Fév 23

« LA CORÉE DU NORD N’ABANDONNERA PAS AUX ÉTATS-UNIS SON ARSENAL NUCLÉAIRE »

À la veille du second sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un à Hanoï, les scénarios se multiplient sur les plans de désarmement nord-coréen et les neuf puissances nucléaires se toisent. Décryptage dans Géopolitis.

Le Vietnam s’apprête à accueillir le second round de négociations entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Du 27 au 28 février à Hanoï, les deux hommes doivent préciser les modalités d’une « dénucléarisation complète et durable » de la Corée du Nord, ainsi que le processus de paix entre les deux Corées.

Malgré les intentions affichées à Singapour en juin dernier, Pyongyang est-elle pour autant prête à abandonner à l’Amérique son arsenal nucléaire? « Non, je ne pense pas« , affirme dans Géopolitis Grégoire Mallard, professeur à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève. « Cela reste une assurance vie pour le leader nord-coréen. Et puis le cadre des négociations ne nous rend pas très optimistes, en comparaison avec le traité sur le nucléaire iranien« , poursuit-il. « Avec l’Iran, c’était une négociation multilatérale, très encadrée, avec un pays qui n’était pas sorti du traité de non-prolifération. L’accord a été marqué par des engagements presque quantitatifs, des inspections de l’Agence de Vienne (Agence internationale de l’énergie atomique, AIEA, ndlr) très intrusives sur son sol.« 

Pour l’instant, les négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord ne laissent pas entrevoir un tel scénario. Alors quel arrangement Donald Trump pourrait-il mettre sur la table? « Avant le test de 2006 en Corée du Nord, l’administration américaine souhaitait en premier lieu une dénucléarisation de la péninsule, puis la paix entre les deux Corées« , rappelle Grégoire Mallard. « On assiste peut-être aujourd’hui à un renversement des priorités, avec une paix qui se fera par étapes, (…) et une dénucléarisation progressive qui interviendrait dans un second temps. Mais la façon de négocier de Donald Trump, très brouillonne, très intempestive, ne laisse pas beaucoup de place à une prévision claire.« 

Prolifération des arsenaux

Aujourd’hui, neuf pays détiennent une force de frappe nucléaire. Les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine sont membres du traité de non-prolifération nucléaire. L’Inde, le Pakistan, la Corée du Nord et Israël sont non signataires. Depuis la fin de la Guerre froide, le stock mondial d’ogives nucléaires s’est considérablement réduit: 70’000 ogives en 1987, 14’500 ogives actuellement, détenues à 92% par la Russie et les États-Unis. Le stock est presque 5 fois inférieur, mais la majorité de ces armes sont 10 fois plus puissantes que celles utilisées à Hiroshima et Nagasaki.

Ces dernières années, des programmes et des armements toujours plus perfectionnés remettent l’arme nucléaire au centre des préoccupations militaires. Russes, Américains, Français et Britanniques renouvellent et modernisent leurs arsenaux. La Chine développe une force de frappe proportionnelle à ses ambitions planétaires.

Parallèlement, en annonçant leur retrait du traité sur les missiles à portée intermédiaire (FNI), les États-Unis et la Russie ouvrent la porte à une nouvelle course aux armements. « La raison invoquée par les deux puissances est que nous sommes sortis de la Guerre froide et que nous sommes passés d’un contexte de bipolarité à un contexte de multipolarité« , explique Grégoire Mallard. C’est un message adressé notamment à la Chine, non signataire du traité, qui développe ses propres missiles de moyenne portée.

Traité d’interdiction

Voté en Assemblée générale des Nations unies, le traité d’interdiction des armes nucléaires a obtenu l’adhésion de 122 pays en juillet 2017, mais pas celle des neuf puissances nucléaires. « Elles le jugent inutile, car l’ensemble des puissances signataires n’ont pas l’arme atomique« , souligne Grégoire Mallard. « Alors pourquoi se sont-elles opposées? Tout d’abord parce que l’initiative ne venait pas d’elles. Or, sur les questions de désarmement, ce sont toujours les puissances nucléaires qui veulent réglementer et imposer leur tempo« , précise-t-il. « Ce traité a aussi des clauses qui pourraient peser sur les industriels de l’armement. Ces industriels sont souvent financés par le système bancaire et financier global. (…) Le traité va tendre à responsabiliser les institutions financières dans les pays qui signeraient le traité, en regardant où vont les actifs de leurs clients.« 

Mélanie Ohayon

Publié le 22 février 2019 à 18h09 – Modifié le 23 à 08h08

https://www.rts.ch/info/monde/10238487–la-coree-du-nord-n-abandonnera-pas-aux-etats-unis-son-arsenal-nucleaire-.html

Fév 23

KIM JONG UN À HANOÏ «DANS LES PROCHAINS JOURS»

Nucléaire nord-coréen : Le dirigeant nord-coréen va rencontrer le président américain Donald Trump au Vietnam dans les prochains jours.

Le Vietnam a annoncé samedi une visite «dans les prochains jours» du leader nord-coréen alors que Hanoï se prépare à accueillir un sommet entre Kim Jong Un et le président américain Donald Trump la semaine prochaine.

«Kim Jong Un effectuera une visite officielle au Vietnam dans les prochains jours», a rapporté Bao Quoc Te, organe de presse du ministère vietnamien des Affaires étrangères, sur sa page Facebook, sans préciser les dates. En revanche, plusieurs sources ont indiqué à l’AFP vendredi que Kim Jong Un était attendu à Hanoï le 25 février tard dans la journée ou le 26 février.

Kim Jong Un et Donald Trump doivent se rencontrer à Hanoï les 27 et 28 février pour leur deuxième sommet, avec à l’agenda le démantèlement de l’arsenal nucléaire de Pyongyang. Leur premier sommet, à Singapour, en juin, a produit des vagues promesses verbales sur sa dénucléarisation par Pyongyang et les observateurs espèrent que cette prochaine rencontre produira des résultats plus concrets.

Le leader nord-coréen devrait voyager en train jusqu’à Dong Dang, près de la frontière avec la Chine, d’où il poursuivra en voiture les 170 kilomètres restants jusqu’à Hanoï. Le Vietnam a annoncé que la circulation était interdite sur cette route le 26 février, de 06H00 jusqu’à 14H00 locales, a annoncé la presse d’État, suggérant ainsi que Kim Jong Un va emprunter en voiture cette autoroute d’habitude très fréquentée.

Le Vietnam a également renforcé les mesures de sécurité à la station de chemin de fer de Dong Dang ainsi que le long de la route menant à Hanoï. Des journalistes de l’AFP ont vu samedi nombre de forces de sécurité armées dans cette région. (afp/nxp)

Créé le 23.02.2019, 06h59

https://www.24heures.ch/monde/asie-oceanie/Kim-Jong-Un-a-Hanoi-dans-les-prochains-jours/story/17102596

Fév 23

JASON REZAIAN, UN « PION » DANS LE JEU D’ÉCHEC NUCLÉAIRE DE L’IRAN

Comme un « pion » dans un jeu d’échecs mondial, le correspondant du Washington Post à Téhéran Jason Rezaian a passé 544 jours en prison alors que se jouait autour de lui l’avenir de l’Iran et de son programme nucléaire.

« J’ai été traité comme un Iranien et troqué comme un Américain« , dit à l’AFP le journaliste irano-américain à propos de sa détention qu’il raconte dans un livre, « Prisonnier« , paru fin janvier.

Il a été arrêté avec sa femme le 22 juillet 2014, au retour d’une mission à Vienne pour couvrir une séance de négociations entre l’Iran et les grandes puissances.

Après des années de blocage et de sanctions économiques, les pourparlers sont à l’époque officiellement relancés depuis l’élection du modéré Hassan Rohani à la présidence en juin 2013.

Les deux parties souhaitent un accord définitif qui garantirait la vocation pacifique du programme atomique de Téhéran, soupçonné de cacher un volet militaire, mais les tractations traînent en longueur.

Une ferme d’avocats

Jason Rezaian, qui collabore depuis deux ans au grand quotidien américain, est rapidement accusé d’espionnage au profit des États-Unis. On lui reproche notamment d’avoir initié une campagne de fonds pour cultiver des avocats, un fruit qu’on ne trouve pas dans la République islamique.

« C’est ridicule de prendre un sujet aussi idiot et d’en faire une preuve que vous êtes le chef de station de la CIA à Téhéran« , explique le reporter, habitué des nombreuses limitations entourant les correspondants des médias étrangers en Iran.

Il réalise rapidement que sa « valeur » et celle de son épouse, Yeganeh, sont indexées aux pourparlers entre l’Iran et le groupe 5+1 (Russie, Grande-Bretagne, États-Unis, France, Chine et Allemagne).

« L’Iran est connu depuis longtemps pour prendre des otages et les utiliser pour passer des marchés« , dit-il, en référence notamment à l’attaque de l’ambassade américaine de Téhéran en 1979, qui a entraîné la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays.

Le journaliste est aussi pris dans la lutte de pouvoir que se livrent, au sein même de l’État, les partisans et les adversaires d’un accord nucléaire qui aurait permis au pays de renouer des relations avec la communauté internationale et l’Occident.

« J’ai été arrêté par ceux qui refusaient ces relations et ils faisaient tout leur possible pour bloquer les négociations. Mais les négociateurs ont compris qu’ils pouvaient aussi m’utiliser comme monnaie d’échange« , explique Jason Rezaian.

Détenu pendant un an et demi à la prison d’Evin, dans le nord de Téhéran, le reporter est interrogé, menacé d’être décapité, condamné à mort ou à la prison à vie, puis assuré d’être libéré s’il plaide coupable. Jugé en 2015, il plaide non-coupable. Il ne sera jamais condamné.

Ses conditions de détention s’améliorent aussi. Il peut recevoir des visites, de son épouse libérée après 72 jours de prison, et de sa mère.

Une campagne internationale est également lancée par son frère, Ali, son employeur et les organisations de défense des journalistes. « Il fallait qu’elle soit aussi bruyante que possible car alors je devenais un problème politique et c’était ma seule chance« , dit-il.

– « Soyez très prudents » –

Il est finalement libéré le 16 janvier 2016, au premier jour de l’application de l’accord nucléaire signé le 14 juillet 2015 à Vienne, avec trois autres prisonniers américains.

« Mon sort était lié à l’application de l’accord« , souligne-t-il, alors que les négociations se poursuivaient après juillet 2015.

Les premiers mois après son retour aux États-Unis sont aussi difficiles. « On ne retrouvera jamais notre vie d’avant et il m’a fallu de nombreux mois pour l’accepter« , dit-il, évoquant les insomnies ou les accès de paranoïa.

Jason Rezaian est désormais associé aux campagnes pour la libération des étrangers ou binationaux emprisonnés en Iran, comme Nazanin Zaghari-Ratcliffe ou Baquer et Siamak Namazi.

Il s’inquiète aussi de la dégradation des conditions de travail pour la presse en Iran. « Soyez très prudents et prenez toutes les précautions nécessaires car il est probable que cela arrive à d’autres« , dit-il à ses confrères. En 2018, l’Iran était 164ème (sur 180 pays) au classement de RSF sur la liberté de la presse.

Par l’afp, le 23/02/2019 à 9h05

https://www.la-croix.com/Monde/Jason-Rezaian-pion-jeu-echec-nucleaire-Iran-2019-02-23-1301004575

Fév 23

ACCORD NUCLÉAIRE : L’IRAN RESPECTE TOUJOURS SES ENGAGEMENTS, SELON L’AIEA

Dans un rapport trimestriel rendu public vendredi, l’agence onusienne atteste que l’Iran n’a pas enrichi d’uranium à des degrés prohibés ni constitué de stocks illégaux. 

L’Iran continue de respecter ses engagements liés à l’accord nucléaire conclu en 2015 avec les grandes puissances, affirme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) dans un rapport trimestriel rendu public vendredi, alors que Washington presse ses alliés de se retirer de ce texte.

L’agence onusienne atteste notamment que l’Iran n’a pas enrichi d’uranium à des degrés prohibés ni constitué de stocks illégaux, conformément aux dispositions de cet accord destiné à garantir que le pays ne puisse pas se doter de la bombe atomique.

L’Iran menacé de nouvelles sanctions par les États-Unis.

Ce satisfecit, attendu, intervient une semaine après que le vice-président américain Mike Pence ait menacé Téhéran de nouvelles sanctions et demandé aux alliés européens des États-Unis de sortir eux aussi de ce texte négocié par l’administration Obama au terme d’un long marathon diplomatique.

Le 14 février, lors d’une conférence sur le Moyen-Orient à Varsovie à laquelle participaient Israël et de hauts représentants de pays arabes, Mike Pence a qualifié l’Iran « de plus grand danger » au Moyen-Orient, l’accusant de préparer « un nouvel Holocauste« . Il a également dénoncé l’initiative de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni visant à permettre aux entreprises européennes de continuer à opérer en Iran en dépit des sanctions rétablies par les États-Unis après le retrait unilatéral de Washington en mai, et appelé ces pays à « se retirer« .

Le président Donald Trump estime que Téhéran n’a pas renoncé à développer l’arme nucléaire, malgré les conclusions inverses de ses services de renseignement et des observateurs de l’AIEA, chargés de vérifier la bonne mise en œuvre des engagements iraniens.

L’Union européenne défend l’accord. Les Européens ont opposé une fin de recevoir à Mike Pence, jugeant l’accord respecté. « Pour nous, l’application de l’accord nucléaire avec l’Iran est une affaire de sécurité européenne, – afin d’éviter que l’Iran puisse développer une arme nucléaire – et nous constatons qu’il fonctionne« , a souligné la chef de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini.

L’accord soumet le programme nucléaire iranien à une stricte surveillance, en échange d’une levée progressive des sanctions internationales frappant ce pays. L’Iran a toujours nié vouloir ou avoir voulu se doter d’un programme nucléaire militaire, tout en revendiquant le droit d’exploiter une filière civile complète. L’AIEA a jusqu’à présent toujours attesté qu’il remplissait ses obligations dans le cadre de l’accord.

Publié le 22 février 2019 à 21h32

https://www.europe1.fr/international/accord-nucleaire-liran-respecte-toujours-ses-engagements-selon-laiea-3862622

Fév 23

UN PROBLÈME DE SÉCURITÉ DANS LE RÉACTEUR FINLANDAIS D’AREVA-RÉGULATEUR

OSLO, 22 février (Reuters) – Le régulateur nucléaire finlandais a identifié un problème de sécurité à Olkiluoto 3, un réacteur EPR de troisième génération de 1,6 gigawatts construit par Areva, qui s’appelle aujourd’hui Orano, et ce problème doit être réglé avant que l’unité ne reçoive un permis d’exploitation.

Le réacteur doit normalement commencer à produire de l’électricité en janvier 2020 après un retard de 10 ans.

Il y a un près d’un an, Areva est arrivé à un accord avec Teollisuuden Voima Oyj (TVO) qui prévoit 450 millions d’euros de dédommagements en faveur de l’électricien finlandais pour le retard accumulé sur le chantier du réacteur EPR d’Olkiluoto 3.

Le régulateur a dit à Reuters que les vibrations d’une partie du pressuriseur, une composante du circuit primaire du réacteur, dépassaient les limites de sécurité.

Les résultats des tests montrent que ces vibrations ne sont pas approuvées”, a dit Pekka Valikangas, chargé des réacteurs nucléaires au sein du régulateur, quelques jours avant la publication, prévue lundi, d’une importante évaluation.

Cette évaluation pèsera sur la décision ou non du gouvernement finlandais d’accorder à Olkiluoto 3 un permis d’exploitation.

“Il faut que ceci soit réglé avant que le ministère ne se décide au sujet du permis”, a poursuivi Pekka Valikangas, ajoutant ne pas savoir si la découverte de ce problème allait entraîner de nouveaux retards. (Lefteris Karagiannopoulos, Benoit Van Overstraeten pour le service français)

Reuter Staff, le 22 février 2019  à  21h15

https://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N20H6BP

Fév 23

MOBILISATION POUR L’ABROGATION DU TRAITÉ EURATOM (point de situation au 22 février 2019)

Plus de 9.100 signatures ont été collectées en ligne et plus de 600 sous forme papier ont été enregistrées, soit 9.700 au total.

Nous sommes au bout de l’objectif; il nous reste 15 jours pour aboutir ! 

Dernières chances pour comprendre la mobilisation ! Les dernières conférences auront lieu le 6 mars à Grenoble, le 7 mars à Genève et le 12 mars à Berlin. Profitez-en pour y retrouver Roland Desbordes ou Didier Glatigny, pour la CRIIRAD, ainsi que Christine Hasse ou d’autres adhérents de RECH.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le dossier « Campagne pour l’abrogation d’Euratom » sur  notre site. Vous y trouverez :

  • la carte des conférences,
  • les liens vers les vidéos YouTube en français, anglais et allemand de la conférence de presse de Strasbourg du 16 janvier en compagnie de Michèle Rivasi,
  • l’analyse de la juriste Dörte Fouquet sur les voies possibles de réforme d’Euratom,
  • la résolution issue de la conférence de Linz, utilisée comme base par les associations européennes associées à cette mobilisation.

Rappel :

Nous comptons sur vous pour faire connaître la mobilisation dans vos réseaux et obtenir de nombreuses signatures !

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)

[2] Site RECH : http://chainehumaine.fr/

Fév 22

LE BREXIT FRAGILISE TOUS LES PANS DU NUCLÉAIRE

Avec ou sans accord, le Brexit a signé la sortie du Royaume-Uni du traité Euratom qui gère les activités liées au nucléaire en Europe. Une sortie qui se prépare mais où de nombreuses questions restent en suspens à quelques semaines d’une séparation dont les modalités précises ne sont toujours pas connues.

Comment le Royaume-Uni va-t-il gérer ses recherches nucléaires hors de l’UE ? Sous quelles règles fonctionnera l’importation d’équipements scientifiques et de réactifs liés au nucléaire ? Quel avenir pour le JET (Joint European Torus) ? Quel avenir et quel niveau de sécurité pour le nucléaire britannique ? Autant de questions qui sont posées par le Brexit. Alors que l’espoir d’une sortie en douceur avec une période de transition de deux ans s’estompe, la filière nucléaire britannique se prépare au mieux. Essayant d’anticiper tous les scénarios possibles.

La sortie d’Euratom entérinée

Les industriels et les chercheurs de la filière nucléaire espéraient il y a peu un arrangement pour rester dans le cadre du traité Euratom. Mais le gouvernement britannique a tranché pour une sortie franche en annonçant en parallèle la mise en place d’un plan de développement de l’énergie, d’un plan d’organisation de sa filière nucléaire, ainsi que des négociations pour rester un partenaire privilégié d’Euratom. Le traité Euratom encadre le développement de l’énergie nucléaire en Europe depuis plus de 60 ans. Il s’occupe notamment des normes de sécurité, de la libre circulation des capitaux, des combustibles et des compétences autour du nucléaire, et gère les relations avec les tiers de l’UE sur ce sujet, notamment avec l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique). Le Royaume-Uni s’est donc attelé depuis près d’un an à construire un cadre à sa filière nucléaire en espérant être prêt à temps en cas de sortie immédiate au 29 mars 2019, sans période de transition. L’autorité de régulation du nucléaire affirme avoir entraîné ses personnels et développé l’infrastructure nécessaire au travail hors du traité Euratom. Le gouvernement a aussi travaillé sur les traités avec les pays tiers qui ont dû être revus (Australie, Canada, Japon et États-Unis notamment). Mais si le travail a bien avancé en la matière, il reste de nombreux points de détails à régler et à construire les modalités de fonctionnement avec les signataires d’Euratom justement. Les négociations doivent surtout porter sur les éventuels apports financiers du Royaume-Uni en contrepartie d’un fonctionnement quasi à l’identique d’aujourd’hui pour des infrastructures majeures comme le réacteur de recherche sur la fusion du JET (voir ci-après).

Mais la sortie d’Euratom n’a pas que des impacts directs outre-Manche. Elle risque de chambouler aussi l’équilibre des forces entre nations pronucléaires et anti-nucléaires au sein de l’UE. En effet, Le Royaume-Uni était un partenaire de poids pour les pronucléaires comme la France qui risque de se trouver bien esseulée pour réussir à capter les fonds d’Euratom afin de poursuivre des efforts de développements et de recherches, et non pas seulement des actions de sécurité ou de démantèlement.  Une sortie qui pourrait donc voir se réorienter une partie des fonds alloués au nucléaire en Europe vers d’autres énergies.

Quand la fission menace la fusion

Côté infrastructures et recherche, le sort du JET reste assez flou. Employant près de 550 chercheurs, le plus grand tokamak du monde, dédié à la recherche sur la fusion nucléaire, est en panne d’espoir depuis le Brexit. Près de la moitié de son budget provient de l’Europe via Euratom (à peu près 60 millions d’euros) et le résultat de ses recherches constituent des données essentielles à l’avènement d’ITER, le réacteur expérimental de Cadarache dont le Royaume-Uni est un partenaire essentiel. Le contrat du JET se terminait en décembre 2018, il a été prolongé jusqu’à fin 2020, date de fin du cycle des programmes de recherches européens – les Britanniques ayant confirmé qu’ils continueraient de verser leur part concernant le JET. Pour la suite, rien n’est encore fixé. Cependant cet accord de prolongation fait partie de la sortie négociée de l’UE. En cas de sortie sans accord, les positions des deux parties sont encore floues. Dans une interview de Nature, Ian Chapman, directeur exécutif du JET et directeur exécutif de l’autorité nucléaire britannique, a affirmé avoir passé la moitié de son temps de ces deux dernières années à traiter des questions du Brexit. Dès mars 2017, il témoignait que sans qu’il y ait d’hémorragie dans les effectifs, certaines personnes commençaient à accepter des postes ailleurs et des candidats refusaient les offres qu’on leur faisait. Il appelait alors le gouvernement à donner des signes concrets rapidement pour rassurer les équipes. Il aura fallu attendre octobre 2018 pour que le ministre de la recherche vienne annoncer un plan d’extension du site de Culham grâce à un partenariat avec le Princeton Plasma Physics Laboratory aux États-Unis et la visite du nouveau ministre fin janvier 2019, venu insister sur l’importance que le gouvernement britannique accordait à la recherche, la science et l’innovation, pour qu’un peu d’espoir revienne. Reste que si la Grande- Bretagne veut afficher des ambitions fortes en matière nucléaire et d’excellence scientifique, beaucoup se demandent si elle aura les moyens de ses ambitions.

Le nucléaire britannique a-t-il encore un avenir ?

En effet, malgré les ambitions du gouvernement britannique de devenir une réelle nation leader en matière nucléaire, la réalité a un peu du mal à suivre. Ainsi, la Grande-Bretagne possède aujourd’hui huit centrales nucléaires en fonctionnement pour une capacité totale de 9GW. En 2017, elles ont produit 70 TWh soit plus d’un cinquième de l’énergie électrique annuelle du pays et elles participent aussi aux 2/5eme de la production bas carbone d’énergie. Mais toutes sont vieillissantes et devraient fermer dans les 10 ans, à part Sizewell B. Le gouvernement a prévu de remplacer cette perte de capacité de production en lançant six grands projets. En novembre 2018, Toshiba s’est retiré du projet de Moorside ; en janvier 2019, Hitachi a fait de même pour les projets Wylfa Newydd et Oldbury. Deux ans après cette annonce, il ne reste donc plus qu’un seul des projets à avoir réellement démarré, celui d’Hinkley Point C mené par EDF avec une participation chinoise. Mais le chantier a pris un retard énorme et affiche déjà des surcoûts. La mise en service prévue pour 2017 a été retardée à 2025… Le Brexit, surtout en cas de sortie sans accord, pourrait encore retarder le chantier. Sur tous les projets nucléaires, les investisseurs semblent se retirer un à un. Ne reste pour l’instant que des chinois en lice. En parallèle, et même si ce n’est pas le discours officiel, les Anglais réfléchissent concrètement à remplacer la production d’électricité nucléaire en fin de vie par des énergies renouvelables dont le prix ne cesse de décroître.

Une médecine nucléaire au rabais ?

En matière nucléaire, le Brexit inquiète aussi les acteurs de la santé. En effet, chaque année près d’un million de patients britanniques sont soumis à des traitements utilisant des radioisotopes, notamment en cancérologie. Le Royaume-Uni en importe près de 80 %, principalement des Pays-Bas, de Belgique et de France. Mais ces isotopes radioactifs ne peuvent être stockés. Dès qu’ils sont produits ils commencent leur désintégration. Dans la filière médicale, on utilise des générateurs à Technétium 99m (99mTc), l’isotope le plus couramment utilisé. Ce sont des boîtes contenant du Molybdenum 99 (99Mo). Celui-ci se décompose en 99mTc avec une demi-vie de 6 jours. Toute la filière d’approvisionnement est sécurisée tant pour la radioprotection que pour assurer un transport rapide à travers les pays. Avec le Brexit, surtout en cas de Hard Brexit, il y a un fort risque de retard dans les livraisons. Et tout retard entraînerait une perte de doses utiles importantes. Les conséquences pourraient être dramatiques pour le système de santé : moins de patients soignés, moins d’hôpitaux livrés, une priorisation des patients et un surcoût puisque le même prix serait payé pour moins de doses. L’alternative d’un transport par les airs a été évoquée, mais il faudrait pour cela que de nombreuses personnes soient formées aux procédures de sécurité dans le fret aérien. Cela n’est pas le cas aujourd’hui. Par ailleurs, même si le gouvernement britannique assure que tout sera mis en place pour assurer les transports des produits de santé, les négociations avec Euratom qui gère les conditions de transports de ces éléments ne sont pas encore finalisées. Et le flou demeure sur de nombreux points de détails qui pourraient créer des retards ou des blocages. Reste à se tourner vers d’autres pays pour s’approvisionner, mais il s’agit alors de pays plus lointains et les coûts seront majorés là encore. La filière espère donc que des accords de dernière minute, comme ceux que l’Europe est en train de voter*, permettront d’assurer la continuité des soins dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui. Au moins pour quelques mois encore.

*Les institutions européennes discutent en ce moment de plusieurs textes permettant d’assurer une connectivité basique pour les transports aériens, maritimes et terrestres en cas de Brexit sans accord.

Par Sophie Hoguin, source : Les Techniques de l’ingénieur (22/2/2019)

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/le-brexit-fragilise-tous-les-pans-du-nucleaire-63670/

Fév 22

« LES ARMES NUCLÉAIRES COUPLÉES AVEC LA HAUTE TECHNOLOGIE SONT UNE RECETTE SUICIDAIRE ».

Si le monde veut éviter la guerre, les armes nucléaires doivent être définitivement éliminées, estime Beatrice Fihn, Nobel de la paix 2017 et militante contre les armes nucléaires.

Beatrice Fihn est directrice générale de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN). En 2017, elle a reçu le prix Nobel de la paix avec Setsuko Thurlow, survivante d’Hiroshima, pour leur combat pour interdire les armes nucléaires.

Selon l’horloge de l’apocalypse – cet outil de sensibilisation mondial au risque atomique créé en 1945 – le niveau de risque de conflit nucléaire mondial n’a jamais été aussi élevé depuis la fin de la guerre froide. Êtes-vous inquiète ?

Très. D’une certaine façon, nous retournons vers les années 1980. Ces deux dernières années ont montré que la situation se détériore. Premièrement parce que des discours et des mesures sont adoptés dans le but unique de faire capoter des traités existants, qui ont vu le jour pour une bonne raison. C’est le cas du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF) et de l’accord sur le nucléaire iranien. Ensuite, à cause de l’intensification de la course aux armes nucléaires.

Depuis que votre association a gagné le prix Nobel de la paix, votre proposition de traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TNPW) a reçu beaucoup de soutien. Il y a cependant aussi eu des reculs majeurs sur certains accords de contrôle des armes. Comment évalueriez-vous aujourd’hui la progression vers le désarmement nucléaire ?

Je pense qu’il faut regarder deux réalités parallèles, même. La première est qu’il existe un mouvement progressiste de pays inquiets de la situation, qui signent et ratifient le traité d’interdiction des armes nucléaires. Et puis bien sûr, de l’autre côté, les pays qui se sont dotés de l’arme nucléaire et vivent une tendance de rhétorique hostile et antidémocratique, qui essaient d’affirmer leur pouvoir de manière unilatérale en menaçant d’utiliser les armes nucléaires.

Cette division est très inquiétante, mais il ne faut pas se décourager. Tout le monde se concentre sur Donald Trump et Vladimir Poutine, alors qu’il se passe aussi des choses positives.

C’est un peu comme le changement climatique : Washington se retire de l’accord de Paris, mais des dizaines de milliers de personnes se mobilisent, plus que jamais. Il y a des tensions et des dynamiques à l’œuvre, et j’espère que nous arriverons à des résultats en ce qui concerne le désarmement nucléaire.

Quelles sont les tendances positives ?

Avant tout le traité de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires, adopté par 122 pays en 2017. Il y a 70 signataires, 21 pays qui l’ont déjà ratifié et plus qui sont sur le point de le faire. Nous espérons atteindre le seuil de 50 pays nécessaires pour son entrée en vigueur dans à peu près un an.

Le traité est aussi utilisable dans les pays qui n’ont pas encore dit vouloir le signer. Il entraîne par exemple un désinvestissement. Les banques allemandes et néerlandaises, mais aussi japonaises et même américaines, commencent à se dire que si ce type d’arme sera un jour interdit par le droit international, il n’y a aucune raison d’investir dans son développement.

Les producteurs subissent beaucoup de pressions. En Europe, les parlementaires s’agitent sur la question du traité INF. Les villes et les maires agissent, parce que ce sont les villes et les populations civiles qui sont les cibles de ces armes. Il faut le dire : le but est de rayer des villes de la carte. Ces armes sont conçues pour ça. De nombreuses villes d’Europe et du monde entier s’engagent pour le traité et appellent leurs gouvernements nationaux à faire de même. Nous essayons de soutenir cette approche ascendante.

Pourriez-vous nous dire pourquoi, à votre avis, les États-Unis se sont retirés de l’accord iranien et du traité INF ?

Avec Donald Trump, nous avons un président – et des conseillers présidentiels – qui ne respectent pas le droit international, mais préfèrent faire pression et intimider. Et on voit bien comment les pays européens réagissent : comme des enfants intimidés.

Nous avons entendu [à la conférence de Munich sur la sécurité] le vice-président, Mike Pence, encourager les États européens à se retirer de l’accord iranien. C’est un accord qui fonctionne bien, comme le confirme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et pour lequel l’Europe a déployé énormément d’efforts et de diplomatie. On ne peut le souligner assez : nous sommes extrêmement  chanceux que les négociations aient abouti. Ça a été une réussite extraordinaire, et la voir malmenée est très frustrant. Nous ne savons pas si nous réussirons encore à convaincre l’Iran de signer un tel texte à l’avenir, donc nous ne devons surtout pas laisser cet accord s’écrouler. Les pays européens doivent tenir bon.

Les spécialistes européens de la sécurité craignent qu’un retrait du traité INF ne cause une nouvelle course aux armes nucléaires. La possibilité de débuter des négociations pour un nouvel accord, qui incluraient des pays comme la Chine, a été évoquée. Qu’en pensez-vous ?

Les représentants chinois ont apparemment déjà dit « non ». Mais nous devons absolument faire en sorte que tous les États dotés de l’arme nucléaire discutent du désarmement. L’un des problèmes est qu’il n’y a pas eu d’interdiction complète des armes nucléaires jusqu’à présent. Le paradoxe, c’est que nous disons viser la maîtrise et la réduction de ces armes, alors qu’en même temps, nous les apprécions et pensons encore qu’elles sont importantes pour notre sécurité.

C’est le principal problème que nous rencontrons vis-à-vis du traité FNI : « Si la Russie ne s’y conforme pas, alors nous ne devrions pas être dans ce traité ». Cet état d’esprit signifie que vous pensez secrètement qu’il est mieux de multiplier les armes nucléaires. C’est une voie très dangereuse.

L’Europe est protégée par son « parapluie nucléaire ». Quelles responsabilités y sont associées ?

Les Européens doivent assumer leur rôle et leur complicité. On dit que les États-Unis doivent assumer leurs actes, et la Russie… mais que devons-nous, les Européens, faire ?

Chaque pays doit répondre à ces questions : sommes-nous prêts à assassiner des civils en grands nombres ? Sommes-nous, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas ou la Norvège, prêts à éliminer des civils avec des armes de destruction massive, d’empoisonner les survivants, de causer des dommages intergénérationnels, comme des cancers, tout ça pour un pari sécuritaire ?

Nous avons créé la convention de Genève, les traités des droits de l’Homme, nous nous plions au droit de la guerre qui veut que les civils ne doivent pas être des cibles. Les pays européens ont un très grand rôle à jouer pour contribuer à la stigmatisation, à la délégitimation des armes nucléaires, ainsi que pour convaincre des pays comme les États-Unis et la Chine.

Selon une idée très répandue, si le monde a connu moins de guerres traditionnelles entre États depuis quelques décennies, c’est parce que le risque d’une guerre nucléaire rend inutile l’usage de la force.

Que vous y croyiez ou non, les risques l’emportent sur les bénéfices. Surtout parce que nous sommes à l’aube d’une révolution technologique en termes de moyens militaires, avec l’intelligence artificielle, la cyberguerre, les acteurs non étatiques. Tous ces développements changeront drastiquement les calculs sécuritaires. Le rythme de la guerre, et la façon dont on le mène sont en train de changer.

En cas de cyberattaque, répondrons-nous avec des armes nucléaires ? Pourrions-nous désactiver leurs armes nucléaires avant qu’ils ne les utilisent ? Pourraient-ils désactiver les nôtres ? Devrions-nous frapper les premiers ? Ce sont des jeux de l’esprit complètement fous. Il faut cesser d’être hypocrite, si on veut éviter la guerre, on doit éliminer les armes nucléaires.

Nous sommes déjà passés très près d’une guerre nucléaire…

En effet, si vous pensez, par exemple, à Stanislav Petrov, lieutenant-colonel des Forces de défense aérienne soviétiques, qui est devenu connu comme « l’homme qui a sauvé à lui seul le monde de la guerre nucléaire » lors de l’incident de la fausse alerte nucléaire soviétique de 1983. D’après ses informations, il y avait des missiles en approche. Si le système avait été automatisé, ça aurait été fini. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Nous sommes en train de mettre en place des programmes de modernisation des armes nucléaires qui vont durer encore 80 ans – ce qui fera plus que doubler la vie de ces équipements. Le développement technologique s’accélère de façon exponentielle, qui sait où nous en serons sur le plan technologique à la fin de cette période ? L’introduction d’une technologie radioactive des années 1950 capable d’anéantir les villes dans un environnement de haute technologie est une recette suicidaire. Les gouvernements européens, même s’ils pensent que cela a un effet dissuasif, doivent sérieusement réévaluer cette stratégie.

Par : Alexandra Brzozowski | EURACTIV.com | traduction de Manon Flausch le 22 février à 9h18 mis à jour à 10h57

https://www.euractiv.fr/section/politique/interview/nobel-peace-prize-laureate-we-are-going-back-to-the-1980s/

Fév 22

DÉCHETS NUCLÉAIRES À FAIBLE ACTIVITÉ : LA PISTE DE LA VALORISATION EN DÉBAT

Un grand débat peut en différer un autre. Le mouvement des « gilets jaunes » a ainsi obligé le gouvernement à remettre à plus tard la consultation sur le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs qui devait se tenir, à partir de janvier, sous la houlette de la Commission nationale du débat public. Le site d’enfouissement de Bure (Meuse) sera bien sûr au cœur des discussions.

Mais une autre question va être posée : face à l’accroissement du volume des déchets et rebuts à très faible activité (moins de 100 000 becquerels par kilo) généré par l’arrêt des installations nucléaires, qui va saturer le site de Morvilliers (Aube) dans dix ans, des experts de l’atome plaident pour la valorisation d’une partie d’entre eux.

La France est, en effet, le seul pays où tous les matériaux (terre, gravats, ferraille…) sortant d’un site nucléaire sont présumés contenir une contamination résiduelle. Ce qui les exclut du recyclage, même si leur radioactivité est inexistante ou inférieure à celle que l’on trouve dans la nature.

Dans un rapport publié en 2016, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) juge que le système actuel a acquis « une bonne légitimité ». Il n’en propose pas moins de faire évoluer la doctrine et d’étudier la valorisation de certains rebuts. « La reconduction à l’identique des modes de gestion actuels n’est pas nécessairement la solution optimale », indique-t-il, plaidant pour une association étroite de la société civile à toute évolution.

Un projet contesté

Dans le cadre d’une économie circulaire, certains aciers et bétons pourraient être réutilisés, notamment par les exploitants de sites nucléaires eux-mêmes. L’IRSN pense notamment au recyclage par fusion de métaux à valeur ajoutée et au stockage de déchets très faiblement radioactifs sur des sites conventionnels. Car les contraintes de leur gestion sont parfois, selon lui, « disproportionnées au regard des enjeux radiologiques ». Il faudrait alors introduire, comme dans de nombreux pays, un seuil de libération en deçà duquel ils seraient réutilisables dans le domaine public, comme les matériaux conventionnels.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est opposée à la création d’un tel seuil. Elle défend le maintien d’une filière spécifique « depuis la production jusqu’au stockage », jugeant qu’« une défaillance de contrôle est toujours possible ». Ce scénario est aussi rejeté par les écologistes, qui se battent depuis des années contre toute dérogation aux codes de la santé publique et de l’environnement. Il est exclu, pour eux, d’utiliser ces métaux dans la fabrication d’objets à destination du grand public. Inquiète d’un changement de réglementation, ou même de dérogations, la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité veut elle aussi mobiliser l’opinion dans le cadre d’un débat public dont la date n’est toujours pas fixée.

Par Jean-Michel Bezat, publié le 21 février à 06h00 sur le site : https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/21/dechets-nucleaires-a-faible-activite-la-piste-de-la-valorisation-en-debat_5426074_3234.html  que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Fév 22

LA RUSSIE SE PROPOSE DE CONSTRUIRE GRATUITEMENT UNE CENTRALE NUCLÉAIRE AU LIBAN (MÉDIA)

La Russie se serait proposée de construire gratuitement une centrale nucléaire au Liban, à l’image de celle actuellement en construction en Turquie, annonce le journal Al Joumhouria.

Selon les sources du quotidien, cette centrale pourrait être construite en un temps record. Cette proposition viserait à permettre au Pays des Cèdres à mettre fin rapidement aux pénuries d’électricité qu’il traverse, l’Électricité du Liban (EDL) ayant une capacité de production maximale de 1 900 mégawatts pour une consommation moyenne de la population de 3 000 mégawatts. Par ailleurs, l’électricité produite par l’EDL est largement subventionnée par l’État: Produite pour un coût de 17 cents le kilowatt, elle est revendue aux consommateurs à 9 cents kilowatt. Ces subventions – d’une valeur de 2 milliards annuellement – sont largement responsables du déficit public actuel Cependant, on peut être assez sceptique par rapport à cette proposition. En effet, le projet de centrale électrique nucléaire turc d’Akkuyu, proximité de la ville de Mersin comprend la construction de 4 réacteurs nucléaires – du même type que ceux de la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran – par Rosatom d’une puissance unitaire de 1 200 Mégawatts pour 20 milliards de dollars. Ce projet, démarré en 2018, devait être initialement terminé en 2020 et a été décalé pour 2023. Un réacteur du type VVER pourrait suffire à combler les pénuries d’électricité au Liban.

Il reste également que cette proposition pourrait se heurter aux menaces israéliennes qui a déjà menacé de détruire la centrale nucléaire de Bouchehr en Iran ou qui avait conduit une opération militaire en Syrie en 2007 visant à détruire une centrale nucléaire fournie par la Corée du Nord. Cette opération a été officiellement revendiquée par Tel Aviv en 2018. Il ne s’agissait pas de la première intervention israélienne pour empêcher qu’un pays arabe ne se dote d’une centrale nucléaire. Ainsi en 1981, les chasseurs bombardiers israéliens avaient détruit OSIRAK lors d’une opération intitulée Opéra, un réacteur nucléaire d’une puissance seulement de 70 mégawatts construit par la France au sud-est de Bagdad, tuant un ingénieur français. Plusieurs pays de la région envisagent de se doter de centrales nucléaires. Parmi eux, l’Égypte ou encore l’Arabie Saoudite ou les Émirats Arabes Unis ou l’Irak. Il s’agit pour ces derniers de se préparer à la baisse de production du pétrole. Outre la fameuse centrale nucléaire de Dimona, Tel Aviv envisage également de construire de nouvelles centrales nucléaires cette fois-ci civiles dans le désert du Negev. Une influence russe qui commence à agacer les puissances occidentales Largement tributaires d’une aide économique occidentale, des sources diplomatiques occidentales ont indiqué hier que le Pays des Cèdres pourrait se la voir refuser en raison de l’implication de plus en plus importante de la Russie. Ce refus pourrait donc compromettre le programme CEDRE et ses réformes économiques et infra-structurelles. En effet, une société russe – Novatek – fait partie du consortium formé avec les entreprises françaises Total et italiennes ENI, pour exploiter les ressources en hydrocarbures supposées des blocs 4 et 9, situées dans la zone économique maritime libanaise.

Également le pétrolier Rosnef a remporté un appel d’offre pour exploiter les zones de stockage en hydrocarbure du port de Tripoli pour une durée de 20 ans. Par le passé déjà, le Liban a dû refuser l’aide militaire russe. Moscou avait en effet proposé d’offrir au Pays des Cèdres plusieurs avions de chasse de type Mig 29 ainsi que des chars de type T 80. Cependant, une partie de la classe politique avait refusé cette proposition. Washington avait en effet menacé de suspendre son aide militaire au Liban alors que 80% du matériel militaire de l’Armée Libanaise est d’origine américaine.

Par Newsdesk Libnanews – 21 février 2019

https://libnanews.com/liban-russie-centrale-nucleaire-israel/

Fév 22

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : LE SCÉNARIO NÉGAWATT MISE D’ABORD SUR LA SOBRIÉTÉ

Lors de la Conférence IESF-Enviscope, “quelle transition énergétique pour nos territoires?”, Marc Jedliczka, porte-parole de l’association NégaWatt, a rappelé la logique d’un scénario qui place la réduction de la demande d’énergie par la sobriété et l’organisation, avant les réponses techniques.

La conférence organisée par Ingénieurs et Scientifiques de France et Enviscope le 12 février à l’Insa de Lyon a battu les records d’affluence. Près de deux-cents personnes ont répondu à l’invitation d’Ingénieurs et Scientifiques de France (IESF), de la Société des Électriciens et des Électroniciens (SEE) et d’Enviscope, pour écouter deux intervenants évoquer les priorités de la transition énergétique. Marc Jedliczka, porte parole de l’association NégaWatt et Clément Ramos, du bureau de conseil Carbone 4, ont présenté deux approches complémentaires sur un dossier complexe qui suppose une clarification.

Marc Jedliczka a rappelé la philosophie du scénario NégaWatt qui propose une trajectoire décarbonée pour la France,  avec comme horizon 2050.

L’énergie primaire en France était en 2015,  à 48 % tirée d’énergies fossiles, à 42 % du nucléaire et à 10 % d’énergies renouvelables. La France, a rappelé Marc Jedliczka, consomme chaque année 1740 TWh d’énergie  finale : 50 % pour la chaleur, 35 % pour la mobilité, et 15 % sous forme d’électricité spécifique. La répartition sectorielle est la suivante : 44 % pour le résidentiel et le tertiaire, 33 % pour le secteur des transports, et 23 % pour l’industrie et l’agriculture.

Des pertes importantes d’énergie primaire

Avec 2960 TWh, l’énergie primaire représentait en 2015, 160 % de l’énergie finale. Une grande partie de l’énergie produite est en effet dissipée dans l’atmosphère sous forme de chaleur, notamment dans la filière nucléaire.

Le scénario NégaWatt repose d’abord sur une réduction de la demande. La réduction passe par un changement de société, un renoncement à la consommation effrénée et par une meilleure organisation sociale. La priorité est l’acceptation d’une sobriété positive.

Il est évident que le besoin de mobilité entraîne des dépenses énergétiques totalement insoutenables. Le secteur des transports dépend à 95 % d’énergies fossiles. Le transport aérien est le mode de transport le plus consommateur d’énergie. NégaWatt mise sur une stabilisation du secteur aérien en 2050 au niveau de 2000. Mais en France, l’aménagement du territoire a favorisé l’étalement, le développement de la voiture individuelle et une inadaptation des transports en commun. Le fret ferroviaire s’est effondré entre 2000 et 2010.

Il faut renoncer à des habitudes de déplacement, rouler moins et moins vite, donner la priorité aux transports collectifs, aux modes doux, sans pour autant renoncer à une mobilité variée.

Priorité au méthane renouvelable

La réduction de la demande acquise, le scénario NégaWatt avance des solutions techniques. “L’ingénieur vient après le changement des habitudes”, insiste Marc Jedliczka. NégaWatt met en avant la sortie du nucléaire, pour des raisons de sécurité et de sûreté, de prolifération, d’approvisionnement. Le scénario donne la priorité aux énergies renouvelables les plus simples, celles qui permettent un développement à grande échelle aussi rapide que possible.

Pour les transports, il préconise un fort développement des énergies renouvelables et privilégie le recours au gaz naturel pour véhicules ou mieux au biométhane obtenu par méthanisation, gazéification ou méthanation.

Le scénario inclut dans son scénario une révolution industrielle : le développement des matériaux biosourcés, la relocalisation de la production, les circuits courts. Pour le secteur du bâtiment, il met en avant des investissements massifs dans la rénovation énergétique.

Par Michel Deprost (michel.deprost@enviscope.com) le 21 février 2019 – Mis à jour le 22 février 2019

https://www.enviscope.com/transition-energetique-le-scenario-negawatt-mise-dabord-sur-la-sobriete/

Pour plus d’informations sur l’association NégaWatt, cliquer sur : https://negawatt.org/

Fév 22

(BELGIQUE) MARGHEM: « PROLONGER LE NUCLÉAIRE, C’EST PARLER DE NOUVEAUX RÉACTEURS DANS CE PAYS »

Le coût du soutien aux centrales au gaz est plus élevé que prévu, affirme la Creg. De quoi énerver la ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem. « Les chiffres évoqués sont un coup politique, qui vise à faire échouer la transition énergétique et la sortie du nucléaire.« 

La ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem (MR) a réagi violemment aux informations publiées ce jeudi par L’Écho et De Tijd concernant l’évaluation de la Creg sur le coût du système de soutien aux centrales au gaz. Une évaluation qui situe ce coût entre 600 et 940 millions d’euros par an, alors que PwC le chiffrait en mars 2018 à 345 millions d’euros par an. « Il s’agit d’un coup politique, qui n’a pour autre objectif que de faire échouer un outil essentiel dans le cadre de la transition énergétique et de la sortie du nucléaire », dénonce la ministre.

« Les expériences à l’étranger montrent que les coûts des nouvelles centrales nucléaires sont bien plus élevés que ceux des centrales au gaz. »

Marie Christine Marghem

« Il n’existe aucune nouvelle étude de la Creg sur le sujet. Ce qui est évoqué, c’est un ‘draft’ d’un des directeurs de la Creg, Andreas Tirez, qui est une initiative purement personnelle », poursuit Marie Christine Marghem. Une version confirmée par le régulateur fédéral de l’énergie, même si ces chiffres ont fait l’objet d’une présentation officielle, notamment à Elia, sur des transparents estampillés Creg.

N’est-ce pas le signe qu’il y a un souci à la Creg, qui fonctionne pour l’instant avec un président du comité de direction faisant fonction, faute de désignation d’un successeur à Marie-Pierre Fauconnier, partie en novembre chez Sibelga? « Je savais que vous alliez poser la question! s’exclame Marghem. Probablement oui, mais ce n’est pas nouveau. À deux reprises déjà, alors que Marie-Pierre Fauconnier était toujours en fonction, Andreas Tirez s’était estimé autorisé à aller exprimer des opinions dissidentes auprès de l’Europe, sur des dossiers que la Belgique était en train de discuter avec la Commission européenne. »

La désignation du nouveau président aura-t-elle encore lieu sous cette législature, comme la ministre l’avait annoncé après la chute du gouvernement? « Cela me semble difficile. À la lecture des dossiers des trois candidats jugés aptes, j’ai pu constater qu’il y avait un flou dans la manière dont certains avaient présenté leur expérience requise. Et le gouvernement est en affaires courantes. Je vais donc exposer ce problème au gouvernement. »

Le coût en question

Pour en revenir au système de soutien aux centrales au gaz, n’aurait-il pas fallu procéder à une nouvelle évaluation de son coût, alors que la proposition de loi-cadre qui doit le mettre en place va être déposée au Parlement? « Non, parce qu’il n’y a pas d’élément neuf, répond la ministre. Tant que vous n’êtes pas dans la phase active des enchères et que vous n’avez pas une vue précise des prix de marché dans quelques années, personne n’est en mesure de dire précisément combien coûtera ce soutien. Le seul document officiel sur lequel je puis me fonder est celui de PwC. »

« Ce qui est évoqué, c’est un ‘draft’ d’un des directeurs de la Creg, qui est une initiative purement personnelle. »

La ministre se montre optimiste sur la suite. « Le gouvernement a terminé son travail, et adapté le texte en fonction des remarques du Conseil d’État. Il sera examiné en commission à la Chambre après les vacances de Carnaval. Le temps presse, et je veux faire passer ce texte dans l’intérêt de tous. La Belgique a insuffisamment investi dans de grandes infrastructures de production, et a besoin de centrales au gaz, essentielles pour la flexibilité. »

On lui objecte que vote de cette loi ou pas, la prolongation du nucléaire risque de faire partie des discussions lors de la formation du prochain gouvernement, vu la position très offensive de la N-VA sur le sujet. « Bien sûr, il faudrait être sourd et aveugle pour ne pas se rendre compte que certaines formations politiques n’ont pas envie de la sortie du nucléaire. Selon que ces formations participent ou non au cadre des négociations, le débat devra être mené. Mais ce n’est pas parce qu’on en rediscute qu’il faut sauter à la conclusion, et une fois encore changer d’avis. Vous vous souviendrez que lorsque les 4 ministres de l’énergie ont conclu le pacte énergétique, la sortie du nucléaire a été reconfirmée. Et cela a été validé par le gouvernement fédéral, qui était alors de plein exercice, en présence de la N-VA. »

« Ce n’est pas parce qu’on rediscute de la sortie du nucléaire lors de la formation du prochain gouvernement qu’il faut encore une fois changer d’avis. »

Pour la ministre de l’énergie, cette prolongation du nucléaire n’est pas une solution. « Le temps passe, et les centrales actuelles ne sont pas éternelles. Remettre le débat de la prolongation du nucléaire sur la table, c’est aussi ouvrir celui de la construction d’une nouvelle centrale nucléaire dans ce pays. Et les expériences en Finlande ou en France montrent que les coûts de ces nouvelles centrales nucléaires sont bien plus élevés encore que ceux des centrales au gaz. »

Par Christine Scharff, Journaliste, publié le 21 février 201919:33

https://www.lecho.be/entreprises/energie/marghem-prolonger-le-nucleaire-c-est-parler-de-nouveaux-reacteurs-dans-ce-pays/10100331.html

Fév 21

PROJET MANHATTAN : ET L’HUMANITÉ TOUCHA SA FIN

Qu’est-ce que la fission nucléaire ? Comment a-t-elle été découverte, et comment a-t-elle ensuite été exploitée pour la fabrication d’une bombe atomique ? Comment les travaux menés en Europe ont permis à partir de 1939 de travailler sérieusement à la préparation d’une bombe sur le sol américain ?

« Maintenant, je suis devenu la mort, le destructeur des mondes ». C’est, selon la légende historique, à cette phrase d’un texte sacré de l’hindouisme que pensa le physicien Robert Oppenheimer le 16 juillet 1945, devant le spectacle de l’explosion de la première bombe atomique, dans un désert du Nouveau Mexique. Trois semaines plus tard, les États-Unis larguaient la bombe A sur Hiroshima, tuant instantanément 80 000 personnes, plus des dizaines de milliers d’autres dans les semaines, les mois et les années suivantes. Cette histoire, c’est l’histoire du projet Manhattan, où comment les plus grands physiciens de leur temps ont engagé les États-Unis dans la course à la bombe. 

Projet Manhattan : et l’humanité toucha sa fin : c’est le programme funeste qui est le nôtre pour l’heure qui vient.

Et pour évoquer cette histoire de sciences, de guerre et de mort, nous avons le plaisir de recevoir aujourd’hui Dominique Mongin, docteur en histoire, enseignant à l’École Normale Supérieure et à l’INALCO, auteur de « Dissuasion et Simulation, de la fin des essais nucléaires français au programme Simulation », aux éditions Odile Jacob et Joël Pouthas, physicien nucléaire et historien des sciences à l’Ecole Nationale Supérieure d’Ingénieurs de Caen.

Les repères

  • La première expérience de fission nucléaire a été réalisée en 1938 par la physicienne Lise Meitner, les chimistes Otto Hahn et Fritz Strassman. Cette expérience découle de la découverte de la réaction en chaîne par le physicien hongrois Léo Szilard en 1934. La fission nucléaire est le phénomène par lequel un noyau atomique lourd est scindé en deux ou plusieurs éléments plus légers. Cela n’est pas possible avec tous les éléments, il faut que ce soit un noyau d’un atome lourd, comme l’uranium et le plutonium. 

Léo Szilárd avec Eugène Wigner et Edward Teller, tous physiciens nucléaires et d’origine juive hongroise, réfugiés aux États Unis, étaient convaincus que la fameuse énergie libérée par la fission nucléaire pouvait être exploitée dans les programmes de recherches nazis pour faire une bombe.  Léo Szilard contacte Alexander Sachs, un économiste ami de du Président Roosevelt, qui lui propose d’écrire une lettre directement à la Maison Blanche. Pour avoir plus de chance de l’atteindre directement, ils font signer cette lettre par Albert Einstein.

  • Le 26 janvier 1939, une conférence de physique théorique se tient à Washington, où participe Enrico Fermi, concepteur de la pile atomique, et annonce les possibilités de la fission nucléaire pour la fabrication d’une bombe atomique. 

Le vrai démarrage du Projet se fait à la suite de l’attaque de l’Empire Japonais sur la base américaine de Pearl Harbor du 7 décembre 1941. Selon les historiens, près de 125 000 personnes ont travaillé sur le projet Manhattan. Robert Oppenheimer, Enrico Fermi et Ernest Lawrence ont été les trois grandes figures scientifiques du projet.

Article publié le 21/02/2019

Le reportage du jour

Rencontre avec Corentin Brustlein, directeur du Centre des études de Sécurité à l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI). Quelles évolutions techniques ont connu les armes nucléaires depuis 1945 et quelles politiques de dissuasion sont aujourd’hui adoptées par les Etats disposant d’un arsenal nucléaire ? Par Antoine Beauchamp :

Pour écouter l’interview (7mn) « LA MÉTHODE SCIENTIFIQUE » – Reportage Antoine Beauchamp/ Corentin Brustlein nucléaire militaire, cliquer sur : https://www.franceculture.fr/emissions/la-methode-scientifique/la-methode-scientifique-du-jeudi-21-fevrier-2019

Fév 21

FUKUSHIMA: 3,4 MILLIONS D’EUROS DE DÉDOMMAGEMENT POUR LES ÉVACUÉS APRÈS LA CATASTROPHE NUCLÉAIRE

TSUNAMI: La décision a été rendue publique par la justice nipponne ce mercredi

Près de huit ans après les faits, elles pourront être dédommagées. Elles, ce sont les populations qui habitaient dans le nord-est du Japon et qui ont dû fuir leur maison après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011. La justice nippone a ordonné mercredi le paiement de 3,4 millions d’euros de dommages-intérêts pour l’ensemble des habitants concernés.

Le tribunal de district de Yokohama (banlieue de Tokyo) a condamné le gouvernement et la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) à verser 419,6 millions de yens à 152 résidents évacués, a déclaré une porte-parole du tribunal. (NDLR: ça ne fait que 22 368 € par habitant!

Un accident évitable

C’est la cinquième fois qu’une décision judiciaire impute en partie au gouvernement la responsabilité de cette catastrophe atomique, la plus grave depuis celle de Tchernobyl en Ukraine en 1986. Selon les détails donnés par la chaîne publique NHK, le juge Ken Nakadaira a estimé que l’accident aurait pu être évité si le gouvernement et Tepco « avaient pris des mesures » face à la menace de tsunami.

C’est un raz-de-marée de 14 mètres de haut qui a provoqué le désastre en déferlant sur la centrale. Parmi les nombreux recours en justice déposés par des milliers de personnes évacuées, plusieurs autres décisions antérieures ont également abouti à établir la responsabilité conjointe du gouvernement et de Tepco, ou de Tepco seule.

20 Minutes avec AFP, publié le 20/02/19 à 21h12 — Mis à jour le 21/02/19 à 01h02

https://www.20minutes.fr/monde/2456023-20190220-fukushima-34-millions-euros-dedommagement-evacues-apres-catastrophe-nucleaire

Fév 21

POURQUOI IL FAUT LIRE L’AVIS DU CESE SUR LA LOI ÉNERGIE-CLIMAT

Saisi le 4 février par le Premier ministre pour donner son avis sur l’article 1 du projet de loi sur l’énergie, le Conseil économique social et environnemental a rendu sa copie le 20 février. Elle contient onze préconisations qui interrogent la politique climatique française.

Il faut lire l’avis du Cese sur l’article 1er du projet de loi relatif à l’énergie rédigé par Guillaume Duval et Jacques Landriot au nom de la section de l’environnement et de la section des activités économiques. Les onze préconisations qu’il contient vont au-delà du simple avis demandé par le Premier ministre le 4 février.

Le Haut conseil au climat redondant

D’abord parce que le Cese n’a pas pu s’empêcher de donner un avis sur l’article 2 prévoyant la création d’un Haut conseil pour le climat auprès du Premier ministre, alors qu’on ne lui demandait pas. Sur ce sujet, le Cese ne croit pas en l’efficacité de la création d’une instance supplémentaire, pourtant déjà installée par le président de la République lui-même le 28 novembre 2018 – et considère que « la priorité devrait être donnée à cette meilleure coordination des instances existantes« .

Fixer un objectif chiffré à la neutralité carbone

Ensuite, s’il faut lire l’avis du CESE, c’est qu’il interroge avec pertinence la politique climatique française et notamment les projets de stratégie nationale bas carbone et de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) en cours de consultation avec publication par décret. Le Conseil ne se contente pas du remplacement du facteur 4 de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) prévu en 2015 par l’objectif de neutralité carbone du plan climat de 2017. Il demande que soit indiqué explicitement un objectif chiffré de baisse de 83% entre 2015 et 2030.

Une gestion holistique des puits de carbone

Il met surtout en garde sur un risque de surévaluation des capacités de puits de carbone des forêts et des sols (qui devrait être multipliées par deux pour atteindre la neutralité en 2050) et de l’indispensable concertation avec le monde forestier et agricole, gérant la « phytomasse« , pour atteindre cet objectif tout en développant l’usage de la biomasse pour la chaleur et le gaz. Bref, suivre la baisse des émissions locales ne suffit pas.

Ne pas se limiter aux émissions nationales

Le CES explique aussi pourquoi fixer un objectif de baisse des émissions de GES en France n’est pas assez et qu’il faut prendre en compte « l’empreinte carbone totale des Français et Françaises, qui tient compte également de la teneur en carbone des produits et services importés consommés sur notre territoire« . Or, le Conseil observe qu’il ne faudra pas que, pour atteindre la neutralité carbone, la France délocalise des activités très émettrices. Sans la nommer, le Cese ouvre la porte à une taxe carbone à nos frontières où à celle de l’Europe.

Investir massivement dans la sobriété

Et pas question pour le Cese de réduire les ambitions de réduction des consommations de 20% à 17% en 2020, sous prétexte qu’on ne pourra pas les atteindre à cause d’un retard en matière d’efficacité énergétique dû au manque d’investissements publics dans le bâtiment (12 milliards par an) et les transports. De même, augmenter l’objectif de baisse des énergies fossiles de 30 à 40% à 2030 reporterait à après-demain les efforts nécessaires de sobriété énergétique. Selon un rapport d’I4CE, pour rattraper le retard pris depuis 2015 dans ce domaine, il faudrait un investir une quarantaine de milliards d’euros par an supplémentaires sur la période 2019-2023.

Relancer vite la taxe carbone

Le Cese milite aussi pour un retour à une trajectoire de la taxe carbone rapide à l’issue du grand débat national mais en l’associant « à des mesures supplémentaires de compensation et d’accompagnement au changement, indispensables pour mieux garantir son acceptabilité sociale« .

Débattre de l’avenir du nucléaire maintenant

Quant à repousser à 2035 le rééquilibrage du nucléaire dans le mix électrique, le Cese rappelle que cela ne « règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français« . Le Conseil appelle à ce que la question du nouveau nucléaire soit tranchée durant cette mandature présidentielle, et non pas repoussée à 2022, pour en faire un sujet électoral, comme le souhaite Emmanuel Macron. Le CESE entend bien se « saisir de ce débat« .

Ce que dit l’article 1 du projet de loi énergie

Pour mémoire, l’article 1 de ce projet de mini-loi énergie climat vise à modifier les objectifs fixés par la Loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015 dans les 4 domaines suivants :

– Remplacer l’objectif de division par 4 des émissions de gaz à effet de serre du pays en 2050 par rapport à 1990 dit « facteur 4 » par un objectif dit de « neutralité carbone » à cet horizon

– Limiter l’objectif intermédiaire de réduction en 2030 des consommations d’énergie de 20 % par rapport au niveau de 2012 prévu par la LTECV à 17 % à cette échéance

– Augmenter de 30 à 40 % la baisse prévue à 2030 des consommations d’énergie fossile ;

 – Reculer de 2025 à 2035 l’objectif fixé par la LTECV d’une baisse à 50 % pour la part de l’énergie nucléaire dans le mix de la production d’électricité.

Par Aurélie Barbaux, publié le 20/02/2019 À 13H30

https://www.usinenouvelle.com/article/pourquoi-il-faut-lire-l-avis-du-cese-sur-la-loi-energie-climat.N808870

Fév 21

VIGILANCE RENFORCÉE POUR 71 COMMUNES AUTOUR DE LA CENTRALE CATTENOM

71 nouvelles communes intègrent le périmètre du plan particulier d’intervention de la centrale de Cattenom, élargi à 20 km autour du site. Des courriers vont être envoyés aux habitants, les invitant à se procurer des pastilles d’iode.

Désormais, toutes les communes situées dans un périmètre de 20 kilomètres autour de la centrale de Cattenom doivent être soumises à son plan particulier d’intervention. Ainsi en a décidé le ministère de l’Intérieur qui, dans une circulaire envoyée aux préfets le 3 octobre 2016, précise les mesures de sa nouvelle doctrine d’État en matière de sûreté nucléaire. Une doctrine dictée par la catastrophe de Fukushima, au Japon en 2011.

Au début du mois de février, le préfet de Moselle a adressé un courrier aux soixante et onze maires des nouvelles communes qui intègrent ce périmètre pour leur signifier la nouvelle.

Plan particulier d’intervention, mode d’emploi

Chaque installation industrielle qui présente des risques pour la population (centrale nucléaire, barrages, usines chimiques, stockages souterrains de gaz, etc.) est soumise à un plan particulier d’intervention (PPI). C’est une réponse immédiate qui régit l’organisation des différents acteurs lors d’un accident, basée sur le scénario le plus défavorable.

Jusqu’à présent, seules les communes situées dans un périmètre de 10 kilomètres autour de la centrale de Cattenom étaient soumises à ce PPI, mais la nouvelle doctrine élargit ce périmètre à 20 kilomètres. 71 nouvelles communes en font désormais partie, en plus des 41 initiales.

Pastilles d’iode et évacuation

Les habitants des 71 communes concernées recevront bientôt un courrier les invitant à se procurer des pastilles d’iode, qu’ils devront ingérer en cas d’accident. Cela ne signifie pas que le risque est plus élevé qu’avant, mais seulement que la doctrine accentue le principe de précaution.

Par ailleurs, la zone d’évacuation immédiate en cas d’accident est élargie à 5 kilomètres autour de la centrale contre 2 précédemment.

Un délai de deux ans est accordé aux communes qui ne disposent pas d’un plan communal de sauvegarde pour procéder à sa mise en place, et y intégrer le PPI de la centrale de Cattenom. Pour les autres, cela ne devrait pas bouleverser grande chose.

À Uckange, le maire Gérard Léonardi n’est pas inquiet : « On prend de plus en plus de précautions et c’est normal. Nous n’avons aucun problème avec ça et nous sommes prêts à le mettre en place, même si pour l’instant nous ne nous sommes pas vraiment penchés là-dessus », glisse-t-il, alors que la commune est déjà concernée par le PPI de l’usine Air Liquide à Richemont.

Par Damien GOLINI, publié le 21/02/2019 à 05h00, mis à jour à 07h35

https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-thionville-hayange/2019/02/21/vigilance-renforcee-pour-71-communes-autour-de-la-centrale-cattenom

Fév 21

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL CRITIQUE PLUSIEURS POINTS DU PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu mercredi. Le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015.

L’exécutif veut notamment remplacer par la « neutralité carbone » d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (« facteur 4 »). Dans son avis rendu mercredi, le CESE souligne que « l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre« . Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. « Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement« .

Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé « bien plus ambitieux » car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le CESE préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre 71,6% en 2018) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste.

Le CESE reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un « dissensus » dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire « ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français. » Il convient donc « de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle« , juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le CESE critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre: « la priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes« .

AFP, publié le 20 févr. 2019 à 10h54

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-cese-egratigne-le-projet-de-loi-energie-190220

Fév 21

RUSSIE: POUTINE MENACE DE DÉPLOYER SES NOUVEAUX MISSILES CONTRE LES OCCIDENTAUX

RUSSIE. Le président russe voit sa cote de confiance à domicile dégringoler à ses plus bas niveaux depuis l’annexion de la Crimée en 2014

En chute dans les sondages, Vladimir Poutine a assuré mercredi vouloir améliorer la qualité de vie de ses compatriotes mais aussi menacé de déployer les nouvelles armes de la Russie contre les pays occidentaux.

Moins d’un an après avoir été réélu pour un quatrième mandat avec un score sans précédent en près de 20 ans de pouvoir, le président russe voit sa cote de confiance dégringoler à ses plus bas niveaux depuis l’annexion de la Crimée en 2014, sous l’effet de la chute continue du niveau de vie depuis cinq ans, du relèvement de l’âge de la retraite et de la hausse de la TVA.

« La Russie sera contrainte de déployer des armements »

Après avoir assuré au début de son discours annuel au Parlement vouloir se concentrer sur la situation sociale, il s’est lancé, comme l’an dernier, dans une tirade très menaçante envers les États-Unis, leur reprochant le déploiement de nouveaux systèmes d’armement en Europe.

« S’ils sont déployés et livrés sur le continent européen, cela envenimera gravement la situation et créera de graves menaces pour la Russie », a déclaré le président russe, relevant que certains de ces engins pouvaient atteindre « Moscou en 10-12 minutes ». « Je vais le dire clairement et ouvertement : la Russie sera contrainte de déployer des armements qui pourront être utilisés non seulement contre les territoires d’où peut provenir une menace directe, mais aussi contre les territoires où se trouvent les centres de décision d’usage de missiles nous menaçant », a-t-il poursuivi.

L’Otan a qualifié d’« inacceptables » ces menaces de déployer de nouveaux missiles en mesure de frapper les territoires des Alliés, accusant le président russe de « tentative flagrante de détourner l’attention de sa violation du traité INF ».

Sa popularité au plus bas niveau depuis l’annexion de la Crimée

Washington a suspendu sa participation à ce traité de la Guerre froide interdisant les missiles sol-sol d’une portée de 500 à 5.500 km, accusant la Russie d’enfreindre les dispositions de ce document signé en 1987. En retour, Moscou a fait de même et, sauf coup de théâtre, le traité deviendra caduc en août.

Vladimir Poutine a accusé les États-Unis d’utiliser des « accusations imaginaires envers la Russie pour motiver leur sortie unilatérale », avertissant que si la Russie était « prête aux négociations », elle ne comptait pas « frapper à une porte close ». Listant les progrès des nouveaux missiles russes, présentés comme hypersoniques, invisibles ou invincibles, il a appelé les Américains à « calculer la portée et la vitesse de nouveaux armements à venir » avant de « prendre leurs décisions ».

Ces nouvelles armes avaient été présentées en détail l’an dernier dans son discours au Parlement, deux semaines avant sa réélection avec 76 % des voix. Moins d’un an après, la cote de popularité du chef de l’État, aujourd’hui âgé de 66 ans, était, selon le centre indépendant Levada, de 64 % en janvier, son plus bas niveau depuis l’annexion de la Crimée il y a tout juste cinq ans, contre encore 80 % au moment de sa réélection. Selon le même organisme, la proportion de Russes pessimistes sur la situation de leur pays (45 %) dépasse celle des optimistes pour la première fois depuis fin 2013.

https://www.20minutes.fr/monde/2456287-20190221-russie-poutine-menace-deployer-nouveaux-missiles-contre-occidentaux?xtor=RSS-176

Fév 21

CLIMAT : LE GOUVERNEMENT ESPAGNOL PROPOSE D’INVESTIR 47 MILLIARDS D’EUROS

MADRID, 20 février (Reuters) – Le gouvernement espagnol a proposé mercredi l’adoption d’un plan d’investissement public de 47 milliards d’euros sur dix ans pour lutter contre les effets du changement climatique.

Cette proposition a été formulée par le président du gouvernement socialiste Pedro Sanchez dans une déclaration d’intention alors qu’il a convoqué des élections législatives le 28 avril.

Avec ce plan, qui serait en partie financé par l’émission d’obligations vertes et par des fonds européens, l’Espagne vise à atteindre la neutralité carbone en 2050.

« Nous ne proposons rien de fantaisiste », a déclaré Pedro Sanchez pendant une conférence de presse au ministère de l’Énergie et de l’Environnement. « C’est nécessaire et en plus, c’est possible« , a-t-il ajouté.

Le plan prévoit aussi de compenser les destructions d’emploi dans les industries polluantes.

Un projet de loi sera présenté en conseil des ministres le 22 février avant d’être transmis à l’Union européenne pour obtenir son feu vert. Il est donc peu probable que la version définitive du texte puisse être adoptée avant les élections législatives.

Le gouvernement prévoit de finaliser d’ici là un calendrier prévoyant que l’Espagne produira 74% de son électricité à partir d’énergies renouvelables en 2030 et 100% en 2050.

Par Jose Elias Rodriguez et Isla Binnie Tangi Salaün pour le service français – Publié le 20/02/2019 à 16h20

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Climat-Le-gouvernement-espagnol-propose-d-investir-47-mds-d-euros–28039157/

Fév 20

DES BARILS D’URANIUM DÉCOUVERTS AU GRAND CANYON : UN DANGER POUR LA SANTÉ DES VISITEURS ?

Des visiteurs du Grand Canyon ont potentiellement été exposés à des radiations pendant 18 ans. Des barils contenant de l’uranium avaient été entreposés dans le musée du parc national.

Les visiteurs du Grand Canyon ont été exposés à des radiations pendant 18 années. Le 19 février 2019, le journal The Arizona Republic a dévoilé que de l’uranium était présent dans trois pots de peinture entreposés au sein du musée du parc national du Grand Canyon.

Les touristes et les employés du musée ont été exposés à ce métal lourd radioactif entre les années 2000 et 2018. Les autorités fédérales ont eu connaissance de la présence de ces pots et les ont retirés le 18 juin 2018. Cependant, les personnes travaillant sur place et les visiteurs (entre 800 et 1 000 par an) n’ont pas été mis au courant qu’ils avaient pu être exposés à des radiations.

Il a fallu attendre le 4 février pour qu’Elston Stephenson, responsable de la sécurité au parc national du Grand Canyon, adresse une lettre aux employés des lieux pour les avertir du potentiel danger auprès duquel ils ont travaillé. Il y explique que le manque de communication vient d’une « défaillance de la haute hiérarchie ».

Le rayonnement dépasse les limites de sécurité

Il ajoute que « les lectures de rayonnement, à première vue, dépassent les limites de sécurité de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis ». Cette autorité de sureté nucléaire américaine a établi des règles de protection contre la radiation. Les personnes autorisées à exploiter de l’uranium ne doivent pas exposer le public à plus d’1 millisievert (mSv) par an. La règle est identique en France.

Que signifie cette mesure ? Le sievert, noté « Sv », permet « d’évaluer l’impact du rayonnement sur la matière vivante », comme l’explique l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN). C’est la « quantité de radioactivité absorbée par l’individu » qui prend en compte deux éléments : le rayonnement lui-même, ainsi que la sensibilité des différents organes du corps exposés à la radioactivité.

La situation qui s’est produite au Grand Canyon est peut-être moins dramatique que ce que l’on pourrait penser. La radioactivité des trois pots a été mesurée dans le minerai lui-même, et à l’endroit où il a été entreposé. En s’éloignant à 1 mètre 50 de cette zone, la radiation enregistrée est retombée à zéro.

« La probabilité que des personnes aient été exposées à des radiations sérieuses est faible », assure ainsi Kathryn Higlet, ingénieure et spécialiste de la science nucléaire à l’université d’État de l’Oregon, interrogée par The Verge.

« Je n’y vois pas un risque pour la santé »

Cela n’empêche pas que les radiations émises par ces pots étaient très probablement anormales. « Je n’y vois pas un risque pour la santé. J’y vois des gens négligents qui ont fait des choses qu’ils n’auraient pas dû faire  », ajoute la spécialiste.

https://www.numerama.com/sciences/465291-des-barils-duranium-decouverts-au-grand-canyon-un-danger-pour-la-sante-des-visiteurs.html

Fév 20

NUCLÉAIRE. L’ATOMIK TOUR LUNDI 25 À QUIMPER

La caravane antinucléaire de l’Atomik Tour a quitté début janvier le site de Bure (Meuse) pour un tour de France en 50 étapes qui se terminera en août prochain. Elle stationnera à Quimper lundi 25 février. À cette occasion, l’association Sortir du Nucléaire Cornouaille organise une soirée débat autour du film documentaire « Centrales nucléaires, démantèlement impossible ? », de Bernard Nicolas.

Le site de Bure a été choisi pour l’implantation du Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), un projet de stockage profond des déchets radioactifs. Il devrait notamment recevoir les déchets à vie longue issus du démantèlement de la centrale de Brennilis. Celui-ci, engagé après l’arrêt de la centrale bretonne en 1985, ne sera pas terminé avant une vingtaine d’années. « Il n’y a toujours pas d’autorisation du démantèlement complet de Brennilis », rappellent les militants.

« L’Atomik Tour a pour but de réactiver la question du nucléaire sur le plan écologique et économique dont on ne parle pas du tout dans le débat sur la transition énergétique, dit Chantal Cuisnier. Or, aujourd’hui, on ne sait pas démanteler les centrales alors que l’on parle d’en construire de nouvelles et de prolonger la durée de vie des anciennes de 30 à 60 ans. Le tout pour des centaines de milliards. C’est autant d’argent qui n’ira pas à la transition énergétique avec ce pognon de dingue ». « Le coût des démantèlements et de la gestion des déchets est largement sous-évalué et il n’y a aucun débat public sur ce sujet, appuie Marie Nicolas. Il y a une omerta inquiétante sur ces questions ».

Pratique

Lundi 25 février, à 18 h 30, à l’Espace associatif, projection du film documentaire sur le démantèlement des centrales dans le monde (dont une partie est tournée à Brennilis), suivi d’un débat avec les militants opposés au centre d’enfouissement de Bure.

Publié le 20 février 2019 à 17h20

https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/nucleaire-l-atomik-tour-lundi-a-quimper-20-02-2019-12213625.php

Fév 20

LE CONGRÈS AMÉRICAIN ENQUÊTE SUR UN PROJET DE CENTRALES NUCLÉAIRES EN ARABIE SAOUDITE

La Chambre des représentants soupçonne l’administration Trump de vouloir vendre une technologie nucléaire sensible à l’Arabie Saoudite.

Le transfert de technologie nucléaire «pourrait permettre à l’Arabie Saoudite de fabriquer des armes nucléaires». Un rapport publié mardi soir, par la commission de Contrôle et de Réforme de la Chambre des représentants américaine, fait part de ses inquiétudes concernant une vente de technologie nucléaire américaine à l’Arabie Saoudite. Contrôlée par les démocrates, la commission s’interroge sur le rôle de l’administration Trump et sur de possibles conflits d’intérêts.

LIRE AUSSI – Donald Trump et l’Arabie Saoudite, l’alliance explosive

Son président, l’élu démocrate Elijah Cummings, a été mis en garde par des lanceurs d’alertes. Ces derniers estiment que «des efforts» ont été faits de la part de l’administration Trump pour «accélérer le transfert de technologie nucléaire très sensible des États-Unis vers l’Arabie Saoudite», décrit le rapport. Et, ce, en violation de la loi relative à l’énergie atomique qui stipule que les États-Unis ne peuvent pas transférer leur savoir-faire nucléaire vers d’autres pays sans garanties que leurs usages seront pacifiques. Or, les autorités saoudiennes n’ont jamais caché leurs dessins. Le prince héritier Mohammed Ben Salman assurait ainsi en 2018 que si «l’Iran développait une bombe nucléaire», son pays suivrait «le plus vite possible».

Conflit d’intérêts

Plusieurs visites ont été arrangées entre les autorités américaines et saoudiennes comme en 2017 lorsque Jared Kushner, gendre et proche conseiller de Donald Trump, rencontre Mohammed Ben Salman. La commission met surtout en lumière un cas de conflit d’intérêts avec le groupe privé IP3 International. Ce conglomérat de plusieurs entreprises américaines est à l’origine du projet de centrales nucléaires en Arabie Saoudite. L’une de ses filiales présentait le général Michael Flynn comme l’un de ses conseillers de juin à décembre 2016, au moment même où il occupait la fonction de conseiller spécial de Donald Trump lors de la campagne présidentielle et de la période de transition. Une fois le magnat de l’immobilier investit, il aurait continué de plaider en faveur du plan souhaité par IP3.

«Ces entités commerciales engrangeraient des milliards de dollars grâce aux contrats liés à la construction et à l’opération d’infrastructures nucléaires en Arabie saoudite et ont semble-t-il eu des contacts proches et répétés avec le président Trump et avec son administration jusqu’à ce jour», relève Elijah Cummings dans son rapport. La commission a reçu des documents prouvant que plusieurs rencontres avaient eu lieu entre des responsables d’IP3 et des membres de l’administration Trump, même après la démission de Michael Flynn, emporté par ses mensonges sur le contenu de ses rencontres avec des diplomates russes.

La commission poursuit ses recherches pour déterminer si cette vente se fait dans «les intérêts des États-Unis», ou «sert ceux qui ont des avantages financiers à tirer de ce changement potentiel de la politique étrangère» américaine. Les élus démocrates craignent notamment que ce transfert ne se fasse très rapidement. «Le 19 février 2019, le président a rencontré des développeurs d’énergie nucléaire à la Maison-Blanche à propos du partage de la technologie nucléaire avec les pays du Moyen-Orient, y compris l’Arabie saoudite», indique la commission. La loi relative à l’énergie atomique précise pourtant que le Congrès doit examiner tout potentiel transfert d’énergie atomique.

Par Le figaro.fr AFP agence, publié le 20/02/2019 à 13h10, mis à jour le 20/02/2019 à 14h58

http://www.lefigaro.fr/international/2019/02/20/01003-20190220ARTFIG00131-le-congres-americain-enquete-sur-un-projet-de-centrales-nucleaires-en-arabie-saoudite.php

Fév 20

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE, SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL ÉGRATIGNE LE PROJET DE LOI ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie, et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu ce mercredi.

Pour rappel, le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015. L’exécutif veut ainsi remplacer par la «neutralité carbone» d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre.

Dans son avis rendu mercredi, le Cese souligne que «l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre». Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. «Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement». Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé «bien plus ambitieux» car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Conso d’énergie, nucléaire…

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le Cese préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre plus de 70% aujourd’hui) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste. Le Cese reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un «dissensus» dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire «ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français.» Il convient donc «de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle», juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le Cese critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre : «La priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes».

LIBERATION avec AFP, le 20 février 2019 à 16h23

https://www.liberation.fr/france/2019/02/20/le-conseil-economique-social-et-environnemental-egratigne-le-projet-de-loi-energie_1710552

Fév 20

EN FINIR AVEC LES ARMES NUCLÉAIRES : L’EUROPE DOIT MONTRER L’EXEMPLE

La course mondiale à l’armement nucléaire tend à reprendre. Contre l’escalade, les eurodéputées autrices de cette tribune proposent que l’Union européenne montre l’exemple en bannissant ces armes de son territoire.

Alors que certaines voix s’interrogent sur l’opportunité pour l’Allemagne de développer son propre système de dissuasion nucléaire, où les forces nucléaires françaises pourraient être intégrées dans la politique nucléaire de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), où le Traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) est remis en question par le président Trump, et où la Russie continue de déployer des missiles Iskander dans l’enclave de Kaliningrad, l’Union européenne doit proposer une initiative diplomatique pour la paix et la sécurité, ouverte à tous les acteurs désireux d’amorcer une désescalade nucléaire, afin de freiner une course aux armements dont l’Europe risque de payer un prix de plus en plus élevé.

Il est temps en effet de proposer une stratégie de désescalade au niveau européen pour réduire les risques de confrontations militaires et amorcer une transition stratégique de l’Union européenne vers une politique écologique de sécurité et de défense. Une telle stratégie de désescalade passe d’abord par le retrait des armes nucléaires tactiques du continent européen. 

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé d’agir pour alerter l’opinion et mettre cette question du désarmement nucléaire au cœur de l’agenda européen à l’orée de la campagne des élections européennes. Nous avons participé à une action de blocage de la piste de décollage des F-16 de la base aérienne de Kleine-Brogel en Belgique pour demander le retrait des missiles nucléaires états-unien sur le sol européen. Kleine-Brogel abriterait une vingtaine d’ogives nucléaires B61. Cette présence est dangereuse et obsolète : c’est un vestige de la guerre froide ; ce type d’arsenal n’est pas du tout adapté aux conflits et menaces actuelles. 

Nous nous sommes mobilisés aux côtés d’Agir pour la paix car nous exigeons : 

  • Le retrait des bombes nucléaires américaines stationnées à Kleine-Brogel et en Italie, Pays Bas et Allemagne. Ce serait en ces temps de tumulte et de surenchère belliqueuse un signe important par le fait que l’obligation de désarmement du Traité de non-prolifération serait prise au sérieux. Cela ne mettrait nullement en péril notre sécurité mais au contraire participerait à la sauvegarde de la paix en renforçant le régime de non-prolifération. Le maintien de ces armes nucléaires par contre est un signe que les pays européens ont toujours besoin d’armes nucléaires. Il est impossible de refuser aux États d’acquérir des armes nucléaires aussi longtemps que nous-même en disposons. Nous appelons à ce que l’Europe devienne un continent ne participant plus à la stratégie de guerre nucléaire en refusant le dépôt des armes atomiques sur le territoire européen, en ne s’équipant pas d’avions capables de les utiliser et en développant une diplomatie cohérente et forte en prévention des conflits. Nous voulons ne pas confier notre « sécurité » au pari fou de la dissuasion qui échoue à nous garantir 100 % de fiabilité. 
  • La signature par tous les États membres de l’Union européenne du Traité d’interdiction des armes nucléaires (voté en juillet 2017 par l’Assemblée générale des Nations unies et en cours de signature et de ratification par les États). À l’heure d’aujourd’hui dans le monde, il y a encore environ 15.000 bombes nucléaires en circulation, dont près de 5.000 en état d’alerte constante. L’arsenal mondial est capable de détruire 30 fois la planète. Les bombes B61 présentes en Belgique peuvent aller jusqu’à 340 kilotonnes (kt), soit 23 fois celle de Hiroshima. L’arme nucléaire demeure l’une des plus grandes menaces pour la planète et l’humanité. Nous appelons tous les États membres de l’UE de signer et de ratifier au plus vite ce traité. Nous rappelons d’ailleurs que le 27 octobre 2016, le Parlement européen a adopté une résolution qui soutient les négociations d’un traité interdisant les armes nucléaires. Cela impliquerait un retrait unilatéral des bombes américaines hébergées à Kleine-Brogel et sur d’autres bases en Europe.
  • Faire de l’Europe une zone exempte d’armes nucléaires (Zean), comme il en existe déjà six actuellement reconnues par les Nations unies. Nous voulons que l’Europe devienne une zone exempte d’armes nucléaires aux yeux de la communauté internationale. Si elle était reconnue par l’ONU, il s’agirait de la première Zean se situant dans l’hémisphère Nord, l’hémisphère Sud étant lui majoritairement couvert par les Zean.

Les États européens bafouent leurs engagements internationaux

Rappelons que l’arme nucléaire est considérée comme illégale par de nombreux traités internationaux et notamment les Conventions de Genève (selon le premier protocole additionnel, il est interdit d’utiliser des « méthodes ou moyens de guerre qui sont conçus pour causer, ou dont on peut attendre qu’ils causeront, des dommages étendus, durables et graves à l’environnement naturel » ; il y est aussi stipulé que les États ne peuvent en aucun cas utiliser une arme qui ne ferait pas la distinction entre victimes civiles et militaires) et le Traité de non-prolifération (TNP, dont l’article 6 dispose que tous les États s’engagent à poursuivre de bonne foi les négociations vers un désarmement nucléaire complet).

Par ailleurs, dans un avis rendu en 1996, la Cour internationale de justice considère que l’existence des armes nucléaires fait courir un grave danger à l’humanité. Elle conclut : « La menace ou l’emploi d’armes nucléaires sont en principe incompatibles avec le droit des conflits armés, mais la Cour ignore s’il en serait encore ainsi en cas de légitime défense lorsque la survie de l’État est en cause. »

Les États européens bafouent donc depuis des décennies, sous couvert de dissuasion nucléaire, leurs engagements internationaux.

La résolution votée par le Parlement européen en 2016 envoie un signal clair de désescalade dans un monde en plein chaos. Les États européens devraient suivre ces recommandations.

Nous voulons une Europe qui construise la paix et non qui se prépare à la pire des guerres : la guerre nucléaire.

20 février 2019 / Michèle Rivasi, Molly Scott Cato, Tilly Metz et Thomas Waitz

https://reporterre.net/En-finir-avec-les-armes-nucleaires-l-Europe-doit-montrer-l-exemple

Fév 20

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL CRITIQUE PLUSIEURS POINTS DU PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu mercredi. Le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015.

L’exécutif veut notamment remplacer par la « neutralité carbone » d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (« facteur 4 »). Dans son avis rendu mercredi, le CESE souligne que « l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre« . Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. « Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement« .

Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé « bien plus ambitieux » car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le CESE préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre 71,6% en 2018) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste.

Le CESE reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un « dissensus » dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire « ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français. » Il convient donc « de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle« , juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le CESE critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre: « la priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes« .

AFP, publié le 20 févr. 2019 à 10h54

Fév 20

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL CRITIQUE PLUSIEURS POINTS DU PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu mercredi. Le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015.

L’exécutif veut notamment remplacer par la « neutralité carbone » d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (« facteur 4 »). Dans son avis rendu mercredi, le CESE souligne que « l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre« . Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. « Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement« .

Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé « bien plus ambitieux » car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le CESE préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre 71,6% en 2018) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste.

Le CESE reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un « dissensus » dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire « ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français. » Il convient donc « de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle« , juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le CESE critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre: « la priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes« .

AFP, publié le 20 févr. 2019 à 10h54

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-cese-egratigne-le-projet-de-loi-energie-190220

Fév 20

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL CRITIQUE PLUSIEURS POINTS DU PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu mercredi. Le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015.

L’exécutif veut notamment remplacer par la « neutralité carbone » d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (« facteur 4 »). Dans son avis rendu mercredi, le CESE souligne que « l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre« . Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. « Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement« .

Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé « bien plus ambitieux » car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le CESE préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre 71,6% en 2018) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste.

Le CESE reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un « dissensus » dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire « ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français. » Il convient donc « de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle« , juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le CESE critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre: « la priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes« .

AFP, publié le 20 févr. 2019 à 10h54

Fév 20

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL CRITIQUE PLUSIEURS POINTS DU PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu mercredi. Le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015.

L’exécutif veut notamment remplacer par la « neutralité carbone » d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (« facteur 4 »). Dans son avis rendu mercredi, le CESE souligne que « l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre« . Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. « Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement« .

Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé « bien plus ambitieux » car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le CESE préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre 71,6% en 2018) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste.

Le CESE reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un « dissensus » dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire « ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français. » Il convient donc « de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle« , juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le CESE critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre: « la priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes« .

AFP, publié le 20 févr. 2019 à 10h54

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-cese-egratigne-le-projet-de-loi-energie-190220

Fév 20

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL CRITIQUE PLUSIEURS POINTS DU PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu mercredi. Le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015.

L’exécutif veut notamment remplacer par la « neutralité carbone » d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (« facteur 4 »). Dans son avis rendu mercredi, le CESE souligne que « l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre« . Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. « Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement« .

Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé « bien plus ambitieux » car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le CESE préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre 71,6% en 2018) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste.

Le CESE reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un « dissensus » dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire « ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français. » Il convient donc « de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle« , juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le CESE critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre: « la priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes« .

AFP, publié le 20 févr. 2019 à 10h54

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-cese-egratigne-le-projet-de-loi-energie-190220

Fév 20

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL CRITIQUE PLUSIEURS POINTS DU PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu mercredi. Le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015.

L’exécutif veut notamment remplacer par la « neutralité carbone » d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (« facteur 4 »). Dans son avis rendu mercredi, le CESE souligne que « l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre« . Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. « Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement« .

Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé « bien plus ambitieux » car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le CESE préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre 71,6% en 2018) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste.

Le CESE reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un « dissensus » dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire « ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français. » Il convient donc « de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle« , juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le CESE critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre: « la priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes« .

AFP, publié le 20 févr. 2019 à 10h54

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-cese-egratigne-le-projet-de-loi-energie-190220

Fév 20

LIVRE : LA GUERRE QUI NE PEUT PAS AVOIR LIEU

Le modèle de la dissuasion nucléaire repose sur la folie que représenterait l’utilisation d’une arme capable de détruire l’humanité. C’est ce modèle que Jean-Pierre Dupuy, le philosophe du « catastrophisme éclairé », bat en brèche dans son dernier essai, à l’heure où les puissances disposant de « la bombe » sont dirigées par Donald Trump, Kim Jong-un ou Vladimir Poutine.

« Petit homme missile », « Chien enragé », « Vieux gâteux à l’esprit dérangé » : les invectives entre Donald Trump et Kim Jong-un à l’été 2017 ont fait l’effet de bombes. L’ombre de la guerre nucléaire a plané. Mais elle n’a pas eu lieu. Pas encore.

Mieux, affirme Jean-Pierre Dupuy dans cet essai aussi dense qu’alarmant malgré son titre : la guerre atomique est une « guerre qui ne peut pas avoir lieu ». Car le principe de dissuasion nucléaire repose sur la folie que représenterait l’utilisation d’une arme capable d’anéantir l’humanité entière. Le philosophe du « catastrophisme éclairé » recherche les fondements rationnels de cet équilibre paradoxal entre prudence et terreur, nommé d’après ce qu’il cherche à éviter : la « destruction mutuelle assurée », dont l’acronyme, MAD (pour, en anglais, mutual assured destruction, soit « fou ») est plus qu’évocateur.

Le pouvoir de destruction inouï de l’arme nucléaire ne sert qu’à une chose : « empêcher les autres de s’en servir ». Entretenir des arsenaux dévastateurs est-il alors une forme de prudence ? Oui, répondent les défenseurs de la MAD. Selon eux, en vertu de l’effet « boule de cristal », les puissances nucléaires savent avec certitude que le déclenchement d’un conflit atomique conduirait à leur propre anéantissement, ce qui suffirait à en exclure l’éventualité. En somme, rendre l’apocalypse possible reviendrait à la rendre impossible ; rendre la guerre suffisamment atroce serait la clef de la paix.

Reprenant les batailles d’arguments auxquels se livrent stratèges, prévisionnistes, militaires et déontologues en mobilisant les modèles complexes de la théorie des jeux, Jean-Pierre Dupuy discute pied à pied les failles de cette position. Car, pensée ainsi, la dissuasion souffre d’un problème essentiel de crédibilité. Peut-elle fonctionner si elle repose sur des menaces dont chacun sait qu’elles ne seront jamais mises à exécution ? D’autant que la dissuasion ne s’appuie sur aucun « effet de démonstration », aucun précédent. Si un tel exemple existait, personne ne serait plus là pour le constater, car « la première bombe est toujours la bombe de trop ». C’est précisément la raison pour laquelle la MAD ne tolère aucune défaillance. Mais rien n’exclut alors que les puissances nucléaires, ne croyant pas à la réalité de la menace, se provoquent jusqu’au point de non-retour. Tant que le conflit nucléaire n’a pas lieu, la crédibilité de la menace est nulle, et rien ne peut donc prévenir l’éventualité d’une étincelle déclenchant une escalade. En ce sens, c’est parce que la dissuasion doit être absolument efficace qu’elle est inefficace : si l’apocalypse semble impossible aux yeux du monde, elle devient possible. Et le système MAD apparaît alors aussi immoral qu’imprudent.

Mais ces arguments ne considèrent que la dimension intentionnelle d’une frappe atomique. Qu’en sera-t-il, insiste Dupuy, lorsque les puissances nucléaires automatiseront la riposte défensive ? Plutôt qu’articuler de savantes conjectures sur la rationalité des acteurs, les penseurs de la dissuasion gagneraient à considérer la simple existence d’arsenaux de mort comme une donnée remettant en cause nos analyses stratégiques traditionnelles. Même s’ils étaient détruits, ces armements finiraient par être refabriqués. La dissuasion est donc « existentielle » et résonne ainsi, pour Dupuy, avec la pensée de René Girard : les sociétés contiennent la violence qui leur est inhérente dans des entités, qui, comme le dispositif nucléaire, menacent autant qu’elles protègent, et acquièrent ainsi un caractère sacré.

Cette dimension religieuse se retrouve dans la temporalité de la dissuasion : celle-ci se rattache à la tradition des « prophètes de malheur » qui annoncent l’imminence de la catastrophe pour persuader les hommes d’agir « pour que cela devienne faux ». Dans la conception du « temps du projet » qu’expose Dupuy, la catastrophe n’est pas juste un possible ; elle est inscrite dans notre destin, sans que l’on puisse jamais savoir avec certitude si et quand ce futur se réalisera. Se défendant de tout fatalisme, le philosophe nous avertit : « nous sommes entrés dans l’ère du délai », nous ne pouvons que « penser le temps qu’il nous reste » et agir de sorte que le pire ne devienne jamais inéluctable. C’est à cette condition que la dissuasion peut être efficace. Condition parfaitement « épouvantable » aux yeux de la morale, parce qu’elle implique que le massacre de millions d’hommes « appartient totalement à l’actualité de l’avenir ».

LES CONCEPTS CLÉS

Temps de l’histoire

Dans cette vision, classique, le passé est fixe mais le futur est ouvert : il est un ensemble de possibles incompatibles entre lesquels il nous revient de choisir. L’avenir, ici, peut se façonner selon les choix des acteurs. Mais alors l’apocalypse apparaît totalement virtuelle et ne peut être prise au sérieux. La dissuasion nucléaire implique de changer de temporalité. 

Temps du projet

Cette conception du temps permet à Dupuy de préciser ce qu’il a défendu comme « catastrophisme éclairé ». Le temps du projet est celui du futur antérieur (ou passé du futur) : l’avenir est fixe – la catastrophe y est réellement inscrite –, il est lié à un passé par une relation nécessaire, mais ce passé demeure incertain tant qu’il ne s’est pas effectué dans nos actions. Autrement dit, la catastrophe est certaine, son échéance est indéterminée.

Poule mouillée

Dans la théorie des jeux, la dissuasion nucléaire est modélisée comme un jeu de la « poule mouillée ». Imaginez Donald Trump et Kim Jong-un roulant l’un vers l’autre à toute vitesse sur une route étroite. Si aucun ne s’écarte, la destruction mutuelle est assurée. Mais, puisqu’il faut au moins une « poule mouillée », on ne peut jamais être certain que le pire sera toujours évité.

Auteur Jean-Pierre Dupuy

Éditeur Desclée De Brouwer, Pages: 236, Prix : 17,90 €

Par Octave Larmagnac-Matheron

https://www.philomag.com/les-livres/grand-angle/la-guerre-qui-ne-peut-pas-avoir-lieu-37342

Fév 20

DÉSARMEMENT: QUATRE EURODÉPUTÉS INTERPELLÉS SUR UNE BASE MILITAIRE BELGE

Quatre députés écologistes européens ont été interpellés mercredi après être entrés sur une base aérienne belge où sont stationnés des chasseurs bombardiers F-16 pour réclamer le retrait des bombes nucléaires américaines, ont indiqué leurs collaborateurs.

La Française Michèle Rivasi, la Luxembourgeoise Tilly Metz, la Britannique Molly Scott Cato et l’Autrichien Thomas Waitz sont retenus dans l’enceinte militaire de Kleine-Brogel, proche de la frontière avec les Pays-Bas, où sont stationnés des F-16 armés de bombes nucléaires tactiques et où opère un contingent de l’armée américaine, ont-ils précisé.

Michèle Rivasi, Tilly Metz et Molly Scott Cato ont symboliquement bloqué une des pistes de la base et déployé une banderole portant le slogan « Europe Free of Nuclear Weapons » avant d’être interpellées. Thomas Waitz était resté à l’extérieur de la base. Quatre militants pacifistes du mouvement Agir pour la paix qui participaient à cette action sont également retenus.

Le but de leur action était d’alerter le public et de placer la question du désarmement nucléaire au cœur de l’agenda européen, ont-ils soutenu.

Les élus européens ont exprimé trois revendications:

. le retrait des bombes nucléaires américaines stationnées en Europe,

. la ratification du Traité d’interdiction des armes nucléaires de 2017 par tous les États membres de l’UE

. et la création d’une zone exempte d’armes nucléaires pour l’Europe.

« Aujourd’hui, 15.000 bombes nucléaires sont encore en circulation dans le monde et une vingtaine de bombes nucléaires sont toujours présentes sur la base militaire de Kleine-Brogel« , a déploré Michèle Rivasi dans un communiqué.

« Tout le monde semble avoir oublié leur présence et surtout, leur danger. Or, les bombes stockées en Belgique sont dotées d’une puissance réglable pouvant aller de 1Kt à 340 Kt, soit jusqu’à 26 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima« , a-t-elle ajouté.

« Avec le retrait des États-Unis et de la Russie du traité INF, l’Europe est confrontée à une nouvelle course aux armements nucléaires« , a pour sa part dénoncé Tilly Metz.

« L’OTAN devrait retirer son arsenal nucléaire tactique du sol européen et la Russie, en retour, devrait s’engager à se débarrasser de ses missiles de croisière et de ses missiles à courte portée Iskander« , a demandé l’élue luxembourgeoise.

Par AFP, publié mercredi 20 Février 2019 à 11h35

https://www.atlasinfo.fr/Desarmement-quatre-eurodeputes-interpelles-sur-une-base-militaire-belge_a98405.html

Fév 20

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE SOCIAL ET ENVIRONNEMENTAL CRITIQUE PLUSIEURS POINTS DU PROJET DE LOI SUR L’ÉNERGIE

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) critique plusieurs aspects du projet de loi sur l’énergie et propose d’y inscrire clairement des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, dans un projet d’avis rendu mercredi. Le gouvernement l’avait saisi sur l’article 1er de ce projet de loi, qui doit modifier plusieurs objectifs de la loi de transition énergétique de 2015.

L’exécutif veut notamment remplacer par la « neutralité carbone » d’ici 2050 l’ancien objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre (« facteur 4 »). Dans son avis rendu mercredi, le CESE souligne que « l’objectif de neutralité carbone doit être atteint pour l’essentiel à travers une réduction supplémentaire des émissions de gaz à effet de serre« . Il rappelle que selon le projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC), il faudra réduire les émissions de 83% entre 2015 et 2050. « Le CESE demande donc que cet objectif soit repris explicitement dans l’article 1 du projet de loi afin de clarifier les intentions du gouvernement« .

Des ONG avaient critiqué ce nouvel objectif de neutralité carbone, le jugeant trop flou. Mais le ministre de la Transition écologique, François de Rugy, l’a jugé « bien plus ambitieux » car il suppose selon lui de diviser les émissions par huit et non seulement par quatre.

Autre changement prévu dans le projet de loi : la consommation d’énergie en 2030 devra avoir baissé de 17% (par rapport à 2012), contre 20% prévus dans la loi de transition énergétique. Le CESE préconise tout simplement de maintenir l’objectif initial, déplorant au passage les retards pris dans la sobriété énergétique dans le logement, le tertiaire et les transports.

Par ailleurs, le Conseil évoque le report de 2025 à 2035 de l’objectif de ramener à 50% (contre 71,6% en 2018) la part du nucléaire dans la production d’électricité française. L’abandon de la date de 2025 avait été officialisé par Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique, cet horizon étant jugé irréaliste.

Le CESE reconnaît que cette question épineuse fait l’objet d’un « dissensus » dans ses propres rangs mais observe que le délai supplémentaire « ne règle en rien la question de l’avenir de cette filière et de sa place future dans le mix énergétique français. » Il convient donc « de mener et de trancher ce débat au cours de la législature actuelle« , juge-t-il.

Enfin, bien que n’ayant pas été saisi sur ce point, le CESE critique l’article 2 du projet de loi et la création d’un Haut conseil pour le climat, annoncée par le président Emmanuel Macron fin novembre: « la priorité devrait être donnée à (une) meilleure coordination des instances existantes« .

AFP, publié le 20 févr. 2019 à 10h54

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/le-cese-egratigne-le-projet-de-loi-energie-190220

Fév 20

LA JUSTICE JAPONAISE ORDONNE LE DÉDOMMAGEMENT D’ÉVACUÉS DE FUKUSHIMA

La justice nippone a ordonné mercredi le paiement de 3,4 millions € de dommages-intérêts à des habitants forcés de fuir leur maison du nord-est du Japon après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima en mars 2011.

Le tribunal de district de Yokohama (banlieue de Tokyo) a condamné le gouvernement et la compagnie Tokyo Electric Power (Tepco) à verser 419,6 millions de yens à 152 résidents évacués, a déclaré une porte-parole du tribunal à l’AFP. C’est la cinquième fois qu’une décision judiciaire impute en partie au gouvernement la responsabilité de cette catastrophe atomique, la plus grave depuis celle de Tchernobyl (Ukraine) en 1986. Selon les détails donnés par la chaîne publique NHK, le juge Ken Nakadaira a estimé que l’accident aurait pu être évité si le gouvernement et Tepco «avaient pris des mesures» face à la menace de tsunami. C’est un raz-de-marée de 14 mètres de haut qui a provoqué le désastre en déferlant sur la centrale.

Parmi les nombreux recours en justice déposés par des milliers de personnes évacuées, plusieurs autres décisions antérieures ont également abouti à établir la responsabilité conjointe du gouvernement et de Tepco, ou de Tepco seule.

Par ailleurs, dans une procédure distincte, une peine de cinq ans de prison a été requise en décembre contre trois anciens dirigeants de Tepco. Ils sont jugés pour «négligence ayant entraîné la mort». Ces prévenus, les seuls à être jugés en personne dans le cadre de cette catastrophe, ont plaidé non coupable. Ils attendent désormais le verdict qui ne sera pas prononcé avant plusieurs mois.

La destruction totale ou partielle des six réacteurs de la centrale Fukushima Daiichi, à 210 km de Tokyo, a forcé des dizaines de milliers d’habitants à abandonner leur maison. Un grand nombre d’entre eux sont encore installés dans d’autres régions du pays, ne pouvant pas ou préférant ne pas rentrer chez eux par peur des radiations.

AFP le 20/02/2019

https://fr.metrotime.be/2019/02/20/must-read/la-justice-ordonne-le-dedommagement-devacues-de-fukushima/

Fév 20

SOMMET TRUMP-KIM: UN ÉMISSAIRE NORD-CORÉEN EN ROUTE POUR HANOÏ

L’émissaire nord-coréen pour les États-Unis est arrivé à Pékin mardi, avant un départ probable pour le Vietnam afin de rencontrer son homologue américain avant un second sommet prévu entre Donald Trump et Kim Jong Un, a rapporté l’agence sud-coréenne Yonhap.

Kim Hyok Chol est arrivé dans la capitale chinoise aux alentours de 10H00 (02H00 GMT). Il devrait prendre l’avion pour Hanoï dans le courant de la journée.

Trois jours auparavant, le chef de cabinet de facto de Kim Jong Un, Kim Chang Song, s’était également rendu dans la capitale vietnamienne pour discuter de questions de protocole et de sécurité avec l’équipe américaine avant le sommet prévu les 27 et 28 février.

Au début du mois, Kim Hyok Chol et l’émissaire américain pour la Corée du Nord Stephen Biegun s’étaient déjà rencontrés pendant trois jours à Pyongyang pour discuter de la dénucléarisation.

M. Biegun avait alors déclaré que les discussions avaient été productives, mais qu’il y avait encore du travail à faire avant le nouveau sommet.

« Nous avons un dur travail à faire avec la RPDC » (République populaire démocratique de Corée), avait dit M. Biegun. « Je suis persuadé que si les deux parties restent engagées, nous pouvons faire de réels progrès« .

Selon le département d’État américain, les deux parties ont évoqué « une dénucléarisation complète, la transformation des relations États-Unis/Corée du Nord, et la mise en place d’une paix durable sur la péninsule coréenne« .

L’adjoint de M. Biegun, Alex Wong, est déjà dans la capitale vietnamienne pour préparer le sommet.

Biegun devrait s’y rendre prochainement pour reprendre son dialogue avec Kim Hyok Chol.

Au cours de leur première rencontre en juin à Singapour, MM. Kim et Trump avaient signé une déclaration vague en faveur de « la dénucléarisation de la péninsule coréenne« . Aucun progrès n’a été réalisé depuis, les deux parties s’écharpant sur le sens exact de cet engagement.

Les analystes estiment que la deuxième rencontre devra déboucher sur du concret pour éviter de ressembler à un épisode de téléréalité et raviver la crise nucléaire nord-coréenne.

AFP, publié le 19/02/2019 à 07h54

https://www.lepoint.fr/monde/sommet-trump-kim-un-emissaire-nord-coreen-en-route-pour-hanoi-19-02-2019-2294377_24.php

Fév 19

LA RUSSIE À DEUX PAS DE PRODUIRE UN MISSILE DE CROISIÈRE À PORTÉE ILLIMITÉE

La Russie a développé avec succès un réacteur compact qui devra assurer une portée quasiment illimitée au nouveau missile de croisière Bourevestnik.

Un réacteur nucléaire compact pour le nouveau missile de croisière subsonique russe Bourevestnik a été testé avec succès en janvier dernier, annoncent des médias russes citant une source informée au sein de l’industrie de défense.

Les tests réalisés sur une aire d’entraînement ont confirmé les caractéristiques du réacteur, qui assurent une portée illimitée à ce missile à propulsion nucléaire, selon cette source.

La Russie a décidé de développer un missile intercontinental de portée illimitée en 2001, à la suite du retrait des États-Unis du Traité ABM, signé à Moscou en 1972 dans le cadre des négociations sur la limitation des armes stratégiques. C’est le Président Poutine qui a pour la première fois évoqué le nouveau réacteur nucléaire compact, dans son message annuel à la chambre haute du parlement russe, le 1er mars 2018.

Le missile de croisière Bourevestnik est doté d’une ogive nucléaire dont la portée est pratiquement illimitée et la trajectoire imprévisible. Il est en outre capable de contourner des barrages d’interception et est invulnérable pour les systèmes antiaériens et antimissiles existants, selon la Défense russe.

Publié le  18.02.2019 à 15h54, mis à jour le 19.02.2019 à 05h59

https://fr.sputniknews.com/defense/201902181040070884-russie-defense-missile-tests/

Fév 19

2ÈME LEÇON DES JEUNES AU GOUVERNEMENT : IL FAUT LA DÉCROISSANCE ÉNERGÉTIQUE

Alors que s’installe en France le mouvement des jeunes pour le climat, une partie d’entre eux lancent au gouvernement, dans cette tribune, un deuxième « ultimatum punitif » : la décroissance énergétique ou une large participation à la manifestation du vendredi 22 février.

Ce texte a été écrit par les Camilles du groupe « revendications » constitué à la suite de l’assemblée générale (AG) interfac rassemblée vendredi 8 février 2019 et comportant des étudiant.e.s et lycéen.ne.s de divers établissements de la région parisienne. Cette AG a été organisée par plusieurs associations étudiantes parisiennes écologistes en vue de lancer le mouvement de grève pour l’environnement de la jeunesse reconduite chaque vendredi à partir du 15 février.

Le 12 février 2019, Reporterre publiait leur manifeste pour le climat et leur premier ultimatum : déclarer l’état d’urgence écologique et sociale afin de débloquer un plan interministériel à la hauteur des risques encourus. Leur second ultimatum, ci-dessous, concerne l’énergie.

Puisque notre gouvernement s’acharne à demeurer inerte devant la catastrophe écologique, nous, lycéen·ne·s et étudiant·e·s, avons décidé de lui poser une série d’ultimatums punitifs. La semaine dernière, en guise de première leçon, nous avions demandé le respect immédiat des Accords de Paris (réduction des émissions de gaz à effet de serre de 4 % par an minimum) et l’inscription dans la Constitution, à l’article premier, du fait que « La France est une République indivisible, laïque, démocratique, sociale, solidaire et écologique  ». Pour châtier le mutisme de ce mauvais élève, nous étions plus d’un millier à faire la grève et à nous réunir devant le ministère de la Transition écologique et solidaire vendredi 15 février. Alors que François de Rugy se félicitait dans la presse que la jeunesse manifeste devant son ministère pour « marcher main dans la main » avec lui, la présence policière démesurée laissait penser que nous dérangions quelque peu. Il ne fait aucun doute que cette réponse par voie de police a convaincu tous les jeunes présent.e.s de la compétence et de l’efficacité du ministère en matière écologique.

Cependant, nous ne désespérons pas encore de voir remonter les notes de ce gouvernement. Pour ce second ultimatum, nous avons choisi le thème de l’énergie. Notre système économique mondialisé consomme une quantité d’énergie inconcevable pour produire et faire circuler les marchandises, les informations, les capitaux et les humains au sein d’une course folle et insensée pour la création de richesse. Afin de produire cette énergie, nous mobilisons essentiellement des ressources non renouvelables : pétrole, charbon, gaz, uranium… Il devient évident que leur raréfaction prochaine causera des crises à répétition et un appauvrissement généralisé. De plus, les énergies fossiles contribuent à une augmentation des températures dont nous ignorons encore l’ampleur des conséquences — tout ce que nous savons, c’est qu’elles seront désastreuses. Chaque baril de pétrole extrait et chaque conteneur d’uranium enfoui est un pas en avant dans le bourbier où nous enfonçons les générations futures : ne pas agir est criminel. La solution au problème de l’énergie que présentent habituellement les institutions est d’une remarquable hypocrisie : « Il suffit d’investir dans les énergies renouvelables pour que celles-ci se substituent aux énergies fossiles, et le tour est joué ! Pour le reste, business as usual ! ». Or on sait aujourd’hui deux choses :

  1. Les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse…) ne sont pas la panacée : bien souvent, elles emploient des ressources non renouvelables (métaux, terres rares…) et leur conception peut être à la fois très énergivore et chimiquement polluante ;
  2. Ces énergies « vertes » ne font actuellement que s’ajouter aux énergies fossiles au lieu de s’y substituer. Par conséquent, la consommation énergétique globale augmente en valeur absolue. On ne viendra pas à bout du problème énergétique sans diminuer la consommation d’énergie globale, que celle-ci soit fossile ou renouvelable.

Nous n’exigeons pas davantage d’énergies renouvelables, mais la décroissance énergétique 

C’est pourquoi nous n’exigeons pas « davantage d’énergies renouvelables », mais la décroissance énergétique. Nous exigeons qu’un plan contraignant soit mis en place immédiatement avec pour objectif de diviser au minimum par quatre notre consommation énergétique d’ici à 2050 [1]. Dans ce cadre seulement, une transition vers 100 % d’énergies renouvelables, produites de manière décentralisée, les plus propres en fonction des territoires est un objectif à poursuivre. Enfin, ce plan signera aussi la fin du nucléaire pour 2030 [2], avec un calendrier rapide pour fermer les centrales nucléaires. Le nucléaire est une énergie infecte, depuis le pillage colonialiste de l’uranium, au Niger notamment, jusqu’à la production de millions de tonnes de déchets que devront gérer les générations futures pour plusieurs millénaires, en passant par le risque de prolifération nucléaire. Nous ne voulons pas de ces centrales, qui représentent un danger intolérable pour la société, comme le rappelle tristement la situation actuelle au Japon depuis Fukushima et les innombrables incidents techniques en France. Nous ne voulons pas du pharaonique projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, qui a été imposé sans véritable débat démocratique, et dont la sûreté est mise à mal par les économies réalisées sur le coût du stockage.

Face à la catastrophe, l’échec n’est donc pas une option. Nous saurons vous le rappeler incessamment. En l’absence de réponse satisfaisante du gouvernement dans les délais convenus d’ici au prochain jour de grève, vendredi 22 février, nous, la jeunesse, rejoindrons massivement la marche pour l’environnement du 22 février, qui sera aussi le jour de la venue en France de Greta Thunberg, et y poursuivrons nos actions de désobéissance.

Notes :

[1] Le scénario négaWatt permet d’atteindre la neutralité carbone en 2050, non grâce à des technologies encore à l’état embryonnaire, comme la capture et le stockage de carbone, mais par une réduction de la consommation d’énergie primaire via de la sobriété et des gains d’efficacité énergétique lors de la production et de la consommation d’énergie. Ce scénario recommande une réduction de 66 % — soit une division par 3 — de la consommation primaire d’énergie : « Les deux premiers piliers de la démarche négaWatt, la sobriété et l’efficacité énergétique, permettent de réduire de 66 % les consommations d’énergie primaire en 2050. »
Rappelons par ailleurs un calcul effectué par Jean-Marc Jancovici : « Admettons […] que ce soit une division par 3 qui soit notre objectif (et cela le sera un jour). Si dans le même temps, nous nous fondons sur une population de 9 milliards d’individus, cela signifie que nous aurons alors à notre disposition […] environ 250 kg équivalent carbone par habitant et par an, ou encore 10 % de ce qu’un Français émet aujourd’hui […]. »

[2Le scénario négaWatt permet de mettre fin à la production d’énergie nucléaire en France autour de 2035, nous souhaitons être plus ambitieux.

Par Les Camilles de la grève de la jeunesse pour le climat, publié le 19 février 2019

https://reporterre.net/2e-lecon-des-jeunes-au-gouvernement-il-faut-la-decroissance-energetique

NDLR : enfin un article que j’ai plaisir à publier car il est porteur d’avenir ! Ils ont tout compris !! Mais tiendront-ils la distance ?

Fév 19

TRIBUNE : L’ÉPARGNE DOIT FINANCER LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET SOCIALE ET NON LES ÉNERGIES FOSSILES

Dans une tribune portée par 350.org et attac.org/, publiée mardi sur franceinfo, 25 économistes apportent leur soutien à une proposition de loi en faveur de la transparence dans l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique.

Un projet de loi en faveur de la transparence dans l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique va être présenté en commission des finances de l’Assemblé nationale mercredi 20 février. L’objet principal de ce texte vise à contraindre les banques à plus de transparence en matière d’utilisation de l’épargne populaire des Français, afin notamment de flécher l’épargne du LDDS (livret développement durable et solidaire) à destination exclusive de projets réellement durables et solidaires. Dans une tribune portée par 350.org et attac.org/, publiée mardi 19 février sur franceinfo, 25 économistes apportent leur soutien à cette proposition de loi et appellent « à la fin de tout investissement dans les projets de production et d’infrastructures de combustibles fossiles, et à une hausse significative du financement des énergies renouvelables. »

Une proposition de loi « Transparence sur l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique » sera soumise au vote de l’Assemblée nationale le 7 mars 2019. Soutenue par de nombreux acteurs de la société civile, cette proposition de loi dispose notamment que les sommes versées par les épargnants sur les livrets dont les dépôts sont centralisés dans le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts et consignations ne puissent être utilisés pour le financement d’activités d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures et de charbon. Ce qui paraît accompagner une dynamique nécessaire alors que les émissions de CO2 issues de la combustion des énergies fossiles sont reparties à la hausse dans le monde, y compris en France.

Des ONG ont démontré que, depuis la COP21, sur 10 euros de financement accordés par les banques aux énergies, 7 euros vont aux énergies fossiles, contre 2 seulement aux renouvelables, tandis que les banques françaises ont augmenté de 52% leurs soutiens aux entreprises qui prévoient la construction de nouvelles centrales à charbon.

Pour réussir à réduire drastiquement l’intensité carbone de nos systèmes économiques, la question du financement est essentielle et impose de cesser de financer les combustibles fossiles. L’article 2 de l’Accord de Paris y fait explicitement référence.

Poursuivre les investissements dans les combustibles fossiles pose également un risque financier de nature systémique. En 2017, l’Agence Internationale de l’Énergie a estimé que la mise en œuvre des nouvelles politiques climatiques et l’orientation massive vers les énergies renouvelables à l’œuvre conduiront à la surévaluation de 1 000 milliards de dollars d’actifs pétroliers et de 300 milliards de dollars d’actifs gaziers dans le monde. Les investisseurs publics et privés ont donc la responsabilité urgente et l’obligation morale de mettre fin à l’exploitation des combustibles fossiles. Ces « actifs bloqués« , parmi d’autres risques financiers liés au dérèglement climatique, sont l’une des raisons qui ont déjà poussé plus de 1 000 investisseurs clairvoyants à se débarrasser de leurs actifs charbonniers, pétroliers et gaziers.

Renforcer la transparence 

La campagne citoyenne, initiée par 350.org et attac.org/ sur ce sujet, démontre également l’absence de transparence sur l’utilisation de ces fonds, notamment celui du Livret de développement durable et solidaire (LDDS). Les ONG dénoncent une publicité mensongère de la part des banques sur le terme « durable et solidaire » car seule une faible partie des dépôts du LDDS est réellement affectée au financement de la transition écologique et solidaire, tandis que des investissements fossiles ont été identifiés. Le ministre Bruno Le Maire a lui-même reconnu publiquement qu’il y a « tromperie » à ce sujet et a appelé à deux reprises à y mettre un terme.

La mise en œuvre impérative de la transition énergétique nécessite de renforcer la transparence, dans le prolongement des mesures, qui apparaissent insuffisantes, prises notamment dans le cadre de la loi sur la transition de 2015, et du Plan d’action de la Commission européenne sur la finance verte de 2018.

La proposition de loi stipule ainsi que les banques soumettent au ministre de l’Économie et des Finances, ainsi qu’au Parlement, un rapport trimestriel et détaillé de leurs concours financiers accordés aux énergies renouvelables à partir des ressources collectées sur le Livret A et le LDDS. Elle propose aussi un rapport public des banques, pays par pays, de l’ensemble des financements d’entreprises se livrant à des activités d’exploration et d’exploitation d’hydrocarbures et de charbon. De même, la proposition de loi prévoit une obligation de transparence des investisseurs institutionnels destinée à vérifier que leurs opérations soient conformes aux critères de respect des objectifs sociaux et environnementaux.

Nous, signataires de cette tribune, appelons à la fin de tout investissement dans les projets de production et d’infrastructures de combustibles fossiles, et à une hausse significative du financement des énergies renouvelables. Dans cette perspective, nous apportons notre soutien au projet de loi « Transparence sur l’utilisation de l’épargne populaire en matière énergétique« .

* Liste des premiers signataires :

Philippe QUIRION, économiste, directeur de recherche au CNRS – Dominique PLIHON, professeur émérite à l’université Paris XIII, directeur du pôle économie financière au Centre d’économie de l’université de Paris Nord (CEPN) – Katrin MILLOCK, professeur associé à l’École d’Économie de Paris, chargée de recherche CNRS – Denis DUPRE, enseignant-chercheur en éthique, finance et écologie, Université de Grenoble-Alpes – Charlotte GUNENARD, économiste, directrice de l’Institut d’études du développement de la Sorbonne de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – Ève FOUILLEUX, directrice de recherches au CNRS – Jacques GÉNÉREUX, maître de conférences, Sciences Po – Nicolas BOULEAU, ancien directeur de recherches et professeur à l’École des Ponts ParisTech, chercheur associé au CIRED, président du conseil scientifique de la Chaire Énergie et prospérité – Aurore LALUCQ, économiste, co-directrice de l’Institut Veblen – Thomas Coutrot, membre d’Attac, cofondateur des Économistes atterrés – Pascal PETIT, directeur de recherche au CNRS – Léo CHARLES, maître de conférence, Université Rennes 2 – Geneviève AZAM, maître de conférences en économie et chercheuse à l’université Toulouse-Jean-Jaurès – Laura MICHEL, maître de conférences, Université de Montpellier – UMR CEPEL – Faridah DJELLAL, professeur des Universités Classe exceptionnelle, CLERSE, Université de Lille – Aurélie TROUVÉ, économiste, maître de conférence, AgroParisTech – Alain KARSENTY, économiste, directeur de recherche au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement – Véronique GILLE, économiste, chargée de recherche IRD à DIAL, LeDA, Université Paris-Dauphine – Claude HENRY, économiste, professeur de développement durable à Sciences Po Paris et à l’Université Columbia – Jean-Pierre PONSSARD, directeur de recherche émérite au CNRS – Maxime COMBES, économiste – Michel HUSSON, économiste à l’Institut de recherches économiques et sociales – Jean GADREY, professeur honoraire d’économie, Université de Lille – Cédric DURAND, économiste, Université Paris 13 – Dominique MÉDA, directrice de l’IRISSO, Dauphine.

Par franceinfoRadio France, publié le 19/02/2019 à 06h35, mis à jour le 19/02/2019 à 07h40

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/tribune-lepargne-doit-financer-la-transition-ecologique-et-sociale-et-non-les-energies-fossiles_3196509.html

Fév 19

VALENCE : « IL FAUT ARRÊTER LES CENTRALES NUCLÉAIRES » MARTÈLE LE PREMIER MINISTRE QUI A GÉRÉ FUKUSHIMA AU JAPON

Naoto Kan était Premier ministre au Japon quand éclata la catastrophe nucléaire de Fukushima. Aujourd’hui, il milite pour l’arrêt des centrales nucléaires partout dans le monde. Il est à Valence (Drôme) depuis lundi soir.

Naoto Kan doit visiter le laboratoire de la CRIIRAD, la Commission de Recherche et d’Information indépendantes sur la Radioactivité, ce mardi matin. Lundi soir, il a présenté le film « Fukushima, le couvercle du soleil » au cinéma le Navire à Valence. Ce long-métrage, qui sort officiellement le 6 mars, retrace les premiers jours de la catastrophe nucléaire. 

« Jusqu’à l’accident, je pensais qu’avec la technologie, on arriverait à contrôler« 

L’ancien Premier ministre japonais veut alerter sur les dangers du nucléaire. C’est devenu son combat. Naoto Kan, 72 ans, l’assure : dès que, dans un pays, des militants anti-nucléaires lui demandent de venir témoigner de la catastrophe de Fukushima, il vient pour dire « arrêter les centrales« . Ce physicien de formation n’est pourtant pas un anti-nucléaire de la première heure : « jusqu’à l’accident de Fukushima, je pensais qu’avec la technologie, on arriverait à contrôler tous les événements sur les centrales. Ce jour-là, j’ai compris que c’était impossible. Les conséquences pouvaient être tellement énormes, que j’ai changé à 180° ma manière de penser. »

Le 11 mars 2011, quand débute l’accident, personne ne sait l’ampleur qu’il peut prendre. Les experts, dans le pire scénario, envisagent l’évacuation des habitants dans un rayon de 250 km autour de la centrale. Tokyo serait alors dans le périmètre, 50 millions d’habitants évacués pour des dizaines d’années, la moitié du Japon inhabitable. Naoto Kan est au pouvoir, mais comme tous, il est impuissant : « en fait ce n’est pas une question de pouvoir. Moi, Premier ministre, je ne pouvais rien, mais pas seulement moi. Les scientifiques, les experts, les techniciens, personne ne pouvait rien. »

Militant pour les énergies renouvelables

La France a pris des mesures pour renforcer la sécurité des centrales nucléaires après Fukushima. À Tricastin, à Cruas et ailleurs, on renforce des digues, on met des groupes électrogènes en secours pour être sûr qu’il y ait toujours une alimentation électrique pour refroidir le cœur du réacteur. Des mesures qui ne rassurent pas l’ancien Premier ministre japonais : « et en plus, si on n’avait que l’énergie nucléaire pour produire l’électricité, on pourrait se dire que c’est un risque à prendre. Mais on a d’autres sources pour faire de l’électricité. Regardez l’Allemagne. Ils ont décidé de sortir du nucléaire en 2020, ils ont les énergies renouvelables, c’est tout à fait possible. Donc d’une part, un risque énorme ; d’autre part l’existence d’autres sources d’énergie pour l’électricité : il n’y a pas photo. »

Quand on dit à Naoto Kan que les centrales font vivre des milliers de personnes chez nous, il est persuadé que les énergies renouvelables peuvent générer autant d’emplois.

Nathalie RodriguesFrance Bleu Drôme Ardèche, publié le mardi 19 février 2019 à 3h18

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/valence-il-faut-arreter-les-centrales-nucleaires-martele-le-premier-ministre-qui-a-gere-fukushima-au-1550526565

Fév 18

FUKUSHIMA-GRENOBLE, L’ANCIEN 1ER MINISTRE DU JAPON AU MOMENT DE LA CATASTROPHE PARTICIPE À UN DÉBAT SUR LE NUCLÉAIRE

Naoto Kan sera présent à Grenoble ce mardi 19 février 2019 pour un débat sur le nucléaire. Chef du gouvernement au moment de la catastrophe de Fukushima, l’ancien premier ministre japonais est devenu un fervent opposant de l’atome.

Un ancien premier ministre du Japon sera présent à Grenoble ce mardi 19 février 2019. À la tête du gouvernement au moment du Tsunami et de la catastrophe de Fukushima en mars 2011, Naoto Kan doit participer à un débat sur le nucléaire. 

Naoto Kan sera présent dans la capitale des Alpes dès la mi-journée. Il recevra la médaille de la ville des mains du maire écologiste de Grenoble, Eric Piolle. En fin de journée, il sera l’invité d’honneur d’une conférence débat intitulée « Nucléaire, l’équation impossible ». Il assistera ensuite à la projection en avant-première du film « Fukushima – Le couvercle du soleil » au cinéma le Club.

Premier ministre au moment du séisme puis de la catastrophe nucléaire de Fukushima, le 11 mars 2011, Naoto Kan est depuis devenu ce que l’on appelle un « repenti« . 

Confiant dans la technologie nucléaire, Naoto Kan a complètement changé d’avis depuis la catastrophe. Il est devenu par la suite un fervent anti-nucléaire. « Nous n’avions aucune information de la part de la centrale ni de l’opérateur. Même à la commission de sécurité nucléaire du gouvernement, personne n’était compétent pour me répondre », expliquait-il en mars 2018 à nos confrères de Franceinfo.

La soirée débat est prévue de 18 à 20 heures à l’hôtel de ville. La projection du film aura lieu à partir de 20 heures au cinéma Le Club.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/fukushima-grenoble-ancien-1er-ministre-du-japon-au-moment-catastrophe-participe-debat-nucleaire-1625857.html

Pour voir la bande annonce du film Fukushima – Le couvercle du soleil, cliquer sur : https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/isere/grenoble/fukushima-grenoble-ancien-1er-ministre-du-japon-au-moment-catastrophe-participe-debat-nucleaire-1625857.html

Fév 18

AREVA MOX SERVICES ATTAQUÉ EN JUSTICE PAR LES ÉTATS-UNIS

Les États-Unis accusent le consortium en charge de la construction d’une usine de conversion du plutonium militaire d’avoir fait rembourser des fausses factures. Un système illégal de rétro-commissions entre un fournisseur et des salariés du consortium a aussi été découvert.

Trois mois après que le Department of Energy (DoE) a officialisé l’arrêt de la construction par Areva et son partenaire CB&I de l’usine de conversion du plutonium militaire en combustible nucléaire (Mox Services), les États-Unis ont annoncé, le 14 février, porter plainte contre le consortium franco-américain et l’un de ses fournisseurs, le groupe américain Wise, pour notamment fausses factures. La plainte, déposée auprès de la cour fédérale d’Aiken, en Caroline du Sud, l’État où était construite l’usine, accuse en effet Mox Services et Wise d’avoir fait payé au DoE des factures qui ne correspondait à aucun achat de matériels ou de services.

C’est en 1999 que Cogema (devenue Areva en septembre 2001, puis Orano en janvier 2018) signe, avec des partenaires américains, un protocole d’accord avec le DoE pour mettre au point une usine permettant de transformer du plutonium militaire en un combustible pour les centrales nucléaires, baptisé Mox (un mélange d’uranium et de plutonium). Les États-Unis sont alors en négociations avec la Russie pour reconvertir, chacun, 34 tonnes de plutonium militaire. Ce traité international sera signé en 2000. Dans la foulée, Areva et son partenaire américain Shaw (acquis depuis par son concurrent CB&I) obtienne le contrat pour construire une usine sur le site de Savannah River (Caroline du Sud), appartenant au DoE.

Le contrat est un classique du genre aux États-Unis en matière de chantier public : c’est un contrat « coûts + marges » (« costs plus fees« ). Le consortium refacture donc au donneur d’ordre public (en l’occurrence l’agence publique NNSA dépendante du DoE) l’intégralité de ses coûts et doit toucher des primes si les objectifs fixés dans le contrat sont atteints. À l’époque, en 2000, le coût de la construction est évalué à 1,4 milliard de dollars et l’usine doit être opérationnelle en 2005. Cinq ans plus tard, rien n’est sorti de terre : ce n’est qu’en 2005 qu’Areva dépose les plans du site auprès de son client et obtient ensuite son accord pour engager les travaux de construction.

Mais le coût final de l’usine ne va pas cesser de flamber, passant de 4,9 milliards à plus de 17 milliards, et son calendrier va totalement déraper. En 2016, un rapport du corps des ingénieurs de l’US Army estimait que l’usine ne serait pas opérationnelle avant 2045 ! De plus, durant toutes ces années, de nombreux rapports officiels vont mettre en lumière de multiples problèmes de construction et l’incompétence du consortium. Un chantier maudit que Capital avait révélé dans son numéro de janvier 2017. Selon la plainte rédigée par les États-Unis, CB&I Areva Mox services et son sous-traitant Wise ont mis en point un système de fausses factures permettant de faire payer au DoE des charges inexistantes. La plainte fait état de quelque 484 factures illégales de Wise au consortium, ce dernier adressant au DoE quelque 221 demandes de remboursements tout en sachant qu’elles contenaient des facturations illégales. Selon cette plainte, l’enquête menée par le DoE a aussi un mis en lumière un système de rétro-commissions entre Wise et des employés du consortium franco-américain.

Le montant des amendes que devront payer le consortium, dont Areva détient officiellement un tiers du capital, risque d’être salé. La plainte demande en effet que CB&I Areva Mox Services et Wise rembourse trois fois le montant de chaque facture illégale, plus des pénalités comprises entre 11.181 et 22.363 dollars par infraction. Concernant le système de rétro-commissions, la plainte demande le remboursement du double de la valeur de chacune des opérations de corruption, plus une indemnité maximale de 22.363 dollars par infraction. Enfin, les États-Unis demandent aussi au tribunal fédéral une amende contre le consortium pour avoir enfreint les règles du contrat.

>> À lire aussi – Affaire Areva : la monstrueuse amende qui menace la France

Contacté par Capital, Orano a indiqué « apprendre ces allégations via un article de presse qui concernerait les facturations d’un sous-traitant que nous ne contrôlons pas. Nous n’avons pas d’informations à ce stade. Concernant le contrat de l’usine, il a été résilié par le gouvernement américain pour convenance et nous travaillons ensemble pour définir les conditions de fin de contrat. »

Par Thierry Gadault, publié le 18/02/2019 à 9h51

https://www.capital.fr/entreprises-marches/areva-mox-services-attaque-en-justice-par-les-etats-unis-1328025

Fév 18

TRICASTIN : HUIT HEURES POUR DÉCROCHER LE COMBUSTIBLE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Plus de deux semaines après l’accident du 3 février à la centrale EDF du Tricastin, une équipe de douze personnes est intervenue, dimanche 17 février. Elle a décroché un combustible qui était resté bloqué dans le réacteur n°2 du Tricastin et menaçait de tomber.

Pour se préparer à l’intervention, l’équipe s’était formée au Centre d’expérimentation et de validation des techniques d’intervention sur chaudières nucléaires à eau pressurisée de Chalon-sur-Saône.

Un nouvel outil a été utilisé pour cette manœuvre, afin d’enserrer le combustible pour éviter un risque de chute. Cet outil avait été mis en point après trois accidents similaires à la centrale EDF du Tricastin, en 2008 et 2009

Dimanche 17 février, l’équipe est restée huit heures sur place. Le combustible, qui était plongé sous neuf mètres d’eau, a été décroché et devrait être transféré dans un autre bâtiment, réservé au stockage des combustibles.

Publié le 18/02/2019 à 15h06

https://www.ledauphine.com/drome/2019/02/18/huit-heures-pour-decrocher-le-combustible-a-la-centrale-nucleaire-du-tricastin

Fév 18

LE JAPONAIS ABE REFUSE DE NIER AVOIR NOMMÉ TRUMP AU PRIX NOBEL DE LA PAIX

S’exprimant devant la chambre basse du Parlement lundi, Abe a catégoriquement refusé de commenter l’affirmation de Trump la semaine dernière selon laquelle il avait soumis la candidature au comité Nobel.

Je ne dis pas que ce n’est pas le cas”. Abe a ajouté que le président américain s’employait à freiner le développement du nucléaire et des missiles en Corée du Nord et qu’il “appréciait” hautement son leadership.

Je continuerai à (offrir) toute ma coopération au président Trump pour résoudre les questions nord-coréennes relatives au nucléaire et aux missiles et leur suppression, qui est le plus important… pour le Japon “, a déclaré Abe.

C’est dans cet esprit que le Comité pour le prix Nobel de la paix a décidé de ne pas divulguer les nominateurs et les candidats depuis 50 ans. Je voudrais m’abstenir de tout commentaire sur cette base “.

Les commentaires d’Abe suivent un article paru dimanche dans le journal Asahi Shimbun alléguant que le dirigeant japonais avait formulé cette recommandation après que le gouvernement américain eut “officieusement” demandé son soutien pour le prestigieux prix, dans le sillage de l’historique sommet nord-coréen à Singapour en juin dernier.

Un deuxième sommet entre Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un est programmé pour se tenir les 27 et 28 février dans la capitale vietnamienne de Hanoi.

La Maison Blanche n’a pas répondu à une demande de commentaire sur le rapport Asahi.

‘La plus belle lettre’

Trump a déclaré vendredi que Abe avait fait la nomination et lui avait remis une copie de la lettre de cinq pages qu’il avait envoyée au comité de nomination du prix Nobel à Oslo. « Le Premier ministre Abe, du Japon, m’a remis le plus bel exemplaire d’une lettre qu’il a envoyée à ceux qui distribuent un prix appelé « Prix Nobel« , a déclaré Trump. Il a dit: « Je vous ai nominé respectueusement au nom du Japon. Je leur demande de vous remettre le prix Nobel de la paix« , a ajouté Trump. « Vous savez pourquoi? Parce qu’il y avait des roquettes et des missiles survolant le Japon« , a déclaré Trump. « Ils se sentent en sécurité. C’est ce que j’ai fait. »

Les candidatures au prix doivent être reçues au plus tard le 1er février. Il y a 304 candidats au prix Nobel de la paix en 2019, le nombre le plus élevé jamais enregistré, selon l’organisation.

Abe a été l’un des alliés les plus fidèles de Trump au cours des deux dernières années, et il a été le premier chef de file mondial à rencontrer le président nouvellement élu. Au cours des semaines et des mois qui ont entouré le premier sommet, Trump a fréquemment évoqué le prix Nobel de la paix. Il a déclaré en mai dernier que « tout le monde le pense » qu’il le mérite.

L’année dernière, les républicains de la Chambre l’avaient proposé pour le prix remis chaque année, et la foule d’au moins un de ses rassemblements a provoqué un chant du « prix Nobel« . Cependant, la notion a également été largement moquée.

Le président sud-coréen, Moon Jae-in, avait également suggéré à l’époque que le dirigeant américain serait un destinataire digne. Un porte-parole de la présidence a déclaré lundi que Moon n’avait pas proposé sa candidature et n’avait aucunement l’intention de nommer personnellement Trump à l’avenir. Cependant, le porte-parole a déclaré que Moon « pense que le président Trump est plus qu’admissible au prix Nobel de la paix » en raison de sa contribution à l’instauration de la paix dans la péninsule coréenne.

Les prix Nobel sont généralement annoncés en octobre mais sont remis chaque année le 10 décembre, jour anniversaire du décès d’Alfred Nobel, qui donne son nom aux prix. Si Trump était effectivement nommé par Abe et remportait le prix, il serait le cinquième président américain à le faire. Le prix a été remis à son prédécesseur, Barack Obama, en 2009, peu après son entrée en fonction.

Réchauffement

Pendant plus d’un an, la Corée et les États-Unis ont travaillé à une politique de rapprochement, qui a abouti à la réunion de juin entre Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

Pyongyang s’est abstenu de procéder à des essais supplémentaires de missiles ou d’armes nucléaires depuis le début des négociations en vue de la dénucléarisation de la péninsule avec le discours conciliant du Nouvel An prononcé par Kim début 2018.

Dans son annonce vendredi, Trump a de nouveau évoqué les progrès qu’il a réalisés avec la Corée du Nord, soulignant l’absence d’essais nucléaires et de tests de missiles et la « très bonne relation » qu’il a forgée avec Kim.

Cependant, Pyongyang continue de développer son programme nucléaire en dépit du manque de tests et n’a pas encore pris de mesures concrètes et vérifiables en vue de la dénucléarisation.

Publié le 18 février 2019, (traduction automatique)

https://edition.cnn.com/2019/02/18/asia/trump-abe-nobel-prize-intl/index.html

NDLR: ma grand-mère aurait dit: « c’est l’hôpital qui se moque de la charité« 

Fév 18

UNE CONFÉRENCE À REIMS SUR 25 ANS DE LUTTE À BURE

Un collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs viendra parler des luttes à Bure à Reims le 23 février.

La lutte à Bure, c’est une lutte qui dure depuis plus de 25 ans et qui a connu de nombreux rebondissements. C’est une lutte qui a de nombreuses facettes et il nous semblait indispensable de revenir sur ses grands moments pour mieux comprendre comment les opposants combattent le projet CIGÉO.

«Histoires et témoignages des luttes à Bure, de 1994 à aujourd’hui»

Quand, où ?

Le 23/02/2019 à 19h00, Espace Flambeau, Quartier Jean Jaurès, Reims (Voir le plan d’accès )

Organisateur :

Cycle de conférences Grand Est 2018 – 2019

Tél : 06.82.26.06.62

Tarifs : Gratuit

Mais aussi :

Vendredi 22 février 2019, 20h – Metz (Cloître des Récollets)
Mardi 26 février 2019, 20h – Neufchâteau (Salle des fêtes)

Plus d’info sur la Coordination Stop Cigéo : www.stopcigeo-bure.eu

Fév 17

LA CHINE ESPÈRE UN RETOUR DES ÉTATS-UNIS ET DE LA RUSSIE AU TRAITÉ INF (HAUT RESPONSABLE)

MUNICH (Allemagne), 17 février (Xinhua) — La Chine espère que les États-Unis et la Russie reviendront au traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), a indiqué samedi à Munich Yang Jiechi, haut responsable chinois.

Yang, membre du Bureau politique du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) et directeur du bureau de la Commission des affaires étrangères du Comité central du PCC, a tenu ces propos après avoir prononcé un discours liminaire lors de la 55ème Conférence sur la sécurité de Munich, qui se déroule actuellement dans la capitale bavaroise.

La Chine préconise fermement le maintien de la stabilité stratégique mondiale, a-t-il souligné.

La déclaration unilatérale des États-Unis de leur retrait du traité INF entraîne de graves conséquences et a d’ores et déjà suscité une inquiétude grandissante dans la communauté internationale, a-t-il ajouté.

La Chine est opposée à la multilatéralisation de ce traité, signé par Moscou et Washington en 1987, a par ailleurs affirmé M. Yang.

French.xinhuanet.com | Publié le 2019-02-17 à 14:12

http://french.xinhuanet.com/2019-02/17/c_137828504.htm

Fév 17

LES JEUNES, PLUS CHAUDS QUE LE CLIMAT !

La préparation de la « grève scolaire internationale » du 15 mars, si elle ne s’astreint pas à l’apolitisme et la non-violence, peut être l’occasion de structurer un large mouvement de jeunesse autour d’une plateforme écologiste et anticapitaliste.  

EXTRAIT de l’article :

« Vendredis verts »

En région parisienne, la mobilisation des jeunes s’est exprimée dans un récent appel à mener des « grèves scolaires » tous les vendredis à partir du 15 février. L’appel a été lancé par une assemblée générale inter-facs de 300 personnes, réunie à Jussieu le 8 février. Il s’inspire de mouvements similaires dans les pays voisins, et s’inscrit dans une perspective de désobéissance civile. L’idée retenue permet la convergence avec les Gilets jaunes, en enchaînant « vendredis verts » et « samedis jaunes ».

Les revendications exprimées lors de l’AG de Jussieu portaient, entre autres, sur l’arrêt des énergies fossiles et nucléaire, leur remplacement par des énergies renouvelables, et l’arrêt des grands projets inutiles. La réorganisation de certains secteurs économiques a aussi été évoquée, par exemple l’arrêt des produits en plastique à usage unique. Limiter la hausse à 1,5°C n’est possible qu’à condition de réorganiser l’économie en profondeur, en expropriant les multinationales pollueuses pour éliminer très rapidement les énergies fossiles et nucléaires et les remplacer par des énergies renouvelables. Ainsi, la lutte écologique doit répondre au défi d’élaborer un projet de société alternatif au capitalisme.

D’autres AG ont eu et auront lieu dans différentes villes. La mobilisation de la jeunesse permettra de discuter de revendications et d’actions pour changer la société. Il est important que cette mobilisation ne s’oppose pas à celle contre la hausse des frais d’inscription universitaires ni aux luttes des jeunes en gilets jaunes. La préparation de la « grève scolaire internationale » du 15 mars, si elle ne s’astreint pas à l’apolitisme et la non-violence, peut être l’occasion de structurer un large mouvement de jeunesse autour d’une plateforme écologiste et anticapitaliste. 

Rappel : Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

Par Jean-marc B, publié le 16 février 2019, Blog : Le blog de Jean-marc B

Pour lire la totalité de l’article, cliquer sur :

https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/160219/les-jeunes-plus-chauds-que-le-climat

Fév 17

L’APPEL D’ANGELA MERKEL SUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé samedi à des efforts de désarmement incluant Russes, Américains, Européens mais aussi Chinois, suite à la suspension du traité russo-américain INF sur les forces nucléaires intermédiaires.

« Le désarmement est quelque chose qui nous concerne tous, et on se réjouirait si de telles négociations avaient lieu pas seulement avec les États-Unis, l’Europe et la Russie, mais aussi la Chine« , a-t-elle dit lors de la Conférence de sécurité de Munich, alors que les capacités militaires de Moscou et Pékin inquiètent en Occident.

Washington a suspendu sa participation au traité interdisant les missiles sol-sol d’une portée de 500 à 5.500 km, accusant la Russie d’enfreindre ce document crucial signé à la fin de la Guerre froide, en 1987. En retour Moscou a fait de même.

Ces décisions laissent craindre une nouvelle course aux armements. L’Otan a appelé la Russie à renoncer à ses nouveaux missiles qui violeraient le traité INF (FNI en français), acronyme anglais de « forces nucléaires intermédiaires« .

La Russie a assuré respecter ce traité, et a en retour accusé Washington de le violer.

Les États-Unis ont reçu le soutien de l’ensemble des membres de l’Otan sur le sujet et des « preuves » des violations russes auraient été collectées par d’autres que Washington.

Mais pour les Occidentaux, l’efficacité des politiques de contrôle des armements et du désarmement ne peut être une réalité sans la Chine, qui selon l’Otan et les experts disposent d’un arsenal de portée intermédiaire très important.

Cette montée en puissance militaire de la Chine expliquerait aussi le souhait des Américains de sortir du traité INF.

Le vice-président américain Mike Pence et le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, appelés à s’exprimer tous deux samedi à Munich, devraient aborder ce sujet.

La suspension du traité INF laisse en outre craindre pour l’avenir du traité New START signé en 2010, qui prévoit une réduction des arsenaux nucléaires stratégiques américain et russe. Ce traité arrive à échéance en 2021.

AFP Publié le samedi 16 février 2019 à 11h16

https://www.lalibre.be/actu/international/l-appel-d-angela-merkel-sur-le-desarmement-nucleaire-5c67e25ed8ad5878f0b656aa

Sur le même sujet, vous pouvez consulter :

Fév 17

LE ZIMBABWE, 168ÈME PAYS À RATIFIER LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ESSAIS NUCLÉAIRES

Le Zimbabwe a ratifié cette semaine le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Le pays d’Afrique australe devient le 168ème au monde à signer ce traité.

Le Zimbabwe vient enfin de s’ajouter aux pays interdisant tout type d’essai nucléaire. Les autorités du pays ont décidé mercredi dernier, de ratifier le Traité d’interdiction complète des essais nucléaire (TICE). Ce faisant, le pays d’Afrique australe devient le 168ème pays au monde à se prononcer contre les essais nucléaires.

Le TICE a été approuvé par l’Assemblée générale de l’ONU depuis septembre 1996. Malheureusement il n’est jamais entré en vigueur en raison du nombre insuffisant de pays l’ayant ratifié. Si 184 États l’ont signé, à ce jour, seuls 168 ont pu aller à la ratification.

Pour Harare, cette décision est prise compte tenu des changements observés ces derniers temps. « La conjoncture est différente et nous pensons qu’il est approprié que le Zimbabwe se range aux côtés de ces 167 autres pays », a déclaré le chef de l’État zimbabwéen, Emmerson Mnangagwa. Cette conjoncture dont a parlé le numéro 1 zimbabwéen, le secrétaire exécutif de la Commission préparatoire de l’Organisation du TICE, Lassina Zerbo, semble l’avoir saisi. Pour le responsable, la ratification de l’État Zimbabwéen est une étape importante.

« Le Zimbabwe est un pays important en Afrique. Comme l’a dit le président (Mnangagwa), c’est une nouvelle époque, une nouvelle ère. Les choses bougent et le Zimbabwe montre à la communauté internationale que les choses changent », a commenté Zerbo.

https://afrique.latribune.fr/politique/politique-publique/2019-02-16/le-zimbabwe-168eme-pays-a-ratifier-le-traite-d-interdiction-des-essais-nucleaires-807739.html

NDLR : pour que ce traité entre en vigueur, il faut que les 44 États repris dans l’annexe 2 du traité signent puis ratifient le texte ; en 2019, seuls 36 d’entre eux l’ont fait. Et, à ce jour :

. 3 de ces 44 pays ne l’ont pas signé : Corée du Nord, Inde et Pakistan.

. 5 autres pays l’ont bien signé mais jamais ratifié : Chine, Égypte, Iran, États-Unis et Israël.

Toujours la même clique!!

Fév 16

CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN : UNE OPÉRATION À TRÈS HAUT RISQUE EN COURS POUR RETIRER DU MATÉRIEL RADIOACTIF BLOQUÉ

Une opération à haut risque serait en cours avec des robots dans le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) : il s’agit de récupérer du combustible radioactif resté coincé depuis le 3 février. 

Selon nos informations, des robots doivent être envoyés dans l’enceinte de confinement du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), ce samedi 16 février.

Des matériels de protection NBC seraient arrivés pour une équipe en cours de préparation, en vue d’une opération humaine à l’intérieur du site. L’Autorité de Sûreté Nucléaire doit procéder à des analyses préventives de radioactivité, pour confirmer ou non le lancement d’une opération de décrochage à haut risque du matériel resté coincé.

Le 3 février, un incident a eu lieu lors d’opérations de maintenance : il s’agissait de procéder au renouvellement d’une partie du combustible. Selon le récit technique qui en est fait, « les intervenants ont constaté qu’un des 157 assemblages combustible » était resté accroché au système de maintien.« 

Le cri d’alarme des associations

Pour le réseau sortir du nucléaire : « la question principale est de savoir pendant combien de temps ce qui retient le combustible va résister ? Il faut absolument que le combustible ne tombe pas. Sinon, on peut craindre un dégagement radioactif important. Il est nécessaire d’avertir la population environnante. »

Pour Alain Volle, de l’association Stop Tricastin : « Cet incident est très rare, et c’est ce qui le rend inquiétant. On craint que la barre qui est coincée ne tombe. Là, ce serait un début de réaction en chaîne dans le réacteur. Le personnel sur place n’aurait alors que quelques minutes pour évacuer les lieux. Ensuite, on sait que l’enceinte de confinement (du réacteur numéro 2) n’est pas parfaitement étanche. Donc il y a un risque réel de dégagement radioactif vers l’extérieur. Si les pastilles contenues dans la barre venaient à tomber, le réacteur serait mis à l’arrêt sur une longue période. EDF nous dit qu’ils maîtrisent ! Mais on ne peut pas tout prévoir. Cette barre a toujours résisté, jusqu’à présent. Mais on ne sait pas aujourd’hui comment les opérations vont se dérouler.« 

Un outil spécifique construit par EDF

Selon EDF, 3 évènements similaires se sont déjà produits à la centrale du Tricastin en 2008 et en 2009 et à la centrale de Gravelines, en 2009. Depuis 2008, un outil adapté a été conçu, pour éviter tout risque de chute des assemblages avant de les décrocher, à l’aide d’un autre outil déjà existant, et de les transférer vers la piscine de stockage du bâtiment combustible. Le groupe précise : « Tous les travaux qui seront réalisés le seront après une validation complète de chaque intervention et la mise en œuvre des mesures de sécurité et de radioprotection nécessaires pour les intervenants.« 

Par Renaud Gardette, publié le 16/02/2019 à 16h17, mis à jour le 16/02/2019 à 16h33

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/centrale-nucleaire-du-tricastin-operation-tres-haut-risque-cours-retirer-du-materiel-radioactif-bloque-1625265.html

Fév 16

L’AVEU SANS PRÉCÉDENT D’UN DES DIRIGEANTS DU RÉGIME IRANIEN SUR L’ACQUISITION DE CONNAISSANCES POUR LA PRODUCTION D’UNE BOMBE NUCLÉAIRE

La tromperie et la dissimulation dans les projets nucléaires, en particulier concernant les « dimensions militaires possibles » (PMD), se poursuivent

Le mollah Ahmad Khatami, membre de l’Assemblée des experts, l’imam du vendredi de Téhéran et membre du cercle restreint de Khamenei, a admis dans un discours à Machhad : « Nous avons la formule pour mettre au point une bombe atomique » et « Nous considérons l’énergie nucléaire comme vitale pour nous. »

(IRNA 9 février 2019) Cette déclaration intervient alors que les responsables du régime des mollahs ont toujours nié catégoriquement avoir tenté d’acquérir des connaissances sur la fabrication de bombes atomiques ou tenter d’en fabriquer. Cela démontre clairement que le régime des mollahs a toujours dissimulé et continue à dissimuler les « dimensions militaires possibles (PMD) » de son programme nucléaire.

Il y a trois semaines, Ali Akbar Salehi, directeur de l’Agence atomique du régime iranien, a également reconnu que, lors de négociations sur le nucléaire avec les P5 + 1, il avait menti au sujet du site d’Arak et avait caché, sur ordre de Khamenei, certains des équipements interdits qu’ils avaient achetés (chaîne publique TV4 – 22 janvier 2019).

Lors d’une conférence de presse à Washington D.C. en avril 2017, un représentant du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a révélé la poursuite des activités de l’organisation SEPAND, une branche du ministère de la Défense travaillant sur la construction d’armes nucléaires, et souligné que l’activité de cette organisation s’est accrue au sein de l’Institut de recherche Parchin, un centre spécialisé.

Les mensonges purs et simples concernant la PMD et la dissimulation d’équipements non autorisés à Arak s’inscrivent dans le cadre d’une longue série de tromperies de 30 ans du régime des mollahs sur les projets nucléaires sous la direction des responsables du régime, en particulier Khamenei et Rohani. La Résistance iranienne n’a cessé de dénoncer ces projets depuis 1992 et de mettre en garde contre leurs dangers. La véritable approche du régime dans les négociations atomiques, en particulier avec les P5 + 1, n’a été basée que sur le mensonge et la dissimulation, n’ayant pour seule intention que de gagner plus de temps pour acquérir une arme nucléaire.

Dans un livre intitulé « Sécurité nationale et la diplomatie nucléaire« , Rohani écrit : « Le régime iranien avait l’intention de mettre le monde devant le fait accompli, en faisant fonctionner « 54 000 centrifugeuses » d’ici mars 2003″ et en produisant « 30 tonnes de combustible enrichi à 3,5% par an ». Cependant, l’OMPI a soudainement “lancé une conférence de presse » et dévoilé les sites de Natanz et Arak, « faisant beaucoup de bruit en lançant des allégations non fondées » ». En 2006, il a admis que lors des négociations avec la Troïka européenne,  » Téhéran a joué le jeu du temps et tenté de duper l’Occident après que son programme nucléaire secret ait été découvert par l’opposition iranienne en 2002  » (Le Sunday Telegraph – 5 mars 2006).

Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne le 12 février 2019

Publié le 15 février 2019 sur : https://www.ncr-iran.org/fr/actualites/nucleaire/21454-l-aveu-sans-precedent-d-un-des-dirigeants-du-regime-iranien-sur-l-acquisition-de-connaissances-pour-la-production-d-une-bombe-nucleaire

Fév 16

MEMBRE DU CONGRÈS: LE RETRAIT DU TRAITÉ FNI «AUGMENTE LE RISQUE D’UNE GUERRE NUCLÉAIRE»

L’élue démocrate Tulsi Gabbard a soumis un projet de loi au Congrès américain interdisant à Washington de se retirer du Traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

La décision de Donald Trump de quitter le Traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire (FNI) augmente le risque d’une guerre nucléaire et provoque une course aux armements, a déclaré vendredi Tulsi Gabbard, élue démocrate hawaïenne du Congrès américain qui entend briguer un mandat présidentiel en 2020.

«J’ai soumis un projet de loi qui doit empêcher le Président Trump de favoriser l’escalade de la nouvelle guerre froide, d’entamer une nouvelle course aux armements, de gaspiller les fonds de nos contribuables pour des aventures militaires qui font baisser notre sécurité», a indiqué Mme Gabbard lors d’une conférence de presse devant le Capitole.

Selon elle, le projet de loi assure le respect par les États-Unis du Traité FNI et interdit de «dépenser même un dollar dans les armes qui violent ce traité».

«Plus que jamais, nous sommes actuellement confrontés à un risque de catastrophe nucléaire. La menace d’une guerre nucléaire est bien réelle. La décision irréfléchie du Président Trump de sortir du Traité FNI augmente cette menace, attise une nouvelle guerre froide, provoque une course aux armements entre les États-Unis et la Russie et nous rapproche plus que jamais à l’holocauste nucléaire», a ajouté Mme Gabbard.

Elle a invité les autorités de son pays à renforcer le Traité et à y inviter d’autres États comme la Chine, avant de rappeler qu’une fausse alerte aux missiles avait provoqué une panique à Hawaï en 2018.

«Nous devons prendre des mesures pour mettre fin à la guerre froide et s’éloigner de l’abîme de la guerre nucléaire», a conclu Tulsi Gabbard.

Le projet de loi aurait peu de chances d’être adopté dans un Congrès où la plupart des membres soutiennent la décision de l’administration Trump de se retirer du Traité FNI.

Tulsi Gabbard, la première parlementaire de confession hindouiste à siéger à la Chambre des représentants, a déclaré en janvier son intention de briguer l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2020.

Donald Trump a annoncé le 1er février que les États-Unis cesseraient dès le lendemain de respecter le Traité FNI, signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, et qu’ils s’en retireraient officiellement au bout de six mois, sauf si Moscou cessait de violer l’accord.

Vladimir Poutine a indiqué le 2 février que la Russie suspendait aussi sa participation au Traité en réponse au retrait unilatéral des États-Unis. Il a noté que Moscou ne se laisserait pas entraîner dans une nouvelle course aux armements onéreuse avant d’ajouter que toutes les propositions russes sur le désarmement restaient «sur la table» et que les portes restaient «ouvertes».

Publié le 15 février 2019 à 19h58

https://fr.sputniknews.com/international/201902151040042249-usa-congres-tulsi-gabbard-traite-fni-nucleaire/

Fév 16

ESSAIS NUCLÉAIRES FRANÇAIS EN ALGÉRIE : «UN CRIME QUI A ENCORE DES CONSÉQUENCES»

«Il y a nécessité d’approfondir la recherche scientifique sur les essais nucléaires français en Algérie. Des essais qui sont un véritable crime dont les effets témoignent, à eux seuls, de l’atrocité de cet acte», c’est ce qu’a déclaré le ministre des Moudjahidines, lors d’une conférence organisée, jeudi dernier, par le musée national, à l’université des sciences et technologies Houari-Boumediène, de Bab-Ezzouar (USTHB).

Cette rencontre a été rehaussée par la présence du ministre de la Communication, M. Djamel Kaouane, et de nombreux universitaires. Le ministre a indiqué que le peuple algérien a souffert de la privation de son environnement, de son pays, de sa dignité, non sans souligner qu’il est «heureux d’être présent pour commémorer ce tragique événement afin que les générations montantes n’oublient pas» et s’intéressent à l’histoire de leur pays. «Ce crime parmi les crimes du colonisateur français a semé la peur, la mort est a encore des conséquences aujourd’hui. Ainsi, la mémoire nationale est la source à laquelle s’abreuvent toutes les générations», a-t-il fait savoir non sans affirmer que «se remémorer ces évènements est un devoir à même de rappeler l’atrocité des crimes coloniaux perpétrés contre le peuple algérien».

Zitouni a, par ailleurs, souligné que le Président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika a, de par ses orientations, consacré toutes les initiatives portant ancrage et protection de la mémoire historique en encourageant l’organisation régulière de conférences et de rencontres scientifiques.  

De son côté, le recteur de l’USTHB, Mohamed Saïdi, a affirmé que «l’environnement souffre encore des retombées de ces essais» non sans soutenir, à cet égard, que la présence du ministre à cette conférence est la preuve que l’État accorde une place centrale à ce dossier et à la protection de la mémoire collective. Plusieurs intervenants se sont succédé pour aborder plusieurs thématiques tournant autour de cette tragédie.

Dans ce même sillage, un documentaire a été diffusé retraçant le lancement du premier essai nucléaire et l’impact de ce crime innommable, sur la santé des Algériens.

C’est un certain 13 février 1960 à 7h, que l’armée coloniale a procédé, sous le nom de code «cynique» Gerboise bleue à l’explosion de sa première ‘‘bombe A’’ qui a engendré des retombées tant sur une grande partie de l’Algérie que sur plusieurs pays limitrophes. Il convient notamment de signaler que cette première explosion a été réalisée dans la région de Reggane avec une puissance variant entre 60 000 et 70 000 tonnes de T.N.T. Cette bombe est cinq fois plus puissante que celle lancée sur Hiroshima, selon plusieurs experts.

Enfin, il faut rappeler que l’avocate Maître Fatma-Zohra Benbraham, qui était l’hôte de notre forum de la mémoire mercredi dernier, a annoncé qu’elle comptait se joindre au dirigeant indépendantiste polynésien Oscar Temaru, qui a intenté un procès devant la Cour pénale internationale (CPI) contre l’État français, en raison des essais nucléaires en Polynésie.

«L’ancien président polynésien m’a saisie par courrier, en affirmant que les Algériens et les Polynésiens doivent mener ensemble ce combat contre ce crime perpétré par la France dans les deux pays, et j’ai accepté, en tant qu’avocate des victimes de ces essais nucléaires, d’aller devant la Cour pénale internationale avec les représentants de la Polynésie pour revendiquer l’indemnisation des Algériens victimes de cette tragédie», soulignera l’avocate, affirmant être convaincue que «c’est là, le seul recours qui reste pour ces populations qui souffrent jusqu’à ce jour des conséquences de ces expériences nucléaires».

Par Sami Kaïdi, publié le 16-02-2019 à 0h00

http://www.elmoudjahid.com/fr/actualites/133780

Fév 15

RÉSULTATS ANNUELS D’EDF : OÙ SONT LES MILLIARDS D’EUROS POUR GÉRER LES DÉCHETS NUCLÉAIRES ?

Réaction de Greenpeace France à la présentation des résultats financiers d’EDF pour l’année 2018.

Le compte n’y est pas.

En 2018, EDF a provisionné seulement 21 milliards d’euros pour les charges liées à la gestion des déchets nucléaires malgré les alertes lancées par la Cour des comptes [1] et un rapport parlementaire [2] sur la faiblesse de ses provisions. En 2016, l’analyste financier AlphaValue [3] pointait déjà cette sous-évaluation et estimait à 33 milliards d’euros le trou dans les comptes d’EDF. Or, l’industrie nucléaire produit chaque année des milliers de tonnes de déchets radioactifs, dont environ 7800 tonnes de “matières” dites valorisables – qui ne seront probablement jamais réutilisées mais qui ne sont pas intégrées dans ce bilan comptable [4].

Il manque déjà des dizaines de milliards d’euros dans les comptes d’EDF pour gérer les déchets nucléaires existants. Sans compter ceux qui continuent de s’accumuler chaque année. Pourtant EDF s’acharne à sous-estimer les coûts et les volumes de déchets à gérer. Non seulement, le compte n’y est pas mais la facture va s’alourdir et plomber un peu plus les finances d’EDF. Si l’entreprise refuse d’assumer ses responsabilités, c’est le contribuable qui paiera la facture in fine. D’ailleurs, l’État vient de faire un nouveau cadeau de trois milliards d’euros à EDF, renonçant une fois de plus à ses dividendes pour trois années supplémentaires afin de limiter l’augmentation de sa dette abyssale” alerte Florence de Bonnafos, chargée de campagne à Greenpeace France.

La fuite en avant continue: qui va payer la facture in fine ?

Alors que ses coûts et ses charges augmentent, EDF n’arrive pas à enrayer la crise: malgré le plan de 10 milliards d’euros de cession d’actifs, la dette brute est remontée à 69.3 milliards d’euros [5]. Entre remboursement de ses dettes, travaux lourds sur les réacteurs, pertes de parts de marché et hausse des coûts du nucléaire (dont ceux de démantèlement et de gestion des déchets notoirement sous-estimés), EDF ne s’en sort plus sans le soutien de l’État et des contribuables. À l’occasion du projet de restructuration annoncé pour cette année, l’État-actionnaire doit exiger d’EDF une réévaluation réaliste et rigoureuse de tous les coûts du programme nucléaire, à commencer par ceux liés à la gestion des déchets et des matières.

Notes aux rédactions

[1] Rapport public de la Cour des comptes, Les coûts de la filière électronucléaire, janvier 2012. https://www.ccomptes.fr/en/documents/1134

[2] Rapport de la Mission d’Information relative à la faisabilité technique et financière du démantèlement des installations nucléaires de base, adopté le 1er février 2017 à l’Assemblée Nationale. http://www.assemblee-nationale.fr/14/rap-info/i4428.asp

[3] Étude AlphaValue, EDF asphyxié par le nucléaire, publiée en Novembre 2016 http://www.alphavalue.fr/secure/portal/files/AV_EDF_Greenpeace.pdf

[4] d’après l’inventaire de l’ANDRA, fin 2016, les stocks de “matières” représentaient déjà 310 000 tonnes d’uranium appauvri, 12 000 tonnes de combustibles usés non traités, 29 600 tonnes d’uranium de retraitement et environ 2200 tonnes de MOX usé ou non-utilisable. Depuis, ces quantités ont très fortement augmenté.

[5] Il s’agit de la dette brute d’EDF (qui comprend les emprunts hybrides). Fin 2017, elle était de 67 milliards d’euros.

Publié le 15 février 2019

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/resultats-annuels-dedf-milliards-deuros-gerer-dechets-nucleaires/

Fév 15

ALGÉRIE : APPEL À LA FRANCE POUR NETTOYER SES RÉSIDUS NUCLÉAIRES À REGGANE

Lors d’une conférence organisée mercredi 13 février à Alger, à l’occasion du 59ème anniversaire des essais nucléaires français en Algérie, des participants ont appelé la France à assumer sa responsabilité dans le nettoiement des déchets issus de leurs essais nucléaires dans le Sahara algérien, rapporte l’agence de presse APS.

L’avocate et militante des droits de l’Homme Fatma Zohra Benbraham a plaidé pour une coopération de l’Algérie et des autorités françaises dans le cadre des opérations de nettoiement des régions irradiées à la suite des essais nucléaires effectués par l’armée française à Reggane, le 13 février 1960. Elle a appelé à « demander des comptes à la France suivant les cadres juridiques et les us internationaux ».

Les participants ont rappelé que la France détenait, à ce jour, les cartes et les plans de ses essais, et ces éléments pouvaient s’avérer d’une importance cruciale dans la collecte des déchets issus des explosions nucléaires de Reggane.

Rappelons que la première bombe nucléaire française, d’une puissance variant entre 60 000 et 70 000 tonnes de TNT a été testée à Reggane, le 13 février 1960. Selon les experts, elle est cinq fois plus puissante que celle lancée sur Hiroshima par les États-Unis.

Le dossier des indemnisations des victimes algériennes de cette tragédie est toujours en négociations entre l’Algérie et la France. Cette dernière a suggéré un arbitrage selon la loi Morin, comme base de négociations, alors que l’Algérie insiste sur un règlement selon le Droit international qui régit les dossiers des essais nucléaires.

Par Ahmed Oul le 15 février 2019 à 10h08

https://www.observalgerie.com/actualite-algerie/algerie-france-nettoyer-residus-nucleaires-reggane/

Fév 15

LA CONFÉRENCE DE MUNICH AU CHEVET D’UN MONDE EN MORCEAUX

Plus de 35 chefs d’États et de gouvernements, 80 ministres, 600 diplomates, militaires et experts seront présents, du vendredi 15 au dimanche 17 février, dans la capitale bavaroise. Le rapport annuel de la conférence décrit le monde comme un « puzzle » de plus en plus fragmenté.

La Conférence sur la sécurité de Munich, rendez-vous annuel sur les questions de défense et de sécurité mondiale, s’ouvre vendredi 15 janvier. Plus de 35 chefs d’États et de gouvernements, 80 ministres, 600 diplomates, militaires et experts seront présents dans la capitale bavaroise.

Le vice-président américain Mike Pence, la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov et la chancelière allemande Angela Merkel feront le déplacement. En revanche, Emmanuel Macron, qui devait rejoindre cette dernière pour une intervention conjointe, a annulé sa participation.

Un monde de plus en plus fragmenté

En toile de fond de cette 55e édition, les escalades verbales entre les États-Unis, la Chine et la Russie, le retrait américain du traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI) et la défiance des États-Unis envers les institutions et accords multilatéraux, à commencer par l’Otan. Sous le titre « Le grand puzzle : qui ramassera les morceaux ? », le rapport annuel de la conférence décrit un monde de plus en plus fragmenté, livré à la rivalité des grandes puissances. Un monde « instable et incertain » où « la fin de l’hégémonie bienveillante » des États-Unis crée un vide de leadership.

L’Amérique de Donald Trump donne désormais la priorité à cette compétition en désignant clairement la Chine et la Russie comme ses deux principaux « challengers ». Washington réévalue ses engagements internationaux à l’aune d’un « intérêt national », souvent réduit à un simple rapport « coût efficacité » : interventions militaires, alliances de sécurité et accords commerciaux.

« Nous ne sommes plus les pigeons du monde » affirmait Donald Trump le 26 décembre 2018, un président américain qui fait l’éloge des hommes forts de Corée du Nord, des Philippines et du Brésil et réserve ses critiques les plus acerbes au Canada, à l’Allemagne et à l’Union européenne.

Washington et Pékin en lutte pour la primauté

Vu de Pékin, la perspective se renverse. Les États-Unis sont perçus comme une superpuissance en déclin qui devra, tôt ou tard, renoncer à sa primauté. « Des éléments clés du système de valeurs occidental sont en train de s’effondrer. La démocratie, explorée et pratiquée par les sociétés occidentales depuis des centaines d’années, est malade. Le pays doit saisir l’occasion », notait en février 2018, un éditorial du Global Times, le quotidien gouvernemental de langue anglaise.

Les dirigeants chinois présentent leur pays comme une puissance responsable poursuivant son ascension pacifique et un champion du multilatéralisme, ce qui n’empêche pas Pékin d’afficher une présence de plus en plus musclée sur la scène internationale.

La Russie, elle, a fait de la confrontation avec l’Occident un axe structurant de sa politique étrangère. Moscou marque des points en utilisant son pouvoir de nuisance, les ressources de la guerre hybride et les technologies de l’information pour se rendre incontournable.

Quel rôle pour l’Europe ?

Le système international fondé sur des institutions et des traités, construit sous l’égide des États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, va-t-il se diluer, « comme une bulle dans un océan », selon l’expression de l’historien britannique Michael Howard ? L’Europe peut-elle jouer un rôle pour le préserver et l’adapter, en créant des partenariats et des alliances avec d’autres pays comme le Canada, l’Australie ou le Japon ? Ou sera-t-elle un simple terrain de jeu pour d’autres puissances ?

« L’Union européenne est particulièrement mal préparée » à cette nouvelle donne, répondent les auteurs du rapport. « Le Brexit sera beaucoup plus dommageable à l’Europe qu’on ne le croit souvent sur le Continent », ajoute Timothy Garton Ash, professeur d’études européennes à Oxford.

Réduits au rang de spectateurs inquiets du démantèlement de l’architecture du désarmement nucléaire, les Européens n’ont pas su s’unir à temps sur une position commune pour faire prévaloir le respect des règles du traité FNI auprès des Russes et des Américains. Tout récemment, l’Union européenne n’a pas été capable de se mettre d’accord sur la reconnaissance du président par intérim du Venezuela.

La France et l’Allemagne peinent à s’accorder sur la définition et les conséquences d’une « autonomie stratégique européenne ». « Berlin et Paris n’ont, pour l’essentiel, pas été en mesure de proposer des initiatives politiques audacieuses acceptables pour les majorités parlementaires dans les deux pays », souligne le rapport.

Extension du parapluie nucléaire français

L’ancien ambassadeur Wolfgang Ischinger, président de la Conférence de Munich, propose de passer du vote à l’unanimité au vote à la majorité qualifiée dans la politique étrangère et de sécurité commune de l’UE et plaide en faveur d’une extension du parapluie nucléaire français à la protection des intérêts vitaux de ses partenaires européens, moyennant une contribution à son financement.

Un défi à la mesure des différences de culture politique qui séparent la France et l’Allemagne. Selon une enquête de la Fondation Friedrich Ebert, 59 % des Allemands, contre 42 % des Français, estiment que leur pays devrait rester neutre sur les questions internationales. De même, 65 % des Allemands, contre 50 % des Français, refusent les interventions militaires.

Par François d’Alançon, publié le 15/02/2019 à 9h04

https://www.la-croix.com/Monde/Conference-Munich-chevet-dun-monde-morceaux-2019-02-15-1201002703

Fév 15

COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE BLOQUÉ À LA CENTRALE DU TRICASTIN : UN DANGER GRAVE PÈSE SUR LES TRAVAILLEURS ET LA POPULATION : FACE À L’OPACITÉ NOUS INTERPELLONS LES AUTORITÉS

Communiqué de presse commun CAN 84, FRAPNA Drôme Nature Environnement, Collectif Halte Aux Nucléaires Gard (ADN), Greenpeace France, Ma Zone Contrôlée, Réaction En Chaîne Humaine, Réseau « Sortir du nucléaire », Sortir du nucléaire Sud Ardèche, Stop Nucléaire Drôme-Ardèche (ADN), Stop Tricastin – 15 février 2019

Depuis le 3 février, un assemblage de combustible est bloqué dans le réacteur n°2 du Tricastin et menace de chuter. Cette situation fait peser un risque important pour les travailleurs et les riverains. Or EDF SA n’a pas informé les populations de sa gravité. Pire, l’entreprise maintient l’organisation d’ateliers pour enfants sur le site nucléaire pendant les vacances de février ! Nos associations dénoncent cette opacité et interpellent les autorités.

Le 3 février, lors d’une opération de déchargement de combustible sur le réacteur n°2, un assemblage de combustible nucléaire est resté coincé. Des opérations périlleuses devront être engagées pour le décrocher. En effet, celui-ci est actuellement suspendu au-dessus des 156 autres assemblages présents dans le cœur du réacteur : s’il venait à chuter, des gaines de combustible pourraient être endommagées. Comme l’explique la CRIIRAD dans un communiqué, des substances hautement radioactives seraient alors relâchées et pourraient être rejetées dans l’environnement. Se pose également la question des risques de réaction en chaîne.

Selon nos informations, ces opérations pourraient avoir lieu dès ce samedi. Elles comporteront des risques radiologiques très importants pour les travailleurs qui devront intervenir. En cas d’échec, les populations seront également menacées. Des mesures urgentes seraient donc nécessaires pour les protéger.

Or EDF SA s’est contentée d’une communication minimale qui ne reflète absolument pas la gravité de la situation. Pire : plutôt que d’adopter les mesures nécessaires, elle maintient l’organisation d’ateliers pour les enfants sur le site de la centrale pendant les deux semaines à venir ! Et une visite guidée de la centrale est toujours prévue pour le 23 mars.

Dès début février, la CRIIRAD a interrogé l’exploitant sur la situation dans le réacteur et l’évaluation des risques en cas de chute de l’assemblage de combustible. Aucune réponse n’a été apportée à ses questions pourtant cruciales.

Au regard de la gravité de la situation, nos associations ont décidé, ensemble, d’interpeller EDF Tricastin, l’Autorité de sûreté nucléaire, l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire, ainsi que les préfectures de la Drôme et des départements limitrophes (voir courriers ci-dessous).

Nous dénonçons fermement cette opacité et la mise en danger des populations. Nos associations se réservent le droit d’agir ensemble en justice si les questions que nous posons n’obtiennent pas de réponse et si les autorités ne prennent pas les mesures adéquates pour protéger les habitants.

Nous rappelons enfin que cela fait déjà plusieurs fois que cette situation – pourtant très rare – se produit au Tricastin [1]. Non seulement EDF SA n’a pas su prévenir le problème, mais elle n’apprend pas de ses erreurs ! Dans ces conditions, il est inconcevable que la prolongation du fonctionnement des réacteurs du Tricastin, qui approchent les 40 ans, puisse être envisagée.

Lire les courriers :

Pour en savoir plus : https://www.sortirdunucleaire.org/France-Tricastin-Un-assemblage-de-combustible-nucleaire-bloque-suspendu-au-dessus-de-la-cuve-du-reacteur-2

Communiqué de la CRIIRAD du 6 février 2019

Contacts presse :

Stop Tricastin : Alain Volle – 06 85 12 40 62

Ma Zone Contrôlée (collectif de salariés filière nucléaire) : Gilles Reynaud – 06 34 21 15 68

Collectif Halte aux nucléaires Gard (ADN) : Pierre Péguin – 06 01 71 61 07

Réseau “Sortir du nucléaire“ : Laura Hameaux – 06 85 23 05 11

STOP nucléaire 26-07 (ADN) : Jane Mercandelli – 06 80 58 62 18

Réaction en Chaîne Humaine : Christine Hasse – 07 77 20 27 71

Sortir du nucléaire Sud Ardèche : Alain Joffre – 06 75 50 29 86

Frapna Drôme Nature Environnement : Patrick Royannez – 06 81 80 48 59

Greenpeace France : Roger Spautz – 00 352 621 23 33 61

Notes :

[1] En septembre 2008, deux éléments de combustible s’étaient retrouvés bloqués lors du déchargement du réacteur n°2, et encore un en novembre 2009 sur le réacteur n°1.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Combustible-nucleaire-bloque-a-la-centrale-du

Fév 15

POURQUOI EDF RESTE UN GÉANT FRAGILE

Jean-Bernard Lévy va être reconduit à la tête de l’électricien mais la situation financière du groupe est préoccupante, alors que les contraintes augmentent.

C’est une reconduction en douceur : l’Élysée a fait savoir, jeudi 14 février, qu’Emmanuel Macron soutenait le renouvellement de Jean-Bernard Lévy à la tête d’EDF. Autant dire que, dans une entreprise détenue à 83,6 % par l’Etat, la reconduction du PDG lors de l’assemblée générale en mai ne fait guère de doute. Cette décision n’est pas anodine : ce sera la première fois depuis la fin des années 1980 qu’un dirigeant effectuera plus d’un mandat à la tête de l’électricien.

Mieux encore pour le PDG d’EDF, le groupe a présenté vendredi des résultats en légère amélioration avec une hausse de son excédent brut d’exploitation de 11 %, essentiellement grâce à des centrales nucléaires qui ont fonctionné davantage qu’en 2017. « Nous avions annoncé un rebond, nous avons réalisé ce rebond », s’est félicité M. Lévy.

Mais cette apparente sérénité cache une situation beaucoup plus difficile pour EDF : son bénéfice net en 2018 est en baisse de 62,9 %, à 1,2 milliard d’euros, alors que la dette se maintient autour de 33 milliards. Si l’on regarde sur les quatre dernières années, le groupe a vu son excédent brut d’exploitation fondre de 17,6 milliards d’euros, à 15,3 milliards.

Parallèlement, il perd des centaines de milliers de clients et doit prévoir des milliards d’euros d’investissement pour pouvoir prolonger un parc nucléaire vieillissant – sans même parler du financement de nouvelles centrales. Cette situation conduit le gouvernement et M. Lévy à travailler à une réorganisation, voire un découpage du groupe en plusieurs morceaux.

Une chute colossale du nombre de clients

EDF continue de dominer le marché de la fourniture d’électricité aux particuliers, avec encore un peu moins de 80 % des clients. Mais la chute s’accélère : depuis deux ans, l’entreprise perd 100 000 clients par mois au profit de ses concurrents. Pas moins de 66 fournisseurs se disputent les faveurs des clients d’EDF, en proposant des offres légèrement moins chères ou présentées comme plus « vertes ». « On a des concurrents très agressifs », expliquait il y a quelques jours M. Lévy, qui dénonce les pratiques de certains concurrents qui cherchent « à tromper les clients ». Des critiques qui font s’étrangler les fournisseurs alternatifs, estimant qu’EDF fait tout depuis des années pour empêcher l’émergence de la concurrence.

En 2018, le groupe a encore perdu plus de 150 millions d’euros de revenus à cause de l’effondrement du nombre de ses clients particuliers et entreprises. C’est mieux que les 500 millions d’euros de pertes de 2017, mais cela reste préoccupant.

Le trésor perdu de la rente nucléaire

Pour sauver le parc nucléaire d’un risque de découpage imposé par la Commission européenne, le gouvernement Fillon avait inventé, en 2011, un mécanisme permettant aux concurrents d’EDF d’accéder à la production nucléaire à des conditions avantageuses. Ce dispositif, appelé Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique) reposait sur un mécanisme simple : un quart de la production nucléaire peut être préacheté par les fournisseurs alternatifs, s’ils le souhaitent. EDF en avait accepté le principe à l’époque, en espérant que cela n’aurait pas trop d’impact.

Aujourd’hui, la direction du groupe s’est donné comme objectif prioritaire de mettre à bas l’Arenh. « C’est un sujet majeur, car il s’agit d’un risque mortel pour l’entreprise », dramatise un dirigeant, qui estime que le fait de devoir réserver une partie de cette production à des concurrents sans visibilité et à un tarif fixe et peu cher fait perdre à EDF des centaines de millions d’euros. Une analyse en partie partagée à Bercy. Un groupe de travail entre l’entreprise et le gouvernement œuvre à refondre entièrement ce dispositif, qui doit s’achever en 2025. Mais la Commission européenne et les fournisseurs alternatifs seront très vigilants face à ce qui pourrait apparaître comme de la distorsion de concurrence.

Un infranchissable mur d’investissement

En parallèle à ces pertes de revenus, le groupe doit assurer des investissements colossaux. Les opérations de « grand carénage »l’ensemble des opérations visant à assurer la prolongation des centrales et la mise aux normes post-Fukushima – vont coûter entre 55 et 75 milliards d’euros. Dans les prochaines années, EDF devra y consacrer quelque 5 milliards d’euros par an. Dans une note d’analyse du cabinet Syndex réalisée fin 2018, mandaté par le comité d’entreprise, et que Le Monde a pu consulter, le total des investissements annuels pourrait s’élever à 18,7 milliards d’euros par an après 2020, si l’on ajoute les projets de nouveaux réacteurs, les plans pour développer le solaire et le stockage, et les divers investissements courants. Selon le rapport, « EDF ne générerait pas assez de trésorerie pour faire face à l’ensemble de ses dépenses futures, dans son modèle économique et financier actuel ». Compte tenu des revenus actuels, il pourrait manquer autour de 4 milliards d’euros par an pour assurer le financement de ces investissements.

Un sujet d’autant plus difficile que, dans les cinq années à venir, 16 réacteurs nucléaires – sur les 58 que compte le parc – vont devoir connaître des arrêts prolongés. Sans compter qu’EDF doit se mettre en ordre de bataille pour présenter un nouveau modèle d’EPR aux pouvoirs publics d’ici l’été 2021.

Le scénario de la scission

Face à ces défis, des schémas de réorganisation circulent depuis plusieurs mois. L’idée serait de séparer les activités nucléaires du reste, en créant une structure 100 % publique, non cotée. D’un autre côté, les filiales Enedis (ex-ERDF), EDF Renouvelables, Dalkia, spécialisé dans les services, pourraient voir leur capital ouvert pour faire rentrer de l’argent frais. Ces scénarios sont discutés activement à Bercy et au ministère de la transition écologique et solidaire.

Selon plusieurs syndicats, les plans de réorganisation étaient prêts à l’été. Mais l’affaire Benalla puis les « gilets jaunes » ont repoussé le sujet à plus tard. Il faut dire que celui-ci est explosif, tant du point de vue des syndicats que de la Commission européenne.

Au moment où Nicolas Hulot était ministre de la transition écologique, la direction voyait dans ces schémas la main des antinucléaires. L’histoire s’est retournée : c’est désormais directement chez EDF que l’on travaille à cette réorganisation. M. Lévy a promis de formuler des propositions au gouvernement « dès la fin de l’année », tout en assurant qu’EDF resterait un groupe « intégré ». Sa reconduction dans le fauteuil de PDG lui laisse les mains libres pour s’attaquer à ce chantier crucial pour le futur de l’entreprise.

Par Nabil Wakim, publié le à 11h17 sur les site : https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/15/pourquoi-edf-reste-un-geant-fragile_5423833_3234.html que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Fév 15

EDF : JEAN-BERNARD LÉVY REMPILE AVEC UN PLAN ÉLECTRIQUE SIGNÉ MACRON

Le polytechnicien de 63 ans a été reconduit pour cinq ans à la tête du géant de l’énergie. Mais sa feuille de route dictée par l’Élysée s’annonce particulièrement explosive.

C’est désormais officiel : à la tête de l’électricien depuis le 26 novembre 2014 et candidat à sa propre succession, l’actuel PDG d’EDF va rempiler pour un nouveau mandat de cinq ans. L’Élysée a annoncé jeudi qu’Emmanuel Macron «envisage, sur proposition du Premier ministre, de renouveler Jean-Bernard Lévy en qualité de président-directeur général d’EDF». La proposition de reconduire ce polytechnicien de 63 ans à la tête du géant français de l’énergie sera faite aux actionnaires le 16 mai, lors de l’assemblée générale du groupe. Et comme l’État actionnaire est comme chez lui dans la maison Électricité de France, avec 83,66 % du capital, il n’y a guère de suspense. Ce sera la première fois dans l’histoire récente d’EDF qu’un dirigeant effectuera plus d’un mandat.

Socle

Il faut croire que Jean-Bernard Lévy est considéré par Emmanuel Macron comme l’homme de la situation pour piloter ce mastodonte – 70 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 150 000 salariés – dans la zone de turbulences concurrentielle, financière et stratégique qui s’annonce. Ingénieur télécoms au pays des X-Mines, ce Lorrain plutôt souriant, mais à l’allure un peu raide, a le profil d’un serviteur de l’État rompu au monde de l’entreprise. Après avoir commencé sa carrière de haut fonctionnaire à la Direction générale des télécommunications, «JBL» a travaillé chez Matra-Lagardère, puis à la banque Oddo, avant d’aller jouer les pompiers à la tête de Vivendi (Universal, Canal +, SFR…) en 2002 après la chute de Jean-Marie Messier. Il atterrit enfin à la tête de l’entreprise de défense et de sécurité Thalès en 2012, déjà à la demande de l’État. Et en 2014, François Hollande appelle Lévy aux commandes d’EDF pour solder l’ère Proglio et faire le ménage dans la filière nucléaire française, empêtrée dans le désastre industriel du réacteur EPR.

Cette fois, Emmanuel Macron semble avoir des projets plus précis pour EDF. En l’occurrence des projets de découpe. Depuis des mois, des scénarios de séparation des activités d’EDF circulent entre Bercy, Matignon et l’Élysée. En gros il s’agirait de regrouper les actifs nucléaires et hydrauliques au sein d’une entité restant sous le contrôle étroit de l’État. Et de filialiser les activités dans les énergies renouvelables et les services. Objectif : d’un côté, garder le socle stratégique de la production d’électricité dans le giron public (plus de 70 % du courant vient de l’atome et 10 % des barrages hydrauliques) tout en cantonnant le risque financier d’un parc nucléaire sujet à d’énormes coûts de modernisation et de déconstruction ; de l’autre, ouvrir le capital des activités des énergies de demain, comme l’éolien et surtout le solaire à des investisseurs privés. Un schéma qui aurait l’avantage de desserrer la pression financière pesant sur le groupe, mais qui fait hurler les syndicats maison. La puissante CGT énergie en tête, ces derniers restent farouchement opposés à ce qu’ils considèrent comme un «démantèlement» et une privatisation larvée d’EDF.

En échange, le gouvernement proposerait aux électriciens de garder leur fameux statut d’industries électriques et gazières (IEG). Ces derniers seraient donc moins malmenés que les cheminots de la SNCF. C’est cette mission délicate – suicide ? – que semble vouloir confier Emmanuel Macron à Jean-Bernard Lévy.

En tout état de cause, la situation d’EDF n’est pas rose quand on y regarde de près. Plombé par une dette qui flirte avec les 40 milliards d’euros, le groupe n’arrive pas à dégager assez de cash chaque année pour faire face aux énormes investissements que demande son parc de 58 réacteurs nucléaires. Bon an mal an, il ne dégage plus que 3 milliards d’euros de bénéfices. Et depuis l’ouverture à la concurrence, l’opérateur historique perd des clients même s’il domine toujours 80 % du marché de l’électricité des ménages. Or il va lui falloir débourser 50 milliards d’euros pour prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires vieillissantes jusqu’à 2030 et au-delà. Et au moins autant pour démanteler les 14 réacteurs de 900 MW qui devront fermer d’ici 2035 dans le cadre de la transition énergétique décidée par la récente programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). L’électricien devra aussi maîtriser la dérive des coûts du réacteur EPR de Flamanville, dans la Manche, dont la mise en service, initialement prévue en 2012, a été encore reportée à 2020. De 3,3 milliards d’euros, la facture du gros réacteur de 1 650 MW a déjà plus que triplé, à près de 11 milliards ! Et il faudra aussi mener à bien le chantier à haut risque des deux EPR britanniques d’Hinkley Point.

«Nucléocrate»

Lévy connaît maintenant tous ces dossiers minés par cœur. Et il a su ménager jusque-là les syndicats d’EDF qui ont fait corps avec lui pour défendre l’activité nucléaire du groupe. Au grand dam de Greenpeace, qui a multiplié les actions spectaculaires sous son règne, avec notamment plusieurs intrusions dans les centrales censées démontrer leurs failles de sécurité. Honni par les partisans de la sortie de l’atome qui le considèrent comme un «nucléocrate», le boss d’EDF a tout de même présenté ces dernières années des plans de développement ambitieux dans le solaire, le stockage d’électricité ou la mobilité électrique.

Mais il devra se montrer particulièrement habile pour piloter la réorganisation d’EDF qu’exige de lui Emmanuel Macron dans un contexte social national tendu. Parmi les revendications des gilets jaunes, le maintien des services publics, dont EDF reste quelque part un symbole, et la maîtrise des prix de l’énergie, figurent en effet en bonne place. Ce vendredi matin à 11 heures, le désormais patron d’EDF jusqu’en 2024 en dira peut-être plus sur sa vision de l’avenir en présentant les résultats 2018 de son groupe.

Par Jean-Christophe Féraud, publié le 15 février 2019 à 21h06

https://www.liberation.fr/france/2019/02/14/edf-jean-bernard-levy-rempile-avec-un-plan-electrique-signe-macron_1709460

Fév 15

THORIUM, DÉCHETS RADIOACTIFS, FUSION NUCLÉAIRE : CANULARS ET FAKE NEWS

Communiqué de l’Observatoire du nucléaire

En ce moment circulent des « informations » stupéfiantes sur le nucléaire, tellement stupéfiantes que ce sont tout simplement des bobards, hoax et autres fake news.

 

. Le Thorium

C’est le énième retour (sur le web) des centrales nucléaires au Thorium, qui promettent un nucléaire « propre, sans danger, peu cher et aux ressources combustibles illimitées« . Rien que ça.

Il suffirait presque de remplacer dans les centrales actuelles l’Uranium par du Thorium et le tour serait joué. Or le Thorium n’est pas fissile (il ne crée pas la réaction nucléaire), il est seulement fertile. Cela signifie que la filière nucléaire « au Thorium » est en réalité celle des SURGÉNÉRATEURS de type Superphénix.

La différence est que, au lieu de bombarder de neutrons l’Uranium 238 (fertile) pour obtenir du plutonium 239 (fissile), on doit bombarder le Thorium 232 (fertile) pour obtenir de l’Uranium 233 (fissile).

Oui mais voilà : cela fait 50 ans que l’industrie nucléaire mondiale échoue à faire fonctionner des surgénérateurs, avec la filière la moins compliquée (Uranium). Alors ce n’est pas demain matin que ça marchera avec du Thorium…

Fin de la supercherie.

. Déchets radioactifs et Prix Nobel

La France compte depuis quelques mois un nouveau prix Nobel de Physique, spécialiste des lasers, Gérard Mourou, qui est aussi un petit plaisantin. Ce blagueur prétend en toute simplicité régler à grands coups de rayons lasers (on se croirait dans Star Wars) la question insoluble des déchets radioactifs.

« On peut réduire la radioactivité d’un million d’années à 30 minutes » prétend-il. Mais ce qui est (et encore : peut-être) possible en laboratoire, sur une quantité infime et à très grands frais, est probablement impossible techniquement et assurément totalement ruineux si l’on veut s’attaquer aux quantités industrielles de déchets radioactifs produits par l’industrie de l’atome.

D’ailleurs, notre « héros » gagne déjà du temps en signalant que lui et ses amis du CEA pourraient « montrer quelque chose d’ici 10 ou 15 ans« … Un bon Prix Nobel de blagues…

. Fusion nucléaire

Voilà qui nous fait penser à la fusion nucléaire dont les physiciens eux-mêmes disent que « C’est une énergie d’avenir… mais elle le restera toujours !« .

Le 23 mars 1988, Le Monde titrait ainsi « Fusion nucléaire : la « voie laser » est ouverte« . Eh oui, ce bon vieux laser servait déjà aux effets d’annonce.

Le 12 novembre 1991, Le Monde titrait « Les Européens franchissent un pas décisif dans la fusion thermonucléaire » et le 12 décembre 1993, égalisation 1-1 par les USA : « Les Américains effectuent une percée dans la fusion thermonucléaire« .

Un quart de siècle plus tard, tout ce petit monde s’est rassemblé (y compris avec les Japonais, les Russes, les Chinois, etc) pour échouer ensemble dans le projet Iter (lire absolument cet article de l’excellent Antoine Calandra sur : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/04/11/ITER%2C-mensonges%2C-niaiseries-%E2%80%A6-et-fiasco-in%C3%A9luctable%21-la-situation-au-printemps-2017 ) qui réussit seulement à atomiser des milliards après avoir défiguré la Provence.

. Nucléaire : enfin du concret !

Oui, en matière de nucléaire il existe quand même du concret : la faillite d’Areva, celle programmée d’EDF, les chantiers catastrophiques et sans fin des EPR de Finlande et de Flamanville (qui devaient respectivement entrer en service en 2009 et 2012 !), le scandale sans limites des pièces nucléaires défectueuses produites au Creusot (cf la procédure en justice lancée par l’Observatoire du nucléaire et le scandale de la cuve défectueuse de l’EPR validée par la prétendue « autorité » de prétendue « sûreté » nucléaire. Etc…

Par Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du nucléaire, publié le 14 février 2019

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article360

Fév 14

ÉTATS-UNIS : DES SÉNATEURS HOSTILES À UN ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE AVEC RIYAD

Des sénateurs américains, sous la houlette du républicain Rand Paul et du démocrate Jeff Merkley, ont déposé mardi un projet de résolution visant à interdire tout accord entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite portant sur le transfert de technologies en matière d’armement nucléaire, ont rapporté hier plusieurs médias.

Ainsi, aucun accord portant sur la coopération nucléaire civile englobant l’enrichissement de l’uranium ou le traitement du plutonium produit par les réacteurs nucléaires ne pourra être conclu avec Riyad. Le sénateur démocrate dira que “si l’Arabie Saoudite doit mettre la main sur la technologie nucléaire, il est impératif qu’on l’oblige avec de sévères normes empêchant la prolifération nucléaire”, ajoutant qu’il “ne faut pas que les États-Unis aident de manière non intentionnelle au développement d’armes nucléaires à une partie qui les utiliserait de mauvaise manière dans le monde”. Cette initiative intervient alors que le ministre américain de l’Énergie mène actuellement des discussions avec des responsables saoudiens sur la coopération nucléaire entre les deux pays. Il faut dire que les sénateurs américains n’en sont pas à leur première action hostile à l’Arabie Saoudite.

Il y a à peine quelques jours, ils ont interpellé le président Donald Trump pour qu’il réponde à leurs questions sur la responsabilité du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salmane dans l’assassinat du journaliste du Washington Post Jamal Khashoggi, le 2 octobre 2018 à l’intérieur du consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul en Turquie. Cette interpellation faite suite à l’amendement voté par le sénat US obligeant Donald Trump à apporter une réponse dans un délai de 120 jours, qui a expiré vendredi dernier. L’influent sénateur proche de Donald Trump, Lindsey Graham, avait même averti en janvier dernier que les relations entre les États-Unis et l’Arabie Saoudite ne pourront pas s’améliorer après l’affaire Khashoggi tant que personne ne se sera “occupé” du prince héritier saoudien. L’élu US avait notamment souligné : “Nous allons dire de manière irrévocable que MBS était au courant et qu’il est responsable” du meurtre de Khashoggi “pour s’assurer que d’autres comprennent qu’on ne peut pas faire ce genre de choses quand on est un allié des États-Unis”. Il y a lieu de rappeler également que le Sénat américain, pourtant contrôlé par les républicains, a approuvé une résolution en décembre 2018, qui interdit tout soutien militaire à Riyad dans la guerre au Yémen, et une seconde qui “estime que le prince héritier Mohammed Ben Salmane est responsable du meurtre” du Saoudien Jamal Khashoggi. Un double camouflet a été infligé à l’administration Trump.
Tout semble indiquer que l’Arabie Saoudite ne semble plus bénéficier de beaucoup de sympathie au sein du sénat américain, comme c’était le cas auparavant.

Par Merzak Tigrine, publié le 14-02-2019 11h00

https://www.liberte-algerie.com/international/des-senateurs-hostiles-a-un-accord-sur-le-nucleaire-avec-riyad-309499

Fév 14

ABROGATION DU TRAITÉ EURATOM : CONFÉRENCE À GENÈVE LE 7 MARS 2019 À 18H AU PALAIS EYNARD

Le traité EURATOM, établi en 1957, a institué la Communauté Européenne de l’Énergie Atomique chargée de développer des industries nucléaires puissantes en Europe. 

C’est également sous son égide que sont fixées les normes de protection contre les dangers de la radioactivité. Le conflit d’intérêt est criant, au détriment de la protection des populations.

Plus de 60 ans après sa création, ce traité maintient l’énergie nucléaire en dehors du fonctionnement normal des institutions européennes. Ce régime d’exception est aussi anachronique qu’anormal.

EURATOM constitue également un obstacle majeur au développement des énergies renouvelables : en drainant un volume considérable d’aides financières vers les industries nucléaires, il nuit considérablement aux investissements nécessaires aux solutions renouvelables et protectrices des générations futures que les citoyens européens appellent de leurs vœux.

Le traité est plus en plus contesté y compris au niveau gouvernemental en Autriche, en Allemagne et au Luxembourg. Des ONGs de plusieurs états membres qui ont décidé de quitter le nucléaire et souhaitent par conséquent ne plus financer EURATOM, ont décidé de lancer un mouvement européen visant à obtenir de leurs gouvernements respectifs l’abrogation, ou a minima, une révision de ce traité défavorable aux populations.

Bien que n’étant pas directement membre d’EURATOM, la Suisse y est indirectement soumise. Cette problématique rejoint également celle du lien entre l’OMS et l’AIEA.

La ville de Genève, les associations CRIIRAD et RECH
vous convient à une Conférence sur les enjeux de cette mobilisation
le 7 mars 2019 à 18h00.

Le Conseil Administratif de la Ville de Genève, représenté par Mr Rémy Pagani nous font l’honneur de nous recevoir au

Palais Eynard, 4 Rue de la Croix-Rouge à GENÈVE

Elle sera animée par :

Mr Rémy Pagani, Conseiller Administratif de la Ville de GENÈVE,

Mme Christine Hasse, présidente de l’association RECH

Mr Roland Desbordes, administrateur et ex-président de la CRIIRAD

Les signatures de la pétition adressée au Président de la République française s’achèveront justement le 7 mars 2019.

Signez-là sur http://abrogationeuratom.wesign.it/fr !

[1] Site Criirad : http://www.criirad.org/ (y compris nos pétitions)
[2] Site RECH : http://chainehumaine.fr/

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

Fév 14

LES GRANDES MANŒUVRES SONT LANCÉES CHEZ EDF

Annoncée il y a quelques mois, la restructuration de l’énergéticien est en marche.

Après avoir quitté l’indice CAC40 fin 2015, EDF va-t-il complètement quitter la Bourse ? La rumeur a fait grimper l’action de l’électricien mercredi, à la veille de la tenue du conseil d’administration qui doit approuver les comptes 2018.

En novembre dernier, le Premier ministre Édouard Philippe avait précisé que l’État actionnaire à 83,5 % déciderait « courant 2019 » d’une possible montée au capital. Matignon, comme l’Élysée, veut renforcer l’emprise publique sur l’activité nucléaire d’EDF. Emmanuel Macron a récemment demandé à son PDG Jean-Bernard Lévy de lui faire des propositions sur une nouvelle organisation de son groupe permettant de garantir le financement de l’ensemble de ses activités.

Big bang.

Ce big bang devrait passer par la filialisation des actifs non nucléaires, comme l’a indiqué le ministre de la Transition écologique François de Rugy il y a quelques mois. En préalable, le gouvernement envisagerait finalement de racheter la part de tous les actionnaires minoritaires, indiquait mercredi l’agence Bloomberg. L’État aurait ainsi les mains libres pour restructurer son géant, fragilisé par le poids de son endettement et l’accumulation des coûts liés à l’entretien et à la rénovation de son parc nucléaire, doublés de son offensive dans les énergies renouvelables.

La facture pour les finances publiques serait salée : le titre EDF ayant regagné pas loin de 50 % en un an, l’opération coûterait plus de 7 milliards d’euros aux caisses de l’État. Mais cette somme pourrait être partiellement recouvrée grâce à la cession de participations dans les activités filialisées. (NDLR : on vend ce qui a de l’avenir et on rachète ce qui n’en n’a pas. Quel beau placement ! Les contribuables seront ravis.)

L’avenir d’EDF a évidemment été au menu des discussions ce mardi à l’Élysée entre Emmanuel Macron et Jean-Bernard Lévy. Le mandat de ce dernier expire cette année mais l’ampleur des chantiers à venir laisse penser que le conseil d’administration du groupe public s’apprête à le reconduire pour un nouveau quinquennat. Ce fut aussi sans doute l’un des sujets de la réunion qui s’est tenue au Château.

Par Muriel Motte, le 14 Février 2019 à 06h00

https://www.lopinion.fr/edition/economie/grandes-manoeuvres-sont-lancees-chez-edf-177854

Fév 14

NUCLÉAIRE : DES ACTIONS DE SAISIES INOPINÉES DANS LA FILIÈRE DU DÉMANTÈLEMENT ET DU TRAITEMENT DES DÉCHETS

L’Autorité de la concurrence annonce que des opérations de visite et saisie inopinées ont été réalisées ce mardi 12 février 2019 dans le secteur des services d’ingénierie, de maintenance, de démantèlement et de traitement des déchets d’installations nucléaires. L’identité des entreprises visées par ces actions n’a pas été dévoilée.

Le rapporteur général de l’Autorité de la concurrence indique que des opérations de visite et saisie inopinées ont été réalisées dans le secteur des services d’ingénierie, de maintenance, de démantèlement et de traitement des déchets d’installations nucléaires.

Les services d’instruction de l’Autorité de la concurrence ont procédé ce mardi 12 février, après autorisation d’un juge des libertés et de la détention, à des opérations de visite et saisie inopinées auprès d’entreprises suspectées d’avoir mis en œuvre des pratiques anticoncurrentielles dans le secteur des services d’ingénierie, de maintenance, de démantèlement et de traitement des déchets d’installations nucléaires.

À ce stade, ces interventions ne préjugent bien évidemment pas de la culpabilité des entreprises concernées par les pratiques présumées, que seule une instruction au fond permettra le cas échéant d’établir.

L’Autorité de la concurrence ne fera aucun autre commentaire ni sur l’identité des entreprises visitées ni sur les pratiques visées. 

Publié le 13/02/2019 à 13h47 / Modifié le 13/02/2019 à 16h49

https://www.midilibre.fr/2019/02/13/nucleaire-des-actions-de-saisies-inopinee-dans-la-filiere-du-demantelement-et-du-traitement-des-dechets,8012685.php

Fév 14

MIKE POMPEO ET SERGUEÏ LAVROV DISCUTENT PAR TÉLÉPHONE DU TRAITÉ FNI ET DU VENEZUELA

Washington le 13 février (Xinhua) — Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo s’est entretenu par téléphone avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, et a réaffirmé au cours de la conversation la position des États-Unis sur le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) et sur le Venezuela, a annoncé mercredi le département d’État américain.

  1. Pompeo a indiqué mardi à son homologue russe que les États-Unis se retireraient du FNI au début du mois d’août si la Russie ne revenait pas à un respect complet et vérifiable de l’accord, a révélé le département d’État dans un communiqué.
  2. Pompeo et Lavrov ont également discuté de la situation au Venezuela et d’une éventuelle transition pacifique vers la démocratie, qui servirait les intérêts à la fois des États-Unis et de la Russie, selon le communiqué.

Le ministère russe des Affaires étrangères a cependant déclaré mardi que M. Lavrov avait averti M. Pompeo que la Russie était opposée à toute intervention américaine dans les affaires internes du Venezuela, y compris par la force.

Une intervention américaine constituerait une violation du droit international, a indiqué M. Lavrov à son homologue.

Mardi également, M. Lavrov a déclaré que la Russie avait préparé un projet de résolution du Conseil de sécurité de l’ONU dans le but de soutenir le dialogue au Venezuela – à la différence des propositions américaines, qui se contentent de paver la voie pour une invasion.

Le 23 janvier, le gouvernement Trump a reconnu Juan Guaido, le chef de l’opposition vénézuélienne, comme « président par intérim » du Venezuela. Cette décision est survenue alors que Nicolas Maduro a été investi à la présidence vénézuélienne au début du mois.

Le président américain Donald Trump a également prévenu que « toutes les options étaient envisageables » au sujet du Venezuela.

Le 1er février, le gouvernement Trump a annoncé que les États-Unis se retireraient du traité FNI conclu avec la Russie dans un délai de six mois à partir du 2 février. En réponse à cette annonce, le président russe Vladimir Poutine a déclaré le 2 février que Moscou suspendrait également sa participation au traité.

Signé en 1987 entre l’Union soviétique et les États-Unis, le traité FNI vise à éliminer les missiles nucléaires de portée intermédiaire tirés depuis le sol.

http://french.xinhuanet.com/2019-02/14/c_137819276.htm

Fév 14

ALGÉRIE: CRIMES NUCLÉAIRES FRANÇAIS: NÉCESSITÉ D’UNE APPROCHE SCIENTIFIQUE POUR LA CONDAMNATION

ADRAR – Les approches scientifiques et académiques des chercheurs et spécialistes dans les domaines scientifiques et juridiques constituent « le défi principal » à condamner la France coloniale pour ses crimes nucléaires perpétrés dans le Sahara algérien, ont indiqué les participants à un séminaire national de doctorants, tenu mercredi à Reggane (Sud d’Adrar).

Les intervenants, universitaires et juristes, ont estimé que « la dissimulation des informations liées aux explosions nucléaires perpétrées dans le Sahara algérien par les autorités coloniales françaises appelle les chercheurs et hommes de sciences algériens à prendre l’initiative pour dévoiler la vérité sur ces crimes odieux et leurs effets sur l’homme et l’environnement, afin de condamner la France coloniale pour sa responsabilité juridique dans ces explosions« .

Le spécialiste en Droit, Abdelkader Mehdaoui (université d’Adrar), a indiqué que la communauté internationale a été solidaire avec l’Algérie contre le colonialisme français, -avant même que ce dernier ne mène ces explosions sur le sol algérien-, à la lumière de la résolution onusienne de 1959 appelant à l’arrêt des essais nucléaires français dans le Sahara algérien du fait de ses effets dévastateurs sur l’homme. Appel onusien qui n’a ni inquiété ni embarrassé les autorités coloniales, a-t-il relevé.

Le conférencier a, en outre, appelé l’Algérie et les organisations internationales à « assumer leur responsabilité et à trouver les voies permettant de confirmer ces crimes nucléaires commis contre l’homme et l’environnement et leur impact qui perdure, pour interpeller la France sur ses crimes et arracher sa reconnaissance de ces crimes.« 

Djamel Belferdi, du centre universitaire de Barika (Batna), a évoqué les différentes recherches et études scientifiques ayant traité les crimes nucléaires de la France coloniale en Algérie.

Lire aussi: Essais nucléaires dans le Sahara algérien : la France appelée à assumer sa responsabilité

Le conférencier a expliqué que ces études ont donné lieu à des réactions et réponses scientifiques du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) ainsi que du Centre d’études et de recherches liées au mouvement national et à la révolution du 1er Novembre 1954 qui a organisé moult conférences, dont les travaux ont été imprimés en 2003 pour servir de documents scientifiques sur le thème pour les spécialistes, les chercheurs et les juristes.

Le président de l’association « 13 février 1960« , El-Hamel Sid-Ameur, a estimé, de son côté, qu’il est de la responsabilité historique de la France d’assainir la région des résidus nucléaires engendrés par ces explosions, en vue de donner espoir à la population de vivre dans un environnement sain de radioactivité nucléaire.

Sid-Ameur a invité aussi les chercheurs, les académiciens et les organismes concernés à lever « l’ambigüité » entretenue sur ces abominables crimes par leurs auteurs, ajoutant que « la science reste la seule voie pour traiter ces profondes et longues blessures« .

Initiée par le département des sciences humaines, le laboratoire de Droit et de développement local de l’université d’Adrar, en coordination avec l’association « 13 février 1960« , cette rencontre, qu’a abritée la bibliothèque publique de lecture de la commune de Reggane, a permis aux participants d’animer une série de thèmes afférents notamment aux « rapports entre les explosions nucléaires et la nosophobie, engendrée par la radioactivité dans la région de Reggane« , « la responsabilité internationale des préjudices engendrés par les explosions nucléaires françaises dans le Sahara algérien » et « les répercussions des explosions nucléaires sur la nappe hydrique« .

Publié le : mercredi, 13 février 2019 à 18h27  

http://www.aps.dz/algerie/85515-crimes-nucleaires-francais-necessite-d-une-approche-scientifique-pour-la-condamnation

Fév 13

NUCLÉAIRE : LES OPPOSANTS DE BURE FONT ÉTAPE DANS LE COTENTIN

Avec l’Atomik tour, les opposants au projet d’enfouissement de Bure veulent mobiliser la population. Ils seront à Cherbourg du 17 au 19 février.

La Hague, Bure, même combat. Du dimanche 17 au mardi 19 février 2019, les militants antinucléaires locaux reçoivent ceux de Bure, dans le cadre de l’Atomik tour. Depuis janvier, une caravane sillonne les routes de France afin de diffuser le message des opposants au projet Cigéo. Il prévoit, dans la Meuse, d’enfouir en profondeur des déchets nucléaires de moyenne et haute activité. « Ce tour se fait à côté du débat public sur le stockage des déchets nucléaires. Il a pour but de faire entendre un autre message », explique André Jacques, président du Comité de réflexion, d’information et de lutte antinucléaire (Crilan).

Sans stockage, l’entreposage se fait dans la Hague

Le sujet concerne directement le Cotentin, puisque, dans l’attente d’une solution de long terme pour les déchets issus des centrales, ceux-ci sont entreposés dans La Hague. « L’État martèle que seul l’enfouissement est possible. Nous pensons qu’un stockage en subsurface serait mieux, pour pouvoir les contrôler », estime Jean-Sébastien Héderer.

Pour les antinucléaires normands, poser la question du stockage implique aussi de s’interroger sur la pratique du retraitement des combustibles usés.

Pour échanger avec les habitants du Cotentin, l’équipe de l’Atomik tour sera sur le marché des Provinces, à Cherbourg, dimanche 17 février, de 10 h à 22 h. Le lendemain, lundi 18 février, une réunion publique se tiendra dans la salle des mariages de la mairie déléguée de Cherbourg-Octeville, en présence de l’avocat Gervais Marie-Doutressoulle. Enfin, mardi, la caravane sera aussi sur la place du théâtre de 10 h à 12 h.

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/nucleaire-les-opposants-de-bure-font-etape-dans-le-cotentin-6222625

Fév 13

À FUKUSHIMA, UN ROBOT TOSHIBA DOIT TOUCHER POUR LA PREMIÈRE FOIS DU COMBUSTIBLE FONDU (VIDÉO)

Nouvelle étape dans le démantèlement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi au Japon. Après plusieurs missions d’observations, un robot fabriqué par Toshiba va être chargé de toucher une partie du combustible fondu. Cette incursion dans le réacteur nucléaire devrait permettre de planifier de futures opérations de retrait de la matière hautement radioactive.

Le démantèlement de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi se poursuit tant bien que mal au Japon. Mercredi 13 février, un robot fabriqué par Toshiba va être envoyé dans le réacteur 2 du site confiné. Une mission d’observation avait déjà été menée en janvier 2018 par Tepco, l’opérateur de la centrale qui pilote son nettoyage depuis la catastrophe de 2011. L’entreprise avait alors situé une partie du combustible fondu. Cette fois, l’appareil déployé sera chargé de “toucher” pour la première fois cette matière hautement radioactive.

En janvier 2018, la caméra du robot avait observé le combustible fondu sous la forme de dépôts argileux au fond du réacteur. Le nouvel appareil fabriqué par Toshiba est en fait une version modifiée du précédent et équipé d’une pince. “L’unité d’inspection devra appliquer une pression sur les dépôts pour observer leur comportement”, explique dans une vidéo Katsuyoshi Oyama, porte-parole de Tepco. “Si nous pouvons établir le comportement et les caractéristiques des dépôts, nous pourrons utiliser ces découvertes pour délibérer sur de futurs plans d’inspection en préparation du retrait des restes du combustible.” Une vidéo partagée par Toshiba avant la mission permet d’observer le fonctionnement de la machine.

Le retrait du combustible pas avant 2021

La mission du robot devrait durer environ cinq heures. Avec une longueur de 30 centimètres, une largeur de 10 centimètres et un poids de 1 kilo, il a une résistance à la radiation de 1 000 gray. Il peut tourner sur lui-même à 360 degrés et s’incliner. Il est également équipé d’une caméra, d’un dosimètre pour mesurer la radioactivité et d’un capteur de température. Il sera piloté à distance et loin du bâtiment du réacteur.

Le retrait du combustible fondu ne devrait pas intervenir avant 2021. Tepco fait face à de nombreuses problématiques dans le démantèlement de la centrale nucléaire. En novembre 2018, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait appelé les autorités japonaises à s’attaquer d’urgence au problème de l’accumulation d’eau contaminée sur le site.

Par Simon Chodorge, publié le 13/02/2019 À 14H30

https://www.usinenouvelle.com/article/video-a-fukushima-un-robot-toshiba-doit-toucher-pour-la-premiere-fois-du-combustible-fondu.N805970

Fév 13

L’OTAN OUVRE LE DÉBAT SUR LA RÉPONSE AUX MISSILES RUSSES

Les ministres de la défense de l’Otan se réunissent, mercredi 13 et jeudi 14 février, à Bruxelles. Au cœur des discussions, les conséquences de la disparition du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

L’Otan doit se préparer à « vivre dans un monde sans traité de désarmement nucléaire dans lequel il y aura de plus en plus de missiles russes » a affirmé, mardi 12 février, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, à la veille d’une réunion des ministres de la défense de l’Alliance.

Moins de deux semaines après la décision des États-Unis et de la Russie de quitter le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), le sujet sera au cœur des discussions, mercredi 13 et vendredi 14 février, à Bruxelles.

L’accord, signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, a permis l’élimination en Europe de tous les missiles de croisière et missiles balistiques américains et soviétiques lancés depuis le sol et ayant une portée se situant entre 500 et 5 500 km.

Washington accuse Moscou de l’avoir violé en déployant son nouveau missile Novator 9M729 qui serait en mesure de frapper des villes européennes. Moscou conteste, affirmant, – sans en apporter la preuve –, que la portée de cet armement est limitée à 480 km.

Clause de retrait de six mois

Le traité prévoit une clause de retrait de six mois avant l’entrée en vigueur de la décision. Les alliés européens espèrent, sans trop y croire, que des négociations puissent reprendre pendant cet intervalle. Incapables de s’unir à temps sur une position commune, pour faire prévaloir le respect des règles du traité FNI auprès des Russes et des Américains, les pays européens de l’Otan craignent maintenant de devenir les otages d’une nouvelle compétition entre grandes puissances. Washington et Moscou veulent avoir les mains libres pour pouvoir réagir contre Pékin qui développe des armements interdits par le traité FNI.

Comment les pays de l’Otan vont-ils répondre aux déploiements de missiles russes ? Le débat, appelé à s’étaler sur de longs mois, pourrait susciter des tensions au sein de l’Alliance. Les Européens de l’Ouest n’ont pas le même point de vue sur la réponse à donner à la menace russe que la Pologne, la Roumanie et les Pays Baltes.

Varsovie plaide en faveur du stationnement de missiles nucléaires américains en Europe. Berlin s’oppose à une nouvelle course aux armements. Le déploiement de missiles conventionnels à longue portée, l’élargissement du programme de défense antimissile de l’Otan et le rôle de la dissuasion nucléaire font partie des options. « Toutes nos mesures seront coordonnées, mesurées et défensives » temporise Jens Stoltenberg. « L’Alliance n’a pas l’intention de déployer des nouveaux missiles nucléaires terrestres en Europe. »

En dehors de cette question cruciale pour la sécurité du Vieux continent, les ministres échangeront également sur l’initiative pour la disponibilité opérationnelle de l’Otan, dite « initiative des quatre 30 », qui doit permettre le déploiement de 30 navires de combat, de 30 bataillons terrestres et de 30 escadrons aériens dans un délai de 30 jours et sur le « partage du fardeau ». La journée du jeudi 14 février sera consacrée aux missions et opérations de l’Otan en Afghanistan, au Kosovo et en Irak.

Deux nouveaux seront autour de la table : le secrétaire américain à la défense Patrick Shanahan, successeur par intérim de Jim Mattis, l’ancien chef du Pentagone remercié en décembre par Donald Trump, et la ministre de la défense de la République de Macédoine du Nord. Invitée officielle, Radmila Sekerinska participe sans voix délibérative aux réunions ministérielles, en attendant que l’ensemble des parlements des vingt-neuf pays membres de l’Alliance ratifient le protocole d’accession de son pays à l’Alliance signé le 6 février.

François d’Alançon, le 13/02/2019 à 6h46

https://www.la-croix.com/Monde/LOtan-ouvre-debat-reponse-missiles-russes-2019-02-13-1201002152

Fév 13

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES PROGRESSENT EN EUROPE, LA FRANCE PARMI LES RETARDATAIRES

Onze pays européens ont déjà atteint leurs objectifs 2020 de développement d’énergies renouvelables, tandis que les deux les plus en retard sont les Pays-Bas et la France, selon des données officielles publiées mardi.

En 2017, les énergies renouvelables ont représenté 17,5% de la consommation finale d’énergie de l’Union européenne, en hausse de 0,5 point sur un an, et leur part a plus que doublé depuis 2004, selon des données d’Eurostat.

Dans sa stratégie « Europe 2020« , l’Union européenne (UE) prévoit d’atteindre 20% d’énergie consommée à partir de sources vertes (hydraulique, éolien, solaire, biomasse, etc.) et chaque pays a ses propres objectifs, en fonction de sa situation de départ et de son potentiel. (NDLR: et de sa volonté!)

 Les bons et mauvais élèves

Onze d’entre eux les ont déjà atteints ou dépassés, à l’image de la Suède, meilleur élève avec plus de la moitié (54,5%) de sa consommation provenant d’énergies renouvelables pour un objectif de 50%, de la Finlande (41%) ou encore du Danemark (35,8%).

A l’inverse, les Pays-Bas (6,4% d’énergies vertes) et la France (16,3%) sont les plus en retard, avec un écart respectif de 7,4 et 6,7 points par rapport à leurs objectifs.

Par type d’usage, 30,7% de l’électricité consommée dans l’UE provient de sources vertes, en particulier de l’éolien qui a détrôné pour la première fois en 2017 l’hydroélectricité et près d’un cinquième de la chaleur est issue de renouvelables.

Par ailleurs, 7,6% de l’énergie utilisée dans les transports provenait en 2016 d’énergies renouvelables (biocarburants, hydrogène, électricité verte, etc.) pour un objectif fixé à 10% en 2020.

Au-delà de 2020, l’Union européenne s’est engagée pour 2030 à porter la part des énergies renouvelables à 32% de sa consommation d’énergie.

Avec AFP, le 12 février 2019

NDLR : Que voulez-vous ? On ne peut pas « en même temps » s’entêter dans le nucléaire ET investir dans les énergies d’avenir. Le choix est dans notre bulletin de vote.

https://www.linfodurable.fr/environnement/les-energies-renouvelables-progressent-en-europe-la-france-parmi-les-retardataires

Fév 13

NUCLÉAIRE : RETENEZ LA TENSION !

Alors que notre jurassique parc nucléaire se décatit dangereusement, les experts continuent d’entonner la même rengaine : « Tout va très bien, Madame la marquise… »

C’est juste une vidéo. À La Hague, la funeste cathédrale montée sur pilotis. Un simple fumigène déposé par un drone de Greenpeace sur un toit en tôle métallique. Rien de dramatique. Sûrement pas de quoi agiter l’active patience de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dont le président ne gagne que 20 000 euros par mois – merci les gilets jaunes pour cette information apparue grâce à eux. Comme un interrupteur, cette honorable institution républicaine n’a que deux positions : « Tout va bien » ou « Pas de panique, ça n’était rien. »

Lire aussi: Nucléaire : voici les trois scénarios sur la table

Pourtant, ce petit bâtiment visé et touché sans aucune difficulté abrite la plus grande quantité de matières radioactives dans le monde : 10 000 tonnes de combustible irradié en attente d’être retraité dans des hangars vieillissants et des piscines engorgées. Soyez tranquilles : vous aurez bientôt droit à un communiqué d’explication. Les ingénieurs de Polytechnique, des Mines et des Ponts aux diplômes longs comme le Nil ont un don pour glisser comme des requins sur un océan de termes et de procédés opaques qui noient les curieux. J’ignore si ces savants ont la foi, mais ils récitent toujours leur chapelet : « Rien à craindre. »

Lire aussi: Nucléaire : un rapport commandé par Bercy et Hulot prône la construction de six EPR

On n’est plus en France. Quand on entre dans l’univers de l’énergie nucléaire, on nous sert l’URSS à domicile. L’industrie et ses brahmanes y entretiennent leurs intrigues, leurs contrats, leurs projets, leurs mystères et leurs secrets à l’abri de tous les regards, même politiques. Jamais un coffre n’a été mieux verrouillé. Et le pire, c’est qu’il est vide. Toute leur littérature et leur science est à court terme. Nos génies du nucléaire savent griller du combustible, c’est tout ! Ensuite, ils ne font qu’empiler, amasser et engraisser des Himalaya de déchets. Ne leur parlez pas de démantèlement, de stockage ou de financement. Ces super-cracks sont imbattables sur le césium, le Mox ou le plutonium mais, à l’époque de la construction de toutes leurs maléfiques forteresses, aucun d’entre eux n’a songé à ce qu’elles deviendraient plus tard. Pour finir, bien sûr, ils enverront la note aux contribuables.

D’ici là, tout ce qu’ils savent faire, c’est ajouter sans cesse des airbags, des ceintures de sécurité, des rétroviseurs et des pare-chocs à leurs vieilles guimbardes menées pied au plancher. Résultat : aucun des 58 réacteurs de nos 19 centrales n’a encore été démantelé. Brennilis, petite chose de 70 misérables mégawatts, a cessé de fonctionner en 1985, mais on n’évoque pas sa disparition avant 2032. Pour 500 millions d’euros ! Et ça n’est pas fini. Dans un pays qui se bat les flancs pour trouver 10 milliards d’euros, le président d’EDF a annoncé en juin 2017 son projet de dresser 30 EPR pour remplacer ses unités en fin de vie. Budget prévisionnel : quelque 350 milliards d’euros. Face à ces travaux d’Hercule, on comprend pourquoi Nicolas Hulot a jeté l’éponge.

La stratégie du lobby nucléaire est toujours la même : engager tant de dépenses qu’on a déjà atteint le point de non-retour quand l’opinion s’alarme. Si vous croyez que j’exagère, jetez-vous sur le livre d’Erwan Benezet, « Nucléaire : une catastrophe française ». Vos cheveux se dresseront sur la tête à la lecture de la farandole d’engagements intenables pris par les défenseurs du nucléaire. Ne vous mettez pas à ce moment-là à songer aux conséquences d’un accident dans un pays où la densité de population est de 110 habitants au kilomètre carré. Vous pouvez tout imaginer, ce sera pire. Les terres les plus fécondes auront la fertilité du sable, les villes les plus jolies seront vidées, la France irradiera de malheur. On ne parlera plus de gilets jaunes ou de foulards rouges. On portera tous des brassards noirs.

Par Gilles Martin-Chauffier

Paris Match | Publié le 12/02/2019 à 20h12

https://www.parismatch.com/Culture/Livres/Nucleaire-Retenez-la-tension-1605191

Fév 13

PARTICIPONS AU GRAND DÉBAT POUR DÉNONCER L’ARME NUCLÉAIRE

Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires

Dans le cadre du grand débat mis en place par le Président de la République, ICAN France vous propose d’interpeller le Chef des Armées à propos de l’armement nucléaire, à travers trois des quatre thématiques proposées :

  • La transition écologique
  • La fiscalité et les dépenses publiques
  • La démocratie et la citoyenneté

Le grand débat vous donne la possibilité de remplir un questionnaire dont les choix sont parfois ouverts à vos commentaires. Nous vous invitons à reprendre (copier / coller) ou à reformuler les propositions de réponses que vous trouverez ci-dessous.

« Il n’y a pas de sujet interdit« , comme le mentionne cette consultation nationale. Alors profitons-en pour faire passer nos messages !

PROCÉDURE À SUIVRE

1 – Il est nécessaire de vous inscrire sur le site granddebat.fr, puis de vous rendre (à chaque fois le processus est le même) sur une des thématiques :

  • Choisissez l’option « Partagez vos propositionsProposer vos idées« .
  • Puis choisissez « déposer une proposition« .

2 – Un formulaire apparaîtra avec un certain nombre de questions :

  • Il est demandé de donner un titre à votre contribution (nous vous proposons des titres selon les thèmes).
  • Répondre aux questions que nous vous suggérons avec les éléments de réponses proposées.

Libre à vous de remplir ou non tout le questionnaire ou de vous limiter simplement aux questions qu’ICAN France souhaite mettre en avant.

Les 3 sujets que nous vous proposons :

. TRANSITION ÉCOLOGIQUE

Proposition

Titre de votre contribution : « Pour la protection de l’environnement : Eliminer les armes nucléaires »

Question n°1 : Quel est aujourd’hui pour vous le problème concret le plus important dans le domaine de l’environnement ?

  • Choix « autre » : Outre les problèmes énoncés qui affectent l’environnement, je souhaite souligner que l’existence d’arsenaux nucléaires – dont celui de la France – constitue une menace directe de destruction et de pollution durable de l’environnement ; et ce même si ils ne sont pas utilisés. Ces armes en cas de détonation volontaire, accidentelle ou terroriste provoqueraient de tels effets, que cela influeraient directement sur le climat et provoqueraient des conséquences environnementales et humanitaires catastrophiques. De plus, la fabrication de ces armes engendre des problèmes de santé et environnementaux, sans oublier la question des déchets nucléaires de haute activité et à vie longue que cela produit.

Question n°2 : Que faudrait-il faire selon vous pour apporter des réponses à ce problème ?

  • Commentaire : Cette menace constante à l’environnement peut-être définitivement éliminée en s’appuyant sur la mise en oeuvre et l’application du Traité d’interdiction sur les armes nucléaires (TIAN). Un traité qui a pour objectif d’interdire et d’éliminer ces armes de destruction massive. Ce traité a été adopté à l’ONU le 7 juillet 2017, par 122 Etats et va devenir force de loi d’ici la fin d’année 2019. La France ne peut pas rester à l’écart du droit international. Elle doit enclencher une politique nationale et internationale en faveur du désarmement nucléaire, par exemple, dans un premier temps en gelant ses investissements liés au renouvellement de son arsenal nucléaire et en travaillant sur une politique de désarmement nucléaire avec ses partenaires européens à travers le TIAN.

. FISCALITÉ ET DÉPENSES PUBLIQUES

Proposition

Titre de votre contribution : « Moins d’argent pour les armes nucléaires »

Question : Y a-t-il d’autres points sur les impôts et les dépenses sur lesquels vous souhaiteriez vous exprimer ?

  • Réponse : Il n’est pas concevable que le budget attribué à la force de dissuasion nucléaire pour la période 2019/2025 soit de 37 milliards d’euros et ait ainsi bénéficié d’une hausse de 60% par rapport à la loi précédente. Ainsi chaque année se sont plus de 5 milliards d’euros qui vont être dépensés en faveur de ces armes de destruction massive. Il est urgent de diminuer ce budget et à terme de l’éliminer. Cela est, d’une part, en cohérence parfaite avec les engagements juridiques internationaux que la France a pris notamment au titre du Traité de non-prolifération nucléaire. D’autre part, en raison de l’entrée en vigueur (fin 2019) du Traité d’interdiction des armes nucléaires, cette nouvelle norme internationale va engager une remise en cause de la politique de dissuasion nucléaire qui va devenir illégale au niveau international. D’ores et déjà, il apparait urgent de geler tous les investissements nouveaux liés au renouvellement des arsenaux nucléaires, ce qui pourrait assurer une économie annuelle d’environ 2 milliards d’euros.

. DÉMOCRATIE ET CITOYENNETÉ

Titre de votre contribution : « Prendre en compte les propositions des ONG, en particulier pour le désarmement nucléaire ».

​Question : Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil économique, social et environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ?

  • Réponse : Les assemblées doivent absolument être des chambres d’écoute de la société civile et de mise en action. Pour que les armes nucléaires soit débattues de façon encore plus ouverte, il est urgent que les expertises soient élargies. Tout comme chaque année, les industriels de l’armement sont auditionnés par les commissions défense ou affaires étrangères du Parlement, les ONG (notamment ICAN France) doivent être entendues sur ce sujet.

ICAN FRANCE, 87, Montée de Choulans, 69005 Lyon,
coordination@icanfrance.org

Fév 12

L’AFRIQUE JOUE UN RÔLE IMPORTANT DANS LE TRAITÉ DE NON-PROLIFÉRATION DES ARMES NUCLÉAIRES

ALGER- Le ministre de l’Énergie, Mustapha Guitouni, a affirmé, mardi à Alger, que l’Afrique a un apport important à l’universalisation du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, tout en ajoutant que le Traité pour une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique nécessite une contribution internationale sur les plans de financement et de l’expertise.

« La mise en œuvre effective du traité de Pelindaba (visant à créer une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique) est, certes, de la responsabilité première des États parties et dépend des mécanismes institutionnels qu’ils ont mis en place. Néanmoins, cet instrument ne peut réaliser son potentiel sans une coopération étroite avec des partenaires institutionnels et étatiques, dont l’apport est attendu au double plan du financement et de l’expertise« , a indiqué le ministre lors de la réunion extraordinaire de la Commission africaine de l’énergie nucléaire (AFCONE).

Il a préconisé, dans ce sens, une « coopération solidaire » permettant aux pays africains de disposer des outils et des technologies avancées pour répondre aux exigences de sûreté et de sécurité nucléaires.

« L’Algérie lance un appel à ces partenaires pour s’engager aux côtés de l’Afrique et appuyer les efforts de l’AFCONE dans le cadre de son plan stratégique, en vue de conforter la dynamique qu’elle a enclenchée dans les domaine du désarmement nucléaire et du développement technologique de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques« , a-t-il souligné.

Rappelant le rôle pionnier de l’Afrique dans le désarmement nucléaire avec le démantèlement effectif du programme nucléaire sud-africain et l’élaboration de Traité de Pelindaba, M. Guitouni a considéré que le continent avait « un apport important à l’universalisation du Traité de non-prolifération des armes nucléaires » (TNP).

Il a estimé, en outre, que la contribution africaine à la prochaine session de la 3ème commission préparatoire de la Conférence d’examen du TNP, qui se tiendra en avril prochain à New York, doit déboucher sur la réalisation de « progrès significatifs dans la mise en œuvre équilibrée et équitable du Traité« .

Cette contribution permettra « d’enrayer les menaces et les risques qui pèsent sur la paix et la sécurité internationale ainsi que sur le climat de la coopération pour le développement durable« , a avancé le ministre.

Renouvellement des deux réacteurs nucléaires algériens

 Par ailleurs, M. Guitouni a réitéré la position algérienne plaidant pour la promotion des utilisations pacifiques énergétiques et non énergétiques, contribuant à la réalisation des objectifs de développement de l’Afrique.

L’Algérie envisage, d’ailleurs, l’intégration du nucléaire dans son mix énergétique afin de diversifier ses sources d’énergie, a rappelé M.Guitouni, en mettant en exergue les avancées technologiques dans ce domaine, qui permettent une sécurité et une protection meilleures de l’environnement.

Dans ce cadre, il a annoncé le renouvellement des deux réacteurs nucléaires algériens de Draria (Alger) et de Birine (Djelfa), en ajoutant que cela contribuera, à l’avenir, à la création de la première centrale nucléaire en Algérie pour des usages pacifiques (santé, agriculture…).

Concernant les opérations d’assainissement des traces des essais nucléaires en Algérie réalisés durant la période coloniale, le ministre a affirmé que « le problème a été réglé avec les moyens les plus modernes et les plus adaptés« .

Onze (11) pays participent à cette réunion extraordinaire de l’AFCONE, qui coïncide avec la commémoration des premiers essais nucléaires réalisés sur le territoire algérien le 13 février 1960, qui sont les seuls essais nucléaires à avoir été réalisés sur le sol africain.

Les 11 pays participants à cette réunion de l’AFCONE sont l’Algérie, Afrique du Sud, Tchad, Ghana, Mali, Mauritanie, Namibie, Niger, Nigeria, Zimbabwe et Ile Maurice.

La réunion a vu également la participation des représentants de la Commission de l’Union africaine, de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), du Bureau des affaires de désarmement aux Nations Unies (UNODA) et de l’Organisation du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (Otice).

Entré en vigueur en juillet 2009, le Traité de Pelindaba vise à créer une zone exempte d’armes nucléaires en Afrique. Les États-parties s’engagent à renoncer à fabriquer, stocker, acquérir ou posséder des dispositifs explosifs nucléaires, à interdire le déversement des déchets radioactifs et à protéger physiquement les matières et installations nucléaires (destinées à l’usage pacifique).

L’Algérie a été parmi les pays africains qui ont signé (en avril 1996) et ratifié (en février 1998) le traité de Pelindaba.

En 2018, l’Algérie a été vice-présidente de la Commission du désarmement des Nations Unies.

Publié le : mardi, 12 février 2019 17:10

http://www.aps.dz/economie/85451-l-afrique-joue-un-role-important-dans-le-traite-de-non-proliferation-des-armes-nucleaires

Fév 12

NUCLÉAIRE: LA FIN DE L’APRÈS-GUERRE FROIDE

En retirant les États-Unis d’un traité avec la Russie sur les forces nucléaires, Donald Trump met le monde sous tension.

L’opération communication est inédite. Le 23 janvier, au Patriote, un parc d’attractions consacré à l’histoire et aux équipements militaires, situé à une cinquantaine de kilomètres de Moscou, l’armée russe a convié des journalistes internationaux et des attachés de défense étrangers – les pays de l’Otan n’ont pas répondu présents – à la présentation de son nouveau missile, qui met le monde en émoi : le 9M729. Selon l’administration américaine, sa portée dépasse les 500 kilomètres définis par le traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI) signé entre Washington et Moscou, il y a plus de trente ans. 

LIRE AUSSI >> Traité nucléaire : « le retrait américain va affecter l’Europe » 

Après avoir nié son existence, la Russie s’est résignée à lever un coin du voile, sous la pression de Donald Trump qui, en octobre dernier, a annoncé sa décision de quitter le traité. Dans un vaste hall blanc et vide, où les téléphones portables ne passaient pas, le nouvel engin, capable d’emporter une ogive nucléaire, est présenté comme une version de son prédécesseur, le 9M728. Au sol, une règle permet de vérifier qu’il mesure 53 centimètres de plus que le précédent – du moins son conteneur, car le missile lui-même n’est pas exposé. « La puissance de l’ogive a été accrue, précise le général Mikhaïl Matveievski, commandant des forces des fusées stratégiques. Pour cette raison, la taille de la fusée a été allongée. »  

Selon l’officier, plus de 200 lancements ont été effectués entre 2008 et 2014 sur un terrain militaire ; aucun n’aurait dépassé la distance légale. Au contraire, à l’en croire, la portée du nouveau missile, 480 km, serait même inférieure de 10 kilomètres à celle du 9M728.  

Washington et Moscou s’accusent mutuellement de contourner le traité

Cet effort de « transparence » n’a pas convaincu Donald Trump. Le 2 février, le président des États-Unis a lancé le processus de retrait du FNI ; il sera effectif au début d’août 2019, précise la Maison-Blanche, « à moins que la Russie ne respecte ses obligations en détruisant tous ses missiles, lanceurs et équipements qui violent le texte. » Dès le lendemain, Vladimir Poutine a fait de même. À son tour, la Russie accuse son rival de contourner le traité, notamment en déployant des moyens antimissiles en Roumanie et, bientôt, en Pologne. On se croirait revenu à une autre époque… 

Conclu en 1987 par Ronald Reagan, président des États-Unis, et le dernier dirigeant de l’Union soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, le FNI est un traité bilatéral qui interdit à ces deux États de tester, de produire et de déployer des missiles terrestres d’une portée comprise entre 500 et 5 500 kilomètres. Il avait mis fin à la crise des euromissiles, déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires capables d’atteindre en quelques minutes des capitales européennes. À l’époque, l’Otan avait riposté en déployant des missiles balistiques et de croisière américains au Royaume-Uni, en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas. À la suite du FNI, plus de 2 500 de ces armes ont été détruites, dans le cadre d’une procédure de vérification mutuelle sans précédent. 

Soupçons américains

Mais voilà, depuis plusieurs années, les États-Unis soupçonnent la Russie d’avoir développé une version terrestre de certains missiles de croisière navals, notamment le Kalibr, pour la première fois à l’œuvre en Syrie contre l’opposition à Bachar el-Assad. « Les services de renseignement américains confirment régulièrement le déploiement en nombre grandissant de lanceurs équipés du 9M729 – il y en aurait quatre bataillons à ce jour, pour un total légèrement inférieur à une centaine de missiles« , souligne Corentin Brustlein, directeur du Centre des études de sécurité de l’Institut français des relations internationales (Ifri).  

Si les accusations de tricherie ne datent pas de l’ère Trump, la décision surprise du président américain illustre l’influence grandissante du faucon John Bolton, son nouveau conseiller à la sécurité nationale, qui ne cache pas son souhait d’abolir les traités perçus comme des carcans, alors que la Chine devient un compétiteur préoccupant pour l’Amérique.  

Un déséquilibre croissant

« Il y a une motivation stratégique de fond à ce retrait, partagée bien au-delà du premier cercle de la Maison-Blanche, souligne, dans une note, Bruno Tertrais, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique (1). Depuis plusieurs années, ajoute-t-il, le Pentagone s’inquiète du déséquilibre entre les arsenaux balistiques et de croisière chinois et nord-coréens, d’une part, et les moyens américains dans la région, d’autre part. Selon Washington, 95 % des quelque 2 000 missiles chinois seraient de type FNI. » 

Corentin Brustlein, de l’Ifri, abonde : « L’opposition traditionnelle d’une large part de la classe politique américaine aux accords de maîtrise des armements est renforcée par le sentiment que respecter ce traité est doublement dommageable pour les États-Unis, puisque la Russie ne semble, elle, pas le respecter et que la Chine, autre rival stratégique, n’y est pas soumise. » Dans ses déclarations, Donald Trump fait allusion à la possibilité d’un autre traité imposant des limites à d’autres États, qui inclurait notamment la Chine et l’Iran. « Mais, pour l’heure, ce genre de proposition ne reflète aucun effort diplomatique sérieux« , observe le chercheur. 

Nouveau contexte

Pour Bruno Tertrais, cette crise illustre la fin de l’après-guerre froide: « Le FNI était le fruit de son époque. Sa disparition dans les faits est, elle aussi, le produit d’un contexte radicalement nouveau. » Du temps de Reagan et de Gorbatchev, le monde nucléaire était dominé par deux superpuissances. Aujourd’hui, le paysage est plus complexe, et surtout moins prédictif, avec un ours russe qui remonte en puissance et des pays comme le Pakistan, la Chine ou la Corée du Nord qui détiennent désormais la bombe. Dans ce monde qui s’arme ou se réarme, ni les États-Unis ni la Russie n’ont intérêt à conserver des traités contraignants.  

D’ici à six mois, les deux États auront donc les mains libres. « Nous allons développer ces armes« , a lancé Trump. Poutine, de son côté, s’est donné deux ans pour produire de nouveaux missiles terrestres. En mars 2018, le Kremlin a ainsi dévoilé une nouvelle génération d’armes hypersoniques d’une portée de 4 000 kilomètres. Pour autant, Tertrais se refuse à parler d’une nouvelle course aux armements. « Le rapport de force entre grandes puissances ne se traduit nullement par une course quantitative effrénée à la supériorité« , écrit-il.  

Et l’Europe ?

Le retrait américain risque d’affecter la sécurité de l’Europe, réduite au rôle de spectatrice inquiète. Surtout, il n’incite guère les autres États détenteurs de l’arme atomique à désarmer – comment convaincre désormais la Chine, par exemple, à entrer en négociations pour un traité limitant ses capacités ?  

C’est toute l’architecture de maîtrise des armements, héritée de la guerre froide, qui pourrait s’effondrer. Si le FNI disparaît, il ne restera plus que le traité New Start sur les armements stratégiques de puissance et de portée supérieures, un texte qui expire en 2021. On voit mal, dans le contexte actuel, ce qui pourrait encourager Moscou et Washington à le prolonger. 

Par Romain Rosso, publié le 12/02/2019 à 17:00 , mis à jour à 17:15

Photo : Opération communication: le 23 janvier dernier, près de Moscou, la Russie expose son nouveau missile, 9M729, qui met le monde en émoi. Maxim Shemetov / REUTERS

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/nucleaire-la-fin-de-l-apres-guerre-froide_2061338.html

Fév 12

JEAN-BERNARD LÉVY DEVRAIT ÊTRE RECONDUIT À LA TÊTE D’EDF

(Boursier.com) — Jean-Bernard Lévy devrait poursuivre l’aventure à la tête d’EDF. Selon les indiscrétions du ‘Figaro‘, le PDG de l’électricien, dont le mandat actuel arrive à son terme au mois de mai, devrait être renouvelé dans ses fonctions dès cette semaine. « Sauf coup de théâtre, sa reconduction, également approuvée à Matignon, devrait donc être annoncée dès cette semaine, après le conseil d’administration qui arrêtera jeudi les comptes 2018 de l’électricien« , précise le quotidien. Le dirigeant doit être reçu ce mardi par Emmanuel Macron. Le Président français avait demandé à Jean-Bernard Lévy, fin 2018, de proposer des évolutions de la structure d’EDF pour garantir le financement des activités du groupe, ce qui pourrait se traduire par une nationalisation du parc nucléaire. Les spéculations à ce sujet vont bon train dans les salles de marché.

Par Jean-Baptiste André, publié le 12/02/2019 à 11h08

https://www.boursier.com/actions/actualites/news/jean-bernard-levy-devrait-etre-reconduit-a-la-tete-d-edf-787546.html

Fév 11

BELGIQUE : L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE : PAS SÛRE, PAS DURABLE ET BEAUCOUP TROP COÛTEUSE

L’organisation patronale FEB souhaite prolonger d’au moins 10 ans la durée de vie de deux centrales nucléaires. La N-VA défend également cette idée. Pourtant, l’énergie nucléaire n’est pas sûre, pas durable et beaucoup trop coûteuse.

Pas sûre

Habiter une maison qu’aucun assureur n’accepte d’assurer contre l’incendie ne tenterait personne. C’est pourtant la situation à laquelle nous faisons face avec nos centrales nucléaires. Les coûts d’une éventuelle catastrophe nucléaire sont si élevés que contracter une assurance contre ce risque serait totalement impayable. La menace est toutefois bien réelle. Sinon, pourquoi le gouvernement distribuerait-il des comprimés d’iode à tous les Belges ? C’est un peu comme si on distribuait des brassards gratuits à tout le monde pour protéger la population contre un éventuel tsunami. Ce n’est pas très rassurant.

Les centrales nucléaires dépendant de l’eau pour leur refroidissement, elles sont souvent situées sur la côte. Par conséquent, les risques liés aux inondations et aux tsunamis en cas de montée du niveau de la mer sont accrus. Cela évoque la grande catastrophe nucléaire de Fukushima. Le vieillissement du matériel provoqué par le prolongement de la durée de vie des centrales augmente également les risques de catastrophe nucléaire. Se pose également le problème des déchets nucléaires, qui représentent un risque majeur pour la sécurité des générations à venir. La menace terroriste est également à prendre en considération. À l’aide de l’énergie nucléaire, il est beaucoup plus facile de fabriquer un engin à dispersion radiologique ou « bombe sale » qu’une bombe nucléaire. L’énergie nucléaire et l’armement nucléaire sont, aujourd’hui encore, deux faces d’une même pièce. Si une centrale nucléaire est la cible d’une attaque terroriste, elle explosera comme une véritable bombe atomique (lente).

Non durable

Le lobby nucléaire avance volontiers l’argument selon lequel la production d’énergie nucléaire ne génère aucun CO2. S’il est exact que les centrales nucléaires n’émettent pas de dioxyde de carbone, elles ont besoin d’uranium (ou de plutonium) pour produire de l’énergie. En outre, le transport et l’enrichissement de l’uranium génère lui aussi du CO2. S’il l’on examine l’ensemble de la chaîne, la pollution produite par nos centrales nucléaires représente environ un tiers de la pollution générée par une centrale au gaz. L’uranium n’est pas non plus une source d’énergie renouvelable. Par ailleurs, la quantité d’uranium utilisable à la surface de la terre est très limitée. Les mines à taux d’uranium élevé s’épuisent et seul subsiste l’uranium impur, plus polluant. En outre, l’énergie nucléaire contribue au réchauffement de la terre et de nos océans car les centrales rejettent de l’eau de refroidissement chaude.

Plus important encore : notre dépendance à l’égard de l’énergie nucléaire empêche la transition vers la production d’énergies renouvelables. Les centrales nucléaires sont peu modulaires, ce qui signifie qu’elles produisent une quantité constante de courant. Lorsqu’il y a beaucoup de vent ou de soleil, le courant généré par les éoliennes et les panneaux solaires doit faire place aux centrales nucléaires, qui continuent à tourner au même rythme. Tant qu’on investira dans l’énergie nucléaire, l’énergie renouvelable restera complémentaire à celle-ci. L’énergie renouvelable doit devenir l’énergie de base, ce qui ne sera possible que si l’on investit massivement dans des moyens permettant de stocker l’énergie. Selon une étude renommée menée par Aviel Verbruggen et Yuliya Yurchenko, la production d’énergie nucléaire empêche ce basculement. L’argument justifiant la production simultanée des deux énergies serait un prétexte pour empêcher ce changement nécessaire.

Beaucoup trop coûteuse

Initialement, le coût de la construction du réacteur de Flamanville, en France, devait s’élever à 3 milliards d’euros et durer 5 ans. Dans l’intervalle, ce coût est passé à au moins 11 milliards d’euros et la construction du réacteur est en cours depuis 12 ans. La centrale nucléaire d’Olkiluoto, en Finlande, est quant à elle en construction depuis 14 ans. Le coût de cette construction dépasse déjà les 8 milliards d’euros. Il est devenu plus coûteux de construire des centrales nucléaires que des parcs éoliens offshore. Étant donné le coût que cela représente et l’urgence de la problématique climatique, construire de nouvelles centrales nucléaires n’est donc pas une option. C’est un fait que même l’organisation patronale  flamande VOKA  et Bart De Wever reconnaissent.

L’accroissement des risques pour la sécurité fait augmenter en flèche les coûts sociaux. Le fait que nos centrales nucléaires soient régulièrement à l’arrêt fait également diminuer les revenus. L’expérience montre par ailleurs que les coûts liés à la démolition et au traitement des déchets sont toujours beaucoup plus élevés que prévu. Electrabel voudrait faire payer la facture d’une éventuelle catastrophe nucléaire et du traitement des déchets nucléaires à l’État, donc aux contribuables. Cela permet à Electrabel de continuer à générer des profits rapides grâce aux centrales. Mais les coûts pour la société qui en résultent sont énormes.

Il est possible de produire 100 % d’énergie renouvelable

Une étude réalisée par le Bureau du Plan et VITO, l’Institut flamand pour la recherche technologique, démontre qu’il est parfaitement possible technologiquement que la Belgique utilise 100 % d’énergie renouvelable d’ici 2050. Cependant, les défenseurs de l’énergie nucléaire ont raison d’affirmer que les éoliennes et les panneaux solaires ne suffiront pas pour assurer pleinement la sécurité énergétique. La raison est simple. Le soleil ne brille pas toujours et le vent ne souffle pas partout. En période de transition, des sources supplémentaires d’approvisionnement énergétiques sont nécessaires. Mais l’énergie nucléaire n’est pas une solution. Les centrales au (bio)gaz constituent, par exemple, une option moins coûteuse, plus sûre et plus durable. Elles ne sont toutefois qu’une solution provisoire.

La question technique du stockage énergétique occupe une place centrale dans l’évolution vers un approvisionnement en énergie renouvelable à 100 %. Les technologies de l’hydrogène peuvent être utilisées à cette fin. Il ne s’agit pas d’un projet chimérique. L’île néerlandaise de Goeree-Overflakkee applique déjà ces techniques dans l’objectif de devenir climatiquement neutre et d’approvisionner le port de Rotterdam en énergie verte d’ici 2020. En Belgique, l’hydrogène est certainement la meilleure piste à suivre pour assurer la transition énergétique. Si le VOKA et la N-VA continuent à défendre l’énergie nucléaire, ce n’est donc pas pour des raisons techniques, mais pour protéger les bénéfices d’Electrabel.

Et le « thorium » ?

On évoque de plus en plus le « thorium » dans le débat sur l’énergie. II s’agit d’une substance pouvant produire de l’uranium par l’absorption de neutrons lents. Selon ses défenseurs, les réacteurs au thorium seraient plus petits et plus sûrs et ne produiraient pas de déchets nucléaires. Ses défenseurs les plus optimistes affirment toutefois qu’il faudra encore au moins 10 à 15 ans avant que ces réacteurs soient opérationnels en Belgique (certains prétendent même que ce ne sera pas possible avant 2050). Et d’ici 2030, nous devrons avoir diminué nos émissions d’au moins  65 %… En outre, le thorium étant également une ressource limitée, nous devrons tôt ou tard adopter les énergies renouvelables. Une autre piste est celle de la fusion nucléaire, pour laquelle un réacteur expérimental est construit à Marseille. Ce dernier, par ailleurs très coûteux, ne devrait pas non plus être en service avant 2050. Le Parlement européen vient d’approuver l’octroi de 6 milliards d’euros de subventions à cette fin. Or, si l’on investit dans le thorium ou la fusion nucléaire, on n’investit pas dans les énergies renouvelables ni dans les technologies de l’hydrogène permettant le stockage énergétique.

Par Jos D’Haese, le 11 février 2019

https://www.solidaire.org/articles/l-energie-nucleaire-pas-sure-pas-durable-et-beaucoup-trop-couteuse

Fév 11

RÉSEAU SORTIR DU NUCLÉAIRE : APPEL À MOBILISATION

  J – 1 mois avant le lancement de notre campagne 2019

              1er temps fort – Du 10 mars au 26 avril :

 Appel à actions – ni prolongation, ni nouvelle installation

En janvier, le Gouvernement a publié le dossier qui servira de base à la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), texte qui fixera le cap en matière énergétique : la « petite loi énergie » décalera de 10 ans la baisse de la part du nucléaire. Prolongation de nombreux réacteurs au-delà de leur durée de fonctionnement initialement prévue, appel à des projets de « nouveau nucléaire », tentatives d’EDF SA d’acheter des centaines d’hectares de terres agricoles autour des centrales, projet de laverie du linge contaminé et de méga-piscine de combustibles irradiés : le gouvernement et EDF SA préparent la relance de la filière nucléaire, sous couvert de lutte contre le changement climatique.

Plus que jamais, en 2019, un sursaut est nécessaire pour empêcher la prolongation d’usines vétustes et de réacteurs dangereux et bloquer des nouveaux projets économiquement et écologiquement absurdes. C’est pourquoi à partir du lundi 11 mars, le Réseau « Sortir du nucléaire » lancera une nouvelle campagne nationale déclinable à l’échelle locale et à laquelle vous serez pleinement associé.e.s.

Le mot d’ordre est clair :

Ni prolongation, ni nouvelle installation !

En 2019, le nucléaire NON c’est NON !

Le premier rendez-vous sur le terrain sera celui des Mobilisations de printemps, entre le 10 mars et le 26 avril. Plusieurs temps forts se succèderont ensuite tout au long de l’année. Pour faire vivre cette campagne et bloquer très concrètement les prolongations et les nouveaux projets sur le terrain, mobilisons-nous tous ensemble et passons à l’action : autour de centrales nucléaires, d’usines ou dans les zones pressenties pour de nouveaux projets, proposez vos idées d’action entre le 10 mars et le 26 avril et pour le reste de l’année 2019. Désobéissance civile, happenings, actions sur le web, interpellations d’élus, pétitions, rassemblements, conférences, projections…

Ensemble, cultivons la complémentarité des formes de lutte et soyons créatifs !

> J’ai déjà une action clé en main, je l’inscris à l’agenda

> Je partage mes idées d’actions, mes souhaits et mes envies

> Vous voulez intégrer une liste d’échanges
avec des groupes et militants actifs pour mettre en œuvre ensemble cette campagne ?

Envoyez un mail à : campagnes@sortirdunucleaire.fr

Idées d’actions et actions déjà prévues

. Le 10 mars, à Paris, un rassemblement aura lieu sur  la Place de la République, pour commémorer l’accident de Fukushima, faire le point sur les enjeux de la filière nucléaire en 2019 et exiger du Japon comme de la France qu’ils sortent du nucléaire

. À partir du 12 mars, vous aurez la possibilité d’organiser des projections-débats du film Retour à la normale, pour informer et susciter des actions contre la prolongation des réacteurs de plus de 40 ans, en particulier ceux du Tricastin (Drôme) et du Bugey (Ain), qui passeront leur 4ème « visite décennale » en 2019 et en 2020. Une tournée est d’ores et déjà prévue en Rhône-Alpes en compagnie de la réalisatrice.

. Et du 23 au 27 mars, un faux convoi de combustible avec de vrais militants et des infos fraîches sillonnera les routes de Chinon à Flamanville, pour mobiliser les habitant.e.s de la région et empêcher le démarrage de l’EPR, prévu début 2020 (plus d’infos à venir).

https://www.sortirdunucleaire.org/

Fév 11

DÉCHETS RADIOACTIFS : TROIS EXPERTISES LANCÉES AVANT LE DÉBAT PUBLIC

Lors de sa séance du 6 février, la Commission nationale du débat public (CNDP) a décidé d’engager trois expertises préalables à la tenue du débat sur le nouveau plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), qui doit couvrir la période 2019-2021. Elles porteront sur l’analyse des possibilités d’entreposage à sec des combustibles radioactifs, l’état des lieux à l’international du stockage géologique profond des déchets radioactifs, et l’analyse des jeux d’acteurs et des intérêts économiques autour du nucléaire en France.

La CNDP se dit « particulièrement attachée » à ce que ce débat public soit l’occasion « d’une pleine information de nos concitoyens » et qu’il permette « la participation effective sur un sujet trop souvent préempté par des experts« . Cette annonce devrait mettre du baume au cœur de Greenpeace qui a publié le 30 janvier les conclusions d’un rapport d’experts internationaux sur les déchets nucléaires et qui préconise un entreposage à sec des déchets à faible profondeur plutôt qu’un stockage en couche géologique profonde.

Le calendrier du débat public, dont l’organisation avait été décidée en avril 2018, était en tout état de cause déjà retardé pour plusieurs raisons : la signature tardive de la convention financière permettant le financement du débat par le gouvernement, la publication le 25 janvier, seulement, du projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la nécessité que le maître d’ouvrage complète son dossier par des fiches mettant en avant les enjeux environnementaux et sanitaires du plan, et, enfin, l’attente des conclusions du Grand débat national. La CNDP demande aussi que la synthèse de « l’excellent travail de clarification des controverses« , réalisé par la commission particulière chargée de mener le débat, soit joint au dossier soumis au public.

Au final, le débat, qui a déjà été repoussé à plusieurs reprises, n’aura pas lieu avant le 15 avril. Un nouveau report, lié à la période de réserve précédant les élections européennes, n’est pas non plus à exclure.

Par Laurent Radisson, journaliste, Rédacteur en Chef délégué aux marchés HSE

https://www.actu-environnement.com/contact/laurent-radisson/

Fév 11

BLUE PEACOCK, OU QUAND L’ANGLETERRE A VOULU CRÉER DES MINES NUCLÉAIRES TACTIQUES

Après la Seconde Guerre Mondiale, alors que l’Europe était en pleine reconstruction et que les États-Unis et l’URSS commençaient à se craindre mutuellement, dans un climat de guerre froide, les états-majors européens étaient de plus en plus inquiets à l’idée d’un éventuel assaut soviétique sur le vieux continent.

Comme le rappelle Popular Mechanic, c’est ainsi qu’en 1954 le Royaume-Uni a eu l’idée d’installer sur le sol allemand des mines nucléaires qui seraient chauffées par des poules. Oui vous avez bien entendu !

Le but était de freiner les Soviétiques en cas d’une attaque par l’Europe de l’Ouest.

Une mine d’une capacité d’un 1/2 fois la bombe d’Hiroshima

Après avoir subi les interminables bombardements de la Luftwaffe pendant la guerre mondiale, l’Angleterre était prête à tout pour empêcher la marche de l’Union soviétique sur l’Europe de l’Ouest. Il fallait donc mettre au point une arme suffisamment puissante pour freiner nette l’armée soviétique.

En 1954, le Royal Armament Research and Development Establishment a ainsi mis au point une arme terrifiante ayant pour nom de code : Blue Peacock.

Blue Peacock était la combinaison d’une mine et d’une ogive nucléaire. Il était constitué d’un cylindre métallique de deux mètres de diamètre à l’intérieur duquel se trouvait une bombe atomique similaire au Blue Danube, un engin utilisé par la Royal Air Force en 1955. L’ensemble pesait environ 7 tonnes et pouvait produire une détonation équivalant à la moitié de la puissance de la bombe d’Hiroshima. Enterrée à 10 mètres de profondeur, chaque mine était en effet capable de produire une détonation de 10 kilotonnes, laissant un cratère de 195 mètres de diamètre. Sans compter qu’après l’explosion, toute la zone deviendrait radioactive.

L’état-major britannique était tellement convaincu de la puissance destructrice de Blue Peacock qu’il en commanda 10 exemplaires en 1957.

En les faisant passer pour des générateurs, l’idée était de les faire parvenir en toute discrétion aux troupes anglaises stationnées en Allemagne de l’Ouest. En cas d’invasion imminente russe, l’armée anglaise devait enterrer ou submerger les mines nucléaires en Allemagne. L’explosion pouvait être programmée jusqu’à 8 jours à l’avance, et l’activation pouvait se faire à près de 5 kilomètres de distance. De quoi freiner sans risque une éventuelle attaque de l’URSS.

Des poules pour couver les mines

Si Blue Peacock était très intéressant d’un point de vue stratégique, un problème majeur subsistait cependant : le grand froid de l’hiver. En effet, pendant l’hiver le sol pouvait devenir particulièrement froid, au point de rendre défaillants les composants électroniques des mines enterrées. Il fallait donc trouver une solution pour contrer ce problème. Plusieurs méthodes furent étudiées, comme par exemple envelopper les bombes dans des couvertures isolantes. Mais une méthode particulièrement remarquable fut également suggérée pour protéger les mines du froid du sol : placer des poulets vivants à l’intérieur de l’engin.

Les poulets seraient placés à l’intérieur du boîtier avec de l’eau et de la nourriture; de quoi leur permettre de survivre environ une semaine. L’idée était de pouvoir maintenir les composants de la mine à une température de fonctionnement grâce à la chaleur corporelle des poulets. Cette proposition était tellement bizarre que lorsque le dossier Blue Peacock a été déclassifié le 1er avril 2004, les gens ont pensé que c’était un poisson d’avril.

Mais Tom O’Leary, responsable de l’éducation et de l’interprétation au National Archives, a répondu aux médias que : « cela peut sembler être un poisson d’avril, mais ça n’en est certainement pas un. L’armée ne fait pas de blague. »

En fin de compte Blue Peacock ne sera jamais utilisé, le ministère de la Défense britannique ayant ordonné son démantèlement en février 1958. Les raisons étaient qu’il n’était pas envisageable de planter des mines nucléaires chez un pays allié sans le prévenir, sans compter les risques de radioactivité incontrôlables et la taille trop imposante de l’engin. Pourtant deux prototypes de Blue Peacock furent construits, l’un d’entre eux étant exposé désormais au musée de l’Atomic Weapons Establishment, au Royaume-Uni.

Par Youssouf, le 10 février, 2019 at 22:48

http://www.fredzone.org/blue-peacock-ou-quand-langleterre-a-voulu-creer-des-mines-nucleaires-tactiques-887

NDLR : une telle irresponsabilité me fait penser à Clemenceau qui, en 1887 écrivait : « La guerre ! C’est une chose trop grave pour la confier à des militaires. » (ndlr : et la paix non plus !)

Fév 11

L’IRAN EST PRÊT À RENFORCER SES CAPACITÉS D’ENRICHISSEMENT DE L’URANIUM, SELON LE PORTE-PAROLE DE L’AGENCE NUCLÉAIRE IRANIENNE

TÉHÉRAN, 10 février (Xinhua) — L’Iran est prêt à renforcer ses capacités de production d’uranium enrichi, a déclaré dimanche Behrouz Kamalvandi, porte-parole de l’Organisation de l’énergie atomique d’Iran (OEAI).

« En vertu d’un décret du Guide suprême iranien et de l’importance que le directeur de l’OEAI attache à cette question, le pays est désormais prêt à faire monter ses capacités d’enrichissement de l’uranium à 190 000 unités de travail de séparation (UTS)« , a indiqué M. Kamalvandi, cité par Press TV.

En juillet 2018, Ali Akbar Salehi, directeur de l’OEAI, avait déjà annoncé que l’Iran avait mis en place une usine destinée à produire les rotors utilisés dans les centrifugeuses de pointe, afin de faire monter la capacité de production d’uranium enrichi du pays à 190 000 unités de travail de séparation (UTS).

Cette usine est en mesure de produire environ 60 centrifugeuses IR-6 par jour, avait indiqué M. Salehi.

L’UTS est la mesure standard de l’effort requis pour séparer les isotopes de l’uranium au cours du processus d’enrichissement. Une UTS est équivalente au travail de séparation d’un kilogramme d’uranium.

C’est le Guide suprême de la Révolution islamique d’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, qui a initialement ordonné à l’OEAI de faire passer ses capacités de production à 190 000 UTS.

Dimanche, M. Kamalvandi a déclaré que l’Iran était également prêt à faire monter la pureté de son uranium enrichi à 20 %.

En vertu de l’accord international sur le nucléaire de 2015, qui a mis fin au programme nucléaire controversé de l’Iran, Téhéran a accepté de réduire à 3 % le degré de pureté de son uranium enrichi.

Les signataires de l’accord sur le nucléaire ayant échoué à honorer leurs engagements, l’Iran a cependant commencé à dresser des plans pour redessiner le réacteur à eau lourde d’Arak, a précisé M. Kamalvandi.

Suite au retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire, en mai de l’année dernière, et à la remise en vigueur subséquente des sanctions américaines contre Téhéran, l’Iran a appelé les pays encore membres de l’accord à prendre des mesures pour protéger les intérêts économiques iraniens promis par l’accord.

Si les signataires ne parviennent pas à garantir les avantages que Téhéran est supposé retirer de cet accord, l’Iran a menacé de réexaminer son adhésion au traité.

French.xinhuanet.com, publié le 11 février 2019 à 06h12

http://french.xinhuanet.com/2019-02/11/c_137811396.htm

 

Fév 11

LA NEUTRALITÉ CARBONE EN 2050, UN OBJECTIF AMBIGU

Le projet de loi énergie-climat, présenté jeudi 7 février au Cese, remplace la division par quatre des émissions par la neutralité carbone en 2050. Trop flou ? La porte ouverte aux techniques controversées de capture et de stockage de carbone ? En réalité, ce n’est pas dans ce changement que se dissimulent les renoncements les plus graves.

On dit que le diable se cache dans les détails. Depuis les premières fuites du projet de loi sur l’énergie dans la presse, jeudi 7 février dans l’après-midi, journalistes et spécialistes du secteur scrutent le texte à la recherche d’un éventuel tour de passe-passe. La notion de « neutralité carbone » en 2050, qui remplace le précédent objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990, concentre toutes les interrogations.

La loi sur la transition énergétique (LTE) de 2015 fixe un certain nombre d’objectifs de long terme : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % en 2030 puis les diviser par quatre en 2050 par rapport à 1990, baisser la consommation d’énergies fossiles de 30 % en 2030 par rapport à 2012, réduire la part du nucléaire à 50 % du mix électrique en 2025 (contre plus de 70 % aujourd’hui) et augmenter celle des énergies renouvelables à 40 % en 2030. Mais en novembre 2017, s’appuyant sur un scénario de RTE, l’ancien ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot annonçait qu’il serait « difficile de tenir le calendrier » des fermetures de réacteurs nucléaires sans ouvrir de nouvelles centrales thermiques – et donc augmenter les émissions de gaz à effet de serre. Un an plus tard, en novembre 2018, le président de la République Emmanuel Macron, le Premier ministre Édouard Philippe et le successeur de M. Hulot, François de Rugy, dévoilaient le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la nouvelle échéance pour la réduction de la part du nucléaire dans le mix : 2035.

Mais le gouvernement ne peut pas s’accorder des largesses de calendrier en ignorant la loi. D’où ce nouveau texte « énergie – climat », présenté jeudi au Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui vise à modifier quatre objectifs de la LTE, à défaut de les respecter :

  • La réduction de la part du nucléaire à 50 % du mix électrique, auparavant prévue en 2025, est reportée à 2035 ;
  • La consommation énergétique finale ne sera réduite que de 17 % en 2030 par rapport à 2012, au lieu des 20 % prévus ;
  • La consommation énergétique primaire des énergies fossiles baissera plus vite que prévu, de 40 % en 2030 par rapport à 2012 au lieu de 30 % ;
  • Enfin, l’objectif de division par quatre des émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 1990 est remplacé par un objectif de « neutralité carbone » à cette même date. Dans l’exposé des motifs de la loi, cette neutralité carbone est définie comme « l’atteinte de l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et les absorptions anthropiques (c’est-à-dire les absorptions par les écosystèmes gérés par l’homme tels que les forêts, les prairies, les sols agricoles et les zones humides, et par certains procédés industriels, tels que la capture et le stockage de carbone) ».

« La neutralité carbone n’est définie nulle part dans le droit »

Ce changement n’inspire que méfiance à Me Arnaud Gossement, avocat spécialiste en droit de l’environnement. Il déplore le remplacement d’un objectif chiffré précis par une notion plus floue : « La neutralité carbone n’est définie nulle part dans le droit. Pas même, contrairement à ce que prétend le gouvernement, dans l’accord de Paris sur le climat. L’article 4 de l’accord ne crée qu’une sorte d’obligation de reporting entre les États, pas quelque chose que vous pouvez invoquer devant un tribunal. » Il aurait préféré que l’objectif cardinal de cette loi soit plus clair, dans la mesure où il est censé orienter tous les textes subalternes – plan de rénovation énergétique des bâtiments, PPE, etc. « Le ministre de la Transition énergétique et solidaire a indiqué sur Twitter que cet objectif correspondait à une division par huit des émissions. Pourquoi ne pas l’avoir formulé ainsi dans le projet de loi ? »

L’avocat craint un tour de passe-passe qui consisterait à continuer d’émettre tranquillement les gaz responsables du changement climatique, en se disant qu’on les compensera – éventuellement plus tard : « Ce n’est pas du tout la même chose de s’engager à réduire physiquement ses émissions de gaz à effet de serre par quatre, et de s’engager à les compenser par des absorptions sans forcément les baisser. La neutralité est un équilibre ; c’est-à-dire que même si vous avez un niveau élevé d’émissions, du moment que vous les compensez, c’est bon. » Il s’alarme de l’évocation des techniques de capture et de stockage de carbone en préambule du texte : « C’est une technique industrielle qui coûte cher, que Total a expérimenté dans son gisement de gaz de Lacq dans les Pyrénées-Atlantiques. Le problème, c’est que ça ne marche pas. Et quand l’État échouera à atteindre la neutralité carbone dans quelques années, il se déresponsabilisera et incriminera des techniques qui ne sont pas mûres et des industriels qui n’ont pas suffisamment travaillé dessus. »

« Tous les scénarios de neutralité carbone du Giec prévoient des réductions importantes d’émissions »

Mais l’avocat est l’un des seuls à formuler une critique aussi virulente. Nicolas Berghmans, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri), salue un « signal politique fort » envoyé avec l’inscription de la neutralité carbone dans la loi. Il relativise le risque que le gouvernement mise sur la compensation des émissions plutôt que sur leur réduction. « Tous les scénarios du Giec qui mènent à la neutralité carbone présentent des réductions importantes d’émissions, observe-t-il. Il ne faut donc pas forcément lier la neutralité carbone à un relâchement de la contrainte sur les efforts à fournir. »

Car les puits de carbone ont un potentiel limité. On en distingue deux sortes : naturels – les forêts, les sols, les écosystèmes côtiers – et industriels – les techniques de séquestration de carbone. « Pour que les puits naturels puissent absorber les émissions, il faut qu’ils soient correctement gérés. Or, partout dans le monde, on continue de dégrader ces écosystèmes, ce qui réduit leur potentiel de séquestration », dit M. Berghmans. Quant aux procédés industriels, « ils en sont encore au stade de la recherche et du développement et posent de nombreuses questions techniques, économiques et environnementales ». Exemple avec la bio-energy with carbon storage (BECS), une technique d’émissions négatives qui consiste par exemple à planter des forêts pour qu’elles captent du CO2 atmosphérique au cours de leur croissance, puis à les brûler en captant le CO2 émis avant de le stocker dans le sous-sol : « Elle pose un problème de soutenabilité. Certains scénarios établissent que si on la déployait massivement pour atteindre la neutralité carbone, il faudrait lui consacrer 20 à 35 % des surfaces agricoles mondiales ! »

 

Au ministère de la Transition écologique et solidaire, on se dit stupéfait par la polémique causée par cette inscription de la neutralité carbone dans la loi. « L’objectif de neutralité carbone en 2050 avait été annoncé à l’occasion du plan climat, en juillet 2017. Pour nous, c’était évidemment une amélioration de l’ambition », explique-t-on à Reporterre. Cet objectif devrait être atteint en réduisant fortement les émissions de gaz à effet de serre, « à 80 millions de tonnes contre 560 millions en 1990. C’est plus ambitieux que la division par quatre [prévue par la LTE] ». De fait, c’est ce que prévoit le scénario de référence (p. 18) inscrit dans le projet de Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) présenté en décembre 2018. La réduction des émissions de gaz à effet de serre atteindrait alors plus de 87 %, au lieu des 75 % prévus dans la LTE.

Dans ce scénario, l’achat de crédits carbone étrangers est exclu, mais la capture et le stockage de carbone sont effectivement présentes à la marge : 6 millions de tonnes contre 380 millions de tonnes supprimées d’ici 2050. En 2050, « elles permettraient d’éviter environ 6 millions de tonnes de CO2 par an dans l’industrie et de réaliser annuellement une dizaine de millions de tonnes d’émissions négatives sur des installations de production d’énergie à partir de biomasse (BECSC) » (p. 27). « Nous n’avons pas pour projet de recourir massivement à des technologies de stockage dont on ne connaît pas encore la viabilité, et pas davantage de couvrir la moitié de la France de forêts, ce serait impossible. D’ailleurs, dans la SNBC, on insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de techniques très satisfaisantes », assure-t-on néanmoins au ministère.

Quant à inscrire l’objectif de division par huit des émissions d’ici 2050, « on n’y a pas pensé. Maintenant, il est trop tard. Mais les députés pourront travailler sur ce point lors du débat à l’Assemblée », prévu au début du deuxième trimestre.

« Un vrai renoncement à une démarche globale de transition énergétique

Yves Marignac, porte-parole de l’association NégaWatt, dénonce lui aussi une « mauvaise polémique, même si elle traduit un vrai malaise » : « Le facteur 4 était insuffisant, il fallait renforcer cet objectif. La neutralité carbone est effectivement l’objectif à atteindre pour être dans les clous de l’accord de Paris, et c’est plutôt un bon objectif. » Mais il regrette que le projet de loi ne soit pas plus précis sur les objectifs de réduction des émissions et de compensation : « Les proportions entre les deux ne sont pas précisées. Cela ouvre la porte à de futures SNBC où, faute d’être dans la bonne trajectoire de réduction des émissions, on mise sur les techniques de capture et de stockage de carbone. » Selon lui, la façon la plus simple de remédier à ce flou est d’assortir dans le texte un objectif chiffré de réduction des émissions à l’objectif de neutralité carbone.

Ce qui l’inquiète davantage, ce sont les autres modifications – report de la date de réduction de la part du nucléaire et réduction de l’ambition en matière de baisse de la consommation énergétique. « Plutôt que de miser sur un effort de réduction de maîtrise de la consommation énergétique, qui permettrait de basculer à terme vers 100 % d’énergies renouvelables, le gouvernement mise sur la substitution des énergies fossiles par des électricités décarbonées. C’est un vrai renoncement à une démarche globale de transition énergétique, fondée sur la sobriété, l’efficacité et les énergies renouvelables, et une faveur accordée aux voitures électriques et au nucléaire. »

Pour Anne Bringault, du Réseau action climat (Rac) et du Réseau pour la transition énergétique (Cler), s’il est important de s’intéresser aux objectifs de long terme, il faut aussi se préoccuper des années à venir. « Cela fait deux ans que nos émissions sont en hausse alors qu’elles auraient dû baisser. On n’est pas du tout sur la bonne trajectoire », s’alarme-t-elle. Le recul sur l’objectif de baisse de la consommation énergétique est selon elle un très mauvais signal, dans un contexte où le logement est un des secteurs les plus énergivores et que « la rénovation énergétique est un véritable enjeu. Alors que le coût de l’énergie va augmenter et qu’un nombre croissant de ménages est en situation de précarité énergétique, il est urgent de prendre des mesures fortes comme interdire progressivement la location des passoires énergétiques ». Autre chantier qui ne souffrira pas d’attendre 2050, le soutien aux territoires dans la transition : « En Allemagne, pour accompagner la sortie du charbon, l’État a mis 40 milliards d’euros sur la table. En France, les contrats de transition ont suscité beaucoup d’espoir mais ne fonctionnent pas, faute de moyens financiers. »

Par Emilie Massemin (Reporterre) le 11 février 2019

https://reporterre.net/La-neutralite-carbone-en-2050-un-objectif-ambigu

Fév 11

BELGIQUE : SORTIE DU NUCLÉAIRE EN 2025: PIETER DE CREM N’EXCLUT PAS UNE « PÉRIODE D’EXCEPTION OU UNE PROLONGATION »

Le ministre de l’Intérieur Pieter De Crem (CD&V) ne juge pas réaliste une sortie complète du nucléaire en 2025, a-t-il affirmé dimanche sur le plateau du Zevende Dag (VRT).

« Tous les indicateurs me disent que la consommation augmentera à un point tel que nous aurons de toute façon besoin d’une période d’exception ou d’une prolongation. Si ces centrales nucléaires peuvent fermer, je dirai ‘c’est bien’. Mais tout le débat sur l’énergie nucléaire, sur la nouvelle génération de centrales nucléaires, il semble qu’on ne puisse pas le tenir parce que ça n’arrange pas ceux qui manifestent dans la rue. Pour moi, tout doit pouvoir être ouvert à discussion« , a commenté M. De Crem. Son parti le CD&V est quant à lui partisan de la sortie du nucléaire en 2025. Le président du parti, Wouter Beke, l’a encore répété la semaine dernière.

Mais Pieter De Crem juge l’échéance intenable. Il se dit « écoréaliste«  et argue que la transition énergétique ne doit pas trop peser sur les plus faibles revenus. Le concept d’écoréalisme est régulièrement utilisé par la N-VA, mais le ministre réfute qu’il s’aligne ainsi sur la position des nationalistes flamands. La sortie du nucléaire en 2025 est établie dans une loi de 2003. Elle a été confirmée en 2015 ainsi que – plus récemment – par le gouvernement Michel au printemps dernier.

Publié le dimanche 10 février 2019 à 16h10

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_pieter-de-crem-ne-croit-pas-en-une-sortie-complete-du-nucleaire-en-2025?id=10141980

Fév 10

SORTIR DU NUCLÉAIRE BUGEY : « ON SAIT BIEN QU’ON NE FERMERA PAS LA CENTRALE »

L’association a prévu plusieurs actions dès le mois de mars.

L’association Sortir du nucléaire (SDN) Bugey a tenu son assemblée générale, samedi, à Pérouges. Deux mauvaises nouvelles ont secoué la séance : la future mise en service d’une plateforme (selon l’association) qui gère des déchets nucléaires (en provenance notamment de Bure, dans le Meuse) et la candidature à l’EPR.

Deux mesures qui allongent la durée de vie de la centrale. « On remet les compteurs à zéro », selon Jean-Pierre Collet, secrétaire général de SDN.

L’association a prévu plusieurs actions dès le mois de mars pour les 10 ans de la catastrophe de Fukushima.

Retrouvez l’interview du secrétaire général de Sortir du nucléaire Bugey dans nos éditions du dimanche 10 février.

Publié le 09/02/2019 à 18h40

https://www.leprogres.fr/ain-01/2019/02/09/sortir-du-nucleaire-bugey-on-sait-bien-qu-on-ne-fermera-pas-la-centrale

Fév 10

LA FRANCE EFFECTUE UNE SIMULATION D’UNE FRAPPE À L’ARME NUCLÉAIRE

Vendredi, l’Administration Trump avait déclaré qu’elle suspendait le respect du traité sur les Forces nucléaires de portée intermédiaire (FNI) avec la Russie. Trois jours après, ce lundi après-midi, l’armée française a organisé une répétition générale pour une frappe nucléaire.

Le lendemain, le ministère de la défense a fait état de la simulation dans une brève déclaration de trois paragraphes. L’opération a duré 11 heures et comprenait «toutes les phases» de ce que l’on a appelé une «mission de dissuasion nucléaire», à l’exception de la détonation d’une véritable ogive nucléaire.

Un avion de combat Rafale équipé d’un missile de croisière à capacité nucléaire décolle de la base aérienne 113 de Saint-Dizier, à environ 200 kilomètres à l’est de Paris. L’avion a effectué des vols à haute altitude; des ravitaillements en vol à moyenne altitude; et enfin une partie à haute vitesse à basse altitude afin de s’entraîner à échapper aux systèmes de défense antiaérienne; l’avion a fini par tirer son missile sur une cible d’un champ d’essai à Biscarrosse, dans le sud-ouest de la France.

En minimisant le lien entre l’exercice et l’effondrement du traité nucléaire américano-russe, le gouvernement français affirme dans sa déclaration que l’État prépare de telles opérations «bien à l’avance» et il les mène «régulièrement». Que cela soit vrai ou non, la décision d’annoncer l’exercice était un signe délibéré pour indiquer clairement que l’État français se prépare à la guerre nucléaire.

Ces préparatifs de guerre sont une conspiration impliquant les plus hauts échelons de l’appareil militaire et étatique, élaborée entièrement dans le dos de la classe ouvrière.

La population n’est informée de rien. Il s’est réveillé mardi en apprenant que les militaires avaient répété une attaque nucléaire. Mais aucune des questions les plus évidentes n’est abordée: contre qui l’armée française se prépare-t-elle à utiliser l’arme nucléaire? Quelles villes ou quels pays envisage-t-il de détruire? Combien de millions ou de dizaines de millions, selon lui, mourraient dans un tel conflit? Aucune de ces questions n’est soulevée, car la classe dirigeante sait qu’une majorité écrasante de la population s’oppose la guerre.

La France possède environ 300 ogives nucléaires, ce qui en fait la troisième puissance nucléaire au monde, derrière les États-Unis et la Russie, qui en possèdent chacun environ 6.500 et 6.800. Le gouvernement français n’a pas testé d’arme nucléaire depuis 1996, date à laquelle un essai nucléaire dans le Pacifique sous la direction de Jacques Chirac a provoqué un tollé dans la population.

Dans un contexte de tensions militaires et géopolitiques croissantes entre les grandes puissances mondiales, les classes dirigeantes européennes, menées par la France et l’Allemagne, se préparent rapidement à la guerre. Jusqu’à présent, les puissances européennes se sont alignées sous l’égide de l’OTAN sur la confrontation agressive des États-Unis contre la Russie et la Chine. Mais la classe dirigeante exige de plus en plus que l’Europe soit prête à agir indépendamment des États-Unis et à s’opposer à eux pour protéger ses propres intérêts impérialistes.

Au lendemain de l’exercice nucléaire, la ministre française de l’armée de terre, Florence Parly, a pris la parole devant le gouvernement portugais et les militaires à Lisbonne et a déclaré que l’Europe devait s’armer pour des guerres d’une ampleur sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

«Notre continent est en paix depuis soixante-dix ans», a-t-elle dit. «Mais, aujourd’hui plus que jamais, cette paix ne doit pas être tenue pour acquise. Nous faisons face à des menaces croissantes». (NDLR : nous en sommes une nous-mêmes !)

L’Administration Trump, a mis en cause la Russie et a répété des affirmations totalement infondées de selon lesquelles Moscou avait violé le traité FNI. Parly, au nom de l’État français, a ajouté: «N’oublions pas les défis apparemment plus lointains de l’Asie» et «la montée de la Chine», qui «remettait en cause l’ordre fondé sur des règles».

L’«ordre fondé sur des règles» fait référence au système d’alliances, dominé par les États-Unis. C’est avec ce système que les puissances impérialistes européennes et américaines ont maintenu leur domination depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est la croissance économique de la Chine en particulier qui perturbe maintenant ce système.

Parly a déclaré que si «l’OTAN est aujourd’hui, et restera, la pierre angulaire de la défense collective du continent européen… nous devons néanmoins faire plus par nous-mêmes». L’Europe doit être «capable d’assurer sa propre sécurité, d’être prête à agir chaque fois que ses intérêts sont en jeu — parce que nous en avons les capacités, une évaluation partagée et une volonté commune».

Une telle «volonté» veut dire surmonter les sentiments antiguerre profonds parmi les travailleurs et les jeunes. Les gouvernements doivent «expliquer à nos citoyens ce que nous faisons», a-t-elle dit, et «convaincre nos citoyens des avantages d’une ‘Europe qui protège’».

Parly a pris soin de formuler son appel pour que l’Europe en fasse «plus par nous-mêmes» dans le cadre d’une réponse à Trump d’être de «meilleurs alliés» avec les États-Unis. Toutefois, elle et les classes dirigeantes Européennes sont clairement orientées vers le développement d’une position plus indépendante. Cela fait suite aux déclarations du président Emmanuel Macron en novembre dernier, dans lesquelles il appelait à la construction d’une «véritable armée européenne». Le but exprimé de Macron était que les Européens puissent «se protéger contre la Chine, la Russie et même les États-Unis».

Macron a également annoncé une augmentation des dépenses militaires nucléaires de 3,9 milliards d’euros en 2017 à 6 milliards d’euros par an en 2025 dans le cadre d’une modernisation majeure de ses installations nucléaires.

La préparation de la France à une guerre nucléaire démontre la fraude de toutes les prétentions selon lesquelles les puissances impérialistes européennes représentent une sorte de contrepoids plus bienveillant, moins brutal et agressif aux États-Unis. Leur propre effort de guerre va de pair avec une austérité brutale contre la classe ouvrière supervisée par l’Union européenne: on renforce les pouvoirs de la police; on développe des forces d’extrême droite sur tout le continent; et on attaque les immigrants et les réfugiés.

L’Allemagne est également en train de remilitariser et d’augmenter ses dépenses militaires. En juillet dernier, le Welt am Sonntag, un grand journal national allemand a publié en première page l’image d’une bombe nucléaire, peinte aux couleurs du drapeau allemand, avec le titre: «Avons-nous besoin de la bombe?» (et répondant par l’affirmative).

Ces préparatifs de guerre s’accompagnent d’une campagne idéologique systématique pour réhabiliter les crimes passés des puissances impérialistes européennes.

En Allemagne, l’Alternative pour l’Allemagne néo-fasciste définit désormais la ligne de la politique officielle. Elle a été promue par l’État et les forces de sécurité, et ses politiques anti-immigrés ont été adoptées par l’establishment politique. Sa croissance a été facilitée par des universitaires d’extrême droite comme Jorg Baberowski, de l’Université Humboldt, qui ont travaillé pour justifier et relativiser les crimes des nazis.

En France, Macron a récemment salué le maréchal Philippe Pétain, chef du régime fasciste de Vichy qui a collaboré à l’occupation nazie, comme un «grand soldat».

L’auteur recommande également:

La droite allemande exige des armes nucléaires «d‘extermination massive» [31 juillet 2018]

Par Will Morrow le 9 février 2019

(Article paru d’abord en anglais le 8 février 2019)

NDLR : nos 2 plus grands défis à ce jour : la paix et le climat

https://www.wsws.org/fr/articles/2019/02/09/frap-f09.html

Fév 09

LA TERREUR D’ÉTAT CONTRE LA RÉSISTANCE ANTINUCLÉAIRE : UN MESSAGE DE ROBIN, VICTIME DE LA BARBARIE NUCLÉARISTE

Un message touchant de Robin dont la cheville a été broyée par une grenade un 15 août 2017 en manifestant pacifiquement contre l’enfouissement des déchets à Bure (CIGÉO). Tout ça parce qu’un gendarme a cru bon d’appuyer sur la gâchette de son lanceur de grenade alors qu’ils n’étaient absolument pas en danger. C’était pour le pouvoir ses premiers tests de répression violente contre toute contestation. En 20 ans, jamais un policier n’a été licencié ou enfermé pour avoir tué ou mutilé. Soutenons cette lutte essentielle durement réprimée par un état totalitaire.

 » Salut tout le monde ! Et voilà, grosse opération à 8h ! Au menu : le chirurgien enlève les restes de la greffe foutue du pied, il me prend 2 morceaux d’os dans le bassin, il les greffe dans le pied sur le 1er et le 2ème métatarsien, et il pose deux plaques en métal vissé définitivement.

De nouveau, trois mois de plâtre, de sac poubelle pour la douche, de douleurs variées (au niveau du bassin et du pied), de piqûre quotidienne, pour ré-enchainer derrière sur des mois en centre de rééducation. Tout ça parce qu’un gendarme a cru bon d’appuyer sur la gâchette de son lanceur de grenade alors qu’ils n’étaient absolument pas en danger.

Depuis 17 mois, je suis victime au quotidien de l’ultra-violence de la répression de l’État français. Un État qui pour maintenir les aberrations et la barbarie du système capitaliste mondial n’hésite pas à :

. balancer des grenades et des balles qui crèvent les yeux,

. incarcérer des jeunes en devenir, des mères et des pères de famille pour des broutilles,

. couvrir les agents qui mutilent le peuple (en 20 ans, jamais un policier n’a été licencié ou enfermé pour avoir tué ou mutilé),

. pratiquer le mensonge de manière éhontée pour manipuler l’opinion publique,

. occulter tant qu’il le peut le scandale des crimes policiers, et celui des armes létales du maintien de l’ordre,

. réinventer jour après jour la novlangue pour manipuler l’opinion publique (Oui, le LBD et les grenades sont des armes létales)

Je remercie : ma mère pour toute son aide et toute ma famille pour tout son soutien, Juliette la mère de mes enfants, la famille de Juliette (Irène, Marc, Marie, Aline et Romain), mes enfants eux-mêmes pour le couvert du petit déjeuner et le bonheur qu’ils m’apportent au quotidien, mes amis qui m’aident énormément au quotidien et dans le combat, mes connaissances pour leur soutien et leur empathie, toutes les personnes qui de différentes manières m’ont soutenu jusqu’à aujourd’hui et notamment toutes les personnes qui m’ont offert cette voiture automatique qui m’a redonné beaucoup d’autonomie (à ce sujet une pensée particulière à Véronique, la mère de Rémi Fraisse, l’association des bouilles et les habitants de Gaillac)

Merci, merci, merci ! Sans vous ma vie serait un enfer, vous m’avez permis de garder cette belle relation avec mes enfants chéris, merci pour eux, aussi.

Pour finir je tiens à remercier aussi toutes les personnes qui donnent de leur temps et résistent contre l’infamie de ce système sans se soumettre à la terreur d’État et au chantage de la réussite personnelle. Les œillères ne font le bonheur qu’à court terme, tâchons de toutes les arracher ! Merci à toutes celles et ceux qui me suivront d’une manière ou d’une autre pour l’interdiction définitive des grenades et du lbd-40. La nécessité de ces armes est un mensonge supplémentaire, ce ne sont pas des armes de défense, elles ne servent qu’à terroriser le peuple (Pour cela, ils peuvent suivre le travail que je produis sur la page facebook « Grenades Flashball Interdiction« , la chaîne youtube  « Interdiction des grenades et du flashball » ou en s’inscrivant sur ma liste mail.

Force, chaleur et courage à tous !

Robin »

Publié le samedi 9 février 2019 à 08h50

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2019/02/09/La-terreur-d-Etat-contre-la-r%C3%A9sistance-antinucl%C3%A9aire-%3A-un-message-de-Robin%2C-victime-de-la-barbarie-nucl%C3%A9ariste

Fév 09

MENACE : CES NOUVELLES ARMES QUI RENDENT UNE GUERRE NUCLÉAIRE MOINS IMPROBABLE

De nouveaux types d’armes, tels que les missiles à double usage qui peuvent embarquer des charges nucléaires ou des charges conventionnelles, pourraient être confondus avec une arme nucléaire et provoquer une véritable frappe nucléaire en retour.

Atlantico : Selon une tribune de James Acton, du Carnegie Endowment for International Peace, le flou de plus en plus important entre les armes conventionnelles et les armes nucléaires augmenterait le risque d’un conflit atomique. Pouvez-vous rappeler ce que sont les armes à double usage ? Une arme à double usage utilisée avec une charge conventionnelle risque-t-elle d’être confondue avec une arme atomique, et donc de provoquer une riposte nucléaire?

Emmanuelle Maître : Une arme à double usage correspond à un système qui peut à la fois emporter une tête conventionnelle ou nucléaire. Il s’agit le plus souvent de missiles, sur lesquels différentes têtes peuvent être montées. Ces armes peuvent en effet être sources de confusion, car lorsqu’elles sont détectées en mouvement par un satellite ou un radar adverse, il n’y a aucun moyen de connaître la nature de la tête. Un État peut donc imaginer le pire et supposer qu’il est victime d’une attaque nucléaire. Cela peut l’inviter à engager à son tour une frappe nucléaire de représailles, sans même attendre que le missile retombe, pour être sûr de d’avoir les moyens de riposter. Ce type de posture, appelée en anglais « Launch-on-warning », symptomatique des films-catastrophes de la Guerre froide, n’a pas disparu de toutes les doctrines nucléaires des États dotés. Le danger des armes à double capacité est identifié depuis longtemps : ainsi, sous l’administration Bush, le Congrès américain avait refusé de convertir certains missiles nucléaires en armes conventionnelles intercontinentales pour justement limiter le risque de confusion.

: La Russie développe actuellement des armes laser anti-satellites, visant notamment les satellites américains. Pouvez-vous expliquer en quoi consistent ces armes, et comment elles peuvent accroître le risque de guerre nucléaire ?

EM : La Russie s’intéresse aux armes antisatellites depuis les années 1970. Le système Sokol Eshelon, qui date de l’ère soviétique, se base sur un laser aéroporté et serait entré dans une nouvelle phase de développement depuis 2012. Il existe cependant peu d’information à ce sujet.  La Russie possède également le système Nudol, qu’elle aurait testé plusieurs fois depuis 2015 et qui est une arme plus traditionnelle pouvant servir de défense antimissile mais également d’arme antisatellite. Quelle que soit la technologie employée, l’idée de s’en prendre aux satellites adverses est très séduisante au vu de la dépendance sans cesse croissante au spatial des forces armées et en particulier de l’armée américaine. Cela comporte cependant des risques. Les architectures spatiales américaines et russes sont en effet utilisées pour détecter et avertir lorsqu’un missile adverse est mis en action. Les deux États fondent leur système de riposte sur ces capacités d’alerte avancée. Si elles sont défaillantes ou jugées non-fiables, ils pourraient abaisser encore leur seuil d’alerte. Par ailleurs, une telle attaque pourrait laisser penser que l’adversaire cherche justement à mener une frappe nucléaire en profitant de l’incapacité de son adversaire à la détecter rapidement.

: Quel est l’état actuel de la menace de conflit atomique dans le monde et quels facteurs y contribuent? Comment désamorcer ce risque ?

EM : La menace de conflit atomique reste faible mais semble progresser en raison de plusieurs facteurs. Comme le remarque James Acton, certains développements technologiques comportent des risques dérivés. Ils sapent en effet la confiance que peut avoir un État nucléaire dans sa capacité à riposter à une première frappe. Cela peut le conduire à une posture plus risquée voire préemptive. Un problème majeur est lié aux cycles d’actions-réactions indirects. Ainsi, par exemple, le développement de capacités antimissiles par les États-Unis pour se protéger d’une éventuelle attaque nord-coréenne est perçu comme une menace par la Chine, qui va à son tour développer son arsenal en entraînant de nouvelles réactions. La situation actuelle est également rendue plus instable par l’absence de volonté politique de dialoguer entre principaux antagonistes et la disparition progressive de tout régime de maîtrise des armements : côté Russe, les multiples violations empêchent de croire à la sincérité de Moscou, côté américain, il y a une vraie réticence à toute mesure limitant ses capacités militaires. Par ailleurs, Pékin refuse de rentrer dans un véritable dialogue stratégique à ce jour. Enfin, il ne faut pas oublier les conflits a priori périphériques mais pouvant déboucher sur une confrontation nucléaire : en Asie du Sud ou au Moyen Orient.

https://www.atlantico.fr/decryptage/3565654/ces-nouvelles-armes-qui-rendent-une-guerre-nucleaire-moins-improbable-emmanuelle-maitre

Fév 09

UN FONDS DE PENSION SUÉDOIS ABANDONNE SES INVESTISSEMENTS DANS L’ARMEMENT NUCLÉAIRE

La quatrième société suédoise de fonds de pension, AP4, a annoncé aujourd’hui dans un communiqué de presse qu’elle se détachera des sociétés dédiées à la production des armements nucléaires telles que Airbus, Boeing et Raytheon. En juin de l’année dernière, AP4 a investi plus de 2,5 milliards de couronnes suédoises (environ 250 millions d’euros) dans des entreprises liées à l’industrie nucléaire.

Cette nouvelle fait suite à un changement de règles entré en vigueur le 1er janvier, selon lequel les fonds de pension doivent être gérés de manière « exemplaire » en termes d’investissement responsable et de propriété responsable.

Dans cette déclaration, l’entreprise a déclaré : « AP4 relève désormais ses ambitions en matière de développement durable sur la base de la nouvelle loi sur la gestion exemplaire des actifs et a décidé de se désengager des sociétés liées aux armes nucléaires et à l’industrie pétrolière ».

En outre, « AP4 considère qu’une interprétation exemplaire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) soutient la décision de ne pas investir dans des entreprises qui participent au développement d’armes nucléaires. AP4 estime que les améliorations et modernisations actuelles des systèmes d’armes nucléaires ne sont pas conformes à l’intention de désarmement à long terme exprimée dans le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires ».

Les militants antinucléaires suédois étaient ravis d’apprendre la nouvelle.

« Le désinvestissement dans les entreprises liées au nucléaire est un pas important vers un monde libre d’armes nucléaires. Chez ‘Médecins suédois contre les armes nucléaires’, nous travaillons depuis longtemps pour nous assurer que l’argent de notre retraite ne soit pas investi dans des armes de destruction massive, c’est pourquoi nous saluons cette décision », a déclaré Josefin Lind, Secrétaire général des Médecins suédois contre les armes nucléaires, dans un communiqué de presse.

Nous attendons à présent que l’AP1-3 suive les traces du Quatrième Fonds de l’AP en inscrivant sur une liste noire les investisseurs dans les armes nucléaires. Aujourd’hui, alors que les États nucléaires dépensent des milliards de dollars pour conserver leurs armes nucléaires plutôt que de les abolir, il s’agit d’une étape importante dans le travail de stigmatisation des armes nucléaires. Cela envoie également un signal important aux pays dotés d’armes nucléaires et aux autres investisseurs ».

Beatrice Fihn, directrice exécutive de la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), également d’origine suédoise, a salué la publicité sur Twitter.

Indépendamment de la justification du désinvestissement, il est clair que ce désinvestissement a un effet croissant sur les producteurs d’armes nucléaires, et c’est le résultat de l’accent renouvelé mis sur les conséquences humanitaires des armes nucléaires découlant des travaux du Comité international de la Croix-Rouge (prix Nobel de la paix 1917, 1944, 1963) et d’ICAN (prix Nobel de la paix 2017), qui ont notamment conduit à l’élaboration du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires en 2017.

La campagne « Don’t Bank on the Bomb » et le rapport annuel de l’organisation néerlandaise PAX se sont montrés de plus en plus fermes dans leur plaidoyer en faveur du désinvestissement dans les armes nucléaires.

https://www.pressenza.com/fr/2019/01/un-fonds-de-pension-suedois-abandonne-ses-investissements-dans-larmement-nucleaire/

Fév 09

RAPPEL : RENCONTRE DE MR NAOTO KAN AVEC LA CRIIRAD LE 18 FÉVRIER 2019 À VALENCE

Projection/débat à 20h, cinéma Le Navire

Mr NAOTO KAN était premier Ministre du Japon au moment du tsunami de mars 2011 et de l’explosion des réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi. Il doit alors faire face à une situation inédite, extrêmement complexe et que d’aucuns estimaient improbable.

Il a manifesté le désir de rencontrer la CRIIRAD et de visiter notre laboratoire. C’est ainsi que nous le recevrons, dans l’après-midi du 18 février 2019. Une conférence de presse sera organisée à l’issue, toujours à la CRIIRAD.

Mr Kan sera accompagné des distributeurs du film « Le couvercle du soleil » et du journaliste Kolin Kobayashi, correspondant du journal « Days Japan ». Michèle Rivasi participera également à cette rencontre.

La journée sera clôturée par la projection en avant-première du film « Le Couvercle du Soleil » du réalisateur Futochi Sato. Cette fiction, programmée en salles le 6 mars prochain, retrace la journée du 11 mars 2011 et des 5 jours suivants. Le gouvernement de l’époque, dirigé par Mr Naoto Kan, doit alors faire face à une situation critique, dans un contexte d’information chaotique. À l’issue de la projection, un débat aura lieu en présence de Mr Naoto Kan, de Kolin Kobayashi et des distributeurs du film. 

Prix de l’entrée : tarif normal, à régler directement au cinéma le Navire.

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

http://www.criirad.org/

Fév 08

REPORT DE L’ÉCHÉANCE DE RÉDUCTION DE LA PART DU NUCLÉAIRE : UNE « PETITE LOI » AUX LOURDES CONSÉQUENCES

Le projet de « petite loi énergie » destiné à acter – entre autres – le report à 2035 de l’échéance de réduction de la part du nucléaire vient d’être dévoilé. Annoncée de longue date, cette proposition de report est désastreuse tant sur la forme que sur ses conséquences.

Sur le principe, il est inacceptable que le gouvernement propose ainsi une nouvelle loi pour repousser l’échéance de 2025, qu’il a tout fait pour ne pas respecter, afin de pouvoir rendre légale une Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) actuellement hors des clous. Le décalage de cet objectif ne saurait être considéré comme du pragmatisme : au contraire, le gouvernement a fait preuve d’une inaction coupable et cédé face à EDF SA, qui a toujours ignoré l’objectif légal de réduction de la part du nucléaire à 2025 [1]. La lutte contre le changement climatique a bon dos pour justifier cette fuite en avant, au vu du retard de la France dans ce domaine.

Le décalage de cette échéance est lourd de conséquence. La PPE prévoit certes l’arrêt de 14 réacteurs d’ici 2035, mais surtout la prolongation des 44 autres au-delà de 50 [2], voire 60 années de fonctionnement. Cette décision est totalement irresponsable, alors que certains équipements, comme les cuves, ne sont pas conçus pour fonctionner plus d’une quarantaine d’années et que la situation financière d’EDF SA mène d’ores et déjà à effectuer des impasses sur la réalisation de nombreuses opérations de maintenance. Acter ce report à 2035, c’est imposer à la population des risques démesurés pour satisfaire les intérêts à court terme de l’industrie nucléaire.

Dangereux sur le plan de la sûreté, ce projet est aussi absurde sur le plan économique, puisque le maintien du nucléaire, couplé au développement des énergies renouvelables, aboutirait à une situation de surproduction. Il s’agirait donc de prendre un risque d’accident dans le seul objectif de prétendre exporter à nos voisins européens une électricité dont ils ne voudront sûrement pas ! (NDLR : ou petit prix !)

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce fermement cette fuite en avant et appelle d’ores et déjà les parlementaires à refuser le report de l’échéance de 2025.

Pour en savoir plus : https://www.sortirdunucleaire.org/Programmation-Pluriannuelle-de-l-Energie-des

Notes :

[1] On notera que dès 2017, EDF passait des appels d’offres pour le renouvellement des générateurs de vapeur de ses plus vieux réacteurs

[2] En raison du décalage des visites décennales, retard qui risque de se répercuter sur les autres visites décennales.

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : https://www.sortirdunucleaire.org/Report-de-l-echeance-de-reduction-de-la-part-du

Fév 08

LA CROIX-ROUGE ALERTE SUR L’USAGE D’ARMES NUCLÉAIRES

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) ont lancé aujourd’hui une campagne mondiale pour dénoncer le risque « croissant » d’utilisation d’armes nucléaires.

« LIRE AUSSI – La France simule une mission de dissuasion nucléaire »

« En cette période de tensions internationales croissantes, j’engage chacun à agir de toute urgence et avec détermination pour mettre fin à l’ère des armes nucléaires« , a écrit le président du CICR Peter Maurer dans un communiqué. Cette campagne, intitulée sansarmesnucleaires.org et accompagnée d’une vidéo (1mn51s, conseillée), a « pour but d’attirer l’attention du public sur les conséquences humanitaires catastrophiques qu’aurait une guerre nucléaire« , ont indiqué le CICR et la FICR.

Ces organisations, toutes deux basées à Genève, appellent aussi les « gens à demander à leurs gouvernements respectifs de signer et de ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires » alors que « le risque que de telles armes soient à nouveau utilisées va croissant« . À ce jour, 70 pays ont signé ce Traité, tandis que 21 l’ont ratifié ou y ont adhéré d’une autre manière. « Tout risque que des armes nucléaires soient utilisées est inacceptable. Le traité représente une lueur d’espoir et une mesure essentielle pour réduire le risque d’une catastrophe nucléaire« , a souligné Peter Maurer.

Cet appel intervient alors que les États-Unis et la Russie viennent de suspendre leur participation au traité de désarmement nucléaire INF, ce qui risque de relancer la course aux armements selon les experts. Ce traité, qui avait été conclu par l’URSS et Washington en 1987, pendant la Guerre froide, abolit l’usage des missiles terrestres d’une portée de 500 à 5500 km. Accusant la Russie de le violer, Washington a annoncé début février le lancement du processus de retrait du traité INF. La Russie a riposté le lendemain, suspendant à son tour sa participation à cet accord crucial.

Après la suspension du traité INF, l’avenir du traité START de réduction des arsenaux nucléaires, qui arrive à échéance dans deux ans, est également en question.

LIRE AUSSI :
« Le risque nucléaire de retour entre Washington et Moscou, mais aussi Pékin »

Par Le Figaro, publié le 08/02/2019 à 10h11, mis à jour le 08/02/2019 à 10h17

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/02/08/97001-20190208FILWWW00070-la-croix-rouge-alerte-sur-l-usage-d-armes-nucleaires.php

Fév 08

EN SECRET, LA FRANCE ET L’INDE VEULENT CONSTRUIRE LA PLUS GRANDE CENTRALE NUCLÉAIRE DU MONDE

Sur la côte occidentale indienne, à Jaitapur, la France et l’Inde projettent de construire ce qui serait la plus grande centrale nucléaire au monde. Alors qu’un grand secret entoure ce projet, les auteurs de cette tribune font état de leurs nombreuses préoccupations, notamment en matière de sûreté.

Cette tribune est une déclaration commune du réseau Sortir du Nucléaire (France), de DiaNuke.org (Inde) et Jan Hakka Seva Samiti (Inde)  Réseau Sortir du nucléaire, DiaNuke.org et Jan Hakka Seva Samiti

Le projet de construire la plus grosse centrale nucléaire au monde à Jaitapur, sur la côte ouest de l’Inde, depuis longtemps en discussion, est maintenant engagé dans une étape décisive. Électricité de France (EDF) a fait une proposition technico-commerciale en décembre dernier à son homologue indien, le NPCIL (Nuclear Power Corporation of India Limited). Cette négociation vise à fixer le prix pour les six EPR (European Pressurised Reactors) proposés, en précisant le rôle des diverses entités impliquées dans le projet de construction ainsi que les niveaux de responsabilité des deux parties si des accidents devaient se produire à l’avenir.

Il est déplorable que les deux gouvernements impliqués aient choisi de garder le secret le plus total concernant ces négociations cruciales, tout en multipliant les déclarations sur l’imminence de la signature du contrat et du début des travaux de construction. Nous, groupes de citoyens préoccupés par ce projet, demandons que l’offre faite par EDF au NPCIL soit rendue publique immédiatement. Étant donné que la sécurité et la vie de millions de personnes sont en jeu, ainsi que d’énormes investissements d’argent public, nous exigeons que l’ensemble de la négociation se fasse avec toute la transparence et la responsabilité qu’elle mérite.

Les nouvelles questions de sécurité et de réglementation ne peuvent être repoussées d’un revers de main

Avant d’avancer dans ces négociations, voici quelques préoccupations majeures à prendre en considération :

• Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis l’annonce du projet de Jaitapur en 2008. La catastrophe de Fukushima en 2011 a fait surgir de nouvelles questions de sécurité et de réglementation qui ne peuvent être repoussées d’un revers de main et doivent être prises en compte avec le plus grand sérieux.

• À la suite à la débâcle financière d’Areva, qui fut le premier porteur de ce projet, de nouvelles entités sont apparues et sont entrées dans le jeu sans aucune clarté sur leur rôle et leur responsabilité. À côté d’EDF pour la France et de General Electric pour les États-Unis, un certain nombre d’entreprises indiennes sont maintenant impliquées dans ce projet, sans avoir une quelconque expérience dans la construction de centrales nucléaires.

• Pendant cette même période, l’énergie nucléaire est devenue excessivement coûteuse et particulièrement non compétitive face aux alternatives reposant sur les énergies renouvelables. Un projet de la dimension de Jaitapur (six réacteurs EPR) ne pourra donc être envisageable sans un énorme apport de garanties et de subventions directes (et cachées) par le gouvernement indien. Une telle restructuration du projet ne peut se faire sans un large débat public cherchant à établir si un tel chantier mérite encore d’être réalisé dans un contexte maintenant très différent.

• De nombreux chercheurs indépendants et ex-politiciens indiens ont soulevé de sérieuses questions et réserves concernant la sécurité sur un site tel que celui de Jaitapur :

  • la faille sismique active découverte après l’annonce du projet ;
  • les réticences du gouvernement indien, depuis des années, à créer une autorité de sûreté nucléaire plus indépendante et plus forte telle que celle proposée depuis de longues années par le projet de loi sur la NSRA (Nuclear Safety Regulatory Authority) ;
  • l’absence de remise en cause de l’extension de l’autorisation environnementale qui avait été accordée en 2010 après une étude d’impact bâclée et une enquête publique frauduleuse ;
  • la nécessité d’avoir un audit approfondi sur les mesures d’urgence à envisager dans la région qui prenne en compte les impacts sociaux pour toutes les parties concernées.
  • Notons que le « réacteur de référence » proposé par EDF pour Jaitapur est l’EPR de Flamanville en France, à propos duquel l’Autorité de sûreté nucléaire française a souvent soulevé des problèmes de vulnérabilité sur des composants clés du réacteur, tels que la cuve. De plus, ce projet EPR de Flamanville n’a cessé, depuis le début du chantier, de cumuler de nombreux surcoûts et retards.

Le gouvernement indien n’a su répondre que par la répression des voix dissidentes 

À la lumière de toutes les inquiétudes évoquées plus haut, nous demandons que les négociations entre l’Inde et la France sur ce projet de Jaitapur soient suspendues tant qu’une consultation publique ouverte et démocratique n’est pas mise en place pour débattre sur ce sujet, et ce, autant en Inde qu’en France.

Dès l’origine du projet, les habitants de Jaitapur, des militants, des écologistes et des experts indépendants ont soulevé des questions cruciales auxquelles le gouvernement indien n’a su répondre que par la répression des voix dissidentes, en allant jusqu’à tuer des manifestants désarmés.

On ne peut permettre aux gouvernements (indien et français) de poursuivre la réalisation d’un tel projet alors que tant de questions concernant la sécurité des personnes et bien d’autres préoccupations demeurent sans réponse et que les conditions et les circonstances sont de moins en moins favorables à la réalisation d’un tel projet.

Au vu de ces enjeux, nous réclamons avec force et urgence aux gouvernements concernés de mettre fin aux négociations et de renoncer à ce projet suicidaire qui consisterait à implanter la plus grande centrale nucléaire du monde (six réacteurs de 1.650 MW) dans l’environnement écologique fragile de la région de Konkan en Inde.

À la lumière de tous les points soulevés ci-dessus, nous réitérons notre opposition sans équivoque au projet insensé de centrale nucléaire à Jaitapur. Celui-ci représente une menace inacceptable pour les communautés locales, sur leur environnement, leur sécurité et leurs moyens d’existence. C’est pourquoi nous demandons que ce projet soit simplement abandonné.

Publié le 8 février 2019 par Reporterre

https://reporterre.net/En-secret-la-France-et-l-Inde-veulent-construire-la-plus-grande-centrale-nucleaire-du-monde

Message de Reporterre aux lecteurs :

Puisque vous êtes ici…
… nous avons une faveur à vous demander. Il n’y jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés.
Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et laissons tous nos articles en libre accès, afin qu’ils restent consultables par tous. Reporterre dépend en grande majorité des dons de ses lecteurs. Le journal, indépendant et à but non lucratif, compte une équipe de journalistes professionnels rémunérés, nécessaire à la production quotidienne d’un contenu de qualité. Nous le faisons car nous croyons que notre point de vue, celui de l’environnement et de l’écologie, compte — car il est aussi peut-être le vôtre.

« Notre société a besoin d’un média qui traite des problématiques environnementales de façon objective, libre et indépendante, en restant accessible au plus grand nombre ; soutenir Reporterre est ma manière de contribuer à cette démarche. » Renan G.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1€, vous pouvez soutenir Reporterre – et cela ne prend qu’une minute. Merci. Soutenir Reporterre

Fév 08

NOUVEAU PROBLÈME SUR LE CHANTIER DU RÉACTEUR EPR DE FLAMANVILLE

EDF a signalé un « événement significatif » au gendarme du nucléaire après avoir échoué à éviter le renouvellement d’anomalies concernant le refroidissement du réacteur EPR en construction à Flamanville, a-t-on appris jeudi auprès de l’industriel.

« EDF a déclaré un événement significatif le 30 janvier 2019 auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire« (ASN) car « les actions correctives mises en œuvre » après la détection en 2017 de ces anomalies, n’ont « a priori pas permis d’éviter leur « renouvellement« , explique le groupe dans un communiqué diffusé sur le site internet de l’EPR de Flamanville.

Ces écarts concernent des « pompes de moyenne pression du système d’injection de sécurité (RIS) » sur un circuit qui « fait partie des systèmes de sauvegarde de l’EPR ayant pour fonction de « maintenir le refroidissement du circuit primaire« , selon le communiqué.

« Le 19 décembre 2018 un premier retour d’une expertise en usine a fait état d’écarts dans la fabrication ainsi que dans l’assemblage d’une pompe« , précise EDF dans son communiqué.

Des « actions sont engagés pour remettre en conformité les matériels et une analyse approfondie est en cours pour déterminer l’origine de ces écarts« , ajoute l’industriel.

« Bis repetita« , a commenté Sortir du nucléaire sur son site internet, ajoutant que la pompe se trouvait « sur un circuit essentiel au refroidissement et au ralentissement de la réaction nucléaire« .

Interrogé par l’AFP, l’ASN a précisé qu’EDF « communiquera sous deux mois à l’ASN une analyse approfondie de cet événement significatif« .

EDF de son côté a indiqué jeudi à l’AFP que « les équipes d’EDF et de ses partenaires industriels restent pleinement mobilisées pour réaliser le chargement du combustible au quatrième trimestre 2019 dans un objectif de coût de construction pour EDF à la date de mise en service maintenu à 10,9 milliards d’euros« .

L’industriel renouvelait ainsi ses déclarations publiées le 31 janvier, deux jours après l’évocation par l’ASN de la possibilité de nouveaux retards sur ce chantier en raison de problèmes de soudure.

Après de nombreux déboires, l’EPR, un réacteur de 1.650 MW, plus puissant que ceux en fonctionnement en France, cumule à Flamanville au moins huit ans de retard et son coût a plus que triplé.

Un réacteur nucléaire EPR construit à Taishan, dans le sud de la Chine, a en revanche été mis en service mi décembre.

AFP, paru le 07 févr. 2019 à 18h03

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nouveau-probleme-sur-le-chantier-du-reacteur-epr-de-flamanville-190207

Fév 08

CLIMAT, NUCLÉAIRE

Le projet de loi dévoilé aujourd’hui démontre une nouvelle fois le manque d’ambition de la France en matière de politique énergétique et climatique.

Neutralité carbone : trop tardive

Le rapport spécial du GIEC d’octobre 2018 rappelait l’urgence de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et l’ampleur des efforts nécessaires pour relever ce défi. C’est pourquoi la neutralité carbone doit être atteinte au plus tard en 2040, et non en 2050, comme le propose le gouvernement. Un objectif trop vague et trop éloigné qui ouvre grand la porte aux fausses solutions, comme les agrocarburants ou les procédés industriels de stockage du carbone.

Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne Climat à Greenpeace France : « Plus que les horizons lointains avancés par le gouvernement, nous avons besoin d’actions à court terme pour répondre à l’urgence climatique. Il est crucial que la France adopte en parallèle à la neutralité carbone une trajectoire plus ambitieuse de réduction de ses émissions de CO2. C’est dès maintenant que les efforts doivent démarrer ».

Nucléaire : un calendrier à risque

Reporter à 2035 l’objectif de réduction de la part du nucléaire aura des conséquences sur la sûreté et la sécurité nucléaire : “En se contentant de repousser les échéances nucléaires à 2035 sans gages supplémentaires en matière sûreté et sécurité nucléaire, le projet de loi énergie du gouvernement est une bombe à retardement” souligne Alix Mazounie, chargée de campagne Énergie à Greenpeace France.
Le gouvernement aimerait nous faire croire que repousser de 10 ans l’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité est une simple formalité. En réalité, cette décision aura des conséquences très graves pour la sûreté et la sécurité des installations nucléaires. La situation est déjà dramatique en 2019, qu’est-ce que cela donnera en 2035?  44 réacteurs encore en exploitation avec une moyenne d’âge de 49 ans, des équipements usés, des installations saturées et mal protégées face aux actes de malveillance, et toujours plus de déchets radioactifs qui s’accumulent. En clair, un risque d’accident et des coûts qui explosent”.

En 2018, le rapport de la Commission d’Enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires [1] alertait sur les points de fragilité du parc nucléaire. Pour Greenpeace, ses recommandations doivent figurer au cœur de ce projet de loi, notamment celles visant à renforcer et élargir les pouvoirs de l’Autorité de sûreté nucléaire.

Économies d’énergie : un recul inadmissible

Le projet de loi revoit également à la baisse l’objectif d’économies d’énergie. Un recul inacceptable alors qu’il s’agit d’un levier d’action majeur pour lutter contre la précarité énergétique et pour réduire la facture d’énergie des Français. Comme d’habitude, la France cherche surtout à justifier le maintien de sa production surdimensionnée d’électricité nucléaire plutôt que de s’engager dans une vraie transition énergétique basée sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables.

 [1] http://www.assemblee-nationale.fr/15/rap-enq/r1122-tI.asp

Contacts presse:

. Cécile Génot, 06 30 23 52 78

. Guillaumine Lickel, 06 73 89 48 90

Publié le 7 février 2019

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/loi-energie-reaction-de-greenpeace-france/

Fév 07

LE PRÉSIDENT IRANIEN LANCE UN APPEL EN FAVEUR D’UN MOYEN-ORIENT SANS ARMES NUCLÉAIRES

TÉHÉRAN, 6 février (Xinhua) — Le président iranien, Hassan Rohani, a lancé un appel mercredi en faveur d’un Moyen-Orient sans armes nucléaires, a rapporté Press TV.

« Notre slogan est ‘Un Moyen-Orient sans armes nucléaires et sans armes de destruction massive’. Nous sommes fermement attachés à cette position depuis 40 ans« , a affirmé M. Rohani, cité par la chaîne d’information iranienne.

Le président iranien s’est également clairement prononcé en faveur du retrait des forces étrangères de la région, ajoutant que leur intervention doit prendre fin.

Rohani a fait ces remarques lors d’une réunion avec des invités et des ambassadeurs étrangers dans la capitale iranienne, Téhéran, à l’occasion du 40ème anniversaire de la Révolution islamique iranienne.

French.xinhuanet.com | Publié le 2019-02-07 à 03:12

http://french.xinhuanet.com/2019-02/07/c_137803326.htm

Fév 07

LE GOUVERNEMENT RENONCE À DIVISER PAR QUATRE LES ÉMISSIONS DE GAZ À EFFET DE SERRE DE LA FRANCE

Dans son projet de loi énergie, que «Libération» s’est procuré, l’exécutif prévoit de remplacer la division par quatre des émissions de GES entre 1990 et 2050 par un objectif de neutralité carbone. Ce qui change tout.

Le gouvernement renonce à diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre de la France

Le gouvernement s’apprête à supprimer un objectif majeur de la politique énergétique et climatique de la France, pourtant inscrit dans la loi depuis les années 2000 : la division par quatre des émissions de gaz à effet de serre (GES) du pays d’ici 2050. L’article 1er du projet de loi (à lire ci-dessous) énergie que l’exécutif a adressé pour avis le 4 février au Conseil économique, social et environnemental (CESE), et que Libération s’est procuré, prévoit de modifier le code de l’énergie en replaçant les mots «de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et [2050]» par «d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon [2050]». Ce qui change tout.

Car en abandonnant le «facteur 4», un objectif inscrit dans loi de programmation fixant les orientations de la politique énergétique (Pope) de 2005, sous Jacques Chirac, confirmé en 2009 dans la loi Grenelle 1 sous Nicolas Sarkozy, puis dans la loi de transition énergétique de 2015, sous François Hollande, plus besoin de baisser drastiquement les émissions de GES du pays, donc sa consommation d’énergie. Désormais, si le projet de loi était adopté tel quel, la France pourrait continuer à consommer – voire gaspiller ? – de l’énergie et émettre des GES à foison. À condition d’atteindre la «neutralité carbone».

Bonne nouvelle pour les énergivores

Dans l’exposé des motifs joint à l’article 1er du projet de loi, l’exécutif précise que «dans les termes de l’accord de Paris [sur le climat, de 2015]», celle-ci «est entendue comme l’atteinte de l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et les absorptions anthropiques (c’est-à-dire les absorptions par les écosystèmes gérés par l’homme tels que les forêts, les prairies, les sols agricoles et les zones humides, et par certains procédés industriels, tel que la capture et le stockage du carbone)».

De quoi ravir l’industrie des énergies fossiles, qui présente régulièrement la capture et le stockage de carbone – des technologies pas encore au point du tout – comme une solution permettant de continuer à consommer des hydrocarbures, très émetteurs de CO2 et d’autres gaz à effet de serre. Voilà qui risque aussi de contenter EDF, lequel met en avant la «neutralité carbone» dans sa communication, le groupe ayant lui aussi intérêt à ce que la consommation d’énergie du pays ne baisse pas trop, ce qui l’obligerait à fermer davantage de réacteurs nucléaires que ce qu’il ne souhaite.

Reculs

L’article 1er du projet de loi énergie présenté au CESE prévoit d’ailleurs de revoir à la baisse le niveau total d’économie d’énergie du pays, pour le faire passer à «17% en 2030» par rapport à 2012, contre les 20% prévus aujourd’hui dans la législation. À la grande joie, sans doute, des secteurs du bâtiment et des transports, particulièrement énergivores.

À lire aussi 2015-2018, la période la plus chaude depuis le début des relevés météo

Comment justifier de tels reculs, en particulier l’abandon du «facteur 4» ? Dans l’étude d’impact associée au projet de loi, l’exécutif avance que «l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone nécessite un effort ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d’un facteur 4 (réduction de 75 % en 2050 par rapport à 1990), objectif actuellement défini par le code de l’énergie, à un facteur 8 environ (soit une baisse de 87,5%). Il y a donc lieu d’actualiser l’objectif défini au niveau législatif». Sauf que la définition de la neutralité carbone «n’existe dans aucun texte de loi, sauf dans l’accord de Paris qui n’a aucune valeur contraignante. Ce facteur 8 ne veut donc rien dire tel quel, ou alors mériterait d’être inscrit dans la loi, de la même façon que le facteur 4 l’était, avec un objectif chiffré et clair», décrypte une juriste.

Report à 2035 des 50% de nucléaire

Côté nucléaire, l’article 1 du projet de loi énergie confirme le report à 2035 de la réduction de la part de l’atome dans la production d’électricité à 50%, contre 2025 prévu par la loi de transition énergétique. «Réduire à 50% la part de nucléaire dès 2025 aurait nécessité de construire de nouvelles centrales gaz, en contradiction avec nos objectifs climatiques. Il est donc proposé de porter ce délai à 2035, permettant d’engager une transition réaliste et pilotée», justifie l’exposé des motifs, dans la droite ligne de ce qu’avait avancé Nicolas Hulot, alors ministre de la Transition écologique et solidaire, dès novembre 2017. Une autre disposition du projet de loi énergie prévoit, elle d’accélérer la baisse des consommations d’énergies fossiles à -40% en 2030 au lieu de -30%. Un point positif pour le climat, qui l’est moins pour les industriels du secteur.

Contacté par Libération, le cabinet du ministre de la Transition écologique, François de Rugy, a fait savoir que le texte du projet de loi énergie était «encore susceptible de bouger».

L’avis du CESE sur ce texte est attendu pour le 27 février. Le projet de loi devra ensuite être soumis au Conseil d’État pour avis, avant un passage en Conseil des ministres envisagé mi-mars. S’ensuivra alors un nouveau débat sur le nucléaire au Parlement, qui promet d’être houleux. Or il faudra d’abord voter cette loi avant de définir et d’adopter la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un texte majeur, aujourd’hui en cours de révision, qui définit la trajectoire que le gouvernement se fixe pour les dix prochaines années en matière énergétique. Ou comment repousser, encore et toujours, une réelle transition énergétique.

Par Coralie Schaub — 7 février 2019 à 15h26

Pour lire l’exposé des motifs et l’article 1 du projet de loi, cliquer sur:

https://www.liberation.fr/france/2019/02/07/le-gouvernement-renonce-a-diviser-par-quatre-les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-de-la-france_1707943

Fév 07

LE TOILETTAGE DU STATUT AMENDÉ SANS LES DEMANDES DE LA POLYNÉSIE SUR LE NUCLÉAIRE

La commission des lois du Sénat a adopté, mercredi à Paris, une soixantaine d’amendements au projet de toilettage du statut d’autonomie de la Polynésie française qui ne changent pourtant qu’à la marge le projet de loi organique présenté par le ministère des Outre-mer. Et surtout qui ne tiennent pas compte des points demandés par le Tapura dans son avis à l’assemblée sur la reconnaissance du fait nucléaire.

Malgré la « positive attitude » affichée par Édouard Fritch et sa majorité à chacune de leurs visites à Paris, le toilettage du statut d’autonomie de la Polynésie française ne ressemble toujours pas à la version demandée par le Tapura dans son avis voté à l’assemblée en fin d’année dernière. Mercredi, la commission des lois du Sénat a pourtant voté une soixantaine d’amendements au projet de toilettage du ministère des Outre-mer, mais sans lâcher sur les demandes les plus importantes du Pays notamment sur le nucléaire.

. Lire aussi : L’assemblée propose son toilettage, Paris arbitrera

Sur l’inscription du fait nucléaire dans le statut, en débat depuis plusieurs mois entre le gouvernement central et le gouvernement polynésien, on savait depuis un communiqué de la présidence il y a quelques jours que la dotation globale d’autonomie (DGA), la dette nucléaire, ne serait finalement pas « sanctifiée » dans le statut, comme demandé par le Pays.

La commission des lois du Sénat n’a pas non plus retenu le remboursement par l’État des sommes prises en charge par la CPS pour les soins aux victimes reconnues des essais nucléaires, ou encore le fait que l’État assure la « dépollution » de toutes les îles affectées par les essais nucléaires, y compris Tureia et Mangareva. La commission du Sénat s’en tient à la version du gouvernement central :

« La République reconnaît la contribution de la Polynésie française à la construction de la capacité de dissuasion nucléaire et à la défense de la Nation. »

«Les conditions d’indemnisation des personnes souffrant de maladies radio-induites résultant d’une exposition aux rayonnements ionisants dus aux essais nucléaires français sont fixées conformément à la loi. »

« L’État assure l’entretien et la surveillance des sites concernés des atolls de Mururoa et Fangataufa. »

« L’État accompagne la reconversion de l’économie polynésienne consécutivement à la cessation des essais nucléaires. »

La commission des lois a ajouté à cet article un alinéa anecdotique :

« L’État informe chaque année l’assemblée de la Polynésie française des actions mises en œuvre au titre de la présente section. »

. Lire aussi : Toilettage du toilettage : le Tapura veut graver la dette nucléaire dans le statut

Parmi les autres propositions notables faites par la majorité Tapura, il n’est toujours pas question de revenir sur la limitation des effectifs du gouvernement ou de donner la liberté au Pays de placer ses « fonds libres » comme il l’entend.

En revanche, on peut noter qu’un amendement déposé par le sénateur Mathieu Darnaud, rapporteur LR du texte, prévoit que les lois du Pays attaquées devant le Conseil d’État ne seront désormais plus suspendues que pendant un délai de trois mois, si la juridiction ne s’est pas prononcée.

Lire aussi : Le Tapura veut toiletter le toilettage du statut

Lire aussi : Paris ne change pas sa version du toilettage du statut

Une première lecture du projet de toilettage du statut de la Polynésie française en séance publique au Sénat est prévue au palais du Luxembourg, mercredi 13 février. Des amendements peuvent encore être déposés et défendus en séance et à l’Assemblée Nationale.

https://www.radio1.pf/le-toilettage-du-statut-amende-sans-les-demandes-de-la-polynesie-sur-le-nucleaire/

Fév 07

NUCLÉAIRE : TAMARII MORUROA ATTEND UN TITRE HONORIFIQUE SPÉCIAL POUR LES VÉTÉRANS

PAPEETE, 6 février 2019 – À moins d’une semaine de la prochaine réunion de la Commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires, l’association Tamarii Moruroa réitère auprès de l’État la demande d’une reconnaissance nationale spéciale pour les vétérans des centres d’expérimentation du Sahara et de Polynésie française.

« Nous estimons qu’il devient urgent que la République donne un signe« , explique Yannick Lowgreen, le président de l’association Tamarii Moruroa dans un communiqué adressé mercredi aux rédactions. « Et le signe fort que nous attendons de la nation, c’est la reconnaissance pour les vétérans des essais nucléaires français, car actuellement aucune reconnaissance digne de ce nom n’est accordée aux vétérans. »

Cette demande pour la création d’une « distinction spécifique de reconnaissance pour les personnels civils et militaires » impliqués dans l’aventure nucléaire française avait déjà été exprimée par l’association Tamarii Moruroa depuis 2008 et notamment dans plusieurs courriers adressés dernièrement au président de la République, en novembre 2017 et septembre 2018.

Une réponse de l’état-major particulier d’Emmanuel Macron, reçue le 4 janvier par l’association Tamarii Moruroa, rappelle que « ce sujet de la reconnaissance a également été porté par le rapport  » de la commission de cadrage de la loi Morin, créée par l’article 113 de la loi Égalité réelle outre-mer. Il est « actuellement étudié par les ministres compétents« , assure Jérôme Thellier, le commissaire en chef de 1ère classe dans l’état-major particulier du président Macron, signataire du courrier. « Le Cabinet du Premier ministre est chargé de coordonner l’examen attentif des propositions relatives aux mesures mémorielles et de reconnaissance faites dans ce rapport. »

Le rapport de la commission de cadrage de la loi Morin remis le 20 novembre dernier au Premier ministre, suggère au nombre de ses recommandations l’attribution d’une « médaille de reconnaissance de la nation spécifique » pour les anciens travailleurs du nucléaire et « préconise une attention très particulière des ministères concernés sur ces demandes de reconnaissance individuelle« .

Pour l’association Tamarii Moruroa, un tel titre de reconnaissance « serait attribué sous certaines conditions et aussi à titre posthume, ce qui permettrait à leurs proches et descendants de bénéficier des droits attribués (…) à savoir, soins gratuits pour le bénéficiaire et son conjoint ainsi que les enfants à charge« . Cette reconnaissance pourrait aussi, à l’instar du Titre de reconnaissance de la Nation (TRN), ouvrir droit en faveur de ses bénéficiaires à une pension semestrielle et à des facilités d’hébergement pour les personnes âgées.

Selon Yannick Lowgreen, cette distinction honorifique pourrait bénéficier à environ 40 000 personnes, parmi les vétérans des expérimentations nucléaires françaises au Sahara et en Polynésie. Une grande partie des vétérans étant déjà bénéficiaire d’un Titre de reconnaissance de la Nation, suite à leur engagement militaire dans un conflit armé. 

Le président de l’association Tamarii Moruroa présentera de nouveau cette demande le 11 février à Paris, lors de la 8ème réunion depuis 2010 de la Commission consultative de suivi des conséquences des essais nucléaires.

https://www.tahiti-infos.com/Nucleaire-Tamarii-Moruroa-attend-un-titre-honorifique-special-pour-les-veterans_a178930.html

Fév 07

SUISSE : MULTIPLES ERREURS HUMAINES À LEIBSTADT

Une hausse de la radioactivité a été observée à la centrale nucléaire de Leibstadt à un endroit où était entreposé un séparateur d’eau.

«De multiples erreurs humaines» à la centrale nucléaire de Leibstadt (AG) ont provoqué une hausse de la radioactivité à un endroit où était entreposé un séparateur d’eau. L’inspection fédérale de la sécurité nucléaire pose deux exigences à la centrale.

«De multiples erreurs humaines» sont apparues «dans l’ensemble du processus de travail de la centrale nucléaire de Leibstadt», a indiqué jeudi l’IFSN. La hausse de la radioactivité, de 0,06 millisievert (mSv) par heure à 2 mSv par heure a été constatée le 20 septembre dernier.

L’événement a été classé au niveau 1, 0 étant le plus bas, de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques INES. La centrale «s’est écartée de ses propres spécifications et normes opérationnelles et n’a réussi à garantir que partiellement l’assurance qualité de ses employés», souligne l’IFSN.

«Aucun effet»

L’IFSN constate que les mesures prises lors d’erreurs humaines antérieures n’ont eu «aucun effet». L’IFSN exige donc deux choses de la part de la centrale. Premièrement, elle doit analyser cet incident et expliquer pourquoi les mesures prises n’ont eu aucun effet. Les mesures devront être adaptées en cas de nécessité.

Deuxièmement, la centrale doit vérifier pourquoi un appareil de mesure de débit de dose n’a pas laissé entendre de signal d’avertissement acoustique lorsque la radioactivité a augmenté. Elle doit aussi établir l’importance de l’absence de ce signal pour le déroulement de l’événement.

Le 20 septembre dernier, la centrale de Leibstadt était en révision annuelle. Pendant cet arrêt de production, le séparateur d’eau a été retiré et déposé dans une piscine d’entreposage spéciale. En raison du mauvais fonctionnement d’une vanne de cette piscine d’entreposage, un joint d’étanchéité s’est rompu.

Protection affaiblie

Par conséquent, le niveau d’eau dans la piscine s’est abaissé et la protection contre le rayonnement assurée par l’eau a été affaiblie. Lorsque la centrale est en fonction, le séparateur d’eau se trouve au-dessus des éléments combustibles. Il sert à retirer l’eau contenue dans la vapeur montant depuis le cœur du réacteur.

Le 30 janvier, l’IFSN avait déjà révélé qu’un employé de la centrale de Leibstadt avait inscrit depuis 2016 des données dans des protocoles d’inspection sans avoir procédé aux tests appropriés. L’IFSN avait alors parlé «de grave erreur humaine» et souligné qu’une «telle falsification est absolument inacceptable».

Georg Schwarz, directeur adjoint et chef de la division centrales nucléaires de l’IFSN, constatait que «malheureusement, ce cas n’est pas isolé». «Il s’inscrit dans toute une série d’incidents à la centrale de Leibstadt dus à des erreurs humaines». «Des mesures doivent maintenant être prises pour améliorer durablement la culture de sécurité dans cette centrale». (ats/nxp)

Créé le 07.02.2019 à 14h51

https://www.24heures.ch/suisse/Multiples-erreurs-humaines-a-Leibstadt/story/10580829

Fév 07

LOIRE : LES AGRICULTEURS MOBILISÉS CONTRE UN PROJET D’EXPANSION DES CENTRALES NUCLÉAIRES

Trois des quatre centrales nucléaires situées le long de la Loire devraient augmenter leur surface. Les agriculteurs s’inquiètent des pertes de terres et de la hausse des prix du foncier agricole.

À l’entrée de Saint-Laurent-Nouan, près de Blois (Loir-et-Cher), une banderole alerte les visiteurs : « Non au rachat de terres agricoles par EDF, oui à la sortie du nucléaire. » En arrière-plan, les pavillons des salariés du géant de l’électricité, qui fait vivre plus de 1000 familles dans la région et, au loin, les panaches de vapeur d’eau des tours de refroidissement.

Depuis l’automne, EDF a missionné la Safer (Société d’aménagement foncier et d’établissement rural), pour une étude d’acquisition de terres agricoles autour de plusieurs sites nucléaires. Dans le Centre-Val de Loire, qui abrite quatre centrales, trois sont concernées, pour plus d’une centaine d’hectares chacune.

« Sur chaque site, EDF prévoit ni plus ni moins de rayer une exploitation de la carte », calcule Temanuata Girard, éleveuse et porte-parole de la Confédération paysanne, le syndicat agricole qui porte le fer contre ces extensions. À Chinon (Indre-et-Loire), 140 hectares (ha) de « bonnes terres, et même des vignes, sont ciblées », poursuit-elle. Ce qui aura un effet haussier sur le prix des terres, puisque EDF offrira sans doute plus que les 4000 à 6000 € l’hectare qui prévalent actuellement.

«La Safer n’est pas un agent immobilier !»

À l’automne, le réseau Sortir du nucléaire avait déjà alerté d’un projet autour de la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher) pour l’entreposage de déchets nucléaires dans une piscine à construire. EDF dit ne rien avoir décidé. L’entreprise dément également vouloir faire main basse sur les terres agricoles. Mais l’électricien reconnaît que, « comme tout industriel », il a des projets « non définis ». Il peut s’agir d’anticiper le retraitement des déchets, de prévoir des centrales solaires, mais aussi de construire un nouveau parking, comme à Cattenom (Moselle), indique en substance un porte-parole d’EDF. Ou de trouver de la surface pour un nouvel EPR (réacteur pressurisé européen) ? EDF répond qu’aucun choix n’est arrêté.

Plus que les projets, c’est la méthode et le manque de transparence qui heurtent les exploitants. « Ils ont missionné la Safer, qui est normalement un outil au service de l’installation et du développement des agriculteurs. Ce n’est pas un agent immobilier ! Même le préfet n’était pas au courant », déplore Yves-Marie Hahusseau. Carte en main, cet exploitant bio a calculé qu’il pourrait perdre 14 ha sur 112. « Je compte partir dans deux ans et transmettre à mon fils qui a 30 ans. Si je perds ces hectares, la pérennité de la ferme est menacée », dit-il.

La mobilisation prend parmi les agriculteurs, alliés ponctuels des écologistes. Des actions sont prévues. « Le nucléaire fait vivre beaucoup de monde dans nos communes rurales, mais il faut savoir si un jour ou l’autre on veut diminuer notre dépendance. C’est le moment de le montrer », lance cet ancien élu local. De son côté, la Safer en termine avec les enquêtes auprès des agriculteurs. Elle pourrait rendre son « étude de faisabilité » à EDF le mois prochain.

Par Stéphane Frachet, publié le 06 février 2019, 13h01

Photo : Yves-Marie Hahusseau, éleveur bio, craint de perdre 14 des 112 ha de son exploitation à cause du projet d’extension de la centrale nucléaire. LP/Stéphane Frachet

http://www.leparisien.fr/societe/loire-les-agriculteurs-mobilises-contre-un-projet-d-expansion-des-centrales-nucleaires-06-02-2019-8005452.php#xtor=AD-32280599

Fév 07

LES DÉMOCRATES CHERCHENT À PRIVER TRUMP D’ACCÈS AU «BOUTON ROUGE»

Le parti démocrate américain a l’intention de modifier la stratégie nucléaire du pays – c’est en tout cas ce que suggère l’initiative déposée à la Chambre des représentants préconisant à l’Amérique de perdre son droit de lancer en premier une frappe nucléaire en cas de conflit potentiel avec un autre État.

La présentation du projet de loi sur l’abandon par les USA du droit de lancer en premier une frappe nucléaire a pratiquement coïncidé avec les négociations multilatérales sur le régime de non-prolifération à Pékin, écrit le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

L’initiative en question a été avancée par la sénatrice Elizabeth Warren et le congressiste Adam Smith du parti démocrate.

«La nouvelle politique des États-Unis consistera à ce que les USA ne soient pas les premiers à utiliser l’arme nucléaire. La stratégie nucléaire actuelle n’est pas simplement obsolète, elle est tout simplement dangereuse», indique le communiqué conjoint des deux législateurs démocrates.

Le texte du projet de loi stipule que le «concept de dissuasion nucléaire doit être l’unique raison de l’existence d’un arsenal (nucléaire), et ce projet de loi réduirait la probabilité d’erreurs tout en préservant le leadership moral et diplomatique des États-Unis dans le monde». L’initiative, déjà présentée par Adam Smith en novembre 2017, est nécessaire selon ses auteurs pour réduire la menace à la sécurité nationale en supprimant la probabilité d’une erreur de calcul «nucléaire».

D’après le journal politique américain The Hill, le 44ème Président américain Barack Obama songeait à changer la politique américaine dans le secteur nucléaire, mais a ensuite abandonné cette idée: ses conseillers supposaient que les adversaires de l’Amérique seraient rassurés si elle se privait du droit de frapper en premier. Selon le Washington Post, le projet de loi de Warren et Smith a toutes les chances d’être adopté par la Chambre des représentants, qui est contrôlée par les Démocrates, mais risque de ne pas réunir le nombre de voix nécessaire au Sénat.

De plus, Donald Trump pourrait utiliser son droit de veto si les sénateurs décidaient tout de même de dire oui à ce projet de loi. Pendant la campagne de 2016, l’ex-candidate à la présidence Hillary Clinton et les Démocrates avaient mis l’accent sur le fait que le contrôle du «bouton rouge» ne pouvait pas être confié à Donald Trump, dont le tempérament pouvait le pousser à prendre des décisions irréfléchies.

Toutefois, la déclaration de la sous-secrétaire d’État américaine Andrea Thompson, qui a participé à la réunion des représentants du «quintet nucléaire» à Pékin consacrée aux différents aspects du régime de non-prolifération, indique que la doctrine américaine a peu de chance de devenir «végétarienne».

«Les USA doivent disposer de forces de dissuasion nucléaire modernes, fiables et durables», a-t-elle déclaré, tout en attirant l’attention sur le fait qu’actuellement le gouvernement américain ne travaillait pas à la création de nouveaux modèles d’armes de destruction massive. «Nous ne créons pas une nouvelle arme ni ne cherchons de cibles nucléaires sur la planète. Les États-Unis restent totalement attachés à leurs engagements en matière de non-prolifération de l’arme nucléaire», a ajouté Andrea Thompson.

La Russie était représentée à Pékin par le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov, qui a eu des pourparlers difficiles avec son homologue américaine sur le sort du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). «Nous n’avons pas avancé. Nous ne le constatons pas simplement avec regret, mais avec une profonde préoccupation pour le sort du traité, pour le sort de la sécurité internationale européenne, parce qu’à présent nous comprenons que commence l’étape suivante, la phase suivante, celle de la suspension par les USA de leurs engagements dans le cadre du traité FNI», a déclaré le diplomate russe à l’issue de l’entretien avec son homologue américaine.

D’après Sergueï Riabkov, lors des pourparlers Andrea Thompson n’a pas réagi aux préoccupations russes concernant le traité FNI. «Évidemment, il n’y a aucune réaction à nos revendications concernant les systèmes de lancement universels dans le cadre des dispositifs Aegis Ashore déjà déployés en Roumanie, et qui feront bientôt leur apparition en Pologne. Il n’y a aucun progrès non plus sur nos deux autres préoccupations: l’usage de missiles-cibles par les USA, dont les caractéristiques sont pratiquement identiques aux missiles de moyenne portée; et pas de progrès non plus sur les drones», a déclaré le vice-ministre russe.

La préservation du traité était importante pour la sécurité de l’Europe de l’Est. C’est pourquoi on ne peut pas dire que les alliés européens des USA soient satisfaits par la décision de Donald Trump de se retirer du traité. Ni par ses questions permanentes sur la suspension de la participation des USA à l’Otan dont parlent les sources anonymes de la Maison-Blanche. Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a déclaré à Bruxelles que l’Alliance devait se préparer à un «monde sans traité FNI», parce qu’il n’existe aucune chance de progrès. 

Selon les experts, le projet de loi de Warren et Smith reflète l’aspiration de longue date de l’establishment américain à restreindre les actions du Président américain. «La proposition [de renoncer à ce que les USA frappent en premier en cas de conflit] vise plutôt la doctrine de la politique étrangère américaine sur l’usage des forces stratégiques, qui parle des objectifs stratégiques des USA et de leurs actions dans différentes situations», a déclaré Iouri Rogoulev, directeur du Fonds d’études des USA Franklin Roosevelt auprès de l’université d’État Lomonossov de Moscou. Et de conclure: «Je ne pense pas qu’il s’agit du bouton rouge. Mais en proposant de tels projets liés à la politique stratégique, militaire ou étrangère, le Congrès cherche évidemment à imposer des limites qu’il sera plus difficile pour le Président de franchir.»

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Traduction de la presse russe (février 2019) (7) , publiée le 6 février 2019 à 20h15

https://fr.sputniknews.com/presse/201902061039919109-trump-bouton-rouge-frappe-nucleaire/

Fév 07

« L’ARCHITECTURE DE LA NON-PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE DE L’APRÈS-GUERRE FROIDE S’EFFONDRE »

En tuant le traité sur les missiles de portée intermédiaire, Trump et Poutine ont signé l’effondrement de l’architecture du désarmement nucléaire, analyse dans sa chronique Sylvie Kaufmann éditorialiste au « Monde »

Chronique. Qui l’eût cru ? Quiconque aurait spéculé, il y a seulement deux ans, que le président des États-Unis pouvait annoncer le retrait de son pays de l’OTAN dans son discours sur l’état de l’Union, serait passé au mieux pour un ignare béat, au pire pour un sous-marin de la propagande du Kremlin déguisé en expert de la télévision Russia Today.

Mais nous sommes en 2019, le président des États-Unis s’appelle Donald Trump et le QG de l’OTAN à Bruxelles est en plein émoi, au moment où l’Alliance atlantique s’apprête à fêter ses 70 ans. Une petite phrase, dont le New York Times s’est fait l’écho en janvier et qui a semé l’effroi dans les milieux atlantistes de Washington, aurait été entendue plusieurs fois dans le Bureau ovale ces derniers mois : « Et pourquoi pas quitter l’OTAN ? »

De quoi faire dresser sur la tête les cheveux de l’amiral James Stavridis – qui n’en a plus guère –, ancien commandant suprême de l’organisation transatlantique, pour lequel une telle décision serait « une erreur géopolitique de proportions épiques ». De quoi, aussi, alarmer suffisamment le Congrès pour que la Chambre des représentants vote, le 22 janvier, un texte permettant de bloquer toute tentative de la Maison Blanche de quitter l’OTAN.

Un paysage radicalement modifié

Plus de peur que de mal : le président Trump, qui n’aime pourtant rien de mieux que de dénoncer des traités qu’il n’a pas signés lui-même, s’est abstenu d’annoncer le retrait américain de l’OTAN dans son discours sur l’état de l’Union, mardi soir.

Mais c’est dans ce contexte d’extrême fragilisation des relations entre l’Europe et les États-Unis qu’il vient de suspendre pour six mois la participation de Washington au traité russo-américain sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI).

De fait, il signe l’arrêt de mort d’un accord que la Russie a d’autant moins d’intérêt à ressusciter qu’elle le viole allègrement. L’administration Obama, en son temps, avait déjà accusé Moscou de déployer de nouveaux missiles contrevenant au traité FNI ; une violation que les Européens, plus lents à vérifier, ont fini par confirmer.

La nouveauté n’est donc pas la dénonciation du traité elle-même, mais le paysage géostratégique radicalement modifié qu’elle met en lumière. Trois éléments marquent ce paysage.

C’est, d’abord, l’effondrement de l’architecture de la non-prolifération de l’après-guerre froide. Conclu en 1987 entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, au crépuscule du bloc soviétique, ce traité était un pilier du système de désarmement nucléaire des deux grandes puissances. De cette architecture, il ne reste plus que le traité New Start, qui limite le nombre d’ogives de longue portée, et qui expire en 2021. Les experts ne se bousculent pas pour prédire son renouvellement.

La Chine, la véritable menace

Cette architecture, à vrai dire, est largement dépassée. À la fin de la guerre froide, au tout début de la décennie 1990, la Chine prenait à peine son envol. Elle n’était pas encore un géant économique, ni une puissance militaire. Aujourd’hui, elle a tout le loisir – et aussi les moyens – de développer ses propres missiles de portée intermédiaire puisque, contrairement aux États-Unis et à la Russie, elle n’était pas liée par le traité FNI.

« Dans un monde de carnivores géopolitiques, les Européens sont les derniers végétariens », avertit Sigmar Gabriel, ancien ministre allemand des affaires étrangères

À l’aune de cette nouvelle répartition de la puissance nucléaire, le traité est donc obsolète. Il l’est aussi à l’aune de la perception, à Washington, de la véritable menace stratégique pour les États-Unis : aujourd’hui ce n’est plus la Russie, héritière affaiblie de l’Union soviétique, mais la Chine. C’est le deuxième marqueur.

Le troisième est l’asymétrie des systèmes de défense. Comme l’expliquent les chercheurs Bruno Tertrais et François Heisbourg, de la Fondation pour la recherche stratégique, la notion d’« équilibre » n’est plus la même que pendant la guerre froide, lorsque la parité stratégique entre les deux blocs était réalisée par une équivalence verticale, à chaque échelon d’échelles symétriques, en nombre de missiles déployés.

La situation aujourd’hui est plus complexe et l’armement plus diversifié. William Burns, ancien haut diplomate américain aujourd’hui président de la fondation Carnegie, soulignait, fin janvier, lors du Forum économique mondial de Davos (Suisse), « l’enchevêtrement croissant des technologies non nucléaires : le cyberespace, les avancées dans les systèmes de missiles et la technologie moderne conventionnelle ».

« Une maladie incurable »

Pour lui, cette complexité « pose d’énormes défis » à la diplomatie ; 2019, prédit-il, « pourrait être aussi lourde de conséquences pour l’ordre nucléaire que la période qui a suivi la crise des missiles de Cuba », en 1962. Comme Bruno Tertrais, William Burns pense que le démantèlement de cette architecture russo-américaine de maîtrise des armes nucléaires aura des effets négatifs sur deux autres efforts actuels de non-prolifération, portant sur l’Iran et la Corée du nord.

Une fois de plus, les Européens se retrouvent Gros-Jean comme devant. Pris de court par l’annonce, le 20 octobre 2018 par le président Trump, de la mort programmée du traité FNI, désemparés par la profonde crise du lien transatlantique, tétanisés à l’idée qu’une nouvelle rivalité de grandes puissances se fasse sur leur dos, ils ont attendu, en vain, un « plan B » de Washington.

À la veille de la conférence annuelle de Munich sur la sécurité, qui réunira, du 15 au 17 février, le gotha mondial de la défense, son président, Wolfgang Ischinger, a appelé l’Allemagne, la France et l’Union européenne (UE) à se réveiller, dans une interview au quotidien Handelsblatt. « Il faut regarder les choses en face, a-t-il dit. Nous sommes confrontés à une maladie incurable : l’effondrement du système international existant. »

Son compatriote Sigmar Gabriel, ancien ministre des affaires étrangères, lui, avertit : « Dans un monde de carnivores géopolitiques, les Européens sont les derniers végétariens. Sans le Royaume-Uni, nous deviendrons vegans. Puis une proie. »

Par Sylvie Kauffmann, publié le 6 février à 06h03

https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/06/l-architecture-de-la-non-proliferation-nucleaire-de-l-apres-guerre-froide-s-effondre_5419770_3232.html