Nov 20

TÉHÉRAN SE PRONONCE POUR QUE LE MOYEN-ORIENT SOIT DÉNUCLÉARISÉ

Le Représentant permanent de l’Iran auprès des Nations Unies, Majid Takht-e Ravantchi, saluant tout effort vers un Moyen-Orient débarrassé des armes atomiques et de destruction massive (ADM) a appelé l’Ordre international à contraindre les États-Unis et leurs allié Israélien à agir de manière « responsable » et à reconnaître et à tenir leurs engagements nucléaires.

Le diplomate iranien auprès de l’ONU, Majid Takht-e Ravantchi qui s’exprimait lundi lors de la première conférence sur un Moyen-Orient dépourvu d’armes nucléaire évoque l’initiative proposée par l’Iran sur la question de la non-prolifération nucléaire et des ADM, pour dire que le succès de cette conférence pourrait aider au renforcement de la paix et de la sécurité internationales.

À LIRE : Damas a une volonté de faire libérer le Moyen-Orient de l’arme nucléaire

« Les arsenaux d’armes de destruction massive du régime sioniste, soutenus par les États-Unis et les politiques nucléaires menées par Washington, qui voit légitimes, pour lui-même, l’usage d’armes atomiques, représentent en réalité une menace pour les pays non-nucléaires et constituent deux principaux obstacles pour réaliser un Moyen-Orient dénucléarisé », a-t-il prévenu.

Le représentant permanent de l’Iran auprès de l’ONU évoquant la politique de la République islamique à cet égard, a déclaré lors de la conférence qui s’est ouvert en présence du Secrétaire général des Nations Unies, du Président de l’Assemblée générale et des représentants des États membres des Nations Unies : « Une telle politique menée par la RII puisent ses origines dans les directives de l’Islam, des calculs logiques basés sur les intérêts nationaux et des souvenirs amers dont gardent les Iraniens des attaques chimiques de Saddam contre leur pays pendant la guerre imposée ».

Date de publication: 19/11/2019 à 13h51

https://fr.news-front.info/2019/11/19/teheran-se-proononce-pour-que-le-moyen-orient-soit-denuclearise/

Nov 20

FLAMANVILLE : DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ D’UN CAPTEUR DE MESURE DE RÉFÉRENCE DU NIVEAU DE LA CUVE – RÉACTEUR 1

Le 13 novembre 2019, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir définie par les règles générales d’exploitation en cas d’indisponibilité d’un capteur de mesure de référence du niveau de la cuve du réacteur 1.

Les règles générales d’exploitation sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.

Le 12 juin 2019, le réacteur est en production. Une alarme sur le circuit SAR[1] se déclenche, indiquant un défaut de pression d’air d’un capteur de mesure de référence du niveau de la cuve du réacteur 1. Le seuil de cette alarme est fixé à 20 bars et si la pression descend sous 20 bars, le capteur doit être déclaré indisponible et réparé sous 7 jours.  Pourtant, en se référant au dossier d’exploitation du système SAR, le CNPE a considéré que la pression en dessous de laquelle le capteur est indisponible est de 15 bars.

Le 5 novembre 2019, le CNPE se rend compte que son référentiel national de maintenance fixe à 20 bars la pression en dessous de laquelle le capteur est déclaré indisponible. Le 7 novembre 2019, une intervention est réalisée afin de rejoindre une pression de 20 bars. Le 9 novembre, le capteur est déclaré à nouveau disponible.

Ainsi, le capteur de mesure de référence du niveau de la cuve du réacteur 1 n’a pas été disponible du 12 juin 2019 au 9 novembre 2019.

Cet écart n’a pas eu de conséquence sur le personnel et l’environnement. Cependant, compte tenu de sa détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 19/11/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-un-capteur-de-mesure-de-reference-du-niveau-de-la-cuve

Nov 20

SUISSE : LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE MÜHLEBERG (BE) SERA ARRÊTÉE DANS UN MOIS

Dans un mois, le 20 décembre, la centrale nucléaire de Mühleberg (BE) sera arrêtée après 47 ans d’activité. Deux collaborateurs appuieront sur deux boutons qui entraîneront la mise hors service de cette installation des bords de l’Aar en vue de son démantèlement.

Cette opération est une première en Suisse. Il s’agit d’un travail de pionnier pour les autorités, pour la société et pour le groupe énergétique bernois BKW. Les préparatifs en vue de cette étape historique se déroulent comme prévu, a souligné l’exploitant en début de semaine.

La réduction de la puissance débutera le 20 décembre à partir de 01h00. La déconnexion, manuelle, aura lieu à 12h30 lorsque des collaborateurs travaillant ce jour-là appuieront sur deux boutons. Les travaux de désaffectation débuteront le 6 janvier 2020.

Plus de radioactivité en 2031

Le démontage de gros composants individuels comme des turbines, des générateurs ou des circuits de préchauffage se déroulera de janvier à octobre 2020. Les éléments combustibles nucléaires seront retirés en 2024 et la radioactivité sera éliminée en 2031. Une éventuelle réaffectation du site n’est pas prévue avant 2034.

L’organisation de la centrale nucléaire a été renforcée à l’approche des travaux de désaffectation avec la création d’un département démantèlement et la mise en place du personnel de radioprotection. Les travaux seront en grande partie réalisés par des collaborateurs de l’entreprise, soutenus par quelques experts étrangers.

Le groupe BKW estime qu’il y a des perspectives pour les quelque 300 collaborateurs présents actuellement sur le site. Il offre des requalifications professionnelles pour la période de désaffectation et favorise les transferts de collaborateurs dans des filiales.

Importation de courant

Mühleberg représente le quart de la production d’électricité de BKW mais seulement 5% du besoin national d’électricité. Cette baisse de l’injection dans le réseau sera compensée par des importations ou une hausse de production des centrales électriques, selon Swissgrid.

Pour permettre des importations supplémentaires, la capacité des lignes à très haute tension et des transformateurs entre Bassecourt (JU) et Mühleberg devra être augmentée. Mais des recours sur le tracé devraient retarder la hausse de la tension.

À partir de l’année prochaine, la production d’électricité de BKW sera issue pour 22% du canton de Berne, pour 28% du reste de la Suisse et pour 50% de l’étranger.

Financement garanti

Les coûts du démantèlement et du stockage des déchets sont entièrement à la charge de l’entreprise. La désaffectation de la centrale coûtera 927 millions de francs. Ces dépenses seront financées par des provisions et les versements effectués par le groupe BKW dans le fonds fédéral de désaffectation.

Il faut ajouter à cela les coûts liés à la gestion des déchets qui sont estimés à 1,4 milliard de francs. Ils sont couverts par les contributions versées au fonds fédéral de gestion des déchets radioactifs.

Cet article a été publié le 20 novembre 2019 à 10h00

Photo en titre : Le vendredi 20 décembre, à 12h30, le groupe BKW débranchera la centrale nucléaire de Mühleberg après 47 ans d’exploitation. Deux collaborateurs appuieront sur deux boutons pour la mise hors service de l’installation. Il s’agira d’une première suisse (photo symbolique). KEYSTONE/GAETAN BALLY

(sda-ats)

https://www.swissinfo.ch/fre/la-centrale-nucl%C3%A9aire-de-muehleberg–be–sera-arr%C3%AAt%C3%A9e-dans-un-mois/45380538

Nov 20

LUXEMBOURG : LE GOUVERNEMENT RESTE OPPOSÉ À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM

Luxembourg – Lettre officielle : Les ministères luxembourgeois de l’Énergie et de l’Environnement ont envoyé cette semaine un courrier officiel à l’Autorité française de sûreté nucléaire.

Dans cette lettre adressée à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les ministres verts Dieschbourg et Turmes insistent par écrit sur le fait que la question de la gestion et du stockage des déchets nucléaires provenant de la centrale de Cattenom, n’est pas clarifiée et s’interrogent sur les capacités financières de l’opérateur EDF pour faire face au réexamen périodique qui doit permettre de vérifier la conformité de l’installation aux règles et d’actualiser l’appréciation des risques. Les ministres remettent également en question le manque de clarté sur l’impact de l’écoulement des eaux usées dans la Moselle et posent plus généralement la question de savoir si EDF ne devrait pas aussi consulter les pays voisins, à savoir le Luxembourg et l’Allemagne, pour tous les changements en rapport avec la centrale.

Les autorités restent donc sur le constat que le gouvernement luxembourgeois dresse depuis longtemps: la centrale de Cattenom reste un réacteur à risques, dont la durée de vie ne doit pas être prolongée, et qui doit être fermé.

La centrale nucléaire controversée, qui est aussi décrite comme un réacteur sujet aux pannes, a été mise en service en 1986.

Par RTL, publié le 2019  à 19h11

https://5minutes.rtl.lu/actu/luxembourg/a/1434176.html

Nov 20

EDF DÉCROCHE LES JEUX OLYMPIQUES DE 2024 GRÂCE À L’ATOUT BAS CARBONE DU NUCLÉAIRE

Analyse–Alors que Total avait été écarté, EDF a annoncé avoir été retenu comme partenaire premium des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. Il en sera aussi le fournisseur officiel d’électricité et de gaz.

EDF a réussi là où Total a échoué. Et c’est paradoxal pour les écologistes, car c’est au nucléaire qu’il doit cette victoire. En pleine urgence climatique, les organiseurs des Jeux olympiques de 2024 à Paris veulent des jeux éco-responsables et visent la neutralité carbone.

Or EDF n’a de cesse de mettre en avant les vertus bas carbone de l’électricité nucléaire française, qui permet à la France de figurer parmi les bons élèves en matière d’émissions de CO2 par habitant. Ce message, martelé dans la communication d’EDF, a été bien intégré. EDF sera donc partenaire premium de Paris 2024 et aussi fournisseur officiel d’électricité et de gaz.

Un partenaire actif…

Un partenaire et un fournisseur actif. Le groupe s’engage en effet à apporter « une contribution déterminante » à l’objectif des Jeux de limiter leurs émissions autant que possible et en compensant ce qui ne pourra être réduit. EDF « mobilisera ses équipes pour proposer des solutions énergétiques innovantes », indique un communiqué du groupe.

Mieux, étant « convaincu que les Jeux constituent une plateforme unique et inspirante pour faire évoluer les comportements », EDF promet de les utiliser pour « sensibiliser les Français à la maîtrise de leur consommation d’énergie »

… qui sait faire valoir ses atouts

Certes, Total, qui a investi dans l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables, aurait pu atteindre ces objectifs. Le troisième grand énergéticien national, Engie, aussi. Mais, à l’heure où la neutralité carbone est devenue un nouveau Graal de nos sociétés, il s’agit de communiquer et de persuader les autres qu’une dette abyssale et des déboires industriels dans le nucléaire comptent moins qu’un mauvais bilan carbone ou la délocalisation de services clients.

Par Aurélie Barbaux, publié le 19/11/2019 à 17H30

Photo en titre : EDF sera également fournisseur officiel d’électricité et de gaz des JO de 2024. © Pascal Guittet – L’Usine Nouvelle

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-decroche-les-jeux-olympiques-de-2024-grace-a-l-atout-bas-carbone-du-nucleaire.N905329

NDLR : un point fort qu’on ne peut pas enlever à EDF : l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes !

Nov 19

MOYEN-ORIENT : LA CRÉATION D’UNE ZONE EXEMPTE D’ARMES NUCLÉAIRES DEVRA RENFORCER LA SÉCURITÉ DE TOUS LES ÉTATS

À l’ouverture d’une Conférence sur la création au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’autres armes de destruction massive, le chef de l’ONU a souligné lundi qu’une telle zone devra prendre en compte « la situation particulière de la région ».

L’ONU accueille cette semaine la première session de cette conférence. L’occasion pour le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, de souligner l’importance que revêtent de telles zones pour mettre définitivement fin à la possibilité d’un conflit nucléaire « dans n’importe quelle région ».

« Grâce à la vision de tant d’États membres du monde entier, le monde dispose de cinq zones régionales exemptes d’armes nucléaires – en Amérique latine et dans les Caraïbes, en Afrique, en Asie centrale, en Asie du Sud-Est et dans le Pacifique Sud », a rappelé le Secrétaire général.

António Guterres a souligné que de telles zones apportent également des avantages tangibles en matière de sécurité en fournissant à leurs États membres des assurances contre l’utilisation ou la menace d’utilisation d’armes nucléaires.

« Dans le même temps, ces zones peuvent fournir une assurance supplémentaire à la communauté mondiale des intentions nucléaires pacifiques des pays de ces régions », a souligné le chef de l’ONU

Pour António Guterres, des zones exemptes d’armes nucléaires offrent également aux États un moyen « de prendre l’initiative et de travailler ensemble » pour faire progresser leur propre sécurité régionale commune. Il a également rappelé que ces zones ont permis à des groupes d’États de contribuer de manière indépendante à l’élaboration de normes mondiales et de faire avancer les négociations générales sur le désarmement.

Le Moyen-Orient, « source de sérieuse préoccupation pour le monde entier »

Le chef de l’ONU a souligné que la situation au Moyen-Orient demeure une « source de sérieuse préoccupation pour le monde entier ».

« Des guerres civiles complexes font rage et impliquent des groupes armés non étatiques et des organisations terroristes bien équipés, ainsi que des puissances militaires régionales et internationales », a rappelé António Guterres, tandis que « les civils paient un tribut dévastateur ».

Le Secrétaire général a indiqué que les inquiétudes suscitées par les programmes nucléaires menés par certains États persistent et continuent d’aggraver les tensions et qu’à ce jour aucune reddition significative des comptes n’a été établie pour l’utilisation d’armes chimiques dans la région.

Le Moyen-Orient montre des signes de compétition active dans la course aux armements, notamment dans l’acquisition et l’utilisation de nouvelles technologies, a alerté le chef de l’ONU.

Pour M. Guterres, la création au Moyen-Orient d’une zone exempte d’armes de destruction massive nucléaires, chimiques et autres serait une occasion pour les États de la région d’engager un dialogue direct sur des arrangements susceptibles de répondre à leurs besoins en matière de sécurité.

Il a toutefois rappelé que la création d’une telle zone au Moyen-Orient devra prendre en compte la situation particulière de la région et renforcer la sécurité de tous les États.

« Le désarmement nucléaire est une priorité absolue des Nations Unies »

« La menace de guerre nucléaire existe toujours », a pour sa part déclaré le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Tijjani Muhammad-Bande, à l’ouverture de cette conférence.

« Aujourd’hui, environ 15.000 armes nucléaires sont stockées dans neuf pays, et des centaines sont en état d’alerte, avec la capacité d’être lancées en quelques minutes », a alerté M. Muhammad-Bande.

Pour le Président de l’Assemblée générale, un monde exempt d’armes nucléaires est la seule garantie véritable pour sauvegarder la civilisation. « Le multilatéralisme est notre seul moyen d’avancer sur cette question. En tant que tel, le désarmement nucléaire est une priorité absolue des Nations Unies », a souligné M. Muhammad-Bande.

Publié le 18 novembre 2019

Photo en titre : AIEA/Dean Calma. Des inspecteurs d’Euratom effectuent des inspections de contrôle de sécurité à URENCO aux Pays-Bas.

https://news.un.org/fr/story/2019/11/1056341

Nov 19

LE NUCLÉAIRE : UNE CAMPAGNE VERTUEUSE ÉHONTÉE

Orano (spécialiste français du nucléaire pour EDF) a le culot de s’offrir une publicité angélique : « le nucléaire ne produit pas de CO2 ». Ce qui occulte des problèmes potentiels gravissimes. Transposons l’objet de cette campagne en une hypothèse absurde : ériger Hitler en leader vertueux au prétexte qu’il n’a jamais utilisé l’arme nucléaire. Certes, mais… Ce ‘certes mais’ vaut aussi pour Orano/EDF.

Le CO2 est un sujet très à la mode actuellement (et un outil de manipulation majeur). Orano, avec la bénédiction d’EDF, surfe sur cette vague pour détourner l’attention et donner l’impression d’une énergie « propre ». Quelle tromperie, ne serait-ce qu’en raison des risques d’une catastrophe potentielle liée aux séismes qui sont réels. L’actualité en montre l’évidence au vu des secousses répétées de ces derniers jours. Les tremblements de terre restent imprévisibles, y compris dans leur intensité. Mais chut, EDF affirmera toujours que « tout est sous contrôle ». La manipulation de la pub « CO² » d’Orano est gigantesque, mais plus c’est gros, plus ça passe auprès du peuple…

EDF est l’architecte et l’exploitant du parc nucléaire français et responsable de la sécurité ; Orano vient de signer un contrat de 100 millions d’euros avec EDF qui peut donc se réjouir de la campagne de son partenaire. Présenter au public le nucléaire comme une énergie « sans CO2 » a pour seul but de virginiser cette énergie et faire oublier la réalité grave, exposée plus loin.

Quels intérêts cachés derrière une activité nucléaire contaminant la terre pour des millions d’années – une boîte de Pandore ?

Je n’ai pas la réponse, mais les hypothèses sont nombreuses et sont déjà abordées. Car comment (honnêtement) justifier le coût, mais surtout les problèmes réels et potentiels tant à court qu’à très long terme du recours au nucléaire pour fournir de l’électricité chère (d’autres moyens existent), de plus en encourageant fortement sa consommation (voitures par exemple) ? Des orientations énergétiques irresponsables.

Rappelons que l’activité nucléaire produit des déchets actifs pendant des millions d’années. Un héritage criminel que nous offrons à nos descendants. Les autorités reconnaissent ouvertement la dangerosité des déchets nucléaires et leur longévité. Delphine Pellegrini – adjointe au chef du Bureau d’expertise et de recherche sur les installations de stockage, les déchets nucléaires – évoque publiquement les déchets à vie « courte » (tout de même une trentaine d’années) et ceux de haute activité, actifs durant plusieurs milliers, voire millions d’années.

La seule « solution » trouvée est l’enfouissement. Cachez, cacher. On se veut rassurant mais ces décisions sont révoltantes : mépris quant à l’avenir de notre planète, lâcheté quant à nos descendants – qu’ils trouvent une solution, eux… En effet, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) prévoit de construire en Meuse un « centre industriel de stockage géologique », en d’autres termes, une poubelle nucléaire. Soit 30km² de galeries dans lesquelles les radioéléments seront confinés pour l’éternité. Dans l’espérance qu’en remontant à la surface d’ici quelques millions d’années, ils auront perdu de leur radioactivité. Irresponsable et criminel. En se voilant la face, car occultant les risques géologiques.

Maintenant soyons réalistes et tremblons : le site principal est à Bure. Une région où l’on relève des activités sismiques (Vesoul est à 150km et Strasbourg à 200km, des lieux où, aussi, ont été ressenties et mesurées des secousses sismiques ces derniers jours).

Une irresponsabilité gouvernementale

Nos autorités ont « tout » prévu… sauf ce que volontairement ils ne souhaitent pas envisager. Les risques sismiques sont certes imprévisibles mais pourtant très réels.

Ainsi il y a une semaine, Le Teil était l’épicentre d’un tremblement de terre d’une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter. Ce qui devrait inquiéter EDF (et tout le monde), car deux centrales nucléaires se trouvent à proximité : celle de Cruas à 20km, celle du Tricastin à 30km, adossée à des usines de traitement du combustible nucléaire. Certes, des réacteurs ont été arrêtés. Notons que la résistance sismique à prendre en compte est évaluée pour chaque centrale selon un calcul de probabilité basé sur des secousses passées. Pour les centrales dans l’Ardèche, les systèmes de sécurité ont été conçus pour résister à des séismes de magnitude 5,2 sur l’échelle de Richter. Or les secousses ont été mesurées à 5,4. Qui oserait parier qu’il n’y aura jamais de séisme plus fort ? Les produits et déchets radioactifs sont donc susceptibles de nous jouer un remake de Tchernobyl à dimension hollywoodienne. Il suffit d’une autre secousse un peu plus forte, non prévue ! EDF joue à la roulette russe et croise les doigts.

Remontons au 27 septembre 2017 : l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) ordonnait à EDF d’arrêter provisoirement la centrale nucléaire du Tricastin en raison d’un risque de rupture d’une portion de la digue du canal du Rhône en cas de séisme. Les experts craignaient en effet une inondation pouvant conduire à une fusion du combustible nucléaire des quatre réacteurs, tout en rendant très difficile la mise en œuvre des moyens de secours internes et externes. EDF a donc réalisé en urgence des renforcements de la portion de la digue concernée pour assurer la résistance au séisme majoré de sécurité (source). Un séisme un peu plus fort et ce ne serait plus seulement un problème de digue et d’eau, mais de survie des habitants à des milliers de km² à la ronde. La terre empoisonnée pour des millénaires ? Bof, tant qu’il n’y a pas de CO2…

Alors qu’Orano (plébiscitée par EDF) roucoule vertueusement que le nucléaire ne produit pas de CO2 est une manipulation grossière et criminelle, occultant volontairement les risques réels d’une catastrophe qui transformerait le pays en poubelle nationale, voire en no man’s land.

Par Phare55, publié mardi 19 novembre 2019

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-nucleaire-une-campagne-219354

Nov 19

NUCLÉAIRE IRANIEN : LE STOCK D’EAU LOURDE DÉPASSE LE PLAFOND AUTORISÉ

Les réserves iraniennes d’eau lourde, qui peuvent servir à la production de plutonium utilisé dans la confection d’armes atomiques, ont dépassé la limite fixée par l’accord international sur le programme nucléaire de Téhéran, a indiqué ce lundi l’Agence internationale de l’énergie atomique ( AIEA).

Lors d’un contrôle mené par l’agence dimanche, le stock d’eau lourde de l’Iran « s’élevait à 131,5 tonnes », une quantité supérieure au stock autorisé de 130 tonnes. C’est la première fois que l’AIEA constate un dépassement de cette valeur depuis que Téhéran a annoncé en mai son désengagement progressif de l’accord.

Dépassement annoncé

Le constat de cette nouvelle entorse à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien est intervenu après que « le 16 novembre 2019, l’Iran a informé l’Agence que son stock d’eau lourde avait dépassé les 130 tonnes », a indiqué ce lundi un document de l’AIEA remis aux pays membres du conseil des gouverneurs de cet organe de l’ONU qui se réunit cette semaine à Vienne.

L’eau lourde n’est pas radioactive en elle-même mais elle est utilisée dans certaines filières de réacteurs nucléaires comme modérateur pour ralentir les neutrons issus des fissions nucléaires. La production de plutonium est susceptible d’offrir une alternative à l’enrichissement d’uranium pour la fabrication d’une bombe atomique.

La limite d’uranium enrichi non-respectée

En réaction au retrait unilatéral des États-Unis de l’accord de 2015, l’Iran a renoncé depuis mai à toute une série d’engagements pris dans le cadre de ce texte dont les Européens, les Chinois et les Russes restent parties prenantes. Asphyxié par le retour des sanctions américaines, Téhéran entend mettre la pression sur les pays européens pour l’aider à contourner la politique de Washington.

Pour voir et écouter la vidéo (12mn37s), cliquer sur le site en bas de l’article

Ainsi l’Iran ne respecte plus aujourd’hui la limite imposée par l’accord à ses stocks d’uranium enrichi (300 kg). Il s’est aussi affranchi également du plafond lui interdisant d’enrichir l’uranium en isotope 235 à un taux supérieur à 3,67 %. Depuis septembre, le pays produit de l’uranium enrichi dans son usine de Natanz (centre) avec des centrifugeuses interdites par l’accord.

Un premier dépassement en 2016

En application de la quatrième phase de son plan de désengagement, Téhéran a annoncé le 7 novembre avoir relancé l’enrichissement d’uranium dans son usine souterraine de Fordo (centre). L’Iran avait aussi averti en mai qu’il pourrait reprendre son projet de construction d’un réacteur à eau lourde – susceptible de produire un jour du plutonium — à Arak (centre), mis en sommeil en vertu de l’accord.

À l’automne 2016, peu après l’entrée en vigueur de l’accord de 2015, Téhéran avait annoncé avoir légèrement dépassé la quantité autorisée d’eau lourde mais était ensuite revenu dans les clous en exportant le surplus.

Par J.-L.D. avec AFP, publié le 18/11/19 à 21h01, mis à jour le 18/11/19 à 22h31

Pour voir et écouter la vidéo (12mn37s), cliquer sur :

https://www.20minutes.fr/monde/2654459-20191118-nucleaire-iranien-stock-eau-lourde-depasse-plafond-autorise

Nov 19

LA BOMBE NUCLÉAIRE NORD-CORÉENNE SERAIT ÉQUIVALENTE À 17 FOIS HIROSHIMA

Les spéculations sur les capacités nucléaires de la Corée du Nord continuent d’agiter les milieux politiques et scientifiques. Malgré les « négociations » entre Donald Trump et le leader nord-coréen Kim Jong-un, à Pyongyang, différents tirs de missiles ont eu lieu ces derniers mois. Entre 2016 et 2017, le pays avait procédé à six essais nucléaires souterrains, dont le dernier le 3 septembre 2017. Il avait alors prétendu qu’il s’agissait d’une bombe H miniaturisée, même si le doute subsiste toujours sur la réelle nature de la bombe. Il s’agit en tous cas de l’essai le plus puissant de la Corée du Nord que des chercheurs viennent d’évaluer à 17 fois celle de la bombe de Hiroshima dans un article paru dans Geophysical Journal International

La détection des essais nucléaires repose habituellement sur les mesures sismiques enregistrées à proximité. Mais, dans ce cas précis, aucune station n’étant directement située aux environs du site d’essai, il existe de grandes incertitudes sur les réelles capacités nucléaires du pays. Les chercheurs se sont donc tournés vers une autre technique, appelée interférométrie radar à synthèse d’ouverture (InSAR), utilisant des images satellites pour créer des cartes de déformation du terrain. D’après leurs calculs, l’explosion causée par la bombe nucléaire aurait créé une cavité d’un rayon de 66 mètres et dégagé une puissance comprise entre 245 et 271 kilotonnes, contre 15 kilotonnes pour la bombe « Little Boy » larguée sur Hiroshima en 1945.

Par Céline Deluzarche, journaliste, publié le 19/11/2019 à 13h00

Photo en titre : L’imagerie satellite constitue un nouveau moyen de détection des essais nucléaires, plus précis que les mesures sismiques conventionnelles. © ESA, ATG medialab

https://www.futura-sciences.com/sciences/breves/physique-bombe-nucleaire-nord-coreenne-serait-equivalente-17-fois-hiroshima-1524/

Nov 18

APRÈS L’INDE, LE PAKISTAN TIRE LUI AUSSI UN MISSILE À CAPACITÉ NUCLÉAIRE – VIDÉO

Deux jours après le tir du missile indien Agni II, le Pakistan a annoncé avoir lui aussi mené un test concluant de son missile balistique sol-sol Shaheen I.

Le Pakistan a effectué lundi 18 novembre un tir d’essai de missile balistique susceptible de transporter une charge nucléaire, a annoncé l’armée du pays.

Elle indique sur Twitter avoir tiré «avec succès un missile balistique sol-sol Shaheen I», qui peut être équipé d’ogives conventionnelles ou nucléaires, et a une portée de 650 kilomètres. Le porte-parole de l’armée pakistanaise, Asif Ghafoor, a assuré que le tir était destiné à assurer les capacités opérationnelles des forces stratégiques du pays.

Tir de missile indien

La Russie négocie avec l’Arabie saoudite la livraison des missiles S-400 (© Sputnik . Rouslan Krivobok)

Cet essai intervient suite au test de missile à portée intermédiaire Agni II, également à capacité nucléaire, réalisé samedi 16 novembre par l’Inde. L’engin a été tiré depuis l’île Wheeler à une distance de 2.000 mètres.

L’Inde et le Pakistan, qui se sont fait trois fois la guerre depuis leur indépendance concomitante en 1947, mènent régulièrement des tests de missiles depuis qu’ils ont acquis officiellement l’arme nucléaire à la fin des années 1990.

Publié le 18.11.2019 à 14h39, mis à jour à 14h40

Photo en titre : © AFP 2019 HO / ISPR

https://fr.sputniknews.com/international/201911181042447605-apres-linde-le-pakistan-tire-lui-aussi-un-missile-a-capacite-nucleaire–video/

Nov 18

LE PAPE AU JAPON, POUR DÉNONCER L’EMPLOI « IMMORAL » DES ARMES ATOMIQUES

Le pape François, qui rêvait jeune de devenir missionnaire au Japon, s’y rendra pour la première fois cette semaine, porteur  dans les villes martyres de Nagasaki et Hiroshima de messages très attendus sur l’élimination des armes atomiques.

« Avec vous je prie pour que le pouvoir destructeur des armes nucléaires ne se déchaîne jamais plus dans l’histoire de l’humanité. Employer les armes nucléaires est immoral« , a martelé le pape de 82 ans, dans une vidéo adressée lundi aux Japonais.

« Votre pays est conscient de la souffrance causée par la guerre« , a encore souligné le chef des 1,3 milliard de catholiques, appelant au « respect mutuel » qui « conduit à une paix sûre » qu’il faut défendre « avec les dents« .

Il sera reçu tout d’abord en Thaïlande du 20 au 23 novembre, avant d’enchaîner avec le Japon du 23 au 26 novembre, accueilli dans deux pays à majorité bouddhiste ou shintoïste dotés de minuscules communautés catholiques.

Si François est convaincu de l’importance d’encourager les catholiques ultra-minoritaires (moins de 0,6% de la population de ces deux États), son voyage illustrera aussi son appétit pour le dialogue interreligieux.

Le temps fort de son 32ème déplacement à l’étranger sera une journée marathon dimanche à Nagasaki puis Hiroshima, où il y a 74 ans des bombes atomiques américaines firent respectivement 74.000 morts et 140.000 morts, sur le coup et dans les mois suivants.

Les bombardements -le 6 août 1945 à Hiroshima, le 9 août à Nagasaki- précipitèrent la capitulation du Japon le 15 août et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Japon reste le seul pays à avoir été frappé par l’arme nucléaire.

Le père Yoshio Kajiyama, directeur du centre social jésuite de Tokyo, né à Hiroshima voici 64 ans, attend avec impatience les discours du pape sur l’abandon des armes atomiques. « Je n’ai jamais connu mon grand-père qui est mort le jour de la bombe« , confie-t-il, « quand on grandit à Hiroshima on ne peut pas oublier la bombe« .

Armes nucléaires: appel « vigoureux » 

Le pape lancera un appel « aussi vigoureux que possible en faveur de mesures concertées pour l’élimination totale des armes nucléaires« , a promis le cardinal Pietro Parolin, numéro deux du Vatican, fin septembre devant les Nations unies.

Shigeru Tokuyasu, ancien ministre-conseiller de l’ambassade du Japon auprès du Saint-Siège, espère que la visite fera reculer la « mondialisation de l’indifférence » sur les armes atomiques. Mais selon lui, le pape devrait éviter de se prononcer sur la production d’énergie nucléaire, sujet politique sensible.

François rencontrera des victimes du séisme de magnitude 9 survenu au large du nord-est du Japon et du tsunami, qui ont tué quelque 18.500 personnes le 11 mars 2011, une catastrophe naturelle suivie par un accident nucléaire à Fukushima.

Peur d’une attaque nucléaire

Coutumier des paroles cinglantes contre les pays producteurs d’armes, il a déjà évoqué sa « peur » d’une nouvelle attaque nucléaire.

Début 2018, lors d’un voyage, il avait fait distribuer aux journalistes une photo prise en 1945 à Nagasaki, montrant un enfant japonais portant sur le dos son petit frère mort. Assortie de quatre mots de sa main: « Le fruit de la guerre« .

Jean Paul II qui avait déjà prononcé un discours choc en 1981 devant le monument dédié à la paix à Hiroshima. « La guerre est l’œuvre de l’homme« , avait martelé le pape polonais, « rappeler Hiroshima, c’est avoir la guerre nucléaire en horreur« .

En août 2019, la ville de Hiroshima a appelé le Japon à signer le traité de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires, rejeté par toutes les puissances nucléaires.

Le Japon, doté d’une Constitution pacifiste, s’est aussi donné en 1967 pour principes de « ne pas produire, détenir ou introduire sur son territoire d’armes nucléaires« . Reste que le pays dépend du parapluie nucléaire américain pour sa sécurité.

Thaïlande multiethnique

Avant d’arriver en Thaïlande mercredi, première étape de son voyage asiatique, le pape François a rendu hommage à une « nation multiethnique » qui a « beaucoup œuvré pour promouvoir l’harmonie et la coexistence pacifique, non seulement entre ses habitants mais aussi dans toute la région de l’Asie du sud-est« .

Dans ce message vidéo aux Thaïlandais, le pape a dit espérer aussi « renforcer les liens d’amitié » avec les bouddhistes. À Bangkok, il se rendra jeudi dans un haut lieu du bouddhisme pour saluer le 20ème patriarche suprême Somdej Phra Maha Muneewong. 

François s’est déjà rendu deux fois en Asie: aux Philippines et au Sri Lanka en 2014, puis en Birmanie et au Bangladesh en 2017 où il a demandé « pardon » aux musulmans rohingyas, alors que 740.000 d’entre eux se sont réfugiés au Bangladesh depuis l’été 2017 pour fuir les exactions de l’armée birmane et de milices bouddhistes.

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Par AFP, publié le 18/11/2019 à 11h15

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/le-pape-au-japon-pour-denoncer-l-emploi-immoral-des-armes-atomiques-717ed8b4f887a7a3cff115bd74e5ba21

Nov 18

SCÉNARIO « 100% ÉNERGIES RENOUVELABLES » : UN BOULEVERSEMENT POUR EDF

En France, le nucléaire assure plus de 70% de notre électricité. Au regard des diverses problématiques inhérentes à cette énergie, la ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne, étudie un scénario «100% énergies renouvelables ». Mais EDF envisage-t-il un tel projet ?

Au regard des problèmes de sécurité, ou encore de la difficulté de gestion des déchets radioactifs des centrales, Élisabeth Borne, réfléchit à différents scénarios faisant la part belle aux énergies renouvelables. Elle étudie même, avec l’aide de l’Agence internationale de l’énergie, un projet où les énergies vertes assureraient intégralement notre électricité. En admettant qu’on arrive à concrétiser une telle et belle ambition, EDF, premier producteur et fournisseur d’électricité en France, pourrait-il jouer un rôle dans ce scénario «100% écologique sans nucléaire» ?

Nucléaire : une énergie controversée…

L’énergie nucléaire, en plus d’être particulièrement productive en électricité, présente l’avantage de ne pas émettre de gaz à effet de serre. Effectivement, cette énergie, résulte de la scission d’atomes (uranium et plutonium) issus de minerais présents dans la croûte terrestre. La rupture des atomes génère de l’énergie sous forme de chaleur, produisant de l’électricité dans les centrales nucléaires. À la différence des centrales à charbon, l’énergie nucléaire n’émet donc pas de gaz à effet de serre, mais de la vapeur d’eau, tout à fait inoffensive !

Beaucoup moins inoffensifs en revanche, sont ses déchets radioactifs, dont la radioactivité diminue très lentement. Leur recyclage demeure d’ailleurs très faible. Pourtant, 96% du combustible usé serait valorisable, selon EDF. Or seul 1% est à ce jour valorisé, et donc réutilisé. À défaut de s’occuper du reste, ces matières radioactives s’accumulent à près de 21 000 tonnes. Le combustible non réutilisable (4%), le plus dangereux, est enfoui sous la terre. Charge aux générations futures de s’en occuper…

Scénario « 100% énergies renouvelables » : quel rôle pour EDF ?

Dans ce contexte, la ministre de la Transition écologique, réfléchit à la mise à l’écart totale du nucléaire en tant que source d’électricité. Dans ce cas, on peut s’interroger : comment EDF se positionnerait-il sur ce secteur ? Elisabeth Borne affirme en tout cas, qu’elle souhaite l’inclure dans sa politique énergétique. À cet égard, elle l’invite à réfléchir à la façon dont il pourrait s’inscrire dans un tel scénario.

Scénario 100% énergies renouvelables : un projet pas suffisamment étudié selon la ministre de la Transition écologique.

Seulement, EDF ne semble pas du tout dans la perspective d’un scénario « 100% énergies renouvelables ». Selon le PDG d’EDF, « il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires ». EDF entend bien continuer à développer et à étendre son parc. Si la propension de son activité ne concorde plus avec la politique énergétique, la firme devra pourtant bien revoir son activité. Élisabeth Borne n’aura d’ailleurs pas manqué de lui rappeler que la politique énergétique est fixée par le gouvernement.

Un scénario « 100% énergies renouvelables » serait quoi qu’il en soit une révolution pour EDF, qui a fait du nucléaire, sa spécificité et son ADN, depuis les années 1970.

Par Johanna Castelle, publié le 17 Novembre 2019  à 02h00 UTC

NDLR : c’est beau de rêver ! Mais ce n’est pas une raison pour s’endormir !

https://www.tameteo.com/actualites/science/scenario-100-energies-renouvelables-un-bouleversement-pour-edf.html

Nov 18

REDÉMARRAGE DES RÉACTEURS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CRUAS

EDF a annoncé, jeudi 14 novembre, prévoir un redémarrage progressif des réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) durant la première quinzaine du mois de décembre.

La centrale nucléaire de Cruas avait été arrêtée pour des contrôles à la suite du séisme qui a touché la région lundi dernier. L’épicentre du séisme se situait à 23 kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) et à 26 kilomètres du site du Tricastin (Drôme), regroupant notamment une centrale nucléaire et des usines d’Orano (ex-Areva) de traitement de combustibles nucléaires.

C’est la procédure obligatoire”, avait précisé la préfète de l’Ardèche sur France Bleu, ajoutant qu’il s’agit de “faire un tour des installations et de confirmer le diagnostic et l’innocuité de ce séisme“. Les résultats des contrôles seront transmis à l’Autorité de Sûreté nucléaire, poursuit le fournisseur d’électricité dans un communiqué.

Baisse de sa perspective de production nucléaire pour l’année

L’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a signalé lundi qu’« aucun dommage apparent » n’avait été noté sur le site ardéchois. Mais les valeurs enregistrées dépassant les seuils à partir desquels un examen plus poussé des réacteurs était nécessaire, EDF avait décidé d’arrêter la production d’électricité de cette centrale. Les prévisions financières restent inchangées, précise le groupe.

Cela conduit EDF à revoir une nouvelle fois à la baisse sa perspective de production nucléaire pour l’année, entre 384 et 388 térawattheures (TWh), contre environ 390 TWh précédemment et 395 TWh initialement.

Un article de la rédaction du Journal de l’éco, publié le 18/11/2019 à 06h02

Photo en titre : Centrale nucléaire de Cruas

https://lejournaldeleco.fr/redemarrage-des-reacteurs-de-la-centrale-nucleaire-de-cruas/#.XdLKndVCe70

Nov 18

PIRATAGE DU RÉSEAU D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE INDIENNE : QUELLES LEÇONS POUVONS-NOUS EN TIRER ?

Quelques pistes de réflexion

Dans un communiqué publié le 30 octobre 2019, A. K. Nema, directeur associé de NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited) a reconnu qu’un logiciel malveillant avait été trouvé sur le réseau administratif de la centrale nucléaire de Kudankulam (KKNPP, une filiale de la NPCIL). Le malware a été identifié par plusieurs chercheurs en sécurité comme étant une version de Dtrack, un cheval de Troie développé par le groupe Lazarus, un groupe de piratage informatique d’élite de la Corée du Nord. Trois jours plus tôt, un chercheur indien en cybersécurité avait publié des informations relatives à cette brèche. Les autorités indiennes avaient d’abord nié avoir subi une attaque avant d’avouer que l’intrusion avait été découverte début septembre et que des efforts étaient en cours pour y remédier.

Selon le Washington Post, Kudankulam est la plus grande centrale nucléaire d’Inde, « équipée de deux réacteurs à eau sous pression VVER conçus et fournis par la Russie, d’une capacité de 1 000 mégawatts chacun. Les deux réacteurs alimentent le réseau électrique sud de l’Inde. La centrale ajoute quatre réacteurs de même capacité, faisant de la centrale nucléaire de Kudankulam l’une des collaborations les plus importantes entre l’Inde et la Russie ».

Alors que les opérations des réacteurs à Kudankulam n’auraient apparemment pas été affectées, cet incident devrait servir de sonnette supplémentaire pour rappeler que le secteur de l’énergie nucléaire doit prendre plus au sérieux la cybersécurité. Des informations inquiétantes semblent indiquer que ce n’est actuellement pas le cas : un rapport publié en 2015 par le groupe de réflexion britannique Chatham House a révélé des lacunes profondes dans l’approche de la cybersécurité du secteur nucléaire, de la réglementation à la formation en passant par le comportement des utilisateurs. En général, les exploitants de centrales nucléaires n’ont pas réussi à élargir leurs cultures de sûreté et de sécurité à la sensibilisation aux cybermenaces. Par culture de sûreté et de sécurité, ceux qui se trouvent sur le terrain, tels que le Groupe de travail sur les matières fissiles, font référence à une approche globale de la sécurité nucléaire, qui prend en compte le facteur humain et englobe des programmes sur la fiabilité et la formation du personnel, l’interception du trafic illicite, la sécurité des douanes et des frontières, le contrôle des exportations et sécurité informatique, pour ne citer que quelques éléments.

Ce laxisme pourrait être compréhensible si l’incident indien était le premier du genre. Plus de 20 cyber incidents survenus dans des installations nucléaires ont été recensés depuis 1990. Ce nombre inclut des éléments relativement mineurs, tels que des accidents dus à des bogues logiciels, des mises à jour insuffisamment testées et des intrusions délibérées, mais cela démontre que le secteur nucléaire n’est pas à l’abri des cybermenaces liées. En outre, au fur et à mesure que la numérisation des systèmes d’instrumentation et de contrôle des réacteurs nucléaires augmente, les risques de cyber incidents malveillants ou accidentels augmentent également.

Une situation qui devrait également réfuter le vieux mythe, malheureusement répété dans les remarques des responsables de Kudankulam, selon lequel ce que l’on appelle le air gap sécurise efficacement les réseaux opérationnels des usines. Cette mesure consiste à séparer les réseaux d’entreprise connectés à Internet de l’usine des réseaux opérationnels qui contrôlent les processus de l’usine. Cela a pour but d’empêcher les logiciels malveillants provenant de réseaux d’entreprise infectés plus facilement d’affecter les systèmes de contrôle industriels. L’intrusion à Kudankulam semble jusqu’à présent limitée aux réseaux d’affaires de l’usine, mais les air gap n’ont pas réussi à la centrale nucléaire de Davis-Besse dans l’Ohio en 2003 et ont même contourné pour accéder à des dossiers classés dans les systèmes militaires américains en 2008. Le même rapport de Chatham House a révélé de nombreuses preuves du comportement des employés qui contourneraient les air gap en faisant des choses telles que charger des personnels via les connecteurs USB de la salle de commande du réacteur ou installer des outils d’accès à distance pour les sous-traitants.

Les conséquences d’une intrusion cybernétique dans une centrale nucléaire peuvent aller de la perte d’informations confidentielles concernant les employés ou les activités commerciales, en passant éventuellement par l’arrêt du réacteur ou des dommages matériels. L’industrie doit comprendre que les cyberattaques peuvent être l’événement principal, et non simplement un moyen de permettre des menaces imaginaires plus traditionnelles, telles que des intrusions physiques. Et quelles que soient les conséquences d’un incident donné, les déclarations publiques telles que celles des autorités indiennes, qui refusaient d’admettre la possibilité d’une cyberattaque, vont saper la confiance du public, alors que cette confiance constitue une ressource existentielle pour de nombreux programmes nucléaires.

Malgré les spéculations quant à une éventuelle responsabilité nord-coréenne ou à une escalade avec le Pakistan, révéler les coupables et les motivations associées à l’attaque de Kudankulam est moins important pour le secteur de l’énergie nucléaire que de réparer les défaillances systémiques qui l’avaient permis. La bonne nouvelle est que les solutions ne manquent pas: la Nuclear Regulatory Commission (Commission de réglementation nucléaire) a publié des directives à l’intention des exploitants américains pour améliorer le développement des effectifs et l’évaluation des performances de la cybersécurité dans les centrales nucléaires. Et la National Nuclear Security Administration inclut la cybersécurité dans ses évaluations de la sécurité dans des installations américaines et internationales, ainsi que des échanges techniques et des programmes de formation. Il a également mis au point un cours sur la cybersécurité destiné aux exploitants de centrales nucléaires, en partenariat avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui a publié ses propres guides techniques sur la sécurité informatique.

Il convient toutefois de noter que l’ampleur et la complexité du problème ne feront probablement que croître à mesure que d’autres États rejoindront le club de l’énergie nucléaire. Et même avec des années d’expérience, aucun pays n’est à l’abri de la cyberattaque : l’incident indien s’est produit dans un pays dont le programme d’énergie nucléaire remonte aux années 50 et de précédentes cyberattaques ont frappé des installations nucléaires dans des pays dotés de programmes de ce type déjà établis depuis longtemps, y compris le Japon, la France et les États-Unis. Le fait qu’ils soient toujours victimes d’infractions augure mal pour de futurs nouveaux arrivants comme la Jordanie, dont l’équipe nationale d’intervention en cas d’urgence informatique n’a que deux ans. On peut s’attendre à ce que les nouveaux venus dans le secteur nucléaire avec une expertise moindre en matière de cybersécurité auront besoin de plus d’aide de leurs partenaires internationaux et devront faire face à une ascension encore plus raide vers le maintien de cette main-d’œuvre.

Si la récente cyberattaque a un côté positif, c’est que l’Inde a maintenant la possibilité de devenir un chef de file en matière de cybersécurité nucléaire. L’Inde a mis en place le partenariat du Centre mondial de l’énergie nucléaire en tant qu’instance de coopération bilatérale et multilatérale en matière de sécurité nucléaire, qui pourrait être élargie à la cybersécurité.

Le problème de la cybersécurité n’est pas nouveau dans le secteur de l’énergie nucléaire et il ne nécessite pas de solutions radicalement différentes de celles déjà existantes dans des domaines tels que la finance et l’aviation commerciale. L’histoire de la culture de sûreté et de sécurité de l’industrie nucléaire et le corpus de recherches sur les recommandations sectorielles en matière de cybersécurité peuvent, ensemble, ouvrir la voie à une industrie de l’énergie nucléaire qui se défend mieux contre les cybermenaces. Les moyens de favoriser la coopération et de partager les meilleures pratiques ont été définis, de même que la nécessité de développer la main-d’œuvre.

Par Stéphane le calme, publié le 18 novembre 2019 à 13h39,

Sources : Washington Post, NPCNIL, Indian Times, rapport de Chatam House, rapport Berkeley, Foreign Affairs, conséquences des cybermenaces

Nov 17

WASHINGTON ET SÉOUL FAVORABLES AU DIALOGUE

AVIATION : Pour éviter une escalade avec la Corée du Nord, États-Unis et Corée du Sud ne vont pas réaliser de manœuvres conjointes.

Les États-Unis et la Corée du Sud vont reporter leurs manœuvres aériennes conjointes pour favoriser le dialogue avec la Corée du Nord, a déclaré le secrétaire américain à la Défense Mark Esper dimanche à Bangkok.

«Nous avons pris cette décision en signe de bonne volonté pour contribuer à une atmosphère propice à la diplomatie et au progrès de la paix», a-t-il expliqué à des journalistes en marge d’une réunion avec des homologues de l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean) dans la capitale thaïlandaise.

«Nous ajusterons nos exercices»

Le ministre américain avait déjà laissé entendre jeudi que les États-Unis pourraient ajuster l’ampleur des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud en fonction des progrès des négociations avec la Corée du Nord. «Nous ajusterons nos exercices militaires, à la hausse ou à la baisse, en fonction des besoins de la diplomatie», avait-il dit.

Les pourparlers entre les États-Unis et la Corée du Nord sont au point mort depuis l’échec d’un sommet à Hanoï en février entre Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un.

Washington et Pyongyang n’étaient alors pas parvenus à s’entendre sur le démantèlement du programme nucléaire nord-coréen en échange d’une levée des sanctions économiques internationales.

«Faire preuve de bonne volonté»

Mark Esper a appelé Pyongyang à retourner à la table des négociations et à «faire preuve de la même bonne volonté dans ses décisions concernant l’entraînement, les manœuvres et les essais». Mark Esper a tenu à préciser que ce report n’était pas une concession mais un effort pour donner «un peu plus de marge» aux diplomates pour conclure un accord.

Début novembre, la Corée du Nord avait vivement critiqué l’annonce de ces manœuvres militaires, qui devaient débuter le 18 novembre, y voyant «une déclaration de confrontation» susceptible de nuire au processus diplomatique. (ats/nxp)

Publié le 17.11.2019 à 13h00

Photo en titre : Image: Keystone (150 Images)

https://www.24heures.ch/monde/washington-seoul-favorables-dialogue/story/31407958

Nov 17

LA FRANCE VA-T-ELLE ARMER LE PRIX NOBEL DE LA PAIX ?

« Le Point » s’est procuré la (longue) liste de courses du Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, envoyée à l’Élysée : des Rafale, des hélicoptères et des missiles nucléaires.

Deux mois avant d’être auréolé du prix Nobel de la paix, le Premier ministre éthiopien s’est fendu d’un courrier à « Son Excellence » le président Emmanuel Macron. Le 22 juillet 2019, Abiy Ahmed demande à la France de l’aider « à renforcer l’armée de l’air éthiopienne » en lui fournissant, à crédit, un arsenal de pointe détaillé sur trois pages. Cette liste comprend : 12 avions de combat (dont des Rafale et des Mirage 2000), 18 hélicoptères et 2 avions de transport militaire fabriqués par Airbus, 10 drones Dassault, des systèmes de brouillage électronique et, encore plus surprenant, une trentaine de missiles M51 d’une portée de plus de 6 000 kilomètres… et à tête nucléaire ! Une demande pour le moins extravagante (et illégale) sachant que la France comme l’Éthiopie ont signé le traité de non-prolifération nucléaire.

Pour le reste, la France a, certes, entériné un nouveau partenariat de défense en mars 2019, mais personne ne s’attendait à un tel appétit militaire et formalisé aussi rapidement de la part de l’un des pays les plus pauvres de la planète. Si l’on se réfère aux prix de vente de précédents contrats similaires, la facture pourrait dépasser les 4 milliards d’euros*.

En visite à Addis-Abeba au printemps dernier, l’objectif d’Emmanuel Macron était de développer le commerce accaparé aujourd’hui par la Chine et de développer des forces navales (qui ont disparues après la scission et l’indépendance de l’Érythrée), écrit le journaliste du Point Patrick Forestier. « Cette coopération avec la France n’est pas de court terme, elle est stratégique, elle est ancienne et elle peut aller bien au-delà des forces navales », avait alors annoncé Abiy Ahmed. Tout est dans le « au-delà ». Si l’ex-militaire devenu Premier ministre rêve des mêmes missiles que ceux des sous-marins nucléaires français, son pays n’a plus d’accès à la mer rouge depuis 1993. Comme le laisse penser sa liste de courses, sa priorité est d’abord de redorer le blason de son armée de l’air, à bout de souffle et « vieille de 90 ans ».

Lire aussi Éthiopie : le Nobel de la paix d’Abiy Ahmed n’efface pas les importants défis

Leader de l’Afrique de l’Est…

À l’international, le leadership d’« Abiy » impressionne. Un an après l’accord de paix avec l’ennemi érythréen de 60 ans, le Premier ministre s’est imposé comme médiateur au Soudan pour faciliter la transition démocratique en cours. Mais, dans la région, tous ne voient pas d’un bon œil cette renaissance géopolitique.

L’Égypte, en particulier, s’inquiète de l’entêtement éthiopien à vouloir remplir au plus vite son futur barrage (« Renaissance »), sans se soucier des conséquences dramatiques sur le débit du Nil irriguant 90 % des champs égyptiens. En pleine crise diplomatique, le Premier ministre éthiopien avait déclaré en octobre dernier : « Si nous devons entrer en guerre, nous pouvons mobiliser des millions de personnes pour défendre le barrage. » Depuis l’intervention d’une médiation américaine début novembre, les tensions sont redescendues d’un cran, mais le différend est loin d’être résolu.

Officiellement, la France refuse de s’impliquer dans ce dossier épineux, d’autant qu’elle a noué un partenariat stratégique avec l’Égypte d’Al-Sissi, l’un des principaux acheteurs d’armements français depuis 2014. Mais des Rafale avec le drapeau éthiopien pourraient gripper cette relation franco-égyptienne. « Les Égyptiens le prendraient mal, car nous sommes plus qu’en concurrence avec les Éthiopiens, qui ont tout fait pour aboutir au blocage de la voie diplomatique », estime Tewfik Aclimandos, professeur à l’université du Caire et fin connaisseur de l’état-major égyptien.

Lire aussi Égypte : derrière le business, le « partenariat stratégique » de Sissi avec Macron

En modernisant son aviation, « l’Éthiopie veut réaffirmer son statut de puissance régionale, vis-à-vis de ses voisins un peu plus sceptiques, comme le Kenya et l’Égypte, ou encore la Somalie », explique Sabine Planel, de l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Selon cette spécialiste du pays, ces ambitions militaires ne sont néanmoins pas contradictoires avec son image de stabilisatrice régionale, puisque, en « se dotant d’un arsenal militaire, l’Éthiopie renforce sa crédibilité dans la région en tant que gardienne locale de la paix et se présente comme un rempart contre les mouvances djihadistes présentes dans la Corne de l’Afrique ».

… au bord de l’implosion interne

Les soldats éthiopiens participent déjà à plusieurs missions de maintien de la paix en Somalie, Soudan et Soudan du Sud. Dans des zones où les organisations internationales tendent de plus en plus à déléguer leurs interventions à des acteurs locaux, l’Éthiopie entend « adapter son armée à de futures opérations et à une force de dissuasion régionale motrice d’interventions conjointes dans le cadre de l’ONU », précise un analyste défense de la région qui souhaite rester anonyme et assure que l’Éthiopie s’est aussi tournée vers les États-Unis, la Russie et l’Italie pour renforcer son arsenal.

Ce rôle de gendarme régional tranche avec son incapacité à gérer ses propres tensions intérieures. En novembre dernier, 86 personnes ont été tuées dans des manifestations surgies à l’appel d’un opposant politique. « L’Éthiopie est au bord de l’implosion interne. Une restructuration plus globale du secteur militaire (dans l’hypothèse où les hommes suivraient les armes, et quand bien même cela serait financé sur d’autres budgets) favoriserait sans doute une résolution autoritaire et violente de la crise actuelle. Tout renforcement de ce secteur dans une situation de crise doit être surveillé avec beaucoup d’attention » prévient Sabine Planel.

Lire notre reportage en Éthiopie : l’abiymania ne fait plus rêver, Éthiopie : chez les Amharas, l’amertume après le « coup d’État » et Éthiopie : les espoirs déçus des Oromos

Endettée, l’Éthiopie en a-t-elle les moyens ?

Au-delà des considérations politiques, l’Éthiopie pourrait-elle rembourser l’État français ? Dans la lettre envoyée à Emmanuel Macron, le Premier ministre reconnaît lui-même son « manque criant de devises étrangères » et sollicite un prêt afin « d’être livré dans une courte période de temps ». Le service communication de l’Élysée assure au Point que « l’accord signé en mars dernier ouvre la voie à des coopérations sectorielles dans le domaine de la marine et de l’armée de l’air », mais que la France « n’en est pas à ce niveau de discussion ».

Avec une dette publique qui s’élève à 61 %, selon la Banque mondiale, ce pays de 110 millions d’habitants accumule déjà les emprunts étrangers. Entre 2006 et 2015, la Chine lui a prêté 13 milliards de dollars, en échange de l’octroi de licences pour des projets d’investissements. En juin 2018, la banque centrale éthiopienne a reçu un milliard de dollars des Émirats arabes unis, qui auraient joué un rôle dans le rapprochement entre l’Éthiopie et l’Érythrée, où se situe leur base arrière dans leur guerre menée au Yémen. Deux autres milliards de dollars émiratis vont, par ailleurs, financer des investissements en Éthiopie, vue par le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed Ben Zayed, comme un pivot de sa politique d’expansion et d’influence en Afrique.

Lire aussi Comment les Émirats arabes unis investissent l’Afrique

*L’Égypte a acheté 24 Rafale, pour environ 90 millions d’euros chacun. Selon La Tribune, l’Ukraine a commandé des hélicoptères H-225 Super Puma autour de 15 millions d’euros l’unité, 5 millions pour le H125M et 11 millions pour le H145M ; l’Inde a acheté autour de 28 millions d’euros l’Airbus C295. Les drones Dassault Neuron n’ont pas encore été exportés, mais son programme a coûté 406 millions d’euros.

Par Lavrilleux Ariane, publié le 17/11/2019 à 15h00 | Le Point.fr

Photo en titre : Abiy Ahmed et Emmanuel Macron à Addis-Abeba le 12 mars 2019. © LUDOVIC MARIN / POOL / AFP

Pour voir le Document Sans Titre du 11/15/2019 – 1766 publié par alpoisson

https://www.lepoint.fr/monde/la-france-va-t-elle-armer-le-prix-nobel-de-la-paix-17-11-2019-2347906_24.php

Nov 17

SUR LA CAUSE DU TREMBLEMENT DE TERRE EN ARDÈCHE ET SES SUITES NUCLÉAIRES

La centrale nucléaire de Cruas a-t-elle été impactée par le séisme du 11 novembre ? Son redémarrage, prévu demain, est reporté à décembre… Et on apprend ce soir, via Le Point, que des sismologues évoquent la possibilité d’une origine humaine du séisme. Explications.

Le 11 novembre, la commune du Teil en Ardèche était victime d’un tremblement de terre d’une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter, dont l’épicentre est situé à seulement douze kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas. Dans les heures qui suivirent, on apprenait que les sismologues se demandaient si le séisme ne s’était pas en réalité produit sur une faille jusqu’alors inconnue des scientifiques. Ce qui nous a étonné, c’est qu’on pense que la faille des Cévennes produit des séismes décrochant, analyse le sismologue Jérôme Vergne qui ajoute que les premières analyses des données du tremblement de terre d’hier montrent un mécanisme inverse avant de conclure sur deux possibilités : soit la faille des Cévennes était mal comprise, soit le tremblement de terre provient d’une autre faille, encore inconnue jusqu’alors [Lire ici]. Voilà de quoi s’inquiéter face aux affirmations du lobby nucléaire français qui, depuis quarante ans, nous vante la prise en compte des risques sismiques lors de la construction des centrales. Il y aurait là une faille et leurs études géologiques ne la connaissaient pas ! Ça fait un peu froid dans le dos !

Mais il y a mieux. Dans un article publié ce 14 novembre, Le Point révèle que le tremblement de terre pourrait avoir une origine humaine et être lié à l’exploitation d’une carrière du groupe Lafarge qui a récemment obtenu une autorisation d’extension de son exploitation. Les arguments sont sérieux. Le tremblement de terre est survenu entre un et deux kilomètres dans la croûte terrestre. Or, c’est très étonnant pour un pays comme la France où les séismes se situent généralement entre 5 et 20 kilomètres de profondeur. Une faible profondeur est une particularité que l’on retrouve lors des séismes induits par l’activité humaine », souligne Jean-Robert Grasso, membre du laboratoire ISTerre (université Grenoble-Alpes), qui juge étrange de retrouver des traces de failles visibles en surface pour un séisme de cette intensité. Les sismologues seraient également étonnés du très faible nombre de répliques, ce qui est anormal après un choc principal d’une magnitude de 5 [Voir ici]. Si cette hypothèse était confirmée, l’incurie de l’administration, totalement imprévoyante, serait alors à son comble…

La situation à la centrale de Cruas ne semble pas au beau fixe.

Dans les heures qui suivirent le tremblement de terre, la préfète du département de l’Ardèche s’empressait d’indiquer sur BFM TV qu’aucun dégât n’avait été constaté sur la centrale nucléaire. Pourtant, dès le lendemain avec le même optimisme de la volonté, EDF décidait de suspendre momentanément la production des réacteurs, des “vibrations” ayant été enregistrées qui nécessitent de procéder à des contrôles complémentaires et préventifs [Voir ici].

Dès le lendemain, se voulant rassurant, un porte-parole d’EDF annonçait que le redémarrage de la centrale était programmé pour vendredi (demain) après un « audit approfondi », les équipes restant mobilisées sur place pour passer en revue l’ensemble des systèmes de sûreté ». « On s’attelle à être bien certain d’être pleinement confiant dans nos installations avant le redémarrage », avait-il conclu [Voir ici].

La confiance dans les installations de Cruas est-elle encore de mise ? Dans un communiqué anodin évoquant sa production d’électricité sur l’ensemble de l’année, EDF a annoncé ce matin qu’EDF poursuivait ses contrôles sur les réacteurs de la centrale de Cruas avec l’objectif de les terminer sous une semaine. Les résultats seront ensuite transmis à l’Autorité de Sureté Nucléaire (..) EDF prévoit maintenant un redémarrage progressif des réacteurs de Cruas dans la première quinzaine du mois de décembre [Lire ici]. Quels dégâts réels a subi la centrale ?

Soyons vigilants.

Par Edward Sexby, Blog : Killing no murder, publié le 14 novembre 2019

Photo en titre : Centrale nucléaire de Cruas la nuit © Lodama – Licence CC (Wikipedia)

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https://blogs.mediapart.fr/edward-sexby/blog/141119/sur-la-cause-du-tremblement-de-terre-en-ardeche-et-ses-suites-nucleaires

Nov 17

UN AVENIR PLUS “VERT” POUR LES ZONES ABANDONNÉES DE FUKUSHIMA

Le Japon devrait prochainement lancer un projet visant à équiper certaines zones abandonnées de la préfecture de Fukushima, au nord-est du Japon, en parcs solaires et éoliens.

Le 11 mars 2011, tout le monde s’en souvient. Un tremblement de terre de magnitude 9 frappait la côte est du Japon, entraînant la formation d’un tsunami qui déferla ensuite sur la ville de Fukushima. La centrale nucléaire n’a pas tenu, et trois réacteurs sont entrés en fusion. La décontamination du site est toujours en cours. Elle devrait encore se poursuivre pendant plusieurs années (voire plus).

Autour du site, plusieurs milliers d’hectares de terres ont été abandonnés à cause des radiations. Au cours de ces dernières années, des projets ont été proposés dans le but de les transformer en zones productrices d’énergies renouvelables. Mais les investissements n’ont pas suivi… Jusqu’à maintenant.

Centrales solaires et éoliennes

En effet, la Banque de développement du Japon et la Mizuho Bank, propriété du gouvernement, se sont récemment entendues pour le déblocage prochain de 300 milliards de yens (environ 2,5 milliards d’euros), dans le but de construire 11 centrales solaires et de 10 parcs éoliens dans la région à l’horizon 2024.

Une fois opérationnel, ce projet d’envergure pourra produire environ 600 mégawatts l’électricité, soit l’équivalent des deux tiers d’une centrale nucléaire. Cette énergie produite sera ensuite renvoyée dans la région métropolitaine de Tokyo.

Pour le moment les combustibles fossiles restent la plus grande source d’énergie au Japon, mais le secteur des énergies renouvelables prend de plus en plus de place. Il représente aujourd’hui environ 17 % de sa consommation totale d’énergie. À terme, le Japon ambitionne de produire les deux tiers de son électricité grâce aux énergies vertes d’ici 2030.

La préfecture de Fukushima au Japon après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011. Crédits : US Navy

En attendant, la préfecture de Fukushima porte encore sur les bras près d’un millier de réservoirs contenant plus d’un million de tonnes d’eau contaminée par des matières radioactives. Les responsables du site ne savent toujours pas quoi en faire. Récemment, ils ont annoncé leur intention d’en rejeter une grande partie dans le Pacifique.

Toute cette eau a déjà été nettoyée de 62 radionucléides (atomes qui ont un excès d’énergie nucléaire). En revanche, il reste du tritium – un isotope radioactif de l’hydrogène – qui ne peut être nettoyé avec le système actuel de décontamination. C’est pourquoi les autorités japonaises aimeraient le diluer dans l’océan. Une intention qui ne passe pas auprès des associations environnementales et de Séoul.

Par Brice Louvet, rédacteur sciences, publié le 16 novembre 2019, 11 h 11 min

Photo en titre : Planète & Environnement

https://sciencepost.fr/un-avenir-plus-vert-pour-les-zones-abandonnees-de-fukushima/

Nov 17

[AVIS D’EXPERT] GARANTIE D’ORIGINE D’ÉNERGIE VERTE : POURQUOI TANT DE HAINE ?

TRIBUNE – Pour Julien Tchernia, Président et Co-fondateur d’ekWateur, le débat autour de la décorrélation dans le temps entre l’achat des garanties d’origine d’énergies renouvelables (éolien, solaire et hydraulique) et l’achat d’électricité en fonction des demandes des clients est un faux problème et ne retirent rien à l’intérêt de ces certificats verts.

Face à la demande croissante des clients de consommer de l’énergie verte, de nombreux fournisseurs d’énergie proposent des offres 100 % renouvelables. Pour s’assurer du caractère vert des offres, ils utilisent la Garantie d’Origine (G.O.), un label certifiant qu’une source d’énergie renouvelable (éolienne, photovoltaïque, hydraulique ou autre) a bien été injectée sur le réseau électrique. Décorrélé temporellement de l’achat d’énergie, ce label est aujourd’hui fortement décrié par de nombreux détracteurs. Une attitude regrettable car c’est le seul véritable système de traçabilité de l’énergie. Point sur les forces et faiblesses des G.O.

Rien ne différencie un électron vert d’un électron fossile

Nucléaire, charbon, hydraulique, solaire, éolien, l’énergie électrique provient de différentes sources et est injectée sur le même réseau, interconnecté depuis la Pologne jusqu’au Portugal. Or rien ne distingue un électron d’un autre électron, qu’il soit « vert » ou « gris ». Une fois injecté sur ce réseau unique, il devient intraçable. Pourtant, depuis l’ouverture du marché de l’énergie en 2007, de nombreux fournisseurs d’énergies comme Total, Direct Energie, Engie, Enercoop, ekWateur, Planète Oui et bien d’autres, proposent des offres vertes ou labélisées « 100 % renouvelable« . Certains présentent même des offres renouvelables « Premium« . Mais que signifie cette appellation et faut-il s’en méfier ?

Un soutien aux producteurs d’énergie renouvelable…

S’assurer que l’électron qui arrive chez le client provient d’une source identifiée n’est pas possible. Pour répondre à ce besoin de traçabilité, l’Union Européenne a mis en place un système de traçabilité financière de l’énergie renouvelable produite : la Garantie d’Origine (G.O.). Lancée sous sa forme actuelle en France en 2012, la G.O. certifie, par un document électronique, qu’une source d’énergie renouvelable (éolienne, photovoltaïque, hydraulique ou autre) a injecté une quantité d’énergie (MWh) sur le réseau électrique. Ce certificat, délivré par un organisme indépendant, garantit le caractère 100 % renouvelable de l’énergie d’un producteur.

La G.O. permet, non seulement de soutenir les producteurs d’énergies renouvelables, mais aussi de contrôler leurs ventes en les empêchant de commercialiser deux fois le volume d’énergie issue d’une production renouvelable. En effet, sans G.O., le producteur pourrait, en plus de sa production, acheter de l’énergie sur le marché et la revendre comme renouvelable sans que personne ne s’en rendre compte.

Ce qui irrite certains détracteurs, c’est que le mécanisme des G.O. soit décorrélé temporellement de l’achat d’énergie. Comme l’énergie n’est pas stockable, un producteur de renouvelable est contraint de vendre son énergie sur le marché dès qu’il l’a produite. Ce faisant, il obtient une G.O. qu’il pourra vendre plus tard (la péremption est aujourd’hui d’un an). C’est précisément ces deux temporalités qui permettent d’écouler toutes les G.O. : autrement, le producteur en commercialiserait moins car il ne pourrait pas s’assurer, en temps réel, de ne vendre son énergie qu’à des acheteurs prêts à payer un surcoût pour du renouvelable.

… une garantie pour les consommateurs…

Il existe un marché pour ces G.O. Leur prix, très modeste au départ, a été multiplié par 5 en 10 ans, suite à l’augmentation de la demande. Cela dit, leur abondance permet aux fournisseurs de proposer des offres vertes plus compétitives que les Tarifs Réglementés d’EDF. À titre de référence, en France, 17 % de l’énergie électrique provient de source renouvelable, alors qu’environ 2% seulement des consommateurs ont choisi une offre verte.

Les G.O. apportent donc au consommateur l’assurance que, sur une année, la même quantité d’énergie a été produite par des sources renouvelables que celle qu’il a consommée… et qu’elle n’est comptée que pour lui. Celui-ci peut même identifier si l’énergie comptabilisée provient de nouveaux parcs renouvelables, ou de barrages construits il y a plus de 50 ans. Il peut aussi savoir dans quel pays elle a été produite, et obtenir l’adresse du producteur !

… qui découple les G.O. et des achats d’électricité

Le principal reproche fait aux G.O. est qu’elles permettent à un fournisseur d’acheter l’énergie d’une part et les G.O. d’autre part, et donc qu’il est donc très simple de proposer une offre renouvelable. Mais en quoi la simplicité est-elle un mal ? Évidemment, ce processus permet à des sociétés régulièrement dans le top des entreprises les plus polluantes du monde de proposer des offres vertes. Chacun se fera un jugement sur la sincérité des efforts de ces grands groupes. Il n’empêche que, pour le climat, ce qui importe c’est le volume d’énergie renouvelable injecté sur le réseau. Que l’énergie soit payée d’un côté et la garantie d’origine de l’autre n’a aucune influence sur l’impact positif du renouvelable injecté, ni sur les revenus du producteur.

Pour le climat toutes les offres « 100 % renouvelable » présentant les G.O. des mêmes producteurs se valent, même celles de grands groupes pétroliers par rapport aux offres des start-ups engagées.

Voilà la vérité. La travestir s’apparente à du populisme et à soutenir un discours scientifiquement faux, même s’il est plus agréable à entendre pour les plus « écolo » d’entre nous.

Le consommateur se retrouve néanmoins avec une question : « à qui va mon argent ?« . En effet avec les G.O., la majorité de la dépense énergie d’un client peut parfaitement, par exemple, aller à EDF et seule la partie G.O. ira au producteur de renouvelable. Celui-ci sera bien payé pour son énergie, mais par quelqu’un d’autre. Alors, comment répondre à cette question ?

Les offres premium lient G.O. et producteur

Conscients de cette faiblesse de la G.O., plusieurs fournisseurs proposent des offres Premium. Il s’agit pour l’instant d’initiatives indépendantes. Il n’y a pas encore de « Label Premium » officiel ou complétement unifié. La démarche mérite cependant d’être soulignée. Concrètement, ces fournisseurs s’astreignent à acheter les G.O. et l’énergie chez les mêmes producteurs. Donc, sans être plus vertes ou plus rémunératrices pour le producteur, celles-ci permettent de répondre aux nouvelles aspirations de la société : transparence, traçabilité, circuits courts. L’ADEME s’est emparé du sujet [1]. Espérons bientôt que leurs travaux se concrétiseront bientôt par un label. Il pourrait même être plus ambitieux que celui utilisé aujourd’hui.

Par Julien Tchernia, président et co-fondateur d’ekWateur 

Les avis d’expert et tribunes sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction de L’Usine Nouvelle

Publié le 16/11/2019 À 17h00

Photo en titre : la Garantie d’Origine est un label certifiant qu’une source d’énergie renouvelable (éolienne, photovoltaïque, hydraulique ou autre) a bien été injectée sur le réseau électrique.

https://www.usinenouvelle.com/article/avis-d-expert-garantie-d-origine-d-energie-verte-pourquoi-tant-de-haine.N904129

NDLR: Petit rappel pour info : le site de création de Savoie antinucléaire est alimenté électriquement par un capteur solaire photovoltaïque personnel (installé début 2001) et par Enercoop qui est une offre Premium reconnue par l’ADEME.

Autre argument pour choisir un producteur premium: vous ne financerez plus le nucléaire.

Nov 16

APRÈS LE SÉISME DU 11 NOVEMBRE EN ARDÈCHE, QU’EN EST-IL DU NUCLÉAIRE RÉGIONAL ?

Lundi 11 en fin de matinée, un séisme d’une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter a gravement touché la ville du Teil en Ardèche (en face de Montélimar à une dizaine de kms des réacteurs de Cruas, à une trentaine de ceux du Tricastin, et à une quarantaine du site nucléaire de Marcoule qui, facteur aggravant, y reçoit et conditionne le plutonium destiné aux réacteurs « moxés » (1)). C’est le séisme le plus important survenu en France en seize ans. Au-delà des victimes (1 mort et des blessés), les habitants de la région se sont immédiatement inquiétés du risque de catastrophe atomique et de l’état des centrales nucléaires.

Rappels sur le risque sismique

La région du bas Rhône est une zone de risque sismique important. Sous la pression de la plaque tectonique Afrique sur la plaque Europe, la région est très fissurée avec trois grandes failles qui partent de la Méditerranée vers le nord de l’Europe, et de nombreuses failles transversales. Il en résulte un grand risque sismique illustré par le séisme dévastateur de 1909 de Lambesc, en Provence, de magnitude 6,2. Notons aussi Le séisme de Clansayes en juin 1772 (à 14km de Tricastin) dont les répliques durèrent longtemps.

En remontant sur des milliers et des dizaines de milliers d’années, la paléo-sismologie a révélé l’existence de tremblements de terre d’intensité ou de magnitude très supérieures à celles révélées sur la séquence historique. Nous ne sommes donc pas à l’abri de secousses bien plus fortes que celles prévues.

Les raisons légitimes de l’inquiétude de la population

Les réacteurs de Cruas et Tricastin ont été construits sur la base d’un risque sismique d’une magnitude de 4,7 avec une majoration de sécurité, de magnitude 5,2. Cela nous paraît tout à fait insuffisant, la vallée du Rhône étant particulièrement exposée.

– À la vétusté des équipements, aussi bien à Cruas qu’au Tricastin, s’ajoutent de graves défauts déjà identifiés tels que les fissures des cœurs de réacteur, les soudures des échangeurs de chaleur, corrosion des circuits, ou même le risque d’indisponibilité des groupes électrogènes de secours. Tout cela inquiète légitimement sur les possibles dégradations dues au tremblement de terre.

– Il n’y a pas que les bâtiments et les équipements des réacteurs qui peuvent être atteints par un séisme et mettre en danger leur fonctionnement. La rupture de barrage en amont, la rupture de la digue le long du Rhône qui protège le Tricastin peuvent avoir pour conséquence l’inondation des installations comme cela s’est produit à Fukushima. Cela a d’ailleurs été dénoncé par l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire).

Comment est gérée l’activité du nucléaire suite au séisme (3).

La centrale de Cruas comprend quatre réacteurs (915 MW chacun) et représente environ 5% de la production nucléaire française, EDF doit désormais procéder à son examen. Cruas 1 avait été stoppé début septembre pour des travaux de maintenance. Cruas 2, 3 et 4 ont été arrêtés dès lundi soir, avec l’intention de les redémarrer dès vendredi soir. Mais EDF a averti ensuite que le redémarrage pourrait être retardé, en raison « de la durée du processus de contrôle en cours ». « EDF devra vérifier, entre autres, l’absence de fissures, de fuites au niveau des joints, voir si les ancrages ont été endommagés ou si les équipements ont besoin de nouveaux essais ». Nous apprenons ce jour qu’EDF a prolongé les arrêts des quatre réacteurs et en prévoit les redémarrages échelonnés entre le 2 et 19 décembre.

Deux réacteurs de Tricastin sur les quatre sont également arrêtés: https://www.services-rte.com/fr/visualisez-les-donnees-publiees-par-rte/production-realisee-par-groupe.html, tandis que l’usine d’enrichissement GB2 n’est pas en fonctionnement.

Questions et commentaires. Si au premier abord la magnitude de 5,4 dépasse la marge de sécurité fixée à 5,2, l’exploitant prétend qu’il ne faut considérer que les ondes de surface qui n’auraient atteint que la magnitude de 4,5. Attendons à ce sujet d’en savoir plus.

Dès l’annonce du séisme, la CRIIRAD (2) en situation de vigilance renforcée a confirmé que ses balises de surveillance en continu de la radioactivité atmosphérique en Vallée du Rhône (Valence, Montélimar, Saint-Marcel d’Ardèche, Avignon) n’ont mis en évidence aucune contamination ou élévation anormale du rayonnement ambiant.

Mais on peut se poser des questions sur ce qui a été annoncé jusqu’à présent, ou pas, par EDF et l’ASN :

– Pourquoi le dépassement de seuil n’a été détecté que par un seul des cinq capteurs du site de Cruas? Quelle est la valeur détectée par ce capteur et par les autres ?

– Pourquoi les réacteurs en fonctionnement au moment du séisme n’ont pas été arrêtés instantanément, alors qu’un dépassement de seuil avait été détecté ; est-ce conforme aux règles de sûreté qu’un dépassement de seuil mesuré par un capteur sismique n’entraîne pas la mise à l’arrêt automatique des réacteurs du site ?

– Et la gestion du réacteur Cruas 4 pose question. Il a fonctionné à puissance réduite (360 à 420 MW) depuis le 13 octobre avec des oscillations de puissance irrégulières. Le 9 novembre entre 3h et 5h du matin le réacteur a été mis à l’arrêt (4) jusqu’au 10 novembre pour remonter en puissance jusqu’à 400 MW environ. Le 11 novembre à 17h il a été arrêté progressivement.

Que s’est-il réellement passé pendant près d’un mois pour que le réacteur n°4 fonctionne à puissance réduite avec cet arrêt en urgence? EDF faisait-elle des essais? Est-ce « normal » et autorisé par l’ASN de faire fonctionner un réacteur de 900 MW au tiers de sa puissance pendant une période aussi longue ? L’ASN était-elle au courant ?

On ne peut donc, décemment, se contenter du message rassurant de ces dernières heures « aucune incidence n’est à craindre, ni sur la production d’électricité ni sur la sûreté des installations des centrales du Tricastin et de Cruas ».

Tout cela nous montre une fois de plus qu’on frôle le risque de catastrophe atomique! Jusque-là nous avons eu de la chance, mais jusqu’à quand ? Quand les décideurs comprendront-ils qu’ils n’ont pas le droit d’exposer les populations à de tels dangers.

Ces dangers imposés sans débat démocratique, ne se justifient pas. Ils imposent l’arrêt des vieux réacteurs de notre région en extrême urgence, pendant qu’il en est encore temps.

Par Pierre Péguin, publié le 14 novembre 2019

(1) une bonne partie des plus vieux réacteurs, ceux de 900MW peuvent utiliser un « combustible » conditionné à Marcoule appelé MOX, mélange d’oxydes d’uranium dit « appauvri » et de plutonium, ce qui les rend plus dangereux.

(2) CRIIRAD, Communiqué du 12 novembre 2019 13H, Site http://www.criirad.org

Communiqué de presse STOP nucléaire Drôme Ardèche (collectif ADN) – 11 novembre 2019 18h

(3) La consultation du site internet de RTE indique en temps réel l’état de fonctionnement de l’ensemble des moyens de production d’électricité en France : https://www.services-rte.com/fr/visualisez-les-donnees-publiees-par-rte/production-realisee-par-groupe.html

(4) Le CAN du Sud Est indique sur son site internet qu’il y a eu un arrêt en urgence du réacteur n°4 le 9 novembre : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/11/10/Centrale-atomique-de-Cruas-%3A-arr%C3%AAt-d-urgence-d-un-r%C3%A9acteur-nucl%C3%A9aire

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/11/15/Apres-le-seisme-du-11-novembre-en-Ardeche-qu-en-est-il-du-nucleaire-regional

Nov 16

L’INDE TESTE UN MISSILE BALISTIQUE À CAPACITÉ NUCLÉAIRE

Un missile indien Agni II, pouvant être muni d’une tête nucléaire, a détruit sa cible après avoir parcouru une distance de 2.000 kilomètres lors d’un tir d’essai.

Les forces armées indiennes ont testé avec succès un missile balistique à moyenne portée Agni II, a annoncé le service de presse du Commandement des forces stratégiques du pays.

Tir réussi d’un missile de croisière subsonique en Inde après deux échecs– © AFP 2019 AFP PHOTO / PIB

Le missile, en capacité de porter une ogive nucléaire, a été lancé depuis un site d’essai situé sur l’île d’Abdul Kalam, au large de l’État d’Orissa, dans l’est du pays. Après avoir couvert une distance de 2.000 kilomètres, l’engin a fini par atteindre la cible assignée avec une grande précision, affirme le commandement.

Les forces stratégiques de l’Inde disposent à l’heure actuelle de missiles balistiques Agni I, II, III et IV, qui ont une portée variant entre 700 et 3.500 kilomètres et sont en mesure de porter des ogives nucléaires.

De nouveaux missiles à venir

L’Inde a testé avec succès son missile balistique embarqué Dhanush6 © AP Photo / Biswaranjan Rout

L’Inde mène également des essais du missile balistique Agni V, d’une portée allant jusqu’à 5.500 km. Le premier test réussi a eu lieu le 19 avril 2012. L’arme devrait être mise en service de l’armée indienne dans un avenir proche.

Le pays met également au point l’Agni VI, dont la portée sera supérieure à 10.000 km et qui pourra être lancé depuis un sous-marin.

Publié le 16 novembre 2019 à17h58, mis à jour à 18h11

https://fr.sputniknews.com/defense/201911161042439586-linde-teste-un-missile-balistique-a-capacite-nucleaire/

Nov 16

LES ÉMISSIONS DE GES ONT AUGMENTÉ DE 2% EN 2018… ALLONS-NOUS DROIT DANS LE MUR ?

La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre n’a jamais été soutenue par un si grand consensus mondial. Elle peine pourtant à se mettre en place sur le terrain. Pire : les investissements sont loin d’être à la hauteur. À tel point qu’en France, la stratégie bas-carbone voulue par le gouvernement, risque de ne pas porter ses fruits.

2018 : retour en force des énergies fossiles

Le 5 novembre 2019, Capgemini a publié les résultats de son Observatoire Mondial des Marchés de l’énergie 2019. Et ces résultats ne sont pas optimistes. Premier constat : “Malgré la croissance continue et la baisse du coût des énergies renouvelables, le charbon, le pétrole et le gaz restent la pierre angulaire d’une consommation d’énergie en hausse.” De fait, la consommation énergétique mondiale a augmenté de 2,3% à l’échelle mondiale en 2018. Une hausse de la consommation qui se répercute au niveau des émissions de gaz à effet de serre : ils ont augmenté de 2% en 2018 ! C’est plus qu’en 2017 (1,6%). Si l’Europe fait figure de bon élève avec une croissance nulle pour les GES, d’autres zones ont en revanche des résultats catastrophiques. Les émissions de GES ont augmenté de 2,3% en Chine, de 3,4% aux États-Unis, et même de 6,4% en Inde.

D’après le rapport, “environ 75% de cette hausse résulte de la consommation de pétrole, de gaz et de charbon”. Ce dernier a même connu une hausse de sa consommation de 4% en 2018. Une mauvaise nouvelle pour le climat.

La Chine et l’Inde : 2 acteurs majeurs de la lutte contre les GES

Situation paradoxale : la Chine et l’Inde, qui sont deux des plus gros émetteurs de GES au monde, sont aussi deux pays particulièrement actifs dans le développement des énergies renouvelables. Ces deux acteurs peuvent influer sur la courbe de la pollution. Mais leurs efforts pour les ENR ont du mal à porter leurs fruits. Comme le souligne Capgemini : “Afin de répondre à la demande croissante d’énergie domestique, les deux pays demeureront hautement dépendants des centrales à charbon pendant au moins deux décennies et resteront de grands émetteurs de CO2.”

Pour la Chine comme pour l’Inde, le salut pourrait venir de l’atome. Les deux pays investissent massivement dans le développement d’une filière nucléaire. La construction de plusieurs centrales nucléaires sur leurs territoires pourrait ralentir la tendance, mais pas l’inverser.

La finance climatique mondiale en panne sèche

Si les GES progressent encore, c’est en premier lieu parce que les investissements en faveur des énergies renouvelables ont du mal à se mobiliser. La finance climatique mondiale a marqué le pas en 2018 : elle a péniblement atteint 546 milliards de dollars. En 2017, elle se montait à 612 milliards, soit une baisse impressionnante de 11% des capitaux dévolus à la transition énergétique.

Cette baisse des investissements se fait logiquement sentir sur les ENR. Au premier semestre 2019, leurs investissements mondiaux ont été de 217,6 milliards de dollars, soit une baisse de 14% par rapport à 2018. La situation est d’autant plus ironique que “les énergies renouvelables restent le segment dont la croissance est la plus rapide du secteur [de l’énergie], grâce à la décroissance de leurs coûts permise par les progrès technologiques.” En effet, les ENR ont connu une progression de 14,5% en 2018. Et le coût de production de l’électricité verte (solaire et éolienne) a baissé de 13% en un an.

Et en France ?

Au niveau mondial, l’Europe est la zone la plus avancée en matière de décarbonation. Les émissions de GES sont stables grâce à une stratégie de sobriété énergétique. La consommation d’énergie est jugulée, et les pays européens ont déjà pris des mesures pour limiter leur usage des fossiles. L’abandon du charbon est la décision la plus symbolique (dès 2022 pour la France). Malgré ces éléments, l’Europe a peu de chances d’atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre. La zone Europe devrait réduire de 640% ses émissions de GES à l’horizon 2030. Un “défi difficile à relever” d’après le rapport de Capgemini.

La situation de la France est d’ailleurs un bon exemple de la tendance mondiale. Malgré les ambitions portées par l’Accord de Paris, le gouvernement peine à mobiliser les fonds suffisants. Ce dernier a pourtant fixé un cap précis : 15 milliards d’investissements chaque année pour la transition énergétique ; puis 30 milliards chaque année dès 2024. Malgré cette ambition, le budget 2020 ne prévoit qu’une augmentation de 800 millions d’euros pour le ministère de l’écologie. Dans l’optique des réductions budgétaires, le ministère sera aussi amputé de 1.000 postes de fonctionnaires.

Rédigé par : La Rédaction, publié le vendredi 15 Nov 2019

NDLR : Là où il y a une véritable volonté politique, il y a toujours un chemin. S’il n’y a pas de chemin, c’est que la volonté affichée n’est que factice. La France en est malheureusement un bon exemple puisque son véritable objectif s’appelle LE NUCLÉAIRE.

https://lenergeek.com/2019/11/15/gaz-effet-de-serre-ges-energies-fossiles-investissements/

Nov 16

NOUVELLE ÉTUDE SCIENTIFIQUE : LE 100% RENOUVELABLE N’EST PAS UNE UTOPIE

Après quatre années et demie de recherches, une équipe de 14 scientifiques encadrés par  l’université de Lappeenranta (LUT) en Finlande et l’Energy Watch Group ont démontré que d’ici 2050, l’humanité pouvait se passer totalement des énergies fossiles et du nucléaire pour son approvisionnement en énergie. La transition vers 100 % d’énergie renouvelable n’est pas seulement possible techniquement, elle sera aussi « économiquement compétitive ».

Nous vous avions déjà rapporté les conclusions d‘une recherche menée par une équipe d’experts de l’université de Stanford [1] aux USA. Ils ont démontré qu’une transition vers 100 % d’énergie renouvelable en 2050 est tout à fait possible dans la plupart des pays de la planète. D’autres études scientifiques viennent régulièrement confirmer ce diagnostic.

Et pourtant des opinions prétendant l’inverse continuent à s’exprimer dans les médias et sur les réseaux sociaux : dans la transition vers un système énergétique mondial neutre en CO2, l’intermittence des énergies renouvelables rendrait inéluctable le recours au nucléaire. Un dogme qui, sauf erreur, n’a jamais été démontré et encore moins validé par une recherche scientifique sérieuse.

Dirigée par le Dr Christian Breyer de l’université de Lappeenranta (LUT) en Finlande, une équipe de 14 scientifiques parmi les plus renommés au monde dans le domaine de la transition énergétique a mené sur une période de quatre ans et demi une nouvelle recherche au cours de laquelle ils ont collecté et analysé une masse considérable de données. Leur conclusion confirme qu’un système composé à 100% d’énergies renouvelables est effectivement possible à l’horizon 2050 dans les secteurs de l’électricité, du chauffage, des transports et du dessalement de l’eau, « pour un coût inférieur au système actuel utilisant des combustibles fossiles et du nucléaire ».

Le solaire et les éoliennes apparaissent comme les nouveaux atouts du futur système énergétique mondial. Les installations photovoltaïques seront la source d’approvisionnement en électricité la plus importante : elles fourniront environ 69% des consommations d’énergie de l’humanité d’ici 2050. L’énergie éolienne interviendra pour environ 18% des besoins, les énergies de la biomasse 5% et l’hydroélectricité 3%. Cela se traduira par une capacité installée dans le monde d’environ 63.400 gigawatts de solaire photovoltaïque et de 8.000 gigawatts d’énergie éolienne. Selon les chercheurs, environ 85 % des consommations en énergie seront fournies en 2050 par les productions locales et régionales décentralisées.

Parts de l’offre d’énergie primaire dans les secteurs de l’électricité, de la chaleur, des transports et du dessalement en 2015 et 2050.

Des résultats conformes aux prévisions de l’Agence internationale de l’énergie : dans un rapport récent, l’AIE, prédit en effet un boom du solaire dans les cinq prochaines années. Les installations décentralisées posées par les particuliers, les entreprises et les commerces devraient notamment connaître une forte croissance. D’ici 2024, elles représenteront 6 % des surfaces de toiture disponibles dans le monde.

Besoins en chaleur

Basés sur 85% de combustibles fossiles en 2015, les approvisionnements en chaleur seront couverts à 100% par les énergies renouvelables en 2050. Les pompes à chaleur auront une place importante : elles fourniront environ 44% des besoins, suivies du chauffage électrique direct à raison de 26%. La biomasse (essentiellement le bois) représentera 12% du mix, de même que le gaz produit par des sources d’énergie renouvelable.

Parts de la fourniture de chaleur en 2015 et 2050

Stockage d’énergie

Pour contrer les arguments selon lesquels l’intermittence de certaines sources d’énergie renouvelable ne permettrait pas à nos sociétés de recourir uniquement aux énergies vertes, les scientifiques expliquent que le stockage de l’énergie jouera un rôle essentiel dans la transition. Il s’agira d’une combinaison des technologies de stockage de l’électricité et de la chaleur. En 2050, celles-ci couvriront environ 23% de la demande d’électricité et environ 26% de la demande de chaleur.

Stockage d’énergie pour la demande d’électricité (à gauche) et la demande de chaleur (à droite)

Faisabilité technique et compétitivité économique

Ce système énergétique reposera sur une « électrification complète dans tous les secteurs de l’énergie « , précisent les auteurs de la recherche. « Une transition vers des énergies 100% propres et renouvelables est hautement réaliste, même aujourd’hui, avec les technologies disponibles » a déclaré le Dr Christian Breyer. Commentant les conclusions de l’étude, Claudia Kemfert, directrice du Département de l’énergie, des transports et de l’environnement à l’Institut allemand de recherche économique (DIW), souligne quant à elle la viabilité économique des énergies renouvelables : « Ce travail démontre de manière impressionnante que le passage aux énergies renouvelables n’est pas seulement réalisable techniquement, mais aussi avantageuse en termes économiques ».

« Les résultats de l’étude prouvent que tous les pays peuvent et doivent accélérer les objectifs actuels de l’Accord de Paris sur le climat » constate le Dr Christian Breyer. « La transition énergétique n’est pas une question de faisabilité technique ou de viabilité économique, mais relève d’une volonté politique », ajoute Hans-Josef Fell, président de l’Energy Watch Group en guise de conclusion. Il enjoint dès lors tous les gouvernements à prendre connaissance des recommandations nées de ce rapport et de les appliquer sans délai.

Vous pouvez consulter :

  • L’étude de l’université LUT et de l’Energy Watch Group (résumé en français)
  • La nouvelle étude de l’AIE sur les énergies renouvelables

[1] L’université Stanford située au cœur de la Silicon Valey, en Californie est classée parmi les meilleures universités au monde, après le MIT mais avant Harvard. Elle compte plus de 20 prix Nobel parmi ses professeurs et ses chercheurs.

Par Bernard Deboyser, publié le 15 Novembre 2019

Note: Bernard Deboyser est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables depuis plus de 30 ans il développe des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d’une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l’administrateur-délégué.

https://www.revolution-energetique.com/nouvelle-etude-scientifique-le-100-renouvelable-nest-pas-une-utopie/

Nov 16

JO 2020 AU JAPON – ATTENTION, ZONE RADIOACTIVE!

Suite à la décision de transférer la tenue du marathon à Sapporo, de nombreuses personnalités et associations écologiques interpellent Thomas Bach, le président du Comité International Olympique : la situation est grave, disent-ils «vous risqueriez de vous en rendre complice, laissant ainsi croire au monde entier que l’accident de la centrale de Fukushima n’a laissé aucune trace et fait désormais partie du passé

Cher Monsieur,

Nous avons appris votre décision de transférer la tenue du marathon à Sapporo, Hokkaïdo, pour minimiser les risques provoqués par la chaleur éventuelle de l’été japonais sur la santé des athlètes et du public. Nous nous étonnons cependant que les risques provoqués par la radioactivité due à l’accident de la centrale de Fukushima Daï-ichi n’aient pas, à notre connaissance, été pris en compte par votre comité. Il est vrai que ceux-ci sont moins « visibles » mais sont source de danger à long terme.

En dépit de neuf années écoulées, actuellement, l’accident nucléaire de Fukushima n’est pas terminé, et fait toujours l’objet d’une déclaration d’urgence nucléaire.

Depuis près de 8 ans les dégagements de radioactivité n’ont pas pu être arrêtés. L’accident a engendré une contamination radioactive excessive dans l’ensemble du Japon et tout particulièrement dans l’Est où la préfecture de Fukushima est touchée de plein fouet. Cette même zone a été, il y a peu, frappée par les typhons Faxai et Hagibis d’une puissance sans précédent ; de fortes doses de la radioactivité toujours présente dans la nature ont été répandues un peu partout par les crues des rivières, et force est de constater que cette dissémination n’est pas contrôlable.

Il est incompréhensible qu’il soit prévu que la flamme olympique débute son parcours à partir du J village, non loin du site de Fukushima Daï-ichi, utilisé comme centre opérationnel de gestion de l’accident nucléaire, et qu’elle doive sillonner toute la zone contaminée.

Les mesures effectuées sur les sols autour du Stade Azuma Fukushima, où sont prévus les matchs de baseball et de softball, ont révélé une contamination allant jusqu’à 6176 Bq/kg.

De même, dans la partie de la baie de Tokyo où auront lieu les épreuves de natation du triathlon, l’eau est non seulement trouble et nauséabonde, mais une radioactivité importante s’y est accumulée. Car il faut savoir qu’à Tokyo aussi de nombreux « hot spots » radioactifs existent maintenant.

Outre l’inquiétude concernant la santé des athlètes en général, nous craignons que cet évènement, dans la région de Fukushima en grande partie contaminée pour des centaines voire milliers d’années, n’efface la gravité de la situation hautement dérangeante des résidents contraints d’y vivre. Parmi ceux-ci, des femmes – enceintes ou en âge de procréer – et des enfants sont touchés par la catastrophe et exposés à des taux élevés de rayonnements ionisants. En ne dénonçant pas la gravité de cette situation, vous risqueriez de vous en rendre complice, laissant ainsi croire au monde entier que l’accident de la centrale de Fukushima n’a laissé aucune trace et fait désormais partie du passé.

Au vu des risques pour la santé encourus au Japon, nous vous demandons de faire vérifier par des scientifiques indépendants les doses de radioactivité présentes dans les localités concernées par les Jeux Olympiques et d’en tirer les conséquences qui s’imposeront.

Par Les Invités De Mediapart, Blog : Le blog de Les invités de Mediapart

Le 14 nov. 2019

Pour retrouver cette lettre ainsi que la liste des nombreuses personnalités et associations signataires, cliquer sur : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/141119/jo-2020-au-japon-attention-zone-radioactive

Nov 15

HUBERT REEVES : « L’IMPORTANT EST QUE NOUS APPRENIONS À VIVRE AVEC NOTRE PUISSANCE »

Le « Téléphone Sonne » reçoit Hubert Reeves, astrophysicien et écologiste. L’occasion de poser toutes vos questions sur le cosmos et le système solaire – mais aussi et surtout au sujet de notre planète, son avenir, sa biodiversité.

Des années durant, nous avons connu Hubert Reeves comme une figure scientifique, un passeur de savoir rendant accessible à tous la connaissance de l’univers, et des lois qui le régissent. 

Depuis, habité par le « démon de la connaissance » comme il l’écrit lui-même, il s’est engagé avec passion pour la cause écologiste. Aujourd’hui, le célèbre astrophysicien se consacre donc à un combat propre à la planète qui est sous nos pieds – preuve que de l’infiniment grand à l’infiniment petit, il n’y a qu’un pas. 

Une lutte pour sauvegarder la biodiversité, pour ralentir le processus destructeur dans lequel l’humanité s’est engagée. Une façon pour lui de rétablir l’équilibre entre l’univers, la nature et les hommes.  Et il n’a rien perdu de son optimisme, ni de sa sérénité : Hubert Reeves parle des façons d’inverser la tendance, de sortir de l’engrenage. C’est à ce titre qu’il est président d’honneur de l’association Humanité et Biodiversité, et de l’Agence française pour la Biodiversité.

Anti-nucléaire

Un auditeur appelle Le Téléphone Sonne pour revenir sur l’engagement anti-nucléaire d’Hubert Reeves tout en posant la question épineuse des connivences : « je voulais savoir quelles sont les perspectives que vous envisagez en matière de production d’énergies propres et énergies solaires et lunaires, parait-il. Mais en ce qui concerne globalement la recherche scientifique, est-ce qu’on n’a pas l’impression que le public n’est pas assez informé sur les interactions vénéneuses qui existent qui sont un frein au développement à la recherche sur l’énergie nouvelle ? »

À cette question, Hubert Reeves répond d’abord énergie solaire : « la façon la plus raisonnable [de chauffer tout le monde] serait le solaire, mais pour l’instant, on n’a pas la capacité de capturer suffisamment d’énergie solaire pour tout le monde »

Tout le monde veut avoir de l’eau chaude dans sa baignoire le matin. Cela se paye.

Hubert Reeves adopte une attitude radicale face au nucléaire, « il faut s’en débarrasser le plus vite possible« , tout en étant bien conscient des problèmes que cela pourrait engendrer : « mais ça ne veut pas dire demain, car si aujourd’hui on arrêtait les réacteurs nucléaires, il y aurait que de l’eau froide dans les baignoires ».

Le problème, pour le scientifique, « c’est que l’on disait que nous allions trouver une solution pour s’en débarrasser, mais on ne l’a toujours pas trouvé. Il y a eu aussi Tchernobyl et Fukushima, et ça aussi, ce sont des avertissements que le nucléaire ce n’est pas pour les humains, c’est une technique pour les anges. Pour les gens parfaits. Les humains sont facilement brouillons… »

Je pense que le problème du nucléaire, c’est que c’est la fin de la pauvreté, l’énergie gratuite.

La collapsologie

Un auditeur s’interroge également sur les croyances d’Hubert Reeves quant à l’avenir de l’humanité : « Si l’on doit subir dans un futur plus ou moins proche un quelconque effondrement qui soit d’ordre climatique ou économique, est-ce que nous disposons des outils à l’heure d’aujourd’hui pour passer outre ? » 

Personne ne connait l’avenir. Les gens qui disent que l’on va vers une catastrophe prétendent connaitre l’avenir.

Face à cette question, Hubert Reeves répond et constate autant les efforts faits que les détériorations de l’environnement autour de nous : « Il y a en ce moment un double mouvement : un, de détérioration de la planète, on augmente la quantité de gaz carbonique que l’on émet, mais en même temps, il y a un très fort développement de restauration de la planète »

Stephen Hawking

« Stephen Hawking avait écrit avant sa mort que l’humanité avait 600 ans pour quitter la Terre. Je vous entends optimiste, je le suis un peu moins que vous. Quelle est votre opinion dessus ? Vous êtes d’accord avec lui ? », demande un auditeur. Hubert Reeves répond : « Non, pas du tout. C’est utopique car les autres planètes sont loin, on en a pour 60 000 ans pour les rejoindre. Mais le plus important, c’est qu’imaginons que nous puissions nous établir sur une planète. Si on n’a pas amélioré notre comportement, on va faire la même chose ». Mais il pointe du doigt la « puissance » de l’être humain face à la catastrophe.

Changer de planète pose question, et face à cela les auditeurs se demandent alors ce qu’est une galaxie massive ? Elles sont « éclectiques et ressemblent à de gros nuages. Il y en a qui n’ont pas de forme, qui sont anormales.« 

L’important est que nous apprenions à vivre avec notre puissance, et le problème, c’est que nous sommes extrêmement puissants…

Photo en titre : Hubert Reeves au salon du livre de Paris – dédicaces sonores © Radio France / Catherine Grain

Par Fabienne Sintes, lundi 11 novembre 2019

Pour écouter l’entretien complet avec Hubert Reeves (38mn), cliquer sur : https://www.franceinter.fr/emissions/le-telephone-sonne/le-telephone-sonne-11-novembre-2019

Nov 15

NUCLÉAIRE : FAUT-IL RAISONNABLEMENT AVOIR PEUR ?

Alors qu’un séisme plus puissant que prévu a frappé la Drôme et l’Ardèche, deux centrales nucléaires sont sous surveillance. L’une d’elle est à l’arrêt. Faut-il raisonnablement avoir peur d’une possible catastrophe, comme le recommandent les “catastrophistes éclairés” ?

À 11h52, ce lundi 12 novembre, un séisme a secoué la Drôme et l’Ardèche. Ses effets ont été ressentis jusqu’à Lyon et Montpellier. Deux centrales nucléaires se situent dans la région : à 23 kilomètres de l’épicentre pour le site de Cruas-Meysse et à 26 pour celui du Tricastin. Le mouvement Sortir du nucléaire a réagi, appelant à prendre le risque sismique “au sérieux dans la vallée du Rhône”.
 
Si l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) ne signale “aucun dommage apparent”, les réacteurs ont néanmoins été arrêtés à Cruas-Meysse, afin de mener des examens. Au Tricastin, en revanche, la centrale reste en activité. Or la magnitude de la dernière secousse (5,4) a pourtant dépassé l’indice du “séisme majoré de sécurité”, soit le séisme de référence d’une magnitude 5,2, retenu par l’ASN pour mesurer les risques.
 
Aujourd’hui, alors que nous sommes conscients qu’une menace sérieuse pèse sur l’Hexagone, nous semblons cependant ne pas vraiment y croire. Attendons-nous qu’une catastrophe se produise pour réagir ?

C’est la crainte des “catastrophistes éclairés”, dont participe Jean-Pierre Dupuy. Pour ce philosophe, il faut distinguer deux conceptions du temps : le temps de l’histoire, qui permet d’appréhender les événements rétrospectivement, et le temps du projet, qui permet d’envisager les événements à venir.

Comme il l’écrit dans Pour un catastrophisme éclairé. Quand l’impossible est certain (Seuil 2002 ; rééd. 2004) : “une redoutable incertitude affecte donc les menaces qui occupent nos esprits : sont-elles très peu probables ou quasi certaines ? Il nous semble qu’elles sont l’une et l’autre chose : très peu probables, sans doute parce que nous n’imaginons pas qu’une catastrophe puisse être à la fois d’une ampleur considérable et fortement probable, l’invraisemblance compensant l’énormité de l’enjeu ; mais, simultanément, quasi certaines, du fait de leur caractère de fatalité. […] Cette configuration inédite, loin de constituer une vision pessimiste de notre situation, représente peut-être notre unique possibilité de salut. C’est parce que nous nous fixons sur cet événement inéluctable qui, peut-être, ne se réalisera pas, que nous trouverons, peut-être, les moyens de faire qu’en effet l’inéluctable ne se produise pas.”
 
S’appuyant sur l’accident de Tchernobyl, il montre qu’une peur rationnelle pourrait prévenir la catastrophe. Ni pessimisme ni fataliste, le raisonnement de Jean-Pierre Dupuy invite à l’action. Selon luile catastrophisme éclairé propose de faire comme s’il s’agissait d’une fatalité, tout en sachant que nous en sommes responsables. C’est une ruse prudentielle que nous mettons en place pour sortir de l’inconscience et de l’inaction.” Dont acte ?

Par Cédric Enjalbert, mis en ligne le 11/11/2019, mis à jour le 14/11/2019

Photo en titre : Centrale de Cruas de nuit (cc) Wikimedia Commons

https://www.philomag.com/lactu/breves/nucleaire-faut-il-raisonnablement-avoir-peur-41728

Nov 15

LA GUERRE D’INFORMATION PAR LE CONTENU DANS LE DOMAINE DU NUCLÉAIRE DU FUTUR

À l’instar des autres domaines stratégiques, l’industrie du nucléaire, et plus particulièrement celle de 4ème génération, est rentrée dans une nouvelle phase de confrontation entre les deux puissances, les États-Unis d’Amérique et la République Populaire de Chine.  Au début des années 2000, les deux puissances ont affichés une stratégie d’ouverture et de coopération dans le domaine du nucléaire de 4ème génération, dans une optique mutuelle de partager les avancées technologiques et de mutualiser les efforts associés. Cependant, cette ouverture n’a cessé de favoriser davantage l’industrie chinoise, ce qui a fait inciter l’administration américaine à basculer vers une stratégie d’encerclement cognitif pour contrebalancer l’accroissement de puissance de l’empire asiatique.

Une stratégie affichée de coopération entre 2000 à 2017 

Pour inciter les différents acteurs du nucléaire de 4ème génération à partager les avancées technologiques dans un cadre de coopération internationale, le département de l’Énergie des États-Unis Department of Energie (DEA) a initié dès l’année 2000, le forum International de 4ème génération The Generation IV International Forum, groupant des hauts représentants gouvernementaux de neuf pays, dont les États-Unis et la Chine, et permettant ainsi d’entamer des discussions sur la collaboration internationale dans le développement de systèmes d’énergie nucléaire de quatrième génération et de constituer un groupe d’experts techniques chargé d’explorer des domaines d’intérêt commun, afin de formuler des recommandations concernant les domaines de recherche et de développement.

Outre ce forum international, cette stratégie d’ouverture a favorisé l’émergence de plusieurs cas de rapprochement entre des acteurs publiques et privés, de différents pays, en quête d’opportunité commercial ou de mutualisation d’investissement dans une industrie nécessitant de gros moyens. L’un des plus remarquable, est le joint-venture signée entre la société américaine terra Power (propriété de Bill Gates) et le géant nucléaire chinois CNNC et dont la création n’a été possible que grâce l’appui des deux gouvernements américain et chinois.

Le changement de cap et le déclenchement de stratégie offensive américaine en 2018

La première phase de la stratégie américaine, permettant l’ouverture aux acteurs mondiaux a favorisé l’émergence de la chine en tant qu’adversaire féroce dans la course, ce qui a nécessité un changement de stratégie, notamment dès l’arrivée au pouvoir du président Donald Trump qui a chargé son secrétaire d’état à l’énergie, Rick Perry, de sa mise en œuvre. La stratégie américaine a été menée sur deux champs de bataille, un champ interne au niveau des différents acteurs nationaux et un autre externe dans le but de freiner l’accroissement de puissance chinoise et ses avancées technologiques dans le domaine du nucléaire.

Au niveau interne, le Département de l’Énergie américain (DEA) a déclaré dans ses plans destinés aux Américains, un objectif de mutualisation de l’ensemble des efforts du secteur publique et privé afin d’accélérer  le déploiement de nouveaux concepts avancés dans le domaine du nucléaire, dans une optique de regain de leadership technologique mondial dans le domaine du nucléaire de 4ème génération, tout en mettant en place plusieurs campagnes d’influence prêchant les avantages du nucléaire comme source d’énergie propre et créatrice d’emplois pour les Américains. Dans la mise en œuvre de cette stratégie interne, deux nouvelles lois ont déjà vu le jour, la première en septembre 2018, Nuclear Energy Innovation Capabilities Act  (NEICA), permettant d’éliminer certaines barrières financières et technologiques faisant obstacle à l’innovation dans le domaine du nucléaire. Cette loi a été annoncée comme un fort engagement de la part du gouvernement de Washington de soutien à l’industrie du nucléaire et sa commercialisation dans le monde.

Les dispositions de NEICA s’appuient sur les partenariats public-privé réussis simplifiés par le biais de la deuxième initiative du Gateway for Accelerated Innovation in Nuclear (GAIN), facilitant un cadre de partenariat publique-privé  offrant ainsi aux partenaires du secteur l’accès à l’expertise et aux installations nucléaires des laboratoires dans une optique de mutualisation des efforts et une accélération de la mise au point de nouvelles technologies innovantes d’énergie nucléaire. Dans la même approche, une nouvelle initiative a été introduite en août dernier, Nuclear Energy Renewal Act  (NERA), dans l’ambition de faciliter le déploiement des réacteurs nucléaires dits « avancés » tout en renforçant le parc actuel en service (notamment avec des programmes de réduction des coûts de maintenance).

Le mécanisme américain de repositionnement des forces actives du pays vient répondre à la stratégie menée par la république de la Chine depuis 2016, dont son orchestre est le géant national China National Nuclear Corporation (CNNC) qui a développé un cadre pour l’innovation technologique nucléaire, appelé Dragon Rising 2020 en associant 23 instituts de recherche en technologie et en mettant en place un système complet de gestion de l’innovation technologique scientifique. Sur le plan international, les États-Unis d’Amérique ont déployé une stratégie d’encerclement cognitif vis-à-vis de la Chine, en mettant sur liste noire, en août dernier, plusieurs groupes nucléaires chinois, ce qui interdit aux entreprises américaines toute activité commerciale avec elles.

Les entreprises chinoises concernées sont sur cette liste noire :

  • China General Nuclear Power Corporation (CGNPC).
  • China General Nuclear Power Group.
  • China Nuclear Power Technology Research Institute Co. Ltd.
  • Suzhou Nuclear Power Research Institute Co. Ltd.

Dans le cadre de l’application de la loi d’extraterritorialité du droit américain, cette restriction impactera l’ensemble de l’écosystème nucléaire, mettant ainsi en péril d’un seul coup, plusieurs acteur  internationaux. À titre d’exemple, le groupe EDF sera contraint de revoir son partenariat avec le China General Nuclear Power Group pour ses projets en Chine et au Royaume-Uni, où il prend en charge un tiers du financement du projet Hinkley Point de construction de réacteurs de type EPR, et avec qui il est subi déjà un risque de dérapage de coût de 10%, associé de plusieurs mois de retard selon le groupe français.

Par Abdelali Arherbi, publié le 15 novembre 2019

https://infoguerre.fr/2019/11/guerre-dinformation-contenu-domaine-nucleaire-futur/

Nov 15

LE GROS CHANTIER DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GRAVELINES

Trois générateurs de vapeur viennent d’être remplacés.

La phase de levage des différents générateurs de vapeur est extrêmement délicate. Elle prend quatre à cinq heures par générateur.

Jeudi 31 octobre : la centrale nucléaire de Gravelines a présenté ses trois nouveaux générateurs de vapeur (GV) à la Commission locale d’information et à la sous-préfecture de Dunkerque.

La centrale en compte trois par réacteur. Les GV produisent de la vapeur pour faire tourner les turbines et générer de l’électricité. Ils sont changés tous les 30 ans.

C’est un chantier comme on en voit rarement, même dans une installation de la taille de la centrale nucléaire de Gravelines.

Au cours des derniers mois, les ingénieurs d’EDF ont procédé au remplacement de trois pièces absolument cruciales dans la production d’électricité d’un réacteur nucléaire : les générateurs de vapeur (GV).

Comme leur nom l’indique, ils permettent de produire la vapeur en chauffant l’eau du circuit secondaire (le circuit primaire étant celui chauffé par la réaction nucléaire) afin de faire tourner les turbines et ainsi de produire de l’électricité grâce aux alternateurs.

Dans la centrale de Gravelines, il y en a trois par réacteur, et ils sont changés tous les 30 ans environ.

À lire aussi : Avant les grands travaux, la centrale nucléaire en progrès

300 tonnes à vide, 20 mètres de haut

Trois gigantesques pièces ont été changées.

« Un GV pèse 300 tonnes à vide pour plus de 20 mètres de haut ! C’est l’opération la plus lourde et la plus technique d’un arrêt de tranche.  »

Il faut arrêter le réacteur, bien sûr, et faire sortir les trois mastodontes, avant de faire entrer les nouveaux.

Un travail de précision, car le moindre millimètre de décalage doit être évité.

La préparation a duré un an sur le site. 1 000 personnes sont dédiées à cette seule opération, des bâtiments neufs doivent être installés (bureaux, entrepôts, atelier de préparation des nouveaux GV…).

Il faut aussi déployer des engins de levage spécifiques autour du réacteur, car le matériel déjà présent à l’intérieur n’est pas suffisant.

Une fois le déchargement complet du combustible et la vidange des circuits primaire et secondaire effectuée, la première étape consiste à sortir les anciens générateurs de vapeur.

Une porte circulaire sur le côté du réacteur est ouverte pour l’occasion.

Vu la taille des générateurs de vapeur, il faut les incliner progressivement pour les sortir à l’horizontale.

Une fois extraits du bâtiment, les vieux GV voient toutes leurs ouvertures obturées, avant d’être stockés sur le site de Gravelines dans des endroits étanches.

Une série de tests sont effectués

Il faut ensuite reproduire le même processus à l’envers pour faire entrer les nouveaux.

Ce seul processus de levage prend quatre à cinq heures et utilise un système de vérins hydrauliques, à la fois « doux et puissant », précise l’ingénieur.

Et tout cela doit être précis. « Le générateur de vapeur rentre au chausse-pied dans la casemate de béton », appuie Vincent Cipriani.

Une fois posé, il faut désormais souder tous les tuyaux. C’est l’étape qui est en cours.

« Ce n’est pas de la ferronnerie d’art, mais presque. » Et d’ajouter : « On va chercher les meilleurs là où ils se trouvent. On en a qui viennent d’Allemagne, par exemple.  »

Une fois la pose terminée, une série de tests sera effectuée pour évaluer la résistance des générateurs de vapeur, avec plus de pression qu’en fonctionnement normal.

Si ces tests sont validés par l’Agence de sûreté nationale (ASN), le réacteur pourra reprendre son fonctionnement normal.

En visite dans le cœur du réacteur pendant les soudures

Lors de cette visite officielle du réacteur nº5, plusieurs membres de la Commission locale d’information (CLI) étaient conviés.

Après de multiples procédures de sécurité, qui passent par des changements de vêtements, des mesures en permanence, il est enfin possible de pénétrer en zone nucléaire.

C’était au moment des soudures.

Les trois générateurs de vapeur avaient déjà été installés et les ouvriers en activité s’affairaient à souder le plus précisément possible les différents composants pour qu’ils soient en place.

Les membres de la CLI ont pu marcher au milieu du bâtiment réacteur, au-dessus de la piscine où se trouve le combustible en temps normal.

Une dalle y avait en effet été placée pour empêcher toute radiation résiduelle.

On pouvait d’ailleurs observer la grande ouverture circulaire utilisée pour sortir les anciens générateurs et amener les nouveaux.

Par Lephare@lepharedunkerquois.Fr, publié le 15/11/2019

https://www.lepharedunkerquois.fr/27923/article/2019-11-15/le-gros-chantier-de-la-centrale-nucleaire-de-gravelines

Nov 15

SÉISME : REDÉMARRAGE DE CRUAS EN DÉCEMBRE, PRÉVISION DE PRODUCTION NUCLÉAIRE EDF ABAISSÉE

EDF a abaissé jeudi ses perspectives de production nucléaire pour l’année, tablant désormais sur un redémarrage des réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) durant la première quinzaine de décembre, tout en confirmant ses objectifs financiers 2019.

L’électricien avait arrêté la centrale à la suite d’un séisme de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter, survenu lundi, qui a surtout frappé Le Teil (Ardèche) à une dizaine de kilomètres de là.

EDF revoit ainsi une nouvelle fois à la baisse sa perspective de production nucléaire 2019: entre 384 et 388 térawattheures (TWh).

La précédente estimation d’EDF était de 390 TWh, communiquée le 25 octobre, en raison des prolongations d’arrêts programmés pour des visites de maintenance, de l’arrêt fortuit d’un réacteur à Flamanville (Manche) et de conditions météorologiques défavorables. La prévision initiale d’EDF de sa production nucléaire était de 395 TWh.

« EDF prévoit un redémarrage progressif des réacteurs de Cruas durant la première quinzaine du mois de décembre« , indique-t-il dans un communiqué. Le groupe avait dans un premier temps espéré un redémarrage dès vendredi.

Les contrôles sur le site se poursuivent « avec l’objectif de les terminer sous une semaine » et doivent ensuite être transmis à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Les prévisions financières restent toutefois inchangées, précise le groupe, qui vise toujours un excédent brut d’exploitation (Ebitda) entre 16 et 16,7 milliards d’euros cette année.

Sur les neuf premiers mois de l’année, EDF a annoncé jeudi avoir réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 3,4% (ou de 2,9% en organique, c’est-à-dire à périmètre et change comparables) à 50,94 milliards d’euros, porté par les activités de production et commercialisation en France.

Le groupe a notamment bénéficié sur son marché national de conditions de marché favorables ainsi que de la hausse des tarifs réglementés de vente d’électricité, a-t-il expliqué dans un communiqué distinct.

Publié le 14/11/2019 à 08h07

Photo illustration : le DL/Stéphane MARC

https://www.ledauphine.com/ardeche/2019/11/14/seisme-redemarrage-des-reacteurs-nucleaires-de-cruas-dans-la-premiere-quinzaine-de-decembre

Nov 14

UN GIGANTESQUE DÔME REMPLI DE DÉCHETS NUCLÉAIRES SE FISSURE SUR UNE ÎLE DU PACIFIQUE

Construit par les États-Unis dans les années 70 pour enfouir des déchets nucléaires, il menace aujourd’hui l’archipel. Et pas que.

Les Îles Marshall désignent un archipel perdu au milieu de l’océan Pacifique. Vu du ciel, ce paysage de carte postale est gâché par une gigantesque construction de forme circulaire. Aux Marshall, on surnomme ce dôme de 8 mètres de haut « la Tombe » (« the Tumb », en anglais).

Et pour cause. Sous cet énorme capuchon, il y a suffisamment de déchets radioactifs pour remplir 35 piscines olympiques. Dans les années 1950 et 1960, les États-Unis ont effectué des tests nucléaires dans cet archipel situé à mi-chemin entre l’Australie et Hawaï, au beau milieu de l’océan Pacifique.

Ils ont produit des dizaines d’essais nucléaires sur cet État composé de quelque 1 100 îles et îlots. Rien qu’entre 1946 et 1958, ils ont fait exploser 67 bombes sur les atolls de Bikini et d’Enewetak. Pour rappel, un atoll désigne un récif corallien.

À titre d’exemple, l’énergie développée par les 25 essais nucléaires atmosphériques réalisés sur Bikini, équivaut à 5 000 bombes Hiroshima, précise RFI qui a consacré un article au passé nucléaire de ces îles du Pacifique. 

Photo datée de juillet 1946 montrant le champignon en train de se former après l’explosion d’une bombe atomique lors des essais nucléaires effectués par l’armée américaine sur l’atoll de Bikini, dans l’océan Pacifique. (Photo by STF/AFP)

Le dôme qui inquiète aujourd’hui les habitants a été construit à l’endroit où les États-Unis ont fait exploser la bombe Cactus. C’était en 1958 sur l’île de Runit dans l’atoll d’Enewetak.

Dans la cavité creusée par la déflagration, ils ont enfoui les éléments les plus contaminés par la radioactivité. Ils ont également importé 130 tonnes de terre contaminée par les essais nucléaires qu’ils ont réalisés dans le désert du Nevada, rapporte le Los Angeles Times.

20 ans plus tard, en 1979, ils ont refermé ce réservoir de fortune avec un énorme capuchon de béton de 115 mètres de diamètre et 45 centimètres d’épaisseur. Sous le dôme gisent près de 88 000 m³ de déchets radioactifs.

Des risques de tremblements de terre

Aujourd’hui, la sûreté de cette solution de stockage qui se voulait temporaire, est menacée, ajoute le L.A. Times. Depuis plusieurs années, des fissures apparaissent. 

Les scientifiques s’inquiètent également du réchauffement climatique qui fait monter le niveau de l’eau. Comme le rappelle RFI, l’archipel des Marshall est constitué d’îles et d’atolls bas. Pour donner un ordre d’idée, le plus haut sommet culmine à 10 m d’altitude. Le risque de submersion est donc bien réel. 

Mais ce n’est pas le pire. Pour des raisons de coût le fond du cratère n’a pas été isolé avec une couche de béton. Les quelque 88 000 m³ de déchets radioactifs sont donc directement en contact avec le sol. On vous laisse imaginer si l’eau venait à s’infiltrer dans le sol sous le dôme.

Enfin l’île de Runit sur laquelle se trouve le fameux cratère, est située dans une zone vulnérable aux tsunamis et aux tremblements de terre. 

© STR / AFP

En juin dernier, le secrétaire général des Nations unis Antonio Guterres alertait la communauté internationale sur la sûreté du dôme, qu’il a décrit comme « un genre de cercueil« .

Désespéré, le gouvernement des Îles Marshall a demandé de l’aide aux États-Unis. Après tout, ce sont leurs déchets nucléaires et c’est bien eux qui ont construit ce dôme, alors que l’archipel était sous tutelle américaine. Les États-Unis opposent une fin de non-recevoir au motif que le dôme est sur le territoire des Îles Marshall.

Les États-Unis refusent d’intervenir

« Comment le dôme pourrait-il être à nous ? », s’est interrogée Hilda Heine, la présidente de la République de l’archipel dans une interview en septembre dernier. « On n’en veut pas. On ne l’a pas construit. Les déchets qu’il contient ne sont pas à nous mais à eux ».

(© STEPHANIE KEITH / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Le sujet est épidermique dans le petit pays de 70 000 habitants. Ces essais nucléaires ont forcé des centaines d’habitants à déménager. Certains ne pourront probablement jamais rentrer chez eux, à cause de la contamination qu’ils ont laissée. 

Au terme d’un accord, les États-Unis ont versé plusieurs millions de dollars aux Îles Marshall – une somme dérisoire quant à l’enveloppe nécessaire à la rénovation du dôme.

En plus de cette épée de Damoclès qui menace la planète entière, l’archipel n’est toujours pas remis des dommages causés par ces essais nucléaires.

Certaines zones affichent des taux de radiation mille fois supérieurs à ceux mesurés à Tchernobyl ou Fukushima, selon une étude réalisée par des scientifiques de l’Université de Columbia en juillet dernier. 

En 2013 déjà, une inspection ordonnée par le gouvernement américain avait laissé entendre que les retombées radioactives dans les sédiments d’un lagon étaient déjà si élevées qu’une rupture du dôme n’impliquerait pas nécessairement une hausse de l’exposition aux radiations pour les habitants, précise l’AFP.

La situation est critique. La surface du sarcophage menace de déverser ses tonnes de déchets hautement radioactifs dans l’océan Pacifique.

Par Clothilde Bru, publié le 14/11/2019

https://news.konbini.com/planete/construit-par-les-etats-unis-dans-les-annees-70-pour-enfouir-des-dechets-nucleaires-il-menace-aujourdhui-larchipel-et-pas-que/

Nov 14

TROYES : CONFÉRENCE «LES ORIGINES DU NUCLÉAIRE (LE MONDE COMME PROJET MANHATTAN)»

Quand, Où ? Le 26/11/2019 à 19h00, à la Maison des associations, 63 Avenue Pasteur, 10000 Troyes

Voir le plan d’accès

Organisateur : CEDRA, tél : 06.50.69.72.61

Tarifs : Gratuit

Conférence proposée par CEDRA et animée par Jean-Marc Royer. Infos : stopcigeo-bure.eu

Début août 1945, le monde découvre la puissance du feu nucléaire présentée, dans les journaux, comme une grande révolution scientifique. Les cibles Hiroshima et Nagasaki, choisies dans le but de causer le maximum de dégâts et de pertes en vies humaines.

Publié par l’Est Républicain le 14 novembre 2019

https://www.estrepublicain.fr/pour-sortir/loisirs/Rencontre-conference/Conferences/Champagne-ardenne/Aube/Troyes/2019/11/26/Les-origines-du-nucleaire-(le-monde-comme-projet-manhattan)

Nov 14

REIMS : CONFÉRENCE «SORTIR DU NUCLÉAIRE : C’EST POSSIBLE, ET SANS CIGÉO !»

Quand, Où ? Le 30/11/2019 à 19h00 à l’Espace Le Flambeau, 13 Rue de Bétheny, 51100 Reims Voir le plan d’accès

Organisateur: CEDRA , tél : 06.50.69.72.61

Tarifs : Gratuit

Conférence proposée par le collectif CEDRA et animée par Claude Kaiser.

Aujourd’hui, nous sommes tous et toutes d’accord pour dire que le nucléaire conduit inévitablement à une impasse : il créé fatalement des déchets radioactifs, et nous ne disposons d’aucun moyen pour les stocker en sûreté. Mais est-il possible de sortir du nucléaire et avec quelles conséquences ?

Infos : stopcigeo-bure.eu

Publié par l’Est Républicain-le 14 novembre 2019

https://www.estrepublicain.fr/pour-sortir/loisirs/Rencontre-conference/Conferences/Champagne-ardenne/Marne/Reims/2019/11/30/Sortir-du-nucleaire-c-est-possible-et-sans-cigeo

Nov 14

NUCLÉAIRE : POURQUOI (MALGRÉ UN SÉISME DE MAGNITUDE 5,4) L’ALARME DE CRUAS NE S’EST PAS DECLENCHÉE

Comme les responsables de la centrale nucléaire, les habitants autour de la centrale se veulent plutôt rassurants après ce tremblement de terre qui a touché l’Ardèche et la Drôme. La CGT, elle, s’inquiète du retard (6 heures…) des autorités à décider la mise à l’arrêt des réacteurs. Quant aux associations environnementales (Next-Up et Greenpeace), elles manifestent leur inquiétude pour toutes les autres centrales comme celle du Tricastin toute proche, aux structures abîmées et dépourvues de système antisismique.

Cela a été leur « premier réflexe »: juste après le séisme de lundi, les habitants de Cruas (Ardèche) ont vérifié que leur centrale nucléaire continuait à cracher ses panaches de vapeur, signe que « tout (allait) bien ».

« Quand ça a bougé, on est sorti de la mairie et on s’est tourné vers les tours de la centrale et on voyait que ça +fumait+« , raconte le maire de la commune Philippe Touati.

« Pour les gens très initiés, ils comprennent tout de suite qu’il n’y a aucun souci. Après, pour les moins initiés, ils voient de la fumée. C’est comme d’habitude; tout va bien », ajoute l’édile.

Située à l’entrée de la commune, les tours de refroidissement des quatre réacteurs de la centrale sont facilement visibles depuis le centre de cette coquette commune de moins de 3.000 habitants.

Un séisme de magnitude 5,4 et pas de sirène d’alarme

L’épicentre du séisme, de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter, se situait à une quinzaine de kilomètres de là. De quoi susciter nombre de questionnements… surtout en dehors de Cruas, selon l’édile.

« Peut-être que nous, d’avoir la centrale dans le voisinage, on s’y est habitué. Maintenant ce n’est pas une raison pour minimiser le risque potentiel« , a-t-il ajouté.

Devant l’école, une assistante maternelle de 35 ans, Vanessa Charlot, dit ne pas s’être alarmée après le séisme. « Il n’y a pas eu de sirène; donc je n’ai pas eu d’inquiétude ».

À ses côtés, Laurie Ménart, mère au foyer de 34 ans, s’est surtout inquiétée « de la coupure de courant ». « Ce séisme était très impressionnant. J’ai mis une demi-heure à comprendre ce qui s’était passé », confie-t-elle.

Pourtant, quelques heures après le tremblement de terre, décision a été prise de mettre à l’arrêt les trois réacteurs sur les quatre qui étaient en fonctionnement, pour un « audit approfondi ».

Lire aussi : Séisme en Ardèche : EDF retarde le redémarrage des réacteurs nucléaires de Cruas

« Un capteur a signalé une secousse cinq fois moins importante que le seuil de sûreté », a précisé à la presse le directeur adjoint de la production nucléaire d’EDF, Régis Clément.

Cruas est la seule centrale du parc français à disposer d’appuis parasismiques en élastomères, afin d’absorber de possibles secousses.

« Aujourd’hui, clairement, aucun désordre n’a été observé sur les installations« , a-t-il poursuivi, en indiquant que des inspections visuelles étaient en cours.

EDF prévoit un redémarrage progressif des réacteurs durant la première quinzaine de décembre, a-t-elle annoncé jeudi, mais « on ne redémarrera qu’après l’accord de l’ASN », l’Autorité de sûreté nucléaire, a prévenu M. Clément.

Le dispositif antisismique a empêché l’alarme de se déclencher

Selon le secrétaire CGT du comité d’établissement, Franck Santos, « toutes les centrales sont prévues contre les problèmes sismiques, mais les bâtiments réacteurs de Cruas ont cette spécificité de reposer sur des plots en élastomère donc il n’y a pas eu d’alarme sur le réacteur ».

« La seule chose qu’on regrette, c’est que la décision nationale de la mise à l’arrêt a mis six heures à arriver et aurait pu être prise plus tôt« , a ajouté le syndicaliste.

En veste jaune fluo, Thomas Reynaud, échaffaudeur à la centrale, se montre également rassurant : « Pour moi qui voit un peu comment ça se passe à l’intérieur, je me dis que c’est quand même assez sécurisé ».

Inquiétudes pour les centrales comme Tricastin sans dispositif antisismique

Le coordinateur de l’association environnementale Next-Up, Serge Sargentini, a souligné pour sa part un « paradoxe« .

« Le problème, ce n’est pas Cruas qui a cette conception antisismique, mais c’est Tricastin qui nous inquiète car elle est d’une autre conception et les conduites y sont abîmées« , estime le militant.

La centrale nucléaire du Tricastin, dans la Drôme, plus éloignée de l’épicentre du séisme, n’a pas été arrêtée, aucun seuil d’alerte n’ayant été mesuré.

De son côté, Greenpeace compte demander des « clarifications » à l’ASN.

« En principe, en France, pour la construction des centrales, on se base sur un séisme de magnitude 4,7 ou 4,8 mais celui qu’on vient de connaître (de 5,4), a dépassé ce seuil. On se demande si, en ajoutant une marge de sécurité de 0,5, les centrales sont dimensionnées pour un séisme de 5,9« , a souligné le chargé de campagne nucléaire Roger Spautz.

Par Marjorie Boyet, AFP , publié le 14/11/2019 à  9h54

Photo en titre : Située à l’entrée de la commune, les tours de refroidissement des quatre réacteurs de la centrale sont facilement visibles depuis le centre de cette coquette commune de moins de 3.000 habitants. (Crédits : Reuters)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-pourquoi-malgre-un-seisme-de-magnitude-5-4-l-alarme-de-cruas-ne-s-est-pas-declenchee-833017.html

Nov 14

INDEMNITÉS POUR LA FERMETURE DE FESSENHEIM : EDF RÉCLAME LE BEURRE ET L’ARGENT DU BEURRE !

Communiqué commun du Réseau « Sortir du nucléaire« , Alsace Nature, CSFR, Stop Fessenheim, Stop Transports-Halte au Nucléaire, Citoyens Vigilants des environs de Fessenheim – 14 novembre 2019

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ porte plainte devant la Commission Européenne pour aide d’État

Le 27 septembre 2019, l’État a signé un protocole d’accord avec EDF en vue de la fermeture de Fessenheim, ouvrant droit à un dédommagement de plus de 400 millions d’euros immédiatement et plus de 4 milliards d’euros ultérieurement. Ce protocole se base notamment sur le postulat irréaliste que la centrale nucléaire aurait pu continuer à fonctionner jusqu’en 2041 !

Refusant que l’argent des contribuables soit gaspillé pour renflouer indirectement une entreprise qui impose ses volontés, le Réseau “Sortir du nucléaire“ porte plainte aujourd’hui devant la Commission Européenne et demande l’ouverture d’une enquête pour aide d’État. Les associations alsaciennes qui ont œuvré pour la fermeture de Fessenheim s’associent à cette démarche.

Une indemnisation indue pour une centrale en fin de vie

Selon ce protocole, EDF est censée recevoir des versements d’un montant proche de 400 millions d’euros, correspondant à l’ « anticipation des dépenses liées à la fermeture de la centrale (dépenses de post exploitation, taxe INB, coûts de démantèlement et de reconversion du personnel) ». Or, une partie au moins de ces dépenses constitue des frais qui auraient dû être supportés par EDF quelle que soit la date de fermeture, et qui ont normalement déjà été provisionnés.

Par ailleurs, le protocole prévoit des versements ultérieurs (évalués à plus de 4 milliards d’euros lors des discussions avec Ségolène Royal) correspondant au manque à gagner pour EDF, calculés en postulant que la centrale aurait pu continuer à fonctionner jusqu’en 2041 ! Une telle projection revient à considérer que la prolongation de la durée du fonctionnement des réacteurs, qui atteignent les 40 ans, serait acquise et que l’indemnisation serait donc de droit. Voilà qui revient à ignorer complètement le rôle de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui répète pourtant que nul ne peut présager du résultat des visites décennales.

De fait, les deux réacteurs cumulent suffisamment de défauts pour que la poursuite de leur fonctionnement au-delà de 40 ans ne soit pas envisageable : cuves affectées de défauts, générateurs de vapeur problématiques, impossibilité d’une mise aux normes… Sans compter la situation de la centrale en zone sismique, en contrebas du Grand Canal d’Alsace !

Enfin, il est particulièrement choquant qu’EDF envisage une indemnisation sur la base d’un fonctionnement jusqu’en 2041 alors qu’elle a pris le prétexte de la fermeture de la centrale pour se dispenser de réaliser certains travaux de sûreté et économisé ainsi entre 60 et 100 millions d’euros. Ces travaux restaient pourtant nécessaires même sur des réacteurs à l’arrêt, et auraient été requis dans la perspective d’une prolongation.

Des milliards dilapidés pour soutenir un industriel à la dérive

Versées de manière indue, ces sommes semblent en réalité destinées à renflouer indirectement EDF, empêtrée dans ses difficultés financières en raison de choix désastreux. Alors que la majorité des Français voudraient tourner la page du nucléaire, l’argent des contribuables atterrirait donc dans les caisses d’une entreprise qui se permet de dicter la politique énergétique du pays et d’imposer une dangereuse fuite en avant (comme en témoigne le programme EPR, toujours maintenu malgré un constat d’échec retentissant).

Il est inacceptable que le gouvernement consente à ce chantage et, « en même temps », rogne sur les budgets de certains services publics et maintienne le soutien aux alternatives énergétiques à un niveau dérisoire. À eux seuls, les 400 millions d’euros donnés à EDF auraient pu, par exemple, servir à financer 20 000 rénovations performantes de passoires énergétiques et éviter l’émission de 60 000 tonnes équivalent CO2 par an !

Indemniser EDF crée un dangereux précédent

En versant cette « indemnité » à EDF, l’État ouvre un dangereux précédent : toute fermeture survenue avant 50 ans de fonctionnement (voire 60 ici !) est donc considérée comme « anticipée » et devant ouvrir droit à une compensation. C’est d’ailleurs la logique actée dans la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie.

Procéder ainsi revient à renchérir artificiellement le coût de la transition énergétique et à plomber toute tentative de pilotage par l’État de la politique énergétique. Pour éviter de payer, le gouvernement accepterait donc le scénario de prolongations massives souhaité par EDF, coûteux, dangereux et dicté par la recherche de la rentabilité à court terme.

Il est hors de question qu’EDF puisse obtenir ainsi le beurre et l’argent du beurre ! Le Réseau “Sortir du nucléaire“ porte donc plainte aujourd’hui devant la Commission Européenne pour aide d’État. Alsace Nature, le CSFR, Stop Fessenheim, Stop Transports-Halte au Nucléaire se joignent au Réseau “Sortir du nucléaire“ pour dénoncer cette gabegie et appeler à l’ouverture d’une enquête.

Lire le texte de la plainte

Dossier détaillé : Indemnisation pour la fermeture de Fessenheim : EDF demande le beurre et l’argent du beurre !

Contacts presse :

– Marie Frachisse (juriste, Réseau « Sortir du nucléaire« ) – 07 62 58 01 23

– André Hatz (Stop Fessenheim) – 06 82 02 69 79

– Claude Ledergerber (CSFR) – 06 30 67 01 47

– Jean-Marie Brom (Stop Transports-Halte au Nucléaire) – 06 08 98 79 40

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site :

https://www.sortirdunucleaire.org/Indemnites-pour-la-fermeture-de-Fessenheim-EDF

Nov 14

LA PRODUCTION MONDIALE D’ÉLECTRICITÉ AUGMENTERA DE 45,4% EN 2040, COMPARÉ À 2018

La production mondiale d’électricité augmentera de 45,4% en 2040, comparé en 2018, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

La production mondiale d’électricité augmentera de 45,4% en 2040, comparé à 2018, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Selon le rapport annuel « World Energy Outlook 2019« , l’AIE prévoit également une hausse de la demande mondiale d’électricité.

Ainsi, il est prévu que la demande d’électricité, qui était de 23 milliards de MWh en 2018, passe à 34,5 milliards de MWh d’ici 2040.

La demande viendra majoritairement de la région d’Asie-Pacifique (18 milliards de MWh) et de l’Amérique du Nord (5,6 milliards de MWh).

Quant à la production d’électricité, qui s’élevait à 26,6 milliards de MWh en 2018, passera, selon les estimations, à 38,7 milliards de MWh en 2040, après une hausse de 45,4%.

La part des énergies renouvelables dans la production énergétique, dépassera les 50%, indique le même rapport.

Les ressources d’énergies renouvelables permettront une production d’électricité de 26 milliards de MWh, dont notamment l’éolienne et la solaire (15,5 milliards de MWh).

Toujours selon le même rapport, la production pétrolière mondiale augmentera de 10%, et celle du gaz naturel de 40%, d’ici 2040.

Si les politiques actuelles sont maintenues, la part de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) dans la production mondiale sera de 39%.

L’AIE prévoit que les pays de l’OPEP produisent 45,9 millions de barils par jour en 2040, alors que la production mondiale sera de 117,7 millions de barils.

En conclusion, la production gazière qui était de 3 900 milliards de m3 en 2018, s’élèvera, d’après les estimations, à 5 900 milliards de m3 en 2040.

Publié le 14.11.2019

https://www.trt.net.tr/francais/economie/2019/11/13/la-production-mondiale-d-electricite-augmentera-de-45-4-en-2040-compare-a-2018-1305628

NDLR : concernant les énergies fossiles, ces prévisions, si elles se confirment, ne sont pas admissibles. Notre terre ne le supportera pas et nos descendants nous maudiront !

Nov 13

« RISQUE NUCLÉAIRE : LE CHALONNAIS CONCERNÉ » POUR MOURAD LAOUÈS ET BIEN VIVRE À CHALON

Ce lundi 11 novembre, à 11 h 54, un séisme d’une magnitude de 5,4 sur l’échelle de Richter a frappé la vallée du Rhône, causé de nombreux blessés et entraîné l’arrêt de plusieurs réacteurs nucléaires. Les secousses qu’il a provoquées ont été ressenties jusqu’à Montpellier, Grenoble et même en Bourgogne. C’est dire l’ampleur de celui-ci …

Situé à Teil, en Ardèche, son épicentre était situé à proximité dix réacteurs nucléaires d’une puissance potentiellement dévastatrice.

Hier c’était en Alsace qu’une secousse a été ressentie. C’est en Alsace que ce trouve la centrale nucléaire vieillissante de Fessenheim.

Si EDF a tenté un discours rassurant mais peu convaincant, personne n’est dupe du danger auquel les français sont exposés. Depuis Fukushima, on sait bien qu’un accident nucléaire de grande envergure est possible, même dans un « grand pays industriel ». Même l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) française se refuse à garantir qu’il n’y aura jamais en France un tel accident. Et il y a de quoi s’inquiéter de la légèreté avec laquelle notre territoire s’est retrouvé parsemé de bombes nucléaires à retardement.

Ce séisme nous rappelle que le risque nucléaire est bien réel, mais surtout qu’il s’accompagne d’un désastre économique et sanitaire sans précédent.

La centrale la plus proche de Chalon est celle du Bugey. Elle aussi a été épinglée par l’ASR à plusieurs reprises. De nombreuses irrégularités ont été régulièrement relevées. Pour ne rien arranger, un accident type Fukushima pour la centrale du Bugey existe. En effet, le risque d’une rupture du barrage de Vouglans situé en amont n’est pas écarté. Ce qui pourrait entraîner une inondation de la centrale suivie d’une panne de son système de refroidissement et, par voie de conséquence, la fusion des réacteurs comme à Fukushima. C’est la raison pour laquelle la Suisse a déposé plainte contre X pour mise en danger et demandé la fermeture de la centrale du Bugey.

En cas d’accident, Chalon est dans le périmètre concerné par des retombées radioactives, mais ne serait pas évacuée. Les villes et villages situés à moins d’une quarantaines de kilomètres du Bugey, dont Lyon et Bourg en Bresse, seraient évacuées vers les territoires voisins. Chalon devrait alors en accueillir des milliers, ce qui serait normal, mais sommes-nous préparés ? La population chalonnaise est-elle au courant de ce risque ?

Ce scénario catastrophe n’est pas une fiction, il est considéré avec le plus grand sérieux par les autorités.

Mais pourquoi alors persister dans cette énergie alors qu’elle présente un risque sanitaire et économique important, qu’elle n’est pas aussi propre qu’on le dit, qu’elle pose des problèmes insolubles de gestion des déchets nucléaires sur des centaines d’années, qu’elle est coûteuse pour le contribuable ? Pourtant une solution alternative existe : investir massivement dans les économies d’énergie et développer simultanément les énergies renouvelables, ce qu’ont compris d’autres pays contrairement à la France qui est très en retard dans ce domaine.

Mourad Laoues, Conseiller municipal et communautaire, candidat aux municipales liste Bien Vivre à Chalon 2020

Par Laurent GUILLAUMÉ, publié le 13 Novembre 2019 à 18h37

https://www.info-chalon.com/articles/chalon-sur-saone/2019/11/13/41070/risque-nucleaire-le-chalonnais-concerne-pour-mourad-laoues-et-bien-vivre-a-chalon/

Nov 13

BELGIQUE : ÉCOLO DEMANDE LA RÉVISION DE LA LOI SUR L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

« Si l’on ne fait rien, ce sont les citoyens belges qui vont devoir passer à la caisse« 

Samuel Cogolati, était l’invité de Bel RTL. Le député fédéral Ecolo insiste sur les manquements relevés par la Commission des Provisions Nucléaires (CPN) dans son rapport annuel. « Si l’on ne fait rien, explique Samuel Cogolati, ce sont les citoyens belges qui vont devoir passer à la caisse et trinquer ».    

Il y a un « besoin urgent de revoir la loi » pour éviter « un risque considérable que la population belge doive supporter à l’avenir les énormes coûts pour le démantèlement des centrales nucléaires et/ou la gestion des matières fissiles irradiées« , prévient la CPN dans son rapport annuel. Dans le dossier de la sortie du nucléaire en 2025, des incertitudes persistent quant au montant final de la facture, tandis que la capacité d’Electrabel à faire face à ses obligations de financer le démantèlement des centrales est remise en question. (NDLR : nous avons le même problème en France : les provisions d’EDF sont largement insuffisantes)

Publié le 13 novembre 2019 à 08h16  

https://www.rtl.be/info/belgique/politique/nucleaire-1173293.aspx

Nov 13

PUISSANCE NUCLÉAIRE DES USA ET DE LA RUSSIE ALORS QUE LE TRAITÉ FNI EST CADUC

En comparant la puissance nucléaire des USA et de la Russie, un média chinois estime que, grâce à ses armes nucléaires, la Russie est un puissant adversaire pour les États-Unis. En outre, il estime qu’en cas de lancement de toutes les armes nucléaires russes en même temps, celles-ci pourraient «détruire le continent américain dix fois ou plus».

Alors que la Chine se présente comme une puissance mondiale, Donald Trump souhaitant ainsi faire signer à Pékin et Moscou un nouveau traité FNI sur les armes nucléaires, le média chinois Sohu compare la puissance nucléaire des USA et de la Russie.

Selon le site d’information, la Russie est un adversaire à ne pas négliger pour les États-Unis, capable de «détruire leur territoire au moins dix fois» grâce à ses armes nucléaires si celles-ci étaient tirées en même temps.

Le média indique à ce titre que la Russie possède non seulement des ogives nucléaires, mais aussi des véhicules de transport d’armes nucléaires et des plates-formes de lancement, ainsi que des avions Tu-160, un grand nombre de missiles balistiques stratégiques terrestres et une plate-forme de lancement de missiles balistiques de classe Boreï basée en mer.

Sortie US du Traité FNI: Moscou annonce le développement de missiles à portée intermédiaire © Sputnik . Ramil Sitdikov

D’après le média, la Russie continue de «se comporter durement» envers les États-Unis, «en [les] laissant dans un état de stupeur».

«La situation dans le monde est telle que l’influence des États-Unis diminue et la Russie peut retrouver sa supériorité à l’avenir», notent les auteurs.

Le média souligne que les États-Unis pourraient «frapper» la Russie en raison des désaccords sur la situation en Syrie et en Ukraine. Pourtant, la probabilité d’une riposte les stoppe.

Des mesures symétriques

Auparavant, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait annoncé que la Russie commençait le développement de missiles à portée intermédiaire pour répondre de manière symétrique aux États-Unis, lesquels ont déjà entamé le développement de missiles à courte et à moyenne portée basés au sol.

Le traité FNI

Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) a été signé par l’URSS et les États-Unis en 1987. Ce document concerne l’élimination de tous les missiles de croisière et missiles balistiques américains et soviétiques tirés depuis le sol et ayant une portée se situant entre 500 et 5.500 km.

En octobre 2018, Donald Trump a annoncé le retrait de son pays du traité, prétextant que Moscou n’honorait pas ses engagements et sans fournir de preuves.

En 2019, la Russie a suspendu sa participation au traité FNI en réponse à la position des États-Unis.

Le traité n’est plus en vigueur depuis début août 2019.

Publié par Sputnik le 13 novembre 2019 à 15h36, mis à jour  à 15h57

https://fr.sputniknews.com/international/201911131042422851-un-media-chinois-compare-la-puissance-nucleaire-des-usa-et-de-la-russie-alors-que-le-traite-fni-est/

Nov 13

UN TIERS DU PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS MENACÉ D’ICI 10 ANS SELON LE CANARD ENCHAÎNÉ

Le Canard Enchaîné révèle que l’Autorité de sûreté du nucléaire travaille sur une hypothèse dans laquelle 35% de la production hexagonale d’électricité pourrait fermer d’ici 10 ans.

Coup de tonnerre pour la filière nucléaire française. Le Canard Enchaîné révèle dans son édition du 13 novembre que 34 cuves, « la quasi-totalité des vieux réacteurs nucléaires français de 900 MW » pourraient être déclarés bons pour la casse dans les mois à venir. Cela représente tout de même 35% de la production hexagonale d’électricité. L’hypothèse « fait partie des scénarios étudiés aujourd’hui par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).« 

L’IRSN a d’ailleurs, dans un avis le 2 octobre, exprimé des doutes sur la capacité des cuves des réacteurs à tenir dix années supplémentaires. Et si les cuves des centrales ne tiennent pas, ces éléments sont non remplaçables, donc il faudra arrêter et démanteler les réacteurs concernés ajoute le Palmipède. Les experts affirment, selon le Canard, que « les éléments dont ils disposent sont « susceptibles de mettre en cause » les affirmations d’EDF « sur l’absence de risque de rupture brutale des cuves« . L’accident serait gravissime pour les retombées radioactives.

La piste EPR

Diverses solutions sont envisagées pour résoudre l’apparente fragilité des cuves. Parmi celles-ci, Le Canard Enchaîné explique qu’il pourrait être possible « d’augmenter d’une quinzaine de degrés la température de l’eau de refroidissement d’urgence, histoire de diminuer la violence du choc thermique (…) « Mais nous n’avons, pour le moment, aucune certitude que cette astuce sera suffisante pour toutes les installations« , nuance un expert de l’IRSN. »

Reste que dans ce contexte, le programme de construction de six réacteurs EPR, présenté le 25 juillet au conseil d’administration d’EDF selon Le Monde, devient crucial. Le Canard Enchaîné a calculé que la facture « s’annonce atomique: entre 7,5 et 7,8 milliards d’euros par réacteur, environ 46 milliards d’euros sur une vingtaine d’années« . 

Par Challenges, publié le 12 novembre 2019 à 18h59

https://www.challenges.fr/entreprise/energie/un-tiers-du-parc-nucleaire-francais-menace-d-ici-10-ans-selon-le-canard-enchaine_684432

Nov 13

INONDATIONS, AGRESSIONS… CES AUTRES RISQUES QUI PÈSENT SUR LE NUCLÉAIRE FRANÇAIS

L’Institut de radiologie et de sûreté nucléaire est chargé d’évaluer les risques qui pèsent sur les installations nucléaires françaises. L’inondation qui a touché la centrale de Blayais en 1999 a notamment permis de remédier à certains oublis.

Le séisme qui a frappé ce lundi la vallée du Rhône, où se situent plusieurs centrales nucléaires, n’a pas manqué de provoquer une certaine inquiétude parmi les habitants de la région. Sur le volet du risque sismique, la France a revu à la hausse toutes ses normes de sécurité à la suite du grave incident de Fukushima, survenu en 2011 après un séisme au large des côtes japonaises. Cependant, ce n’est pas la seule menace qui pèse sur les installations nucléaires françaises.

Les risques d’inondation

Selon l’Institut de radiologie et de sûreté nucléaire (IRSN), une vingtaine de réacteurs dans cinq centrales – sur les 58 réacteurs que compte la France – situés sur les côtes de la Manche et de l’Atlantique sont exposés à un risque d’inondation. Là encore, les normes ont été revues à la hausse après un incident : en 1999, des vagues ont en effet submergé les digues de la centrale de Blayais, hautes d’un peu plus de 5 mètres. « La conjonction d’un niveau d’eau élevé dans l’estuaire de la Gironde avec une forte houle due à des vents extrêmement violents n’avait pas été anticipée », note l’IRSN, qui précise que les évaluations n’avaient pas été mises à jour depuis 1984. En outre, le plan d’urgence n’avait pas anticipé que la tempête prive la centrale de courant et l’isole physiquement du fait des routes coupées.

Risque nucléaire : huit ans après Fukushima, la France élargit ses périmètres de sécurité

Une série de mesures ont été prises par la suite, dont un rehaussement des murs de la centrale, l’ajout de murs anti-houle hauts de 8 mètres et la mise en place de groupes électrogènes pour chacun de ses réacteurs afin de palier une potentielle défaillance des groupes de secours.

Le cas du transport

Le transport de matériaux radioactifs constitue également un facteur de risque. En moyenne, près de 1 million de colis radioactifs sont transportés chaque année, dont un peu plus de 100.000 concernant le cycle du combustible. En 2014 et 2015, respectivement 139 et 122 incidents ont été recensés. En forte hausse par rapport à 2013 (98).

Nucléaire : de l’électricité et des déchets

Cependant, cette augmentation est principalement due à « une meilleur déclaration d’événements mineurs », selon l’IRSN. En l’occurrence, la majorité des incidents de ces deux années résulte d’une mauvaise fermeture des fûts utilisés pour les transports de minerai d’uranium expédiés depuis l’étranger. L’IRSN recommande un meilleur contrôle au moment du remplissage. Le seul événement ayant atteint le niveau 3 de l’échelle internationale des événements nucléaire (INES) – seuil à partir duquel il s’agit d’un événement grave – a été recensé en 2001.

Les agressions externes

Pour dénoncer la potentielle vulnérabilité des installations nucléaires françaises, Greenpeace n’a pas hésité à s’introduire dans l’enceinte de plusieurs centrales pour des actions coup de poing. En 2017, plusieurs militants avaient tiré un feu d’artifice à l’intérieur de la centrale de Catenom, en Moselle. L’année dernière, l’ONG avait survolé la centrale de Bugey, dans l’Ain, avec un drone qui avait fini sa course contre un des murs de la piscine d’entreposage de combustible usé de l’installation.

Lors de cette dernière action, EDF a rappelé que ses « bâtiments combustibles sont dimensionnés contre les agressions externes ». Les centrales sont dotées de deux types de murs qui sont pensés pour garantir à la fois « l’étanchéité » ou la « relative étanchéité » en cas d’incident interne ainsi qu’une protection face aux attaques externes.

Par Gabriel Nedelec, publié le 13 novembre. 2019 à 6h30, mis à jour le 13 novembre. 2019 à 9h57

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/inondations-agressions-ces-autres-risques-qui-pesent-sur-le-nucleaire-francais-1147278

Nov 13

« LES CENTRALES NUCLÉAIRES EN FRANCE NE SONT PAS CORRECTEMENT CONÇUES POUR RÉSISTER À DES SÉISMES » ALERTE UN EXPERT

Pour le directeur du laboratoire de la Criirad, la France n’a pas assez pris la mesure du risque sismique dans le pays. La secousse type sur laquelle les marges de sécurité sont basées est seulement de 5,2 alors que le séisme de lundi était de 5,4.

Après le séisme de magnitude 5,4 sur l’échelle de Richter – selon France séisme -lundi en Ardèche, la centrale nucléaire de Cruas a été arrêtée le temps d’un audit approfondi. Les réacteurs doivent redémarrer vendredi. « Les centrales nucléaires en France ne sont pas correctement conçues ni exploitées pour résister à des séismes pourtant réalistes », assure Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et responsable du laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité (Criirad), mardi 12 novembre, sur franceinfo. 

Franceinfo : Qu’est-ce qu’on surveille dans un « audit approfondi » comme celui qui est en cours à la centrale de Cruas ?

Bruno Chareyron : L’importance après un séisme, c’est de vérifier que toute une série de dispositifs qui sont vitaux pour la sûreté de l’installation nucléaire n’ont pas été fragilisés. Or, on sait très bien depuis maintenant plusieurs années qu’en France – et ça concerne de très nombreux réacteurs -, un certain nombre de ces dispositifs ne sont pas aux normes sismiques. Par exemple, en 2017, sur 26 réacteurs nucléaires, des défauts d’ancrage de certains équipements ont été mis en évidence. En cas de séisme et de désolidarisation, cela conduirait à ce que les groupes électrogènes de secours ne puissent plus fonctionner. On a découvert également en 2017 que sur 20 réacteurs français, en cas de séisme important, il n’y aurait plus possibilité de pomper l’eau de refroidissement, ce qu’on appelle la source froide. Tout ça pour dire qu’en fait, en France, contrairement à ce que les citoyens peuvent croire, les centrales nucléaires ne sont pas correctement ni conçues, ni exploitées pour résister à des séismes pourtant réalistes.

La France n’a-t-elle donc pas pris la mesure du risque sismique sur son territoire ?

Absolument pas. On le voit bien sur ce qui se passe en ce moment. Nous sommes face à un séisme qui s’est produit, disons, à 13 kilomètres de la centrale de Cruas, 28 km de celle du Tricastin. Un séisme qui a une magnitude de 5,4 alors que le séisme majoré de sécurité, c’est dire le séisme le plus important pris en compte pour garantir la sûreté des installations, est de seulement 5,2. Cela veut dire que même avec des marges de sécurité, les spécialistes n’ont pas pu prévoir qu’on aurait à faire face à un séisme aussi important aujourd’hui. Par exemple, sur le site du Tricastin, il y a une digue qui retient le canal de Donzère-Mondragon. Et cette digue n’est pas aux normes sismiques. L’ASN [l’Autorité de sureté nucléaire] a autorisé EDF et Orano à continuer d’exploiter leurs installations et à reporter à 2022 la mise aux normes de cette digue.

Si ce séisme avait eu lieu non pas à 13 km ou 28 km, mais qu’il avait eu lieu beaucoup plus près des installations nucléaires, elles n’étaient pas forcément dimensionnée pour y résister.

Est-ce qu’on a la capacité de renforcer les installations nucléaires pour qu’elles puissent faire face à un risque sismique important ?

Ce que l’on constate, c’est qu’EDF n’en est pas capable. De façon récurrente, on découvre de manière fortuite que des installations importantes pour la sûreté dans nos centrales ne sont pas aux normes sismiques. Par exemple, le travailleur qui vient faire un travail de maintenance et qui s’aperçoit qu’il y a des ancrages qui sont défectueux, des tuyaux qui peuvent céder parce qu’ils sont rouillés. On voit qu’EDF, aujourd’hui, n’est plus capable de garantir la sûreté des installations nucléaires par rapport à toute une série de risques et en particulier le risque sismique.

Par Franceinfo Radio France, publié le 12/11/2019 à 16:h40, mis à jour le 12/11/2019 à 17h21

https://www.francetvinfo.fr/meteo/seisme/les-centrales-nucleaires-en-france-ne-sont-pas-correctement-concues-pour-resister-a-des-seismes-alerte-un-expert_3699603.html

Nov 12

LUTTE CONTRE LE PROJET DE LAVERIE NUCLÉAIRE D’UNITECH À SUZANNECOURT

Mode d’emploi pour l’enquête publique d’Unitech et Rassemblement le 14/12/19 à Joinville

L’enquête publique au sujet des projets d’Unitech pour le bassin Joinvillois commence aujourd’hui et se terminera vendredi 20 décembre. Les commissaires enquêteurs devront ensuite donner un avis « personnel et motivé » qui pourra être différent de celui exprimé par la population dans ses contributions. La préfecture devra alors autoriser ou non le projet (sans être liée par celui des commissaires enquêteurs). Il est d’ailleurs évident que derrière la porte, la DGEC et les autorités ministérielles tiennent son stylo : Unitech n’est pas un projet isolé mais dans le giron du projet Cigéo. Unitech est un projet nucléaire. Ne pas autoriser Unitech revient ainsi à mettre une (grosse) épine dans le pied de l’étape d’après.

Une fois ce premier constat établi, nous restons optimistes. Nous considérons qu’il y a un rapport de force à jouer et pour cela il faut dire NON sur TOUS LES FRONTS : en participant à l’enquête publique ET au grand rassemblement que nous organisons aux côtés des associations en lutte contre Unitech le 14 décembre à Joinville. Nous débutons donc 5 semaines intensives et il est indispensable de participer à ces deux temps : tous les avis officiels sont (évidemment !) favorables (malgré de grandes réserves).

Seule la mobilisation paiera.

I – PARTICIPONS MASSIVEMENT À L’ENQUÊTE PUBLIQUE : Dites NON par ÉCRIT

C’est le moment pour refuser un projet foireux et néfaste d’un point de vue sanitaire et environnemental.

La population n’est pas favorable au projet (nous n’avons pas besoin d’attendre les résultats de l’enquête publique pour le savoir). Elle refuse la laverie nucléaire qui polluerait l’eau de la Marne de ses résidus chimiques et particules radioactives, elle refuse l’unité de décontamination qui serait responsable de rejets atmosphériques de cobalt et de métaux lourds.

Les dossiers qui seront soumis à enquête publique peuvent apparaître techniques et décourageants : ne nous laissons pas intimider. Expliquons pourquoi nous refusons la pollution des eaux, des sols et de l’air que nous respirons !

Pour mieux les digérer ou avoir l’argumentaire en tête, nous vous proposons de revoir la présentation de Bertrand Thuillier du 14 mai 2019. Par ailleurs, Belles Forêts sur Marne et Bertrand Thuillier ont élaboré un document pour vous aider à apporter des commentaires. Il s’agit d’une analyse simplifiée du second avis de l’ARS et de celui de l’hydrogéologue n° 2.

Attention : les contributions sont facilement classées hors sujet lorsqu’elles ne sont pas fondées scrupuleusement sur le dossier soumis à enquête publique. Un avis défavorable au projet pourrait alors ne pas être pris en compte… Ne nous faisons pas avoir !

Le dossier minimise sérieusement les impacts sanitaires et environnementaux, les calculs sont faux, il se pourrait même par la suite que nous faisions déclarer l’enquête publique irrégulière ! Mais si le dossier est mensonger, la qualité de nos arguments reste intacte : profitons-en !

Voici les dates des permanences où vous pourrez consulter le dossier intégral et déposer votre contribution :

Mardi 12/11 de 9h à 12h et de 14h à 17h à Suzannecourt (mairie)

Samedi 23/11 de 9h à 12h à Thonnance-lès-Joinville (mairie)

Jeudi 28/11 de 9h à 12h et de 14h à 17h à Joinville (Espace « emploi et services » Place de la Grève)

Vendredi 6/12 de 9h à 12h et de 14h à 17h à Vecqueville (mairie)

Mercredi 11/12 de 9hà 12h et de 14h à 17h à Joinville (Espace « emploi et services » Place de la Grève)

Vendredi 13/12 de 14h à 17h à Vecqueville (mairie)

Vendredi 20/12 de 9h à 12h à Thonnance-lès-Joinville (mairie)

Vendredi 20/12 de 14h à 17h à Suzannecourt (mairie)

Si vous ne pouvez vous rendre aux permanences, vous pouvez aussi envoyer votre contribution par e-mail à cette adresse : pref-enquete-unitech@haute-marne.gouv.fr

Le dossier soumis à enquête publique est consultable à cette adresse  : http://www.haute-marne.gouv.fr/Politiques-publiques/Risques-naturels-et-technologiques/Installations-classees-pour-la-protection-de-l-environnement/Autorisations-et-enregistrements/UNITECH-SERVICES-SAS-ouverture-de-l-enquete-publique

II – VENEZ ENCORE PLUS NOMBREUX-SES À JOINVILLE LE 14 DÉCEMBRE : Dites NON dans la RUE

C’est le moment pour dire non à un projet qui transpire le mensonge et qui risque de nous être imposé.

Vous l’avez compris : l’enquête publique ne sera pas déterminante pour Unitech. Son intérêt réside plutôt dans notre capacité à l’utiliser pour marteler nos argumentaires durant 6 semaines… afin de mobiliser pour le samedi 14 décembre.

Samedi 14 décembre, retrouvons-nous sur le pont de Joinville. Montrons que le refus exprimé dans les contributions à l’enquête publique se prolonge dans la rue. Que nous avons pleinement conscience que le processus administratif est verrouillé. L’essentiel se déroule en effet en dehors de ce processus participatif décrié. L’essentiel de notre combat se situe en dehors des sentiers battus et maîtrisés par les promoteurs et les autorités : le succès de nos réunions publiques, nos rassemblements spontanés, les dizaines de délibérations prises par des élu-es jusque dans la Marne à ce jour traduisent une opposition très diverse et solide.

C’est tout un territoire en lutte contre Unitech, avec ses habitant-es et ses élu-es qui s’associent pour empêcher son installations. Continuons !

Les modalités de cette journée et les propositions d’actions viendront. Bloquons d’ores et déjà cette date pour en faire un tournant majeur et symbolisant notre détermination !

Le 14 décembre, dès 10H, nous serons toutes et tous sur le pont !

Restez en contact avec nous pour suivre ces 5 semaines de mobilisation et préparer le 14 décembre : Site internetFacebookTwitter

Cet appel a été diffusé le 12 novembre 2019.

https://cedra52.jimdo.com/2019/11/12/mode-d-emploi-pour-l-enqu%C3%AAte-publique-d-unitech-et-rassemblement-le-14-12-19-%C3%A0-joinville/

Nov 12

BELGIQUE : SORTIE DU NUCLÉAIRE: UN « RISQUE CONSIDÉRABLE QUE LA POPULATION BELGE DOIVE SUPPORTER À L’AVENIR DES ÉNORMES COÛTS »

La gestion des provisions nucléaires doit être revue d’urgence, avertit la Commission des provisions nucléaires (CPN) dans son rapport annuel, consulté par L’Écho. L’organisme chargé du contrôle des provisions tire la sonnette d’alarme, écrit mardi le quotidien. Il y a un « besoin urgent de revoir la loi » pour éviter « un risque considérable que la population belge doive supporter à l’avenir les énormes coûts pour le démantèlement des centrales nucléaires et/ou la gestion des matières fissiles irradiées« , prévient la CPN.

Dans le dossier de la sortie du nucléaire en 2025, des incertitudes persistent quant au montant final de la facture, tandis que la capacité d’Electrabel à faire face à ses obligations de financer le démantèlement des centrales est remise en question.

Plusieurs textes sont sur la table. Le conseil des ministres avait approuvé un avant-projet de loi en juillet 2018. En février 2019, après la chute du gouvernement, une proposition de loi a été déposée par un député MR – du parti de la ministre de l’Énergie, Marie-Christine Marghem (MR) – mais elle n’a pu être approuvée au parlement avant les élections du 26 mai.

Selon Mme Marghem, c’est au parlement qu’il incombe maintenant de se saisir de cette question puisque le gouvernement est en affaires courantes.

Dans un communiqué, Écolo a rappelé qu’il a réintroduit à la Chambre sa proposition de la législature passée. Il propose notamment que les provisions nucléaires actuellement gérées par Synatom, une filiale d’Engie-Electrabel, soient transférés à la Banque nationale de Belgique.

« Cela fait des années que nous exigeons de renforcer le cadre légal pour provisionner tous les coûts liés à la gestion des déchets nucléaires, mais aussi au démantèlement des centrales qui prendra des dizaines d’années. Il faut écouter les experts de la CPN. Il convient aujourd’hui de réévaluer les coûts pour les prélever directement chez Engie et empêcher l’insolvabilité de la filiale d’Engie. Autrement, ce sont les citoyens qui devront trinquer« , a souligné le député Samuel Cogolati dans un communiqué.

La CPN pointe par ailleurs une série de risques liés au dernier scénario de l’Ondraf (l’organe chargé de la gestion des déchets nucléaires) concernant l’enfouissement des déchets les plus radioactifs. Ce nouveau scénario – qui a fait exploser le coût estimé pour cet enfouissement repoussé de 20 à 30 ans – « a un impact de taille sur un certain nombre d’aspects liés à la sécurité, ainsi que sur les coûts possibles et leur provisionnement« , selon la CPN.

Publié le mardi 12 novembre 2019 à 06h51 – Mis à jour le mardi 12 novembre 2019 à 13h14

https://www.lalibre.be/economie/conjoncture/sortie-du-nucleaire-un-risque-considerable-que-la-population-Mobelge-doive-supporter-a-l-avenir-des-enormes-couts-5dca4732f20d5a0c46c43b26

Nov 12

CONSÉQUENCES DU SÉISME DU 11 NOVEMBRE 2019 SUR LA SÛRETÉ DES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DE CRUAS ET DU TRICASTIN

Communiqué CRIIRAD du 12 novembre 2019 à 13H

L’épicentre du séisme de magnitude 5,4 intervenu peu avant midi le 11 novembre 2019 en vallée du Rhône est situé à environ 13 kilomètres de la centrale nucléaire de Cruas et 28,5 kilomètres de celle du Tricastin.

Les autorités et les industriels du nucléaire se sont voulus très rassurants hier après-midi en indiquant qu’il n’y avait pas eu de conséquences notables sur la sûreté de ces deux sites nucléaires. Les autorités ont annoncé hier soir que les réacteurs de la centrale de Cruas étaient cependant mis à l’arrêt pour des examens plus approfondis dans la mesure où l’un des capteurs du site avait enregistré un niveau d’accélération supérieur au critère d’intervention.

Dès l’annonce du séisme, la CRIIRAD s’est mise en situation de vigilance renforcée. Elle peut confirmer que ses balises de surveillance en continu de la radioactivité atmosphérique en Vallée du Rhône (Valence, Montélimar, Saint-Marcel d’Ardèche, Avignon) n’ont mis en évidence aucune contamination ou élévation anormale du rayonnement ambiant. Voir le site des balises CRIIRAD.

Cependant les recherches qu’elle a effectuées ces dernières années ont conduit la CRIIRAD à s’interroger sur la protection réelle des installations contre le risque sismique.

Tout d’abord parce que des « défauts de tenue au séisme » sont identifiés régulièrement sur les équipements de très nombreux réacteurs.

Les anomalies sont souvent découvertes de façon fortuite et datent souvent de plusieurs années, voire décennies, remontant parfois à la construction de l’installation. Elles n’avaient été identifiées ni par l’exploitant, ni par les contrôleurs ou leurs experts. Sont en cause des défauts de conception, de réalisation, de surveillance, des défauts de prise en compte de configurations à risque. Des défauts d’ancrage de certains auxiliaires des groupes électrogènes d’ultime secours ont ainsi été détectés en 2017 sur 26 réacteurs nucléaires : cet équipement vital n’aurait pas résisté à un fort séisme, entrainant la perte totale d’alimentation électrique ; la même année, étaient découverts des problèmes de corrosion susceptibles de conduire, en cas de séisme, à la rupture des tuyauteries et à l’inondation de la station de pompage, provoquant pour 20 réacteurs la perte totale de la source d’eau froide. Pas moins de 10 réacteurs [1] étaient concernés par les deux anomalies, ce qui impliquait la perte simultanée du système électrique et du système de refroidissement : le même scénario catastrophe qu’à Fukushima. Dans beaucoup de cas, les équipements n’auraient même pas résisté à un Séisme Maximal Historiquement Vraisemblable (SMHV), a fortiori à un Séisme Majoré de Sécurité (SMS).

Le deuxième axe d’interrogation concerne justement la détermination des SMHV et SMS et l’insuffisance des marges de sécurité.

La détermination du risque sismique historique (sur 1000 ans) procède d’estimation et de calculs (plus rarement de mesures). De plus, en remontant sur des milliers et des dizaines de milliers d’années, la paléosismologie a révélé l’existence de tremblements de terre d’intensité ou de magnitude très supérieures à celles révélées sur la séquence historique [2]. Au-delà de la magnitude des séismes, il s’avère également que les effets de site ne sont pas forcément bien pris en compte. La réglementation est supposée tenir compte de l’avancée des connaissances mais les processus sont très longs.

Le séisme survenu le 11 novembre 2019 vient réactiver ces interrogations. Sa magnitude (5,4) dépasse en effet largement celle du Séisme Majoré de Sécurité (5,2) retenu pour le dimensionnement des dispositifs de tenue au séisme des sites nucléaires du Tricastin et de Cruas.

La CRIIRAD demande donc une remise à plat complète du dispositif de protection contre les séismes, intégrant la publication des dossiers traitant de la résistance de chaque centrale et un état des lieux exhaustif de l’état des équipements directement ou indirectement concernés. Elle demande également que les centrales de Cruas et du Tricastin soient mises à l’arrêt de manière préventive compte tenu de la manifestation d’un séisme de magnitude nettement supérieure au Séisme Majoré de Sécurité.

Rédaction : Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire ; Corinne Castanier, responsable règlementation-radioprotection et Jérémie Motte, ingénieur environnement à la CRIIRAD.

[1] Centrales nucléaires de Nogent-sur-Seine, Belleville, Golfech et Cattenom
[2] À Cadarache, par exemple, le SMHV est de 5,3 ; le SMS a donc été fixé à 5,8 (majoration de sécurité de 0,5) mais les recherches ont révélé dans un passé plus lointain l’existence de séismes allant jusqu’à une magnitude 7

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org

CRIIRAD, 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

Nov 12

SÉISME DE 5,5 SUR L’ÉCHELLE DE RICHTER A 30 KM DES SITES ATOMIQUES DU TRICASTIN ET DE CRUAS

Ce lundi matin à 11h54 un fort séisme de 5,5 sur l’échelle de Richter, a frappé  la vallée du Rhône. L’épicentre, situé en Ardèche à Le Teil, se trouve à moins de 20 km de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) où la secousse a été ressentie dans la salle des machines des réacteurs, et à 30 km du site atomique du Tricastin (Drôme/Vaucluse). La terre a tremblé également jusqu’à Avignon au sud et jusqu’à Lyon au nord.

Après une série de « grappes de mini-séismes » qui s’est déroulée ces quinze derniers jours dans la vallée du Rhône, un fort séisme de 5,5 sur l’échelle de Richter vient de se produire ce lundi 11 novembre 2019 à 11h52. L’épicentre est situé dans la commune ardéchoise de Le Teil, en vis à vis de Montélimar et à 20 km de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche) et 30km du site atomique du Tricastin (Vaucluse/Drôme).

La secousse a été ressentie dans la salle des machines de la centrale nucléaire de Cruas. À cette heure (14h45) aucune information n’a filtré sur les dégâts éventuels et la fragilisation des installations et matériels.

Pourtant, quelques heures avant le séisme, à 23h51 le réacteur n°4 du Tricastin s’est mis en arrêt d’urgence, la puissance chutant de 950kWh à 0kwh (1). Concomitance d’évènements ou bien enchaînement annonciateur?

Une quinzaine d’intervention des pompiers se sont déroulées dans les départements de la Drôme et d’Ardèche, 3 blessés et un mort sont notifiés.

Alors qu’Areva veut implanter une nouvelle installation nucléaire (INB) d’uranium de retraitement sur le site du Tricastin et affirme dans son dossier déposé auprès de l’Agence de l’Environnement que le site n’est confronté à aucun risque particulier, il est indispensable de réaffirmer que le site est implanté sur une faille sismique active et en contre-bas du canal de Donzère-Mondragon.

Avec ces 12 installations nucléaires dont la centrale atomique appartenant à EDF, Areva-Orano et au CEA,  Tricastin est le plus important et menaçant site nucléaire d’Europe s’étalant sur plus de 615 hectares.

La seule mesure de sécurité effective pour ne plus exposer la population au risque exorbitant radioactif est la mise à l’arrêt sans aucune condition des installations nucléaires.

Point à 18heures :

4 blessés dont 1 grave, le toit de l’église de LeTheil effondré, 250 habitations détériorées, près de 500 personnes sans toit, près de 160 interventions des pompiers en Drôme et Ardèche, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Cruas est en arrêt d’urgence, l’ensemble des réacteur est mis à l’arrêt successivement et doit faire l’objet d’un audit approfondi à la demande de l’ASN, pas d’information sur le site nucléaire du Tricastin.

Pour EDF : « À la centrale nucléaire de Cruas-Meysse, les premiers contrôles n’ont pas mis en évidence de dégât apparent. Des vibrations ont cependant été enregistrées, ce qui nécessite de procéder à des contrôles complémentaires et préventifs… Ces unités seront successivement mises à l’arrêt à partir de 18 heures ce jour. Le réacteur n°1 est actuellement en arrêt programmé pour maintenance. L’Autorité de sûreté nucléaire et la préfecture de l’Ardèche sont tenues informées de la situation. » (2)

Rappelons que le 15 avril 2019, Cruas et Tricastin avaient été affectés par un incident (anomalie générique) de niveau 1 concernant la résistance au séisme du circuit d’eau glacée et des vases d’expansion (3). Quelques mois plus tôt, le 28 février 2019 à Cruas, était détectée tardivement l’indisponibilité totale du système de filtration d’iode radioactive (DVW) sur le réacteur 2 et ce depuis le 24 janvier 2019 (4).

Les huit réacteurs de Cruas et Tricastin ont été construits en prenant comme base de sécurité un séisme d’une magnitude de 4,7 sur l’échelle de Richter dont l’épicentre se situait à Châteauneuf-du-Rhône (Drôme) avec une majoration de sécurité de magnitude 5,2 qui a été retenu par l’Autorité de Sûreté du Nucléaire.

Des témoignages :

« En plein repas de famille, nous avons ressenti le tremblement de Terre: coupure d’électricité, la piscine en grosses vagues, le luminaire et la télé ont tremblé. On a cru que le sol se dérobait sous nos pieds. Nous sommes à Châteauneuf-du-Rhône« 

« Bonjour, ressenti sur Gerflor à St-Paul-Trois-Châteaux, durée 3 ou 4 secondes. »

« Oui ici en Avignon léger balancement et craquement des murs à 11h55 environs. »

« Bonjour, j’ai senti de fortes secousses à Guilherand-Granges à 11h53, l’immeuble s’est mis à balancer et secouer. J’ai eu très peur cela n’a pas duré longtemps mais c’était impressionnant. L’impression de ne plus rien maîtriser. La peur est montée d’un coup. Je constate seulement maintenant qu’il s’agit d’un tremblement de Terre. Impressionnant… Je ne pensais pas que cela puisse arriver dans notre région !  Sabrina.« 

« Nous sommes à Valence nous avons ressenti un tremblement de terre dans toute la maison à Saulce et Montélimar, les pompiers y sont. »

« À Allan (26780), nous étions dans la cuisine quand tout s’est mis à bouger, les lustres valdinguaient dans tous les sens, bruit sourd et coupure totale d’électricité et de téléphone.« 

« Ressenti à St-Paul-Trois-Châteaux, les chaises ont bougé les lustres ont remué de gauche à droite, le tout n’a duré que 5 secondes mais de quoi inquiéter un peu quand même. »

« Bjr, bien ressenti à Vedène (84 vers 11h50. Bibelos renversés sur le buffet et lustre qui bouge encore pendant 10 minutes, ça fait peur. »

« Nous avons ressenti le tremblement de Terre à 11h50. Nous étions à table et ça a bien tremblé pendant 10 secondes, les chaises ont bougé, nous décalant et le lustre bougeait grandement ainsi que les radiateurs. On a bien senti toute la maison trembler de façon violente. Localisation: Saint Montan, »

« Bonjour, j’habite à Vallon-Pont d’Arc et effectivement j’ai ressenti un tremblement aux alentours de 12 heures. Mon frigidaire, mes placards avec la vaisselle ont bougé ainsi qu’un grand buffet dans ma salle de séjour. Cela a été de courte durée mais inquiétant. »

(1) https://www.services-rte.com/fr/visualisez-les-donnees-publiees-par-rte/indisponibilites-des-moyens-de-production.html

(2) https://www.edf.fr/groupe-edf/nos-energies/carte-de-nos-implantations-industrielles-en-france/centrale-nucleaire-de-cruas-meysse/actualites/seisme-en-drome-ardeche-point-sur-les-reacteurs-de-la-vallee-du-rhone

(3) https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Incident-de-niveau-1-concernant-la-resistance-au-seisme-du-circuit-d-eau-glacee

(4) https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Detection-tardive-de-l-indisponibilite-totale-d-un-systeme-de-filtration-d-iode2

Par Rédaction, publié le lundi 11 novembre 2019 à 13h33

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/11/11/S%C3%A9isme-de-5%2C5-sur-l-%C3%A9chelle-de-Richter-%C3%A0-30-km-du-site-atomique-du-Tricastin

Nov 11

OTAN : LA FIN D’UN TABOU

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – Samedi 9 novembre 2019 : En déclarant que l’OTAN était en « état de mort cérébrale », le Président de la République a osé briser un tabou, celui de la légitimité existentielle d’une organisation qui, depuis la fin de la Guerre froide mais surtout depuis ces dernières années, a perdu sa raison d’être. Le désengagement américain et les camouflets du Président américain notamment à la solidarité transatlantique ainsi que les dissensions internes et l’ambiguïté de l’attitude de la Turquie, ont fini de saper les fondations de cet édifice déjà fortement fragilisé.

Le Président français a ainsi simplement constaté publiquement et avec courage et lucidité un état de fait qu’on ne peut plus ignorer.

Depuis plusieurs années, notre organisation, Initiatives pour le Désarmement Nucléaire – IDN, s’exprime sur ce sujet, pour dire que l’OTAN a vécu, dans sa formation actuelle et qu’elle ne répond plus aux besoins de sécurité des Européens, particulièrement dans la perspective de la construction d’une défense européenne. Alors que les États-Unis s’éloignent de l’Europe, il devient illusoire et dangereux de continuer à déléguer sa politique de sécurité aux Américains. Le général De Gaulle disait déjà : « Qu’est-ce que l’OTAN ? Ce n’est pas la défense de l’Europe par l’Europe. C’est la défense de l’Europe par les Américains ».

IDN a ainsi multiplié les articles, communiqués et études*, notamment de Paul Quilès « Les ambiguïtés de l’OTAN » en mai 2017, de Marc Finaud « l’OTAN a-t-elle encore un sens ?» en décembre 2018, du général d’armée aérienne (2S) Bernard Norlain « L’OTAN : un vaisseau fantôme ?» en avril 2019. Notre ambition était non seulement de montrer que l’OTAN n’a plus de légitimité pour garantir la sécurité de l’Europe, mais de faire des propositions constructives en particulier « d’européaniser l’OTAN » ce qui permettrait aux Européens, tout en conservant la structure de l’organisation, d’en assurer le commandement en fonction de leurs propres intérêts.

En faisant le constat réaliste et audacieux de l’état de mort cérébrale de l’OTAN, le Président français permet à la France d’apparaître sur la scène internationale comme un pays capable de prendre des initiatives et de ne pas hésiter à s’attaquer à des tabous qui ne sont que les vestiges d’une époque révolue.

Mais dans cette dynamique créatrice, la France doit aussi dénoncer les autres verrous qui bloquent notre réponse aux défis actuels de sécurité, en particulier le tabou de la dissuasion nucléaire.

Dans un monde en pleine évolution, d’une complexité croissante, nous ne pouvons plus faire de la dissuasion nucléaire la clef de voûte de notre sécurité. Nous ne pouvons plus nous reposer derrière une « ligne Maginot » bâtie pour répondre à un contexte stratégique vieux de plus de soixante ans.

La France vient de commencer à bousculer les idoles d’antan, il lui faut poursuivre sur cet élan. C’est en prenant des initiatives en rupture avec la pensée d’hier que la France restera fidèle à sa vocation universelle.

* Voir ces textes sur le site d’IDN : http://www.idn-france.org/?s=OTAN

Publié le 10 novembre 2019

http://7seizh.info/2019/11/10/otan-la-fin-dun-tabou/

Nov 11

NUCLÉAIRE IRANIEN : L’AIEA A DÉTECTÉ DES « PARTICULES D’URANIUM » SUR UN SITE NON DÉCLARÉ

Le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique confirme également que l’Iran a intensifié son enrichissement d’uranium, dépassant les stocks autorisés par l’accord de 2015.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a détecté en Iran des « particules d’uranium naturel » dans un lieu qui n’avait pas été déclaré, selon un rapport consulté par l’Agence France-Presse (AFP) lundi 11 novembre à Vienne.

L’AIEA ne nomme pas ce site. Des sources diplomatiques ont expliqué auparavant à l’AFP que le gendarme du nucléaire avait posé des questions à l’Iran concernant un lieu signalé par Israël par le passé comme pouvant abriter des activités nucléaires supposées.

Le rapport confirme également que l’Iran a intensifié son enrichissement d’uranium, le stock d’uranium faiblement enrichi atteignant désormais l’équivalent de 551 kg. L’accord conclu en 2015 entre l’Iran, les Etats-Unis, la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne n’autorise pourtant qu’un stock limité à 300 kg.

Lire l’analyse : Dans le nucléaire, la stratégie de l’Iran vise à isoler les Américains tout en évitant l’irréparable

Désengagement par étapes

Mais un an jour pour jour après le retrait américain de l’accord de Vienne décidé par Donald Trump, l’Iran a entamé le 8 mai dernier un processus de désengagement par étapes, tous les soixante jours, afin de pousser les Européens à tenir leurs promesses de compensation des sanctions américaines.

Le président iranien Hassan Rohani a lui-même annoncé la semaine dernière que son pays allait enfreindre une nouvelle disposition de l’accord de 2015 sur son programme nucléaire en injectant du gaz d’uranium dans 1 044 centrifugeuses de Fordow (centre), prélude à la reprise d’opérations d’enrichissement sur ce site.

Lire aussi Nucléaire iranien : l’enrichissement d’uranium a repris dans l’usine souterraine de Fordo

Par Le Monde avec AFP et Reuters, publié le 11 novembre à 18h07

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/11/nucleaire-iranien-l-aiea-a-detecte-des-particules-d-uranium-sur-un-site-non-declare_6018782_3210.html

Nov 11

NUCLÉAIRE : LE GRAND SILENCE

Le nucléaire peut-il encore être considéré comme une « énergie de transition » crédible ? « La Parisienne Libérée » l’envisage comme un cadavre qui ne peut plus sortir de son cercueil qu’en… s’exportant… « L’atome est loin d’être assuré tous risques » rappelle-t-elle en vigie soucieuse de déchirer le hurlant « silence nucléaire » autour d’une industrie confrontée à une perte généralisée de compétences dont les failles ouvrent un gouffre sous nos pas…

Le terme « nucléaire » est-il encore synonyme de « sécurité nationale » ou d’ « indépendance nationale » ? Jadis proclamé « énergie d’avenir », le nucléaire se retrouve « au cœur » des plus brûlantes interrogations sur l’avenir de nos sociétés thermo-industrielles confrontées tant au prix du pétrole qu’à son épuisement – et à la fin de vie de ses centrales. Le contexte politique général en Europe cesse d’être favorable à une industrie nucléaire dont les coûts exceptionnels comme les risques tout aussi exceptionnels explosent : depuis les catastrophes de Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), les populations sous haute tension s’inquiètent des risques d’une politique décidée en leur nom mais contre leurs intérêts et ceux des générations à venir…

Celle-ci n’a fait que déplacer, sans la résoudre, la mortifère contradiction d’une dynamique fondée sur une croissance économique et démographique sans limites sur une planète en ébullition dont les ressources énergétiques utilisables sont en voie d’évaporation.

Sortir d’un jeu truqué ?

« La Parisienne Libérée« , chroniqueuse dont les émissions (sur Mediapart, Arrêt sur images, Basta !, YouTube, etc.) documentent les risques liées à l’usage de l’énergie nucléaire, donne une vue vertigineuse sur l’immense étendue d’une irresponsabilité organisée entre États et industriels autour du (sur)coût d’un « accident majeur » (pourtant inhérent au « cycle d’exploitation » d’une centrale) qui incombe aux seules populations concernées.

Sans oublier « l’entreprise de déréalisation du danger et de légitimation » de cette « irresponsabilité publique » que permet le maniement d’outils bien commodes comme le chiffrage et les représentations graphiques.

Le danger nucléaire, un « risque négligeable » ? C’est là un « argument d’autorité drapé dans des courbes scientifiques »…

Car enfin, « l’industrie nucléaire nous sert des histoires de jeux de dés censés retomber toujours du bon côté, dans le but d’obtenir sinon notre assentiment, du moins notre silence résigné ».

Le grand silence plutôt que le grand débat ?

Mais alors, comment sortir d’une « partie de cartes » dont le lobby de l’atome fixe toutes les règles et dont notre seule certitude est « d’en sortir perdants » ?

Peut-être bien en refusant les approches statistiques, les argumentations chiffrées et en considérant « une fois pour toutes que le nucléaire n’est pas un risque », absolument pas : c’est « un danger, une menace permanente, d’essence militaire, lourde et parfaitement refusable, indépendamment de tout seuil ou quantification »…

Le nucléaire, comment ça marche ?

« La Parisienne Libérée » invite à envisager une évidence : «  l’atome ne produit pas d’électricité ».

Car « le feu nucléaire se contente de chauffer de l’eau, l’eau chaude se contente de faire tourner des turbines qui produisent de l’électricité, et puis c’est tout  »…

Ainsi, une centrale nucléaire « n’est fondamentalement rien d’autre qu’une bouilloire géante reliée à un gros moulin » qui génère en réalité « de l’électricité à eau bouillie »… Mieux – si on peut dire : « un réacteur nucléaire perd les deux tiers de l’énergie qu’il produit, qui se dissipe sous forme de chaleur  »…

Ces dégagements de chaleur dévastent les écosystèmes alors qu’ils pourraient « chauffer l’ensemble des bâtiments de France » – et que « EDF se permet de nous sermonner sur le thème de l’efficacité énergétique, culpabilisant les particuliers qui habitent des logements mal isolés  »…

La filière électronucléaire se veut « acteur majeur » d’une « transition énergétique » dont elle tente de capter les budgets alors sa part ne peut plus être davantage occultée dans l’érosion accélérée de la biosphère dans un contexte de prédation globalisée, à l’orée de ce qui s’annonce comme un cycle long d’énergie chère voire hors de prix…

Depuis le lendemain de la dernière guerre, elle avive ce vieux projet démiurgique de l’invention d’une forme d’énergie inépuisable. Mais en thermodynamique, il n’y a jamais de miracle. Les mythes fondateurs de l’électronucléaire (une humanité parvenue à l’âge de l’abondance, la domination d’une nature surexploitée définitivement acquise, l’indépendance énergétique assurée, etc.) font long feu avec l’impossible démantèlement des centrales et les contradictions du chimérique concept de « transition énergétique » lancé en tentative ultime de fuite en avant pour prolonger une logique d’accumulation du « capital » et de prédation indéfinies.

L’ultime argument invoqué par l’industrie nucléaire, « l’énergie décarbonée », ne tient pas la route face à la perspective d’un désastre cataclysmique dans un cycle de stagnation des rendements énergétiques qui devrait l’exclure d’une nouvelle donne planétaire.

Le problème n’est pas de « produire plus » mais de consommer et de gaspiller moins, au terme d’une logique de ponction sur les ressources les plus accessibles au moindre coût : toute civilisation n’est-elle pas d’abord, depuis le néolithique, un système de récupération et d’usage des énergies ?

Ivan Illich (1926-2002) ne disait-il pas que « l’exercice de la démocratie est indissociable d’une technique à basse consommation d’énergie  » ?

Si les vendeurs de vent sont outrageusement gavés de subventions pour nous appauvrir toujours davantage, il n’en demeure pas moins que des alternatives d’utilisation rationnelle de convertisseurs énergétiques végétaux et animaux et de toutes formes d’énergie renouvelable sont proposées par des filières de bioconversion. 

Il ne s’agit plus de sauver le « dogme nucléaire français » dans la déraison d’une « économie » en état de guerre totale contre la vie sur Terre menée par des hommes plus étrangers à leurs semblables qu’aux présumés habitants d’une lointaine exoplanète. Mais de préserver ce qui peut l’être encore des possibilités de vie du plus destructeur mode de gaspillage énergétique jamais produit par une société.

Pour « La Parisienne Libérée« , « ce qui finit aujourd’hui, bien au-delà de la chute chaotique d’une industrie, c’est le nucléaire en nous ». Le charme de la fée électricité est bel et bien rompu, une fois ses tours de magie éventés. Il nous reste le cauchemar nucléaire, avec son grand silence tombal, ses failles et ses mythes persistants (dont celui du « non rejet dans l’environnement »…), ses retards perpétuels (la mise en service de l’EPR de Flamanville) comme ses impossibles démantèlements et confinements. Les « écologistes » autoproclamés qui se croient autorisés à parler et décider au nom des « générations futures » et de la « transition énergétique » devraient envisager de ne pas transmettre à cette humanité future pas encore advenue… la charge de nos déchets nucléaires…

Au fond, « toutes les sociétés ne sont pas égales devant ce mythe » du confinement et des « pratiques industrielles qui le nourrissent » – aussi longtemps que l’on consentira à appeler « accidents » des « éparpillements toxiques » qui font partie du cycle « normal » d’exploitation des centrales : « Les matières nucléaires s’échappent peu à peu de toutes les enceintes que les scientifiques et les bétonneurs ont conçues pour elles » – quelles épaisseurs de sable, de béton, de métal ou de déni pourraient vraiment les retenir ?

Conclusion implacable de la journaliste citoyenne : « Puisque les États nucléaires n’ont pas pu, ni voulu tenir captives leurs productions guerrières, n’ont pas réalisé industriellement les mondes clos dont ils se vantaient d’avoir la maîtrise technologique, c’est désormais directement à nous que s’applique l’injonction du confinement  »…

Le pire est plus que certain au bout de ces pratiques consistant à « dévorer nos ressources collectives puis à répandre dessus des produits toxiques pour être sûr que cela ne soit plus jamais d’aucune utilité à personne ».

Ainsi, il ne restera plus aux clients captifs des « offres » irrésistibles à venir qu’à «  acheter, un jour de grande soif, la bouteille d’eau contaminée qu’ « ils » nous vendront à prix d’or  »…

On peut toujours rêver d’une grande soif de spiritualité et de la mise en œuvre d’une énergie spirituelle supposée guider ou limiter la dilapidation d’énergie mécanique en cours. Il en faudra, ne serait que pour faire l’économie, avant qu’il ne soit vraiment trop tard, d’une énergivore « transformation digitale » de nos sociétés présumées humaines ainsi que du Grand Bond numérique prétendant « dématérialiser » les hommes dans un contexte dévastateur de « grand remplacement » de l’humain par des convertisseurs énergétiques et des flux d’énergie.

Car il n’y aura pas de rentiers de l’atome – pas plus que de possibilité de vraie vie réduite à sa contribution pixelisée au big data dans une telle évaporation d’énergie, de compétences et d’intelligence vitale…

Quels « citoyens » éclairés par les enjeux de « digitalisation illimitée » du vivant se rendront, tant que les turbines tourneront encore, au poste de pilotage d’un « nouveau monde » productif avant le crash mettant un terme à 200 000 ans de « transition énergétique » ?

La Parisienne Libérée, Le nucléaire, c’est fini, La fabrique, 232 p., 13 €

Par lephénix (son site), publié le dimanche 10 novembre 2019

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/nucleaire-le-grand-silence-219151

Nov 11

APRÈS LE TREMBLEMENT DE TERRE, LES CENTRALES NUCLÉAIRES N’AURAIENT PAS SUBI DE DÉGÂTS

Un « fort » séisme est survenu près de Montélimar, à proximité de plusieurs centrales nucléaires. Des vérifications sont en cours, a assuré EDF qui se veut rassurante.

NUCLÉAIRE – “Coucou EDF, merci de préciser que le tremblement de terre n’a eu aucune incidence sur les centrales très proches”. À l’instar de l’ancienne ministre de l’Environnement Corinne Lepage, farouche opposante au nucléaire, plusieurs internautes se demandent si le séisme de magnitude 5,4 observé ce lundi 11 novembre dans la région de Montélimar a eu un impact sur deux sites nucléaires situés à proximité: la centrale du Tricastin et celle de Cruas-Meysse, respectivement à 26 et 23 km de l’épicentre. 

Auprès de plusieurs médias, dont franceinfo et le Dauphiné Libéré, EDF a tenu à rassurer, en assurant qu”‘aucune incidence sur la sûreté des installations ni sur la production d’électricité avec deux tranches qui sont connectées au réseau”, n’avait été repérée. Le fournisseur d’électricité a toutefois précisé que “des vérifications sont en cours sur place, comme le veut la procédure”. 

La préfecture de l’Ardèche a indiqué que ni “le bâtiment du CNPE de Cruas-Meysse” ni “aucun site SEVESO” n’avait été touché. La préfecture de la Drôme a également fait savoir qu’aucun dégât “n’a été recensé sur l’ensemble des installations nucléaires du Tricastin”. 

“Un accident de type Fukushima”

Il faut dire que la situation de ce site très âgé est pour beaucoup une réelle source d’inquiétude. En février 2018, les journalistes Thierry Gadault et Hugues Demeude publiaient une longue enquête pointant “le risque d’inondation catastrophique en cas de séisme, comme l’avait relevé en septembre 2017 l’Autorité de sûreté nucléaire, qui a arrêté d’office le fonctionnement des quatre réacteurs de la centrale en attendant qu’EDF fasse, enfin, les travaux de renforcement de la digue du canal de Donzère-Mondragon”.  

Auprès des deux auteurs de cette enquête, consignée dans l’ouvrage Nucléaire, danger immédiat, le président de l’ASN avait par exemple confié ceci à propos du site du Tricastin: “en cas de séisme fort on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima”. 

Au mois de juin, l’ASN a sommé EDF de réaliser “un renforcement complémentaire” de la digue protégeant la centrale qui a depuis repris du service, les travaux réalisés plus tôt ayant été jugés insuffisants. “EDF a prévu des travaux complémentaires sur cette digue afin qu’elle résiste au séisme extrême défini après l’accident de Fukushima. La décision adoptée par l’ASN le 25 juin 2019 impose la réalisation de ce renforcement au plus tard fin 2022″, prévenait le gendarme du nucléaire.

À noter que l’évaluation de ces travaux se basait sur le plus fort séisme ressenti dans cette zone: un tremblement de terre de magnitude 4,7 survenu en 1873 (et dont l’épicentre se situait à 13 km du site). Le scénario le plus pessimiste de l’ASN prévoyait un séisme de 5,2. Or, celui ressenti aujourd’hui est de 5,4.

À ce jour, ces travaux de “renforcementn’ont pas été réalisés. À priori sans conséquences, selon EDF et la préfecture de la Drome. 

Par Romain Herreros, journaliste politique au HuffPost, publié le 11/11/2019 à 15h24

Photo en titre : AFP Contributor via Getty ImagesCentrale nucléaire du Tricastin photographiée en 2017. 

https://www.huffingtonpost.fr/entry/apres-le-tremblement-de-terre-les-centrales-nucleaires-nauraient-pas-subi-de-degats_fr_5dc95ddae4b0fcfb7f69f40f

Nov 11

CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE : ARRÊT PROLONGÉ POUR LES DEUX RÉACTEURS

Alors que les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville devaient redémarrer respectivement le 15 novembre et le 5 décembre, les délais se sont allongés.

Le réacteur numéro 1 de la centrale de Flamanville ne devrait redémarrer que le 15 décembre et le numéro 2 le 31 janvier.

Aux dernières nouvelles, ils devaient redémarrer respectivement le 15 novembre et le 5 décembre, les délais se sont allongés.

Lire aussi : EDF Flamanville : les deux réacteurs toujours à l’arrêt

Le premier a été arrêté le 18 septembre, après la découverte de traces de corrosion sur certains supports de systèmes auxiliaires des deux diesels de secours. Leur remplacement a été décidé.

Lire aussi : Nucléaire : la centrale de Flamanville à l’heure des mesures post-Fukushima

Même chose sur le réacteur numéro 2, à l’arrêt depuis janvier pour sa visite décennale. La direction de la centrale précise :

« Nous avons été obligés de décaler les redémarrages d’un mois. Il a fallu faire fabriquer à l’extérieur de nouveaux supports. Et les conditions météo, la pluie et le vent, ont perturbé les nombreuses activités de levage nécessaires pour ces équipements situés à une dizaine de mètres de hauteur. »

Par : Rédaction La Presse de la Manche, publié le 10 Novembre 2019 à 14h47

Photo en titre : Les réacteurs 1 et 2 de Flamanville sont toujours à l’arrêt. (©Archives La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/centrale-nucleaire-flamanville-arret-prolonge-les-deux-reacteurs_29297076.html

Nov 10

CENTRALE ATOMIQUE DE CRUAS : ARRÊT D’URGENCE D’UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE

Samedi 9 novembre au petit matin une surchauffe/incident sur le réacteur nucléaire  n°4 de la centrale atomique de Cruas-Meysse a entraîné son arrêt en urgence (SCRAM). Un panache anormal de vapeur de plus de 3 km de haut, visible à 50km alentour, s’est échappé d’une des tours de refroidissement. Dans ces conditions, les installations sous pression, ont dû rejeter dans l’atmosphère des gaz d’iode radioactif 131, entrainant une pollution inéluctable.

Dans la nuit de vendredi à samedi les habitants du village de Meysse et des alentours ont constaté que s’échappait  d’une des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse un panache de vapeur anormal. D’une hauteur de près de 3 km de haut ce panache de gaz à effet de serre (vapeur d’eau)  était visible à plus de 50 km à la ronde.  Cette « anomalie » signifie qu’un réacteur est en surchauffe, voir en emballement.

Bien que les autorités n’aient pas informé la population de ce qui se passait, celle-ci a appris par la presse du matin qu’à 4h28  le réacteur n°4 avait fait un SCRAM (arrêt d’urgence automatique), certainement en liaison avec cette surchauffe. Dans ces conditions extrême, afin notamment d’éviter l’explosion, le système lâche le maximum de pression contenue dans les générateurs de vapeurs et évacue dans l’atmosphère en catastrophe la radioactivité générée par le réacteur atomique. Des rejets d’’iode radioactif 131 ont forcément eu lieu et une pollution radiologique s’est produite. La Direction de la centrale atomique dément.

Élévation du niveau de radioactivité

L’organisation Next-up, équipée de matériel de mesures de radioactivité et de protections NBC (Nucléaire Bactériologique Chimique) s’est rendue en fin de journée sur la  zone afin de réaliser des mesures radiologiques. Objectif : identifier les zones touchées par la contamination en fonction du sens du vent depuis le petit matin. Les retombées radioactives ayant pu se produire à plusieurs kilomètres et pas forcément dans le secteur des installations nucléaires. Une dizaine de mesures sur une distance de 10km ont été effectuées en amont et en aval ainsi qu’en proximité. À cet endroit a été détecté un « point chaud » radioactif de 24,9mSv/h. Niveau correspondant au niveau d »une « zone contrôlée« . Le « bruit de fond radioactif » au sud vers Meysse est de 0,23mSv/h alors qu’en temps ordinaire il est compris entre 0,07 et 0,14mSv/h.

En fin de journée du lendemain, dimanche 10 novembre, des fontaines d’eau anormales s’écoulaient du bas de la tour aéroréfrigérée tandis qu’aucun panache de vapeur n’en sortait. Pour un réacteur tout juste sorti d’une maintenance de 2 mois ça fait froid dans le dos. D’autant que dans les tours aéroréfrigérantes des centrales nucléaires, les zones d’échange thermique (« packings d’aéroréfrigérants »), s’entartrent et doivent donc être remplacées périodiquement et extraits des tours puis entreposés sur des aires d’entreposage avant leur élimination. Ces packings entartrés sont susceptibles de contenir des micro-organismes pathogènes mortels (légionelles et amibes) à l’origine d’une infection respiratoire grave. 

Bien d’autres incidents dans les mois précédents sur le réacteur n°4

Depuis le 29 juin et jusqu’au 1er août 2019 le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse a été arrêté pour maintenance et renouvellement partiel des barres de produits de fission atomique (« combustible« ). Le redémarrage du réacteur est prévu pour le 1er août 2019. À cette occasion l’ASN avait effectué « par sondage » des contrôles sur la maintenance et le contrôle d’organes de robinetterie et des tuyauteries, des batteries de secours et des connexions électriques, et sur le renouvellement d’une partie du combustible. L’ASN en avait profité dans la foulée pour procéder à deux inspections de chantier inopinées sur la bonne réalisation des contrôles et travaux de maintenance, la manipulation du combustible et le respect des règles de radioprotection. Au cours de cet arrêt du réacteur nucléaire n°4, EDF en avait profité pour tenter de purger ses retards de… déclarations obligatoires d’incidents : un événement significatif pour la sûreté classé au niveau 1 sur l’échelle INES et trois événements significatifs pour la sûreté classés au niveau 0 sur l’échelle INES, et deux événements significatifs pour la radioprotection classés au niveau 0 sur l’échelle INES.

Le 26 juillet 2019, alors que le réacteur n°4 est en cours de redémarrage après son arrêt pour rechargement en combustible, un essai périodique est réalisé sur le système ASG. L’exploitant constate la présence d’huile sous le capot de protection de la turbopompe ASG, due à la défaillance d’un joint d’étanchéité.  Cette défaillance a pour origine une « non-qualité de maintenance » lors du remontage du joint, le 14 juillet 2019, après la maintenance de la turbopompe. Comme cet équipement n’était plus en mesure de jouer son rôle, EDF a dû procéder à une baisse de la pression et de la température du circuit primaire. Le joint défectueux a été remplacé et un nouvel essai a été réalisé le 27 juillet 2019. Toutefois, pendant plus de 10 jours, entre le 14 et le 26 juillet 2018, le fonctionnement de la turbopompe était soit défectueux soit inopérant. Du grand art !

Ce n’est que le 29 juillet 2019, soit 15 jours après la défaillance et la mise en danger, qu’EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire cet « évènement significatif pour la sûreté« . Cette détection tardive de l’indisponibilité de la turbopompe d’alimentation de secours en eau (ASG)  et de son état a conduit à placer cet incident nucléaire au niveau 1 de l’échelle INES.

Malgré ce bazar et ce peu de sérieux et rigueur, l’Autorité de sûreté nucléaire avait donné ce même 29 juillet 2019 son accord au redémarrage du réacteur n°4. Qui décide ? Le « pseudo gendarme » contrôleur ou le contrôlé nucléariste ? On voit le résultat.

Et le 24 septembre dernier : bis-repetita, le réacteur nucléaire n°4 voit chuter subitement sa puissance de 975Mwh à 375Mwh. La filiale EDF de transport d’électricité signale « La durée de cette indisponibilité est susceptible d’être affectée par les résultats de diagnostics à venir et les réparations qui pourraient s’avérer nécessaires« . Comme c’est joliment dit ! Puis, quand on aime on ne compte pas, ter-repetita : le 10 octobre à 09h10 chute à 760Mwh/h puis à zéro, RTE précise « La baisse peut prendre plusieurs heures » et prévoit la fin de l’arrêt pour le 13 octobre à 07:30. Si tout va bien et que le café-croissant est digéré. Quelques jours plus tard, le 26 octobre à 21h, c’est le réacteur nucléaire n°2 qui est à l’arrêt…

NB : Le réacteur n°1 de Cruas-Meysse ne va pas mieux. Lors d’une inspection menée par l’ASN le 21 octobre 2019 sur sa tour aéroréfrigérante, les inspecteurs ont constaté : « que l’organisation pour la gestion des déchets potentiellement pathogènes mise en œuvre par le CNPE de Cruas-Meysse présente des lacunes importantes, et ce à de nombreux niveaux. Les inspecteurs ont notamment relevé que :

 – la formation aux risques résultant de la dispersion de micro-organismes pathogènes des personnes chargées du suivi des évacuations des déchets potentiellement pathogènes (légionelles et amibes) est insuffisante ;

– l’identification des déchets potentiellement pathogènes entreposés sur les deux aires d’entreposage ne permet pas de distinguer les déchets pathogènes des déchets sains ;

– les dispositions d’organisation permettant de connaître le type et la quantité de déchets présents sur l’aire d’entreposage ne sont pas appliquées de façon satisfaisante ;

– l’organisation mise en place ne permet d’identifier précisément les déchets devant être évacués et les déchets ayant été évacués ; 

– la vérification des activités d’évacuation des déchets, confiées à une entreprise extérieure, n’est pas suffisante et la prise en compte des informations fournies par ladite entreprise insuffisante…

Par ailleurs, le délai d’information de l’évènement significatif pour l’environnement n’est pas satisfaisant puisque la centrale nucléaire de Cruas-Meysse en a informé l’ASN quatre jours après sa détection.   » (INSSN-LYO-2019-0827). À noter que le 8 octobre 1,68 tonne de déchets « Tr1 2019 packings » potentiellement pathogènes a été évacuée par erreur vers l’installation de traitement de déchets non dangereux.

(1) Sur les réacteurs à eau pressurisée exploités par EDF, le circuit d’alimentation de secours des générateurs de vapeur (dénommé ASG) est utilisé en cas de défaillance de l’alimentation normale en eau des générateurs de vapeur. Il est également utilisé lors des phases de mise à l’arrêt et de démarrage du réacteur. Le circuit ASG est muni de deux motopompes et d’une turbopompe qui peut fonctionner en cas de perte des alimentations électriques des motopompes.

Par la Rédaction, publié le dimanche 10 novembre 2019 à 09h29

Photos : DR et N-U

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/11/10/Centrale-atomique-de-Cruas-%3A-arr%C3%AAt-d-urgence-d-un-r%C3%A9acteur-nucl%C3%A9aire

Nov 10

NON-RESPECT D’UNE RÈGLE D’ENTREPOSAGE D’UN FÛT DE DÉCHETS RADIOACTIFS

La société Orano Cycle a déclaré le 6 novembre 2019 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif relatif à la maîtrise du risque de criticité[1] sur un entreposage de fûts de déchets de l’INB no138.

L’installation d’assainissement et de récupération de l’uranium (IARU) est dédiée à la réparation, la décontamination et le démantèlement de matériels industriels ou nucléaires, au traitement d’effluents liquides radioactifs et industriels et au traitement et conditionnement de déchets radioactifs.

L’installation comporte des entreposages de fûts de déchets radioactifs. Afin de prévenir les risques de criticité, un ingénieur criticien doit valider l’introduction des fûts dans les entreposages après double vérification du respect de la limite de masse d’uranium 235. Le 4 novembre 2019, à l’issue d’une vérification par l’exploitant du respect des exigences de sûreté et de criticité applicables aux entreposages, il a été identifié plusieurs fûts sur lesquels la validation de l’ingénieur criticien n’avait pas été réalisée.

Dès la détection de cet écart documentaire, une vérification du respect des limites de masse d’uranium 235 fixées dans les règles générales d’exploitation a été réalisée. Un fût de 200 litres contenant une masse d’uranium 235 théorique de 414 grammes a été identifié alors que la valeur limite de masse d’uranium 235 théorique prescrite par les règles générales d’exploitation est de 300 grammes. Dès la détection de cette anomalie, le fût a été déplacé, isolé de toute matière fissile et pris en charge dans l’installation.

Compte-tenu des marges de sûreté retenues vis-à-vis du risque de criticité, cet événement n’a eu aucun incidence sur la sûreté, la sécurité des personnes ou l’environnement de l’installation.

En raison du non-respect des règles générales d’exploitation de l’installation relatives à la prévention du risque de criticité, l’incident a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des évènements nucléaires graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 8 novembre 2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-d-une-regle-d-entreposage-d-un-fut-de-dechets-radioactifs

Nov 10

NUCLÉAIRE: EDF DOIT AUSSI «RÉFLÉCHIR» À UN SCÉNARIO «100% ÉNERGIES RENOUVELABLES» (BORNE)

La ministre de la Transition écologique a appelé dimanche EDF à «réfléchir» à son rôle au cas où un scénario «100% énergies renouvelables» serait retenu à terme pour la fourniture d’énergie en France, au dépens de nouvelles centrales nucléaires.

«L’objectif est de réduire la part du nucléaire à 50% d’ici 2035. Au-delà, on doit avoir tous les scénarios sur la table avec un objectif d’assurer pour tous les Français et les entreprises une électricité abordable», a déclaré Élisabeth Borne dans l’Émission politique de France Inter, France Télévisions et Le Monde.

Dans un document interne révélé samedi par Le Monde, EDF évalue à au moins 7,5 milliards d’euros le coût unitaire d’éventuels nouveaux EPR, soit plus du double du prix initial du réacteur nucléaire de troisième génération de Flamanville qui a accumulé les déboires et dont la facture actuelle atteint 12,4 milliards.

En octobre, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, avait déclaré à ce même quotidien qu’«il est clair que la France se prépare à construire de nouvelles centrales nucléaires».

Dimanche, Élisabeth Borne a estimé que «c’est très bien» que Jean-Bernard Lévy «ait son point de vue, que je partage pas. Il se trouve que la politique énergétique, c’est plutôt le gouvernement et en particulier la ministre en charge de l’Énergie que je suis qui doit la définir».

«Je l’invite à intégrer ce scénario sur lequel travaille le gouvernement, 100% renouvelables. Il est indispensable qu’EDF réfléchisse aussi à la façon dont il peut être un grand acteur dans un tel scénario», a ajouté la ministre.

«Je vous confirme qu’on étudie à la fois un scénario dans lequel on continue à faire de nouvelles centrales nucléaires, et aussi un scénario 100% renouvelables», a indiqué Élisabeth Borne.

«On doit avoir tous les éléments sur la table mi-2021» et «on a dit qu’on ne prendrait pas de décision sur de nouvelles centrales nucléaires avant la mise en service de Flamanville», a-t-elle rappelé.

Mme Borne a admis que «ce qui n’a pas été suffisamment étudié, c’est des scénarios 100% renouvelables. On n’est pas les seuls (pays) à étudier ce genre de scénario. C’est un scénario que nous étudions avec l’Agence internationale de l’énergie, et on souhaite avoir les éléments mi-2021 car ce n’est pas des sujets totalement triviaux».

L’énergie nucléaire «n’émet pas de gaz à effet de serre, c’est un plus» mais «ça produit des déchets, on en a pour des centaines de milliers d’années, c’est un moins», a-t-elle résumé.

Par afp, publié le 10/11/2019 à 13h49

https://www.la-croix.com/Economie/Nucleaire-EDF-doit-aussi-reflechir-scenario-100-energies-renouvelables-Borne-2019-11-10-1301059617

NDLR : sincérité ou enfumage ?La réponse se trouve sans doute dans l’ampleur des pressions qu’exerce la France dans l’Union Européenne pour faire passer le nucléaire pour une énergie verte et ainsi profiter des subventions.

Nov 10

LE CLIMAT, ARGUMENT-CLÉ D’EDF POUR VENDRE L’ATOME À L’OPINION

L’électricien cherche à convaincre que l’option nucléaire est la bonne afin de lutter efficacement contre le dérèglement climatique.

S’il y a une chose qu’EDF a apprise en plus de quarante ans d’aventure nucléaire, c’est que la bataille de l’opinion est capitale. Pour l’heure, avec les déconvenues liées au chantier de l’EPR de Flamanville (Manche), difficile de convaincre les Français qu’il est nécessaire de construire de nouveaux réacteurs.

Lire aussi Nucléaire : l’EPR de Flamanville risque de connaître de nouveaux retards (Article réservé à nos abonnés)

Dans une note interne à EDF, que Le Monde a pu consulter, l’électricien explique comment tenter d’inverser la vapeur. Ses auteurs se félicitent que « l’appropriation du message concernant les intérêts du nucléaire dans un mix électrique décarboné semble progresser ». Avec l’objectif d’atteindre la « neutralité carbone » en 2050, « les arguments mettant en avant le nucléaire s’en trouvent renforcés », soulignent-ils. En effet, le nucléaire n’émet pratiquement pas de dioxyde de carbone (CO2) et ne contribue pas directement au changement climatique, contrairement au charbon, au pétrole ou encore au gaz.

Le document évoque le besoin « d’apaiser le débat radicalisé entre pro- et antinucléaires, source d’entrave à l’appropriation du sujet ». Cependant, ses auteurs s’inquiètent des arguments avancés par les détracteurs de l’atome, qui « pointent du doigt les grandes entreprises, EDF en tête (…), en tâchant de les opposer à la mobilisation sociétale (et générationnelle) pro-climat ».

Lire aussi Nucléaire : le programme de futurs EPR pourrait coûter au moins 46 milliards d’euros (Article réservé à nos abonnés)

« Utiliser tous les leviers de la décarbonation »

Ils appellent ainsi à séduire les jeunes mobilisés pour le climat et à les convaincre que l’option nucléaire est la bonne pour lutter efficacement contre le dérèglement climatique. « Il est cependant risqué de se contenter d’appeler à faire du nucléaire », observent-ils, redoutant que « le soutien au nucléaire s’exprime encore beaucoup trop par opposition aux énergies renouvelables », alors que la position officielle d’EDF consiste à défendre une complémentarité entre les deux. (NDLR : mais un peu de renouvelable et beaucoup de nucléaire !)

Quant à l’argument parfois brandi, selon lequel la construction de nouveaux EPR permettra de maintenir les compétences de la filière, il ne suffit pas, souligne la note, qui conseille plutôt de mettre l’accent sur le climat. « Vu les quantités nécessaires d’électricité et d’énergie décarbonée (…), il s’agira d’utiliser tous les leviers de la décarbonation ». Enfin, les auteurs de la note recommandent de faire valoir que « l’engagement d’un tel programme marquerait du sceau de l’histoire le quinquennat actuel ».

Par Nabil Wakim, publié le 9 novembre 2019 à 09h54

Photo en titre : Un agriculteur cultive son champ à proximité des tours de refroidissement de la centrale nucléaire de Golftech (Tarn-et-Garonne), en octobre 2014. Régis Duvignau / REUTERS

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/09/le-climat-argument-cle-d-edf-pour-vendre-l-atome-a-l-opinion_6018592_3234.html

Nov 10

NUCLÉAIRE : LE PROGRAMME DE FUTURS EPR POURRAIT COÛTER AU MOINS 46 MILLIARDS D’EUROS

Dans un document présenté cet été au conseil d’administration, EDF détaille son projet de bâtir six nouveaux réacteurs dans les quinze prochaines années.

La France n’a pas encore tranché si elle allait ou non construire de nouveaux réacteurs EPR, mais EDF se prépare à ce que le gouvernement prenne une décision en ce sens. Dans un document confidentiel présenté au conseil d’administration le 25 juillet, que Le Monde a pu consulter, le groupe détaille une première version de son projet « Nouveau nucléaire de France ».

Dans cette présentation, EDF calcule que six réacteurs EPR construits par paires, financés sur une durée d’environ vingt ans, coûteraient au moins 46 milliards d’euros. Soit entre 7,5 et 7,8 milliards d’euros par réacteur, selon ses estimations. Un montant nettement moins élevé que l’EPR de Flamanville (Manche), chiffré aujourd’hui à 12,4 milliards d’euros, mais beaucoup plus important que le coût d’origine de l’EPR (3,3 milliards d’euros).

Pour chacun des réacteurs, des provisions pour démantèlement de 400 millions d’euros seraient incluses dans cette équation, et de 500 millions d’euros pour « incertitudes ».

Dérives

Officiellement, le gouvernement en est encore au stade de la réflexion sur l’éventualité d’un tel programme. La loi énergie climat, votée en septembre par le Parlement, dessine une trajectoire dans laquelle la France diminue la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2035 (elle est actuellement de 75 %). Objectif : parvenir à un équilibre de 50 % d’atome et 50 % d’énergies renouvelables. À cette fin, la feuille de route énergétique du pays pour la décennie à venir – la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – prévoit de fermer quatorze réacteurs nucléaires d’ici à 2035 et de développer sensiblement le solaire et l’éolien.

La loi énergie climat n’évoque pas clairement la construction d’un nouveau parc de réacteurs. Emmanuel Macron a appelé la filière nucléaire à présenter, à la mi-2021, un plan permettant à l’exécutif de décider si oui ou non il était nécessaire d’en bâtir de nouveaux. Toutefois, dans une lettre envoyée début septembre au PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, le gouvernement lui demande d’étudier de manière précise l’aménagement d’un parc de six réacteurs de type EPR en une quinzaine d’années.

De fait, le groupe travaille depuis plusieurs mois à présenter au gouvernement un plan le plus complet possible. La tâche est ardue, tant les déboires s’accumulent sur le seul chantier du réacteur de troisième génération de l’Hexagone. Comment convaincre qu’il faut, dès 2021, lancer de nouveaux EPR, alors que celui de Flamanville ne devrait pas démarrer avant – au mieux – 2023 ? Comment expliquer que, cette fois, coûts et délais seront respectés, quand l’EPR normand accuse déjà dix ans de retard, et que sa facture a été quadruplée ?

Pour répondre à ces interrogations, la présentation de la direction d’EDF mentionne un certain nombre de critères nécessaires afin de pouvoir assurer le financement. À commencer par « l’impact sur la maîtrise industrielle du programme », compte tenu des dérives survenues à Flamanville. Mais surtout la « compatibilité avec la trajectoire financière d’EDF ».

L’entreprise se trouve dans une situation difficile, avec plus de 33 milliards d’euros de dette, alors qu’elle doit investir plus de 50 milliards d’euros pour prolonger la durée de vie des réacteurs actuels. Dans le même temps, en raison de l’ouverture à la concurrence, elle perd 100 000 clients particuliers chaque mois depuis plus de deux ans.

Besoin d’une implication de l’État

Le document note ainsi « le besoin partagé d’une implication de l’État », en soulignant trois points fondamentaux : d’abord, une « régulation tarifaire », autrement dit un mécanisme qui permette à EDF de revendre son électricité à un prix que le groupe juge intéressant. Ensuite, « un préfinancement en phase de construction », formule qui ouvre la possibilité que l’État participe, directement ou indirectement, au financement d’un tel programme avant même son démarrage. Enfin, la nécessité d’« une protection des investisseurs publics ou privés vis-à-vis des risques pour lesquels il n’existe pas d’appétence du marché ». Cela pourrait signifier que l’État se porterait directement garant des investissements. D’après la présentation au conseil d’administration, l’analyse de ces « scénarios de financement » doit être terminée pour la fin de 2019.

En toile de fond, le document ne fait qu’évoquer le projet Hercule, défendu par la direction d’EDF à la demande du chef de l’État, qui consiste à séparer les activités nucléaires et les placer dans une structure 100 % publique. Une telle scission, si elle avait lieu, permettrait, à en croire ses promoteurs, d’assurer un meilleur financement du futur programme nucléaire. Mais quelles que soient les modalités choisies, pour permettre à EDF d’assurer cette charge financière, le coût devra d’une manière ou d’une autre être répercuté sur les factures d’électricité des Français, par une hausse des tarifs ou de la fiscalité.

Chez EDF, on relativise la portée de ce document, en assurant qu’il ne s’agit que d’un avant-projet, et que la décision appartiendra en définitive au président de la République et au gouvernement. Un projet plus précis devrait être soumis au premier semestre 2020 en conseil d’administration et pourrait donner lieu à un vote.

« De notre côté, on souhaite une décision la plus rapide possible. Maintenant, c’est au gouvernement de trancher », explique un haut dirigeant d’EDF, tout en rappelant que l’État est actionnaire du groupe à 83,7 % et qu’il jouit donc d’une place prépondérante au conseil d’administration. « L’idée qu’EDF ferait des choses dans son coin est farfelue. L’État détient EDF et sait parfaitement ce qui se passe au conseil », note de son côté une source syndicale.

Par Nabil Wakim, publié le 9 novembre  à 06h10, mis à jour à 10h41

Photo en titre : Sur le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), le 16 novembre. CHARLY TRIBALLEAU / AFP  

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/09/nucleaire-le-programme-de-futurs-epr-pourrait-couter-au-moins-46-milliards-d-euros_6018571_3234.html

Nov 09

LA LUNE, LE SOLEIL ET D’AUTRES POSSIBLES PROVOCATEURS D’UN CONFLIT NUCLÉAIRE ACCIDENTEL

Il y a 40 ans jour pour jour, le monde était au bord d’une guerre nucléaire en raison d’une erreur informatique. Mais les ordinateurs sont loin d’être la principale cause d’un conflit nucléaire accidentel: les militaires doivent aussi faire attention à la météo et même à ce qui se passe en dehors de l’atmosphère. En voilà quelques exemples.

En novembre 1979, une erreur informatique a failli provoquer un conflit nucléaire à grande échelle entre les États-Unis et l’URSS. Ce n’était pas le premier ou le dernier cas où une guerre a pu être évitée de justesse, mais des situations dangereuses similaires n’ont pas toujours été la conséquence de problèmes informatiques. Voilà le top-8 des causes potentielles d’un conflit nucléaire.

Erreur humaine: le «mauvais bouton» au mauvais moment

Le 12 janvier 2018, les Hawaïens, dans le Pacifique, ont reçu des messages sur leurs smartphones, annonçant qu’un missile balistique allait frapper les îles. Le contenu de ce message a ensuite été démenti par les autorités. Le gouverneur de l’État d’Hawaï, David Ige, a mis les points sur les i: «L’erreur est survenue au moment d’une procédure ordinaire de changement d’équipe. Un employé s’est trompé en appuyant sur un mauvais bouton», a-t-il ainsi commenté pour la chaîne de télévision CNN.

Le commandement de la Défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD) a aussi évoqué un malentendu, assurant qu’il n’avait «détecté aucune menace de missile balistique sur Hawaï».

Des nuages menaçants?

Le 26 septembre 1983, alors que la Guerre froide était au plus chaud, les satellites du système d’alerte précoce soviétique Oko, mis en exploitation en 1982, ont signalé le tir de plusieurs missiles balistiques intercontinentaux américains en provenance de la Malmstrom Air Force Base, dans le Montana.

© AP Photo / L’intelligence artificielle pourrait déclencher une guerre nucléaire, estime un ex-responsable du Pentagone

Le lieutenant-colonel Stanislav Petrov, qui était de service au poste opérationnel de commandement Serpoukhov-15, à une centaine de kilomètres de Moscou, a considéré ces signaux comme une fausse alerte lorsque des alarmes sonores et lumineuses ont été déclenchées dans son bunker souterrain. Convaincu qu’une véritable offensive américaine nécessiterait beaucoup plus de missiles, il a réussi à convaincre ses supérieurs d’attendre une confirmation des données par les radars terrestres.

Par la suite, une enquête a établi que les capteurs des satellites Oko ont mal interprété la réflexion des rayons solaires sur les nuages évoluant à haute altitude, la confondant avec le dégagement d’énergie au décollage de missiles.

Une bande d’ordinateur mal placée

Le 9 novembre 1979, lors de la crise de Suez, les officiers de quatre centres de commandement américains, y compris du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), ont vu sur leurs écrans un grand nombre de missiles soviétiques, ce qui semblait être une attaque à grande échelle contre les États-Unis. En six minutes, des préparatifs d’urgence ont été effectués: les bombardiers nucléaires étaient prêts au décollage et les équipes des missiles balistiques intercontinentaux ont été placées en état d’alerte.

Mais les systèmes de radar d’alerte précoce et de satellites ont ensuite confirmé qu’aucun tir de missiles n’avait eu lieu. Il s’est plus tard avéré que la fausse alarme avait été lancée après qu’une bande d’ordinateur destinée à être utilisée pendant des exercices d’alerte aux missiles avait été installée par erreur dans un ordinateur en service opérationnel, selon le rapport d’Alan Phillips, 20 Mishaps That Might Have Started Accidental Nuclear War.

Une éruption solaire

Le 23 mai 1967, les postes d’observation radar du NORAD situés au-delà du cercle polaire arctique ont enregistré de fortes radiations et des interférences qui ont été interprétées comme un brouillage intentionnel des radars destiné à dissimuler le lancement de missiles soviétiques.

Les équipages de bombardiers stratégiques ont reçu l’ordre de décoller, ordre qui a par la suite été annulé. La fausse alerte avait en fait été provoquée par les radiations résultant d’une puissante éruption solaire, associée à une éjection de masse coronale.

Le taux de radioactivité était le plus élevé au-dessus des pôles terrestres où l’atmosphère et la couche d’ozone sont les plus minces, d’après Space.com.

«Ingérence de la Lune»

Le 5 octobre 1960, le poste de commandement du NORAD a reçu un signal de la station d’alerte précoce de Thulé, au Groenland, sur une frappe massive de missiles balistiques intercontinentaux soviétiques.

© Sputnik . Ruslan Krivobok, Généraux russe et US: un « conflit nucléaire accidentel » menace le monde

Heureusement, les États-Unis n’ont pas riposté après cette fausse alerte: l’incident a eu lieu avant la crise des missiles de Cuba alors que la tension dans les relations américano-soviétiques n’était pas encore à son apogée. De plus, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev se trouvait à ce moment-là à New York, en tant que chef de la délégation soviétique à l’Assemblée générale des Nations Unies.

L’enquête a établi que la réflexion d’un signal radio par la surface lunaire était à l’origine de cette fausse alerte, d’après l’ouvrage Computer Technology and Social Issues de David Garson.

Un blackout important

Le 9 novembre 1965, l’Office de gestion des secours d’urgence (OEP) auprès de l’administration américaine a considéré la gigantesque coupure de courant électrique qui affectait plusieurs États du nord-est des États-Unis, ainsi qu’une partie de la province de l’Ontario au Canada, comme le résultat d’une frappe nucléaire. Pendant ce blackout, plus de 30 millions de personnes réparties sur 207.000 km2 ont été privées d’électricité pendant près de 13 heures, selon le New York Times.

© Flickr/ The Official CTBTO Photostream, La Russie et les USA risquent de déclencher une guerre nucléaire par erreur

Plusieurs dispositifs d’alerte installés à proximité des grandes villes et des sites militaires aux États-Unis pour distinguer les pannes de courant «normales» de celles causées par une explosion nucléaire, ont envoyé un signal rouge sur les écrans des postes de commandement, alors qu’ils devaient en transmettre un jaune pour montrer qu’ils étaient hors circuit. Ces indications erronées ont mis le centre de commandement de l’OEP en état d’alerte.

Explosion d’un satellite

En octobre 1962, une sonde soviétique, Mars 1962A (Spoutnik 22), a explosé en orbite d’attente peu après son lancement le 24 octobre par la fusée Molnia 8K78 depuis le cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan. L’accident a eu lieu en pleine crise des missiles de Cuba.

«L’explosion d’un engin spatial russe en orbite pendant la crise des missiles de Cuba […] a amené les États-Unis à croire que l’URSS avait lancé une attaque massive de missiles balistiques intercontinentaux», a affirmé en 1968 le physicien et radioastronome britannique Bernard Lovell, directeur de l’observatoire de Jodrell Bank (Université de Manchester) de 1945 à 1980.

Un ours étourdi

Le 25 octobre 1962, vers minuit, un gardien de la base aérienne de Duluth, dans le Minnesota, a vu un personnage gravir la barrière de sécurité. Il a ouvert le feu avant d’activer le régime «alerte au sabotage» ce qui déclenche automatiquement des alarmes dans toutes les bases de la région.

À Volk Field, dans le Wisconsin, le signal fautif a lancé les préparatifs au décollage des chasseurs-intercepteurs F-106A dotés d’armes nucléaires. Les pilotes pensaient que la Troisième Guerre mondiale avait commencé, mais une communication immédiate avec Duluth a montré qu’il s’agissait d’une erreur. À ce moment-là, les avions roulaient déjà sur la piste et il a fallu y envoyer un véhicule pour les arrêter.

L’intrus de Duluth s’est avéré être un ours, d’après le rapport d’Alan Phillips, 20 Mishaps That Might Have Started Accidental Nuclear War.

Malgré toutes les précautions, la possibilité d’une guerre par inadvertance en raison d’une suite imprévue d’événements demeure une menace mortelle. À l’époque où de nombreux pays possèdent des armes nucléaires, la plus grande vigilance s’impose.

Publié le 9 novembre 2019 à 11h15, mis à jour le 9 novembre 2019 à 16h29

https://fr.sputniknews.com/international/201911091042395630-la-lune-le-soleil-et-dautres-possibles-provocateurs-dun-conflit-nucleaire-accidentel/

Nov 09

130 HECTARES URBANISABLES AUTOUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE D’AVOINE: LA CONFÉDÉRATION PAYSANNE EN COLÈRE

La communauté de communes Chinon-Vienne et Loire doit adopter un nouveau PLUI (plan local d’urbanisme intercommunal) pour 10 ans. Le projet comporte le passage de 130 hectares de zone naturelle en zone d’urbanisation différée. La Confédération paysanne est contre ce projet.

Le futur Plan d’Urbanisme de la communauté de communes Chinon-Vienne et Loire provoque la colère de la Confédération paysanne. Ce PLUI, plan local d’urbanisme intercommunal est depuis le 4 novembre soumis à enquête publique. Selon le syndicat agricole, 130 hectares seraient classés comme urbanisables autour de la centrale nucléaire d’Avoine. La Confédération paysanne est furieuse d’autant que la communauté de communes a toujours affiché comme objectif de protéger les terres agricoles d’une urbanisation dommageable pour l’environnement.

130 hectares, c’est beaucoup! Nous ce qu’on conteste c’est que ces terres agricoles passent en zone aménageable au profit d’EDF sans qu’EDF précise si elle en a besoin pour un projet précis. Nous engageons tout le monde agricole à faire connaître son opposition -Jacques Thibault, Confédération paysanne

Le président de la communauté de communes et maire de Chinon, Jean-Luc Dupont, est furieux lui aussi mais contre la Confédération Paysanne qu’il accuse de déformer la vérité

« La programmation pluriannuelle de l’énergie, elle n’est pas décrétée par le territoire! Nous ne faisons que répondre à la demande de l’opérateur EDF qui peut avoir besoin à terme de ces 130 hectares en cas d’évolution structurelle dans l’organisation énergétique. Il y a déjà eu 90 hectares mobilisés dans les précédents plans d’urbanisme auxquels s’ajoutent 40 hectares dans le futur PLUI. Ce qui n’empêche en aucun cas les agriculteurs de continuer d’exploiter leurs terres. La Confédération paysanne travestit la réalité de l’engagement du PLUI. Nous avons toujours pour volonté d’éviter de bloquer des terres dévolues à l’agriculture » -Jean-Luc Dupont

Le PLUI est soumis à enquête publique jusqu’au 4 décembre. Il est consultable au siège de la communauté de communes à Avoine, au centre technique communautaire de Chinon, et au pôle territorial de Cinais. Il devra être adopté par les 19 communes qui composent la communauté de communes en 2020. La Confédération paysanne appelle les autres organisations agricoles et les habitants du chinonnais à s’opposer à ce PLUI. 

Par Denis Guey, France Bleu Touraine, publié le samedi 9 novembre 2019 à 7h07

Photo en titre : La centrale nucléaire d’Avoine et les terrains qui l’entourent © Maxppp – Nicolas Kovaric

https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/130-hectares-urbanisables-autour-de-la-centrale-nucleaire-d-avoine-la-confederation-paysanne-en-1573209332

Nov 09

RÉPONSE AU LOBBY DU NUCLÉAIRE – CF. INTERVIEW FRANCE CULTURE DE JEAN-MARC JANCOVICI

Par Martin Rousseau. Suite à l’interview de Jean-Marc Jancovici par Guillaume Erner sur France Inter, j’ai souhaité écrire ce billet.

Le postulat de base posé par le lobby nucléaire est qu’étant donné la consommation d’énergie actuelle et les impératifs liés au réchauffement climatique (impliquant que l’on ne peut continuer à utiliser les énergies fossiles – qui contribuent largement à ce réchauffement), la seule solution consiste à continuer à développer le nucléaire en tant que source principale d’énergie.

 Décortiquons donc ce raisonnement que je qualifie de « populiste », à savoir qu’il décrit un vrai problème tout en niant toute autre possibilité de réponse que celle qu’il souhaite apporter, réponse qu’il fait apparaître comme la seule alternative possible, tout en faisant planer la peur sur la population si cette même solution n’est pas choisie.

Analysons donc le problème sous un autre angle. Posons-nous la question : « Comment faire en sorte de produire une quantité d’énergie suffisante pour assurer les besoins nécessaires de la population, tout en produisant cette énergie en contribuant le moins possible au réchauffement climatique et en assurant une sécurité maximale de la population ? ».

Pour cela, il nous faut définir ce que sont les besoins réels et nécessaires de la population. Pendant des décennies, le nucléaire a créé un mirage d’abondance énergétique, laissant penser à tout un chacun que l’on pouvait consommer de l’énergie « à volonté », puisque c’était une énergie « propre, sans risque et illimitée ». Cela a contribué à alimenter le mythe de la croissance infinie et illimitée – mythe qui servi aux fondements de nos sociétés depuis la fin du XXème siècle.

Aujourd’hui toutes nos villes sont illuminées jour et nuit, les isolations thermiques de beaucoup d’habitats sont peu efficaces, les appareils électriques consomment beaucoup d’énergie, les gens consomment de l’énergie – comme l’eau – comme si c’était illimité etc. tout simplement parce l’industrie du nucléaire a réussi à poser ce postulat mensonger de l’abondance à moindre coût et en toute sécurité.

Or il s’avère que ce postulat de base était mensonger et l’ensemble de la population s’en est rendu compte à grande échelle avec l’accident de la centrale de Tchernobyl et plus récemment avec celui de celle de Fukushima.

Mais au-delà de ces accidents eux-mêmes et de leurs conséquences (de tous points de vue : économique, humain, environnemental…), cela a permis au monde d’en apprendre plus sur cette énergie. Car en effet, ce ne sont pas seulement les risques d’accidents (dont les conséquences sur une seule centrale nucléaire sont capables de rendre la moitié – voir la totalité – d’un pays inhabitable, comme cela a failli être le cas avec Fukushima s’il y avait eu une explosion des réacteurs et une mise à l’air libre des combustibles usés – stockés dans les piscines placées au-dessus des réacteurs), mais le cycle de vie même de l’énergie nucléaire. Puisqu’en effet, une fois utilisés dans un réacteur, on ne sait toujours pas retraiter totalement les combustibles nucléaires et que ceux-ci sont stockés et enfouis un peu partout dans le monde avec tous les risques extraordinaires pour la survie humaine que cela constitue en cas d’accident (et je ne parle même pas ici du risque terroriste sur les centrales).

Premier point donc, le nucléaire a été lancé en grande pompe il y a des décennies alors qu’on ne sait toujours pas en 2019 le retraiter à 100% et ce de façon à garantir à 100% la sécurité de la population.

Deuxièmement, comme l’a démontré Fukushima il suffirait d’un accident pour rendre potentiellement un pays inhabitable, ce qui est cher payé pour éviter le réchauffement climatique (ça a été à deux doigts pour Fukushima si les combustibles situés dans les piscines de stockage au-dessus des réacteurs s’étaient retrouvés à l’air libre).

Le lobby nucléaire explique régulièrement que même ces « rares » accidents ont fait très peu de morts, comparé aux morts liés à la pollution des énergies fossiles. Pour faire ce calcul macabre, ils regardent le nombre de personnes effectivement décédées directement après un accident. Ils vont arguer que ce sont « au pire » quelques dizaines de personnes ayant participé au nettoyage sur le site juste après l’accident. Ce calcul est très inexact, car il ne prend pas en compte le fait majeur des conséquences de l’accident nucléaire, à savoir que – comme c’est le cas avec Fukushima, les morts et les malades vont apparaître sous formes de cancers sur les années et dizaines d’années à venir (pour Fukushima aujourd’hui on estime qu’il devrait y avoir jusqu’à 66 000 cas de cancers : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/03/09/97001-20160309FILWWW00437-fukushima10000-cancers-de-plus-attendus-au-japon.php). En effet, que ce soit par la contamination au moment de l’accident ou au travers de l’écosystème – agricultures… – qui a été complètement contaminé, jusqu’aux nappes phréatiques, l’accident nucléaire n’est que le point de départ de longues années ou les conséquences vont commencer à se faire sentir. Vous trouverez certaines informations factuelles sur : https://www.sortirdunucleaire.org/Fukushima-8-ans-plus-tard-la-situation-n-est

Et ce sans que l’on ne puisse jamais officiellement les attribuer directement à l’incident lui-même.

Et peu de gens le savent, mais durant plusieurs années après l’accident de Fukushima, les combustibles usés stockés dans les piscines au-dessus des réacteurs ont fait planer la menace d’une irradiation totale d’une grande partie du Japon. En effet les piscines (notamment la n°4), qui avaient été endommagées par l’explosion du 11 mars, pouvaient s’effondrer à n’importe quel moment avec un tremblement de terre ou un typhon. À ce moment les combustibles auraient été à l’air libre et sans refroidissement et les radiations auraient tué immédiatement tout autour de la centrale et rendu une bonne partie du Japon inhabitable. Il a fallu plusieurs années à des robots pour déplacer un à un ces combustibles usagés en dehors des piscines :

https://www.lepoint.fr/monde/centrale-nucleaire-de-fukushima-le-danger-de-la-piscine-du-reacteur-4-enfin-ecarte-21-12-2014-1891452_24.php

Par ailleurs les gouvernements vont tout faire – comme cela a été le cas au Japon – pour éviter une panique de population et une désagrégation de la société et de sa confiance dans le nucléaire, quitte à ne pas donner les informations réelles et à empêcher la diffusion de cette dernière. C’est là un point clé pour comprendre que même suite à Fukushima, on ne trouvera dans aucun rapport officiel ni média l’ampleur réel des conséquences de la catastrophe.

Preuve en est que le gouvernement japonais, suite à Fukushima, a même fait passer une loi lui permettant d’arrêter et d’incarcérer immédiatement toute personne (y compris les journalistes ou lanceurs d’alerte) qui viendrait à publier de quelque façon que ce soit des informations venant menacer la stabilité de l’état :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2013/12/13/japon-une-loi-sur-les-secrets-d-etat-fait-polemique_4334211_3232.html

Le lobby nucléaire utilise un autre élément rhétorique pour justifier le maintien et le développement de son activité à l’avenir, à savoir qu’on ne sait pas produire aujourd’hui notre énergie en quantité suffisante autrement que, soit par les énergies fossiles, soit par le nucléaire, les « nouvelles énergies propres » n’étant pas en mesure de répondre à ces besoins. Il est extrêmement facile de déconstruire ce raisonnement. Car c’est un peu comme si l’industrie du pétrole avait dit aux investisseurs potentiels de Tesla avant sa création qu’il n’était pas possible de développer des voitures électriques en remplacement des voitures à essence puisqu’il n’y avait aucune technologie de stockage de l’énergie (batteries) permettant de le faire à l’heure actuelle. Or c’est justement parce qu’Elon Musk et ses équipes y ont consacré toute leur énergie et détermination qu’ils sont arrivé en un temps record à faire ce que l’industrie du pétrole essayait de faire passer pour « inconcevable » quelques années avant. La société d’E. Musk a même réussi à développer, ce qui était considéré comme impossible, des batteries permettant de stocker l’énergie de panneaux solaires sur le toit des maisons de façon à assurer le fonctionnement énergétique quasi complet de ces maisons. Pourtant jusqu’à Elon Musk, les lobbys pétroliers – à l’image du lobby nucléaire – avaient réussi à dissuader qui que ce soit de faire des véhicules électriques pouvant rivaliser avec des voitures à essence…

Je vous recommande cette biographie d’E. Musk très enrichissante : https://www.amazon.fr/Elon-Musk-lentrepreneur-changer-enrichie/dp/2212567863/ref=sr_1_1?__mk_fr_FR=ÅMÅŽÕÑ&crid=2YGYASDMJGGG7&keywords=elon+musk&qid=1573310854&sprefix=Elon+Mus%2Caps%2C305&sr=8-1

J’ai utilisé cet exemple pour vous montrer que c’est simplement parce que l’on n’a pas consacré toute notre énergie et nos investissements au développement des « énergies propres et renouvelables », sachant que l’on était hypnotisés et bercés dans mythe de l’abondance supposée du nucléaire, que celles-ci ne sont pas encore développées suffisamment de nos jours.

Par ailleurs, en un siècle, on a réussi à envoyer l’homme sur la lune, à construire des stations spatiales, à faire des greffes de cœur humain (et même à créer un cœur artificiel), à développer des techniques de communication permettant d’échanger des millions d’informations instantanément entre tous les points de la planète, et on voudrait nous faire croire qu’on n’est pas capable de développer des énergies propres et renouvelables pour remplacer les énergies fossiles et nucléaires. Non seulement Elon Musk a commencé à nous démontrer le contraire, mais au regard de tous les exemples précédemment cités, comment pourrait-on même en douter.

C’est donc en grande partie parce que jusqu’à présent il n’y a pas d’urgence telle que celle liée au changement climatique et le danger du nucléaire qu’il n’y a pas eu de volonté politique d’orienter toutes nos ressources vers une transition énergétique propre et renouvelable.

Peut-on se passer du nucléaire du jour au lendemain : oui et non. Oui « techniquement », dans le sens où suite à l’incident de Fukushima le Japon a fermé l’ensemble de ces centrales nucléaires pendant plusieurs années (https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/07/03/sept-ans-apres-fukushima-le-japon-reprend-le-chemin-du-nucleaire_5325158_3234.html ) et qu’il n’y a eu aucun problème d’énergie. Bien entendu, il a dû pendant ce temps utiliser des énergies fossiles, ce qui n’est pas souhaitable tant d’un point de vue écologique que de celui du réchauffement climatique. Mais c’est techniquement possible, il est important de le noter. Il en est de même pour l’Allemagne.  Ensuite, « non », il n’est pas souhaitable d’arrêter du jour au lendemain l’ensemble du parc nucléaire pour les raisons que je viens d’évoquer (écologiques et climatiques), mais il est indispensable d’en décider l’arrêt total d’ici une date définie en se fixant le développement total des énergies propres et renouvelables d’ici là. Et ce pour plusieurs raisons.
. Premièrement nous l’avons vu, le risque lié aux conséquences de dégâts maximaux d’un accident nucléaire ne sont pas supportables pour l’humanité.

. Deuxièmement parce que le nucléaire est une énergie au cycle de vie non fini, à savoir qu’on ne sait pas la retraiter complètement une fois utilisée et que son stockage représente potentiellement un danger pour la survie de l’humanité.

. Troisièmement parce que nos centrales arrivent progressivement en fin de vie et que de les « maintenir » pour 10 ou 20 ans supplémentaires coûterait extrêmement cher et que d’en construire de nouvelles nous obligerait non seulement à « repartir » pour au moins 40 ans (en nous « verrouillant » à nouveau) dans cette logique que je viens de décrire et qui représente trop de risques pour l’humanité.

L’Allemagne a fait le choix très intelligent d’arrêter totalement et immédiatement le nucléaire pour cette raison, quitte à en importer depuis d’autres pays (dont la France) pour ainsi consacrer ses ressources à 100% vers le développement de solutions renouvelables et propres. Le Japon s’est fixé 20 à 22% maximum d’énergie nucléaire d’ici 2030 (https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/07/03/sept-ans-apres-fukushima-le-japon-reprend-le-chemin-du-nucleaire_5325158_3234.html ).  C’est un choix politique extrêmement intelligent que la France devrait suivre et toute la dialectique et la rhétorique du lobby nucléaire n’arrivera pas à nous faire croire le contraire bien longtemps…

On estime aujourd’hui le coût de l’accident de Fukushima entre 315  et 728 milliards de dollars ! (http://www.asahi.com/ajw/articles/AJ201903100044.html  ) Imaginez-vous que cette somme ait été investie dans la recherche des énergies renouvelables et propres, il ne fait aucun doute que ce problème serait déjà réglé…

PS : je ne fais partie d’aucune association ou groupement anti-nucléaire et n’ai aucun lien avec aucun d’entre-eux.

Par Martin Rousseau, publié le 9 novembre 2019

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https://blogs.mediapart.fr/martin-rousseau/blog/091119/reponse-au-lobby-du-nucleaire-cf-interview-france-culture-de-jean-marc-jancovici

Nov 09

BROUILLE FRANCO-ALLEMANDE SUR LE NUCLÉAIRE

Le nucléaire est-il une énergie verte ? La question divise les Européens, et en premier chef l’Allemagne et la France. Bruxelles est engagé depuis un an et demi dans la rédaction d’une « taxonomie » des investissements verts, une classification qui doit déterminer quels secteurs pourront bénéficier des fonds de la finance durable.

Fin mars, le Parlement européen avait explicitement exclu l’énergie nucléaire de cette liste. À l’été, le groupe d’experts chargé par la Commission européenne de définir les critères d’éligibilité précis pour 67 activités avait lui aussi préféré laisser de côté le nucléaire. Certes, la filière nucléaire émet peu de CO2, mais elle est moins vertueuse au regard d’autres objectifs environnementaux, notamment sur la gestion des déchets. Depuis, la France est montée au créneau. Fin septembre, elle a obtenu une première victoire d’étape. Le Conseil européen a remis en selle la filière, en ne fermant plus le label d’investissement durable à certains secteurs. Au sein des états membres, ce retour est loin de faire l’unanimité.

L’Allemagne, l’Autriche et le Luxembourg y sont farouchement opposés. « Le nucléaire n’a pas sa place dans la classification des énergies durables« , s’énerve l’eurodéputé allemand vert Sven Giegold qui y voit  » un triste signe de l’état des relations franco-allemandes » et pointe qu’aucun projet de centrale nucléaire en France n’aurait été freiné faute de financements verts. Paris ne désarme pas. « Le nucléaire doit être maintenu dans cette taxonomie européenne et être considéré comme une énergie indispensable à la lutte contre le réchauffement climatique« , a martelé Bruno Le Maire en présentant son nouveau pacte productif. Il promet « d’en débattre avec nos partenaires allemands« . Pour Paris, le chemin est étroit. À Bruxelles doivent désormais commencer de longues négociations entre le Conseil et le Parlement, lui aussi vent debout, avec un poids des écologistes renforcé depuis le printemps. L’adoption de la taxonomie a d’ailleurs été repoussée à après 2021. Ce qui n’arrange pas les acteurs de la finance durable. « Le fait d’être dans l’incertitude sur le classement de telle ou telle activité est un frein« , a soulevé Christine Lagarde, la présidente de la BCE, lors de son audition début septembre, alors que la banque centrale souhaite verdir sa politique monétaire.

Publié le 09/11/2019 à 14H45

https://www.usinenouvelle.com/editorial/brouille-franco-allemande-sur-le-nucleaire.N898284

Nov 08

LA DÉPUTÉE BÉRANGÈRE ABBA : UN JOUR CONTRE L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES, À SON PILOTAGE LE LENDEMAIN

La députée de la Haute-Marne Bérangère Abba, longtemps opposante au projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo, a été nommée en octobre au conseil d’administration de l’Andra, l’agence qui promeut ce projet.

Peut-on critiquer le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure tout en intégrant l’établissement public qui pilote ses travaux ? Oui, selon Bérangère Abba, une députée de la majorité la République en marche qui vient d’être nommée en octobre au conseil d’administration de l’Andra — l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs.

Avant d’être élue en juin 2017, cette Haute-Marnaise habitant à Chaumont était adhérente du Cedra (la Coordination nationale des collectifs contre l’enfouissement des déchets radioactifs), une association antinucléaire. Elle participait à ses réunions et avait même posé en photo avec une pancarte contre le projet Cigéo [1] Deux ans plus tard, l’eau semble avoir coulé sous les ponts. Jointe par Reporterre, elle dit s’être « détournée de cette forme de militantisme » et préférer désormais « le dialogue » : « La diversité des regards ne fait que nourrir les projets et la hauteur de vues que l’on peut avoir sur eux », déclare-t-elle.

La jeune députée s’apprête à siéger à la même table que les acteurs de la filière nucléaire. À un moment déterminant. Selon le gouvernement, le projet Cigéo à Bure va entrer dans une phase opérationnelle. Début 2020, la demande d’autorisation de création (DAC) sera déposée et le bois Lejuc, qui se situe en aplomb du futur site, risque d’être défriché.

« Cigeo achète les consciences et pervertit les esprits »

Cette nomination est vécue comme une trahison pour les opposants antinucléaires. « Entrer au conseil d’administration de l’Andra au début des travaux en pensant agir de l’intérieur révèle que vous êtes d’une naïveté déconcertante ou que vous vous moquez de nous », invective le Cedra sur Facebook. « Cigéo achète les consciences, on le savait… mais, en plus, il pervertit les esprits ! » conclut l’association, pour qui cette affaire vient réveiller d’autres histoires plus anciennes.

« Les coups de poignard dans le dos, je ne les compte même plus ! » dit Michel Marie, un militant en lutte depuis plus de 20 ans. « C’est presque une règle mathématique. Quand un politique arrive aux responsabilités, il se renie sur Cigéo, tant le lobby nucléaire est puissant. » En 1999, l’écologiste Dominique Voynet, alors ministre de l’Environnement, avait signé le décret autorisant la construction du laboratoire de l’Andra à Bure.

En novembre 2017, Nicolas Hulot déclarait à l’Assemblée nationale que Cigéo était « la moins mauvaise des solutions », juste après avoir posé avec une affiche « Cigéo, je dis non ». Comme Bérangère Abba [voir l’illustration principale de cet article].

La députée se défend néanmoins de toute compromission. « Expliquez-moi ce que j’aurais dû faire ? demande-t-elle à Reporterre. Vous ne préféreriez tout de même pas que je reste tranquillement chez moi, enroulée dans un plaid, à croire que tout est joué, drapée de certitudes ? Non, je bosse, je cherche les infos là où elles sont, et de tous bords, pour éclairer nos choix. » « C’est ma responsabilité, ajoute-t-elle. En tant que parlementaire et élue de la Haute-Marne. » Elle précise ne pas être rémunérée pour ce poste.

Bérangère Abba explique rester « dubitative » par rapport au projet Cigéo : « Je me suis toujours interrogée sur la notion de réversibilité, les coûts et l’éthique de ce mode de gestion », assure-t-elle. Depuis son élection, elle dit essayer, dans les coulisses de l’Assemblée nationale et au sein de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité nucléaire, de relayer les alternatives au stockage en profondeur des déchets radioactifs. « Il faut mettre toutes les options sur la table de manière pragmatique, affirme-t-elle. Je regrette que l’idée d’un stockage en subsurface ait été écartée. »

« L’Andra n’aurait jamais laissé entrer le loup dans la bergerie »

La députée arrivera-t-elle à porter en interne une voix dissonante ? Aura-t-elle une marge de manœuvre pour influencer les travaux de l’Andra ? Plusieurs raisons permettent d’en douter. Sa parole risque d’abord d’être diluée au sein d’un conseil d’administration composé de plus de 23 membres, et dont la majorité appartient à la filière nucléaire. Son président, l’ancien préfet Adolphe Colrat, est un fervent défenseur du projet Cigéo. Dans une courte vidéo diffusée sur le site de l’Andra, il indique vouloir consacrer son mandat à faire plus « de pédagogie » en la faveur du projet d’enfouissement.

De toute manière, les délibérations trimestrielles du conseil d’administration n’ont aucun effet sur les stratégies déployées par l’agence. Comme le rappellent les articles R.542-1 à R.542-19 du Code de l’environnement, cette instance ne fait que régler les affaires courantes de l’établissement. Elle gère son budget et son organisation mais n’a pas d’incidence sur l’avenir des projets.

La députée Haute-Marnaise affirme vouloir « collecter des informations » pour obtenir « le maximum de transparence ». Elle reconnaît, cependant, avoir signé une clause de confidentialité « blindée » et « très carrée », qui risque de la cantonner au silence. L’opacité règne chez les professionnels de l’atome. En 2018, la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité nucléaire s’était déjà heurtée aux clauses « secret défense » qui régissent le secteur. Intégrer l’Andra permettra-t-il de changer la donne ?

Les opposants restent sceptiques. « L’Andra n’aurait jamais laissé entrer le loup dans la bergerie, estime Maurice Michel, adhérent de l’Éodra, l’association des Élus opposés à l’enfouissement des déchets radioactifs. Bérangère Abba ne les menace pas. Elle est inoffensive. » L’Andra se félicite d’ailleurs de cette nomination : « La diversité des points de vue est la bienvenue au sein de l’agence », écrit-elle à Reporterre.

Cette situation s’est déjà répétée dans le passé. Dans son livre La France nucléaire. L’art de gouverner une technologie contestée (Seuil, 2013), la sociologue Sezin Topçu a montré que la filière nucléaire intégrait régulièrement la critique dans ses institutions pour mieux la neutraliser.

Autre aspect étonnant, la députée a été nommée par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, l’Opecst. Une instance phagocytée par le lobby nucléaire où l’on retrouve les principaux promoteurs de Cigéo : les sénateurs Gérard Longuet, Bruno Sido et Pierre de Médieville ainsi que le député Christophe Bouillon, ex-président de l’Andra. Comment expliquer que ces élus aient voté pour Bérangère Abba, qui se dit sceptique vis-à-vis du projet ?

Joint par Reporterre, le sénateur Bruno Sido pense que « la nomination de cette jeune députée contribue à la légitimité démocratique de l’agence » tout en « ne remettant pas en cause la réalisation de Cigéo » .

« L’Andra manquait de relai pour peser sur le gouvernement »

Bérangère Abba donne en effet du poids à l’agence. Sans elle, l’Andra ne serait plus représentée par des élus de la majorité. En juin 2019, Émilie Cariou, députée LREM de la Meuse avait démissionné du conseil d’administration pour « retrouver sa liberté parole » alors qu’elle était rapporteuse pour l’évaluation du plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

Par Gaspard d’Allens (Reporterre), publié le 8 novembre 2019

https://reporterre.net/La-deputee-Berangere-Abba-un-jour-contre-l-enfouissement-des-dechets-nucleaires-a-son-pilotage-le-lendemain

Nov 08

VIDÉO : LE PROJET POLÉMIQUE D’UN CIMETIÈRE NUCLÉAIRE À BURE

Depuis plus de vingt ans, Bure, petite commune d’une centaine d’habitants de la Meuse, est au cœur de l’un des projets nucléaires les plus ambitieux – et controversés – d’Europe.

À 480 mètres de profondeur, un laboratoire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) y développe le prototype d’un centre industriel de stockage géologique (Cigéo). La gestion des déchets radioactifs est une problématique majeure en France qui compte, à ce jour, 58 centrales nucléaires actives – un chiffre record en Europe. Le débat public agité sur ce projet a donné lieu, il y a deux ans, à une présence quotidienne de 80 gendarmes qui surveillent et contiennent les opposants au nucléaire. ARTE nous explique en vidéo dans ce reportage de 32mn11s.

Pour en savoir plus lisez notre reportage : A 500 mètres sous terre pour préparer l’éventuel enfouissement des déchets radioactifs dans l’est de la France.

Publié le : , mis à jour le

Disponible jusqu’au 05/02/2020

Pour en savoir plus lisez notre reportage : À 500 mètres sous terre pour préparer l’éventuel enfouissement des déchets radioactifs dans l’est de la France.

https://www.goodplanet.info/video/2019/11/08/le-projet-polemique-dun-cimetiere-nucleaire-a-bure/

Nov 08

NUCLÉAIRE : NOUVEAU RETARD POUR L’EPR FINLANDAIS !

Le chantier du réacteur, construit par le consortium Areva-Siemens, a pris au moins six semaines de retard supplémentaire sur le dernier plan de marche envisagé cet été.

Encore un énième retard pour l’EPR finlandais ! L’électricien TVO a annoncé vendredi que le chantier du réacteur, construit par le consortium Areva-Siemens et qui accuse déjà dix ans de retard, avait pris au moins six semaines de retard supplémentaire sur le dernier plan de marche envisagé cet été. En juillet, Areva disait tabler sur un chargement du combustible en janvier 2020, et non pas en juin 2019 comme espéré jusqu’alors. Une première connexion au réseau, auparavant envisagée en octobre 2019, était attendue en avril 2020, et le démarrage de la production en juillet 2020 au lieu de janvier, soit six mois plus tard.

« Selon les renseignements fournis par le prestataire, le projet accuse maintenant un retard de six semaines » supplémentaires, selon un communiqué de l’opérateur finlandais qui ne fournit pas de calendrier actualisé. « Bien que l’achèvement de l’unité d’installation soit encore retardé, nous sommes très près d’atteindre la phase de chargement du combustible et de mise en service » de l’EPR, a souligné Jouni Silvennoinen, directeur du projet OL3, cité dans le communiqué.

>> À lire aussi – Nucléaire : l’Iran produit 10 fois plus d’uranium enrichi qu’il y a 2 mois !

L’EPR finlandais – réacteur de troisième génération – dans le sud-ouest du pays, devait initialement être mis en service en 2009, mais le chantier lancé en 2005 a connu d’importants retards et surcoûts. TVO avait signé en mars un accord pour mettre fin au contentieux avec ses fournisseurs. Selon les termes de cet accord, Areva va verser 450 millions d’euros à son client TVO « en compensation de sa responsabilité dans les retards« .

Mais il prévoyait aussi un système de bonus-malus : Areva et ses partenaires pouvaient recevoir jusqu’à 150 millions d’euros si le projet était achevé avant fin 2019, mais ils peuvent payer jusqu’à 400 millions d’euros supplémentaires en cas de nouveau retard au-delà de cette échéance. Ce système des bonus/malus devrait donc s’enclencher fin 2019. Areva avait précédemment évoqué un malus de 20 millions d’euros par mois de retard.

>> À lire aussi – EPR de Flamanville : un rapport d’audit accablant pour EDF

Publié le 08/11/2019 à 14h35

Photo en titre : Pallava Bagla/Getty Images

https://www.capital.fr/entreprises-marches/nucleaire-nouveau-retard-pour-lepr-finlandais-1354853

Nov 08

ÉLECTRICITÉ : LES ÉNERGIES RENOUVELABLES SONT DE PLUS EN PLUS COMPÉTITIVES

Une étude mondiale de la banque d’affaires Lazard montre que les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives face aux centrales au gaz, au nucléaire ou au charbon. La baisse des coûts du solaire et de l’éolien commence néanmoins à ralentir.

Dans certains pays, fermer des centrales nucléaires ou fonctionnant au charbon pour installer des éoliennes et des panneaux solaires permet d’ores et déjà de faire des économies, écrit la banque Lazard dans un rapport mondial publié ce jeudi.

Après des années de dégringolade, le coût des énergies renouvelables continue à baisser, bien qu’à un rythme plus lent. Il s’est encore réduit de 5 % l’an dernier, selon l’étude. La production d’électricité par des centrales solaires, par exemple, a vu son coût divisé par neuf en dix ans. Il s’élève désormais à 40 dollars (36 euros) en moyenne, sans subventions. De même, l’électricité provenant de fermes éoliennes coûte désormais 41 dollars le mégawattheure, contre 135 dollars en 2009.

Réduction des coûts spectaculaire

Ces chiffres sont à comparer au coût de production de l’électricité dans des centrales « conventionnelles » existantes. Aux coûts opérationnels et de financement s’ajoute, dans leur cas, le prix des carburants.

La production d’un mégawattheure supplémentaire dans une centrale à charbon revient ainsi à un coût de 26 à 41 dollars. Pour le nucléaire, il oscille entre 27 à 31 dollars, en légère augmentation par rapport à l’année dernière.

Miser sur le solaire et l’éolien

Quant à la construction de nouvelles centrales, il s’avère aujourd’hui plus avantageux de miser sur le solaire et l’éolien, et ce dans presque tous les pays et régions considérés dans l’étude, de l’Europe aux États-Unis, en passant par l’Australie, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Japon.

En Europe, par exemple, le coût moyen de l’électricité produite dans les centrales à gaz atteint 60 à 83 dollars le mégawattheure, contre 35 à 64 euros quand elle provient d’éoliennes. Le tout sans subventions.

Production intermittente

Pas possible encore cependant de remplacer toutes les centrales existantes par des énergies renouvelables. Ne serait-ce que pour une raison simple, ces dernières, à part la géothermie, ne sont pas toujours disponibles immédiatement. Elles restent donc « complémentaires » de la production d’électricité basée sur les énergies fossiles ou le nucléaire. (NDLR : affirmation contestée par de nombreux spécialistes)

Stockage et photovoltaïque

La baisse, marquée, des coûts des batteries lithium ion ne suffit pas seule à pallier ce problème. (NDLR : les batteries ne sont pas le seul moyen de stocker l’électricité)

Cette option de stockage, combinée à des panneaux photovoltaïques, n’a de sens économiquement que pour « le commerce de gros à court terme et les utilisations commerciales ».

Son utilité dans le secteur résidentiel et pour le commerce de gros de long terme est pour l’instant « contestée », écrit Lazard.

Par Hortense GOULARD, publié le 7 nov. 2019 à 15h00, mis à jour le 7 nov. 2019 à 15h40

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/electricite-les-energies-renouvelables-sont-de-plus-en-plus-competitives-1146277

Nov 08

« OBJECTIF TERRE »: L’ÉPINEUSE QUESTION DU TRAITEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

Emmanuel Macron est rentré de son voyage en Chine. Le climat a été très présent dans les conversations avec son homologue Xi Jinping. Il a notamment été question de la construction d’une usine de traitement des déchets nucléaires en Chine.

Ce serait le 1er site de retraitement en Chine. Il sera conçu et équipée par la multinationale française Orano, l’ex-Areva. L’usine pourrait traiter jusqu’à 800 tonnes de combustible usagé par an. Une partie pourrait même être recyclée sous forme de “MOX”, ce mélange de plutonium usagé et d’uranium qui peut être ensuite réinjecté dans les centrales.

Le secteur du nucléaire connait un vrai boom en Chine. Le pays compte 48 réacteurs en activité, 10 autres sont en construction, donc forcément se pose la question du traitement des déchets radioactifs. Pour le moment ils sont juste stockés dans des piscines temporaires.

Le contrat est en négociation depuis une dizaine d’années, il pourrait être enfin signé d’ici le 31 janvier prochain. Un méga contrat évalué à plus de 20 milliards d’euros. Plus de la moitié irait directement dans les poches d’Orano. Il faudra ensuite une dizaine d’années de construction pour que l’usine voit le jour.

En France, que deviennent les déchets nucléaires?

On a aussi une usine de retraitement des déchets nucléaires, c’est l’usine de la Hague, l’une des plus importantes au monde. C’est d’ailleurs elle qui doit servir de modèle pour la future usine chinoise. Mais au final sur l’ensemble des déchets, seulement une partie peut être recyclée. Générant alors de nouveaux déchets radioactifs, certains extrêmement dangereux.

La plupart des déchets sont simplement stockés à vie. On estime qu’il y a aujourd’hui un peu plus de 1,6 millions de m3 de déchets radioactifs en France, l’équivalent de 400 piscines olympiques. Ils sont stockés sur plus de 950 sites partout dans le pays. Des sites qui arrivent petit à petit à saturation. 

D’ici 2025, il faudra soit produire moins de déchets – ce serait l’idéal mais on n’est pas parti pour – soit trouver d’autres lieux de stockage. Des lieux qui font toujours polémique. À Bure dans la Meuse, un site de stockage est en projet pour enfouir les déchets à la durée de vie la plus longue à 500m de profondeur. Il pourrait voir le jour en 2026.

Par Géraldine de Mori (avec J.A.), publié le 07/11/2019 à 09h42

Pour retrouver cet article et voir la vidéo correspondante (2mn13s), cliquer sur : https://rmc.bfmtv.com/emission/l-epineuse-question-du-traitement-des-dechets-nucleaires-1801264.html

Nov 07

NUCLÉAIRE IRANIEN : LES ÉTATS-UNIS APPELLENT À DES MESURES « SÉVÈRES »

Les États-Unis poursuivent leur politique de « pression maximale » destinée à contraindre la République islamique à conclure un nouvel accord sur le nucléaire. Ce jeudi 7 novembre, Washington a appelé à l’application de mesures « sévères ».

 Les États-Unis ont appelé jeudi la communauté internationale à prendre des mesures « sévères » pour faire pression sur l’Iran, qui a repris ses activités d’enrichissement d’uranium dans une usine souterraine conformément à sa décision de réduire davantage ses engagements de 2015.

« Il est maintenant temps pour toutes les nations de rejeter le chantage nucléaire de ce régime et de prendre des mesures sévères pour augmenter la pression », a dit le secrétaire d’État américain Mike Pompeo dans un communiqué. « Le développement des activités de prolifération de l’Iran fait craindre qu’il ne soit en train de se positionner pour avoir l’option d’une percée nucléaire rapide », a-t-il ajouté.

« Les membres de la communauté internationale qui sont à juste titre inquiets des dernières attaques et provocations iraniennes devraient imaginer comment l’Iran agirait s’il avait l’arme nucléaire. Les États-Unis ne permettront jamais que cela arrive », a-t-il poursuivi.

« Les dernières escalades nucléaires de l’Iran reflètent les intentions que le régime a depuis le début : forcer la main à la communauté internationale pour qu’elle accepte sa violence et son terrorisme pendant qu’il sape la souveraineté de ses voisins », a encore dit M. Pompeo.

Pression

Washington est sorti l’an dernier de l’accord international sur le nucléaire iranien de 2015 et mène depuis contre Téhéran une politique de « pression maximale » destinée à contraindre la République islamique à conclure un nouvel accord avec de « meilleures garanties ».

L’Iran a de son côté annoncé qu’il cesserait de respecter des engagements pris dans le cadre du pacte. Asphyxié par les sanctions, Téhéran entend mettre la pression sur les pays européens toujours engagés dans l’accord pour l’aider à les contourner.

Par Ouest-France, publié le 07/11/2019 à 14h45

Photo en titre : Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo, le 31 octobre 2019 à Washington, NIKOLAS KAMM-AFP

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-iranien-les-etats-unis-appellent-des-mesures-severes-6598803

Nov 07

DÉMANTÈLEMENT D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE : COMMENT ÇA MARCHE ?

Alors que la plus ancienne centrale nucléaire de France est encore opérationnelle pour quelques mois, la fermeture définitive de Fessenheim interviendra en 2020.

Le premier réacteur sera arrêté le 22 février et le second cessera de fonctionner le 30 juin. Mais au fait, concrètement, comment démantèle-t-on une centrale nucléaire ?

Éléments de réponse avec Christian Jeanneau, Senior Vice-Président nucléaire chez Assystem.

Comment démantèle-t-on une centrale nucléaire ?

À ce jour, près de 180 réacteurs nucléaires ont été arrêtés dans le monde, dont plus de la moitié en Europe. En France,12 réacteurs sont en cours de démantèlement. Selon l’ASN, « le démantèlement couvre l’ensemble des activités, techniques et administratives, réalisées après l’arrêt définitif d’une installation nucléaire, afin d’atteindre un état final prédéfini où la totalité des substances dangereuses et radioactives a été évacuée de l’installation ».

Ces opérations démarrent une fois la production commerciale d’électricité arrêtée.

Puis, une fois le combustible retiré du réacteur et confié à Orano, l’ensemble des autres bâtiments et leurs équipements procédés sont rincés, démontés puis démolis par des industriels en commençant par les bâtiments non nucléaires (turbine, groupe alternateur, …) pour finir par le bâtiment réacteur (internes, cuves…).

Les déchets générés par ces opérations sont conditionnés via des filières industrielles de traitement et confiés pour stockage à l’ANDRA.

À l’issue de ces opérations, l’installation, délaissée de toute radioactivité, est « déclassée », c’est-à-dire qu’elle peut être rendue au monde « conventionnel » pour une utilisation autre.

Les coûts de ces opérations sont supportés par l’exploitant, provisionnés durant la phase d’exploitation du réacteur et font l’objet d’audits réguliers de la Cour des Comptes notamment. (NDLR : laquelle, à plusieurs reprises, a pointé du doigt l’insuffisance de ces provisions)

Quelles sont les étapes ?

En France, le démantèlement d’une installation nucléaire suit un processus réglementaire qui commence par une déclaration d’arrêt définitif au ministre chargé de la sûreté nucléaire et à l’ASN dès lors (ou au moins 2 ans avant) que l’exploitant envisage d’arrêter définitivement son installation et se termine par le déclassement officiel de l’installation. Il comprend généralement trois étapes :

  • La première étape du démantèlement consiste en l’arrêt de l’installation : la production d’électricité est interrompue définitivement, tout le combustible est déchargé, les circuits sont vidangés et plus aucune matière radioactive n’est utilisée dans l’installation. Cette phase de fermeture comprend l’arrêt de production définitif (ADP), la cessation définitive d’exploitation (CDE) et la mise à l’arrêt définitif (MAD) et peut durer quelques années.
  • La seconde étape démarre après l’obtention d’un décret de démantèlement après avis de l’ASN et enquête publique. Ce décret fixe les principales étapes du démantèlement, la date de fin du démantèlement et l’état final à atteindre. Lors de cette étape, tous les bâtiments (à l’exception du bâtiment réacteur) et tous les équipements de procédés sont démontés et l’ensemble des déchets produits sont conditionnés et expédiés vers les centres de stockage adaptés de l’ANDRA.
  • La troisième et dernière étape correspond aux opérations sur site de démantèlement de la cuve, à la démolition des bâtiments du bâtiment réacteur et à l’assainissement des sols.
  • À l’issue de cette dernière étape, le site est déclassé.

Quel devrait être la durée du démantèlement de Fessenheim ?

Pour répondre à cette question, il convient de regarder ce qui s’est passé dans les autres pays, notamment aux États-Unis ou en Allemagne, ou respectivement 37 et 29 réacteurs ont été arrêtés pour des raisons économiques (émergence de gaz de schiste aux USA) ou pour des raisons politiques (Allemagne).

Les récents benchmarks faits là-bas tendent à valider des scénarios selon lesquels un réacteur à eau pressurisée du même type que ceux de Fessenheim (PWR) pourrait être complétement démantelé en une quinzaine d’années.

Combien de personnes seront affectées sur le chantier ?

Décider de fermer et démanteler une installation nucléaire constitue une décision industrielle forte. En effet, le démantèlement est un processus qui s’échelonne sur plusieurs décennies (même en cas de stratégie de démantèlement immédiat) et mobilise des ressources humaines importantes.

Mais les effectifs requis en phases de préparation et de réalisation du démantèlement sont nettement inférieurs aux effectifs en charge de l’exploitation d’une centrale nucléaire. On estime qu’il y a environ 3 fois moins de personnels mobilisés durant les phases de démantèlement par rapport aux phases d’exploitation de la centrale.

Quels types de métiers ?

La nature des activités menées en phases de démantèlement diffère sensiblement des activités nécessaires à l’exploitation. Certaines disparaissent ou sont fortement réduites, d’autres émergent. Par exemple :

  • Les métiers liés à l’exploitation se limitent à la surveillance du confinement (nécessaire à la sureté nucléaire des travaux) et à l’entretien des fonctions support (distribution électrique, ventilations, effluents, etc.). Les métiers liés au pilotage de l’installation nucléaire, à la maintenance des systèmes supports diminuent fortement, voire disparaissent et les ressources correspondantes doivent donc être redéployées sur d’autres installations.
  • À l’inverse, de nouvelles compétences d’études de scénarios de démantèlement (études, qualité, sûreté nucléaire) peuvent être déroulées sur site ou en délocalisées dans des centres d’ingénierie. Sur site, les activités de démantèlement s’articulent essentiellement autour de la décontamination, la découpe et la manutention et le conditionnement de déchets, qui ne sont pas « cœur de métier » d’un exploitant nucléaire. Une grande partie de ces activités peuvent être sous-traitées ; le maître d’ouvrage doit donc assurer la surveillance des travaux assurés par des entreprises spécialisées dans ce type d’activité.

Le digital peut-il permettre un gain d’efficacité sur ce type de projet ?

Pour améliorer l’efficacité des opérations de démantèlement, l’industrie nucléaire a bien évidemment recours au digital. Elle a, par exemple, su mettre en œuvre plusieurs solutions d’intelligence artificielle pour traiter l’ensemble des données d’exploitation qui avaient été générées pendant des décennies d’exploitation. L’enjeu est de taille et pour l’illustrer, gardons en tête qu’à date, le CEA a accumulé plus de 14 milliards de documents sur l’ensemble de ses installations.

Puis, pour améliorer la maîtrise des travaux à réaliser, les exploitants commencent également à développer des jumeaux numériques des installations à démanteler.

Cette innovation permet d’améliorer la maitrise des travaux à réaliser car, au travers d’une continuité étendue des données entre donneurs d’ordre et sous-traitance, elle permet la conception de procédés et outils adaptés aux travaux et qualifiés pour les opérations futures.

Enfin, le développement de salle immersive permet aux opérateurs de valider la faisabilité des opérations à réaliser avant d’entrer en zone, renforçant ainsi l’efficacité et la sûreté des personnels.

Par Christian Jeanneau, publié le 07.11.2019    

https://www.lemondedelenergie.com/demantelement-centrale-nucleaire-comment-ca-marche/2019/11/07/

Nov 07

VERS UNE CONVENTION CITOYENNE SUR L’AVENIR DU NUCLÉAIRE

Julien Fosse est docteur vétérinaire, spécialisé en santé publique, et docteur en biologie. Il a travaillé dans le secteur public sur des questions de recherche, d’alimentation et d’agriculture avant de rejoindre le département développement durable et numérique de France Stratégie.

Rendu public le 28 octobre, le rapport d’audit confié à Jean-Martin Folz dresse un bilan sans appel du chantier de l’ »Evolutionary Power Reactor » – ou EPR – de Flamanville. Ce réacteur de troisième génération devait incarner le renouveau de la filière nucléaire française. Lancé en 2007 pour une mise en service prévue en juin 2012, il ne devrait fonctionner qu’à la fin de l’année 2022. Dans le meilleur des cas… Quant au budget de construction, il a presque quadruplé, passant de 3,3 à plus de 12,4 milliards d’euros. Malgré cet échec industriel, le lancement de nouveaux chantiers est étudié par les pouvoirs publics. De quoi s’interroger sur les voies d’élaboration de notre politique énergétique nationale.

Retards, surcoûts et perte de compétences

Le diagnostic de Jean-Martin Folz est sombre. Il pointe des estimations de coûts et de délais de construction irréalistes, mais alléchantes, ainsi qu’une succession de dysfonctionnements soulignant en creux l’hyper-complexité du projet. Un projet dont le pilotage reposait sur une gouvernance qualifiée d’inappropriée, ne permettant pas d’assurer des relations fluides entre les différents acteurs du chantier. Au-delà de ces observations, la perte de compétences de la filière nucléaire est également pointée du doigt. Elle s’explique par l’absence de construction de centrales depuis vingt ans. Un point noir : la réalisation des soudures, élément clef de la sécurité du réacteur.

Malgré cette analyse, les défenseurs du nucléaire plaident pour un nouveau programme de construction de réacteurs. Les arguments en faveur d’un tel projet sont bien connus : le nucléaire fournit une énergie décarbonée, pilotable, qui assure à la France une autonomie énergétique à coût réduit. L’effet falaise, correspondant à l’atteinte de la « date de péremption » initialement prévue pour de nombreux réacteurs, plaide également pour une relance. Mais des zones d’ombre, récurrentes, persistent : que faire des déchets nucléaires ? Quel est le coût complet de cette énergie, incluant le démantèlement des centrales vieillissantes et le stockage des déchets ? Et peut-on garantir une sécurité optimale à nos concitoyens dans un contexte de « perte de compétences » de la filière ? Autant de questions qui justifieraient un vaste débat public permettant d’éclairer les orientations futures du secteur. Mais ça n’est pas vraiment dans ses habitudes…

EPR : stop ou encore ?

Car le monde du nucléaire reste imprégné d’une culture héritée du passé, aux confins du secret défense et du secret industriel. Un monde de sachants, s’appuyant sur une vision techniciste du progrès, considérant qu’il suffit d’arguments scientifiques pour convaincre. Occultant en cela l’angoisse légitime face à des technologies dont l’histoire a démontré les failles, ce qui appellerait une transparence accrue pour lever les doutes. C’est dans ce contexte que « Le Monde » a révélé, le 12 septembre dernier, un courrier adressé au président d’EDF par les ministres chargés de l’Économie et de la Transition écologique. Un courrier invitant l’entreprise publique à « être en mesure de répondre à l’exécution d’un programme de construction de trois paires de réacteurs sur trois sites distincts« . Une hypothèse de travail, à considérer dès maintenant eu égard à la complexité de mise en chantier de ces mastodontes technologiques.

Mais une hypothèse qui ne peut être passée sous silence alors que le nucléaire fait débat depuis tant d’années. Et que les Français appellent à une plus grande co-construction des politiques publiques. La convention citoyenne pour le climat est à ce titre une première qui fera sans doute date et qui, je l’espère, verra émerger des propositions novatrices reprises par les pouvoirs publics. Un instrument de concertation qui pourrait être transposé au secteur de l’atome. Pour éclairer et co-construire, plutôt qu’imposer sans convaincre. Alors, à quand une convention citoyenne sur l’avenir du nucléaire ?

Par Julien Fosse, biologiste et vétérinaire, publié le 07/11/2019 à 11h00

Photo en titre : © Ludovic Dupin

https://www.usinenouvelle.com/blogs/julien-fosse/vers-une-convention-citoyenne-sur-l-avenir-du-nucleaire.N901539

Nov 07

L’IRAN A RETIRÉ L’ACCRÉDITATION D’UNE INSPECTRICE DE L’ONU SUR LE NUCLÉAIRE

Une observatrice de l’Agence internationale de l’énergie atomique n’a pas passé les contrôles d’une usine d’enrichissement nucléaire, pour avoir « déclenché une alarme« .

L’Iran a retiré l’accréditation d’une inspectrice onusienne à la suite d’un incident « la semaine dernière » lors d’un « contrôle » à l’entrée de l’usine d’enrichissement de Natanz, selon un communiqué officiel. 

LIRE AUSSI >> Iran : l’UE « très préoccupée » par la reprise d’activités nucléaires gelées 

Lors de ce contrôle, cette inspectrice de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) « a déclenché une alarme« , suscitant l’inquiétude qu’elle puisse porter sur elle « un produit suspect« , indique ce communiqué mis en ligne ce jeudi sur le site officiel de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA). 

En conséquence, l’entrée de l’inspectrice sur le site « a été interdite« , ajoute le communiqué, sans dire si un produit suspect a effectivement été trouvé sur elle. L’OIEA indique avoir notifié l’incident à l’AIEA et avoir indiqué à l’Agence que « l’accréditation (de l’inspectrice) avait été retirée« . Cette dernière « a quitté l’Iran pour Vienne« , siège de l’Agence, poursuit le communiqué iranien, sans préciser la nationalité de l’inspectrice ni la date de son départ. 

Une réunion à Vienne où l’incident sera évoqué

L’Union européenne s’est dite dans la foulée « très préoccupée » par « l‘incident relatif à un inspecteur de l’AIEA« , a indiqué un représentant de l’UE dans une déclaration au Conseil des gouverneurs de cette agence de l’ONU. « Nous appelons l’Iran à s’assurer que les inspecteur de l’AIEA puissent remplir leurs fonctions conformément » aux engagements de Téhéran, ajoute la déclaration. 

L’OIEA précise que « le représentant iranien auprès de l’Agence présentera un rapport complet à ce sujet » ce jeudi à Vienne. Selon une source proche de l’AIEA, les 35 membres du conseil des gouverneurs de l’Agence doivent se réunir ce matin pour une séance spéciale consacrée à l’Iran. La question de l’incident survenu à Natanz et du retrait de l’accréditation de l’inspectrice sera au menu. 

LIRE AUSSI >> Nucléaire iranien : pour Macron, les dernières décisions de Téhéran sont « graves » 

Selon cette source, cette réunion avait été convoquée avant l’annonce officielle de cette nouvelle par l’Iran et celle, la veille, de la relance des activités d’enrichissement d’uranium à Fordo (environ 180 km au sud de Téhéran). L’Iran a repris effectivement ce jeudi ces activités dans l’usine, souterraine, de Fordo, dans le cadre de son plan de réduction de ses engagements internationaux en matière de nucléaire. 

Lire notre dossier complet

L’accord sur le nucléaire iranien

Ce plan a été lancé en mai en riposte à la dénonciation unilatérale par Washington, en mai 2018, de l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015. En vertu de cet accord, la République islamique est soumise au régime d’inspection le plus strict jamais mis sur pied par l’AIEA afin de s’assurer de la nature exclusivement civile du programme nucléaire iranien. 

Photo en titre : Des inspecteurs de l’AIEA et des techniciens iraniens à la centrale nucléaire de Natanz, le 20 janvier 2014.afp.com/Kazem Ghane

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 07/11/2019 à 10h09 , mis à jour à 12h37

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/l-iran-a-retire-l-accreditation-d-une-inspectrice-de-l-onu-sur-le-nucleaire_2105904.html

Nov 07

EN MÉMOIRE DE SÉBASTIEN BRIAT

Extrait : Les anti-nucléaires allemands commémorent la mort de Sébastien Briat en Lorraine, il y a 15 ans, victime d’un convoi de déchets nucléaires.

Sébastien Briat était un jeune homme de 22 ans originaire de la Meuse. Il est mort le 7 novembre 2004 à 14 h 34 à Avricourt, près de Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, après avoir été heurté par un train de déchets radioactifs destinés à l’Allemagne.

Ce 7 novembre 2004, le train chargé de 12 containers fut d’abord bloqué vers 11 heures à Laneuveville-devant-Nancy par des manifestants enchaînés aux voies. Il est reparti à 13 h 20. Peu après la gare d’Avricourt, le convoi roule à 98 km/heures environ. Trop vite ? En tout cas, à la sortie d’une courbe, le conducteur du train actionne le freinage d’urgence. Quatre jeunes militants ont passé leur bras dans un tube placé sous la voie. Trois d’entre eux ont juste le temps de se dégager. Mais Sébastien a peut-être mal apprécié la distance et la vitesse du convoi. Déséquilibré par les turbulences, il est happé par le train et décèdera peu après.

Les militants anti-nucléaires se souviennent de Sébastien. En Allemagne, notamment, où ils lui rendent un hommage, ce 7 novembre 2019 comme l’explique un article de Lüchow-Dannenberg.

Publié le 7 novembre 2019 à 14h40 par Émilien Lacombe

Photo en titre : Sébastien Briat publiée dans le journal allemand Lüchow-Dannenberg

Pour lire la suite des articles publiés sur le même sujet, cliquer sur :

https://infodujour.fr/societe/26898-en-memoire-de-sebastien-briat

Nov 07

BERNARD DEBOYSER : “NOUS SOMMES À L’AUBE D’UNE VÉRITABLE RÉVOLUTION PHOTOVOLTAÏQUE”

Selon l’Agence internationale de l’énergie, le monde devrait accueillir d’ici 2024 près de 50% de capacités d’énergies renouvelables supplémentaires. Quelles innovations majeures soutiennent cette croissance dans le photovoltaïque et l’éolien ? Comment les réseaux électriques pourront s’adapter à ce nouveau mix énergétique ? L’EnerGeek (EG) a interrogé Bernard Deboyser, (BD) ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable.

EG: Quelles perspectives se dessinent en termes d’innovation dans le secteur éolien et photovoltaïque ?

BD:C’est surtout dans le domaine photovoltaïque que des innovations disruptives apparaissent. Elles permettront dans les prochaines années de réduire encore fortement le coût des installations, et en parallèle leur « dette énergétique ». La dette énergétique, c’est la quantité d’énergie nécessaire pour fabriquer un panneau. Le nombre d’années nécessaire à la rembourser avec la production du panneau (qu’on appelle « energy playback time » en anglais), est une donnée importante. Actuellement, cette dette est « remboursée » en 2,5 ans à peine dans le nord de l’Europe, et en 1,5 à 1 an seulement dans le sud. Ensuite, pendant les 25 à 29 années qui suivent, les panneaux produiront de l’énergie sans en consommer puisqu’ils ne nécessitent aucun entretien, aucune rénovation…

Les chercheurs et fabricants créent des cellules photovoltaïques de plus en plus minces et légères. En 13 ans, on est passé de 16 à 4 grammes par Watt crête (g/Wc). L’industrie utilise donc 4 fois moins de matière et d’énergie qu’auparavant pour fabriquer les cellules. Or, c’est le poste le plus gourmand en énergie dans la fabrication des panneaux. D’où la chute des prix. La filière met aussi au point de nouvelles méthodes pour la fabrication des cellules, comme la technologie « kerfless » qui permet d’économiser de la matière et de l’énergie et de réduire le nombre d’étapes dans leur fabrication. L’espoir vient surtout d’un nouveau type de cellules à base de perovskites, à la place du silicium. Cette innovation permet d’imprimer des cellules avec une simple imprimante semblable à une imprimante à jet d’encre. La technologie est au point et elle apparaît déjà sur le marché. Elle permet de réduire encore le prix et la dette énergétique. On ne parlera bientôt plus de panneaux mais de simples « films » photovoltaïques, toujours plus minces, légers et souples. Ils pourront recouvrir les façades des bâtiments, les carrosseries des voitures, ou même être portés sur nos vêtements. Nous sommes à l’aube d’une véritable révolution photovoltaïque.

Je voudrais aussi signaler que l’on observe de nouveaux usages du photovoltaïque comme le BIPV (Building Integrated Photovoltaics) ou Photovoltaïque Intégré au Bâtiment, l’agrovoltaïque qui est un concept permettant la production d’énergie photovoltaïque sur des terres cultivables, sans en impacter la productivité agricole, et le photovoltaïque flottant, y compris en mer. Un premier projet de ferme photovoltaïque flottante se développe au large des côtes hollandaises. Enfin, il ne faut pas oublier qu’à côté du photovoltaïque, une autre technologie solaire se développe fortement : c’est le solaire à concentration ou CSP, surtout dans les pays à fort ensoleillement où le potentiel est important. Un des avantages de cette technologie est qu’elle permet un stockage pendant plusieurs heures de l’énergie produite, en restituant pendant la nuit l’énergie générée pendant la journée.

Dans le domaine éolien, les innovations sont moins spectaculaires, mais les constructeurs développent des modèles d’éoliennes moins bruyantes, plus grandes et plus puissantes qui disposent d’un meilleur rendement. Des technologies sont aussi mises au point pour réduire les impacts sur l’avifaune, par exemple en arrêtant automatiquement les éoliennes lorsque certaines conditions météo favorables aux sorties de chauve-souris sont remplies. Ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres. Et puis, c’est évidemment dans l’éolien en mer que les développements sont les plus importants et les plus prometteurs, notamment avec l’arrivée des éoliennes flottantes qui permettent de s’éloigner davantage des côtes. Plusieurs pays européens sont en pointe dans l’éolien maritime : le Royaume-Uni, le Danemark, l’Allemagne, la Belgique… Malheureusement, la France a pris beaucoup de retard dans ce domaine.

EG: La part d’énergies renouvelables dans la production électrique augmente de façon constante. Compte tenu de l’intermittence de l’éolien et du photovoltaïque, peuvent-elles s’insérer de façon harmonieuse dans le réseau électrique ?

BD: L’éolien et le photovoltaïque sont des énergies intermittentes, mais les renouvelables ne se limitent pas à ces deux énergies-là, dont la part dans la production renouvelable est minoritaire. En France, comme dans quasi tous les pays, c’est la biomasse qui fournit la majorité de l’énergie renouvelable produite : plus de la moitié. Vient ensuite l’hydroélectricité. Ces deux énergies-là ne sont pas intermittentes, comme ne le sont pas non plus la géothermie ou les énergies de la mer (hydroliennes, énergie houlomotrice, marémotrice, etc.).

L’Union européenne s’est donné un objectif de neutralité carbone en 2050. Elle peut y arriver, comme de nombreuses études scientifiques l’ont démontré, en faisant appel à un mix de toutes les énergies renouvelables que je viens de citer, en y associant des capacités de stockage et en développant les interconnexions entre les pays et les régions d’Europe.

Concernant les réseaux électriques, l’affirmation selon laquelle ils ne pourraient pas supporter une part importante d’énergies intermittentes comme l’éolien et le solaire n’est pas fondée. C’est ce qu’a notamment démontré une étude rendue publique par le Conseil Européen des Régulateurs de l’Énergie (CEER). Le CEER a établi un classement des États dont les réseaux électriques sont les plus stables.

L’Allemagne et le Danemark y occupent les 2e et 3e marches du podium, après la Suisse. Il s’agit pourtant de deux pays qui produisent une part importante de leur électricité par les énergies renouvelables intermittentes. Le Danemark est même le champion en la matière puisque 60 % de son électricité provient de sources renouvelables, dont plus de 42 % sont injectées dans le réseau par des éoliennes. Ce pays est aussi celui où la densité d’éoliennes sur le territoire est la plus élevée. Cette performance est rendue possible grâce à deux câbles sous-marins d’interconnexion qui relient le Danemark aux centrales hydroélectriques de la Norvège et de la Suède. Celles-ci permettent de réguler la production intermittente des éoliennes puisque le Danemark étant un pays plat, il ne dispose pas de capacité hydroélectrique. Des petites centrales locales à biomasse, alimentées notamment avec de la paille, fournissent 16 % de l’électricité et participent aussi à ce rôle régulateur, puisqu’elles peuvent être arrêtées lorsque les éoliennes tournent à pleine puissance et relancées dans le cas contraire.

En Allemagne, les énergies intermittentes que sont l’éolien et le solaire contribuent pour environ 25 % à la production d’électricité. Et le réseau électrique allemand est un des plus stables d’Europe.  L’agence fédérale allemande de contrôle et de régulation des réseaux publie chaque année un rapport. On peut y lire la confirmation que « la part croissante de la capacité de production décentralisée continue à n’avoir aucun impact négatif sur la performance des réseaux ». Entre 2006 et 2016, période pendant laquelle la part des énergies intermittentes a fortement progressé, le nombre et la durée des pannes du réseau allemand ont même été réduites d’un tiers.

EG: Eurostat souligne le retard français dans la production d’énergies renouvelables. Comment faire pour être au rendez-vous des objectifs de la PPE ?

BD: D’abord, il faut une volonté politique forte (NDLR : on ne l’a pas, nucléaire oblige !) qui oriente les choix, comme le démontrent les pays où la part des renouvelables est déjà très importante. Je viens de parler du Danemark, qui est à 60 % de renouvelables dans son mix électrique. La Suède, qui n’est pourtant pas gâtée par le soleil, produit déjà, par les renouvelables, plus de la moitié de toute l’énergie consommée dans le pays.

Par sa géographie, la France a beaucoup d’atouts : elle a des régions montagneuses, ce qui est favorable à l’énergie hydraulique ; de grandes étendues forestières, où elle peut exploiter la biomasse ;  le midi ensoleillé permettrait un bon développement du solaire, y compris du solaire à concentration ; certaines régions, comme le bassin parisien, disposent d’un bon potentiel géothermique ; et elle est pourvue d’un littoral très étendu, où elle pourrait développer fortement les énergies marines, notamment l’éolien en mer. Malheureusement, les Français n’ont pas exploité ce potentiel comme ils auraient pu le faire. L’usine marémotrice de la Rance inaugurée en 1966 par Charles de Gaulle a été la première au monde, et elle fonctionne toujours aujourd’hui. Mais c’est toujours la seule, et les Français n’ont malheureusement pas développé ce know-how. Parce que le pays a ensuite fait le choix du nucléaire et a misé quasi tous ses investissements dans cette technologie. La France est le pays le plus nucléarisé au monde et elle est devenue accroc à cette énergie. Voilà son problème.

EG: Compte tenu de l’objectif de neutralité carbone, y’a-t-il encore un sens à opposer énergies renouvelables et nucléaire ?

BD: Oui, très certainement, je viens de l’expliquer. Vous ne pouvez dépenser un euro qu’une seule fois. L’urgence climatique est telle que les investissements doivent être consacrés aux solutions énergétiques les plus efficaces, les plus économiques et les plus rapides. Or, aujourd’hui ce n’est certainement plus le cas du nucléaire.  Au cours de la dernière décennie, les coûts actualisés d’une unité de production électrique ont baissé de 88% pour le solaire et de 69% pour l’éolien, alors qu’ils ont augmenté, en moyenne de 23% pour le nucléaire. Ces dernières années, la poussée des coûts de sécurité dans le nucléaire a contribué à creuser l’écart. Par MWh produit sur la durée de vie d’une installation, le coût total (construction + exploitation) du solaire photovoltaïque varie entre 33 et 40 €/MWh et celui de l’éolien, entre 26 et 51 €. Pour le nucléaire, la fourchette est de 102 à 172 € soit, en moyenne, 3 à 4 fois plus cher que les renouvelables. En plus la durée moyenne de construction d’une nouvelle centrale est de 10 ans, sans compter la durée de toutes les études préalables au projet.

L’exemple du seul réacteur actuellement en construction en France, celui de l’EPR de Flamanville est significatif. Commencé en 2007, le chantier n’est toujours pas terminé, 12 ans plus tard. De retards en déboires nombreux et divers, sa mise en service prévue au départ en 2012, est actuellement programmée à fin 2022, soit après 10 ans de retard, au moins. Son coût, établi initialement à 3 milliards d’euros a déjà plus que triplé, la dernière estimation étant de 10,5 milliards.(NDLR : on en est à 12, 4 milliards) Mais le prix pour EDF pourrait s’élever au final à 15 milliards selon certains experts.

Un autre EPR de fabrication française se construit à Olkiluoto, en Finlande, et cela ne se passe pas beaucoup mieux. Débuté en septembre 2005 pour une mise en service initialement prévue à mi-2009, les travaux s’éternisent aussi. Aujourd’hui, l’exploitant TVO estime ne pas pouvoir disposer de l’installation avant mi-2020. Vous comptez bien : plus de 10 ans de retard également ! Côté coût, le montant forfaitaire de 3 milliards d’euros initialement convenu par contrat a explosé lui aussi suite aux indemnités de retard exigées par TVO. Le constructeur, Areva, étant une entreprise détenue majoritairement par l’État et par le Commissariat à l’énergie atomique (un établissement public), une grande partie des surcoûts liés à ces retards sera donc à la charge du contribuable français.

Pendant que le nucléaire français s’enlise dans ce bourbier, les nouvelles installations solaires et éoliennes accroissent leurs capacités de production plus rapidement que tout autre type d’énergie. Depuis 2000, les énergies vertes se développent dans le monde 25 fois plus vite que le nucléaire. Pour moi c’est clair, le nucléaire est trop cher et trop lent, il ne sauvera pas le climat. Si la France veut atteindre rapidement la neutralité carbone elle ne doit plus miser sur le nucléaire et orienter tous ses investissements dans les renouvelables… Et par là je n’entends pas seulement le solaire et l’éolien.

Rédigé par : Bernard Deboyser, (Ingénieur polytechnicien et chargé d’enseignement à l’université de Mons (Belgique) Bernard Deboyser est aussi expert en énergie. Il conseille plusieurs grandes entreprises industrielles et participe au développement de parcs éoliens et projets hydroélectriques.)

Publié le mercredi 6 Novembre 2019

https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-centrale-nucleaire-de-belleville-toujours-ciblee-par-les-ecologistes-1573050433

Nov 07

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE TOUJOURS CIBLÉE PAR LES ÉCOLOGISTES

La centrale nucléaire de Belleville sur Loire, dans le Nord du Cher, à nouveau assignée en justice ce mercredi par le Réseau Sortir du Nucléaire. Devant la cour d’appel de Bourges cette fois… Les écologistes dénoncent le manque de rigueur dans la gestion et la maintenance des deux réacteurs.

 Les militants écologistes dénoncent depuis plusieurs années des manquements dans la conduite de la centrale nucléaire de Belleville sur Loire (Cher) © Radio France – Michel Benoit

En mars dernier, le tribunal de police avait rejeté la demande des écologistes pour des problèmes de forme. Ce mercredi, l’affaire a donc pu être plaidée, en appel, sur le fond.  Le Réseau Sortir du Nucléaire se base sur les rapports de l’ASN, l’autorité de sûreté nucléaire, pour mettre en cause la responsabilité d’EDF et ceci alors que la centrale fait l’objet d’une surveillance renforcée depuis plus de deux ans :  » On va enfin enfin parler du fond, les 46 infractions relevées par l’ASN lors d’une inspection en avril 2017, se réjouit Françoise Pouzet, présidente de Sortir du Nucléaire Berry/Puisaye. Le problème sur cette centrale, c’est l’accoutumance aux anomalies. Notamment sur la conduite du réacteur, c’est quand même pas rien ! «  Le réseau Sortir du Nucléaire réclame 5 000 euros de dommages et intérêts pour préjudice moral.  

Les militants écologistes ont animé le parvis devant le tribunal de Bourges avant l’audience. © Radio France – Michel Benoit

Des défauts d’entretien sur les diesel de secours, de la corrosion sur de la tuyauterie, des soucis sur les bâches de rétention, c’est assez technique… les militants écologistes ciblent précisément cinq manquements relevés par l’autorité de sûreté nucléaire :  » La centrale nucléaire de Belleville est sous surveillance renforcée depuis plus de deux ans. Ce n’est pas anodin, insiste  Françoise Pouzet. On doute puisque lorsque l’ASN effectue une inspection, qu’elle préconise des interventions, on s’aperçoit que certaines ne sont toujours pas appliquées dans l’inspection suivante. » 

Cette plainte vise clairement à faire pression sur EDF, mais pour l’avocat du producteur d’électricité, il ne peut y avoir de condamnation puisque l’autorité de sûreté nucléaire, l’ASN, ne parle même pas d’infraction :  » L’ASN a la capacité de dresser des procès-verbaux, elle ne l’a pas fait, argumente Yves Martinet, avocat d’EDF. Ni l’ASN, ni le parquet de Bourges n’ont donné suite sur le plan pénal. Il n’y a donc pas d’infraction pénale contrairement à ce que veut laisser croire le réseau Sortir du Nucléaire. » Le nombre d’incidents est d’ailleurs en diminution depuis trois ans, sur la centrale, mais l’élève Belleville peut encore mieux faire. La cour d’appel de Bourges rendra sa décision le 18 décembre.

À lire aussi Indre-et-Loire : condamnation confirmée pour la centrale de Chinon

Par Michel Benoît, France Bleu Berry, France Bleu Orléans, publié le mercredi 6 novembre 2019 à 15h39, mis à jour le mercredi 6 novembre 2019 à 16h25

Photo en titre : La centrale nucléaire de Belleville sur Loire (Cher) © Radio France – Michel Benoit

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Nov 06

MOMENTS CHAUDS DE LA GUERRE FROIDE

Ces moments de tension extrême, où la Guerre froide a failli tourner à l’affrontement direct entre les deux puissances nucléaires.

Nous célébrons, ce mois-ci, le trentième anniversaire de la chute du Mur de Berlin

Le mur de la honte, érigé pour empêcher les Allemands de l’Est de fuir, dans la partie occidentale de la ville, l’oppression et la misère qu’’y faisait régner le régime communiste ! Ce fut le symbole de la coupure d’une nation, l’Allemagne et au-delà, de l’Europe elle-même, en deux alliances politiques et militaires sur le pied de guerre et prêtes à en découdre pendant plus de quarante ans. Ce n’était pas vraiment la fin officielle de la Guerre froide : il restait plus de cent mille soldats soviétiques en RDA. 

Mais tous ceux qui ont vécu ce moment historique sur place, en Europe centrale, comme c’est mon cas, se souviennent de l’extraordinaire euphorie ressentie. Certes, à la suite de la réunification de l’Allemagne, démocratiquement réclamée au cours d’élections enfin libres, l’unification avérée des peuples européens interviendrait plus tard, avec les élargissements de l’Union européenne de 2004 et 2007. Mais d’ores et déjà, l’Europe de l’Ouest avait compris qu’elle devait la fin de la Guerre froide au soulèvement de ses frères séparés d’Europe centrale. Une affaire infiniment dangereuse s’achevait à la satisfaction générale. 

Car, on l’oublie, mais le monde est passé, à plusieurs reprises tout près de l’enfer nucléaire

Oui. Ce fut le cas lors de la guerre de Corée en 1950-51 : le général MacArtur a réellement proposé d’utiliser des bombes atomiques ! Mais aussi, à la fin de 1962, lorsque les États-Unis découvrirent que les Soviétiques avaient installé des rampes de lancement destinées à recevoir des missiles dans l’île voisine de Cuba. On s’en souvient. Mais on a tendance à oublier combien dangereuse apparaissait la situation internationale au tournant des années 1970 et 1980.

Cela est fort bien documenté dans un livre qui vient de paraître, Histoire mondiale de la Guerre froide, due à un historien norvégien, Odd Arne Westad. Il rappelle que ce regain de Guerre froide a commencé vers la fin de la présidence de Jimmy Carter. Au Nicaragua, les sandinistes avaient pris le pouvoir et les Américains redoutaient leur influence au Salvador. L’intervention de soldats cubains, discrètement encadrés par des Soviétiques dans des conflits en cours – 30 000 en Angola, 15 000 en Ethiopie, l’intervention de l’Armée rouge elle-même en Afghanistan avaient convaincu ce président démocrate que « pèse des menaces extrêmement graves pour la paix », comme il le dit dans son dernier grand discours télévisé. 

L’explosion des dépenses militaires

Son Conseiller à la Sécurité nationale, Zbigniew Brzezinski, décrivit un « arc de crise », depuis la Corne de l’Afrique jusqu’au bord de l’océan Indien en passant par la mer Rouge. Cette inquiétude des Américains face à une Union soviétique qui semblait partout à l’offensive fut l’une des causes principales de la victoire électorale du Républicain Ronald Reagan. Les dépenses militaires avaient déjà considérablement augmenté lors de la dernière année du mandat de Jimmy Carter. Elles vont exploser sous Reagan. « Au début des années 1980, écrit Westad, la guerre froide prend une allure extrêmement périlleuse, probablement plus qu’elle ne l’a jamais été depuis la crise des missiles de Cuba en 1962. » (p. 521)

Non seulement Reagan arme, au Nicaragua, les « contras » antisandinistes, mais il met un embargo sur une partie des exportations de gaz et de pétrole, par lesquels l’URSS finançait ses énormes emprunts en Occident. Il réplique à l’installation des missiles balistiques mobiles à trois têtes nucléaires SS-20 en décidant l’installation de missiles à moyenne portée Pershing II et de missiles de croisière en Europe de l’Ouest. Il lance le projet extravagant d’un bouclier anti-missiles à base de lasers, déployé dans l’espace.

C’est à Reagan et à Gorbatchev que l’on doit la fin de la guerre froide

En septembre 1983, alors que l’inamovible dirigeant suprême de l’URSS, Leonid Brejnev est mort l’année précédente, l’armée de l’air soviétique abat un avion de ligne sud-coréen égaré dans son espace aérien. A bord, soixante-et-un citoyens américains, dont un membre du Congrès. Reagan vient à la télévision dénoncer un « crime contre l’humanité ». Juste après, on frôle réellement la guerre lors des manœuvres de l’OTAN, dites Able Archer 83. Elles simulent l’escalade d’un conflit est/ouest jusqu’aux premières frappes nucléaires. Moscou place sa flotte aérienne en état d’alerte. On est à la merci d’une erreur d’interprétation tragique sur les intentions réelles de l’adversaire.

Et pourtant, si l’on suit bien Westad, c’est Ronald Reagan qui va entamer la désescalade. D’un tempérament optimiste, il est persuadé de la supériorité technologique des États-Unis. Il déteste l’armement nucléaire. Lorsque Mikhaïl Gorbatchev devient le nouveau Secrétaire général du Parti communiste d’Union soviétique, en 1985, ces deux hommes vont s’entendre pour réduire à la fois les dépenses consacrées aux armements et le soutien aux mouvements visant à déstabiliser l’autre à l’étranger. C’est la dernière étape de la Guerre froide, celle qui mènera à la paix, à travers la dissolution du Pacte de Varsovie.

Le Tour du monde des idées par Brice Couturier, publié le 06/11/2019

https://www.franceculture.fr/emissions/le-tour-du-monde-des-idees/le-tour-du-monde-des-idees-du-mercredi-06-novembre-2019

Nov 06

[INFOGRAPHIE] 100 % D’ÉNERGIE RENOUVELABLE AU NIVEAU MONDIAL EN 2050, C’EST POSSIBLE ET RENTABLE !

Passer à 100 % d’énergies renouvelables, c’est possible en électrifiant tous les secteurs de l’énergie. Et ce serait même plus rentable que le système actuel. Voilà la conclusion à laquelle sont parvenus 14 scientifiques après quatre années et demie de recherches. Le dernier rapport sur les renouvelables de l’Agence internationale de l’énergie confirme déjà un boom du solaire, notamment décentralisé, d’ici 2024.

L’étude publiée (1) au printemps dernier a eu peu d’échos. Pourtant, les experts de l’université finlandaise LUT University et d’Energy Watch Group y démontraient qu’arriver à 100 % d’énergie – et non seulement l’électricité – renouvelable était non seulement possible techniquement mais aussi compétitif par rapport au système actuel. Une aubaine dans la lutte contre le changement climatique car cela permettrait de réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre du système énergétique, d’ici 2050.

Électrification complète des secteurs de l’énergie

« La transition énergétique n’est pas une question de faisabilité technique ou de viabilité économique, mais relève d’une volonté politique », rappelle Hans-Josef Fell, président de Energy Watch Group, qui enjoint les gouvernements à prendre connaissance des recommandations nées de ce rapport. Ce système 100 % énergie renouvelable reposerait sur une « électrification complète dans tous les secteurs de l’énergie« , précisent les auteurs.

La production totale d’électricité sera en 2050 de quatre à cinq fois supérieure à celle de 2015. En conséquence, la consommation d’électricité en 2050 représentera plus de 90 % de la consommation d’énergie primaire. Dans le scénario des chercheurs, la production sera principalement assurée par le solaire (70 %) et l’éolien dans une moindre mesure (18 %). D’ici 2050, le vent et le soleil représenteront 96 % de la totalité des sources d’énergie renouvelables. Viennent ensuite la biomasse (6 %), l’hydroélectricité (3 %), et la géothermie (2 %).

L’étude montre en outre que le passage à 100 % d’énergie renouvelable n’est pas plus coûteux que le système actuel avec un coût du mégawattheure stable, autour de 53 euros en 2050, auquel il faut retrancher les externalités négatives liées aux énergies fossiles, non prises en compte. Ce système permettra également de créer 15 millions d’emplois dans les énergies renouvelables, de quoi compenser les pertes dans l’industrie fossile, qui emploie aujourd’hui 14 millions de personnes.

Boom du solaire

De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE), table déjà sur un boom du solaire dans les cinq années à venir (2), notamment pour les équipements décentralisés (posés sur des maisons, des usines, des supermarchés…). Chez les particuliers, le nombre de toitures équipées devrait doubler, à environ 100 millions d’ici cinq ans, selon l’AIE. Cela représente 6 % du potentiel en surface de toits disponible.

« Une croissance aussi météorique en dehors de la sphère des fournisseurs d’énergie traditionnels va transformer la manière dont nous produisons et consommons l’électricité avec des implications majeures pour les consommateurs, les opérateurs comme les régulateurs », prévient le directeur de l’AIE, Fatih Birol. Ces systèmes « donnent beaucoup de pouvoir aux producteurs d’énergie individuels », assure-t-il, mais « ils donnent aussi aux citoyens le moyen de contribuer au combat contre le réchauffement climatique ».

Les énergies renouvelables devraient globalement voir leurs capacités mondiales croître de 50 % d’ici 2024, avec un bond de 1200 gigawatts de capacités nouvelles, soit l’équivalent de la capacité électrique actuelle des États-Unis. À cet horizon, elles représenteraient 30 % de la production d’électricité mondiale, contre 26 % aujourd’hui, se plaçant juste derrière le charbon (environ 34 %).

Concepcion Alvarez @conce1

(1) Voir l’étude de LUT University et Energy Watch Group.

(2) Voir la nouvelle étude de l’AIE sur les énergies renouvelables.

Publié le 5 novembre 2019

Photo en titre : Chez les particuliers, le nombre de toitures équipées devrait doubler, à environ 100 millions d’ici cinq ans, selon l’AIE. @CC0

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-renouvelables/isr-rse/infographie-100-d-energie-renouvelable-au-niveau-mondial-en-2050-c-est-possible-et-rentable-147869.html

Nov 06

NOUVEL ACCROC IRANIEN À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE

Téhéran a annoncé mardi la reprise d’un enrichissement dans l’usine souterraine de Fordo, au sud de la capitale. Cette mesure correspond à la quatrième phase du plan de réduction des engagements iraniens en riposte au retrait américain de l’accord.

C’est un nouvel accroc au traité de juillet 2015 (JCPoA) mettant sous contrôle international le programme nucléaire iranien. Comme annoncé, les autorités iraniennes ont encore un peu réduit leurs engagements en matière nucléaire en annonçant la reprise d’un enrichissement, dans l’usine souterraine de Fordo, à quelque 180 kilomètres au sud de Téhéran, qu’elles avaient gelé en vertu de l’accord de Vienne.

Cette mesure correspond à la quatrième phase du plan de réduction des engagements iraniens en riposte à la dénonciation unilatérale de l’accord de Vienne par Washington. Depuis mai, Téhéran a commencé à produire de l’uranium enrichi à 4,5 %, un taux supérieur au plafond de 3,67 % prévu par l’accord mais loin des 90 %, le taux nécessaire pour un usage militaire. L’Iran accumule désormais 5 kilos d’uranium enrichi par jour s’affranchissant de la limite de 300 kilos maximum de stock imposée par le JCPoA.

Stratégie de « pression maximale »

L’annonce du président Hassan Rohani survient au lendemain de l’expiration d’un délai donné par Téhéran afin que les autres parties – toujours signataires au traité – l’aident à contourner les conséquences du retrait en mai 2018 des États-Unis de ce pacte signé entre les 5 +1 (les membres permanents du Conseil de sécurité plus l’Allemagne) et l’Iran. Un an plus tard, en mai 2019, l’administration Trump, décidée à appliquer une stratégie de « pression maximale », avait encore durci ses sanctions unilatérales avec la suppression des exemptions dont bénéficiaient encore les huit principaux clients du brut iranien dont, notamment, la Chine, l’Inde et le Japon.

Cette stratégie d’accrocs répétés au traité vise à isoler les Américains tout en évitant l’irréparable. Hassan Rohani a ainsi précisé que les centrifugeuses de Fordo seraient maintenues sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), comme le reste des activités nucléaires de l’Iran, soumis au régime d’inspection le plus strict jamais mis en place par cet organe de l’ONU. Il a aussi tenu à rappeler que les mesures prises par la République islamique étaient « réversibles » et que Téhéran était prêt à revenir à l’application complète de ses engagements dès lors que les autres parties à l’accord de Vienne respecteront les leurs. Il ne ferme donc pas la porte à une reprise des négociations alors que la nouvelle décision risque de faire à nouveau monter la tension dans la région.

Inquiétude générale

« Des négociations en coulisse continuent avec certains pays », a assuré le président iranien. Paris s’est posé en médiateur entre Washington et Téhéran. Emmanuel Macron avait tenté d’organiser à New York, en marge de l’assemblée générale des Nations unies, fin septembre, une rencontre entre Donald Trump et Hassan Rohani. Ce dernier avait refusé au dernier moment le face à face tout en affirmant, lors de son retour à Téhéran, que « le plan français aurait pu être acceptable, d’une certaine façon ».

Le président français proposait un plan en quatre points prévoyant que l’Iran se remette en conformité avec ses engagements de l’accord de juillet 2015 et accepte des négociations pour les prolonger après 2025, mais aussi qu’il mette un terme à sa politique agressive dans la région. En contrepartie, Téhéran obtiendrait la levée des sanctions américaines et pourrait disposer de ses revenus pétroliers. On restait dans le flou à propos du programme balistique iranien, point sur lequel le régime reste intransigeant.

Le nouvel accroc à l’accord complique la donne. « Nous exhortons l’Iran à revenir sur ses décisions contraires à l’accord et à coopérer pleinement avec l’AIEA », a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères. L’inquiétude est générale. « Nous sommes très préoccupés », a déclaré la porte-parole de Federica Mogherini. La Chine et la Russie estiment que chaque réduction supplémentaire des engagements iraniens rend plus compliqué le sauvetage de ce texte. Avant même l’annonce de Téhéran, l’administration Trump annonçait des sanctions à l’encontre de neuf membres de l’entourage de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution iranienne, dont l’un de ses fils et son chef de cabinet. La date choisie correspond au quarantième anniversaire de la prise d’otages à l’ambassade américaine de Téhéran.

Par Marc Semo,  publié le 5 novembre 2019 à 17h54, mis à jour à 18h09

Photo en titre : Le président iranien Hassan Rohani à Téhéran, le 5 novembre. HO / AFP

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/05/nouvel-accroc-iranien-a-l-accord-sur-le-nucleaire_6018134_3210.html

Nov 05

LES ÉCOLOGISTES ALLEMANDS NE VEULENT PAS D’UN ÉVENTUEL EPR À FESSENHEIM

Le gouvernement a récemment adressé à EDF une « feuille de route » pour la construction de six réacteurs EPR, par paires, sur les quinze prochaines années.

Aucune décision n’a été arrêtée et les trois sites d’implantation de ces éventuelles réalisations ne sont pas encore connus, mais la branche fribourgeoise du Bund (la Fédération allemande pour l’environnement et la protection de la nature) préfère prendre les devants.

Dans un communiqué diffusé ce lundi, elle s’étonne de cette feuille de route, à l’aune du « fiasco de l’EPR en construction à Flamanville » et des « dangers de l’énergie nucléaire ». « Depuis longtemps, l’économie s’est aussi prononcée contre le nucléaire », ajoute la fédération. Elle estime que, si une localisation à Fessenheim « serait idéale du point de vue d’EDF », « ce qui parle massivement » contre cette implantation en Alsace, « c’est le mouvement environnemental transfrontalier, la résistance passée et la résistance future, attendue avec raison ». « Quiconque veut imposer de nouvelles centrales nucléaires et ne s’appelle pas Marine Le Pen n’essaiera pas de le faire à Fessenheim, car cela y déclencherait la plus vive protestation et un tsunami politique, », conclut le Bund.

Publié le 04/11/2019 à 16h13

Photo en titre : La centrale nucléaire EDF de Fessenheim.  Photo L’Alsace /Hervé KIELWASSER

https://www.dna.fr/edition-de-guebwiller/2019/11/04/les-ecologistes-allemands-ne-veulent-pas-d-un-eventuel-epr-a-fessenheim

Nov 05

L’IRAN ANNONCE LA CONSTRUCTION D’UN NOUVEAU RÉACTEUR À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BOUCHEHR

En coopération avec Moscou, la construction du deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, débutera le 10 novembre, a annoncé l’ambassade de Russie en Iran, livrant ainsi des détails sur l’annonce faite plus tôt par Téhéran.

La cérémonie officielle du début de la construction du deuxième réacteur de la centrale nucléaire de Bouchehr, en Iran, aura lieu le 10 novembre, a fait savoir l’ambassade de Russie à Téhéran lundi 4 novembre.

Selon une source à l’ambassade, le premier coulage de béton marquera le début officiel des travaux de construction de la deuxième unité de la centrale nucléaire iranienne de Bouchehr, à proximité de la ville du même nom située sur la côte du golfe Persique.

La nouvelle a été annoncée le même jour par Ali Akbar Salehi, directeur de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran. «J’espère que nous commencerons le coulage du béton dans une semaine», a-t-il déclaré en conférence de presse, diffusée sur la télévision nationale iranienne.

Nucléaire: l’Iran dit élaborer une centrifugeuse 50 fois plus puissante que celles de première génération CC BY-SA 2.0 / Giorgio Montersino

En novembre 2014, la Fédération de Russie et l’Iran avaient signé un contrat pour la construction des deuxième et troisième réacteurs de la centrale nucléaire de Bouchehr. Le projet Bouchehr-2 a été lancé le 10 septembre 2016. Les deux nouvelles unités auront une puissance totale de 2.100 mégawatts. La construction du deuxième réacteur devrait s’achever en 2024, celle du troisième en 2026.

Publié le 04.11.2019 à 18h05

Photo en titre : © Sputnik . Valeriy Melnikov

https://fr.sputniknews.com/international/201911041042371375-liran-annonce-la-construction-dun-nouveau-reacteur-a-la-centrale-nucleaire-de-bouchehr/

Nov 04

DU 7 AU 11 NOVEMBRE MOSCOU VA ACCUEILLIR UNE CONFÉRENCE POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

La Conférence consacrée au désarmement et à la non-prolifération nucléaire se tiendra du 7 au 11 novembre à Moscou.

Le forum réunira de différents groupes d’experts et forums, notamment un groupe spécial consacré au Plan d’action global commun, également connu sous le nom de l’ « Accord nucléaire iranien » .

La conférence de cette année traitera des menaces qui pèsent sur le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

Quelque 250 représentants de haut niveau de 40 pays et d’organisations internationales de premier plan, notamment l’Agence internationale de l’énergie atomique, participeront à cet événement.

Date de publication: le 04 11 2019 à 17h05

https://fr.news-front.info/2019/11/04/271811/

Nov 04

STOCKAGE DÉCHETS NUCLÉAIRES SUISSES : UNE NOUVELLE AUTORISATION DE FORAGE A ÉTÉ ACCORDÉE

Déchets nucléaires : Le versant nord des Lägern (AG/ZH) sera foré pour y étudier la possibilité d’un dépôt de déchets nucléaires en couches géologiques profondes.

La Société coopérative nationale pour le stockage des déchets radioactifs (Nagra) peut procéder à des forages en vue de l’implantation de sites de dépôts souterrains au versant nord des Lägern (AG/ZH). Le Département fédéral de l’énergie (DETEC) lui a octroyé une nouvelle autorisation.

L’autorisation porte sur le forage Stadel 1, a indiqué lundi l’Office fédéral de l’énergie. La Nagra pourra y analyser de manière approfondie la possibilité d’y établir un dépôt de déchets nucléaires en couches géologiques profondes.

Depuis le mois d’août 2018, le DETEC a octroyé 16 autorisations de forage. Dix d’entre elles sont déjà entrées en force.

De 2016 à 2018, la Nagra a déposé 23 demandes d’autorisation de forage: huit pour Jura-est, huit pour Zurich nord-est et sept pour le nord des Lägern. Toutes ces demandes ont été mises à l’enquête publique. Elles ont donné lieu à 472 oppositions pour Jura-est, 99 pour Zurich nord-est et 132 pour le nord des Lägern.

La Nagra ne réalisera probablement pas les 23 forages demandés. Les résultats des premiers forages détermineront la suite de la planification. (ats/nxp)

Publié le 04.11.2019 à 12h04

Photo en titre : Les tests de forage sont prévus dans la commune de Buelach (ZH). Image: Keystone

https://www.tdg.ch/suisse/nouvelle-autorisation-forage-accordee/story/16754786

Nov 04

L’EPR : LE NUCLÉAIRE C’EST CHER ET ÇA NE FONCTIONNE PAS

Sorte de réplique moderne du tonneau des Danaïdes, l’EPR de Flamanville, dans le département de la Manche, fait à nouveau parler de lui : entre retards de chantier (livraison prévue en 2010, « potentiellement promise » maintenant en 2022) et surcoûts (de trois milliards estimés, on dépasserait aujourd’hui les 12 milliards), reste-t-il, finalement, un avenir pour ce qui était vendu, à la fin des années 90 (1998-2000) comme la nouvelle merveille du genre ?

 Vue du chantier du futur réacteur de nouvelle génération EPR où les premiers travaux de terrassement ont débuté le 10 octobre 2006 à Flamanville (Manche)• Crédits : MYCHELE DANIAU – AFP – AFP

La France s’est lancée dans l’aventure de l’EPR en 2007, en démarrant  le chantier de Flamanville, dans la Manche. Il devait être achevé en 2012, pour 3,5 milliards d’euros. Mais les contretemps techniques et retards se sont accumulés. Le rapport de Jean-Martin Folz, remis le 28 octobre dernier, le démontre. Aujourd’hui, un nouveau scénario est même évoqué : l’arrêt pur et simple du chantier. Comment en est-on arrivé là ?

Conférence de presse de présentation du rapport de Jean-Martin Folz (à droite) au Ministère de l’Économie avec Jean-Bernard Levy (à gauche) Président-Directeur Général du groupe EDF• Crédits : ERIC PIERMONT -AFP – AFP

Bernard Laponche, polytechnicien et physicien nucléaire qui représente l’association Global Chance revient sur la genèse du projet présenté à la fin des années 90 (1998-2000). À cette période, l’EPR de Flamanville était « vendu » comme la nouvelle merveille dans le domaine du nucléaire, c’est à dire ce que l’on pouvait faire de mieux en la matière, en réunissant les propriétés du meilleur réacteur nucléaire français de l’époque et du meilleur réacteur allemand. Déjà très difficile de combiner deux techniques qui sont assez proches mais quand même assez différentes et d’en faire quelque chose d’extraordinaire. Alors, tout le monde a accueilli avec enthousiasme l’EPR d’autant plus qu’il répondait à un certain nombre de modifications techniques et de sûreté : il était plus puissant que les précédents, beaucoup plus complexe et moins cher. Et il devait être construit en cinq ans, record mondial à la fois sur le plan technique, de la sûreté, sur le plan du coût et de la rapidité. Et d’autres pays se sont lancés dans le projet.

16 novembre 2016, sur le site de l’EPR de Flamanville (Manche), toujours en construction• Crédits : CHARLY TRIBALLEAU – AFP – AFP

On l’a vendu aux Finlandais avant que quoi que ce soit débute en France. Les Finlandais l’ont acheté parce que c’était un prix très bas, trois milliards, ce qui était extraordinaire donc ça a été approuvé en Finlande. Pareil en France ! Il y a eu un débat public sur l’EPR auquel j’ai participé où il y avait des critiques tout à fait importantes sur les différents aspects dont j’ai parlé. Le parlement a voté comme un seul homme, « l’EPR formidable ! », le gouvernement a décidé l’EPR, c’est parti en 2007. On a commencé à construire avec comme objectif un démarrage en 2012…Bernard Laponche

Et pourtant, Bernard Laponche nous explique que, dès le début, ça a été une catastrophe ! Même le béton, qui pourtant n’est pas du nucléaire, « on fait du béton partout », le béton a été loupé et il a fallu quatre ans, en gros, pour le réussir… Après, ça a été les soudures et les problèmes sont arrivés dès le début. Si effectivement, au niveau du béton, ce n’est pas trop compliqué, en revanche, pour les soudures, Bernard Laponche nous confirme c’est une autre affaire, quoi que :

Effectivement, ce sont des soudures d’acier, de tuyauteries qui sont certes épaisses mais ce n’est pas la première fois qu’il y a des tuyauteries de ce type… la cuve, par exemple, du réacteur a des soudures… sur les tuyaux du circuit primaire, il y a des soudures… et tout d’un coup, on s’aperçoit dès le début des premiers ennuis. D’abord sur l’enveloppe en acier à l’intérieur de l’enceinte de confinement, il existe des problèmes de soudures. Il faut les refaire. Après il y a eu des problèmes sur ce que l’on appelle les consoles qui tiennent le pont roulant, et de devoir refaire toutes les consoles… et on arrive à cette histoire de soudures de pièces très importantes du circuit secondaire… et au fur et à mesure, l’autorité de sûreté nucléaire disait « non, ça ne va pas, il faut refaire ». Et quand vous refaites, vous perdez du temps… Bernard Laponche

Invité : Bernard Laponche, polytechnicien, physicien nucléaire. Né en 1938, Bernard Laponche est consultant international dans  les domaines de l’énergie et de l’efficacité énergétique et membre des associations Global Chance et Énergie Partagée.

Actualité

Rapport de Jean-Martin Folz remis au Président Directeur Général d’EDF le lundi 28 octobre 2019

Par Guillaume Erner, le 4 novembre 2019

Photo en titre : EPR de Flamanville, dans la Manche. © SIPA PRESS

Liens

Rapport de Jean-Martin Folz

Énergie Partagée

Global Chance 

Extraits

Odezenne dans Nucléaire un extrait de l’album Au Baccara (2018)

« Superfail » est un podcast original de Guillaume Erner, le producteur des Matins de France Culture : chaque lundi matin, retrouvez une histoire d’échec, de fail, décryptée avec un invité. Un programme à écouter à votre rythme, quand vous le désirez. 

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L’équipe de Superfail

Guillaume Erner, Sylvia Favre, David Jacubowiez. Aujourd’hui, la prise de son est assurée par Théo Gomar

https://www.franceculture.fr/emissions/superfail/superfail-du-lundi-4-novembre-lepr-le-nucleaire-cest-cher-et-ca-ne-fonctionne-pas

Nov 04

NUCLÉAIRE : L’IRAN AUGMENTE FORTEMENT SA PRODUCTION D’URANIUM ENRICHI

VIDÉO. Deux mois après s’être affranchie des restrictions qui pesaient sur elle, l’Iran a également mis au point deux nouveaux modèles de centrifugeuses avancées.

L’Iran a annoncé ce lundi 4 novembre produire désormais 5 kg d’uranium enrichi par jour, soit plus de dix fois plus qu’il y a deux mois, lorsque le pays s’est affranchi d’un certain nombre de restrictions sur son programme nucléaire, auxquelles il avait consenti en 2015. L’annonce a été faite devant la télévision d’État par le vice-président de la République islamique et chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi. Il a également indiqué que son pays avait mis au point en deux mois deux nouveaux modèles de centrifugeuses avancées, dont l’un commence à être testé.

Par un accord conclu à Vienne en juillet 2015 avec le Groupe 5 + 1 (Chine, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie et Allemagne), Téhéran a accepté de réduire drastiquement ses activités nucléaires – afin de garantir leur caractère exclusivement civil – en échange de la levée d’une partie des sanctions internationales qui asphyxiaient son économie. En riposte au retrait unilatéral des États-Unis de ce pacte en mai 2018 et au rétablissement de lourdes sanctions américaines la privant des bénéfices économiques qu’elle en attendait, la République islamique a commencé en mai à revenir sur certains de ses engagements. Elle produit ainsi de l’uranium enrichi à un taux supérieur à la limite de 3,67 % prévue par l’accord de 2015 et ne respecte plus la limite de 300 kg imposée à ses stocks d’uranium (faiblement) enrichi.

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Une nouvelle cascade de 30 centrifugeuses

Début septembre, Téhéran a annoncé la troisième phase de son plan de réduction de ses engagements, indiquant ne plus se sentir tenu par aucune des limites imposées par l’accord à ses activités de recherche-développement en matière nucléaire. Avant la troisième phase, « notre production […] était de 450 grammes d’uranium enrichi par jour, mais celle-ci s’élève désormais à 5 000 grammes par jour », a déclaré Ali Akbar Salehi lors d’une visite avec des médias iraniens au centre de recherche nucléaire de Natanz, dans le centre de l’Iran.

Selon les images de la télévision d’État, Ali Akbar Salehi a mis en route sur place une nouvelle cascade de 30 centrifugeuses de type IR-6, dont la production d’uranium faiblement enrichi contribue à l’accélération de la hausse des stocks du pays. Les ingénieurs iraniens « sont parvenus à construire un prototype d’IR-9, notre machine la plus récente, ainsi qu’un nouveau prototype de machine appelé IR-s […] tout cela en deux mois », a-t-il dit sans spécifier les caractéristiques techniques des modèles.

Lire aussi : Washington est prêt à tout pour faire plier l’ennemi iranien

Un de ces nouveaux prototypes est désormais testé avec de l’uranium à l’état gazeux, a ajouté Ali Akbar Salehi, précisant que l’Iran ne faisait plus tourner aucune centrifugeuse de 1e génération (IR-1), seul modèle autorisé par l’accord de Vienne. « Tout cela alors que certains disent que l’industrie nucléaire [iranienne] a été détruite », a-t-il renchéri. « Nous devons remercier aussi l’ennemi, qui nous a donné cette occasion de montrer la puissance de la République islamique, en particulier dans le domaine de l’industrie nucléaire », a-t-il ajouté.

Source AFP, publié le 04/11/2019 à 13h29, modifié le 04/11/2019 à 15h23

Le Point.fr

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Nov 03

RENSEIGNEMENTS NORVÉGIENS : EXERCICE INATTENDU DE DIX SOUS-MARINS DE LA MARINE RUSSE DONT HUIT À PROPULSION NUCLÉAIRE DANS L’ATLANTIQUE NORD

L’exercice sous-marin russe, le plus important depuis la fin de la guerre froide, est actuellement mené dans les eaux glaciales de l’Atlantique Nord. Les services de renseignement norvégiens ont indiqué que pas moins de dix sous-marins de la marine russe participaient à l’exercice, dont huit à propulsion nucléaire.

Cet exercice de grande envergure devrait comprendre des essais d’armes de pointe et la vérification des capacités d’un certain nombre de sous-marins individuels impliqués et fonctionnant de manière indépendante dans l’ensemble du réseau, y compris des actions dans le temps à différentes profondeurs.

L’exercice vise également à examiner la capacité des forces américaines et de l’OTAN à suivre les navires les plus sophistiqués de la Russie alors qu’ils opèrent au Groenland, au Royaume-Uni, plus connu sous le nom de GIUK Crescent. Les sous-marins russes testeront leur capacité à attaquer avant d’être détectés par l’ennemi, ou ils auront une meilleure chance de disparaître dans l’Atlantique pour continuer leurs attaques meurtrières sans pouvoir les localiser, de sorte qu’en temps de guerre, ils soient en mission de détruire des navires de guerre hostiles, y compris l’exécution des ordres et la recherche d’une destruction précise des cibles clés.

Le réseau d’information norvégien NRK, qui a révélé la source, a déclaré que les services de renseignement norvégiens pensaient disposer d’informations, presque certainement, là où se trouvent actuellement certains sous-marins, mais cela pourrait changer car l’exercice peut prendre environ deux mois.

Barents Observer affirme pouvoir identifier les zones dans lesquelles se trouvent certains des sous-marins, selon le détail suivant :

* – Deux sous-marins nucléaires sont situés à l’ouest de l’île aux ours, entre Svalbard et Finnmark, la partie la plus au nord de la Norvège.

* – Deux sous-marins sont situés au sud et à l’est de Bear Island, gardant l’entrée de la partie orientale de la mer de Barents.

* – Deux sous-marins dotés d’armes nucléaires sont situés dans la partie nord de la mer de Norvège.

NRK note également les objectifs estimés pour ce grand exercice :

Le but de certains sous-marins est de s’implanter aussi loin que possible dans l’Atlantique sans être découverts. Tout le voyage a été effectué depuis les bases navales du nord de la région de Mormansk. L’objectif de la Russie est de montrer et de démontrer qu’il est capable de menacer la côte est des États-Unis. La Russie veut dire que « c’est notre mer et que nous pouvons le faire. Nous sommes capables d’atteindre les États-Unis. » Ils veulent principalement tester la capacité de l’Occident et savoir s’il peut identifier et comment choisir de se défendre.

On présume qu’un certain nombre des sous-marins russes les plus avancés, se dirigeant soudainement vers le sud pendant l’exercice, pourraient très bien empêcher les États-Unis et leurs alliés de se situer toujours à l’avance.

Cet exercice se déroule à un moment où le pouvoir sous-marin américain est également bien ressenti dans ces régions.

Publié le 3 novembre 2019

https://infos-israel.news/renseignements-norvegiens-exercice-inattendu-de-dix-sous-marins-de-la-marine-russe-dont-huit-a-propulsion-nucleaire-dans-latlantique-nord/

Nov 03

LE GUIDE SUPRÊME IRANIEN S’EN PREND À MACRON SUR LE NUCLÉAIRE

Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a critiqué ce dimanche 3 novembre les offres de médiation d’Emmanuel Macron, qu’il a taxé de naïveté ou de complicité avec les États-Unis dans le dossier nucléaire, à l’origine de tensions croissantes entre Téhéran et Washington.

LIRE AUSSI – Iran : Washington renforce ses sanctions

«Le président français, qui prétend qu’une rencontre pourra résoudre tous les problèmes entre Téhéran et l’Amérique, est soit naïf, soit complice des États-Unis», a déclaré l’ayatollah, selon des propos rapportés par la télévision d’État iranienne. Lors du sommet du G7 de la fin août à Biarritz, Emmanuel Macron a lancé l’idée d’une rencontre entre le président iranien, Hassan Rohani, et son homologue américain, Donald Trump, un vœu qu’il n’a pas réussi à réaliser jusqu’à présent en dépit des efforts déployés par la diplomatie française.

LIRE AUSSI – Attaque iranienne contre l’Arabie saoudite: quelles conséquences stratégiques?

Les tensions n’ont cessé de croître entre les États-Unis et l’Iran depuis la décision de Donald Trump, en août 2018, de retirer la signature de son pays à l’accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015 entre six grandes puissances, dont la France, et la République islamique. Téhéran est revenu depuis sur certains de ses engagements et a prévenu qu’il franchirait une étape supplémentaire mercredi prochain si les autres parties signataires ne l’aident pas à contourner les sanctions américaines.

Par Le Figaro avec Reuters, publié le 3 novembre 2019

https://www.lefigaro.fr/international/nucleaire-le-guide-supreme-iranien-s-en-prend-a-macron-20191103

Nov 02

NUCLÉAIRE : LE RIDICULE NE TUE PLUS

COMMUNIQUÉ du 30 octobre 2019 

Le ridicule ne tue pas, surtout les nucléocrates. Dans la dépêche AFP* du 28 octobre 2019, une énième bouffonnerie nous est servie avec l’annonce de la sortie du rapport d’audit Folz sur le bilan de l’EPR de Flamanville. Ce rapport est muet sur l’autocontrôle des fournisseurs du nucléaire  et les falsifications des documents de fabrication mais il reconnaît l’échec sous toutes ses coutures pour EDF et la filière nucléaire, de l’EPR de Flamanville. C’est un fiasco qui a déjà atomisé 12,4 milliards d’euros mais la facture astronomique dépassera les 15 milliards d’euros d’après le Canard Enchaîné du 25 septembre soit plus de 5 fois le devis initial pour peut-être (nous l’espérons) ne jamais être mis en service

Tout lecteur pourvu de bon sens s’attend après une telle énumération des tares du chantier EPR, à lire une conclusion qui recommande d’arrêter enfin les frais. Pas du tout, c’est le contraire qui est prescrit : redoubler d’efforts pour en construire beaucoup plus à l’image des Chinois. Pour compléter cette conclusion absurde, on donne un mois à EDF pour présenter ce nouveau plan, encore un pétard mouillé.

Trois jours plus tôt, dans la dépêche AFP du 25 octobre, la cerise sur le gâteau de la banqueroute nous était servie par Bruno le Maire, ministre de l’économie : il fait le forcing auprès de l’Europe pour inclure le nucléaire dans le « label écologique » des produits financiers !

Doit-on en rire ou en pleurer, sachant que ces irresponsables n’hésiteront pas à nous obliger à vivre sur les terres contaminées quand la catastrophe sera arrivée ? Il nous faut reprendre le contrôle sur nos vies avant qu’il ne soit trop tard. Pour y réfléchir et agir, rejoignez le Collectif anti-nucléaire Ouest.

Ce 30 octobre à Metz, se tient en appel le procès des 9 militants anti-nucléaires de Greenpeace qui pacifiquement ont démontré à Cattenom la vulnérabilité des centrales nucléaires. Le Collectif anti-nucléaire Ouest les soutient dans leur action légitime.

Contact presse :

Didier Anger 06 80 23 39 45 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Martial Château 06 45 30 74 66 /

Sylvie Sauvage 06 08 71 79 61

*https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nouveau-rapport-accablant-pour-lepr-de-flamanville-letat-attend-un-plan-daction-dedf-191028

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/produits-financiers-le-maire-veut-inclure-le-nucleaire-dans-un-label-ecologique-europeen-191025-0

Collectif Anti-Nucléaire Ouest

10 Route d’Étang-Val, 50340 LES PIEUX

Tél: 07 68 35 03 38

Par Chantal CUISNIER, publié le 30 octobre 2019

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Retrouvez cet article sur : http://www.can-ouest.org/nucleaire-le-ridicule-ne-tue-plus/

Nov 02

LA LOIRE NUCLÉAIRE, ÉTAT DES LIEUX

À l’occasion du « Parlement de Loire » organisé par le POLAU [1], le Collectif Sortir Du Nucléaire Loire et Vienne a dressé un état des lieux des installations nucléaires présentes le long de la Loire et de son bassin versant, et documenté les conséquences environnementales de cette implantation.

La Loire et son bassin versant sont, depuis plus de 40 ans, fortement « nucléarisés », c’est-à-dire qu’ils hébergent, sur leur rives, nombre d’installations nucléaires qui rejettent régulièrement dans les eaux des radionucléides, des métaux lourds, des substances chimiques… que ces rejets soient « autorisés » (sous prétexte de respect de normes dont on ne sait si elles ont relevé d’études à long terme sur l’impact régulier de ces substances sur le vivant), ou accidentels.

Quatorze réacteurs nucléaires sont en activité sur cinq sites nucléaires : Belleville, Dampierre, Saint-Laurent, Chinon et Civaux. Cinq réacteurs sont à l’arrêt mais émettent encore des rejets, sans parler des anciens sites miniers qui, comme à Bessines, sur la Gartempe, affluent de la Vienne, voient stockés des déchets qui contaminent les eaux alentour.

Carte des installations nucléaires le long de la Loire

LES REJETS DE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE

Les rejets radiologiques accidentels :

La Loire a dû absorber des rejets de plutonium suite à deux accidents nucléaires (fusion partielle des cœurs de réacteurs) sur le site de Saint-Laurent-des-Eaux en 1969 et en 1980. Le plutonium n’existe pas à l’état naturel (il est issu des activités nucléaires humaines), et il est extrêmement toxique s’il est inhalé, avalé ou s’il traverse la peau en cas de blessure.

En 1969, il n’y avait pas de réglementation sur les rejets. En 1980, l’accident a été classé de niveau 4 sur l’échelle de l’INES. Ce classement est actuellement contesté puisqu’il y a eu impact dissimulé sur l’environnement : on sait maintenant que du plutonium a été relâché dans la Loire suite à ces accidents [2]. Rien n’a été fait pour préserver les riverains, habitants humains et non-humains à l’époque, ni ensuite pour en évaluer les effets.

À noter aussi, qu’il arrive, notamment pour le tritium, massivement produit dans les centrales nucléaires, qu’il y ait des « fuites ».

Les rejets radiologiques « autorisés » :

Les installations nucléaires rejettent des substances radioactives, de manière continuelle [3]. Ces rejets se font directement dans l’atmosphère (tritium, carbone 14, iodes…) ou bien dans la Loire. Le tritium est le plus massivement rejeté. Il s’agit d’un isotope radioactif de l’hydrogène, qui passe facilement de l’état gazeux à l’état liquide, et qui ne peut être piégé car trop petit. Il peut s’intégrer à la chaîne du vivant : on dit qu’il est organiquement lié car il se substitue à l’hydrogène dans n’importe quelle molécule ou cellule, et ce jusqu’à l’ADN.

Rejets totaux en Loire d’après les rapports 2018 des CNPE

Sur le site de l’ASN, on peut lire le Livre blanc du tritium dont voici quelques extraits :

« Même si les études réalisées avec des faibles doses sont insuffisantes, les résultats disponibles vont dans le sens d’une toxicité du tritium plus importante que la toxicité retenue par les instances de radioprotection. » (p 255)

« Pour ce qui concerne le risque lié plus particulièrement à la forme organique du tritium (OBT), certaines données scientifiques font défaut sur le métabolisme et les effets biologiques associés au tritium organique en situation d’expositions environnementales (chroniques et à faibles débits de dose) (p 264)

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) et la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) ont lancé toutes deux l’été dernier des alertes sur la présence de tritium dans l’eau de Loire pour l’une et dans l’eau potable (pour les deux !) [4]

Les rejets chimiques

Chacune des centrales rejette aussi dans la Loire, tout au long de l’année, des tonnes de nitrates, des phosphates, métaux, détergents & produits biocides pour lutter contre amibes et légionelles… La liste est trop longue à détailler ici mais peut être consultée sur les rapports environnementaux des centres de productions sur le web.

Les rejets thermiques

Les centrales provoquent également toutes un réchauffement de l’eau du fleuve, dû à leur activité, en aval de leur site. Ce réchauffement est légalement fixé à 1°C (1,5°C en période de fort réchauffement) : quel impact (cumulé ?) au fil du fleuve, notamment quand la température de celui-ci est haute comme lors de la période de sécheresse et de canicule que nous venons de vivre ?

La consommation d’eau pour le refroidissement des réacteurs

Les centrales doivent être refroidies. Pour cela, elles pompent de l’eau en amont des sites et en rejettent une partie (réchauffée) en aval de ceux-ci.

Entre temps, une bonne partie a été évaporée : sur la Loire, les 14 réacteurs du bassin de Loire évaporent l’équivalent de plus de 500 piscines olympiques par jour puisqu’un réacteur nucléaire évapore 1m3/s soit 86 400 m3/jour.

En période de bas étiage (environ 50 m3/s), les 14 réacteurs évaporent plus de 25% de la ressource en eau.

La pollution par infiltrations des résidus des anciennes mines d’uranium

On peut prendre l’exemple de quatre anciens sites miniers du nord du département des Deux-Sèvres, qui sont traversés par des petits cours d’eau. Ceux-ci se déversent dans la Sèvre nantaise, qui elle-même se jette dans la Loire. Or, les nappes et les cours d’eau sont, pour beaucoup, contaminés par les résidus miniers toujours radioactifs.

En conclusion

La filière de l’industrie nucléaire minimise, voire occulte, tous ces impacts qui, depuis 40 ans sur certains sites (Dampierre, Saint-Laurent, Chinon), 30 ans ou un peu moins sur d’autres, se cumulent.

Aucune enquête épidémiologique sur les conséquences de cette industrie sur les populations riveraines, humains et non-humains, n’existe.

De plus, ces sites vieillissent… Tandis que, pour un certain nombre, de graves défauts de maintenance sont patents, comme à Civaux ou à Belleville, qui a été placé en surveillance renforcée par l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

La Loire a ainsi été transformée en grand collecteur de déchets nucléaires, il faut que cela cesse. Quelles en sont et seront les conséquences sur les humains, la faune et la flore de la Loire et de son bassin versant ?

Notes

[1] Voir la présentation du projet en cliquant ici.

[2] Carottage réalisé par l’Université de Tours en lien avec l’IRSN.

[3] Les rejets mensuels apparaissent désormais sur le site des centres de production.

[4] Lire Contamination anormalement élevée à Saumur en janvier 2019 : du tritium à 310 Bq/L dans la Loire ; Du tritium dans l’eau potable ! Plus de 6 millions de français sont concernés et Contamination de l’eau par le tritium.

Publié le 01.11.2019

https://larotative.info/la-loire-nucleaire-etat-des-lieux-3478.html

Nov 02

NUCLÉAIRE : UNE FAILLITE FRAUDULEUSE

Le nucléaire coûte cher, ce n’est pas une surprise. Mais bientôt, les prix vont encore augmenter d’un cran, alors pourquoi le gouvernement continue de s’entêter ? Sûrement à cause de son Premier ministre.

Réfléchir reste une activité passionnante. Je découvre sur le site Actu Environnement un bon article sur le nucléaire. ­Sophie Fabrégat y décortique une étude menée par un think tank allemand, Agora Energiewende. Vous y verrez, si le cœur vous en dit, comment la poursuite de l’aventure nucléaire menace directement le développement des énergies solaire et éolienne. Le coût de ces dernières en sera bien plus élevé, tandis que les aides publiques, pourtant vitales, ne pourront qu’être plus faibles.

Ceux-là mêmes – ou leurs fistons – qui nous avaient promis l’indépendance énergétique par le nucléaire sabotent ainsi l’avenir. Il n’est pas inutile ici de revenir sur l’état réel de l’industrie nucléaire en France. Les seuls mots utilisables sont ceux de faillite frauduleuse. Faillite, c’est évident, puisque les dettes de la filière, présentes ou fatalement à venir, se chiffrent en dizaines et peut-être en centaines de milliards d’euros. Je dis bien centaines. Areva, longtemps joujou d’Anne Lauvergeon, a abandonné son nom en plein naufrage, et s’appelle Orano.

Combien doit-elle aux finances publiques ? Nul ne peut savoir, entre la dette qui subsiste, la reprise par l’État de 3 milliards d’euros, l’immense scandale UraMin et la menace d’un procès aux États-Unis, qui pourrait nous coûter jusqu’à plus de 20 milliards d’euros. Il y a trois ans, Areva était « notre » champion.

À LIRE AUSSI : Astrid le réacteur qui vitrifie le nucléaire

EDF ? Quantité de savants calculs tentent de masquer – et y parviennent parfois – l’ampleur de la folie. Disons que la dette se promène entre 37 et 75 milliards d’euros, auxquels il faut ajouter 100 milliards pour permettre aux réacteurs en fin de vie – ils approchent de 40 ans – de continuer à fonctionner. Et les inconnues sont multiples. Combien pour la gestion des déchets ? Combien pour le démantèlement des vieilles choses ? Combien pour les EPR ?

Bien sûr, un gouvernement non inféodé arrêterait les frais et détournerait le pays du pétrole, du gaz et du nucléaire. Mais celui-ci est dirigé par un Édouard Philippe, ancien lobbyiste en chef d’Areva. Alors, non.

À LIRE AUSSI : Édouard Philippe, l’atome, la loi, l’Afrique

Par Fabrice Nicolino, publié le 30 octobre 2019

https://charliehebdo.fr/2019/10/ecologie/nucleaire-faillite-frauduleuse/

Nov 02

LE CHOIX DU NUCLÉAIRE MÉRITE UN DÉBAT PUBLIC

Éditorial du Monde. La volonté du gouvernement de lancer la construction de nouveaux réacteurs de type EPR interroge au regard des sévères difficultés dans lesquelles la filière se débat. Une consultation de la société et de ses élus s’impose.

La France est un cas unique dans le monde : plus de 70 % de l’électricité provient des 58 réacteurs nucléaires dont dispose le pays. Les centrales françaises ont été construites dans les années 1980 et 1990, et beaucoup d’entre elles vont bientôt atteindre quarante ans d’exploitation. Un âge crucial, puisque c’est celui qui était envisagé comme date limite au moment de leur mise en service.

La loi énergie-climat, votée en septembre, fixe un objectif clair : atteindre en 2035 un mix électrique à 50 % d’origine nucléaire et 50 % issu d’énergies renouvelables. Cet horizon va nécessiter la fermeture de 14 réacteurs et un fort développement de l’éolien et du solaire. Mais il rend aussi obligatoire la prolongation de la durée de vie de certains réacteurs pour dix ou vingt ans, si l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) l’accepte. C’est la feuille de route que souhaite suivre le gouvernement, gravée dans la loi et dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). (NDLR : ce que fait une loi, une autre loi peut le défaire. Exemple la loi précédente disait 2025 et celle-ci reporte à 2035 et une suivante pourra encore reporter etc…)

Mais, comme vient de le révéler Le Monde, le gouvernement étudie par ailleurs la possibilité de lancer un nouveau programme de six réacteurs nucléaires, qui seraient construits dans les quinze prochaines années. C’est le sens de la lettre de mission envoyée au PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, début septembre, par le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, et par la ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne.

Lire aussi Nucléaire : comment le gouvernement travaille en catimini à la construction de six nouveaux EPR (Article réservé à nos abonnés)

Cette démarche suscite des interrogations : la France doit-elle se lancer dans la construction de nouveaux réacteurs de type EPR, alors que le seul modèle en chantier en France accuse plus de dix ans de retard et coûte déjà quatre fois plus cher que prévu ? La filière nucléaire française est-elle encore capable de réaliser ce type de programme ?

Le rapport commandé par EDF, à la demande de Bruno Le Maire, à l’ancien président de PSA, Jean-Martin Folz, est assassin sur les errements traversés par les grands acteurs du nucléaire ces vingt dernières années.

Une plus grande transparence

Dans ce contexte, un débat public sur la viabilité de la poursuite du choix du nucléaire s’impose. Le lancement du programme nucléaire, dans les années 1970, s’était fait sans véritable consultation publique. Jouissant d’un apparent consensus, il a ensuite été poursuivi sans remise en question, jusqu’à ce que la filière nucléaire elle-même se retrouve embourbée dans ses difficultés.

Les positions des partisans de l’atome sont connues : une énergie qui émet peu de CO2, un prix de l’électricité relativement bas, une filière qui emploie des dizaines de milliers de personnes. Les opposants au nucléaire ont eux aussi des arguments : des interrogations sur la sûreté et sur la sécurité des sites nucléaires, une gestion des déchets toujours pas résolue – alors que certains resteront radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années – et une filière qui reste peu transparente. Sans compter que le coût important de ces nouveaux réacteurs pourrait peser fortement sur les factures d’électricité des Français.

Emmanuel Macron avait promis, dans un premier temps, de prendre une décision sur le sujet à la mi-2021. Puis il faudrait attendre le démarrage de l’EPR de Flamanville – au mieux en 2023. Dans tous les cas, le choix de poursuivre l’option nucléaire mérite mieux qu’une décision prise en coulisses, après des négociations entre EDF et le gouvernement. La société et ses élus ont droit à une plus grande transparence, afin d’être assurés que ce choix sera fait de la manière la plus éclairée possible.

Par Le Monde, publié le 2 novembre 2019 à 11h31

Retrouvez cet article sur le site : https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/11/02/le-choix-du-nucleaire-merite-un-debat-public_6017802_3232.html que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Nov 02

NUCLÉAIRE : AVEC LES PASTILLES D’IODE, « LES INQUIÉTUDES SONT REMONTÉES À LA SURFACE »

Des années 1980, Monique garde « un souvenir très net ». Celui des « grandes cheminées » de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche), qu’elle a vu « pousser ». « A l’époque, on était un peu inquiets », se souvient la sexagénaire, rappelant la catastrophe de Tchernobyl survenue en Ukraine soviétique en 1986, deux ans après l’inauguration du site nucléaire ardéchois.

Puis, elle s’est « habituée », allant jusqu’à « oublier » la présence de ces quatre tours aéroréfrigérantes, plantées au bord du Rhône, le long de l’autoroute du soleil.

Mais quand elle a reçu un courrier l’invitant à retirer en pharmacie son lot de pastilles d’iode en cas d’incident nucléaire, la réalité s’est brusquement rappelée à elle. « Les inquiétudes sont remontées à la surface », confie Monique, qui vit depuis soixante ans au Pouzin, à moins de 20 km de la centrale nucléaire. Comme la plupart des personnes interrogées, elle a souhaité garder l’anonymat.

Le 17 septembre, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a lancé une campagne d’information sans précédent pour avertir la population de l’extension du périmètre de protection autour des sites nucléaires. Passés de 10 km à 20 km, ces plans particuliers d’intervention (PPI) concernent aujourd’hui plus de 2 millions de personnes, contre 600 000 auparavant, répartis autour des dix-neuf centrales françaises exploitées par EDF.

Quelque 200 000 établissements recevant du public sont également touchés par cette campagne. Autour de la centrale de Cruas, le nombre de communes concernées est passé de 26 à 91, soit près de 140 000 habitants, contre 50 000 auparavant.

La dernière campagne d’information relative à ce dispositif, instauré en 1997, a eu lieu en 2016. Elle concernait les communes situées entre 0 km et 10 km d’une centrale nucléaire –à l’époque, 49 % des habitants avaient retiré leurs pastilles d’iode.

« Est-ce qu’il y a de nouveaux risques ? 

« Pourquoi maintenant ? », s’est demandé Monique lorsqu’elle a reçu le courrier d’information, elle qui « vit près de la centrale depuis toujours », sans avoir jamais été concernée par les précédentes campagnes. « Est-ce qu’il y a de nouveaux risques ? », questionnait-elle lors d’une réunion d’information organisée, courant octobre, au Pouzin, en présence d’élus de la commune et de représentants de la préfecture de l’Ardèche, d’EDF et de la Commission locale d’information, réunissant industriels, représentants de l’ASN, élus locaux, syndicats et associations.

« Le risque est le même, il n’a pas augmenté, nous le réduisons en protégeant davantage de personnes », rassure Didier Roche, le chef du bureau interministériel de protection civile au sein de la préfecture, chargée de diriger les opérations en cas d’accident nucléaire à Cruas. Et d’évoquer « le retour d’expérience » lié à l’accident nucléaire de Fukushima au Japon, en mars 2011, (NDLR : 8 années, n’est-ce pas un peu lent pour un retour d’expérience ? Mais sans les actions des associations, cela aurait été bien pire !) où les autorités ont reconnu un mort dû aux radiations et des centaines liées au chaos des évacuations. « Nous avons constaté que c’est dans les vingt premiers kilomètres qu’il faut gérer les situations les plus complexes comme l’évacuation rapide des populations », abonde Emmanuel Bouchot, chargé de la communication de l’ASN.

Mais paradoxalement, ces nouvelles mesures de précaution provoquent davantage de défiance et d’incrédulité. « Si ça pète, on est trop près, on sera tous morts », commente avec fatalisme Jean-Marie, retraité mécanicien, qui vit à Marsanne, à la lisière entre l’ancien et le nouveau périmètre.

Pour souligner « l’absurdité » d’un tel périmètre, chacun y va de son anecdote, à l’instar de Pierre, dont l’association se trouve à Privas, alors que lui vit à quelques kilomètres de là, en dehors du nouveau PPI. « J’ai reçu un coupon pour protéger les membres de mon association, mais rien pour ma famille », raconte-t-il aux commerçants de sa rue.

« C’est de la communication pour se donner bonne conscience », renchérit Eric lors de la discussion. Il dit qu’il n’ira « probablement pas chercher les pastilles d’iode ».

Résignation

À quelques centaines de mètres, l’un des pharmaciens de Cruas assure que depuis une semaine, une quinzaine de clients défilent pourtant chaque jour pour retirer leurs comprimés.

« Est-ce que les pastilles se périment ? », « Dois-je en donner aussi à mes animaux ? », « Comment savoir quand les prendre ? », « Comment cela fonctionne sur l’organisme ? », constituent autant de questions posées aux pharmaciens – près de 650 officines sont mobilisées dans toute la France pour distribuer les comprimés.

Les spécialistes de santé font de la pédagogie. « L’ingestion de comprimés d’iode stable permet de saturer la thyroïde sur laquelle l’iode radioactif ne pourra plus se fixer », détaille le pharmacien Jean Carchereux, précisant qu’en cas de contamination radioactive importante, « la population développera d’autres symptômes tout aussi fatals qu’un cancer de cet organe ».

La brochure explicative envoyée par courrier en même temps que les bons de retrait des comprimés d’iode précise que les habitants devront les ingérer quand les sirènes installées dans les villes concernées retentiront. « Quand on nous préviendra, ce sera trop tard », estime cependant Véronique, rappelant le ton rassurant du préfet de Seine-Maritime après l’incendie de l’usine Lubrizol à Rouen.

Croisée alors qu’elle retirait ses pastilles d’iode en pharmacie, cette aide à domicile de 49 ans résume la résignation exprimée par de nombreuses personnes vivant dans le voisinage. « Je ne suis pas rassurée de vivre près d’une centrale, mais ma vie est ici », confie Véronique, installée dans la région depuis 1991.

Peu d’opposants au nucléaire

« Ici, beaucoup de personnes ont des proches qui travaillent à la centrale, donc ils ne sont pas spécialement antinucléaires », confirme Jean Carchereux, dont la pharmacie est située à Viviers, une commune qui se trouve désormais dans deux périmètres de protection, celui de Cruas et celui du Tricastin (Drôme).

Quand ils ne travaillent pas sur un site nucléaire, les habitants sont nombreux à en avoir visité. « On se sent en sécurité dans un lieu comme ça », estime Kevin, électricien de 24 ans, à la fois très confiant dans l’industrie nucléaire et très mal informé à son sujet. Quels seraient, selon lui, les réflexes à adopter en cas d’incident ? « Je prendrais ma voiture et je partirais le plus loin possible. » Pourtant, parmi les six gestes de protection figurant sur le courrier envoyé aux habitants du nouveau périmètre, il est conseillé, à l’inverse, de « se mettre à l’abri dans un bâtiment ».

Autre dispositif qui ne fait pas l’unanimité : ne pas aller chercher ses enfants à l’école. « Quand on est parent, on ne peut pas entendre ça », estime une mère de famille de cinq enfants à la sortie de l’école primaire du Pouzin. Les établissements scolaires des communes concernées assurent qu’ils vont adapter leur plan particulier de mise en sûreté. Le maire (divers droite) de Privas, Michel Vala, estime pour sa part qu’il faut « améliorer de façon générale la culture du risque lié à l’industrie nucléaire », considérant que ce PPI constitue « le minimum ».

« En France, on a l’impression d’un secret autour de l’activité nucléaire », constate Jean-Claude Delalonde, président de l’Association nationale des comités et commissions locales d’information, appelant à « une campagne nationale sans tabou ». Sur cette même ligne, Greenpeace appelle à étendre le plan de protection à 100 km. Les campagnes d’information toucheraient alors la quasi-totalité de la population française.

Par Cécile Bouanchaud, publié le 2 novembre 2019 (source Le Monde)

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/11/02/nucleaire-avec-les-pastilles-d-iode-les-inquietudes-sont-remontees-a-la-surface_6017767_3244.html

Nov 01

PYONGYANG RÉALISE UN NOUVEAU TEST DE MISSILES

La Corée du Nord continue de défier Washington et Séoul, alors que les discussions sur le nucléaire bloquent toujours.

La Corée du Nord a procédé jeudi à un nouveau test réussi d’un important système de lancement de «missiles multiples», a annoncé vendredi l’agence officielle nord-coréenne KCNA. (Vendredi 1er novembre 2019)

La Corée du Nord a procédé jeudi à un nouveau test réussi d’un important système de lancement de «missiles multiples», a annoncé vendredi l’agence officielle nord-coréenne KCNA, dernier geste en date de Pyongyang dans le bras de fer sur le nucléaire qui l’oppose aux États-Unis et à Séoul notamment.

Les militaires sud-coréens avaient annoncé jeudi que la Corée du Nord avait lancé deux missiles à courte portée de la province de Pyongyang sud. Leur trajectoire a été approximativement de 370 kilomètres. Il s’agissait du premier tir depuis le 2 octobre, date à laquelle la Corée du Nord avait annoncé avoir procédé au tir d’un missile depuis la mer.

Si confirmé, des capacités de la part de la Corée du Nord de pouvoir tirer des missiles depuis des sous-marins pourraient remettre en cause l’équilibre militaire sur la péninsule coréenne. Le test de jeudi avait pour objectif de «vérifier la sécurité des mises à feu des lanceurs», selon KCNA. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a exprimé sa «satisfaction (…) et adressé ses félicitations» à l’équipe concernée, a poursuivi KCNA.

Discussions dans l’impasse

Les discussions sur la question nucléaire entre Washington et Pyongyang sont actuellement dans l’impasse. Pyongyang est sous l’effet de nombreuses sanctions internationales sur le nucléaire et son programme de missiles balistiques, nécessaires, selon la Corée du Nord, pour se protéger d’une éventuelle attaque américaine.

Les Nord-Coréens ont réclamé l’assouplissement de ces sanctions, pressant à plusieurs reprises Washington de soumettre une nouvelle proposition d’ici la fin de l’année.

Américains et Nord-Coréens se sont rencontrés début octobre en Suède. Pyongyang a accusé Washington d’avoir fait échouer les consultations tandis que les États-Unis affirmaient au contraire qu’elles avaient été «bonnes». (afp/nxp)

Par Tribune de Genève, publié le 01.11.2019 à 00h05, mis à jour à 00h59

Photo en titre : photo d’illustration, image: AFP (150 Images)

https://www.tdg.ch/monde/pyongyang-realise-nouveau-test-missiles/story/15654161

Nov 01

WASHINGTON RENFORCE SES SANCTIONS CONTRE L’IRAN

Les États-Unis annoncent de nouvelles mesures qui visent le secteur du bâtiment, lié, selon Washington, aux gardiens de la révolution.

Les États-Unis ont annoncé jeudi 31 octobre un renforcement ciblé de leurs sanctions contre l’Iran, en visant le secteur du bâtiment, que Washington a déclaré lié aux gardiens de la révolution, la principale force armée de la République islamique d’Iran.

Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, « poursuit les restrictions à l’encontre du programme nucléaire du régime iranien », a déclaré dans un communiqué la porte-parole du département d’État américain, Morgan Ortagus.

Lire aussi Téhéran teste les limites de Washington (Article réservé à nos abonnés)

Deux séries de décisions entraînant des sanctions ont été annoncées : « l’une identifiant le secteur du bâtiment iranien comme étant contrôlé directement et indirectement par les gardiens de la révolution islamique », et l’autre liant des matériaux jugés stratégiques aux « programmes nucléaire, balistique ou militaire » de Téhéran.

Pression économique maximale

Avec ces décisions, les États-Unis auront la possibilité d’« empêcher l’Iran d’acquérir des matériaux stratégiques pour les gardiens de la révolution, son secteur du bâtiment et ses programmes de prolifération », poursuit le communiqué.

L’objectif affiché est de retarder ou de compliquer la volonté supposée de l’Iran de se réarmer ou de reconsolider son secteur nucléaire. Washington s’est unilatéralement retiré en 2018 de l’accord international encadrant le programme nucléaire iranien et a rétabli de lourdes mesures coercitives contre l’économie iranienne.

L’administration Trump, qui entend ainsi poursuivre sa politique de pression économique maximale sur Téhéran, a tout de même décidé de renouveler les exemptions de certains projets de non-prolifération liés à l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien qui autorisent la Russie, la Chine et les pays de l’Union européenne à poursuivre la coopération avec l’Iran, a appris Reuters de deux sources informées.

Lire aussi « Donald Trump se retrouve dans la position où il ne voulait pas être : humilié par l’Iran » (Article réservé à nos abonnés)

Par Le Monde avec AFP, publié le 1er novembre 2019 à 03h12, mis à jour à 08h27

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/11/01/washington-renforce-ses-sanctions-contre-l-iran_6017656_3210.html

Nov 01

L’AVOCATE CORINNE LEPAGE S’ATTAQUE AU DOSSIER DES DÉCHETS NUCLÉAIRES DE PONTFAVERGER PRES DE REIMS

Les 2,7 tonnes d’uranium et de déchets laissées dans le sous-sol de l’ancien Polygone d’expérimentation de Moronvilliers (PEM) sur la commune de Pontfaverger (Marne), à une vingtaine de kilomètres de Reims, vont-elles bénéficier d’une dépollution de la part de l’État ?

Damien Girard, le maire de Pontfaverger, qui s’y emploie depuis des années, a décidé de passer la vitesse supérieure « devant l’absence de réponses des pouvoirs publics qui nous balladent depuis des années ». L’élu a décidé de faire appel à l’avocate Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement sous Jacques Chirac, pour mener ce combat. « Nous allons demander des réponses aux 16 questions (réalisées avec la collaboration de la commission indépendante sur la radioactivité, CRIIRAD) que nous posons en vain à l’État depuis le 1er avril 2016 lors des commissions d’information du site », martèle l’élu. « En l’absence de réponse, nous attaquerons alors l’État devant la justice ! »

Depuis plus de trois ans, le CEA (commissariat à l’énergie atomique) qui a récupéré la gestion du PEM, « indique que l’air, comme l’eau, ne dépassent pas les normes de radioactivité. D’accord, mais qu’en sera-t-il à l’avenir si rien n’est fait » s’interroge Damien Girard. Pendant 50 ans, des essais de détonateur de la bombe nucléaire ont laissé notamment 2,7 tonnes d’uranium, de plutonium et d’autres déchets sur le site militaire de 500 hectares, fermé depuis 2013. « Pour assainir les lieux, il faudrait des millions d’euros et l’État n’a pas les moyens ! », indiquait un élu du canton en 2016.

Par Frédéric Gouis, publié le 31/10/2019 à 18h49

https://abonne.lunion.fr/id105401/article/2019-10-31/lavocate-corinne-lepage-sattaque-au-dossier-des-dechets-nucleaires-de

Nov 01

DES MALWARES NORD-CORÉENS SUR LE RÉSEAU D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE INDIENNE

Technologie : Deux jours après l’apparition sur Twitter de rumeurs d’infection par un logiciel malveillant de la centrale nucléaire de Kudankulam, la société confirme l’attaque.

Le réseau de l’une des centrales nucléaires indienne a été infecté par des logiciels malveillants créés par des pirates informatiques parrainés par l’État nord-coréen, a confirmé Nuclear Power Corporation of India Ltd (NPCIL).

La nouvelle selon laquelle la centrale nucléaire de Kudankulam (KNPP) aurait pu être infectée par une souche dangereuse de logiciels malveillants avait fait son apparition sur Twitter lundi dernier.

Les logiciels malveillants retrouvés dans le réseau informatique de la centrale comprennent des informations d’identification du réseau interne de la centrale, ce qui suggère que le malware a été spécifiquement compilé pour se propager et fonctionner dans le réseau informatique de la centrale.

Des logiciels malveillants liés au groupe nord-coréen Lazarus

Plusieurs chercheurs en sécurité ont identifié le malware comme une version de Dtrack, un cheval de Troie développé par le groupe Lazarus. Le tweet est devenu viral parce que quelques jours auparavant, la même centrale avait subi un arrêt inattendu de l’un de ses réacteurs.

Au départ, les responsables de la centrale ont nié avoir été infectés par des logiciels malveillants, en publiant une déclaration décrivant les tweets comme de « fausses informations » et qu’une cyberattaque contre la centrale n’était « pas possible« .

Mais depuis la société qui opère la centrale a admis l’attaque. « L’identification des logiciels malveillants dans le système NPCIL est correcte » a dit un porte-parole.

Le réseau administratif touché

La société a déclaré que le malware n’a infecté que son réseau administratif, et n’a pas atteint son réseau interne critique, celui utilisé pour contrôler les réacteurs nucléaires de la centrale. Les deux réseaux sont séparés indique la société. De plus, la société a confirmé avoir reçu une notification du CERT indien le 4 septembre, lorsque le malware a été repéré pour la première fois.

Selon une analyse du logiciel malveillant Dtrack par Kaspersky, ce cheval de Troie inclut des fonctionnalités pour faire du keylogging, récupérer l’historique de navigateur Internet, collecter des adresses IP et des informations sur les réseaux disponibles et les connexions actives, lister tous les processus en cours d’exécution et lister tous les fichiers sur tous les volumes de disque disponibles.

Comme le montrent ses caractéristiques, Dtrack est généralement utilisé à des fins de reconnaissance sur les réseaux. Les précédents échantillons de Dtrack ont été repérés lors d’opérations de cyber espionnage motivées par des considérations politiques et lors d’attaques contre des banques. Une version personnalisée de Dtrack, appelée AMTDtrack, a également été découverte le mois dernier.

Une première dans le domaine de l’énergie

Historiquement, le groupe Lazarus s’est rarement attaqué à des cibles dans le secteur énergétique et industriel. Les attaques portaient jusqu’alors sur de la propriété intellectuelle.

La plupart des actes de piratage informatique en provenance de Corée du Nord se sont jusqu’alors concentrés sur les relations diplomatiques, la traque de transfuges nord-coréens, ou le piratage de banques et d’échanges de devises cryptographiques pour collecter des fonds pour le régime de Pyongyang.

L’incident sur cette centrale indienne ressemble davantage à une infection accidentelle qu’à une opération bien planifiée. Kaspersky a rapporté que le mois dernier le groupe Lazarus avait été repéré lors d’une campagne de diffusion de versions Dtrack et AMDtrack en Inde, ciblant son secteur financier.

Article « Confirmed: North Korean malware found on Indian nuclear plant’s network » traduit et adapté par ZDNet.fr

Par Catalin Cimpanu, publié le vendredi 01 nov. 2019 à 11h00

https://www.zdnet.fr/actualites/des-malwares-nord-coreens-sur-le-reseau-d-une-centrale-nucleaire-indienne-39893163.htm

Nov 01

CETTE TECHNIQUE FIABLE PERMETTRAIT DE VÉRIFIER L’ENGAGEMENT DES PAYS SUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

La dénucléarisation est une priorité, tandis que la Russie et les États-Unis se partagent encore 13 000 têtes nucléaires

Les enjeux autour des armes nucléaires ont toujours été majeurs. Au-delà des traités nécessaires à une pacification globale et une disparition des menaces par l’arme nucléaire, les tests doivent aussi prouver avec fiabilité que les accords sont respectés. Le MIT propose aujourd’hui un procédé pouvant évaluer avec précision les stocks d’armes possédés par les forces nucléaires mondiales.

Comment, aujourd’hui, vérifie-t-on que les traités de démilitarisation sont respectés ? 

Les traités de démilitarisation et de dénucléarisation sont une bonne chose. Mais comment vérifier que ceux-ci, si jamais ils sont signés, sont respectés par les signataires ? 

La plupart du temps, pour attester de leur bonne foi, les pays ne montrent pas directement les têtes nucléaires qui sont directement présentées aux comités « évaluant » la dénucléarisation, car ils refusent en général de dévoiler des secrets nucléaires en montrant patte blanche. Les processus de vérification du bon respect de ces accords passe donc par des moyens détournés. Comme l’indique Science Daily, « dans le passé, des traités de réduction des armes entre les États-Unis et la Russie ont appelé à la destruction des systèmes de livraison des têtes nucléaires, comme des missiles et des avions, mais pas des têtes elles-mêmes. Pour respecter le traité START, par exemple, les USA ont coupé les ailes de bombardiers B-52 et les ont laissées dans le désert d’Arizona, où la Russie pouvait ainsi confirmer visuellement le démembrement des avions. »

Cependant, cette méthode implique des risques, comme le vol des équipements nucléaires ou leur usage accidentel, ou encore un transfert à un pays étranger en demande. Il était donc nécessaire — quand en 2019, il est estimé que 13 000 armes nucléaires existeraient encore rien qu’en Russie et aux États-Unis — de trouver un moyen de vérifier à la source l’absence de dangers dus à ces arsenaux. 

Une méthode plus sûre présentée par le MIT

Une publication d’une équipe du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) présentée le 30 septembre dernier sur la revue Nature dévoile un procédé de vérification qui serait plus sûr mais aussi plus efficace. Il pourrait en effet protéger les secrets de fabrication des pays évalués, ce qui constitue un argument de poids dans l’approbation à ces tests. En projetant à l’aide d’un faisceau des neutrons sur la tête nucléaire, les informations recueillies pourraient attester de la teneur en matériaux nucléaires suspects. En effet, les têtes nucléaires ont des caractéristiques, qui sont au centre des tests : les armes sont composées d’isotopes de plutonium distinctifs, et possèdent un agencement des matériaux bien particulier. 

Le dispositif, d’une longueur de 15 mètres, s’organise ainsi : le rayon de neutrons est projeté à l’horizontale vers l’objet à étudier, puis passe à travers un filtre (fourni par l’instance évaluée) afin de crypter les informations et ne laisser passer que les neutrons. « Le filtre cryptant l’information cache toutes les propriétés intrinsèques de l’objet classé secret défense », explique Areg Danagoulian, le scientifique en physique nucléaire du MIT à la tête de l’étude. Ce qui constitue une « preuve à divulgation nulle de connaissance », ou « zero-knowledge proof » en anglais, c’est-à-dire une information qui ne divulgue rien d’autre que ce qu’elle est censée déterminer, un facteur particulièrement important dans un domaine aussi confidentiel que le nucléaire d’armement. 

Le faisceau est ensuite perçu par un détecteur de neutrons, qui enregistre sa « signature » pouvant déterminer si elle est caractéristique à l’agencement isotopique du plutonium. L’information est finalement cryptée sur un support physique, ce qui fournit une sécurité supérieure à celle d’un cryptage informatique, qui peut toujours être hacké puis déchiffré. Chaque évaluation se fait à partir d’une tête fonctionnelle : son faisceau correspondant sera comparé à toutes les autres têtes devant être vérifiées, afin d’être menées à leur démantèlement. 

L’enjeu prioritaire du désarmement

Danagoulian explique que ses précédentes simulations étaient informatiques, mais que le passage au test physique a permis un grand pas en avant pour son équipe de recherche. Si les tests n’ont pas pu se faire sur de l’uranium et du plutonium, les résultats ont été très concluants sur du molybdenum et du tungstène, proposant une réaction semblable aux faisceaux de neutrons. L’équipe cherche désormais à concevoir un modèle portable, et réduit à 5 mètres, afin de pouvoir conduire les tests sans contrainte de lieux ou d’équipements. 

« L’objectif de notre travail est de créer ces concepts, les valider, prouver qu’ils fonctionnent par des simulations et des expérimentations, puis ensuite les faire utiliser par les laboratoires nationaux dans leurs démarches de technique de vérification », explique Danagoulian, en rappelant l’importance du désarmement à l’échelle mondiale : une infime partie des têtes nucléaires modernes pourraient faire autant de dommages que l’ensemble de tout l’armement utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, Hiroshima et Nagasaki compris. Il rappelle également l’importance de son travail, devant la menace latente de l’armement nucléaire : « L’idée de guerre nucléaire est tellement démesurée qu’elle ne peut se faire une place dans l’esprit humain. C’est si terrifiant, si horrible, que les gens la mettent à distance. »

Par Victor Chevet, publié le 1er novembre 2019, (source : Science Daily)

 Photo en titre : gerasimov_foto_174 / Shutterstock.com

https://dailygeekshow.com/technique-verification-engagement-desarmement-nucleaire/

Nov 01

HAUTE-MARNE : LES OPPOSANTS À LA LAVERIE NUCLÉAIRE DE SUZANNECOURT REÇUS À LA PRÉFECTURE

Ce lundi 28 octobre 2019, sept membres des associations réunies contre le projet de blanchisserie nucléaire de Suzannecourt en Haute-Marne ont été reçus à la préfecture de Chaumont pour exposer leurs doléances. Une entrevue qui ne leur a pas apporté les réponses qu’ils espéraient. 

L’installation possible d’une blanchisserie de linge radioactifs à Suzannecourt, près de Joinville en Haute-Marne ne passe toujours pas auprès d’une partie de certains habitants. Ils s’inquiètent des éventuels rejets d’eaux contaminées directement dans la Marne, à 30 kilomètres du lac du Der. Ce lundi 28 octobre, la préfète de Haute-Marne a reçu des membres de plusieurs associations qui s’opposent au projet. 

« L’entrevue avec la préfète de Haute-Marne ne s’est pas mal passée. Elle a pris le temps de nous écouter et nous a laissé exposer nos arguments. Elle a été très bienveillante. Mais elle n’a pas répondu à nos questions« , explique Michèle Labouille de l’association Belles Forêts sur Marne. « À chaque point que nous avons évoqué, elle nous renvoyait à l’enquête publique qui va être menée à Suzannecourt. Elle s’en est tenue à ça ». 

« Au fur et à mesure de la discussion, deux grandes questions se sont imposées à nous. La première concerne la qualité de l’air rejeté et la seconde le bâtiment annexe de décontamination des containers où seront stockées les tenues à laver. Ces deux éléments, d’après ce que nous a dit la préfète, ne sont pas intégrés à l’enquête publique« , s’insurge la militante.

Lire aussi : Nucléaire. Ce que l’on sait du projet de laverie dédiée au linge radioactif à Suzannecourt en Haute-Marne 

« Lorsque nous avons compris ça, certains d’entre nous ont voulu quitter la salle. Il est important selon nous que tout soit mis en discussion dans l’enquête publique. Les études sur la qualité de l’air sont importantes ! Et savoir comment va fonctionner le hall de décontamination concrètement et son impact sur Suzannecourt et les alentours également ! » rajoute-t-elle.

Une mobilisation constante

Les associations n’ont pas souhaité réagir tout de suite après cette entrevue. Ils ont d’abord voulu vérifier certains éléments du rapport de la mission régionale d’autorité environnementale (MRAE) : « Nous nous sommes demandés à l’issue de l’entrevue si l’annexe de décontamination était bien prévue au projet. Nous ne pensons pas qu’Unitech, l’entreprise à l’origine du projet, ait abandonné l’idée de créer un tel bâtiment. Nous sommes un peu confus. Soit, cette question n’a pas été posée dans l’enquête publique, car le projet de bâtiment n’existe plus. Soit, il y a anguille sous roche. »

De cette entrevue avec la préfète de la Haute-Marne, les opposants au projet de laverie nucléaire de Suzannecourt sont donc ressortis mitigés et continueront de se mobiliser tant qu’ils n’auront pas de réponse à leur question. 

Par AT, publié le 01/11/2019 à 08h18, mis à jour le 01/11/2019 à 08h28

Photo en titre : Le permis de construire affiché sur le site. / © Aurore Trespeux / France 3 Champagne-Ardenne

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/haute-marne/joinville/haute-marne-opposants-laverie-nucleaire-suzannecourt-recus-prefecture-1743719.html

Oct 31

LE FINANCEMENT DES FUTURES CENTRALES NUCLÉAIRES BRITANNIQUES

Le gouvernement britannique vient de clore une consultation sur un mécanisme à l’étude visant à faciliter le financement des projets de nouveaux réacteurs nucléaires par le secteur privé, tout en réduisant le coût de l’électricité produite.

Au Royaume-Uni, le secteur électrique fait face à plusieurs défis majeurs : objectif de sortie totale du charbon d’ici à 2025, remplacement dans les 10-15 prochaines années de l’essentiel des réacteurs nucléaires en service (17,7% de la production britannique d’électricité en 2018), effondrement des extractions gazières du pays depuis 2000, etc. Ce contexte éclaire la politique électrique outre-Manche : développement d’interconnexions avec le continent, soutien à l’éolien en mer et construction de nouvelles centrales nucléaires.

La filiale britannique d’EDF, EDF Energy, et son partenaire et homologue chinois CGN sont particulièrement impliqués dans le renouvellement du parc nucléaire : deux réacteurs EPR sont actuellement en construction à Hinkley Point C (Somerset), deux autres EPR sont envisagés à Sizewell (Sussex), leur construction devant débuter après la signature de la décision finale d’investissement prévue pour 2021, et des réacteurs chinois HPR1000 (aussi dits « Hualong-1 ») sont en cours de certification par l’autorité de sûreté nucléaire britannique.

Hinkley Point C, un chantier financé grâce à un mécanisme prévu pour les énergies renouvelables

Au moment de la négociation du financement de la première « nouvelle » centrale nucléaire (Hinkley Point C), le gouvernement britannique a fait le choix d’un projet entièrement privé, pour ne pas exposer le contribuable aux risques de dépassement du budget de construction. Une décision compréhensible dans le contexte de l’époque : aucun EPR n’avait encore démarré et le chantier de Flamanville (France) accusait déjà d’importants retards et dépassements budgétaires.

Le Royaume-Uni a donc opté pour un mécanisme de complément de rémunération appelé « Contract for difference », initialement conçu pour financer le développement des énergies renouvelables. Pendant 35 ans, l’électricité produite par Hinkley Point C sera vendue à 92,5 £/MWh(1) (ramené à 89,5 £/MWh si le projet de Sizewell se concrétise), quel que soit le prix du marché.

Le prix accordé à EDF Energy et CGN pour l’électricité d’Hinkley Point C est élevé par rapport au prix de gros outre-Manche, pour plusieurs raisons :

  • il s’agit de la première centrale nucléaire construite depuis une génération au Royaume-Uni, ce qui implique un travail supplémentaire de la part des porteurs du projet pour gréer la chaîne d’approvisionnement ;
  • l’industrie nucléaire est très capitalistique, ce qui signifie que le coût de l’électricité est moins lié aux coûts d’exploitation(2) qu’à ceux de construction et de financement de la construction. Il est difficile, donc coûteux, de faire financer par les marchés un chantier d’une vingtaine de milliards de livres, pour deux réacteurs, sur dix ans. En faisant porter l’intégralité du risque de construction sur les porteurs du projet, le gouvernement britannique a certes protégé le contribuable des éventuels dépassements budgétaires mais cela a un coût, qui se matérialise notamment sur les