Oct 23

GIRARDIN: LA FRANCE « ASSUME L’HÉRITAGE DES ESSAIS NUCLÉAIRES » EN POLYNÉSIE

Paris- La ministre des Outre-mer Annick Girardin a assuré mardi que la France assume « l’héritage des essais nucléaires » en Polynésie, tout en dénonçant la plainte déposée devant la Cour pénale internationale contre la France pour crimes contre l’humanité.

« C’est important de reconnaître le fait nucléaire, de travailler sur la dépollution des atolls, mais aussi d’être aux côtés des victimes le plus vite possible et c’est ce que moi je fais depuis que je suis arrivée« , a déclaré la ministre sur France 24, qui assure avoir « énormément avancé » sur la question de l’indemnisation des victimes.

Le leader indépendantiste polynésien Oscar Temaru a annoncé le 10 octobre à l’ONU avoir déposé une plainte au début du mois devant la Cour pénale internationale contre la France pour crimes contre l’humanité en raison des essais nucléaires en Polynésie
« On dénigre la France dans ce cas-là, c’est ce que fait monsieur Temaru parce qu’il n’a pas de vraie politique pour la Polynésie« , a critiqué la ministre.

Devant le sénat, elle avait déjà dénoncé le 11 octobre « le détournement des juridictions internationale à des fins politiques locales« , assurant que l’État français allait « se défendre et rappeler les faits« . 

« On travaille aujourd’hui avec une commission parlementaire sur l’indemnisation des victimes et d’ailleurs, on a repris l’indemnisation« , a poursuivi Mme Girardin mardi, tout en reconnaissant que « ça ne va jamais assez vite pour les victimes« . « Cette construction, on doit la faire avec les Polynésiens et le gouvernement prend toute sa part« , a souligné la ministre.

« On travaille aussi sur la création d’un lieu de mémoire, le président de la République se rendra lui-même dans le Pacifique en février ou mars et ces sujets seront abordés« , a-t-elle ajouté.

De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires français qui ont eu des effets sur la santé des populations et l’environnement. En 2010, une loi a instauré un dispositif d’indemnisation, mais il avait été jugé trop restrictif par des associations de vétérans touchés par des maladies radio-induites.

En Polynésie en février 2016, François Hollande avait reconnu l’impact sur l’environnement et la santé de ces essais et annoncé une amélioration du processus d’indemnisation.

Mardi 23 Octobre 2018 à 06:13

https://www.tahiti-infos.com/Girardin-la-France-assume-l-heritage-des-essais-nucleaires-en-Polynesie_a176155.html

Oct 23

NUCLÉAIRE : UNE ÉTUDE POUR RETRACER L’HISTOIRE DES ESSAIS EN POLYNÉSIE

PAPEETE, 22 octobre 2018 – Un programme de recherche sera conduit au cours des 26 prochains mois en Polynésie afin de retracer l’histoire politique des essais nucléaires français dans le Pacifique et mener des enquêtes de terrain pour enregistrer la mémoire orale des acteurs du CEP et des populations civiles. 

La convention relative à la mise en œuvre du programme de recherche « histoire et mémoire des essais nucléaires en Polynésie française » a été signée, lundi, à la présidence, par Édouard Fritch, président du Pays, et le professeur Nabila Gaertner-Mazouni, vice-présidente de la commission de la recherche de l’Université de la Polynésie française. Également présent : le professeur Eric Conte, directeur de la Maison des Sciences de l’Homme du Pacifique.

Ce programme de recherche doit être mené en prévision de la création d’un Centre de mémoire des essais nucléaires, en Polynésie française. La création d’un Institut d’archives, d’information et de documentation sur le fait nucléaire avait été annoncée par François Hollande en février 2016. Ce projet a été inscrit dans l’accord de l’Élysée et est aujourd’hui porté conjointement par l’État et le Pays.

En vue de la création de ce Centre de mémoire des essais nucléaires, le Pays a fait appel à la Maison des Sciences de l’Homme du Pacifique (MSHP), unité de recherche scientifique créée en partenariat entre l’Université de la Polynésie française et le CNRS, pour mettre en œuvre le programme de recherche intitulé « histoire et mémoire des essais nucléaires en Polynésie française ». Ces travaux sont susceptibles de favoriser la mise en lumière de faits historiques et la sauvegarde de la mémoire des Polynésiens.

Ce programme scientifique porté par la MSHP en collaboration avec le laboratoire CRESAT (EA 3436, Université de Haute-Alsace) se propose d’écrire l’histoire politique des essais nucléaires en Polynésie française et de mener des enquêtes de terrain pour enregistrer la mémoire orale des acteurs du CEP au sens large, qu’il s’agisse des vétérans polynésiens et métropolitains, mais aussi de populations civiles concernées par leurs fonctions ou par leurs lieux de résidence.

Le calendrier des travaux s’échelonne sur une période de 26 mois entre le 1er novembre 2018 et le 31 décembre 2020.

Le premier volet du programme de recherche, « comprendre« , vise à expliquer l’histoire des essais nucléaires en Polynésie française. L’objectif est de parvenir à une écriture documentée et impartiale de cette page de l’histoire. Pour cela l’accès à certaines archives sera sollicité.

Le deuxième volet du programme de recherche, « témoigner« , répond à l’ambition de constituer une banque de données de témoignages établie sur une base scientifique pour garantir la meilleure représentativité possible de la diversité des expériences vécues par les acteurs des essais nucléaires, dans l’ensemble de leurs positions fonctionnelle, sociale, géographique, etc.

La recherche confiée au CRESAT prévoit également, au terme du programme, l’organisation de rencontres scientifiques, de colloques et de journées d’études mêlant historiens, personnalités politiques, sociologues, géographes, juristes.

L’objectif de cette approche (« questionner« ) est de permettre l’appropriation par la société polynésienne des résultats de ces travaux.

Des travaux qui seront par ailleurs susceptibles de nourrir le futur Centre de la mémoire des essais nucléaires en Polynésie française, à travers la documentation mise à disposition du public, des salles d’exposition permanentes et d’éventuelles expositions temporaires.

Rédigé par Ti à partir d’un communiqué le lundi 22 Octobre 2018 à 13:28

https://www.tahiti-infos.com/Nucleaire-une-etude-pour-retracer-l-histoire-des-essais-en-Polynesie_a176134.html

Oct 23

RETOUR DU NUCLÉAIRE ? « LES CONS, ÇA OSE TOUT. C’EST MÊME À ÇA QU’ON LES RECONNAIT… »

Si Nicolas Hulot a claqué la porte, ce n’est pas à cause des chasseurs, ni même du glyphosate. C’est bien pire et c’est soigneusement planqué sous les enfumages genre Benalla, Aquarius, cambriolage légal chez Mélenchon. Il s’agit de la relance massive du nucléaire ! Une décision d’une extrême gravité qui sera, comme d’habitude, prise sans consultation de la population.

Fin octobre ou début novembre le gouvernement doit révéler sa feuille de route énergétique, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), jusqu’en 2028. Avec consultation du peuple, ou au moins de ses représentants ? Allons, allons, soyons sérieux ! Non, mercredi 24 octobre, Micmacron réunira à l’Élysée une trentaine d’entreprises et organismes de recherche. Le chef de l’État a notamment convié Patrick Pouyanné (Total), Jean-Bernard Lévy (EDF), Isabelle Kocher (Engie), Philippe Varin (Orano, ex-Areva), Xavier Huillard (Vinci) ou encore Martin Bouygues (Bouygues). Ces gens vont débattre de NOTRE avenir. Et cet avenir sera sous la menace apocalyptique de l’industrie nucléaire. Sur la table, ce sera six EPR supplémentaires ou – encore pire ! – la relance de la filière surgénérateur (Phénix, Superphénix).

Nicolas Hulot et Bruno Lemaire ont commandé un rapport sur le nucléaire. Les deux spécialistes chargés de ce rapport sont Yannick d’Escatha, ancien administrateur général du Commissariat à l’énergie atomique, et désormais conseiller du PDG d’EDF et Laurent Collet-Billon, chef de la direction générale de l’Armement de 2008 à 2017. Bonjour l’indépendance et l’honnêteté dans les choix ! On hallucine ? C’est pourtant vrai.

Ce coup de force sera enrobé de sauce « écolo ». Nos gouvernants vont brasser du vent à faire tourner toutes les éoliennes et arguer de la COP 21, des accords de Paris, de la lutte contre le changement climatique et patin coufin… Pour ce faire Macron et Philippe vont faire état d’un rapport du GIEC.

Le Groupement international d’experts sur le climat (le GIEC est une émanation de l’Organisation des Nations unies, « le machin » comme disait De Gaulle) confirme dans son nouveau rapport du 6 octobre 2018 que le nucléaire fait partie de la solution pour limiter le réchauffement climatique. Il l’avait déjà écrit dans son précédent rapport présenté le 27 septembre 2014. Les rapports du GIEC, toujours anxiogènes, devraient-ils être écoutés comme parole d’évangile (ou de coran ou d’upanishad, etc.) ? On peut ne pas être totalement convaincus… lien.

Le rapport sur le nucléaire qui a fait fuir Hulot estime donc que six centrales nucléaires EPR comme à Flamanville (Manche) devraient être construites. L’intérêt, disent-ils, serait de maintenir le savoir-faire de la troisième industrie française, qui emploie 200 000 salariés, ainsi que de remporter de nouveaux marchés. Un chantier comme celui de Flamanville a déjà englouti 10,9 milliards d’euros, en plus d’avoir cumulé des déboires techniques et je ne sais plus combien d’années de retard.

« Même si la mise en œuvre de ses recommandations n’était que partielle, elle (les préconisations de ce rapport – NDMoi) signerait l’arrêt de mort de la transition énergétique, détournant des sommes colossales des alternatives énergétiques et imposant la perpétuation du risque nucléaire », a de son côté déclaré Sortir du nucléaire, rappelant l’appel signé par dix ONG environnementales « à changer de cap« . Philip, lobbyiste d’Areva en meurt de rire !

Donc, les « spécialistes » choisis par le gouvernement Yannick d’Escatha (nucléocrate) et Laurent Collet-Billon (fabricant d’armes nucléaires) préconisent la relance de la filière nucléaire avec des EPR. Mais ces réacteurs sont basés sur des techniques dépassées. Derrière, d’autres nucléocrates voient plus loin : la relance de la filière des surgénérateurs à travers le projet Astrid.

Astrid, c’est joli comme nom, frais, pimpant, sexy, aguichant. Mouais… Astrid, c’est un phénix : « Phénix ». Le voilà prêt à renaître de ses cendres celui-là. Le pionnier des réacteurs au plutonium, en fonctionnement à Marcoule depuis 1973, a été définitivement arrêté en mars 2009. Phénix, c’était le prototype des surgénérateurs, le rêve de toutes les têtes d’œufs de l’industrie nucléaire : la bête produit plus de combustible qu’il n’en consomme, et fait de l’électricité ! Formidable non ? Mouais… Après l’enthousiasme des débuts, les surgénérateurs ont connu l’échec. Le bide de Superphénix est encore dans les mémoires. Mais ils pourraient connaître un retour en grâce. Grâce à… Astrid !

Astrid, c’est Superphénix qui change de nom, d’aspect probablement mais avec une base technique identique… Un sérieux inconvénient de cette filière provient du sodium, métal liquide qui s’enflamme spontanément au contact de l’air et de l’eau. On ne sait pas, à l’heure actuelle, éteindre un feu de plus de quelques centaines de kilos de sodium ! (À titre indicatif, il y en a 6 000 tonnes dans Super-Phénix). Mais ce sont des bricoles à côté du fait que les surgénérateurs fabriquent du plutonium, l’horreur intégrale.

Dans les « Phénix », « Superphénix » ou « Astrid », le plutonium (Pu) est « l’allumette » nécessaire à l’allumage de la réaction nucléaire des surgénérateurs qui fabriquent ensuite leur propre plutonium à partir de l’uranium. On peut aussi démarrer des surgénérateurs avec de l’uranium très enrichi en uranium dit « 235 » (U235) qui est le seul élément fissile encore disponible naturellement sur terre. Mais il ne représente que 0,7 % de l’uranium naturel et ne se fabrique pas. Au contraire, le plutonium est produit dans les réacteurs nucléaires classiques, et il se « régénère » avec les 99,3 % de l’uranium restant (uranium 238). Les ressources sont donc énormes se gargarisent les nucléocrates. Ben voyons.

Pour donner un peu de « pep » à la chose, à la différence des centrales nucléaires « conventionnelles », et à l’inverse de tout ce qui est déclaré par la propagande officielle, les surgénérateurs peuvent, par accident, faire explosion à la façon d’une bombe atomique. En effet, ils peuvent être le siège d’une réaction en chaîne dite « sur critique prompte en neutrons rapides », particularité que seule la bombe atomique possède également. La variété d’explosion atomique dont un surgénérateur peut être le siège porte le nom rassurant d ‘« excursion nucléaire ». Quels poètes ces nucléocrates ! La bombe Fat Man larguée sur Nagasaki par les États-Unis le 9 août 1945 utilisait une charge de 6,4 kg d’alliage plutonium-gallium. Mais il est en théorie possible de réduire la masse de plutonium nécessaire dans une arme nucléaire pour atteindre la criticité à moins de 4 kg moyennant une conception suffisamment élaborée. (Plutonium Wikipédia)

Ce plutonium est produit par l’usine de la Hague, mise en service en 1966 dans le but de fournir le plutonium nécessaire à la Bombe. Elle a la capacité de traiter 1 700 tonnes de « combustible usé » par an. Elle tourne actuellement autour de mille tonnes annuelles. Dans cette masse on pourra récupérer 1 % de plutonium, soit 10 tonnes annuelles. De quoi constituer la charge d’environ 1500 bombes atomiques. Chaque année ! Sympa, non ?

Bon, n’en jetons plus… Mais comment se fait-il que l’industrie nucléaire puisse se faire attribuer, sans que jamais l’avis de la population ne soit sollicité, des budgets toujours plus importants, en échange de belles promesses ? Et puisse laisser planer sur la France – et l’Europe – des risques apocalyptiques ? Elle est où la démocratie ? Dans la main des lobbies…

Décidément, comme disait Michel Audiart : « Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît… »

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https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/221018/retour-du-nucleaire-les-cons-ca-ose-tout-c-est-meme-ca-qu-les-reconnait

Oct 23

DIDIER ET PAULETTE ANGER: UNE VIE DE COMBAT CONTRE LE NUCLÉAIRE RÉCOMPENSÉE

Fondateur en 1975 du Crilan, Didier Anger a passé la main au printemps dernier. Dans l’ombre, son épouse Paulette a été de tous ses combats. Le couple va recevoir ce mercredi 24 octobre en Autriche un prix pour leur engagement contre le nucléaire. 

« J’ai un souvenir particulier », raconte Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace, « Dans les années 1985-1990, il y avait une sorte de traversée du désert du mouvement anti-nucléaire, qui était plutôt absent. Mais il y en avait deux qui étaient tout le temps là : Didier et Paulette Anger. »

Dans un courrier adressé au printemps dernier aux adhérents du CRILAN (le comité de réflexion, d’information et de lutte anti-nucléaire), son président, Didier Anger, annonçait: « Je suis un jeune de 79 ans… il était temps que je laisse cette responsabilité pour la pérennité de la lutte. » S’il passe la main, ses convictions, qu’il a défendues durant plus de 40 ans, demeurent. C’est justement cette vie d’engagement qui est distinguée ce mercredi 24 octobre à Salzbourg avec le prix « Lifetime achievement » remis par la fondation Nuclear-Free Future Award.

L’engagement, Didier Anger le connaît depuis la plus tendre enfance puisque son père était militant syndical. Mais son combat commence en 1970, quand le jeune professeur et son épouse sont mutés dans ce qui allait devenir l’une des régions les plus nucléarisées de France: le Cotentin. Le couple s’installe alors à Flamanville. Le projet de centrale est alors dans les cartons, tout comme l’extension du site de retraitement des déchets de la Hague. Le CRILAN voit le jour en 1975. Didier Anger en est le président.

Son combat, le Manchois l’a aussi mené dans les urnes. Membre fondateur des Verts, il a été député européen et conseiller régional. El les agences photographiques ne manquent pas de clichés du militant antinucléaire dans leurs archives. Mais nulle trace de Paulette. Et pourtant, comme le rappelait (plus haut) Yannick Rousselet, « il y en avait deux qui étaient tout le temps là : Didier et Paulette Anger ».  Comme le rappelle l’intéressée, « j’étais plutôt dans les dossiers, j’ai fait le secrétariat du CRILAN pendant quarante années, c’est quand même quelque chose« . La fondation Nuclear-Free Future Award l’a bien compris puisque c’est un couple et non individu qu’elle distingue ce mercredi 24 octobre.

Reportage de Rémi Mauger et Laïla Agorram
Intervenants:
– Paulette Anger
– Yannick Rousselet, Greenpeace France
– Didier Anger

Pour voir la vidéo (2mn03s) ; cliquer sur :

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/nord-cotentin/flamanville/didier-paulette-anger-vie-combat-contre-nucleaire-recompensee-1563114.html

Oct 23

ARMEMENT NUCLÉAIRE: TRUMP JOUE L’ESCALADE VERBALE

Donald Trump menace d’accroître l’arsenal nucléaire des États-Unis, dans la foulée du retrait américain d’un traité sur les armes nucléaires signé pendant la Guerre froide, et alors que Moscou estime que cela rendrait le monde plus dangereux.

La Russie « n’a pas adhéré à l’esprit de l’accord ou à l’accord lui-même« , a accusé lundi le président américain auprès de journalistes à la Maison Blanche. Il n’a pas précisé si un nouveau traité pourrait être négocié, mais a indiqué que les États-Unis développeraient ces armes à moins que la Russie et la Chine n’acceptent elles-mêmes d’arrêter de le faire.

« Tant que les gens ne seront pas revenus à la raison, nous en développerons. C’est une menace pour qui vous voulez. Et ça inclut la Chine, et ça inclut la Russie, et ça inclut quiconque veut jouer à ce jeu-là« , a-t-il pointé.

Trump a déclenché une tempête diplomatique samedi en annonçant sa décision de retirer les États-Unis du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) conclu en 1987 avec la Russie pendant la Guerre froide.

Le président américain s’est attiré la réprobation de plusieurs capitales, surtout Moscou.

« Des initiatives de ce genre, si elles sont mises en œuvre, rendront le monde plus dangereux« , a indiqué aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, disant attendre des « explications » de la part de Washington. La Russie « n’attaquera jamais personne en premier« , a-t-il aussi avancé.

–  Dialogue de sourds  –

Pékin a appelé de son côté les Américains à « y réfléchir à deux fois« , tandis que l’Union européenne estimait que Washington et Moscou devaient « poursuivre un dialogue constructif pour préserver ce traité« , l’estimant « crucial pour l’UE et la sécurité mondiale.« 

Deux jours après l’annonce de M. Trump, son conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, a rencontré à Moscou le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, et « près de cinq heures » Nikolaï Patrouchev, le chef du Conseil russe de sécurité nationale, a indiqué à l’AFP un porte-parole du Conseil.

Mardi, il devait s’entretenir avec le président russe Vladimir Poutine, selon le Kremlin.

En attendant, les rencontres de lundi ont manifestement tourné au dialogue de sourds, d’après M. Bolton. « La Russie a très fermement signifié qu’elle ne pensait pas violer le traité INF. En fait, ils ont dit: c’est vous qui violez le traité« , a-t-il confié au journal russe Kommersant.

« On ne peut pas forcer à obéir quelqu’un qui croit qu’il n’est pas en faute« , a-t-il aussi souligné, en affirmant que le traité avait fait son temps.

« Ce n’est pas le retrait du traité qui est la cause du problème, c’est le fait que la Russie contrevienne au traité qui est le problème« , a-t-il insisté. Les États-Unis ne veulent pas être le seul pays à respecter ce traité, a-t-il aussi assuré, mentionnant une « menace très réelle » de la part de la Chine.

Le ministère russe des Affaires étrangères a diffusé une photo montrant MM. Lavrov et Bolton se serrant la main tout sourire, et précisé qu’ils avaient discuté de coopération bilatérale, du combat contre le terrorisme et du « maintien de la stabilité stratégique« .

–  Bolton le faucon  –

Ils ont aussi discuté de la possibilité de prolonger de cinq ans le traité New Start, sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021, selon le Conseil de sécurité russe. Mais M. Bolton a déclaré à Kommersant que Washington voulait « résoudre d’abord le problème de l’INF« .

John Bolton est connu pour ses positions très fermes en matière de politique étrangère. Chantre par le passé d’initiatives pour faire chuter le régime iranien, il faisait partie de ceux qui plaidaient pour « sortir de l’accord iranien » signé en 2015 pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire.

Nommé en mars 2018, M. Bolton reste un partisan de sanctions beaucoup plus larges contre la Russie, accusée par Washington d’avoir tenté de perturber le processus démocratique américain.

Et selon le journal britannique The Guardian, c’est lui qui a fait pression sur le président américain pour un retrait du traité INF.

Ce traité de 1987, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée allant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

Or, Washington se plaint notamment du déploiement du système de missiles 9M729, dont la portée dépasserait la limite convenue des 500 km.

AFP / le 23 octobre 2018 à 04h58

https://www.romandie.com/news/Armement-nucleaire-Trump-joue-l-escalade-verbale/964427.rom

Oct 23

ORANO: RÉSILIATION D’UN PROJET DE RECYCLAGE DE PLUTONIUM AUX ÉTATS-UNIS

Paris – Les autorités américaines ont signifié à Orano l’annulation de la construction d’une usine de recyclage de plutonium aux États-Unis, a indiqué lundi un porte-parole du groupe français à l’AFP.

« Nous avons reçu une notification de la part des autorités américaines résiliant l’usine de recyclage aux Etats-Unis », a indiqué un porte-parole d’Orano (ex-Areva).

Orano était majoritaire (30%) dans ce projet sur le site de Savannah River à Aiken, en Caroline du Sud.

Il s’agit d’une résiliation unilatérale « pour convenance » de la part des autorités américaines, précise Orano.

L’usine devait servir à réutiliser le surplus de plutonium d’origine militaire pour en faire du combustible MOX utilisable dans des centrales nucléaires américaines afin de produire de l’électricité.

Les travaux avaient débuté en 2007 et le chantier avait connu des retards.

Selon Orano, 90% des équipements ont été fournis et payés. Le groupe estime ainsi que l’annulation ne devrait avoir pas ou peu de conséquences pour ses comptes.

jmi/mhc/tq/LyS

AFP / le 22 octobre 2018 à 19h08

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/orano-resiliation-dun-projet-de-recyclage-de-plutonium-aux-etats-unis-181022

Commentaire d’un internaute (sur le même site):

Certes, c’est une annulation qui n’aura pas de conséquences financières majeures puisqu’ils ont payés la plus grande partie, mais cela n’est guère un bon signe pour la diminution de la prolifération militaire de l’arme nucléaire.

Ils ne veulent que relancer la course a l’armement ou je ne vois pas les raisons d’un tel revirement. Donc, les États-Unis critiquent les pays qui veulent se doter de l’arme atomique, justement pour se protéger des états belliqueux, et dans le même temps donne un signe de volonté ne pas diminuer la prolifération chez eux. Un signe de domination qui devra être ajouté a leur décisions historiques vers la volonté impérialiste de détruire ce qui ne peux leur appartenir.

Comme toujours, ils sont dans le « faites ce que je vous dit de faire mais ne faites pas comme nous ».
Hypocrites, malveillants, impérialistes et dominateurs. Cette fédération d’état est la plaie de ce monde.

Oct 22

VIDÉO PÉDAGOGIQUE: COMPRENDRE LES DÉCHETS NUCLÉAIRES EN 5 MINUTES (FACILE ET CLAIRE)

L’énergie nucléaire pose plusieurs problèmes : un des principaux est la production massive de déchets radioactifs sur une durée très longue. De la mine d’uranium à la production d’électricité, plein de types de déchets radioactifs sont créés. Explication avec notre vidéo…

Pour produire de l’électricité à partir de l’énergie nucléaire, il faut « brûler » de l’uranium — en fait le soumettre à la fission nucléaire, qui génère de la chaleur. Mais tout le processus conduisant à cette électricité produit des déchets radioactifs très dangereux pour la santé et dont la durée de nocivité se compte en milliers d’années. Problème supplémentaire : il n’y a pas un seul type de déchets radioactifs, mais plusieurs catégories, créées à chaque étape de la chaîne de transformation de l’uranium. C’est ce que vous explique la vidéo réalisée par Reporterre :

Tout débute dans les mines d’uranium. En France, plus de 180 sites miniers ont été exploités entre la fin de la seconde guerre mondiale et 2001. Cette extraction a généré à elle seule 300 millions de tonnes de déchets radioactifs, qui restent entreposés près des anciennes mines. Aujourd’hui nous n’exploitons plus les mines françaises, mais importons le minerai d’uranium du Kazakhstan, du Niger, du Canada, de l’Australie et de l’Ouzbékistan. Où les déchets produits par cette exploitation restent sur place.

  • Afin d’être transporté plus facilement, l’uranium est transformé en une poudre jaune vif appelée « Yellow Cake ». Ces opérations d’extraction et de concentration de l’uranium contaminent les eaux près des sites miniers, par exemple au Niger, où certains puits présentent une contamination en uranium 10 fois supérieure aux normes de l’Organisation mondiale de la santé. La période de l’uranium 238 étant de 4,5 milliards d’années, la radioactivité des roches et déchets uranifères ne décroît quasiment pas à l’échelle humaine.
  • Le Yellow cake voyage ensuite jusque dans le département de l’Aude où les 53.000 habitants de Narbonne vivent à moins d’un kilomètre de l’usine Orano Malvési. Celle-ci s’étend sur une superficie équivalente à 18 terrains de rugby. Là, le Yellow cake est purifié et converti en tétrafluorure d’uranium. Il résulte de cette opération des effluents nitratés contenant de l’uranium qui s’accumulent dans des bassins à ciel ouvert. Fin 2010, près d’un million de m3 de ces effluents radioactifs et polluants étaient ainsi stockés près de l’usine.
  • Direction le site nucléaire du Tricastin, dans la Drôme. Le tétrafluorure d’uranium y est converti en hexafluorure d’uranium à l’usine Cormurex II. C’est sous cette forme que l’uranium, dit naturel, est ensuite enrichi dans l’usine Georges Besse II au milieu d’une forêt de tubes verticaux. On le place dans un grand cylindre qui tourne très vite. Au final, on obtient, à partir de 7.000 tonnes d’uranium naturel, 1.000 tonnes d’uranium enrichi. Ce qui génère 6.000 tonnes d’uranium appauvri. Fin 2013, le stock d’uranium appauvri radioactif s’élevait à 290.000 tonnes, entreposées sous forme de poudre dans des conteneurs.
  • Prochain arrêt : le site de Romans (Drôme). Ici, on va compacter l’uranium enrichi sous forme de pastilles, que l’on assemble dans des tubes appelés crayons. C’est la dernière étape qui permet d’obtenir les éléments combustibles destinés aux réacteurs nucléaires.
  • Ces éléments combustibles, ou assemblages, sont expédiés dans les différents réacteurs, où ils vont subir la fission nucléaire pendant trois ans. Une fois qu’ils sont usés, les assemblages de combustibles sortis de la cuve du réacteur sont trop chauds pour être transportés immédiatement. Ils sont donc placés dans des piscines de désactivation pendant un ou deux ans. Ces combustibles nucléaires usés sont les déchets de la réaction nucléaire. Dans les autres pays utilisant l’énergie atomique, ces déchets restent dans cet état. Mais la France a mis en place un autre système, qui complique encore le problème. Car après avoir été refroidis en piscine, les combustibles usés sont transportés au centre Orano de retraitement de La Hague (Manche).
  • À La Hague, ces combustibles sont « retraités », c’est-à-dire que leurs différents composants sont séparés. Principale matière radioactive récupérée, l’uranium issu du retraitement. Il n’est pas utilisé et reste entreposé dans des fûts sur le site du Tricastin.
  • L’autre matière issue du retraitement est le plutonium. Une matière radioactive ultra dangereuse également utilisée pour fabriquer des armes nucléaires – la bombe Fat Man, larguée par les Américains sur la ville japonaise de Nagasaki en 1945, en était remplie.
  • Une partie du plutonium est envoyée à l’usine Orano Melox où il est mélangé à de l’uranium appauvri pour fabriquer un autre type de combustible nucléaire : le Mox (Mixed oxide). Problème : une fois utilisé, le Mox, lui aussi très radioactif, reste chaud beaucoup plus longtemps que le combustible d’uranium usé. Il doit donc refroidir pendant plusieurs dizaines d’années dans des piscines. Actuellement il est entreposé dans les bassins de la Hague. Et comme on ne le retraite pas, il constitue un autre déchet nucléaire.
  • Enfin, le retraitement produit deux types de déchets radioactifs : les actinides mineurs ultra radioactifs et des produits de fission. Les autorités espèrent les enfouir définitivement dans un centre de stockage géologique — le projet Cigéo — à Bure dans la Meuse.

Conseillé : voir la vidéo (5mn47s) en cliquant sur :

https://reporterre.net/VIDEO-Comprendre-les-dechets-nucleaires-en-5-minutes

Oct 22

JOHN BOLTON ATTENDU DE PIED FERME À MOSCOU SUR LE RETRAIT D’UN TRAITÉ NUCLÉAIRE

Deux jours après le coup de tonnerre de l’annonce américaine du retrait d’un traité majeur sur les armes nucléaires, le conseiller de la Maison Blanche à la Sécurité nationale John Bolton rencontre lundi à Moscou le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, qui attend de pied ferme ses explications.

Cette visite prévue de longue date, annoncée avant que Donald Trump n’annonce sa décision de retirer son pays du traité INF sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF, Intermediate Nuclear Forces Treaty) conclu avec la Russie pendant la Guerre froide, était déjà importante, s’agissant du premier déplacement d’un haut responsable américain à Moscou depuis plusieurs mois.

Mais l’annonce de Donald Trump, samedi, lui a donné encore plus de relief alors que les relations entre les deux pays sont déjà au plus bas.

John Bolton, considéré comme un « faucon » de l’administration Trump, doit rencontrer Sergueï Lavrov dans la soirée, les responsables russes s’attendant à ce que le conseiller américain leur explique la position de Washington sur le traité INF.

Le conseiller doit également s’entretenir durant son séjour avec le président russe Vladimir Poutine mais cette rencontre « n’aura pas lieu lundi« , avait déclaré dimanche le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes.

Celui-ci a ajouté lundi qu’une sortie américaine du traité INF « rendrait le monde plus dangereux« , disant attendre des « explications » de la part de Washington et réfutant les accusations américaines selon lesquelles Moscou violerait le traité.

« L’intention de sortir de ce traité soulève les plus graves préoccupations« , a ajouté Dmitri Peskov. Parallèlement, alors que l’annonce américaine fait craindre un retour de la prolifération nucléaire, le porte-parole du Kremlin a assuré que la Russie « n’attaquera jamais personne en premier« .

Sergueï Lavrov a lui indiqué lors d’une conférence de presse, cité par les agences de presse russes, « attendre un éclaircissement de la position officielle » américaine. « Si John Bolton est prêt à le faire, alors nous évaluerons la situation« , a-t-il poursuivi.

John Bolton est connu pour ses positions très fermes en matière de politique étrangère. Chantre par le passé d’une chute du régime iranien, il faisait partie de ceux qui plaidaient pour « sortir de l’accord iranien » signé en 2015 par plusieurs pays avec Téhéran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire.

Nommé en mars 2018, John Bolton n’a également jamais caché sa conviction que Washington devrait frapper militairement la Corée du Nord plutôt que négocier avec ce régime et il reste un partisan de sanctions beaucoup plus larges contre la Russie, accusée par Washington d’avoir tenté de perturber le processus démocratique américain.

Le conseiller de Donald Trump a entamé son séjour à Moscou par une rencontre avec Nikolaï Patrouchev, le chef du Conseil russe de Sécurité nationale.

– « Un pas très dangereux » –

Selon le journal britannique The Guardian, c’est John Bolton lui-même qui a fait pression sur le président américain pour un retrait du traité INF. Ce serait aussi lui qui bloquerait toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021.

Le traité INF, dont Donald Trump veut sortir, a été signé en 1987, à la fin de la Guerre froide, par le dernier dirigeant de l’Union soviétique Mikhaïl Gorbatchev et le président américain de l’époque, Ronald Reagan.

Pour Donald Trump, Moscou viole depuis de nombreuses années ce traité. Washington se plaint notamment du déploiement du système de missiles 9M729, dont la portée dépasserait la limite convenue des 500 km.

Dimanche, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a qualifié la décision américaine de « pas très dangereux » qui, selon lui, « ne sera pas compris par la communauté internationale et va même s’attirer de sérieuses condamnations« .

Mikhaïl Gorbatchev a pour sa part dénoncé le « manque de sagesse » du président américain actuel, appelant « tous ceux qui chérissent un monde sans armes nucléaires » à convaincre Washington de revenir sur sa décision.

La première réaction internationale est venue d’Allemagne, Berlin disant « regretter » le retrait des États-Unis du traité, une « importante composante du contrôle des armements« . « Les conséquences de la décision américaine devront désormais être discutées entre les partenaires de l’Otan« , a indiqué un porte-parole du gouvernement, Ulrike Demmer.

Le traité INF, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

AFP / 22 octobre 2018 à 14h15

https://www.romandie.com/news/John-Bolton-attendu-de-pied-ferme-a-Moscou-sur-le-retrait-d-un-traite-nucleaire/964269.rom

Oct 22

FESSENHEIM: LES RÉACTEURS DEVRONT S’ARRÊTER EN 2020 ET 2022 AU PLUS TARD

Paris – Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim devront cesser de fonctionner au plus tard en 2020 et 2022 respectivement, a précisé lundi l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

« EDF n’envisage plus le fonctionnement des réacteurs de la centrale au-delà de leurs quatrièmes réexamens périodiques, prévus en septembre 2020 pour le réacteur 1 et en août 2022 pour le réacteur 2« , indique-t-elle dans une note d’information.

Ce calendrier a été fourni par l’électricien lui-même et le directeur général de l’ASN, Olivier Gupta, confirme dans un courrier qu’il « partage » cette analyse.

En effet, les études et travaux nécessaires n’ont pas été engagés pour que les réacteurs puissent fonctionner au-delà de leur quatrième examen décennal, nécessaire pour prolonger leur vie à cinquante ans.

Les présidents François Hollande puis Emmanuel Macron s’étaient engagés à fermer la doyenne des centrales françaises.

Par ailleurs, l’ASN rappelle qu’EDF doit fournir une « déclaration d’arrêt définitif » pour chaque réacteur au moins deux ans avant cet arrêt, sauf cas particulier que doit justifier l’entreprise.

L’ASN réclame donc cette déclaration « dans les meilleurs délais » pour le réacteur numéro 1. Celle qui concerne le second devrait être transmise en août 2020.

Fessenheim (Haut-Rhin) devait normalement cesser de fonctionner lors du démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche). Or celui-ci a pris du retard: selon le nouveau calendrier fourni cet été, son démarrage est prévu fin 2019, pour une mise en service commerciale en 2020.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy a récemment indiqué que le calendrier de Fessenheim pourrait désormais être indépendant de celui de l’EPR.

L’ASN a par ailleurs aussi rappelé à EDF que son « dossier de démantèlement », qui présente notamment l’analyse des risques associés à ces opérations, devra être transmis avant septembre 2020.

En attendant, l’ASN juge que l’électricien ne devrait pas à avoir à mettre en place certaines mesures décidées après la catastrophe de Fukushima.

L’entreprise devrait notamment être dispensée de l’installation de diesels d’ultime secours, destinés à garantir une alimentation électrique pour les systèmes de sûreté dans des situations extrêmes.

À la place, l’ASN envisage de demander à EDF d’étudier les évolutions nécessaires du « noyau dur« . Ce concept forgé après Fukushima recouvre l’ensemble de moyens qui doit permettre aux installations de maintenir les fonctions fondamentales pour leur sûreté.

Ce changement des prescriptions applicables à Fessenheim va être soumis à la consultation du public, indique l’ASN.

jmi/mhc/soe/mcj

AFP / 22 octobre 2018 12h00

NDLR : donc en 2020 et 2021, le principe d’un plafonnement à son niveau actuel de notre capacité de production nucléaire (63,2 GW) NE SERA PAS RESPECTÉ puisque l’EPR sera connecté mais qu’1seul réacteur de Fessenheim sera arrêté.(moins 880 MW plus 1650MW, cela ne fait pas zéro !). Sauf nouveau retard de l’EPR…

https://www.romandie.com/news/Fessenheim-les-reacteurs-devront-s-arreter-en-2020-et-2022-au-plus-tard/964243.rom

Oct 22

MORT DE JOACHIM RØNNEBERG, LE RÉSISTANT NORVÉGIEN À L’ORIGINE DU SABOTAGE DU PROGRAMME NUCLÉAIRE NAZI

Durant la Seconde guerre mondiale, le commando dont il était à la tête avait mis un coup d’arrêt majeur aux recherches nucléaires allemandes.

Héros norvégien à l’origine de l’une des plus importantes opérations de sabotage contre les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, Joachim Rønneberg est mort dimanche 21 octobre, à 99 ans.

Il avait dirigé un groupe composé d’à peine neuf hommes qui sabotèrent dans la nuit du 27 au 28 février 1943 une usine norvégienne produisant de l’eau lourde, portant un coup d’arrêt au programme de recherches nucléaires de l’Allemagne nazie.

L’un des héros de la résistance norvégienne

« Rønneberg est probablement le dernier des résistants les plus marquants à s’en être allé« , a déclaré la Première ministre norvégienne, Erna Solberg, à l’agence locale NTB.

Située près de la ville de Rjukan, dans le sud de la Norvège, la centrale de Vemork était à l’époque la seule au monde à produire de l’eau lourde en quantités significatives. Engagés dans une course de vitesse avec les Alliés pour le contrôle de l’atome, les Nazis avaient rapidement mis la main sur l’installation une fois la Norvège conquise en 1940.

Immortalisé au cinéma dès 1947 avec « La Bataille de l’eau lourde » de Jean Dréville puis en 1965 par « Les Héros de Télémark » avec Kirk Douglas, l’épisode est l’un des principaux faits d’armes de la Résistance norvégienne.

« Nous devons toujours être prêts à lutter pour la paix et la liberté« 

Joachim Rønneberg a pourtant longtemps été réticent à parler de ce qu’il a vécu durant le conflit. Ce n’est que dans les années 1970 qu’il a commencé à évoquer ses exploits.

« J’ai réalisé que les gens attendaient une réponse. C’est important que nous sachions tous ce qui s’est passé pour ensuite parvenir à faire de meilleurs choix« , déclarait-il en 2015 à NRK. « Ceux qui grandissent aujourd’hui doivent comprendre que nous devons toujours être prêts à lutter pour la paix et la liberté« , avait-il ajouté.

Joachim Rønneberg, devenu journaliste après la guerre, était également connu en Norvège pour son engagement auprès des jeunes pour les sensibiliser aux dangers de la guerre.

Le HuffPost avec AFP, le 22/10/2018 à 00h28

https://www.huffingtonpost.fr/2018/10/21/mort-de-joachim-roenneberg-le-resistant-norvegien-a-lorigine-du-sabotage-du-programme-nucleaire-nazi_a_23567485/

Oct 21

LE KREMLIN A BESOIN D’EXPLICATIONS SUR L’ANNONCE DU RETRAIT AMÉRICAIN DU TRAITÉ FNI

Le Kremlin a besoin d’explications de Washington sur le retrait américain du Traité FNI annoncé par Donald Trump, d’après le porte-parole du Président russe, Dmitri Peskov.

Le retrait américain du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) sera sans doute évoqué lors de la prochaine rencontre entre Vladimir Poutine et le conseiller du Président américain pour la sécurité nationale John Bolton, en visite à Moscou, a déclaré dimanche Dmitri Peskov, porte-parole du Président russe.

«Nous aurons sûrement besoin d’explications après les récentes déclarations» faites par le Président Donald Trump, a indiqué M.Peskov.

Selon lui, le Président Poutine recevra M.Bolton pendant sa visite en Russie, mais cette rencontre n’aura pas lieu le lundi 22 octobre.

Donald Trump a annoncé samedi sa décision de se retirer du Traité FNI accusant la Russie et la Chine de développer des armes en violation de cet accord bilatéral russo-américain.

Le conseiller du Président américain pour la sécurité nationale John Bolton est arrivé dimanche dans la capitale russe pour une visite de deux jours, la deuxième en moins de six mois. La semaine dernière, il a annoncé son intention d’évoquer des dossiers de la sécurité pendant ses déplacements en Russie, en Azerbaïdjan, en Arménie et en Géorgie. D’après des médias américains, M.Bolton informera notamment les autorités russes du retrait de Washington du Traité FNI.

Signé le 8 décembre 1987 par le Président américain Ronald Reagan et le secrétaire général du Parti communiste Mikhaïl Gorbatchev, le Traité FNI visait à détruire en trois ans les missiles d’une portée de 500 à 5.500 km. En mai 1991, les conditions prévues par l’accord avaient été remplies: l’Union soviétique avait détruit plus de 1.700 missiles balistiques et de croisière basés au sol, et Washington 859. Conclu pour une durée indéterminée, le Traité permet à chacune des parties de le quitter en justifiant l’indispensabilité de son geste. Depuis 30 ans, Moscou et Washington ne cessent d’échanger des piques, s’accusant mutuellement de violer le document et menaçant de s’en retirer.

https://fr.sputniknews.com/international/201810211038592955-moscou-traite-fni-explications/

Oct 21

L’ENVOYÉ NUCLÉAIRE SUD-CORÉEN PART POUR LES ÉTATS-UNIS

SÉOUL, 21 oct. (Yonhap) — L’émissaire sud-coréen de la question nucléaire, Lee Do-hoon, a mis ce matin le cap sur les États-Unis pour traiter le dossier nord-coréen, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Le représentant de Séoul aux pourparlers pour la paix et la sécurité sur la péninsule coréenne, sera à Washington de dimanche à mardi prochain pour discuter avec son homologue américain, Stephen Biegun.

Ensemble, ils parleront de l’avancée des négociations entre les États-Unis et la Corée du Nord ainsi que des préparations du deuxième sommet Donald Trump-Kim Jong-un.

Avant-hier, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a fait part de son espoir de rencontrer son homologue nord-coréen «dans une semaine et demie environ» pour continuer à planifier le sommet entre leurs dirigeants.

Pompeo a effectué une quatrième visite à Pyongyang plus tôt ce mois-ci pour tenter de relancer les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord.

Le régime nord-coréen souhaite une déclaration de fin de guerre et un assouplissement des sanctions après avoir démantelé son site d’essais nucléaires, alors que le gouvernement américain exige d’autres mesures concrètes vers la dénucléarisation, dont un inventaire des armes nucléaires.

Les deux envoyés nucléaires pourraient aussi partager leurs points de vue sur les projets de coopération inter-coréens et l’application de la batterie de sanctions, selon des sources diplomatiques.

Lors d’une réunion de haut niveau le 15 octobre, les deux Corées sont tombées d’accord pour débuter fin novembre ou début décembre un projet conjoint visant à moderniser et connecter des lignes de chemin de fer et des routes traversant la frontière.

Pour Washington, la coopération économique inter-coréenne ne peut pas aller trop vite car elle doit avancer au même rythme que la dénucléarisation du Nord.

Lee et Biegun devraient en outre présenter les résultats de leurs visites respectives en Chine, Russie et Europe. Les deux négociateurs se sont rencontrés récemment à Séoul et New York.

xb@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/10/21/0200000000AFR20181021000500884.HTML

Oct 21

WASHINGTON SE RETIRE D’UN IMPORTANT TRAITÉ NUCLÉAIRE AVEC MOSCOU

Donald Trump a annoncé samedi que les États-Unis allaient se retirer d’un traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie pendant la Guerre froide, accusant Moscou de le violer «depuis de nombreuses années». La Russie a rapidement protesté contre ce retrait américain, dénonçant un «pas dangereux».

Donald Trump a annoncé samedi que les États-Unis allaient se retirer d’un traité sur les armes nucléaires conclu avec la Russie pendant la Guerre froide, accusant Moscou de le violer «depuis de nombreuses années». Ce retrait est motivé par le «rêve» des Américains de dominer seuls le monde, a rapidement réagi une source au ministère russe des Affaires étrangères, en accusant Washington d’avoir «délibérément» sapé cet accord au fil des ans.

Le traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. «La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes», a annoncé le président américain, lors d’une visite à Elko, dans le Nevada (sud-ouest).

«Nous n’allons pas les laisser violer l’accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n’y sommes pas autorisés», a martelé Donald Trump. L’administration américaine se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée selon Washington dépasse les 500 km, ce qui constitue une violation du traité INF. Ce traité, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5 500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

Le retrait américain, annoncé par le président Donald Trump, d’un traité nucléaire signé avec la Russie pendant la guerre froide est un «pas dangereux», a déclaré dimanche le vice-ministre russe des Affaires étrangères. «Cela serait un pas très dangereux qui, j’en suis sûr, ne sera pas compris par la communauté internationale et va même s’attirer de sérieuses condamnations», a estimé Sergueï Riabkov à l’agence d’État russe TASS.

«Deuxième plus gros coup»

Washington «se rapprochait de cette étape depuis plusieurs années en détruisant délibérément et pas à pas la base de cet accord», a affirmé la source du ministère russe des Affaires étrangères, citée par les trois principales agences de presse russes. «Cette décision entre dans le cadre de la politique américaine de retrait des accords internationaux légaux qui lui donnent autant de responsabilité qu’à ses partenaires et fragilise donc l’idée de sa propre exception», a poursuivi cette source.

Le retrait américain «est le deuxième plus gros coup porté contre tout le système de stabilité mondiale», a affirmé un sénateur russe, Alexeï Pouchkov, le premier étant le retrait américain en 2001 du traité ABM sur les missiles anti-balistiques. «Et encore une fois, ce sont les États-Unis qui prennent l’initiative de dissoudre l’accord», a-t-il poursuivi sur Twitter.

Donald Trump a fait cette annonce alors même que son conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, s’apprêtait samedi à se rendre à Moscou samedi pour «poursuivre» le dialogue controversé entamé en juillet entre le président des États-Unis et son homologue russe Vladimir Poutine. Le conseiller, connu pour ses positions fermes, avait notamment prévu d’y rencontrer à partir de lundi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire du Conseil de sécurité Nikolaï Patrouchev.

Selon le Guardian, c’est John Bolton lui-même qui fait pression sur le président américain pour un retrait du traité INF. C’est aussi lui qui bloque toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021 et que Moscou cherche à prolonger. Le retrait américain de l’INF pourrait avoir aussi Pékin en ligne de mire. La Chine, n’étant pas signataire, peut développer sans contrainte des armes nucléaires de portée intermédiaire.

Accusations «fabriquées»

Les relations sont tendues entre Washington et Moscou, sur fond d’accusations d’ingérence russe dans les élections américaines. Vendredi, une Russe a été inculpée par la justice américaine pour ingérence dans les élections parlementaires américaines du 6 novembre, première personne à être mise en examen dans ce cadre. Moscou a accusé Washington d’avoir «fabriqué» ces accusations pour imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le président américain avait pourtant promis avant son élection de renouer de meilleures relations avec la Russie. Des soupçons de collusion avec le Kremlin pèsent d’ailleurs sur son équipe de campagne 2016. Un procureur spécial, Robert Mueller, enquête depuis plus d’un an aux États-Unis sur ce dossier. En juillet, Donald Trump s’était montré extrêmement conciliant à l’égard de son homologue russe Vladimir Poutine lors d’une conférence de presse commune à Helsinki, après leur premier sommet bilatéral en Finlande. Le 11 novembre, les deux présidents se retrouveront à Paris pour les commémorations de la fin de la Première guerre mondiale.

Par LIBÉRATION, avec AFP — 21 octobre 2018 à 10:44

https://www.liberation.fr/planete/2018/10/21/washington-se-retire-d-un-important-traite-nucleaire-avec-moscou_1686787

Oct 20

NUCLÉAIRE: INQUIÉTANTS CONTRATS UKRAINE / ORANO-LA HAGUE

Communiqué de presse du 19 octobre 2018

ORANO (Ex-AREVA) et ENERGO-ATOM, (Électronucléaire ukrainien) ont signé un contrat de faisabilité pour retraiter sur le site de la Hague (France) les combustibles irradiés des réacteurs 1000, hérités de la période d’avant l’indépendance de l’Ukraine face à la Russie (1).

Ce contrat stipule qu’il s’agit de séparer 4% de déchets dits définitifs à vitrifier et enfouir et de recycler 96 % de ces combustibles. Il n’est pas spécifié que ces 96% sont constitués d’uranium, issu du retraitement (95%) et de plutonium(1%). En France, l’uranium issu du retraitement est dit « recyclable » mais n’est pas recyclé. Le plutonium, dit civil, est prévu pour fabriquer du MOX (combustible Mixte avec de l’uranium) mais ce MOX, non retraité en fin d’utilisation, constitue un déchet. De plus, ce plutonium peut aussi servir à des fins militaires.

On ne sait ni où ni quand les résidus massifs seraient stockés et transportés.

C’est très inquiétant, dans les contextes actuels :

  1. -des conflits russo-ukrainiens (Donbass, Crimée, et blocage de la mer d’Azov).
  2. des conflits au Proche Orient (Syrie, Iran shiite, Arabie Saoudite sunnite, Oman).
  3. sans oublier Israël déjà détentrice de l’arme nucléaire

Tout aussi inquiétants sont les risques sociaux et nationaux (Kurdistan), ou naturels, climatiques, sismiques notamment en Turquie qui détient les détroits et envisage avec la Russie de construire deux centrales nucléaires sur la mer Noire et la Méditerranée.

Il est temps encore de se mobiliser, non seulement en France, mais aussi dans les pays concernés, notamment par les tracés des transports potentiels.

Par route ?

Par voie ferrée?

Par bateau, (Mer Méditerranée)?

Et on ne peut l’imaginer…par le survol d’avions cargos au-dessus de l’Europe?

Un tel commerce ultra-sensible pour la sécurité mondiale est injustifiable : il faut arrêter les risques de destruction massive qu’il induirait avant qu’il ne se produise. C’est aussi urgent que l’urgence climatique : une campagne internationale s’impose.

(1) https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/du-combustible-use-centales-ukrainienne-bientot-recylce-hague-1470285.html

(2) https://www.can-ouest.org/apocalypse-no-letat-nucleaire-francais-dans-ses-basses-oeuvres-financieres/

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Oct 20

WASHINGTON ANNULE UN NOUVEL EXERCICE MILITAIRE EN CORÉE DU SUD

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis et son homologue sud-coréen Jeong Kyeong-doo ont décidé d’annuler l’exercice militaire « Vigilant Ace » prévu en décembre, un geste envers Pyongyang visant à faciliter les négociations sur le programme nucléaire nord-coréen.

Les deux ministres veulent ainsi « donner au processus diplomatique » avec Pyongyang « toutes les chances de se poursuivre », a annoncé vendredi Dana White, porte-parole du Pentagone, dans un communiqué publié à Washington.

Le secrétaire américain à la Défense Mattis a eu une rencontre trilatérale vendredi à Singapour avec M. Jeong et le ministre japonais de la Défense Takeshi Iyawa, en marge d’une conférence internationale.

Cette décision s’inscrit dans les préparatifs d’un deuxième sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un après le premier, historique, du 12 juin à Singapour.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a dit vendredi que ce nouveau tête-à-tête aurait lieu « dans un futur très proche ». Il devrait, a-t-il précisé, être précédé d’ici une dizaine de jours par une réunion à Washington entre lui-même et un de ses homologues nord-coréens, « afin que lors de leur sommet, les deux dirigeants puissent vraiment faire un autre grand pas vers la dénucléarisation ».

Mike Pompeo s’était rendu il y a deux semaines à Pyongyang pour relancer des pourparlers qui patinaient sur ce dossier.

« Il y a encore pas mal de travail à faire », mais « nous pouvons maintenant voir un chemin pour atteindre l’objectif final, qui est la dénucléarisation vérifiée de la Corée du Nord », avait-il alors commenté.

Après les manœuvres Ulchi Freedom Guardian, qui ont lieu chaque année début septembre, et deux exercices navals américano-sud-coréens, l’exercice militaire Vigilant Ace est le quatrième à être annulé en Corée du Sud depuis le sommet Trump-Kim en juin.

Le Pentagone ajoute que « les deux ministres sont déterminés à modifier les manœuvres militaires pour s’assurer de la bonne préparation des forces » des deux pays, une formulation qui laisse entendre que des exercices différents et plus réduits pourraient quand même avoir lieu.

« Ils se sont engagés à continuer à se coordonner étroitement », a poursuivi Mme White, précisant que le Japonais Iwaya a été « consulté » avant cette décision.

La Corée du Nord réclame depuis longtemps la fin de ces exercices qu’elle considère comme la répétition de l’invasion générale de son territoire. Pyongyang a souvent réagi en menant ses propres opérations militaires.

Vigilant Ace est un exercice aérien qui a lieu tous les ans début décembre en Corée du Sud pour améliorer la coordination entre les deux armées alliées et renforcer la préparation des troupes à une éventuelle invasion nord-coréenne. L’an dernier, 230 avions et quelque 12.000 soldats américains et sud-coréens y avaient participé.

En août, M. Mattis avait annoncé la fin de la suspension des exercices militaires alliés sur la péninsule coréenne, décidée comme un « geste de bonne volonté » après le sommet de Singapour. Il s’était gardé d’annoncer une date précise pour la reprise des manœuvres militaires.

« Nous allons voir comment les négociations se passent et nous verrons », avait-il dit.

Fin septembre, le nouveau commandant des forces américaines en Corée du Sud, le général Robert Abrams, avait estimé que la pause dans les exercices militaires représentait un « risque prudent » destiné à améliorer les relations avec Pyongyang.

Mais il y a « certainement eu une dégradation dans le niveau de préparation de la force, des forces combinées », avait-il ajouté devant la commission des Forces armées du Sénat, qui avait confirmé sa nomination.

Par AFP le 20 octobre 2018

http://www.45enord.ca/2018/10/washington-annule-nouvel-exercice-militaire-coree-du-sud-vigilant-ace/

Oct 20

TRUMP DÉPÊCHE UN CONSEILLER À MOSCOU POUR « POURSUIVRE » SON DIALOGUE CONTROVERSÉ AVEC POUTINE

Washington – Le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump va se rendre samedi en Russie pour « poursuivre » le dialogue controversé entamé en juillet entre le président des États-Unis et son homologue russe Vladimir Poutine.

« Je me rends demain à Moscou pour rencontrer de hauts responsables russes, dont le ministre de Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire du Conseil de sécurité Nikolaï Patrouchev, afin de poursuivre les discussions entamées à Helsinki entre nos deux pays« , a déclaré vendredi John Bolton sur Twitter.

Selon le New York Times, qui cite des responsables non identifiés de l’administration américaine, M. Bolton va prévenir Moscou que Washington envisage de se retirer d’un traité sur les armes nucléaires datant de la Guerre froide.

L’administration américaine se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée selon Washington dépasse les 500 km, ce qui constitue une violation du traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) sur les armes nucléaires de portée intermédiaire signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

Ce traité, en abolissant l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 km, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

Selon le Guardian, qui cite des sources informées, c’est M. Bolton lui-même qui fait pression sur le président américain pour un retrait du traité INF. C’est aussi lui qui bloque toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021 et que Moscou cherche à prolonger.

Les États-Unis ont informé cette semaine leurs alliés de leurs intentions sur le traité INF, pour sonder leurs réactions, mais la rencontre a inquiété les Britanniques qui considèrent le traité INF comme un pilier du contrôle des armements nucléaires.

Mi-juillet, Donald Trump et Vladimir Poutine se sont retrouvés à Helsinki pour leur premier sommet bilatéral.

Le président américain avait promis avant son élection de renouer de meilleures relations avec la Russie, mais n’y était pas encore parvenu en raison notamment des soupçons de collusion entre son équipe de campagne et le Kremlin.

Désireux de tourner cette page, il s’était montré extrêmement conciliant à l’égard de son homologue russe lors de leur conférence de presse commune dans la capitale finlandaise.

Cette attitude lui a valu un déluge de critiques virulentes à Washington, y compris au sein de son propre camp républicain qui compte de nombreux « faucons » lorsqu’il s’agit des relations américano-russes.

Depuis, l’administration républicaine a redoublé d’efforts pour afficher sa fermeté à l’égard de Moscou et les relations entre les deux grandes puissances sont de nouveau au plus bas.

Un deuxième sommet entre les deux dirigeants, initialement envisagé aux États-Unis cet automne, a finalement dû être repoussé à l’année prochaine.

Officiellement, il s’agit d’attendre la fin de l’enquête du procureur spécial Robert Mueller sur l’ingérence russe dans les élections américaines de 2016 et sur ces soupçons de collusion. « Le président pense que la prochaine rencontre bilatérale avec le président Poutine devrait avoir lieu une fois que la chasse aux sorcières sur la Russie sera terminée, nous avons donc décidé qu’elle aurait lieu l’année prochaine« , avait expliqué John Bolton fin juillet.

Vendredi, il n’a pas précisé si son voyage devait permettre d’organiser un tel sommet en 2019.

AFP / 19 octobre 2018 20h33

https://www.romandie.com/news/Trump-depeche-un-conseiller-a-Moscou-pour-poursuivre-son-dialogue-controverse-avec-Poutine/963673.rom

Oct 20

NUCLÉAIRE: 2 MÉDECINS EN RENFORT POUR ACCÉLÉRER LES DOSSIERS D’INDEMNISATION

Face aux délais d’expertises médicales trop longs, le CIVEN (Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires) annonce l’arrivée de deux médecins experts en renfort  la semaine prochaine.

Les dossiers d’indemnisation des victimes du nucléaire sont souvent longs à constituer. Une expertise médicale est notamment nécessaire.

Face au constat de l’insuffisance du nombre de médecins experts présents en Polynésie française pour réaliser ces expertises, et afin de réduire les délais d’instruction, le CIVEN a sollicité deux médecins experts métropolitains, le Professeur Nicolas Franchitto et le Docteur Georges Benayoun.

Ces médecins seront à Tahiti du 22 au 26 octobre 2018. Ils rencontreront une trentaine de victimes ou leurs ayant-droit, dont les demandes ont été acceptées par le CIVEN depuis le début de l’année 2018, afin d’établir, pour chaque cas, les préjudices subis. 

Le planning des rendez-vous a été organisé par le CIVEN en lien avec le guichet unique de l’administration du Pays composé de la délégation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN) et du centre médical de suivi (CMS).

Les consultations se dérouleront pour la plupart dans les locaux du CMS à Vaiami. L’un des médecins experts se rapprochera des familles de la presqu’île en se rendant à l’hôpital de Taravao le mardi 23 octobre 2018.

Toutes les personnes concernées par cette première mission ont dûment été contactées et connaissent le jour, l’heure et le lieu de leurs rendez-vous respectifs.

D’autres missions de médecins experts seront organisées par le CIVEN, avec l’appui logistique des services précités dans les prochains mois, à Tahiti et dans d’autres îles, afin de faire aboutir le plus rapidement possible les demandes d’indemnisation.

Pour toute information sur cette mission de médecins experts mobilisés par le CIVEN, les contacts sont la DSCEN (40 50 00 25) ou le CMS (40 46 01 97).

Publié le 19/10/2018 à 16:50

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/polynesie-francaise/nucleaire-2-medecins-renfort-accelerer-dossiers-indemnisation-640780.html

Oct 20

LE GIEC PRÉCONISE-T-IL LE NUCLÉAIRE DANS SON RAPPORT ?

À cette question posée par François le 16/10/2018, Olivier Monod répond.

Bonjour

Votre question complète est : «Est-ce exact que le GIEC préconise le nucléaire dans son dernier rapport ? D’autres disent au contraire qu’il recommande les énergies renouvelables ? Certains parlent de 4 simulations, d’autres de près de 80 ? Comment ont-elles été choisies ?»

Vous faites référence au rapport spécial du Giec publié début octobre 2018 et analysant les scénarios permettant de rester en dessous de 1,5°C d’augmentation du climat en 2100 à ceux allant jusqu’à 2°C.

Précisons tout d’abord que le mandat du Giec est «d’être descriptif et non prescriptif», rappelle Jean-Charles Hourcade, économiste au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired), et l’un des principaux auteurs du rapport. On ne peut donc pas dire que le Giec «préconise» une énergie ou une autre. Il analyse des simulations fournies par la communauté scientifique.

En gardant cette précision en tête, les réponses à votre question se trouvent dans le chapitre 2 «les voies d’atténuation compatibles avec 1,5°C dans le contexte du développement durable» (Mitigation pathways compatible with 1.5°C in the context of sustainable developpement).

«En 2050, la part des énergies renouvelables dans l’énergie primaire varie de 49% à 67% dans les scénarios compatibles avec un maintien de la hausse de température à 1,5°C», assure le rapport.

Et le nucléaire ? Sa part «augmente dans la plupart des scénarios mais diminue dans certains».

Pour bien comprendre, il faut entrer un peu dans le fonctionnement du Giec.

Le groupe de travail en charge de ce chapitre a demandé aux équipes de scientifiques à travers le monde de leur fournir des scénarios répondant à 3 objectifs : maintenir la hausse des températures sous 1,5°C au XXIè siècle ; revenir à une hausse de 1,5°C en 2100 après un passage au-delà durant le siècle ; maintenir la hausse sous 2°C en 2100.

Sur les 411 scénarios analysés environ 90 sont compatibles avec un respect du seuil de + 1,5°C en 2100. Ceci explique les «près de 80» simulations dont vous parlez dans votre question. Selon le Giec, dans ces simulations, le facteur de croissance des énergies renouvelables est compris entre 2,37 et 10,88 contre une fourchette allant de -0,64 à 7,22 pour le nucléaire.

«Les scénarios qui envisagent une baisse du nucléaire et un objectif de 1,5°C de réchauffement sont ceux qui prennent des hypothèses dites d’innovation les plus élevées. C’est-à-dire qu’ils envisagent un taux d’acceptation des énergies renouvelables plus important qu’aujourd’hui et des améliorations des systèmes de production plus rapides», explique Roland Séférian, chercheur au centre national de recherches météorologiques, et auteur du chapitre 2.

L’autre chiffre de 4 simulations que vous citez renvoie, lui, probablement à une habitude qu’à le Giec de ranger les simulations dans des groupes «archétypes». Ici, ce sont 4 familles de scénarios qui décrivent des futurs possibles différents : sobriété énergétique drastique ; développement durable volontariste ; poursuite de la dynamique actuelle ou développement des énergies fossiles. Les scénarios de baisse du nucléaire (minoritaires) sont compris dans les deux premiers archétypes cités. 

Cordialement

Olivier Monod , le 19/10/2018 à 12h49

https://www.liberation.fr/checknews/2018/10/19/le-giec-preconise-t-il-le-nucleaire-dans-son-dernier-rapport_1685660

Oct 20

L’AVION A330 MRTT DONNE DES AILES À LA DISSUASION NUCLÉAIRE FRANÇAISE

Le nouvel Airbus nommé Phénix remplace quatre types d’avions, dont le ravitailleur sexagénaire Boeing C-135 acquis au temps du général de Gaulle. Par Thierry Vigoureux

La célébration, jeudi 18 octobre, à Istres de l’arrivée de l’Airbus A330 MRTT (Multi Role Transport Tanker) au sein de l’armée de l’air ne salue pas seulement la livraison d’un nouveau type d’avion. Ce MRTT, francisé en Phénix, permet en plus à l’État de réaffirmer son indépendance pour la mission de dissuasion nucléaire. Cette citerne volante* garantit la possibilité aux Rafale d’intervenir presque partout dans le monde. Sans le tanker, le champ d’action des bombardiers nucléaires ne dépasserait pas l’Europe proche. Venue à Istres après avoir assisté la semaine dernière à la 500e patrouille d’un sous-marin nucléaire à l’Île Longue, Florence Parly, ministre des Armées, avait déjà martelé : « C’est la souveraineté de la France que nous célébrons. C’est notre indépendance, c’est notre autonomie. »

Multi rôle comme l’est aussi le chasseur-bombardier Rafale, le Phénix est prioritairement au service des forces aériennes stratégiques. Comme il est prévu de la faire voler 1 250 heures par an – un record pour un avion militaire –, il va pouvoir assurer d’autres missions. Il va remplacer, outre les ravitailleurs Boeing C-135FR/KC-135RG, les avions de transport A310-300 et A340-200. Les Boeing C-135 sont des ancêtres acquis au temps du général de Gaulle en 1962. Ce sont des cousins du Boeing 707, l’avion de ligne qui permit la multiplication des dessertes long-courriers. Sa construction s’est arrêtée en 1978 et, depuis près de trente ans, il a disparu des flottes des compagnies occidentales.

Les opérations de maintenance de ces stations-service volantes coûtent une fortune à l’armée de l’air, demandant jusqu’à 40 heures d’entretien par heure de vol, contre 20 à l’origine. Et l’indépendance nationale reste quand même suspendue au bon vouloir américain. Si, en période de crise, l’appréciation de celle-ci est différente outre-Atlantique, le robinet des pièces détachées peut se fermer. Tôt ou tard, la force de dissuasion aéroportée restera alors au sol. Avec l’Airbus A330 MRTT, le risque est minime. Même les moteurs sont européens, fournis par Rolls-Royce. Dérivé de l’A330-200 civil construit à Toulouse, puis militarisé en Espagne par Airbus Defence and Space, le Phénix emporte 25 % de carburant de plus que le C-135, 111 tonnes au total. Il peut distribuer 17 tonnes de carburant en restant 4 h 30 à 2 000 kilomètres de sa base. Surtout, il sait décoller à masse maximale sur des pistes moyennement longues avec des températures élevées. En clair, il n’est pas soumis aux limitations techniques du Boeing en Afrique ou au Moyen-Orient, là où les forces françaises sont justement très présentes. Sur l’A330 MRTT, deux pilotes sont nécessaires, renforcés éventuellement par un opérateur de ravitaillement en vol qui officie près du cockpit grâce à des caméras, et non plus à l’extrême pointe arrière de l’avion comme sur le C-135.

Transport aéromédicalisé

Capable de faire plusieurs choses à la fois, le Phénix peut transporter 272 passagers, à 10 000 kilomètres en classe unique avec des rangées de sièges espacées de 75 centimètres (mieux que la plupart des compagnies aériennes). Sept palettes peuvent prendre place dans la soute inférieure. Au cours d’un tel vol transportant mécaniciens et lots de maintenance, le tanker peut ravitailler des avions de la force de projection. Si l’intervention se déroule mal, avec un préavis de 24 heures, la cabine est transformée en hôpital. L’installation de kits Morphée permet de transporter dix patients en soins intensifs et jusqu’à 40 blessés légers. D’autres missions sont possibles, comme le commandement et le contrôle grâce à la liaison 16, cet intranet militaire de la situation tactique.

Un deuxième Phénix rejoindra Istres l’an prochain. Puis entre un et trois avions par an doivent être livrés d’ici à 2023. Au total, douze appareils sont prévus par la loi de programmation militaire tandis que trois autres supplémentaires sont en cours de négociations. Au moment de la commande initiale fin 2004, le montant annoncé était de trois milliards d’euros, soit 250 millions d’euros par avion, y compris le centre de maintenance, le système de préparation de mission, le simulateur, etc. Le même A330-200 civil s’affiche à 238 millions de dollars (207 millions d’euros) au catalogue Airbus, mais celui-ci n’est capable que de transporter des passagers.

* L’histoire des avions-citernes de l’armée de l’air est racontée dans « Ravitailleurs » par Flavien Cuperlier, un album abondamment illustré avec les photos de Gilles Bordes-Pagès aux éditions du Petit Futé.

Par Thierry Vigoureux, publié le 19/10/2018 à 13:51 | Le Point.fr

https://www.lepoint.fr/societe/l-a330-mrtt-donne-des-ailes-a-la-dissuasion-nucleaire-francaise-19-10-2018-2264202_23.php

Oct 19

LES PERTES DE MÉMOIRE DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS INQUIÈTENT L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE

L’industrie nucléaire française perd la mémoire ! En termes plus choisis, c’est l’inquiétude majeure exprimée par Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) qui achève son mandat non renouvelable le 6 novembre.

 « Perte d’expérience, perte de compétence, perte de la capacité d’expertise, perte de mémoire alors que nous sommes face à des enjeux sans précédent et moins de moyens ». C’est le constat sans appel dressé par Pierre-Franck Chevet sur le nucléaire en France et son principal opérateur – EDF – le 15 octobre lors d’une rencontre au siège de l’organisme officiel de contrôle du nucléaire en France avec les Associations des journalistes de l’environnement et des journalistes de l’énergie (AJE et AJDE).

Soudures défectueuses de l’EPR : « hiérarchie d’EDF non informée, ASN non informée, ça pose problème »

Même avis sur la question de la perte de compétence à propos de soudures défectueuses sur le circuit secondaire du réacteur EPR en construction à Flamanville (Manche) : « hiérarchie d’EDF non informée, ASN non informée, ça pose problème ». Cependant, la question a été traitée « comme il se doit ». Mais est-ce le cas pour tous les défauts de l’EPR ? Moins d’une semaine avant cet entretien, l’ASN a autorisé l’utilisation de la cuve du réacteur EPR de Flamanville alors que la résistance de ce composant, crucial pour la sûreté du réacteur, est moindre qu’attendue à cause d’un défaut du métal du fond et du couvercle de cette cuve. Sans le feu vert de l’Autorité, les surcoûts et les retards du chantier EPR pour remplacer la cuve non-conforme auraient explosé et Bruxelles n’aurait pas autorisé l’augmentation de capital qui a sauvé Orano de la faillite. L’ASN a-t-elle sur ce dossier privilégié les intérêts économiques de la filière nucléaire au détriment des enjeux de sûreté nucléaire ?

Quoi qu’il en soit, les péripéties de la cuve de l’EPR s’expliquent, aux yeux de l’ASN, par « un enchaînement de défaillances techniques et un manque de culture de sûreté dans l’organisation ». Pierre-Franck Chevet a déploré à ce sujet « les retards de transmission en interne et vers l’ASN », ajoutant qu’il y avait « un risque de voir ces problèmes se répéter ». Selon lui, « le problème des soudures de la cuve a été identifié par le groupe [EDF, ndlr] en 2015 alors que l’ASN n’en a été informée qu’en 2017, et encore partiellement seulement ».

À La Hague, Orano défie l’ASN

À l’usine de retraitement de La Hague (Manche), exploitée par Orano (ex-Areva), l’histoire du silo 130 en dit long sur la difficulté de l’ASN à asseoir son autorité. Le silo 130, c’est une cuve en béton fragilisée qui date des années 1960, dans laquelle des déchets radioactifs sont noyés dans l’eau depuis un incendie en 1981. Le site cumule des risques de contamination radioactive de l’environnement, d’incendie et d’explosion. Il y a de « forts enjeux de sûreté », résume la commissaire de l’ASN Lydie Evrard, pour qui il y a urgence à sortir les déchets de cette installation. En 2005, l’Autorité demandait déjà d’entreprendre « au plus tôt » le retrait de ces déchets. En 2010, l’Autorité fixait à Orano des délais contraignants pour s’exécuter. Début 2018, Orano n’avait toujours pas respecté les injonctions de l’ASN. Dès lors, la question des sanctions se pose. Désormais, grâce à la loi de Transition énergétique, une astreinte journalière (jusqu’à 15 000 euros par jour) ou une amende administrative (d’un montant maximum de 10 millions d’euros) sont possibles en cas de non-respect d’une décision de l’ASN, qui préfère « discuter d’abord pour éviter la coercition ». La discussion dure depuis quinze ans et les brûlants déchets croupissent toujours dans la cuve.

« Le seul rôle de l’ASN est de protéger les personnes et l’environnement »

Droit dans ses bottes, comme les deux autres commissaires présentes, Pierre-Franck Chevet n’est pas ému par les critiques récurrentes d’EDF ou des antinucléaires. Il réaffirme « la robustesse des décisions de l’ASN, dont le seul rôle est de protéger les personnes et l’environnement ». « Résister ne pose pas de problème », a-t-il expliqué, faisant allusion à la décision d’arrêter provisoirement en 2017 la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) pour permettre le renforcement de la digue du canal de Donzère-Mondragon, vulnérable à un séisme très important. Là encore, EDF a attendu six mois pour déclarer la vulnérabilité de la digue à l’ASN.

D’autres changements post-Fukushima doivent encore être imposés, qui se traduiront par des « chantiers hors-normes » sur les réacteurs

 « Il y a eu un changement de la donne après Fukushima et une partie de ce qui devait être fait l’a été mais il faut se préparer à être surpris (…) Pour refroidir [en cas de pépin sur un réacteur, ndlr] il faut de l’eau, beaucoup d’eau, il faut l’amener, il faut de gros bunkers très protégés pour abriter les gros diesels de secours (…) et là aussi, il y a une perte d’expérience. » Une allusion au retard qu’EDF prend pour installer de nouveaux diesels de secours dans ses centrales. D’autres changements post-Fukushima doivent encore être imposés, qui se traduiront par des « chantiers hors-normes » sur les réacteurs et sans doute des surcoûts proportionnels. Et même si l’état des centrales et leur exploitation « ne posent pas de problèmes majeurs », le commissaire de l’ASN assortit ce satisfecit relatif d’un appel à la « vigilance » quant au maintien des expertises techniques.

L’ASN, qui n’a rien vu des falsifications à l’usine du Creusot pendant des dizaines d’années, veut rattraper le temps perdu

Confrontée « au risque de voir les problèmes se répéter là où il ne devrait pas y en avoir » ou à de « possibles falsifications » et à des « choses non dites », l’ASN a élaboré un « plan anti-fraude » après l’affaire des falsifications à l’usine du Creusot de Framatome (ex-Areva), en Saône-et-Loire, où ont été fabriqués les éléments défectueux de la cuve de l’EPR de Flamanville. L’ASN, qui n’a rien vu des falsifications du Creusot pendant des dizaines d’années, veut maintenant rattraper le temps perdu en faisant appel à des lanceurs d’alerte qui pourront faire des signalements sur le site internet de l’Autorité. Il est même question d’anticiper l’expertise de certaines pièces.

Face à la gravité des problèmes soulevés et à ces pertes multiples de mémoire qui s’expliqueraient par « un gap de 20 ans » pendant lequel aucune nouvelle centrale nucléaire n’a été construite, comment imaginer la prolongation à 50 ou à 60 ans des réacteurs 900 mégawatts ? Les plus âgés d’entre eux sont raccordés au réseau depuis plus de 40 ans, l’âge initialement prévu de la retraite. Sans se prononcer sur l’opportunité d’une telle prolongation ni sur un calendrier de fermeture des réacteurs, Pierre-Franck Chevet a estimé que l’ASN ne pouvait que « renforcer sa vigilance ». Il a enfin précisé avec malice que son successeur – Bernard Doroszczuk – était diplômé de deux écoles d’ingénieurs dont une spécialisée … dans les soudures.

Le 18 octobre 2018 à 17h22 par Yves Leers (Cet article a été mis à jour le 19 octobre 2018 à 9h45)

https://journaldelenergie.com/nucleaire/amnesies-nucleaire-francais-inquietent-asn/

Oct 19

POUTINE EXPLIQUE À QUELLE CONDITION LA RUSSIE EMPLOIERA SON ARME NUCLÉAIRE

La Russie aura recours à l’arme nucléaire uniquement en cas de frappe nucléaire lancée contre son propre territoire, a déclaré Vladimir Poutine dans le cadre de la 15 ème édition du club de discussion Valdaï à Sotchi.

La doctrine nucléaire russe ne comprend pas la notion de frappe préventive, a rappelé jeudi le chef du Kremlin.

«Notre doctrine ne prévoit pas de recours à l’arme nucléaire pour une frappe préventive, mais en réponse à une frappe ennemie», a déclaré M.Poutine intervenant dans le cadre de la 15 ème édition du club de discussion Valdaï.

Cela veut dire que la Russie est prête à employer son arme nucléaire «uniquement si nous sommes persuadés qu’un agresseur potentiel a lancé une attaque contre la Russie», a expliqué le dirigeant russe.

Selon lui, la doctrine militaire russe avertit l’éventuel ennemi de conséquences inévitables. «L’agresseur doit être conscient que la vengeance est imminente et qu’il sera détruit dans tous les cas», a souligné le Président.

«Nous, comme les victimes de l’agression, nous irons au Paradis comme les martyrs, alors qu’eux, ils crèveront sans suite, car ils n’auront même pas le temps de se repentir», a lancé le dirigeant russe.

Vladimir Poutine intervenait dans le cadre de la 15 ème édition du club de discussion Valdaï à Sotchi. Institué en septembre 2004, le Club de discussion international Valdaï rassemble chaque année des analystes politiques de différents pays et aborde des thèmes dont la discussion permet aux participants étrangers de mieux comprendre la Russie.

https://fr.sputniknews.com/international/201810181038551606-russie-frappe-nucleaire-poutine/

Oct 19

ÉNERGIE: MACRON REÇOIT LES PATRONS DU SECTEUR LE 24 OCTOBRE

À quelques jours de la publication de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, les dirigeants d’une quarantaine d’entreprises ont rendez-vous à l’Élysée.

L’invitation a été lancée il y a quelques jours. Emmanuel Macron recevra le mercredi 24 octobre dans l’après-midi à l’Élysée une quarantaine de dirigeants d’entreprises du secteur de l’énergie. Le rendez-vous avait initialement été fixé au lundi 22, mais a été décalé de 48 heures pour cause de déplacement présidentiel dans l’Aude récemment sinistrée.

Ce rendez-vous sera l’occasion d’un dernier échange avec eux avant la présentation, en principe le 30 octobre et vraisemblablement par le chef de l’État, de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le texte qui définira la stratégie des dix prochaines années. Mardi, lors de son allocution télévisée post-remaniement, Emmanuel Macron a promis des «décisions structurantes et historiques» en la matière.

Mobiliser sur le climat

Les patrons des géants du secteur, comme Jean-Bernard Lévy (EDF), Isabelle Kocher (Engie), Patrick Pouyanné (Total), Philippe Varin (Orano) sont attendus, sauf problème d’agenda. Mais la réunion est élargie à d’autres acteurs, comme Bouygues, Vinci, ou Veolia. Le format ressemble au dîner auquel avaient été conviés les dirigeants de l’automobile le 1er octobre. L’enjeu, au-delà du débat très vif sur la place du nucléaire dans la production électrique, est de mobiliser les troupes sur le climat par la baisse de la consommation de charbon et d’hydrocarbures.

Par  Bertille Bayart, publié le 18/10/2018 à 18:23

http://www.lefigaro.fr/societes/2018/10/18/20005-20181018ARTFIG00278-energie-macron-recoit-les-patrons-du-secteur-le-24-octobre.php

NDLR: ils sont venus, ils sont tous là…tous à fond pronucléaires! La neutralité absolue…Vous croyez que le débat sera très vif?

Oct 19

L’ENVOYÉ NUCLÉAIRE AMÉRICAIN DISCUTE AVEC LA FRANCE DU DOSSIER NORD-CORÉEN

PARIS, 18 oct. (Yonhap) — L’émissaire spécial américain pour les discussions sur le programme nucléaire de la Corée du Nord, Stephen Biegun, a discuté de la question nucléaire de la Corée du Nord avec des officiels du ministère français des Affaires étrangères, a fait savoir jeudi ce dernier.

Un officiel français a confirmé la visite de Biegun en France pour discuter du dossier nucléaire nord-coréen, après le sommet entre la Corée du Sud et la France.

Mais l’officiel a refusé de fournir plus de détails, dont la date exacte de la visite de l’envoyé américain en France, les noms des personnes qu’il a rencontrées et les sujets des discussions.

À l’heure actuelle, les personnes traitant des affaires de la péninsule coréenne au Quai d’Orsay sont Nicolas de Rivière, le directeur général des affaires politiques et de sécurité, et Nicolas Roche, le directeur des affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement.

Selon son calendrier, Biegun aurait effectué une visite au ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères le 17 ou 18 octobre et aurait rencontré ces directeurs pour discuter des sujets liés au processus de dénucléarisation de la Corée du Nord.

Lors de cette rencontre, il a probablement souligné la nécessité de faire des efforts pour accomplir une dénucléarisation finale et complètement vérifiée et demandé à la France de jouer un rôle actif dans le processus de dénucléarisation de la Corée du Nord.

Avant sa visite en France, Biegun s’est rendu en Russie pour rencontrer des officiels russes. Selon le département d’État américain, l’émissaire spécial américain a discuté avec eux mardi à Moscou des efforts pour accomplir la dénucléarisation finale et complètement vérifiée.

Biegun devrait rencontrer bientôt son homologue nord-coréenne Choe Son-hui, vice-ministre des Affaires étrangères, en vue d’un deuxième sommet Corée du Nord-États-Unis.

rainmaker0220@yna.co.kr

Publié le vendredi 19 octobre 2018

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/10/19/0200000000AFR20181019000900884.HTML

Oct 19

NUCLÉAIRE: IL FAUDRA ANTICIPER TOUTE ÉVOLUTION DU CYCLE DU COMBUSTIBLE

Paris – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a prévenu jeudi qu’il faudrait anticiper « au minimum d’une dizaine d’années » tout changement dans le fonctionnement du cycle du combustible en France.

Le gendarme du nucléaire souligne dans un avis « le besoin d’anticiper au minimum d’une dizaine d’années toute évolution stratégique du fonctionnement du cycle du combustible« .

L’ASN se penche en particulier sur les conséquences qu’auraient l’arrêt ou la diminution de l’activité de certains réacteurs nucléaires d’EDF utilisant du MOX.

Ce dernier (mélange d’oxyde de plutonium et d’uranium) est un combustible nucléaire qui permet de recycler une partie du plutonium usé issu du fonctionnement des réacteurs. Il est utilisé dans 22 réacteurs français sur 58.

Mais s’il y avait moins de réacteurs utilisant du MOX, il y aurait aussi moins de débouché pour recycler le plutonium et donc une augmentation des stocks. Or, il faudrait dix ans pour créer de nouveaux lieux d’entreposage.

Pour la décennie à venir, l’ASN plaide donc pour un maintien de la proportion entre les réacteurs fonctionnant au MOX et les réacteurs classiques fonctionnant à l’uranium enrichi.

« Toute diminution de la production par des réacteurs consommant du combustible MOX doit être accompagnée d’une diminution de celle des réacteurs consommant du combustible issu d’uranium naturel enrichi« , juge-t-elle.

Pour le plus long terme, l’ASN demande aux industriels d’étudier deux options, qui nécessiteraient chacune près de dix ans pour être réalisée.

La première serait donc de disposer « de nouvelles capacités d’entreposage très significativement supérieures« .

La seconde serait de permettre l’utilisation du MOX dans d’autres réacteurs que ceux de 900 MW, qui sont les plus anciens. Elle veut ainsi connaître la « faisabilité de l’utilisation de combustible MOX dans les réacteurs de 1.300 MW« , plus récents.

Ces mises en garde interviennent alors que le France s’apprête à dévoiler sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sur un horizon allant jusqu’en 2028. Le gouvernement pourrait décider de fermer certaines centrales nucléaires alors qu’il souhaite à terme réduire sa dépendance à l’atome.

jmi/fka/az

AFP / 18 octobre 2018 17h31

https://www.romandie.com/news/Nucleaire-il-faudra-anticiper-toute-evolution-du-cycle-du-combustible/963396.rom

(NDLR : rappel : Le MOX, ou « mixed oxides » est un mélange d’oxydes, issu du traitement du combustible usé des centrales nucléaires. Il est constitué d’un mélange d’environ 92 % d’uranium « appauvri » et de 8 % de plutonium.)

Oct 18

EPR DE FLAMANVILLE: L’ASN CRAINT D’AUTRES PROBLÈMES QUE LES SOUDURES

Les Pieux (France) – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) craint que le chantier du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) ait d’autres problèmes « très difficiles », en plus de celui des soudures, a indiqué jeudi le chef du pôle EPR de l’ASN de Normandie.

« Je ne vous cache pas que (…) on est en droit d’imaginer qu’il y aura effectivement peut-être d’autres difficultés ailleurs. On est en train de regarder si les soudures resteront, ou pas, le seul sujet très difficile« , de ce chantier, a déclaré Eric Zelnio lors d’une réunion de la commission locale d’information (CLI) sur le site nucléaire de Flamanville.

C’est la raison pour laquelle l’ASN « s’apprête à formuler à EDF une demande d’étendre à d’autres matériels sur le réacteur » la revue de qualité demandée face aux problèmes de soudures. Le gendarme du nucléaire demande aussi au groupe de « travailler sur la cinétique de ces dysfonctionnements connus quand même pour certains depuis quelques années« , a poursuivi M. Zelnio.

« On a le sentiment qu’il y a eu un laps de temps important entre la détection, la réaction et l’information« , a ajouté le chef de pôle, regrettant aussi « le fait que certaines opérations n’aient pas été suspendues » dans la foulée de ces détections.

Concernant les problèmes de soudure révélés en début d’année, EDF a annoncé jeudi en avoir réparé 4 sur au moins 33 qu’elle doit reprendre. Pour 8 à 10 autres, l’ASN attend encore la preuve qu’elles n’ont pas besoin d’être réparées.

EDF, détenu à environ 84% par l’État, a annoncé en juillet un retard supplémentaire d’un an et un surcoût de 400 millions d’euros lié aux soudures, portant le budget de cet EPR à 10,9 milliards, plus du triple du budget initial. Jeudi, EDF a répété que l’EPR démarrerait fin 2019 (contre 2012 initialement prévu) et précisé que le combustible serait livré au « printemps 2019 » à Flamanville.

« 400 millions, c’est le montant de la rallonge annoncée par le gouvernement pour financer son plan santé. C’est 400 millions de moins pour financer des Ehpad ou des IRM. Car qui va payer au final, nos impôts« , a réagi Guy Vatel de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (ACRO) lors de cette réunion.

Lancé en 2007, le chantier emploie 4.800 personnes (dont 900 d’EDF et le reste de sous-traitants), a précisé l’entreprise.

Conçu au départ comme une vitrine pour l’export, le chantier de ce réacteur, qui doit être le plus puissant de France, a connu de multiples déboires.

clc/mcl/swi

AFP / 18 octobre 2018 14h11

https://www.romandie.com/news/EPR-de-Flamanville-l-ASN-craint-d-autres-problemes-que-les-soudures/963321.rom

Oct 18

NUCLÉAIRE : ÉVÈNEMENT DE NIVEAU 1 À ORANO LA HAGUE

Un « événement » de niveau 1 a été signalé lundi 15 octobre 2018 à l’usine Orano La Hague (Manche), sans conséquence pour le personnel, l’environnement et l’installation.

Un « événement » de niveau 1 a été signalé à l’usine Orano La Hague (Manche). « Lundi 15 octobre 2018, dans l’atelier d’extraction chimique de l’usine UP2-800, il a été constaté qu’une des deux conditions d’utilisation d’un pont de manutention pour essai réglementaire avec charge d’essai, n’avait pas été respectée », indique le groupe nucléaire Orano, dans un communiqué. « Les investigations montrent que les intervenants avaient procédé à l’essai réglementaire d’un pont sans autorisation préalable du chef de quart ; ce qui ne leur a pas permis de prendre connaissance des exigences applicables pour la réalisation de cet essai. »

Sans conséquences

L’entreprise précise que « l’événement n’a pas eu de conséquence pour le personnel, l’environnement et l’installation concernée. Toutefois, l’analyse ayant conduit à l’identification d’un non-respect de consignes d’exploitation relative aux opérations de maintenance, il est proposé à l’Autorité de Sûreté Nucléaire de classer cet événement au niveau 1 sur l’échelle INES. »

Publié le 18 octobre 2018 à 09:31

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-602305-nucleaire-evenement-de-niveau-1-a-orano-la-hague

Oct 18

POUR IMPOSER CIGÉO, L’ÉTAT NUCLÉAIRE ÉCRASE L’OPPOSITION

On ne peut pas contester la filière nucléaire française. C’est le constat fait par l’auteur de cette tribune, qui raconte comment les opposants — dont lui-même — au projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo, dans la Meuse, connaissent quotidiennement les pressions policières et des condamnations autoritaires.

Gaspard d’Allens est opposant au projet d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo. Il est aussi journaliste — il travaille notamment avec Reporterre — et écrivain, coauteur de Bure, la bataille du nucléaire et de Les Néopaysans, tous deux aux éditions Le Seuil-Reporterre.

Parfois je me demande au réveil, à l’aube naissante, dans quel pays nous vivons. Il y a un an, en septembre 2017, j’ai vu débarquer à six heures du matin des dizaines de gendarmes dans mon village, à Mandres-en-Barrois, près de Bure (Meuse). Ils venaient fouiller des appartements et des maisons d’opposants au projet de poubelle radioactive Cigéo. Un mouvement auquel j’appartiens.

L’hélicoptère tournait au-dessus de nos têtes tandis que les gendarmes forçaient les portes au pied-de-biche et hurlaient dans la rue « On bouge pas ! », arme au poing. Ils ont embarqué au passage des dizaines d’ordinateurs, des clés USB, des téléphones portables et des livres sur l’écologie. C’était notre première perquisition. Depuis, nous en avons subi quatre autres. Dans la mêlée, mon manuscrit Bure la bataille du nucléaire a été saisi. Comme pièce à conviction. Mes premiers lecteurs, c’était des flics.

Un an plus tard, mardi 16 octobre, je me suis réveillé en apprenant que j’avais un procès le jour même. Je n’ai pas été prévenu. Je n’ai pas reçu de convocation ou de dossier pénal. Mon avocat l’a su en se rendant au tribunal pour d’autres affaires. Le procureur, qui a envoyé les documents à une mauvaise adresse, me dit « radicalement introuvable ». Pourtant, je suis sous écoute depuis un an dans le cadre d’une enquête qu’il mène sur la prétendue « association de malfaiteurs » que constituerait le mouvement d’opposition à Cigéo. Je suis surveillé quotidiennement. Toutes mes conversations sont fichées, mes gestes, mes déplacements aussi. Il m’est arrivé, lors de conférences publiques à l’autre bout de la France, de voir des gendarmes filmer la salle. À Mandres-en-Barrois, dans ma maison, il n’est pas rare de croiser à la fenêtre un membre du PSIG [1] avec son smartphone. « Clic ». On nous prend en photo, cinq fois, dix fois, quinze fois par jour. « Clic ». La nuit, leurs phares éclairent ma chambre. Nous vivons sous occupation militaire. C’est comme dans le film La Vie des autres, sauf qu’ici, ils ne se cachent même pas.

Les dérives autoritaires se répandent comme une marée pestilentielle 

En urgence, j’ai demandé mardi le report du procès. Il a été refusé. J’ai été jugé en absence, sans aucun droit de défense. Sans avocat. Sans même avoir la possibilité de m’exprimer. Je risque trois mois de prison avec sursis, 3.000 euros d’amende pour avoir, d’après eux, entravé des travaux au bois Lejuc, ce bois où l’Andra [2] souhaiterait enfouir les pires rebuts toxiques de notre modernité. Des déchets radioactifs, pour des dizaines de milliers d’années.

Je rappelle que la propriété du bois est contestée. Qu’un flou juridique plane sur cette forêt et que l’Andra a été condamnée pour avoir effectué des travaux illégalement. Je m’étais ainsi opposé à l’arrivée d’une pelleteuse, le 23 janvier 2017, en me mettant symboliquement devant elle. Un journaliste de France 3 était là pour filmer. Où se trouvait la violence ? Une opposante a été molestée par des vigiles. Sa plainte, classée sans suite. Les bulldozers ont rasé des cabanes alors que les occupants n’étaient pas encore expulsables… Que fait-on du droit, de la légalité ? En février 2017, le tribunal administratif allait juger que l’Andra n’était pas propriétaire du bois

La filière nucléaire n’accepte pas la contestation. Et c’est quand on lui donne de la visibilité qu’elle déploie toute sa violence. Qu’elle écrase, qu’elle atomise. Je sais que c’est pour cette raison que je suis ciblé, ce jugement pour entrave n’est qu’un prétexte pour nous intimider et nous faire taire.

Cela fait longtemps que nous voyons les dérives autoritaires se répandre comme une marée pestilentielle. Dans l’opposition à Cigéo, une militante historique de 60 ans s’est retrouvée en garde à vue pendant 50 heures au début de l’été. Un maraîcher a eu un procès pour avoir transporté un opinel et une pelle à tarte dans son camion. Le 20 juin 2018, notre avocat a été interpellé, mis en garde à vue et son cabinet fouillé. Une association de malfaiteurs plane sur la tête des opposants. On compte au total une cinquantaine de procès, deux ans de prison ferme cumulés, 26 interdictions de territoire…

Je suis journaliste engagé, j’ai passé plus de deux ans à Bure pour mieux comprendre et vivre ce qui s’y trame. Depuis mon arrivée, je suis consterné. Comment se fait-il qu’un sujet aussi majeur soit autant invisibilisé ? Comment se fait-il que l’État ait distribué plus d’un milliard d’euros dans la région avant même l’existence légale de ce projet ? Comment se fait-il que les bilans du débat public en 2005 qui concluaient à la nécessité d’un stockage en surface n’aient pas été respectés ? Comment se fait-il qu’on ne parle jamais des deux travailleurs morts au cours du chantier ? Comment se fait-il que l’Andra offre aux notables du coin des parties de chasse dans de magnifiques domaines forestiers ? Pourquoi organise-t-elle des sorties scolaires dans son laboratoire ? Comment se fait-il que le conseil municipal de Mandres-en-Barrois ait voté l’échange du bois Lejuc avec l’Andra en 2015 alors que la population s’était prononcée contre ?

Je ne veux pas vivre le journalisme de manière désincarnée et hors-sol. 

Avec la résistance qui grandit et la visibilité que nous avons tenté de donner à ce sujet, la filière nucléaire se trouve obligée de se justifier. Or, elle est injustifiable. La filière atomique, indéfendable. Pire, elle est criminelle. Jamais une civilisation n’a cédé un legs aussi empoisonné que les déchets radioactifs. Ils n’ont aucune solution pour les traiter mais ils continuent d’en produire. La poubelle nucléaire à Bure est une illusion. Un prétexte pour prolonger le désastre. Cigéo vise à enfouir le problème plus que les déchets, à 500 mètres de profondeur, dans le déni et l’hypocrisie.

J’ai passé deux ans à Bure, car je ne veux pas vivre le journalisme de manière désincarnée et hors-sol. J’ai fait le choix d’habiter ce territoire, de m’y ancrer à une époque où l’information défile d’abord derrière un écran, se twitte et se perd dans les limbes de l’instantanéité. À la neutralité, j’ai préféré les amitiés. L’engagement. « On peut parler de la vie ou depuis la vie. »

Face à l’ordre atomique, la neutralité serait une caution du pouvoir. On ne peut rester insensible à la désertification de ce territoire et à l’avancée inexorable du monstre nucléaire. On ne peut rester neutre face à l’obscénité politique qui impose ce projet.

L’État, après avoir séparé les individus les uns des autres par sa politique néolibérale, voudrait maintenant séparer les individus en eux-mêmes. On ne pourrait pas être avocat et militant, journaliste et opposant. Il faudrait choisir. Se couper en deux, faire de nous des êtres atrophiés, des « hommes unidimensionnels », comme l’écrivait Herbert Marcuse.

Je refuse cette mutilation. Je suis autant journaliste qu’opposant au projet Cigéo. Cela ne rend pas moins légitime mon discours. Chercher une vérité qui se donne dans un quotidien plus qu’elle ne s’objective. Que je me retrouve aujourd’hui devant la justice ne m’inquiète pas. Je continuerai mon travail.

Ce qui me fait peur, c’est que nous sommes tous incarcérés dans une société nucléaire qui impose son pouvoir comme jamais un tyran n’y était parvenu. 24.000 ans, c’est la demi-vie du plutonium 239. Un fardeau dont chaque génération héritera, sans possibilité de s’en délivrer.

Alors, que dire face à la justice qui essaye de nous mettre dans des cases, de nous transformer en malfaiteurs ? Que dire si ce n’est que nous ne partageons pas le même monde, le même langage ? Les mêmes espérances.

Par Gaspard d’Allens le 18 octobre 2018

https://reporterre.net/Pour-imposer-Cigeo-l-Etat-nucleaire-ecrase-l-opposition

Oct 18

SUISSE: LE BRAS DE FER ATOMIQUE ENTRE CARLO SOMMARUGA ET IGNAZIO CASSIS

Le 15 août dernier, le Conseil fédéral, sur proposition du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a annoncé que la Suisse n’allait pas adhérer au «Traité sur l’interdiction des armes nucléaires». Cette décision avait déçu, en particulier du côté du Conseil national, qui avait justement soutenu en juin une motion de Carlo Sommaruga (PS/GE) demandant à ce que la Suisse signe et ratifie ce traité par 100 voix contre 86.

Au mois de juin, le chef du DFAE s’était montré sceptique à ce que la Suisse signe ce traité, ne voyant pas très bien ce qu’il apporterait de plus à la situation actuelle. Sa position, proche de celle de l’UDC, se trouvait donc confirmée le 15 août par le refus du Conseil fédéral. Affaire entendue? Pas du tout.

«Défaite intérieure majeure»

Réunie en début de semaine, la Commission de politique extérieure du conseil national (CPE) a confirmé sa position sur proposition de Carlo Sommaruga. Par 16 voix contre 6 et 2 abstentions, elle veut que le traité soit signé et ratifié «immédiatement». À la suite de cette décision, le Genevois observe: «Ce signe important de paix et de désarmement est une défaite intérieure majeure pour le conseiller fédéral Ignazio Cassis

La force de la société civile

Cependant, il nuance la portée d’un bras de fer entre lui et le chef du DFAE: «Je suis le porte-parole d’une cause partagée par 16 d’entre nous en commission. Je peux dire que même certains UDC ont soutenu cette décision. Ce traité exprime la force de la société civile qui amène les Etats à se fixer des règles comme sur les mines anti-personnelles ou les armes à sous-munitions. Il a été porté par l’International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN), organisation sise à Genève et prix Nobel de la paix en 2017.»

Avec le soutien du PDC

Le Conseil fédéral va-t-il revoir sa position? Pour l’instant sûrement pas. Cependant, le Conseil des États doit traiter de la motion du Conseil national en commission le 25 octobre prochain, puis en plénum lors de la session d’hiver. Si les deux chambres sont sur la même longueur d’onde pour signer et ratifier le traité, Ignazio Cassis et le Conseil fédéral seront sous pression. «J’ai bon espoir que le Conseil des Etats soutienne cette motion, si les élus du PDC suivent la ligne définie par le parti sur cette question», conclut le Genevois. (Le Matin)

Créé le 17.10.2018, 16h11

https://www.lematin.ch/suisse/Le-bras-de-fer-atomique-entre-Carlo-Sommaruga-et-Ignazio-Cassis/story/12174636

Oct 18

PPE : QUELS ARBITRAGES POUR LE PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS ?

Fin juin, le débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) avait souligné l’importance de la dimension solidaire de la Transition écologique et solidaire. Depuis, avec la démission de Nicolas Hulot, de nombreux observateurs s’interrogent sur l’avenir de la politique énergétique française. Nouvellement arrivés au ministère de la transition écologique, François de Rugy et Emmanuelle Wargon, devrait prochainement mettre fin au suspense…

Les Français sont toujours pro-nucléaire

Dans son discours de clôture du débat public sur la PPE au Conseil Économique Social et Environnemental, Jacques Archimbaud expliquait qu’il n’était pas possible de « faire fi de la position de la quasi-totalité des syndicats de salariés du secteur énergétique, de l’adhésion qu’on nos concitoyens au maintien d’un service public national de l’énergie et à la solidarité nationale et qu’un grand nombre assimilent encore, à tort ou à raison, au nucléaire ». C’est pourquoi, 71% des 11 058 répondants au questionnaire du débat public estiment que les politiques énergétiques de l’État sont incohérentes, tandis qu’une majorité relative d’entre eux (45%) considèrent qu’il faut fixer l’objectif de réduction de la part du nucléaire au-delà de 2035.

Le ministère de la Transition écologique change de tête pour faire des petits pas

Interviewé par Léa Salamé et Nicolas Demorand, Nicolas Hulot confiait ne plus vouloir se contenter de « la politique des petits pas » d’Emmanuel Macron. Quelques jours plus tard, François de Rugy faisait son entrée au ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) avec l’ambition de publier la nouvelle version de la Programmation pluriannuelle de l’énergie comme « prévu à la fin du mois d’octobre ». L’écologiste qui s’était positionné contre le nucléaire pendant la primaire socialiste, a néanmoins expliqué qu’il fallait sortir de « la guerre de religion sur le nucléaire », préférant insister sur la décision historique d’arrêter l’exploitation des centrales à charbon.

Par ailleurs, Sébastien Lecornu, le « monsieur nucléaire du gouvernement », a également quitté le ministère de la transition écologique lors du remaniement du 16 octobre pour le ministère des territoires. Pourtant, avec ce départ le ministère se prive de l’expertise de l’élu de l’Eure,  forgée par exemple lors de ces déplacements à Fessenheim ou à Bure…

PPE: pas de fermeture de réacteur nucléaire avant 2029 ?

Toujours est-il qu’à la suite du conseil des ministres du 17 octobre 2018, Benjamin Griveaux interrogé par la journaliste de Bloomberg, Hélène Fouquet, a indiqué que la PPE serait présentée « fin octobre ou début novembre ». En effet, un échange sur la question de la PPE a eu lieu lors de cette réunion afin de recueillir « le point de vue des ministres, quelles que soient leurs attributions », peut-être celui de Sébastien Lecornu en particulier ?  Mais quoi qu’il en soit, il ne reste donc plus que quelques jours avant de connaître la position officielle du gouvernement…

La veille, le président Emmanuel Macron rappelait de son côté que des décisions historiques seraient actées « dans les semaines à venir ». Autant d’indices qui laissent à penser que l’arrêt des 56 réacteurs pourrait finalement intervenir seulement à partir de 2029 jusqu’en 2060. Ainsi, un proche de l’Élysée cité par BFM résume : « Il faut écouter leurs contraintes [NDLR: celles d’EDF], mais préparer les fermetures de réacteurs au niveau social ».

Crédit photo : @IRNS

Rédigé par : La Rédaction et publié le 17 Octobre 2018

(NDLR : et voilà comment on nous prépare à accepter la prolongation du nucléaire en France)

https://lenergeek.com/2018/10/17/ppe-arbitrages-parc-nucleaire/

Oct 17

« LA PPE RESPECTERA LA LOI DE 2015 », AFFIRME FRANÇOIS DE RUGY

ÉNERGIES. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a affirmé ce mardi 16 octobre à l’Assemblée nationale, que la future feuille de route énergétique respectera la loi votée en 2015.

« Nous voulons une stratégie énergétique pour la France qui repose sur la loi de transition énergétique de 2015« , a affirmé François de Rugy, ce mardi 16 octobre 2018 à l’Assemblée nationale, en réponse à une question du député LREM Didier Le Gac concernant l’hydrolien, suite à l’immersion de l’hydrolienne Sabella au large de l’île d’Ouessant. « Bien évidemment, l’éolien terrestre, l’éolien offshore, l’éolien flottant, et même l’hydrolien, plutôt dans une logique de niche pour les îles, pour des endroits isolés, trouveront leur place dans cette stratégie énergétique pour la France« , a ajouté le ministre de la Transition écologique.

À la fin du mois d’octobre 2018, le gouvernement devra présenter sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les années 2019-2023 et 2024-2028. L’objectif est de « réduire la dépendance au nucléaire, de lutter contre le dérèglement climatique, mais aussi de diversifier [le mix énergétique] grâce aux énergies renouvelables« , a précisé François de Rugy. Le ministre de la Transition énergétique indique également tenir compte de « la sécurité d’approvisionnement électrique et de la maîtrise du juste prix pour le consommateur et pour le producteur« . Pour rappel, la loi de 2015 a pour objectif de monter la part des énergies renouvelables à 32 % du mix énergétique et à 40 % dans la production en 2030, « objectif que nous allons tenir en donnant une déclinaison mode de production par mode de production« , précise l’ancien président de l’Assemblée nationale. Elle prévoyait aussi la réduction de la part du nucléaire à 50 % pour 2025, mais cet objectif a été repoussé en février 2018 par le gouvernement. (NDLR : donc on ne respectera pas la loi de 2015 comme le laisse supposer le titre de l’article !)

Publié le 17/10/2018 à 14:32

https://www.batiactu.com/edito/ppe-respectera-loi-2015-affirme-francois-rugy-54342.php

Oct 17

COMBUSTIBLES AUSTRALIENS CHEZ ORANO: GREENPEACE DÉBOUTÉ PAR LA JUSTICE FRANÇAISE

Cherbourg – La justice française a rejeté mardi un recours de Greenpeace qui lui demandait d’obliger le groupe nucléaire Orano (ex-Areva) à rendre public le contrat dans le cadre duquel il a reçu début septembre des combustibles australiens, a-t-on appris auprès de Greenpeace. « Le contribuable a épongé 20 milliards de dette d’Orano, soit un tiers des impôts sur le revenu de 2017. Il est salutaire qu’il y ait un droit de regard sur ce contrat », avait plaidé lors de l’audience, le 25 septembre, Alexandre Faro, avocat de Greenpeace, devant le juge des référés de Cherbourg (nord-est de la France), saisi par l’association écologiste.

« Je veux comprendre qui paie quoi », avait ajouté l’avocat de Greenpeace, qui dit soupçonner Orano de stocker illégalement des déchets étrangers. « 95% des piscines de la Hague sont déjà remplies de déchets. En importer encore, certes en petite quantité, c’est irresponsable« , avait-il ajouté.

Mais Orano avait rétorqué qu’il ne pouvait publier ce contrat en raison de la concurrence. « J’ai des concurrents. Les Chinois ont un projet d’usine similaire » à celle de la Hague, avait argumenté l’avocat de la société, Alexandre Gaudin, face à Greenpeace qui plaidait que « Orano est le seul à faire ça (le retraitement, NDLR). Plus personne ne le fait ».

La loi de 2006 oblige Orano à préciser dans un accord intergouvernemental la date de renvoi à l’étranger des déchets une fois qu’ils sont retraités, avait souligné Me Gaudin, accusant Greenpeace « d’instrumentaliser la justice ». Or le décret paru en juillet le précise bien: 2034 voire 2040.

Depuis la loi de 2006, Orano a organisé 37 transports avec l’étranger et Greenpeace n’avait jamais demandé la publication des contrats, avait ajouté Me Gaudin.

Les combustibles australiens arrivés le 14 septembre à Cherbourg avant de rejoindre l’usine Orano de la Hague (nord-est) ne sont pas des déchets car « la très grande majorité est une matière qu’on peut réutiliser« , avait poursuivi l’avocat.

Selon un rapport sur « le cycle du combustible français« , publié par le Haut comité pour la transparence (HCTISN) en juillet, « le taux de recyclage est inférieur à 1%« .

Cette action en justice de Greenpeace intervient alors que la commission nationale du débat public prépare un débat en France sur la gestion des matières radioactives et qu’un rapport parlementaire publié en juillet avait recommandé de « mener une réflexion sur la poursuite ou non du retraitement des combustibles usagés« , « exception française » qui fait travailler selon Orano 5.000 personnes (sous-traitants inclus) à la Hague et 725 à Marcoule (sud), hors sous-traitants.

clc/db/lp/avz

AFP / 16 octobre 2018 15h34

https://www.romandie.com/news/Combustibles-australiens-chez-Orano-Greenpeace-d-bout-par-la-justice-fran-aise/962605.rom

Oct 17

LA CRIIRAD À L’HONNEUR DE LA 36 ÈME FOIRE ÉCOLOGIQUE DE SEMUR-EN-AUXOIS (21)

Chaque année, une association est mise à l’honneur par les organisateurs bénévoles de cette manifestation. Leur choix s’est porté cette année sur la nôtre : nous saluons cette belle initiative et nous remercions vivement les bénévoles, les paysans, les organisateurs pour leur accueil et le coup de projecteur mis sur la CRIIRAD.

6 € par repas distribué seront reversés à la CRIIRAD (environ 180 repas) : des lentilles et des merguez d’agneau offertes par les producteurs ont été vendues au bénéfice de notre association.

Roland DESBORDES a animé une conférence consacrée entre autre à la pollution au tritium mise en évidence par le laboratoire de la CRIIRAD dans les eaux souterraines et de surface, autour et à distance du site militaire de VALDUC (40km au nord-ouest de DIJON) sur la commune de SALIVES. Il a également animé un atelier d’utilisation du compteur Geiger l’après-midi.

Sur le stand, était placé à la disposition des visiteurs la synthèse des études réalisées entre 1993 et 1996 par notre laboratoire et qui ont mis en évidence cette contamination par le tritium des eaux d’un tiers du département de la Côte d’Or. Une exposition de photos des mines d’uranium à Arlit au NIGER avait été installée.

Une jeune lycéenne de première était heureuse de nous trouver sur son chemin, elle a décidé de traiter pour son TPE (épreuve du Bac) un sujet sur la radioactivité ; une longue discussion avec Roland DESBORDES l’a aidée à mieux cerner son sujet et pourquoi pas d’y intégrer la CRIIRAD.

Généreuse initiative donc que celle des organisateurs de cette foire ; elle inspirera peut-être d’autres personnes ou des associations souhaitant soutenir la CRIIRAD.

Pour accéder au site de la CRIIRAD, cliquer sur : http://www.criirad.org/

Oct 17

BURE : DES PERSONNES OPPOSÉES À CIGÉO JUGÉES SANS AVOIR ÉTÉ AVERTIES DE LEUR PROCÈS !

Communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire

Jusqu’où ira la répression ?

Ce mardi 16 octobre 2018, l’acharnement contre les opposant.e.s à Cigéo, ce projet d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux à Bure dans la Meuse, a franchi un nouveau cap. Alors que plusieurs procès devaient avoir lieu aujourd’hui à Bar-le-Duc, le tribunal a annoncé que deux autres personnes allaient également être jugées pour leur participation, le 23 janvier 2017, au blocage non-violent d’un engin de chantier dans le Bois Lejuc… sans qu’elles ne soient présentes à l’audience et, pour au moins une d’entre elles, sans avoir été avertie de ce procès !

Parmi ces deux personnes, on compte Gaspard d’Allens, militant et co-auteur de Bure, la bataille du nucléaire, accusé de s’être tenu devant la pelleteuse, qui n’a jamais reçu sa convocation à son adresse. On peut s’étonner que le tribunal n’ait pas été capable de retrouver son lieu de résidence pour la lui envoyer : les gendarmes, qui sont en contact régulier avec le procureur, ont pourtant régulièrement coutume de filmer son domicile à Mandres-en-Barrois, comme c’est le cas aussi pour de nombreuses personnes impliquées dans la lutte. S’agissait-il d’empêcher ce journaliste de médiatiser le procès et de rappeler quelques faits ? Notamment que, ce 23 janvier 2017, un employé de l’Andra avait fait irruption dans le Bois Lejuc au volant d’une pelleteuse en fonçant sur les opposants et en détruisant des cabanes sur le chemin ? Que des vigiles avaient frappé une militante au visage ? Que sous le prétexte fallacieux de remettre en état la forêt, l’Andra reprenait des travaux déclarés illégaux [1] ?

Malgré l’absence des deux personnes concernées, le tribunal a refusé le renvoi de l’affaire. Aucun avocat n’étant mandaté pour leur défense, le procès s’est déroulé par défaut, sans respect du contradictoire et des droits de la défense. Le procureur a requis 3 mois de prison avec sursis. Le verdict sera rendu le 13 novembre. Pour couronner le tout, alors que la prise d’image est normalement interdite dans un tribunal, la juge a demandé l’évacuation de la salle alors que le public dénonçait la présence d’un gendarme en train de filmer les personnes présentes !

Ces pratiques inacceptables interrogent sur l’indépendance de la justice et témoignent d’un acharnement de plus en plus inquiétant contre les personnes qui ont le tort de s’opposer au projet Cigéo. Elles se situent dans la droite ligne des contrôles permanents et des coups de pression réguliers qui pèsent sur les habitant.e.s des villages autour de Bure, alors que les autorités, tout en ne cessant de parler d’ « État de droit« , s’affranchissent de plus en plus des règles qui devraient encadrer leur action (comme en témoigne la dernière perquisition à Bure, effectuée sans mandat). Cette dérive gravissime doit nous alerter toutes et tous !

[1] Suite au jugement du 1er août 2016 déclarant illégaux les travaux entrepris par l’Andra dans le Bois Lejuc, celle-ci se devait de le « remettre en état » sous 6 mois, c’est-à-dire retirer le mur de béton qu’elle avait construit, le géotextile qu’elle avait déposé et replanter les arbres qu’elle avait arrachés. Pendant près de 6 mois (et ce alors même que la forêt n’avait pas été occupée tout de suite), elle ne s’en était pas souciée. Le prétexte de la « remise en l’état » invoqué par l’Andra pour justifier son intrusion le 23 janvier, une semaine avant l’échéance du délai, ne revêt aucune crédibilité : comment prétendait-elle effectuer en une semaine des travaux aussi lourds (dont la réalisation a de fait nécessité plusieurs mois en 2018), qui plus est alors que le sol était recouvert de neige ?

Contact presse :

Laura Hameaux – 06 85 23 05 11

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Bure-des-personnes-opposees-a-Cigeo-jugees-sans

Oct 16

BOUSCULÉ PAR LES ÉNERGIES VERTES, LE CEA CHERCHE SES MARQUES

Le gouvernement souhaite que le Commissariat à l’énergie atomique travaille davantage sur l’intégration des énergies renouvelables. La construction du réacteur Jules Horowitz dérive encore.

Six mois  après la nomination de François Jacq <https://www.lesechos.fr/07/04/2018/lesechos.fr/0301531338799_francois-jacq-pressenti-pour-prendre-la-tete-du-cea.htm>  au poste d’administrateur général, le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) cherche sa voie, sur fond de transition énergétique. Historiquement dédié à l’énergie nucléaire, l’organisme public entend donner un peu plus corps aux « énergies alternatives », ajoutées à sa mission – et à son sigle – à la fin 2009.
 
Dans des extraits de la lettre de mission du Premier ministre diffusés aux syndicats début octobre, le gouvernement demande ainsi au CEA « de penser de manière intégrée le système énergétique de demain », et de renforcer « la R&D sur les nouvelles technologies de l’énergie, notamment par un redéploiement interne de moyens consacrés au nucléaire civil »« Nous sommes à un moment où la manière, dont les énergies vont cohabiter est cruciale », décrypte François Jacq.

En clair, il s’agirait de travailler davantage sur le stockage hydrogène ou les réseaux intelligents, mais aussi sur le combustible nucléaire pour qu’il puisse mieux piloter les variations de puissance et ainsi intégrer davantage l’énergie solaire ou éolienne. Un enjeu majeur pour EDF, qui défend la « manœuvrabilité » des centrales nucléaires.

Surcoût à prévoir

L’un des chantiers du CEA est aussi de gérer  les nouvelles difficultés du réacteur expérimental Jules Horowitz (RJH) <https://www.lesechos.fr/30/08/2017/LesEchos/22518-068-ECH_nucleaire—premier-jalon-pour-le-reacteur-jules-horowitz.htm>  en construction à Cadarache (Bouches-du-Rhône). Alors que la mise en service de ce réacteur destiné aux recherches des industriels et à la production de radio-isotopes médicaux était initialement prévue en 2016, la divergence (première réaction en chaîne nucléaire) est désormais fixée à l’été 2022. Mais cette date sera encore « révisée », reconnaît François Jacq. Avec de nouveaux surcoûts à prévoir, alors que le budget a déjà dérapé à 1,7 milliard d’euros courants <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_euros-courants.html#xtor=SEC-3168> .

Yannick d’Escatha, ancien administrateur général du CEA et aujourd’hui conseiller du PDG <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_president-directeur-general.html#xtor=SEC-3168>  d’EDF, a été chargé d’un audit pour proposer d’ici à la fin de l’année « les modalités de la mise sous contrôle du projet de réacteur RJH, afin qu’il soit achevé dans des coûts et délais qui auront été replanifiés », indique la lettre de mission du gouvernement.

L’avenir du projet de réacteur à neutrons rapides Astrid, conçu pour recycler le combustible nucléaire,  est aussi toujours en suspens <https://www.lesechos.fr/30/01/2018/lesechos.fr/0301218315000_nucleaire—le-reacteur-du-futur-astrid-en-suspens.htm>  . Mais au projet de réacteur de taille réduite pourrait succéder un projet se limitant à de la simulation. Le gouvernement pourrait trancher d’ici à la fin de l’année.

Vacance du poste de Haut-commissaire

Le changement de direction passe aussi par des mouvements dans les équipes. En septembre, François Jacq a choisi de recruter à l’extérieur, en nommant Philippe Stohr, un X-Ponts en provenance du finlandais Fortum, directeur de l’énergie nucléaire (DEN), et chargé d’une « mission de réflexion pour construire une approche ‘système’ intégrant les différentes technologies de l’énergie ». Son prédécesseur, François Gauché, est passé directeur délégué.

Selon nos informations, l’administrateur général adjoint du CEA, Christophe Gégout, va de son côté rejoindre dès la semaine prochaine le fonds Meridiam. Un remplaçant a été proposé aux quatre ministères de tutelle du CEA -le nom de Laurence Piketty est cité. Le poste de Haut-commissaire à l’énergie atomique, enfin, est vacant depuis la fin du mandat d’Yves Bréchet à la fin septembre. Selon plusieurs sources, François Jacq aurait souhaité ne pas le remplacer.

« Je n’ai pas à avoir envie ou pas envie, il appartient au gouvernement de nommer, ou pas, un Haut-Commissaire, riposte-t-il. Je demande juste l’application des textes : il y a une chaîne opérationnelle et à côté, sans interaction, il y a un conseiller du CEA et du gouvernement. » Son prédécesseur, Daniel Verwaerde, avait au contraire plaidé pour une collaboration plus étroite entre les deux postes,  ce qui n’avait d’ailleurs pas été sans heurts <https://www.lesechos.fr/31/12/2015/LesEchos/22098-068-ECH_recherche—remue-menage-au-sein-du-cea.htm>  .

« La complexité des matériels de l’arme nucléaire suppose que les décideurs [ministère de la Défense, Président de la République] puissent avoir une confiance absolue dans le conseil du Haut-commissaire, indépendamment de la hiérarchie du CEA qui les fabrique », plaide la CGT du CEA.

Mise en service d’un réacteur militaire à plus de 1 milliard
Il y a des projets nucléaires qui finissent par aboutir. Lancé en 1995, le réacteur d’essais (RES <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_rachat-dune-entreprise-par-ses-salaries.html#xtor=SEC-3168> ) construit à Cadarache (Bouches-du-Rhône) a connu sa première divergence (réaction en chaîne nucléaire) le 10 octobre « à 11 h 52 », indique un communiqué interne du CEA. Avec ce réacteur représentatif des chaufferies nucléaires qui servent à propulser les sous-marins français et le porte-avions Charles-de-Gaulle, « les données acquises permettront d’améliorer les simulations pour adapter les chaufferies aux besoins futurs des bateaux ». Selon le CEA, le coût du RES s’établit entre 1,2 et 1,3 milliard d’euros.

Véronique Le Billon   
 <https://twitter.com/VLeBillon>

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0302402417131-bouscule-par-les-energies-vertes-le-cea-cherche-ses-marques-2213957.php

Oct 16

L’ASN PAS SAISIE SUR DES RÉACTEURS À FERMER EN PRIORITÉ

Paris – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’a pas été saisie pour donner son avis sur les réacteurs qui pourraient fermer en priorité dans le cadre de la feuille de route énergétique du gouvernement, a indiqué lundi son président.

« La question d’un arrêt pour des raisons de politique énergétique appartient à ceux qui l’ont en charge », c’est à dire le gouvernement et non l’ASN, a rappelé Pierre-Franck Chevet devant l’Association des journalistes de l’environnement et celle des journalistes de l’énergie (AJE et AJDE).

Mais « ce que j’ai dit au gouvernement, et je peux le répéter publiquement, c’est: +demandez à EDF (…), suivant des critères qui vous appartiennent et qui lui appartiennent, de fournir une telle liste+ » de réacteurs, a-t-il ajouté. Il a évoqué par exemple des critères sociaux, économiques ou encore d’état technique des installations.

« J’ai dit au gouvernement que sur cette base-là, j’étais prêt à donner mon avis sur la cohérence entre ce dossier d’EDF et ce que je savais en termes de sûreté », a poursuivi Pierre-Franck Chevet.

Mais « je n’ai pas vu de tel dossier » et « donc je ne me suis pas prononcé », a conclu le responsable, qui doit quitter ses fonctions en novembre pour être remplacé par Bernard Doroszczuk.

Le gouvernement doit présenter à la fin du mois sa Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les années 2019-2023 et 2023-2028.

L’un des gros enjeux sera de déterminer la trajectoire de baisse de la place du nucléaire dans la production d’électricité.

La France, qui a produit 72% de son électricité grâce au nucléaire l’an dernier, veut ramener cette part à 50% pour réduire sa dépendance à cette énergie, à un horizon désormais repoussé à 2030 ou 2035.

jmi/tq/eb

AFP / 15 octobre 2018 18h32

https://www.romandie.com/news/L-ASN-pas-saisie-sur-des-reacteurs-a-fermer-en-priorite/962318.rom

Oct 16

AUDE INONDATIONS : NARBONNE MENACÉE PAR L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE ?

Communiqué de Presse

Face aux intempéries que connaît actuellement la région et notamment le Narbonnais, nous demandons que les autorités donnent aux habitants et aux associations des informations précises et des mesures mises à jour concernant les risques liés à l’usine Orano Malvési.

Cette usine, située à l’entrée de Narbonne, abrite des quantités considérables de matières dangereuses chimiques et radioactives.

Elle est classée pour cela : Installation Nucléaire de Base (INB), Zone Nucléaire à Accès Réglementé (ZNAR) et Installation Classée pour la Protection de l’Environnement (ICPE) Sévéso Seuil Haut.

Par le passé de nombreux accidents s’y sont produits, notamment le débordement des bassins les plus radioactifs, suite à des pluies torrentielles, avec des conséquences très importantes.

Des travaux ont été faits par l’industriel, cependant le déversoir du trop-plein des eaux pluviales de l’usine reste le canal du Tauran qui se jette dans la Robine et traverse la ville de Narbonne pour rejoindre l’étang de Bages et terminer sa course dans la mer Méditerranée à Port-la-Nouvelle.

L’usine a toujours donné des informations tardives, partielles ou encore au compte-gouttes, comme on l’a vu il y a quelques semaines avec le fût d’oxyde d’uranium qui a explosé. Accident pour lequel la procureure du TGI de Narbonne a confié une enquête à la gendarmerie pour blessures involontaires et mise en danger de la vie d’autrui.

Il est temps d’exiger de l’industrie nucléaire la transparence notamment quand la santé des habitants est concernée ! La population de l’Aude ne peut plus vivre sous la menace d’un nouvel accident industriel qui porterait un coup à son environnement et à sa qualité de vie.

À Narbonne le 15 octobre 2018

Contacts presse :

Collectif de vigilance des déchets de Malvési (Covidem)
– Juliette Schweitzer 06 82 02 34 81
Arrêt du nucléaire Hérault (ADN34)
– Didier Latorre 06 38 81 98 06
Transparence des canaux de la narbonnaise (TCNA)
– Fabrice Hurtado 07 67 04 51 02
Sortir du nucléaire Aude (SDN 11)
– Hervé Loquais 06 32 41 26 92

Oct 16

L’ASN APPELLE À LA « VIGILANCE » SUR L’EXPERTISE NUCLÉAIRE

PARIS, 15 octobre (Reuters) – L’exploitation et l’état des centrales nucléaires françaises ne posent pas de problèmes majeurs mais la filière doit être vigilante quant au maintien de ses expertises techniques, a déclaré lundi Pierre-Franck Chevet, le président sortant de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Le dirigeant du gendarme nucléaire a en outre souligné devant la presse la lenteur d’EDF à déclarer certaines difficultés identifiées sur son parc ces dernières années.

« La sûreté s’est améliorée en matière de qualité d’exploitation au sens ‘management’, organisation, etc. (…) Je n’ai pas un sentiment négatif (…) et j’ai plutôt un sentiment positif sur la qualité des installations elles-mêmes au sens mécanique« , a-t-il dit lors d’une rencontre avec les associations des journalistes de l’environnement et de l’énergie (AJE et AJDE).

« Par contre, j’ai un doute peut-être sur le plus long terme (…) sur la partie technique, capacités et expertises. Là, je pense qu’on est encore en-deçà, et c’est un appel à la vigilance pour la suite« , a toutefois ajouté Pierre-Franck Chevet.

Évoquant la centrale du Tricastin (Drôme), arrêtée temporairement fin 2017 en raison d’un risque d’inondation en cas de séisme d’une ampleur exceptionnelle, le président de l’ASN a souligné qu’EDF n’avait déclaré ce risque à l’autorité que six mois après sa détection.

Concernant les défauts de certaines soudures de l’EPR de Flamanville (Manche), Pierre-Franck Chevet a rappelé que le groupe avait identifié le problème en 2015 et n’en avait partiellement informé l’ASN que l’année dernière.

« (Il s’agit de) délais très longs pour se rendre compte qu’une anomalie avait un impact potentiel sérieux (…). Mon principal problème, c’est que dans les deux cas la hiérarchie d’EDF a priori n’était pas informée« , a-t-il dit.

« Ça me pose question sur l’organisation (…). Le premier sujet, c’est la question de la culture de sûreté au niveau des opérateurs.« 

« On est sur des enjeux qui sont sans précédent par rapport à ce qu’on a vécu pendant 20 ans« , a également souligné Pierre-Franck Chevet, rappelant que les travaux pour prolonger la durée de vie des centrales nucléaires et les travaux de sûreté post-Fukushima constituaient des chantiers « hors normes« 

« Dans le même temps où il y a le plus de choses à faire, il y a plutôt moins de compétences ou de moyens pour les faire.

En poste depuis 2012, Pierre-Franck Chevet achèvera son mandat à la tête de l’ASN début novembre et doit être remplacé par Bernard Doroszczuk.

Benjamin Mallet, édité par Cyril Altmeyer le 15/10/2018 à 18h15

 https://www.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Electricite-de-France-L-ASN-appelle-a-la-vigilance-sur-l-expertise-nucleaire-27426163/

Oct 15

ENGIE S’ENGLUE DANS LE NUCLÉAIRE BELGE

Engie est au cœur d’une tempête politique depuis que le groupe a mis à l’arrêt pour maintenance 6 des 7 réacteurs nucléaires qu’il exploite en Belgique.

Crise nucléaire en Belgique

La Belgique est aux abois ! L’hiver approche, et avec lui la hausse saisonnière de la consommation électrique. Or le pays risque de ne pas pouvoir faire face à l’augmentation de la consommation électrique des ménages, car 6 des 7 réacteurs nucléaires exploités par l’énergéticien français Engie <https://www.societe.com/cgi-bin/carto?param=542107651>  sont actuellement à l’arrêt pour maintenance. Une maintenance forcée bien compréhensible, car la présence de fissures dans la structure en béton a été détectée par Engie.

Mais, au-delà d’une simple raison technique et de sécurité, les déclarations d’Isabelle Kocher <https://dirigeant.societe.com/dirigeant/Isabelle.KOCHER.50862625.html>  voici un an, lorsque la directrice générale d’Engie a évoqué l’hypothèse d’abandonner le nucléaire en Belgique, s’amalgament à ces fermetures et le gouvernement belge soupçonne Engie de vouloir se désengager du nucléaire belge, voire de la Belgique, sans payer la facture du démantèlement des centrales.

Un indice supplémentaire de cette possibilité de désengagement serait, selon le gouvernement belge, qu’Engie a rapatrié dans son giron deux sociétés très rentables appartenant jusque-là à sa filiale belge Electrabel, à savoir la CNR et la SHEM <https://www.societe.com/societe/societe-hydro-electrique-du-midi-552139388.html>

Engie doit rassurer

De toute part, on cherche à calmer la crise, aussi bien au niveau du gouvernement français que de la présidence d’Engie. Côté gouvernement, le secrétaire d’État à l’Écologie Sébastien Lecornu et la ministre de l’Énergie belge ont discuté à plusieurs reprises de ce problème ensemble, ainsi qu’avec leurs homologues allemand, autrichien et suisse. Il en ressort que les quatre pays viendraient au secours de la Belgique si celle-ci venait à manquer d’électricité.

Du côté d’Engie, c’est le nouveau président du groupe, Jean-Pierre Clamadieu <https://dirigeant.societe.com/dirigeant/Jean-Pierre.CLAMADIEU.60492924.html> , qui s’échine à rassurer un gouvernement belge qu’il connaît, heureusement, très bien, en tant qu’ancien président de Solvay. Étienne Davignon <https://dirigeant.societe.com/dirigeant/Etienne.DAVIGNON.10623028.html> , PDG d’une autre filiale belge d’Engie, Tractebel, est lui aussi sur le pont à la manœuvre, en soutien de Jean-Pierre Clamadieu.

Ce dernier cherche avant tout à convaincre le gouvernement belge qu’Engie assumera toutes ses responsabilités dans la filière nucléaire du Plat Pays et que les options envisagées par Isabelle Kocher ne sont plus d’actualité.

https://www.societe.com/actualites/engie_s_englue_dans_le_nucleaire_belge-30616.html

Oct 15

FUKUSHIMA EST À NOS PORTES!

Menacée, Genève repart au combat contre la vétuste centrale nucléaire française du Bugey, située à 70 km de la ville. À 90 km de la centrale, un barrage pourrait provoquer une catastrophe semblable à celle de Fukushima, selon des experts. En cas d’accident majeur, une partie de la Suisse romande se trouverait sous le nuage radioactif.

2 mars 2016. L’info fait l’effet d’une bombe.

Unis dans leur combat contre le nucléaire imposé par la Constitution cantonale*, la ville et l’État de Genève déposent plainte pénale contre X pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui et pollution des eaux concernant la centrale nucléaire du Bugey, située à 70 km du bout du lac. Lors d’une conférence de presse restée mémorable, Esther Alder, alors maire de la ville, soutenue par le conseiller d’État Antonio Hodgers et le conseiller administratif Rémy Pagani, exige la fermeture du site, construit sans étude d’impact préalable. Mandatée par les autorités genevoises, Me Corinne Lepage, avocate spécialiste en droit de l’environnement et ancienne ministre française de l’Environnement, affirme que la dalle sur laquelle repose l’unité présente des problèmes d’étanchéité, qu’une enceinte de confinement d’un des réacteurs comporte une fissure et que des fuites de tritium sont régulièrement constatées. Sans mauvais jeu de mots, le dossier semble béton.

Juin 2017. Nouveau coup de théâtre.

L’effet d’annonce dissipé, le Ministère public décide finalement de ne pas engager de poursuites. Pour lui, les faits ne sont pas suffisamment caractérisés. «Son enquête a été bâclée», estime aujourd’hui le service juridique de la ville.
Dix-huit mois plus tard. Convaincu que la centrale présente toujours plus de risques pour la sécurité et la santé de ses habitants, Genève s’apprête à repartir au combat. «Une nouvelle plainte avec, cette fois, constitution de partie civile, va être déposée prochainement à Paris entre les mains du doyen des juges d’instruction. Contrairement à la première, elle se fondera sur le rapport d’un célèbre expert reconnu dans le domaine du nucléaire dont le nom sera dévoilé en temps utile. Celui-ci établit de manière très claire les lacunes et les défaillances de la sûreté et les risques d’accidents qui y sont associés. Plusieurs juges d’instruction devraient ainsi être désignés pour instruire les faits. La ville et le canton auront accès au dossier et la possibilité de formuler des demandes d’auditions et des expertises», détaille un juriste du service qui préfère que son nom ne soit pas cité. «Nous espérons ainsi que la poursuite des investigations permettra de faire enfin toute la lumière sur les conditions de fonctionnement de la centrale, qui souffre d’une dégradation croissante et d’un entretien défectueux de ses équipements», poursuit notre interlocuteur.

Le barrage de la peur

Ce n’est pas tout. Une récente enquête menée par une équipe d’Envoyé spécial, la célèbre émission de France Télévisions, diffusée il y a quelques semaines, a ajouté un nouvel élément, et pas des moindres, à ce dossier ultrasensible. Selon les investigations de nos confrères, un second ouvrage, situé à 90 km de la centrale, serait lui aussi en piteux état et pourrait déclencher un scénario qualifié d’apocalyptique : le barrage de Vouglans, dans le Jura français. Mis en service il y a cinquante ans, le troisième édifice du genre dans le pays, avec ses 600 millions de mètres cubes d’eau retenus, présente en effet d’angoissants indices de vieillissement. Les enquêteurs de France 2 ont relevé pas moins de 200 failles sur l’ensemble de l’ouvrage. Interrogé sous le couvert de l’anonymat, un ancien responsable de la sécurité hydraulique d’EDF (Électricité de France), qui exploite le barrage et la centrale, assure pour sa part qu’il existe une infiltration d’eau sous le barrage qui pourrait un jour provoquer le soulèvement de la paroi.

Plus inquiétant encore selon lui, les jonctions latérales béton-rocher, là où les murs prennent appui, ne cessent de se dégrader. «Balivernes», rétorque l’inspecteur de sûreté d’EDF, questionné par les journalistes. Pour lui, le barrage le plus surveillé de France est en parfait état et ne présente aucun signe justifiant un pareil alarmisme.

Rapport secret

Une affirmation assénée avec un aplomb d’autant plus hardi que les dépositaires de l’émission ont mis la main sur un rapport secret d’EDF révélant que la partie avant du barrage se décolle de la fondation et que l’extension d’anciennes fissures provoque des fuites dans la zone centrale, lesquelles fragilisent l’ensemble.

Un autre document confidentiel fait état d’un glissement de terrain autour du site en février 1970 et de deux autres événements similaires en décembre 1981. Pour l’ex-responsable de la sécurité, cette instabilité associée à de fortes précipitations peut provoquer rien de moins que la rupture subite de ce barrage-voûte. C’est ce qui s’est produit dans les environs de Fréjus, en 1959, au barrage de Malpasset. Déferlant dans la vallée, la vague de 40 m de haut fit 423 victimes au cœur d’une nuit d’hiver.

Comme à Fukushima

Avec douze fois le volume de la construction du Var, on a peine à imaginer les conséquences d’une rupture du barrage implanté dans l’Ain en termes de pertes humaines et de dégâts matériels. Mais l’enquête de nos confrères français va plus loin. Elle démontre que la vague submergeant la vallée balaierait encore cinq barrages au fil de l’eau, ce qui la gonflerait de 70 millions de mètres cubes supplémentaires. Six heures après la rupture, l’eau atteindrait ainsi la zone du Bugey.

Contrainte par la loi depuis l’accident de Fukushima, en mars 2011, d’imaginer le pire pour ses sites, soit une crue historique de l’Ain et du Rhône ajoutée à la rupture du barrage, EDF affirme pourtant dans son expertise que l’eau s’arrêterait au pied de la centrale. Perspicaces, les enquêteurs de France 2 ont toutefois découvert que ladite expertise a été calculée sur la base d’une hauteur d’eau de 424 m au barrage, alors que la loi oblige à calculer avec un barrage plein (429 m): 5 m de différence, sur un lac long de 35 km, qui ampute le résultat de 85 millions de mètres cubes d’eau. Leader de l’association de riverains Stop Bugey, l’ingénieure Elisabeth Brénière pense que non seulement la centrale serait bel et bien submergée, mais que les débris charriés par le Rhône, dans lequel l’eau de refroidissement des réacteurs est pompée, bloqueraient entièrement le système. «Comme à Fukushima, s’ensuivrait alors la fusion nucléaire. Avec les conséquences que l’on sait…»

* Les autorités doivent tout mettre en œuvre pour s’opposer à toutes velléités nucléaires dans et proches des frontières cantonales.

http://www.illustre.ch/magazine/fukushima-nos-portes

Oct 15

DES MESURES COMPLÉMENTAIRES DEMANDÉES À EDF POUR POUSSER LES RÉACTEURS AU-DELÀ DE 40 ANS

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a indiqué qu’elle pourrait demander à EDF des « dispositions complémentaires notables » pour permettre la prolongation de la vie de ses réacteurs de 900 mégawatts (MW) en toute sûreté au-delà de 40 ans.

Le gendarme du nucléaire doit se prononcer sur la poursuite au-delà de 40 ans de l’exploitation des 34 réacteurs nucléaires de 900 MW d’EDF (sur un total de 58), à l’exception des deux de Fessenheim qui doivent fermer. Pour cela, l’électricien a détaillé dans une note à l’ASN les contrôles et les modifications qu’il entend mettre en œuvre sur ces réacteurs.

« Je considère que les travaux entrepris et les dispositions prévues conduiront à des améliorations significatives de la sûreté des installations et contribueront à l’atteinte des objectifs du réexamen« , répond le président de l’ASN, Pierre-Frank Chevet, dans un courrier à EDF. L’électricien assure avoir répondu à la « plupart des demandes« .

Certaines demandes en attente

L’ASN demande toutefois aussi des compléments de la part d’EDF. Le programme actuel de vérification de la conformité des réacteurs aux règles « devra être précisé pour que l’ASN soit en mesure de vérifier qu’il répond pleinement aux objectifs du réexamen« , indique Pierre-Frank Chevet.

Par ailleurs, la réponse d’EDF « ne fait pas apparaître de façon explicite la prise en compte de certaines demandes déjà formulées par l’ASN portant sur la réévaluation de sûreté« , estime Pierre-Frank Chevet. « Certains sujets apparaissent à ce stade de l’instruction comme susceptibles de faire l’objet de demandes de dispositions complémentaires notables« , ajoute-t-il.

Il liste par exemple des demandes potentielles concernant la résistance aux séismes ou au feu, ou encore l’épaississement des radiers (dalles en béton sous le bâtiment réacteurs) de certaines enceintes de confinement. La prolongation des réacteurs de 900 mégawatts au-delà de 40 ans fait actuellement l’objet d’une concertation publique, ouverte jusqu’à la fin du mois de mars 2019.

Publié le 15 octobre 2018 par la rédaction avec AFP

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/l-asn-pourrait-demander-des-mesures-complementaires-a-edf-pour-pousser-les-reacteurs-au-dela-de-40-ans-146440.html

Oct 15

DIJON : ILS VEULENT DÉSAMORCER LA BOMBE

Dans le cadre d’une journée nationale d’action devant neuf sites où la bombe atomique française est présente, un collectif d’associations de Côte-d’Or (Sortir du nucléaire, Les Amis de la terre, Attac, le Mouvement de la paix et le Mouvement pour une action non-violente) se sont réunis devant le CEA Valduc ce dimanche matin à Salives. Il continue de réclamer la signature par la France du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et la reconversion et dépollution du CEA de Valduc.

La journée d’action se poursuit cet après-midi place Darcy à Dijon, avec un dirigeable pour demander l’abolition des armes nucléaires, un chamboule-bombes, un concours de dessins « Dessine-moi la paix » ou encore une pêche au sous-marin nucléaire.

https://www.bienpublic.com/edition-dijon-ville/2018/10/14/ils-veulent-desamorcer-la-bombe

Oct 15

GREENPEACE PUBLIE UNE MINI WEB SÉRIE SUR LE NUCLÉAIRE : « DEMAIN JE LE QUITTE »

Face à une relation toxique, pour ne pas dire radioactive, il faut savoir dire non. Découvrez dans notre mini Web série en trois épisodes quelques bonnes raisons de se mettre au vert.

Premier épisode : « 40 ans, ça suffit ! » (1mn01s)

Deuxième épisode : « Systématiquement à découvert », sera diffusé le 17 octobre.

Troisième épisode : « Trop radioactif pour moi ». Cet épisode sera diffusé le 19 octobre.

Pourquoi se mettre au vert ?

Que ces vidéos vous aient fait sourire, agacé-e ou laissé-e indifférent-e, le sujet qu’elles abordent n’en est pas moins sérieux : aujourd’hui en France, les trois quarts de l’électricité proviennent du nucléaire, une énergie polluante, coûteuse et dangereuse. Malgré les risques, les coûts croissants et le problème majeur des déchets nucléaires, le principal producteur et fournisseur d’électricité français, EDF, continue de s’entêter dans une stratégie nucléaire qui mène à l’impasse.

Il est pourtant aujourd’hui possible de passer à une électricité 100 % renouvelable, en choisissant un fournisseur vraiment vert parmi les nombreuses entreprises présentes sur le marché français. Découvrez comment en consultant notre Guide de l’électricité verte et le classement 2018 des fournisseurs d’électricité.

QUEL EST LE PROBLÈME DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS ?

Des installations nucléaires vieillissantes et dangereuses
D’ici à 2025, les deux tiers du parc nucléaire français auront atteint 40 ans, soit la durée de vie pour laquelle les réacteurs ont été initialement construits. EDF qui exploite les 58 réacteurs nucléaires français souhaiterait prolonger leur durée de vie de dix, voire vingt ans ! Cela nécessiterait d’investir massivement dans la mise aux normes de sûreté et de sécurité des réacteurs, de s’assurer que le vieillissement ne les empêche pas de fonctionner correctement et d’être en capacité de financer les coûts liés à leur prolongation. Or c’est très loin d’être le cas.

En plus des nombreuses anomalies (plus d’un millier recensées à ce jour dans les réacteurs nucléaires), des problèmes de sécurité se posent : les installations nucléaires, notamment les piscines d’entreposage de combustible usé, sont très mal protégées face aux risques d’attaque, comme nous l’avons dénoncé et démontré à plusieurs reprises.

Des dettes et des coûts colossaux

EDF s’est très lourdement endettée : sa dette brute en 2018 s’élève à 67 milliards d’euros ! Cette situation est principalement due au fait que l’industrie nucléaire n’est plus rentable et que l’entreprise a réalisé plusieurs investissements dans des projets nucléaires en France et à l’étranger qui s’avèrent toxiques pour ses finances. C’est le cas de l’EPR de Flamanville, dont le chantier, au bord de la Manche, n’est toujours pas terminé et dont les coûts ont déjà plus que triplé. C’est aussi le cas des deux EPR en Angleterre à Hinkley Point qui mettent aujourd’hui EDF en danger de faillite : elle prévoit en effet de dépenser 22 milliards d’euros pour ce projet ! Des sommes colossales qui, du coup, ne seront investis ni dans les énergies renouvelables, ni dans la maintenance, la sûreté et la sécurité nucléaires qui posent déjà de grandes difficultés techniques et financières.

Des déchets radioactifs dont on ne sait que faire

Officiellement, chaque année, pas moins de 23 000 m3 de déchets radioactifs sont générés par l’électricité nucléaire soit de quoi remplir l’équivalent de sept piscines olympiques tous les ans. Parmi ces déchets nucléaires, certains sont hautement radioactifs et le resteront pendant plusieurs milliers d’années. Et ce n’est là que la pointe visible (et officielle) de l’iceberg !

Chaque année, 1 200 tonnes de combustible usé, sorties du cœur du réacteur, sont refroidies dans des « piscines » à côté des réacteurs nucléaires et sont pas comptabilisées par les autorités comme des « déchets » car elles sont dites « recyclables ». En réalité, elles s’accumulent dans 63 « piscines nucléaires » en France. Dans celles de La Hague plus de 10 000 tonnes y sont entreposées. À cela s’ajoute l’uranium de retraitement, dont plus de 30 000 tonnes s’entassent à Pierrelatte. Et encore des millions de mètres cubes de déchets radioactifs liquides rejetés dans la mer de La Manche par l’usine de La Hague… L’industrie nucléaire est décidément bien trop radioactive.

Vous non plus, vous ne souhaitez plus participer à cette stratégie nucléaire désastreuse et voulez soutenir réellement les énergies renouvelables ? La bonne nouvelle est que c’est aujourd’hui possible de choisir un fournisseur vraiment vert, sans déchets nucléaires.

. À vous de jouer !

Pour en savoir plus sur le nucléaire :

Retrouvez notre classement des fournisseurs d’électricité et nos conseils sur le Guide de l’électricité verte : www.guide-electricite-verte.fr

Pour suivre les 3 mini vidéos, cliquer sur

https://www.greenpeace.fr/cest-decide-quitte/

Oct 15

BRETAGNE, LE FRET: RASSEMBLEMENT PACIFISTE ANTINUCLÉAIRE

Le mouvement pour la paix Bretagne et grand Ouest, organisait un grand rassemblement pacifiste pour l’abolition des armes nucléaires, ce dimanche, sur les quais du petit port du Fret, à deux pas de la base des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins de l’île longue.

Opération nationale, ce rassemblement pacifiste pour l’abolition des armes nucléaires revendique la ratification du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN), devant neuf bases nucléaires militaires en France.

Malgré la météo peu clémente, une petite centaine de personnes était déjà présente, avec un accueil en musique, dès 10 h. Dans la remorque d’un camion étaient organisés deux débats le matin, le premier portant sur « Ratification du Traité d’interdiction des armes nucléaires et construction de la Paix » et le second sur « Une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, un facteur de paix ». Également, des rencontres avec les collectifs d’organisations et personnalités nationales et internationales.

Un appel à la France

Et dans les débats, ce qui revient principalement, c’est que la France doit ratifier le traité international, adopté sous l’égide de l’ONU en 2017. Cette mobilisation, rappellent les organisateurs, « a reçu en octobre 2017, à travers la coalition ICAN, le prix Nobel de la Paix ». Et le but est bien ici de faire grandir le mouvement, en toute lucidité.

Des cars collectifs vont converger, ce dimanche après-midi, depuis Rennes, Lamballe, Saint-Brieuc, Angers, Nantes et Saint-Nazaire.

Publié le 14 octobre 2018 à 13h32

https://www.letelegramme.fr/finistere/crozon/le-fret-rassemblement-pacifiste-antinucleaire-14-10-2018-12105872.php

Oct 14

MORLAIX. ARMES NUCLÉAIRES : DES APPELS À MANIFESTER À CROZON DIMANCHE

Dans le pays de Morlaix, les Verts, le PCF, les Insoumis et le Mouvement de la paix organisent des covoiturages pour aller manifester à Crozon (Finistère), dimanche 14 octobre, contre les armes nucléaires.

Le mouvement EELV du pays de Morlaix appelle à participer au rassemblement prévu dimanche 13 octobre, devant la base de sous-marins de L’île Longue, en presqu’île de Crozon, « contre le non-respect par la France du traité d’interdiction des armes nucléaire du 7 juillet 2017, signé par 122 États membres de l’Onu ». Un covoiturage est organisé au départ de Morlaix, sur le parking de la CCI, dimanche 14 octobre à 9 h. Tél. : 06 89 84 53 86.

Le Mouvement de la paix se joint également à la mobilisation et annonce qu’il reste quelques places dans un car venant de Rennes. Il donne rendez-vous à 9 h, parking du Géant, à côté du garage Citroën (inscription obligatoire au 06 37 63 88 95).

Insoumis et PCF aussi

Idem pour les Insoumis du pays de Morlaix, selon qui « l’intérêt de la France n’est pas de s’aligner sur Trump et l’Otan, mais au contraire de tout faire pour favoriser l’interdiction des armes atomiques, biologiques et chimiques sur toute notre planète ». Un covoiturage est prévu à 10 h, sur le parking de la Biocoop.

Pour le PCF, enfin, « cest aux citoyens de mettre au premier plan les exigences de paix, de développement, de réductions des inégalités et de défense de la culture face à la barbarie, la haine xénophobe et sectaire et la violence qui montent dans le monde. » Les communistes donnent rendez-vous à 9 h pour prendre le car, parking du Géant, à côté du garage Citroën (inscription obligatoire au 06 37 63 88 95).

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/morlaix-armes-nucleaires-des-appels-manifester-crozon-dimanche-6016358

Oct 14

CÔTE-D’OR : CE DIMANCHE À VALDUC ET À DIJON, ON FAIT LA JOURNÉE NATIONALE «MONTRER OÙ EST LA BOMBE»

Des rassemblements sont organisés pour demander avec nous la signature du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et la reconversion et dépollution du CEA de Valduc.

Communiqué des Amis de la Terre Côte-d’Or :

Dans le cadre d’une journée nationale d’actions devant 9 sites où la bombe française est présente, des associations et des citoyens demandent au président de la République de signer et ratifier le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), voté par 122 pays à l’ONU en 2017.

Ce Traité prévoit l’interdiction d’employer, de fabriquer, de stocker et de menacer d’utiliser des armes nucléaires. Il sera applicable lorsque 50 pays l’auront ratifié. Au 1er octobre, 19 pays ont déjà pris cet engagement historique !

Les français y sont prêts !

Un sondage paru dans le journal la Croix en juin 2018 montre que 76% des personnes sondées sont favorables à un processus international d’élimination de la bombe atomique.

Mis en lumière par le prix NOBEL de la Paix.
Depuis cinq ans, des associations et des citoyens côte-d’oriens membres d’ICAN participent activement à Valduc et à Dijon au processus de désarmement nucléaire international, par le biais de conférences, films et par leur présence devant le CEA de Valduc pendant les commémorations des bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, du 6 au 9 août.

ICAN a été récompensé en 2017 par le prix Nobel de la Paix pour cette campagne

Insécurité permanente.

14 500 bombes nucléaires sont en service en 2018, dont 2.000 en état d’alerte.
En état d’alerte signifie qu’elles peuvent être lancées en une quinzaine de minutes. Une frappe nucléaire peut ainsi être déclenchée, y compris par accident ou par erreur comme cela a failli se produire déjà de trop nombreuses fois !

Dénoncer, et arrêter cette insécurité nucléaire mondiale est une urgence. Par l’insécurité permanente qu’elle produit, le gaspillage des dépenses publiques qu’elle engendre (37 milliards d’euros de budget pour les 7 prochaines années), les déchets radioactifs issus de la fabrication des bombes ainsi que l’absence de transparence : tout démontre que la politique de dissuasion est dangereuse, polluante, trop coûteuse, antidémocratique et inefficace.

Venez demandez avec nous la signature du Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) et la reconversion et dépollution du CEA de Valduc !

Signez la pétition pour que la France signe et ratifie le TIAN :

 <http://www.sortirdunucleaire.org/Petition-TIAN>

Programme de la journée :

10 h 30 à 12 h : Présence devant le CEA-VALDUC (D101K, 21580 Salives

«Sur les lieux de préméditation du crime». Lectures, concert des BURE-Haleurs, animations

Covoiturage de DIJON 9 h 55 Cours Fleury, devant le fleuriste près du char

13h30 à 17h : place Darcy DIJON
    – Le dirigeable pour l’abolition des armes nucléaires
    – Chamboule-bombes
    – Dessinez moi la Paix
    – Pêche au sous-marin nucléaire
    – Débats, Goûter de la Paix
    – Musiques, humoristes, …

http://www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/cote-d-or/cote-d-or-ce-dimanche-a-valduc-et-a-dijon-on-fait-la-journee-nationale-montrer-ou-est-la-bombe.html

Oct 14

MARCHE POUR LE CLIMAT À PARIS

Par Pascallederer : « Compte rendu de ce que j’ai pu faire, voir, entendre et dire lors de la marche climat ce jour samedi 13 octobre 2018 »

Sortant du métro à Opéra pour aller à la manif, j’entends deux jeunes femmes qui en parlent. Je leur adresse la parole : êtes-vous d’accord pour dire que la lutte contre le réchauffement climatique exige de prendre le pouvoir sur la finance ? Elles sont d’accord ! C’est de bon augure…

Il y a une foule non négligeable sur la place de l’Opéra, et ce qui frappe, c’est la forêt de pancartes de couleur bleue, toutes pareilles avec un slogan écolo et le sigle de FI. Ça me surprend, j’étais sûr que la manif était organisée par des citoyens sans affiliation politique. Il était entendu que les partis politiques seraient en fin de cortège…De fait, quelques militants PCF, avec 3 drapeaux PCF stationnent sur le bord de la rue avec une camionnette. Mais FI s’est livrée à l’opération classique du coucou avec sa distribution de pancartes. Pas sûr que ça lui réussisse…J’en profite pour prendre un autocollant PCF à un militant PCF, et un petit paquet de tract (Titre : CLIMAT, L’HUMANITÉ N’ATTEND PLUS). Excellent tract qui expose les propositions du PCF pour le climat. Dans la manif j’engage la conversation : connaissez-vous les propositions du PCF contre le réchauffement climatique ? À ma grande surprise, les porteurs de pancarte FI, sauf une fraction minoritaire du public, acceptent en général le tract et acceptent de discuter : je découvre que bon nombre d’entre eux se sont vu offrir la pancarte, sont heureux de la porter, mais ne sont généralement pas militants ni même sympathisants de FI. Les militants de FI se reconnaissent à ceci qu’ils refusent le tract et font la gueule. Pratiquement personne ne connaît nos propositions. Il y a deux catégories : celles et ceux qui se bloquent lorsque j’évoque la proposition de mix énergétique comprenant le nucléaire, et qui en général refusent de discuter ; et celles et ceux qui sont d’accord pour discuter, et qui parfois approuvent.

Un manifestant écolo, qui se dit syndiqué à la CGT, discute longuement avec moi : d’abord agressif : tu es communiste, comment tu trouves l’Uranium ? Qu’est que tu fais au Niger avec Areva, hein? Euh, j’explique que le PCF lutte contre le pillage des richesses minières des pays en voie de développement, qu’il faut des traités mutuellement avantageux pour les peuples français et nigériens, qu’il faut une maîtrise publique des filières d’approvisionnement, avec contrôle de la production par des salariés, etc…J’avance que la lutte contre les GES ne peut se passer du nucléaire dans le mix énergétique, que la meilleure preuve est l’Allemagne, qui a arrêté ses centrales à charbon et qui émet trop de CO2 (j’ignore les chiffres). Mon interlocuteur dit que c’est de la propagande communiste, l’Allemagne a diminué son recours au lignite, d’ailleurs tous ses réacteurs nucléaires ne sont pas arrêtés. Selon lui, le Président de l’ASN a déclaré qu’il y aura sûrement en France un accident nucléaire du type Fukushima, mais on ne sait pas quand « et ce sont les militants écolos qui iront nettoyer les dégâts ». Je suis surpris par l’affirmation sur le Directeur de l’ASN, dont je n’ai pas trouvé trace sur internet.  

(NDLR : et bien voir https://www.liberation.fr/futurs/2016/03/03/il-faut-imaginer-qu-un-accident-de-type-fukushima-puisse-survenir-en-europe_1437315. À la question « Diriez-vous qu’«EDF sous-estime le risque d’un accident nucléaire », Pierre Frank Chevet a répondu « on n’a pas de problème à dire qu’un accident est possible ». À la question : « In fine, la question n’est-elle pas si, mais quand il y aura un accident majeur en Europe ? », il a répondu : « Oui, il y en aura »…)

Je dis qu’il est impératif de respecter toutes les consignes de l’ASN pour la sécurité, mettre tous les moyens pour ça et qu’il faut mettre fin à la sous-traitance privée sur les sites de production d’EDF et exiger la participation des salariés, la représentation des assoc écolo au CA d’EDF. Il me dit que les salariés d’EDF ne le veulent pas…Pendant la discussion, un manifestant me demande tu défends le nucléaire, comme j’acquiesce, il me dit que j’ai raison et s’en va…  La discussion avec l’écolo CGT ne convainc ni lui ni moi…Sa compagne se déclare dégoûtée de ce que je dis…

Une dame (la cinquantaine) refuse le tract du PCF. Je lui demande pourquoi, est-ce qu’elle est contre la proposition de mix énergétique ? Non, ce n’est pas ça, elle est contre la nationalisation des banques. Pourquoi ? Parce qu’elle veut la liberté. Le PCF ne propose pas la nationalisation de toutes les banques, mais veut créer un pôle financier public pour financer des productions écolos. Il propose de nationaliser la Société Générale et de la BNP. Ah oui, alors l’Amérique va nous bouffer ! (sic…) Elle met fin à la discussion.

Une jeune femme me donne un flyer qui popularise une manif en Allemagne « Défendre la forêt de Hambach » (projet d’extraction de lignite). Elle ira y manifester du 25 au 29 octobre. Je la félicite, mais elle m’informe qu’ensuite elle militera contre le nucléaire. Je lui parle des propositions du PCF contre le réchauffement climatique. Etc…

Mais je n’ai pas dit le plus chouette : une batucada de samba défilait avec les gens, une batucada de première classe, et j’ai dansé la samba de carnaval tout en distribuant mes derniers tracts. La classe !

Au bout d’une heure je suis parti, mes vieux os protestaient…Il n’y avait plus de manifestants sur la place de l’Opéra…

Note : Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction. (NDLR : ni celle de Savoie antinucléaire)

https://blogs.mediapart.fr/pascallederer/blog/131018/marche-pour-le-climat

Oct 14

DE BORDEAUX À PARIS ET LYON, NOUVELLE MOBILISATION POUR LE CLIMAT

« Il est encore temps. » Plusieurs dizaines de milliers de personnes – 120.000 selon les organisateurs – ont manifesté samedi dans toute la France au nom de la lutte contre le réchauffement climatique, prolongeant la mobilisation de septembre ayant suivi la démission de Nicolas Hulot.

Avec Paris (14.500 manifestants selon le comptage du cabinet Occurence, 25.000 selon les organisateurs), Lyon et Grenoble ont connu les plus fortes mobilisations avec 10.000 personnes chacune selon les préfectures.

C’est une « nouvelle journée historique » pour le climat, proclament les organisateurs, qui revendiquent 120.000 manifestants contre 130.000 le 8 septembre dernier.

Près de 80 manifestations étaient prévues en France, y compris dans de plus petites villes comme Dijon (1.200 personnes selon les organisateurs) Saint-Étienne (900) Clermont-Ferrand (600) Reims (500 personnes), Auch (une centaine), Tours ou Angers.

À Rennes, 3 à 4.000 personnes ont défilé avec Ninon, 19 ans, venue avec ses béquilles pour rappeler qu’il faut « combiner la lutte pour le climat et le social car on sait que les dégâts du réchauffement climatique toucheront d’abord les plus pauvres« .

3.200 personnes ont défilé à Lille, 2.500 à Bordeaux et 1.850 à Strasbourg (selon la police) sous un soleil radieux, alors que Météo-France recense des records de chaleur pour un mois d’octobre en France.

Il y a un mois, la démission de Nicolas Hulot du ministère de la Transition écologique avait poussé de simples citoyens à appeler à une manifestation qui s’est avérée d’une ampleur inédite.

François de Rugy, qui a pris la succession de Nicolas Hulot au gouvernement, a salué dans un tweet « la mobilisation de chacun » qui « est une force pour agir ! »

De la Place de l’Opéra à la République, à Paris, dans un rassemblement très coloré, avec fanfare et tambours, les banderoles « Changeons le système, pas le climat » et « Chaud devant » disputaient le pavé aux pancartes bleues de La France insoumise, très représentée dans le cortège. Leur chef de file, Jean-Luc Mélenchon, avait choisi la capitale après avoir défilé le 8 septembre à Marseille, où 500 personnes ont été recensées ce samedi.

« On n’est pas foutu, les pandas sont dans la rue« , chantaient des manifestants en T-shirt rouge du WWF derrière leur mascotte, le panda géant.

L’alerte du Giec

À Bordeaux, les militants de tous âges, venus à pied, à vélo ou en tramway, se sont réunis en face de l’Hôtel de Ville, avant de défiler jusqu’à Darwin, un lieu associatif sur la rive droite de la Garonne où des concerts gratuits devaient animer l’après-midi et la soirée.

Trois collégiens âgés de 13 à 15 ans, souriants et motivés, brandissaient sur une banderole l’appel « Aux arbres citoyens!« 

À Strasbourg, la manifestation rassemblait beaucoup d’opposants au projet GCO de rocade autoroutière à l’ouest de la ville, dont les travaux viennent de débuter après des opérations de déboisement.

À Toulouse, où la préfecture a refusé le parcours, le rassemblement sur les berges de la Garonne a rassemblé 3.000 personnes, au grand dam des organisateurs déçus. « On est très frustrés de ne pas pouvoir faire une marche comme dans les autres villes, car on est moins visible et on peut drainer moins de monde sur notre passage » commentait Régine Lange, du comité d’organisation.

À Paris, en plus de la marche, un « village des initiatives » était organisé place de la République, avec les climatologues Jean Jouzel et Valérie Masson-Delmotte, le chanteur Matthieu Chedid et Cyril Dion, réalisateur du documentaire « Demain« .

Outre la France, des marches étaient prévues à Genève, Luxembourg, Namur, Montréal et Montevideo. À l’initiative de l’association 350.org, au Japon ou encore en Australie, des copies du dernier rapport du Giec, paru en début de semaine, doivent être distribuées à des élus.

Dans ce rapport de 400 pages, les experts climat de l’Onu appellent le monde à engager des transformations « rapides » et « sans précédent« , s’il veut limiter le réchauffement à 1,5°C. Si les États s’en tiennent à leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pris dans le cadre de l’accord de Paris en 2015, ce sera +3°C à la fin du siècle, avec la menace d’un emballement climatique.

afp le 13/10/2018 à 21h15

https://www.la-croix.com/France/Bordeaux-Paris-Lyon-nouvelle-mobilisation-climat-2018-10-13-1300975770?from_univers=lacroix

(NDLR : je ne voudrais pas gâcher l’ambiance mais je signale que si cette manifestation a rassemblé près de 15 000 personnes à Paris, Booba en a rassemblé 35 000 à la Défense. À chacun ses priorités mais on a quand même du souci à se faire…)

Oct 13

LETTRE OUVERTE À MADAME DE SARNEZ : « LA FRANCE, SA BOMBE, LE MONDE ET NOUS. »

Lettre ouverte à Madame de Sarnez
Présidente de la commission des Affaires étrangères de l´Assemblée nationale

Objet : La France face à l’abolition des armes nucléaires et radioactives

Madame la Députée,
Madame la Présidente,

Le 8 octobre 2018, vous étiez invitée sur La Chaîne Parlementaire, à l’émission « Droit de suite » intitulée : « La France : une voix qui porte ? ».

Au cours de cette émission, vous avez évoqué la perception que les étrangers ont selon vous de la France comme porteuse des valeurs « Liberté, Égalité, Fraternité ». Peu après, vous avez ajouté qu’elle était aussi perçue comme « puissance nucléaire », ce que vous sembliez considérer comme un élément de prestige supplémentaire porté à son crédit.

Permettez-moi de vous dire que ces deux perceptions sont contradictoires et s’entrechoquent dans l’esprit des étrangers comme dans la réalité. Comment peut-on à la fois proclamer son attachement à la liberté, l’égalité, la fraternité et se déclarer prêt à massacrer des milliers ou des millions de personnes (tout en se réservant le privilège de ce « droit » exorbitant) ? Il y a une contradiction absolue entre ces deux attitudes. Les étrangers ne sont pas dupes d’un tel double langage, comme j’ai pu le constater depuis près de vingt ans que je fréquente les ONG et les diplomates de l’ONU œuvrant au désarmement nucléaire. Ils évoquent avec affliction, amertume ou sarcasme, l’attitude « des Français » -c’est-à-dire des diplomates français- en la matière. Ils savent bien que la France est à la pointe du combat non pas pour, mais contre le désarmement nucléaire.

La France a beau, dans ses discours et ses brochures, se poser en modèle de puissance désarmante, les « gestes » qu’elle invoque comme preuves de cette volonté ont tous été motivés par des considérations de pure opportunité technique, politique ou financière.

Ainsi, l’envoi à la casse des missiles Pluton puis Hadès résulte du fait que ces missiles étaient politiquement inutilisables. En raison de leur portée limitée, ils tombaient tous nécessairement sur le territoire ouest ou est-allemand – perspective qui révulsait nos alliés de RFA. Inutilisables, ils l’étaient aussi militairement. Car leur emploi en cas d’attaque soviétique n’aurait eu d’autre effet que d’attirer sur la France une réplique atomique d’un niveau au moins égal et vraisemblablement supérieur, comme l’état-major des « Bleus » le réalisa au cours des manœuvres que le président Giscard d’Estaing fit tenir en mai 1980, en zone allemande d’occupation française. En clair, ces missiles ne servaient à rien, sauf à plaire un peu aux « biffins », beaucoup au lobby militaro-industriel, et à nous brouiller avec nos amis allemands. Les déclarer « préstratégiques » plutôt que « tactiques » n’y changea rien. On dut s’en séparer.

De même, la fermeture du plateau d’Albion et le démantèlement des missiles « stratégiques » qu’il abritait résultent du fait que ces missiles, qui nous ont coûté horriblement cher, étaient voués dès l’origine à l’obsolescence et à la destruction : il fallut bientôt « durcir » leurs têtes, mais surtout, dûment localisé, leur site aurait certainement fait, en cas de conflit réel, l’objet de frappes préemptives les empêchant de sortir de leurs silos ou perturbant leur programmation par l’effet électromagnétique ; de sorte qu’on cessa leur production après 18 unités au lieu des 27 programmées, pour finir par les envoyer tous à la casse et renoncer définitivement à la « composante terrestre », tant « stratégique » que « tactique » ou « préstratégique », de notre « force de frappe ».

De même, la fermeture du Centre d’Expérimentation du Pacifique résulte du fait que le CEP, terriblement onéreux, ne servait plus à rien après la mise au point du programme de simulation. C’est l’argument invoqué par Jacques Chirac pour justifier à la fois la reprise des essais après le moratoire prononcé par François Mitterrand sous la pression internationale, et leur interruption après une dernière salve, d’ailleurs écourtée, suite au tollé et à la même pression internationale. De 10 à l’origine, puis 8, ces essais tous jugés « indispensables » s’arrêtèrent à six. Mais après cela, la France pouvait se permettre de signer et de prôner le Traité d’Interdiction Complète des Essais nucléaires (TICE, TICEN ou CTBT), destiné à interdire aux autres ce dont elle n’avait plus besoin.

De même, la fermeture des installations de production de matériaux fissiles à usage militaire s’explique par le fait que la France en a bien plus qu’il ne lui en faut et dispose d’assez de plutonium pour fabriquer encore plusieurs milliers de bombes. D’où également son insistance vertueuse à soutenir le projet de traité « cut off » sur les matières fissiles, qui interdirait aux autres pays de se procurer ce dont elle-même est déjà abondamment pourvue.

Ces « gestes », et tous les autres sans exception, comme la réduction du nombre de « têtes nucléaires« , n’ont jamais été qu’un moyen de « faire de nécessité vertu », sans jamais renoncer à l’essentiel : notre capacité mortifère, supposée dissuasive, et conçue pour durer ad libitum. Nous sommes au demeurant pétris de convivialité, comme en témoigne notre règle fameuse de « stricte suffisance » : nous nous contenterons de pouvoir faire un petit milliard de morts, preuve s’il en est de nos sentiments fraternels.

Parallèlement à tous ces faux-semblants, la France n’a cessé de renvoyer aux calendes grecques l’application de l’article 6 du TNP, ce traité entré en vigueur en 1970 auquel elle a fini par adhérer en 1992, et cet article par lequel elle s’est engagée à négocier l’élimination de tous les arsenaux nucléaires, le sien compris.

C’est elle par exemple qui, dès la prise de pouvoir de M. Hollande, a soutenu le refus des États-Unis de retirer leurs bombes stationnées dans quatre pays de l’Union Européenne ; elle qui a signé avec le Royaume-Uni, sous M. Sarkozy, le traité de Londres dit « Teutatès », prévoyant 50 ans de coopération nucléaire franco-britannique pour l’entretien et le renouvellement de nos arsenaux respectifs ; elle qui a battu le rappel de ses alliés anglo-américains et de ses « clients » francophones, pour boycotter la négociation à l’ONU du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires ; elle enfin qui, le 7 juillet 2017, le jour même où 122 États non dotés d’armes nucléaires votaient pour ce traité, incita les États-Unis et le Royaume Uni à publier un communiqué commun déclarant que ces trois États ne le signeraient jamais.

Si la France avait au contraire pris part aux négociations du TIAN et encouragé les autres États nucléaires à en faire autant – la Chine, l’Inde, le Pakistan, avaient donné des signes d’ouverture en s’abstenant sur la résolution L41 qui décidait de ces négociations ; la Corée du Nord avait même voté pour !- ce traité aurait pu déboucher sur un processus d’élimination concertée et contrôlée des armes nucléaires, au lieu de ne proposer aux États dotés d’autre perspective que celle d’un désarmement unilatéral, bien difficile à accepter par eux. C’est la raison pour laquelle la France s’est si vigoureusement opposée aux négociations et à leur résultat : elle ne veut en aucun cas se priver de son fétiche atomique, même dans le cadre d’un désarmement multilatéral, universel, intégral et contrôlé !

« Liberté, égalité, fraternité », dites-vous ? On aimerait bien. Mais quelle duplicité dans la « posture » française !

Nos concitoyens, pas plus que les ressortissants étrangers, ne sont dupes du double langage de nos dirigeants, comme le prouve l’enquête conduite à la demande d’ACDN par l’IFOP en mai 2018 (Cf. P.J.). À 85 %, les Français veulent mettre un terme à cette politique qui fait d’eux les complices et les victimes potentielles de crimes contre l’humanité. Et ils veulent pouvoir le dire par référendum, car ils n’ont jamais été consultés à ce sujet.

La France conforterait grandement son image vacillante de « patrie des droits de l’Homme » si elle conformait sa politique extérieure et de défense aux valeurs qu’elle proclame. Au lieu de le contrer par tous les moyens, elle devrait prendre la tête d’un processus d’abolition des armes nucléaires et radioactives. C’est son devoir, son obligation juridique, et c’est ce que les étrangers les mieux disposés à son égard attendent d’elle.

Si vous en doutez, permettez-moi de vous renvoyer au site d’ACDN (www.acdn.net) et à un article écrit en 2013 par Peter Low, professeur de français à l’Université de Canterbury (Nouvelle-Zélande), grand ami de la France, fin connaisseur de notre langue et de notre culture : La France comme obstacle à l’abolition des armes nucléaires. L’essentiel, hélas toujours d’actualité, y était dit en conclusion :

« Un gouvernement français cherchant des applaudissements de l’étranger devrait renoncer à certains projets actuels (développement de sous-marins, de missiles, de têtes nucléaires…), mais il devrait surtout exercer son influence sur les gouvernements US, britannique, russe et chinois pour mettre en place de vraies négociations pour un vrai désarmement nucléaire multilatéral – conformément à ses obligations sous le TNP, dont le texte a été approuvé par presque toutes les nations de l’ONU. Nous attendons cela depuis plus de 40 ans ! Les Français devraient pousser leur gouvernement à s’y engager, par exemple au moyen d’un référendum comme celui proposé par ACDN, que pour ma part j’approuve et que j’ai soutenu en écrivant au président de la République Française. »

Madame la Députée,
Madame la Présidente,

Selon un proverbe français, « il n’est jamais trop tard pour bien faire ». C’est souvent vrai, mais pas toujours : une fois survenue la catastrophe, il n’est plus temps de prendre les mesures qui auraient permis de l’éviter. Par une série de chances inouïes, comme en octobre 1962 pendant la crise des missiles de Cuba ou à Moscou dans la nuit du 26 septembre 1983, nous avons jusqu’à présent échappé miraculeusement à la catastrophe atomique. Mais les miracles ne sont pas garantis ad vitam æternam.

Le 25 septembre 1961, un an avant la crise de Cuba qui faillit précipiter le monde dans une guerre nucléaire -la véritable « der des ders », qui est encore devant nous-, le président John F. Kennedy déclarait devant l’Assemblée générale de l’ONU : « Aujourd’hui, chaque habitant de cette planète doit envisager le jour où elle cessera d’être habitable. Chaque homme, chaque femme, chaque enfant vit sous une épée de Damoclès nucléaire suspendue à un fil qui peut être coupé à tout moment par accident, erreur de calcul ou geste de folie. Ces armes de guerre doivent être abolies avant qu’elles ne nous abolissent. » 57 ans plus tard, nous en sommes exactement au même point, à ceci près que l’équilibre du monde est encore plus instable aujourd’hui que du temps de la guerre froide. D’après les savants atomistes, depuis janvier 2018 nous ne sommes plus qu’à deux minutes de l’Apocalypse. Bien plus près que nous n’en étions à la fin des années 1980.

Il faut dire qu’en janvier 1986, Mikhaïl Gorbatchev lança le mot d’ordre : « Plus aucune arme nucléaire d’ici l’an 2000 ! ». Il n’eut malheureusement pas le temps de le réaliser, mais il put tout de même signer avec Ronald Reagan, en décembre 1987, le traité de Washington sur l’élimination des Forces Nucléaires Intermédiaires, qui libéra l’Europe des SS20 et des Pershing2 et qui, dans la foulée, aboutit deux ans plus tard à la chute du mur de Berlin. Pas moins ! Car, en plus de ses bienfaits directs, le désarmement nucléaire, avec sa règle de prudence : « Fais confiance et vérifie ! » a une vertu fondamentale : il transforme les « ennemis mortels » en « partenaires » prêts à coopérer et même obligés de le faire. Il nous fait passer d’une ère de rivalité, de défiance, de peur et de menaces existentielles à une ère de coopération, de confiance, de paix et de solidarité, permettant de relever les défis auxquels l’humanité toute entière se trouve confrontée. Il change l’air du temps.

Ainsi, que l’on approuve ou non leurs autres choix, il est urgent d’écouter les avertissements de ces deux grands hommes d’État, ces acteurs lucides que furent, en tout cas sur ce point, John F. Kennedy et Mikhaïl Gorbatchev.

C’est ce que nous vous suggérons, Madame, ainsi qu’à tous vos collègues du Parlement.

Fondée sur la menace d’exterminer des populations entières, la politique nucléaire de la France bafoue les droits de l’Homme, le droit international, les engagements de la France, la Constitution française, et le simple bon sens car il est illogique de défendre les valeurs républicaines, dont la fraternité, en menaçant de commettre des massacres ; illogique de lier les « intérêts vitaux » de la France à l’emploi d’armes fatalement suicidaires contre un pays qui en aurait aussi ; illogique de prétendre garantir sa sécurité par ces armes, tout en les interdisant aux autres ; illogique d’encourager ainsi leur prolifération, tout en prétendant la combattre ; illogique de vouloir faire des économies et de gaspiller des milliards dans des engins de mort inutilisables contre d’autres États nucléaires, incapables de dissuader des terroristes, et tout juste susceptibles de tomber entre leurs mains.

Cette politique est enfin contraire à la démocratie, car le peuple français n’a jamais eu son mot à dire et l’on sait par un récent sondage que plus de quatre Français sur cinq répondraient OUI à la question : « Voulez-vous que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives, et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? »

Vous pouvez, Madame, en tant que citoyenne, signer et soutenir l’Appel à référendum ci-joint, auquel j’emprunte mes dernières remarques.

Vous pouvez, en tant que Députée, signer avec nombre de vos collègues la Proposition Parlementaire de Loi visant à organiser un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives, que nous vous soumettons.

Vous pouvez sans doute aussi, comme Présidente de la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, encourager la réflexion de la Commission sur cet aspect fondamental des relations internationales. La France ne s’en porterait que mieux, le monde aussi, nous semble-t-il.

C’est ce qui motivait ma missive, dont je vous prie d’excuser la longueur. Il fallait bien cela pour rétablir les faits.

Respectueusement et civiquement vôtre.

Saintes, le 12 octobre 2018

Jean-Marie Matagne
Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)
Docteur en Philosophie

Pièces Jointes :

Proposition de Loi Référendaire

Formulaire de soutien parlementaire

Appel à référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives

Sondage IFOP-ACDN

Pour accéder à cet article et aux pièces jointes, cliquer sur:

https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-matagne/blog/121018/lettre-ouverte-madame-de-sarnez

Oct 13

LE SECTEUR DE L’ÉNERGIE SOUS TENSION ATTEND SA FEUILLE DE ROUTE

Paris – Le monde français de l’énergie est en ébullition dans l’attente de connaître la feuille de route énergétique du gouvernement aux multiples conséquences sociales, économiques et environnementales, et qui va modeler le secteur pour les dix prochaines années.

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les années 2019-2023 et 2023-2028 est attendue pour la fin octobre. « Le déroulé de nos travaux nous permet de maintenir cet objectif » même si ce n’est « pas à un jour ou une semaine près« , indiquait cette semaine le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy.

Signe que le dossier est complexe, la première version de la PPE sera rendue publique avec plusieurs mois de retard, alors qu’elle était initialement attendue fin juin ou début juillet. Et les arbitrages seront rendus au plus haut niveau de l’État, indique-t-on de source gouvernementale.

C’est même Emmanuel Macron qui devrait faire les annonces, a-t-on appris de sources concordantes.

L’un des gros enjeux sera de déterminer la trajectoire de baisse de la place du nucléaire dans la production d’électricité.

La France, qui a produit 72% de son électricité grâce au nucléaire l’an dernier, veut ramener cette part à 50% pour réduire sa dépendance à cette énergie, à un horizon désormais repoussé à 2030 ou 2035.

Le parc actuel compte 58 réacteurs, dont les deux de la centrale de Fessenheim qui doivent fermer et qui posent déjà un casse-tête social et politique au gouvernement.

« Nous ne souhaitons pas que (d’autres) réacteurs ferment avant 2029 mais ce n’est pas à nous d’en décider« , a déclaré le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy. L’électricien veut en effet prolonger ses réacteurs à 50 ans avant d’en arrêter certains, puis lisser les fermetures sur les années 2029-2060.

De son côté, François de Rugy affiche une certaine prudence et souligne que le gouvernement a déjà décidé l’arrêt prochain de quatre centrales à charbon, très polluantes. « Nous sommes très soucieux de la sécurité d’approvisionnement électrique des Français« , souligne-t-il.

Il y a encore quelques mois l’ex-ministre Nicolas Hulot promettait lui un « échéancier » précis d’ici à la fin de l’année afin « qu’on sache quels réacteurs et le nombre de réacteurs » qui doivent fermer.

– « Boîte de Pandore » –

Certains acteurs s’inquiètent même d’un retour en arrière sur les ambitions dans les énergies renouvelables, censées représenter 32% de la consommation d’énergie et 40% de la consommation d’électricité en 2030.

Car la loi sur la transition énergétique de 2015 va devoir être révisée pour intégrer le nouveau calendrier de la baisse du nucléaire. « C’est un peu cette ouverture de la boîte de Pandore que nous craignons« , affirme Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER),« que ce soit l’occasion pour certains de revoir les objectifs d’énergies renouvelables« .

« On va être extrêmement vigilant« , abonde Pauline Le Bertre, déléguée générale de France énergie éolienne: « On parle d’une date, d’une énergie, et les changements doivent rester cantonnés à cela« .

Les présidents des régions Occitanie, Pays de la Loire, Bretagne et PACA, ont aussi écrit au Premier ministre Édouard Philippe pour lui demander de ne pas oublier dans la PPE l’éolien flottant, filière émergente dans ces territoires.

D’autres acteurs s’agacent aussi de la tournure prise par les débats. Didier Holleaux, directeur adjoint d’Engie, dénonce des scénarios « tout électrique » voire « tout nucléaire« , reposant sur la thèse d’une hausse envisagée de la consommation de courant, loin d’être partagée par tous.

Le biogaz ou la chaleur renouvelable ont ainsi du mal à se faire une place dans les discussions, alors que la PPE concerne l’avenir de toutes les énergies et de tous leurs usages (chauffage, transports, etc.), afin d’en diminuer les émissions de gaz à effet de serre.

Selon de nombreux experts, l’un des principaux outils à mobiliser est la réduction de la consommation globale d’énergie, et la France s’est fixé l’objectif de la diviser par deux d’ici 2050. Or, selon les calculs du ministère de la Transition écologique, ce ne sera pas le cas, du fait du retard pris dans les transports et le bâtiment.

mhc-jmi/ef/az

AFP / le 13 octobre 2018 à 05h00

https://www.romandie.com/news/Le-secteur-de-l-nergie-sous-tension-attend-sa-feuille-de-route/961708.rom

Oct 13

SOCIAL UNE GRÈVE PERTURBE L’ARRÊT DE TRANCHE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CIVAUX

Huitième jour de grève, hier, à la centrale nucléaire de Civaux. L’intersyndicale réunissant la CGT et Sud Énergie profite de l’arrêt de tranche pour rechargement du réacteur n°1 afin de mobiliser.

Pour le moment, ses représentants ne souhaitent pas s’exprimer sur leurs revendications. Ils précisent que le mouvement concerne le service chargé de la conduite de la centrale (pilotage, surveillance et contrôle des installations) qui rassemble environ 200 des 800 salariés du site.

La grève suivie à 70% doit se poursuivre au moins jusqu’au dimanche 21 octobre et d’autres services pourraient rejoindre le mouvement. « Chaque jour qui passe, EDF perd deux millions d’euros », explique un représentant syndical.

« Nous respectons le droit de grève », indique la direction de la centrale qui ne souhaite pas commenter la mobilisation. La remise en production du réacteur n°1 devait initialement intervenir le 27 octobre; elle devrait être repoussée.

Publié le 13/10/2018 à 04h57

https://www.centre-presse.fr/article-632711-social-une-greve-perturbe-l-arret-de-tranche-a-la-centrale-nucleaire-de-civaux.html

Oct 12

FUKUSHIMA : TEPCO RECONNAÎT QUE L’EAU EST ENCORE RADIOACTIVE

Catastrophe de Fukushima : La société Tepco, le propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima, reconnaît que l’eau sur son site est toujours contaminée.

La société Tokyo Electric Power (Tepco), propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima gravement endommagée par le séisme et le tsunami de mars 2011, a reconnu que l’eau stockée sur le site contenait toujours certains éléments radioactifs qu’elle disait depuis des années disparus.

Tepco a reconnu le 1er octobre, devant une commission gouvernementale japonaise, la présence d’éléments radioactifs à des niveaux potentiellement nuisibles pour la santé, et a présenté des excuses.

Un porte-parole de Tepco a confirmé jeudi ces déclarations et les excuses de Tepco, faites devant la commission placée sous l’autorité du ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (Miti), qui est chargé de planifier les moyens de se débarrasser de l’eau stockée – près de 900’000 tonnes, soit la contenance de 500 piscines olympiques.

Parmi les moyens envisagés, il est question de déverser cette eau dans le Pacifique, ce à quoi s’opposent les pêcheurs nippons et les habitants du littoral, craignant que cela ne dissuade les consommateurs d’acheter des produits de leur région.

Tokyo a obtenu d’organiser les Jeux olympiques d’été 2020, et dans sa dernière intervention devant le Comité international olympique, voici plus de cinq ans, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, avait déclaré que la situation était «sous contrôle» à Fukushima.

Sur le site internet de la commission gouvernementale en question, on lit que sur les 890’000 tonnes d’eau stockées sur le site de la centrale accidentée, 750’000 tonnes, soit 84%, ont une concentration d’éléments radioactifs supérieure aux seuils-limites.

Mur de glace inefficace

Pour ce qui concerne 65’000 tonnes d’eau, le niveau d’éléments radioactifs est plus de 100 fois supérieur au seuil jugé tolérable par l’État japonais.

L’un des isotopes, le strontium 90, jugé dangereux pour la santé humaine, atteint dans certains réservoirs une concentration de 600’000 becquerels par litre, soit 20’000 fois le seuil-limite.

Depuis des années, Tepco affirmait que le processus de purification de l’eau stockée avait permis d’éliminer le strontium tout comme 61 autres éléments radioactifs, tout en laissant le tritium, un élément moyennement radioactif qu’il est difficile de séparer de l’eau.

«Nous allons filtrer une fois de plus l’eau des réservoirs, afin de ramener sous les seuils-limites les éléments en question, avant de déverser cette eau dans l’océan, si une décision est prise dans ce sens», a déclaré le porte-parole de Tepco.

L’eau s’est accumulée notamment parce que Tepco a besoin d’en injecter dans les trois réacteurs de la centrale pour conserver le combustible d’uranium fondu à une température qui ne pose pas de danger.

Les eaux souterraines provenant des collines des environs pénètrent dans le sous-sol du réacteur, où elles se mêlent à des débris hautement radioactifs.

Le coûteux «mur de glace» ne parvient pas à empêcher ces eaux souterraines de ruisseler jusqu’au sous-sol de la centrale, comme l’ont montré cette année les données de Tepco et une analyse de Reuters. (ats/nxp)

Créé: 11.10.2018, 13h42

https://www.24heures.ch/monde/Tepco-reconnait-que-l-eau-est-encore-radioactive/story/18635832

Oct 12

BRÉSIL: BOLSONARO VEUT DÉVELOPPER LE NUCLÉAIRE CIVIL ET LES BARRAGES

BRASILIA, 11 octobre (Reuters) – Jair Bolsonaro, favori du second tour de la présidentielle brésilienne, compte résoudre la pénurie chronique d’énergie du pays en développant le secteur nucléaire et en construisant de nouveaux barrages sur l’Amazone, a déclaré à Reuters le général en retraite qui a conçu le volet infrastructures de son programme.

Oswaldo Ferreira indique ainsi que le candidat d’extrême droite, s’il l’emporte lors du second tour le 28 octobre, mènera à son terme la construction de la centrale nucléaire Angra 3, sur la côte entre Sao Paulo et Rio de Janeiro, quel qu’en soit le coût.

De la même façon, Jair Bolsonaro maintiendra le projet de centrale hydroélectrique de Belo Monte, sur le Xingu, un affluent de l’Amazone, qui soulève des protestations car il implique le déplacement de communautés indigènes. D’autres projets de barrages, abandonnés, pourraient être remis au goût du jour, ajoute Oswaldo Ferreira, l’un des généraux en retraite qui conseillent Bolsonaro, nostalgique de la dictature militaire (1964-1985).

Les organisations écologistes sont vent debout contre le projet Belo Monte et tous les autres chantiers hydroélectriques envisagés dans le bassin de l’Amazone, estimant qu’ils nuiront à la biodiversité du « poumon vert » du Brésil.

Jair Bolsonaro s’est engagé durant la campagne électorale à retirer le Brésil de l’Accord de Paris sur le climat (2015), en raison de désaccords sur les moyens de protéger l’Amazonie.

Bolsonaro, ultra-libéral en économie et qui a la préférence des marchés financiers, a obtenu dimanche lors du premier tour 46% des voix, score bien supérieur à ce que prévoyaient les derniers sondages. Il sera opposé le 28 octobre à Fernando Haddad, ancien maire de Sao Paulo et candidat du Parti des travailleurs (PT), qui a recueilli dimanche 29%. Un sondage de l’institut Datafolha, rendu public mercredi, traduit une progression de Bolsonaro dans les intentions de vote. Il l’emporterait avec 58% le 28 octobre contre 42% à son adversaire de gauche.

(Ricardo Brito; Eric Faye pour le service français, édité par Tangi Salaün)

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/bolsonaro-veut-developper-le-nucleaire-civil-et-les-barrages-1b8e2e5ec77ffd93c787af9ff0fdb866

 

Oct 12

POURQUOI LES ESSAIS NUCLÉAIRES ONT ÉTÉ ARRÊTÉS

La contamination radioactive, les séismes, les troubles des processus atmosphériques et la puissance incontrôlable de l’arme la plus terrifiante de l’Histoire: voilà pourquoi mêmes si l’humanité s’est passionnée pour les essais nucléaires au milieu du siècle dernier, elle a aussi rapidement compris que la Terre n’était pas un polygone militaire.

Le Traité d’interdiction des essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère, dans l’espace extra-atmosphérique et sous l’eau est entré en vigueur il y a exactement 55 ans, le 10 octobre 1963. Ce document a été signé par les plus grandes puissances militaires de l’époque — l’URSS, les USA et le Royaume-Uni — mais tous les membres du club nucléaire n’y ont pas adhéré.

L’époque des essais

Aujourd’hui l’explosion nucléaire est un phénomène qui a été examiné sous toutes les coutures. Jusqu’en 1963, les antagonistes de la Guerre froide ont fait exploser des milliers de munitions de centaines et de milliers de kilotonnes dans l’eau, dans l’air et sur terre. Les scientifiques et les militaires ont obtenu de nombreuses informations sur le comportement de cette arme, ont identifié ses avantages et ses inconvénients et ont créé des moyens de protection contre ses facteurs offensifs. En montrant ce dont la bombe atomique était capable, ces essais ont empêché de facto une troisième guerre mondiale. Même s’ils ont infligé un préjudice important à notre planète, ce dernier n’était pas irréversible.

Certains polygones atomiques restent inhabitables. Par exemple, l’atoll de Bikini paradisiaque des Îles Marshall a été longtemps utilisé par le Pentagone pour ses essais nucléaires et thermonucléaires. Ainsi, le 1er mars 1954, les Américains y ont fait exploser la bombe H Castle Bravo. Pour la première fois, le combustible utilisé dans la bombe était le deutérure de lithium dans une enveloppe d’uranium appauvri. La puissance prévue était comprise entre 4 et 8 mégatonnes. Cependant, l’explosion a dépassé toutes les attentes: Castle Bravo a détonné comme 15 millions de tonnes de tolite. Les observateurs se trouvant dans le bunker ont décrit l’effet de l’explosion comme un puissant séisme qui a ébranlé l’abri. Le champignon était nettement plus grand que lors du premier essai thermonucléaire (1er novembre 1952): 60 km de haut, 100 km de diamètre de la «tête» et 7 km de diamètre du «tronc». L’explosion a provoqué des destructions colossales ayant modifié à tout jamais les traits de l’atoll de Bikini.

La contamination radioactive était également extrêmement grave. Selon les sources américaines, Castle Bravo a constitué l’explosion la plus «sale» de toute l’histoire des essais nucléaires américains. La contamination a touché une zone de 550 km sur 100 km. Le vent a rapidement répandu les précipitations radioactives: sept heures et demie après l’explosion, sur l’atoll de Rongerik, une augmentation du fond radioactif a été enregistrée à 240 km de l’épicentre. 28 militaires américains se trouvant sur place ont été irradiés et ont été évacués d’urgence. Un nuage de précipitations radioactives a également touché le bateau de pêche japonais Fukuryu Maru à 170 km de Bikini. Les membres de l’équipage ont reçu presque 300 roentgens et ont été handicapés. Le transmetteur du bateau est décédé six mois plus tard. Cet incident a provoqué une vague de manifestations antimilitaires au Japon et dans le monde.

L’URSS a également contribué à faire chavirer la «barque atomique» avec la munition la plus puissante de tous les temps, la Tsar-bomba à hydrogène d’une puissance de 58 mégatonnes AN602, conçue en URSS entre 1954 et 1961. Ce monstre de 8 mètres d’un poids de 26,5 tonnes a été testé le 30 octobre 1961 sur le polygone nucléaire de Soukhoï Nos de la Nouvelle-Zemble. La bombe a été transportée par le bombardier stratégique modifié Tu-95V, puis a été larguée à 10,5 km d’altitude pour exploser à 4.200 mètres. L’avion a réussi à s’éloigner à 40 km, mais il a tout de même ressenti une puissante onde de choc.

Personne n’a jamais vu ce que ses pilotes ont pu observer de leurs propres yeux: la boule de feu a atteint un rayon de 4,5 km, le champignon nucléaire est monté à presque 70 km d’altitude en sortant de la stratosphère. L’onde sismique a fait trois fois le tour du monde. L’ionisation de l’atmosphère a provoqué pendant 40 minutes des parasites dans les communications radio à des centaines de kilomètres du polygone. Son rayonnement lumineux était capable de provoquer des brûlures au 3e degré dans un rayon de 100 km. Cette expérience a prouvé que la puissance de l’explosion thermonucléaire était illimitée. Plus exactement, tant que le «polygone» tiendrait le coup.

Un «substitut» souterrain

L’Union soviétique a initié les négociations de Genève sur la restriction des essais nucléaires dangereux pour toute la planète. Le premier traité international réglementant le processus de production des armes nucléaires est entré en vigueur le 10 octobre 1963. Néanmoins, la Chine et la France ont poursuivi leurs essais terrestres jusqu’en 1980 et 1974 respectivement. C’est alors que les pays signataires du traité sont partis sous terre: l’époque des explosions souterraines a commencé.

Ces essais étaient jugés plus sûrs pour l’environnement. Sur bien des aspects, une explosion souterraine est similaire à son analogue aérienne, mais les effets de la détonation sont nettement plus faibles. Les essais menés sous terre se distinguent des explosions aériennes et sous-marines par le très faible rayon d’action de l’onde de choc, entièrement limité par la poche souterraine — le cratère. Puis l’onde de choc se transforme en onde de compression ou en onde sismique qui possède l’effet principal. Les puissances nucléaires ont ainsi obtenu la possibilité de tester l’arme dans des conditions relativement sûres pour l’atmosphère et l’effet de l’onde d’explosion sismique a été reconnu efficace uniquement pour détruire des sites protégés profonds.

À elle seule, l’URSS a organisé près de 500 explosions souterraines entre 1964 et 1990. Les essais se déroulaient essentiellement sur le polygone de Semipalatinsk et de Nouvelle-Zemble, mais pas uniquement à des fins militaires. Les spécialistes essayaient également d’orienter la force destructrice de l’arme de destruction massive vers des objectifs pacifiques — pour intensifier la production de pétrole, de gaz, de métaux, la modification des frontières des bassins, etc. Les essais terrestres et sous-marins n’étaient plus nécessaires: les logiciels informatiques parviennent très bien à simuler avec précision les essais nucléaires. Et les ogives actuellement en service n’expireront pas avant longtemps.

L’interdiction juridique complète des essais nucléaires est entrée en vigueur le 10 septembre 1996. Aujourd’hui, l’Inde, le Pakistan et la Corée du Nord sont les seuls pays à n’avoir pas signé ce traité. Pyongyang est le dernier État qui a osé organiser des essais nucléaires. Le 3 septembre 2017, la Corée du Nord a testé une bombe thermonucléaire sur le polygone de Punggye-ri. D’après les spécialistes occidentaux, la puissance de l’explosion était comprise entre 60 et 300 kilotonnes. Rappelons que les sixièmes essais nucléaires nord-coréens avaient provoqué une réaction très négative de la communauté internationale. Mais, comme ce fut plusieurs fois le cas pendant la Guerre froide, c’est l’explosion nucléaire qui a poussé les antagonistes à s’asseoir à la table des négociations. À l’issue de ces pourparlers, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a annoncé le 20 avril 2018 la suspension des programmes nucléaires et des essais balistiques par son pays.

International, publié le 11 octobre 2018 à 20h42

https://fr.sputniknews.com/international/201810111038468585-essais-nucleaires-urss-usa-terre-humanite/

Oct 12

POUTINE LANCE DES EXERCICES DES FORCES NUCLÉAIRES RUSSES AVEC TIRS RÉELS

Des exercices des Forces nucléaires russes avec tirs réels se sont déroulés en Russie sur l’ordre de Vladimir Poutine. Ils ont engagé des avions à long rayon d’action et des sous-marins.

Les Forces stratégiques russes ont mené jeudi des tirs de missiles dans le nord de la Russie dans le cadre des exercices lancés sur l’ordre du Président Poutine, a annoncé le ministère russe de la Défense.

«Des exercices des forces stratégiques nucléaires russes se sont déroulés le 11 octobre 2018 sur l’ordre du chef suprême des armées Vladimir Poutine», a indiqué le ministère dans un communiqué.

Ils ont engagé des sous-marins nucléaires des flottes du Nord et du Pacifique, des bombardiers de l’aviation à long rayon d’action et des régiments de missiles, ainsi que des systèmes d’alerte aux missiles.

L’armée russe a ainsi testé son système de commandement et contrôlé la transmission des ordres et des signaux du centre national de commandement aux postes régionaux et unités militaires.

Le programme des manœuvres comprenait «des tirs d’entraînement de missiles balistiques et de croisière effectués par les sous-marins se trouvant dans les mers de Barents et d’Okhotsk, ainsi que les avions à long rayon d’action ayant décollé depuis les aérodromes Engels, Oukraïnka et Chaïkovka», a précisé le ministère.

Les missiles ont détruit leurs cibles sur les polygones de Koura au Kamtchatka, de Thija dans la région d’Arkhangelsk, de Pemboï dans la république des Komis et le polygone de Terekta dans la région d’Astrakhan. Les systèmes d’alerte et les radars terrestres ont détecté tous les missiles balistiques tirés par les sous-marins.

Les Forces stratégiques ont réalisé toutes les missions, d’après le ministère.

https://fr.sputniknews.com/defense/201810111038464527-poutine-missiles-nucleaires-tirs-exercices/

Oct 12

NOUVEAU RETARD EN VUE POUR L’EPR DE FLAMANVILLE

La « bataille des soudures » n’a sans doute pas fini de retarder le chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). Dans une note adressée à EDF et rendue publique le 3 octobre, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a sévèrement recadré l’électricien public, en s’inquiétant d’une « défaillance de surveillance » sur le chantier nucléaire normand. « C’est l’ensemble de la chaîne de surveillance qui a dysfonctionné », juge l’ASN. Pierre-Franck Chevet a également indiqué qu’« un travail technique important reste à faire » pour corriger les anomalies repérées sur certaines soudures. 

Pour comprendre la vivacité de la réaction du gendarme du nucléaire, il faut revenir à l’origine de l’affaire. En février, EDF découvre des problèmes sur des soudures du circuit secondaire. Ce circuit d’eau sert à évacuer la vapeur vers la turbine. Il est formé de quatre boucles, associées à quatre générateurs de vapeur. Dans un premier temps, le groupe explique que ces tuyauteries sont conformes à la réglementation mais qu’elles auraient dû correspondre au standard « haute qualité », plus exigeant. Concrètement, EDF avait défini pour la construction de l’EPR cette nouvelle norme et n’a pas été en mesure de la faire respecter par ses propres sous-traitants.

Et les choses se sont compliquées quelques semaines plus tard. L’examen approfondi des soudures révèle qu’une grande partie d’entre elles ne respectent ni la norme voulue par EDF, ni même la réglementation exigée pour les équipements nucléaires sous pression. Résultat : le groupe doit reprendre cinquante-trois soudures, sachant qu’une seule soudure représente au moins huit semaines de travail supplémentaires.

Une construction qui a débuté en 2007

Un nouveau coup dur pour ce réacteur de troisième génération dont la construction a débuté en 2007 et qui devait être opérationnel en 2012. Il devait initialement coûter 3,5 milliards d’euros, l’affaire des soudures fait encore gonfler la facture, à près de 11 milliards d’euros.

Lire notre enquête sur le nucléaire :   EDF face au risque de l’EPR

La note de Pierre-Franck Chevet laisse penser que le feuilleton pourrait se poursuivre. EDF espérait ne pas avoir à refaire huit soudures, situées à des endroits très difficiles d’accès au niveau de l’enceinte de confinement, et dont la réparation pourrait nécessiter de démonter des parties importantes de la structure. Mais l’ASN lui demande de procéder à des essais difficiles à réaliser pour prouver que ces réparations ne sont pas nécessaires. Et avertit qu’il vaudrait mieux engager « dès à présent les actions préalables à la réparation des soudures concernées ».

L’autorité de sûreté demande aussi d’élargir le champ d’investigation à « un périmètre plus large d’équipements et de sous-traitants », au-delà du seul circuit secondaire.

Devant le risque d’un nouveau dérapage du calendrier de l’EPR, le gouvernement prévoit désormais de dissocier sa mise en service de la fermeture de la centrale alsacienne de Fessenheim, alors que les deux étaient jusqu’ici liées. « On est obligé d’envisager de ne pas faire les deux opérations en même temps, car EDF n’est pas capable de nous donner une date, et l’Autorité de sûreté du nucléaire non plus, sur l’ouverture de Flamanville », a expliqué, le 4 octobre, le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy.

À ce stade, l’électricien n’en maintient pas moins son échéancier, à savoir un chargement du combustible au quatrième trimestre 2019, pour un raccordement au réseau de l’EPR normand début 2020. Mercredi 10 octobre, l’ASN a confirmé son avis d’octobre 2017 autorisant l’EPR à fonctionner avec sa cuve actuelle, dont le couvercle devra toutefois être remplacé au plus tard fin 2024.

LE MONDE | 11.10.2018 à 11h26 • Mis à jour le 11.10.2018 à 14h26 |

https://www.lemonde.fr/energies/article/2018/10/11/nouveau-retard-en-vue-pour-l-epr-de-flamanville_5367969_1653054.html

Oct 12

WASHINGTON VA RESTREINDRE LES TRANSFERTS DE TECHNOLOGIE NUCLÉAIRE À LA CHINE

Washington – Les États-Unis vont restreindre, au nom de la sécurité nationale, les transferts de technologie nucléaire civile vers la Chine pour « éviter leur détournement illégal » à « des fins militaires ou non autorisées« , a annoncé jeudi le ministère américain de l’Énergie.

« Ces mesures de sécurité nationale sont le fruit d’un réexamen de la politique gouvernementale lancé à la suite d’inquiétude au sujet des efforts de la Chine pour obtenir du matériel nucléaire, des équipements et de la technologie avancée en provenance de sociétés américaines », a-t-il ajouté dans un communiqué au moment où Washington a lancé une offensive tous azimuts contre Pékin, sur fond de guerre commerciale.

Selon le ministre de l’Énergie Rick Perry, cité dans ce communiqué, « les États-Unis ne peuvent plus ignorer les implications » des agissements chinois « pour la sécurité nationale ».

Concrètement, les nouvelles règles, qui vont s’appliquer « immédiatement » mais uniquement aux futures licences ou aux cas encore à l’étude des autorités de régulation, prévoient « une présomption de refus ». Cela concerne notamment la coopération avec le géant étatique China General Nuclear Power Group, « actuellement inculpé pour conspiration en vue de voler de la technologie nucléaire américaine », selon le ministère.

Un responsable du gouvernement américain a expliqué à la presse que l’administration avait conscience « de l’importance du marché chinois pour les exportations de biens et services nucléaires américains ».

« L’industrie américaine risque de pâtir de cette décision à court terme, mais l’effort concerté de la Chine pour copier et détourner les produits nucléaires américains provoquerait sur le long terme une perte permanente de marchés mondiaux et d’emplois aux États-Unis, nous pensons donc que sur le long terme cette politique profitera aux sociétés et travailleurs américains en permettant de conserver un avantage compétitif sur le gouvernement chinois », a-t-il ajouté.

AFP / 11 octobre 2018 20h50

https://www.romandie.com/news/Washington-va-restreindre-les-transferts-de-technologie-nucl-aire-la-Chine/961381.rom

Oct 11

LES COMITES BURE ET SORTIR DU NUCLÉAIRE 41 MANIFESTENT À BLOIS EN MARGE DES RVH

Une douzaine de membres des comités Bure 41 et Sortir du nucléaire de Loir-et-Cher ont manifesté ce mercredi 10 octobre 2018 à Blois. Ils ont profité de la conférence d’ouverture du cycle de L’économie des Rendez-vous de l’histoire. 

Ils n’ont pas attendu l’invitation de Jacques Attali pour « agir« . Une douzaine de militants du Comité Bure 41 et du réseau Sortir du nucléaire ont manifesté ce mercredi à l’entrée du Jeu de paume, où allait commencer la conférence inaugurale de L’économie aux Rendez-vous de l’histoire de Blois assurée par l’ancien conseiller du président de la République.

Alors que la file d’attente s’était allongée, les militants antinucléaires ont proposé une petite saynète pour dénoncer le projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure (Meuse) et celui de construction d’une nouvelle piscine d’entreposage du combustible usé à Belleville-sur-Loire (Cher).

Les manifestants vêtus de tenues blanches et de masques à gaz ont également profité de ce happening pour distribuer quelques tracts. « Nous avons senti que le public était attentif« , avance un militant.

Ce n’est pas la première année que le Comité Sortir du nucléaire 41 profite des RVH pour faire passer ses revendications. Il pourrait d’ailleurs organiser d’autres actions d’ici la fin du festival blésois.

Ouverture de l’#Économie aux #RVH2018 de #blois avec un happening de Sortir du #nucleaire pic.twitter.com/EmbgQ0k8fI

— NR41 (@NRBlois) October 10, 2018

Publié le 11/10/2018 à 16:38 | Mis à jour le 11/10/2018 à 17:27

https://www.lanouvellerepublique.fr/blois/les-comites-bure-et-sortir-du-nucleaire-41-manifestent-a-blois-en-marge-des-rvh

Oct 11

EDF MISE SUR LA VOITURE ÉLECTRIQUE POUR GARDER SON NUCLÉAIRE

L’entreprise a présenté un plan pour accompagner le boom de la mobilité électrique. Il veut fournir son énergie «décarbonée» à 600 000 véhicules d’ici 2022 grâce à un grand réseau de bornes de recharge. Ou comment rendre son nucléaire indispensable.

EDF mise sur la voiture électrique pour garder son nucléaire

Et de trois.

Après avoir annoncé un grand plan pour développer l’énergie solaire fin 2017 et un plan «stockage électrique» au printemps, EDF parie logiquement sur le débouché de ces nouvelles capacités : la voiture électrique, qui est en vedette en ce moment au Mondial de l’automobile à défaut de peser encore très lourd dans les ventes (150 000 immatriculations en France depuis 2010 selon l’Avere). «Le groupe EDF va lancer un grand plan mobilité électrique pour devenir l’électricien leader dans ce domaine dès 2022 sur nos quatre grands marchés européens : la France, le Royaume-Uni, l’Italie et la Belgique», a annoncé ce mercredi son PDG, Jean-Bernard Lévy, lors d’une conférence de presse dans le cadre des «Electric Days» dédiés à l’innovation organisés par l’entreprise à la Villette.

Pointant le rôle fortement néfaste du transport pour le climat (plus de 20% des gaz à effet de serre), EDF parie sur un véritable boom de la voiture électrique dont les ventes passeraient dans les quatre pays visés de 300 000 véhicules en 2017 à 4 millions en 2025, puis près de 10 millions en 2030, selon ses prévisions. Un nouveau marché à très forte croissance, sur fond d’impératif de réduction drastique des émissions de CO2, qui fait saliver le producteur d’électricité… nucléaire. Fort de son parc de 58 réacteurs, de ses 400 barrages hydrauliques et de ses efforts encore poussifs dans les énergies renouvelables (8GW de panneaux solaires installés contre 61,3GW de nucléaire), le géant français de l’énergie veut «jouer un rôle majeur dans la grande chaîne de valeur de la mobilité électrique» en fournissant une électricité «décarbonée à 87%» à plus de 600 000 véhicules électriques en Europe d’ici quatre ans. Ce qui lui offrirait «30% de parts de marché» dans les quatre pays visés.

75 000 bornes EDF

Pour atteindre cet objectif ambitieux, l’électricien français a noué des partenariats avec Renault, Nissan, Toyota et Valéo, autant d’acteurs qui mettent le turbo dans l’électrique «car on ne peut pas faire sans les constructeurs et les équipementiers, comme ils ne peuvent pas faire sans nous, c’est tout un écosystème qu’il faut créer», a expliqué Jean-Bernard Lévy. EDF espère ainsi déployer 75 000 bornes de recharge propriétaire d’ici 2022 et donner accès en tout à 250 000 bornes installées par d’autres opérateurs grâce à un «pass interopérable». Des chiffres qui feraient d’EDF le premier exploitant de bornes de recharge en France et dans les autres pays visés. Le groupe, qui s’est lancé dans la technologie des points de recharge il y a près de vingt ans via sa filiale Sodetrel, dispose aujourd’hui d’un réseau de 5 000 bornes en France, dont 200 bornes de recharge rapide déployées sur les autoroutes de l’Hexagone, soit une tous les 80 kilomètres. C’est sur ces dernières, qui permettent de recharger les batteries du véhicule à 80% en vingt à trente minutes, qu’EDF portera l’essentiel de son effort car les conducteurs ne veulent plus attendre plusieurs heures pour que leur voiture soit rechargée.

Le groupe va aussi développer des technologies de smart charging qui permettront de «transformer les voitures électriques en batteries sur roues» en fournissant leur électricité stockée au réseau quand le besoin s’en fera sentir : à terme, 1 million de véhicules électriques connectés pourraient fournir 1 à 2GW, soit l’équivalent de la puissance d’un à deux réacteurs nucléaires. Et «le client pourra être rémunéré pour cette électricité rendue», a expliqué Yannick Duport, le directeur de la division mobilité électrique nouvellement créée par EDF. Grégory Poilasne, le patron français de la start-up Nuvve, basée à San Diego (Californie), avec laquelle EDF va créer une société commune, propose déjà ce type de solutions au Danemark. Et selon lui, en acceptant de décharger leur véhicule en période de pointe de la demande électrique, les automobilistes peuvent gagner «1 400 euros par an». «Le client d’EDF pourra être rémunéré», a confirmé Yannick Duport. EDF espère déployer 4 000 bornes de recharge «intelligentes» de ce type dès 2020, sans doute en partenariat avec Renault et Nissan, aujourd’hui leader de la voiture électrique en France avec leurs petites Zoé et Leaf.

Annonce opportune

Le PDG d’EDF n’a donné aucun chiffre concernant l’investissement de son groupe dans ce plan mobilité électrique. Mais une chose est sûre, cette annonce est très opportune à quelques jours de la présentation par le gouvernement de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) qui doit déterminer à quel rythme la France doit se diriger vers le 50/50 d’électricité nucléaire et renouvelable. De toute évidence, EDF joue au gentil géant vert, fournisseur d’électricité décarbonée pour la prochaine révolution du transport propre, dans l’espoir de sauver l’essentiel de son parc nucléaire : «Je vous confirme que l’électricité d’origine nucléaire est l’un des meilleurs moyens de lutter contre le réchauffement climatique aux côtés des énergies renouvelables», a répété Jean-Bernard Lévy en marge de la conférence de presse. Se refusant à commenter les projets du gouvernement qui tablerait sur huit fermetures de réacteurs nucléaires d’ici 2028, le patron d’EDF s’est dit «confiant» dans les arbitrages à venir.

L’électricien a fait savoir dans son cahier d’acteurs pour la PPE qu’il ne souhaitait fermer aucun réacteur avant 2029, date à laquelle ses plus vieux modèles arriveront à la limite d’âge de 50 ans : «Pourquoi se priver d’un tel atout dans la lutte contre le réchauffement climatique et d’un tel actif pour le service public de l’électricité ?» s’est-il interrogé. D’autant que selon lui, les besoins en électricité vont augmenter «légèrement» malgré les efforts en matière d’efficacité électrique et d’autoconsommation, en raison justement du boom de la voiture électrique. CQFD, si on veut des millions de voitures électriques sur la route, on ne pourra pas faire sans le nucléaire ! Rendez-vous fin octobre pour savoir ce qu’en dira Emmanuel Macron, que l’on sait soucieux, tout à son art du «en même temps», de ménager l’atome et ses 220 000 salariés sans avoir l’air de tuer dans l’œuf le développement des énergies renouvelables.

Par Jean-Christophe Féraud

https://www.liberation.fr/france/2018/10/10/edf-mise-sur-la-voiture-electrique-pour-garder-son-nucleaire_1684438

Oct 11

NUCLÉAIRE : LE RAPPORT « SECRET » QUI INQUIÈTE LA FILIÈRE

La loi relative à la transition énergétique prévoit de réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 à 50% d’ici 2025. Une échéance que le gouvernement actuel, qui prépare la Programmation pluriannuelle de l’énergie, juge peu réaliste et devrait reporter à 2035.

Cette question de date ne change pas fondamentalement le scénario : dix-neuf réacteurs, sur les cinquante-huit du parc EDF, seront arrêtés à terme. À priori les plus anciens, c’est-à-dire les réacteurs de 900 MW. Or, ce sont ces mêmes réacteurs qui utilisent le combustible MOx, issu du recyclage par Orano dans ses usines de la Hague et de Melox.

 « Occlusion intestinale »

Plusieurs études ont été réalisées pour mesurer les conséquences de l’arrêt de ces réacteurs. EDF en a réalisé une, intitulée « Impact cycle 2016 », l’Autorité de sûreté nucléaire a aussi demandé une expertise à l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Le rapport a été remis en mars dernier. Aucun des deux n’a été publié, mais l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) a pu consulter celui de l’IRSN.

Le président de l’ACRO, David Poilley, explique que les piscines de la Hague arriveraient rapidement à saturation :

Selon l’IRSN, le scénario d’arrêt de dix-neuf tranches de 900 MW en 2025 conduit à la saturation des piscines de la Hague et des réacteurs nucléaires en moins de cinq ans après la première fermeture. Tout le parc nucléaire devra donc s’arrêter pour cause d’occlusion intestinale après la mise à l’arrêt de moins de neuf tranches utilisant du MOx.

Les résultats de la simulation de l’IRSN confirment la conclusion d’EDF, souligne encore David Poilley.

Une piscine centralisée

EDF a certes un projet de piscine centralisée qui pourrait ouvrir en 2030.

Selon l’IRSN, le report à 2035 de la limitation à 50 % de la production d’électricité d’origine nucléaire, décalerait d’autant la perspective de saturation des piscines actuelles, « ce qui est compatible avec le calendrier prévisionnel de mise en service de la piscine centralisée ».

Mais rien ne dit que cette piscine sera effectivement opérationnelle.

En attendant, poursuit l’ACRO en se référant à l’expertise de l’IRSN, « on ne pourrait pas arrêter le retraitement et le MOx ». Lors du retraitement des combustibles usés, 1 % de la masse est du plutonium réutilisé pour la fabrication de MOx.

C’est ce petit pour cent qui peut bloquer toute la machine, note l’ACRO. Toute l’industrie nucléaire est dans une situation très fragile, car on peut imaginer des aléas qui entraîneraient un arrêt prolongé d’une des mailles de cette chaîne du plutonium.

Les évaporateurs, le maillon faible

Et le maillon faible, ce sont les évaporateurs de l’usine de retraitement de la Hague.

Ces évaporateurs, qui permettent de concentrer les produits de fission avant vitrification, présentent, selon des mesures réalisées en 2014 et 2015 par Areva (Orano aujourd’hui), une corrosion plus rapide que prévue lors de leur conception. Des fuites sont même apparues, confirmait en janvier 2017 l’ASN.

Un programme de remplacement, à l’horizon 2021 et 2022, a été lancé. Il représente un investissement de 700 millions d’euros.

En attendant, en cas d’arrêt des évaporateurs de l’un des ateliers, l’usine correspondante devrait être arrêtée. Et un arrêt des deux usines pour une durée supérieure à six mois pourrait conduire à une saturation des piscines d’entreposage.

L’IRSN demande donc à Orano et EDF de revoir leur copie sur ce sujet et de préciser la durée d’indisponibilité qui conduirait à la saturation des piscines, rapporte l’ACRO. La réponse est facile à estimer : la saturation interviendrait au bout d’une année environ.

APPEL À LA DIFFUSION

Un scénario catastrophe pour l’ensemble de la filière.

L’industrie nucléaire française a mis en place un système que l’on ne peut pas stopper sur décision politique, sans risque d’un effet falaise qui arrêterait tout le parc en peu de temps. Mais ce système est extrêmement fragile et « le piège pourrait se refermer sur ces concepteurs, à la suite de pannes », estime David Boilley.

Pour l’ACRO, ces éléments auraient dû être rendus publics dans le cadre du débat public sur la Programmation pluriannuelle de l’énergie. Ils doivent l’être en tout cas avant le nouveau débat sur le Plan de gestion des matières et déchets radioactifs.

Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire y est favorable. À tout le moins une version publique. L’IRSN, sollicité par l’ACRO, n’y est pas opposé. Et la présidente de la commission particulière du débat public les réclame elle aussi.

Publié le 11 Oct 18 à 14:00

https://actu.fr/societe/nucleaire-rapport-secret-inquiete-filiere_19011557.html

Oct 11

LA CENTRALE DE CHOOZ A MIS À L’ARRÊT LA TRANCHE 1

Faute d’un débit suffisant de la Meuse, EDF a cessé momentanément l’activité de la tranche 1 ce jeudi.

Le débit de la Meuse est de nouveau passé en dessous du seuil de 22 m3/seconde. Les équipes de la centrale nucléaire de Chooz ont donc momentanément cessé l’activité de la tranche 1 dans la nuit du mercredi 10 au jeudi 11 octobre 2018 à 1 h 58. Cet arrêt résulte d’un accord transfrontalier avec la Belgique.

Depuis quelques semaines, le niveau de l’eau est scruté avec attention. Avec les conditions climatiques, le fleuve a soif et ne dispose pas d’un débit suffisant. Or, l’accord transfrontalier stipule que : «  Lorsque la moyenne sur 12 jours glissants du débit aval journalier de la Meuse descend en dessous de 22m³/seconde, une unité de production doit être arrêtée. Si le débit sur 12 jours glissants passe sous les 20 m3/seconde, les deux unités de production doivent être arrêtées  ».

L’eau est en effet une ressource stratégique pour les voisins belges et leurs activités économiques : industriels, acteurs du tourisme, collectivités locales, etc. La centrale doit donc s’assurer qu’ils disposent en permanence d’une ressource en eau suffisante pour le fonctionnement de leurs activités.

Toutefois, ce débit de la Meuse n’entrave pas la sécurité de la centrale qui n’a besoin que de 6 m3/seconde de débit pour garantir le refroidissement des installations. Cet événement réduira tout de même la quantité d’énergie produite mais «  cet arrêt est sans impact sur la fourniture d’électricité, puisqu’il intervient dans un contexte de moindre demande  », rassure-t-on chez EDF.

L’unité devrait redémarrer d’ici à quelques jours, en fonction des prochains épisodes pluvieux sur le département.

Par Rachel Debrincat, publié le 11/10/2018 à 11h47

NDLR : avec le réchauffement climatique, les épisodes de sécheresse ne feront que se multiplier et durer plus longtemps. Donc, l’énergie nucléaire qui a un besoin vital d’eau pour refroidir les réacteurs n’est pas une énergie d’avenir.

http://www.lardennais.fr/116490/article/2018-10-11/la-centrale-de-chooz-mis-l-arret-la-tranche-1

Oct 11

ET SI L’EUROPE PRENAIT LE LEADERSHIP DU TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES ?

En mai 2019 nous allons élire nos députés européens. Dès à présent les différents groupes politiques choisissent leurs candidats et commencent à élaborer leur programme pour la campagne à venir. C’est le moment de les interpeller afin que la question des armes nucléaires et de leur interdiction ne soit pas reléguée aux « abonnés absents » !

Est-ce qu’il faudra attendre une nouvelle utilisation de l’arme nucléaire dans un conflit pour que l’objectif de son élimination se réalise enfin ? Cette thèse — défendue dans un ouvrage [1] paru récemment en France et qui examine les sept principales fois où nous avons échappé à une apocalypse nucléaire… — est-elle acceptable ? Non, bien évidemment ! Ne serait-ce que pour les conséquences irréversibles que cela entraînerait et qui pourraient conduire à la fin de toute vie sur la Terre.

Pourtant l’aveuglement de nombre de responsables politiques, d’experts, face à l’urgence de la menace que font peser ces armes et surtout une certaine acceptation — particulièrement en France — que, malgré tout, il faut rester prudent et tant que les États-Unis et la Russie, notamment, ne s’engagent pas dans un processus de désarmement, il ne serait pas raisonnable de procéder à une nouvelle réduction de « notre » arsenal… Sans compter que, dans cette approche, la dynamique du Traité d’interdiction (Tian) est vue comme une « dispersion » plutôt qu’un outil, qu’une force pour sortir de cette spirale de la course aux armements et de la montée des menaces.

Il est vrai que le Parlement européen n’a quasi pas son mot à dire sur les questions militaires qui relèvent de la souveraineté de chacun des États-membres dont 22 sur les 27 sont également membres de l’Otan. Son rôle est principalement consultatif. Toutefois, il peut formuler des recommandations et, à travers le vote du budget, exercer une certaine influence. Rappelons que le Parlement européen avait voté le 27 octobre 2017 – à une majorité de 77 %une résolution en faveur d’une ouverture des négociations pour un Traité international d’interdiction des armes nucléaires.

Donald Trump à la présidence des États-Unis et le Brexit ont relancé les projets d’une Europe de la défense ambitieuse. Des budgets se comptant en dizaines de milliards d’euros vont être débloqués à cette fin notamment pour stimuler la coopération industrielle transnationale des systèmes d’armement. Des débats se font jour concernant, par exemple, une coopération nucléaire franco-allemande ou en faveur d’un renforcement de la présence militaire américaine en Pologne ou dans les pays Baltes.

C’est dans ce contexte que nous devons faire entendre une voix différente pour, dans un premier temps, réactiver les fondements du projet européen : la paix entre des ennemis « héréditaires » par le biais de la coopération et de l’échange… Ensuite, pour soumettre au débat un changement de paradigme : faire de la confiance la base du nouveau rapport avec le monde ; où le dialogue (même conflictuel parfois) vient remplacer la guerre et sa préparation, vient remplacer la stratégie de la dissuasion qui n’est autre qu’une imposture et un exercice de la menace (cf. Abolition n° 269 & 270).

Et c’est bien là que l’adoption du Traité d’interdiction des armes nucléaires offre de véritables perspectives nouvelles. Au sein de l’Europe, trois États l’ont déjà ratifié, l’Autriche, le Saint-Siège et San Marin et deux autres l’ont signé, l’Irlande et le Liechtenstein. Un mouvement qu’il est possible de renforcer si l’ensemble de la société civile se mobilise… Si un ou plusieurs pays prenai(en)t l’initiative de le signer, alors s’ouvrirait la possibilité de créer une zone exempte d’arme nucléaire en Europe. Comme il en existe déjà plusieurs dans le monde.

La campagne pour les élections européennes est la bonne occasion de poser le problème : quelle sécurité voulons- nous ? Pour cela, nous devons tous interpeller les candidats afin qu’ils soient nombreux à se prononcer pour une élimination du danger nucléaire, à appeler leur pays à signer le Traité et à demander que l’Europe s’engage en faveur du désarmement nucléaire.

[1] On a frôlé la guerre atomique, Luc Mary, L’Archipel, juillet 2018, 230 p.

Par Patrice Bouveret (Source : Bulletin de l’association Abolition des armes nucléaires—Maison de Vigilance http://abolitiondesarmesnucleaires.org/)

Retrouvez cet article sur : https://www.pressenza.com/fr/2018/10/et-si-leurope-prenait-le-leadership-du-traite-dinterdiction-des-armes-nucleaires/

Oct 11

L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE VALIDE LA CUVE DE L’EPR : UNE LOGIQUE DÉROGATOIRE INACCEPTABLE

Le 10 octobre 2018, comme on pouvait le craindre, l’Autorité de sûreté nucléaire a accordé son feu vert à la cuve de l’EPR de Flamanville, à la condition qu’EDF change le couvercle d’ici 2024, effectue régulièrement des contrôles et mette en place un programme de suivi du vieillissement.

Avant même d’avoir démarré, l’EPR devra donc être surveillé comme s’il s’agissait d’un réacteur déjà ancien. Cette surveillance ne compensera jamais les défauts de cette cuve, qui n’a pas été fabriquée dans les règles de l’art et ne présente pas les caractéristiques initialement requises en termes de sûreté. Rappelons que la cuve est un équipement qui est censé présenter une qualité impeccable pour exclure tout risque de rupture, une telle rupture menant irrémédiablement à un accident nucléaire majeur.

Les défauts de cette cuve sont tout aussi inquiétants que le processus ayant mené à sa validation. En approuvant cette cuve, d’abord par un avis rendu le 10 octobre 2017 (et attaqué en justice) puis par cette décision, l’ASN s’est engagée dans une dangereuse logique dérogatoire où la protection des intérêts de l’industrie nucléaire semble primer sur la sûreté  [1]. Rappelons que la Commission Européenne, début 2017, avait conditionné le sauvetage financier d’Areva à un feu vert pour la cuve de l’EPR.

Cette décision, malheureusement prévisible, interroge quant aux choix que devra effectuer l’ASN au sujet des nombreux autres défauts qui affectent ce réacteur, qu’il s’agisse des soudures défectueuses du circuit secondaire ou de ceux de l’enceinte de confinement. Sa sévérité actuelle débouchera-t-elle encore sur un compromis pour ne pas entraver la finalisation de ce réacteur criblé de malfaçons, clé de voûte d’une hypothétique renaissance du nucléaire français ? En cas d’accident, ou pire, de catastrophe nucléaire de type Tchernobyl ou Fukushima, elle porterait alors une terrible responsabilité.

Ce feu vert interroge également sur le sens des consultations organisées par l’ASN. À quoi bon solliciter la participation du public, si les presque 14 000 avis déposés contre la validation de la cuve, qui traduisaient une inquiétude fondée d’autant de citoyen.ne.s, sont simplement ignorés ?

Dangereux, inutile, rafistolé avant même d’avoir fonctionné, l’EPR ne doit jamais être mis en service ! Il est impératif de cesser de gaspiller des milliards dans ce réacteur défectueux, qui mettrait en danger toute l’Europe et prolongerait le risque nucléaire et la production de déchets ingérables de plusieurs décennies.

Notes :

[1] Cette possibilité de déroger aux exigences initiales de sûreté a été introduite par un arrêté ministériel du 30 décembre 2015, qui a été attaqué en justice par le Réseau “Sortir du nucléaire“, Greenpeace et France Nature Environnement. Une telle logique dérogatoire apparaît d’autant plus inquiétante au vu de la découverte de multiples malfaçons sur des pièces équipant le parc nucléaire français.

Contact presse : Laura Hameaux – 06 85 23 05 11

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/L-Autorite-de-surete-nucleaire-valide-la-cuve-de

Oct 11

L’ÉTAT ÉTUDIE TOUTES LES OPTIONS POUR EDF, DONT LE STATU QUO, DÉCLARE FRANÇOIS DE RUGY

Le 10 octobre, le ministre de la Transition écologique et solidaire a déclaré que le gouvernement étudiait toutes les options sur l’organisation d’EDF. François de Rugy n’a pas écarté l’option d’un statu quo. Il a aussi évoqué la possible présentation d’un projet au même moment que la PPE, attendue fin octobre.

Le gouvernement étudie toutes les options concernant l’organisation d’EDF, y compris le statu quo, a déclaré le mercredi 10 octobre le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy.

Ces déclarations interviennent alors que différents scénarios de modification de la structure de l’électricien public circulent depuis près d’un an, parmi lesquels une scission de ses activités nucléaires, et à quelques jours de l’annonce de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un texte qui précisera notamment l’avenir des centrales nucléaires d’EDF.

« Nous étudions toutes les solutions, y compris le statu quo, ce n’est pas le changement pour le changement, c’est une question d’organisation, de structure« , a dit François de Rugy à des journalistes en marge d’un événement sur l’innovation organisé par EDF.

Projet possible au moment de la présentation de la PPE

« Nous pensons peut-être qu’il faudrait faire évoluer [l’organisation] mais nous allons faire en quelque sorte un comparatif des avantages et des inconvénients des différentes solutions, y compris du statu quo« , a ajouté le ministre.

En septembre, le ministre déclarait pourtant que le statu quo d’EDF n’était « pas dans l’intérêt de l’État et de l’entreprise ».

Prié de dire à quelle échéance cette réflexion pourrait aboutir, François de Rugy a évoqué la possibilité qu’un projet soit prêt au moment de la présentation de la PPE, prévue fin octobre, ou ultérieurement.

Une augmentation globale de la consommation électrique à l’horizon 2030-2035

« Ce que nous pensons dans les travaux préparatoires [de la PPE], c’est que nous allons plutôt avoir dans les années qui viennent, sur l’électricité, une forme de stagnation sur la consommation« , a également dit le ministre.

Alors que les efforts d’efficacité énergétique feront dans un premier temps baisser la consommation, les nouveaux usages se traduiront ensuite par une augmentation, a ajouté François de Rugy, en se disant « très soucieux » de la sécurité d’approvisionnement des Français.

« Dans un deuxième temps, nous pensons que […] à l’horizon de 2030-2035, on va avoir une augmentation globale de la consommation électrique. Et pour résoudre l’équation du climat, nous considérons que cette consommation doit être satisfaite par des moyens non émetteurs de CO2, soit l’hydroélectrique, le nucléaire et le renouvelable.« 

Avec Reuters (Benjamin Mallet, édité par Gilles Guillaume)

https://www.usinenouvelle.com/article/l-etat-etudie-toutes-les-options-pour-edf-dont-le-statu-quo-declare-francois-de-rugy.N753649

Oct 10

L’ASN AUTORISE LA MISE EN SERVICE ET L’UTILISATION DE LA CUVE DU RÉACTEUR EPR DE FLAMANVILLE SOUS CERTAINES CONDITIONS

Le 9 octobre 2018, l’ASN a autorisé la mise en service et l’utilisation de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, sous réserve de la réalisation d’un programme d’essais de suivi du vieillissement thermique sur l’acier de la zone de ségrégation majeure positive résiduelle du carbone, et de contrôles spécifiques lors de l’exploitation de l’installation. La faisabilité de ces derniers contrôles n’étant pas acquise pour le couvercle en l’état actuel des connaissances, l’ASN a limité à fin 2024 l’utilisation du couvercle actuel.

Cette autorisation s’appuie sur les conclusions de l’avis de l’ASN du 10 octobre 2017 relatif à l’anomalie de la composition chimique de l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, ainsi que sur les éléments complémentaires transmis par Framatome dans sa demande d’autorisation du 13 juillet 2018.

L’instruction de ces éléments complémentaires par l’ASN n’a pas conduit à remettre en cause les conclusions de l’avis de 2017. En outre, l’ASN a vérifié le respect des exigences techniques et réglementaires autres que celles relatives à la composition chimique de l’acier du couvercle et du fond de la cuve.

Le projet de décision de l’ASN a été soumis à la consultation du public sur son site Internet entre le 3 et le 24 septembre 2018. Cette consultation a recueilli plus de 500 contributions. La synthèse de cette consultation est disponible sur le site Internet de l’ASN.

À la suite de cette consultation du public et de celle de la Sous-commission permanente des appareils à pression du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques, l’ASN a complété sa décision afin de préciser certains éléments concernant le fondement de la prescription de l’article 2 de la décision, relative au programme de suivi du vieillissement thermique, et la faisabilité technique de l’opération de remplacement du couvercle de la cuve.

***

Areva NP avait mis en évidence fin 2014 une anomalie de la composition chimique de l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, pouvant réduire sa capacité à résister à la propagation d’une fissure. Areva NP avait alors mis en œuvre une démarche visant à justifier que la résistance mécanique de l’acier restait suffisante dans toutes les situations de fonctionnement, y compris accidentelles.

En s’appuyant sur l’analyse des dossiers transmis par Areva NP et EDF, avec l’appui de l’IRSN, et sur l’avis de son groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires, l’ASN avait rendu un avis le 10 octobre 2017 sur l’anomalie de la composition chimique de l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur EPR de Flamanville. Consulter la page regroupant les informations publiées jusqu’à présent par l’ASN sur l’anomalie en carbone affectant les calottes de la cuve de l’EPR de Flamanville 3

Note d’information publiée le 10/10/2018 à 15h25

https://www.asn.fr/Informer/Actualites/Cuve-du-reacteur-EPR-de-Flamanville-mise-en-service-sous-conditions

Pour consulter la décision n° 2018-DC-0643 de l’ASN du 9 octobre 2018, cliquer sur : https://www.asn.fr/Reglementer/Bulletin-officiel-de-l-ASN/Installations-nucleaires/Decisions-individuelles/Decision-n-2018-DC-0643-de-l-ASN-du-9-octobre-2018

Oct 10

FRANCE-ALLEMAGNE : LA DISSUASION NUCLÉAIRE DANS LE PROCHAIN TRAITÉ DE L’ÉLYSÉE ?

La France et l’Allemagne ont prévu de signer, le 22 janvier prochain, un nouveau Traité de l’Élysée, cinquante-cinq ans après celui conclu entre Charles de Gaulle et Konrad Adenauer. Il intégrera une dimension de sécurité et de défense, l’un des éléments les plus dynamiques de la coopération bilatérale, comme l’ont rappelé mardi des sources diplomatiques de haut niveau, des deux pays.

Mais la dissuasion nucléaire en fera-t-elle partie ? À la suite de notre récent article sur la bombe allemande, nous avons interrogé nos interlocuteurs pour savoir si le nouveau Traité de l’Élysée pourrait comporter une phrase comme : «  la dissuasion nucléaire française participe à la défense de l’Allemagne » ?

«  C’est un débat très sérieux  » reconnaît notre source française, mais «  il faut tenir compte  de la sensibilité de l’opinion publique allemande  », notamment de la gauche, SPD compris, de tradition «  pacifiste  ». Par ailleurs, il convient de «  ne pas donner des signaux négatifs aux Américains  », alors que le président Trump est tenté par un désengagement au sein de l’Otan. Côté allemand, on assure que «  le nucléaire fait partie de la défense  », une façon de ne fermer aucune porte.

Le président Macron doit s’exprimer sur la dissuasion nucléaire, sans doute dans les prochains mois, sans doute après le nouveau Traité de l’Élysée.

Par Jean-Dominique Merchet    Secret Défense    (Rien de ce qui est kaki, bleu marine ou bleu ciel ne nous sera étranger)

https://www.lopinion.fr/blog/secret-defense/france-allemagne-dissuasion-nucleaire-dans-prochain-traite-l-elysee-164920

Oct 10

NUCLÉAIRE: L’ASN DEVRAIT S’OCCUPER DE SÉCURITÉ, JUGE LE CANDIDAT À SA PRÉSIDENCE

Paris – Bernard Doroszczuk, candidat à la présidence de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), s’est dit mercredi favorable à ce que le gendarme du nucléaire s’occupe également de questions de sécurité.

« Si je suis président de l’Autorité de sûreté nucléaire, je soutiendrai cette démarche » visant à confier à l’ASN des compétences en matière de sécurité (pour empêcher un acte malveillant) et non seulement de sûreté (empêcher un accident), a-t-il indiqué lors d’une audition par la Commission des affaires économiques du Sénat.

L’Élysée avait annoncé en septembre qu’Emmanuel Macron envisageait de nommer Bernard Doroszczuk, actuel directeur du Comité français d’accréditation (Cofrac), à la tête de l’ASN pour succéder à Pierre-Franck Chevet.

Sa candidature doit faire l’objet d’un avis de l’Assemblée nationale et du Sénat.

« Toutes les autorités étrangères ou quasiment toutes sont chargées à la fois de la sûreté nucléaire et de la sécurité nucléaire« , a observé M. Doroszczuk.

« C’est assez compréhensible en terme de vision globale et de définition à la fois des mesures techniques, organisationnelles et humaines à mettre en place pour préserver la sécurité des installations, qu’il s’agisse d’événements liés à l’installation ou d’actes de malveillance« , a-t-il poursuivi.

« En revanche l’ASN ne doit pas… être responsable de la définition de la menace et de l’intervention en cas de passage à l’acte: c’est la responsabilité des forces de l’ordre« , a conclu Bernard Doroszczuk.

En se présentant devant les sénateurs, il a souligné que l’ASN était confrontée à deux gros enjeux à court terme: celui du chantier de l’EPR de Flamanville (Manche) et le réexamen des réacteurs de 900 mégawatts d’EDF pour qu’ils puissent éventuellement fonctionner au-delà de 40 ans.

À plus long terme, il a aussi identifié un certain nombre d’enjeux: le maintien des capacités techniques et financières des exploitants (EDF, Orano, CEA), la question des déchets et du démantèlement, la radioprotection dans le domaine médical et l’efficience interne de l’ASN.

jmi/soe/spi

AFP / 10 octobre 2018 à 09h25

https://www.romandie.com/news/Nucl-aire-l-ASN-devrait-s-occuper-de-s-curit-juge-le-candidat-sa-pr-sidence/960862.rom

Oct 10

PARCE QU’IL N’Y A PAS DE PLANÈTE B, SIGNEZ LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES

En avant pour la journée de mobilisation nationale qui aura lieu le 14 octobre 2018 devant 9 bases nucléaires militaires en France : Centre de transmission de la marine nationale (Aude – 11), Base aérienne 702 (Avord – 18), Base sous-marine nucléaire (Île Longue – 29), Base aérienne 125 (Istres – 13), Centre de recherche Mégajoule (Barp – 33), Base aérienne 942 (Mont-Verdun – 69), Ministère des Armées (Paris – 75), Base aérienne 113 (Saint-Dizier – 52), Site de recherche et de production d’armes nucléaires (Valduc – 21).

Par nos mobilisations, grâce à l’engagement de 122 États et à l’implication sans équivoque de l’ONU, le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) a été adopté et est désormais ouvert à la signature des États. C’est une grande victoire qui renforce la volonté de rompre avec la barbarie de la culture de guerre et de mettre en place la culture de paix pour assurer la sécurité internationale. Elle a valu le prix Nobel de la Paix en 2017 à ICAN (la campagne internationale pour abolir l’arme nucléaire, dont le Mouvement de la Paix est co-fondateur).

Dans un sondage IFOP-Le Mouvement de la Paix/La Croix/Planète Paix de juin 2018, 76% des personnes interrogées ont répondu OUI à la question : « vous personnellement, êtes-vous favorable à ce que la France s’engage dans un processus international d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques, tel que prévu par les Nations-Unies ? ».

Pourtant la France, qui avec les autres puissances nucléaires (États-Unis, Russie, Royaume-Uni, Chine, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël) a boycotté le processus d’écriture du Traité, prévoit 37 milliards d’€ pour « moderniser » son arsenal nucléaire !

La France ne peut pas rester à l’écart de la marche du monde vers l’abolition des armes atomiques. Elle doit maintenant signer le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires. Il est primordial d’ouvrir le débat national sur l’arsenal nucléaire mortifère et sur la stratégie suicidaire de dissuasion qui lui est attribuée.

Soyons nombreux en provenance de toutes les régions à soutenir cette journée de mobilisation nationale.

Toutes les informations sur les rendez-vous des rassemblements régionaux de chacun des 9 pôles sur www.mvtpaix.org

À Paris, le 9 octobre 2018, Le Mouvement de la Paix

https://www.mvtpaix.org/wordpress/parce-quil-ny-a-pas-de-planete-b-signez-le-traite-dinterdiction-des-armes-nucleaires/

Oct 10

NOUS AVONS BESOIN DU LEADERSHIP DE L’AFRIQUE POUR METTRE FIN À LA MENACE DES ARMES NUCLÉAIRES

Le Traité d’interdiction des armes nucléaires, adopté à l’ONU en juillet 2017, n’a pour l’instant été signé que par 21 États africains. Et un seul l’a ratifié : la Gambie. Beatrice Fihn lance un appel pour que les nations africaines «refusent d’être prise en otage par les caprices de quelques hommes avec le doigt sur le bouton».

Un adage me vient souvent à l’esprit quand je discute de politique étrangère et de problématique de sécurité : « De bonnes clôtures font de bons voisins ». En d’autres termes, des frontières clairement définies et inviolables sont essentielles aux relations pacifiques entre les nations. En maintenant à peu près l’ordre sur son territoire, un pays s’assure que les problèmes de ses voisins ne débordent pas sur le sien.

Ce débat perd cependant tout son sens en cas de guerre nucléaire : les armes nucléaires ne respectent pas les frontières nationales. L’usage d’armes nucléaires où que ce soit aurait des conséquences désastreuses qui affecteraient rapidement le monde entier et atteindraient sans nul doute le continent africain, même si ce conflit a lieu à des milliers de kilomètres.

Pendant des décennies, une poignée d’États dotés de la bombe atomique ont laissé le reste du monde à la porte de leurs négociations sur notre futur commun

En effet, un conflit nucléaire de portée même limitée, comme par exemple entre l’Inde et le Pakistan à propos du Cachemire, provoquerait un hiver nucléaire qui durerait entre 2 et 3 ans et dévasterait la production de nourriture, menant ainsi des centaines de millions de personnes à la famine. Cela vous semble excessif ? Pourtant, avec 15 000 armes nucléaires dans le monde, un tel scénario pourrait résulter à l’utilisation de seulement une centaine d’entre elles…

Il n’est pas difficile d’en déduire à quel point la menace d’une telle crise pèse sur le continent africain, quand bien même ce dernier n’y est pas impliqué. Les réserves de nourriture en Afrique sont interdépendantes de celles de l’Asie. Le Niger, le plus grand pays africain, est maintenant le troisième importateur de riz au monde, l’Inde étant son principal fournisseur.

Pendant des décennies, une poignée d’États dotés de la bombe atomique ont laissé le reste du monde à la porte de leurs négociations sur notre futur commun. Cela a changé l’année dernière aux Nations unies, lorsqu’une large majorité d’États a adopté un Traité révolutionnaire : celui sur l’interdiction des armes nucléaires.

En quelques mots, ce Traité reconnait les graves dommages humanitaires engendrés par ces armes, et rend leur possession, ainsi que la menace de leur utilisation, illégales. Une fois que 50 États auront ratifié ce Traité, celui-ci fera autorité comme loi internationale. Actuellement, 69 États l’ont déjà signé, parmi lesquels 19 l’ont ratifié.

L’Afrique du Sud reste à ce jour le seul pays à avoir développé puis renoncé aux armes nucléaires

Cependant, si 21 États africains font aujourd’hui partie des signataires, aucun d’entre eux n’a encore manifesté la volonté de le ratifier rapidement. Un seul État africain a récemment franchi ce pas, lors de la journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, le 26 septembre : la Gambie.

Depuis plusieurs dizaines d’année, l’Afrique est pourtant un leader dans le débat sur les armes nucléaires. L’Afrique du Sud reste à ce jour le seul pays à avoir développé puis renoncé aux armes nucléaires. La plupart des États du continent sont parties au Traité de Pelindaba qui fait de l’Afrique une Zone exempte d’arme nucléaire. Si cinquante des États qui ont signé et ratifié celui-ci se hâtaient de ratifier le Traité d’interdiction des armes nucléaires, ce dernier pourrait rapidement entrer en vigueur.

Agir de la sorte permettrait aux leaders africains de mieux contrôler le futur de leur États, et d’assurer ainsi une plus grande sécurité pour leurs concitoyens. L’Afrique a beau être dépourvue d’armement nucléaire, elle n’est cependant pas à l’abri du risque de subir leurs conséquences.

Or, plutôt que de mettre fin à cette menace, quelques États africains contribuent sans s’en rendre compte au développement des armes nucléaires. En effet, des banques globales permettent le financement d’une nouvelle génération d’armes nucléaires qui pourront continuer à faire planer la menace nucléaire pendant des dizaines d’années encore. Ces banques, telles que la BNP Paribas, sont présentes dans toute l’Afrique et offrent leurs services dans onze pays du continent. Cette banque, à elle seule, pourvoit 8,6 milliards de dollars au financement de sociétés qui produisent des armes nucléaires.

Le Traité d’interdiction des armes nucléaires remettrait le pouvoir entre les mains des nations africaines. Il les obligerait à cesser de soutenir le développement de ces armes, interdisant aussi leur financement, et permettrait d’autres démarches qui conféreraient davantage de sécurité pour leur peuple et leur environnement.

Aucun pays n’est en réalité à l’abri du danger que font planer les armes nucléaires. Aucun endroit au monde, aussi reculé soit-il, n’offre un refuge approprié si une guerre nucléaire venait à éclater ; aucune nation ne peut se déclarer neutre vis-à-vis d’un conflit impliquant des États dotés de l’arme nucléaire.

Il appartient donc à chaque nation de prendre en main sa destinée, avant qu’elle ne lui soit dérobée par des événements géopolitiques dans lesquels elle n’a même pas pris part. Chacune d’entre elles peut le faire en rejoignant la communauté croissante des nations qui sont parties au Traité d’interdiction de ces armes de destruction massive.

Chaque nation peut refuser d’être prise en otage par les caprices de quelques hommes avec le doigt sur le bouton qui, pour un tweet envoyé tard dans la nuit où une insulte, sont prêts à nous faire tous plonger dans un cauchemar de leur propre fabrication. En ratifiant le Traité d’interdiction des armes nucléaires, les Nations africaines revendiquent leur propre destinée et font passer l’histoire du côté de la raison et de l’humanité.

* Tribune traduite de sa version anglaise « Why we need African leadership to end the threat of nuclear weapons« , publiée le 1er octobre 2018 sur CNBC Africa.

Par Béatrice Fihn, directrice Exécutive de la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN, prix Nobel de la Paix 2017)

https://www.jeuneafrique.com/642491/politique/tribune-nous-avons-besoin-du-leadership-de-lafrique-pour-mettre-fin-a-la-menace-des-armes-nucleaires/

Oct 10

POLYNÉSIE : PLAINTE CONTRE LA FRANCE POUR CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ AUPRÈS DE LA CPI

La procédure, portée par des indépendantistes, vise à « demander des comptes aux présidents vivants depuis le début des essais nucléaires » dans l’archipel.

Une plainte a été déposée le 2 octobre devant la Cour pénale internationale (CPI) contre la France pour crimes contre l’humanité en raison des essais nucléaires expérimentés en Polynésie, a fait savoir mardi 9 octobre aux Nations unies le dirigeant indépendantiste polynésien Oscar Temaru. « Nous le devons à toutes les personnes décédées des conséquences du colonialisme nucléaire », a ajouté l’ex-président de cet archipel du Pacifique qui compte 270 000 habitants.

Cette annonce a été faite au cours d’une réunion sur la Polynésie française organisée au sein d’une commission de l’ONU spécialisée dans les sujets de décolonisation. « Cette poursuite en justice a pour objectif de demander des comptes à tous les présidents français vivants depuis le début des essais nucléaires contre notre pays », a lancé M. Temaru.

 « Pour nous, les essais nucléaires français ne sont que le résultat direct d’une colonisation. Contrairement au discours français, nous n’avons pas accepté d’accueillir ces essais, ils nous ont été imposés avec la menace directe de l’établissement d’une gouvernance militaire si nous refusions. »

193 essais entre 1966 et 1996

Le dirigeant indépendantiste a précisé qu’un « dialogue responsable » avait été recherché depuis 2013 avec « la puissance administrative » sous la supervision des Nations unies. Mais les appels à venir à la table de discussions faits à la France ont été « ignorés et méprisés », selon lui.

Le président de la Polynésie française Édouard Fritch, accompagné d’une délégation des leaders de sa majorité, a également été entendu mardi par la commission de l’ONU.

«Mon pays, la Polynésie française, est un pays autonome qui se gouverne librement et démocratiquement (…) ne vit nullement dans une situation coloniale, ni une situation d’oppression.»

Fritch a rappelé qu’il avait été largement réélu en mai, face au parti indépendantiste, qui avait notamment fait campagne sur le nucléaire et la décolonisation et défendu le maintien de la Polynésie dans la République française. Le député indépendantiste Moetai Brotherson a, lui, dénoncé « le siège vide de la France » lors de ces échanges à l’ONU.

De 1966 à 1996, les atolls de Mururoa et Fangataufa ont été le théâtre de 193 essais nucléaires français qui ont eu des effets sur la santé des populations et l’environnement.

En 2010, une loi a instauré un dispositif d’indemnisation mais il est jugé trop restrictif, selon des associations de vétérans touchés par des maladies radio-induites.

https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/10/10/polynesie-plainte-contre-la-france-pour-crimes-contre-l-humanite-aupres-de-la-cpi_5367002_3244.html

Oct 10

BELGIQUE : ACCORD SECRET ENTRE ENGIE ET MARIE CHRISTINE MARGHEM? LE GOUVERNEMENT S’EMBERLIFICOTE DANS SES EXPLICATIONS

Y-aurait-il des discussions secrètes entre la ministre de l’énergie et les dirigeants d’Engie (Electrabel) qui permettraient de couvrir les coûts du démantèlement des réacteurs mais aussi la gestion des déchets nucléaires ? C’est en tout cas ce qu’annonce aujourd’hui le journal L’Écho .

Vous le savez, la Belgique devrait sortir du nucléaire entre 2022 et 2025. Il avait été décidé que la facture du démantèlement des réacteurs ainsi que la gestion des déchets devaient être prise en charge par Engie. Mais il semblerait qu’au terme de discrètes négociations cette donne change.

Dans cet accord secret, L’Écho explique que la ministre de l’Énergie Marie Christine Marghem et les dirigeants d’Engie seraient proches d’un accord sur les provisions nucléaires (c’est-à-dire sur les moyens qui seront mis en place pour couvrir le coût du démantèlement des réacteurs et la gestion des déchets nucléaires). En résumé Engie, la maison-mère d’Electrabel serait prête à donner une caution sur ces provisions mais veut, en échange, être sûre qu’il n’y aura pas de coûts supplémentaires.

Les sources du quotidien parlent d’un détricotage du texte précédent, texte qui vient pourtant d’être envoyé au conseil d’état.

Dans ce nouvel accord, notamment, la CPN (la commission des provisions nucléaires) aurait moins d’importance. Jusqu’à présent,  c’est elle qui était prévenue au préalable d’opération de cession, ou de transferts d’actifs, de fusion ou de scission … Ça ne serait donc plus le cas désormais. Dans certains cas nous dit L’Écho,  » cette information ne lui parviendra qu’au moment où l’information est publique. « 

La crainte des autorités belges étaient qu’à la fin de l’exploitation des centrales, Engie retire ses billes d’Electrabel et soit, de facto , débarrassée de ses obligations (notamment de traitement de déchets donc). Ce texte irait dans ce sens et  » ligoterait  » le gouvernement et la CPN aux actions du géant français.

Démenti de la ministre

Ces informations ont été « formellement » démenties par la ministre Marghem qui fait état d’informations « parcellaires« , « ne représentant qu’un instantané de la réalité à un moment donné de discussions toujours en cours« .

Interpellée à la séance de la chambre au sujet de cet article par l’opposition, la ministre parle de  » salmigondis de faits  » (comprenez un mélange disparate et incohérent de faits).

Le Premier Ministre veut alors soutenir sa ministre mais trébuche : « La journaliste de L’Écho ne nous a même jamais contactés« , déclare Charles Michel. Mais quelques minutes après, c’est un peu embêté qu’il précise avoir commis une erreur :  » Oui, elle nous a contacté mais a mal interprété les documents « …

Vous imaginez bien que cette petite bourde a fait les choux gras de l’opposition. Cette dernière a estimé que le nouveau fonds pour lutter contre les « fake news » serait alimenté… par le gouvernement lui-même.

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_accord-secret-entre-engie-et-marie-christine-marghem-le-gouvernement-s-emberlificote-dans-ses-explications?id=10040956

Oct 09

NOUVELLE PERQUISITION ILLÉGALE À BURE : JUSQU’OÙ VA ALLER LA RÉPRESSION ?

Lundi 8 octobre 2018, à 7h30 du matin, une quarantaine de gendarmes sont entrés dans la Maison de Résistance de Bure, sans sommation et après avoir fracassé la porte. Des personnes qui venaient juste de se réveiller ont été plaquées au sol.

Malgré les demandes des habitant.e.s de la Maison, aucun document justifiant cette perquisition n’a été présenté. Après avoir pris les identités de plusieurs personnes et en avoir gardé trois menottées sans le moindre prétexte, les gendarmes sont repartis.

C’est la quatrième fois en un peu plus d’un an que la Maison de Résistance est perquisitionnée et sa porte défoncée, et la deuxième fois que les gendarmes violent les règles encadrant cette opération. Alors que Sébastien Lecornu n’a que le mot de « retour à l’État de droit » à la bouche, les « forces de l’ordre » se permettent de se comporter à Bure comme au Far West !

Cette intrusion est un nouvel exemple de la banalisation du harcèlement des opposant.e.s au projet Cigéo. Surveillance policière omniprésente, militant.e.s filmé.e.s par les gendarmes dans leurs maisons depuis la rue, contrôles d’identités quotidiens des piétons et des automobilistes, qui visent les habitant.e.s de Bure et des villages alentours et gênent les agriculteurs dans leur travail, coups de pression fréquents : les autorités déploient des moyens considérables pour une guerre d’usure lamentable contre l’ensemble des personnes qui ont simplement le tort de refuser un projet dangereux et imposé. Voilà les agissements d’un gouvernement qui prétend être dans le « dialogue » et promouvoir « un débat apaisé » !

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ s’inquiète plus globalement de la montée en puissance de la répression qui atteint aujourd’hui les lanceurs d’alerte et les défenseur.e.s de l’environnement, que ce soit dans la mouvance antinucléaire, dans les GPII (GCO/Zad du moulin, NDDL, etc.) et dans les mobilisations solidaires (accueil des migrants, etc). Face à cette dérive, il est nécessaire de faire front.

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez ce communiqué sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org/Nouvelle-perquisition-illegale-a-Bure-jusqu-ou-va

Oct 09

EN IRAN, UN PROJET DE LOI CLIVANT CONTRE LE FINANCEMENT DU « TERRORISME »

Le Parlement iranien a adopté, dimanche 7 octobre, un projet de loi contre le financement du « terrorisme ». Le gouvernement espère sauver ainsi l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, mais les conservateurs estiment que la nouvelle loi pourrait conduire à un arrêt des soutiens financiers au Hezbollah libanais ou au Hamas palestinien

Vives altercations, haussement de ton dans l’hémicycle, manifestation de protestataires criant « morts aux traîtres » devant l’édifice… La séance, houleuse, a été retransmise en direct, dimanche 7 octobre, sur les antennes de la télévision iranienne. À son issue, le Parlement de la République islamique a finalement décidé d’adopter, à 143 voix contre 120, le projet de loi controversé contre le financement du « terrorisme ».

Ce texte est jugé indispensable par les Européens, la Russie et la Chine pour sauver l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, après le retrait des États-Unis. Il pourrait en effet permettre à l’Iran de se conformer aux normes internationales en adhérant à la Convention de l’ONU pour la répression du financement du « terrorisme ». Alors que ce projet de loi doit encore être approuvé par le Conseil des Gardiens de la Constitution, il ne cesse de susciter l’ire des franges conservatrices iraniennes.

« Renforcement législatif »

Son passage est lourd d’enjeux. Le Groupe d’action financière (Gafi) a en effet donné jusqu’à la fin du mois à Téhéran pour renforcer sa législation contre le blanchiment de capitaux, ce qui permettrait à l’organisme intergouvernemental de retirer l’Iran de sa liste noire des pays non-coopératifs, sur laquelle il est le dernier à figurer avec la Corée du Nord.

« Le passage du projet de loi au Parlement est déjà un signal positif envoyé aux Européens et aux autres signataires de l’accord sur le nucléaire iranien », analyse Thierry Coville, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et spécialiste de l’Iran. « Son approbation, par le Conseil des Gardiens de la Constitution, dominé par des radicaux, n’est en revanche pas gagnée. Mais même dans le cas de figure où cette instance le rejetterait, il pourrait être validé en dernier recours par le Conseil de discernement (1) ».

Un vote relevant de « la trahison »

Le sujet reste en effet très clivant. Avant le vote, le député Mohammad Dehghan n’a pas mâché ses mots dans l’hémicycle, estimant que ce projet de loi équivalait à « fournir à l’ennemi des renseignements secrets en temps de guerre », et que son adoption relevait de la « trahison ». Pour les ultraconservateurs, ce texte empêche de facto le soutien iranien au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien, classés « terroristes » par les États-Unis.

« Les opposants brandissent ces chiffons rouges, mais il ne faut pas oublier que cette loi vise tout d’abord à lutter contre le blanchiment d’argent, en imposant des normes de transparence aux banques : si le guide suprême et le président iranien la défendent, c’est qu’ils savent que cela n’empêchera pas le pays d’aider ces groupes d’une manière ou d’une autre », tempère Thierry Coville.

Le « luxe de choisir »

Sur les bancs du Parlement, les députés ont tous évoqué le guide suprême Ali Khamenei pour appuyer leurs positions. Les conservateurs ont rappelé ses déclarations de juin, selon lesquelles l’Iran n’avait « nul besoin d’adhérer » à des conventions internationales. Mais le président de l’Assemblée, Ali Larijani, a affirmé avoir lui-même reçu une lettre du guide suprême, expliquant que ses remarques concernaient « l’essence des conventions en général » et qu’il n’était pas opposé à examiner un projet de loi en particulier.

Pour le député réformateur, Mohammad Feyzi, l’Iran n’a pas « le luxe de choisir » et des actions seront menées contre lui s’il refuse d’adhérer au Gafi. Le porte-parole de la commission parlementaire à l’origine du projet de loi, Ali Najafi, a assuré que l’Iran conserverait la capacité à se retirer à tout moment de la Convention onusienne si celle-ci contrevenait à ses intérêts.

 (1) Institution notamment chargée d’arbitrer les litiges entre le Parlement et le Conseil des Gardiens de la Constitution.

Malo Tresca , le 08/10/2018 à 18h42

https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/En-Iran-projet-loi-clivant-contre-financement-terrorisme-2018-10-08-1200974615

Oct 09

AVOIRS IRANIENS BLOQUÉS: WASHINGTON DÉNONCE UN « ABUS DE DROIT » DE TÉHÉRAN A LA CIJ

Les représentants américains ont dénoncé lundi « la mauvaise foi » de Téhéran dans une affaire d’avoirs iraniens gelés par les États-Unis, Washington évoquant un « abus de droit » de la République islamique qui a porté ce différend devant la Cour internationale de justice (CIJ).

L’Iran a engagé une procédure contre les États-Unis devant la CIJ en juin 2016 afin d’obtenir le déblocage de près de deux milliards de dollars de ses fonds. Des tribunaux américains avaient décidé de geler ces sommes pour indemniser des Américains victimes d’attaques terroristes.

La Cour basée à La Haye a commencé lundi à examiner ce différend lors d’audiences qui se clôtureront vendredi. Les juges devront décider par la suite s’ils peuvent ou non se prononcer dans ce litige.

Dans sa plainte devant la CIJ, Téhéran fait valoir que Washington a violé un traité bilatéral conclu en 1955 entre les deux pays, portant sur les relations économiques et les droits consulaires.

Malgré ce traité, l’Iran et les États-Unis n’entretiennent plus de relations diplomatiques depuis près de 40 ans.

L’invocation du traité de 1955 par l’Iran « constitue un abus de droit » puisque « les relations amicales sur lesquelles le traité repose n’existent plus« , a déclaré lundi le représentant des États-Unis Richard Visek.

Les relations entre les deux pays n’ont pu être restaurées en raison du « comportement malveillant » et « des actes violents » commis par l’Iran à l’encontre des États-Unis, a dénoncé Richard Visek, évoquant notamment le « soutien » de la République islamique à « des bombardements terroristes, des assassinats et des enlèvements« .

« L’Iran a les mains sales. Il est évident que l’Iran est de mauvaise foi« , a-t-il lancé face aux juges.

« Nous devons à nos héros tombés au combat, à leurs familles, et aux victimes des activités terroristes de l’Iran de nous défendre vigoureusement face aux demandes infondées du régime iranien cette semaine à La Haye« , a déclaré dans un communiqué lundi le secrétaire d’État américain Mike Pompeo.

« Nous continuerons à combattre partout le fléau que représentent les activités terroristes de l’Iran, et à accentuer la pression sur cet Etat hors-la-loi« , a-t-il ajouté.

Les sommes bloquées par les États-Unis étaient réclamées par un millier de victimes et familles de victimes d’attentats fomentés ou soutenus par Téhéran, selon la justice américaine. Parmi eux figurent les proches des 241 soldats américains tués le 23 octobre 1983 dans deux attentats suicide qui avaient frappé les contingents américain et français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth.

– Affrontements judiciaires –

Ces audiences interviennent dans un contexte de tensions grandissantes entre l’Iran et les États-Unis, opposés dans une autre procédure devant la Cour, plus haute juridiction des Nations unies.

Mercredi, les juges de la CIJ ont ordonné à Washington de mettre fin aux sanctions contre Téhéran visant des biens « à des fins humanitaires« , un revers pour les États-Unis, qui ont toutefois récusé la compétence de la Cour dans cette affaire.

La CIJ se prononçait sur la demande de l’Iran de suspendre les sanctions américaines réimposées par Donald Trump après le retrait de Washington de l’accord sur le nucléaire iranien, la République islamique dénonçant de graves conséquences sur son économie.

Le traité de 1955 se trouvait également au cœur de cette affaire. Il a joué en faveur de l’Iran.

Peu après l’annonce de la CIJ, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait annoncé mercredi que les États-Unis mettaient fin au traité, invoqué par la Cour pour justifier sa décision.

Les États-Unis se sont retirés le même jour du protocole facultatif de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques, qui reconnaît la « juridiction obligatoire de la CIJ pour la solution de tous les différends » touchant son « interprétation » ou « application« . Washington reste cependant membre de la Convention elle-même.

« Nous allons commencer à passer en revue tous les accords internationaux qui risquent d’exposer les États-Unis à la compétence prétendument contraignante de la Cour internationale de justice dans la résolution de différends« , avait fait savoir John Bolton, conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump

AFP / (09 octobre 2018 00h52)

https://www.romandie.com/news/Avoirs-iraniens-bloques-Washington-denonce-un-abus-de-droit-de-Teheran-a-la-CIJ/960469.rom

Oct 09

PROLONGATION DES RÉACTEURS NUCLÉAIRES: L’ASN POURRAIT DEMANDER DES MESURES COMPLÉMENTAIRES

Paris – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a indiqué lundi qu’elle pourrait demander à EDF des « dispositions complémentaires notables » pour permettre la prolongation de la vie de ses réacteurs de 900 mégawatts (MW) en toute sûreté.

Le gendarme du nucléaire doit se prononcer sur la poursuite au-delà de 40 ans de l’exploitation des 34 réacteurs nucléaires de 900 MW d’EDF, à l’exception des deux de Fessenheim qui doivent fermer.

Pour cela, l’électricien a détaillé dans une note à l’ASN les contrôles et les modifications qu’il entend mettre en œuvre sur ces réacteurs.

« Je considère que les travaux entrepris et les dispositions prévues conduiront à des améliorations significatives de la sûreté des installations et contribueront à l’atteinte des objectifs du réexamen« , répond le président de l’ASN, Pierre-Frank Chevet, dans un courrier à EDF dévoilé lundi. L’électricien a répondu à la « plupart des demandes« , selon lui.

L’ASN demande toutefois aussi des compléments de la part d’EDF. Le programme actuel de vérification de la conformité des réacteurs aux règles « devra être précisé pour que l’ASN soit en mesure de vérifier qu’il répond pleinement aux objectifs du réexamen« , indique Pierre-Frank Chevet.

Par ailleurs, la réponse d’EDF « ne fait pas apparaître de façon explicite la prise en compte de certaines demandes déjà formulées par l’ASN portant sur la réévaluation de sûreté« , estime Pierre-Frank Chevet.

« Certains sujets apparaissent à ce stade de l’instruction comme susceptibles de faire l’objet de demandes de dispositions complémentaires notables« , ajoute-t-il, listant par exemple des demandes potentielles concernant la résistance aux séismes ou au feu, ou encore l’épaississement des radiers (dalles en béton) de certaines enceintes de confinement.

La prolongation des réacteurs de 900 mégawatts au-delà de 40 ans fait actuellement l’objet d’une concertation publique, ouverte jusqu’à la fin du mois de mars 2019.

jmi/mhc/soe/az

AFP / 08 octobre 2018 15h09

https://www.romandie.com/news/Prolongation-des-r-acteurs-nucl-aires-l-ASN-pourrait-demander-des-mesures-/960371.rom

Oct 09

ÎLE LONGUE. RASSEMBLEMENT POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE DIMANCHE

« La France doit ratifier le traité d’interdiction des armes nucléaires ». Sur ce thème, le Mouvement pour la Paix et le collectif En marche pour la paix organisent un rassemblement régional, dimanche, devant la base de sous-marins de l’Île Longue, sur la presqu’île de Crozon. Neuf rassemblements sont programmés en France.

« Nous sommes dans une période trouble, nous assistons à une augmentation constante des dépenses d’armement, constate Roland Nivet. Pourtant en 2017, nous avons gagné le traité de non-prolifération, mais les puissances nucléaires ne cessent de le violer. La France a décidé de doubler ses crédits pour moderniser son arsenal », critique le porte-parole national du Mouvement pour la paix.

« 76 % des Français sont favorables à l’engagement de la France dans un processus d’élimination des armes nucléaires, 66 % sont pour une ratification immédiate du traité », précise-t-il (sondage La Croix-Mouvement pour la paix-Planète paix réalisé en juin auprès de 1 000 personnes).

Le programme

Le rassemblement est programmé à Crozon-Le Fret. De 11 h à 12 h 30, débats sur la ratification du traité et sur une zone dénucléarisée au Moyen-Orient. À 12 h 30, rencontre avec les collectifs. De 12 h 30 à 14 h, pique-nique et concert. À 14 h, intervention des délégations internationales. À 14 h 30, départ de la marche. À 16 h, lecture de l’appel international. De 16 h 30 à 17 h, retour au port et fest-deiz.

Contacts

Site : http://culturedelapaix.org

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Publié par : https://www.letelegramme.fr/finistere/quimper/ile-longue-rassemblement-pour-le-desarmement-nucleaire-dimanche-08-10-2018-12101049.php

Oct 09

FRANCE: ENGIE VEUT UNE APPROCHE « ÉQUILIBRÉE » FACE AU « TOUT ÉLECTRIQUE »

Paris – Engie a mis en garde le gouvernement sur des scénarios « tout électrique » au moment où il élabore sa feuille de route énergétique, prônant une approche « équilibrée » qui fasse notamment une place au gaz renouvelable.

« Nous voyons circuler un peu partout des scénarios aussi irréalistes qu’utopiques. Des scénarios qui sont tout électrique, qui sont plus ou moins, en le disant ou sans le dire, tout nucléaire, ou à très forte proportion de nucléaire« , a déclaré Didier Holleaux, directeur adjoint d’Engie, lors d’une conférence de presse.

Ces déclarations interviennent alors que le gouvernement doit présenter fin octobre sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les années 2018-2023 et 2023-2028.

Elle doit s’inscrire dans les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui vise la neutralité carbone pour la France en 2050. Or, Engie craint la volonté de réduire très fortement le rôle du gaz à cet horizon.

« Si on part sur des scénarios à 2050 qui sont aussi extrémistes, on risque de prendre à court terme sur la PPE des décisions qui sont néfastes« , juge Didier Holleaux.

Il a défendu une vision « équilibrée » qui fasse la part belle au gaz renouvelable.

« Dans une PPE idéale, on aimerait voir une réaffirmation de l’objectif de 10% de gaz renouvelable à l’horizon 2030 et même dire que c’est un minimum« , a indiqué M. Holleaux. Il est selon lui « réaliste » d’atteindre ce chiffre dès 2028 avec des soutiens appropriés pour le gaz renouvelable, qui ne pèse que 0,5% aujourd’hui.

Par ailleurs, « nous souhaitons que soit affirmée la même volonté en ce qui concerne l’éolien flottant« , a-t-il poursuivi, alors qu’Engie, acteur majeur du gaz, revendique aussi la place de premier acteur des énergies renouvelables en France.

Enfin, « nous voudrions une PPE qui affiche le principe de complémentarité des énergies« , a-t-il conclu. Un principe qui s’appliquerait par exemple dans les transports avec un soutien pas seulement au véhicule électrique, mais aussi pour les solutions à base de gaz.

Plus généralement, Engie regrette que le débat se résume à la place de l’électricité nucléaire en France et demande que soient pris en compte d’autres aspects comme l’efficacité énergétique ou encore les réseaux de froid et de chaleur.

« Il est essentiel de +décarboner+ avant d’électrifier« , a aussi estimé Didier Holleaux, mettant notamment en garde contre la tentation de généraliser les chauffages électriques dans les logements neufs. En période de pointe, la demande risque en effet fort d’être satisfaite par des moyens thermiques (charbon, gaz) ou par l’importation d’électricité allemande à base de lignite, selon lui.

jmi/mhc/tq/LyS

ENGIE

AFP / 08 octobre 2018

https://www.romandie.com/news/France-Engie-veut-une-approche-quilibr-e-face-au-tout-lectrique/960319.rom

Oct 09

EPR ET FESSENHEIM : ON CONTINUE À NOUS PRENDRE POUR DES TRUFFES…

Jeudi dernier, sur France Info, François de Rugy annonçait que le sort de la centrale de Fessenheim n’était plus lié au démarrage de l’EPR, et que cette (trop) vieille centrale fermerait « d’ici 2022« .

On pourrait féliciter le ministre pour avoir enfin appris à comprendre ce qui est écrit dans  la loi sur la « Transition Énergétique pour une Croissance Verte » de 2015 qui limite la puissance nucléaire installée à 63,2 G). En d’autres termes, l’EPR ne peut démarrer tant que la centrale de Fessenheim n’est pas mise à l’arrêt. Mais cela ne signifie en aucun cas que la centrale de Fessenheim ne peut fermer tant que l’EPR ne démarre pas. Et c’est pourtant la lecture qui a été faite par l’ensemble des pouvoirs publics,  Hollande et Royal en tête (et les élus alsaciens, qui peut-être ne savent pas bien lire ?)

Mais pourquoi cette annonce de fermeture aujourd’hui, alors que le Plan Pluriannuel de l’Énergie devrait être finalisé à la fin du mois ? Pourquoi repousser les délais pour la fin du présent mandat présidentiel ? (Et on se souviendra de la promesse jamais tenue de François Hollande…). Rappelons qu’il n’y a pas si longtemps encore, Fessenheim était censée fermer fin 2018, on en était même à élucubrer sur le « démarrage » de l’EPR : chargement du combustible, première divergence ou connexion au réseau.. Mais tout cela, c’est déjà de la vieille histoire…

Cette annonce du ministre de Rugy montre bien que désormais, le chantier de l’EPR est hors de tout contrôle, et que les problèmes de malfaçons se multiplient : ce même jour, l’ASN annonçait que d’autres soudures étaient suspectes, mettant en cause l’étanchéité même du bâtiment réacteur. Et cela va prendre du temps, pour montrer que ces mauvaises soudures sont quand même bonnes (voir la saga des calottes …) ou que l’on les refasse.

Mais tout autant, dans son annonce, le ministre reconnaît implicitement que les réacteurs de la centrale de Fessenheim ne pourraient pas dépasser l’échéance de la 4ème visite décennale, qui précisément doit avoir lieu au plus tard … le 8 août 2022, d’après l’autorisation des dix ans donnée par l’ASN après la 3ème visite décennale. Et d’ailleurs, EDF n’a rien mis en œuvre pour préparer cette visite décennale.

Ceci étant, l’annonce de François de Rugy ressemble trop à celle de François Hollande pour que l’on puisse la prendre au sérieux. Repousser les problèmes au mandat suivant, cela commence à bien faire ! La nouveauté est que le ministre reconnaît qu’au-delà des problèmes sismiques et de niveau du canal, c’est l’état même de la centrale de Fessenheim qui est en cause et que l’on rentre dans le temps de l’acharnement thérapeutique.

Mais finalement, cela doit être ça, le nucléaire français aujourd’hui : entre la promesse et sa réalisation, le temps n’existe plus. L’EPR devait démarrer en 2012, on parle de 2020, voire 2022. Hollande avait promis de fermer Fessenheim en 2012 (tiens, aussi en 2012 ?), on en est aussi à l’horizon 2022.

Mais finalement, 10 ans, qu’est-ce que c’est, comparé à la durée de vie des déchets nucléaires ?

Par Jean-Marie Brom, Blog : Le blog de Jean-Marie Brom

https://blogs.mediapart.fr/jean-marie-brom/blog/071018/epr-et-fessenheim-continue-nous-prendre-pour-des-truffes

Oct 09

LES EPR D’EDF EN GRANDE-BRETAGNE MENACÉS PAR LA MER

Les deux réacteurs nucléaires en construction outre-Manche nécessiteront des infrastructures pour les protéger des eaux marines, afin d’éviter un accident de type Fukushima.

La mise en route de l’EPR français connaît encore des difficultés qui vont une nouvelle fois retarder sa mise en route et grossir la facture finale. Les deux réacteurs EPR en début de travaux en Grande-Bretagne, sous la direction de ses constructeurs français (EDF) et chinois, est à nouveau contesté par les spécialistes de l’atome civil et les journaux anglais.

Sur le site de Hinkley Point, le mur de protection qui doit protéger l’installation de la mer est en construction. Ce sera la plus importante muraille jamais mise en place dans le monde autour d’une centrale : l’enceinte de ciment se dressera sur près d’un kilomètre, avec une hauteur d’une douzaine de mètres. Cela en fera la plus chère du monde, provoquant un nouveau dérapage financier qui devrait faire monter la facture au-delà des 24 milliards annoncés par le gouvernement britannique et EDF. Comme toujours, EDF rejette les critiques, mais le gouvernement britannique a lancé discrètement de nouvelles études. Sur ce mur nucléaire mais aussi sur l’ensemble du projet.

Menaces de tsunami et de tempêtes

Les protecteurs de l’environnement et les journaux anglais expliquent qu’en cas de grande tempête ou de tsunami, les réacteurs, situés à seulement huit kilomètres de la mer, ne seraient pas suffisamment protégés des eaux marines auxquelles les installations sont exposées par le grand chenal de Bristol. Cela leur fait redouter un accident du même type que celui de Fukushima.

Peter Roche, ancien conseiller de gouvernement anglais, signale « que certes le mur a l’air solide, mais cette zone côtière est l’un des endroits de la planète où les coefficients de marée sont les plus élevés et est minée par une très forte érosion ». Comme d’autres spécialistes, Peter Roche rappelle qu’en 1981 le site choisi avait été inondé suite à la conjonction d’une forte marée de printemps conjuguée avec une tempête. Cette situation avait entraîné la fermeture de l’ancienne centrale nucléaire pendant plus d’une semaine et qu’une catastrophe avait été évitée de justesse.

Le réchauffement climatique oublié…

Le problème, expliquent les contestataires, c’est que les plans de la centrale ont été conçus en 2012, avant que la fonte des glaciers du Groenland prennent l’ampleur actuelle et avant que ceux de l’Antarctique commencent à subir le même sort. Roche signale également que dans la région concernée le niveau de la haute mer a augmenté d’un mètre au cours des cinquante dernières années. Ces remarques rejoignent tous les rapports scientifiques publiés en 2018 :

  • d’une part, les variations des niveaux de la mer vont mettre en danger les centrales de bord de mer bien plus rapidement que les installations industrielles littorales classiques ;
  • d’autre part, les standards édictés par les Nations unies et l’Agence internationale de l’énergie atomique pour les centrales de bord de mer sont désormais périmées ;
  • enfin, le réchauffement climatique n’a pas été suffisamment pris en compte par leurs concepteurs.

L’autorité mondiale rappelle aussi, citant le cas de Fukushima, qu’un événement lié à une invasion d’eau de mer est susceptible de mettre à mal ou de couper l’alimentation électrique nécessaire au refroidissement des réacteurs, quelle que soit leur technologie. Et que une sur quatre des 460 centrales fonctionnant dans le monde ont été installées au bord de la mer, à une époque où les effets du réchauffement climatique n’étaient pas pris en considération.

Par Claude-Marie Vadrot , publié le 7 octobre 2018

https://www.politis.fr/articles/2018/10/les-epr-dedf-en-grande-bretagne-menaces-par-la-mer-39423/

Oct 08

THYROÏDE : INFORMATION SUR LE TRAVAIL MENÉ PAR L’AFMT

L’AFMT, association reconnue d’utilité générale ayant 20 ans d’existence, s’est inquiétée pour les malades qui la sollicitaient. Il a été de son devoir de trouver les causes des effets indésirables provoqués par la nouvelle formule du Lévothyrox que certains « dits » grands Professeurs considéraient comme imaginaires…

L’AFMT a scanné et fait les saisines de quelque 3 000 plaintes déposées. Elle a recueilli les numéros des lots de la nouvelle formule mentionnés par les plaignants comme ayant été à l’origine d’effets indésirables plus ou moins sévères. Ces lots allant grosso modo du lot 22.600.00 au lot 23.400.000.

L’AFMT a fourni aux autorités de la Santé (Ministère, ANSM, DGS), les numéros des boîtes à analyser dans lesquelles ont été trouvés des anomalies. Sachant qu’à l’exception de la dernière analyse de juillet 2018 (lot dans les « 24.000.000 » acheté en pharmacie), l’ANSM a fait réaliser ses analyses sur des lots envoyés par MERCK.

L’AFMT a fait pratiquer une analyse concernant les métaux par le laboratoire d’Analytika dans le Var en novembre 2017.
Elle s’est ensuite tournée, en janvier 2018, vers le laboratoire du Professeur Montanari de Parmes, en Italie, pour la recherche de nanoparticules.

Ces analyses n’ont pas été vaines car elles nous ont éclairées sur une différence de catalyseurs entre l’ancienne et la nouvelle formule (Nickel Phosphore).

Ensuite l’association a acquis une colonne chirale et un étalon de levothyroxine, afin d’optimiser ses analyses pratiquées par un laboratoire américain.

Trois analyses ont été réalisées :

Une « ancienne formule » quasi parfaite : teneur en levothyroxine 102/100 et très peu d’impuretés

Une première « nouvelle formule » : Lot : 22.700.620 ; teneur en levothyroxine: 88/100 et des impuretés

Une seconde « nouvelle formule » 2017 : Lot 23204220. Formule analysée par le Laboratoire US et ré-analysée par le laboratoire de Toulouse avec les mêmes résultats. À savoir : teneur en levothyroxine 72/100 et beaucoup d’impuretés.

Dans l’intérêt des malades, il nous fallait donc continuer les investigations sans pour autant pouvoir compter sur la moindre aide extérieure. D’autant que le 5 juillet, l’ANSM avait fait publier un communiqué niant nos résultat alors qu’ils n’avaient pas analysé les mêmes lots que nous…

Par chance, le docteur Bapt avait une connaissance parmi de nombreux amis chercheurs au laboratoire de Toulouse et lui a demandé de l’aide. Ce chercheur a donné de son temps et de son énergie sans compter.

Il est l’un de ces scientifiques dignes de ceux qui ont marqué notre histoire. Car ce qui arrive aujourd’hui n’est pas nouveau. Malheureusement cette quête de vérité de la science avec un grand S, qui est à l’opposé des dogmes immuables, est une remise en question perpétuelle du savoir. C’est à ce seul prix que la connaissance peut avancer.

Oser le contre-courant dans la solitude et l’acharnement face à ladite cour des grands comme le firent en leur temps Galilée, Marie Curie et tant d’autres… Ils figurent désormais dans nos livres comme une évidence mais à quel prix ! Faut-il souffrir pour être capable d’éclairer les autres ?

Le premier lot qui avait déjà été analysé en Amérique par un laboratoire certifié (Food and Drug Administration), le lot 23204220, a été réanalysé par le laboratoire de Toulouse avec les mêmes résultats.
l’ANSM n’a pas analysé ce lot…

Nouvelle formule NF2017, Lot 23207420 : forts effets indésirables, analysé à Toulouse. Ce numéro est revenu 22 fois dans les plaintes avec hospitalisations et un décès.

Ces numéros ont été transmis à la DGS à l’ANSM et au Ministère, des analyses sont encore en cours sur ces lots en Europe. Ces organismes d’État ne pourront contrôler ces lots que grâce à la perquisition qui a eu lieu chez MERCK suite à notre plainte pénale, et les boîtes de ces lots sont dans les mains de la Gendarmerie.

Il est certain que l’AFMT n’a pas mis par hasard la main sur « le » lot le plus catastrophique et il est à craindre que d’autres lots soient aussi concernés. Malheureusement nous n’avons pas les moyens d’analyser les 700.000 lots.

Voyant la presse interdite de rentrer dans un lieu dans lequel le Recteur de la Faculté avait accepté la conférence de presse, pour une question administrative, cela nous semble déraisonnable.
Néanmoins l’AFMT a eu le CNRS qui a proposé de continuer l’investigation en signant une convention et moyennant l’avance d’une caution.

Nous espérons arriver, enfin, à ce que la science avec toute sa dignité et sa grandeur fasse son travail hors des lobbies et des pressions financières dans lesquelles sont bien trop souvent tenues nos administrations.

Nous souhaitons que Mr JC.GARRIGUES accompagne, sur les données acquises, ces nouvelles analyses

Nous appelons tous les collectifs et associations à nous soutenir dans cette démarche. Des fonds seront encore nécessaires car d’autres analyses sont en cours au niveau Européen.

Merci à vous tous

Chantal L’hoir

https://www.asso-malades-thyroide.fr/wordpress/index.php/2018/10/07/information-sur-le-travail-mene-par-lafmt/

Oct 08

LE LOBBY NUCLÉAIRE EST AUX COMMANDES, AU MÉPRIS DE LA SÉCURITÉ DES FRANÇAIS

Les débats finaux –si tant est qu’il y en ait- autour de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) sont à pleurer tant ils méprisent l’intérêt des Français, les choix qu’ils ont exprimés lors du débat public, leur porte-monnaie et leur vie.

Le lobby nucléaire est bien obligé de sortir du bois pour préciser le nombre de centrales qu’il est prêt à fermer… Après 2029, puisque chacun a bien compris que c’est lui qui décidait de la politique énergétique de la France et par voie de conséquence des risques auxquels les français sont exposés et des coûts qu’ils seront bien obligés de supporter.

EDF serait donc prête à fermer entre 7 et 12 réacteurs entre 2029 et 2035. Ils auront alors plus de 50 ans (sic). RTE plus raisonnable propose d’en fermer 6 d’ici 2028. EDF, qui traîne un boulet de plus de 50 milliards de dettes, mais est convaincu que le contribuable français la comblera comme il l’a fait pour partie pour Areva (tous les « trucs » sont bons pour éviter la colère de l’Union européenne et contourner l’interdiction des aides d’État) veut en plus construire 6 EPR à 10 milliards l’unité … à condition qu’il soit capable déjà d’en construire un, ce qui n’est pas démontré. On croit rêver!

Tout ceci se fait bien entendu comme si l’autorité de sûreté nucléaire n’existait pas, mais il est vrai que sa complaisance lorsqu’il s’agit de prendre des décisions fortes se fait de plus en plus grande… voir son attitude déraisonnable par exemple sur les générateurs de vapeur de Fessenheim ou sur l’absence de réalisation dans les délais prévus des unités de secours des diesels qui devaient être réalisés sur toutes les centrales nucléaires (décision de 2012) et qui ne le sont que sur deux réacteurs à ce jour.

Tout ceci se fait au mépris de la sécurité et de la sûreté. Ainsi, grâce à une députée allemande, l’autorité de sûreté nucléaire a été mise dans l’obligation de publier la liste des événements dits précurseurs définis comme étant « ceux qui conduisent un accroissement de risque de fusion du cœur par rapport à la probabilité de fusion du cœur pris en compte lors de la conception des installations« . Pas moins de 158 événements de ce type se sont produits entre 2003 et 2014 dont 14 pour Fessenheim 1 et 17 pour Fessenheim 2, nombre maximal atteint par quatre autres réacteurs –dont Bugey-. Ainsi, alors que le risque d’accident nucléaire s’accroît de manière considérable avec des réacteurs de plus de 40 ans qui ont été prévus initialement pour durer 30 ans, (NDLR : exact et non 40 ans comme le prétendent certains) EDF n’hésite pas, pour son intérêt économique propre, à exposer les Français à des centrales de 50 ans d’âge.

Tout ceci se fait au mépris de l’avis émis par les Français lors du débat public qui s’est déroulé entre mars et juin 2018, sous l’égide de la commission nationale du débat public. La volonté de réduire la part du nucléaire en favorisant le renouvelable, et ce dans les délais les plus rapides, et de fermer les centrales vieillissantes s’est exprimé de la manière la plus claire. Mais, au mépris des exigences communautaires qui imposent de prendre en considération l’avis du public lorsqu’il est sollicité, le lobby nucléaire qui s’exprime désormais au plus haut niveau n’en a cure.

Tout ceci se fait enfin au mépris de nos intérêts économiques et industriels puisque le lobby nucléaire bloque tout développement sérieux de l’autoconsommation collective qui pourrait permettre une progression fulgurante de l’énergie renouvelable en France; il interdit aux collectivités locales de distribuer par des boucles locales l’énergie qu’elles pourraient produire, réduisant ainsi leur capacité économique. Et, il continue dans la contrevérité qui consiste à soutenir que nucléaires et renouvelables vont de pair alors que c’est faux puisque le marché stagne et que la production d’électricité nucléaire empêche toute progression des énergies renouvelables.

Tout ceci enfin se fait au mépris de l’intérêt économique et financier des Français. L’énergie nucléaire est désormais reconnue par le monde entier comme étant la plus chère du monde et, d’anciens dirigeants de l’AIEA reconnaissent eux-mêmes qu’elle n’est plus compétitive. Nous réengager dans la voie du nucléaire condamne la France et les Français à perdre encore en compétitivité, et à payer leur énergie beaucoup plus chère que ce que paieront à brève échéance nos voisins européens.

La responsabilité qui est prise actuellement à la demande du lobby nucléaire par les responsables politiques est immense et il va de soi que si un accident se produisait, ils en porteraient une responsabilité qui ne serait pas seulement morale. Dans tous les cas, ils porteront pour l’histoire la responsabilité d’une génération de dirigeants qui n’a pas compris la transformation du monde, a cru que communication pouvait longtemps dissimuler inaction et contre action et qui se trouvera confrontée très rapidement à une réaction de la société civile qui refusera toute électricité qui ne sera pas verte…

Corinne Lepage, avocate, ancienne députée européenne Cap21, ancienne ministre de l’Environnement

https://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/le-lobby-nucleaire-est-aux-commandes-au-mepris-de-la-securite-des-francais_a_23550523/

Oct 08

LE PRÉSIDENT LYNDON JOHNSON AURAIT SAUVÉ LE VIETNAM D’UNE FRAPPE NUCLÉAIRE EN 1968

Le Vietnam a-t-il évité de connaître le sort de Hiroshima et Nagasaki grâce au Président Lyndon Johnson? Comme l’écrit The New York Times, se référant à des documents déclassifiés, de hauts gradés américains auraient cherché à mener une frappe nucléaire sur le Nord-Vietnam en 1968.

Se référant à des archives déclassifiées, le journal New York Times écrit que des généraux américains ont envisagé d’utiliser contre les forces nord-vietnamiennes l’arme nucléaire. Toutefois, indique le quotidien, le Président Lyndon Johnson a appris leurs intentions et a ordonné d’annuler l’opération. 

Selon les documents auxquels se réfère The New York Times, en 1968, le commandant en chef des troupes américaines au Vietnam, William Westmoreland a lancé l’opération Fracture Jaw qui prévoyait l’acheminement d’armes nucléaires vers le Sud-Vietnam pour attaquer le Nord. 

Walt Rostow, conseiller pour les questions de sécurité nationale du Président, a appris l’existence de ces projets et prévenu M.Johnson. L’ordre a alors été donné de renoncer à cette opération, est-il indiqué. 

«Lorsqu’il a été mis au courant de l’élaboration de ce projet, il a été extrêmement déçu et a directement envoyé à Westmoreland, je suppose par le biais de Rostow, l’ordre d’annuler le programme», d’après Tom Johnson qui occupait à l’époque le poste de sous-secrétaire du 36e Président, cité par le journal.

Selon M.Johnson, le dirigeant américain craignait que la guerre au Vietnam ne dégénère en un conflit d’envergure qui impliquerait la Chine. 

«Johnson n’a jamais fait confiance à ses généraux. Il avait beaucoup de respect pour le général Westmoreland, mais ne voulait pas que ses généraux décident du cours de la guerre», a-t-il souligné. 

https://fr.sputniknews.com/international/201810061038397864-guerre-vietnam-frappe-nucleaire/

Oct 08

31 « ÉVÈNEMENTS PRÉCURSEURS » À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FESSENHEIM

La députée allemande Sylvia Kotting-Uhl est venue présenter en Alsace des informations nouvelles concernant des incidents enregistrés sur le parc nucléaire français entre 2003 et 2014. La centrale de Fessenheim est particulièrement visée.

17. C’est le nombre d’ «évènements précurseurs » ayant concerné le réacteur n°2 de la centrale nucléaire de Fessenheim entre 2003 et 2014 et 14 pour le réacteur n°1. Les évènements précurseurs, ce sont des incidents survenant dans les installations nucléaires, jugés par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire) comme « conduisant à un accroissement du risque de fusion du cœur par rapport à la probabilité (…) prise en compte lors de la conception des installations ». Des événements qui sont obligatoirement déclarés à l’ASN par EDF, mais qui font rarement l’objet d’une communication au public, parce qu’ils ne représentent pas, en soi, un risque pour la population.

Ces chiffres placent la centrale nucléaire alsacienne dans le peloton de tête des installations ayant connu ce type d’évènement, à égalité avec le réacteur n°3 de Tricastin, les réacteurs 1 et 2 de Gravelines et du réacteur n°4 de Cruas.

Une alerte venue d’Allemagne

D’ailleurs, jusqu’à présent, aucun élu de l’Hexagone ni aucune association n’avait demandé à l’ASN de lui communiquer de document à ce sujet. C’est une députée écologiste allemande, présidente de la commission environnement du Bundestag et référente pour les Verts sur l’énergie nucléaire, qui a, la première, obtenu ces informations <https://www.documentcloud.org/documents/4956354-Reponse-ASN-Precurseurs-Centrales-Nucleaires.html>  – après presqu’un an d’attente. Elle était vendredi en Alsace pour présenter cette liste car pour Sylvia Kotting-Uhl, la problématique du nucléaire en Allemagne n’est pas éteinte :

« Il reste trois problèmes : le stockage des déchets, la poursuite de la recherche pour le développement de nouveaux réacteurs et le danger que représente les centrales en exploitation juste de l’autre côté de la frontière ».

Filtre de puisard bouché, vanne ou pompe récalcitrante, température trop basse – ou trop élevée – dans les circuits de refroidissement, vibrations, usure prématurée d’un groupe électrogène de secours… Tout insignifiants qu’ils paraissent, les incidents précurseurs ayant touché les réacteurs de Fessenheim (et d’autres centrales nucléaires) peuvent, en étant associés à d’autres facteurs, mener à des accidents graves, comme le rappelle Sylvia Kotting-Uhl :

« Cela a notamment été le cas pour l’accident de Tchernobyl, dont l’origine remonte à un « petit » événement. Avec 17 évènements précurseurs recensés par l’Autorité de sûreté nucléaire entre 2003 et 2014, la centrale de Fessenheim est parmi les installations nucléaires françaises les plus touchées. Ces évènements précurseurs n’ont rien à voir avec le vieillissement d’une centrale nucléaire ; ils sont le signe d’un niveau de sûreté général défaillant dès l’origine de l’installation. »

Manfred Mertins, ancien membre de l’autorité de sûreté nucléaire allemande, étaye ces affirmations :

« La centrale de Fessenheim ne correspond pas aux standards européens de sûreté nucléaire. C’est le cas notamment pour le principe de redondance. La norme européenne voudrait que chaque système de commande d’un réacteur soit triplé voir quadruplé. À Fessenheim, il n’y a que deux systèmes de commande, et ceux-ci ne sont pas totalement indépendants puisqu’ils sont partiellement interconnectés. Par ailleurs, la centrale n’est pas protégée contre un crash d’avion ni contre les conséquences d’un tremblement de terre ou d’une inondation. Enfin, les deux piscines dans lesquelles est stocké le combustible usagé sont situées dans des constructions légères, contrairement aux centrales allemandes où les piscines sont situées dans l’enceinte de confinement. »

Problème : ces standards ne sont pas obligatoires. En matière nucléaire en effet, chaque État reste compétent. Seule la recherche fait l’objet d’actions communes, en vertu du traité Euratom, signé en 1957.

Pour EDF, la fermeture de Fessenheim n’est pas une question de sûreté

Le service de presse d’EDF affirme de son côté qu’il n’y a pas plus d’évènements précurseurs à Fessenheim qu’ailleurs, et que ces derniers ne permettent pas de juger de la sûreté des installations :

« Depuis le début de l’exploitation des centrales, on analyse les évènements précurseurs pour ensuite appliquer des correctifs à l’ensemble du parc. Ces éléments sont utiles à la culture sûreté de l’exploitant, mais ils ne servent pas à définir la stratégie à mener quant à la prolongation ou non de la durée de vie des centrales. Il est faux de dire que Fessenheim est une des centrales les moins sûres. Il n’y a d’ailleurs pas de corrélation entre le niveau de sûreté de la centrale et la décision d’en arrêter l’exploitation. C’est une décision purement politique, c’est pourquoi nous demandons d’ailleurs une indemnisation de la part de l’État ».

Il est vrai que la centrale doit fermer. Dans ce cadre, se pencher sur sa sûreté a-t-il encore un intérêt ? D’autant que les dernières déclarations du ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, laissent penser que cette fermeture ne serait plus corrélée à l’entrée en exploitation de l’EPR de Flamanville… Sylvia Kotting-Uhl reste méfiante :

« Ce serait une bonne nouvelle si on pouvait y croire réellement. Mais personnellement, je n’ai plus confiance dans les annonces du gouvernement français. Je déplore au contraire qu’il ne tienne pas ses promesses. »

Prochaine étape pour les associations de défense de l’environnement membres de la CLIS de Fessenheim (commission locale d’information et de surveillance) : porter le document de l’ASN à la connaissance des autres membres de cette instance d’information et de suivi des impacts de la centrale, élus français et allemands, experts et représentant des salariés. Mais la question n’a pour l’instant pas été portée à l’ordre du jour.

https://www.rue89strasbourg.com/31-evenements-precurseurs-a-la-centrale-nucleaire-de-fessenheim-143356

Oct 07

FUKUSHIMA, L’IMPOSSIBLE RETOUR DANS LES VILLAGES DE L’ANCIENNE ZONE D’ÉVACUATION : L’EXEMPLE D’IITATE

La commune d’Iitate, dans le département de Fukushima, a été durement frappée par les retombées radioactives de la catastrophe de mars 2011. Désertée par les habitants après l’ordre d’évacuation, elle porte les séquelles de l’accident et de plusieurs années d’abandon. Alors que les autorités incitent au retour et abolissent les aides aux réfugiés, les anciens habitants redoutent de regagner un environnement où la radioactivité reste supérieure aux normes internationales.

Sommaire

  1. Le village d’Iitate : entre océan et montagne
  2. La décontamination a-t-elle fonctionné ?
  3. Le village d’Iitate, un retour impossible ?
  4. Quelles sont les revendications des habitants ?

Pour accéder à l’intégralité de l’article, cliquer sur : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/eclairage/fukushuma-iitate-impossible-retour

Extraits

  1. Le village d’Iitate : entre océan et montagne

La localisation des zones urbanisées à l’intérieur des bassins ménagés entre chaque montagne les a rendu particulièrement vulnérables aux dépôts des isotopes emportés par les vents en provenance de la centrale Fukushima dai ichi (Asanuma-Brice, Libération, 2018).

La commune se trouve ainsi à l’extrême nord-ouest du flambeau de contamination, les vents transportant le nuage chargé de matière nucléaire s’y étant engouffrés. Alors que le nuage radioactif survolait la région le 14 mars, la neige a déposé au sol la contamination, salissant pour de nombreuses années une nature luxuriante.

En 2011, quelques mois après le réajustement de la zone d’évacuation d’abord délimitée en un demi-cercle de 20 km autour de la centrale (figure 3), le village d’Iitate est finalement évacué ainsi que toutes les communes sur lesquelles s’était abattu le nuage radioactif (figure 4). Si depuis 2016 la levée d’ordre d’évacuation avait pu être repoussée sous la pression des habitants, elle est effective depuis mars 2017. En avril 2018, les aides financières au refuge attribuées aux anciens habitants du village sont abolies. Depuis 2014 le gouvernement avait opté pour un budget de communication sur le risque afin d’influencer les réfugiés au retour. Le gouvernement et les institutions internationales maintiennent l’argumentation d’un coût trop élevé qui serait lié à une politique du refuge (Asanuma-Brice, 2014)…

  1. La décontamination a-t-elle fonctionné ?

Dans le village d’Iitate, la situation est encore loin d’être réglée. Les multiples campagnes de décontamination n’auront pas eu raison du taux de radioactivité toujours équivalent à 10 fois la norme d’avant l’accident pour les mesures faites autour des habitations, et 20 fois pour les mesures réalisées en montagne…

… Sur l’échantillon prélevé, le professeur Itonaga (figure 6) estime qu’il faudra encore cinquante années avant que le taux moyen d’irradiation ambiante revienne à 1 msv/an, taux internationalement défini comme acceptable pour la population…

3. Le village d’Iitate, un retour impossible ?

Le village d’Iitate qui s’étend sur 230 km² avait déjà entamé son déclin démographique avant l’évacuation, passant de 9 385 habitants en 1970 à 6 209 en 2010 (figure 7). Il n’est plus composé que de 41 personnes selon les autorités en 2015. En 2018, une partie de la population est retournée vivre dans ces territoires, ne pouvant assumer un loyer ailleurs sans subsides de l’État, et ce sont aujourd’hui environ 700 personnes qui sont retournées vivre dans le village…

4. Quelles sont les revendications des habitants ?

  1. il serait souhaitable que les autorités reconnaissent la difficulté de maintenir le droit de résidence dans les communes où le taux de contamination reste élevé pour cause de « pollution industrielle de longue durée». Ainsi, pour les habitants qui souhaitent rentrer, des indemnités devraient être mises en place afin de permettre la rénovation de leur habitat, ainsi que les travaux de décontamination qui s’imposent à rythme régulier.
  2. un suivi sanitaire constant et gratuit des populations rentrantes
  3. des mesures de radioactivité fréquentes, non seulement atmosphériques, mais également des végétaux et autres produits de consommation courante.
  4. pour ceux qui décident de rester vivre à l’extérieur de la commune : des aides et soutiens devraient être établis afin de leur assurer, si ce n’est la possession, en tous les cas la location d’une propriété sûre à l’endroit de migration, ainsi qu’un soutien à la recherche d’emploi dans le cas des personnes en âge d’être actives. Pour les personnes qui ne sont plus en mesure de travailler, une subvention devra leur être attribuée afin de leur permettre de pouvoir subvenir à leur quotidien.
  5. les problèmes relatifs à l’appartenance simultanée à deux communes distinctes en raison du dédoublement du lieu d’habitat restent également à régler. Cela génère des questions relatives au paiement des impôts locaux, au droit de vote ainsi qu’aux documents divers du quotidien (permis de conduire, point de rattachement administratif pour toute démarche d’emploi, etc.)
  6. un problème récurrent est la présence des déchets radioactifs sur le territoire qui participe à maintenir un taux de radioactivité ambiant élevé. La nécessité de créer des règles législatives adaptées reconnaissant les dommages entrainés par l’obligation de vivre dans un territoire touché par une catastrophe industrielle et permettant d’obtenir les compensations appropriées…

Conclusion 

La levée de l’ordre d’évacuation dans les zones contaminées de la préfecture de Fukushima plonge la population dans le désarroi le plus profond. Les choix impossibles auxquels sont confrontés les habitants depuis maintenant sept années les conduisent de trop nombreuses fois à se tourner vers l’ultime sortie : le suicide

Article complet et détaillé sur : http://geoconfluences.ens-lyon.fr/actualites/eclairage/fukushuma-iitate-impossible-retour

Par Cécile ASANUMA-BRICE, Chercheuse en sociologie urbaine, Maison franco-japonaise Tokyo UMIFRE 19-CNRS / Laboratoire CLERSE, Université Lille

Oct 07

LES RÉSEAUX FRANÇAIS DE DISTRIBUTION D’ÉNERGIE ONT FAIT L’OBJET D’INTRUSIONS EN VUE « D’ACTIONS VIOLENTES FUTURES »

NDLR : ce qui serait encore plus dramatique pour un pays comme la France dont le réseau de production électrique est hyper-centralisé puisque nucléaire à plus de 70%.

En avril dernier, Guillaume Poupard, le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information [ANSSI] avait évoqué des intrusions sur les réseaux informatiques « critiques » de l’État et de certains opérateurs d’importance vitale [OIV], qui l’obligation de prendre des mesures de sécurité spécifiques afin de se prémunir des cyberattaques.

La liste de ces OIV, qui seraient 259, est théoriquement couverte par le secret défense. Cela étant, l’on peut avancer que les secteurs d’activité concernés vont du transport à la santé, en passant par les télécommunications et l’énergie.

Ces intrusions dont M. Poupard avait fait état il y a quelques mois étaient du type « man-in-the-middle », c’est à dire que les assaillants, relevant d’une autorité étatique étrangère, se contentent de cartographier les réseaux sans rien « casser ». « Ils préparent une sorte de boîte à outils, un panel d’options qui pourrait être présenté à leur autorités », avait expliqué le directeur de l’ANSSI, sans préciser les OIV et les infrastructures gouvernementales visées.

Lors d’une audition au Sénat, début octobre, Guillaume Poupard a de nouveau insisté sur ces intrusions, en donnant des précisions. « En matière de sabotage, l’avantage est clairement à l’attaque. Cibler certains systèmes se prépare, parfois pendant des mois. Nous avons détecté des cas très inquiétants dans l’année écoulée, notamment une tentative d’intrusion de systèmes de cartographie liés au secteur de l’énergie, qui n’avait qu’un but : la préparation d’actions violentes futures », a-t-il prévenu.

« Imaginez les conséquences sur le fonctionnement d’un pays d’une attaque sur les réseaux de distribution d’énergie », a-t-il lancé aux sénateurs. « Ne nous leurrons pas, tel est l’objectif d’un certain nombre d’équipes, de pays, d’armées, pour anticiper les conflits de demain et être prêts à agir si l’ordre leur en est donné », a poursuivi M. Poupard.

« Voilà les prémices de réalisation d’un scénario anxiogène que nous avions en tête. Ce n’est plus de la science-fiction. L’ANSSI collabore excellemment avec nos partenaires, publics comme privés, avec les opérateurs d’importance vitale (OIV), priorité étant donnée au secteur de l’énergie », a ensuite avancé M. Poupard, qui s’est gardé de préciser l’origine de ces assaillants potentiels (sans doute l’a-t-il fait lors de son audition mais le compte-rendu n’en fait pas mention).

Cependant, le directeur de l’ANSSI est toujours très prudent quand il s’agit d’attribuer une cyberattaque, ce qui « relève généralement d’une décision politique et comporte toujours un risque de se faire manipuler », avait-il eu l’occasion de dire lors d’une audition précédence. Les États-Unis et le Royaume-Uni, qui ont fait état d’intrusions du même ordre sur leurs réseaux gouvernementaux et ceux des « fournisseurs d’infrastructures cruciales et les fournisseurs d’accès à internet », n’ont pas hésité à accuser la Russie.

Justement, s’agissant de la Russie, M. Poupard a eu mot au sujet de l’éditeur russe, d’antivirus Kapersky, soupçonné d’entretenir des « liens trop proches avec des agences d’espionnage russes accusées de cyberattaques contre les Etats-Unis. »

« Kaspersky est très clairement au centre d’un conflit opposant le monde anglo-saxon à la Russie. Tout antivirus est un produit extrêmement intrusif. Ceux qui ne s’aperçoivent qu’aujourd’hui que Kaspersky est russe ne font pas preuve d’un grand professionnalisme », a-t-il dit. « Ceux qui ont installé un antivirus sur des réseaux sensibles, en le laissant communiquer directement avec son éditeur, ont fait une très grosse faute de sécurité, une grave erreur en termes d’architecture », a-t-il insisté.

Toutefois, a-t-il estimé, « il serait totalement inefficace de jeter l’opprobre sur Kaspersky du jour au lendemain. Nous allons continuer à nous servir de cet antivirus extrêmement efficace, dans des conditions maîtrisées. »

Par ailleurs, M. Poupard a en quelque sorte anticipé les révélations de l’agence Bloomberg, faites quelques jours après son audition, au sujet des pratiques chinoises. Selon cette dernière, une puce « backdoor », pas plus grande qu’un grain de riz, aurait été ajouté sur les cartes-mères fabriquées en Chine et commercialisées aux États-Unis par Super Micro Computer, une entreprise fondée en 1993 par un ingénieur taïwanais, en Californie. Ces puces « clandestines » ont ensuite été intégrées dans des serveurs utilisées par des sociétés privées et des organismes gouvernementaux.

L’objectif des « espions » chinois, précise Bloomberg, est de voler ainsi des données gouvernementales confidentielles ainsi que des secrets technologiques et industriels.

Lors de son audition, M. Poupard a été interrogé sur le choix du groupe automobile PSA en faveur de la plateforme CVMP [Connected Vehicle Modular Platform], fournie par Huawei, déjà en indélicatesse aux États-Unis et banni des projets d’infrastructures télécom 5G en Australie. Or, selon l’Express, l’industriel chinois « s’apprête à connecter toutes les DS 7 Crossback. Il s’agit en clair de les doter de cartes mises à jour à distance, d’un portail de services pour la maintenance de la voiture, d’un historique des trajets et modes de conduite, le tout accessible grâce à la reconnaissance vocale. »

« Ces technologies peuvent permettre aisément d’écouter les conversations ou d’espionner à distance les déplacements d’hommes politiques ou de hautes personnalités », a prévenu une source de l’hebdomadaire.

« Le rôle des industriels étrangers extra-européens est une question complexe, sur laquelle l’Europe est en retard. Point positif, la notion d’autonomie stratégique européenne est, depuis peu, pleinement intégrée par la Commission. Si maîtriser les technologies clés n’impose pas de tout faire en Europe, il est des domaines dans lesquels nous ne devons clairement pas être dépendants de certains industriels extra-européens, aussi bons soient-ils », a commenté le directeur de l’ANSSI, au sujet de cette affaire.

« Le droit européen nous interdit de rendre publique une liste noire des équipements menaçants. Nous traitons au cas par cas. Les agissements de certains industriels nous occupent énormément, notamment dans le domaine des équipements de télécommunication », a continué M. Poupard, pour qui, s’agissant des véhicules PSA, « il aurait été possible de faire avec des acteurs européens, voire français, pour un coût similaire. 

Posté dans Cyberguerre par Laurent Lagneau le 07-10-2018

http://www.opex360.com/2018/10/07/les-reseaux-francais-de-distribution-denergie-ont-fait-lobjet-dintrusions-en-vue-dactions-violentes-futures/

Oct 06

LE CENTRE D’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES DE BURE DANS LA MEUSE

Bure dans la Meuse doit accueillir dans le futur les déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français, à 500 mètres sous terre. Cela pose de nombreuses questions scientifiques et techniques et suscite des contestations. Un laboratoire a été construit pour tester « grandeur nature » les conditions de construction de ce centre.

Baptisé Cigéo, le projet est en phase de conception industrielle, mais il reste plusieurs étapes décisives avant sa mise en service, prévue pour le moment en 2025.

Plusieurs dizaines de militants opposés au projet Cigéo de Bure, dans la Meuse, se sont rassemblés ce samedi place de la République à Metz. Dans une ambiance festive, ils voulaient sensibiliser les Messins à ce projet de centre d’enfouissement de déchets radioactifs qu’ils jugent dangereux.

Une dizaine de stands, des affiches, un groupe de musique et un vélo pour alimenter la sono. Les militants anti-nucléaires ont voulu sortir de la traditionnelle manifestation, ce samedi, place de la République à Metz. Pour sensibiliser les passants au projet de centre d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo de Bure, dans la Meuse, ils ont misé sur la convivialité et les moments festifs.

Sensibiliser les « voisins messins« 

« L’idée, c’était clairement de ne pas leur faire peur avec des manifestations comme on a parfois l’habitude d’en faire qui peuvent être stigmatisantes ou rebutantes, explique François Drapier, le président en Moselle de Sortir du nucléaire. À Metz, on est à la fois loin et près de Bure. Et en plus sur un bassin hydrologique qui sera impacté en cas d’accident sur Bure. Donc on sait très bien que si la lutte ne se cantonne que dans la Meuse on n’aura pas d’impact.« 

D’où cette idée, donc, d’aller à la rencontre des Messins, comme par exemple Clémence, qui est venue avec sa mère. « Cattenom (la centrale nucléaire mosellane, NDLR) c’est un sujet par exemple pour lequel je suis sensibilisée depuis longtemps : c’est quand même juste à côté aussi. Mais Bure c’était vraiment un sujet qui m’était totalement inconnu. Il y a plein d’autres endroits similaires et on commence à en prendre conscience mais c’est vraiment dérisoire par rapport au besoin urgent de changer le système.« 

Un nouveau débat public en décembre

Toute l’après-midi, les militants ont donc expliqué pourquoi, selon eux, le projet Cigéo ne doit pas voir le jour. Difficile évidemment de mesurer l’impact d’un tel événement sur la mobilisation. Mais certains militants évoquaient déjà une possible deuxième édition de ce rassemblement.

Par Cédric Lang-Roth , samedi 6 octobre 2018 à 18h43

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/le-centre-d-enfouissement-des-dechets-nucleaires-de-bure-dans-la-meuse

Oct 06

POMPEO ESPÈRE DES PROGRÈS POUR UN NOUVEAU SOMMET TRUMP-KIM

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a déclaré samedi qu’il espérait accélérer l’organisation d’un deuxième sommet entre Kim Jong Un et Donald Trump au début de sa visite en Asie, qui sera marquée par une rencontre avec le leader nord-coréen.

Pompeo est arrivé à Tokyo, première étape d’une tournée qui le conduira à Pyongyang pour la quatrième fois alors qu’un possible accord historique entre les États-Unis et la Corée du Nord prend forme.

États-Unis et Japon ont une « vision totalement coordonnée et unie sur la façon de procéder, ce qui sera nécessaire si nous voulons réussir à dénucléariser la Corée du Nord« , a-t-il déclaré lors d’un entretien avec le Premier ministre Shinzo Abe.

Le Japon est historiquement partisan d’une ligne dure sur la Corée du Nord et insiste pour maintenir la pression sur le régime nord-coréen, qui a tiré à plusieurs reprises des missiles au-dessus du territoire japonais et menacé de l’anéantir.

Pour le chef de la diplomatie américaine, il est important que Washington et Tokyo soient « totalement synchros » avant sa rencontre avec Kim Jong Un. Shinzo Abe a de son côté appelé à une « coordination » entre les deux alliés.

Mike Pompeo a également indiqué qu’il évoquerait à Pyongyang la question des enlèvements de citoyens japonais par des agents nord-coréens il y a plusieurs décennies, qui reste très sensible au Japon.

– Attentes minimisées –

En parlant aux journalistes dans son avion en route vers Tokyo depuis les États-Unis, M. Pompeo avait expliqué que son objectif était de « développer suffisamment de confiance » avec la Corée du Nord pour avancer vers la paix.

« Et nous allons aussi organiser le prochain sommet« , a-t-il affirmé. Le premier sommet a eu lieu en juin à Singapour.

Toutefois, M. Pompeo a relativisé l’éventualité d’une percée majeure: « Je doute que nous allons tout régler mais commençons à développer des options pour (établir) l’endroit et la date d’une nouvelle rencontre entre le président Kim et le président (Donald Trump)« .

« Peut-être irons-nous plus loin que cela », a-t-il ajouté.

Les formulations diplomatiques du secrétaire d’État sont aussi prudentes que sont enthousiastes celles de son président, « tombé amoureux » de l’homme fort de Pyongyang après avoir annoncé un peu vite la fin de la menace atomique nord-coréenne.

Mais pour Mike Pompeo, l’enjeu est de taille: début juillet, son précédent voyage avait été un échec, et un autre déplacement avait dû être annulé fin août face à l’impasse dans les négociations.

Depuis, Kim Jong Un a promis le démantèlement d’un site balistique en présence d’inspecteurs étrangers, et, surtout, la fermeture de son complexe nucléaire de Yongbyon, à condition toutefois que Washington prenne des « mesures correspondantes« .

– Vers un accord détaillé –

Ces premiers gestes concrets (ainsi que des lettres jugées « magnifiques » et « extraordinaires » par le président Trump) ont permis de renouer le dialogue.

Il reste à savoir si ce sera suffisant pour transformer les engagements vagues du dirigeant nord-coréen en un accord détaillé sur la « dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée » que Washington appelle de ses vœux.

Mike Pompeo refuse de commenter les différentes options sur la table et assure que les discussions avancent en coulisses.

Mais les grands traits d’un échange donnant-donnant commencent à se dessiner.

La Corée du Sud, en première ligne depuis le début du réchauffement spectaculaire qui a permis de tourner la page d’une année 2017 rythmée par les échanges d’invectives et les menaces atomiques, a publiquement présenté sa proposition.

Pour Séoul, les Américains doivent accéder à une revendication clé des Nord-Coréens en contrepartie du démantèlement des installations nucléaires à Yongbyon, pièces centrales de son programme nucléaire: une déclaration mettant formellement fin à la guerre de Corée, qui ne s’est achevée en 1953 que par un simple armistice. Après Tokyo et Pyongyang, M. Pompeo se rendra en Corée du Sud, dont le président Moon Jae-in a servi d’émissaire entre les deux parties.

burx-pool-ric/mra/alm

afp , le 06/10/2018 à 13h13

https://www.la-croix.com/Monde/Pompeo-espere-progres-nouveau-sommet-Trump-Kim-2018-10-06-1300974176?from_univers=lacroix

Oct 06

BELGIQUE, JEAN-MARC NOLLET: « NOTRE DÉPENDANCE VIS-A-VIS DE LA FRANCE VA NOUS JOUER DE SALES TOURS »

L’Écolo Jean-Marc Nollet estime qu’avoir laissé Paris à ce point prendre la main dans notre politique énergétique donne des moyens de pression énormes à la France dans d’autres dossiers. Qu’ils sont beaux, mes ‘Rafale‘…

On n’était pas très loin, amis lecteurs, de vous offrir un face-à-face « historique » entre la ministre de l’Énergie Marie-Christine Marghem et son meilleur ennemi Jean-Marc Nollet. Sur le principe, tant la libérale que l’Écolo avaient donné leur feu vert mais, caramba, encore raté, les agendas n’ont pas pu être coordonnés. C’est donc à Nollet-seul-en-scène que vous aurez droit ce week-end. Le vert est au bord de la surchauffe tant ses dossiers de prédilection font l’actualité: ça va péter, comme dirait l’autre…

Avec, bien entendu, une question qui est sur toutes les lèvres: aura-t-on de l’électricité au mois de novembre? « Dès le début de la crise, j’ai attiré l’attention sur le fait que novembre ne serait sans doute pas le mois le plus difficile, parce qu’en novembre, la France n’a pas encore allumé tous ses chauffages électriques, et n’aura pas besoin de l’entièreté de ses capacités de production d’électricité. Par contre, fin décembre, janvier, et même début février, risquent d’être plus tendus. Et on n’est pas certain que les trois réacteurs qui doivent redémarrer en décembre seront là, Doel 1 et 2 et Doel 4. Le risque, c’est qu’il y ait un report. Pour Doel 1 et 2, la cause de la fuite dans la partie nucléaire n’est toujours pas identifiée. Et concernant Doel 4, le ministre Jan Jambon me disait mercredi que les analyses sur les problèmes de béton étaient toujours en cours… Et même si ces trois réacteurs reviennent, il y a toujours un problème.« 

« Je pense que Marghem mène le pays dans le mur, mais c’est un reproche politique. Cela n’a rien de personnel.« 

On insiste. S’attend-il à des délestages répétés cet hiver? Il répond: « Je n’ai pas de vue sur ce qui va se passer en France en janvier et en février. Mais il faut tous travailler aux solutions, notamment à la gestion de la demande des particuliers, et je suis disponible pour y travailler avec la ministre. » C’est déjà ça.

N’empêche: un Français qui regarde la situation énergétique de la Belgique hic et nunc, il se dit, probablement, que ça ressemble à un pays du Tiers-monde… Nollet tempère: « On n’en est pas là. Le Français qui regarde, la première chose qu’il regarde, c’est comment ça se fait? Et pour moi, la réponse est simple: c’est la confiance aveugle que les différents responsables, Engie d’une part, le gouvernement d’autre part, ont eue dans la capacité du nucléaire à être stable dans sa production. Or ce n’est plus le cas. En 2015, on a eu 50% d’indisponibilité. En 2016, 20%. Les centrales ne sont plus fiables. Le nucléaire devient une énergie intermittente, beaucoup plus que les énergies renouvelables qui, si elles sont aussi intermittentes, ont l’avantage, elles, d’être prévisibles. Le nucléaire, il a l’intermittence, sans la prévisibilité de l’éolien ou du solaire.« 

Cela dit, lui fait-on remarquer, la situation actuelle montre aussi que le nucléaire continue à jouer un rôle clé dans notre approvisionnement énergétique, et qu’en sortir entre 2022 et 2025, ce n’est pas gagné.

« La loi du silence »

Il rétorque: « Mais on est déjà plus loin que ce que la loi de 2003 sur la sortie du nucléaire prévoyait à l’origine. À l’heure où on se parle, trois réacteurs auraient dû être fermés. Là, il y en a cinq à l’arrêt, et bientôt six. C’est le fruit d’un manque d’entretien des centrales et d’une sous-estimation du problème. Donc c’est la responsabilité d’Electrabel. Le Premier ministre l’a également reconnu. Il a été très dur sur Electrabel.« 

À ce stade, Nollet a enfourché son cheval de bataille: « On a décidé de prolonger Doel 1 et 2 en trois mois. Les tests liés à cette prolongation sont en cours pour l’instant, et caramba, qu’est-ce qu’on découvre? Une fuite dans la partie nucléaire de la centrale. Et c’est plusieurs litres par minute! On a d’abord appris que la fuite n’était que de quelques litres, puis après, que c’était par minute… La communication, il faut aller la chercher…«  Il souffle: « Dans le monde du nucléaire, moins ils en disent, mieux ils se portent. Cela a toujours été comme cela. C’est un petit monde, qui a toujours fonctionné sur lui-même. Il n’y a pas énormément d’experts en la matière. Et le contrôleur et le contrôlé se mélangent. Ce pays est très petit. J’ai toujours plaidé pour qu’il y ait un regard international sur les centrales. Et ce regard international, il a eu lieu à Tihange 1 avant la prolongation; à Doel 1 et 2, il a eu lieu un an ou deux après la décision de prolonger. On organise la loi du silence.« 

Et le manque de transparence chez Electrabel, c’est parce que la maison mère dit à sa filiale de la mettre en veilleuse? « Non, Electrabel a toujours été un État dans l’État. Le problème, c’est que désormais Electrabel est dans les mains des Français. Et tout se décide à Paris. C’est Paris qui détermine notre politique énergétique. Et tout d’un coup, on nous annonce qu’on a trouvé 1000 MW supplémentaires en France. » On objecte que c’est surtout EDF, pas Engie, qui va produire ces mégawatts. Il dit: « Mais qui est actionnaire d’EDF à plus de 80% et premier actionnaire d’Engie à près de 25%? L’État français. C’est la France qui décidera, ou pas, à un moment, de nous envoyer du courant. On est vraiment dépendant de Paris pour éviter les délestages en Belgique.« 

Nous: et si la France dit qu’elle a besoin de nos gigawatts?

Lui: « Ben, on achètera des Rafale.« 

Nous: Sérieusement?

« La Belgique est myope, elle regarde juste à court terme. »

Lui: « Il y a évidemment de l’humour dans cette formule. Ce que je veux dire, c’est qu’à force de ne pas avoir investi dans notre parc de production et dans la transition, on est devenu dépendant de la France. Et ça, ça va nous jouer des sales tours. Cela donnera des moyens de pression sur d’autres dossiers.« 

On met quand même sous le nez du député les responsabilités d’Olivier Deleuze qui, en 2003, en forçant le passage de la loi sur la sortie du nucléaire sans vrai plan pour l’accompagner, commet, peut-être, une erreur. « En 2003, Olivier Deleuze obtient la transposition d’un point de l’accord du gouvernement. Il ne reste à ce moment-là plus que deux mois avant les élections. Et sa décision laisse 12 ans avant la première fermeture, et 22 années avant la fermeture ultime. Il est resté deux mois; les autres, après, ont eu 10, 20 fois plus de temps et n’en ont rien fait. Et il ne faut pas oublier la répartition des compétences, qui ne concernaient pas que le Fédéral. Ce que faisait Deleuze, c’est qu’il envoyait un signal très clair via la loi, au monde industriel, mais aussi au monde politique.« 

Et pour les prix qui grimpent, mon bon monsieur Nollet, on fait comment? « Vous savez, le premier des mensonges des nucléaristes, c’est de dire que si on sort du nucléaire, le prix va exploser. Oui, la transition énergétique coûte. Mais la transition énergétique vers un renouvelable rapidement développé coûtera moins cher que l’inaction et que le développement du nucléaire. La Belgique est myope, elle regarde juste à court terme. C’est clair qu’en jouant sur la prolongation du nucléaire, on peut encore tirer quelques années – 2030, 2034… Mais à un moment, il faudra remplacer les centrales. Or, le nouveau nucléaire est nettement plus cher que le renouvelable, que ce soit l’éolien en mer belge ou le solaire.« 

Il ajoute: « La responsabilité d’Electrabel est engagée, même si une partie de la hausse des prix est liée au gaz, au prix du CO2… Mais la hausse des tarifs liée à l’indisponibilité du nucléaire, c’est à Electrabel à la supporter. Et je vais même un pas plus loin. Le montant qu’Electrabel devra mettre sur la table, plus la TVA supplémentaire que le Fédéral percevra à la suite de cette augmentation, la somme des deux, il faut l’utiliser pour favoriser la transition énergétique, avec un grand plan d’isolation chez les gens les plus précarisés, et le développement des énergies renouvelables qui sera payé par ces moyens.« 

Plan de délestage

Votre rue sera-t-elle plongée dans le noir?

Cet hiver, le réseau électrique devra faire face à de nouveaux problèmes d’approvisionnement. Les différents opérateurs de réseau ont donc élaboré un plan de délestage visant à déterminer quelles rues devront être déconnectées du réseau électrique en premier, celles qui ne le seront que plus tard et celles qui ne subiront pas de coupure de courant. Découvrez-le ici >

Là, on vient ajouter un brin de cynisme à la discussion. Les risques de black-out, les perspectives de délestage, c’est un peu une crise de la dioxine bis pour Ecolo. En pleine campagne électorale, les verts jouent sur du velours… « Je n’aime pas ce cynisme-là. Ce serait nous attribuer un choix stratégique qui serait de provoquer cette pénurie. Or, elle est le résultat du choix de l’option dominante du nucléaire. Nous, on n’a pas choisi cette situation…« 

Les phrases clés

« On est déjà plus loin que ce que la loi de sortie du nucléaire de 2003 prévoyait: cinq réacteurs sont à l’arrêt. »

« On est totalement dépendant de Paris si cela se passe mal cet hiver. »

« Je ne suis pas cynique, je ne me dis pas qu’Ecolo va récupérer politiquement la crise, je veux aider la ministre à trouver des solutions. »

Mais la dioxine non plus…

« Qu’aujourd’hui, nos discours de l’époque, nos propositions de l’époque et d’aujourd’hui, soient celles qui s’imposent presque naturellement après les incidents, on ne va pas s’en plaindre. Mais ce n’est pas nous qui avons la maîtrise des agendas d’entretien d’Electrabel.« 

Et la question à mille euros: politiquement, vous attendez-vous à faire un carton?

Il dit: « Non, parce que le vote est toujours un tout. Ce ne sera pas le seul paramètre. Mais c’est clair que le gouvernement pourrait être sanctionné de son aveuglement, de la confiance absolue qu’il a eue dans des réacteurs qui aujourd’hui montrent toutes leurs limites. Et d’ici les législatives, on verra s’il y a eu ou non de véritables problèmes.« 

Christine Scharff, Journaliste et Martin Buxant, Journaliste, Source: L’Écho

https://www.lecho.be/economie-politique/belgique/general/jean-marc-nollet-notre-dependance-vis-a-vis-de-la-france-va-nous-jouer-de-sales-tours/10056391.html

Oct 06

LE REPORT DE LA BAISSE DU NUCLÉAIRE INQUIÈTE LE SECTEUR DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Le gouvernement français repousserait à 2035(NDLR : et peut-être plus) l’objectif de réduction de 75 % à 50 % de la part de l’atome dans la production d’électricité nationale.

La France va-t-elle confirmer son soutien aux énergies renouvelables ? Alors que le gouvernement doit présenter, à la fin du mois d’octobre, la feuille de route énergétique du pays, les professionnels s’alarment d’une baisse des ambitions nationales en la matière. Cette Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit notamment dessiner, pour la décennie à venir, la trajectoire de la réduction de la part du nucléaire et de la montée en puissance des renouvelables.

C’est du moins ce que prévoyait la loi de transition énergétique <https://www.legifrance.gouv.fr/affichLoiPubliee.do?idDocument=JORFDOLE000029310724&type=general&legislature=14> , votée en 2015, qui fixait comme objectif de réduire à 50 % (contre 75 % aujourd’hui) la part de l’atome dans la production d’électricité d’ici à 2025. Depuis, les autorités ont renoncé à cette date, et s’orientent, selon plusieurs sources, vers un nouvel objectif à 2035.

Mais si le nucléaire diminue moins vite que prévu, cela pourrait conduire le gouvernement – et en particulier le ministère des finances – à modérer la trajectoire française sur la période. Les professionnels craignent une baisse des appels d’offres pour certaines filières jugées plus onéreuses, ou dont les technologies ne sont pas arrivées à maturité, et qui nécessitent donc un soutien public plus important.

« L’ouverture d’une boîte de Pandore »

L’exécutif pourrait ainsi être tenté de favoriser, par exemple, le solaire au détriment de l’éolien en mer. Il s’est par ailleurs désengagé cet été d’une filière hydrolienne naissante, estimant que les coûts étaient trop importants.

D’autant que la France n’est pas en avance sur ses objectifs : la part des renouvelables dans la consommation d’énergie doit atteindre 23 % en 2020 et la trajectoire actuelle mettrait le pays « entre 17 % et 19 % » en 2020, d’après le Syndicat des énergies renouvelables (SER).

Les industriels des renouvelables nourrissent également une autre préoccupation : la loi de transition énergétique devra être modifiée pour y inscrire le changement concernant l’objectif de 2025. « Notre inquiétude, c’est que ce soit l’occasion pour certains de revoir les objectifs d’énergies renouvelables. », explique Jean-Louis Bal, président du SER, qui redoute « l’ouverture d’une boîte de Pandore ».

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/06/le-report-de-la-baisse-du-nucleaire-inquiete-le-secteur-des-energies-renouvelables_5365549_3234.html

Oct 06

MIG-31 : PORTEUR DU MISSILE DE CROISIÈRE À PROPULSION NUCLÉAIRE BUREVESTNIK ?

Selon les services de Renseignement US, les tests russes de missiles de croisière à propulsion nucléaire ont échoué. Pourtant, l’ambassadrice états-unienne à l’Otan a soudainement déclaré que les USA détruiraient les missiles élaborés par la Russie enfreignant le traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Explications :

Un pays qui dispose de missiles de croisière à propulsion nucléaire, peut faire pression sur les États qui ont l’intention de l’envahir. Un tel drone peut patrouiller durant des jours au-dessus des zones peuplées d’un État ennemi sans que la défense AA de celui-ci ne cherche à tenter de l’abattre, et ce, pour la bonne raison que cela ne pourrait que générer une catastrophe nucléaire sur son territoire.

Lors du salon de l’aviation Berlin Air Show en Avril 2018, la France et l’Allemagne ont annoncé qu’Airbus (constructeur de l’Eurofighter qui équipe l’armée de l’air allemande) et Dassault Aviation (fabricant de l’avion Rafale qui équipe l’armée de l’air française) ont commencé à concevoir un nouveau chasseur de cinquième génération. En raison du Brexit, l’Angleterre n’a pas été cooptée dans le projet. En juillet 2018, la société états-unienne Lockheed Martin a fait effectuer un vol à un F-35 portant le numéro 300. Le 2 juillet 2018, Yuri Borisov, vice-ministre de la défense de la Fédération de Russie, a déclaré que l’avion russe Su-57 n’était pas une priorité et que seulement 12 exemplaires avaient été commandés par l’armée russe. Par conséquent, l’entrée en production de masse de cet avion avait été retardée. Dans ce contexte, la question se pose : quelle est la priorité de l’aviation russe en matière d’équipement ?

Au début de 2018, une des priorités de l’armée russe était devenue la modernisation de 10 avions supersoniques à long rayon d’action MiG-31 BM, transformés en MiG-31 BP pour lancer des missiles anti-navires Kh-47M2 Kinzhal. Ce type de missiles a une portée de 2 000 km, et est destiné à frapper les porte-avions et les porte-hélicoptères. Cependant, le bouclier ABM états-unien en Roumanie, en Pologne, en Corée du Sud et en Alaska sont des cibles certaines pour les missiles Kh-47M2 Kinzhal (voir photo ci-dessous). Tarasenko, directeur de la société MiG, avait déclaré en 2017 à Sputnik qu’ils prévoyaient le remplacement des MiG-3 par le nouveau projet MiG-41 de 5ème génération capable de voler à Mach 4.3.

Pourquoi la modernisation d’un avion qui n’est plus produit depuis 1994 est-elle soudain devenue une priorité ? Le MiG-31 BM a été conçu pour intercepter les avions d’alerte précoce (AWACS), armés de missiles R-37 (avec une portée plus élevée : 384 km). Par la suite, l’avion a été adapté pour intercepter des missiles de croisière volant à basse altitude. Le radar à bord du MiG-31 BM contient dans la mémoire de la carte numérique du microprocesseur la topographie du terrain survolé, ce qui lui permet de comparer et de distinguer la présence de missiles de croisière. Le MiG-31 a quelques limites, car ce n’est pas un avion multi rôle, capable d’effectuer des manœuvres de combat aérien ; c’est un avion deux places (pilote et opérateur armes) pouvant patrouiller à haute altitude pendant deux heures.

Le Mig-31 pèse 46 tonnes au décollage, avec un réservoir interne de carburant avec une capacité de 12,8 t, une vitesse maximale de Mach 2,83 (3 000 km / h), pouvant voler à une altitude de 20 600 m. L’avion a un revêtement en alliages contenant du titane résistant à la chaleur cinétique générée par le vol à grande vitesse. Le MIG-31 BM dispose d’un système de ravitaillement en vol escamotable dans le fuselage. Au cours d’un exercice pendant l’été 2016, un MiG-31 BM a volé pendant 7 heures, de Krasnoïarsk à Astrakhan, sur une distance de 8 000 km avec trois ravitaillements en vol. Rien que pour ces caractéristiques le Mig-31 BM est la plate-forme idéale pour augmenter la portée des missiles air-sol, en raison de la vitesse initiale et de la faible densité de l’air à l’altitude de lancement.

Cela a été une surprise pour tout le monde quand l’ambassadrice US auprès de l’OTAN, Bailey Hutchison Kay, a exhorté, le 2 octobre 2018, la Russie à cesser le programme de missiles de croisière, car il violait le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), faute de quoi les États-Unis et leurs alliés allaient intervenir militairement. En même temps que cette déclaration, les médias occidentaux ont publié des photos d’un MiG-31 BM, immatriculé « 81 Blue », portant sous son fuselage un nouveau type de missile, dont on ne sait rien (voir photo ci-dessous). L’avion a été photographié à la base aérienne Joukovski et il est conçu pour tester de nouveaux types d’armes, et ne dispose pas de système d’accroche d’armes sous les ailes, comme dans la configuration du MiG-31 BP.

Si l’on se réfère au nouveau missile porté par le MiG-31, même si c’est un missile nucléaire de portée intermédiaire IRBM (3 000 à 5 500 km), il ne tombe pas dans le champ d’application du traité INF. Ce traité ne concerne que les missiles basés au sol. En raison de la vitesse initiale élevée et l’altitude du Mig-31, un missile nucléaire avec un rayon d’action à celui d’un missile de portée intermédiaire IRBM

(8 000 km) ne doit pas avoir une masse supérieure à 7 à 9 t. À titre de comparaison un IRBM lancé à partir du sol, pèse plus de 25 t.

Il y a eu des spéculations selon lesquelles le mystérieux missile serait une version modernisée du missile antisatellite à trois étages Kontakt 79M6 qui peut atteindre une altitude de 600 km. Le missile a également des capacités d’interception de missiles balistiques en phase de croisière. Kontakt a été testé à partir de 1987 sur deux MiG-31 D modifiés (dont un est immatriculé « 072 Blue »). Le Kontakt a une longueur de 7,25 m, un poids de 7 t, et son lancement avait eu lieu à une altitude de 15 à 18 km, à partir des Mig-31 D qui volaient à une vitesse de 2 120 à 2 230 km / h. Mais après l’effondrement de l’URSS, le programme a été abandonné, et les avions et les missiles dont il s’occupait ont rejoint un musée.

Donc, dans le cas du MiG-31 BM immatriculé « 81 blue », il peut s’agir de n’importe quelle classe de missiles, y compris antisatellite. Dans son discours du 1er mars 2018, le président Vladimir Poutine a annoncé que la Russie avait testé un missile de croisière 9М729 / 9M730 Burevestnik avec des capacités de manœuvre et portée illimitée, étant donné que celui-ci dispose d’une propulsion nucléaire [1]. La portée de Burevestnik serait au moins 10 fois plus élevée que le missile de croisière Tomahawk états-unien. Cela permettrait à la Russie de contourner les zones de défense AA et de frapper n’importe quelle cible dans le monde. Les États-Unis sont totalement désarmés devant ce type d’armes car ils n’ont aucun moyen pour les contrer, et n’ont aucun projet, dans un avenir proche, permettant de concevoir ce type de missile de croisière.Les tests de Burevestnik auraient lieu au polygone Nenoksa dans la région d’Arkhangelsk. Le lancement du missile 9М730 à partir de la rampe s’est fait avec un moteur à combustible solide, ensuite la propulsion du moteur est obtenue au cours du vol. En théorie, le moteur nucléaire est simple, à proximité des statoréacteurs, sans pièces en mouvement, et sans besoin de grands réservoirs de carburant. L’air pénètre dans le dispositif d’admission du missile de croisière, arrive au réacteur nucléaire et est chauffé à une température d’environ 1 400 à 1600°C, puis ressort par la buse et propulse le véhicule.

Les avantages de l’utilisation de ce type de missile sont cependant éclipsés par les risques qu’ils peuvent poser, car il y a une possibilité de fissuration en vol et de rupture de l’isolation du réacteur. Par conséquent, le missile de croisière a été accompagné durant les vols d’essai par deux avions cargo Il-76, convertis en laboratoires équipés de matériel de détection de radiations monté par la société Rosatom, et d’un équipement de télémétrie de la trajectoire du missile (SKIP) fonctionnant avec les canaux de communication par satellite. L’avion était un Il-976.

Citant des sources anonymes du Pentagone, les chaînes de télévision Fox News et CNBC ont déclaré que le Renseignement US avait suivi les quatre essais russes avec des missiles de croisière à propulsion nucléaire, réalisés entre novembre 2017 et février 2018. Et que tous les tests ont fini par s’écraser dans l’Arctique.

Il y a un décalage entre les déclarations faites aux stations de télévision par des sources du Renseignement états-unien et la demande impérative faite à la Russie par Kay Bailey Hutchison. Ce n’est que si la Russie avait réussi ses tests sur le missile Burevestnik que l’ambassadrice des États-Unis à l’Otan pourrait communiquer que les États-Unis feront tout ce qui est en leur pouvoir pour empêcher le développement ultérieur du programme. À l’inverse, si les résultats des tests Burevestnik n’avaient pas été concluants, quel est l’intérêt pour la Russie de l’adapter au MiG-31 BM ? Parce que la fusée mystérieuse portée par le MiG-31 BM ne ressemble pas au Kinzhal, le profil de son nez n’est pas fait pour des vols à des vitesses hypersoniques, mais plutôt pour des vitesses subsoniques, comme tous les missiles de croisière. À l’extrémité opposée on distingue clairement la buse d’un moteur à combustible solide utilisé dans l’accélération, immédiatement après la séparation d’avec le MiG-31 BM.

http://www.voltairenet.org/article203314.html

Oct 05

MAMY ET LA GUERRE NUCLÉAIRE…

05 octobre 2018 – Comme l’on sait, y compris en lisant ce site, l’ambassadrice des USA à l’OTAN, madame Kay Bailey Hutchison, respectablement âgée de 75 ans et auréolée du titre de gloire d’être la première femme sénatrice de l’État du Texas en 1993, baptisée “Mamy” à l’OTAN, a fait avant-hier une déclaration fort remarquée. Elle a déclaré que si les Russes déployaient leurs missiles 9M729, les USA “élimineraient” préventivement cette chose qui viole, selon les mêmes USA, le traité INF de décembre 1987.

Sa réponse à un journaliste : « À ce point, nous devrions considérer la possibilité d’éliminer un missile [russe] qui pourrait atteindre n’importe lequel de nos pays [en Europe].» Puis encore : « Des contre-mesures seraient prises [par les USA] pour éliminer les missiles qui sont en développement en Russie en violation du traité… Ils [les Russes] sont avertis. » Tout cela fut néanmoins suivi, quelques heures plus tard, par un tweet selon lequel « je ne voulais pas parler d’une attaque préventive en Russie. Mon intervention concernait le retour de la Russie dans les obligations du traité INF ou bien nous déploierons nous-mêmes des capacités pour protéger les intérêts des USA et de l’OTAN. La situation actuelle, avec une violation patente du traité par la Russie, est intenable. »

Laissons-là la suite de la querelle, qui repose d’ailleurs sur une complète absence de preuve de la présence de ces missiles, – mais il est vrai que la nouvelle-morale, surtout à propos des Russes, est bien “vous êtes coupable tant que vous n’avez pas prouvé votre innocence”. (La culpabilité n’a pas besoin de preuves, par contre l’innocence en a diablement besoin.) Ce qui est le plus remarquable à mes yeux, c’est bien la déclaration initiale de l’ambassadrice Hutchison, très texane (« to take out the missiles »), et qui signifie effectivement et sans aucun doute “éliminer” la chose à-la-texane. Elle a corrigé l’esprit de la chose, mais elle a bien dit ce qu’elle a dit, l’ambassadrice.

On dira, – fort justement à mon sens, – qu’elle parle comme ce secrétaire à l’intérieur Ryan Zinke qui menace la Russie d’un blocus dont la Russie dit justement qu’il équivaudrait à une “guerre” ; ou encore comme ce Rick Perry, secrétaire à l’énergie, qui vient à Moscou faire le “flic global” (global cop)… Tiens, ce Perry justement, ancien gouverneur du Texas, qui avait bataillé et battu Mamy pour la désignation républicaine à ce poste de gouverneur en 2010. Ce sont tous des gens qui disent ce qu’ils ont à dire, le Colt à la ceinture et sans prendre de gants ; finalement, assez proches du modèle-standard (Trump) mais aussi de l’état d’esprit général régnant à Washington où l’on s’étripe sans pitié dans un désordre indescriptible de corruption et d’hystérie et d’où l’on admoneste le reste du monde en lui conseillant fortement et avec pressions à l’appui de prendre exemple sur l’exceptionnalité américaniste.

Ce style, ce modèle-standard ne sont pas anodins, et surtout pas dans le cas de l’ambassadrice Hutchison. Il faut bien comprendre certains des aspects du commentaire qui l’accompagne dans le texte de ce jour, et notamment ces deux passages que je vais citer:

  • « Le tout est effectivement résumé par le titre : il s’agit d’une “première depuis la Guerre froide”, – et quelle “première” ! Nous dirions même que, durant la Guerre froide, il n’y eut pas de telles déclarations d’intention de frappe d’un certain type d’armement de théâtre, dans des termes qui font juger à certains qu’il peut s’agir d’une frappe préventive, et au pire une frappe préventive par surprise, c’est-à-dire déclenchée en temps de paix, et tout cela “détaillée” opérationnellement. »

Il est vrai que, même durant la Guerre froide, il n’y eut jamais de déclaration de cette sorte, je veux dire une menace d’attaque aussi précise, aussi technique, aussi opérationnelle. Lorsque les uns et les autres se menaçaient, c’était en général une démarche qui portait avec elle la possibilité d’une sorte d’anéantissement réciproque, cette issue qui accompagnait comme une ombre terrible tout ce qui, de près ou de loin, pouvait déboucher sur une guerre nucléaire. Alors, on peut comprendre que la menace, si elle était proférée par l’un, valait également pour les deux adversaires qui devenaient involontairement, inconsciemment si l’on veut, des “partenaires” menacés tous deux par cet anéantissement, et qui seraient conduits au bout du compte à chercher un arrangement par la négociation pour éviter le moindre germe, le plus petit risque de conflit. 

C’est cette idée qu’on retrouve lorsque, dans le deuxième extrait, l’on décrit l’attitude de Poutine, en la posant comme un complet contraste avec celle de Hutchison (des USA). « D’une certaine façon, Poutine avertit qu’il faut éviter toute possibilité de conflit parce qu’en ce cas une attaque contre ces batteries US en Roumanie et en Pologne deviendrait une nécessité stratégique pour les Russes, tandis que la pensée que reflètent les propos d’Hutchison implique que la destruction des missiles russes serait la condition pour éviter un conflit. »

Encore une fois, je ne veux pas parler ici d’une comptabilité de quincaillerie, d’un jugement sur la juste attitude ou non de l’un ou l’autre, etc. Je veux mettre en évidence une différence d’état d’esprit dans la perception et la considération du fait nucléaire. On retrouve chez Poutine l’état d’esprit de la Guerre froide par rapport à la possibilité d’un conflit, principalement celui qui opposerait les USA à la Russie, avec l’hypothèque du nucléaire qui l’accompagne nécessairement. Cela ne fait aucun doute et s’accorde totalement à la personnalité de Poutine, son expérience, la force de sa volonté, la situation et la politique de la Russie, etc.

Chez Hutchison, et avec elle chez la plupart des dirigeants et responsables du bloc-BAO, dans la facilité avec laquelle ils envisagent un conflit, une attaque, une confrontation, cela jusqu’à des provocations essentiellement de communication, absurdes et stupides, on distingue la complète désintégration de la perception du temps de la Guerre froide, de la catastrophe absolue que constitue la guerre nucléaire. Sans la moindre hésitation ni réserve, je considère ce phénomène comme un trait psychologique et un fondement culturel nouveau, sans aucune référence à une tendance politique ou à un engagement idéologique, c’est-à-dire affectant n’importe qui dans les directions et les élites-Système.

Il y a dans cette attitude une sorte d’irresponsabilité extraordinaire, une croyance totale à une situation de simulacre. Je ne dis pas que l’on raisonne selon la ligne que je distingue, mais simplement qu’on y cède par affaiblissement de l’esprit, de sa raison, de son expérience, avec la connaissance du passé et la conscience de la hauteur des enjeux réduites à zéro. C’est comme si l’on se trouvait dans un monde où, par laisser-aller et laisser-faire de la pensée, et surtout du fait d’influences épouvantables qui pèsent sur nous, l’arme nucléaire était devenue une arme comme une autre et que l’on pouvait ainsi s’y référer de cette façon ; certes, une “arme de destruction massive”, mais pas vraiment plus terrible que les autres et, à la limite, quand on entend le bruit fait autour d’une attaque chimique par ailleurs fabriquée de bout en bout, comme une arme de destruction massive finalement moins dangereuse que le chimique.

Il y a une extraordinaire démission de l’échelle de la légitimité et de l’autorité de la perception des puissances qui nous entourent. Pour le fait de l’arme nucléaire, je crois qu’il s’agit d’une démission du sacré qui a existé pour caractériser la perception de cette arme et de sa capacité d’anéantissement, et de sa volonté de n’en pas user à cause d’une perception métaphysique de ses effets. Il faudra revenir sur ce point de façon beaucoup plus détaillée car il est rien moins qu’essentiel. 

D’une façon qui pourrait sembler paradoxale, je ne conclurais pas de tout cela que la guerre nucléaire est plus proche pour autant. On voit bien que ce que je décris marque d’abord une dégénérescence de la psychologie, un affaiblissement de l’esprit, par conséquent une déficience du caractère et de la volonté. Tous les “actes” décrits, comme la déclaration de Hutchison, n’en sont pas justement, mais restent de l’ordre de la communication. Passer à l’acte, à une véritable décision de guerre, et de guerre nucléaire, implique une force de volonté de maîtrise de processus bureaucratiques et juridiques qui, aux USA, dans ce pays en pleine décadence d’effondrement, envahissent tout dans le sens de la paralysie, plus puissants que jamais, – une force de volonté dont ils sont manifestement dépourvus.

Tout cela ne nous rapproche nullement de la Troisième Guerre mondiale comme dans un enchaînement inéluctable et en constante arrestation ; nous en sommes si proches depuis longtemps à cause d’événements provenant de simulacres qui nous dominent par déterminisme-narrativiste, sans pourtant parvenir à franchir le pas. Ma conviction qui ne cesse de se renforcer est que ce Système surpuissant basculant dans l’autodestruction alimente de moins en moins chez ses employés et exécutants la capacité psychologique et bureaucratique de parvenir à déclencher une Troisième Guerre mondiale, au contraire ne cesse de les affaiblir. Par contre, cet affaiblissement constant du comportement alimente une formidable dissolution interne, particulièrement du pouvoir, qu’on constate tous les jours, et à quelle rapidité...

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http://www.dedefensa.org/article/mamyet-la-guerre-nucleaire

Oct 05

ANTINUCLÉAIRES: UN MOUVEMENT À CROZON LE 14 OCTOBRE

Soutenu par le Mouvement de la Paix et Sortir du Nucléaire Trégor, un rassemblement régional pour exiger l’abolition des armes nucléaires, aura lieu le dimanche 14 octobre, à Crozon, devant la base de sous-marins nucléaires de l’île Longue.

Cette manifestation vise à demander à l’État de signer au plus vite le Traité d’interdiction des armes nucléaires adopté par l’ONU en 2017. « Il lui sera également demandé d’arrêter d’engloutir des sommes folles dans l’arme nucléaire. Le gouvernement a en effet prévu de passer les crédits annuels de l’arme nucléaire de 4 milliards d’euros à plus de 6 milliards ! Cet argent doit être réorienté vers une ambitieuse politique de paix », explique Françoise Le Loarer du Mouvement pour la Paix Trégor.

Et d’ajouter « L’efficacité de l’arme atomique n’a jamais été démontrée. Elle ne nous protège pas du terrorisme et n’empêche pas les différents conflits que nous connaissons actuellement à travers le monde. Par contre, elle constitue un danger permanent pour l’humanité entière. Une guerre nucléaire peut en effet arriver à tout moment : soit par accident, soit du fait d’un chef d’État déséquilibré ».

Les militants qui invitent à se joindre à ce mouvement signalent que l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès ou le Général Lenne leur apportent leur soutien.

Pratique

Un covoiturage est prévu pour se rendre à Crozon : départ à 8 h 45 du parking de Kermaria à Lannion, retour pour 19 h 30. Contact : Mouvement de la Paix, tél. 06 32 36 42 56 ; francoise.leloarer@gmail.com

Publié le 05 octobre 2018 à 11h51

https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/lannion/antinucleaires-un-mouvement-a-crozon-le-14-octobre-05-10-2018-12098027.php?vptoken=1b7cdfed952a8da5fa172bc9254971bd797a9f1a

Oct 05

LA CORÉE DU NORD ET LA RUSSIE DISCUTENT D’UNE VISITE DE KIM EN RUSSIE

SÉOUL, 05 oct. (Yonhap) — La Russie et la Corée du Nord discutent d’une possible visite en Russie du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, a fait savoir ce vendredi la présidente du Conseil de la Fédération de Russie, la chambre haute du Parlement russe, Valentina Matviyenko.

Matviyenko a fait cette déclaration lors de sa brève entrevue avec le conseiller présidentiel à la sécurité nationale Chung Eui-yong, avant son entretien avec le président Moon Jae-in.

Elle a dit s’être rendue en Corée du Nord à la demande du président russe Vladimir Poutine, où elle a rencontré Kim, et que les deux pays élaborent les détails d’une visite de Kim en Russie.

Matviyenko est allée en Corée du Nord à l’occasion de l’anniversaire de la fondation du pays, le 9 septembre.

La Corée du Nord a été un grand sujet de l’entretien entre Matviyenko et le président sud-coréen.

Moon a exprimé sa gratitude pour le soutien constant de la Russie aux efforts de Séoul visant à réaliser la dénucléarisation pacifique de la péninsule coréenne. Il a également déclaré que la Russie est un partenaire très important dans le processus de paix sur la péninsule coréenne.

Matviyenko a reconnu la nécessité d’une dénucléarisation pacifique et a souligné que le Nord ne peut pas se dénucléariser unilatéralement et que la communauté internationale devrait prendre des mesures correspondantes en échange de la dénucléarisation.

Elle a qualifié le troisième sommet de Moon avec le dirigeant nord-coréen le mois dernier de grand succès. Matviyenko a indiqué que la Russie estime que la question nucléaire doit être résolue par le dialogue et la diplomatie, et qu’il est nécessaire d’être patient pour faire avancer le processus de paix.

Matviyenko a également déclaré qu’après sa réunion avec Kim, elle a commencé à croire que l’engagement de ce dernier en faveur de la paix et de la dénucléarisation était sérieux.

Les deux parties ont également parlé de la coopération économique trilatérale entre les deux Corées et la Russie, notamment d’un projet ambitieux visant à relier le chemin de fer transsibérien au chemin de fer transcoréen.

Matviyenko a ajouté que Poutine compte se rendre en Corée du Sud l’année prochaine.

mathieu@yna.co.kr

http://french.yonhapnews.co.kr/news/2018/10/05/0200000000AFR20181005003300884.HTML

Oct 05

ANOMALIE GÉNÉRIQUE – SURCHAUFFE DES LOCAUX ÉLECTRIQUES EN CAS DE SÉISMES, 7 SITES NUCLÉAIRES RASSEMBLANT 28 RÉACTEURS SONT CONCERNÉS

Le 21 septembre 2018, EDF a déclaré une nouvelle anomalie dite “générique” car retrouvée sur plusieurs sites nucléaires. Au Blayais, à Chinon, à Cruas, à Dampierre, à Gravelines, Saint-Laurent et au Tricastin, le circuit d’eau qui refroidit la ventilation des locaux électriques des installations n’aurait pas résisté à un tremblement de terre. Surchauffe assurée des locaux et donc perte de l’alimentation électrique de nombreux équipements des installations.

Une petite trentaine de réacteurs sur les 58 jalonnant l’hexagone sont potentiellement concernés. Les premières constations ont été faites au Tricastin, mais on ne sait pas quand. L’exploitant a attendu pour informer le public de procéder à diverses vérifications. Il annonce dans le même temps avoir déclaré l’évènement comme significatif pour la sûreté, avoir pris des mesures pour que les locaux électriques puissent malgré tout être refroidis et avoir déjà terminé les travaux à certains endroits, justifiant ainsi qu’il n’y ait pas eu d’arrêt de réacteurs malgré les risques encourus. La liste des réacteurs restant à réparer est quant à elle bien floue, puisque l’exploitant ne détaille pas précisément sur quels réacteurs l’anomalie a été repérée. En revanche la liste des réacteurs où les réparations sont déjà terminées est, elle, bien précise. EDF annonce également très clairement que tout sera réglé d’ici mi-octobre 2018. Et que ces “défauts” n’ont “aucun impact sur la sécurité des salariés ni sur l’environnement”. Et sur la sûreté ?

L’année 2017 avait déjà vu passer de nombreuses déclarations d’anomalies sur le parc nucléaire français relatives aux séismes. Devant leur foisonnement et pour faciliter le recoupage des informations distillées au compte-goutte, nous avions créé une rubrique spéciale incrémentée au fur et à mesure, “Et si la terre tremble ?”, que vous pouvez consulter ici.

Difficile pour l’exploitant de garantir que ses installations nucléaires composées de multiples systèmes, circuits et de kilomètres de câbles et de tuyauteries résisteraient à un tremblement de terre. D’autant que bon nombres d’entre elles sont construites sur des zones sismiques (voir ces zones sur une carte de la France). Et que viennent se surajouter des problèmes d’entretien des installations, de défauts de conception de certains systèmes de fixation, voire des pièces carrément absentes. Perte d’alimentation électrique – y compris de l’alimentation électrique de secours censée prendre le relai en cas justement de séisme – perte de refroidissement des réacteurs, inondations… Autant d’éléments qui remettent sérieusement en cause la sûreté des installations nucléaires et démontrent que l’exploitant a bien du mal à respecter les référentiels de sûreté (où sont définis les équipements qui doivent obligatoirement résister aux séismes).

Dernier en date : la perte des circuits d’eau glacée de 2 systèmes de ventilation. À première vue pas si grave, sauf que cette ventilation permet aux locaux électriques de ne pas surchauffer. Dans ces locaux sont concentrés câbles, tableaux et armoires électriques qui servent à alimenter divers systèmes et équipements des réacteurs. Un feu dans ces locaux aurait des conséquences désastreuses pour toute l’installation, les populations et l’environnement. Là encore à l’origine du problème : un “défaut d’ancrage”, c’est-à-dire de système de fixation, qui a été sous-dimensionné et ne tiendrait pas le choc en cas de tremblement de terre. Là encore, la communication officielle d’EDF, un même texte mis en ligne le même jour sur tous les sites des centrales concernées, en dit bien peu.

Ce que dit EDF :
Déclaration d’un événement de niveau 1 (échelle INES) concernant des défauts pouvant fragiliser la tenue au séisme des vases d’expansion des circuits d’eau glacée

Publié le 24/09/2018

Suite à la détection de défauts sur les ancrages* des vases d’expansion** du circuit d’eau glacée*** de deux systèmes de ventilation, à la centrale EDF de Tricastin, les investigations menées n’ont pas permis de démontrer que ces ancrages demeuraient suffisamment dimensionnés en cas de séisme équivalent aux séismes dits « de référence »**** sur les unités de production des centrales de Blayais, Chinon, Cruas-Meysse, Dampierre-en-Burly, Gravelines, Saint-Laurent-des-Eaux et Tricastin.

Les analyses des conséquences potentielles de ces défauts ont montré que la perte du circuit d’eau glacée de ces deux circuits de ventilation, suite à un séisme équivalent aux séismes de référence, aurait pu conduire à un échauffement dans certains locaux électriques. Cependant, la réparation du circuit d’eau glacée aurait, dans ce cas, pu être réalisée dans des délais permettant le maintien de conditions ambiantes acceptables dans les locaux électriques et la maîtrise de la sûreté des installations.

Dès la découverte de ces défauts et de leurs conséquences potentielles, des mesures relatives à la configuration des circuits de ventilation ont été immédiatement mises en place dans l’ensemble des unités de production concernées. Ces mesures permettent de garantir le refroidissement des locaux électriques en cas de perte du circuit d’eau glacée, suite à un séisme équivalent aux séismes de référence. Elles permettent donc le maintien en production de ces réacteurs en toute sûreté.

Les travaux de renforcement de ces ancrages ont d’ores et déjà été effectués dans les unités de production de Blayais 1, Chinon B2, Dampierre 1, Gravelines 1, 5 et 6 et Tricastin 1 et 2. Ils sont en cours de réalisation ou de préparation pour tous les autres réacteurs concernés. Tous les travaux seront achevés mi-octobre 2018.

Par conséquent, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le 21 septembre 2018, un événement significatif de sûreté dit « générique », car commun à plusieurs unités de production, classé au niveau 1 de l’échelle INES, échelle internationale de classement des événements nucléaires qui en compte 7.

Les défauts à l’origine de cette déclaration n’ont eu aucun impact sur la sécurité des salariés ni sur l’environnement.

* Un ancrage est un dispositif de fixation d’un matériel au génie civil assurant notamment sa tenue au séisme.

** Un vase d’expansion est un récipient destiné à compenser l’augmentation de volume liée à l’échauffement d’un liquide.

*** Les circuits d’eau glacée assurent le refroidissement de certains systèmes de ventilation.

**** Le dimensionnement des systèmes d’une centrale nucléaire implique la définition de deux niveaux de séisme de référence : le séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) qui est supérieur à tous les séismes s’étant produit au voisinage de la centrale depuis mille ans, et le séisme majoré de sécurité (SMS), séisme hypothétique d’intensité encore supérieure.

Par Rédaction 7seizh le 5 octobre 2018

http://7seizh.info/2018/10/05/france-anomalie-generique-surchauffe-des-locaux-electriques-en-cas-de-seismes-7-sites-nucleaires-rassemblant-28-reacteurs-sont-concernes/

Oct 05

POLYNÉSIE ET LOI MORIN : LA COMMISSION EROM PRÉSENTE CINQ PISTES D’AMÉLIORATION

PAPEETE, 4 octobre 2018 – La commission extra-parlementaire sur le nucléaire a présenté jeudi cinq pistes dévolution pour améliorer la loi d’indemnisation des victimes du nucléaire. Un rapport doit être remis début novembre prochain au Premier ministre.

C’est une des dispositions de l’article 113 de la loi Égalité réelle outre-mer promulguée en mars 2017. En même temps que la notion de « risque négligeable » était supprimée de la loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, dite loi Morin, il avait été décidé la création d’une commission de suivi « composée pour moitié de parlementaires et pour moitié de personnalités qualifiées, chargée de proposer les mesures destinées à réserver l’indemnisation aux personnes dont la maladie est causée par les essais nucléaires« .

Cette commission extra-parlementaire sur le nucléaire présidée par la sénatrice Lana Tetuanui vient d’effectuer une mission d’une semaine en Polynésie française. Les associations en charge de la défense des victimes ont été rencontrées. Les missionnaires se sont déplacés à Rikitea aux Gambier, sur l’atoll de Tureia et à Moruroa notamment à la rencontre de « ceux qui étaient aux premières loges« .

Cinq préconisations ont été évoquées jeudi lors d’une conférence de presse, comme les « grandes lignes » de ce qui ressort de cette mission en Polynésie française. Un rapport est annoncé en préparation et sera remis au Premier ministre « durant la première semaine de novembre« .

Il devrait être proposé d’ouvrir Moruroa au public« . Il s’agit pour la sénatrice tout à la fois d’en finir avec les « mensonges » et d’offrir l’opportunité d’un message à caractère pédagogique. L’atoll du Grand secret pourrait dans un premier temps être visité par les élèves de l’école primaire de l’île voisine de Tureia. Pour l’instant l’atoll est maintenu sous un contrôle strict de la défense nationale.

Ce rapport proposera aussi de « consolider la nouvelle méthodologie du Civen« . La commission Erom envisage notamment de demander le report de la date butoir du 20 décembre 2018, au-delà de laquelle les demandes d’indemnisation faites par des ayants-droit ne seront plus recevables par le Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires. « Il faut que le Civen puisse statuer après cette date« , insiste la sénatrice Tetuanui. Rien n’est envisagé pour l’heure concernant la demande, faite par les associations, d’intégrer de nouvelles maladies, dans la liste des 21 cancers couverts par la loi Morin.

Le rapport présenté au Premier ministre le mois prochain devrait également préconiser la mise en place d’un guichet unique chargé d’informer et de recevoir les demandes d’indemnisation destinées au Civen. Il s’agit de garantir au niveau local que les dossiers présentés sont complets. Cette structure de conseil pourrait également proposer un accompagnement juridictionnel en faveur des demandeurs. « Nous sommes pratiquement sûrs aujourd’hui d’avoir la participation de l’État, du Pays et des communes« , a précisé Lana Tetuanui. Selon elle, l’absence d’une telle structure au niveau local présente « un vrai frein à l’indemnisation« .

La commission extra-parlementaire devrait en outre préconiser la « reconnaissance morale du statut de victime du nucléaire« . La sénatrice n’a pas été très claire sur ce point. Elle place cependant ce principe hors du champ de la réparation pécuniaire. Il s’agirait, selon elle, de « la reconnaissance de la personne, de nos vétérans, ceux qui ont été sur les sites. C’est une revendication légitime des victimes« .

Les rapporteurs de la mission Erom devraient enfin insister sur l’importance de la mise en place d’une étude épidémiologique chargée de préciser la réalité des maladies transgénérationnelles liées au nucléaire. « Aujourd’hui, ils y a beaucoup de supputations. Nous avons besoins d’une étude fiable qui confirme ou non si tout ce qui se dit à ce sujet est fondé ou pas du tout« , souligne la sénatrice. Pour l’heure, la loi Morin stipule que les demandes d’indemnisations ne peuvent concerner que des personnes ayant résidé en Polynésie française du 2 juillet 1966 au 31 décembre 1998 et atteintes d’un des 21 cancers reconnus par le décret d’application de la loi. Le retrait de la date butoir de 1998 est demandé par plusieurs associations de défense des victimes, notamment Moruroa e Tatau et l’association 193. Une telle étude est présentée comme un préliminaire, avant de considérer ces demandes.

Des annonces pourraient être faites lors de la venue du président de la République, début 2019, espère Lana Tetuanui.

Rédigé par Jean-Pierre Viatge le Jeudi 4 Octobre 2018 à 17:16

https://www.tahiti-infos.com/Loi-Morin-la-commission-Erom-presente-cinq-pistes-d-amelioration_a175654.html

Oct 05

FESSENHEIM: 10 MILLIONS D’EUROS POUR L’APRÈS-CENTRALE, LA FERMETURE N’EST PLUS LIÉE À FLAMANVILLE

Colmar – L’État va débloquer 10 millions d’euros dès le 1er janvier 2019 pour aider à la reconversion économique de la zone autour de la centrale nucléaire de Fessenheim, dont la fermeture n’est plus forcément liée à l’EPR de Flamanville, a annoncé jeudi le gouvernement.

« Il s’agit d’un fonds d’amorçage pour financer les premières actions du projet de territoire conçu par les élus locaux« , a expliqué à Colmar le secrétaire d’État à la Transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, à l’issue du 3ème comité de pilotage pour l’avenir du territoire de Fessenheim.

L’argent servira au développement économique, au développement d’infrastructures, à la transition énergétique et à l’innovation, a-t-il notamment détaillé.

De son côté, le ministre de la Transition écologique et solidaire François de Rugy a assuré depuis Paris que « naturellement la centrale fermera pendant ce mandat, d’ici 2022 » mais a indiqué ne pas pouvoir donner « la date au mois près« .

« À une époque, on a dit qu’on fermera Fessenheim quand on ouvrira l’EPR de Flamanville. Aujourd’hui on est obligés d’envisager de ne pas faire les deux opérations en même temps« , a-t-il souligné sur France Info.

« EDF n’est pas capable de nous donner une date, et l’Autorité de sûreté nucléaire non plus, sur l’ouverture de Flamanville« , a insisté M. de Rugy.

Interrogé sur la date de fermeture de Fessenheim, M. Lecornu a pour sa part assuré qu’elle coïnciderait avec le démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche), plutôt « fin 2019« . Un éventuel nouveau report de la mise en service de Flamanville ne changera rien, selon lui, au sort de Fessenheim, la doyenne des centrales nucléaires françaises, mise en service en 1977.

« La fermeture de cette centrale est actée. Son principe est désormais irréversible« , a répété M. Lecornu.

EDF avait annoncé cet été un an de retard supplémentaire pour l’EPR de Flamanville en raison de problèmes de soudures. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a encore mis la pression à EDF mercredi en estimant que le problème des soudures nécessitait encore un « travail technique important« .

Concernant Fessenheim, une zone de 200 hectares au nord de la centrale a été identifiée pour installer des initiatives, « dont 30 hectares seront disponibles dès le 1er janvier 2020« , a déclaré M. Lecornu.

Le secrétaire d’État a également annoncé la création d’une société d’économie mixte (SEM) franco-allemande chargée de l’aménagement de cette zone foncière.

Concernant la fiscalité, M. Lecornu a rappelé que la commune de Fessenheim bénéficierait d’un « accompagnement« , pour compenser la fermeture de la centrale. Fessenheim et son intercommunalité recevront 30 millions d’euros sur 10 ans.

fd-jmi/fka/az

AFP / le 04 octobre 2018 15h07

https://www.romandie.com/news/Fessenheim-10-millions-d-euros-pour-l-apres-centrale-la-fermeture-n-est-plus-liee-a-Flamanville/959372.rom

Oct 05

DÉBAT PUBLIC À BURE, LA MARGE DE MANŒUVRE S’ANNONCE RÉDUITE POUR LES CITOYENS

Un nouveau débat public sera organisé en décembre prochain autour du projet d’enfouissement des déchets nucléaires Cigéo. Mais ce débat semble verrouillé avant même d’avoir eu lieu.

Mi-septembre, le gouvernement a confirmé l’organisation en décembre de la concertation pour Cigéo, ce projet de centre industriel de stockage géologique de déchets nucléaires, situé à Bure dans le département de la Meuse.

Cette concertation prendra la forme d’un « débat public » organisé par la Commission nationale du débat public. Ce nouvel échange viendra s’ajouter à deux autres organisés précédemment. Tout ou presque semble avoir été dit sur Bure et pourtant il reste matière à débattre. Car loin d’avoir réglé les discussions, les débats précédents les ont ouvertes. Celui de 2013 aura même été le théâtre d’une forte critique sociale.

La concertation proposée aujourd’hui se fonde sur un discours valorisant la transparence et l’information du public. Il s’inscrit dans plus d’une décennie de rhétorique gouvernementale autour du très controversé projet d’enfouissement des déchets radioactifs.

Un débat public dès 2006

Le débat public de décembre à Bure sera donc le troisième à porter sur la gestion des déchets nucléaires. Ceci tient au fait que Cigéo n’est pas un projet comme les autres : l’énergie nucléaire soulève des questions techniques et environnementales qui dépassent celles des plans d’aménagement. Et la longue durée de vie de ces déchets implique de prendre des décisions qui auront des conséquences sur plusieurs générations.

C’est pourquoi Cigéo a mis à l’épreuve la procédure de débat public dès 2006, en devenant le premier à porter sur une question de politique générale. Cette procédure s’est poursuivie par l’adoption d’une loi faisant le choix du stockage réversible profond pour la gestion des déchets nucléaires.

En 2013, les citoyens sont à nouveau invités à débattre. Les discussions portent alors sur les modalités de réalisation du projet Cigéo, porté par son « maître d’ouvrage », l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs). Cette deuxième édition est restée dans les mémoires : la contestation sociale qu’elle a provoquée fut sans précédent, contraignant les réunions publiques à migrer sur le web.

Un contexte particulièrement tendu

Les discussions de décembre vont s’inscrire dans cette histoire déjà riche et mouvementée. Elles interviennent dans une période de fortes tensions qui s’est soldée par l’évacuation en février dernier des opposants rassemblés dans le bois Lejuc.

Ce contexte particulier n’est pas étranger au changement de méthode impulsé par le gouvernement et qui s’appuie sur l’Autorité du comité de haut niveau (CHN) dont les membres comptent des représentants de l’État, des élus locaux, l’Andra et les producteurs de déchets nucléaires (EDF, Orano et le CEA).

Le CHN orchestre ainsi la nouvelle phase de contestation autour de deux dispositifs : un débat public portant sur le plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) ; un centre de ressources en ligne hébergé par le ministère de la Transition écologique et solidaire.

Un changement d’énonciation

L’objectif de toute concertation est d’informer les populations sur le projet discuté. La mission première de la CNDP est de « veiller au respect de bonnes conditions d’information du public ». Le gouvernement assume désormais cet impératif en lançant le portail d’informations cigeo.gouv.fr.

Informer la population semble être un préalable indispensable à tout débat, pour disposer d’un minimum de connaissances avant d’entrer de plain-pied dans la discussion. Sachant, comme le soulignent les sciences de l’information et de la communication, que toute information est le produit de choix délibérés. Ce qui ne la rend pas fausse pour autant : elle véhicule une série de représentations.

Les éléments disponibles sur le centre de ressources en ligne tiennent compte de cette situation. Un premier espace invite ainsi le visiteur à « tout comprendre », à l’aide de chiffres et de schémas, postule qu’il existe un déficit de connaissance chez le public. Le second propose « d’explorer la base documentaire », renforçant l’idée que le projet est déjà lancé puisqu’il comporte presque une centaine d’archives législatives, scientifiques et techniques.

Ce portail d’informations opère une rupture sur le plan de l’énonciation. Encore récemment, c’est l’Andra qui diffusait les informations sur le projet Cigéo : son calendrier, son budget, ses risques, etc. Désormais, c’est le plus haut niveau de la représentation politique qui s’exprime. L’Andra n’est plus seule à endosser la responsabilité du stockage des déchets nucléaires. Le gouvernement explique pourquoi la France s’est engagée dans le projet, quelle sera la durée de vie du site, ou encore son impact sur la santé des habitants et l’agriculture locale.

Cette rupture peut s’expliquer par la volonté de rendre visible le projet Cigéo dans le débat plutôt que le laboratoire de l’Andra construit en 2000. Dans le discours gouvernemental, Cigéo devient une quasi-certitude. Il s’agit de « lever les interrogations légitimes » ou encore de « rassembler » des documents pour que le projet puisse se réaliser.

Un débat verrouillé

C’est en livrant une information complète au citoyen que celui-ci pourra débattre. Tel est le postulat des concepteurs de la concertation qui ont recours à la rhétorique de la transparence.

Mais le débat semble verrouillé avant même d’avoir eu lieu. Les pouvoirs publics envisagent la concertation comme un rendez-vous démocratique dans le calendrier de Cigéo. Les associations écologistes, quant à elles, dénoncent l’impossible remise en cause du projet.

Cette focalisation du débat public sur les conditions de réalisation du stockage est susceptible de créer à nouveau de vives tensions.

La première option qui s’offre aux citoyens consiste à prendre part au débat public, dont on sait désormais qu’il constitue une arène dotée de règles auxquelles doivent souscrire les participants.

L’option alternative conduit les citoyens à mener l’enquête sur les points qui leur posent problème au sein d’associations. De cette manière, ils constituent un contre-public dont l’action est susceptible d’influencer la concertation « de l’extérieur ». Ce mode d’action est susceptible de provoquer de vives tensions, comme en 2013 lorsque des associations avaient boycotté le débat de la CNDP pour le faire vivre dans d’autres lieux.

Décider avec ou contre l’État

La concertation vise également à éclairer la prise de décision politique.

Le cap fixé par le gouvernement est clair : Cigéo a besoin d’un « pilotage national » qui puisse « garantir l’acceptabilité » du projet.

Le citoyen sera appelé à s’exprimer sur le Plan national des matières et déchets radioactifs, pas supplémentaire vers la réalisation de Cigéo. S’il habite Bure et ses environs, son élu local sera entendu par le CHN. Enfin, s’il souhaite en savoir plus, le portail en ligne du ministère lui apportera des éléments de réponse.

Ce dispositif de concertation semble bien huilé, allant du plus haut niveau de la représentation nationale jusqu’à ceux qui ne connaissent pas le projet, en passant par les citoyens qui souhaitent y prendre une part active.

Une incertitude demeure toutefois : quid de ceux qui ne veulent pas s’y soumettre ? Ceux-là doivent bâtir leurs propres moyens d’expression et de communication. S’ils s’opposent farouchement à ce cap, ils alimentent un conflit auquel la représentation nationale semble préparée. Ceux qui se situent en marge de la concertation la radicalisent au sens propre du terme (« ce qui tient à la racine »). Leur combat ne sera alors plus seulement dirigé contre Cigéo mais contre le capitalisme. Celui de l’État ne se limitera pas à bâtir une concertation, mais à garantir une certaine vision de l’ordre républicain, y compris par la force publique.

Publié le 04/10/2018 à 11h20 par Vincent Carlino, Doctorant en sciences de l’information et de la communication, Université de Lorraine.

https://www.sudouest.fr/2018/10/03/debat-public-a-bure-la-marge-de-manoeuvre-s-annonce-reduite-pour-les-citoyens-5446227-10275.php

Oct 04

NUCLÉAIRE : FEUILLETON DES CAGADES DE L’EPR (SUITE ET – HÉLAS – PAS FIN) !

Cette fois, ce sont les grosses soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur qui sont mises en cause par l’ASN (autorité de sûreté nucléaire), le gendarme du nucléaire.

Rappelons que l’ASN assure, au nom de l’État, le contrôle de la sûreté nucléaire et de la radioprotection, pour protéger les personnes et l’environnement. Elle informe le public et contribue à des choix de société éclairés. L’ASN décide et agit avec rigueur et discernement : son ambition est d’exercer un contrôle reconnu par les citoyens et constituant une référence internationale.

Voici sa « note d’information » publiée le 3 octobre 2018 :

« Les soudures des tuyauteries principales d’évacuation de la vapeur du réacteur EPR de Flamanville 3 sont concernées par des écarts de conception et de réalisation. »

EDF a informé l’ASN, par courrier le 23 juillet 2018, de la démarche de traitement des écarts qu’elle envisage de mettre en œuvre. L’ASN avait noté favorablement la proposition de remise à niveau d’une partie des soudures avec un procédé de soudage permettant de respecter les valeurs de résilience prévues dans le référentiel d’exclusion de rupture de ces tuyauteries (L’exclusion de rupture implique un renforcement des exigences de conception, de fabrication et de suivi en service de certains matériels. Ce renforcement doit être suffisant pour considérer que la rupture de ces matériels est extrêmement improbable. Il permet à l’exploitant de ne pas étudier intégralement les conséquences d’une rupture de ces tuyauteries dans la démonstration de sûreté de l’installation.)

EDF envisage néanmoins le maintien en l’état de certaines soudures, dont les 8 soudures situées au niveau de l’enceinte de confinement (Dispositif de protection qui consiste à contenir les produits radioactifs à l’intérieur d’un périmètre déterminé fermé). L’ASN considère notamment que cette option nécessite la réalisation d’un programme conséquent d’essais visant à mieux caractériser les propriétés mécaniques des soudures. Dans la mesure où il n’est pas certain que cette démarche aboutisse, l’ASN invite EDF à engager dès à présent les actions préalables à la réparation des soudures concernées.

Les propositions d’EDF feront l’objet d’une instruction par l’ASN avec l’appui technique de l’IRSN. L’ASN consultera son groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires dans le cadre de cette instruction.

L’ASN considère par ailleurs que les écarts constatés traduisent une défaillance de la surveillance réalisée par EDF sur certaines activités du chantier du réacteur EPR de Flamanville. Elle demande par conséquent à EDF d’étendre la revue de la qualité des matériels installés sur ce réacteur.

Enfin, le premier écart ayant été identifié par EDF en juillet 2015, l’ASN considère que la gestion de cette situation par l’exploitant a été défaillante. L’ASN demande donc à EDF d’effectuer une analyse approfondie des dysfonctionnements survenus au sein de ses services et de ceux de ses fournisseurs. EDF devra également expliquer l’information tardive de l’ASN, au début de l’année 2017.

En savoir plus :

Soudures des tuyauteries VVP Exigences d’exclusion de rupture et défauts non détectés lors des contrôles de fin de fabrication – Courrier de l’ASN du 2 octobre 2018.

(PDF – 193,46 Ko) »

Bon. C’est technique tout ça. Mais ça veut dire quoi ? Que si ces énormes soudures lâchent brutalement, c’est l’étanchéité de la cuve de confinement du réacteur qui est compromise. Avec des conséquences par tellement sympathiques pour que l’ASN en vienne à allumer sérieusement EDF ! Il faut dire que la rogne de Pierre-Franck Chevet – la bête noire haïe de la mafia nucléocrate – n’est pas gratuite : il y a des mois que l’ASN aiguillonne EDF. Et qu’est-ce qu’elle lui a répondu à l’ASN l’EDF ? Elle lui a dit, avec un bras d’honneur, quelque chose comme : Tè ! Fume… Pas question de refaire ces soudures. On va changer les procédures de contrôles pour les rendre compatibles avec nos soudures merdiques.

L’EPR de Flamanville ! European Pressurized Reactor, puis Evolutionary Power Reactor, mais on pourrait plutôt dire Euh ! Pour Rire. Cette aberration – un réacteur d’une technique ancienne, dépassée mais gigantesque (1 650 mégawatts), sacrifiant du fait de ce gigantisme la sûreté à la productivité – devait coûter 3 milliards d’euros, il devrait (??!!) finalement coûter 11, 12, 13 milliards, et plus si affinité ! En plus, cette dangereuse merde, qui devait démarrer en 2012 sera finalement mise en service en… Qui peut le dire ?

Ce chantier a multiplié les retards, les malfaçons, les pannes, les organes déficients. Béton plein de trous par manque de ciment, cuve pas assez résistante, etc., etc… Ceci en partie à cause d’une cascade de sous-traitance qui fait que la compétence des acteurs réels du chantier n’est pas assurée. En 2011 déjà, l’ASN avait dénoncé « un manque de compétences, de formation à la culture de sûreté des intervenants » et des « lacunes d’EDF dans la surveillance des sous-traitants ».

Il serait peut-être temps de prendre enfin la décision qui s’impose : abandonner purement et simplement ce foutoir imposé par le redoutable autant qu’irresponsable lobby des nucléocrates. L’EPR est merdique. Sa construction foire aussi bien en Finlande qu’à Flamanville. Où qu’on le construise, l’EPR sera dangereux. Il brûlera – si un jour il fonctionne – du Mox, le plus dangereux des combustibles puisque contenant beaucoup de plutonium, l’horreur intrinsèque. Il produit des déchets nucléaires qu’il faudra stocker durant des millions d’années. Pour chaque mégawatt d’électricité produite en un an, chaque centrale produit la radioactivité à vie courte et à vie longue d’une bombe de Hiroshima. Un EPR à 1 600 MWe produira la radioactivité de 1 600 bombes de Hiroshima… Aux fous !

Et pour l’EPR, des gens mourront dans les mines d’extraction, par les radiations proches des centrales, dans les usines de plutonium (dites de retraitement) et d’enrichissement d’uranium. Comme toute autre centrale nucléaire conventionnelle, l’EPR produira des rejets radioactifs lors de son fonctionnement dit « normal ». Destiné à l’exportation, l’EPR aggrave donc le risque que de nouveaux pays entrent en possession de la bombe atomique.

Le projet EPR a commencé bien avant les événements du 11 septembre 2001. L’EPR n’est pas prévu pour faire face à une éventuelle attaque terroriste. Une attaque terroriste ou un accident nucléaire majeur rendraient une grande partie de l’Europe inhabitable pour toujours. Un pays possédant des centrales nucléaires est à la merci de tous les chantages.

De plus, l’uranium provient de l’étranger et sa pénurie se précise. Alors, si les réacteurs doivent être arrêtés par manque de combustible, pourquoi en construire de nouveaux ?

Ne serait-il pas plus raisonnable, au vu de ce fiasco, de remettre au pas le trop puissant lobby des nucléocrates et d’arrêter les frais en ayant le courage d’abandonner le chantier EPR pour mettre enfin le pognon et les compétences nécessaires dans la tant espérée arlésienne qu’est la « transition énergétique » ? Hulot en a rêvé… On connaît la suite.

Eh ! Oh ! Victor, t’as fumé la moquette ou quoi ? D’où il vient le Premier ministre Philippe ? D’Areva ! Pardon « d’Orano », le nouveau faux-nez de cette entreprise désastreuse à tous les niveaux.

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https://blogs.mediapart.fr/victorayoli/blog/041018/nucleaire-feuilleton-des-cagades-de-l-epr-suite-et-helas-pas-fin

Oct 04

FERMETURE DE LA CENTRALE DE FESSENHEIM : CE QUE L’ÉTAT COMPTE FAIRE POUR L’APRÈS

Le plan de reconversion, présenté jeudi, doit donner des perspectives économiques aux salariés concernés et à la région tout entière.

La plus vieille centrale nucléaire de France va-t-elle finir par fermer ? Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait repris à son compte cet engagement de François Hollande. Mais il avait aussi continué à lier le sort des deux réacteurs de Fessenheim (Haut-Rhin) au démarrage de l’EPR de Flamanville (Manche).

Or le chantier de Flamanville, lancé en 2007, a viré au cauchemar pour EDF, le réacteur de nouvelle génération ne devrait pas démarrer avant fin 2019, au mieux. Ce report repousse d’autant la fermeture de la centrale de Fessenheim, se félicitent les élus locaux, qui espèrent obtenir ainsi un peu d’air. Le ministre de la transition énergétique, François de Rugy, a d’ailleurs déclaré jeudi 3 octobre sur Franceinfo que la centrale serait fermée d’ici à 2022 tout en précisant qu’il fallait désormais dissocier le sort de Fessenheim de celui de Flamanville. « Aujourd’hui, on est obligé d’envisager de ne pas faire les deux opérations en même temps car tout simplement nous n’avons pas de date. EDF n’est pas capable de nous donner une date, et l’Autorité de sûreté nucléaire [ASN] non plus, sur l’ouverture de Flamanville. »

Après neuf mois de discussions et trois comités de pilotage sur l’avenir de Fessenheim, le secrétaire d’État à la transition écologique, Sébastien Lecornu, devait présenter, jeudi 4 octobre, dans le village, les détails du plan de reconversion économique du territoire.

Synthèse des réflexions de la région Alsace, du département du Haut-Rhin, de la commune de Fessenheim, de la communauté de communes et des services de l’État, le plan vise à « faire de Fessenheim une reconversion économique exemplaire », souligne-t-on au ministère de l’écologie. L’enjeu est de taille : 850 agents EDF et 300 salariés de sous-traitants travaillent sur le site de la centrale, qui génère également quelque 1 000 emplois indirects et 14 millions d’euros de retombées fiscales annuelles pour les collectivités locales.

Des dizaines de projets ont été recensés en matière de développement économique, d’infrastructures, de transition énergétique et d’innovation. « Si le projet est ambitieux, l’accompagnement financier sera ambitieux », promettait M. Lecornu en janvier. Le gouvernement s’engage finalement à débloquer 10 millions d’euros pour lancer les premières initiatives.

Fermeture de plusieurs réacteurs d’ici à 2028

Parmi les annonces phares du plan, la création d’une zone d’activités, au nord de Fessenheim, le long du grand canal d’Alsace : 200 hectares, dont une trentaine disponibles dès le 1er janvier 2020. Une société d’économie mixte franco-allemande, créée en janvier, doit en assurer l’aménagement. « C’est une zone frontalière, au cœur de l’Europe. Ce serait vraiment curieux si on n’arrive pas à y accueillir des entreprises », explique M. Lecornu. Le gouvernement prévoit également une prime de 15 000 euros par emploi créé. Un geste en direction des entrepreneurs allemands, qui lorgnent le foncier alsacien, mais réclament une plus grande souplesse fiscale et sociale.

EDF s’engage à créer sur le site de la centrale nucléaire un technocentre de démantèlement des grosses pièces métalliques, notamment les générateurs de vapeur. Avec, à la clé, 200 emplois et 100 millions d’euros d’investissements. Une bouffée d’oxygène pour le territoire. « Il y aura à l’avenir des besoins dans le démantèlement des centrales nucléaires, c’est une opportunité à saisir avec les Allemands », note le secrétaire d’État.

Le détail du plan est scruté de près par les observateurs du secteur. Et pour cause : le gouvernement doit faire connaître fin octobre la feuille de route énergétique de la France, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Dans ce cadre, il pourrait annoncer la fermeture de plusieurs réacteurs d’ici à 2028. La France s’est en effet engagée à ramener de 75 % à 50 % la part de son électricité produite par des centrales nucléaires.

« Ces annonces ne sont que des déclarations d’intention, sans aucun engagement financier de l’État »
Raphaël Schellenberger, député Les Républicains de la circonscription

Les concessions obtenues par les élus locaux vont-elles servir de modèle ? Au gouvernement, on assure que Fessenheim est un cas particulier, sur lequel se concentrent des moyens importants. Rien ne garantit qu’il en sera de même lors des prochaines fermetures, prévient-on.

Mais les projets retenus pour l’après-Fessenheim sont loin d’être entièrement calés. Un exemple ? Le projet de liaison ferroviaire entre Colmar et Fribourg-en-Brisgau (Allemagne), réclamé par les élus locaux depuis plus de soixante ans, fera l’objet d’une « étude de faisabilité », dont les résultats seront connus à la fin de l’année.

Le plan de reconversion contient également un volet social. Les sous-traitants menacés par la fermeture de Fessenheim bénéficieront d’une cellule de reclassement et d’un accompagnement personnalisé. Concernant la perte de fiscalité pour les collectivités locales, le gouvernement a prévu un système de compensation : 30 millions d’euros sur dix ans, de manière pleine pendant trois ans, et dégressive les sept dernières années. « Ça n’a jamais été fait auparavant pour les fermetures de centrales thermiques, défend M. Lecornu, 30 millions, ce n’est pas rien. »

Lecornu avait également annoncé en avril un appel d’offres photovoltaïque de 300 mégawatts dans le Haut-Rhin – un investissement total de 240 millions d’euros sur vingt ans.

« Quoi qu’il arrive, Fessenheim s’arrêtera »

Pour certains élus, le compte n’y est pas. « Ces annonces ne sont que des déclarations d’intention, sans aucun engagement financier de l’État, dénonce Raphaël Schellenberger, député Les Républicains de la circonscription de Fessenheim. M. Lecornu semble vouloir se débarrasser du dossier. »

Le député La République en marche de la circonscription voisine, Bruno Fuchs, souligne « le manque d’ambition » du gouvernement, et critique sa méthode : « Ce n’est qu’un listing de projets locaux. Beaucoup a été fait, mais ça ne va pas assez loin, regrette-t-il. L’État n’apporte pas les moyens financiers qu’il s’était engagé à apporter pour faire de l’Alsace une région au cœur de l’Europe, et le berceau des innovations du XXIsiècle. »

Le projet de reconversion doit être signé avec tous les acteurs locaux au plus tard début 2019. Car, comme le rappelle le secrétaire d’État, « quoi qu’il arrive, Fessenheim s’arrêtera. Que ce soit six mois de plus, ou pas, la fermeture est actée ».

Le processus pourrait cependant prendre encore du retard. Mercredi, l’ASN a fait savoir à EDF que les problèmes rencontrés sur le chantier de l’EPR nécessitaient encore un « travail technique important ». Une manière de souligner la probabilité que Flamanville connaisse de nouveaux retards dans les mois prochains. Un sursis de plus pour Fessenheim.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/04/fermeture-de-la-centrale-de-fessenheim-le-gouvernement-presente-son-plan-de-reconversion_5364283_3234.html

Oct 04

NON, LE NUCLÉAIRE NE SAUVERA PAS LE CLIMAT !

Tribune- Devant l’urgence climatique, l’énergie nucléaire est souvent évoquée en France, malgré les risques qui s’y attachent, comme une solution crédible au niveau mondial à la lutte contre le réchauffement climatique, à l’égal des économies d’énergie et des énergies renouvelables.

Aujourd’hui, la production d’origine nucléaire représente 10% de la production d’électricité mondiale (en régression de 7 points depuis 1996), à peine 2% de la consommation d’énergie finale, et ne permet d’éviter que 2,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ! L’âge moyen du parc mondial continue d’augmenter et atteint 30 ans en 2018. Pas étonnant puisque le nombre des débuts de construction de nouveaux réacteurs a chuté de 44 en1976 à15 en 2010 et 5 en 2017.

La production d’origine nucléaire ne permet d’éviter que 2,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre !

Alors que 260 milliards de dollars ont été investis au monde dans les filières photovoltaïque et de l’éolien en 2017, dont les coûts d’investissement et de production décroissent de façon continue depuis une décennie, seuls 16 milliards l’ont été dans la filière nucléaire dont les coûts ont subi un facteur deux d’augmentation durant la même période1. L’Agence Internationale de l’Énergie Atomique ne s’y trompe d’ailleurs pas quand elle s’inquiète de la baisse prévisible de la participation du nucléaire au bilan énergétique mondial en 2030.

Il est totalement invraisemblable de prétendre assurer à court et moyen terme (2030-2040) un développement mondial du nucléaire capable de sortir cette filière de la marginalité actuelle des émissions de gaz à effet de serre qu’elle évite.

Il faudrait en effet pour sortir de la marginalité climatique et atteindre des chiffres de l’ordre de 10% des émissions évitées, démarrer un nouveau réacteur chaque semaine, sans qu’on ait la moindre idée des pays susceptibles de les accueillir sur leur réseau, des pôles industriels à développer intensivement et de l’origine des sommes gigantesques à rassembler pour financer ces investissements à haut risque et à temps de retour de cinq ou six décennies.

Sans compter la multiplication exponentielle des risques d’accident majeur, l’accumulation de déchets à haute activité et très longue durée de vie dont personne ne sait que faire, mais aussi les risques de prolifération vers les activités militaires que susciterait une dissémination trop rapide des technologies nucléaires dans des pays qui ne disposent ni de la stabilité politique, ni des infrastructures ni de la culture de sûreté et de sécurité indispensables.

La France, dont les émissions de gaz à effet de serre, contrairement à ses propres engagements au titre de l’accord de Paris, ont augmenté de 3% en 2017, devrait-elle échapper à cette analyse ? C’est la conviction que tentent de continuer à nous imposer l’industrie nucléaire, une bonne partie de la classe politique française, le gouvernement et la haute administration.

Les signaux d’alerte se multiplient dangereusement : l’opérateur historique s’avère incapable de maîtriser techniquement et financièrement le chantier de l’EPR de Flamanville

Les signaux d’alerte se multiplient pourtant dangereusement : l’opérateur historique s’avère incapable de maîtriser techniquement et financièrement le chantier de l’EPR de Flamanville supposé préfigurer le parc nucléaire des années 2030. L’Autorité de Sûreté Nucléaire se voit contrainte d’accorder des dérogations injustifiables à EDF pour lui permettre la poursuite de sa construction, dont la mise en service recule d’année en année. Le devis du « grand carénage » indispensable à la mise aux normes de sûreté du parc français actuel dépasse déjà le coût d’investissement initial de ce parc, sans qu’EDF puisse assurer pour autant une prolongation significative de production d’électricité sans risque. L’État s’est vu dans l’obligation d’aligner 5 milliards d’euros pour éviter la faillite d’Areva, englué dans les aventures minières, le surcoût de l’EPR en Finlande et les suites des falsifications effectuées dans son usine Creusot Forge.

C’est pourtant dans ce contexte délétère qu’EDF, qui a déjà réussi à convaincre le gouvernement de décaler d’au moins dix ans le calendrier de fermeture de la vingtaine de centrales nécessaire au respect de la loi de transition énergétique de 2015, tente, pour maintenir coûte que coûte son parc au niveau actuel, d’imposer sa vision d’un nucléaire « sauveur du climat ». La solution proposée par EDF consiste à faire augmenter le plus rapidement possible la consommation française d’électricité, stagnante depuis plusieurs années, de telle sorte que la part du nucléaire redescende « naturellement » à 50% du total vers 2030, rendant inutile toute fermeture de centrale.

Sous le prétexte d’une « transition bas carbone » de bon aloi, c’est en fait d’une promotion discrète mais intense du nucléaire qu’il s’agit.

Quitte à proposer des scénarios improbables sur le plan technique et économique de pénétration massive de l’électricité dans les transports individuels (en particulier sous forme d’hydrogène) et le triplement des exportations d’électricité vers nos voisins européens, avec les problèmes d’extension massive des lignes haute tension transfrontières et les aléas politiques et économiques que suppose une telle stratégie.

Il faut revenir à la raison : une telle aventure est beaucoup plus risquée du point de vue technique, beaucoup plus onéreuse, moins efficace et beaucoup plus longue à mettre en œuvre que des politiques d’économie d’énergie (dont les économies d’électricité) et de développement des énergies renouvelables. Elle présente des risques majeurs, d’abord pour nos concitoyens, mais aussi pour nos voisins européens : risque d’accident majeur qui augmente avec le dérèglement climatique, risque de restriction de la production en cas de canicule, risque de rupture d’approvisionnement d’uranium d’origine géopolitique, risques provoqués par l’aval du cycle, le démantèlement des centrales et le traitement des déchets nucléaires, risques de prolifération vers les armes atomiques.

La filière nucléaire n’a aucune chance d’apporter une solution à la hauteur des enjeux climatiques au niveau mondial dans les délais nécessaires, d’ici 2030 ou 2040

À ceux, encore nombreux, qui pensent que le nucléaire est un « mal » mais un « mal nécessaire », voire indispensable, vue l’urgence climatique, nous disons que cette filière n’a aucune chance d’apporter une solution à la hauteur des enjeux climatiques au niveau mondial dans les délais nécessaires (d’ici 2030 ou 2040).

La France, si elle s’obstine seule dans cette voie d’une primauté au nucléaire, s’isolera donc chaque jour davantage dans le concert des nations qui se sont engagées résolument dans une transition énergétique rapide fondée sur les trois piliers que sont la sobriété, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
Elle devra en assumer tous les risques qu’elle fait courir à ses voisins, sans en recueillir de profits économiques, tout en retardant d’un bon demi siècle son entrée dans la modernité énergétique.

Benjamin Dessus et Bernard Laponche le 03/10/2018

https://www.alternatives-economiques.fr/non-nucleaire-ne-sauvera-climat/00086499

Oct 04

BELGIQUE : ANOMALIES À TIHANGE 2: LE MINISTRE DE L’INTÉRIEUR CHARGE ENGIE-ELECTRABEL

Après l’AFCN (Agence fédérale du contrôle nucléaire), c’est au tour du ministre de l’Intérieur d’évoquer une responsabilité d’Engie-Electrabel dans les soucis que rencontrent plusieurs réacteurs nucléaires du pays en ce moment. Jan Jambon était interrogé à ce sujet en commission de l’Intérieur à la Chambre ce mercredi après-midi.

La semaine dernière, le témoignage anonyme d’un collaborateur d’Engie-Electrabel révélait que les fragilités du béton du réacteur de Doel 3 étaient connues depuis les années 90. Mardi, la VRT apprenait que comme à Tihange 3, les armatures métalliques des installations de sécurité de Tihange 2 n’avaient pas été placées correctement. Ces problèmes étaient connus de l’AFCN qui confirme les anomalies. 

Répondant à une question du député écologiste Jean-Marc Nollet sur Tihange 2, Jan Jambon déclare aujourd’hui en commission à la Chambre qu’« il semble que la gravité des dégradations a été incorrectement estimées et que les travaux de réparation auraient dû avoir lieu plus tôt ». Le ministre de l’Intérieur ajoute que des investigations à Tihange 2 sont toujours en cours, « mais ont déjà montré des indications d’anomalies dans le positionnement des armatures »

Vers une action en justice? 

Pour le député Jean-Marc Nollet, le ministre de l’Intérieur pointe clairement du doigt la responsabilité de l’exploitant des centrales nucléaires. Jean-Marc Nollet demande dès lors au gouvernement fédéral d’intenter une action en justice contre Engie-Electrabel. « Cela nous permet de demander aujourd’hui que l’opérateur, Electrabel prenne à sa charge les augmentations de prix liées à sa responsabilité. » 

L’arrêt simultané de plusieurs réacteurs nucléaires oblige effectivement la Belgique à importer de l’électricité ce aura sans doute des conséquences sur la facture d’électricité.

Pour retrouver cet article et la vidéo (2mn21s) de l’entretien avec le ministre d l’Intérieur, cliquer sur :

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_anomalies-a-tihange-2-le-ministre-de-l-interieur-charge-engie-electrabel?id=10035833https://www.google.fr