Déc 14

FUITES À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CRUAS : UNE ASSOCIATION D’EXPERTS DÉMISSIONNE

La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) a démissionné de la commission locale d’information (Cli) [1] de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche), lundi 10 décembre, par une lettre adressée au président de la Cli, Pascal Terrasse. La Criirad avait annoncé son intention de partir lors du dernier conseil d’administration de la Cli, le 26 octobre, et refusé de participer à la plénière de novembre. « Nous souhaitons pouvoir intervenir auprès de la Cli en tant qu’expert mais nous ne voulons plus participer à cette mascarade. Nous avons constaté des dysfonctionnements lourds, qui pourraient engendrer des expositions injustifiées à la radioactivité, menaçant les travailleurs, les riverains et l’environnement », a déclaré à Reporterre Sylviane Poulenard, administratrice de la Criirad et ex-membre de la Cli.

Le laboratoire indépendant de mesure de radioactivité dans l’environnement, créé en mai 1986 par Michèle Rivasi à la suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, estime « anormal » que les membres de la Cli ne soient pas informés de certains incidents qui se produisent dans l’enceinte de la centrale. En mai 2018, EDF, exploitant de la centrale, a découvert une concentration de tritium près de vingt fois supérieure à la normale –- 190 becquerels par litre au lieu de 10 –- au niveau des captages d’eau potable de la centrale -– lesquels alimentaient notamment la cantine. « L’ASN [Autorité de sûreté nucléaire] n’a été informée de cette anomalie que très tardivement, et les membres de la Cli l’ont appris dans la presse », s’insurge Mme Poulenard. En août 2018, ce sont des hydrocarbures qui sont détectées dans la nappe d’eau souterraine sous la centrale. « Là aussi, l’information n’est pas venue tout de suite. Nous l’avons également appris dans la presse. »

Les plénières de Cli, « grand-messe où l’exploitant déroule son diaporama »

La Criirad critique aussi le format des plénières de la Cli, « sortes de grand-messe où l’exploitant déroule son diaporama, suivi de quelques remarques de l’ASN, puis de quelques questions auxquelles il est souvent répondu que la réponse sera donnée la prochaine fois ou qu’il faut envoyer un courrier », déplore l’administratrice de la Criirad. « En outre, les documents de préparation de la plénière ne sont envoyés que trois ou quatre jours avant, ce qui fait que notre laboratoire n’a pas le temps de travailler dessus. » Enfin, la Criirad regrette que la Cli de Cruas ne se saisisse pas de sa possibilité de commander des études indépendantes. « Nous étions très satisfaits de présenter nos études sur les transports de matières radioactives et sur les rejets dans le Rhône. Nous y soulevions des problèmes qui auraient justifié des études complémentaires. Mais c’était comme donner un coup d’épée dans l’eau : il n’y a eu aucune réaction de la part de la Cli. »

La réunion publique prévue le 17 décembre, dans le cadre de la concertation sur le prolongement des réacteurs de la centrale au-delà de quarante ans, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. « Elle a été présentée comme une réunion de concertation, alors qu’il ne s’agit que d’une histoire de communication, dénonce Mme Poulenard. Notre avis ne sera pas pris en compte, surtout que le processus de prolongation est déjà lancé. Nous avons calculé qu’au terme du processus de réexamen en vue de la prolongation, les réacteurs auront déjà entre 44,5 et 50 ans ! »

Didier Boulle, chargé de mission de la Cli de Cruas pour le conseil départemental de l’Ardèche, « regrette » le départ de la Criirad. « Elle est compétente, reconnue et avait toute sa place dans la Cli. » Selon lui, le laboratoire s’est retiré entre autres raisons pour pouvoir assurer des prestations payantes pour le compte de la Cli. « Ce qu’en tant que membre de la Cli, elle n’aurait pas pu faire. Maintenant qu’elle n’est plus dans la commission, on pourra éventuellement la consulter et lui confier une prestation de service, dans le cadre d’un appel d’offres. » Mais pour l’heure, aucune commande d’étude n’est prévue. « C’est sûr qu’on ne pouvait pas être juge et partie, admet l’administratrice de la Criirad. Même si EDF fonctionne beaucoup en auto-produisant les études qui le concernent, il n’était pas question pour nous de rentrer dans ce jeu-là. Cela dit, depuis que nous sommes dans la Cli, la question ne s’est jamais posée. Et si une étude avait été commandée, d’autres laboratoires que le nôtre auraient pu intervenir. »

Source : Reporterre, publié le 14 décembre 2018

https://reporterre.net/Fuites-a-la-centrale-nucleaire-de-Cruas-une-association-d-experts-demissionne

Déc 14

LANCEMENT DE LA MOBILISATION POUR L’ABROGATION DU TRAITÉ EURATOM

LA CRIIRAD: Pour en finir avec un régime d’exception, qui freine le développement des énergies renouvelables, nous lançons ce jour en partenariat avec l’association RECH une campagne de mobilisation pour demander l’abrogation du traité EURATOM.

Plus de 60 ans après sa création, ce traité maintient l’énergie nucléaire en dehors du fonctionnement normal des institutions européennes. Pour la CRIIRAD, ce régime d’exception est aussi anachronique qu’anormal.

Alors qu’il a pour mission essentielle de promouvoir les industries nucléaires, c’est dans le cadre de ce traité que sont définies également les normes de protection contre les dangers de la radioactivité ! Le conflit d’intérêt est criant et agit au détriment d’une protection efficace des populations.

À de nombreuses reprises, notre association a mis en évidence les problèmes posés par EURATOM, comme lors des dossiers et mobilisations que nous avons consacrées aux normes de radioactivité dans l’eau ou celui des niveaux d’exposition et des niveaux autorisés de contamination des aliments en cas de catastrophe nucléaire. Par le passé, nous avons également mené des actions sur un sujet similaire : l’accord OMS-AIEA.

À l’origine de la campagne qui démarre, les ONG autrichiennes Global 2000 et Atom-Stopp ont rédigé un projet de résolution appelant à la révision/résiliation d’EURATOM. Ce document faisait suite à la conférence NEC de Linz en 2017, à laquelle participaient plusieurs ONG mais aussi des représentants d’EURATOM.
L’association RECH, que vous connaissez certainement par son initiative des chaînes humaines, a repris en 2018 la diffusion de ce projet en France et certains pays voisins (Belgique, Suisse). Cette campagne rejoignant les préoccupations de notre association, c’est avec enthousiasme que nous avons décidé de nous y associer.

Le support de notre action est une pétition qui peut être signée sous deux formes : la plus simple, en termes de gestion et de rapidité, est d’inviter à signer la pétition en ligne http://abrogationeuratom.wesign.it/fr. Une version anglaise est en place sur ce même site (onglet EN) pour les signataires qui ne sont pas de langue française. Une version « papier » est également disponible et téléchargeable depuis notre site.

Le Royaume-Uni se prépare à dénoncer le traité de l’Union Européenne (Brexit), mais aussi le traité EURATOM, ce qui devrait entraîner la révision de ce traité. Des actions des gouvernements d’Autriche, d’Allemagne et plus récemment du Luxembourg vont également dans le sens de l’abrogation ou de la révision. Cette mobilisation intervient donc dans un contexte favorable aux remises en question.

Ce jeudi 13 décembre, une réunion de presse à la mairie de 2ème arrondissement de Paris permet de lancer officiellement la mobilisation qui se terminera le 7 mars. En effet, l’objectif est de déposer les signatures recueillies au Palais de l’Élysée, avant le 29 mars, date prévue du Brexit. Entre ces deux dates, nous procèderons à la centralisation et au comptage des pétitions.

Nous organisons actuellement des conférences sur toute la France et nous vous communiquerons très bientôt les dates, ainsi que de nouvelles informations. Nous serons heureux de vous y rencontrer ; n’hésitez pas à y invitez vos proches.

Nous comptons sur vous pour faire connaître la mobilisation dans vos réseaux et obtenir de nombreuses signatures !

L’équipe CRIIRAD

[1] Site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris les pétitions)
[2] Site RECH : http://chainehumaine.fr/

Petit rappel : CRIIRAD = Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

Déc 14

MOSCOU DÉMENT AVEC FORCE LA PRÉSENCE D’ARMES NUCLÉAIRES À BORD DE SES AVIONS AU VÉNÉZUELA

La diplomatie russe a qualifié de fausse et d’inventée les informations sur une éventuelle présence d’armes nucléaires à bord des avions Tu-160 russes actuellement au Venezuela. Ils y ont participé à des exercices conjoints avec l’armée vénézuélienne.

Les déclarations du secrétariat général de l’Organisation des États américains (OEA) sur la prétendue présence d’armes nucléaires à bord des deux bombardiers stratégiques Tu-160 envoyés au Venezuela sont politisées et nuisent à la coopération de la Russie avec cette organisation, a déclaré vendredi le ministère russe des Affaires étrangères.

«Nous regrettons profondément que la direction de l’OEA use de son statut pour diffuser des informations fausses et inventées sur la politique de la Russie dans la région latino-américaine», ajoutent les diplomates.

L’OEA n’avait pas exclu l’éventualité de la présence d’armes nucléaires à bord des avions envoyés par la Russie au Venezuela pour des manœuvres conjointes.

«La Russie tient strictement et intégralement ses engagements pris dans le cadre du protocole additionnel II du traité de Tlatelolco [qui vise à créer une zone exempte d’armes nucléaires en Amérique latine et dans les Caraïbes]», lit-on dans le communiqué du ministère.

Le vol des bombardiers russes au Venezuela «ne viole aucunement les dispositions du traité en question», a encore souligné le ministère.

Des bombardiers stratégiques russes Tu-160 ont survolé pendant dix heures l’aire maritime des Caraïbes, dans le cadre de la visite d’une délégation des forces aériennes russes au Venezuela. Les appareils russes ont effectué certaines étapes de l’exercice en équipe avec les chasseurs Su-30 et F-16 appartenant à l’aviation militaire vénézuélienne. Les exercices conjoints de la Russie et du Venezuela ont suscité de vives critiques de la part des États-Unis.

https://fr.sputniknews.com/international/201812141039303250-russie-venezuela-avions-armes-dementi/

Déc 14

« LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE DE LA CORÉE DU NORD EST UN MENSONGE »

La Corée du Nord poursuit l’élargissement d’installations militaires susceptibles de déployer des missiles balistiques intercontinentaux capables d’atteindre les États-Unis, indique un rapport de l’Institut américain d’études internationales Middlebury, basé sur des images satellites recensées au cours des derniers mois.

Selon le Wall Street Journal, ces conclusions soulèvent à nouveau des doutes quant à la sincérité du régime nord-coréen lors des négociations sur le désarmement mutuel et ce, malgré les déclarations du président américain Donald Trump selon lesquelles les efforts de dénucléarisation de la Corée du Nord progressent.

Yeongjeo-Dong

« La base de missiles de Yeongjeo-dong inquiète depuis longtemps les autorités américaines et sud-coréennes en raison de son emplacement unique« , indique le rapport.

Les activités observées à Yeongjeo-Dong, située près de la frontière avec la Chine montrent que la Corée du Nord produit toujours des armes nucléaires et améliore ses capacités en matière de missiles.

« Yeongjeo-Dong est l’un des endroits les plus importants en Corée du Nord surveillé par notre armée en collaboration avec les États-Unis« , a déclaré un porte-parole de l’armée sud-coréenne.

Par ailleurs, à environ sept kilomètres de ce site, la Corée du Nord a construit de nouvelles installations qui pourraient être soit un nouveau site de lancement, soit une extension de Yeongjeo-Dong.

Plusieurs responsables américains se demandent si la volonté de la Corée du Nord de mettre un terme au développement de son arsenal nucléaire doit être prise au sérieux. En effet, lors des négociations, on a observé des divergences d’opinion au sujet des sanctions internationales prises contre la Corée du Nord et du rythme de désarmement.

La Corée du Nord a insisté sur le fait qu’elle avait réalisé des concessions considérables avec notamment le démantèlement d’une base de lancement de missiles et d’un site d’essais d’armes nucléaires. Le régime nord-coréen a par ailleurs demandé que les sanctions sur le commerce du charbon, des textiles et des matières premières soient assouplies. Actuellement, les États-Unis ont rejeté tout assouplissement jusqu’à ce que la Corée du Nord fournisse des preuves plus concrètes de sa dénucléarisation.

Négociation

Une extension de la base de Yeongjeo-Dong n’irait pas nécessairement à l’encontre de l’accord conclu entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump en juin dernier à Singapour. L’accord oblige uniquement les deux parties à nouer de nouvelles relations et « à œuvrer en faveur d’une dénucléarisation complète« .

« Ce sont des concepts vagues élaborés par des responsables nord-coréens« , a déclaré un ancien haut responsable nord-coréen qui s’est enfui en Corée du Sud. Le Wall Street Journal souligne que l’absence de détails précis dans cet accord offre aux diplomates la possibilité de négocier. Toutefois, l’accord ne comporte aucun concept susceptible de contribuer à réduire les divergences de vues fondamentales entre les parties impliquées, indique le journal.

Les États-Unis ont laissé entendre qu’un nouveau sommet entre Kim Jong Un et Donald Trump pourrait avoir lieu au début de l’année prochaine. Parallèlement, le rapprochement ultérieur entre la Corée du Nord et la Corée du Sud entraîne de nouvelles complications.

« La Corée du Sud a demandé aux États-Unis qu’ils acceptent certaines revendications nord-coréennes en faveur d’une levée partielle des sanctions« , explique le journal américain. Une telle initiative permettrait un nouvel échange économique sur la péninsule coréenne, échange espéré par le président sud-coréen Moon Jae-In. Toutefois, ce dernier fait preuve de prudence afin de ne pas défier son allié américain.

Lors d’une récente réunion avec Trump, Moon a réitéré son soutien inconditionnel aux sanctions contre la Corée du Nord. Entre-temps, les États-Unis et la Corée du Sud s’emploient à apaiser les tensions avec Pyongyang en réduisant les exercices militaires conjoints.

De son côté, la Corée du Nord a adouci ses critiques habituelles à propos de ces manœuvres, les qualifiant brièvement d’exercices « dangereux« . 

Publié le 14 décembre 2018

https://fr.express.live/2018/12/14/le-desarmement-nucleaire-de-la-coree-du-nord-est-un-mensonge-0

Déc 14

LA CRIIRAD DÉMISSIONNE DE LA CLI DE CRUAS

Une Commission Locale d’Information (CLI) a été mise en place depuis 2006 auprès de la centrale nucléaire de Cruas. Elle est constituée de 4 collèges (élus locaux, associations, syndicats et personnes qualifiées) et présidée par Mr Pascal Terrasse par délégation du Conseil Départemental de l’Ardèche.

La CRIIRAD y a siégé activement depuis une dizaine d’années. À la suite de notre courrier du 5 octobre 2018 à la CLI de Cruas, dans lequel nous dénoncions des dysfonctionnements récurrents, ainsi qu’une rencontre avec Mr Terrasse auquel nous avons pu formuler directement nos griefs, le CA de notre association a voté, de manière unanime, la démission de la CLI de Cruas, ne voulant plus cautionner par sa présence même un système qui ferait croire à la population que cette instance assume ses missions et que notre association apporte quelques « garanties » en matière de transparence et face au risque d’accident.

Une conférence de presse est organisée avec les journalistes dans les locaux de la CRIIRAD le 17 décembre à 11h pour leur exposer le dossier de manière plus complète.

Nous communiquerons bientôt de nouveau sur ce sujet.

Valence le 12 décembre 2018

[1] site CRIIRAD : http://www.criirad.org (y compris nos pétitions)
[2] Site des balises : balises.criirad.org

Petit rappel : CRIIRAD = Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité

CRIIRAD – 29, cours Manuel de Falla, 26000 Valence

Déc 13

LES TRAITÉS EUROPÉENS EMPÊCHENT UNE POLITIQUE CLIMATIQUE AMBITIEUSE

Alors que les États du monde entier discutent en Pologne du changement climatique, les auteurs de cette tribune appellent l’Union européenne à « rompre avec le cadre dominant » pour s’engager pleinement dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre.

« Faites ce que je dis, pas ce que je fais. » L’expression résume à merveille la politique climatique des principaux dirigeants européens. Mercredi 28 novembre, Miguel Arias Cañete, le commissaire européen à l’Action pour le climat, déclarait que « l’Union européenne a déjà commencé la transformation vers une économie climatiquement neutre ». Toutefois, derrière le vernis verdâtre, l’Union européenne continue d’alimenter à plein les causes du changement climatique. D’ailleurs, en matière d’hypocrisie, la palme revient sans nul doute à Emmanuel Macron : le président français a été sacré « champion de la Terre » alors que les émissions de gaz à effet de serre de la France sont reparties à la hausse.

La conférence des Nations unis sur le climat, la COP24, qui se tient actuellement à Katowice en Pologne est censée en finir avec la politique de l’autruche. Fin 2015, lors de la COP21, la plupart des pays de la planète s’étaient engagés à prendre les mesures nécessaires pour éviter la catastrophe. Mais depuis, le temps avance et les actes ne suivent pas. En l’état, même si les engagements de la COP21 étaient tenus, ils nous entraîneraient vers un réchauffement de 3,2 °C. Le rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) est pourtant sans appel : il faut tout mettre en œuvre pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 °C et, pour cela, le temps disponible est extrêmement limité. À Katowice, les États ont donc la lourde tâche de revoir à la hausse leurs contributions à l’effort commun.

Le système fonce dans le mur ; c’est le moment de tout réinventer 

La Terre s’est déjà réchauffée de 1,1 °C et les conséquences se font déjà sentir. Les pertes de biodiversité sont énormes et les événements climatiques extrêmes sont de plus en plus réguliers, comme l’ont tragiquement rappelé les récents incendies en Californie et en Europe, en particulier dans les pays du Sud. Mais ce n’est qu’un aperçu de ce qui nous attend si nous ne faisons rien. D’après le Giec, à un demi-degré près, les conséquences sur les conditions de vie sont colossales. Entre 1,5 °C et 2 °C, la perte de l’habitat naturel pour les vertébrés double. Entre + 1,5 °C et + 2 °C, le niveau des mers augmentera de 10 cm de plus, soit jusqu’à 10 millions de personnes supplémentaires sous les eaux.

Pourtant, des solutions existent. Pour les mettre en œuvre, il faut rompre avec le cadre dominant. Dans sa course folle, le système capitaliste repousse chaque jour un peu plus loin les frontières de l’exploitation de l’écosystème. À l’heure de la finance débridée, le productivisme et la recherche du profit ont pris le pas sur toute autre considération. La croissance verte est une chimère.

Dans le cadre de l’Union européenne, toute politique écologique ambitieuse se heurte aux traités : le pacte budgétaire empêche les États de mettre en place un grand plan de financement public de la transition écologique. L’architecture européenne permet aux lobbys d’imposer leurs choix comme pour le glyphosate. Les traités de libre-échange, à l’instar du Ceta, vont à l’encontre des productions locales et des circuits courts, etc.

Dans son livre Tout peut changer, Naomi Klein présente le réchauffement climatique comme une opportunité. Le système fonce dans le mur ; c’est le moment de tout réinventer. Réinventer une nouvelle manière de produire et de consommer et plus généralement construire une autre façon de vivre en société. Sans attendre, des expériences se font jour. En Espagne, les Ayuntamientos del cambio, « les mairies du changement », ont municipalisé les services énergétiques afin d’assurer l’approvisionnement en énergie des foyers le plus modestes et de produire de l’électricité renouvelable. Dans le même temps, les activistes d’Ende Gelände descendent dans les mines de charbon en Allemagne pour bloquer dès maintenant l’extraction du combustible le plus nocif pour le climat.

La lutte contre le changement climatique est par nature mondiale. Entre autres, les politiques climaticides du président étasunien ne doivent pas servir de fausse raison pour ne pas redoubler nos efforts. Par ailleurs, il ne faut pas oublier la responsabilité historique de l’Europe en matière d’émissions de gaz à effet de serre. L’Europe se doit de garantir les mécanismes qui permettent au pays du Sud de se développer de manière soutenable et juste.

L’environnement n’est pas une marchandise, c’est notre vie

Dans sa stratégie à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, la Commission européenne prévoit d’atteindre la « neutralité climatique » d’ici 2050. Non seulement cet objectif est insuffisant — il faut tendre vers l’émission zéro d’ici 2040 — mais en plus, il est inatteignable avec les méthodes et outils actuels. En effet, l’UE a adopté début novembre, avec le soutien de tous les grands groupes politiques, y compris des Verts, ses objectifs en matière d’énergie renouvelables et d’efficacité énergétique pour 2030, respectivement 32 % et 32,5 %. Avec des objectifs aussi bas autant dire que l’objectif de long terme est un vœu pieux. De plus, la Commission propose de fausses solutions, aussi dangereuses qu’incertaines comme le nucléaire et le captage et stockage du carbone. L’UE doit augmenter d’urgence les contributions nationales au Fonds vert pour le climat. La possibilité d’acheter des crédits d’émission de carbone, défendue par l’UE, et le soutien à l’industrie fossile gazière — alors que nous devrions nous débarrasser des combustibles fossiles —, sont des exemples clairs des politiques européennes incohérentes dans ce domaine. C’est la planète donnée aux marchés et au profit. Mais l’environnement n’est pas une marchandise, c’est notre vie.

L’Union doit rompre avec la « règle d’or » et en lieu et place instaurer la « règle verte », c’est-à-dire le principe de ne pas prélever sur la nature plus de ressources que ce qu’elle peut reconstituer. Nous n’avons pas de planète B. Il faut reconnaître l’eau et l’énergie comme des biens communs, sanctuariser les espaces naturels comme les forêts, qui stockent naturellement le carbone, et promouvoir une agriculture paysanne et écologique. Seules ces transformations profondes permettront de mettre un coup d’arrêt à la catastrophe planétaire engagée et répondre par la même occasion à l’urgence sociale dans nos pays en créant de nombreux emplois durables et de qualité qui promeuvent la transition technologique, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique.

Le 13 décembre 2018 / Younous Omarjee, Marisa Matias, Xabier Benito, Søren Søndergaard et Jens Holm

Younous Omarjee est député européen La France insoumise ; Marisa Matias est députée européenne du Bloco (Portugal) ; Xabier Benito est député européen de Podemos (Espagne) ; Søren Søndergaard est député et responsable Europe du parti l’Alliance rouge-verte (Danemark) ; Jens Holm est député du Parti de gauche (Suède).

Déc 13

SUISSE : LE CONSEIL FÉDÉRAL DOIT RATIFIER LE TRAITÉ SUR LES ARMES NUCLÉAIRES

La Suisse doit immédiatement ratifier le Traité de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires. La Chambre des cantons l’a exigé mercredi en adoptant une motion du National par 24 voix contre 15. Le Conseil fédéral avait refusé de franchir ce pas mi-août.

L’alliance de la gauche et du PDC a fait pencher la balance. Une ratification du traité marquera clairement le soutien décidé de la Suisse au droit international humanitaire et à ses valeurs. « Cela n’a pas de sens de signer un traité dont la portée n’est pour l’heure que symbolique et qui n’entraînerait aucun progrès« , a critiqué Damian Müller (PLR/LU) au nom d’une petite majorité de la commission de politique extérieure.

L’objectif de dénucléarisation n’est pas contesté, a-t-il insisté. Mais les principaux acteurs n’ont pas signé le traité et en raison de ses lacunes, le texte risque de polariser la discussion au lieu de la faciliter.

Tradition humanitaire

La Suisse a jusqu’ici ratifié tous les accords de désarmement, indépendamment de la position des grandes puissances, a rétorqué Anne Seydoux (PDC/JU). Or, Berne a conservé de très bonnes relations avec ces pays. « Ne pas ratifier le traité est incompatible avec la tradition humanitaire de la Suisse. » La réputation helvétique est en jeu, a estimé la démocrate-chrétienne.

Le principe de précaution s’applique bien plus à la nécessité de parvenir à un monde dénucléarisé qu’à la « pseudo-incertitude » sur les conséquences juridiques de l’adhésion pour la Suisse, a renchéri Liliane Maury Pasquier (PS/GE).

Pour Daniel Jositsch (PS/ZH), temporiser est de toute façon la mauvaise tactique, il faut signer vite pour mettre la pression sur les grandes puissances. Cela ne fonctionnera pas, ou alors seulement sur les pays européens, pas sur la Russie ou le Pakistan, on ne peut pas arriver à une dénucléarisation sans les pays détenteurs de l’arme nucléaire, a critiqué Josef Dittli (PLR/UR).

Sécurité européenne affaiblie

De bons arguments plaident pour et d’autres contre la signature immédiate du traité, ce qui atteste de la complexité du dossier, a constaté le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis. Adhérer tout de suite au traité serait en conflit avec le rôle de bâtisseur de ponts de la Suisse. Presque tous les pays européens sont critiques à l’égard du traité, car pour l’instant, il affaiblira plutôt que renforcera la sécurité européenne.

La Suisse ne dit pas seulement « non« . Le Conseil fédéral a décidé que la Suisse participerait à la conférence des États en tant qu’observatrice, a précisé M.Cassis. Le gouvernement a bien l’intention de poursuivre sa politique en matière de désarmement nucléaire dans sa tradition humanitaire.

Il prévoyait initialement de réexaminer sa position à l’égard du traité en vue de la première conférence d’examen, cinq ans après l’entrée en vigueur prévue en 2020.

Le traité a été négocié à l’ONU en 2017. Tous les États détenant l’arme nucléaire et la plupart de ceux alliés à des puissances nucléaires se sont tenus à l’écart des négociations. Le texte a finalement été adopté par 122 voix pour, une voix contre (Pays-Bas) et une abstention (Singapour). Pour l’instant, 67 pays l’ont signé et 19 ratifié.

Publié le 12.12.2018 à 13h42

https://www.lacote.ch/articles/suisse/le-conseil-federal-doit-ratifier-le-traite-sur-les-armes-nucleaires-806792

Déc 13

L’UE RÉITÈRE SON ATTACHEMENT À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Selon le représentant permanent des Pays-Bas auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Karel van Oosterom.

L’Union européenne (UE) a réitéré son attachement à l’accord nucléaire signé entre les puissances occidentales et l’Iran, déplorant le retrait américain de cet accord.

C’est ce qui ressort d’une conférence de presse conjointe à New York organisée par les représentants des pays du Conseil de sécurité membres de l’UE, à savoir le Royaume-Uni, la France, les Pays-Bas, la Pologne, la Suède et la Belgique, ainsi que l’Allemagne.

Le représentant permanent des Pays-Bas auprès de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Karel van Oosterom, a déclaré au nom de ses collègues: « Nous voudrions réitérer notre engagement et notre soutien continus en faveur de la mise en œuvre complète et effective du Plan d’action conjoint et de la résolution 2231« .

Le délégué néerlandais préside également le Comité du Conseil de sécurité sur l’application de la résolution 2231.

La résolution appelle à la levée des sanctions économiques contre Téhéran, assortie de restrictions plus sévères à son programme nucléaire.

« Il a été confirmé que l’Iran continuerait à respecter ses engagements nucléaires et à ne pas développer d’armes nucléaires« , a expliqué van Oosterom.

L’accord nucléaire, a-t-il estimé, se heurte à de grands défis à la suite du retrait de Washington et de nouvelles sanctions américaines contre l’Iran.

L’UE a regretté le retrait de Washington en assurant que « tant que l’Iran continuera à mettre pleinement en œuvre ses engagements, elle restera pleinement attachée à sa mise en œuvre« .

Le délégué des Pays-Bas a également salué « les efforts déployés par Paris, Berlin et Londres, qui ont fortement contribué aux efforts internationaux visant à maintenir des canaux commerciaux et financiers avec l’Iran« .

Le diplomate européen a, toutefois, rappelé que l’UE était profondément préoccupée par les « activités régionales déstabilisatrices » de l’Iran, en particulier ses essais récurrents de missiles.

Tout en affirmant que ces activités étaient « distinctes » de l’accord nucléaire, le délégué des Pays-Bas a appelé Téhéran à s’en abstenir, en vue de renforcer la confiance et d’atténuer les tensions.

Van Oosterom a également souligné l’importance d’une approche globale envers l’Iran, une approche qui soit basée sur un dialogue fort et des pressions ciblées.

En novembre 2018, Washington avait imposé deuxième série de sanctions à l’Iran, après celle du 6 août de la même année, trois mois après l’annonce par le président américain Donald Trump du retrait de son pays de l’accord sur le nucléaire.

Pendant des décennies, Washington a imposé à Téhéran des sanctions économiques qui ont été levées après la signature de l’accord international sur le programme nucléaire iranien en 2015.

L’accord a été signé par l’Iran avec les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies (États-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne et France) et l’Allemagne.

Hafawa Rebhi, Ahmed Abdelmonem Khalıfa Abdelbaky

Publié par Ümit Dönmez le 12 décembre 2018. Publié dans Actualité Europe

http://www.actualite-news.com/fr/international/europe/7118-l-ue-reitere-son-attachement-a-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien

Déc 13

IRRADIÉS DES ARMES NUCLÉAIRES : LEVÉE DU SECRET-DÉFENSE DEMANDÉE

L’antenne de Brest des irradiés des armes nucléaires (association Henri-Pézerat) a obtenu, par jugement du tribunal administratif de Paris, la levée du secret-défense d’une enquête interne sur les conditions de travail des personnels chargés de manipuler les armes nucléaires destinées aux sous-marins de l’Île-Longue.

Plus de 20 ans qu’ils attendent d’avoir accès à cette enquête interne qui n’a jamais été rendue publique. « Les conclusions de cette enquête, refusées aux élus CHSCT et aux organisations syndicales depuis 1996, ont fait l’objet de trois courriers recommandés à Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense », résume Francis Talec.

Le 30 juillet 2013, il justifiait à la députée Patricia Adam, présidente de la commission de la Défense nationale, « l’impossibilité de rendre public le document en raison de nombreuses informations classifiées relatives à des systèmes d’armes nucléaires toujours en service au sein des armées ».

Mais pugnace, l’association redemandait, en octobre 2016, l’accès à ce rapport. Finalement, l’affaire arrivait devant le tribunal administratif de Paris.

Par jugement du 22 novembre dernier, le tribunal a ordonné au ministère de la Défense de saisir la commission consultative du secret de la défense nationale d’une demande tendant à la déclassification partielle du rapport établi par l’amiral Geeraert.

Rayonnement reconnu

L’enjeu du contenu de ce rapport est de taille puisqu’il permettrait d’éclaircir les conditions de travail et les risques encourus par les personnels employés au contact des têtes nucléaires de missiles.

« De 1972 à 1996, les personnels ont travaillé à proximité des têtes nucléaires sans dosimétrie, sans protection et dans l’ignorance des risques », assure l’association.

« Le 19 novembre 1996, en réunion extraordinaire du CHSCT, nous apprenions que les nouvelles têtes nucléaires TN 75, en service depuis 1993, rayonnaient plus que les précédentes. On découvrait que les premières rayonnaient déjà, alors que pendant 25 ans, la direction nous assurait le contraire… On apprenait du jour au lendemain que ces têtes nucléaires émettaient aussi des rayonnements neutroniques extrêmement dangereux pour la santé », écrit Francis Talec, pour l’association Henri-Pézerat, dans le dernier compte rendu de l’assemblée générale.

Montage et contrôle des armes

Pour bien comprendre le cheminement de cet armement sensible, l’association resitue le parcours et les manipulations réalisées à l’Île-Longue.

« Les armes nucléaires fabriquées au centre CEA Valduc, en Bourgogne, arrivent à l’antenne CEA de la pyrotechnie de l’Île-Longue en éléments séparés. Il s’agit d’éléments comprenant du plutonium, de l’uranium, du tritium ainsi que des dispositifs pyrotechniques et électroniques. Ce personnel monte le tout dans une ogive et le livre ensuite aux techniciens de la pyrotechnie, qui les stockent et les contrôlent périodiquement. Ces têtes nucléaires (six par missile) sont ensuite embarquées à bord du SNLE. Les opérations inverses se déroulent au retour des patrouilles sur les missiles qui ont présenté des anomalies ou lors des renouvellements périodiques des têtes nucléaires ».

Protection en 2003

Pendant des années, les monteurs et contrôleurs des armes nucléaires de l’Île-Longue n’ont pas porté de protection spécifique. « Ce n’est qu’en 2003 que le port du tablier en plomb a été adopté ». Pour illustrer la gravité de ce dossier, l’association rappelle la situation d’un technicien qui a participé à la maintenance et à la manipulation de ces têtes nucléaires de 1981 à 2000. La fille de ce technicien ayant fait une demande de reconnaissance de maladie professionnelle pour son père.

La divulgation de ce rapport commandé et réalisé en interne permettra-t-elle d’en savoir davantage sur les risques réellement encourus ?

Publié le 13 décembre 2018 à 07h00

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/irradies-des-armes-nucleaires-levee-du-secret-defense-demandee-13-12-2018-12160102.php

Déc 13

SUISSE : INCIDENT CLASSÉ NIVEAU 1 À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE LEIBSTADT

L’IFSN classe au niveau 1 de l’échelle INES ses problèmes avec le système de refroidissement d’ultime secours et du cœur du réacteur.

Sur la deuxième moitié d’avril 2018, trois des cinq systèmes partiels des systèmes d’ultime secours et de refroidissement de secours de la centrale nucléaire de Leibstadt n’étaient pas, ou seulement partiellement, en fonction. La dissipation de la chaleur du réacteur aurait été pourtant garantie à tout instant en cas de défaillance. L’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire IFSN classe l’événement au niveau 1 de l’Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques INES.

Indisponibilité 1: positionnement erroné de soupapes dans une division du système d’ultime secours SEHR

Lors d’un test de routine, la centrale nucléaire de Leibstadt (CNL) a constaté le 4 mai 2018 que deux soupapes de l’eau de refroidissement du système d’ultime secours SEHR (Special Emergency and Heat Removal System) était fermées par erreur. Les soupapes étaient fermées depuis le test précédent, en date du 23 février 2018.

En cas de nécessité lors d’une défaillance, cela n’aurait pas assuré à long terme le refroidissement de l’une des deux pompes principales du système d’ultime secours. Si elle avait été sollicitée, la pompe principale du système d’ultime secours serait très certainement tombée en panne après quelques heures d’utilisation. Comme le système d’ultime secours SEHR comprend deux divisions, la deuxième division aurait assuré le fonctionnement du système d’ultime secours en cas de défaillance de la pompe en question.

Indisponibilité 2 : révision de la première division du système de refroidissement de secours du cœur du réacteur

Du 3 au 28 avril 2018, la CNL a procédé à la révision de la première division du système de refroidissement de secours du cœur du réacteur, parallèlement à la disponibilité limitée du système d’ultime secours décrit ci-dessus, qui n’était pas connue à cette date. Ainsi, une partie du système de système de refroidissement de secours du cœur du réacteur n’était pas disponible à cette date. Le système de refroidissement de secours du cœur comprend en tout trois divisions.

Indisponibilité 3: un moteur diesel de secours de la troisième division du système de refroidissement du cœur ne s’allume pas correctement

Le 2 mai 2018, le moteur diesel de secours de la troisième division du système de refroidissement de secours du cœur du réacteur ne s’est allumé que difficilement pendant un test de fonction périodique. La raison en était une erreur dans le système de contrôle qui aurait dû être réglée. Le dernier test réussi a eu lieu le 26 mars 2018. Puisqu’il n’est pas avéré depuis quand le défaut existait dans le relais, une indisponibilité latente pendant la moitié de l’intervalle est présumée selon la norme ENSI-A06, c’est-à-dire du 14 avril au 3 mai 2018.

Du 14 au 28 avril 2018, trois des cinq divisions du système de refroidissement d’ultime secours et du système de refroidissement de secours du cœur n’étaient donc pas, ou seulement partiellement, disponibles. La dissipation de la chaleur du réacteur aurait néanmoins été garantie en tout temps en cas de défaillance grâce à la troisième division du système de refroidissement de secours, malgré les indisponibilités qui se sont chevauchées dans le temps.

L’événement a eu une incidence sur la sécurité nucléaire. L’IFSN a classé l’événement au niveau 1 (anomalie) de l’Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques INES. L’IFSN a ainsi confirmé le classement de l’événement réalisé par l’exploitant.

Mesures prises

La centrale nucléaire de Leibstadt a pris des mesures pour empêcher que de telles interruptions non prévues suite au faux positionnement de soupapes puissent être mieux reconnues à l’avenir. De plus, l’IFSN a demandé d’autres analyses, qui doivent contenir des analyses appelées « Root-Cause », pour savoir dans le détail pourquoi le positionnement erroné des soupapes n’a pas été découvert plus tôt.

12 décembre 2018

https://www.ensi.ch/fr/2018/12/12/centrale-nucleaire-de-leibstadt-lifsn-classe-au-niveau-1-de-lechelle-ines-ses-problemes-avec-le-systeme-de-refroidissement-dultime-secours-et-du-coeur-du-reacteur/

Déc 12

LOI DE FINANCES 2019: L’INDÉPENDANCE DES CLI NUCLÉAIRES MISES À MAL

Le Sénat a refusé de reverser aux organismes de surveillance et d’information nucléaire une partie de la taxe de 1% prélevée par l’État aux centrales nucléaires

C’est une nouvelle qui lui reste en travers de la gorge. Le 6 décembre, le président de la commission locale d’information (CLI) de la centrale nucléaire du Blayais Alain Renard a reçu une réponse inquiétante de la part de la Commission des finances du Sénat, qui planche actuellement sur le projet de loi de finances 2019. C’est le sénateur de Charente-Maritime Daniel Laurent (1), un des porteurs du dossier, qui lui a transmis la nouvelle : l’État ne reversera pas une part des 1% de taxe prélevée aux centrales nucléaires comme promis deux ans plus tôt.

Depuis la création des CLI à la fin des années 1990, ces associations indépendantes composées de bénévoles (lire ci-dessous) sont adossées aux Départements, qui les subventionnent selon leur bon vouloir. La CLI de la centrale de Blaye bénéficie de 90 000 € annuel de la Gironde servant essentiellement à payer l’ingénieur du Département détaché au service de la CLI du Blayais, des supports administratifs et l’achat de matériels. L’État met également la main à la poche : 35 000 € annuel pour la CLI du Blayais. Une somme un peu juste, selon Alain Bernard, pour mener toutes les enquêtes et expertises nécessaires pour répondre à toutes les questions et problématiques posées par les citoyens mais aussi les élus, agriculteurs, industriels, pêcheurs et autres professionnels du secteur dans le cadre de leurs activités, projets d’activités ou d’aménagement du territoire. « Il y a des études qui demandent un niveau d’expertise que nous n’avons pas et qui nécessitent une sous-traitance de compétences qui ont un coût », explique Alain Renard.

Il y a deux ans, un nouveau texte de loi prévoyait la création d’une taxe de 1% prélevée sur le chiffre d’affaires des centrales, dans l’objectif d’en reverser les bénéfices à différents organismes publiques, dont les CLI du nucléaire. Un amendement devait en préciser la répartition et les modalités ultérieurement. Le projet de loi de finances devait donc permettre de statuer à ce sujet. Plusieurs députés et sénateurs ont donc été chargés par leurs élus locaux de porter le sujet dans leurs différentes instances. La décision de la commission de finances du Sénat finalement tombée ce 6 décembre est sans appel : la fameuse taxe de 1% continuera d’être prélevée, mais ne sera pas reversée comme prévu.

« Un manque de respect pour le travail des CLI »

Pour étayer sa décision, la Sénat avance deux arguments. Dans un mail aux sénateurs, le président de la commission des finances écrit que l’amendement demandé est irrecevable «  en ce qu’il prévoit que 1 % du produit de la taxe sur les installations nucléaires de base est affecté aux commissions locales d’information et à l’Association nationale des comités et commissions locales d’information, ce qui incite ces organismes à dépenser davantage ». Un argument qui fait bondir Alain Bernard. « Je trouve que c’est un manque de respect pour le travail des CLI et une insulte aux bénévoles qui interviennent. Nos besoins de financements ne le sont pas pour se payer des soirées et des nuits dans des palaces ! On ne se rembourse même pas nos déplacements… », s’insurge l’élu. Il trouve d’autant plus désobligeant ces soupçons sur les CLI d’être dispendieuses, à l’heure où certains zonages de sites nucléaires comme celui du Blayais sont en passe d’agrandissement. « Un périmètre plus grand nécessite plus de moyens humains, techniques et financiers », poursuit l’élu, rappelant que les missions de la CLI n’ont rien de superficielles. Il y a deux ans, la CLI du Blayais avait par exemple mené un grand exercice de simulation de propagations de (fausses) fumées toxiques parmi les habitations proches de la centrale, qui avait permis de mettre en place des outils de prévention et de sécurité avec les élus locaux et les riverains.

L’article 40 de la Constitution brandit comme paravent

Le deuxième argument de la commission de finances ne convainc pas plus Alain Renard. Toujours dans son mail, le président de la commission explique le reversement des parts de la taxe de 1% « aggraverait une charge publique au sens de l’article 40 de la Constitution. » Pour rappel, l’article 40 de la Constitution du 4 octobre 1958 stipule que « les propositions et amendements formulés par les membres du Parlement ne sont pas recevables lorsque leur adoption aurait pour conséquence soit une diminution des ressources publiques, soit la création ou l’aggravation d’une charge publique». En clair, l’État ne compte pas se passer de cette ressource financière qu’il n’avait pourtant pas prévu de conserver à son budget général, deux ans plus tôt.

Trouvant l’argutie un peu fort de café, le président de la CLI du Blayais ne compte pas se laisser faire. « Nous comptons attirer l’attention des sénateurs et des députés pour leur montrer à quelle point la réponse de la commission est d’une rare goujaterie ». Des courriers leurs seront prochainement adressés pour leur demander d’agir. Le sujet sera également soulevé le 18 décembre lors de la prochaine session du Département de Gironde, dont Alain Renard est un des vice-présidents.

(1) Contacté, Daniel Laurent n’a pu être joint.

C’est quoi, une CLI ?

Créées à la fin des années 1990, les commissions locales d’information (CLI) ou comité local d’information et de suivi (CLIS) sont des structures d’information et de concertation obligatoires mises en place autour de certaines installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) (en France), comme les sites SEVESO et les centrales nucléaires. Il existe aujourd’hui une cinquantaine de CLI à travers la France dont 38 dédiées aux centrales nucléaires. Sans se substituer à l’Autorité de sureté nucléaire (ASN), la CLI joue un rôle complémentaire et surtout de mission de service public auprès du grand public. D’un côté, l’ASN assure au nom de l’État, la réglementation et le contrôle du nucléaire pour protéger le public, les patients, les travailleurs et l’environnement. De l’autre, les CLI du nucléaire sont des associations indépendantes faisant de la médiation auprès du public en matière de sûreté et de suivi d’impact des activités de l’installation. En plus de vérifier et de rendre accessible à tous des données complexes liées au fonctionnement et à la sécurité des centrales, la CLI relaie les questions des élus et riverains, interroge, enquête, s’assure des respects de la réglementation et travaille à la prévention des risques, sur l’homme et sur l’environnement. Ces associations sont généralement composés de maires, de représentants d’associations environnementales, des Chambres (d’industrie, d’agriculture, etc) et de syndicats professionnels. La CLI de Blaye est composée de 60 membres.

Par Anne-Lise Durif

http://www.aqui.fr/politiques/loi-de-financement-l-independance-des-cli-nucleaires-mises-a-mal,17778.html

Déc 12

IMPORTANT REJET DE GAZ RADIOACTIFS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : EDF CONVOQUÉE AU TRIBUNAL LE 13 DÉCEMBRE

Le 19 octobre 2016, suite à une succession de dysfonctionnements, la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a rejeté en quelques minutes une quantité très importante de radioactivité dans l’environnement.

Suite à l’action en justice de nos associations, le tribunal de police de Montauban se penchera sur cette affaire jeudi 13 décembre à partir de 14h. Un rassemblement aura lieu avant l’audience.

Un important rejet radioactif dans l’environnement

Le 19 octobre 2016, la centrale nucléaire de Golfech a laissé s’échapper un important rejet radioactif gazeux. Pendant 2 minutes, le seuil d’alarme à la cheminée a été dépassé, si bien que cette seule séquence a vu près de 136 milliards de Becquerels relâchés dans la nature ! Si le rejet n’avait pas été stoppé, la centrale aurait pu relâcher en une demi-journée plus que ce qu’elle est autorisée à rejeter en un an.

Ce dépassement n’est pas à prendre à la légère : les seuils de rejets, taillés « sur mesure » selon les propositions de l’exploitant, sont fixés en fonction d’un optimum économique et technique, et non de normes sanitaires.

Malgré l’importance de ce rejet accidentel, la direction de la centrale avait mis deux jours à le déclarer dans les formes à l’Autorité de sûreté nucléaire et à prévenir la Commission Locale d’Information… et presque une semaine pour informer les médias ! Voilà la « transparence » vantée par EDF !

Une pollution révélatrice d’inquiétants dysfonctionnements

Cette pollution est également la conséquence de problèmes en cascade révélateurs d’une mauvaise gestion de la centrale. Non seulement les assemblages de combustible du réacteur 1 n’étaient pas étanches et laissaient fuir la radioactivité, mais en plus, l’appareil censé contenir les rejets dysfonctionnait et les opérateurs n’avaient pas effectué une surveillance suffisante…

Nos associations refusent qu’un tel rejet reste impuni. Après un dépôt de plainte le 28 novembre 2016, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a fait citer directement EDF devant le tribunal le 17 octobre 2017. L’Association Française des Malades de la Thyroïde, les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, France Nature Environnement Midi-Pyrénées, France Nature Environnement 82, la SEPANLOG et Stop-Golfech-VSDNG se sont constitués partie civile.

L’audience aura lieu ce jeudi 13 décembre à 14h, au tribunal de police de Montauban. EDF devra répondre de 7 infractions (voir annexe). Nos associations appellent à se rassembler devant le tribunal de Montauban, place du Coq, à partir de 13h30. Un point presse aura lieu peu avant l’audience, vers 13h45.

Retrouver le dossier juridique

Contacts presse :

Me Delalande (avocat) – 06 01 95 93 59

Marie Frachisse (Réseau « Sortir du nucléaire« , juriste) – 07 62 58 01 23

Daniel Roussée (Amis de la Terre Midi-Pyrénées) – 06 61 97 83 28

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Annexe

Ci-dessous, le détail des différentes infractions pour lesquelles les associations souhaitent voir EDF condamnée :

 ne pas avoir pris les dispositions nécessaires pour éviter les rejets dans l’environnement non prévus, ce qui a conduit au rejet de radionucléides sous forme gazeuse dans l’environnement par une cheminée de la centrale nucléaire de Golfech,

. ne pas avoir pris les dispositions nécessaires pour garantir l’étanchéité de certains assemblages combustible du réacteur n° 1, qui ont laissé fuir des quantités non négligeables de radionucléides,

. ne pas avoir pris les dispositions de façon à assurer la collecte d’éventuelles fuites de toutes les canalisations de transfert des effluents, ce qui a conduit au rejet dans l’environnement de radionucléides sans transit par les tuyauteries et réservoirs prévus,

. avoir contourné les voies normales de collecte, de traitement, de transfert et de rejet, en rejetant directement dans l’environnement des effluents radioactifs sans stockage

. avoir rejeté des effluents radioactifs gazeux et liquides de façon non maitrisée, sachant qu’une erreur de diagnostic n’a pas permis d’identifier les causes et d’intervenir à temps,

. avoir mené une opération conduisant à la mise en communication directe à l’atmosphère, via les circuits de ventilation, d’effluents radioactifs, alors qu’une telle opération doit être menée de manière à ne pas atteindre le seuil d’alarme à la cheminée en faisant transiter au préalable ces effluents par les tuyauteries et réservoirs d’entreposage prévus avant rejet,

. ne pas avoir traité les émissions et effluents pour réduire leur radioactivité, dans la mesure où ces radionucléides ont été rejetés sans qu’un entreposage préalable n’ait permis de laisser décroître leur radioactivité.

Ce texte est un communiqué commun du Réseau “Sortir du nucléaire“, Association Française des Malades de la Thyroïde, les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, FNE Midi-Pyrénées, FNE 82, Sortir du nucléaire 82, SEPANLOG, Stop Golfech-VSDNG – 12 décembre 2018

https://www.sortirdunucleaire.org/Important-rejet-de-gaz-radioactifs-a-la-centrale

Déc 12

AU BUGEY, UN PROJET DE RACHAT DE TERRES ATTISE LA CRAINTE D’UN NOUVEL EPR

En toute discrétion, EDF convoite 336 hectares de terres situées autour de la centrale nucléaire du Bugey, dans l’Ain. L’électricien a missionné la Safer, la société chargée d’aménager le territoire rural, pour sonder les propriétaires concernés, et reste flou sur ses intentions. Les opposants craignent l’installation d’un futur EPR.

Producteur d’électricité cherche terrains mitoyens de sa centrale nucléaire. La lettre aurait presque des airs de petite annonce. Dans un courrier du 29 octobre 2018 co-signé d’EDF et de la Safer , que Mediacités s’est procuré (voir ci-dessous), on apprend qu’« EDF souhaite appréhender le contexte foncier d’un ensemble de parcelles situées en périphérie du Centre National de Production d’Électricité du Bugey ».

Concrètement, des rendez-vous sont proposés aux exploitants et 150 propriétaires des terrains concernés, entre les communes de Saint-Vulbas et de Loyettes. La zone convoitée s’étend sur 336 hectares. Elle jouxte la centrale le long du Rhône jusqu’à la ferme de la Mière, de l’autre côté de la route départementale D20. Dans ce périmètre se trouvent une dizaine d’exploitations en activité, une station d’irrigation, deux anciennes carrières (Vicat et Les Sablières), une ZNIEF (zone naturelle d’intérêt écologique, faunistique et floristique), et même une société de chasse.

« Un représentant de la Safer Auvergne Rhône-Alpes nous a expliqué qu’EDF souhaite faire des réserves foncières. Tout le monde est contacté : propriétaires, locataires, syndicats agricoles… Il demande les adresses pour mettre à jour son fichier », explique Anne-Marie, la fille d’un couple d’agriculteurs de Loyettes. Elle gère les terrains familiaux, dont cinq hectares de maïs dans le viseur de l’électricien. Anne-Marie a assisté il y a quelques semaines avec son oncle à l’un de ces rendez-vous organisés par la Safer.

Pour appâter les agriculteurs, des prix de rachat des terres alléchants auraient même été proposés : 20 000 € l’hectare, soit 2 € du mètre carré. « Habituellement, les prix tournent plutôt autour de 4 000 €/ha (0,40 €/m2). La Safer nous propose des prix cinq fois plus cher ! » s’étonne Anne-Marie. « Ces propositions de prix me paraissent très surprenantes », indique Emmanuel Hyest, président de la Fédération Nationale des Safer. « Nous ne sommes pas missionnés pour acheter mais pour faire une étude agricole », précise-t-il. Alexis Marze, directeur départemental de l’Ain à la Safer Auvergne Rhône-Alpes, dément aussi : « Nous ne proposons pas de prix de rachat aux agriculteurs. Pour l’instant, nous réalisons une “photographie” des terrains agricoles situés à proximité de la centrale. Dans un second temps, nous verrons si EDF souhaite racheter ».  

La position est inconfortable pour la Safer, qui se détourne quelque peu de ses objectifs initiaux : la protection du foncier agricole. « Justement », rétorque le président de la FNSafer. « Cette étude permet de repérer les agriculteurs qui pourraient être impactés par une future infrastructure. Nous faisons en sorte qu’ils ne se retrouvent pas expropriés ou avec une partie de leur terre amputée. Nous sommes là pour accompagner les projets en amont pour que les exploitants soient le mieux traités possible », assure-t-il.

Une simple prospection…qui peut cacher de grands projets

Contactée par Mediacités, la direction de la communication de la centrale du Bugey confirme qu’il s’agit d’une simple prospection : « Aucun projet spécifique n’est actuellement défini. Nous préparons différents scénarios d’avenir. Le grand carénage  et d’autres options sont possibles. » Marcel Jacquin, le maire de Saint-Vulbas, très attaché à la centrale, le confirme : « Il n’y a rien de défini pour l’instant. Il s’agit seulement de constituer des réserves foncières pour les 20 à 30 prochaines années. » Différentes hypothèses sont envisagées. EDF, sans confirmer, n’en écarte aucune : centrale photovoltaïque, parc éolien… ou nouveaux générateurs.

Si EDF prospecte actuellement de la même manière autour de 17 sites nucléaires  dont trois en région Auvergne Rhône-Alpes, l’ampleur du projet à Saint-Vulbas a de quoi inquiéter Sortir du Nucléaire Bugey. « Avec 330 hectares supplémentaires, EDF aurait la place de construire quatre EPR de 1650 MW, comme celui de Flamanville ou une piscine de combustibles nucléaires usés », indique Joël Guerry, membre de l’association.

« EDF cherche à noyer le poisson »

Il ne fait selon lui aucun doute qu’EDF prépare son avenir : « EDF est en train de lancer un nouveau programme de construction nucléaire pour remplacer ses vieux réacteurs. » Le militant écarte les scénarios privilégiant les énergies renouvelables : « Je ne crois pas du tout au projet de parc éolien. Les éoliennes occupent peu de surface et n’empêchent pas les agriculteurs de cultiver. Et on sait très bien qu’on ne peut pas avoir d’éoliennes à moins de 300 mètres d’un site nucléaire », poursuit Joël Guerry. Il ne croit pas non plus au développement du photovoltaïque : « La communauté de commune de la Plaine de l’Ain finance déjà un projet de panneaux solaires sur l’une des anciennes carrières. De toute façon, le but n’est pas de développer les énergies renouvelables au détriment de l’agriculture. EDF cherche à noyer le poisson », estime-t-il.

Par Élise Moreau, le 12 décembre 2018

https://www.mediacites.fr/enquete/2018/12/12/au-bugey-un-projet-de-rachat-de-terres-attise-la-crainte-dun-nouvel-epr/

Déc 12

CENTRALE DE BUGEY : DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ DE DEUX CAPTEURS

En raison de la détection tardive de l’indisponibilité des deux capteurs, la direction de la centrale nucléaire de Bugey a déclaré, le 7 décembre, un événement significatif sûreté de niveau 1 à l’Autorité de sûreté nucléaire.

Le 4 décembre, les opérations de redémarrage de l’unité de production n°2 étaient en cours. À 11 h 20, les équipes de la centrale ont constaté que deux capteurs dédiés à la mesure du débit des générateurs de vapeur (circuit secondaire) étaient indisponibles. Elles ont aussitôt procédé à la remise en conformité de ces capteurs.
Des investigations approfondies ont montré que ces capteurs étaient indisponibles depuis le 2 décembre à 22 h 30. Leur remise en conformité a donc eu lieu un jour et demi après le début de leur indisponibilité alors que les règles générales d’exploitation, qui encadrent le pilotage des réacteurs, fixent un délai d’intervention maximum d’un jour.

Cet événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté ou sur l’environnement. En cas de baisse du débit dans les générateurs de vapeur, l’indisponibilité des capteurs aurai t retardé la mise en service d’un circuit d’alimentation de secours de ces équipements de quelques minutes.

De plus, le réacteur était dans un état dit « convergé », c’est-à-dire qu’il n’y avait pas de réaction nucléaire.

Le 11/12/2018 à 17h33 (Photo d’illustration Régis BARNES)

 

https://www.leprogres.fr/ain-01/2018/12/11/centrale-de-bugey-detection-tardive-de-l-indisponibilite-de-deux-capteurs

Déc 11

COMMENT LA FRANCE MULTIPLIE LES DÉCHETS NUCLÉAIRES DANGEREUX

Prétendant « recycler » le combustible nucléaire usé, l’industrie du retraitement complique avant tout la gestion des déchets en multipliant les quantités de plutonium et de matières dangereuses. La plupart des pays engagés dans cette voie sans issue en sortent… mais pas la France.

Le technicien des prélèvements de l’usine de La Hague n’a pas l’air dans son assiette, son regard fuyant évite la caméra. « Y’a-t-il une contamination de l’environnement par les rejets de l’usine ? » demande la journaliste. Long silence gêné. La scène, visible à la 55e minute du documentaire Déchets, le cauchemar du nucléaire, illustre le malaise de certains salariés d’une des installations concentrant le plus de radioactivité au monde.

À La Hague, l’industrie nucléaire utilise depuis 1966 un procédé très polluant et complexe : le « traitement du combustible usé » (communément appelé « retraitement »). Les crayons d’uranium irradiés dans le cœur des réacteurs y sont mis en piscines de refroidissement quelques années, puis cisaillés, passés dans des bains d’acides et de solvants, puis rincés.

À quelle fin ? Pour en extraire le plutonium, une des matières les plus dangereuses au monde, qui ne se forme que dans le cœur des réacteurs, et de l’uranium retraité, qui pourrait resservir en tant que combustible.

Extraire le plutonium 239 pour les bombes atomiques 

Selon la communication officielle, le retraitement ne génère pas de contamination, seulement des « rejets autorisés ». Ils sont crachés par les cheminées, déversés au bout d’un tuyau enfoui dans la Manche. En réalité, selon l’expert indépendant Mycle Schneider, « l’usine est autorisée à rejeter 20.000 fois plus de gaz rares radioactifs et plus de 500 fois la quantité de tritium liquide qu’un seul des réacteurs de Flamanville situés à 15 km de là ». Elle contribue pour « près de la moitié à l’impact radiologique de toutes les installations nucléaires civiles en Europe ».

L’origine de cette pollution radioactive permanente ? La course à l’arme nucléaire aux débuts de la Guerre froide, dans les années 1950. À cette époque, les premières usines d’extraction militaire du plutonium furent construites dans des complexes bunkérisés : à Hanford aux États-Unis dans le cadre du projet Manhattan, à Mayak en URSS, à Windscale (le futur Sellafield) au Royaume-Uni, et à Marcoule en France. Et, dans les années 1960 en Chine. En 1957, les premiers accidents nucléaires majeurs, et peu connus, s’y produisirent : un incendie à Windscale (qui sera renommée Sellafield), et une explosion d’une cuve de déchets de haute activité issu du retraitement à Mayak — l’URSS ne confirmera le terrible accident qu’en 1990.

Les premières piles nucléaires y fournissaient du combustible irradié pour en extraire le plutonium 239, isotope nécessaire à la fabrication des bombes atomiques. Dès la fin des années 1960, les stocks militaires — plusieurs dizaines de tonnes — étaient suffisants pour détruire mille fois Nagasaki. En 1968, le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires était signé par près de 180 États. Mais les installations de retraitement continuent de produire du plutonium. La Hague, tout juste mise en service en 1966, avait demandé des investissements coûteux. Comment la reconvertir ?

La bulle du surgénérateur explosa dès le milieu des années 1980 

Dans les années 1970, un nouveau débouché fut inventé : les « réacteurs à neutrons rapides », ou « surgénérateurs ». Cette nouvelle technologie était censée remplacer dans l’avenir les réacteurs de l’époque. « L’industrie nucléaire imaginait qu’il y aurait 4.000 réacteurs dans le monde en l’an 2000, et une pénurie grave d’uranium. L’utilisation du plutonium dans les surgénérateurs était pensée comme une stratégie de substitution », explique Mycle Schneider. Ces réacteurs devaient fonctionner avec un combustible comportant davantage de plutonium, d’uranium appauvri, et mieux valoriser l’uranium existant. « C’était la promesse d’une multiplication d’un ordre 50 des réserves d’uranium », selon Benjamin Dessus, expert à Global Chance.

En France, la construction du Superphénix, à Creys-Malville, supposé être une tête de série des surgénérateurs, cristallisa les oppositions — « un volcan aux portes de Lyon », dénonçait le militant non violent Lanza Del Vasto. Le 31 juillet 1977, lors d’une manifestation qui marqua l’apogée du mouvement antinucléaire français, Vital Michalon mourut d’une grenade policière .

Pour fournir la future demande en plutonium, les États augmentèrent leurs capacités de retraitement : en France, à La Hague, une deuxième tranche (l’UP 2-400) sortit de terre, au Royaume-Uni, à Sellafield, une nouvelle usine B205 puis une autre, Thorp furent construites, en Russie à Mayak l’usine BB-RT1. En parallèle, d’autres chantiers d’usines furent projetés en Allemagne, en Belgique, en Chine, aux États-Unis, au Japon.

Mais la bulle du surgénérateur explosa dès le milieu des années 1980. Le prix du pétrole chuta, la consommation mondiale d’électricité n’augmentait pas au rythme prévu : la demande mondiale pour le nucléaire se ralentit (le pic de mise en construction de réacteurs fut atteint en 1976) et les cours de l’uranium restèrent bas. Alors que l’industrie nucléaire « prévoyait que 540 surgénérateurs seraient construits dans le monde en 2000 », selon Mycle Schneider, en 2018, on n’en comptait que trois : deux en Russie, et un expérimental en Chine, mis en service en 2011. Plus un prototype en construction en Inde.

Le pari français de la fabrication de « MOx » 

Les États-Unis abandonnèrent leur prototype industriel en 1994. En France, Superphénix, gouffre financier et échec industriel, fut stoppé en 1997, et son démantèlement se poursuit toujours. Le réacteur kazakh fut lui aussi fermé, ainsi que les autres surgénérateurs au Royaume-Uni ou au Japon. À Kalkar, en Allemagne, le surgénérateur n’a jamais marché : il abrite aujourd’hui un parc d’attractions le Pays des merveilles de Kalkar.

Cela suffit-il pour stopper l’industrie du retraitement « civil » ? Pour beaucoup de pays, oui. Les États-Unis abandonnèrent en 1972 leur projet de retraitement à West Valley. En 1974, le site expérimental européen Eurochemic en Belgique arrêta sa production. L’Allemagne ferma son unité expérimentale à Karlsruhe en 1991, et laissa en plan son usine à Wackersdorf — on y assemble aujourd’hui des BMW.

Mais ni la France ni le Royaume-Uni n’arrêtèrent le retraitement des déchets nucléaires. Pour trouver un débouché immédiat à ses stocks de plutonium, la France prit un nouveau pari en 1987 : la fabrication de « MOx » (« mélange d’oxyde »), un nouveau combustible mélangeant de 6 à 9 % de plutonium et de 91 à 94 % d’uranium appauvri issu du retraitement.

Pour en produire, de nouveaux investissements furent engagés, permettant de maintenir la filière : l’usine Melox fut construite en France, à Marcoule, en 1995. En Belgique, une le fut à Dessel. Au Royaume-Uni, l’usine SMP ouvrit en 1997 à Sellafield. « L’introduction du MOx dans des réacteurs d’EDF a servi de justification à la mise en service de deux nouvelles lignes de retraitement à La Hague », dit Mycle Schneider, l’UP3, financée par les électriciens étrangers, et l’UP2-800 portée par EDF.

Mais le MOx n’a guère eu plus de succès que les surgénérateurs. Aujourd’hui, seuls 43 réacteurs en utilisent, et en quantité limitée : 22 en France (« moxés » à hauteur de 30 % au maximum), 10 en Allemagne, 3 en Suisse, 1 au Pays-Bas, 2 en Belgique, 4 au Japon. Et les réacteurs « moxés » français, âgés, seront parmi les premiers à s’arrêter.

Car à part l’économie d’environ 4 % de minerai d’uranium importé, le Mox présente peu d’avantages. Il n’est pas plus productif énergétiquement, il est plus dangereux à toutes les étapes de son cycle de vie, il est plus difficile à stocker irradié du fait de sa forte chaleur. Quant à son retraitement, il ne présente aucun intérêt ni économique, ni énergétique. Enfin, il semble très peu rentable.

La France est seule à s’obstiner dans le retraitement

De fait, les quelques usines de fabrication de MOx à l’étranger ont fermé au cours de la dernière décennie. Le 13 mai, aux États-Unis, le dernier chantier pharaonique de construction, par Orano (le nouveau nom d’Areva depuis janvier 2018), d’une usine de type Melox, prévue pour fonctionner avec du plutonium militaire, a été abandonné par l’administration Trump.

Même déclin pour les unités de retraitement restantes. Au Royaume-Uni, l’une des plus importantes d’entre elles, l’usine de retraitement Thorp de Sellafield, qui n’a jamais tourné à plus de 50 % de ses capacités, va fermer en 2018 une fois les derniers contrats étrangers soldés. Dans ce pays, « la fin du retraitement résulte principalement d’une application stricte des règles de l’économie de marché », explique Gordon MacKerron, un expert anglais en politique énergétique.

À part l’usine russe de Mayak, qui continue de menacer l’Europe d’un énième accident, l’usine japonaise de Rokkasho, dont l’ouverture a été repoussée 23 fois depuis 20 ans, et une usine de petite taille en Inde, la France est donc seule à s’obstiner dans le retraitement.

Et ses clients étrangers la lâchent progressivement. La Hague, qui retraitait près de 900 tonnes de combustibles étrangers dans les années 1990, un tiers de ses tonnages, en traite à peine quelques dizaines aujourd’hui, en provenance d’Italie et des Pays-Bas.

Pour éviter la déroute complète, Orano s’est reconcentré sur le cycle du combustible, son cœur de métier historique, et réorienté vers le marché chinois, en apparence dynamique. Elle espère y signer des contrats qui pourraient la relancer, notamment la construction d’usines de retraitement et de fabrication de Mox, jumelles de La Hague et Melox. Mais rien n’est fait : « Depuis Chirac, à chaque visite présidentielle en Chine, on nous annonce la signature imminente d’un gigantesque contrat », ironise Bernard Laponche, un expert de Global Chance.

Reste un dernier argument pour justifier le retraitement : il permettrait de « recycler » le combustible usé — « matière valorisable » — et de réduire le volume des déchets à gérer. Concentrer 4 % des matières les plus toxiques — actinides mineurs, produits de fission — dans des déchets HA (haute activité) « vitrifiés », destinés à l’enfouissement géologique, et réutiliser 96 %. En apparence, rien de plus « durable ».

Le retraitement multiplie les matières dangereuses 

« Mais en vérité, Orano utilise à peine 1 % des matières retraitées !, dit Mycle Schneider. Il n’y a aucune filière industrielle de conversion et d’enrichissement de l’uranium retraité. Dans les livres de comptes d’EDF, leur valeur comptable est de zéro. Pire, sur le marché, la valeur est négative, le Japon a proposé de payer le Royaume-Uni pour qu’il garde le plutonium japonais séparé à Sellafield ». L’uranium de retraitement s’accumule — en 2009, la France en exportait aux confins de la Sibérie pour s’en débarrasser. Le combustible MOx irradié également. En fait, les opérations de retraitement produisent de nouveaux rebuts radioactifs. Au lieu de gérer directement un seul déchet, le combustible usé, — et éventuellement l’entreposer à sec — le retraitement multiplie les matières dangereuses.

Le plutonium est la pire d’entre elles. Quelques microgrammes inhalés suffisent pour déclencher un cancer des poumons. En 2017, les 60 ans de retraitement militaire puis civil en France ont produit un fardeau de près de 520 tonnes (290 civiles, 230 militaires), suffisant pour fabriquer près de 100.000 bombes atomiques. Comment gérer ce terrifiant rejeton nommé d’après Pluton, le dieu des enfers ?

« Il faut arrêter de voler l’avenir ! Il faut enfin prendre des décisions fondées sur des considérations d’actualité et non sur des hypothèses futuristes incertaines ! Le plutonium n’a plus aucune raison d’être », insiste Mycle Schneider. Certains États commencent à adopter une approche prosaïque : « l’immobilisation du plutonium », considéré comme un déchet ultime à traiter. Aux États-Unis et au Royaume-Uni, des programmes de recherche officiels évaluent depuis plusieurs années les différentes technologies pour le rendre « inerte » en attente d’une solution de stockage pérenne.

« Cette solution serait probablement moins onéreuse et présenterait de meilleures caractéristiques que le MOx en matière de résistance à la prolifération, de solvabilité et d’acceptation publique », juge l’expert Gordon McKerron.

En définitive, aucune raison énergétique, économique, industrielle, logistique ou expérimentale ne justifie la poursuite du retraitement et de la séparation du plutonium. Restent quatre États enferrés dans le casse-tête. Le Japon n’a pas officiellement abandonné l’usine de Rokkasho, mais elle vient d’abandonner le surgénérateur expérimental de Monju. La Russie démantèle ses installations de retraitement militaire, mais poursuit la filière des surgénérateurs. L’Inde produit du plutonium pour alimenter des surgénérateurs, puis d’hypothétiques réacteurs au thorium dans quelques décennies.

Enfin la France, qui reste désespérément suspendue à son dogme malgré tous les signaux contraires. Jusqu’à quand ?

Publié le 11 décembre 2018 / Andrea Fuori (Reporterre)

Cet article a été publié sur https://reporterre.net/Comment-la-France-multiplie-les-dechets-nucleaires-dangereux par REPORTERRE que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Déc 11

BOMBARDIER TU-160 AU VENEZUELA : LA RUSSIE SE PRÉPARE AU CONFLIT

Nous sommes au niveau du symbole, mais c’est un symbole de poids, du poids du bombardier stratégique Tu-160 (surnom : Cygne blanc), le plus puissant aéronef stratégique (toutes capacités, compris le nucléaire) des forces armées russes. Deux Tu-160, accompagnés de deux avions de logistique et d’entretien (un Il-62 et un An-124) ont atterri hier à l’aéroport international Bolivar de Caracas, au Venezuela, après un vol de 12 000 kilomètres sans escale bien sûr ravitaillement en vol au-dessus des mers de Barents, de Norvège, de l’Océan Atlantique et de la mer des Caraïbes. Des F-16 norvégiens ont suivi le vol au-dessus de la Mer de Norvège.

La visite des Russes suit un voyage du président Maduros à Moscou il y a quelques semaines. La Russie a effectué des vols similaires au Venezuela en 2008 et en 2013, mais les conditions internationales sont aujourd’hui radicalement différentes. Alors que les Russes parlent avec leur habituelle prudence d’une “visite d’amitié conformes aux normes internationales,” les Vénézuéliens sont autrement explicites, y voyant une affirmation des Russes d’aider le Venezuela à maintenir sa sécurité contre toute tentative d’agression, et essentiellement bien entendu les agressions directes ou indirectes des USA. Au-delà et plus essentiellement, il n’est nullement impossible que cette visite amorce des négociations pour le stationnement épisodique sinon permanent d’un détachement de forces stratégiques russes dans le pays, et ce serait une force offensive directement équipée pour une attaque contre les USA.

La visite ne peut être interprétée en termes de communication, et elle le sera par Washington, que comme une démonstration de projection de force représentant une capacité de frappe contre les USA, pour commencer à répliquer au dispositif tentaculaire des forces US projetées et déployées autour de la Russie. Dans les conditions actuelles, l’événement signale que nous approchons du stade, si nous y sommes déjà, où la Russie a perdu tout espoir d’arrangement avec Trump, jugé comme velléitaire, faible et fantasque, prisonnier consentant de son entourage et président à la dérive sinon condamné à court terme. S’il y avait encore un espoir, la Russie aurait évité comme la peste cette sorte d’initiative. L’événement signale enfin que la Russie raisonne désormais dans ses relations avec les USA uniquement en termes de capacités opérationnelles de combat et se prépare activement à la possibilité/à la probabilité d’un conflit dès 2019.

(Dans le même sens de l’accélération de l’aspect opérationnel des capacités des forces russes, l’annonce que le nouveau chasseur Su-57 sera équipé d’une version adaptée, nommée Dagger, du missile hypersonique [Mach 10] à capacités nucléaires Kinzhai.)

http://www.dedefensa.org/article/tu-160-au-venezuela-la-russie-se-prepare-au-conflit
Publié le mardi 11 décembre 2018

NDLR : Cela ne vous fait-il pas penser à la crise des missiles à Cuba en 1962 ?

Déc 11

WASHINGTON SANCTIONNE TROIS NORD-CORÉENS

Nucléaire coréen : Sur fond d’impasse dans les négociations sur la dénucléarisation, les États-Unis n’ont pas hésité à prendre des sanctions.

Les États-Unis ont imposé lundi des sanctions financières à trois hauts responsables nord-coréens pour violations des droits de l’homme, a annoncé le Département du trésor. Parmi eux figure Ryong Hae-choe, un très proche conseiller du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.

L’homme dirige le département de la supervision et de l’organisation du parti des travailleurs de Corée, le parti au pouvoir en Corée du Nord. Les autres responsables visés sont Kyong Thaek-jong, ministre de la sécurité d’État, et Kwang Ho-pak, directeur du département de la propagande et de l’agitation, a précisé le département du trésor sur son site internet.

Ces mesures – gel des actifs sous juridiction américaine, interdiction de transaction avec toute personne résidant aux États-Unis – ont été prises en réponse aux violations des droits de l’homme et à la censure exercée par Pyongyang.

Travail forcé, torture et viols

Elles coïncident avec la publication du rapport semestriel du département d’État sur les violations des droits de l’homme en Corée du Nord.

«Les abus contre les droits de l’homme en Corée du Nord demeurent parmi les pires au monde et comprennent des exécutions extrajudiciaires, du travail forcé, de la torture, des détentions arbitraires prolongées, des viols, des avortements forcés et d’autres violences sexuelles», a déclaré un porte-parole du département d’État, dans un communiqué joint au rapport.

C’est la première fois que des hauts responsables du régime de Pyongyang sont aussi directement sanctionnés par Washington depuis le sommet de juin à Singapour entre le président américain Donald Trump et Kim Jong-un. Il s’agit aussi de la critique la plus virulente des autorités de Corée du Nord depuis cette rencontre historique, alors que le président américain ne cesse de clamer son amitié pour le dirigeant nord-coréen. (ats/nxp)

Créé le 11.12.2018, 01h46

https://www.tdg.ch/monde/washington-sanctionne-trois-nordcoreens/story/23698140

Déc 11

CENTRALES NUCLÉAIRES ET PRISONS : GOOGLE PIXELLISE, APPLE FLOUTE

Après le vol d’un paramoteur de Greenpeace au-dessus de la centrale du Bugey, un rapport parlementaire s’inquiétait que les installations nucléaires ne soient pas floutées « sur Google Earth ». Après l’évasion de Redoine Faïd du centre pénitentiaire de Réau, la ministre de la Justice s’émouvait que les prisons soient visibles « sur Google Maps ». Depuis quelques jours, Google dissimule la plupart des centres nucléaires et des prisons, comme Apple d’ailleurs.

Alors que Google cherche un compromis entre lisibilité des cartes et dissimulation des zones « sensibles », Apple a la main plus lourde. Google pixellise avec plus (prisons) ou moins (centres nucléaires) d’intensité, si bien que l’on peut encore distinguer les principaux bâtiments, et que le traitement passe inaperçu à petite échelle. Apple préfère flouter fortement — mais pas toujours précisément — pour masquer tous les détails.

Les centres nucléaires et les prisons ne sont pas les seules installations touchées. Plusieurs arrêtés ministériels fixent « la liste des zones interdites à la prise de vue aérienne », parmi lesquelles les bases militaires, auxquelles s’ajoutent moult arrêtés préfectoraux. Mais alors qu’Apple floute une partie de la rade de Brest, Google n’en fait rien, laissant ainsi apparaître la base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins français de l’Île Longue, quoiqu’avec une définition réduite.

S’« il existe une réglementation nationale » permettant « de restreindre l’autorisation de photographie aérienne sur des sites d’importance vitale », explique le rapport de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires de juin 2018, « il n’existe pas de cadre juridique national ou international sur les photos satellitaires » employées par les sites cartographiques privés.

La contrainte des arrêtés ministériels n’étant pas soutenue par des sanctions, le floutage reste encore largement volontaire. Malgré l’insistance de Nicole Belloubet, qui a envoyé un courrier au siège français dès le 31 juillet, Google n’a pas flouté les prisons avant ce début décembre. Et encore ! Le centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier, pour ne citer qu’un exemple, n’est camouflé ni par Google ni par Apple.

Alors que le ministère de la Justice a lancé des travaux sur l’évolution du cadre juridique, « il faut avoir conscience qu’une interdiction éventuelle ne vaudrait qu’en France, expliquent les députés, et n’empêcherait pas la consultation des images depuis un pays tiers ». En Belgique, les bases militaires sont protégées, mais pas les installations nucléaires. Un député socialiste a récemment déposé une proposition de loi pour corriger cet état de fait.

Par Anthony Nelzin-Santos, le 10/12/2018 à 16h30

Pour retrouver cet article et visualiser les photos à titre d’exemple, cliquer sur : https://www.igen.fr/app-store/2018/12/centrales-nucleaires-et-prisons-google-pixellise-apple-floute-106177

Déc 11

NUCLÉAIRE L’IRAN CONFIRME UN «RÉCENT» TEST DE MISSILE

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont confirmé avoir mené un «récent» test de missile, a rapporté ce mardi l’agence iranienne Fars, plus d’une semaine après que Washington, Londres et Paris ont condamné ce tir.

«Nous poursuivons nos essais de missiles et ce (tir) récent fut un test important», a affirmé, selon Fars, le général de brigade Amirali Hajizadeh, commandant de la force aérospatiale des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de la République islamique d’Iran.

«La réaction américaine montre que ce test était très important pour eux et que cela les a fait pleurer», a ajouté Fars en citant l’officier, selon qui l’Iran mène chaque année 40 à 50 tests de missiles.

Fars ne précise ni la date précise de l’essai, ni le type de missile testé ce jour-là.

Début décembre, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo avait dénoncé ce qu’il avait qualifié de nouvel essai iranien d’un «missile balistique de moyenne portée capable de transporter plusieurs ogives» et «de frapper certaines régions d’Europe et partout au Moyen-Orient».

Condamnant elles aussi le tir de missile, la France et la Grande-Bretagne avaient demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la question du programme balistique iranien. Lors de cette réunion, le 4 décembre, les États-Unis, ennemi juré de l’Iran, ne sont pas parvenus à obtenir comme ils le souhaitaient une «condamnation unanime» de ce tir comme une «violation» des engagements iraniens.

Les États-Unis estiment que les tirs d’essai de missiles balistiques par l’Iran sont une «violation» de la résolution 2231 du Conseil de sécurité ayant endossé l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, dénoncé unilatéralement par Washington en mai.

Paris et Londres ne les considèrent pas comme une violation les jugeant «non conformes» à l’esprit de la résolution 2231 et relèvent de la «provocation».

Début novembre, Donald Trump avait détourné la phrase emblématique de la série culte « Game of Thrones » pour annoncer l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions contre l’Iran…

LA VDN | 11/12/2018

http://lavdn.lavoixdunord.fr/504682/article/2018-12-11/l-iran-confirme-un-recent-test-de-missile

Déc 11

NUCLÉAIRE : À FLAMANVILLE, L’ACRO TOUJOURS PAS RASSURÉE CONCERNANT LA RADIOACTIVITÉ

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro), a remis ses observations à la préfecture de la Manche, concernant le nouveau Plan particulier d’intervention (PPI) de Flamanville.

L’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (Acro) a étudié le projet de nouveau Plan particulier d’intervention (PPI) de Flamanville (Manche). « Il contient des évolutions positives par rapport à la version précédente mais n’est pas assez protecteur pour les populations potentiellement exposées à des retombées radioactives », indique l’association lundi 10 décembre 2018.

La problématique de l’évacuation

L’Association, qui a travaillé sur les plans d’urgence nucléaire en France, en Belgique, en Inde et au Canada, a remis ses observations à la Préfecture de la Manche. « Le PPI part du principe que les populations vont réagir comme prévu dans le plan qu’elles ignorent. Pourtant, certaines solutions proposées vont à l’encontre du bon sens. La plus grosse absurdité concerne la mesure la plus complexe à mettre en œuvre, à savoir l’évacuation des populations. Elle est limitée à 5 km autour de la centrale de Flamanville, alors que les recommandations européennes validées par la France demandent qu’une stratégie générale soit définie afin d’être en mesure d’étendre l’évacuation sur un rayon allant jusqu’à 20 km. Mais le plan ‘déplacement massif de population’ est en cours de rédaction. Un premier aperçu a de quoi inquiéter : sur la carte du département, on invite la population de Cherbourg à se diriger vers la nationale 13, mais aussi vers la route qui va vers Les Pieux donc vers le lieu de l’accident. Pourquoi n’est-il pas prévu une évacuation vers l’Est (Maupertus puis Quettehou) ? Cette carte indique aussi en bleu une ‘ligne d’arrêt hermétique’ allant de Lessay à Carentan via Périers. Mais à aucun moment on ne mentionne sa fonction. S’agit-il de faire du Nord-Cotentin une île ? L’Acro invite la Préfecture à aller à la rencontre des populations afin de proposer des solutions réalistes. Elle demande aussi qu’une évaluation des conditions et du temps d’évacuation soit réalisée, comme aux États-Unis. Concernant la protection de la thyroïde, il est prévu une extension de 10 à 20 km de la distribution des pastilles d’iode ‘à une date à ce jour non définie’. L’Acro milite depuis des années pour une extension à 100 km, à l’instar de la Belgique. En effet toutes les études s’accordent pour dire qu’en cas d’accident grave sur une centrale nucléaire, il est nécessaire de protéger la thyroïde des enfants et des femmes enceintes ou allaitantes en particulier, sur des distances pouvant dépasser la centaine de kilomètres. »

L’Acro demande d’écrire au préfet

L’association poursuit : « La France a validé, au niveau européen, la recommandation des autorités de sûreté nucléaire indiquant qu’une stratégie générale doit être définie afin d’être en mesure d’étendre la mise à l’abri des personnes et la distribution d’iode sur un rayon allant jusqu’à 100 km (rapport ATHLET 2014). Mais elle refuse de l’appliquer sur son territoire ! Les Gaulois seraient-ils trop hostiles au changement ? D’autre part, à aucun moment on n’imagine que l’usine Orano La Hague (située dans le rayon des 20 km) soit impactée par un panache radioactif venant de Flamanville ? Si cela devait se produire, on doit prévoir dans le PPI de Flamanville les procédures à mettre en œuvre. L’Acro lance donc une double invitation à la population du Cotentin et d’ailleurs : écrire au préfet pour demander la distribution préventive d’iode dans un rayon de 100 km ; mentionner sur le registre de consultation en mairie ou à la préfecture de La Manche, ses interrogations (et éventuellement ses propositions) face aux manques et aux absurdités de ce nouveau PPI. »

Publié Le 11 décembre 2018 à 09:36

https://www.lamanchelibre.fr/actualite-630301-nucleaire-a-flamanville-l-acro-toujours-pas-rassuree-concernant-la-radioactivite

Déc 11

UNE ÉTUDE DE L’ADEME CONDAMNE LA FILIÈRE EPR POUR RAISON ÉCONOMIQUE

Dans une étude sur l’évolution du mix électrique français de 2020 à 2060, l’Ademe prévoit une baisse du coût de l’électricité grâce à un fort développement des renouvelables tandis que la filière EPR se révèle non compétitive.

C’est une nouvelle étude qui va donner le sourire aux promoteurs des énergies renouvelables (EnR) et contrarier la filière nucléaire. L’Ademe a dévoilé ce lundi 10 décembre une analyse de l’évolution possible du mix électrique français d’ici 2060. Les dirigeants de l’établissement public souhaitent éclairer le gouvernement et les différentes parties prenantes au moment où s’ouvre la consultation sur la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), dévoilée le 27 novembre par Emmanuel Macron, puis détaillée par François de Rugy.

Après son étude de 2015 qui envisageait une France avec 100% d’électricité renouvelable en 2050, l’Ademe a étudié sept scénarios de transition du mix électrique jusqu’à 2060. « Le parti pris dans cet exercice est de rester strictement sur une logique d’optimisation économique : il s’agit d’évaluer les trajectoires qui coûteront le moins cher pour la collectivité« , explique Arnaud Leroy, président de l’Ademe.

L’étude est basée sur un outil informatique développé par la société Artelys qui évalue la composition du mix optimal pour minimiser les coûts de production du système électrique tout en respectant l’équilibre offre-demande. Plusieurs variables ont été prises en compte comme le niveau de la demande électrique, le coût des technologies ou encore la plus ou moins bonne acceptabilité des EnR.

Un coût de 39 milliards pour la Nation

Il ressort de l’étude que « le développement d’une filière EPR ne serait pas compétitif pour le système électrique français d’un point de vue économique« . La construction d’un seul réacteur supplémentaire de nouvelle génération en 2030 nécessiterait 4 à 6 milliards d’euros (Md€) de soutien public en raison de ses coûts trop élevés. « Nous avons malgré cela développé un scénario « EPR en série »« , explique David Marchal, directeur adjoint Productions et énergies durables à l’Ademe. Dans cette hypothèse (24 GW en 2060), l’étude chiffre à 39 Md€ le coût minimal pour la Nation, malgré la prise en compte des économies d’échelle permises par le développement des EPR en série (70 €/Mwh).

En revanche, l’étude estime économiquement et climatiquement efficient le prolongement d’une partie du parc nucléaire historique, en conformité avec l’objectif de 50 % du mix électrique entre 2030 et 2035. « Pour les scénarios étudiés, une fermeture de 30 % des réacteurs à l’âge de 40 ans, puis à nouveau de 30 % des réacteurs restants à 50 ans est possible avec un coût nul pour la France sur la période 2030-2044« , indique l’Ademe.

« La fermeture systématique des centrales nucléaires à 50 ans génère des coûts supplémentaires lorsque la capacité nucléaire totale passe en deçà de 30 GW« , indique toutefois l’étude. Par contre, une prolongation trop longue du nucléaire historique « déséquilibrerait la rentabilité de tous les moyens de production » en maintenant les prix de marché de gros de l’électricité à un faible niveau. Ce qui décalerait le seuil de rentabilité des EnR en 2045 mais diminuerait aussi la marge des producteurs nucléaires de 3,6 Md€ sur la période 2030-2044.

Plus de 95 % d’EnR en 2060

Cette transition vers la fin du nucléaire s’explique par la forte montée en puissance des renouvelables, même si elles n’atteindraient pas 100 % du mix électrique en 2050. Des EnR qui se développeraient sans système de soutien à partir de 2030 pour le photovoltaïque et de 2035 pour l’éolien terrestre dans la plupart des scénarios étudiés.

Pour des niveaux de demande d’électricité compris entre 430 et 600 TWh, l’optimisation économique de l’évolution du système électrique conduit à « une part d’EnR de 85 % en moyenne en 2050 et de plus de 95 % en 2060 dans l’ensemble des cas, hormis ceux avec déploiement volontariste d’EPR« , indique l’Ademe. De plus, ajoute David Marchal, « réduire la demande d’électricité, grâce à l’efficacité énergétique notamment, induirait une diminution des coûts totaux du système de 7 % et des émissions de CO2 de 22 % en 2060 tout en permettant une augmentation des exportations« .

Cette optimisation économique de la production devrait conduire à une baisse du coût total de l’électricité à 90 €/MWh, contre 100 €/MWh aujourd’hui. Et ce, malgré les coûts d’intégration des EnR ou les coûts de stockage, et en prenant en compte l’équilibre horaire entre l’offre et la demande.

Par Laurent Radisson, journaliste, rédacteur en Chef délégué aux marchés HSE, le 10 décembre 2018

Cet article a été publié sur https://www.actu-environnement.com/ae/news/mix-electrique-2060-etude-Ademe-EPR-nucleaire-EnR-32559.php4 par                      Actu-Environnement que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Déc 10

PAR SÉCURITÉ, WASHINGTON ENVISAGERAIT DE MODERNISER SES OGIVES THERMONUCLÉAIRES W78

Soucieux d’assurer la sécurité de son arsenal nucléaire, le Pentagone voudrait relancer son programme de modernisation des ogives thermonucléaires W78.

La Direction nationale de sécurité nucléaire des États-Unis veut relancer le programme de modernisation de l’ogive thermonucléaire W-78, annonce la chaîne RT se référant à un rapport de la Cour des comptes des USA.

En 2014, ce projet a été suspendu en raison notamment des réductions budgétaires.

Toutefois, le Pentagone explique actuellement sa reprise par la nécessité d’assurer la sécurité de l’arsenal nucléaire américain.

«La Direction nationale de sécurité nucléaire et le ministère américain de la Défense réalisent des programmes de prolongation des délais d’exploitation afin de renouveler ou de remplacer les composants de l’arme nucléaire afin d’augmenter les délais de service de ces armements et d’assurer une plus grande sécurité et protection de l’arsenal nucléaire», indique le rapport.

Selon les experts interrogés par RT, les États-Unis voudraient s’assurer de cette manière de leur supériorité dans ce domaine par rapport à la Russie.

Le rapport note que le coût de ce programme étendu sur les années 2019-2041 devrait s’élever entre 10 et 15 milliards de dollars.

Actuellement, la W78 est une des deux ogives qui équipent les missiles balistiques intercontinentaux Minuteman-III de l’Armée de l’air américaine.

Le Pentagone examine également la possibilité d’en équiper les missiles balistiques de ses sous-marins.

https://fr.sputniknews.com/defense/201812091039234561-usa-ogive-modernisation/

Déc 10

ORLÉANS : UN MILLIER DE PERSONNES ONT MARCHÉ POUR LE CLIMAT

Un millier de personnes environ ont marché ce samedi à Orléans pour le climat. Une manifestation organisée par le collectif « Il est encore temps ». Si tous les manifestants étaient présents pour défendre l’environnement, les revendications étaient multiples.

Dire non au nucléaire ou à la pêche électrique, protéger les oiseaux, réclamer plus d’énergies renouvelables… les revendications étaient nombreuses ce samedi après-midi dans le cortège de la marche pour le climat. 

Des marches pour le climat partout en France

Environ un millier de personnes se sont rassemblées pour défiler entre le parc Pasteur, et le nord du pont Thinat. La manifestation s’est également arrêtée un moment devant le siège d’Orléans Métropole. Organisé par le collectif Il est encore temps, cette marche fait suite à un premier événement, en septembre, qui avait rassemblé entre 1 000 et 2 000 personnes. Par ailleurs, ce samedi des événements similaires avaient lieu partout en France, comme à Paris, Bordeaux, Niort et bien d’autres.

Parmi les manifestants, il y a Sarah. À son niveau, elle essaie d’agir en faveur de l’environnement. Mais elle a du mal à comprendre que l’écologie ne soit pas la principale préoccupation de tous : « C’est grave ce qu’il se passe. Tout le monde devrait être dans la rue. Pour nos gouvernants on dirait que l’écologie c’est juste un truc comme ça, mais non ! C’est une catastrophe ce qui est en train d’arriver. » elle poursuit : « Quand on entend Trump dire qu’il n’y a pas de problème de climat, mais ce n’est pas possible ! »

Gilets verts et gilets jaunes, même combat ?

À peu de choses près, la manifestation de samedi a rassemblé autant de personnes que celle de septembre. Et pourtant le contexte est un peu différent, en plein mouvement des gilets jaunes. Si certains craignaient que cette manifestation soit balayée par d’autres actualités, pour Bernard, être gilet jaune et écologiste, ce n’est pas incompatible : « On a voulu opposer les gilets jaunes et les défenseurs de la taxe carbone, alors qu’en réalité il n’y a pas tant de différences. Moi je suis pour une taxe sur le diesel mais il faut que l’on permette aux gens qui vivent dans les zones rurales de se déplacer, ça passe par plus de transports en commun. » 

Par Cyrille Ardaud (France Bleu Orléans)

https://www.francebleu.fr/infos/climat-environnement/orleans-un-millier-de-personnes-ont-marche-pour-le-climat-1544286975

Déc 10

BRETAGNE : LE DOSSIER PLOGOFF: LE FILM PROJETÉ LE 16 DÉCEMBRE À AUDIERNE

En 1980, le cinéaste François Jacquemain réalisa « Le dossier Plogoff », film autour de l’enquête publique associée au projet d’installation d’une centrale nucléaire sur la commune. Depuis, ce film était tombé dans l’oubli… Jusqu’à ce que le collectif audiovisuel Synaps le restaure en 2017. Comme le définit Jean Moalic, président de l’association Memor stourm plougoñ (Mémoire d’une lutte), « la volonté des responsables de Synaps est de montrer que les gestes et les mots des militants antinucléaires d’il y a 40 ans sont toujours d’actualité, en résonance aux luttes d’aujourd’hui contre tous les saccages environnementaux ».

Une projection, organisée conjointement par les associations Toile d’essai et Plogoff mémoire d’une lutte, aura lieu le dimanche 16 décembre, à 15 h 30, au cinéma Le Goyen, à Audierne, en présence du réalisateur et des membres de Synaps.

Pratique

Contact et informations : Jean Moalic, tél. 06 59 64 99 97 ; mél. plogoffmemoirelutte@orange.fr

Publié le 09 décembre 2018 à 16h06

https://www.letelegramme.fr/finistere/plogoff/le-dossier-plogoff-le-film-projete-le-16-decembre-09-12-2018-12156573.php

Déc 10

MÉMOIRE AUX POUBELLES, MÉMOIRE DES POUBELLES

« Un héritage empoisonné », documentaire réalisé par Isabelle Masson-Loodts nous éclaire sur l’enfouissement des vestiges de la Première Guerre mondiale, ainsi que sur la politique de gestion des déchets polluants enfouis dans nos sols depuis plus d’un siècle.

Dans son documentaire Un héritage empoisonné, (voir aussi) Isabelle Masson-Loodts (entre autres membre du collectif Huma) établit un parallèle effrayant entre, d’une part, la « gestion » des obus et autres vestiges de la Première Guerre et, d’autre part, la gestion des déchets nucléaires menée par l’ANDRA (l’Agence nationale française des déchets radioactifs, NDLR). En cent ans, le constat n’est pas tant que l’on n’a rien appris ; c’est surtout que les mêmes erreurs sont commises, au nom de la même ignorance, du même cynisme et du même mépris des populations locales.

La région de la Meuse, dans le nord de la France, permet à la réalisatrice de conforter ce parallèle ; elle a connu les dévastations de la Grande Guerre, les affres du nettoyage des déchets toxiques de cette guerre (obus souvent chargés de produits chimiques, cadavres…), et aujourd’hui, les projets d’enfouissement à plus de 500 mètres sous terre des déchets radioactifs produits par les centrales nucléaires.

Contrairement à ce qui s’est passé dans la région d’Ypres, à la densité démographique très grande avant-guerre et où les gens sont revenus s’installer en masse dès la fin des hostilités, de larges zones du territoire français ont été déclarées « zone rouge ». Pourquoi ? Pour la mémoire ; c’est une des raisons officielles – la première étant que l’on pensait que ces terres étaient condamnées à jamais, irrécupérables. Mémoire des morts, des lieux martyrs. Garder des zones dans cet état, comme on le fera après 1945 pour le village d’Oradour, permet de rappeler aux générations futures l’horreur de ce qui s’est passé là. Mais il y a une autre raison : le coût de la dépollution est largement supérieur à la valeur agricole de ces terres. Et une autre encore : l’incapacité de mettre en œuvre des techniques efficaces de décontamination des sols.

Le documentaire montre ainsi des ruines ; on pense qu’il s’agit d’un monastère médiéval abandonné, mais ce sont celles de l’église d’un des villages détruits par les combats et jamais reconstruits. On voit encore des champs rendus à la culture, dont on extrait toujours, jour après jour, des kilos de ferraille, dont des obus toxiques et dangereux.

Les lieux de mémoire

Ces lieux de mémoire sont importants, cela ne fait aucun doute. Pour beaucoup, la connaissance des faits n’est pas suffisante pour prendre la mesure des événements ; être confronté aux témoins ou aux lieux (qui, par définition, survivent plus longtemps que les témoins) offre cette dimension émotionnelle indispensable à l’inscription dans la mémoire. Celle-ci s’écrit en partie dans notre cerveau, mais en partie aussi dans nos tripes, dans notre chair.

Encore faut-il que les populations locales soient consultées et soient d’accord. À Ypres, raconte Isabelle Masson dans un livre à paraître, les autorités (Winston Churchill en tête, sa proposition ayant reçu un accueil favorable de la part d’Albert Ier) souhaitaient conserver la ville en l’état, c’est-à-dire en ruines pour en faire un lieu de mémoire. Mais la population locale a refusé cette option ; elle voulait revivre, reconstruire et tourner la page. Elle a eu gain de cause, parce qu’elle était en nombre. Et le terroir était suffisamment riche.

Le documentaire montre bien que ce facteur du nombre est essentiel. Comme le raconte un militant qui s’oppose au site d’enfouissement, le cabinet du Premier ministre lui a clairement signifié que si plusieurs milliers de personnes venaient manifester, les données du problème pourraient changer… Mais la région est faiblement peuplée, et tout a été fait depuis 1918 pour que cette désertification s’accentue. Curieuse mémoire qui se construit sur l’oubli des vivants…

L’incompétence

Le documentaire dévoile aussi la terrible impuissance des pouvoirs publics face au problème de la dépollution des sols. Les premières méthodes sont plus qu’artisanales ; leurs effets sont désastreux. Outre les victimes post-guerre des obus non explosés, les produits toxiques sont répandus dans les sols ou dans l’air sans aucune précaution ni la moindre mise en garde des populations locales, si modestes (en nombre et en richesse) qu’on a visiblement estimé ne pas devoir les prendre en compte. Mais l’incompétence n’est pas la seule explication ; après tout, elle est logique dans l’immédiat après-guerre. Après quelques années, des techniques permettant une décontamination efficace et propre ont été développées. Encore faut-il vouloir les mettre en œuvre partout et en assumer le coût prohibitif. Et ce qui pèse lourd dans la décision, c’est le ratio coût / nuisances. Si ces nuisances sont estimées minimes – entendez surtout qu’elles ne seront pas médiatisées et qu’elles n’empêcheront aucun responsable politique d’être réélu –, le coût sera le facteur déterminant. Et les populations locales seront livrées à leur sort, confrontées à l’augmentation de maladies rares et à la désertification amplifiée de leur région.

Le cynisme de la pédagogie

J’ai souvent relevé, ces dernières semaines, l’argument avancé par les gouvernements en place face à l’incompréhension des citoyens devant leurs politiques et leurs réformes. On entend à chaque fois qu’il faut « faire preuve de pédagogie ». Autrement dit, répéter aussi longtemps qu’il le faudra les mêmes arguments jusqu’à ce que les gens finissent par les accepter. Ce n’est pas de la pédagogie : c’est de la propagande.

Cette méthode se retrouve dans les deux faces du documentaire, illustrée par deux citations que la réalisatrice a retrouvées dans les archives. La première est tirée d’une lettre ministérielle, datée de 1919, où l’on explique ce qu’il convient de faire pour que les populations locales arrêtent de se plaindre des effets toxiques des obus : « Il est permis d’espérer que les populations qui ont supporté avec tant de courage les bombardements et les souffrances de toutes natures pendant la durée de la campagne sauront s’affranchir des craintes injustifiées quand on fera appel à leur bon sens et à leur bon esprit. » C’est que l’exploitation des « moissons de fer » rapporte aussi beaucoup d’argent, par la récupération des métaux, qui n’est cependant rentable que si on peut passer rapidement la case « dépollution »…

Bien sûr, les horreurs de la guerre sont réelles et effarantes. Elles ont duré quatre ans. Mais celles engendrées par leurs déchets en tous genres ne sont pas moins réelles et effrayantes ; et cela fait cent ans qu’elles s’exercent, de manière certes moins spectaculaires et moins meurtrières, mais lentement et sûrement.

La mémoire pour aider à l’oubli

Aujourd’hui, dans la Meuse, sur les lieux surchargés des toxines de 14-18, l’ANDRA, promoteur de l’enfouissement des nouveaux déchets, finance des lieux de mémoire de la Grande Guerre et organise même des concours récompensant des artistes. Détourner l’attention est l’autre face de ce fumeux « devoir de pédagogie ». En 1958, l’Organisation Mondiale de la Santé publiait un rapport sur la gestion des déchets radioactifs et répétait à sa manière l’appel du ministre de 1919 – et c’est la deuxième citation reprise par la réalisatrice : « Du point de vue de la santé mentale, la solution la plus satisfaisante pour l’avenir des utilisations pacifiques de l’énergie atomique serait de voir monter une nouvelle génération qui aurait appris à s’accommoder de l’ignorance et de l’incertitude. » Et Isabelle Masson-Loodts commente : « Cette génération ignorante et docile n’est peut-être pas encore née ; mais tout est fait pour qu’elle voie le jour. » Et les conclusions de son reportage sont sans appel : beaucoup d’argent public est dépensé pour acheter le silence et la soumission des élus et des populations locales, en plus des efforts de l’ANDRA pour détourner l’attention.

La résistance s’organise

Dans la Meuse, des activistes occupent les lieux pour entraver la poursuite du projet d’enfouissement. Dimanche dernier, 75.000 personnes ont défilé à Bruxelles pour réclamer une vraie réaction des politiques. Partout en France et en Belgique, des Gilets Jaunes manifestent pour une autre politique. Quelle autre politique ? Celle qui ne fera plus porter les conséquences toxiques d’un capitalisme sans conscience sur les plus faibles ; celle qui, enfin, verra à long terme et ne cherchera plus à enterrer les problèmes pour lesquels il n’y a pas encore de solution ; celle qui mettra l’intérêt collectif – c’est-à-dire celui de chaque citoyenne et de chaque citoyen – au-dessus des intérêts particuliers des grandes entreprises et de leurs actionnaires.

Nos gouvernants ne semblent vraiment pas prêts à la mettre en œuvre ; Marie-Christine Marghem combine l’incompétence et le cynisme en tweetant « En décollant ce matin pour la COP 24 j’emportais avec moi les voix des 70 000 personnes qui ont manifesté hier leur volonté d’une plus grande ambition climatique !! » Tout ça dans un avion des forces armées belges dont le bilan carbone sera désastreux, en route pour une conférence où elle ne pourra pas prendre la parole ! Et pour, le lendemain, voter à l’Europe, avec la seule Tchéquie, contre une proposition de directive sur l’efficacité énergétique et s’abstenir lors du vote sur une directive concernant les énergies renouvelables – à cause de la Flandre, bien entendu, dira Mme Marghem. En même temps, avec force dramaturgie, la crise gouvernementale permettra à la N-VA et au MR de se refaire une virginité à bon compte avant les élections prochaines dans l’espoir d’enrayer l’hémorragie du sang politique : les voix. Bénéfice annexe : une excuse parfaite pour ne prendre plus aucune décision tant dans le domaine de l’écologie que du social. Et la N-VA fera le deuil d’une nouvelle réforme de la Constitution, d’autant que la VOKA – les grands patrons flamands – ne veut pas d’une indépendance de la Flandre, mais préfère une flamandisation de l’État avec colonisation économique du sud du pays. Seul hic, de taille : les réformes attendues par le patronat, qui seront reportées de plusieurs mois, voire avortées.

Des déchets toxiques de 14-18 à ceux du nucléaire, auxquels on pourrait ajouter un nombre impressionnant de dossiers similaires, on retrouve une constante : l’attitude des gouvernements et leur soumission à des intérêts économiques à court terme. Il est temps que nos responsables politiques entendent que l’ignorance, la manipulation et les mensonges ne sont plus une option. Le mouvement des Gilets Jaunes et la Marche pour le climat du 2 décembre à Bruxelles démontrent que les citoyens, eux, ont compris.

Je ne peux que vous inviter à découvrir ce documentaire. Il sera projeté au cinéma Aventure le 13 décembre prochain, à 20 heures. Plus d’informations sont disponibles sur Facebook et sur Vimeo.

Cet article a été publié sur https://plus.lesoir.be/194244/article/2018-12-08/memoire-aux-poubelles-memoire-des-poubelles

Déc 10

LA GARDE À VUE DU PRÉSIDENT DES AMIS DE LA TERRE : « LES ORDRES VENAIENT D’EN HAUT »

Florent Compain, président des Amis de la Terre France, et Denys Crolotte, du Mouvement pour une alternative non violente, ont passé une nuit en garde à vue à Nancy. Motif : avoir co-organisé la Marche pour le climat dans cette ville. Qui a réuni plus de mille personnes dans le calme.

Nancy, correspondance

« J’ai eu l’impression d’être un gamin. On a été puni par le préfet à la hauteur de notre désobéissance. » Traits tirés et sourire radieux, Denys Crolotte rejoint, sous les acclamations, la cinquantaine de manifestants qui l’attendent devant le commissariat de police de Nancy. Il est 12 h 35, ce dimanche. Il y est entré la veille, vers 16 h 30, après avoir été arrêté avec Florent Compain, en toute fin du cortège de la Marche pour le climat. Les deux hommes ont été particulièrement impliqués dans l’organisation locale de cette mobilisation mondiale, qui a rassemblé en France des milliers de personnes dans 120 villes. Et pour cause : Florent est le président des Amis de la terre – France, tandis que Denys co-préside le Mouvement pour une Alternative non-violente (MAN) à Nancy.

Leur crime ? Avoir maintenu une manifestation interdite, la veille, par un arrêté signé de la main du préfet de Meurthe-et-Moselle, Éric Freysselinard. « Le préfet m’a téléphoné, vendredi matin, alors qu’il se trouvait avec le maire de Nancy et le procureur général, raconte Florent à Reporterre sous une pluie battante. Il m’a demandé d’annuler la Marche au motif que les Gilets jaune constitueraient une menace pour nous. Pire : d’après le préfet, ils seraient armés ! »

Effectivement, l’arrêté préfectoral prévient de la menace « considérant la radicalisation du mouvement des Gilets jaunes », ou encore les « risques de confrontations directes, de heurts et de troubles à l’ordre public, entre les participants du mouvement « Gilets jaunes » et ceux du mouvement « marche pour le climat«  qui soutient les taxes sur le carbone que contestent les gilets jaunes  ».

« Toujours au téléphone, le préfet m’a dit que j’étais « complétement irresponsable« , poursuit Florent devant le commissariat. Je lui ai répondu que c’est nous qui sommes responsables face à l’urgence climatique. Et qu’on était prêts à se réunir avec lui pour redéfinir entièrement le parcours s’il le faut. » Le préfet n’a pas donné suite à cette invitation à la concertation. La Marche a été maintenue. À une condition : « Avant le départ, explique Denys, on a pris le temps d’expliquer à tous les participants que la manifestation était interdite par la préfecture et on a soumis au vote son maintien. » « On a vu, alors, toutes les mains se lever bien haut ! », ajoute Patricia, son épouse, membre du MAN Nancy également. Elle faisait partie, avec son fils, des 40 Gilets verts, ces encadrants qui géraient la circulation tout en distribuant des tracts invitant les passants à se joindre à cette mobilisation « non-violente, ouverte, familiale ».

C’est là le deuxième crime : la mobilisation a été un réel succès à Nancy, rassemblant entre 1.000 et 1.500 personnes, selon le côté où l’on se situe, celui des Renseignements territoriaux ou celui des organisateurs (tandis que L’Est Républicain a comptabilisé « plus de 600 personnes »). « Même les automobilistes bloqués par le cortège le prenaient à la rigolade, certains nous soutenaient », assurent des Gilets verts. Le départ de la manifestation a été donné devant le siège de la Métropole du Grand Nancy pour faire converger les enjeux nationaux de la mobilisation – « apporter une réponse aux problèmes de fin du monde autant qu’aux problèmes de fin de mois » – à des revendications portées par des associations locales, notamment la résorption des points noirs sur les pistes cyclables. « Car ça n’incite pas les automobilistes à prendre leur vélo », relève Patricia.

Arrivée à la célèbre Place Stanislas, où se trouvent la mairie et la préfecture, une dizaine de policiers se sont placés entre les marcheurs pour le climat et les 100 à 200 Gilets jaunes présents, afin d’empêcher la convergence des deux mouvements. « Des barrages policiers bloquaient toutes les entrées de la Place, mais là, bizarrement, ils n’étaient que dix malheureux policiers… À croire qu’ils voulaient provoquer le débordement », analyse Thomas, le fils de Denys, lui aussi Gilet vert. « Les Gilets jaunes étaient littéralement nassés. Le but était clairement de nous diviser », revoit le président des Amis de la terre. Bousculades, tensions. Mais aucun débordement. La Marche a repris sans les Gilets jaunes – sauf ceux qui avaient rejoint le cortège avant le départ.

Quelques centaines de mètres plus loin, place d’Alliance, la Marche a pris fin. « Dans une ambiance bon enfant », assurent les participants. La dispersion des troupes a commencé. C’est alors que Denys et Florent ont été invités par les policiers à se rendre au commissariat – « pour une audition libre, ils nous ont bien dit libre ». Les deux militants écologistes ne se sont pas posés de question. En septembre, ils avaient déjà eu droit à une audition libre, suite à une « opération de nettoyage » de la Société Générale pour appeler « la banque, n°1 des énergies sales, à mettre fin à ses soutiens aux énergies fossiles ». Tout s’était bien terminé.

Mais cette fois, à peine entrés dans la voiture de police, ils ont senti le piège : « On m’a demandé de vider mes poches. On a mis mon sac dans le coffre », dit Florent. Une fois entrés au commissariat, leurs proches n’ont plus eu de nouvelles. Au commissariat, on leur a annoncé qu’il s’agirait d’une garde à vue de quelques heures. Elle a duré plus que la nuit…

Entre temps, les appels à soutiens se sont multipliés, alors que l’article de Reporterre, mis en ligne en fin d’après-midi, était lu par des dizaines de milliers de personnes. Les soutiens se sont multipliés sur les réseaux sociaux, de Jean-Luc Mélenchon à Clémentine Autain (France insoumise) en passant par le lanceur d’alerte Antoine Deltour. Le standard du commissariat a croulé sous les appels téléphoniques.

Alors qu’ils étaient 74 militants à co-organiser la Marche pour le climat dans tout le pays, Denys et Florent encourent 6 mois de prison et 7.500 euros d’amende. « On a été en garde à vue parce qu’on a fait un magnifique pied de nez au Préfet. Au final, il nous a fait une publicité d’enfer ! », rigole Denys, de nouveau libre.

Mais il rit jaune : « Il est clair qu’il y a eu une alliance entre le préfet et le procureur de la République. Normalement, on place 24 heures en garde à vue les organisateurs d’une manifestation non déclarée. Or, la nôtre était déclarée de longue date… » Et Florent de conclure : « Le motif de notre détention était politique. Au commissariat, les policiers ne se sont pas cachés pour nous dire que les ordres venaient d’en haut. Ni pour nous encourager et nous féliciter pour l’organisation et le bon déroulement de la Marche ! »

Le 8 décembre 2018 / Franck Depretz et Hervé Kempf (Reporterre)

Actualisation du dimanche 9 décembre :12h35 – Florent Compain est sorti, Denys Crolotte aussi, quelques minutes après.

Voici le texte du communiqué publié à l’instant par Les Amis de la Terre et le MAN : « Florent Compain, président des Amis de la Terre France, et Denys Crolotte, membre du Mouvement pour une Alternative Non-violente, viennent d’être libérés après 21 heures de garde à vue. Ce qui leur est reproché : avoir organisé une marche pour le climat, non-violente, qui a rassemblé 1500 personnes.

Pourtant annoncée depuis plusieurs mois, l’organisation de la marche pour le climat à Nancy a fait l’objet d’un bras de fer avec la Préfecture de Meurthe-et-Moselle dans les derniers jours. Le 7 décembre, le Préfet a publié un arrêté interdisant l’organisation de cette marche au prétexte qu’elle était susceptible de créer un trouble à l’ordre public car “elle soutient les taxes carbone que contestent les gilets jaunes” et a menacé de poursuite judiciaire les organisateurs.

En réaction, 74 personnes se sont déclarées co-organisatrices. La marche a été maintenue, a rassemblé 1.500 personnes qui, de façon déterminée et non-violente, ont interpellé le gouvernement sur l’urgence climatique. Comme dans de nombreuses villes de France, un dialogue s’est amorcé avec les gilets jaunes sur la nécessité d’articuler justice sociale et lutte contre les changements climatiques

La réalité est qu’aujourd’hui, les citoyens qui se mobilisent pour le climat et des gilets jaunes sont en train de créer de nombreux ponts et se rejoignent sur le même constat : pas de justice sociale ou climatique sans une réduction forte des inégalités. En enfermant les militants qui essayent de bâtir ces ponts, l’État s’isole, alimente la colère et retarde une solution politique à la hauteur des enjeux.

Florent Compain et Denys Crolotte encourent une peine de 6 mois de prison et 7.500€ d’amende.

Les Amis de la Terre et le MAN dénoncent une dérive sécuritaire de l’État et la privation du droit constitutionnel à manifester, qui plus est de façon non-violente et pour une cause d’intérêt général : la lutte contre les changements climatiques. »

Cet article avec plus de photos, a été publié sur https://reporterre.net/La-garde-a-vue-du-president-des-Amis-de-la-terre-Les-ordres-venaient-d-en-haut par Reporterre que nous vous invitons à consulter régulièrement.

 

Déc 10

PAUL QUILÈS. ANCIEN MINISTRE ET TOUJOURS MILITANT

À plusieurs reprises ministre de François Mitterrand, Paul Quilès est aujourd’hui un fervent défenseur du désarmement nucléaire. Combat auquel il a consacré son dernier livre (*).

Ne lui parlez pas de son âge. Il n’a pas le temps d’y penser, trop occupé à défendre ses convictions, avec l’énergie et la détermination de l’éternel militant, toujours par monts et par vaux, comme sur son blog. Ne lui parlez pas de sa carrière. À ses yeux, ce qu’il a réalisé, même s’il ne le néglige pas, a moins d’importance de ce qui lui reste à faire. Paul Quilès, dont les yeux bleus et l’allure stricte ont beaucoup fait pour sa réputation, est né en janvier 1942 à Saint-Denis du Sig, en Algérie.

Son père est officier et sa mère institutrice. Si l’on considère cette rigueur mais aussi ce goût d’apprendre qui le caractérisent, on retrouve bien cette double influence. Il obtient son diplôme de l’École polytechnique, en 1961. Pendant son service militaire, on le cantonne à l’État-major de l’Armée de l’air. La France teste alors son arme nucléaire. Et c’est lui que l’on charge, lors d’un exercice, de répondre à celui qui doit donner l’ordre, heureusement fictif, de déclenchement. Charles de Gaulle en personne. La conversation se résume à quelques mots mais lui laisse une impression troublante de bricolage. Il est alors loin, très loin de la politique.

Le 10 mai 1981, son meilleur souvenir politique

C’est une carrière d’ingénieur à la Shell qui s’ouvre à lui, pendant près de quinze ans. Jusqu’à ce qu’il rejoigne la section socialiste du XIIIe arrondissement de Paris. Un souffle nouveau porte la gauche non communiste, depuis le fameux congrès d’Épinay, en 1971, qui a permis à François Mitterrand de prendre les choses en main. Dans une organisation où le milieu enseignant est alors en force, les qualités de technicien et d’organisateur de Paul Quilès sont appréciées. Elles contribuent déjà au dynamisme de sa section.

Il est élu député en 1978. François Mitterrand le remarque alors et lui confie ses premières responsabilités à la direction du PS. Jusqu’à assurer la direction de la campagne victorieuse de 1981. Le soir du 10 mai reste le meilleur souvenir politique de Paul Quilès. C’est de sa propre initiative que le matériel nécessaire est mobilisé pour les festivités de la place de la Bastille.

Après l’avoir laissé comme numéro 2 du PS, pour s’assurer que le fonctionnement du parti ne soit pas trop perturbé par l’accession au pouvoir, François Mitterrand fait de Paul Quilès son ministre en charge de missions délicates.

Nommé à la Défense en pleine affaire Greenpeace

En 1983 au Logement, secteur traumatisé par l’impact de la récente loi Quilliot. S’y ajoutent bientôt les Transports. Le 19 septembre 1985, Paul Quilès procède à une inauguration lorsqu’on lui intime l’ordre d’appeler Laurent Fabius, le Premier ministre, de toute urgence. Son officier de sécurité réquisitionne le téléphone au sous-sol d’un café voisin – l’époque n’est pas encore aux portables. « Paul, tu prends le ministère de la Défense ». La France est en pleine affaire Greenpeace et Charles Hernu vient d’être contraint à la démission. Son successeur a 24 heures pour dénouer l’écheveau. Cette nuit-là, Paul Quilès ne l’a pas oubliée, ni le poids des responsabilités pesant soudain sur ses épaules. Sa carrière ministérielle se poursuit à l’Équipement puis à l’Intérieur, mais il laisse surtout sa trace comme ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Espace. Comme celui qui a fait de l’administration des PTT, La Poste que nous connaissons aujourd’hui, établissement public à caractère industriel et commercial, en évitant le drame social, au terme d’un long et délicat travail de concertation.

En 1993, Paul Quilès retrouve l’Assemblée nationale, où il siège pendant quatorze ans, cette fois comme député du Tarn, assurant pendant cinq ans la présidence de la commission de la Défense. Surtout, en 1995, il devient maire de Cordes-sur-Ciel, fonction qu’il exerce toujours. Et il ne faut pas beaucoup insister pour qu’il explique que sa commune est une des plus belles de France, donc du monde.

À travers la France

Parce qu’il n’est pas homme à céder aux excès d’orgueil ou de nostalgie, Paul Quilès n’a donc nulle envie de se reposer sur ses lauriers. Inlassablement, il parcourt la France pour rencontrer ceux qui s’intéressent aux causes qu’il défend. Le PS s’est effondré ? S’il peut aider à sa reconstruction, il le fera, à sa place.

Mais le plus fort de son énergie lui sert à pourfendre la bombe atomique, ce qu’elle implique comme stratégie de défense et qu’elle révèle du fonctionnement de notre démocratie.

La bombe atomique : un tabou français

C’est un tabou français qu’il ne craint pas de dénoncer, ce qui lui vaut de présider l’association IDN (Initiative pour le désarmement nucléaire). Personne ne doute de la capacité destructive de la bombe atomique si elle était utilisée, la puissance du moindre missile étant évaluée en centaines de fois Hiroshima.

Cette arme fatale, la France l’a adoptée, en période de Guerre froide, pour marquer son indépendance stratégique. Depuis les enjeux géopolitiques et les menaces éventuelles ont évidemment changé, sans qu’il en soit tenu compte et surtout sans que le moindre débat ait eu lieu.

Tous perdants

Le principe reste le même. Ce que les militaires appellent la DMA (Destruction mutuelle assurée). Si je disparais, toi aussi. Autrement dit, tous perdants et fin de l’histoire. Quant à l’aspect dissuasif, s’il reste valide, en théorie, c’est jusqu’à ce qu’il cesse de l’être, mais il sera alors trop tard. Curieusement, c’est de son passage comme ministre de la Défense que date la prise de conscience de Paul Quilès. « Quand j’ai entendu les discours de Florence Parly, qui fut ma collaboratrice, je me suis souvenu de ce qu’avait été ma situation. Lorsqu’on devient ministre, on nous fait réciter la doxa. Rien d’autre ».

Un budget qui augmente

Depuis, il plaide pour un retrait progressif et pour que la France montre l’exemple à cet égard. « Progressif, parce que je sais ce que cette industrie représente pour des régions entières ». Surtout, ajoute-t-il, « si le mot démocratie a un sens, sur un tel sujet, il y a un moment où il faut consulter le peuple ». On en est loin. Lors des débats parlementaires sur les budgets de la Défense, la consigne de l’exécutif est même de ne pas évoquer le nucléaire, y compris lorsque les crédits qui lui sont consacrés passent de 3,5 à 6 milliards, comme c’est actuellement le cas.

Plus fondamentalement, nos orientations stratégiques et leur opacité, le préoccupent. « Comment se défendre efficacement » résume-t-il, « si nous ne sommes pas capables d’expliciter les menaces évidentes et potentielles auxquelles nous voulons faire face et, par conséquent, de mobiliser pour cela les moyens les mieux adaptés ? ». L’opinion publique n’est pas aussi sourde que nos dirigeants à cette interrogation, les sondages sont formels. Paul Quilès n’a donc nullement l’intention de baisser le ton. On peut en juger dans le nouvel ouvrage qu’il vient de publier.

« L’illusion nucléaire, la face cachée de la bombe atomique » de Paul Quilès. Éditions Charles Léopold Mayer.

Publié le 09 décembre 2018 à 06h30

https://www.letelegramme.fr/france/paul-quiles-ancien-ministre-et-toujours-militant-09-12-2018-12155726.php

Mots

Déc 09

L’ESPAGNE POURRAIT-ELLE ÊTRE LE PREMIER PAYS DE L’OTAN À SIGNER LE TRAITÉ D’INTERDICTION NUCLÉAIRE ?

En septembre 2018, de bonnes nouvelles inattendues sont venues d’Espagne : en échange de son soutien au budget 2019, le parti politique Podemos a obtenu un engagement du gouvernement espagnol à signer le Traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Le gouvernement n’a pas encore annoncé comment et quand il mettra en œuvre cette décision.

Le gouvernement espagnol a conclu un accord avec Podemos

Cet engagement a été pris lors d’une rencontre individuelle entre le président espagnol Pedro Sanchez et le chef du parti Podemos, Pablo Iglesias, le 7 septembre pour discuter du budget 2019. Par la suite, Podemos a publié les 11 engagements du gouvernement sur une variété de questions établies lors de la réunion. Parmi eux, la création d’un musée commémoratif d’État en l’honneur des victimes du régime franquiste et un nouveau système de prêts pour aider les familles pauvres à payer les manuels scolaires. Le gouvernement s’est engagé au quatrième point : l’Espagne signera le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Quelle est l’importance de la signature par l’Espagne du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires ?

La signature de l’Espagne représenterait une avancée significative pour le TIAN parmi les pays de l’OTAN. L’Espagne indiquerait qu’elle est favorable à un avenir pour l’Alliance pour les armes non nucléaires. Comme plusieurs études l’ont reconnu, il n’existe aucun obstacle juridique à l’adhésion des pays de l’OTAN au TIAN. Mais il existe au sein de l’Alliance une pression politique importante pour s’éloigner du Traité.

L’appui de l’Espagne au TIAN constituerait également un signal positif important pour le mécanisme plus large de désarmement et de non-prolifération nucléaires, que les États dotés de l’arme nucléaire sont en train de saper considérablement. Les accords, traités et obligations établis sont jetés par la fenêtre, tandis que les neuf États dotés d’armes nucléaires se lancent dans des programmes de modernisation coûteux. La récente décision des États-Unis de se retirer du Traité INF (Intermediate Nuclear Forces Treaty) n’est qu’un exemple de ce comportement imprudent. Les membres de l’OTAN, comme l’Espagne, ont une responsabilité particulière et la possibilité d’inverser cette tendance en rejetant un avenir doté d’armes nucléaires. Nombreux sont ceux qui suivront le prochain mouvement du gouvernement espagnol.

Prochaines étapes ?

Lors d’une réunion à Madrid début novembre, les représentants de Podemos ont confirmé à l’ICAN que l’engagement était en place, et ils attendent du gouvernement qu’il le respecte. Mais le gouvernement n’a pas encore donné d’indication sur la manière dont il signerait le Traité ni sur la date à laquelle il le signerait, et les médias n’ont pas encore répondu aux questions des gouvernements à ce sujet.

ICAN demande au gouvernement de se conformer à son accord de septembre et d’explorer les prochaines étapes nécessaires pour que l’Espagne signe le TIAN.

L’Espagne pourrait-elle être le premier pays de l’OTAN à signer le Traité d’interdiction nucléaire ?

Le 08.12.2018 – Genève, Suisse – International Campaign to Abolish Nuclear Weapons

https://www.pressenza.com/fr/2018/12/lespagne-pourrait-elle-etre-le-premier-pays-de-lotan-a-signer-le-traite-dinterdiction-nucleaire/

Déc 09

COMMENT CHOISIR UN FOURNISSEUR D’ÉLECTRICITÉ VERTE ?

Depuis l’ouverture du marché de l’énergie à la concurrence en 2007, les entreprises qui proposent des formules «énergies renouvelables» se sont multipliées.

Comment choisir un fournisseur d’électricité verte ?

Deux Français sur trois habitent à moins de 75 kilomètres d’une centrale nucléaire. La dépendance de l’Hexagone à l’atome n’est pas une légende. Environ 70 % de l’électricité produite sur le territoire est d’origine nucléaire et 15 % issue de sources renouvelables. Et ce pourcentage diminue très doucement.

Bien que ce soit en partie une question de choix politiques, les citoyens ont leur mot à dire. Après tout, ce sont eux qui payent la facture à la fin du mois.

À lire aussi :Selon Greenpeace, le nucléaire émet plus de CO2 que le photovoltaïque : est-ce vrai ?

On peut dire merci à l’Union européenne. Depuis 2007, la France a été forcée d’ouvrir ses marchés de l’électricité et du gaz à la concurrence pour les particuliers. Depuis, des petits fournisseurs ont émergé face aux mastodontes EDF et Engie. Certains proposent des formules «électricité verte».

Un argument marketing ? L’ONG Greenpeace, très engagée pour la sortie du nucléaire, a établi un classement des entreprises en fonction du pourcentage de renouvelables et de nucléaire dans leur approvisionnement. En tête de liste, on trouve Énergie d’ici, Enercoop et Ilek. Et, en bas de classement, Engie, EDF et Total Spring, entre autres. À chacun ensuite de choisir le fournisseur qui lui convient le mieux. Cela ne prend, sur Internet, que quelques minutes pour changer.

Si vous aviez un doute, il n’existe pas d’électron vert ou gris. Les électricités renouvelable, nucléaire et produite par le charbon circulent dans le même réseau. Avec leur offre «verte», les fournisseurs garantissent que les quantités d’énergie que vous consommez seront injectées dans le réseau à partir d’éolien, de panneaux solaires ou d’énergie hydraulique (principalement). Tout cela en achetant des «garanties d’origine». Certains fournisseurs vont plus loin et achètent directement à des producteurs d’énergies renouvelables identifiés, voire français, comme Ilek et Enercoop. Plus la demande sera importante, plus l’offre se développera, donc le nucléaire et les énergies fossiles deviendront obsolètes.

À lire aussi :Appareils électriques : on débranche tout !

Autre point positif, l’électricité verte ne coûte pas plus cher que le nucléaire. Au contraire, certains fournisseurs sont subventionnés par l’État pour encourager les renouvelables et peuvent proposer des tarifs inférieurs à ceux d’EDF. Testé et approuvé.

Par contre, l’idée n’est pas de laisser les lumières allumées et la télévision à fond toute la journée parce qu’on est alimentés en renouvelables. Le premier principe de la transition écologique est la sobriété. D’après le scénario 2030-2050 de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), la demande en énergie doit diminuer de 29 % d’ici 2035 (par rapport à 2010) et de 45 % d’ici 2050. Mais ça tombe bien : consommer moins, c’est aussi débourser moins.

Par Aude Massiot — 8 décembre 2018 à 18:13

Cet article a été publié sur https://www.liberation.fr/planete/2018/12/08/comment-choisir-un-fournisseur-d-electricite-verte_1696141 par Libération que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Retrouvez tous les samedis, dans la chronique «Terre d’actions», des initiatives pratiques et écolos en France et dans le monde.

NDLR : l’administration du site Savoie antinucléaire est alimentée en électricité verte fournie par Enercoop. Un conseil : choisissez un fournisseur qui ne fournit QUE de l’électricité verte !

Déc 08

QUE SAIT-ON DU MYSTÉRIEUX «MISSILE RUSSE 9М729» QUE WASHINGTON VEUT FAIRE INTERDIRE?

Il y a peu d’informations sur le missile russe 9М729 qui, d’après les États-Unis, viole le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Ses caractéristiques sont aussi un mystère, les experts militaires ayant de multiples théories sur ses origines.

Les États-Unis ont demandé jeudi à la Russie de renoncer au missile de croisière 9М729 (code Otan: SSC-8) ou de modifier sa portée pour, selon eux, ne pas violer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Mais de quel missile est-il question et quelles sont ses caractéristiques? Des experts ont plusieurs versions à ce sujet.

Missile Kalibr

De nombreux médias occidentaux consacrés aux armes estiment que, sur les photos qui montrent ce qui y est désigné comme étant des missiles 9M729, on voit des missiles de croisière navals de la série Kalibr (cote Otan: SS-N-27 Sizzler) conçus par le groupe de recherche et de production russe Novator. 

Les versions d’exportation des systèmes Kalibr ont une portée opérationnelle comprise entre 50 et 300 km, tandis que les dernières versions des missiles 3M-14/3M-14T (Kalibr) ont une portée comprise entre 1.500 et 2.500 km.

Comme le 3M-14 est un missile mer-sol, il ne viole pas le traité FNI, mais certains médias affirment que la Russie l’a modifié et adapté pour les rampes de lancement mobiles Iskander (code Otan: SS-26 Stone).

Les missiles Kalibr peuvent être tirés par tous les temps, seuls ou en salve. Ils peuvent porter des ogives nucléaires ou conventionnelles pesant jusqu’à 500 kg. Ces missiles peuvent atteindre 1.000 m d’altitude (NDLR : ou1000 km ?), mais aussi voler à 20 mètres au-dessus de l’eau, ce qui complique sa détection par radar.

Kalibr est également connu pour sa capacité à percer les boucliers antimissiles. Il vole la plupart du temps à une vitesse subsonique, mais accélère pour atteindre une vitesse supersonique durant la phase finale de son vol ce qui rend son interception beaucoup plus difficile.

Missile furtif Kh-101

Selon une autre hypothèse, le missile 9М729 aurait été conçu sur la base du missile air-sol Kh-101 créé par le groupe de recherche et de production Radouga («arc-en-ciel» en russe) et utilisé par les forces russes en Syrie. Sa portée maximale est d’environ 5.500 km, mais selon certaines estimations, elle pourrait atteindre 10.000 km, bien que ces données n’aient jamais été confirmées. Le Kh-101 peut porter une ogive nucléaire (en modification Kh-102) ou conventionnelle de 450 kg. La vitesse de Kh-101 varie de 190 à 270 m/s.

Le missile peut frapper avec une haute précision même des cibles en mouvement. Sa capacité à changer de cible en plein vol le rend très flexible. Une autre caractéristique notable de ce missile est sa faible signature radar.

La Russie pourrait renoncer au 9M729

Quelles que soient les origines du missile 9M729, la Russie pourrait y renoncer malgré le fait qu’il ne viole pas le Traité FNI, d’après un expert militaire russe, Konstantin Sivkov interrogé ce vendredi par Sputnik.

«Le missile 9M729 n’est pas concerné par le Traité FNI, c’est clair. Il est ennuyeux de devoir le répéter. Il n’y a aucune raison pour dire que nous devons renoncer à ce missile, alors que les États-Unis ont déployé en Europe des systèmes de lancement universels MK-41 qui peuvent notamment servir à tirer des missiles de croisière Tomahawk. Les Américains violent effectivement ce traité, ils le font d’une manière flagrante», a-t-il indiqué.

L’expert a rappelé que le missile 9M729 a une portée de moins de 400 km.

«Si les États-Unis sont si gênés par nos missiles 9M729, nous pourrons y renoncer à condition qu’ils renoncent au déploiement des systèmes MK-41 en Europe», a conclu M.Sivkov.

En 2017, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova avait commenté les accusations de Washington, notant que le missile de croisière 9M729 n’avait jamais été conçu et testé pour avoir une portée interdite par le Traité FNI. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov l’a encore rappelé en octobre 2018.

Publié le 07.12.2018 à 21h14

https://fr.sputniknews.com/defense/201812071039219767-missile-9m729-traite-fni-usa-russie/

Déc 08

UNE PÉTITION POUR FERMER LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

Militants antinucléaire et citoyens réclament l’arrêt définitif des réacteurs de la centrale nucléaire du Bugey.

Le message de la banderole déployée devant le ministère de la Transition écologique et solidaire est sans équivoque : « Stop Bugey. Le nucléaire c’est fini. » Une délégation de militants antinucléaires de la coordination Stop Bugey a fait le déplacement jusqu’à Paris pour remettre leur lettre ouverte et une pétition demandant « la mise à l’arrêt définitif des réacteurs de la centrale nucléaire du Bugey avant leur quatrième visite décennale » prévue de 2020 à 2023.

« C’est la plus vieille centrale nucléaire en France après Fessenheim. Deux réacteurs ont fêté leurs 40 ans en 2018, et deux autres les atteindront l’année prochaine. Et EDF veut prolonger leur exploitation jusqu’à 50 ou 60 ans ! », s’indigne Joël Guerry, porte-parole de la coordination Stop Bugey.

Le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), annoncé par Emmanuel Macron le 27 novembre, a confirmé le report à 2035 de l’objectif de réduction de la part du nucléaire à 50 % du mix électrique. EDF devra fermer quatorze réacteurs d’ici 2035, en commençant par les deux de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) à « l’été 2020 ». Quels sont les douze autres ? Ces arrêts de réacteurs devraient être effectués sur les plus anciens sites en France : Tricastin (Drôme et Vaucluse), Gravelines (Nord), Dampierre (Loiret), Blayais (Gironde), Cruas (Ardèche), Chinon (Indre-et-Loire), Saint-Laurent (Loir-et-Cher) et Bugey (Ain). EDF devra établir la liste mais le président de la République a assuré qu’« aucune fermeture complète des sites » n’aura lieu.

La lettre ouverte a initialement été envoyée en janvier 2018 à Nicolas Hulot, alors ministre de l’Écologie, et au conseil d’administration d’EDF. Aucune réponse. Les militants antinucléaire espèrent désormais interpeller François de Rugy, notamment grâce à leur pétition signées par plus de 10 220 personnes dont 201 personnalités régionales : sénateurs, maires, médecins, professionnels du tourisme, enseignants, artistes, écrivains, associations…

Située à Saint-Vulbas (Ain), la centrale nucléaire du Bugey concentre une importante densité de population dans ses alentours. Lyon, Mâcon, Chambéry, Grenoble, Genève sont à moins de 80 kilomètres du site, soient 4,4 millions d’habitants. La prise de conscience d’un potentiel accident nucléaire dans la vallée du Rhône gagne progressivement les esprits, mêmes ceux d’apparence réticents.

« En Savoie, certains maires de tous bords politiques, qui ne sont pas dans les cercles écologistes, se sont réunis entre eux pour parler de leurs problèmes d’élus locaux, liés à la centrale nucléaire, comme la question des pastilles d’iode. Puis certains ont appelé le préfet pour avoir des réponses », raconte Francis Lelièvre, de l’association Arrêt du nucléaire Savoie.

Les risques d’inondation de la vallée en cas d’effondrement du barrage de Vouglans (Jura) en amont du site, la proximité des pistes de l’aéroport international Lyon Saint-Exupéry, les pièces non conformes aux critères de sûreté nucléaire… L’énumération des dangers semble sans fin. « Nous avons étudié les documents de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Nous avons dénombré pas moins de 94 irrégularités sur le réacteur n° 3, et noté que la cuve des n° 2 et 4 est fragilisée… », souligne Joël Guerry, membre de l’association Sortir du nucléaire. Sans compter le volet santé environnementale qui interpelle de plus en plus les consciences. Les médecins, les instituteurs, les parents s’interrogent sur les rejets toxiques dans l’air et dans l’eau aux alentours du site.

Les antinucléaires de longue date trouvent de nouveaux relais citoyens pour continuer la lutte. « Les citoyens font remonter la problématique à leurs élus locaux notamment dans les conseils municipaux. Certains nous disent qu’ils ne sont pas antinucléaire mais qu’ils veulent faire fermer cette vieillerie ! », relate Francis Lelièvre. « Nous continuons donc notre travail de pédagogie avec la population en discutant sur les marchés par exemple. C’est primordial pour la prise de conscience et surtout pour faire de la contre-information face à EDF », ajoute Joël Guerry.

Le réseau Sortir du nucléaire (SDN) dénonce régulièrement le manque de transparence de l’électricien national, qui leur transmet à chaque fois des documents d’informations tellement occultés qu’ils deviennent inexploitables. SDN avait porté plainte contre EDF pour de « possibles négligences » concernant la réparation d’une fuite dans le circuit de refroidissement en 2013. Le 15 novembre dernier, la cour d’appel de Lyon a condamné EDF à 5 000 euros de dommages et intérêts.

Une nouvelle source d’inquiétude grandit chez les militants et les habitants : EDF, via la société d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer) aurait prospecté plus de 330 hectares de terres agricoles collées à la centrale. Ils redoutent un projet d’extension du site dédié aux déchets nucléaires ou à la construction d’un EPR… Dans un article du journal suisse Le Temps, EDF a répondu qu’« aucun projet précis n’est engagé à ce stade. La vocation de ces terrains sera définie le moment venu en concertation avec toutes les parties prenantes concernées. Il pourrait s’agir de développer de nouveaux moyens de production d’électricité décarbonée nucléaire ou renouvelable, il peut s’agir aussi de préparer les futurs démantèlements ». En toute transparence…

La pétition En finir avec les réacteurs du Bugey peut encore être signée ici :

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/enfiniraveclesreacteursnucleairesde-2054.html

Déc 07

COMMENT UN MISSILE RUSSE RELANCE LA COURSE AUX ARMEMENTS

Les États-Unis menacent de se retirer d’un traité sur les armes nucléaires si la Russie, accusée d’avoir déployé un missile, ne fait pas marche arrière.

Le ton monte entre les États-Unis et la Russie à propos du missile de croisière appelé 9M729 par les Russes et SSC-8 par l’Otan. Le 4 décembre au siège de l’Otan à Bruxelles, le secrétaire d’État américain a accusé la Russie de violer avec cet engin le traité sur les forces nucléaires intermédiaires (FNI), entraînant ainsi une « menace directe pour l’Europe ». Mike Pompeo a donné 60 jours à Moscou pour renoncer à ce missile, produit par l’entreprise Novator et tiré depuis un véhicule à roues. Au risque, sinon, que les États-Unis se retirent de l’accord, comme l’avait menacé le président Donald Trump le 20 octobre dernier.

Le FNI a été signé en 1987, après un accord conclu entre Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Il a mis fin à la crise des euromissiles, qui avait duré sept ans, et prévoit le bannissement de plusieurs types de missiles sol-sol à têtes nucléaires ou conventionnelles d’une portée comprise entre 500 et 5 500 kilomètres. «  Aucun régime de contrôle des armements ne peut fonctionner s’il est respecté seulement par une partie. C’est un problème pour tous les autres traités  », a souligné le Norvégien Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’Otan.

Cibles en Syrie

La crise qui s’envenime aujourd’hui repose sur une accusation récurrente de l’administration américaine, émise publiquement pour la première fois en janvier 2014 et transmise aux membres de l’Otan. Cette année-là, le département d’État avait évoqué le problème dans son rapport annuel sur le respect des accords de désarmement. Dès 2013, les Américains avaient fait savoir aux Russes qu’ils avaient repéré l’existence de ce projet de missile. Ces soupçons remontent sans doute à 2008, quand les premiers essais en vol avaient été repérés par les services de renseignements. D’autres tirs ont eu lieu en 2014 et en 2015. Il semble que le SSC-8 soit un dérivé du missile naval 3M-54 Kalibr utilisé contre des cibles en Syrie, à partir de navires croisant en mer Caspienne. Selon la FAS (Federation of American Scientists), deux batteries de tir du SSC-8 seraient déjà opérationnelles.

Le directeur national du renseignement américain, Daniel Coats, a donné le 30 novembre quelques détails techniques sur cette affaire, mais aussi des éléments politiques : « Nous pensons que la Russie ne veut probablement plus être contrainte par le traité FNI, car elle modernise ses moyens militaires avec des missiles de précision. Nous savons que ceux-ci sont conçus pour cibler des infrastructures militaires et économiques européennes sensibles, et donc faire pression sur les alliés de l’Otan. »

Course aux armements nucléaires

Ce qui se profile derrière cette nouvelle crise n’est rien de moins qu’une nouvelle course aux armements nucléaires. Ces missiles sont compatibles avec deux types de cibles. Situées en Europe sans doute, mais aussi en Chine. À Washington, on a déjà fait savoir que la fabrication de nouvelles armes nucléaires dites « de théâtre » est une option. Notamment motivée par les initiatives russes, elle est l’un des piliers de la nouvelle stratégie américaine voulue par Donald Trump. Mais pour fabriquer de nouvelles armes, il faut des arguments pour obtenir le feu vert du Congrès pour les indispensables financements. La relance de la polémique vise aussi à inciter les parlementaires à se montrer… compréhensifs.

À Moscou, Vladimir Poutine a ironisé : « D’abord, la partie américaine annonce son intention de se retirer du traité (…) Ensuite, elle commence à chercher des motifs pour le faire. La justification numéro un est que nous violons quelque chose. En même temps, comme d’habitude, aucune évidence de ces violations de notre part n’a été fournie. »

Publié le | Le Point.fr

https://www.lepoint.fr/editos-du-point/jean-guisnel/comment-un-missile-russe-relance-la-course-aux-armements-07-12-2018-2277385_53.php

Déc 07

ÉLECTRICITÉ: LE GEL DU TARIF DEVRA ÊTRE COMPENSÉ ULTÉRIEUREMENT (PDG D’EDF)

L’absence d’augmentation du tarif réglementé d’électricité cet hiver, annoncée par le gouvernement, devra être compensée ultérieurement, a estimé jeudi le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy.

« À un autre moment, il faudra que les comptes soient faits et que le coût de l’électricité soit traduit dans les factures« , a affirmé M. Lévy sur RTL.

Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé mardi que le tarif réglementé d’électricité n’augmenterait pas cet hiver comme attendu.

Le tarif réglementé d’électricité, appliqué par EDF à environ 26 millions de foyers, est fixé selon une formule de calcul complexe, qui doit notamment permettre de couvrir les coûts d’EDF.

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) propose traditionnellement en août, mais aussi parfois en début d’année, une évolution du tarif hors taxe. Le gouvernement a ensuite trois mois pour s’y opposer.

La CRE a indiqué récemment qu’elle comptait proposer une évolution du prix début 2019, et des associations ont alerté sur une hausse qui pourrait atteindre 8 à 10%.

« C’est le ministre (de l’énergie) qui fixe les prix, il n’a pas prévenu les opérateurs, pas plus EDF que les autres » de sa décision de ne pas entériner de hausse cet hiver, a encore indiqué M. Lévy.

Par ailleurs, il a annoncé le lancement par EDF d’une « prime exceptionnelle » pour faciliter le remplacement des chaudières au fioul par des pompes à chaleur.

Cette prime s’ajoutera à celle déjà existante de 3.000 euros pour les ménages modestes, et de 2.000 pour les autres.

« Au-delà de l’aide du gouvernement, nous allons, nous, faire un effort exceptionnel et augmenter de 50% l’aide (au changement de) la chaudière pour les pompes à chaleur (…) car la pompe à chaleur c’est de l’électricité décarbonée« , a indiqué M. Lévy.

mhc/ef/nth

AFP / 06 décembre 2018 à 07h37

https://www.romandie.com/news/Electricit-le-gel-du-tarif-devra-tre-compens-ult-rieurement-PDG-d-EDF/977313.rom

Remarques des opposants au nucléaire :

« nous allons, nous, faire un effort exceptionnel et augmenter de 50% l’aide (au changement de) la chaudière pour les pompes à chaleur (…) car la pompe à chaleur c’est de l’électricité décarbonée », a indiqué M. Lévy. »

La pompe à chaleur, majoritairement non raccordée aux renouvelables, sera subventionnée à 50 % par EDF détenu lui-même à  83,7% par l’État… État qui rajoutera une aide financière supplémentaire !

Après l‘aberration du chauffage électrique, voilà donc la dernière trouvaille  d’EDF, pour acculer les français à consommer massivement du courant qui permettra à l’électricien d’imposer la construction de ses nouveaux réacteurs atomiques.

Mais avec quel argent ?

En effet :  – Endettement : 45,39 milliards – grand carénage selon EDF : 55 milliards – investissements dans de nouveaux moyens de production : 140 milliards  – démantèlement 55 milliards – gestion des déchets 16,5 selon EDF (45 milliards selon la Cour des comptes )

Sans être exhaustifs et sur la base principale de chiffres fantaisistes à EDF nous sommes  à 312 milliards d’euros…

Déc 07

AFRIQUE DU SUD : DU NUCLÉAIRE AUX ÉNERGIES RENOUVELABLES

Le pays le plus industrialisé du continent a décidé de suspendre le développement de son programme nucléaire civil. L’Afrique du Sud compte désormais se tourner vers les énergies renouvelables pour réduire sa dépendance au charbon.

Seul pays du continent à maîtriser la technologie de l’atome pour produire de l’électricité, l’Afrique du Sud envisageait, depuis 2010, de relancer son programme nucléaire civil (son volet militaire étant clos depuis 1994). Aux deux réacteurs de Koeberg, près du Cap (construits en 1976), devaient s’en ajouter six à huit nouveaux. Mais depuis le 27 août dernier, ce projet est repoussé sine die. « Nous allons lancer une étude pour déterminer s’il nous faudra plus de nucléaire après 2030. Mais jusque-là, nous n’envisageons pas d’augmenter notre capacité de production d’électricité nucléaire », a en effet annoncé Jeff Radebe, le ministre de l’Énergie. Sans pour autant écarter définitivement l’atome, le gouvernement sud-africain privilégie désormais les énergies renouvelables et le gaz, moins chers -le nouveau programme nucléaire devait coûter la bagatelle de 70 milliards d’euros- et moins risqués sur le plan environnemental. Ces sources d’énergie alternative poursuivent toutefois le même objectif : réduire la dépendance du pays au charbon, qui fournit actuellement 90% de l’électricité, en abaissant cette part à 65%. Le nucléaire, lui, restera cantonné à ses 4%.

Deux vagues d’investissements

Joignant le geste à la parole, le gouvernement de Pretoria a déjà signé 27 contrats, essentiellement pour la construction de centrales solaires et de parcs éoliens. Ou plutôt, il a ressorti des cartons des projets déjà aboutis, mais mis en sommeil en 2016 par la précédente majorité et Eskom, la compagnie nationale de distribution d’électricité. Au total, 3,5 milliards d’euros ont été investis, pour une production estimée à 2.305 MW. Une somme importante, qui ne constitue que la première tranche d’un programme plus ambitieux. Au terme de cette première étape, la part du charbon devra être tombée à 85%. La deuxième vague d’investissements, d’un montant similaire, vient de commencer. Elle doit permettre de fournir 1.800 MW supplémentaires, produits à partir d’énergies renouvelables. Parmi les pistes explorées : les batteries de stockage d’énergie.

L’Afrique du Sud vient de lancer son premier projet d’envergure dans ce domaine, soutenu par la Banque africaine de développement et l’Union européenne. En tout, 90 sites de stockage doivent être aménagés, ce qui permettra de préserver 1.440 MW par jour. Mais cette baisse importante et rapide de la part du charbon dans le mix énergétique sud-africain ne pourra pas se faire uniquement en ayant recours aux énergies renouvelables. Pour diversifier ses sources d’énergie, l’Afrique du Sud veut accroître la part du gaz. Si la Tanzanie et le Mozambique disposent d’importants gisements, qui intéressent l’Afrique du Sud, pays voisin, celui-ci s’est aussi tourné vers la Russie. Novatek va ainsi bientôt étendre son activité au continent africain, en particulier en Afrique du Sud.

https://afrique.latribune.fr/entreprises/la-tribune-afrique-de-l-energie-by-enedis/2018-12-06/afrique-du-sud-du-nucleaire-aux-energies-renouvelables-799450.html

Déc 06

LE NUCLÉAIRE EST-IL VRAIMENT L’ÉNERGIE SANS CO2 LA MOINS CHÈRE ?

En présentant son programme pour l’énergie des dix années à venir, le gouvernement a laissé la part belle au nucléaire afin de développer le renouvelable, avec le souhait de maintenir un coût raisonnable de l’électricité pour le contribuable. Sauf que c’est en réalité le nucléaire qui va alourdir la facture.

Qui le dit ?

Sur France Inter ce samedi, quelque jours après l’annonce de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) par le gouvernement, le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, s’est félicité dans « On arrête pas l’éco » des orientations prises par Emmanuel Macron en matière de nucléaire.

Le projet esquissé mardi par le chef de l’État fixe la feuille de route énergétique de la France pour les dix prochaines années et prévoit notamment la fermeture de 14 réacteurs nucléaires d’ici à 2035, sur les 58 exploités par EDF sur le territoire français. La part du nucléaire sera alors ramenée à 50 % dans la production d’électricité.

« Si on veut se débarrasser des énergies fossiles qui polluent, qui ont un temps de vie limitée, l’électricité c’est bien l’avenir » a insisté Jean-Bernard Lévy, qui plaide pour l’EPR et pour retarder l’arrêt des centrales nucléaires en France : « Notre recommandation c’est que tous les réacteurs aillent jusqu’à 50 ans, voire 60. Il ne faut pas les arrêter sur 15 ans parce que cela ferait des chocs que l’on ne saurait pas bien gérer sur le plan social ou sur le plan industriel. »

Pour étayer ses arguments, le PDG d’EDF pointe le coût très élevé du stockage qui, aujourd’hui, ne permet pas de moduler la distribution de l’énergie en fonction de la demande. « Quand on regarde les coûts, il faut regarder les coûts de l’électricité dont on a besoin, pas les coûts de l’électricité quand le vent souffle, quand le soleil brille. Les coûts du stockage sont aujourd’hui très élevés. »

Qu’en disent les spécialistes ?

Le ministre de la Transition écologique et solidaire l’a lui-même redit jeudi dernier, dans Le Parisien : « Les coûts de production de l’électricité augmentent car les centrales nucléaires sont vieillissantes et qu’on est obligés de faire des travaux. »

Auteur du livre Nucléaire, une catastrophe française, qui rassemble les données publiées par l’ANS, l’Ademe et bien d’autres, le journaliste Erwan Benezet précise : « Aujourd’hui, EDF avance un chiffre de 33 euros du MWh » qui est faible parce que les coûts des centrales, prévues pour une durée d’utilisation de 40 ans, ont été amortis et qu’EDF ne tient pas compte des investissements à venir.

L’industrie nucléaire est l’une des rares économies à coûts croissants. « Plus vous avancez dans le temps, plus ça coûte cher » résume Erwan Benezet. « Quand EDF donne ces chiffres, il ne prend pas en compte, ou du moins pas suffisamment, l’après-nucléaire, c’est à dire le démantèlement des centrales, mais aussi la gestion des déchets, leur stockage avant retraitement puis leur enfouissement, sachant que les piscines où l’on entrepose des combustibles radioactifs arrivent elles-aussi à leur capacité maximale de stockage. »

Ni même d’ailleurs les investissements à venir pour renforcer la sûreté des réacteurs ou leur sécurité. « En 2011, après la catastrophe de Fukushima, on a refait des stress-tests qui ont abouti à toute une série de travaux à effectuer sur l’ensemble des centrales dans le monde, ce que l’on appelle le grand carénage et qui comporte à la fois le renforcement de la sûreté post-Fukushima, la maintenance et la prolongation de la durée de vie des centrales » précise l’auteur. 

Quel est le véritable coût du parc nucléaire français ?

La construction de 19 centrales avec 58 réacteurs nucléaires a coûté, jusqu’en 2012, plus de 220 milliards d’euros, selon les calculs de la Cour des Comptes. S’il est à ce jour impossible de donner une estimation fiable sur le coût du démantèlement des centrales et du stockage de l’ensemble des combustibles usagers, la Cour des comptes a estimé, en dix ans, qu’il faut mobiliser 100 milliards d’euros rien que pour assumer le coût du grand carénage.

Mais un autre point est à préciser, celui de la sécurité des sites et de leur capacité d’accueil. Les piscines de stockage, dont on fait peu de cas, sont dimensionnées pour accueillir du combustible pendant 40 ans. Résultat, la rupture est proche. « Ce renforcement des cinquante-huit piscines pourrait coûter jusqu’à 1,5 milliard d’euros par piscine de réacteur«  déplore Erwan Benezet. « Celui des quatre piscines principales de la Hague, autour de 17 milliards d’euros ». 

Et en ce qui concerne le renforcement des cinquante-huit réacteurs (hors piscines), il faut compter jusqu’à 2,5  milliards d’euros par unité. Au total, c’est peut-être donc plus de 200 milliards d’euros qu’il faudrait débourser pour mener à bien ce gigantesque chantier. Soit entre trois et cinq fois les dépenses prévues par EDF pour prolonger la durée de vie des centrales. « Sauf que », écrit l’auteur, « ne pas le faire peut nous coûter encore plus cher ».

Et l’EPR ?

Au micro d’Alexandra Bensaid, Jean-Bernard Lévy a également plaidé pour poursuivre les investissements dans l’EPR. 

Mais l’expérience de Flammanville démontre le coût très élevé du nucléaire nouvelle génération : 11 milliards d’euros. Le tout sous couvert d’un « mensonge«  généralisé, rappelle Erwan Benezet : « Quand il a été lancé, en 2007, le projet était estimé à 3,3 milliards d’euros pour une mise en service en 2012, mais tout le monde savait que les montants et les délais seraient intenables. » 

Un coût également élevé pour les deux réacteurs de la centrale de Hinkley Point. EDF doit verser 16 des 23 milliards d’euros estimés pour le projet, la Chine s’acquittant du reste de la facture.

Oui mais les emplois ?

Parmi les arguments d’EDF pour temporiser la sortie du nucléaire figure celui de l’incapacité de gérer la transition, sur le plan social, en 15 ans. Pourtant, l’Ademe, l’Agence pour l’environnement et la maîtrise de l’énergie, affirme qu’un million d’euros investi dans le renouvelable, c’est 15 emplois créés. La même somme investie dans le nucléaire ou le charbon, c’est six emplois.

Aujourd’hui, ajoute Erwan Benezet, « le renouvelable représente 100 000 emplois en France, des emplois qui ne sont pas, à ce jour, délocalisables » : « D’ici 2030, c’est un demi-million d’emplois, presqu’un million en 2050. »

À titre de comparaison, aujourd’hui, le nucléaire permet l’emploi de 220 000 personnes en France pour un secteur qui produit 75 % de l’électricité en France.

Conclusion

Si aujourd’hui, la production de l’électricité en France reste bon marché, c’est sans compter sur les coûts à venir de l’allongement de la durée d’utilisation des centrales qui oblige des investissements lourds pour poursuivre la production d’électricité nucléaire dans des conditions de sûreté et de sécurité satisfaisantes.

Mais les sommes conséquentes qui vont être dépensées, pour assurer le maintien de la production nucléaire sur une durée plus longue que prévue, sont aujourd’hui largement sous-estimées de l’avis des experts. Ces montants vont forcément avoir une incidence sur notre facture d’électricité, de l’avis même de François de Rugy, incidence peut-être supérieure à celle d’une stratégie d’investissement d’envergure dans la production d’énergie renouvelable, en parallèle du démantèlement des centrales nucléaires ?

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À l’occasion de la COP24, retrouvez toutes les émissions et les chroniques sur le changement climatique, par les antennes de Radio France. Quel est l’impact du réchauffement climatique sur l’environnement ? Quels dangers, quelles solutions ? À retrouver sur iTunes, sur Deezer ou en fil RSS.

Publié le mercredi 5 décembre 2018 à 7h00 par Julie Guesdon @Guesdon

https://www.franceinter.fr/environnement/le-nucleaire-est-il-vraiment-l-energie-sans-co2-la-moins-chere

Déc 05

SI LE TRAITÉ FNI EST DÉTRUIT, LA RUSSIE RÉAGIRA DÛMENT, SELON POUTINE

Moscou estime que le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) ne doit pas être détruit, mais devra réagir si Washington s’en retire, a déclaré le Président russe.

La Russie s’élève contre la destruction du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), mais se devra de réagir si les États-Unis s’en retirent, a déclaré mercredi Vladimir Poutine, indiquant que Washington avait pris la décision de le quitter bien avant d’avoir fait une déclaration publique.

«La décision est prise depuis longtemps, mais en sourdine. Ils [les États-Unis, ndlr] pensaient qu’on ne le remarquerait pas, mais la mise au point de ces missiles figure d’ores et déjà dans le budget du Pentagone. C’est seulement après qu’ils ont annoncé leur retrait [du Traité FNI, ndlr]», a-t-il indiqué.

Répondant aux journalistes, il a rappelé qu’avant même l’annonce par Washington de son retrait du Traité FNI, le Congrès américain avait débloqué des fonds nécessaires à la conception de tels missiles.

«Ensuite, ils ont commencé à chercher sur qui rejeter la responsabilité. Évidemment, le plus simple et le plus habituel pour les Occidentaux: c’est de la faute de la Russie. Mais il n’en est rien. Nous sommes contre la destruction de ce Traité, mais si c’est le cas, nous réagirons dûment», a souligné Vladimir Poutine.

En octobre, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis prévoyaient de sortir du Traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire signé le 8 décembre 1987 par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan. Le document en question abolissait l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 kilomètres.

International, publié le 05.12.2018 à 12h32 (mis à jour à 13h15)

https://fr.sputniknews.com/international/201812051039181496-traite-fni-russie-poutine/

Déc 05

VIOLATION DU TRAITÉ NUCLÉAIRE INF: LES ACCUSATIONS AMÉRICAINES « SANS FONDEMENT » SELON MOSCOU

Moscou a dénoncé mercredi les accusations « sans fondement » de Washington, qui affirme que la Russie viole un traité de 1987 sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) et menace en retour de ne plus le respecter.

« Des accusations sans fondement sont répétées« , a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova alors que Washington a donné mardi 60 jours à la Russie pour se conformer à ce traité, faute de quoi les États-Unis se retireront de l’accord.

« Aucune preuve qui soutiendrait les accusations américaines n’a été apportée« , a poursuivi Mme Zakharova lors d’un briefing, décrivant le traité INF comme un « point clef de la stabilité et de la sécurité stratégique internationale« .

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a lui déclaré aux journalistes que « les faits ont été tordus pour camoufler le vrai objectif du retrait américain de ce traité« , sans donner plus de précisions.

Mardi soir, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a annoncé, à l’issue d’une réunion avec ses homologues de l’Otan, que « nous suspendrons nos obligations dans 60 jours, à moins que la Russie ne respecte ses obligations de manière vérifiable« .

L’Otan a ensuite adopté une déclaration dans laquelle elle accuse Moscou d’avoir violé le traité et de faire peser des risques importants sur la sécurité euro-atlantique.

« Nous appelons la Russie à revenir sans délai à un respect total et vérifiable. Il appartient à présent à la Russie de préserver le traité INF« , est-il indiqué dans la déclaration.

Le délai de 60 jours correspond à la prochaine réunion des ministres de la Défense de l’Otan les 14 et 15 février 2019.

Donald Trump avait annoncé fin octobre le retrait des États-Unis du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), bannissant les missiles nucléaires d’une portée allant de 500 à 5.000 kilomètres, conclu avec la Russie en 1987.

Poutine avait immédiatement averti qu’un tel retrait pourrait avoir des conséquences dangereuses. « Si tous ces accords sont démantelés (…) Il ne restera rien à part la course aux armements« , a-t-il mis en garde.

Washington se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée selon Washington dépasse les 500 km, ce qui constituerait une violation du traité INF de 1987.

Ce traité, en abolissant l’usage de toute une série de missiles, avait mis un terme à la crise déclenchée dans les années 1980 par le déploiement des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires ciblant les capitales occidentales.

AFP / le 05 décembre 2018 à 11h06

https://www.romandie.com/news/Violation-du-traite-nucleaire-INF-les-accusations-americaines-sans-fondement-selon-Moscou/977029.rom

Déc 05

POLYNÉSIE : L’ÉGLISE PROTESTANTE MAOHI VEUT UNE ENQUÊTE DE L’ONU SUR LES CONSÉQUENCES DES ESSAIS NUCLÉAIRES

NUCLÉAIRE – L’Église protestante a expliqué, ce mardi lors d’une conférence de presse, sa démarche afin que l’ONU enquête sur les conséquences sanitaires, sociales et environnementales des essais nucléaires français en Polynésie. En attendant, de nouvelles dispositions ont été prises ce mardi au Sénat concernant la loi Morin.

L’Église protestante maohi (EPM) a fait le point, ce mardi lors d’une conférence de presse, sur sa mission à l’ONU à Genève en octobre dernier. Une mission qui s’inscrivait dans sa volonté de poursuivre l’État pour crime contre l’humanité suite aux essais nucléaires.

Ce n’est finalement pas une plainte qui a été déposée devant la 4ème commission de l’Organisation des nations unies et le comité des droits de l’Homme à Genève, mais une communication. Car, « pour ce qui nous concerne, nous avons surtout souhaité attirer leur attention », explique Philippe Neuffer, l’avocat de l’EPM.

Dans cette communication, « nous demandons à ce que l’ONU rétablisse un paragraphe dans lequel il engage le secrétaire général à se préoccuper du sort du peuple polynésien après les essais nucléaires », poursuit le conseil. Un paragraphe qui avait été retiré du texte sur la décolonisation de la Polynésie française soutenu par le Tavini Huiraatira.

« Nous appelons également le comité international des droits de l’Homme de Genève à déléguer un groupe de personnes pour se rendre en Polynésie française afin d’enquêter sur les conséquences sanitaires, sociales et environnementales des essais nucléaires français en Polynésie », conclut-il.

Entre temps, de nouvelles dispositions ont été adoptées, ce jour en séance tardive au Sénat, en faveur des victimes des essais nucléaires. Selon la sénatrice Lana Tetuanui, elles sont conformes aux préconisations de la commission article 113- Loi Erom.

Dans une publication sur sa page Facebook officielle, elle explique que « la loi Morin est donc modifiée », avec « de nouveaux délais raisonnables et équitables en matière de dépôt des dossiers en indemnisation, une consolidation de la méthodologie du Civen, une plus grande souplesse dans sa composition et des moyens budgétaires supplémentaires au profit du Civen afin de répondre au mieux et au plus vite aux requêtes en indemnisation des victimes et de leurs ayants droit ».

Rédaction web, avec Esther Parau Cordette, Mardi 4 Décembre 2018 à 17h37

https://www.tntv.pf/L-Eglise-protestante-maohi-veut-une-enquete-de-l-ONU-sur-les-consequences-des-essais-nucleaires_a29383.html

Déc 04

TRUMP VEUT METTRE FIN À LA « COURSE AUX ARMEMENTS  » AVEC LA CHINE ET LA RUSSIE

Le président américain Donald Trump a annoncé, ce lundi 3 décembre 2018, avoir l’intention de discuter avec ses homologues chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine pour mettre fin à ce qu’il a décrit comme une course aux armements.

« Je suis sûr que, dans le futur, le président Xi et moi-même, ainsi que le président russe Poutine, commencerons à parler d’un arrêt significatif de ce qui est devenu une course, majeure et incontrôlable, aux armements. Les États-Unis ont dépensé 716 milliards de dollars (630 milliards d’euros) cette année. Dément ! » a déclaré Donald Trump dans un tweet, au lendemain de son retour du sommet du G20 en Argentine.

Le chef de la Maison blanche n’a pas donné d’autre précision. Il a signé en août une loi sur les dépenses militaires de 716 milliards de dollars qui durcit notamment les règles limitant les investissements chinois dans les sociétés américaines de technologie et augmente les investissements dans le domaine antimissile

L’armée américaine a annoncé cette année que sa nouvelle stratégie de défense nationale visait avant tout la Chine et la Russie. Dans le cadre de ce changement de priorité, certaines troupes stationnées hors des États-Unis vont être rapatriées. Dans le même temps, Donald Trump a publiquement envisagé la possibilité de se retirer du traité sur le contrôle des forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) signé en 1987 pendant la Guerre froide par son prédécesseur Ronald Reagan et le numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev et entré en vigueur l’année suivante. 

L’Europe deviendrait un champ de bataille nucléaire potentiel

Moscou a prévenu Washington qu’il serait obligé de réagir pour rétablir l’équilibre militaire si Trump mettait sa menace à exécution. Ce traité avait pour but d’éliminer tous les missiles nucléaires et conventionnels terrestres à courte et moyenne portée détenus en Europe par les deux grandes puissances. 

En l’absence de traité, certains pays européens craignent que Washington ne déploie à nouveau des missiles nucléaires à portée intermédiaire en Europe et que la Russie ne fasse de même dans son enclave de Kaliningrad, ce qui ferait de nouveau de l’Europe un champ de bataille nucléaire potentiel. En mars, la Chine a annoncé une hausse de ses dépenses militaires de 8,1%, la plus forte en trois ans, pour moderniser son armée, ce qui a suscité la nervosité de ses voisins japonais et taïwanais. 

Les médias officiels chinois ont souligné que ce budget ne représentait que le quart des dépenses militaires des États-Unis. Mais le chiffre des investissements militaires chinois est très surveillé parce que les spécialistes de la défense espèrent y trouver des indices sur les intentions stratégiques de la Chine au moment où elle développe de nouvelles capacités militaires, notamment des chasseurs furtifs, des porte-avions et des missiles anti-satellites. 

Publié par Ouest France avec Reuters, le 3 décembre à 17h15

https://www.ouest-france.fr/monde/etats-unis/donald-trump/trump-veut-mettre-fin-la-course-aux-armements-avec-la-chine-et-la-russie-6106288

Déc 04

L’OTAN FACE À L’AFFIRMATION DE PUISSANCE RUSSE

Les ministres des affaires étrangères de l’Otan se réunissent, mardi 4 décembre et mercredi 5 décembre, à Bruxelles. Le président ukrainien Petro Porochenko participera à une session consacrée aux tensions en mer Noire.

Les tensions en mer Noire et le retrait américain du traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (FNI) seront au centre des entretiens des ministres des affaires étrangères des pays de l’Otan, mardi 4 décembre et mercredi 5 décembre, à Bruxelles.

À leur invitation, le président ukrainien Petro Porochenko se joindra à eux, mardi 4 décembre, pour faire le point de la situation, après l’incident survenu, dimanche 25 novembre, au large de la Crimée, ayant abouti à la capture par la Russie de trois bateaux et de vingt-quatre marins ukrainiens. Cette violation de l’accord bilatéral de 2003 entre Moscou et Kiev, permet à la Russie de bloquer l’accès aux ports ukrainiens de Mariopol et de Berdyansk. Elle conduit à l’annexion rampante par la Russie de la mer d’Azov, devenue le troisième foyer de conflit russo-ukrainien, après la Crimée et le Donbass.

Lors du récent sommet du G20 à Buenos Aires, Vladimir Poutine n’a montré aucun signe d’ouverture. Il a assuré même que « la guerre va continuer » dans l’est de l’Ukraine, tant que les autorités actuelles de Kiev « resteront au pouvoir ».

Les ministres de l’Otan examineront la demande du président ukrainien de déployer des navires en mer d’Azov mais celle-ci a peu de chances d’être acceptée. Les Européens veulent éviter une escalade et ne sont pas favorables à des mesures militaires.

De son côté, le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg fait valoir que l’Otan a déjà considérablement renforcé sa présence en mer Noire. Les pays de l’Union européenne se disent, toutefois, prêts à envisager de nouvelles sanctions ciblées contre des individus proches de Vladimir Poutine lors de la prochaine réunion de leurs ministres des affaires étrangères.

Un discours de Michael Pompeo sur la « réforme de l’ordre international »

Autre question sensible à l’ordre du jour, le retrait américain du traité sur les Forces nucléaires intermédiaires (FNI), annoncé, samedi 20 octobre, par Donald Trump. Le ministre des affaires étrangères américain Michael Pompeo devrait évoquer, entre autres, cette question dans un discours, programmé, mardi 4 décembre, en fin de matinée, à Bruxelles, devant le German Marshall Fund (GMF), sur le thème « Réformer l’ordre international fondé sur des règles », avant de retrouver ses homologues au siège de l’Otan.

Depuis plusieurs semaines, l’administration Trump tente de convaincre ses alliés européens du bien-fondé de sa décision, arguant des violations commises par la Russie. Mais ceux-ci demandent à Washington de donner encore une chance à Moscou de se mettre en règle pour respecter ses engagements. Le déploiement en Europe de nouveaux missiles américains risque de diviser l’alliance, entre ceux qui, comme la Pologne, seraient prêts à les accueillir et ceux qui, à l’instar de l’Allemagne, considèrent ce déploiement comme une provocation inutile.

À court terme, la décision américaine pourrait faire le jeu de la Russie, rendue libre de développer et déployer ses missiles sol-sol à court et à moyenne portée et de tirer parti des divisions européennes. Le président de la commission des affaires étrangères de la chambre haute du parlement russe, Konstantin Kosachev, a récemment déclaré que la Russie ciblerait tout missile à portée intermédiaire déployé par les États-Unis en Europe et repositionnerait, si nécessaire, ses missiles plus près de l’Europe.

Une de leurs sessions sera consacrée aux Balkans occidentaux

Le Vieux continent était le principal bénéficiaire du FNI, conclu en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev, visant à contenir la menace russe. L’accord interdisait aux États-Unis et à la Russie de tester, produire et déployer des missiles nucléaires sol-sol, d’une portée comprise entre 500 à 5 500 kilomètres, menaçant l’Europe occidentale. Au milieu des années 2000, la Russie a commencé à mettre au point, puis testé et déployé, un nouveau missile de portée intermédiaire, le SSC-8, capable d’atteindre n’importe quelle capitale européenne, une claire violation du traité FNI, selon Washington.

Les ministres des 29 pays membres de l’Alliance discuteront également du soutien à la formation des forces armées irakiennes et de la mission de formation de l’Otan en Afghanistan. Une de leurs sessions, mercredi 5 décembre, sera consacrée aux Balkans occidentaux, en présence de la diplomate en chef de l’Union européenne Frederica Mogherini. Les ministres entérineront le premier programme national annuel de préparation à une éventuelle adhésion de la Bosnie-Herzégovine.

François d’Alançon, le 04/12/2018 à 6h49

https://www.la-croix.com/Monde/LOtan-face-laffirmation-puissance-russe-2018-12-04-1200987296

Déc 04

PRÈS DE BURE, DEUX PERQUISITIONS CHEZ DES OPPOSANTS À CIGÉO

Lundi 3 décembre au matin, les gendarmes ont perquisitionné deux maisons du village de Mandres-en-Barrois, près de Bure (Meuse). Selon L’Est républicain, ils agissaient sur commission rogatoire du juge d’instruction de Bar-le-Duc. Ils ont procédé à des perquisitions au domicile d’opposants au projet Cigéo d’enfouissement des déchets nucléaires.

L’une des personnes visées, un opposant historique né dans le village, a été perquisitionné pour sa participation supposée à un rassemblement non autorisé. La seconde habitante, installée dans le village depuis plusieurs années, l’a été dans le cadre de l’instruction pour association de malfaiteurs. Tout le matériel informatique et téléphonique de ces deux personnes a été saisi ou copié sur place par les enquêteurs. Tous deux sont connus pour leur engagement contre la poubelle nucléaire, notamment pour avoir participé au dépôt de recours contre la cession à l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) du bois Lejuc, alors bois communal.

Lancées vers 9 h, les perquisitions se sont achevées en milieu de journée. Aucune personne n’est placée garde à vue.

Pour l’association d’opposants Cedra, « les gendarmes reviennent impunément forcer les portes d’habitants et opposants au projet Cigéo, cherchant désespérément des preuves de culpabilité qui leur permettraient de remplir un dossier d’instruction enassociation de malfaiteursqui demeure décidément bien vide au regard des moyens considérables mis en œuvre pour le remplir ».

Parlant d’un « feuilleton policier sordide, où les atteintes gravissimes aux droits élémentaires des personnes se multiplient, où les idées, l’engagement et la solidarité deviennent criminels », le Cedra a dénoncé dans un communiqué « la stratégie d’asphyxie répressive de la lutte qui poursuit son déroulement, tel un imperturbable rouleau compresseur ».

Cet article a été publié sur https://reporterre.net/Pres-de-Bure-deux-perquisitions-chez-des-opposants-a-Cigeo, site que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Déc 04

NUCLÉAIRE : LE GOUVERNEMENT IGNORE LE STOCKAGE DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Le gouvernement s’entête dans la défense du nucléaire en arguant notamment que les énergies renouvelables sont intermittentes et insuffisantes, explique l’auteur de cette tribune. Pourtant, des possibilités efficaces de stockage de ces dernières existent.

C’est mathématique : si la production électronucléaire reste constante et que la production solaire et éolienne augmente, alors la part du nucléaire baisse. Mais cela implique que la demande électrique augmente parallèlement, sinon que faire de toute l’électricité produite ? C’est là que le bât blesse. Car les véhicules électriques à batterie, qui ont intrinsèquement une très haute efficacité énergétique, consomment très peu d’électricité. Si 5 millions de véhicules passaient à l’électrique, la demande électrique nationale n’augmenterait que d’environ 2 %. La stratégie misant sur une hausse de la production électrique globale pour baisser la part du nucléaire constitue par conséquent une illusion. Mais c’est la seule qui s’offre aux défenseurs du nucléaire pour respecter la loi française (2015) qui vise à réduire de 75 % à 50 % la part de l’atome dans le mix électrique. 

C’est pourtant la logique suivie par M. Macron. Solaire et éolien ne sont pas conçus par le président comme des énergies se substituant au nucléaire mais s’ajoutant à lui. Par conséquent, aux problèmes intrinsèques du nucléaire (dont celui des déchets toxiques) s’ajouteront ceux du solaire et de l’éolien, notamment leur impact paysager et minier. Pour le prophète d’En marche, le solaire et l’éolien constituent simplement de nouveaux marchés, de nouvelles occasions de business, et rien d’autre. Macron est un banquier.

La puissance solaire interceptée par le disque terrestre est elle aussi finie 

Cette vision macronienne résulte fondamentalement d’une philosophie technoscientiste selon laquelle une croissance infinie est possible dans un pays fini. Nombreux sont d’ailleurs les promoteurs du photovoltaïque qui croient que la ressource solaire disponible sur Terre est illimitée. Or, la puissance solaire interceptée par le disque terrestre est elle aussi finie : 175.000 TW. Elle est bien entendu indispensable à l’activité photosynthétique, tant en milieu océanique que continental. Et le taux de conversion énergétique par les capteurs photovoltaïques n’est pas de 100 %. Il faut en outre la stocker, ce qui implique des pertes supplémentaires. En réalité, si l’humanité persiste dans sa gloutonnerie énergétique croissante, elle aura intégralement couvert la surface terrestre de panneaux solaires en seulement quelques siècles, a calculé Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde. Mais au lieu de prôner la sagesse, et donc la sobriété énergétique, ce dernier envisage la construction de centrales photovoltaïques et d’usines sur les autres planètes du système solaire, afin de transformer la Terre en zone résidentielle pour 1.000 milliards d’êtres humains. Le milliardaire étasunien ne voit pas d’autres solutions pour perpétuer le mythe de la croissance infinie. Il a fondé l’entreprise Blue Energy dans cette perspective, projet qu’il estime le plus important de toute sa vie. L’héliotechnoscientisme poussé à l’extrême.

Du côté des nucléaristes, on espère compenser la suppression de 12,6 GW de nucléaire (M. Macron a annoncé la fermeture de 14 réacteurs de 900 MW) ayant un facteur de capacité de 70 % par la construction de 9,8 GW de nouveau nucléaire ayant un facteur de capacité de 90 %. Soit les 6 EPR (de 1.650 MW chacun) évoqués dans un rapport réalisé pour le gouvernement. Annoncer en plus 45 GW de solaire dans un tel contexte est parfaitement absurde. Ces annonces constituent en réalité une invitation non pas à la sobriété mais au gaspillage énergétique.

Des dogmes nucléocratiques obsolètes

Non seulement la vision macronienne est productiviste, et donc par essence anti-écologique, mais en plus elle repose sur des dogmes nucléocratiques obsolètes. Macron a en effet déclaré le 27 novembre 2018 qu’il était « faux de dire que le nucléaire pourrait être remplacé par les énergies renouvelables, ces dernières étant intermittentes ». Son Premier ministre, Édouard Philippe, ancien lobbyiste d’Areva, en a ajouté une couche le lendemain en affirmant que « tant qu’on ne sait pas stocker l’électricité, on a besoin d’un mix équilibré. On a besoin du nucléaire et des énergies renouvelables ».

Donc, pour Macron et Philippe les 200 GW de Step (stations de transfert d’énergie par pompage) qui fonctionnent dans le monde (dont 5 GW en France) n’existent pas. On peut pourtant les faire fonctionner avec de l’eau de mer, comme l’a si bien expliqué l’association Hydrocoop. La batterie Tesla géante que le groupe français Neoen a installée en Australie pour assister un parc éolien ? Elle non plus n’existe pas. L’île Tesla qui fonctionne au solaire + stockage batterie dans les Samoa étasuniennes ? Idem. Tout comme le système batterie + hydrogène qu’installe le groupe français HdF (Hydrogène de France) en Guyane pour délivrer de l’électricité solaire 24 heures sur 24 et toute l’année. Et puis les études réalisées par le cabinet d’étude Artelys grâce à des outils informatiques sophistiqués et qui démontrent par A + B que les énergies renouvelables peuvent remplacer des réacteurs nucléaires en France sont ignorées. Artelys a pourtant été fondé par des anciens d’EDF. Étrange. Le gouvernement espagnol, qui annonce 70 % d’électricité renouvelable dès 2030 ? Une farce. 95 % de l’électricité en Uruguay est renouvelable ? De la science-fiction. Le PDG du groupe Neoen qui annonce que la France peut passer à 30 % de solaire + éolien en cinq ans, et donc à 50 % de renouvelables en intégrant l’hydroélectricité déjà en place et les autres énergies renouvelables ? Du pipeau. L’atome, il n’y a que ça de vrai. Et comme il est plus facile de briser un atome qu’un préjugé, et bien nous ne sommes pas sortis de l’auberge. Ou plutôt de la piscine à déchets radioactifs.

Article d’Olivier Daniélo, rédacteur énergie. (Il a fondé l’antenne française du think tank Desertec (Club de Rome) qu’il a ensuite quitté : vouloir importer de l’électricité solaire africaine pour répondre aux besoins énergétiques des gloutons européens lui posait un problème d’ordre éthique.)

Cet article a été publié sur https://reporterre.net/Nucleaire-le-gouvernement-ignore-le-stockage-des-energies-renouvelables par REPORTERRE que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Déc 03

LA FRANCE A DIT VOULOIR ABANDONNER LE PROJET ASTRID

Après avoir arrêté définitivement Monju, son surgénérateur, le Japon a du mal à justifier sa politique d’extraction du plutonium des combustibles usés. Il a dépensé des milliards d’euros dans une usine de retraitement à Rokkashô-mura qui accuse déjà 24 années de retard et dont l’utilité est de plus en plus remise en question. Et comme le Royaume-Uni arrête le retraitement, il ne reste plus que la France avec qui il peut s’entendre.

Le Japon et la France avaient donc entamé des discussions à propos d’une participation dans ASTRID, le projet de surgénérateur français qui doit faire mieux que Superphénix. Un accord de coopération avait été signé en 2014. Selon le Nikkei, la France aurait informé le Japon qu’elle allait renoncer à ce projet en 2019 et qu’elle renoncerait à tout investissement dans les surgénérateurs à partir de 2020. Mais, selon Reuters, le CEA, qui porte le projet, a démenti en précisant qu’aucune décision officielle n’avait été prise.

L’arrêt de ce programme est raisonnable. En effet, le concept de surgénérateur date des années 1950 et il aurait dû être prêt pour la fin du siècle dernier. Selon le CEA, l’aboutissement était pour la fin de ce siècle. Bref, juste un siècle de plus de recherches et développement pour aboutir. Ce n’est donc pas très prometteur, mais cela permet de classer 95% de ce qui sort des réacteurs nucléaires en “matières valorisables” et non en déchets, même si elles ne sont pas valorisées. En France, le taux de recyclage est inférieur à 1%. Cela permet aussi d’avoir une filière industrielle dédiée au plutonium qui a un intérêt militaire.

Le Japon, qui a adopté une politique énergétique complètement irréaliste et qui s’accroche à sa filière plutonium va devoir revoir ses plans. Quant à la France, il va falloir revoir toute sa politique de gestion des déchets. Le retraitement à l’usine Orano de La Hague ne sert donc plus qu’à éviter l’engorgement des piscines et l’effondrement du parc nucléaire national.

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

NDLR : attendons tout de même une confirmation officielle avant de nous réjouir.

Déc 03

« SONNONS L’ALARME CLIMATIQUE » : PLUS DE 60 ASSOCIATIONS APPELLENT À SE MOBILISER POUR UNE TRANSITION ÉCOLOGIQUE « PLUS AMBITIEUSE ET PLUS JUSTE »

Dans une tribune publiée lundi en exclusivité sur franceinfo, plusieurs dizaines d’associations et d’ONG disent souhaiter « contribuer à l’amplification du réveil citoyen afin de reprendre le contrôle et engager une transition énergétique plus ambitieuse et plus juste« .

« Faire sonner l’alarme climatique »

Tel est le but de cette tribune, dont la publication coïncide avec l’ouverture de la COP24, en Pologne. Pour les signataires, une soixantaine d’associations, dont Attac, la Fondation pour la Nature et l’Homme présidée par Audrey Pulvar et Oxfam France, représentée par Cécile Duflot, « il est encore temps d’agir » pour « engager une transition énergétique plus ambitieuse et plus juste, à la hauteur de l’urgence climatique« . Ils s’expriment alors que doit avoir lieu une marche mondiale pour le climat, samedi 8 décembre, après le succès des marches du 8 septembre et du 13 octobre derniers.

Le 8 décembre, sonnons l’alarme climatique.

Associations et syndicats s’engagent à rejoindre les mobilisations du 8 décembre et appellent à amplifier le réveil citoyen pour la justice sociale et écologique.

En décembre 2015, alors que les chefs d’États célébraient la signature de l’Accord de Paris, le mouvement pour la justice climatique se mobilisait pour dresser des lignes rouges et pointer l’insuffisance des engagements des États pour limiter le réchauffement mondial à 1,5°C. Trois ans après, le compte n’y est toujours pas et nous n’avons pas le luxe d’attendre. Les conséquences dramatiques des dérèglements climatiques sont déjà là et les populations les plus vulnérables en sont les premières victimes, au Nord comme au Sud.

« L’inefficacité de la politique des petits pas d’Emmanuel Macron est évidente« 

Si la prise de conscience individuelle et les petits changements du quotidien constituent un premier pas, ceux-ci ne doivent pas faire oublier l’urgence d’un changement de cap des politiques publiques. Le dernier rapport du GIEC est clair : si les pays veulent respecter leurs engagements en matière de climat, ils doivent laisser les combustibles fossiles dans le sol et réorienter les politiques publiques vers une transition juste, qui protège les populations affectées par les impacts du changement climatique et ne laisse personne de côté.

En décembre 2017, lors du One Planet Summit, organisé par Emmanuel Macron, nous nous étions rassemblés pour rappeler que « Pas un euro de plus » ne devait aller aux énergies fossiles. Un an après, le message n’a pas été écouté. L’inefficacité de la politique des petits pas d’Emmanuel Macron est évidente, surtout quand elle ignore la dure réalité quotidienne des plus pauvres, s’accompagne de mesures fiscales favorables aux plus riches et refuse de faire payer les plus gros responsables des dérèglements climatiques. La hausse du prix des carburants est l’une des mesures nécessaires pour accélérer la baisse des émissions de gaz à effet de serre. Mais celle-ci ne pourra être prise au sérieux si elle ne répond pas aux enjeux de justices sociale et fiscale grâce notamment à une redistribution des recettes de la taxe dans la transition et des mesures d’accompagnement pour celles et ceux qui n’ont d’autres choix que de prendre leur voiture pour se déplacer. C’est ce que montre en grande partie la colère exprimée par les « gilets jaunes« .

« Il est encore temps d’agir »

Le silence gêné d’Emmanuel Macron face aux catastrophes climatiques en cascade de l’été 2018, la démission de Nicolas Hulot ou encore le rapport du GIEC ont provoqué une vague de mobilisation citoyenne pour le climat sans précédent. Plus de 130 000 personnes ont marché pour le climat les 8 septembre et 13 octobre derniers dans toute la France. Qu’elles soient locales ou nationales, petites ou grandes, chaque jour de nouvelles mobilisations, initiatives et actions se dessinent ici et là. Leur succès dépend de leur spontanéité et de leur créativité mais aussi de leur capacité à rassembler des milliers de personnes, des dizaines d’organisations, mouvements et réseaux pour rappeler l’urgence et dire haut et fort qu’il est encore temps d’agir. Les marches du 8 décembre prochain s’inscrivent à nouveau dans cette démarche.

Nos organisations soutiennent cette dynamique qui participe à la construction d’un nouveau rapport de forces avec les décideurs publics. Nous souhaitons contribuer à l’amplification du réveil citoyen afin de reprendre le contrôle et engager une transition énergétique plus ambitieuse et plus juste, à la hauteur de l’urgence climatique.

Il est encore temps d’agir pour :

réorienter les politiques publiques vers une transition juste, qui ne laisse personne de côté partout dans le monde.
accélérer la transition dans les territoires, dans la production d’énergies renouvelables locales, dans les transports, dans l’habitat.
favoriser la création de millions d’emplois pour le climat et accompagner socialement les nécessaires mutations industrielles.
faire payer les véritables responsables et refuser les fausses solutions comme le nucléaire ou la géoingénierie.

Plus de 120 marches le 8 décembre prochain

Le 8 décembre, en pleine COP 24, plus de 120 marches sont déjà prévues en France et l’étranger pour faire sonner l’alarme climatique. Cette mobilisation sera riche de la diversité des citoyen.ne.s, organisations, réseaux et mouvements qui s’y impliqueront.

Nous invitons toutes celles et ceux qui partagent notre constat à rejoindre les marches.

Liste des signataires :

Alain Duez, L’âge de faire – Alexandra Lutz, CliMates – Alfredo Pena-Vega, GlobalYouthClimatePact – Anne-Laure Paty, Zero Waste France – Audrey Pulvar, Fondation pour la Nature et l’Homme – Aurélie Trouvé, Attac France – Bastien Sibille, Mobicoop – Benoît Faucheux, CCFD-Terre Solidaire – Bernadette Groison, FSU – Birthe Pedersen, ActionAid France – Peuples Solidaires – Camille Charbonnière, Ende Gelaende Paris – Cécile Duflot, Oxfam France – Claire Hédon, ATD Quart Monde – Clémence Dubois, 350.org – Clotilde Bato, SOL, Alternatives Agroécologiques et Solidaires – Damien Deville, AYYA – Diallo Koundenecoun, Droits Ici et Là-bas – Dominique Soeur, TODESOL – Elliot Lepers, Le mouvement – Emmanuel Poilane, CRID – Emmanuel Soulias, Enercoop – Eric Beynel, Union syndicale Solidaires – Florent Compain, Les Amis de la Terre France – Héloïse Chiron, Résistance à l’agression publicitaire – Ibrahim Mbamoko, Carre Geo & Environnement France – Jean-François Julliard, Greenpeace France – Jean-François Quantin, MRAP – Jean-Louis Marolleau, Réseau Foi et Justice Afrique Europe – Jean-Pierre Crémoux, Les Amis du Monde Diplomatique – Jérémie Chomette, France Libertés – Julie Potier, Bio Consom’Acteurs – Julie Stoll, Commerce Equitable France – Kévin Jean, Sciences citoyennes – Laure Pascarel, Utopia – Loïs Mallet, REFEDD – Marie Toussaint, Notre affaire à tous – Mohammed Bazza, IDD – Monique Dental, Réseau Féministe « Ruptures » – Nathalie Péré-Marzano, Emmaüs International – Olivier Dubuquoy, ZEA – Pierre Khalfa, Fondation Copernic – Romain Flament, Unis-Terre – Ruvie Gambia, Etudiants et Developpement – Sabine Rosset, Bloom – Sissoko Anzoumane, Coalition Internationale des Sans Papiers et Migrants – Stéphen Kerckhove, Agir pour l’Environnement – Txetx Etcheverry, Bizi – Agora des habitants de la terre – Alternatiba -ANV-COP21 – Archipel citoyen des Jours heureux – Assemblée des Citoyens du monde – ASSO Solidaires – Citizen for climates – Demain en mains – Dialogues en humanité – Energie Partagée – FAIR[e] – Fondation ELYX – Institut des futurs souhaitables – Nature Rights – Réseau Action Climat – Réseau Sortir du Nucléaire – RÏSE Réseau international pour l’innovation sociale et écologique

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/cop24/tribune-nous-n-avons-pas-le-luxe-d-attendre-des-associations-des-ong-veulent-amplifier-le-reveil-citoyen-pour-la-justice-sociale-et-ecologique_3081523.html

Déc 03

LE NUMÉRO UN IRANIEN S’EN PREND À TRUMP AVANT DE NOUVELLES SANCTIONS

À deux jours de l’entrée en vigueur de nouvelles sanctions américaines, le guide suprême d’Iran Ali Khamenei a accusé samedi le président Donald Trump d’avoir « discrédité » les États-Unis qui selon lui seront les ultimes perdants de cette politique.

Six mois après avoir claqué la porte de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, les États-Unis ont confirmé qu’ils rétabliraient lundi leurs sanctions les plus draconiennes contre Téhéran, visant le pétrole et les banques.

Adoptant une politique hostile à l’Iran depuis son accession au pouvoir, M. Trump, pour qui cet accord nucléaire est mauvais, avait fait imposer en août dernier une première série de sanctions économiques contre Téhéran.

L’Union européenne, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, signataires avec la Chine et la Russie de l’accord censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, ont dit regretter la décision américaine. Toutes ses sanctions avaient été levées dans le cadre de l’accord nucléaire.

« Ce nouveau président américain (…) a discrédité ce qui restait du prestige des États-Unis et de la démocratie« , a dit le guide iranien sur son compte Twitter en parlant de M. Trump. « Le pouvoir de contraindre des États-Unis, en utilisant leur puissance économique et militaire est aussi en déclin« , selon lui.

Premier personnage de l’État iranien et ultime décideur dans les dossiers sensibles, l’ayatollah Khamenei a fustigé la politique américaine.

« La dispute entre les États-Unis et l’Iran dure depuis 40 ans, et les Etats-Unis ont agi beaucoup contre nous« , a-t-il souligné en dénonçant « une guerre militaire, économique et médiatique« .

– « Mépris » –

Selon l’ayatollah Khamenei, « dans cette dispute, les perdants sont les États-Unis et le vainqueur est la République islamique« .

Le ministère iranien des Affaires étrangères a jugé pour sa part que les sanctions américaines constituaient une violation de l’accord nucléaire et des résolutions de l’ONU ainsi qu' »un mépris des valeurs humaines, morales et éthiques« .

Il a salué en revanche la position des Européens « dont dépend la survie de l’accord« , l’UE envisageant de créer un mécanisme pour continuer à acheter du pétrole à l’Iran malgré les sanctions.

Les États-Unis sont l’ennemi juré de la République islamique d’Iran et les relations diplomatiques entre les deux pays sont rompues depuis 1980.

Le président iranien Hassan Rohani, artisan de l’accord nucléaire, avait entamé un très timide rapprochement avec l’administration américaine de Barack Obama avec la signature du texte historique qui avait alors mis fin à des années d’isolement de l’Iran.

Mais l’élection de M. Trump, qui dès sa campagne électorale a été l’un des principaux détracteurs de l’Iran et de l’accord nucléaire, a changé la donne.

« Le président Donald Trump réimpose les sanctions les plus dures jamais adoptées » pour faire plier l’Iran, a annoncé vendredi la Maison Blanche. M. Trump a expliqué que « l’objectif est de forcer le régime (iranien) à faire un choix clair: soit abandonner son comportement destructeur soit continuer sur le chemin du désastre économique« .

– « Pas de négociations » –

Les nouvelles sanctions prévoient de sanctionner, en leur barrant l’accès au marché américain, tous les pays ou entreprises qui continueront d’acheter du pétrole iranien ou d’échanger avec les banques de la République islamique.

« L’objectif est de priver le régime des revenus qu’il utilise pour semer la mort et la destruction à travers le monde« , a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, alors que les États-Unis cherchent à stopper le programme balistique de l’Iran ainsi que son influence au Moyen-Orient.

Huit pays seront toutefois autorisés à continuer d’acheter du pétrole iranien pendant au moins six mois supplémentaires. La liste de ces pays sera connue lundi.

Selon le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin, les États-Unis souhaitaient couper les établissements financiers iraniens frappés par des sanctions du circuit bancaire international Swift, un maillon essentiel du système financier.

Malgré l’animosité, M. Trump répète qu’il est prêt à rencontrer les dirigeants iraniens pour négocier un accord global sur la base de 12 conditions américaines: des restrictions beaucoup plus fermes et durables sur le nucléaire, mais également la fin de la prolifération de missiles et des activités jugées « déstabilisatrices » de Téhéran au Moyen-Orient (Syrie, Yémen, Liban…).

« Nous restons prêts à parvenir à un nouvel accord, plus complet avec l’Iran« , a répété M. Trump vendredi.

Mais les Iraniens avaient déjà dit rejeter un dialogue avec Washington. « Il n’y aura pas de négociations avec les États-Unis« , avait lancé clairement en août l’ayatollah Khamenei.

afp , le 03/11/2018 à 14h11

https://www.la-croix.com/Monde/Le-numero-iranien-prend-Trump-nouvelles-sanctions-2018-11-03-1300980552

Déc 03

POLYNÉSIE : LE TAVINI HUIRAATIRA LANCE UNE PÉTITION POUR SOUTENIR LA PLAINTE POUR CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ

PÉTITION – Après une semaine tumultueuse, l’heure était au bilan chez les indépendantistes qui se sont réunis hier soir à la permanence de Tavararo.

À l’ordre du jour, le placement en garde à vue du président du Tavini Huiraatira et le projet de démission des trois représentants de l’Assemblée de Polynésie élus dans la troisième circonscription. Au final, le parti a décidé de lancer une pétition pour soutenir la plainte pour crimes contre l’humanité.

Leur garde à vue du 29 novembre n’aura pas entamé leurs forces de conviction. Oscar Temaru, Vito Maamaatuaiahutapu et Heinui Le Caill sont revenus en détails sur cette journée devant près d’une centaine de présidents de section, de militants du Tavini Huiraatira, lors d’une réunion samedi soir.

>>> Voir aussi : Vidéos – Radio Tefana : réactions en cascades après la garde à vue de Temaru

Plus de 2 heures de discussion pour finalement recentrer l’attention sur la plainte déposée par Oscar Temaru devant la Cour pénale internationale et sur la pétition qu’il souhaite mettre en place. « Cela fait quelque temps déjà que nous réfléchissons à mettre en route cette pétition. Il y sera question de rappeler la plainte que nous avons déposé au tribunal de La Haye pour crimes contre l’humanité, la plainte contre les anciens présidents de la République et l’actuel, Emmanuel Macron, ainsi que la plainte déposée par l’Église, à savoir la violation des droits de l’homme, le non-respect de l’environnement et les conséquences des essais nucléaires » a expliqué le président du Tavini Huiraatira.

Oscar Temaru a également précisé que la pétition devrait circuler « dans les cinq archipels, dans les régions du Pacifique, voire même dans le monde entier ».

>>> Lire aussi : Crimes contre l’humanité : la plainte du Tavini a peu de chances d’aboutir

Autre point qui était à l’ordre du jour, la question d’une démission collective à l’Assemblée de Polynésie afin de provoquer de nouvelles élections territoriales. Un projet peu suivi au sein du parti indépendantiste : « Nous ne maîtrisons pas les règles du jeu, les décisions appartiennent à l’État. C’est pour cela que dès que le Pays sera indépendantiste, il faudra une vraie justice, que nous soyons jugés au nom du peuple ma’ohi » a ajouté Temaru.

Rédaction web avec Jeanne Tinorua-Tehuritaua le 2 décembre 2018 à 13h10

https://www.tntv.pf/Le-Tavini-Huiraatira-lance-une-petition-pour-soutenir-la-plainte-pour-crimes-contre-l-humanite_a29338.html

Déc 03

PAS BESOIN D’AUTORISATION: L’IRAN COMMENTE SES TESTS DE MISSILES

Au lendemain de la déclaration de Mike Pompeo qui accusait Téhéran d’avoir procédé à des essais de missiles balistiques, l’Iran déclare que les questions liées à sa sécurité nationale sont de son seul ressort.

Téhéran poursuivra ses tests de missiles sans demander le moindre feu vert à quelque pays que ce soit, a fait savoir le général de brigade iranien Abolfazl Shekarchi. 

«Les essais de missiles et d’autres moyens de l’industrie de défense de la République islamique d’Iran ont pour vocation la défense et la dissuasion. Tout se poursuivra de la même manière et nous continuerons à mener des tests de missiles et à les développer», a-t-il déclaré, cité par l’agence Tasnim. 

Et d’ajouter que cette question sortait du cadre des négociations puisqu’elle est liée à la sécurité nationale du pays. 

«Nous ne demanderons d’autorisation à aucun pays», a-t-il ajouté. 

Pour rappel, le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a déclaré samedi que l’Iran avait procédé à des tests de missiles balistiques de moyenne portée, contournant ainsi, selon lui, la résolution 2231 du Conseil de sécurité de l’Onu. 

Il a alors sommé Téhéran de mettre fin à toute activité liée aux missiles balistiques. 

Washington explique le déploiement de son bouclier antimissile en Europe par une menace balistique émanant d’Iran. En mai dernier, les États-Unis ont annoncé leur retrait de l’accord de Vienne sur le dossier du nucléaire iranien conclu en juillet 2015, avant de rétablir une première série de sanctions contre Téhéran en août. De nouvelles sanctions ciblant le secteur pétrolier iranien ont été introduites au début du mois de novembre.

Les pays membres de l’Union européenne, tout comme la Russie et la Chine, ont pour leur part indiqué vouloir préserver l’accord de Vienne. Les États signataires du document sont ainsi convenus de poursuivre leurs efforts pour maintenir les échanges commerciaux avec Téhéran malgré le rétablissement des sanctions américaines.

Publié le 2 décembre 2018 à 19h19, mis à jour à 21h09

https://fr.sputniknews.com/international/201812021039147448-iran-developpement-missiles-dissuasion/

Déc 02

POURQUOI LES SANCTIONS AMÉRICAINES CONTRE L’IRAN SONT INUTILES

Les nouvelles sanctions imposées à l’Iran par les États-Unis plus tôt ce mois-ci ont pour objectif d’isoler le pays au plan économique et de provoquer soit un changement de régime en Iran, soit une modification radicale de son comportement. Selon l’administration américaine, cette nouvelle série de sanctions – la seconde depuis août dernier – est la plus « dure » jamais imposée à ce pays.

En dépit des épreuves qu’elles ne manqueront pas d’infliger aux citoyens iraniens, il est pourtant peu probable que ces sanctions produisent les résultats attendus par le président américain Donald Trump.

Ces sanctions font suite à l’annonce par Trump en mai dernier du retrait des États-Unis de l’Accord de Vienne sur le nucléaire iranien, aussi connu sous le nom de Plan d’action global commun (JCPOA en anglais). Selon cet accord, l’Iran a le droit de poursuivre son programme nucléaire à des fins uniquement pacifiques en échange de la levée des principales sanctions par les États-Unis et les Nations unies.

Trump n’a jamais caché son hostilité envers le JCPOA. Selon lui, ce « très mauvais accord » n’empêchera pas l’Iran de développer des armes nucléaires à l’avenir et il ne prend pas en compte le programme de missiles balistiques ni les activités régionales « déstabilisatrices » du régime iranien, notamment son implication en Syrie, en Irak et au Yémen. Les principaux adversaires régionaux de la République islamique, Israël et l’Arabie saoudite, font écho aux préoccupations de Trump.

« Pression maximale »

Jusqu’à présent, les dirigeants iraniens ont réagi par une attitude de défi à ce nouveau volet de sanctions américaines. Ils se sont engagés à continuer à respecter le JCPOA (tout en renforçant les capacités militaires conventionnelles du pays et en poursuivant ses ambitions régionales). D’autres pays signataires de l’accord ont adopté une attitude similaire : le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et la Russie, ainsi que l’Union européenne et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), soutiennent la position de l’Iran en affirmant qu’il se conforme absolument aux dispositions du JCPOA.

Nul doute pourtant que la « pression maximale » des États-Unis se fait sentir. Alors que les dirigeants des pays occidentaux et asiatiques sont déterminés à défier les sanctions extraterritoriales américaines – qui ciblent les opérateurs économiques tiers engagés dans des affaires avec l’Iran –, les entreprises étrangères qui avaient investi en Iran après la signature de l’accord de Vienne ont commencé à se retirer du pays. D’autres suivront certainement après la fin de la période de transition prévue dans le cadre de ces nouvelles sanctions.

L’économie de l’Iran, déjà fragile, sera en conséquence frappée plus durement encore, provoquant une nouvelle chute de sa monnaie et de nouvelles hausses des prix. Le rapide déclin du niveau de vie des Iraniens a déjà donné lieu à des manifestations que le régime est toutefois parvenu à contenir, en en faisant porter la responsabilité aux Américains.

Impact atténué

Il ne faut toutefois pas sous-estimer la capacité de Téhéran à faire face aux sanctions, en particulier compte tenu du renforcement de ses liens économiques et commerciaux avec des partenaires-clés, dont la Chine, l’Inde et la Russie. Dans le cas de la Russie, les accords bilatéraux portent sur des ventes d’armement et des partenariats stratégiques – en Syrie notamment – et sur des investissements directs. Le gouvernement russe a ainsi annoncé un investissement à hauteur de 50 milliards de dollars par plusieurs compagnies russes dans la prospection de pétrole et de gaz en Iran, qui développe par ailleurs le gisement gazier de South Pars, le plus grand au monde.

La Chine, de son côté, fournit un financement et une assistance technique à de nombreux projets, notamment de développement du réseau ferroviaire et de constructions d’hôpitaux, en Iran. L’an dernier, le fonds d’investissement public de la République populaire de Chine, CITIC Group, a octroyé une ligne de crédit de 10 milliards de dollars à l’Iran pour financer plusieurs projets d’infrastructures et la Banque de développement de la Chine s’est engagée à en accorder 15 milliards de plus. Et étant donné que la Chine est l’un des pays exemptés pour six mois des sanctions américaines, elle continuera à acheter du pétrole iranien, à hauteur de 11 % de ses importations.

Enfin, l’Inde, qui est également exemptée à titre temporaire des sanctions, continuera à entretenir de bonnes relations avec l’Iran pour deux raisons. La première est que plus de 10 pour cent de ses importations de pétrole proviennent d’Iran, et qu’il lui reviendrait trop cher de modifier cet approvisionnement. La seconde est que les deux pays ont coopéré au développement du port en eaux profondes de Chabahar dans le golfe d’Oman et signé un accord sur le transit de marchandises dont l’objectif est d’aider l’Inde à contourner son rival régional, le Pakistan, pour avoir accès aux marchés afghan et de l’Asie centrale.

La position de l’Inde doit être particulièrement problématique pour Trump. Il a d’un côté appelé ce pays à jouer un rôle plus actif en Afghanistan dans le cadre de la stratégie de sortie des États-Unis du conflit dans ce pays et, de l’autre, il ne peut pas approuver l’engagement stratégique de l’Inde avec Téhéran.

Tous ces facteurs – combinés à la détermination de l’UE à préserver l’accord de Vienne, la revente potentielle de pétrole iranien à l’Europe par la Russie et les activités financières de la République islamique en Irak et ailleurs – contribueront à atténuer l’impact des sanctions américaines.

Cela ne veut pas dire pour autant que les dirigeants iraniens peuvent aujourd’hui respirer tranquillement. Au contraire, la République islamique est confrontée à de grandes difficultés financières. Mais tout comme les sanctions américaines contre l’Irak dans les années 1990 ont échoué à renverser Saddam Hussein, il est peu probable que les sanctions actuelles se traduiront par un changement de régime en Iran. S’il ne fait aucun doute que le peuple iranien en souffrira, le régime parviendra sans doute à exacerber des sentiments nationalistes – et un soutien externe – suffisants pour surmonter toute menace posée à sa survie.

Project syndicate, 2018

Le 1er décembre 2018, par Amin SAIKAL ( Professeur de sciences politiques et directeur du Centre d’études arabes et islamiques de l’Université nationale australienne)

https://www.lorientlejour.com/article/1146174/pourquoi-les-sanctions-americaines-contre-liran-sont-inutiles.html

Déc 02

COP24 : LA FRANCE N’EST PAS À LA HAUTEUR DE L’URGENCE CLIMATIQUE

Alors que la COP débute aujourd’hui en Pologne, Greenpeace France s’inquiète des choix d’Emmanuel Macron sur le climat et l’énergie.

Le GIEC demande aux États d’accélérer franchement, mais le Président français fait le choix des reculs. La France se présente donc à la COP 24 avec un déficit de crédibilité.

« Le Président français a tenté de se faire passer pour le champion du climat, mais les faits parlent d’eux-mêmes », rappelle Clément Sénéchal, chargé de campagne climat de Greenpeace France. « La France n’est pas à la hauteur de l’urgence climatique. Au plan national, les émissions de CO2 ne cessent d’augmenter [1]. Pire, la France a renoncé à atteindre ses objectifs de réduction d’émission de gaz à effet de serre jusqu’en 2023 au moins, soit après la fin de ce quinquennat ».

Aucun Haut Conseil ne pourra sauver le climat sans changement de cap politique. Dans la programmation pluriannuelle de l’énergie publiée cette semaine, le Président français a fait le choix de reculer d’au moins 10 ans la transition énergétique au bénéfice de la filière nucléaire, pourtant vieillissante, coûteuse et dangereuse. Par ailleurs, le gouvernement n’a pris aucune mesure suffisante pour sortir de notre dépendance aux énergies fossiles dans les transports [2] ni réduire les émissions du secteur agricole, deux des secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre [3].

L’obsession nucléaire française fait perdre des années cruciales à la lutte contre le changement climatique et risque de bloquer le dialogue franco-allemand, pourtant central dans la rehausse nécessaire de l’ambition climatique européenne.

« Les États membres ne parviennent pas à se mettre d’accord sur la rehausse de leur contribution climatique d’ici à 2020, pourtant prévue par l’Accord de Paris. Notamment parce que l’Allemagne voit d’une très mauvais œil l’instrumentalisation du débat climatique au profit d’EDF et de son nucléaire, alors qu’il faudrait s’accorder pour une sortie coordonnée du charbon et du nucléaire entre les deux pays », explique Clément Sénéchal.

La COP 24 est un moment crucial pour l’action climatique internationale. Les États devront en effet adopter des règles d’application communes, robustes et équitables pour l’Accord de Paris. Il faudra également qu’ils fassent la démonstration d’un réel engagement diplomatique, en acceptant de rehausser drastiquement leurs contributions climatiques (les CDN) afin de s’aligner sur les objectifs de l’Accord de Paris et donner au monde une chance de limiter la hausse des températures à 1,5°C.

Notes aux rédactions

[1] En 2017, les émissions de CO2 ont bondi de 1,8% en moyenne dans les 28 pays européens, et de 3,2% en France.

[2] Pour lutter efficacement contre les changements climatiques, la France doit considérablement réduire sa dépendance au pétrole, au transport routier et à la voiture. Pourtant, le projet de loi d’orientation des mobilités, présenté lundi 26 novembre par le gouvernement, ne fixe pas de date de fin de vente des véhicules diesel et essence qui soit compatible avec un réchauffement climatique limité à 1,5°C. Pire, il laisse encore une place à de nouvelles infrastructures routières et autoroutières, catastrophiques pour le climat.

[3] https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/suivi-strategie-nationale-bas-carbone

Contact presse : Magali Rubino, tél 07 78 41 78 78

PHOTO : Action Greenpeace sur la seine face à la tour Eiffel des activistes en canoës tiennent des banners

Publié le 2 décembre 2018

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/cop24-france-nest-a-hauteur-de-lurgence-climatique/

Déc 01

ÉNERGIE ET CLIMAT : LE CHANGEMENT, C’EST PLUS TARD

Extraits :

   …Électricité : obsession du nucléaire et énergies renouvelables mal aimées

L’électricité en France ne représente qu’une faible part des émissions de gaz à effet de serre, mais sa transformation en profondeur s’impose afin de respecter les objectifs de développement des énergies renouvelables à horizon 2020 et 2030 (d’ici là, 40 % de la production d’électricité en France doit être d’origine renouvelable), et de réduire la part du nucléaire (faiblement émetteur de gaz à effet de serre mais générateur de déchets nucléaires et de risques majeurs) à l’horizon 2025, comme la loi de transition énergétique de 2015 l’impose.

Charbon : un écran de fumée

Point positif parmi les annonces faites le 27 novembre, même si cet objectif avait déjà été acté sous le précédent quinquennat et réitéré fin 2017 : Emmanuel Macron a confirmé la fermeture des quatre dernières centrales à charbon d’ici la fin de ce quinquennat. C’est une bonne nouvelle, mais, contrairement à ce que le président français a affirmé, cela ne permettra pas de faire « la moitié du chemin » pour atteindre nos objectifs climatiques : le charbon représente aujourd’hui moins de 2 % des émissions de gaz à effet de serre en France… Il faudra donc faire bien plus, notamment sur les transports et les logements pour parcourir ne serait-ce que la moitié du chemin

Ces annonces sur le charbon servent surtout de chiffon rouge au chef d’État pour justifier un recul flagrant sur tous les autres tableaux, dont le nucléaire. Il est pourtant envisageable de fermer les centrales au charbon et des réacteurs nucléaires, en plus de ceux de Fessenheim, tout en réduisant les émissions de CO2 d’ici à 2025… à condition de mener une politique volontariste en matière d’économie d’énergie, d’efficacité énergétique, de développement des énergies renouvelables et de transports.

Nucléaire : reculer pour mieux sauter… dans le vide

Sur le nucléaire, on est bien loin des décisions historiques annoncées. Emmanuel Macron repousse à 2035 l’échéance pour réduire à 50 % la part d’électricité d’origine nucléaire. Il ne prend aucun engagement sous son propre quinquennat, refusant de fermer avant 2025 (au mieux) des réacteurs autres que ceux, à bout de course, de Fessenheim (en 2020). Au total, le Président dit vouloir fermer 14 réacteurs d’ici à 2035… Ce qui reviendrait à acter la prolongation de 44 réacteurs nucléaires, pourtant déjà vieillissants et mal en point, qui auront alors en moyenne plus de 49 ans d’exploitation au compteur.

Et, cerise sur le gâteau atomique, il envisagerait même de construire de nouveaux réacteurs, malgré le fiasco des EPR, de Flamanville à Hinkley Point, et la dette brute colossale d’EDF (67 milliards d’euros en 2018 !). Ce « plan » ressemble fortement à celui rêvé (et décidé ?) par EDF, qui a d’ailleurs accueilli cette annonce comme une « excellente nouvelle ».

Autrement dit, le gouvernement a de nouveau plié face au lobby du nucléaire, malgré le prix élevé à payer pour les contribuables, en dépit des déchets radioactifs dont on ne sait déjà plus que faire, et au mépris des dangers pour les Français-es et leurs voisins européens qui vivent à proximité de centrales vétustes.

Énergies renouvelables : un potentiel verrouillé

Le chef d’État s’est dit très favorable au développement des énergies renouvelables. Mais il a aussi affirmé qu’il n’y a aucun lien entre part du nucléaire et rythme de développement des énergies renouvelables. Pourtant, si la France accuse un sérieux retard en la matière malgré son énorme potentiel, c’est bien à cause de l’effet « verrou » du nucléaire, dont les coûts gigantesques mettent en péril la santé économique d’EDF et limitent considérablement ses marges de manœuvre pour financer des projets d’énergie renouvelables ambitieux. Verrou qui n’est pas prêt de sauter : avec la fermeture annoncée de seulement six à huit réacteurs d’ici à 2030, il devient plus que difficile d’atteindre l’objectif fixé par la Loi sur la Transition énergétique de produire 40 % de l’électricité à partir d’énergies renouvelables…

Pour lire la totalité de l’article, cliquer sur :

https://www.greenpeace.fr/energie-climat-changement-cest-plus-tard/

Déc 01

SCÉNARIO CATASTROPHE NUCLÉAIRE : LE DISPOSITIF D’URGENCE PRÉVU PAR EDF NE PEUT PAS FONCTIONNER

Conséquence de la catastrophe nucléaire de Fukushima-DaÏchi (Japon) qui a commencé en mars 2011, EDF tente de mettre en place dans ses centrales atomiques une organisation d’ « équipe en situation extrême » censée répondre aux pires des scénarios et à leur lot d’imprévus. Des salariés dénoncent des failles et des incohérences où les risques majeurs d’incendies et de fuites radioactives sont fortement sous-estimés. Un scénario catastrophe négationniste sans blessés ni incendies. Omerta quand tu nous tiens.

Que se passerait-il, en France, si un accident nucléaire semblable à celui de Fukushima devait survenir ? Endommagement de plusieurs réacteurs, dispositifs de refroidissement défaillants, coupure généralisée de l’électricité : le cumul de désastres qui s’est abattu sur la centrale japonaise, en mars 2011, n’avait jusque-là pas été envisagé. Le pire scénario imaginé par la Direction du parc nucléaire français (DPN) prévoyait « simplement » une défaillance sur un réacteur, couplé à un incendie. Après Fukushima, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donc demandé à EDF d’imaginer une nouvelle organisation, intégrant ces aléas. (NDLR: Elle n’est toujours pas en place et est sujette à violentes critiques tant on se trouve dans l’absurde)

24 heures coupés du monde : un scénario « cataclysmique »

Cette organisation d’urgence part de l’hypothèse qu’aucun renfort ne pourra arriver rapidement sur place pour appuyer l’équipe de quart, l’effectif minimum présent la nuit et le week-end, soit 18 personnes [1]. Les agents d’astreinte, mobilisables en cas d’accident mais qui ne sont pas présents sur le site ne peuvent rejoindre la centrale devenue inaccessible, à cause d’importantes inondations par exemple, ou de routes effondrées. La « force d’action rapide nucléaire » (FARN), mise en place suite à l’accident de Fukushima, qui réunit des agents EDF spécialement entraînés, ne peut, pour les mêmes raisons, être opérationnelle que 24 heures plus tard [2].

« On imagine donc que les agents de l’équipe de quart restent seuls pendant 24 heures, coupés du monde, sans téléphone et sans électricité, décrit Loïc, agent de conduite. Ils n’ont aucune visibilité sur ce qui se passe, et ont pour mission de tout mettre en œuvre pour que le cœur des réacteurs ne fonde pas… Bref, la situation est cataclysmique. » Cette organisation interne a été baptisée « équipe en situation extrême » (ESE). Le dispositif a reçu l’avis favorable du Comité central d’entreprise (CCE) d’EDF le 12 avril 2018 [3]. Censé être mis en place dans toutes les centrales nucléaires françaises au 1er janvier 2020, il fait cependant l’objet de vives critiques sur le terrain, et compte parmi les motifs des grèves programmées cet automne dans les centrales de Civeaux, Penly, Dampierre et Belleville.

Chaises musicales en salle de commande

Lors d’une gestion accidentelle « classique » d’un réacteur, un ingénieur sûreté – qui surveille le confinement du réacteur, la réactivité du combustible et l’inventaire en eau – est censé arriver au sein de la salle de commande dans les 30 minutes. Idem pour son collègue en charge de la communication avec l’extérieur (préfet, pompiers, cellule de crise nationale, etc.). Dans le nouveau scénario, ni l’un ni l’autre ne peuvent être présents avant plusieurs longues heures. Pour pallier ces absences, la direction du parc nucléaire propose un véritable jeu de chaises musicales : les uns assurant les fonctions des absents, d’autres récupérant les missions des premiers.

Parmi les dix-huit agents présents – onze assurent la conduite de la centrale et sept sont des « agents de terrain » –, certains vont donc devoir assurer la mission qu’aurait dû remplir les ingénieurs d’astreinte qui n’ont pu rallier le site. Le chargé de consignation — celui qui manage les agents de terrain en temps normal – doit assurer la surveillance des installations avec un autre collègue. Du coup, il ne pourra plus effectuer les manœuvres électriques auxquelles il est préposé, notamment celles qui imposent de manipuler des voltages très élevés – plus de 6000 volts. Pour réaliser ces manœuvres, un agent de terrain sera désigné, formé et habilité. Mais ses connaissances demeureront théoriques. Il en va de même pour la coordination des secours depuis la centrale en crise, qui n’est plus assurée par le chargé de consignation – passé à la surveillance des installations – mais par un agent de terrain. Ainsi de suite.

La CGT insiste sur la nécessité d’une formation adaptée des agents. Interrogée sur le sujet, l’ASN a répondu à Basta ! que « les essais menés par EDF ne révèlent pas de complication particulière liées à ces évolutions de rôle ». Mais certains agents de conduite, habitués à piloter les centrales, estiment que c’est une pure folie : « En situation cataclysmique, dans des circonstances où il est prouvé que l’on parvient tout juste à faire les tâches routinières mille fois réalisées, on demanderait aux agents de faire des choses qu’ils ne font jamais… c’est dingue !, proteste l’un d’eux. C’est comme si le fantassin devenait artilleur en temps de guerre, et le pompier chirurgien quand il y a le feu ! »

Des agents de terrain trop peu nombreux ?

Pendant que les agents de conduite enfilent leurs nouveaux costumes, deux agents de terrain – sur les sept que compte l’équipe de quart – partiront en reconnaissance afin de constater les dégâts. Dans quel état est le bâtiment réacteur ? Est-il en partie effondré ? Le réservoir de refroidissement de secours est-il indemne ? Les moteurs diesel de secours, qui doivent prendre le relais en cas de panne électrique, sont-ils opérationnels ? « On ne sait absolument pas pour combien de temps ils en ont, décrit Benoît, un autre agent de conduite. La reconnaissance en cas de catastrophe, ce peut être un puits sans fonds. S’il fait nuit et qu’il n’y a plus d’électricité, les gars seront dans le noir, dans une atmosphère éventuellement contaminée. » Du côté des syndicats CGT et Sud énergie, on estime que cette équipe de reconnaissance est trop réduite. « Les agents de terrain sont les yeux et les oreilles de la centrale. Si on n’a pas un retour exhaustif et précis, on va avoir du mal à piloter la centrale », détaille Loïc. Au niveau national, la CGT réclame 11 agents de terrain par équipe de quart, au lieu des sept prévus.

Si la reconnaissance est prévue à deux, la plupart des manœuvres risqueraient d’être effectuées par un seul agent. Exemple ? Pour ouvrir la vanne d’un générateur de vapeur, ce qui permet de contrôler la température du réacteur, un agent de terrain doit intervenir [4]. « Le gars part lourdement harnaché puisqu’il emmène deux clés manuelles de 70 cm de long et de sept kilos chacune, une rallonge de 50m, un système de téléphonie filaire de secours, un système d’éclairage, et un système de protection des voies respiratoires qui pèse une dizaine de kilos », décrit Benoît.

L’ASN émet des doutes sur certaines charges de travail

« Une fois sur place, la même personne doit grimper pour pouvoir accéder à la vanne, poursuit Loïc. Il se retrouve debout, arc bouté sur un tuyau d’un mètre de diamètre, et doit alors déployer pas mal de force. C’est vraiment très physique d’actionner ce système de vanne manuellement. Et quand la vanne s’ouvre, les risques de chute sont importants, à l’intérieur du générateur de vapeur on est à 80 bars de pression. » Comment peut-on imaginer qu’un agent fasse cela seul ? « Ce qui est demandé ici est physiquement et humainement impossible, jugent des travailleurs habitués des centrales. Il faut un deuxième agent qui éclaire celui qui fait les manœuvres, qui assure la liaison avec la salle de commande, qui puisse le ramener s’il tombe et rattraper d’éventuelles erreurs. » La présence d’un collègue serait aussi rassurante dans une situation apocalyptique où la vie des agents, mais aussi celle de milliers de personnes alentour, sont en danger et dépendent de la réactivité de l’équipe sur place. « Il n’est pas normal que les opérations ne soient pas réalisées en binôme. Les risques industriels sont trop importants, alerte Thierry Raymond, animateur du Collectif nucléaire au sein de la Fédération nationale des mines et de l’énergie de la CGT (FNME). On revendique un effectif qui permettrait de réaliser les manœuvres avec deux agents de terrain. »

Le dimensionnement des équipes soulève quelques doutes du côté de l’ASN, qui a invité EDF à s’interroger sur d’éventuelles indisponibilités de l’équipe « terrain » à cause de blessures, de problèmes de communication ou de dilemmes insolubles. L’autorité a également attiré l’attention d’EDF sur les temps de déplacements allongés en cas de catastrophe, à même de dégrader les conditions d’intervention. Mais l’ASN a surtout de sérieuses réserves sur la charge de travail de certains acteurs : « Les informations nécessaires à la conduite du noyau dur seront relevées manuellement en salle de commande et transmises par téléphone aux instances nationales, ce qui apparaît comme incompatible avec la charge de travail des équipes de conduite et leur mission première de conduite de l’installation accidentée », remarque l’autorité.

Un scénario catastrophe sans blessés ni incendies

Revenons aux deux agents partis en reconnaissance. Une fois rentrés de leur périlleux périple à travers la centrale accidentée, au bout de deux heures ou… peut-être dix, ils ne sont pas au bout de leurs peines. Ils sont alors chargés de contribuer à l’organisation des secours et à la prise en charge des blessés, en attendant les secours externes – censés, pour rappel, arriver au bout de 24h. Heureusement pour eux, dans le scénario ESE, EDF imagine que l’équipe de quart est intègre, ou presque : il y aurait « peu ou pas » de blessés. « Mais s’il y en a, mieux vaudra ne pas être en urgence vitale, grince Benoît. Puisqu’on est censé s’occuper d’eux après les opérations de reconnaissance… » Pour la CGT, l’effectif minimum « doit garantir le gréement d’une équipe de deuxième intervention complète pour éviter de laisser mourir les éventuels blessés faute de soins. »

Mais ce n’est pas tout : les deux préposés à la reconnaissance et au secours des blessés auraient aussi pour mission d’intervenir sur des incendies. De façon « limitée » cependant. En situation extrême, la priorité est donnée à la sûreté des installations – c’est à dire éviter, retarder ou limiter les rejets radioactifs dans l’environnement. Éteindre un éventuel incendie passe après, explique EDF. « On accepte, dans le pire des cas, de ne pas intervenir sur un départ de feu », précise l’entreprise. Cet escamotage du risque d’incendie fait bondir les agents de conduite : « Depuis des années, l’incendie est considéré comme le risque majeur en centrale nucléaire. Mais avec l’ESE, le risque incendie devient résiduel, voire disparaît carrément. Ils font passer un risque majeur à un risque improbable, alors même qu’il n’y a eu aucune évolution du matériel à l’intérieur de la centrale », proteste un agent de conduite syndiqué chez Sud énergie.

« Le nombre d’incohérences du dispositif est incroyable »

Ceux et celles qui travaillent au quotidien dans les centrales nucléaires rappellent que les probabilités de courts-circuits en cas d’accident sont élevées, qu’il peut aussi y avoir du matériel qui surchauffe. « Toutes les conditions sont réunies pour qu’un incendie se déclenche et se propage. Les installations sont toutes reliées entre elles par des câbles électriques et des tuyaux. L’incendie majeur n’est donc pas à exclure, d’autant que l’on a des réserves d’huiles et de fioul gigantesques sur les sites ! », insistent Benoît et Loïc. « L’organisation prévue laisse dubitatif puisque la DPN ne prend pas en compte le cumul avec un incendie, qui est pourtant le risque le plus probable sur nos installations », confirme la CGT [5].

« Toutes nos portes coupe-feu sont conçues pour résister pendant une heure et demi, le temps que l’astreinte arrive, reprend Benoît. Et là, il faudra qu’elles résistent 24h ? C’est absurde. Il est inacceptable pour nous d’envisager de ne pas prendre en charge un départ de feu. De plus, un incendie non maîtrisé sur une installation électrique peut nous priver d’une partie des commandes de la centrale. » L’ASN considère quant à elle que « la potentialité d’un incendie doit être considérée dans les facteurs d’influence susceptibles de dégrader les conditions d’intervention ». Autre facteur de ce type : les systèmes de lutte contre l’intrusion, qui se mettent peu à peu en place dans les centrales pour faire face au risque terroriste. « Chez nous, les systèmes de reconnaissance de nos badges sont électriques. En cas de coupure généralisée, certains se retrouveront coincés derrière des portes fermées, détaille Loïc. Le nombre d’incohérences de ce dispositif ESE est incroyable ».

Sécurité à revoir pour les piscines de refroidissement

Autre point négligé par l’ESE : la prise en compte de ce que l’on appelle sobrement le « facteur humain » : le risque de pétage de plombs d’un ou plusieurs agents… « EDF considère que ce sera marginal, avance Thierry Raymond. Ils estiment que les agents sont entraînés en permanence pour ce genre de situation, et que l’on entre alors dans un automatisme. À la CGT, on est un peu moins rassurés là-dessus. On a déjà vu dans le secteur qu’en cas de situations réellement dangereuses, les agents pouvaient se retrouver hors circuit : soit incapables d’intervenir, soit voulant y aller à tout prix, en prenant des risques démesurés. Il est difficile de prendre des décisions dans ces moments-là. » Dans des documents internes, EDF reconnaît qu’en cas d’activité et de priorité nouvelles, liées à une situation d’urgence, les agents de terrain sont peu préparés. « Les simulations, c’est fait pour les agents de conduite essentiellement », regrette Benoît, qui estime que les formations de gestion du stress devraient être délivrées en premier lieu aux agents de terrain.

Dans un courrier de décembre 2016, l’IRSN s’inquiète aussi de l’absence de prise en compte d’un aléa affectant les piscines, où sont entreposés les combustibles « usagés ». S’il existe des substituts temporaires aux cours d’eau pour le refroidissement des réacteurs (on peut tenir jusqu’à 48h selon l’état de la tranche), rien n’a été imaginé pour les piscines. « Si les installations de pompage ou de filtration sont à l’arrêt – ce qui est plausible en cas d’inondation majeure –, on n’a plus rien pour les piscines, qui peuvent se mettre à bouillir en quelques heures, surtout si on sort d’un arrêt de tranche quand le combustible – l’uranium – est encore excessivement chaud », décrit Benoît. Quand l’eau bout, elle s’évapore et le combustible se retrouve à découvert. « Dans ce cas, il crache. Et ce ne sont pas les taules qui constituent les bâtiments qui vont arrêter quoi que ce soit… »

« Ils nous disent : “de toute manière, tout cela n’arrivera jamais, ne vous inquiétez pas” »

Les agents de conduite qui critiquent vivement cette nouvelle organisation déplorent que les scénarios fassent abstraction des risques de contamination radioactive. « Rien n’est mentionné, par exemple, pour le renouvellement des systèmes de protection respiratoire des deux agents de terrain qui partent en reconnaissance », pointe Benoît. Ces équipements qui permettent de respirer de l’air non contaminé ont une autonomie d’environ 30 minutes. « Le gars qui part sur l’ouverture de vanne du générateur de vapeur n’a rien d’autre non plus qu’un système de protection respiratoire. En fait, si on résume, il n’y a pas d’incendie, pas de blessés, pas non plus de radioactivité… Finalement, tout va bien ! », ironise-t-il.

La CGT, qui a rencontré la direction en octobre 2017 s’est vue refuser toutes ses demandes, et en premier lieu l’augmentation du nombre d’agents de terrain. « Nous les avons notamment interrogés sur le repos, précise Thierry Raymond. Comment peut-on travailler de façon soutenue pendant 24 heures sans repos ni relève ? Imaginons que l’accident arrive en fin de quart… on passe à 36h sans sommeil. » Alors que le syndicat a évoqué des effectifs supplémentaires, la direction a proposé… des lits, qui seraient à disposition de ceux qui auraient besoin de sommeil. Ils nous disent aussi : « De toutes manières, tout cela n’arrivera jamais, ne vous inquiétez pas », complète un agent de conduite syndiqué chez Sud énergie. « C’est comme si un bateau partait en mer mal préparé pour les tempêtes, et que ceux qui restent à quai disaient : « Si si les gars, ça va aller ». Mais nous, on est sur le bateau, et on ne peut pas entendre ça, c’est inacceptable ! »

(NDLR : le plus sûr est d’arrêter immédiatement le nucléaire impossible à sécuriser, ruineux et mortel)

Nolwenn Weiler

source originelle : https://www.bastamag.net/Centrales-nucleaires-les-failles-du-dispositif-d-urgence-prevu-par-EDF-en-cas

 [1] Effectif pour une centrale nucléaire comprenant deux réacteurs de 1300 MégaWatts (MW). Les centrales nucléaires françaises regroupent un total de 58 réacteurs dont 34 de 900 MW, 20 de 1300 MW, quatre de 1450 MW. Plus de détails ici.

[2] La FARN réunit des agents spécialement entraînés pour intervenir dans les domaines de la conduite, de la maintenance et de la logistique sur un site nucléaire en situation d’accident. Les agents formés sont répartis sur quatre sites : Paluel, Dampierre, Civaux, le Bugey.

[3] Le jour du vote concernant le scénario ESE, la CGT était en grève, et donc absente. FO et la CFE-CGC ont voté pour. La CFDT s’est abstenue.

[4] Situé à l’intérieur même de l’enceinte de confinement du bâtiment qui abrite le réacteur nucléaire, le générateur de vapeur est un équipement essentiel au fonctionnement d’une centrale. Il récupère la chaleur du circuit d’eau primaire, où l’eau chauffée par le combustible nucléaire, pour la transmettre au circuit secondaire, où l’eau cette fois transformée en vapeur est destinée à faire tourner les turbines qui produisent l’électricité.

[5] Communiqué de la CGT du 17 octobre 2017.

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2018/12/01/Sc%C3%A9nario-catastrophe-nucl%C3%A9aire-%3A-le-dispositif-d%E2%80%99urgence-pr%C3%A9vu-par-EDF-ne-peut-pas-fonctionner

Déc 01

MACRON DÉCRÈTE LE NUCLÉAIRE IN VITAM ÆTERNAM…

Boum ! Boum ! Ça pète grave chez les nucléocrates ! Qu’est-ce qui pète ? Pas les centrales j’espère ? Non, seulement les bouteilles de champagne ! Parce qu’ils ont encore gagné. Contre les populations, contre le bon sens, contre la sécurité nationale et européenne. Ils sabrent – discrètement ! – le champagne parce que Macron, dans un discours fumeux, vient d’annoncer non pas la transition énergétique mais la stagnation dans l’impasse nucléaire.

Eh ! Oh ! Victor, t’as les portugaises ensablées ou quoi ? Il a annoncé la fermeture de 14 réacteurs d’ici à 2035 !

Ben voyons. Ça mange pas de pain… Où il sera en 2035 ? Ces fermetures sont toutes programmées après son quinquennat. À part Fessenheim mais même cette ruine dangereuse n’est pas près de fermer…

Mais il y a pire. Nous en avons d’ailleurs fait état dans un article du 22 octobre « Transition énergétique ou retour du nucléaire ». C’est sa petite phrase sibylline concernant la décision – reportée pour la galerie à 2021 mais d’ores et déjà promise aux nucléoaddictés décisionnaires d’EDF SA – de continuer les recherches sur le « nouveau nucléaire ».

Quésaco le « nouveau nucléaire ? Ben, ce sont six EPR « moins chers », c’est-à-dire où sera sacrifiée la sûreté des installations. Ça, c’est pour satisfaire aux exigences d’EDF SA, dont un des objectifs majeurs est d’augmenter fortement ses exportations et ses ventes de réacteurs à l’étranger. N’ayons pas la cruauté de rappeler la catastrophe tant technique que financière de l’EPR de Flamanville.

Ce « nouveau nucléaire », c’est encore très probablement la relance de la filière surrégénérateur à travers le projet Astrid, l’horreur intégrale.

Ce choix résolument pro nucléaire sonne le glas de toute véritable transition énergétique. Parce que la France n’a pas les moyens de développer à la fois les énergies renouvelables, maintenir en fonctionnement des centrales à bout de souffle et se lancer dans un « nouveau nucléaire », dont il est illusoire de croire qu’il sera peu coûteux.

Le maintien en fonctionnement de 20 réacteurs poussifs et dangereux jusqu’à 50 ans et plus si affinité implique des travaux gigantesques. Parce que certain composants, en non des moindres, sont conçus pour fonctionner au maximum 40 ans. Les anomalies sur ces éléments essentiels pour la sûreté se comptent par milliers ! C’est ce que les nucléocrates appellent poétiquement le Grand Carénage, un programme qui implique la rénovation, le remplacement de matériels, l’intégration des mesures post-Fukushima, et l’amélioration du niveau de sûreté des centrales nucléaires. Le tarif est gratiné : 55 milliards. Mais l’expérience de l’EPR, dont le prix a été multiplié par trois et demi, laisse dubitatif… Tout ce « pognon de dingue » uniquement pour des soins palliatifs visant à prolonger la vie de ces installations à bout de souffle et maintenir une filière dépassée. Et si on ne fait pas ce « grand carénage » ? Alors ces réacteurs continueront à fonctionner aux dépens de la sûreté et donc le risque de quelque Fukushima-sur-Rhône ou Tchernobyl-sur-Loire. Mais ça, les nucléoaddicts s’en foutent.

Quant à l’apport de la France à la lutte contre le changement climatique grâce à la filière nucléaire, dont se gargarise Macron, il est non seulement illusoire mais mensonger. Entre l’extraction de l’uranium, la fabrication du combustible et le retraitement des déchets, la filière nucléaire émet bel et bien des gaz à effet de serre.

Et que dire du coût du démantèlement et du stockage de déchets ?

EDF est incapable de mener à bout le démantèlement de la vieille centrale de Brenilis ou le cadavre de Superphénix…

Quant aux déchets, les simples piscines dans lesquels ils sont stockés – avec les risques effarants que cela implique – arrivent à saturation. Certains restent stockés dans de simples fûts de 200 litres, d’autres sont vitrifiés en attendant leur éventuel « stockage en profondeur » dans le cimetière nucléaire de Bure…

Bon. Va falloir leur envoyer les gilets jaunes ! Jaune comme le logo antinucléaire…

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/macron-decrete-le-nucleaire-in-210059

Déc 01

TOUS À LA MARCHE CLIMAT LE 8 DÉCEMBRE PORTONS HAUT ET FORT LA PAROLE ANTINUCLÉAIRE « NON LE NUCLÉAIRE NE SAUVERA PAS LE CLIMAT ! »

Malgré les dizaines de tribunes, d’appels publiés depuis plusieurs décennies pour agir contre le changement climatique, le changement de trajectoire nécessaire à une lutte efficace n’a pas encore eu lieu. Mais l’urgence s’avance : partout dans le monde, les effets de l’évolution du climat se font sentir.

Alors que la COP 24 va avoir lieu en Pologne, le 8 décembre donnera lieu, comme chaque mois depuis la fin de l’année 2018, à une journée mondiale pour rappeler l’urgence climatique.

Le lobby de l’atome prétend que le développement du nucléaire est indispensable pour réduire nos émissions. Il est plus que jamais nécessaire de rappeler que cette technologie, pour de nombreuses raisons, ne constituera jamais une « solution » au changement climatique !

C’est pourquoi nous vous proposons, à l’occasion de cette mobilisation, de récupérer des exemplaires de notre tract mis à jour « Le nucléaire ne sauvera pas le climat » disponible gratuitement via notre boutique militante mais également en fichier à imprimer si vous le souhaitez.

Pourquoi le nucléaire ne sauvera pas le climat ?

Retrouvez tout notre argumentaire pour bien faire comprendre à tous que le nucléaire n’est certainement pas une solution valable pour sauver le climat dans cette infographie réalisée à l’occasion de la COP 21

CONSULTEZ OU TÉLÉCHARGEZ L’INFOGRAPHIE sur:

https://www.sortirdunucleaire.org/infographie-climat

Pour plus d’information sur chacune des plus de 140 manifestations prévues en France sur ce thème, cliquer sur : https://www.sortirdunucleaire.org/Marches-pour-le-climat-et-contre-le-nucleaire (liste par ville)

Nov 30

GESTION CALAMITEUSE DU DÉFAUT DE RÉSISTANCE AU SÉISME DE LA DIGUE PROTÉGEANT LA CENTRALE DE TRICASTIN

Pendant des années, malgré les demandes de l’Autorité de sûreté nucléaire, EDF a négligé de se préoccuper réellement de la tenue au séisme de la digue censée protéger le site nucléaire du Tricastin. Dénonçant cette gestion calamiteuse, le Réseau “Sortir du nucléaire“, STOP Nucléaire en Drôme-Ardèche, la Frapna Drôme Nature Environnement, SDN Sud Ardèche et Stop Tricastin ont porté plainte contre EDF et son directeur de la direction du parc nucléaire le 30 novembre 2018.

Une digue qui aurait pu s’écrouler et conduire à une catastrophe nucléaire majeure

Le 30 juin 2017, EDF a informé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d’un défaut de résistance au séisme majoré de sécurité (SMS) d’une portion de 400 mètres en rive droite de la digue du canal de Donzère-Mondragon, à l’amont de la centrale nucléaire du Tricastin.

La plateforme de la centrale est située six mètres en-dessous du niveau d’eau dans le canal de Donzère-Mondragon. Comme le précise l’ASN elle-même, « une rupture de cette portion de digue à la suite d’un séisme aurait entraîné une inondation importante de cette plateforme du Tricastin. La plupart des équipements indispensables pour la sûreté et de nombreux moyens de gestion des situations accidentelles auraient été rendus inopérants par cette situation. Cela aurait pu avoir pour conséquence la fusion du combustible sur l’ensemble des réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin, avec une capacité limitée d’intervention sur le site, et un impact sanitaire inacceptable à grande échelle.  ». Et que dire des impacts pour les autres installations nucléaires voisines de la centrale ?

Le 27 septembre 2017, l’ASN a alors prescrit l’arrêt provisoire des quatre réacteurs de la centrale nucléaire du Tricastin, tant que la résistance de la digue au SMS ne serait pas assurée. Des travaux ont alors été menés.

De graves dysfonctionnements dans la gestion du risque de la part d’EDF

Un rapport de l’Autorité de sûreté nucléaire daté du 25 juin 2018, revenant sur une inspection menée le 13 décembre 2017, permet de saisir à quel point EDF a négligé ce risque, faisant état de graves dysfonctionnements. Cette négligence est d’autant plus grave qu’elle s’étale sur près de dix ans. Et comme le montre le rapport d’inspection de l’ASN, l’analyse des conséquences potentielles d’une rupture de la digue a été menée de manière tardive et sommaire.

Par ailleurs, alors qu’une question aussi grave doit faire l’objet d’une déclaration dans les meilleurs délais, EDF s’est gardée d’évoquer, dans ses échanges avec l’ASN début 2017, ses suspicions de non-tenue au séisme de la digue.

Une fois le problème caractérisé, EDF a attendu 5 mois pour en avertir l’Autorité de sûreté nucléaire. Elle a également mis quatre mois pour avertir son voisin Orano, qui exploite un énorme complexe nucléaire d’enrichissement de combustible nucléaire à proximité de la centrale, alors que ses installations aussi subiraient les conséquences d’une rupture de la digue !

Un séisme ne prévient pas : les graves négligences commises par EDF auraient pu conduire à une catastrophe nucléaire majeure et menacer des milliers de personnes.

Le 30 novembre 2018, les associations Réseau “Sortir du nucléaire“, STOP Nucléaire en Drôme-Ardèche, Frapna Drôme Nature Environnement, SDN Sud Ardèche et Stop Tricastin ont donc porté plainte contre EDF et son directeur de la direction du parc nucléaire et thermique pour le délit de risques causés à autrui, le délit de retard dans la déclaration d’incident et les contraventions de mauvais traitement des écarts constatés.

Pour téléchargez la plainte, cliquer sur : https://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/plainte_digue_tricastin_301118_annexe.pdf

Nov 30

LA DEMANDE D’ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE DES CONCURRENTS D’EDF DÉPASSE LE PLAFOND

Paris – La Commission de régulation de l’énergie (CRE) a reçu plus de demandes d’électricité nucléaire à prix régulé pour l’année 2019 de la part des concurrents d’EDF que ce qu’autorise le plafond législatif, a-t-elle annoncé jeudi.

L’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) oblige EDF à revendre à ses concurrents jusqu’à 100 térawattheures (TWh) de son électricité nucléaire produite en France, à un prix fixé actuellement à 42 euros le mégawattheure.

La CRE a reçu un total de demande de 132,93 TWh pour l’année 2019 de la part de 69 fournisseurs d’électricité (hors filiales d’EDF), est-il précisé dans un communiqué.

L’atteinte du plafond Arenh en l’absence d’évolution du tarif est pour la CRE « un élément nouveau qui incite fortement à une réflexion sur l’avenir du dispositif« .

La Cour des comptes avait réclamé en mars une évolution de l’Arenh et le gouvernement s’était alors dit prêt à des changements.

La CRE proposera au gouvernement une évolution des tarifs réglementés en février 2019.

Pour l’année à venir, la commission a procédé à la « répartition de ce volume de 100 TWh au prorata des demandes des fournisseurs à l’exception des filiales d’EDF qui ont été intégralement écrêtées« .

L’intérêt des fournisseurs alternatifs pour l’Arenh évolue en fonction des prix sur le marché de gros de l’électricité. Le dispositif avait été délaissé en 2016, quand les fournisseurs pouvaient s’approvisionner moins cher sur le marché, mais il est revenu en faveur avec la hausse des prix.

Ce dispositif, qui doit courir jusqu’en 2025, est censé accroître la concurrence sur le marché hexagonal.

mdz/soe/LyS

AFP / 29 novembre 2018 18h14

https://www.romandie.com/news/La-demande-d-electricite-nucleaire-des-concurrents-d-EDF-depasse-le-plafond/975370.rom

Nov 30

LE NON-DIT DU NUCLÉAIRE FRANÇAIS

Tel l’oracle de Delphes, le président Macron a délivré aux français son message sur sa vision de l’avenir du nucléaire en France qui relève de sa décision de fermer 14 réacteurs d’ici 2035 dont les 2 de la centrale de Fessenheim en 2020. Au cours de son mandat, il ne prévoit pas le lancement de la construction d’une centrale équipée de réacteurs de 3ème génération dit E P R. Rappelons que la construction en cours de la centrale de Flamanville a vu son coût explosé alors que sa mise en service est reportée d’année en année. Cette annonce ne satisfait en rien les partisans de la sortie du nucléaire.

L’industrie du nucléaire en France pose beaucoup plus de questions que celle de la réduction de sa part dans le mix énergétique. Nos ingénieurs du corps des Mines ont doté la France entre 1977 et 1997 de 58 réacteurs construits pour une durée de vie de 40 ans. Les premiers réacteurs ayant atteint cette limite d’âge, l’accord de l’autorité de sureté nucléaire, A S N, pour prolonger leur durée de fonctionnement de 10 ans à 20 ans est loin d’être acquis d’autant plus qu’il exigera de lourds investissements pour le grand carénage de mise aux normes de ces centrales. Sitôt la mise hors service de ces réacteurs jusqu’en 2035 et au-delà se posera la question de leur démantèlement et en l’absence d’un savoir- faire dans ce domaine, les coûts en sont imprédictibles mais d’ores et déjà les provisions passées par E D F sont considérées comme largement insuffisantes.

Compte-tenu de la dette abyssale déjà supportée par E D F, de tels investissements et dépassements de coûts aussi considérables nécessiteront l’appel à l’État, premier actionnaire avec 83,7% du capital, pour rééquilibrer les comptes de l’entreprise. Là ne s’arrête pas le problème soulevé par l’arrêt des réacteurs car il faudra entreposer les déchets ultimes les plus radioactifs. Deux voies sont envisagées, l’enfouissement en couche profonde dans le site argileux de Bure, Meuse, auquel s’opposent riverains et écologistes, ne laissant d’autre solution que le stockage à l’air libre sur des durées incommensurables. (NDLR : il y a une 3ème possibilité : le stockage en sub-surface parfaitement réversible)

La question jamais abordée par les pouvoirs publics est celle de la protection du personnel des centrales et des populations riveraines mais aussi au-delà, dans l’éventualité d’un accident avec des fuites radioactives importantes les exposants aux risques médicaux les plus graves. La préparation de ces populations à une telle éventualité ne semble jamais avoir été une priorité pour les acteurs du nucléaire civil comme ce fut le cas dans le passé pour les essais nucléaires relevant de l’autorité militaire au Sahara puis en Polynésie.

Voilà des sujets sur lesquels les Français les plus avertis auraient aimé entendre le président de la République à l’occasion de cette intervention devant un public trié sur le volet. Se pose alors la question cruciale de la gouvernance de l’exploitant du nucléaire civil soit E D F. Relevons que si l’État est seul responsable comme il se doit de la politique de l’entreprise, il n’en demeure pas moins qu’aussi bien les mandataires sociaux que les administrateurs doivent disposer des connaissances et de l’expérience les plus appropriées dans la gestion du nucléaire. Aussi ne pouvons-nous qu’être étonnés que l’actuel P D G Jean Bernard Lévy nommé fin 2012 n’avait aucune expérience ni connaissance du secteur. Ainsi de 2002 à 2012, il fut le numéro 2 de Vivendi, en charge d’activités telles que cinéma, jeux vidéo et internet haut débit. Par ailleurs, à première vue, l’examen des curriculum vitae des 11 administrateurs nommés par l’assemblée générale des actionnaires semble montrer que des compétences dans le nucléaire leur font défaut. Ne voit-on pas ainsi parmi eux une administratrice chargée des ressources humaines chez St Gobain spécialiste mondiale de l’habitat!

Nous pouvons croire que le président de la République est entouré des meilleurs experts du nucléaire pour le conseiller et exercer, pour le plus grand bien des français, une tutelle étroite sur la conduite de ses affaires par E D F. Il lui reviendra à une prochaine occasion de répondre aux multiples interrogations soulevées ci-dessus sur l’engagement du pays dans la filière du nucléaire.

Le 29 nov. 2018 par Louis Bulidon, Blog : Le blog de louis bulidon

https://blogs.mediapart.fr/louis-bulidon/blog/291118/le-non-dit-du-nucleaire-francais

Nov 30

FISSURES, FUITES, MANQUE D’INVESTISSEMENTS, RISQUE DE BLACKOUT : LA SITUATION INQUIÉTANTE DU PARC NUCLÉAIRE BELGE

Six des sept réacteurs nucléaires belges étaient à l’arrêt début novembre, la plupart à cause de fuites, de fissures, ou d’un mauvais état du béton… Alors que l’hiver approche, l’approvisionnement du pays en électricité est menacé. Comment la Belgique en est-elle arrivée là ?

Trois des six réacteurs arrêtés auraient dû être définitivement fermés il y a trois ans, alors que le pays avait voté la sortie du nucléaire en 2003. Les décisions ont sans cesse été repoussées et la transition n’a pas été préparée. Pendant ce temps, l’entreprise française Engie, qui a racheté les centrales belges, continue d’encaisser les dividendes. Enquête.

50% de la consommation électrique en Belgique est alimentée par le nucléaire. Du moins en temps normal, quand les centrales belges fonctionnent… Ce qui devient exceptionnel ! La Belgique a entamé ce mois de novembre avec un seul réacteur nucléaire opérationnel, sur les sept que compte le pays. En cause : des problèmes de fuites, de fissures, de « dégradation des bétons ». Un seul des six réacteurs belges à l’arrêt début novembre, Tihange 1, l’était pour des raisons d’entretien et de maintenance programmés. Il a redémarré le 12 novembre. Un autre pourrait être remis en marche mi-décembre, selon les annonces de l’exploitant des centrales nucléaires locales, l’entreprise française Engie (ex-GDF Suez). « Il faut dire que trois des réacteurs nucléaires belges ont déjà plus de 40 ans », commente Eloi Glorieux, de Greenpeace Belgique.

Les sept réacteurs nucléaires belges sont répartis sur deux centrales : Doel, à la frontière avec les Pays-Bas, abrite quatre réacteurs, et Tihange, dans la région de Liège, trois. Deux réacteurs à Doel et un à Tihange ont été mis en marche en 1975, il y a 44 ans. Les autres dans la première moitié des années 1980 [1]. « Nous avons beaucoup de problèmes dans nos centrales nucléaires. Autant de problèmes qu’il y a de réacteurs, déplore Jean-Marc Nollet, député du parti vert Ecolo au Parlement fédéral belge. D’abord, il y a les fissures sur les cuves, donc sur la partie nucléaire des installations : 13 000 fissures sur Doel 3, et plus de 3000 fissures sur Tihange 2, dont la plus grande fait 18 centimètres [2]. Mais Doel 3 est le seul réacteur qui tourne aujourd’hui, malgré ses fissures. L’autorité de contrôle a considéré le risque comme tenable. Il y a aussi, à Doel, des problèmes sur les circuits de refroidissement, touchant également la partie nucléaire. Ainsi que des dégradations du béton sur des « bunkers », des bâtiments d’ultime secours ne faisant pas partie du réacteur, mais qui doivent être en permanence en capacité de réagir. Sinon, le réacteur doit être arrêté », précise le député [3].

Des centrales électriques sur des bateaux pour suppléer aux réacteurs défaillants ?

Sur Doel 1, une fuite a été constatée en avril dernier. Selon l’Autorité fédérale de contrôle du nucléaire (AFCN), il s’agissait d’une « fuite de faible importance dans le circuit primaire du réacteur (de l’ordre de quelques litres par minute) ». Néanmoins, ce réacteur est toujours à l’arrêt. La centrale de Doel aurait aussi fait l’objet d’un acte de sabotage en 2014, dont les responsables n’ont toujours pas été identifiés [4]. « Voilà la situation peu glorieuse du nucléaire en Belgique », conclut le député écologiste Jean-Marc Nollet.

Les centrales nucléaires sur la zone du nord de le France et de la Belgique. Voir la carte interactive de Greenpeace ici.

Cette mise à l’arrêt non-programmée de la quasi-totalité de ses réacteurs nucléaires met le pays dans une situation inédite : sa sécurité d’approvisionnement en électricité n’est pas assurée pour l’hiver. La Belgique va devoir importer de l’électricité depuis les pays voisins (France, Allemagne, Pays-Bas), si ceux-ci peuvent lui en fournir, ce qui n’est pas certain en période de grand froid et donc de forte demande. Autre conséquence, le coût de l’énergie pour la population pourrait flamber. Même en payant plus cher son électricité, le pays risque de faire face, lors des périodes les plus froides, à des « délestages », c’est à dire à des coupures de courant localisées. « Avec l’indisponibilité inattendue et de longue durée de Doel 1, Doel 2, Tihange 2 et Tihange 3, ce sont 3000 mégawatts (MW) de capacité nucléaire qui disparaissent jusqu’à mi-décembre. Cela correspond à 25% de la capacité totale de production gérable installée en Belgique », a prévenu fin septembre Elia, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité belge. [5].

Pour tenter d’éviter les coupures de courant, Electrabel – la filiale belge détenue à 100% par Engie – a annoncé le 24 octobre le redémarrage d’une centrale au gaz et la mise en service de groupes électrogènes. Le 22 octobre, le quotidien belge L’Écho précisait qu’Engie envisageait de faire venir sur les côtes belges des centrales électriques flottantes, installées sur des bateaux. « Ces centrales flottantes sont surtout utilisées comme solution de secours dans les pays en développement. C’est la première fois qu’elles seraient utilisées en Europe », ajoute le journal. Ces centrales fonctionnent aux énergies fossiles.

La sortie du nucléaire plusieurs fois repoussée

Comment la Belgique, pays qui abrite la capitale de l’Union européenne, en est-elle arrivée là ? Normalement, trois des réacteurs nucléaires qui étaient encore à l’arrêt début novembre auraient dû être définitivement fermés il y a trois ans, en 2015. Car la Belgique a adopté une loi de sortie du nucléaire dès 2003, sous un gouvernement qui comptait alors des ministres écologistes. « La loi disait qu’il fallait fermer les réacteurs à leurs 40 ans et que le pays sortirait définitivement du nucléaire en 2025 », précise Éloi Glorieux. Quatre ans plus tard, GDF Suez (future Engie) est devenue l’unique propriétaire de la société belge qui exploite les centrales.

« À l’adoption de la loi de sortie du nucléaire, le mouvement anti-nucléaire s’est démobilisé, rappelle le responsable de Greenpeace Belgique. Le lobby nucléaire, lui, a maintenu la pression. Cela a abouti à un accord signé en 2009 entre GDF Suez et le Premier ministre belge d’alors, Herman Von Rumpuy » Cet accord revient sur la loi de 2003 et autorise alors GDF Suez à exploiter dix ans de plus les trois réacteurs qui devaient initialement s’arrêter en 2015 [6]. « Mais cet accord n’a pas été mis en œuvre tout de suite parce que, peu après, la Belgique est entrée dans une crise gouvernementale », qui a duré un an et demi [7]. « Puis en mars 2011, il y a eu la catastrophe de Fukushima », souligne Éloi Glorieux. Mais GDF Suez n’a pas lâché. Dans un communiqué de septembre 2012, l’entreprise française renvoie le gouvernement belge à ses promesses de 2009, sur la base duquel l’entreprise souhaitait « pouvoir ouvrir un dialogue constructif avec les représentants de l’État belge ».

Finalement, GDF Suez obtient gain de cause. En 2013, la loi belge de sortie du nucléaire est modifiée pour allonger de dix ans la durée d’exploitation de Tihange 1. Puis en 2015, une nouvelle modification étend la durée de vie de deux réacteurs de Doel. Les trois plus vieux réacteurs belges ne cesseront leur activité qu’en 2025, à 50 ans. Les autres réacteurs du pays en 2022 et 2023.

« La situation des centrales s’est dégradée depuis le rachat par GDF Suez »

Malgré une durée de vie des réacteurs prolongée jusqu’à 50 ans, GDF Suez a assuré que sa filiale Electrabel se montrait « responsable vis-à-vis de ses clients en leur garantissant sécurité d’approvisionnement et un haut niveau de service ». À l’heure où l’État belge va négocier en Allemagne ses prochaines importations d’électricité et qu’Engie pense à approvisionner le pays par bateaux-centrales, cette promesse ne semble plus tout à fait d’actualité.

« Très clairement, la situation des centrales s’est dégradée depuis le rachat par GDF Suez-Engie. Tous les témoignages que j’ai pu récolter convergent dans ce sens : avant le rachat, la sécurité était vraiment la priorité. Ce n’est plus le cas, avance le député belge Jean-Marc Nollet. Avant, quand un ingénieur demandait un investissement lié à la sûreté et à la sécurité, l’investissent n’était pas discuté sur le principe. Depuis le rachat, on met en balance l’investissement par rapport à son intérêt économique. C’est très dangereux, puisque qu’en matière de nucléaire, on ne peut pas se permettre le moindre écart. »

Fin septembre, le site du groupe audiovisuel public belge RTBF publiait le témoignage anonyme d’un collaborateur d’Engie-Electrabel : « Le profit est vraiment devenu la priorité numéro un et on a décidé de postposer [reporter, ndlr] les investissements de maintenance le plus possible, et à les reporter d’exercice en exercice, tant que l’on n’est pas devant une situation catastrophique. » Engie-Electrabel a immédiatement réagi en démentant « avec force », et en mettant en avant ses investissements dans la maintenance. La société affirme que « la sûreté nucléaire est la priorité absolue de l’entreprise et de ses équipes ». Quid de la sécurité d’approvisionnement ? « Le prolongement de la durée de vie des réacteurs est en fait à la base des problèmes d’approvisionnement. Il n’en est pas la solution, estime Éloi Glorieux, de Greenpeace. Les risques augmentent avec l’âge des centrales. Résultat, aujourd’hui, le nucléaire belge n’est absolument plus fiable. »

Des conseillers ministériels issus d’Engie-Electrabel

Même en pleine crise d’approvisionnement, le gouvernement belge n’évoque pas la possibilité d’un retour sur les décisions de prolonger l’activité des réacteurs les plus anciens. « Il y a eu une période tendue entre l’État belge et Engie-Electrabel entre 1999 et 2003, sous le gouvernement qui a décidé la sortie du nucléaire. Depuis, les relations sont au beau fixe. En fait, le ministre de l’Énergie en Belgique, c’est presque Engie. Ce sont eux qui décident tout », accuse Jean-Marc Nollet. L’actuelle ministre belge de l’Énergie, Marie Christine Marghem, s’entoure de conseillers qui connaissent de près les centrales nucléaires belges et l’entreprise Engie [8]. En 2015-2016, elle avait par exemple pour conseiller un certain Jean-François Lerouge, qui a travaillé entre 2002 et 2008 à des postes haut placés au sein de Suez et d’Engie-Electrabel, puis jusqu’en 2014 au sein d’une autre filiale belge d’Engie, Tractebel [9].

Fin septembre, le Canard enchaîné révélait qu’Engie cherchait à céder à EDF les sept vieux réacteurs belges. Engie a démenti. Mais l’information est restée dans toutes les têtes en Belgique. « Engie continue encore, pour l’instant, à faire de l’argent avec ces vieux réacteurs, mais cela risque de changer rapidement », prédit Francis Deboutte, ingénieur et président de l’association belge « Fin du nucléaire ». Electrabel est en effet profitable pour Engie. En 2017, l’entreprise a même versé à sa maison-mère un dividende de 1,6 milliard d’euros [10]. Le sera-t-elle encore lorsque les centrales approcheront les 50 ans ? Et qu’il s’agira de les démanteler ? À côté des craintes de coupures de courant, c’est l’autre actualité qui occupe le nucléaire belge : la question du futur coût du démantèlement des centrales, et de la gestion de leurs déchets. Fin septembre, l’organisme belge des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies (Ondraf) a revu à la hausse le coût à prévoir pour l’enfouissement des déchets radioactifs belges : celui-ci a été multiplié par trois, passant de 3,2 milliards à plus de 10 milliards d’euros.

« D’une part, les centrales ne fonctionnent plus, sont périmées, nécessitent de gros investissements. D’autre part, il faut payer cher pour les déchets », résume Jean-Marc Nollet. Le député soupçonne la multinationale française d’organiser l’insolvabilité prochaine de sa filiale belge, notamment en rapatriant au sein d’Engie les filiales d’Electrabel qui sont rentables. Cela pour échapper au coût du démantèlement des centrales et de la gestion des déchets. Là encore, Engie, qui a bel et bien rapatrié des actifs d’Electrabel il y a quelques mois, dément cette interprétation [11].

Un mouvement transnational pour la fermeture des vieux réacteurs belges

Il se trouve cependant encore des défenseurs de l’énergie nucléaire en Belgique. Comme le parti flamand N-VA (Nieuw-Vlaamse Alliantie, membre du gouvernement), qui n’est pas convaincu par la sortie de l’énergie atomique. « La situation dans laquelle nous nous trouvons, de la quasi-totalité des réacteurs à l’arrêt et de coupures de courant qui menacent, est à double tranchant. Elle pousse certains à dire qu’il faut sortir du nucléaire le plus vite possible, et d’autres à affirmer qu’on ne peut pas s’en passer et qu’il nous faut de nouveaux réacteurs », analyse Marc Alexander, Belge flamand et militant anti-nucléaire de longue date.

Au printemps dernier, le gouvernement belge a adopté un « pacte énergétique » qui entérine bel et bien la sortie du nucléaire en 2025. Le document vise aussi au développement des énergies renouvelables. La Belgique tire aujourd’hui seulement 20% de sa production d’électricité des renouvelables, au même niveau que la France [12]. « Mais jamais le gouvernement n’a parlé d’économies d’énergie, pas même au moment où un blackout est envisagé pour cet hiver, déplore Francis Deboutte, le président de Fin du nucléaire. En fait, il ne se passe presque rien depuis 2003 pour préparer la sortie du nucléaire. » « À cause des tergiversations, et de la prolongation à deux reprises de réacteurs, le marché des énergies renouvelables ne s’est pas déployé », ajoute Jean-Marc Nollet.

Le réveil viendra peut-être de la société civile et d’un mouvement antinucléaire, renaissant dans le pays. L’association de Francis Deboutte, Fin du nucléaire, a été créée en 2017. Marc Alexander, lui, s’est à nouveau engagé dans la lutte antinucléaire en 2015, quand les problèmes ont commencé à s’accumuler. C’est aussi à ce moment que Walter Schumacher, de l’association allemande Stop Tihange, s’est intéressé à l’état des centrales du pays voisin. Il habite en Allemagne, mais à un kilomètre seulement de la frontière belge. « À partir de 2015, un mouvement transnational est né pour demander la fermeture des centrales belges les plus anciennes, précise-t-il. Un mouvement soutenu par le maire de la ville allemande d’Aix-la-Chapelle, qui a été jusqu’à demander devant la justice belge la fermeture du vieux réacteur de Tihange. En cas d’accident, sa cité de 250 000 habitants serait directement concernée.

En juin 2017, 50 000 personnes venues de Belgique, des Pays-Bas et d’Allemagne, avaient formé une chaîne humaine pour demander la fermeture des vieux réacteurs belges. « Ce mouvement a déclenché un débat public en Belgique. L’État belge ne peut plus faire comme si de rien n’était », se félicite Walter Schumacher. En mai prochain, les Belges se rendront aux urnes pour renouveler leur Parlement. « Ce sera le moment de vérité, dit Jean-Marc Nollet. Si le gouvernement qui sort de ces élections confirme la sortie du nucléaire pour 2025, je pense qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible. Si c’est l’inverse qui arrive, je crains pour l’avenir de la transition énergétique en Belgique. »

Par Rachel Knaebel, source : Bastamag (30/11/32018)

https://www.bastamag.net/Fissures-fuites-manque-d-investissements-risque-de-blackout-la-situation

Nov 29

COMMENT TRUMP VEND L’ATOME À L’ARABIE SAOUDITE

L’administration américaine négocie depuis 2017 avec Riyad la fourniture de réacteurs nucléaires, qui pourraient aboutir à la fabrication de la bombe atomique.

Le président américain Donald Trump, se vantant de l’étendue des ventes américaines d’armes à l’Arabie saoudite, en recevant le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dans le Bureau ovale, le 20 mars 2018. 

Pour justifier ses hésitations à incriminer le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS), soupçonné par la CIA d’avoir commandité l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, Donald Trump n’hésite pas à mentionner les 110 milliards de contrats d’armes que les États-Unis ont conclus avec l’Arabie saoudite en 2017. Selon le président américain, ces signatures représenteraient la création de près d’un million d’emplois. Pourtant, les experts s’accordent à dire que, pour l’heure, seuls 14,5 milliards de dollars de contrats auraient été effectivement signés entre Riyad et Washington, ce qui n’a abouti, pour l’instant, qu’à 500 nouveaux emplois américains.

Cependant, il existe un tout autre aspect de la relation stratégique américano-saoudienne que le pensionnaire de la Maison-Blanche s’est bien gardé d’évoquer au cours des dernières semaines. D’après le New York Times , l’administration Trump serait en négociation avec l’Arabie saoudite pour lui vendre des réacteurs nucléaires. Conduites depuis 2017 par le département américain de l’Énergie, ainsi que le département d’État, les discussions porteraient sur un montant avoisinant 80 milliards de dollars (65 milliards d’euros).

16 réacteurs nucléaires

« Un réacteur nucléaire produit du combustible qui est ensuite introduit dans des centrifugeuses afin d’être enrichi à 3 ou 3,5 % dans un but civil », explique au Point François Géré, président de l’Institut français d’analyse stratégique (Ifas) et expert de la question du nucléaire. « Pour ce faire, il est nécessaire de développer toute une industrie nucléaire civile, ou alors d’acheter clé en main l’ensemble du complexe – réacteur nucléaire et usine d’enrichissement d’uranium – qu’il ne reste plus qu’à faire tourner. Cette dernière solution est la plus rapide, commode et onéreuse, et il semble que c’est celle-ci qui ait été choisie par l’Arabie saoudite. »

Le 5 novembre dernier, le prince héritier saoudien a posé en grande pompe, à la Cité des sciences de Riyad, la première pierre du premier réacteur de recherche nucléaire du royaume. Selon l’agence de presse officielle SPA, seize réacteurs sont prévus au cours des deux prochaines décennies. Afin de prévenir la fin annoncée des hydrocarbures, et face aux besoins grandissants de sa population de 30 millions d’habitants – dont 20 millions de Saoudiens et 10 millions d’expatriés –, le royaume al-Saoud entend diversifier ses sources d’énergie, qui reposent pour l’heure principalement sur le pétrole et le gaz naturel.

Négociations secrètes

Cette « politique nationale sur le programme de l’énergie atomique » a été officiellement approuvée par le gouvernement saoudien en mars dernier. Riyad projette de commencer la construction de ses premiers réacteurs dès l’année prochaine, pour une mise en service en 2027. À terme, la pétromonarchie souhaiterait produire 17,6 gigawatts d’électricité d’ici à 2040, soit 10 % de la production nationale, ce qui en fait un des programmes nucléaires les plus ambitieux au monde.

D’après le New York Times, la construction des deux premiers réacteurs serait confiée à la firme américaine Westinghouse, qui opérerait sur place par le biais d’entreprises sud-coréennes. Secrètes, les négociations sont conduites par le secrétaire d’État à l’Énergie Rick Perry, qui s’est rendu à Riyad fin 2017, affirme le quotidien américain. En février dernier, il était à Londres pour discuter d’un accord de non-prolifération nucléaire de type 1-2-3, sur le modèle de ceux qui ont déjà été conclus avec la Corée du Sud, l’Inde et les Émirats arabes unis. Il prévoit la fourniture à l’Arabie saoudite de combustible sur une durée de dix à quinze ans. Mais problème : les Saoudiens ont d’ores et déjà refusé.

Enrichissement d’uranium

Le ministre saoudien de l’Énergie, Khalid al-Falih, a indiqué que le royaume al-Saoud souhaitait enrichir lui-même l’uranium, qu’il possède dans son sous-sol, alors qu’il lui coûterait moins cher d’importer le combustible depuis l’extérieur. « Il ne serait pas naturel pour nous de faire venir de l’uranium enrichi depuis un pays étranger », a-t-il déclaré en mars à l’agence de presse Reuters. À faible niveau d’enrichissement (3,5 %), ce procédé permet de produire le combustible nécessaire pour fabriquer de l’électricité ou pour la production d’isotopes médicaux, qui servent à diagnostiquer certains cancers. Mais, s’il est enrichi à 90 %, l’uranium peut servir à fabriquer la bombe atomique, ce qui est formellement interdit en vertu du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), que l’Arabie saoudite a signé – mais pas ratifié.

C’est justement la découverte d’un programme d’enrichissement d’uranium secret en Iran, en 2002, qui a provoqué la crise du nucléaire iranien, la communauté internationale soupçonnant Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique sous le couvert d’un programme à but civil. Après quatre salves de sanctions onusiennes, une confrontation militaire avec la République islamique a été évitée grâce à la signature, en juillet 2015, d’un accord historique sur le nucléaire iranien , qui a considérablement réduit les capacités d’enrichissement de l’Iran, en échange d’une levée des sanctions contre Téhéran. Depuis, à treize reprises, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé que l’Iran respectait bien ses engagements.

Comme en Iran

Pourtant, cet accord est plus que jamais menacé en raison du retrait de Donald Trump en mai dernier. Le président américain juge le texte insuffisant (il ne traite pas du programme balistique iranien et des « activités déstabilisatrices » de l’Iran au Moyen-Orient, estime-t-il) et il a prononcé contre Téhéran les sanctions « les plus dures de l’histoire » pour le contraindre à accepter ses conditions.

Mais voilà que des doutes apparaissent aujourd’hui sur la nature purement civile, comme les Saoudiens l’affirment, du futur programme nucléaire de l’Arabie saoudite, pays autrement plus proche des États-Unis, que Donald Trump a qualifié d’« allié inébranlable », en dépit de l’affaire Khashoggi qui a terni son image. D’autant que, selon le New York Times, qui cite des responsables américains, Riyad aurait fait part à Washington de son refus de signer un accord permettant à des agents de l’AIEA de venir inspecter le futur programme nucléaire saoudien, comme le requiert le TNP.

« Si l’Iran développait une bombe nucléaire, nous suivrions sans attendre »

Les déclarations officielles saoudiennes ne font qu’alimenter la suspicion. En mars dernier, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a assuré, dans une interview à la chaîne américaine CBS, que « l’Arabie saoudite ne veut pas acquérir la bombe nucléaire ». Non sans ajouter : « Sans aucun doute, si l’Iran développait une bombe nucléaire, nous suivrions sans attendre. » Un avertissement depuis répété par le ministre saoudien de l’Énergie, ainsi que par son homologue des Affaires étrangères, Adel al-Joubeir. Or l’Arabie saoudite est, avec les États-Unis, Israël et les Émirats arabes unis, l’un des rares pays à dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien, dont ils estiment que la durée limitée dans le temps – dix ans – n’écarte pas, à terme, l’éventualité d’une bombe atomique iranienne. Un risque qui pourrait être décuplé si la République islamique venait à quitter à son tour l’accord, et reprenait la totalité de ses activités nucléaires.

Surtout que le pays des Deux Saintes Mosquées n’est pas amateur en matière de nucléaire militaire. C’est en effet l’Arabie saoudite qui a financé l’obtention par le Pakistan de la bombe atomique dans les années 1980. C’est encore Riyad qui, d’après le New York Times, a acheté en 1988 à la Chine des missiles de moyenne portée conçus pour porter des têtes nucléaires, chimiques ou biologiques.

Vers une course à la bombe au Moyen-Orient  ?

« Si les raisons pour lesquelles l’Arabie saoudite souhaite se doter d’une industrie nucléaire posent question, nous sommes encore loin d’une bombe saoudienne », souligne le spécialiste du nucléaire François Géré. « Car l’Arabie saoudite ne dispose aujourd’hui ni des infrastructures ni des compétences humaines (ingénieurs, chimistes, techniciens, ouvriers, NDLR) indispensables à la fabrication de centrifugeuses suffisamment solides pour tourner rapidement et enrichir à un degré supérieur, ce qui ne se trouve pas du jour au lendemain. »

Néanmoins, à l’heure où Donald Trump fait preuve de certaines largesses vis-à-vis de son allié moyen-oriental, englué dans l’affaire Khashoggi, au nom des intérêts commerciaux des États-Unis, nombreux sont ceux qui se demandent si le président américain ne serait pas en train d’ouvrir la voie à une nucléarisation prochaine de l’Arabie saoudite, prélude à une course à la bombe généralisée au Moyen-Orient.

Dans une lettre envoyée fin octobre au pensionnaire de la Maison-Blanche, rapportée par Reuters, cinq influents sénateurs américains, démocrates et républicains, ont exhorté Donald Trump à suspendre les négociations nucléaires en cours avec Riyad, menaçant d’utiliser leur veto dans le cas contraire (ils auraient besoin de la majorité dans les deux chambres). « Les révélations en cours au sujet du meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, ainsi que certaines actions saoudiennes relatives au Yémen et au Liban, ont suscité de sérieuses inquiétudes quant à la transparence, la responsabilité et le jugement des dirigeants actuels en Arabie saoudite », écrivent les élus.

Par Armin Arefi, publié le 28/11/2018 à 11h06, modifié le 28/11/2018 à 15h40 – AFP/ MANDEL NGAN

https://www.lepoint.fr/monde/comment-trump-vend-l-atome-a-l-arabie-saoudite-28-11-2018-2274964_24.php

Nov 29

PYONGYANG AURAIT MIS UN POINT FINAL À LA «QUESTION NUCLÉAIRE»

Célébrant le premier anniversaire du tir de son missile intercontinental Hwasong-15, Pyongyang a annoncé avoir mis un point final à la «question nucléaire» pour se concentrer sur le développement économique, selon le site nord-coréen Meari.

La Corée du Nord a annoncé via le site Meari avoir tourné la page nucléaire de son histoire pour se concentrer sur le développement économique.

Évoquant le lancement, le 29 novembre 2017, du missile intercontinental Hwasong-15, le média a qualifié cet événement de «grandiose» ayant relevé le statut stratégique de la Corée du Nord et permis au pays de se concentrer sur «l’édification de l’économie socialiste».

Selon le média, ce tir ou «démonstration de la puissance nord-coréenne» a abouti à des changements radicaux sur la péninsule coréenne, à la rencontre entre les dirigeants des deux Corées et au premier sommet avec les États-Unis. D’autant plus que la pression sur la Corée du Nord est restée sans effet.

En juillet 2018, la Corée du Nord a entamé le démantèlement de ses principaux sites où avait été testé le missile balistique intercontinental Hwasong-15 suite à un accord sur la dénucléarisation nord-coréenne intervenu le 12 juin entre Donald Trump et Kim Jong-un.

Signalons pour rappel que la Corée du Nord a prévenu qu’elle pourrait relancer sa politique de renforcement de son arsenal nucléaire si Washington ne levait pas ses sanctions visant le pays.

Début novembre le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a annoncé dans un communiqué que la Corée du Nord pourrait reprendre sa politique de «pyongjin» visant à renforcer son arsenal nucléaire, si les États-Unis ne renonçaient pas aux sanctions économiques décrétées à l’encontre de Pyongyang.

Publié le 29.11.2018 à 9h24 https://fr.sputniknews.com/international/201811291039100244-coree-nord-nucleaire-fin/

Nov 29

NUCLÉAIRE: NOUVEAU RETARD DE QUATRE MOIS POUR L’EPR FINLANDAIS (TVO)

Paris – L’électricien finlandais TVO a annoncé jeudi que la mise en service commerciale du réacteur nucléaire EPR OL3 construit par le français Areva et l’allemand Siemens avait encore pris quatre mois de retard supplémentaire.

Le chargement du combustible nucléaire est désormais prévu pour juin 2019, suivi par une première connexion au réseau en octobre 2019, indique Teollisuuden Voima Oyj (TVO) dans un communiqué.

La production régulière d’électricité est ensuite attendue pour janvier 2020, contre septembre 2019 prévu jusqu’alors, soit un nouveau retard de quatre mois.

Ce nouveau calendrier fait suite à plusieurs mois de retard qui avaient déjà été annoncés en juin.

Selon TVO, qui dit avoir été informé par Areva-Siemens, les tests vont prendre plus de temps que prévu en raison d’un problème de vibrations.

« Bien que ce nouveau délai soit bien sûr décevant, il est important que la mise en service se déroule avec un soin extrême et sans compromis« , a souligné Jouni Silvennoinen, directeur du projet OL3, cité dans le communiqué.

Ce nouveau retard se traduira par « un malus de 18 millions d’euros » pour Areva, a précisé à l’AFP un porte-parole d’Areva SA. Dans le cadre de la réorganisation de la filière nucléaire française, cette entreprise publique (distincte d’Orano et de Framatome) est essentiellement chargée d’achever le chantier finlandais.

« Cela ne remet pas en cause l’équilibre économique d’Areva SA« , a ajouté le porte-parole.

TVO avait signé en mars un accord pour mettre fin à un contentieux avec ses fournisseurs.

Selon les termes de cet accord, Areva va verser 450 millions d’euros à son client TVO « en compensation de sa responsabilité dans les retards« .

Mais il prévoyait aussi un système de bonus-malus: Areva et ses partenaires pouvaient recevoir jusqu’à 150 millions d’euros si le projet était achevé avant fin 2019, mais ils peuvent payer jusqu’à 400 millions d’euros supplémentaires en cas de nouveau retard au-delà de cette échéance.

Le malus s’élève à 20 millions d’euros par mois de retard, selon Areva. Ce décompte des bonus/malus s’enclenche donc fin 2019.

L’EPR finlandais -réacteur de troisième génération- dans le sud-ouest du pays, devait initialement être mis en service en 2009, mais le chantier lancé en 2005 a connu d’importants retards et surcoûts.

« Les essais se déroulent normalement« , mais des « milliers de vérifications doivent être menées« , a souligné Areva SA.

« Une adaptation des systèmes anti-vibratoires d’un équipement » sera ainsi nécessaire, a précisé le porte-parole.

jmi/ef/mcj

AFP / 29 novembre 2018 à 11h46

Publié sur le site : https://www.romandie.com/news/Nucleaire-nouveau-retard-de-quatre-mois-pour-l-EPR-finlandais-TVO/975234.rom que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Nov 29

POUR LE PDG D’EDF, LE NOUVEAU CAP SUR L’ÉLECTRICITÉ EST UNE « EXCELLENTE NOUVELLE »

La place accordée à l’électricité dans la feuille de route de la France en matière d’énergie est une « excellente nouvelle » pour EDF, a estimé son PDG Jean-Bernard Lévy dans un courriel envoyé aux salariés de l’électricien public.

Pour Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, la nouvelle place accordée à l’électricité annoncée par Emmanuel Macron, mardi 27 novembre 2018, est une « excellente nouvelle« . Le dirigeant juge par ailleurs que les décisions annoncées dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), bien qu’elles prévoient la fermeture de 14 des 58 réacteurs du parc nucléaire français d’ici à 2035, correspondent au « principe général » défendu par EDF.

« Ce projet de PPE fait clairement de l’électricité l’énergie de l’avenir. C’est une excellente nouvelle pour EDF dont l’électricité est le cœur de métier et le domaine d’excellence« , a écrit Jean-Bernard Lévy dans un courriel envoyé le mardi 27 novembre au soir, que Reuters a pu consulter. Le PDG a également rappelé la position défendue par EDF, lors des travaux préparatoires de la PPE, de n’arrêter que progressivement certains réacteurs à partir de 2029, au moment de leur cinquième visite décennale.

« C’est le principe général qu’a retenu le gouvernement et il nous appartiendra de définir les sites concernés, le choix des réacteurs devant être confirmé trois ans avant leur mise à l’arrêt », a-t-il souligné. « Nous avons su gérer, par le passé, de telles transitions. Conformément à nos valeurs d’employeur responsable, croyez bien que nous serons très vigilants pour bien traiter chaque situation personnelle« , ajoute-il. 

Prévenir la hausse des prix et préserver les intérêts d’EDF

Alors que le gouvernement demande à EDF de revoir son modèle pour garantir le financement de ses activités, ce qui pourrait se traduire par une montée de l’Etat au capital du groupe, le PDG ne se prononce pas clairement à ce stade sur les solutions envisagées, pas plus que sur l’échéance à laquelle le groupe formulera ses propositions.

Il salue en revanche l’annonce d’une nouvelle régulation qui modifierait le système actuellement en vigueur de l’Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), permettant aux opérateurs alternatifs d’acheter à EDF de l’électricité d’origine nucléaire. « Nous avons été entendus et le gouvernement a indiqué rechercher une nouvelle régulation qui devra à la fois prémunir les consommateurs contre de trop fortes hausses de prix de marché et préserver les intérêts économiques d’EDF« , indique Jean-Bernard Lévy. Et d’ajouter : « c’est l’opportunité d’obtenir une meilleure visibilité, nécessaire au financement de nos investissements pour la transition énergétique. »

EDF n’a pas souhaité commenter ces informations. Jean-Bernard Lévy, 63 ans, a été nommé PDG d’EDF en novembre 2014. Son mandat actuel s’achèvera en mai 2019.

Pour Reuters, Benjamin Mallet et Jean-Michel Bélot, publié le 29/11/2018 à 13H18, mis à jour le 29/11/2018 à 17H19

Publié sur le site : https://www.usinenouvelle.com/article/le-cap-sur-l-electricite-excellente-nouvelle-pour-edf.N776414 que nous vous invitons à consulter régulièrement.

NDLR : Macron a suivi à 98% ce qu’EDF souhaitait. Et rien ne dit que ce programme ne sera pas retardé par son ou ses successeurs. Il suffira qu’EDF le décide.

Nov 29

PAS DE LEVÉE DU CONTRÔLE JUDICIAIRE POUR LES «MALFAITEURS» DE BURE

Cinq militants antinucléaires mis en examen demandaient la levée de leur contrôle judiciaire, une mesure qui les empêche de rester en contact et qu’ils jugent liberticide.

Pas de levée du contrôle judiciaire pour les «malfaiteurs» de Bure

Sans surprise, les militants et militantes antinucléaires resteront privés d’entrer en relation avec une dizaine de personnes et ne pourront pas se déplacer librement d’ici la fin de l’instruction qui les vise. Conformément à l’avis de l’avocat général le 14 novembre, la Cour de cassation a rejeté ce mercredi la levée des contrôles judiciaires de cinq opposants au centre d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo à Bure (Meuse). Il s’agit, précisent les arrêts, d’éviter «toute concertation frauduleuse» entre les différents mis en examen pour «association de malfaiteurs».

Ces derniers sont notamment suspectés d’avoir participé à la préparation de manifestations qui ont tourné à l’affrontement, et d’avoir transporté ou détenu des produits «incendiaires». Alors qu’une partie des mis en cause sont domiciliés non loin du laboratoire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs de Bure, leur contrôle judiciaire les soumet depuis juin à des interdictions de séjours portant sur les villages de Bure et Saudron, voire pour certains sur deux départements entiers : la Meuse et la Haute-Marne. Impossible, par ailleurs, de quitter le territoire national ou d’entrer en contact avec certaines personnes, proches de la lutte anti-Cigéo, sans violer leur contrôle judiciaire. Cette mesure, particulièrement contraignante, amène ainsi certains d’entre eux à se relayer pour assister à des réunions d’associations et empêche l’un des mis en examen d’entrer en contact avec son avocat, Étienne Ambroselli, lui-même perquisitionné au mois de juin. L’appel engagé contre cette mesure avait été rejeté le 22 août par la cour d’appel de Nancy, ce qui a poussé les militants à se pourvoir en cassation.

«Une peine avant même le procès»

«La vie quotidienne est fortement affectée, se désole aujourd’hui Joël Domenjoud, lui-même mis en examen. On vit dans un département peu peuplé, on mène ensemble une lutte politique depuis des années. Comment savoir si une personne est à un endroit sans entrer en contact avec elle ou avec ses proches, ce qui constituerait un contact indirect ? Mais, comme on n’a l’intention ni de déménager ni d’arrêter de s’investir, cette situation, c’est parti pour très longtemps.»

À lire aussi : Bure : un village paisible devenu une obsession sécuritaire

Pour la Cour de cassation, le contrôle judiciaire en question n’«interdit pas» aux militants de poursuivre leurs activités associatives et «ne porte pas atteinte» à leur liberté d’opinion. Mais aux yeux des opposants, l’objectif n’est autre que le démantèlement de l’opposition à Cigéo. «Ces mesures liberticides constituent une peine avant même le procès», dénoncent-ils dans un communiqué, promettant d’engager «toutes les procédures nécessaires […] jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme s’il le faut, afin de faire jurisprudence».

Mi-novembre, Libération avait dévoilé les ressorts d’une enquête judiciaire fleuve déployant des moyens colossaux, notamment en termes de surveillance des antinucléaires les plus actifs à Bure et alentour. L’instruction pour «association de malfaiteurs» n’est qu’un des volets de ce contentieux au long cours. De l’aveu même du procureur de Bar-le-Duc, plusieurs dizaines de procédures ont été ouvertes depuis deux ans, essentiellement pour des faits mineurs. Dans une tribune publiée mardi dans plusieurs médias dont Libération, une centaine de soutiens parmi lesquels Jean-Luc Mélenchon, José Bové ou Philippe Poutou réclamaient la fin de la «criminalisation aberrante de cette lutte». Mercredi, c’est la Ligue des droits de l’homme qui a annoncé la mise en place d’une commission d’enquête «sur le traitement judiciaire et les opérations de maintien de l’ordre» déployées dans ce coin perdu de l’est de la France, où l’État voudrait installer un gigantesque complexe d’enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux.

À lire aussi Cigéo, le sous-sol de la discorde

Par Aurélie Delmas le 28 novembre 2018 à 17:30

Cet article a été publié sur le site : 

https://www.liberation.fr/france/2018/11/28/pas-de-levee-du-controle-judiciaire-pour-les-malfaiteurs-de-bure_1694785 par Libération que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Nov 28

FESSENHEIM : L’ARRÊT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE FIXÉ À L’ÉTÉ 2020

Emmanuel Macron a déclaré ce mardi que les deux réacteurs de la centrale alsacienne s’arrêteraient définitivement « à l’été 2020 ». L’Autorité de sûreté nucléaire attend désormais la déclaration officielle d’EDF « dès que possible ».

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim s’arrêteront définitivement « à l’été 2020 », a déclaré ce mardi matin Emmanuel Macron dans son discours sur la politique énergétique (lire aussi en pages 3 et 4). « Rien de neuf », ont réagi dans l’après-midi Claude Brender, le maire de la commune, et Jean-Luc Cardoso, délégué CGT du site, en marge de la réunion de la Commission locale d’information et de surveillance (Clis). « L’incertitude sur la fermeture diminue au fil du temps », a nuancé Pierre Bois, le chef de la division de Strasbourg de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

« Un peu plus de temps pour construire un projet »

L’annonce présidentielle précise en effet, un peu plus encore, le calendrier de la fermeture. On savait depuis plusieurs mois qu’EDF ne préparait pas les quatrièmes réexamens périodiques, qui auraient dû être réalisés en septembre 2020 dans le cas du réacteur n°1 et en août 2022 dans celui du réacteur n°2, ce qui fixait l’échéance ultime pour chacun d’entre eux. Mi-novembre, le gestionnaire du réseau électrique, RTE, avait expliqué que la centrale alsacienne fermerait « après l’hiver 2020 », sans que l’on sache si les deux réacteurs seraient arrêtés en même temps.

Ce devrait donc être l’été 2020 pour les deux réacteurs. « Un horizon réaliste par rapport aux annonces préalables », estime Christophe Marx, secrétaire général de la préfecture du Haut-Rhin.

L’ASN considère cependant que l’on en reste au stade des déclarations d’intention, tant qu’EDF ne lui a pas fait parvenir une déclaration de mise à l’arrêt définitif. « Il n’y a toujours pas d’officialisation formelle de la fermeture, souligne Pierre Bois. Cette déclaration doit nous parvenir dès que possible, désormais. Elle est nécessaire pour fonder en droit les décisions techniques qui suivront et encadrer le processus de fermeture. Elle permettrait aussi à EDF et à son personnel de se projeter. »

« Ce nouveau report laisse un peu plus de temps aux acteurs locaux pour construire un projet de territoire abouti et partagé par tous », a souligné la présidente du conseil départemental du Haut-Rhin, Brigitte Klinkert, dans un communiqué.

Sur le plan de la reconversion, Claude Brender et le député (LR) de la circonscription, Raphaël Schellenberger, ont rebondi, durant la réunion de la Clis, sur le discours d’Emmanuel Macron : «  Le président de la République a annoncé l’arrêt des réacteurs de Fessenheim, mais aussi qu’il n’y aurait aucune fermeture complète des sites : est-ce à dire qu’un nouveau projet pourrait voir le jour sur celui de Fessenheim ? »

Christophe Marx n’avait pas la réponse à cette question d’exégèse de la pensée macronienne. « Je découvre avec vous les propos du président de la République, je note votre demande… Des projets sont à l’étude pour prendre le relais à Fessenheim, notamment du côté d’EDF, mais il est un peu tôt pour en parler… »

Le plan de départs en cours de révision

« Maintenant que nous avons une date précise, ne serait-il pas possible d’obtenir un rétroplanning, pour savoir comment les choses vont se passer d’ici l’été 2020 ? », a interrogé Jean-Paul Lacote (Alsace Nature). « EDF continuera à respecter la réglementation », s’est borné à répondre Marc Simon-Jean, le directeur de la centrale, refusant d’entrer dans les détails pour le moment.

Pour tenir compte des nouvelles échéances, le calendrier des mutations, tel qu’il avait été annoncé en début d’année – EDF envisageait alors un arrêt fin 2019 –, est en cours de révision. Ces nécessaires ajustements ont ouvert une nouvelle période d’incertitude parmi les agents, qui avaient déjà tous formulé des vœux pour la suite de leur carrière. Certains avaient exprimé le souhait de partir dès l’an prochain vers un autre site et sont désormais priés de rester plus longtemps, et inversement. Malgré ces contretemps, l’ASN constate que la qualité du travail ne s’est pas dégradée. « Je suis positivement impressionné », confiait Pierre Bois hier soir.

Par Olivier BRÉGEARD, publié le 28 novembre à 5h, actualisé à 09h57

https://www.lalsace.fr/actualite/2018/11/28/l-arret-fixe-a-l-ete-2020

Nov 28

LA FERMETURE DES CENTRALES CHARBON NE SAUVERA PAS LE CLIMAT

Mardi 27 novembre 2018, Emmanuel Macron a annoncé vouloir changer de méthode… alors qu’il faut avant tout changer le fond. Aucun Haut Conseil ne pourra sauver le climat sans changer de cap, ni sans investissements à la hauteur de l’urgence climatique.

PPE / SNBC : décryptage de Greenpeace France (NDLR : SNBC = Stratégie Nationale Bas-Carbone)

Les annonces de ce matin ne doivent pas masquer la réalité : la PPE et la SNBC ne permettent pas de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs fortement émetteurs et d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables. Au contraire, Emmanuel Macron continue d’accorder un soutien aveugle au nucléaire.
À quelques jours de l’ouverture de la COP24 et quelques semaines après la sortie du rapport alarmiste du GIEC, la France choisit de se décrédibiliser sur la scène internationale.

Pour la énième fois, le gouvernement plie devant le lobby du nucléaire. Ce plan incohérent ressemble, ni plus ni moins, au plan d’EDF: jouer la montre et préserver le nucléaire à tout prix. Tout cela en occultant la réalité du parc nucléaire français: vieillissant, mal en point, vérolé d’anomalies, de plus en plus coûteux et de plus en plus dangereux”, souligne Alix Mazounie, chargée de campagne énergie pour Greenpeace France.

L’obsession nucléaire à tout prix

Emmanuel Macron a annoncé la fermeture de 14 réacteurs nucléaires à horizon 2035. Mais cette annonce est tout sauf rassurante. En repoussant l’échéance pour réduire la part du nucléaire à 50% dans le mix électrique à 2035, en refusant de fermer dès ce quinquennat des réacteurs (outre ceux de Fessenheim) et en repoussant les premières fermetures à l’après 2025, la PPE acte – en creux – la prolongation de très nombreux réacteurs au-delà de 40, voire 50 ans.

C’est aussi occulter la question de la faisabilité technique et économique d’un tel programme de prolongation qui coûtera au minimum 100 milliards d’euros selon la Cour de Comptes, alors qu’EDF est déjà lourdement endettée. C’est faire fi de l’augmentation du risque pour les populations lié au vieillissement des réacteurs ainsi que de la production de gros volumes de déchets nucléaires hautement radioactifs dont le stockage pose déjà problème.

En faisant miroiter un programme de nouveaux réacteurs en France, Emmanuel Macron semble confondre rêve et réalité : l’EPR de Flamanville affiche désormais un retard de plus de 7 ans, des défauts de fabrication très graves au cœur même du réacteur, une facture de plus de 10 milliards d’euros et un coût de production deux fois plus élevé que celui des énergies renouvelables.

Des énergies renouvelables menacées par le soutien réaffirmé au nucléaire

Emmanuel Macron ose affirmer qu’il n’y a aucun lien entre part du nucléaire et rythme de développement des énergies renouvelables. Pourtant, la France accuse un sérieux retard en la matière malgré son énorme potentiel. Ce verrou nucléaire n’est pas prêt de sauter : en annonçant la fermeture de seulement 6 à 8 réacteurs d’ici à 2030, il devient plus que difficile d’atteindre l’objectif fixé par la Loi sur la Transition Énergétique et réaffirmé par le gouvernement de produire 40% de l’électricité à partir d’énergies renouvelables.

La fermeture des centrales à charbon ne sauvera pas le climat

La France dépasse son budget carbone actuel, et selon les chiffres de la SNBC rendus publics aujourd’hui, va également dépasser le prochain (en 2023). En d’autres termes, la France n’atteindra à aucun moment ses objectifs climatiques sous ce quinquennat. Emmanuel Macron a expliqué qu’en fermant les centrales à charbon, il ferait la moitié du chemin sur le climat. Quand on sait que le charbon représente moins de 2% des émissions de GES en France, c’est un écran de fumée.

La fausse bonne solution des agrocarburants

Alors que le trafic aérien mondial devrait doubler d’ici une dizaine d’année (selon l’OACI) (NDLR: OACI= Organisation de l’Aviation Civile Internationale), la volonté du gouvernement d’incorporer 50% d’agrocarburants d’ici à 2050 dans les réservoirs des avions est extrêmement préoccupante. En l’état actuel des technologies disponibles et des données économiques, cela provoquerait en effet une explosion de la demande en huile de palme et donc de nouvelles déforestation massives, fortement émettrices, dans les pays producteurs. Pour Greenpeace, l’huile de palme n’a rien à faire dans les transports, il faut au contraire mettre fin aux agrocarburants de 1ère génération (obtenus à partir de cultures alimentaires) le plus vite possible.

Par COMMUNIQUÉ DE PRESSE le 28 novembre 2018

http://7seizh.info/2018/11/28/la-fermeture-des-centrales-a-charbon-ne-sauvera-pas-le-climat/

Nov 28

CUVE DE L’EPR : LES ANTINUCLÉAIRES DÉPOSENT UN RECOURS AU CONSEIL D’ÉTAT

Quatre associations opposées à l’énergie nucléaire (Réseau « Sortir du nucléaire« , Greenpeace France, le CRILAN et Stop EPR-Ni à Penly ni ailleurs) déposent mercredi 28 novembre 2018 un recours devant le Conseil d’État, pour faire annuler l’autorisation donnée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de mettre en service la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche).

Des anomalies ont été détectées au niveau du couvercle et du fond de cet équipement, installé au cœur du réacteur nucléaire. Après avoir rendu un avis positif en 2017, l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) avait délivré une autorisation définitive le mercredi 10 octobre 2018, sous réserve du changement du couvercle avant 2024, et de mesures de surveillance supplémentaires.

« Dangereuse logique dérogatoire« 

Mais pour les associations, « cette cuve ne remplit pas les caractéristiques de sûreté initialement exigées. La rupture de la cuve, qui aurait dû être « exclue« , ne peut plus qu’être « prévenue » par des mesures de surveillance qui ne compenseront jamais ses défauts« .

Elles redoutent que ce feu vert de l’ASN ne conduise à une « dangereuse logique dérogatoire » entre le gendarme du nucléaire et les industriels.

Les quatre mêmes associations avaient déjà saisi le Conseil d’Etat il y a un an, au sujet de l’avis favorable rendu par l’ASN.

Publié le 28 novembre 2018 à 17h06 par Célia Caradec

https://www.tendanceouest.com/actualite-302465-cuve-de-l-epr-les-anti-nucleaire-deposent-un-recours-au-conseil-d-etat.html

Nov 28

NUCLÉAIRE : SATISFACTION CHEZ EDF, COLÈRE DES ONG ÉCOLOGISTES

Après l’annonce de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, le gouvernement ouvre le dossier de l’organisation d’EDF.

Les annonces d’Emmanuel Macron et de François de Rugy sur la feuille de route énergétique de la France ouvrent un nouveau chantier pour EDF : celui de sa réorganisation interne. Mardi 27 décembre, le président de la République a demandé explicitement au groupe de proposer des évolutions de sa structure tout en préservant « l’intégrité du groupe ».

Lire aussi Transition énergétique et « gilets jaunes » : ce qu’il faut retenir du discours de Macron

« Il faut vraiment regarder tous les possibles » mais « nous voulons qu’EDF reste un groupe intégré, ce n’est pas un découpage d’EDF », a insisté le ministre de la transition écologique et solidaire.

Concrètement, avec l’annonce de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le gouvernement a fixé un cap pour le futur de l’entreprise. Certes, le scénario retenu n’est pas exactement celui que souhaitait le groupe de Jean-Bernard Lévy, mais il s’en rapproche fortement. EDF demandait qu’aucune fermeture de réacteur n’ait lieu avant 2029. Le gouvernement a finalement proposé deux fermetures en 2027 et 2028, mais l’essentiel des arrêts de réacteurs se fera entre 2029 et 2035, comme l’espérait le groupe.

Plan de réduction des coûts pour les futurs EPR

Si M. Macron ne s’est pas engagé de manière claire sur la construction de nouveaux EPR, il a ouvert la porte à cette possibilité, en demandant à la filière nucléaire de présenter un plan pour mi-2021.

Cette date à son importance. Elle permet de lancer plusieurs chantiers majeurs pour EDF. D’abord, la mise en place d’un plan de réduction des coûts pour les futurs EPR. Surtout, elle permet au gouvernement de revoir le mécanisme qui oblige EDF à vendre à prix fixe l’électricité du parc nucléaire à ses concurrents. Ce système appelé Arenh (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique) est jugé très défavorable à EDF par la direction, et le président de la République y a fait directement allusion dans son discours. Le desserrement de ce mécanisme permettrait à EDF de vendre son électricité plus cher, et de renflouer ses caisses. Cette revendication est centrale dans la stratégie de M. Lévy, le PDG du groupe, pour redresser les comptes de l’entreprise.

Enfin, cela ouvre une période qui permet à EDF de travailler à une nouvelle organisation. M. de Rugy a esquissé, mardi, la possibilité de créer des filiales à l’intérieur de la maison mère. Une manière de dire que le nucléaire pourrait être isolé dans une structure à part, et que d’autres filiales, comme les renouvelables, la distribution ou les services, pourraient voir leur capital ouvert en partie.

Permettre à EDF de faire face aux nombreux investissements

L’objectif est de permettre à EDF de faire face aux nombreux investissements qui seront nécessaires pour prolonger la durée de vie du parc nucléaire. Or l’entreprise est toujours très endettée, et aura du mal à financer seule ce programme de « grand carénage » de mise aux normes des centrales.

« La feuille de route d’EDF doit être prête pour 2021, ça donne un cadre clair », explique Charlotte de Lorgeril, consultante énergie chez SIA Partners. Officiellement, EDF ne souhaite pas s’exprimer sur le sujet, mais, dans le détail de la PPE, on retrouve les grandes lignes des propositions formulées par l’électricien. En interne, on note toutefois la « cohérence » et le « pragmatisme » des mesures dessinées par l’exécutif.

Une vision qui n’est pas partagée par la CGT d’EDF, qui s’oppose au calendrier de fermetures de centrales à charbon et de centrales nucléaires, et a déjà décidé d’appeler à la grève et à des mobilisations le 3 décembre pour s’y opposer.

« Une stagnation dans l’impasse nucléaire »

Pour les ONG écologistes, le lobbying d’EDF a été efficace. Alix Mazounie, chargée de campagne énergie pour Greenpeace France souligne :

« Pour la énième fois, le gouvernement plie devant le lobby du nucléaire. Ce plan incohérent ressemble, ni plus ni moins, au plan d’EDF : jouer la montre et préserver le nucléaire à tout prix ».

« Ce n’est pas une transition que nous propose le gouvernement, mais une stagnation dans l’impasse nucléaire », dénonce le réseau Sortir du nucléaire. La Fondation pour la nature et l’homme (FNH, ex-Fondation Nicolas Hulot), estime, elle, que la France s’enfonce dans l’« ère du nucléaire » : « Sur les fermetures de réacteurs nucléaires, par rapport à ce que Nicolas Hulot avait négocié, le président acte un recul et ouvre la porte à de nouveaux EPR », estime ainsi sa présidente, Audrey Pulvar.

Lire aussi Transition énergétique : les ONG et l’opposition jugent sévèrement le discours de Macron

Plusieurs de ces organisations mettent en doute la volonté d’Emmanuel Macron de réellement développer les énergies renouvelables en maintenant une part aussi importante de nucléaire. Et dénoncent le manque de moyens attribués à la rénovation thermique des logements. « Nous attendons toujours un plan Marshall sur ce sujet », déplore-t-on à la FNH.

Par Nabil Wakim, publié le 27 novembre 2018 à 17h38, mis à jour hier à 18h29

Cet article a été publié sur le site : https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/11/27/nucleaire-satisfaction-chez-edf-colere-des-ong-ecologistes_5389429_3234.html par LE MONDE que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Nov 28

VERS UN DÉCOUPAGE D’EDF EN TROIS, AVEC UNE HOLDING ET DEUX FILIALES POUR ISOLER LE NUCLÉAIRE

La réflexion en cours sur la structure d’EDF pourrait aboutir à la création d’une holding publique à la tête de deux grandes filiales avec d’un côté le parc nucléaire du groupe et la vente de sa production et, de l’autre, un ensemble regroupant ses activités les plus concernées par la transition énergétique.

EDF pourrait être réorganisée en trois blocs, avec une holding publique centrale pilotant deux grandes filiales, l’une dédiée au nucléaire, l’autre à la transition énergétique. L’objectif serait de sanctuariser le financement et l’exploitation des centrales du groupe en les mettant à l’abri des aléas du marché, ce qui reviendrait à faire du nucléaire un « actif essentiel » à la France afin notamment de justifier l’opération auprès de la Commission européenne.

L’option d’une holding de tête aurait le mérite de préserver formellement l’intégrité de l’électricien public, une condition sine qua non formulée par l’Élysée dans sa demande au groupe de lui faire des propositions, annoncée mardi 27 novembre lors de la présentation des grandes lignes de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Elle permettrait aussi de monétiser et donc financer à plus long terme les actifs d’EDF dans les renouvelables, les réseaux et les services énergétiques, promises à une forte croissance au cours des prochaines décennies et qui seraient rassemblés au sein d’une structure équivalent à un « nouvel EDF« . « On restera toujours sur un groupe. Un groupe peut avoir des filiales mais ce sera toujours un groupe« , a indiqué une source à l’Élysée dans la foulée des annonces d’Emmanuel Macron, alors que les syndicats redoutent un démantèlement de l’entreprise. Les propositions d’EDF devront aussi « permettre de dédier les moyens et financements adéquats pour chaque activité« , a également fait savoir la présidence de la République.

Concrètement, l’État français pourrait prendrait en charge l’intégralité des activités nucléaires mais garderait le contrôle du « nouvel EDF« , qui pourrait toutefois rester coté et qui aurait vocation – probablement dans un second temps – à s’ouvrir à d’autres investisseurs. Cette solution imposerait toutefois d’indemniser les actionnaires minoritaires (16,3% du capital actuellement) en leur proposant par exemple une action du « nouvel EDF » pour une action ancienne, ainsi qu’une rémunération pour la partie nucléaire qui serait reprise intégralement par l’État.

Un découpage juridico-financier à affiner

« Tout le parc de production et l’activité commerce resteraient au sein de la maison-mère. Le découpage juridico-financier des autres activités existe déjà, mais il faudrait l’affiner« , expliquait récemment une source au fait des intentions de l’État. « Le maintien de l’unité du groupe peut-être assuré dans ce scénario. Il ne s’agit pas de le casser en déconsolidant les réseaux et les renouvelables (…), on peut faire la même chose avec un groupe unifié« , selon la même source.

François de Rugy a pour sa part résumé ainsi l’équation à résoudre : « Le débat est de savoir (…) quels actifs sont mis dans telle ou telle structure pour que les choses soient à la fois claires et efficaces. » Le ministre de la Transition écologique a également évoqué « le poids des engagements financiers passés » et les moyens « de voir comment pouvoir les assumer dans la durée« .

Cette déclaration peut être vue comme une allusion à la nécessité pour l’État de garantir la couverture des coûts du nucléaire et de faire face aux passifs liés à la filière – en particulier les dépenses de démantèlement des centrales et de gestion des déchets. « On ne peut pas être dans un dispositif où le nucléaire est exposé au marché« , selon la source au fait des projets de l’État. « La restructuration d’EDF est conditionnée à une nouvelle régulation du nucléaire, sinon l’État s’expose encore plus à un risque démesuré. »

Emmanuel Macron a quant à lui souligné mardi dans son discours la volonté du gouvernement de mettre en place « une nouvelle régulation du parc nucléaire existant » et des prix de vente de l’électricité d’origine nucléaire. « Les mots employés restent peu clairs (mais) les remarques de François de Rugy suggèrent selon nous que certains actifs d’EDF pourraient être placés dans des filiales et que des discussions sont en cours entre les parties prenantes« , ont estimé dans une note les analystes de Jefferies. Le degré de précision du projet est toutefois encore insuffisant pour tirer des conclusions quant aux effets positifs attendus d’une opération sur la valorisation d’EDF, ont-ils ajouté.

Après les annonces d’Emmanuel Macron, l’action EDF a clôturé en hausse de 0,4% à la Bourse de Paris.

(Avec Reuters, par Benjamin Mallet, Jean-Baptiste Vey et Simon Carraud, édité par Jean-Michel Bélot)

Publié le 27/11/2018 À 17H04, mis à jour le 28/11/2018 À 07H37

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-une-tete-et-deux-grandes-filiales-pour-isoler-le-nucleaire.N775234

Nov 27

PROGRAMMATION PLURIANNUELLE DE L’ÉNERGIE : EMMANUEL MACRON VEUT MAINTENIR LA FRANCE DANS L’IMPASSE NUCLÉAIRE !

Communiqué du 27 novembre 2018 du Réseau Sortir du Nucléaire

Emmanuel Macron vient d’exposer les grandes orientations de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie. Présentés comme ambitieux et pragmatique, ses projets constituent en réalité une nouvelle reculade, qui font fi du risque nucléaire comme des réalités économiques. Le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce la proposition de prolonger de nombreux réacteurs au-delà de leur durée de fonctionnement initialement prévue. Il dénonce également l’appel à des projets de « nouveau nucléaire » d’EDF SA, qui prolongerait pour de nombreuses décennies l’impasse nucléaire française.

Après un discours recyclant de nombreux clichés sur les bienfaits supposés du nucléaire (présenté comme garant de l’indépendance énergétique, (NDLR : alors que 100% de l’uranium est importé)« décarboné » [1] et « à bas coût ») et appelant à développer massivement l’électrification, Emmanuel Macron a annoncé la fermeture de 14 réacteurs d’ici à 2035. Cette annonce ne l’engage pas beaucoup, toutes ces fermetures (à part celle de Fessenheim) étant repoussées après son quinquennat. Loin d’être ambitieuse, sa déclaration acte 10 ans de retard sur les objectifs de la loi votée en 2015. Pire, en maintenant l’horizon d’un « nouveau nucléaire », elle va à l’encontre de toute transition énergétique digne de ce nom.

François de Rugy appelait à une « opération vérité » ? Rappelons que ce projet signifierait la prolongation de 20 réacteurs jusqu’à 50 ans et plus  [2]. Pourtant, certains composants essentiels à la sécurité ne sont pas conçus pour fonctionner plus d’une quarantaine d’années et 1775 anomalies ont déjà été recensées sur le parc nucléaire. Alors qu’EDF, actuellement, n’est même pas en mesure d’assurer une maintenance correcte de ses installations, un tel projet signifierait un accroissement inacceptable des risques. Il nécessiterait soit des investissements colossaux pour des travaux lourds et inédits avec un résultat incertain, soit une sûreté bradée.

Contrairement à ce que prétend Emmanuel Macron, le nucléaire est bien un verrou à une véritable transition énergétique. La France ne pourra pas « en même temps » développer les énergies renouvelables, maintenir en fonctionnement des centrales à bout de souffle et se lancer dans un « nouveau nucléaire », dont il est illusoire de croire qu’il sera peu coûteux [3]. S’entêter dans cette voie, c’est faire peser sur les Français un risque démesuré et une facture écrasante. Pourtant, ceux-ci y sont majoritairement opposés et l’ont exprimés à de nombreuses reprises [4] ; où est la démocratie ? Loin du « nouveau modèle axé sur les territoires, venant de la base » mentionné par Emmanuel Macron, il s’agit de donner des gages à EDF SA, dont un des objectifs majeurs est d’augmenter fortement ses exportations et ses ventes de réacteurs à l’étranger.

Ce n’est pas une transition que nous propose le gouvernement, mais une stagnation dans l’impasse nucléaire. Sans attendre 2021, c’est dès maintenant qu’il faut abandonner les projets de « nouveau nucléaire » – à commencer par l’EPR de Flamanville – et engager rapidement la fermeture de nombreux réacteurs.

Note

[1] Entre l’extraction de l’uranium, la fabrication du combustible et le retraitement des déchets, la filière nucléaire émet bel et bien des gaz à effet de serre. Par ailleurs, il est faux de prétendre que le nucléaire est une solution au dérèglement climatique, comme le sous-entend Emmanuel Macron.

[2] En 2035, une cinquantaine de réacteurs auront atteint ou dépassé les 40 ans de fonctionnement, et une trentaine les 50 ans.

[3] Rappelons que chaque génération de réacteurs a coûté plus cher que la précédente. L’EPR a vu ses coûts initiaux multipliés par 3. En revanche, les coûts des énergies renouvelables, eux, ne cessent de baisser.

[4] Lors du débat public sur la PPE, les citoyens tirés au sort se sont massivement prononcés contre la prolongation de nombreux réacteurs au-delà de 50 ans et la construction de nouveaux réacteurs (NDLR : conclusion : les débats publics ne servent à rien !)

https://www.sortirdunucleaire.org/Programmation-pluriannuelle-de-l-energie-Emmanuel

Nov 27

NUCLÉAIRE : MACRON ANNONCE DES FERMETURES DE RÉACTEURS SANS BRUSQUER EDF

Le chef de l’État a promis que quatorze tranches fermeront d’ici 2035, dont «quatre à six d’ici 2030». Mais en dehors de Fessenheim, aucun arrêt de réacteur n’interviendra sous ce quinquennat et l’essentiel de l’effort doit se faire après 2025. L’électricien ne s’en sort pas si mal.

En annonçant ses arbitrages sur la trajectoire énergétique de la France dans le cadre de son intervention ce matin à l’Élysée, Emmanuel Macron a tranché le nœud gordien de la réduction de la part de l’atome dans la production d’électricité. Mais sans faire trop de mal à EDF : sur les 58 réacteurs qui composent actuellement le parc français, l’électricien devra fermer «quatorze réacteurs nucléaires d’ici 2035», soit douze réacteurs supplémentaires après l’arrêt déjà annoncé des deux tranches de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) que le chef de l’État a confirmé pour «l’été 2020». Dans le cadre de la programmation pluriannuelle de l’énergie qui couvre les périodes 2018-2023 et 2024-2028, EDF ne voulait fermer a priori aucun réacteur avant 2029. Le PDG du groupe, Jean-Bernard Lévy, a donc perdu cette bataille et devra suivre le cap fixé par l’État actionnaire qui détient 84% d’EDF. (NDLR : il n’a rien perdu du tout car ce n’était qu’un discours pour temporiser).

Mais le camp de l’atome a sauvé l’essentiel : à savoir le maintien d’un «socle nucléaire» très important, qui fera que la France restera encore longtemps l’un des pays les plus nucléarisés au monde. Emmanuel Macron a certes confirmé l’objectif initial de la loi sur la transition énergétique, visant à réduire à 50% la part de l’atome dans la production d’électricité (contre un peu plus de 70% actuellement), qui a déjà été reporté de dix ans : «Nous avons décidé de maintenir ce cap mais en repoussant l’échéance à 2035», a-t-il rappelé. Mais à y regarder de plus près, le nombre et le rythme des fermetures des réacteurs nucléaires ne traduisent pas une forte inflexion : sur les douze réacteurs de 900 MW qui devront s’arrêter en plus des deux unités de Fessenheim, seuls «quatre à six réacteurs» devront cesser toute production «d’ici 2030», a précisé le Président.

Et si l’on en croit les arbitrages plus précis transmis par l’Élysée à l’AFP, le gouvernement ne prévoit en fait que deux fermetures supplémentaires de réacteurs «en 2027-2028», et deux autres pourraient intervenir plus tôt, en 2025-2026, mais «sous conditions» : «Si la sécurité d’approvisionnement est assurée» et «si nos voisins européens accélèrent leur transition énergétique», notamment en réduisant le poids du charbon et en développant les renouvelables. Resterait donc au moins deux réacteurs à fermer entre 2028 et 2030 pour arriver aux quatre à six annoncés…

Tricastin, Bugey et Cruas en tête de liste

Emmanuel Macron n’a pas nommé les centrales visées par ces fermetures : c’est EDF qui devra en fixer la liste précise. Mais il n’y aura «aucune fermeture complète des sites», a assuré le chef de l’État pour tenter de rassurer les salariés et les élus des établissements nucléaires menacés. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner la liste des réacteurs susceptibles d’être arrêtés : ce sont les plus anciens, construits à la fin des années 70 et qui atteindront les quarante ans d’âge en 2028, qu’EDF espérait prolonger encore de dix ans après aval de l’Autorité de sûreté nucléaire. Ces réacteurs vieillissants se trouvent notamment au Tricastin (Drôme et Vaucluse), à Bugey (Ain) et Cruas (Ardèche)…

Si l’Élysée souligne qu’Emmanuel Macron est «le premier Président à fixer dans les faits une véritable trajectoire de fermeture des réacteurs nucléaires», l’essentiel de la tâche reviendra en fait à son successeur à l’Élysée ou à lui-même s’il est réélu en 2022. Aucune fermeture ne devrait en effet intervenir sous ce quinquennat en dehors de Fessenheim, dont l’arrêt interviendra en 2020, quand l’EPR de Flamanville entrera enfin en service avec huit ans de retard et une facture multipliée par trois, à 11 milliards d’euros. Au sujet de l’EPR justement, Macron a botté en touche. Si «l’EPR doit faire partie du bouquet énergétique de demain», le Président n’a pas donné son feu vert à la construction d’un nouvel exemplaire de ce gros réacteur de 1600 MW dont la construction a viré au cauchemar pour EDF sur le site de Flamanville. Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, et son homologue à la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, avaient déjà prévenu qu’il n’y aurait pas de nouvel EPR tant que celui de Flamanville ne serait pas entré en service. Or le chantier de Flamanville est actuellement à l’arrêt après la découverte d’un nouveau problème de soudures sur les circuits de refroidissement des réacteurs. Il ne pourra démarrer au mieux qu’au deuxième semestre 2020, quand les travaux de réparation exigés par le gendarme du nucléaire auront été faits.

«Effet de série»

Dans ces conditions, le chef de l’État a mis l’électricien devant ses responsabilités : «Je demande à EDF de travailler à l’élaboration d’un programme de « nouveau nucléaire » en prenant des engagements fermes sur le prix, pour qu’ils soient plus compétitifs. Tout doit être prêt en 2021 pour que le choix qui sera proposé aux Français puisse être un choix transparent et éclairé.»(NDLR : proposé ou imposé ? Un référendum? Chiche!) En clair, non seulement l’EPR devra être sûr, mais il devra réduire considérablement ses coûts de construction pour proposer une électricité à un prix au moins équivalent aux énergies renouvelables. Une gageure quand on sait que les tarifs négociés pour l’EPR de Hinkley Point outre-Manche flirtent avec les 100 euros du mégawattheure, quand le prix de l’éolien terrestre est passé sous la barre des 65 euros lors des derniers appels d’offres. Mais EDF, qui espérait initialement décrocher un feu vert pour deux à six nouveaux EPR, mise sur «l’effet de série» pour arriver à baisser les coûts. (NDLR : tous les grands chantiers d’EDF ont systématiquement explosé les prix annoncés)

En choisissant d’annoncer quatre à six fermetures d’ici 2030, Emmanuel Macron, s’approche du scénario qui lui était proposé par son ministre de la Transition écologique, François de Rugy (six fermetures), envers et contre le scénario ultra-favorable à EDF (zéro fermeture dans ce délai) prôné par le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire. Un message appuyé à l’électorat écologiste et aux fans de Nicolas Hulot avant l’échéance des élections européennes qui inquiète beaucoup La République en marche. Il a d’ailleurs annoncé des objectifs très ambitieux pour développer les ENR qui vont bénéficier d’un soutien de «7 à 8 milliards d’euros par an», au lieu de 5 milliards : la puissance éolienne installée devra «tripler» d’ici 2030 et celle du photovoltaïque devra être «multipliée par cinq» dans les mêmes délais. Sans quoi l’objectif de réduction de l’atome à 50% du mix électrique sera intenable, même si Macron a assuré qu’il fallait «cesser de lier l’essor des renouvelables à la sortie du nucléaire», comme le font les antinucléaires. Au bout du compte, le Président a encore fait du «en même temps» : «Réduire la part du nucléaire, ce n’est pas renoncer au nucléaire», a-t-il prévenu. EDF peut respirer, la France n’en a pas fini avec l’atome.

Jean-Christophe Féraud le 27 novembre 2018 à 14h20

https://www.liberation.fr/france/2018/11/27/nucleaire-macron-annonce-des-fermetures-de-reacteurs-sans-brusquer-edf_1694550

Nov 27

LES PISCINES DE COMBUSTIBLES NUCLÉAIRES MENACÉES DE SATURATION

Caen – Les immenses piscines de la Hague (Manche), où refroidissent les combustibles irradiés dans les centrales nucléaires françaises, s’approchent d’une saturation qui peut bloquer progressivement tous les réacteurs français, avertit l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

« Avec 5 à 7% maximum d’espace disponible, on est au bord de l’occlusion intestinale » dans les piscines Orano de la Hague, affirme le chargé des questions nucléaires de Greenpeace France Yannick Rousselet à l’AFP. Dans ces bassins, environ 10 000 tonnes de combustibles irradiés pour fabriquer de l’électricité, refroidissent avant, pour la plupart, d’être retraités sur place.

Si ces installations, qui vieillissent, « s’arrêtent pour un problème technique, on est à six mois de la saturation », poursuit M. Rousselet, soulignant la multiplication des aléas.

« En cas d’arrêt brutal de la Hague et si vraiment aucune des deux usines ne redémarre, en un à deux ans les piscines sont remplies », nuance de son côté le directeur général de l’IRSN Thierry Charles, interrogé par l’AFP, mais dès lors, « en très peu d’années », l’ensemble des réacteurs français progressivement s’arrête, faute d’endroit pour évacuer les combustibles usés.

La situation est « globalement très tendue«  dans les piscines de la Hague et celles des centrales où les combustibles sont d’abord plongés avant d’être envoyés dans les piscines d’Orano, résume l’IRSN, qui est le bras technique de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), dans un rapport rendu public en octobre.

Le pourcentage d’espace disponible dans les piscines y est biffé. Selon un projet du rapport dont l’AFP a eu une copie, ce taux était de 7,4% le 1er janvier 2016, loin des 30% affichés aujourd’hui par Orano. Selon des sources concordantes, l’entreprise compte libres des espaces occupés par des rebuts qu’elle prévoit de vider.

Quoiqu’il en soit, une « saturation progressive«  menace les piscines: la quantité de combustibles augmente d’une « petite centaine de tonnes » par an car EDF envoie plus de combustibles à la Hague qu’Orano n’en retraite, précise M. Charles.

Les piscines de la Hague seront ainsi pleines au plus tard « peu après 2030 », selon l’IRSN. EDF « travaille actuellement sur la conception d’une piscine » supplémentaire, de 5 000 tonnes, opérationnelle « autour de 2030 », selon l’entreprise. Selon Greenpeace, ce bassin serait envisagé à Belleville-sur-Loire (Cher).

Mais que prévoit l’industriel en cas de « retard »?, l’a interrogé l’ASN dans un avis le 18 octobre.

La piste d’un « entreposage à sec » –

D’autant que le projet d’EDF « ne permet pas d’intégrer de marge pour faire face à d’éventuels aléas » alors que le « vieillissement » des usines « pourrait remettre en cause (…) la pérennité des installations« , selon l’IRSN.

De la corrosion plus rapide que prévue d’évaporateurs de 8 mètres de haut, rendue publique en 2016, au remplacement annoncé mi-novembre d’une pièce trop usée de 3,6 tonnes, en passant une grève d’un mois et demi: la Hague est déjà soumise à des aléas. Orano a retraité et donc sorti des piscines moins de combustibles que prévu en 2017 et 2018.

Au-delà, le risque de saturation des piscines complique la réduction de 75 à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité française. Car pour l’heure, seuls des réacteurs anciens, susceptibles d’être arrêtés, fonctionnent avec du MOX, ce combustible fabriqué par Orano à partir du plutonium extrait des combustibles usés. Or si on ferme des réacteurs « moxés« , Orano extrait moins de combustibles de ses piscines pour fabriquer le MOX qui les alimente, explique l’IRSN.

« Préoccupée » par la question, la députée LREM Barbara Pompili, interrogée par l’AFP, demande que soit examinée la piste d’un « entreposage à sec » des combustibles usés, répandu dans les pays étrangers, qui ne pratiquent pas le retraitement, exception française.

L’IRSN estime en effet à environ cinq ans seulement le délai de mise en place de ce dispositif. Mais EDF indique ne « pas (avoir) opté pour cette solution » pour des raisons de « sûreté« . Près de 5.000 personnes travaillent à la Hague, site qui concentre le plus de radioactivité en Europe.

clc/db/pta

AFP / 27 novembre 2018 08h50

https://www.romandie.com/news/Les-piscines-de-combustibles-nucl-aires-menac-es-de-saturation_RP/974449.rom

Nov 27

À BURE, SCANDALE D’ÉTAT, IL FAUT METTRE FIN AUX CONTRÔLES JUDICIAIRES

Dénonçant l’enquête pour « association de malfaiteurs » à Bure comme un « scandale d’État », plus de cents personnalités, parmi lesquelles José Bové, Marie-Monique Robin, François Ruffin, Geneviève Azam, Paul Ariès, Isabelle Stengers, Julien Bayou, appellent à mettre fin aux contrôles judiciaires qui ciblent les personnes mises en examen, à la veille d’une audience en Cour de Cassation le 28 novembre.

Jeudi 15 novembre l’ampleur monumentale de l’enquête pour « association de malfaiteurs » ouverte depuis juillet 2017 contre les opposants au projet CIGÉO d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure a été révélée (1).

Nous, signataires de cette tribune, considérons que derrière le masque d’une banale enquête pénale, une « affaire Bure » se profile. Les « techniques spéciales d’enquête » de la loi du 3 juin 2016 sur la « criminalité organisée et le terrorisme » servent en réalité à asphyxier la contestation du plus gros projet industriel français.

Une débauche de moyens est utilisée pour traquer les opposant.e.s : des milliers d’écoutes téléphoniques, balises GPS sous les voitures, géolocalisations, « valises espionnes », tentatives de pose de micro, analyses ADN, une vingtaine de perquisitions, saisie de centaines d’ordinateurs, téléphones et clés USB, dizaines de gardes à vue de 48 à 60 heures. Dix gendarmes travaillent quasiment à temps plein sur l’enquête au sein d’une « cellule Bure » spéciale. Le dossier d’enquête fait déjà plus de 10.000 pages, pour un coût de plusieurs centaines de milliers d’euros au moins, selon les opposant.e.s.

Sept personnes sont mises en examen et deux témoins assistés : deux administratrices du Réseau Sortir du Nucléaire, un avocat, un maraîcher, et des personnes impliquées dans la Maison de Résistance et des associations locales. Depuis juin 2018, elles subissent des contrôles judiciaires scandaleux qui leur interdisent certaines portions du territoire national et les empêchent de rentrer en contact. C’est une atteinte aux libertés fondamentales et une manœuvre délétère pour broyer des vies et atomiser un mouvement.

Une telle surenchère de moyens pour nourrir un dossier qui semble vide sur les faits rappelle « l’affaire Tarnac ». Mais cette fois la cible n’est plus une hypothétique « cellule d’ultra-gauche » : c’est l’ensemble d’un mouvement de lutte et toute sa diversité d’acteurs, individus, collectifs et associations, qui se sont mobilisé.e.s au cours des dernières 25 années.

Nous dénonçons un scandale d’État. Cette « affaire Bure » constitue une nouvelle attaque sur les libertés publiques, une entrave à toute possibilité de contestation politique à l’aide des outils hérités de l’antiterrorisme, une menace de trop à l’encontre de fondements démocratiques.

C’est pourquoi nous, intellectuel.le.s, artistes, comédien.ne.s, élu.e.s, avocat.e.s, éditeurs.trices, cinéastes, humoristes, militant.e.s associatifs… :
• nous déclarons solidaires des « malfaiteur-e-s de Bure »
• appelons à stopper la criminalisation aberrante de cette lutte
exigeons de mettre fin immédiatement aux contrôles judiciaires intolérables qui pèsent sur les personnes mises en examen.

Pour les « personnalités publiques », la tribune est toujours signable sur: stopcriminalisationbure@riseup.net 

Et tout le monde est invité à signer massivement la pétition pour mettre fin aux contrôles judiciaires !

  • Notes

(1) Articles de :
. Libération du 15 novembre : « À Bure, le zèle nucléaire de la justice« 
. Reporterre du 14 novembre : « À Bure, la justice sert à réprimer la lutte contre les déchets nucléaires »
. Mediapart : « Bure : la Cour de Cassation examine les entraves faites aux militants« 

Cette tribune est publiée simultanément sur Reporterre, Médiapart et Libération.

Cet article a été publié par Reporterre le 27 novembre 2018 sur le site : https://reporterre.net/A-Bure-scandale-d-Etat-il-faut-mettre-fin-aux-controles-judiciaires que nous vous invitons à consulter régulièrement.

Dessin : ©Jean-Benoît Meybeck/Reporterre

  • PREMIERS SIGNATAIRES

Sara Aguiton, sociologue
Paul Ariès, politologue
Didier Aubé, commission écologie de Solidaires
Céline Astrié, metteure en scène
Clémentine Autain, députée LFI
Geneviève Azam, économiste
Johan Badour, éditeur
Bernard Barré, dessinateur
Jérôme Baschet, historien
Julien Bayou, porte-parole d’EELV
Ludivine Bantigny, historienne
Ugo Bernacilis, député LFI
Judith Bernard, metteure en scène
Olivier Besancenot, membre du NPA
Éric Beynel, porte-parole de Solidaires
Françoise Bloch, socio-anthropologue
Christophe Bonneuil, historien
William Bourdon, avocat
Bruno Boussagol, metteur en scène
José Bové, député européen
Vincent Brengarth, avocat
Isabelle Cambourakis, éditrice
Marion Carrel, sociologue
Yves Citton, co-directeur de la revue Multitudes
Jean-Baptiste Comby, sociologue
Isabelle Cambourakis, éditrice
Grégoire Chamayou, historien
Yves Cochet, directeur de l’Institut Momentum
Maxime Combes, économiste
Éric Coquerel, député LFI
Alexis Corbière, député LFI
Philippe Corcuff, politologue
David Cormand, secrétaire national d’EELV
Marie Cuillerai, professeure des universités
Déborah Danowski, philosophe
Didier Debaise, philosophe
Thierry Drumm, philosophe
François-Xavier Drouet, cinéaste
Jules Falquet, sociologue
Caroline Fiat, députée LFI
Jacques Fradin, économiste
Isabelle Frémeaux, activiste et habitante de la ZAD
Jean-Baptiste Fressoz, historien
Denis Gheerbrant, cinéaste
Barbara Glowczewski, anthropologue
Cécile Gondard-Lalanne, porte-parole de Solidaires
Anahita Grisoni, sociologue
Émilie Hache, philosophe
Éric Hazan, éditeur
Nicolas Haeringer, chargé de campagne à 350.org
Benjamin Hennot, réalisateur
Cédric Herrou, militant associatif
Clotilde Hesme, comédienne
John Jordan, activiste et habitant de la ZAD
Bastian Lachaud, député LFI
Rose-Marie Lagrave, sociologue
Anthony Lapia, producteur
Michel Larive, député LFI
Sandra Laugier, philosophe
Stéphane Lavignotte, pasteur et militant
Annie Lèchenet, philosophe
Michèle Lecolle, linguiste
Perinne Ledan, conseillère communale en Belgique
Inès Léraud, documentariste et journaliste indépendante
Catherine Libert, cinéaste
Camille Lucotte, avocate
Michael Lowy, chercheur
Christian Jacquiau, économiste
David Jamar, sociologue
Xavier Mathieu, syndicaliste et comédien
Isabelle Masson-Loodts, réalisatrice
Jean-Luc Mélenchon, député LFI
Hélène Merlin-Kajman, professeure des universités
Guillaume Meurice, humoriste
Corinne Morel Darleux, chroniqueuse et conseillère régionale
Danièle Obono, députée LFI
Albert Ogien, sociologue
Younous Omarjee, député européen LFI
Arnaud des Paillières, cinéaste
Mathilde Panot, députée LFI
Sylvain Piron, historien
Laurent Pinatel, secrétaire national de la Confédération Paysanne
Geoffrey Pleyers, sociologue
Christine Poupin, porte-parole du NPA
Philippe Poutou, membre du NPA
Loïc Prud’homme, député LFI
Geneviève Pruvost, sociologue
Adrien Quatennens, député LFI
Josep Rafanell i Orra, psychologue et écrivain
Jean-Hugues Ratenon, député LFI
Manuel Rebuschi, enseignant-chercheur
Sandra Regol, secrétaire nationale adjointe d’EELV
Muriel Ressiguier, députée LFI
Juliette Rouchier, économiste
Sabine Rubin, députée LFI
François Ruffin, député LFI et journaliste
Marie-Monique Robin, journaliste et réalisatrice
Anne Sauvanargues, professeur de philosophie
Yves Sintomer, professeur de science politique
Isabelle Stengers, philosophe
Bénédicte Taurine, députée LFI
Jean-Louis Tornatore, anthropologue
Dénètem Touam Bona, chercheur
Aurélie Trouvé, économiste
Jean-Baptiste Vidalou, auteur de « Être forêts »
Eduardo Viveiros de Castro, anthropologue

 

Nov 26

CONFÉRENCE BAR-LE-DUC : COMMENT RÉUSSIR LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Se passer de l’énergie nucléaire et presque totalement des énergies fossiles à l’horizon 2050 ? Un pari difficile sinon impossible, pensez-vous.

« Un projet de territoire pour tous les territoires », assure pourtant l’association NégaWatt, avec le plan qu’elle a esquissé pour réussir la transition énergétique. Comme Yves Marignac viendra l’expliquer ce lundi soir lors d’une conférence organisée par le Cercle Condorcet.

Expert indépendant dans le domaine du nucléaire, Yves Marignac est le directeur de WISE-Paris (World information service in energy), une agence d’information et d’études sur l’énergie. C’est d’ailleurs à ce titre qu’il était intervenu lors d’une assemblée générale du Clis de Bure (comité local d’information et de suivi) en décembre 2017.

L’association NégaWatt

Fondée en 2001, elle est portée par un collectif d’experts désireux de promouvoir un système énergétique plus soutenable. Le réseau qu’elle a constitué rassemble plus de 1 000 adhérents.

L’institut NégaWatt se veut une filiale opérationnelle, qui permet l’émergence de projet pilotes.

Des objectifs ciblés

L’association a déjà publié quatre scénarios de transition énergétique, le dernier en 2017. Prioriser les besoins essentiels dans les usages de l’énergie, améliorer l’efficacité énergétique, privilégier les énergies renouvelables qui ont un faible impact environnemental et sont inépuisables.

Les éléments fondamentaux sont de diviser la consommation énergétique par deux, la fermeture progressive du parc du nucléaire, la disparition progressive des énergies fossiles.

« Se passer de l’énergie nucléaire et presque totalement des énergies fossiles à l’horizon 2050 : un projet de territoire pour tous les territoires » : conférence d’Yves Marignac, à l’invitation du Cercle Condorcet, ce soir à 20 h 30, salle des fêtes de l’hôtel de ville. Entrée : 2 € pour les adhérents, 5 € pour les non adhérents, gratuit pour les scolaires.

Source : L’Est Républicain, le 26/11/2018 à 05h02

https://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2018/11/26/bar-le-duc-comment-reussir-la-transition-energetique

Nov 26

MACRON ATTENDU AU TOURNANT SUR L’ÉCOLOGIE AVANT LA COP24

Extrait : …““Nous ne nous fions pas aux effets d’annonce du gouvernement, mettre en avant la fermeture de centrales à charbon ne suffit pas”, a prévenu Greenpeace.

À quelques jours de la COP 24, Emmanuel Macron s’apprête à faire le choix de ralentir la transition énergétique européenne, empêchant ainsi une rehausse de l’ambition climatique au sein de l’UE, pour la seule satisfaction de la filière nucléaire”, a ajouté l’ONG en faisant allusion au report annoncé pour 2035, au lieu de 2025, de la réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité en France.

Sans un ensemble de mesures urgentes, puissantes et convergentes, nous courons le risque de perdre la course engagée contre le réchauffement”, a renchéri l’ancien chef de la diplomatie et artisan de l’accord de Paris sur le climat Laurent Fabius, dans une tribune au Journal du Dimanche.

Selon un rapport de l’Institute for Climate Economics (I4CE) publié lundi, si les investissements pour le climat dépassent désormais les 40 milliards d’euros, la France et les Français investissent presque deux fois plus dans les énergies fossiles défavorables au climat.

Marine Pennetier, avec Élizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse le 26 novembre 2018 / 14:43

https://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL8N1XY4DD

Nov 26

NON À L’INFORMATION D’ÉTAT, OUI À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION !

Deux propositions de loi sur les « fake news » sont discutées en ce moment à l’Assemblée nationale et au Sénat.

Sous couvert de lutte contre les « fausses informations », ces lois liberticides vont en fait créer une liberté d’expression à deux vitesses, où seuls les organismes agréés et choisis par le gouvernement pourront diffuser librement des informations : aidez-moi à lutter contre ce réel danger pour notre liberté et notre démocratie, en signant cette pétition !

La proposition de loi visant à « lutter contre les fausses informations » est d’une part inutile, mais surtout dangereuse à plusieurs titres.

Elle prévoit que l’État puisse demander la suspension ou la suppression d’une fausse information diffusée sur Internet sous 48h, par l’action d’un juge des référés, pour l’instant uniquement en période électorale – pour l’instant !

Or, la loi sur la liberté de la presse de 1881, complétée par la loi pour la confiance dans l’économie numérique, permettent déjà de sanctionner les comportements abusifs de ce type.

Ce n’est pas en empilant de nouvelles lois liberticides que l’on pourra mieux lutter contre les « fake news » qui circulent sur les réseaux sociaux !

Mais surtout, cette proposition de loi est dangereuse pour plusieurs raisons :

-D’une part, elle instaure de fait une censure gouvernementale sur l’information, puisque c’est l’État qui, par le biais d’un juge des référés, pourra demander le retrait d’une information qu’il juge fausse.

Or, comment juger qu’une information est « vraie » ou « fausse » ? Quels seront les critères retenus ? Faute de preuve jugée tangible, ou parce que les sources « officielles » prétendent le contraire, l’information selon laquelle un médicament prescrit par des médecins comme coupe-faim a causé la mort de nombreux malades, qu’un ministre chargé du Budget détient des comptes cachés à l’étranger, ou tout simplement que le budget de l’État ne permettra pas de faire des économies, sera-t-elle considérée comme fausse, et ainsi enterrée ?

Le risque est grand, surtout, de basculer vers une information d’État à sens unique, où toute information allant à l’encontre du pouvoir en place sera systématiquement classée dans les « fausses informations » !

Enfin, quel mépris pour nous, simples citoyens, considérés comme si peu capables de faire le tri par nous-mêmes entre les « bonnes » et les « mauvaises » informations qu’il nous faille impérativement bénéficier du filtre omniscient et bienveillant du gouvernement… Dit comme ça, on se croirait dans une distopie glaçante, mais c’est pourtant bien ce que prévoit ce projet de loi, discuté en ce moment-même au Parlement français !

-D’autre part, elle revient à créer une liberté d’expression à deux vitesses.

Une disposition prévoit que les « opérateurs de plateformes en ligne » s’engagent à promouvoir « des contenus issus d’entreprises et d’agences de presse et de services de communication audiovisuelle ». En clair, seules les informations produites par des entreprises ou organisations « agréées » pourront être diffusées à grande échelle sur les réseaux sociaux. Les simples citoyens, « lanceurs d’alertes » ou journalistes indépendants, ne dépendant pas d’une entreprise officiellement enregistrée comme « entreprise de presse », seront quant à eux tout simplement réduits au silence, quelle que soit l’importance de l’information qu’ils avaient à porter à la connaissance du reste des citoyens.

Or, considérer que la parole de certains a plus de valeur que celle d’autres, tout ça parce qu’ils auront reçu leur « certification officielle » de la part du gouvernement ou de la part de Facebook, est une grave atteinte à la liberté d’expression de chacun, et revient à créer une liberté d’expression à deux vitesses, où certains pourront se faire entendre, et d’autres non.

Nous devons nous mobiliser tant que c’est encore possible – et tant que cette pétition peut encore être diffusée librement sur les réseaux sociaux ! – pour demander aux parlementaires, quel que soit leur bord politique, de s’opposer fermement à cette proposition de loi.

Je compte sur votre aide pour signer ma pétition et la partager au plus grand nombre, au plus vite : les discussions ont lieu en ce moment même au Parlement !

Merci,

François

Références :

Dernière version en vigueur du Projet de loi sur le site de l’Assemblée nationale

Dossier législatif sur le site du Sénat

Vous pouvez retrouver ce texte et signer la pétition en cliquant sur : https://www.citizaction.fr/petition/non-a-linformation-detat-oui-a-la-liberte-dexpression/?sign=success

NDLR : à ce jour : plus de 36 000 signatures

Nov 26

QUESTIONS À ERWAN BENEZET, JOURNALISTE ET AUTEUR DE « NUCLÉAIRE : UNE CATASTROPHE FRANÇAISE » PARU AUX ÉDITIONS FAYARD.

Vous pouvez réécouter cet entretien (7mn) du lundi matin 26 novembre 2018 sur France Inter en cliquant sur :

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-26-novembre-2018

Pour en savoir plus sur son livre : « Le livre noir du nucléaire civil français »

Tchernobyl, Harrisburg, Fukushima… Mais auparavant déjà, Chalk River au Canada en 1952, Windscale au Royaume-Uni en 1957 ou encore Kychtym en Russie la même année…

Autant de catastrophes nucléaires qui ont ébranlé la planète.
« Oh, mais tout cela est arrivé si loin de chez nous ! » s’indigne la nucléocratie hexagonale.

Vraiment ? C’est oublier un peu vite les deux accidents de Saint-Laurent-des-Eaux, la centrale du Loir-et-Cher, en 1969 puis en 1980.

Dans les deux cas, du combustible d’uranium hautement radioactif était entré en fusion. C’est également glisser sous le tapis celui de Civaux (Vienne) en 1998. Ou du Blayais (Gironde), lors de la tempête de 1999. Sans parler de Fessenheim (Alsace), la plus vieille centrale de France, arrêtée en urgence lors de la canicule de 2003, pour cause de surchauffe…

De nombreux pays remettent aujourd’hui en cause la suprématie de l’atome. Certains vont jusqu’à fermer définitivement leurs centrales. Pas chez nous, hors de question ! Le nucléaire est un fleuron ! Quitte à mettre son industrie en danger, en laissant passer le train du renouvelable ? Ou, plus grave, à faire courir des risques inconsidérés à la population ?

Sous-investissements, scandales en tous genres, dénis face aux menaces terroristes, jusqu’aux problèmes d’entreposage de déchets, dont la dangerosité menace nos enfants et petits-enfants…

La France joue avec le feu nucléaire.

À nous, citoyens, de l’éteindre. Et de reprendre en main la politique énergétique de notre pays.

Erwan Benezet est journaliste au Parisien-Aujourd’hui en France, service Économie, en charge de l’énergie et de l’automobile.

https://www.fayard.fr/documents-temoignages/nucleaire-une-catastrophe-francaise-9782213709536

Nov 25

PPE: E. MACRON DOIT CHOISIR ENTRE LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ET LE (LOBBY) NUCLÉAIRE

Depuis une semaine, de multiples déclarations soufflent le chaud et le froid sur le contenu de la PPE qui doit être enfin présentée la semaine prochaine. Pour Greenpeace France, les chances d’atteindre les objectifs d’économies d’énergie et d’énergies renouvelables fixés par la Loi de transition énergétique sont inexistantes, car trop peu de fermetures de réacteurs sont actuellement sur la table et aucune n’est envisagée (outre celle de Fessenheim) pendant ce quinquennat.

En particulier, tous les scénarios impliquent de prolonger des réacteurs au-delà de 40 ans, sans aucune considération pour la faisabilité économique, financière et technique d’un tel programme de prolongation et des dangers qu’il représente. Ce qui revient à plier devant le lobby de la filière nucléaire et aller à contresens des attentes des Français, ré-affirmées dans un sondage rendu public hier [1].

Aucun des scénarios du gouvernement n’est acceptable ni raisonnable. Si Emmanuel Macron continue de jouer la montre pour défendre bec et ongles le nucléaire, il ne fera pas mieux pour la transition énergétique que ses prédécesseurs”, souligne Alix Mazounie, chargée de campagne pour Greenpeace France.

Pour Greenpeace, la PPE sera une avancée pour la transition énergétique française et européenne uniquement si elle remplit les critères suivants :

– Premièrement, fermer les réacteurs nucléaires dès 40 ans pour minimiser le risque d’accident, la quantité de déchets radioactifs et les coûts astronomiques d’une remise à niveau des réacteurs. La fermeture – au mieux – de 8 réacteurs d’ici 2028 revient à prolonger de nombreux réacteurs au-delà de 40 ans, voire 50 ans.
– Deuxièmement, programmer la fermeture de réacteurs (en plus de Fessenheim), dès ce quinquennat. Tous les scénarios du gouvernement repoussent de nouvelles fermetures de réacteurs au-delà de ce quinquennat et ne s’engagent donc réellement sur aucune fermeture.
– Troisièmement, tout mettre en œuvre pour réellement atteindre l’objectif de 40% de production d’électricité renouvelable à horizon 2030 et réduire la consommation d’électricité. Aucun scénario mis sur la table ne permet de l’envisager de façon réaliste, alors que plusieurs scénarios RTE [2] démontrent qu’en misant sur l’efficacité et la sobriété énergétiques, il est possible de fermer 27 à 54 réacteurs à horizon 2035, sans menacer la sécurité d’approvisionnement.

Nous ne nous fions pas aux effets d’annonce du gouvernement. Mettre en avant la fermeture de centrales à charbon ne suffit pas. À quelques jours de la COP 24, Emmanuel Macron s’apprête à faire le choix de ralentir la transition énergétique européenne, empêchant ainsi une rehausse de l’ambition climatique au sein de l’UE, pour la seule satisfaction de la filière nucléaire. Un bien mauvais signal diplomatique, notamment vis-à-vis de l’Allemagne, qui entacherait sévèrement sa crédibilité internationale”, conclut Alix Mazounie.

Notes aux rédactions

[1] La majeure partie des Français souhaitent réduire la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50 %, de préférence dès 2025 (pour 43 % des sondés) ou bien pour 2030 au plus tard (pour 10 % des sondés).
Interrogés sur la perspective de prolonger l’exploitation des réacteurs nucléaires actuels, les interviewés se montrent majoritairement opposés à un prolongement au-delà de 40 ans (55 %), et plus de deux sur trois rejettent l’idée d’un prolongement au-delà de 50 ans (68 %).
http://transitionenergetique.org/actualites/programmation-pluriannuelle-de-lenergie-les-francais-veulent-accelerer-la-transition-energetique-et-reduire-sans-delai-la-part-du-nucleaire-a-50/

[2] Il s’agit du scénario WATT et la variante haute du scénario Ampère de RTE (2017) qui proposent de fermer respectivement 54 et 27 réacteurs, à horizon 2035 https://www.rte-france.com/sites/default/files/bp2017_chapitre_09.pdf

Contact presse : Magali Rubino, tél : 07 78 41 78 78

https://www.greenpeace.fr/espace-presse/ppe-e-macron-choisir-entre-transition-energetique-lobby-nucleaire/

Nov 25

LA FRANCE DOIT CLARIFIER SA POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE

Éditorial du « Monde ».

À la veille de l’annonce du plan de Programmation pluriannuelle de l’énergie, rappelons que le « en même temps » du président Macron ne peut pas fonctionner en la matière.

Emmanuel Macron devrait annoncer, mardi 27 novembre, les grandes lignes de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Cette feuille de route voulue par la loi de transition énergétique de 2015 vise deux objectifs. D’abord, affronter le défi du changement climatique en limitant drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, qui sont reparties à la hausse en 2017. Ensuite, permettre de diversifier le mix électrique, en réduisant notre dépendance au nucléaire.

Le gouvernement peut agir sur plusieurs fronts. La réduction de la consommation d’énergie est le plus important. Les bâtiments représentent 45 % de celle-ci et 19 % des émissions de gaz à effet de serre. La trajectoire voulue par le gouvernement prévoit une éradication des « passoires » énergétiques d’ici à 2025 et un parc de logements basse consommation à l’horizon 2050. Mais les dispositifs actuels, parfois flous, souvent inadaptés, ne permettent pas de rénover assez rapidement le parc. Or, sans réduction drastique de la consommation dans les bâtiments, tout débat sur les perspectives énergétiques de la France est vain.

L’autre grand chantier est celui des transports, qui pèsent pour 29 % dans les émissions de CO2. Le débat actuel sur la fiscalité écologique et le mouvement des « gilets jaunes » doivent inciter au développement d’alternatives crédibles à la voiture à essence, tout en prévoyant des dispositifs d’accompagnement pour les ménages les plus modestes. Qu’il s’agisse de développer les véhicules électriques, le covoiturage, le vélo, les transports en commun, ce chantier est prioritaire.

Dernier chantier : la production d’électricité. En France, elle est à 75 % d’origine nucléaire et n’émet quasiment pas de CO2. Une situation unique au monde. Par ailleurs, le président de la République s’est engagé à fermer avant 2022 les quatre dernières centrales à charbon françaises – une décision nécessaire.

Rattraper le retard

Reste à dessiner ce que doit être notre mix électrique pour les dix prochaines années. D’un côté, François de Rugy, ministre de la transition écologique et solidaire, demande six fermetures de réacteurs nucléaires avant 2028 et un développement massif des énergies renouvelables. De l’autre, EDF, qui opère les 58 réacteurs installés sur le territoire, estime que rien ne presse, et qu’aucune fermeture n’est nécessaire dans les dix prochaines années. Le groupe demande aussi au gouvernement de se prononcer sur la construction d’au moins un nouvel EPR, un réacteur de troisième génération. Le développement de l’éolien et du solaire – dont les coûts ont considérablement baissé ces dernières années – semble, lui, faire consensus.

Entre ces différentes pistes, Emmanuel Macron paraît tenté de ne pas trancher. C’est néanmoins indispensable. Pour dessiner un futur énergétique sans augmenter les émissions de CO2 à l’horizon 2035, la France ne pourra pas longtemps différer les décisions. Le parc nucléaire vieillit et ne sera pas éternel. Souhaite-t-on engager son renouvellement ? Il faudrait alors décider rapidement la construction de nouveaux réacteurs. Souhaite-t-on développer massivement le solaire, l’éolien et le stockage d’électricité ? Il est impératif de s’engager sur une trajectoire ambitieuse pour permettre à la France de rattraper son retard dans ce domaine.

Quel que soit l’arbitrage du président de la République, il sera difficile de faire les deux. En matière de politique énergétique, le « en même temps » risque de nuire à la clarté. Elle est pourtant nécessaire.

Par Le Monde, le 24 novembre2018

https://www.lemonde.fr/energies/article/2018/11/24/clarifier-notre-politique-energetique_5388021_1653054.html

Nov 24

FAISANT FI DES SANCTIONS US, MOSCOU VA FAIRE ENCORE PLUS DE COMMERCE AVEC L’IRAN

Le représentant permanent de la Russie auprès de l’ONU et de l’AIEA a déclaré clairement que Moscou allait étendre ses échanges avec l’Iran, faisant fi des sanctions nouvellement imposées par Washington.

Mikhaïl Olianov, le représentant permanent de la Russie auprès des Nations Unies et des organisations internationales situées à Vienne, dont l’AIEA, a déclaré : « La sortie du PGAC, l’imposition de sanctions économiques à l’Iran et les mesures visant à contrer le commerce de Téhéran avec des pays tiers ne peuvent nullement aller dans le sens d’un renforcement du régime de non-prolifération nucléaire. En dépit des sanctions illégales et destructrices des États-Unis contre l’Iran, nous fournirons tous nos efforts pour préserver et développer les coopérations économiques et financières avec l’Iran. »

Olianov a en outre rappelé : « Le haut niveau de coopération entre Téhéran et l’Agence internationale de l’énergie atomique est la preuve claire et convaincante du fait que l’accord sur le nucléaire est légitime et qu’il assure pleinement le caractère pacifique du programme nucléaire iranien. »

« En invoquant à tout va la question de la non-prolifération nucléaire dans le sens de leurs intérêts politiques, les États-Unis ne font en réalité que remettre en cause l’accord TNP et le travail de l’Agence internationale de l’énergie atomique », a ajouté Olianov.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé jeudi pour la 14e fois que le comportement et les activités nucléaires de l’Iran étaient pleinement conformes au Plan global d’action conjointe (PGAC).

source:https://www.presstv.com/DetailFr/2018/11/23/580908/Iran-Moscou-fait-fi-des-sanctions-US

Nov 24

LAVROV: MOSCOU A TENTÉ DE CONVAINCRE LES USA DE NE PAS «CLAQUER LA PORTE» DU TRAITÉ FNI

La Russie souhaite maintenir le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) et s’est efforcée de convaincre les États-Unis de ne pas «claquer la porte», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères lors d’un point presse donné avec son homologue portugais, Augusto Santos Silva.

Préserver le Traité FNI est une des priorités de Moscou, a annoncé Sergueï Lavrov ce samedi au cours d’une conférence de presse donnée conjointement avec le ministre portugais des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva.

 «La Fédération de Russie est intéressée à ce que ce Traité soit maintenu», a notamment indiqué le diplomate russe.

Sergueï Lavrov a ajouté qu’après avoir appris que Washington avait l’intention de se retirer du Traité, Moscou avait essayé de convaincre «la partie américaine de ne pas claquer la porte et d’examiner les questions nécessitant des discussions supplémentaires», pour que le document reste en vigueur.

«Outre ces consultations par des canaux bilatéraux, nous avons élaboré un projet de résolution pour l’Onu appelant la Russie et les États-Unis à maintenir le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire. Malheureusement, cette initiative n’a pas été soutenue par tous les membres de l’UE, tous les membres de l’Otan, et cela en dépit du fait que les préoccupations suscitées par la sortie éventuelle des Etats-Unis de ce Traité ont été exprimées presque dans toutes les capitales européennes», a souligné le ministre russe.

En octobre, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis prévoyaient de sortir du traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire, signé en 1987 par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan. Le document en question abolissait l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 kilomètres.

Le lundi 19 novembre, Vladimir Poutine a promis que la décision américaine de sortir du Traité FNI ne resterait pas sans réponse de la part de Moscou. Auparavant, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait souligné que le retrait américain du traité forcerait la Russie à prendre des mesures pour assurer sa sécurité.

https://fr.sputniknews.com/international/201811241039038047-lavrov-moscou-usa-traite-fni/

Nov 24

BILLET D’HUMEUR DE RAYOND SENÉ

Hulot a bien raison. Sa bagarre pour essayer de sauver la planète part d’un « bon sentiment« . Mais, en étant optimiste, on peut espérer que lorsque l’espèce humaine aura disparu, celle qui lui succédera sera, peut-être, intelligente !

La campagne actuelle du gouvernement ANTI-PÉTROLE… les voitures diesel, puis les voitures à essence, maintenant les chaudières à fuel … me fait rajeunir d’une quarantaine d’années.
Dans les années 1970, puis 80, existait la commission au plan. Parmi les participants il y avait EDF. Un ancien membre de cette commission se rappelle la morgue et la puissance d’EDF… EDF imposait le nombre de logements à construire avec un équipement  TOUT électrique. Cela leur servait de justificatif pour le nombre de centrales à construire.

Dans un des « grands ensembles » des villes nouvelles de la région parisienne, avait été prévu l’installation d’un chauffage urbain utilisant la géothermie. EDF a réussi à convaincre les promoteurs de passer au chauffage électrique intégré, leur offrant le raccordement gratuit. C’était nettement moins cher pour les promoteurs, mais ce ne fut pas le cas pour les futurs habitants quand ils eurent à payer leurs factures d’électricité.

De même il y avait les campagnes pour maximiser l’usage de l’électricité dans le secteur industriel. Je me souviens du « salon de l’énergie« . Dans un de ces salons il y avait un stand EDF qui faisait l’éloge de l’utilisation de l’électricité dans les industries du bois, et surtout dans la production de chaleur pour le séchage du bois.

À quelques mètres, il y avait le stand de l’AFME qui expliquait comment utiliser les résidus et déchets de bois pour effectuer ce séchage… avec, cerise sur le gâteau, une économie substantielle sur les frais d’évacuation de ces déchets.

Souvenez-vous comment, grâce à un lobbying puissant ils avaient fait retirer de la loi sur l’énergie, les réseaux de chaleur.

Pour eux, il valait mieux construire 2 tranches supplémentaires de 1 000 Mw pour produire de la chaleur à basse température grâce à des résistances, que récupérer les 2 000 Mw de chaleur rejetés par une tranche de 1000 Mw. Pour que cette énergie rejetée sous forme de chaleur soit de meilleure qualité, plus haute en température, il aurait suffit de la soutirer à un degré un peu plus élevé, ce qui aurait diminué d’un « poil » le rendement de Carnot.

Quelle horreur ! (Un certain nombre de pays, dont les dirigeants sont, semble-t-il, moins stupides que les nôtres, utilisent ces rejets de chaleur pour du chauffage urbain).

À la même époque, il y avait eu une pub énorme pour les groupes « perche« , pompes à chaleur réversibles : chaleur en hiver et climatisation en été, qui, en fait, devaient permettre d’éponger une partie de la surproduction du parc nucléaire en été. (NDLR : les trop rares opposants de l’époque avaient un slogan qui disait : « si on vous tend la perche, ne la prenez pas »)

La campagne actuelle me rappelle ces vieux souvenirs. Si on supprime toutes les chaudières à fioul (ou au gaz) pour les remplacer par de l’électrique, si on n’autorise plus que des voitures  électriques, il va falloir produire plus d’électricité… d’où une brillante justification des 6 EPR qu’ils veulent construire.

N’a-t-on pas l’impression que l’histoire se répète !!!

Il y a longtemps, dans les années 80, (j’étais jeune – hou là là !!!) s’était développé un programme sur l’énergie solaire. C’était l’époque des maisons dites solaires, avec les murs « Trombe », les projets TEK (domaine du kW), TEM (domaine du MW), des recherches en matière de fours solaires : Mont Louis, Odeillo (Font Romeu), Themis à Targassonne.
Les concentrateurs TEK étaient prévus pour délivrer de la chaleur dans des petites agglomérations.
La « centrale » THÉMIS, à Targassonne (Pyrénées orientales) était sur le principe d’un ensemble de miroirs concentrant l’énergie solaire sur un four alimentant en énergie tout le système de production d’électricité.

Les unités TEK furent détournées de leur usage prévu, pour effectuer le préchauffage du caloporteur de Thémis, constitué de sels fondus.

Themis, cogérée par EDF et le CNRS, a subi, dès la construction du champ de miroirs, des problèmes techniques. Le choix du constructeur des supports des miroirs, effectué par une région d’équipement EDF fut désastreux. Au premier coup de vent (fréquent dans cette zone) une grande partie des supports fut endommagée. Ce qui coûta, pour leur remplacement, le montant du budget prévu pour la seconde moitié du champ de miroirs … qui ne fut donc pas construit.

EDF traînait les pieds sur cette installation… ne la faisant fonctionner que lorsque des visiteurs étrangers, potentiellement intéressés par la technique, étaient de passage. Puis, au bout de quelques années, ayant accumulé suffisamment d’expérience dans la technologie des caloporteurs à sels fondus, EDF déclara que ce projet n’avait aucun d’intérêt et abandonna l’installation au CNRS … qui en fit un excellent instrument d’étude des rayons cosmiques.

Quant à l’arrêt du nucléaire … il faut être réaliste. Si on arrêtait en deux à trois ans une bonne dizaine de réacteurs, ce serait la catastrophe sociale et économique du pays. Cela ne peut se faire qu’avec la mise en œuvre de solutions alternatives. Mais pour cela il faut une volonté politique, avec une résistance efficace contre le lobby EDF. Au lieu de dépenser des sommes conséquentes en études et recherches sur les futurs EPR, on pourrait les investir dans le développement des hydroliennes, des unités marémotrice, dans le thermique solaire, le photovoltaïque, du stockage de l’électricité…  et éviter de dépendre de l’avance chinoise en matière de photovoltaïque, en matière de l’usage des matériaux rares pour la construction des générateurs des éoliennes …etc.

Note 1 pour les « hostiles » aux éoliennes : je sais bien que ce n’est pas beau !!!! Mais je leur suggère de venir faire une « excursion » dans la banlieue parisienne, sur le plateau à proximité de Villejust (Essonne). C’est un des deux centres d’arrivée des lignes THT de la région parisienne. Le second est au nord de Paris, au Plessis Gassot (Val D’Oise). Ces deux centres sont sur une boucle qui assure la régulation de l’ensemble du réseau.
Sur 300 degrés, on ne voit que des lignes THT … et on regrette les éoliennes rencontrées le long de l’A10 avant Orléans.
Quant aux champs électromagnétiques générés par les lignes, je vous suggère de faire un test simple. Vous prenez un bon vieux tube fluo, et vous vous placez sous une ligne. Il suffit de trouver la bonne orientation et votre tube, simplement tenu à la main, va doucement s’allumer. (cela marche même sous une ligne 60 kV).

Note 2 : Bien sûr, les combustibles fossiles produisent des gaz à effet de serre. Mais il faudrait que le Sinistre de l’agriculture fasse étudier une méthode de récupération des effluents gazeux produits par les ruminants. Le méthane est au moins 10 fois plus pénalisant que le CO2. La transformation du méthane en CO2 (motorisation, chauffage …) ferait perdre quelques fractions de degrés dans le  bilan du réchauffement de la planète.

Source :Ra ymond Sené, le 23 novembre 2018

(NDLR: Raymond Sené est un physicien nucléaire, cofondateur du Groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire)

 

Nov 24

ÉNERGIE : « L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE EST MORIBONDE »

Stéphane Lhomme, militant antinucléaire, explique dans une tribune au « Monde » qu’il est devenu beaucoup plus rentable de fermer des centrales devenues obsolètes que de s’acharner à les prolonger.

Tribune. Alors que le gouvernement a le plus grand mal à élaborer sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), diverses voix s’élèvent pour promouvoir telle ou telle option, jusqu’à l’éditorial du cahier « Eco & Entreprise » du Monde du 17 octobre qui estime que « le nucléaire sera indispensable pendant de nombreuses décennies », afin que la France « respecte ses objectifs climatiques ».

C’est oublier que, il y a près de vingt ans, Anne Lauvergeon tenait exactement le même discours en mettant sur orbite Areva (issue de la fusion de Framatome et de la Cogema), annonçant la construction partout sur terre de centaines de réacteurs dans le cadre d’un prétendu « grand retour du nucléaire », ce dernier étant alors paré de toutes les vertus dont, avant tout, celle de pouvoir « sauver le climat ».

Lire aussi « Le parc nucléaire français est en bout de course, délabré et parsemé de pièces déficientes »

Mais ce « grand retour » n’est jamais venu, malgré les innombrables publicités qui ont inondé les médias pendant une bonne décennie, jusqu’à la ruineuse campagne baptisée « L’Épopée de l’énergie », diffusée sur tous les supports dans toute l’Europe et aux États-Unis, dotée de douze millions d’euros et… retirée en catastrophe, c’est bien le mot, en raison de l’accident nucléaire de Fukushima (11 mars 2011).

Une industrie moribonde

Aujourd’hui, les mêmes belles déclarations nous sont infligées par les tenants de l’atome, de toute évidence frappés de la plus grande amnésie, mais aussi par des personnes « raisonnables » et « réalistes » pour qui le nucléaire est un « mal nécessaire » dont nous ne pourrions nous passer.

Or, cette industrie va s’arrêter bientôt, et ce ne sera ni de la « faute » des écologistes, ni du fait d’un quelconque courage politique : on ne peut d’ailleurs que s’amuser de voir le gouvernement Macron assurer que la centrale de Fessenheim sera fermée « avant la fin du quinquennat », exactement ce que promettait François Hollande cinq ans plus tôt.

Si la France doit se préparer à faire sans le nucléaire, c’est tout simplement parce que cette industrie est moribonde, et même mourante, tant sur le plan mondial que français. Notons déjà que la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité est passée de 17,1 % en 2001 à 10 % à ce jour : ce n’est pas une baisse mais un véritable effondrement, lequel va se poursuivre et même s’accélérer avec la fermeture inéluctable de dizaines de réacteurs.

Rénovations « post-Fukushima » coûteuses

En effet, la moitié du parc mondial a plus de 35 ans et, malgré les prolongations de durée de vie généreusement accordées par les autorités de sûreté, les sociétés propriétaires décident souvent d’en rester là : les rénovations nécessaires et autres mesures « post-Fukushima » sont si coûteuses qu’il est économiquement préférable de fermer boutique.

On nous objecte que la France pourrait toutefois faire cavalier seul et brandir fièrement l’étendard de l’atome dont elle serait, on nous l’a répété des milliers de fois, la « championne » mondiale. C’est oublier les désastres industriels et financiers des chantiers des réacteurs EPR de Finlande et de Flamanville (Manche). C’est oublier le scandale gigantesque – qui ridiculise lui aussi la France atomique dans le monde entier – des milliers de pièces défectueuses produites dans les usines Areva du Creusot.

C’est oublier qu’Areva a fait faillite et qu’EDF est à son tour dans une situation financière catastrophique, étant dans l’impossibilité de financer de nouveaux EPR – à supposer que l’on sache enfin les construire – ou la ruineuse rénovation des cinquante-huit réacteurs actuels : seuls quelques-uns pourront peut-être être sauvés, à supposer là aussi qu’EDF s’y prenne mieux qu’à Paluel (Seine-Maritime), où un générateur de vapeur de quatre cent cinquante tonnes s’est affalé, endommageant lourdement le réacteur : une drôle de façon de « rénover ».

Le nucléaire, une industrie du XXsiècle

Contre toute attente, le nucléaire n’a pas été « tué » par sa dangerosité – malgré les drames de Tchernobyl et de Fukushima –, ou parce qu’il n’y aura jamais de solution pour les déchets radioactifs – il existe au mieux des « options », et elles sont toutes mauvaises. Le nucléaire n’a pas non plus été abattu par les manifestations antinucléaires, pourtant parfaitement justifiées et qui ont parfois été massives au cours des dernières décennies : parmi les pays nucléarisés, il n’y a guère qu’en Allemagne où l’opinion publique a finalement été prise en compte.

Si l’industrie nucléaire est moribonde et en fin de vie, c’est parce que c’est une industrie du XXe siècle, un dinosaure qui s’est complexifié au fil du temps – jusqu’à ce que les nouveaux réacteurs comme l’EPR soient quasiment impossibles à construire – et qui est devenu ruineux pour ses propriétaires. D’ailleurs, outre Areva, l’entreprise historique du nucléaire mondial, l’américain Westinghouse, a elle aussi fait faillite.

Il n’est finalement plus très utile d’être « pour le nucléaire » ou « contre » : la messe est dite, l’atome a perdu et va quasiment disparaître dans quelques années. La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la France peut bien proclamer l’inverse, la réalité est que le nucléaire ne va pas constituer une réponse, même partielle, aux graves problèmes de l’énergie et du changement climatique. Il est donc grand temps de prévoir d’autres options, sous peine de se retrouver très vite dans une impasse.

Par Stéphane Lhomme (Directeur de l’Observatoire du nucléaire), publié hier le 23 novembre à 15h17,

NDLR : il ne faut jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué !

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/23/energie-l-industrie-nucleaire-est-moribonde_5387641_3232.html

Nov 23

NUCLÉAIRE : L’IRAN NE VOIT PAS L’INTÉRÊT DE ROUVRIR LES DISCUSSIONS AVEC LES ÉTATS-UNIS

Alors que les États-Unis ont quitté en mai l’accord sur le nucléaire iranien, Téhéran a fait savoir jeudi que de nouvelles négociations n’auraient pas lieu avec Washington.

L’Iran ne voit pas l’intérêt de rouvrir les discussions avec les États-Unis sur l’accord nucléaire, faute d’avoir des garanties sur le respect d’un nouvel accord, a déclaré jeudi à Rome le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. « Si nous devions conclure un nouvel accord avec les États-Unis, quelle garantie aurions-nous que l’accord durera après la durée du vol ? Vous vous souvenez du Canada ?« , a lancé Mohammad Javad Zarif devant la conférence MED 2018, consacrée à la Méditerranée. En juin le président américain Donal Trump a retiré sa signature de la déclaration finale publiée à l’issue d’un sommet des pays du G7 au Canada, à peine son avion avait-il décollé.

Téhéran continue de respecter l’accord. En mai, les États-Unis ont annoncé leur retrait unilatéral de l’accord international sur le nucléaire iranien conclu en 2015, qualifié de « désastre« , et imposé début novembre de nouvelles sanctions à l’encontre de l’Iran. Téhéran continue toutefois de respecter ses engagements vis-à-vis de cet accord, selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA), publié le 12 novembre. Le ministre iranien a réitéré à Rome la volonté de son pays de rester dans l’accord, jugeant toutefois que cela deviendrait difficile s’il n’en percevait plus les bénéfices économiques.

« Ce n’est pas un document de deux pages« . En échange d’un engagement à se limiter strictement à développer une industrie nucléaire civile, l’Iran a obtenu conformément la levée de sanctions et la signature de nouveaux accords commerciaux. « Nous avons passé deux ans et demi (sur cet accord), ce n’est pas un document de deux pages, ce n’est pas une photo de famille. Il s’agit d’un document de 150 pages« , a expliqué Mohammad Javad Zarif, soulignant que son rejet par Donald Trump était dû, entre autres, à la haine qu’il éprouve à l’encontre de son prédécesseur Barack Obama. « Pourquoi devrions-nous reprendre d’autres discussions juste parce que quelqu’un n’aime pas (cet accord), juste parce qu’il déteste son prédécesseur ?« , a-t-il demandé.

http://www.europe1.fr/international/nucleaire-liran-ne-voit-pas-linteret-de-rouvrir-les-discussions-avec-les-etats-unis-3806000

Nov 23

NUCLÉAIRE: DE RUGY POUR UN « SCÉNARIO DE TRANSFORMATION »

Paris (AFP) : Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, s’est dit vendredi favorable à un « scénario de transformation » du nucléaire, impliquant des fermetures de réacteurs d’ici 2028.

« Dans tous les domaines, vous avez des partisans du statu quo, de l’immobilisme et du conservatisme« , a-t-il dit sur RTL.

« Moi je préfère en effet un scénario de transformation qui correspond, sans rentrer dans le détail des chiffres…, qui est celui que vous avez donné« , a-t-il poursuivi, alors qu’il était interrogé sur la possibilité de fermer six réacteurs nucléaires (en plus des deux de Fessenheim) d’ici 2028.

La France doit annoncer mardi sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), une feuille de route allant jusqu’en 2028.

Selon des documents de travail dévoilés par l’AFP, le gouvernement planche sur trois scénarios différents. Le premier, sur lequel M. de Rugy était interrogé, prévoit donc six nouvelles fermetures de réacteurs à cet horizon, tandis que les deux autres supposent des arrêts plus tard, sur la période 2029-2035.

« Avec Emmanuel Macron nous avons été élus pour transformer le pays, pas pour reconduire ce qui s’est toujours fait y compris quand ça montre des signes de faiblesse« , a ajouté François de Rugy.

« Ce n’est pas la question de savoir si on est pro ou antinucléaire, c’est que nos centrales nucléaires, elles deviennent de plus en plus âgées, de plus en plus vieillissantes, elles ont de plus en plus de difficultés« , a expliqué le ministre.

Mais selon lui, le président Emmanuel Macron n’a pas encore pris de décision: « nous avons encore des discussions pour ajuster les choses. »

Selon l’Élysée, Emmanuel Macron dévoilera mardi les grandes lignes de la PPE mais aussi de nouvelles mesures et des négociations sur tout le territoire pour rendre la transition écologique « acceptable et démocratique« , en réponse aux inquiétudes exprimées par les « gilets jaunes« .

Dans un entretien à Libération, M. de Rugy a par ailleurs dévoilé quelques éléments de la PPE. Ainsi, il a confirmé l’objectif de 40% de la production électrique nationale issue des énergies renouvelables à l’horizon 2030, comme le prévoit la loi de transition énergétique de 2015.

Il vise aussi « une baisse de 40% de la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030. C’est plus ambitieux que la loi de 2015 qui prévoyait une diminution de 30% ».

Par AFP – Publié le 23/11/2018 à 10h29 – Mis à jour le 23/11/2018

https://www.geo.fr/environnement/nucleaire-rugy-pour-un-scenario-de-transformation-193555

Nov 23

NUCLÉAIRE: UN SEUL SCÉNARIO « LÉGAL » SELON LE SYNDICAT DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Paris – Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), a estimé jeudi qu’un seul des trois scénarios sur lesquels planche le gouvernement pour sa programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) est possible, celui prévoyant 6 fermetures de réacteurs nucléaires d’ici 2028.

« Des trois scénarios, un seul est légal, celui qui respecte l’objectif de 40% (de la production d’électricité issus) des énergies renouvelables à l’horizon 2030« , a-t-il précisé lors des Assises de l’éolien terrestre.

« Ce scénario permettra de compenser l’arrêt des centrales à charbon et donc un équilibrage du mix énergétique sans augmentation des émissions de gaz à effet de serre« , a-t-il précisé à l’AFP.

L’AFP avait révélé mardi le contenu d’un document préparatoire qui rassemble les trois scénarios sur lesquels planche l’exécutif pour la future PPE.

Le premier scénario, qui a les faveurs du SER, est celui soutenu par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Il prévoit six fermetures de réacteurs (outre les deux de Fessenheim) d’ici à 2028, et six de plus d’ici à 2035, sur les 58 du parc nucléaire français actuel d’EDF. Il prévoit une part de 40% d’énergies renouvelables dans la production d’électricité en 2030.

Les deux autres scénarios ne prévoient aucune fermeture de réacteur d’ici à 2028 et permettent d’atteindre les 40% de renouvelables seulement en 2032 et 2034.

Les énergies renouvelables représentent 50.188 MW de capacités installées en France, selon les données du Panorama de l’électricité renouvelable du troisième trimestre 2018, réalisé par des acteurs du secteur.

Jean-Louis Bal reste confiant sur la capacité de la France à doubler sa production d’électricité renouvelable d’ici 2030: « les projets sont là, maintenant c’est une question de durée d’instruction des projets. Le développement pour les prochaines années se basera sur trois filières: le photovoltaïque, l’éolien terrestre et l’éolien en mer. »

Laurent Michel, directeur général de l’Énergie et du climat au ministère de la Transition écologique et solidaire, a promis à l’assemblée d’acteurs des énergies renouvelables des Assises de l’éolien terrestre que la PPE présentera « une trajectoire de développement des énergies renouvelables électriques, biogaz et chaleur […], il y aura une cohérence parfaite entre objectifs affichés et volume d’appels d’offres avec un calendrier clair« .

Le député (LREM) et membre de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, Matthieu Orphelin milite lui pour une stratégie binationale franco-allemande énergétique fondée sur le développement des énergies renouvelables.

« Pour l’instant la France a peur de devoir importer de l’électricité issue du charbon en diminuant la part du nucléaire dans sa production et inversement en Allemagne en cas de fermeture de centrales électriques à charbon« , explique-t-il à l’AFP en marge des Assises.

jvi/jmi/soe/cca

AFP / 22 novembre 2018 à 16h43

https://www.romandie.com/news/Nucleaire-un-seul-scenario-legal-selon-le-Syndicat-des-energies-renouvelables/973301.rom

Nov 23

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CIVAUX : VISITE ANNULÉE, BLOCUS LEVÉ

La CGT et Sud Énergie ont levé le blocus de la centrale nucléaire de Civaux. Sur fond de négociations salariales tendues, ils comptaient empêcher la visite, finalement annulée, du directeur de la Division production nucléaire.

Le mouvement de grève et le blocage des entrées de la centrale nucléaire de Civaux ont été levés vers 8 h 30 ce vendredi 23 novembre par les syndicats Sud Énergie et CGT.  Les deux syndicats comptaient empêcher la venue de Philippe Sasseigne, directeur du parc des centrales nucléaires d’EDF, programmée ce vendredi à l’occasion des cinq ans de la création de la Force d’action rapide du nucléaire. Cette visite a finalement été annulée.

Le contexte est tendu entre la direction et les deux syndicats, depuis qu’une réunion de négociations salariales s’est terminée de façon houleuse le 13 novembre dernier à Paris. « On s’est fait gazer par les CRS à la sortie alors qu’on n’était pas menaçant, explique la déléguée CGT Christelle Pepoli. On ne pouvait pas admettre que M. Sasseigne vienne ici aujourd’hui manger des petits fours, c’est trop tôt.« 

La revendication porte sur les salaires

Les syndicalistes redoutaient de nouveaux affrontements avec les forces de l’ordre ce vendredi matin devant l’entrée et attendaient le renfort de militants d’autres centrales. « Nous sommes soulagés qu’il annule sa visite, ça ramène de la sérénité dans le dialogue social, poursuit Christelle Pepoli. Il reviendra et on pourra discuter« .

La principale revendication porte sur les salaires : « On nous propose 0,3 % alors que l’inflation est de 2 % explique Damien Schneider, de Sud Énergie. EDF a réalisé des bénéfices records en 2018 : 14 milliards d’euros, il y a de l’argent. Les salariés sont les grands oubliés alors que c’est grâce à eux que l’argent entre.« 

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/centrale-nucleaire-visite-annulee-blocus-leve

Nov 23

PREMIÈRE ALLOCUTION TÉLÉVISÉE DE HULOT DEPUIS SA DÉMISSION : CE QU’IL FAUT RETENIR

L’ancien ministre de l’écologie Nicolas Hulot s’est exprimé jeudi 22 novembre 2018 sur France 2, mettant fin aux trois mois de silence médiatique qui ont suivi sa démission.

Taxe carbone ou nucléaire, Nicolas Hulot a tout « assumé » jeudi 22 novembre 2018 en sortant d’un silence de trois mois, regrettant malgré tout une « crise » des « gilets jaunes« , selon lui « évitable » si le gouvernement avait « entendu » ses suggestions sur l’accompagnement de la transition écologique. Très attendu sur ce sujet, l’ancien ministre de la Transition écologique qui plaide depuis des années pour l’augmentation de la fiscalité écologique, a défendu sur France 2 la hausse de la taxe carbone dénoncée par les « gilets jaunes ».

« Je l’ai défendue (la taxe carbone) et je l’assume. Mais je l’assume à partir du moment où on la met en œuvre avec une dimension et un accompagnement dignes de ce nom. C’est ce qui a manqué, il faut le dire, a déclaré l’ancien ministre de la Transition écologique trois mois après avoir annoncé sa démission surprise du gouvernementJe l’ai dit à l’époque, et ce n’est un secret pour personne, il y a des contraintes budgétaires qui n’ont pas permis ou en tout cas pas convaincu le gouvernement d’augmenter cet accompagnement social, il va le faire je l’espère maintenant« , a poursuivi Nicolas Hulot, confronté à un représentant du mouvement des « gilets jaunes » en duplex depuis Saint-Brieuc.

Mais « il faut un accompagnement social digne de ce nom« , a-t-il insisté. « Je me suis battu, et notamment les semaines qui ont précédé mon départ, pour qu’on change complètement d’échelle dans l’accompagnement social de la transition énergétique et écologique, avec des propositions concrètes« , a-t-il déclaré, confronté aux revendications d’un « gilet jaune » en duplex depuis Saint-Brieuc.

« Je n’ai pas été entendu. On m’a opposé des raisons budgétaires, j’en ai tiré les leçons« , a ajouté un Nicolas Hulot très remonté sur le plateau de l’Émission politique. « J’aurais préféré effectivement ne pas avoir eu raison sur le risque d’emballement que l’on connaît« .

Alors que l’ancien animateur télé s’était dit soucieux de ne rien faire pour « nuire à ce gouvernement » lors de l’annonce de sa démission, il a botté en touche sur les questions l’incitant à critiquer directement le président Emmanuel Macron. Celui-ci doit annoncer mardi 27 novembre 2018 des mesures pour rendre la transition écologique plus « acceptable et démocratique ». « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas ce qu’on n’a pas fait hier, mais ce qu’on peut faire ensemble, aujourd’hui« , a notamment déclaré l’ex-ministre, assurant ne pas regretter sa démission qui, selon lui, a « provoqué une forme de sursaut« . « Non, aucun regret, mais une tristesse car j’avais beaucoup d’espoir dans cette diversité gouvernementale, je trouvais que c’était un gage de succès« , a noté celui qui est redevenu la personnalité politique préférée des Français selon des sondages.

« Le 50% de nucléaire n’est pas remis en cause et pour moi c’est un marqueur important » (NDLR : perdre 10 ans n’est pas remettre en cause, ben voyons !)

Au-delà des « gilets jaunes« , les sujets d’actualité liés aux combats de Nicolas Hulot ne manquaient pas, notamment la feuille de route énergétique de la France pour les dix ans à venir qui doit être présentée par le gouvernement prochainement. Alors que les défenseurs de l’environnement lui avaient reproché d’avoir annoncé à l’automne 2017 le report de l’objectif de ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité à 50% en 2025, il a assumé à nouveau cette décision. Le passage de 2025 à 2035, « je l’assume car on avait pris trop de retard, et sauf à se mettre dans des problèmes de sécurité d’approvisionnement, ce n’était pas jouable« , a-t-il encore dit. Alors que plusieurs scénarios sont sur la table, il a plaidé pour la fermeture de six réacteurs nucléaires d’ici 2028 en plus des deux de Fessenheim. « Le 50% de nucléaire n’est pas remis en cause, et pour moi c’est un marqueur important« . À deux semaines de l’ouverture de la 24ème conférence de l’ONU sur le climat (COP24), il a enfin appelé à être « préoccupé par un sujet qui s’appelle la fin du monde« . 

Malgré ce retour médiatique et politique, il a assuré qu’il ne soutiendrait aucune liste aux élections européennes de 2019, se disant « disponible (pour agir) mais pas dans le champ politique traditionnel« . Lors d’entretiens réalisés par le journaliste Thomas Sotto pendant un déplacement au pied du plus grand glacier français, la Mer de Glace à Chamonix, l’écologiste est revenu également sur son année de ministre. Avec Emmanuel Macron, « on n’avait pas le même diagnostic sur l’état de la planète et sur les menaces qui pèsent sur l’humanité. Donc à partir du moment où on n’a pas le même diagnostic, on ne propose pas le même traitement« , explique-t-il. Nommé pour la première fois ministre en mai 2017, après avoir renoncé à une candidature à la présidentielle un an plus tôt, Nicolas Hulot avait dû avaler bien des décisions contraires à ses convictions, malgré certaines victoires symboliques comme l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

https://www.sciencesetavenir.fr/politique/premiere-allocution-televisee-de-hulot-depuis-sa-demission_129644

Nov 23

COMMENT RENDRE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE « ACCEPTABLE ET DÉMOCRATIQUE » ?

Le ministre François de Rugy livre sa vision à Libération, Nicolas Hulot à France 2 :

La programmation pluriannuelle de l’énergie, qu’Emmanuel Macron doit détailler mardi, est évoquée, dès ce matin, par François de Rugy dans les pages de Libération.

La feuille énergétique de la France pour les dix prochaines années visera une baisse de 40% de la consommation d’énergies fossiles d’ici 2030. « C’est plus ambitieux que la loi de 2015 qui prévoyait une diminution de 30%« , déclare François de Rugy.  Il évoque en outre une « trajectoire chiffrée » pour la part d’énergies renouvelables dans le mix énergétique : « D’ici 2030, on aura 40% d’énergies renouvelables dans la production d’électricité. Et 10% de gaz renouvelable dans la consommation de gaz, contre 0,1 % aujourd’hui. »  Concernant l’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité après le report de l’échéance initiale de 2025, François de Rugy évoque l’année 2035 : « Dans la PPE, nous travaillons plutôt sur un objectif de 50% de nucléaire en 2035. Il faudra modifier la loi« , dit-il.  Citant la fermeture des centrales à charbon pour 2022 décidée précédemment, il « confirme cet objectif, même si l’équation n’est pas simple« . En réponse aux inquiétudes exprimées par les « gilets jaunes« , l’exécutif veut développer de nouvelles mesures et des négociations sur tout le territoire pour la rendre « acceptable et démocratique« . Nicolas Hulot, invité de l’Émission politique sur France2, enjoint le gouvernement à développer « enfin un accompagnement social « digne de ce nom » de la transition écologique.

Analyse de Frédéric Says, le 23 novembre 2018

Pour lire Les autres titres du journal, cliquer sur : https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-7h/journal-de-7h-du-vendredi-23-novembre-2018

Nov 22

VERS «UNE GUERRE NUCLÉAIRE»? LES USA AURAIENT TESTÉ UNE BOMBE MULTIRÔLE

Il y a quelque mois, un bombardier furtif américain B-2 basé à Nellis, au Nevada, a procédé au test de largage d’une bombe nucléaire multirôle B61-12, annonce The National Interest.

Les États-Unis ont mené des tests d’une bombe nucléaire multirôle B61-12, indique The National Interest dans un article qui a pour titre «Se préparer à une guerre nucléaire». La bombe a été larguée d’un bombardier B-2 lors d’essais réalisés cet été à partir de la base aérienne de Nellis, dans le nord du Nevada. Il s’agit d’une bombe de haute précision qui pourrait être utilisée dans plusieurs scénarios sur le champ de bataille.

Le caractère multifonctionnel de la bombe autorise différents types de frappes: en surface et en profondeur, à haut et à bas rendement.

«Le principal avantage de la bombe B61-12 est qu’elle regroupe toutes les fonctionnalités d’une bombe non guidée pour tous les scénarios de frappe. Les capacités varient d’une utilisation tactique « nette » à très faible rendement avec un faible impact jusqu’à des attaques plus sales contre des cibles souterraines», a expliqué le directeur du Projet de l’information nucléaire au sein de la Fédération des scientifiques américains, Hans Kristensen.

La conception particulière des ailerons de stabilisation de la queue de la B61-12 lui assure une précision de ciblage augmentée grâce aux systèmes de navigation par inertie, a ajouté M.Kristensen.

Comparée à d’autres bombes, la B61-12 est capable de réaliser les missions des B61-7 (10-360 kt), B61-11 (400 kt) et B83-1 (à haut rendement, sert à détruire les bunkers souterrains). Les missions sont effectuées par la B61-12 «avec moins de retombées radioactives», a-t-il ajouté.

La B61-12 serait en train d’être modifiée pour pouvoir être larguée par des F-35 et d’autres appareils des forces aériennes américaines.

Quant au bombardier B-2, il s’agit d’une des étapes de sa modernisation avant que le bombardier à longue portée B-21 Raider ne soit mis en service, précise The National Interest. La diversité des modifications techniques devraient d’ailleurs préparer le bombardier à des tâches modernes plus sophistiquées.

Le B-2 devrait ainsi bénéficier d’une intégration améliorée des armes numériques, d’une nouvelle puissance de traitement informatique considérée comme 1.000 fois plus rapide que les systèmes existants. En outre, il serait doté de capteurs de nouvelle génération conçus pour aider l’avion à éviter les défenses anti-aériennes de l’ennemi.

https://fr.sputniknews.com/defense/201811221039009500-test-usa-bombe-bombardier/

Nov 22

NICOLAS HULOT, FLASH-BACK ET COME-BACK

Trois mois après sa démission qualifiée d’impulsive par la macronie, l’ex-ministre de la Transition écologique revient dans le débat public ce jeudi soir sur France 2. Et devrait réaffirmer la dimension politique de ses désaccords avec l’exécutif.

Nicolas Hulot aura mis trois mois à sortir de la diète médiatique qu’il s’est imposée après sa démission fracassante au micro de France Inter, fin août. Ce que dira l’ex-ministre de la Transition écologique et solidaire ce jeudi soir sur le plateau de l’Émission politique (France 2) sera analysé, décortiqué, ressassé. Revient-il en colère, plein de rancœur contre Emmanuel Macron et Edouard Philippe ? Ou déprimé, contrit d’avoir claqué la porte sur un coup de sang ? L’exécutif et la majorité répètent à l’envi que l’écologiste est un impulsif, que sa démission n’aurait rien à voir avec un désaccord de fond sur la politique du gouvernement. Mardi, à Bruxelles, le Président a assuré avoir eu son ancien ministre «il y a quelques jours au téléphone» : «C’est un ami, un homme libre […]. Il a démissionné pour des raisons personnelles que je respecte.»

Sauf que ce récit ne correspond pas à la réalité. Hulot est parti car il n’en pouvait plus de ne pas être entendu, de n’avoir ni autonomie ni pouvoir réel. De devoir se battre pied à pied contre tout le monde et sur tout face à l’Élysée, Matignon, Bercy ou le ministère de l’Agriculture. Même s’il ne revient pas à la télévision pour tout déballer car il ne veut pas «ajouter de la division à la division», comme il l’a dit le jour de sa démission, Hulot en a gros sur le cœur. Pas fâché contre Macron et Philippe. Juste triste. Quand ils se sont quittés fin août, le ministre et le Président étaient quasiment au bord des larmes. Parce qu’ils ne se sont pas compris. Selon ses proches, l’écologiste a le sentiment d’avoir poussé l’expérience jusqu’au bout, d’avoir donné mille occasions au duo exécutif de verdir sa politique. Il a fini par jeter l’éponge face à des personnes obsédées par des sujets de court terme, par le chômage ou la croissance. Des dirigeants dont l’intelligence a des angles morts et qui refusent, consciemment ou non, de poser le bon diagnostic. «Ils n’ont toujours pas compris l’essentiel. Le problème, c’est le modèle économique», avait affirmé Nicolas Hulot à Libération début août. Il l’a dit clairement lors de sa démission et il le martèlera de nouveau sur le plateau de France 2. Ce modèle, à son grand dam, épuise nos ressources, détraque le climat, ruine les écosystèmes et la biodiversité, ignore les mots «partage» et «solidarité».

«Coussin social»

L’ex-présentateur vedette devenu ministre populaire ne manquera pas non plus d’être interrogé sur la taxe carbone, lui qui porte cette mesure depuis plus de dix ans, dont la hausse provoque aujourd’hui la colère des «gilets jaunes». Une filiation que se plaisent à rappeler les membres du gouvernement. «Je ne doute pas qu’il assumera», a répété son successeur, François de Rugy, mercredi sur France Inter, avant de lui reprocher à demi-mot d’avoir démissionné. D’autres se plaignent en «off» et critiquent son silence face aux blocages qui ont lieu un peu partout en France depuis le 17 novembre.

Ce que se garde bien de dire l’exécutif, c’est que Nicolas Hulot a sonné l’alarme tout l’été sur les risques élevés de fronde sociale en cas de hausse brutale de la fiscalité écolo sans contrepartie pour les ménages modestes. Selon nos informations, l’ex-ministre a plaidé en vain auprès de Macron et Philippe pour un «coussin social» digne de ce nom. Il leur avait même adressé une note écrite sur ce thème lors de son dernier Conseil des ministres, le 22 août. Avant de relancer le Premier ministre, posant une sorte d’ultimatum pour le lundi suivant, via un SMS resté sans réponse. Une «grande déconvenue», disent les proches de Hulot. Des doutes et un silence qui ont sans doute contribué à sa démission.

Dans cette note listant une dizaine de points à ses yeux incontournables et sur lesquels il souhaitait avoir une réponse et des engagements écrits plutôt que de vagues promesses, Nicolas Hulot évoquait la révision de la politique agricole commune (PAC) ou la lutte contre l’artificialisation des sols, pour laquelle il réclamait un calendrier et un échéancier. Il demandait aussi des gages sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un texte majeur qui doit mettre en musique la loi de transition énergétique jusqu’en 2028. Il souhaitait que le texte ne mentionne pas la construction de nouveaux réacteurs nucléaires et qu’il comporte les noms, le nombre et le calendrier de ceux que l’État allait fermer. Pour l’ex-ministre, deux scénarios devaient être sur la table : ramener la part du nucléaire dans le mix électrique à 50 % en 2035 (contre 71,6 % en 2017) ou, plus ambitieux, se rapprocher de l’échéance déjà inscrite dans la loi, à savoir 2025. Mais le dada de Hulot consistait surtout à faire baisser «massivement» la consommation d’énergie. En août, il disait «beaucoup» négocier pour renforcer les ambitions de l’exécutif sur la rénovation thermique des logements. Un levier essentiel et une façon d’alléger les dépenses des ménages, surtout les plus modestes. Là encore, il n’a pas été entendu. Pire, le crédit d’impôt pour la transition énergétique a été divisé par deux.

Goutte d’eau

Autre anecdote disant le désamour entre le sommet de l’État et l’ex-ministre : début juillet, alors qu’il présentait le plan biodiversité sur fond d’effondrement des populations d’insectes, d’oiseaux ou autres espèces encore communes il y a peu, Hulot a été agacé par les plaisanteries d’Édouard Philippe dans son dos, qui faisaient rire ses secrétaires d’État, Brune Poirson et Sébastien Lecornu. «C’est dire le peu de cas qu’ils font de ce sujet», souffle à présent le retraité de la politique à ses amis, déplorant que ce plan n’ait pas été assez financé. La réunion avec les chasseurs à l’Élysée, la veille de sa démission, Hulot l’a vécue comme une «provocation», l’ultime goutte d’eau qui fait déborder le vase. Alors que le ministre avait demandé que le conseiller politique de la Fédération nationale des chasseurs, Thierry Coste, ne soit pas présent, celui-ci se pavanait dans les locaux – Macron l’embrassant comme si c’était son meilleur ami -, tendait à Hulot un document clamant que «les chasseurs sont les meilleurs protecteurs de la biodiversité» et réclamait une loi pour les protéger de tout droit de poursuite de la part de ceux qui s’opposent à la chasse.

Le poids des lobbys, qu’il a dénoncé le jour de sa démission, Hulot l’a aussi senti en observant les précautions qu’il fallait prendre avec la Malaisie et l’Indonésie au sujet de l’huile de palme car il fallait pouvoir leur vendre des armes. En voyant l’exécutif s’entêter sur le grand contournement ouest (GCO) de Strasbourg, un projet de Vinci. Ou en constatant la lenteur dont celui-ci fait preuve pour engager une réelle transition écologique de l’agriculture permettant de se désintoxiquer des pesticides.

Depuis son départ, Nicolas Hulot constate de loin que ces lobbys sont toujours aux premières loges. Son ministère accueille même désormais l’ancienne lobbyiste en chef de Danone Emmanuelle Wargon, qui a vanté cet été les vertus de l’huile de palme dans les laits infantiles. Moins d’une semaine après sa prise de poste, le nouveau ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a suscité la colère des ONG en demandant aux scientifiques de «faire la preuve qu’il y ait des conséquences sur la santé à l’usage des pesticides». Confidence de Hulot à un ami : «Si j’étais resté, j’aurais peut-être démissionné un ou deux mois après à l’aune de ce type de connerie.»

«Petit signal»

Sur le plateau de France 2 ce jeudi soir, il aura face à lui au moins deux représentants des lobbys : le patron du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, et la vice-présidente des Jeunes Agriculteurs, Céline Imart, proche de la très productiviste et propesticides FNSEA. Mais Hulot ne vient pas avec des gants de boxe. Plutôt avec un bleu de travail et une volonté de construire, de «faire» et de rassembler ceux qui veulent en faire de même. Celui qui reste la personnalité politique suscitant le plus de sympathie en France – 45 % des interrogés selon un sondage Odoxa publié mardi – avait planifié cette émission avant la fronde des gilets jaunes. Il est sorti plus tôt que prévu de sa réserve, se désolant de constater que tous les maux qu’il dénonçait n’étaient toujours pas pris au sérieux. Désormais, même s’il a quitté la politique, il veut aider à choisir le bon remède. «Si je te dis que tu as une angine ou que tu as un cancer, tu ne prendras pas le même traitement», explique-t-il à ses amis. Son rêve : construire un nouveau modèle de prospérité sans croissance, inspiré des travaux de l’économiste britannique Tim Jackson.

Ce jeudi soir, Hulot dira donc aux Français qu’il n’abandonne pas. Depuis sa démission, il reçoit 60 lettres par jour, rien qu’à son domicile, dont l’écrasante majorité lui disent qu’ils sont prêts à répondre à son appel au sursaut. Malgré la colère actuelle contre la hausse du prix de l’essence, l’ancien ministre dit à qui veut l’entendre qu’il sent que «quelque chose est en train de se passer» dans la société. Une sorte de réveil citoyen sur les questions écologiques qu’il veut accompagner. Pour lui, l’émission de France 2 est «un petit signal pour dire qu’on réfléchit et qu’on va travailler ensemble». Ces dernières semaines, celui qui refuse d’être l’homme providentiel («une illusion») a donc cherché le moyen de coordonner les énergies et de créer un collectif. Malgré l’urgence, il voulait prendre le temps d’essayer d’inventer quelque chose de neuf, comme une plateforme numérique fédérant les bonnes initiatives. Depuis sa retraite de Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine), il a parlé à des «gens nouveaux» et beaucoup écouté, comme l’astrophysicien Aurélien Barrau ou Raphaël Glucksmann, des gens «intéressants».

Par Coralie Schaub — 21 novembre 2018 à 20:06

https://www.liberation.fr/france/2018/11/21/nicolas-hulot-flash-back-et-come-back_1693496

Nov 22

L’IRAN CONCOCTERAIT 5 OGIVES NUCLÉAIRES SURPUISSANTES, SELON UN RAPPORT

C’est le très sérieux Institute for Science and International Society, un think-tank spécialisé dans les dossiers nucléaires chauds, qui le dit : L’Iran travaille actuellement sur 5 ogives nucléaires de 10 kilotonnes chacune, rapporte Atlantico ce jeudi 22 novembre 2018. L’institut aurait mis la main sur des documents secrets établissant formellement des activités nucléaires dans ce sens. Nul doute que si ça se confirmait, cela apporterait de l’eau au moulin du président américain, Donald Trump, qui avait décidé unilatéralement, froissant toute la communauté internationale, de reconduire les sanctions économiques contre Téhéran pour le forcer à donner plus de garanties sur son programme nucléaire.

D’après ce rapport, les Iraniens sont beaucoup plus costauds dans la maitrise des technologies en rapport avec le nucléaire que ce qu’ils avaient consigné dans les documents qui ont été paraphés à Vienne en 2015 dans le cadre du traité nucléaire, après le travail harassant du prédécesseur de Trump, Barack Obama. Ainsi le régime iranien aurait continué à casser sa tirelire en dépit de l’Accord, des millions d’euros, pour mettre en place la logistique et pour développer des armes nucléaires. D’après ce rapport, les équipements installés entre 2003 et 2015 sont toujours fonctionnels et pourraient très bien reprendre du service.

À noter que c’est le même institut qui avait il y a quelques années ébruité le programme nucléaire iranien, lequel avait terrorisé les voisins de Téhéran, en premier l’Arabie saoudite et le monde entier.

https://africanmanager.com/liran-concocterait-5-ogives-nucleaires-surpuissantes-selon-un-rapport/

Nov 22

L’« EFFET FALAISE », OU POURQUOI IL FAUT PRÉPARER DES FERMETURES DE CENTRALES NUCLÉAIRES

Le parc français vieillit et la production d’électricité nucléaire baissera vite.

Le nucléaire est-il au bord de la falaise ? Le parc de centrales se trouve dans une situation inédite : dès 2018, certains réacteurs vont dépasser l’âge de 40 ans – la durée de vie imaginée à l’origine lors de la construction. Dans ses scénarios, EDF espère obtenir de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) une prolongation supplémentaire d’activité pour atteindre 50 ans, voire 60 ans. Ce débat est en cours dans plusieurs pays. Aux États-Unis, l’autorité de sûreté examine même la possibilité d’autoriser certains réacteurs à fonctionner pendant 80 ans !

Mais le parc français, outre son âge, a une spécificité importante : il a été construit avec une rapidité incroyable. Entre 1977 et 1999, pas moins de cinquante-huit réacteurs sont raccordés au réseau. En 1980, huit réacteurs sont mis en service simultanément, et sept l’année suivante ! Une majorité de ces démarrages a lieu entre 1980 et 1990.

À l’époque, le plan lancé par l’État et EDF ne se préoccupe pas de ce qui se passera ensuite : dans la France giscardo-mitterrandienne du commissariat au plan, le nucléaire a forcément devant lui des jours radieux.

« Un immense risque industriel »

La situation est un peu différente aujourd’hui. Aucun réacteur n’a été mis sur le réseau depuis celui de Civaux 2 (Vienne) en 1999. Le réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville (Manche), dont la construction a débuté en 2007, est le seul actuellement en chantier dans l’Hexagone <https://www.lemonde.fr/energies/article/2018/10/26/nucleaire-pas-de-decision-sur-la-construction-de-nouveaux-epr-avant-2021_5374694_1653054.html> . Résultat : les réacteurs français risquent de devoir être arrêtés presque tous en même temps.

« Le débat sur la feuille de route énergétique de la France a mis en lumière un immense risque industriel : notre parc nucléaire vieillit et il n’est pas éternel », résume Nicolas Goldberg, de Colombus Consulting. Même dans un scénario maximaliste qui verrait tous les réacteurs prolongés jusqu’à leurs 60 ans, la France passerait entre 2038 et 2050 de 63 gigawatts de capacité installée à… 14 gigawatts. Soit une baisse radicale de 75 % de la production d’électricité nucléaire en un temps record. C’est ce qu’on appelle l’« effet falaise ».

Autrement dit : il est urgent de prévoir la suite. C’est un des arguments des partisans d’une fermeture anticipée de centrales nucléaires. Selon eux, il faut à la fois développer les énergies renouvelables pour compenser la fermeture de centrales et, surtout, programmer le plus en amont possible la fin des réacteurs, pour ne pas avoir à tout gérer en même temps.

Les coûts du démantèlement sont encore mal connus

« Ce qui va compter dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie [PPE], c’est le sérieux de la trajectoire. Un scénario qui consisterait à fermer en série très rapidement n’est pas crédible, et politiquement infaisable », prévient Michel Colombier, directeur scientifique de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) et président du comité d’experts de la PPE.

Or c’est précisément ce que défend EDF : pour atteindre 50 % de nucléaire dans la production d’électricité en 2035, l’entreprise propose de commencer à fermer des réacteurs à partir de 2029. Ce qui signifie deux à trois fermetures de réacteurs par an, un rythme qui semble difficile à tenir. Sans compter que les coûts du démantèlement sont encore mal connus.

C’est une des raisons qui pousse la filière nucléaire à plaider pour une reprise rapide de la construction. « Pour que de premiers EPR soient pleinement opérationnels en 2030, il est essentiel que cette réflexion soit engagée d’ici 2020 », note Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire.

Mais même le scénario favori d’EDF – la construction de six EPR outre celui de Flamanville entre 2030 et 2050 – serait largement insuffisant pour combler le déficit créé par les fermetures d’un parc en fin de vie. « Même en cas de politique favorable au nucléaire, avec deux EPR construits en 2030 et une paire tous les cinq ans jusqu’en 2050, la nouvelle puissance disponible ne serait que de 18 gigawatts en 2050, insuffisante pour compenser la perte de 49 gigawatts de puissance », note M. Goldberg.

Par Nabil Wakim, publié le 21 novembre 2018

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/11/21/l-effet-falaise-ou-pourquoi-il-faut-preparer-des-fermetures-de-centrales_5386293_3234.html

Nov 22

NUCLÉAIRE : LES DÉPUTÉS MACRONISTES PEINENT À SE FORGER UNE OPINION

Les élus écologistes de la majorité semblent isolés dans leur combat historique portant sur une disparition du nucléaire.

« Sur le nucléaire, c’est simple, beaucoup de députés n’ont pas d’avis et beaucoup n’ont pas envie de s’engager. » Parole de parlementaire La République en marche (LRM) au sujet de ses collègues de la majorité. (NDLR : si on n’a pas d’avis et qu’on n’a pas envie de s’engager, pourquoi vouloir être député ? Pour la paye peut-être, la carrière ?…). À quelques jours du dévoilement de la feuille de route énergétique du gouvernement, le grand flou règne sur la position des députés macronistes sur cette question délicate.

Si LRM compte énormément d’élus sensibles aux questions environnementales, qui ont à plusieurs reprises montré leur volontarisme en la matière, les lignes de fracture sur le nucléaire sont difficiles à identifier. « Les gens s’expriment peu car très peu connaissent le sujet sur le bout des doigts », explique un député macroniste plutôt pro-nucléaire. « C’est un sujet très technique donc c’est complexe de s’y plonger », observe Matthieu Orphelin, ancien d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) aujourd’hui élu LRM. Lui a, en l’occurrence, une position assez claire. La future programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) devra prévoir la fermeture « d’au moins un réacteur par an dès 2022 ». Sans fermeture avant 2028, « on ne pourra pas revendiquer une PPE ambitieuse », prévient-il.

La disparition du nucléaire est l’un des combats historiques des écologistes et, en la matière, M. Orphelin peut compter sur le soutien de Barbara Pompili. La présidente LRM de la commission du développement durable, ancienne d’EELV et ancienne secrétaire d’État à l’écologie, a, depuis le début de son mandat, mis l’accent sur le nucléaire. Elle a notamment conduit une commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des centrales françaises, qui a rendu ses conclusions en juin, lesquelles ont été fortement contestées par EDF.

« On ne se sent pas partie prenante de ce débat »

Les écologistes de la majorité ont parfois reçu le soutien de certains députés sur le développement des énergies renouvelables et la rénovation énergétique, ils semblent isolés sur une ligne antinucléaire. Ils avaient rejoint la campagne d’Emmanuel Macron sur la base de l’objectif de réduction du nucléaire d’ici à 2025 – une date que la PPE va désormais repousser à 2035.

Mais la démission de Nicolas Hulot a secoué les écologistes de la majorité et accentué l’isolement des plus sceptiques envers l’énergie nucléaire. Une PPE timide sur le sujet ne ferait que renforcer ce sentiment.

Certains députés qui ne sont pas issus de la mouvance écologiste – et qui préfèrent rester anonymes – affirment pourtant soutenir l’idée de fermer des réacteurs de manière anticipée, mais n’excluent pas, eux, la construction de nouveaux réacteurs EPR à plus long terme.

La majorité compte par ailleurs plusieurs députés ayant travaillé dans le nucléaire, comme Perrine Goulet (Nièvre), Claire Pitollat (Bouches-du-Rhône) ou Sonia Krimi (Manche). Dans le cadre de la commission d’enquête sur le nucléaire, elles ont exprimé des voix divergentes de celle de Mme Pompili. Cela n’en fait pas non plus des défenseuses de l’atome à tout prix, assurent plusieurs de leurs collègues.

Le problème pour la majorité est plus large : les députés n’auront pas à se prononcer sur le fond de la PPE. La loi de transition énergétique de 2015 ne prévoit pas de consultation des parlementaires sur le texte. (NDLR : ce qui est scandaleux !) Une situation qui agace certains élus. « Il y a un consensus dans le groupe pour dire qu’on devrait être plus associés, car on ne se sent pas partie prenante de ce débat », regrette Anne-France Brunet, députée LRM de Loire-Atlantique. Fin juin, 100 parlementaires LRM signaient une tribune dans Le Monde pour demander que la PPE soit examinée à l’Assemblée. Le gouvernement y a opposé une fin de non-recevoir.

Par Manon Rescan et Nabil Wakim Publié le 21 novembre à 12h20, mis à jour hier à 15h06

https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/11/21/nucleaire-les-deputes-macronistes-peinent-a-se-forger-une-opinion_5386518_3234.html

Nov 22

LE NUCLÉAIRE FRANÇAIS, UN PROBLÈME EUROPÉEN

Fermera, fermera pas ? Le gouvernement français va annoncer dans les prochains jours s’il mettra ou non à l’arrêt définitif des réacteurs nucléaires dans le cadre de sa « programmation pluriannuelle de l’énergie » (PPE) pour les années 2019-20281 <https://www.alternatives-economiques.fr/nucleaire-francais-un-probleme-europeen/00087023#footnote1_e5cgfy4> . Un document d’orientation clé attendu depuis déjà plus de quatre mois dans lequel le pays doit préciser sa trajectoire de production et de consommation d’énergie dans le cadre de sa contribution à l’effort climatique européen2 <https://www.alternatives-economiques.fr/nucleaire-francais-un-probleme-europeen/00087023#footnote2_5u47k6j> .

Si l’exécutif a pris du retard pour présenter sa feuille de route énergétique, c’est en raison des tergiversations en haut lieu sur la manière d’appliquer la loi de 2015 par laquelle la France s’est engagée à ramener à 50 % la part du nucléaire dans sa production électrique. Cette part atteint un niveau extravagant (71 % en 2017), unique en Europe et au-delà.

Pour revenir au niveau de 50 % de nucléaire tout en respectant les autres objectifs de la loi de transition énergétique de 2015 (sur l’évolution de la consommation énergétique et celle de la production d’énergie renouvelable), il faudrait, a rappelé en 2016 le rapport annuel de la Cour des comptes <https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/EzPublish/04-maintenance-centrales-nucleaires-RPA2016-Tome-1.pdf> , que la France ferme progressivement 17 à 20 de réacteurs sur 58, ceux qui précisément vont peu à peu arriver à quarante années de fonctionnement, la limite d’âge pour laquelle ils ont été conçus. Cependant, dans cette affaire, le gouvernement écoute surtout son lobby nucléaire qui le presse de limiter au maximum ces fermetures en prolongeant la durée de vie de ses réacteurs nucléaires.

D’après le document gouvernemental qui a fuité hier, trois scénarios sont sur la table <https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-trois-scenarios-sur-la-table-181120> . Le premier, qui émane du ministère de l’Écologie, envisage 6 fermetures entre 2023 et 2028 et 6 autres entre 2029 et 2035, soit 12 au total en plus de la centrale de Fessenheim. Par ailleurs, aucun nouveau chantier ne sera décidé durant le quinquennat. Le deuxième scénario est calqué sur les revendications d’EDF : pas de fermeture de réacteur supplémentaire avant 2029 et prolongation de la durée de vie des centrales à cinquante ans de fonctionnement.

Ce deuxième scénario envisage ainsi, comme le premier, une douzaine de mises à l’arrêt définitif, mais concentrées sur la période 2029-2035. À l’instar du scénario 1, il n’y aurait pas de décision sur l’EPR durant ce quinquennat, à la différence du scénario 3 porté par le ministère de l’Économie, qui veut lancer 4 nouveaux EPR, dont les deux premiers en 2034, ce qui supposerait une décision rapide. Par ailleurs, 9 réacteurs seulement seraient fermés entre 2028 et 2035.

Par rapport à l’estimation du rapport de la Cour des comptes, ces trois scénarios ont en commun de minimiser le nombre de fermetures de réacteurs d’ici à 2035. Comme parallèlement, il est prévu dans tous les scénarios d’accélérer le rythme d’installation de capacités renouvelables nouvelles (il a atteint 2,8 GW en 2017) dans un contexte où la consommation d’électricité en France devrait stagner ou décliner au moins jusqu’en 2035 selon le dernier bilan prévisionnel de RTE <https://www.rte-france.com/fr/article/bilan-previsionnel> , le résultat sera donc un important excédent de production d’électricité… que la France aura besoin de pouvoir exporter sur les marchés européens.

Excédents à exporter

Ce qui apparaît comme un débat franco-français devient à cet égard un sujet très européen. Si, comme elle s’apprête à le faire, la France opte pour un scénario très fortement exportateur d’électricité (afin de préserver au maximum son parc de réacteurs) dans un contexte européen de stagnation de la demande électrique3 <https://www.alternatives-economiques.fr/nucleaire-francais-un-probleme-europeen/00087023#footnote3_4e9mgr7>  et, parallèlement, de développement rapide de la production d’origine renouvelable, le résultat ne pourra être qu’une aggravation des excédents de capacités de production dont souffre la plaque électrique ouest-européenne depuis plusieurs années.

Une telle situation de surcapacité aura fatalement pour effet de tirer durablement les prix de gros de l’électricité vers le bas sur les marchés européens, et donc de pénaliser les producteurs d’électricité. Avec des marges faibles, ils auront du mal à investir, ce qui au final ralentira la sortie du charbon et du gaz et freinera le déploiement des énergies renouvelables.

Outre le risque économique d’un tel scénario s’ajoute bien entendu celui de l’accident. Le prolongement de la durée de vie des réacteurs complique l’exploitation dans des conditions de sécurité optimales, surtout si la baisse des marges des électriciens réduit leurs capacités d’investissement dans la sécurité des centrales. Les conséquences d’un accident grave en France ne s’arrêteraient évidemment pas à ses frontières et toucheraient une grande partie de l’Europe. On a tendance à l’oublier, mais du fait des choix particuliers de la France, l’UE est la région la plus nucléarisée du monde.

Le problème des surcapacités électriques européennes, qui se pose aujourd’hui et qui pourrait donc s’aggraver demain du fait des choix de Paris, pourrait se résoudre en renforçant la coopération entre États-membres. En particulier, la France et l’Allemagne pourraient s’entendre sur une sortie conjointe et coordonnée de l’électricité sale, sur le mode : « pour faire de la place aux énergies renouvelables, tu fermes tes vieilles centrales à charbon et moi je ferme mes vieux réacteurs ».

Sauf que la France n’envisage absolument pas d’abandonner le nucléaire, à la différence de ses voisins européens qui l’ont quitté de longue date (Italie, Irlande, Grèce, pays Baltes…) ou sont en train d’en sortir (Allemagne, Belgique, Espagne…). Au contraire, elle n’exclut pas de construire une série d’EPR (European Pressurized Reactor) pour renouveler, au moins en partie, les capacités électriques fournies actuellement par son parc de réacteurs dont 48 unités sur 58 auront passé en 2028 l’âge de 40 ans.

Un tel choix représente un enjeu de sécurité non seulement pour la France mais pour l’Europe dans son ensemble. Même si ces EPR sont conçus pour être plus sûrs que les générations précédentes, la tête de série construite à Flamanville souffre de graves défauts de réalisation au niveau de la cuve et des soudures du circuit primaire. Par ailleurs, ces futurs réacteurs contribueront à augmenter la masse des déchets radioactifs produits en Europe.

La France est d’autant plus pressée de trouver un marché intérieur pour son EPR qu’elle ne parvient pas vraiment à le vendre à l’étranger. D’une part, elle se heurte à ses concurrents asiatiques. D’autre part, et surtout, le nucléaire est une industrie dont le déclin apparaît irréversible, à en juger par les chiffres réunis par le World Nuclear Industry Status Report <https://www.worldnuclearreport.org> , un rapport annuel indépendant qui suit depuis 2004 l’évolution du secteur.

Après un maximum historique atteint en 1976, le nombre des mises en construction n’a cessé de reculer pendant les vingt années qui ont suivi, jusqu’à tomber à zéro en 1995. Le redémarrage observé par la suite a pu faire croire à une « renaissance » de l’atome, dans le contexte porteur de la prise de conscience climatique. Las ! Cette dynamique, qui n’a jamais dépassé les niveaux atteints dans les années 1960 et qui reposait quasi-exclusivement sur la Chine, s’est effondrée après 2010.

En effet, depuis cette date, la Chine – qui concentre l’essentiel des projets nucléaires – construit de moins en moins de réacteurs face à des énergies renouvelables toujours plus compétitives. Si ce pays compte le plus grand nombre de réacteurs en construction (16 sur 50 dans le monde mi-2018), il n’avait démarré aucun chantier au premier semestre 2018.

Quant à l’Europe, hormis l’unique exception du réacteur EPR de Flamanville, cela fait pratiquement une trentaine d’année qu’elle ne construit plus de réacteurs. Hier parce que les fossiles, charbon et gaz, étaient plus compétitifs, aujourd’hui parce que les renouvelables sont de plus en plus attractifs. Le nucléaire ne représente plus qu’une part minime des investissements européens dans des nouvelles capacités électriques : 10 milliards d’euros cumulés sur les années 2013-2017 contre 315 milliards d’euros pour les énergies renouvelables.  À l’échelle mondiale, le contraste est encore plus saisissant… car malheureusement, la croissance de l’investissement dans l’électricité verte se fait depuis quelques années sans l’Union européenne.

Même si l’investissement dans l’éolien et le photovoltaïque a fortement reculé à l’échelle de l’Union européenne depuis 2011 et ne s’est toujours pas redressé, il a de fait aujourd’hui supplanté l’investissement dans le nucléaire. Par ailleurs, les coûts des filières renouvelables se sont effondrés. Résultat, l’écart entre le nucléaire et les renouvelables, que l’on regarde les capacités installées ou la production, devient abyssal. De 2000 à 2017, les capacités installées dans l’éolien et le photovoltaïque ont ainsi progressé de respectivement 154 et 106 MW, tandis que la puissance du parc nucléaire européen baissait de 19 MW, les fermetures de réacteurs l’emportant sur les connections de nouvelles unités au réseau.

En ce qui concerne les volumes produits, l’écart est encore plus spectaculaire. La production éolienne et photovoltaïque a progressé sur la période de 120 et 340 TWh, tandis que le nucléaire reculait de 100 TWh, du fait notamment d’arrêts de tranche pour maintenance ou incidents souvent de plus en plus longs, liés à la vétusté croissante du parc.

Antoine de Ravignan, le

Pour voir les graphiques passionnants, cliquer sur : https://www.alternatives-economiques.fr/nucleaire-francais-un-probleme-europeen/00087023

Nov 21

ARMES NUCLÉAIRES EN EUROPE: BERLIN S’OPPOSE AU «RETRAIT PRÉCIPITÉ» DES USA DU TRAITÉ FNI

Selon le chef de la diplomatie allemande, l’éventuelle sortie des États-Unis du Traité FNI risquera de relancer le débat sur les armes nucléaires en Europe.

L’Allemagne ne veut pas que le continent européen redevienne le lieu d’une course aux armements et s’oppose ainsi au retrait des États-Unis du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) annoncé par Donald Trump, a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas.

«Nous sommes contre la sortie précipitée des États-Unis du Traité FNI, car nous ne voulons pas faire de l’Europe l’arène de débats sur les armes nucléaires», a indiqué le chef de la diplomatie allemande intervenant mercredi devant les députés du Bundestag.

Selon lui, Berlin souhaite inclure les questions de désarmement et de contrôle sur les armes dans l’agenda international «au cours des mois à venir».

En octobre, Donald Trump avait annoncé que les États-Unis prévoyaient de sortir du traité sur les armes nucléaires à portée intermédiaire, signé en 1987 par Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan. Le document en question abolissait l’usage de toute une série de missiles d’une portée variant de 500 à 5.500 kilomètres.

Le lundi 19 novembre, Vladimir Poutine a promis que la décision américaine de sortir du Traité FNI ne resterait pas sans réponse de la part de Moscou. Auparavant, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, avait souligné que le retrait américain du traité forcerait la Russie à prendre des mesures pour assurer sa sécurité.

https://fr.sputniknews.com/international/201811211038997064-traite-fni-retrait-usa-allemagne-position/

Nov 21

INCIDENTS À RÉPÉTITION DANS LES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES DU SUD-EST

Depuis le début de l’année, les sites atomiques de la vallée Rhône-Durance voient se multiplier les incidents mettant en cause la sûreté (toute relative) des installations nucléaires, les atteintes à l’environnement et à la santé des populations et salariés. Vaucluse et Drôme (Tricastin), Gard (Marcoule), Bouches-du-Rhône (Cadarache), Ardèche (Cruas-Meysse) et encore un peu plus haut en Isère (Bugey)  : pas un site nucléaire n’échappe à la déliquescence, aux erreurs, aux fausses estimations (1). Alerte !

NDLR : cet article étant très bien détaillé, plutôt que de le publier in extenso sur ce site, je me contenterai de ne publier que les titres des sujets abordés dans cet excellent document que je vous conseille vivement d’aller lire sur le site indiqué tout en bas.

. Areva Tricastin (Vaucluse-Drôme)

Non-respect de sûreté dans le confinement des matières radioactives, pression anormalement hautes, risques de dissémination pour les travailleurs et l’environnement, durées de refroidissement insuffisantes, non-maîtrise des variations élémentaire des durées nécessaires à la cristallisation complète et au refroidissement des conteneurs.

. EDF Tricastin (Vaucluse), réacteurs nucléaires de 900 MWe chargés en Mox

Indisponibilité partielle du système de ventilation du bâtiment d’entreposage des produits de fission atomique (« combustible ») du réacteur 1.

. C.E.A.- Cadarache dans les Bouches-du-Rhône

Non-respect de deux règles de sûreté lors d’un transport de substances radioactives au sein du centre de Cadarache.

. C.E.A.- Cadarache dans les Bouches-du-Rhône