NUCLÉAIRE IRANIEN: UN DEUXIÈME SITE SUSPECT INSPECTÉ PAR L’AIEA

VIENNE (Reuters) – L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) annonce mercredi avoir procédé à l’inspection du deuxième site iranien qui aurait pu abriter des activités nucléaires secrètes, comme convenu le mois dernier avec Téhéran.

« Dans le cadre d’un accord conclu avec l’Iran pour résoudre les problèmes de mise en œuvre des garanties spécifiés par l’AIEA, l’Agence a eu cette semaine un accès complémentaire au deuxième site du pays et a prélevé des échantillons environnementaux« , dit-elle dans un communiqué.

Le premier des deux sites suspects avait été inspecté début septembre.

Les services de renseignement américains et israéliens, tout comme l’AIEA, pensent que l’Iran a cherché à se doter de l’arme atomique mais qu’il a interrompu le programme en 2003 de peur qu’il ne soit découvert.

Les deux sites que l’AIEA a été autorisée à inspecter pourraient avoir fait partie de ce programme.

(François Murphy, version française Jean-Philippe Lefief)

Par Reuters, publié le 30/09/2020 à 11h06

Photo en titre : Le drapeau de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) flotte devant son siège à Vienne L’AIEA annonce mercredi avoir procédé à l’inspection du deuxième site iranien qui aurait pu abriter des activités nucléaires secrètes, comme convenu le mois dernier avec Téhéran. /Photo d’archives/REUTERS/Leonhard Foeger

LEONHARD FOEGER

https://www.challenges.fr/monde/nucleaire-iranien-un-deuxieme-site-suspect-inspecte-par-l-aiea_729595

INTIMIDATIONS, ARRESTATIONS… LES ÉCOLOGISTES BIÉLORUSSES RÉPRIMÉS PAR LE POUVOIR

Le lancement de la première centrale nucléaire du pays pour 2021 et la pollution des usines suscitent une vive inquiétude chez les écologistes biélorusses. Mais la priorité demeure la situation politique : les activistes environnementaux, réprimés par le pouvoir, sont largement investis dans l’opposition au président contesté Alexandre Loukachenko.

Minsk (Biélorussie), reportage

« Ne les croyez jamais. Vous avez le droit de ne pas ouvrir la porte s’ils n’ont pas de mandat de perquisition. Exigez la présence d’un avocat ! » dit Irina Soukhiy, la « grand-mère » du mouvement écologiste de Biélorussie. Elle entend ainsi prévenir ceux « qui n’ont pas encore eu de visite à domicile ». Elle-même a subi cette « visite » début septembre. Quatre hommes cagoulés et un, la tête découverte, l’ont amenée au poste de police « pour une conversation ». Dans les faits, « personne ne m’a parlé, raconte Irina, membre du conseil de l’ONG Ecohome et porte-parole du parti des Verts biélorusse. On m’a tout de suite mis le visage contre le mur et les bras derrière le dos. » Son appartement a été perquisitionné et elle est restée en prison pendant cinq jours. Le motif ? Sa participation, le 29 août dernier, à une manifestation contre le lancement de la première centrale nucléaire dans le pays. Elle portait une pancarte.

Ce qui est arrivé à Irina est banal. Plus exactement, cela est devenu banal après le 9 août, jour de l’élection présidentielle. Selon la version officielle, Alexandre Loukachenko, qui détient le pouvoir de ce pays de 9,5 millions d’habitants depuis 1994, a obtenu plus de 80 % des voix. Il s’agit de son sixième mandat. Selon la version des protestataires, qui descendent dans la rue tous les jours depuis l’élection, le vote a été falsifié et c’est une autre candidate, Svetlana Tikhanovskaïa, qui l’a remportée. Comme l’Union européenne, la coalition d’ONG écologiques Réseau vert a déclaré en septembre qu’elle ne reconnaissait pas les résultats de l’élection présidentielle.

Minsk, le 16 août 2020.

Pour les opposants à Loukachenko, ce dernier est un dictateur, responsable de violences, de blessures et de meurtres de manifestants pacifiques. Des personnes arrêtées auraient été torturées, violées, comme cela est documenté dans les rapports de l’ONU et de Human rights watch. Plus de 10.000 personnes ont été « abusivement arrêtées », estime Anaïs Marin, rapporteuse spéciale de l’ONU sur les droits de l’Homme en Biélorussie. Elle a fait état de plus de 500 signalements d’actes de torture.

Les Biélorusses n’ont pas oublié l’explosion à la centrale de Tchernobyl

« À l’heure qu’il est, l’activité principale de notre ONG n’est pas beaucoup soutenue par la société alors que l’abattage des forêts continue et que des industries polluantes n’ont pas disparu », dit Irina. Le lancement de la première centrale nucléaire du pays, à Ostrovets, à quarante kilomètres de la capitale lituanienne, est prévu pour 2021. Les Biélorusses n’ont pas oublié l’explosion à la centrale de Tchernobyl, qui a durablement contaminé leur pays [1]. Mais la société civile est focalisée sur la situation politique, tout comme les activistes et les membres des ONG écologiques. Avant l’élection, ils ont souvent participé aux réunions de plusieurs candidats à la présidence et ont été des observateurs indépendants lors du vote. Aujourd’hui, ils aident les défenseurs des droits humains, participent à des marches de femmes — celle du 19 septembre, à Minsk, a rassemblé 2.000 femmes, plusieurs centaines d’entre elles ont été arrêtées — et traduisent des informations fiables pour leurs partenaires occidentaux.

Irina Soukhiy (à droite), à une manifestation contre la centrale nucléaire, fin août.

« L’un de nos gars a été arrêté pendant une action et il est resté six jours en détention »

La pression du pouvoir s’applique à tous les niveaux, y compris à celui des initiatives locales, apolitiques. Par exemple, le 13 septembre, un dimanche, un résident de la ville de Gomel organisait un nettoyage autour d’un lac. Quelques jours plus tard, il était arrêté et détenu pendant trois jours. La pression concerne également ceux qui, avant les élections, ont activement participé aux activités écologistes — les ONG disent ne pas recevoir de menaces directes. Le 9 août, le coordinateur d’une inspection écologique indépendante, Denis Touchinski, a été arrêté en tant qu’observateur, dans un bureau de vote. Le 27 août, on a arrêté, chez elle, Svetlana Korol, créatrice du mouvement cycliste de Gomel et membre du Conseil de coordination de Biélorussie. Le 23 septembre, c’était le tour du membre du conseil du Réseau vert, Leonid Platonenko. Et la liste est loin d’être exhaustive.

« L’un de nos gars a été arrêté pendant une action et il est resté six jours en détention, explique le président de l’ONG Le temps de la Terre, Grigori Terentiev. Personnellement, j’ai subi des pressions de la part du KGB [le service de renseignements biélorusse a gardé le nom soviétique] — récemment, on m’a contacté et invité à une rencontre, via Viber [un logiciel de communication], pour discuter, et cela ne me plaît pas. J’ai déjà eu une rencontre au KGB il y a quatre ans. Des agents surveillent les activistes, et je dirige une ONG. Alors, cette fois, j’ai refusé d’y aller et j’ai demandé à ce qu’on m’envoie un courrier officiel. »

Des agents ont tenté d’arrêter deux membres d’Ecohome chez eux, mais ne les ont pas trouvés. Au sein de l’organisation, on pense que le KGB essaie d’intimider des militantes. « Ce sont des tentatives visant à trouver les organisatrices des marches de femmes. Mais ces organisatrices n’existent pas, tout est décentralisé », raconte la membre du conseil d’Ecohome, Irina Soukhiy.

Des fleurs en souvenir de la première personne qui a péri lors des manifestations. Le 16 août 2020, Minsk.

La Société de cyclistes de Minsk ne se considère, elle, pas menacée. « Il n’y a pas de menace directe contre nous. Et nous ne recevons pas de financement local ou étranger que l’État pourrait bloquer », dit le président Evgueni Khoroujiy.

Les financements représentent un problème à part. Il est très difficile de les obtenir que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger. En juin, la publication d’un arrêté a compliqué encore davantage l’enregistrement de l’aide financière pour des projets qui ne sont pas réalisés par l’État. De surcroît, les autorités ont commencé à manifester un intérêt inhabituel pour des financements obtenus dans le passé. L’une des structures du ministère de l’Intérieur réclame aux ONG des documents relatifs à leur financement « pour des besoins de service ».

L’État intimide les ONG pour montrer qu’elles sont « sous contrôle du ministère »

Selon la directrice de l’ONG Lawtrend — spécialisée dans l’aide légale — Olga Smolianko, la pression et l’intimidation caractérisent la politique d’État à l’égard des ONG et des activistes. « Des lettres réclamant des documents financiers sont un moyen de démontrer que les ONG et leur financement se trouvent sous contrôle du ministère », affirme la défenseure des droits humains. Elle raconte que Lawtrend a reçu dernièrement près de trente demandes de consultation de la part d’ONG de différentes orientations. « L’État parle d’un renforcement du contrôle sur l’aide financière étrangère et établit un lien entre certains bénéficiaires d’une telle aide et l’organisation et le financement des protestations. Ces réclamations sont un facteur d’intimidation des ONG », affirme Smolianko.

Lizaveta Chalaï, directrice d’une ONG soumise à un contrôle financier accru.

Minsk urban platform fut parmi les ONG soumises à un contrôle financier accru. Au moment du contrôle, quatre activistes étaient déjà partis à Kiev, en Ukraine, et deux autres s’apprêtent à partir. Soit le départ de la moitié du noyau de l’organisation. « Sont partis surtout ceux qui pouvaient être menacés à Minsk, mais aussi ceux qui se sentaient moralement abattus et angoissés », raconte Lizaveta Chalaï, directrice et coordinatrice de projets de la plateforme. « Dans un État de droit, le contrôle de pièces comptables ne peut être perçu comme une menace, mais la Biélorussie se trouve dans une situation de faillite morale », précise-t-elle. Le groupe continue son travail et réfléchit à la façon de rendre ses projets encore plus actuels. L’équipe espère « rentrer au pays et y continuer son travail. Nous partons pour rester en liberté ».

« La perspective la plus effroyable, c’est l’instauration d’une dictature militaire »

« Si le régime de Loukachenko n’est pas aboli, toutes les ONG indépendantes seront fermées ou confrontées à des problèmes graves. Et la perspective la plus effroyable, c’est l’instauration d’une dictature militaire », dit l’écologiste Irina Soukhiy. Cependant, selon le directeur du Centre de transformation européenne et membre du conseil du Réseau vert, Andrei Egorov, une révolution démocratique est en marche. Début septembre, il a été arrêté pendant une manifestation à Minsk et il est resté dix jours derrière les barreaux. « Des masses de gens provenant de tous les groupes sociaux, des citadins et des villageois, soutiennent le mouvement. Partout au Bélarus », dit Egorov.

Place centrale de Minsk avant une manifestation. Août 2020.

Selon le politologue, deux revendications émergent : le rétablissement des instituts de droit et des enquêtes concernant les violences policières ; et un fonctionnement normal des institutions démocratiques, avec, entre autres, l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle. L’agenda écologique ne figure pas parmi ces exigences, mais il apparaîtra si la révolution a lieu. « Il y aura alors la possibilité de réaliser des aspirations particulières qui, dans le passé, n’étaient pas au premier plan », explique le politologue. La lutte contre la centrale nucléaire par exemple, ou contre les usines polluantes, comme celle de batteries à Brest.

« La tâche prioritaire aujourd’hui, c’est le transfert du pouvoir. Mais on ne peut pas dire que l’agenda vert n’est pas d’actualité. Des communautés locales sont en plein essor, ce qui correspond à l’un des fondements de l’idéologie verte », dit Anastasia Dorofeïeva, secrétaire internationale du parti biélorusse des Verts. « Les Verts ont des solutions qui peuvent aider à traverser plus facilement la crise lors du changement du système économique et politique : l’économie de partage, l’énergie verte durable, le développement des liens économiques au niveau des localités, l’autogestion communautaire… Si nous introduisons ces principes au niveau des communautés locales, nous pourrons transformer la Biélorussie en un pays qui donnera au monde entier l’exemple de relations économiques et politiques nouvelles. »

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Par Hanna Valynec (Reporterre), publié le 30 septembre 2020

https://reporterre.net/Intimidations-arrestations-Les-ecologistes-bielorusses-reprimes-par-le-pouvoir

EN ALLEMAGNE, LA QUESTION DES DÉCHETS RADIOACTIFS REFAIT SURFACE

Même si l’Allemagne s’est engagée à fermer ses dernières centrales nucléaires en 2022, elle croule comme la France sous le poids de ses déchets radioactifs. Elle en compte plus de 27.000 m3 et a opté pour un stockage en couche géologique profonde.

Lundi 28 septembre 2020, la société fédérale en charge de la gestion des déchets (BGE) a rendu public un rapport intermédiaire qui identifie les futurs sites propices à l’enfouissement des déchets radioactifs. 90 territoires ont été sélectionnés, et selon elle, 54 % de la superficie du pays est adapté à l’hébergement d’un site de stockage de ce type.

Ce rapport est la première étape d’un long processus. Le lieu sera définitivement choisi en 2031 en vue d’un stockage effectif en 2050. Mais la bataille politique, elle, a déjà commencé. La Bavière a vivement critiqué le rapport qui rend deux tiers du Land éligible à l’accueil de déchets nucléaires. Elle refuse qu’un site de stockage soit construit sur son territoire.

Derrière les questions techniques relatives à la qualité des différents sols se posent aussi des enjeux liés à l’acceptabilité sociale des populations. Le site historique de Gorleben, au nord du pays, identifié depuis les années 1970 pour accueillir les déchets a finalement été retiré de la liste. Sur place, la pression est forte. Les manifestations n’ont cessé de s’enchaîner dans ce petit village de 700 habitants pour contester l’enfouissement des déchets radioactifs. Localement, l’obstination des antinucléaires a payé.

Source : Reporterre

Publié le 29 septembre 2020

Photo : Centrale nucléaire. Illustration. Pixabay

https://reporterre.net/En-Allemagne-la-question-des-dechets-radioactifs-refait-surface

LYON SORT LES GRIFFES CONTRE LES ARMES NUCLÉAIRES !

La ville de Lyon a décidé de signer l’Appel des Villes de ICAN ce 26 septembre, lors de la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires de l’ONU, pour affirmer son engagement en faveur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires et de la sécurité humaine.

De gauche à droite : Maxence Gallice, militante de ICAN France ; Jean-Marie Collin, co-porte-parole de ICAN France ; Sonia Zdorovtzoff, adjointe au Maire de Lyon ; Patrice Bouveret, directeur de l’Observatoire des armements – © Muriel Chaulet.

Sonia Sdorovtzoff, adjointe déléguée aux Relations et coopérations internationales, a signé cet Appel au nom du maire de Lyon, Grégory Doucet :  » Cette signature est une nouvelle manifestation de l’engagement de notre ville à œuvrer en faveur de la sécurité des populations, partout dans le monde, c’est aussi une belle manière de saluer l’utilité du multilatéralisme et le 75ème anniversaire de l’Organisation des nations unies ».

Béatrice Delorme, maire de Saint-Germain-au-Mont-d’Or (Rhône) et Laetitia Sanchez, maire de Saint-Pierre-du-Vauvray (Eure), en ce mois de septembre 2020, se sont joints aussi aux 26 maires — dont Anne Hidalgo (Paris) et Éric Piolle (Grenoble) — qui ont déjà signé l’Appel des villes.

Actualité : TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

Six, cinq, quatre…, oui le compte à rebours comme nous vous l’avions annoncé dans notre dernière lettre avance… vers le chiffre des « 50 » ratifications pour assurer l’entrée en vigueur du Traité.

Ce 30 Septembre, la Malaisie est devenue le 46ème État à devenir un État partie au TIAN. Ce pays a toujours été un fervent acteur du désarmement nucléaire. Lors de la cérémonie le ministre des Affaires étrangères a indiqué que « l’impact politique et juridique de ce traité orientera la communauté internationale collectivement vers l’élimination des armes nucléaires ».

Le 21 Septembre Malte est devenu le troisième État de l’Union Européenne (avec l’Irlande et l’Autriche) à s’inscrire dans cette démarche historique. Une ratification réalisée le jour anniversaire de son indépendance.

Publié le 30 septembre 2020

https://webmail1j.orange.fr/webmail/fr_FR/read.html?FOLDER=SF_INBOX&IDMSG=63407&check=&SORTBY=1

STOPPER LE NUCLÉAIRE : DEMANDE D’INTERVENTION URGENTE À MADAME LA MINISTRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE

Madame la Ministre,

À l’occasion de votre prise de fonctions vous avez rappelé publiquement votre opposition au nucléaire(1).

Vous avez bien raison de vous opposer à cette industrie militaro-civile destructrice du vivant et incompatible avec la démocratie. Cette industrie est inacceptable pour des dirigeants politiques soucieux de l’intérêt général, pour les populations qui sont exposées à ses méfaits et à ses menaces, pour les nombreuses générations qui auront à prendre en charge les déchets radioactifs qui l’accompagnent et les drames humains, sanitaires et économiques qu’elle a engendrés et qu’elle va continuer à produire si nous ne l’arrêtons pas.

Mais prendre position ne suffit pas, il vous faut prendre sans attendre des décisions qui vont dans le sens de votre opposition pleinement justifiée.

Vous en avez la possibilité immédiate pour plusieurs dossiers traités « par-dessus la jambe » par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) à la demande d’EDF.

Et pour cela je souhaiterais attirer votre attention sur deux décisions du 29 juillet 2020 publiées le 2 août 2020(2) par l’ASN pour permettre à EDF de mettre en service l’Iceda.

Ces décisions sont symptomatiques des pratiques de l’industrie nucléaire (l’ASN en faisant partie intégrante) et préfigurent malheureusement deux autres décisions du même acabit actuellement « dans les tuyaux » : celle concernant la mise en service partielle de l’EPR de Flamanville et celle de la déclaration d’utilité publique de Cigéo.

L’Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés (Iceda) est construite à 35 km du centre de Lyon, dans l’Ain, sur le site nucléaire du Bugey(3). Elle a fait l’objet de plusieurs recours juridiques, contre le décret d’autorisation de création, contre le permis de construire, contre la modification du Plan Local d’Urbanisme qui empêchait sa construction. Certains de ces recours ont été victorieux, mais au final le Conseil d’État, en tordant le droit de manière incompréhensible, en a annulé tous les effets(4).

L’autorisation de mise en exploitation a été accordée dans l’urgence à EDF par l’ASN :

  • alors que le délai de mise en service prévu par le décret d’autorisation de création était dépassé ;
  • sur la base d’un dossier bâclé avec de graves lacunes relatives aux règles de sûreté et de sécurité ;
  • après un simulacre de consultation du public organisé sans publicité et sans informations compréhensibles par tous ;
  • malgré des contributions à la consultation du public toutes défavorables à la décision d’autorisation d’exploitation(5) ;
  • et sans doute sans que vous ayez été correctement informée des conditions de réalisation et d’exploitation prévues pour cette installation alors que vous êtes chargée de l’exécution du décret qui en a autorisé la création.

L’ASN indique par exemple, dans sa décision fixant les prescriptions relatives à l’exploitation, qu’aucun seuil ni moyen de détection de radioactivité n’est prévu sur l’installation pour permettre de détecter une anomalie et de déclencher les mesures adaptées à la situation. Et elle remet à plus tard, c’est-à-dire après la mise en service, la correction de ce grave défaut. Elle se prive ainsi de tout moyen de pression lui permettant de faire respecter les règles de sûreté.

EDF et l’ASN négligent en outre la possibilité d’une submersion du site nucléaire du Bugey, et de l’Iceda, situés au bord du Rhône, en zone inondable, à quelques dizaines de kilomètres en amont de l’agglomération lyonnaise, de son million d’habitants et du champ de captage pour l’alimentation en eau potable de celle-ci. Or cette submersion est possible, notamment en cas de rupture d’un des barrages situés en amont sur le Rhône ou sur l’Ain (par exemple celui de Vouglans dont vous connaissez sans doute les fragilités).

Mais même avec un dossier qui serait conforme aux exigences de sûreté, fixées par l’industrie nucléaire elle-même, cette installation ne doit pas être autorisée. En effet, son fonctionnement va conduire à diffuser dans l’environnement de la radioactivité issue des déchets de démantèlement des réacteurs définitivement arrêtés, s’ils arrivent un jour à l’Iceda, mais surtout des déchets d’exploitation des réacteurs nucléaires en fonctionnement (en particulier les « grappes de contrôle » très radioactives issues du cœur des réacteurs et stockées actuellement dans les piscines de ceux-ci).

Les rejets de radioactivité dans l’environnement, conséquences du fonctionnement de l’Iceda, vont accroître la contamination de la région autour du site nucléaire du Bugey et provoquer des décès prématurés et des maladies radio-induites supplémentaires.

Quel est d’ailleurs l’objectif de concentrer, sur un seul site de déconfinement, des déchets radioactifs qui doivent arriver à l’Iceda par de nombreux convois ferroviaires et routiers traversant villes et villages, alors qu’ils sont a priori convenablement entreposés et confinés sur leurs sites d’origine ?

Sûrement pas de fournir un exutoire proche et commode aux déchets de démantèlements, des neuf réacteurs nucléaires définitivement arrêtés, opérations tellement longues et difficiles qu’il faudra attendre la fin du siècle pour qu’elles soient réellement dans une phase nécessitant de disposer des installations de conditionnement et de stockage définitif.

En réalité EDF veut désengorger les piscines de refroidissement des « combustibles usés », situées à proximité des réacteurs nucléaires et dans lesquelles est stockée actuellement une partie des déchets d’exploitation (« grappes de contrôle » notamment). Pour EDF, il s’agit de faire de la place pour de nouveaux « combustibles usés » que produiront les réacteurs s’ils continuent à fonctionner, ce qui n’est absolument pas raisonnable et acceptable compte-tenu de l’âge et de l’état de délabrement avancé de la plupart d’entre eux.

C’est dans ce contexte que, malgré les nombreuses anomalies que comporte le dossier et sans doute sous la pression d’EDF, l’ASN a autorisé la mise en service d’une installation dont le décret d’autorisation de création est périmé depuis le 23 avril 2020.

Ce n’est pas acceptable de menacer ainsi la vie et la santé des habitants à qui l’on n’a jamais demandé leur avis sur la construction des installations nucléaires à l’origine des déchets et des contaminations radioactives qui vont avec.

Je vous demande donc, Madame la Ministre, ce que vous comptez faire pour arrêter cette fuite en avant de l’industrie nucléaire française et la prise en otage caractérisée des populations menacées par son fonctionnement.

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de ma détermination à faire stopper le nucléaire auquel vous êtes opposée.

Prénom, nom et signature avec adresse postale

Lettre rendue publique le 29 septembre 2020

Photo en titre: Barbara Pompili à l’Assemblée nationale© IP3 PRESS/MAXPPP – Vincent Isore

VOUS, LECTEURS, êtes invités à envoyer cette lettre à la Ministre en la personnalisant si vous le souhaitez, en ajoutant vos coordonnées personnelles ou celles de l’organisation au nom de laquelle vous souhaitez interpeler la ministre.

Vous pouvez pour cela :

– utiliser le moyen d’envoi qui vous convient le mieux (lettre recommandée avec AR, lettre simple ou mél ou saisie en ligne par copier/coller sur le site du ministère) et les coordonnées de la ministre disponibles sur le lien suivant https://www.ecologie.gouv.fr/contact-mtes

– coupler différentes formes d’envoi (courrier et saisie en ligne sur le site internet du ministère par exemple),

– signer la pétition en ligne que je viens de créer avec le texte de la lettre https://iceda.wesign.it/fr

Vous pouvez aussi faire connaître autour de vous cette action, alerter vos élus, les médias que vous connaissez, etc…

BUDGET 2021 : LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ATTENDRA

Lundi 28 septembre, le gouvernement a présenté son projet de budget pour la France, qui doit notamment donner corps au plan de relance et aux ambitions politiques de l’exécutif macroniste. Ce projet de loi de finance (PLF) 2021 doit aussi incarner, dixit le gouvernement, « l’accélération » de la transition écologique.

Le ministère de Barbara Pompili devrait ainsi profiter d’une augmentation de 800 millions d’euros, et 1,2 milliard de hausse en comptant aussi les sommes affectées au logement — l’an dernier, la transition écologique avait bénéficié d’une hausse similaire, de 830 millions d’euros, soit 2,6 % d’augmentation de son budget..

Mais pour les associations environnementales, c’est une douche froide. Greenpeace a estimé que « ce PLF 2021, reniant les recommandations de la Convention citoyenne pour le climat, est loin de tenir sa promesse de “verdir notre économie” et fait l’impasse sur le débat sur le partage de l’effort fiscal », tandis que le réseau Action climat (Rac) a regretté que « ce projet de loi de finances n’apporte aucune avancée significative sur les chantiers prioritaires de la transition écologique et solidaire ».

Dans le détail, les ONG ont pointé les lacunes écologiques de ce futur budget :

  • « Rien sur la baisse des subventions aux énergies fossiles ».
  • Pas de conditionnalités environnementales ni sociales : « Ce nouveau budget inclut notamment un plan de relance constitué d’une baisse pérenne de 20 milliards d’euros des impôts de production, à laquelle s’ajoutent 16 milliards d’aides aux entreprises, sans conditionnalités environnementales contraignantes », a expliqué Greenpeace.
  • Les financements pour la rénovation des logements privés, le développement des mobilités alternatives à la voiture individuelle ainsi que pour la transformation du monde agricole et les collectivités territoriales « restent bien en-deçà des besoins », selon le Rac.
  • Pas de malus poids pour les véhicules (qui permettrait de pénaliser l’achat de SUV polluants par exemple) ni de taxation des engrais azotés, « deux mesures pourtant proposées par la Conventions citoyenne pour le climat et sur lesquelles Emmanuel Macron s’est engagé à une reprise sans filtre », a observé le Rac.
  • Le nucléaire, la construction de nouvelles infrastructures routières, la 5G, l’agriculture de précision : « tant de technologies qui bloquent ou ralentissent la transition écologique seront soutenues », a dénoncé le réseau écologiste.

Du côté du ministère, on fait valoir « un effort sans précédent » en faveur de la production d’énergies renouvelables, de la prévention des risques naturels (205 millions d’euros, contre 137 millions l’an dernier), des aires protégées et de la biodiversité (35 millions d’euros), ainsi que dans le secteur ferroviaire (+ 170 millions d’euros) ou encore la rénovation thermique des bâtiments. Sauf que ces sommes se combinent avec une baisse de la masse salariale, à travers la perte de quelque 1.000 emplois.

« Le gouvernement cède aux sirènes du Medef au détriment du climat. Dans le même temps, les mesures budgétaires demandées par la Convention citoyenne pour le climat sont pour la plupart balayées d’un revers de main, comme la hausse de l’écotaxe sur les billets d’avion, l’encadrement des dividendes, la suppression des niches fiscales pour les industries fossiles, la taxation des engrais azotés ou encore le critère poids dans le malus automobile.« 
Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Le budget sera discuté et voté par les parlementaires cette automne, avant son adoption définitive d’ici la fin de l’année 2020.

Publié le 28 septembre 2020

Photo : Nick Youngson, CC BY-SA 3.0, The Blue diamond gallery.

https://reporterre.net/Budget-2021-la-transition-ecologique-attendra

NUCLÉAIRE. UN NOUVEL INCIDENT DE NIVEAU 1 À EDF FLAMANVILLE

Depuis le début de l’année 2020 à la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), les incidents de niveau 1 se multiplient. Cette fois, une pompe assurant le refroidissement du circuit primaire a dysfonctionné, le 25 juin 2020. Le site est placé depuis un an sous surveillance renforcée de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Dans un communiqué publié lundi 28 septembre 2020, en soirée, sur son site Internet, EDF déclare un nouvel incident de niveau 1 : « Le 25 juin 2020, l’essai annuel d’une pompe est réalisé. Lors de cet essai, la pompe s’arrête à la suite du déclenchement d’un relais de protection thermique au bout de dix minutes d’utilisation. Ce matériel avait été testé tous les ans de façon satisfaisante, le dernier test satisfaisant datant du 26 juin 2019 ».

Une expertise a été réalisée afin d’identifier l’origine du dysfonctionnement. « Elle a conclu à un sous-dimensionnement du relais thermique par rapport à l’intensité du moteur. Cet écart est lié à une opération de modification réalisée en 1999. Le moteur thermique d’une pompe assurant le refroidissement du circuit primaire en cas de perte totale d’électricité, dans l’état de conduite « arrêt pour intervention », avait été remplacé par un moteur électrique, et le sous-dimensionnement du relais n’avait alors pas été identifié », détaille EDF.

Cet écart n’a eu « aucun impact sur la sûreté des installations. Au regard de l’antériorité de cet événement, la direction du site a décidé de déclarer à l’Autorité de sûreté nucléaire, cet événement au niveau 1 sur l’échelle INES, échelle internationale des événements nucléaires, qui en compte 7 ».

Par Ouest-France, publié le 29/09/2020 à 14h51

Photo en titre : Sur le site nucléaire de Flamanville, les écarts de niveau 1 se succèdent depuis le début de l’année 2020. | ARCHIVES OUEST FRANCE

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/nucleaire-un-nouvel-incident-de-niveau-1-a-edf-flamanville-6993831

L’USINE GEORGES BESSE À PIERRELATTE A POLLUÉ SIGNIFICATIVEMENT LES EAUX SOUTERRAINES… ET ORANO NE SE DONNE PAS LES MOYENS DE DÉPOLLUER ! NOS ASSOCIATIONS DÉPOSENT PLAINTE

Communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“ et des associations Frapna Drôme Nature Environnement, Stop Nucléaire Drôme-Ardèche et Stop Tricastin

En 33 ans de fonctionnement, l’usine Georges Besse d’enrichissement d’uranium de Pierrelatte, arrêtée en 2012, n’a pas seulement produit des dizaines de milliers de tonnes de déchets radioactifs. Elle a également pollué la nappe alluviale sous le site au perchloréthylène [1] et au trichloréthylène [2]. Et Orano Cycle, en charge du site, ne s’est pas vraiment donné les moyens d’endiguer cette pollution, comme le révèle un rapport d’inspection de l’Autorité de sûreté nucléaire d’octobre 2019.

En effet, au vu de l’ampleur des dégâts, une installation spécifique a été mise en place en mars 2014 pour pomper, traiter et réinjecter l’eau de la nappe. Mais elle reposait sur un procédé destiné à empêcher les tuyaux de s’entartrer que l’Autorité de sûreté nucléaire avait refusé de valider car il conduisait à réinjecter de l’eau acidifiée dans la nappe. Plutôt que de chercher une solution alternative, Orano Cycle a laissé fonctionner l’installation telle quelle, si bien qu’elle se colmatait en permanence : en plus de 6 ans, elle a fonctionné moins de 200 jours ! La pollution a donc persisté dans la nappe.

Différentes négligences ont également été relevées sur le site lors de cette inspection : un robinet censé être maintenu fermé retrouvé ouvert, avec la possibilité d’une nouvelle pollution de la nappe ; un risque de déversement des substances chimiques présentes dans l’installation vers un cours d’eau voisin…

Si Orano Cycle, pressée par l’Autorité de sûreté nucléaire, a enfin consenti à remettre en état de fonctionnement les installations de dépollution de la nappe, certains problèmes persistaient encore à l’été 2020 [3].

Si prompte à déployer de beaux discours sur la protection de la planète, Orano Cycle a bien montré, par cette négligence généralisée, le peu de cas qu’elle faisait du traitement de cette pollution des eaux – peut-être parce que cette opération ne lui rapportait rien ?

Afin que cette entreprise – déjà condamnée pour sa gestion calamiteuse des déchets sur une autre installation de Pierrelatte [4] – soit enfin sanctionnée pour cette pollution et que celle-ci soit connue au grand jour, nous déposons aujourd’hui plainte pour neuf infractions à la réglementation nucléaire et pour délit de pollution des eaux.

Retrouvez la plainte

Contacts presse :

Marie Frachisse (juriste, Réseau « Sortir du nucléaire ») – 07 62 58 01 23

Patrick Royannez (Frapna Drôme Nature Environnement) – 06 81 80 48 59

Pour lire les rapports d’inspection, aller sur le site du Réseau (adresse après les notes) :

Notes

[1] Classé parmi les cancérogènes probables, ce solvant se dégrade très lentement. Il est toxique pour le système nerveux et les reins, ainsi que pour les organismes aquatiques.

[2] Classé parmi les cancérogènes, ce solvant est toxique pour le système nerveux.

[3] Comme on l’apprend dans un rapport d’inspection daté d’août 2020, Orano avait minimisé de plusieurs tonnes la quantité de déchets produites par les opérations de détartrage de l’installation ; des bordereaux indiquaient une confusion entre déchets liquides (des effluents acides étant étiquetés comme de l’eau hydrocarburée) ; les opérations de détartrage de l’installation étaient réalisées sur un mode hors assurance qualité ; rien n’était prévu pour les déchets produits par certains équipements ; des déchets nucléaires n’étaient pas étiquetés comme tel…

[4] Orano Cycle a déjà été condamnée en justice début 2020 pour sa gestion des déchets calamiteuse sur son installation TU5, à Pierrelatte, qui traite le nitrate d’uranyle en provenance d’Orano la Hague.

Communiqué du 29 septembre 2020

https://www.sortirdunucleaire.org/L-usine-Georges-Besse-a-Pierrelatte-a-pollue

DUNGENESS, UNE CENTRALE NUCLÉAIRE VIEILLISSANTE ET SENSIBLE FACE À LA CÔTE D’OPALE

Située à cinquante kilomètres de la côte boulonnaise, juste de l’autre côté de la Manche, la centrale nucléaire de Dungeness n’est pas au mieux de sa forme. Ses deux réacteurs ont été mis « hors ligne » en août et septembre 2018 pour des opérations de maintenance. Depuis, de nombreuses anomalies ont été repérées et l’usine n’a pas repris son activité. C’est le premier volet de notre enquête sur cette usine aussi sensible que méconnue.

La centrale nucléaire de Dungeness fait face aux côtes françaises. Située à 50 km de Boulogne-sur-Mer, elle est aussi proche que celle de Gravelines à vol d’oiseau.
Photo archives

Depuis la Côte d’Opale, impossible de l’apercevoir. Posée au ras de la plage, loin des falaises de Douvres qui culminent à plus de 100 mètres de haut, la centrale nucléaire de Dungeness est invisible derrière la ligne d’horizon. C’est peut-être pour cela qu’on en parle si peu de ce côté-ci de la Manche. Pourtant, cette impressionnante usine, mise en service en 1983, génère à elle seule 12 % de la production électrique nucléaire en Grande-Bretagne. En temps normal, du moins.

Car depuis deux ans, les deux réacteurs de Dungeness B (1), d’une capacité totale de 1050 MW, sont en stand-by. Le premier a été mis hors ligne en août 2018, le second un mois plus tard. Cette « coupure légale » ne devait durer que trois mois, le temps pour l’opérateur, le groupe EDF Energy, de mener des inspections de routine et des réparations, comme c’est le cas tous les trois ans. Mais les choses se sont légèrement compliquées.

Des fissures liées à la corrosion

Au fil des contrôles réalisés par les ingénieurs et par les inspecteurs de l’Office de régulation nucléaire (Office for nuclear regulation, ONR), de sérieux défauts sont apparus. « Les inspections effectuées (…) ont révélé que les dispositifs de retenue sismique, les tuyauteries et les réservoirs de stockage associés à plusieurs systèmes assurant une fonction de sécurité se sont avérés corrodés à un niveau inacceptable », notait l’ONR dans son relevé trimestriel des incidents civils, en décembre 2018.

Des fissures ont notamment été détectées sur les canalisations d’eau de refroidissement auxiliaire et sur les soupapes de sûreté de la cuve sous pression du réacteur. Ce qui a valu à Dungeness d’être classé fin 2018 au niveau 2 sur l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, qualifiant un « incident ». « Si les réacteurs avaient fonctionné au moment de cette découverte, cela aurait conduit à l’arrêt des deux réacteurs, ont noté les inspecteurs de l’ONR dans leur rapport du 3ème semestre 2019. Cependant, ils sont actuellement à l’arrêt et les conséquences réelles ont donc été réduites. »

Pas de remise en route avant décembre

Depuis, la remise en route des deux réacteurs ne cesse d’être repoussée. D’abord annoncée pour janvier 2020, elle a ensuite été décalée à juillet. Et aux dernières nouvelles, ça ne sera pas avant décembre. Même si la direction du site assure avoir mené d’importants travaux (lire ci-contre), ces déconvenues posent question quant à l’état général de cette centrale située à cinquante kilomètres de Boulogne-sur-Mer. Et dont la fin de l’exploitation, prévue initialement en 2018, a été repoussée de dix ans par le gouvernement britannique.

Située sur le même site, la centrale nucléaire Dungeness A, mise en service en 1963, est arrivée en fin de vie en 2006. Ses deux réacteurs ont été déconnectés du réseau. De l’autre côté de la Manche, des centrales nucléaires vieillissantes.

Les défauts relevés sur les installations de Dungeness B ces derniers mois témoignent clairement du vieillissement de cette centrale nucléaire, en service depuis 37 ans. Ils posent aussi les limites de la prolongation de son exploitation, alors que ce site a reçu la bénédiction du gouvernement britannique pour continuer à fonctionner au moins jusqu’en 2028. Et ce n’est pas le seul dans ce cas.

En Grande-Bretagne, six sites nucléaires (sur sept au total) devaient être arrêtés en 2016 et 2023, mais ils ont tous été prolongés de quatre à dix ans. EDF Energy, qui gère ces centrales, sait que la tâche n’est pas simple. « À mesure que la flotte britannique vieillit, nous comprenons que l’exploitation continue posera des défis techniques, c’est pourquoi nous inspectons et évaluons en permanence la santé de toutes les usines de l’entreprise », explique le groupe. Ce qui implique des investissements conséquents, comme à Dungeness.

Parallèlement, de nouveaux réacteurs devaient être construits outre-Manche, notamment un EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre, porté par EDF. Mais pour chaque projet, les factures s’annoncent salées et le gouvernement a beaucoup de mal à trouver des candidats parmi les opérateurs privés. Début septembre, le groupe japonais Hitachi a abandonné son projet de nouvelle centrale au Pays de Galles.

La direction de la centrale reconnaît un problème de corrosion sur l’ensemble du site.

Depuis la mise à l’arrêt des deux réacteurs nucléaires, la direction de la centrale a fait appel à plus de 500 prestataires spécialisés, en plus de ses 550 employés.

Dans ce dossier, la direction de la centrale nucléaire de Dungeness B joue la transparence. Elle n’a d’ailleurs pas vraiment le choix puisque l’Office de régulation nucléaire met en ligne chaque trimestre un rapport détaillé de ses inspections du site, dans lequel tous les dysfonctionnements sont répertoriés.

Dans un échange de mails avec notre rédaction, EDF Energy reconnaît que sa centrale présente des faiblesses liées au vieillissement des installations. « Il est apparu en 2018, dans le cadre du programme de maintenance et d’inspection planifié d’EDF, que la corrosion était un problème sur l’ensemble du site de Dungeness. Pour cette raison, nous avons accéléré les inspections et les mises à niveau sur l’ensemble du site et avons profité de l’occasion d’être «hors ligne» pour entreprendre des travaux plus larges et investir plus d’argent que prévu. »

Plus de 1000 personnes mobilisées sur le chantier

Plus de 100 millions de livres (109 M€) auraient déjà été investis dans ce chantier, qui a mobilisé depuis le début de l’arrêt technique « plus de 500 prestataires spécialisés », en plus des 550 employés de la centrale. La direction souligne au passage qu’en tant qu’« opérateur responsable », elle « signale volontairement tout problème au régulateur britannique (l’ONR, NDLR), car cela nous aide à nous améliorer et nous accueillons toutes ses remarques ».

« La sécurité est notre priorité absolue, et nous ne relancerons l’exploitation (…) que lorsque nous aurons l’approbation du régulateur. »

Les travaux de mise à niveau du système de refroidissement d’eau sont désormais terminés, mais des « défis techniques imposés par les travaux d’amélioration ont pris plus de temps que prévu ». Désormais, le redémarrage de Dungeness B n’est pas envisagé avant décembre. « La sécurité est notre priorité absolue, et nous ne relancerons l’exploitation (…) que lorsque nous aurons l’approbation du régulateur et que nous nous serons assurés qu’il est possible de le faire en toute sécurité », insiste la direction.

Par Sylvain Delage, publié le 28 septembre 2020

https://www.lavoixdunord.fr/871509/article/2020-09-28/dungeness-une-centrale-nucleaire-l-arret-force-depuis-deux-ans-face-la-cote-d

« UNE BAISSE RÉCURRENTE DU DÉBIT DE LA MOSELLE »

On va le préciser tout de go : clairement, on devine sans mal le discours que peut tenir François Drapier, co-président du collectif Sortons du nucléaire 57, à propos de la centrale nucléaire de Cattenom. Pour autant, il n’est pas inintéressant de lui tendre le micro, car lui et les membres de l’association Le Clanche (Comité lunévillois anti-nucléaire et contre l’hérésie de l’enfouissement) sont des yeux sur le terrain, au quotidien, qui constatent comme d’autres observateurs les fluctuations du niveau du lac de Pierre-Percée.

« La tendance générale en France de la diminution du niveau moyen des cours d’eau est une réalité. Du côté de Pierre-Percée, la problématique est récurrente. Les cours d’eau avoisinants ont du mal à l’alimenter. Et il est impossible, à notre connaissance, de le remplir par la pluviométrie. On va donc vers une diminution régulière du débit de la Moselle. »

Publié le 28 septembre 2020 à 20h

Photo en titre : François Drapier, co-président du collectif Sortons du nucléaire 57.  Photo RL /Gilles WIRTZ

https://www.republicain-lorrain.fr/encadres/2020/09/28/une-baisse-recurrente-du-debit-de-la-moselle

BUDGET ET CLIMAT : LE “VETO” DE BERCY

Lundi 28 septembre, le gouvernement a présenté le projet de loi de finances 2021 en Conseil des ministres.

Ce nouveau budget inclut notamment un plan de relance constitué d’une baisse pérenne de 20 milliards d’euros des impôts de production, à laquelle s’ajoutent 16 milliards d’aides aux entreprises, sans conditionnalités environnementales contraignantes. 

Pour Greenpeace France, un certain nombre de fausses solutions figurent dans le volet “vert” du plan de relance, comme le nucléaire, l’hydrogène non renouvelable, les avions verts ou les SUV électriques. Quant au budget lui-même, il continue de comporter un nombre important de niches fiscales favorables aux industries fossiles, notamment sous forme d’exemptions à la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE).

Greenpeace France estime que ce PLF 2021, reniant les recommandations de la Convention citoyenne pour le Climat, est loin de tenir sa promesse de “verdir notre économie” et fait l’impasse sur le débat sur le partage de l’effort fiscal.  

« En refusant de conditionner les milliards d’aides d’État pour les entreprises à des objectifs contraignants de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement cède aux sirènes du MEDEF au détriment du climat. Dans le même temps, les mesures budgétaires demandées par la Convention citoyenne pour le climat sont pour la plupart balayées d’un revers de main, comme la hausse de l’écotaxe sur les billets d’avion, l’encadrement des dividendes, la suppression des niches fiscales pour les industries fossiles, la taxation des engrais azotés ou encore le critère poids dans le malus automobile », souligne Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace France.

Le gouvernement prend prétexte de la crise économique pour multiplier les chèques en blanc et remettre à plus tard l’effort climatique, nous piégeant dans une trajectoire toujours plus éloignée des objectifs de l’accord de Paris. 

« Au demeurant, alors que ce budget devait marquer une rupture avec le monde d’avant, la question de savoir qui assumera in fine les efforts budgétaires additionnels requis par la crise reste entière. Il est grand temps de mettre les ménages fortunés à contribution de manière équitable, alors que leur empreinte carbone est beaucoup plus importante. Dans un monde fini, la question du partage de l’effort ne peut plus être occultée », complète Clément Sénéchal, chargé de campagne Climat à Greenpeace France. 

Greenpeace France demande en priorité :

  • La mise en œuvre des propositions fiscales et budgétaires de la Convention citoyenne pour le climat, dont la mise à contribution des ménages les plus aisés, via le rétablissement de l’ISF ou la création d’un impôt écologique sur la fortune.
  • La mise en place d’éco-conditionnalités contraignantes pour les entreprises bénéficiant d’aides publiques (dont la baisse des impôts de production), assorties d’un mécanisme de sanction en cas de non-respect, notamment l’interdiction des dividendes et des rachats d’actions pour les actionnaires et des bonus pour les mandataires sociaux durant l’année 2021.
  • La suppression immédiate des niches fiscales favorables aux industries fossiles.
  • L’application du principe “do no harm” (NDLR : ne pas nuire) à toutes les dépenses de l’État.
  • L’exclusion du nucléaire et de l’hydrogène non renouvelable des investissements verts du plan de relance.
  • L’interdiction des dividendes climaticides.
  • La fin de la niche fiscale des PFAD (soit les acides gras d’huile de palme, “palm fatty acid distillate”) sur la TICPE.

Publié le 28 septembre 2020

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/budget-et-climat-le-veto-de-bercy/

EN FRANCE, LE NUCLÉAIRE A ENCORE DE BEAUX JOURS DEVANT LUI

Lors d’une conférence donnée à Paris en présence d’acteurs industriels spécialisés dans la production énergétique, quand on parle du nucléaire, l’heure est au développement plutôt qu’à la remise en question. Notre-planete.info a assisté au « débat » et tire un constat aberrant.

La présence de quatre hommes en costards dans une salle obscure du journal Le Parisien ce matin de septembre détonne avec les manifestations contre le nucléaire qui colorent nos rues depuis le début des années 1970. Et pour cause, la conférence « transition énergétique : quels nouveaux enjeux ? », organisée par le groupe de presse, est en partenariat avec RTE, le gestionnaire du réseau de transport électrique en France et EDF, qui exploite les centrales pour fournir du nucléaire civile. Le ton est donné et la critique inexistante. Dans la salle, aucune question. En ligne, seulement deux personnes ont pu intervenir. Pendant plus de trois heures, nous assistons au bal des langues de bois.

La première heure est consacrée à la mobilité et tous les protagonistes s’accordent à dire que l’avenir réside dans la voiture électrique. Lorsque l’animateur, David Barroux, rédacteur en chef des Échos, demande à ses invités s’ils ont des recommandations à faire pour favoriser une transition énergétique plus verte et « passer de la réflexion à l’action », la réponse qui est donnée fait grincer des dents : « C’est un engagement collectif, il faut que chaque individu change de comportement. » Cinquante ans de débats et on continue d’attaquer la population plutôt que de proposer des solutions structurelles.

Le nucléaire au cœur de la transition énergétique

Vient ensuite la partie tant attendue intitulée : « Quel nucléaire demain ? » Un homme et deux femmes montent sur scène. La journaliste des Échos introduit ses invités en expliquant que le nucléaire a tout à gagner de la transition énergétique en cours. Après un bref rappel du retard qu’à la France « dans le solaire et l’éolien », (NDLR : retard volontaire pour justifier le nucléaire) on assiste ensuite à des prises de paroles lunaires. Sur scène, Dominique Louis, PDG du groupe d’ingénierie ASSYSTEM et Valérie Faudon, déléguée générale de la Société Française d’Energie Nucléaire (SFEN), (NDLR : lobby pronucléaire) vont donner des informations industrielles sans évoquer une seule fois les enjeux environnementaux, pourtant au cœur de cette fameuse transition énergétique.

Comme pour tuer tout débat dans l’œuf, le PDG d’ASSYSTEM commence sa prise de parole en décrédibilisant Nicolas Hulot. Selon lui, à la question : « Quelles reproches faites-vous au parc nucléaire français ? », l’écologiste n’aurait rien trouvé à répondre. Une entrée en matière qui laisse dubitatif, notamment lorsqu’on sait que les Français sont majoritairement favorable à une sortie du nucléaire. D’après un sondage Odoxa pour le magazine Challenges paru en 2018, ils sont précisément 53% à se dire opposés à « la production d’énergie par des centrales nucléaires ». Mais pour la déléguée générale de la SFEN, les citoyens sont « pour le nucléaire », et « tout ça sans savoir qu’il est bas carbone » se félicite-t-elle. Via la plateforme, j’envoie donc une question, qui ne sera jamais posée : « Vous parlez de parc nucléaire ultra sécurité mais les conséquences des centrales sont catastrophiques pour l’environnement, sans parler des risques d’accidents et d’attentats. Pour que ce soit l’énergie du futur, comment palier à ces problèmes ? » 

De futures centrales au bord de la mer

Si les deux protagonistes s’accordent à dire qu’il est important de développer l’éolien et notamment en mer, ils affirment également que le nucléaire va prendre encore plus de place dans notre pays. « C’est une question de souveraineté énergétique et industrielle. On travaille pour construire de nouveaux réacteurs tout comme d’autres pays », déclare Valérie Faudon. Face au dérèglement climatique et pour éviter de devoir arrêter des réacteurs à cause de forts pics de chaleur, « les futures centrales seront construites au bord de la mer. Celles qui existent vont perdurer et s’adapter à la qualité et à la quantité de l’eau présente dans les fleuves », prévient Dominique Louis.

À lire sur ce sujet :

La France est le pays le plus nucléarisé au monde avec 58 réacteurs répartis sur 19 sites. Le but est de pallier le manque de ressources énergétiques sur le territoire pour produire de l’électricité, selon la société française d’énergie nucléaire. Le nucléaire fournit 78 % de l’électricité dans notre pays, selon EDF.
Le président Macron s’était engagé à abaisser cette part à 50 % d’ici 2025 puis s’est ravisé, une fois élu, pour 2035, laissant ainsi le soin à ses successeurs de gérer cette transition.

Des dangers environnementaux, sanitaires et sécuritaires

Durant cette conférence comme à maintes reprises, le nucléaire est présenté comme une alternative propre aux énergies fossiles. Si l’électricité est en effet une énergie verte, quid de sa fabrication. Rejets radioactifs, thermiques et chimiques dans la nature, usage de tonnes d’eau pour refroidir les réacteurs, rejets d’eau chaude dans les rivières qui nuit gravement à l’écosystème, etc. Les centrales françaises sont polluantes, en plus d’être obsolètes. Elles sont aussi sources de gaz à effet de serre dans leur processus de fonctionnement : traitement des déchets, extraction d’uranium, etc. L’uranium étant d’ailleurs prélevé dans des mines africaines dans des conditions de travail déplorables tout en étant la cause de sévère pollution localement. Au Niger par exemple, les poussières radioactives contaminent l’eau.

À tout cela vient s’ajouter le risque d’accident nucléaire (type Tchernobyl ou Fukushima), le risque sismique manifestement sous-évalué (cf. séisme du Teil), la menace d’attaque terroriste car les piscines d’entreposages du combustible nucléaire sont anciennes et très mal protégées notamment contre les attaques aériennes. Enfin, les centrales sont utilisées comme menaces lors de conflits géopolitiques comme c’est le cas en ce moment dans le sud Caucase. Sur place, l’Azerbaidjan menace d’une catastrophe nucléaire en frappant la centrale de Metsamor (Arménie) dans le cadre d’un conflit armé de plus de 20 ans et dans lequel la Russie et la Turquie interviennent en fournissant du matériel de guerre.

Biomasse, éolien et solaire photovoltaïque comme énergies alternatives

Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, EDF mise donc sur l’électrique. « Nous devons aussi transformer l’énergie dé-carbonée en hydrogène, issu du gaz naturel, que nous pourrons utiliser comme carburant pour les bus par exemple », lance Michel Vanhaesbroucke, directeur d’EDF Pulse croissance. Depuis trente ans, le nucléaire essaye de se moderniser, en développant de nouvelles technologies, mais la gronde des associations protectrices des droits de l’homme et de l’environnement se fait de plus en plus forte et davantage structurée. 

L’EPR, technologie de réacteur à eau pressurisée, a été développé au début des années 1990 pour prendre le relai des réacteurs précédents. Or, il s’avère que l’EPR ne présente aucun avantage significatif par rapport aux anciens réacteurs et que sa fabrication est particulièrement onéreuse. Son lancement est donc constamment repoussé comme c’est le cas en France pour la centrale de Flamanville. Toujours en chantier, le site ne devrait pas démarrer avant 2023.

La construction de l’EPR de Flamanville : un échec opérationnel, des dérives de coûts et de délais considérables

La multiplication par 3,3 du coût de construction, estimé par EDF à 12,4 Md€ (valeur 2015), (NDLR : et 19 milliards par la Cour des Comptes) et par au moins 3,5 du délai de mise en service de l’EPR de Flamanville par rapport aux prévisions initiales, constitue une dérive considérable. Celle-ci résulte d’estimations de départ irréalistes, d’une mauvaise organisation de la réalisation du projet par EDF, d’un manque de vigilance des autorités de tutelle et d’une méconnaissance de la perte de compétence technique des industriels de la filière, 16 années après la construction du réacteur de Civaux 2. L’ex-Areva NP et les autres fournisseurs d’EDF n’ont souvent pas réussi à atteindre le degré d’exigence technique imposé par EDF. Les conséquences financières de ces défaillances techniques et insuffisances organisationnelles sont lourdes. Des risques pèsent sur la situation financière d’entreprises récemment restructurées grâce à d’importants apports financiers des pouvoirs publics. Entre 2016 et 2018, l’État a ainsi mobilisé 4,5 Md€ pour doter en capital Areva SA et Orano à l’issue de la restructuration d’Areva, et apporté 3 Md€ au capital d’EDF, ce qui lui a permis de prendre le contrôle de l’activité réacteurs de l’ex-Areva NP, devenue Framatome. Les conséquences de ces dérives pèsent également sur les coûts et la rentabilité de l’EPR de Flamanville. “Les coûts complémentaires au coût de construction (dont les frais financiers et de pré-exploitation) pourraient atteindre près de 6,7 Md€ (valeur 2015) à la mise en service du réacteur, prévue en 2023” (Cour des Comptes, 07/2020).

Greenpeace a mis en ligne une carte qui recense les réacteurs et leurs localisations afin de sensibiliser les citoyens aux risques nucléaires et le réseau associatif « Sortir du nucléaire » a même produit une étude dans laquelle il avance des solutions concrètes pour développer des alternatives au nucléaire. Il propose notamment de remplacer l’énergie nucléaire par des énergies renouvelables et fossiles et démontre l’importance de mettre fin au gaspillage d’énergie notamment en rénovant les vieux logements, mais aussi en règlementant l’usage de l’électricité pour éviter les abus. Pour exemple, dans leur document, les membres du réseau écrivent : « Éolien, biomasse et solaire photovoltaïque : leur développement à grande échelle permettrait de produire autant que 14 réacteurs nucléaires en 5 ans et 25 réacteurs en 10 ans » tout en associant les énergies fossiles pour compléter la production le temps de la transition énergétique. Le principe de cogénération, qui permet de récupérer la chaleur produite par un moteur au lieu de la laisser se perdre, est aussi un axe mis en avant dans le texte. Selon eux, la cogénération pourrait même produire jusqu’à 33 TWh (térawattheure) en 5 ans.

On aurait donc aimé connaitre d’autres solutions face aux risques que représente le nucléaire ce jeudi matin, mais les réponses n’étaient pas à l’heure de Paris en ces temps contaminés où le bal des masques semble avoir remplacé la richesse des débats avec avis contradictoires. Mais après tout, tout est une question de priorité et d’investissement et lorsqu’on entend le PDG d’ASSYSTEM dire que le nucléaire est un « outil de défense et de suprématie », n’obtient-on pas un élément de réponse ?

Par Lise Garnier / notre-planete.info, publié le 28 septembre 2020 à 09h58

Photo en titre : L’énergie nucléaire et thermique, centralisées, balafrent le paysage français de 100 000 km de lignes électriques…© Christophe Magdelaine / www.notre-planete.info – Licence : Tous droits réservés

https://www.notre-planete.info/actualites/4729-energie-nucleaire-avenir-France

L’IRSN LICENCIE UNE SPÉCIALISTE DE LA CATASTROPHE DE FUKUSHIMA

La catastrophe de Fukushima peut avoir des conséquences insoupçonnées. La nouvelle est devenue publique le 23 septembre 2020 à la suite de la parution d’un article dans Le canard enchaîné : une chercheuse au Laboratoire des Sciences Humaines et Sociales de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), Dr Christine Fassert, a été licenciée le 16 juin dernier pour faute grave. Selon le célèbre canard, celle-ci a été renvoyée à cause d’ « une insubordination récurrente avec défiance vis-à-vis de [sa] hiérarchie » et « un comportement inadapté ».

Réaction en chaîne, ce licenciement a conduit David Boilley, physicien nucléaire très impliqué dans la recherche d’informations sur la catastrophe de Fukushima, à démissionner du Comité d’Orientation des Recherches (COR) de l’IRSN où il représentait l’Acro (association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest).

Alors que s’est-il passé pour en arriver là ? Le blog de Fukushima a toujours regardé l’IRSN avec méfiance car, depuis 2011, nous avons observé un double langage dans la communication ou les publications de cette institution réputée : d’un côté, un discours scientifique argumenté, et de l’autre des failles de crédibilité allant quelquefois jusqu’au mensonge avéré. Dans tous les cas, on perçoit bien que le mot d’ordre de la direction de l’IRSN est la minimisation à tous crins des risques liés à l’exposition à la radioactivité.

C’est là que le bât blesse. Quand on fait de la recherche et qu’on est honnête, on peut difficilement accepter de voir les résultats de ses travaux modifiés pour des raisons d’ordre politique. C’est justement ce dont se plaint Christine Fassert qui s’était impliquée dans le projet de recherche Shinrai visant à étudier les conséquences sociales, politiques, éthiques de l’accident de Fukushima. Mais, alors que la confiance est un thème qui la fascine, elle se demande si le nucléaire est compatible avec la démocratie. Les informations provenant de la société civile doivent-elles être prises en compte ? « L’accident de Fukushima a eu pour importante conséquence de rouvrir la controverse sur les faibles doses », écrit-elle aussi dans un article publié en mars dernier. Ce thème est très sensible à l’IRSN car l’institut communique imperturbablement depuis sa création en 2001 sur le fait que les faibles doses ne sont pas dangereuses pour la santé, ou alors que l’on ne peut rien dire pour l’instant et que la recherche va bientôt répondre à cette question. Seulement, au bout de plusieurs décennies, et alors même que de nombreuses études prouvent que les faibles doses présentent un risque pour la santé, le discours de l’IRSN reste le même : on ne peut rien affirmer !

La goutte qui a fait déborder le vase est le refus de l’IRSN de la publication d’un article que Christine Faussert s’apprêtait à transmettre en février à la revue « Les Annales des Mines ». Le motif invoqué par l’IRSN est que son travail semblait « mettre en défaut l’expertise institutionnelle par rapport à la contre-expertise ». La chercheuse avait déjà donné le ton dans des propos rapportés par Libération sur la catastrophe de Tchernobyl dans une sorte d’autocritique où, affirmant que les scientifiques locaux avaient « constaté une baisse générale dramatique du niveau de santé des enfants : le nombre d’enfants « pratiquement sains » a diminué de 80% en 1985 à 20% en 2000», «ces données « locales » ne furent pas reprises en compte par les rapports que nous avons appelés « institutionnels »».

La chercheuse a donc refusé d’accepter des modifications de son article qui pouvaient aller jusqu’à la censure de phrases. C’est tout à son honneur. La science ne fait pas bon ménage avec le dogme. L’affaire est portée aux Prudhommes, il sera intéressant d’en voir l’aboutissement.

Quant à David Boiley qui soutient Christine Fassert, sa démission du COR est expliquée sur le site de l’ACRO : « Cet évènement est très inquiétant car il montre que l’Institut n’est pas disposé à accepter des résultats de recherches qui remettent en cause ses préjugés. Ce n’est pas la seule personne à avoir subi la rigidité de cet institut, mais c’est la première fois que cela conduit à un licenciement, ce qui est proprement scandaleux. »

Pour une information plus complète sur cette affaire, nous reproduisons ici sa lettre de démission, publiée initialement sur le site de l’Acro, qui évoque le problème de la non prise en compte des auto-évacués de la catastrophe de Fukushima dans les études institutionnelles :

« Madame la Présidente,

Suite au licenciement d’une chercheuse de l’IRSN, je souhaite démissionner du COR. Si l’IRSN n’est pas capable d’accepter des voix singulières en interne, il ne peut pas s’ouvrir à la société.

Dans son avis sur le post-accident, le COR, avait souligné, pour le volet « populations et gouvernance » : « Le GT pense qu’il serait important de mener des recherches sur ce sujet en prenant en compte les avis de toutes les catégories de population. Les auto-évacués échappent au suivi officiel au Japon et à la plupart des études et recherches auxquelles l’IRSN participe. Le retour d’expérience ne peut pas se limiter à la seule population qui souhaite rester sur place ou rentrer, peu représentative de l’ensemble des populations affectées par un accident nucléaire grave. L’IRSN gagnerait à élargir le champ de ses études et recherches ou à se rapprocher d’autres programmes impliquant toutes les personnes affectées par la catastrophe, y compris celles qui ne souhaitent pas rester sur place ou rentrer. »

En cas d’accident nucléaire en France, l’IRSN ne pourra pas choisir parmi les populations affectées. La participation de toutes les parties prenantes sera nécessaire. La chercheuse licenciée est justement la seule personne de l’institut qui s’intéressait à toutes les catégories de population, le programme des « dialogues » n’ayant sélectionné que des personnes en accord avec le paradigme dominant à l’IRSN.

J’ai déjà eu l’occasion plusieurs fois, au sein du COR, d’interroger et d’alerter sur la liberté de publier et de communiquer des chercheurs de l’IRSN, en vain. Jamais le COR n’a accepté d’en débattre.

Depuis le début du COR, j’ai œuvré pour plus d’ouverture et la prise en compte des demandes de la société. J’ai participé à quasiment tous les GT et j’en ai présidé deux. Mais je crains que tout ce travail ait été vain et que l’IRSN ne soit pas prêt à s’ouvrir sincèrement. Dans ces conditions, je ne vois pas d’autre solution que de démissionner du COR.

Bien à vous,

David Boilley »

Par Pierre Fetet, publié le 25 septembre 2020

Photo en titre :  fuite d’eau à Fukushima Daiichi (photo Tepco)

http://www.fukushima-blog.com/

NDLR: l’insoumission au dogme  « des faibles doses de radioactivité non nocives » est un crime de lèse-majesté pour l’industrie du nucléaire. Les études qui prouvent le contraire sont systématiquement attaquées et leurs auteurs décriés, voire punis si cela est possible. Face à un mensonge, se rebeller est juste, désobéir est un devoir, agir est nécessaire.

CAHORS: LE GINKGO BILOBA ARBRE DE LA PAIX

Le 26 septembre est la Journée internationale des Nations unies pour l’élimination totale des armes nucléaires. Cette journée a été voulue par l’ONU (depuis 2013) pour être l’occasion d’organiser des activités de sensibilisation et de mobiliser des ressources. Cette décision fait suite au vote (en 1968) et à la ratification (en 1970, 50 ans cette année) du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, et à la signature du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (en 2017 par 122 pays) mais que les puissances possédant l’arme nucléaire n’ont ni signé ni ratifié.

Un ginkgo biloba, arbre aux mille écus, a été planté en 2006 par le conseil municipal enfant et le Mouvement pour la paix en face de l’espace Valentré.

Cet arbre est devenu un symbole de paix car il a résisté aux destructions de la bombe nucléaire lancée sur Hiroshima. Il est naturellement la destination des marches pour la paix à Cahors. Lors de la marche associant le climat et la paix le 19 septembre, Marie Piqué, présidente du Mouvement pour la paix, a rappelé : « La situation mondiale fait que la paix doit se décliner à travers toutes les initiatives. La mobilisation est difficile en ce moment à cause de la crise sanitaire, mais il ne faut pas se décourager, il faut continuer. Nous voulons que la France signe le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires » Et Marie-Annick Le Floch évoque pour le Mouvement pour la paix : « Le projet de planter un olivier dans Cahors« , autre arbre symbole de la paix.

Publié le 27/09/2020 à 05h10, mis à jour à 05h13

Photo en titre : Le ginkgo biloba, destination de la marche pour la paix, la justice sociale et les droits humains, le climat et le désarmement nucléaire.

https://www.ladepeche.fr/2020/09/27/le-ginkgo-biloba-arbre-de-la-paix-9099557.php

LA CENTRALE DE CHOOZ À L’ARRÊT… À CAUSE DE LA BELGIQUE !

La sècheresse a des conséquences inattendues à deux pas de chez nous. Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Chooz, dans les Ardennes françaises, sont à l’arrêt depuis un mois.

Depuis fin août, les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Chooz, en France, sont à l’arrêt. La période de sècheresse vécue ces dernières semaines a fortement réduit le débit de la Meuse et a forcé les deux unités de production d’électricité à faire une pause. Cet arrêt volontaire, la Belgique en est en partie responsable. Laurent Berthier, le directeur de la centrale, nous explique pourquoi:

« Nous avons un accord transfrontalier (entre la France et la Belgique) qui nous demande d’arrêter une unité de production si le débit de la Meuse passe en-dessous des vingt-deux mètres cubes par seconde sur douze jours glissants. On arrête les deux unités si on passe en-dessous du seuil des vingt mètres cubes. Cet accord existe pour que la Belgique puisse disposer davantage d’eau.

Dans le fonctionnement d’une centrale nucléaire, l’eau est indispensable. Elle permet de refroidir les réacteurs et d’en assurer ainsi la sûreté. Si ce n’est plus possible de le faire, il faut alors arrêter les installations.

Il n’y a pas de conséquence directe sur la sûreté, ni sur l’environnement. Par contre, nous ne produisons pas d’électricité pour le moment.

Cette centrale nucléaire de Chooz est l’une des plus modernes de l’Hexagone. Elle représente près de 5% de la production nucléaire française d’EDF, le fournisseur d’électricité. 

Quand notre unité ne produit pas, d’autres centrales nucléaires compensent. Il n’y a aucun problème pour l’alimentation en électricité du pays. 

Comme dans beaucoup de secteurs, on attend donc la pluie du côté de la centrale. Selon les calculs et la météo, la production devrait reprendre au début du mois d’octobre. »

Source :MAtélé, publié le vendredi 25 septembre 2020 à 14h00

http://www.vivreici.be/article/detail_la-centrale-de-chooz-a-l-39-arret-a-cause-de-la-belgique?id=454050

NOUVEAU SYSTÈME D’ALERTE PAR TÉLÉPHONE : « C’EST LOIN D’ÊTRE SUFFISANT », POUR LE RÉSEAU SORTIR DU NUCLÉAIRE

Ce samedi marque l’anniversaire de l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen. Le gouvernement a annoncé un nouveau système d’alerte des populations par téléphone dans les zones à risque. Pour les installations nucléaires manchoises, « c’est loin d’être suffisant« , estime le réseau Sortir du nucléaire.

Ce samedi 26 septembre marque le premier anniversaire de l’incendie de l’usine Lubrizol de Rouen. Pour l’occasion, le gouvernement a annoncé cette semaine un nouveau système d’alerte des populations par téléphone.

Il reposera notamment sur l’envoi de SMS géolocalisés. Ce système sera déployé entre juillet 2021 et juin 2022 dans les zones à risque. La Manche ne compte qu’un seul site classé Seveso, l’usine KMG Ultra pure chemicals à Saint-Fromond, mais cela pourrait aussi concerner les installations nucléaires comme la centrale de Flamanville ou le site de traitement des combustibles usés d’Orano à la Hague.

Élargir le périmètre

« C’est largement insuffisant« , déplore Charlotte Mijeon, l’une des porte-paroles du réseau Sortir du nucléaire. Actuellement, si un incident grave survient sur ces installations, l’alerte est donnée via des sirènes dans un rayon de 20 km et par des appels enregistrés sur les téléphones fixes dans un rayon de 2 km. Les consignes seront également transmises via les médias locaux : Internet, TV et les radios comme France Bleu Cotentin.

« C’est nécessaire d’élargir surtout le périmètre des plans particuliers d’intervention. On sait très bien qu’un accident nucléaire ne reste pas confiné« , poursuit-elle. « Même l’Autorité de sûreté nucléaire reconnait qu’un accident est possible, la meilleure des protections c’est d’agir pour supprimer ce risque à la base. »

Mise à l’abri 

Selon la nature de l’accident, il y a 2 grand cas de figure actuellement prévus par ces plans. Si les rejets radioactifs sont immédiats, mais de courte durée, il s’agit de mettre à l’abri la population à proximité. Il est conseillé de rester cloîtré chez soi, de couper la ventilation, de limiter les appels et de ne pas chercher ses enfants à l’école, ils seront pris en charge sur place. Si les rejets durent plus longtemps, ces consignes concernent désormais tout le rayon de 20 km tandis que les habitants à moins de 5 km sont évacués.

Par Raphaël Cann, France Bleu Cotentin, France Bleu, publié le samedi 26 septembre 2020 à 10h39

Photo en titre : La centrale de Flamanville pourrait être concernée par ce nouveau système © Maxppp – Marc Ollivier

https://www.francebleu.fr/infos/societe/systeme-d-alerte-par-telephone-c-est-loin-d-etre-suffisant-pour-le-reseau-sortir-du-nucleaire-1601109541

LE PREMIER MINISTRE JAPONAIS SE DIT PRÊT À RENCONTRER KIM JONG UN SANS CONDITIONS

New York, (Nations Unies), 25 septembre (Xinhua) : Le nouveau Premier ministre japonais Yoshihide Suga s’est dit vendredi prêt à rencontrer Kim Jong Un, dirigeant suprême de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), « sans aucune condition« .

Lors de son intervention au débat général de la 75ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies, il a assuré que son pays cherchait à normaliser ses relations avec la RPDC conformément à la Déclaration de Pyongyang entre le Japon et la RPDC.

En vertu de cet accord bilatéral signé en 2002, les deux pays s’engagent à essayer de régler la question nucléaire et celle des missiles dans la péninsule coréenne, ainsi que la question des ressortissants japonais qui auraient été enlevés dans les années 1970 et 1980.

Suga a également noté que l’établissement d’une relation constructive entre Tokyo et Pyongyang allait « servir non seulement les intérêts des deux parties, mais contribuer aussi grandement à la paix et à la stabilité dans la région« .

« Je ne manquerai aucune occasion de prendre des mesures avec tout mon dévouement« , a-t-il assuré.

Enfin, le nouveau chef du gouvernement nippon a conclu en disant que son pays était déterminé à accueillir les Jeux olympiques de Tokyo l’été prochain « comme preuve que l’humanité a vaincu la pandémie » de nouveau coronavirus.

Publié le 26 septembre à 13h05

http://french.xinhuanet.com/2020-09/26/c_139398660.htm

C’EST ARRIVÉ UN 26 SEPTEMBRE : L’HOMME QUI A SAUVÉ LE MONDE D’UN CONFLIT NUCLÉAIRE

Le 26 septembre 1983, un officier russe a empêché qu’une guerre atomique éclate entre l’URSS et les États-Unis.

Stanislav Petrov est un officier russe qui a pour mission de surveiller les attaques nucléaires à destination de l’URSS. Le 26 septembre 1983, les radars indiquent plusieurs missiles en provenance des États-Unis.

Petrov doit réagir vite. S’il alerte ses supérieurs, l’URSS répondra à l’attaque par le feu. S’il ne fait rien, il laissera la mort de milliers de ses concitoyens impunie. Une troisième solution s’offre à lui…

Par N.S., publié le 26 septembre 07h35, mis à jour à 07h37

Photo en titre : Photo U.S. Department of Defense

Pour voir et écouter la vidéo (2mn25s), cliquer sur : https://www.leprogres.fr/culture-loisirs/2020/09/26/c-est-arrive-un-26-septembre-l-homme-qui-a-sauve-le-monde-d-un-conflit-nucleaire

LE CONSEIL GÉNÉRAL DE HAUTE-MARNE VOTE UNE MOTION CONTRE LE PROJET DE LAVERIE NUCLÉAIRE À JOINVILLE

C’est un vote symbolique qui va donner du grain à moudre à la préfecture et aux défenseurs du projet. Vendredi 25 septembre 2020, le Conseil général de la Haute-Marne a voté à l’unanimité une motion contre l’implantation d’Unitech, une blanchisserie industrielle spécialisée dans la décontamination du linge radioactif.

Le Conseil général a estimé que ce projet allait à l’inverse de sa campagne pour valoriser l’image du territoire, « La Haute-Marne respire et inspire ». Nicolas Lacroix, le président du département, a affirmé dans le Journal de la Haute-Marne avoir « évolué » sur le sujet. « On investit beaucoup sur la campagne « Respire et inspire », les Français expriment un besoin de nature, alors avec cette entreprise, on va envoyer une très mauvaise image pour 40 emplois. » Localement, le projet Unitech cristallise beaucoup de tension. Ces dernières années, plusieurs manifestations ont eu lieu pour s’opposer à son implantation.

Au cours de sa délibération, vendredi, le Conseil général a également réaffirmé son soutien au projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs à une trentaine de kilomètres de là.

Le directeur d’Unitech dénonce « une méconnaissance du dossier » et annonce « une décision mi-octobre » sur la suite du projet : « Toutes les options sont sur la table », a-t-il déclaré au Journal de la Haute-Marne.

  • Source : Le Journal de la Haute-Marne
  • Photo :  La Marne traversant Joinville. © Lorène Lavocat/Reporterre

Publié le 25 septembre 2020

https://reporterre.net/Le-Conseil-general-de-Haute-Marne-vote-une-motion-contre-le-projet-de-laverie-nucleaire-a

VIE PRATIQUE : LES ÉOLIENNES NE CRÉENT PAS DE TROUBLE ANORMAL DU VOISINAGE, TRANCHE LA COUR DE CASSATION

Les habitations peuvent perdre jusqu’à 20% de valeur après l’installation d’un parc d’éoliennes.

Un parc d’éoliennes peut déprécier la valeur vénale de propriétés proches, mais sans pour autant créer un trouble anormal du voisinage qui justifierait l’indemnisation des voisins. Personne n’a un droit acquis à la conservation de son environnement et notamment de la vue qu’il a de chez lui, a tranché la Cour de cassation.

Dès lors que les installations se situent à la distance réglementaire de 500 mètres des habitations et émettent un bruit inférieur aux seuils réglementaires, il est exclu pour la Cour que des propriétaires voisins puissent être indemnisés.

Objectif d’intérêt public

Même si un expert judiciaire a classé les propriétés « dans le haut de gamme des biens immobiliers » et même si la valeur de ces propriétés peut, selon un expert, perdre 10 à 20% à cause de ces installations, il n’y a pas, pour les juges, de trouble anormal, « eu égard notamment à l’objectif d’intérêt public poursuivi par le développement de l’énergie éolienne« .

Plusieurs propriétaires se plaignaient de l’installation de cinq éoliennes de 125 mètres de hauteur à proximité de leurs résidences secondaires, faisant valoir que si le feuillage des arbres les dissimulait en grande partie l’été, elles demeuraient visibles de la petite route d’accès à leur hameau. Ils invoquaient un préjudice causé à l’environnement par une pollution du paysage.

Mais pour la Cour de cassation, ces considérations sont subjectives et la seule proximité des éoliennes ne crée pas un impact objectivement anormal qui serait indemnisable.

(Cass. Civ 3, 17.9.2020, C 19-16.937).

Par Boursorama avec Media Services, publié le 25/09/2020 à 09h23

Photo en titre : Des éoliennes (illustration) ( AFP / JEAN-FRANCOIS MONIER )

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/vie-pratique-les-eoliennes-ne-creent-pas-de-trouble-anormal-du-voisinage-tranche-la-cour-de-cassation-9750a51af74eab95c5698d353ba4f4a3

LA VILLE DE LYON SIGNE CE SAMEDI L’APPEL DES VILLES CONTRE LES ARMES NUCLÉAIRES

La ville de Lyon signera ce samedi 26 septembre l’Appel des villes contre les armes nucléaires, qui compte déjà plus de 400 villes dans le monde.

En 2013, la date du 26 septembre a été sacrée « journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires » par l’ONU. Sept ans plus tard, la ville de Lyon vient s’ajouter aux plus de 400 villes dans le monde ayant déjà affiché leur opposition aux armes nucléaires. Ce samedi 26 septembre, dans le cadre de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), Sonia Zdorovtzoff, adjointe au maire de Lyon déléguée aux Relations et coopérations internationales, signera au nom de Grégory Doucet l’Appel des villes contre les armes nucléaires.

« Ces armes sont conçues pour cibler prioritairement les zones fortement peuplées que sont les villes : il est donc légitime qu’en tant que collectivité, nous nous élevions contre cette menace à la fois humanitaire et environnementale, a-t-elle déclaré. Cette signature est une nouvelle manifestation de l’engagement de notre ville à œuvrer en faveur de la sécurité des populations, partout dans le monde. C’est aussi une belle manière de saluer l’utilité du multilatéralisme et le 75e anniversaire de l’Organisation des Nations Unies. »

Dans le Rhône, Béatrice Delorme, la maire de Saint-Germain-au-Mont-d’Or, a également annoncé son intention de signer l’Appel des villes. Dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, la ville de Grenoble est déjà signataire depuis 2019. Au total, au 26 septembre 2020 on recensera donc 28 villes françaises opposées aux armes nucléaires, et plus de 400 dans le monde.

Par Oriane Mollaret, publié le 25 septembre à 12h50

https://www.lyoncapitale.fr/actualite/la-ville-de-lyon-signe-ce-samedi-l-appel-des-villes-contre-les-armes-nucleaires/

NUCLÉAIRE : UN PÉRIMÈTRE DE SÉCURITÉ ÉLARGI AUTOUR D’ORANO LA HAGUE

20 kilomètres autour d’Orano La Hague : ce sera le nouveau PPI, plan particulier d’intervention, à partir de 2021, pour gérer les risques majeurs autour du site nucléaire.

Un second PPI, plan particulier d’intervention, va être appliqué en 2021 dans le Cotentin, cette fois pour gérer les risques majeurs dans le périmètre de l’usine de traitement des déchets nucléaires Orano La Hague.

De 5 à 20 kilomètres

Comme celui établi en 2019 pour la centrale nucléaire EDF de Flamanville, il évolue d’un périmètre de 5 kilomètres à 20 kilomètres.

Ce mercredi 23 septembre 2020, la préfecture de la Manche confirme :

Conformément à la nécessité de renforcer l’organisation de la réponse de sécurité civile (ORSEC) dans le sillage de l’accident de Fukushima, la modification à venir du PPI comprendra un nouveau périmètre de 20 kilomètres avec information et sensibilisation de la population, et une évolution du périmètre de 5 kilomètres (pour lequel on passe à une évacuation immédiate sans mise à l’abri en cas d’événement majeur).

Nouveau plan communal de sauvegarde

Pour les communes, « la principale conséquence est la mise à jour ou la mise en place (pour celles qui n’en avaient pas) d’un plan communal de sauvegarde ».

À l’échelle communale, sous la responsabilité du maire, il planifie les actions pour la gestion « du risque en cas d’événements majeurs naturels, technologiques ou sanitaires ».

Publié le 25 septembre 2020 à 7h00

Photo en titre : Un périmètre de sécurité élargi à 20 kilomètres autour de l’usine Orano La Hague doit être effectif en 2021. (©DP)

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/nucleaire-un-perimetre-de-securite-elargi-autour-d-orano-la-hague_36318233.html

EREVAN DÉSIGNE COMME UN « CRIME CONTRE L’HUMANITÉ » LES MENACES DE BAKOU VISANT LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE METSAMOR

Les menaces de l’Azerbaïdjan visant la centrale nucléaire de Metsamor ne sont rien d’autre qu’un crime contre l’humanité et devraient recevoir une réponse appropriée de la communauté internationale, a déclaré le ministre arménien des infrastructures et de l’administration territoriale Suren Papikyan, dans un discours prononcé mardi 22 septembre lors de la 64ème réunion annuelle de la Conférence générale de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), en ajoutant que l’Arménie poursuivrait ses efforts pour prévenir de telles menaces à l’avenir. “En ces temps difficiles marqués par la lutte contre le coronavirus, l’Arménie est confrontée à une menace extrêmement dangereuse et sans précédent visant la sécurité de notre pays et de la région entière. Je parle ici de la menace très réelle d’une frappe de missile sur la centrale nucléaire de Metsamor, qui a été proférée par le représentant d’un État voisin de l’Arménie. Plus encore, il a été déclaré que l’objectif d’une telle frappe serait d’infliger des dommages catastrophiques à l’Arménie et à son peuple”, a souligné S.Papikyan lors de la réunion de l’AIEA.

Pour la première fois, nous sommes face à une situation dans laquelle la menace à la sécurité de la centrale nucléaire n’émane pas d’une organisation terroriste, mais d’un État par la voix de l’un de ses représentants officiels. Un État qui, de plus, se présente devant la communauté internationale comme l’un de ses membres responsables et y est engagé par ses relations internationale au plus haut niveau”, a ajouté S. Papikyan. “Il apparaît que la législation internationale et ses instruments n’ont pas pris pleinement en considération l’émergence de telles menaces. Malheureusement, la communauté internationale ne dispose pas des mécanismes concrets à même de prévenir des menaces potentielles visant la sécurité des centrales nucléaires des États, et manque d’instruments susceptibles d’apporter une réponse efficace aux menaces qui ont déjà été proférées”, a conclu S.Papikyan.

Par Garo Ulubeyan, publié le vendredi 25 septembre 2020

Photo en titre : © armenews.com 2020

http://www.armenews.com/spip.php?page=article&id_article=68692

NDLR: ces réacteurs ont 40 ans et plus. Les fermer résoudrait le problème.

COMMUNIQUÉ COMMUN DU RÉSEAU « SORTIR DU NUCLÉAIRE », GREENPEACE FRANCE, FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT, FRANCE NATURE ENVIRONNEMENT NORMANDIE, CRILAN, STOP EPR NI À PENLY NI AILLEURS

Le 25 mars 2020, en plein confinement, le gouvernement a publié un décret prorogeant à 2024 la validité du décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville, qui fixait auparavant à avril 2020 sa date limite de mise en service.

Nos associations dénoncent fermement cette obstination du gouvernement à tolérer la poursuite de ce chantier catastrophique, malgré les multiples malfaçons et scandales qui l’affectent et les sommes considérables déjà englouties. Dangereux et rafistolé avant même d’avoir démarré, ce réacteur ne devrait jamais entrer en service.

En outre, ce décret modificatif publié à la va-vite en plein confinement passe sous silence le fait que l’état actuel du réacteur, criblé de malfaçons, ne correspond plus à ce qui était exigé dans le décret initial, et qu’EDF ne dispose manifestement plus des capacités financières et techniques requises pour mener à bien le chantier. Au regard de la jurisprudence européenne, se contenter d’une simple modification des dates est donc manifestement illégal, et surtout profondément malhonnête.

Le 26 mai 2020, nos associations ont déposé deux recours gracieux auprès du Premier ministre demandant le retrait du décret modificatif et l’abrogation du décret initial d’autorisation de création. En l’absence de réponse, nous saisissons aujourd’hui le Conseil d’État. La complaisance envers EDF et ses projets calamiteux doit cesser !

Contacts presse :

Marie Frachisse (juriste, Réseau « Sortir du nucléaire ») – 07 62 58 01 23

Guillaume BLAVETTE ( FNE et FNE Normandie ) – 06 62 29 50 48

André Jacques (CRILAN) – 06 08 84 22 22

Avocat : Maître Samuel Delalande – 06 01 95 93 59

Retrouver le dossier juridique

Un décret modifié à la va-vite, alors que l’état du réacteur ne correspond plus aux exigences initiales

Le 25 mars 2020, en plein confinement, un décret prorogeant de quatre ans la validité du décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville a été publié. En quelques lignes, ce décret modificatif – déjà le deuxième de ce type [1] – fixe la date limite pour sa mise en service à 2024, contre 2020 auparavant [2]. Le gouvernement a procédé en catimini, sans procédure de participation du public, comme s’il s’agissait simplement d’actualiser formellement une date devenue obsolète en raison des retards successifs du chantier. Pourtant, l’état du réacteur n’a plus grand-chose à voir avec ce que décrit le décret d’autorisation de création initial.

Celui-ci prévoyait en effet que les exigences de conception et de fabrication devaient être telles qu’on puisse exclure la rupture de composants majeurs comme la cuve ou les tuyauteries des circuits primaires et secondaires. Entre-temps, d’importants défauts ont été découverts sur le couvercle et le fond de cuve, si bien que sa rupture ne peut être exclue [3]. Ce risque de rupture concerne également huit soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur, affectées de malfaçons [4], qui devront faire l’objet de réparation – sachant que l’Autorité de sûreté nucléaire n’a toujours pas validé le procédé proposé par EDF. Et ces problèmes ne représentent probablement que la partie émergée de l’iceberg, de nouvelles « non-conformités » étant régulièrement découvertes [5] !

Une prorogation du décret initial intenable au regard de la situation d’EDF

Le décret de création initial exigeait également qu’EDF dispose des capacités techniques et financières nécessaires pour construire le réacteur et s’assurer des charges futures.

13 ans après le début du chantier, EDF a apporté la démonstration flagrante de son incapacité à le mener à bien : litanie de malfaçons sur le site et dans les usines des fabricants, surveillance déficiente des prestataires, exigences de qualité non transmises aux fabricants… Comme le souligne l’Autorité de sûreté nucléaire, il ne s’agit pas d’une expérience qui se serait perdue faute de construire des réacteurs, mais d’un manque de rigueur et d’une perte de compétence professionnelle touchant l’ensemble de la filière. Le gouvernement nage donc en pleine contradiction, ayant accordé cette prorogation alors qu’il a lui-même reconnu publiquement cette perte de compétence et de rigueur lors de la remise du rapport Folz !

Quant à la situation financière d’EDF, elle s’avère tout aussi inquiétante. Plombée par une dette évaluée à 41 milliards d’euros fin 2019, l’entreprise aurait déjà disparu sans le soutien de l’État et l’argent des contribuables, ce qui fait peser un doute sérieux quant à sa capacité à assurer ses charges de long terme. Elle vient de lancer un vaste plan d’économies, prévoyant même d’économiser sur la maintenance des réacteurs ! L’endettement d’EDF est d’ailleurs en partie lié à l’explosion des coûts de l’EPR de Flamanville, la Cour des comptes évaluant désormais le montant total du projet à 19,1 milliards d’euros. Et la réforme du prix de revente de l’électricité nucléaire ne devrait pas permettre à EDF de rentrer dans ses frais. En effet, la Commission de Régulation de l’Électricité estime que le surcoût de l’EPR, résultant d’erreurs commises par EDF, n’a pas à être répercuté sur ce prix de revente [6].

Le gouvernement faisant la sourde oreille, nous agissons en justice !

Au regard de l’évolution de la situation, se contenter d’une simple actualisation de la date du décret initial est donc manifestement illégal (au regard de la jurisprudence européenne récente [7] , ces modifications auraient nécessité une nouvelle ou, a minima, une réactualisation de l’évaluation environnementale du projet), mais surtout profondément malhonnête.

Après deux recours gracieux déposés le 26 mai 2020, face à l’absence de réponse du gouvernement, nos associations viennent de saisir le Conseil d’État pour demander le retrait de ce décret et l’abrogation du décret d’autorisation de création initial.

Arrêtons de gaspiller des milliards dans les énergies du passé !

Au-delà de cette démarche, nos associations réaffirment avec force que le réacteur EPR ne doit jamais entrer en service. Il est inacceptable que des milliards soient encore gaspillés dans ce gouffre financier, alors que ce réacteur criblé de défauts, s’il fonctionne un jour, mettrait en danger toute l’Europe. Enfin, sa mise en service enfermerait la France pour de nouvelles décennies dans l’impasse nucléaire, à rebours de toute transition énergétique digne de ce nom, et irait de pair avec la production de nouveaux déchets ingérables. Au vu de ce désastre, la volonté du gouvernement et d’EDF de construire six nouveaux réacteurs dans les années à venir relève de l’irrationnel.

En 2007, une étude montrait que les besoins en énergie du Grand Ouest auraient pu être mieux assurés en consacrant le coût initial de l’EPR (3,3 milliards d’euros) aux économies d’énergie et énergies renouvelables locales. Treize ans après, le réacteur ne produit toujours pas d’électricité et le coût du chantier ne cesser d’augmenter, tandis que celui des énergies renouvelables continue de baisser. Continuer ce gâchis est une perte de temps face à l’urgence climatique. Plutôt que de se fourvoyer dans un tel projet, la France doit en finir avec le nucléaire.


Notes

[1En 2017, le délai de 10 ans prévu pour la construction de l’EPR avait déjà été prorogé de 3 ans par décret.

[2Le décret d’autorisation de création donne le feu vert au chantier et précise dans quel délai celui-ci doit s’achever. Il ne doit toutefois pas être confondu avec l’autorisation de mise en service. EDF a d’ailleurs déposé une demande d’autorisation de mise en service partielle pour l’arrivée du combustible de l’EPR, qui est actuellement en cours de consultation sur le site de l’Autorité de sûreté nucléaire.

[3Une action en justice avait été lancée à ce sujet par certaines de nos associations

[4Plus d’informations sur ce dossier sur le site de l’ASN. Ce défaut fait également l’objet d’une plainte en justice.

[7En vertu de la directive 2011/92 dans sa version modifiée par la directive 2014/52/UE, avant l’édiction d’une décision prorogeant les délais maximums de mise en service, la mise à jour de l’évaluation environnementale est requise au regard de l’apparition de faits et d’informations nouvelles depuis la délivrance de l’autorisation. L’exigence de réaliser une nouvelle évaluation environnementale a été également mise en exergue dans un arrêt du 29 juillet 2019 de la CJUE à propos d’une autorisation prolongeant la durée d’exploitation de 10 années d’une centrale nucléaire. Un autre arrêt de la CJUE du 9 septembre 2020 vient renforcer cette obligation.

Publié le 25 septembre 2020

https://www.sortirdunucleaire.org/L-EPR-de-Flamanville-ne-doit-pas-entrer-en

NEUTRALITÉ CARBONE, NUCLÉAIRE, RENOUVELABLES ÉLECTRIQUES ET BIOMASSE : CE QUE NOUS DIT LE GIEC

Communiqué de presse de l’association négaWatt

La France fête cette semaine le cinquième anniversaire des Objectifs de développement durable (ODD) instaurés par les Nations Unies. Alors que le gouvernement intensifie depuis plusieurs mois ses efforts à Bruxelles pour que le nucléaire soit reconnu comme une « énergie durable », il est légitime de se poser la question de la soutenabilité de cette source d’énergie, et plus largement de l’ensemble des options possibles.

Sur ces sujets, en dépassant certaines interprétations hâtives, l’analyse détaillée du Rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C publié par le GIEC en 2018 apporte de nouveaux enseignements. Tout d’abord, la réduction des consommations d’énergie et les renouvelables électriques sont les leviers de réduction des émissions de gaz à effet de serre les plus soutenables. De plus, il est tout à fait possible de se passer d’énergie nucléaire tout en restant en-dessous de l’objectif +1,5 °C, contrairement aux renouvelables en général et à la biomasse en particulier, dont la mobilisation doit toutefois impérativement se faire de manière durable.

La réduction des consommations et les renouvelables électriques, options les plus soutenables

Le rapport spécial 1,5 °C publié fin 2018 par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) propose une analyse de 23 leviers de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au regard des ODD (qui visent à la bonne santé et au bien-être, à éliminer la pauvreté et la faim, à réduire les inégalités, à protéger l’environnement, etc.). Les conclusions que l’on peut en retirer sont très claires. Les actions visant à réduire le niveau de consommation, à développer les énergies renouvelables électriques en remplacement d’énergies fossiles et à améliorer la gestion du bétail et du fumier sont les plus soutenables.

Le développement des énergies renouvelables issues de la biomasse et la séquestration de carbone dans les sols se situent en milieu de classement. En fonction de leur mise en œuvre (nature des sols concernés, techniques agricoles, etc.) leur score peut être très bon ou au contraire passablement mauvais. Une attention particulière doit donc être portée aux pratiques agricoles pour qu’elles puissent être qualifiées de soutenables.

En bas de classement figurent les options technologiques de capture et séquestration du carbone, la géo-ingénierie des océans, et enfin le remplacement du charbon par du nucléaire. À la lumière de ces résultats, ces leviers doivent donc être actionnés uniquement en dernier recours. Les conclusions qui suivent montrent que le nucléaire peut être écarté des trajectoires de décarbonation.

Le nucléaire est en diminution dans plusieurs scénarios 1,5 °C

Les quatre trajectoires P1 à P4 proposées dans le résumé pour décideurs du rapport spécial 1,5 °C du GIEC comportent toutes une hausse de la production nucléaire d’ici 2050. Une analyse plus fine du rapport complet montre cependant que ces quatre trajectoires sont issues de 90 scénarios respectant l’objectif 1,5 °C, et que parmi eux plusieurs envisagent une réduction de la puissance nucléaire installée au niveau mondial. Le recours au nucléaire n’a donc rien de systématique. De leur côté, les énergies renouvelables forment le socle de la grande majorité des scénarios ; elles sont (très) largement prépondérantes dès lors qu’une action ambitieuse de réduction des consommations est intégrée. C’est principalement lorsque la demande d’énergie croît que le recours au nucléaire et/ou à la capture-séquestration du carbone devient nécessaire.

Une combinaison 100 % renouvelable en 2050

Les quatre trajectoires principales proposées par le GIEC présentent des niveaux de réduction de consommation et de recours aux différentes sources d’énergie assez hétérogènes ; d’autres combinaisons auraient pu également être envisagées. Sans les mobiliser au maximum, les potentiels de réduction de la consommation et de développement des énergies renouvelables permettent d’imaginer une combinaison 100 % renouvelable en 2050, sans recourir ni au nucléaire ni à la capture et séquestration de carbone.

Une analyse approfondie des travaux du GIEC montre clairement que la priorité de l’action publique en faveur de la neutralité carbone doit aller vers des actions de sobriété et d’efficacité et vers l’accélération du développement des énergies renouvelables.

Alors que la France se classe en bas du tableau européen pour le respect de ses propres engagements dans ces deux domaines, le Gouvernement fait de mauvais choix en essayant à Bruxelles de faire entrer le nucléaire dans le champ de la taxonomie verte et en bridant le développement d’énergies renouvelables comme le biométhane.

L’heure doit être à la mobilisation générale pour rattraper le retard et s’orienter vers la maîtrise des consommations et le développement des renouvelables qui représentent un enjeu d’emploi et de développement local important pour tous les territoires.

Document(s) à télécharger   Quelle place pour le nucléaire et les énergies renouvelables dans les trajectoires mondiales de neutralité carbone ?   Communiqué de presse (pdf)

L’ESPAGNE ENVISAGE DE PASSER À UNE ÉLECTRICITÉ 100% RENOUVELABLE D’ICI 2050

L’Espagne s’est lancé un défi ambitieux visant à faire basculer entièrement son système électrique vers des sources renouvelables d’ici 2050 et à décarboner complètement son économie peu de temps après. Au milieu du siècle, les émissions de gaz à effet de serre seraient réduites de 90% par rapport aux niveaux de 1990 en vertu du projet de loi espagnole sur le changement climatique et la transition énergétique.

Pour ce faire, le gouvernement social-démocrate du pays s’engage à installer au moins 3.000 mégawatts de capacité d’énergie éolienne et solaire chaque année au cours des dix prochaines années. Les nouvelles licences pour les forages à combustibles fossiles, l’exploitation des hydrocarbures et les puits de fracturation seront interdites et un cinquième du budget de l’État sera réservé aux mesures susceptibles d’atténuer le changement climatique. Ce budget devrait augmenter à partir de 2025.

Dans le cadre de ce plan, des contrats de « transition juste » seront élaborés, telles que la fermeture de la plupart des mines de charbon espagnoles en échange d’une série de programmes de retraite anticipée, de requalification dans les emplois d’énergie propre et d’environnement restauration. Ces transactions seront en partie financées par le rendement des enchères provenant de la vente des droits d’émission carbone.

Le gouvernement a déjà supprimé une « taxe solaire» controversée qui a mis un terme au secteur en plein essor des énergies renouvelables en Espagne au début de cette décennie, et la nouvelle loi imposera également une part d’électricité de 35% pour l’énergie verte d’ici 2030. L’efficacité énergétique sera également améliorée de 35% d’ici onze ans, et le gouvernement et les autorités du secteur public ne pourront louer que des bâtiments dont la consommation d’énergie est pratiquement nulle.

Cependant, si ces projets sont une véritable réalité et un objectif ambitieux, la mainmise du gouvernement sur le pouvoir est fragile en raison de la valse des partis politiques au gouvernement espagnol. Par ailleurs, aucune date butoir n’a été incluse dans la législation pour l’élimination progressive du charbon ou de l’énergie nucléaire, et l’interdiction des voitures neuves à moteur à essence ou diesel a été reportée jusqu’en 2040.

Publié le 24 septembre 2020 à 12h14

Crédits image: RawFilm, Unsplash, 3 Avril 2018

https://www.mediaterre.org/europe/actu,20200924121453.html

ARRÊTS DE RÉACTEURS: PROLONGEMENTS EN HAUSSE DE 44% EN 2019

(Montel) EDF a prolongé de 1075 jours supplémentaires les arrêts planifiés de 54 de ses 58 réacteurs nucléaires en 2019, soit un bond de 44% par rapport à la durée d’arrêt initialement prévue, indique un rapport publié jeudi.

Une seule tranche – Dampierre 3 (890 MW) – a été redémarrée comme prévu après un arrêt de 82 jours, tandis que les arrêts des deux tranches de Fessenheim (1,8 GW), fermées depuis lors, ont été raccourcis, révèle le World Nuclear Industry Status Report dans sa mise à jour annuelle de la situation des réacteurs dans le monde.

Les rallongements d’arrêts des réacteurs d’EDF ont varié de 1,3 à 175 jours, les plus longs d’entre eux ayant eu lieu à la centrale de Flamanville (2,6 GW). Les tranches 2 et 1 sont toujours hors service et devraient redémarrer le 31 octobre et le 15 décembre, respectivement, ce qui devrait ajouter 305 et 350 jours d’arrêts pour chaque réacteur en 2020.

La disponibilité ou l’indisponibilité de la capacité nucléaire française peut affecter les prix de gros de l’électricité en France ainsi que dans les pays voisins.

« Malgré le fait que le parc nucléaire d’EDF soit le plus standardisé au monde, chaque réacteur est différent », a déclaré à Montel Mycle Schneider, expert indépendant dans le domaine de l’énergie et critique du secteur nucléaire, qui est l’un des principaux auteurs de cette étude de 360 pages.

Celle-ci explique, en citant EDF, que les prolongements des arrêts ont été causés « dans une mesure égale par des problèmes de maintenance et de qualité opérationnelle, des défaillances techniques et des lacunes dans la gestion du projet ».

Quatre unités à l’arrêt par jour

En prenant en compte les arrêts « forcés » ainsi que ceux qui ont été « planifiés », les réacteurs nucléaires ont connu au total 5580 jours de production « zéro » en 2019, soit une augmentation de 500 jours ou de 10% par rapport à 2018, selon le rapport.

Les 58 réacteurs ont tous été soumis à des arrêts allant de 5 à 356 jours, ce qui signifie « une moyenne de 96,2 jours [de production zéro] par réacteur », ceci sans compter les situations de suivi de charge ou autres situations opérationnelles réduisant la production, comme cela s’est produit en périodes de canicule et de sécheresse, ajoute-t-il.

« Au moins quatre réacteurs (4,8 GW) ont été à l’arrêt (capacité zéro) simultanément à n’importe quel jour de l’année [et] un maximum de 24 (27,9 GW) des 58 unités se sont trouvées hors service en même temps. Sur 303 jours, soit 83% de l’année, au moins 10 unités ont été stoppées le même jour ».

EDF a expliqué que sa production nucléaire a été affectée par des contraintes environnementales, comme le séisme du Teil, dans le sud du pays, en novembre, qui a conduit à l’arrêt temporaire de la centrale de Cruas (3,7 GW) ou comme des restrictions dues à un manque d’eau de refroidissement ou à des températures élevées des cours d’eau.

« Performance dramatiquement basse »

La production nucléaire de l’électricien public –379,5 TWh l’année dernière, soit une baisse de 3,5% par rapport à 2018 – a été inférieure à 400 TWh pour la quatrième année consécutive. Et elle a fourni la plus faible part du mix électrique français depuis 1989, à 70,6%.

« La production était déjà mauvaise en 2019, et elle semble s’annoncer dramatique cette année, la crise du coronavirus venant s’ajouter au dysfonctionnement des réacteurs », a commenté M. Schneider. Pour limiter les dégâts, « EDF a raccourci et reporté les interventions sur les réacteurs mais cela va probablement générer des problèmes de sûreté », a-t-il ajouté.

Depuis le début de l’année, l’impact du coronavirus a forcé EDF à revoir à la baisse son objectif de production nucléaire pour 2020, à 315-325 TWh, une baisse significative par rapport aux estimations précédentes de 375-379 TWh. 

Débat public

Dans un contexte de prolongations de la durée de vie des réacteurs au-delà de 40 ans qui nécessiteront « d’importantes mises à niveau supplémentaires », « la mauvaise performance avec les durées d’arrêt […] est particulièrement coûteuse », selon le WNISR.

« EDF doit publier ses coûts réacteur par réacteur, car il existe de grandes disparités en termes de productivité d’une unité à l’autre », a souligné M. Schneider. Et ces informations « devraient faire partie des orientations fournies aux décideurs politiques avant la prise de décision ».

L’ASN doit lancer une consultation publique concernant sa position sur les prolongations à la fin de 2020 et publiera son arrêté générique en 2021. 

Par Leila Fernández Thévoz (Londres), publié le 24 sept 2020 à 11h00 CET

Photo en titre : Shutterstock.com

https://www.montelnews.com/fr/story/-arrts-de-racteurs-prolongements-en-hausse-de-44-en-2019/1150982

NUCLÉAIRE : EDF FLAMANVILLE RESTE EN SURVEILLANCE RENFORCÉE

Pour EDF Flamanville, le couplage au réseau du réacteur numéro 2 est prévu le 31 octobre. Mais le redémarrage du réacteur 1 est repoussé au 15 décembre. Soit 1010 jours d’arrêt !

Mercredi 23 septembre, lors de la première réunion depuis le confinement de la commission locale d’information de Flamanville, le directeur de la centrale EDF Patrice Gosset a reconnu que « nous avons encore beaucoup de travail sur le réacteur 1. »

« Son retour en production au 31 octobre est irréaliste, et nous avons reporté l’échéance au 15 décembre. Nous maintenons en revanche un couplage au réseau du réacteur numéro 2 pour le 31 octobre. »

Lire aussi : À la centrale de Flamanville, le combustible nucléaire est rechargé

Plus de 965 jours d’arrêt

Le réacteur numéro 1 est à l’arrêt depuis un an, après la découverte de corrosion sur les supports des diesels et au niveau des circuits de pompage d’eau de mer.

Le réacteur numéro 2, lui, est en visite décennale depuis le 10 janvier 2019.

« Au 31 octobre, cela représentera pour les deux tranches un cumul de 965 jours d’arrêt, plus 45 d’ici mi-décembre pour le réacteur 2 », calcule Guy Vatel, pour l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest.

« À un million d’euros par jour d’arrêt… »

Les problèmes, il est vrai, se sont accumulés. Et quand un problème était découvert sur une tranche, il a souvent fallu intervenir sur la deuxième.

Lire aussi : Nucléaire : deux nouveaux incidents à la centrale EDF de Flamanville

13 événements de niveau 1

La CLI a d’ailleurs passé en revue les incidents significatifs survenus sur les deux chantiers depuis le début de l’année.

Cela avait commencé le 9 janvier avec la déclaration d’un débordement de la cuve et l’écoulement de 15 m3 d’eau radioactive jusque dans les puisards du réacteur numéro 2.

Le dernier date du 2 septembre avec le démarrage des protections du même réacteur, à l’occasion de contrôles de continuité électrique sur le système d’instrumentation. Il avait fallu couper des circuits pour réaliser ces contrôles, mais une alarme associée à l’arrêt automatique du réacteur, avec une montée du niveau d’eau dans le circuit primaire…

Valérie Nouvel, la présidente de la CLI, ne cache pas l’inquiétude de la commission :

Il y a déjà eu treize événements de niveau 1 cette année, contre cinq l’an passé. On a le sentiment qu’il y avait besoin d’une telle accumulation pour renforcer la démarche de rigueur. « Un peu comme si on avait soulevé le tapis… »

Lire aussi : EDF demande la mise en service partielle de l’EPR de Flamanville

Pas révélateur…

Même constat pour les associations.

« J’essaie d’adhérer au discours optimiste d’EDF. Vous avez hérité, c’est vrai, d’une situation dégradée. Mais le réacteur numéro 1 sort de sa visite décennale : il devrait être nickel », relève Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires pour Greenpeace.

« Le nombre d’événements n’est pas le témoin du niveau de sûreté d’une centrale », tempère Adrien Manchon, le responsable de l’antenne de Caen de l’Autorité de sûreté nucléaire.

« Nous avons depuis longtemps pointé cette situation. Nous contrôlons par sondages », explique-t-il. « Mais il y avait à Flamanville des écarts que l’on ne retrouvait pas dans d’autres centrales, ce qui nous a poussés à placer le site sous surveillance renforcée. Et cette mesure n’est pas levée. »

La surveillance renforcée maintenue

Le directeur de la centrale Patrice Gosset préfère voir la coupe à moitié pleine. « Ces événements sont pour moi la traduction concrète de notre progression. Depuis fin 2019, dans le cadre du plan d’actions validé par l’ASN, nous avons vérifié 17 000 objets. En matière de retards de maintenance, nous avons résorbé le passif », fait-il valoir.

« Notre leitmotiv, c’est de faire bien avant de faire vite. Nous avons réalisé des travaux d’ampleur, la machine est plus fiable, les équipes mobilisées et rigoureuses. »

Ce que reconnaît l’ASN : « Il y avait à Flamanville beaucoup d’anomalies matérielles et de maîtrise des activités de maintenance. L’exploitant mène un travail en profondeur. »

« Le site n’était pas à la hauteur », confiait Philippe Gosset en mars dernier.

« La progression est constante, même si nous pouvons encore trébucher », apprécie-t-il aujourd’hui.

Publié le 24 Sep 20 à 17h19

Photo en titre : Mi-août, 193 assemblages de combustibles ont été chargés dans le réacteur numéro 2 de la centrale de Flamanville et la cuve a été fermée le 30. Il devrait redémarrer pour un couplage au réseau annoncé le 31 octobre. Pour le réacteur 1, l’échéance a été reportée au 15 décembre. (©La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-edf-flamanville-reste-en-surveillance-renforcee_36337261.html

BELGIQUE : UNE COALITION BELGE CONTRE LES ARMES NUCLÉAIRES LANCE UN APPEL À NOTRE GOUVERNEMENT

Les dramatiques explosions au port de Beyrouth et le coronavirus ont eu tendance à éclipser les appels lancés à l’occasion des commémorations des bombardements de Hiroshima et Nagasaki en août.

75 ans déjà que la bombe nucléaire a été utilisée. Mais la détermination du tissu associatif belge œuvrant pour la paix reste intacte et une campagne est lancée pour se débarrasser des armes nucléaires, une campagne appuyée par plusieurs villes et communes. (IGA)

Les Nations Unies ont fixé le 21 septembre comme « journée internationale de la paix », afin que toutes les occasions y soient saisies de « promouvoir les idéaux de la paix ». La Coalition belge contre les armes nucléaires a profité de cette occasion pour proposer à toutes les villes et les communes de Belgique d’arborer le drapeau de la paix sur les bâtiments publics en commémoration des attaques nucléaires dont ont été victimes les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, les 06 et 09 août 1945.

Il y a exactement 75 ans en effet, deux bombes nucléaires ont rasé ces deux villes. Plus de 200.000 personnes ont été tuées. D’innombrables personnes ont été marquées à vie ou mutilées. Des événements horribles qui n’ont malheureusement pas empêché une course mondiale à l’armement nucléaire. Actuellement, 14.000 armes nucléaires sont déployées dans le monde. Une vingtaine d’entre elles sont entreposées en Belgique depuis la fin des années 1960 et vont potentiellement bientôt être modernisées (entre 2022 et 2024). Des armes qui représentent une menace inacceptable pour l’ensemble de l’humanité.

Aujourd’hui, un désarmement nucléaire complet est possible si tous les pays signent le Traité d’Interdiction des armes nucléaires de l’ONU, conclu en juillet 2017. À ce jour, 84 États l’ont déjà signé et 44 l’ont ratifié. Ce Traité entrera en vigueur dès que 50 pays l’auront ratifié, plus que probablement dès 2021 donc. Malheureusement, la Belgique ne figure pas encore dans la liste. Les 135 villes et communes participantes demandent au futur gouvernement fédéral de signer et de ratifier le Traité.

Ce soutien des villes et communes belges au désarmement nucléaire et au Traité d’interdiction vient appuyer les revendications que la coalition belge contre les armes nucléaires a envoyé aux partis politiques qui négocient le nouvel accord de coalition.

Enfin, parmi les villes et communes participantes, 49 bourgmestres enverront lundi une lettre ouverte à la Première ministre, Sophie Wilmès et au Président de la Chambre des représentants, Patrick Dewael. Ils demandent un débat ouvert, démocratique et transparent sur l’opportunité de l’implantation d’armes nucléaires étasuniennes sur le territoire belge.

On le constate encore une fois à l’occasion de la journée internationale pour la paix 2020, le soutien populaire ne cesse de grandir dans notre pays pour une Belgique sans armes nucléaires dans un monde sans armes nucléaires afin que l’horreur d’Hiroshima et de Nagasaki ne puisse plus jamais se reproduire.

Source: Nonukes

Publié le 24 Sep 2020

https://www.investigaction.net/fr/une-coalition-belge-contre-les-armes-nucleaires-lance-un-appel-a-notre-gouvernement/

L’ÉNERGIE RENOUVELABLE A « MIEUX RÉSISTÉ » À LA PANDÉMIE QUE LE NUCLÉAIRE

La production d’énergies renouvelables a progressé en pleine pandémie de Covid-19, résistant mieux que celle liée au nucléaire, qui a reculé face à une baisse de la demande, souligne un rapport diffusé jeudi 24 septembre 2020.

Au 1er trimestre 2020, « le déploiement et la production d’énergies renouvelables ont mieux résisté aux effets de la pandémie (…) que le secteur de l’énergie nucléaire », a relevé l’édition 2020 du World Nuclear Industry Status Report, un rapport annuel consacré au sujet. Sur cette période, la production d’énergies renouvelables a progressé d’environ 3%, tandis que leur part relative dans la production mondiale a augmenté de 1,5 point de pourcentage.

La Covid-19 « est la première pandémie de cette ampleur » dans l’histoire de l’énergie nucléaire

Selon les auteurs, cette hausse s’explique essentiellement par une progression « à deux chiffres du pourcentage d’énergie éolienne et d’un bond de la production d’énergie solaire photovoltaïque (PV) issue de projets installés au cours de l’année précédente ».

La production de nucléaire a en revanche diminué « d’environ 3% » sur la période, en réponse à la baisse de la demande et parce que moins de réacteurs étaient opérationnels dans certaines régions.

La Covid-19 « est la première pandémie de cette ampleur » dans l’histoire de l’énergie nucléaire, a souligné le document.

L’impact à moyen terme de la pandémie sur le mix énergétique est toutefois « loin d’être clair »

Sur l’année 2019, la part de la production d’électricité à partir des énergies renouvelables (hors hydroélectricité) dans le mix énergétique a même dépassé pour la première fois celle de l’énergie nucléaire (10,39% contre 10,35%). L’impact à moyen terme de la pandémie sur le mix énergétique est toutefois « loin d’être clair », selon le rapport.

Toujours en 2019, la production annuelle d’électricité nucléaire a augmenté. Elle a atteint 2.657 térawattheures nets (TWh), soit une progression de 3,7% par rapport à 2018 « et seulement 3 TWh de moins que le pic historique de 2006 », peut-on lire dans le rapport.

La moitié de cette hausse est liée à une augmentation de plus de 19% de la production nucléaire chinoise.

Par Sciences et Avenir avec AFP, publié le 24 septembre 2020 à 11h

Photo en titre : Un champ d’éoliennes en Ardèche, le 9 septembre 2020, AFP/Archives – PHILIPPE DESMAZES

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/l-energie-renouvelable-a-mieux-resiste-a-la-pandemie-que-le-nucleaire_147649

FRAGILISÉ PAR LA SÉCHERESSE ET LE COVID, LE NUCLÉAIRE A BESOIN DU CHARBON

Cette année, la France a mis en route ses centrales à charbon bien plus tôt que d’habitude. La raison : quatre réacteurs nucléaires sur dix sont à l’arrêt, du fait d’opérations de maintenance décalées à cause du Covid mais aussi de la sécheresse, qui rend impossible le refroidissement des installations.

C’est une décision lourde de conséquences, équivalent à l’émission en CO2 de plusieurs millions de véhicules. Ces dernières semaines, la France a décidé de rallumer ses centrales à charbon pour faire face à une diminution de la production électrique. Des panaches de fumée s’échappent à nouveau des hautes cheminées. Selon les données du Réseau de transport d’électricité (RTE), les centrales à charbon fournissent, en ce moment, 2 % du mix électrique national, soit plus de 800 mégawatts-heure.

Le recours au charbon est, cette année, extrêmement précoce alors même que les températures en septembre sont anormalement élevées et que les radiateurs ne sont toujours pas allumés. D’ordinaire, les centrales à charbon ne sont utilisées qu’au cœur de l’hiver pour affronter des pics de consommation. Le candidat Emmanuel Macron s’était d’ailleurs engagé lors de la campagne présidentielle à les fermer en 2022 avant de finalement revoir son calendrier. On sait déjà qu’au moins l’une des quatre dernières centrales, celle de Cordemais, en Loire-Atlantique, sera maintenue en activité jusqu’en 2024 voire 2026.

La situation actuelle est aggravée par la défaillance du parc nucléaire français ou, pour parler comme RTE, par « son manque de disponibilité ». Sur 56 réacteurs, 24 sont actuellement à l’arrêt, soit près de la moitié. Les causes dépassent largement la fermeture récente de Fessenheim. La sécheresse, les avaries techniques d’EDF et le décalage d’opérations de maintenance à cause du Covid-19 ont profondément bousculé la gestion des centrales nucléaires.

« On n’arrête pas de nous présenter le nucléaire comme une énergie sûre, pilotable et fiable mais elle a aussi ses intermittences, analyse Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. La crise que nous traversons aujourd’hui prouve à quel point cette énergie est vulnérable aux aléas extérieurs, tant climatiques que sanitaires. »

« Un véritable conflit entre sécurité de l’alimentation électrique et enjeux de sûreté »

Sur les 24 réacteurs à l’arrêt, 19 le sont pour des raisons de maintenance. Habituellement, les travaux se déroulent au printemps ou à l’été lorsque la demande en électricité est moindre. À cause du confinement, ils ont été décalés et l’afflux de ces chantiers à l’automne a été mal anticipé, créant comme une sorte d’embouteillage. « Si une vague de froid s’abat en France fin octobre, la situation risque d’être tendue », note Charlotte Mijeon. Dans ses rapports, RTE reconnaît que « l’hiver 2020-2021 demeure toujours sous « vigilance particulière », même si cela ne correspond en rien à un risque de black-out sur l’ensemble du pays ».

Ces opérations arrivent dans un contexte où EDF a lancé un grand plan d’économie, qui prévoit notamment une baisse de 100 millions d’euros dans la maintenance. À cela s’ajoutent également des difficultés structurelles dans plusieurs centrales. Placés sous surveillance renforcée, les deux réacteurs de Flamanville (Manche) sont à l’arrêt depuis près d’un an, après de graves négligences environnementales constatées sur place. À la centrale de Paluel, en Seine-Maritime, les problèmes techniques se sont aussi enchaînés depuis 2016, à la suite de la chute d’un générateur de vapeur — une pièce de 460 tonnes — sur le sol du réacteur.

En avril dernier, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, l’Autorité de sûreté nucléaire avait déjà donné l’alerte. « Si EDF prévoit une capacité de production trop juste au moment des pics d’hiver, on peut avoir un problème en cas de défaillance fortuite d’un ou plusieurs réacteurs qui nous conduirait à demander l’arrêt de ces installations. Nous aurions alors un véritable conflit entre sécurité de l’alimentation électrique et enjeux de sûreté », avertissait Bernard Doroszczuk, le président de l’ASN. « La reprise des travaux est à surveiller de très près au vu de la fatigue et du stress des travailleurs », ajoutait-il.

Un autre facteur est également à prendre en compte. Cet été, le dérèglement climatique a provoqué l’arrêt temporaire de plusieurs centrales. Juillet 2020 a été le mois le plus sec depuis 1959. À Chooz, dans les Ardennes, les deux puissants réacteurs, de 1.450 MW chacun, sont encore fermés aujourd’hui à cause de leur pression sur le débit de la Meuse. Un accord transfrontalier entre la France et la Belgique détermine les seuils de débits permettant aux utilisateurs belges de disposer en permanence d’une ressource en eau suffisante pour le fonctionnement de leurs installations. Or, pour la première fois, ces seuils critiques ont été dépassés. La Meuse a vu son débit divisé par dix. Jamais les deux unités n’avaient été arrêtées en même temps.

« C’est préoccupant car les Ardennes ne sont pas une région sèche ou méridionale, relève Charlotte Mijeon. On risque de voir se multiplier dans le pays les conflits d’usage autour de l’eau. » L’enjeu est d’autant plus inquiétant qu’une étude du ministère de la Transition écologique prédit une baisse de 10 à 40 % du débit moyen des cours d’eau à l’horizon 2050-2070.

Le phénomène est donc amené à se répéter de manière plus fréquente et plus violente, mais il n’est pas pour autant inédit. Plus tôt dans la période estivale, d’autres centrales avaient dû s’arrêter. Cette fois-ci à cause des conséquences environnementales du rejet d’eau chaude dans les rivières. Au-delà de 28 °C, la température des cours d’eau menace la faune aquatique et EDF n’a plus le droit ni de puiser ni de rejeter de l’eau. Le 31 juillet, le réacteur 2 de la centrale Golfech (Tarn-et-Garonne) a ainsi été mis à l’arrêt pour deux jours. D’autres ont également vu leur puissance réduite, comme celle du Blayais (Gironde) le 12 août 2020. Pour éviter de s’arrêter, la centrale de Civaux (Vienne) a, quant à elle, puisé largement dans les réserves du lac de Vassivière en amont des réacteurs. À Cattenom (Moselle), en raison du faible débit de la Moselle, l’accès à la retenue d’eau du Mirgenbach n’a plus été autorisé au public à partir du 6 août 2020 pour la réserver au refroidissement des centrales nucléaires.

Manque d’actions menées pour réduire la consommation électrique et tendre vers une forme de sobriété

Déjà, en 2003, un quart du parc nucléaire français avait dû être stoppé en raison de la canicule. L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) avait montré que certains matériaux sont particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs. À l’époque, on avait aussi vu des salariés arroser à la lance à eau l’extérieur des réacteurs de Fessenheim pour les refroidir. En 2018, six centrales avaient également réduit leur puissance au plus fort de l’été.

Une boucle de rétroaction préoccupante est en train de se réaliser. Le réchauffement climatique affecte le parc nucléaire et pousse EDF à relancer de manière temporaire les centrales à charbon, qui alimentent à leur tour le dérèglement climatique. Si ces centrales ne sont plus que quatre en France, elles représentent tout de même 30 % des émissions de CO2 de la production électrique.

Les associations écologistes craignent que cette situation nourrisse de « faux débats ». « Les pronucléaires vont s’engouffrer dans la brèche pour dire que la fermeture de Fessenheim était une mauvaise idée et que l’on ne peut abandonner le charbon en sortant du nucléaire », note Cécile Marchand, des Amis de la Terre.

L’enjeu est pourtant ailleurs. « Fessenheim est une goutte d’eau qui ne peut résumer, à elle seule, le véritable problème de gestion du parc nucléaire », estime Charlotte Mijeon. RTE avait d’ailleurs admis dans un document que la fermeture de Fessenheim ne menaçait pas la sécurité d’approvisionnement en électricité. Pour Cécile Marchand, la situation actuelle a plutôt le mérite de montrer que «  l’énergie nucléaire suppose des coûts de maintenance considérables et difficilement anticipables ».

Elle révèle aussi le manque d’actions menées pour réduire la consommation électrique et tendre vers une forme de sobriété. « En France, la [pointe de consommation électrique] est 55 % plus élevée que dans les autres pays européens », souligne l’association négaWatt. En cause, le développement massif du chauffage électrique depuis les années 1970 et bien d’autres usages tout aussi dispendieux, à commencer par le déficit de rénovation énergétique.

Dans un communiqué, le Réseau Action Climat affirme qu’on ne pourra sortir du charbon sans faire d’effort sur la pointe électrique et notre consommation générale. Or, sur ce sujet, « quasiment rien n’est fait depuis des années », regrette Cécile Marchand.

Par Gaspard d’Allens (Reporterre), publié le 24 septembre 2020

Message de Reporterre

Puisque vous êtes ici…

… nous avons une faveur à vous demander. La catastrophe environnementale s’accélère et s’aggrave, les citoyens sont de plus en plus concernés, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale dans l’information.
Contrairement à de nombreux autres médias, nous avons fait des choix drastiques :

  • celui de l’indépendance éditoriale, ne laissant aucune prise aux influences de pouvoirs. Le journal n’appartient à aucun milliardaire ou entreprise ; Reporterre est géré par une association à but non lucratif. Nous pensons que l’information ne doit pas être un levier d’influence de l’opinion au profit d’intérêts particuliers.
  • celui de l’ouverture : tous nos articles sont en libre consultation, sans aucune restriction. Nous considérons que l’accès à information est essentiel à la compréhension du monde et de ses enjeux, et ne doit pas être dépendant des ressources financières de chacun.
  • celui de la cohérence : Reporterre traite des bouleversements environnementaux, causés entre autres par la surconsommation. C’est pourquoi le journal n’affiche strictement aucune publicité. De même, sans publicité, nous ne nous soucions pas de l’opinion que pourrait avoir un annonceur de la teneur des informations publiées.

Pour ces raisons, Reporterre est un modèle rare dans le paysage médiatique. Des dizaines de milliers de personnes viennent chaque jour s’informer sur Reporterre. Le journal est composé d’une équipe de journalistes professionnels, qui produisent quotidiennement des articles, enquêtes et reportages sur les enjeux environnementaux et sociaux. Tout cela, nous le faisons car nous pensons qu’une information fiable, indépendante et transparente sur ces enjeux est une partie de la solution.

Vous comprenez donc pourquoi nous sollicitons votre soutien. Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, et de plus en plus de lecteurs soutiennent le journal, mais nos revenus ne sont toutefois pas assurés. Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, le journal sera renforcé. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

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NUCLÉAIRE : NICOLE SANQUER DEMANDE UN PROGRAMME DE RECHERCHE SUR LES ANOMALIES GÉNÉTIQUES

La députée de Polynésie Nicole Sanquer présente à partir de ce lundi à l’Assemblée nationale un amendement pour la création d’un programme prioritaire de recherche sur les anomalies génétiques qui pourraient avoir été provoquées par l’exposition à la radioactivité des essais nucléaires à Moruroa et Fagataufa.

Édit du 22/09 : Cet amendement a finalement été rejeté par l’Assemblée Nationale ce mardi. Dans sa réponse, la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal a évoqué son attachement à ce sujet sensible sur le fond, mais qu’il n’était pas envisageable de l’associer sur la forme au projet de loi car il traite de génétique.

Un scrutin public et seulement 13 voix sur 56 votants ont séparé les « pour » et les « contre ». L’histoire se répète donc à l’Assemblée nationale : dès qu’il s’agit d’avancée concrète dans la reconnaissance du fait nucléaire, la forme dépasse le fond. Dans sa réponse, Frédérique Vidal évoque le fait que le texte de loi débattu ne peut contenir de programme prioritaire de recherche sur la génétique. Quelle suite peut-on donner à l’initiative de Nicole Sanquer ? Le texte sera débattu au Sénat le mois prochain, mais aucun amendement ne pourra y être ajouté. Reste à la députée d’atteindre directement Jean Castex car en métropole, c’est chez le Premier ministre à Matignon que sont prises les décisions des programmes de recherche sur la génétique. En avoir parlé à l’hémicycle pourra peut-être la faire entendre à Matignon… Malgré ce rejet de quelques voix, Nicole Sanquer récupère le poids de ses soutiens pour se faire entendre au plus haut niveau de l’État.   

L’objectif de cet amendement est d’actionner tous les leviers de la recherche scientifique pour mieux appréhender et prévenir les impacts de la fréquence élevée de troubles envahissants du développement chez les enfants et l’existence d’effets transgénérationnels radio-induits chez les descendants des vétérans des essais nucléaires.

L’amendement s’appuie notamment sur le rapport concernant l’amélioration de l’indemnisation des victimes des essais nucléaires remis au premier Ministre le 20 novembre 2018, par la commission de cadrage de la loi Morin présidée par la sénatrice Lana Tetuanui.

Par Brandy Tevero, publié le 21/09/2020 à 16h46, mis à jour le 22/09/2020 à 13h51

https://www.tntv.pf/tntvnews/polynesie/politique/nucleaire-nicole-sanquer-demande-un-programme-de-recherche-sur-les-anomalies-genetiques/

EN DIRECT DE LA COMMISSION LOCALE D’INFORMATION DE FLAMANVILLE

Un ordre du jour garni pour une AG qui a duré de 9 H 30 à 15h

Le Crilan était présent ce 23 septembre à l’ouverture de la première séance de la CLI depuis la fin Janvier.

Évelyne, Marie Édith, Monique et André ont distribué le flyer d’opposition (le voir directement sur le site) au démarrage partiel de l’EPR pour acheminer, introduire le combustible et faire des essais avec des gaz radioactifs.

Mais cette introduction du combustible sur le site ne sera possible qu’après délivrance par l’ASN d’une autorisation de mise en service partielle de l’EPR. Sur ce point, le CRILAN a annoncé qu’il se réserve avec d’autres associations de déposer un recours devant le Conseil d’État pour obtenir l’annulation de l’autorisation que l’ASN pourrait prendre.

EDF et l’ASN ont développé le projet de mise en service partiel de l’EPR suite au second décret autorisant la prolongation du décret d’autorisation de création de l’EPR.

À ce propos le CRILAN a informé la CLI qu’il allait engager en lien avec le Réseau Sortir du Nucléaire et d’autres associations une action le 25 septembre devant le Conseil d’État  pour contester la légalité du décret d’autorisation de construction de l’EPR qui repousse la date limite de fin de chantier. Pour ces associations, ce nouveau décret n’est pas valable car il porte sur un chantier bien différent de celui débuté en 2007 et qui avait fait l’objet du décret d’autorisation initial.

Publié le 23 septembre 2020

Pour voir le flyer d’opposition, cliquer sur :

http://crilan.fr/

EPR DE FLAMANVILLE : LES ASSOCIATIONS ENVIRONNEMENTALES DÉPOSENT UN RECOURS

À l’occasion de la réunion de la Commission locale d’information (CLI) de la centrale nucléaire de Flamanville, les associations anti-nucléaires ont annoncé ce mercredi 23 septembre son intention de déposer un recours devant le Conseil d’État pour s’opposer à la prolongation des travaux de l’EPR.

Les membres de la Commission locale d’Information (CLI) de Flamanville étaient réunis aux Pieux ce mercredi 23 septembre. Parmi les points à l’ordre du jour, un exposé du Directeur du Chantier, Fabien Millet, sur l’état d’avancement de la reprise des soudures défectueuses de l’EPR. Le personnel a été formé et des robots mis au point pour cette intervention qui pourra débuter une fois la certification accordée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). En attendant, le processus de réparation est actuellement en phase de test sur des maquettes à l’échelle 1. 

Stockage du combustible dans les piscines

Concernant le chantier de l’EPR, Fabien Millet a aussi profité de cette réunion pour présenter le futur processus d’introduction du combustible du réacteur. Les assemblages de combustible sont constitués d’uranium naturel enrichi. EDF indique que la gaine du combustible stoppe les rayonnements alpha rendant l’ensemble peu irradiant. Dans ces conditions, les assemblages seront stockés dans les piscines de la centrale avant installation dans le réacteur

Les associations se tournent vers le Conseil d’État

Mais cette introduction du combustible sur le site ne sera possible qu’après délivrance par l’ASN d’une autorisation de mise en service partielle de l’EPR. Et sur ce point, les associations anti-nucléaires annoncent qu’elles se réservent le droit de déposer un recours devant le Conseil d’État pour obtenir l’annulation du document. Par ailleurs, autour du CRILAN et de Sortir du Nucléaire, ce sont au total 5 associations qui ont déjà prévu d’engager une action le 25 septembre devant le Conseil d’État cette fois pour contester la légalité du décret d’autorisation de construction de l’EPR qui repousse la date limite de fin de chantier. Pour ces associations, ce nouveau décret n’est pas valable car il porte sur un chantier bien différent de celui débuté en 2007 et qui avait fait l’objet du décret d’autorisation initial.

Par Benoît Martin, France Bleu Cotentin, publié le mercredi 23 septembre 2020 à 17h04

Photo en titre : À droite de la photo, le réacteur EPR attend le chargement du combustible. Pour cela il faudra une autorisation de mise en service partielle. © Radio France – Anthony Raimbault

https://www.francebleu.fr/infos/environnement/epr-de-flamanville-les-associations-environnementales-deposent-un-recours-1600873266

BELGIQUE : IL NE FAUT PAS FAIRE CONFIANCE AU LOBBY DU NUCLÉAIRE, L’AVENIR EST RENOUVELABLE ET PUBLIC

La ministre flamande de l’Énergie Zuhal Demir (N-VA) a menacé de ne pas adapter son plan climatique si la sortie du nucléaire était maintenue par un nouveau gouvernement Vivaldi. La N-VA plaide depuis longtemps en faveur d’une prolongation des centrales nucléaires. Engie-Electrabel exerce une forte pression pour postposer la sortie du nucléaire. Les partis de la Vivaldi vont-ils céder à la pression du lobby du nucléaire ? Ce serait un désastre pour la transition énergétique urgente qui est aujourd’hui absolument indispensable.

Les centrales nucléaires font partie du problème, pas de la solution

La prolongation de nos centrales nucléaires obsolètes ne contribue pas à la transition vers un approvisionnement énergétique neutre au plan climatique. L’énergie nucléaire est en effet en concurrence directe avec les énergies renouvelables. Lorsque l’on produit trop d’électricité, ce sont les éoliennes et les panneaux solaires qui sont mis à l’arrêt, et non les centrales nucléaires. Par exemple, lors de la crise du coronavirus, l’opérateur Eneco a été contraint de mettre à l’arrêt une grande partie de ses 104 éoliennes en mer du Nord, car la demande énergétique était en baisse et les centrales nucléaires ne pouvaient pas réduire leur capacité de production. « La crise sanitaire montre que, en raison de sa rigidité, l’énergie nucléaire prime sur l’énergie verte, l’énergie du futur », a dénoncé à très juste titre Jean-Jacques Delmée, le CEO d’Eneco.

En outre, l’énergie nucléaire est la source d’énergie la plus subventionnée de tous les temps. Sans le soutien des gouvernements, l’énergie nucléaire n’est rentable nulle part dans le monde. Si on prenait en compte le coût réel de l’énergie nucléaire sur toute sa durée de vie (démantèlement des centrales, traitement des déchets hautement radioactifs, assurance en cas d’accident, etc.), l’énergie nucléaire serait bien trop chère et invendable. Ce sont les pouvoirs publics qui doivent chaque fois être garants. Le coût des déchets est aujourd’hui estimé à 10,7 milliards d’euros. Cette facture sera transmise aux générations futures. Le coût réel d’une prolongation des centrales nucléaires n’est quant à lui pas exactement connu, mais, selon le PDG d’Electrabel Johnny Thijs, il s’élèverait au minimum à 1,3 milliard d’euros. De plus, une nouvelle étude du centre de recherche Energyville montre que le report de la sortie du nucléaire ne ferait quasiment pas baisser le montant de notre facture énergétique, au contraire d’un scénario plus ambitieux concernant les énergies renouvelables.1

Chaque euro dépensé pour l’énergie nucléaire ou pour de nouvelles centrales au gaz est un euro qui ne va pas aux économies d’énergie, au stockage de l’énergie ou aux énergies renouvelables. C’est aussi simple que cela. On ne peut évidemment dépenser chaque euro qu’une seule fois. Seul l’exploitant de la centrale nucléaire bénéficie du report de la sortie du nucléaire. Le mouvement de défense de l’environnement a encore appelé ces jours-ci les partis de la Vivaldi à accélérer la transition énergétique et, donc, la sortie du nucléaire.

Le débat est faussé

Le débat public est actuellement réduit à un choix simple : soit nous gardons nos centrales nucléaires en activité plus longtemps, soit nous construisons de nouvelles centrales au gaz. Dans ces deux options, il est clair que des milliards d’euros de l’argent des contribuables iront aux grandes multinationales de l’énergie. Dans les deux cas, ces multinationales se frottent les mains.

Cependant, selon les dernières perspectives scientifiques de la CREG, le régulateur de l’énergie, si l’on sort du nucléaire, nous n’avons pas besoin de centrales au gaz supplémentaires. Dès 2017, le Bureau fédéral du Plan écrivait que la sécurité d’approvisionnement pourrait être garantie en cas de sortie du nucléaire si la capacité thermique existante était maintenue.2 Il est donc faux d’affirmer que nous avons besoin de centrales nucléaires ou de nouvelles centrales au gaz pour avoir suffisamment d’électricité. Cela vient entres autres d’une meilleure interconnectivité avec nos pays voisins et d’une augmentation substantielle de la capacité de production dans ces pays, mais aussi chez nous, entre autres par les parcs éoliens en mer. Toutefois, cela ne veut pas dire que nous ne devons pas investir massivement.

Nous sommes confrontés à un choix crucial

Pour le passage à 100 % d’énergie renouvelable, il faut des investissements publics massifs. Au lieu de discuter de la quantité d’argent des contribuables que nous donnons ou pas aux grandes multinationales de l’énergie pour les centrales nucléaires ou de nouvelles centrales au gaz, il vaudrait mieux combiner tous les investissements dans une société d’investissement publique qui miserait à fond sur les économies d’énergie, 100 % d’énergie renouvelable et le stockage de l’énergie. Dans ces conditions, il est parfaitement possible de planifier une sortie du nucléaire sans coupures de courant, sans investir dans des centrales au gaz, sans être dépendant de fournisseurs étrangers. La plupart des études qui sont actuellement mises en avant ne tiennent pas compte de ce scénario.

La question cruciale est donc celle de l’affectation des investissements publics. Investissons-nous dans ces technologies du passé pour le profit privé de grands actionnaires ou opérons-nous un choix radical pour les économies d’énergie et la production et le stockage d’énergie dans les mains du public ?

La planification publique est indispensable

Le plus grand obstacle à une politique s’attaquant à fond à la crise climatique est la vision à court terme des investissements privés, qui attendent des subsides pour réaliser des opérations rentables. Seule une approche réfléchie et centralisée de la transition écologique permettra de planifier les investissements prioritaires dans différents secteurs. Une politique qui mise d’abord sur l’isolation, l’économie d’énergie et la récupération de chaleur, et ensuite sur les infrastructures énergétiques et le stockage de l’énergie.

Au moment où la Commission européenne annonce qu’elle augmente ses objectifs climatiques à -55 % d’ici 2030, le débat se réduit au choix des subventions pour l’énergie nucléaire.3 La N-VA menace de bloquer toute nouvelle action en faveur du climat. Avec le gouvernement flamand, ce parti bloque activement tout progrès au niveau européen et reste, entre-temps, le seul à s’obstiner à s’en tenir à une ambition de -35%.4 Mais les partis progressistes sont eux aussi coincés dans une logique de marché qui les empêche de se concentrer sur une transition énergétique à la fois écologique et sociale.

Nous ne pouvons accepter qu’ils reportent la sortie du nucléaire et refusent d’entreprendre la transition énergétique absolument indispensable. Il est maintenant temps de changer de logique. L’avenir énergétique est renouvelable et public, et non nucléaire et privé. (NDLR: cette conclusion est valable pour la France et le monde en général)

Par Thierry Warmoes, publié le 23 septembre 2020

Thierry Warmoes est député PTB au sein de la Commission Énergie et Climat du Parlement fédéral

Photo en titre : La centrale de Tihange. (Photo Sonuwe, Wikipedia)

https://www.solidaire.org/articles/il-ne-faut-pas-faire-confiance-au-lobby-du-nucleaire-l-avenir-est-renouvelable-et-public

TROIS JOURS D’ANIMATIONS POUR FÊTER L’ABANDON DU PROJET DE PISCINE DE DÉCHETS NUCLÉAIRES À BELLEVILLE-SUR-LOIRE

Les membres du collectif Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye invitent le grand public à venir assister à leurs ateliers de travail, projection de films, pendant trois jours au château de Saint-Amand-en-Puisaye.

Les militants de Loire Vienne Zéro nucléaire pensaient, qu’en cette rentrée 2020, ils auraient à se battre contre le projet de création d’une piscine de déchets nucléaires à la centrale de Belleville-sur-Loire, la décision devant être prise avant la fin de l’année 2020. Dans cette optique, ils avaient imaginé un week-end de mobilisation sur les terres de l’un de leurs quinze groupes, l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye.

Fin juin, le président de la région Centre Val de Loire, François Bonneau a annoncé qu’EDF renonçait à implanter cet équipement dans le Cher. Malgré cette annonce, les militants n’ont pas voulu en rester là et ont décidé de maintenir leur week-end d’animations afin de célébrer cette bonne nouvelle et poursuivre leur mobilisation. Les trois jours d’animation, ouverts au grand public, de vendredi 25 à dimanche 27 septembre, s’intitulent ainsi : piscine nucléaire géante?? Ni à Belleville, ni à la Hague, ni ailleurs?!

Se mobiliser pour l’ensemble des territoires

Catherine Fumé, Bernadette Moreau, Françoise Pouzet et Fanny Lancelin, les organisatrices, détaillent la programmation qui s’articulera autour de la projection de films, d’ateliers de travail, d’échanges. « Nous nous mobilisons pour les territoires, pour les générations à venir et nous invitons les gens à venir s’informer. »

Notamment dès le vendredi soir avec la projection du film Dossier Plogoff « qui retrace la mobilisation de toute une population contre le projet de construction d’une centrale en 1976 dans leur commune », illustre Fanny Lancelin. « D’ailleurs, grâce à leur mobilisation, la centrale n’a jamais vu le jour. »

S’en suivra la projection de Condamnés à réussir. Un film qui retrace la construction de la centrale de la Hague. Cette région de la Manche qui sera de nombreuses fois évoquée lors du week-end, où la piscine de déchets nucléaires pourrait voir le jour. « La région est encore une fois sacrifiée », déplorent les militantes.

Une grande soirée festive le samedi soir

Un film qui amorcera la thématique des conférences du lendemain sur le thème des déchets. Sera à ce moment-là évoqué le projet nucléaire de Bure, où un centre d’enfouissement des déchets pourrait être créé. Un géologue, membre du collectif, viendra exposer « pourquoi le site choisi n’est pas adapté », indiquent les organisatrices.

Qui seront bien évidemment de la soirée festive le samedi soir entre buffet, spectacle de musique, poésie et danse avant de conclure les festivités par une conférence bilan, le dimanche. « Une équipe de facilitateurs prendra des notes pendant tout le week-end, avec les idées, les actions afin qu’émergent des convictions collectives pour continuer la lutte et aller plus loin », conclu Catherine Fumé.

LE PROGRAMME

Vendredi 25 septembre

. À 18 h. Projection du film le Dossier Plogoff 

. À 21 h. Projection du film suivi d’un débat Condamnés à réussir.

Samedi 26 septembre

. De 10 h à 12 h 30. Conférence sur le thème des rejets dans l’environnement de l’industrie nucléaire en Loire et Vienne et à la Hague.

. De 15 h à 17 h 30. Conférence sur les combustibles nucléaires usés (le retraitement, le mox, les transports, la saturation des piscines, les failles de la filière. Comment s’opposer ? Quelles alternatives ?)

. À 18 h. Film-débat Un héritage empoisonné à partir de 20 h. Soirée festive avec buffet, historique et transmission des outils de la lutte, performance d’Uranna et ses technodruides, discoparty.

Dimanche 27 septembre

. De 10 h à 12 h 30. Conférence sur les déchets, la nucléarisation du Grand-Est (état des lieux, points faibles, comment s’opposer).

. De 14 h à 16 h. Conférence-bilan, comment continuer la lutte.

Par Mathilde Thomas, publié le 23/09/2020 à 08h00

Photo en titre : Les militants restent combatifs © Sortir du nucléaire

https://www.lejdc.fr/saint-amand-en-puisaye-58310/actualites/trois-jours-d-animations-pour-feter-labandon-du-projet-de-piscine-de-dechets-nucleaires-a-belleville-sur-loire_13839950/

[TRIBUNE] COVID-19 OU LE TEST RÉUSSI DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Cette semaine, Jean-François Petit, directeur général de RES, revient sur le rôle des énergies renouvelables pendant la crise sanitaire. « Le Covid a révélé la résilience des EnR« , estime-t-il.

Pendant le confinement, les énergies renouvelables (EnR) ont révélé leur fiabilité mais aussi leur performance pour répondre aux besoins de l’ensemble du réseau électrique français. Avec une couverture de 25 à 30% de la consommation énergétique, les EnR ont su démontrer une résilience aux conditions particulières de ces derniers mois.

La Covid a révélé la résilience des énergies renouvelables (EnR). Avec un taux moyen de production de 25 à 30% de la consommation énergétique pendant le confinement et 35% en moyenne le 29 mars avec un pic de 45% à la mi journée, les EnR ont prouvé toute leur capacité à couvrir une part importante des besoins énergétiques du pays. Un test grandeur nature qui démontre, à ceux qui en doutent encore, que ces énergies ont aujourd’hui toute leur raison d’être dans le paysage énergétique français.

État des lieux du marché français de l’énergie

La consommation annuelle d’énergie en France est d’environ 480 TWh avec une part de l’ordre de 70 % pour le nucléaire, un peu plus de 20 % pour les renouvelables, le reste provenant d’installations fossiles (en très grande majorité alimenté par du gaz). Si le volume de la consommation est quasi stable depuis plusieurs années grâce aux améliorations de l’efficacité énergétique, il présente néanmoins une évolution dans sa nature avec l’augmentation de la part de l’électrique due au numérique, aux voitures électriques et à l’électrification des industries. Pendant la période de confinement, le marché de l’énergie a enregistré une baisse inédite de la consommation de l’ordre de 15% à 20%, avec l’arrêt de l’industrie. Contrairement à la crise de 2008, qui avait conduit à une baisse durable de la consommation d’énergie de -5%, celle liée au Covid est limitée dans le temps, la consommation repartant à la hausse depuis le 11 mai.

Le confinement : un changement de paradigme ?

Outre l’arrêt de l’économie, de fortes variations météorologiques durant le confinement ont impacté la consommation d’énergie. Avec la baisse de la consommation et les fortes variations, le gestionnaire du réseau (RTE) a cessé l’activité des centrales thermiques marginale (gaz, fuel), préservant uniquement comme  installations « fossiles » celles de cogénération. Le mixte énergétique français, a donc, pendant le confinement, été constitué quasi exclusivement d’énergie nucléaire centralisée et d’EnR décentralisée variable, alimentant ainsi de façon décarbonée, fiable et stable l’ensemble du réseau électrique français et une partie de l’export habituelle. Une belle preuve de la compatibilité des EnR avec notre système électrique sans avoir recours aux installations à énergie fossile.

Une production sans arrêt pour les EnR

De par son ancienneté, le parc nucléaire français nécessite d’importantes opérations de maintenance. Planifiées de longues dates, plusieurs ont dû être arrêtées ou retardées pendant le confinement augmentant alors des craintes de disponibilité d’approvisionnement d’énergie à l’hiver prochain. En revanche, les travaux de maintenance sur les éoliennes et panneaux solaires ont pu être effectués pendant toute cette période portant leur disponibilité pour soutenir le réseau à 95%. Une situation démontrant que la maintenance d’une énergie décentralisée et répartie en plusieurs points n’a aucune incidence négative sur le réseau de distribution là, où celle d’une centrale nucléaire et a fortiori plusieurs, requiert l’arrêt et donc la perte d’une grande quantité d’énergie simultanément.

Un prix de l’électricité ne reflétant pas la réalité 

Calculé quotidiennement et sur le long terme par des mécanismes fortement influencés par l’ARENH (Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique), le prix de l’électricité est fortement influencé par celui du kWh nucléaire. Celui-ci, ne reflète malheureusement en rien le coût réel et complet de cette énergie, car il n’intègre ni les frais de carénage (remise à niveau pour en prolonger leur durée de vie) ni ceux du démantèlement des centrales nucléaires dont le coût, selon un rapport parlementaire de février 2017, est largement sous-estimé à 350 millions d’euros par EDF, quand d’autres exploitants estiment un coût entre 900 millions et 1,3 milliard d’euros par réacteur. Par ailleurs, le temps de démantèlement d’une centrale nucléaire est égal à sa durée de production d’énergie ! Selon certaines études et rapports de la cour des comptes, le prix réel du nucléaire français serait autour de 59.8 euros/MWh pour les anciennes centrales et entre 70 et 90  euros/MWh pour les EPR en construction. EDF estime d’ailleurs qu’à terme le kWh des EPR pourrait tendre vers 60 à 70 euros/MWh.

Le prix des EnR est, quant à lui de l’ordre de 62.9€/MWh pour l’éolien et 56.31 euros/MWh pour le solaire, et, à l’inverse du nucléaire, il intègre toute la chaine de valeur, depuis la construction du parc jusqu’à son démantèlement (qui ne durera que quelques mois) en passant par l’opérationnel et la maintenance. Si les EnR sont donc d’ores et déjà compétitives, elles souffrent néanmoins des mécanismes tarifaires du marché inadaptés à leurs spécificités. Conçus pour rémunérer des producteurs centralisés et traditionnels (centrales thermiques) dont les Capex (dépenses d’investissement) sont modérés et les Opex (dépenses d’exploitation) élevées, les prix de l’énergie ne prennent pas en compte les Capex (lié à la construction) et les coûts d’exploitation marginaux des parcs éolien et solaire. Il conviendrait donc de remettre à plats ces mécanismes afin de mieux refléter la réalité des profils de coûts des installations et accroitre l’optimisation du  prix de l’électricité produite par les EnR.

Alors, sans révolutionner le marché de l’énergie, cette crise sanitaire a eu le mérite de prouver la solidité et les avantages des EnR. Mais elle a aussi révélé l’inadaptation des mécanismes de marché de l’électricité pour les installations des énergies renouvelables dont le coût d’exploitation est faible. Profitons du retour d’expérience lié au Covid pour lancer une réflexion globale sur le système électrique et accélérer le déploiement des énergies renouvelables !

Par Jean-François Petit, directeur général, RES / DR , publié le 21 septembre 2020

https://www.environnement-magazine.fr/energie/article/2020/09/21/130233/tribune-covid19-test-reussi-des-energies-renouvelables

CATTENOM : INDISPONIBILITÉ DE LA TURBOPOMPE DU CIRCUIT D’ALIMENTATION DE SECOURS DES GÉNÉRATEURS DE VAPEUR DU RÉACTEUR 2

Le 15 septembre 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire de Cattenom a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité de la turbopompe du circuit d’alimentation de secours des générateurs de vapeur.

Le circuit d’alimentation de secours en eau des générateurs de vapeur fournit l’eau nécessaire au refroidissement du réacteur en cas de défaillance du système d’alimentation normale. Il est composé de deux voies redondantes comportant chacune une pompe alimentée électriquement et une turbopompe, entraînée par une turbine actionnée par de la vapeur prélevée sur les générateurs de vapeur. En cas de perte des alimentations électriques, la turbopompe est en mesure d’assurer à elle seule l’alimentation en eau des générateurs de vapeur.

Un essai périodique, réalisé le 10 septembre 2020, a mis en évidence que la turbopompe était indisponible, en raison de l’impossibilité d’ouvrir sa vanne d’alimentation en vapeur, alors qu’elle était requise par les spécifications techniques d’exploitation (STE) depuis la remise en service des installations le 20 août 2020.

L’événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Les autres pompes de ce système de secours sont restées disponibles. Cependant, en raison de la détection tardive de l’indisponibilité de ce matériel, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Après examen technique, l’exploitant a découvert que le dysfonctionnement était dû à un blocage par frottement mécanique entre deux éléments de la vanne d’alimentation en vapeur de la turbopompe empêchant ainsi son démarrage. La cause de ce frottement est liée un mauvais réglage de l’équipement lors d’une intervention de maintenance ayant eu lieu quelques semaines auparavant. L’exploitant a remis en conformité le matériel le 12 septembre 2020.

Publié le 22 septembre 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-de-la-turbopompe-du-circuit-d-alimentation-de-secours-des-generateurs-de-vapeur

ATHIS-VAL DE ROUVRE (ORNE) : COLLECTIF CITOYEN NORMAND : « LE NUCLÉAIRE, NON MERCI ! »

Lors de leur assemblée générale, les membres du Collectif citoyen normand « le nucléaire et ses déchets, non merci ! » ont approuvé, à l’unanimité, leurs bilan moral et financier, présentés respectivement par Viviane Thébault, présidente et Ghislaine Lemoine, trésorière.

Pour l’année à venir, leurs projets se centreront sur une journée souvenir des accidents de Tchernobyl et de Fukushima, une exposition d’œuvres de dessinateurs de BD et une conférence.

« Le Collectif Citoyen Normand, le nucléaire et ses déchets : non merci ! reste sur le terrain et, fidèle à ses statuts, demeure un espace de vigilance, d’information citoyenne sur les questions du nucléaire en général et de promotion des énergies renouvelables. Constitué en avril 2000, il y a vingt ans, nous n’avons pu fêter l’événement cette année, eu égard à la situation sanitaire. Ce n’est que partie remise, pour l’année prochaine », précise Viviane Thébault, présidente. L’association est ouverte aux personnes physiques qui adhèrent à ses objectifs.

Collectif citoyen normand : le nucléaire et ses déchets, non merci, BP 11, Athis-de-l’Orne, 61 430 Athis-Val-de Rouvre. Mail : collectifcitoyennormand@laposte.net

Par Ouest-France, publié le 22/09/2020 à 06h50

https://www.ouest-france.fr/normandie/athis-val-de-rouvre-61430/athis-val-de-rouvre-collectif-citoyen-normand-le-nucleaire-non-merci-6983887

PALUEL. GÉNÉRATEURS D’ULTIME SECOURS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE : UN DÉLAI SUPPLÉMENTAIRE ACCORDÉ

Le Covid-19 a poussé EDF à demander un délai pour l’installation de deux générateurs d’ultime secours de la centrale nucléaire de Paluel.

Le 30 juillet dernier, l’ASN (L’Autorité de sûreté nucléaire) a reporté l’échéance de mise en service des groupes électrogènes d’ultime secours (DUS) de cinq réacteurs de 1 300 MW des centrales nucléaires de Cattenom, Flamanville et Paluel, en accordant à EDF un délai supplémentaire de deux à trois mois selon le réacteur.

EDF a sollicité, en juin, le report de l’échéance de mise en service de ces équipements du fait des mesures mises en œuvre sur ses sites pour limiter la propagation de l’épidémie de Covid-19. Les chantiers ont été arrêtés dans un premier temps, puis la reprise a été progressive du fait de la mise en œuvre des gestes barrières. « Au moment du confinement, nous avions des équipes américaines. Elles ont dû quitter le territoire », justifie-t-on à la centrale de Paluel.

L’ASN avait imposé à EDF, à la suite de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, dans ses décisions du 26 juin 2012, la mise en place avant le 31 décembre 2018, d’un moyen électrique supplémentaire permettant notamment d’alimenter, en cas de perte des autres sources électriques, les équipements du « noyau dur » défini par ces mêmes décisions.

En réponse à ces prescriptions, EDF a engagé la construction de groupes électrogènes d’ultime secours.

Pas le premier report

En 2018, l’exploitant avait déjà sollicité le report de ces échéances pour la majorité de ses réacteurs du fait de difficultés avérées rencontrées dans la construction et la mise en service de ces moyens d’alimentation électrique supplémentaires. « Le groupe n’avait que deux fournisseurs et beaucoup de pièces à réaliser. Nous avons été contraints de demander un étalement de la production », signale-t-on encore sur le site cauchois. L’ASN avait donné suite à cette demande en modifiant les échéances concernées par sa décision du 19 février 2019.

Une échéance fixée au 28 février 2021

Les groupes électrogènes d’ultime secours de 49 des 56 réacteurs exploités par EDF sont actuellement en service.

L’échéance de mise en service des diesels d’ultime secours des réacteurs 3 et 4 de la centrale nucléaire de Paluel reste inchangée au 31 décembre 2020. Pour les deux autres, l’ASN a fixé les nouvelles échéances de mise en service au 28 février 2021 pour les réacteurs 1 et 2.

Le projet de décision de l’ASN a été soumis à la consultation du public du 30 juin au 15 juillet dernier.

Par Ghislain Annetta, publié le 22 septembre à 9h01

Photo en titre : Ce délai supplémentaire concerne deux des quatre réacteurs de la centrale nucléaire de Paluel DIDIER MARC – copyright EDF

https://www.lecourriercauchois.fr/actualite-262009-paluel-generateurs-d-ultime-secours-a-la-centrale-nucleaire-un-delai-supplementaire-accorde

UNE CENTRALE NUCLÉAIRE PEUT BÉNÉFICIER D’UNE AIDE D’ÉTAT DANS L’UE

La construction d’une centrale nucléaire dans l’UE peut bénéficier d’une aide d’État, a estimé mardi la justice européenne, dans un arrêt répondant aux contestations de l’Autriche, à la pointe de la cause antinucléaire en Europe.

À lire aussi : France: Hitachi met fin à son projet de centrale nucléaire au Royaume-Uni

Vienne contestait des subventions accordées par Londres pour la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point par NNB Generation, une filiale d’EDF Energy.

Selon la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), «un État membre est libre de déterminer les conditions d’exploitation de ses ressources énergétiques, son choix entre différentes sources d’énergie (…) sans exclure que ce choix puisse porter sur l’énergie nucléaire».

En outre, rien n’impose à la Commission, lorsqu’elle étudie la légalité d’une aide d’État, de prendre en compte l’éventuel «effet négatif que les mesures en cause peuvent avoir sur la réalisation des principes de protection de l’environnement, de précaution, du pollueur-payeur et de durabilité», contrairement à ce que demandait l’Autriche. (NDLR : c’est bien dommage !)

Sous réserve que l’activité soutenue respecte les règles environnementales de l’UE, les services de la Concurrence de l’exécutif européen doivent uniquement prendre en considération «les effets de l’aide sur la concurrence et les échanges entre les États membres», souligne la CJUE.

La Cour rappelle qu’une aide d’État doit seulement respecter deux conditions pour être approuvée : faciliter le développement de certaines activités ou de certaines régions économiques et «ne pas altérer les conditions des échanges dans une mesure contraire à l’intérêt commun». «Cette disposition n’exige pas, en revanche, que l’aide envisagée poursuive un objectif d’intérêt commun», insiste-t-elle.

L’énorme chantier de Hinkley Point en Angleterre représente un investissement total de 19,6 milliards de livres (environ 22,2 milliards d’euros). La Commission européenne avait approuvé fin 2014 les aides que le Royaume-Uni envisageait d’octroyer à cette centrale, afin de promouvoir la création de nouvelles capacités de production d’énergie nucléaire.

L’Autriche avait déjà demandé l’annulation de cette décision en première instance devant le Tribunal de l’UE, qui avait rejeté ce recours par un arrêt du 12 juillet 2018.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 22 septembre 2020

Photo en titre : La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a rendu son verdict ce mardi sur les aides d’État octroyées à la construction des centrales nucléaires au sein de l’UE. Gilles Paire / Gilles Paire – stock.adobe.com

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/une-centrale-nucleaire-peut-beneficier-d-une-aide-d-etat-dans-l-ue-20200922

NDLR : l’Europe s’est construite selon une idéologie libérale, laquelle ne considère que la poursuite de la croissance (le développement) et le libre-échange (ne pas altérer les conditions des échanges). Mais, comme disait Coluche : « jusqu’où s’arrêteront-ils ? » Ma réponse : quand il sera trop tard !

NUCLÉAIRE : LES ÉTATS-UNIS DURCISSENT LES SANCTIONS CONTRE L’IRAN

Les États-Unis ont décrété, ce lundi 21 septembre 2020, une série de nouvelles sanctions punitives contre l’Iran « pour contrer les menaces nucléaires iraniennes ainsi que la prolifération des missiles et des armes classiques ».

« L’administration Trump a clairement indiqué que les États-Unis feraient tout ce qui était en leur pouvoir pour empêcher la République islamique d’Iran, premier État parrain du terrorisme et de l’antisémitisme au monde, de semer la mort et le chaos dans tout le Moyen-Orient et dans le monde », a indiqué le secrétaire d’État américain Mike Pompeo. Dans un communiqué à l’issue d’une conférence de presse, il a indiqué que « plutôt que d’attendre le jour où l’Iran menace le monde avec une arme nucléaire, les États-Unis respectent à nouveau les meilleures traditions du leadership mondial américain et prennent des mesures responsables ».

« Aujourd’hui, sous la direction du président Donald J.Trump, les départements d’État, du Trésor et du Commerce ont pris des mesures importantes pour contrer les menaces nucléaires iraniennes ainsi que la prolifération des missiles et des armes classiques », a-t-il ajouté.

Entre autres nouvelles sanctions, Pompeo a indiqué que « l’embargo des Nations Unies sur les armes contre l’Iran est maintenant réimposé indéfiniment et nous veillerons à ce qu’il reste en place jusqu’à ce que l’Iran change de comportement ».

Les mesures punitives ciblent outre le ministère iranien de la Défense, l’Organisation des industries de défense iranienne et son directeur, ainsi que Nicolas Maduro, « le dictateur illégitime du Venezuela, pour les activités liées aux armes conformément au nouvel ordre exécutif iranien sur les armes classiques », selon la même source.

Le ministère américain du Trésor a également désigné notamment six personnes et trois entités associées à l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (AEOI) conformément au décret relatif aux proliférateurs d’armes de destruction massive et leurs partisans.

Washington justifie la reconduction des sanctions par le fait qu’en plus du non-respect par Téhéran de ses engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire, le Conseil de sécurité n’a pas prolongé l’embargo des Nations-Unies sur les armes à l’Iran, en vigueur depuis 13 ans.

La quasi-totalité des autres membres du Conseil dénient aux États-Unis le droit d’utiliser le mécanisme du « snapback », au motif qu’ils se sont retirés en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien qui l’a instauré.

Par l’Observateur, publié le 21 septembre 2020

https://www.lobservateur.info/nucleaire-les-etats-unis-durcissent-les-sanctions-contre-liran/

L’ARMÉE CHINOISE SIMULE L’ATTAQUE D’UNE BASE AMÉRICAINE AVEC SON BOMBARDIER NUCLÉAIRE ET PUBLIE LA VIDÉO

L’armée de l’air chinoise a diffusé ce week-end une vidéo montrant des bombardiers H-6 à capacité nucléaire effectuant une simulation d’attaque de ce qui semble être la base aérienne américaine d’Andersen, sur l’île de Guam, dans le Pacifique.

Les images ont été mises en ligne samedi sur le compte Weibo de l’armée de l’air, alors que les forces chinoises procédaient à des manœuvres entamées la veille près du détroit de Taiwan, à l’arrivée à Taipeh d’un membre du département d’État américain. C’est la première fois depuis 40 ans qu’un dirigeant américain d’un rang aussi élevé se rend sur l’île, que Pékin considère comme une partie intégrante du territoire chinois.
Guam abrite d’importantes installations militaires américaines qui seraient essentielles en cas de conflit dans la région Asie-Pacifique.

« Le dieu de la guerre H-6K passe à l’attaque!« 

La vidéo de deux minutes et 15 secondes intitulée « Le dieu de la guerre H-6K passe à l’attaque! » montre des bombardiers décollant d’une base située dans une zone désertique, avec en fond sonore une musique digne d’une superproduction hollywoodienne.

On y voit ensuite un pilote tirer un missile sur une piste d’atterrissage non identifiée, puis une photo satellite montrant une base dont le plan semble identique à celui d’Andersen.
« Nous sommes les défenseurs de la sécurité aérienne de la patrie. Nous avons la mission et la capacité de toujours défendre la sécurité du ciel de la patrie », a écrit l’armée de l’air chinoise dans le descriptif de la vidéo.

Publié le 21/09/2020 à 08h34

Pour voir la vidéo, cliquer sur:

https://www.lindependant.fr/2020/09/21/larmee-chinoise-simule-lattaque-dune-base-americaine-avec-son-bombardier-nucleaire-et-publie-la-video-9085904.php

NOUS VIVONS SOUS LA MENACE D’UNE GUERRE NUCLÉAIRE : NOS DIRIGEANTS DOIVENT AGIR AU PLUS VITE

Avec près de 14 000 armes nucléaires réparties sur des dizaines de sites à travers le monde et dans des sous-marins qui patrouillent les océans en permanence, la capacité de destruction dépasse l’imagination. Tous les dirigeants responsables doivent agir maintenant et signer le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) pour que les horreurs de 1945 ne se répètent plus jamais. Une opinion de plus de 50 anciens ministres, Premiers ministres, Présidents et secrétaires généraux dont Ban Ki-moon, Yves Leterme et Willy Claes. (NDLR : Retrouvez la liste complète des signataires au bas de l’article sur le site indiqué en bas de l’article.)

La pandémie du coronavirus a démontré de façon frappante, le besoin urgent d’une plus grande coopération internationale pour faire face à toutes les menaces majeures affectant la santé et le bien-être de l’humanité. La menace d’une guerre nucléaire est la plus importante d’entre elles. Le risque de détonation d’une arme nucléaire aujourd’hui – que ce soit par accident, par erreur de calcul ou de conception – semble s’accroître avec le déploiement récent de nouveaux types d’armes, l’abandon d’accords de contrôle des armements mis en place depuis de nombreuses années et le danger bien réel de cyber-attaques sur des infrastructures nucléaires. Nous devons tenir compte des avertissements des scientifiques, des médecins et des nombreux experts. Nous ne devons pas fermer les yeux sur une crise d’une ampleur encore plus grande que celle que nous connaissons cette année.

Il n’est pas difficile d’imaginer qu’une rhétorique belliqueuse et un mauvais jugement de dirigeants d’un État disposant d’armes nucléaires pourraient aboutir à une calamité affectant toutes les nations et tous les peuples. Comme anciens dirigeants, ministres des affaires étrangères et ministres de la défense de l’Allemagne, de l’Albanie, de la Belgique, du Canada, de la Croatie, de la Corée du Sud, du Danemark, de l’Espagne, de la Grèce, de la Hongrie, de l’Islande, de l’Italie, du Japon, de la Lettonie, de la Norvège, des Pays-Bas, de la Pologne, du Portugal, de la Slovaquie, de la Slovénie, de la Tchéquie et de la Turquie – des États qui exigent d’être protégés par les armes nucléaires d’un allié – nous appelons nos dirigeants actuels à faire progresser le désarmement avant qu’il ne soit trop tard. Un premier pas évident que les responsables de nos pays respectifs devraient réaliser serait de déclarer sans réserve, que les armes nucléaires ne servent aucun objectif militaire ou stratégique légitime, compte tenu en cas d’utilisation des conséquences humanitaires et environnementales catastrophiques. En d’autres termes, nos pays doivent rejeter tout rôle des armes nucléaires dans notre défense.

Ces armes ne renforcent pas la sécurité des pays, au contraire

En revendiquant le besoin d’être protégé par des armes nucléaires, nous encourageons une croyance dangereuse et erronée selon laquelle ces armes renforcent la sécurité. Plutôt que de permettre le progrès vers un monde sans armes nucléaires, nous l’entravons et perpétuons les dangers – tout cela par crainte de contrarier nos alliés qui se cramponne à ces armes de destruction massive. Mais les amis peuvent et doivent s’exprimer lorsque leurs amis adoptent un comportement imprudent qui met les vies de tous en danger. Il ne fait aucun doute qu’une nouvelle course aux armements nucléaires est en cours et qu’une course au désarmement est nécessaire de toute urgence. Il est temps de mettre un terme définitif à l’ère de la dépendance aux armes nucléaires. En 2017, 122 pays ont pris une mesure courageuse, attendue depuis longtemps, dans cette direction en adoptant le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) – un accord mondial historique qui place les armes nucléaires sur un même pied d’égalité juridique que les armes chimiques et biologiques et qui établit un cadre pour les éliminer de manière vérifiable et irréversible. Ce traité va bientôt devenir une législation internationale contraignante.

Nos pays doivent faire preuve de courage et d’audace

À ce jour, nos pays ont choisi de ne pas se joindre à cette majorité d’États pour soutenir ce traité. Mais nos dirigeants devraient reconsidérer leur position. Nous ne pouvons pas nous permettre de tergiverser face à cette menace existentielle pour l’humanité. Nous devons faire preuve de courage et d’audace – et adhérer au traité. En tant qu’États parties, nous pourrions rester dans des alliances avec des États dotés de l’arme nucléaire, car rien dans le traité lui-même, ni dans nos accords de défense respectifs, ne s’y oppose. Mais nous serions juridiquement tenus de ne pas aider ou encourager nos alliés à utiliser, à menacer d’utiliser ou à posséder des armes nucléaires. Étant donné le très large soutien populaire au désarmement dans nos pays respectifs, ce serait une démarche non contestée et très applaudie.

Le traité d’interdiction est un renforcement important du traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP), qui date d’un demi-siècle, qui bien qu’il ait remarquablement réussi à freiner la prolifération des armes nucléaires dans un grand nombre de pays, n’a pas réussi à établir un tabou universel contre la possession de ces armes. Les cinq pays qui possédaient des armes nucléaires au moment de la négociation du TNP – les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et la Chine – semblent le considérer comme une autorisation pour conserver de manière perpétuelle leurs forces nucléaires. Au lieu de désarmer, ils investissent massivement dans l’amélioration de leurs arsenaux, avec des projets pour les garder pour de nombreuses décennies. Ceci est tout à fait inacceptable.

Le traité d’interdiction adopté en 2017 peut contribuer à mettre fin à des décennies de paralysie en matière de désarmement. C’est une lueur d’espoir, dans une période de ténèbres. Il permet aux pays de souscrire à la norme multilatérale actuellement la plus élevée contre les armes nucléaires et de mettre en place une pression internationale. Comme le reconnaît le préambule du TIAN, les effets des armes nucléaires « transcendent les frontières nationales, ont des répercussions profondes sur la survie de l’humanité, l’environnement, le développement socioéconomique, l’économie mondiale, la sécurité alimentaire et la santé des générations actuelles et futures et touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles, notamment en raison des effets des rayonnements ionisants« .

Pour un monde plus sûr

Avec près de 14 000 armes nucléaires réparties sur des dizaines de sites à travers le monde et dans des sous-marins qui patrouillent les océans en permanence, la capacité de destruction dépasse l’imagination. Tous les dirigeants responsables doivent agir maintenant pour que les horreurs de 1945 ne se répètent plus jamais. Tôt ou tard, notre chance s’épuisera – sauf si nous agissons. Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires jette les bases d’un monde plus sûr, libéré de cette ultime menace. Nous devons l’adopter dès maintenant et nous efforcer d’obtenir de nouvelles adhésions. Il n’y a pas de remède à une guerre nucléaire. La prévention est notre seule option.

Titre original : « Lettre ouverte de soutien au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires »

Publié le 21-09-20 à 17h11, mis à jour le 21-09-20 à 17h20

Photo en titre : © AFP

https://www.lalibre.be/debats/opinions/nous-vivons-sous-la-menace-d-une-guerre-nucleaire-nos-dirigeants-doivent-agir-au-plus-vite-5f68ba069978e2322f34ad06

FAIRE DE L’OCÉAN INDIEN UNE « ZONE DÉNUCLÉARISÉE »

Lettre du Mouvement réunionnais pour la Paix au Secrétaire général de l’ONU

Le 21 septembre a été décrété « Journée internationale de la paix » par l’Organisation des Nations Unies. Le thème de cette année a pour titre : « Façonner la paix ensemble ». Le Mouvement réunionnais pour la Paix est né lors d’une action de solidarité avec les peuples palestiniens et chagossiens. Il a placé parmi ses revendications l’océan Indien zone de Paix. Le 5 septembre dernier, il a écrit au Secrétaire général des Nations Unies ainsi qu’au Secrétaire général de la Commission de l’Océan Indien (COI), pour demander que notre région fasse l’objet d’un traité multilatéral afin qu’elle soit classée « zone dénucléarisée », à l’instar de la quasi-totalité des autres parties de l’Hémisphère Sud de la Planète.

Monsieur le Secrétaire général,

Le Mouvement Réunionnais pour la Paix (MRPaix) a pour objectif la mise en œuvre de toutes les dispositions de la « Déclaration faisant de l’océan Indien une zone de paix », contenue dans la résolution 2832 (XXVI) adoptée le 16 décembre 1971 par l’Assemblée générale des Nations Unies. Bien qu’ayant été approuvée à l’unanimité des États participants, force est de constater que cette importante résolution est restée lettre morte, tout comme les 37 autres résolutions ayant le même objet et qui ont été votées par l’organe plénier de l’Organisation mondiale entre 1972 et 2019.

Près d’un demi-siècle après l’adoption de la résolution 2832, les spécialistes de la géopolitique sont à l’unisson pour dresser un procès-verbal d’échec durable du projet onusien visant à ériger en « zone de paix » l’océan Indien. En 2020, cette région du monde demeure une « zone conflictuelle » et, plus encore, une « zone de convoitises » pour les grandes puissances extra régionales qui sont membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie) comme pour certaines grandes puissances riveraines (notamment l’Arabie saoudite, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran et le Pakistan) et il en est ainsi pour de multiples raisons économiques, politiques, religieuses ou territoriales.

Il en est résulté une multiplication des bases militaires de plus en plus sophistiquées qui, par suite, sont autant de menaces directes pour l’ensemble des États riverains de l’océan Indien et de leurs populations, en cas de conflits armés. On peut ici évoquer la redoutable base militaire américaine installée, au cours des décennies « 70 » et « 80 », à Diego Garcia, l’île principale de l’archipel des Chagos, ou la base militaire chinoise non moins importante inaugurée le 1er août 2017 à Djibouti, à proximité du golfe d’Aden et du détroit stratégique de Bab el-Mandeb.

On peut toutefois expliquer en partie le fiasco ainsi constaté dans la mise en œuvre de la résolution 2832. Les 38 résolutions votées à ce jour par l’Assemblée générale en vue de l’application de la « Déclaration faisant de l’océan Indien une zone de paix » ne sont pas des décisions mais des recommandations comme le sont la plupart des résolutions à usage externe adoptées par l’organe plénier des Nations Unies. Autant dire qu’elles sont dépourvues de valeur contraignante. Leur objectif consiste à proposer aux États membres des Nations Unies un comportement donné, sans plus. En conséquence, les pays membres de l’Organisation mondiale ne commettent aucune illicéité et n’engagent pas leur responsabilité internationale en ne les respectant pas, ce qui est malheureusement très souvent le cas. C’est là que le bât blesse.

Dès lors, ériger du jour au lendemain la région de l’océan Indien au rang de « zone de paix » tangible et permanente, au sens où l’entend – à la date du 16 décembre 1971 – l’incontournable mais peut-être trop ambitieuse résolution 2832, paraît relever du domaine de l’impossible. Pour avancer, il convient désormais d’être réaliste : pour le MRPaix, il n’y a pas d’autres méthodes efficientes, dans ce contexte difficile, que de procéder par étapes.

Sachant que la plus grande menace qui pèse à l’heure actuelle sur les États riverains de l’océan Indien est, sans conteste, la prolifération des armes de destruction massive et tout particulièrement celle des armes nucléaires, le MRPaix souhaite ardemment qu’un traité international ouvert à tous les États riverains de l’océan Indien et à ceux de « l’arrière-pays » soit signé dans les meilleurs délais avec l’appui officiel, à titre de garantie, des cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies. En ce sens, Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies, nous sommes en eurythmie avec votre volonté déterminée qui consiste à endiguer la prolifération des armes nucléaires dans les diverses régions du monde. Nous partageons votre jugement critique lorsque vous déclarez le 9 août 2020 – lors du 75ème anniversaire du bombardement atomique de Nagasaki – que « les progrès historiques en matière de désarmement nucléaire sont menacés, car le réseau d’instruments et d’accords visant à réduire le danger des armes nucléaires et à les éliminer s’effondre » et que « cette tendance alarmante doit être inversée ».

Pour que « cette tendance alarmante » soit « inversée », il convient d’abord de rappeler que le « désarmement général et complet » – un des objectifs majeurs des Nations Unies depuis leur naissance en 1945 – peut notamment être obtenu par la création de « zones de paix » et plus précisément par la création de « zones dénucléarisées » dans les diverses parties du monde. Or, nous savons aussi que, dans ce domaine spécifique, des progrès non négligeables ont déjà été réalisés par la voie conventionnelle, au cours de la seconde moitié du XXe siècle et tout particulièrement dans l’Hémisphère Sud dont relève la région de l’océan Indien.

Ainsi, l’Antarctique est démilitarisé en vertu du traité de Washington signé le 1er décembre 1959 par le « club des Douze ». Son désarmement est clairement indiqué dans son article 1er, ainsi rédigé : « Seules les activités pacifiques sont autorisées dans l’Antarctique. Sont interdites, entre autres, toutes mesures de caractère militaire telles que l’établissement de bases, la construction de fortifications, les manœuvres ainsi que les essais d’armes de toutes sortes ». Ainsi, le continent Antarctique est-il devenu – dès 1961 – la première « zone de paix » effective et intégrale de l’Hémisphère Sud et même de la Planète toute entière, dès lors qu’il est soumis à un double régime de démilitarisation et de dénucléarisation.

L’Amérique latine est la deuxième « zone de paix » de l’Hémisphère Sud. Mais contrairement à l’Antarctique qui fait l’objet d’une démilitarisation totale, la « zone de paix » créée dans le sous-continent américain n’est que partielle en ce sens qu’elle s’analyse seulement en une « zone dénucléarisée ». Dans le traité signé le 14 février 1967 à Tlatelolco, les Parties s’engagent à ne pas tolérer la présence d’armes nucléaires sur leurs territoires respectifs et acceptent, par suite, d’être soumis au contrôle de l’Organisme pour la prohibition des armes nucléaires en Amérique latine (OPANAL). Ce traité est lui-même complété par deux protocoles additionnels concernant les territoires relevant de quatre puissances extérieures à l’Amérique latine – les États-Unis, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni – et les garanties accordées par les cinq puissances nucléaires officielles et membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies qui s’engagent à ne pas utiliser des armes nucléaires dans la zone concernée.

Sur un espace allant de l’Équateur jusqu’aux limites de la zone couverte par le traité sur le continent Antarctique, le Pacifique Sud est lui aussi devenu une « zone dénucléarisée ». Signé le 6 août 1985 par une douzaine d’États, dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le traité de Rarotonga qui l’institue est également complété par trois protocoles additionnels adoptés le 8 août 1986. Ces protocoles concernent les territoires du Pacifique Sud relevant de trois puissances extérieures à cette région – les États-Unis, la France et le Royaume-Uni – et les garanties accordées par les cinq puissances nucléaires officielles sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Pour être complet, il faut enfin mentionner le traité sur la « zone exempte d’armes nucléaires en Afrique » ou traité de Pelindaba (une petite localité d’Afrique du Sud qui abritait jadis un centre de recherche nucléaire, aujourd’hui démantelé). Signé au Caire le 11 avril 1996, ce traité prévoit la création d’une « zone dénucléarisée » comprenant le continent africain proprement dit et toutes les îles avoisinantes que l’Union africaine « considère comme faisant partie de l’Afrique ». Cet accord reconnaît néanmoins aux États Parties le droit d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins exclusivement pacifiques sous le contrôle de l’AIEA. Trois protocoles au traité de Pelindaba concernent par ailleurs les territoires de l’Afrique relevant de deux puissances extérieures à ce continent – l’Espagne et la France – et, une nouvelle fois, les garanties accordées par les cinq grandes puissances nucléaires officielles.

Ainsi, après l’Antarctique en 1959, l’Amérique latine en 1967 et le Pacifique Sud en 1985, c’est l’Afrique toute entière qui devient en 1996 le quatrième secteur de l’Hémisphère Sud à être exempt d’armes nucléaires. Dès lors, pourquoi ne pourrait-on pas parvenir au même résultat positif dans l’océan Indien ? Une malédiction immarcescible pèserait-elle sur l’espace indianocéanique pour qu’il n’en soit pas aujourd’hui ainsi ? En vérité, nous ne le pensons pas. L’avenir de l’océan Indien n’est pas un destin aveugle : il reste placé sous notre entière responsabilité. Après les succès que nous venons de recenser dans la plupart des secteurs de l’Hémisphère Sud, le MRPaix a en effet la conviction que cette étendue maritime de 75 millions de kilomètres carrés que constitue l’océan Indien a, elle aussi, vocation à devenir une « zone dénucléarisée » par la voie d’un instrument conventionnel multilatéral établi sur les modèles des traités de Pelindaba, de Rarotonga ou de Tlatelolco.

C’est dire en toute dernière analyse, Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies, que nous vous demandons solennellement de tout mettre en œuvre, dans le cadre de votre éminente Organisation internationale, afin que l’océan Indien ou océan Afro-asiatique devienne – après l’Antarctique, l’Amérique latine, le Pacifique Sud et l’Afrique – le dernier secteur de l’Hémisphère Sud à être érigé au rang de « zone dénucléarisée », une zone dénucléarisée concrète et pérenne par la voie d’un engagement international multilatéral approprié et toujours avec la garantie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Veuillez agréer, Monsieur le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, l’expression de nos sentiments les plus respectueux.

Par Julie Pontalba et André Oraison, respectivement Présidente et Conseiller juridique du Mouvement Réunionnais pour la Paix (MRPaix), publié  le 21 septembre 2020

https://www.temoignages.re/politique/actualites/faire-de-l-ocean-indien-une-zone-denuclearisee,99286

EXCLUSIF – LA CARTE DES EMPRISES DE L’ANDRA POUR IMPOSER L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Début août, l’Andra, l’agence de gestion des déchets radioactifs, a déposé la demande de déclaration d’utilité publique du projet Cigéo de stockage des déchets radioactifs. Si elle était acceptée, la DUP ouvrirait la voie aux expropriations. Mais des écueils, notamment politiques, encombrent le chemin.

L’action s’est faite sans bruit, dans la torpeur de l’été. Le 3 août dernier, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a posé une pierre de plus dans l’édifice du plus grand projet industriel européen, le centre de stockage Cigéo, qui vise à enfouir, à 500 mètres sous terre, 85.000 m² de déchets radioactifs, à Bure, dans la Meuse.

L’agence a déposé sa demande de déclaration d’utilité publique, plus communément appelée DUP. Le dossier est, en ce moment, instruit par les services de l’État au sein du ministère de la Transition écologique et pourrait très prochainement se retrouver sur le bureau de la ministre, Barbara Pompili.

L’enjeu est de taille. À terme, si l’État reconnaît l’utilité publique de Cigéo, l’Andra pourra procéder à des expropriations et accroître son emprise foncière, qui est déjà très grande, dans la région [voir la carte ci-dessous]. Des chantiers de terrassement, des fouilles archéologiques et des défrichements pourraient alors commencer. « La DUP est le déclencheur des travaux préalables », prévenait ainsi en 2019 le directeur du site, David Mazoyer, dans le journal l’Est républicain.

En soi, le dépôt de la DUP n’a rien d’une surprise. « La rumeur circulait déjà depuis plusieurs mois sans être validée ni par le gouvernement ni par l’Andra », dit Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. L’Agence est même en retard par rapport à son calendrier. À l’origine, la loi de 2006 sur « la gestion durable des matières et déchets radioactifs » prévoyait un dépôt en 2015 et le commencement des travaux dès 2020. Au fil des années, face aux difficultés techniques rencontrées et à la montée de l’opposition, les délais ont explosé. Aujourd’hui, l’Andra pense débuter les travaux d’ici 2023–2024 et mettre en service le site d’enfouissement en 2035 avec l’arrivée des premiers colis radioactifs.

« Un calendrier illogique et non éthique »

L’instruction de la DUP va durer encore plusieurs mois, le temps que les services administratifs et la ministre de la Transition écologique étudient la recevabilité du dossier. En clair, ils vont évaluer si l’atteinte à la propriété provoquée par les expropriations est justifiée et non disproportionnée : une décision juridique mais aussi hautement politique.

L’Andra espère obtenir une réponse d’ici le printemps 2021. Si le ministère valide sa demande, une enquête publique sera engagée en Meuse et en Haute-Marne et la population découvrira alors l’étendue des expropriations à venir nécessaires au projet Cigéo. Pour l’instant, aucune information n’a été dévoilée.

L’examen de la DUP et son enquête publique pourront durer entre 18 mois et deux ans. En parallèle, l’Andra déposera aussi une demande d’autorisation de chantier (DAC), un dossier dans lequel elle devra démontrer la faisabilité technique et la sûreté du stockage en profondeur des déchets radioactifs. L’autorisation de chantier, elle, ne sera obtenue au mieux qu’en 2023 ou 2024 selon les prévisions de l’Andra.

Le président de France nature environnement, Arnaud Schwartz, critique ce « calendrier illogique et non éthique » : « On demande de déclarer d’utilité publique un projet dont nous n’avons encore aucune preuve qu’il sera bien géré. On va lancer des expropriations, virer des gens de chez eux alors que la DAC ne sera pas délivrée et que l’Andra n’aura pas répondu aux nombreux problèmes techniques qui sont soulevés depuis des années. »

Cet été, France nature environnement a notamment publié une étude géologique qui remet en cause la qualité du sol censé retenir la radioactivité. En 2018, l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) avait aussi pointé du doigt le risque d’incendie provoqué par les déchets bitumineux, qui représentent 18 % des colis radioactifs de Cigéo. À ce stade, on ne sait toujours pas comment ils seront gérés.

L’Andra a acquis un empire foncier

Reporterre a interrogé l’Andra pour avoir des précisions sur cette nouvelle étape. Mais le quotidien de l’écologie a reçu une fin de non-recevoir. Pareil au ministère de la Transition écologique. Les autorités ont été particulièrement discrètes sur le dépôt de la DUP. Aucune déclaration ni communiqué de presse n’a été fait. Seule une dépêche AFP a officialisé son dépôt, un mois et demi après, le 10 septembre.

« L’Andra, d’ordinaire si prompte à communiquer a été subitement silencieuse », fait mine de s’étonner Juliette Geoffroy de l’association antinucléaire Cedra. Au sein de l’agence, un malaise semble régner. « La DUP va ouvrir la voie aux expropriations, or l’Andra a peur que cela entraîne un surcroît de mobilisation locale », pense Laura Hameaux, du réseau Sortir du nucléaire.

Depuis des années, l’agence a tout fait pour les éviter. Les expropriations sont coûteuses en temps et en image. Elle a donc privilégié les échanges à l’amiable et proposé aux riverains de son laboratoire des terres ailleurs en Meuse ou en Haute-Marne.

Au fil des années, elle a acquis un véritable empire foncier. C’est même l’un des plus grands propriétaires de la région. Selon un document que Reporterre a pu se procurer, elle détenait, au 30 juin 2020, près de 2.600 hectares de forêts et de terres agricoles. Le coût total est considérable. Alors même que le chantier n’a pas encore démarré et que des problèmes techniques subsistent, l’Andra a déjà dépensé plus de 12,6 millions d’euros pour acquérir des terrains partout dans les deux départements. Certains sont même situés à plus de 40 kilomètres de Bure.

Les terrains possédés par l’Andra autour du laboratoire Cigéo.

L’Agence n’a pas non plus hésité à ficher les habitants. En 2018, un document interne piraté par des opposants détaillaient les parcelles agricoles et forestières concernées par l’emprise du chantier, avec les noms de leur propriétaire et de leur exploitant, assortis de la mention « maîtrisé », « maîtrisable » ou « difficile à maîtriser ». Des qualificatifs dont on comprend qu’ils s’appliquent non seulement au contrôle du foncier, mais aussi aux détenteurs des terrains, identifiés comme étant prêts ou non à céder ces parcelles.

« Mais l’Andra ne pourra pas tout acquérir à l’amiable, prévient Jean-François Bodenreider, le président de l’association les Habitants vigilants de Gondrecourt-le-Château. Certains riverains ne veulent pas céder leur terre malgré les prix alléchants qu’on leur propose et les opposants ont acheté collectivement des parcelles pour ralentir les travaux. La bataille s’annonce importante. On ne reculera pas. »

Le dossier est sur le bureau de Barbara Pompili, opposée au projet

Un autre enjeu pourrait aussi expliquer la discrétion de l’Andra lors du dépôt de la DUP. La nomination récente de Barbara Pompili au ministère de la Transition écologique et de Bérangère Abba comme secrétaire d’État à la biodiversité pourrait compliquer la tâche de l’agence. Les deux personnalités ont affiché à plusieurs reprises leur opposition au projet Cigéo et à l’enfouissement en profondeur des déchets radioactifs.

En 2015, Barbara Pompili avait dénoncé « le déni démocratique » du processus d’élaboration du projet Cigéo, qu’elle qualifiait de « poubelle nucléaire ». En 2018, elle déclarait au Journal de l’environnement « être toujours très opposée à Cigéo ». Présidente de la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité nucléaires, elle avait relevé dans son rapport « le coût imprévisible » de Cigéo et « des lacunes en matière de sûreté ». Elle préconisait de poursuivre l’étude de solutions de substitution, dont l’entreposage de longue durée en subsurface.

Quant à Bérangère Abba, la nouvelle secrétaire d’État à la biodiversité, elle s’est affichée en photo avec une pancarte « Cigéo Bure, je dis non » en 2014. Elle avait adhéré un temps à l’association antinucléaire Cedra avant de finalement rejoindre le conseil d’administration de l’Andra en 2019. Interrogée par Reporterre à cette occasion, elle affirmait rester « dubitative » par rapport au projet.

« Je me suis toujours interrogée sur la notion de réversibilité, les coûts et l’éthique de ce mode de gestion »

Au sein du milieu écologiste et de l’administration, des rumeurs circulent. Une option pourrait très bien se dessiner : la ministre de la Transition écologique pourrait faire traîner l’instruction du dossier jusqu’à la prochaine présidentielle, en 2022. À moins que, face aux lobbies et à la pression du pouvoir, elle ait déjà changé de position, comme Nicolas Hulot à son époque.

Par Gaspard d’Allens (Reporterre), publié le 21 septembre 2020

https://reporterre.net/Exclusif-La-carte-des-emprises-de-l-Andra-pour-imposer-l-enfouissement-des-dechets

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LE PROJET DE CENTRALE NUCLÉAIRE MODULAIRE DE NUSCALE EN DIFFICULTÉ !

Une start-up étasunienne s’est spécialisée dans la fabrication de petits réacteurs nucléaires modulaires. Alors que les autorités compétentes ont approuvé le projet, plusieurs clients ont décidé de quitter le navire.

Un projet accepté par les autorités

Lorsque l’on évoque le projet de la start-up étasunienne NuScale Power, il est question de Small Modular Reactor (SMR). Ce concept également exploré par EDF en France depuis 2017 concerne de petits réacteurs nucléaires d’environ 25 m de longueur pour 4,5 m de diamètre. L’objectif du projet est de redynamiser le nucléaire et l’aider à faire peau neuve, avec une puissance ne dépassant pas les 300 MWe par réacteur. NuScale Power développe actuellement un SMR de 60 MWe, soit quinze fois moins puissant qu’un réacteur classique.

À la fin du mois d’août 2020, la start-up a obtenu l’approbation de son design par la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis (NRC). Cette décision ouvrant théoriquement la voie à une exploitation commerciale du projet est une très bonne nouvelle en soi, surtout que la société a dépensé environ 500 millions de dollars en procédure administrative et en développement.

D’importants revers

Il s’agit là d’un réel aboutissement pour NuScale Power, mais cette société a subi en parallèle de nombreux revers, comme l’explique un article de Reuters publié le 2 septembre 2020. Évoquons tout d’abord des délais qui s’allongent inexorablement. Utah Associated Municipal Power Systems (UAMPS), un des potentiels clients de NuScale, a retardé les plans de construction de sa centrale. Or, cette centrale vouée à contenir une douzaine de réacteurs est désormais prévue pour 2030, un retard de trois ans par rapport à la date initiale.

Autre point important : les coûts ont pratiquement doublé depuis 2017. Ainsi, plusieurs villes de l’état de l’Utah qui désiraient à l’origine acheter l’électricité de la centrale ont changé d’avis. C’est le cas des municipalités de Logan et Lehi, alors que celle de Bountiful devrait prendre le même chemin. Il s’agit d’un revers non négligeable pour NuScale, dont l’engagement intégrait pas moins de 35 villes de l’État. Évoquons au passage que l’engagement de ces villes ne couvrait pas la future production, à savoir seulement 200 mégawatts d’achat sur les 720 mégawatts produits !

À propos de cette affaire, NuScale n’a fait aucun commentaire. Celle-ci semble même continuer à faire croire qu’il n’y a aucun problème. Selon les responsables, le surcoût n’est pas le fruit du hasard, ce dernier prenant en compte le démantèlement et l’augmentation des coûts de main-d’œuvre, de construction et des matériaux sur une dizaine d’années. NuScale a également affirmé que les investisseurs s’intéressent davantage au projet depuis l’approbation de la NRC. Néanmoins, il y a des signes qui ne trompent pas. En effet, Nuscale appartient à la société Fluor et cette dernière a réduit son investissement dans le projet. Fluor a même retiré les dépenses de NuScale de ses prévisions financières.

Par Yohan Demeure, rédacteur scientifique, publié le 21 septembre 2020 à 12 h 18

Photo en titre: Crédits : NuScale

https://sciencepost.fr/le-projet-de-centrale-nucleaire-modulaire-de-nuscale-en-difficulte/

SAINT-MALO : LE MOUVEMENT DE LA PAIX EN LUTTE CONTRE L’ARMEMENT NUCLÉAIRE

Samedi 19 septembre, le comité du Mouvement de la Paix de la région malouine a appelé les citoyens à se mobiliser contre l’armement nucléaire.

Ce samedi 19 septembre après-midi, une vingtaine de militants du Mouvement de la Paix se sont rassemblés devant la porte Saint-Vincent. Dans le cadre de l’année commémorative des 75 ans des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, et de la Journée internationale de la Paix du 21 septembre, le comité a appelé les citoyens à se mobiliser pour le désarmement nucléaire.

En soutien aux Hibakusha

Dans le sillage de l’appel des Hibakusha (nom donné aux victimes des bombes atomiques d’Hiroshima et Nagasaki), demandant l’élimination des armes nucléaires, le Mouvement de la Paix milite pour que la France ratifie le TIAN (Traité sur l’interdiction des armes nucléaires). L’objectif est de réorienter les énormes sommes consacrées à l’armement nucléaire et à sa modernisation, pour répondre aux besoins sociaux et sanitaires, et combattre les dérèglements climatiques.

« La Bretagne doit s’engager »

« La Bretagne, rappelle Reine Thoré, présidente du comité de la région malouine, a un rôle majeur dans l’industrie française de l’armement, notamment avec la base opérationnelle de l’île Longue. Elle doit donc particulièrement se mobiliser et faire entendre une voix forte ».

D’autres temps forts seront organisés par le comité à Saint-Malo au cours de l’automne, si les conditions sanitaires le permettent.

Publié le 20 septembre 2020 à 14h45

https://www.letelegramme.fr/ille-et-vilaine/saint-malo/le-mouvement-de-la-paix-en-lutte-contre-l-armement-nucleaire-20-09-2020-12621266.php

POUR POUTINE, LE RETRAIT AMÉRICAIN DU TRAITÉ ABM A POUSSÉ LA RUSSIE À SE DOTER D’ARMES HYPERSONIQUES

L’essai du missile du type Avangard testé en 2018, image partagée par la Défense russe Le président russe a affirmé que son pays était doté des missiles hypersoniques «les plus modernes» du monde. La veille, Donald Trump a accusé la Russie d’avoir développé cet armement après avoir volé des informations à l’administration Obama.

Le président russe a déclaré lors d’une vidéoconférence avec le scientifique et concepteur de missiles Gerbert Efremov que le retrait américain du traité antimissiles ABM en 2002 (alors en vigueur depuis 1972) avait poussé son pays à se positionner à la pointe de la recherche en termes d’armement hypersonique.

Vladimir Poutine supervise le déroulement des exercices conjoints des flottes du Nord et de la mer Noire en mer Noire depuis le croiseur Marchal Oustinov. «Pour la première fois dans l’histoire récente, la Russie possède les types d’armes les plus modernes», en termes de puissance, de vitesse et de précision, a-t-il déclaré.

«Personne dans le monde entier n’a de telles armes, en tout cas pour l’instant», a-t-il assuré.

«Le système Avangard doté d’un bloc hypersonique manœuvrant, qui évolue à une vitesse 27 fois supérieure à celle du son […] n’est pas simplement un nouveau système. C’est un nouveau type d’arme stratégique», a-t-il notamment décrit.

«Le retrait des États-Unis du Traité antimissiles balistiques en 2002 a forcé la Russie à lancer l’élaboration d’armes hypersoniques. Nous avons dû créer ces armes en réponse au déploiement par les États-Unis d’un système de défense antimissile stratégique qui, à terme, aurait été capable de neutraliser, de mettre à zéro l’ensemble de notre potentiel nucléaire», a-t-il justifié.

Accusations de vol d’informations

Ces déclarations du président russe interviennent au lendemain d’une accusation de vol d’informations proférée contre la Russie par Donald Trump. «Ils [la Russie] ont le missile « super-duper » hypersonique […] Il va cinq fois plus vite que le missile normal», a-t-il déclaré à ses partisans à Bemidji, dans le Minnesota, au cours d’un meeting électoral.

«Nous en avons un qui va beaucoup, beaucoup plus vite que ça», a-t-il assuré en outre à ses partisans.

Course à la technologie

«La Russie a obtenu cette information de l’administration Obama, la Russie a volé cette information […] La Russie a obtenu l’information, puis ils l’ont construit», a-t-il accusé. « Il se peut qu’un jour, l’arme nucléaire ne soit plus la plus efficace ou devienne inutile »

En mars 2018, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie avait créé un système hypersonique baptisé Avangard capable d’effectuer des vols intercontinentaux à plus de Mach 20 en portant des charges conventionnelles ou nucléaires.

«Il se peut qu’un jour, l’arme nucléaire ne soit plus la plus efficace ou devienne inutile. Certains experts étrangers se penchent sur la question afin que les armes nucléaires soient inutiles pour leurs détenteurs», avait déclaré le président russe, plaçant des espoirs dans les armes hypersoniques, en février 2020.

Mi-mai, Donald Trump a déclaré que les États-Unis travaillaient sur un «missile super-duper» capable de voler 17 fois plus vite que les autres missiles existants. Le 7 décembre 2019, c’est le secrétaire à la Défense, Mark Esper, qui a déclaré que son pays «prévoyait un rattrapage» de la Russie dans cette technologie et «investissait chaque dollar possible» afin de prendre la tête du développement des armes hypersoniques.

L’administration Bush a retiré en juin 2002 son pays du traité ABM, signé avec l’URSS en 1972. En septembre 2019, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov mettait en garde contre des «risques de démantèlement de toute l’architecture d’accords dans le domaine du contrôle des armes nucléaires et balistiques» après le retrait des États-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaires (FNI). Il s’inquiétait alors devant l’incertitude de l’arrivée à échéance du traité bilatéral START III sur la limitation du nombre d’armes entre les deux pays, devant théoriquement intervenir en 2021.

Publié le 19 septembre 2020 à 20h15

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/78920-pour-poutine-le-retrait-americain-du-traite-abm-a-pousse-la-russie-a-se-doter-d-armes-hypersoniques

IRAN – JCPOA – DÉCLARATION CONJOINTE DES MINISTRES DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DE LA FRANCE, DE L’ALLEMAGNE ET DU ROYAUME-UNI (20 SEPTEMBRE 2020)

Il y a trente jours, les États-Unis ont cherché à activer le mécanisme de « snapback » qui permet à un participant au Plan d’action global commun (JCPOA) de rechercher le rétablissement des sanctions multilatérales contre l’Iran qui avaient été levées en 2015 conformément à la résolution 2231 adoptée par le CSNU.

La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni (« les E3 ») notent que les États-Unis d’Amérique ont cessé d’être un participant au JCPoA à la suite de leur retrait de l’accord le 8 mai 2018. En conséquence, la notification prétendument fondée sur le paragraphe 11 de la résolution du Conseil de sécurité 2231, reçue de la part des États-Unis et transmise aux États membres du Conseil de sécurité, est sans effet en droit. Il en découle que toute décision ou action qui serait prise sur le fondement de cette procédure ou de son issue sont sans effet en droit.

Notre objectif reste de préserver l’autorité et l’intégrité du Conseil de sécurité des Nations Unies. Les E3 restent déterminés à pleinement mettre en œuvre la résolution 2231 du Conseil de sécurité qui a endossé le JCPOA en 2015. Nous avons travaillé sans relâche pour préserver l’accord nucléaire et nous restons déterminés à poursuivre notre action en ce sens.

Par France Diplomatie, publié le 20 septembre 2020

https://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/iran/evenements/article/iran-jcpoa-declaration-conjointe-des-ministres-des-affaires-etrangeres-de-la

LES PAYS NUCLÉAIRES SONT CEUX QUI ONT LE PLUS MAL GÉRÉ LE COVID-19

La pandémie du Covid-19 a démontré que les arsenaux massifs sont inutiles en cas de pandémie. Les pays qui ont dépensé des sommes obscènes en armes nucléaires n’ont pas réussi à fournir l’équipement de protection le plus élémentaire contre le coronavirus, mettant ainsi leurs citoyens en danger chaque jour.

De nouveaux agents pathogènes continueront à évoluer, à se propager et à perturber notre monde. En effet, alors que nous épuisons les habitats d’autres espèces, que nous faisons des ravages climatiques et que nous produisons des aliments de manière industrielle, nous pouvons nous attendre à de nouvelles maladies infectieuses plus souvent.

COVID-19 n’est que la dernière en date ; ce ne sera certainement pas la dernière. C’est déjà assez grave, mais c’est loin d’être la pire à laquelle on pourrait s’attendre.

Exposer la vulnérabilité

Le COVID-19 a pris au dépourvu même les nations les plus riches ; leurs armements massifs sont inutiles contre une petite agrégation insensée d’ARN monocaténaire, de quelques protéines et d’une fine enveloppe lipidique d’environ 120 nm de diamètre.

Les nations qui investissent des sommes obscènes dans des armes nucléaires qui ne doivent jamais être utilisées n’ont pas été en mesure de fournir les équipements de protection les plus élémentaires – blouses, gants et masques à leurs professionnels de santé de première ligne qui se mettent en danger chaque jour.

Image : HFCM Communicatie/Wikimedia Commons.

L’organisation de santé publique la mieux financée au monde, les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, est passée de la recommandation de respirateurs N95 pour les médecins et les infirmières à risque à la recommandation de bandanas improvisés face à de graves pénuries de la protection la plus élémentaire coûtant une fraction de dollar.

Le gouvernement états-unien a rejeté l’aide internationale en matière de kits de dépistage et s’est retrouvé avec un nombre terriblement insuffisant de ses propres kits défectueux.

Tirer les leçons de la pandémie

Ce coronavirus peut nous apprendre beaucoup de choses si nous sommes prêts à apprendre.

Il nous montre où se trouvent les véritables menaces pour notre sécurité, pour laquelle les arsenaux militaires massifs et les armes de destruction massive les plus puissantes sont non seulement inutiles, mais elles se mettent en travers de notre chemin.

Cela a montré nos vulnérabilités et nos capacités interconnectées, que les problèmes mondialisés ne respectent aucune frontière, ils sont partagés et exigent des solutions coopératives.

Cela a montré à quelle vitesse l’orgueil exceptionnel de dirigeants arrogants au service de leurs propres intérêts et d’intérêts particuliers étroits peut permettre à un grand mal de se produire ; un mal mesuré en échecs monumentaux de leadership, causant des dizaines de milliers de morts qui auraient pu être facilement évitées.

Cela a montré l’inutilité du bagage idéologique pour faire face aux grands défis.

Cela a mis en évidence que le respect de la vérité, des preuves et de la science, et l’écoute des experts qui en sont les gardiens, sont essentiels.

Cela a démontré que des changements autrefois jugés impensables peuvent être apportés, et rapidement.

Cela a montré que les femmes dirigeantes sont souvent plus sensées et plus fiables en cas de crise, et que nous avons besoin d’elles en plus grand nombre.

Cela a montré la grande ingéniosité, la débrouillardise et la gentillesse dont les gens sont capables partout.

Cela a montré que ce que la science et les experts nous disent – que de nouvelles pandémies vont se produire et que nous sommes terriblement mal préparés à y faire face – se produira si les avertissements ne sont pas pris en compte.

Choisir d’écouter

Nous pouvons éviter que de nouvelles pandémies ne se produisent. Nous pouvons toujours mieux réagir si nous écoutons les preuves et si nous nous préparons bien à ce qui peut être attendu.

Si nous n’écoutons pas ou si nous choisissons de ne pas voir les preuves accablantes de l’accélération du dérèglement climatique, et si nous réduisons rapidement et radicalement les émissions de gaz à effet de serre, la catastrophe se répercutera sur nous au cours de notre vie et le monde dans lequel vivent nos enfants et petits-enfants sera beaucoup plus violent, difficile et appauvri.

Si nous ignorons la réalité de ce que font les armes nucléaires et les dangers croissants de leur utilisation, alors ce qui peut être un petit risque à tout moment, au fil du temps, deviendra inévitable.

Une dernière épidémie

Cette pandémie du COVID va s’atténuer. Cependant, après une guerre nucléaire, il n’y aura pas de reconstruction, pas de retour. Ce serait la dernière épidémie. Il n’y aura pas de système de santé surchargé en crise ; il n’y aura pas de système de santé et personne ne pourra le doter en personnel. Nous pouvons nous préparer à une pandémie ; pour une guerre nucléaire, il n’y a que de la prévention.

Après une guerre nucléaire il n’y a pas de “retour à la normalité.” (Photo: Conséquences à Hiroshima, Imperial War Museum/Wikimedia Commons)

C’est pourquoi nous devons agir maintenant pour protéger notre Terre du réchauffement rampant et de la brusque période glaciaire qui suivrait l’incinération radioactive de la guerre nucléaire ; comme si nos vies en dépendaient, car elles en dépendent.

Nous ne pouvons pas arrêter toutes les nouvelles épidémies. Et nous ne savons pas encore si nous pouvons éradiquer le virus COVID-19.

Mais nous pouvons et devons mettre fin aux armes nucléaires avant qu’elles ne nous détruisent. Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires offre la meilleure voie possible pour aller de l’avant. Nous devrions tenir compte des leçons du COVID et suivre cette voie tant que nous le pouvons encore.

(*) L’auteur : Tilman Ruff est professeur associé au Nossal Institute for Global Health, School of Population and Global Health, Université de Melbourne, coprésident de l’association International Physicians for the Prevention of Nuclear War (prix Nobel de la paix 1985) et co-fondateur de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN, prix Nobel de la paix 2017).

Publié le 18.09.2020

Cet article a d’abord été publié sur le site Croate et est republié avec l’aimable autorisation de l’auteur.

Photo en titre : Crédit image : Beyond Nuclear International

L’article original se trouve sur le site web de notre partenaire

Cet article est aussi disponible en: Anglais, Allemand

https://www.pressenza.com/fr/2020/09/les-pays-nucleaires-sont-ceux-qui-ont-le-plus-mal-gere-le-covid-19/

HIROSHIMA, UN CRIME DE GUERRE « HUMANITAIRE » ANNONCIATEUR DE LA DOCTRINE MILITAIRE AMÉRICAINE

Les États-Unis ont bombardé le Japon en 1945 pour démontrer leur puissance à l’URSS. Il s’agissait d’intimidation et non de dissuasion, et c’est toujours le cas aujourd’hui.

Alors que le monde repense à la décision des États-Unis de larguer deux bombes atomiques sur le Japon à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les 6 et 9 août 1945, la réalité est que l’entreprise nucléaire américaine reste la plus grande menace pour la paix mondiale.

Il y a 75 ans cette semaine, deux bombardiers américains B-29 « Superfortress » ont quitté l’île de Tinian, dans la partie la plus septentrionale des îles Mariannes, à environ 1 500 kilomètres au sud de Tokyo, armés de l’arme la plus récente et la plus horrible du monde : la bombe atomique. Le 6 août, un B-29 surnommé « Enola Gay » a largué une seule bombe contenant 64 kilogrammes d’uranium hautement enrichi au-dessus de la ville japonaise d’Hiroshima. La bombe, surnommée « Little Boy », a explosé avec la force de 15 kilotonnes de TNT. Au moins 66 000 personnes ont été tuées sur le coup, avec 69 000 autres blessées, dont beaucoup sont mortes par la suite de leurs blessures.

Le Boeing B-29 « Enola Gay » le 6 août 1945, au cours des dernières étapes de la Seconde Guerre mondiale, est devenu le premier avion à larguer une bombe atomique.

Deux jours plus tard, un deuxième B-29, surnommé le « Bockscar », a largué une bombe contenant 6,4 kilogrammes de plutonium au-dessus de la ville de Nagasaki. Cette arme, surnommée « Fat Man », a explosé avec une force de 21 kilotonnes, tuant quelque 39 000 Japonais sur le coup et en blessant 25 000 autres, dont la plupart, comme ceux blessés à Hiroshima, sont décédés plus tard des suites de leurs blessures.

Les historiens américains ont âprement débattu de la moralité de l’action de larguer des armes qui pourraient détruire une ville et sa population en une seule explosion. Au fil des ans, un consensus a été atteint qui justifie l’horreur de l’utilisation de la bombe atomique au motif qu’elle aurait contribué à raccourcir la guerre avec le Japon et, ce faisant, aurait sauvé des centaines de milliers de vies américaines qui auraient été perdues lors d’une invasion des principales îles japonaises, voire la vie de millions de Japonais, qui seraient morts en défendant leur patrie [on peut affirmer avec un assez haut degré de certitude que les vies non-américaines ne pesaient guère dans la balance, comme le démontrent les bombardements intenses contre les villes allemandes & japonaises.

L’un des problèmes de ce récit [en plus de son caractère hautement spéculatif] est qu’il fournit une image inexacte de ce qui s’est réellement passé. Certes, les pertes estimées dans le cas d’une invasion du Japon étaient terribles, du moins à en croire que les estimations soient valables. Cependant, la réalité était que le Japon était sur le point de se rendre, et que si, au lieu d’exiger une reddition inconditionnelle, les États-Unis avaient offert des conditions reproduisant l’arrangement d’après-guerre finalement conclu par le général MacArthur (le maintien de la famille impériale et un minimum d’auto-gouvernance japonaise), il y a tout lieu de croire que les Japonais se seraient rendus sans que les États-Unis aient recours à une coûteuse campagne de conquête.

La réalité est que le cercle restreint de Truman, y compris le secrétaire d’État James Byrnes et le secrétaire à la guerre Henry Stimson, étaient en faveur de larguer la bombe atomique sur les villes japonaises non pas tant parce que cela raccourcirait la guerre actuelle avec le Japon, mais principalement parce que cela aiderait à dissuader l’Union soviétique.

Byrnes croyait que « la Russie pourrait être plus gérable » dans une réalité d’après-guerre façonnée non par la possibilité théorique d’une bombe atomique, mais par la capacité destructrice démontrée de la nouvelle arme. Comme le général Leslie Groves, le directeur militaire du projet Manhattan qui a produit les deux bombes américaines, l’a fait savoir aux scientifiques impliqués, « tout le but de ce projet était de soumettre les Russes ».

Cette distinction est essentielle pour comprendre le rôle joué par les armes nucléaires dans la posture et la politique nucléaires américaines aujourd’hui. Les doctrines, comme les organisations et les personnes, sont fortement influencées par les circonstances de leur naissance. Il y a une énorme distinction entre le calcul requis pour justifier l’utilisation d’une arme dans le but de raccourcir une guerre et de sauver des vies, et celui utilisé pour chercher à intimider un futur adversaire potentiel en démontrant la capacité destructrice d’une arme à travers l’anéantissement de deux villes et de leurs populations respectives, qui sans cela n’auraient pas dû être la cible de cette destruction.

Les Américains aiment embrasser le récit de l’utilisation des deux bombes atomiques qui ont visé Hiroshima et Nagasaki comme un acte humanitaire pervers, selon lequel « Nous avons dû tuer des centaines de milliers de personnes pour en sauver des millions. » Vu sous cet angle, la possession continue d’armes nucléaires par les États-Unis serait un mal nécessaire, car leur existence contribuerait à empêcher, par la dissuasion, l’emploi futur de ces terribles armes de destruction massive.

Mais lorsqu’on considère les choses à travers une lentille qui reflète la réalité de la genèse de la bombe atomique, à savoir qu’il s’agissait d’une force d’intimidation dont la puissance devait être démontrée par le meurtre de centaines de milliers de personnes, la plupart étaient des civils qui autrement aurait survécu, la bombe atomique et sa progéniture n’apparaissent plus un mal nécessaire, mais plutôt comme le mal pur personnifié.

Les États-Unis luttent depuis longtemps avec la nécessité d’équilibrer la notion de « guerre rendue facile » par l’existence d’armes nucléaires et la tentation de les utiliser qu’une telle philosophie favorise d’une part, et la dure réalité des représailles des autres puissances nucléaires s’ils devaient céder à la tentation de les utiliser d’autre part. Le fait qu’au fil des ans, les États-Unis aient envisagé d’utiliser des armes nucléaires pour résoudre de rudes conflits non nucléaires (la Corée, le Vietnam et l’Irak viennent à l’esprit) ne fait que souligner le fait que l’intimidation, et non la dissuasion, est leur principale valeur.

Le fait que les États-Unis continuent de concevoir et de déployer des armes nucléaires sur la base de leur « utilisabilité » devrait envoyer un frisson dans l’échine de chaque citoyen américain, et même de chaque citoyen du monde. Cela est particulièrement vrai maintenant, étant donné l’ambivalence actuelle des États-Unis à l’égard du type de contrôle des armements qui contribuait auparavant à réduire le risque de conflit nucléaire involontaire. Au cours des 20 dernières années, les États-Unis se sont retirés du Traité sur les missiles anti-balistiques et du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire, et sont sur le point de permettre au nouveau Traité de réduction des armements stratégiques d’expirer sans remplacement.

Au lieu de redoubler d’efforts pour tenter de relancer le contrôle des armements, les États-Unis semblent concentrés sur le fait de jouer les gros-bras en déployant de nouvelles ogives à « petit rendement » sur des missiles balistiques lancés par sous-marins (SLBM). Évoquons également les tests aéronautiques et le développement de têtes nucléaires plus destructrices pour les missiles balistiques intercontinentaux Minuteman III, armés de trois multiples véhicules de rentrée pouvant être ciblés indépendamment, malgré le fait que la force opérationnelle Minuteman III soit déployée avec une seule ogive.

Les politiciens et les planificateurs militaires américains peuvent chercher à apaiser un monde inquiet en insistant sur le fait que ces actions, et d’autres semblables, ne visent qu’à renforcer la capacité de dissuasion de l’entreprise nucléaire américaine. Mais le monde ne doit pas être dupe. Il y a 75 ans, les États-Unis ont assassiné des centaines de milliers de Japonais dans le seul but d’intimider la Russie. Un exercice récent impliquant le SLBM « à faible rendement » récemment déployé, dans lequel le secrétaire à la Défense a pratiqué les procédures de largage des armes dans un scénario impliquant le ciblage des forces russes en Europe, doit être considéré à l’ombre de cette histoire. L’intimidation, et non la dissuasion, a été, est et sera toujours le moteur de l’arsenal nucléaire américain. Comme pour toute terreur de cour de récréation, le problème n’est pas de savoir si les États-Unis utiliseront ces armes, mais quand.

Scott Ritter

Scott Ritter est un ancien officier du renseignement du corps des Marines américains. Il a servi en Union soviétique comme inspecteur de la mise en œuvre du traité INF, auprès du Général Schwarzkopf pendant la guerre du Golfe et de 1991 à 1998 en tant qu’inspecteur des armes de l’ONU.

Source : RT, 6 août 2020

Traduction : lecridespeuples.fr

Publié par Le Cri des Peuples (son site), le samedi 19 septembre 2020

Photo en titre : Les États-Unis ont bombardé le Japon en 1945 pour démontrer leur puissance à l’URSS. Il s’agissait d’intimidation et non de dissuasion, et c’est toujours le cas aujourd’hui.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/hiroshima-un-crime-de-guerre-227204

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LIVRE: LES 100 MOTS DE LA GUERRE : DE LA GUERRE NUCLÉAIRE À LA PAIX EN PASSANT PAR LA PEUR

Frédéric Encel publie « Les 100 mots de la guerre » aux éditions Presses Universitaires de France. Pourquoi fait-on la guerre ? Comment la pratiquait-on avant et pendant l’apocalyptique XXème siècle ? À quoi ressembleront celles de demain ? Frédéric Encel propose de regarder la guerre bien en face.

NUCLÉAIRE (GUERRE)

Une guerre nucléaire pourrait-elle avoir lieu ? Déjà probablement pas si la cible incarne une puissance détentrice de la bombe, précisément parce qu’elle riposterait alors par le même truchement apocalyptique. C’est tout l’esprit de la dissuasion intervenu très tôt, dès que l’URSS se fut dotée de l’arme absolue (1949) ; la diplomatie, l’économie, la guerre même – y compris dans les schémas les plus cyniques, cruels et agressifs – s’inscrivent dans la vie ici-bas et non dans la mort, et seuls les régimes fanatiques, à la fois pétris d’idéologies radicales et dirigés par des despotes ubuesques, sont susceptibles de choisir l’« irrationnalité » (selon la formule du général Poirier, théoricien* français de la dissuasion), c’est à dire l’anéantissement. On brandit parfois la bombe, mais rhétoriquement afin d’exprimer un degré élevé de détermination ou d’exaspération (Boris Eltsine à Pékin à l’adresse de Bill Clinton, 1999), en la « conventionnalisant » comme un simple instrument diplomatique.

L’unique emploi offensif du nucléaire militaire, les deux bombes américaines sur Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945, se fit hors dissuasion puisque le Japon ne pouvait pas riposter (en aucune manière du reste), et dans l’objectif double d’en finir avec l’expansion meurtrière imposée par Tokyo dès 1931 à la Chine, puis à l’ensemble du Sud-Est asiatique ainsi qu’aux États-Unis (attaque de Pearl Harbor, 1941), et de dissuader l’URSS de tout aventurisme. En 1957, Henry Kissinger théorisait les représailles graduées en cas d’affrontement majeur permettant d’éviter l’apocalypse tout en maintenant une authentique dissuasion [1] ; un corps de doctrine qui ne rassura guère les alliés* des États-Unis craignant le statut de variable d’ajustement…

La guerre nucléaire ne se produira donc sans doute pas (sauf accident, attentat ou sabotage, jamais tout à fait impossibles), si l’on parvient à sauver le traité de non-prolifération de 1968, et si les puissances nucléarisées ne développent pas des doctrines d’emploi tactique à base d’ogives miniaturisées (type W76-2) – censées ne détruire qu’un complexe industriel ou militaire – afin de dissuader des puissances moyennes d’employer leurs potentiels conventionnels. Car on assisterait alors à l’émergence de conflits « semi-nucléaires» ou « micronucléaires » préservant en principe le monde de l’anéantissement atomique faute de riposte nucléaire des « faibles », mais moralement terribles pour les victimes civiles, écologiquement catastrophiques et politiquement calamiteux car porteurs de proliférations à des fins revanchistes.

ODEURS

La guerre a presque toujours une odeur. Elle sent le brûlé lorsque le feu* dévore habitations de bois ou matériels militaires, et la terre mouillée quand on bivouaque ou crapahute sous la pluie. On y sent aussi les effluves des vivants, humains et animaux* : la sueur des proches camarades de chambrée (→ Camaraderie), de marche, de tranchées ou de combats, les excréments et l’urine des mêmes camarades (peur* et promiscuité) et ceux des animaux emportés en campagne. Avec le développement des armes* à feu (xve siècle en Occident), la poudre a empli les champs de bataille* d’une odeur âcre et entêtante, secondée au xxe siècle des effluves d’essence des camions et des chars*, des explosifs des obus, des gaz de combat (ypérite, dit aussi « gaz moutarde ») ou encore du napalm. Quant à la mécanisation, elle a substitué les odeurs d’huiles de moteur et de caoutchouc à celles d’animaux.

Enfin, cloué au sol auprès de camarades ou d’adversaires blessés ou tués, ou contraint de les évacuer ou de les enterrer après la bataille, on subit l’odeur des chairs en décomposition, parfois la gangrène synonyme d’amputation ou de mort. Dans plusieurs répertoires poétiques et musicaux, on évoque la guerre et les guerriers et l’on retrouve senteurs et odeurs ; Jacques Brel chante « […] Qu’on sent bon les champs de luzerne/ L’odeur des tambours mal battus/ Qu’on sent les clairons refroidis/ Et les lits de p’tite vertu » (« L’Âge idiot »), et Édith Piaf, puis Serge Gainsbourg chantent ce légionnaire qui « sentait bon le sable chaud » (« Mon légionnaire »).

OFFENSIVE

Attaque ou assaut, elle désigne une dynamique militaire visant à bousculer, pousser, ronger, sinon écraser l’adversaire ; comme aux échecs, il n’y a pas de partie – en l’occurrence de vraie guerre – sans avancer et engager des forces en vue d’un affrontement. Néanmoins, minoritaires sont les stratèges qui, comme Napoléon, privilégièrent la posture offensive, la plupart prônant plutôt la défensive. Cela dit, on peut mener une offensive en guise de contre-offensive, autrement dit comme riposte dans un contexte où l’adversaire a pris l’initiative. L’immense majorité des offensives furent et demeurent terrestres*, même en considérant les bombardements aériens ciblés et autres frappes de drones comme des offensives. Quant aux attaques maritimes, on en enregistre très peu entre 1945 (guerres israélo-arabes, anglo-argentine, irano-irakienne…) et la chute du bloc communiste, celles qui sont apparues depuis sont asymétriques* et concernent surtout la piraterie en mer Rouge et autour du golfe d’Aden.

Dans le monde contemporain, le groupe combattant ou l’État* n’assumera guère la posture morale et sémantique du meneur d’offensive, stigmatisante comme étant celle de l’agresseur (sauf si elle est menée contre des « terroristes », incarnation générique et absolue du mal !), à l’ONU ou devant les opinions publiques.

PAIX

Dans le langage populaire, dès l’enfance (« on fait la paix ? »), puis plus tard (« fiche-moi la paix ! », « va en paix ! »), de façon accueillante ou consolatoire (« qu’il repose en paix », « la paix soit avec vous »), lors des salutations quotidiennes dans plusieurs langues (Shalom, Salam) ou encore dans l’extrême solennité donnée à des traités de paix (Drap d’Or, Cateau-Cambrésis, Tilsit, Versailles) ainsi qu’associée à des prix prestigieux (Nobel), la paix semble partout recherchée et valorisée. En miroir, on l’oppose donc à la guerre, son atroce pendant et, de fait, la paix ne se définit pas sans la guerre ; ne serait-elle qu’une simple interruption de la guerre [2] ? Il existe par ailleurs des nuances. Certaines paix sont qualifiées de « froides » (la paix israélo-égyptienne consécutive au traité de paix tripartite de Camp David de 1978), au sens où l’on n’en respecte que la lettre a minima en renonçant à se battre et à s’y préparer ostensiblement. Il existe aussi des paix armées (Allemagne et France, entre 1872 et 1914) ou des périodes de paix précédant manifestement une guerre à laquelle on se prépare (fin des années 1930).

Aristote (385-323 av. J.-C.) affirmait qu’on ne devait « faire la guerre qu’en vue de la paix », et, sauf pour les déments, la paix demeure universellement l’objectif suprême, y compris pour les chefs d’État* les plus belliqueux [3]. Car par un faux paradoxe, ces derniers recherchent par la guerre (en la parant des atours de la paix…) une victoire* si nette qu’elle leur fournira un surcroît de force, de prestige ou de richesses dans un état de paix qui, seul, leur permettra d’en jouir… peut-être jusqu’à la prochaine guerre déclenchée comme moyen et non comme fin en soi, s’ils n’obéissent à la sage recommandation suivante de Sun Tzu : « N’oubliez jamais que votre dessein, en faisant la guerre, doit être de procurer la paix à l’État et non d’y apporter la désolation [4] ! » Emmanuel Kant (1724-1804) ira plus loin en rédigeant en 1795 un Projet de paix perpétuelle

Au-delà des traités et des déclarations officielles, la paix est aussi un ressenti ; on peut vivre dans un pays en guerre civile, voire en guerre dans des opérations extérieures, et se représenter en paix. Pendant la guerre d’Algérie, la population française métropolitaine ne se vivait pas en guerre, et les historiens n’évoquent les années 1950 que comme l’« après-guerre » (mondiale*) ! Tout porte aussi à croire que Nenets et Yakoutes de Sibérie ne vécurent pas cruellement la terrible guerre civile russe de 1918-1922, ni les Tibétains et les Ouïgours la guerre sino-japonaise de 1931-1945, ni au moins 90 % des Africains, des Sud-Américains et des Océaniens les deux guerres mondiales. Contrairement au ressenti contemporain, au début du xxième siècle, rarement l’état de paix n’avait autant prévalu dans le monde, en dépit de l’éclatement ou de la persévérance de conflits localement très meurtriers (Syrie, Yémen). Est-ce à dire, comme le fait l’historien militaire John Keegan, que « l’effort de paix n’est pas motivé par un calcul basé sur l’intérêt politique mais par la répulsion devant le spectacle que nous donne la guerre[ 5] » ?…

Une question cruciale se pose : toute paix est-elle ontologiquement préférable à la guerre ? Ne vaut-il pas mieux une « paix impossible [et une] guerre improbable » (Raymond Aron) qu’une « bonne guerre » ? Et quid d’une paix qui, par ses trop nombreuses imprécisions, arrière-pensées ou iniquités humiliantes, porterait en germe un conflit prochain, devrait-elle être critiquée comme une simple trêve entre deux guerres, expression souvent employée pour qualifier la courte période 1919-1939 du fait des errements du traité de Versailles ?

PEUR

La peur, peut-être plus encore que la haine, qui relève souvent d’une construction politique, tenaille le soldat* en guerre. Avant même de combattre sur le champ de bataille*, il peut craindre des brimades de ses chefs ou de ses camarades (→ Camaraderie), des blessures ou des maladies lors de campagnes parfois harassantes, des morsures du froid ou du soleil, des accidents dus au maniement des armes* et des matériels. Une fois l’ennemi en vue, et a fortiori en plein combat, la peur instinctive de mourir (et pas forcément sur le coup, donc en souffrant) devient omniprésente, laquelle peut se doubler – pour le combattant très observant – d’une peur de mourir sans avoir pu communier afin de sauver son âme. Mais la crainte pèse aussi, pour ses proches laissés sans nouvelles loin du front*, ses camarades ou son honneur*, sur le devenir du collectif en faveur duquel il combat ; régiment, dynastie, clan, patrie ou groupe ethnique, linguistique ou confessionnel.

La peur est aussi une arme manipulée soit par le régime qui dépêche les hommes au combat et souhaite fortifier leur détermination à vaincre, soit par des chefs militaires afin d’émousser la détermination de l’ennemi et dans l’espoir qu’il s’enfuie ou se rende avant même la confrontation.

[1] Nuclear Weapons and Foreign Policy. Notons aussi l’ouvrage du général Maxwell Taylor, The Uncertain Trumpet.

[2] Au xviie siècle, période belliqueuse, la guerre régna en Europe une année sur deux, soit davantage encore qu’au sanglant xxe siècle. Lire Ph. Moreau-Defarges, Une histoire mondiale de la paix, Paris, Odile Jacob, 2020.

[3] Aristote, Politique, VII, éd. et trad. J. Aubonnet, Paris, Gallimard, « Tel », 1993, p. 248.

[4] Sun Tzu, L’Art de la guerre, trad. Amiot, Paris, Pocket, « Agora », 1993, p. 74. (L’auteur du présent ouvrage a préfacé le livre de Sun Tzu dans l’édition parue chez Librio en 2019, et a signé deux entrées « Sun Tzu » respectivement in Mon dictionnaire géopolitique, Paris, Puf, 2019, 2e éd., et in L’Art de la guerre par l’exemple, Paris, Flammarion, 2000, 2e éd.)

[5] J. Keegan, Histoire de la guerre. Du Néolithique à la guerre du Golfe, op. cit., p. 87.

Extrait du livre de Frédéric Encel, « Les 100 mots de la guerre », publié aux éditions Presses Universitaires de France – PUF, dans la collection Que sais-je ?

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Publié le 19 septembre 2020

https://www.atlantico.fr/decryptage/3592393/les-100-mots-de-la-guerre–de-la-guerre-nucleaire-a-la-paix-en-passant-par-la-peur-conflit-defense-armee-soldats-frederic-encel

CLIMAT: LA NOUVELLE FEUILLE DE ROUTE EUROPÉENNE

Le JDLE dévoile l’étude d’impact du programme climatique, présenté le 16 septembre par la présidente de la Commission européenne. La révision à la hausse des ambitions carbone des 27 mobilisera tous les secteurs d’activité, y compris l’agriculture.

La balle est désormais dans le camp des gouvernements européens. Mercredi 16 septembre, la présidente de la Commission leur a proposé de renforcer l’ambition climatique du bloc communautaire. Ursula von der Leyen suggère de baisser non pas de 40% nos émissions de gaz à effet de serre, entre 1990 et 2030, mais de 55 %. «Au moins !»

Les 27 doivent choisir – ou non – de rehausser l’ambition européenne, lors du prochain conseil européen des 17 et 18 octobre prochains. Avec en ligne de mire le dépôt de la nouvelle NDC européenne d’ici la fin de l’année, moins d’un an avant la tenue du sommet climatique de Glasgow, la COP 26.

Réduire de moitié les rejets carbonés de 27 pays industrialisés en quatre décennies, le pari peut sembler fou. Ce n’est pas l’avis de l’ancienne ministre de la défense d’Allemagne. Rappelant que les 28 avaient déjà réduit d’un quart leurs émissions depuis 1990 tout en accroissant de 62 % leur PIB, Ursula von der Leyen estime que l’objectif des 55% est «non seulement atteignable», mais qu’il sera aussi bénéfique pour l’économie, l’environnement et la santé des Européens.

Diminuer les coûts sanitaires de la pollution

À cet égard, Bruxelles considère que la diminution de la pollution carbonée entraînera mécaniquement celle d’autres pollutions atmosphériques. De quoi réduire d’une centaine de milliards d’euros en 15 ans le montant de la facture sanitaire européenne, avancent les services de la Commission.

Poursuivre les politiques actuelles ne suffira pas. Au rythme actuel, l’Europe n’allègera «que» de 60% son bilan carbone entre 1990 et 2050. Ce qui la placerait bien loin de la neutralité carbone, qui est son objectif pour le milieu du siècle.

Dans ses cartons, la Commission a déjà un plan d’action définissant, secteur par secteur, les mesures et les mécanismes qu’il faudra actionner pour rester dans les nouveaux clous climatiques.

Deux fois plus de renouvelables électriques

Sans surprise, ce sont les électriciens qui vont devoir faire les efforts les plus importants. Ces derniers devront produire 65% de leur courant à partir d’énergies renouvelables dès 2030. C’est deux fois plus qu’aujourd’hui ! Cette électricité verte (nulle mention de nucléaire dans la feuille de route) servira aussi à décarboner certains pans de l’industrie, ainsi que la production d’hydrogène.

Dans le même temps, les énergéticiens devront réduire de 70% leur consommation de charbon, d’un quart celle de produits pétroliers et de 30 % celle de gaz. Du gaz, il en sera beaucoup question. La Commission prépare sa stratégie méthane, laquelle imposera une baisse sensible des fuites dans les gazoducs.

Paradoxe. Dans le débat sur la taxonomie, l’Europe ne sait pas encore si le nucléaire (décarboné) peut être considéré comme une énergie propre. Depuis le 16 septembre, elle sait, en revanche, que le gaz naturel est éligible au mécanisme pour une transition juste. Une curieuse alliance entre anti-nucléaire et pro-gaz a fait adopter ce curieux amendement par le parlement européen. Cela ne favorisera pas la décarbonation de l’industrie européenne ni sa dépendance énergétique.

Les entreprises de rénovation des bâtiments et des logements se préparent un bel avenir. Pour réduire rapidement le bilan carbone du résidentiel et du tertiaire, la Commission considère qu’il faut doubler le rythme actuel des rénovations. Mieux, ces appartements, maisons et bureaux upgradés devront être alimentés par des énergies renouvelables et équipés de systèmes de domotiques (pour maîtriser les consommations).

Sus aux data centers énergivores

Des économies d’énergie en vue. Cela tombe bien. Car, nous devrons réduire de 36% à 37% notre consommation d’énergie finale en 2030 et de 39% à 41% notre demande d’énergie primaire. Ceci passera par l’application de nouvelles normes de consommation d’énergie pour les produits de grande consommation. La directive Eco-design sera révisée à cet effet. La future stratégie numérique communautaire imposera la neutralité carbone aux data centers dès 2030.

La part des énergies renouvelables consommée par les transports devra plus que tripler en 10 ans, passant de 7 à 24 % entre 2020 et 2030. Cela passera par un accroissement rapide du nombre de véhicules hybrides, électriques ou consommant des agrocarburants. Pour limiter les impacts sur la biodiversité de la valorisation de la biomasse, la Commission milite pour une limitation de l’usage énergétique du bois et des cultures alimentaires (colza, maïs).

Priorité sera donnée à l’usage des déchets végétaux et aux cultures énergétiques (miscanthus, par exemple). Au total, les transports devront baisser de 55% leurs émissions d’ici à 2030. Ils y seront contraints par un renforcement des normes d’émission pour les véhicules à moteur thermique et par les révisions annoncées des directives sur la fiscalité de l’énergie et sur les énergies alternatives.

ETS, taxe carbone et CSC

Plutôt bon élève jusqu’alors, l’industrie ne sera pas épargnée. Déjà soumise au système communautaire d’échange de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (ETS), le secteur secondaire devra encore réduire d’un quart ses rejets carbonés entre 2015 et 2030. Au menu: intensification de la réutilisation de la chaleur fatale, utilisation d’hydrogène, captage et stockage géologique du carbone (CSC).

Bruxelles veut aussi développer des systèmes de certification des produits bas carbone et imposer aux entrepreneurs d’intégrer le climat à leur stratégie. La directive régulant l’ETS sera révisée pour réduire le nombre de quotas d’émissions et intégrer transports maritime et routier, ainsi que la consommation d’énergie des bâtiments. Parallèlement, Bruxelles présentera l’an prochain son projet de mécanisme d’inclusion aux frontières. Cette taxe carbone vise à rehausser le coût des importations de pays n’appliquant pas l’Accord de Paris.

Reconstituer les puits de carbone

Les entreprises de la gestion des déchets devront adapter leurs pratiques à la nouvelle donne. Cela commencera par cesser (en 2024 au plus tard) de mettre en décharge les bio-déchets. Toujours pour diminuer les émanations de biogaz, Bruxelles devrait aussi modifier les règles encadrant la gestion des boues d’épuration.

L’agriculture ne sera pas, elle non plus, exemptée d’efforts. Dans la charrette de mesures à venir: amélioration de l’usage des engrais (azotés notamment), développement de l’agriculture de précision et de la méthanisation. Un très gros effort devra être consenti envers les sols et autres puits de carbone. La capacité d’absorption des puits de carbone des 27 a, en effet, chuté de 10% au cours des 5 dernières années (à 263 millions de tonnes équivalent CO2 par an).

En continuant d’artificialiser les sols naturels au rythme actuel, cette capacité pourrait se réduire de dix autres pourcents d’ici la fin de la décennie. D’où l’importance donnée au renforcement de la protection des zones humides et des forêts, à l’afforestation et à la gestion des sols agricoles. La Commission annonce vouloir mettre en place des systèmes permettant de rémunérer directement les agriculteurs qui contribueront à la préservation ou à l’extension des puits de carbone. La négociation de la prochaine PAC s’annonce définitivement intéressante.

Par Valéry Laramée de Tannenberg, publié le 17 septembre 2020

Photo en titre : Réduire nos émissions n’est pas seulement faisable, c’est souhaitable, estime Ursula von der Leyen. DR

https://www.journaldelenvironnement.net/article/climat-la-nouvelle-feuille-de-route-europeenne,109318

BELGIQUE : PAS DE RÉAFFECTATION DU SITE DE LA CENTRALE DE TIHANGE « À MOYEN TERME »

C’est un gros point d’interrogation qui plane sur Huy. L’économie « post-nucléaire » de la cité mosane suscite en effet encore de nombreux doutes.

À Namur, au parlement régional, le député Rodrigue Demeuse (Écolo) a récemment interpellé le ministre wallon de l’Économie Willy Borsus (MR) et la ministre de l’Emploi Christie Morreale (PS) sur l’avenir économique du bassin hutois. « La centrale de Tihange doit arrêter ses activités de production de manière définitive en 2025.

En tous les cas, il est prévu que le premier réacteur soit fermé pour 2023, ce qui signifie vraiment demain », rappelle le parlementaire hutois, qui appelle à ne pas « minimiser l’impact que va avoir la sortie du nucléaire sur l’arrondissement ».

Un long démantèlement

On vous en parlait récemment : une task-force, présidée par le bourgmestre hutois Christophe Collignon (PS) et réunissant plusieurs acteurs économiques importants, a été mise en place pour préparer la reconversion de l’économie hutoise.

Si les autorités régionales n’ont pas encore été sollicitées pour participer à ce groupe de travail, le ministre Borsus se dit disponible pour épauler les instances communales.

Concernant le site de Tihange à proprement parler, le ministre informe cependant qu’« Engie estime, à ce jour, que le démantèlement des installations est une activité qui durera environ une vingtaine d’années.

À cela s’ajoute la construction du nouveau bâtiment d’entreposage du combustible usé, qui restera opérationnel pendant plusieurs décennies ».

Par conséquent, « le site ne pourra faire l’objet d’une réaffectation en tout cas à moyen terme ».

Éviter le scénario liégeois ou carolo

Interrogée à son tour sur l’avenir des travailleurs du nucléaire, la ministre socialiste de l’Emploi assure que « compte tenu de leurs profils, ils pourront être réorientés vers les autres filières du nucléaire en Belgique ou vers d’autres secteurs industriels tels que l’agroalimentaire, la pétrochimie, le pharmaceutique, dans lequel il y a beaucoup de demandes d’emploi qui ne sont pas pourvues ».

Les négociations à proprement parler sur l’avenir de ces travailleurs viennent d’ailleurs de commencer, avec une réunion ce 17 septembre.

« On ne peut pas se retrouver dans une situation identique à ce que les bassins industriels liégeois et carolo connaissent. On sait que selon toute vraisemblance, dans le secteur du nucléaire, cette énergie va se terminer à un moment. Donc, nous devons pouvoir anticiper », assure la ministre.

Article de RO MA , (Source Sudinfo ), publié le 19 septembre 2020 à 5h55

https://nandrin.blogs.sudinfo.be/archive/2020/09/19/centrale-pas-de-reaffectation-du-site-a-moyen-terme-310764.html

MOUVEMENT DE LA PAIX : JOURNÉE MONDIALE « CLEAN UP THE PLANET »

Communiqué : Comme tous les ans, le 19 septembre, les militants du Mouvement de la Paix participent à la journée mondiale « Clean up the planet ».

Cette journée permet d’affirmer le rôle central des citoyens pour la préservation de l’environnement et de la planète au niveau local.

Cette année en 2020, la journée du samedi 19 septembre est aussi une journée d’action avec des marches et des rassemblements pour la paix un peu partout en France et dans le monde, journée qui s’inscrit dans les mobilisations à l’occasion de la Journée internationale de la Paix du 21 septembre.

Cette journée du 19 septembre est donc à la fois l’occasion de réaffirmer notre attachement à la sécurité environnementale et l’occasion de dire que le grand nettoyage de la planète nécessite d’éradiquer de sa surface les guerres, la misère, les injustices sociales et toutes les causes du dérèglement climatique.

Bien entendu, il est nécessaire d’éradiquer définitivement les armes de destruction massive avec l’élimination totale des armes nucléaires comme nous y invitent les Nations Unies lors de la journée internationale du 26 septembre pour l’élimination totale des armes nucléaires.

Par Le Mouvement de la Paix, publié le 19 septembre 2020

https://www.afrik.com/journee-mondiale-clean-up-the-planet

LA CHINE ABANDONNE LA TECHNOLOGIE NUCLÉAIRE AMÉRICAINE POUR UNE ALTERNATIVE LOCALE

La Chine est passée de la technologie nucléaire américaine à une alternative développée au niveau national alors que les inquiétudes concernant la sécurité énergétique et les incertitudes géopolitiques augmentent, selon le journal hongkongais South China Morning Post.

La technologie AP1000, conçue par la société américaine Westinghouse Electric Company, était autrefois la base de l’énergie nucléaire de troisième génération de la Chine. Mais désormais la Chine a plus de réacteurs de troisième génération basés sur sa propre technologie Hualong One en construction ou approuvée, que de réacteurs AP1000.

12 réacteurs nucléaires en Chine – en construction ou en cours d’approbation – utilisent la technologie Hualong One. En revanche, aucun nouveau réacteur AP1000 n’a été approuvé depuis plus d’une décennie. Les derniers réacteurs américains – dans les provinces du Zhejiang et du Shandong – sont entrés en exploitation commerciale en 2018.

La technologie Hualong One a été développée par les deux mastodontes nationaux du nucléaire, CNNC (Compagnie nucléaire nationale chinoise) et CGNPC (China General Nuclear Power), tous deux basés sur la technologie française.

D’ailleurs le 4 septembre, la Chine a chargé le combustible du réacteur nucléaire troisième génération de la centrale de Fuqing (sud-est du pays). Il s’agit de la première installation issue d’une technologie 100% nationale, d’une puissance de 1 000 mégawatts.

Cette technologie développée par les ingénieurs chinois est complètement nouvelle, car elle améliore les réacteurs CPR-1000, démarrés dans les années 2000 en Chine, mais dont les droits de propriété industrielle pour l’assemblage et certains composants appartenaient au français Areva.

Selon le journal Les Échos, « deux autres projets qui utiliseront cette technologie ont également été approuvés« , le 2 septembre par la Chine. Ils viennent s’ajouter aux quatre autres décidés en 2019 par le gouvernement chinois.

Par Chine Magazine, publié le 18 septembre 2020 |

Photo en titre : Centrale nucléaire de Taishan

https://www.chine-magazine.com/la-chine-abandonne-la-technologie-nucleaire-americaine-pour-une-alternative-locale/

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS : INDISPONIBILITÉ D’UN CAPTEUR DE MESURE DU NIVEAU D’EAU DANS LA CUVE DU RÉACTEUR 3

Le 14 septembre 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire du Blayais a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité d’un capteur de mesure du niveau d’eau de la cuve [1] et du circuit de l’eau primaire sous pression [2].

Le 10 août 2020, le réacteur 3 de la centrale nucléaire du Blayais était à l’arrêt pour maintenance et renouvellement du combustible. Pour permettre l’ouverture du couvercle de la cuve du réacteur, le capteur de mesure de niveau a été déconnecté par l’exploitant. Au moment de placer le capteur de niveau dans une configuration temporaire, adaptée aux phases d’arrêt du réacteur, un matériel inadapté a été utilisé, conduisant à rendre inopérant le capteur de niveau.

Lors des phases de préparation au redémarrage, les règles générales d’exploitation[3] prévoient que ce capteur soit opérationnel au cours des opérations de mise en place du couvercle sur la cuve du réacteur, ce qui n’a pas été le cas. L’information du capteur ne permettait pas de retranscrire le niveau d’eau réel de la cuve en salle de commande. Le 8 septembre 2020, en reconnectant le capteur dans sa configuration normale d’exploitation en prévision du redémarrage du réacteur, l’exploitant l’a rendu de nouveau disponible. À ce moment, il a pu détecter d’une part que le capteur de niveau indiquait jusqu’alors une valeur erronée et d’autre part que le niveau d’eau dans la cuve, trop bas, ne respectait pas la valeur prévue par les règles générales d’exploitation.

Ce capteur de mesure du niveau de la cuve du réacteur 3 n’a pas été disponible du 4 septembre au 8 septembre 2020, contrairement aux exigences fixées dans les règles générales d’exploitation.

Cet événement n’a pas eu de conséquences sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée au refroidissement du réacteur.

En raison de sa détection tardive par l’exploitant et du non-respect des règles générales d’exploitation,  cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Les 8 et 9 septembre 2020, les équipes de conduite ont procédé à la vérification du fonctionnement du capteur et ont ajusté le niveau d’eau dans le circuit primaire pour respecter à nouveau les règles générales d’exploitation.

[1] Enceinte métallique étanche de forte épaisseur en acier renfermant le cœur du réacteur et ses systèmes de contrôle de la réaction (structures de support du cœur et structures de guidage des grappes de contrôle) dans laquelle circule l’eau primaire sous pression

[2] Le circuit primaire est un circuit fermé, contenant de l’eau sous pression. Il permet de refroidir le combustible contenu dans la cuve du réacteur

[3] Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.

Publié le 18/09/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-d-un-capteur-de-mesure-du-niveau-d-eau-dans-la-cuve-du-reacteur-3

LE PENTAGONE « N’A PAS L’INTENTION DE SE RETIRER’’ DE LA BASE AÉRIENNE NUCLÉAIRE D’INCIRLIK EN TURQUIE

Le Pentagone « n’a pas l’intention de mettre fin à notre présence sur la base aérienne d’Incirlik » en Turquie, selon une déclaration faite le 16 septembre à l’agence de presse gouvernementale turque Anadolu Agency.

Outre sa présence dans l’US Air Force, Incirlik sert de base aux armes nucléaires américaines.

Le porte-parole de l’armée américaine, le lieutenant-colonel Thomas Campbell, s’est exprimé au nom du Pentagone après que le sénateur américain Ron Johnson a déclaré au Washington Examiner le 11 septembre que des responsables américains envisageaient de déplacer leurs forces vers la baie de Souda en Crète, où la marine américaine maintient une présence à un port de l’OTAN en eau profonde.

« Nous ne savons pas ce qui va arriver à Incirlik« , a déclaré Johnson, un républicain du Wisconsin. « Nous espérons le meilleur, mais nous devons prévoir le pire. »

« Je ne pense pas que nous voulons opérer ce changement stratégique, mais je pense que, dans une position défensive, je pense que nous devons regarder la réalité de la situation sur laquelle se trouve le chemin Erdogan n’est pas bien », a-t-il ajouté.

Les politiques d’Erdogan étaient « dérangeantes », a déclaré Johnson, ajoutant qu’elles faisaient partie des raisons pour lesquelles les États-Unis « renforçaient » leur présence en Crète, « parce que notre présence, très honnêtement, en Turquie est certainement menacée. »

Relations compliquées

Les relations des États-Unis avec la Turquie sont compliquées dans la mesure où, bien que les membres du Congrès des deux côtés de la division se soient régulièrement opposés aux activités militaires d’Erdogan à l’étranger, en particulier en Syrie, le président américain Donald Trump a décrit le dirigeant turc comme quelqu’un avec qui il s’entend bien. Les pressions des sénateurs et des représentants de la Chambre pour que la Turquie, membre de l’OTAN, soit sanctionnée pour son achat de systèmes de défense antimissile avancés S-400 russes n’ont pas été encouragées par la Maison Blanche. Trump a également abandonné un allié américain, les terroristes du YPG qu’Ankara considère comme une organisation terroriste mais qui a joué un rôle déterminant pour aider les États-Unis à remporter leurs victoires sur l’État islamique en Syrie, faisant de lourdes pertes.

Bien que les sanctions contre la Turquie n’aient pas été imminentes, Washington a au moins expulsé Ankara du programme d’avions de combat interarmées F-35, ce qui signifie que les avions de combat F-35 commandés par l’administration Erdogan ne seront pas livrés, laissant l’armée de l’air turque du mal à trouver un remplacement adéquat.

Erdogan a menacé à la fin de l’année dernière de fermer Incirlik et la base de Kurecik, où les États-Unis ont également des forces militaires, si Washington imposait des sanctions.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a publié cette semaine quelques rares critiques de l’administration Trump à l’encontre d’Ankara, notant que seuls la Turquie et l’Iran s’opposent à l’accord négocié par les États-Unis pour que Bahreïn et les Émirats arabes unis acceptent d’établir des relations diplomatiques avec Israël.

Pompeo a également appelé à une résolution diplomatique et pacifique du différend entre la Turquie d’un côté et la Grèce et Chypre de l’autre sur les droits d’exploration du gaz et du pétrole dans diverses parties de la Méditerranée orientale.

Pendant ce temps, des rapports font état d’un changement de pouvoir au sein du gouvernement d’accord national (GNA) basé à Tripoli, que la Turquie soutient dans la guerre civile libyenne. Les analystes examinent ce que cela pourrait signifier pour l’influence et les perspectives de la Turquie en Libye.

Par Hakan, publié le 17 septembre 2020 à 23h55

https://www.turquie-news.com/le-pentagone-n-a-pas-l-intention-de-se-retirer-de

L’UE EXHORTE LA CORÉE DU NORD À RESPECTER SON MORATOIRE SUR LES TESTS NUCLÉAIRES ET BALISTIQUES

SÉOUL, 17 sept. (Yonhap) — L’Union européenne (UE) a appelé la Corée du Nord à respecter son moratoire sur les tests nucléaires et tirs d’essai de missiles balistiques en rappelant que Pyongyang «ne peut jamais obtenir le statut d’État doté de l’arme nucléaire» en vertu du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Dans un communiqué adopté au cours d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’UE a exhorté le Nord à «observer un moratoire sur les tests nucléaires et lancements de missiles balistiques» et à s’abstenir d’effectuer de «nouvelles provocations».

«Nous sommes profondément préoccupés par les dernières annonces de la RPDC du 1er janvier 2020 déclarant que la RPDC n’est plus attachée au moratoire pour cesser ses tests nucléaires et tirs d’essai d’ICBM et fermer le site d’essais nucléaires», a-t-il été écrit. La RPDC est le sigle du nom officiel de la Corée du Nord, République populaire démocratique de Corée.

«La RPDC ne peut jamais obtenir le statut d’État doté de l’arme nucléaire selon le TNP», a-t-il souligné. La Corée du Nord s’est retirée du TNP en 2003.

L’UE a aussi sommé Pyongyang d’abandonner son programme d’armes nucléaires conformément à ses obligations en vertu des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et d’appliquer un moratoire complet sur tous les types de lancements de missiles balistiques.

«Jusqu’à ce que la RPDC prenne ces mesures concrètes, nous continuerons d’appliquer strictement les sanctions existantes», a-t-il ajouté.

lsr@yna.co.kr, publié le 17.09.2020 à 15h58

https://fr.yna.co.kr/view/AFR20200917002100884

LA FRANCE FAIT DÉJÀ FONCTIONNER SES CENTRALES À CHARBON

Faute de production d’électricité nucléaire et éolienne suffisante, l’Hexagone a commencé à faire tourner ses centrales à charbon ces dernières semaines. En cause : le manque de vent et de nouvelles avaries techniques chez EDF, qui pâtit par ailleurs d’un encombrement d’opérations de maintenance et d’un décalage de son planning de travaux lié au Covid-19.

Si la crise du coronavirus, et surtout les mesures de confinement, ont provoqué une chute drastique des émissions de CO2 au printemps, d’autres effets viennent aujourd’hui nettement contrebalancer ces bonnes nouvelles pour le climat . Selon les données publiées par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE, la France a allumé ses centrales à charbon ces dernières semaines. Ce jeudi 17 septembre, elles fournissaient 2 % du mix électrique national, soit 824 mégawatts, à la mi-journée.

Certes, ce chiffre est modeste en proportion de la consommation française mais il n’en reste pas moins marquant, en plein mois de septembre, alors que les températures sont anormalement élevées et que les radiateurs ne sont pas encore allumés. En effet, ces centrales – dont le nombre se limite à quatre en France – sont le plus souvent mobilisées au cœur de l’hiver pour faire face aux pics de consommation d’électricité.

Des prix de l’électricité orientés à la hausse

Surtout, ce recours précoce au charbon ne semble pas suffisant pour répondre aux besoins en électricité du pays. Selon RTE, des mesures « d’effacements » – c’est-à-dire le report de consommations d’entreprises qui acceptent de les différer ou de les modérer moyennant rémunération – ont été utilisées ces derniers jours pour faire baisser la consommation. 

La France a, par ailleurs, été globalement importatrice d’électricité ces derniers jours. Ces importations proviennent en grande partie d’Allemagne où la production d’électricité génère plus d’émissions de CO2 qu’en France. Un contexte qui tire les prix de l’électricité à la hausse : lundi 14 septembre, ils atteignaient un pic de 120,62 euros, en France, en fin de journée.

De nouvelles avaries techniques

En cause : la très faible disponibilité du parc de réacteurs nucléaires d’EDF. Sur ses 56 réacteurs, 24 sont actuellement à l’arrêt. Les causes sont multiples, et dépassent largement la fermeture de Fessenheim.

À Chooz (Ardennes), les deux réacteurs d’EDF sont maintenus à l’arrêt à cause de leur impact potentiel sur le débit de la Meuse, déjà limité du fait de la météo. À Cattenom, à Penly, à Blayais, à Flamanville, au Bugey et à Paluel, les programmes de maintenance ont été prolongés sur un ou plusieurs réacteurs à cause de nouvelles avaries techniques. Enfin, deux réacteurs sont visés par des mesures d’économies de combustibles destinées à faire face à un hiver tendu du fait du décalage des travaux de maintenance en pleine crise sanitaire.

Des vents très faibles en Europe

« La concomitance de ce contexte avec le grand carénage [le programme qui vise à prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires d’EDF, NDLR] crée un embouteillage d’opérations de maintenance », confirme EDF. À cela vient s’ajouter la fermeture de la centrale Fessenheim. Achevée en juin, celle-ci a mécaniquement retiré deux réacteurs du réseau électrique français.

Le nucléaire n’est toutefois pas le seul responsable de ce phénomène. En Europe, la météo joue aussi en défaveur des énergies vertes et en particulier de l’éolien. « Un anticyclone s’est déployé sur l’Europe et entraîne des vents très faibles », précise RTE. La semaine passée l’éolien a ainsi fourni 2% du mix électrique français.

Par Sharon Wajsbrot, publié le 18 sept. 2020 à 07h49, mis à jour le 18 sept. 2020 à 13h44

Photo en titre : Selon les données publiées par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE, la France a allumé ses centrales à charbon ces dernières semaines. (SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/la-france-fait-deja-fonctionner-ses-centrales-a-charbon-1243601

NDLR : donc le nucléaire n’est pas la solution ! La solution passe par le développement massif des énergies vertes ET le stockage de l’électricité produite en excédent des besoins (plus évidemment les économies d’électricité…). Mais, pour tenter de justifier le recours au nucléaire, la France ne fait pas grand-chose en matière de stockage. Et voilà le résultat… et on accusera les renouvelables… et bla bla bla …

AU ROYAUME-UNI, LE RENOUVEAU DU PARC NUCLÉAIRE DANS L’IMPASSE

Après Toshiba, Hitachi abandonne son projet d’une centrale nucléaire. EDF est l’un des derniers acteurs en lice.

Hitachi a enfoncé un clou de plus dans le cercueil du renouveau du nucléaire britannique, mercredi 16 septembre. Le groupe japonais a annoncé formellement l’abandon de son projet de centrale à Wylfa, au Pays de Galles. En cause : la « rationalité économique » du projet, qui était trop cher et trop risqué à financer.

Cet abandon est un désaveu de plus pour une filière nucléaire qui accumule les déboires au Royaume-Uni. Il y a douze ans, alors que la grande majorité des huit sites nucléaires britanniques en fonctionnement doivent fermer d’ici à 2030, le gouvernement britannique avait présenté l’ambition d’un grand renouvellement. Il comptait faire ce qu’aucun autre pays n’avait tenté : construire des centrales nucléaires entièrement financées par le secteur privé.

« Six sites avaient été désignés, rappelle Paul Dorfman, de l’Institut sur l’énergie de l’University College London. Aujourd’hui, trois ont été abandonnés et deux autres sont mal partis. » Le seul projet en cours de construction est l’EPR d’EDF Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l’Angleterre.

En signe de protestation

Outre le retrait d’Hitachi (qui avait aussi le site d’Oldbury, dans l’ouest de l’Angleterre, également abandonné), Toshiba avait déjà jeté l’éponge en 2018. Pendant des années, sa filiale Westinghouse avait étudié avec le français Engie un projet de centrale dans le nord de l’Angleterre. Là encore, le financement s’était révélé l’obstacle incontournable.

Le grand renouveau du parc nucléaire britannique se heurte au prix des centrales. Hinkley Point C, où sont construits deux réacteurs, doit coûter autour de 25 milliards d’euros, selon les dernières estimations officielles. Le bouclage du financement de ce chantier avait été dantesque. Du côté d’EDF, le directeur financier avait démissionné en signe de protestation, et il avait fallu faire venir le chinois CGN, qui avait accepté d’en payer le tiers, pour trouver l’argent.

Du côté britannique, l’État avait accepté de signer un contrat hors norme : Hinkley Point C a reçu la garantie de vendre son électricité pendant trente-cinq ans à 92,50 livres sterling (101 euros) par mégawattheure, soit plus de deux fois le prix du marché. Certes, EDF et CGN prennent intégralement en charge le risque de la construction, y compris les éventuels retards et surcoûts, mais le prix exorbitant a provoqué une levée de boucliers au Royaume-Uni.

Désormais, le gouvernement britannique est clair : plus jamais il ne signera un tel contrat. Soit la prochaine centrale sera moins chère, soit elle ne sera pas.

C’est dans ce contexte qu’il reste deux autres projets de centrales. EDF espère en construire une à Sizewell, dans l’est de l’Angleterre, tandis que CGN souhaite en fabriquer une de sa propre technologie à Bradwell, dans la même région. Dans les deux cas, l’affaire est mal partie.

Partager les risques

Pour ce qui concerne Bradwell, les tensions politiques avec Pékin rendent l’idée d’un feu vert de Londres très improbable. Difficile d’imaginer que la Chine puisse entrer dans le nucléaire occidental, alors qu’une technologie comme la 5G est déjà sujette à controverse.

Reste Sizewell Point C, où le problème est financier. EDF promet que cette réplique de Hinkley Point C sera moins chère, grâce aux économies d’échelle. Mais les déboires des projets de Flamanville (Manche), en France, font douter de cet engagement. Et par ailleurs, l’électricien français, incapable de payer lui-même, négocie avec le gouvernement britannique pour trouver un accord d’un nouveau genre.

Plutôt que laisser à EDF tous les risques de construction, l’État pourrait accepter de les partager. En échange, l’électricien français se montrerait moins gourmand et réclamerait un prix de l’électricité moins élevé.

Désormais, toute l’industrie attend le Livre blanc que le gouvernement doit publier à l’automne, donnant les grandes lignes de sa politique de production d’électricité. Mais même s’il se dit très favorable au nucléaire, est-ce que cela suffira à boucler un financement pour Sizewell Point C ?

« Le problème est que le coût du nucléaire est devenu prohibitif », souligne M. Dorfman. L’explosion de la centrale de Fukushima en 2011 a abouti sur de nouvelles exigences de sécurité de la part des régulateurs, augmentant le prix des travaux. Dans le même temps, les énergies renouvelables sont devenues très compétitives.

EDF réplique qu’une base permanente est nécessaire, pour assurer la production électrique quand le vent ne souffle pas ou que le soleil ne brille pas. L’électricien français tente aussi de retourner le retrait d’Hitachi en sa faveur, soulignant qu’il présente actuellement le dernier grand projet viable permettant de sauver la filière nucléaire au Royaume-Uni. « À moins que Sizewell C, une réplique de Hinkley Point C, ne reçoive le feu vert, il y a un sérieux risque pour l’avenir de la capacité de construction de nucléaire civil au Royaume-Uni et les dizaines de milliers d’emplois qui vont avec », souligne Cameron Gilmour, le porte-parole du consortium Sizewell C.

Par Eric Albert (Londres, correspondance), publié le 17 septembre à 10h44

Photo en titre : Le site EDF de Hinkley Point C, dans le sud-ouest de l’Angleterre, en octobre 2013. Suzanne Plunkett / REUTERS

https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/17/au-royaume-uni-le-renouveau-du-parc-nucleaire-dans-l-impasse_6052558_3234.html

RÉFORME DE L’ARENH, « FORCE MAJEURE » ET « CORRIDOR »

La ministre en charge de l’énergie Barbara Pompili a annoncé qu’elle se rendrait le 21 septembre à Bruxelles avec Bruno Le Maire pour rencontrer la commissaire européenne à la Concurrence Margrethe Vestager afin d’évoquer le dossier de la réforme de l’ARENH (dispositif permettant aux fournisseurs d’électricité concurrents d’EDF en France de racheter à l’électricien une partie de sa production nucléaire à un tarif de 42 €/MWh). Il existe encore beaucoup d’incertitudes concernant cette réforme, laquelle est liée au projet de restructuration de l’entreprise EDF, et cela doit se faire en concertation avec les autorités de Bruxelles. L’occasion de quelques rappels…

Pour le juge, la crise sanitaire relève de la « force majeure »

La crise du Covid-19 a fait s’écrouler le prix de l’électricité sur le marché de gros du fait de la chute de la demande d’électricité, elle-même liée à la chute brutale de l’activité économique lors du confinement. Les prix de l’électricité sur le marché de gros ont oscillé en moyenne entre 10 et 30 €/MWh entre mi-mars et juillet 2020. Ces prix ont même parfois été négatifs comme ce fut par exemple le cas le dimanche 31 mai à 15h (- 40,8 €/MWh). Ils sont légèrement remontés courant août 2020 (oscillant entre 35 et 45 €/MWh fin août) et dépassent en moyenne 50 €/MWh depuis début septembre.

Pour rappel, certains fournisseurs alternatifs qui, fin 2019, avaient anticipé une augmentation de prix sur le marché de gros, ont invoqué durant la crise sanitaire la clause de « force majeure » pour ne pas respecter leur contrat ARENH. La CRE a contesté cette demande et le Conseil d’État a donné raison à la CRE. Mais le tribunal de commerce de Paris a donné raison aux fournisseurs alternatifs (1), notamment Total-Direct Énergie (TDE) et l’AFIEG, sur la base de dispositions spécifiques de l’article 10 du contrat-cadre qui les lie à EDF : la « force majeure » (2) s’applique « de plein droit » si l’on est face à une « impossibilité de l’exécution des obligations dans des conditions économiques raisonnables ».

Cette dénomination libérale « conditions économiques raisonnables » mérite d’être analysée ici avec attention. Le marché de gros de l’électricité fonctionne-t-il toujours dans des conditions économiques « raisonnables », sachant que les prix ont historiquement fluctué entre + 2000 et – 500 €/MWh depuis 2009 ? Observons d’abord que ce terme « raisonnables » n’est guère précisé et qu’il peut donc donner lieu à interprétations divergentes. Lorsque récemment, faute de pouvoir écouler ou stocker le pétrole qu’ils avaient acheté à terme, certains opérateurs américains ont dû le revendre à un prix négatif, ce n’était pas « raisonnable » non plus et pourtant il ne semble pas que les perdants aient invoqué la clause « Act of God » (3).

Si cette approche de « conditions économiques raisonnables » fait jurisprudence, il est à craindre que de nombreux procès auront lieu dans le futur. Un prix de 42 euros pour le MWh nucléaire « ARENH » et qui n’a pas été revalorisé depuis 2012 doit-il être considéré comme fixé selon des conditions économiques « raisonnables » aujourd’hui ?  La question de fond est de savoir si, de façon automatique, la clause de force majeure s’applique à chaque fois que les conditions économiques « raisonnables » ne sont plus remplies. Si tel est le cas, cela signifierait que l’on passerait d’une conception restrictive à une conception extensive de la force majeure.

Notons qu’EDF comme les fournisseurs alternatifs a dû faire face à la chute de la consommation d’électricité et ne profite d’aucun « effet d’aubaine » ou de « windfall profits » en vendant le MWh nucléaire à 42 euros. Il serait judicieux de préciser que les fournisseurs alternatifs ne devraient pas pouvoir se prévaloir de cette clause de force majeure si les conditions exceptionnelles invoquées ont un impact sur les deux parties (EDF comme les alternatifs). C’est seulement en cas d’asymétrie manifeste entre les alternatifs et l’opérateur historique que la clause devrait s’appliquer, par exemple si les alternatifs sont pénalisés par les circonstances sans qu’EDF le soit ou le soit au même degré. L’existence d’une réciprocité des situations des deux parties face à la crise, les deux étant pénalisées au même degré avec la chute des prix, devrait enlever toute portée à la clause de force majeure. Les choses seraient différentes si l’une des parties était lésée sans que l’autre le soit.

L’ordonnance du tribunal de commerce de Paris (4) a ordonné à EDF la suspension de l’accord-cadre qui liait l’entreprise à TDE. L’interruption des livraisons d’électricité au titre de l’ARENH n’intervient toutefois qu’à hauteur de la baisse de la consommation du portefeuille de consommateurs finals détenu par TDE : une proportion élevée des clients de TDE n’a pas acheté le volume d’électricité négocié du fait du confinement décidé par les pouvoirs publics. Comme l’électricité ne se stocke pas, TDE a dû revendre à perte sur le marché de gros les volumes d’électricité ARENH négociés et non acquis par ses clients (voir la modélisation en note de bas de page (5)).

Abandon du « corridor » au profit d’une revalorisation de l’ARENH ?

On notera que le guichet de mai 2020 permettant aux fournisseurs alternatifs de souscrire des volumes d’ARENH pour la période de livraison allant du 1er juillet 2020 au 30 juin 2021 n’a donné lieu à aucune demande, ce qui n’est guère surprenant compte tenu de la faiblesse des prix de gros à l’époque. Il faudra attendre le prochain guichet de novembre 2020 pour voir si de nouvelles demandes d’ARENH se manifestent. Tout dépendra des anticipations de prix des demandeurs potentiels : s’ils anticipent une augmentation du prix spot en 2021, beaucoup chercheront à nouveau à souscrire des volumes d’ARENH.

Rappelons que la CRE avait envisagé de remplacer le mécanisme de l’ARENH par un système de « corridor » mais elle semble opter aujourd’hui pour une revalorisation du niveau de l’ARENH. Dans le projet de corridor, la quasi-totalité de la production nucléaire serait écoulée sur le marché de gros (6) mais le prix réellement payé par le fournisseur devrait in fine fluctuer entre un prix-plafond et un prix-plancher, les deux bornes étant distantes de 6 €/MWh au maximum. Pour obtenir ce résultat, on dissocierait le marché du « physique » d’un marché « financier » donnant lieu à compensations ex post entre EDF-producteur et les fournisseurs d’électricité. Le prix-plafond comme le prix-plancher seraient fixés par la CRE sur une base objective (les coûts). En cas de prix de gros de vente du nucléaire supérieur au prix-plafond garanti, EDF devrait verser la différence aux fournisseurs qui ont acheté de l’électricité « nucléaire » pour alimenter leurs clients français. En cas de prix de gros inférieur au prix-plancher, ce sont les fournisseurs alternatifs qui cette fois devraient verser la différence à EDF (7) (voir schéma ci-dessous).

Il semble toutefois qu’aujourd’hui on s’orienterait plutôt vers une augmentation du volume d’ARENH, qui passerait de 100 TWh à 150 TWh (ce que réclament les alternatifs), avec en contrepartie une revalorisation du prix de l’ARENH qui passerait de 42 à 48 euros par MWh (EDF souhaiterait 53 euros…). La question n’est pas tranchée…

En conclusion…

Trois recommandations peuvent être faites :

  1. Revoir les conditions de la force majeure si l’on maintient le mécanisme de l’ARENH. La force majeure est généralement interprétée de façon restrictive par les tribunaux et cette conception doit continuer à prévaloir. Invoquer seulement l’apparition de conditions économiques qui ne sont plus « raisonnables» ne saurait justifier en soi de faire jouer une telle clause car ce serait ouvrir la voie à un énorme contentieux. Il faut également que les deux parties au contrat ne soient pas lésées au même degré par le fait générateur qui préside à la décision de l’une des parties de faire jouer cette clause.
  2. Accroître le prix de l’ARENH si le volume passe de 100 à 150 TWh ou plus (dans le cas où l’on maintient le mécanisme de l’ARENH). Le prix auquel le nucléaire historique est vendu n’a pas été revalorisé depuis 2012. Certes, les prix du marché de gros ont chuté mais ils sont devenus très volatils. Dans le même temps, les coûts de la maintenance et de la sûreté du parc nucléaire ont plutôt eu tendance à s’accroître. Les coûts anticipés de prolongation de la durée de vie des centrales qui ne seront pas arrêtées (le « grand carénage») sont en nette augmentation. Le prix de l’ARENH n’a pas pour objet de financer le nouveau nucléaire (des solutions ad hoc doivent être retenues comme les «contrats pour différence » par exemple) mais il doit permettre de financer les investissements de prolongation du parc comme cela est rappelé dans le Rapport Champsaur et dans la Loi Nome.
  3. Si l’on opte pour un mécanisme de corridor, il importe de bien sélectionner au départ le niveau du prix-plancher et celui du prix-plafond et de prévoir les conditions d’ajustement périodique de ces prix régulés. Il faut mener une étude empirique pour comparer le mécanisme du corridor au système d’un ARENH revisité pour voir qui est gagnant et qui est perdant au vu des divers scenarii de prix de gros. Dans tous les cas, il apparaît qu’une marge de 6 €/MWh pour ce corridor est insuffisante au vu de la volatilité des prix de gros. Cet écart entre le prix-plancher et le prix plafond devrait être de l’ordre de 12 à 15 €/MWh en valeur moyenne.

Sources / Notes

  1. Le tribunal de commerce de Paris a donné raison aux alternatifs qui l’ont saisi en référé le 27 mars (notamment Total-Direct Énergie et l’AFIEG). EDF a fait appel mais la Cour d’Appel a confirmé le 28 juillet 2020 la décision du Tribunal de Commerce.
  2. La force majeure rappelons-le requiert en général trois conditions : imprévisibilité, indépendance et irrésistibilité. Personne ne conteste l’indépendance (TDE n’est pas responsable de la décision du confinement qui est une décision de l’État) ou l’irrésistibilité (TDE ne pouvait pas obliger ses clients à consommer et n’a pas les moyens de stocker l’électricité non achetée ; il fallait donc la vendre à perte). On peut en revanche discuter l’imprévisibilité : la logique du marché de l’électricité fait que le prix est très volatil, beaucoup plus que ce que l’on peut observer pour les autres matières premières, y compris le pétrole. Ce prix a déjà été négatif de nombreuses fois dans le passé. L’article 10 du contrat tel qu’il est rédigé a indiscutablement servi de fondement à la décision du tribunal car il s’écarte de la conception traditionnelle de la force majeure.
  3. Legally Speaking, What is an Act of God ?
  4. Rendue publique le 20 mai.
  5. Une modélisation très simple permet de comprendre la portée de la décision. Posons Q1 le volume d’ARENH négocié par TDE, Q2 le volume d’ARENH réellement vendu par TDE sur la période, pa le prix de l’ARENH et p1 le prix spot de l’électricité. TDE a payé Q1pa à EDF mais n’a vendu que Q2p1. La logique de cette « option gratuite» que constitue l’ARENH est que TDE supporte le différentiel Q2 (pa – p1) : c’est le risque « marché» de tout contrat de ce type. Ce que demande le tribunal, c’est que TDE soit remboursé non pas du montant (Q1 – Q2)pa mais du montant (Q1 – Q2) (pa –p1), cette électricité non vendue aux clients ayant été écoulée au prix du marché de gros. En d’autres termes, l’entreprise TDE doit supporter le risque « prix » pour les volumes vendus mais pas le risque « volume » lié à la chute de la consommation de ses clients suite à la crise sanitaire. Le tribunal considère que TDE a été amené à prendre livraison des quantités d’ARENH commandées, soit Q1, et a été obligé de vendre à perte ce que l’entreprise n’a pas pu vendre à ses clients soit le volume (Q1 – Q2). La perte unitaire de TDE est égale à (pa – p1). Notons que le risque « prix » Q2(pa – p1) est peut-être hypothétique et non avéré dans la mesure où beaucoup de fournisseurs vendent leur électricité sur la base d’un prix à terme ou d’un prix fixe qui peut être supérieur au prix du marché de gros. Cela pose la question de savoir quelle la pertinence du prix de gros comme critère d’évaluation des gains et pertes des deux parties. La perte subie par TDE sur le volume vendu Q2 est peut-être inférieure à ce montant si le prix unitaire réellement négocié par TDE est supérieur à p1.
  6. On parle d’un « ruban» qui exclut les contrats à long terme signés par EDF, lesquels ne représentent guère plus de 10 à 20 TWh sur un total de l’ordre de 380 TWh vendus en 2019.
  7. Avec ce système, EDF-fournisseur devient un acheteur de droit commun du nucléaire français lorsqu’il vend de l’électricité à ses clients et l’entreprise devra respecter une séparation stricte entre ses activités de producteur nucléaire et celles de fournisseur d’électricité (c’est la dualité « bleu-vert» du projet « Hercule» de restructuration de l’entreprise). Le fait que toute la production nucléaire serait vendue sur le marché va en accroître la liquidité alors que, précédemment, le volume d’ARENH était vendu hors marché à un prix régulé. Il faut comparer les avantages et inconvénients du système par rapport au mécanisme. Tout dépend du niveau des prix-limites retenus mais aussi de l’écart entre ces prix.
    Jacques Percebois et Boris Solier, La régulation du prix de l’énergie nucléaire en France : de l’ARENH au « corridor », Working Paper Université de Montpellier, HAL.

Par Jacques Percebois et Boris Solier, publié le 17 septembre 2020

NOTE : Jacques Percebois est professeur émérite à l’Université de Montpellier (CREDEN) et Boris Solier est maître de Conférences à l’Université de Montpellier et Expert Cyclope.

https://www.connaissancedesenergies.org/tribune-actualite-energies/reforme-de-larenh-force-majeure-et-corridor

BELGIQUE : LA COALITION CONTRE LES ARMES NUCLÉAIRES DEMANDE UNE POLITIQUE VOLONTARISTE DE DÉSARMEMENT

La Coalition belge contre les armes nucléaires a lancé jeudi un appel aux différents partis impliqués dans les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement fédéral à inclure des « objectifs politiques concrets de désarmement nucléaire » dans leur accord de majorité. À un moment où le régime mondial de non-prolifération et de désarmement nucléaires est sous pression, la coalition estime que la Belgique peut jouer un « rôle crucial » en la matière.

« La modernisation prévue des ogives nucléaires B61 stationnées en Belgique et la capacité nucléaire envisagée du futur potentiel avion de combat F-35 sont dangereuses, coûteuses et en opposition avec les obligations de la Belgique dans le cadre du Traité de non-prolifération« , juge jeudi la Coalition dans un communiqué.

Celle-ci appelle en conséquence le futur gouvernement à « réaffirmer les engagements qui sont les siens comme État partie au Traité de non-prolifération (TNP) et d’élaborer un plan concret pour la mise en œuvre du Plan d’action de la conférence d’examen 2010 du TNP, auquel la Belgique a souscrit« .

Une Belgique « dénucléarisée« 

La Coalition exhorte en outre le prochain gouvernement à travailler à la signature et à la ratification du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), complémentaire au TNP et qui contribue à renforcer les objectifs en matière de désarmement nucléaire.

Elle demande aussi que la Belgique soit « enfin dénucléarisée » avec le retrait des armes nucléaires installées sur le territoire, lesquelles « violent le TNP auquel notre pays est partie« . La Coalition s’inquiète des projets de modernisation des têtes nucléaires stationnées à Kleine Brogel prévue entre 2022 et 2024.

« Cette échéance fournit le momentum idéal pour négocier avec les États-Unis le retrait complet des armes nucléaires tactiques du territoire belge et, par extension, de l’Europe. Ce retrait reste, quoi qu’il en soit, une obligation pour la Belgique au regard de l’article 2 du TNP en vertu duquel ‘Tout État non doté d’armes nucléaires qui est Partie au Traité s’engage à n’accepter de qui que ce soit, ni directement ni indirectement, le transfert d’armes nucléaires ou autres dispositifs nucléaires« , selon la Coalition.

Dans cette même logique, elle demande que le projet de capacité d’emport nucléaire des futurs potentiels avions de combats F-35 soit également abandonné.

Par Belga, publié le 17 septembre à 14h10

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-coalition-contre-les-armes-nucleaires-demande-une-politique-volontariste-de-desarmement?id=10586619

FAÇONNER LA PAIX ENSEMBLE

En cette année de pandémie mondiale, la célébration de la Journée internationale de la paix prend une signification particulière car, comme le rappelait le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, en mars 2020, «la furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie».

Face au virus, il est plus évident que jamais que les peuples et leurs gouvernements ne peuvent plus se comporter en ennemis les uns des autres s’ils veulent sortir de la tourmente dans laquelle la Covid-19 a plongé le monde.

La crise sanitaire est venue s’ajouter en les amplifiant aux crises sociales, économiques, écologiques et humanitaires qui mettent la planète en danger et qui sont dues essentiellement au capitalisme et à ses logiques de profit et de domination. La PAIX est la réponse politique aux exigences sociales, économiques, démocratiques, à l’urgence climatique, en développant d’autres logiques de coopération, de partage, d’entraide et de solidarité entre les peuples.

Construire la paix et développer la culture de paix, c’est un projet politique qui requiert l’engagement et la mobilisation de toutes et tous. Il est possible de faire reculer la guerre et la course aux armements, comme le montre la campagne en faveur du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) auquel il ne manque plus que quatre ratifications pour entrer en vigueur. Il est nécessaire de promouvoir un nouveau modèle de relations internationales, de coopération entre les peuples et de développement partagé et solidaire; il est urgent de transformer nos modes de production, d’échanges et de consommation afin de préserver la planète.

Partout dans le monde, sous les formes les plus diverses, des voix s’élèvent pour exprimer les mêmes exigences. Pour que nous puissions réellement façonner la paix ensemble, nous appelons à participer partout en France, le samedi 19 septembre 2020, aux Marches pour la paix et aux diverses initiatives publiques organisées par le Collectif «En marche pour la Paix» dont fait partie le PCF.

Nous marcherons:

· pour la paix et contre les dérèglements climatiques

· pour la justice sociale et les droits humains

· pour le désarmement nucléaire.

Par Alain ROUY, membre de la commission des Relations internationales du PCF, publié le 16/09/2020

https://www.pcf.fr/faconner_la_paix_ensemble

LES ÉTATS-UNIS ORGANISENT LA CONFRONTATION AVEC LES EUROPÉENS SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

La politique américaine de « pression maximale » cherche à rendre impossible une réhabilitation complète de l’accord sur le nucléaire.

Dans la litanie des divergences entre les États-Unis et leurs alliés européens depuis quatre ans, un pic est sur le point d’être franchi. Le 20 septembre expirera le délai d’un mois depuis le déclenchement par l’administration Trump de la procédure dite du « snapback ». Soit la réintroduction des sanctions onusiennes qui visaient l’Iran avant la signature de l’accord sur le nucléaire (JCPOA), en 2015. Mais tous les autres signataires (Union européenne, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Chine, Russie) contestent formellement aux États-Unis la possibilité d’entreprendre une telle démarche unilatérale, dès lors qu’ils ont quitté l’accord en 2018.

Washington estime en avoir le droit en tant que signataire de la résolution 2231 adoptée par le Conseil de sécurité des Nations unies. À l’approche de l’élection présidentielle du 3 novembre, l’administration Trump essaie de parachever sa stratégie au Moyen-Orient, dont la politique de « pression maximale » contre l’Iran constitue un pilier. Il s’agit de rendre impossible une réhabilitation complète de l’accord sur le nucléaire.

Cet objectif explique le refus américain de tout compromis concernant l’embargo sur les armes légères, qui arrive à expiration le 18 octobre. Washington voulait sa reconduction, Pékin et la Russie s’y opposent. Les Européens, eux, ont cherché une voie médiane. « On a avancé de nombreuses formules alternatives pour traiter les questions de sécurité soulevées par la fin de l’embargo, affirme une source diplomatique française. Il y a eu beaucoup d’échanges avec les États-Unis autour des idées que nous avons présentées, mais leur position est intransigeante. »

Se profile donc un moment diplomatique exceptionnel, à double titre : l’isolement américain complet – si on met à part le soutien d’Israël – sur un dossier international majeur, et la confirmation d’une réalité juridique parallèle, entretenue par Washington. D’un côté, les Américains comptent annoncer seuls le retour des sanctions. De l’autre, Européens, Russes et Chinois se préparent à ignorer la position de Washington. Les pays de l’E3 (Grande-Bretagne, Allemagne, France) ont une ligne d’horizon immédiate, le 3 novembre. Ils réfléchissent à la stratégie à adopter dans les deux mois entre l’élection et l’entrée en fonctions éventuelle de Joe Biden. Le candidat démocrate souhaite un retour américain dans le JCPOA. Mais à quelles conditions ?

« Nous avalons couleuvre après couleuvre »

Dans ce contexte, l’offensive de l’administration Trump contre les Européens est intense. Washington vise en particulier Paris, en l’attaquant sur le terrain libanais. « Comment est-il possible que la France vote contre l’embargo sur les armes, et que la semaine suivante le président Macron rencontre un haut représentant du Hezbollah à Beyrouth ? », feignait ainsi de s’interroger M. Pompeo, dans une tribune au Figaro, publiée le 13 septembre. Pourtant, Washington n’avait pas du tout exprimé de réserves publiques, depuis début août, en réponse aux pressions exercées par Emmanuel Macron sur la classe politique libanaise, qui se dérobe devant ses responsabilités depuis l’explosion au port de Beyrouth.

Médiatique, cette campagne américaine pourrait prendre une dimension plus concrète après le 20 septembre. « Face au rejet presque unanime que suscite leur position au Conseil de sécurité, il ne serait pas surprenant de voir les États-Unis préparer un nouvel arsenal de sanctions unilatérales contre les pays qui ne les suivraient pas aveuglément », estime Ellie Geranmayeh, spécialiste du dossier iranien à l’European Council on Foreign Relations. Une position encore plus dure sur l’Iran pourrait servir la campagne électorale de Donald Trump. « Nous avalons couleuvre après couleuvre pour sauver l’accord nucléaire, cela ne peut pas durer éternellement… », commente une source iranienne. La République islamique a ainsi récemment donné suite aux demandes d’accès de l’Agence internationale de l’énergie atomique à deux sites liés à son ancien programme nucléaire.

« Le gouvernement de Rohani et les Européens sont dans le même bateau et partagent l’objectif de sauver l’accord coûte que coûte », estime la source iranienne. Le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, devait se rendre cette semaine dans les capitales des pays de la troïka européenne (Allemagne, France et Royaume-Uni) pour mettre en scène ces convergences de vues, que les diplomates européens s’attachent à nuancer. La visite a été annulée à la suite du tollé international qu’a suscité l’exécution annoncée samedi du lutteur Navid Afkari, accusé de s’en être pris aux forces de l’ordre iraniennes lors des manifestations de l’hiver 2017-2018.

« Graves conséquences »

La position de l’Iran n’est pas hermétique par rapport au dessein plus large de l’administration Trump au Moyen-Orient, et notamment le rapprochement spectaculaire entre Israël et plusieurs pays arabes. Sans les nommer, le président iranien, Hassan Rohani, a lancé un avertissement à l’intention des Émirats arabes unis et de Bahreïn, le 16 septembre, les jugeant responsables des « graves conséquences » de l’établissement de relations formelles avec l’État hébreu, mis en scène avec faste, la veille, à la Maison Blanche.

Dans la même séquence, un article du site d’information américain Politico a fait état d’un projet iranien d’assassinat visant l’ambassadrice américaine en Afrique du Sud. Le démenti immédiat de Téhéran n’a pas empêché le président Trump de menacer en réaction l’Iran de représailles « mille fois plus fortes » en cas d’attaque contre les intérêts américains. Alors que la campagne de frappes aériennes menée en pointillé par Israël contre des alliés de l’Iran dans la région se poursuit, reste à savoir si ce climat de plus en plus chargé viendra à bout de la « patience stratégique » de Téhéran. « Nous ne sommes pas assez idiots pour tomber dans le piège », disait récemment une source iranienne. Les Européens l’espèrent.

Par Piotr Smolar et Allan Kaval, publié le 17 septembre à 10h58

Photo en titre : Le directeur général de l’AIEA, Rafaël Mariano Grossi, lors de sa rencontre avec le ministre iranien des affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, à Téhéran le 25 août. Vahid Salemi / AP

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/17/les-etats-unis-organisent-la-confrontation-avec-les-europeens-sur-le-nucleaire-iranien_6052564_3210.html

L’HUMANITÉ N’EST PAS PRÉPARÉE EN CAS D’ATTAQUE NUCLÉAIRE !

Les événements récents ont mis en exergue le fait que le monde est vulnérable. S’il est actuellement question d’une pandémie virale, d’autres risques doivent être pris en compte. Des chercheurs britanniques ont récemment évoqué le risque d’attaque nucléaire.

Une préoccupation mineure pour la population

Tout d’abord, évoquons les conséquences immédiates d’une attaque nucléaire. Des personnes brûlées vives, des bâtiments soufflés par l’exposition, des irradiations puis d’importantes retombées radioactives touchant l’environnement et bien sûr, les êtres vivants. En somme, il est question d’une société qui s’effondre.

Une attaque nucléaire est sans doute bien plus grave qu’une pandémie telle que nous vivons actuellement. Toutefois, des chercheurs britanniques expliquent dans une publication du Bulletin of the Atomic Scientists le 8 septembre 2020 que pour l’avenir, nous pourrions tirer les leçons de la situation actuelle. Il faut aussi savoir que le risque nucléaire n’est pas une préoccupation majeure de la population. En revanche, les chercheurs estiment tout de même à 50 % le risque qu’un incident nucléaire tue environ un million de personnes dans les cinquante prochaines années.

Prévenir et se préparer

Dans le cadre de leurs recherches, les meneurs de l’étude ont cherché des points communs entre une pandémie et un incident nucléaire. Citons une énorme pression sur les services de santé et des choix gênants concernant la liberté citoyenne. Des préoccupations concernant la protection des travailleurs et la garantie d’une continuité dans le fonctionnement de la société sont aussi présentes. Toutefois, les chercheurs ont mis en avant le côté trivial de la gestion d’une pandémie en comparaison aux suites d’un incident nucléaire.

Les meneurs de l’étude ont évoqué l’importance de la prévention. Il s’agit principalement de continuer les efforts à l’échelle mondiale afin de limiter la prolifération des armes nucléaires. Par ailleurs, il est aussi question de réduire les risques de terrorisme nucléaire et de sécuriser les installations. Il faut également se préparer à une éventuelle attaque ou autre incident. Les chercheurs ont rappelé que le monde n’était pas préparé à l’actuelle pandémie. Or, il se pourrait bien que ce soit la même chose concernant de nombreux autres types de catastrophes.

Les conséquences d’une attaque nucléaire peuvent prendre la forme d’une pénurie généralisée, en ce qui concerne l’alimentation, l’eau, les équipements ainsi que les médicaments. De plus, ce genre d’incident générerait immanquablement une restriction des libertés civiles. Ainsi, il est important que les gouvernements communiquent à ce sujet. Enfin, les meneurs de l’étude ont évoqué la nécessité d’éduquer la population en amont, qu’il s’agisse de pandémie ou d’attaque nucléaire.

Par Yohan Demeure, journaliste scientifique, publié le 17 septembre 2020 à 10h40

Les 2 photos : Crédits : Pikist

https://sciencepost.fr/lhumanite-nest-pas-preparee-en-cas-dattaque-nucleaire/

L’ARABIE SAOUDITE AURAIT SUFFISAMMENT DE MINERAI D’URANIUM POUR PRODUIRE DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE (RAPPORT)

Le détail des stocks est répertorié dans des rapports élaborés par des géologues chinois

L’Arabie saoudite a probablement suffisamment de réserves de minerai d’uranium exploitable pour ouvrir la voie à la production nationale de combustible nucléaire, selon des documents confidentiels consultés par le Guardian.

Le détail des stocks est compilé dans des rapports élaborés par des géologues chinois de l’Institut de géologie spécialisé en nucléaire de Pékin (BRIUG), et la Compagnie nucléaire nationale chinoise (CNNC), lesquels cherchent à aider Riyad à cartographier ses réserves d’uranium dans le cadre de leur accord de coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Le rapport obtenu par le Guardian décrit comment les géologues ont travaillé toute l’année pour identifier les réserves qui pourraient produire plus de 90.000 tonnes d’uranium à partir de trois gisements majeurs, situés au centre et au nord-ouest du pays.

Le Guardian souligne toutefois qu’il s’agit de « gisements présumés« , et qu’une exploration plus approfondie sera nécessaire afin de confirmer les réserves d’uranium et calculer le coût de l’extraction.

Cette révélation intensifie toutefois les inquiétudes concernant l’intérêt de Riyad pour un programme d’armes atomiques. 

Une enquête datant de 2019 suggère que ses réserves d’uranium pourraient potentiellement fournir à l’Arabie saoudite du combustible pour les réacteurs qu’elle souhaite construire, mais aussi un excédent qu’elle pourrait exporter

En août dernier, des responsables sécuritaires israéliens avaient fait part de leurs inquiétudes à leurs homologues américains concernant le programme nucléaire de l’Arabie saoudite.

Publié le 17 septembre 2020 à 08h06, dernière modification le 17 septembre 2020 à 12h54

Photo en titre : OZAN KOSE / AFPIllustration – Un drapeau saoudien flottant au-dessus du consulat, à Istanbul, le 10 janvier 2020.

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1600320932-l-arabie-saoudite-aurait-suffisamment-de-minerai-d-uranium-pour-produire-du-combustible-nucleaire-rapport

NON-RESPECT DES SPÉCIFICATIONS TECHNIQUES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 2 DE NOGENT-SUR-SEINE

Le 7 septembre 2020, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect du délai de repli du réacteur 2.

Les grappes de commande sont situées dans le cœur du réacteur et sont constituées de matériaux permettant d’interrompre en quelques secondes la réaction neutronique en chaîne. Le bon fonctionnement des grappes et des automatismes qui commandent leur chute fait l’objet d’essais réguliers.

Le 28 août 2020, lors d’un essai consistant à vérifier la disponibilité à la chute des grappes de commande, l’exploitant a constaté l’apparition d’une alarme non attendue.

Le 31 août 2020, il a identifié qu’un paramètre était erroné dans les automatismes de commande de ces grappes. Les spécifications techniques d’exploitation du réacteur demandent, dans une telle situation, de procéder à la réparation sous huit heures des équipements concernés ou, à défaut, d’engager le repli du réacteur. La mauvaise implantation du paramètre ayant eu lieu lors de la visite décennale du réacteur, qui s’est terminée le 6 août 2020, ce délai n’a pas été respecté.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois il a dégradé la fonction de sûreté liée à la maîtrise de la réactivité. Au regard de sa détection tardive, qui a entraîné un non-respect des spécifications techniques d’exploitation du réacteur, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Le fonctionnement satisfaisant de ces équipements a pu être retrouvé le 1er septembre, après implantation des paramètres corrects. 

Publié le 15/09/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-specifications-techniques-d-exploitation-du-reacteur-2-de-Nogent-sur-Seine

COMMENT L’ARABIE SAOUDITE VEUT OBTENIR LA BOMBE NUCLÉAIRE

Le royaume s’est lancé dans une course à l’arme atomique en prétextant vouloir développer l’énergie nucléaire à des fins civiles.

Développement nucléaire

Au nord-ouest de l’Arabie saoudite, au milieu des dunes de sable, les radars américains ont détecté une étrange installa­tion. D’après un article publié par le Wall Street Jour­nal début août 2020, elle fait partie d’un programme d’extraction d’ura­nium saoudien, réalisé en partenariat avec la Chine. C’est la première étape de l’enrichissement d’uranium qui permet le fonctionnement d’un réacteur nucléaire, ou d’une bombe atomique.

Si l’Arabie saoudite est en train de construire son premier réac­teur de recherche pour la science et la technologie dans la Ville du roi Adbulaziz, les agences de renseignement américaines craignent que ses visées soient plus militaires que civiles. Mercredi 5 août, le ministère des Affaires étrangères des États-Unis avertissait d’ailleurs Riyad des « dangers » que repré­sentent les partenariats avec la Chine en matière nucléaire. « Nous encourageons fermement nos partenaires à ne travailler qu’avec des fournisseurs de confiance, qui ont des standards de non-prolifération stricts », ajoutait le ministère.

Image du 27 mai montrant, en haut à droite, deux bâtiments carrés qui pourraient être une installation nucléaire saoudienne

À la tête de l’Institute for Science and International Security, David Albright s’intéresse justement à la prolifération nucléaire. Au terme d’une analyse des images satellites du nouveau site saoudien, construit entre 2013 et 2018, il a publié un rapport dans lequel cette installation est décrite comme suspecte. D’abord, elle est isolée dans le désert et difficile d’accès. Ensuite, des images satellites de 2014 montraient quatre grandes grues capables de déplacer du matériel lourd.

Sur des clichés de mars et mai dernier, on pouvait voir qu’un toit avait été construit au-dessus du réacteur, ce qui a alarmé l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Cette dernière n’a toujours pas été autorisée à surveiller le site et à inspecter la conception du réacteur. Selon Albright, les bâtiments ressemblent aux installations iraniennes de conversion d’uranium, qui ont été élaborées avec l’aide de Pékin à Ispahan. Celles-ci sont au cœur des ambitions nucléaires de l’Iran et elles inquiètent particulièrement Riyad.

Les autorités saoudiennes n’ont jamais caché leur détermina­tion à suivre le rythme de Téhéran dans la course à la bombe nucléaire. Le prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) a déclaré publiquement en 2018 son intention de poursuivre le développement d’armes nucléaires tant que l’Iran irait en ce sens. Or pour Mycle Schneider, militant antinucléaire et consul­tant dans les domaines de l’énergie et de la politique nucléaire, une « centrale nucléaire dans un pays représente pour l’ennemi une arme nucléaire pré-déployée ». La course paraît donc bien lancée.

Inspection

Les ambitions nucléaires de l’Arabie saoudite remontent au moins à 2006. À cette époque, le royaume commençait à s’inté­resser à l’énergie nucléaire dans le cadre d’un programme conjoint avec d’autres membres du Conseil de coopération du Golfe. Riyad a ensuite intégré ses plans nucléaires dans le projet « Vision 2030 » de MBS pour diversifier l’économie du pays et atténuer sa dépendance au pétrole. Et puis la Chine a décidé de lui donner un coup de main.

Officiellement, Pékin aide Riyad à développer des projets de nucléaire civil. Mais selon des responsables du renseignement américains cités par le New York Times, l’Arabie saoudite travaille sur la transformation d’uranium brut sous une forme qui pourrait servir de carburant pour des armes nucléaires. Contrai­rement aux Émirats arabes unis, les Saoudiens ont toujours refusé de s’engager à ne jamais construire de carburant nucléaire, susceptible d’alimenter des bombes. Washington aimerait les y contraindre, mais les négociations sont bloquées depuis un an. Autrement dit, les Saoudiens se sont tournés vers la Chine et ont rompu avec les États-Unis.

Selon Paul Dorfman, chercheur à l’University College de Londres et fondateur du Nuclear Consulting Group, l’Arabie saoudite n’a pas d’intérêt à développer une centrale nucléaire. « Les énergies renouvelables représentent peut-être entre un cinquième et un septième du coût du nucléaire », compare-t-il. « Il n’y a pas de politique économique ou énergétique ou de raisons industrielles pour construire une centrale nucléaire », abonde Mycle Schneider. « Si des pays décident quand même de construire une centrale, alors il va falloir discuter des raisons derrière ces projets. »

Riyad continue de prétendre que ses ambitions sont civiles, sans toutefois fermer la porte aux armes nucléaires. La course à l’armement avec l’Iran, les négociations bloquées avec les États-Unis et les relations croissantes avec la Chine, laissent plutôt penser qu’elle est en train de mettre le pied dans la porte.

Par Denis Hadzovic , publié le 16 septembre 2020

Photo en titre ; Couverture : US Air Force

https://www.ulyces.co/denis-hadzovic/comment-larabie-saoudite-veut-obtenir-la-bombe-nucleaire/

LE MOUVEMENT POUR LA PAIX ORGANISE UNE MARCHE LE 19 SEPTEMBRE À HENNEBONT (56700)

Le collectif se réjouit de la participation de la Cimade, d’Attac, de l’AFPS, de la FSU, de la CGT et du PCF pour cette marche contre le dérèglement climatique, pour la justice sociale et les droits humains. Les organisations espèrent contribuer au succès de :

. la Journée internationale de la Paix, le 21 septembre, et de

. la Journée des Nations unies pour l’élimination totale des armes nucléaires le 29 septembre.

« En effet, la pandémie a aggravé les inégalités sociales et mis en évidence l’insuffisance des services de santé, alors que les dépenses militaires augmentent », commente Joël Bouglouan, le président du Mouvement pour la paix.

Pratique

Rendez-vous à 16 h, au square de la Paix.

Publié le 16 septembre 2020 à 12h17, modifié le 16 septembre 2020 à 12h19

Photo en titre : Marie-Claire Le Guennec, trésorière d’En marche pour la paix, Joël Bouglouan, président du Mouvement pour la paix, Denis le Duigou du Mouvement pour la paix, Régis Barrue de la FSU, Stéphane Le Roux de la CGT, Alain Prat du PCF, réunis au square de la Paix, parc de Kerbihan.

https://www.letelegramme.fr/morbihan/hennebont/le-mouvement-pour-la-paix-organise-une-marche-le-19-septembre-16-09-2020-12618539.php

FLAMANVILLE: 13 ÉVÈNEMENTS SIGNIFICATIFS DE NIVEAU 1 ET PLUS DEPUIS LE DÉBUT DE L’ANNÉE 2020

Ce 16 septembre EDF Flamanville a déclaré , trois évènements significatifs sûreté de niveau 1 sur l’échelle INES. échelle internationale de classement des événements nucléaires qui en compte 7. ( ou plutôt 8 si on considère le niveau 0 très ( trop) fréquemment utilisé)

Déclaration d’un événement sûreté au niveau 1 (échelle INES) concernant le retard de maintenance préventive de matériels participant à la protection incendie et à la sûreté, sur les unités de production 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville

Déclaration de deux événements sûreté au niveau 1 de l’échelle INES, concernant le démarrage des protections du réacteur n°2 et le non-respect des spécifications techniques d’exploitation dans la conduite du réacteur

De l’écart à l’accident majeur, L’Agence internationale de l’Énergie Atomique a établi en 1990 une échelle pour renseigner sur la gravité des évènements nucléaires civils. Cette échelle nommée échelle INES est mise en place au plan international depuis 1991 et en France depuis 1994.Elle constitue non pas une échelle de mesure mais un outil de communication pour faciliter l’information du public après la catastrophe de Tchernobyl.

Par André Jacques, publié le 16 septembre 2020

Photo en titre : Photo CRILAN

https://crilan.fr/flamanville-13-evenements-significatifs-de-niveau-1-et-plus-depuis-le-debut-de-lannee-2020/

SUISSE : MISE HORS SERVICE DÉFINITIVE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE MÜHLEBERG

Dans le bâtiment du réacteur, les travaux pour le refroidissement indépendant de la piscine de stockage sont achevés. L’autorisation d’exploitation a expiré et la CNM est considérée comme définitivement hors service. BKW peut commencer la désaffectation qui durera quinze ans.

La centrale nucléaire de Mühleberg (CNM) est officiellement hors service. BKW communique mercredi matin que les travaux de refroidissement de la piscine de stockage sont terminés. La CNM remplit donc toutes les conditions requises pour le passage à la phase 1 de désaffectation. Ceci a été confirmé par l’autorité de surveillance, l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN), après l’examen des documents soumis et une inspection de la centrale.

Le projet de désaffectation demeure en bonne voie: cette étape a été franchie comme prévu environ neuf mois après l’arrêt définitif de l’exploitation en puissance le 20 décembre 2019. 

BKW fait un travail de pionnier avec l’arrêt de la centrale nucléaire de Mühleberg. C’est la première fois qu’un réacteur de puissance est démantelé en Suisse. La désaffectation durera environ quinze ans et devrait s’achever en 2034. 

À noter que la pandémie de coronavirus n’a jusqu’à présent eu aucun impact sur le calendrier. Comme toutes les centrales nucléaires en Suisse, la CNM est dotée d’un concept de pandémie et était donc bien préparée à la situation inattendue./lyg

Publié le 16.09.2020 à 10h35, actualisé le 16.09.2020 à 10h39

Photo en titre : La centrale nucléaire est officiellement hors service. (Photo: BKW)

https://www.rjb.ch/rjb/Actualite/Region/20200916-Mise-hors-service-definitive-de-la-centrale-nucleaire-de-Muehleberg.html

LA BARBARIE AU-DESSUS DE NOS TÊTES, PAYÉE PAR NOS IMPÔTS

Communiqué: Ce mardi 15 septembre 2020, l’armée de l’air française, rebaptisée depuis peu « armée de l’Air et de l’Espace », car on n’arrête pas le progrès du militarisme, se livre une fois de plus à son petit jeu préféré : la partie de poker. Dans le ciel de France – le seul où elle soit autorisée à larguer des bombes atomiques, pour le moment fictives- elle simule une attaque nucléaire avec une quinzaine d’avions, chasseurs et bombardiers Rafale, avion-radar Awacs E3-F, avion ravitailleur, et d’autres avions de chasse postés à terre, censés représenter la défense ennemie.

« Une fois encore, sur ordre de la présidence de la République ou du chef d’état-major des armées, les FAS [Forces Aériennes Stratégiques] mettront en alerte leurs avions sur des bases aériennes dont Avord (…), Istres, Saint-Dizier, Mont-de-Marsan… »

« Une fois cette phase de montée en puissance réalisée, les avions décolleront pour converger vers Brest où sont basés les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de l’île Longue, composante navale de la dissuasion. »

« Chasseurs et avions de soutien se rassembleront au large de la pointe bretonne. L’armada traversera ensuite le golfe de Gascogne, transitera au niveau de Biarritz en direction de la Corse, avant de virer à gauche et de se diriger vers leur cible au nord du Massif central. Mais gare à la défense antiaérienne dont les radars flairent le ciel et dont la chasse va traquer les assaillants. » (Ouest-France, 15/09/2020)

Gageons que les bons assaillants (bons, puisque français) parviendront à déjouer la défense des méchants et à leur délivrer une gentille petite frappe nucléaire dite « d’avertissement », préambule à un massacre généralisé.

« Avertissement » des plus gentils puisque lancé avec un missile ASMPA doté d’une ogive de 300 kilotonnes : 20 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima qui fit au moins 200 000 morts.

Voilà à quoi s’amusent les FAS, sur ordre élyséen et avec nos impôts. Ce petit jeu, nos stratèges l’appellent « Poker ». Quel humour débordant… malgré un manque total d’imagination ! Ils n’imaginent pas ce que ces bombes infligeront à leurs victimes (il suffirait pourtant qu’ils voient ce qu’elles ont fait aux habitants d’Hiroshima et de Nagasaki) ; ils n’imaginent pas non plus que leur ennemi imaginaire puisse répliquer avec les mêmes armes sur la population française, donc sur nous et même sur eux et leurs familles ; ils n’imaginent pas que leurs scénarios aberrants puissent réellement advenir, leurs « concepts » insensés devenir réalité et provoquer la fin de l’humanité.

Pourtant, une alternative existe, toute simple : imposer à la France comme à tous les États dotés d’armes nucléaires de négocier l’élimination de leurs armes sous un contrôle mutuel et international. C’est ce qui est prévu par l’article 6 du TNP, ce à quoi la France s’est engagée. C’est ce que veut le peuple français, qui a manifestement plus de bon sens et d’imagination que ses dirigeants.

Reste à savoir ce que veut le Parlement : un Référendum d’Initiative Partagée sur cette question, ou bien la poursuite jusqu’à ce que mort s’ensuive d’une politique illégale, absurde, criminelle et suicidaire ? Il serait temps que députés et sénateurs se réveillent, et qu’ils entendent la volonté des citoyens, qui sont aussi leurs électeurs.

Cf. 75 ans après : grand moment d’émotion à Saintes en mémoire des victimes d’Hiroshima et de Nagasaki

https://youtu.be/LYO_ktPk_BQ  (5’ 28’’)

Publié le 15 septembre 2020

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1216&lang=fr

HITACHI ENTERRE UN PROJET DE CENTRALE, CONTRARIANT LA STRATÉGIE NUCLÉAIRE DU ROYAUME-UNI

Le conglomérat industriel japonais Hitachi a définitivement renoncé à son projet de centrale nucléaire au Pays de Galles, ce qui porte un rude coup aux ambitions du Royaume-Uni dans un secteur où l’investissement chinois fait grincer des dents.

Hitachi a justifié mercredi dans un communiqué cet abandon par un « environnement d’investissement » devenu « de plus en plus difficile » à cause de la crise du nouveau coronavirus.

Le projet Wylfa Newydd avait été gelé début 2019 en raison de coûts jugés trop importants. Il prévoyait la construction de deux réacteurs nucléaires sur l’île d’Anglesey, dans le nord du Pays de Galles, où deux anciennes centrales avaient fermé en 2015.

Cette future centrale, qui devait coûter jusqu’à 20 milliards de livres (21,7 milliards d’euros), devait disposer d’une capacité de près de trois gigawatts, soit 6% des besoins actuels du pays en électricité.

Le groupe japonais a jeté l’éponge alors même qu’il avait relancé cet été les discussions avec le gouvernement britannique, dont il attendait la nouvelle feuille de route énergétique.

Ce document pourrait comporter un nouveau modèle de financement pour le nucléaire, qui permettrait de faire porter le coût initial moins fortement sur le promoteur industriel et davantage sur la facture des consommateurs.

Mais Hitachi a choisi de ne pas attendre. Sa filiale britannique Horizon Nuclear Power a annoncé mercredi dans un communiqué cesser ces activités et être en contact avec le gouvernement pour examiner l’avenir du site.

« Peut-être qu’Hitachi a perdu patience ou pense que le gouvernement ne va pas approuver ce mécanisme » de financement, souligne auprès de l’AFP Steve Thomas, professeur à l’Université de Greenwich et spécialiste des questions énergétiques.

« Clairement, un élément important est le coût de maintenir un projet en vie« , complète-t-il, estimant par ailleurs qu’Hitachi n’a pas vendu de réacteur depuis 20 ans et pense peut-être n’avoir plus la capacité de développer cette activité dans le monde.

L’abandon de ce projet est un nouvel échec pour le Japon dans ses tentatives d’exporter à l’étranger sa technologie nucléaire, alors que la catastrophe de Fukushima en 2011 a entraîné l’arrêt des constructions de nouveaux réacteurs dans le pays.

En 2018, Toshiba avait aussi mis fin à un autre projet nucléaire dans le nord-ouest de l’Angleterre.

Le retrait de Hitachi est surtout un camouflet pour Londres qui cherche à relancer le nucléaire dans le pays.

Nouveaux investisseurs ?

« Nous restons disposés à discuter de nouveaux projets nucléaires avec toute entreprise ou investisseur viables et qui souhaitent développer des sites au Royaume-Uni y compris dans le nord du Pays de Galles« , a souligné un porte-parole du gouvernement conservateur.

« L’énergie nucléaire va jouer un rôle clé dans l’avenir énergétique du Royaume-Uni et dans la transition vers une économie à faible émission carbone« , a-t-il complété.

Il rappelle que le gouvernement a tout fait pour convaincre Hitachi de ne pas se retirer, en proposant de réduire les risques financiers en prenant notamment une participation d’un tiers dans le projet.

De leur côté, l’Association de l’industrie nucléaire (NIA) britannique et le syndicat GMB ont tous deux pressé le gouvernement de clarifier sa stratégie sur le nucléaire et son financement.

Différents projets doivent prendre le relais de vieilles centrales nucléaires britanniques qui ont fermé ou sont sur le point d’arriver en fin de vie.

Le nucléaire fournit environ 20% de l’électricité dans le pays et les pouvoirs publics veulent maintenir cette part, notamment dans l’optique d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.

Le Royaume-Uni avait identifié six sites en 2010 pour des projets nucléaires, dont trois ont été abandonnés.

Et désormais l’implication du chinois CGN dans les trois centrales en développement restantes suscite des questions parmi les députés conservateurs, en pleines tensions économiques et diplomatiques avec Pékin.

CGN est notamment présent, avec une participation minoritaire, aux côtés du français EDF dans le développement de Hinkley Point, la seule centrale nucléaire actuellement en cours de construction au Royaume-Uni, dans le sud-ouest du pays.

Le chinois tente de faire valider également sa technologie pour développer sa propre centrale à Bradwell dans l’Essex (sud-est), mais pourrait faire face à une forte opposition politique.

« Si CGN est bloqué à Bradwell, il pourrait quitter Hinkley laissant un énorme problème de financement et en compromettant l’avenir« , prévient M. Thomas.

Par AFP, publié le 16 septembre à 12h56

Photo en titre : L’ancienne centrale nucléaire de Wylfa sur l’île d’Anglesey au nord du Pays de Galles, prise le 18 janvier 2019, AFP/Archives – Paul ELLIS

https://www.challenges.fr/economie/hitachi-enterre-un-projet-de-centrale-contrariant-la-strategie-nucleaire-du-royaume-uni_727436

IL EST TEMPS DE LIMITER LES BUDGETS MILITAIRES GONFLÉS

L’impact dévastateur de la pandémie de coronavirus et ses retombées économiques fournissent amplement de raisons de reconsidérer ce qui constitue vraiment la sécurité nationale.

Une telle réévaluation se fait attendre depuis longtemps. Malgré les billions de dollars que le Congrès et les administrations successives ont prodigué au Pentagone depuis le début du siècle, l’arsenal et la force de combat américains massifs déployés dans le monde entier sont impuissants face aux menaces graves et non militaires à la sécurité nationale – d’une pandémie qui fait rage au fait que des dizaines des millions d’Américains respirent de l’air vicié, boivent de l’eau contaminée et luttent pour payer la nourriture, le logement et les soins de santé.

En ce qui concerne les priorités de dépenses des États-Unis, les chiffres semblent particulièrement erronés dans une ère de budgets serrés à venir. Selon la propre comptabilité du ministère de la Défense, les contribuables ont dépensé 13,34 billions de dollars pour l’armée américaine de 2000 à l’exercice 2019 en dollars de 2020 ajustés en fonction de l’inflation. Ajoutez à cela 3,18 billions de dollars supplémentaires pour l’Administration des anciens combattants, et la moyenne annuelle s’élève à 826 milliards de dollars.

Les dépenses militaires d’aucun autre pays ne sont proches. Au cours de l’exercice 2019, le budget du Pentagone était près de trois fois supérieur aux dépenses de défense de la Chine et plus de 10 fois supérieur à celui de la Russie. Au total, le budget militaire américain en 2019 a dépassé les budgets de défense des 10 prochains pays combinés et a représenté à lui seul 38% des dépenses militaires dans le monde.

Alors que le budget du Pentagone absorbe régulièrement plus de la moitié des dépenses discrétionnaires annuelles des États-Unis, une foule d’autres menaces interdépendantes qui sapent la sécurité nationale dans son ensemble sont chroniquement sous-financées, y compris les crises actuelles de santé publique, d’environnement et de climat, qui toutes nuisent de manière disproportionnée aux communautés de revenus et communautés de couleur.

Certes, ces crises sont antérieures à l’administration Trump. Mais dans son zèle pour démanteler les réglementations gouvernementales et réduire les programmes critiques, il les a considérablement exacerbés. Dans le même temps, son budget de l’exercice 2021 prévoit de dépenser 740,5 milliards de dollars pour le Pentagone, 100 milliards de dollars de plus que lorsque le président Trump est entré en fonction et le plus depuis la Seconde Guerre mondiale. Fin juillet, les deux chambres du Congrès ont approuvé cette demande.

LE PENTAGONE gaspille votre argent

Il y a de nombreuses raisons de réduire le budget du Pentagone, mais ses antécédents de dépenses excessives sont parmi les plus évidents. Si le Pentagone était une société privée, une grave mauvaise gestion l’aurait contraint à la faillite il y a des années. Des contrôles internes dysfonctionnels, aidés et encouragés par des années de surveillance laxiste du Congrès et de l’administration, lui ont permis de gaspiller des dizaines de milliards de dollars par an, et les 20 dernières années sont jonchées d’un défilé de projets surévalués, bâclés et ratés.

Au cours de la première décennie de ce siècle seulement, le Pentagone a été contraint d’annuler une douzaine de programmes d’armes mal conçues et inefficaces qui coûtent 46 milliards de dollars aux contribuables. Ils comprenaient le programme Future Combat Systems, une flotte de véhicules de haute technologie en réseau qui ne fonctionnait pas; l’hélicoptère Comanche, qui – après 22 ans de développement – n’a jamais été construit; et le canon d’artillerie Crusader de 40 tonnes, qui n’a même jamais atteint le stade du prototype.

Pour mettre cet exemple de faute de gestion dans son contexte, ces programmes annulés coûtent collectivement plus que ce que le gouvernement fédéral a dépensé pour l’Agence de protection de l’environnement (EPA) au cours des cinq dernières années.

Au moins, le Pentagone a tué ces projets avant de gaspiller plus d’argent. Trop souvent, il ne sait pas quand retirer la fiche. La tentative de l’armée de remplacer son char Bradley désuet en est un bon exemple. Au cours des 17 dernières années, il a dépensé environ 22,9 milliards de dollars sur trois prototypes défectueux, mais en février – trois semaines seulement après avoir rejeté la troisième conception échouée – il a lancé une nouvelle demande de propositions de la part des entrepreneurs de la défense.

Ensuite, il y a des programmes que le Pentagone continue de donner son feu vert sans aucune assurance qu’ils fonctionneront comme annoncé. Pièce A: Le Pentagone a gaspillé plus de 67 milliards de dollars depuis la fin des années 1990 pour un système de défense antimissile balistique dont il n’a jamais été démontré qu’il fonctionnait dans une situation réelle. Né du fantasme Star Wars de Ronald Reagan, le système – basé en Alaska et en Californie – ne sera jamais en mesure de défendre la zone continentale des États-Unis contre une attaque nucléaire limitée. Tout pays capable de lancer un missile balistique pourrait facilement déjouer le système avec des leurres et autres contre-mesures.

Un autre excellent exemple est le F-35 Joint Strike Fighter. Devant coûter 1 500 milliards de dollars sur sa durée de vie, il a la distinction douteuse d’être le programme d’armement le plus cher de tous les temps du ministère de la Défense. Les 490 F-35 construits depuis le premier prototype volé il y a 20 ans continuent d’être en proie à une douzaine de failles graves et près de 900 défauts logiciels, et environ la moitié de la flotte en 2017 et 2018 était mise à la terre pour maintenance. Quoi qu’il en soit, le Pentagone prévoit toujours d’acheter 2400 F-35 supplémentaires au cours des 25 prochaines années.

Le F-35 n’est que l’un des systèmes d’armes défectueux figurant sur la liste d’achat actuelle de 1,8 billion de dollars du Pentagone en avions, missiles, navires, satellites et chars trop chers. Parmi les autres piètres performances, citons le destroyer Zumwalt de 22 milliards de dollars, un navire de guerre sans mission; le navire de combat littoral de 30 milliards de dollars, dont la Marine est déjà en train de mettre sous silence parce qu’il est pratiquement inutilisable; et le ravitailleur ravitailleur KC-46 de 43 milliards de dollars de l’armée de l’air, en proie à des problèmes, ce qui n’offre guère d’améliorations par rapport aux ravitailleurs actuels.

Mais ce n’est pas seulement du matériel exorbitant qui fait les poches des contribuables. Les coûts administratifs du Pentagone sont également hors de contrôle. Un rapport de janvier 2015 d’un comité consultatif fédéral a révélé que le Pentagone pourrait économiser 125 milliards de dollars en gaspillage administratif en rationalisant sa bureaucratie gonflée. Cette somme à elle seule est 15 fois supérieure aux 8,3 milliards de dollars que l’administration Trump propose de dépenser au cours du prochain exercice pour financer les Centers for Disease Control and Prevention pendant l’une des pires pandémies de l’histoire moderne.

LE PENTAGONE OFFRE UNE PETITE DÉFENSE CONTRE LES MENACES POUR LA SANTÉ

En parlant de pandémie, alors que le budget du Pentagone regorge de systèmes et de programmes d’armes hors de prix et inefficaces, les prestataires de soins de santé américains ont été pris sans un approvisionnement suffisant en ventilateurs, respirateurs, masques et autres équipements de protection pour répondre au COVID-19. Avec 190000 décès (et plus) aux États-Unis – plus de 20% du total mondial rapporté – il ne fait aucun doute dans quelle mesure le coronavirus présente une menace incalculable pour la sécurité nationale.

Malgré les efforts du National Center for Medical Intelligence de la Defense Intelligence Agency, qui a averti la Maison Blanche fin février que le coronavirus deviendrait probablement une pandémie mondiale, et de la Defense Advanced Research Projects Agency, qui recherche des vaccins et finance des essais cliniques, l’armée n’a pas été en mesure de prévenir la pandémie et – mis à part le traitement des anciens combattants avec le COVID-19 – a été de peu d’utilité pour le système de santé civil pour la combattre.

Certes, l’armée a envoyé 740 médecins militaires, infirmières et personnel de soutien dans des hôpitaux du Texas et de Californie pour aider les patients atteints de coronavirus, et plus tôt cette année, la marine a envoyé des navires-hôpitaux à New York et à Los Angeles. Cependant, au cours du mois, l’équipage de 1000 lits et 1200 personnes USNS Comfort a été amarré dans le centre de Manhattan, il n’a traité que 182 patients, dont 70% avaient COVID-19, avant de retourner à son port d’attache de Norfolk, en Virginie. Pendant ce temps, le navire-hôpital de la Marine USNS Mercy, de 1000 lits et 900 personnes, s’est rendu à Los Angeles à la fin du mois de mars, mais à la mi-avril, le navire n’avait traité que quelques dizaines de patients tandis que plus d’une demi-douzaine de membres d’équipage avaient été testés positifs au COVID. 19. Au total, les médecins de Mercy n’ont soigné que 77 patients et, après un séjour de sept semaines et demie, le navire est rentré à son port d’attache à San Diego.

Ces vignettes ne sont que de petits morceaux d’une histoire plus grande. Plus important encore, les centaines de milliards de dollars que le gouvernement fédéral dépense pour l’armée chaque année siphonnent de l’argent qui pourrait être dépensé pour remédier aux graves lacunes du système de santé américain.

D’une manière ou d’une autre, les États-Unis parviennent à dépenser plus pour leurs forces armées que les 10 pays suivants réunis, mais ils sont le seul membre de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui compte 36 pays, à ne pas fournir une couverture sanitaire universelle. Le résultat représente une menace indéniable pour la santé publique. Aux États-Unis, plus de 27 millions de personnes n’avaient pas d’assurance maladie avant la pandémie et presque le même nombre ont perdu leur assurance maladie professionnelle entre février et la mi-mai en raison de licenciements.

Les statistiques sur les soins de santé pré-pandémiques aux États-Unis donnent à réfléchir. Les États-Unis dépensent environ 3,6 billions de dollars par an en soins de santé – près de deux fois plus que le pays moyen de l’OCDE en pourcentage de son économie – mais moins de 3% de ces dépenses sont consacrées à la santé publique et à la prévention. Le résultat? Les États-Unis ont une espérance de vie plus faible et un taux de suicide plus élevé que 10 autres pays riches, dont l’Australie, le Canada, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. Les Américains ont également les taux les plus élevés de diabète, d’hypertension et de maladies cardiaques et pulmonaires, et un taux d’obésité qui est le double de la moyenne de l’OCDE – les conditions médicales très sous-jacentes qui augmentent la vulnérabilité au COVID-19 – et les chiffres sont proportionnellement plus élevés pour les Noirs américains et Populations Latinx.

Quoi qu’il en soit, le budget de l’administration Trump pour l’exercice 2021 réduirait le financement des principales agences de santé publique de centaines de millions de dollars. Les National Institutes of Health risquent de perdre 3 milliards de dollars, par exemple, et le budget de l’administration appelle également à couper 500 milliards de dollars de Medicare et 1 billion de dollars de Medicaid et de l’Affordable Care Act au cours de la prochaine décennie.

LE PENTAGONE AGRÉE LES MENACES ENVIRONNEMENTALES

Les risques environnementaux constituent une menace indéniable pour la sécurité nationale que nous savons en grande partie combattre. Grâce aux lois environnementales historiques administrées par l’EPA et d’autres agences, l’air et l’eau du pays sont considérablement plus propres que dans les années 1960, lorsque les rivières ont pris feu et que les villes ont été étouffées par le smog. Même ainsi, les normes environnementales américaines doivent être renforcées.

Aujourd’hui, au moins 150 millions de personnes vivent dans des comtés américains où la pollution par l’ozone ou les particules est malsaine et près de 200000 personnes meurent chaque année de maladies cardiaques, pulmonaires et autres causées par des niveaux microscopiques de polluants atmosphériques inférieurs aux normes de l’EPA. Cette matière particulaire microscopique, mesurant 2,5 microns ou moins (PM2,5), nuit excessivement aux communautés à faible revenu et aux communautés de couleur.

Après une baisse constante de sept ans, la pollution par les particules fines a augmenté de 5,5% en moyenne entre 2016 et 2018 à l’échelle nationale, entraînant près de 10000 décès prématurés supplémentaires. Les chercheurs ont identifié un certain nombre de coupables, notamment l’augmentation de la conduite automobile, une plus grande utilisation du gaz naturel pour produire de l’électricité et l’application laxiste des lois environnementales par l’EPA Trump. Pour aggraver le problème, l’EPA a refusé de renforcer ses normes inadéquates de PM2,5 en avril, juste une semaine après qu’une étude ait révélé que le COVID-19 entraîne un nombre de morts significativement plus élevé dans les zones où les niveaux de PM2,5 sont légèrement plus élevés.

Alors que la plupart des résidents américains ont accès à de l’eau potable, Flint, le principal problème du Michigan n’est pas un cas isolé. Des contaminants dangereux – y compris l’arsenic, le cuivre et le plomb – peuvent encore être trouvés dans l’eau du robinet à l’échelle nationale. Les réseaux d’eau communautaires desservant près de 30 millions de personnes, par exemple, ont violé la règle de l’EPA sur le plomb et le cuivre entre janvier 2015 et mars 2018. 16 millions de personnes supplémentaires dans 35 États boivent de l’eau contaminée par le perchlorate, un composant de carburant de fusée utilisé sur les bases militaires américaines qui peut causer des dommages neurologiques chez les nourrissons et les jeunes enfants. Quoi qu’il en soit, en juin, l’EPA Trump a défié une ordonnance du tribunal et a finalisé sa décision de renoncer à une norme limitant la concentration de perchlorate dans l’eau potable.

Les centaines de milliards que les États-Unis dépensent chaque année pour l’armée ne font rien pour faire face à ces menaces environnementales et à d’autres. Pire encore, le Département de la défense est l’un des pires pollueurs au monde. Outre son problème de perchlorate, ses plus de 4000 installations à travers le pays abritent 39000 sites contaminés, dont 141 sont répertoriés parmi les sites du Superfund de l’EPA qui sont parmi les plus pollués du pays. De même, les près de 800 installations de l’armée américaine à l’étranger, qui vont des petites stations radar aux grandes bases aériennes dans plus de 70 pays, ont les mêmes problèmes environnementaux que leurs sites nationaux.

Par rapport au Pentagone, les agences fédérales chargées de la sauvegarde de l’environnement s’en sortent à peine. Au cours de l’exercice 2020, par exemple, le budget de l’EPA était un maigre 9 milliards de dollars, pratiquement une erreur d’arrondi dans le grand livre du Pentagone. Le budget de l’agence a déjà diminué d’un quart en dollars corrigés de l’inflation depuis 2010, et maintenant l’administration Trump propose de réduire le budget actuel de l’agence de 26% supplémentaires, éliminant 50 programmes d’agence, dont ceux qui traitent de la pollution de l’air et de l’eau.

LE PENTAGONE EXACERBE LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Toute évaluation des menaces à la sécurité nationale doit inclure le danger posé par les changements climatiques d’origine humaine. Marqué par des vagues de chaleur, des sécheresses, des incendies de forêt, des précipitations extrêmes, des inondations et d’autres événements météorologiques violents, le réchauffement climatique intensifie les crises sanitaires et environnementales décrites ci-dessus.

Par exemple, les températures plus élevées et l’augmentation des précipitations provoquées par le changement climatique amplifient la menace de maladies infectieuses telles que Zika et Ebola, permettant aux parasites, virus et bactéries transmis par les moustiques, les tiques, les mouches et les puces de propager des maladies dans des zones qui n’avaient pas été touchées avant eux .

Comme les maladies infectieuses, les vagues de chaleur peuvent tuer. De 2004 à 2018, 702 résidents américains en moyenne sont morts chaque année à cause de la chaleur extrême. Pendant ce temps, le nombre de vagues de chaleur annuelles dans 50 villes américaines a triplé en moyenne depuis 1960 et, en août, la moitié ouest du pays a cuit. Plus de 140 stations météorologiques ont enregistré des niveaux records, la vallée de la mort de Californie a atteint 130 degrés Fahrenheit et le National Weather Service a émis un avis de chaleur excessive pour 80 millions de personnes. Septembre a été tout aussi mauvais, du moins pour les Californiens. Le comté de Los Angeles a établi une température record de 121 degrés F le week-end de la fête du Travail, tandis que le mercure à San Francisco a atteint 100 degrés F.

Les scientifiques prédisent que cela ne fera qu’empirer si nous ne prenons pas des mesures radicales pour réduire les émissions de carbone. L’Évaluation nationale du climat 2018, une collaboration de 14 agences fédérales, prévoit que les coups de chaleur et les maladies similaires liées à la chaleur tueront des dizaines de milliers de personnes à travers le pays chaque année d’ici la fin du siècle.

Les incendies de forêt, la sécheresse et les ouragans – intensifiés par le changement climatique – font également des ravages. Cette année seulement, plus de 7 000 incendies de forêt, alimentés par une chaleur et une sécheresse record, ont brûlé en Californie, détruisant quelque 2,5 millions d’acres. Outre la Californie, l’Arizona, le Colorado, l’Iowa et certaines parties du Connecticut, le Nevada et le New Hampshire ont été confrontés à de graves sécheresses. Et dans l’océan Atlantique, une vague de chaleur marine déclenche une saison cyclonique exceptionnellement active.

À son honneur, le Pentagone – contrairement au président Trump et à 150 membres du Congrès – reconnaît officiellement la menace climatique. Un rapport du Pentagone de janvier 2019 sur le sujet, par exemple, a révélé que 46 des 79 installations hautement prioritaires de l’armée américaine sont vulnérables aux inondations, à la sécheresse, à la désertification, aux incendies de forêt et au dégel du pergélisol liés au changement climatique.

Malheureusement pour la planète, cependant, le réchauffement climatique n’est pas un ennemi que le Pentagone est prêt à combattre. Selon un rapport de juin 2019 du Government Accountability Office, un chien de garde indépendant du Congrès, les installations militaires ne bougent pas assez rapidement pour faire face aux menaces climatiques, et le Pentagone ne fournit pas suffisamment de conseils sur la façon d’utiliser les projections du changement climatique pour protéger les bases ou le personnel. sur eux.

Pire encore, le Pentagone est également une partie importante du problème. Bien qu’elle ait considérablement réduit sa consommation de combustibles fossiles au cours des deux dernières décennies, l’armée américaine reste le premier consommateur mondial de pétrole et le plus grand pollueur de carbone. Entre 2001 et 2017, les cinq branches militaires ont émis collectivement 1,2 milliard de tonnes métriques d’émissions de carbone, soit le double de la production annuelle de tous les véhicules de tourisme du pays.

Si rien n’est fait, les coûts de la crise climatique seront astronomiques. Les événements météorologiques extrêmes et les autres impacts liés au changement climatique coûtent déjà des milliards de dollars par an en dommages matériels. De 2017 à 2019, il y a eu 44 événements météorologiques et climatiques extrêmes uniques dans tout le pays, avec des dommages de 1 milliard de dollars ou plus, pour un total de plus de 460 milliards de dollars.

Malgré les risques indéniables, l’administration Trump a ciblé les efforts de signature de l’administration Obama en matière de changement climatique, cherchant à retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, remplaçant le Clean Power Plan, qui aurait considérablement réduit la pollution par le carbone des centrales électriques, et tentant de faire reculer les normes révolutionnaires d’économie de carburant des véhicules de l’administration Obama, qui ont déjà réduit considérablement les émissions de carbone des voitures et des camions.

Le coût de la réalisation de l’objectif de l’accord de Paris sur le climat consistant à empêcher les températures mondiales d’augmenter de plus de 1,5 degré Celsius (2,7 degrés F) est estimé entre 1 600 et 3 800 milliards de dollars par an. Imaginez une aubaine pour la sécurité nationale – et internationale – si les États-Unis investissaient les 1,8 billion de dollars que le Pentagone prévoit de dépenser pour de nouveaux systèmes d’armes dans les énergies propres, les batteries avancées et les technologies associées pour réduire les émissions de carbone qui entraînent le changement climatique.

PREMIÈRE ÉTAPE: RÉDUIRE LES DÉPENSES NUCLÉAIRES

À la fin du mois de juillet, la Chambre et le Sénat américains n’ont pas réussi à contrôler les dépenses militaires. Leurs versions respectives de la loi sur l’autorisation de la défense nationale (NDAA) ont reçu un peu d’attention médiatique pour avoir défié le président Trump en appelant à retirer les noms confédérés des bases militaires, mais en fin de compte, les deux chambres ont approuvé le budget supérieur gonflé à la demande de l’administration.

Le moins méritant de ces dépenses est peut-être le budget de 44,5 milliards de dollars alloué aux programmes d’armes nucléaires du ministère de la Défense et de la National Nuclear Security Administration (NNSA) du ministère de l’Énergie, soit une augmentation de 19% par rapport à l’allocation de l’année dernière. S’il y a un endroit pour commencer à réduire le budget militaire, c’est l’arsenal nucléaire.

Les États-Unis dépensent de loin tous les autres membres du club nucléaire. La dépense américaine de 35,4 milliards de dollars pour l’exercice 2019, par exemple, a représenté près de la moitié des 72,9 milliards de dollars que les neuf pays dotés d’armes nucléaires ont dépensés collectivement en armes nucléaires cette année-là, trois fois les 10,4 milliards de dollars dépensés par la Chine et quatre fois les 8,5 milliards de dollars que la Russie a dépensés. Les alliés des États-Unis, la France, l’Inde, Israël, le Pakistan et le Royaume-Uni, se sont combinés pour dépenser 18 milliards de dollars, soit environ la moitié du budget américain en matière d’armes nucléaires.

Il n’y a aucune justification de sécurité légitime pour maintenir l’arsenal américain démesuré. Un seul sous-marin nucléaire américain, par exemple, est capable de transporter des ogives qui sont collectivement près de 10 fois plus puissantes que toutes les bombes larguées pendant la Seconde Guerre mondiale, y compris les deux bombes atomiques. Une salve complète d’un seul sous-marin pourrait anéantir deux douzaines de villes – et la marine en a une flotte de 12 en mer.

Les hauts responsables du Pentagone admettent que l’arsenal nucléaire américain pourrait être considérablement réduit sans compromettre la sécurité, selon Fred Kaplan, journaliste de longue date aux affaires militaires et auteur de The Bomb: Presidents, Generals, and the Secret History of Nuclear War. «Sous l’administration Obama», a écrit Kaplan dans une colonne de mai, «après une analyse approfondie du plan de guerre nucléaire et de ses exigences, de hauts responsables, y compris le chef quatre étoiles du Commandement stratégique, ont convenu que l’arsenal nucléaire pourrait être coupé par un tiers sans nuire à la sécurité américaine. »

Les premiers à partir devraient être les 400 missiles balistiques intercontinentaux américains (ICBM) actuellement cloisonnés dans cinq États des Grandes Plaines. Les missiles russes pourraient les atteindre en une demi-heure, donnant au président 10 minutes ou moins pour décider de les lancer avant qu’ils ne puissent être détruits par une attaque perçue. Cela augmente la possibilité d’une guerre nucléaire erronée déclenchée par un faux avertissement d’attaque. En effet, il y a eu un certain nombre d’appels serrés au cours des six dernières décennies en raison d’erreurs humaines et technologiques.

Alors que les ICBM sont des canards assis, les sous-marins nucléaires sont pratiquement indétectables lorsqu’ils sont en mer. Les ICBM sont également superflus. Ils avaient peut-être un sens il y a 60 ans, lorsqu’ils étaient plus précis et plus puissants que les missiles balistiques lancés par sous-marins et que les liaisons de communication avec les sous-marins n’étaient pas fiables. Mais, aujourd’hui, les missiles sous-lancés sont aussi précis que les ICBM – sinon plus – et la Marine a des liaisons de communication sous-marines sécurisées, rendant les ICBM inutiles. Les deux autres jambes de la triade nucléaire – sous-marins et bombardiers – sont plus que suffisantes pour dissuader une attaque nucléaire ou, dans le cas improbable d’une attaque nucléaire, pour riposter.

Néanmoins, les projets de loi de la Chambre et du Sénat incluent 1,5 milliard de dollars pour la recherche et le développement (R&D) du système de dissuasion stratégique au sol – les nouveaux missiles destinés à remplacer la flotte actuelle d’ICBM Minuteman III pour un coût estimé à 100 milliards de dollars.

Cependant, selon l’armée de l’air elle-même, il n’y a aucune raison d’acheter de nouveaux missiles. Entre 2002 et 2012, il a dépensé quelque 7 milliards de dollars pour mettre à niveau les ICBM au point qu’un analyste du programme ICBM de l’Armée de l’Air a confirmé qu’il s’agissait «essentiellement de nouveaux missiles, à l’exception de l’obus». Cinq ans plus tard, commentant un test en vol de missile ICBM réussi, le bureau des affaires publiques du Commandement de frappe mondiale de l’Air Force se vantait: «Grâce à des mises à niveau continues, y compris de nouvelles versions de production, des systèmes de ciblage améliorés et une précision accrue, le système Minuteman actuel reste à la pointe de la technologie. et est capable de relever tous les défis modernes. » Rien n’a changé depuis. Le 4 août, l’armée de l’air a mené un autre test en vol ICBM avec succès et a proclamé qu’il «démontrait que la dissuasion nucléaire des États-Unis était sûre, sûre, fiable et efficace pour dissuader les menaces du XXIe siècle et rassurer nos alliés».

Ces 100 milliards de dollars pour 600 nouveaux ICBM – et inutiles – ne sont qu’un élément de la liste des achats nucléaires du Pentagone. Les États-Unis prévoient de dépenser plus de 1,5 billion de dollars au cours des 30 prochaines années pour remplacer complètement toute la triade nucléaire par de nouvelles armes et de nouveaux systèmes de livraison. Parmi les autres éléments de la liste figurent 12 nouveaux sous-marins nucléaires à missiles balistiques pour 109,8 milliards de dollars; de nouveaux missiles balistiques lancés par des sous-marins à armement nucléaire pour 16 à 18 milliards de dollars; et 100 bombardiers à longue portée furtifs B-21 Raider pour 55 milliards de dollars.

Étant donné que le Pentagone et la NNSA ont régulièrement amélioré les ICBM, les bombardiers et d’autres éléments clés de la triade par le biais de ce qu’ils appellent des «programmes d’extension de la durée de vie», il n’est pas nécessaire de dépenser des centaines de milliards de dollars pour de nouvelles versions d’armes qui L’ancien secrétaire d’État et le président des chefs d’état-major, Colin Powell, ont déclaré qu’ils étaient «inutiles» et «ne devaient jamais être utilisés».

UN MOUVEMENT POUR RIEN DANS LES DÉPENSES?

Le Congrès a peut-être approuvé le budget militaire de l’administration Trump, mais il y avait des lueurs que les priorités pourraient commencer à changer. En mai, 27 membres de la Chambre ont envoyé une lettre à leur comité des forces armées pour l’exhorter à réduire les dépenses militaires afin de libérer des fonds pour combattre ce qu’ils ont appelé notre «plus grand adversaire» – la pandémie. À la mi-juillet, le Congressional Progressive Caucus a appelé à un amendement pour réduire le budget militaire proposé de 10 pour cent – 74 milliards de dollars – et réutiliser cet argent pour financer des initiatives de soins de santé, de logement et d’éducation dans les communautés marginalisées. L’amendement a été rejeté, mais a reçu 93 voix en faveur à la Chambre et 24 au Sénat – un niveau d’appui qui n’aurait pas été plausible il n’y a pas si longtemps.

Parmi les élus soutenant les coupes figurait le représentant de la Californie, Ro Khanna. «Les législateurs doivent considérer des questions telles que le changement climatique, la biosécurité, la cybersécurité et cette pandémie comme des menaces sérieuses et réelles à la sécurité nationale auxquelles notre pays est confronté», a déclaré Khanna à The Hill, une publication sur le commerce politique, en mai. «Pendant trop longtemps, nous étions focalisés sur la myopie et avons dépensé des milliards de dollars sur des questions traditionnelles de sécurité nationale comme le terrorisme et la politique des« grandes puissances ». Ces nouvelles menaces ont un impact sur notre santé, notre sécurité et notre économie et nécessitent de nouveaux fonds pour y faire face. »

Khanna a également proposé un amendement à la NDAA qui aurait transféré 1 milliard de dollars de la R&D sur une nouvelle génération d’ICBM aux efforts de préparation à une pandémie, mais le House Armed Services Committee l’a annulé par 44 voix contre 12.

Étant donné le resserrement de la ceinture économique à l’horizon, la perspective de Khanna peut présager d’un mouvement croissant au Congrès pour réduire les dépenses militaires incontrôlables dans les années à venir. Réduire de 10% les dépenses militaires annuelles des États-Unis serait un bon début, mais même cela effleurerait à peine la surface. L’année dernière, les groupes de surveillance du Pentagone ont proposé des réductions beaucoup plus profondes qui pourraient encore maintenir une armée robuste. Par exemple, le groupe de travail sur la défense durable du Center for International Policy – un ensemble d’anciens responsables du budget de la Maison Blanche, du Congrès et du Pentagone, d’anciens officiers militaires et des experts de groupes de réflexion – a publié un rapport détaillant comment le ministère de la Défense pourrait réduire les déchets de 1,2 billion de dollars ainsi que l’inefficacité au cours de la prochaine décennie. Le Centre d’information sur la défense du Projet sur la surveillance gouvernementale a publié un rapport recommandant des moyens de réduire le budget annuel du Pentagone de 199 milliards de dollars sans compromettre la sécurité nationale ou les capacités militaires. Et le vaste rapport sur le «budget moral» de la Campagne des pauvres est allé encore plus loin, appelant à seulement 350 milliards de dollars de dépenses militaires annuelles, réduisant essentiellement de moitié le budget du Pentagone.

Alors que les États-Unis commencent la tâche herculéenne de se sortir du pire ralentissement économique depuis des générations, les décideurs doivent se concentrer sur la reconstruction de manière intelligente et clairvoyante, ce qui signifie réduire les dépenses inutiles et inutiles chaque fois que possible. Comme ils le font, une chose est claire: à l’ère sans précédent de budgets serrés qui s’annonce, le moment est venu de réévaluer et de contenir un niveau de dépenses militaires qui a fourni peu de vraie sécurité et volé des priorités nationales critiques pendant bien trop longtemps. .

Par Marseille News .net, publié le 14 septembre 2020

https://www.marseillenews.net/news/international-news/il-est-temps-de-limiter-les-budgets-militaires-gonfles-53684.html

L’IRAN MET EN GARDE WASHINGTON APRÈS DES MENACES DE TRUMP

L’Iran a mis en garde mardi 15 septembre les États-Unis contre une «erreur stratégique», après que le président américain Donald Trump a menacé Téhéran à la suite d’informations de presse faisant état d’un projet d’assassinat iranien d’une diplomate américaine.

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«Nous espérons qu’ils ne commettront pas une nouvelle erreur stratégique, s’ils le font ils feront bien sûr face à une réponse décisive de l’Iran», a averti Ali Rabii, porte-parole du gouvernement, lors d’une conférence de presse télévisée. Washington et Téhéran sont à couteaux tirés depuis le retrait unilatéral des États-Unis en mai 2018 de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, assorti du retour de lourdes sanctions contre l’Iran.

L’Iran dénonce un «climat anti-iranien sur la scène internationale»

Depuis, les deux pays sont apparus deux fois au bord de la confrontation directe. D’abord en juin 2019 lorsque l’Iran a abattu un drone américain, l’accusant d’avoir violé son espace aérien, ce que Washington dément. Puis en janvier 2020, lorsque le puissant général iranien Qassem Soleimani a été tué par un tir de drone américain à Bagdad sur ordre de Donald Trump.

Selon le site d’informations Politico, qui cite deux responsables américains sous couvert de l’anonymat, les services de renseignement pensent que le gouvernement iranien envisage d’assassiner l’ambassadrice des États-Unis en Afrique du Sud, Lana Marks, proche de Donald Trump, pour venger la mort de Soleimani.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé lundi qu’il s’agissait de «fausses informations», «sans fondement», dénonçant des «méthodes répétitives et nauséabondes pour créer un climat anti-iranien sur la scène internationale». «Toute attaque de la part de l’Iran, sous quelque forme que ce soit, contre les États-Unis sera suivie d’une attaque contre l’Iran qui sera mille fois plus forte en magnitude !», a pour sa part tweeté Donald Trump.

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Rabii a regretté lors de sa conférence de presse que le «président d’un pays qui revendique (un certain pouvoir) sur la gestion de l’ordre mondial tienne des propos si douteux, précipités et alimentés par son agenda (politique)».

Se baser sur des informations si «faibles» ne fera «rien d’autre que perturber la région», a-t-il ajouté, appelant M. Trump à «s’abstenir de tout aventurisme (…) à des fins de réélection» en novembre.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 15 septembre 2020

Photo en titre : Tensions entre l’Iran et les Etats-Unis, ce mardi 15 septembre 2020. Carlos Barria / REUTERS

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/l-iran-met-en-garde-washington-apres-des-menaces-de-trump-20200915

LE PRÉSIDENT DES PHILIPPINES, DUTERTE, À TOUTES LES NATIONS: REJETER LA GUERRE, ÉLIMINER LES ARMES NUCLÉAIRES – Manila bulletin

Le président a lancé un appel à la paix dans son message marquant le 75ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki au Japon.

«Il y a soixante-quinze ans, le monde a appris que toute la puissance des armes nucléaires était finalement déchaînée sur les habitants d’Hiroshima. Ce moment déterminant de l’histoire, documenté et révélé en détail, est accompagné d’une souffrance sinistre, d’une douleur paralysante et d’histoires horribles. Aujourd’hui, nous nous souvenons des leçons d’Hiroshima et de Nagasaki: aucun objectif, aussi élevé soit-il, ne peut justifier des armes qui détruisent avec une brutalité aussi impitoyable », a-t-il déclaré.

«Nous ne devons pas oublier: les armes nucléaires ne nous rendront pas plus libres, plus forts ou plus sûrs. Nous ne devons pas hésiter », a-t-il ajouté.

Duterte a exhorté toutes les nations «à rejeter la guerre et à tout faire pour ouvrir la voie à la paix». «Nous devons être fermes. Toutes les nations doivent travailler ensemble pour éliminer les armes nucléaires », a-t-il déclaré.

Une bombe à l’uranium a été lancée par les États-Unis dans la ville d’Hiroshima le 6 août 1945, au cours des dernières étapes de la Seconde Guerre mondiale. Il a tué environ 140 000 personnes à Hiroshima. Trois jours plus tard, une bombe au plutonium a été larguée sur Nagasaki, faisant plus de 70 000 morts. Au cours des années suivantes, de nombreux survivants ont souffert de problèmes de santé dus aux radiations.

Sept décennies plus tard, le président a rappelé aux nations de construire et non de détruire. Il a également cité les relations du pays avec le Japon, en particulier en vue d’avancer la paix et le progrès.

«Grâce à notre histoire commune significative, les Philippines et le Japon ont continué à faire tout leur possible pour fortifier les fondements de la paix, propulser la voie du progrès et donner tout son sens à la promesse de prospérité», a-t-il déclaré.

«Soixante-quinze ans plus tard, les Philippines devraient se joindre au Japon et à tous les pays épris de paix du monde. Nous restons attachés à cette cause. Nous avons tiré les leçons des leçons: dans leurs relations avec les autres, les nations doivent construire. Ne détruisez jamais », dit-il.

Publié le 14 septembre 2020

Photo en titre : Le président Rodrigo Roa Duterte s’entretient avec la population après avoir tenu une réunion avec les membres principaux du Groupe de travail interinstitutions sur les maladies infectieuses émergentes (IATF-EID) au Malago Clubhouse à Malacañang le 14 septembre 2020. ACE MORANDANTE / PHOTO PRÉSIDENTIELLE

https://www.2051.fr/actualite/actualite/duterte-a-toutes-les-nations-rejeter-la-guerre-eliminer-les-armes-nucleaires-manila-bulletin/

L’IRAN VEUT QUE L’AIEA ENQUÊTE SUR UN PROGRAMME NUCLÉAIRE SAOUDIEN « NON TRANSPARENT »

TÉHÉRAN, 15 septembre (Xinhua)- –L’Iran appelle l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) à mener une enquête sur un programme nucléaire saoudien « non transparent« , a rapporté mardi l’agence Tasnim.

Mohsen Baharvand, vice-ministre des Affaires étrangères pour les affaires juridiques et internationales, a ainsi estimé que ces activités nucléaires et le refus de Riyad d’autoriser les visites de l’AIEA sont une source de préoccupation.

« L’agence onusienne doit être capable d’effectuer son travail de vérification dans le royaume wahhabite », a-t-il dit à l’occasion d’une récente rencontre à Vienne avec le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi.

Le 8 août dernier, Kazem Gharibabadi, ambassadeur et représentant permanent de son pays auprès des organisations internationales à Vienne, avait également réclamé à l’AIEA qu’elle enquête sur le programme nucléaire « secret » de l’Arabie saoudite.

Par French.xinhuanet.com, publié le 15 septembre 2020 à 21h20

http://french.xinhuanet.com/2020-09/15/c_139370551.htm

CANCERS : L’INCROYABLE AVEUGLEMENT SUR UNE HAUSSE VERTIGINEUSE

De nombreux types de cancers se multiplient très rapidement depuis deux décennies. Pourtant, l’information sur leur chiffre est lacunaire. Mais l’État ferme les yeux, et rejette la responsabilité sur les comportements individuels, plutôt que sur les polluants.

Extraits :

Voilà un fait étonnant : on ne sait pas combien de cancers surviennent en France chaque année. Ce chiffre n’existe pas, il n’a pas été produit. On ne sait pas exactement combien de cancers surviennent, on ne sait pas où ils surviennent. Quand Santé publique France, l’agence de veille sanitaire, annonce, par exemple, 346.000 cas de cancers pour l’année 2015, il s’agit d’une estimation réalisée à partir des registres des cancers, qui couvrent entre 19 et 22 départements selon le cancer étudié, soit 22 % du territoire national. « Cette méthodologie, précise le dernier bilan publié en 2019, repose sur l’hypothèse que la zone géographique constituée par les registres est représentative de la France métropolitaine en termes d’incidence des cancers. »

Pourtant, le Tarn, l’Hérault ou le Finistère, couverts par des registres, sont des départements relativement épargnés par l’urbanisation et l’industrie. En revanche, les cancers dans certaines des principales métropoles du pays, comme Paris, Marseille et Toulouse, ne sont pas décomptés. Et comme le montre une enquête publiée par Le Monde, les départements les plus concernés par les sites Seveso ne sont pas non plus couverts par les registres : la Moselle (43 sites Seveso seuil haut), la Seine-Maritime (47), les Bouches-du-Rhône (44). Un complot ? Non. Cela démontre simplement que connaître les conséquences des pollutions urbaines et industrielles n’a pas figuré jusqu’ici au premier rang des préoccupations des épidémiologistes…

… Épidémie de cancers et de leucémies à proximité d’un centre de stockage de déchets nucléaires

Dans un tel monde, il ne serait pas absurde de supposer l’existence d’une cellule de veille sanitaire dotée des moyens de cartographier presque en temps réel les cas de cancers recensés au moyen des fichiers des hôpitaux, voire signalés par un numéro vert. Si un taux anormal de telle ou telle tumeur apparaissait dans un lieu donné, par exemple – à tout hasard autour d’une usine d’engrais ou d’une centrale nucléaire — une zone de la carte se mettrait à clignoter… Visiblement, un tel dispositif pourrait intéresser du monde. Entre 2010 et 2015, Santé publique France a reçu une cinquantaine de signalement de taux de cancers anormaux dans des zones industrielles ou agricoles, comme dans l’Aube, près de Soulaines-Dhuys, où l’on observe une épidémie de cancers du poumon, du pancréas et de leucémies à proximité d’un centre de stockage de déchets nucléaires [1]…

Cette enquête a été initialement publiée dans « Fumées noires, Gilets jaunes », le dernier numéro de la Revue Z, disponible en librairie.

Par Celia Izoard (Revue Z), publié le 14 septembre 2020

Retrouvez la totalité de l’article en cliquant sur : https://reporterre.net/Cancers-l-incroyable-aveuglement-sur-une-hausse-vertigineuse#nb1

LES RAFALE VONT FAIRE UN « POKER » AU-DESSUS DE NOS TÊTES MARDI SOIR

L’armée de l’Air et de l’Espace organise quatre fois par an une attaque simulée contre un objectif ennemi qu’elle doit détruire par une frappe nucléaire. Rendez-vous ce mardi soir 15 septembre 2020 pour une nouvelle partie !

Poker ? Jusqu’en 2014, le nom était un peu tabou dans l’armée de l’Air française. Mais tout le monde savait que Poker était le nom d’un raid aérien nucléaire mené au-dessus du territoire national et dont les phases principales étaient le ravitaillement en vol d’une vague d’assaut, la pénétration à basse altitude par des chasseurs bombardiers et le tir fictif mais restitué d’un missile dépourvu de charge nucléaire.

En janvier 2014, un petit groupe de journalistes, dont un envoyé spécial d’Ouest-France, avait pu assister aux préparatifs et à la conduite d’un Poker .

« C’est une mission classique, expliquait alors le général Patrick Charaix, le commandant des Forces aériennes stratégiques chargées du volet aérien de la dissuasion nucléaire français. Un suivi de terrain à très basse altitude et très grande vitesse pour traverser les systèmes de défense. »

Rien de comparable avec ce que font les Américains : « Eux ont choisi le raid à haute altitude, avec des appareils furtifs et un déploiement massif d’avions de guerre électronique. Moins discret… Ce soir, le raid comporte une quinzaine d’avions ; mais Poker, ça peut aussi être des missions avec 50 appareils si l’on inclut ceux qui jouent le rôle des défenseurs ! »

Depuis 2014, l’armée de l’Air et de l’Espace communique plus facilement sur ces frappes simulées dont le déroulement a peu évolué.

Ce mardi 15 septembre, comme l’a signalé le quotidien L’Opinion et comme l’a confirmé le ministère des Armées, en début de nuit, un Poker aura lieu au-dessus de la France. Rafale, Awacs E3-F de guet aérien, ravitailleurs en vol : les joueurs de  Poker seront tous au rendez-vous.

Les avions vont converger vers Brest

Une fois encore, sur ordre de la présidence de la République ou du chef d’état-major des armées, les FAS mettront en alerte leurs avions sur des bases aériennes dont Avord (qui abrite le poste de commandement de la zone d’alerte nucléaire d’où se conduit l’exercice), Istres, Saint-Dizier, Mont-de-Marsan…

Une fois cette phase de montée en puissance réalisée, les avions décolleront pour converger vers Brest où sont basés les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de l’île Longue, composante navale de la dissuasion .

Chasseurs et avions de soutien se rassembleront au large de la pointe bretonne. L’armada traversera ensuite le golfe de Gascogne, transitera au niveau de Biarritz en direction de la Corse, avant de virer à gauche et de se diriger vers leur cible au nord du Massif central. Mais gare à la défense antiaérienne dont les radars flairent le ciel et dont la chasse va traquer les assaillants.

Poker, Banco, Marathon

Poker n’est pas le seul exercice majeur qui met en œuvre les FAS. Il y a aussi Banco qui concerne la phase d’alerte et de montée en puissance, sans raid simulé. Et Marathon et Minotaure, des raids nucléaires lointains vers Djibouti, les Émirats Arabes Unis…

Des vols éprouvants et exigeants qui réclament des équipages hors pair. « Mais bien malin celui qui se dirait infaillible pour préparer un équipage à une frappe nucléaire, précisait en 2014 le lieutenant-colonel Raphaël. Les pilotes d’alors et ceux d’aujourd’hui, rigoureux et droits, savent parfaitement que leur action éventuelle, en cas de décision du Président de recourir à l’arme atomique, ne serait pas anodine ».

En cas de crise et de menace directe contre la France, ce serait aux Rafale de conduire la frappe « d’avertissement ». « Une frappe qui n’en reste pas moins, selon Jean-Marie Colin, auteur du livre Arrêtez la Bombe et directeur France de l’organisation Parlementaires pour la non-prolifération nucléaire et le désarmement, une frappe d’anéantissement ».

Par Philippe CHAPLEAU. (Ouest-France), publié le lundi 14 septembre 2020 à 15h31

Photo en titre : Une vague d’assaut composée de chasseurs et d’un ravitailleur © Armée de l’Air et de l’Espace

https://pontivy.maville.com/actu/actudet_-les-rafale-vont-faire-un-poker-au-dessus-de-nos-tetes-mardi-soir_54135-4278410_actu.Htm

CIVAUX : LE RÉACTEUR N°1 REDÉMARRE APRÈS UN INCIDENT RÉSOLU SUR LE SAS DE L’ENCEINTE

La centrale nucléaire de Civaux remet en fonctionnement son réacteur n°1. Un mauvais serrage au niveau du sas étanche a généré un incident de niveau 1 la semaine dernière. Le réacteur n°2 est amené au ralenti pour économiser son combustible.

Le réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Civaux a redémarré dimanche 13 septembre. Il était en arrêt de tranche depuis six mois, trois de plus que prévu. Le début du chantier avait coïncidé, mi-mars, avec les consignes de confinement.

Le couplage du réacteur au réseau électrique se trouve cependant retardé ce lundi matin, en raison d’un problème technique survenu sur un élément assurant la liaison entre le réseau et la centrale, fait savoir EDF.

Incident de niveau 1

Les opérations de redémarrage ont été marquées, la semaine dernière, par la déclaration d’un incident de niveau 1, concernant le manque d’étanchéité d’une des portes donnant accès au bâtiment de ce réacteur :  » Le 6 septembre, les équipes d’exploitation de la centrale nucléaire de Civaux détectent l’inétanchéité d’une des deux portes du sas d’accès à l’enceinte de l’unité de production n°1 (alors en arrêt pour maintenance programmé), indique EDF sur son site internet. Après investigation, il s’agit d’une bride non resserrée suite à un essai effectué en août dans le cadre des opérations de maintenance de l’arrêt. La bride est resserrée le même jour afin de garantir l’étanchéité de la porte. L’absence de serrage de la bride n’a pas eu d’impact sur la sûreté de l’installation, l’étanchéité de l’enceinte étant restée assurée par la seconde porte d’accès intérieure et l’unité de production étant en arrêt, mais sa détection tardive constitue toutefois un écart aux spécifications techniques d’exploitation. « 

Le réacteur n°2 voit par ailleurs sa production réduite des deux tiers en ce début de semaine, comme c’est régulièrement le cas depuis le printemps, afin d’économiser son combustible. Il devrait même être mis à l’arrêt le 20 septembre, temporairement, pour le même motif. Son prochain arrêt pour rechargement, initialement programmé en octobre, a été reporté à fin janvier, en raison du retard pris pendant le confinement sur les opérations de maintenance des centrales nucléaires.

Publié le 14/09/2020 à 11h02, mis à jour le 14/09/2020 à 16h33

Photo en titre : Le réacteur n°1 redémarre, le n°2 doit être arrêté pour économiser son combustible. © Sébastien Kerouanton

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/commune/civaux/civaux-le-reacteur-n01-redemarre-apres-un-incident-resolu-sur-le-sas-de-l-enceinte

« IL EST TEMPS DE DÉTERRER LES DÉCHETS DES ESSAIS NUCLÉAIRES DE LA FRANCE AU SAHARA ALGÉRIEN »

Dans une tribune au « Monde », les deux experts en désarmement Patrice Bouveret et Jean-Marie Collin exhortent le gouvernement français à « sortir du déni » et à collaborer avec l’Algérie afin que soient retrouvées les matières radioactives enfouies dans le désert après les dix-sept essais réalisés entre 1960 et 1966.

Tribune. Plus de cinquante ans après le dernier essai nucléaire français au Sahara, le passé nucléaire de la France ne doit plus rester enfoui dans les sables. Il est temps de déterrer les déchets provenant des 17 essais réalisés, entre 1960 et 1966, par la France au Sahara, pour assurer la sécurité sanitaire des générations actuelles et futures, préserver l’environnement et ouvrir une nouvelle ère des relations entre l’Algérie et la France.

La France a fait détoner 210 engins nucléaires entre 1960 et 1996. Après de nombreuses mobilisations – de la société civile, des médias, des parlementaires… – et moult péripéties, une prise en compte des dégâts environnementaux et sociaux a eu lieu en Polynésie et un travail de réparation a été entrepris. Rien de tel en Algérie.

Travail commun sur les questions mémorielles

À plusieurs reprises ces dernières années, les autorités algériennes et françaises ont manifesté leur volonté de traiter la question des conséquences des essais nucléaires. Des commissions mixtes ont été mises en place pour faire des propositions. Sans résultat. En juillet, les présidents Emmanuel Macron et Abdelmadjid Tebboune ont annoncé leur volonté de poursuivre le travail commun sur les questions mémorielles pour lequel deux personnalités ont été nommées [les historiens Abdelmadjid Chikhi et Benjamin Stora]. Le président algérien a précisé que « la seule compensation envisageable est celle des essais nucléaires », ajoutant que « les séquelles sont encore vives pour certaines populations, notamment atteintes de malformations ».

Matériel contaminé enterré

Progressivement, les informations sur les différents accidents (dont celui de « Béryl », à In-Ekker, à 130 kilomètres au nord de Tamanrasset, le 1er mai 1962) et les pollutions qui ont été créées furent révélées grâce à des acteurs indépendants. Pourtant, la présence sur les sites de Reggane [où un accident a eu lieu le 13 février 1960] et d’In-Ekker de déchets non radioactifs au sol, de matériel contaminé par la radioactivité volontairement enterré, et enfin, de matières radioactives (sables vitrifiés, roches contaminées) issues des explosions nucléaires présentes à l’air libre, sur un des flancs de la montagne Taourirt Tan Afella, reste un sujet tabou.

Lire aussi : La France reconnaît les conséquences sanitaires de ses essais nucléaires en Polynésie

Sur la base de témoignages, de visites de terrain et de recueil de documents, dont un rapport classé « confidentiel défense », versé aux archives du ministère de la défense et non déclassifié, nous publions une étude – Sous le sable, la radioactivité ! Les déchets des essais nucléaires français en Algérie : analyse au regard du traité sur l’interdiction des armes nucléaires (publiée par la Fondation Heinrich Böll et disponible en ligne sur Icanfrance.org) – qui dresse un premier inventaire de l’ensemble de ces déchets, radioactifs ou non, abandonnés par la France. Cette présence engendre des risques sanitaires importants pour les populations locales, les générations futures, tout comme pour l’environnement.

Ni contrôles ni mesures d’interdiction

Les zones actuellement suspectées d’abriter du simple tournevis contaminé par la radioactivité aux avions et chars ne font pas l’objet de contrôles radiologiques réguliers ni de mesures d’interdiction. De même, les populations locales ne sont pas sensibilisées aux risques sanitaires et aucun suivi médical spécifique n’a été mis en place. Dans quelques décennies, des archéologues pourraient bien s’interroger sur la présence de vestiges en plein désert comme ce blockhaus de commandement, surnommé « le Sphinx », ou ces étranges cuves en acier cimentées contenant des pastilles de plutonium… L’histoire des expérimentations nucléaires françaises ne s’est pas terminée avec le départ des militaires et des scientifiques français du Sahara.

Lire aussi : Que sont devenus les déchets issus des essais nucléaires français en Algérie ? (Article réservé à nos abonnés)

Avec l’adoption à l’ONU, par l’Algérie et 121 autres États, le 7 juillet 2017, du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), la question des expérimentations nucléaires françaises trouve une raison supplémentaire de sortir du déni. Le TIAN, en plus des interdictions créées (emploi, fabrication, menace, assistance, financement…), a la particularité de prendre en compte les conséquences des expérimentations nucléaires et d’introduire des obligations positives avec ses articles 6 (« assistance aux victimes et remise en état de l’environnement ») et 7 (« coopération et assistance internationales »).

Alger a besoin de l’aide technique de la France et des informations sur les zones où elle a enterré les déchets

Si la France n’a cessé de dénoncer ce traité, l’Algérie s’est au contraire positionnée comme sa fervente partisane. Elle est engagée dans le processus de ratification pour devenir un État membre. L’entrée en vigueur du TIAN est proche, car il est déjà ratifié par 44 États sur les 50 minimaux requis, il vient compléter le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (1968) et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (1996). Une fois le TIAN en vigueur, Alger devra mettre en œuvre ses différentes obligations. Mais cela ne sera pleinement possible qu’avec l’aide technique de la France et l’apport d’informations sur les zones où elle a enterré les déchets.

Prendre une décision politique

L’opposition frontale de la France au TIAN ne peut pas être un argument pour conserver encore plus longtemps des données susceptibles de mettre un terme à un problème humanitaire. De plus, cela serait un contresens au processus de « réconciliation entre les peuples français et algérien » [selon les mots d’Emmanuel Macron] engagé, en juillet 2020, avec les nominations de Benjamin Stora et d’Abdelmadjid Chikhi par les présidents des deux pays. En effet, comment ce travail mémoriel pourrait-il laisser de côté plusieurs dizaines de milliers d’Algériens – « les populations laborieuses des oasis » – qui ont participé à cette sombre aventure atomique et qui en subissent encore les effets ?

Lire aussi : L’appel des victimes d’essais nucléaires français en Algérie

La création d’une « mémoire commune » fait d’ailleurs partie des recommandations que nous présentons. Si, pour certaines d’entre elles (expertise radiologique, étude sanitaire sur le risque transgénérationnel), la mise en œuvre nécessitera du temps, d’autres peuvent être engagées sur simple décision politique. Ainsi, la ministre française des armées peut rapidement transmettre aux autorités algériennes la liste des zones d’enfouissement des déchets. Cette demande est désormais relayée par des députés. De même, certains critères de la loi Morin [relative à la reconnaissance et à l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français] doivent être revus (comme cela a été le cas en Polynésie) pour permettre enfin aux populations victimes de déposer un dossier d’indemnisation. Alger peut, de son côté, améliorer la situation humanitaire par des campagnes de prévention et d’information plus visibles (renforcement des clôtures, sensibilisation aux risques radiologiques) autour des zones d’essais et des villages proches.

Il est temps que la France ouvre ses archives et mette en œuvre de façon rapide ces mesures, pour sortir du déni ce chapitre sur les essais nucléaires.

Par Patrice Bouveret (Directeur de l’Observatoire des armements) et Jean-Marie Collin (Coporte-parole d’Ican France), publié le 4 septembre 2020 à 06h30, mis à jour à 07h49

Photo en titre : Le 13 février 1960 à 07h04 le premier engin nucléaire français «Gerboise bleue» explose avec succès dans le désert saharien du Tanezrouft, au sud-ouest de Reggane. AFP

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/09/14/il-est-temps-de-deterrer-les-dechets-des-essais-nucleaires-de-la-france-au-sahara-algerien_6052060_3232.html

NUCLÉAIRE ET SOUS-TRAITANTS : CONDITIONS DE TRAVAIL

Les premier-es de corvées du confinement Covid19 !

Discussion avec Leïla CHAIBI députée européenne de la France Insoumise sur les conditions de travail des salarié-es de la sous-traitance, pendant l’épisode « confinement » de la Covid19 #PlusJamaisCa #OnOublieraPas #AMFIS2020

Publié le 12 septembre 2020

Pour écouter cette vidéo (11mn34s), cliquer sur:

http://www.ma-zone-controlee.com/les-premier-es-de-corvees-du-confinement-covid19/

ALENÇON. UNE PÉTITION CONTRE LES ARMES NUCLÉAIRES

Les comités de la Paix d’Alençon et de l’Orne proposent deux rendez-vous pour informer et faire récolter des signatures.

Il sera possible de signer une pétition pour l’abolition des armes nucléaires

Les Comités de la Paix d’Alençon et de l’Orne s’associent pleinement à l’action nationale En marche pour la Paix. Ils tiendront deux stands d’informations et de signatures pour la pétition demandant que la France ratifie le Traité d’Interdiction des armes nucléaires, traité à l’initiative de l’ONU et déjà ratifié par près de 100 nations.

Les membres donnent rendez-vous

. samedi 19 septembre 2020, de 9 h 30 à 16.h30, place de La Magdeleine et

. mardi 22 septembre, de 9 h 30 à 12 h 30, place de la Paix à Perseigne.

Renseignements auprès de Francine Brière (présidente du comité local), tél. 06 83 76 69 87 ou Roger-Yves Noisel (trésorier), tél. 06 80 02 37 16.

Par Nathalie HOUDAYER, publié le 13/09/2020 à 14h42

https://www.ouest-france.fr/normandie/alencon-61000/alencon-une-petition-contre-les-armes-nucleaires-6971732

NUCLÉAIRE ET FINANCE : CONFÉRENCE ET CINÉ-DÉBAT À CHERBOURG LE 26 SEPTEMBRE

Pour réserver ses places: https://www.cgrcinemas.fr/cherbourg-odeon/

Nucléaire et finance: Conférence de Jean Rohel Président d’Attac Saint Malo-Jersey

Jean Rohel développera les liens et similitudes entre les secteurs du nucléaire et de la finance. Concernant le nucléaire, il mettra en exergue certains des scandales parmi les plus significatifs qui ont émaillé le parcours chaotique des entreprises françaises. En effet, les scandales semblent définir une culture commune entre le secteur du nucléaire et de la finance, ce qu’il illustre par des affaires emblématiques.

Outre que la France est l’un des pays ou la concentration et le pouvoir des banques sont des plus importants, Jean Rohel développera l’hyper concentration des entreprises du secteur énergétique et la place du nucléaire d’État.

La privatisation rampante d’EDF et d’Orano grâce à l’apport de fonds publics, la filialisation, le lobbying et l’optimisation fiscales sont entrés dans le mode de gouvernance de ceux qui sont sensés fournir les biens en électricité et en énergie nécessaires à nos sociétés.

Nucléaire et finance disposent de l’argent public et le gaspillent sur fond de mensonges, de fausses promesses, de coûts cachés. Le discours sur l’excellence française commun au nucléaire et à la finance assure une domination idéologique et intellectuelle sur fond d’élites, de lobbying et de conflits d’intérêts…

Suite à ces constats, Jean Rohel esquissera les pistes à développer pour faire droit à l’intérêt général et garantir une transition énergétique en appui sur les ressources financières mises au service des besoins énergétiques maitrisés du pays.

Nucléaire l’impasse française: un Film de Patrick Benquet

Depuis cinquante ans, la France produit 75 % de son électricité grâce à la filière nucléaire. Un cas unique au monde. Une dépendance qui mène aujourd’hui l’entreprise publique EDF tout droit à la faillite.

Le nouveau réacteur français, l’EPR, accumule les retards de livraison en France, à Flamanville, et en Finlande. Les coûts continuent de grimper et c’est en dizaines de milliards que se chiffrent, aujourd’hui, les dépenses de la France pour tenter de maîtriser cette technologie trop complexe.

Alors pourquoi la France a-t-elle donné le feu vert à la construction de deux autres EPR en Grande-Bretagne, à Hinkley Point ? Et ce malgré de violentes oppositions au sein même d’EDF ?

Alors que de plus en plus de pays sortent du nucléaire, qu’on ne sait toujours pas comment démanteler les centrales en fin de vie et que le coût des énergies renouvelables ne cesse de baisser, la France est de plus en plus isolée dans ses choix pro-nucléaires.

Des choix qui pèsent très lourd sur le budget de l’État et qui font prendre à la France un retard colossal en termes de transition énergétique.

Qui paiera la facture du nucléaire ?

Par André JACQUES, publié le 13 septembre 2020

http://crilan.fr/nucleaire-et-finance-conference-et-cine-debat-a-cherbourg-le-26-septembre/

DÉCLARATION DE FESSENHEIM : POURQUOI 27 ORGANISATIONS REFUSENT LE PROJET « INSENSÉ » DE TECHNOCENTRE À FESSENHEIM

Un centre de recyclage des métaux radioactifs pour remplacer la centrale de Fessenheim ? Un « projet fou » et « insensé » pour 27 organisations françaises et allemandes qui détaillent dans la « déclaration de Fessenheim » les raisons de leur refus du technocentre.

Haut-Rhin Alsace

Fessenheim et après ? EDF envisage d’installer un « technocentre » en lieu et place de ce qui était la plus vieille centrale nucléaire de France. Celui-ci aurait pour vocation de recycler les métaux radioactifs issus de la déconstruction des centrales nucléaires.

Ce vendredi 11 septembre, un collectif de 27 associations, groupes politiques, signent un texte intitulé la « Déclaration de Fessenheim ». Il explique les raisons de leur opposition à ce projet qu’ils qualifient d' »insensé« .

Déclaration de Fessenheim

Le texte rappelle les objectifs du plan « post-Fessenheim« , élaboré par l’Allemagne et la France : « son avenir économique doit être pensé dans une perspective de sortie du nucléaire, de transition énergétique et de préservation des ressources et de l’environnement, en prenant en compte les défis du changement climatique et la perte de la biodiversité« , écrivent les signataires.

Le technocentre ferait du Grand Est la plus grande poubelle nucléaire de l’Europe

Stop Fessenheim

Ces derniers refusent le transport régulier de matières radioactives à travers l’Alsace et le Pays de Bade qu’induirait l’activité du futur techno-centre et craignent que celui-ci mette « en péril la confiance réciproque franco-allemande actuellement établie« . Pour eux, ce projet ferait du Grand Est « la plus grande poubelle nucléaire d’Europe« . « Pourraient notamment y être “recyclés” les nombreux générateurs de vapeur (hauteur env. 20m, diamètre env. 4m)… très radioactifs ! » expliquent par exemple le opposants. Ils avancent également que le technocentre va dissuader d’autres entreprises de s’installer à proximité. 

Leur résolution sera solennellement remise au Préfet du Haut-Rhin ainsi qu’à la Ministre de l’Environnement.

Publié le 11/09/2020 à 16h37, mis à jour le 11/09/2020 à 18h21

Photo en titre : Les réacteurs de la plus vieille centrale de France sont à l’arrêt depuis le mois de février 2020 • © France Télévisions

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/declaration-fessenheim-pourquoi-27-organisations-refusent-projet-insense-technocentre-fessenheim-1872262.html

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE METSAMOR EST AU CŒUR DES RELATIONS ENTRE L’ARMÉNIE, LA RUSSIE ET L’OCCIDENT

Les relations arméno-russes ont une longue histoire. Les pays ont maintes fois prouvé leur loyauté les uns envers les autres, se sont tenus côte à côte dans la lutte contre les menaces communes et ont construit ensemble un avenir radieux.

L’étape actuelle a commencé en 1991, lorsque de nouveaux États se sont formés sur les fragments de l’ancienne grandeur de l’URSS. La plupart d’entre eux ont vu du sens dans la volonté de maintenir et de développer à un nouveau niveau les anciens liens dans le cadre de l’espace post-soviétique commun à tous. Mais tout le monde n’a pas aimé ce plan : les pays occidentaux y ont vu une opportunité d’étendre leur influence sur de nouveaux territoires.

L’Arménie, qui est un partenaire stratégiquement important et un allié de longue date de la Russie dans le Caucase, n’a pas fait exception. L’UE et les États-Unis tentent de rompre ces liens et tentent de remplacer la Russie dans tous les domaines, de l’économie au complexe militaro-industriel. La Russie souhaite protéger ses alliés en mettant en œuvre des projets d’importance stratégique sur la sécurité. L’une d’elles est l’initiative en cours de prolonger la durée de vie et de moderniser la centrale nucléaire arménienne de Metsamor. Un tel projet ne peut être ignoré par les puissances occidentales, à la seule différence que Moscou et l’Occident ont des points de vue diamétralement opposés sur cette question.

En mars 2014, Erevan a pris la décision de prolonger la durée de vie du second réacteur jusqu’en 2026. Le gouvernement de la Fédération de Russie a accordé un prêt à cet effet à l’Arménie à des conditions favorables d’un montant de 260 millions d’euros et un don d’un montant de 25 millions d’euros. Ces fonds permettent de réaliser tous les travaux nécessaires à la modernisation complète de l’installation, qui, à son tour, est une alternative économiquement plus rentable que la construction d’une nouvelle centrale nucléaire.

L’entrepreneur général pour les travaux de réparation est Rusatomservice. L’organisation a de l’expérience dans des travaux visant à prolonger la durée de vie d’e centrales similaires à la fois en Russie (centrales nucléaires de Kola et Novovoronezh) et à l’extérieur du pays (en Finlande et en Ukraine).

Lors de la conception de la reconstruction de la centrale nucléaire arménienne, les nouvelles exigences de sûreté accrues pour les centrales de ce type, introduites dans la réglementation internationale après la catastrophe de la centrale nucléaire japonaise « Fukushima-1 » en 2011, ont également été prises en compte. À l’été 2019, un certain nombre d’inspections ont été effectuées à la centrale nucléaire de Metsamor avec la participation d’organisations internationales. Une évaluation approfondie du personnel et de l’équipement a été réalisée par des scientifiques atomiques de l’Association mondiale des exploitants nucléaires, WANO et l’Agence internationale de l’énergie atomique AIEA.

Le personnel de la centrale nucléaire arménienne a reçu une évaluation élevée de WANO, et les experts de l’AIEA sont parvenus à un avis similaire

Certains pays donnent une évaluation opposée du fonctionnement de la centrale nucléaire de Metsamor. Selon leur point de vue, une augmentation de la durée de vie de la centrale, en cas de réparations de mauvaise qualité, peut contribuer à la survenue de situations d’urgence. À cet égard, l’Arménie est sous la pression constante des États voisins et des pays européens, insistant sur l’arrêt le plus rapide de la centrale nucléaire.

La Turquie, dont les intérêts nationaux visent à réduire la prolongation de la durée de vie de l’installation, est un bon exemple. Les dirigeants du pays ont exprimé à plusieurs reprises la position selon laquelle la centrale nucléaire de Metsamor est obsolète, et se trouve dans une zone d’activité sismique. Cette position est confirmée par l’appel officiel de la Turquie à l’AIEA avec une demande de fermeture immédiate de la centrale nucléaire. Ankara considère les pays voisins du Caucase comme un marché potentiel pour son électricité. En outre, la partie turque s’attend avec ambition de réaliser une expansion énergétique dans la région après la construction et la mise en service réussies de la centrale nucléaire d’Akkuyu.

Pour faire pression pour sa position sur l’énergie nucléaire de l’Arménie, la Turquie implique l’Azerbaïdjan et la Géorgie. À leur tour, Ankara et Bakou sont extrêmement rentables d’avoir Erevan dépendant d’eux en termes d’énergie. Il n’est pas exclu que la position dépendante créée artificiellement puisse être utilisée dans l’escalade militaire en cas d’augmentation de la tension dans les zones de conflits non résolus, ainsi que dans la résolution de problèmes territoriaux litigieux, y compris au Haut-Karabakh et dans la région du Nakhitchevan.

Dans le cadre du développement du partenariat oriental, Bruxelles insiste sur la fermeture complète de la centrale nucléaire de Metsamor. La raison principale est l’obsolescence technique de la centrale, qui est actuellement en cours de modernisation par des spécialistes russes. Une autre raison de l’arrêt de la centrale nucléaire, les experts de l’UE appellent aussi le « risque » sismique. Cependant, la station a survécu au puissant tremblement de terre de Spitak et dispose d’une marge de sécurité suffisante pour l’avenir.

La Russie et l’Iran voient cette situation différemment. La direction de Rosatom est convaincue qu’après la modernisation et le recuit de la coque du réacteur (comme ce fut le cas à la centrale nucléaire de Kola), la centrale pourra être exploitée en toute sécurité après 2026 (précédemment fixée comme date limite pour l’exploitation de la centrale). Il ne fait aucun doute que les œuvres seront réalisées à un niveau élevé et en tenant compte de toutes les mesures de sécurité modernes, comme cela se faisait auparavant dans d’autres centrales nucléaires de ce type.

L’Iran et l’Arménie sont des partenaires de longue date dans le secteur de l’énergie. Il existe un système mutuellement avantageux entre les pays, en vigueur depuis 2009, l’Arménie envoie de l’électricité à l’Iran en échange de gaz. Il est préoccupant que cette interaction entre les États puisse être utilisée par des responsables occidentaux pour faire pression sur l’Arménie, qui se verra proposer un choix sous prétexte de la nécessité de développer davantage les partenariats avec l’UE et les pays de l’OTAN.

Ces préoccupations ont déjà été exprimées à plusieurs reprises par Erevan

La situation autour de la centrale nucléaire de Metsamor est compliquée par le leadership arménien lui-même. Le récent refus du Premier ministre, Pashinyan, des soldes non dépensés d’un prêt préférentiel russe pourrait gâcher les relations bilatérales. Le prêt a été calculé de manière à ce qu’après l’achèvement de la modernisation de la centrale nucléaire, il puisse s’autofinancer, car sa capacité augmentera de 10%.

Après quoi Nikol Pashinyan a fait une déclaration : « Au lieu de cela, nous attirons des fonds de sources internes, qui seront sans aucun doute attirés à de meilleures conditions et, en fait, renforceront davantage l’effet de levier du gouvernement pour augmenter la productivité de l’utilisation des fonds de crédit. »

Ainsi, le reste de la modernisation se fera au détriment des fonds propres de la République d’Arménie, à cet effet un prêt budgétaire d’un montant de 63,2 milliards de drams (environ 126 millions d’euros) a été alloué sur le budget de l’état. En évaluant objectivement la situation financière du pays, il convient de noter qu’elle est loin d’être idéale et qu’un montant aussi important est difficile à sortir de nulle part, et si par une heureuse coïncidence, cet argent provenait du prêt du FMI reçu en mai de cette année pour 280 millions de dollars.

La question principale, à savoir l’avenir de l’énergie nucléaire en Arménie, reste ouverte. Toutes les parties comprennent que la centrale nucléaire de Metsamor ne durera pas éternellement et devra être remplacée au fil du temps si le pays ne veut pas tomber sous les sanctions internationales. Et Erevan sera à nouveau confronté à la question, quel projet de nouvelle centrale nucléaire choisir. En 2018, Nikol Pashinyan a discuté de la possibilité de construire une nouvelle centrale nucléaire lors de négociations avec la Russie, mais la situation est restée incertaine. Les pays occidentaux ne sont pas restés à l’écart, mais le coût des projets proposés (environ 4,5 milliards d’euros) n’a pas satisfait Erevan. Il faut supposer que la question de la construction d’une nouvelle centrale nucléaire sera à plusieurs reprises soulevée au cours des prochaines années. Erevan qui n’a pas de nouvelle centrale nucléaire et dont l’ancienne ne peut pourrait plus être exploitée, menace directement la sécurité nationale du pays, et cela est bien compris par les dirigeants de l’Arménie.

La Russie est un partenaire fiable de longue date et un allié stratégique de l’Arménie, dispose de l’expérience, des technologies et d’un projet nécessaires, tandis que l’Occident attire l’Arménie avec de nouvelles perspectives de coopération dans tous les domaines en cas de construction d’une nouvelle centrale nucléaire de type européen. Compte tenu des vues pro-occidentales du Premier ministre Pashinyan et de son équipe, le choix sera très difficile et ce défi sera le principal test des relations russo-arméniennes ces dernières années.

Dans la situation actuelle, toute demande de fermeture de la centrale nucléaire arménienne doit être considérée, tout d’abord, comme une décision géopolitique visant à saper la sécurité nationale de l’Arménie, à réduire l’autorité de la Fédération de Russie dans le Caucase, et à imposer ses projets coûteux comme un chantage politique. La modernisation réalisée par des spécialistes russes permettra d’exploiter en toute sécurité la centrale nucléaire après 2026. La centrale nucléaire arménienne et la 102ème base militaire de Gyumri sont d’égale importance et font partie intégrante des intérêts stratégiques de la Russie dans la région. Il est évident que l’UE et l’OTAN souhaitent en évincer progressivement la Russie, pour laquelle elles mettent tout en œuvre.

Malgré les vues pro-occidentales du Premier Ministre Pashinyan et de son équipe, on espère que les parties maintiendront le niveau actuel de coopération dans tous les domaines, et cela est particulièrement important maintenant dans l’énergie nucléaire. Les pays sont unis par un passé héroïque, un présent confiant, mais y aura-t-il un avenir commun ? Il n’y a pas encore de réponse à cette question.

Par Philippe Khalfine (son site), publié le vendredi 11 septembre 2020

https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-centrale-nucleaire-de-metsamor-227008

EDF ÉCONOMISE ET MET FIN AUX DÉPLACEMENTS EN PREMIÈRE CLASSE

L’énergéticien a détaillé son plan d’action pour économiser 500 millions d’euros entre 2019 et 2022 et ainsi faire face aux effets de la crise sanitaire. Au menu : la fin des voyages en première classe pour les déplacements professionnels, des possibles incitations au départ en retraite et le report de projets informatiques.

C’est un air de déjà-vu qui plane chez EDF. Les plans d’économies y sont devenus un exercice régulier et pour faire face à la crise du Covid-19, l’énergéticien doit à nouveau se serrer la ceinture. Cette fois, le groupe s’est fixé un objectif de 500 millions d’euros d’économies à réaliser entre 2019 et 2022.

Pour y parvenir, EDF doit redoubler d’inventivité car ses marges de manœuvre sont faibles. En effet, la plupart de ses investissements sont contraints car liées à l’entretien de son parc nucléaire ou à des chantiers clefs comme le déploiement de Linky, par exemple. (NDLR : on s’en passerait bien !). Détaillés ce vendredi devant les représentants des salariés d’EDF, certaines nouvelles mesures d’économies font du remous.

La fin des voyages en première classe

La plus polémique d’entre elles ne sera sûrement pas la plus rémunératrice pour EDF. Cela ne l’empêche pas de nourrir une fronde syndicale. « Le comité exécutif a décidé de ne plus autoriser les voyages en première classe pour les déplacements professionnels. Or, cette décision va à l’encontre d’un accord de la branche professionnelle des Industries Électriques et Gazières », explique Hervé Desbrosses, délégué syndical central CFE-CGC chez EDF. S’il reconnaît que l’accord de branche en question date de 1956 et qu’il pourrait être modernisé, il n’entend toutefois pas tirer une croix sur cet acquis. « Ce sont des économies de bouts de chandelle », fustige de son côté, Philippe Page Le Merour (CGT), le secrétaire du comité social et économique central d’EDF SA.

En perte, EDF se prépare à céder 3 milliards d’actifs

Chez EDF, cette mesure fait partie d’une logique plus globale qui consiste à mieux maîtriser les dépenses de communication, d’événementiel, de conseil, de formation, d’immobilier ou encore de transport et de logistique. Pour atteindre ses objectifs de réduction de coûts, EDF mise aussi, entre autres, sur ses achats informatiques et télécoms. De sources syndicales, le groupe entend reporter les projets informatiques, lorsque cela est possible.

La maintenance nucléaire doit aussi participer (voir ndlr en bas)

Les « métiers cœur » du groupe, c’est-à-dire la production nucléaire, devront aussi faire des efforts. Selon des sources syndicales, EDF vise une économie de 100 millions par an sur son budget de maintenance dans le nucléaire en France en 2021 et en 2022. Dans le nucléaire au Royaume-Uni, l’objectif a été fixé à 110 millions par an sur la même période. Un montant qui reste toutefois très modeste au regard des milliards investis chaque année dans le parc de réacteurs d’EDF.

Le dernier volet du plan d’économies d’EDF vise sa masse salariale. Là encore, le sujet fait débat. « La mise en œuvre d’un plan est à l’étude pour inciter au départ à la retraite des salariés qui bénéficient de l’ouverture de leurs droits mais qui restent dans l’entreprise. Ce plan viserait en particulier les cadres supérieurs. Une telle mesure discriminatoire n’est pas acceptable », alerte Hervé Desbrosses.

Par Sharon Wajsbrot, publié le 12 sept. 2020 à 09h16

Photo en titre : EDF vise 500 millions d’euros d’économies à réaliser entre 2019 et 2022. (Photo by GEORGES GOBET/AFP) (GEORGES GOBET/AFP)

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/edf-economise-et-met-fin-aux-deplacements-en-premiere-classe-1241828

NDLR : Économiser sur la maintenance nucléaire ? Sans nuire à la sûreté? Ni réduire le personnel? Ni pressurer les sous-traitants? Ou un peu de tout cela?

EN ALLEMAGNE, PLUS DE 50% DE L’ÉLECTRICITÉ ISSUE D’ÉNERGIES RENOUVELABLES AU PREMIER SEMESTRE 2020

Avec 128,4 milliards de kilowattheures produits au premier semestre 2020, les énergies renouvelables (éolien, solaire) ont représenté 51,8% de l’électricité allemande. Au premier semestre 2019, leur part était de 43,4%, selon l’office allemand de la statistique.

Les énergies renouvelables ont produit plus de la moitié de l’électricité outre-Rhin. Avec 128,4 milliards de kilowattheures, elles ont généré au premier semestre 2020, 51% des 248,2 milliards de kilowattheures injectés dans le réseau électrique allemand.

Ce pourcentage représente une nette progression par rapport au premier semestre 2019, leur part n’étant alors que de 43,4%.

Selon les premiers résultats de l‘Office fédéral de la statistique (Destatis), la production totale d’électricité à partir d’énergies renouvelables a augmenté de 8,3% par rapport au premier semestre 2019.

L’énergie éolienne a totalisé 29% de l’électricité produite

« La plus forte augmentation a été enregistrée par l’électricité d’origine éolienne à +12,9%, principalement due au 1er trimestre 2020 très venteux » explique l’organisme allemand.

L’énergie venant des éoliennes a représenté 29% de la quantité d’électricité injectée dans le réseau allemand. Elle constitue la source d’énergie la plus importante pour la production d’électricité domestique au premier semestre 2020.

Avec 29% de la quantité d’électricité injectée dans le réseau allemand, l’énergie éolienne a été la source d’énergie la plus importante pour la production d’électricité. © Destatis

La production d’électricité à partir des panneaux photovoltaïques a également fortement augmenté: la quantité d’énergie solaire injectée dans le réseau a augmenté de 9,9% par rapport au 1er semestre 2019, grâce à un printemps particulièrement ensoleillé.

Les sources d’énergie conventionnelle ont baissé

Outre-Rhin, en revanche, la quantité d’électricité injectée à partir de sources d’énergie conventionnelles a diminué de 22,6%. En particulier, l’injection d’électricité provenant des centrales à charbon (source d’énergie polluante très décriée en Allemagne) a été nettement inférieure à celle de la même période de l’année précédente, à -37,8%.

Les importations d’électricité ont considérablement augmenté, mais l’Allemagne est restée un exportateur net, selon l’institut allemand de la statistique.

Par Frédéric Bergé, (journaliste BFM Éco, https://twitter.com/BergeFrederic ), publié le 11/09/2020 à 11h31

Photo en titre: La plus forte augmentation a été enregistrée par l’électricité d’origine éolienne à + 12,9%, principalement due au 1er trimestre 2020 très venteux » explique l’organisme allemand de la statistique. – Patrick Hertzog – AFP

https://www.bfmtv.com/economie/en-allemagne-plus-de-50-de-l-electricite-issue-des-energies-renouvelables-en-2020_AN-202009110158.html

NDLR : bien qu’il ne concerne pas directement le nucléaire, j’ai publié cet article pour faire taire les mauvaises langues « pro-nucléaires » qui proclament que « hors du nucléaire point de salut »

À noter aussi que ses émissions de CO2eq en 2019 (805 Mt CO2éq) sont nettement inférieures à leur niveau de 2010 (942 Mt CO2éq), année avant l’arrêt de 8 réacteurs nucléaires.

Source : https://allemagne-energies.com/bilans-energetiques/

FLATTERIES ET GRANDILOQUENCE OU COMMENT KIM JONG UN A CHARMÉ DONALD TRUMP

EXTRAITS DE L’ARTICLE. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a utilisé flatteries et grandiloquence pour charmer le président américain Donald Trump, révèle un livre qui dévoile la correspondance entre les deux hommes.

La relation entre les deux hommes a été au cœur de la diplomatie entre Washington et Pyongyang, fluctuant entre insultes et menaces de guerre jusqu’à une déclaration d’amour du locataire de la Maison Blanche.

Pour son nouvel ouvrage, le célèbre journaliste américain d’investigation Bob Woodward s’est procuré les 25 lettres « jamais rendues publiques jusqu’à présent » que se sont échangées les deux dirigeants, selon la maison d’édition américaine Simon & Schuster.

Dans leurs missives, « Kim décrit le lien entre les deux leaders comme digne d’un +film fantastique+ alors que les leaders se lancent dans un menuet diplomatique extraordinaire », a affirmé l’éditeur sur la page Amazon consacrée au livre.

Le livre, dont le titre est « Rage » et qui sortira le 15 septembre, est une suite de « Peur, Trump à la Maison Blanche » publié en 2018.

Donald Trump et Kim Jong Un se sont rencontrés à trois reprises, la première fois lors d’un sommet historique en juin 2018 à Singapour.

S’adressant à Donald Trump en utilisant l’expression « Votre Excellence », les lettres de Kim sont remplies de flatteries et de commentaires personnels, selon des extraits rendus publics par CNN.

« Même maintenant, je ne peux oublier ce moment d’Histoire lorsque j’ai fermement tenu la main de votre Excellence dans ce lieu magnifique et sacré », écrit-il ainsi à Donald Trump le 25 décembre 2018 à propos de leur première rencontre à Singapour.

Ce sommet fut « un moment de gloire qui demeure une mémoire précieuse », ajoute-t-il.

Cependant, les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord n’ont guère progressé et elles sont même au point mort depuis le fiasco du deuxième sommet en février 2019 à Hanoï.

Cependant, cela ne l’empêche pas d’écrire en juin 2019: « je crois aussi que l’amitié profonde et spéciale entre nous agira comme une force magique ».

Le président américain n’est pas en reste pour décrire leurs échanges. Il a loué régulièrement ses relations avec Kim Jong Un, allant jusqu’à dire que les deux hommes étaient « tombés amoureux ».

« Il m’a écrit de belles lettres, ce sont de magnifiques lettres. Nous sommes tombés amoureux », avait affirmé en septembre 2018 le président américain à ses supporters.

« Seuls vous et moi, travaillant ensemble, pouvons résoudre les différends entre nos pays et mettre fin à près de 70 ans d’hostilité », a ainsi écrit le président: « Ce sera historique! »

Dans le livre, Bob Wooward assure que la CIA n’a jamais pu conclure définitivement qui était le rédacteur des lettres de Kim, mais l’agence de renseignement les considère comme des « chefs d’œuvre ».

Bob Woodward est connu pour ses révélations dans l’affaire du Watergate, qui a entraîné la démission du président Richard Nixon en 1974.

Le président américain a tenté à plusieurs reprises de discréditer le précédent livre de Bob Woodward, le qualifiant de « plaisanterie » et d’ « escroquerie ». 

Donald Trump a cependant affirmé en janvier s’être entretenu avec le journaliste pour ce nouvel ouvrage où on apprend non seulement comment le leader nord-coréen a pu charmer l’occupant de la Maison-Blanche, mais également, révélations-chocs, qu’il s’est vanté d’avoir « sauvé la peau » du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, accusé par le Congrès américain d’être responsable de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, et, ce qui peut lui faire encore plus mal, politiquement, comment il a caché la gravité de la pandémie au peuple américain.

« J’ai été interviewé par un très, très bon journaliste », avait même affirmé Donald Trump sur Fox News.

Rage, qui doit sortir mardi, s’appuie en particulier sur 18 interviews accordées à Bob Woodward entre décembre 2019 et juillet 2020 et enregistrées avec l’accord de Donald Trump.

D’autres révélations du livre de Woodward…

…Et le comble: Donald Trump aurait-il dévoilé une arme nucléaire secrète à Bob Woodward ?

Selon les extraits du livre Rage publiés par le Washington Post, M. Trump s’est vanté lors d’une des 18 interviews qu’il a accordées entre décembre 2019 et juillet 2020 à Bob Woodward, de détenir une nouvelle arme dont ni le président russe Vladimir Poutine ni le président chinois Xi Jinping n’ont connaissance.

« J’ai construit un (système) nuclé… une arme, j’ai construit un système d’armement, des systèmes d’armement, que personne d’autre n’a jamais eu dans ce pays », déclare le président américain, semblant se reprendre, selon ces extraits datés du 5 décembre 2019.  

« On a des choses que vous n’avez jamais vues, dont vous n’avez jamais entendu parler », ajoute M. Trump. « On a des choses dont Poutine et Xi n’ont jamais entendu parler. Personne. Ce que nous avons, c’est incroyable. »

Bob Woodward, rendu célèbre pour avoir révélé, avec Carl Bernstein, le scandale du Watergate dans les années 70, indique dans son livre que des sources non identifiées ont confirmé que l’armée américaine avait une «nouvelle arme secrète». Mais elles ne lui ont pas précisé de quel genre d’arme il s’agissait et se sont déclarées surprises que M. Trump en ait parlé.

Les experts ont disséqué ces quelques phrases pour tenter de deviner de quelle arme Donald Trump parlait. Le président américain s’est-il corrigé parce que l’arme n’est en fait pas nucléaire, ou justement parce qu’elle l’est et qu’il s’est rendu compte qu’il parlait trop ?

Hans Kristensen, de la Federation of American Scientists, a estimé sur Twitter qu’il «s’agissait en fait de la tête nucléaire de faible puissance W76-2 qui était alors développée et qui a été depuis déployée».

Le Pentagone a annoncé le 4 février avoir déployé pour la première fois cette arme nucléaire qui a une charge explosive estimée à 5 kilotonnes (trois fois moins que la bombe d’Hiroshima) à bord du sous-marin USS Tennessee, qui patrouillait dans l’Atlantique.  

Mais pour Jeffrey Lewis, du Middlebury Institute, il s’agit du nouveau missile hypersonique que les États-Unis sont en train de développer. « La façon de parler de Trump en décembre 2019 ressemble à ses vantardises de mars 2020 à propos du missile “super extra” qui s’est avéré être l’hypersonique », a-t-il tweeté.

Questionné sur Fox News, le conseiller à la Sécurité nationale de la Maison-Blanche, Robert O’Brien, a assuré que le président américain ne parlait pas d’une arme en particulier. « Nous sommes toujours à la pointe de la technologie et nous avons toujours quelque chose dont nos adversaires ne sont pas au courant », a-t-il dit.

Un porte-parole du Pentagone, le lieutenant-colonel Robert Carver, s’est abstenu de tout commentaire « sur un livre qui n’a pas encore été publié ».

Trump tente maintenant d’éteindre l’incendie…

Par AFP, publié le 10 septembre 2020 à 18h32

Photo en titre : Le leader nord-coréen Kim Jong Un (g) pose la main sur le bras du président américain Donald Trump (d) avant le début du sommet historique à l’hôtel Capella, le 12 juin 2018 à Singapour. (AFP/SAUL LOEB)

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