LES ALLEMANDS EN DÉSACCORD SUR LA QUESTION DE LA DISSUASION NUCLÉAIRE CONTRE LA RUSSIE

BERLIN: La ministre allemande de la Défense par intérim, Annegret Kramp-Karrenbauer, a déclaré que l’OTAN était prête à recourir à la dissuasion nucléaire en cas d’attaque russe contre un membre de l’Alliance. Cette déclaration a déclenché de vives réactions en Allemagne.

«  Nous devons faire comprendre très clairement à la Russie qu’en fin de compte — et c’est aussi la doctrine de dissuasion — nous sommes prêts à utiliser de tels moyens pour que cela ait un effet dissuasif en amont et que personne n’ait l’idée, par exemple, dans les zones au-dessus des États baltes ou en mer Noire, d’attaquer les partenaires de l’OTAN  », a-t-elle déclaré dans une interview à Dlf.

«  C’est l’idée principale de l’OTAN, de cette alliance, et elle sera adaptée au comportement actuel de la Russie. Nous constatons notamment des violations de l’espace aérien au-dessus des États baltes, mais également une augmentation des attaques autour de la mer Noire  », a-t-elle ajouté.

Ces déclarations surviennent alors que la Russie a annoncé la semaine dernière qu’elle allait rompre les contacts institutionnalisés existants avec l’OTAN. L’alliance a également convenu d’un nouveau plan directeur pour se défendre contre toute éventuelle attaque hybride russe.

La déclaration d’Annegret Kramp-Karrenbauer a suscité une vive réaction de la part de Rolf Mützenich, chef des sociaux-démocrates au parlement allemand, qui l’a qualifiée d’«  irresponsable  ».

Mützenich est particulièrement réputé pour ses opinions pacifistes. Il a rédigé sa thèse de doctorat en 1991 sur les régions dénucléarisées et milite régulièrement pour mettre fin au stationnement d’armes nucléaires américaines sur le sol allemand.

«  Je ne sais pas si la ministre a également pensé aux armes nucléaires encore stockées en Allemagne  », a déclaré M. Mützenich.

Une vingtaine de bombes nucléaires de différentes tailles seraient en attente sur le sol allemand, sur une base aérienne en Rhénanie-Palatinat, en raison du partage nucléaire de l’OTAN.

Les remarques de M. Mützenich sont particulièrement importantes puisqu’il fait partie d’une équipe de six personnes qui dirige les négociations de coalitions. Les partis allemands cherchent à en effet former une coalition «  feux tricolores  » qui devra se repositionner sur des questions telles que le partage nucléaire, la relation de l’Allemagne avec la Russie et sa position vis-à-vis de l’OTAN.

Si tous les partis sont favorables à l’adhésion de l’Allemagne à l’OTAN, la question du partage du nucléaire et de la présence d’armes nucléaires sur le sol allemand reste quant à elle plus controversée. La co-leader des Verts, Annalena Baerbock, critique ouvertement la présence d’armes nucléaires sur le sol allemand.

Le 7 septembre, Mme Baerbock a déclaré à la télévision nationale que «  le désarmement doit également inclure les armes nucléaires américaines ici en Allemagne et dans toute l’Europe  », ajoutant qu’elle était également favorable à l’adhésion au traité des Nations unies interdisant toutes les armes nucléaires.

La faction du SPD au parlement a publié un document de position en 2020, appelant à l’abolition de toutes les armes nucléaires. «  Notre objectif ultime à cet égard est le désarmement mondial complet des arsenaux existants d’armes de destruction massive  », a déclaré la faction.

Alors que le SPD, les libéraux favorables aux entreprises (FDP) et les Verts sont actuellement engagés dans des négociations de coalition afin de mettre en place un gouvernement opérationnel d’ici début décembre, il n’est pas certain que les armes nucléaires aient un avenir sur le sol allemand.

Par Réseau EURACTIV, traduction par Ambrine Dumas, publié le 25 octobre 2021 à 8h51

Photo en titre : La déclaration d’Annegret Kramp-Karrenbauer a suscité une vive réaction de la part de Rolf Mützenich, chef des sociaux-démocrates au parlement allemand, qui l’a qualifiée d’«irresponsable».

https://www.euractiv.fr/section/lactu-en-capitales/news/les-allemands-en-desaccord-sur-la-question-de-la-dissuasion-nucleaire-contre-la-russie/

BELGIQUE : LE CONSEIL SUPÉRIEUR DE LA SANTÉ ALERTE SUR LES DANGERS DU NUCLÉAIRE BELGE

L’organe scientifique juge l’arrêt du nucléaire «possible pour un coût relativement limité» mais s’inquiète en attendant du risque d’un accident nucléaire grave en Belgique.

L’énergie nucléaire, telle qu’actuellement déployée, ne répond pas, sur le plan environnemental, éthique et sanitaire, aux principes du développement durable, estime dans un avis le Conseil supérieur de la Santé (CSS). L’organe y juge également que l’arrêt des centrales nucléaires est possible en Belgique pour un coût relativement limité, y compris en termes d’impact CO2.

La Belgique vulnérable

La publication de cet avis intervient alors que le gouvernement fédéral doit décider dans le courant du mois de novembre de la fermeture partielle ou totale des réacteurs nucléaires belges à l’horizon 2025. Peu émettrice de CO2, l’énergie nucléaire est régulièrement présentée comme une alternative idéale pour remplacer les combustibles fossiles dans la production d’électricité, mais «la réalité est plus complexe», souligne le CSS, soulevant notamment la question des déchets radioactifs de très longue durée de vie, susceptibles d’impacter plusieurs générations, ainsi que les risques terroristes et d’accident grave.

«Le risque d’un accident nucléaire grave ne peut être exclu, même dans les meilleures centrales nucléaires, et la Belgique présente à cet égard une vulnérabilité spéciale en raison des caractéristiques des sites concernés: situés près de grandes villes et axes de trafic international, réseau routier saturé et populations denses», relève le CSS. L’organe d’avis scientifique du SPF Santé publique estime dès lors que «la poursuite de ce risque pendant 10 ou 20 ans supplémentaires pose des questions d’ordre environnemental, sanitaire et éthique».

Le CSS se dit conscient des développements technologiques accélérés pour réaliser des réacteurs plus petits, plus sûrs, avec moins de déchets et moins de risque de prolifération. «Mais ils sont pour la plupart encore en phase de développement et des évaluations approfondies doivent encore être réalisées entre autres en matière de sûreté», note-t-il. «Ces réacteurs ne constituent pas une solution aux choix actuels à réaliser par la Belgique», poursuit-il.

Des suggestions pour sortir du nucléaire

Se fondant sur les études menées notamment par EnergyVille et le Bureau fédéral du Plan, le CSS ajoute par ailleurs que «l’arrêt des centrales nucléaires est possible en Belgique pour un coût relativement limité, y compris en termes d’impact CO2».

L’une des priorités, aux yeux du CSS, consiste à disposer à temps des centrales à gaz à cycle combiné et de prévoir leur transition vers l’hydrogène bleu (produit avec des combustibles fossiles, mais avec captage du CO2 émis). L’organe préconise également d’investir dans le domaine du stockage de l’énergie, de la gestion du réseau, des interconnexions, du développement de la filière hydrogène et de la durée de vie et du recyclage des biens de consommation critiques pour les matières premières.

Et de conclure: «la transition énergétique nécessaire (…) doit rester compatible avec les principes du développement durable et ne pas conduire à de nouveaux déséquilibres et de nouveaux risques». Pour le CSS, «cela ne sera possible qu’en acceptant de remettre en cause, dans un esprit de modernité critique et d’équité, le paradigme de la croissance illimitée».

Par Rédaction avec Belga, publié lundi 25 octobre 2021 à 08h12

Photo en titre : La centrale nucléaire de Tihange, en province de Liège, le 29 septembre 2018 @BelgaImage

https://www.moustique.be/actu/belgique/2021/10/25/le-conseil-superieur-de-la-sante-alerte-sur-les-dangers-du-nucleaire-belge-214235

NUCLÉAIRE : LES APPÉTITS D’UNE INDUSTRIE HABITUÉE À RÉGNER EN MAÎTRE

Toute la semaine, «Libé» publie des enquêtes sur les enjeux de la COP 26. Aujourd’hui, le regain de forme du nucléaire, poussé par le Président.

Bataille classique d’un lobby qui n’a plus besoin de démontrer sa puissance ou retour en grâce justifié par le souci de lutter contre le réchauffement climatique ?

À quelques jours de l’ouverture de la COP 26 à Glasgow, Libération va toute cette semaine se mettre encore plus «au vert» que d’habitude, en publiant chaque jour de multiples enquêtes, reportages, portraits, décryptages, entretiens liés aux enjeux du climat. En démarrant par une enquête sur le regain de forme du nucléaire, au cœur des enjeux de la COP, au cœur aussi du rapport qui sera remis ce lundi au chef de l’État sur les «Futurs énergétiques 2050».

Plus que probable candidat à sa succession, Emmanuel Macron ne fait pas mystère de sa volonté de relancer un secteur en disgrâce depuis la catastrophe de Fukushima.

Dans sa besace : la construction de six nouvelles centrales EPR, et, c’est plus nouveau, de petits réacteurs modulaires pour remplacer les centrales à charbon ou au gaz, grosses émettrices de CO2. «Notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire», plaide l’Élysée.

Qu’importe si la seule centrale EPR en construction, Flamanville, n’est toujours pas opérationnelle après dix ans de retard. Au diable aussi le pognon de dingue qu’elle aura coûté.

Voir le vent ainsi tourner en faveur du nucléaire ne plaît évidemment pas aux anti-atomes.

Cela les inquiète d’autant plus que le lobby anti-éoliennes donne lui aussi de la voix, avec une certaine efficacité auprès des milieux complotistes, d’extrême droite, voire de droite.

Au-delà des risques d’accidents et de l’épineuse gestion des déchets, les antinucléaires estiment qu’il sera plus rapide de développer massivement les énergies renouvelables si l’on veut tenir les engagements de lutte contre le réchauffement. Et moins coûteux.

Ils ont aussi sans doute raison de s’inquiéter des appétits d’une industrie habituée à régner en maître. Si ce regain de forme se traduit par un recul des investissements dans le renouvelable et le retour d’une hégémonie à contre-courant, ce n’est pas une bonne nouvelle. Mais juré, craché, foi d’«en même temps», la macronie jure que non…

Par Paul Quinio, publié le 24 octobre 2021 à 21h05

Photo en titre: Devant la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, en 2017. (Idriss Bigou-Gilles)

https://www.liberation.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-les-appetits-dune-industrie-habituee-a-regner-en-maitre-20211024_D2COOZX45VDABKB6XYZYC67QX4

« FUTURS ÉNERGÉTIQUES 2050 »… QUELLE EST CETTE GRANDE ÉTUDE QUE PUBLIE RTE CE LUNDI ?

ÉNERGIE Du 100 % renouvelable ou avec de l’atome ? De quoi sera faite la production électrique française en 2050 ? C’est la question-clé de l’étude « Futurs énergétiques 2050 » que dévoile lundi RTE, gestionnaire du réseau électrique

C’est un rapport très attendu. Y compris par le gouvernement et Emmanuel Macron, qui l’ont mentionné à plusieurs reprises ces dernières semaines comme devant déterminer des décisions importantes pour l’avenir énergétique du pays.

Lundi matin, RTE, gestionnaire du réseau de transport électrique français, publie les premières conclusions de son étude « Futurs énergétiques 2050 ». L’aboutissement de deux ans et demi de travail au cours desquels RTE a étudié les évolutions possibles de notre système de production électrique * pour les trente années à venir. Période cruciale alors que la France s’est fixé l’objectif de la neutralité carbone en 2050, qui implique une profonde transition énergétique.

À quelle consommation d’électricité faut-il s’attendre en 2050 ? Peut-on se reposer uniquement sur les énergies renouvelables (ENR) pour y répondre ? Quelles places possibles encore pour le nucléaire ? Voilà les questions au cœur de « Futurs énergétiques 2050 ». 20 Minutes vous propose d’en faire le tour.

Vidéo 2mn21s (aller sur le site d’origine)

En quoi ce rapport est-il inédit ?

C’est dans les missions légales de RTE de réaliser régulièrement des bilans prévisionnels, à court terme, sur la consommation et la production électrique française pour éclairer les décisions du gouvernement. « L’objectif de neutralité carbone donne une tout autre importance à cette mission » explique Yves Marignac, chef du pôle énergies nucléaires et fossiles de l’Institut négaWatt, association d’experts de l’énergie. « Il ne suffit plus de planifier la poursuite de notre système électrique mais de réfléchir à sa transformation et à des horizons plus lointains. » Du prévisionnel, on passe à la prospection. « C’est-à-dire à l’élaboration d’hypothèses dont il faut questionner toutes les implications », reprend Yves Marignac. Un exercice bien plus sensible « car au cœur de choix politiques qu’on ne peut plus reculer, ne serait-ce parce que le parc nucléaire existant arrive en fin de vie », rappelle le directeur de l’association CLER-Réseau pour la transition énergétique.

RTE n’a pas travaillé dans son coin pour cette étude. Mi-2019, l’entreprise a lancé une concertation d’une centaine d’organismes et institutions, organisée en neuf groupes de travail thématiques. Ce travail a accouché de six scénarios possibles de mix de production électrique pour 2050, et de trois hypothèses de variation de la consommation d’électricité. Ils ont ensuite été soumis à une consultation publique entre janvier et juin dernier. Elle a recueilli 4.000 contributions.

Quels sont les six scénarios retenus par RTE ?

« Les six scénarios ont tous pour point commun de se fixer le but d’atteindre la neutralité carbone en 2050 », précise déjà Zélie Victor, responsable « Transition énergétique » au Réseau Action Climat, fédération d’ONG climatiques. En clair : que la production d’électricité en France ne soit plus source d’émissions de gaz à effet de serre à cette date. C’est sur la façon d’atteindre ce cap que les scénarios diffèrent. Trois font le pari de l’atteindre avec un mix de production tendant vers le 100 % renouvelables. En reposant donc essentiellement sur l’énergie solaire et éolienne (terrestre et en mer). Le scénario M0 prévoit même une sortie complète du nucléaire en 2050, quand aucune nouvelle installation nucléaire n’est prévue dans les deux autres **.

Les trois scénarios de la famille – / Infographie RTE

Les trois autres scénarios constituent la famille N… comme nucléaire. S’ils misent sur une montée en puissance des renouvelables d’ici à 2050, ils prévoient également tous de l’associer à l’atome en investissant dans de nouvelles installations. Le N03 repose même sur un mix 50 % ENR – 50 % nucléaire en 2050, avec la construction de 14 nouveaux EPR et quelques SMR, ces petits réacteurs modulaires évoqués récemment par Emmanuel Macron dans son plan France 2030. Le N1, qui prévoit le moins d’installations, envisage huit nouveaux EPR en 2050.

RTE a déjà détaillé ses six scénarios dans un rapport publié début juin. « Ils sont tous techniquement possibles, mais il reste à évaluer les conséquences techniques, économiques, d’acceptabilité sociale, environnemental de ces six trajectoires, explique Jean-Baptiste Lebrun. C’est cette évaluation socio-économique qui commencera à être publiée ce lundi. »

Le 100 % renouvelable possible donc en France en 2050 ?

C’est bien sur ce point qu’insistent les associations de la transition énergétique, en rappelant que trois des six scénarios possibles reposent sur un mix 100 % renouvelables. « Ce n’est pas la première fois que des rapports mettent en évidence la faisabilité technique d’un avenir 100 % renouvelables », rappelle Zélie Victor, en renvoyant vers les travaux de l’Ademe de 2015, ceux de trois économistes du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (CIRED), ou encore le rapport de RTE et de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) de janvier dernier.

Mais la question de la neutralité carbone ne se résume pas au fait de reposer sur un mix 100 % renouvelable en 2050. « La maîtrise que l’on fera de la demande d’électricité d’ici à 2050 est tout aussi capitale », insiste Yves Marignac. Un enjeu trop peu pris en compte dans Futurs énergétiques 2050 ? Au-delà des six scénarios, l’étude a aussi déterminé des trajectoires d’évolution de la demande d’électricité. Pour rappel, en 2020, la consommation française s’établissait à 460 terawatt-heure (Thw)***. « L’hypothèse basse retenue par RTE – dite de sobriété – anticipe une demande de 550 Twh en 2050, poursuit Yves Marignac. C’est relativement proche des estimations que nous faisons dans nos scénarios. Mais pour RTE, cette hypothèse est présentée comme une variante, quand sa trajectoire centrale, celle qu’elle devrait mettre en avant lundi, prévoit une demande à 650 Twh en 2050. » Une présentation qui ne plaît guère à négaWatt. « Elle donne l’impression que la sobriété et la recherche d’efficacité énergétique passe au second plan, n’est qu’une variante, alors que ce doit être le pilier principal pour atteindre la neutralité carbone. » « L’option sans regret, la qualifie Zélie Victor. Parce qu’on peut l’engager dès à présent, en accélérant bien plus qu’on ne le fait à ce jour sur la rénovation énergétique de nos bâtiments. »

Les trois scénarios de la famille N de RTE qui prévoient de nouvelles installations nucléaires d’ici 2050. – / Infographie RTE

Le futur mix électrique 2050, une affaire déjà conclue ?

Cette hiérarchisation des hypothèses de consommation – entre la principale et la variante – est lourde d’enjeu pour Yves Marignac : « Plus vous anticipez une croissante forte de la demande d’électricité et moins il devient facile de se passer du nucléaire », résume-t-il.

Le RAC et le Cler aussi se posent la question de savoir si le futur mix électrique français n’est pas déjà une affaire conclue aux yeux du gouvernement. Jean-Baptiste Lebrun en veut pour preuve « les interventions répétées de ministres, ces derniers mois, pour préparer le terrain à de nouveaux investissements dans le nucléaire. » Celle par exemple de Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, le 7 octobre, en présentant de nouvelles mesures pour un développement responsable de l’éolien. Elle invitait alors à ne pas opposer nucléaire et ENR, estimant qu’on aura besoin des deux dans les décennies à venir.. Elle n’écartait pas non plus la décision de construire de nouveaux réacteurs nucléaires.

En mai, EDF avait remis au gouvernement un dossier sur la possible construction de six nouveaux EPR, dans les quinze prochaines années. « Il y a une pression très forte du lobby nucléaire en ce sens, estime Jean-Baptiste Lebrun. Le gouvernement avait toujours dit qu’il ne prendrait pas une telle décision avant la mise en service de l’EPR de Flamanville [pas avant l’été prochain au mieux]. Il devrait finalement le faire bien avant ». Même avant Noël, selon Le Figaro.

* Notre mix de production électrique repose à ce jour sur 67,1 % de nucléaire, 13 % d’hydraulique, 7,9 % pour l’éolien, 2,5 % pour le solaire, 7,5 % pour le thermique…

** Ces trois scénarios qui tendent vers le 100 % renouvelables se distinguent aussi les uns des autres en prévoyant des montées en puissance différentes du solaire et de l’éolien. Le M0 et le M1 prévoient par exemple un fort développement du solaire d’ici à 2050.  « Ils diffèrent aussi sur la répartition de ces nouvelles installations, complète Zélie Victor. Autrement dit : de façon diffuse sur le territoire ou en grand parc ? »

*** En baisse de 3,5 % par rapport à 2019 du fait de la crise sanitaire.

Par Fabrice Pouliquen, publié le 24/10/21 à 10h35, mis à jour le 24/10/21 à 10h35

Retrouvez cet article et voir la vidéo (2mn21s) de Stéphane Chatelin (négaWatt) en cliquant sur :

https://www.20minutes.fr/planete/3153723-20211024-futurs-energetiques-2050-grande-etude-publie-rte-lundi

LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE PROPRE ACTUELLE EST TROP LENTE POUR ARRÊTER LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

Le monde change. Une nouvelle économie énergétique est en train d’émerger. Il y a de plus en plus de véhicules électriques, plus de production solaire et éolienne, et de nouvelles technologies bas carbone. Mais la transition vers ces énergies propres est trop lente pour arrêter le changement climatique. Au rythme actuel de croissance des énergies propres, l’objectif de réduction des émissions de 80 % d’ici 2050 ne sera pas atteint. Il ne sera pas non plus possible de maintenir le réchauffement climatique à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels.

C’est l’avertissement sévère de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui dans son document « World Energy Outlook 2021 » (WEO, World Energy Outlook) met en évidence la besoin d’un « signe indubitable d’ambition et d’action des gouvernements » à la Conférence sur le changement climatique (COP26), qui débutera le 31 de ce mois à Glasgow.

Le document de l’AIE est conçu comme un manuel pour la COP26 à Glasgow, une réunion qui propose une «opportunité cruciale d’accélérer l’action climatique et la transition vers une énergie propre»

Les nouvelles offres d’analyse de l’AIE avertissements sévères sur la direction que prend la configuration politique actuelle du monde. Mais il offre également une analyse lucide comment avancer de manière bien maîtrisée pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et éviter les pires effets du changement climatique.

Le ‘WEO-2021’, la publication annuelle phare de l’AIE, montre que Bien que le déploiement des énergies propres, solaires et éoliennes, ne cesse de se renforcer, la consommation mondiale de charbon est en forte croissance cette année. Une circonstance qui pousse les émissions de dioxyde de carbone (CO2) à votre deuxième croissance annuelle la plus élevée de l’histoire.

Les gouvernements doivent miser sur les technologies propres

Les gouvernements doivent miser sur les technologies propres« La dynamique extrêmement encourageante en faveur de l’énergie propre dans le monde se heurte à la présence tenace de combustibles fossiles dans nos systèmes énergétiques » a déclaré Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE.

« Les gouvernements doivent résoudre ce problème à la COP26, en donnant un signal clair et sans équivoque qu’ils sont déterminés à adopter rapidement les technologies propres et résilientes du futur. Les avantages sociaux et économiques de l’accélération des transitions énergétiques propres sont énormes et les coûts de l’inaction seraient immenses », a-t-il ajouté.

L’AIE explique clairement ce qui est en jeu : ce que signifient les promesses de réduction des émissions faites par les gouvernements jusqu’à présent pour le secteur de l’énergie et le climat. Et il établit ce qu’il faut faire pour aller au-delà de ces engagements annoncés, vers une trajectoire qui rejoint le scénario de zéro émission nette d’ici 2050 du rapport historique de l’AIE publié en mai, ce qui est cohérent avec limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

En plus du scénario d’émissions nettes zéro pour 2050, le « WEO-2021 » explore deux autres scénarios pour obtenir des informations sur la façon dont le secteur énergétique mondial peut se développer au cours des trois prochaines décennies et quelles en seraient les implications.

La dite « Scénario de politiques déclarées  » Il représente une voie basée sur les mesures énergétiques et climatiques que les gouvernements ont mises en œuvre à ce jour, ainsi que sur des initiatives politiques spécifiques en cours d’élaboration.

Dans ce scénario, la quasi-totalité de la croissance nette de la demande d’énergie jusqu’en 2050 est satisfaite par des sources à faibles émissions. Mais cela laisserait les émissions annuelles autour des niveaux actuels. Par conséquent, les températures moyennes mondiales continueraient d’augmenter, atteignant 2,6 °C au-dessus des niveaux préindustriels en 2100.

La demande de pétrole en baisse

Les « Scénarios de promesses annoncées » tracent une voie dans laquelle les engagements de zéro émission nette annoncés par les gouvernements jusqu’à présent sont mis en œuvre dans les délais et dans leur intégralité.

Dans ce scénario, la demande de combustibles fossiles culminerait en 2025 et les émissions mondiales de CO2 chuteraient de 40 % d’ici 2050. Tous les secteurs connaîtraient une baisse, notamment l’électricité. L’augmentation de la température moyenne mondiale en 2100 resterait à environ 2,1 °C au-dessus des niveaux préindustriels.

Pour la première fois dans un rapport WEO, la demande de pétrole connaît une éventuelle baisse dans tous les scénarios examinés, bien que le moment et la vitesse de la baisse varient considérablement. Si toutes les promesses climatiques annoncées jusqu’à présent sont tenues, le monde continuerait à consommer 75 millions de barils de pétrole par jour en 2050, contre 100 millions aujourd’hui.

Dans le scénario zéro émission nette, la consommation tomberait à 25 millions de barils d’ici 2050. En revanche, la demande de gaz naturel augmente dans tous les scénarios pour les cinq prochaines années, mais au-delà de 2025, il existe de grandes divergences.

Après des décennies de croissance, les perspectives de consommation de charbon se dégradent sur la scène des promesses annoncées. Et la baisse qui pourrait être encore accélérée par l’annonce récente de la Chine qu’elle met fin à son soutien à la construction de centrales au charbon à l’étranger.

Ce mouvement, selon l’AIE, peut entraîner l’annulation de projets déjà prévus, ce qui permettrait d’économiser environ 20 milliards de tonnes d’émissions de CO2 cumulées d’ici 2050. Ce serait un montant similaire aux économies totales d’émissions de l’Union européenne pour atteindre le zéro net en 2050.

Des engagements plus ambitieux sont nécessaires

Des engagements plus ambitieux sont nécessaires. Les différences entre les résultats du scénario des engagements annoncés et le scénario zéro émission nette à l’horizon 2050 sont importantes, ce qui met en évidence « le besoin d’engagements plus ambitieux pour que le monde atteigne le zéro net d’ici le milieu du siècle », note l’AIE.

« Les promesses climatiques actuelles n’entraîneraient que 20% des réductions d’émissions d’ici 2030 nécessaires pour mettre le monde sur la voie du zéro net d’ici 2050 », a souligné Birol. « Atteindre ce chemin nécessite investir dans des projets et des infrastructures d’énergie propre plus du triple de ce qui était prévu au cours de la prochaine décennie » a-t-il souligné

« Environ 70% de ces dépenses supplémentaires devraient être consacrées aux économies émergentes et en développement, où le financement est rare et le capital est encore jusqu’à sept fois plus cher que dans les économies avancées », a ajouté Birol.

Des investissements insuffisants contribuent à l’incertitude quant à l’avenir, souligne l’AIE. Les dépenses de pétrole et de gaz naturel ont été réduites par les effondrements de prix en 2014-15 et 2020. En conséquence, tout indique que la demande va stagner, voire baisser. Mais en même temps, les dépenses consacrées aux transitions énergétiques propres sont « bien inférieures à ce qui serait nécessaire pour répondre aux besoins futurs de manière durable ».

« Il y a risque imminent de nouvelles turbulences sur les marchés mondiaux de l’énergie», a alerté Birol. « Nous n’investissons pas assez pour répondre aux futurs besoins énergétiques et les incertitudes annoncent une période volatile à venir. La façon de remédier à cette inadéquation est claire : un grand coup de pouce aux investissements dans les énergies propres, dans toutes les technologies et tous les marchés. Mais cela doit arriver rapidement » a indiqué le directeur exécutif de l’AIE.

Des opportunités économiques énormes

Le rapport souligne que l’investissement supplémentaire nécessaire pour atteindre le zéro net en 2050 est moins coûteux qu’il n’y paraît. Plus de 40 % des réductions d’émissions requises proviendraient de des mesures qui s’amortissent comme l’amélioration de l’efficacité, la limitation des fuites de gaz, ou l’installation de l’énergie éolienne ou solaire là où elles sont aujourd’hui les technologies de production d’électricité les plus compétitives.

En outre, les investissements dans les énergies propres et renouvelables créent également énormes opportunités économiques. Très rentable. « La poursuite réussie du zéro net créerait un marché pour les éoliennes, les panneaux solaires, les batteries lithium-ion, les électrolyseurs et les piles à combustible de plus de mille milliards de dollars par an d’ici 2050, comparable en taille au marché actuel du pétrole » souligne l’Agence.

Même dans un système énergétique beaucoup plus électrifié, les fournisseurs de carburant auraient de grandes opportunités de produire et de distribuer des gaz à faible teneur en carbone.

Le scénario des engagements annoncés révèle que l’énergie propre et les secteurs connexes emploieraient 13 millions de travailleurs d’ici 2030, tandis que ce nombre double dans le scénario de zéro émission nette d’ici 2050.

Une dernière déclaration de l’AIE : « Les transitions vers une énergie propre peuvent offrir aux consommateurs un refuge contre les chocs des prix du pétrole et du gaz ».

Rapport de référence : https://iea.blob.core.windows.net/assets/ed3b983c-e2c9-401c-8633-749c3fefb375/WorldEnergyOutlook2021.pdf

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Par Marseille News, publié le 24 octobre 2021 à 09h03

Photo en titre : unsplash

https://www.marseillenews.net/la-transition-energetique-propre-est-trop-lente-pour-arreter-le-changement-climatique.html

QU’IL SOIT « PETIT », « GRAND » OU COLOSSAL : UN RÉACTEUR NUCLÉAIRE C’EST LA MORT RADIOACTIVE, DES CONTAMINATIONS ET POLLUTIONS, DES DÉCHETS MORTELS, DU CO2

Les fanatiques politiciens de la destruction atomique, les gouvernements abrutis aux ordres de la technocratie nucléariste et des castes techno-économiques issus de Polytechnique et de l’École des mines, défendent bec et ongles leur monstruosité. Sortis dernièrement du chapeau du magicien manipulateur Macron : les SMR (en anglais siou plait « Small Modular Reactor« ),  soi-disant petits réacteurs nucléaires, qui distilleront un peu plus de radioactivité mortelle sur l’ensemble du territoire français et au-delà. Avec la bénédiction souhaitée de l’Europe et leur financement comme « énergie verte« . La filière nucléaire française étant en faillite et renflouée régulièrement par les contribuables, les fanatiques espèrent relancer à l’international, pour se redorer le blason et les caisses, un hypothétique marché de la mort en kit.

Les lecteurs-trices de notre site d’information ne seront pas surpris de l’annonce par le Chef des Armées de s’incliner devant l’exigence de la nucléocratie de relancer la filière atomique sous forme de prétendus petits réacteurs nucléaires plus vendables aux pays pauvres. Le Chef et ses sbires des cabinets ministériels, avec l’appui de la ministre dite de l’écologie, avaient préparé le terrain dès le mois de juin 2021 en publiant, alors que l’attention de la population était savamment focalisée sur un virus et la peur, un décret permettant l’implantation d’installations nucléaires en zone urbaine ou à urbaniser (voir notre article du 2 juillet 2021 et le décret scélérat). D’ailleurs n’avait-il pas accédé dès son élection à une première exigence en nommant comme 1er ministre l’ancien responsable du lobbying chez Areva le dénommé Édouard Philippe. Ce cher Édouard formé pendant deux ans, tout comme lui, par la « French American Foundation » pour défendre les intérêts des USA en France.

Sous couvert de lutte contre le CO2 : bien des saloperies

Sous couvert de lutte contre le CO2, une stratégie de promotion tout azimut du nucléaire est financée par les entreprises du secteur et leurs relais depuis quelques années. Qu’il se nomme Jancovici (voir notamment nos articles des 3 mai 2021 et 19 février 2021 ), Bruno Lemaire le ministre de l’économie ou Pannier-Runacher (voir notre article du 22 juillet 2021) le forcing est féroce pour contraindre l’Union Européenne à valider le nucléaire comme énergie « verte et décarbonée » et le faire bénéficier de financements avantageux détaxés.

Mais demeure cette réalité : les SMR sont dès l’origine des réacteurs atomiques conçus pour les sous-marins et porte-avions militaires. Autrement dit Macron et la clique atomiste tentent de recycler une technologie militaire en production d’électricité en tentant de faire avaler au bon petit peuple une fable. Tout comme l’avaient fait ses prédécesseur au lendemain du largage de la terreur atomique sur les populations civiles de Hiroshima et Nagasaki en présentant l’arme nucléaire comme bénéfique puisque permettant de développer des réacteurs électronucléaires labellisés du doux slogan « Atome pour la Paix« .

D’ailleurs dans la conception de leurs soi-disant petits réacteurs (petit c’est mignon et pas effrayant) sont associés ce que la nucléocratie française compte de pire : le Commissariat à l’Énergie Atomique (dont Macron loua dernièrement en Polynésie l’apport civilisationnel et économique en passant en pure perte les milliers de victimes des radiations des essais atomiques français) et qui mit au point la bombe atomique tricolore avec l’aide des services secrets de la Grande-Bretagne, et aussi Naval Group le fleuron militaire des constructions navales d’agression et de militarisation des zones maritimes (1), fabricant des sous-marins nucléaires et lanceurs d’engins atomiques placé sous le chapeau de la Direction Générale de l’Armement (DGA) et détenu à 62,49 % par l’État français et à 35 % par Thales (informatiques militaires de contrôle, de surveillance et d’attaque), et aussi Technicatome ex-Areva TA spécialisé dans la conception et fabrication des réacteurs nucléaires de propulsion navale militaires, et bien évidemment EDF en faillite.

Le poids du CO2 par le nucléaire

Les menteurs patentés qui se succèdent au pouvoir et dans le milieu politicien depuis le lancement de la criminelle activité de destruction atomique dans les années d’après-guerre et qui ont, en France, lancé le programme de dissémination nucléaire sur l’ensemble du territoire, poursuivent leur œuvre de manipulation et de mort. Contre les faits et la rationalité, ils déversent à longueur d’antenne, d’émission et de pages publicitaires dans la presse écrite, des contre-vérités et mensonges. L’article du « Canard enchaîné » du 20 octobre 2021 rappelle quelques vérités incontournables sur la production, permanente et tout au long de son exploitation, de CO2 par les activités nucléaires, en plus de la contamination radioactive quotidienne de l’air et de l’eau et des centaines de milliers de m3 de déchets radioactifs mortels. ( 2021-10-20_CE_poids_CO2_dans_nucleaire.pdf )

Petit, grand ou colossal le nucléaire est une agression contre le vivant

Les réacteurs nucléaires SMR, tout comme leur gigantesque acolyte EPR et les actuels déliquescents réacteurs de 900et 1200 MWh relâchent chaque jour et à longueur d’année dans l’air que nous respirons et dans l’eau qui alimente nos robinets et la chaîne alimentaire des centaines de milliers de becquerel (1 becquerel = 1destruction atomique par seconde). Ces radio-contaminants radioactifs contaminent durablement notre environnement et détruisent le vivant. Le SMR, s’il voit le jour et est imposé dans nos territoires, générera aussi des déchets radioactifs mortels pour des centaines de milliers d’années. Il n’y a pas de nucléaire propre. Dès le début de la filière, l’extraction de l’uranium-base nécessaire aux réacteurs nucléaires, contamine l’air et les nappes phréatiques des pays victimes tels le Niger ou le Kazakhstan ainsi que les travailleurs de cette activité qui laisse derrière elle des milliers de tonnes de déchets miniers ingérables.

Une installation nucléaire est aussi un danger permanent, une menace quotidienne, une catastrophe potentielle (Tchernobyl et Fukushima ne sont pas si loin) qui agresse durablement la santé de plusieurs générations et hypothèque tout projet de vie individuel et collectif. Les millions de victimes obligées de vivre en zones contaminées (tels en Ukraine, en Biélorussie, en Russie, au Japon) ou qui ont dû abandonner leur lieu de vie et de travail à cause des radiations en témoignent. La France n’a pas été épargnée même si les autorités maintiennent un black-out depuis plus de cinquante ans : fusion partielle à deux reprises du cœur d’un réacteur nucléaire dans le Loir et Cher à Saint-Laurent-les-Eaux en 1969 puis en 1980, la tempête avec montée des eaux et l’inondation de la centrale du Blayais en Gironde où la catastrophe a failli avoir lieu à quelques centimètres près, en Drôme-Vaucluse au Tricastin où à plusieurs reprises des barres de « combustible » sont restées suspendues au-dessus de la cuve du réacteur atomique en menaçant de s’y effondrer. Et aucun réacteur nucléaire, de quelque taille qu’il soit, n’est à l’abri d’un séisme, d’un acte de malveillance, d’une défaillance technique ou humaine, et n’est exempte de rejets mortels permanents.

Loin d’assurer une quelconque indépendance nationale et énergétique le nucléaire français est en France… étranger à 100%. Le minerai et le yellow-cake d’uranium proviennent d’autres pays (Kazakhstan, Niger, Canada) par camions (CO2) et bateaux (CO2), les fabrications effectuées en France génèrent sans cesse des rejets chimiques et radioactifs et leurs transports par camions (CO2) sont très loin de protéger l’environnement, les réacteurs atomiques sont de conception états-unienne sous licence Westinghouse (depuis les années 1970 et chèrement payées).

Le  nucléaire hypothèque l’avenir et la transition énergétique

Les gouvernements pro-nucléaires successifs affirment que le nucléaire serait une source d’énergie propre, sûre, indépendante et aussi compétitive. Nous en sommes bien loin y compris sur ce dernier point. Depuis le début de cette épopée sordide voulue par le militaire De Gaulle et ses sous-fifres gradés ou non, des milliards de fonds publics ont été dilapidés dans le nucléaire. Le robinet des financements publics n’a cessé de déverser et détourner des sommes colossales au détriment des secteurs de la santé, de l’éducation, du social. Ces dernières années encore l’État (les contribuables) a dû voler au secours de la nucléocratie et lui octroyer de nouvelles dizaines de millions d’euros pour sauver EDF et Areva-Orano de la banqueroute (voir nos articles des 8 juiullet 2021 , 30 juin 2021 , 23 février 2021, 4 octobre 2020 , 15 août 2020 ).

D’ailleurs, au vue des délais et coûts explosés de construction des EPR, aucun investisseur privé ne veut risquer le moindre euro dans une aventure nucléaire dont le retour sur investissement dépasse dès à présent près de 15 ans. Et comme les dits « petits réacteurs modulables » (SMR) ne pourraient être opérationnels, si tout se passe comme annoncé pompeusement par ses promoteurs, pas avant 2040 voire 2050… Un délai beaucoup trop éloigné pour faire face au réchauffement climatique et à l’urgence de mettre un terme à ce productivisme forcené destructeur. 

Les réacteurs toujours en service actuellement malgré leur vétusté et les risques augmentés produisent une électricité à un tarif qui ne cesse d’augmenter et n’est plus concurrentiel avec les productions alternatives (2). La compétitivité du nucléaire relève d’un artifice comptable faisant payer au contribuable ce que l’usager ne paye pas et garanti par un État qui n’a plus les moyens de se livrer à ces acrobaties. Les pays pauvres à qui les nucléocrates et Macron souhaitent fourguer leurs réacteurs nucléaires SMR en ont encore moins les moyens. Sauf à s’endetter auprès de banques occidentales étonnamment bienveillantes et qui asserviront un peu plus les populations de ces pays qui, pour la plupart, bénéficient d’un taux d’ensoleillement exceptionnel et pourraient, pour bien moins cher, assurer leurs besoins en électricité.

Les milliers d’emplois que la relance dangereuse du nucléaire pourraient générer (sans aucune précision apportée par ses laudateurs) seraient bien moindre que ceux que toutes les études et les faits démontrent pour les autres sources notamment les renouvelables (près de 300 000 emplois couplés à une politique ambitieuse d’isolation des bâtiments).

Tout comme pour le projet ITER de fusion nucléaire lancé voici presque 10 ans et qui s’avère déjà obsolète tout en pompant des centaines de milliards d’argent public, l’illusion SMR est vouée à l’échec. En tout état de cause laisser faire serait autoriser la dilapidation d’argent public et provoquer de nouvelles victimes au détriment de l’environnement, de la planète, du vivant.

NOTES :

(1) En 1989, l’entreprise avec Thomson CSF et Défense conseil international, possédée à majorité absolue par l’état (DCN) laquelle avait utilisé Thomson CSF pour couvrir ses exportations dans l’affaire des frégates de Taïwan et où les trois entreprises étaient impliquées

(2) l’électricité qui sortira des EPR britanniques sera achetée à 105 euros le MWh, à Flamanville si le réacteur EPR voit le jour, le tarif sera de même ordre. Bien plus cher que la plupart des autres sources qui tournent autour de 40€ le MWh

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Par admin, publié le jeudi 21 octobre 2021 à 16h11

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2021/10/21/SMR

NUCLÉAIRE, LE CHOC FRANCO-ALLEMAND

Chronique – Les choix énergétiques de Paris et de Berlin divergent de plus en plus. Leur querelle sème l’incertitude jusque dans le monde de la finance « Si loin, si proches », la chronique internationale de Jean-Christophe Ploquin, rédacteur en chef à « La Croix ».

Il sera beaucoup question de finances durant la COP26 qui démarrera dans dix jours à Glasgow. Le Royaume-Uni et l’ONU, qui jouent un rôle majeur dans l’organisation de l’événement, veulent en effet accentuer la mobilisation des banquiers, assureurs et investisseurs dans la lutte contre le changement climatique. Pour que le monde parvienne à la neutralité carbone, il faut notamment enrayer les projets d’exploitation de mines de charbon et de champs de pétrole, au profit d’autres sources d’énergie. Or parmi celles-ci, l’une est cause de discorde : le nucléaire.

→ ANALYSE. COP26 : l’historique de trente années de négociations climatiques

L’embarras est particulièrement perceptible au sein de l’Union européenne. Se posant en championne du climat, la Commission veut impulser une réorientation majeure des flux financiers prêts à s’investir dans le « monde d’après ». (NDLR : le nucléaire serait plutôt du monde d’avant !). Elle a entrepris de sélectionner les vecteurs énergétiques et les technologies favorables à un développement durable et soutenable de la planète et de ses habitants. Parmi les critères figurent la baisse des émissions de gaz à effet de serre mais aussi la réduction de la pollution et la transition vers une économie circulaire qui favorise le recyclage et la réduction des déchets. Une première liste d’activités a été établie. Mais sur l’atome, les experts sont divisés, et la décision a été repoussée.

→ ENTRETIEN. Ursula von der Leyen : « Faire de l’Europe le premier continent neutre pour le climat »

L’affaire est politique et culturelle. Au sein de l’Union, elle oppose notamment l’Allemagne et la France, dont les perceptions ont radicalement divergé. Outre-Rhin, le nucléaire civil a été une composante importante de l’offre énergétique tout en cristallisant la montée du mouvement écologiste. La critique des Grünen s’est inscrite dans un argumentaire pacifiste et une hostilité résolue au stationnement d’armes nucléaires américaines sur le territoire ouest-allemand, dans le contexte de la guerre froide. Après la chute du Mur, Berlin a renoncé en deux temps à cette énergie. D’abord en 2002, sous un gouvernement de coalition associant les sociaux-démocrates et les Verts. Puis en 2011 après l’accident de Fukushima au Japon. Rompant avec les convictions qu’elle affichait jusqu’alors, la chancelière Angela Merkel a décidé d’un arrêt anticipé de toutes les centrales avec une date butoir fin 2022, poursuivant en revanche l’exploitation du charbon. En France, l’imaginaire est tout autre.

L’atome a été développé par l’appareil d’État dans un souci d’indépendance énergétique. (NDLR : …et pour alimenter la bombinette en uranium enrichi !) Il participe d’un écosystème militaro-industriel qui assure la dissuasion nucléaire. La filière a longtemps été synonyme d’excellence. L’actuel gouvernement semble décidé, « en même temps », à en réduire la part et à le relancer.

→ DÉBAT. À quelle date l’Allemagne sortira-t-elle du charbon ?

L’opposition frontale entre Paris et Berlin sera difficile à déjouer. Les Grünen feront très probablement partie du gouvernement en cours de négociations après les élections du 26 septembre en Allemagne. Sur ce sujet, ils resteront passionnément inflexibles. Comme un avertissement, la France a réuni le 10 octobre neuf États (1) de l’UE pour signer une lettre commune défendant le rôle du nucléaire contre le réchauffement climatique. Deux mois auparavant, l’Allemagne avait réuni quatre pays (2) pour enjoindre à la Commission européenne de tenir cette énergie à l’écart des investissements dits « verts » ou « durables ». À Glasgow, la bataille, plus ou moins feutrée, va se poursuivre.

 (1) Bulgarie, Croatie, Finlande, Hongrie, Pologne, République tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie

(2) Autriche, Danemark, Espagne, Luxembourg

Par Jean-Christophe Ploquin, publié le 23/10/2021 à 12h07

Photo en titre : Jean-Christophe Ploquin. Bruno Levy

https://www.la-croix.com/Debats/Nucleaire-choc-franco-allemand-2021-10-23-1201181971

BURE : FIN DE L’ENQUÊTE D’UTILITÉ PUBLIQUE SUR LE PROJET D’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

C’est une étape de plus pour le lancement du projet controversé d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse). Une enquête publique a été menée du 15 septembre et au 23 octobre. Les opposants au projet se sont rassemblés samedi 23 octobre dernier jour de l’enquête d’utilité publique.

L’enquête publique sur le dossier, qui a débuté le 15 septembre dernier, s’achève le samedi 23 octobre 2021. Cette procédure officielle pourrait déboucher sur une déclaration d’utilité publique de Cigéo. Conduite par une commission indépendante, elle est composée de cinq membres nommés par le tribunal administratif de Nancy.

Fin de l’enquête

Cette enquête est une étape préalable à une éventuelle déclaration d’utilité publique du projet controversé piloté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Pendant cinq semaines, la commission a recueilli les avis des personnes intéressées ou opposées au projet. Un site internet dédié a même été créé.

Manifestation à l’occasion de la fin de l’enquête

Des militants antinucléaires se sont réunis samedi devant la mairie du village de Montiers-sur-Saulx (Meuse). En fin de matinée, symboliquement, ils ont déposé des produits de Meuse et de Haute-Marne. 

« C’est important d’être là pour dire que non on n’a pas participé au projet. »(Juliette Geoffroy, collectif contre l’en fouissement des déchets.)

Pour ce dernier jour de consultation les militants anti-Cigéo ont décidé de se faire entendre et dénoncer le projet. Selon eux cette consultation publique manque de transparence. « C’est important d’être là pour dire que non on n’a pas participé au projet », dit Juliette Geoffroy du collectif contre l’enfouissement des déchets (CEDRA). « Même si l’enquête est publique, on ne croit plus à ses processus participatif et que le seul message que nous avons à faire passer aujourd’hui c’est que nous ne voulons pas que notre terre soit polluée et contaminée ».

Et elle ajoute : « On a apporté des produits locaux car oui c’est important le côté festif de la manifestation. Des agriculteurs et des paysans ont accepté de venir aujourd’hui en soutien à notre mouvement ». 

Juliette Geoffroy du collectif contre l’enfouissement des déchets raconte : « On a apporté des produits locaux car oui c’est important le côté festif de la manifestation. Des agriculteurs et des paysans ont accepté de venir aujourd’hui en soutien à notre mouvement ».  • © Eric Molodtzoff, France télévisions

Au mois de septembre, après plusieurs jours de contestation, les opposants espéraient bloquer la consultation et remettre en cause le démarrage industriel du projet.

Publié le 23/10/2021 à 11h39, mis à jour le 23/10/2021 à 14h13

Photo en titre : Samedi 23 octobre. Manifestation à l’occasion de la fin de l’enquête d’utilité publique sur le projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure. • © Eric Molodtzoff, France télévisions Meuse Bar-le-Duc Bure Lorraine

À ce sujet, la rédaction vous recommande

Meuse : l’enquête publique démarre sous la pression des opposants au projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure

En 2035 le projet Cigéo vise à enfouir, dans la Meuse, à 500 mètres sous terre, 85.000 m3 des déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français.

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/bure-fin-de-l-enquete-d-utilite-publique-sur-le-projet-d-enfouissement-des-dechets-nucleaires-2306533.html

NUCLÉAIRE : LE «GRAND CARÉNAGE» VA-T-IL COÛTER 150 MILLIARDS D’EUROS, COMME LE DIT JEAN-LUC MELENCHON ?

Question posée sur Twitter le 20 octobre 2021.

Ces dernières semaines, Jean-Luc Mélenchon a évoqué à plusieurs reprises le coût du «grand carénage», le plan d’EDF pour prolonger la durée de vie des centrales les plus anciennes et assurer leur sûreté. «Entre maintenant et 2027, la fin du prochain quinquennat, il y a 22 réacteurs qui vont atteindre les 40 ans, qui était la limite de vie, et pour les recaréner il faut que vous décidiez de dépenser 150 milliards d’euros», a-t-il notamment avancé lors de son meeting à Reims, le 17 octobre. En 2017 déjà, le candidat de La France insoumise proposait d’abandonner le grand carénage pour financer la transition énergétique.

Vous nous interrogez sur cette estimation, alors que le montant communiqué par EDF pour cette opération est trois fois moins élevé. Calculé sur la période 2014-2025, il a été estimé en 2015, à 55 milliards d’euros de 2013, avant d’être réévalué deux fois. D’abord à la baisse en 2018, à 45 milliards d’euros 2013, soit 48,2 milliards d’euros courants, puis à la hausse en octobre 2020, à 49,4 milliards d’euros courants.

«Cette nouvelle estimation intègre essentiellement les premiers enseignements sur les travaux à mener, induits par le processus d’instruction du 4e réexamen périodique des réacteurs 900 MW [les réacteurs concernés par le grand carénage, ndlr], dont une étape importante a été franchie avec l’avis générique rendu par l’[Autorité de sûreté nucléaire] le 23 février. Cette estimation sera remise à jour régulièrement pour intégrer notamment les évolutions de périmètre des travaux et de coût des fournitures», explique EDF, contacté par CheckNews. Ainsi, même si le coût est amené à évoluer, difficile d’atteindre les 150 milliards d’euros de Jean-Luc Mélenchon.

Contactée, l’équipe du candidat de La France Insoumise détaille son calcul : «D’une part, le rapport annuel de la Cour des comptes (2016) évalue le montant [du grand carénage] à près de 100 milliards d’ici 2030. Cette estimation est déjà assez ancienne et doit sans doute être réactualisée compte tenu du vieillissement des réacteurs et des conséquences réévaluées du changement climatique par les derniers travaux scientifiques. D’autant que les coûts sont proportionnels à la durée de prolongation souhaitée des centrales. Mécaniquement, plus on les prolonge, plus le coût des travaux augmentera. Il faut ajouter à cela le coût des 6 EPR prévus qui font partie du coût global de prolongation du nucléaire. Un document interne d’EDF évalue lui-même ce coût à 46 milliards d’euros. On obtient donc un coût total de 150 milliards d’euros. Et encore, c’est sans inclure le coût du démantèlement intégrant la gestion des déchets à long terme, évalué, lui, à près de 80 milliards d’euros selon EDF.»

En 2016, la Cour des comptes a effectivement publié un rapport sur la maintenance des centrales nucléaires dans lequel elle propose sa propre évaluation du coût du grand carénage qui porte sur une période plus longue que celle évoquée par EDF, puisqu’elle va jusqu’en 2030. «La période choisie par la Cour des comptes correspond mieux au calendrier des visites décennales 4, pour un parc à la durée de vie initialement programmée pour une quarantaine d’années», observe Florence de Bonnafos, chargée de la campagne finances à Greenpeace France. Les visites décennales permettent de réexaminer «en profondeur l’état de l’installation en tenant compte de son vieillissement pour vérifier qu’il est conforme au référentiel de sûreté applicable, mais aussi améliorer son niveau de sûreté pour intégrer le retour d’expérience d’exploitation et les progrès techniques et scientifiques», peut-on lire sur le site de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). D’après le calendrier publié par l’IRSN, plusieurs rapports de conclusions de visites décennales 4 pour des réacteurs de 900 MW sont prévus après 2025.

D’autres investissements à prendre en compte

Par ailleurs, la Cour de comptes a choisi un périmètre plus large pour évaluer le montant du grand carénage, en ajoutant aux investissements les dépenses d’exploitation. «La réalisation du programme de maintenance du parc nucléaire d’EDF pourrait atteindre 100 milliards d’euros de 2013 entre 2014 et 2030, soit 1,7 milliard d’euros de 2013 en moyenne par réacteur. Un quart est des dépenses d’exploitation (25 milliards d’euros de 2013) et les trois autres quarts des dépenses d’investissement (75 milliards d’euros de 2013)», peut-on ainsi lire.

Ces différences de périmètres mises à part, «les deux évaluations sont cohérentes, comme le précise la Cour des comptes dans son rapport», indique EDF. Et d’après Florence de Bonnafos, l’estimation à 100 milliards des magistrats de la Rue Cambon «reste pertinente», même si d’autres investissements seront à prendre en compte dans le futur avec le prolongement envisagé de réacteurs plus récents. Ce que confirme EDF : «Les investissements resteront significatifs sur ce programme au-delà de 2025, notamment en vue de l’extension de la durée de vie du palier 1 300 MW à cinquante ans et, si elle était décidée, de l’allongement de la durée d’exploitation au-delà de cinquante ans», nous indique-t-on.

En revanche, pour Florence de Bonnafos, la construction de six nouveaux EPR (dont le lancement officiel n’a pas encore été annoncé) «n’entre pas dans le grand carénage, mais dans un coût global à venir du nucléaire que les Français devront supporter».

Par Emma Donada, publié le 23 octobre 2021

Photo en titre : Jean-Luc Mélenchon lors d’un meeting à Reims dimanche dernier. © François Nascimbeni.

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/nucl%C3%A9aire-le-grand-car%C3%A9nage-va-t-il-co%C3%BBter-150-milliards-d-euros-comme-le-dit-jean-luc-m%C3%A9lenchon/ar-AAPRpvn

DÉCHETS NUCLÉAIRES : UNE QUESTION IRRÉSOLUE

Conseil européen sur l’énergie jeudi, fin de l’enquête publique sur le centre d’enfouissement Cigéo le 23 octobre, discours d’Emmanuel Macron sur le plan d’investissement « France 2030 » : les déchets sont l’angle mort des discours prônant la relance du nucléaire. Pourtant, aucun pays au monde, de la Chine à la Finlande, n’a trouvé de solution pérenne pour les gérer. 

Les déchets nucléaires sont peut-être la seule trace qui restera de notre civilisation dans 100 000 ans. Cette pensée formulée par des responsables de la sûreté nucléaire suédoise dans le documentaire Into Eternity, sur l’enfouissement des colis radioactifs en Finlande, donne la mesure du problème. 

Chaque seconde de production d’électricité par des centrales nucléaires fabrique de nouveaux déchets. Chaque démantèlement de réacteur aussi : car ces équipements sont intensément radioactifs après plusieurs décennies d’utilisation. Et pourtant, ce sujet incontournable est absent des discours prônant la relance du nucléaire au nom de l’action climatique. Il sera question de production d’énergie lors du Conseil européen des 21 et 22 octobre, dans le contexte de la flambée des prix du gaz, de l’essence et de l’électricité. Mais aucun moment n’y sera consacré aux rebuts nucléaires.

Les déchets « à haute activité », les plus radioactifs, ont une durée de vie infiniment supérieure au temps d’une existence humaine : plusieurs milliers, plusieurs centaines de milliers ou plusieurs millions d’années – comme l’explique ici Delphine Pellegrini, adjointe au chef du bureau d’expertise et de recherche sur les installations de stockage au sein de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire). Par exemple, le neptunium 237, le produit de fission le plus abondant, présente la période de radioactivité la plus longue : deux millions d’années. La durée de vie (1) du Pu 239, un isotope du plutonium, dépasse 24 000 ans.

Les combustibles composés de pastilles d’uranium qui permettent aux centrales nucléaires de produire de gigantesques volumes d’électricité sont considérés comme « usés » au bout de trois à quatre ans d’utilisation. Ils sont alors extraits des réacteurs et placés en piscine de refroidissement, pendant soixante ans environ. Mais ils continuent d’émettre des quantités importantes de rayonnement, très dangereux pour les humains et leur environnement, pendant des dizaines de milliers d’années. L’eau dans laquelle ils sont plongés sert de barrière de protection radiologique, et leur permet de refroidir. Mais sans protection radiologique, le débit de dose d’assemblages de combustibles usés peut s’élever de 1 à 100 grays par heure, après dix ans de refroidissement, expliquent les auteur·e·s du « World Nuclear Waste Report ».

Départ d’un train Castor transportant 6 conteneurs de déchets hautement radioactifs, à Nordenham, en Allemagne, le 3 novembre 2020. © Sina Schuldt/DPA/dpa Picture-Alliance via AFP

Le gray est une unité de mesure utilisée en nucléaire pour évaluer la dangerosité du rayonnement. On estime qu’une dose de 4 à 5 grays est létale. Ainsi, un élément de combustible usé, fraîchement déchargé d’un réacteur, sans protection, délivre une dose mortelle à un mètre en moins d’une minute. La radioactivité des combustibles usés est 100 millions de fois supérieure à celle des pastilles neuves d’uranium. Or l’Agence internationale de l’énergie estimait, en 2010, la quantité de combustibles nucléaires usés dans le monde à 340 000 tonnes de métal lourd – l’unité utilisée pour présenter les quantités de matières radioactives.

Dans son discours sur le plan d’investissement « France 2030 », Emmanuel Macron a annoncé un milliard d’euros d’investissement pour « développer des technologies de rupture » et notamment des « petits réacteurs nucléaires », sans aucune proposition précise concernant les déchets. 

En France, l’enquête publique sur le centre d’enfouissement en couche géologique profonde des déchets radioactifs Cigéo, près de Bure, entre la Meuse et la Haute-Marne, se termine le 23 octobre. Il n’a fait l’objet de presque aucune déclaration publique des nombreuses personnalités politiques déclarant vouloir se présenter à l’élection présidentielle. La ministre de la transition écologique, Barbara Pompili, pourtant chargée de l’énergie et de la sûreté nucléaire, n’a alimenté aucune discussion à ce sujet dans l’espace public. Le hic, c’est que ce projet destiné à stocker les restes les plus radioactifs et les plus dangereux du système nucléaire national, à 500 mètres de profondeur sous terre, pour des dizaines de milliers d’années, est indispensable à la filière électro-nucléaire française. 

Aujourd’hui, la plupart des déchets les plus radioactifs sont entreposés dans l’usine d’Orano – ex-Areva – à la Hague (Manche). Mais ce site est plein à ras bord et devrait être saturé en 2030 au plus tard. EDF, Orano, et le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) sont les principaux producteurs de déchets nucléaires en France. Fin 2018, l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs, l’Andra, estimait à 3 880 m3 la quantité de déchets à haute activité. 

Si Cigéo est autorisé et entre en exploitation, des colis de substances ultra-radioactives, vitrifiées et enfermées dans des conteneurs scellés, devraient traverser la France pendant un siècle environ pour être enfouis dans les galeries souterraines lorraines pour des dizaines de milliers d’années. 

À ce jour, aucun État ne leur a trouvé de réponses pérennes. 

Est-ce une bonne idée d’enfouir autant de matières aussi dangereuses au même endroit, dans la croûte terrestre ? Quels sont les risques pour les travailleur·se·s qui conduiront ces trains et manipuleront ces colis ? Pour les habitant·e·s des territoires qui seront traversés par ces convois ? Pour celles et ceux qui vivent à proximité du futur centre ? Les conditions nécessaires à une discussion démocratique ont-elles été réunies, quand on sait à quel point l’opposition à Cigéo a subi de répression judiciaire et de harcèlement policier (voir ici notre dossier sur la surveillance de masse du mouvement anti-nucléaire) ? 

Ces questions ne semblent pas préoccuper grand monde en dehors des acteurs de la filière et des cercles militants. Elles sont pourtant d’ampleur mondiale. Et à ce jour, aucun État ne leur a trouvé de réponses pérennes. 

Aucun pays n’a encore réussi à mettre en œuvre l’enfouissement profond des restes radioactifs de son système nucléaire. Les États-Unis exploitent un site de stockage en profondeur, le Waste Isolation Pilot Plant (WIPP), au Nouveau-Mexique. Mais il ne contient que les déchets à vie longue provenant du secteur militaire. En 2014, il a connu un grave incendie qui a causé sa fermeture pendant trois ans. Le précédent projet de Yucca Mountain a été abandonné. 

Lire aussi : À Bure : les déchets nucléaires, « on aura passé une vie avec ça » par Jade Lindgaard

Cette technique ne présente donc à ce jour aucune garantie de faisabilité. Seules la France, la Suède et la Finlande ont officiellement choisi un site. Cette dernière est le pays le plus avancé dans cette technologie, avec un chantier actuellement en cours à Onkalo, près de la centrale d’Olkiluoto, au sud de sa côte occidentale. Ce sont les seuls travaux aujourd’hui en cours dans le monde pour bâtir un site de stockage permanent sous terre. 

Les pays qui ont choisi le stockage géologique profond ont l’intention de le faire dans le granit : en Finlande, en Suède, au Canada, aux États-Unis et en Chine, selon la veille faite par la revue Global Chance. La France est pour le moment la seule à avoir choisi l’argile.

L’État français se distingue par une autre particularité économique : il est le seul, avec la Russie à un degré moindre, à retraiter les combustibles irradiés pour produire du plutonium. Le retraitement des déchets consiste à séparer les différents composants du combustible nucléaire usé : uranium, plutonium, produits de fission. Cela sert à fabriquer un autre type de combustible, le MOX (combustible oxyde mixte), utilisé dans certaines centrales nucléaires. Mais les déchets issus de l’irradiation du MOX sont encore plus radioactifs et dangereux que les autres : une fois le MOX usé, ses déchets demandent un siècle supplémentaire d’entreposage en piscine, explique le « World Nuclear Waste Report ». Les anti-Cigéo reprochent à l’enfouissement de faire oublier les déchets et ainsi de rendre acceptable l’une des plus graves impasses du nucléaire.

L’« éclipse du public » au profit d’experts

Des alternatives existent-elles ? « Dans les autres pays ayant des centrales nucléaires, les combustibles irradiés ne sont pas retraités et constituent les déchets ultimes pour lesquels se pose le problème de leur gestion à long terme », explique le physicien Bernard Laponche. « En attendant, les combustibles irradiés, après un séjour en piscine de quelques années près des réacteurs, sont entreposés dans des conteneurs, en acier et en béton sur le site des centrales », poursuit le spécialiste, selon qui « ce système d’entreposage est très élaboré, dans des conteneurs de très haute qualité fournis en particulier par Orano, et peuvent durer bien au-delà de 100 ans. » À ses yeux, « la question du stockage définitif se pose mais… on a le temps ». Cet entreposage à sec, c’est ce que des ONG demandaient pour la France. À Bure et dans ses environs, les collectifs militants contre Cigéo exigent eux la sortie du nucléaire. Ils organisent une journée de mobilisation samedi 23 octobre, à l’occasion de la fin de l’enquête publique.

Lire aussi : Série. Bure: nucléaire et surveillance de masse par La rédaction de Mediapart

En dehors des aspects techniques et économiques – selon la Cour des comptes, la charge de gestion des déchets radioactifs s’élève à 32 milliards d’euros, et le gouvernement a chiffré à 25 milliards d’euros le coût de Cigéo selon un calcul opaque –, la question vertigineuse des rebuts nucléaires se heurte à un mur démocratique. « Une conduite purement scientifique et technique ne permet pas de relever les défis que représentent des programmes dont le niveau de risque est aussi élevé », notent les auteurs du « World Nuclear Waste Report ». Il faut accorder selon eux de l’importance à la « gouvernance » de ces projets, à la « co-construction » des politiques de gestion et de stockage des déchets, ainsi qu’au « rôle des communautés affectées »

Au début du XXsiècle, le philosophe états-unien John Dewey s’était inquiété de l’« éclipse du public » au profit d’une nouvelle catégorie professionnelle : les experts certifiés susceptibles de se plonger dans la complexité sociotechnique, explique la sociologue Geneviève Pruvost dans son livre Quotidien politique. Dewey concluait que : « Tout gouvernement par les experts dans lequel les masses n’ont pas la possibilité d’informer les experts sur leurs besoins ne peut être autre chose qu’une oligarchie administrative en vue des intérêts de quelques-uns. » 

Le sort des déchets nucléaires, à la fois en eux-mêmes et par leur disparition de l’espace public, semble se prêter particulièrement bien à cette confiscation démocratique.

Par Jade Lindgaard, publié le 20 octobre 2021

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Note (1) : NDLR : ne pas confondre période et durée de vie. Je rappelle que ce qui est appelé « période » n’est que le temps nécessaire pour que la radioactivité soit divisée par 2. Il faut donc 10 périodes pour qu’un matériau voir sa radioactivité divisée par 1000 (1024 très exactement). Le terme « durée de vie » ne devrait donc pas être utilisé en matière de radioactivité.

LES RISQUES DE L’EXTRACTION ET DE L’ENRICHISSEMENT DE L’URANIUM, ENJEUX OUBLIÉS DU NUCLÉAIRE

Ces derniers mois, le nucléaire s’invite dans la course à la présidentielle 2022. La question de l’uranium, de son extraction à son traitement, est un enjeu primordial dans la question du « mix » électrique. Il est aussi source de polémiques : avant d’être un combustible puis un déchet radioactif, l’uranium est une ressource fossile qui passe par de nombreuses phases industrielles. Ses opposants dénoncent des risques pour la nature et la santé, mais Orano, ex-Areva, se défend de tout manquement.

« Nous devons ouvrir le jeu de manière totalement inédite, et nous sommes prêts à y investir un milliard d’euros d’ici 2030. » Petits réacteurs modulaires, EPR, investissements pour la recherche sur la gestion des déchets nucléaires… La vision France 2030 d’Emmanuel Macron, présentée le 12 octobre, fait la part belle au nucléaire, avec un milliard d’euros injectés dans ce secteur stratégique qui emploie 200 000 personnes. Si le président de la République a annoncé vouloir « améliorer la sûreté en baissant les coûts et réduire les déchets », il n’a pas été fait mention des enjeux environnementaux et sanitaires liés à l’approvisionnement en minerai d’uranium.

Pourtant, aucune production d’énergie, comme toute activité humaine industrielle, ne peut avoir un impact nul sur l’environnement. Le photovoltaïque, comme l’éolien, se base sur des terres rares pour les composants technologiques et prend plus de place que des centrales à énergie fossile ou nucléaire. Les énergies fossiles produisent des gaz à effet de serre et utilisent des méthodes d’extractions polluantes, l’hydraulique peut modifier des écosystèmes entiers… et le nucléaire, en étant tributaire de l’uranium, se base sur une ressource fossile qu’il faut extraire et traiter. (NDLR : et basée à l’étranger ! Bravo pour l’indépendance !)

Le parcours de l’uranium

L’uranium est le minerai à l’origine du combustible de tout réacteur nucléaire. En scindant un atome d’uranium 235, on provoque une réaction en chaîne qui, en chauffant, va transformer de l’eau en vapeur pour produire de l’électricité. L’OCDE estime que la France a besoin d’environ 6 000 tonnes à 7 000 d’uranium par an pour faire tourner ses 56 réacteurs. Orano, ex-Areva, possède des mines au Canada, au Kazakhstan et au Niger : la majorité de la production vient de ces deux derniers pays.

Une fois extrait, le minerai est traité et transformé en yellowcake. Il est ensuite acheminé en France, à l’usine Orano Malvési, à côté de Narbonne, puis à l’usine Comurhex de Pierrelatte pour être transformé en gaz. Cette forme lui permet d’être enrichi, c’est-à-dire d’augmenter sa proportion d’uranium 235, un type d’atome plus efficace dans la fission nucléaire que l’uranium 238. L’enrichissement est assuré par des centrifugeuses, à Romans-sur-Isère, dans la Drôme. C’est cet uranium enrichi qui sera transformé en petites pastilles qui formeront, une fois assemblées dans des centaines de gaines, le cœur du réacteur d’une centrale nucléaire.

Extraction radioactive

Après avoir été extrait pendant plus d’un demi-siècle en France, le minerai est donc aujourd’hui produit au Canada, au Kazakhstan et au Niger. Orano gère quatre mines, dont deux au Niger : Somaïr et Cominak, qui a fermé en mars dernier, près de la ville industrielle d’Arlit habitée par 100 000 individus. Bruno Chareyron, directeur du laboratoire de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), a étudié la production nigérienne : « Dans les mines, les matières radioactives sont remontées à la surface. Les mineurs sont les plus exposés aux radiations, car ils travaillent très proche des parois radioactives, avec des expositions par rayonnement et par inhalation de matières radioactives. »

De son côté, Orano déclare respecter les normes maximales d’exposition des travailleurs; en cours au Niger de 20 mSv par an, soit le même niveau qu’en France. Pour la population civile, la norme internationale est de 1 mSv/an. L’entreprise se défend d’exposer les travailleurs à des rayonnements radioactifs et assure suivre les mineurs dans un mail envoyé à RFI : « Tous les anciens mineurs de Somaïr et Cominak bénéficient d’un examen médical gratuit indépendant tous les 2 ans. Aucune maladie professionnelle provoquée par les rayonnements ionisants n’a été détectée dans le cadre du dispositif OSRA, qui suit les anciens travailleurs. »

Un site de Cominak à Arlit, au Niger. AFP PHOTO PIERRE VERDY

En plus d’évoquer des risques radioactifs, Bruno Chareyron décrit également des contaminations de l’eau : « En fracturant des roches, on favorise la circulation de l’eau, qui va se charger en particules radioactives. » Or, à Arlit, l’eau utilisée pour fracturer la roche est directement pompée dans une nappe fossile, qui ne se renouvelle donc pas. Pour Orano, l’argument ne tient pas, car l’eau utilisée, industrielle, n’est pas celle utilisée par la population, et cette dernière serait contrôlée. « Tous les 3 mois, l’eau potable est contrôlée par des laboratoires indépendants. L’eau potable est uniquement consommée par les personnes en zone urbaine et en zone industrielle (mine, usine, bureaux, ateliers). Elle est pompée à partir de plusieurs puits isolés géologiquement du site d’extraction pour alimenter les châteaux d’eau situés en zone urbaine et en zone industrielle. »

Un « gâteau jaune » et des résidus

La transformation de l’uranium en yellowcake se fait sur le site d’extraction, après un tri entre l’uranium le plus riche et le moins riche. Le plus pauvre en uranium est alors entreposé hors de la mine. À l’usine Cominak tout juste fermée, ce résidu d’extraction de l’uranium représenterait 20 millions de mètres cubes entreposés à l’extérieur. Orano a donc proposé de recouvrir la colline formée par l’activité de Cominak d’une chape d’argile et de grès de deux mètres d’épaisseur d’ici 2027 : « Cette solution technique, jugée la plus efficace et pérenne, a été définie à la suite d’une série d’essais réalisée en 2020. » La compagnie insiste également sur ses engagements : « Cominak s’engage à ce que la radioactivité provenant de la verse après le réaménagement ne dépasse pas la limite réglementaire d’1 mSv/an en dose ajoutée par rapport à l’exposition naturelle. »

Mais la solution proposée par Orano ne satisfait pas le laboratoire indépendant du Criirad. « Deux mètres ce n’est pas très épais, on est dans une zone avec des vents relativement puissants, et, même si c’est paradoxal en plein désert, avec des précipitations parfois intenses. Il y a risque d’exposition des populations locales », s‘indigne Bruno Chareyron. Orano considère que l’argument ne tient pas : recouvrir les résidus d’extraction aurait déjà fait ses preuves. « La couverture radiologique de résidus miniers est une solution éprouvée déjà déployée dans plusieurs pays (France, Canada, Gabon, Allemagne, États-Unis) », rappelle l’entreprise.

En effet, la France aurait, en 60 années d’extraction d’uranium, produit plus de 50 millions de tonnes de ces résidus d’extraction sur son territoire. Qu’est-il arrivé de ces résidus ? Ils sont entreposés sous forme de pierres, de boue ou de sable sur des lieux qui ont été cartographiés par Orano et qui sont désormais surveillés et recouverts, comme il est prévu de le faire au Niger. Le chercheur de la Criirad n’est pas d’accord, et cite l’un des cas que son association a déjà rencontrés : « L’an dernier dans l’Hérault, une entreprise a construit des bâtiments sur un terrain contaminé. Or ce lieu, nous l’avions contrôlé il y a plus de dix ans, nous avions publié les résultats officiellement ! Malgré cela, le terrain non décontaminé a ensuite été vendu à la commune, qui l’a revendu à un particulier. » Orano conteste sa responsabilité : pour l’entreprise, les sites qu’elle a exploités ou qu’elle exploite font l’objet de surveillances strictes et respectent les normes en vigueur, qu’elles concernent l’eau, l’air ou les aliments.

L’industrie en France

Sous forme de yellowcake, l’uranium trié est ensuite envoyé en France, pour subir plusieurs phases de transformation afin d’être enrichi. L’usine de Malvési, première étape du minerai, fait partie des préoccupations françaises de la CRIIRAD. En 2004, une digue qui servait à retenir des déchets solides s’est affaissée et des boues se sont répandues dans la plaine, avant d’être contenues. À l’époque, Comurhex affirme que ce ne sont que des boues nitratées – et qu’on peut les utiliser pour faire pousser des patates. La Criirad, alertée par un riverain, fait des analyses grâce à un échantillon de ces boues. « Nous avons constaté que ces boues étaient radioactives et qu’en plus de contenir de l’uranium, elles contenaient du plutonium », rappelle Bruno Chareyron, avant de poursuivre : « C’est aussi une usine qui rejette des poussières radioactives dans l’atmosphère, on a fait des mesures ces derniers mois, montrant des concentrations en uranium dans les feuilles de cyprès dans l’environnement de l’usine qui peuvent être dix fois supérieures à ce que l’on mesure dans l’environnement lointain. »

Pour sa part, Orano se défend d’avoir toujours respecté les limites légales d’exposition de ses travailleurs, et rappelle que l’usine fait l’objet d’une surveillance accrue depuis son classement comme installation nucléaire de base, ce qu’elle n’était pas avant 2007. Depuis, l’entreprise déclare avoir renforcé la sécurité du site : « Depuis la reprise en pleine propriété par Orano de l’exploitation de ce site, des investissements majeurs ont été lancés dans les années 2000 et se poursuivent visant tous à contribuer à la réduction de l’empreinte environnementale du site. Son exploitation à ce jour est exemplaire, après avoir renouvelé et modernisé son outil industriel, de nouveaux projets visent à gérer et réduire l’empreinte de l’aval du procédé de lagunage notamment. »

Le dernier accident ayant eu des conséquences environnementales sur le site de Malvési date de 2009.  Entre le 23 et 24 août, plus de 2 tonnes de fluor et d’ammonium s’étaient écoulés dans le canal de Tauran de manière accidentelle, faisant dépasser la concentration légale de fluor pendant plusieurs jours. Comurhex avait été condamnée à 60 000 euros d’amende en 2011.

Plus d’étapes et autant de défis

L’uranium, une fois traité par Malvési, est envoyé à Pierrelatte pour être enrichi, puis sera utilisé sous forme de pastilles dans le cœur des 56 réacteurs nucléaires français. Commence alors un nouveau défi, assurer la sécurité des centrales au quotidien, pendant les trois ans de vie du minerai. Ensuite, une fois refroidi dans des piscines, ce dernier est transporté jusqu’à la Hague, dans le département de la Manche, pour être conditionné. Bernard Laponche, ancien ingénieur qui a travaillé au Commissariat de l’Énergie Atomique (CEA) dans les années 1960, décrit : « Les combustibles irradiés sont envoyés à La Hague, où ils sont stockés dans de grandes piscines, qui contiennent actuellement l’équivalent du contenu de 100 réacteurs irradiés. C’est colossal. »

Une fois refroidies, 15 % des matières radioactives sont retraitées pour être utilisées trois années supplémentaires (le « recyclage » de l’uranium), avant d’être elles-aussi, comme les 85 % restantes, définitivement stockées sous forme de déchets nucléaires. Un défi de plus pour l’industrie nucléaire. La gestion de ces déchets, plus médiatisée, fait elle-aussi polémique : l’ANDRA souhaite enfouir à 500 mètres sous terre, à Bure, ces matières dont la radioactivité varie de plusieurs centaines à plusieurs dizaines de milliers d’années.

Reste que sur l’approvisionnement en uranium, un autre défi se pose pour l’industrie nucléaire. Les réserves rentables de cette ressource fossile, en l’état actuel, sont de 5,9 millions de tonnes. Si l’innovation ne permet pas de découvrir des méthodes de production moins gourmandes en uranium et que la demande mondiale en uranium ne fluctue pas, le délai avant l’épuisement de ces stocks est estimé à un siècle.

Par Léopold Picot , publié le 23/10/2021 à 08h14, modifié le 23/10/2021 à 08h16

Photo en titre : Une partie de la mine d’uranium de Somaïr, propriété d’Orano, ex-Areva, dans le nord du Niger près d’Arlit, en janvier 2013. AP – Maurice Ascani

Retrouvez cet article ainsi que 2 vidéos dont 1 concerne l’usine de Malvési (à côté de Narbonne) sur le site :

https://www.rfi.fr/fr/environnement/20211023-les-risques-de-l-extraction-et-de-l-enrichissement-de-l-uranium-enjeux-oubli%C3%A9s-du-nucl%C3%A9aire

MOSELLE : EDF DÉTECTE TARDIVEMENT UNE ANOMALIE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM

Les responsables de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) ont rapporté ce lundi à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un « événement significatif de sûreté de niveau 1 ». L’échelle internationale des événements nucléaires (INES) compte sept niveaux. L’incident a en fait eu lieu le 11 octobre dernier, indique Lorraine actu. EDF a évoqué « détection tardive » du problème.

L’entreprise a expliqué que ce retard avait justifié la déclaration à l’ASN. Dans un communiqué, EDF a indiqué avoir constaté une « indisponibilité d’une chaîne de mesure sur l’unité de production n° 3 ». Les scientifiques en charge de la surveillance de la centrale nucléaire ont relevé « une incohérence dans la valeur de pH » de l’ eau au cours d’un contrôle de l’unité de production n° 3.

La situation est redevenue normale

L’anomalie a été repérée au niveau des générateurs de vapeur, où « la présence d’eau déminéralisée dans le circuit de prélèvement a entraîné une dilution », a détaillé EDF.

Le phénomène a rendu impossible une évaluation fiable de la qualité de l’eau. Le conduit d’arrivée d’eau déminéralisée a été fermé, empêchant le fonctionnement la chaîne de mesure. Le pH a néanmoins fini par revenir à son niveau habituel. L’incohérence constatée dans la valeur du pH a finalement disparu.

Par 20 Minutes avec agence, publié le 21/10/21 à 18h02, mis à jour le 21/10/21 à 18h02

Photo en titre : L’« événement significatif de sûreté de niveau 1 » s’est déroulé le 11 octobre dernier. —  PIEGL/PHOTOWEB/SIPA

https://www.20minutes.fr/faits_divers/3154027-20211021-moselle-edf-detecte-tardivement-une-anomalie-a-la-centrale-nucleaire-de-cattenom

PAYS-DE-LA-LOIRE : LA PRÉSIDENTE DE RÉGION VEUT UNE MINI-CENTRALE NUCLÉAIRE À CORDEMAIS

ÉNERGIE : Christelle Morançais (LR) souhaite accueillir un mini réacteur nucléaire en lieu et place de la centrale thermique EDF de Cordemais, vouée à la fermeture

Dix jours après les annonces de l’État quant à la mise en service de mini réacteurs nucléaires modulaires (SMR) à l’horizon 2035 en France, un premier territoire s’y voit déjà. Ce vendredi, en fin de session du conseil régional des Pays-de-la-Loire, la présidente Christelle Morançais (LR) s’est prononcée en faveur de l’implantation de l’une de ces petites centrales nucléaires sur le site de Cordemais (Loire-Atlantique), où la centrale à charbon doit fermer d’ici à 2026 après l’abandon du projet de reconversion. Christelle Morançais se serait déjà entretenue sur le sujet avec le PDG d’EDF.

« La Région veut s’inscrire pleinement dans la dynamique « France 2030 » et contribuer à offrir au site de Cordemais un avenir utile pour l’emploi et le savoir-faire industriels, utile pour le territoire, mais aussi, et surtout, utile pour notre environnement, estime la présidente de région. Le nucléaire est une énergie propre, très peu émettrice de gaz à effet de serre, qui doit nous permettre, en complément du développement des énergies renouvelables, de soutenir de façon durable le dynamisme économique de notre région ».

« Fuite en avant »

L’annonce a évidemment fait bondir les élus de l’opposition, et notamment les écologistes.

« Un tel projet serait une fuite en avant alors qu’il y a urgence à remettre sans attendre les acteurs autour de la table pour faire de Cordemais un site pilote de la transition énergétique, sans charbon ni nucléaire ! », écrivent les élus du groupe dans un communiqué. Leurs alliés de la France Insoumise parlent même d’une « folie ».

Par J.U., publié le 22/10/21 à 14h25, mis à jour le 22/10/21 à 14h25

Photo en titre : La centrale EDF de Cordemais, en 2019. — SEBASTIEN SALOM GOMIS/SIPA

Pour retrouver cet article et écouter Christelle Morançais (34sec), cliquer sur :

https://www.20minutes.fr/planete/3154695-20211022-pays-loire-presidente-region-veut-mini-centrale-nucleaire-cordemais

Message de L’Écologie Ensemble, solidaire & citoyenne (@ÉcologieEnsemble)

@C_MORANCAIS annonce qu’elle est prête à travailler sur l’implantation d’un réacteur #nucléaire #SMR à Cordemais. C’est une fuite en avant alors qu’il y a urgence à tendre vers des énergies 100% renouvelables !

Lien vers notre communiqué : https://ecologistecitoyen-crpdl.fr/files/2021/10/Communique-Nucleaire-a-Cordemais.pdf

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LA CONVENTION OSPAR POUR LA PROTECTION DE L’ATLANTIQUE DU NORD-EST REPORTE DISCRÈTEMENT DE 2020 À 2050 SON ENGAGEMENT DE RÉDUIRE LES REJETS RADIOACTIFS EN MER

Suite à la réunion de Cascais de la convention OSPAR pour la protection de l’Atlantique du Nord-Est, qui s’est tenue le 1er octobre dernier, les ministres participant ont discrètement repoussé à 2050 l’engagement pris en 1998, à Sintra, de réduire les rejets radioactifs en mer à des niveaux dans l’environnement proches de zéro à l’horizon 2020. Une fois de plus, les engagements internationaux en faveur de l’environnement sont bafoués. C’est de mauvais augure pour la COP26 qui doit se tenir bientôt à Glasgow.

La France est la première bénéficiaire de ce report de 30 années, car, avec son usine de retraitement à La Hague, elle a les plus forts rejets radioactifs en mer d’Europe. Et ces rejets ne baissent pas, comme le montrent les résultats de la surveillance citoyenne de la radioactivité dans l’environnement effectuée par l’ACRO depuis plus de 25 ans.

Les engagements pris en 1998, à Sintra au Portugal, par les États membres de la convention OSPAR avaient pourtant été confirmés lors des réunions suivantes de 2003 à Brême et de 2010 à Bergen : ramener, pour les substances radioactives, les niveaux dans l’environnement à des niveaux proches du bruit de fond pour les substances naturelles et proches de zéro pour celles d’origine artificielle.

Les résultats de la surveillance citoyenne de la radioactivité dans l’environnement effectuée par l’ACRO depuis plus de 25 ans, montrent que le compte n’y est pas : les rejets de l’usine de retraitement Orano de La Hague sont visibles tout le long du littoral de la Manche et, lors de l’été 2021, ils pouvaient encore être détectés jusqu’à la frontière danoise. L’association condamne cette prolongation de 30 ans des permis à polluer et demande instamment à la France de réduire significativement ses rejets radioactifs en mer en mettant en œuvre les technologies disponibles. Elle va, de son côté, maintenir sa vigilance.

Les radioéléments prédominants

Le « Bilan de santé » effectué en 2010 par la convention OSPAR précise que les usines liées à la fabrication et au retraitement du combustible sont responsables de 98% des rejets de radioéléments provenant du secteur nucléaire. L’usine de retraitement britannique de Sellafield ayant cessé son activité en 2020, les rejets français sont désormais ultra dominants.

Dans sa dernière contribution à la convention OSPAR, datée de 2019, La France reconnaît que les radioéléments qui ont le plus fort impact sont l’iode-129 et le carbone-14 : la dose du groupe de référence, à savoir les pêcheurs locaux, serait réduite de 30% si ces deux radioéléments étaient filtrés. La réduction des rejets en cobalt-60 entraînerait, quant à elle, une réduction de 4% de la dose du même groupe de référence. Mais, malheureusement, Orano n’a pas mis en œuvre les technologies disponibles dans d’autres pays pour réduire les rejets de ces trois éléments. L’iode et le cobalt font partie des 62 radioéléments filtrés par la station ALPS à Fukushima.

Dans le cadre de son Observatoire citoyen de la radioactivité dans l’environnement, l’ACRO détecte systématiquement l’iode-129 dans les algues tout le long du littoral de la Manche à des teneurs qui ne diminuent pas avec le temps. Elle en a détecté jusqu’à la frontière danoise.

Le cobalt-60 est régulièrement détecté dans les algues prélevées dans le Nord-Cotentin et plus épisodiquement à St-Valéry-en-Caux, près des centrales nucléaires de Penly et Paluel en Seine maritime.

L’ACRO n’a pas la capacité technique de mesurer le carbone-14, qui est aussi présent naturellement dans l’environnement, mais le constat radiologique publié par l’IRSN montre qu’il y a une contribution systématique des rejets des installations nucléaires et que l’on retrouve donc des niveaux qui dépassent significativement les niveaux naturels dans la Manche et la Mer du Nord, jusqu’aux Pays-Bas. Les plus fortes teneurs sont plus de deux fois plus élevées que les niveaux naturels.

Il est important de noter que les rejets en tritium (hydrogène radioactif) ont, quant à eux, fortement augmenté depuis la déclaration de Sintra. L’usine Orano de La Hague a les rejets les plus élevés au monde, selon le bilan fait par le gouvernement japonais : l’usine rejette tous les 30 jours ce que s’apprête à rejeter le Japon à Fukushima en 30 ans !

L’ACRO surveille aussi le tritium dans l’eau de mer. Dans le Nord-Cotentin, les teneurs sont plus de 100 fois plus élevées que le bruit de fond naturel.

Tous les résultats sont détaillés dans les annexes jointes.

Les teneurs ambiantes dans l’environnement marin ne sont ni proches de zéro pour les substances radioactives artificielles (iode-129 et cobalt-60) et ni proches des niveaux naturels pour le tritium et carbone-14. L’excuse des besoins de plus de recherches et développement pour réduire les rejets radioactifs en mer, avancée dans la contribution française à OSPAR, n’est pas recevable. À l’exclusion du tritium, des technologies sont disponibles et utilisées dans d’autres pays. Elles doivent être utilisées en France.

-> Télécharger ce communiqué et ses annexes en un seul fichier.

Publié le 19 octobre 2021

https://www.acro.eu.org/publications/communiques-de-presse/

Pour consulter les résultats de l’Observatoire citoyen de la radioactivité dans l’Environnement, c’est par ici.

LES VIEUX FOURNEAUX REPARTENT EN LUTTE CONTRE LES DÉCHETS NUCLÉAIRES

C’est une étape cruciale dans l’avancée du projet de décharge nucléaire Cigéo : le 23 octobre signe la fin de l’enquête préalable à la déclaration d’utilité publique. Les « vieux fourneaux de la lutte », comme se qualifient les auteurs de cette tribune, en profitent pour rappeler la longévité et la force du combat contre l’atomisation du monde.

L’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) du Centre de stockage en couche géologique profonde (Cigéo) s’achève samedi 23 octobre. Le projet ? Enfouir à Bure (Meuse) des déchets nucléaires d’une dangerosité extrême à 500 mètres sous terre. La DUP est une étape cruciale : elle doit permettre à l’État d’acquérir les dernières parcelles privées nécessaires à la construction de ce centre. Cette tribune du Comité centrales, collectif ligérien contre « l’atomisation du monde » rappelle la longévité — un demi-siècle — des luttes contre l’enfouissement des déchets nucléaires. Il a réalisé le film Notre terre mourra proprement, qui sortira d’ici la fin de l’année.

Coucou, c’est nous !

. Nous, habitantes et habitants de territoires que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a cherché à coloniser depuis plus de quarante ans.

. Nous, qui souhaitons rappeler la résistance unanime qui fut la nôtre dans des dizaines de régions françaises – du Gard à la Bretagne, de l’Aisne à la Dordogne.

. Nous, qui avons refusé les déchets nucléaires, que ce soit chez nous ou ailleurs. Que nous soyons paysans, enseignants, artisans, commerçants, quels que soient nos opinions politiques, notre âge ou notre genre, nous nous sommes unis pour empêcher la mission civilisatrice de l’Andra qui visait à souiller nos terres — sans tenir compte des générations à venir — en nous imposant une poubelle pour l’éternité.

. Nous qui, par nos luttes, avons montré que la France, les Françaises et les Français, n’ont jamais consenti aux centrales nucléaires qui leur avaient été imposées dans les années 1970. Pourquoi aurions-nous, sinon, dès les années 1980, refusé en bloc ses rebuts ? Rebuts qui nous apportaient pourtant, à nous, le bas peuple de la France rurale sacrifiée, l’indépendance promise par l’ordre électrique et sa civilisation de lumière et de connaissance…

L’Andra voulait enterrer des déchets dans le granit de Neuvy-Bouin (Deux-Sèvres) ? Lors de l’« opération Obélix » (août 1987), 700 militants ont déposé 50 tonnes de granit devant leurs bureaux.

Alors que l’enquête publique du projet d’enfouissement de déchets nucléaires du Centre industriel de stockage géologique dit Cigéo — dans le nom duquel il n’est fait mention ni des déchets ni du nucléaire — est en cours, après plus de vingt ans de corruption méthodiquement organisée aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, nous ne pouvions rester silencieux.

Une résistance longue et farouche contre les projets de laboratoires d’enfouissement

En effet, lorsqu’on lit le récit que l’Andra fait de sa propre histoire, on se rend compte de l’aspect colonial de sa funeste entreprise. Mis à part la contestation des quatre premiers projets de laboratoire d’enfouissement en Anjou, à Bourg-d’Iré ; en Gâtine, à Neuvy-Bouin ; dans l’Aisne, à Montcornet ; et en Bresse, à Saint-Jean-sur-Reyssouze entre 1987 et 1990, aucune mention n’est faite de nos soulèvements :

  • autour de Saint-Priest-la-Prugne, dans la montagne bourbonnaise, entre 1980 et 1983, et autour des communes de Lignac et de Tranzault (Boischaut), entre 1984 et 1986, pour refuser un site d’enfouissement qui a été finalement imposé, non sans résistance, à Soulaines-Dhuys (Aube) ;
  • autour de Fougères (Bretagne), et à nouveau à Montcornet (Aisne), entre 1991 et 1993 ;
  • autour de Crevant (Indre) et de Huriel (Allier), en 1993 ;
  • autour de Bagnols-sur-Cèze (Gard) et de La Chapelle-Bâton (Vienne), de 1993 à 1998 ;
  • autour de pas moins de quinze communes en 2000 : Huelgoat (Finistère), à Quintin, Dinan, Plouaret (Côtes-d’Armor), à Athis (Orne), à Izé (Mayenne), à Saint-Barbant (Haute-Vienne), à Auriat et à Croq-Fernoël (Creuse), à Saint-Julien-le-Vendômois (Corrèze), à Glénat (Cantal), à Sanvensa (Aveyron), à Piégut-Pluviers (Dordogne), à Avrillé (Vendée) ainsi qu’à Neuvy-Bouin (Deux-Sèvres) pour la seconde fois.

Dans tous ces lieux, nous avons dit NON aux multiples projets de laboratoires d’enfouissement. Plus récemment, en 2008, à Auxon et Pars-lès-Chavanges, dans l’Aube, c’est « sous la pression des opposants », et pas du tout du fait « du libre arbitre des habitants », selon l’Andra, que des communes initialement volontaires refusèrent finalement l’installation d’un site pour la gestion des déchets « faiblement actifs » à vie longue.

Enfin, en Haute-Marne et en Meuse, c’est sans interruption depuis 1993 que nous disons et que nous continuerons de dire un grand NON à l’enfouissement, au nucléaire et à son monde.

« Nous, les vieux fourneaux de la lutte contre les déchets nucléaires, avertissons l’Andra de notre retour prochain dans l’Est. »

Et si l’Andra se vante qu’en « août 1998, […] les maires d’une quinzaine de communes voisines installent des panneaux Oui au labo aux frontons de leurs mairies », elle ne pourra pas en dire autant pour Cigéo, qui aura vu cette année le refus par les communes de Bure, d’Horville-en-Ornois, de Ribeaucourt et de Mandres-en-Barrois de la demande de déclaration d’utilité publique du projet par lequel elles sont les premières concernées. Un nouvel échec cuisant qui n’empêche aucunement le processus autoritaire de l’acceptation de continuer à cadence forcée : depuis un mois, c’est avec fracas que l’enquête publique tente encore de faire exister un semblant de débat qui n’aura jamais vraiment eu lieu.

Une première : en Meuse, des élus disent « non » à l’enfouissement des déchets nucléaires

La réalité, c’est que l’Andra procède, depuis un quart de siècle, à la colonisation par l’achat massif des consciences et des terres dans ce pays, aux confins du Barrois et de la Lorraine, pourtant déjà traumatisé par les guerres du XXe siècle. Depuis le début, il était clair pour tous les opposantes et les opposants que le concept de « laboratoire », utilisé par l’industrie nucléaire comme un cheval de Troie, était né dans l’esprit de quelques énarques pour laisser le temps aux ingénieurs d’installer les fondations du plus grand projet industriel en Europe, et à la population de se résigner.

C’est cette histoire, notre histoire, que raconte le film Notre terre mourra proprement, qui sortira d’ici la fin de l’année. Nous sommes quelques-unes et quelques-uns à avoir donné notre témoignage, pour rappeler, au moment où l’État s’apprête à passer outre les centaines de milliers de personnes qui ont résisté à l’Andra depuis des décennies, la violence et le mépris avec lesquels la nucléocratie a cherché à corrompre nos pays.

Par cette tribune, nous, les vieux fourneaux de la lutte contre les déchets nucléaires, avertissons l’Andra de notre retour prochain dans l’Est pour nous rappeler à son bon souvenir !

Premiers signataires (par ordre alphabétique) :

Toutes les personnes qui souhaiteraient également signer cette tribune peuvent le faire en écrivant à : comite_centrales@riseup.net

  • Anger Didier, militant antinucléaire de La Hague depuis 1972, sollicité par la plupart des sites concernés.
  • Bailly David, docteur en hydrogéologie et en sûreté nucléaire, ex-opposant à l’enfouissement des déchets nucléaires à Neuvy-Bouin, en Deux-Sèvres, opposant au projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires en Meuse et en Haute-Marne.
  • Bealu Norbert, opposant à l’enfouissement des déchets atomiques à Neuvy-Bouin, en Deux-Sèvres (années 1987-1990).
  • Beunaiche Bernard, opposant au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Boubet Robert, opposant au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Brault Martine et Michel, opposants au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Cadsa (Coordination Anti Déchets pour la Sauvegarde de l’Anjou), active au moment des événements de Bourg-d’Iré, dans le Maine-et-Loire, de 1987 à 1990, et toujours vigilante. Signature collective.
  • Coedra Men (Collectif d’Opposition à l’Enfouissement des Déchets Radioactifs et pour la Maîtrise de l’Énergie), Mayenne, créé lors du projet, en 2000.
  • Collon Jean, cofondateur de GRANIT (Groupe Régional Anti-Nucléaire pour une Information Totale !), site de Neuvy-Bouin (Deux-Sèvres), de 1987 à 1990. 
  • De Cornulier Benoît, ex-opposant à l’enfouissement des déchets atomiques à Neuvy-Bouin, en Deux-Sèvres, à Cigéo-Bure, et à toute forme de vieilles et moins vieilles installations nucléaires.
  • David Paul, habitant de Nizerolles, dans l’Allier, opposant au projet de Saint-Priest-la-Prugne, en 1980.
  • Dreux Marie-Noëlle, opposante au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Duquesnoy Françoise, membre d’ARDAN, association opposante au projet en Sud-Vienne (Saint-Barbant), 2000.
  • François Corinne, ancienne porte-parole de la Coordination nationale contre l’enfouissement des déchets radioactifs.
  • Gobin Jean-Paul, ex-opposant de Neuvy-Bouin (Deux-Sèvres), de 1987 à 1990, au sein de Granit et des comités locaux.
  • Granger Jeanne-Marie, opposante au projet de Chapelle-Bâton (Sud Vienne), de 1993 à 1998.
  • Guede Philippe, opposant au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Guitton Olivier, opposant au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Herbrick Yvette, opposante au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Houssais Henri-Claude, opposant au projet 1987 dans le Schiste Maine-et-Loire. Et bien sûr toujours opposant.
  • Lebourg Annie, présidente de l’ex-CAPA (Comité Anti Poubelle Atomique), projet de Lignac (Indre), de 1984 à 1986.
  • Lemosquet Clara et Michel, opposants au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Magnier Lionel, opposant au sein du CAPA au projet de Lignac (Indre), de 1984 à 1986.
  • Mathien Jacques, opposant au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Maussan Arlette, Collectif Bois noirs en lutte contre le centre de stockage de déchets radioactifs de l’Andra, en 1980, lors de la fermeture de la mine d’uranium de Saint-Priest-la-Prugne (Loire). Toujours en lutte suite aux pollutions laissées par les déchets radioactifs de l’exploitation minière.
  • Morin Serge, opposant à l’enfouissement de déchets nucléaires à Neuvy-Bouin (Deux-Sèvres), de 1987 à 1990.
  • Moussay Chantal et Jacky, opposants au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Poirier Jean-Marie, opposant au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.
  • Poupry Pierre, ancien syndiqué, agriculteur, opposant au projet de Lignac (Indre), de 1984 à 1986.
  • Robinard André, opposant au projet en Pays de Fougères (Ille-et-Vilaine), de 1991 à 1993.
  • Rousseau Anne-Marie, opposante à l’enfouissement des déchets atomiques à Neuvy-Bouin (Deux-Sèvres), de 1987 à 1990.
  • de Saint Loup Annie, opposante au projet d’enfouissement dans le granit du massif d’Izé, en Mayenne, en 2000.

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Par Le Comité centrales, publié le 22 octobre 2021 à 09h52, mis à jour le 22 octobre 2021 à 16h20

https://reporterre.net/Les-vieux-fourneaux-repartent-en-lutte-contre-les-dechets-nucleaires

LES EMPLOIS LIÉS AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES ATTEIGNENT 12 MILLIONS DANS LE MONDE

Transition énergétique – En amont de la COP26, un rapport de l’IRENA et de l’OIT souligne le potentiel d’emplois d’une stratégie climatique ambitieuse et appelle à des politiques globales en faveur d’une transition juste vers un avenir plus vert.

Abu Dhabi/Genève (OIT Infos) – Les emplois dans le domaine des énergies renouvelables dans le monde ont atteint 12 millions l’année dernière, contre 11,5 millions en 2019, selon la huitième édition de Renewable Energy and Jobs: Annual Review 2021 . Le rapport a été publié par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) en collaboration avec l’Organisation internationale du Travail (OIT) lors d’une ouverture de haut niveau du Cadre de collaboration de l’IRENA sur les transitions justes et inclusives, co-facilité par les États-Unis et l’Afrique du Sud.

Le rapport confirme que le COVID-19  a provoqué des retards et des perturbations dans la chaîne d’approvisionnement, avec des impacts sur l’emploi variant selon le pays et l’utilisation finale, et selon les segments de la chaîne de valeur. Alors que les emplois liés à l’énergie solaire et à l’énergie éolienne ont continué de mener la croissance mondiale de l’emploi dans le secteur des énergies renouvelables, représentant respectivement un total de 4 millions et 1,25 million d’emplois, l’emploi dans le secteur des biocarburants liquides a diminué en raison de la baisse de la demande de carburants pour le transport. Les ventes d’éclairage solaire hors réseau ont souffert, mais les entreprises ont pu limiter les pertes d’emplois.

La Chine représentait 39 pour cent des emplois liés aux énergies renouvelables dans le monde en 2020, suivie par le Brésil, l’Inde, les États-Unis et les membres de l’Union européenne. De nombreux autres pays créent également des emplois dans le secteur des énergies renouvelables. Parmi eux, citons le Viet Nam et la Malaisie, principaux exportateurs d’énergie solaire photovoltaïque, l’Indonésie et la Colombie, qui possèdent d’importantes chaînes d’approvisionnement agricole pour les biocarburants, ainsi que le Mexique et la Fédération de Russie, où l’énergie éolienne est en plein essor. En Afrique subsaharienne, les emplois dans le secteur de l’énergie solaire se développent dans divers pays comme le Nigeria, le Togo et l’Afrique du Sud.

«La capacité des énergies renouvelables à créer des emplois et à atteindre les objectifs climatiques ne fait aucun doute. À l’approche de la COP26, les gouvernements doivent revoir à la hausse leurs ambitions pour atteindre le niveau net zéro», déclare Francesco la Camera, Directeur général de l’IRENA. «La seule voie possible est d’augmenter les investissements dans une transition juste et inclusive, en récoltant tous les avantages socio-économiques en cours de route

«Le potentiel des énergies renouvelables pour générer du travail décent indique clairement que nous n’avons pas à choisir entre la durabilité environnementale d’une part, et la création d’emplois d’autre part. Les deux peuvent aller de pair», a déclaré le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

Reconnaissant que les femmes ont davantage souffert de la pandémie parce qu’elles ont tendance à travailler dans des secteurs plus vulnérables aux chocs économiques, le rapport souligne l’importance d’une transition juste et d’emplois décents pour tous, en veillant à ce que les emplois soient rémunérés à un salaire décent, que les lieux de travail soient sûrs et que les droits au travail soient respectés. Une transition juste exige une main-d’œuvre diversifiée – avec des chances égales pour les femmes et les hommes, et des parcours professionnels ouverts aux jeunes, aux minorités et aux groupes marginalisés. Les normes internationales du travail et les accords de négociation collective sont essentiels dans ce contexte.

La réalisation du potentiel d’emplois dans le secteur des énergies renouvelables dépendra de politiques ambitieuses visant à mener la transition énergétique au cours des prochaines décennies. Outre les politiques de déploiement, d’habilitation et d’intégration du secteur lui-même, il est nécessaire de surmonter les obstacles structurels dans l’économie au sens large et de minimiser les décalages potentiels entre les pertes et les gains d’emplois pendant la transition.

En effet, les travaux de l’IRENA et de l’OIT montrent que la transition énergétique permettra de créer plus d’emplois que d’en perdre. Un scénario de durabilité mondiale de l’OIT à l’horizon 2030 estime que les 24 à 25 millions de nouveaux emplois dépasseront de loin les pertes de six à sept millions d’emplois. Quelque cinq millions des travailleurs qui perdront leur emploi pourront trouver un nouvel emploi dans la même profession, dans un autre secteur. Le World Energy Transition Outlook de l’IRENA prévoit que le secteur des énergies renouvelables pourrait employer 43 millions de personnes d’ici 2050.

La perturbation des approvisionnements transfrontaliers causée par les restrictions du COVID-19 a mis en évidence le rôle important des chaînes de valeur nationales. Leur renforcement facilitera la création d’emplois locaux et la génération de revenus, en tirant parti des activités économiques existantes et nouvelles. Les travaux de l’IRENA sur l’exploitation des chaînes d’approvisionnement locales donnent un aperçu des types d’emplois nécessaires pour soutenir la transition par technologie, segment de la chaîne de valeur, exigences éducatives et professionnelles.

Cela nécessitera des politiques industrielles pour former des chaînes d’approvisionnement viables, des stratégies d’éducation et de formation pour créer une main-d’œuvre qualifiée, des mesures actives sur le marché du travail pour fournir des services d’emploi adéquats, un recyclage et une recertification ainsi qu’une protection sociale pour aider les travailleurs et les communautés dépendantes des combustibles fossiles, et des stratégies d’investissement public pour soutenir le développement économique régional et la diversification.

À propos de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA)

L’IRENA est l’agence intergouvernementale chef de file de la transformation énergétique mondiale. Elle soutient les pays dans leur transition vers un avenir énergétique durable et sert de principale plateforme de coopération internationale, de centre d’excellence et de dépôt de connaissances sur les politiques, les technologies, les ressources et les finances en matière d’énergies renouvelables. Avec 166 membres (165 États et l’Union européenne) et 18 autres pays en cours d’adhésion et activement engagés, l’IRENA promeut l’adoption généralisée et l’utilisation durable de toutes les formes d’énergie renouvelable dans la poursuite du développement durable, de l’accès à l’énergie, de la sécurité énergétique et de la croissance économique et de la prospérité à faible émission de carbone.

Par Nanda Moenandar, Communications Officer, IRENA, nmoenandar@irena.org ; +971-2/4147101

Photo en titre: © Scottish Government

Restez en contact avec l’IRENA sur www.twitter.com/irena  and www.facebook.com/irena.org 

À propos de l’Organisation internationale du Travail (OIT)

Faire progresser la justice sociale, promouvoir le travail décent

L’Organisation internationale du Travail est l’institution des Nations Unies spécialisée dans les questions liées au monde du travail. Elle rassemble gouvernements, travailleurs et employeurs autour d’une approche de l’avenir du travail centrée sur l’humain, en soutenant la création d’emplois, les droits au travail, la protection sociale et le dialogue social.

Informations de contact: newsroom@ilo.org 

Publié le 21 octobre 2021

https://www.ilo.org/global/about-the-ilo/newsroom/news/WCMS_823828/lang–fr/index.htm

L’UE BIENTÔT PRÊTE À INCLURE LE NUCLÉAIRE ET LE GAZ DANS LES INVESTISSEMENTS VERTS ?

Hier, une majorité des Vingt-Sept s’est prononcée pour reconnaître le rôle du gaz et du nucléaire dans la lutte contre le changement climatique, selon plusieurs diplomates. Mais le débat est loin d’être terminé. La Commission européenne doit trancher avant la fin de l’année sur l’intégration, ou non, de l’atome historique et du gaz dans le classement des investissements écologiques et durables (« taxonomie verte« ).

Le gaz et le nucléaire sont-ils compatibles avec la lutte contre le changement climatique ? La question divise l’Union européenne, notamment celle de l’atome, avec une Allemagne contre et une France pour. Mais une majorité défend leur place dans la taxonomie des énergies vertes.

Les Vingt-Sept se sont prononcés jeudi au sommet de Bruxelles pour intégrer le gaz et l’atome historique dans la liste des énergies considérées comme vertueuses à la fois pour le climat et l’environnement (« taxonomie verte« ), selon plusieurs diplomates. Cette classification a pour objectif de donner aux investisseurs la liste des activités pouvant être considérées comme bénéfiques pour le climat afin de favoriser l’orientation des capitaux privés vers des activités qui soutiennent les objectifs climatiques de l’Union européenne, qui s’est engagée à réduire de 55% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030. C’est néanmoins à la Commission européenne de trancher et de proposer une liste avant la fin de l’année. À noter que cette proposition pourra être rejetée par les eurodéputés ou une majorité d’États membres.

L’envolée des prix de l’énergie semble avoir créé un contexte favorable au nucléaire. En effet, sur l’année 2021, les prix devraient augmenter de plus de 80% en moyenne, comparé à l’an dernier, selon la Banque mondiale dans son rapport sur les Perspectives des marchés des produits de base. Cette flambée historique des cours menace l’activité des entreprises les plus gourmandes en énergie et accentue les pressions inflationnistes mondiales liées à la reprise économique après la crise du Covid-19.

Un débat loin d’être terminé

Toutefois, l’Union européenne est encore loin du consensus, et cette question ne devait pas être évoquée dans les conclusions du sommet de Bruxelles.

Le 11 octobre, la France et neuf autres États ont publié une tribune soutenant le nucléaire, soulignant qu’il a un rôle à jouer contre le réchauffement climatique. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et la ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher ont signé ce texte qui met également en avant le fait que le nucléaire « contribue de manière décisive à l’indépendance de nos sources de production d’énergie et d’électricité ». Ce texte a également été signé par la Roumanie, la République tchèque, la Finlande, la Slovaquie, la Croatie, la Slovénie, la Bulgarie, la Pologne et la Hongrie. Les Pays-Bas se sont ralliés récemment à cette position. Cette tribune intervient dans un contexte de montée du prix de l’énergie mais aussi d’un intense lobbying des pays pro-nucléaire en vue de cette classification.

De son côté, le vice-président de l’exécutif européen Valdis Dombrovskis avait défendu le nucléaire lors d’une réunion des ministres des Finances. « Il est important que nous reconnaissions le rôle du nucléaire en tant qu’énergie bas carbone dans notre effort » de réduction des émissions de CO2, avait déclaré le responsable letton. De plus, dans un rapport rendu fin mars, le service scientifique de la Commission (JRC) a estimé qu’« aucune analyse ne fournit de preuves scientifiques que l’énergie nucléaire porte atteinte à la santé humaine ou à l’environnement davantage que les autres énergies » susceptibles d’intégrer la taxonomie.

Au contraire, d’autres pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou le Luxembourg y sont farouchement opposés. En Allemagne, http://les dernières centrales nucléaires s’arrêteront de tourner en 2022, dix ans après le choix du pays de renoncer à l’atome. Cet été, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark, le Luxembourg et l’Espagne ont envoyé une lettre à la Commission européenne appelant à ce que l’énergie nucléaire ne soit pas intégrée au sein de la taxonomie verte.

« Nous craignons que l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie ne porte définitivement atteinte à son intégrité, à sa crédibilité et donc à son utilité« , ont écrit les ministres de l’environnement et de l’énergie des cinq pays membres dans la lettre que s’est procurée le média Euractiv. « De nombreux épargnants et investisseurs perdraient confiance dans les produits financiers commercialisés comme « durables » s’ils devaient craindre qu’en achetant ces produits, ils financent des activités dans le domaine de l’énergie nucléaire« , estiment-ils.

Ces pays dénoncent notamment le problème du stockage à très long terme des déchets radioactifs, à l’instar de nombreuses ONG qui y voient une technologie risquée.

Quant au gaz, il serait un mal nécessaire transitoire selon plusieurs pays. L’Allemagne et la Pologne souhaitent par exemple qu’il soit inclus dans la taxonomie en tant que technologie de « transition », permettant de remplacer le charbon

Publié le 22 octobre 2021 à 11h00

Photo en titre : L’Union européenne est encore loin du consensus, et cette question ne devait pas être évoquée dans les conclusions du sommet de Bruxelles. (Crédits : Reuters)

https://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/l-ue-bientot-prete-a-inclure-le-nucleaire-et-le-gaz-dans-les-investissements-verts-894930.html

LA FINALISTE DE LA PRIMAIRE ÉCOLOGISTE AFFIRME QUE LA FUTURE CENTRALE NUCLÉAIRE DE 3ÈME GÉNÉRATION COÛTERA 19 MILLIARDS D’EUROS.

Alors que le nucléaire devient l’un des thèmes de la précampagne présidentielle, la construction de six nouveaux EPR pourrait être annoncée d’ici la fin de l’année. Interrogée sur BFMTV, lundi 18 octobre, Sandrine Rousseau a rappelé son opposition aux EPR en affirmant qu’une centrale de ce type « c’est 19 milliards aujourd’hui. Flamanville c’est 19 milliards« , ajoute-t-elle. L’écologiste dit vrai et on vous explique pourquoi.  

19,1 milliards et plus de 10 ans de retard  

Présentée comme plus sûre et plus performante, on savait aussi que la future centrale de la Manche serait aussi plus chère. Mais le rapport de la Cour des comptes sorti en juillet 2020 a dépassé les prévisions les plus pessimistes en avançant un chiffrage à 19,1 milliards d’euros, bien au-delà de la prévision de 12,4 milliards avancée par EDF, qui n’a d’ailleurs pas démenti la Cour des comptes. Sachant que la prévision initiale était de 3,3 milliards d’euros, les travaux vont couter presque six fois plus et ne se termineront que fin 2022 au lieu 2012. Il faut dire que le chantier de Flamanville a accumulé retards, malfaçons et accidents.  

Des dérapages dans les autres EPR    

EDF ne dit pas combien coutera l’électricité qui sortira de Flamanville, mais la Cour des comptes estime qu’elle sera deux fois plus chère que celle des centrales nucléaires classiques. Plus chère aussi que le courant qui sort d’une éolienne ou d’un panneau solaire.  

L’explosion des coûts de Flamanville se retrouve aussi dans les EPR en Finlande et en Chine. L’EPR de d’Olkiluoto au sud-ouest de la Finlande, lancé par Areva, devait couter trois milliards et ce sera 10 milliards. Aux dernières nouvelles, il doit entrer en service en janvier, avec plus de 12 ans de retard. En Chine, les deux EPR de Taishan sont en enfin entrés en service, mais le surcout de construction est tout de même de 60% et le retard est de cinq ans.

Par franceinfoGérald Roux, publié le 21/10/2021 à 18h25

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-vrai-du-faux/sandrine-rousseau-dit-elle-vrai-sur-le-prix-de-lepr-de-flamanville_4797573.html

BELGIQUE : LA CHAMBRE VALIDE L’EXTENSION DE LA RESPONSABILITÉ CIVILE DANS LE DOMAINE DU NUCLÉAIRE

La Chambre a approuvé jeudi en séance plénière un projet de loi porté par les ministres de l’Énergie Tinne Van der Straeten et de l’Économie Pierre-Yves Dermagn relatif à la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire.

Les exploitants d’installations nucléaires seront soumis à une nouvelle législation partir du 1er janvier 2022. Conformément à la Convention de Paris sur la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire modifiée en 2004, ils seront tenus responsables pour trente ans des conséquences d’un accident nucléaire, contre 10 ans jusqu’à présent.

Convention aux dommages nucléaires

La loi approuvée jeudi à l’unanimité permet d’élargir automatiquement, sans passer par arrêté royal, le champ d’application de la Convention aux dommages nucléaires subis sur le territoire d’États qui, au moment de l’accident nucléaire, n’ont pas d’installation nucléaire sur leur territoire. C’est notamment le cas du Luxembourg, de l’Autriche, de Chypre et de Malte.

Les exploitants doivent s’assurer pour un montant de 1,2 milliard d’euros et les transporteurs de déchets nucléaires doivent, quant à eux, s’assurer pour un montant d’environ 300 millions d’euros.

L’Ondraf, l’organisme public fédéral chargé de gérer les déchets radioactifs, a déjà fait savoir au gouvernement qu’elle devra faire appel à la garantie de l’État. « Le marché n’offre pas les assurances requises pour couvrir la totalité de notre risque« , a-t-il indiqué dans un courrier adressé le 20 septembre au ministre Dermagne.

Gestion des déchets radioactifs

La Chambre a également approuvé à l’unanimité un projet de loi qui définit clairement les rôles et compétences respectifs de l’Ondraf et de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) dans le domaine de la gestion à long terme des déchets radioactifs. C’est l’Ondraf qui soumettra au gouvernement une proposition d’Arrêté royal relatif aux « critères d’acceptation » des déchets et un avis préalable de l’AFCN sera demandé.

Ce projet de loi prévoit également que le pollueur supportera toujours le coût de la mise en conformité des déchets avec les critères d’acceptation. La coalition Vivaldi a confirmé dans son accord de gouvernement la décision de fermer des derniers réacteurs nucléaires belges en 2025.

En novembre, il procédera toutefois à une évaluation de la sécurité d’approvisionnement, au terme de l’enchère concernant les centrales au gaz dans le cadre du Mécanisme de Rémunération de Capacité (CRM).

Par Belga, publié le 21 octobre 2021 à 21h51

Photo en titre : © Belgaimage

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-chambre-valide-l-extension-de-la-responsabilite-civile-dans-le-domaine-du-nucleaire?id=10865115

LE DÉVELOPPEMENT DES ARMEMENTS DE LA CHINE VISE UNIQUEMENT À SAUVEGARDER SES INTÉRÊTS SÉCURITAIRES LÉGITIMES (PORTE-PAROLE)

Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré mardi que le seul objectif du développement des capacités militaires nécessaires de la Chine était de sauvegarder ses intérêts sécuritaires légitimes, réfutant les accusations des États-Unis selon lesquelles le développement des armements de la Chine intensifierait la course aux armements.

Le propos tenu par les États-Unis vise simplement à rejeter la faute à d’autres et à détourner l’attention, a indiqué Wang Wenbin, lors d’un point de presse.

Selon lui, les États-Unis ont non seulement l’arsenal nucléaire le plus grand et le plus avancé du monde, mais investissent également des milliers de milliards de dollars dans la modernisation de leur « triade nucléaire« .

Tout le monde sait que les États-Unis se sont retirés du Traité sur la limitation des systèmes de missiles antibalistiques et du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire et font constamment avancer le déploiement d’un système mondial de missiles antibalistiques, a fait observer le porte-parole.

Depuis longtemps, les États-Unis sont le seul pays qui entrave les négociations sur le protocole de vérification de la Convention sur les armes biologiques. En plus, ils bloquent les efforts pour négocier un contrôle des armements dans l’espace et transfèrent les sous-marins nucléaires aux États non dotés d’armes nucléaires, ce qui augmentera le risque de prolifération nucléaire, a ajouté M. Wang.

« En faisant le battage médiatique de la ‘menace chinoise’, ce que les États-Unis ciblent réellement est de trouver des excuses pour renforcer leurs capacités militaires et d’obtenir l’avantage d’une sécurité absolue« , a-t-il fait remarquer.

« La partie américaine doit cesser de faire le battage de la ‘menace chinoise’ et de faire des problèmes avec la Chine, adopter une attitude responsable, jouer son rôle comme il se doit en tant que grand pays, afin d’œuvrer avec la communauté internationale pour maintenir l’équilibre stratégique et la stabilité du monde et réaliser la sécurité commune de tous les pays« , a poursuivi le porte-parole.

Selon lui, la Chine maintient depuis toujours ses forces nucléaires au niveau minimum nécessaire pour sauvegarder sa sécurité nationale et ne s’engagera jamais dans une course aux armements nucléaires avec quelques pays que ce soit.

Aucun pays ne sera menacé par la capacité de la défense nationale de la Chine, tant qu’il ne tente pas de menacer ou de compromettre la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale de la Chine, a-t-il ajouté.

« La Chine œuvre toujours pour sauvegarder la paix mondiale, contribuer au développement mondial, défendre l’ordre international et fournir du bien public« , a affirmé le porte-parole.

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Source: Agence de presse Xinhua

Par Vivienne, publié le 20-10-2021

http://french.china.org.cn/china/txt/2021-10/20/content_77821166.htm

POLLUTION RADIOACTIVE DES EAUX À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY : EDF DEVANT LA COUR D’APPEL DE LYON VENDREDI 22 OCTOBRE

Communiqué commun du Réseau « Sortir du nucléaire« , Sortir du nucléaire Bugey, Sortir du nucléaire Isère et Rhône-Alpes Sans Nucléaire.

Il y a 4 ans, les négligences d’EDF ont entraîné une pollution radioactive des eaux souterraines sous la centrale nucléaire du Bugey, située à 35 km de Lyon. Condamnée suite à l’action en justice engagée par nos associations, EDF a fait appel de cette décision. L’affaire sera à nouveau examinée ce vendredi 22 octobre à 9h, à la cour d’appel de Lyon. Nous espérons que cette pollution ne restera pas impunie.

Quand négligences et mauvaise maintenance mènent à la pollution radioactive des eaux souterraines

En décembre 2017, à la centrale du Bugey, EDF a détecté une concentration anormale de tritium (substance radioactive pouvant provoquer de graves dommages à l’ADN) [1] dans la nappe phréatique. Des pics allant jusqu’à 1600 Becquerels par litre ont été détectés les jours suivants : des concentrations importantes pour cette substance qui ne devrait exister qu’à l’état de trace dans la nature.  

Comme le montre un rapport d’inspection rédigé par l’Autorité de sûreté nucléaire, cette pollution était la conséquence d’une inquiétante chaîne de dysfonctionnements :

. défaut de surveillance,

. dispositifs ne permettant pas la détection automatique des fuites,

. absence de réaction rapide,

. entretien insuffisant du matériel… En particulier, deux pompes n’avaient pas fonctionné (l’une d’elles étant défaillante depuis plus d’un an et demi) et un clapet était resté bloqué en position ouverte. Ce dernier n’avait pas fait l’objet de maintenance depuis… 1992 !

Cette contamination radioactive des eaux était la troisième survenue au Bugey en l’espace de 6 ans (plusieurs ayant d’ailleurs déjà fait l’objet de dépôts de plaintes). Ces pollutions récurrentes interpellent sur l’état général de la centrale, désormais la plus ancienne de France, qui cumule les problèmes liés au vieillissement et au mauvais entretien des équipements.  Elles sont aussi révélatrices de l’état réel d’une industrie nucléaire qui – à tort – s’autoproclame propre et sauveuse du climat.

Pas d’impunité pour EDF !

Le 7 mars 2018, le Réseau “Sortir du nucléaire“, Rhône-Alpes Sans Nucléaire, Sortir du nucléaire Bugey et Sortir du nucléaire Isère ont déposé plainte. Le Parquet ayant engagé des poursuites contre EDF pour non-respect de la réglementation nucléaire, l’affaire a été examinée par le tribunal de police de Bourg-en-Bresse le 28 février 2020.

Le 22 mai 2020, le tribunal a reconnu EDF coupable de l’ensemble des infractions pour lesquelles elle était poursuivie et l’a condamnée à 3000 euros d’amende. La décision était des plus explicites, constatant que « l’attitude de la société poursuivie, qui refuse de reconnaître sa responsabilité dans cet incident dont elle minimise la gravité malgré la dangerosité de l’installation qui ne souffre pas la tolérance d’un quelconque incident de ce type, les mentions portées à son casier judiciaire et sa situation financière justifient que la société EDF soit condamnée au paiement d’une amende » [2].

Consciente des répercussions d’une telle décision, EDF s’est empressée de faire appel de ce jugement. C’est pourquoi une nouvelle audience se déroulera ce vendredi 22 octobre 2021, à 9h, à la cour d’appel de Lyon. Nos associations espèrent que la cour d’appel confirmera la condamnation. Il serait inacceptable qu’EDF puisse jouir d’impunité pour cette pollution !

Contact presse : Marie Frachisse (juriste, Réseau « Sortir du nucléaire ») – 07 62 58 01 23

Notes :

[1] Le tritium est l’isotope radioactif de l’hydrogène. Très volatil, il se mélange avec l’eau et peut se substituer aux atomes d’hydrogène, provoquant des dommages aux corps vivants.

[2] Extrait du jugement du tribunal

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Retrouvez le dossier juridique : https ://www.sortirdunucleaire.org/Bugey-fuite-radioactive

Publié le 21 octobre 2021

Retrouvez ce communiqué sur le site : https ://www.sortirdunucleaire.org/Pollution-radioactive-des-eaux-a-la-centrale

UN SCÉNARIO RENOUVELABLE ET SANS NUCLÉAIRE, POUR ALIMENTER LE DÉBAT PRÉSIDENTIEL

Pas de nucléaire et que des énergies renouvelables, à condition de s’attaquer au gaspillage : l’association négaWatt présente sa vision de l’avenir énergétique de la France, qui s’annonce comme un sujet central de la campagne présidentielle.

Le réseau d’experts, pionnier dans la réalisation de ce genre d’exercice prospectif, avance son nouveau scénario à horizon 2050 quelques jours avant que le gestionnaire du réseau électrique à haute tension RTE présente les siens, très attendus par les pouvoirs publics.

NégaWatt constate d’abord que l’on pourrait réduire nettement les besoins énergétiques en rénovant efficacement les bâtiments : en passant de 30.000 à 800.000 rénovations thermiques globales par an d’ici 2030, avec des travaux globaux et pas par morceaux.

L’électrification des voitures, complétée par de l’hybride biogaz (pour limiter le recours au lithium), le report modal, ainsi qu’une redevance pour les transports routiers permettant de financer le ferroviaire (« l’idée n’étant pas de moins partir en vacances« ) forment l’autre levier d’action sur la demande pour sortir des fossiles, sources du réchauffement.

In fine, la consommation d’énergie se trouve divisée par deux en 2050 par rapport à aujourd’hui.

L’approvisionnement, lui, repose sur les éoliennes dont il faudra doubler le nombre, à 18.500, quand l’Allemagne en compte déjà 30.000. « Ce n’est pas une invasion comme certains veulent le faire croire« , commente Marc Jedliczka, un porte-parole.

Mais aussi le photovoltaïque, en doublant la croissance annuelle actuelle. Le scénario table aussi sur une forte hausse du biogaz agricole.

Corollaire : nul besoin de construire de réacteurs nucléaires, ni même de démarrer l’EPR de Flamanville, qualifié d' »échec industriel majeur« .

Et « en fermant les anciens réacteurs entre leur 40ème et 50ème année, le système électrique peut se passer de l’atome tout en assurant la sécurité d’approvisionnement via le stockage et le pilotage des flexibilités électriques » générées par les renouvelables, a calculé l’association.

« Loin du renoncement ou de l’illusion de solutions faciles« , ces propositions s’ancrent dans « un réalisme opérationnel« , dit le porte-parole de négaWatt, Yves Marignac.

Selon l’association, la neutralité carbone du pays pourrait être atteinte dès 2047, avec des puits de carbone permis par l’agroécologie et « zéro artificialisation nette« .

« Une feuille de route »

« À rebours des injonctions à produire et consommer toujours davantage, au mépris des limites planétaires« , le scénario, qui se veut « une feuille de route pour le quinquennat » à venir, prône aussi une relance industrielle « vertueuse » combinant filières d’avenir (éolien offshore, batteries, électrolyseurs…) et optimisation des ressources (recyclage, matières biosourcées, écoconception…).

Cette publication quinquennale, prenant aussi en compte les besoins en minerais et les émissions de nos importations, intervient en plein débat sur l’avenir énergétique de la France, qui s’est engagée à la neutralité carbone en 2050. Comment y parvenir ?

À la demande du gouvernement, RTE a travaillé plus de deux ans à imaginer la production électrique de demain, mais aussi la demande, qui pourrait être soutenue avec l’essor du véhicule électrique et de l’hydrogène.

Plusieurs scénarios devraient ainsi être présentés lundi, pointant tous le nécessaire essor des renouvelables : des hypothèses allant du 100% jusqu’au renouvelable-nucléaire à 50-50.

L’atome produit aujourd’hui plus de 70% du courant en France, un record mondial. Le gouvernement a choisi de le ramener à 50% d’ici 2035 pour diversifier son bouquet, mais la suite fait l’objet de rugueux débats, ravivés dans le contexte électoral.

L’État devait se prononcer sur la poursuite du programme de construction d’EPR au plus tard en 2023, lorsque Flamanville aura normalement démarré.

Dans l’immédiat, le président Emmanuel Macron a déjà acté du soutien à la fabrication de prototypes de « petits réacteurs » SMR, via le plan d’investissement « France 2030« .

« Le futur électrique de la France est-il une affaire déjà conclue?« , s’est inquiété mercredi le Réseau action climat. « L’étude de RTE et les autres scénarios récents doivent permettre un débat démocratique« , réclame la fédération d’ONG, pour qui l’option de nouveaux réacteurs sera « trop lente pour agir sur le climat dans la décennie« .

Le candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot a pour sa part assuré, lors d’un point presse mercredi, qu’il était possible de maîtriser la consommation d’électricité et développer les énergies alternatives pour sortir de « l’ébriété » nucléaire, une filière qu’il a jugée coûteuse, dangereuse et moins pourvoyeuse d’emplois que les renouvelables.

cho-bap/ib/ide

Avec AFP, publié le 20 oct. 2021 à 18h06

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/un-scenario-renouvelable-et-sans-nucleaire-pour-alimenter-le-debat-presidentiel-211020-1

SOUS-MARINS NUCLÉAIRES AUSTRALIENS : LA MISE EN GARDE DE L’AIEA

Analyse- Le directeur de l’agence onusienne Rafael Grossi a nommé un groupe de travail pour examiner les implications légales et sécuritaires du pacte de sécurité Aukus. Le transfert de technologie nucléaire au profit des Australiens doit être, selon lui, soumis à des garanties.

En visite à Washington, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a mis les pieds dans le plat. Le pacte de sécurité Aukus, annoncé en septembre par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, crée un dangereux précédent, a-t-il expliqué en substance, mardi 19 octobre, dans une conférence de presse. D’autres pays pourraient suivre l’exemple de l’Australie et chercher à construire des sous-marins à propulsion nucléaire.

→ ANALYSE. Sous-marins australiens : le risque de prolifération nucléaire

Le patron de l’agence onusienne, basée à Vienne, a chargé un groupe de travail d’examiner les implications légales et sécuritaires du pacte et de travailler avec les trois pays concernés pour limiter son impact sur le régime de non-prolifération. « Nous devrons avoir des accords spécifiques pour nous assurer que le transfert de technologie ou de matériel au profit des Australiens soit soumis à des garanties, a-t-il affirmé, mardi 19 octobre. Cela n’a jamais été fait auparavant et c’est un processus très, très exigeant. »

Un vide juridique dangereux

Si le projet envisagé est mis en œuvre, ce serait la première fois qu’un État non doté d’armes nucléaires acquiert des sous-marins à propulsion nucléaire. Jusqu’à présent, aucun État nucléaire disposant de cette technologie – les cinq États dits dotés d’armes nucléaires, signataires, en 1968, du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et l’Inde – ne l’a vendue à un État non nucléaire.

Un accord tacite, car le TNP n’interdit pas la propulsion nucléaire des équipements militaires, un vide juridique dangereux pour le régime de non-prolifération. Les matières fissiles sorties du stock civil pour une utilisation dans une « activité militaire non interdite », en l’occurrence des réacteurs de sous-marins, échappent à la surveillance des inspecteurs de l’AIEA.

L’Iran et d’autres pays pourraient suivre

Des pays comme le Canada et la Corée du Sud ont envisagé de construire des sous-marins à propulsion nucléaire. L’Inde, qui a déjà travaillé avec la Russie dans ce domaine, pourrait également être intéressée. Le Brésil a un projet en cours. En 2018, rappelle Rafael Grossi, l’Iran a informé l’AIEA de son intention de lancer un programme de propulsion nucléaire navale. Dans sa lettre à l’agence, le gouvernement iranien affirmait toutefois que pendant les cinq premières années du projet, aucune installation nucléaire ne serait impliquée.

À l’avenir, les « proliférateurs » potentiels pourraient utiliser des programmes de réacteurs nucléaires de propulsion navale comme couverture pour le développement d’armes nucléaires, avec l’espoir que le précédent australien les mettrait à l’abri de sanctions, dénoncées, par avance, comme un double standard. Lors de l’assemblée générale des Nations unies, en septembre à New York, les responsables iraniens n’ont pas manqué d’invoquer le cas australien pour justifier leur propre projet.

À lire aussi : LES FAITS. Nucléaire : pourquoi l’Iran durcit sa position

Comment Washington, Londres et Canberra peuvent-ils limiter les dégâts ? «Les États-Unis et le Royaume-Uni pourraient faire valoir qu’un État non doté d’armes nucléaires, signataire du TNP, ne devrait être autorisé à retirer des matières fissiles de son stock civil sous contrôle de l’AIEA, pour les utiliser dans des réacteurs nucléaires de propulsion navale, qu’à un certain nombre de conditions», avance James Acton, spécialiste du nucléaire à la Fondation Carnegie.

Selon Rafael Grossi, la question a été abordée dans ses entretiens avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken. «Je pense qu’il est pleinement conscient des implications, a-t-il affirmé, et que nous aurons bientôt un engagement formel, de manière tripartite ou autre ».

Par François d’Alançon, publié le 20/10/2021 à 17h29

Photo en titre : Jusqu’à présent, aucun État nucléaire disposant de cette technologie ne l’a vendue à un État non nucléaire. STEPHANE MAHE/REUTERS

https://www.la-croix.com/Monde/Sous-marins-nucleaires-mise-garde-lAIEA-2021-10-20-1201181493

NON-RESPECT D’UNE PRESCRIPTION DES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION RELATIVE AU REFROIDISSEMENT DES CIRCUITS AUXILIAIRES DU RÉACTEUR 3

Le 14 octobre 2021, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à l’arrêt simultané des deux voies du circuit d’alimentation en eau brute (SEC) du réacteur 3 de la centrale nucléaire du Bugey.

En fonctionnement, les règles générales d’exploitation (RGE) requièrent que les deux voies (A et B) du circuit SEC de chaque réacteur soient disponibles pour assurer le refroidissement des circuits auxiliaires et qu’une voie soit en service. En outre, sur les réacteurs de la centrale du Bugey, une ligne dite de banalisation du circuit SEC permet d’utiliser une voie du circuit SEC d’un réacteur pour refroidir les circuits auxiliaires du réacteur appairé.

En raison d’une opération de maintenance sur la pompe de la voie B du circuit SEC du réacteur 3, la ligne de banalisation a été ouverte pour disposer d’une voie du circuit SEC du réacteur 2 en compensation de la voie B du circuit SEC du réacteur 3. Le 7 octobre 2021, à l’issue de cette opération de maintenance, nécessitant la fermeture des vannes situées en amont et à l’aval de la voie B du circuit SEC du réacteur 3, ces vannes ont été ré-ouvertes. Le 9 octobre 2021, cette pompe a été remise en service afin d’effectuer sa requalification après maintenance. Dans ce cadre, la pompe de la voie A a été arrêtée puis remise en service. Cette requalification n’a pas mis en évidence d’anomalie et la pompe de la voie B du circuit SEC du réacteur 3 a donc été considérée comme disponible.

Par la suite, l’opérateur a arrêté la pompe de la voie A du réacteur 3 et fermé la ligne de banalisation entre les circuits SEC des réacteurs 2 et 3. L’alarme relative à un débit insuffisant dans le circuit SEC du réacteur 3 est alors apparue en salle de commande. Très rapidement, la pompe de la voie A du circuit SEC du réacteur 3 a été remise en service par l’opérateur depuis la salle de commande et l’alarme s’est acquittée.

Les investigations menées par EDF ont mis en évidence que la vanne située à l’aval de la pompe de la voie B du circuit SEC du réacteur 3 n’avait pas été complètement ré-ouverte le 7 octobre 2021. En raison de cette ouverture partielle, cette pompe n’était pas en mesure d’assurer sa fonction. Les RGE n’ont donc pas été respectées à deux reprises, dès lors que la pompe de la voie A était également à l’arrêt.

Après son ouverture complète, un nouvel essai de requalification de la pompe de la voie B du circuit SEC du réacteur 3 a été réalisé, permettant de la rendre à nouveau disponible.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur le personnel ou l’environnement.

En raison du non-respect d’une prescription des règles générales d’exploitation du réacteur, l’ASN a classé cet événement au niveau 1 de l’échelle INES.

Date de la dernière mise à jour : 19/10/2021

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-d-une-prescription-des-regles-generales-d-exploitation

TRANSITION ÉNERGÉTIQUE : « IL EST TROP TARD POUR CONSTRUIRE DE NOUVELLES CENTRALES »

Les prix du gaz et de l’électricité s’envolent en France. Pour faire face à cette flambée, le gouvernement s’oriente vers plusieurs pistes. Sur Europe Matin mercredi, le président de la fondation Solar Impulse, Bertrand Piccard, qui défend dans un livre une approche « réaliste » de l’écologie, a appelé à utiliser le solaire et le vent.

INTERVIEW

Le gouvernement a évoqué mardi plusieurs « pistes » pour soutenir les industries très consommatrices en énergie face à la flambée des prix du gaz et de l’électricité, et tenter de stabiliser les tarifs électriques à plus long terme. Invité de Sonia Mabrouk dans Europe Matin mercredi, l’environnementaliste Bertrand Piccard, a jugé que la volonté d’Emmanuel Macron de développer le nucléaire à travers la création de mini centrales appelées SMR, n’était pas une solution d’avenir pour le pays.

>> Retrouvez la matinale du jour en replay et en podcast ici

« Ça fait très longtemps que les spécialistes disent que les énergies fossiles ne peuvent que voir leur prix augmenter car ce sont des quantités limitées et que les énergies renouvelables ne peuvent que voir leur prix baisser car ce sont des sources illimitées. Et nous sommes exactement dans cette situation-là aujourd’hui« , a-t-il rappelé. 

Une solution trop tardive

Pour le président de la fondation Solar Impulse, qui publie ce mercredi l’ouvrage Réaliste. Soyons logiques autant qu’écologiques, aux éditions Stock, le nucléaire n’apparaît pas comme la solution écologique idéale pour lutter contre cette flambée des prix. « Les centrales actuelles produisent de l’énergie décarbonée, mais pas assez puisqu’une grande partie de notre société est toujours au pétrole. Même si ce n’est pas très malin de fermer des centrales, ça ne l’est pas non plus d’en construire des nouvelles aujourd’hui parce que c’est trop tard« , a jugé Bertrand Piccard.

« Tous les rapports du Giec montre que nous avons dix ans pour décarboner la moitié de notre société. Et ces centrales arriveront bien après parce qu’on voit bien à quel point il est difficile de développer de nouvelles technologies. Alors utilisons celles qui existent déjà comme le solaire et le vent, beaucoup moins chères pour faire de l’électricité que le nucléaire, le pétrole, le gaz et le charbon« , a poursuivi l’environnementaliste.

« 60% de l’énergie produite est perdue par inefficience »

Il a également regretté que le pays « gaspille » et « perde par inefficience » 60% de l’énergie qu’il produit par des maisons mal isolées ou des systèmes d’éclairage et de chauffage non adaptés. « C’est sur ça qu’il faut travailler. Parce que si vous voulez baisser la facture des gens les plus démunis, il faut d’abord leur permettre de gaspiller moins« , a-t-il appelé. 

Pour lui, les débats autour de la transition énergétique ne mettent pas suffisamment sur la table les solutions. « On ne parle que des problèmes et pourtant des solutions existent. C’est pour cette raison que j’ai appelé mon livre Réaliste. Souvent c’est juste du bon sens et ça ne sert à rien de développer des nouvelles technologies high-tech car nous avons déjà des solutions qui sont financièrement rentables, qui protègent l’environnement et qui permettent de lutter contre les changements climatiques.« 

Par Manon Fossat, publié le 20 octobre 2021 à 08h34, modifié le 20 octobre 2021 à 11h08

Pour retrouver cet article ainsi que l’interview, cliquer sur :

https://www.europe1.fr/politique/energie-il-est-trop-tard-pour-construire-de-nouvelles-centrales-nucleaires-4072556

SE PASSER DU NUCLÉAIRE EN FRANCE ? C’EST POSSIBLE, SELON UN RÉSEAU D’EXPERTS

La France pourrait s’approvisionner uniquement en énergies renouvelables, délaissant le nucléaire, sous certaines conditions, révèle une étude de l’association négaWatt.

L’approvisionnement énergétique de la France pourrait venir uniquement des énergies renouvelables, sans nucléaire, aujourd’hui majoritaire, à condition de s’attaquer au gaspillage, estime l’association négaWatt, alors que le sujet s’annonce central dans la campagne pour la présidentielle du printemps 2022.

Le réseau d’experts, pionnier dans la réalisation de ce genre d’exercice prospectif, avance ce mercredi 20 octobre 2021 son nouveau scénario à horizon 2050 quelques jours avant que le gestionnaire du réseau électrique à haute tension français RTE présente les siens, très attendus par les pouvoirs publics.

Sortir des fossiles

NégaWatt constate d’abord que l’on pourrait réduire nettement les besoins énergétiques en rénovant efficacement les bâtiments : en passant de 30 000 à 800 000 rénovations thermiques globales par an d’ici 2030, avec des travaux globaux et pas par morceaux.

L’électrification des voitures, complétée par de l’hybride biogaz (pour éviter trop de recours au lithium), le report modal, ainsi qu’une redevance pour les transports routiers permettant de financer le ferroviairel’idée n’étant pas de moins partir en vacances ») forment l’autre levier d’action sur la demande pour sortir des fossiles, sources du réchauffement.

In fine, la consommation d’énergie finale se trouve divisée par deux en 2050 par rapport à aujourd’hui.

À lire aussi : Transformer sa voiture thermique en voiture électrique, c’est possible avec le rétrofit

Développer l’éolien et le photovoltaïque

L’approvisionnement, lui, repose sur les éoliennes dont il faudra doubler le nombre, à 18 500, quand l’Allemagne en compte déjà 30 000. « Ce n’est pas une invasion comme certains veulent le faire croire », commente Marc Jedliczka, un porte-parole. 

Mais aussi le photovoltaïque, en doublant la croissance annuelle actuelle. Le scénario table aussi sur une forte hausse du biogaz agricole.

Corollaire : nul besoin de construire de réacteurs nucléaires, ni même de démarrer l’EPR de Flamanville (nord-ouest), qualifié d’« échec industriel majeur ». Et « en fermant les anciens réacteurs entre leurs 40ème et 50ème années, le système électrique peut se passer de l’atome tout en assurant la sécurité d’approvisionnement via le stockage et le pilotage des flexibilités électriques » générées par les renouvelables, a calculé l’association.

À lire aussi : Gaz et électricité : pourquoi le blocage des prix n’est pas une si bonne nouvelle

70% de l’électricité produit par le nucléaire

L’atome produit aujourd’hui plus de 70% du courant en France, pays le plus nucléarisé du monde. Le gouvernement veut le ramener à 50% d’ici 2035, mais la suite fait l’objet de rugueux débats, ravivés dans le contexte électoral.

Selon l’association, la neutralité carbone du pays pourrait même être atteinte dès 2047, avec des puits de carbone permis par l’agroécologie et « zéro artificialisation nette ».

De son côté, RTE devrait présenter lundi plusieurs scénarios, pointant tous le nécessaire essor des renouvelables, allant du renouvelable à 100% jusqu’au renouvelable-nucléaire à 50-50, avec en ligne de mire, l’engagement de la France à parvenir à la neutralité carbone en 2050.

À lire aussi : Hausse des prix du gaz et de l’électricité : comment choisir la meilleure offre

Source : © 2021 AFP

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Par Rédaction Actu, publié le 20 octobre 2021 à 15h46 

Photo en titre : La centrale nucléaire de Chinon, à Avoine, le 8 juillet 2020. (©AFP/Archives/GUILLAUME SOUVANT)

https://actu.fr/economie/se-passer-du-nucleaire-en-france-c-est-possible-selon-un-reseau-d-experts_45827551.html

LES 100 RAISONS DE NE PAS CONSTRUIRE CIGÉO

CIGéo : votre participation à l’Enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP)

Si vous n’avez pas encore envoyé votre avis au Commissaire enquêteur,

et vous avez jusqu’au samedi 23 octobre,

merci de transférer tout simplement : 

« Les 100 raisons de ne pas construire CIGéo », ci-dessous, à :

dup-cigeo@mail.registre-numerique.fr

Objectif de cette opération de communication : 100 000 participations ! 

Le Commissaire enquêteur va devoir embaucher des secrétaires…

Et n’oubliez pas de faire circuler ce mail dans vos réseaux.

La quasi-totalité de ces raisons sont incontestables puisqu’elles sont extraites du remarquable livre : Cigéo « coffre-fort géologique » ? Démystifier le mythe, que vous pouvez commander auprès du réseau « Sortir du nuléaire » .

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LES 100 RAISONS

La qualification du projet

1 – parce que c’est un projet hors norme.

2 – parce que c’est un projet illusoire.

3 – parce que c’est une mission impossible.

4 – parce que c’est une immense supercherie.

5 – parce qu’il y a trop d’incertitudes.

6 – parce qu’il y a trop de réserves.

7 – parce qu’il y a trop de problématiques majeures.

8 – parce que c’est une impasse : l’ANDRA veut nous faire croire qu’elle maîtrise complètement la radioactivité.

9 – parce que personne au monde ne sait neutraliser la radioactivité des déchets radioactifs. On ne sait que  les stocker en attendant que leur activité décroisse jusqu’à l’acceptabilité.

10 – parce que c’est un pari risqué de vanter les qualités de la couche géologique du Callovo-oxfordien. De nombreuses études contradictoires effritent les certitudes de l’ANDRA.

11 – parce que c’est une utopie de croire que l’ANDRA va pouvoir gérer 270 km de galeries souterraines. C’est l’équivalent d’un métro parisien et demi.

12 – parce que la phase pilote est un leurre. En fait, durant cette phase, l’ANDRA construit la quasi totalité des installations de surface et les premières galeries et alvéoles.

13 – parce qu’il y a des risques de combustion et d’explosion du fait de la génération d’hydrogène par la radiolyse et la corrosion des métaux. L’expert indépendant Bertrand THUILLIER parle « d’une véritable usine à gaz » !

14 – parce que les systèmes de ventilation imaginés par l’ANDRA ne peuvent fonctionner sans panne durant un siècle.

15 – parce qu’au bout de quelques semaines l’air contenant plus de 4% d’hydrogène explose !

16 – parce que l’arrêt volontaire de la ventilation pendant la fermeture et le scellement d’une alvéole provoquera immanquablement une explosion. Quant à l’inertage du volume à l’azote, il présente un risque d’anoxie !

17 – parce que personne ne peut garantir qu’aucune étincelle ne sera produite dans ce vaste chantier pendant un siècle par : une batterie défaillante et non étanche – un éclairage défectueux – l’huile d’un moteur électrique en surchauffe – un système de contrôle, de mesure ou de surveillance – une simple friction ou un choc de deux objets.

18 – parce que, si un incendie se déclenche, il est non maîtrisable (accès des secouristes – problème de la ventilation – utilisation de l’eau interdite – problèmes des bituminés – température de 70°C à ne pas dépasser pour le béton des colis et le béton des murs.

19 – parce que, si un incendie se déclenche, les filtres des ventilations seront bouchés en 30 minutes !

20 – parce que l’hydrogène produit poussera les gaz radioactifs hors des alvéoles, d’où les risques : de détérioration des scellements – de fragmentation de la roche – d’élargissement des microfissures.

21 – parce que les déchets bituminés sont inflammables, et donc inacceptables dans le stockage en l’état.

Alvéoles irradiantes

22 – parce que, une fois remplies, les alvéoles MA-VL sont irradiantes et inaccessibles, en l’absence de protection radiologique des colis. L’ANDRA a fait ce choix pour gagner du volume utile, et donc réduire les coûts. Les alvéoles sont passées de 400 à 500 m de longueur, et de 9 à 12 m de diamètre. Les alvéoles HA, elles, sont passées de 100 à 150 m.

23 – parce que, dans une alvéole irradiante, une action corrective de maintenance est impossible : on ne peut remplacer des capteurs, réparer un système de manutention ou de ventilation, intervenir sur un scellement.

24 – parce que le personnel ne peut opérer dans un tel milieu confiné, avec des produits radioactifs, des produits chimiques, des gaz, des poussières, etc. (notamment des éléments cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction)

Argilite, sel, granite, etc.

25 – parce que l’argilite est beaucoup trop friable. Le 26 janvier 2016, un technicien, a été tué, enseveli dans  l’éboulement du pan entier d’un front de taille. D’où la nécessité de construire des soutènements et des enveloppes métalliques très importantes et onéreuses.

26 – parce qu’une catastrophe est possible, comme celle de Stocamine en Alsace, avec incendie et contamination chimique de la nappe phréatique.

27 – parce qu’il est difficile de croire en la réversibilité-récupérabilité de CIGéo, quand on voit comment cela se passe pour Stocamine qui était annoncé comme un stockage réversible : aujourd’hui, il est impossible de remonter les déchets chimiques.

28 – parce qu’une catastrophe est possible, comme celle du WIPP aux États Unis : l’incendie d’un camion, puis l’incendie d’un colis au contenu non-autorisé, d’où la contamination radioactive des galeries et du puits d’extraction d’air, avec des rejets radioactifs dans l’environnement.

29 – parce qu’il est préférable de prendre une sage décision comme l’a fait l’administration OBAMA, qui a arrêté le projet de stockage à Yucca Mountain.

30 – parce qu’il est préférable de prendre une sage décision comme la fermeture du site de PINAWA au Canada, ou de sites en Angleterre, en Suisse et en Australie, suite à l’opposition des riverains.

31 – parce qu’il n’existe à ce jour, dans le monde, aucun stockage en profondeur en fonctionnement : que ce soit en Belgique – Suède – Finlande – Canada – Chine – Japon – Suisse – USA – Russie – Allemagne.

Dangerosité

32 – parce que la dangerosité des déchets nucléaires est effective durant 1000 fois leur période. Pour les HA et MA-VL, elle est quasi éternelle. En effet, ces déchets contiennent de l’Uranium 238, pour qui cette éternité est de 4 mille milliards d’années !

33 – parce que personne ne sait ce qui peut se passer sur notre planète Terre sur une aussi longue période.

34 – parce que, pour raisonner sur une aussi longue période, l’ANDRA utilise des modèles mathématiques. Et comme le confirme Bertrand THUILLIER : un modèle mathématique non validé, n’a aucune valeur.

35 – parce que le consensus mondial sur l’enfouissement n’est qu’une théorie.

36 – parce que le fait que l’ANDRA échange avec d’autres pays sur les techniques d’enfouissement n’est pas une garantie.

37 – parce que la barrière du colis en métal va rouiller, et parce que la barrière de l’argilite n’est pas imperméable : elle est en effet fissurée, et en plus elle contient de l’eau. Ces barrières ne sont donc que des ralentisseurs, et ne constituent nullement un coffre-fort.

Développement du territoire

38 – parce que ce n’est pas une espérance de développement pour la région.

39 – parce que c’est sacrifier un territoire.

40 – parce que la réalisation de Cigéo est une catastrophe médiatique et économique pour le champagne de la Champagne.

41 – parce que la réalisation de Cigéo est une catastrophe médiatique et économique pour les eaux minérales de Lorraine : CONTREX, VITTEL, HEPAR.

42 – parce que CIGéo peut déstabiliser la ressource en eau locale.

43 – parce que CIGéo aura un impact catastrophique sur les nappes phréatiques, l’agriculture, le maraîchage, la pêche, la biodiversité…

44 – parce que les 11 millions de m3 de terres excavées contiennet de l’arsenic et de l’uranium, qui vont se retrouver dans le milieu naturel, dans l’ORMANCON, dans l’ORNAIN, voire dans le captage d’alimentation en eau potable de BAR-LE-DUC. L’ANDRA imagine même la création de bassins de retention.

45 – parce que les événements pluvieux exceptionnels dûs au changement climatique peuvent avoir un impact sur l’Environnement du stockage.

46 – parce qu’il y a un risque d’inondation du stockage via les descenderies et les puits, à cause de la nappe de l’Oxfordien. L’ANDRA parle de 100 à 10 000 m3 par jour, qui seraient remontés par des pompes !

L’impact sur l’Environnement et la santé

47 – parce qu’à quelques dizaines de mètres au-dessus du Callovo-Oxfordien, l’existence démontrée de fractures ouvertes qui sont de véritables autoroutes pour des radionucléides en cours de dispersion.

48 – parce qu’en cas de catastrophe, la circulation des contaminants s’effectuerait vers le Nord-Ouest puis vers le centre du Bassin parisien.

49 – parce que tôt ou tard, quand les radionucléides seront remontés en surface, les riverains de BURE seront impactés comme le sont aujourd’hui les riverains de SOULAINES. Voir villesurterre.com

50 -parce que l’air à proximité de BURE sera irrespirable. Ce ne sont pas des cheminées de 12 m de hauteur qui vont assurer dans l’air une diffusion sans risque.

51 – parce que la biodiversité autour de BURE est en danger.

52 – parce que CIGéo ne respecte pas la séquence : EVITER – REDUIRE – COMPENSER (principe ERC).

53 – parce que l’ANDRA n’a pas envisagé de mesures compensatoires affectées aux cours d’eau. Alors que l’impact est bien réel : rejets, franchissabilité, débit, faune, etc.

54 – parce que le territoire de Meuse et de Haute-Marne va subir une inquiétante mutation, qui n’a rien à voir avec le PDT (Projet de développement du territoire). PDT qui a été entériné sans intégrer l’avis de la population.

L’achat des consciences

55 – parce que les GIP (Groupement d’intérêt public) et «  »le pôle national d’excellence en maintenance nucléaire » ne sont que des outils pour acheter les consciences. »

56 – parce que les départements MEUSE et HAUTE-MARNE reçoivent chacun 30 millions d’euros par an !

57 – parce que le secteur va connaître un développement économique exclusivement nucléaire, donc avec des entreprises à hauts risques, sales et polluantes. Le secteur est sacrifié sur l’hôtel du nucléaire.

58 – parce que c’est la programmation de l’inéxorable désertification du territoire. Aux USA les déchets nucléaires sont stockés dans un désert de sable. En France, c’est dans un désert vert.

59 – parce que le projet est imposé. Le projet avance inéxorablement quels que soient les réserves, les doutes, les arguments des opposants. Le débat est souvent tronqué. Les opposants ne peuvent pas participer aux processus de décision, et ce, dans le non-respect de la Convention d’Aarhus.

60 – parce que la réalisation de Cigéo est une catastrophe pour les populations voisines qui seraient obligées de s’éloigner de BURE en cas de problème.

61 – parce que c’est la perte du potentiel géothermique de la région.

62 – parce qu’enfouir les déchets nucléaires à 500 m sous terre n’est pas un cadeau pour les générations futures. Et on vient de le vérifier avec le stockage de déchets chimiques STOCAMINE.

63 – parce que l’enfouissement n’est qu’une solution, et que la séparation-transmutation, ainsi que l’entreposage de longue durée sont abandonnés.

64 – parce qu’il est préférable de conserver en surface ces déchets, les surveiller, et chercher une solution pour réduire leur dangerosité. Les ingénieurs des générations futures seront peut-être moins « bêtes » que ceux d’aujourd’hui.

65 – parce qu’il n’y a eu aucune concertation populaire avec les Meusiens et les Hauts-Marnais. L’ANDRA se contente d’arroser les élus, les municipalités, les entités économiques, les associations… Et même l’Eglise !

La communication mensongère de l’ANDRA

66 – parce que le discours de l’ANDRA est trop optimiste

67 – parce que l’ANDRA n’a pas encore démontré que CIGéo est réalisable technologiquement et financièrement.

68 – parce que l’IRSN a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.

69 – parce que l’ASN a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.

70 – parce que la CNE2 a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.

71 – parce que l’OPECST a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.

72 – parce que l’Agence environnementale a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.

73 – parce que l’Agence environnementale regrette le choix de l’argilite, rendu possible par le volontariat des collectivités locales.

74 – parce que l’Agence environnementale regrette que l’ANDRA n’ait créé qu’un seul laboratoire souterrain.

75 – parce que l’Agence environnementale se demande si la couche d’argilite est bien la plus adaptée pour engager aujourd’hui l’avenir sur des millénaires.

76 – parce que l’argilite n’est pas une argile homogène, mais une suite de sept strates de calcaires marneux, moins imperméables, cassant et présentant des fissures. ( 41% d’argile et 31% de carbonates)

77 – parce que l’épaisseur de la couche d’argilite ferait plutôt 110 m que 130 à 150 m. Et s’ajoute le problème du pendage à 2%.

78 – parce que des champs de contrainte s’exercent dans le sous-sol, et sont à l’origine de déformations lentes qui peuvent fragiliser les bâtis.

79 – parce que le calendrier de la réalisation est inacceptable. Pourquoi cette précipitation ? 

80 – parce que l’enfouissement n’est pas une solution parfaitement sûre. Rien n’est prouvé, rien n’est incontestable.

81 – parce que les promoteurs de ce projet sont en permanence en flagrant délit de désinformation.

82 – parce que, quel que soit l’inventaire de référence ou l’inventaire de réserve, on n’enfouit pas les déchets nucléaires. Et l’inventaire est très discutable, notamment à cause des combustibles usés.

83 – parce que personne ne sait ce qu’il adviendrait en cas de tremblement de terre. Même si Anne LAUVERGEON a déclaré : « Rien ne bougera« , en pariant sur une sûreté absolue.

84 – parce qu’il n’est pas pertinent d’installer un tel stockage si près de failles comme Le Fossé de GONDRECOURT, le Fossé de la MARNE, les failles d’ECHENAY. En 2019, en Ardèche, la faille à l’origine du séisme de TEIL était considérée comme non active ! Rappelons également les séismes voisins de REMIREMONT en 1682, et de SAINT-DIE-DES-VOSGES en 2003.

85 – parce que la co-activité est une source de risques : pendant les 130 années du chantier, comment les opérations de construction des alvéoles et les opérations de remplissage en déchets radioactifs vont-elles pouvoir cohabiter sans accroître les dangers potentiels ?

86 – parce que c’est une source de danger et de nuisances considérables pour les riverains. Notamment l’excavation de millions de m3 de terre. Zone de verses. Bassins de rétention d’eau.

87 – parce que CIGéo, c’est 500 hectares d’installations de surface : entreposage tampon, terminal ferroviaire, réception, contrôle & réconditionnement des colis, descenderies, etc.          

Le transport des déchets

88 – parce que c’est une folie de transporter et de concentrer en un seul lieu 99,96% de la radioactivité totale des déchets nucléaires produits depuis 1960. C’est 1 à 2 convois de 10 wagons par semaine pendant un siècle, sur un réseau commun à la population.

89 – parce que le transport des déchets est très dangereux : il suffit de rester une demi-heure à côté d’un véhicule transportant ces colis pour atteindre la dose annuelle de rayonnement autorisée. Egalement risque de contamination par inhalation ou ingestion de particules projetées sur la peau ou l’environnement. Il vaut donc mieux les stocker là où ils sont produits.

Le financement du projet 

90 – parce que le financement de CIGéo n’est pas assuré. L’ANDRA cherche même à réduire les coûts de la construction au détriment de la sûreté.

91 – parce que c’est le plus gros chantier de ce siècle, et que l’on ne connaît pas son coût réel : 16 milliards en 2003 – 33 milliards en 2014 – 43 milliards selon un cabinet d’audit – 14 milliards selon les producteurs de déchets – 34 milliards en 2016 – et 25 milliards selon Ségolène ROYALE, alors que des experts indépendant l’évaluent à 100 milliards.       

Et pour conclure…

92 – parce que CIGéo est un vieux projet imaginé dans les années 1990, pour recevoir des colis sans protection radiologique, donc avec une maintenance impossible.

93 – parce que le choix du projet CIGéo a été fait sur des critères politiques et non pas techniques.

94 – parce que le personnel serait exposé à trop de risques : écrasement (chute de charges, d’objets) – heurt avec un équipement – électrisation – intoxication – asphyxie.

95 – parce que la matérialisation de la mémoire du site est irréalisable, et représente donc un danger pour les générations futures.

96 – parce que les ONG comme Greenpeace ont bien étudié le projet et sont opposées à la construction de CIGéo.

97 – parce que les mouvements politiques et les partis politiques comme EE-LV, La France Insoumise, NPA, Nouvelle Donne, Génération.s, etc. ont bien étudié le projet et sont opposés à la construction de CIGéo.

98 – parce que les laboratoires indépendants comme la CRIIRAD et l’ACRO ont bien étudié le projet et sont opposés à la construction de CIGéo.

99 – parce que la communication de l’ANDRA sur ce projet applique la règle bien connue : « Plus c’est gros, plus ça passe !« , notamment lors du webinaire du 9 septembre dernier : l’ANDRA ne voit aucun obstacle à la construction de CIGéo.

100 – parce que, comme l’a rapporté Takeo Okada, archevêque de Tokyo, le Pape François a critiqué l’énergie nucléaire en la comparant à la Tour de Babel : quand les hommes tentent d’atteindre le paradis, ils créent leur propre destruction. « Les humains ne devraient pas enfreindre les Lois de la nature créées par Dieu » – C’est plus important que l’interdiction du boogie woogie avant la prière du soir !

Merci d’être arrivé ici….

Ce message nous a été transmis le 20 octobre 2021 par l’association « La qualité de vie » https://www.villesurterre.eu/

LE COMBAT DES IRRADIÉS DE L’ÎLE LONGUE, ABANDONNÉS PAR L’ÉTAT

Ces ouvriers ont manipulé des têtes nucléaires jusqu’en 1996 sur la base sous-marine de Brest. Ils n’avaient aucune protection contre la radioactivité. Depuis il y a eu des morts précoces, des cancers. Et ils se battent pour que l’armée reconnaisse ses fautes. C’est « M » le magazine du « Monde » qui l’évoque cette semaine.

Ce mardi, un combat : celui des irradiés de l’Île Longue. L’Île Longue, c’est un fleuron de la marine française.  Depuis les années 1970, cette presqu’île de la rade de Brest, abrite la base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Jusqu’en 1996, les ogives arrivaient en pièces détachées, elles étaient assemblées par des militaires équipés d’une protection et d’un dosimètre pour mesurer les radiations.

Puis, avant d’être montées sur des missiles et installées dans les sous-marins, elles étaient stockées et entretenues dans « la nef« , c’est comme ça qu’on appelait l’atelier de pyrotechnie. Là, ce sont des civils. Mais, pour eux, aucune mesure de protection, si ce n’est un casque et un bleu de travail. Autant dire rien du tout.

Depuis une vingtaine d’années, les anciens de l’Île Longue ont remarqué des décès précoces chez leurs collègues. En 2002, un pyrotechnicien est mort d’une leucémie fulgurante, à tout juste 50 ans. D’autres cas de leucémie ont suivi, et puis des cancers de la prostate, de la vessie, des maladies cardiaques Pierre se souvient : « On voyait ces gars, malades très jeunes, on se disait que ce n’était pas possible« . Jean-Yves était l’un de ces gars. 

« On est tombés des nues ! »

Exposé pendant 25 ans aux solvants, à l’amiante, à la fibre de verre et aux rayonnements ionisants. « Il y a quelques années, on m’a diagnostiqué un ­cancer du poumon« , dit-il. « Et, en 2017, un cancer du larynx« . 

En septembre 1996, un événement a semé le doute. On a retrouvé dans l’atelier des dosimètres indiquant la présence de radioactivité, alors qu’officiellement on ne la mesurait pas, puisqu’officiellement n’y avait aucun risque. Un rapport a été réalisé en interne et très vite classé secret-défense. Francis Talec se souvient : « On a appris que les nouvelles têtes nucléaires sur lesquelles on travaillait à ce moment-là émettaient des rayonnements neutroniques, avec une incidence quelle que soit la dose reçue. Et que les autres têtes nucléaires émettaient aussi des rayonnements. On est tombés des nues ! ».

Jusque-là, les mécaniciens, les artificiers ne s’inquiétaient pas plus que ça. « On était à quelques centimètres des têtes, on prenait notre temps, comme si de rien n’était. On nous disait qu’il n’y avait aucun risque, que c’était comme du bois, raconte Gilbert. On était naïfs. Moi, j’ai l’impression qu’on a violé mon intégrité« .

Aujourd’hui les anciens de la « pyro » ont fini par se regrouper, ils cherchent à faire reconnaître leurs maladies professionnelles, la faute inexcusable de l’État, et leur préjudice d’anxiété. Seulement, ils ne peuvent rien prouver. « L’État n’est pas prêt à reconnaître leur exposition aux rayonnements« , dit leur avocate.

« Aucune anomalie » pour l’armée

Le Monde a contacté le ministère des armées, il répond que : « Les employés ont bénéficié des mesures de prévention et de surveillance conformes à la réglementation de l’époque. » L’armée reconnaît quand même que des rayonnements supérieurs ont été mesurés en 1996 mais elle minimise aussitôt: il y a eu un bilan sur le personnel, « aucune anomalie » n’a été signalée. 

Aucune anomalie et pourtant un sociologue du travail vient de publier une étude sur cet atelier. Il a identifié 200 personnes qui y ont travaillé : 54 étaient déjà décédées, à un âge moyen de 62 ans, c’est 77 au niveau national pour un ouvrier. Cela ne s’arrête pas là : sur les 97 personnes qui ont répondu au questionnaire, 63 se disent malades, 23 sont atteintes d’un cancer. Conclusion : « La France n’a jamais utilisé l’arme nucléaire« , dit le chercheur, « mais on ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de victimes.« 

Par Isabelle Choquet , édité par Thomas Pierre , publié le 19/10/2021 à 09h52

Photo en titre : Illustration de l’île Longue, en face de Brest. Crédit : FRED TANNEAU / AFP

Retrouvez cet article et écoutez-le (3mn13) en cliquant sur :

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/le-combat-des-irradies-de-l-ile-longue-abandonnes-par-l-etat-7900087456

ISRAËL APPROUVE UN BUDGET D’1.3 MILLIARD D’EUROS POUR UNE ÉVENTUELLE FRAPPE CONTRE L’IRAN

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a assuré que le pays était prêt à s’engager militairement.

Israël a approuvé lundi un budget d’environ 5 milliards de shekels (1,3 milliard d’euros) qui sera utilisé en cas d’éventuelle frappe contre l’Iran, a rapporté Channel 12.

Le budget de 5 milliards de shekels est composé de 3 milliards de shekels du budget précédent et de 2 milliards supplémentaires du prochain budget qui doit être voté par le gouvernement en novembre.

Il comprend des fonds pour divers types d’avions, des drones de collecte de renseignements et des armements uniques nécessaires pour une telle attaque, qui devrait cibler des sites nucléaires souterrains fortifiés, selon le rapport.

Le ministre israélien de la Défense Benny Gantz a assuré que le pays était prêt à s’engager militairement directement contre l’Iran si cela était nécessaire.

Alors qu’Israël prévoit une éventuelle attaque militaire contre le programme nucléaire iranien, les puissances mondiales s’efforcent de ramener la République islamique à la table des négociations à Vienne afin de relancer les pourparlers sur l’accord nucléaire de 2015.

Les pourparlers sont au point mort depuis juin, date à laquelle Ebrahim Raisi a été élu président, mais ces derniers jours, des informations contradictoires ont été rapportées selon lesquelles ils pourraient reprendre bientôt.

Aucune réunion n’est prévue avec les Iraniens jeudi à Bruxelles à propos de la relance des négociations sur le nucléaire, a toutefois affirmé le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell après l’annonce par Téhéran de la venue du négociateur iranien Ali Baghéri.

« Il n’y aura pas de réunion jeudi. Si une réunion était prévue, je serais informé« , a-t-il déclaré lors de son compte rendu d’une réunion avec les ministres des Affaires de l’UE à Luxembourg.

Par i24NEWS, publié le 19 octobre 2021 à 06h58, dernière modification le 19 octobre 2021 à 13h56

Photo en titre : JACK GUEZ / AFPUn avion de chasse F-35 Lightning II de l’armée de l’air israélienne se produit lors d’une cérémonie de remise des diplômes des pilotes de l’armée de l’air israélienne à la base de Hatzerim

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/1634619489-israel-approuve-un-budget-d-1-3-milliard-d-euros-pour-une-eventuelle-frappe-contre-l-iran

EDF VEUT LANCER UN PREMIER CHANTIER DE PETIT RÉACTEUR NUCLÉAIRE (SMR) EN FRANCE D’ICI 2030

Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé un investissement d’un milliard d’euros dans l’énergie nucléaire d’ici 2030 pour développer des « technologies de rupture« , notamment de petits réacteurs, dits SMR (« small modular reactors« ), EDF vise un premier chantier d’ici 2030.

Avancée sur le front du nucléaire en France. EDF vise le lancement d’un premier chantier de petit réacteur nucléaire (SMR) en France autour de 2030, a indiqué l’électricien, qui destine ensuite ces réacteurs récemment soutenus par Emmanuel Macron plutôt à l’export. « Nous sommes en début de projet, notre but est d’avoir un premier chantier qui débute en France en 2030 à peu près« , a expliqué sur Europe 1 Xavier Ursat, directeur exécutif en charge de la direction Ingénierie et Projets nouveau nucléaire d’EDF.

Emmanuel Macron a récemment annoncé un investissement d’un milliard d’euros dans l’énergie nucléaire d’ici 2030 pour développer des « technologies de rupture« , notamment ces petits réacteurs, dits SMR (« small modular reactors« ). « Nous pensons qu’il faut faire des nouveaux réacteurs de forte puissance et nous avons fait une proposition à l’État en ce sens. Et nous imaginons qu’il faudra installer au moins un réacteur de type SMR en France en complément – on pourra en faire plusieurs en complément« , a détaillé M. Ursat.

>> À lire aussi – Nucléaire : risque de nouveaux retards sur l’EPR de Flamanville, alerte l’ASN

Pour ces petits réacteurs, la cible est plutôt « le marché international » et « nous visons une taille de réacteur qui correspond à la taille de la plupart des centrales au charbon, au fioul qui existent partout dans le monde et qu’il faudra remplacer probablement très vite dans la décennie 2030-2040« , a-t-il expliqué.

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EDF construit pour l’instant un EPR – un réacteur de forte puissance – à Flamanville (Manche) mais ce chantier a connu d’important retards et surcoûts. M. Ursat en a confirmé lundi le calendrier officiel: « à la fin de l’année 2022 on chargera le combustible à Flamanville« , « toute l’équipe est mobilisée sur ce planning« .

L’exécutif envisage en outre de construire 6 EPR supplémentaires en France mais n’a pas pris de décision pour l’instant, même si Emmanuel Macron a souvent souligné les avantages du nucléaire notamment dans la lutte contre le changement climatique. « L’indépendance énergétique (voir NDLR ci-dessous) qu’apportent le nucléaire et les renouvelables est fondamentale donc je suis serein sur la décision« , a assuré M. Ursat.

Publié le 18/10/2021 à 16h06

Photo en titre : Pixabay

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-veut-lancer-un-premier-chantier-de-petit-reacteur-nucleaire-smr-en-france-dici-2030-1417493

NDLR : je ne le répèterai jamais assez : un pays qui importe 100% de ce qui lui est indispensable pour fabriquer son combustible nucléaire (l’uranium pour le nucléaire) n’est pas un pays indépendant sur le plan énergétique!

PETITS RÉACTEURS MODULAIRES : UNE DISTRACTION DANGEREUSE AU NOM DE L’URGENCE CLIMATIQUE

Avec un parc vieillissant et le désastre du réacteur pressurisé européen (EPR), Macron mise sur une nouvelle illusion du nucléaire : les petits réacteurs modulaires. Michèle Rivasi, eurodéputée et fondatrice de la Criirad, dénonce les annonces du Président d’investir à pertes dans ces mini-centrales nucléaires sans avenir.

Nous y voilà. Dans le cadre du plan France 2030, doté de 30 milliards d’euros, le président Macron a annoncé une nouvelle enveloppe d’un milliard d’euros pour le développement, entre autres, des petits réacteurs modulaires ou SMR (« small modular reactors ») dont la puissance est comprise entre 10 et 300 MW. EDF aurait en projet son SMR d’une puissance de 170 MW, baptisé « Nuward » pour « Nuclear Forward » (« En avant le nucléaire ! »).

Pour les défenseurs du nucléaire, ces réacteurs de plus petite taille (ou « SMR ») seraient plus sûrs et plus facilement acceptés par la population. Pourtant, il ne s’agit pas de petits réacteurs non plus ! Avec 170 MW, Nuward représente 40% de la puissance du réacteur 1 de Fukushima, ce qui est loin d’être insignifiant. Les sites devraient se multiplier, alors qu’il est impossible, de nos jours, de créer une centrale nucléaire dans un nouveau site, particulièrement proche d’une agglomération. Je m’interroge : qui voudra accueillir ces réacteurs, des pro-nucléaires ?

Ne multiplions pas des SMR sales et dangereux

Tout en vantant les avantages de sûreté accrue de leur hypothétique conception de réacteurs, les promoteurs des SMR veulent miner la sûreté nucléaire en exigeant des règles de sûreté moins strictes que celles appliquées aux réacteurs « classiques ». En France, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) confirme que les standards de sûreté actuellement en vigueur ne doivent pas être abaissés au motif que les SMR seraient plus sûrs que les réacteurs de puissance plus importante.

Au contraire, leurs avantages présumés doivent être mis à profit pour améliorer la sûreté nucléaire. En outre, multiplier les installations de petite taille soulève d’autres problèmes : encore plus de sites nucléaires et des transports radioactifs potentiellement plus nombreux, augmentant ainsi la vulnérabilité du territoire français face au risque d’accident et à la menace terroriste. 

Ils perpétueront la pollution des mines d’uranium et les rapports néocoloniaux de la France avec les pays producteurs de minerais et continueront à générer des déchets radioactifs ingérables. Comment le Président peut-il parler de « meilleure gestion des déchets » alors que nous sommes dans l’impasse ? Les piscines, près des centrales, débordent de déchets, les stocks de déchets de toutes catégories ne cessent de s’accumuler et Cigéo, à Bure où je me suis rendue à plusieurs reprises, prouve chaque jour une évidente infaisabilité en termes de sûreté et de coût. 

Les SMR n’ont aucune crédibilité industrielle

Il n’existe pas à ce jour de filière industrielle permettant l’émergence des SMR. Les modèles proposés prendront une décennie ou plus à se développer. Ces réacteurs ne seraient pas opérationnels avant 2035. Cette date est hors délai pour répondre à l’actuelle envolée des prix de l’énergie et pour la décennie à venir, décisive pour réduire de moitié nos émissions.

Pour être rentables, ces réacteurs devraient être construits en série et nécessiteraient des commandes par dizaines d’unités. Malgré les effets d’annonce, la demande pour de telles installations reste très faible, leur prix étant très élevé. Comment croire qu’EDF, incapable de construire l’EPR de Flamanville, pourrait en fabriquer plusieurs autres ?

Les retards et surcoûts rencontrés par les deux seuls SMR actuellement en fonctionnement et les différents modèles en projet dans le monde laissent penser qu’ils connaîtront les mêmes déboires que les réacteurs de grande taille. Ce serait un gaspillage d’argent public pour sauver une industrie en difficultés techniques et financières.  Cette industrie en ruine a l’espoir fallacieux d’exporter cette technologie vers les pays émergents.

Au Parlement européen, je serai vigilante pour que l’Union européenne ne finance pas l’exportation du nucléaire. Alors que j’alertais lundi 11 octobre 2021 la commissaire Jutta Urpilainen sur l’initiative UE-Afrique pour l’énergie afin qu’elle ne subventionne pas de fausses solutions, elle m’a confirmé que « l’Union européenne ne finance pas de nucléaire en Afrique et qu’elle espère que ce ne sera pas le cas dans l’avenir ». J’y veillerai.

Face à l’urgence climatique, les énergies renouvelables ont déjà fait leurs preuves

L’argument d’avoir besoin de l’énergie nucléaire pour arriver au « zéro émission nette » ne tient pas. Une étude de 123 pays sur 25 ans a révélé que les pays qui ont investi dans les énergies renouvelables ont davantage réduit leurs émissions de carbone que ceux qui dépendent de l’énergie nucléaire.

Pour répondre à l’urgence climatique, et je persévère, le bon sens exigerait de miser fortement sur des options éprouvées, rapides à mettre en œuvre et peu onéreuses, comme les énergies renouvelables et le soutien à la rénovation énergétique.

Au cours de la dernière décennie, le coût de construction de l’énergie solaire, éolienne et du stockage par batterie a considérablement diminué, tandis que le coût de construction de nouveaux réacteurs nucléaires a augmenté.  Les petits réacteurs seront encore plus chers par unité de puissance que les grands actuels.

Les quelques estimations pour différents projets de petits réacteurs modulaires suggèrent que le coût de leur électricité serait deux fois supérieur à celui des réacteurs les plus puissants, relève le rapport World Nuclear Industry Report. 

En outre, le nucléaire crée moins d’emplois que les énergies renouvelables. Une étude américaine a révélé que l’énergie solaire crée six fois plus d’emplois que l’énergie nucléaire pour chaque gigawattheure d’électricité produit.

Par  Michèle Rivasi, (Eurodéputée (EELV) et fondatrice de la Criirad), publié le 18 octobre. 2021

Photo en titre : « Ces réacteurs ne seraient pas opérationnels avant 2035. Cette date est hors délai pour répondre à l’actuelle envolée des prix de l’énergie et pour la décennie à venir, décisive pour réduire de moitié nos émissions », déclare l’eurodéputée Michèle Rivasi dans une tribune oubliée sur Euractiv. [SpaceKris/Shutterstock]

Note : DISCLAIMER: Toutes les opinions affichées dans cet article reflètent l’avis de l’auteur, pas celle d’EURACTIV Media network.

https://www.euractiv.fr/section/energie/opinion/petits-reacteurs-modulaires-une-distraction-dangereuse-au-nom-de-lurgence-climatique/

« L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE NE RÉPOND PAS AU DÉFI CLIMATIQUE »

Tribune : Délais décennaux, accès inégal, vulnérabilité… Pour les membres de l’association Global Chance, présidée par le polytechnicien Bernard Laponche, l’énergie nucléaire n’est pas à la hauteur du défi de la transition écologique. Ils promeuvent au contraire les énergies renouvelables, dont les gisements sont « par essence locaux et souverains ».

La menace que le changement climatique fait peser sur l’humanité est maintenant bien connue et étayée par la science. S’il y a consensus général sur ses causes, il n’en va pas de même sur la meilleure façon d’y faire face. Si le rôle essentiel de la sobriété est trop souvent éludé, le débat sur celui des énergies renouvelables et du nucléaire donne lieu en France à des polémiques trop souvent biaisées.

En particulier, les arguments mis en avant par exemple par Jean Marc Jancovici, très diffusés sur les réseaux sociaux et pour beaucoup parole d’évangile, reposent souvent sur des chiffres et des interprétations dépassés, et sont contestés par de nombreux spécialistes des différents domaines abordés. Il paraît donc utile d’éclairer les points les plus sensibles de façon à nourrir plus sainement le débat sur les questions essentielles de la transition énergétique.

Une conception archaïque des systèmes énergétiques

Pour d’aucuns, les énergies renouvelables font partie du passé préindustriel, et leur mobilisation massive pour faire face à la menace climatique relève de l’utopie : elles seraient en particulier incapables de produire en masse une énergie à bas coût et bas carbone. La réalité est bien différente. Dans de nombreux pays industriels, elles assurent déjà une part très importante des besoins énergétiques, notamment électriques. Les coûts de l’éolien et du solaire photovoltaïque baissent régulièrement et fortement depuis des décennies, rendant ces énergies très compétitives pour la production d’électricité et de chaleur aux côtés de l’hydroélectricité, de la biomasse et de la géothermie. L’innovation et l’essor technologiques (stockage, pilotage des consommations et des productions, réseaux couplés intelligents) pour augmenter l’efficacité des systèmes et intégrer les énergies renouvelables électriques variables (éolien, photovoltaïque) en garantissant la sécurité des réseaux électriques s’inscrivent dans la modernisation et la croissance de l’industrie et des services.

En France, les études prospectives menées par des organismes reconnus (AIE, RTE, Ademe) montrent la faisabilité technique d’un mix électrique essentiellement à base d’énergies renouvelables et les conditions pour y parvenir. Par ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre des énergies renouvelables sont aujourd’hui plus faibles que celles des autres énergies. De 5 à 8 gCO2 éq/kWh pour l’éolien, elles sont inférieures à 15 gCO2 éq/kWh sur 25 ans pour un panneau photovoltaïque produit en Europe et de 30 g s’il est produit en Chine, soit deux à trois fois moins qu’en 2012, dont le chiffre est souvent repris en référence. Ainsi, l’électricité solaire émet 2 à 4 fois moins de gaz à effet de serre que le mix électrique français.

La fin des fossiles n’est pas la fin de la croissance

La lutte mondiale contre le changement climatique impose de laisser en terre quantité de pétrole, de gaz et de charbon. La question du pic pétrolier n’est plus une question de raréfaction des ressources mais de nécessaire baisse des consommations du fait des enjeux climatiques. Ce retournement marque-t-il la fin du développement économique et la décroissance comme certains le suggèrent ?

La corrélation historique entre consommation d’énergie fossile et croissance économique est datée et ne traduit aucune sorte de déterminisme. Un consensus prévaut aujourd’hui sur l’inéluctable baisse de l’intensité énergétique du PIB grâce aux progrès dans l’efficacité, le recyclage, les énergies renouvelables, les réseaux énergétiques intelligents couplés et décentralisés. Nous l’observons depuis plusieurs décennies en Europe, au Japon, aux États-Unis, et depuis quelques années en Chine. Rien ne permet donc aujourd’hui de dire que la réduction de consommation des énergies fossiles entraîne mécaniquement la régression économique et sociale !

Le nucléaire n’est pas à la hauteur des enjeux

Le développement du nucléaire, présenté comme indispensable pour réussir la transition vers un monde bas carbone, se heurte cependant à trois écueils rédhibitoires.

. Premièrement, la perte de confiance : l’énergie nucléaire stagne dans le monde depuis de nombreuses années, marquée au fer rouge par les accidents nucléaires majeurs de Three-Mile-Island, Tchernobyl et Fukushima, et la difficile gestion des déchets radioactifs.

. Ensuite, la perte de compétitivité du nucléaire par rapport à ses concurrents, y compris éoliens et photovoltaïques : résultat inexorable du renforcement des exigences de sûreté, elle est aujourd’hui attestée par toutes les données récentes.

. Enfin, l’énergie nucléaire ne répond pas au défi climatique : elle est limitée à certaines économies étatiques développées par les coûts et les risques de prolifération ; les délais très longs de construction des installations nucléaires décaleront l’action climatique ; les centrales nucléaires sont très vulnérables face aux événements extrêmes dus au réchauffement climatique (inondations, sécheresses, montée des océans), ainsi qu’aux séismes. A contrario, les gisements d’énergies renouvelables, par essence locaux, contribuent aux souverainetés nationales, quand le nucléaire dépend étroitement des pays extracteurs d’uranium (Niger, Kazakhstan, etc.). À trop vouloir promouvoir le nucléaire en discréditant les énergies renouvelables, on freine leur déploiement pourtant demandé par nombre de pays et par l’Agence Internationale de l’Énergie.

Par Association Global Chance, présidée par Bernard Laponche, publié le 18/10/2021 à 17h25

Photo en titre : Exercice national de sûreté nucléaire à la centrale de Chooz (photo d’illustration). AURELIEN LAUDY /PHOTOPQR/L’UNION DE REIMS

https://www.la-croix.com/Debats/Lenergie-nucleaire-repond-pas-defi-climatique-2021-10-18-1201181087

CYBERACTION : STOP À L’INTOX ! HALTE AUX FAKE NEWS NUCLÉAIRES

L’État nucléariste français et le lobby militaro-industriel sont à la manœuvre pour faire entrer l’énergie nucléaire dans la taxonomie verte européenne. Les annonces gouvernementales martelées dans les médias depuis quelques jours, notamment sur le projet de Small Modular Reactor (SMR), s’inscrivent dans ce contexte européen. Les SMR sont en fait, à la base, des réacteurs de sous-marins ou de porte-avions.

Nous vous proposons d’écrire à la présidente de la commission européenne, Ursula Von der Leyen, car une décision est en vue sur la taxonomie européenne.

Par Chantal Cuisnier (CAN Ouest), Stéphane Lhomme (Observatoire Nucléaire), Alain Uguen (Cyberacteurs) et François Vallet, pétition mise en ligne le 14 octobre 2021

PDF à télécharger pour plus d’infos

Proposée par Cyberacteurs ; en partenariat avec l’Observatoire du nucléaire et CAN Ouest,

Elle sera envoyée à Présidente de la Commission Européenne et à vos euro députés

Elle prendra fin le : 14 janvier 2022

Pour signer la Cyberaction, cliquez sur : https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/stopyalintox-halteauxfakenewsnuclyn-5019.html#signsans

JEAN-LUC MÉLENCHON VEUT « FERMER TOUTES LES CENTRALES » NUCLÉAIRES

Devant 2 000 personnes à Reims, le candidat à l’élection présidentielle a fait part de ses projets radicaux pour le nucléaire, relatent « Les Échos ».

Jean-Luc Mélenchon a donné un grand meeting, dimanche 17 octobre, au moment de conclure le week-end de mobilisation des militants Insoumis qui s’est tenu à Reims. Pendant plus d’une heure, le leader de LFI et candidat à l’élection présidentielle a évoqué ses projets, s’il venait à être élu. Il s’est notamment exprimé sur l’avenir des centrales nucléaires, comme le relatent Les Échos, dans un article publié le même jour. Sujet qui divise la classe politique.

« Le président propose de mettre des centrales nucléaires partout, sous forme de mini-réacteurs, a déclaré, sans crainte d’exagérer la volonté présidentielle, l’homme politique. Ils représentent une grave menace pour notre sécurité, avec le dérèglement climatique. Quand nous serons élus, nous fermerons toutes les centrales. » Le leader de La France insoumise, qui fait là un lien curieux entre énergie nucléaire, sans effet sur l’effet de serre, et dérèglement climatique, a par ailleurs jugé possible la mise en application de cette mesure au cours d’un quinquennat seulement.

Miser sur les énergies renouvelables

Une prise de position que Jean-Luc Mélenchon a notamment justifiée en précisant que les réacteurs nucléaires « nous mettent en danger » et que l’indépendance du pays est en question, puisque « l’uranium n’existe pas en France ». L’homme politique a par ailleurs fustigé le coût des réacteurs nucléaires, arguant que « la gestion des déchets n’est jamais comptée dans le prix de revient » ce qui est contestable.

Récemment, Emmanuel Macron avait qualifié le nucléaire d’« énergie d’avenir », avant de promettre des investissements dans ce secteur, qui seraient intégrés à son plan France 2030, comme le rappellent Les Échos. Afin d’attirer de potentiels électeurs indécis, Jean-Luc Mélenchon a, de son côté, proposé de se servir des financements, afin de « mettre le paquet » sur les énergies renouvelables, mais également pour mieux lutter contre les passoires énergétiques.

Par LePoint.fr, publié le 17/10/2021 à 18h59, modifié le 18/10/2021 à 08h26

Photo en titre : Devant près de 2 000 personnes réunies à Reims, le leader de La France insoumise et candidat à l’élection présidentielle a fait part de ses projets. © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

Accédez à la vidéo (1mm55s) sur : https://www.lepoint.fr/politique/jean-luc-melenchon-veut-fermer-toutes-les-centrales-17-10-2021-2448106_20.php

LA CHINE TESTE UN MISSILE HYPERSONIQUE À CAPACITÉ NUCLÉAIRE (RAPPORT)

La Chine aurait effectué son tout premier test d’un « missile hypersonique à capacité nucléaire » prenant par surprise les renseignements américains, selon un article paru dans un journal basé au Royaume-Uni.

Citant le quotidien britannique, NHK World a rapporté que la Chine a effectué un essai sur un missile hypersonique à capacité nucléaire en août.

Selon le journal, le missile a traversé l’espace en orbite basse avant de se diriger vers sa cible.

Il a raté la cible, mais le test montrerait des « progrès étonnants » de la Chine sur la technologie des missiles hypersoniques qui « ont pris les renseignements américains par surprise », a rapporté NHK World.

Les États-Unis et la Russie ont également travaillé sur des missiles hypersoniques. De telles armes volent à une vitesse cinq fois supérieure à celle du son et peuvent manœuvrer pendant le vol, ce qui les rend plus difficiles à suivre.

Les experts affirment que le développement complet d’une telle technologie par la Chine aurait un impact sur les systèmes de défense antimissile des États-Unis et du Japon, a rapporté NHK World.

Par Marseille News, publié le 17 octobre 2021

https://www.marseillenews.net/la-chine-teste-un-missile-hypersonique-a-capacite-nucleaire-rapport.html

KRASNOÏE SORMOVO, UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE AVANT TCHERNOBYL

L’immense usine de Krasnoïé Sormovo a été le théâtre de l’explosion d’un réacteur de sous-marin nucléaire, qui a été passée sous silence pendant de nombreuses années.

Tchernobyl est la catastrophe nucléaire la plus tristement célèbre de l’URSS, mais d’autres accidents similaires se sont produits dans le pays encore plus tôt. L’un d’eux a eu lieu en 1970 à l’usine Krasnoïé Sormovo de Gorki (aujourd’hui Nijni Novgorod, à 400 kilomètres au nord-est de Moscou).

Les ouvriers de Krasnoïé Sormovo, années 1930 (Musée-réserve de Nijni Novgorod)

À l’époque soviétique, Krasnoïé Sormovo était une usine à accès restreint, qui était chargée de construire des bateaux à moteur civils, des barges et des pétroliers. Mais, en réalité, l’usine a assemblé beaucoup d’embarcations militaires, y compris des sous-marins nucléaires. Le dimanche 18 janvier 1970, Krasnoïé Sormovo travaillait sur trois d’entre eux : le K-320 Skat (« raie »), le K-302 Som (« poisson-chat ») et le K-308 Siomga (« saumon »). Les spécialistes devaient en terminer au moins un, coûte que coûte, avant le 22 avril – pour le centenaire de la naissance de Vladimir Lénine.  C’est pourquoi ils passaient leurs week-ends au travail et prévoyaient de faire une chose importante ce matin-là : vérifier si le circuit primaire de refroidissement pouvait résister à la pression de fonctionnement de 250 atmosphères. Le réacteur lui-même n’avait pas besoin d’être allumé. L’équipe qui avait travaillé la veille avait laissé des bouchons en plastique sur le couvercle du circuit. Ils devaient être remplacés par des bouchons en métal pour fournir une capacité d’étanchéité totale, mais les travailleurs ne le savaient pas et ont quand même lancé le test.

Krasnoïé Sormovo de nos jours (Mikhaïl Solounine/TASS)

Comment une explosion nucléaire s’est produite à 363 km de Moscou

Lorsque la pression a augmenté quelque peu, les faibles bouchons en plastique ont sauté. Ceci a provoqué une chute brutale de la pression de l’eau de refroidissement à l’intérieur du circuit et les barres de graphite du réacteur ont commencé à se déplacer. Une réaction nucléaire a alors débuté et a rapidement atteint son intensité maximale. La température s’est élevée et a transformé une partie de l’eau en vapeur radioactive. Quinze minutes plus tard, une déflagration thermique s’est produite, faisant voler la trappe du réacteur qui a percé un trou dans le toit de cette section de l’usine. La trappe a été retrouvée plus tard à plusieurs kilomètres de là, au printemps, lorsque la neige avait fondu. De l’uranium s’est échappé du réacteur, créant un nuage de vapeur de 60 mètres de haut qui s’est élevé après l’explosion. Vitali Voïtenko, qui a participé aux travaux de liquidation du sinistre, a rappelé que l’air était calme et qu’il faisait très froid, -40°C. De ce fait, toute la vapeur contaminée est retombée sur le territoire de Krasnoïé Sormovo et n’a pas pu se propager plus loin.

Chantier du Skat à Krasnoïé Sormovo (Nikolaï Moсhkov/TASS)

Les ouvriers de l’usine n’ont pas pris la situation au sérieux au départ : pratiquement personne ne savait ce qui s’était réellement passé. Nina Zolina, qui travaillait à l’usine en tant que peintre, s’est souvenue que son équipe avait été sommée de quitter son lieu de travail, au motif qu’un tuyau d’eau chaude avait éclaté. Les militaires ont rapidement pris le contrôle de la situation : une base voisine avait envoyé une brigade de techniciens de contrôle des doses de radiations dirigée par Valentin Dneprovski quelques heures avant l’accident. Ils étaient les seuls à porter des combinaisons de protection chimique. Dneprovski lui-même a mesuré le niveau de radioactivité partout dans le sous-marin, malgré le risque. Ensuite, six spécialistes qui travaillaient sur le Skat au moment de l’explosion, ont été décontaminés des radiations et envoyés dans un hôpital de Moscou. Trois d’entre eux y sont morts. Leurs certificats médicaux indiquent qu’ils ont subi diverses complications causées par les rayons gamma et bêta.

L’un des premiers sous-marins diesel construits à Krasnoïé Sormovo, 1938. (N. Lufchan/Archives de la documentation audiovisuelle de la région de Nijni Novgorod/TASS)

Voyage dans une base secrète de sous-marins soviétique

Les gens ne savaient toujours pas quoi faire : le lundi, un académicien du nom d’Anatoli Alexandrov a remarqué que la porte de la section touchée était ouverte par erreur. La neige contaminée sur le territoire a alors dégelé en seulement une semaine, et c’est seulement à ce moment-là que l’on s’est rendu compte qu’elle répandait des radionucléides. Le mardi, un groupe de 18 volontaires est entré sur les lieux du sinistre pour nettoyer la voie menant au Skatet montrer l’exemple aux autres spécialistes. Cela a fonctionné : les jours suivants, le nombre de nettoyeurs est passé à 1 000. Tout le monde travaillait pendant 2 à 4 heures sous la supervision de l’équipe de contrôle des doses. Les nettoyeurs utilisaient des moyens basiques pour éliminer les radiations : ils prenaient des serpillères et des morceaux de tissu pour éliminer la poussière radioactive. Les ouvriers se sont débarrassés de l’eau irradiée en la déversant dans la Volga. À l’époque, les radiations n’étaient pas aussi bien étudiées qu’aujourd’hui. Par exemple, on croyait que l’alcool aidait à réduire les blessures causées par les rayonnements. Voïtenko a rappelé que l’alcool était omniprésent dans l’usine et qu’il causait beaucoup de dégâts, car les gens s’enivraient souvent et en mouraient même parfois.

Malgré la catastrophe, Krasnoïé Sormovo a poursuivi son travail et se préparait à livrer un sous-marin à l’occasion du centenaire de la naissance de Vladimir Lénine : les nettoyeurs ont donc dû travailler rapidement pour que la construction aboutisse. Et le plus incroyable, c’est qu’ils ont réussi à accomplir cette mission et à mettre à l’eau le sous-marin K-308 pour la célébration. Plus tard, en juillet, l’usine a terminé la construction du K-302. Le K-320 Skat, théâtre de l’explosion, a mis beaucoup plus de temps à voir le jour : il a été soigneusement nettoyé, a reçu un nouveau réacteur et a été terminé en 1971. Il a servi dans la flotte soviétique jusqu’en avril 1990.

Un navire construit à l’usine de Krasnoïé Sormovo, 2019. (Mikhaïl Solounine/TASS)

Comme de nombreuses tragédies soviétiques, l’explosion de Krasnoïé Sormovo a immédiatement été classée top secret. Tous les témoins et les liquidateurs ont dû signer des documents de non-divulgation, qui étaient en vigueur jusqu’en 1995. Les journaux n’ont rien écrit sur la catastrophe et même les habitants de Gorki ne savaient pas la vérité sur ce qui s’était passé. Pour empêcher les gens de subir les radiations de la Volga polluée, l’administration de la ville a interdit la baignade dans le fleuve cette année-là. Les autorités ont déclaré que les eaux étaient dangereuses, citant une épidémie de choléra qui avait bel et bien commencé cette année-là dans la république soviétique de Géorgie et s’était propagée le long de la Volga par Astrakhan (1 270 kilomètres au sud-est de Moscou). Cependant, aucun document ne prouve que l’épidémie a effectivement atteint Gorki. Et personne ne sait combien de personnes ont été irradiées en ignorant l’interdiction de se baigner.

Cinq villes fermées de Russie longtemps cachées aux regards indiscrets

Le secret entourait également les liquidateurs. Lorsque certains d’entre eux sont tombés gravement malades, les médecins n’ont pas pu poser le diagnostic de maladie liée aux radiations. En outre, ils n’ont été officiellement reconnus qu’en 1996. Lorsque leur clause de non-divulgation a expiré, ils ont déposé une demande auprès de l’administration de la région, qui leur a conféré le statut officiel d’agents de liquidation au niveau régional. Plus tard, il fut décidé de commémorer le 18 janvier la Journée des liquidateurs. Ils ont commencé à recevoir 2 000 roubles (environ 27 $) par an de l’usine Krasnoïé Sormovo. En 2021, moins de 200 étaient encore en vie : nombre d’entre eux sont morts de maladies causées par les radiations et de cancer.

Aujourd’hui encore, ils n’ont obtenu ni reconnaissance au niveau national, ni décorations d’État.

Pourquoi en URSS vendait-on des substances radioactives directement en magasin ? Trouvez la réponse dans cette publication.

Dans le cadre d’une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.

Par Ioulia Afanassenko, publié le 17 octobre 2021

Photo en titre : Russia Beyond (Photos: Malte Mueller/Getty Images, Nikolaï Mochkov, V.Voïtenko/TASS)

https://fr.rbth.com/histoire/87261-catastrophe-nucleaire-urss

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NON-RESPECT D’UNE SPÉCIFICATION TECHNIQUE D’EXPLOITATION À LA SUITE DE LA DÉTECTION TARDIVE DE LA POSITION NON CONFORME DE GRAPPES DE COMMANDE

Le 1er septembre 2021, l’exploitant de la centrale nucléaire du Blayais a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de la position non conforme de grappes de commande.

Les grappes de commande sont un des deux moyens principaux permettant de contrôler la réaction nucléaire dans le cœur du réacteur (l’autre moyen étant l’ajustement de la concentration en bore dans l’eau du circuit primaire). Les grappes de commande contiennent des matériaux absorbant les neutrons. Leur insertion dans le cœur du réacteur permet de réguler sa puissance ou pour certains types de grappes de provoquer son arrêt. Ces dernières sont regroupées en groupes d’arrêt.

Les spécifications techniques d’exploitation sont un recueil de règles d’exploitation approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles prescrivent en outre les délais maximums de réparation en cas de dysfonctionnement de certains matériels.

Le 27 août 2021, le réacteur 1 de la centrale nucléaire du Blayais était en phase de redémarrage après son arrêt pour maintenance et rechargement en combustible. Des groupes d’arrêt ont été insérés dans le cœur du réacteur alors que leur temps de chute n’avait pas encore été mesuré à l’occasion des opérations de redémarrage. Cette situation est permise par les spécifications techniques d’exploitation à condition que toutes les chaînes de mesure de flux neutronique et les alarmes associées soient disponibles.

À la suite d’une perte de tension sur une chaîne de mesure du flux neutronique, l’exploitant a considéré cette chaîne comme indisponible. Toutefois, l’exploitant a mis environ 4 heures et demi à détecter que cette indisponibilité devait l’amener à considérer certains groupes d’arrêt comme n’étant pas dans la position requise. Dès l’écart détecté, l’équipe de quart de conduite a appliqué la conduite à tenir prévue par les spécifications techniques d’exploitation, qui aurait dû être mise en place sous une heure, consistant notamment à connecter les pompes du circuit de contrôle volumétrique sur le réservoir du système de refroidissement des piscines de combustible.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée à la réactivité du réacteur. En raison de la détection tardive de la position non conforme de certains groupes d’arrêt, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Après analyse par l’exploitant, un des relais électriques responsable du déclenchement de l’alarme de perte de tension a été remplacé. La disponibilité de la chaîne de mesure du flux neutronique a ainsi été rétablie, et l’écart concernant la position des groupes d’arrêt résorbé.

Publié le 15/10/2021

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-d-une-specification-technique-d-exploitation2

UNE BD : LE DROIT DU SOL OU L’HÉRITAGE TOXIQUE DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

LA CASE BD – Étienne Davodeau retrace le lien entre les peintures rupestres de Pech Merle et le site de Bure où il est envisagé l’enfouissement de déchets nucléaires dont la radioactivité mettra 100.000 années à se dissiper. Une balade édifiante et poétique.

Seul, lourd sac à dos vissé sur les épaules, au milieu de forêts et montagnes éloignées de la frénésie urbaine, Étienne Davodeau marche. Dans Le Droit du sol, l’auteur des Ignorants relate un périple de 800 kilomètres et s’interroge : «De plus en plus préoccupé par notre rapport au sol, je suis parti d’une grotte ornée du Pech Merle dans le Lot pour rallier Bure dans la Meuse. D’un côté, de magnifiques dessins laissés par nos ancêtres et de l’autre une commune où l’on s’apprête à enterrer des déchets nucléaires. J’essaie de mettre cela en résonance en parcourant mes 800 kilomètres. La transmission définit les deux bornes de ma ballade : ce qu’on nous a transmis et ce que l’on va transmettre», explique le dessinateur.

Étienne Davodeau a retracé la ligne qui sépare ces deux limites. Rencontres, éclairages scientifiques, paysages vertigineux… Ce fin observateur de notre temps nous emmène dans les coulisses de l’histoire du nucléaire, interpelle le lecteur, nous fait partager les sensations physiques et psychologiques de l’homme qui se reconnecte avec la nature: «Le sol, fusion organique et minérale, est un élément unique dans l’univers. Il est fragile et de lui dépend notre nourriture et notre survie. L’idée est de revenir à mon état de Sapiens originel, et d’aller chercher ce contact-là. En marchant, je quitte les routes bitumées, je dors à la belle étoile, je vais chercher le sol au sens le plus concret du terme.»

Ode à la marche

Bande dessinée reportage, Le Droit du sol fourmille d’explications captivantes. Pourquoi le pari du nucléaire pour quelques décennies d’énergie ? Comment composer avec ses déchets hautement toxiques ? Quelles sont les limites de la science en matière d’écologie? En quoi le sol assure notre survie? L’auteur a réuni une prestigieuse ronde de scientifiques pour éclairer le lecteur, même si certaines questions restent en suspens… Qui peut se prononcer sur les 100.00 années à venir.

Le Droit du sol ne se nourrit pas cependant d’une unique approche documentaire. L’ouvrage offre aussi une plongée intime dans le ressenti physique et psychologique d’un homme qui se reconnecte à la nature via une marche de 800 kilomètres. Fatigue, moments d’extase ou d’accablement, caprices de la météo, bivouacs magiques sous les ciels étoilés… Il explore toutes les sensations de son périple physique. Une véritable ode à la marche, que le lecteur traverse animée d’une savoureuse empathie. Et d’une envie d’éprouver les vertus d’une déambulation hors du temps. Hors des sentiers battus.

La case BD: décryptage d’Étienne Davodeau

«Au milieu de la France, tout seul, je mange des abricots et cela devient une parenthèse enchantée dans une journée de fournaise, une pause dans 800 kilomètres de périple à pieds» Étienne Davodeau/ Futuropolis

«Cette planche relate un moment d’exception de ma balade à travers la France. Elle se situe à l’issue de la traversée du massif central après huit jours de marche en montagne où je mange essentiellement des produits lyophilisés pas très ragoûtants. J’effectue mes premières heures de marche dans la vallée, direction l’Allier, Il fait très chaud, je suis fatigué, et je rentre dans un village où un marché m’offre la vue d’énormes abricots bien juteux. Un miracle totalement anodin et dérisoire qui me procure une espèce d’effets de manque de produits frais. Je m’achète un sac d’une dizaine d’abricots et cherche l’endroit digne de ce mets royal. On parle de dix abricots ! Après quelques heures de marche, soudain je longe une rivière et le moment est là. Il ne se passe pas grand-chose, j’enlève mes chaussures, je pose mon sac, et je mange mes abricots les pieds dans la rivière. Un moment de bien-être et de plénitude absolu. Le bon moment, au bon endroit. Pour moi, cette planche illustre l’éloge de la chose modeste. Au milieu de la France, tout seul, je mange des abricots et cela devient une parenthèse enchantée dans une journée de fournaise, une pause dans 800 kilomètres de périple à pieds. Et je sais que ce moment va constituer un élément important de mon récit. Un moment que je garderai en tête toute ma vie.

Il faut se rendre à l’évidence, nous sommes définitivement liés à cette planète Terre, et il est temps d’en prendre soin » (Étienne Davodeau)

« Au-delà de l’anecdote, j’évoque notre dépendance à la nature, au sol et à la planète, sujet central du livre. Je vais vers Bure où l’on s’apprête à enterrer des déchets hautement toxiques qui seront dangereux pendant des centaines de milliers d’années. J’oppose alors aux déchets nucléaires de Bure ce sachet d’abricots. Et cette rivière salutaire. Pour moi cette opposition fait sens. Quand Elon Musk prétend coloniser Mars, il incarne la consommation ultralibérale au sens le plus carnassier du terme : on a saturé la terre, on est en train de la ruiner et on va partir recommencer ailleurs. Heureusement c’est techniquement infaisable, on n’ira pas. Il faut se rendre à l’évidence, nous sommes définitivement liés à cette planète Terre, et il est temps d’en prendre soin.

Mon but aussi est de traduire la sensation que j’entremêle aux explications plus scientifiques. Ces deux dimensions nourrissent ma volonté. Un mammouth dessiné il y a 22.000 ans, une radioactivité nocive pendant 100.000 ans, le cadeau empoisonné qu’on va laisser aux futures générations à Bure, la marche de 800 kilomètres… Tout cela relève du vertige. Un vertige que je souhaitais appréhender aussi par l’ivresse sensorielle. La marche est à la portée de tous et j’invite les lecteurs à la pratiquer pour retrouver des sensations fondamentales. C’est une sorte de solidarité avec la personne qui a dessiné ce mammouth qui entretenait des relations au confort et à son corps très différentes des nôtres.

Concernant le graphisme, j’ai recomposé dans mon atelier des séquences, des rencontres sur la base de sensations éprouvées, de notes ou de photos que j’avais prises pendant mon périple. Tout un magma qui a formé la matière première de l’ouvrage. Alors certains paysages sont suggérés, ici j’ai créé une planche plus élaborée, plus fourmillante de détails, avec un jeu sur la lumière, évoquant le passage de l’intense clarté associée au cagnard à une ombre fraîche et providentielle. Ainsi, le lecteur peut lui aussi prendre le temps d’explorer la planche… de s’octroyer une pause.»

À voir aussi – Dix ans après la catastrophe, la centrale de Fukushima continue son (très) lent démantèlement

Par Aurélia Vertaldi, publié le 16octobre 2021

Image en titre : Dans Le Droit du sol, Étienne Davodeau invite le lecteur à se reconnecter à la nature. Étienne Davodeau/ Futuropolis

https://www.lefigaro.fr/bd/le-droit-du-sol-ou-l-heritage-toxique-des-dechets-nucleaires-20211016

NUCLÉAIRE : LA CGT DÉNONCE « UN ENGORGEMENT » DE REBUTS DE MOX À ORANO LA HAGUE

À cause de problèmes de recyclage à l’usine de Marcoule, Orano La Hague doit faire face à des rebuts de Mox. Une situation dénoncée par Greenpeace, mais sous contrôle selon Orano.

Si Orano la Hague retraite, l’usine Melox de Marcoule fabrique le Mox, un assemblage composé d’uranium et de plutonium issu de combustibles usés.

Ainsi, en France, « 10 % de l’électricité nucléaire provient du Mox, un nouveau combustible fabriqué à partir de matières recyclées », aime à rappeler l’entreprise Orano sur son site internet.

À lire aussi : Nucléaire : un mur de 5 km va être construit autour du site d’Orano dans la Hague

Problème de fabrication

Mais ces derniers temps, le recyclage a des ratés. Un nouveau process de fabrication a en effet été testé à Marcoule, passant de « la voie humide » à « la voie sèche ». Mais il s’avère que de nombreuses pastilles n’ont pas une bonne homogénéité et sont alors mises au rebut…

« Il y a un rebut phénoménal qui remonte jusqu’à la Hague », s’inquiète Yannick Rousselet, de l’association Greenpeace.

Une situation que ne nie pas Orano : 

« Il y a eu des difficultés ces deux dernières années. Ce sont des aléas qui arrivent, mais les équipes ont tout de suite réagi et un plan d’action a été mis en place, notamment pour revenir à Melox en refaisant de la voie humide. »

À lire aussi : EN IMAGES. Sur le port de Cherbourg, une nuit mouvementée avec le transport de combustible nucléaire

« Engorgement de rebuts »

Dans un communiqué, la CGT de l’usine Melox dénonce néanmoins « l’engorgement » de la Hague « par des rebuts de Mox et du Pu sur étagère ». « La direction a lancé en urgence le projet RBM, qui prévoit de stocker des boîtes de rebuts Mox dans d’autres bâtiments », révèle au passage le syndicat.

En juin dernier, face à cette augmentation de rebuts, Orano a en effet informé l’Autorité de sûreté (ASN) de son souhait de modifier différents ateliers de production et d’entreposage d’oxyde de plutonium, en vue d’augmenter leur capacité. Un premier dossier a été déposé à l’ASN le 17 septembre. Il est en cours d’instruction.

Mais la situation est assez tendue puisque, dès le 1er février 2022, les premiers conteneurs doivent être transférés.

« S’il n’y a plus de place pour accueillir les rebuts de Mox, il peut y avoir de graves conséquences. Notamment sur le site de Melox, qui ne pourra plus produire. » (Syndicat CGT de la Hague)

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Un contexte contrôlé

Déjà, Greenpeace dénonce le problème. « À l’usine nucléaire Orano de la Hague, ça déborde de partout. Après les piscines, c’est au tour des bâtiments BST1 et BSI pleins de plutonium et de rebuts de Mox de saturer », écrit sur sa page Facebook Yannick Rousselet, en charge de questions nucléaires pour l’association.

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De son côté, la direction d’Orano la Hague soutient qu’il n’y a pas de question de saturation. « C’est parce que nous anticipons que nous avons fait la demande à l’ASN, explique l’entreprise. Le scénario est identifié. » Les délais seraient même largement tenables.

Ce n’est pas un bâtiment neuf, mais une nouvelle zone d’entreposage à aménager, dans des locaux existants. Il y a quelques ajustements mais pas de modifications majeures.

Un discours corroboré par le syndicat Sud. « C’est un transfert entre deux bâtiments, réagit Hervé Sohier. Il n’est pas question de saturation. Pour nous, il n’y a pas de problème. »

Le sujet pourrait néanmoins susciter quelques débats lors de la prochaine Commission locale d’information.

Photo en titre : Le Mox, fabriqué à Marcoule dans l’usine Melox, est chargé dans des centrales françaises. Mais il est aussi envoyé au Japon à partir du port de Cherbourg. (©La Presse de la Manche/Jean-Paul BARBIER)

Par Solène Lavenu pour La Presse de la Manche, publié le 15 octobre 2021 à 7h10 

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/nucleaire-la-cgt-denonce-un-engorgement-de-rebuts-de-mox-a-orano-la-hague_45696007.html

ÉLECTRICITÉ : APRÈS LE NUCLÉAIRE, L’ALLEMAGNE ACCÉLÈRE LA SORTIE DU CHARBON

Les sociaux-démocrates allemands, arrivés en tête aux élections législatives, les Verts et les Libéraux veulent avancer la sortie du charbon à 2030 « dans l’idéal », au lieu de 2038, selon un accord préliminaire de coalition publié vendredi. Si rien n’est encore gravé dans le marbre, cet objectif fort pose la question de la trajectoire pour y parvenir, alors que la production allemande d’électricité reste dépendante du gaz. 

Alors que les dernières centrales nucléaires de l’Allemagne s’arrêteront de tourner en 2022, dix ans après son choix de renoncer à l’atome, c’est la sortie du charbon qui fait désormais débat outre-Rhin. Pour cause, l’extraction de ce combustible fossile se heurte aux objectifs climatiques ambitieux fixés par Berlin : le pays entend réduire de 65% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 par rapport à 1990, et devenir neutre en carbone en 2045 – cinq ans avant l’échéance fixée par la Commission européenne pour tout le continent.

Pour y parvenir, la nouvelle coalition au pouvoir (SPD, Verts et libéraux) a ouvert la porte à un engagement fort. Celui d’avancer « dans l’idéal » à 2030 la sortie du charbon, contre 2038 aujourd’hui, selon un accord préliminaire pour former un gouvernement tripartite publié vendredi. Si rien n’est encore gravé dans le marbre, le défi est de taille, après que la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a jugé en avril dernier que les efforts de Berlin en la matière étaient insuffisants.

Dépendance au gaz

Car l’Allemagne reste fortement engluée dans cette source d’énergie très polluante. En témoigne l’image, toujours prégnante, de la destruction de l’église de Sant-Lambertus en 2018 pour permettre l’extension d’une mine de lignite à ciel ouvert. Ainsi, au global, « bien que la consommation de charbon en Allemagne ait été divisée par trois depuis 1990, 23% de l’électricité générée dans le pays provient encore de centrales à charbon, contre 13% en moyenne dans l’Union européenne », peut-on lire dans une note de l’Institut Jacques Delors publiée en septembre sur le sujet.

Le grand enjeu résidera donc dans la manière de se passer de cette houille et de ce lignite. « Il faudra que le gouvernement montre concrètement comment les remplacer par des énergies renouvelables, et non par du gaz », fait valoir Thomas Pellerin-Carlin, directeur du Centre Énergie de l’Institut Jacques Delors. Pour cause, la part du gaz, un combustible certes moins polluant que le charbon mais loin d’être neutre en carbone, ne faiblit pas dans le mix énergétique allemand. Si l’on se concentre sur la production d’électricité, c’est même l’inverse : celle-ci en était dépendante à hauteur de 9% en 2000, contre 16% aujourd’hui.

« La question de la place du gaz dans la transition allemande n’est pas claire. Il y a une multitude d’acteurs qui mettent en avant des points de vue très divergents. Dans tous les cas, il sera compliqué de se débarrasser rapidement du gaz pour produire l’électricité », estime Thomas Pellerin-Carlin.

D’autant que la dépendance allemande au gaz naturel importé de Russie persiste, et ne devrait pas faiblir avec la prochaine mise en service du gazoduc géant Nord Stream 2. Déjà en service depuis plusieurs années, le premier projet Nord Stream 1, qui passe sous la Baltique, assure déjà à lui-seul 2/3 des approvisionnements gaziers outre-Rhin. Une consommation qui « devra être réduite pour que l’Allemagne puisse atteindre ses objectifs climat », prévient l’institut Jacques Delors.

Accélération spectaculaire des renouvelables

Cependant, le tournant énergétique allemand (« Energiewende ») ne s’est pas résumé à accroître la part de gaz dans le mix électrique, loin de là, rappelle Thomas Pellerin-Carlin. Car depuis vingt ans, le pays a massivement investi dans les énergies renouvelables (éolien, solaire et biogaz) – bien plus que tous ses voisins européens. Ce qui s’est traduit par une progression spectaculaire de ces sources d’électricité décarbonée : alors qu’elles ne représentaient que 7% du mix électrique en 2000, le chiffre a bondi à 45% en 2020. 20% de plus que le charbon, et environ 30% de plus que le gaz, donc. En comparaison, ce chiffre s’élève à environ 25% en France (même si l’Hexagone fournit une énergie bas carbone du fait de son parc nucléaire).

« La sortie du nucléaire a permis la construction d’un consensus politique autour des renouvelables. Ce qui a également entraîné une diminution de l’activité dans le charbon, qui représentait en 2000 quasiment 50% du mix électrique du pays », développe Thomas Pellerin-Carlin.

Choix politique

Et le mouvement devrait se poursuivre : amendées en 2021, la loi sur l’énergie éolienne en mer (WindSeeG) et la loi sur les énergies renouvelables (EGG) visent toutes deux à atteindre jusqu’à 65% d’énergie renouvelable dans la consommation d’électricité allemande d’ici à 2030, en augmentant drastiquement la capacité de production solaire et éolienne.

Mais en plus de résistances locales, un débat interne secoue le parti vert allemand, au sujet de leur développement massif. « Il y a des arbitrages à faire entre, à quel point aller vite pour le climat, et lentement pour protéger la biodiversité », précise Thomas Pellerin-Carlin. Car l’implantation d’immenses parcs éoliens nécessite de mener des mesures d’impacts poussées, pour éviter notamment une surmortalité des oiseaux et des chauves-souris, qui peuvent être heurtés par les pales. « Techniquement, l’Allemagne peut essayer de viser 75 à 80% d’énergie renouvelable dès l’année 2030. Mais c’est un choix qui est politique », conclut le spécialiste.

Par Marine Godelier, publié le 15 octobre 2021 à 19h20

Photo en titre : La centrale au lignite de Niederaussem (Crédits : EPA-EFE/SASCHA STEINBACH)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/transitions-ecologiques/electricite-apres-le-nucleaire-l-allemagne-accelere-la-sortie-du-charbon-894495.html

DÉFAUTS D’ANCRAGE D’ÉQUIPEMENTS IMPORTANTS POUR LA SÛRETÉ DE DEUX RÉACTEURS DES CENTRALES NUCLÉAIRES DU TRICASTIN ET DU BUGEY

Le 21 septembre 2021, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté portant sur des défauts d’ancrage au génie civil de certains équipements importants pour la sûreté du réacteur 1 de la centrale nucléaire du Tricastin et du réacteur 2 de la centrale nucléaire du Bugey.

Dans le cadre du contrôle de l’état de ses installations, EDF vérifie la conformité des ancrages (chevilles, tiges scellées…) au génie civil des équipements importants pour la sûreté (tuyauteries, matériels électriques, moteurs, pompes…). EDF met actuellement en œuvre de nouveaux contrôles de ces ancrages, qui doivent être réalisés au plus tard entre fin 2022 et fin 2024 selon les réacteurs.  

Les contrôles réalisés au cours de la quatrième visite décennale des réacteurs 1 de la centrale nucléaire du Tricastin et 2 de la centrale nucléaire du Bugey ont mis en évidence des écarts par rapport aux plans sur certains ancrages (nombre, diamètre, implantation des chevilles…). Ces écarts datent de la construction des réacteurs. Ils auraient pu remettre en cause la tenue des équipements supportés en cas de séisme.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Compte tenu de ses conséquences potentielles pour ces réacteurs, cet événement est classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Les écarts constatés ont depuis été corrigés par EDF. Les contrôles se poursuivent sur les autres réacteurs.

Publié le 14/10/2021

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/defauts-d-ancrage-d-equipements-importants-pour-la-surete-de-deux-reacteurs-tricastin-et-bugey

L’ACCORD AUKUS : « CAS D’ÉCOLE » DE LA PROLIFÉRATION NUCLÉAIRE

Déclaration de l’ambassadeur de Chine pour les affaires de désarmement

La Chine est directement visée par une première historique : un pays a décidé de vendre des sous-marins nucléaires à un autre État qui ne dispose pas actuellement de la bombe atomique. L’accord AUKUS constitue donc une violation du Traité de non-prolifération des armes nucléaires. Ceci concerne également l’océan Indien, car les armes de destruction massives vendues à l’Australie patrouilleront dans notre voisinage.

L’accord AUKUS entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie, qui permettra à l’Australie de construire des sous-marins à propulsion nucléaire grâce aux technologies fournies par les États-Unis et le Royaume-Uni, est un « cas d’école » de la prolifération nucléaire basée sur la mentalité de la Guerre froide et des calculs géopolitiques étroits, a déclaré mercredi Li Song, ambassadeur de Chine pour les affaires de désarmement.

En réponse à des questions lors d’une conférence de presse virtuelle, M. Li a affirmé que cet accord constituait une sérieuse remise en cause de la lettre et de l’esprit du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).

« En tant qu’États dépositaires du TNP, les États-Unis et le Royaume-Uni souhaitent aider l’Australie, un État ne disposant pas de l’arme nucléaire, à obtenir des sous-marins à propulsion nucléaire, du matériel nucléaire sensible incluant de l’uranium de qualité militaire, ainsi que d’autres technologies et équipements associés. Une telle coopération n’est jamais arrivée dans l’histoire du TNP », a affirmé M. Li.

Le représentant chinois a également souligné qu’une telle coopération engendrerait des conséquences plus vastes pour les régions sans arme nucléaire du Pacifique Sud et d’Asie du Sud-Est, déclencherait une course à l’armement régionale, saperait l’unité et la coopération régionales et perturberait ainsi la paix et la stabilité de la région.

« La prolifération nucléaire n’est pas la bienvenue en Asie Pacifique », a prévenu l’ambassadeur. Il a fait remarquer que le récent incident impliquant un sous-marin nucléaire étranger en mer de Chine méridionale indiquait que « ces sous-marins qui ont traversé la moitié de la planète n’amèneront que des problèmes à notre région ».

« Ni les pays, ni les peuples de la région ne souhaitent leur présence », a dit M. Li.

Par Témoignages.re, publié le 15 octobre 2021

https://www.temoignages.re/international/monde/l-accord-aukus-cas-d-ecole-de-la-proliferation-nucleaire,102332

LA FRANCE CONTINUE DE MISER SUR LE NUCLÉAIRE MALGRÉ LES DÉBOIRES DE LA FILIÈRE

Dans son plan France2030, Emmanuel Macron a annoncé vouloir investir un milliard d’euros dans le nucléaire et notamment dans les petits réacteurs nucléaires (SMR, small modular reactor), plus agiles que les réacteurs classiques. Mais beaucoup critiquent ce choix alors que la filière multiplie les retards et les surcoûts, mettant en péril son modèle économique. 

Parmi les technologies d’avenir soutenues par le plan France2030, présenté cette semaine par Emmanuel Macron, le nucléaire occupe une place de choix. Un milliard d’euros, sur les trente milliards déployés, sera investi dans cette filière d’ici à 2030 pour développer des « technologies de ruptures », notamment des « petits réacteurs nucléaires« , a précisé le président de la République. Les SMR (« small modular reactors ») sont « beaucoup plus modulaires et beaucoup plus sûrs« , a-t-il assuré, précisant qu' »améliorer toujours la sureté en baissant les coûts » restait une priorité.  

La puissance de ces petits réacteurs ne dépasse pas les 300 mégawatts, contre plus de 1 000 MW pour les réacteurs nucléaires classiques. Ils sont conçus pour être fabriqués en série en usine puis transportés sur le lieu de leur exploitation. Leur construction reste ainsi relativement simple, en contraste avec les difficultés que rencontre le réacteur nucléaire de nouvelle génération EPR de Flamanville (Manche) qui accumule retards et surcoûts – quelque 16 milliards d’euros.  

Une technologie qui n’aboutira pas avant 2030

À l’heure actuelle, un avant-projet de petit réacteur nucléaire baptisé « Nuward » est en cours de développement par un consortium emmené par EDF. Il doit permettre la création d’un prototype de SMR sur le sol français mais pas avant 2030, date fatidique pour le climat. La France démarre la course en queue de peloton. La Russie a déjà mis en service deux SMR flottants pour alimenter en électricité des zones reculées et des démonstrateurs devraient voir bientôt le jour aux États-Unis et au Canada.  

L’électricité produite serait aussi plus chère qu’avec une centrale nucléaire actuelle. « Les SMR produiront une électricité ruineuse : il est impossible d’assurer la rentabilité de petits réacteurs, lesquels ne produiront pas assez d’électricité pour cela », alerte Stéphane Lhomme, directeur de l’Observatoire du nucléaire, dans une tribune publiée dans Le Monde.

Or, la question du modèle économique est centrale alors qu’EDF, déjà fortement empêtré dans le chantier de l’EPR de Flamanville, doit mener des travaux de grand carénage pour prolonger la durée de vie de ses centrales. Ceux-ci ont été estimés à 50 milliards d’euros d’ici 2025 par l’énergéticien. Des travaux qui vont aussi nécessiter une main d’œuvre qualifiée. « L’Autorité de sûreté nucléaire alerte depuis quatre ans sur le manque de personnel nécessaire pour réaliser les travaux indispensables à la prolongation, à l’entretien ainsi qu’aux démantèlements à venir des infrastructures nucléaires » alerte la députée ex-LMR Emilie Cariou.

« La Russie ne doit pas être la poubelle de la France »

L’autre obstacle majeur que pose le nucléaire réside dans la gestion de ses déchets, avec des interrogations en termes de sûreté mais aussi des surcoûts considérables. Le projet Cigéo, qui prévoit d’enfouir les plus radioactifs d’entre eux à 500 mètres sous terre, est estimé entre 39,1 et 43,6 milliards d’euros selon un rapport de la Cour des comptes, loin des 25 milliards d’euros prévus initialement. En attendant qu’il ne voit le jour – au plus tôt en 2030 – les sites de stockage débordent.  À tel point qu’Orano (ex-Areva), en charge du traitement des combustibles radioactifs usés, a repris son trafic vers la Sibérie, selon des informations révélées cette semaine par Greenpeace.

L’ONG rappelle que « la Russie ne doit pas être la poubelle radioactive de la France« . L’entreprise a reconnu être à l’origine de ces expéditions et avoir vendu plus de 1 000 tonnes d’uranium de retraitement à l’entreprise nucléaire russe Rosatom, soulevant des questions environnementales quant au traitement de ces déchets. « Comme par le passé, il est probable que l’uranium usé français soit tout simplement entreposé en Sibérie, pour une durée illimitée et sous une forme ne garantissant pas l’absence de contamination«  explique Greenpeace.

Par Concepcion Alvarez @conce1 avec AFP, publié le 15 octobre 2021

Photo en titre : un SMR – petit réacteur nucléaire – imaginé par Rolls Royce. @Rolls Royce

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/la-france-continue-de-miser-sur-le-nucleaire-malgre-les-deboires-de-la-filiere-150238.html

FRANCE: L’ÉTAT CONDAMNÉ À « RÉPARER LE PRÉJUDICE ÉCOLOGIQUE » D’ICI FIN 2022

PARIS (Reuters) – Le tribunal administratif de Paris a donné jeudi jusqu’à la fin 2022 au gouvernement français pour prendre des mesures afin de réparer le “préjudice écologique” causé par le non-respect de ses engagements en matière de lutte contre le changement climatique, donnant ainsi raison aux organisations non-gouvernementales (ONG) à l’origine de la procédure.

Cette décision de justice marque une nouvelle étape de la campagne dite de “l’affaire du siècle”, lancée en mars 2019 par la plainte de quatre ONG (Greenpeace, Oxfam, la Fondation pour la nature et l’homme, Notre affaire à tous) après une pétition qui avait recueilli 2,3 millions de signatures.

Il est enjoint au Premier ministre et aux ministres compétents de prendre toutes les mesures utiles de nature à réparer le préjudice écologique et prévenir l’aggravation des dommages” liés aux émissions de gaz à effet de serre qu’a engendrées le non-respect des engagements pris par l’État, précise le jugement.

La réparation du préjudice devra être au 31 décembre 2022, au plus tard.

Le tribunal chiffre à 15 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) les émissions concernées, quatre fois le chiffre avancé par les plaignants.

Cette réduction s’ajoute à la réduction de 13 mégatonnes de CO2 prévues dans le budget carbone de 2022 par rapport à celui de 2021, c’est à dire que l’État va devoir doubler son objectif de réduction en 2022”, a expliqué Cécilia Rinaudo, coordinatrice de Notre affaire à tous, lors d’une conférence de presse en ligne.

Le tribunal n’a toutefois pas précisé la nature des mesures à prendre et n’a prononcé aucune sanction financière alors que les ONG réclamaient une astreinte de plus de 78,5 millions d’euros par semestre de retard dans la mise en œuvre des mesures jugées nécessaires.

APPEL AUX CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE

La justice a tranché et elle nous a donné raison”, s’est néanmoins félicitée Cécilia Rinaudo. “À partir de maintenant, les gouvernements successifs vont devoir prouver au tribunal l’efficacité de leur politique climatique.

Cette obligation, elle concerne aussi les gouvernements à venir et notamment le ou la prochaine locataire de l’Élysée.”

Les ONG plaignantes ont appelé dans la foulée l’ensemble des candidats à la présidentielle à démontrer “preuves à l’appui, chiffres à l’appui, comment ils et elles comptent respecter les engagements climatiques de la France”.

Le gouvernement n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat sur le jugement du tribunal administratif.

Il peut faire appel de la décision rendue jeudi mais cet appel ne serait pas suspensif, a précisé Clément Capdebos, l’un des avocats des ONG.

En février, le tribunal administratif avait déjà jugé l’État coupable de “carences fautives” et l’avait condamné à verser un euro symbolique aux ONG. Ces dernières lui avaient alors demandé d’ordonner des mesures concrètes.

De son côté, le Conseil d’État a demandé en juillet au gouvernement de prendre des mesures supplémentaires avant le 31 mars 2022 afin d’atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2030, un engagement issu de l’Accord de Paris sur le climat.

Reportage Marc Angrand, avec Geert de Clecq et Matthieu Protard, édité par Jean-Stéphane Brosse

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Par Reuters Staff, publié le 14 octobre 2021 à 11h53

Photo en titre : Photo d’archives/REUTERS/Stephane Mahe

https://www.reuters.com/article/france-justice-climat-idFRKBN2H40YL

NUCLÉAIRE: LES POURPARLERS ENTRE L’IRAN ET L’UE SE TIENNENT DANS UN CLIMAT TENDU

Une délégation de l’Union européenne est jeudi à Téhéran pour tenter de convaincre l’Iran de revenir à la table des négociations afin de sauver l’accord international sur son programme nucléaire, les discussions ayant lieu dans un climat tendu après des menaces américaines.

Le négociateur de l’UE en charge du dossier Enrique Mora a rencontré le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Ali Bagheri, au moment où les Occidentaux perdent patience devant le refus de l’Iran de fixer une date pour la reprise des négociations, au point mort depuis juin, pour sauver ce pacte.

Mercredi, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a regretté « le manque de volonté » iranienne pour « dialoguer » et fait planer la menace militaire, affirmant que son pays était « prêt à se tourner vers d’autres options » si la diplomatie échouait.

Conclu en 2015, l’accord sur le nucléaire iranien offrait à l’Iran la levée d’une partie des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l’arme atomique et d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous le strict contrôle de l’ONU.

Mais après le retrait unilatéral des Américains de l’accord trois ans plus tard et le rétablissement de sanctions, Téhéran s’est progressivement affranchi de la plupart de ses engagements.

Méfiance à Téhéran

Les négociations débutées en avril à Vienne –et auxquelles participent indirectement les États-Unis— pour sauver l’accord en y réintégrant les Américains sont suspendues depuis juin et l’élection du nouveau président iranien Ebrahim Raïssi.

Selon la diplomatie iranienne, UE et Iran doivent discuter « des questions d’intérêt mutuel, régional et international, à savoir les relations entre l’Iran et l’Union européenne, la question de l’Afghanistan et les négociations pour la levée des cruelles sanctions » imposées à la République islamique.

Arrivés au pouvoir en Iran, les ultraconservateurs sont peu enclins aux concessions et souhaitent que les pays européens garantissent le respect de l’accord.

« Ils (les Européens) doivent donner la pleine assurance à la République islamique que cette fois, aucune partie ne violera l’accord sur le nucléaire« , a martelé lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh.

« Je vais insister sur l’urgence de reprendre les négociations« , a de son côté tweeté mercredi M. Mora, coordonnateur du texte de 2015.

Tandis que M. Mora est à Téhéran, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell est lui à Washington pour échanger avec son homologue américain.

Selon le porte-parole de M. Borrell, l’UE va convoquer une réunion des négociateurs de l’accord sur le nucléaire iranien dès que toutes les parties seront d’accord et attend les réponses de Washington et de Téhéran à ce sujet.

Le président américain Joe Biden s’est dit prêt à revenir dans l’accord, à condition que l’Iran renoue avec ses engagements.

Mais États-Unis et surtout Israël sont convaincus que Téhéran joue la montre pour avancer le plus loin possible dans son programme nucléaire.

Menace à Washington

« Une solution diplomatique est la meilleure manière » d’éviter que la République islamique devienne une puissance nucléaire, a déclaré mercredi M. Blinken lors d’une conférence de presse avec son homologue israélien Yaïr Lapid dans la capitale américaine.

Mais jugeant peu « encourageants » les signaux émanant de Téhéran, qui n’a toujours pas fixé de date pour la reprise des négociations, il a prévenu que son pays était prêt à se « tourner vers d’autres options« .

« En disant +d’autres options+, je pense que tout le monde comprend« , a lancé, à ses côtés, M. Lapid dans une allusion claire à l’option militaire.

« Le secrétaire d’État Blinken et moi sommes des enfants de survivants de l’Holocauste. Nous savons qu’il y a des moments où les nations doivent avoir recours à la force pour protéger le monde du Mal« , a-t-il déclaré.

L’Iran a averti Israël de ne pas tenter d' »aventure militaire » contre son « programme nucléaire« , dans une lettre adressée au président du Conseil de sécurité de l’ONU et publié jeudi par l’agence de presse Tasnim.

« Nous mettons en garde contre toute erreur de calcul et toute aventure militaire du régime israélien contre l’Iran et son programme nucléaire« , peut-on lire dans le texte de l’ambassadeur d’Iran auprès de l’ONU, Majid Takhtarvanchi.

De son côté, l’émissaire américain pour l’Iran, Rob Malley, a annoncé qu’il se rendrait en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar pour évoquer notamment les « options » pour « contrôler le programme nucléaire iranien » si les négociations n’aboutissent pas, estimant qu’il y avait « au moins une forte possibilité que l’Iran choisisse une autre voie » que la diplomatie.

Par AFP, publié le 14/10/2021 à 14h56

Photo en titre : Nucléaire: les pourparlers entre l’Iran et l’UE se tiennent dans un climat tendu © Iranian Foreign Ministry/AFP/-

https://www.lepoint.fr/monde/nucleaire-les-pourparlers-entre-l-iran-et-l-ue-se-tiennent-dans-un-climat-tendu-14-10-2021-2447765_24.php

AVENIR OU GRAND GÂCHIS ? TROIS QUESTIONS SUR LES PETITS RÉACTEURS NUCLÉAIRES, ADOUBÉS PAR EMMANUEL MACRON

Le président de la République a promis d’investir 1 milliard d’euros d’ici à 2030 sur la technologie des petits réacteurs nucléaires. En Centre-Val de Loire, faut-il miser sur ce qui ressemble à une promesse radieuse, ou se méfier des belles paroles ?

Emmanuel Macron a enfin levé le voile ce mardi 12 octobre sur des financements pour développer les « petits réacteurs nucléaires« , cette technologie qui, à contrepied du gargantuesque EPR, propose des réacteurs classiques mais en modèle réduit. Une technologie sur laquelle la France n’est pas en avance.

Le président de la République a promis un investissement d’un milliard d’euros dans l’énergie nucléaire d’ici 2030, pour développer des « technologies de rupture« , notamment ces petits rédacteurs modulaires, ou SMR pour small modular reactors.

Un SMR, c’est quoi ?

Un petit réacteur nucléaire contient presque toutes ses promesses dans son nom : voilà un réacteur format poche, dont la puissance ne dépasse pas les 300 mégawatts, contre plus de 1 000 MW pour les réacteurs nucléaires classiques. Ils sont modulables, conçus pour être fabriqués en série en usine puis transportés sur le lieu de leur exploitation. Théoriquement, leur installation reste relativement simple.

Ils ont la particularité d’aller dans le sens contraire de l’histoire officielle du nucléaire, qui prêche le toujours plus grand comme avec l’EPR de Flamanville et ses surcoûts, ou le passage à la fusion nucléaire, l’énergie qui fait briller les étoiles et qui permettrait de produire de l’électricité en plus grande quantité et sans déchet. Les SMR promettent, eux, un retour à de la fission traditionnelle, la même qu’à Bonneville, Dampierre et Saint-Laurent, mais à la taille du dessous.

À l’heure actuelle, seul un avant-projet de petit réacteur nucléaire baptisé « Nuward » est en cours de développement en France, et doit permettre la création d’un prototype à l’horizon 2030. Avec comme objectif final : l’export. Le pays affiche cependant du retard dans la course, défié par la concurrence étrangère. La Russie a ainsi déjà mis en service deux SMR flottants pour alimenter en électricité des zones reculées, et des démonstrateurs devraient voir bientôt le jour aux États-Unis et au Canada.

Pourquoi ça plaît ?

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a estimé vendredi sur Europe 1 à 20% la croissance de la demande d’électricité d’ici 2025 et relevé qu’il n’y avait « pas le temps de construire une centrale nucléaire« , poussant à trouver d’autres solutions. Ces SMR pourraient se rendre utiles en tant que « réacteurs d’appoint« , assure Claude de Ganay, député Les Républicains du Loiret et ancien maire de Dampierre, où se trouve une des trois centrales nucléaires du Centre-Val de Loire. Une région « détentrice de savoir nucléaire« , sur lequel il souhaite « investir« .

Très favorable à l’atome de façon général, il estime que « du savoir-faire a été perdu à force de critiquer l’énergie nucléaire, et on dit aux jeunes ingénieurs brillants de ne pas s’y diriger parce qu’il n’y a pas d’avenir« . Le député espère ainsi que ces connaissances seront ravivées par de nouveaux investissements, avec « des opportunités certaines de relancer complètement cette filière« .

L’opportunité serait ainsi, selon lui, de placer rapidement la région comme un acteur industriel et théorique du développement des SMR voulu par le président de la République. Pas forcément pour fournir le Centre-Val de Loire lui-même d’ailleurs, mais pour envoyer de potentiels futurs petits réacteurs dans des pays en demande d’électricité. 

Faut-il s’en méfier ?

Car pour le moment, ces réacteurs ne sont bien qu’une vision d’avenir dans l’Hexagone, même si la technologie est déjà concrétisée en Russie. « C’est une très mauvaise idée de parier sur une technologie qui n’existe pas en France« , assène Charles Fournier, élu Europe Ecologie-Les Verts et vice-président de la région chargé de la transition énergétique

Pour lui, investir sur les SMR est « une perte de temps, parce qu’on ne les aurait qu’en 2035« . Alors que « ce sont les dix prochaines années qui vont être décisives et sur lesquelles il faut concentrer notre énergie pour la transition énergétique« . Il regrette que le milliard promis par Emmanuel Macron au nucléaire n’aille pas « plutôt sur des projets de transition où on nous dit à chaque fois qu’il n’y a pas assez d’argent pour les réaliser » :

« Dans le nucléaire, on nous annonce une solution révolutionnaire tous les 5 ans, comme l’EPR et la fusion, et à chaque fois c’est reculé. C’est du temps qu’on perd. » (Charles Fournier, vice-président à la Transition énergétique de la région Centre-Val de Loire)

Il estime également que ces réacteurs ont exactement les mêmes problèmes que les réacteurs classiques, à savoir « un problème de gestion des déchets radioactifs » et des risques industriels importants. Car là où les hérauts de la technologie soulignent des risques réduits en cas d’avarie ou de malveillance car la taille est moindre, Charles Fournier, lui, prophétise que, « puisqu’ils seront disséminés un peu partout sur le territoire, ça demandera des défis énormes de sécurité, et des risques plus importants face aux actes de malveillance« .

L’élu du conseil régional vise plutôt une diminution de la consommation d’électricité de manière générale, de sorte à convertir peu à peu le nucléaire en renouvelable sans avoir besoin de produire plus pour combler les besoins du pays. « Il s’agit de rendre l’argent public efficace« , plaide-t-il. Il assure d’ailleurs qu’il s’opposerait à la distribution de subventions à de potentielles futures entreprises qui souhaiteraient développer la technologie des SMR et en construire en Centre-Val de Loire.

Publié le 14/10/2021 à 11h32

Photo en titre : La centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux, en Loir-et-Cher. • © Guillaume Souvant/AFP

https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/avenir-ou-grand-gachis-trois-questions-sur-les-petits-reacteurs-nucleaires-adoubes-par-emmanuel-macron-2292700.html

« LE RISQUE QUE LE NUCLÉAIRE FRANÇAIS SE CONFRONTE À UN MUR BUDGÉTAIRE EST RÉEL »

La députée Émilie Cariou (ex-LRM) dénonce, dans une tribune au « Monde », l’absence de vision stratégique, le manque de transparence et la dérive d’un capitalisme financiarisé au sein du secteur de l’énergie, en France.

Sans dire que l’on soit pour ou contre l’énergie nucléaire, force est de constater qu’il fait partie intégrante du mix énergétique français. Les choix dans ce domaine sont cruciaux, tant pour les finances publiques que pour la sûreté ou la souveraineté énergétique.

Chaque année, les instances chargées du nucléaire français présentent leurs rapports annuels d’activité devant les parlementaires membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST). Chaque année, les questions posées par les parlementaires membres de cet office se suivent et se ressemblent. Les réponses aussi. Ce qui est pour le moins inquiétant. Rapports toujours en demi-teinte, avec d’une part des améliorations, mais d’autre part, des inquiétudes pour l’année à venir. L’Autorité de sûreté nucléaire alerte depuis quatre ans sur le manque de personnel nécessaire pour réaliser les travaux indispensables à la prolongation, à l’entretien ainsi qu’aux démantèlements à venir des infrastructures nucléaires.

Il est difficile de ne pas se soucier des alertes sur le niveau de sûreté des cuves – qui renferment le cœur du réacteur – et de la situation de certains réacteurs, qui subissent aujourd’hui un vieillissement accéléré des aciers. Et la décision de prolonger l’intégralité des trente-deux réacteurs encore en activité est-elle réellement judicieuse, dès lors que nous n’avons pas la certitude de pouvoir en garantir la sûreté de manière pérenne ?

Si nos centrales nucléaires permettent de produire de l’électricité de manière continue, elles présentent un défi majeur : la gestion de déchets hautement radioactifs. Il semblerait qu’il y ait du retard sur la question et un grand manque d’anticipation sur le volume réel des déchets à traiter. Le projet Astrid avait pour objectif de mieux exploiter les matières radioactives tout en réduisant la quantité de déchets nucléaires. Son abandon a été acté dès 2019, par un communiqué de presse du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies. Quid du devenir des matières déjà recyclées ?

Coûts sous-évalués

À ce jour, la production du Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs (PNGMDR), dont le rapport parlementaire porte sur son évaluation institutionnelle, a plus de deux ans de retard. Le gouvernement a non seulement violé la loi en repoussant la date de son rendu, mais entrave de facto le travail et la mission de contrôle du Parlement sur la stratégie gouvernementale en matière de nucléaire civil. Sur la gestion des déchets nucléaires, seul l’enfouissement géologique profond a été étudié. Pourquoi se priver d’un second site pilote sur l’entreposage de surface, alternative prévue par la loi, et surtout, face à de tels enjeux de sûreté, pourquoi s’obstiner à vouloir mettre ses déchets dans le même panier ?

Les coûts pour l’ensemble de l’industrie semblent également largement sous-évalués. Pour le seul projet Cigéo, un arrêté du 15 janvier 2016 adopté par Ségolène Royal, ministre de l’environnement et de l’énergie, fixait le coût du projet à 25 milliards d’euros. Précédemment, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) avait évalué ce coût à 34,5 milliards d’euros. Lors du débat public de 2013, le coût du projet était évalué à 16,6 milliards d’euros. Déjà en 2014, un rapport de la Cour des comptes relevait l’écart entre les évaluations effectuées en 2009 par l’Andra, le cabinet d’audit PwC – entre 39,1 et 43,6 milliards d’euros – et les producteurs de déchets – 14,8 milliards d’euros. Le risque que le nucléaire français se confronte à un mur budgétaire est réel et ne sera pas sans conséquences sur les finances publiques.

Si seulement Astrid ou Cigéo étaient les seuls exemples nous poussant à nous interroger sur le manque de visibilité autour de la stratégie nationale relative au nucléaire civil et plus globalement sur la stratégie énergétique… Car les dernières annonces sur la restructuration d’Engie témoignent non seulement d’une absence de vision stratégique, d’un manque de transparence envers la représentation nationale mais aussi d’une dérive d’un capitalisme financiarisé au sein du secteur de l’énergie. Absence de vision stratégique d’un côté, avec la vente de certaines filiales, comme Endel, ayant participé à la conception de tous nos cœurs de réacteur, et dont l’expertise aurait pu être mise à profit pour les travaux de maintien, de sécurisation ou de démantèlement à venir de nos sites. Manque de transparence, de l’autre, dès lors que les cessions successives d’Engie ont été présentées comme nécessaires pour investir dans la recherche et le développement sur les énergies renouvelables. Alors que dans les faits, l’investissement d’Engie dans les énergies renouvelables est en baisse.

Questions multiples

En revanche, le groupe distribue 2 à 3 milliards d’euros par an de dividendes à ses actionnaires. Vous avez dit capitalisme usuel ? Il n’en est rien. Le troisième opérateur énergétique français, qui devait avoir toute sa place dans la transition écologique, est vendu à la découpe pour dégager des dividendes.

Problèmes persistants, personnel insuffisant, sous-évaluation du coût de la prolongation de certaines centrales et du nécessaire démantèlement des autres… Le gouvernement naviguerait-il à vue sur la gestion du nucléaire civil ? À cette question, il est impossible de répondre. N’est-ce pas le rôle du Parlement de contrôler l’action du gouvernement ?

Et c’est là que le bât blesse. Car les parlementaires, qu’ils soient membres de l’OPECST ou corapporteurs du PNGMDR, ne sont pas en mesure de contrôler de manière effective l’action du gouvernement sur les choix et les orientations relatifs au nucléaire civil. Nos concitoyens sont tous concernés par le nucléaire. Certains abritent même sur leur territoire des projets importants, comme Bure, dans la Meuse, territoire dont je suis élue.

Que la représentation nationale puisse s’exprimer de manière libre et éclairée sur les choix et les orientations données au nucléaire civil est un enjeu démocratique. Pour que le Parlement puisse exercer cette mission, je propose donner aux parlementaires les moyens d’un contrôle effectif de l’action du gouvernement sur sa stratégie relative au nucléaire civil sur les domaines suivants : les scénarios alternatifs prenant en compte l’arrêt définitif d’un ou de plusieurs réacteurs nucléaires pour des raisons de sûreté ; le chiffrage financier de la phase industrielle jusqu’aux coûts de la mise en œuvre de la réversibilité de l’ensemble des pistes de gestion des déchets radioactifs prévues par la loi ; les participations respectives des différents acteurs publics et privés à ces financements, les investissements réalisés en matière d’aménagement du territoire à visée socio-économique, notamment via des comparatifs internationaux.

Sur le sujet du nucléaire, les questions sont multiples et les enjeux de souveraineté énergétique sont cruciaux. C’est un domaine stratégique qui mérite un véritable débat national et qui associe maintenant réellement les parlementaires. Si nous voulons faire face aux défis que pose le nucléaire, nous devons chiffrer nos besoins de financement, de ressources humaines et peser chaque option de traitement des déchets avec le maximum de transparence.

Par Émilie Cariou, députée de la Meuse, membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix technologiques et scientifiques (OPECST) et corapporteuse du Plan national de gestion des déchets et des matières radioactifs (PNGMDR), publié le 14 octobre 2021 à 05h30

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/14/le-risque-que-le-nucleaire-francais-se-confronte-a-un-mur-budgetaire-est-reel_6098295_3232.html

« S’ILS VOIENT LE JOUR, LES PETITS RÉACTEURS NUCLÉAIRES MODULAIRES PRODUIRONT UNE ÉLECTRICITÉ RUINEUSE »

Avec un parc vieillissant et le désastre de l’EPR, industriels et politiques misent sur les petits réacteurs modulaires. Une illusion, selon Stéphane Lhomme, directeur de l’Observatoire du nucléaire.

Tribune. Vous avez probablement vu les images saisissantes de poulets dont la tête a été coupée et qui continuent à courir pendant quelques instants de façon erratique. Eh bien cette image est une assez bonne illustration de l’état de l’industrie nucléaire et de ses plus fervents partisans comme Emmanuel Macron.

Un jour, ils assurent que l’avenir est aux mastodontes comme le fameux EPR (en anglais european pressurized reactor) d’une puissance de 1 650 mégawatts (MW), et ce malgré les incroyables déconvenues des chantiers de Finlande et de Flamanville qui devaient respectivement entrer en service en 2009 et 2012, qui ne sont toujours pas terminés et dont les surcoûts insensés ont largement contribué à placer leurs opérateurs dans la panade : Areva a carrément fait faillite, et EDF est dans une situation financière critique.

Le lendemain, voilà subitement que la solution passerait par les SMR, c’est-à-dire en anglais small modular reactors et en français petits réacteurs modulaires (PMR) dont la puissance est comprise entre 10 et 300 MW. EDF aurait d’ailleurs déjà en projet son SMR de 170 MW, baptisé « Nuward ». La panique qui s’empare ainsi des tenants de l’atome s’explique par une donnée incontournable : les réacteurs actuels sont en fin de vie et la plupart vont être définitivement arrêtés dans les dix à vingt ans, c’est-à-dire, lorsque l’on parle d’énergie, demain matin.

Un parc pléthorique de réacteurs délabrés

Les prolongations de durée de fonctionnement, accordées de façon inconsidérée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), et les travaux ruineux que doit faire EDF (programme dit du « grand carénage » et mesures post-Fukushima) vont seulement permettre de gagner un peu de temps – tout en augmentant encore le risque de catastrophe comparable à celle de Fukushima.

Il faut aussi prendre en compte une donnée cruciale : dans les années 1970 et 1980, la construction en peu de temps d’une bonne cinquantaine de réacteurs nous a été présentée comme un gigantesque exploit, ce qui est d’ailleurs effectivement le cas sur le strict plan industriel. Mais il s’agissait surtout d’une terrible erreur stratégique : tous ces réacteurs vont de fait arriver en fin de vie quasiment en même temps.

Si EDF a finalement accepté de fermer ses deux plus vieux réacteurs, ceux de Fessenheim, c’est parce que l’électricien se sait totalement incapable de continuer à entretenir un parc pléthorique de près de 60 réacteurs passablement délabrés. C’est aussi pour cela que la fermeture d’au moins quatorze autres réacteurs est actée.

Le désastre de Flamanville

Si EDF se dit publiquement opposée à ces fermetures, c’est pour ne pas perdre la face : il est plus facile de prétendre qu’il s’agit de « décisions idéologiques » prises « sous la pression des antinucléaires » – lesquels ignoraient qu’ils avaient tant d’influence ! – que de se reconnaître incapable de maintenir le parc nucléaire.

Mais, contrairement à ce que prétendent divers candidats à l’élection présidentielle, ce ne sont assurément pas de nouveaux réacteurs nucléaires qui pourront prendre le relais du parc actuel, même si la construction de six EPR est envisagée : comment croire qu’EDF, incapable de construire l’EPR de Flamanville, pourrait en fabriquer plusieurs autres ?

Il est certes prétendu que les enseignements tirés des précédents déboires permettront enfin de réussir les prochains chantiers, mais c’est déjà ce qu’avait assuré EDF à propos de l’EPR finlandais… ce qui n’a pas empêché le désastre de Flamanville.

Pas de filière industrielle pour les SMR

C’est alors que l’industrie nucléaire et son premier VRP, Emmanuel Macron, sortent du chapeau une « solution » miraculeuse : les SMR. Mais si la communication de la macronie peut enfumer l’opinion sur tel ou tel sujet, elle se révèle incapable de faire pousser des réacteurs nucléaires, fussent-ils petits et modulaires.

Il n’existe en effet pas à ce jour de filière industrielle permettant l’émergence des SMR, lesquels pourraient au mieux être disponibles vers 2040 : pas de quoi répondre à l’actuelle envolée des prix de l’énergie. Et ce d’autant que, s’ils voient le jour, les SMR produiront une électricité ruineuse : il est impossible d’assurer la rentabilité de petits réacteurs, lesquels ne produiront pas assez d’électricité pour cela.

D’autre part, le choix de l’emplacement d’un SMR est insoluble. Notons d’abord qu’il est impossible de nos jours de créer une centrale nucléaire dans un nouveau site, particulièrement proche d’une agglomération : les habitants se révolteraient, à commencer d’ailleurs par les pronucléaires !

Le risque d’une impasse énergétique pour la France

Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les projets de nouveaux réacteurs sont tous dans des centrales déjà existantes, et c’est donc la seule option disponible. Mais quel intérêt de placer un SMR, par exemple, dans la centrale nucléaire du Blayais (Gironde), perdue dans les marais à 60 km de Bordeaux ? La puissance du SMR, 170 MW, serait dérisoire pour remplacer les actuels quatre réacteurs de 900 MW, soit 3 600 MW.
On entend alors dire que les SMR pourraient être construits par « grappes ». Mais la rentabilité de dix SMR serait catastrophique pour une production à peu près comparable à celle d’un seul EPR. Ce serait alors moins absurde de faire un EPR, mais l’on retombe sur l’incapacité d’EDF à construire ce modèle.

De toute façon, l’électricien national est en situation financière dramatique et est parfaitement incapable de financer un nouveau parc de réacteurs, qu’ils soient petits ou gros, modulables ou archaïques. Mais comme les alternatives au nucléaire, en particulier les énergies renouvelables, ne sont développées qu’à la marge, le plus probable est que la France se retrouve dans une totale impasse énergétique d’ici quelques années. Il ne restera alors qu’à pleurer en se remémorant les ridicules harangues pronucléaires de la plupart des candidats à l’élection présidentielle 2022…

Par Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du nucléaire (http://www.observatoire-du-nucleaire.org), publié le 14 octobre 2021 à 07h00, mis à jour à 07h48

https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/10/14/energie-s-ils-voient-le-jour-les-petits-reacteurs-nucleaires-modulaires-produiront-une-electricite-ruineuse_6098306_3232.html

NUCLÉAIRE : DE NOUVELLES FUITES INQUIÉTANTES À LA CENTRALE DE FLAMANVILLE ?

EDF a déclaré un évènement significatif environnement, le 30 septembre 2021, à l’Autorité de sûreté nucléaire. Il s’agit de fuites de SF6 à la centrale de Flamanville (Manche).

La centrale de Flamanville 1 et 2 (Manche) a déclaré un événement significatif environnement, le 30 septembre 2021, à l’Autorité de sûreté nucléaire.

À lire aussi : Selon le patron d’EDF, « les choses sont en bonne voie pour l’EPR de Flamanville »

Il s’agit à nouveau de rejets dans l’atmosphère, n’ayant pas de conséquence radiologique cependant. EDF a ainsi communiqué sur le cumul des émissions de gaz SF6 supérieur à 100 kg depuis le 1er janvier 2021.

Le 27 septembre 2021, la quantité annuelle cumulée d’émissions de gaz SF6 a atteint 100,37 kg, dépassant le seuil de déclaration de 100 kg.

EDF

En neuf mois, le site flamanvillais a donc dépassé le seuil autorisé. Ce n’est pas la première fois cette année.

Déjà en septembre 2021, EDF avait annoncé la perte de 73,5 kg de fluide lors d’une opération de maintenance sur l’EPR, dépassant la quantité autorisée pour toute l’année. Le cumul était déjà de 172,4 kg au… 15 août alors que la limite est fixée à 100 kg par an. 

D’autres fuites en juin et août dernier

Et en juin 2021, la centrale de Flamanville 1-2 avait également communiqué sur la fuite de 141 kg de fluides frigorigènes, une fois de plus au-dessus de la limite annuelle autorisée de 100 kg. 

À lire aussi : EPR de Flamanville : EDF évoque de nouveaux rejets, les antinucléaires dénoncent

De son côté, le réseau Sortir du nucléaire constate que c’est « la seconde année de suite que le site nucléaire rejette plus de gaz SF6 que ce qu’il n’a théoriquement droit ». L’association antinucléaire rappelle au passage, que « malgré son impact avéré sur l’environnement, EDF ne déclarait aucune de ces fuites jusqu’en 2018… ».

Laisser s’échapper 100 kg de ce gaz revient à émettre plus de 2 000 000 kg de C0² dans l’atmosphère. Et ce gaz, extrêmement stable, mettra plus de 3 000 ans à se décomposer. Chaque kilo émis reste donc dans l’atmosphère plusieurs milliers d’années

Réseau Sortir du nucléaire:

C’est quoi le SF6 ?

Le gaz Hexafluorure de soufre (SF6) est utilisé pour garantir l’isolement électrique des équipements haute tension. Selon les spécialistes, il s’agirait du gaz ayant l’effet de serre potentiel le plus puissant de la planète. Cependant, il n’est utilisé qu’en petite quantité et sa contribution à l’effet de serre anthropique est d’environ 0,3%. Reste que sa consommation augmente de manière continue depuis trente ans… Sur le site de Flamanville, le gaz SF6 est utilisé comme isolant pour les postes d’évacuation d’énergie et les postes d’alimentation des transformateurs auxiliaires.

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Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 13 Octobre 2021 à 20h26 

Photos en titre : De nouvelles fuites ont été détectées à la centrale de Flamanville 1 et 2. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/nucleaire-de-nouvelles-fuites-inquietantes-a-la-centrale-de-flamanville_45654637.html

TRAITEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES : UNE USINE À L’ARRÊT

L’entreprise Orano a décidé d’arrêter temporairement l’une de ses deux usines de retraitement de déchets nucléaires à La Hague. Une décision prise après avoir constaté des dommages sur deux de ses trois évaporateurs.

L’entreprise Orano (ex-Areva) a annoncé l’arrêt temporaire d’activité de l’une de ses deux usines chargées du retraitement des déchets nucléaires. Située à La Hague, dans le département de la Manche en Normandie, elle ne devrait pas rouvrir ses portes avant au moins deux mois. Une nouvelle qui a toute son importance puisque tous les combustibles radioactifs des centrales françaises convergent à cet endroit. “Sur ce site, on a deux usines qui s’appellent UP3 et UP2800, qui ont pour objectif de traiter les combustibles usés qui sortent des centrales nucléaires. L’idée est de récupérer les matières qui sont valorisables et de conditionner les déchets”, précise Sylvain Renouf, adjoint à la direction de la communication d’Orano.

Une fois sur place, les combustibles irradiés sont dissous dans de l’acide nitrique. “On y extrait du plutonium et de l’uranium. Tout ce qui reste, c’est-à-dire le neptunium, l’américium, et le curium, et une centaine de produits de fission, sont passés dans un évaporateur. L’objectif est de faire s’évaporer un maximum d’eau, puis réduire ces déchets en poudre. Celle-ci sera mélangée avec de petits morceaux de verre. Le tout est fondu et coulé dans de grands conteneurs spécifiques pour terminer dans le futur site d’enfouissement profond Cigéo, explique Jean-Claude Zerbib, ancien ingénieur en radioprotection au Commissariat à l’énergie atomique. Or, ce sont ces évaporateurs, des cuves de près de 8 mètres, qui sont aujourd’hui la cause de cette fermeture.

Problème d’usure et de corrosion

Il y a quelques mois, Orano a constaté une usure sur une tuyauterie d ‘évacuation de vapeur de l’un des trois évaporateurs de l’usine. Celui-ci a donc été mis à l’arrêt pour réparation d’après l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). “On était en train de réparer cette usure à l’aide de maquettes, de notre savoir-faire et de la robotique, lorsqu’on a constaté la corrosion d’un autre évaporateur”, raconte l’adjoint à la direction de la communication d’Orano. Les travaux sur cette tuyauterie sont toujours en cours.

Désormais, c’est donc un deuxième évaporateur qui connaît un problème de corrosion. Il y a 30 ans, à leur mise en service, les parois de cette cuve affichaient une épaisseur de quatorze millimètres. Celle-ci ne serait plus que de 7,5 millimètres aujourd’hui pour cet évaporateur. Ce qui est considéré comme un “critère d’arrêt” pour l’entreprise Orano. Avant leur mise en arrêt, ces cuves ont été vidées. “On a attendu de terminer le cycle de retraitement des déchets, aucun n’a été relancé, et ils sont désormais vides”, précise Sylvain Renouf.

Une corrosion attendue après 30 ans

Pour traiter les combustibles irradiés, ces cuves contiennent des substances très corrosives. “Il a fallu inventer un métal spécial pour qu’il ne se dissolve pas lui-même au contact de cet acide extrêmement puissant. Peut-être qu’il n’ont pas trouvé le bon alliage qui tient suffisamment longtemps”, suppose l’ancien ingénieur. “Ils ont certes fait des progrès, mais on arrive à des limites”, poursuit-il. Pour l’adjoint à la direction de la communication d’Orano, “cela fait partie de l’usure prévue des évaporateurs. C’est d’ailleurs pour ça qu’on fait des suivis”.

Depuis 2015, ces évaporateurs qui ont une trentaine d’années, sont donc sous surveillance. “On a un suivi renforcé de l’épaisseur de l’acier de ces évaporateurs, pour garantir que l’on n’a jamais de risque de percement”, explique Sylvain Renouf. Il poursuit en précisant que “ce suivi consiste à faire des tests en pression, des mesures d’épaisseur par ultrasons par exemple, mais aussi des contrôles visuels des équipements. Pour chacun des évaporateurs, un critère d’arrêt a été défini. Celui-ci correspond à une atteinte d’épaisseur minimale”. Un suivi qui est effectué depuis six années, deux fois par an.

Nouvelles méthodes de mesures

Orano n’est pas pour l’instant dans une logique de fermeture de ces évaporateurs aux parois qui s’affinent. Sylvain Renouf explique : “Aujourd’hui, ce critère d’arrêt est bien éloigné des critères de percement. On a des marges très importantes. Donc on a engagé une démarche pour établir une nouvelle technique de mesures des parois. Une fois qu’on aura fait de nouvelles mesures avec cette nouvelle méthode, on sera en capacité de redémarrer l’évaporateur”.

Des réparations ne sont pas non plus envisagées. “Le problème est qu’il ont conçu ces évaporateurs, entourés d’un bunker en béton complètement fermé, en faisant l’hypothèse qu’on n’aura pas à intervenir sur ces évaporateurs. Donc rien n’est prévu pour, et il est trop tard maintenant, déplore Jean-Claude Zerbib.

Vers un remplacement des évaporateurs

Depuis 2015, Orano a engagé le remplacement de ces évaporateurs. En 2020, l’entreprise avait annoncé un investissement de 700 millions d’euros pour cette démarche qui devrait débuter en 2022. La mise en service des nouveaux évaporateurs d’UP3 est prévue pour 2023. “On aura un passage de relais qui se fera à partir de 2023”, explique Sylvain Renouf.

En attendant, Orano va donc établir une nouvelle technique de mesure, puis rouvrir l’évaporateur jusqu’en 2023. “Parce qu’on est dans les critères de sûreté qui sont respectés”, affirme l’adjoint à la direction de la communication d’Orano. “Quand on aura démarré les évaporateurs qui le remplaceront, alors on arrêtera celui“, poursuit-il.

Impact sur la chaîne de retraitement des déchets nucléaires

Avec la mise à l’arrêt de deux des trois évaporateurs, c’est toute l’usine qui doit fermer d’après l’entreprise. Une décision qui a des conséquences sur toute la chaîne du retraitement nucléaire. Sans évaporateurs, les déchets resteront donc bloqués à l’étape précédente, à savoir les piscines de refroidissement. Or, d’après Jean-Claude Zerbib, elles ont déjà dépassé les seuils sécuritaires car la piscine doit toujours laisser la place pour un cœur entier en cas de déchargement d’urgence. Mais il reste aujourd’hui 0,8 à 0,9 cœur de disponible. Il est clair que la mise à l’arrêt de l’usine menace les piscines de saturation. Il ne reste plus que 6 à 8% de capacité d’accueil avant la saturation”.

Divers scénarios sont à l’étude pour contrer l’arrivée à saturation. L’ASN a également insisté sur “l’importance de l’anticipation et de la maîtrise des parades qui seraient mises en œuvre à ce sujet”. Mais l’adjoint à la direction de la communication d’Orano, estime que leurs piscines “sont loin d’une situation de saturation. Avec cet arrêt d’exploitation temporaire d’UP3, il est un peu tôt pour connaître l’impact sur la production de l’année, mais en tout cas ce n’est pas suffisamment impactant. Il risque d’y avoir un peu plus de combustibles dans les piscines en fin d’année mais cela restera modéré”.

Par Ouns Hamdi, publié le 12/10/2021 à 11h57

Photo en titre : Le site de retraitement des déchets nucléaires de La Hague comprend deux usines : UP3 et UP2800. UP3 est à l’arrêt au moins pour deux mois. // PHOTO DR

https://www.natura-sciences.com/energie/usine-retraitement-dechets-nucleaires-arret.html

RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE : LE PASSAGE AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES TROP LENT, L’AIE TIRE LA SONNETTE D’ALARME

Selon l’Agence internationale de l’énergie, les progrès sont contrés par « la résistance du statu quo et des énergies fossiles« .

Des progrès, oui. Une transition, aussi, mais « trop lente« . Pour l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le monde va très rapidement subir le réchauffement climatique mais également des « turbulences » en matière d’approvisionnement, s’il n’investit pas plus massivement et rapidement dans les énergies propres. L’agence lance « de sérieux avertissements devant la direction que le monde prend« , dans son rapport annuel publié à deux semaines de l’ouverture de la COP26 de l’ONU à Glasgow. Une « nouvelle économie émerge » : batteries, hydrogène, véhicules électriques…, note-t-elle. Mais tous ces progrès sont contrés par « la résistance du statu quo et des énergies fossiles« : pétrole, gaz et charbon forment toujours 80% de la consommation finale d’énergie, générant trois quarts du dérèglement climatique.

À ce jour, les engagements climatiques des États, s’ils sont tenus, ne permettront que 20% des réductions d’émissions de gaz à effet de serre nécessaires d’ici 2030 pour garder le réchauffement sous contrôle. « Les investissements dans des projets énergétiques décarbonés devront tripler dans les dix ans, pour la neutralité carbone à 2050« , résume le directeur de l’AIE, Fatih Birol. Alors que la crise du Covid a stoppé les progrès de l’électrification notamment en Afrique subsaharienne, le financement des pays émergents est clé, alors qu’ils doivent s’équiper tout en évitant notamment les centrales à charbon.

Trois scenarii évoqués

L’organisme, émanation de l’OCDE chargée d’accompagner de nombreux pays, offre trois scénarios pour l’avenir.

. Dans le premier, les États continuent comme aujourd’hui : les énergies propres se développent, mais hausse de la demande et industrie lourde maintiennent les émissions au niveau actuel. Le réchauffement atteint 2,6°C par rapport au niveau préindustriel, loin du 1,5°C garant d’impacts gérables.

. Ou alors les États appliquent leurs engagements, notamment la neutralité carbone pour plus de 50 d’entre eux dont l’Union européenne. La demande de fossiles atteint son sommet en 2025 (via l’efficacité énergétique et un boom des voitures électriques). La hausse des températures reste à 2,1°C.

. La troisième option est la neutralité carbone, pour rester sous 1,5°C, « qui demandera des efforts majeurs mais offre des avantages considérables pour la santé comme le développement économique« , dit l’AIE. Les financements supplémentaires nécessaires « sont moins lourds qu’ils n’y paraissent« , ajoute-t-elle: 40% des réductions d’émissions « se paient d’elles-mêmes« , par l’efficacité énergétique, la lutte contre les fuites de méthane ou les parcs solaires ou éoliens là où ces technologies sont déjà les plus compétitives.

Risque accru sur les marchés mondiaux de l’énergie

L’AIE souligne aussi que l’actuel déficit général d’investissement affecte non seulement le climat mais aussi les prix et l’approvisionnement, promesse de « turbulences » comme le monde en connaît aujourd’hui avec les tensions post-Covid sur les énergies fossiles. Ces dernières années, la dépréciation des prix du gaz et du pétrole a limité l’investissement dans ce secteur, quand, dans le même temps la transition vers des énergies propres est trop lente pour répondre à la demande, explique l’AIE. « Le risque plane de turbulence accrue pour les marchés mondiaux de l’énergie« , souligne Fatih Birol. « Nous n’investissons pas assez pour répondre aux besoins futurs, et ces incertitudes nous préparent à une période volatile. « 

La façon d’y répondre est claire: « investir massivement et rapidement dans les énergies propres« , pour assurer les besoins de court et de long terme. Faute de quoi, « le risque d’une volatilité déstabilisatrice ne pourra que croître avec le temps« , ajoute le rapport, qui insiste sur l’importance d’une transition « abordable pour tous les citoyens« . « Une nouvelle économie de l’énergie émerge, avec un potentiel de création de millions d’emplois« , dit encore Fatih Birol, qui appelle les dirigeants à la COP26 à « faire leur part en faisant des années 2020 la décennie du déploiement massif des énergies décarbonées« .

Par 6médias, publié le 13/10/2021 à 8h48

Photo en titre : Pixabay

https://www.capital.fr/economie-politique/rechauffement-climatique-le-passage-aux-energies-renouvelables-trop-lent-laie-tire-la-sonnette-dalarme-1416992

INVESTIR DANS LES « ÉNERGIES NON RENOUVELABLES »? LE LAPSUS DE MACRON EST MAL TOMBÉ

Lors de la présentation du plan « France 2030« , le président de la République a dévoilé un plan de 30 milliards d’euros dont 1 milliard pour développer le nucléaire.

POLITIQUE – C’est un lapsus qui fait mal. Alors que ce mardi 12 octobre, Emmanuel Macron présentait son plan France 2030 axé notamment sur le développement des énergies vertes dans le pays, il a plusieurs fois évoqué sur sa volonté d’investir dans… les ”énergies non renouvelables”.

Il y a une stratégie qui consiste à aller faire les ENR, les énergies non renouvelables, pour faire l’électrolyse très loin, et réimporter l’hydrogène ainsi produite un peu comme on le fait avec le gaz liquéfié”, a-t-il d’abord déclaré. Puis d’ajouter quelques minutes plus tard: “Nous aurons un objectif d’investissement de plus de 500 millions d’euros dans les technologies de rupture dans les énergies non renouvelables”.

De quoi faire tiquer les internautes et les détracteurs du président, toujours pas officiellement candidat à la présidentielle 2022. Et de pointer pour certains son incompétence en matière d’énergie, car ENR signifie en réalité ”énergie renouvelable”.

Pour Emmanuel Macron, ENR = Energies Non Renouvelables. Je crois que tout est dit sur ses compétences énergétiques”, pointe ainsi Nicolas Nace de Greenpeace. Même commentaire du journaliste spécialisé Hugo Lara: “On sent l’expertise.” “Macron s’est entêté à les appeler ‘énergies non renouvelables’. Un lapsus qui traduirait son opinion profonde sur ces énergies (…)?”, s’interroge de son côté Celia Gauthier, responsable climat-énergie à la Fondation pour la Nature et l’Homme. 

Dans de son discours -qui n’était pas fait que de lapsus-, Emmanuel Macron a annoncé vouloir “investir 30 milliards d’euros pour répondre” à ce qui peut être considéré comme “une sorte de déficit de croissance français”. Selon l’Elysée, ces investissements portent sur les cinq années à venir.

Décarboner l’industrie

Appelant à “un investissement massif dans notre stratégie d’innovation et d’industrialisation”, il a souhaité que la France “retrouve un cycle vertueux: innover produire, exporter, et ainsi financer (son) modèle social” et le “rendre soutenable”, a-t-il ajouté.

Le chef de l’État a ainsi dit vouloir investir un milliard d’euros dans l’énergie nucléaire d’ici à 2030 pour développer des “technologies de ruptures”. “L’objectif numéro un, c’est de faire émerger en France d’ici 2030 des réacteurs nucléaires de petite taille innovant avec une meilleure gestion des déchets”.

La France doit aussi envisager la construction de “deux gigafactories ou électrolyseurs” pour devenir “leader de l’hydrogène vert” en 2030, ce qui permettra la “décarbonation de l’industrie”. Il a notamment cité les secteurs de l’acier, du ciment et de la production chimique qui ont besoin d’hydrogène vert pour remplacer les énergies fossiles, ainsi que “l’alimentation des camions, bus, trains et avions”.

Par Le HuffPost avec AFP, publié le 12/10/2021 à 12h51

Retrouvez la vidéo (1mn59s) avec les lapsus de Macron sur :

https://www.huffingtonpost.fr/entry/investir-dans-les-energies-non-renouvelables-le-lapsus-de-macron-nest-pas-passe-inapercu_fr_616556ade4b024dc5284d670

POLYNÉSIE ET NUCLÉAIRE : LA COMMISSION SUR L’OUVERTURE DES ARCHIVES S’EST RÉUNIE À PARIS

Suite aux travaux de la table ronde Reko Tika.

La Polynésie française est représentée, au sein de la commission nationale, par deux personnalités qualifiées : Yolande Vernaudon et Yvette Tommasini. (©dr)Pour faire suite aux travaux de la table ronde de haut niveau Reko Tika, mise en place pour traiter de la question des essais nucléaires et de leurs conséquences en Polynésie française, et aux engagements pris par le président de la République, lors de sa visite, en juillet, la ministre déléguée auprès de la ministre des Armées, chargée de la Mémoire et des anciens combattants, Geneviève Darrieussecq, a procédé, mardi dernier, à l’installation de la Commission interministérielle en charge de l’ouverture des archives des essais nucléaires.

À la demande du président Fritch, la Polynésie française participe à cette vaste entreprise d’expertise des archives. Elle est représentée, au sein de la commission nationale, par deux personnalités qualifiées : Yolande Vernaudon, chef du service de la Délégation polynésienne pour le suivi des conséquences des essais nucléaires (DSCEN), et Yvette Tommasini, inspectrice pédagogique, pilote du chantier « enseigner le fait nucléaire », mené conjointement par le ministère de l’Éducation et le vice-rectorat de Polynésie française.

« Nous avons commencé à tisser une nouvelle relation de confiance en avançant concrètement dans la réponse aux questions et inquiétudes légitimes des Polynésiens », estime Geneviève Darrieussecq, dans un communiqué, selon lequel Paris entend « assumer toutes les conséquences humaines, sociétales, sanitaires, environnementales et économiques de cet héritage de l’histoire, et faciliter l’accès aux informations officielles ».

Il a été décidé d’inverser les logiques qui présidaient jusqu’ici pour la communication des archives, en facilitant un accès large aux documents sur les essais nucléaires et plus globalement sur l’histoire de la Polynésie française durant cette période, et de limiter les restrictions d’accès aux seuls documents comportant des informations dites proliférantes (permettant de fabriquer un engin nucléaire).

Cette commission a vocation à se réunir régulièrement jusqu’à ce que l’ensemble des fonds d’archives concernés aient été expertisés.

L’accès aux données médicales personnelles détenues par le Département de suivi des centres d’expérimentations nucléaires (DSCEN) est effectif depuis la création du département, en 1998. Toute personne ayant été employée par le ministère des Armées, dans les centres d’expérimentations nucléaires (Sahara et Polynésie) ou ses ayants droit si elle est décédée, et ayant bénéficié d’un suivi médical, peut demander l’accès à ses pièces médicales et en obtenir un duplicata dans un délai de deux mois.

Les rapports de la surveillance radiologique et géo-mécanique des anciens sites d’expérimentations nucléaires, Moruroa et Fangataufa, sont publiés annuellement, depuis la création du Département de suivi des centres d’expérimentations nucléaires (DSCEN).

Ils sont adressés aux autorités nationales, de la Polynésie française, ainsi qu’aux associations locales concernées, et sont accessibles sur le site du ministère des Armées.

Par Rédaction La Dépêche de Tahiti, publié le 11 octobre 2021 à 9h03 

Photo en titre : La Polynésie française est représentée, au sein de la commission nationale, par deux personnalités qualifiées : Yolande Vernaudon et Yvette Tommasini. (©dr)

https://actu.fr/politique/nucleaire-la-commission-sur-l-ouverture-des-archives-s-est-reunie-a-paris_45594854.html

NUCLÉAIRE : DITES NON AUX TRAFICS DE DÉCHETS RADIOACTIFS

Signez maintenant pour stopper les trafics de déchets nucléaires absurdes et dangereux (pour signer, aller sur le site indiqué en fin d’article)

Madame la ministre de la Transition écologique,

L’industrie nucléaire française se targue d’être verte mais exporte ses encombrants déchets radioactifs vers la Russie. Ce trafic doit cesser !

En enquêtant dans le port du Havre, Greenpeace France a découvert que plusieurs dizaines de tonnes d’uranium usé français avaient été chargées à bord du navire Mikhail Lomonosov à destination de Saint-Pétersbourg les 20 janvier et 12 février 2021. Pourtant, il y a 10 ans, Greenpeace France avait obtenu de l’industrie nucléaire française l’arrêt de ces exportations.

Ce trafic est révélateur des dysfonctionnements de l’industrie nucléaire, qui depuis des décennies s’évertue à se faire passer pour verte, tout en nuisant gravement à l’environnement.

Un trafic à la frontière du légal… et du réel

Orano (anciennement Areva), entreprise spécialisée dans la production et le retraitement du combustible nucléaire, a reconnu être à l’origine de ces expéditions. Elle a révélé avoir signé un contrat de vente de 1000 tonnes d’uranium de retraitement avec Rosatom, l’entreprise publique russe du nucléaire. Cette dernière est censée réenrichir ces déchets radioactifs dans son usine au cœur de la Sibérie, pour ensuite les réutiliser dans ses réacteurs nucléaires.

Ces transports ne sont pas près de s’arrêter : en mai 2018, EDF a signé à son tour un contrat avec Rosatom pour la transformation d’uranium de retraitement français, également en Sibérie, d’ici à 2022.

Le mythe du retraitement

Mais pourquoi une entreprise russe aurait-elle besoin des déchets nucléaires de la France alors que la Russie dispose de minerai d’uranium en abondance pour alimenter ses réacteurs nucléaires ? La Russie serait-elle une poubelle pour l’industrie nucléaire française ?

Officiellement, l’uranium français de retraitement est envoyé en Russie pour être “retraité”. Officieusement, il est plus probable qu’il soit simplement entreposé en Sibérie, et ce pour une durée illimitée, dans des conditions de stockage inconnues. Ce qui serait illégal, conformément à la loi européenne qui interdit d’exporter des déchets nucléaires.

La lutte doit continuer

Greenpeace France demande que l’État français, actionnaire majoritaire d’Orano et d’EDF, impose immédiatement à ces deux entreprises de cesser tout transport ou projet de transport d’uranium de retraitement vers la Russie. Ces trafics sont un non-sens à la fois environnemental de par la pollution liée aux conditions de stockage des déchets, social au regard des conditions de travail et de la protection sociale des travailleurs russes, et économique puisque dans les faits la majeure partie de l’uranium usé reste inutilisée en Sibérie, stockée dans une décharge à ciel ouvert, à quelques centaines de mètres seulement des habitations.

L’industrie nucléaire française doit laver elle-même son linge sale. Le dissimuler en Russie est inacceptable.

Par Greenpeace, publié le 12 octobre 2021

GREENPEACE, 13 rue d’Enghien, 75010 Paris, Tel : 01 80 96 96 96

© Greenpeace France 2021

Pour retrouver  cet article et voir la vidéo (3mn24 s), cliquer sur:

https://www.greenpeace.fr/non-trafics-radioactifs-b/?utm_campaign=nuke_dechets&utm_source=email&utm_medium=push_mob_211012_segb&codespec=7013V000001FsMY#video

 

TRIBUNE PRONUCLÉAIRE DE MINISTRES EUROPÉENS : UNE INCROYABLE FAIBLESSE ARGUMENTAIRE

Le 10 octobre 2021, des ministres issus d’une dizaine de pays européens, dont les français M. Lemaire et Mme Pannier-Runacher, ont publié dans de nombreux médias une tribune assurant que les Européens « ont besoin de l’énergie nucléaire« . Or la lecture de leur texte laisse sans voix tant son argumentaire est faible. Cela commence par des affirmations gratuites comme « Le nucléaire est une source d’énergie propre, sûre, indépendante et compétitive. »

Propre ? Outre la production de déchets radioactifs, il faut savoir que les centrales nucléaires relâchent dans l’air et dans l’eau d’immenses quantités de produits radioactifs et chimiques qui polluent gravement l’environnement, en particuliers les rivières françaises parfois bordées par quatre centrales (Rhin, Loire). De plus, l’extraction du combustible des réacteurs, l’uranium, cause des dommages environnementaux dramatiques (contaminations, assèchement des nappes phréatiques, etc) mais il est vrai que cela se déroule loin de chez nous, en particulier au Niger : c’est probablement cela que les adeptes de l’atome appellent une énergie « propre« …

Sûre ? Les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima ne sont pas de l’histoire ancienne, aujourd’hui encore des millions de personnes vivent dans des zones contaminées en Ukraine, Biélorussie, Russie et bien sûr au Japon. En France, le pire a été frôlé au moins à trois reprises : fusion partielle du cœur à Saint-Laurent-les-Eaux (Loir-et-Cher) en 1969 et 1980, grave inondation au Blayais (Gironde) en 1999. La prétendue « sûreté » de l’atome ressemble plutôt à une épée de Damoclès…

Indépendante ? Comme déjà expliqué, le combustible est majoritairement importé, c’est même à 100% le cas de la France. D’autre part, loin de la propagande assénée depuis des années, le fait est que la technologie nucléaire « française » est en réalité américaine, les licences ayant été achetées (fort cher) à l’entreprise Westinghouse dans les années 70. Et, parmi les signataires de la tribune, les représentants de Bulgarie, Hongrie, Tchéquie, Slovaquie et Finlande ont probablement oublié que leurs pays sont dotés de réacteurs russes : une étrange « indépendance« …

Compétitive ? Si les réacteurs en service actuellement produisent une électricité à un tarif relativement modéré, ce n’est pas parce que le nucléaire est « compétitif » mais parce que ces centrales ont bénéficié de très lourds financements publics au 20ème siècle, et qu’elles sont aujourd’hui amorties. Or les caisses des États sont aujourd’hui vides et ce véritable « hold-up » sur l’argent public n’est bien heureusement plus possible.

De fait, si de nouveaux réacteurs sont construits, l’électricité produite sera ruineuse. Ainsi, si EDF parvient à en achever le chantier – on peut en douter lorsque l’on voit les désastres des EPR en construction sans fin en Finlande et à Flamanville – l’électricité qui sortira des EPR britanniques sera achetée à 105 euros le MWh, bien plus chère que la plupart des autres sources, et en particulier le charbon : comment lutter contre ce dernier avec une énergie beaucoup plus chère ?

Notons d’ailleurs que le seul but des signataires de la tribune est d’essayer de faire financer la construction de nouveaux réacteurs par l’argent européen car, sans cela, aucun industriel ne se lancera, sauf à vouloir faire faillite : c’est déjà fait pour Areva et c’est en cours pour EDF.

Par ailleurs, même si les signataires avancent la création de milliers d’emplois, sans bien sûr donner la moindre précision, toutes les études et les faits montrent que le nucléaire, industrie très concentrée, crée beaucoup moins d’emplois que les autres sources et en particulier les renouvelables.

Mais l’aspect le plus dérisoire de la tribune des ministres concerne le climat : outre le caractère parfaitement cynique de la subite conversion « écologique » de gens qui soutiennent de longue date les industries les plus polluantes, on ne peut que rester pantois en lisant que « le réchauffement climatique est la bataille d’aujourd’hui, pas de demain » : en effet, quand on voit que les chantiers des EPR de Finlande et Flamanville ont débuté respectivement en 2005 et 2008, et qu’ils sont encore loin d’être achevés, ou que la filière actuellement très médiatisée des SMR (petits réacteurs modulables) ne pourrait être effective avant 2040 voire 2050, on peut hélas en conclure que, s’il faut attendre que le nucléaire nous « sauve« , le réchauffement climatique a hélas de beaux (et chauds) jours devant lui…

Les questions de l’énergie et du climat sont effectivement très importantes et méritent des décisions fortes, mais ce n’est certainement pas en s’enferrant dans la voie de garage de l’atome que des solutions seront trouvées. C’est le bien être des habitants et la préservation du climat qui doivent être la priorité, et non les profits des industriels de l’atome.

Par Stéphane Lhomme, Directeur de l’Observatoire du nucléaire, publié le 12 octobre 2021

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

LES « PETITS RÉACTEURS MODULAIRES » : UNE ILLUSION QUI NE DOIT TROMPER PERSONNE

Communiqué du « Réseau sortir du nucléaire ».

Alors qu’Emmanuel Macron, selon certaines sources, s’apprête à annoncer le lancement de projets de « petits réacteurs modulaires« , le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce le leurre et la perte de temps que représenteraient de tels investissements.

Mini-réacteurs, maxi-dégâts …

Pour les défenseurs du nucléaire, ces réacteurs de plus petite taille (ou « SMR« ) seraient plus sûrs et plus facilement acceptés par la population. Pourtant, il ne s’agit pas de réacteurs « de poche » ! Avec 170 MWe, Nuward, le projet français dans les cartons, représente 40% de la puissance du réacteur 1 de Fukushima, ce qui est loin d’être dérisoire.

Si des réacteurs plus puissants sont effectivement plus dangereux, multiplier les installations de petite taille soulève d’autres problèmes : encore plus de sites nucléaires et des transports radioactifs potentiellement plus nombreux, qui accroissent la vulnérabilité du territoire français face au risque d’accident et au risque terroriste. 

Et malgré leur petite taille, ces nouveaux réacteurs continueront à générer des déchets radioactifs ingérables. Ils perpétueront la pollution des mines d’uranium et les rapports néocoloniaux de la France avec les pays producteurs de minerais.

Face à l’urgence climatique, le leurre des petits réacteurs 

Le fiasco de l’EPR, réacteur le plus puissant au monde, ne signifie pas pour autant que de petits réacteurs seraient une bonne affaire. Pour être rentables, ces réacteurs devraient être construits en série et nécessiteraient des commandes par dizaines d’unités. Or malgré les effets d’annonce, la demande pour de telles installations reste très faible, leur prix étant très élevé. Les quelques estimations pour différents projets de petits réacteurs modulaires suggèrent que le coût de leur électricité serait deux fois supérieur à celui des réacteurs les plus puissants [1]. Les retards et surcoûts rencontrés par les deux seuls SMR actuellement en fonctionnement et les différents modèles en projet dans le monde laissent penser qu’ils connaîtront les mêmes déboires que les réacteurs de grande taille.

Face à l’urgence climatique, le bon sens exigerait de miser fortement sur des options éprouvées, rapides à mettre en œuvre et peu onéreuses, comme les énergies renouvelables et le soutien à la rénovation énergétique. À l’inverse, prétendre investir dans un réacteur qui n’existe actuellement que sur le papier, comme s’apprête apparemment à le faire Emmanuel Macron, représente tout simplement un gaspillage d’argent public. Ces réacteurs ne seraient d’ailleurs pas opérationnels avant 2035, donc hors délai pour la décennie à venir, décisive pour réduire de moitié nos émissions. 

Cette volonté de développer les SMR apparaît comme une ultime tentative pour sauver une industrie en difficultés techniques et financières, avec l’espoir fallacieux d’exporter cette technologie vers les pays émergents. 

Relancer le nucléaire au nom de la lutte contre le changement climatique est une dangereuse impasse, qu’il s’agisse de petits réacteurs ou de nouveaux EPR. La surenchère dans le soutien au nucléaire à laquelle se livre la majeure partie des candidat.es à la présidentielle, Emmanuel Macron compris, est tout simplement lamentable. Les générations futures – et actuelles ! – méritent mieux que ces propositions d’un autre âge poussées par un lobby industriel décomplexé.

Note :

[1] Nous invitons à consulter à ce sujet les données compilées dans le World Nuclear Industry Status Report
(voir le chapitre spécial sur les SMR à partir de la page 280)

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Par le Réseau « Sortir du nucléaire », publié le 11 octobre 2021

Image en titre : © Nuward Consortium

https://www.sortirdunucleaire.org/Les-petits-reacteurs-modulaires-une-illusion-qui

LE NUCLÉAIRE REVIENT À LA MODE DANS LES DISCOURS, ET CELA INQUIÈTE SES OPPOSANTS

À quelques mois de l’élection présidentielle, rares sont les candidats à s’opposer au nucléaire en France. La tendance est même inverse : beaucoup, Emmanuel Macron en tête, ont une posture pro-nucléaire en pleine crise du coût de l’énergie et du réchauffement climatique. Caricatural, pour les anti-nucléaires.

Emmanuel Macron doit dévoiler ce mardi les grands investissements d’avenir pour relancer (et décarboner) l’économie française. Parmi ces annonces, des financements supplémentaires pour l’innovation dans les énergies renouvelables… mais aussi pour la filière nucléaire. À six mois de l’élection présidentielle, et en pleine crise sur le coût de l’énergie, Emmanuel Macron n’hésite pas à assumer une position pro-nucléaire, comme d’ailleurs beaucoup de candidats déclarés (Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon font figure d’exceptions sur cette question).

Le nucléaire vu sous un seul angle

Tous expliquent que le nucléaire est une énergie bas carbone, bonne pour le climat et qu’en pleine crise sur le coût de l’énergie, c’est un pilier de la souveraineté énergétique de la France. (1)

Ces arguments des défenseurs de l’atome ne sont pas nouveaux, mais ils sont martelés en ce moment. Un raisonnement unidimensionnel, d’après Yves Marignac, expert en énergie et porte-parole de l’association negaWatt (qui défend un scénario 100%  énergies renouvelables pour la France).

« L’argument climatique et le débat sur cette urgence ont réduit toute la question nucléaire à cette capacité de produire sans carbone… En occultant complètement d’autres dimensions, tels que les risques et les déchets », explique-t-il à France Inter. Il y voit aussi « un vieux réflexe, hérité de la période gaullienne, de rapport entre ce recours au nucléaire et une forme de souveraineté ».

Le contre-exemple de l’EPR

Plus catégorique, Charlotte Mijeon, de l’association « Sortir du nucléaire« , estime que ceux qui défendent l’industrie de l’atome comme une filière d’excellence ont la mémoire courte : « Il y a une surenchère de la part de quasiment tous les candidats… Comme s’il y avait une amnésie collective, un aveuglement sur le fiasco que constitue actuellement le chantier de l’EPR, avec ses 11 ans de retard et ses coûts multipliés par quatre. »

D’après l’association « Sortir du nucléaire« , pour réduire à court terme les émissions de CO2, il faut miser sur les énergies renouvelables, et pas sur de nouveaux EPR ou mini réacteurs, dont la construction pourrait prendre des années.

Par la rédaction numérique de France Inter, publié le 11 octobre 2021 à 6h04

Photo en titre : Des manifestants anti-nucléaire dans une manifestation en mars 2021 © AFP / Estelle Ruiz / Hans Lucas

https://www.franceinter.fr/environnement/le-nucleaire-revient-a-la-mode-dans-les-discours-et-cela-inquiete-ses-opposants

(1) NDLR : comment peut-on parler de souveraineté énergétique quand 100% de l’uranium est importé (Niger, le Canada, l’Australie et le Kazakhstan) ?

Réponse des pronucléaires : « oui mais c’est en France que l’uranium est transformé pour être utilisable dans les centrales nucléaires. 

Avec le même raisonnement fallacieux, que penseriez-vous de quelqu’un qui vous dirait qu’on est souverain pour faire rouler nos voitures essence ou diésel puisque, bien que 100% du pétrole soit importé, il faut le raffiner en France pour pouvoir l’utiliser ? Vous le traiteriez de manipulateur. Et bien n’hésitez pas à en faire autant avec ceux qui défendent le nucléaire au nom de la souveraineté nationale.

LES FRANÇAIS MAJORITAIREMENT POUR LE NUCLÉAIRE MAIS CONTRE DE NOUVELLES CENTRALES

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, 53 % des Français considèrent que cette énergie a été une bonne chose pour la France, mais ils seraient 45 % à s’opposer à la construction de nouvelles centrales.

Le choix du nucléaire n’a jamais fait l’objet de consultation publique, et pourtant les Français restent majoritairement attachés à cette énergie intimement liée à l’histoire industrielle du pays. C’est en tout cas ce qui ressort du dernier baromètre de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur la perception des risques et de la sécurité, publié en mai. A l’occasion des 10 ans de l’accident de Fukushima (Japon), l’établissement public a réalisé une vaste étude permettant de retracer l’évolution du ressenti des Français à l’égard du nucléaire. Selon l’IRSN, 53 % d’entre eux considèrent que le nucléaire a été une bonne chose pour la France. Un score record, puisque, dans les années 1990, ils étaient moins de 30 % à le penser.

Curieusement, cela n’a pas grand-chose à voir avec le réchauffement climatique. Et pour cause, les Français, qui vivent pourtant dans le pays le plus nucléarisé au monde, souffrent en fait d’un grave défaut d’information sur le sujet. A 69 %, ils restent persuadés que le nucléaire contribue aux émissions de gaz à effets de serre (sondage BVA, 2019), alors même que le climat est devenu l’une de leurs préoccupations majeures (la 3e, derrière la santé et le terrorisme). S’agissant de la perception des risques du nucléaire, la question du stockage des déchets est repassée, en 2020, devant celle des accidents (qui était remontée très fort après Fukushima), et des coûts élevés de l’industrie.

Sécurité énergétique

Au fond, pourquoi les Français restent-ils tellement attachés à leurs vieilles centrales ? En fait, comme à l’époque de la construction du parc, dans les années 1960, c’est l’argument de la sécurité énergétique qui reste prépondérant, suivi de peu par celui de l’électricité bon marché.

Comment replacer ces chiffres dans les débats actuels ? Faut-il en conclure que les Français sont prêts à resigner pour les cinquante prochaines années ? Rien n’est moins sûr. Selon l’IRSN, ils seraient 45 % à s’opposer à la construction de nouvelles centrales, contre 29 % seulement favorables. Mais EDF, qui a réalisé son propre sondage maison, arrive à des conclusions sensiblement différentes : selon l’électricien, 52 % des Français seraient convaincus qu’on ne pourra pas se passer de nucléaire dans les trente ans à venir, même en développant massivement les renouvelables…(1) Comme toujours avec les sondages, il faut se méfier de la façon dont la question est posée.

Par Julie de la Brosse, publié le 10 octobre 2021 à 17h30

https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/10/les-francais-majoritairement-pour-le-nucleaire-mais-contre-de-nouvelles-centrales_6097829_3234.html

(1) : NDLR : ce qui n’est pas le cas jusqu’à présent puisqu’il faut absolument justifier le nucléaire futur ! N’oubliez jamais la déclaration de Macron au CREUSOT le 8 octobre dernier : « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil. » Si vous vous voulez l’un, vous aurez l’autre ! (source: https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2020/12/08/deplacement-du-president-emmanuel-macron-sur-le-site-industriel-de-framatome)

 

DIX PAYS EUROPÉEN FONT UN PLAIDOYER POUR LE NUCLÉAIRE

ÉNERGIE. Sans surprise, la France est dans le lot. Les signataires de la tribune demandent à ce que le nucléaire figure dans la liste des énergies considérées comme vertueuses à la fois pour le climat et l’environnement que la Commission doit proposer dans les prochains mois

Dix États membres de l’Union européenne, dont la France, ont publié dimanche une tribune soutenant l’énergie nucléaire, soulignant notamment qu’elle a un rôle à jouer contre le réchauffement climatique.

Signé par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et la ministre déléguée chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, ce texte fait également valoir que le nucléaire «contribue de manière décisive à l’indépendance de nos sources de production d’énergie et d’électricité».

Outre la France, il a été signé par la Roumanie, la République tchèque, la Finlande, la Slovaquie, la Croatie, la Slovénie, la Bulgarie, la Pologne et la Hongrie.

Une protection face à la volatilité des prix de l’énergie ?

Les signataires affirment que l’énergie nucléaire «protège les consommateurs européens de la volatilité des prix», alors que les tarifs du gaz sont en forte hausse depuis plusieurs mois par exemple, dans cette tribune publiée dans plusieurs journaux européens, dont Le Figaro en France.

Ils considèrent donc «absolument indispensable que l’énergie nucléaire soit incluse dans le cadre de la taxonomie européenne avant la fin de cette année», c’est-à-dire dans la liste des énergies considérées comme vertueuses à la fois pour le climat et l’environnement que la Commission doit proposer dans les prochains mois. Cette classification ouvrira l’accès à la finance verte et donnera un avantage compétitif aux filières reconnues.

Un sujet qui divise les États membres

Le sujet divise les États membres. Si la France, la Pologne et la République tchèque défendent l’atome, des pays comme l’Allemagne et l’Autriche y sont farouchement opposés, à l’instar de nombreuses ONG qui y voient une technologie risquée.

Les signataires de la tribune vantent par ailleurs l’intérêt économique de l’industrie nucléaire, dont le développement pourrait, selon eux, «générer près d’un million d’emplois très qualifiés en Europe».

Pour la France, cette tribune est l’occasion de mettre en avant son choix de miser sur le nucléaire, sujet à de nombreux débats, à deux jours du dévoilement par Emmanuel Macron du plan d’investissement de plusieurs dizaines de milliards d’euros «France 2030», où cette industrie devrait figurer en bonne place.

Le chef de l’État est notamment attendu sur la question du développement des petits réacteurs nucléaires, dits SMR («small modular reactors»).

Par 20 Minutes avec AFP, publié le 10/10/21 à 22h37, mis à jour le 11/10/21 à 05h01

Photo en titre : La centrale nucléaire du Bugey (Ain). — ALLILI MOURAD/SIPA

https://www.20minutes.fr/planete/3144775-20211010-dix-pays-europeen-font-plaidoyer-nucleaire

NDLR : l’avenir énergétique de la France est en jeu ! Les pronucléaires ont, malheureusement, beaucoup de chance de gagner (la prolifération aussi).

MONTIERS-SUR-SAULX, 23/10 : RAMÈNE TA MEUSE, TA HAUTE-MARNE ET TES VOSGES !

Communiqué du CEDRA

Cigéo est présenté par ses promoteurs comme une « chance unique » pour nos départements. La réalité est toute autre !
S’il obtient un jour le feu vert, ce chantier gigantesque annexant des milliers d’hectares autour de Bure engendreraient des dommages irréversibles. Des questions angoissantes sur les risques technologiques multiples et l’impact sanitaire du stockage de déchets nucléaires demeurent sans réponses de la part de l’Andra, à ce stade pourtant de demande de déclaration d’utilité publique.

Pour le dernier jour de l’enquête publique…

apportez un produit symbolique, vierge de toute contamination radioactive et représentatif de notre beau territoire : eau de la rivière, air en bouteille, terre de Bure, madeleines de Commercy, dragées de Verdun, pierre de la citadelle de Montmédy, mirabelles de sous les Côtes, brie du sud-meusien, miel de Joinville, champagne, citrouille du jardin, ou tout ce que vous avez envie de faire enregistrer (hors de toute remarque écrite) et qui ne doit pas être pollué, contaminé, détruit.

Rappelons notre refus de ce destin écrit ailleurs, sans tenir compte de nos droits -fondamentaux- de choisir, de participer aux décisions et de bâtir ensemble l’avenir de notre région.

RDV le 23/10 à 10h à Montiers-sur-Saulx, Pique-nique/repas tiré du sac !

Par le CEDRA, publié le 10 octobre 2021

https://cedra52.jimdofree.com/2021/10/10/montiers-sur-saulx-20-10-ram%C3%A8ne-ta-meuse-ta-haute-marne-et-tes-vosges/

LA CHINE LANCE DES SOUS-MARINS NUCLÉAIRES « À BOSSE » DE TYPE 094 QUI PEUVENT ATTEINDRE LES ÉTATS-UNIS AVEC DES MISES À NIVEAU « PLUS SILENCIEUSES ET PLUS FURTIVES » AU MILIEU DES CRAINTES DE LA TROISIÈME GUERRE MONDIALE

La CHINE s’apprête à déployer ses sous-marins nucléaires qui cachent 12 missiles nucléaires dans leur « bosse » si caractéristique.

Pékin aurait demandé des améliorations pour les bateaux de la classe Type 094 « Jin » au milieu de la menace d’un affrontement militaire potentiel avec les États-Unis.

Les craintes de guerre augmentent alors que la Chine fait des efforts de plus en plus audacieux vers l’île séparatiste de Taïwan, le président Xi Jingping promettant une « réunification ».

Les chefs militaires américains ont toujours promis de défendre l’enclave insulaire, mais une éventuelle confrontation militaire avec la Chine risque de dégénérer en une troisième guerre mondiale théorique.

La Chine semble se préparer à la menace d’un conflit à si grande échelle – l’accent étant mis sur ses sous-marins porteurs de missiles nucléaires qui rôdent dans le Pacifique.

Avec 12 missiles nucléaires à bord de chacun des « Jins », un seul des navires a assez de puissance de feu pour tuer des millions de personnes et anéantir les villes.

Les sous-marins seraient capables de transporter les missiles chinois JL-3 « Big Wave » qui ont une portée de 7 500 milles, plus que suffisante pour atteindre la zone continentale des États-Unis.

Et chaque sous-marin aurait déjà une portée illimitée grâce à sa propulsion nucléaire, ce qui signifie qu’ils peuvent en théorie atteindre les côtes des deux côtes américaines.

La Chine aurait amélioré les bateaux pour les rendre plus furtifs, selon un rapport de l’auteur de l’encyclopédie française des sous-marins Eric Genevelle et de l’ancien technicien de sonar sous-marin américain Richard W. Stirn.

On dit que la série de développements résout les problèmes que les gros sous-marins avaient, comme le fait d’être très bruyant, pour les aider à ne pas être détectés.

Les variantes Type 094A et Type 094B auraient toutes deux reçu des conceptions de coque améliorées et des réseaux de sonars modifiés.

Et les navires ont également reçu des moyens de cacher leurs marqueurs d’identification dans le but de dissimuler le nombre de « Jins » pouvant être déployés en mer par la Chine.

On pense actuellement que Pékin a six navires en service – mais les chiffres réels sont un secret d’État.

L’utilisation d’un faux numéro de coque aiderait à semer la confusion chez les observateurs espions lorsqu’un sous-marin sort de l’eau. (Lu Li Shih)

Les pays occidentaux tels que les États-Unis et le Royaume-Uni ont tendance à déclarer que le nombre de sous-marins lanceurs de missiles balistiques est maritime – une pratique non adoptée par la Chine.

Le rapport note que la Chine a commencé à dissimuler les numéros d’identification de ses sous-marins, par exemple en éditant des photographies publiées par l’État et en peignant au moins quatre sous-marins avec le numéro « 409 ».

Et cela semble être une nouvelle politique pour la Chine alors qu’elle s’efforce de dissimuler sa puissance sous-marine.

Cependant, les auteurs du rapport notent que les navires sont encore probablement trop bruyants à l’approche des côtes américaines sans être détectés.

Mais la portée de leur arsenal de missiles signifie qu’ils n’ont probablement même pas à quitter les eaux autour de la Chine avant de lancer un assaut dévastateur.

Zhou Chenming, chercheur à l’institut militaire scientifique et technologique Yuan Wang à Pékin, a toutefois insisté sur le fait que les nouvelles mises à niveau sont une procédure standard et ne sont pas liées au développement de tensions avec les États-Unis.

« La construction jusqu’à la mise en service d’un sous-marin peut prendre jusqu’à huit ans, alors que l’électronique et de nombreux composants sophistiqués auraient progressé de plusieurs générations au cours de cette période », a-t-il déclaré au South China Morning Post.

« La marine chinoise demanderait aux constructeurs navals d’installer les installations les plus avancées dans la prochaine coque, tandis que les sous-ingénieurs doivent réfléchir à la manière de placer ces composants aux bons endroits. Tout cela peut nécessiter des modifications de la conception de la coque impliquant des dimensions, une voile, un gouvernail, nombre de trous d’attelage et d’autres facteurs. »

Lu Li-Shih, ancien instructeur à l’Académie navale de Taïwan à Kaohsiung, a déclaré que l’utilisation d’un faux numéro de coque était un effort pour semer la confusion – mais serait inutile au combat.

« L’utilisation d’un faux numéro de coque aiderait à semer la confusion chez les observateurs espions lorsqu’un sous-marin sort de l’eau, mais le numéro deviendrait dénué de sens dans les batailles navales, car la coque disparaîtrait lorsque les sous-marins plongeraient en eau profonde », a déclaré Lu.

Les tensions restent à un point d’ébullition entre la Chine et Taïwan, car on craint que le géant communiste ne tente de récupérer l’île qu’il revendique comme la sienne.

Des avions de combat chinois ont volé en nombre record dans l’espace aérien taïwanais dans le cadre d’énormes exercices largement considérés comme une répétition d’une invasion.

Taiwan insiste sur le fait qu’il s’agit d’une nation indépendante après sa séparation de la Chine continentale en 1949.

Le président chinois Xi s’est engagé à assurer la « réunification » avec Taïwan, mais a omis de mentionner le recours à la force.

S’exprimant samedi devant le Grand Palais du Peuple de Pékin, M. Xi a déclaré que la Chine avait une « glorieuse tradition » consistant à vaincre tous ceux qu’elle perçoit comme des « séparatistes ».

Il a déclaré: « Le séparatisme indépendantiste de Taiwan est le plus grand obstacle à la réunification de la patrie, et le plus grave danger caché pour le renouveau national ».

Un sous-marin nucléaire américain percute un mystérieux objet sous-marin en mer de Chine méridionale, blessant plusieurs marins

Par News-24, publié le 10 octobre 2021

Photo en titre : On ne sait pas exactement combien de sous-marins Jin la Chine a en service. Crédit : Getty

https://news-24.fr/la-chine-lance-des-sous-marins-nucleaires-a-bosse-de-type-094-qui-peuvent-atteindre-les-etats-unis-avec-des-mises-a-niveau-plus-silencieuses-et-plus-furtives/

EMMANUEL MACRON ANNONCE UN FUTUR PORTE-AVIONS À PROPULSION NUCLÉAIRE

ÉNERGIE: Le futur porte-avions fera 75.000 tonnes pour environ 300 mètres de long. Il sera livré en 2036

En déplacement sur le site du groupe Framatome du Creusot (Saône-et-Loire), ce mardi, Emmanuel Macron a annoncé que le futur porte-avions français serait, comme le Charles-de-Gaulle, à propulsion nucléaire, estimant que « notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire ».

Pour le chef de l’État, l’autonomie stratégique de la France, « c’est bien sûr la dissuasion, dans toutes ses composantes, c’est bien sûr la propulsion de nos sous-marins nucléaires lanceurs d’engins comme d’attaque, c’est aussi la propulsion nucléaire de nos porte-avions ». « C’est pourquoi j’ai décidé que le futur porte-avions qui dotera notre pays et notre marine sera comme le Charles-de-Gaulle à propulsion nucléaire », a-t-il ajouté.

« Le nucléaire restera la pierre angulaire de notre autonomie stratégique »

Une autre raison conduisant à ce choix plutôt qu’à une propulsion diesel, moins coûteuse, tient à la préservation des compétences « techniques, technologiques et industrielles sur toute la filière » sur le long terme. Le futur porte-avions sera beaucoup plus massif que l’actuel. Il fera 75.000 tonnes pour environ 300 mètres de long, contre 42.000 tonnes pour 261 mètres pour le Charles-de-Gaulle, soit davantage que les deux porte-aéronefs britanniques, mais moins que les 11 porte-avions américains, selon le cabinet de la ministre des Armées Florence Parly. Il sera construit par Naval Group et les Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire, seul chantier naval en France capable de bâtir un navire de cette taille. Sa livraison est prévue pour 2036.

« Le nucléaire restera la pierre angulaire de notre autonomie stratégique », a d’ailleurs affirmé Emmanuel Macron. « Pourvu qu’on progresse sur les déchets et la sûreté, le nucléaire est une énergie décarbonée, une énergie sûre » qui doit rester « un pilier de notre mix énergétique », a-t-il estimé, tout en demandant également « un très haut niveau d’énergies renouvelables ». Si Emmanuel Macron a dit n’avoir « jamais été partisan du tout-nucléaire » parce qu’il est nécessaire de ne pas dépendre d’une seule source, (NDLR : pourtant l’uranium est importé à 100% depuis 20 ans !!). « l’atome doit continuer à être un pilier pour les décennies à venir ».

« La France n’est pas au rendez-vous, ni de ses engagements, ni de ses ambitions »

En même temps, « la production d’énergie renouvelable (…) doit fortement augmenter, car la France aujourd’hui n’est pas au rendez-vous, ni de ses engagements, ni de ses ambitions » (NDLR : de la faute à qui ?), a-t-il ajouté, alors que la France veut réduire à 50 % la part du nucléaire pour 2035. « Mais renoncer au nucléaire, totalement ou trop rapidement, ce serait ouvrir comme d’autres pays l’ont fait des centrales à charbon ou à gaz ou importer de l’énergie carbonée. Et cela, nous nous y sommes refusés », a-t-il encore souligné.

Concernant la filière EPR, Emmanuel Macron a dit souhaiter que le travail d’études sur la construction de nouveaux réacteurs « s’achève dans les prochains mois afin que tous les éléments nécessaires soient disponibles avant la fin du quinquennat » en 2022. « L’ensemble des Français pourront choisir en connaissance de cause, en parfaite transparence. La décision définitive de construction de nouveaux réacteurs doit être préparée et devra être prise au plus tard en 2023 lorsque Flamanville 3 sera entré en service », a complété le chef de l’État.

Par 20 Minutes avec AFP, publié le 08/12/20 à 18h20, mis à jour le 08/12/20 à 20h36

Photo en titre : Emmanuel Macron et la ministre des Armées, Florence Parly, arrivent à bord du porte-avion Charles de Gaulle à Toulon, le 14 novembre 2018. — CHRISTOPHE SIMON / POOL / AFP

https://www.20minutes.fr/politique/2927443-20201208-emmanuel-macron-annonce-futur-porte-avion-propulsion-nucleaire

PRÉSIDENTIELLE 2022 : EMMANUEL MACRON, UN CANDIDAT CLAIREMENT PRO-NUCLÉAIRE ?

ÉNERGIE Le chef de l’État pourrait annoncer mardi le lancement de petits réacteurs, alors que l’atome s’invite dans ce début de campagne présidentielle

  • Emmanuel Macron présente mardi prochain « France 2030 », un plan d’investissement de plusieurs dizaines de milliards d’euros fléchés vers « une dizaine de secteurs d’avenir ».
  • Le chef de l’État devrait soutenir à cette occasion le financement de petits réacteurs nucléaires – des SMR (« Small Modular Reactor ») – pour épauler les centrales existantes.
  • Alors que la question énergétique s’impose dans ce début de campagne présidentielle, le président sortant devra se positionner sur la place de l’atome dans le mix électrique.

Après la déclaration, les preuves d’amour pour le nucléaire Emmanuel Macron présente mardi prochain à l’Élysée « France 2030 », un plan d’investissement de plusieurs dizaines de milliards d’euros fléchés vers « une dizaine de secteurs d’avenir ». Selon Europe 1, le chef de l’État devrait soutenir à cette occasion le financement de petits réacteurs nucléaires – des SMR (« Small Modular Reactor ») – pour épauler les centrales existantes.

Dans un contexte d’envolée des prix du gaz et de l’électricité, la souveraineté énergétique s’est invitée dans ce début de campagne présidentielle, obligeant les candidats à se positionner sur la place de l’atome dans le mix électrique. À six mois de l’élection présidentielle, Emmanuel Macron fera-t-il campagne pour le nucléaire ?

Depuis 2017, Emmanuel Macron brouille les pistes

Depuis le début du quinquennat, le président ménage la chèvre et le chou en la matière. En novembre 2018, il confirme la fermeture pour 2020 des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim, reprenant la promesse faite par son prédécesseur, François Hollande, aux écologistes. Le gouvernement défend alors « une étape clé dans l’engagement porté par la France de réduire à 50 % [contre 70 % aujourd’hui] la part du nucléaire dans la production d’énergie », prévoyant la fermeture de 12 autres réacteurs à l’horizon 2035. L’objectif : développer les énergies renouvelables, en multipliant « par deux la part de l’éolien et par cinq la part du photovoltaïque dans les dix prochaines années ».

Mais en décembre 2020, au Creusot, le président de la République déclare sa flamme pour l’atome, « un pilier de notre mix énergétique dans les années à venir ». Mais sur la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires, Emmanuel Macron préfère temporiser. La décision sera prise, dit-il ce jour-là, « au plus tard en 2023, lorsque Flamanville sera entrée en service ». Un signe d’hésitation ? « Macron a deux choix stratégiques pour la campagne. Soit il annonce la construction des EPR et coupe l’herbe sous le pied des candidats de droite. Soit il continue son jeu écolo, pour tenter de récupérer Jadot », analyse Julien Aubert, député LR pro-nucléaire du Vaucluse.

Pression de la droite et du RN

Car à droite de la Macronie, de Xavier Bertrand à Valérie Pécresse, d’Eric Zemmour à Marine Le Pen, tous font campagne sur l’atome. Sous pression, l’exécutif a donc accéléré son calendrier. La ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher a finalement annoncé le 1er octobre que la construction des six nouveaux EPR pourrait être lancée avant 2023. Un changement de pied du chef de l’État ?

« Il n’y a aucune ambiguïté sur la position d’Emmanuel Macron », assure Jean-Charles Colas-Roy, député LREM de l’Isère et référent pour la transition écologique. « Ce n’est pas parce qu’on souhaite développer les énergies renouvelables qu’on ne peut pas investir dans le nucléaire, qui est une chance pour la France. On doit entretenir notre parc historique et développer les nouvelles technologies, pour être prêts à l’horizon 2030-40 », souligne l’élu, qui rappelle que le plan de relance post-Covid-19 prévoit déjà une enveloppe de 470 millions d’euros pour le nucléaire.

Les écolos grimacent

Pour répondre à la hausse de consommation électrique des prochaines années sans augmenter le niveau de CO2, l’exécutif pourrait donc miser sur l’atome. Et faire de la filiale nucléaire un élément fort de la future campagne présidentielle, au risque de décevoir les écologistes. « En misant sur les EPR et le SMR, Emmanuel Macron fait clairement le choix du nucléaire, contrairement aux promesses du début de mandat. Mais il rate le principal enjeu, la sobriété énergétique, le changement de modèle pour baisser notre consommation », regrette le député écologiste Matthieu Orphelin, ex-LREM. « Macron a compris qu’il aurait du mal à séduire l’électorat jeune et écolo. Il s’aligne donc sur les positions de la droite conservatrice », ajoute ce soutien de Yannick Jadot.

La question a semblé embarrasser la ministre de la Transition écologique, ex-EELV, vendredi sur Europe 1. «  D’ici à 15 ans, on n’a pas le temps de construire une centrale nucléaire. Donc il n’y a qu’une seule solution : des énergies renouvelables, massivement », a plaidé Barbara Pompili, renvoyant toute décision sur le nucléaire à la publication des rapports de RTE sur les scénarios possibles pour 2050, attendu le 25 octobre.

Un « en même temps énergétique » qui s’explique peut-être par le fort clivage dans l’opinion. Selon un sondage Ifop publié la semaine dernière par le JDD, 51 % des Français sont favorables à la création de nouveaux réacteurs, contre 49 % défavorables.

Par Thibaut Le Gal, publié le 10/10/21 à 13h05, mis à jour le 10/10/21 à 14h05

Photo en titre : Emmanuel Macron à l’usine Framatome, au Creusot, le 8 décembre 2020. — Laurent Cipriani/AP/SIPA

https://www.20minutes.fr/politique/3142563-20211010-presidentielle-2022-emmanuel-macron-candidat-clairement-pro-nucleaire

NDLR : au titre « Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron, un candidat clairement pro-nucléaire ? » la réponse est sans ambiguïté : OUI, OUI, OUI. A-t-on déjà vu un candidat de droite être antinucléaire ? Si c’était le cas, ça se saurait ! Si vous lisez l’article suivant, vous constaterez que mardi dernier, Macron a déclaré « notre avenir énergétique et écologique passe par le nucléaire ». Ne soyez donc pas dupes, Macron est bel et bien un pro-nucléaire notoire.

CIGÉO/BURE : SÛRETÉ, AVENIR DU TERRITOIRE, NUISANCES ? CES QUESTIONS RESTENT OUVERTES !

La Coordination Stop Cigéo vient d’envoyer à toutes les collectivités de Meuse et de Haute-Marne son analyse du mémoire en réponse de l’Andra à l’avis de l’Autorité Environnementale (à consulter ici). Derrière les rapports qui se succèdent, le dossier Cigéo est en réalité figé depuis plusieurs années et des questions cruciales restent bel et bien sans réponse.

Notre synthèse contribue à alerter sur cet inquiétant état des lieux

Elle fait suite à cette première analyse de l’avis de l’Autorité Environnementale qui confirmait nos craintes sur l’aspect incomplet du dossier de l’Andra dans des domaines aussi importants que la sûreté du site, le coût du projet, l’impact des travaux de construction ou les questions liées à la ressource en eau et aux rejets dans le milieu naturel. Début septembre, peu avant l’ouverture de l’enquête d’utilité publique sur la DUP, l’Andra déposait son mémoire en réponse, annexé aujourd’hui au dossier d’enquête. Des « mises à jour » auraient été apportées par l’Andra. Notre document montre qu’il n’en est rien !

Impossible de se satisfaire des « non-réponses » de l’Andra

L’Andra « prend acte » principalement du questionnement de l’Autorité environnementale mais n’y répond pas ou renvoie la réponse à plus tard, au moment de la Demande d’autorisation de création (DAC) ou à la phase-pilote du projet. Les collectivités et le public sont donc appelés à se prononcer sur un dossier d’enquête particulièrement indigent sur les questions importantes pour le territoire et ses habitants, et dont les impacts prévisibles dépasseraient largement sur le périmètre immédiat.

Un nouveau projet de décret pour passer en force ?

Un élément nouveau, alarmant, est apparu depuis : un projet de décret qui déclarerait le projet Cigéo « Opération d’intérêt national ». Certain-es élu-es sont actuellement consulté-es à ce sujet. L’État, sans faire d’information réelle auprès des habitant-es, leur demande d’abandonner leurs compétences en matière d’urbanisme notamment, sur 3 695 hectares, ce qui est considérable. Les décisions seraient désormais prises au niveau national et pourraient s’affranchir d’un certain nombre de réglementations environnementales.

Nous estimons particulièrement gravissime de mettre ce projet de décret sur la table alors même que le projet Cigéo n’a toujours pas démontré sa faisabilité technique et financière et sa fiabilité au regard des risques et de la santé ! Par ailleurs la concomitance sournoise entre la procédure d’utilité publique d’une part et celle visant à faire déclarer le projet Opération d’Intérêt National atteste que l’enquête publique en cours est un énième tour de passe-passe visant à entériner Cigéo au plus vite. Nous invitons chacun et chacune à prendre connaissance de cette synthèse au plus vite !

Par le CEDRA, publié le 8 octobre 2021

https://cedra52.jimdofree.com/2021/10/08/cigeo-bure-s%C3%BBret%C3%A9-avenir-du-territoire-nuisances-ces-questions-restent-ouvertes/

LES ARMÉES MONDIALES VEULENT DES MISSILES HYPERSONIQUES

Les craintes d’une nouvelle course aux armements sont, de nouveau, ravivées par les tests de missiles hypersoniques effectués ces derniers jours par les États-Unis, la Russie, la Corée du Nord. Et, les missiles hypersoniques pourraient menacer l’équilibre des forces nucléaires dans le monde.

La Russie, un pays qui a pris beaucoup d’avance sur cette technologie avec plusieurs types de ces missiles qui, non seulement, sont capables de voler à des vitesses supérieures à 6000 km/h (Mach 5), mais qui sont aussi manœuvrables. On y trouve le Tsirkon qui a été testé avec succès depuis un sous-marin, mais également le Kinjal qui se trouve déjà au sein de l’armée de l’air. Il faut rajouter aussi le planeur hypersonique Avangard qui, après avoir été largué, peut emporter une charge nucléaire, voler jusqu’à 33 000 km/h et modifier de façon imprévisible de cap ou d’altitude.

Les États-Unis, même si ils n’ont pas encore de missiles hypersoniques dans leur arsenal, ils y travaillent. Le Darpa – les scientifiques de l’armée américaine – a déclaré avoir testé la semaine dernière avec succès son missile hypersonique HAWC (Hypersonic Air-Breathing Weapon Concept) à propulsion aérobie. Cet engin utilise l’oxygène présent dans l’atmosphère pour sa combustion. Également, le Pentagone développe un planeur hypersonique appelé ARRW (Arrow, flèche en anglais). Son premier test grandeur nature a, cependant, échoué en avril dernier.

La Chine a divers projets, dont des programmes russes semblent directement les inspirer comme l’indique une récente étude du centre de recherche du Congrès américain. En particulier, elle a testé un planeur hypersonique d’une portée de 2000 km ayant la capacité de voler à plus de Mach 5 et de réaliser des « manœuvres extrêmes », d’après cette étude.

L’Allemagne, l’Australie, la France, l’Inde et le Japon cherchent à développer des systèmes hypersoniques. D’après le centre de recherche du Congrès, Israël, l’Iran et la Corée du Sud ont débuté des recherches sur cette technologie. La semaine dernière, la Corée du Nord a affirmé avoir testé avec succès un missile planeur « hypersonique », ce qui, si cela se révélait exact, constituerait une avancée technologique cruciale.

Pourquoi ces armes sont plus dangereuses ? Les missiles hypersoniques, contrairement aux apparences, ne sont pas spécialement plus rapides que les missiles balistiques qui sont lancés à grande vitesse dans l’espace, où il n’y a pas d’atmosphère et où il ne rencontre aucune résistance pour retomber ensuite sur leur cible, toujours à la même vitesse, sauf après la rentrée dans l’atmosphère qui les ralentit un peu. Un missile hypersonique, lui, vole à basse altitude. Il est, lui aussi, lancé à grande vitesse et il est aussi freiné par l’atmosphère en ralentissant tout au long de son trajet. D’ailleurs, il peut finir par être plus lent qu’un missile balistique, comme l’explique Le Journal de Montréal.

Il faut chercher la grande différence dans la manœuvrabilité du missile hypersonique et cela rend sa trajectoire difficilement prévisible et son interception compliquée. Les systèmes antimissiles THAAD pourraient permettre d’arrêter des projectiles à grande vitesse, mais ils sont prévus techniquement pour protéger une zone limitée. Le Pentagone explique que les systèmes de détection antimissiles, qui mesurent des sources de chaleur, risquent de ne reconnaître, le planeur hypersonique qu’après son largage, ce qui serait trop tard pour l’intercepter.

Un risque pour l’équilibre des forces nucléaires ? Officiellement, Le Pentagone, se concentrant jusqu’ici sur le financement concernant la recherche des missiles hypersoniques, n’a pas déclaré sa volonté d’en acheter. Le groupe américain de défense Lockheed Martin qui a déclaré avoir testé avec succès une arme hypersonique a annoncé l’ouverture ce lundi 4 octobre d’une usine de fabrication d’hypersoniques.

Les missiles développés par la Chine et la Russie peuvent emporter une charge nucléaire. Washington assure, de son coté, que son programme hypersonique se concentre sur des missiles conventionnels. D’après le centre de recherche du Congrès, le risque, c’est d’avoir une réaction excessive de l’armée américaine qui n’aurait pas la capacité de savoir si le missile hypersonique, qu’elle aurait détecté, est armé d’une charge conventionnelle ou nucléaire. Aussi, elle pourrait riposter par l’emploi d’une arme nucléaire sans attendre de le savoir.

Cameron Tracy, chercheur à l’université de Stanford, cité par France 24 explique « la solution est d’inclure les hypersoniques dans les négociations sur le contrôle des armes nucléaires – bien qu’actuellement la Corée du Nord et la Chine ne fassent partie d’aucun pacte », rajoutant : « Le développement de ces armes, cette course aux armements hypersonique, n’est probablement pas la situation la plus stable. Il serait donc bon d’agir le plus rapidement possible »

Par Philippe Rosenthal, publié le 8 octobre 2021

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http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3177

LA POUDRE DE FER SERA-T-ELLE L’ÉNERGIE DU FUTUR? JEFF BEZOS ET BILL GATES EN SONT PERSUADÉS

Dans la brasserie Bavaria de Lieshout, aux Pays-Bas, la chaleur à haute température nécessaire au processus de fabrication de la bière est alimentée par … de la poudre de fer. Conçue par des chercheurs et professeurs de l’université technique d’Eindhoven, cette installation pilote de 100 kW a été construite par leurs étudiants. Aux États-Unis et au Canada aussi, des recherches ont pour objectif d’utiliser la poudre de fer comme source d’énergie. Quant à Jeff Bezos et Bill Gates, ils ont tout simplement investi une partie de leur fortune dans une startup qui adopte le fer comme vecteur d’énergie pour développer un stockage « dix fois moins cher que les batteries lithium-ion ».

Si la passion était un carburant, les professeurs Niels Deen et Philip de Goey ne devraient jamais faire le plein. Tout comme Mark Verhagen, le manager de Team SOLID. À l’université technique d’Eindhoven (Pays-Bas), ils décrivent avec enthousiasme leur «bébé», une installation pilote qui utilise la poudre de fer pour produire de la chaleur. Construite par des étudiants qui se sont associés dans Team SOLID elle a été financée par la province du Brabant du nord. La combustion n’émet aucun gaz à effet de serre et son produit – la rouille – peut être récupéré et recyclé à l’infini. « Nous n’avons pas à nous soucier des ressources en fer », ajoute le professeur De Goey, « c’est un des quatre éléments les plus abondants dans la croûte terrestre ».

L’installation pilote a été construite par des étudiants de l’université d’Eindhoven

La capacité de la poudre de fer pour le stockage d’énergie est impressionnante

Son collègue Niels Deen de la chaire de génie mécanique, qualifie les poudres métalliques de vecteur d’énergie prometteur. « La production des éoliennes et des panneaux solaires est variable » explique-t-il. « En cas de surproduction, vous devez pouvoir stocker cette énergie. Vous pouvez le faire avec des batteries, mais cela ne convient pas à toutes les situations, comme pour le stockage de grandes quantités d’énergie par exemple. Nous étudions donc une alternative : le stockage de l’énergie dans la poudre de fer. Lorsque vous brûlez cette poudre, l’énergie est libérée sous forme de chaleur ». Il faut voir un stock de poudre de fer comme une batterie chargée, explique-t-il. « Lorsque la poudre a brûlé, l’énergie a été consommée et il reste une ‘batterie vide’ sous forme de rouille. Si vous la recyclez pour fabriquer à nouveau de la poudre de fer, par exemple avec de l’hydrogène, vous rechargez la batterie ». Ce processus peut être répété encore et encore, à l’infini. « La capacité de la poudre de fer pour le stockage d’énergie est impressionnante », s’enthousiasme-t-il.

Mais pourquoi utiliser de la poudre de fer plutôt que l’hydrogène, directement ? « Parce que la densité d’énergie de la poudre de fer est beaucoup plus grande, qu’elle se stocke, se transporte et se recycle très facilement et surtout qu’elle ne présente aucun danger, contrairement à l’hydrogène qui est très inflammable et même explosif », ajoute Philip de Goey. « Pour alimenter un moteur de bateau, par exemple, il suffit de la stocker en vrac dans la cale », précise-t-il.

Mais si le fer était un merveilleux vecteur d’énergie, pourquoi n’y portons nous attention que maintenant ? « Les hommes brûlent des poudres métalliques depuis des siècles. Pensez aux feux d’artifice, inventés par les Chinois. Et depuis longtemps, des poudres métalliques sont utilisées comme combustible solide dans les fusées.  Mais auparavant, il y avait une meilleure alternative : les combustibles fossiles, largement disponibles et bon marché », précise Niels Deen. « Maintenant, nous devons les bannir, et vous savez pourquoi. Les carburants métalliques qui n’émettent pas de gaz à effet de serre peuvent les remplacer pour certaines applications ».

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Intérêt grandissant

De Goey est persuadé que l’intérêt pour le fer comme source d’énergie augmentera rapidement. « Aujourd’hui, avec notre installation pilote, nous avons franchi une étape. Fini les petites flammes produites avec quelques milligrammes de poudre dans notre labo. À présent nous développons une installation industrielle de 1 MW. Des entreprises nous disaient : ‘c’est bien ce que vous faites, mais montrez-nous que votre technologie peut fonctionner à l’échelle industrielle’. Maintenant, ils prennent notre projet très au sérieux ».

Mark Verhagen confirme : « J’étais récemment en Chine. Ils me regardaient d’abord avec incrédulité. Mais quand vous montrez ce que vous faites, tout le monde voit le potentiel de cette technologie. Des sociétés telles que Shell et Uniper s’y intéressent et travaillent avec nous ».

Les scientifiques néerlandais ne sont pas les premiers à explorer les possibilités des poudres métalliques comme vecteur d’énergie. De l’autre côté de l’Atlantique, au Canada, des chercheurs de l’université McGill y travaillent depuis plus de dix ans. Le professeur Jeffrey Bergthorson a conçu sur papier un moteur à combustion externe qui pourrait convertir en énergie mécanique la chaleur produite par la combustion de poudres métalliques. Actuellement, le rendement énergétique de ce type de moteur est légèrement moins efficace que celui d’un moteur à essence, mais les scientifiques ont espoir de l’améliorer.

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Form Energy intéresse Jeff Bezos et Bill Gates

Franchissons maintenant la frontière avec les États-Unis et intéressons-nous à Form Energy, une startup basée à Boston. Pourquoi ? Tout simplement parce que Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde et Bill Gates, qui l’était auparavant, y ont investi une partie de leurs dollars, tout comme d’ailleurs ArcelorMittal, le leader mondial de la sidérurgie.

Form Energy, elle aussi, croit dur comme fer au potentiel des poudres métalliques en tant que vecteur énergétique. Elle développe une batterie qu’elle appelle « fer-air », mais dont le principe est en réalité basé sur la même technologie et les mêmes équations chimiques que celles qu’appliquent les scientifiques d’Eindhoven et de l’université McGill. « Nous avons terminé la recherche et le développement. La technologie est au point. Nous nous consacrons maintenant à la construction d’un prototype de batterie pour le stockage stationnaire de l’électricité produite par des énergies renouvelables variables comme l’éolien et le solaire », déclare Ted Wiley, le président de Form Energy. « Notre batterie propre fonctionne par oxydation réversible du fer. En mode décharge, des milliers de minuscules pastilles de fer sont exposées à l’air, ce qui les fait rouiller, c’est-à-dire que le fer se transforme en oxyde de fer. Lorsqu’elle est rechargée par un courant électrique, l’oxygène contenu dans la rouille est éliminé et nous avons de nouveau du fer », explique-t-il tout simplement. « Notre batterie sera capable de délivrer de l’électricité pendant plus d’une centaine d’heures à un prix équivalent à celui des centrales conventionnelles mais dix fois moins cher que celui des batteries lithium-ion », affirme-t-il.
Selon Ted Wiley, une installation pilote de 300 MW pour le compte de l’énergéticien Great River Energy, basé au Minnesota, serai mise en service en 2023.

D’autres startups explorent aussi le même filon. La canadienne Zinc8 a été la première à sortir un produit commercial en 2019. Elle annonce aujourd’hui le développement d’un système de batterie zinc-air, capable de fournir de l’électricité pendant plus de 100 heures, sans citer toutefois la puissance de la décharge.
Et dans l’Oregon, la société ESS qui prétend valoir 1,1 milliard de dollars, commercialise une batterie à flux qui utilise le fer comme ingrédient principal.

Alors, le fer, énergie du futur ?
Qu’en pensez-vous ? Donnez-nous votre avis dans les commentaires ci-dessous ou dans notre forum (voir sur le site source).

Lire aussi : Des batteries lithium-soufre jusqu’à cinq fois plus efficaces que les accumulateurs lithium-ion

Lire aussi : Comment produire du lithium plus vert, pour des batteries plus « écolo » ?

Par Bernard Deboyser, publié le 8 Octobre 2021

À propos de l’auteur

Bernard Deboyser

Bernard est ingénieur polytechnicien et consultant en énergie et mobilité durable. Passionné par les énergies renouvelables et la transition énergétique depuis plus de 30 ans il développe (bénévolement) des projets éoliens et photovoltaïques dans le cadre d’une coopérative citoyenne dont il est un des fondateurs et l’administrateur-délégué : www.hesbenergie.be

https://www.revolution-energetique.com/la-poudre-de-fer-sera-t-elle-lenergie-du-futur-jeff-bezos-et-bill-gates-en-sont-deja-persuades/

NDLR: Lorsqu’ils liront cet article, les pronucléaires seront furieux. En effet, leur principal argument pour dénigrer les énergies renouvelables sont leur production intermittente et le coût du stockage par batteries lithium-ion. Si le coût du stockage est divisé par 10 et le système recyclable à l’infini sans pollution, que leur restera-t-il comme argument « sérieux » pour continuer à nous imposer leurs centrales nucléaires?

VIDÉO DE LA MANIFESTATION POUR L’ARRÊT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE VÉTUSTE DU BUGEY ET POUR S’OPPOSER AU PROJET DE DEUX EPR.

Dimanche 3 octobre 2021 à St Vulbas (Ain) se sont tenus, à l’appel de Sortir du Nucléaire Bugey, et de 50 organisations, un rassemblement et une manifestation ( 600 personnes) pour demander l’arrêt de la centrale nucléaire vétuste du Bugey (compte tenu de sa dangerosité, le canton et la ville de Genève ont déposé, en avril 2021 un énième recours contre la décision de l’Autorité de sûreté nucléaire, organisme français, qui veut prolonger sa durée de vie.), mais aussi pour s’opposer à la construction de deux EPR qui a été (déjà ?) décidée par EDF et l’État avec la complicité des élus de la communauté de commune et du département, sans aucune consultation des populations.

Pour voir l’excellent reportage filmé de TVnet citoyenne (22 mn38 s), cliquer sur:

https://www.tvnetcitoyenne.com/news-details.php?page=content&type=videos&idcontent=6946&fbclid=IwAR2SQUcif6RcsKEc_4bGnxA-AqORfjLv3a6igDWNG8Nx9tgbaJV2Y4amG_Y

Reportage et texte d’Olivier Berardi, publiés le 8 octobre 2021

Adhérer à TVnet citoyenne, c’est soutenir une information libre et indépendante.

LA CRIIRAD VOUS INVITE À SON 35ÈME ANNIVERSAIRE LE 16 OCTOBRE 2021

À l’occasion des 35 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la CRIIRAD organise le 16octobre 2021 le webinaire « Tchernobyl 1986 : la naissance d’un lanceur d’alerte« . Des femmes et des hommes à l’origine de la CRIIRAD reviendront sur la situation de 1986, la création de l’association dans les semaines qui suivent l’accident, et ses premiers travaux.

Dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, suite à la fusion du cœur du réacteur n°4, une grave explosion se produit à la centrale électrique nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. À l’époque, cet évènement est sans précédent. Alors que nombre de pays européens prennent conscience des risques et mettent en place des mesures de protection sanitaire, les autorités françaises déclarent le territoire épargné par les retombées radioactives de la catastrophe, et la population hors de danger.   Face à l’incohérence de la situation et au sentiment grandissant de désinformation, un groupe de citoyennes et citoyens désireux de connaître la vérité se réunit dans la Drôme (26) et forme la CRIIRAD, une association indépendante disposant de son propre laboratoire d’analyses et de recherche. Des mesures et prélèvements effectués dans l’environnement rhône-alpin révèlent alors des résultats bien supérieurs aux déclarations officielles et témoignent de la réelle ampleur de la contamination. La CRIIRAD se positionne en lanceur d’alerte et appelle les français à la vigilance.

Le samedi 16 octobre 2021 de 16h30 à 18h30,

nous aurons le plaisir d’accueillir lors du webinaire « Tchernobyl 1986 : la naissance d’un lanceur d’alerte » des pionnières et pionniers de la CRIIRAD.

Michèle Rivasi, Gérard Dabbène, Robert Béraud, Christian Courbon, Denise Wohl, Philippe Hornik, Denis Fauconnier, ainsi que Roland Desbordes et Didier Glatigny, partageront avec nous leurs premiers souvenirs de l’association. Ils et elles évoqueront également le rôle de la CRIIRAD dans le contexte actuel où la radioactivité reste un sujet majeur, au cœur des préoccupations contemporaines.

CRIIRAD • 29 Cours Manuel de Falla, 26 000 Valence, www.crirad.org

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

À PROPOS DE LA CRIIRAD – Située à Valence dans la Drôme, la Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité(CRIIRAD) est une association d’intérêt général fondée en 1986 à la suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Son objectif est d’informer la population sur les risques liés à la radioactivité et ses impacts sur la santé et l’environnement. Elle œuvre pour que chacune et chacun dispose des moyens et des connaissances suffisantes et nécessaires pour se prémunir et agir en conséquence. La CRIIRAD produit et diffuse des informations indépendantes des autorités et des industriels, sur la base de ses recherches et des résultats issus de son laboratoire scientifique. Face à la désinformation et à la fabrique de l’ignorance, la CRIIRAD se place en contre-pouvoir et en lanceur d’alerte.

LA RUSSIE DÉVELOPPE UN MISSILE NUCLÉAIRE HYPERSONIQUE À 4 000 MPH POUR DES AVIONS DE CHASSE FURTIFS QUI PEUVENT FRAPPER N’IMPORTE OÙ SUR TERRE EN QUELQUES MINUTES

Les meilleurs concepteurs d’armes de VLADIMIR Poutine développent un missile nucléaire hypersonique à 4 000 mph (NDLR : soit 6437 km/h) capable de réduire en cendres une ville n’importe où sur Terre en quelques minutes.

Les armes nucléaires seront tirées du chasseur de cinquième génération Su-57 et voyageront cinq fois plus vite que le son, ce qui rendra difficile, voire impossible, l’abattage.

Le missile hypersonique sera porté par les nouveaux chasseurs furtifs Su-57

L’agence de presse russe Interfax rapporte que le missile sera utilisé contre des cibles maritimes et des ports et subira des tests d’ici la fin de cette année.

Citant des sources du ministère russe de la Défense, le journal Izvestia rapporte que l’arme hypersonique est conçue pour le chasseur furtif Su-57 par la Tactical Missile Corporation sous le nom de code « Larchinka-MD ».

Il écrit : « Il volera à des vitesses cinq fois ou plus plus rapides que le son et deviendra pratiquement invulnérable aux systèmes modernes de défense aérienne et antimissile. »

Plus tôt, il est apparu que la Russie a déclaré aujourd’hui avoir testé avec succès son nouveau missile hypersonique mortel Zircon depuis un sous-marin pour la première fois.

Des séquences vidéo montrent la fusée à 6 670 mph tirée depuis le sous-Severodvinsk à propulsion nucléaire avant de filer dans le ciel nocturne.

L’arme a été lancée depuis la surface de la mer Blanche et a atteint avec succès une cible dans la mer de Barents, a indiqué le ministère de la Défense à Moscou.

La Russie affirme que le missile « imparable » Mach 9 est capable d’échapper à toutes les défenses occidentales.

« La marine russe a effectué les premiers essais du missile hypersonique Zircon depuis le sous-marin nucléaire Severodvinsk », indique un communiqué.

« Le missile a été testé sur une cible maritime conditionnelle dans la mer de Barents. »

« Le tir d’essai du missile Zircon depuis le sous-marin nucléaire a été reconnu comme un succès. »

La Russie a déclaré la semaine dernière qu’elle avait terminé les essais en vol du missile new age à partir d’une frégate, l’Amiral Gorshkov, et d’une monture côtière.

La Russie «abat 50 avions et missiles» dans des jeux de guerre massifs dans un avertissement effrayant à l’Occident

Publié le 7 octobre 2021

Photo en titre : Crédit : Getty

https://news-24.fr/la-russie-developpe-un-missile-nucleaire-hypersonique-a-4-000-mph-pour-des-avions-de-chasse-furtifs-qui-peuvent-frapper-nimporte-o-sur-terre-en-quelques-minutes/

NUCLÉAIRE: TÉHÉRAN OPTIMISTE SI WASHINGTON REVIENT À SES ENGAGEMENTS (MINISTRE)

« Nous évaluons le comportement des États-Unis« 

Téhéran se montre optimiste sur l’issue des prochains pourparlers avec les grandes puissances à Vienne concernant son programme nucléaire, a affirmé vendredi à Beyrouth le ministre iranien des Affaires Étrangères, Hossein Amir-Abdollahian.

« Il est important que nous recevions des signaux de l’autre côté, incluant les États-Unis, indiquant qu’ils sont déterminés à revenir complétement à leurs engagements« , a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse. 

Entamés en avril, les pourparlers sont interrompus depuis l’élection en juin d’un nouveau président iranien.

« Nous évaluons le comportement des États-Unis. S’il reflète un retour complet à leurs engagements, on peut être optimiste quant aux pourparlers de Vienne« , a-t-il souligné.

Conclu en 2015 entre l’Iran d’une part, et les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie, la France et l’Allemagne d’autre part, l’accord offrait à Téhéran la levée d’une partie des sanctions internationales en échange d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous le strict contrôle de l’ONU.

Mais après le retrait unilatéral des Américains de l’accord en 2018 sous la présidence de Donald Trump, Téhéran a progressivement abandonné ses engagements. Les États-Unis ont en retour imposé des sanctions.

« Nous reviendrons aux pourparlers de Vienne. Nous approchons de la conclusion finale au sein du nouveau gouvernement (iranien). Il est très important pour le nouveau gouvernement que les intérêts et les droits du peuple iranien soient pleinement garantis dans les négociations. Nous ne perdrons pas notre temps en négociations« , a-t-il lancé.

Par i24NEWS – AFP, publié le 08 octobre 2021 à 15h34

Photo en titre : ATTA KENARE / AFPCette photo d’archive prise le 10 novembre 2019 montre un drapeau iranien dans la centrale nucléaire iranienne de Bushehr

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1633700081-nucleaire-teheran-optimiste-si-washington-revient-a-ses-engagements-ministre

UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE AMÉRICAIN HEURTÉ PAR UN OBJET NON IDENTIFIÉ EN MER DE CHINE

Un sous-marin à propulsion nucléaire a été touché par un objet non identifié en mer de Chine alors qu’il participait à un exercice naval international.

Un sous-marin nucléaire américain a heurté un objet non identifié alors qu’il patrouillait le week-end dernier en mer de Chine méridionale, une région largement revendiquée par la Chine, selon des informations de l’US Navy et de source indépendante.

« L’USS Connecticut a heurté un objet dans l’après-midi du 2 octobre alors qu’il naviguait en immersion dans les eaux internationales de la région indo-pacifique », a indiqué l’US Navy dans un communiqué. « Il n’y a pas de blessure mortelle », précise le communiqué, laissant entendre que des marins ont pu être blessés légèrement.

L’USS Connecticut, qui est un sous-marin à propulsion nucléaire de la classe Seawolf, a été endommagé mais reste en état de fonctionnement, a ajouté l’US Navy.

Exercice naval

Selon le Naval Institute, un centre de réflexion proche de l’US Navy, l’USS Connecticut participait à un exercice naval international en mer de Chine méridionale lors de l’incident.

La Chine revendique presque la totalité de la mer de Chine méridionale et y a construit des avant-postes militaires sur de petites îles et atolls dans la région, s’est dite vendredi « gravement préoccupée ».

Devant la presse, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a appelé Washington à fournir des détails sur les circonstances de l’incident, disant redouter particulièrement un risque de fuite nucléaire.

Les États-Unis et leurs alliés patrouillent régulièrement dans les eaux internationales de la région pour faire valoir leurs droits à la liberté de navigation, au grand déplaisir de la Chine.

« Ceci est la cause fondamentale de l’accident », a dénoncé Zhao Lijian.

Le porte-parole chinois en a profité pour fustiger une nouvelle fois le rapprochement entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie qui prévoit la fourniture de sous-marins à propulsion nucléaire à Canberra.

Par SudOuest.fr avec AFP, publié le 08/10/2021 à 7h28, mis à jour le 08/10/2021 à 11h59

Photo en titre : Le sous-marin américain de la classe Seawolf a été endommagé. © Crédit photo : LT. MACK JAMIESON / AFP

https://www.sudouest.fr/international/etats-unis/un-sous-marin-nucleaire-americain-heurte-par-un-objet-non-identifie-en-mer-de-chine-6425051.php

VIDÉO. MANCHE. ILS SURVEILLENT LA RADIOACTIVITÉ SUR LE LITTORAL

Vêtues d’imperméables bleus, une dizaine de personnes prélèvent algues et patelles dans les rochers sur la plage d’Écalgrain (Manche), au cap de La Hague, près de Cherbourg, mercredi 6 octobre 2021. Ils sont membres de l’Acro, Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest. Au même moment, trois autres groupes s’adonnent à cette activité à Carteret, Diélette à Flamanville et Fermanville

Quatre points stratégiques situés à « proximité la centrale de Flamanville et des installations de l’usine de retraitement de combustibles nucléaires usés », à savoir Orano La Hague, explique Aurore Le Vot, biologiste chargée d’études au sein de l’Acro. 

Les échantillons prélevés seront déposés au laboratoire agréé par l’Autorité de sûreté nucléaire, à Caen (Calvados), pour les analyses. 

Par Soizic ROBET (Ouest-France ), publié le 07/10/2021 à 16h31

https://www.ouest-france.fr/normandie/la-hague-50440/video-manche-ils-surveillent-la-radioactivite-sur-le-littoral-672c8078-f36b-37b0-9b69-faf9e1ec18f4

NUCLÉAIRE BRITANNIQUE : LA FRANCE À NOUVEAU COCUE APRÈS LES SOUS-MARINS AUSTRALIENS ? COUP DUR.

Le gouvernement britannique ne veut plus accueillir de projet de centrale nucléaire impliquant des opérateurs chinois sur son sol. Problème : ils représentent le principal partenaire financier d’EDF pour la construction de ses réacteurs outre-Manche. Dans l’expectative, le groupe français s’impatiente.

Après l’affaire des sous-marins australiens, l’industrie française va-t-elle connaître une nouvelle déconvenue, cette fois-ci au Royaume-Uni sur le terrain du nucléaire civil ? D’après le Financial Times (FT) du 29 septembre, le gouvernement de Boris Johnson, dont les relations avec la Chine se sont détériorées, compte en effet remettre en cause l’accord tripartite sino-franco-britannique concernant les chantiers nucléaires sur des sites d’EDF outre-Manche. Chantiers qui constituent la majeure partie des débouchés actuels du nucléaire civil français.

Certes, le projet le plus important d’EDF – les deux EPR d’Hinkley Point C – cofinancé à hauteur de 30 % par l’opérateur chinois China General Nuclear Power Group (CGN) ne devrait pas être affecté au regard de son bon état d’avancement. En revanche, le déroulement des deux autres projets, à Sizewell et Bradwell, encore en phase d’études, va être chamboulé.

Sizewell menacé

Concernant celui de Sizewell C dans le Suffolk, qui est très important pour EDF, le gouvernement britannique s’apprête à frapper fort. Estimée à 20 milliards de livres sterling, la construction de deux réacteurs EPR devait être financée à hauteur 20 % par CGN. Or, selon le FT, les responsables politiques britanniques envisagent d’évincer l’opérateur chinois du projet, en faisant pression pour que sa participation soit vendue à des investisseurs institutionnels ou introduite en Bourse. Ce qui remet de facto en cause le montage financier de l’opération.

Cela n’a pas manqué de faire réagir la direction d’EDF : toujours dans le FT, le 3 octobre, le chef de la branche britannique d’EDF Simone Rossi a averti qu’il était « urgent » que le gouvernement britannique se décide sur l’avenir de la centrale nucléaire de Sizewell.

L’inquiétude est d’autant plus importante qu’en parallèle, le gouvernement britannique mise sur un projet de réacteurs d’un consortium américain, mené notamment par la compagnie nucléaire Westinghouse, en préparation à Wylfa, au Pays de Galles, un site abandonné par l’industriel japonais Hitachi. Il faut espérer pour EDF qu’il n’y ait pas substitution entre les deux projets.

La Chine exclue de Bradwell

Enfin, pour ce qui concerne Bradwell, dans l’Essex, en revanche, la messe semble dite. Il y était prévu la construction de deux réacteurs chinois Hualong-1 par CGN sur du foncier dont EDF a la jouissance. Ce dernier projet était absolument stratégique pour la Chine : les réacteurs Hualong-1 sont les favoris pour devenir la technologie de pointe du nucléaire civil. Une dizaine est d’ailleurs déjà en construction en Chine et au Pakistan. Pour les Chinois, construire en Angleterre, c’était l’opportunité de montrer au monde entier que leur nouveau nucléaire était fiable et compétitif afin de l’exporter à grande échelle.

Mais dans un contexte de guerre économique féroce, ce projet était très mal vu des États-Unis, qui comptent aussi exporter leur nucléaire partout dans le monde. En 2019, le département américain du Commerce a ainsi placé CGN sur sa liste des entreprises à bannir.

Et récemment, leurs alliés britanniques leur ont emboîté le pas. En juillet, des sources gouvernementales qualifiaient dans le Guardian le projet Bradwell de « politiquement désagréable » pour le Royaume-Uni, estimant qu’il n’était « plus tenable ». Et le FT de confirmer le 29 septembre que l’exécutif britannique « devrait désormais bloquer les projets de CGN de construire une centrale nucléaire à Bradwell ». Ce projet est en fait l’épicentre des tensions autour de la présence de l’opérateur chinois au Royaume-Uni, sur fond de guerre économique entre Washington et Pékin. La France étant ici la victime collatérale.

À LIRE AUSSI : Marché unique européen de l’électricité : un grand bienfait… sauf pour les consommateurs

Par Mathias Thépot , publié le 6 octobre 2021 à 16h58

Photo en titre ; Le financement du projet d’EDF à Sizewell est remis en cause. Rob Francis / Robert Harding Heritage / robertharding via AFP

https://www.marianne.net/economie/economie-europeenne/nucleaire-britannique-la-france-a-nouveau-cocue-apres-les-sous-marins-australiens

PRÉSIDENTIELLE 2022 : RELANCER LE NUCLÉAIRE, LE CHOIX DE MACRON POUR COINCER SES ADVERSAIRES

ÉDITO – Macron va relancer la construction de centrales nucléaires. Un choix du Président pour coincer ses adversaires de la campagne présidentielle.

Emmanuel Macron va relancer la construction de centrales nucléaires. C’est une décision à haute valeur symbolique : retrouver de notre fierté technologique et à très haute valeur politique.

C’est un coup double pour neutraliser les souverainistes tous ceux qui veulent du nucléaire et que du nucléaire et pour isoler ceux qui n’en veulent plus du tout : les écolos. Emmanuel Macron, pour relancer le nucléaire, va profiter la semaine prochaine du lancement de son plan France 2030 pour annoncer des investissements dans le secteur.

La France va se lancer dans le développement de petites centrales nucléaires, très à la mode dans le monde et envisage selon plusieurs sources de lancer plusieurs EPR (Réacteur pressurisé européen) sans attendre que celui de Flamanville ne démarre. Relancer le nucléaire, c’est donc un tabou qui saute à la fin du quinquennat. Pour des raisons politiques, je vous le disais, et pour des raisons très conjoncturelles et opportunistes.

Le nucléaire a le vent en poupe

Le nucléaire a le vent en poupe, faute d’éolienne. Il est porté par la hausse des prix de l’énergie et par la hausse des ventes de voitures électriques. S’il n’y a plus de moteurs thermiques en 2035, la consommation électrique va exploser. Si tout le monde installe une pompe à chaleur aussi. Il faut donc développer le nucléaire à long terme et les énergies renouvelables à court terme tout en pariant sur l’hydrogène. Bref, investir tous azimuts.

Mais même avec cette belle opération, cela va créer quelques débats et quelques remous. Bien sûr, le nucléaire fait un retour inespéré pour ses promoteurs. Mais il a encore de gros défauts : il faut 10 à 15 ans pour construire une centrale nucléaire, or c’est dans les 5 ans qui viennent qu’il faut de l’énergie pour accompagner le développement des voitures électriques.

Mais, il coûte aussi de plus en plus cher

Le nucléaire coûte aussi de plus en plus cher avec les normes de sécurité et les pertes de compétences. L’EPR de Flamanville c’était initialement 3 milliards d’euros pour une mise en service en 2012, la facture en est à 19 milliards (6 fois plus) et il ne fonctionne toujours pas, dix ans plus tard. Le coût de l’enfouissement des déchets est aussi exorbitant : le stockage sous terre à Bure dans la Meuse est évalué par ses promoteurs à 35 milliards d’euros minimums. Ça se retrouvera aussi dans le prix de l’électricité.

Il y en a donc des choses à dire sur le nucléaire, mais qu’importe, ce que nous avons vu ces dernières semaines, c’est qu’il valait mieux dans cette précampagne présidentielle provoquer les débats que les subir. Emmanuel Macron relance le nucléaire et il sait, il recherche même l’effet que cela va provoquer.

Publié le 7 octobre 2021

Photo en titre : Emmanuel Macron, le 5 octobre 2021. Crédit : Ludovic MARIN / AFP

https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-relancer-le-nucleaire-le-choix-de-macron-pour-coincer-ses-adversaires-7900082429

LES ÉTATS-UNIS RÉVÈLENT L’AMPLEUR DE LEUR STOCK D’ARMEMENTS NUCLÉAIRES

Le département d’État américain a révélé le nombre d’armes nucléaires présentes dans l’arsenal du pays.

Selon un rapport publié mardi, le stock américain comptait 3.750 ogives nucléaires en septembre 2020.

Le stock comprend à la fois des ogives « actives » et « inactives« , a précisé le rapport, qui a ajouté que quelque 2.000 ogives supplémentaires sont actuellement en train d’être retirées et sont en attente de démantèlement.

Cette révélation, la première en quatre ans, a inversé une politique introduite par l’administration précédente visant à classifier l’ampleur du stock nucléaire.

Les États-Unis et la Russie sont détenteurs de la plupart des armes nucléaires du monde.

Selon les dernières données de la Federation of American Scientists, un groupe de réflexion basé à Washington, plus de 90% des ogives nucléaires mondiales appartiennent à ces deux pays.

Xinhua, publié le7 octobre 2021 à 16h07

http://french.cri.cn/news/world/686/20211007/716892.html

ALLEMAGNE : LA POLICE FÉDÉRALE CONFIRME : LES TRANSPORTS D’URANIUM GRONAU-RUSSIE ÉTAIENT DES « DÉCHETS NUCLÉAIRES » – PLAINTE PÉNALE CONTRE URENCO

(Communiqué de presse) Dans plusieurs lettres adressées à des militants antinucléaires, la police fédérale confirme pour la première fois explicitement que les exportations d’uranium appauvri de l’usine d’enrichissement d’uranium de Gronau vers la Russie étaient des déchets nucléaires.

Littéralement, les lettres de la direction de la police fédérale à St-Augustin, remises fin septembre, indiquent en référence aux transports d’uranium du 18 novembre 2019 et du 5 octobre 2020 :  » (…) dans le cadre d’un transport ferroviaire de déchets nucléaires (organisé par la société Urenco) (…) « . Jusqu’à présent, Urenco avait toujours parlé de « matières recyclables« , car l’exportation de déchets radioactifs est interdite par l’article 328 du code pénal.

En raison de cette nouvelle situation factuelle, un militant antinucléaire de Münsterland a déposé une plainte pénale contre Urenco auprès du parquet de Münster pour « exportation illégale de matières radioactives« .

« Pendant 15 ans, l’enrichisseur d’uranium Urenco a maintenu l’affirmation selon laquelle les transports de déchets d’uranium de Gronau vers la Russie étaient des transports de « matières précieuses« . Cependant, selon les organisations environnementales russes Ecodefense et Greenpeace Russie, les déchets d’uranium sont stockés en Russie dans des espaces ouverts, à ciel ouvert, sans autre forme de recyclage. C’est une exportation de déchets nucléaires sans faille. « Nous sommes très heureux que la police fédérale le confirme maintenant officiellement et nous attendons du parquet de Münster qu’il mène des enquêtes détaillées et ciblées« , a déclaré Peter Bastian de l’Action Alliance Münsterland contre les installations nucléaires.

Le lauréat du prix Nobel alternatif de cette année, Vladimir Slivyak, de l’organisation environnementale russe Ecodefense, a ajouté : « Il semble que Urenco et le gouvernement allemand nous aient menti pendant des années. Mais maintenant, ce que nous disions depuis 2006 est confirmé : L’uranium allemand de Gronau est un déchet nucléaire et n’est transporté en Russie que pour éviter une élimination coûteuse des déchets nucléaires en Allemagne. Nous exigeons maintenant du gouvernement allemand qu’il n’y ait plus d’exportations d’uranium de Gronau vers la Russie. La Russie n’est pas le dépotoir nucléaire d’Urenco.« 

Les initiatives antinucléaires et la BBU exigent également du gouvernement fédéral actuel et de celui à venir l’arrêt de l’enrichissement de l’uranium à Gronau, comme l’a demandé la ministre fédérale de l’environnement, Svenja Schulze, pas plus tard qu’en mars 2021. Cependant, elle n’a pas fait passer cette idée au sein de la Grande Coalition.

Sur le contexte des exportations de déchets d’uranium

L’exploitation de la seule usine d’enrichissement de l’uranium en Allemagne, à Gronau, produit chaque année environ 5000 à 6000 tonnes d’uranium appauvri sous forme d’hexafluorure d’uranium (UF6), en tant que déchet de l’enrichissement de l’uranium. Entre 1995 et 2009, un total d’environ 27 000 tonnes d’UF6 a été expédié de Gronau vers la Russie, et de 2019 à 2020, 18 000 tonnes supplémentaires. Ces dernières années, la destination en Russie a été l’installation nucléaire de Novouralsk, près d’Ekaterinbourg, l’une des « villes fermées » de l’ère soviétique.

Depuis 2006, l’ONG russe Ecodefense et des initiatives et associations environnementales allemandes et néerlandaises protestent ensemble contre cette exportation irresponsable de déchets nucléaires. Les initiatives craignent que dès le printemps prochain – immédiatement après les élections du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie en mai 2022 – une nouvelle série de transports pourrait avoir lieu, car les capacités de stockage à Gronau sont déjà à nouveau insuffisantes.

Un hall de stockage séparé pour les déchets d’uranium sur le site de l’usine d’enrichissement d’uranium de Gronau est prêt à être construit depuis 2014, mais Urenco ne le mettra pas en service car l’entreprise devrait alors se charger de l’élimination inoffensive à long terme – et donc coûteuse – en Allemagne.

Un tiers d’Urenco est détenu par les gouvernements néerlandais et britannique. Le tiers allemand est partagé par RWE et EON.

L’usine d’enrichissement de l’uranium de Gronau, tout comme l’usine d’éléments combustibles de Lingen, a jusqu’à présent été exclue de la sortie du nucléaire en Allemagne, bien que presque une centrale nucléaire sur dix dans le monde soit approvisionnée en combustible d’uranium provenant de cette usine. Les initiatives antinucléaires et les associations environnementales, mais aussi les Verts, la gauche et la ministre de l’environnement du SPD, Svenja Schulze, réclament donc depuis longtemps le démantèlement de ces deux centrales nucléaires.

Ces dernières années, de nombreuses manifestations ont eu lieu contre les transports de déchets d’uranium de Gronau vers la Russie via Amsterdam/Rotterdam, dont plusieurs manifestations d’escalade dans le Münsterland. La police fédérale veut maintenant encaisser des frais d’environ 10 000 euros auprès de cinq personnes pour l’intervention de la police lors des actions d’escalade du 18 novembre 2019 et du 5 octobre 2020. Les personnes concernées ont déposé des objections et des plaintes contre la police. Ils reçoivent le soutien et l’appui d’initiatives et d’associations antinucléaires.

Par red-sofa, publié le 06/10/2021, traduit avec www.DeepL.com/Translator (version gratuite)

Texte original sur : https://sofa-ms.de/?p=2232

CINÉMA. EN TOURNAGE, LA LUTTE CONTRE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE PLOGOFF BIENTÔT SUR GRAND ÉCRAN

Le cinéaste costarmoricain Nicolas Guillou est en plein tournage dans le Finistère, du côté du Cap-Sizun où, il y a quarante ans, a eu lieu la mobilisation de Plogoff contre la construction d’une centrale nucléaire. C’est cette histoire qu’il a choisi de retracer dans son 4ème long métrage.

« Cette histoire », comme il dit, c’est à travers ses parents qu’il l’a vécue. Nicolas Guillou est adolescent lorsque, à l’extrémité du Cap-Sizun, dans le Finistère, Plogoff se soulève contre le projet d’implantation d’une centrale nucléaire. « Je trouvais cela incroyable que des gens, au bout de la Bretagne, se mettent debout pour dire ‘non‘ et défendre leur territoire » explique-t-il.

Quarante ans plus tard, le cinéaste des Côtes-d’Armor remonte le fil de la mémoire pour bâtir un film dont le tournage a débuté en septembre. Plogoff, 1980 – le titre est provisoire – est un récit de fiction construit autour de trois personnages de femmes : une jeune mère de famille, dont le mari, pêcheur, a disparu en mer, sa fille et la grand-mère maternelle.

Trois figures féminines qui font écho aux femmes de Plogoff très mobilisées dans la lutte contre la centrale nucléaire. « Je me suis attaché à retracer la période qui va de janvier à mars 1980 », celle qui correspond à l’enquête d’utilité publique jalonnée par les multiples actions des opposants.

« La force d’un mouvement démocratique« 

Après avoir raconté sur grand écran l’histoire du réseau Shelburn mis en place par les résistants bretons en 1944, Nicolas Guillou part à nouveau sur les traces de ceux et celles qui, « à un moment de leur vie, font des grands choix, indique-t-il. Il y a des valeurs incroyables dans ce combat de Plogoff. Il doit servir d’exemple pour montrer la force d’un mouvement démocratique ».

Une fois encore, c’est avec peu de moyens que le cinéaste costarmoricain fabrique son quatrième long métrage. « C’est même courageux de sa part de travailler ainsi, chapeau ! » confie Jean Moalic, président de l’association Plogoff, mémoire d’une lutte, qui fut l’un des fers de lance du combat dans le Cap Sizun.

Il souligne la démarche « participative » voulue par Nicolas Guillou avant même le premier tour de manivelle. « Il a rencontré les élus, les habitants, les associations. Il a organisé des réunions publiques pour nous parler de son projet. On sent qu’il est sincère dans sa manière de procéder ».

C’est d’ailleurs vers Jean Moalic que le réalisateur se tourne pour une relecture du scénario. « J’avais besoin qu’il me dise si j’étais à côté de la plaque ou pas. Il l’a lu et il m’a fait des critiques pertinentes. Il a recadré certaines choses et m’a remis sur les rails quand je m’égarais ».

« Une vraie générosité« 

Nicolas Guillou n’est pas du genre à entrer dans la vie des gens sans y être invité. Encore moins arriver quelque part en terrain conquis. « Cela me semblait logique de frapper à leurs portes et de leur demander l’autorisation, de leur expliquer ce que je voulais faire, de les inclure au projet » note-t-il. Et dans ce coin du sud-Finistère, le film a trouvé du soutien. « Comme on manque de moyens, on nous prête des choses, il y a une vraie générosité ».

Ici, une association de voitures anciennes de Pont-Croix qui fournit les véhicules d’époque. Là des commerçants, des agriculteurs, des pêcheurs qui apportent aussi leur aide. D’autres qui n’hésitent pas à prendre la plume pour dire simplement : « merci de défendre ce que l’on a fait ».

Les « Capistes » ouvrent également leur maison pour le tournage de certaines scènes en intérieur. « On n’y passe pas plus d’une journée, raconte Nicolas Guillou, sinon, cela deviendrait trop invasif ». Alors, pour ne pas trop déranger, l’équipe du film a investi le rez-de-chaussée de l’ancien lycée professionnel de Plouhinec transformé depuis deux ans en tiers-lieu. Elle y a installé un vrai plateau de cinéma « et on espère y accueillir les écoles qui auront envie de venir voir comment ça se passe » précise le réalisateur.

Le décor en construction dans l’ancien lycée professionnel de Plouhinec • © DR

Plogoff, 1980 sera projeté en deux temps : les Bretons pourront le découvrir en avant-première en octobre 2022. Avant une sortie nationale prévue début 2023.

Plogoff, 1980 a besoin de figurants pour les scènes de manifestations. Un appel est lancé aux bonnes volontés. Les tournages auront lieu d’octobre à novembre, essentiellement les week-ends. Contacter Marjorie au  07 67 78 42 90 ou par mail plogoff@vodistribution.fr

Publié le 06/10/2021 à 17h16, mis à jour le 06/10/2021 à 17h25

Photo en titre : Le tournage du 4ème long métrage de Nicolas Guillou, « Plogoff, 1980 », a débuté fin septembre. Le cinéaste costarmoricain y retrace la lutte des Bretons contre la construction d’une centrale nucléaire dans le sud-Finistère • © DR

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/cinema-en-tournage-la-lutte-contre-la-centrale-nucleaire-de-plogoff-bientot-sur-grand-ecran-2281306.html

ÉTIENNE DAVODEAU : L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES EST « UNE IMMENSE LÂCHETÉ »

L’auteur de bandes dessinées Étienne Davodeau a parcouru à pied la distance du Lot à la Meuse, des peintures rupestres du Pech Merle au tombeau nucléaire de Cigéo. Sémiologue, agronome et militant accompagnent son exploration du vertige causé par la « fuite en avant » du nucléaire, à laquelle il oppose son empathie et sa liberté de parole.

Étienne Davodeau est auteur de bandes dessinées. Il a notamment écrit Rural ! (Delcourt), Lulu femme nue et Les ignorants (Futuropolis). Dans son dernier livre, Le droit du sol. Journal d’un vertige, paru ce mercredi 6 octobre aux éditions Futuropolis, il raconte son voyage de 800 kilomètres à pied entre la grotte ornée du Pech Merle, dans le Lot, et Bure, dans la Meuse, où est prévue la construction du centre d’enfouissement Cigéo des déchets ultradangereux qui resteront radioactifs des centaines de milliers d’années.

Reporterre — Comment vous est venue l’idée de relier en marchant la grotte du Pech Merle et ses peintures rupestres dans le Lot, et Bure, où est prévu le centre d’enfouissement de déchets radioactifs Cigéo ?

Étienne Davodeau — L’énergie en général et le nucléaire en particulier sont des sujets qui m’interrogent depuis très longtemps. Je n’ai pas de formation en physique mais je considère que le nucléaire est un sujet qui déborde largement un contexte scientifique. J’ai retrouvé un dessin que j’avais fait pour le réseau Sortir du nucléaire en 1995.

Puis, il y a quelques années, mon ami dessinateur David Prudhomme a proposé à plusieurs auteurs de bandes dessinées d’aller dessiner dans des grottes ornées de peintures préhistoriques [1]. Le petit mammouth de Pech Merle m’est resté dans l’œil. Je me suis souvenu de Cigéo à Bure [2]. Ces deux choses souterraines se sont articulées presque malgré moi. Une porte d’entrée narrative sur ce sujet des déchets nucléaires s’ouvrait enfin. J’ai fait mon sac à dos et suis parti de Pech Merle en juin 2019. J’ai aussi cherché les intervenants qui pouvaient m’éclairer et témoigner sur ce sujet des déchets radioactifs.

© Futuropolis

Au vu de tout ce que vous avez appris, qu’est-ce qui vous frappe le plus dans ce projet Cigéo ?

Le vertige que suscite cette fuite en avant de l’industrie nucléaire. On construit des centrales depuis les années 1960. La filière s’est développée de manière complètement délirante, pour atteindre aujourd’hui 56 réacteurs pour 66,7 millions d’habitants. Alors que le monde vit globalement sans le nucléaire — l’atome représente 10 % de la production électrique mondiale —, il représente 67,1 % de la production française.

Il y a plein de choses qu’on ne sait pas faire. On ne sait vraiment pas quoi foutre des déchets radioactifs. Cigéo n’est qu’un projet par défaut, bancal sur le plan technique et injustifiable sur le plan éthique. On ne sait pas démanteler les réacteurs : Brennilis est à l’arrêt depuis 1985 et ne sera démantelée qu’en 2040. Mais on nous vend cette électricité formidable à grands coups de communication avec ciel bleu et herbe verte.

« L’emprise de Cigéo sur la vie des gens là-bas est terrifiante et anormale dans notre démocratie. » © Mathieu Génon/Reporterre

À Bure, vous ne vous approchez pas du laboratoire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Mais vous montrez son emprise sur le territoire, notamment à travers les panneaux « Ceci a été financé par le GIP [groupement d’intérêt public] ». Comment avez-vous ressenti cette emprise ?

Il suffit d’écouter les gens sur place. Bure, c’est très tranquille, sept habitants au kilomètre carré. Mais les gendarmes sont là, à demeure ; il y a des hélicoptères, les opposants sont surveillés. Un après-midi d’été, lors de ma première visite, Michel Labat et moi avons pris ma voiture et emprunté une petite route déserte pour nous rendre au bois Lejuc. Là, nous avons vu surgir deux camions de flics et deux motards en kaki qui nous ont contrôlés, photographiés, etc. L’emprise de Cigéo sur la vie des gens là-bas est terrifiante et anormale dans notre démocratie.

La lutte est pourtant toujours vivace et perturbe l’enquête publique en cours sur la déclaration d’utilité publique. Comment voyez-vous la suite ?

Il faut rappeler aux gens que, pour l’instant, il y a zéro déchet nucléaire à Bure. Le permis de construire n’est pas déposé. L’enquête publique sur la déclaration d’utilité publique vient juste de commencer. Une lutte est en cours et des recours sont encore en attente. On n’est pas du tout à la fin de quoi que ce soit !

Mais, le côté glaçant de l’histoire, c’est que l’industrie nucléaire n’a pas le choix : elle doit traiter ces déchets d’une manière ou d’une autre, sans quoi son existence elle-même sera remise en cause. D’où ce projet par défaut. Il y a pourtant d’autres options : le physicien Bernard Laponche évoque le stockage en subsurface, une possibilité qui n’a même pas été vraiment considérée par la filière et les gouvernements successifs.

« On fout tout ça dans un trou et on le rebouche en espérant que ça va bien se passer. »

Je pense que l’enfouissement ne relève plus seulement de la technique mais de la psychologie. En enterrant profondément ces déchets, on s’en débarrasse au moins autant mentalement que techniquement. C’est le refoulé dont parle la sémiologie. On fout tout ça dans un trou et on le rebouche en espérant que ça va bien se passer ; et que si ça ne se passe pas bien, ce ne sera pas pour notre gueule mais pour la vingtième ou trentième génération après nous. Il y a une espèce d’immense lâcheté collective là-dedans.

Ce qui va se passer à Bure est déterminant. Il faut être aux aguets des résultats de l’enquête publique et aussi d’éventuels passages en force.

Vous avez choisi la marche pour rallier Bure depuis Pech Merle. Vous avez aussi interrogé l’agronome Marc Dufumier sur la formation du sol et consacré de nombreuses pages à l’exploration de sensations telles que marcher sous un soleil cuisant, manger des abricots dans la rivière… Pourquoi avoir emprunté ces chemins de traverse ?

Notre dépendance à notre planète est absolue. Et le sol, cette couche très fine que j’appelle la peau du monde, cette fusion entre le minéral et l’organique unique dans l’univers, est ce qui nous relie à elle. C’est la peau sous laquelle des hommes ont dessiné des choses il y a 22 000 ans, la peau sous laquelle on enfouit nos morts. Le fait d’envisager de la soulever pour y enfouir des saloperies traduit un mépris terrible pour cet élément indispensable à notre survie.

La marche est pour moi une manière de se reconnecter au sol et donc à la planète. Je passe des heures et des jours à marcher, dormir à la belle étoile, me baigner dans les rivières. Au bout de plusieurs jours, on oublie ses préoccupations habituelles, on se découvre des souffrances physiques, on mange différemment… Il se passe quelque chose dans la tête et le corps qui font redevenir un Sapiens fondamental.

C’est la troisième bande dessinée que vous publiez sur des sujets écolos, après « Rural » en 2001 et « Les ignorants » (Futuropolis) en 2011. Comment vous est venu cet intérêt pour l’écologie ?

Je vis à la campagne, je suis un Sapiens d’extérieur — même si la bande dessinée se pratique plutôt dans le confort d’un atelier. Rural ! s’est imposée à moi quand Étienne, mon ami agriculteur, est venu m’annoncer en même temps que ses associés et lui passaient leur ferme en bio — à l’époque, le bio était considéré comme une lubie d’écolo radical et rêveur — et que leur exploitation allait être coupée en deux par une autoroute. Pour moi, cette collision politique à deux kilomètres de mon atelier était un sujet de livre.

Pour Les ignorants, je connaissais Richard Leroy depuis plusieurs années. Je l’écoutais parler de sa pratique de la biodynamie, de son rapport au vin et à la terre. Restait à trouver une porte d’entrée. Un jour, il est venu dans mon atelier, m’a posé des questions et m’a avoué qu’il n’avait jamais lu de BD. La symétrie entre nous s’est imposée à moi et m’a semblé une ouverture narrative terrible.

Ces livres viennent de là et de mes préoccupations. Il me semble difficile d’être un Sapiens contemporain sans avoir de préoccupations environnementales.

« La marche est pour moi une manière de se reconnecter au sol et donc à la planète. » © Mathieu Génon/Reporterre

La question sociale affleure également dans vos livres écolos, où vous présentez les conséquences de ces projets à hauteur d’hommes et de femmes. Par exemple, à travers l’histoire d’un vieil homme qui habite non loin de Bure et vous précise que sa femme et lui ne sont pourtant « pas des sauvages ». Quel lien faites-vous entre les questions écologiques et sociales ?

Mes parents sont devenus ouvriers à quatorze ans [3]. Ils ont connu une certaine ascension sociale non par des études universitaires, auxquelles ils n’ont pas eu accès, mais par le syndicalisme et l’engagement politique et associatif. Je porte cela dans mon travail. Je veux donner la parole aux « gens de peu » dont parle le sociologue Pierre Sansot. Michel Labat, qui parle brièvement dans Le droit du sol, n’était pas destiné à se battre contre Cigéo. Mais il se voit imposer un truc absolument invraisemblable là où il vit et n’a pas envie de se laisser faire. Michel, Joël et les autres n’ont rien à gagner, ni gloire, ni argent ; que des emmerdements. Il me semble utile et important de mettre en avant cette générosité, ce souci de l’intérêt collectif qu’on perd parfois de vue.

« Il arrive un moment où ces décisions s’incarnent dans la vie réelle, concrète et quotidienne de gens qui n’ont rien demandé. »

Est-ce par hasard que les plus modestes subissent les conséquences de ces projets ?

J’imagine que le pouvoir a décidé de lancer le programme nucléaire français dans les années 1970 pour des raisons scientifiques et théoriques. Quand on décide de construire une centrale, on pense kilowatts, approvisionnement électrique, indépendance énergétique, bombe nucléaire. Ce qui va se passer concrètement sur le territoire, on s’en fout un peu. Mais il arrive un moment où ces décisions s’incarnent dans la vie réelle, concrète et quotidienne de gens qui n’ont rien demandé.

Quand des candidats à l’élection présidentielle déclarent que, s’ils sont élus, ils lanceront la construction de nouveaux EPR parce que le nucléaire, c’est « décarboné », parce que c’est « l’indépendance énergétique », ce ne sont que des phrases ; mais elles s’incarneront elles aussi avec des radiations, des dangers, de la présence policière, des choses extrêmement palpables et concrètes. Et dessinables. C’est à ce moment-là que la bande dessinée arrive.

Dans « Rural » comme dans « Le droit du sol », vous assumez de ne pas donner la parole à la société d’autoroute et à l’Andra. Pourquoi ?

Mes livres sont écrits à la première personne et sont des espaces de liberté absolue. Les gens qui portent le projet Cigéo disposent déjà de relais extrêmement puissants. Dans cette situation de conflit, si je donnais 50 % de temps de parole aux uns et 50 % aux autres, j’entérinerais ce déséquilibre. Donc, non, je n’y vais pas. Mais je l’explique, pour être honnête.

En revanche, les gens à qui je donne la parole ont le contrôle de tout ce qu’ils disent dans mes livres. Je leur soumets avant publication les pages dans lesquelles ils figurent. Ils me font confiance, la moindre des choses est donc que je ne les trahisse pas. Il y a forcément une empathie. Ce sont des gens avec qui, en général, je garde contact.

Avez-vous d’autres sujets écolos dont vous aimeriez tirer des livres ces prochaines années ?

Actuellement, non. Pour mon prochain livre, j’ai envie de revenir à la fiction. Mais peut-être que dans un ou deux mois, on me racontera une histoire qui m’allumera deux ou trois neurones qui tourneront pendant deux ou trois ans ! En tout cas, la question écologique reviendra sûrement dans mon travail.

Le Droit du sol, d’Étienne Davodeau, aux éditions Futuropolis, octobre 2021, 216 p., 25 euros.

Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 6 octobre 2021 à 09h38, mis à jour le 6 octobre 2021 à 11h22

https://reporterre.net/spip.php?page=lettre_quotidienne&id_newsletter=20211006

C’est maintenant que tout se joue…

La communauté scientifique ne cesse d’alerter sur le désastre environnemental qui s’accélère et s’aggrave, la population est de plus en plus préoccupée, et pourtant, le sujet reste secondaire dans le paysage médiatique. Ce bouleversement étant le problème fondamental de ce siècle, nous estimons qu’il doit occuper une place centrale et quotidienne dans le traitement de l’actualité.
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BELGIQUE : LES EXPLOITANTS NUCLÉAIRES DEVRONT RENFORCER LEUR COUVERTURE DU RISQUE

Les opérateurs de centrales nucléaires seront responsables pour une durée de trente ans en cas d’incident, au lieu de dix ans aujourd’hui.

Les exploitants d’installations nucléaires seront soumis à partir du 1er janvier à une nouvelle législation. Ils seront tenus responsables pour trente ans des conséquences d’un accident nucléaire, contre dix ans jusqu’à présent. Un plus grand nombre de personnes et de résidents des pays voisins sont également couverts par la nouvelle législation.

120 à 400 milliards d’euros

Les dommages en cas d’accident nucléaire sont estimés par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français à un montant variant de 120-400 milliards d’euros.

La probabilité d’une catastrophe nucléaire reste exceptionnellement faible, mais l’entrée en vigueur de la Convention de Paris signifie que tous les exploitants nucléaires doivent être assurés. Étant donné que le risque couvert est plus étendu, la prime augmente. L’Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles (Ondraf) a fait savoir qu’il demanderait la garantie de l’État, (NDLR : donc des contribuables !) car il ne parvient plus à s’assurer sur le marché privé. Le montant maximal à assurer s’élève à 300 millions d’euros.

Grosse facture

La question se pose dès aujourd’hui pour Engie-Electrabel qui est propriétaire des centrales nucléaires en Belgique. Cela représente pour le groupe une assurance de 1,2 milliard d’euros par site et par accident nucléaire. La réponse devrait être connue d’ici le 10 octobre. La ministre de l’Énergie, Tinne Van der Straeten, n’a pas voulu s’avancer sur les éventuelles conditions qui seraient assorties à l’octroi d’une garantie.

Les dommages en cas d’accident nucléaire sont estimés par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français à un montant variant de 120 à 400 milliards d’euros. Ainsi, l’assurance ne couvrirait que 1% des dommages matériels et physiques potentiels.

L’élargissement de la responsabilité nucléaire est une conséquence du protocole du 12 février 2004 complétant la convention de Paris. Le projet de loi met en œuvre ce protocole a été signé par le gouvernement Di Rupo. Il a reçu l’unanimité en commission de la Chambre.

Par Belga , publié le 05 octobre 2021 à 17h37

Photo en titre : Les dommages en cas d’accident nucléaire sont estimés par l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire français à un montant variant de 120 à 400 milliards d’euros. ©Photo News

https://www.lecho.be/entreprises/energie/les-exploitants-nucleaires-devront-renforcer-leur-couverture-du-risque/10336735.html?

LE GOUVERNEMENT À FOND DANS LE NUCLÉAIRE AVANT L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Par les réacteurs SMR ou les nouveaux EPR, le nucléaire s’invite dans la campagne présidentielle. Si le gouvernement veut accélérer leur développement, des « retards, surcoûts et malfaçons » seraient attendus, selon des associations.

À six mois de la présidentielle, Emmanuel Macron semble déterminé à se poser en champion du nucléaire. Selon Europe 1, le président envisagerait de lancer en France des SMR (pour « Small Modular Reactor »), des réacteurs atomiques plus petits et compacts que ceux utilisés aujourd’hui. L’objectif, selon la radio privée : « renforcer la filière » et « préparer les nouvelles centrales ».

L’exécutif réfléchirait depuis six mois au développement de ces réacteurs nouvelle génération. En avril dernier, EDF avait présenté « Nuward » (pour « Nuclear Forward » ou « en avant le nucléaire »), un projet de petit réacteur de 170 mégawatts électriques (MWe) à eau pressurisée. Selon les informations d’Europe 1, le gouvernement aurait « mis la pression » à l’entreprise afin qu’elle accélère leur développement.

Grâce aux SMR, EDF et le gouvernement espèrent révolutionner la filière. Reste un obstacle de taille : leur compétitivité économique est loin d’être acquise. « Quand on fait le bilan des SMR en regardant quelles sont les réalisations, les durées de construction et les coûts, il est catastrophique », expliquait en mai dernier à Reporterre le consultant en énergie Mycle Schneider. Présenter les SMR comme un outil de lutte contre le changement climatique, poursuivait-il, serait également une « arnaque intellectuelle » : « Si les premiers prototypes de SMR voyaient le jour en 2030, cela signifierait qu’ils ne seraient pas produits en série avant 2040. On nous parle d’urgence climatique et on essaie de nous vendre des technologies qui ne seraient pas commercialisées avant 2040 ! »

Les SMR n’existent pour le moment que sur le papier. Cette annonce du président traduit cependant la volonté de l’exécutif de renforcer coûte que coûte la filière. Le 1er octobre dernier, Agnès Pannier-Runacher, la ministre déléguée chargée de l’Industrie, déclarait que le gouvernement pourrait se prononcer plus tôt que prévu sur la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR. Jusqu’alors, l’exécutif s’était engagé à attendre la mise en service de celui de Flamanville avant de prendre la moindre décision. Ce choix pourrait finalement être fait avant la fin du chantier. « Peut-être que nous prendrons [cette décision] un peu en avance, lorsque nous serons sûrs que l’EPR de Flamanville sera sur la bonne voie », a annoncé la ministre sur RMC et BFMTV.

Un sticker « Stop EPR ! » à Champoléon (Hautes-Alpes). Flickr/CC BY 2.0/Jeanne Menjoulet

Des « boulets » aux pieds des générations futures

Dans un communiqué, le Réseau Sortir du nucléaire a dénoncé la « fuite en avant » du gouvernement, qui chercherait à « sécuriser à tout prix la construction de nouveaux réacteurs » en dépit des nombreux problèmes accumulés à Flamanville. Dans un rapport publié en juillet 2020, la Cour des comptes avait qualifié ce chantier « d’échec opérationnel ». La construction de ce réacteur de troisième génération accuse en effet un retard de dix ans. Les coûts de construction ont été multipliés par 3,3 et s’élèvent aujourd’hui à 12,4 milliards d’euros.

« Refuser de tirer les leçons de ce chantier catastrophique pour engager la France avec de nouveaux réacteurs qui connaîtront très probablement, à leur tour, retards, surcoûts et malfaçons, est absolument inacceptable, estime le Réseau Sortir du nucléaire. Décider le lancement de ces nouveaux projets revient à mépriser la démocratie, la sûreté et les générations futures, qui devront porter le poids de ces nouveaux boulets à leurs pieds. »

Selon Yves Marignac, consultant sur le nucléaire et la transition énergétique au sein du groupe Négawatt, les récentes déclarations du gouvernement relèvent du « positionnement symbolique », dans un contexte où « l’ensemble des forces conservatrices, de la droite à l’extrême droite, sont dans une surenchère pronucléaire et anti-renouvelables. » Le 1er octobre, la candidate Les Républicains (LR) Valérie Pécresse promettait ainsi de lancer six nouveaux EPR si elle était élue. Le lendemain, Éric Zemmour estimait dans une tribune publiée sur Le Point que « la souveraineté énergétique pass[ait] par un renouveau du nucléaire ». Xavier Bertrand et Marine Le Pen se sont également prononcés au cours des derniers mois en faveur de l’atome.

« Si l’agenda réel était l’urgence climatique, ce n’est pas ça qui serait annoncé. » (Yves Marignac)

« On est dans l’affirmation d’une posture idéologique régalienne, poursuit Yves Marignac. Cela s’inscrit dans une représentation gaullienne de la France associant le nucléaire à la souveraineté et à la sécurité énergétique. » Le consultant déplore que ces déclarations soient déconnectées « de toute réflexion concrète sur les conditions de mise en œuvre de ces projets ». Le développement des SMR, explique-t-il, implique par exemple d’imaginer une stratégie d’implantation, de transport des combustibles et de gestion des déchets ad hoc. Aucun de ces obstacles n’a été véritablement pensé par le gouvernement, affirme-t-il.

Ces annonces sont également déconnectées, selon lui « des priorités réelles » que sont la sécurité énergétique et le réchauffement climatique. « Si l’agenda réel était l’urgence climatique, ce n’est pas ça qui serait annoncé », regrette-t-il. Le gouvernement n’a par exemple engagé aucune réflexion sur la maîtrise de la demande en énergie, pourtant cruciale pour atténuer le dérèglement du climat. Pire : si ces projets venaient à se concrétiser, les ressources importantes qui leur seraient consacrées pourraient, selon le consultant, entraver le développement des énergies renouvelables et de politiques de sobriété, deux solutions pourtant « plus évidentes et nécessaires ».

Yves Marignac s’attend à ce que cette dynamique se poursuive dans les prochains mois. « Malheureusement, nous ne sommes qu’au début de l’instrumentalisation idéologique du nucléaire dans le déploiement de la campagne présidentielle. »

Par Hortense Chauvin (Reporterre), publié le 5 octobre 2021 à 14h45

https://reporterre.net/Le-gouvernement-a-fond-sur-le-nucleaire-avant-l-election-presidentielle

INCIDENT À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM : L’UNITÉ 3 ENCORE À L’ARRÊT FORCÉ

L’unité 3 de la centrale nucléaire de Cattenom a été mise à l’arrêt dans la nuit de lundi à mardi en raison d’un nouvel incident.

Un nouvel incident, survenu dans la nuit de lundi à mardi à 3 h 40, a provoqué la mise à l’arrêt de l’unité de production numéro 3 de la centrale nucléaire de Cattenom. Le réacteur a détecté une panne avant de se mettre automatiquement en veille.

Le dysfonctionnement est actuellement en phase de diagnostic. Cet événement fait suite à un précédent incident, survenu le 16 septembre dernier sur ce même réacteur. Un filtre défaillant était à l’époque en cause. Notons que ces deux incidents s’inscrivent dans la foulée de la révision décennale de la tranche d’exploitation nucléaire numéro 3. Une opération de maintenance qui s’était étalée sur six mois.

Par Le Républicain Lorrain, publié le 5 octobre 2021 à 13h25

Photo en titre : Ces deux incidents s’inscrivent dans la foulée de la révision décennale de la tranche d’exploitation nucléaire numéro 3. (illustration Éditpress)

https://lequotidien.lu/grande-region/incident-a-la-centrale-nucleaire-de-cattenom-lunite-3-encore-a-larret-force/

MÊME PLUS PETIT, LE NUCLÉAIRE, C’EST TOUJOURS NON !

Emmanuel Macron devrait annoncer la création de mini-centrales nucléaires à l’occasion d’un déplacement à Belfort mi-octobre.

La souveraineté en matière d’énergie, l’autonomie dans laquelle nous devrions être, la fin des énergies fossiles et leur gaz à effet de serre devraient nous amener à investir massivement dans la rénovation thermique des bâtiments et la construction pour avoir des bâtiments passifs ou positifs, l’innovation dans la réduction des consommations énergétiques, la production d’énergie renouvelable…

L’annonce de la hausse des prix de l’énergie ne doit pas être l’occasion de relancer la filière nucléaire mais l’occasion d’accélérer la transition énergétique. Faut-il rappeler que nous ne savons toujours pas traiter les déchets nucléaires, que l’uranium est importé ? Que l’EPR est un fiasco financier et un chantier sans fin ?

Que le risque nucléaire est infiniment plus important que celui de n’importe quelles autres sources d’énergie, relancer la filière nucléaire est une fausse « bonne » solution.

En outre, pour fonctionner, les centrales nucléaires, quelques soient leurs tailles, ont besoin de cours d’eau à proximité, or l’incertitude climatique dans laquelle nous sommes doit nous amener à la plus grande prudence : les épisodes de sécheresse sont de plus en plus nombreux et leur durée de plus en plus grande. Faire fonctionner les centrales ne serait donc plus possible faute d’eau toute une partie de l’année

Par ailleurs, investir dans la production d’énergie nucléaire implique le développement du tout électrique. Pour fonctionner, les appareils auront besoin de batteries qui elles-mêmes ont besoin de terres rares. Nous ne pouvons donc pas là aussi considérer que cette idée soit une idée viable. En effet, l’exploitation des terres rares ouvre des carrières dont l’immensité est insoutenable pour les pays d’extraction.

Tout comme pour les déchets nucléaires, nos technologies ne sont pas encore développées pour assurer le recyclage des équipements utilisant les matières rares (électronique, batterie…).

L’urgence n’est donc pas à la relance du programme nucléaire. L’urgence est de construire un monde où les besoins en énergie électrique sont moins importants d’une part et d’autre part dans l’amélioration de l’économie circulaire, notamment le recyclage des batteries, des téléphones et autres objets connectés.

Par EELV FRANCHE COMTÉ, publié le 5 octobre 2021

Article cosigné par Anne Vignot, Maire EELV de Besançon, les élu-e-s municipaux EELV de Besançon, les élu-e-s régionaux EELV de Bourgogne Franche-Comté, Claire Mallard, secrétaire régionale pour EELV Bourgogne et Cécile Prudhomme, secrétaire régionale pour EELV Franche-Comté

https://www.factuel.info/blog/meme-plus-petit-le-nucleaire-cest-toujours-non

Note de facteur à l’article ci-dessus :

Pour nous faire avaler la pilule atomique les nucléocrates essayent de réduire la dimension des réacteurs : rien de ce qui touche au nucléaire ne peut être qualifié de « petit » puisque dans l’atome tout est gigantesque :

– de sa mise en œuvre militarisée à tous ses étages,

– aux mines d’extraction d’uranium avec leurs montagnes de « stériles« ,

– à travers la durée de vie de ses déchets radioactifs,

– suite aux atteintes éternelles des ADN des riverains de tous les sites de la chaîne de l’atome, suite aux rejets liquides et gazeux,

PRÉSIDENTIELLE 2022 : QUE PROPOSENT LES DIFFÉRENTS CANDIDATS SUR LE NUCLÉAIRE ?

ÉCLAIRAGE – Macron, Jadot, Le Pen …. Tous les candidats à l’élection ont pris la parole sur le sujet du nucléaire en France. Voici un petit tour d’horizon pour mieux comprendre le positionnement et les arguments de chacun…

NDLR : bien entendu, je ne publierai que les positions des candidats qui sont défavorables au nucléaire. Pour voir l’article en entier, cliquez sur l’adresse en fin de texte.

. Ce que souhaite Yannick Jadot : sortir du nucléaire sur vingt ans

Ce sont entre 500 et 700 personnes qui ont manifesté ce premier dimanche d’octobre  pour réclamer la fermeture du site de la centrale nucléaire du Bugey (Ain). Une dizaine d’élus locaux et régionaux, principalement EELV et LFI, ainsi que la députée LFI du Val-de-Marne Mathilde Panot, y ont participé. S’il existe un mouvement qui souhaite sortir définitivement du nucléaire, c’est la vitesse d’action qui différencie les différents programmes. 

Yannick Jadot, le vainqueur de la primaire écologiste, souhaite sortir du nucléaire sur vingt ans. 

Invité de RTL jeudi 9 septembre, celui-ci expliquait qu’il veut agir à la fois sur les économies d’énergie et sur l’utilisation des énergies renouvelables. Il s’est aussi prononcé en faveur de l’abandon du chantier de l’EPR à Flamanville.

. Ce que souhaite Anne Hidalgo : sortir du nucléaire dès que possible

Dans son livre intitulé Une femme française qui est parue le 15 septembre, Anne Hidalgo présente ses différentes priorités. Pour l’élue socialiste, l’écologie doit être inscrite dans la Constitution et ne doit pas appartenir à « un seul parti ». Cette dernière met donc en avant une « juridiction internationale » sur les questions environnementales. La maire de Paris considère « qu’il faut sortir du nucléaire, aussi vite que le développement des énergies renouvelables le permet ».

« Sur les cinq ans qui viennent, je propose une planification pour sortir des énergies fossiles vers les énergies renouvelables et accompagner les travailleurs vers les nouveaux emplois que la transition écologique permettra. »

. Ce que souhaite Jean-Luc Mélenchon : adopter une sobriété énergétique pour sortir du nucléaire

Lors du débat l’opposant à Éric Zemmour le jeudi 23 septembre, Jean-Luc Mélenchon a évoqué sa position sur le nucléaire. « L’idée et de redéployer un appareil de production d’énergies, car nous avons besoin d’énergie, qui soit inoffensif contre la nature et contre le futur. Dans cette perspective, nous devons sortir du nucléaire ! » a-t-il débuté. 

Puis il a évoqué trois points fondamentaux : l’installation d’autres moyens de production d’énergies comme la géothermie et l’hydraulique, la sortie du nucléaire mais aussi la sobriété énergétique. « Consommez moins d’énergie pour moins de gaspillage«  a-t-il résumé.

Publié le 5 octobre 2021

Photo en titre : Centrale nucléaire à Fessenheim, France. Crédit : SÉBASTIEN BOZON / AFP

https://www.rtl.fr/actu/politique/presidentielle-2022-ce-que-pensent-les-differents-candidats-du-nucleaire-7900081008

DISPARITION LE DR MICHEL FERNEX, NATURALISTE ET MILITANT ANTINUCLÉAIRE

Le Dr Michel Fernex, figure du naturalisme alsacien et inlassable militant antinucléaire, est décédé ce samedi 2 octobre à l’âge de 92 ans, a-t-on appris auprès de ses proches.

Né en 1929 à Genève, Michel Fernex était professeur émérite de la faculté de médecine de Bâle. En 1957, il épouse la Strasbourgeoise Solange de Turckheim avec laquelle il passera douze ans au Sénégal puis en Tanzanie, exerçant sa spécialité, la médecine tropicale. Il sera d’ailleurs membre du comité directeur de recherche pour les maladies tropicales à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Après le retour du couple à Biederthal, dans le Jura alsacien, son épouse Solange (décédée en 2006) deviendra l’une des figures de proue du mouvement écologiste naissant en Alsace et en France. Le couple aura quatre enfants, Étienne, Antoine, Jean et Marie.

Un couple précurseur du mouvement écologiste en Alsace

Comme son épouse, Michel Fernex est très sensible à la cause environnementale. Naturaliste reconnu, notamment en matière d’ornithologie, il est aussi un militant antinucléaire de la première heure. En 2001, avec Solange et le physicien biélorusse Vassili Nesterenko, il est l’un des membres fondateurs de l’association Enfants Tchernobyl Belarus, qu’il présidera par la suite. Spécialiste des effets de la radioactivité sur la santé, il n’aura de cesse d’alerter l’opinion publique et les institutions sur les conséquences des accidents nucléaires, notamment l’influence du césium 137 sur diverses pathologies.

Membre de l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, il est également très actif dans la campagne pour l’indépendance de l’OMS vis-à-vis de l’Agence internationale de l’énergie atomique à partir de 2006.

En 2012, à 83 ans, il reprendra son bâton de pèlerin, se rendant à Fukushima à la rencontre des populations touchées par l’accident nucléaire, déplorant alors que « les leçons de Tchernobyl [eurent été] ignorées ».

Par L’Alsace, publié le 5 octobre 2021 à 17h36, mis à jour à 17h37

Photo en titre : Michel Fernex, figure du mouvement antinucléaire, est décédé samedi à l’âge de 92 ans. Photo archives L’Alsace

https://www.lalsace.fr/environnement/2021/10/03/le-dr-michel-fernex-naturaliste-et-militant-antinucleaire

NDLR: Militant infatigable, il fut et restera pour moi un modèle de persévérance. J’ai ce soir une pensée émue pour sa famille.

Nous vous invitons à lire l’article rédigé après ses obsèques : http://crilan.fr/michel-fernex-nous-a-quittes/

 

NUCLÉAIRE : CE QU’IL FAUT SAVOIR SUR LES « MINI-CENTRALES » QU’EMMANUEL MACRON SOUHAITE CONSTRUIRE

INVESTISSEMENTS – Selon des informations confirmées par l’Élysée, le président envisage la construction de SMR, des réacteurs modulaires nouvelle génération. Ces « mini-centrales » viendraient en appoint des centrales classiques.

À six mois de la présidentielle, le nucléaire resurgit sur le devant de la scène. Selon des informations d’Europe 1 confirmées par le service politique de TF1/LCI, le président Emmanuel Macron souhaiterait engager la France dans la construction de réacteurs modulaires nouvelle génération, considérés comme plus économiques et plus écologiques. 

Les centrales SMR, pour Small Modular Reactor sont des petits réacteurs modulaires, de taille et de puissance plus faibles que des réacteurs conventionnels.

Une technologie qui viendrait en appoint des EPR

Selon Valérie Faudon, la déléguée générale de la société française d’énergie nucléaire, interrogée par LCI, ces réacteurs produisent dix fois moins d’électricité que les centrales EPR, qui doivent être déployées en France. Les SMR ne seraient donc pas développés pour remplacer l’ensemble du parc nucléaire français, mais bien pour le compléter

De plus, ces réacteurs ne produisent pas seulement de l’électricité. « Ça permet par exemple de faire de la chaleur, ça permet aussi de faire de l’hydrogène, avec des nouvelles technologies d’hybridation qui permettent de faire de l’hydrogène avec de l’eau en moins », explique Valérie Faudon. D’après l’entourage de l’Élysée, une enveloppe de 50 millions d’euros, du plan de relance, pourrait être investi sur deux ans dans la réalisation d’un avant-projet sommaire.

Car pour le moment, le projet est toujours en développement. « Il s’agit de travailler dessus pour faire des conceptions détaillées, de faire des prototypes disons, avant 2030, et qui soit disponible, industriellement avant la fin des années 2030 », précise Valérie Faudon.

Pour cette experte, le développement en série de cette technologie permettrait d’éviter le désastre économique qu’a représenté la construction du prototype d’EPR à Flamanville. Les réacteurs produits pourraient également être exportés à l’étranger, représentant donc un secteur économique porteur. 

« Il y beaucoup de pays qui se lancent dans le nucléaire ou ont besoin de petites unités parce que typiquement, un couple de SMR, c’est à peu près la taille d’une centrale à charbon », souligne Valérie Faudon. Une manière de réinvestir la filière nucléaire dans laquelle la France excellait il y a 30 ans, mais dont les compétences ont été peu à peu perdues.

Publié le 4 octobre 2021 à 12h13

https://www.lci.fr/economie/nucleaire-ce-qu-il-faut-savoir-sur-les-mini-centrales-qu-emmanuel-macron-souhaite-construire-2197997.html

NDLR : 6 EPR + de nombreux SMR = une dissémination nucléaire sur le territoire pire qu’actuellement !! Et encore plus de déchets…et encore moins d’indépendance énergétique puisque 100% de l’uranium est importé !

LA TRANSITION « ÉCOLOGIQUE » AU NUCLÉAIRE