

La coloration politique du dossier est renforcée par les acteurs en présence. En plus d’Alexis Kohler qui a suivi le dossier à l’Élysée, le préfet de Belfort n’est autre que Jean Marie Girier, l’ancien chef de cabinet de Gérard Collomb devenu homme de confiance d’Emmanuel Macron au cours de la campagne présidentielle. Le patron de GE France est également Hugh Bailey, qui fut conseiller du ministre Macron à Bercy. Quant au DG de GE Renewable Energy, qui regroupe les activités GE Grid et GE Hydro, c’est Jérôme Pécresse, le mari de Valérie Pécresse, candidate à la présidentielle.

Par Marc Endeweld, publié le 27 Août 2021 à 12h49

Photo en titre : Crédits : Reuters

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/exclusif-edf-s-apprete-a-racheter-les-activites-nucleaires-de-ge-891258.html

NDLR : une preuve de plus que la France (pilotée par Macron) s’apprête à relancer le nucléaire sur son propre territoire et à l’export. Pourtant rappelez-vous : « …non non, la décision de construire des EPR en France ne sera pas prise tant que celui de Flamanville ne fonctionnera pas… » selon Macron. Très en retard sur les renouvelables mais en avance sur le nucléaire.

SORTIE DU DOMAINE DE FONCTIONNEMENT AUTORISÉ DU RÉACTEUR 2 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CIVAUX

Le 19 août 2021, l’exploitant de la centrale nucléaire de Civaux a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la température minimale autorisée de l’eau du circuit primaire principal du réacteur 2.

Ce non-respect constitue un écart aux règles générales d’exploitation, recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.

Le circuit primaire est un circuit fermé, contenant de l’eau sous pression. Cette eau s’échauffe dans la cuve du réacteur au contact des éléments de combustible. Les règles générales d’exploitation définissent les limites minimales et maximales autorisées pour la pression et la température de cette eau. Elles doivent être respectées en permanence, notamment lors des opérations de mise à l’arrêt ou de redémarrage du réacteur, afin de garantir le respect des hypothèses de conception du réacteur.

Le 13 août 2021, alors que le réacteur 2 était en cours de redémarrage après son arrêt pour maintenance et renouvellement de son combustible depuis le 31 janvier 2021, l’exploitant a détecté que la température moyenne de l’eau du circuit primaire était inférieure d’environ 5°C à la valeur attendue. Cette température basse avait pour origine l’implantation de paramètres informatiques de pilotage du réacteur non adaptés à un redémarrage, restés en place depuis la fin du cycle précédent.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée à la réactivité du réacteur.

Compte tenu du non-respect des règles générales d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès la détection de l’atteinte de la température basse du circuit primaire, l’exploitant a procédé à l’implantation de paramètres informatiques adéquats.

Publié le 26/08/2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Sortie-du-domaine-de-fonctionnement-autorise-du-reacteur-2-de-la-centrale-nucleaire-de-Civaux2

FUKUSHIMA : LE GOUVERNEMENT SUD-CORÉEN CONVOQUE UN HAUT DIPLOMATE JAPONAIS

Le gouvernement sud-coréen a convoqué jeudi le conseiller chargé de la politique de l’ambassade du Japon en Corée du Sud, Makoto Hayashi, afin de protester contre la décision de Tokyo Electric Power Company (TEPCO) de déverser les eaux contaminées dans l’océan à 1 km de la centrale nucléaire Fukushima, a rapporté l’agence de presse Yonhap.

Ainsi, Lee Tong-q, directeur général pour le changement climatique, l’énergie, l’environnement et des affaires scientifiques au ministère des Affaires étrangères a convoqué le diplomate japonais et a exprimé ses regrets concernant l’annonce faite par TEPCO en début de semaine.

Le responsable sud-coréen a transmis une lettre réaffirmant l’opposition à la décision de déverser en mer l’eau contaminée, prise le 13 avril dernier. Il a également mis l’accent sur l’importance de la consultation réciproque avec le gouvernement sud-coréen.

Séoul a également demandé au Japon de mettre en place une structure de consultation bilatérale sur le déversement en mer des eaux contaminées.

Par Maghreb Arabe Presse, publié le 26 soût 2021 à 17h46

Photo en titre : © East News / AP/FOTOLINK

https://fr.sputniknews.com/international/202108261046054251-le-gouvernement-sud-coreen-convoque-un-haut-diplomate-japonais/

NUCLÉAIRE OU RENOUVELABLES : QUI A PRODUIT LE PLUS EN 2020 ?

Pour la première fois de l’histoire, la production mondiale d’électricité renouvelable hors hydraulique a été supérieure à celle d’origine nucléaire. Une bascule opérée en 2020, poussée par la croissance explosive et ininterrompue des centrales solaires, éoliennes et biomasse.

C’est un géant du pétrole qui le dit : en 2020, les énergies renouvelables (hydroélectricité non comprise) ont produit davantage que le nucléaire. L’observation provient du dernier rapport annuel sur les statistiques mondiales de l’énergie publié par BP. La multinationale, qui analyse le secteur depuis 70 ans, a constaté que solaire, éolien et biomasse on produit plus de 3 147 TWh l’année dernière. Ils dépassent pour la toute première fois l’énergie nucléaire, qui a généré 2 700 TWh.

Affecté par la fermeture de six centrales et réacteurs en Suède, Russie, aux États-Unis mais aussi en France (Fessenheim), l’atome a réduit sa production de 4,1 % entre 2019 et 2020. À l’inverse, les renouvelables ont bondi de 9,7 % et même 10,7 % en y ajoutant l’hydroélectricité. Une transition symbolique qui ne doit toutefois pas faire oublier l’écrasante domination des énergies fossiles.

Malgré un repli, le charbon reste de loin la première source d’électricité dans le monde (9 421,4 TWh). Il est suivi par le gaz fossile (6 268,1 TWh) puis par l’hydraulique (4 296,8 TWh). Solaire, éolien et biomasse grimpent donc à la 4ème place, devant le nucléaire, le fioul (758 TWh) et les autres modes (231,8 TWh).

Lire aussi : L’Allemagne et son charbon : mythes et réalités

Les renouvelables hors hydro devraient conforter leur position, soutenus par une cadence ahurissante de nouvelles installations. Elles profitent également des hésitations du nucléaire, au moment où de nombreux réacteurs arrivent en fin de vie. Leur objectif reste de supplanter les énergies fossiles. Un challenge de taille, qui ne devrait hélas pas arriver avant au moins 2050.

Lire aussi : Nouvelle étude scientifique : le 100% renouvelable n’est pas une utopie

Lire aussi : Ce traité veut éradiquer définitivement les énergies fossiles

Par Hugo LARA, publié le 25 Août 2021

À propos de l’auteur : Hugo est un journaliste spécialisé dans l’environnement, l’aménagement urbain, les transports propres et énergies renouvelables. Il sonde l’évolution des pays dans ces domaines et rêve de pouvoir un jour voyager en avion électrique.

https://www.revolution-energetique.com/nucleaire-ou-renouvelables-qui-a-produit-le-plus-en-2020/

NDLR : Certes c’est une bonne nouvelle mais il faut bien savoir que l’accroissement de la production mondiale d’électricité ne couvre même pas l’augmentation de la demande d’électricité dans le monde. C’est très bien de produire de plus en plus d’électricité renouvelable mais il faudrait ABSOLUMENT consommer de moins en moins d’électricité. Malheureusement le mythe de la croissance sans limite (auquel croient la plupart de nos concitoyens) nous conduit droit dans le mur du réchauffement climatique ingérable.

CONTRE LE NUCLÉAIRE, ILS ONT MARCHÉ 550 KILOMÈTRES À PIED

Un mois après leur départ de la Normandie, et après plus de 500 kilomètres à pied, les militants de l’association Nucléaire en questions sont arrivés à Paris. L’objet de cette Grande Marche : réclamer la sortie du nucléaire et sensibiliser les citoyens.

550 kilomètres à pied pour réclamer la sortie du nucléaire. Partie le samedi 24 juillet, la Grande Marche entre La Hague (Manche) et Paris organisée par l’association Nucléaire en questions s’est achevée mercredi 25 août vers 17 heures devant l’Assemblée nationale. Fatiguée mais satisfaite, l’une des organisatrices, l’enseignante et conseillère municipale caennaise Béatrice Hovnanian, égrène les chiffres comme autant de petites victoires contre l’industrie de l’atome : « 2 000 personnes croisées en route, dont 500 avec qui nous avons eu de véritables échanges ; 600 personnes qui ont assisté à nos 38 conférences thématiques, lesquelles ont fait plus de 33 000 vues sur Facebook ; plus de 200 personnes qui se sont relayées aux côtés de notre noyau dur de 7 marcheurs ! »

Mercredi matin, neuf marcheurs s’étaient donné rendez-vous à 10 heures devant la tour EDF de La Défense, à Puteaux (Hauts-de-Seine). Leurs banderoles, drapeaux et tee-shirts jaune vif n’ont pas manqué d’interpeller deux salariées d’EDF en petites robes noires descendues fumer une cigarette. « Les gens ne sont pas prêts à se limiter dans leur mode de vie, assure l’une d’elle. Et puis le nucléaire n’est pas si polluant, 90 % des combustibles usés sont recyclés ! » « C’est faux ! », lui rétorque Michel, un des militants, avant de se lancer dans un exposé sur la saturation prochaine des piscines d’entreposage du centre de retraitement de La Hague et sur le volume croissant de déchets radioactifs qui s’entassent sur le territoire. « Toutes nos conférences sont visibles sur notre page Facebook, n’hésitez pas à aller y jeter un coup d’œil ! » leur lance-t-il alors qu’elles regagnent la tour.

En tout, plus de 200 marcheurs se sont joints au noyau dur des militants. Facebook Nucléaire en questions

Se réapproprier la question de l’énergie

Sur la route de Paris, les premiers échanges avec les passants ont été plus cordiaux. Kevin, serveur dans un bistrot de La Défense pour financer son master en architecture et construction durable à l’École spéciale des travaux publics (ESTP) de Paris, se saisit avec enthousiasme du tract tendu par Daniel, un des marcheurs. « 550 kilomètres, c’est un long trajet ! Lors de vos conférences, avez-vous évoqué le problème des émissions de gaz à effet de serre et les solutions de remplacement au nucléaire — hydraulique, énergie solaire ? C’est un sujet qui m’intéresse beaucoup, je vais aller voir ! »

Daniel propose un tract à Kevin, étudiant en architecture et construction durable et intéressé par le sujet. © Émilie Massemin/Reporterre

Marie-Claude, originaire d’un village voisin de Liège, en Belgique, et en séjour touristique à Paris avec sa petite-fille, se montre tout aussi amicale, quoique plus circonspecte : « Il faut un peu de tout, y compris du nucléaire. Dans notre campagne, de nombreux panneaux photovoltaïques et des éoliennes ont été installés, ce qui pose plein de problèmes : il y a trop d’énergie produite près des habitations, les enfants tombent malades, etc. Plus globalement, en Belgique, on ferme des centrales nucléaires pour ouvrir des centrales à gaz qui polluent encore plus ! Je vote écolo, mais je ne suis pas d’accord avec cette politique. » En réponse, Béatrice Hovnanian l’invite à regarder les conférences mises en ligne par l’association. « Plusieurs organisations, comme l’Agence internationale de l’énergie, l’Ademe et RTE en France ont affirmé que des mix 100 % énergies renouvelables étaient possibles », rappelle-t-elle.

Les propos tenus par cette grand-mère belge n’étonnent guère Béatrice Hovnanian. « Nous avons beaucoup rencontré cette idée que le nucléaire était décarboné et allait nous sauver du changement climatique, raconte-t-elle. Ou alors, certains nous demandaient ce qu’on proposait à la place. Le nucléaire et son système très centralisé et opaque ont dépossédé les gens de la question de l’énergie. »

Une conférence organisée lors de la Grande Marche. Facebook Nucléaire en questions

Nucléarisation du territoire

Combattre ces croyances et idées reçues, telle est la vocation de la marche, explique à Reporterre la cofondatrice de Nucléaire en questions : « Une première marche a été organisée en 2018. Notre idée était de dissoudre l’association juste après, en 2019. Mais quand nous avons vu monter l’offensive médiatique des défenseurs du nucléaire, parmi lesquels Jean-Marc Jancovici, nous nous sommes ravisés et avons plutôt décidé d’organiser une nouvelle marche. » Pas question pour les antinucléaires de les laisser occuper le devant de la scène, alors que des décisions importantes telles que la construction ou non de nouveaux EPR doivent être prises dans les années à venir, insiste-t-elle. « On a tellement répété au citoyen lambda que le nucléaire était l’avenir que cela a créé une forme d’acceptation. Mais il faut qu’il sache que c’est dangereux, plus coûteux que les énergies renouvelables et polluant pour des centaines de milliers d’années ! »

Le choix d’un départ en Normandie s’est fait naturellement. « Cette région a accepté de devenir l’une des plus nucléarisées au monde. L’équivalent de 110 cœurs de réacteurs de combustible nucléaire usés s’entasse aujourd’hui dans l’usine de La Hague. » Et la nucléarisation du territoire pourrait se poursuivre, avec la construction d’une piscine supplémentaire d’entreposage du combustible usé à La Hague et une paire d’EPR envisagée à Penly (Seine-Maritime).

Daniel Sessa, adhérent de l’association Enfants de Tchernobyl Belarus et membre du réseau Sortir du nucléaire, a participé à la marche pour la première fois. « Ce que j’ai le plus apprécié, c’est la convivialité et les échanges dans le groupe et avec les personnes extérieures, dit-il à Reporterre. Je souhaite d’autres marches, je trouve ça puissant. Qu’on marche ensemble vers un autre destin ! »

Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 26 août 2021 à 09h14

https://reporterre.net/Contre-le-nucleaire-ils-ont-marche-550-kilometres-a-pied

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Reporterre est géré par une association d’intérêt général, à but non lucratif. Nous pensons qu’un média doit informer, et non être un outil d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre accès, sans aucune restriction. Nous considérons que l’information est un bien public, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Son accès ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation, elle-même encouragée par la publicité. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.

En résumé, Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
Le journal emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produisent chaque jour des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Nous faisons cela car nous pensons que la publication d’informations fiables, transparentes et accessibles à tous sur ces questions est une partie de la solution.

Vous comprenez donc pourquoi nous sollicitons votre soutien. Des dizaines de milliers de personnes viennent chaque jour s’informer sur Reporterre, et de plus en plus de lecteurs comme vous soutiennent le journal. Les dons de nos lecteurs représentent plus de 97% de nos ressources. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, le journal sera renforcé. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Soutenir Reporterre

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FUKUSHIMA VA CONSTRUIRE UN TUNNEL SOUS LA MER POUR LIBÉRER UN MILLION DE TONNES D’EAU TRAITÉE

Le tunnel de 1 km de long et de huit pieds de large s’étendra à l’est des réservoirs d’eau de la centrale nucléaire jusqu’à l’océan Pacifique, permettant à environ 1,27 million de tonnes d’eau traitée d’être rejetée dans la mer, malgré l’opposition des pays voisins.

Le Japon insiste sur le fait que l’eau, qui doit être libérée dans deux ans, est totalement sûre, ayant été soigneusement traitée pour éliminer les particules radioactives. Les conteneurs contiennent de l’eau qui a été utilisée pour refroidir la centrale nucléaire après sa fusion à la suite du tsunami de 2011, ainsi que de la pluie et des eaux souterraines qui se sont ensuite infiltrées.

La Tokyo Electric Power Co (TEPCO) devrait commencer la construction du tunnel d’ici mars 2022, en attendant les études de faisabilité et l’autorisation correspondante des autorités japonaises.

Les pays voisins et les communautés de pêcheurs ont critiqué le plan de libération d’eau par crainte de sécurité et craignent qu’il ne sape la confiance dans les fruits de mer pêchés dans les eaux environnantes.

TEPCO a repoussé les inquiétudes, arguant que ce tunnel atténuerait ces inquiétudes en empêchant le risque de reflux des eaux traitées vers la côte.

Le responsable du démantèlement de l’usine de Fukushima, Akira Ona, a déclaré que les responsables sont prêts à « dissiper les inquiétudes des personnes impliquées dans la pêche » et d’autres industries. TEPCO a déclaré qu’il ne procéderait à la libération que si le mouvement passe les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique, qui a précédemment défendu le plan. (Voir NDLR en fin d’article)

Le Premier ministre japonais Yoshihide Suga a décrit la sortie prévue comme un « tâche inévitable » au point culminant du long processus de déclassement, conçu pour atténuer l’impact du tsunami dévastateur.

Le tremblement de terre de Tohoku en 2011 et le tsunami qui a suivi ont fait près de 20 000 morts le long de la côte pacifique du Japon. La catastrophe naturelle a provoqué l’effondrement de la centrale de Fukushima, entraînant la pire catastrophe nucléaire depuis l’incident de Tchernobyl en 1986, le gouvernement japonais maintenant un ordre d’évacuation dans l’une des villes touchées jusqu’en 2019, date à laquelle 40% des habitants d’Okuma ont finalement été autorisés à rentrer à la maison. Les citoyens de Futaba et d’un certain nombre de villes voisines sont toujours confrontés à des restrictions en raison de la contamination causée.

Par Gaspar Bazinet, publié le 25 août 2021

https://news-24.fr/la-centrale-nucleaire-de-fukushima-va-construire-un-tunnel-sous-mer-pour-liberer-un-million-de-tonnes-deau-traitee/

NDLR : L’Agence internationale de l’énergie atomique n’est pas neutre puisque qu’elle œuvre manifestement pour le développement de l’énergie atomique sous son contrôle. À mon avis, ce serait mieux que ce soit une instance internationale de citoyens tirés au sort qui décide du rejet ou non. Mais là, je rêve !! Quant à l’eau dite « traitée », l’article ne précise pas qu’elle contient encore de la radioactivité sous forme de tritium ce qui est le cas (un faible taux au litre certes mais multiplié par le nombre de litres, ce n’est pas négligeable). Quant aux poissons qui vivront dans l’environnement du rejet, ils concentrerons cette radioactivité et se retrouveront dans l’assiette des consommateurs. Bon appétit !

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : GRAVE MENACE AU CŒUR DE LA RÉGION, GRANDE MANIFESTATION LE 3 OCTOBRE

La centrale nucléaire du Bugey est située à Saint Vulbas(01) en bordure du Rhône, en amont de la métropole lyonnaise. Le centre de Lyon n’est qu’à 30 km.

Ses 4 plus vieux réacteurs de France (42 et 43 ans) constituent un risque majeur pour une région densément peuplée avec 5 millions d’habitants dans un rayon de 100 km et 6 grandes villes.

Des risques internes élevés avec 274 irrégularités d’origine, le vieillissement affectant de nombreux composants dont certains irremplaçables (cuves acier et enceintes béton), et qui provoquent des incidents en nombre croissant et entrainent des fuites, dont du tritium radioactif.

Des risques externes amplifiés depuis la conception de la centrale, il y a 50 ans : ruptures de barrages (Vouglans…), séismes, chutes accidentelles d’avions en raison de la proximité immédiate de l’aéroport international Lyon St-Exupéry, actes de terrorisme…

En cas d’accident nucléaire majeur, la radioactivité ne resterait pas administrativement confinée dans les limites des 20 km du Plan Particulier d’Intervention : les simulations des experts suisses de l’Institut Biosphère indiquent la possibilité de contamination aux 4 coins de l’Europe en fonction des vents.

À ces 4 réacteurs, souvent à l’arrêt ces dernières années, s’ajoute un réacteur plus ancien de la filière graphite gaz arrêté en 1994, et dont le démantèlement difficile a été récemment reporté après 2050.

Après une longue bataille juridique, l’Installation de Conditionnement et Entreposage de Déchets Activés (ICEDA) a commencé à fonctionner en septembre 2020 : véritable plaque tournante nécessaire à la poursuite du programme nucléaire, elle doit assurer le tri, la découpe et le conditionnement de tous les déchets nucléaires d’exploitation et de démantèlement, hormis les « combustibles usés ».

Même en l’absence d’incidents, l’activité nucléaire est source de réchauffement puisque les 2/3 de la chaleur produite sont rejetés hors des réacteurs dans l’air et l’eau. Elle rejette aussi en permanence des effluents radioactifs et chimiques qui polluent l’air, l’eau et les sols (nombre de cancers plus élevé à proximité des centrales).

De plus, l’extraction de minerai dans les pays lointains, aux régimes parfois dictatoriaux ou en état de guerre, pose de sérieux problèmes éthiques et environnementaux : l’activité nucléaire est bien loin d’une supposée « indépendance » énergétique.

50 ans après la première manifestation antinucléaire
en France au Bugey, ça suffit ! Réagissons !

  • Pas de prolongation des vieux réacteurs au-delà de 40 ans ! Débranchons-les !
  • Pas de remplacement par 2 nouveaux réacteurs de type EPR:
    tout aussi dangereux, ils sont trop chers, sans constituer une réponse à la crise climatique. Pas d’EPR au Bugey, ni ailleurs !!
  • Abandon d’ICEDA: porte ouverte à l’accroissement des déchets issus des vieux réacteurs et des nouveaux envisagés !
  • Oui aux Énergies Renouvelables, technologies mûres et sûres. Elles dessinent un nouveau chemin alliant efficacité et sobriété pour une société apaisée. Plusieurs scénarios le démontrent (ADEME, RTE, négaWatt).

 

SORTIR DE L’IMPASSE NUCLÉAIRE, C’EST POSSIBLE !

Maintenant et pas dans 30 ans

Venons très nombreux et montrons notre détermination

DIMANCHE 3 OCTOBRE 2021

pour manifester à St-Vulbas dans l’Ain

Accueil à partir de 10 h au rond-point de la D 20 avec la D 124

Départ manifestation : 14 h

Cet appel à manifester émane de la Coordination STOP BUGEY (SDN Bugey, SDN 38, ContrAtom CH, RASN Lyon, ACTE Chalon/Saône) et de Alternative & Autogestion 73 ; Amis de la Terre : 73+74 ; ADN 26-07 ; ATTAC : 01+38+71+73 ; EÉLV : Rhône-Alpes + Pays de Savoie + Drôme ; Groupe « Les Écologistes » au Conseil Régional Auvergne-Rhône-Alpes ; France Nature Environnement : 01+38 ; La France Insoumise : 01+73+42+43 + Annecy + Annonay + Pays de l’Abresle + GA Quinquilonne ; MRJC 01 ; Nos Voisins Lointains 3.11 ; NPA : 38+69+73 ; Réaction en Chaîne Humaine ; Ruche de l’écologie Mts du Lyonnais ; VIS Val-Revermont (01) ; et Greenpeace Lyon, Réseau Sortir du nucléaire, SdN CH.

Coordination Stop Bugey
76 impasse Mozart – 01360 Loyettes, contact@stop-bugey.org

PLUS D’INFOS sur www.stop-bugey.org et http://www. sortirdunucleaire.org

PALUEL : SORTIE DU DOMAINE DE FONCTIONNEMENT AUTORISÉ DU RÉACTEUR 1

Le 20 août 2021, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la sortie du domaine de fonctionnement autorisé par les règles générales d’exploitation du réacteur 1 à la suite de l’ouverture de deux soupapes de sécurité.

Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite des réacteurs associées.

Le pressuriseur est un réservoir dont la fonction est de contrôler la pression du circuit primaire à l’aide de chaufferettes et d’un système d’aspersion. La protection contre les surpressions du circuit primaire principal est assurée au niveau du pressuriseur par trois lignes comprenant chacune deux soupapes de sécurité pilotées, la première étant appelée soupape de protection et la seconde soupape d’isolement. En fonctionnement normal, la deuxième soupape, qui permet d’isoler la ligne si la soupape de protection ne se referme pas après sollicitation, est en position ouverte.

Le 14 août 2021, alors que le réacteur se trouvait dans le domaine d’exploitation d’arrêt normal alimenté par le système de refroidissement à l’arrêt (AN/RRA), l’exploitant a détecté une fuite sur le système de pilotage de deux soupapes de protection.

Le 18 août 2021, afin de procéder au remplacement du système de pilotage des deux soupapes présentant des fuites, l’exploitant a isolé les lignes concernées sans avoir fermé les soupapes d’isolement associées. La purge du système de pilotage a provoqué une perte d’eau du circuit primaire par les soupapes d’isolement. Cette perte d’eau primaire, collectée par le réservoir de décharge du pressuriseur, a conduit à une baisse de la pression du circuit primaire jusqu’à 6 bars, alors que la pression minimale autorisée par les règles générales d’exploitation dans le domaine AN/RRA est de 25 bars.  

Cet évènement n’a pas eu de conséquence pour les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de la dégradation de la défense en profondeur, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES.

Le réacteur 1 a retrouvé la plage de fonctionnement autorisée au bout de six minutes, à la suite de la fermeture des deux soupapes d’isolement et au démarrage d’une pompe du circuit d’injection de sécurité.

Publié le 24/08/2021

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Sortie-du-domaine-de-fonctionnement-autorise-du-reacteur-1-de-Paluel

VLADIMIR POUTINE AJOUTE PLUS DE SOUS-MARINS NUCLÉAIRES À L’ARSENAL CROISSANT DE LA RUSSIE AVEC DES MISSILES CAPABLES D’ANÉANTIR LES VILLES AMÉRICAINES

VLADIMIR Poutine a ajouté deux autres sous-marins nucléaires à l’arsenal croissant de la Russie avec des missiles capables d’anéantir les villes américaines.

Le président russe a émis lundi des commandes pour deux sous-marins nucléaires armés de missiles balistiques intercontinentaux dans le but d’armer le pays d’ « armes de pointe » et de construire une « marine puissante ».

Vladimir Poutine veut armer la Russie d’ »armes de pointe »Crédit : EPA

S’exprimant lors d’un appel vidéo, Poutine a donné des ordres pour que les sous-marins, deux sous-marins à moteur diesel et deux corvettes soient construits dans les chantiers navals de Severodvinsk, Saint-Pétersbourg et Komsomolsk-on-Amour.

« Nous continuerons à renforcer le potentiel de la marine russe, à développer ses bases et ses infrastructures, à l’équiper d’armes à la pointe de la technologie », a déclaré Poutine.

« Une Russie forte et souveraine a besoin d’une marine puissante et bien équilibrée. »

« Je tiens à souligner que tous les navires seront équipés d’armes modernes de haute précision, des derniers équipements de navigation et de communication. »

Les nouveaux sous-marins, nommés Dmitry Donskoy et Prince Potemkin, seront armés de missiles d’une portée minimale de 3 400 milles, ce qui signifie que les villes américaines peuvent être ciblées en cas de conflit nucléaire.

Les nouvelles armes de Poutine ont été annoncées dans le cadre du spectacle de l’armée russe 2021 pour vanter la puissance militaire de la Russie et attirer des clients étrangers pour les industries d’armement russes.

L’émission d’une semaine présente des avions, des chars, des missiles et d’autres armes.

« Beaucoup de nos armes ont des capacités qui n’ont pas d’analogues dans le monde, et certaines resteront inégalées pendant longtemps », a déclaré Poutine.

Le Kremlin a accéléré sa modernisation militaire alors que les relations avec l’Occident ont plongé au plus bas après la guerre froide après l’annexion par la Russie en 2014 de la Crimée ukrainienne.

Poutine prévoit de renforcer son armée de 60 000 soldats au cours des quatre prochaines années dans le but d’effrayer l’Occident et d’étendre son pouvoir.

Moscou a établi une présence navale régulière dans certaines parties du monde que l’Union soviétique avait pendant la guerre froide.

« Nous continuerons à renforcer le potentiel de la marine russe, à développer ses bases et ses infrastructures, à l’équiper d’armes à la pointe de la technologie. » (Vladimir Poutine)

La marine russe est déjà très présente en Méditerranée, avec une base navale dans le port syrien de Tartous.

Et il a agrandi et modifié la base de Tartous – la seule installation de ce type que la Russie possède actuellement en dehors de l’ex-Union soviétique.

« Nous continuerons à arborer le drapeau russe dans les zones océaniques d’importance stratégique », a déclaré Poutine.

Plus tôt cette année, Poutine a dévoilé le sous-marin de pointe Kazan – le deuxième navire Yasen-M équipé de missiles de croisière Kalibr et Oniks à capacité nucléaire.

« MENACE MONDIALE »

Le chef du renseignement américain, Scott Berrier, a qualifié le Kazan, qui a été remis à la marine russe le 7 mai, de menace mondiale pour l’Amérique lors d’une discussion avec la commission sénatoriale des forces armées.

Les sous-marins Yasen-M sont désignés pour transporter le nouveau missile hypersonique russe Tskirkon – ou Zircon -.

Poutine a salué le Mach 8 Zircon comme « vraiment sans précédent » – et il a été décrit comme son missile de choix pour cibler les villes américaines en cas de conflit.

Et la semaine dernière, le navire espion de Poutine armé de sous-marins furtifs a été aperçu tapi sur les câbles Internet britanniques, faisant craindre qu’ils ne soient coupés.

Le Yantar a été surpris en train de flâner au-dessus des principaux câbles sous-marins au large des côtes irlandaises.

Le navire se trouvait au-dessus d’au moins un câble sous-marin commercial et a été vu zigzaguer dans les mers au nord de Mayo et de Donegal, apparemment à la recherche de plus.

La Force de défense irlandaise et l’OTAN sont en état d’alerte et surveillent la situation, selon Les temps.

Le sous-marin nucléaire lanceur d’engins de classe BoreiCrédit : Getty

Moscou a établi une présence navale régulière dans certaines parties du monde que l’Union soviétique avait pendant la guerre froide. Crédit : Reuters

Les missiles hypersoniques de Poutine menacés alors que des incendies de forêt atteignent une base nucléaire top secrète.

Par Delmary delmar, publié le24 août 2021 à 02h11

Photo en titre : Poutine a dévoilé le sous-marin de Kazan plus tôt cette année. Crédit : Sevmash

https://news-24.fr/vladimir-poutine-ajoute-plus-de-sous-marins-nucleaires-a-larsenal-croissant-de-la-russie-avec-des-missiles-capables-daneantir-les-villes-americaines/

À BURE, UN CAMP FESTIF ET FÉMINISTE CONTRE LE NUCLÉAIRE

Plusieurs centaines de personnes ont participé au week-end antinucléaire organisé par le collectif Les Rayonnantes, près de Bure. En plus de manifestations sur des zones concernées par le projet Cigéo, les participantes se sont appliquées à rattacher la lutte contre le nucléaire et la manière de la vivre aux autres oppressions qui structurent la société.

Gondrecourt-le-Château (Meuse), reportage

Samedi 21 août, lors de la Criée — un moment où sont lus des messages déposés anonymement dans une petite boîte —, proposition avait été faite de confectionner une banderole de soutien aux exilés et exilées afghans et afghanes. Le lendemain, on retrouvait Sam et Mireille, pinceaux à la main et peinture sur les doigts, en train de la réaliser avec application. Un beau résumé du camp antinucléaire des Rayonnantes, en somme : de l’autogestion, de la débrouille et de l’entraide, une envie de réinscrire le nucléaire dans son système « autoritaire » global, et surtout beaucoup de bienveillance pour les « copaines », d’où qu’ils et elles viennent.

Lancé le 16 août et se tenant jusqu’au 26 août, cet événement se voulant « festif et déterminé » est organisé près de Bure par un collectif actif dans la lutte contre le projet d’enfouissement des déchets nucléaires dans ce petit village du sud de la Meuse. Porté depuis plus de vingt ans par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), et combattu depuis autant d’années, ce projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) prévoit pour 2035 l’enfouissement à 500 mètres de profondeur de 85 000 m³ de déchets nucléaires extrêmement dangereux, lesquels resteront radioactifs jusqu’à des centaines de milliers d’années.

Alors que l’Autorité environnementale a rendu il y a quelques mois un avis pointant notamment une prise en charge « pas toujours suffisante » des enjeux environnementaux par l’Andra, laquelle a déposé en août 2020 une demande d’utilité publique pour son projet, les Rayonnantes entendent ainsi montrer que la mobilisation contre Cigéo — et tout ce que ce centre incarne — ne faiblit pas, la population et les élus du coin étant en outre de plus en plus opposés au projet d’après les activistes.

« Ce camp est dans la continuité des oppositions précédentes, avec l’idée de donner une nouvelle fois de l’espoir, et de dire que ce projet complètement fou n’est ni souhaité ni souhaitable, que ce soit au niveau local ou national », résume Charlotte, rencontrée lors d’une conférence de presse organisée à la Maison de la Résistance, à Bure (en raison de la répression policière et judiciaire touchant le mouvement depuis ses prémisses — voir le procès pour “association de malfaiteurs” visant sept activistes antinucléaires ayant eu lieu à Bar-le-Duc en juin —, un protocole strict est mis en place pour les journalistes : port d’un brassard permettant de les identifier, interdiction de prendre des photos sur le camp).

Cantine végane et protocole Covid

C’est le site de l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois qui a été choisi pour accueillir les participants et participantes (entre 500 et 700 personnes étaient attendues durant le week-end du 21 août selon l’organisation, elles étaient 400 la veille). Tout un symbole : si jamais Cigéo voyait enfin le jour, ce lieu acheté il y a quelques années par des opposants et opposantes au projet, situé sur le tracé de la voie ferrée devant être rénovée pour acheminer les déchets nucléaires en train, fait partie des espaces qui pourraient être expropriés par l’Andra. D’où l’opportunité d’investir ce site durant ces dix jours, de nombreux ateliers et conférences étant prévus en sus de moments à partager tous et toutes ensemble — une cantine végane organisée par des militants et militantes antinucléaires venant d’Allemagne, des spectacles, des fêtes. Le passe sanitaire n’est pas demandé pour venir installer sa tente : qualifiant cette mesure de « liberticide », les Rayonnantes ont préféré mettre en place un protocole Covid.

En se promenant à travers le camp, outre les panneaux photovoltaïques produisant l’électricité ou encore des toilettes sèches arborant le message « Free Britney », on peut tomber sur une conférence gesticulée autour du projet Cigéo, aller écouter la compañera Josefa Sanchez Contreras, originaire du peuple indigène Zoque au Mexique, dénoncer le « colonialisme énergétique » à l’œuvre dans son pays à l’occasion d’une discussion organisée par le collectif Stop EDF Mexique… Mais aussi se rendre à la tente info pour proposer de nouveaux ateliers sur un grand panneau ne cessant d’évoluer, aller se documenter dans le kiosque installé à cet effet ou encore bénéficier d’espaces en mixité choisie pour les personnes racisées et/ou MINT (Meufs, intersexes, non-binaires, trans [1]).

Plusieurs cortèges ont été bloqués et gazés par les gendarmes. © Amélie Quentel/Reporterre

C’est qu’au-delà du nucléaire, l’idée de ce camp à prix libre est de réfléchir au système « autoritaire » qui le sous-tend et l’alimente, et surtout que tout le monde se sente bien : partout sont disposés des écriteaux rappelant l’importance du consentement, un numéro d’écoute ainsi qu’un protocole en cas d’agression ont été mis en place. L’intention des organisateurs et organisatrices — qui ont conscience du fait que ce camp a été monté essentiellement par des personnes blanches, valides et non issues de milieux précaires (mais, en revanche, « en bonne partie par des personnes trans, non-binaires et meufs cis ») — est ainsi résumée dans le livret d’accueil : « En nous attaquant au nucléaire, il ne s’agit pas seulement de mener une lutte écolo anticapitaliste mais aussi de s’attaquer à tous les systèmes d’oppression qui y sont liés : racisme, colonialisme, cishétéronormativité, classisme, validisme, spécisme (pour ne citer qu’eux). »

Cet aspect plaît beaucoup à une membre du réseau de l’Internationale boulangère mobilisée (IBM), rencontrée sur le camp en pleine préparation de pain — « Je mets le levain au four et j’arrive ! » Tout en buvant son thé, elle nous explique « être très contente d’être là » : « Même s’il faut souligner que le camp est plutôt homogène en termes de classe et d’âge, ici, beaucoup de codes sont déconstruits. Ça fait plaisir de voir des mecs se faire des câlins et porter des jupes et de voir des meufs se réapproprier plein de choses. » Et d’ajouter : « Ce camp est très inspirant : il montre qu’on peut trouver des solutions en dépensant très peu, en consommant très peu, tout en prenant soin les un·es les autres. Il donne envie de construire d’autres choses, de faire autre chose de notre rapport aux autres. »

La maison de la résistance à Bure. © Amélie Quentel/Reporterre

Samedi 21 août, des manifestations étaient organisées en parallèle du camp, les Rayonnantes ayant répondu à un appel paru initialement sur Indymedia Nantes. Quatre cortèges — le bleu, le doré, le vert et le violet — se sont élancés en fin de matinée dans les alentours de Bure, le cortège bleu, consistant en une marche festive, étant notamment investi par des habitants et habitantes opposés à Cigéo. Au moment où l’un des cortèges taguait un dépôt de l’Andra, à Gondrecourt, après avoir fait tomber les barrières entourant le lieu, une personne de l’équipe médic a été interpellée par les forces de police, et était toujours en garde à vue dimanche 22 août. Les cortèges violet et vert ont quant à eux été bloqués et gazés par les gendarmes, forçant les manifestants et manifestantes à faire une bonne partie du chemin retour à pied — l’occasion d’admirer les vaches vivant dans le coin mais aussi l’hélicoptère de la gendarmerie tournant de façon incessante dans le ciel.

Le soir, une grande fête était organisée en extérieur : stroboscopes, boule à facettes, techno et tutti quanti. Mirabelle [2], étudiante marseillaise de 18 ans, était ravie d’être présente : « À la base, je suis venue ici pour la manif, je ne connaissais pas bien la lutte de Bure. Mais je me suis renseignée, et j’ai appris plein de choses, c’est très intéressant. » Elle trouve « super bien » le côté festif de l’événement : « Par exemple, au moment où on se parle, je découvre un nouveau style musical, quelque chose que je n’aurais pas découvert dans mon quotidien normal. » La piste de danse se remplit peu à peu, un feu d’artifice est tiré dans le ciel. Malgré la pluie qui s’invite à la teuf, danseurs et danseuses gardent leurs pieds bien vissés au sol — tout le monde rayonne.

Par Amélie Quentel (Reporterre), publié le 24 août 2021 à 09h30, mis à jour le 24 août 2021 à 10h02

https://reporterre.net/A-Bure-un-camp-festif-et-feministe-contre-le-nucleaire?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Reporterre est géré par une association d’intérêt général, à but non lucratif. Nous pensons qu’un média doit informer, et non être un outil d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre accès, sans aucune restriction. Nous considérons que l’information est un bien public, nécessaire à la compréhension du monde et de ses enjeux. Son accès ne doit pas être conditionné par les ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation, elle-même encouragée par la publicité. Le journal n’affiche donc strictement aucune publicité. Cela garantit l’absence de lien financier avec des entreprises, et renforce d’autant plus l’indépendance de la rédaction.

En résumé, Reporterre est un exemple rare dans le paysage médiatique : totalement indépendant, à but non lucratif, en accès libre, et sans publicité.
Le journal emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produisent chaque jour des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Nous faisons cela car nous pensons que la publication d’informations fiables, transparentes et accessibles à tous sur ces questions est une partie de la solution.

Vous comprenez donc pourquoi nous sollicitons votre soutien. Des dizaines de milliers de personnes viennent chaque jour s’informer sur Reporterre, et de plus en plus de lecteurs comme vous soutiennent le journal. Les dons de nos lecteurs représentent plus de 97% de nos ressources. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, le journal sera renforcé. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

NUCLÉAIRE : DÉBUTÉ EN 2005, LE CALVAIRE DE L’EPR FINLANDAIS JOUE LES PROLONGATIONS

L’EPR finlandais n’entrera commercialement en service qu’en juin 2022 et non en mars 2022. Au total, le chantier accumule plus d’une décennie de retard. Alors que les deux autres chantiers d’EPR menés en Europe collectionnent également déboires et surcoûts, un EPR chinois a récemment été mis à l’arrêt. Seul un réacteur de ce type est désormais en service dans le monde. Malgré ces déconvenues à répétition, EDF espère vendre de nouveaux EPR, notamment en Inde et en Pologne, qui misent sur cette électricité décarbonée pour améliorer leur bilan climatique.

Énième coup dur pour la technologie EPR, le réacteur nucléaire de troisième génération développé par la filière française. Vendredi 20 août, l’électricien finlandais TVO a annoncé que la mise en service de l’EPR en construction en Finlande par le consortium Areva-Siemens avait été de nouveau repoussée de trois mois. Fin juillet, TVO avait déjà annoncé un report d’un mois.

La cause de ces nouveaux ajournements ? La révision d’une turbine. « Lors du travail d’inspection de la turbine, le fournisseur [le consortium Areva-Siemens, ndlr] a décidé d’étendre la révision à l’ensemble des trois turbines à basse pression afin d’y réaliser de nouvelles inspections », a expliqué le finlandais TVO dans un communiqué de presse.

Le démarrage du réacteur est désormais attendu pour janvier 2022, avec une production d’électricité régulière, c’est-à-dire une mise en service commerciale, prévue pour début juin 2022. Elle était attendue en mars 2022.

Plus d’une décennie de retard et des fiascos à répétition

Ces quelques mois de reports apparaissent presque anecdotiques, tant le chantier, initié en 2005, a accumulé du retard. Plus d’une décennie au total, puisque le réacteur finlandais, le premier au monde à être entré en construction, devait initialement débuter sa production en 2009 à la centrale d’Olkiluoto.

Le calvaire devrait toutefois bientôt toucher à sa fin car, en mars dernier, le réacteur a été chargé en combustible nucléaire, prélude à sa mise en service. Mais le gigantesque fiasco du chantier finlandais est loin d’être isolé. Actuellement, trois autres EPR sont en construction dans le monde. L’EPR de Flamanville (Normandie) ne devrait être mis en service qu’à la fin 2022, au plus tôt. Son chantier, initié par EDF en 2007, cumule également les retards et les surcoûts, notamment en raison de soudures mal réalisées au niveau des cuves du réacteur.

Les deux autres EPR en construction se situent à la centrale d’Hinkley Point en Angleterre. Le premier réacteur britannique est prévu en juin 2026 au lieu de fin 2025, comme annoncé initialement. Les coûts du projet ont également été revus à la hausse : entre 22 et 23 milliards de livres désormais, contre 21,5-22,5 milliards auparavant. Il reste par ailleurs toujours un « risque » de retard de 15 et 9 mois sur les deux réacteurs, qui se traduirait par un nouveau surcoût.

Seule une centrale EPR, composée de deux réacteurs, était actuellement en production dans le monde : la centrale de Taishan en Chine. Mais l’exploitant chinois TNPJVC (détenu à 70% par le chinois CGN et à 30% par EDF) a récemment été contraint de mettre à l’arrêt le réacteur numéro 1, plusieurs semaines après la révélation d’un problème d’étanchéité au niveau de la gaine de quelques crayons combustibles.

EDF en opération séduction

Ce problème rencontré sur la centrale chinoise, et dévoilé par la chaîne américaine CNN, n’a cessé d’alimenter les critiques à l’égard de la technologie EPR. « Si un défaut de conception du réacteur ou du combustible était à l’origine de l’incident sur l’EPR de Taishan, cela compromettrait les quatre projets d’EPR européens », a déclaré Greenpeace, l’ONG hostile au nucléaire, alors que la récente mise à l’arrêt du réacteur chinois doit permettre de comprendre l’origine de la dégradation.

Lancée en 1992, la technologie EPR a été développée par EDF, avec le français Areva et l’allemand Siemens. EDF a ensuite pris le contrôle de cette activité lors de la réorganisation de la filière nucléaire française orchestrée par l’État. Cet European pressurized water reactor repose sur la technologie des réacteurs à eau sous pression, la technologie la plus utilisée dans le monde. Présenté comme plus sûr, ce réacteur est aussi doté d’une puissance beaucoup plus importante puisqu’elle atteint 1650 mégawattheures.

Malgré ces multiples déboires, EDF espère vendre de nouveaux EPR en Europe et dans le monde en pariant sur la volonté de plusieurs pays de décarboner leur production d’électricité pour lutter contre le dérèglement climatique.

L’EPR pour lutter contre le réchauffement climatique ?

L’électricien français espère ainsi commercialiser pas moins de 6 réacteurs de troisième génération pour le gigantesque projet nucléaire de Jaitapur en Inde, qui devrait être « la centrale la plus puissante du monde ». En avril dernier, plus de dix ans après les premiers pourparlers, l’entreprise tricolore a en effet annoncé avoir remis une « offre technico-commerciale engageante française ».

Au cours de l’été, EDF a également officialisé l’ouverture d’un nouveau bureau à Varsovie, en Pologne. Objectif : « préparer l’offre d’EDF pour quatre à six réacteurs destinés au marché polonais », précise l’électricien dans un communiqué de presse.

EDF, dont le vaste projet de réforme devant lui permettre d’accélérer ses investissements a été mis en suspens, est également entrée en négociations pour vendre deux EPR supplémentaires au Royaume-Uni.

Quid du marché français ? Le gouvernement reste prudent et la décision de commander, ou non, de nouveaux EPR pour l’Hexagone ne sera prise qu’au prochain mandat puisqu’elle n’interviendra qu’après la mise en service de l’EPR de Flamanville. (voir NDLR ci-dessous)

Par Juliette Raynal, publié le 23 août 2021

Photo en titre : Le consortium Areva-Siemens veut procéder à la révision des trois turbines de l’EPR de la centrale nucléaire d’Olkiluoto, en Finlande, dont le chantier, initié en 2005, a accumulé plus d’une décennie de retard. (Crédits : TVO)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-debute-en-2005-le-calvaire-de-l-epr-finlandais-joue-les-prolongations-890984.html

NDLR : la décision de construire de nouveaux EPR en France est prise depuis longtemps. Pour le vérifier, lisez l’article publié le 28 janvier 2021 par CAPITAL (TITRE : EDF passe commande à Framatome pour des EPR… avant le feu vert de l’État !). Mais pour ne pas perdre de précieuses voix (celles des nombreux opposants à cette folie), Macron essaie de faire croire qu’aucune décision n’est encore prise. Cela s’appelle « prendre les français pour des imbéciles ! »

LES ÉMISSAIRES NUCLÉAIRES DE SÉOUL ET WASHINGTON DISCUTENT DE L’AIDE HUMANITAIRE AU NORD

SÉOUL, 23 août (Yonhap) — La Corée du Sud et les États-Unis ont discuté ce lundi de l’aide humanitaire à la Corée du Nord, a fait savoir l’envoyé spécial américain pour la Corée du Nord, Sung Kim, après un entretien avec son homologue à Séoul dans un contexte de tensions accrues face à la protestation de Pyongyang contre l’exercice militaire entre les deux alliés.

L’émissaire a également déclaré que les États-Unis n’avaient pas d’intention hostile à l’égard du Nord, soulignant que l’entraînement militaire en cours est de nature «purement défensive» tout en renouvelant son offre de «rencontrer mes homologues nord-coréens n’importe où, n’importe quand».

Ses discussions avec l’envoyé nucléaire en chef de Séoul, Noh Kyu-duk, ont eu lieu dans un contexte de tensions renouvelées, alors que le royaume ermite a fustigé à plusieurs reprises les entraînements conjoints Corée du Sud-États-Unis, les qualifiant d’«expression la plus frappante de la politique hostile des États-Unis» à son encontre et mettant en garde contre une «grave crise de sécurité».

«Nous avons discuté d’une éventuelle aide humanitaire à la RPDC», a déclaré Kim à la presse. «J’ai réaffirmé le soutien des États-Unis au dialogue et à l’engagement intercoréens comme stipulé par la déclaration conjointe de nos deux dirigeants en mai, et je continuerai d’apporter notre soutien aux projets de coopération humanitaire intercoréenne

La RPDC est le sigle du nom officiel du Nord, la République populaire démocratique de Corée.

Les deux parties ont discuté de divers domaines de coopération humanitaire avec le Nord, notamment les soins de santé, la quarantaine contre les maladies infectieuses, l’eau potable et l’hygiène, selon Noh.

«Nous avons également discuté du soutien humanitaire au Nord par le biais d’organisations internationales et d’organisations non gouvernementales», a précisé Noh.

L’émissaire américain a aussi répété que la manœuvre alliée était de caractère purement défensif et a exhorté Pyongyang à revenir à la table du dialogue.

«Les exercices militaires combinés USA-ROK en cours sont de longue date, de routine et de nature purement défensive et soutiennent la sécurité de nos deux pays», a-t-il affirmé, faisant référence au sigle anglais du nom officiel du Sud, la république de Corée.

«Je continue d’être prêt à rencontrer mes homologues nord-coréens n’importe où, n’importe quand», a-t-il ajouté.

Le message de conciliation de Kim à l’intention du Nord est intervenu alors que Pyongyang pourrait utiliser l’exercice militaire comme prétexte pour commettre des actes de provocation à un moment où l’establishment de la politique étrangère américaine est préoccupé par les conséquences de sa sortie chaotique d’Afghanistan.

L’envoyé américain a également mis en avant l’engagement de l’Amérique en matière de sécurité envers le Sud, apparemment conscient des doutes quant à la crédibilité de son engagement, qui ont émergé après le retrait des troupes de Washington du pays déchiré par la guerre.

«Je ne peux pas dire mieux que le président Biden lui-même en qualifiant de sacré l’engagement des États-Unis en faveur de la défense de la république de Corée», a assuré Kim.

Plus tard dans la journée, Kim a rencontré Igor Morgoulov, qui est également l’envoyé nucléaire en chef de la Russie. Kim devrait appeler la Russie à appliquer pleinement les sanctions anti-Pyongyang et à coopérer pour la reprise des pourparlers nucléaires avec le Nord.

Kim et Morgoulov sont tous deux arrivés à Séoul samedi.

Le mois dernier, un optimisme prudent a émergé quant à la coopération intercoréenne, alors que les deux Corées ont réactivé leurs lignes de communication, environ 13 mois après que le Nord les a coupées pour manifester son mécontentement contre des militants envoyant des tracts anti-Pyongyang à travers la frontière intercoréenne.

Mais les liens transfrontaliers se sont de nouveau refroidis, alors que le Nord a violemment critiqué les entraînements conjoints Corée du Sud-États-Unis.

Les pourparlers nucléaires entre Washington et Pyongyang sont dans l’impasse depuis que le sommet de Hanoï entre le président américain de l’époque, Donald Trump, et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un s’est terminé sans accord en 2019.

Par as26@yna.co.kr, publié le 23.08.2021 à 16h01

Photo en titre : Le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Sung Kim, s’exprime lors d’entretiens avec son homologue sud-coréen, Noh Kyu-duk, dans un hôtel de Séoul, le 23 août 2021. (Pool photo)

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20210823002600884?section=news

LA CHINE TESTE AVEC SUCCÈS UN NOUVEAU TYPE DE MISSILE

L’armée chinoise a mené des exercices de tirs avec un nouveau prototype de missile conventionnel à courte portée. Et ce alors que la tension entre Pékin et Washington ne cesse de monter, concernant notamment Taïwan.

Alors que les États-Unis ont récemment fait part de leurs inquiétudes quant au développement de l’arsenal nucléaire chinois, Pékin continue de tester de nouvelles armes. La dernière en date est un missile conventionnel de précision, à courte portée, possédant un nouveau type d’ogive, rapporte la chaîne CCTV.

Deux prototypes ont été tirés dans une région désertique du nord-ouest chinois. Les missiles sont venus à bout d’un système de brouillage électromagnétique et de conditions environnementales difficiles pour toucher leur cible, à quelques centaines de kilomètres.

Aucune précision n’a encore été donnée sur les caractéristiques du missile. Mais cette nouvelle variante semble appartenir à la catégorie des Dong-Feng 15, principaux missiles chinois à courte portée, développés dans les années 1990, relate le Global Times. Si le corps du missile utilise des technologies connues, l’ogive pourrait offrir quelques nouveautés, notamment en termes de système de guidage et de système antibrouillage, a déclaré au quotidien chinois Song Zhongping, un expert militaire chinois.

Tensions autour de Taïwan

Les observateurs pensent que ce nouveau modèle d’ogive peut jouer un rôle dans la crise taïwanaise qui oppose Pékin à Washington. Ce 17 août, l’Armée populaire de libération (APL) avait encore procédé à des exercices d’assaut au large de l’île, avec plusieurs navires, des avions de chasse et des avions anti-sous-marins.

Côté américain, les passages répétés de destroyers dans le détroit de Taïwan ne favorisent guère la désescalade. Sept manœuvres de ce genre ont déjà eu lieu depuis la prise de fonctions de Joe Biden. La dernière, fin juillet.

Le différend s’est encore envenimé avec les récentes prises de positions de Tokyo, qui a évoqué une potentielle aide militaire commune avec Washington, si la Chine en venait à occuper Taïwan. Le Japon se dit principalement préoccupé pour l’île d’Okinawa, située à quelques encablures des côtes taïwanaises.

Au-delà du cas de Taïwan, les États-Unis ont également fait part de leurs inquiétudes à propos de l’arsenal nucléaire chinois, en constant développement. Près de 120 silos seraient en construction dans l’ouest du pays, pour accueillir des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM), rapportait récemment le Washington Post.

En juin, la Chine avait par ailleurs une nouvelle fois testé ses missiles DF-26, baptisés «tueur de porte-avions». D’une portée de 4.000 kilomètres, ces derniers peuvent être utilisés pour mener des attaques conventionnelles ou nucléaires contre des cibles terrestres et navales.

Par Florent Zephir, publié le 21 août 2021 à 22h29, mis à jour le 22 août 2021 à 08h00

Photo en titre : © Sputnik . Anton Denissov

https://fr.sputniknews.com/asie_pacifique/202108211046032667-la-chine-teste-avec-succes-un-nouveau-type-de-missile—photos/

LE DÉBAT DÉMOCRATIQUE PAR TEMPS DE PASSE SANITAIRE

Quand l’accès aux réunions publiques est conditionné au passe sanitaire, le débat démocratique peut-il être serein ?

Aujourd’hui en 2021, la question de la transition énergétique nous invite à réfléchir. Tempêtes, inondations, canicules, feux de forêt, personne est à l’abri d’une catastrophe naturelle. Qui peut aujourd’hui dire que le dérèglement climatique, la pollution et l’état de notre environnement ne le concerne pas ?

Et pourtant nombreux sont ceux qui ne se sentent pas légitimes lorsqu’il s’agit de s’exprimer ! 

Voilà plus de trois semaines que nous sillonnons villes et campagnes afin de débattre du nucléaire et de la transition énergétique, que nous discutons avec les uns sur le pas de leurs portes, avec les autres sur l’allée du marché du jour. Certains ont des avis arrêtés, mais beaucoup sont prêts à discuter, à écouter, à échanger. L’importance est de confronter ce qui a pu être entendu ici et là, comprendre les différents arguments, puis se faire un avis. 

Les soirs, nous avons tenu des conférences sur des sujets spécialisés afin de monter en compétence sur des thèmes allant de la pollution des énergies renouvelables à la sur-consommation de numérique en passant par la résilience du nucléaire, la fusion ou l’hydrogène.

Le débat démocratique doit se faire, il est indispensable et la transition énergétique ne pourra avoir lieu que si le citoyen se sent concerné par la question, qu’il s’investit dans cette transition. 

Néanmoins ce débat démocratique est freiné. Vous me direz qu’il l’est comme toute autre activité aujourd’hui. Le passe sanitaire impose une difficulté supplémentaire, et cela pour quatre raisons.

Tout d’abord, certains ne sont potentiellement pas prêts à décliner leur identité pour participer à une réunion dont le thème reste politique, même si c’est au sens noble. D’autre part, ceux qui ne souhaitent pas montrer leur passe sanitaire, même s’ils sont pour certains vaccinés, comptent parmi ceux qui ont de fortes opinions. Leur choix de ne pas participer pose la question de l’exclusion d’un segment de la société qui n’est pas insignifiant. De plus, il est à noter que certains souhaiteraient se faire tester, vacciner, mais ne parviennent pas de bonne foi à le faire (par exemple, parce que les pharmacies en capacité de délivrer un certificat en 20 minutes ne sont pas en nombre suffisant).

Enfin, le clivage autour du passe sanitaire est réel. Il est important que l’attention qu’on lui porte ne permette pas l’adoption d’autres mesures qui en d’autres temps nous alerteraient tous, comme celle par exemple de renvoyer en Allemagne des déchets de haute activité.

Tous les jours, au sein de la Grande Marche, nous vivons le débat démocratique à l’échelle du citoyen. Avec une abstention continuellement en hausse, et record depuis l’apparition du COVID, le citoyen se désengage du vote. Il est de fait essentiel que les réunions à dimension politique restent exemptes du passe sanitaire jusqu’à 49 personnes afin que le citoyen reprenne le contact avec la chose publique sur des sujets qui le concernent comme celui ici de la transition énergétique.

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

Par Béatrice Hovnanian, publié le 22 août 2021 ()Blog : Le blog de Béatrice Hovnanian

Photo en titre : La Grande Marche de La Hague à Paris pour un débat sur le nucléaire et la transition énergétique

https://blogs.mediapart.fr/beatrice-hovnanian/blog/210821/le-debat-democratique-par-temps-de-passe-sanitaire

LE CHEF DE LA DIPLOMATIE S’ENTRETIENT AVEC L’ENVOYÉ NUCLÉAIRE AMÉRICAIN POUR LA REPRISE DU PROCESSUS DE PAIX

SÉOUL, 22 août (Yonhap) — Le ministre des Affaires étrangères Chung Eui-yong s’est entretenu ce dimanche avec le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Sung Kim, afin de discuter des moyens de reprendre plus rapidement le processus de paix sur la péninsule coréenne, a fait savoir le ministère.

Arrivé hier en Corée du Sud, Kim prévoit demain de tenir des entretiens bilatéraux avec le principal représentant nucléaire de Séoul, Noh Kyu-duk, afin de discuter des récents développements dans la région, y compris la réaction du Nord contre les exercices militaires conjoints, ainsi que les moyens de relancer le dialogue avec Pyongyang et les soutiens humanitaires en Corée du Nord.

Kim rencontrera ensuite le vice-ministre russe des Affaires étrangères Igor Morgulov, qui est arrivé samedi dans la capitale sud-coréenne.

Le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Sung Kim, s’adresse aux médias à son arrivée à l’aéroport international d’Incheon, à l’ouest de Séoul, le 21 août 2021.

Par eloise@yna.co.kr, publié le 22 août 2021 à 15h55

Photo en titre: Le représentant spécial des États-Unis pour la Corée du Nord, Sung Kim. (Department of State)

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20210822001000884

LE DERNIER RAPPORT SUR L’ACTIVITÉ NUCLÉAIRE DE L’IRAN SOULIGNE LA NÉCESSITÉ D’UNE STRATÉGIE DE FERMETÉ

L’Agence internationale de l’énergie atomique a confirmé mardi que le régime iranien avait considérablement augmenté ses stocks d’uranium métal enrichi au cours des derniers mois. La production de cette substance est un élément clé du processus de développement d’armes nucléaires, comme l’ont affirmé les signataires européens de l’accord nucléaire iranien de 2015 en réponse à l’annonce initiale de l’Iran que les travaux pertinents avaient commencé.

Les déclarations de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Allemagne et de l’Union européenne ont rejeté l’affirmation du régime iranien selon laquelle l’uranium métal était destiné à des usages civils, dont il n’y en a effectivement pas. Mais le ton de ces déclarations était évidemment insuffisant pour amener Téhéran à remettre en question sa stratégie, et encore moins à arrêter la production d’uranium métal.

Un précédent rapport de l’AIEA indiquait que l’Iran n’avait enrichi que 3,6 grammes d’uranium métal jusqu’au niveau de 20 % en février. Maintenant, ce stock est apparemment passé à 200 grammes, tandis que les stocks d’uranium brut enrichi ont également continué à augmenter. En juin, la quantité d’uranium que l’Iran avait enrichi à un niveau quelconque était plus de 16 fois supérieure à la quantité autorisée aux termes du Plan d’action global commun. L’accord nucléaire à sept parties a également interdit au pays de dépasser 3,67 % de pureté fissile, mais l’Iran a violé cette restriction très peu de temps après que les États-Unis se sont retirés de l’accord en 2018, puis a commencé à augmenter systématiquement la limite supérieure de son enrichissement.

Le dernier rapport de l’AIEA note que l’installation nucléaire de Natanz exploite désormais deux cascades de centrifugeuses avancées afin d’enrichir l’uranium à 60 %. L’une de ces cascades fonctionne déjà depuis l’année dernière et aurait produit au moins 2,4 kg de matériau en juin. Le mois suivant, le président sortant Hassan Rohani s’est vanté dans les médias d’État de la capacité supposée du régime à augmenter encore plus son plafond d’enrichissement, à 90 % d’enrichissement considéré comme suffisant pour la production d’une ogive nucléaire. Les experts disent que ce niveau n’est qu’à une courte distance technique des 60 % que Téhéran a déjà atteints.

Rohani a déclaré à propos de l’enrichissement à 90 pour cent : « Nous n’avons aucun problème et nous sommes capables ». Publiquement, le régime a longtemps insisté sur le fait que ses activités nucléaires ne sont destinées qu’à un usage civil, mais des fissures sont apparues dans ce récit bien avant que les dernières avancées n’attirent les critiques des experts pour ne pas avoir un tel usage.

En février, le ministre du Renseignement de l’époque, Mahmoud Alavi, a publié une déclaration dans laquelle il a confirmé la fausseté des récits communs utilisés pour défendre le régime iranien contre les accusations selon lesquelles il aspire à devenir un État doté de l’arme nucléaire. Alavi a cité une fatwa du guide suprême du régime, Ali Khamenei, qui interdit soi-disant à l’Iran d’acquérir des armes nucléaires, mais a ensuite reconnu que le régime pourrait facilement révoquer ou violer cet édit s’il choisissait de le faire. Si le régime réussissait sa percée nucléaire, a-t-il conclu, « ceux qui ont poussé l’Iran dans cette direction seraient à blâmer ».

Le ministre iranien du Renseignement Mahmoud Alavi : « l’Iran n’a pas l’intention de se doter d’armes nucléaires »

Le but de telles remarques est tout à fait évident. En blâmant les adversaires occidentaux pour le propre comportement de Téhéran, ils visent à faire chanter la communauté internationale pour qu’elle accorde au régime de vastes concessions dans l’espoir d’acheter son respect des restrictions nucléaires, plutôt que d’insister d’abord sur ces restrictions et de pénaliser le régime lorsqu’il ne respecte pas les règles.

Malheureusement, cette stratégie s’est avérée quelque peu efficace dans le passé, le JCPOA s’étant imposé comme un excellent exemple. Dans ce cas, Téhéran a obtenu un allégement de grande envergure des sanctions économiques en échange de la promesse de limitations de son programme nucléaire qui étaient en grande partie auto-appliquées. Bien qu’une grande partie de ce soulagement se soit avéré de courte durée lorsque l’administration Trump a retiré les États-Unis de l’accord, cela a néanmoins contribué à renforcer une attente d’impunité qui guide toujours le comportement de Téhéran à ce jour.

En même temps que les installations iraniennes augmentaient leur niveau d’enrichissement et de production d’uranium métal, le régime était de moins en moins conforme à un processus de négociation international qui vise à rétablir le JCPOA. Six séries de discussions sur ce sujet ont eu lieu à Vienne depuis février, avec peu de progrès. Maintenant, les plans pour un autre tour sont au point mort au milieu de la transition présidentielle en Iran.

Les pouvoirs publics tracent une voie pour traiter avec l’administration Raisi à la suite des dernières violations nucléaires de Téhéran, ils devront examiner attentivement s’il y a une réelle valeur à essayer de renouer avec un gouvernement qui envisage très probablement d’étendre sa campagne de menaces et tentative de chantage.

S’ils décident de poursuivre les négociations et d’offrir des concessions malgré l’intransigeance du régime, ils finiront certainement par envoyer le message que son hypothèse d’impunité est correcte. Pire encore, ils donneront très probablement l’impression que Téhéran a réussi à terroriser la communauté internationale à l’idée d’une éruption nucléaire imminente.

C’est une sagesse commune dans les affaires internationales que les décideurs ne devraient pas négocier avec les terroristes. Lorsqu’un côté de la négociation a l’intention d’instiller la peur, l’autre côté abandonne une énorme quantité d’influence simplement en tendant la main sous la contrainte.

Lors de la négociation, une position de force exige que l’on affirme d’abord cette force de manière concluante avant d’entamer des pourparlers selon leurs propres conditions. Dans la situation actuelle, les signataires occidentaux du JCPOA peuvent le faire en imposant des sanctions sévères au régime iranien, en termes de sanctions économiques et d’isolement diplomatique pour chaque escalade successive de ses activités nucléaires.

Si les États-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Union européenne adoptent ce genre de stratégie, ils ont d’abord beaucoup de retard à rattraper. Le régime iranien bafoue le JCPOA depuis deux ans et demi et loin de le pénaliser, les nations européennes sont restées ouvertement engagées à préserver l’allégement des sanctions, allant même jusqu’à mettre en place des mécanismes destinés à faciliter l’évasion des sanctions américaines. Les conséquences de cette stratégie sont évidentes et elles placent l’Iran beaucoup plus près d’une arme nucléaire qu’elle ne l’a jamais été auparavant.

Il n’y a peut-être pas de meilleure opportunité pour un changement dans cette stratégie que le changement d’administration à Téhéran. Depuis son investiture le 5 août, Raïssi a renforcé ses propres références intransigeantes en nommant des ministres du cabinet qui comprennent des officiers du Corps des gardiens de la révolution islamique et des personnes faisant l’objet de sanctions ou de mandats d’Interpol pour leur implication passée dans le terrorisme et les violations des droits humains. Ce serait la chose la plus naturelle au monde pour les puissances occidentales d’adopter une position plus affirmée face à un tel groupe de criminels. Pourtant, il n’y a eu aucun signe de changement jusqu’à présent. Les opposants au régime iranien doivent maintenant se demander, que faudra-t-il de plus pour que l’Occident affronte Téhéran avec la force appropriée ?

Par Alejo Vidal Quadras, publié le 21 août 2021

NOTE : Alejo Vidal-Quadras, professeur de physique atomique et nucléaire, a été vice-président du Parlement européen de 1999 à 2014. Il est président du Comité international en quête de justice (ISJ)

https://www.ncr-iran.org/fr/actualites/nuclre/le-dernier-rapport-sur-lactivite-nucleaire-de-liran-souligne-la-necessite-dune-strategie-de-fermete/

MEUSE : PRÈS DE BURE, UNE MARCHE DES ANTINUCLÉAIRES CONTRE LE PROJET D’ENFOUISSEMENT

Contre le projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure, près 300 militants et citoyens ont marché entre Horville-en-Ornois et Gondrecourt (Meuse),

Près de 300 personnes vêtues de tenues de protection blanches et de masques jaunes et noirs. La marche des antinucléaires a débuté peu avant 11h ce samedi 21 août 2021, près de Bure (Meuse) et du projet de site d’enfouissement de déchets nucléaires de Cigéo.

À l’appel du Cedra, ils sont partis de Horville-en-Ornois, direction Gondrecourt-le-Château, dans une ambiance bon enfant. Au rythme de slogans chantés, les manifestants avancent sur quelques pas de danse. « Résistance et sabotage, l’Andra… dégage ! » En tête de cortège, le message est clair : « Déter[miné] et solidaire contre l’État nucléaire » peut-on lire sur une large banderole.

Une partie du cortège a suivi le trajet qui serait emprunté par la voie ferrée. C’est par là que devront arriver les convois de déchets radioactifs. « C’était une manière de rendre plus visible ce trajet« , explique Charlotte, du collectif Cedra. À Gondrecourt-le-Château, le dépôt de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) a été tagué et orné de quelques slogans antinucléaires.

La manifestation se tient à un moment clef. « L’objectif est de remobiliser la lutte contre Cigéo, les mois qui viennent sont cruciaux« , résume Charlotte. La demande de déclaration d’utilité publique (DUP) du projet Cigéo, faite auprès des élus, fait l’objet d’une enquête publique. « Si la DUP est acceptée, les travaux pourraient commencer prochainement ».

Les manifestants s’opposent à la déclaration d’utilité publique du projet Cigéo. • © Jean-François Didier. France Télévisions.

Un camp et des ateliers

Non loin de là, à l’ancienne gare de Luméville-en-Ornois, se tient les Rayonnantes, un camp consacré à la lutte antinucléaire. Du 16 au 26 août, le collectif organise de nombreux ateliers sur ce terrain privé, acheté par des anti-Cigéo, sur lequel l’Andra veut faire passer une voie ferrée permettant d’acheminer les déchets nucléaires vers le projet de site d’enfouissement.

« Le programme du camp est pensé pour apprendre les uns des autres. Nous parlerons d’écologie décoloniale, d’énergies, de validisme, de luttes queer et féministes ! Il est également prévu une série d’ateliers, de chantiers et de moments particuliers sur l’accaparement des terres par le nucléaire et les luttes paysannes« , explique le communiqué des Rayonnantes.

Avec ces actions, le collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs entend montrer que la mobilisation contre le projet Cigéo ne faiblit pas.

Publié le 21/08/2021 à 17h05, mis à jour le 21/08/2021 à 20h28

Photo en titre : Près de 300 personnes ont manifesté samedi 21 août 2021 contre le nucléaire et le projet d’enfouissement de déchets de Bure (Meuse). • © Jean-François Didier. France Télévisions.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/meuse/meuse-pres-de-bure-une-marche-des-antinucleaires-contre-le-projet-d-enfouissement-2220394.html

NDLR : je suppose que l’idée était de mettre le mot « abracadabrantesque » qui veut dire invraisemblable !

GRANDE MARCHE CONTRE LE NUCLÉAIRE. UN FILM FRANCO-JAPONAIS A L’AFFICHE À VERNON

Judith Cahen et Masayasu Eguchi, un couple de cinéastes récemment installé à Vernon, présente leur film « Le cœur du conflit » samedi 21 août au cinéma de Vernon (Eure). Un film qui interroge sur l’avenir, le désir d’enfant, dans un monde en plein bouleversement. Il est présenté dans le cadre de la Grande marche pour un débat sur le nucléaire et la transition énergétique.

Depuis quand êtes-vous installés à Vernon ?

Comme beaucoup de gens, on a mal vécu le confinement à Paris. Nous sommes arrivés ici en janvier 2021. Masayasu connaît bien Giverny pour y avoir tourné de nombreuses images pour la télévision japonaise. Il a voulu me faire découvrir ce lieu et j’ai eu le coup de foudre pour ces paysages. Pour le moment, on est encore entre deux mondes, à Paris pour le travail, et à Vernon le reste du temps.

Quelle a été la genèse de ce film ?

Ce film coïncide avec notre rencontre. On s’est connus en 2013, Masayasu venait de réaliser un documentaire sur la décontamination de Fukushima. Nous avons écrit le scénario à quatre mains. Une histoire d’amour entre une Française et un Japonais librement inspirée de Hiroshima mon amour d’Alain Resnais. Ce film interroge sur le désir d’enfant, l’inquiétude de l’avenir dans un contexte environnemental qui nous préoccupe tous. C’est un questionnement philosophique qui mêle réel et imaginaire. Il se nourrit aussi d’une part d’intime, d’autobiographie car le jour de la catastrophe de Fukushima, c’est aussi celui où le père de Masu nous a quittés. Comment trouver l’équilibre lorsque l’on vit à la fois un deuil personnel et un deuil collectif ?

Quels sont vos univers réciproques ?

Masa a beaucoup voyagé. Il est cinéaste, acteur, réalisateur. Il a monté une comédie musicale dans son pays au Japon. Il a monté sa société de production à Paris. Il réalise beaucoup de longs-métrages documentaires. En ce moment, il travaille sur un documentaire qui relate la fin de vie d’une femme japonaise atteinte d’un cancer du sein qui rencontre un violoncelliste français. On découvre comment la musique leur permet de communiquer. Pour ma part, à l’image du réalisateur Nanni Moretti, j’aime l’autofiction. J’utilise dans mes films un personnage récurrent, Anne Buridan. J’utilise aussi beaucoup le burlesque.

Ce qu’il faut savoir sur la Grande Marche 

La Grande marche s’arrête à Vernon La Grande marche pour un débat sur le nucléaire et la transition énergétique a quitté La Hague le 24 juillet et arrivera à Paris le 25 août, après un périple à travers la Normandie à la rencontre des habitants lors de moments de convivialité et de débats. « L’objet de la marche 2021 est d’inciter les politiques, avant l’élection présidentielle de 2022, d’aller au-delà des objectifs français de 50 % de renouvelable d’ici 2035. Les enjeux sont d’autant plus importants qu’aujourd’hui se prennent les décisions pour renouveler le parc des anciens réacteurs nucléaires, ce qui revient à engager la France pour les 80 prochaines années sur un nouveau programme de construction de réacteurs nucléaires. Il est donc plus qu’urgent que la décision politique soit prise de s’orienter vers 100 % d’énergies renouvelables en France et l’arrêt du nucléaire. Cette transition énergétique partant d’un modèle principalement basé sur le nucléaire vers un modèle 100 % basé sur des énergies renouvelables est possible et peut être planifié dans le temps, et cela sans retourner à l’âge de pierre et à la bougie ! », expliquent les organisateurs. La Grande marche s’arrêtera à Alizay, Louviers et Vernon entre le 19 et le 21 août.

Par Fabienne Marie, publié le 21 Août 21 à 12h04  (Le Démocrate Vernonnais)

Photo en titre : ©Le Démocrate vernonnais

Pour retrouver cet article et la vidéo de présentation du film (1mn41s), cliquer sur: https://actu.fr/normandie/vernon_27681/grande-marche-contre-le-nucleaire-un-film-franco-japonais-a-l-affiche-a-vernon_44293102.html

NARBONNE : ACTION SURPRISE DE SORTIR DU NUCLÉAIRE 11 CONTRE ORANO

Plus d’une centaine de personnes se sont réunies en centre-ville de Narbonne pour manifester contre l’usine Orano Malvési. Le réseau Sortir du nucléaire 11 dénonce notamment deux récents projets mis en place « sans aucune étude d’impact préalable ».

« Narbonne cité nucléaire, 60 ans d’uranium, Malvési ça suffit », peut-on lire sur une immense banderole recouvrant le parvis de l’Hotel-de-Ville. Le collectif SDN11 (sortir du nucléaire Aude) a rassemblé plus de 150 personnes en centre-ville pour dénoncer les 62 ans de présence de l’usine de Malvési de transformation d’uranium. « On en est à quasiment un million de mètres cubes de déchets nitratés et radioactifs sur l’usine à seulement 2,5 km du centre-ville« , selon un membre du réseau. 

« Malvési tout près d’ici, une bombe en sursis »

La manifestation festive a débuté par de nombreux chants connus, mais revisités pour l’occasion. Il était notamment possible d’entendre : « Malvési tout près d’ici, une bombe en sursis ». Ensuite, Joel Montagnac, membre du réseau SDN11 a pris la parole : « On se mobilise pour dénoncer la pollution de cette usine et surtout contre les nouveaux projets menés sur l’usine : le TDN Thor, censé éliminer les déchets radioactifs, mais aussi contre NVH (Nouvelle voie humide, NDLR) qui est une unité de production de dioxyde d’uranium qui a été installée sur l’usine sans aucune étude d’impact préalable. »

L’usine Orano Malvési est en charge de la première phase de conversion consistant à purifier le minerai d’uranium naturel. Selon le collectif, l’usine « traite le quart de l’uranium mondial, c’est donc le premier maillon de la chaîne du combustible. » De plus, le collectif souligne : « Malvési, en occitan signifie mauvais voisin. Ce n’est pas anodin. Orano n’a pas choisi le meilleur lieu-dit pour implanter son usine. »

Publié le 20/08/2021 à 19:13 , mis à jour à 19:25

https://www.lindependant.fr/2021/08/20/narbonne-action-surprise-de-sortir-du-nucleaire-11contre-orano-9742627.php

SAINT-LAURENT-DES-EAUX : LA CENTRALE SOUS LE FEU DES CRITIQUES

Plusieurs élus de gauche dont Marc Gricourt, Claude Gruffat et Charles Fournier dénoncent une « situation alarmante » après plusieurs incidents.

Plusieurs incidents et arrêts automatiques survenus ces derniers mois à la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux ont entraîné une mise en garde de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui a pointé « un manque de rigueur de l’exploitant dans la prise en compte du retour expérience » (lire la NR du 13 août).

Cette mise en garde de l’ASN motive un communiqué commun de plusieurs élus de gauche du Loir-et-Cher auquel se joint le réseau Sortir du nucléaire (1). On retrouve notamment parmi les signataires Marc Gricourt, maire de Blois et premier vice-président de la région Centre-Val de Loire, ainsi que les écologistes Charles Fournier, également vice-président de la région, et Claude Gruffat, député européen.

« Le manque de rigueur à la centrale met en danger les populations locales », estiment-ils, en observant que « l’erreur humaine a contribué pour tout ou partie aux précédents accidents nucléaires. » Ils s’inquiètent des conséquences pour les populations d’un accident à Saint-Laurent qui surviendrait « avec une émission radioactive grave ».

La critique porte aussi sur la gestion du personnel par EDF. Les signataires s’interrogent sur la compatibilité du « plan de rigueur » mis en œuvre par l’exploitant pour remédier à ces problèmes avec « le recours à des sous-traitants et des intérimaires pour effectuer des tâches de plus en plus exposées ».
Le communiqué évoque les risques liés au dérèglement climatique (sécheresses, inondations) de nature à perturber le fonctionnement de la centrale. « Chaque incident à la centrale nous rappelle la fragilité de cette industrie, présentée à tort comme propre et sûre », assènent les signataires. Et ils demandent que la Commission locale d’information (CLI) présidée par le conseiller départemental de la majorité, Pascal Huguet, « œuvre sur la correction du plan de rigueur de l’exploitant et sur les mesures de protection des populations qui ne sont pas incluses dans le périmètre des 20 km du Plan particulier d’intervention. »

La conclusion du texte est aussi un message politique : « Plutôt qu’enfoncer notre territoire dans une technologie coûteuse et dangereuse comme le nucléaire, préparons l’avenir et aidons les entreprises à amorcer la transformation vers les énergies renouvelables plus pourvoyeuses d’emplois et dont les impacts sont beaucoup plus faibles. »

(1) Les signataires : Yann Laffont, membre de la CLI (Commission locale d’information) de la centrale de saint Laurent Nouan.et délégué a l’énergie de la ville de Blois ; Marc Gricourt, maire de Blois et 1er VP de la région Centre ; Hélène Menou, adjointe en charge de l’agenda 2030 à Blois ; Nicolas Orgelet, vice-président d’Agglopolys en charge de l’énergie ; Hanan el Adraoui, conseillère départementale ; Claude Gruffat, député européen ; Francois Thiollet, trésorier national et responsable du projet national EELV ; Charles Fournier, vice-président de la région Centre-Val de Loire en charge de l’énergie ; Didier Narbaru, Sortir du nucléaire

Publié le 21/08/2021 à 06h25

Photo en titre : La centrale a connu plusieurs arrêts automatiques. © (Archives NR)

https://www.lanouvellerepublique.fr/loir-et-cher/commune/saint-laurent-nouan/saint-laurent-la-centrale-sous-le-feu-des-critiquesMots

UNE ROSE DE L’ESPOIR NOMMÉE SETSUKO THURLOW

En cette année d’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, une nouvelle variété de roses sera introduite en Espagne. Il s’agit de la rose Setsuko Thurlow, une rose de l’espoir, qui sera plantée dans une importante roseraie de Madrid, ornée d’une plaque portant le nom de «Setsuko Thurlow», lors de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, le 26 septembre 2021.

Cette rose a été cultivée par Matilde Ferrer Sena, créatrice de roses de renommée mondiale et présidente de la Société Espagnole de la Rose. Matilde décrit la rose Setsuko Thurlow comme une «belle rose multicolore, à l’aspect délicat mais résistante. Elle garde ses feuilles tout au long de l’année».

En découvrant l’existence de cette variété de roses, Setsuko a écrit une lettre de remerciement à Matilde.

Chère Matilde,

Je suis ravie et reconnaissante d’apprendre que mes amis en Espagne souhaitent me rendre hommage avec une nouvelle variété de roses portant mon nom et qui a été créée et cultivée par vous-même. Quel plaisir et quel honneur inattendus pour moi ! L’amour et le respect que je porte depuis longtemps au peuple espagnol et à sa richesse culturelle seront désormais profondément et définitivement renforcés grâce à cette magnifique rose «Setsuko Thurlow».

Je n’étais qu’une collégienne de 13 ans lorsque j’ai vu ma ville natale Hiroshima aveuglée par la lueur, écrasée par l’explosion violente semblable à un ouragan, brûlée par une chaleur de 4 000 degrés Celsius et contaminée par les radiations d’une bombe atomique. Un matin d’été ensoleillé s’est transformé en un crépuscule sombre, avec de la fumée et des débris s’élevant dans le nuage atomique. J’ai vu une masse de figures grotesques et fantomatiques, sanglantes, brûlées, noircies et gonflées, avec des morceaux de peau et de chair pendus à leurs os. Ma bien-aimée Hiroshima a disparu de la surface de la terre, avec environ 300 000 hommes, femmes et enfants tués instantanément par la bombe qui, au fil du temps, a fait d’autres victimes parmi les survivants en raison des effets continus des radiations, après plus de soixante-dix ans !

Au lendemain du massacre atomique, la rumeur s’est répandue qu’aucune herbe, plante ou fleur ne pousserait sur les terres touchées par les radiations pendant 75 ans. Mais au printemps suivant, les lauriers-roses ont fleuri, remplissant les gens de joie et de gratitude car nous avons réalisé que nos vies allaient continuer. Les merveilleuses fleurs blanches et roses des lauriers-roses ont redonné humanité et espoir aux habitants et à la ville d’Hiroshima.

Après sept décennies d’activisme déterminé de la part de certains États progressistes non dotés d’armes nucléaires et de citoyens du monde entier partageant les mêmes idées, nous avons obtenu l’adoption historique du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires à l’Organisation des Nations Unies en 2017 ainsi que son entrée en vigueur en janvier 2021. Les armes nucléaires sont désormais illégales en vertu du droit international. Le peuple espagnol restera dans mes pensées et mes prières pour qu’il continue à se battre jusqu’à ce que l’Espagne signe et ratifie le Traité rejoignant ainsi la communauté mondiale pour atteindre notre objectif ultime : l’élimination totale des armes nucléaires.

Les armes nucléaires mettent tout et tous ceux que nous aimons en péril. Toutes les belles choses, comme cette superbe variété de roses, sont menacées par l’existence des armes nucléaires. Puisse cette belle fleur s’épanouir dans un avenir où les armes nucléaires seront enfin éradiquées de notre chère et précieuse planète.

Matilde, votre générosité renforce mon rêve et mon aspiration à un monde nouveau, libéré des armes nucléaires et fondé sur les principes de paix et de justice pour tous les peuples. Je vous exprime ma sincère reconnaissance, du plus profond de mon cœur, pour votre bienveillance. «

Bien à vous,

Setsuko Thurlow

Discours de Setsuko Thurlow lors de la remise du Prix Nobel de la paix 2017 à l’ICAN (Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires). Photo : Jo Straube

Nous adressons nos plus sincères remerciements à Matilde Ferrer pour sa magnifique création, à Belén Yuste et Sonnia Rivas-Caballero, les co-organisatrices de l’exposition «Femmes Nobel» qui ont présenté à Matilde l’idée d’une rose pour Setsuko, ainsi qu’au Dr. Carlos Umaña, représentant de l’ICAN et co-président de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) pour avoir fait venir Setsuko en Espagne en février 2020.

En ce 76° anniversaire du bombardement atomique d’Hiroshima et de Nagasaki, et en cette année d’entrée en vigueur du traité, nous rendons hommage à la vie et à l’héritage de Setsuko Thurlow, à son action et à son plaidoyer sans relâche en faveur d’un monde dénucléarisé !

Publié le 20.08.21 à Madrid (Redacción España )

Photo en titre : Φωτογραφία Matilde Ferrer

https://www.pressenza.com/fr/2021/08/une-rose-de-lespoir-nommee-setsuko-thurlow/

NUCLÉAIRE: NOUVEAU RETARD DE TROIS MOIS POUR L’EPR FINLANDAIS

La mise en service du réacteur nucléaire EPR en construction par le consortium Areva-Siemens en Finlande a de nouveau été repousée de trois mois, en raison d’une révision de la turbine, a annoncé vendredi son exploitant, le groupe finlandais TVO. Le démarrage du réacteur OL3 est désormais attendu en janvier 2022, suivi par une première production d’électricité en février et enfin une production régulière en juin, indique TVO dans un communiqué.

À lire aussi : Au Royaume-Uni, la géopolitique rattrape les projets nucléaires franco-chinois

La production régulière d’électricité était jusqu’à présent prévue pour mars 2022, selon le précédent calendrier communiqué fin juillet à l’occasion d’un nouveau retard. «Lors du travail d’inspection de la turbine, le fournisseur a décidé d’étendre la révision à l’ensemble des trois turbines à basse pression afin d’y réaliser de nouvelles inspections», a expliqué TVO vendredi.

Dans le calendrier initial, l’EPR finlandais devait être mis en service en 2009 à la centrale d’Olkiluoto (sud-ouest), mais le chantier lancé en 2005 a connu des retards et surcoûts considérables. Avec une puissance de 1.650 mégawatts, l’EPR doit fournir près de 15% de l’électricité finlandaise.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 20 août 2021

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/nucleaire-nouveau-retard-de-trois-mois-pour-l-epr-finlandais-20210820