Juin 25

FUKUSHIMA : DU NOUVEAU AU RÉACTEUR 1

FukuDe novembre 2016 à février 2017, Tepco a mené diverses inspections robotisées dans le bâtiment réacteur 1 de Fukushima Daiichi visant à examiner l’enceinte de confinement et à contrôler l’état de la piscine de combustible où 67 tonnes de combustible nucléaire y sont encore coincées (292 assemblages de combustible usé et 100 assemblages de combustible neuf).  Les médias français n’ont pas relevé cette information qui aurait pourtant fait la une de l’actualité en 2011. La raison en est peut-être que le document est resté à un niveau plutôt confidentiel : Tepco n’a fait aucune publicité de son rapport daté du 30 mars 2017 et s’est bien abstenu de le diffuser en anglais. Une autre raison, plus évidente en France, est qu’il n’est pas politiquement correct de montrer des images d’un couvercle en béton effondré dans un puits de cuve de réacteur atomique alors que le lobby nucléaire hexagonal n’a qu’un seul souhait : démarrer l’EPR de Flamanville malgré ses défauts de conception.

Suite à l’explosion du 12 mars 2011, le toit en béton et en acier du bâtiment réacteur 1 est tombé sur le niveau technique. Les inspections ont permis de découvrir que les éléments en béton du couvercle du puits de cuve du réacteur ont été soulevés, montrant des déplacements plus importants qu’on ne l’avait jusqu’alors supposé. En France, les autorités nucléaires avaient tout simplement écarté cette hypothèse pour le réacteur 1 pour rassurer l’opinion. Il avait été rabâché que seul le niveau 5 avait subi une explosion d’hydrogène. Or concrètement, pour que des dalles de plusieurs tonnes se soulèvent, il a fallu qu’une explosion se produise au moins dans le puits de cuve, voire plus bas dans l’enceinte de confinement.

La visualisation en 3D réalisée par Tepco montre la configuration des équipements endommagés. Le pont roulant et la machine de chargement du combustible sont tous deux situés au-dessus de la piscine de combustible, ce qui rendra problématique leur démantèlement futur. Il faudra trouver des astuces pour que des débris ne tombent pas plus bas dans la piscine afin de ne pas endommager le combustible. On remarque que le pont roulant a sa poutre nord très endommagée, ce qui suppose qu’elle a dû être soulevée par le souffle de l’explosion puis pliée sous son propre poids en retombant.

Le puits de cuve est habituellement recouvert de trois couches de béton, comme le montre le schéma ci-dessus. Chaque couche est composée de trois éléments formant un disque une fois assemblés. Ces éléments ont plusieurs fonctions : ils font écran à la radioactivité du réacteur, ils servent de plancher à la surface technique quand le réacteur est en marche et ils servent également à limiter la casse en cas de pépin au réacteur. Cette dernière fonction fait qu’en France, on les appelle « dalles anti-missile », non pas pour se protéger d’un missile provenant de l’extérieur, mais de la possibilité de la remontée subite des tiges de commande des barres de contrôle (qui sont dans la partie supérieure de la cuve dans les réacteurs français).

Ce couvercle à trois couches n’est pas scellé hermétiquement. Tout tient en place uniquement avec le poids. Les conséquences de l’explosion ont fait que la dalle intermédiaire a été délogée en partie vers le haut et en partie vers le bas. La dalle inférieure est tombée dans le puits de cuve directement sur le couvercle de l’enceinte de confinement. Quant à la dalle supérieure, elle dépasse le niveau technique de son épaisseur alors qu’elle devrait être au même niveau que le plancher.

Des mesures de dose ont été effectuées autour du couvercle du puits de cuve : le débit augmente à mesure qu’on va vers le centre ; il s’agit probablement de la radioactivité provenant de la cuve du réacteur, bien qu’une rupture d’étanchéité du joint du couvercle aurait dû montrer de plus fortes doses sur les bords du puits de cuve. Le couvercle a-t-il été percé en son centre ? Ou bien existe-t-il une soupape de sécurité à son sommet, comme pour le couvercle de la cuve ?

Le débit maximal mesuré du côté de la piscine de matériel était de 512,7 mSv/h. Mais au centre des dalles, la radioactivité est de 2 230 mSv/h. Pour comparaison, Tepco avait mesuré en 2013 la radioactivité au centre des dalles du puits de cuve du réacteur 3 : elle était de 2 170 mSv/h. Cette comparaison de mesures montre que la fuite du BR1 semble similaire à celle du BR3.

Il y a un phénomène bien connu, déjà décrit par Arnie Gundersen : quand une enceinte de confinement est en proie à une pression ou une chaleur élevée, elle peut temporairement relâcher de la vapeur et des gaz. Mais on ne sait pas clairement si c’est ce qui s’est passé au BR1. Seul le démantèlement du puits de cuve permettra d’en savoir plus.

D’autres investigations, menées cette fois à l’intérieur de l’enceinte de confinement en mars 2017, on permis de conclure à la présence de corium en poudre au fond de la cuve. Plus de six ans après la catastrophe, les informations nous arrivent ainsi au compte-goutte… Des informations concernant l’explosion du BR1 commencent à sortir, en particulier un dossier, paru en février 2017, essayant de présenter les discussions concernant les évènements qui ont pu se produire dans le réacteur. Le document doit être passionnant – il semble mentionner en particulier une explosion au sein de l’enceinte de confinement – mais il est disponible uniquement en japonais.

Article de Pierre Fetet

http://www.fukushima-blog.com/2017/06/fukushima-du-nouveau-au-reacteur-1.html

Juin 25

AVIS FAVORABLE DE L’ASN SUR L’EPR DE FLAMANVILLE

EPRPARIS (Reuters) – La cuve du réacteur nucléaire qu’EDF construit à Flamanville (Manche) est apte à être utilisée, est-il écrit dans un rapport attendu de longue date de l’IRSN, service technique de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), dont Reuters a obtenu une copie.

Malgré la présence de concentrations excessives de carbone pouvant affaiblir l’acier dans le couvercle de la cuve du réacteur, celui-ci peut être exploité en toute sécurité, même s’il devra être surveillé pendant toute sa durée de vie, ajoute le rapport.

« Le rapporteur considère que l’anomalie ne remet pas en cause l’aptitude au service du fond de la cuve sous réserve que les contrôles du fond de la cuve prévus par EDF soient adaptés de manière à pouvoir détecter l’ensemble des défauts », est-il écrit..

L’IRSN demande en outre que ces contrôles qu’elle réclame soient effectués de manière anticipée par rapport à la première visite normalement prévue au bout de 10 ans.

« L’utilisation du couvercle actuel de la cuve du réacteur EPR de Flamanville ne saurait être envisagée au-delà de quelques années de fonctionnement sans que les contrôles nécessaires (…) n’aient été mis en œuvre », est-il écrit.

Un groupe d’experts indépendants, qui ont reçu le document la semaine dernière, en débattront lundi et mardi pour formuler une opinion, puis l’ASN décidera après l’été si Flamanville peut démarrer en 2018.

Un avis négatif de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) aurait été catastrophique pour EDF, parce qu’il aurait entraîné des milliards d’euros de surcoûts et des années de retard.

Il aurait en effet fallu retirer la cuve du réacteur dont le dôme a été posé en 2013 et recouvert depuis par plusieurs milliers de tonnes de béton.

Une décision favorable de l’ASN est également une condition sine qua non pour un feu vert de la Commission européenne à son projet de rachat de l’activité de réacteurs d’Areva, qui a conçu l’EPR.

Article de Geert de Clercq, Cyril Altmeyer et Bertrand Boucey pour le service français

https://fr.news.yahoo.com/avis-favorable-lasn-sur-lepr-flamanville-093551321–finance.html

Juin 24

USA: DES AVIONS DE L’ARMÉE, CRÉÉS EN CAS D’EXPLOSION NUCLÉAIRE, ABIMÉS… PAR UNE TORNADE

AvionDeux avions de l’armée américaine dits du « jugement dernier », car ils sont conçus pour résister à la chaleur dégagée par une explosion nucléaire, ont été endommagés par une tornade dans le Nebraska, a reconnu vendredi l’armée de l’air. Le porte-parole de l’US Air Force, Patrick Ryder, n’était pas en mesure d’indiquer quand les avions pourraient être de nouveau opérationnels.

Les avions « Doomsday », des Boeing 747 renforcés, construits dans les années 70, sont appelés à servir de centre de commandement volant pour le secrétaire à la Défense ou pour le chef d’état-major inter-armées américain en cas d’attaque nucléaire contre les États-Unis. Grâce à leur équipement de ravitaillement en vol, ils peuvent rester dans les airs pendant plusieurs jours et sont protégés contre la chaleur et les ondes électro-magnétiques provoquées par une explosion nucléaire.

http://www.lesoir.be/101263/article/2017-06-24/usa-des-avions-de-larmee-crees-en-cas-dexplosion-nucleaire-abimes-par-une

Juin 24

L’EPR BRITANNIQUE D’EDF DÉJÀ SOUS HAUTE PRESSION

EPR UKLe projet de centrale nucléaire d’Hinkley Point prend déjà du retard. Un dérapage chiffré entre 1 milliard et 3 milliards d’euros.

Les dirigeants d’EDF l’assurent : ils feront tout pour que la construction de deux EPR à Hinkley Point (HPC), dans le sud-ouest de l’Angleterre, se déroule peu ou prou dans le calendrier prévu. Tout pour ne pas revivre les déboires – le cauchemar, même – des chantiers de ce réacteur de troisième génération à Flamanville (Manche) et à Olkiluoto (Finlande), dont les devis initiaux ont été multipliés par trois pour atteindre 10 milliards d’euros.
Mais, dans un contexte politique rendu très incertain par l’affaiblissement de la première ministre britannique, Theresa May, et les perspectives du Brexit, le premier exploitant de centrales nucléaires au monde commence à faire ses premières réévaluations. Elles montrent qu’il ne pourra probablement pas respecter son engagement d’une mise en service fin 2025, ni le devis initial de 18 milliards de livres sterling. Soit 20,5 milliards d’euros, partagés entre le groupe français (13,6 milliards) et son partenaire China General Nuclear Power Corporation (CGN, 6,8 milliards).
Lors du vote de la décision finale d’investissement acquis de justesse en septembre 2016, le conseil d’administration avait demandé à son président de faire un point d’étape un an après. Jean-Bernard Lévy a confié une « revue de projet » au directeur de l’audit du groupe, Jean-Michel Quilichini. La direction travaille sur les conclusions de cette « revue » et devra informer le comité stratégique et le conseil d’administration en juillet, ou après l’été.

Les risques de financement d’un projet colossal

Les premières conclusions, non retraitées ni soumises à discussion contradictoire, indiquent qu’il y aura bien un dérapage financier qui pourrait être imputable à la dérive du calendrier, indiquent plusieurs sources proches du dossier. Un dérapage chiffré entre 1 milliard et 3 milliards. Plus personne ne croit que la date de fin 2025 sera tenue, puisque le calendrier d’Hinkley Point est encore plus serré que celui des EPR chinois de Taishan (Sud), en cours de construction par EDF et CGN. HPC ne démarrera sans doute pas avant 2027. Un retard minimum qui avait été pointé dès le début par les adversaires du projet, notamment les syndicats, unanimes à rejeter le projet en l’état.
À la demande de M. Lévy, les risques de HPC avaient été étudiés en 2015 par Yannick d’Escatha, ancien patron du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et du Centre national d’études spatiales (CNES). Il y a bien sûr les risques de financement d’un projet colossal, dont le coût représente la moitié de la valeur boursière d’EDF (27 milliards). Et ceux qui sont inhérents au contrat garantissant à EDF un prix de 92,50 livres (105 euros) par mégawattheure (MWh) sur trente-cinq ans, assurant une rentabilité de 9,2 %. Ce prix est trois fois supérieur à celui du marché européen de l’électricité, ce qui pourrait inciter un gouvernement à le renégocier.

M. d’Escatha jugeait qu’EDF avait négocié au mieux sur ces points. Mais cette figure respectée du monde de l’industrie n’en évoquait pas moins d’autres risques. Il s’est ainsi inquiété de l’organisation et de la planification de ce chantier hors normes, pointant un optimisme excessif sur le temps de montage des éléments électromécaniques, soulignant les graves défaillances de l’usine d’Areva au Creusot (Saône-et-Loire), qui fournit de grands composants comme la cuve… Un site aujourd’hui soumis à un audit international sous le contrôle de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), comme ceux de Jeumont (Nord) et de Saint-Marcel (Saône-et-Loire).

Vitrine du renouveau de la filière nucléaire française

M. d’Escatha a fait de nombreuses recommandations qui n’ont pas toutes été suivies, loin de là, dénoncent plusieurs sources. Un exemple : les ingénieries sont éclatées entre la région parisienne, Londres (siège d’EDF Energy) et Bristol (près de Hinkley Point). Une organisation qui crée trop d’interfaces inutiles et est source de retards et de frictions au sein des équipes. Des tensions et des incompréhensions sont aussi apparues entre Britanniques et Français : le courant ne passe pas entre Humphrey Cadoux-Hudson et Philippe Bordarier, les responsables anglais et français du projet.

Dans ce contexte, le PDG d’EDF a décidé de reprendre en main le projet. Déjà, le patron historique d’EDF Energy va prendre le large. Vincent de Rivaz a certes, au cours de ses seize années de mandat, su en faire la plus grosse filiale étrangère du groupe. Mais il avait pris trop d’autonomie, selon des dirigeants en interne. Proche de l’âge de départ à la retraite, il sera remplacé, à l’automne, par l’Italien Simone Rossi, ex-directeur financier d’EDF Energy et jusqu’à présent directeur des affaires internationales du groupe. M. Bordarier devrait aussi être remplacé.

Le Royaume-Uni a besoin de nouvelles centrales électriques tant son parc est vieillissant.

Car, avec la mise en service de l’EPR de Flamanville prévue fin 2018, HPC est l’autre « mère de toutes les batailles nucléaires» pour EDF. L’EPR britannique doit s’imposer comme une vitrine du renouveau de la filière nucléaire française, qui emploie 225 000 personnes, faire oublier les ruineux déboires des EPR français et finlandais et laisser espérer une relance des exportations de nouveaux réacteurs, dont le puissant EPR de 1 650 MW, en panne depuis dix ans en dehors de Hinkley Point.

« Un accord onéreux et risqué »

L’Élysée et le gouvernement surveillont ce chantier d’autant plus près que Hinkley Point a reçu le soutien appuyé d’Emmanuel Macron quand il était ministre de l’économie. Après la démission en mars 2016 du directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, en raison de son hostilité à un investissement qu’il jugeait trop lourd pour le groupe, le futur président avait réaffirmé sa confiance dans ce projet. « Hinkley Point, c’est pendant trente-cinq ans une garantie de prix par le gouvernement britannique et une rentabilité de plus de 9 % pour EDF, c’est donc bon pour EDF », avait-il assuré.
Au Royaume-Uni, les opposants ne désarment pas. Ils n’ont pas manqué de faire écho au rapport publié, vendredi 23 juin, par le National Audit Office (NAO). L’équivalent britannique de la Cour des comptes française juge que la situation financière d’EDF s’est « dégradée » depuis le feu vert du gouvernement Cameron en 2013 et, surtout, que les Britanniques vont surpayer leur électricité.
Il calcule que le prix de 92,50 livres sterling garanti à EDF risque d’engendrer un surcoût de 30 milliards de livres sterling pour eux. « Le ministère de l’énergie a engagé les consommateurs d’électricité et contribuables sur un accord onéreux et risqué dans un marché changeant de l’énergie, déplore Amyas Morse, chef du NAO, dans son rapport. L’avenir nous dira si cet accord est rentable, mais on ne peut pas dire que le ministère a mis toutes les chances de son côté pour que ce soit le cas. »

Contexte de moins en moins propice au nucléaire

Outre-Manche, la tension monte de tous côtés pour faire baisser la facture énergétique, un engagement pris par les conservateurs et les travaillistes. Dans ce contexte, les interrogations se multiplient sur la place du nucléaire dans une politique énergétique qui pourrait être revue, Mme May ne disposant plus de la majorité au Parlement. Il reste que le Royaume-Uni a besoin de nouvelles centrales électriques tant son parc est vieillissant. Notamment dans le nucléaire.
La quasi-totalité des quinze réacteurs devront fermer au cours de la prochaine décennie. En plus d’Hinkley Point, les autorités n’ont pas renoncé à construire cinq centrales (dont deux par EDF et CGN) dans le cadre d’un engagement bipartisan de sécurité d’approvisionnement énergétique et de réduction des émissions de CO2. Mais le contexte général est de moins en moins propice au nucléaire, après le retrait du français Engie en avril, au moment où son partenaire Westinghouse, filiale du japonais Toshiba, s’est déclaré en faillite. Le projet de centrale de 3 400 mégawatts est compromis. Et avec lui l’avenir de l’atome civil britannique.

http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/06/24/l-epr-britannique-d-edf-deja-sous-haute-pression_5150478_3234.html

Juin 24

WESTINGHOUSE, GÉANT AMÉRICAIN EN FAILLITE, AU CŒUR DU NUCLÉAIRE SUISSE

WestEntré en procédure de faillite aux États-Unis, Westinghouse est un acteur-clé du nucléaire helvétique depuis la construction de Beznau en 1967. Le géant américain pourrait profiter du juteux marché du démantèlement du parc nucléaire.

Criblé de pertes comme son pendant français Areva, Westinghouse partage avec lui le même cauchemar: les retards ruineux pris dans la construction de leurs nouvelles générations de centrales nucléaires. Les chantiers des EPR d’Areva en France et en Finlande ont creusé des milliards d’euros de pertes. Westinghouse vit les mêmes problèmes avec ses AP1000 aux États-Unis: un trou de 8 milliards de dollars que son propriétaire Toshiba devra éponger, contraint pour cela de se séparer de sa division semi-conducteurs, véritable joyau du conglomérat japonais.

L’ardoise des retards pris par Westinghouse sera aussi à la charge des consommateurs. « Les prix dans l’État de Géorgie seront amenés à augmenter de 6 à 12% », estime Bastien Dubois, analyste spécialiste de l’énergie chez Lombard Odier. Selon lui, Westinghouse et Areva ont pris « des risques très importants sur la construction de centrales clé-en-main à prix forfaitaires. Or, cela faisait une bonne vingtaine d’années que ce type de projet n’avait pas été mené à bien » en Europe et aux États-Unis.

Propriétaires de centrales suisses pas inquiets

En Suisse, Westinghouse est un des principaux fournisseurs de combustible, de pièces et de services pour les centrales nucléaires. Westinghouse a par exemple livré à Axpo les couvercles de cuve des réacteurs de Beznau pour près de 120 millions de francs en 2013. Mais les propriétaires des centrales suisses ne se montrent pas inquiets de la situation actuelle de Westinghouse. Pour eux, la procédure en cours aux États-Unis sera l’occasion pour l’entreprise de se remettre sur de bons rails.

L’avenir des géants nucléaires français et américains pourrait pourrait d’ailleurs passer par le marché du démantèlement des usines atomiques. En Europe et aux États-Unis, le parc nucléaire est vieillissant. « Les acteurs chinois sont devenus extrêmement compétitifs. L’avenir, pour les groupes type Westinghouse ou Areva, sera surtout sur le démantèlement des centrales qui ont été installées à partir des années 60« , estime Bastien Dubois.

Depuis une quinzaine d’années en effet, le marché nucléaire s’est développé en Asie, au Moyen-Orient et en Europe Centrale. Vingt réacteurs sont actuellement en construction en Chine. La prévalence des géants historiques y est remise en question par le savoir-faire des entreprises chinoises et russes.

L’histoire de Westinghouse en Suisse remonte à la construction de la première centrale atomique du pays : Beznau I. Le groupe américain fut le maître d’ouvrage de ce chantier où œuvrèrent ses propres ingénieurs, notamment lors de la livraison en 1967 du cœur et des générateurs de vapeur de la centrale, comme en attestent les archives de la RTS. L’importation de la technologie nucléaire américaine avait été rendue possible suite à l’accord du 21 juin 1956 entre la Suisse et les États-Unis.

Démantèlement en Suisse

En Suisse, le démantèlement de la centrale de Mühleberg est d’ores et déjà planifié par le groupe BKW. L’usine sera mise à l’arrêt en 2019. « C’est un projet de référence pour la branche« , explique l’entreprise, qui ne précise pas quels seront les partenaires de ce projet.
Outre Westinghouse et AREVA, d’autres groupes seront sur les rangs. Alpiq par exemple s’est positionnée sur ce marché en créant en 2015 Swiss Decommissioning AG en partenariat avec une de ses filiales allemandes.
Selon les estimations de Swissnuclear fin 2016, la désaffectation des centrales nucléaires suisses devrait coûter 22,8 milliards de francs.

https://www.rts.ch/info/economie/8726842-westinghouse-geant-americain-en-faillite-au-coeur-du-nucleaire-suisse.html

Juin 23

À L’EXAMEN DU BREVET DES COLLÈGES, UNE PROPAGANDE SUBTILEMENT NUCLÉARISTE

PondichéryLes épreuves scientifiques de l’examen du brevet des collèges à Pondichéry ont fait réagir les auteurs de cette tribune. Selon eux, les sujets ont présenté aux élèves une approche « partielle et partiale » de l’énergie, promouvant le nucléaire.

Le sujet de sciences du diplôme national du brevet donné à Pondichéry, premier publié depuis la réforme du collège de 2016, était attendu avec impatience par les enseignants de sciences. Espérons que les messages véhiculés par les sujets futurs ne soient pas aussi caricaturaux, pour ne pas dire scandaleux, du point de vue de la formation des futurs citoyens que sont les collégiens de troisième.

Dans la partie de Physique-chimie, il s’agissait de montrer pourquoi le développement de l’énergie éolienne n’a pas été fait « à grande échelle » (entendre « sur tout le territoire français »). Pour ceci, après avoir fait estimer qu’il faudrait couvrir l’équivalent d’un département français d’éoliennes actuelles (aucune allusion aux innovations techniques à venir dans le domaine) pour répondre à la consommation d’aujourd’hui, on demande aux candidats de formuler un avis uniquement « à charge » en formulant deux arguments pour conclure que l’énergie éolienne ne peut pas être le seul choix pour répondre aux « besoins croissants » en électricité (efficacité et sobriété énergétiques ne sont jamais évoquées).

La partie Sciences de la vie et de la terre est encore plus caricaturale : on demande en effet aux élèves de trouver quel mode de production d’énergie est plus adapté à différentes villes françaises. Tout semble discutable, tant sur le fond que sur la forme : une classification des énergies pour le moins originale (les énergies non renouvelables, les énergies renouvelables… et l’énergie nucléaire), un centrage sur trois énergies renouvelables seulement (qui oublie la biomasse et l’hydraulique) en présentant des cartes de France (répartition du débit d’énergie géothermique, moyenne d’ensoleillement et vitesse des vents), ou encore un tableau très partiel et partial présentant apparemment les avantages et les inconvénients de ces trois énergies alors qu’il omet, par exemple, la question des rejets polluants. L’élève-citoyen doit alors se positionner et indiquer la ou les énergies renouvelables pertinentes pour trois villes françaises, puis, enfin, proposer une solution d’approvisionnement énergétique (alors qu’il n’est question ici que d’électricité) pour la ville de Reims, qui ne répond évidemment à aucune condition d’exploitation des trois énergies renouvelables.

Cela porte un nom : cela s’appelle du scientisme 

En résumé, on demande donc qu’avec si peu d’informations, en oubliant deux tiers des énergies renouvelables, en omettant complètement la question du transport de l’énergie, celle de l’utilisation d’énergie non électrique, et toutes celles liées aux rejets polluants et en passant totalement sous silence la question de la place de la technique dans la société, l’élève-citoyen puisse conclure à un recours logique au nucléaire pour la ville de Reims.

Il nous parait inadmissible que ce sujet de brevet ne respecte pas une certaine éthique dans l’appropriation citoyenne des résultats scientifiques. Il propose de façon insidieuse un choix orienté des résultats présentés puis demande d’en tirer une conclusion apparaissant comme logique, objective et neutre. Cette manière de faire du tri dans l’information transmise, de prioriser certains critères face à d’autres relève bel et bien de choix politiques et non d’une objectivité scientifique.

Pour que la science ne soit pas remise en cause et délégitimée par les citoyens, il nous apparaît nécessaire de distinguer le résultat scientifique, qui se doit d’être objectif, de son appropriation par les citoyens et du tri des informations, qui relèvent d’un choix politique personnel influencé par d’autres ressources que seulement scientifiques. Dans ce sujet de brevet, non seulement la distinction n’est pas faite, mais de plus, la seule expertise nécessaire à la prise de décision politique relèverait de la science… Cela porte un nom : cela s’appelle du scientisme.

Cette manière partielle et partiale de présenter le problème est très connotée politiquement. Elle s’inscrit dans un contexte historique et est au service d’une cause économique spécifiquement française : le nucléaire. En tant qu’enseignant et éducateur, nous sommes donc censés diffuser ce document, faire travailler nos élèves de troisième sur ce sujet… exemplaire ! Un joli message pour former nos élèves à l’esprit critique…

Produire un sujet simple sur une question de société complexe n’est évidemment pas chose aisée. Mais relever ce défi ne doit pas conduire à confondre simplification et orientation forte du débat sous couvert d’une apparente neutralité scientifique.

Jacques Vince et Julien Machet sont enseignants et formateurs en physique-chimie dans l’académie de Lyon.

https://reporterre.net/A-l-examen-du-brevet-des-colleges-une-propagande-subtilement-nucleariste

Juin 23

TOSHIBA, L’ENTREPRISE QUI N’ARRIVE PAS À PUBLIER SES COMPTES

ToshibaLe conglomérat japonais n’arrive pas à surmonter la faillite de sa filiale nucléaire américaine, Westinghouse.

L’avenir de Toshiba est toujours en pointillé. Incapable de publier ses comptes, le géant japonais a obtenu vendredi 23 juin l’accord des autorités pour différer encore la publication de ses résultats définitifs portant sur l’exercice 2016-2017, qui devait théoriquement être bouclé en mars. Après déjà plusieurs reports, un nouveau délai lui a été accordé jusqu’au 10 août.
Au grand dam des dirigeants de Toshiba, les commissaires aux comptes du cabinet PwC estiment de ne pas être mesure de certifier le bilan, avant le 30 juin. Le groupe japonais a déjà prévenu que ses pertes seraient supérieures à ce qu’il prévoyait jusqu’alors, évoquant désormais un résultat négatif d’au moins 995 milliards de yens, soit plus de 8 milliards d’euros. Si le groupe n’arrive pas à tenir ses engagements, il pourrait même être radié de la Bourse de Tokyo.

Le nucléaire américain plombe Toshiba

Toshiba doit faire face à la déconfiture de sa filiale américaine Westinghouse, le constructeur de centrales nucléaires, qui est aujourd’hui en dépôt de bilan. L’ancien fleuron, né en Pennsylvanie en 1886, est confronté au marasme qui frappe toute l’industrie nucléaire après la catastrophe de Fuskushima. Beaucoup de pays – le Japon en premier lieu – ont stoppé leur programme nucléaire et de normes de sécurité plus contraignantes ont été mises en place, ce qui renchérit énormément les coûts de construction des futurs réacteurs.
Aux États-Unis, Toshiba est englué dans la construction de deux réacteurs nucléaires AP 1 000, qui est le concurrent direct de l’EPR français, dont la facture a elle aussi largement dérapé. Pour ne rien arranger, Westinghouse a fait une très mauvaise affaire en rachetant en 2015 un de ses sous-traitants, la société américaine d’ingénierie CB & I.
Les dirigeants de Toshiba ont cherché un vain un repreneur à Westinghouse. L’an dernier, ils pensaient même avoir convaincu le sud-coréen Kepco, qui n’a finalement pas donné suite. La Corée du Sud vient d’ailleurs d’annoncer qu’elle ne construirait plus de nouveaux réacteurs nucléaires.

Vendre les activités de puce-mémoire

Pour redresser la barre et éviter de sombrer, Toshiba cherche aujourd’hui à vendre ses activités de puce-mémoire, un secteur hautement stratégique et lucratif, qui lui permettrait de récupérer environ 16 milliards d’euros. Des négociations sont en cours avec un consortium mené par le fonds semi-public japonais INCJ. Le sujet est extrêmement sensible, les autorités japonaises craignant une fuite de technologies.
Depuis plusieurs semaines le gouvernement a cherché à monter un tour de table avec les grandes institutions financières japonaises. Il a même poussé Toshiba a refusé des offres plus généreuses, qui émanaient du taïwanais Foxconn ou de l’américain Broadcom.
Toshiba espérait finaliser l’opération avant son assemblée générale, prévue le 28 juin. Mais ses nouveaux déboires comptables pourraient retarder encore un peu le calendrier.

http://www.la-croix.com/Economie/Entreprises/Toshiba-lentreprise-narrive-pas-publier-comptes-2017-06-23-1200857497

Juin 23

HINKLEY POINT C: FACTURE GONFLÉE DE 30 MDS DE LIVRES POUR LE CLIENT

Hinkley PointLondres – Le contrôleur des comptes britanniques a déploré vendredi que le prix garanti pour la construction de la centrale nucléaire Hinkley Point C d’EDF pourrait engendrer un surcoût de 30 milliards de livres sur la facture des consommateurs (34 milliards d’euros).
« Le ministère de l’Énergie a engagé les consommateurs d’électricité et contribuables britanniques sur un accord onéreux et risqué dans un marché changeant de l’énergie. L’avenir nous dira si cet accord est rentable, mais on ne peut pas dire que le ministère ait mis toutes les chances de son côté pour que ce soit le cas« , a déploré Amyas Morse, le chef du National Audit Office (NAO) dans un rapport.

Après dix ans de préparation, le projet de centrale nucléaire Hinkley Point C a été signé en septembre dernier par les autorités britanniques, la compagnie d’électricité française EDF et leurs partenaires chinois. Il consiste à édifier deux réacteurs de type EPR dans le sud-ouest de l’Angleterre, pour une mise en service prévue fin 2025.
Les travaux du chantier ont débuté et la coulée du premier béton pour la mise en place des premières structures permanentes de la centrale a eu lieu fin mars.
La construction doit coûter 18 milliards de livres (20,4 milliards d’euros) mais la NAO a pointé dans son rapport le fait que les conditions commerciales négociées entre le gouvernement britannique et EDF en 2013 pourraient s’avérer moins intéressantes que prévu pour les consommateurs.
À l’époque, Londres s’est engagé à ce qu’un prix de 92,5 livres par mégawatt/heure (rehaussé chaque année de l’inflation) soit garanti pendant 35 ans aux exploitants de la centrale  – détenue aux deux-tiers par EDF et à un tiers par la compagnie d’État chinoise CGN. Si les prix du marché de gros sont inférieurs à ce niveau, la différence avec ce tarif garanti sera versée aux exploitants – et cette facture sera supportée in fine par les consommateurs.
Or, argue la NAO, du fait de perspectives peu reluisantes pour les prix de l’électricité sur les marchés, la somme totale que devront payer les Britanniques pour compenser cette différence pourrait quintupler, atteignant 30 milliards de livres au lieu des 6 milliards envisagés au départ.
Le contrôleur des comptes publics a néanmoins ajouté que l’accord conclu par le ministère de l’Énergie comprenait des clauses qui « pouvaient être ajustées en faveur des consommateurs« , et espéré que Londres pourrait « maximiser les avantages de Hinkley Point C pour les consommateurs et les contribuables« .

https://www.romandie.com/news/Hinkley-Point-C-facture-gonflee-de-30-mds-de-livres-pour-le-client-contr-leur/808316.rom

Juin 23

EN VIDÉO, UN AN D’OCCUPATION DU BOIS LEJUC CONTRE LA POUBELLE NUCLÉAIRE

Cigéo LejucÀ cheval sur la Meuse et la Haute-Marne, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs entend construire un centre d’enfouissement des déchets radioactifs, dit Cigéo. Il y a un an, des militants antinucléaires investissaient un point stratégique de ce projet, le bois Lejuc. Reporterre raconte en vidéo cette année d’occupation.

Bois Lejuc (Meuse), reportage
Le bois Lejuc, dans la commune meusienne de Mandre-en-Barrois, voisine de celle de Bure, est une zone stratégique du projet d’enfouissement des déchets de l’Andra. Au début de l’été 2016, des militants antinucléaires l’ont occupé, avant d’en être expulsés, puis d’y revenir au cours d’un été de grande mobilisation <https://reporterre.net/A-Bure-cet-ete-une-importante-victoire-du-mouvement-antinucleaire> . Entre rebondissements juridiques et aléas policiers, les « hiboux de Bure » vivent toujours dans les arbres.
Dès le premier jour, les occupants ont construit des cabanes, des barricades et planté des potagers dans le but de s’installer durablement dans un lieu devenu depuis le point de ralliement du mouvement contre la « poubelle nucléaire ».
C’est une partie de cette année d’occupation que vous raconte Reporterre, alors que les « hiboux » du bois Lejuc célèbrent, jusqu’au 26 juin, leur premier anniversaire par un « goûter interminable » au cœur du bois (Infos ici <http://vmc.camp/programme-at-chantier-concerts/> ).
VOIR LA VIDÉO (6mn25s) : https://www.youtube.com/watch?v=bbpnAdlBYuM

https://reporterre.net/En-video-un-an-d-occupation-du-bois-Lejuc-contre-la-poubelle-nucleaire

Juin 23

CHAÎNE HUMAINE DE 90 KM DE TIHANGE À AIX-LA-CHAPELLE: LA DIRECTION DE LA CENTRALE INVITE LES MANIFESTANTS AU DIALOGUE

TihangeUn appel à la mobilisation a été lancé en vue de constituer, ce dimanche, une chaîne humaine de 90 km de Tihange à Aix-la-Chapelle. Le chief nuclear officer et le directeur de la centrale nucléaire de Tihange ont invité une délégation de manifestants à les rencontrer.

Le chief nuclear officer et le directeur de la centrale nucléaire de Tihange ont invité une délégation de manifestants à les rencontrer dimanche, jour où doit se former une chaîne humaine allant de la centrale jusqu’à Aix-la-Chapelle. «Nous attachons énormément d’importance au dialogue et nous espérons pouvoir échanger de façon constructive avec les représentants de ce mouvement populaire», indique Jean-Philippe Bainier, directeur du site.

Un appel à la mobilisation a été lancé par la plateforme Stop-Tihange en vue de constituer, ce dimanche, une chaîne humaine de 90 km de Tihange à Aix-la-Chapelle en passant par Liège et Maastricht. L’objectif est de conscientiser la population et les responsables politiques, de manière pacifique, au risque que représentent les deux réacteurs nucléaires Tihange 2 et Doel 3 dont les cuves sont fissurées.

Engie Electrabel dit jeudi «entendre les craintes de la population, en particulier dans les régions transfrontalières en Allemagne et aux Pays-Bas», et affirme vouloir «répondre en toute transparence aux questions concernant les centrales nucléaires belges». Le groupe a dès lors pris l’initiative d’inviter une délégation des manifestants à s’entretenir avec le directeur de la centrale ainsi qu’avec le chief nuclear officer.

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170622_01022100/chaine-humaine-de-90-km-de-tihange-a-aix-la-chapelle-la-direction-de-la-centrale-invite-les-manifestants-au-dialogue

Juin 23

DÉCHETS NUCLÉAIRES DANS LA MANCHE: LA PLAINTE DE GREENPEACE CLASSÉE SANS SUITE

Greenpeace CSMLa plainte déposée il y a un an par Greenpeace à Cherbourg pour pollution de l’eau contre le plus ancien centre de stockage de déchets nucléaires en France, situé dans le département de la Manche et accusé de fuir, a été classée, a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
La plainte a été classée début juin pour « infraction insuffisamment caractérisée », a précisé cette source judiciaire à l’AFP. Le parquet de Cherbourg s’était dessaisi au profit du pôle santé publique du parquet de Paris.
Greenpeace déplore ce classement, rappelant « toute la difficulté de ce type de dossier en enquête préliminaire ». « Ce qui est très surprenant, c’est que nous n’avons même pas été auditionnés« , s’étonne par ailleurs l’ONG, qui réfléchit à déposer une plainte avec constitution de partie civile.
Près de 930.000 tonnes de déchets, dont 100 kg de plutonium, hautement radioactif, sont stockées à 6 à 8 m sous terre, à Digulleville, au Centre de stockage de la Manche (CSM), qui a reçu des déchets entre 1969 et 1994, dans des conditions beaucoup moins strictes au départ qu’aujourd’hui, selon l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) qui gère le CSM.
Dans sa plainte, Greenpeace dénonçait des fuites de tritium, un radionucléide à base d’hydrogène beaucoup plus fluide que le plutonium, mais nettement moins dangereux.
Pour l’ONG, le CSM fuit toujours. Pour l’Andra et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), la présence plus importante qu’ailleurs du tritium sous et dans les environs du CSM n’est due qu’à un accident survenu en 1976 et l’Andra affirme que le CSM est aujourd’hui étanche.
Pour contester cette affirmation, Greenpeace s’appuyait sur un rapport de l’association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) paru en avril 2016. Selon ce laboratoire associatif indépendant, il était courant d’observer le tritium à plus de 100 Bq/l dans le ruisseau Sainte-Hélène, proche du CSM, alors que ce radionucléide est normalement à 1 Bq/l dans les rivières. Dans un des puits de contrôle de la nappe phréatique sous le CSM, le tritium était même à 81.000 Bq/l de moyenne annuelle en 2015, selon l’ONG.
Lors du dépôt de la plainte, le gendarme du nucléaire avait assuré que le CSM respectait la réglementation et que le « tritium globalement décroît dans la nappe« .

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé le seuil de potabilité de l’eau à 10.000 Bq/l.

https://www.romandie.com/news/Dechets-nucleaires-dans-la-Manche-la-plainte-de-Greenpeace-classee-sans-suite/808189.rom

Juin 22

PYONGYANG PRÊT À UN MORATOIRE SUR LE NUCLÉAIRE À UNE CONDITION

CoréeLa Corée du Nord n’exclut pas la suspension de ses essais nucléaires et de ses tests missiles, si les États-Unis renoncent à tenir des exercices militaires d’envergure, a déclaré l’ambassadeur nord-coréen en Inde Kye Chun Yong.

Alors que Washington est extrêmement préoccupé par le programme nucléaire nord-coréen, Pyongyang juge possible une suspension de ses tests.

Selon l’ambassadeur nord-coréen en Inde Kye Chun Yong, son pays est prêt à décréter un moratoire sur les tests nucléaires et les tests de missiles si les États-Unis renoncent aux exercices militaires d’envergure.

«Nous pouvons envisager la suspension de nos essais nucléaires et de nos tests de missiles à certaines conditions. Si les États-Unis stoppent complètement leurs exercices militaires d’envergure, de façon temporaire ou permanente, alors nous, de notre côté, nous suspendrons [les tests, ndlr] temporairement… Nous pourrions tenir des négociations au sujet d’un moratoire sur les tests d’armes», a indiqué l’ambassadeur.

Selon le diplomate nord-coréen, Pyongyang est prêt à négocier avec Washington à tout moment, mais sans préconditions imposées.

https://fr.sputniknews.com/international/201706211031933211-pyongyang-moratoire-nucleaire-condition/

Juin 22

ANOMALIES SUR LA CUVE DE L’EPR DE FLAMANVILLE : EDF ET AREVA ÉPINGLÉS POUR MANQUE DE TRANSPARENCE

Cuve EPRIl est encore temps pour l’ASN de se montrer intransigeante sur la sûreté nucléaire, de résister aux pressions subies par EDF et AREVA et donc de refuser de valider la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville

Paris, le 22 juin 2017

Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) publie aujourd’hui son rapport sur les anomalies de la cuve de l’EPR de Flamanville. Le constat est sans appel : EDF et AREVA n’ont pas été transparents sur ce dossier.

EDF et AREVA jouent la politique du fait accompli

Le HCTISN, comité pluraliste nommé par décret gouvernemental, est composé de représentants d’EDF et d’AREVA et d’experts de la sûreté nucléaire. Il a pour mission de veiller à l’information du public et à la transparence des industriels du nucléaire. Le Haut comité avait décidé en juin 2015 de se saisir de l’affaire des anomalies sur la cuve de l’EPR de Flamanville et a constitué un groupe de travail ad hoc. Ces irrégularités avaient été révélées par l’ASN en avril 2015, neuf ans après la fabrication des pièces incriminées.
Au total, il lui aura fallu organiser une dizaine de réunions avec 25 experts pour tenter de faire la lumière sur ce dossier. Dans le rapport rendu public aujourd’hui, il apparaît clairement que ni AREVA ni EDF n’ont respecté les règles. EDF et AREVA « n’ont pas expliqué au public l’origine des anomalies et l’historique de la conception et de la fabrication de la cuve du réacteur EPR » précise le rapport. Pour le Haut comité, AREVA aurait notamment dû rendre publiques les réponses aux courriers que l’ASN lui a envoyés depuis 2006 sur la fabrication de la cuve. Par ailleurs, le rapport relève le fait qu’aucun scénario technique alternatif n’ait été rendu public, en cas de refus de la cuve et de son couvercle par l’ASN.

Pour Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France, « depuis le début de l’affaire, EDF et AREVA mettent l’ASN devant le fait accompli : ils refusent de communiquer un plan B pour la contraindre à accepter que l’EPR démarre avec des pièces vérolées ».

L’Autorité de sûreté nucléaire doit résister aux pressions

L’ASN doit rendre public un premier avis sur la cuve dans les prochains jours. Cet avis sera ensuite soumis à concertation publique pour une décision finale qui sera rendue à l’automne.
« Le rejet de la cuve par l’ASN enclencherait un « effet domino » en remettant en cause la faisabilité de l’ensemble des projets EPR vendus par EDF et AREVA au Royaume-Uni, en Chine et en Finlande. Les industriels mettent une pression intolérable sur l’ASN, en faisant reposer l’avenir de la filière nucléaire sur ses épaules », explique Yannick Rousselet.

Si l’ASN valide la cuve, ce sont les intérêts financiers qui primeraient sur les principes fondamentaux de sûreté nucléaire. Avec les anomalies détectées sur la cuve et son réacteur (ségrégations de carbone), rien ne permet d’assurer que celle-ci ne peut rompre et créer ainsi un accident nucléaire majeur.
« Il est encore temps pour l’ASN de se montrer intransigeante sur la sûreté nucléaire, de résister aux pressions subies par EDF et AREVA et donc de refuser de valider la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville », conclut Yannick Rousselet.

Contact : Méryl Sotty, chargée de communication : 06 73 89 48 90

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/anomalies-cuve-de-lepr-de-flamanville-edf-areva-epingles-manque-de-transparence/

Juin 22

BELGIQUE : LA COUR CONSTITUTIONNELLE RENVOIE À LA JUSTICE EUROPÉENNE LES RECOURS SUR DOEL 1 ET 2

BelgiqueLa Cour constitutionnelle a décidé jeudi de poser de nombreuses questions préjudicielles à la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) sur le recours contre la prolongation des centrales nucléaires de Doel 1 et 2, décidée en 2015 par le gouvernement fédéral.
Le gouvernement fédéral avait décidé de prolonger de dix ans la durée de vie de ces deux réacteurs, les plus anciens du pays.
Les asbl Inter-Environnement Wallonie (IEW) et Bond Beter Leefmilieu Vlaanderen (BBL) avaient déposé en janvier 2016 un recours en annulation de la loi du 28 juin 2015 « modifiant la loi du 31 janvier 2003 sur la sortie progressive de l’énergie nucléaire à des fins de production industrielle d’électricité afin de garantir la sécurité d’approvisionnement sur le plan énergétique« . Elles invoquaient le fait que le gouvernement n’avait réalisé aucune procédure d’évaluation de l’impact sur l’environnement permettant la participation du public.
Dans un arrêt rendu vendredi, la Cour constitutionnelle ne se prononce pas sur le fond de l’affaire mais pose une série de neuf questions préjudicielles – sans compter les sous-questions – à la CJUE de Luxembourg.

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_prolongation-de-centrales-nucleaires-la-cour-constitutionnelle-renvoie-a-la-justice-europeenne-les-recours-sur-doel-1-et-2?id=9641143

Juin 22

L’AFRIQUE DU SUD RÉEXAMINERA SON PROGRAMME NUCLÉAIRE EN RAISON DE LA RÉCESSION ÉCONOMIQUE

Afrique du SudL’Afrique du Sud reconsidérera son programme nucléaire du fait de l’actuelle récession économique, a indiqué, à Reuters, Mmamoloko Kubayi, la ministre sud-africaine de l’Énergie, en marge d’une visite en Russie.
« Nous réaliserons notre programme nucléaire au rythme et à l’échelle qui nous conviennent. Si nous devions en revoir l’étendue, il nous faudra revenir en arrière », explique la dirigeante dans une conférence de presse.
Plus globalement, cette difficile situation économique que traverse le pays, une première depuis 2009, vient plomber un contexte déjà marqué par de nombreuses contestations de la démarche d’attribution de contrats nucléaires adoptée par le gouvernement.
En avril dernier, la Cour de justice du Cap a notamment décidé d’invalider les conventions sur le nucléaire, conclues avec la Russie, la Corée du Sud et les États-Unis, car les jugeant illégales et inconstitutionnelles.
Pour rappel, le programme nucléaire de l’Afrique du Sud, une fois entériné devrait lui permettre d’édifier des centrales nucléaires de 1 359 MW à l’horizon 2037.

Article d’Espoir Olodo de l’Agence Écofin

http://www.agenceecofin.com/nucleaire/2106-48293-l-afrique-du-sud-reexaminera-son-programme-nucleaire-en-raison-de-la-recession-economique

Juin 22

LE CONFLIT D’INTÉRÊT QUI N’A PAS ENCORE ÉTÉ « SOLDÉ »: NICOLAS HULOT ET EDF !

Conflit d'intérêtAlors que MM Ferrand et Bayrou et Mmes Goulard et De Sarnez ont été « exfiltrés » du gouvernement, ce dernier est toujours le lieu d’un conflit d’intérêt parfaitement injustifiable mais qui, curieusement, fait l’objet d’un silence et d’une indulgence incompréhensible tant de la part du personnel politique que de la plupart des médias.
Il s’agit bien entendu des relations plus que troublantes liant le ministre de l’écologie et de l’énergie Nicolas Hulot à l’entreprise EDF qui, depuis plus de 25 ans, est le principal « parrain » de la Fondation Nicolas Hulot (FNH).
Bien sûr, il nous est expliqué que, dès son entrée au gouvernement, l’ex-animateur de télévision a démissionné de la présidence de la fondation qui porte son nom. Mais la ficelle est grossière et ne saurait convaincre.
En effet, Nicolas Hulot avait déjà opéré la même manœuvre en 2011 pour participer à la primaire écologiste, avant de reprendre la présidence de sa fondation une fois son aventure politique terminée. Il est évident que ce sera encore le cas à la fin de son mandat de ministre d’autant que, contrairement à 2011, M. Hulot n’a cette fois même pas pris la peine modifier le titre de sa fondation pour en faire retirer son nom
Il est par ailleurs notable que la Fondation Hulot et EDF ont fêté leurs 25 ans de « mariage » le 19 mai 2016 (*), en signant à cette occasion un nouveau bail de 3 ans, ce qui signifie que, début 2019, EDF pourra à nouveau prolonger son financement… ou bien y mettre un terme.
De fait, d’ores et déjà, Nicolas Hulot sait que la fondation qui porte son nom pourra être « punie«  si, en tant que ministre, il pose quelques problèmes à EDF. Or, il se trouve que des dossiers explosifs sont déjà sur le feu, et en particulier :

la validation de la cuve du réacteur EPR de Flamanville puis l’éventuelle mise en service de ce réacteur : elles nécessiteront certes l’aval de l’Autorité de sûreté nucléaire, mais aussi la signature du ministre Nicolas Hulot.
les compteurs communicants Linky sont imposés depuis plusieurs mois aux citoyens par Enedis, filiale à 100% d’EDF, avec des méthodes indignes (mensonges, intimidations, menaces) qui nécessitent l’intervention urgente du ministre avant qu’un drame ne se produise. Or, bien que régulièrement sollicité, le ministre Hulot reste muet sur le sujet.
Il faut hélas constater que la popularité de Nicolas Hulot, artificiellement construite par le biais des très polluantes émissions Ushuaia, diffusées par TF1 (propriété du trust Bouygues), semble tétaniser la plupart des dirigeants politiques de tous bords, la majorité des médias, et même la plupart des associations dites écologistes.
Le plus énorme conflit d’intérêt du gouvernement Macron-Philippe continuera-t-il à faire l’objet de cette incroyable indulgence ?

(*) https://www.edf.fr/groupe-edf/espaces-dedies/medias/tous-les-communiques-de-presse/la-fondation-nicolas-hulot-pour-la-nature-et-l-homme-et-edf-celebrent-leurs-25-ans-de-partenariat

Source : http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article335

 

Juin 21

APPEL BRUXELLES: GREENPEACE CONTINUE D’INSISTER SUR LA FERMETURE DE TIHANGE 1 ET DOEL 1 ET 3

GreenpeaceGreenpeace a une nouvelle fois rappelé devant la cour d’appel de Bruxelles son exigence de fermeture des réacteurs nucléaires de Tihange 1 et Doel 1 et 3. Selon l’organisation environnementale, il doit être mis un terme à la production d’électricité par ces centrales.

Selon Greenpeace, la décision du gouvernement fédéral de prolonger la durée de vie de ces sites est contraire aux réglementations internationales et européennes. L’État belge conteste ce point de vue.

Ces trois centrales nucléaires ont été construites en 1974 pour une durée de vie prévue de 40 ans. En 2013, puis une nouvelle fois en 2015, le gouvernement fédéral a décidé de maintenir ces centrales en activité plus longtemps.

«Ces décisions vont d’une part à l’encontre de trois avis négatifs du Conseil d’État, et d’autre part à l’encontre des réglementations internationales et européennes», a affirmé Me Johan Verstraeten, avocat de Greenpeace. «Les traités d’Espoo et Aarhus stipulent qu’une extension de la durée de vie d’une centrale nucléaire ne peut être décidée qu’à la suite d’une étude d’impact sur l’environnement et une enquête publique. Celles-ci devraient également être organisées dans les pays voisins qui pourraient être concernés par les impacts environnementaux.»

Selon l’État belge, Greenpeace ne prouve en aucune façon que la décision du gouvernement enfreint l’une ou l’autre réglementation. L’action en cessation environnementale introduite par l’organisation serait aussi irrecevable car la cour outrepasserait sa compétence si elle l’accordait. Enfin, cesser l’exploitation des centrales nucléaires mettrait en danger l’approvisionnement énergétique du pays.

Les plaidoiries se poursuivront le 17 octobre.

Le 2 juin 2015, le tribunal de première instance de Bruxelles ne s’était pas prononcé sur le fond quant à l’application directe en Belgique de la réglementation internationale (directives européennes, conventions d’Aarhus et d’Espoo) imposant l’organisation d’une étude d’incidence et d’une consultation publique en cas de prolongation de centrales nucléaires.

Affichant sa consternation, Greenpeace a fait appel du jugement.

http://www.sudinfo.be/1867983/article/2017-06-20/appel-bruxelles-greenpeace-continue-d-insister-sur-la-fermeture-de-tihange-1-et

Juin 21

NUCLÉAIRE : « MONSIEUR HULOT, VOUS POUVEZ EMPÊCHER L’EPR DE SE FAIRE ! »

HulotLe réseau Sortir du nucléaire demande au ministre de la Transition écologique de ne pas signer le décret qui autoriserait le démarrage du réacteur de Flamanville.

Ce pourrait être un premier test politique important pour Nicolas Hulot. Ce mercredi 21 juin, le réseau Sortir du nucléaire publie sur son site une lettre ouverte adressée au nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire.

Elle s’intitule « M. Hulot, protégez les populations, pas les intérêts de l’industrie nucléaire ! » et réclame à l’ancien présentateur d' »Ushuaïa », connu pour son hostilité au nucléaire, un geste politique (très, très) fort : ne pas signer les décrets autorisant la mise en service du réacteur EPR de la centrale de Flamanville (Manche).

Pourquoi ? Parce que, selon l’association antinucléaire, la cuve du réacteur « pourrait rompre, laissant se déverser le combustible nucléaire en fusion et déclenchant un accident ingérable ». Une référence aux soupçons qui pèsent sur le fond de la cuve commandée par Areva à sa forge du Creusot et qui présente un taux de carbone trop élevé.

Cet excès de carbone pourrait, en cas de choc thermique (un passage brutal du chaud au froid ou du froid au chaud), possible si un accident survient, se lézarder et laisser échapper de la radioactivité.

Pressions politiques

L’interpellation de Nicolas Hulot n’est pas lancée par hasard : l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), le gendarme de l’atome, s’apprête en effet à la fin du mois de juin à rendre un « projet de position« , un avis sur la viabilité de la cuve.

Or, selon nos confrères du « Figaro« , l’Autorité serait sur le point de donner son feu vert. Une décision prise juste avant l’été, période où l’attention du public est la plus volatile, et qui a été l’objet de pressions politiques, selon Charlotte Mijeon, porte-parole de Sortir du nucléaire :

« Depuis des mois, EDF se permet de dire que les résultats sont rassurants, que l’autorisation sera accordée. Et répète que, de toute façon, il n’a pas de plan B si l’EPR était refusé. Les enjeux sont trop énormes pour que le pouvoir politique ne s’empare pas du dossier. »

Jusqu’ici, l’ASN, autorité administrative indépendante de tout pouvoir politique, a fait preuve d’une liberté de parole, voire d’une sévérité, plutôt inattendues dans le monde verrouillé de l’atome français. Une action musclée qui tient à la personnalité de son directeur, Pierre-Franck Chevet, un homme issu du sérail nucléaire mais sur qui la catastrophe de Fukushima semble avoir joué le rôle d’électrochoc.

Cataclysme

Sauf que le « cas » EPR a, selon Charlotte Mijeon, un impact économique et politique trop lourd pour que l’ASN ait pu montrer ses muscles :

« Si l’Autorité recalait l’EPR de Flamanville, le chantier serait à l’arrêt. Cela jetterait le discrédit sur tous les autres chantiers EPR qu’EDF a à l’étranger, notamment à Hinkley Point. Cela empêcherait, de plus, EDF de racheter New NP [ex-Areva NP, filiale d’Areva, dont la Commission de Bruxelles n’a autorisé le rachat que si l’EPR recevait un feu vert de l’ASN]. »

Bref, pas sûr que Nicolas Hulot ait l’audace de provoquer un cataclysme sans précédent dans le monde du nucléaire français, déjà empêtré dans un endettement massif et des exportations plus que faiblardes. Au point que certains voient le nucléaire comme une énergie obsolète, vouée à laisser la place aux renouvelables.

« Ce que nous réclamons de Nicolas Hulot, c’est qu’il agisse aussi pour renforcer les moyens de l’ASN, souligne Charlotte Mijeon. Il est aussi indispensable que le ‘gendarme du nucléaire’ soit doté, justement, d’un vrai pouvoir de gendarmerie. Dans le dossier de l’EPR de Flamanville, l’ASN a constamment été mise devant le fait accompli par Areva alors que, depuis 2005, on savait que les pratiques de la forge du Creusot laissaient à désirer. La cuve était déjà installée alors que l’Autorité n’avait pas encore donné son feu vert. Nicolas Hulot a le pouvoir de changer cela. »

Le pouvoir théorique, oui. Les marges de manœuvre concrètes, c’est autre chose, dans un gouvernement dirigé par un ancien cadre d’Areva.

Article d’Arnaud Gonzague

http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20170621.OBS1037/nucleaire-monsieur-hulot-vous-pouvez-empecher-l-epr-de-se-faire.html

Juin 21

L’ASN EXIGE UN MEILLEUR ANCRAGE D’ÉQUIPEMENTS DE SECOURS AU SEIN DE 8 CENTRALES NUCLÉAIRES

diesel secoursL’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a demandé à EDF d’effectuer des réparations « au plus tôt » sur des équipements électriques de secours de 8 centrales qui présentaient des anomalies potentiellement préjudiciables en cas de fort séisme, a-t-elle indiqué mardi.
Ces anomalies concernent « la tenue au séisme des systèmes auxiliaires des groupes électrogènes de secours (diesel de secours), des centrales nucléaires de Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent, Paluel, Penly et Saint-Alban« , a détaillé l’ASN dans un communiqué. Concrètement, les ancrages (au sol, au mur, etc.) de ces équipements de secours ont montré un risque de faiblesse, qui pourrait les faire se décrocher en cas de séisme majeur, rendant indisponibles ces équipements, qui sont censés garantir l’alimentation électrique de la centrale en cas de défaillance de l’alimentation électrique externe.
Une première anomalie avait été détectée par EDF en mars dernier à la centrale de Golfech, un évènement signalé par l’électricien, qui avait ensuite mené des contrôles sur l’ensemble des 20 réacteurs de 1 300 MW du parc français détaille l’ASN. EDF a signalé mardi au gendarme du secteur que cette défaillance pouvait potentiellement concerner ces 20 réacteurs. « Compte tenu de l’importance du sujet » l’ASN a demandé à EDF de « résorber au plus tôt » cette défaillance, à savoir « sous trois semaines » pour au moins l’un des deux diesel de secours et « sous un mois et demi » pour le second, a expliqué à l’AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l’Autorité.
Dans un communiqué distinct, EDF a indiqué avoir entamé « un programme de renforcement de ces ancrages sur l’ensemble de unités de production de 1 300 MW » et que les « remises en conformité » de ces équipements sont « en cours » et seront achevées dans les délais. L’événement a été classé au niveau 2 sur l’échelle INES (échelle internationale de classement des événements nucléaires) qui en compte sept, souligne EDF, précisant que « les défauts à l’origine de cette déclaration n’ont eu aucun impact sur la sécurité des salariés ni sur l’environnement« .

http://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-lasn-exige-un-meilleur-ancrage-dequipements-de-secours-au-sein-de-8-centrales-170620

Juin 20

APRÈS L’INCENDIE, EELV DEMANDE LA FERMETURE DE LA CENTRALE DU BUGEY

Bugey suiteLes élus EELV de Lyon ont demandé à Nicolas Hulot, le ministre de l’Écologie et de la transition énergétique, « un engagement fort pour une fermeture de cette vieille centrale« , après l’incendie qui a eu lieu ce lundi.

Après l’incendie qui a eu lieu sur la tranche 5 de la centrale du Bugey ce lundi, les élus EELV Lyon ont réagi dans un communiqué intitulé « que faire quand une centrale nucléaire prend feu à 30 km de Lyon ?« .

Un communiqué dans lequel les écologistes lyonnais ont demandé « plus d’information pour les habitants de la métropole ainsi qu’un engagement fort de Nicolas Hulot pour une fermeture de cette vieille centrale« .

« Les Lyonnais n’ont aucune information concernant l’état réel de la centrale et n’ont aucune consigne en cas d’incident nucléaire plus grave : comment évacuer ?

Quelles précautions prendre ?

Qu’est-il prévu par la préfecture ?« ,

ont-ils regretté.

Pour Thomas Dossus, porte-parole EELV Lyon : « Ce nouvel incident doit servir d’électrochoc. Au moment où un épisode de chaleur s’installe sur la France, il est connu que le refroidissement des centrales peut devenir problématique. Il est insupportable de vivre avec cette menace permanente à proximité d’une métropole comme Lyon sans consigne précise ni information transparente. La France ne peut plus retarder l’échéance. Continuer de faire fonctionner de vieilles centrales comme le Bugey est irresponsable.« 

« Quand il n’était alors que militant associatif, Nicolas Hulot a plusieurs fois dénoncé l’impasse du nucléaire. Aujourd’hui ministre il a le devoir d’engager la France dans une voie énergétique d’avenir plus sûre en accélérant la fermeture de nos vieilles centrales« , a conclu le porte-parole d’EELV Lyon.

Pour rappel, ce lundi à 15h24, un départ de feu s’est déclenché sur le toit de la tranche 5 de la centrale nucléaire du Bugey. Le feu serait parti après des travaux d’isolation sur la tranche 5 arrêtée depuis le 27 août 2015 pour des problèmes d’étanchéité.

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Dossiers/Nucleaire/Apres-l-incendie-EELV-demande-la-fermeture-de-la-centrale-du-Bugey

Juin 20

INCENDIE SUR LA TRANCHE NUMÉRO 5 DE LA CENTRALE DU BUGEY

BugeyUn feu s’est déclaré sur la tranche numéro 5 de la centrale du Bugey ce lundi durant des travaux d’isolation.

Ce lundi à 15h24, un départ de feu s’est déclenché sur le toit de la tranche 5 de la centrale nucléaire du Bugey. Le feu serait parti après des travaux d’isolation sur la tranche 5 arrêtée depuis le 27 août 2015 pour des problèmes d’étanchéité. Cette partie de la centrale était en « phase de redémarrage« , confie la préfecture de l’Ain qui ne souhaite pas encore se prononcer sur la date de remise en service de ce réacteur. 

Les pompiers sont actuellement sur site et aucun blessé n’est à déplorer. « Des moyens de sécurité sont mobilisés sur place et le plan d’urgence interne a été déclenché par EDF« , a conclu la préfecture.

https://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Securite/Incendie-sur-la-tranche-numero-5-de-la-centrale-du-Bugey

Juin 20

EDF ALERTE L’ASN SUR HUIT CENTRALES NUCLÉAIRES, TRAVAUX EN COURS

EDFEDF a signalé mardi à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un « événement significatif de sûreté » lié à des risques en cas de séisme pour huit de ses centrales nucléaires françaises, pour lequel le groupe a d’ores et déjà réalisé ou entrepris des travaux.

Cet événement est classé au niveau deux sur l’échelle INES (échelle internationale de classement des événements nucléaires) qui en compte sept, a précisé l’électricien public dans un communiqué.

« Les défauts à l’origine de cette déclaration n’ont eu aucun impact sur la sécurité des salariés ni sur l’environnement », a également fait savoir EDF.

Dans quatre centrales – Paluel (Seine-Maritime), Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche) et Golfech (Tarn-et-Garonne)-, EDF explique que, dans le cas d’un séisme d’une ampleur exceptionnelle, la robustesse de certaines structures métalliques n’a pu être démontrée.

Pour ces centrales, le groupe ajoute avoir d’ores et déjà effectué les travaux nécessaires, qui concernent des diesels de secours devant permettre de fournir de l’électricité aux réacteurs en cas de coupure de courant sur le réseau électrique national, garantissant ainsi un refroidissement du combustible.

EDF a également identifié des défauts sur des ancrages de matériels dits « auxiliaires » assurant le fonctionnement des diesels de secours de l’unité de production n°3 de la centrale de Paluel.

En conséquence, il a étendu la déclaration d’événement « significatif » de sûreté des quatre premières centrales à l’ensemble des vingt réacteurs de 1.300 mégawatts (MW) du parc français, que les défauts soient avérés ou non, et a engagé un programme de renforcement des équipements concernés, censés assurer la tenue des installations aux séismes.

Les centrales de Belleville-sur-Loire (Cher), Cattenom (Lorraine), Nogent-sur-Seine (Aube) et Saint-Alban (Isère) sont donc elles aussi concernées par le risque dit « générique« – c’est-à-dire commun à plusieurs sites.

Fin avril, EDF avait déjà déclaré un « événement significatif de sûreté générique » de niveau 1 concernant les ancrages de certaines structures métalliques des diesels de secours de douze réacteurs.

Fin 2016 et début 2017, le groupe avait dû procéder aux contrôles d’une douzaine de réacteurs dont les générateurs de vapeur présentaient des concentrations en carbone trop importante, une anomalie là aussi « générique » qui aurait pu le contraindre à arrêter simultanément une dizaine d’unités au moment où la consommation d’électricité était au plus haut.

La note d’information d’EDF :

http://bit.ly/2sms9a9 (Benjamin Mallet, édité par Dominique Rodriguez)

http://www.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Electricite-de-France-EDF-alerte-l-ASN-sur-huit-centrales-nucleaires-travaux-en-cours-24625225/

Juin 20

CONFÉRENCE POUR UN AUTRE VISAGE ÉNERGÉTIQUE À HAUTEVILLE-LOMPNESLE 22 JUIN 2017

ConférenceL’association Sortir du Nucléaire Bugey propose une conférence pour un autre visage énergétique de la France à Hauteville-Lompnes (01), le jeudi 22 juin 2017, à 20 h 30 à l’Espace Accueil de la Salle des Fêtes, Place du DrRougy.

La conférence sera animée par Joël Guerry, Docteur-Ingénieur en Énergie et Pollution, et d’autres membres de l’association. Une introduction présentera le contexte énergétique actuel de la France avec quelques rappels historiques. Il sera ensuite présenté le cadre d’une transition énergétique : sobriété et efficacité énergétiques et énergies renouvelables. Quelques exemples de sobriété énergétique et d’économie d’énergie seront présentés : gestes éco-citoyens, extinction de l’éclairage public, rénovation énergétique des bâtiments, équipements performants (moteur, lampes, électro-ménager…). Puis un panorama des différentes énergies renouvelables sera dressé avec l’état de leur développement en France, en Europe et dans le Monde. Le constat sera le grand retard de la France et l’importante dynamique mondiale dans le secteur des énergies renouvelables. La suite de la conférence traitera de la loi de transition énergétique adoptée en août 2015. Cette loi choisit, en fait, de continuer avec une énergie nucléaire de plus en plus coûteuse face à des énergies renouvelables déjà compétitives. Ce choix va conduire la France dans une impasse économique avec, en plus, le risque accru d’un grave accident nucléaire en prolongeant les vieux réacteurs. Face au pouvoir de l’État, il sera aussi présenté comment les collectivités locales et les citoyens peuvent agir et devenir les acteurs de la transition énergétique vers du 100 % énergies renouvelables. Un film présentera comment le territoire du Mené en Bretagne développe depuis plusieurs années des installations d’énergies renouvelables avec comme objectif d’être dans 10 ans un territoire à énergie positive.

Ces films et exposés seront suivis d’un débat avec la salle.

Sortir Du Nucléaire Bugey, 28 impasse des Bonnes, 01360 LOYETTES

http://www.stop-bugey.org ou écrire à  http://contact@sdn-bugey.org

ou https://www.facebook.com/

Juin 20

NICOLAS HULOT : LES ENJEUX D’UNE NOMINATION SURPRISE

HulotNommé ministre d’État à la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot a finalement intégré l’équipe gouvernementale d’Emmanuel Macron. Deuxième dans l’ordre protocolaire, l’ancien photographe et présentateur d’Ushuaia TV a ainsi vocation à jouer un rôle majeur au sein du gouvernement Édouard Philippe. Cependant, si certains se réjouissent de la présence d’un écologiste historique au sein du gouvernement, beaucoup déplorent déjà des marges de manœuvre limitées et doutent des réels engagements d’Emmanuel Macron et de son Premier ministre Édouard Philippe en faveur de la transition et de l’efficacité énergétique des bâtiments.

Transition et efficacité énergétique : un engagement politique limité du chef de l’État ?

Rédigé à partir de deux groupes de travail sur l’énergie et l’environnement, le programme d’Emmanuel Macron sur les questions écologiques a été composé par un panel d’experts venus de la société civile et de personnalités politiques mobilisées sur ces questions. Certains de ces acteurs, engagés dans la campagne d’Emmanuel Macron, comme Julien Marchal, ancien conseiller énergie, environnement et industries extractives du cabinet d’Emmanuel Macron, Diane Simiu, directrice des programmes au sein de l’ONG WWF ou encore Arnaud Leroy, député socialiste des Français de l’étranger, pourraient contribuer à la mise en œuvre de la politique environnementale du nouveau président aux côtés de Nicolas Hulot.
Avec Michèle Pappalardo, sa nouvelle directrice de cabinet, Nicolas Hulot peut compter sur un soutien d’expérience. Déjà directrice de cabinet du ministre de l’Environnement en 1993, cette ancienne énarque connaît parfaitement bien les réalités du travail ministériel. Sur les questions environnementales, elle a notamment occupé des postes de direction dans de grands services chargés de la mise en œuvre de la transition et de l’efficacité énergétique, dont l’ADEME de 2003 à 2008. En 2008, elle a été nommée commissaire général au développement durable au sein du ministère de l’Écologie, occupant ce poste pour une durée de trois ans.  Ses contacts de longue date avec les acteurs de la transition énergétique devraient permettre de faciliter très fortement les contacts entre les services du ministre et les parties prenantes associées à ces enjeux.
Le programme et les engagements politiques d’Emmanuel Macron sur ces enjeux s’inscrivent dans la lignée de la loi sur la transition énergétique et des objectifs du gouvernement précédent.  Le nouveau chef de l’État est ainsi déterminé à atteindre 50 % d’énergie renouvelable dans le mix global d’ici 2025 et à mener une politique étatique volontariste, fondée sur 15 milliards d’euros d’investissements publics. Sur le plan de l’efficacité énergétique, Emmanuel Macron a promis un grand plan de rénovation énergétique des bâtiments publics, chiffré à 4 milliards d’euros. Pour les ménages, Emmanuel Macron souhaite achever la rénovation énergétique d’un million de logements-passoires et soutenir les initiatives des particuliers par la création d’un crédit d’impôt incitatif d’ici 2022. De même, il souhaite permettre aux foyers les plus modestes d’avoir accès à ces travaux de rénovation, en proposant notamment des audits gratuits. Cependant, l’ancien ministre de l’Économie s’est montré, sur ces questions, relativement discret pendant toute la campagne présidentielle, signe d’un intérêt limité pour les enjeux énergétiques.
De Notre-Dame-des-Landes à la mise en œuvre de la transition énergétique, certains chantiers délicats attendent le nouveau ministre d’État. L’amplitude d’action de Nicolas Hulot reste encore à définir et un besoin de clarté sur ses réelles prérogatives est nécessaire.

Agir face aux divergences : les marges de manœuvre limitées de Nicolas Hulot

Mais des divergences évidentes existent entre Emmanuel Macron, Édouard Philippe et le nouveau ministre. En effet, Nicolas Hulot perçoit l’énergie nucléaire comme un enjeu vital, dont la France doit sortir très largement. En revanche, ni Emmanuel Macron, ni Édouard Philippe n’entendent abandonner le nucléaire. Au contraire, le nouveau président de la République a multiplié les déclarations en faveur de l’énergie nucléaire, la considérant même comme un « choix d’avenir ». Les futures relations entre le Premier ministre et Nicolas Hulot suscitent aussi quelques questions. En effet, Édouard Philippe n’est guère connu pour ses engagements écologiques. Pour beaucoup d’ONG écologistes et de parlementaires de gauche, le passé d’Édouard Philippe en tant que directeur des affaires publiques du géant du nucléaire Areva, entre 2007 et 2010, suscite des inquiétudes majeures. Nicolas Hulot s’est, quant à lui, exprimé à plusieurs reprises sur le programme d’Emmanuel Macron, déplorant des engagements moins exigeants que ceux portés par Jean-Luc Mélenchon ou Benoît Hamon. L’écologiste s’est ainsi distingué par des positions offensives et radicales, prônant une sortie de « l’économie carbonée » et une révision fondamentale du « modèle énergétique » actuel.
L’incertitude très forte des marchés suite à la nomination de Nicolas Hulot a ainsi entraîné une chute brutale de 6,57 % du titre EDF à la Bourse de Paris le mercredi 17 mai, le lendemain de l’annonce du gouvernement. Plusieurs questions occasionnent des appréhensions visibles au sein du premier producteur et fournisseur d’électricité de France. En effet, la fermeture annoncée de la centrale de Fessenheim ou la non-prolongation de la durée de vie des réacteurs existants de 40 à 60 ans représentent autant de sources d’inquiétude et semblent annoncer des relations compliquées entre Nicolas Hulot et le leader français du nucléaire. Si le titre EDF a grimpé de 27 % en un mois à la Bourse de Paris, notamment du fait de la victoire annoncée d’Emmanuel Macron, cette baisse nette témoigne d’une grande réactivité et inquiétude de la part des acteurs du nucléaire en France après la nomination de Nicolas Hulot.
Autre élément notable, la disparition du ministre du Logement, dont les prérogatives sont transférées à Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires (NDLR : ex ministre puisqu’il a été « démissionné » il y a quelques heures), risque de complexifier les attributions de chacun des ministres. Nicolas Hulot devra donc collaborer activement avec d’autres ministres sur certaines projets centraux, notamment l’efficacité énergétique des bâtiments, à mener conjointement avec Richard Ferrand. Dans le domaine du développement de la mobilité verte, Nicolas Hulot aura obligation de travailler avec Élisabeth Borne, ancienne présidente de la RATP, en charge des transports. Avec un statut de ministre d’État, Nicolas Hulot possède cependant le pouvoir d’organiser des réunions interministérielles, censées optimiser la coordination entre les différents acteurs engagés sur une thématique donnée.
Encore floues, les réelles prérogatives de Nicolas Hulot devraient rapidement être éclaircies. En lui confiant un ministère aux pouvoirs élargis, Emmanuel Macron semble cependant placer la transition énergétique au cœur de son mandat présidentiel. Pour les professionnels du secteur, les engagements pris par le nouveau président, s’ils sont appliqués, pourraient leur permettre de jouir du soutien appuyé et salutaire de la puissance étatique.
Article de Simon Ballarin
http://www.filiere-3e.fr/2017/06/20/nicolas-hulot-enjeux-dune-nomination-surprise/

Juin 20

L’EPR DE FLAMANVILLE FRANCHIT UNE ÉTAPE CRUCIALE

EPRMalgré des défauts dans son acier, la cuve du réacteur ne présenterait aucun risque et doit recevoir, fin juin, le feu vert de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Les dirigeants d’EDF et d’Areva en sont désormais sûrs : fin juin, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rendra un premier avis sur la cuve du réacteur EPR de Flamanville (Manche) et la jugera – sous conditions – bonne pour le service, levant une lourde hypothèque pesant sur toute la filière française.

En avril 2015, le « gendarme » du nucléaire avait révélé que le couvercle et le fond de cet équipement sorti de l’usine Areva de Creusot Forge, en Saône-et-Loire, en 2006-2007 présentaient de trop fortes concentrations en carbone, susceptibles de réduire sa capacité à supporter les pressions et les chocs thermiques. Une situation inacceptable pour le cœur du réacteur où se produit la fission nucléaire.

Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, avait qualifié cette anomalie de « sérieuse, voire très sérieuse » et demandé au fabricant et au futur exploitant de la centrale des tests en tout genre pour s’assurer de sa résistance.

Le PDG d’EDF « plus confiant que jamais »

« Nous sommes plus confiants que jamais pour obtenir l’approbation de la cuve et des éléments du circuit primaire de Flamanville 3 », assurait le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, le 6 juin, dans un entretien aux Échos. « Les éléments apportés par Areva sont globalement rassurants, confirme une source proche du dossier. Plus de 1 700 essais ont été réalisés sur trois calottes sacrificielles similaires à celles de l’EPR. Les résultats montrent que le fond comme le couvercle de la cuve sont aptes au service. »

L’ASN se prononcera sur la base d’un rapport établi conjointement par sa propre direction des équipements sous pression nucléaires et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Jusqu’à la fin de décembre 2016, les ingénieurs d’Areva et d’EDF ont mené une batterie d’analyses sur les propriétés mécaniques, chimiques et métallurgiques de l’acier, sous le contrôle permanent de l’ASN. Un examen des sollicitations (chocs de température et de pression) a été réalisé, en fonctionnement normal ou accidentel du réacteur, et des calculs de résistance ont été effectués, en faisant le postulat de l’existence d’une fissure et en évaluant son comportement face à ces chocs. L’ASN et l’IRSN étudient ces tests depuis près de six mois.

« Consultation du public » avant le verdict définitif

L’aval de l’ASN devrait néanmoins être assorti d’un engagement d’EDF sur un renforcement des contrôles de la cuve en cours d’exploitation. L’intégrité de l’acier des cuves des 58 réacteurs en service en France est habituellement contrôlée dans les deux à trois années qui suivent la mise en service, puis tous les dix ans, lors de la visite décennale. Ces contrôles ne sont ordinairement menés que sur la « virole de cœur », la partie la plus exposée au bombardement neutronique. Pour l’EPR, réacteur de troisième génération, ils devraient être étendus aux deux calottes qui ont présenté des défauts.

D’un point de vue technique, le fond de cuve, qui se présente comme un bloc massif, se prête mieux à de telles investigations que le couvercle, perforé d’orifices permettant notamment le passage des barres de contrôle de la réaction nucléaire. Les experts d’EDF devront donc démontrer leur capacité à surveiller le comportement de cette calotte, sous peine de devoir la remplacer à terme. Une hypothèse que l’électricien préférerait écarter.

L’avis de l’ASN sera formalisé dans un « projet de position » publié à l’issue de la réunion, les 26 et 27 juin, du Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires appelé à donner son avis. Ce document sera ensuite soumis à une « consultation du public » jusqu’en septembre, avant que l’ASN ne rende un verdict définitif. Toutefois, la décision réglementaire autorisant la mise en service de cette pièce n’interviendra que « fin 2017 ou début 2018 », une fois achevés tous les tests, notamment la mise sous pression hydraulique du circuit primaire permettant de vérifier son étanchéité.

Pétition en ligne

Anticipant la décision de l’ASN, des militants de la coordination antinucléaire d’Ile-de-France se sont rassemblés, jeudi 15 juin, devant son siège à Montrouge (Hauts-de-Seine), et ont déployé des banderoles avec ces inscriptions : « Jusqu’où menacer la vie pour sauver le nucléaire ? N’attendons pas la catastrophe ! »

Une pétition en ligne du réseau Sortir du nucléaire, qui a recueilli plus de 20 000 signatures, demande au président de l’autorité de contrôle de « ne pas valider la cuve défectueuse de l’EPR ».

La cuve de 425 tonnes avait été installée dans le bâtiment réacteur en janvier 2014, puis les générateurs de vapeur y avaient été soudés. Autant dire que tout démonter aurait encore alourdi la facture de l’EPR, qui a triplé en dix ans (passant de 3,5 à 10,5 milliards d’euros).

Les premières inquiétudes dissipées, la confiance est revenue chez EDF dès 2016. Durant les deux ans d’instruction du dossier, le groupe a poursuivi le chantier de Flamanville. Il a été repris en main et a rapidement progressé, un chef de projet en rendant compte très régulièrement à M. Lévy. Sur la base de tests poussés, ses ingénieurs comme ceux d’Areva affirmaient que la cuve était parfaitement résistante, y compris dans des conditions d’exploitation extrêmes.

« Aucun plan B »

Les dirigeants d’EDF reconnaissaient d’ailleurs n’avoir « aucun plan B » en cas de rejet par l’ASN..

EDF prévoit toujours un démarrage au dernier trimestre de 2018, mais il s’agira du chargement du combustible dans le réacteur. La mise en service commerciale, elle, ne sera effective que courant 2019, après des mois de tests. Elle interviendra après le démarrage du premier EPR de Taishan (sud de la Chine), et probablement après celui d’Olkiluoto (Finlande), construit par Areva et qui accuse un retard de sept ans.

Le feu vert de l’ASN sur la cuve est capital pour la filière française. La Commission européenne en a fait une de ses conditions pour qu’EDF puisse racheter New NP (2,5 milliards), l’ex-Areva-NP chargée de concevoir, de construire et d’entretenir les réacteurs nucléaires. L’opération interviendra fin 2017, si une autre condition suspensive est remplie : les résultats positifs de l’audit international mené dans les usines New NP de Chalon – Saint-Marcel (Saône-et-Loire) et Jeumont (Nord), et surtout du Creusot.

De graves irrégularités avaient été décelées par l’ASN dans la tenue des dossiers et le contrôle des produits de cette forge, l’une des plus puissantes au monde. Ces manquements se sont étalés sur plusieurs décennies au sein du site racheté par Areva en 2006, au moment où sa présidente, Anne Lauvergeon, positionnait le groupe sur tous les métiers du nucléaire. New NP va devoir apporter la preuve de ses capacités à « garantir la qualité des futures fabrications au sein de cette usine », a prévenu l’ASN.

Article de Pierre Le Hir et Jean-Michel Bezat

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/06/20/l-epr-de-flamanville-franchit-une-etape-cruciale_5147738_3244.html

Juin 20

LE FRONT SOCIAL ET LES LUTTES ÉCOLOGISTES SE FORMENT FACE À MACRON

BurePrésident et Assemblée nationale sont en place : mais l’abstention massive lors des élections leur enlève beaucoup de légitimité. Déjà, les militants se préparent à défendre les droits et les territoires. Reporterre vous propose une revue des terrains, en commençant par le Front social qui s’est rassemblé lundi 19 juin.

Extrait concernant le nucléaire :

Bure et la bataille du nucléaire

Malgré le feu vert pour la cession du bois Lejuc à l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), l’opposition reste vive contre le projet de poubelle nucléaire. Sur place, les militants continuent d’investir la forêt, construisant de nouvelles cabanes pendant la semaine d’actions du 19 au 26 juin. Mais, d’après le site vmc.camp <http://vmc.camp/>, la menace d’une expulsion se précise, signe que « l’affaire n’est plus guidée par la préfecture, qui n’a pas de pouvoir sur l’armée, mais conjointement entre le ministère de l’Intérieur et le ministère des Armées ».
S’il ne s’est pas prononcé clairement pour le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires, Emmanuel Macron s’est en revanche montré favorable au projet d’EPR de Flamanville. Et bien que le président entende garder le cap de la loi sur la transition énergétique, qui prévoit une baisse de la part du nucléaire à 50 % du mix énergétique, il n’a toutefois rien précisé sur la fermeture de centrales en plus de celle, prévue, de Fessenheim…

Pour lire l’intégralité de l’article :

https://reporterre.net/Le-Front-social-et-les-luttes-ecologistes-se-forment-face-a-Macron

Juin 20

LA R&D CHINOISE DES ARMES NUCLÉAIRES AU PLUS HAUT NIVEAU

R et D ChinoiseLe pays célèbre le 50ème anniversaire de son premier essai de la bombe H.
La recherche et le développement des armes nucléaires en Chine a atteint le niveau le plus avancé au monde, même si le stock du pays reste relativement faible, ont déclaré dimanche les experts, au lendemain du 50e anniversaire du premier essai chinois de la bombe à hydrogène.

La Chine est techniquement avancée dans le développement de nouvelles armes nucléaires, grâce à ses installations à grande échelle, à ses institutions de développement nucléaires et à ses réacteurs, a ainsi expliqué Song Zhongping, un expert militaire basé à Beijing, qui a servi dans le second régiment d’artillerie (aujourd’hui la force des fusées) de l’armée populaire de libération (APL).

La toute première bombe H de Chine fut testée dans le désert de la région autonome ouïgoure du Xinjiang (nord-ouest du pays) le 17 juin 1967. Le succès de cet essai a bouleversé le monde, car il n’a fallu à la Chine que deux années et huit mois pour développer une bombe à hydrogène, après l’essai de sa première bombe atomique en octobre 1964.
« Nous utilisons les armes nucléaires de façon dissuasive et nous adhérons à la stratégie du refus de la première frappe, ce qui signifie que le pays n’utilisera pas ses armes, sauf s’il est attaqué en premier lieu par un adversaire. La Chine possède un nombre bien moins important d’armes [nucléaires] et dépense moins comparée aux États-Unis et à la Russie », a indiqué Song Zhongping.
« Le pays continue de procéder à des essais nucléaires, même s’il est passé des essais souterrains aux simulations par ordinateur, du fait des risques de pollution environnementale et des coûts extrêmement élevés », indique Gui Liming, un expert du système de sécurité nucléaire de Chine à l’Université Tsinghua, ajoutant que les armes nucléaires coûtent également très cher à entretenir.
D’après le PLA Daily, le journal phare de l’APL, la conception et la production des bombes à hydrogène reflètent pleinement le niveau scientifique et technologique d’un pays, ainsi que sa force nationale globale.

La construction d’une bombe à hydrogène nécessite une réserve de talents de haute qualité constituée d’experts dans des domaines divers, incluant la physique nucléaire, la mécanique, l’optique, la science des matériaux et les sciences informatiques. Il faut également le soutien d’une puissance nationale forte, car la recherche pour les bombes à hydrogène nécessite beaucoup de technologies et d’équipements nouveaux. Elle est par ailleurs bien plus difficile que celle pour les bombes atomiques.
La première bombe à hydrogène de Chine fut larguée par un bombardier chinois H-6, qui est une copie reconfigurée du bombardier soviétique Tupolev Tu-162. Depuis, la Chine a amélioré et développé son bombardier H-6 et celui-ci est toujours en service. En 2015, le H-6K, la dernière variante du bombardier H-6, a fait partie de la parade célébrant le 70e anniversaire de la victoire de la Chine. Et en 2016, il a patrouillé en mer de Chine méridionale et en mer de Chine orientale.
Les médias chinois ont commémoré le 50e anniversaire du premier essai de la bombe en interviewant l’ancienne équipe travaillant sur ce projet.
À 80 ans, Zuo Wenlai, un ancien militaire spécialisé dans la logistique, se rappelle des conditions de travail difficile dans le désert de Gobi dans le Xinjiang il y a 50 ans : « Nous avions creusé un trou dans le sol et planté une tente pour vivre, ainsi que des pommes de terre et de l’orge qingke (orge du Tibet) pour nous nourrir », raconte-t-il.
Il était tenu dans l’ignorance quant à l’objectif de son travail et ne savait pas qu’il avait participé au projet de construction de la bombe à hydrogène jusqu’à ce qu’il voit un film de l’explosion.
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Source: french.china.org.cn <http://french.china.org.cn/>

http://french.china.org.cn/china/txt/2017-06/20/content_41062728.htm

Juin 20

LE JAPON NE COMPTE PLUS SUR LES USA ET COMMENCE À S’ARMER

JaponLes relations entre les États-Unis et la Corée du Nord font monter la tension en Asie. Les rumeurs d’une guerre éventuelle sont constamment relancées par les tirs de missiles en Corée du Nord, les manœuvres des porte-avions américains ou encore les déclarations tonnantes des politiciens des deux pays.

Si les USA s’engageaient dans une confrontation militaire avec la Corée du Nord ou la Chine, le Japon serait forcé d’y participer compte tenu du nombre de bases militaires américaines se trouvant sur son territoire. D’un autre côté, rien ne garantit que les USA apporteraient une assistance à part entière à Tokyo si le Japon entrait en conflit avec la Chine ou la Corée du Nord.

Les autorités japonaises songent donc de plus en plus à se reposer sur leur propre armée, ce qui nécessite de la renforcer.

Tractations politiques

La semaine dernière, l’ex-ministre japonais de la Défense, membre du parti libéral-démocrate au pouvoir et éventuel candidat au poste de premier ministre Shigeru Ishiba, a déclaré au cours des débats sur le changement de Constitution du pays que le moment était venu de renommer les Forces d’autodéfense pour les reconnaître enfin comme des forces armées à part entière.

Cette déclaration avait été prononcée à l’approche de l’appel, en mai, du premier ministre japonais Shinzo Abe à fixer dans la Constitution de l’État d’ici 2020 le statut juridique des Forces d’autodéfense du Japon. Jusqu’à présent, leur statut légal était en suspens et dans les faits l’existence des forces armées japonaises étaient simplement reconnue par défaut et avec l’accord des USA. La détermination du statut des Forces d’autodéfense ne changera rien à l’esprit de l’article 9* de la Constitution et ne dotera pas les troupes japonaises d’un caractère offensif, mais pourrait constituer un pas symbolique marquant la progression du Japon vers une certaine autonomie militaire.
 En 2015, Abe avait déjà réussi à introduire dans la loi la notion d’auto-défense collective qui accordait le droit d’aider des alliés en dehors du pays si la menace visant ces derniers s’étendait également sur le Japon — il était évidemment question de la Corée du Nord. En mai 2017, la marine japonaise a utilisé pour la première fois ce droit et a escorté un navire de transport de la marine américaine en mer du Japon.

Pendant que les politiciens évoquent les aspects légaux et symboliques, le Japon prend des décisions réelles pour renforcer sa puissance militaire.

Plus de missiles, de sous-marins et de drones

En mai déjà, les médias japonais rapportaient que le Japon avait l’intention d’acheter le système terrestre de défense antimissile Aegis Ashore aux États-Unis — l’idée étant d’accroître les chances d’intercepter des missiles nord-coréens et d’atténuer la sollicitation des six destroyers japonais dotés du système naval Aegis. Tokyo a besoin de trois batteries d’Aegis Ashore pour couvrir le pays et chaque batterie — sans les missiles — vaut près de 700 millions de dollars. Le système devrait être mis en place d’ici 2023.

Cette annonce a été condamnée aussi bien en Chine qu’en Russie. Les voisins du Japon ont remis en question le caractère purement défensif de ce système étant donné qu’il peut également tirer des missiles de croisière, et que même si ces complexes feront partie des Forces d’autodéfense du Japon, ils pourront être utilisés par les Américains à leurs propres fins en cas d’aggravation de la situation dans la région, y compris en cas de conflit avec la Chine ou avec la Russie.
En mai également, il a été annoncé que les géants américains de l’industrie de l’armement comme Raytheon CO et Lockheed Martin Corp travaillaient avec leurs confrères de Mitsubishi Electric Corp et Fujitsu Ltd au Japon à l’élaboration de nouveaux radars de plus grande portée pouvant être utilisés dans le cadre des systèmes Aegis Ashore.
D’ici 2020, quand le Japon accueillera les Jeux olympiques, il est prévu de doubler la portée et d’accroître la précision des complexes antimissiles terrestres Patriot PAC-3. D’ici là, le Japon compte moderniser 28 complexes — à commencer par ceux qui protègent Tokyo.
Il a été rapporté en mai que le Japon étudiait la possibilité d’acquérir des missiles de croisière Tomahawk. Si cette transaction avait lieu, ils seraient certainement installés sur les destroyers japonais équipés du système Aegis. Il s’agirait alors de la première arme offensive du Japon capable d’éliminer des cibles en Corée du Nord.
Le Japon compte également accroître sa flotte sous-marine de 18 à 22 unités, en sachant que l’industrie du pays construit ses propres sous-marins modernes au lieu de les acheter à l’étranger — même s’il ne parvient pas encore à mettre au point leur exportation, par exemple en Inde ou en Australie. Hormis les torpilles, les sous-marins sont dotés de missiles anti-navires et travaillent étroitement avec la marine américaine en réalisant le travail principal de suivi du déplacement des navires et des sous-marins chinois.
Depuis plus d’un an, on évoque également de la volonté du Japon d’acheter aux USA trois drones de reconnaissance RQ-4 Global Hawk. Pour l’instant, sur les bases américaines au Japon sont stationnés des RQ-4 américains, et il est fort probable que les Japonais suivent des formations pour apprendre à les utiliser. Les Japonais n’étaient pas non plus satisfaits par la réticence des Américains à doter les appareils destinés au Japon de tous les systèmes modernes, c’est pourquoi Tokyo a négocié parallèlement avec Israël la fourniture de drones.

L’arme nucléaire

Le plus inquiétant reste les discussions officieuses menées périodiquement sur la nécessité, pour le Japon, de se doter de l’arme nucléaire en tant que moyen de dissuasion. Tokyo n’est pas certain que les États-Unis le soutiendront totalement en cas de conflit d’envergure avec ses voisins disposant de l’arme nucléaire (Corée du Nord, Chine, Russie).

Après l’élection du président américain Donald Trump les médias étrangers ont écrit que le moment était le plus opportun pour le Japon de devenir une puissance nucléaire, que Trump ne s’y opposait pas et que dans l’ensemble les USA perdaient leur emprise dans la région — d’autant que leurs manœuvres de porte-avions et les déclarations sur le réfrènement de la Chine sont des paroles en l’air. Les déclarations de politiciens japonais sur toute méthode permettant de défendre le pays, y compris les frappes nucléaires, se font entendre depuis 2002 quand la Corée du Nord a dévoilé l’existence de son propre programme nucléaire.
 Les politiciens américains, pour intimider la Chine, jettent périodiquement de l’huile sur le feu en déclarant que le Japon pourrait «devenir une puissance nucléaire en une nuit».
On estime aujourd’hui que le Japon est à même de créer une ogive nucléaire en 6-12 mois. L’ex-ministre japonais de la Défense susmentionné — et candidat potentiel pour devenir le prochain premier ministre — disait en 2011: «Je ne pense pas que le Japon ait besoin de posséder l’arme nucléaire, mais il est important que nous entretenions le travail de nos réacteurs commerciaux, car ils nous permettrons de créer une ogive nucléaire dans les plus brefs délais. C’est ce qu’on appelle un moyen de dissuasion..»
Pour la même raison, le Japon s’est opposé à l’organisation cette année d’une réunion à l’Onu pour évoquer un éventuel accord sur l’interdiction de l’arme nucléaire — tout comme les autres puissances nucléaires.

https://fr.sputniknews.com/international/201706191031905698-japon-etats-unies/

Juin 19

LIVRE : LA FARCE CACHÉE DU NUCLÉAIRE, EN BREF

livreVoici un livre édifiant et accessible, qui révèle les arcanes de l’industrie atomique en général et du fonctionnement de nos centrales nucléaires en particulier. À l’occasion de sa sortie, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a créé sa propre maison d’édition, Yasnost’Éditions.

L’auteur est issu du sérail d’EDF et il a fait sienne la doctrine de l’exploitant en matière de transparence : « Dire au public tout ce qu’il n’aimerait pas apprendre par d’autres que nous« . Il écrit cependant sous un pseudo par crainte de passer sous les fourches Caudines de son entreprise. Tout au long de l’ouvrage il s’attache à montrer que la transparence psalmodiée à l’envi par l’électricien national n’est en réalité que poudre aux yeux à l’attention des populations désinformées et du monde politique docile.

Vous avez dit confinement ?

Dans la communication officielle, une centrale nucléaire est constituée de barrières de confinement dont l’étanchéité est vantée par les industriels de l’atome mais aussi par l’Autorité de sûreté nucléaire.

Dans la première partie, l’auteur démontre qu’il est extravagant de parler d’étanchéité à propos des barrières de confinement disposées entre la radioactivité et l’environnement. De nombreux exemples viennent étayer cette démonstration, soulignant que les centrales nucléaires sont de véritables passoires.

  • Les crayons de combustible

Parfois un crayon de combustible éclate et de la matière nucléaire radioactive se disperse dans le circuit primaire et contamine l’ensemble de l’installation. Avec un exemple précis, l’auteur démontre comment une partie de cette radioactivité se retrouve dans l’environnement. Les populations proches de la centrale sont les plus exposées et les enfants, très radiosensibles, se retrouvent en première ligne.

  • Le circuit primaire

Chaque année, des centaines « d’incidents », plus ou moins graves, se produisent dans les centrales. Le livre compare les brefs communiqués infantilisants de l’exploitant, l’avis d’incident technique mais argumenté de l’Autorité de sûreté nucléaire et enfin le rapport interne rédigé par EDF. Exemple avec la fuite sur un des réacteurs de la centrale de Cruas en 2012 : lorsque le service de désinformation d’EDF évoque « un dégagement de vapeur« , l’ASN note de manière plus réaliste une « fuite d’environ 150 m3 d’eau du circuit primaire« . Par la suite, le rapport interne de la centrale, non rendu public, confirmera cette fuite et fera état de « dégâts matériels notables » et du dépassement des « limites de conception » des circuits impactés par l’incident. Trois échanges standards de soupapes, le remplacement d’un filtre et d’une pompe seront nécessaires à la remise en état de l’installation. Le public n’en saura rien. La notion de transparence s’est évaporée dans le « dégagement de vapeur« .

Mais même en l’absence d’incident, tous les réacteurs nucléaires fuient quotidiennement avec des débits allant de 122 litres par jour (Dampierre 4) à 2174 litres par jour (Bugey 2). Il s’agit là des fuites sur le circuit primaire, la deuxième barrière étanche, relevées en 2013, des fuites dites « non quantifiées […] mettant en cause la sûreté« .

  • Les enceintes de confinement

Les enceintes de confinement présentent également des fuites, certaines bien plus que d’autres.

La palme de la fuite revient incontestablement au réacteur n° 1 de Civaux et son béton de médiocre qualité. Parmi les nominées, les centrales de Belleville et de Flamanville se distinguent. Les bétons ont très mal vieilli. Ils sont si poreux et fissurés que d’immenses surfaces des enceintes de confinement sont tartinées de rustines pour réussir les tests d’étanchéité décennaux.

De plus, beaucoup de tranches ne passent le cap de l’épreuve d’étanchéité qu’aux prix d’artifices qui convainquent de moins en moins l’Autorité de sûreté nucléaire. C’est le cas du réacteur n° 5 du Bugey qui se voit attribuer le prix du jury pour l’arrêt prolongé de son réacteur à cause des fuites de son enceinte de confinement vieillissante. EDF souhaitait redémarrer son réacteur avant réparation mais le gendarme du nucléaire en a décidé autrement à cause de l’atteinte du critère de sûreté. Et là, l’Autorité de sûreté nucléaire n’a pas transigé sur le redémarrage de la tranche malgré la pénurie d’électricité causée par la surabondance de chauffages électriques.

  • Les générateurs de vapeurs

Les générateurs de vapeurs posent également des problèmes de fuite et l’eau contaminée du circuit primaire migre dans le circuit secondaire réputé propre. La corrosion, l’usure et les corps étrangers provoquent des fissures sur les tubes des générateurs de vapeur avec in fine des fuites. L’auteur dresse une ahurissante liste de « corps migrants » qui se promènent dans les circuits de nos centrales nucléaires. La photo ci-contre prise en 2013 donne un petit aperçu du délabrement des installations avec ce morceau de grille posé sur un assemblage combustible.

Des risques d’accidents bien réels !

La Farce cachée du nucléaire se penche ensuite dans la deuxième partie sur les risques d’accidents nucléaires avec fusion du réacteur. Longtemps jugé impossible par nos brillants experts, « l’accident grave » fait désormais partie des possibles.

Ce livre détaille toutes les phases de l’accident de perte de réfrigérant primaire d’un réacteur, de l’ouverture de la brèche sur le circuit primaire à la rupture de la cuve. La perte précoce du confinement et les explosions provoquées par la dégradation du combustible sont évoquées sans tabou. Les risques causés par le corium, une lave de plusieurs milliers de degré Celsius composée de combustible nucléaire, sont abordés avec franchise, comme la percée de la dalle (le radier) du bâtiment réacteur.

En s’appuyant sur des documents internes, dont certains classifiés en « Diffusion restreinte« , l’ouvrage donne une vision bien moins rassurante que celle propagée par le discours officiel bien huilé où tout serait sous contrôle. Dans un de ses documents, EDF avoue ses faiblesses en matière de gestion accidentelle : « Non seulement le nombre de phénomènes à prendre en compte est important, mais chaque phénomène est complexe et sa quantification est entachée d’incertitudes. […] De la même façon, l’évaluation des rejets dans l’environnement met en jeu une multitude de phénomènes physiques qui sont soumis à des incertitudes importantes« .

Les incertitudes importantes n’empêchent pas EDF de pronostiquer des rejets radioactifs ridiculement faibles en regard de ce que l’histoire nous a appris. C’est comme si les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima n’avaient pas eu lieu. Pour arriver à de tels rejets insignifiants dans les documents officiels des études d’accidents, EDF ne sélectionne que de gentils scénarios d’accidents vite maîtrisés.

Dans certains cas, la fusion du combustible est tout de même envisagée mais ce n’est qu’au bout de plusieurs jours que la rupture de la cuve est censée survenir. Cela laisse le temps pour évacuer tranquillement la population avant que les conséquences radiologiques des rejets radioactifs ne viennent perturber les prévisions optimistes des Plans particuliers d’intervention (PPI). Pourtant dans les cartons dédiés à « l’Organisation nationale de crise« , il existe des scénarios d’accident où le combustible en fusion (corium) perce la cuve en à peine plus d’une heure. Et dans ce cas, les rejets radioactifs deviennent extrêmement importants sans qu’il ait été possible d’évacuer les populations environnantes.

Des risques de contamination sous-évalués

Mais même dans ces conditions, les ingénieurs d’EDF réussissent le tour de force de minimiser les conséquences radioactives potentielles pour les enfants résidant à proximité d’une centrale accidentée. De quelle façon ? En retenant un taux de fuite du bâtiment réacteur ridiculement bas en regard des prévisions établies par d’autres ingénieurs EDF.

En se basant sur des notes d’études non publiques d’EDF, l’auteur a recalculé des conséquences radioactives plus réalistes. Dès le premier jour de l’accident, les rejets radioactifs deviennent énormes à cause de ce que l’exploitant appelle pudiquement les « fuites naturelles de l’enceinte » de confinement, soit disant étanche. En réalité, une centrale nucléaire est bien étanche… à l’information.

tableau2Le tableau ci-dessus révèle les conséquences radiologiques du premier jour de l’accident. Retrouvez dans l’ouvrage les doses radiologiques du second jour de l’accident calculées par EDF lors de l’ouverture du « filtre à sable » : elles sont colossales même à dix kilomètres de la centrale de Civaux qui est prise comme exemple.

Opacité et culte du secret : les conséquences des catastrophes minimisées

Les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima ont montré que la maîtrise de la communication était primordiale à la survie de l’industrie nucléaire. Dans l’ex-URSS et au Japon, la contamination de vastes territoires habités provoque une catastrophe sanitaire bien contrôlée par la propagande des instances atomiques et gouvernementales. En France il en sera de même lorsque l’accident surviendra. Tout est prêt pour minimiser l’ampleur de la contamination consécutive à une catastrophe nucléaire. L’auteur montre point par point les mécanismes de déni mis en place pour masquer les risques de la radioactivité.

Sortir du nucléaire avant la catastrophe !

La dernière partie de l’ouvrage dresse la liste des centrales à arrêter en priorité selon l’auteur. Le chauffage électrique installé de façon massive dans les logements a rendu la France dépendante de ses centrales nucléaires dès que le thermomètre passe en négatif. L’EPR de Flamanville présenté comme la panacée dans le domaine énergétique est en train de ruiner EDF et Areva : ce réacteur est obsolète et de graves défauts de fabrication devraient le condamner définitivement. Dans le monde entier, le nucléaire en déclin ne représente finalement qu’une énergie d’appoint.

Ce livre, clair et compréhensible pour qui veut s’y plonger, donne enfin des pistes sur les possibilités de Sortir du nucléaire…avant la catastrophe.

La farce cachée du nucléaire, Yasnost’Editions, Réseau « Sortir du nucléaire », 250 pages, format A4, mars 2017

Disponible sur notre boutique en ligne au prix de 12€

(*) Pour consulter les documents et sources internes à EDF, rendez-vous sur : lafarcecacheedunucleaire.info

http://www.sortirdunucleaire.org/La-farce-cachee-du-nucleaire-en-bref

Juin 19

APPEL À ACTION CONTRE L’EPR ET SA CUVE DÉFECTUEUSE : NOUS AVONS PEU DE TEMPS POUR AGIR !

EPREDF, Areva, l’État français et même la Commission Européenne exercent aujourd’hui des pressions considérables sur l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) afin qu’elle qualifie la cuve de l’EPR de Flamanville « apte au service » malgré ses défauts : le gendarme du nucléaire doit publier un projet de position à la fin du mois de juin avant de rendre un avis définitif en septembre. Dès aujourd’hui et pendant tout l’été, mobilisons-nous pour exiger de l’ASN qu’elle n’homologue pas la cuve défectueuse et pour rappeler que les intérêts de l’industrie nucléaire ne doivent jamais passer avant la protection des populations.

Dès 2005, l’Autorité de sûreté nucléaire a détecté de graves problèmes liés aux procédures de fabrication des aciers à l’usine Creusot Forge. Bien que l’ASN ait averti Areva de l’ampleur des malfaçons, cela n’a pas empêché la livraison et l’installation d’une cuve défectueuse dans l’EPR de Flamanville. Pourtant, la cuve est une pièce cruciale pour la sûreté d’une centrale : si sa résistance est insuffisante, cela augmente les risques d’une rupture qui pourrait déboucher sur un accident nucléaire.

ORGANISEZ UNE ACTION, pour dénoncer les pressions exercées sur l’ASN. Rassemblons-nous devant les divisions de l’ASN, les agences EDF et les installations Areva. Pour cela rien de plus simple :

Retrouvez l’adresse et la géolocalisation de l’agence EDF la plus proche de vous ici. https://particulier.edf.fr/fr/accueil/aide-et-contact/contact/boutiques.html

Retrouvez l’adresse et la géolocalisation de la division de l’ASN la plus proche de vous ici. https://www.asn.fr/L-ASN/ASN-en-region

Et pour localiser une installation Areva proche de vous, tapez « Areva » suivi de votre département dans un moteur de recherche.

 J’INSCRIS UNE MOBILISATION À L’AGENDA 
 JE ME PROCURE LE KIT MILITANT 

SIGNEZ ET FAITES SIGNER LA PÉTITION  : « Ne validez pas la cuve défectueuse de l’EPR ! » : elle sera remise officiellement à l’ASN lors de la réunion du Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires, chargé d’étudier le dossier de la cuve, les 26 et 27 juin. Vite, il nous reste 6 jours pour agir :

 JE SIGNE LA PÉTITION 

FAITES TOURNER L’INFO SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX, en partageant la pétition et en faisant tourner nos visuels : gagner la bataille contre les lobbys passe aussi par une sensibilisation du plus grand nombre.

Sur les réseaux sociaux, des « actions flash » seront aussi mises en place tout au long de l’été alors, restez branchés !

http://sortirdunucleaire.org/Petition-cuve-EPR

Juin 19

LA CORÉE DU SUD VEUT SORTIR DU NUCLÉAIRE

Moon CoréeLe nouveau président sud-coréen Moon Jae-In a promis lundi de renoncer aux projets de nouveaux réacteurs nucléaires, dans le cadre d’une politique visant à sortir de l’atome. Le président issu du centre-gauche avait fait campagne en promettant une sortie graduelle du nucléaire, et le développement du solaire et de l’éolien. La catastrophe de Fukushima au Japon, provoquée en mars 2011 par un séisme et un tsunami, avait profondément marqué l’opinion sud-coréenne quant aux risques associés au nucléaire. « Nous allons entrer dans l’ère post-nucléaire« , a déclaré M. Moon dans un discours lors d’une cérémonie marquant le premier démantèlement d’un réacteur nucléaire. « Je vais abandonner tous les projets de nouveaux réacteurs actuellement en cours et je ne prolongerai pas la vie des réacteurs actuels« , a-t-il ajouté.

De nombreux réacteurs sont situés près de zones résidentielles densément peuplées, a relevé le président, mettant en garde contre les « conséquences inimaginables » de l’éventuelle fusion du cœur d’un réacteur sud-coréen. « La Corée du Sud n’est pas exempte du risque de tremblement de terre, et un accident nucléaire provoqué par un séisme peut avoir un impact dévastateur« , a-t-il dit. La Corée du Sud compte 25 réacteurs nucléaires qui produisent 30% de l’offre énergétique du pays. Beaucoup d’entre eux sont censés s’arrêter entre 2020 et 2030 et la décision de prolonger leur existence est censée être prise sous le mandat de M. Moon.

Il s’était engagé pendant sa campagne à tenter de fermer toutes les centrales nucléaires, mais cela prendrait des décennies. La méfiance de l’opinion envers le nucléaire a été renforcée ces dernières années par une série de scandales de corruption impliquant les agences publiques du nucléaire. Des séismes ont également alimenté les inquiétudes sur la fiabilité des centrales existantes. M. Moon a également promis de faire entrer son pays dans l’ère « post-charbon » afin, notamment, d’améliorer la qualité de l’air. Mais, dans un pays dont 40% de l’énergie est produite par le charbon, supprimer les centrales thermiques risquerait de provoquer une hausse monumentale des tarifs de l’énergie, avertissent les experts.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/06/19/97002-20170619FILWWW00053-la-coree-du-sud-veut-sortir-du-nucleaire.php

Juin 19

FESSENHEIM LA CENTRALE MARCHE TOUJOURS SUR UNE PATTE

FessenheimVoilà un an que le réacteur n° 2 de la centrale nucléaire de Fessenheim est arrêté, l’Autorité de sûreté ayant suspendu le certificat d’épreuve d’un de ses générateurs de vapeur pour un défaut de forgeage. L’instruction du dossier durera encore plusieurs mois.

Annoncé d’abord pour le mois de mars dernier, puis pour juillet, le redémarrage du réacteur n° 2 de Fessenheim devra encore attendre plusieurs mois. S’il redémarre un jour… Archives L’Alsace/Thierry Gachon

À l’arrêt du réacteur n° 2 le 13 juin 2016 pour maintenance et rechargement de combustible, EDF espérait le redémarrer quelque 60 à 90 jours plus tard. Mais le 19 juillet suivant, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) annonçait avoir suspendu le certificat d’épreuve d’un de ses trois générateurs de vapeur (GV) forgé au Creusot, une procédure jamais appliquée jusqu’ici, empêchant de facto la reprise de son exploitation.

L’audit mené à la demande de l’ASN au sein de Creusot-Forge après la découverte d’anomalies sur le couvercle et la cuve de l’EPR de Flamanville, avait en effet fait apparaître de lourdes incertitudes sur la qualité de conception de ce générateur de vapeur. « Sur 91 cas d’irrégularités significatives constatées, rappelle Pierre Bois, chef de la division strasbourgeoise de l’ASN, 25 présentaient un enjeu de sûreté. » 24 sont aujourd’hui maîtrisés. « N’en reste plus qu’un, toujours à l’instruction » : celui du GV n° 335 de Fessenheim 2.

Le réacteur n°2 pourra-t-il seulement redémarrer ?

« Le processus de forgeage de la virole basse de ce générateur de vapeur réalisé en 2008, n’a pas été mené conformément au dossier technique remis à l’ASN et aux règles de l’art », avait détaillé le gendarme du nucléaire au moment de la suspension du certificat. Il est précisé que « le chutage de la masselotte prévu en cours de forgeage n’a pas été réalisé », ce qui, en clair, signifie que la partie où se concentrent les impuretés n’a pas été suffisamment enlevée, avec des conséquences potentielles pour la sûreté nucléaire.

Ce défaut, identifié lors de la fabrication par Creusot-Forge, qui n’a pas jugé bon d’en informer ses clients, relève de « pratiques industrielles inacceptables », avait dénoncé Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN, au même titre que toutes les autres irrégularités constatées sur le site de Saône-et-Loire et signalées au procureur de la République (une enquête judiciaire est ouverte pour mise en danger d’autrui, faux et usage de faux et tromperie aggravée).

Alors que le doute subsiste toujours sur le devenir de la centrale, son exploitation à mi- puissance seulement depuis un an apporte de l’eau au moulin des antinucléaires, qui pointent les problèmes de sûreté (lire ci-dessous). « Le dossier est toujours à l’instruction et prendra encore quelques mois, explique pour sa part Pierre Bois. La démarche est unique en son genre et on n’a pas de chemin balisé à suivre. Raison de plus pour adopter une procédure exemplaire et une exigence de sûreté totale. »

EDF a fait fabriquer des pièces sacrificielles pour réaliser des tests chimiques, thermiques et mécaniques sur la résistance d’aciers présentant les mêmes défauts que la virole basse. En plus des allers-retours générés par les questions-réponses entre l’ASN et EDF, Areva, propriétaire des forges du Creusot, doit encore fournir des éléments sur la partie réalisation du GV.

Tout cela prend du temps, d’autant que les moyens de l’ASN sont également mobilisés par le dossier prioritaire de l’EPR. Le dossier complet devra encore être soumis à l’expertise scientifique et technique de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), puis au groupe permanent d’experts, pour recommandations. Ces consultations nécessiteront à chaque fois plusieurs semaines, à tel point qu’une décision de l’ASN ne pourra intervenir au plus tôt qu’à l’automne.

Toutes les options sont ouvertes et commandées par les impératifs de sûreté. Après analyse de tous les éléments du dossier, « on peut imaginer que l’ASN juge le générateur de vapeur apte au service. Ou apte sous réserve de certaines conditions d’exploitation concernant les variations de pression ou de température, indique Pierre Bois. Ou qu’elle le juge inapte et demande son remplacement pour autoriser un redémarrage. »

À l’exploitant alors de voir s’il préfère relancer le réacteur en commandant un nouveau générateur de vapeur ou d’abandonner la moitié de la capacité de production de la centrale de Fessenheim. À moins que la politique de transition énergétique de la France ne décide pour EDF.

http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2017/06/18/la-centrale-marche-toujours-sur-une-patte

Juin 19

NICOLAS HULOT ANNONCE LA FERMETURE DE PLUSIEURS RÉACTEURS NUCLÉAIRES

HulotNicolas Hulot a annoncé la fermeture prochaine de plusieurs réacteurs nucléaires en France, dans l’objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité en France.

Le ministre de l’environnement et de l’énergie Nicolas Hulot a déclaré lundi que le gouvernement prévoyait de fermer certains réacteurs nucléaires d’EDF pour réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique du pays.

Il n’a pas donné d’indications d’échéanciers pour ces fermetures.

Nicolas Hulot a déclaré aux journalistes lors du sommet de l’environnement du G7 dans la ville de Bologne en Italie, qu’il était trop tôt pour donner des chiffres concernant l’objectif de la France de réduire la part du nucléaire dans sa production électrique en passant de 75% à 50%.

« Nous allons fermer certains réacteurs nucléaires et ce ne sera pas juste une action symbolique » a-t-il déclaré.

Les parts d’EDF, qui étaient en baisse de 0,8% avant la déclaration de Nicolas Hulot, ont immédiatement chuté de 2,2%.

Interrogé sur la possibilité d’introduire une taxe carbone, Nicolas Hulot a déclaré « la France a déjà une taxe carbone que nous augmentons chaque année. Au niveau européen, nous voulons augmenter le seuil » a-t-il indiqué.

Ségolène Royal, à qui Nicolas Hulot a succédé, a déclaré en mai dernier que la France introduirait de manière unilatérale un seuil du prix carbone d’environ 30 euros la tonne, avec pour objectif de lancer une action européenne plus large pour réduire les émissions et faire avancer l’accord climatique international conclu en décembre 2015.

Cependant, le gouvernement précédent avait discrètement abandonné ce plan en fin d’année dernière, alors que les syndicats arguaient qu’il conduirait à la fermeture de plusieurs usines de charbon.

Le directeur exécutif d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a souvent appelé à un prix minimum du carbone fixé entre 30 et 40 la tonne en France et en Europe, ce qui stimulerait les centrales nucléaires de la société, qui n’émettent pas de dioxyde de carbone.

Article de Sandra BESSON

http://www.actualites-news-environnement.com/36387-Nicolas-Hulot-reacteurs-nucleaires.html

Juin 18

L’AMBIGUÏTÉ NUCLÉAIRE ISRAÉLIENNE EST-ELLE LEVÉE ?

IsraelLes Israéliens viennent enfin d’avouer ! Oh rien de coupable, ni de bien méchant. Simplement l’État hébreu possèderait des réacteurs nucléaires et donc des bombes atomiques. La censure militaire et l’album souvenir de l’un de ses architectes, Dan Eytan, permettent de présenter les principaux bâtiments du site nucléaire israélien qui a tant fait fantasmer les médias et les chancelleries du monde entier. « Une entreprise unique » dira l’architecte Dan Eytan qui prit non seulement la direction de la planification du projet mais qui prit aussi les photos si sensibles. Il est fort possible que cette mini révélation précédera de peu des révélations qui auraient pu être faites par des satellites espions étrangers. Il vaut mieux prévenir que guérir. Peut-être aussi est-ce la maxime qui prévaut et que doivent méditer les responsables iraniens en ce moment.

Ambiguïté nucléaire ? Des décennies après la construction du Centre de recherche nucléaire de Dimona, des images et photos jamais dévoilées auparavant ont été publiées avec l’accord des censures militaire et politique. Elles montrent des bâtiments de réacteurs nucléaires en cours de construction. Ce sont des images rares, récemment publiées sur le site de la firme d’architectes  « Firms Blade-Rigg » sous la rubrique « Bibliothèque et Centre de recherche, Dimona Nuclear Research Center ». On peut apercevoir les principaux bâtiments du réacteur au début des années 60, y compris la construction qui figurait sous le nom de couverture « Civic Center Néguev», dans lequel étaient enregistrés officiellement des bâtiments, tels que des bureaux, une bibliothèque, un château d’eau et une résidence. Nom de couverture disions-nous !

« Cela a été filmé dans les années 60. J’ai concouru à l’appel d’offres, concours bien sûr confidentiel et limité, en présence de plusieurs bureaux de planification de la partie civile du réacteur », explique le professeur Dan Eytan, qui est l’un des architectes du réacteur, et j’ai pris quelques photos.  « Les structures civiles incluaient tous les services du système, administration, maintenance de grandes installations industrielles, salle à manger, clubs, centres de formation, clinique et bien plus. Cela comprenait pas mal de grandes structures de la région. »

«Ce fut un projet très excitant à cause de son objectif unique en soi. C’est pourquoi il y eut un suivi exceptionnel de tous les plans de développement. Mais nous avions totalement carte blanche», se souvient-il. Les photos ont été prises pendant la construction, avant que les bâtiments ne soient occupés et habités. «J’étais partenaire dans un bureau d’architecture. Tous les bâtiments de l’organisation de l’environnement et des structures civiles faisaient du Projet de la porte d’entrée à la porte de la région « chaude ». J’ai filmé pendant la construction. »

Dan Eytan qui a aujourd’hui 82 ans ne s’explique pas pourquoi les images du réacteur ont été publiées précisément en ce moment. «Il y a dix-huit mois, j’ai été invité à un programme d’entretien sur les développements dans le pays, et on a demandé et réclamé ma présence dans une partie du réacteur, » dit-il. Certaines des images, le Professeur Eytan les a prises lui-même, et certaines ont été incluses dans ses archives. « Une fois, j’ai été envoyé dans la salle du réacteur sans l’avoir demandé. Puis j’ai reçu quelques photos que j’ai faites qui étaient estampillées par les autorités comme si elles étaient approuvées officiellement.  J’ai réalisé qu’elles n’étaient plus classées secret défense», dit-il. « Une fois, j’ai voulu visiter le réacteur un peu après la fin de la construction des bâtiments mais je n’ai pas obtenu de réponse. Je ne sais pas si ma demande s’est perdue en chemin ou pas. Quelqu’un peut prendre pitié de moi et me laisser entrer,» avait-il écrit en plaisantant. « Il était très intéressant pour moi de voir de l’intérieur ce qui avait été fait. Après avoir fini le développement, je n’ai jamais rien pu voir. »

«C’est excitant», explique le professeur Eytan que les images aient été approuvées par la censure, « parce que cela n’avait jamais été permis jusqu’à ce jour. Cela représente quelque chose dans le développement de l’architecture. » La participation au projet fut un excellent moyen d’opportunité professionnelle. « Après cela, je suis allé dans maints endroits dans le monde comme le Bâtiment Mexique de l’Université de Tel-Aviv, presque en même temps», dit-il.

Il n’en reste pas moins que le monde officiellement sait qu’un réacteur nucléaire (ou plusieurs certainement) existe en Israël et que ce n’est pas forcement pour faire des ronds dans l’eau.

http://israelmagazine.co.il/tsahal/lambiguite-nucleaire-israelienne-est-elle-levee-2/

Juin 18

UN FILM DOCUMENTAIRE À SOUTENIR : MOUNANA, LES BLESSURES INVISIBLES

SynopsisOublier Mounana, c’est certainement ce que souhaitent certains, cette ville est « une épine dans le pied d’AREVA« .

Mounana, les blessures invisibles  est un film documentaire qui entre actuellement en phase de post-production. Votre soutien dans cette campagne de crowdfunding permettra avant tout de soutenir le financement du montage image & son  d’un film d’auteur qui se veut indépendant dans sa liberté de point de vue.

Au Gabon, quinze ans après la fermeture de ses mines, Mounana est devenue une ville fantôme. La nature, toute puissante sous ces latitudes, a balayé en quelques années les incroyables efforts déployés par l’homme pour la maîtriser. Dès les années 50, la France, décidée à en exploiter le sous-sol riche en uranium, en avait fait stratégiquement une cité riche et moderne construite ex nihilo loin de la capitale Libreville. Français et Gabonais ont travaillé de concert pendant un demi-siècle sur cette industrie nucléaire alors balbutiante, convaincus qu’ils œuvraient pour l’avenir. Mais le cours du minerai a poussé les Français à arrêter l’exploitation du site et aujourd’hui la ville est redevenue village.

Aujourd’hui la plupart des gens de Mounana sont désœuvrés. À côté des vieux, Roland, Blaise et Florent qui ont vécu l’arrivée des blancs et qui racontent avec émotion leurs souvenirs de la mine et d’un temps qui n’est plus, Jeremy et ses copains encore étudiants balancent entre colère et désillusion ; car pour construire leur vie la plupart n’ont pas d’autre choix que de quitter leur ville. Certains ne baissent pas les bras, à l’image de Millie, qui élève ses enfants avec affection et rigueur entre son job à la mairie, le travail aux champs, et une buvette qu’elle tient avec son mari Constant. Ou encore le «Génie» Tanga, botaniste autodidacte, qui expérimente différentes plantations dans une pépinière dont il attend beaucoup des résultats. Et puis il y a Bongas : respecté par tous, ce jeune père de famille qui fut un temps sportif professionnel a créé un club de foot – l’Académie Sport de Mounana – qui donne un cadre aux jeunes de la cité ouvrière. À force de travail le club est passé premier de sa région cette année. Si tout va bien il va pouvoir atteindre la deuxième division nationale…

Alors peut-être qu’on reparlera, enfin, de Mounana. Mounana oubliée, Mounana abandonnée…

L'intentionLa destinée de Mounana et de sa mine est à mes yeux une allégorie parfaite des relations Nord/Sud: la petite histoire d’un territoire oublié qui raconte si bien la grande… celle avec le « H ». J’ai personnellement connu cette ville à la fin des années 70 : elle vivait alors son âge d’or. Fils d’un géologue expatrié, je courais dans les glaises rouges des bords de la rivière Mitembe aujourd’hui polluée et passais mes journées assis dans l’école aux murs irradiés qu’il a fallu détruire depuis. À mes yeux, Mounana n’est pas seulement le champ de bataille d’intérêts géopolitiques et de stratégies industrielles ; cette ville appartient à la sphère de l’intime, elle me concerne personnellement.

Le destin de cette ville fut tour à tour une épopée industrielle, une aventure humaine, un défi scientifique, un choc civilisationnel, mais il contenait également les ingrédients de la tragédie : logique néocoloniale, manipulation politique, pollution industrielle… Une histoire complexe que la grande forêt africaine a su maintenir étouffée.

15 ans après la fermeture de ses mines que devient Mounana ? Quelles sont les conséquences d’une exploitation d’uranium sur une ville et sur ses hommes ? Que reste-t-il de ce passé commun avec la France et les français ? Quelles traces demeurent d’un Mounana d’avant l’exploitation ? Quels équilibres économiques et sociaux se présentent aujourd’hui ? À quels futurs possibles rêvent ses habitants ? Comment vit-on aujourd’hui à Mounana, dans la « ville uranium » ?

C’est animé par ces questions que je retourne rencontrer les habitants de Mounana aujourd’hui : pour évoquer au présent les questions que posent ce processus de « reconstruction » en essayant de comprendre un passé ; pour collecter une histoire transmise par la parole, que viendront soutenir des images du passée et du présent ; filmer les enjeux, les émotions aussi, de la vie, aujourd’hui, à Mounana.

Très connue dans le monde secret du nucléaire, cette petite ville gabonaise et sa mine d’uranium à la géologie exceptionnelle, a fourni le combustible nécessaire à l’essor du nucléaire français pendant un demi-siècle. Il n’est pas exagéré de dire que l’uranium de Mounana a grandement participé au processus qui a permis à la France, au lendemain de la seconde guerre mondiale, de réussir son basculement d’ « empire colonial » à « puissance nucléaire ».

Il y a une dizaine d’années Mounana s’est invitée dans l’actualité française. Un rapport de SHERPA* et Médecins du Monde avait tenté d’alerter l’opinion sur la situation de cette petite ville du haut Ogooué gabonais et de ses anciens mineurs. L’exploitation venait de fermer ; la presse locale hurlait à l’empoisonnement post-industriel, dénonçant une population sacrifiée, quand AREVA faisait du greenwashing et invitait qui voulait à venir se perdre dans cette zone reculée d’Afrique pour montrer sa bonne foi et ses bonnes pratiques. À l’époque, même si certains cherchaient des voies d’apaisement et proposait des options de reconversions économiques, la plupart des politiques locaux et français étaient en froid, et mettaient la pression sur l’industriel qui faisait l’autruche quand il ne balayait pas le sujet avec mépris.

L’uranium est une substance qui fait peur, sujette à de nombreux fantasmes. Cette atmosphère est en partie créée par la difficulté de la population à obtenir des informations qu’elle jugerait fiables et objectives sur la situation sanitaire et environnementale. Actuellement il est difficile de déterminer avec précision le niveau de dangerosité du site. Les rapports officiels  (AIEA, AREVA, CNPPRI – Agence de protection Gabonaise, ASN, Sénat) se veulent rassurants et parlent d’une exposition naturelle conforme aux normes en vigueur, quand les associations (CATRAM, association d’anciens travailleurs, CRIIRAD, Médecin du Monde) parlent de manquements, de pollution industrielle et de mise en danger d’autrui.

À quoi va servir le financement ?

Votre soutien permettra d’aider à financer la phase de post-production et notamment le montage image & son, étape clé de l’écriture du film.

Nous accédons à la salle de montage et rémunérons la talentueuse monteuse Nadine Verdier pour lancer le montage image  du film.

Le compositeur Ian WilIiams apporte sa créativité pour accompagner la narration avec une bande originale.

Le mixage son vient ensuite harmoniser cette bande sonore avec les dialogues et ambiances du film.

Nous complétons le film d’un habillage graphique et ajoutons des séquences d’infographies pour faciliter la compréhension du sujet, notamment la topographie du site de Mounana (carte).

La touche finale, le dernier coup de pinceau qui donne tout son éclat au film : l’étalonnage.

Le film terminé est envoyé au labo pour en faire plusieurs exports aux formats nécessaires pour les projections à venir.

25 000 Euros sont nécessaires pour terminer le film.

Plus de détails et extrait du film sur: https://fr.ulule.com/mounana-le-film/

Juin 17

SUISSE : LE REDÉMARRAGE DE BEZNAU 1 EST À NOUVEAU REPOUSSÉ

BrznauCe nouveau retard est dû à des «commentaires» émis par l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) concernant le certificat sur la sécurité de la cuve de pression.

Dans un communiqué diffusé vendredi soir, l’exploitant Axpo annonce que le démarrage est désormais prévu le 31 octobre 2017. Cette date tardive est notamment due au fait qu’en été, peu d’experts et d’entreprises spécialisées sont disponibles à court terme.

Axpo avait remis en novembre 2016 le rapport de sécurité sur la cuve de pression à l’IFSN. L’entreprise jugeait alors que rien ne s’opposait au fonctionnement de la centrale jusque vers 2030, arguant que les examens et analyses conformes au cahier des charges fixé par l’IFSN avaient abouti à des résultats positifs.

Des défauts avaient été constatés dans l’acier de la cuve de pression de Beznau 1: 925 «mini-trous» d’un diamètre d’environ 7 millimètres. Le bloc 1 de la centrale est le plus ancien réacteur commercial au monde. Il compte 47 ans d’activité.

Cette longue mise à l’arrêt du réacteur coûtera 300 millions de francs à Axpo jusqu’en octobre, a précisé Tobias Kistner.

http://www.lematin.ch/suisse/Le-redemarrage-de-Beznau-1-est-a-nouveau-repousse/story/11123989

Juin 16

SUISSE : PLAINTE DE GREENPEACE CONTRE LA SÉCURITÉ NUCLÉAIRE

L’organisation reproche à l’IFSN d’avoir redémarré Leibstadt en février sans connaître la cause exacte des dégâts constatés.

Greenpeace estime que l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN) « a sans doute enfreint la législation en vigueur » en autorisant le redémarrage de la centrale nucléaire de Leibstadt (AG). L’organisation a porté plainte auprès du Conseil de l’IFSN.

L’IFSN a autorisé en février le redémarrage de la centrale de Leibstadt sans connaître la cause exacte des dégâts constatés sur 47 des 648 éléments combustibles qui constituent le cœur du réacteur, a indiqué vendredi Greenpeace. En portant plainte jeudi, l’organisation « pose la question de la légalité de cette décision« .

Lors de la révision annuelle de la centrale de Leibstadt en août 2016, les experts ont constaté des traces d’oxydation sur 47 éléments combustibles du réacteur. L’IFSN a identifié des « dryouts », c’est-à-dire un assèchement dû au refroidissement insuffisant des barres combustibles, comme étant la cause de cette oxydation.

« Pas tolérable« 

Pour Greenpeace, l’IFSN n’a pas expliqué « la cause exacte » de cette oxydation et « un refroidissement défaillant des barres combustibles n’est pas tolérable« . Le but de la plainte est d’obliger l’IFSN à « clarifier ce qui n’a pas correctement fonctionné dans le cas de Leibstadt« .

Dans sa plainte, Greenpeace relève « d’autres manquements« . L’organisation cite notamment un phénomène d’assèchement du combustible déjà survenu en 2014 et qui n’a pas fait l’objet d’une analyse approfondie. La communication venant de l’IFSN est aussi jugée problématique: d’importantes informations ont « régulièrement été oubliées » et des déclarations sont « souvent contradictoires« .

Surveillance et information

« Les négligences se sont accumulées dans une mesure inadmissible« , selon Florian Kasser, spécialiste nucléaire de l’organisation cité dans le communiqué. « Cela montre que l’IFSN a une compréhension de la sécurité qui n’est pas acceptable« . Dans sa plainte, Greenpeace prie le Conseil de l’IFSN de demander à l’IFSN de corriger sa pratique en matière de surveillance et d’informer complètement et de manière transparente sur ce qui s’est passé à Leibstadt.

En février déjà, 19 organisations, dont Greenpeace, ont écrit à la conseillère fédérale Doris Leuthard pour exiger que les problèmes techniques de la centrale soient clarifiés avant d’autoriser son redémarrage. Des réactions sont aussi venues de l’étranger: le land allemand du Bade-Wurtemberg et le land autrichien du Vorarlberg ont posé la même exigence.

https://www.lecourrier.ch/150313/plainte_de_greenpeace_contre_la_securite_nucleaire

Juin 16

L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE : UN GENDARME DIGNE DE COURTELINE

EPR MédiapartLe 7 juin, l’Autorité de Sûreté Nucléaire explicitait sa stratégie concernant les anomalies de fabrication du couvercle et du fond de cuve de l’EPR. On peut rappeler que ces pièces, fabriquées sans tenir compte des normes de réalisation et donc suspects, ne peuvent plus être soumises aux tests de conformité (du moins pour ce qui concerne le fond de cuve), et qu’un second  couvercle n’avait pas non plus passé les tests. Et depuis plus de deux ans, les participants à cette mascarade un peu grotesque  essaient de démontrer  que des pièces non conformes le sont peut-être quand même, si l’on fait de nouvelles et belles simulations, si l’on développe une stratégie d’utilisation de l’EPR (du genre pas trop de chocs thermiques, ou des montées plus lentes en température et autres mesures de sauvegarde  qui sont à la merci de n’importe quel incident non prévu…).

Et ce 7 juin, l’ASN annonce qu’elle réunira le Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaire pour se prononcer sur les études faites par EDF, AREVA, l’IRSN. Jusque-là, rien que de très normal. Puis l’ASN « établira un projet de position » sur ce couvercle et sur la cuve de l’EPR. A priori, on doit penser que ce projet de position nous expliquera que ces pièces sont déclarées conformes, ou qu’elles ne le sont pas. Après tout, c’est son rôle…

Mais la suite fait tomber à la renverse : ce projet de position, l’ASN le « soumettra à la consultation du public jusqu’au mois de septembre 2017. Elle prendra définitivement position à la fin de cette consultation« . Du jamais vu !

Voici un organisme réputé indépendant, garant de la sûreté nucléaire, qui au terme de deux ans d’études, ne semble pas fichu de prendre ses responsabilités. Et quel public va devoir se prononcer sur un dossier  aussi compliqué ? Le public français dans son entier ? Celui qui serait évacué dans le cas d’une catastrophe? L’Europe peut-être ?  Ah non, pas l’Allemagne. Le Rhin est là pour bloquer tout nuage… Le Royaume-Uni non plus, ils ne sont plus en Europe…

C’est à se demander ce qu’ils ont fumé, à l’ASN, après leur réunion…

Il ne reste qu’une explication : l’ASN ne veut pas se risquer, puisque de toute manière, il est à peu près impossible de se prononcer sur la qualité des pièces incriminées : si elles sont déclarées conforme, c’est tout le problème des normes de fabrication qui est en cause. Si elles sont déclarées non-conformes, c’est en gros 10 milliards d’euro jetés par les fenêtres…

Alors, on remet la décision entre les mains du public ? Mais quelle pourra être la question posée : « Sachant que la cuve et le couvercle ne sont pas conformes, et que donc il ne peut pas y avoir de garantie que l’EPR tienne, que nous conseillez-vous ? On se lance quand même ?« …

D’autant que l’ASN avait déjà pris ses précautions : voir l’arrêté du 30 décembre 2015, qui, en cas de « difficultés particulières »  spécifie que « l’Autorité de sûreté nucléaire peut, par décision prise après avis de la Commission centrale des appareils à pression, autoriser l’installation, la mise en service, l’utilisation et le transfert d’un équipement sous pression nucléaire ou d’un ensemble nucléaire n’ayant pas satisfait à l’ensemble des exigences… ». Autrement dit, l’ASN peut déclarer conforme un élément qui ne l’est pas…

Alors, si l’ASN doit se réfugier derrière une « consultation du public », c’est que les choses vont mal…

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https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-brom/blog/150617/lautorite-de-surete-nucleaire-un-gendarme-digne-de-courteline

Juin 16

NUCLÉAIRE : L’UE AUTORISE LA CRÉATION D’UN FONDS DE 24 MILLIARDS D’EUROS EN ALLEMAGNE

Nucléaire AllemagneLa Commission européenne a autorisé la création d’un fonds de 24 milliards d’euros pour la gestion de déchets radioactifs en Allemagne. Cette structure accueillera les passifs des exploitants allemands de centrales nucléaires liés à la gestion des déchets radioactifs et du combustible usé. Ce sont ces exploitants qui se chargeront, en contrepartie, du financement de ce véhicule.

Cette somme de 24 milliards d’euros se compose d’un montant de base correspondant aux provisions déjà constituées par les exploitants à cet effet et d’une prime de risque visant à couvrir le risque d’augmentations futures des coûts.

La Commission a conclu que la décision de l’Allemagne de reprendre les passifs liés à la gestion des déchets radioactifs constitue une aide d’État du fait qu’il existe des incertitudes importantes quant au coût total de la gestion de ces déchets et que le versement prévu d’un montant d’environ 24,1 milliards d’euros ne protège pas entièrement l’Allemagne des effets de dépassements de coûts de ce type.

http://www.boursorama.com/actualites/nucleaire-l-ue-autorise-la-creation-d-un-fonds-de-24-milliards-d-euros-en-allemagne-9a17d786ea1891c5f0b473e70608efe2

Juin 16

LA MOITIÉ DES CENTRALES NUCLÉAIRES AMÉRICAINES PERDENT DE L’ARGENT

La moitiéSelon Bloomberg, 34 des 61 centrales nucléaires perdent au total 3 milliards par an. L’écart se creuse entre les centrales situées dans les États régulés, où le prix est soutenu, et les autres.

L’effondrement de l’ex-fleuron du nucléaire  Westinghouse en début d’année a brutalement révélé aux Américains l’étendue des difficultés du secteur longtemps considéré comme le plus prometteur. Mais le constat des analystes de Bloomberg est sans appel. Selon l’agence, plus de la moitié des réacteurs américains sont déficitaires. Les pertes cumulées par 34 des 61 centrales du pays atteindraient près de 3 milliards de dollars par an. Un chiffre obtenu en comparant le tarif de l’électricité vendue par ces centrales, estimé entre 20 et 30 dollars par mégawattheure (MWh), à ce qu’elle coûte à produire, soit 35 dollars par MWh.  

Le principal responsable est toujours le même : le gaz de schiste, abondant et bon marché, qui chasse peu à peu les centrales électriques tournant avec des combustibles plus onéreux. Le gaz est devenu l’an dernier la première source de production d’électricité, représentant 34 % du mix, contre 30 % pour le charbon et 20 % pour le nucléaire. Portées par des avantages fiscaux, les énergies renouvelables sont elles aussi venues grignoter des parts de marché. Quatre centrales nucléaires sont en cours de fermeture, tandis que quatre autres ont fermé ces quatre dernières années, à la fois pour des raisons économiques et de sécurité. 

Recentrage sur les marchés régulés

La situation reste toutefois très contrastée pour le secteur. C’est dans les États où le marché de l’électricité n’est pas régulé que le nucléaire subit le plus violemment la concurrence du gaz. Les producteurs qui y sont les plus présents sont ceux qui souffrent le plus, comme  Exelon,  FirstEnergy, ou  Entergy. La totalité des centrales opérées par les deux premiers sont situées dans des États non régulés, et la moitié de celles du troisième. FirstEnergy a admis que ses centrales situées dans des États dérégulés perdaient de l’argent. Et Entergy a annoncé un recentrage de son activité sur les marchés régulés.  

Pour pouvoir continuer à opérer, ces producteurs militent auprès des pouvoirs publics pour obtenir des subventions, arguant du fait qu’elles représentent de nombreux emplois qualifiés (jusqu’à 100 fois plus que les centrales au gaz, selon certaines études) et n’émettent pas de gaz à effet de serre – Bloomberg estime que la fermeture des réacteurs non rentables aurait un impact direct sur les émissions, qui reculent aux États-Unis depuis cinq ans. Certains producteurs critiquent même, à ce titre, les aides aux énergies renouvelables. Exelon a déjà obtenu un coup de pouce des États de New York et de l’Illinois, tandis que First-Energy menace, faute d’un appui public, de fermer trois sites, dans l’Ohio et en Pennsylvanie.  

Article d’Elsa Conesa, Les Échos, Bureau de New York

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030386669081-la-moitie-des-centrales-nucleaires-americaines-perdent-de-largent-2094922.php

Juin 16

POUR NE PAS SUBIR LA TRANSITION, INVENTER LE SYSTÈME ÉLECTRIQUE DE DEMAIN

Système électriqueParc nucléaire historique, énergies renouvelables, maîtrise de la demande énergétique… l’avenir du système électrique français se joue dans la décennie qui vient. Par Nicolas Berghmans et Andreas Rüdinger, chercheurs Climat et énergie à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri)   

La campagne électorale a livré son cortège de propositions pour la transition de notre système électrique. Sans surprise, et en dépit des orientations issues de la loi relative à la transition énergétique, c’est la question du mix de production qui a divisé les candidats, partagés entre une sortie du nucléaire et un développement accéléré des énergies renouvelables (ENR), et au contraire la prolongation des réacteurs existants au-delà de leur durée de vie initiale de 40 ans.
 
Au-delà des postures, la décennie à venir constituera un point de bascule majeur pour l’avenir du système électrique français, et ce, quelle que soit l’orientation choisie. Les défis sont nombreux pour le quinquennat qui s’ouvre : préciser l’avenir du parc nucléaire historique dans un contexte marqué par les incertitudes multiples autour de la faisabilité (industrielle, technique et économique) du grand carénage, accélérer le développement des ENR et mener une politique ambitieuse de maitrise de la demande énergétique.

Absence de volonté politique

Si un cadre a été posé par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (loi TECV) adoptée en 2015, comment assurer la cohérence des différentes orientations proposées pour le système électrique ? Certes, la France s’est dotée d’un cadre de gouvernance qualifié de « précurseur mondial » par l’Agence internationale de l’énergie <https://www.iea.org/publications/freepublications/publication/Energy_Policies_of_IEA_Countries_France_2016_Review.pdf> , la Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE). Mais la PPE de 2016 ne détaille pas suffisamment les mesures à mettre en œuvre et la voie à emprunter pour atteindre les objectifs énergétiques fixés pour 2025, 2030 et 2050. C’est particulièrement vrai concernant le rôle de l’électricité dans le système énergétique à venir et c’est bien l’absence de volonté politique, celle de faire des choix clairs, qui a bridé la portée de cette première version. La révision prévue en 2018, puis tous les cinq ans, offrira une opportunité de clarifier ces choix, cruciaux pour l’avenir.

Quel avenir pour le chauffage électrique (un tiers des logements) ?

Négligée dans la programmation actuelle, l’élaboration d’une trajectoire ambitieuse de maîtrise de la demande électrique constitue un enjeu central pour le prochain quinquennat. Si l’évolution des consommations « ne se décrète pas », elle reste largement influencée par les politiques énergétiques. Il est donc indispensable de remettre cet enjeu au cœur du débat politique : comment optimiser l’intégration de la recharge des véhicules électriques et de l’autoconsommation électrique dans le système électrique,  pour améliorer la flexibilité et la résilience du système? Quel avenir pour le chauffage électrique, présent dans près d’un tiers des logements, au regard de la stratégie de rénovation énergétique et du défi de gestion de la pointe hivernale ?

Incertitudes industrielles

Côté production, cela saute aux yeux, le traitement actuel des filières est asymétrique. Précis et ambitieux pour les énergies renouvelables, les objectifs restent évasifs pour l’évolution du parc nucléaire. Les incertitudes industrielles et économiques autour du prolongement de la durée d’exploitation des réacteurs nucléaires historiques impliquent d’initier au plus vite les premières opérations pour disposer d’un retour d’expérience. Pourtant, selon la trajectoire actuelle de la PPE et sans augmentation des exportations d’électricité, respecter l’objectif de 50% de nucléaire en 2025 nécessiterait une réduction de la production équivalente à la fermeture de 12 à 20 réacteurs en seulement 2 ans. S’affranchir entièrement de l’objectif de 50% nucléaire ou décaler celui-ci à 2030 pourrait alléger la contrainte sur la baisse du nucléaire, mais augmenterait le risque d’un surdimensionnement des capacités de production et d’investissements échoués, à moins de réviser à la baisse l’ambition sur le développement des filières renouvelables.

Établir une stratégie robuste, éviter les choix coûteux, inventer le futur

Les échanges avec les pays voisins pourraient bien sûr offrir une sorte de soupape de sécurité et un débouché pour l’électricité excédentaire produite. Mais une stratégie consistant à miser, sans coordination avec les pays voisins, sur l’augmentation des exportations d’électricité ne serait pas sans risques, alors que le prix sur le marché de gros est au plus bas depuis dix ans et pourrait le rester durablement. Il est donc primordial pour la France de mieux intégrer les évolutions des pays voisins si elle veut établir une stratégie robuste, et le débat engagé à l’échelle européenne sur la réforme du marché électrique tombe à point nommé pour renforcer la coopération.

L’existence d’incertitudes multiples est bien réelle mais elle ne peut servir de prétexte à l’absence de choix politiques, sous peine de subir une transition non contrôlée du secteur, et de générer des transformations incohérentes et coûteuses. Pour le système électrique, les choix restent largement ouverts. Reste à se saisir des outils à disposition pour inventer le système électrique de demain.

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/pour-ne-pas-subir-la-transition-inventer-le-systeme-electrique-de-demain-738245.html

Juin 16

EPR DE FLAMANVILLE : CETTE NOTE D’EXPERT QUI POINTE LE DANGER DE LA CUVE

EPRDes documents de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) montrent que la cuve de l’EPR ne passe pas un test de résistance mécanique. Elle ne serait donc pas conforme à la réglementation, contrairement à ce qui se dit ces jours-ci.

Areva et EDF jouent une bonne partie de leur avenir économique ce mois-ci. Première séquence aujourd’hui : comme le rappellent les Échos, le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire se réunit pour plancher sur la sûreté de la cuve du réacteur nucléaire de type EPR construit par Areva pour le compte d’EDF à Flamanville. Fin juin, ce sera autour du Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires (GPESPN) de travailler. Il examinera les conclusions d’un autre organisme : l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), l’expert technique de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

La toute puissante ASN, qui ne rendra son avis définitif qu’en septembre, va-t-elle valider la cuve de l’EPR. De récentes fuites dans la presse laissent penser que oui. Pourtant, une note technique publiée par l’IRSN elle-même en avril dernier, mais jusqu’ici passée totalement inaperçue, montre que cette cuve n’est pas conforme à la réglementation des équipements nucléaires sous pression. Et pose bien un problème majeur de sûreté. Noyée au milieu d’une masse de documents mis en ligne, elle est datée de septembre 2015 et signée de Gérard Gary, physicien nucléaire, directeur de recherche émérite ex-CNRS rattaché au laboratoire de mécanique des solides de l’École Polytechnique.

Que dit Gérard Gary ? « Les mesures réalisées dans les zones suspectes (de la pièce sacrificielle) ont révélé des valeurs de résilience insuffisantes pour satisfaire le premier niveau de défense vis à vis de la sûreté ». En l’occurrence, il s’agit d’un test de résilience, qui mesure la capacité d’un matériau à absorber l’énergie quand il se déforme sous l’effet d’un choc et dont le résultat est mesuré en Joules : la réglementation impose un résultat supérieur à 60 Joules. Or la moyenne des tests réalisés sur une pièce sacrificielle similaire à la calotte de l’EPR ressort à 52 Joules. Le physicien précise aussi que sur cette pièce, la résilience attendue était de 220 Joules.

Traduction : en cas de choc violent, le fonds de la cuve de l’EPR pourrait rompre. Or ce risque de rupture est strictement interdit par la réglementation : la rupture entraînerait la perte du liquide de refroidissement, donc le dénoyage du cœur nucléaire débouchant sur un accident nucléaire très grave. Pour Monique Sené, une physicienne réputée, cofondatrice et présidente du Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN) qui édite La Gazette Nucléaire et est membre du groupe d’experts de l’ASN, ce résultat négatif aux tests de résilience devrait logiquement amener l’ASN à interdire la cuve de l’EPR.

EDF a déjà dépensé 10,5 milliards d’euros dans ce réacteur

Dans sa note, Gérard Gary va plus loin en expliquant comment Areva essaie de convaincre les experts du GPESPN pour qu’il passent outre ces tests négatifs. « On constate que l’ASN est très vigilante devant les stratégies de contournement du règlement proposées par AREVA […] Je n’ai pas observé, au cours de la réunion, autant de vigilance chez la plupart des experts (NDLR : du GPESN) au cours d’une discussion qui s’est focalisée sur des aspects techniques. »

On peut comprendre qu’Areva et son commanditaire EDF fassent tout pour obtenir l’aval de l’ASN. Bruxelles a conditionné à la qualification de la cuve son feu vert à la recapitalisation de 4,5 milliards d’euros d’Areva. Et EDF a déjà dépensé 10,5 milliards d’euros dans la construction du réacteur.

Interrogé par Capital, Areva explique avoir remis à l’ASN les résultats d’un programme d’essais complémentaires lancé fin 2015. “ Les essais ont été menés sur des couvercles et des fonds de cuve analogues à ceux du réacteur EPR de Flamanville 3. Trois calottes sacrificielles ont été utilisées et plus de 1 700 échantillons en ont été prélevés (…). Les caractéristiques de ténacité mesurées dans les pièces sacrificielles respectent les attendus de la lettre de suite de l’ASN émise en décembre 2015 ; elles sont dans la gamme haute de ce qui était anticipé par les experts d’AREVA.

Thierry Gadault

http://www.capital.fr/entreprises-marches/epr-de-flamanville-cette-note-d-expert-qui-pointe-le-danger-de-la-cuve-1232494

Juin 14

CORÉE DU NORD: LE PROGRAMME NUCLÉAIRE ET BALISTIQUE SERAIT FINANCÉ PAR DES SOCIÉTÉS-ÉCRANS

CoréeLes sanctions qui pèsent sur la Corée du Nord n’ont pas empêché le régime de continuer ses programmes nucléaires et balistiques. Un système de sociétés-écrans permet, en effet, à des individus liés à la dictature nord-coréenne de mener à l’étranger des activités illicites pour le compte de Pyongyang.

La révélation sort tout droit d’un rapport du think tank américain  C4ADS publié ce mardi qui s’inquiète du peu d’effet des sanctions car « loin d’être isolée, la Corée du Nord est active dans le monde entier grâce à ses réseaux à l’étranger ». Ils lui permettent ainsi de lever des fonds et de se procurer les matériaux nécessaires à ses programmes, indique cette étude.

Des sanctions vaines

Ce n’est pas la première fois que ce think tank tire la sonnette d’alarme. Dans un rapport publié en septembre, il avait déjà pointé le rôle d’une entreprise industrielle chinoise, Dandong Hongxiang Industrial Development, dans les programmes nord-coréens.

Ce groupe, qui vend des produits pouvant aussi bien avoir des applications civiles que militaires, avait exporté vers la Corée du Nord 171 millions de dollars de matériels entre 2011 et 2015, tandis que ses importations avaient dépassé 360 millions.

Des sanctions avaient alors été prises contre cette société par Washington et Séoul. Des sanctions qui n’ont pas touché de plein fouet le régime de Kim Jong Un car il « a développé sa capacité à masquer ses activités illicites étrangères sous le couvert de transactions commerciales apparemment légitimes », poursuit le rapport.

Cibler des entités spécifiques 

«Le recours répété aux mêmes intermédiaires commerciaux pour de nombreuses opérations d’exportation d’armes» illustre cependant une forme de vulnérabilité du système nord-coréen en cas de sanctions ciblées, estime l’institut C4ADS. De la même façon, la collecte de fonds s’appuie sur un nombre limité d’« entreprises-passerelles ». Le think tank préconise ainsi « une action internationale ciblée contre des entités (comme Dandong Hongxiang) ».

Cela permettrait de « frapper là où le système financier étranger de la Corée du Nord est le plus vulnérable, à des points clés où convergent activités licites et illicites ». L’institut C4ADS avance enfin que des sanctions plus ciblées, et correctement appliquées, devraient permettre de forcer le retour du régime de Kim Jong Un à la table des négociations.

http://www.20minutes.fr/monde/2085711-20170613-coree-nord-programme-nucleaire-balistique-finance-societes-ecrans

 

Juin 14

EDF MET UNE DOSE DE NUMÉRIQUE DANS SES CENTRALES NUCLÉAIRES

EDF numériqueLa centrale nucléaire de Saint-Alban a rénové une partie de son système de pilotage.
EDF commence à digitaliser certaines activités industrielles dans le cadre du « grand carénage ».

Les parkings de la centrale nucléaire de Saint-Alban sont pleins, premier signe extérieur du « grand carénage » en cours, ce programme de maintenance lourde engagé par EDF depuis 2014 pour prolonger la durée d’exploitation de son parc. Pour la centrale iséroise en bord de Rhône, c’est le réacteur numéro un de 1.300 mégawatts, mis en service en 1986, qui achève six mois de travaux pour prolonger son exploitation de dix ans, mobilisant près de 3.000 personnes, contre 800 habituellement.

À l’intérieur du site, la plupart des prestataires d’EDF sont représentés, de Spie à Areva en passant par Bouygues, Rolls-Royce ou Onet. Des filiales de grands groupes mais aussi des entreprises plus régionales, de Sigedi (chaudronnerie) à Tchoulfian (calorifugeage) ou Mediaco (levage).

Un chantier moins visible est l’introduction d’une dose de numérique dans la gestion des centrales nucléaires. « L’aéronautique et l’automobile l’ont fait plus vite, plus fort et plus complètement que nous, il faut avoir l’humilité de le reconnaître », expliquait, fin mars, au colloque de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), le directeur chargé de l’ingénierie et du nouveau nucléaire d’EDF, Xavier Ursat. « Le numérique n’est pas une fin en soi, mais un moyen pour atteindre un niveau de performance », rappelle Étienne Dutheil, qui dirige le programme du grand carénage.

Rénovation du pilotage

À Saint-Alban comme dans d’autres centrales, l’introduction du numérique passe notamment par la rénovation du pilotage de la centrale, avec des travaux menés par Atos Worldgrid. « On a un peu changé d’ère en passant des enregistreurs papier aux enregistreurs numériques », explique Guillaume Guichard, chef de service conduite de la tranche 1. « Ce n’est pas cosmétique. Cela donne accès à des informations importantes en une image et cela améliore le confort d’exploitation. » « Le grand carénage représente pour Atos jusqu’à plus de 100 personnes sur plusieurs années à Grenoble, note Jean-Claude Hocquette, d’ Atos Worldgrid. Et cela nous ouvre des portes à l’export, notamment en Chine et au Royaume-Uni. » Plus « rustiques », les réacteurs plus anciens de 900 MW, en revanche, ne seront pas digitalisés.

Un autre chantier sur lequel le numérique s’est imposé, ce sont les « diesels d’ultime secours », l’un des équipements de sécurité post-Fukushima dont sera doté chaque réacteur : « C’est l’apport du numérique dans la conception d’installation. On ne monterait pas les platines scellées comme on le fait si on n’avait pas eu de maquette numérique », note Étienne Dutheil. Mais la numérisation découle aussi parfois de la simple évolution des matériels. « Sur les groupes frigorifiques, le contrôle commande est aujourd’hui le standard industriel », reconnaît-il.

D’ici à trois à cinq ans, des « jumeaux numériques » seront déployés sur l’ensemble du parc. Ce seront « de véritables clones virtuels de nos centrales, réalisés sur la base de scans laser et de photos 3D », selon Pierre Béroux, directeur de la transition numérique industrielle d’EDF. Avec des économies en ligne de mire, expliquait-il récemment dans une publication interne d’EDF : « L’ambition est de tendre vers les objectifs atteints par d’autres secteurs, comme l’aéronautique, qui affiche un gain de 30 % de compétitivité sur ses projets. »

Usage de tablettes

Pour y parvenir, EDF pilote aussi un club de la transition numérique, auquel participent notamment les entreprises réunies au sein du Pôle nucléaire de Bourgogne. Au-delà du grand carénage, l’un des enjeux sera aussi de « déporter » l’ordinateur dans la centrale en phase d’exploitation, via l’usage de tablettes, avec toutefois des enjeux de sécurité informatique. À terme, « si nous rentrons massivement dans le numérique, la cybersécurité sera un sujet à traiter », prévenait d’ailleurs, fin mars, le président de la SFEN, Christophe Béhar.

Véronique Le Billon, à Saint-Alban (Isère), Les Échos

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030363653686-nucleaire-edf-met-une-dose-de-numerique-dans-ses-centrales-2094293.php#O8UtrSzZJJJpqgfq.99

(NDLR : attention : plus de numérique veut dire plus de sensibilité aux cyberattaques ! Des « très forts » se sont déjà fait piéger !)

Juin 14

NUCLÉAIRE : DERNIÈRE LIGNE DROITE POUR LA CUVE DE L’EPR DE FLAMANVILLE

EPRLe Haut Comité pour la transparence sur la sécurité nucléaire se réunit ce mercredi. L’Autorité de sûreté nucléaire demandera leur avis à un panel d’experts les 26 et 27 juin.

Séquence atterrissage.

Un bon nombre d’experts du secteur nucléaire vont trancher, ces prochains jours, la question de « l’aptitude au service » de la cuve du réacteur nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche), deux ans après la révélation par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’une « anomalie sérieuse, voire très sérieuse », selon son président Pierre-Franck Chevet.

Forgés à partir de 2006 à l’usine du Creusot d’ Areva, installés en 2014 et en 2016 dans le bâtiment réacteur de la centrale d’EDF, la cuve et son couvercle présentent une teneur en carbone de l’acier supérieure aux valeurs attendues, pouvant potentiellement amoindrir la résistance de ces équipements critiques pour la sûreté du réacteur nucléaire.

La première étape de cette séquence se tient ce mercredi, à l’occasion d’une plénière extraordinaire du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire. Saisi fin 2015 par la ministre de l’Énergie Ségolène Royal, le HCTISN publiera ses recommandations au plus tard fin juin, qui devraient demander à EDF et à Areva de publier plus d’informations.

Mais les débats les plus attendus sont ceux qui auront lieu les 26 et 27 juin à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires (GPESPN) y examinera les conclusions de l’IRSN, l’expert technique de l’ASN, et de certains services de cette dernière, à l’issue de six mois d’instruction du dossier technique présenté par Areva. Tout l’enjeu pour l’équipementier a été de démontrer que, en dépit des sous-performances de son acier, les essais menés sur des pièces représentatives de la cuve et de son couvercle démontraient leur tenue, même en cas d’accident nucléaire. Administrativement, un arrêté publié fin 2015 a déjà prévu un régime dérogatoire pour justifier de leur conformité (« Les Échos » du 21 janvier 2016).

Avis définitif rendu en septembre

Depuis des mois, EDF affiche sa sérénité. « Nous sommes plus confiants que jamais pour obtenir l’approbation par l’Autorité de sûreté nucléaire de la cuve et des éléments du circuit primaire de Flamanville 3 », a assuré Jean-Bernard Lévy, dans une interview aux « Échos » début juin. Une confiance qui se base sur les derniers échanges réalisés, fin mai, entre les exploitants et les contrôleurs. « L’ASN ne l’a pas dit publiquement, mais elle a laissé entendre qu’elle n’allait pas rejeter la cuve », indique une source industrielle. Une position que ne démentent pas plusieurs experts au fait du dossier. Les métallurgistes et les divers membres du Groupe permanent qui se pencheront sur le dossier fin juin à l’ASN disposeront aussi, pour formuler leurs propres conclusions, de l’avis d’un expert belge, Bel-V.

Une fois l’avis du Groupe permanent rendu, l’ASN mènera une consultation du public, pour un avis définitif attendu en septembre. Des contrôles supplémentaires seront a minima préconisés par l’ASN pour la cuve et son couvercle, mais, pour EDF et Areva, l’essentiel est de ne pas avoir à les remplacer, un plan B qu’avait demandé l’ASN et que le HCTISN pourrait souhaiter voir rendu public. Si elle est bien confirmée, la validation de la cuve par l’ASN lèvera la condition suspensive à l’augmentation de capital de 4,5 milliards d’euros d’Areva par l’État, nécessaire pour assurer son sauvetage financier.

Véronique Le Billon, Les Échos

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030381564225-nucleaire-derniere-ligne-droite-pour-la-cuve-de-lepr-de-flamanville-2094269.php

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Juin 13

LE DOSSIER NUCLÉAIRE À L’AUNE DE LA PRÉSIDENTIELLE EN IRAN

IranLa réélection du président iranien Hassan Rohani aura-t-elle une conséquence sur l’accord nucléaire (Joint Comprehensive Plan of Action ou JCPOA) conclu le 14 juillet 2015 entre l’Iran et la communauté internationale ?

Cet accord avait gelé le programme nucléaire controversé de l’Iran et levé des sanctions internationales qui pesaient sur ce pays. Les grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne) voulaient s’assurer que l’Iran ne pourrait pas fabriquer de bombe atomique pour la prochaine décennie.

Le récent rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), sensé veiller sur l’application de cet accord peut plaider en faveur d’une évolution positive. En effet, l’AIEA atteste que Téhéran n’a pas enrichi d’uranium à des degrés interdits ni constitué des stocks illégaux d’uranium faiblement enrichi ou d’eau lourde. L’Agence observe aussi que la République islamique n’a pas poursuivi la construction de son réacteur à eau lourde d’Arak. Ces constats permettent donc de continuer la mise en œuvre de l’accord, entré en vigueur en janvier 2016.

Toutefois, la conjoncture internationale et l’installation d’un président à la Maison-Blanche décidé à serrer la vis dans ce domaine risque de donner du fil à retordre au président Hassan Rohani, ce conservateur pragmatique réélu en mai dernier. Il aura du mal à tenir sa promesse de campagne d’obtenir une levée des sanctions américaines non liées au nucléaire. Lors de son récent déplacement à Riyad, le président américain, qui s’adressait au monde musulman, a bien démontré que les États-Unis considèrent de nouveau l’Iran comme la première cause de conflits au Moyen-Orient. Les pays de la région et leur allié américain sont très préoccupés par les ingérences iraniennes en Syrie, en Irak, au Yémen ou à Bahreïn, et par le zèle des gardiens de la révolution et de leurs milices extrémistes chiites.

L’élection présidentielle iranienne n’y changera rien. Les États occidentaux n’attendent plus grand-chose de ces scrutins ni du jeu de chaises musicales entre les mollahs « modérés » et « conservateurs ». On sait aujourd’hui, par expérience, que le président ne pèse pas lourd face à un Guide religieux qui prend, seul, les décisions stratégiques. Avec la reconduction d’Hassan Rohani, les dividendes de l’accord resteront toujours maigres. Les pays occidentaux restèrent sceptiques, durant le premier mandat d’Hassan Rohani, car l’essentiel des attentes des interlocuteurs de ce pays n’a pas été exaucé.

D’abord le flou continue à subsister sur les intentions militaires de ce programme nucléaire. Un programme composé de deux structures, travaillant en tandem. L’aspect militaire est resté caché derrière un paravent de programme civil mené par l’Organisation de l’Énergie atomique iranienne et en son cœur un organisme des Gardiens de la Révolution (les Pasdaran) chargé des recherches sur la bombe. La dimension militaire du programme est menée par l’Organisation pour la Nouvelle Recherche de la Défense (SPND), un système opaque, dirigé par les Pasdaran, auquel l’AIEA n’a jamais pu avoir accès. Or l’opposition iranienne a révélé fin avril que la SPND continue ses activités et a été délocalisée sur la base militaire de Parchine dans le sud-ouest de Téhéran pour être hors de portée des inspecteurs internationaux. L’information est prise au sérieux par les autorités américaines et les experts, d’autant plus qu’elle provient du Conseil National de la Résistance iranienne (CNRI) qui avait déjà levé le voile sur le programme secret nucléaire en révélant le site d’enrichissement d’uranium de Natanz et le réacteur à eau lourde d’Arak en août 2002.

En fermant trop rapidement les yeux sur « les dimensions militaires possibles » du programme iranien, les puissances ont, peut-être, offert à Téhéran une trop grande facilité à pouvoir le poursuivre, surtout si on tient compte qui a toujours été clandestin. Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) explique dans un ouvrage collectif récent : « nous en savons moins publiquement sur le programme iranien que ce qui était le cas avant l’accord : le volume des rapports de l’AIEA a (depuis) diminué des deux tiers ».

Autre déception, l’accord n’a pu changer la nature de la République islamique. Dans la région, le rôle déstabilisateur de Téhéran, loin d’être maitrisé, s’est au contraire aggravé, particulièrement en Syrie où il joue les fauteurs de trouble. L’insistance des Gardiens de la Révolution à poursuivre coûte que coûte un programme balistique, suscite davantage d’inquiétudes sur les finalités de ces essais, d’autant plus qu’il bénéficie de l’assistance de la Corée du Nord. Le malaise provient du fait que les missiles sont les vecteurs idéals d’une bombe atomique.

Les experts expliquent aussi que Téhéran a introduit en 2016 de l’uranium enrichi dans des centrifugeuses modernes IR-6 et qu’il a l’intention de tester les IR-8. Ces appareils réduisent considérablement le temps nécessaire pour enrichir l’uranium et franchir le seuil du nucléaire militaire, si l’Iran décide de sortir de l’accord.

Avec un Guide suprême qui voudra à tout prix rendre le pareil au durcissement des positions du président américain et qui n’a pas l’intention de reculer, on voit mal comment Rohani pourra obtenir la levée des sanctions liées aux questions du terrorisme, à son programme balistique ou aux violations des droits humains qui continuent d’inquiéter la communauté internationale.

Par ailleurs, sur le plan économique, l’accord nucléaire a certes mis un frein provisoire au programme, mais à part quelques contrats commerciaux, parfois mal ficelés ou en suspens, on ne constate pas d’évolution majeure.

Cet écart entre l’espérance et la réalité sous le gouvernement Rohani en dit long sur ce que sera le destin de cet accord dans son deuxième mandat. La vigilance reste de mise sur les transgressions éventuelles de ses clauses.

Article de Alejo Vidal Quadras, ancien vice-président du Parlement européen qui est professeur de physique nucléaire et président du Comité international pour la Recherche de la Justice (ISJ), une ONG basée à Bruxelles. Il est co-auteur d’un ouvrage collectif « Où va l’Iran ? » aux éditions Autrement.

http://www.euractiv.fr/section/all/opinion/le-dossier-nucleaire-a-laune-de-la-presidentielle-en-iran/

Juin 13

SUR FRANCE CULTURE, UN VOYAGE TERRIFIANT AU CŒUR DES CENTRALES NUCLÉAIRES

France-cultureDe l’utilisation de la radioactivité pour fabriquer onguents, médicaments et cosmétiques aux centrales nucléaires, Lydia Ben Ytzhak revient sur l’inquiétante aventure de l’atome dans “LSD, la série documentaire” sur France Culture. Et raconte comment la France est devenue le pays le plus nucléarisé au monde.

Les leçons ont-elles été bien tirées de Fukushima et de Tchernobyl ? La soixantaine de centrales nucléaires existant en France est une bombe à retardement. La productrice Lydia Ben Ytzhak et la réalisatrice Christine Diger signent une enquête documentée alarmante pour LSD-La série documentaire sur France Culture. Car malgré l’accumulation de déchets radioactifs et la dangereuse obsolescence de certaines centrales, l’industrie du nucléaire et les pouvoirs publics s’enlisent dans le mutisme.

Comment avez-vous préparé ce sujet sensible ?

En tant que journaliste scientifique, je suis régulièrement confrontée aux ingénieurs et communicants qui ont l’art et la manière de noyer les éléments réellement informatifs sous une foule de données techniques : il faudrait être physicien pour pouvoir parler avec eux ! C’est pourquoi j’ai été particulièrement sensible à la réflexion philosophique de Jean-Jacques Delfour dans son texte remarquable La Condition nucléaire (éditions L’Échappée). Il souligne cette manière qu’ont les « nucléocrates » de refuser le dialogue avec les non-experts ou de leur parler comme à des enfants. C’est pourquoi j’ai choisi de donner la parole non seulement à des physiciens et experts très au fait mais aussi aux riverains et aux travailleurs puisque le sujet concerne tout le monde. 

Quels angles explorez-vous ?

Je me suis concentrée sur la question de la sécurité sacrifiée sur l’autel du profit, comme j’ai pu le constater moi-même sur le chantier de l’EPR de Flamanville 3, la fameuse « centrale du futur », gouffre financier cumulant des années de retard, qu’on a vendue aux Finlandais, aux Chinois et aux Anglais. D’ailleurs, lorsque je demande au chef de chantier si, au lieu de construire un réacteur aussi gros qui devient ingérable en cas de fusion du cœur, on n’aurait pas pu en construire plusieurs plus petits en série pour limiter les risques, il me répond tranquillement que techniquement, c’est tout à fait possible, mais que c’est moins rentable. Preuve que Delfour a raison : on ne se pose pas la question de la sécurité et des conséquences sur des millénaires puisque c’est rentable à court terme. Circulez, il n’y a rien à voir…

De quelle manière s’articule votre série ?

La coordinatrice de cette case, Perrine Kervran, souhaitait concentrer la question sur l’Hexagone, même si, bien entendu, le sujet est mondial. Une partie historique permet d’expliquer que le nucléaire en France a toujours été d’abord militaire, avec une filière plutonium qui fabrique accessoirement de l’électricité. Ensuite, on évoque l’angoisse des riverains, et le cauchemar des sous-traitances en cascade. Puis les dossiers falsifiés, la désinformation avec ce fameux nuage de Tchernobyl qui contourne la France… Et le déni, ainsi que les poubelles nucléaires accumulées pour l’éternité. Il existe des risques avérés, avec dix mille pièces défectueuses dans nos cinquante-huit réacteurs français. La situation est vraiment préoccupante.

Comment la dénoncer et pointer l’impact du nucléaire sur la santé ?

Même en quatre épisodes, il est difficile de faire le tour de la question et notamment de tous les dégâts environnementaux, les insoutenables malformations génétiques des plantes et des animaux. Pour des raisons historiques, l’OMS a défendu l’industrie nucléaire au détriment de la santé des populations, et cette attitude est toujours d’actualité. Comment les organismes censés veiller à la santé mondiale peuvent-ils fermer les yeux et valider tranquillement qu’il n’y a eu que cinquante morts à Tchernobyl ?

La transition énergétique paraît insoluble en France avec le déficit d’EDF et d’Areva…

Ce qui est choquant, c’est d’apprendre dans une archive INA de 1956 (dans le troisième documentaire) que l’énergie solaire était alors déjà au point techniquement, assez pour rendre autonome un bâtiment de six étages. Imaginez si à cette date on avait misé sur cette technologie, le degré de perfectionnement et d’économie d’échelle qu’on aurait aujourd’hui ! Comme l’explique un de nos intervenants, si l’Allemagne, qui doit traiter avec des groupes privés, a réussi à fixer la date de 2022 pour sortir totalement du nucléaire, pourquoi la France, qui a la main sur ses centrales arrivées à obsolescence, n’y arriverait pas ? Aucun des arguments donnés ne tient la route. Que la France s’obstine ou non dans cette voie, elle aura de toutes manières des frais inhérents aux déchets et aux démantèlements. Économiquement parlant, mieux vaut arrêter là les frais et miser sur le renouvelable devenu rentable et efficace. Le frein n’est pas du tout technique, il est idéologique.

Et les déchets radioactifs ?

Les déchets radioactifs sont là pour des millions d’années, il serait temps d’arrêter d’en produire de plus en plus…Personne n’a envie de s’intéresser à ces horreurs technocratiques tant qu’elles n’arrivent pas sur votre paillasson. Mais lorsque le scientifique Roland Desbordes [président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité, ndlr] vous explique que toutes les nappes phréatiques sont polluées, on n’a pas besoin d’attendre d’avoir un cancer dans sa famille pour se poser des questions. La meilleure lutte contre le cancer, c’est d’éviter les causes de cancer, avant de tenter de les soigner. Mais tout va bien : il paraît que notre Premier ministre tout neuf est un ancien cadre d’Areva, il doit connaître le sujet…

Comment alerter l’auditeur sans le noyer sous les chiffres et la langue de bois des interlocuteurs officiels ?

Quand on voit que Roland Desbordes a mis 20 ans à faire valider un atlas des contaminations françaises suite à Tchernobyl, et à faire admettre que les taux avaient été scandaleusement minimisés, on comprend qu’il n’y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Grâce au remarquable travail de réalisation de Christine Diger, les paroles informatives sont soutenues par un sentiment sonore d’effroi. Mais comment faire entendre le silence de la mort, la dimension inodore, incolore, indétectable par nos sens d’un danger bien réel ? Par des extraits de bandes originales de films anxiogènes, comme ceux de David Lynch, ou encore les accords froids et mystérieux d’Arvo Pärt. Ils restituent ainsi le vrai bruit de fond de toute cette prétendue rationalité et de cette hypocrisie institutionnelle.

http://www.telerama.fr/radio/sur-france-culture-un-voyage-terrifiant-au-coeur-des-centrales-nucleaires,159292.php

LSD-La série documentaire, A l’ombre des centrales nucléaires, sur France Culture du lundi au jeudi à 17h.

À écouter sur : https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/lombre-des-centrales-nucleaires-1-laventure-de-latome-un-avenir

Juin 13

JAPON/NUCLÉAIRE: UN TRIBUNAL REJETTE UNE DEMANDE D’INTERDICTION DE RELANCE DE 2 RÉACTEURS

Japon GenkaiUn tribunal du sud-ouest du Japon a annoncé mardi rejeter la demande de citoyens d’interdire le redémarrage de deux réacteurs atomiques, une décision qui va dans le sens espéré par le gouvernement pro-nucléaire de Shinzo Abe.
Des riverains anti-nucléaires jugeaient que les critères pris en compte par la compagnie et l’Autorité de régulation du secteur pour valider techniquement le redémarrage des unités 3 et 4 de la centrale Genkai n’étaient pas assez sévères.
Le site est situé sur l’île méridionale de Kyushu à une centaine de kilomètres au nord de Kumamoto, frappé l’an dernier par des tremblements de terre meurtriers.
Le tribunal de Saga a donné raison à l’exploitant, Kyushu Electric Power.
« L’évaluation du risque (par les autorités et la compagnie) repose sur des normes qui sont considérées comme les plus sévères« , a argué le juge, estimant qu’il était donc « rationnel » de considérer que les réacteurs sont sûrs, selon les propos rapportés par la presse. « Par conséquent, nous ne voyons pas de risque concret de dégâts majeurs à la centrale de Genkai« , a-t-il ajouté.
Il est déjà arrivé dans le passé qu’un tribunal bloque la relance de réacteurs pour des raisons de sûreté. Mais la plus récente décision de ce type, qui date de début 2016 et concernait les unités 3 et 4 de Takahama (également dans le sud-ouest), a été infirmée en mars cette année. Finalement, ces deux réacteurs ont été relancés respectivement le mois passé et la semaine dernière.
S’agissant de ceux de Genkai, ils ne devraient pas être remis en service avant l’automne, le temps de terminer les procédures administratives et de les préparer techniquement à redémarrer.
Tous les réacteurs de l’archipel avaient progressivement été arrêtés après le drame de Fukushima en mars 2011, désastre provoqué par un violent séisme suivi d’un gigantesque tsunami.
Des normes plus sévères ont alors été décidées pour toutes les installations nucléaires et seules les tranches qui ont obtenu le feu vert technique de l’Autorité de régulation du secteur et des élus locaux peuvent être réactivées. Le rythme des redémarrages est très inférieur à ce qu’aurait voulu le gouvernement de Shinzo Abe, ouvertement pro-nucléaire.
Au total, il y a actuellement 5 réacteurs actifs au Japon, sur un parc ramené à 42 unités, contre 54 avant l’accident de Fukushima qui a de facto condamné les tranches concernées et entraîné l’arrêt définitif d’autres tranches.

https://www.romandie.com/news/Japon-Nucleaire-un-tribunal-rejette-une-demande-d-interdiction-de-relance-de-2-reacteurs/804713.rom

Juin 12

LA CORÉE DU NORD AFFIRME ÊTRE SUR LE POINT DE SE DOTER D’UN MISSILE POUVANT FRAPPER LES ÉTATS-UNIS

CoréeNUCLÉAIRE – Alors qu’elle multiplie les tests de tirs et les condamnations de la communauté internationale, la Corée du Nord va plus loin dans la provocation en affirmant pouvoir bientôt construire un missile intercontinental opérationnel.

Pyongyang fait un pas de plus vers l’escalade avec Washington. Selon l’agence de presse nord-coréenne KCNA, citant un commentaire du journal officiel du parti communiste Rodong Sinmun, la Corée du Nord pourrait bien se doter très prochainement d’un missile intercontinental (ICBM) à longue portée pouvant atteindre des positions sur le sol américain. « Le président américain Donald Trump a affirmé que le monde ne verrait jamais la Corée du Nord terminer son programme de développement d’armes nucléaires pouvant aller jusqu’aux États-Unis, mais les tests stratégiques effectués récemment prouvent que le pays ‘n’est plus très loin’ d’effectuer un lancement test d’un ICBM« , écrit ainsi KCNA.

Cela fait plusieurs mois que Pyongyang intensifie ses tests de missiles balistiques dans le but de pouvoir atteindre les États-Unis. S’attirant à chaque nouvel essai les foudres des Nations-Unies, de la Corée du Sud, et de Washington. Donald Trump et son administration ont décidé en début d’année de déployer en Corée du Sud le système antimissile THAAD en réponse aux menaces nord-coréennes. Le leader du pays communiste, Kim Jong-Un, avait alors fait savoir qu’il répondrait à une guerre totale « par une guerre totale » si Washington persistait dans son entreprise. La Chine, seule alliée de Pyongyang, avait par ailleurs promis aux États-Unis de travailler main dans la main pour tenter de désamorcer le conflit. 

Délai d’un an

Mais Kim Jong-Un reste inflexible et déterminé à se doter d’une arme nucléaire qui puisse atteindre les États-Unis. Pyongyang possède déjà un missile Taepodong-2, qui peut théoriquement frapper n’importe où aux États-Unis mais, selon les dires d’experts rapportés par Bloomblerg, l’engin est davantage paramétré pour lancer des satellites en orbite et non des missiles nucléaires. La Corée du Nord va devoir encore patienter quelques mois avant d’envisager une quelconque démonstration, rapporte l’agence. 

Un test paraît possible dans les mois à venir, mais il faudra encore un an avant que le projet puisse aboutir d’un point de vue technologique, affirme une ingénieur nucléaire de l’Asan Institute for Policy Studies, basé à Séoul. « Pyongyang a déjà testé plusieurs composantes du missile. Elle va dorénavant vouloir tester l’ensemble de l’engin« , précise cette ingénieur dans des propos rapportés par Bloomberg.

Ambre DEHARO

http://www.lci.fr/international/la-coree-du-nord-affirme-etre-sur-le-point-de-se-doter-d-un-missile-pouvant-frapper-les-etats-unis-2055119.html

Juin 12

DES ATTAQUES DE GRANDE ENVERGURE COMMANDÉES PAR LES TERRORISTES VIA INTERNET, UN CAUCHEMAR POUR DEMAIN ?

attaques internet« Des collisions de métro, d’avions commandées par les terroristes, un cauchemar pour demain ?« , a demandé Pascal Vrebos au procureur fédéral Frédéric Van Leeuw ce midi dans l’Invité.

« C’est pour aujourd’hui ! On a déjà vu cela plusieurs fois, il y a déjà eu plusieurs alertes. Une centrale nucléaire en Slovénie a déjà eu une attaque informatique », souligne le procureur.

« On a créé une quatrième dimension, il y  a des aspects extrêmement négatifs »

« On a révolutionné notre façon de communiquer en 10 ans. Il est impossible de revenir en arrière, c’est un aspect de la globalisation, on a créé une quatrième dimension, il y  a des aspects extrêmement négatifs, Daesh joue là-dessus aussi », explique Frédéric Van Leeuw, procureur fédéral. « Ils touchent nos jeunes comme ils ne pouvaient jamais les toucher avant et ils les isolent au niveau d’internet. »

« Nous devons augmenter notre niveau de sécurité »

« Mais il y a également la même problématique que nous vivons à l’heure actuelle, c’est que nous devons augmenter notre niveau de sécurité. Tout le monde utilise internet, mais avec une sécurité extrêmement basse. C’est une priorité, on risque d’être victime de notre insouciance. C’est important d’être conscient de cela. »

http://5minutes.rtl.lu/grande-region/laune/1045481.html

Juin 11

COMMENT FAIRE LA LUMIÈRE SUR LA DISSUASION NUCLÉAIRE ?

lumièreJean-Marie Collin, chercheur et membre d’Initiative pour le désarmement nucléaire, invité du Mouvement de la Paix pose les enjeux.

Briser une sorte de loi du silence autour des armes nucléaires stockées sur la Base aérienne d’Istres (13) et, plus largement, s’interroger sur cette fameuse notion de « dissuasion nucléaire » qui semble admise sans véritable débat : c’était l’objectif du Mouvement de la paix, organisateur d’une conférence animée mardi par Jean-Marie Collin, chercheur au Grip (Groupe de recherches et d’information sur la paix et la sécurité).

Alors qu’une convention d’interdiction des armes nucléaires sera en discussion à l’ONU en juillet, « avec de grandes chances d’aboutir à un accord entre 130 états », la France ne sera pas de la partie. « C’est anormal que la France boude les Nations Unies et adopte la même position que la Corée du Nord, la Chine et les États-Unis dont on dénonce les politiques à tout va », s’insurge Jean-Marie Collin qui déplore que la « France pratique la politique de la chaise vide alors qu’elle met en avant sa grandeur et son respect de la diplomatie, on aimerait que M. Macron envoie des diplomates, au moins pour écouter ». Les signes donnés par le nouveau président, dès l’investiture, ne sont pas rassurants, dans ce domaine non plus. La France est aujourd’hui « la première puissance nucléaire en Europe alors que certains pays comme la Suède ou le Kazahstan ne possèdent plus d’armes de ce type, le cas le plus connu est celui de l’Afrique du Sud qui, quelques mois avant 1989, a décidé d’éliminer son arsenal nucléaire », précise le chercheur, engagé dans l’Initiative pour le désarmement nucléaire (IDN), avec l’ancien ministre socialiste Paul Quilès. Pire, on annonce « une hausse de 7 milliards du budget de la dissuasion, ce qui représente presque le budget de la Jeunesse ». 

Pas de vrai débat sur le nucléaire militaire

Si les essais ont été abandonnés, ce que l’on pourrait appeler l’addiction de la France aux armes nucléaires vient de loin, du contexte de la Guerre froide. Jean-Marie Collin évoque les « 210 essais réalisés sur le territoire algérien jusqu’en 1966 puis sur les atolls de Mururoa et Fangatofa : le but était de tester, de perfectionner et de montrer sa puissance à un potentiel adversaire, ce sont aussi des opérations de communication ».

Ce ne fut pas sans conséquences pour les populations locales, comme l’a montré le saisissant documentaire d’Elizabeth Leuvray, At(h)ome, sur les essais en Algérie qui ont continué après l’indépendance du pays. « Des zones sont encore contaminées et des populations ont été victimes de cancers, en Polynésie, il y a eu ce qu’on a appelé « les bébés méduses », sans membres : on peut tenter de penser au choc psychique », poursuit Jean-Marie Collin. Sans aller jusqu’à ces sinistres extrémités, « des dizaines de rapports montrent qu’il y a eu des accidents », selon le chercheur. L’affaire du camion qui s’est renversé sur la Base aérienne d’Istres en 2010 (la Marseillaise s’en est fait l’écho en son temps) en fait partie. Pourtant, comme l’ont montré plusieurs interventions lors du débat avec la salle, tout se passe comme si « l’opinion publique » ne parvenait pas à se saisir de cette question. « Il y a un débat sur le nucléaire civil mais sur le nucléaire militaire, on n’arrive pas à faire bouger », remarquait Marcel Alméro, responsable du Collectif paix de Miramas.

Pour Jean-Marie Collin, « il y a une espèce de consensus national et la renommée d’Istres repose en partie sur la base, son prestige, sa technicité : on fait confiance à la sécurité militaire ». Une image qu’il illustre par le fait que la zone industrialo-portuaire de Fos est « interdite de survol, sauf aux avions militaires ». Pour (re) mettre en lumière ce dossier, il faudra certainement bien d’autres rencontres de ce type.

Article de Jean-François Arnichand

Jean-Marie Collin est l’auteur de « La Bombe, l’Univers opaque du nucléaire » / éditions Autrement/2009 et « Arrêtez la Bombe » / éditions Le Cherche Midi/ 2013.

http://www.lamarseillaise.fr/bouches-du-rhone/societe/61100-comment-faire-la-lumiere-sur-la-dissuasion-nucleaire

Juin 11

RENCONTRE BELGO-ALLEMANDE POUR DISCUTER DES CENTRALES NUCLÉAIRES DE DOEL ET TIHANGE

RencontreUne commission nucléaire belgo-allemande s’est réunie pour la première fois mercredi à Bonn, en Allemagne. L’objectif de ce colloque de deux jours est de discuter de la sécurité des centrales nucléaires belges de Doel et Tihange, à la suite de craintes formulées par la population allemande à ce sujet. Cette commission s’est tenue à la demande de l’Allemagne à la suite de problèmes de fissures constatés sur les réacteurs nucléaires de Tihange 2 et Doel 3. Ces sites sont distants respectivement de 70 et 140 kilomètres de la frontière allemande.

Ce groupe qui se réunit mercredi et jeudi est constitué d’experts et des régulateurs nucléaires des deux pays. « Il sera tout d’abord question d’inspection et de « cross-inspection« , soit des contrôles effectués par le régulateur allemand sur les réacteurs belges », indique Erik Hulsbosch, du service communication de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN).

« Cette réunion a lieu sous la pression de l’opinion publique allemande« , a estimé M. Hulbosch. « C’est donc à nous de faire comprendre que nous agissons comme un régulateur objectif et indépendant, qui n’hésitera pas à imposer des mesures et une culture de la sécurité. »

« L’Allemagne veut aussi avoir accès plus rapidement à l’information, quelque chose sur lequel nous voulons aussi travailler« , a-t-il ajouté.

Selon l’agence de presse allemande DPA, une manifestation organisée par des militants anti-nucléaire s’est tenue mercredi à Bonn.

http://www.lalibre.be/actu/international/rencontre-belgo-allemande-pour-discuter-des-centrales-nucleaires-de-doel-et-tihange-59381e4acd702b5fbf061cba

Juin 11

NARBONNE : AREVA – MALVÉSI, L’USINE À GAZ DE BOUES RADIOACTIVES

MalvésiAude : Areva – Malvési à Narbonne

Areva-Malvési : Les militants du Réseau Sortir du Nucléaire de l’Aude se joignent à l’association de défense de l’environnement (http://www.rubresus.org/) Rubrésus et à l’association (http://www.eccla-asso.fr) ECCLA pour dénoncer les prétentions mensongères du projet de réduction des effluents liquides de l’usine d’Areva Malvési (ex-Comurhex).

Une fausse bonne solution pour les déchets radioactifs

Le 13 octobre dernier, un reportage de France 3 intitulé «  Une solution pour les déchets d’Areva à Malvési  » aurait pu faire croire qu’il s’agissait de la solution aux déchets de l’usine AREVA de Narbonne. Il n’en est rien, puisqu’en termes de radioactivité (calculée en Becquerel), le projet ne concerne que 1 % des déchets présents sur le site. Une fois qu’ils seront solidifiés, quel sera leur devenir ?
Ils seront dirigés vers un centre de l’ANDRA pour être en quelque sorte cachés sous le tapis ! Quant aux 440 000 tonnes de déchets solides stockés et représentant 99 % de la radioactivité de notre site, ils ne sont pas concernés par ce projet !

L’insécurité nucléaire règne en France

Après avoir caché la nature de ces déchets pendant des dizaines d’années, une fois de plus, le lobby nucléaire montre comment il peut manipuler l’opinion pour parvenir à ses fins et tenter de nous faire accepter cette industrie mortifère. Suivant les aveux d’EDF, nous aurons cet hiver, au moins 12 réacteurs sur 58, à l’arrêt. En cause, les opérations de rafistolage des vieilles centrales et les vérifications techniques rendues nécessaires par une sécurité douteuse.

Un nucléaire toujours plus cher

EDF a anticipé l’hiver en passant des contrats sur le marché de gros à 80 € par mégawatt, soit plus cher que le prix de revient des éoliennes terrestres, dernière génération. Nous pouvons d’ores et déjà réduire la production d’électricité nucléaire qui coûte de plus en plus cher et souvent plus que les énergies renouvelables. Depuis plusieurs années, la consommation stagne ou augmente très peu ; isolation des locaux et efficacité énergétique ne sont pas de vains mots. EDF essaie de contrecarrer ce phénomène avec force de publicité nous promettant un avenir électrique radieux plein de voitures électriques. En attendant, le présent est irradieux et la conclusion doit s’imposer à tous : sortons du nucléaire et au plus vite !
Une enquête publique a récemment été diligentée sur la gestion des déchets de l’usine AREVA de Malvési. La presse s’est faite l’écho de réactions face à ce projet. Les militants du collectif audois « Sortir du nucléaire  » tiennent à préciser leur point de vue sur ce dossier qui impacte les habitants du Narbonnais et l’industrie nucléaire française.
Communiqué de presse écrit par :
Hervé Loquais, Michel Leclerc, Joëlle Taillandier et Albert Cormary, membres du collectif Audois « Sortir du nucléaire <http://www.sdn11.fr/>  » (SDN11)

https://tvlanguedoc.com/aude-narbonne-areva-malvesi-usine-boues-radioactives/

Juin 11

LES SOUS MARINS NUCLÉAIRES: PEUT-ON S’EN DÉBARRASSER? EN FINIR AU PLUS VITE AVEC LA DISSUASION NUCLÉAIRE

sous-marin

Article écrit le 9 juin par Pierre Vallat d’« Ensemble! », Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire.

Les vecteurs (sous-marins) de la bombe atomique française bientôt démantelés ?

La marine nationale dispose de bâtiments de guerre propulsés par des réacteurs nucléaires.

Actuellement, les réacteurs des 6 premiers Sous-marins Nucléaires Lanceurs d’Engins (SNLE) dits de 1ère génération sont en phase de démantèlement et stockés à Cherbourg (port militaire).

Sur la période 2018–2029, il faudra y ajouter les réacteurs des 6 Sous-marins Nucléaires d’Attaque (SNA). Puis entre 2030 et 2045, ceux des 4 SNLE de la seconde génération et les 2 réacteurs du porte-avions Charles de Gaulle.

Au total, ce sont donc pas moins de 18 réacteurs nucléaires qui devront être gérés jusqu’en 2045 en attendant leur hypothétique démantèlement.

Hypothétique, car selon les premières estimations, il faut au moins 70 ans pour procéder au démantèlement complet d’un seul réacteur (révélations de la DGA* notamment). Les gouvernements successifs ne sont pas au bout de leur peine…

Ainsi par exemple, le réacteur du fameux SNLE « Le Redoutable », lancé en 1967, opérationnel en 1971, désarmé en 1991 (soit après 20 ans d’existence), stocké depuis 1993, ne serait pas démantelé avant 2063 ! Et cela sans compter les décennies de gestion des tonnes de déchets nucléaires engendrés…

(Source : « Médecine et Guerre Nucléaire » de juin 2017, suite à la publication d’un rapport d’information des 2 députés Julien Aubert (LR) et Barbara Romagnan (PS) de février 2017)

*DGA = Direction Générale de l’Armement

Une lueur de lucidité du côté du Sénat ?

La commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat a décidé de mettre en place une mission sur « La modernisation de la dissuasion nucléaire ». Elle devra répondre aux questions suivantes, selon Jean-Pierre Raffarin (citation) :

« Est-il légitime, à l’heure des restrictions budgétaires, d’engager les importants crédits que requiert la modernisation de la dissuasion nucléaire ? Qu’apporte-t-elle à la sécu­rité de notre pays, quand la première menace semble être le terrorisme ? Répondre sans tabou à ces questions est le but de ce rapport d’information, alors que la France devra faire face, dans les années à venir, à un nouveau cycle de renouvellement de ses moyens nucléaires. »

Si JPR s’interroge sur la pertinence de la dissuasion nucléaire…

(Source : Observatoire des armements, janvier 2017, cité par « Médecine et guerre nucléaire » dans le même numéro)

http://reve86.org/les-sous-marins-nucleaires-peut-on-sen-debarrasser-en-finir-au-plus-vite-avec-la-dissuasion-nucleaire/

Juin 10

NUCLÉAIRE ? NON MERCI!

ChaîneLes partisans de la fin des centrales nucléaires organisent une grande manifestation ce dimanche 25 juin. Cette manifestation sera constituée d’une chaîne humaine de 90 km, reliant trois pays frontaliers. Ci-dessous, le communiqué qui nous est parvenu.

« Le dimanche 25 juin 2017 de 14 à 15h, se formera la grande Chaîne humaine ! Elle s’étendra sur 90 km partant de Tihange pour arriver à Aix-la-Chapelle en passant par Liège et Maastricht.

Le message porté par ses maillons sera celui de l’arrêt immédiat des centrales nucléaires épuisées Tihange 2 et Doel 3. Ce rassemblement se composera de personnes originaires de trois pays et de langues différentes qui protesteront main dans la main pour ce but commun.

Avec cette Chaîne humaine regroupant un maximum de citoyens, il s’agira de donner ensemble un signal visible et fort de la menace qui pèse sur des millions de personnes en Europe. Il est plus que temps d’agir !

CHAQUE MÈTRE COMPTE ! – Nous avons besoin de Vous !
Ce n’est qu’ensemble que nous arriverons à faire de la Chaîne humaine une réalité. Formez votre groupe de citoyens déchaînés et inscrivez-vous sans plus attendre ! »

Plus d’infos ici : https://www.chain-reaction-tihange.eu/fr

 

Juin 10

MOON (CORÉE DU SUD) VEUT DES SOLUTIONS CRÉATIVES ET FONDAMENTALES POUR RÉSOUDRE LE DOSSIER DU NUCLÉAIRE NORD-CORÉEN

CoréeMoon Jae-in a présidé, hier après-midi, le Conseil de sécurité nationale (NSC). C’est la première fois, depuis sa prise de fonction le 10 mai, qu’il le préside lui-même. Nous en savons un peu plus sur ce qu’il a mentionné à l’issue de cette réunion.

Tout ce que la Corée du Nord pourra obtenir à travers les provocations c’est l’isolement au sein de la communauté internationale et la crise économique. C’est ce qu’a averti le nouveau chef de l’État sud-coréen. Il a ainsi profité de cette occasion pour réaffirmer que si le régime de Kim Jong-un poursuit ses provocations, Séoul maintiendrait ses sanctions à l’encontre de Pyongyang. Il a également fait savoir qu’il allait renforcer l’alliance sud-coréano-américaine à travers son premier sommet avec le président Trump prévu fin juin.

Le locataire de la Cheongwadae n’a pourtant pas oublié d’ajouter que les dialogues continueront d’être menés pour la dénucléarisation de la Corée du Nord. Il a ainsi appelé le royaume ermite à arrêter son programme nucléaire et balistique et à prendre la voie de la dénucléarisation.

Enfin, le président Moon a demandé aux ministères concernés de chercher des mesures créatives et fondamentales afin de résoudre le dossier nucléaire nord-coréen tout en maintenant bien sûr la sécurité nationale.

http://world.kbs.co.kr/french/news/news_Po_detail.htm?No=56479

Juin 10

BELGIQUE : LE PLAN D’URGENCE NUCLÉAIRE EST INSUFFISANT ET TROP PEU CONCRET, SELON ÉCOLO

EcoloÀ quelques jours de la chaîne humaine entre Tihange (province de Liège) et Aix-la-Chapelle (Allemagne) qu’organise, le 25 juin, un collectif d’associations antinucléaires, Écolo constate avec inquiétude que le nouveau plan d’urgence en cas d’accident nucléaire, annoncé pour fin 2015 et dont une épreuve a été présentée au parlement fédéral début 2017, tarde à se concrétiser malgré les défaillances relevées sur les sites de Tihange et Doel ainsi que les inquiétudes exprimées par nos voisins hollandais et allemands, a précisé vendredi Muriel Gerkens, présidente de la coordination provinciale Écolo Liège.

Les écologistes estiment que ce plan ne va pas assez loin au niveau de la prévention, l’information et qu’il laisse des zones d’ombre. « Ce nouveau plan intègre un phasage ainsi que le fait que les conséquences d’un accident nucléaire peuvent s’étendre sur le long terme mais, malheureusement, on n’y développe pas concrètement la manière de procéder. La communication vers la population est trop lacunaire et on ne prend pas assez en compte l’impact sur l’environnement, la chaîne alimentaire, les eaux« , souligne Muriel Gerkens, qui relève que toutes les recommandations émises dans un rapport de 2016 du Conseil Supérieur de la Santé (CSS) ne sont pas suivies.

« Le CSS recommande d’étendre les zones de planification à 100 km, soit toute la Belgique et les pays voisins, pour la mise à l’abri et la distribution de comprimés d’iode ainsi que dans un rayon de 20 km au moins pour l’évacuation. Or, comme précédemment, le plan prévoit l’évacuation dans un rayon de 10 km autour des centrales et un rayon de 20 km pour la mise à l’abri. Dans un second temps, il est prévu d’étendre les zones de planification d’urgence si nécessaire… Mais pourquoi en deux temps? C’est, selon nous, créer la confusion dans l’esprit des gens et risquer ainsi qu’ils ne suivent pas les instructions« , a ajouté la députée fédérale Écolo, qui invite le gouvernement fédéral à prendre rapidement les dispositions qui s’imposent.

Les élus Écolo interpelleront les différents niveaux de pouvoir, sur la question du nucléaire, afin d’insister sur le fait qu’il faut maintenir la sortie du nucléaire et fermer sans tarder les réacteurs présentant des failles connues, comme Tihange 2 et Doel 3.

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_le-plan-d-urgence-nucleaire-est-insuffisant-et-trop-peu-concret-selon-ecolo?id=9629551

Juin 10

BELGIQUE TIHANGE 2: DÉCOUVERTE DE 70 NOUVELLES MICROFISSURES

BelgiqueL’ASBL Nucléaire Stop Kernenergie s’est inquiétée vendredi de l’apparition de nouvelles failles dans la cuve du réacteur de Tihange 2.

La cuve sous haute pression du réacteur de Tihange 2 a été réinspectée par ultrasons en avril dernier.

Ce mercredi, dans une réponse à une question parlementaire posée par l’écologiste Jean-Marc Nollet, le ministre de la Sécurité et de l’Intérieur Jan Jambon a reconnu la détection de 70 failles supplémentaires par rapport à l’inspection de 2014.

L’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) avait fait état, en 2015, de 3.149 indications de défauts pour Tihange 2. Ce chiffre est passé à 3.219, calcule donc Nucléaire Stop, soit «un accroissement de 2,22%»..

Pour l’association, «la présence même de ces failles rend l’exploitation de ce réacteur irresponsable. Leur caractère supposé immuable a servi de base pour permettre le prolongement de l’exploitation. Les failles évoluent donc, même si cette évolution est restée limitée pendant cette période. Mais rien ne garantit que cette évolution maintiendra un caractère constant, par exemple lors d’un arrêt d’urgence».

Pour le ministre Jambon, cependant, les résultats de la nouvelle inspection de Tihange 2 ne sont pas particulièrement inquiétants car les variations ne sont «pas représentatives d’un phénomène réel d’apparition de défauts ou d’agrandissement de défauts, mais sont induites par le processus de mesure des défauts et ne remettent aucunement en cause la résistance de la cuve, et par conséquent la sûreté du réacteur», avait-il précisé mercredi à M. Nollet.

Les 70 nouvelles indications de défauts seraient liées au repositionnement de la caméra. Selon le ministre, d’autres indications ne sont au contraire plus considérées comme des défauts.

De manière plus générale, la réinspection «a permis de conclure à l’absence d’apparition de nouveaux flocons d’hydrogène ainsi qu’à l’absence d’évolution en taille des flocons d’hydrogène déjà détectés», a assuré Jan Jambon devant les députés, raison pour laquelle «l’AFCN n’a formulé aucune objection au redémarrage de Tihange 2».

En réaction, Jean-Marc Nollet a toutefois déploré que le ministre ne communique pas lui-même le nombre total de fissures relevées et la taille de la plus grande d’entre elles.

http://www.sudinfo.be/1860520/article/2017-06-09/tihange-2-nucleaire-stop-s-inquiete-de-la-decouverte-de-nouvelles-microfissures

Juin 09

ÉNERGIE : EDF VA-T-IL RÉVISER SON PLAN STRATÉGIQUE ?

5 ans pour quoi faireQui décide de la politique énergétique de la France, en particulier pour l’électricité ? Le président d’EDF, le ministre de la transition écologique et solidaire, en charge de l’énergie, ou le locataire de Bercy ? Sempiternelle question qui fait couler beaucoup d’encre et fragilise EDF, tiraillée entre des intérêts contradictoires. Il est temps que le gouvernement y réponde pour donner des orientations claires à l’entreprise détenue à 83 % par l’État, aujourd’hui très lourdement endettée et dont la situation financière est préoccupante.

Le 6 avril, EDF présentait en conseil d’administration un plan stratégique sur ses investissements futurs comme le prévoit le décret sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) (1) publié fin octobre dernier. Le 21 avril, Ségolène Royal écrivait à Jean-Bernard Lévy, PDG du groupe EDF, pour lui demander de revoir sa copie car « les actions prévues par EDF ne permettent pas de respecter les objectifs de diversification de la production d’électricité fixés dans la PPE ». Parmi les points soulevés par l’ex-ministre, l’absence de mesures ou moyens pour préparer la fermeture de centrales, qu’elles soient nucléaires comme celle de Fessenheim ou à charbon.

Opération escargot

Arrêter une centrale n’est pas très compliqué. Des centrales nucléaires sont mises à l’arrêt régulièrement en France pour des opérations de maintenance ou en cas d’incident. En revanche, préparer la reconversion des salariés, développer de nouvelles activités au niveau des bassins d’emploi, organiser les formations vers de nouveaux métiers… tout cela prend du temps. Le plan stratégique d’EDF, muet sur ces aspects, laisse transparaître la volonté de l’entreprise : faire traîner les choses le plus possible. Du reste, la rumeur circule qu’EDF aurait établi un plan bis pour réduire la part du nucléaire à 50 % dans le mix énergétique d’ici à 2050 et non 2025 comme prévu dans la loi de transition énergétique. EDF dément, mais ne se montre en tout état de cause pas pressé de réviser son plan stratégique transmis à l’État.

L’État actionnaire a aussi ses intérêts dans l’affaire

Pourquoi l’État, garant de la mise en œuvre des objectifs de la loi sur la transition énergétique, n’arrive-t-il pas à se faire entendre ? Pour cela, encore faudrait-il qu’il parle d’une seule voix. Et c’est loin d’être le cas. Car l’État actionnaire a aussi ses intérêts dans l’affaire. Selon la Cour des comptes, il a reçu un total de 11,3 milliards d’euros de dividendes entre 2011 et 2016, un montant que les sages de la rue Cambon considèrent comme exorbitant par rapport aux pratiques habituelles. Cet intérêt financier a jusqu’à présent poussé l’État à soutenir la filière nucléaire et à défendre la prolongation de la durée de vie de centrales déjà amorties, selon une vision de court terme, qui freine l’investissement dans les filières renouvelables et les économies d’énergie. Mais désormais, les choses se compliquent pour EDF, avec une baisse de son chiffre d’affaires et de sa production d’électricité d’origine nucléaire. Par ailleurs, des investissements très lourds se profilent : 55 milliards d’euros en 10 ans pour le grand carénage (la mise à niveau des réacteurs nucléaires), 15 à 20 milliards d’euros pour les deux EPR britanniques d’Hinkley Point, etc.

L’époque d’EDF vache à lait de l’État est bien finie. Bercy a même annoncé cette année qu’il prendrait ses dividendes sous forme d’actions et non en espèces. Les revers de l’électricien tricolore sont la traduction d’un monde qui change. La consommation d’électricité n’augmente plus en France depuis plusieurs années et elle est même sur une tendance baissière. Les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives et commencent à concurrencer les autres sources d’électricité. En parallèle, le dérapage des coûts de l’EPR de Flamanville risque de se reproduire pour l’EPR d’Hinkley Point, mais aussi pour le grand carénage, comme à Paluel (Seine-Maritime) avec la chute accidentelle d’un générateur de vapeur de plusieurs centaines de tonnes.

Nicolas Hulot réussira-t-il ?

Dans ce contexte, il est temps de revenir aux objectifs que le parlement a fixé avec la loi de transition énergétique. La mise en œuvre de cette loi implique de planifier la fermeture des premiers réacteurs nucléaires afin d’éviter des coûts inutiles liés à des travaux de rénovation. Cette anticipation permettra également d’accompagner les transitions professionnelles et territoriales, y compris le développement d’activités de démantèlement des centrales. Une telle programmation donnera la place nécessaire aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.

Nicolas Hulot obtiendra-t-il qu’EDF révise son plan stratégique, comme l’avait demandé Ségolène Royal ?

Article d’Anne Bringault (Membre du réseau pour la transition énergétique et du réseau action climat)

Note 1 : La PPE décline les objectifs de la loi sur la transition énergétique à moyen terme. La première PPE s’étend jusqu’à 2023.

https://www.alternatives-economiques.fr/anne-bringault/energie-edf-va-t-reviser-plan-strategique/00079236

Juin 09

EN INDE, LA CHUTE DES PRIX DU SOLAIRE N’EST PAS QU’UNE BONNE NOUVELLE

IndeDes prix d’énergie solaire bas auraient dû constituer une aubaine pour l’Inde, qui veut réduire sa dépendance au très polluant charbon, mais leurs niveaux ont tant dégringolé qu’ils menacent désormais l’investissement.
« Les prix sont trop descendus, trop tôt et ça ne présage rien de bon pour la santé générale du secteur« , constate Vinay Rustagi, directeur du cabinet de conseil en énergies renouvelables Bridge to India.

Troisième pollueur de la planète, avec 4% des émissions, l’Inde est engagée dans un vaste effort de développement des énergies renouvelables. New Delhi a promis à la COP21 de réduire l’intensité carbone de son PIB de 35% d’ici 2030 par rapport à 2005.
Pour compenser la dépendance du pays au charbon, le gouvernement du nationaliste hindou Narendra Modi mise sur l’énergie solaire. Il s’est fixé le très ambitieux objectif de porter sa production solaire à 100 gigawatts en 2022, soit une multiplication par plus de huit de ses capacités actuelles.
Jusqu’ici, le solaire avance à la vitesse de la lumière. En moins d’un an, entre mars 2016 et mars 2017, l’Inde a presque doublé sa capacité photovoltaïque.
Mais la baisse des coûts des panneaux solaires, un financement moins cher et une concurrence agressive ont fait lourdement chuter les prix du solaire et envoyé une onde de choc dans le secteur. Les fournisseurs d’électricité sont soumis à une intense pression de leurs clients, privés comme publics, à se calquer sur les nouveaux tarifs.
Le mois dernier, un fournisseur a remporté un contrat auprès des autorités indiennes en offrant le kilowattheure (kWh) à 2,44 roupies (environ 3 centimes d’euros). Ce prix est parmi les plus bas du monde et un cinquième de son niveau au début de la décennie.
Le ministre des énergies renouvelables Piyush Goyal avait salué ce palier comme une étape vers « un avenir vert » mais les entreprises spécialisées se retrouvent elles dans l’incertitude.
‘Hasardeux’  
« Au cours des 17 derniers mois, les tarifs ont baissé de près de 50% et cela conduit les acheteurs à avoir des remords envers des projets déjà construits ou en développement« , explique Vinay Rustagi.
Des États comme le Jharkhand, l’Andhra Pradesh et l’Haryana ont récemment refusé d’acheter de l’électricité solaire à des prix entre 4 et 5,50 roupies par kWh, pourtant convenus lors d’enchères à la baisse au cours de l’année écoulée, dans l’espoir de trouver moins cher ailleurs.
« Éthiquement, nous ne devrions pas faire ça« , considère Sanjay Sharma, un responsable de la compagnie publique Solar Energy Corporation of India.
Le gouvernement pourrait « perdre la confiance du fournisseur étranger qui investit en Inde« , redoute-t-il.
Sur les 329 gigawatts de capacité électrique dont dispose l’Inde, 67% proviennent du charbon et du gaz. Le reste se répartit entre le nucléaire et les énergies renouvelables comme l’éolien, le solaire ou l’hydroélectrique.
Les experts se demandent également si les récipiendaires des nouveaux contrats seront capables de fournir de l’électricité à des prix aussi bas tout en ayant un modèle économique viable.
Fondateur de l’entreprise Amplus Solar, Sanjeev Aggarwal s’est vu bombarder d’emails de clients lui demandant d’abaisser ses prix pour se mettre au niveau du marché. « Les gens se jettent les uns sur les autres pour avoir une part du gâteau, mais la question est est-ce qu’ils ont les moyens de fournir à ces taux ?« , dit-il à l’AFP.
Sumant Sinha, PDG de la société ReNew Power, prédit lui une « malédiction des vainqueurs« . « Des tarifs extrêmement bas n’aident personne. Au final, (les entreprises) devront s’endetter, les banques vont devoir entrer en jeu, tout cela paraît bien hasardeux« , estime-t-il.

http://www.boursorama.com/actualites/en-inde-la-chute-des-prix-du-solaire-n-est-pas-qu-une-bonne-nouvelle-c38efc3d54a798ee5a54406d02665180

Juin 09

CORÉE DU SUD : LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE KORI-1 SERA DÉFINITIVEMENT ARRÊTÉ

CoréeSÉOUL, 09 juin (Yonhap) — La Commission sur la sûreté et la sécurité nucléaires (NSSC) a confirmé ce vendredi sa décision d’arrêter de manière définitive l’exploitation du réacteur nucléaire Kori-1, le plus vieux en Corée du Sud.

Ce réacteur de la centrale de Kori, située sur la côte est, non loin de Busan, sera mis hors service le 19 juin et le processus de démantèlement débutera au plus tôt en 2022, a détaillé la NSSC après une réunion ce matin.

Le réacteur Kori-1 a été mis en service en avril 1978 et sa durée de vie de 30 ans s’était achevée en 2007 avant un prolongement de 10 ans de son activité

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2017/06/09/0200000000AFR20170609001500884.HTML

Juin 09

CES INNOVATIONS TECHNIQUES QUI FONT PENCHER LA BALANCE VERS LES ÉNERGIES RENOUVELABLES

RenouvelablesDans son rapport 2016, l’ONG REN21 annonce la fin à plus ou moins long terme des usines nucléaires ou thermiques produisant l’énergie de base. Leur remplacement par des systèmes flexibles de fourniture d’électricité est en cours.

BASE. 2016 restera l’année où les capacités installées d’énergies renouvelables ont dépassé les 2000 GW, soit une progression de 8,7% en un an, portée principalement par le photovoltaïque et l’éolien. Depuis le début de la décennie, les États investissent plus dans les énergies renouvelables que dans le charbon, le gaz ou le pétrole. Le réseau des énergies renouvelables pour le 21e siècle (REN21), ONG basée à Paris dans les locaux du Programme des Nations Unies pour l’environnement, note que les tarifs sont désormais très compétitifs avec en Inde, dans les pays arabes, en Amérique latine des prix du kilowatt/heure inférieurs à 0,05 dollars, soit bien en dessous des coûts des énergies fossiles. L’électricité renouvelable atteint désormais ¼ de la production mondiale.

Il y a cependant deux ombres au tableau.

. Premièrement, les investissements ont chuté l’an dernier de 23% par rapport à 2015, un ralentissement néfaste pour l’atteinte des objectifs mondiaux de réduction des gaz à effet de serre.

. Deuxièmement, les subventions aux énergies fossiles et au nucléaire faussent la compétition entre secteurs et freinent le développement aux énergies renouvelables. « Pour chaque dollar dépensé pour les renouvelables, les gouvernements en ont dépensé 4 pour prolonger notre dépendance aux énergies carbonées », dénonce REN21.

Les nouvelles technologies rendent possible une distribution flexible de l’électricité

Mais la grande nouveauté du rapport 2016, c’est bien le constat que le schéma traditionnel de gestion de la production et de la consommation d’électricité est en train de se modifier en profondeur. Pour assurer le suivi d’une consommation fluctuant à chaque minute, les producteurs s’appuient depuis toujours sur une production  » de base  » régulière assurée par les centrales thermiques et nucléaires, les « pointes  » étant assurées par de l’hydraulique, les énergies renouvelables ou le démarrage de turbines ne fonctionnant que quelques jours par an. La montée en puissance des énergies renouvelables dans nombre de pays met à bas cette structure grâce à l’apport de technologies permettant de rendre plus flexible à la fois la consommation et la production. « Dans beaucoup d’endroits, les grosses centrales de production de base sont en train de perdre leur rentabilité économique et pourraient très bientôt ne plus être les premiers fournisseurs d’énergie« , prédit le rapport.

Dans le cadre d’une production 100% renouvelable, les variations sont compensées par les prévisions de production, les échanges par interconnection, les renforcements de réseaux, et le déploiement des technologies de stockage.

Les technologies qui permettent de lisser les productions alternatives émergent. Les parcs éoliens et photovoltaïques sont en cours de connection entre eux à l’échelle de pays entiers pour partager la production sur tout le réseau. Au Canada, une centrale au charbon dédiée à la production de base a été transformée en une unité ne répondant qu’aux pics de la demande. Au niveau du stockage, les stations de transfert d’énergie par pompage qui turbinent l’eau située dans deux bassins situés à des altitudes différentes qui totalisent aujourd’hui 150GW, devraient voir leur puissance être multipliée par cinq d’ici 2050.

Les batteries sont en train de s’imposer dans l’architecture des réseaux : en 2016, révèle REN21, 0,8GW de capacité a été ajouté amenant à un niveau total estimé de 6,4GW. Et cela alors que les technologies de méthanation transformant l’électricité fournie en surplus par éoliennes et photovoltaïque en biogaz va se déployer d’ici la fin de la décennie et que l’essor des voitures électriques va multiplier les capacités de stockage d’électricité.

Les ménages vont décider de leur consommation

Le rapport note également les progrès accomplis dans la maîtrise de la demande d’énergie via les réseaux intelligents, le couplage entre réseaux d’électricité et de chaleur, le développement des pompes à chaleur, l’effacement des consommations et l’autoconsommation. Ainsi, REN21 met l’accent sur les nouveaux modes de consommation de l’électricité comme le « pay as you go » où le consommateur pilote lui-même ses dépenses en énergie, comme cela est proposé en Irlande ou encore au Texas. Ce système avait bénéficié de 3 millions de dollars d’investissements en 2012, il a reçu un apport de 223 millions l’an dernier. C’est ainsi que l’Allemagne a pu gérer un pic de production de 140% d’énergie renouvelable et le Danemark de 86,3%, sans mettre à mal leur réseau.

L’ONG voit ainsi se profiler deux modes de développement des réseaux électriques du futur. Dans les pays développés, la baisse continue de la consommation du fait des économies d’énergie et des gains d’efficacité va aider à passer d’un système de production de base au pilotage d’un réseau flexible et décentralisé. Dans les pays en voie de développement qui vont devoir faire face à une augmentation de la demande et à une couverture en électricité de toute leur population, des choix devront être faits entre l’extension d’un réseau centralisé et l’émergence de petits centres de production décentralisés liés à une distribution locale de l’énergie.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/developpement-durable/ces-innovations-techniques-qui-font-pencher-la-balance-vers-les-energies-renouvelables_113636

Juin 09

HAUTE-MARNE – NUCLÉAIRE DERICHEBOURG RENONCE

Haute MarneAlors que la mobilisation anti-nucléaire monte d’un cran en Lorraine et en Champagne, l’entreprise Derichebourg renonce à son projet Bison, envisagé à Gudmont-Villiers en Haute-Marne. C’est le président de la communauté de communes de Joinville-en-Champagne qui l’a annoncé mardi soir, au terme d’une réunion de son conseil.

L’association Gudmont-dit-non s’est immédiatement félicitée de « cette première victoire ».

Derichebourg, groupe mondial de recyclage des métaux, prévoyait d’implanter, dans une ancienne scierie, une installation de tri, traitement et conditionnement de déchets radioactifs de faible activité et très faible activité. Et ce, avant livraison sur les sites voisins de l’Andra (Agence nationale de gestion des déchets nucléaires), à savoir le centre industriel de Morvilliers et le centre de stockage de Soulaines-Dhuys.

Une quarantaine d’emplois devaient être créés.

Avec Bure dans la Meuse (projet Cigéo d’enfouissement des déchets radioactifs), Soulaines dans l’Aube, Gudmont-Villiers avait été l’un des points de départ du rassemblement anti-nucléaire organisé le 20 mai dernier.

http://www.estrepublicain.fr/economie/2017/06/08/derichebourg-renonce

Juin 08

NUCLÉAIRE: LE REDÉMARRAGE DU RÉACTEUR 2 DE PALUEL À NOUVEAU REPORTÉ

PaluelLe redémarrage du réacteur 2 de la centrale nucléaire de Paluel (Seine-Maritime), arrêté depuis plus de deux ans, a une nouvelle fois été reporté, de deux mois et demi jusqu’à mi-février 2018, a-t-on appris jeudi auprès d’EDF.

Prévue fin novembre 2017 selon la dernière prévision, la remise en service de l’installation de 1 300 mégawatts (MW) a été décalée pour la onzième fois, au 15 février 2018, a précisé un porte-parole du groupe énergétique. « Cet ajustement est lié à des expertises réalisées autour de la piscine du réacteur. Cela nous a permis d’affiner le programme de travaux nécessaires dans cette partie de l’installation« , a-t-il poursuivi.

Le porte-parole a ajouté que la date de redémarrage était encore « susceptible d’évoluer« . Le réacteur 2 de Paluel avait été arrêté en mai 2015 pour maintenance dans le cadre d’une visite décennale, sorte de réexamen de la sûreté de l’installation, menée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Cet arrêt avait été prolongé après la chute d’un générateur de vapeur usé de quelque 500 tonnes en mars 2016, qui avait endommagé le béton du bâtiment du réacteur et des plateaux de protection de la piscine du bâtiment du réacteur.

http://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-le-redemarrage-du-reacteur-2-de-paluel-nouveau-reporte-170608

Juin 08

VIGNOBLE ET NUCLÉAIRE : LES ATOMES DE LA DISCORDE

VinLes centrales nucléaires ayant besoin d’eau pour refroidir leurs réacteurs, elles sont souvent construites à côté des fleuves. Là où se sont développés les vignobles, comme par exemple, au Tricastin.

Atteinte à l’image de marque d’appellations, crainte d’une catastrophe toujours possible en raison du vieillissement des installations, plainte de la Suisse pour pollution… Le nucléaire, ce vieux compagnon du vignoble, n’est plus un actif intouchable.

L’immense colonne de vapeur d’eau se voit à des kilomètres dans le voisinage. Quel que soit le lieu où l’on se trouve dans les coteaux chinonais, la vue s’attarde sur ce panache de vapeur blanche. Il se confond avec les cumulus, comme si une fabrique de nuages sortie de la tête d’un poète élaborait à la chaîne cirrus et autres cumulonimbus.
Il n’y a pourtant rien de poétique derrière ces rejets de la centrale nucléaire de Chinon, en activité depuis 1963. Certes, les réacteurs actuellement en service datent des années 80 et ne sont pas les plus anciens de France. Certes, la France bénéficie grâce au nucléaire d’une électricité vendue à bon marché, mais les installations vieillissantes du parc français ne sont plus à l’abri d’un accident industriel, comme en 2002, lorsqu’un rejet incontrôlé d’effluents liquides dans la Loire a finalement été reconnu par EDF.

EN QUÊTE D’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE

En cinquante ans, l’image du nucléaire civil en France a été écornée, et pas seulement depuis Tchernobyl ou Fukushima. Née d’une volonté politique d’indépendance énergétique au début des années 50, la production d’électricité nucléaire se paraît alors de toutes les vertus de la modernité. Grâce à elle, les villes allaient être éclairées à moindres frais. Une ère nouvelle allait métamorphoser la France, désormais sans colonies. Comme l’écrit aujourd’hui le service communication d’EDF concernant l’histoire de l’entreprise : « Les Trente Glorieuses sont en marche. C’est une course. Tout le monde veut grandir : collectivités et particuliers… EDF relève le défi« . Pour l’État, le nucléaire est le meilleur outil pour assurer la croissance énergétique de la France. Mais à quel prix ?
Longtemps considéré comme le symbole de la haute technologie française, le nucléaire ne jouit plus de la même aura dans l’Hexagone. Les pressions du gouvernement allemand pour la fermeture de la centrale de Fessenheim et la plainte déposée en mars 2016 par la Suisse, pour pollution des cours d’eau, à l’encontre de la centrale du Bugey, dans l’Ain, accentuent encore le malaise vis-à-vis d’EDF. « Chacun sent bien que nous ne sommes plus à l’abri d’un accident important, comme au Japon« , redoute un vieux vigneron des Côtes du Rhône qui vit depuis des décennies non loin de la centrale de Saint-Alban-du-Rhône.

UNE AUBAINE POUR L’ÉCONOMIE LOCALE

Pourtant l’implantation de ces centrales dans les années 60 et 70 était loin de soulever une opposition farouche dans les vignobles. Car bon gré mal gré, ces deux mondes cohabitent depuis des décennies.
Au début des années 60, Chinon est une zone rurale peu développée, dont la principale richesse est le vin. Jean-Max Manceau, l’ancien président du syndicat viticole de Chinon, se souvient des témoignages de vieux vignerons locaux lors de l’implantation de la centrale sur la commune voisine d’Avoine. « Lors de sa construction, les vignerons n’ont pas été consultés. Ils se sont retrouvés face à une décision de l’État, nous assurant d’une énergie propre et sans danger« , raconte aujourd’hui Jean-Max Manceau basé sur les coteaux de Noiré. « Bon, il est vrai que l’arrivée de nouveaux habitants travaillant pour la centrale d’EDF et les plateformes industrielles créées à proximité auront tout de même permis de redonner vie à la commune et à la région« , poursuit-il.  
Historiquement, la proximité géographique entre vignobles et centrales atomiques s’explique car, aussi incroyable que cela puisse paraître, ils partagent les mêmes besoins de fonctionnement, de logistique et de commercialisation. Depuis l’Antiquité, la plupart des terres à vignes ont été exploitées à proximité de fleuves ou de ports facilitant l’acheminement du vin et sa vente vers les marchés des grandes villes. C’est toujours le cas aujourd’hui.
Les sites de production d’électricité ont, eux, besoin d’une grande quantité d’eau, pompée dans les fleuves ou dans la mer et destinée au refroidissement des réacteurs atomiques. Mais aussi de voies d’accès afin d’assurer leur approvisionnement en combustible, comme de l’uranium provenant des gisements miniers français et étrangers. En regardant de plus près une carte de France, on constate la juxtaposition des installations nucléaires et des terroirs viticoles. Comme pour le vin, il faut pouvoir produire localement et transporter la production vers des zones à forte concentration humaine sans être au cœur même des grandes cités. Si bien que la carte de France des centrales se confond avec celle des vignobles. Aujourd’hui, sur 19 centrales nucléaires implantées en France, 12 sont situées dans des zones viticoles et produisent près de 55 % de l’électricité nationale…

BLAYE, CHINON, TRICASTIN, BUGEY…

Le programme débute en 1956, sur les bords du Rhône, dans le Gard. Le site nucléaire de Marcoule voit le jour au cœur du vignoble des Côtes du Rhône sur le territoire des communes de Chusclan et Cocolet. Là même où le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) mettra au point des années plus tard la filière nucléaire graphite-gaz. Aujourd’hui encore, la production de tritium (l’un des isotopes de l’hydrogène) y est toujours active. Mais c’est dans les années 70 que la stratégie énergétique du tout nucléaire va modifier le paysage rural de la France. Préemption de milliers d’hectares de friches, de terres cultivables et de forêts, modification de cadastres, nouveaux plans d’occupation des sols… La construction des centrales de Blaye, de Chinon, du Tricastin et du Bugey va modifier l’équilibre et l’image des vignobles voisins.
Sur les bords du Rhône, au nord-est de Lyon, la centrale du Bugey fait son apparition, à une trentaine de kilomètres du vignoble. Loin vers le sud-ouest, en pleine zone marécageuse, sur la rive de l’estuaire de la Gironde, face à l’appellation médocaine de Saint-Estèphe, la centrale du Blayais est mise en service en 1981 et compte quatre réacteurs de 900 mégawatts chacun. Ironie de l’histoire, le vignoble le plus proche à vol d’oiseau (4,6 km) de cette centrale en partie construite par Bouygues est le château Montrose, deuxième cru classé du Médoc en 1855 et devenu depuis 2006 la propriété de Martin et Olivier Bouygues.

VIGNERONS, PÊCHEURS, ÉCOLOGISTES MOBILISÉS

Dès l’annonce de sa construction en 1974, la centrale nucléaire de Blaye cristallise l’opposition des paysans, pêcheurs et écologistes locaux. Une pétition est lancée. Les opposants recueillent 25 000 signatures qu’ils remettent en préfecture de la Gironde, le 26 novembre 1974. Les pêcheurs de l’estuaire, notamment, sont très inquiets de l’impact sur les poissons du réchauffement des eaux reversées dans l’estuaire. Une poignée d’irréductibles agriculteurs, via l’association de protection de la nature dans le Sud-Ouest (Sépanso), et des viticulteurs de l’Entre-deux-Mers concernés par la désignation du couloir de passage des lignes à très haute tension sur leurs exploitations, défileront dans les rues de Bordeaux.
Mais rien n’empêchera la mise en service de la centrale nucléaire, en 1981. Une époque bénie pour le nucléaire français. La France voit en effet pousser comme des champignons les hautes cheminées aéro-réfrigérantes (d’une hauteur comprise entre 128 et 170 mètres) sur les rives de la Loire non loin des célèbres châteaux Renaissance, de l’Ain, du Rhin, de la Gironde à portée de tir de la citadelle de Blaye. Toujours à proximité de vignobles emblématiques.
L’implantation de chaque centrale est le théâtre d’oppositions locales plus ou moins fortes de la part de citoyens écologistes ou de paysans, comme à Blaye. Mais en parcourant les archives des journaux locaux, on s’aperçoit que les vignerons sont souvent absents de ces rassemblements. Ils ne s’opposent que mollement à ces projets de centrale. En effet, l’arrivée d’une centrale nucléaire rime avec la création de nombreux emplois qualifiés.
Or, les vignerons vendent l’essentiel de leur production au domaine. S’opposer à la construction d’une centrale, cela veut donc dire tourner le dos à une clientèle importante. « Les vignerons de Chinon ont de nombreux clients parmi les employés du site. Nous entretenons de bonnes relations« , reconnaît Jean-Martin Dutour, le président du syndicat viticole de Chinon qui souhaite conserver un dialogue fructueux avec le personnel de la centrale.

LE VIN, FAIRE-VALOIR DU NUCLÉAIRE

Cette proximité géographique entre atomes et vins se traduit également dans le nom des centrales nucléaires. Trente Glorieuses obligent, l’État prend soin de valoriser ces symboles de la haute technologie française. Ces centrales ne peuvent se contenter de porter les noms de villages anonymes. Or, le meilleur moyen de se souvenir de leur nom est de les associer à un site ou un lieu emblématique de la région.
Et quoi de mieux que les vins renommés pour porter haut les couleurs de ce savoir-faire de l’électricité hexagonale. Ainsi, personne ne connaît la centrale d’Avoine. Pourtant, c’est le véritable site de la centrale de Chinon. Qui connaît la centrale de Braud-et-Saint-Louis ? Il s’agit en réalité de celle de Blaye. Même chose pour Saint-Vulbas qui abrite la centrale du Bugey, dont le vignoble est pourtant situé à plus de trente kilomètres des hautes cheminées des réacteurs. Jadis acceptée, cette homonymie ne passe plus aujourd’hui dans les vignobles concernés.
Les syndicats viticoles multiplient depuis quelques années les recours pour demander aux centrales de changer de nom. L’AOC Chinon l’a demandé en 2011, tout comme Bugey en 2014 (lire encadré, page 50). Mais ces demandes sont restées lettres mortes. À chaque fois, EDF ou l’État, inflexibles, ont refusé le changement de nom.

TCHERNOBYL EST DANS TOUS LES ESPRITS

À tel point que le seul changement de nom officiellement enregistré ne concerne pas une centrale nucléaire, mais une appellation. Les vignerons des Coteaux du Tricastin, voisins de la centrale du même nom, ont préféré rebaptiser leur AOC Grignan-les-Adhémar. Il faut dire qu’ils supportaient de moins en moins la mauvaise réputation de la centrale, notamment à cause des incidents à répétition. En juillet 2008, lors du nettoyage d’une cuve par la Socatri, une filiale d’Areva, une solution uranifère importante s’est répandue sur le site et dans les rivières avoisinantes, créant un vent de panique dans le voisinage.
Tout le monde a naturellement pensé à Tchernobyl. « Ces incidents nous ont porté un important préjudice commercial, le nom de Tricastin a vu son image altérée, se rappelle Henri Bour, le président du syndicat vigneron. Tandis qu’EDF refusait de nous entendre, l’Inao a pris très au sérieux notre volonté de sortir de cette impasse. » Le 17 novembre 2010, l’AOC a donc pris le nom de Grignan-les-Adhémar et en a profité pour réviser le cahier des charges de l’appellation. « Les vignerons se sont fixé des objectifs plus ambitieux : le désherbage total des vignes est désormais interdit afin de permettre un meilleur travail du sol. Aujourd’hui, le quart des caves coopératives présentes dans l’AOP Grignan-les-Adhémar est certifié en agriculture biologique« , souligne Henri Bour comme pour faire un pied de nez au nucléaire voisin.

DÉTONATIONS ET DÉGAZAGE À TRICASTIN

Pour autant, même rebaptisé, le vignoble n’est pas à l’abri d’une nouvelle alerte. Le soir du réveillon du 31 décembre 2014, un réacteur de la centrale du Tricastin s’est mis en arrêt d’urgence. Un dégazage a été accompagné d’un immense panache de fumée suivi de bruits assourdissants et de détonations entendues jusqu’à 12 km à la ronde. Dans la foulée, l’organisation écologiste Next-Up a mesuré des rejets de radioactivité dans l’air, qu’EDF a réfutés. Deux mois après, EDF a néanmoins reconnu publiquement des rejets radioactifs de tritium dans la nature.
Cette multiplication d’incidents ou de rejets non contrôlés pose la question fondamentale de la surveillance spécifique des vignobles situés à proximité des centrales nucléaires. Existe-t-il un protocole ? Malgré nos demandes répétées d’interviews auprès du Bureau information des publics de l’Agence de sécurité atomique, nous n’avons obtenu aucune réponse, l’agence se contentant de nous renvoyer vers son site internet.

La difficulté d’accéder aux informations ne concerne pas que les centrales nucléaires. Difficile, en effet, de se renseigner sur les risques de contamination des sites de stockage de déchets nucléaires. Les associations écologistes peuvent en témoigner. Ce sont elles qui ont dénoncé, dès 1992, les risques de contamination des terres ou des nappes phréatiques depuis la mise en service du Centre de stockage de déchets nucléaires de Soulaines-Dhuys, près de Troyes. Les viticulteurs de la Côte des Bars, eux, ne s’en étaient pas souciés. Pourtant, le site de stockage est situé à moins de 15 km des vignes. Depuis, les vignerons champenois s’efforcent d’éviter la langue de bois.
Béatrice Richard, viticultrice à Essoyes et présidente du Syndicat général des vignerons de la Côte des Bars, déclare ainsi, le 8 avril 2013, dans L’Est Éclair que « le champagne de l’Aube n’est pas radioactif. Il n’y a aucun problème de dépassement de rejet ou de dangerosité« . La vigneronne n’est pas devenue une pro-nucléaire. En réalité, elle s’appuie sur les études menées par un laboratoire indépendant financé par le Comité interprofessionnel des vins de Champagne (CIVC) qui réalise des mesures très précises des rejets dans l’eau, dans l’air et dans le sol du vignoble champenois autour du fameux site de stockage.

LA CHAMPAGNE CONTRE LE STOCKAGE NUCLÉAIRE

La question du stockage des déchets est en effet suivie de très près par le CIVC. Les vignerons ne veulent surtout pas voir le nucléaire menacer l’image de leur vin (près de 4,75 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2015). En 2011, une enquête publique a été exigée par le CIVC lors de l’annonce de la création d’un site de stockage de déchets radioactifs à Morvilliers, toujours dans l’Aube. Le CIVC a clairement soulevé le problème de la contamination possible du vignoble situé à seulement 4 km de l’emplacement du site retenu.
Le débat s’est poursuivi en 2015 avec le projet d’agrandissement de l’ancien centre d’étude du CEA de Pontfaverger-Moronvilliers, actuellement fermé, au pied de la Montagne de Reims, ce parc naturel régional qui jouxte à l’est la Cité des sacres. Le site devrait permettre de stocker des déchets radioactifs, ce qui inquiète de CIVC. Mais le vignoble champenois fera-t-il fléchir EDF ? À l’heure où l’État envisage de prolonger la vie des centrales, de dix, voire de vingt ans supplémentaires, ce débat sur la cohabitation du vin et de l’atome ne fait sans doute que commencer.
Éric Angelot, président du Syndicat des vins du Bugey : « Nous voulons corriger une injustice »
La RVF : Vous avez demandé à EDF de rebaptiser la centrale du Bugey en centrale de Saint-Vulbas, pourquoi ?
Éric Angelot : Parce que depuis 1958, année d’attribution de l’AOVDQS pour nos vins, le nom du Bugey est associé au vignoble. Il est donc plus simple que la centrale située sur la commune de Saint-Vulbas change de nom. Et non pas notre appellation, comme ce fut le cas pour l’AOC Tricastin.
La RVF : Vous avez donc décidé d’interroger le gouvernement sur ce sujet. Où en est votre dossier ?
Éric Angelot : Oui, le 29 avril 2014, Étienne Blanc, député de l’Ain, a interpellé le gouvernement sur la possibilité de faire changer la dénomination de la centrale de Saint-Vulbas afin de ne plus créer de confusion entre les deux activités, surtout depuis la reconnaissance en 2009 des vins du Bugey en AOC.
La RVF : Avez-vous reçu une réponse favorable ?
Éric Angelot : Hélas ! non. Le 24 février 2015, le ministre de l’Agriculture nous répondait en arguant d’une coexistence de 40 ans avec la centrale. Il considérait que cela n’avait pas créé d’obstacle au développement des vins du Bugey. Ce qui est totalement inexact. Nous  allons donc poursuivre nos actions pour corriger cette injustice.
> Cet article est issu de La Revue du vin de France N°602Abonnez-vous pour découvrir nos dossiers plusieurs mois avant leur mise en ligne.

L’abus de l’alcool est dangereux pour la santé, sachez consommer avec modération.

http://www.larvf.com/vin-vignoble-nucleaire-viticulture-debat-radioactivite-catastrophe-pollution-environnement,4518432.asp

Juin 08

DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE : QUE FAIT LA FRANCE ?

désarmementAlors que 132 États participent au sein de l’ONU à la création d’une convention d’interdiction des armes nucléaires, Paul Quilès demande à Emmanuel Macron et à son ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot que la France participe le 15 juin à New York à cette négociation historique.

Monsieur le président de la République, 

Depuis le 14 mai 2017, vous êtes le détenteur suprême et unique du pouvoir de déclenchement de l’apocalypse nucléaire. Avec 21 personnalités éminentes, dont Nicolas Hulot (1), j’ai attiré votre attention, sur mon blog, dès le 30 avril, sur un événement important qui se déroule en ce moment à l’ONU : la négociation d’une Convention d’interdiction des armes nucléaires. La France a voté contre le principe d’un tel instrument juridique le 23 décembre 2016 et elle n’a pas participé à la première session (mars) qui a rassemblé 132 États pour réfléchir et débattre du contenu de ce texte.

Nous souhaitons que la France ne continue pas à pratiquer la politique de la chaise vide et qu’elle participe à la seconde session qui se tiendra à New York à partir du 15 juin prochain. Il s’agit d’une opportunité historique qui s’offre à notre pays de montrer la voie vers un désarmement multilatéral négocié, vérifiable et universel, à ne pas confondre naturellement avec un désarmement unilatéral.

Pour vous qui voulez rompre avec l’ancien monde et qui souhaitez incarner un visage nouveau de la France, ce peut être l’occasion de montrer que vous n’êtes pas attaché aux concepts éculés d’un monde ancien – celui de la guerre froide – qui continuent à alimenter la doctrine officielle.

Il n’est pas raisonnable de continuer à s’arc-bouter sur le maintien d’une arme que nombre d’experts militaires et stratégiques s’accordent à reconnaître comme obsolète et inadaptée, rappelant furieusement la triste «ligne Maginot». Les principales menaces à notre sécurité proviennent aujourd’hui du terrorisme, des cyberattaques, de la criminalité organisée, des pandémies, du changement climatique et ne sauraient être dissuadées par un arsenal nucléaire.

En outre, on sait avec certitude qu’un emploi même limité d’armes nucléaires dans le monde aurait des conséquences humanitaires catastrophiques pour l’ensemble de la communauté internationale. Comment concilier cette perspective avec l’attachement de la France au respect du droit international humanitaire et à la préservation des populations dans les conflits ? Comment croire encore que la sécurité de notre pays repose sur la capacité d’anéantissement de millions de civils innocents ?

En donnant votre accord à une participation de nos diplomates à ce processus, vous élèverez le niveau de confiance internationale, donc de sécurité, et entraînerez avec vous l’ensemble des États de l’Union européenne. La France peut faire de cette négociation historique une occasion d’être du bon côté de l’Histoire et de prendre la tête du mouvement vers l’objectif d’un monde libéré des armes nucléaires.

Veuillez agréer, Monsieur le président de la République, l’expression de mes sentiments respectueux.

Texte rédigé par Paul Quilès, ancien ministre de la Défense, président d’Initiatives pour le désarmement nucléaire — 8 juin 2017 à 15:40

(1) Rony Brauman, ex-président de MSF, enseignant, essayiste; Valérie Cabanes, juriste internationale, porte-parole «Pour en finir avec l’écocide»; Jean-Pierre Dupuy, philosophe, professeur émérite à l’École Polytechnique, professeur à l’université Stanford; Nicolas Hulot, militant écologiste; Yannick Jadot, député européen; Francis Lenne, général de brigade aérienne (2 S)…

http://www.liberation.fr/debats/2017/06/08/desarmement-nucleaire-que-fait-la-france_1575345

Juin 08

BURE, NOUS ASSUMONS LE SABOTAGE FACE AU DÉSASTRE NUCLÉAIRE

grilles BureL. a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour avoir saboté des grilles autour du futur site de la poubelle nucléaire CIGÉO à Bure. Voici la lettre lue devant les juges où il revendique pleinement son acte. Que valent quelques grilles tombées face au risque d’une contamination radioactive et la destruction complète d’un territoire?

Mesdames, Messieurs,

Puisque votre tribunal a statué illégal le défrichement orchestré par l’ANDRA dans le bois Lejuc sans donner de peine de prison, ne serait-ce que du sursis aux responsables de ce massacre.

Puisque votre tribunal a condamné un camarade à 6 mois de prison avec sursis et 2 ans d’interdiction de territoire alors qu’il ne faisait que défendre cette forêt afin d’empêcher son défrichement.

Sachez que je n’attends rien de votre institution que l’on nomme avec ignorance justice où rien n’est fait contre les voleurs en costard des affaires Clearsteam, Panama papers ou Luxleaks en passant par Fillon alors que des clochards voleurs de pâtes sont en prison.

Il y a la souffrance que le nucléaire a engendrée, toutes ses victimes qui ne sont plus là pour en parler. Et voici que l’on juge, celles et ceux qui osent s’en indigner. Si se taire aujourd’hui, c’est faire souffrir d’autres demain, voici, avec honnêteté, les raisons d’une rage qui n’en finit plus de monter.

« Dans la mesure où seul l’intérêt public est concerné, le châtiment est justifiable, si nous franchissons cette frontière, notre propre conduite devient criminelle. » (Thoreau, écrit de Jeunesse)

Ce projet n’est pas porté par l’amour de l’humanité, sinon ils l’écouteraient cette humanité quand en 2006 elle demandait avec une pétition de 50 000 signatures à la main, la tenue d’un référendum local. 

Ils l’auraient écouté en 2013, quand les villageois de Mandres-en-Barrois exprimaient lors d’une consultation, leur opposition majoritaire à l’échange de leur forêt.

L’ANDRA sait être matinale pour s’accaparer un bois communal. C’était en juillet 2015 et « L’avenir appartenait à ceux qui se lèvent tôt ». Le vote a été fait à 6 h du matin avec quelques conseillers municipaux en conflits d’intérêt, actant l’échange à bulletin secret.

Chez l’ANDRA, on aime l’argent, pas les gens, d’ailleurs du fric, ils en ont tellement qu’ils peuvent vous en passer en l’échange de votre consentement. Il suffit de demander au GIP – le Groupement d’Intérêt Public- ces 60 millions d’euros qui arrosent chaque année les départements de Meuse et Haute-Marne. Un accompagnement économique pour faire accepter une poubelle atomique. Le paroxysme du poids de l’argent sur nos vies.

Satisfait ou matraqué ! Parce que oui, si le fric ne vous attire pas et que vous êtes un peu trop dérangeant, il y a les flics qui tirent des flash Ball et lancent des grenades de désencerclement. Les patrouilles de gendarmes qui pullulent depuis que l’ANDRA projette de polluer ce territoire.

Pourquoi s’attaquer au grillage ? Cela ne vous intéresse sûrement pas, pas plus que ce gendarme qui m’a dit pendant le trajet vers le commissariat : « Tu aimerais bien que je vienne péter ton grillage autour de ta maison ? Bon ben là c’est pareil. » Voilà la fonction policière imagée dans toute sa splendeur. Réprimer la conséquence sans jamais chercher à en comprendre l’origine, un grillage autour d’un projet de poubelle nucléaire serait le même que celui autour d’une maison. 

Et vous, messieurs dames les juges, lorsque vous dites que vous n’êtes pas là pour juger les idées, la motivation mais les faits vous vous abaissez au même niveau et c’est vous que l’on appelle justice ?

Prendre autant de temps à parler d’où je viens, de mon statut social, ne serait-ce pas révélateur d’une justice de classe ? Cela changerait-il quelque chose à la peine prononcée si je suis un banquier ou plutôt un chômeur ? Un français ou un étranger ?

Nommer cela justice n’est qu’une odieuse supercherie. Sachez qu’au regard de toutes personnes habitant dans une maison, il n’existe aucune crainte de voir les manifestants qui se sont attaqués à l’ANDRA débarquer chez eux pour abattre leur clôture.

« Eh bien, messieurs, il n’y a plus de criminel à juger, mais les causes du crime à détruire. Oui je le répète, c’est la société qui fait les criminels, et vous jurés, au lieu de les frapper, vous devriez employer votre intelligence et vos forces à transformer la société. Du coup, vous supprimeriez tous les crimes, et votre œuvre, en s’attaquant aux causes, serait plus grande et plus féconde que n’est votre justice qui s’amoindrit à en punir les effets. » (Ravachol)

L’industrie nucléaire a toujours eu une gestion des déchets à la hauteur de son humanité. Pendant plusieurs années et peut-être encore aujourd’hui, des fûts de déchets nucléaires d’origine européenne furent largués sur les côtes somaliennes. Lors du tsunami de 2004, une vague a fait remonter ces fûts sur la plage faisant apparaître des saignements et malformations chez les somaliens.

Cette pollution dévastatrice, s’ajoutant à la pêche intensive des bateaux occidentaux avaient fini par excéder les populations locales et petits pêcheurs qui s’organisèrent en « Gardes côte volontaires de Somalie ». Ils lancèrent des assauts armés contre ces cargos de la mort. On les a appelé les « pirates somaliens » en montrant seulement des images de violences, se gardant bien d’en expliquer l’origine qui mettrait en lumière notre part de responsabilité. L’essentiel étant de les stigmatiser afin de légitimer une répression d’envergure militaire. 

Voici ce que l’un des leaders des pirates, Sugule Ali, déclara : « Il s’agit de mettre un point final à la pêche illégale et les déchargements dans nos eaux. Nous ne nous considérons pas comme des bandits de la mer. Nous considérons que les bandits sont ceux qui pêchent illégalement et jettent leurs poubelles. »

Il y a quelques décennies, la solution officielle pour les déchets nucléaires fut de les balancer dans la Manche et l’Océan Atlantique. L’abandon de cette folie ne fut pas le fruit de la filiale nucléaire qui l’avait mise en place, c’est sous la pression des manifestants et actions qu’ils furent contraint d’arrêter.

Aujourd’hui, ils projettent de les mettre sous terre, mais les diverses oppositions locales à chaque endroit où ils essayèrent les firent reculer. Apprenant de leurs défaites, ils sont venus à l’assaut de la Meuse de manière plus stratégique. Ils achètent les terres agricoles pour dissuader les paysans en bail précaires et déversent ces millions d’euros pour le silence des élu.e.s et de celles et ceux qui en bénéficient.

« Je rêve d’un peuple qui commencerait par brûler les clôtures et laisserait croître les forêts. » (Thoreau)

Ce projet apporte la mort avec lui, c’est une condamnation qui plane sur des milliers de générations, il est nécessaire de mettre à mort ce projet. Il en va de la sauvegarde de l’humanité, la leur, ils l’ont troqué contre des mannes financières, des vigiles tortionnaires, les matraques et grenades policières.

De cette manifestation du 18 février, je ne regrette rien, si ce n’est de ne pas être resté au cœur de l’action collective qui a mis à terre les grilles de l’ANDRA. J’ai voulu en faire tomber une de plus, alors que le groupe se repliait, j’ai cru que je serais assez fort pour le faire seul avec une pince monseigneur. Je pensais pouvoir repartir en courant, si les gendarmes chargeaient. 

Malheureusement, une crampe s’est déclarée en même temps que le stress et ma course fut laborieuse, j’ai fini plaqué au sol par un gendarme. L’interpellation dure plusieurs longues minutes, les gendarmes n’arrivent pas à me remonter, ils sont 4. Je n’arrête pas de leur parler, d’exprimer l’indignation contre ce projet, leurs regards fuient le mien, ils soupirent et perdent leur force au fur et à mesure que la parole se libère. J’ai même cru à un moment qu’ils me laisseraient partir.

Mais le commandant Dubois est venu redonner par sa présence la force de la soumission qu’incarne sa supériorité hiérarchique. Je continue tout de même à parler, le commandant m’étranglera pendant plusieurs longues secondes pour que je me taise. Je ne pouvais ni respirer, ni parler. Des marques de strangulations seront notées par le médecin pendant ma garde à vue. Serais-je encore libre si c’était moi qui avais étranglé le commandant ? 

Nous ne faisons que nous attaquer aux structures matérielles de l’ANDRA, et c’est une violence contre des personnes que les gendarmes ont délibérément exercée contre nous. Qu’ils s’écartent de notre chemin révolutionnaire et ils ne seront plus victimes de jets de pierre ou autre joyeuseté. Un manifestant a dû se faire opérer au pied suite à une grenade policière, il craignait de ne plus pouvoir marcher.

Le projet d’enfouissement de déchets nucléaires doit être freiné, entravé et donc saboté pour la légitime défense de la santé, du sol, de l’air et de l’eau.

« C’est bien beau de s’opposer, mais vous proposez quoi ? »

Au regard de la gestion laborieuse que la filiale nucléaire a réalisé en Somalie, dans la manche et dans divers sites d’enfouissement aux multiples accidents (Nouveau Mexique ou en Allemagne); il semble évident qu’il ne faut pas laisser la gestion des déchets nucléaires à ces individus irresponsables. 

« On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés » (Albert Einstein) 

Il est important de reconnaître avec honnêteté, sans le mensonge qu’un nuage radioactif s’arrête à la frontière, que nous ne savons pas quoi faire et nous n’avons jamais su quoi faire des déchets nucléaires. Dès lors, l’arrêt immédiat de la production de ses déchets est une évidence.

Cette question de la gestion devrait être prise en compte par la société toute entière, en finançant des recherches indépendante. Où trouver l’argent ? Il y a 60 millions d’euros déversés dans le département de la Meuse et Haute-Marne, afin d’acheter le consentement de celles et ceux qui demain seront irradiés. Redirigeons cette somme dans la recherche d’alternative. Tenter de trouver des solutions par la science, plutôt que l’achat des consciences.

Il y a les PDG du nucléaire, nucléocrates et autres personnes qui se sont fait des millions, voir milliards de bénéfices sur le dos de notre vie, il faudra également qu’ils rendent l’argent, pour la survie de l’humanité.

L. un tombeur de grilles 

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https://blogs.mediapart.fr/sauvonslaforet/blog/070617/bure-nous-assumons-le-sabotage-face-au-desastre-nucleaire?utm_source=20170608&utm_medium=email&utm_campaign=QUOTIDIENNE&utm_content=&utm_term=&xts=&xtor=EREC-83-%5BQUOTIDIENNE%5D-20170608&xtloc=&url=

Juin 08

LE MONDE FRANCHIT LA BARRE DES 2 000 GIGAWATTS D’ÉNERGIE RENOUVELABLE INSTALLÉS

renouveleblesLa capacité des énergies renouvelables installées dans le monde a dépassé en 2016 les 2 000 gigawatts (GW), soit plus de trente fois la puissance du parc nucléaire français. Les nouvelles installations ont encore battu un record avec 161 GW installés, en hausse de 9% par rapport à 2015. Dans le même temps, les investissements dans le secteur ont chuté de près d’un quart notamment dans les pays émergents et en développement.

De très nombreux pays à travers le monde ont engagé des politiques pour développer le secteur des renouvelables.

En 2016, les nouvelles installations de renouvelables ont encore battu un record avec 161 GW installés, en hausse de près de 9 % par rapport à 2015.

Cela porte la totalité du parc renouvelable à 2 017 GW*. C’est ce que révèle le rapport annuel sur le statut mondial des énergies renouvelables publié ce mercredi 7 juin par REN21. Le solaire photovoltaïque compte pour environ 47 % de ces nouvelles capacités, suivi de l’éolien (34 %) et l’hydroélectricité (15,5 %).  

« Les énergies renouvelables deviennent l’option la plus économique« , notent les auteurs. « Des transactions récentes au Danemark, en Égypte, Inde, Mexique, Pérou et aux Émirats Arabes Unis ont vu le coût de l’électricité chuter à 0,05 dollar/KWh, bien en-dessous du coût de l’énergie fossile ou nucléaire produite dans ces pays », apprend-on dans le rapport.  

Le mythe d’une baseload fossile ou nucléaire (NDLR : qui plait tant à nos gouvernants français)

Par ailleurs, les nouvelles technologies (numérique, stockage, véhicules électriques, pompes à chaleur…) démontrent que la nécessité de disposer d’une production de base à partir de fossile ou nucléaire est un « mythe« , affirme l’étude. « En 2016, le Danemark et l’Allemagne ont réussi à gérer des pics respectifs de 140 % et 86,3 % de production d’électricité à partir de sources renouvelables sans problème », écrivent les spécialistes de REN21. « Et dans plusieurs pays (Portugal, Irlande et Chypre, par exemple), la part de 20 à 30% d’électricité provenant des renouvelables est possible sans solutions de stockage supplémentaire ».  

« Avec la croissance des renouvelables, il devient impératif d’investir dans les infrastructures ainsi que dans une série d’outils: réseaux de transmission & distribution interconnectés, instruments de mesures pour équilibrer l’offre et la demande, connexion des secteurs (par exemple travailler sur l’intégration des réseaux de transport et d’énergie) ainsi que le déploiement d’une grande variété de technologies permettant le plein essor des renouvelables », explique Arthouros Zervos, Président de REN21.  

Chute des investissements 

Dans le même temps, les investissements dans le secteur ont chuté de 23 % en moyenne par rapport à 2015 et de 30 % dans les pays émergents et les pays en développement. Cela est dû, d’une part, à la baisse des coûts et, d’autre part, à l’aménagement des systèmes énergétiques. La Chine, qui fait la course en tête, a ainsi consacré une partie de son budget l’année dernière à améliorer le réseau et à réformer le marché de l’électricité afin de mieux utiliser les ressources renouvelables existantes. En janvier, le gouvernement chinois a toutefois annoncé qu’il dépenserait 360 milliards de dollars d’ici 2020, renforçant sa position de leader mondial sur les investissements dans les énergies renouvelables.  

Les auteurs constatent également des retards dans les secteurs du transport et de la chaleur. Ils déplorent l’impact négatif des subventions aux énergies fossiles sur le développement des renouvelables. En 2014, pour chaque dollar dépensé pour les renouvelables, les gouvernements en dépensaient 4 dans les énergies carbonées.

Les émissions de CO2 stagnent

« Le monde vit une course contre la montre. La seule mesure à prendre pour réduire efficacement et rapidement les émissions de CO2 est d’éliminer la production d’énergie à base de charbon tout en accélérant les investissements dans les renouvelables et l’efficacité énergétique« , a déclaré Christine Lins, secrétaire exécutive de REN21.  

En 2016, les émissions de CO2 liées à la consommation d’énergie des secteurs de l’industrie et de l’énergie fossile sont restées stables pour la troisième année consécutive malgré une croissance de 3 % de l’économie mondiale et une demande en hausse de la consommation d’énergie.  

* en prenant en compte l’hydroélectricité qui représente 921 GW

Concepcion Alvarez @conce1

Pour accéder aux graphiques :

http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energies-renouvelables/isr-rse/plus-de-2-000-gigawatts-d-energie-renouvelable-installes-dans-le-monde-144499.html

Juin 08

JAPON/NUCLÉAIRE: DES EMPLOYÉS EXPOSÉS À DE TRÈS HAUTS NIVEAUX DE RADIATIONS

JaponL’Agence japonaise de l’énergie atomique (JAEA) a annoncé ce mercredi que cinq de ses employés avaient été exposés à de très hauts niveaux de radiations après la rupture d’un sac contenant du plutonium au cours d’une inspection de routine. L’incident s’est produit mardi au sein d’un centre de recherche et développement de l’agence dans la ville de Oarai (préfecture d’Ibaraki), située au nord de Tokyo. La vie des salariés, qui ont été soumis à un traitement médical d’urgence, n’est pas menacée dans l’immédiat, a précisé le JAEA dans un communiqué, mais les examens des poumons ont révélé des niveaux significatifs de contamination, notamment en plutonium 239, avec une activité de 22.000 becquerels dans un cas. Aucune fuite de matière radioactive n’a été observée à l’extérieur du bâtiment, selon la même source.

L’Autorité de régulation nucléaire (NRA) du Japon, créée après la catastrophe de Fukushima de mars 2011, a aussitôt condamné l’agence JAEA, dont elle avait par le passé critiqué « l’absence de culture de sûreté« . « Je n’ai jamais entendu parler d’une exposition aussi élevée dans ma carrière« , a réagi le président de cette instance de régulation, Shunichi Tanaka, auprès de la presse. La sûreté nucléaire est un sujet particulièrement sensible au Japon depuis l’accident de la centrale Fukushima Daiichi (nord-est) en mars 2011 après un séisme suivi d’un tsunami, la pire catastrophe du secteur depuis celle de la centrale soviétique de Tchernobyl en 1986.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/06/07/97002-20170607FILWWW00140-japon-des-employes-exposes-a-de-tres-hauts-niveaux-de-radiations.php

Juin 07

LE COLLECTIF MINES D’URANIUM DEMANDE À ÊTRE REÇU PAR MONSIEUR NICOLAS HULOT, MINISTRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOLIDAIRE

collectif mines uraniumCommuniqué de presse du 7 juin 2017 du Collectif Mines d’Uranium
Le Collectif Mines d’Uranium* a tenu pour la 6ème fois sa réunion annuelle les 3-4-5 juin 2017 à Lavoine dans l’Allier, près de l’ancien site minier des Bois Noirs.
Plus de 250 mines d’uranium, aujourd’hui sous la responsabilité d’AREVA, ont été exploitées en France. Elles ont laissé plusieurs centaines de millions de tonnes de déchets radioactifs.

De nombreux sites sont libres d’accès au public, l’exposant à son insu à des niveaux de radiation inquiétants et dans certains cas inacceptables. Pire, des matériaux radioactifs ont été disséminés pour remblayer cours, chemins et même dans la construction de maisons et autres bâtiments….
Lors de cette réunion, les participants ont dressé un constat alarmant de la situation environnementale et sanitaire autour des anciennes mines :
– assainissements bâclés
– non-respect des engagements de l’État et d’AREVA
– réglementation ne protégeant pas suffisamment la population
Le Collectif Mines d’Uranium déplore une situation comparable au Niger**, qui engage la responsabilité de la France à travers les activités d’AREVA et de ses filiales.
Pour toutes ces raisons, le Collectif Mines d’Uranium demande à être reçu par le ministre de la transition écologique et solidaire, Monsieur Nicolas Hulot.

Contacts (associations nationales, France):

CRIIRAD : Bruno Chareyron, 06 27 27 50 37, bruno.chareyron@criirad.org
Coordinatrice du Collectif Mines d’Uranium, : Arlette Maussan, 04 70 59 73 50, arlette.maussan@gmail.com

IMPORTANT :

Le Collectif Mines d’Uranium, l’association VPEG (Gueugnon) et la CRIIRAD vous invitent à une conférence de presse à 10 heures le 9 juin 2014 à Gueugnon (Saône-et Loire) au Centre Henri Forest , salle n° 2 , place de l’église.

http://www.criirad.org/collectif-mines/annonce-presse-gueugnon-conf9juin.pdf

Juin 07

BLOCAGE D’UN ÉLÉMENT DE L’EPR : 500 À 1000 EUROS D’AMENDE POUR LES MILITANTS DE GREENPEACE

GreenpeaceTreize militants de Greenpeace ont été condamnés mercredi 7 juin 2017 à des amendes de 500 à 1 000 euros par le tribunal correctionnel de Caen (Calvados). Ils avaient participé au blocage routier du couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche), en 2016.

Le tribunal correctionnel de Caen (Calvados) a suivi les réquisitions du parquet : treize militants de Greenpeace ont été condamnés mercredi 7 juin 2017 à des amendes de 500 à 1 000 euros. Ils avaient participé en février 2016 au blocage d’un camion qui transportait le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche), un élément clé du réacteur nucléaire.

Dix militants s’étaient même enchaînés au camion, dès 7h15 du matin à Evrecy, près de Caen. Les trois autres avaient participé au blocage sans s’enchaîner. Les services spécialisés de gendarmerie avaient mis deux heures quarante pour libérer le convoi sans blesser les militants. Le convoi était reparti vers 14h ce jour-là.

Déjà condamnés

Les prévenus avaient déjà été condamnés à ces amendes par une ordonnance pénale (sans procès) en octobre 2016. Les militants avaient fait opposition.

Chômeurs, animatrice, enseignante à la retraite ou agricultrice, les militants sont âgés de 32 à 65 ans. Trois d’entre eux ont été condamnés à 1 000 euros d’amende et dix à 500 euros.

Avec AFP

http://www.tendanceouest.com/actualite-230427-blocage-d-un-element-de-l-epr-amendes-de-500-a-1000-euros-pour-les-militants-de-greenpeace.html

Juin 07

LETTRE OUVERTE AUX RESPONSABLES DE L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE

lette ouverteQui n’a pas entendu parler des malfaçons sur le couvercle et la cuve du réacteur EPR de Flamanville ? Certes les « politiques » ont dans leur ensemble évité d’aborder ce problème plus que fâcheux, mais la presse a fait son travail ! Il est peut-être encore temps d’arrêter cette folie ! C’est pourquoi la coordination antinucléaire d’Île-de-France a écrit cette lettre ouverte.

MESDAMES ET MESSIEURS LES MEMBRES DE L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE (ASN),

Parce que vous avez la responsabilité de la sûreté nucléaire en France, vous allez dans quelque temps prendre une décision lourde de conséquences pour les citoyens, le territoire et l’économie françaises, à savoir accepter ou pas que la cuve de l’EPR de Flamanville soit maintenue en l’état, avec tous ses défauts de fabrication désormais connus, donc autoriser ou non EDF et Areva à poursuivre la construction de ce nouveau réacteur.

Les révélations de ces derniers mois sur les graves dysfonctionnements de l’usine Areva du Creusot, où ont été forgées de nombreuses pièces de réacteurs en activité et la cuve de l’EPR, sont très inquiétantes. Or ces informations étaient tenues secrètes, inaccessibles aux citoyens comme aux parlementaires. Pourtant, vous aviez pris connaissance des risques de défaut sur les produits de cette usine dès 2005, et alerté EDF et Areva sur le sujet en 2006. Ce qui n’a pas empêché Areva de faire forger la cuve de l’EPR dans cette usine, et, malgré des défauts repérés sur le couvercle et connus de vous dès 2011, de la faire installer dans le bâtiment réacteur sans même faire les contrôles de conformité (1). Aujourd’hui, la cuve ne peut être extraite qu’en détruisant une partie du réacteur, option inacceptable pour EDF. Or les règles de sûreté prévoient « l’exclusion de la rupture de la cuve« . Autrement dit, cette rupture ne doit en aucun cas se produire, car il n’y a pas de plan B prévu dans ce cas, et ce serait alors un scénario  similaire, voire pire que celui de Fukushima.

Tout cela alimente légitimement les doutes quant à votre capacité à résister aux pressions du lobby nucléaire.

Nous savons que la décision que vous prendrez sera déterminante pour la poursuite du programme nucléaire envisagé par EDF et Areva. Nous savons qu’achever la construction de l’EPR de Flamanville est une condition indispensable pour que ces entreprises puissent continuer à vendre des réacteurs à l’étranger (et par là à contribuer à la dissémination nucléaire). Mais nous savons aussi que l’énergie nucléaire est désormais économiquement condamnée et, pour cette raison, en voie d’abandon par plusieurs autres pays qui l’avaient eux aussi mise en œuvre. Le développement du nucléaire a déjà englouti des centaines de milliards. Et si EDF et le lobby nucléaire parlent de compétitivité à son sujet, c’est parce qu’ils sortent des comptes le coût de la recherche (tout ce qui lui a permis d’exister), ainsi que les frais immenses de remise en état du parc existant pour la mise aux normes post-Fukushima, du démantèlement et de la gestion des déchets pour des centaines de milliers d’années.

Pas plus qu’il n’a été question, depuis les années soixante-dix, de solliciter l’accord des citoyens français sur l’implantation à marche forcée de 58 réacteurs nucléaires en France, il n’est question aujourd’hui de demander leur accord sur la poursuite du programme EPR — ni d’ailleurs sur le prolongement de la durée de vie des centrales. Croyez-vous sérieusement que les citoyens acceptent le risque d’une catastrophe nucléaire sur le territoire qu’ils habitent ? Alors qu’un accident majeur est devenu probable d’après le président de l’ASN lui-même (2), ce risque sera encore accru si vous autorisez le chantier de l’EPR à redémarrer. Vous avez le pouvoir et le devoir d’éviter cela.

Car, faut-il le rappeler, les conséquences d’une telle catastrophe, ce seront nous, les citoyens français, qui, par la force des choses, devrons les subir.

C’est, de fait, avec nos impôts et taxes que l’EPR se construit et continuera de se construire si vous l’y autorisez, engloutissant des sommes qui n’iront pas au développement d’autres formes de production d’électricité, bien moins dangereuses et bien plus adaptées aux besoins réels. Et surtout, si la catastrophe se produit, c’est de la santé de milliers, voire de millions, d’entre nous qu’elle se paiera, et de la condamnation pour des siècles de milliers d’hectares que nous habitons, exploitons ou simplement aimons visiter… Les exemples de Tchernobyl et Fukushima ne suffisent-ils pas à montrer l’ampleur des dégâts dont vous endosseriez la responsabilité ?

C’est pourquoi nous vous demandons de préférer les intérêts de millions de Français à ceux de l’industrie nucléaire, et pour cela de ne pas homologuer la cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville.

La coordination antinucléaire d’Ile-de-France, (coordinanidf@gmx.fr)

https://blogs.mediapart.fr/bernard-elman/blog/060617/lettre-ouverte-aux-responsables-de-lautorite-de-surete-nucleaire

Juin 07

ALLEMAGNE: LA JUSTICE CENSURE UN IMPÔT SUR LE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE

AllemagneLa Cour constitutionnelle allemande a censuré mercredi un impôt imposé depuis 2011 par le gouvernement allemand aux opérateurs de centrales nucléaires. Cet impôt est « contraire à la Constitution » et ne rentre pas dans la catégorie des « taxes à la consommation » que le gouvernement a la compétence de fixer, explique la Cour établie à Karlsruhe (ouest) dans un communiqué de presse. Contesté en justice depuis plusieurs années par les deux gros énergéticiens du pays EON et RWE, cet impôt est prélevé à chaque fois que les opérateurs de centrales changent de combustible nucléaire. En 2015, la Cour de justice européenne avait-elle validé cette taxe, qui a rapporté au total 6,285 milliards d’euros à l’État allemand entre 2011 et fin 2016. L’arrêt d’invalidité de la Cour constitutionnelle est « rétroactif« , ce qui devrait permettre aux opérateurs de centrales nucléaires de réclamer le remboursement de l’impôt payé.

À la Bourse de Francfort, la réaction à cette décision ne s’est pas fait attendre: les actions de RWE et de EON s’envolaient respectivement de 4,02% à 19,27 euros et de 3,23% à 8,31 euros à 08H41 GMT. Cette taxe avait été introduite par le gouvernement d’Angela Merkel en 2011, comme contrepartie d’un allongement de la durée de vie des centrales à l’atome, qui revenait sur la sortie du nucléaire décidée par le précédent chancelier Gerhard Schröder et ses alliés verts. Quelques mois plus tard, après la catastrophe de Fukushima, Mme Merkel a toutefois fait volte-face et l’Allemagne a décidé la fermeture de tous les réacteurs nucléaires du pays à l’horizon 2022, mais la nouvelle taxe est restée. Elle a été prélevée jusqu’à 2016. Le changement de cap de Mme Merkel sur le nucléaire en 2011 a donné lieu à de nombreuses procédures en justice des opérateurs de centrales. En décembre 2016, la Cour de Karlsruhe avait déjà tranché en partie en faveur des producteurs d’énergie, estimant qu’ils étaient en droit de demander des indemnités pour la sortie accélérée du nucléaire.

Parallèlement, gouvernement et industriels se sont accordés en octobre sur un texte de loi concernant le financement du conditionnement sécurisé des déchets et du démantèlement des centrales. Est notamment prévue la création d’un fonds chargé de gérer le stockage des déchets auquel les producteurs doivent contribuer à hauteur de plus de 23 milliards d’euros.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/06/07/97002-20170607FILWWW00113-allemagne-la-justice-censure-un-impot-sur-le-combustible-nucleaire.php

Juin 07

CHAMBÉRY : LE 17 JUIN SE TIENDRA L’ÉCOFESTIV’ GRANDE FÊTE DES ASSOCIATIONS ÉCOLOGISTES

Ecofestiv'Dans le cadre de la promotion de l’écologie et des alternatives de vie solidaires et respectueuses de notre environnement, l’association chambérienne La Mandragore, avec la participation de plus de 60 associations et acteurs locaux, organise, le 17 juin 2017, la huitième édition de l’Écofestiv’, la fête de l’écologie et des alternatives de vie. Rappelons qu’en 2015, plus de 1500 personnes ont participé à l’événement.

Cette journée est avant tout l’occasion de rencontres et d’échanges sur le « vivre autrement au quotidien » : échanger & consommer, s’alimenter & jardiner, militer & informer, se déplacer & voyager, se loger & construire, grandir & éduquer, se soigner… d’une façon cohérente et respectueuse de son environnement.

De nombreuses animations, conférences et ateliers sont présentés tout au long de la journée afin d’informer sur les pratiques éco-citoyennes dans la convivialité et la bonne humeur.

Cette année, l’Écofestiv’ 2017 fusionne avec la Journée Cyclo’porteurs (journée de promotion des activités à mobilité humaine cycloportées) et concrétisera la transition par des déplacements exclusifs à vélo-remorques à l’intérieur du parc du Verney, le transport majoritaire du matériel (stand, alimentaire, matériel) et l’autonomie totale des structures présentes lors de l’événement.

L’édition 2017 sera également soutenue par le mouvement « Chambéry-Aix en transition ». Ce collectif s’inspire de la démarche « Villes en transition » à laquelle participe déjà plus d’une centaine de villes en France. Il se donne pour objectif de faire connaître et relier les citoyens et organisations responsables en chemin vers une société plus humaine, en harmonie avec la nature et le vivant.

Nous vous invitons à venir nous rejoindre au Parc du Verney le
SAMEDI 17 JUIN 2017 de 9h à minuit

Au programme :

  • Projections, conférences, ateliers (entrée libre)
  • Stands et animations de plus de 60 organisations participantes
  • Concerts gratuits de 13h à 15h puis de 18h30 à minuit (Full of jazz, Jean Françoise, Fils de William, Octavio Sola, Cactusphobie)
  • Bio-buvette & bio-buffet végétarien toute la journée à « prix libre »
  • Clowns, espace de jeux pour enfants, transport en calèche gratuits

Lien vers le programme détaillé

Plus d’infos sur l’Écofestiv’ du 17 juin 2017 au Parc du Verney :

NOTA : SAVOIE-ANTINUCLÉAIRE y sera présente pour vous accueillir sur son stand et vous encourager à vous inscrire pour, (comme déjà plus de 3300 personnes), recevoir gratuitement 1 fois par mois, le résumé des articles publiés le mois précédent.

Juin 07

JAPON : RELANCE D’UN 5ÈME RÉACTEUR NUCLÉAIRE, LIVRAISON DE MOX PRÉVUE

JaponUn cinquième réacteur nucléaire a été relancé mardi au Japon, a annoncé l’exploitant, un modèle qui fonctionne en partie au combustible recyclé Mox dont une livraison est prévue prochainement au Japon en provenance de France, selon Greenpeace.
« Le réacteur a été relancé à 14H00 (05H00 GMT) », a déclaré à l’AFP une porte-parole de la compagnie de Kansai Electric Power (Kepco).  Ce redémarrage a lieu moins d’un mois après celui de l’unité contiguë Takahama 4, dans le sud-ouest du Japon.
La réaction en chaîne ne débutera que plusieurs heures plus tard et la fourniture d’électricité sur le réseau pas avant plusieurs semaines.
Takahama 3, à 350 km à l’ouest de Tokyo, ne sera que le 5e réacteur en service au Japon (dont 3 en partie chargés de Mox), sur un parc de 42 unités contre 54 avant la catastrophe de Fukushima en 2011.
Takahama 3 et 4 avaient redémarré début 2016, mais un tribunal, saisi par un groupe de riverains, en avait ordonné l’arrêt, estimant que toutes les leçons de la catastrophe nucléaire de Fukushima n’avaient pas été tirées.
La décision avait été confirmée en premier appel. « Il reste des interrogations sur les mesures de protection vis-à-vis d’un tsunami et concernant les plans d’évacuation », avait signifié le juge.
Mais en mars cette année, la Haute cour d’Osaka a infirmé cette décision, ouvrant la voie à un redémarrage.
Takahama 3 et 4 emploient en partie du Mox (mélange d’oxydes d’uranium et plutonium), produit par Areva en France, selon la porte-parole de Kansai Electric.
Le Japon n’a pas encore mis en exploitation ses usines de retraitement et fabrication de Mox, en raison de divers problèmes techniques et de normes plus strictes depuis l’accident de Fukushima.
La relance de ces réacteurs ainsi que l’emploi de Mox suscitent de vives protestations des écologistes, dont l’organisation internationale Greenpeace.

« Le combustible nucléaire Mox intégrant du plutonium réduit la sûreté des réacteurs, augmentant à la fois le risque d’accident grave et ses conséquences radiologiques », a écrit Greenpeace dans un communiqué.
L’organisation écologiste ajoute avoir connaissance d’une expédition secrète de Mox, qui doit partir de Cherbourg en France le 7 juillet en direction de la centrale de Takahama.
«
Ce transport présente également de sérieux problèmes de sécurité, car le Mox, qui peut être utilisé pour la fabrication de matériau d’arme nucléaire, est une cible potentielle pour les organisations terroristes », écrit Greenpeace.

https://www.goodplanet.info/actualite/2017/06/06/japon-relance-dun-5e-reacteur-nucleaire-livraison-de-mox-prevue/

Note du Réseau Sortir du Nucléaire sur l’article ci-dessus :

Encore et toujours la France et son terrible MOX coresponsable – avec le gouvernement japonais – de la menace criminelle (*) grave et imminente qui pèse sur le monde et la population japonaise…. tout cela pour remettre le peuple japonais au pas atomique et « rentabiliser » les millions d’euros qu’ont coûté la fabrication et le transport hautement militarisé  par les océans de ce MOX qui s’auto-désintègre (qu’il faut donc utiliser à tout prix en urgence).

(*) Théodore Monod : « La préparation d’un crime est déjà un crime. »

 

Juin 07

VERS UN FEU VERT POUR L’EPR DE FLAMANVILLE, SELON LA PRESSE

EPRL’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a transmis à EDF des éléments rassurants sur la conformité de la cuve de la future centrale de Flamanville, qui devrait pouvoir effectivement démarrer, rapporte mercredi Le Figaro.

Le pré-rapport de l’ASN indique que l’équipement remplit bien les conditions de sûreté pour que le réacteur puisse démarrer normalement.

Ce pré-rapport devrait être officialisé dans quelques semaines puis soumis à consultation pour un avis définitif de l’ASN en septembre.

« Selon toute probabilité, il devrait être conforme aux premières conclusions« , indique le quotidien.

EDF prévoit de mettre en service l’EPR en 2018.

Personne n’était joignable dans l’immédiat chez EDF pour commenter cette information.

(Pascale Denis, édité par Wilfrid Exbrayat)

Crédit photo : Charlie Triballeau/AFP

https://www.challenges.fr/top-news/vers-un-feu-vert-pour-l-epr-de-flamanville-selon-la-presse_478445

Juin 06

CESSION IRRÉGULIÈRE DU BOIS LEJUC À L’ANDRA (SUITE PROVISOIRE)

LejucLe 18 mai 2017, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois était convoqué pour voter sur le sort du Bois Lejuc, suite à l’annulation par le Tribunal administratif de Nancy de la délibération du 2 juillet 2015. Celle-ci, qui s’était tenue à bulletins secrets dans des conditions irrégulières, avait autorisé l’échange de la forêt communale à 7 voix contre 4. Cette fois, toujours sous surveillance policière massive, la cession du Bois Lejuc à l’Andra a été votée à 6 voix contre 5.

Pourtant, un certain nombre de conseillers municipaux se trouvaient en état de conflit d’intérêt latent en raison des liens qu’ils entretiennent avec l’Andra : le maire de la commune, agriculteur, travaille sur les terres de l’Andra via un bail précaire ; sa fille y travaille comme secrétaire, de même que la fille d’une autre conseillère ; d’autres membres des familles de certains conseillers travailleraient pour des sous-traitants de l’Agence ; un autre enfin est titulaire d’un bail de chasse délivré par l’Andra dont la superficie du bois à chasser vient de passer de 24 à 128 hectares … Du fait de ces possibles trafics d’influence, ces conseillers municipaux n’auraient pas dû prendre part au vote.

Pour contester ce vote illégitime, 33 habitants du village de Mandres-en-Barrois ont déposé un référé pour faire suspendre cette délibération dans l’attente du jugement du recours sur le fond déposé parallèlement. Lors de l’audience en référé, qui s’est tenue le 31 mai 2017 au Tribunal administratif de Nancy, la commune de Mandres et l’Andra, par le biais de leur conseil, n’ont fait état que d’affirmations orientées sans grand fondement juridique.

Le tribunal a rejeté la requête en référé des habitants. Mais l’affaire est loin d’être terminée : le recours au fond reste à étudier et nous espérons que les juges prendront alors le temps nécessaire pour des investigations approfondies sur ce dossier. En particulier, il sera capital que les juges puissent se pencher en détail sur la situation de conflit d’intérêt qui concerne plusieurs conseillers.

Associations et militant-e-s rappellent que tant que l’ensemble des recours n’aura pas été examiné, il serait inacceptable qu’une expulsion ou une reprise des travaux ait lieu.

Afin de poursuivre nos actions en justice et d’entraver concrètement l’impunité des exploitant, nous avons besoin de vous. http://www.sortirdunucleaire.org/Soutenez-nous?origine_sujet=AJUR

Pour en savoir plus : http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-cession-bois

Juin 06

ITALIE : LE « DÉSARMEMENT » NUCLÉAIRE DE GENTILONI

ItalieLes Nations Unies vont ouvrir, le 15 juin 2017, une véritable négociation visant à interdire les armes nucléaires. Jusqu’ici le Traité de non-prolifération est une mascarade visant exclusivement à maintenir l’avantage que détiennent les puissances nucléaires sur les autres. Bien entendu, toutes les puissances nucléaires, sans exception, ont tenté de s’opposer à cette initiative de l’Assemblée générale de l’Onu.

La scène de la folle panique sur la place San Carlo à Turin [1], avec ses conséquences dramatiques, est emblématique de notre situation. La psychose d’attentat terroriste, diffusée avec art par l’appareil politico-médiatique sur la base d’un phénomène réel (dont on cache cependant les véritables causes et finalités), a déclenché de façon chaotique l’instinct primordial de survie. Celui-ci se trouve par contre endormi par le black-out politico-médiatique, alors qu’il devrait se déclencher de façon rationnelle face à ce qui met en péril la survie de l’humanité entière : la course aux armements nucléaires. En conséquence la très grande majorité des peuples ignore que va se tenir aux Nations Unies, du 15 juin au 7 juillet, la seconde phase des négociations pour un traité qui interdise les armes nucléaires.

L’ébauche de la Convention sur les armes nucléaires, rédigée après la première phase des négociations en mars, stipule que chaque État partie s’engage à ne pas produire ni posséder d’armes nucléaires, ni à les transférer ou à les recevoir directement ou indirectement. L’ouverture des négociations a été décidée par une résolution de l’Assemblée générale votée en décembre 2016 par 113 États, 35 votes contre et 13 abstentions. Les États-Unis et les deux autres puissances nucléaires de l’Otan (France et Royaume-Uni), les autres pays de l’Alliance et ses principaux partenaires —Israël (unique puissance nucléaire au Moyen-Orient), le Japon, l’Australie et l’Ukraine— ont voté contre. Ont alors exprimé aussi un vote contraire les autres puissances nucléaires : la Russie et la Chine (qui s’est abstenue), l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord.

Parmi les pays qui ont voté contre, dans le sillage des États-Unis, se trouve l’Italie. Le gouvernement Gentiloni a déclaré, le 2 février, que « la convocation d’une Conférence des Nations Unies pour négocier un outil juridiquement contraignant sur la prohibition des armes nucléaires, constitue un fort élément diviseur qui risque de compromettre nos efforts en faveur du désarmement nucléaire ». L’Italie, assure le gouvernement, est en train de suivre « un parcours graduel, réaliste et concret en mesure de conduire à un processus de désarmement nucléaire irréversible, transparent et vérifiable », fondé sur la « pleine application du Traité de non-prolifération (TNP), pilier du désarmement ».

La façon dont l’Italie applique le TNP, ratifié en 1975, est démontrée par les faits. Bien que ce Traité engage les États militairement non-nucléaires à « ne recevoir de quiconque des armes nucléaires, ni le contrôle sur de telles armes, directement ou indirectement », l’Italie a mis à disposition des États-Unis son propre territoire pour l’installation d’armes nucléaires (au moins 50 bombes B-61 à Aviano et 20 à Ghedi-Torre), pour l’utilisation desquelles sont entraînés aussi des pilotes italiens. À partir de 2020 sera déployée en Italie la B61-12 : une nouvelle arme de première frappe nucléaire, dotée den capacité pénétrante pour détruire les bunkers souterrains des centres de commandement. Quand aura commencé en 2020 (mais il n’est pas exclu que cela arrive même avant) le déploiement en Europe de la B61-12, l’Italie, formellement pays non-nucléaire, sera transformée en première ligne d’une confrontation nucléaire encore plus périlleuse entre USA/Otan et Russie.

Que faire ? Il faut imposer que l’Italie contribue au lancement du Traité ONU sur la prohibition des armes nucléaires et qu’elle y souscrive et, en même temps, exiger que les États-Unis, sur la base du Traité de non-prolifération en vigueur, enlèvent toute arme nucléaire de notre territoire et renoncent à y installer les nouvelles bombes B61-12. Pour quasiment tout le « monde politique », l’argument est tabou. Si la conscience politique fait défaut, il ne reste qu’à recourir à l’instinct primordial de survie.

Article de Manlio Dinucci, traduction  Marie-Ange Patrizio

Source : Il Manifesto (Italie)

http://www.voltairenet.org/article196639.html

Juin 06

NUCLÉAIRE : CINQ ANS POUR QUOI FAIRE ?

5 ans pour quoi faireLes acteurs sont désormais en place, mais quelle pièce vont-ils jouer ? Pas celle, a priori, écrite par la loi sur la transition énergétique votée en 2015, qui prévoit de ramener de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025.
Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a bien repris à son compte l’objectif fixé dès 2012 par François Hollande, mais c’était surtout une position tactique, pour éviter d’avoir à débattre d’un sujet qui aura pollué le quinquennat. Son entourage a d’ailleurs distillé l’idée que la date de 2025 n’était pas impérative. Et le dernier soir de la campagne, dans une interview à Médiapart, Emmanuel Macron a levé un coin du voile, en disant que, en matière de fermeture des centrales nucléaires, cela ne se déciderait pas  « sur le plan politique » mais plutôt  « sur la base de ce que l’ASN [l’Autorité de sûreté nucléaire]  dira ». Une position que son ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, a d’ailleurs paraphrasée : « Si on doit fermer des réacteurs – et il faudra le faire -, ce sera sur des critères sociaux et de sécurité », a-t-il expliqué au « Journal du dimanche ».

Si le cours d’EDF a chuté à l’annonce de sa nomination au gouvernement, ses premières déclarations sont tout sauf va-t-en-guerre. Les plus perfides rappellent d’ailleurs que l’électricien et l’écologiste savent travailler ensemble : EDF est partenaire et financeur de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme depuis de longues années. Le PDG  d’EDF, Jean-Bernard Lévy, qui avait des relations difficiles avec Ségolène Royal, est aussi en confiance avec la directrice de cabinet de Nicolas Hulot, Michèle Pappalardo, qui connaît par cœur l’économie du nucléaire.

Prolonger le parc

Si peu d’acteurs croyaient de toute façon à la possibilité de réduire la part du nucléaire aussi rapidement qu’il est écrit dans la loi, sauf à imaginer une avarie générique, reste à savoir à quoi servira de se donner du temps, si c’est seulement pour en gagner. Depuis cinq ans, EDF n’a pas bougé d’un iota sur ses ambitions (prolonger le parc et construire de nouveaux EPR), ni sur sa vision d’une consommation croissante de l’électricité malgré la stabilité des dernières années.
Dans sa mise en œuvre, la loi de transition énergétique a donné la main à EDF au détriment de l’État, pourtant actionnaire à plus de 83 %. Par exemple, en disant que c’est à EDF de demander l’abrogation de l’autorisation d’exploiter une centrale nucléaire, tout en assurant son droit à être indemnisé. Une position qui tranche singulièrement avec ce qu’a fait Angela Merkel en Allemagne. EDF veut de la sincérité de la part de l’État, mais l’État et les citoyens en voudront aussi de la part d’EDF. Et ses clients aussi.

Article de Véronique Le Billon

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030365685678-nucleaire-cinq-ans-pour-quoi-faire-2091937.php

Juin 05

CIGÉO : M. HULOT, PROTÉGEZ LES HIBOUX DE BURE !

HibouxÀ cheval sur la Meuse et la Haute-Marne se prépare l’installation d’un centre d’enfouissement de déchets nucléaires, dit Cigéo. Un collectif d’opposants, syndicats de paysans, de travailleurs, associations environnementales, collectifs d’habitants, demande au ministre Nicolas Hulot de prendre position contre cette « poubelle atomique ».

Les auteurs de la lettre sont : les opposant-es d’ici et d’ailleurs, des habitant-es de Mandres-en-Barrois, les associations Burestop 55, Bure zone libre, Asodedra, Cedra 52, Eodra, les habitants Vigilants de Gondrecourt le Château, les habitants Vigilants de Void-Vacon, Meuse nature environnement, Mirabel Lorraine environnement. La liste de leurs soutiens est à la fin de la lettre ouverte.

Monsieur le ministre, vous avez déclaré le 12 novembre 2011, à la suite de la catastrophe de Fukushima, que « le propre d’un accident nucléaire, c’est d’être inestimable dans le temps et dans l’espace. Et là s’arrête le risque acceptable dès lors que l’on ne maîtrise ni ne mesure plus ses conséquences ». Nous partageons totalement votre constat.

Vous êtes ministre à présent. Des spécialistes vous assureront que les déchets [1] produits par l’industrie nucléaire seront bien gérés. Si, comme vos prédécesseurs, vous n’écoutez qu’une seule voix, celle des acteurs du nucléaire, la seule ayant accès à votre cabinet, qui affirme que le stockage nucléaire en grande profondeur est une solution, alors vous vous tromperez gravement.

Vous pourriez apposer un blanc-seing sur un projet comportant lui aussi, comme l’accident nucléaire de Fukushima, des « risques non acceptables, parce que personne ne maîtrise ni ne mesure les conséquences » de l’énorme complexe Cigéo, projet d’enfouissement des déchets nucléaires, qui sacrifie non seulement un territoire, mais menace durablement le pays tout entier et les centaines de générations à venir.

Contrairement à ce que vous affirmera l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), elle ne sera jamais prête, bien qu’affichant des certitudes de façade. Donner prochainement le feu vert à Cigéo, c’est engager le pays de façon irréversible dans un chantier titanesque dont nul ne pourra prétendre maîtriser les risques. Des experts indépendants l’ont prouvé de manière irréfutable. Confiner une telle masse de déchets radioactifs à moins 500 m sous terre peut mener à des explosions souterraines liées à la nature de certains déchets.

Un incendie en grande profondeur serait ingérable. La contamination de nappes phréatiques serait inévitable, car la radioactivité s’échappera un jour des colis de confinement. Dans tous les cas, des rejets aériens massifs de gaz radioactifs sont assurés, sans parler de la multiplication de transports nucléaires à haut risque pendant plus d’un siècle.

La pièce maîtresse d’un énorme mensonge 

Contrairement à ce que vous affirmeront certains parlementaires, l’opinion publique n’accepte pas Cigéo, malgré les mesures déployées : efforts financiers considérables, promesses de développement local, impasse systématique sur les dangers réels ou encore processus de concertation truqué.

Tout est plaqué, brutalement, sans aucun choix possible. Depuis 30 ans, sur plus de 25 sites explorés en France, des milliers de gens ont refusé de servir de caution, de cobayes ou de fusibles.

Presque partout, ils ont mené à l’échec toutes les tentatives d’implantation. L’ampleur inédite de cette opposition doit peser dans la balance des décisions.

N’avez-vous pas déclaré aussi, sur i-Télé, en 2016 : « Ces déchets, il faut bien en faire quelque chose, mais, en tout cas, on ne peut pas imposer comme ça [ce projet] à des populations locales, sous prétexte qu’[elles] sont dans des endroits un peu éloignés (…), sans concertation, sans transparence. »

Le seul « laboratoire de recherche géologique » finalement installé à Bure est la pièce maîtresse d’un énorme mensonge : la filière électronucléaire serait propre, gérable et peu coûteuse, alors qu’elle est au bord du gouffre. Les pouvoirs publics savent que le stockage géologique est un mythe dangereux qui ne résout rien. Argument de vente pour de nouveaux réacteurs nucléaires, il tente de masquer une impasse phénoménale.

En 2018, le gouvernement pourrait être amené à signer une « phase industrielle pilote » : cette fausse phase de « test grandeur nature » masque un feu vert irréversible au chantier qui engloutirait les 5 milliards d’euros provisionnés à ce jour. Trouver les 30 à 40 milliards suivants, nécessaires au fonctionnement du stockage, resterait à la charge de nos enfants et arrière-petits-enfants. N’avez-vous pas dit ce 12 novembre 2011 : « Dans la même veine, ignorer la durée de vie et la dangerosité à très long terme des déchets est incompatible avec la notion première du développement durable, puisque c’est une délégation de risque aux générations futures. »

Votre conscience d’homme public soucieux de la préservation de la planète vous engage à agir : il faut mettre fin à cette politique énergétique irresponsable, mettre au centre de la table les erreurs passées, assumer ce passif et ne pas alourdir la dette.

Une situation conflictuelle alarmante

Des centaines d’habitant.e.s refusent d’être condamnés à vivre, à respirer et à survivre sur la plus grande « poubelle atomique » d’Europe. Ne soyez pas sourd comme tant d’autres à la multitude de signaux d’alerte obstinément envoyés aux décideurs, dont vous faites à présent partie, par des personnes de tous âges, en lutte pied à pied dans le bois Lejuc depuis juin 2016, où l’Andra a tenté de commencer les travaux préparatoires de Cigéo en toute illégalité. Ces militants, qu’on appelle « les hiboux de Bure », ont choisi d’y résider, parfois dans les arbres pour mieux les protéger, faisant preuve d’un incroyable courage qui en dit long sur leur détermination. L’opposition ne cesse de s’amplifier localement et nationalement. Des pays voisins s’inquiètent. En Meuse et en Haute-Marne, le climat de répression s’intensifie, cherchant à détruire toute cohésion sociale. Cautionnerez-vous une situation conflictuelle alarmante en prenant le risque de la voir s’aggraver ?

La cession du bois Lejuc à l’Andra est au centre d’une controverse largement médiatisée depuis un an. Est-il moralement acceptable de faire porter un tel fardeau aux onze conseillers municipaux de Mandres-en-Barrois, sommés d’abandonner leur forêt communale ?

Savent-ils qu’ils engagent la destruction inévitable de tout un territoire de vie en ouvrant la porte à un inconnu menaçant l’humanité ?

Et que penser des soupçons de conflits d’intérêts affectant un certain nombre de conseillers municipaux du fait de leurs liens avec l’Andra, comme le met en exergue un nouveau recours juridique déposé le 22 mai 2017 par pas moins de 35 habitant-es ?

Face à cette situation d’urgence et réaffirmant une opposition totale au principe de l’enfouissement des déchets nucléaires, nous demandons instamment :

  • que le gouvernement ne tente aucune évacuation du bois Lejuc à Mandres-en-Barrois, occupé par les opposants depuis presque un an, sous peine de voir la situation de tension actuelle s’aggraver ;
  • que le gouvernement reçoive les scientifiques et associations qui depuis plus 20 ans ont recueilli les éléments d’approfondissement du dossier Cigéo révélant les risques et qui veulent, au nom de l’intérêt général, apporter leur éclairage (vous avez déclaré récemment, au JDD : « Je connais ce dossier, mais je veux l’étudier davantage. ») ;
  • que le gouvernement stoppe tout projet d’enfouissement profond des déchets radioactifs ;
  • que le gouvernement engage en urgence la remise à plat de l’ensemble de la politique énergétique du pays. La sortie du nucléaire est impérative et ne doit pas être repoussée aux décennies à venir, il en va de la survie de l’humanité. Le passage aux énergies renouvelables et économies d’énergies, à des techniques créatrices d’emploi et autrement plus soutenables et novatrices, fait partie des demandes qui doivent aboutir au plus vite.

LES AUTEURS DE CETTE TRIBUNE ONT REÇU LE SOUTIEN DES ORGANISATIONS SUIVANTES

Attac France, Agir pour l’environnement, Réseau « Sortir du nucléaire », Confédération paysanne, Novissen (1000 vaches), FNE Grand-Est, Sortir du nucléaire Moselle, SDN 89, Collectif Sortir du nucléaire 79, STOP EPR ni à Penly ni ailleurs, Collectif Halte au nucléaire du Gard, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire (ACDN), Auxilia conseil en transition, Association pour la restauration et la Protection de l’environnement naturel du Tonnerrois, Adeny-Association de défense de l’environnement et de la nature de l’Yonne, MAN Nancy, Confédération paysanne des Vosges, Confédération paysanne de Meuse, Association A.P.P.E.L.S (55), Attac 55, Association Vie Environnement Respect Nature (Avern), Cade (Collectif des Associations de défense de l’environnement Pays basque et Sud des Landes), Collectif les Dindons de la farce, Droit au soleil, Effet de serre toi-même, Collectif Non au gaz de schiste du canton de Fayence, Association Artisance, Association Gecnal de Sarreguemines (57), Union syndicale solidaires, Syndicats des travailleurs du rail SUD-Rail, Cyber@cteurs, collectif Stop gaz de schiste Anduze, Collectif citoyen de Pézenas, Castelnau et Guers, Collectif du Céressou, Collectif de Campagnan-Saint-Pargoire (contre le Linky), Eco’lectif de Gignac…

[1] Il s’agit des déchets les plus radioactifs et les plus dangereux, dits « à haute et moyenne activité à vie longue ».

https://reporterre.net/Cigeo-M-Hulot-protegez-les-hiboux-de-Bure

Juin 05

POUR LA RUSSIE, LA PROPOSITION DE LOI 1644 EST UN « ACTE DE GUERRE »

loi 1604Nous avons déjà dit que toute « sanction » unilatérale est en soi un acte de guerre. 

De hauts fonctionnaire russes s’inquiètent de ce qu’une proposition de loi qui vient d’être adoptée par le Congrès US fait beaucoup plus qu’augmenter les sanctions déjà existantes sur la Corée du Nord. Moscou estime en effet que la House Resolution 1644 viole sa souveraineté et constitue un acte de guerre.

Le 4 mai 2017, la H.R. 1644, sous l’innocente formulation « Korean Interdiction and Modernization of Sanctions Act », a été rapidement adoptée par 419 voix contre une, et a aussi rapidement été qualifiée « acte de guerre » par un haut fonctionnaire russe.

Pourquoi Konstantin Kosachev, président de la Commission des Affaires Étrangères du Sénat russe s’est-il tant alarmé d’une proposition de loi ostensiblement dirigée contre la Corée du Nord ? Après tout, il n’y a même pas eu, avant le vote, d’animé débat partisan. Au contraire, la résolution a été votée suivant une procédure dite « à règles suspendues », généralement appliquée aux législations ne soulevant pas de controverse, et elle l’a été à l’unanimité moins une seule voix (celle du Républicain Thomas Massie, du Kentucky).

Voyons ce qu’implique cette Résolution 1644. Si elle est appliquée, la loi modifiera le « North Korea Sanctions and Policy Enhancement Act » de 2016 en augmentant les pouvoirs qu’a le Président d’imposer des sanctions à quiconque violerait certaines résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies concernant la Corée du Nord. Plus spécifiquement, elle permettra d’étendre à d’autres les sanctions infligées à la Corée du Nord pour la punir de son programme d’armement nucléaire, en prenant pour cibles quiconque, outremer, exploite une main d’œuvre d’« esclaves » nord-coréens, en faisant appel à l’administration (US) pour déterminer si la Corée du Nord est un état qui sponsorise le terrorisme, et en autorisant des mesures de répression sur la Corée du Nord dans le cas où elle ferait usage de ports de transit internationaux.

 La H.R. 1644 prend pour cibles des ports et des aéroports étrangers.

Ce qui a fait sursauter les critiques russes, c’est la Section 104, la partie de la loi qui accorde aux « autorités d’inspection » US le droit d’inspection dans des ports d’embarquement (et la plupart des aéroports) situés bien au-delà de la péninsule coréenne – particulièrement en Chine, en Russie, en Syrie et en Iran. La proposition de loi identifie plus de 20 cibles étrangères comprenant deux ports de Chine (Dandong et Dalian, et « tout autre port de la République Populaire de Chine que le Président juge approprié »); dix ports en Iran (Abadan, Bandar Abbas, Chabahar, Bandar-e Emam Khomeyni, le port de Bouchehr, le port d’Assalouyeh, les îles de Kish et de  Kharg, Bandar Lengeh, Khorramshahr, et l’aéroport international  Imam-Khomeini de Téhéran); quatre endroits en Syrie (les ports de Lattaquié, de Baniyas, de Tartous et l’aéroport international de Damas) ; et enfin trois ports en Russie (Nakhodka, Vanino, and Vladivostok). Selon la proposition de loi le Secrétaire à la Sécurité intérieure US pourrait utiliser le système de ciblage automatique du Centre national de ciblage pour fouiller tout bateau, avion ou moyen de transport qui se trouverait « sur le territoire, dans les eaux ou l’espace aérien de la Corée du Nord ou qui accosterait ou atterrirait dans n’importe quel port ou aéroport de ce pays ». Tout vaisseau, avion ou véhicule qui aurait violé cette loi US serait passible de « saisie et confiscation ».

Le House Bill met les voyants d’alerte au rouge pour la Russie

« J’espère que cette proposition de loi ne sera jamais adoptée » a dit Kosachev à Sputnik News, « parce que sa mise en œuvre envisage un scénario de pouvoir qui permet la fouille forcée de n’importe quel bateau par les navires de guerre US. Un scénario de ce genre est incompréhensible, parce qu’il équivaut à une déclaration de guerre»

On comprend que les autorités russes aient été outragées par cette démarche impérieuse du Congrès visant à étendre le droit de surveillance militaire que s’accordent les États-Unis jusqu’à des ports souverains de l’Extrême-Orient russe. La Chambre Haute de la Fédération de Russie a fait remarquer non sans colère que de telles actions constitueraient un viol flagrant des lois internationales et rien de moins qu’une déclaration de guerre.

« Aucun pays dans le monde et aucune organisation internationale n’a autorisé les États-Unis à superviser l’exécution d’aucune résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU » a fait remarquer Kosachev. Il accuse Washington d’essayer d’affirmer la suprématie de sa propre législation sur les lois internationales, en vertu de « l’exceptionnalisme » dont les USA se targuent et qui pose, selon lui « le principal problème aux relations internationales d’aujourd’hui ».

« Ce vote déséquilibré à 419/1 révèle assez clairement ce qui sert de culture juridique et politique au Congrès des États-Unis »

Le collègue de Kosachev à la Chambre Haute, Alexeï Puchkov, a insisté sur cette cause de préoccupation. « On ne sait absolument pas comment cette loi est supposée être mise en œuvre » a-t-il dit ; « Pour contrôler des ports russes, les USA devront d’abord installer un blocus et fouiller tous les navires, ce qui est en soi un acte de guerre ». Ce vote déséquilibré à 419 contre 1 révèle assez clairement ce qui sert de culture juridique et politique au Congrès des États-Unis.

La Russie n’en a rien à cirer de l’exceptionnalisme US

Dans l’immédiat, la Russie craint surtout que le Sénat US ne suive la même pente que le Congrès. Selon Sputnik News, le « surveillance-and-interdiction amendment » doit encore être approuvé par le Sénat et signé par le président Donald Trump.

Andreï Krasov, premier chef-adjoint de la Commission de Défense de la Chambre Basse de Russie a réagi à l’initiative US avec un mélange d’incrédulité et d’indignation :

« Pourquoi diantre l’Amérique s’est-elle voté de telles responsabilités ? Qui lui a accordé le  pouvoir de contrôler les ports maritimes de notre pays ? Ni la Russie ni les organisations internationales n’ont jamais demandé [ni permis, ndt] à Washington de le faire. On ne peut que répondre à ceci que toute initiative hostile de l’administration US à l’égard de la Russie ou de ses alliés recevra sur-le-champ une réponse symétrique. Dans aucun cas un navire US ne pénétrera dans nos eaux. Nos forces armées et notre flotte disposent des moyens nécessaires pour sévèrement punir qui s’y risquerait. »

Krasov a suggéré que ces « manœuvres d’intimidation belliqueuses » de Washington démontrent bien que les États-Unis n’ont jamais eu l’intention de respecter les autres membres de la communauté mondiale – et surtout pas des rivaux comme la Chine et la Russie. « Ce sont des poids lourds qui, par principe, ne collent pas dans le tableau que se font les États-Unis du monde entier régi et dominé par eux ».

Vladimir Baranov, opérateur d’une ligne de ferry russe dont les navires font la navette  entre Vladivostok et la ville portuaire de Rajin, en Corée, a déclaré à Sputnik News que « les États-Unis ne peuvent pas physiquement contrôler les ports russes – pour entrer, vous devez vous rendre auprès des autorités portuaires, demander et remplir des papiers, ce genre de choses… Tout ça n’est qu’un bluff des États-Unis, pour essayer de faire croire qu’ils contrôlent le monde ».

Alexander Latkin, professeur d’économie à l’Université d’État de Vladivostok, n’est pas moins sceptique : « Comment les États-Unis pourraient-ils contrôler les opérations dans nos ports ? Ce serait possible si les États-Unis possédaient une part des capitaux de ces ports, mais, pour autant que je sache, tous les actionnaires sont russes. C’est essentiellement une gesticulation politique des USA. Les Américains n’ont aucun fondement juridique ni économique pour contrôler nos ports. »

Maxim Grigoryev, qui dirige la Fondation Russe pour l’Étude de la Démocratie, a déclaré à Sputnik Radio qu’il avait trouvé le projet de loi « plutôt rigolo », étant donné surtout qu’il ne fournit aucun détail sur ce qu’une inspection US pourrait impliquer et ne fournit non plus aucun mode d’emploi du Pentagone pour mener à bien des inspections de navires battant pavillon international et d’installations portuaires étrangères.

« Ce qui s’est passé, c’est que le pouvoir législatif des États-Unis a habilité son homologue exécutif à présenter un rapport sur cette question, qui consiste à dire si les sanctions contre la Corée du Nord sont violées par des ports russes, coréens et syriens », a déclaré M. Grigoryev. « Les USA se fichent bien qu’il s’agisse d’un diktat. Ils exigent simplement que tous les autres pays se soumettent à leur propre législation. Il paraît évident que ceci est la préparation d’une  déclaration à venir contre la Russie, la Syrie ou la Chine. Il y a vraiment peu de chances pour que cette mesure ait un rapport quelconque avec une politique réelle – les États-Unis n’ont aucun pouvoir de juridiction sur d’autres pays – mais c’est visiblement la mise en place du socle d’une campagne de propagande ».

Outre les incertitudes grandissantes provoquées par la montée des tensions entre les États-Unis et la Russie, de hauts militaires russes ont exprimé l’inquiétude que leur causent des signes sans équivoque montrant que le Pentagone s’est engagé dans la préparation d’une frappe nucléaire préventive contre la Russie.

Préoccupations en forte hausse quant  à une attaque nucléaire

Le 28 mars 2017, le Lt. Gen. Victor Poznihir, chef adjoint de la direction des opérations principales des forces armées russes, a averti du fait que le placement de missiles anti-missiles US le long des frontières russes « a créé un puissant potentiel clandestin pour lancer une frappe nucléaire surprise contre la Russie ». Il a de nouveau exprimé cette préoccupation le 26 avril, lorsqu’il a alerté la Conférence internationale de sécurité de Moscou, l’avisant de ce que le Commandement des opérations de l’État-major russe est convaincu que Washington se prépare à mettre en œuvre cette « option nucléaire ».

Ces nouvelles terrifiantes ont été pratiquement ignorées par les médias US. Le 11 mai, le chroniqueur Paul Craig Roberts (ancien secrétaire adjoint du Trésor pour la politique économique sous Ronald Reagan et ancien rédacteur du Wall Street Journal) a cité les commentaires de Poznihir dans une publication à l’évidence bouleversée.

Selon Roberts, une recherche Google révèle que « cette plus alarmante de toutes les annonces » n’a été signalée que dans une seule publication US – La Times-Gazette d’Ashland, Ohio. Il n’en a été fait « aucune mention par la télévision US, et pas la moindre par les médias canadiens, australiens, européens ou autres, à la seule exception de RT [une agence de presse russe] et de sites Internet ».

Roberts s’est également dit très alarmé de découvrir qu’« aucun sénateur ou représentant des États-Unis, ni aucun politicien européen, canadien ou australien n’ait manifesté la moindre inquiétude à l’idée que l’Occident se prépare en ce moment à une “première frappe” contre la Russie » et qu’aucun non plus n’ait tenté la moindre démarche pour « demander à Poutine comment cette situation gravissime pourrait être désamorcée ».

(Roberts avait écrit précédemment que les dirigeants de Pékin craignent eux aussi que les USA aient un plan détaillé pour une attaque nucléaire préventive contre leur pays. La Chine, d’ailleurs, a sèchement rappelé aux États-Unis que sa flotte de sous-marins est en état de détruire leur côte ouest pendant que ses missiles balistiques détruiraient le reste du pays.)

« Jamais, de toute ma vie, je n’ai fait l’expérience d’une situation où deux puissances nucléaires étaient convaincues qu’une troisième allait les surprendre  avec une attaque nucléaire », a écrit Roberts. En dépit de cette menace existentielle, il n’y a eu, note-t-il encore, « aucune prise de conscience ni aucune discussion » sur les risques grandissants.

« Poutine multiplie les mises en garde depuis des années », ajoute Roberts. « Poutine l’a dit et répété : “Je n’arrête pas de lancer des avertissements et personne n’écoute. Comment puis-je faire pour vous atteindre ?” » [On se rappellera qu’il a dit cela à tous les médias occidentaux rassemblés, ndt]

Le Sénat US a maintenant un rôle essentiel à jouer. Le projet de loi se trouve en ce moment même devant la Commission des affaires étrangères du Sénat. La commission a l’occasion de reconnaître les graves risques existentiels que fait courir à la planète la H.R. 1644 et de veiller à ce qu’aucun projet de loi complémentaire n’aboutisse avec sa bénédiction. Si cette législation mal et précipitamment conçue est autorisée à survivre, notre propre survie – et celle de centaines de millions d’autres dans le monde – n’est nullement assurée.

 Gar Smith –29 mai 2017 – Beyond War

Gar Smith est un vétéran du Free Speech Movement, un militant pacifiste, un journaliste du projet Censored Award, éditeur émérite de Earth Island Journal, cofondateur de Environmentalists Against War, membre du conseil d’administration de World Beyond War, Auteur de Nuclear Roulette et éditeur du livre à paraître prochainement, The War and Environment Reader.

Article original: http://www.informationclearinghouse.info/47145.htm

Traduction : c.l. pour Les Grosses Orchades

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Juin 04

VIVRE À FANGATAUFA (POLYNÉSIE FRANÇAISE)

fantagaufaVivre à Fangataufa, pendant plus de 11 mois sur cet atoll où 1/3 de tirs aérien ont été effectués soit 250 fois Hiroshima en 4 tirs.

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. Dragon 945 kt, le 30/05/70 et

. Orion 72 kt le 02/08/70,

3 ans après peu de personnes savent qu’une base vie a été construite autour d’un « Bunker« , dit Poste d’Enregistrement Avancé (PEA), et aussi un autre « Bunker » Poste Photo Avancé, près de la passe étroite. Personne n’aurait cru que des hommes auraient pu vivre à cet endroit.

Suite à quelques remplacements, je me suis porté volontaire, pour un poste définitif. Il n’y a eu que 4 ou 5 infirmiers sur cette base « vie« , dont tout le monde veut nier l’existence.
Des hommes sur un point 0, 24 heures sur 24, c’est à peine imaginable.
J’ai assisté à la préparation du premier tir souterrain « Achille« , et les 4 derniers aériens.

Pour Achille, voici ce qui s’est passé. La Bombe dit « engin« , est arrivée par DC6 bi, (frêt, passagers) vers 4 heures du matin, dans un petit container en plomb, environ 1.50 X 1.50. C’est un copain Philippe qui l’a déchargée avec un simple Fenwick, puis elle a été conditionnée sur le tarmac dans un autre container blanc d’environ 10 mètres.
Elle est passée devant l’infirmerie quelques temps après, puis enfilée dans le puits 1.20 sur 650 mètres de profondeur cimenté et lissé surement par centrifugation.
Ces containers étaient bardés de câbles, fibres optiques, capteurs, tubulures pour récupérer les gaz, etc.

Le matin du 6 juin 1975, la base a été évacuée, certains par moyens aériens, nord 2501, DC 6, ou Super Frelon pour les militaires du poste aviation.

J’ai embarqué sur un genre de barge, et nous sommes sortis au large de la passe étroite. À l’heure du TRT, (ordre de tir), nous avons été surpris par une grande gerbe d’eau à 400 mètres du puits.
On a cru qu’elle avait explosé dans le lagon, et nous sommes revenus sur zone de suite. Mais c’est bien des années après suite à de nombreuses recherches que j’ai su qu’elle avait « débouché« . Il existe une vidéo et j’ai mesuré cette colonne d’eau 150 X 150, 45 mètres de haut, par rapport au derrick de l’autre forage « Hector », là d’ailleurs personne n’a évacué. C’est une poussée de gaz bien sûr radioactif qui provoque cet effet.

Déjà cet atoll n’aurait jamais dû être habité en permanence. Les civils étaient relevés régulièrement, comme les 2 ou 3 officiers, médecin compris. Nous les petits, avec quelques travailleurs Polynésiens, ont avait pas le choix que de rester.
Pour en revenir à ce dégazage, on aurait dû avoir au moins des masques. Je n’ai jamais vu de dosimètres en 14 mois de zone Moruroa y compris.
Je me bats depuis des années pour que cette base soit reconnue comme lieu de vie, et non campement provisoire, qui eux sont autorisés.

Quand on arrive sur cet atoll on a vite compris où nous avions les pieds, pour ma part. La base, elle était superbe, bien équipée. Brasserie, restaurant, nourriture 5 étoiles, serveurs, et une base nautique.
Pour la baignade, c’était plus entre les bidons, et des ferrailles en tout genre. Pas de poissons, sauf à la passe.
C’était notre petit univers un peu plus privilégié qu’à Moruroa. Ça ne l’a pas été pour ceux qui ont fait les corvées de nettoyage entre les 4 aériens.
Pour être franc, on ne parle jamais d’argent à propos de ces « essais« . Sauf appelés en service long, la solde était plus que bonne, avec la prime atoll, et tout le reste. Mais voilà un jour on paye l’addition.
Il se trouve que 21 maladies ont été classées, pourquoi ? Tout le monde sait que l’exposition au divers rayonnement Alpha, Bêta, et bien sûr Gamma, plus la contamination, par inhalation, ingestion, voire blessures entraine une chute des défenses immunitaires, donc une porte ouverte à bien d’autres pathologies.
J’ai un cancer de la moelle osseuse, une leucémie heureusement chronique et une autre patho non cancéreuse, qui est radio-induite, d’après ma neurologue. Et de plus pas facile à gérer car inguérissable.
Pour finir ce petit article, mon frère était vétéran décédé du cancer à 60 ans. J’ai su, il y a peu de temps, qu’il avait été démobilisé « médical » ???
J’ai fait aussi après mon retour un passage à l’hôpital des armées. Problème sanguin dans le civil, mais les examens militaires, j’ai pas eu le temps de les voir.
« Tout est normal par rapport à votre séjour« . Par rapport ??????
J’ai perdu pas mal de cheveux en rentrant, mais je ne savais pas d’où ça venait, les poils sous les bras s’arrachaient tout seul. Tout a repoussé sauf les dents.
Merci de m’avoir lu.

Article de Jean-Paul Vimare

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vivre-a-fangataufa-193723

Juin 04

LA CORÉE DU NORD « REJETTE TOTALEMENT » LES SANCTIONS DE L’ONU

ONULa Corée du Nord « rejette totalement » les dernières sanctions que lui ont imposées les Nations unies et continuera à développer son programme nucléaire, a déclaré dimanche le porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

Le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté vendredi à l’unanimité une résolution élargissant les sanctions touchant la Corée du Nord en raison de la poursuite de ses programmes nucléaire et balistique.

Il s’agit de la première résolution soutenue à la fois par les États-Unis et par la Chine, l’un des rares alliés du régime de Pyongyang, depuis l’investiture de Donald Trump.

Cette résolution, a déclaré le porte-parole du ministère nord-coréen, cité par l’agence officielle KCNA, « est un acte hostile dont l’objectif est de freiner le développement des forces nucléaires de la République populaire démocratique de Corée (DPRK), de la désarmer et de l’asphyxier économiquement« .

« Quelles que soient les sanctions et les pressions qui pourraient suivre, nous ne reculerons pas dans notre programme de développement nucléaire militaire qui a été choisi pour défendre la souveraineté du pays« , a-t-il ajouté.

Si les États-Unis et la Chine croient pouvoir retarder ou geler le développement des forces nucléaires nord-coréennes, ils font un « mauvais calcul fatal« , a poursuivi le porte-parole.

Les dernières sanctions adoptées par l’Onu sont une réponse aux récents tirs de missiles balistiques effectués par Pyongyang en violation des textes internationaux.

Les premières sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu contre la Corée du Nord remontent à 2006, date du premier essai nucléaire effectué par Pyongyang. La Corée du Nord menace actuellement de procéder à un sixième essai nucléaire.

(Christine Kim, Soyoung Kim; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

https://fr.news.yahoo.com/la-cor%C3%A9e-du-nord-rejette-totalement-les-sanctions-120019176.html

Juin 04

UN PASTEUR PACIFISTE CONTRE LE NUCLÉAIRE

FRIEn 1973, Gilbert Nicolas rejoint l’équipage de la goélette Fri, pour protester contre les essais français dans le Pacifique, à Mururoa… Dimanche 4 juin 2017 à 20h55 sur France Ô

Le pasteur Gilbert Nicolas ne croit pas aux miracles. Il les provoque. Une foi à faire stopper des essais nucléaires. Il l’a éprouvée dans de nombreuses luttes à travers le monde. L’expédition du Fri (« liberté » en ­danois), relatée dans ce documentaire dont il est le témoin central, reste à part. Il le raconte dans Un bateau nommé liberté (éd. Goutte de Sable). « Une aventure extraordinaire qui m’a donné un surplus de vie », ­résume cet homme de 84 ans qui, en février 2017, a été matraqué par des CRS lors d’une manifestation contre l’extrême droite à Quimper.

Nous avons essuyé une tempête qui a bien failli nous faire renoncer.” 

Mars 1973, Gilbert Nicolas, déjà pasteur mais aussi docker à Marseille, découvre une annonce dans Peace Magazine. L’association Peace Media cherche un équipage pour aller contester les essais nucléaires français en Polynésie française. « J’étais disponible, j’avais l’argent pour le voyage, je suis donc parti. » Il embarque avec douze autres personnes sur ce voilier cargo de 1912, plus habitué au cabotage. Le voilà promu vaisseau mère de la flotte pacifiste à destination de Mururoa. Une opération qui s’inspire de celle qui a été menée et réussie par Greenpeace un an et demi auparavant autour de l’île d’Amchitka (au large de l’Alaska), lieu d’essais américains. « Nous pensions que le moyen de nous opposer aux essais était de nous mettre délibérément sous les retombées radioactives. » 

Le 24 mars, le Fri quitte Whangerei, au nord d’Auckland (Nouvelle-Zélande). « Nous avions pris la route vers le sud, vers les quarantièmes rugissants, pour éviter les vents, explique l’ancien pêcheur, natif du Finistère, mais nous avons essuyé une tempête qui a bien failli nous faire renoncer. » Le bateau prend l’eau, « une tonne et demie à l’heure, nous devions pomper jour et nuit ». La suite est plus calme, le rafiot tient bon et l’équipage navigue à vue et avec les moyens du bord. « Nous n’avions qu’une simple carte marine du Pacifique, se souvient Gilbert Nicolas ; d’ailleurs David Moodie, le capitaine, disait en plaisantant : « Si mes calculs sont exacts, nous sommes à 80 kilomètres à l’intérieur des terres ». »

Le 17 juillet, la marine française passe en effet à l’action

Après cinq mois de navigation, Mururoa est en vue. Sur terre, sous l’impulsion de Jean-Jacques Servan-Schreiber, patron de L’Express et militant antinucléaire, la contestation s’organise. Le Fri devient un symbole de cette opposition. Un « bataillon de la paix »  composé du général Jacques de Bollardière (connu pour avoir dénoncé la torture en Algérie), de l’abbé Jean Toulat, du philosophe Jean-Marie Muller et de l’écologiste Brice Lalonde embarque sur le bateau. « C’était très sympathique, on arrivait en Californie chez des copains hippies », confesse ce dernier dans ce documentaire réalisé par François Reinhardt. « Il s’agissait d’une opération médiatique, car en tout et pour tout ils ne sont restés que deux jours à bord », explique Gilbert Nicolas. Le 17 juillet, la marine française passe en effet à l’action. « C’était très impressionnant, tous ces bateaux et ces avions qui nous survolaient. » Dans un ultime acte de contestation, le capitaine se jette nu, « pour symboliser sa liberté », dans l’océan. Un deuxième homme le suit. Les autres sont immobilisés manu militari : « Ils ont eu peur qu’il y ait un noyé. » Les membres d’équipage sont confinés le temps des tirs. L’aventure du Fri prend fin. Gilbert Nicolas entame une grève de la faim qui va durer vingt-trois jours. Un an après l’odyssée du Fri, les essais nucléaires atmosphériques français ont été abandonnés au profit d’essais souterrains. « On y a peut-être très modestement contribué », conclut Gilbert Nicolas. 

Publié le 4 juin 2017 par Étienne Labrunie

http://television.telerama.fr/television/un-pasteur-pacifiste-contre-le-nucleaire,158748.php

Juin 04

BURE, LA NOUVELLE ÉPINE DU GOUVERNEMENT – LETTRE OUVERTE À NICOLAS HULOT

lettre à HulotLe mouvement anti CIGEO/Bure (projet d’enfouissement des déchets nucléaires) a décidé d’interpeller Nicolas Hulot, ministre de la Transition  écologique et solidaire à travers une lettre ouverte co-signée par des collectifs locaux d’habitants, des associations nationales, des syndicats de travailleurs et de paysans et de nombreux collectifs venus d’autres luttes. Les associations locales demandent aussi une entrevue afin de lui exposer au plus vite les raisons d’une opposition qui ne faiblit pas depuis 30 ans.

Rassemblant des soutiens de divers horizons plus d’une trentaine de signatures, cette lettre témoigne de la constitution d’un front de plus en plus large contre la poubelle nucléaire CIGÉO. Et c’est fier de sa diversité, que le mouvement demande à Nicolas Hulot : de ne pas évacuer le bois Lejuc, occupé depuis un an par les opposants pour stopper les travaux illégaux de l’Andra, sous peine de voir la situation s’aggraver. Rappelons qu’un recours a aussi été déposé par un tiers des habitants de Mandres-en-Barrois pour contester la légalité de la délibération du conseil municipal qui cède le bois à l’Andra. De nombreux conflits d’intérêt entachent cette décision de stopper tout projet d’enfouissement profond et de remettre à plat la politique énergétique du pays, avec une sortie urgente du nucléaire Bure risque de devenir dans les prochains mois un point de cristallisation pour le nouveau gouvernement. Forts d’une année d’occupation, de nombreuses victoires juridiques et de soutiens de plus en plus nombreux, les opposants sont plus que jamais déterminés et l’été sera chargé. Ils appellent dès maintenant à :

. Une semaine d’action dans le Bois Lejuc du 19 au 26 juin

. Une manifestation de réoccupation en cas d’expulsion

. Un festival « les burelesques » du 11 au 13 août.

Signataires :

Les opposant-es d’ici et d’ailleurs, des habitant-es de Mandres-en-Barrois, Les associations Burestop 55, Bure Zone Libre, Asodedra, Cedra 52, Eodra, Les habitants Vigilants de Gondrecourt le Château, Les habitants Vigilants de Void Vacon, Meuse Nature Environnement, Mirabel Lorraine Environnement

AVEC LE SOUTIEN DE (liste au 1er juin 2017)

ATTAC France, Agir pour l’Environnement, Réseau “Sortir du  nucléaire“, Confédération Paysanne, NOVISSEN (1000 vaches), FNE Grand Est, Sortir du nucléaire Moselle, SDN 89, Collectif Sortir du Nucléaire 79, STOP EPR ni à Penly ni ailleurs, Collectif Halte au nucléaire du Gard, Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN), Auxilia conseil en Transition, Association pour la Restauration et la Protection de l’Environnement Naturel du Tonnerrois, ADENY, Association de défense de l’environnement et de la nature de l’Yonne, MAN Nancy, Confédération Paysanne des Vosges, Confédération Paysanne de Meuse, Association A.P.P.E.L.S (55), ATTAC 55, Association Vie Environnement Respect Nature, AVERN, CADE (Collectif des Associations de Défense de l’Environnement Pays basque et Sud des landes), Collectif Les Dindons de la Farce, Droit au soleil, Effet de Serre Toi-Même, Collectif Non au gaz de schiste du canton de Fayence, Association ARTISANCE, Association GECNAL de Sarreguemines (57), Union Syndicale Solidaires, Syndicats des travailleurs du rail SUD-Rail, Cyber@cteurs, collectif Stop gaz de schiste Anduze, Comité de soutien à l’ACIPA du pays de Retz, Collectif citoyen de Pézenas, Castelnau er Guers, Collectif du Céressou, Collectif de Campagna-an-St. Pargoire Eco’lectif de Gignac.

https://www.google.fr/search?q=BURE%2C+LA+NOUVELLE+%C3%89PINE+DU+GOUVERNEMENT&ie=utf-8&oe=utf-8&client=firefox-b&gfe_rd=cr&ei=Y8gzWZe2HNjEaI-BjfAD

Juin 04

FRANCE-DCNS CONFIE À VEOLIA LA DÉCONSTRUCTION DE SOUS-MARINS NUCLÉAIRES

VEOLIAPARIS, 4 juin (Reuters) – Le constructeur naval militaire DCNS a confié à Veolia un contrat de 40 millions d’euros pour le démantèlement de cinq sous-marins nucléaires français, a annoncé le PDG du numéro un mondial du traitement de l’eau et des déchets, Antoine Frérot.

« Nous venons de gagner un nouveau marché de 40  millions d’euros auprès de DCNS qui nous confie la déconstruction de cinq sous-marins nucléaires français« , déclare-t-il dans une interview au Journal du dimanche.

« Sur leur site de Cherbourg, nous allons valoriser 85 % de leurs métaux et composants électroniques« , ajoute-t-il.

Antoine Frérot rappelle que Veolia s’est déjà positionné sur la dépollution des sites nucléaires en fin de vie.

« On ne sait pas encore démonter entièrement, proprement une centrale. On ne peut pas se contenter de les fermer ! Il faut aussi les dépolluer« , souligne-t-il.

« Veolia se positionne, avec d’autres, sur cette activité. On peut appliquer notre savoir-faire de la gestion de la pollution industrielle (…) C’est un très grand marché mais on ne sait pas à quelle vitesse il va se développer. » (Yann Le Guernigou, édité par Jean-Stéphane Brosse)

http://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL8N1J00LO

Juin 03

UN SUJET DU BREVET DES COLLÈGES BAFOUE LA VÉRITÉ SCIENTIFIQUE POUR PROMOUVOIR LE NUCLÉAIRE ET DÉNIGRER LES RENOUVELABLES

ObseravatoireIl est de bon ton de railler M. Trump mais le négationnisme et la désinformation sévissent aussi dans la France nucléarisée

L’Observatoire du nucléaire interpelle le Ministère de l’Éducation nationale et le Ministère de l’Écologie

L’Observatoire du nucléaire soutient la démarche de deux enseignants et formateurs en Physique-Chimie de Lyon, attachés à leur mission de formation des futurs citoyens que sont les collégiens, qui protestent (cf fichiers liés) contre un sujet du brevet des collèges qui, de façon caricaturale et trompeuse, dénigre les énergies renouvelables et fait la promotion de l’atome.

Ce sujet va jusqu’à mettre en pratique les arguments les plus éculés des anti-éoliens lorsqu’il est demandé de calculer la surface qui serait occupée par les éoliennes si elles devaient répondre à la totalité de la consommation française d’électricité. Les auteurs de ce sujet caricatural font mine de ne pas savoir que la première chose à faire, en France, est de réduire la consommation d’électricité, absurdement élevée, en supprimant par exemple l’option du chauffage électrique, tellement anti-écologique et anti-sociale qu’elle est carrément interdite dans certains pays. Seuls les cerveaux de séides de l’atome peuvent avoir l’idée insensée de demander aux éoliennes d’alimenter les millions de chauffages électriques… qui n’ont été installés que pour « justifier » le nucléaire.

Par ailleurs, les auteurs du sujet bafouent allègrement la vérité scientifique lorsqu’ils prétendent noir sur blanc à l’existence de trois catégories d’énergies, les énergies renouvelables, les énergies non-renouvelables et… le nucléaire, ce dernier étant placé à part alors qu’il fait officiellement et incontestablement partie des énergies non-renouvelables : le combustible du nucléaire, l’uranium, est un minerai dont les réserves diminuent et qui ne « repousse » pas.

D’autres affirmations erronées ou orientées jalonnent cet incroyable sujet et sont explicitées par la tribune rédigée par ces deux enseignants qui n’acceptent pas que les élèves soient ainsi trompés.

L’Observatoire du nucléaire demande au ministère de l’Éducation nationale et au Ministère de l’écologie (M. Hulot étant ministre d’État, il a le droit et, de fait, le devoir d’intervenir dans ce dossier) le retrait immédiat de ce sujet et la diffusion auprès des enseignants et des élèves d’une circulaire qui rétablit la vérité.

Il est de bon ton ces temps-ci de railler M. Trump et ses positions rétrogrades et erronées mais, aujourd’hui autant qu’hier, la France pronucléaire pratique de façon comparable négationnisme et désinformation et ce jusqu’auprès des élèves.

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Le texte ci-dessous a été écrit par Jacques Vince et Julien Machet, enseignants et formateurs en Physique-Chimie à Lyon

Nouveau brevet : un premier sujet inquiétant pour la formation à l’esprit critique… et pour la transition énergétique…

Le sujet de sciences du Diplôme National du Brevet donné à Pondichéry, premier publié depuis la réforme du collège de 2016, était attendu avec impatience par les enseignants de sciences. Espérons que les messages véhiculés par les sujets futurs ne soient pas aussi caricaturaux, pour ne pas dire scandaleux, du point de vue de la formation des futurs citoyens que sont les collégiens de 3ème.

Dans la partie de physique-chimie, il s’agit de montrer pourquoi le développement de l’énergie éolienne n’a pas été fait « à grande échelle » (entendre « sur tout le territoire français »). Pour ceci, après avoir fait estimer qu’il faudrait couvrir l’équivalent d’un département français d’éoliennes actuelles (aucune allusion aux innovations techniques à venir dans le domaine) pour répondre à la consommation actuelle, on demande aux candidats de formuler uniquement un avis « à charge » en formulant deux arguments pour conclure que l’énergie éolienne ne peut pas être le seul choix pour répondre aux « besoins croissants » en électricité (efficacité et sobriété énergétiques ne sont jamais évoquées).

La partie Sciences de la vie et de la Terre est encore bien plus caricaturale : on demande en effet aux élèves de trouver quel mode de production d’énergie est plus adapté à différentes villes françaises. Tout semble discutable, tant sur le fond que sur la forme : une classification des énergies pour le moins originale (les énergies non renouvelables, les énergies renouvelables… et l’énergie nucléaire), un centrage sur trois énergies renouvelables seulement (qui oublie biomasse et l’hydraulique) en présentant des cartes de France (répartition du débit d’énergie géothermique, moyenne d’ensoleillement et vitesse des vents), ou encore un tableau très partiel et partial présentant apparemment les avantages et les inconvénients de ces trois énergies alors qu’il omet totalement, par exemple, la question des rejets polluants. L’élève-citoyen doit alors se positionner et indiquer la ou les énergies renouvelables pertinentes pour trois villes françaises, puis, enfin, proposer une solution d’approvisionnement énergétique (alors qu’il n’est question ici que d’électricité) pour la ville de Reims, qui ne répond évidemment à aucune condition d’exploitation des trois énergies renouvelables.

En résumé on demande donc qu’avec si peu d’informations, en oubliant deux tiers des énergies renouvelables, en omettant complètement la question du transport de l’énergie, celle de l’utilisation d’énergie non électrique, et toutes celles liées aux rejets polluants et en passant totalement sous silence la question de la place de la technique dans la société l’élève-citoyen puisse conclure à un logique recours au nucléaire pour la ville de Reims.

Il nous parait inadmissible que ce sujet de brevet ne respecte pas une certaine éthique dans l’appropriation citoyenne des résultats scientifiques. Il propose de façon insidieuse un choix orienté des résultats présentés puis demande d’en tirer une conclusion apparaissant comme logique, objective et neutre politiquement. Cette manière de faire du tri dans l’information transmise, de prioriser certains critères face à d’autres relève bel et bien de choix politiques et non d’une objectivité scientifique.

Pour que la science ne soit pas remise en cause et délégitimée par les citoyens il nous apparait nécessaire de distinguer le résultat scientifique qui se doit d’être objectif, de son appropriation par les citoyens et du tri des informations qui relèvent d’un choix politique personnel influencé par d’autres ressources que seulement scientifiques. Dans ce sujet de brevet, non seulement la distinction n’est pas faite mais de plus, la seule expertise nécessaire à la prise de décision politique relèverait de la science … Cela porte un nom : cela s’appelle du scientisme.

Cette manière partielle et partiale de présenter le problème est très connotée politiquement. Elle s’inscrit dans un contexte historique et est au service d’une cause économique spécifiquement française : le nucléaire. En tant qu’enseignant et éducateur nous sommes donc sensé diffuser ce document, faire travailler nos élèves de 3ième sur ce sujet … exemplaire ! Un joli message pour former nos élèves à l’esprit critique…

Produire un sujet simple sur une question de société complexe n’est évidemment pas chose aisée. Mais relever ce défi ne doit pas conduire à confondre simplification et orientation forte du débat sous couvert d’une apparente neutralité scientifique.

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Juin 03

CE QUE CACHE LE DÉMANTÈLEMENT NUCLÉAIRE

DémantèlementSur les neuf réacteurs arrêtés en France, aucun n’a encore été déconstruit. Et l’estimation par EDF du coût de l’opération est sujette à caution.

 » Personne ne sait aujourd’hui évaluer le coût du démantèlement-retraitement.  » Cette saillie ne vient pas d’un militant écologiste, mais d’Emmanuel Macron. Le démantèlement des réacteurs et la gestion des déchets constituent en effet la grande inconnue de l’industrie nucléaire https://www.challenges.fr/tag_theme/nucleaire_1123/

On compte 450 réacteurs en activité dans le monde et 110 à l’arrêt. Seule une vingtaine d’unités ont été déconstruites, dont la moitié aux États-Unis. Aucune en France. Un paradoxe. Notre pays dispose du deuxième parc nucléaire de la planète. Mais il ne parvient pas à démanteler les neuf centrales de première génération aujourd’hui à l’arrêt. Pour autant, EDF ne panique pas. L’électricien assure qu’il les déconstruira plus tard. Quant aux coûts de l’opération, le nouveau chef de l’État peut être rassuré, EDF les a évalués : 26,6 milliards d’euros pour l’ensemble du parc français (58 réacteurs), 60,5 milliards si on intègre la gestion des déchets et le traitement des derniers combustibles.

Dix-sept réacteurs en sursis

 » Démanteler un réacteur coûte entre 350 et 500 millions d’euros « , affirme Sylvain Granger, directeur déconstruction à EDF.  » Une blague, rétorque le physicien nucléaire Bernard Laponche, de l’association Global Chance. L’allemand E.on estime à plus d’1 milliard d’euros le coût de démantèlement d’un réacteur et les autres électriciens étrangers annoncent des chiffres du même ordre.  » Sans compter qu’EDF n’a pas réellement intégré les changements liés à la loi de transition énergétique qui impose une diminution à 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025. L’électricien pourrait se voir contraint de fermer puis de démanteler dix-sept réacteurs.  » EDF compte implicitement sur l’allongement de la durée d’exploitation (actuellement quarante ans), si possible jusqu’à soixante ans, du plus grand nombre possible de ses réacteurs pour augmenter progressivement le niveau de ses provisions et compenser les coûts « , indique la députée PS Barbara Romagnan, auteure avec Julien Aubert (LR) d’un rapport parlementaire sur la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base.

Péché originel

Le démantèlement, dernier scandale du nucléaire ? Lorsque les premières centrales sont sorties de terre dans les années 1950, l’idée de les démonter un jour n’avait pas été anticipée par les ingénieurs d’EDF et du CEA.  » On était alors en pleine euphorie, il fallait construire des réacteurs très vite et on se disait qu’avec les progrès de la technologie, on trouverait une solution plus tard « , indique un expert du secteur. Mais comme le dit Barbara Romagnan,  » rien ne s’est passé comme il aurait fallu « . Les neuf premiers réacteurs d’EDF – six unités UNGG (uranium naturel graphite gaz) et trois tranches issues de trois technologies différentes – sont maintenant à l’arrêt depuis parfois plusieurs décennies. La centrale expérimentale de Brennilis (technologie à eau lourde), en Bretagne, a fonctionné seulement dix-huit ans avant d’être arrêtée en 1985. Le démantèlement de ce petit réacteur de 70 mégawatts a débuté il y a six ans et devrait être achevé en 2032, soit quarante-sept ans après sa mise à l’arrêt. En 2006, la Cour des comptes avait évalué l’opération de Brennilis à 482 millions d’euros, vingt fois plus que l’estimation initiale.

Même confusion pour le site de Superphénix à Creys-Malville (Isère). Cette unité, qui fonctionne au sodium, a dû être arrêtée en 1996, après onze ans d’exploitation, car le sodium explose au contact de l’eau et s’enflamme au contact de l’air. L’achèvement du chantier est prévu pour 2028, soit plus de trente ans après l’arrêt définitif. Mêmes galères pour les six installations uranium naturel graphite gaz. En 2016, l’électricien a effectué un virage sur l’aile en adoptant une autre technologie de démantèlement. Résultat, les centrales UNGG ne seront pas déconstruites avant  » le XXIIe siècle « , comme le dit avec ironie l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Et dire que, depuis 2006, EDF a laissé tomber la politique du démantèlement différé pour adopter celle du démantèlement sans attendre !

Manque de transparence

Le démantèlement sans attendre, EDF l’envisage pour ses réacteurs à eau pressurisée (REP) qui composent le parc des 58 tranches aujourd’hui en service. La standardisation des technologies serait susceptible de générer des économies d’échelle selon l’électricien, qui espère conquérir des marchés à l’étranger – il a déjà concouru à deux appels d’offres en Allemagne.  » On veut avoir une position de référence sur le marché international « , lance Sylvain Granger. Démonstration avec la centrale de Chooz A, dans les Ardennes. Lancé en 1967, ce REP de première génération de 300 mégawatts a été arrêté en 1991 et a obtenu son décret de démantèlement en 2007. Il devrait être totalement déconstruit en 2022. Soit quinze ans après les premiers coups de pioche. Comme Chooz A est un modèle réduit des réacteurs de 900 et 1 300 mégawatts aujourd’hui en service, EDF extrapole cette règle des quinze ans à l’ensemble du parc existant. Une analyse trop simpliste pour Martial Chateau, administrateur de l’association Sortir du nucléaire.  » Évoquer d’éventuels effets de série dans le démantèlement n’a pas de sens. Chaque centrale a un historique différent. Certaines prendront plus de temps à être déconstruites. C’est le cas notamment de celle de Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher) qui a connu deux accidents graves en 1969 et 1980.  » À l’époque, ces accidents avaient été occultés. »

À l’image de l’ensemble de la filière nucléaire, la déconstruction ne brille pas par sa transparence.  » Entre les trois exploitants (EDF, Areva et le CEA), celui sur lequel on a le moins d’éléments techniques pour porter un jugement sur la nature des opérations futures, sur leur faisabilité, sur leur crédibilité, y compris en termes de calendrier, c’est clairement EDF « , constate Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN. Quant au coût du démantèlement, la députée Barbara Romagnan ne doute pas qu’il sera  » supérieur aux provisions  » réalisées par EDF (24,4 milliards d’euros). Un rapport européen montrait que Paris n’avait provisionné que 31 % des frais liés au démantèlement des centrales, contre 100 % pour la Grande-Bretagne, 94 % pour les Pays-Bas et 83 % pour l’Allemagne. EDF reste toutefois droit dans ses bottes. Un récent audit commandité par le ministère de l’Environnement a conforté «  globalement  » son estimation. L’électricien oublie juste de préciser que ce rapport a été financé par ses soins.

Fessenheim ? Au mieux en 2038

La centrale de Fessenheim (https://www.challenges.fr/tag_lieu/fessenheim_1124/) pourrait fermer en 2019. Quelles seraient ensuite les étapes conduisant à son démantèlement ? EDF doit d’abord déposer un dossier ad hoc auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire. Pendant le temps d’instruction, l’électricien peut commencer à décharger le combustible, qui représente 99,9 % de la radioactivité, pour l’entreposer dans une piscine de désactivation. Une fois le dossier instruit, l’électricien obtient un décret d’autorisation de démantèlement. La procédure prend au minimum quatre ans. On est en 2023. Suit une phase de transition de quatre ou cinq ans pendant laquelle EDF et ses sous-traitants enlèvent les matériels conventionnels non radioactifs. Deuxième étape, les opérateurs, via des robots, s’attaquent au bâtiment des réacteurs, démontent et découpent le pressuriseur, les pompes, les générateurs à vapeur. La dernière étape consiste à démanteler la cuve qui contient les éléments les plus radioactifs. Une fois ces opérations réalisées, les structures de génie civil sont démolies. Le site peut théoriquement être réutilisé. Selon EDF, il faut quinze ans pour démanteler une centrale. Le  » retour sur herbe  » de Fessenheim pourrait donc se produire à partir de 2038.

Petit rappel :*.

 Nombre de réacteurs dans le monde :

         . en activité : 450 dont 58 en France

         . arrêtés : 110 dont 9 en France

         . démantelés : 20

https://www.challenges.fr/entreprise/energie/ce-que-cache-le-demantelement-nucleaire_477559

Juin 03

LA FRANCE, DERNIÈRE FORTERESSE DU NUCLÉAIRE

France dernière forteresseLes Suisses ont décidé, dimanche dernier, de sortir du nucléaire en acceptant par référendum, à 58%, une loi interdisant les nouvelles centrales, soutenant les énergies vertes et réduisant la consommation énergétique. L’Allemagne et l’Italie se sont engagées aussi sur ce chemin, l’Espagne et la Belgique y travaillent. Tous ces pays sont nos voisins, ils entourent et observent, inquiets, la forteresse nucléaire française. Le Luxembourg même, qui ne possède pas de centrale, propose de financer la fermeture de celle de Cattenom, située à 20 km de sa frontière.

En Suisse, comme en Allemagne, le processus de sortie est la conséquence de la catastrophe de Fukushima, en 2011. Il a été mûri par de longues discussions parlementaires et il faudra trente ans encore avant sa réalisation complète. Il est maintenant irréversible alors que le pays tire tout de même 35% de ses besoins énergétiques de ses cinq réacteurs nucléaires.

A Fessenheim, EDF a gagné contre le politique

La France aussi se donne du temps, mais plutôt dans l’art de tergiverser, voire de procrastiner. Cinq ans pour simplement amorcer la fermeture de Fessenheim? Bien trop court. Chez nous, ce qui est voté n’est jamais près de s’appliquer : la loi de transition énergétique prévoit de descendre de 75% à 50% de production nucléaire d’ici à 2025. Personne n’y croit, surtout pas EDF, qui règle le calendrier. À Fessenheim, c’est l’entreprise qui a gagné contre le politique. Sur le cap des 50%, le géant de l’énergie, selon des informations de BFM Business sorties cette semaine, a plutôt des plans à l’horizon 2050…

Le président Macron et son ministre écologiste, Nicolas Hulot, ont l’air d’accord pour éluder un débat qui semble impossible chez nous, contrairement à la petite Suisse. Comme si un point de non-retour avait été atteint : indépendance énergétique, puissance économique, poids social des 220.000 salariés de la filière… Ces arguments pèsent davantage que toutes les interrogations sur la sûreté. Selon différents chiffrages à peu près impossibles à vérifier, sortir du nucléaire coûterait aussi cher que d’y rester. La France pourra toujours se payer de mots.

Article de Guillaume Rebière

http://www.lejdd.fr/economie/la-france-derniere-forteresse-du-nucleaire-3345164

NDLR : et toujours ce mensonge éhonté de l’indépendance énergétique!!!

J’en ai assez d’entendre répéter « ad nauseam » que les centrales nucléaires permettent de garantir l’indépendance de la France. Lorsque les opposants expliquent que l’uranium est depuis longtemps importé à 100 %, les pro nucléaires expliquent, que ce qui compte, c’est que l’uranium tel qu’on l’importe n’est pas le combustible avec lequel on alimente les réacteurs. Effectivement, ils ont raison : le combustible est fait à partir d’uranium enrichi, et l’enrichissement est bel et bien fait en France, donc le combustible est bien français, donc cela garanti notre indépendance. CQFD

Avec le même raisonnement, je vous annonce une nouvelle exceptionnelle : je viens de découvrir un secret qu’on nous cache depuis toujours. Ce secret, le voici : la France est également indépendante du pétrole et les voitures, chauffages et autres fonctionnent avec du carburant français. Mais si, mais si. Mais, me direz-vous, le pétrole est importé à 100 % ! Certes répondrais-je, mais les voitures et autres n’utilisent pas du pétrole mais de l’essence ou du gasoil et l’un comme l’autre sont (pour une grande part) obtenus en France (raffinage), tout comme l’uranium est enrichi en France. Si, pour le pétrole, vous trouvez le raisonnement stupide (et vous auriez raison) alors vous devez le trouver aussi stupide pour le nucléaire. Je vous laisse choisir votre camp : notion stupide d’indépendance ou/et dépendance véritable ?

Juin 03

POUTINE: L’OCCIDENT CONTRAINT PYONGYANG À DÉVELOPPER L’ARME NUCLÉAIRE

Poutine CoréeLa Corée du Nord est contrainte de développer son programme nucléaire car elle ne voit pas d’autres moyens pour se défendre dans un monde dominé par «la loi du plus fort».

Le recours à « la loi du plus fort » sur la scène internationale pousse la Corée du Nord à développer son arme nucléaire afin de pouvoir défendre sa souveraineté, estime le Président russe Vladimir Poutine.

« Tant qu’on continuera à imposer la loi du plus fort, il y aura des problèmes tels que le dossier nord-coréen. Les petits pays ne voient d’autre moyen pour protéger leur indépendance, sécurité et souveraineté que de se doter d’armes nucléaires », a déclaré le chef du Kremlin dans le cadre du Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF).

Le dirigeant russe a également accusé les puissances occidentales d’avoir « détruit l’Irak et la Libye » et plongé l’Égypte et la Tunisie « dans un état affreux » avant de « s’en prendre à l’espace postsoviétique ».

« Ils ont soutenu le coup d’État [en Ukraine, ndlr], soit la prise de pouvoir par la force. Et lorsque nous ne l’avons pas accepté, ils ont imposé des sanctions à notre encontre », a rappelé M. Poutine.

Institué en 1997, le Forum économique international de Saint-Pétersbourg se déroule depuis 2006 sous le patronage et avec la participation du Président de la Fédération de Russie.

L’édition 2017 du SPIEF se déroulera du 1er au 3 juin. Elle réunira environ 12 000 participants, dont 650 chefs d’entreprises russes et 230 chefs d’entreprises étrangers, ainsi qu’une quarantaine de ministres venus de 26 pays.

https://fr.sputniknews.com/international/201706021031662512-coree-nord-occident-nucleaire-poutine/

Juin 02

NUCLÉAIRE : LE DRÔLE DE JEU D’ALSTOM EN INDE

IndeLa France assure avoir arrêté la production de matières fissiles. Pourtant, Alstom construit actuellement un transformateur électrique pour un site d’enrichissement d’uranium en Inde.
Attendu à Paris vendredi soir, Narendra Modi est le premier chef d’État asiatique à rencontrer Emmanuel Macron  depuis son élection. L’entrevue a été préparée dès le lendemain du second tour de la présidentielle, quand le Premier ministre indien a appelé le président élu pour le féliciter. Un empressement qui en dit long sur la relation spéciale qui lie la France  et l’Inde. Les deux pays ont un partenariat stratégique qui repose sur trois piliers : l’armement, le spatial et le nucléaire. Dans le domaine de l’atome, Paris est un allié si fidèle qu’il n’hésite pas à renier ses positions officielles pour satisfaire New Delhi.

Rien n’illustre mieux cette contradiction que la construction par l’Inde d’une usine d’enrichissement d’uranium dans le sud du pays. Alstom participe au projet alors qu’officiellement la France milite pour un arrêt définitif de la production de matières fissiles à des fins militaires.

Petit retour en arrière.

Au milieu des années 2000, dans le plus grand secret, le gouvernement indien planche sur la construction d’une usine d’enrichissement d’uranium. Un projet susceptible d’ici quelques années d’augmenter ses stocks de matières fissiles à des fins militaires. En 2009, le Bhabha Atomic Research Centre (BARC), l’autorité de recherche atomique indienne, obtient deux terrains d’un total de 730 hectares près du village d’Ullarthi Kaval, dans l’État du Karnataka, dans le sud de l’Inde. Les travaux d’aménagement commencent quelque temps plus tard. Problème : les habitants vivent de l’élevage et font paître leur bétail sur ces terres qui, du jour au lendemain, leur sont interdites. Des grillages sont posés, des murs érigés.
En 2012, les chefs du conseil de village demandent l’aide d’une organisation écologiste de Bangalore, l’Environment Support Group. Son directeur, Leo Saldanha, se met au travail. « Nous avons contacté le ministère de l’Environnement, la Commission à l’énergie atomique, l’agence de recherche militaire, raconte Leo Saldanha. En vain. Très vite, nous avons réalisé que ce chantier était sous la juridiction du Premier ministre et on nous a fait comprendre que nous n’obtiendrions jamais rien. »
En février 2013, Leo Saldanha saisit le National Green Tribunal, l’instance judiciaire en charge de l’environnement. Celle-ci ordonne l’arrêt du chantier dix-huit mois plus tard. Mais les travaux continuent.

Il est clair qu’Alstom assiste l’Inde dans son projet d’enrichir de l’uranium à des fins militaires

Les images satellites prises par Airbus témoignent de la taille impressionnante du terrain principal qui accueillera l’usine d’enrichissement. Protégé par un mur d’enceinte de 10 kilomètres de long, il occupe 570 hectares. C’est bien plus que les quelque 60 hectares du seul site d’enrichissement qui existe en Inde, près de Mysore.
La construction de l’usine d’enrichissement n’a pas encore commencé. Mais l’imagerie satellite fait apparaître le creusement de fondations pour un transformateur électrique qui alimentera le site en courant. C’est la filiale Transmission & Distribution d’Alstom en Inde qui a entamé ce chantier, après avoir signé un contrat de 8,5 millions d’euros avec le BARC. Le texte avait été rendu public le 14 avril 2015, quelques mois avant que l’entreprise française ne passe sous le contrôle de la firme américaine General Electric.
Robert Kelly, ancien inspecteur de l’AIEA et chercheur au Stockholm International Peace Research Institute, estime, après avoir analysé les photos satellites, que le creusement des fondations pour le transformateur d’Alstom est presque terminé. « On aperçoit aussi les deux premiers pylônes à haute tension qui apporteront le courant jusqu’au transformateur. Pour moi, il est clair qu’Alstom assiste l’Inde dans son projet d’enrichir de l’uranium à des fins militaires. » Sollicitée par Le Point, la filiale indienne du groupe n’a pas donné suite.

Les fondations du transformateur électrique construit par Alstom se trouvent au centre de l’image (on distingue nettement une tâche claire en forme de rectangle). De plus, il y a deux pylônes haute tension : le premier est situé juste au-dessus de la zone où ont été creusées les fondations. Le second pylône est à quelques centaines de mètres en direction du nord-ouest, de l’autre côté de la route, en forme de serpent. Enfin, il y a un mur d’enceinte qui court le long de la route sur la partie gauche de l’image, en direction du sud. Il part ensuite vers la droite (ou l’est), en bas de l’image, avant de remonter vers le nord, puis de repartir vers l’ouest. ©  Google Earth

Sur le plan juridique, Alstom ne fait rien d’illégal

Deux indices confirment l’usage militaire de l’usine d’Ullarthi Kaval. D’abord, durant l’audience du National Green Tribunal, les avocats des pouvoirs publics ont souligné que l’usine servirait à « répondre aux besoins futurs en matière de combustible enrichi pour des applications d’importance nationale d’autodéfense. » Ensuite, en 2011, le directeur de la Commission à l’énergie atomique a déclaré à la chaîne CNN-IBN que le site serait civil, mais resterait fermé aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique, ce qui implique un usage militaire : l’Inde n’ouvre que ses installations nucléaires civiles à l’AIEA. Les sites militaires restent en dehors de toute supervision internationale.
« Sur le plan juridique, Alstom ne fait rien d’illégal », tempère Benjamin Hautecouverture, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique qui ajoute : « La France et l’Inde ont signé un accord de coopération nucléaire civil en 2008. Ce texte interdit la livraison de technologies, de matériels et de savoir-faire pour l’enrichissement d’uranium à plus de 20 %. Or Alstom ne fait que construire un transformateur. Ce n’est pas contraire à l’accord. »
Il n’empêche. L’implication d’Alstom contredit la position officielle de la France : en février 2015, François Hollande a affirmé dans un discours aux forces nucléaires stratégiques à Istres qu’il fallait « déclarer un moratoire sur la production des matières fissiles pour les armes, et démanteler les installations de production de ces matières. […] Notre […] priorité, c’est l’arrêt définitif de production de matières fissiles pour les armes. » Alstom était alors sur le point de dévoiler son contrat avec le BARC. Plus étonnant encore, ce contrat a été officialisé cinq jours après que la France a déposé un projet de traité interdisant la production de matières fissiles à la Conférence du désarmement à Genève. « Il y a une certaine légèreté dans la cohérence de nos positions diplomatiques, pointe un expert nucléaire qui souhaite rester anonyme. Le marché nucléaire indien n’est pas négligeable. Paris est moins regardant. »

Course aux armes nucléaires en Asie du Sud

Il n’y a pas que la France qui ferme les yeux sur le programme indien. Les accords de coopération nucléaire civile conclus notamment avec les États-Unis, la Russie, puis le Canada ont permis à l’Inde d’importer 7 810 tonnes d’uranium naturel et 100 tonnes d’uranium enrichi depuis 2009, selon les chiffres communiqués par le cabinet du Premier ministre indien. Certes, ces importations répondent aux besoins de centrales civiles. Sauf que ce commerce a laissé au complexe nucléaire les coudées franches pour dédier les mines d’uranium au programme militaire indien, et accroître le stock de matières fissiles. Le pays concrétise ainsi une politique préconisée dès 2005 par le doyen de la communauté stratégique indienne, Krishnaswamy Subrahmanyam, dans une tribune publiée dans le Times of India : « Vu le manque de minerai d’uranium en Inde, celle-ci doit autant que possible présenter ses réacteurs comme des installations civiles afin de pouvoir importer du combustible pour les alimenter. On préservera ainsi nos ressources », avait-il expliqué.
Lorsque les travaux d’Ullarthi Kaval seront terminés, l’Inde pourra accélérer sa production de matières fissiles. Elle est l’une des rares nations au monde à le faire, avec le Pakistan et la Corée du Nord. Un fait qui en dit long sur la course aux armes nucléaires en Asie du Sud. Avec l’aide de la Chine, Islamabad développe son arsenal, teste de nouveaux missiles, augmente ses réserves de plutonium et d’uranium enrichi. Soucieuses de ne pas se laisser distancer et de rattraper le rival chinois, les agences indiennes du nucléaire veulent un second site d’enrichissement. La course est serrée. D’après une étude du Bulletin of Atomic Scientists publiée l’an dernier, l’Inde disposerait de quoi fabriquer 110 à 120 têtes nucléaires, contre 130 à 140 têtes pour le Pakistan.
Difficile de déterminer l’usage de cet uranium enrichi. Il y a bien sûr la nécessité d’alimenter les sous-marins à propulsion nucléaire. La marine indienne en possède deux, et neuf sont à l’étude ou en construction. Pour Robert Kelly, « il est aussi possible que l’Inde veuille développer son arsenal thermonucléaire. Les bombes atomiques indiennes sont des bombes au plutonium. Or un engin thermonucléaire, dit bombe H, requiert de l’uranium. »

Article d’Emmanuel Derville à New Delhi

http://www.lepoint.fr/monde/nucleaire-le-drole-de-jeu-d-alstom-en-inde-02-06-2017-2132217_24.php#xtor=CS3-192

Juin 02

NUCLÉAIRE : QUELS RISQUES POUR LE LUXEMBOURG ?

LuxembourgAu-delà de Cattenom, le Luxembourg est-il exposé à d’autres risques compte tenu des nombreuses centrales nucléaires de nos voisins européens ?

On entend – et nous vous parlons – régulièrement de la centrale nucléaire de Cattenom, de sa possible fermeture et des dégâts qu’un éventuel accident majeur pourrait causer au Luxembourg. Et loin de nous l’envie d’écrire un article alarmiste, mais la question se pose.
Situés à peine à 10km de la frontière du Grand-Duché et à 20km de Luxembourg-Ville, les quatre réacteurs installés en Moselle représentent, en cas de défaillance majeure, la menace nucléaire la plus importante pour le pays. Si un accident égal à celui de Tchernobyl ou de Fukushima survenait, une zone d’exclusion serait instaurée autour de la centrale. Tous les habitants seraient évacués. Cette zone est de 20km autour du réacteur détruit de Fukushima I et de 30km autour de Tchernobyl. Voici les deux zones d’exclusion appliquées aux centrales les plus proches.

On voit bien selon les deux cas de figures, la zone d’exclusion autour de Cattenom engloberait une partie du Grand-Duché. Tout le sud du pays et la capitale, seraient compris dans une zone d’exclusion de 30km. Et ce pour des dizaines d’années. Trente ans après Tchernobyl, Pripiat est toujours une ville-fantôme.
En France, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal avait annoncé en avril 2016 l’extension de 10 à 20km des plans particuliers d’intervention autour des sites nucléaires. De la « la poudre aux yeux » pour Greenpeace, qui rappelle que « l’impact radiologique de l’accident de Fukushima s’étendait sur un périmètre de 100 km. En ce qui concerne la catastrophe de Tchernobyl, le périmètre était de 300 km», peut-on lire dans Le Monde.

Effectivement, les choses restent plus compliquées qu’il n’y paraît. Si les zones d’exclusion sont délimitées géographiquement, l’expansion potentielle d’un panache radioactif dépend des conditions météo, en particulier la direction du vent. De même, difficile de tenir compte de la pollution au sol ou des cours d’eau. Les zones limitées autour de Tchernobyl ne sont pas uniformes mais suivent le tracé du panache et les traces relevées au sol.

Le panache radioactif de Tchernobyl (couramment appelé nuage) a parcouru des milliers de kilomètres depuis l’est de l’Ukraine pour toucher tantôt les pays scandinaves puis la France (bien que la contamination était moindre avec la distance) et finalement se concentrer sur l’Europe centrale.
Au final, seul un incident majeur survenu à Cattenom (comme à Tchernobyl ou Fukushima) nécessiterait l’évacuation d’une partie du pays. Quoiqu’il arrive, un accident majeur survenant dans n’importe quelle centrale nucléaire d’Europe aurait de fortes chances de toucher le Luxembourg et ses voisins. De la même manière que le « nuage » de Tchernobyl.

http://5minutes.rtl.lu/grande-region/france/962975.html

Juin 01

EPR DE FLAMANVILLE : JUSQU’OÙ IRA LE LOBBY NUCLÉAIRE ?

EPRLa cuve de l’EPR : pièce maîtresse, scandale majeur.

Ce mercredi 31 mai au matin a eu lieu le procès des militants de Greenpeace qui avaient bloqué le convoi transportant le couvercle défectueux de la cuve de l’EPR de Flamanville. Retour sur une affaire emblématique de l’opacité et de la dangerosité d’une industrie nucléaire française en faillite financière et technique.

Le 12 février 2016, à Évrecy, près de Caen, 12 militant-e-s de Greenpeace bloquaient un convoi exceptionnel transportant le couvercle de la cuve de l’EPR. Aujourd’hui, ils risquent des amendes pour entrave à la circulation… bien loin des enjeux cruciaux de sûreté nucléaire, de protection des populations et de l’environnement.

Cette pièce, rappelons-le, n’est pas conforme aux exigences de sûreté nucléaire. En effet, fin 2014, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait détecté des anomalies sérieuses sur la cuve de l’EPR de Flamanville et de son couvercle. Ces pièces, fabriquées à l’usine Creusot Forge d’AREVA, présent un excès de carbone.

Pourtant, EDF et AREVA ont joué la montre et ont mis tout le monde devant le fait accompli en décidant de transporter la cuve de son lieu de fabrication à Chalon-sur-Saône vers le chantier de l’EPR de Flamanville en 2014, puis rebelote pour le couvercle de la cuve, pourtant lui aussi vérolé par des anomalies de carbone, en février 2016.

Rappelons que la cuve d’un réacteur et son couvercle constituent les pièces maîtresses d’un réacteur. C’est à l’intérieur de cette cuve que se produit la fission nucléaire à l’origine de la production d’énergie, ensuite utilisée pour créer l’électricité.

Rappelons également que la cuve est soumise à des contraintes extrêmes et qu’une fragilité de cette partie du réacteur augmente considérablement le risque d’un accident nucléaire majeur.

Par cette action contre la politique du fait accompli de l’industrie nucléaire, les militant-e-s Greenpeace dénonçaient les risques qui pèsent sur les citoyens et demandaient que les principes de sûreté censés régir la filière soient rigoureusement respectés.

Nous saluons à nouveau le courage de nos militant-e-s qui se sont mobilisés sur ce site avec détermination et de façon non-violente pendant plusieurs heures pour dénoncer les abus inacceptables d’une industrie nucléaire française aux abois. La décision du tribunal sera rendue dans quelques semaines.

De récentes révélations noircissent le tableau

https://twitter.com/FC_actu/status/847773999941787649

Des documents révélés par France Inter en mars dernier montrent qu’EDF et AREVA étaient au courant des problèmes de qualité de son usine Creusot Forge, usine où a été fabriquée la cuve de l’EPR.

Ainsi, avant même que le chantier de l’EPR ne soit lancé, le couple EDF/AREVA était au courant de son incapacité technique à fabriquer ces pièces. Pendant plus de dix ans, EDF et AREVA ont donc laissé fabriquer des pièces défectueuses pour les centrales nucléaires, dont l’EPR de Flamanville.

Ces preuves accablantes exigent que le chantier de l’EPR (qui n’aurait jamais dû commencer) soit définitivement arrêté. Le mois dernier, Greenpeace et 7 autres associations déposaient un recours en ce sens.

Avec des projets tels que l’EPR, EDF et AREVA veulent faire croire depuis le début des années 2000 en une renaissance de la filière nucléaire française. Pourtant, ces projets ont mené AREVA à la faillite et EDF à un niveau de dette inacceptable.

Le gendarme du nucléaire français soumis à une pression sans précédent

Derrière l’EPR, c’est ainsi un véritable renouveau du nucléaire français qui a été promis par les industriels à la tête de la filière. Or, ce projet n’avait de sens que si le couple EDF/AREVA était capable de le mener. Aurait-on pris une telle direction si l’on savait qu’EDF/AREVA étaient techniquement incapables de produire des pièces conformes ?

L’ASN émettra un premier avis pour consultation sur la cuve de l’EPR en juillet, avant de communiquer sa décision à l’automne. Avec cette décision, l’ASN porte en réalité sur ses frêles épaules tout l’avenir de la filière nucléaire française.

Déclarer que la cuve de l’EPR n’est pas aux normes reviendrait à acter la fin de la filière puisque cela reviendrait à admettre que ni EDF ni AREVA ne sont aptes à construire une technologie qu’ils tentent d’exporter à tout prix à l’étranger (Hinkley Point au Royaume-Uni, Taishan en Chine et Olkiluoto en Finlande).

Valider cette cuve et son couvercle reviendrait, pour l’ASN, à renoncer à garantir la sûreté nucléaire, qui est pourtant sa mission principale.

Alors que d’autres pays avancent sur leur programme de sortie du nucléaire, la France reste empêtrée dans l’immobilisme nucléaire et ses scandales à répétition. Chaque nouvelle révélation sur l’industrie nucléaire française apporte son lot de preuves que la filière, qui fonce inexorablement vers sa faillite malgré les subventions dont elle bénéficie, est incompatible avec une politique énergétique moderne, transparente et démocratique.

https://www.greenpeace.fr/epr-de-flamanville-jusquou-ira-lobby-nucleaire/

Juin 01

NUCLÉAIRE : RÉTROSPECTIVE BURE, L’AUTRE PROJET DE LA DISCORDE

Bure 2ENQUÊTE : Outre Notre-Dame-des-Landes, Nicolas Hulot, devra aussi se prononcer sur la poursuite de Cigéo. La contestation s’est radicalisée autour du projet d’enfouissement de déchets hautement radioactifs.
Précédés d’une sono trimballée dans une poubelle roulante, environ 400 manifestants ont défilé, le 20 mai dernier, dans les rues de Saint-Dizier pour dénoncer non seulement le projet Cigéo, qui consiste à enfouir les déchets les plus hautement radioactifs du parc nucléaire français dans le sous-sol meusien, mais aussi la « nucléarisation » de la Meuse, de la Haute-Marne et de l’Aube. Depuis la mise en service du centre d’entreposage de déchets de faible et moyenne activité par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) à Soulaines en 1996, une dizaine d’installations en cours ou en projet sont venues conforter la présence d’EDF, d’Areva et de leurs sous-traitants dans la partie la plus faiblement peuplée du Grand Est.

Pacifique, mais étroitement encadrée par la police, la manifestation bragarde témoigne d’un regain de mobilisation contre un projet d’enfouissement remontant à deux décennies et dont la perspective se précise. Au cours des dix dernières années, l’Andra a creusé 1.400 mètres de galeries à près de 500 mètres de profondeur dans son laboratoire de Bure. L’agence estime aujourd’hui avoir démontré la compatibilité des argiles callovo-oxfordiennes âgées de 160 millions d’années avec l’entreposage de déchets hautement radioactifs. Elle espère pouvoir débuter en 2020 le creusement du Centre industriel de stockage géologique Cigéo, destiné à enfouir 80.000 tonnes de déchets ultimes, qui resteront actifs durant 100.000 ans.

Nous nous demandons ce que Nicolas Hulot vient faire dans cette galère. Nous n’excluons pas un deal qui suspendrait Notre-Dame-des-Landes pour mieux confirmer Cigéo

Ce scénario se heurte aujourd’hui à une résistance de plus en plus structurée, que la  nomination du nouveau ministre de la Transition écologique et solidaire <https://www.lesechos.fr/politique-societe/gouvernement/0212105543710-ces-dossiers-brulants-sur-la-table-de-nicolas-hulot-2088113.php>   ne calme guère.  « Nous nous demandons ce que Nicolas Hulot vient faire dans cette galère. Nous n’excluons pas un deal qui suspendrait Notre-Dame-des-Landes pour mieux confirmer Cigéo. Mais la population ne veut pas de ce projet. Jusqu’à présent, nous nous sommes toujours battus avec des mots. Les jeunes venus s’installer en Meuse en tant qu’opposants pourraient s’exprimer autrement », prévient Jean-Marc Fleury, candidat EELV aux prochaines élections législatives.
La situation s’est tendue voici un an avec les travaux de défrichement entrepris par l’Andra au bois Lejuc, dans la commune de Mandres-en-Barrois, limitrophe de Bure, dans le département de la Meuse. Cette parcelle de 220 hectares cristallise aujourd’hui confrontations médiatiques, batailles juridiques et affrontements physiques.  
La situation s’est tendue voici un an avec les travaux de défrichement entrepris par l’Andra au bois Lejuc
Le bois revêt une importance stratégique pour l’Andra, qui entend faire construire les puits d’accès aux travaux de creusement en sol meusien, la descenderie des déchets et le stockage étant prévus en Haute-Marne. Cette configuration répond moins à des impératifs techniques qu’à un engagement conclu en 2012 vis-à-vis des deux départements, l’un et l’autre soucieux de percevoir les retombées fiscales d’un éventuel enfouissement.

Batailles juridiques

Or, la maîtrise foncière du bois Lejuc s’avère épineuse. En 2013, la mairie de Mandres-en-Barrois a consulté ses 150 habitants par référendum pour statuer sur sa cession à l’Andra. Le résultat du vote (50 voix contre, 35 voix pour) aurait pu clore le débat. Mais deux ans plus tard, en juillet 2015, un étrange conseil municipal s’est tenu à 6 heures du matin sous protection des gendarmes. Les onze élus ont accepté à 7 voix contre 4 d’échanger la parcelle convoitée contre le bois de la Caisse, que l’Andra avait racheté à la commune voisine de Bonnet. 

Fin février 2017, le tribunal administratif de Nancy a enjoint la commune de prendre une nouvelle délibération <https://www.lesechos.fr/01/03/2017/LesEchos/22394-017-ECH_nucleaire—le-projet-de-bure-subit-un-gros-revers.htm?texte=cig%C3%A9o>  . Le 18 mai , le conseil municipal s’est réuni en dépit d’affrontements entre une soixantaine d’opposants et des policiers venus en nombre. Le vote a confirmé la cession avec un écart réduit de 6 voix contre 5. Dans la foulée, 33 habitants ont déposé un nouveau recours <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_recours.html#xtor=SEC-3168>  à la fois en référé et sur le fond ­contre une délibération qu’ils jugent entachée de conflits d’intérêts <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_conflits-dinterets.html#xtor=SEC-3168> .

Le 22 mai dernier, les opposants ont obtenu gain de cause sur un autre dossier : la cour d’appel de Nancy a confirmé l’illégalité des travaux de défrichement lancés par l’Andra au bois Lejuc en juin 2016. Engagés sur 7 hectares sous une pluie battante, les excavatrices ont creusé des ornières et rendu inutilisables les troncs de chênes et de hêtres couchés dans la boue. Après de violentes altercations entre opposants et vigiles, l’Andra a alors fermé l’accès au bois par un mur de deux mètres de hauteur. Saisi en référé par huit associations, le tribunal de Bar-le-Duc a ordonné le 1er août 2016 l’arrêt du défrichement, la destruction du mur et la remise en état des parcelles. Un nouvel arrêté préfectoral sera nécessaire pour reprendre les travaux, qui ne pourront débuter que fin juillet, après la période de nidification.

Un certain nombre d’individus appartenant à la mouvance écologiste radicale contestent avec violence le projet Cigéo et veulent transformer le site en ZAD

Mais les oiseaux ne sont pas les seuls à s’être nichés dans les feuillus du bois Lejuc. Au cours des six derniers mois, une soixantaine d’opposants ont élu domicile soit au sol, soit dans des cabanes juchées au faîte des arbres. L’Andra a obtenu, le 26 avril dernier auprès du tribunal d’instance de Bar-le-Duc, l’autorisation d’expulser les « habitants » du bois, mais s’en garde bien, compte tenu d’un contexte de plus en plus tendu. En février, Bruno Leroux, alors ministre de l’Intérieur, pointait « un certain nombre d’individus appartenant à la mouvance écologiste radicale qui contestent avec violence le projet Cigéo et veulent transformer le site en ZAD »

L’Andra a obtenu, le 26 avril dernier auprès du tribunal d’instance de Bar-le-Duc, l’autorisation d’expulser les « habitants » du bois, mais s’en garde bien, compte tenu d’un contexte de plus en plus tendu
Les jeunes occupants du bois Lejuc dénoncent, pour leur part, une escalade policière et assument leur proximité idéologique avec les opposants à Notre-Dame-des-Landes.  « Nous ne venons pas tous de Notre-Dame-des Landes, mais nous partageons cette culture politique qui fédère des associations, des squatters, des citoyens, des naturalistes et des paysans. Pour ancrer la résistance à Cigéo, notre collectif a racheté trois maisons. Nous voulons occuper le terrain et repeupler le désert », annonce Sylvain, un occupant du bois Lejuc.  

« Les opposants se livrent à une guérilla sur le terrain et à un harcèlement juridique. Ce sont des aléas avec lesquels nous devons composer en nous défendant au cas par cas. Mais tout ne se passe pas dans le bois Lejuc ! Nous préparons activement le dossier de demande d’autorisation de création [DAC]. Au vu des enjeux et de la durée du projet, cette Dac <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_differed-acquisition-costs.html#xtor=SEC-3168>  n’est pas l’affaire de quelques mois ! » indique David Mazoyer, directeur du Centre Andra de Meuse – Haute-Marne.
Présenté comme l’unique option possible pour décharger les générations futures du fardeau des déchets radioactifs, l’enfouissement constitue un enjeu essentiel pour la filière nucléaire française. La loi de 2006 prévoyait le dépôt d’une demande d’autorisation de création en 2015 en vue du vote d’une nouvelle loi. Selon ce calendrier aujourd’hui caduc, le creusement aurait débuté en 2019 pour réceptionner en 2025 les premiers colis radioactifs.

Les doutes montent

Mais les doutes minent progressivement Cigéo. Le chiffrage de l’enfouissement, initialement estimé à 13 milliards d’euros, a bondi à 25 voire 35 milliards d’euros alors même que les ressources des deux principaux financeurs,  EDF et  Areva, s’amenuisent dangereusement. En 2014, Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, a semé le désarroi parmi les partisans du projet en se déclarant favorable à l’étude d’alternatives à l’enfouissement. Cette même année, le débat public organisé sur la thématique de la réversibilité du stockage a tourné court sous les huées des opposants. Soulevée par six associations, la question du potentiel géothermique aux alentours de Bure n’est pas enterrée : déboutés en appel, les opposants, qui accusaient l’Andra de rétention d’information, ont déposé un pourvoi en cassation. 

« Des minorités déterminées arrivent à médiatiser le projet pour faire en sorte que les politiques ne prennent pas de décision. Or, il est évident qu’il faut traiter le problème des déchets nucléaires. Alors que les Suisses, les Belges et les Suédois progressent, nous avons déjà perdu des années », fulmine Jean-Yves Le Déaut, député PS de Meurthe-et-Moselle. Président de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) en alternance avec le sénateur haut-marnais Bruno Sido depuis 1989, l’élu lorrain a tenté en juillet 2015 d’inscrire dans la loi Macron un amendement visant à avaliser Cigéo sans recourir à un nouveau débat parlementaire. L’amendement ayant été retoqué par le Conseil constitutionnel, il a fait voter en juillet 2016 une loi actant le principe de réversibilité de l’enfouissement durant un siècle <https://www.lesechos.fr/12/07/2016/LesEchos/22232-079-ECH_le-projet-de-stockage-des-dechets-radioactifs-a-bure-devant-les-deputes.htm?texte=cig%C3%A9o%20r%C3%A9versibilit%C3%A9%20enfouissement>   et décalant de deux ans la date de remise de la Dac. Or, l’échéance de 2018 paraît à nouveau fortement compromise.

Dans sa nouvelle configuration, Cigéo ne doit enfouir définitivement les déchets que dans 125 ans. Cela nous donne plus d’un siècle pour développer de nouvelles filières de traitement

Même les partisans du projet paraissent aujourd’hui lassés de rester dans le flou. La manne annuelle de 60 millions d’euros déversée chaque année par les groupements d’intérêt public Meuse et Haute-Marne au titre de l’accompagnement de Cigéo atténue les critiques, mais les élus des deux départements attendent toujours des consignes précises quant au nombre de routes, de logements et d’aménagements qu’il leur faudra prévoir dans la perspective du chantier. Créée voici dix ans par les industriels locaux espérant capter une partie des marchés engendrés par Cigéo, l’association Energic 52-55 s’avoue aujourd’hui déçue.  
« Nos membres sont unanimement favorables au projet. Puisqu’il faut enfouir les déchets, autant que ce soit en Meuse ! Mais pour l’heure, si le projet a permis l’implantation de grands groupes, il n’a que très peu bénéficié aux PME et PMI locales », souligne Florence Hutin Obara, sa directrice. Les opposants voient, pour leur part, dans la contestation même du projet l’opportunité de repeupler le territoire par l’arrivée de néoruraux tout en ouvrant la voie à des alternatives à l’enfouissement.  « Dans sa nouvelle configuration, Cigéo ne doit enfouir définitivement les déchets que dans 125 ans. Cela nous donne plus d’un siècle pour développer de nouvelles filières de traitement, notamment dans la perspective du démantèlement des centrales nucléaires », estime Michel Marie, délégué du Cedra (collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs).

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030356387222-cigeo-lautre-projet-de-la-discorde-2090637.php

Juin 01

CLUSES LE 7 JUIN À 20 H : CONFÉRENCE/DÉBAT SUR LES DÉCHETS NUCLÉAIRES PAR LA CRIIRAD

CRIIRADL’industrie nucléaire produit de grandes quantités de déchets divers.

La soirée présentera l’aspect législatif, leurs diverses classifications, leur traitement anciens ou actuels ainsi que des exemples dans notre environnement.

Elle aura lieu dans l’amphithéâtre, Collège Geneviève Anthonioz De Gaulle, 1 Avenue Georges Clemenceau à Cluses (74) le 07 juin 2017 à 20h et sera animée par Pierre FERRANDON, administrateur de la CRIIRAD.

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org/ (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : http://balises.criirad.org/
[3] Site Fukushima : http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/sommaire.html?utm_source=sendinblue&utm_campaign=salonconfrences_criirad&utm_medium=email

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence 

Mai 31

USA : THREE MILE ISLAND DEVRAIT FERMER EN 2019

Three milesLa centrale, qui avait été le site du plus grave accident nucléaire civil qu’aient connu les États-Unis, n’a pas une rentabilité suffisante.

L’accident de Three Mile Island, le 28 mars 1979 n’avait pas fait de victimes mais avait nécessité l’évacuation de 140.000 personnes. (Photo: Keystone)

La centrale nucléaire de Three Mile Island, en Pennsylvanie devrait fermer d’ici septembre 2019, faute de rentabilité suffisante, a indiqué mardi la société exploitante.

«Exelon Corporation va fermer prématurément sa centrale de Three Mile Island, au 30 septembre 2019, faute de réformes nécessaires», a indiqué la société dans un communiqué.

Cœur fondu

La centrale, qui n’a plus qu’un réacteur en service depuis l’accident qui a vu le cœur de son autre réacteur fondre partiellement en mars 1979, emploie quelque 675 personnes à une vingtaine de kilomètres au sud de Harrisburg, dont la plupart seront licenciées, a indiqué Exelon.

Dans son communiqué, la société, qui exploite 23 réacteurs nucléaires aux Etats-Unis, pointe du doigt l’État de Pennsylvanie, accusé de ne pas prendre les mesures nécessaires pour soutenir l’industrie nucléaire, contrairement à d’autres États, comme New York ou l’Illinois.

Elle lui reproche notamment de «ne pas avoir inclus» le nucléaire dans son plan de soutien aux énergies alternatives, alors même que «l’arrêt des centrales nucléaires de Pennsylvanie augmenterait la pollution de l’air, fragiliserait le réseau électrique, augmenterait les prix de l’énergie aux consommateurs, et éliminerait des millions d’emplois bien payés», affirme-t-elle.

Avenir sombre

L’annonce de cette fermeture intervient alors que l’avenir de l’industrie nucléaire s’assombrit aux États-Unis, même si le pays reste le premier producteur d’énergie nucléaire au monde avec quelque 99 centrales en fonctionnement.

Une douzaine de réacteurs ont soit été récemment mis à l’arrêt, soit ont vu leur arrêt programmé pour les prochaines années.

Le nucléaire est notamment affecté par la production de gaz de schiste qui fait chuter les prix du gaz naturel, renchérissant d’autant l’énergie nucléaire, aux coûts peu compressibles. Fin mars, le groupe Westinghouse, filiale de Toshiba, a ainsi déposé le bilan.

Niveau 5

«Ce n’est pas un phénomène nouveau, mais on en arrive au point où les opérateurs doivent prendre des décisions», a indiqué Neil Sheehan, porte-parole de la Nuclear Regulatory Commiussion, l’autorité américaine régulatrice du nucléaire.

L’accident de Three Mile Island, le 28 mars 1979 n’avait pas fait de victimes mais avait nécessité l’évacuation de 140.000 personnes.

Il avait été classé au niveau 5 de l’échelle internationale des événements nucléaires, qui en compte sept. L’accident de la centrale soviétique de Tchernobyl en avril 1986 était au niveau 7.

Il avait fallu attendre six ans pour relancer le réacteur numéro un de la centrale, non affecté par l’accident.

http://www.20min.ch/ro/news/monde/story/Three-Mile-Island-devrait-fermer-en-2019-17424663

Mai 30

POURQUOI LA RUSSIE CONÇOIT UN NOUVEAU MISSILE NUCLÉAIRE

Missile SarmatÀ partir de 2018, la Russie lancera la production de son nouveau missile balistique intercontinental Sarmat, qui remplacera son prédécesseur âgé de 25 ans, le SS-18 Satan.

Le ministre russe de la défense Sergueï Choïgou a déclaré que l’usine chargée de la production du nouveau missile balistique intercontinental russe (ICBM) Sarmat travaillait « pratiquement jour et nuit » pour développer le nouveau système d’armements. Une déclaration démontrant que le développement de cette nouvelle arme et des techniques de dissuasion est d’une importance stratégique pour la Russie.

Le Sarmat, qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit d’un missile RS-28 intercontinental lourd à carburant liquide, d’un poids total de 100 tonnes et d’une charge utile de 10 tonnes. Il doit commencer à équiper les forces nucléaires stratégiques russes après 2020 et remplacera le missile stratégique SS-18 Satan, d’un poids de 211 tonnes, et capable d’emporter 8,8 tonnes de charge utile.

 « Le RS-28 se distinguera de son prédécesseur non seulement par son poids bien plus léger, mais aussi par sa portée. Si le Satan avait une portée de 11 000 kilomètres, le Sarmat peut parcourir jusqu’à 17 000 kilomètres. Les ingénieurs ont choisi de le faire voler vers sa cible en passant par le Pôle Sud, là où personne ne l’attend et où il n’existe pas de systèmes de défense antimissiles », a déclaré à RBTH Viktor Litovkine, analyste militaire de l’agence TASS.

Selon lui, le Sarmat ne transportera pas dix têtes nucléaires, mais au moins quinze têtes individuelles, disposées en grappe. Chacune d’entre elles, d’une puissance de 150 à 300 kilotonnes, se détachera de la « grappe » lorsque son ordinateur de vol intégré lui indiquera qu’elle doit se diriger vers sa cible.

De plus, le général-colonel en retraite Viktor Essine, ancien commandant des forces nucléaires stratégiques, souligne que le Sarmat volera vers sa cible à une vitesse hypersonique (supérieure à Mach 5, ou 6120 km/s), changeant en permanence son cap et son altitude, ce qui rendra complètement impossible son interception par des systèmes de défense antiaériens.

Système S-500: le nouveau missile détruira des cibles à 100 kilomètres d’altitude

« Aucun système de défense antimissiles existant ou en projet ne pourra l’intercepter. Que la cible soit défendue ou pas ne fera aucune différence », a déclaré Essine. Les premières troupes à recevoir ces nouveaux missiles seront les divisions des forces nucléaires stratégiques basées à Krasnoïarsk (4150 km à l’est de Moscou) et Orenbourg (1450 km à l’est de Moscou).

Combien de Sarmat seront mis en service

Il reste au moins 154 rampes de lancement de missiles Satan (154 autres ont été détruites aux termes du traité START-1). Et même si le nouveau missile ne les équipera pas toutes, leur quantité devra rester dans le cadre de l’accord START-3, qui prévoit que la Russie et les USA ne déploieront d’ici le 5 février 2018 que 700 missiles porteurs de 1550 têtes nucléaires.

« Chaque Sarmat emporte 15 têtes nucléaires. À l’heure actuelle, les données disponibles indiquent que la Russie possède 521 missiles emportant 1735 têtes nucléaires. (Les États-Unis en possèdent respectivement 741 et 1481) », déclare M. Litovkine.

Pourquoi la Russie développe un nouvel ICBM

Selon les experts, cette nouvelle arme sera mise en service à l’expiration du traité START-3 (en 2021). À ce moment-là, le Satan aura dépassé sa durée de service garantie.

 « Parallèlement, les États-Unis lanceront en 2020 une modernisation de leur triade nucléaire (bombardiers stratégiques, missiles balistiques et sous-marins), avec un budget de plus de mille milliards de dollars. Le nouveau missile servira de dissuasion, compte tenu de la confrontation actuelle entre les deux pays », ajoute Essine.

Les tests du Sarmat ont commencé en 2016. Les missiles sont encore à l’état d’esquisse : leur compatibilité a été vérifiée avec les rampes de lancement et les algorithmes de tir. Cependant, les experts affirment que le complexe militaro-industriel est prêt à produire en série les pièces du missile, et donc à passer à des essais en vol.

https://fr.rbth.com/defense/2017/05/29/pourquoi-la-russie-concoit-un-nouveau-missile-nucleaire_772017

Mai 29

L’ASSOCIATION « ENFANTS DE TCHERNOBYL BELARUS » A BESOIN DE VOUS

BelarusCommuniqué URGENT :

Chères Amies, chers Amis,

L’heure est grave : est-ce un effet pervers de la polarisation des esprits par le processus électoral, mais comme on dit vulgairement « l’argent ne rentre plus« . Certes, parmi vous, de généreux donateurs ont renouvelé leur soutien depuis l’Assemblée générale de novembre. Mais trop nombreux sont ceux dont nous espérons qu’ils renouvèleront leurs contributions pour la protection des enfants de Tchernobyl. Or la situation radiologique du Belarus reste dangereuse. Sans l’activité de BELRAD dans les zones très contaminées où l’Institut a l’autorisation d’intervenir, de nombreux enfants subiraient à l’insu de tous une irradiation interne élevée. Nous sommes absolument sûrs de cela. En effet, récemment BELRAD a enfin reçu l’autorisation de ré-intervenir dans la zone la plus contaminée du Belarus, le district de Braguine qui jouxte la zone interdite autour de la centrale de Tchernobyl. Malgré le travail d’information que quelques personnes dévouées avaient poursuivi durant toutes ces années sans BELRAD, du fait de la méconnaissance de radioactivité incorporée par les enfants, aucune vérification de l’efficacité des conseils de vigilance n’était possible. L’inquiétante réalité qui en est résultée a été révélée dès la première mission des équipes de BELRAD après leur retour sur le terrain : des enfants, nombreux, avec des charges radioactives de Cs137 au-dessus de 100 Bq/kg, dont certaines au-delà même de 1 000 Bq/kg ! Informer et conseiller ne suffit pas ! Seul BELRAD apporte le service complet : information, éducation, mesure, si nécessaire enquête pour trouver la cause d’une contamination « anormale » (car malheureusement tous les enfants sont contaminés), distribution de Vitapect ; mais aussi formation des enfants au contrôle de la nourriture et appui aux acteurs de la protection radiologique « aux pieds nus ». Le Cs137 s’est infiltré dans le sol, de l’ordre de 1 cm/an. Son rayonnement se trouve donc désormais absorbé par la terre et, sauf dans quelques endroits très contaminés, la radioactivité ambiante est redevenue normale. On ne prend pas assez conscience de ce que cela signifie : non seulement, comme nous le savons tous, l’homme ne dispose pas d’un sens qui détecterait les radiations, mais la situation des régions touchées par Tchernobyl a évolué à un point où même les compteurs Geiger, dont beaucoup d’habitants disposent, sont impuissants à signaler le risque. Cependant, les micro-organismes du sol transfèrent le césium aux plantes, lequel aboutit dans l’alimentation des animaux et des hommes. Les concentrations sont parfois sidérantes. Ainsi, à trois reprises – en 2011, 2012 et 2013, BELRAD a mesuré des champignons contenant plus de 250 000 Bq/kg (poids sec) dans des bolets cueillis dans trois lieux différents. En France, la loi les considère comme des déchets radioactifs à stocker dans des alvéoles bétonnées. Au Belarus il peut donc arriver que des équivalents soient servis dans la soupe familiale quotidienne en hiver ! Plus que jamais BELRAD a besoin de votre soutien. La radioactivité est un ennemi infatigable. Nous sommes solidaires du destin des enfants de Tchernobyl, et il est en notre pouvoir de leur éviter le pire. Continuons d’apporter à BELRAD les moyens d’une protection radiologique efficace des enfants de Tchernobyl.

Site Web : http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

Email : etb@enfants-tchernobyl-belarus.org

RAPPEL: 66 % de vos dons sont déductibles de votre impôt sur le revenu!

PS: le site « savoie antinucléaire » participe financièrement depuis des années à cette œuvre de solidarité et répond une nouvelle fois à cet appel.

 

Mai 29

L’INDE ACCÉLÈRE SA COURSE AU NUCLÉAIRE MILITAIRE

IndeEn retard sur la Chine et le Pakistan, l’Inde développe sa production d’uranium enrichi pour son arsenal atomique.

Ce projet n’aurait jamais dû être rendu public. Au milieu des années 2000, dans le plus grand secret, le gouvernement indien a planché sur la construction d’une usine d’enrichissement d’uranium. Un chantier susceptible d’augmenter ses stocks de matières fissiles à des fins militaires d’ici à quelques années. En 2009, le Bhabha Atomic Research Center (BARC), l’autorité de recherche atomique, avait obtenu un terrain près du village d’Ullarthi Kaval, dans l’État du Karnataka, au sud du pays. Les travaux commencèrent. Problème: depuis des décennies, les habitants font paître leur bétail sur ces terres qui, du jour au lendemain, leur sont interdites.

Un site contesté

Des grillages sont posés, des murs érigés. En 2012, les chefs du conseil de village se tournent vers une organisation écologiste de Bangalore, l’Environment Support Group. Son directeur, Leo Saldanha, se met au travail. «Nous avons contacté le Ministère de l’environnement, la Commission indienne à l’énergie atomique… Très vite, nous avons réalisé que ce chantier était sous la juridiction du premier ministre. Et on nous a fait comprendre que nous n’obtiendrions jamais rien.»
En 2013, Leo Saldanha saisit le National Green Tribunal, l’instance judiciaire indienne en charge de l’environnement, pour obtenir l’arrêt des travaux. Les juges lui donnent raison l’année suivante. Mais le chantier continue. «Des étangs, des lacs où le bétail s’abreuvait ont été détruits», raconte Leo Saldanha. Le terrain qui accueillera l’usine d’enrichissement est protégé par un mur d’enceinte de 10 km de long. Les images satellites fournies par Google Earth témoignent de la taille impressionnante du site: 570 hectares. C’est bien plus que les 56 hectares de la seule usine d’enrichissement d’uranium qui existe pour l’instant en Inde, près de Mysore.
Lorsque les travaux d’Ullarthi Kaval seront terminés, l’Inde pourra augmenter considérablement sa production de matières fissiles. Elle est l’un des rares pays au monde à le faire, avec le Pakistan et de la Corée du Nord. Un fait qui en dit long sur la course aux armements nucléaires en Asie du Sud. D’après le Bulletin of Atomic Scientists, l’Inde disposerait d’assez d’uranium et de plutonium pour fabriquer 110 à 120 têtes nucléaires, contre 130 à 140 têtes pour le Pakistan. Avec l’aide de la Chine, Islamabad développe son arsenal, teste de nouveaux missiles et augmente son stock de plutonium et d’uranium enrichi. Pour les agences indiennes du nucléaire, il est essentiel de ne pas se laisser distancer par le Pakistan et de rattraper le rival chinois.

Pour faire une bombe H

Deux indices confirment l’usage militaire de la future usine. Dans le compte-rendu d’audience publié par le National Green Tribunal, les avocats des pouvoirs publics soulignent que l’usine servira à «répondre aux besoins futurs en matière de combustible enrichi pour des applications (…) d’autodéfense». Ensuite, en 2011, le directeur de la Commission à l’énergie atomique a déclaré que le site serait civil mais resterait fermé aux inspecteurs de l’AIEA, ce qui implique un usage militaire.
En effet, l’Inde n’ouvre que ses installations civiles à l’agence de Vienne. Les sites militaires restent en dehors de toute supervision internationale. Pour Robert Kelly, chercheur au Stockholm International Peace Research Institute, «l’Inde cherche sans doute à accroître son stock d’uranium enrichi pour développer son arsenal thermonucléaire. Les bombes atomiques indiennes sont des bombes A au plutonium. Or une bombe thermonucléaire, dite bombe H, requiert de l’uranium.» Les ambitions indiennes sont rendues possible en partie grâce à l’Occident. Les accords de coopération nucléaire civile conclus avec la France, les États-Unis, la Russie puis le Canada ont permis d’acheter 7810 tonnes d’uranium naturel entre 2009 et 2016. Si ces importations répondent aux besoins de centrales nucléaires civiles, elles ont aussi permis aux autorités d’orienter leurs maigres ressources des mines d’uranium vers leur programme militaire.

Ambiguïtés françaises

Alors qu’en avril 2015, la France déposait un projet de traité interdisant la production de matières fissiles pour les armes nucléaires à la Conférence du désarmement à Genève, le Français Alstom dévoilait un contrat de 8,5 millions d’euros pour la construction d’un transformateur électrique destiné à alimenter l’usine d’enrichissement d’uranium d’Ullarthi Kaval. Selon Robert Kelly, l’imagerie satellite montre que le creusement des fondations est presque terminé. «On aperçoit aussi deux pylônes à haute tension qui apporteront le courant jusqu’au transformateur, explique cet ancien inspecteur de l’AIEA, qui ajoute: Alstom assiste l’Inde dans son projet d’enrichir de l’uranium à des fins militaires.» Sollicitée, la filiale indienne du groupe n’a pas donné suite.
«Alstom ne fait rien d’illégal, tempère Benjamin Hautecouverture, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, à Paris. L’accord de coopération nucléaire civil franco-indien de 2008 interdit la livraison de technologies et de matériels pour l’enrichissement d’uranium à plus de 20%. Alstom ne fait que construire un transformateur électrique.» Un expert nucléaire qui souhaite rester anonyme pointe néanmoins la contradiction entre la posture de la France à Genève et le chantier d’Alstom: «Le marché du nucléaire qui s’ouvre en Inde n’est pas négligeable. Du coup, Paris est moins regardant

http://www.tdg.ch/monde/L-Inde-accelere-sa-course-au-nucleaire-militaire/story/15687331

Mai 29

LA CORÉE DU NORD LANCE SON 3ÈME MISSILE EN 3 SEMAINES, DÉFIANT LES CONDAMNATIONS

Coré missilePyongyang a procédé ce lundi 29 mai à un nouveau tir de missile qui s’est abattu dans la zone économique japonaise, suscitant des condamnations des capitales étrangères dans un contexte de grandes tensions sur la péninsule.

Il s’agit du troisième tir nord-coréen en trois semaines alors que de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU interdisent à Pyongyang de poursuivre ses programmes balistique et nucléaire, et que Washington menace Pyongyang d’une intervention militaire.

Il est intervenu deux jours après que les dirigeants du G7, réunis à Taormina, en Italie, ont qualifié samedi les tests nucléaires et de missiles nord-coréens de « menace grave« .

Le Commandement américain du Pacifique a précisé que le missile de courte portée avait été suivi durant six minutes sur les radars jusqu’à ce qu’il tombe en mer du Japon, et qu’il ne représentait aucun danger pour l’Amérique du Nord.

Second tir cette année près du Japon

Le porte-parole du gouvernement japonais Yoshihide Suga a déclaré que le missile était apparemment tombé dans la zone économique exclusive (EEZ) japonaise, une zone maritime qui s’étend jusqu’à 200 milles marins (environ 370 km) des côtes nippones.

Selon l’état-major sud-coréen, le projectile a été tiré à 5h09 locales (23h39 dimanche heure française) d’un lieu situé non loin de la ville côtière nord-coréenne de Wonsan et a parcouru 450 kilomètres.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a aussitôt condamné ce tir et souhaité une « réaction concrète » avec les États-Unis.

« Nous ne tolérerons jamais que la Corée du Nord continue ses provocations et ignore les avertissements répétés de la communauté internationale« , a déclaré Shinzo Abe à des journalistes.

« Comme agréé lors du sommet du G7, le problème nord-coréen est la première priorité de la communauté internationale« , a-t-il ajouté.

La Corée du Nord a nettement accéléré ces efforts pour se doter de missiles intercontinentaux susceptibles de porter le feu nucléaire sur le territoire américain. Des programmes destinés selon elle à développer sa dissuasion face à la menace américaine. C’est la seconde fois cette année qu’un missile nord-coréen s’abat dangereusement près du Japon.

« Ce serait une guerre catastrophique »

En dépit des déclarations très fermes de Donald Trump, qui se dit prêt à régler seul le problème nord-coréen, son secrétaire à la Défense James Mattis a estimé lors d’une interview diffusée dimanche, avant le dernier tir, qu’une guerre avec Pyongyang serait « catastrophique« .

« Le régime nord-coréen a des centaines de pièces d’artillerie et de lanceurs de roquettes à portée de l’une des villes les plus densément peuplées de la Terre, qui est la capitale de la Corée du Sud« , a-t-il dit sur CBS News.

« Ce régime est une menace pour la région, pour le Japon, pour la Corée du Sud. Et en cas de guerre, il serait un danger pour la Chine et la Russie également. »

« Ce serait une guerre catastrophique si cela dégénérait en combats, si nous ne résolvions pas cette situation par des moyens diplomatiques. »

Le chef du Pentagone s’est refusé à dire ce que pourrait être, pour Washington, une « ligne rouge« .

À Séoul, le nouveau président Moon Jae-In, perçu comme moins dur que son prédécesseur vis-à-vis de Pyongyang, a convoqué une réunion du conseil de sécurité nationale, selon Yonhap.

« Que le Nord répète une telle provocation après l’investiture de notre nouvelle direction […] constitue un défi direct à nos demandes de paix et de dénucléarisation de la péninsule coréenne« , a déclaré le ministère sud-coréen des Affaires étrangères.

Nombreux tests nord-coréens

Ce nouveau tir intervient au lendemain de l’annonce par l’agence officielle KCNA que le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a supervisé le test d’un nouveau système de lutte antiaérienne. Ces derniers mois, le jeune dirigeant a assisté à de nombreux tests à caractère militaire, et encore il y a une semaine quand il a supervisé l’essai d’un missile balistique de portée intermédiaire.

Un tir condamné lundi 22 mai par le Conseil de sécurité des Nations unies qui a menacé Pyongyang de sanctions renforcées. Certains experts redoutent en outre que Pyongyang ne réalise prochainement un sixième essai nucléaire.

Le 1er mai, la Corée du Nord a averti être prête à mener « à n’importe quel moment » un sixième essai nucléaire. De nombreux spécialistes pensent depuis plusieurs semaines, en s’appuyant sur l’analyse d’images satellites, que Pyongyang est effectivement prêt à réaliser un sixième essai nucléaire.

La Corée du Nord a réalisé depuis 2006 cinq essais nucléaires, dont deux en 2016. Les spécialistes s’accordent sur le fait que le régime a fait des progrès vers la réalisation de son objectif, se doter de missiles nucléaires intercontinentaux susceptibles de frapper le sol continental US.

Négociations USA – Chine en cours

Vendredi lors d’une rencontre bilatérale avec Shinzo Abe, Donald Trump avait affirmé que le « problème nord-coréen » serait « résolu à un moment donné« . Mardi 23 mai, le « Washington Post » a rapporté que le président américain avait qualifié le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un de « fou avec des armes nucléaires » lors d’une conversation téléphonique fin avril avec son homologue philippin Rodrigo Duterte.

La Chine, seule alliée de Pyongyang, et les États-Unis négocient depuis des semaines une nouvelle résolution qui resserrerait l’étau autour de la Corée du Nord mais aucun texte n’a encore émergé de ces tractations.

Dimanche 21 mai, lors du tir précédent, le journal officiel nord-coréen « Minju Joson » avait évoqué la menace de nouveaux tirs de missiles. « Si les États-Unis persistent dans la confrontation avec la Corée du Nord, celle-ci démontrera comment l’histoire minée par la criminalité des États-Unis va s’achever« , avait-il prévenu.

« De nombreuses autres ‘armes du Juche’ capables de frapper les États-Unis seront lancées à partir de cette terre. Ceci est la réponse (de la Corée du Nord) à l’administration Trump« , a poursuivi le journal, en référence à la philosophie nationale de l’autonomie dite du « Juche ».

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20170529.OBS9969/la-coree-du-nord-lance-son-3e-missile-en-3-semaines-defiant-les-condamnations.html

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