Juil 21

SUITE AUX NOUVELLES SANCTIONS DES ÉTATS-UNIS CONTRE L’IRAN, TÉHÉRAN PRÔNE LA LOI DU TALION

Iran sanctionsLe 20 avril 2016, la Cour suprême américaine avait décidé de saisir 2 milliards de dollars des fonds iraniens gelés aux États-Unis.

Le président iranien, Hassan Rohani, a affirmé hier que son pays répondrait de «manière appropriée» aux sanctions américaines, rapporte l’AFP. En revanche, il assure que son pays reste engagé par l’accord nucléaire conclu en juillet 2015 avec les grandes puissances, à savoir, les États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni ainsi que l’Allemagne (le Groupe 5+1). «La République islamique d’Iran respectera toujours ses engagements internationaux», a déclaré le président Rohani.

Mais si les États-Unis veulent «imposer de nouvelles sanctions sous n’importe quel prétexte, la nation iranienne répondra de manière appropriée», a-t-il indiqué. Et de poursuivre : «Nous ne pardonnerons pas les violations faites par les Américains.» Il a accusé les États-Unis de «duplicité». «D’un côté, ils envoient des rapports officiels au Congrès confirmant que l’Iran respectait complètement l’accord nucléaire, et de l’autre ils imposent de nouvelles sanctions en avançant diverses excuses, contraires à la logique et l’esprit» de l’accord » a-t-il observé.

La veille, les États-Unis ont frappé l’Iran de nouvelles sanctions juridiques et financières contre son programme de missiles balistiques et ses activités «déstabilisatrices» au Proche-Orient, même s’ils comptent conserver l’accord sur le nucléaire. Accord en vertu duquel l’Iran, soupçonné malgré ses démentis de chercher à fabriquer l’arme nucléaire, a accepté de réduire pendant au moins dix ans ses activités nucléaires sensibles contre la levée partielle et progressive de sanctions internationales.

Mardi dernier, la diplomatie iranienne a menacé de «sanctionner de nouveaux individus et entités américains ayant agi contre le peuple iranien et d’autres peuples musulmans de la région». De son côté, le Parlement iranien a ouvert une procédure pour voter une loi de renforcement du programme balistique et de la force Qods des Gardiens de la Révolution, pour lutter contre les actions «terroristes» et «l’aventurisme» de Washington.

Au-delà de l’accord, Washington a maintenu d’autres sanctions visant le programme de missiles balistiques de Téhéran ainsi que son soutien à des mouvements armés au Moyen-Orient. Les grandes banques européennes, qui ont généralement des filiales sur le territoire américain, hésitent à établir des relations avec l’Iran, craignant des poursuites judiciaires et des amendes aux États-Unis. Les capitales occidentales se souviennent de l’amende de 8,9 milliards de dollars infligée en 2014 par la justice américaine à BNP Paribas pour des transactions en Iran.

Par ailleurs, la levée des sanctions internationales conformément à l’accord signé avec le Groupe 5+1 est assortie d’une clause dite «snap back», prévoyant un rétablissement automatique des sanctions par le Conseil de sécurité de l’ONU si Téhéran ne tient pas ses engagements. Le 20 avril 2016, la Cour suprême américaine a décidé de saisir 2 milliards de dollars des fonds iraniens gelés aux États-Unis.

Cet argent est réclamé par les familles d’un millier de victimes américaines d’attentats commis ou parrainés par Téhéran, selon Washington. Entre autres, les proches de 241 soldats américains tués le 23 octobre 1983 dans deux attentats-suicide qui ont frappé les contingents américain et français de la Force multinationale de sécurité à Beyrouth et les victimes d’un attentat en 1996 contre les tours de Khobar en Arabie Saoudite, qui a tué 19 Américains.

Cette décision a été qualifiée, le lendemain par le ministère des Affaires étrangères iranien, de «vol». Le 17 mai de la même année, le Parlement iranien a voté une loi obligeant le gouvernement à réclamer des dommages aux États-Unis pour les «actions hostiles et les crimes» commis contre l’Iran depuis 63 ans.

«Le gouvernement a le devoir de prendre les mesures nécessaires pour compenser les dommages (matériels et moraux) causés par les États-Unis» à l’Iran ou «à ses ressortissants depuis 63 ans», est-il relevé dans le texte. Il y est cité «les dommages matériels ou moraux» causés par les États-Unis depuis le coup d’État contre le gouvernement nationaliste de Mohammad Mossadegh en 1953, dont ceux commis durant la guerre Iran-Irak (1980-1988), ceux provoqués par la destruction de plateformes pétrolières dans le Golfe ou encore l’espionnage mené par les Américains contre l’Iran.

Lourd passif

En 1953, les agences de renseignement américaines et britanniques organisent un coup d’État pour faire chuter le Premier ministre démocratiquement élu, Mohammad Mossadegh, qui a voulu nationaliser l’industrie pétrolière iranienne. Le shah d’Iran, Mohammed Reza Pahlavi, soutenu par les États-Unis, prend le pouvoir.

Il est contraint de quitter le pays en janvier 1978 après des mois de manifestations et des attaques contre ses règles et ses lois par des opposants séculiers et religieux. Le 1er février 1979, Khomeiny entre à Téhéran consacrant ainsi le pouvoir des ayatollahs. Les événements se précipitent. Le 4 novembre de la même année, des étudiants occupent l’ambassade américaine dont le personnel ne sera libéré que le 20 janvier 1981. En septembre 1980 est déclenchée la guerre irano-irakienne suite à l’agression des troupes de Saddam Hussein.

Au paroxysme de ce conflit, éclate le scandale de l’Irangate. Il s’agit de vente secrète d’armes américaines à l’Iran. L’argent récolté sera versé aux contre-révolutionnaires nicaraguayens engagés dans une guerre contre le gouvernement sandiniste. Aujourd’hui, les frictions entre Washington et Téhéran constituent un des facteurs d’instabilité dans la région du Moyen-Orient où chacun compte des alliés.

Les contentieux entre les deux pays sont complexes : l’équilibre militaire dans le Golfe, Israël, Bahreïn, Liban, Syrie, Yémen, entre autres. Des écheveaux difficiles à dénouer. Jusque-là, ils ont évité la confrontation militaire directe. Mais les guerres par procuration sont alimentées pour faire perdurer des conflits dont chaque rival voit la solution en fonction de ses intérêts nationaux.

http://elwatan.com/international/teheran-prone-la-loi-du-talion-20-07-2017-349399_112.php

Juil 21

ARMÉES : APRÈS LA «CRISE», MACRON LANCE L’OPÉRATION RECONQUÊTE

Macron arméesLe chef de l’État était en visite hier à Istres, maillon clé de la dissuasion nucléaire. Un déplacement sensible après la crise provoquée par la démission du général de Villiers au cours duquel le président Macron a renouvelé ses engagements envers les armées.

À Istres, l’heure était à la calinothérapie. Au lendemain de la crise provoquée par la démission fracassante du chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, Emmanuel Macron s’est évertué hier à reconquérir le cœur et les esprits des militaires, multipliant les hommages à leur action et les assurances budgétaires.

«Je veux que vous ayez les moyens de vos missions», a lancé le chef de l’État et des armées dans une adresse au personnel de la base aérienne 125 d’Istres (Bouches-du-Rhône), qui figure parmi les maillons clefs des forces de dissuasion nucléaire.

«Votre engagement, l’engagement de l’armée de l’air comme celui de toutes les armées est nécessaire et je le respecte profondément, (…) je sais ce que la Nation vous doit», a insisté le président, assurant les militaires de sa «profonde estime» et de sa «confiance».

Le ministère des Armées n’est pas «un ministère comme les autres parce que des vies sont engagées au quotidien», a-t-il encore observé avant d’ajouter : «Je ne laisserai personne dire que des choix budgétaires se font aux dépens de votre sécurité. C’est faux. J’en serai le garant.»

Emmanuel Macron a réaffirmé que le budget de la Défense serait porté à 34,2 milliards d’euros en 2018, soulignant qu’«aucun budget (ministériel) autre que celui des armées ne sera augmenté» cette année-là. Il a également réaffirmé sa volonté de porter l’effort de défense à 2 % du PIB d’ici à 2025.

«Ce sont des engagements que j’ai pris et que je tiendrai», a-t-il martelé, relevant que l’augmentation de 1,8 milliard d’euros du budget des armées prévue en 2018 étant sans précédent «ces dernières années».

Quant aux polémiques sur les économies demandées en 2017 et qui ont conduit au départ du général de Villiers, «nous méritons collectivement mieux qu’un tel débat», a jugé le président, qui a cependant rendu un «chaleureux hommage» au général, «grand soldat aimé et admiré de ses subordonnés».

Mais, pour le chef de l’État, «le premier élément» est désormais «d’avoir une stratégie diplomatique, militaire, capacitaire», qui fera l’objet d’une réflexion «conduite dans les prochaines semaines sous l’autorité de la ministre des Armées» Florence Parly. À ses côtés lors de la visite à Istres, la ministre devra lui rendre ses conclusions «à l’automne»

En 2017, a encore certifié M. Macron, «le montant de la loi de finances initiale sera respecté» et, s’il y a «une contribution des armées à la solidarité nationale», à hauteur de 850 millions d’euros, «ces décisions de gestion (…) n’auront aucun impact, ni sur la stratégie, ni sur les capacités, ni sur l’effort» de défense.

À Istres, Emmanuel Macron était accompagné pour la première fois du général François Lecointre, successeur du général de Villiers. L’armée est à nouveau en ordre de marche au sommet.

Istres, maillon clé de la dissuasion nucléaire

Avec les quatre sous-marins lanceurs d’engin (SNLE) de la Force océanique stratégique de l’Île Longue, en Bretagne, la base aérienne d’Istres constitue un élément fondamental de la force de dissuasion française. Mise au point dans les années 1950 et 1960, au cœur de la Guerre froide et dans un contexte de défiance permanente vis-à-vis des autres puissances mondiales, la mise au point d’une dissuasion nucléaire crédible et efficace avait pour but la garantie de l’indépendance nationale de la France et de sa sécurité.

La force de dissuasion est ainsi constituée de deux composantes indépendantes et complémentaires.

La composante océanique, située sur la base de l’Île Longue (Finistère), regroupe des sous-marins lanceurs d’engin (SNLE) équipés de missiles balistiques intercontinentaux.

La composante aéroportée, quant à elle, est constituée de missiles ASMPA (missiles air-sol de moyenne portée améliorée) qui sont majoritairement mis en œuvre sur des Mirage 2000N ou des Rafale, dont la visibilité traduit la «détermination française à agir» selon le ministère des armées.

La dissuasion repose sur 3 principes :

. la permanence, ce qui signifie que les dispositifs sont toujours effectifs ;

. la crédibilité, c’est-à-dire la complémentarité des composantes océanique et
aéroportée en termes de portée et de précision et enfin

. la stricte suffisance, qui ébauche une dissuasion strictement défensive pour répondre
aux besoins de la France.

Depuis les années 1980 et la mise en œuvre du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, l’arsenal français a été réduit de moitié, atteignant aujourd’hui 300 armes.

La dissuasion nucléaire reste cependant un élément clé du budget de la Défense, atteignant 3,9 milliards d’euros en 2917, soit 12 % du budget.

http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/21/2615903-armees-apres-la-crise-macron-lance-l-operation-reconquete.html

Juil 21

EPR FINLANDAIS: LE CLIENT TVO ANNONCE UN NOUVEL ARBITRAGE PARTIEL EN SA FAVEUR

EPR FinlandeL’électricien finlandais TVO a annoncé jeudi un nouvel arbitrage partiel en sa faveur de la Chambre de commerce internationale (CCI) dans le litige l’opposant à Areva sur le chantier du réacteur EPR en Finlande, une décision qui « déçoit » le groupe français.

La construction du réacteur de troisième génération par le groupe français et son partenaire allemand Siemens à Olkiluoto (sud-ouest de la Finlande) connaît d’importants retards et surcoûts, qu’Areva et TVO s’imputent mutuellement.

Les deux groupes ont porté leur différend devant un tribunal d’arbitrage de la Chambre de commerce internationale à Paris. Areva réclame 3,4 milliards d’euros de dédommagements et TVO 2,6 milliards.

En novembre 2016, TVO avait déjà revendiqué un arbitrage partiel en sa faveur venant de la CCI concernant notamment le calendrier des travaux et la conception du réacteur aux premiers stades du chantier.

Cette fois-ci, la cour s’est penchée sur les documents liés à la conception et à la réalisation du projet.

La CCI « rejette les méthodes analytiques que le fournisseur (Areva) a employées« , a déclaré à l’AFP le directeur général adjoint de TVO, Risto Siilos, précisant que le contenu et le moment de la remise des documents étaient des questions essentielles dans le dossier.

Les deux décisions successives de la CCI tendent à prouver que la balance penche « en faveur de TVO », a ajouté Risto Siilos.

En revanche, la CCI n’a pas statué sur la question des montants réclamés par chacune des deux entreprises.

Un porte-parole du groupe français, contacté par l’AFP, s’est dit « déçu par cette décision partielle ».

Il a cependant rappelé que d’autres étaient attendues avant la décision finale prévue début 2018.

La sentence de la CCI « n’impacte pas du tout le projet qui se déroule conformément aux jalons prévus », a-t-il ajouté.

La mise en service du réacteur EPR en Finlande, prévue initialement pour 2009, est désormais programmée pour 2018, alors que le chantier a débuté en 2005.

Ce contentieux a un temps freiné un accord pour le rachat par EDF de la branche réacteur d’Areva (Areva NP), l’électricien français ne voulant pas assumer les risques associés à l’EPR d’Olkiluoto.

Finalement, le projet restera dans une entité distincte d’Areva NP, toujours sous la responsabilité d’Areva.

https://www.romandie.com/news/EPR-finlandais-TVO-annonce-un-nouvel-arbitrage-partiel-en-sa-faveur/816686.rom

Juil 21

LE ROBOT-POISSON FAIT LES PREMIERS CLICHÉS À L’INTÉRIEUR DE FUKUSHIMA

Mini robotLe robot Mini-mambo, spécialement créé pour examiner les enceintes de confinement des réacteurs de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, a réalisé ses premières photos. Cependant, les données collectées sont insuffisantes et le travail sera poursuivi.

Le robot-poisson conçu au Japon pour observer l’intérieur du réacteur de la centrale nucléaire Fukushima 1 endommagé a pris les premières photos à l’intérieur du troisième réacteur, a fait savoir mercredi la société Tepco, opérateur de la centrale.

Cependant, ajoute l’agence Kyodo, le robot n’a pas réussi à établir la quantité de combustible nucléaire fondu et l’importance des dommages subis par le réacteur, bien qu’ils soient plus considérables que dans le deuxième réacteur.

Il est donc prévu de poursuivre la mission du robot le 21 juillet.

Le robot cylindrique fait 13 par 30 centimètres et est baptisé Mini-mambo («mini-poisson-lune»). Dirigé par câble, ce robot examine l’enceinte de confinement du réacteur N°3, qui est remplie d’eau de refroidissement, à une profondeur de six mètres. Les informations collectées seront utilisées pour calculer le volume des travaux devant retirer les déchets radioactifs du réacteur de la centrale nucléaire.

En mars 2011, un séisme et un tsunami dévastateurs ont frappé le Japon, provoquant une série d’accidents dans la centrale nucléaire de Fukushima 1. Suite à cette catastrophe, près de 19.000 personnes ont péri ou ont été portées disparues, et 160.000 personnes ont perdu leurs maisons. La fonte du combustible dans trois réacteurs a entraîné la contamination de vastes zones aux alentours du site.

https://fr.sputniknews.com/sci_tech/201707191032290426-japon-fukushima-robot/

Juil 20

DÉMISSION EN MASSE AU COMITÉ D’INDEMNISATION DES VICTIMES DES ESSAIS NUCLÉAIRES (CIVEN)

CivenBronca au Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen). Lors d’une réunion du comité lundi à Paris, six des neuf membres ont démissionné à la suite de la récente modification de la loi Morin qui prive désormais le Civen de toute expertise scientifique sur les dossiers d’indemnisation. L’examen des dossiers polynésiens s’en trouve bloqué jusqu’à nouvel ordre.

C’est une exclusivité Radio 1. Lundi à Paris, la réunion du Comité d’indemnisation des victimes des essais nucléaires (Civen) a tourné court avec la démission groupée de six des neuf membres du comité. Pourquoi ? Parce que depuis la modification de la loi Morin d’indemnisation des victimes des essais nucléaires en février dernier et la suppression de la notion de « risque négligeable » d’irradiation des victimes, le comité composé de médecins spécialisés estime ne plus avoir aucune expertise scientifique à apporter sur les dossiers d’indemnisation.

Cette éventualité d’une démission massive, très lourde de conséquences, avait été évoquée en mars dernier sur Radio 1 par le président de l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) Jean-Luc Sans. Les membres du Civen ont donc vraisemblablement attendu le dernier avis du Conseil d’État, rendu fin juin, confirmant l’applicabilité immédiate de la réforme de la loi Morin pour prendre leur décision.

Les dossiers d’indemnisation bloqués

La principale conséquence de cette démission massive des membres du Civen est le blocage des dossiers d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, et donc des dossiers de Polynésiens. Paradoxalement, la nouvelle réforme de la loi Morin qui était destinée à favoriser les indemnisations n’a conduit, jusqu’à aujourd’hui, qu’à bloquer le processus. D’abord lorsque le Civen a attendu l’avis du Conseil d’État entre mars et juin, puis aujourd’hui avec la démission de ses membres.

De source proche du dossier, deux options s’offrent maintenant au gouvernement central. Soit il procède au remplacement des membres du Civen ; une procédure qui passera par une sélection des candidats et des arrêtés de nomination. Soit le gouvernement réunit les deux commissions créées par la loi Morin : la commission consultative de suivi des essais nucléaires et la commission créée en février dernier par la dernière modification de la loi Morin ; mais encore faudra-t-il nommer les membres de cette dernière commission.

https://www.radio1.pf/demissions-en-masse-au-civen/

Juil 20

NICOLAS HULOT ESTIME QUE L’OBJECTIF DE RÉDUCTION DU NUCLÉAIRE SERA DIFFICILE À TENIR

HulotLa polémique se poursuit autour de la baisse de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a estimé mardi 18 juillet, devant les sénateurs, que l’objectif de passer de 75 à 50% de nucléaire d’ici 2025 serait difficile à tenir. Il évoque désormais la fermeture de 25 réacteurs, et non plus 17, pour y parvenir.

Interrogé par la commission des affaires économiques du Sénat mardi 18 juillet, Nicolas Hulot est revenu sur l’objectif de réduire de 75 à 50% la part du nucléaire dans le mix électrique d’ici 2025. Le ministre de la Transition écologique et solidaire estime qu’il va être difficile à tenir. « Comme nous avons déjà perdu des années précieuses, cet objectif, ne nous cachons pas derrière le petit doigt, (…), je pense qu’il va être difficile » a-t-il déclaré. 

« J’ai demandé à mes services ce que cela signifiait, dans un souci de vérité. Si on veut réaliser cette loi, ce n’est pas 17 mais 25 réacteurs que l’on doit fermer« , a ajouté Nicolas Hulot. « Je ne veux pas qu’on soit dans le mensonge« . Le ministre de la Transition écologique a toutefois dit vouloir éviter tout dogmatisme et toute « brutalité » pour atteindre le but inscrit dans la loi de transition énergétique, adoptée sous le quinquennat précédent.

Une approche « réaliste« 

La semaine dernière, il avait indiqué sur RTL qu’il faudrait « peut-être fermer jusqu’à 17 réacteurs«  sur les 58 que compte le parc français. Deux jours plus tard, le Premier ministre Édouard Philippe, dans une interview aux Échos, avait appelé à « la prudence« . « L’idée n’est pas de rompre avec le nucléaire mais d’arriver à un mix énergétique plus équilibré » avait-il précisé.

« J’ai simplement dit tout haut ce que personne n’ose dire« , a précisé l’ancien animateur de télévision devant les sénateurs. « Dans la PPE, autant les objectifs de la loi transition énergétique sur l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables ont été bien pris en compte, autant il n’y a quasiment pas une ligne sur l’objectif de nucléaire. Je veux revenir dans la rationalité, regarder les scénarios, replanifier le tout sur des choses réalistes« .

Dans son rapport annuel en 2016, la Cour des comptes avait estimé que l’objectif de 50% à l’horizon 2025 aurait pour conséquence de réduire d’environ un tiers la production nucléaire en France, soit l’équivalent de 17 à 20 réacteurs.

Concepcion Alvarez @conce1

http://www.novethic.fr/lapres-petrole/energie-nucleaire/isr-rse/transition-energetique-l-objectif-sur-le-nucleaire-difficile-a-tenir-selon-hulot-144655.html

Juil 19

CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE : INCIDENT DE NIVEAU 1 SIGNALÉ

FlamanvilleUn dysfonctionnement dans un système de sécurité du réacteur n°2 de Flamanville (50) a été découvert lors d’une opération de maintenance le 11 juillet dernier.  

L’information a été révélée par nos confrères de Tendance Ouest . Lors d’une opération de maintenance, les équipes d’EDF ont observé qu’une vanne du système d’injection de sécurité ne fermait pas dans l’Unité 2 (à l’arrêt) de la centrale de Flamanville.

Il s’agit d’une des vannes utilisées pour refroidir en injectant de l’eau dans le réacteur en cas de problème lors du chargement du combustible. Chaque système de vanne est couplé à un autre, rappelle EDF, joint par téléphone.

Dans ce cas de figure, les opérations de manutention du combustible doivent être interrompues. Ce protocole n’a pas été suivi et le chargement du combustible a continué. L’incident du 11 juillet n’ayant été détecté que le 12 juillet.

L’incident a été signalé lundi 17 juillet à l’Autorité de sûreté nucléaire. Il est classé au niveau 1 sur une échelle qui en compte 7.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/manche/nord-cotentin/flamanville/centrale-nucleaire-flamanville-incident-niveau-1-signale-1299317.html

Note du réseau Sortir du Nucléaire : une vanne d’injection d’eau de sécurité qui se bloque des heures peut signifier un refroidissement excessif du combustible et… un départ de « réaction en chaîne incontrôlée » ou dit autrement une fusion du combustible !…

Juil 19

LA FRANCE DOIT SE « PLIER » AUX DEMANDES DE BRUXELLES (HULOT)

BarrageLa France va devoir appliquer les demandes de Bruxelles concernant la suppression des tarifs réglementés de vente de gaz et d’électricité et l’ouverture des concessions des barrages hydroélectriques, a estimé mardi le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot.

La France ne pourra pas continuer à « repousser l’échéance » sur ces deux sujets, sources de désaccord ces dernières années entre Paris et la Commission européenne, défendant la concurrence, a affirmé le ministre, auditionné par la commission des affaires économiques du Sénat.

S’ils ont été supprimés pour les gros consommateurs, les tarifs réglementés de vente de gaz et d’électricité, sont toujours en vigueur en France pour les particuliers et les petits professionnels, malgré la libéralisation du marché depuis 10 ans.

« On a des injonctions, on peut faire en sorte que ça soit lissé dans le temps, mais nous avons déjà repoussé l’échéance et il en va du gaz comme de l’électricité, à un moment ou à un autre, il faudra s’y plier », a déclaré M. Hulot devant les sénateurs.

Le Conseil d’État doit se prononcer mercredi sur un recours déposé par les fournisseurs alternatifs, concurrents d’Engie (ex-GDF Suez), contre les tarifs réglementés du gaz.

Semblant anticiper la décision de la plus haute juridiction administrative, le ministre a aussi assuré que le gouvernement allait « faire en sorte que ça se fasse le moins douloureusement possible ».

Concernant l’hydroélectricité, la Commission européenne a mis en demeure la France d’ouvrir à la concurrence ses barrages, aujourd’hui essentiellement concédés par l’État à EDF, pour introduire plus de concurrence dans ce secteur.

Là encore, « on ne pourra pas repousser en permanence l’échéance », a jugé M. Hulot.

Pour répondre à Bruxelles, la loi sur la transition énergétique, votée en 2015, a introduit la possibilité de créer des sociétés d’économie mixte (SEM), au capital partagé entre public et privé, et la possibilité de prolonger les concessions en contrepartie de la réalisation de travaux nécessaires.

Au-delà de ces deux options, la France n’a « pas beaucoup d’autres marges de manœuvre », a expliqué le ministre, estimant que sinon la France risquait « de rentrer dans des contentieux qui sont lourds », et qui pourraient porter préjudice à EDF, exploitant 85% de la puissance installée en France.

https://www.romandie.com/news/La-France-doit-se-plier-aux-demandes-de-Bruxelles-Hulot/816052.rom

Juil 18

STOP EPR : MANIFESTATION À SAINT LÔ LE SAMEDI 30 SEPTEMBRE 2017

EPRLa manifestation aura lieu à 14h 30, Place de la Mairie de Saint Lô.

Pourquoi cette manifestation ? Parce que :

  • La cuve du réacteur nucléaire EPR de Flamanville, était défectueuse avant même que le décret d’autorisation ne soit publié en 2007. Elle risque de se fissurer au premier choc thermique et d’entraîner une catastrophe.
  • AREVA, EDF, l’Autorité de Sûreté Nucléaire ont attendu avril 2015 pour le révéler, après que la cuve eut été installée dans le bâtiment-réacteur, d’où elle ne peut être ressortie. Le gouvernement doit donner sa décision en octobre 2017 pour la cuve.
  • Le coût de ce chantier a triplé pour dépasser les 10 milliards d’euros. Au lieu de mettre fin au désastre, le gouvernement de Mr Cazeneuve l’a prolongé de 3 ans en mars 2017. C’est pourquoi 3 recours et une plainte ont été déposés par les associations pour que la démocratie soit respectée, les falsifications sanctionnées et que cesse ce chantier à marche forcée.
  • Nos gouvernants tentent par un coup de poker de sauvegarder « la grandeur de la France nucléaire » et d’assurer à l’EPR un débouché sur la scène du commerce international. La fermeture de la vieille centrale de Fessenheim est maintenant conditionnée à la mise en service de l’EPR. Tout cela bien sûr, à n’importe quel prix : celui d’y sacrifier notre sécurité, notre santé, notre porte-monnaie, notre avenir. Aussi mobilisons-nous pour l’abandon de ce chantier désastreux.

Pour signer la pétition et voir la vidéo : « Que faire de l’EPR ? D’après Groland » (1mn22s), cliquer sur : https://www.can-ouest.org/

Juil 18

TRUMP MAINTIENT L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN MAIS VA IMPOSER D’AUTRES SANCTIONS À TÉHÉRAN

Trump rohaniDonald Trump a décidé de préserver l’accord sur le programme nucléaire iranien négocié par son prédécesseur Barack Obama, et d’imposer à Téhéran de nouvelles sanctions pour ses missiles balistiques et ses actions au Moyen-Orient.

Le 17 juillet, le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis préserveraient l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu sous la présidence de Barack Obama. Cet accord avait été signé en grande pompe le 14 juillet 2015 à Vienne par l’Iran et six grandes puissances (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni et Allemagne).

La décision de maintenir l’accord survient alors que durant sa campagne, Donald Trump avait promis de «déchirer» le pire accord jamais paraphé, selon lui, par les États-Unis. Depuis que l’accord est entré en vigueur le 16 janvier 2016, l’administration américaine doit le «certifier» auprès du Congrès tous les 90 jours, c’est-à-dire attester que Téhéran en respecte les termes.

Accord «certifié»

Avant de le certifier ce 17 juillet, le gouvernement Trump l’avait fait une première fois en avril dernier. En mai, le président républicain avait même poursuivi la politique de son prédécesseur, le démocrate Barack Obama, de levée des sanctions liées au nucléaire. Son administration avait toutefois lancé au printemps un réexamen, toujours en cours.

L’autorité onusienne de surveillance de l’accord sur le nucléaire iranien, connu sous son acronyme JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action) et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avaient félicité en juin l’Iran pour le respect de ses engagements (démantèlement des deux tiers de ses centrifugeuses, renoncement à 98% de son stock sensible d’uranium et bétonnage du cœur de son réacteur à eau lourde).

Les relations des États-Unis avec l’Iran restent pourtant tendues.

«Nouvelles sanctions»

Dans la foulée de sa décision de maintenir l’accord, Washington a annoncé – comme ce fut le cas en mai – que d’autres mesures punitives seraient imposées à l’Iran pour ses missiles balistiques et ses actions «déstabilisatrices» au Moyen-Orient. «Nous prévoyons la mise en œuvre de nouvelles sanctions qui concernent le programme de missiles balistiques iraniens», a souligné l’un des responsables de la Maison Blanche. 

En outre, le Sénat a voté en juin un projet de loi pour punir Téhéran, que Washington accuse de soutenir «des actes terroristes internationaux». Le département d’État continue aussi, depuis 1984, de considérer la puissance régionale chiite comme un «État soutenant le terrorisme». 

«L’Iran demeure l’une des plus dangereuses menaces pour les intérêts des États-Unis et pour la stabilité régionale», a tonné l’un des responsables de l’administration Trump.

Depuis son arrivée au pouvoir, le nouveau président américain a resserré les liens avec l’Arabie saoudite sunnite (elle-même accusée par l’Iran et d’autres pays de soutenir le terrorisme), appelant à «isoler» le rival iranien chiite.

«Le président Donald Trump et le secrétaire d’État Rex Tillerson estiment que ces activités iraniennes sapent gravement l’objectif de l’accord qui devait contribuer à la paix et à la sécurité régionales et internationales», a souligné un cadre américain.

De son côté, Mohammad Javad Zarif, chef de la diplomatie iranienne de passage le 17 juillet à l’ONU à New York, estime que l’administration Trump envoie des «signaux contradictoires» sur la volonté des États-Unis de respecter l’accord sur le long terme.

https://francais.rt.com/international/41114-iran-trump-garde-accord-sur-nucl%C3%A9aire-imposer-autres-sanctions

Juil 18

LE NUCLÉAIRE MILITAIRE: UNE CHASSE GARDÉE!?

nucléaire chasse gardéeLa Chambre des représentants états-unienne a voté, vendredi dernier, la création d’une nouvelle branche de l’armée des États-Unis – «Corps de l’espace» – qui serait chargée de gérer les opérations spatiales. Ce qui annonce, à terme, la course à l’armement spatial qui ne pourrait être qu’atomique, polluant un peu plus l’environnement spatial. Le danger est proche. Dans l’esprit des législateurs états-uniens cette décision – ils le soulignent – entre de plain-pied dans la protection des États-Unis. Certes! Relevons néanmoins, que les États-Unis, à l’instar des grandes puissances – occidentales, il faut le préciser- se permettent ce qu’ils proscrivent de facto aux autres.

Alors que l’atome, vecteur de défense, n’est ni acquis ni maîtrisé sur la Terre, un pays cherche à l’exploiter dans l’espace. Il est patent, que l’armement conventionnel n’a [pas] sa place dans l’espace, seule l’énergie atomique sera utile dans le vide interplanétaire. C’est dans ce contexte qu’il faut s’interroger sur le fait que la recherche scientifique, plus précisément la recherche nucléaire et ses applications, soit considérée par l’Occident comme une chasse gardée. Vendredi dernier, le monde célébrait le deuxième anniversaire de l’accord sur le nucléaire iranien, par lequel Téhéran s’est vu réduire ses prérogatives dans ce domaine. Notons que l’Iran n’en a retiré aucun bénéfice, l’accord restant sans effet ni retombée significative pour le pays.

L’Iran rentré dans les rangs, l’Occident s’attaque au nucléaire nord-coréen, demandant à Pyongyang (rien de moins) le démantèlement de son programme nucléaire. Plus que jamais, la maxime «faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais» est de mise. Les États-Unis ont ainsi le droit de se défendre, y compris en créant des armes spatiales, les autres n’ont le droit que de se conformer à ce qui leur est prescrit. Mise en quarantaine, isolée, sanctionnée, la Corée du Nord, a ainsi estimé avoir le droit d’avoir sa propre force de dissuasion. La question n’est pas de faire chorus et dire que la Corée du Nord constitue un danger pour la sécurité du monde. En fait, tout pays qui détient des armes de destruction massive – surtout lorsque ce pays n’est soumis à aucun contrôle, ce qui est le cas des Occidentaux – constitue un danger potentiel pour la sécurité de notre planète. Les choses étant ce qu’elles sont, ce n’est pas encore là – du moins pour le moment – l’essentiel. L’essentiel, est cette interdiction faite aux pays tiers de s’adonner à des recherches dans des secteurs arbitrairement soustraits à leur connaissance, dès lors qu’ils ne répondent pas aux critères édictés par l’Occident. En effet, en dehors de la Russie et de la Chine – les deux seules grandes puissances non occidentales disposant de la force atomique – les vrais décideurs en la matière, ce sont les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et…Israël. Le leadership de la guerre contre le nucléaire iranien a été assuré par les États-Unis et Israël [lequel est une puissance nucléaire clandestine, hors du droit international, non contrôlée et incontrôlable]. C’est donc ce quarteron d’États qui s’intitule abusivement «communauté internationale» qui a établi des critères de «confiance» pour tout pays voulant accéder au savoir-faire des technologies de pointe, en particulier la recherche nucléaire. Or, ledit critère de «confiance» occidental est spécieux. Ainsi, les Occidentaux qui se permettent de pousser jusqu’à leurs ultimes extrémités ces connaissances (cf; la décision états-unienne concernant les armes spatiales), prétendent, dans le même temps, prohiber l’accès à ces connaissances à une grande partie de l’humanité sous le prétexte que celle-ci ne partage ni leur croyance ni leur vision du monde et de son devenir. Ainsi, tout programme de recherche nucléaire qui échappe à ces gardiens du temple est aussitôt qualifié, par eux, de programme nucléaire militaire. Nous l’avons dit, le programme nucléaire civil est une supercherie occidentale, dès lors que tout programme de recherche, quel que soit son but peut avoir des applications militaires. Cela, l’Occident le sait parfaitement qui veut contrôler toute recherche pouvant aboutir à la maîtrise du know-how – singulièrement dans le nucléaire – permettant des applications aussi bien civiles que militaires. Toute la problématique est donc là: l’Occident veut instaurer des frontières fictives dans le traitement du savoir, ne voulant pas que des pays puissent, par leurs seuls moyens, accéder à un savoir qu’il veut exclusif. Aussi, quand la carotte ne suffit pas, il utilise le bâton. L’Iran, la Corée du Nord et tout pays n’entrant pas dans le «politiquement correct» édicté par l’Occident, fait ainsi désordre. À l’évidence, cette chasse gardée que l’Occident veut instaurer sur le nucléaire est inconcevable!

Article de Karim MOHSEN

http://www.lexpressiondz.com/edito/271477-le-nucleaire-une-chasse-gardee.html

Juil 18

DÉCHETS NUCLÉAIRES : L’IRSN N’EST PAS CONVAINCU PAR L’ARCHITECTURE DE CIGÉO

DéchetsL’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire n’est pas convaincu que l’architecture de Cigéo empêche le transfert de radionucléides. Les modifications architecturales demandées par l’IRSN pourraient impacter le coût du site.

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) n’est pas convaincu que les options d’optimisation de l’architecture du Centre industriel de stockage géologique (Cigéo) de déchets nucléaires garantissent une sûreté optimale. L’Institut souhaite que l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) revoie certaines options pour réduire le risque de transfert de radionucléides. C’est ce qui ressort de l’avis <https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-29405-avis-irsn-option-surete-cigeo.pdf>  et des tomes 1 <https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-29405-tome-1-rapport-irsn-surete-cigeo.pdf>  et 2 <https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-29405-tome-2-rapport-irsn-surete-cigeo.pdf>  du rapport de l’IRSN sur le dossier d’options de sûreté <https://www.actu-environnement.com/ae/news/options-surete-cigeo-asn-andra-23693.php4>  du projet de stockage de déchets radioactifs de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MAVL) en formation géologique profonde.

L’architecture détermine le coût de Cigéo

En janvier 2016, un arrêté fixait un objectif de coût de 25 milliards d’euros <https://www.actu-environnement.com/ae/news/dechets-radioactifs-cout-objectif-cigeo-arrete-26065.php4>  pour le stockage souterrain des déchets radioactifs. Les principaux financeurs du projet, EDF et Areva, estimaient qu’il était possible d’enfouir ces déchets pour un coût de 20 milliards d’euros. L’Andra, qui est chargée de la construction, évalue pour sa part le montant du site dont la construction est envisagée à Bure (Meuse) <https://www.actu-environnement.com/ae/news/reponse-andra-debat-public-cigeo-21571.php4>  à quelque 30 milliards d’euros. Quant à la Cour des comptes <https://www.actu-environnement.com/ae/news/nucleaire-facture-duree-vie-reacteurs-edf-cour-comptes-21766.php4> , elle faisait état en 2014 d’évaluations allant de 14,8 milliards (pour un contre-projet aujourd’hui abandonné <https://www.actu-environnement.com/ae/news/projet-cigeo-stockage-geologique-dechet-radoactif-16047.php4> ) à 43,6 milliards (pour la fourchette haute de l’Andra).

Pour tenter de rapprocher les acteurs, Ségolène Royal, alors ministre en charge de l’environnement, leur demandait d’optimiser la conception du site afin d’en abaisser le coût. Au cœur de cette optimisation économique figure l’architecture de Cigéo : longueur des galeries, nombres d’alvéoles de stockage et nombre de scellements sont des éléments clés pour le coût de l’installation. EDF et Areva plaident pour un site plus compact. Ils proposent, par exemple, de creuser de plus grandes alvéoles pour en limiter le nombre. L’Andra, pour sa part, propose de réduire les risques en optant pour des alvéoles de plus petite taille, plus nombreuses et contenant moins de déchets. Cette optimisation économique de Cigéo passe aussi par la réduction du nombre de scellements des galeries.

L’IRSN explique que le dossier de l’Andra retient plusieurs grands principes architecturaux permettant de diminuer les linéaires de galeries et le nombre de scellements. Si l’évolution du site à long terme est conforme au scénario de référence, ces optimisations ne devraient pas augmenter significativement l’impact radiologique du site, explique l’IRSN.

Allonger les galeries

Mais la sûreté du site doit être évaluée pour tous les scénarios et « l’IRSN regrette que l’Andra n’ait pas présenté (…) une analyse d’options d’architecture qui permette d’évaluer l’impact des pistes d’optimisation qu’elle retient vis-à-vis de la sûreté en exploitation ». L’Institut souhaite en particulier que l’Andra démontre que le transfert des radionucléides par les galeries reste inférieur à celui à travers la roche. « Les scellements apparaissent comme des ouvrages essentiels pour limiter ce transfert de radionucléides », rappelle l’IRSN qui « souligne que la suppression de plusieurs scellements de galerie dans la conception de Cigéo fait reposer un poids supplémentaire sur la bonne réalisation de tous les autres scellements ». Ce point est d’autant plus important qu’il est très difficile de démontrer in situ l’efficacité des scellements.

L’IRSN demande donc à l’Andra de revoir l’architecture de Cigéo. « L’allongement des galeries entre les quartiers de déchets et les ouvrages de liaisons surface-fond permettrait de pallier partiellement un éventuel dysfonctionnement de ces scellements, en augmentant les temps de transfert des radionucléides à travers les ouvrages », suggère notamment l’Institut. Dans le même esprit, il recommande de revoir le positionnement des liaisons surface-fond par rapport aux quartiers de stockage. Ces recommandations visent tout particulièrement le quartier des déchets de moyenne activité à vie longue puisque les colis n’ont aucune fonction de confinement à long terme.

Vers des modifications majeures des alvéoles MAVL ?

Un autre élément menace les options architecturales retenues par l’Andra : le risque incendie associé aux déchets MAVL enrobés dans du bitume. Ces colis peuvent déclencher des réactions exothermiques et, lorsque ces réactions s’emballent, la matrice bitumée peut s’enflammer. Or, l’IRSN estime impossible de démontrer l’absence de risque pour des températures inférieures à 180°C, qui correspond au seuil retenu par l’Andra. « Un risque d’emballement de réactions exothermiques dans ces colis ayant pour conséquence un rejet important d’activité dans l’environnement ne peut être exclu en cas d’incendie », explique l’IRSN, concluant que « la conception actuelle du stockage ne [permet] pas le stockage sûr des déchets bitumineux ». L’enjeu est de taille puisque ces colis représentent près de 20% de l’ensemble de ceux destinés à Cigéo.

Pour y remédier, l’IRSN demande qu’une solution de neutralisation de la réactivité de ces colis soit privilégiée avant leur enfouissement. « Si un tel procédé ne pouvait être mis en œuvre, avertit l’Institut, des évolutions de conception majeures des alvéoles MAVL sont nécessaires. » L’IRSN ne précise pas quelles évolutions majeures devront être apportées, mais il précise que « les études associées apparaissent difficilement compatibles avec l’échéancier actuellement retenu pour la remise du dossier de demande d’autorisation de création <https://www.actu-environnement.com/ae/news/enfouissement-dechets-radioactifs-cigeo-bure-vote-assemblee-loi-27202.php4> « . Au-delà de l’augmentation du coût de Cigéo, c’est aussi le calendrier de mise en œuvre <https://www.actu-environnement.com/ae/news/cigeo-bois-lejuc-etude-impact-andra-29326.php4>  qui pourrait être malmené.

Article de Philippe Collet, Journaliste, rédacteur spécialisé.

https://www.actu-environnement.com/ae/news/dechets-nucleaires-irsn-pas-convaincu-par-architecture-cigeo-29405.php4

Juil 17

LA DEMANDE DE FEU VERT AU SITE DE BURE REPOUSSÉE À 2019

BureL’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a décidé de repousser d’un an, à la mi-2019, la demande officielle d’autorisation de création de son site de stockage de Bure, dans la Meuse, a déclaré son directeur général.

Dans une interview publiée lundi sur le site internet du Monde, Pierre-Marie Abadie assure que ce report du projet Cigéo n’a rien à avoir avec un avis récent de l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) qui a soulevé quatre points « susceptibles d’entraîner des modifications de conception du stockage des déchets » sur le futur site.

« Nous prévoyons désormais de déposer la demande d’autorisation de création de Cigéo mi-2019« , dit-il.

« Nous nous donnons douze mois de plus car, à mi-chemin de l’avant-projet détaillé, nous demandons à nos ingénieurs et aux bureaux d’ingénierie d’intégrer les variantes étudiées et les améliorations réalisées au cours des derniers mois. Il ne s’agit pas d’un report lié à l’avis de l’IRSN, mais d’un choix d’approfondissement du projet, permettant des économies substantielles avec la même exigence de sûreté« .

D’un coût de l’ordre de 25 milliards d’euros, selon les dernières estimations, le projet Cigéo est destiné à l’enfouissement par 500 m de profondeur de déchets hautement radioactifs provenant pour l’essentiel de centrales nucléaires.

Le « point le plus sensible » soulevé par l’IRSN concerne les risques d’incendie de fûts de déchets placés dans le passé dans un enrobage de bitume qui seront stockés à Bure.

Selon Pierre-Marie Abadie, il reviendra soit à l’Andra d' »optimiser » le stockage de ces déchets particuliers pour prévenir les risques d’incendie, soit aux producteurs de « définir un procédé permettant de neutraliser la réactivité thermique des enrobés, par vitrification par exemple« .

« Nous allons travailler sur ces deux voies pour retenir la meilleure stratégie dans le projet« , indique-t-il.

Le directeur général de l’Andra estime, que, une fois la demande d’autorisation de création de Cigéo déposée en 2019, le gouvernement pourrait donner son feu vert vers 2022, après instruction et enquête publique.

« La construction commencera alors par des essais de mise en service progressive vers 2026 ou 2027, pour une phase industrielle pilote d’une dizaine d’années. Nous ne sommes pas à six mois près« , conclut-il.

Dans une interview publiée dimanche par Ouest-France, le ministre chargé de la Transition écologique Nicolas Hulot <http://investir.lesechos.fr/recherche/actualites/?exec=1&texte=Nicolas%20Hulot&nr=1>  a déclaré qu’il prendrait le temps avant toute décision sur Bure.

« Je ne veux pas me précipiter. On voudrait me faire prendre toutes les décisions en urgence, ce ne sera pas le cas. Je veux croiser toutes les informations avant de décider« , a-t-il dit.

Article de Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse

https://investir.lesechos.fr/actions/actualites/nucleaire-la-demande-de-feu-vert-au-site-de-bure-repoussee-a-2019-1692720.php

Juil 17

LA CORÉE DU SUD INVITE LE NORD À LA DISCUSSION

CréeAucune réunion intercoréenne n’a eu lieu depuis décembre 2015, l’ancienne présidente sud-coréenne ayant dénoncé l’escalade nucléaire poursuivie par Pyongyang.

Lors de sa campagne électorale, Moon Jae-in avait promis de tendre la main à Pyongyang. Il met sa promesse à exécution, la Corée du Sud ayant proposé, lundi 17 juillet, des discussions avec le Nord afin de faire retomber les tensions sur la péninsule. Pyongyang, qui a effectué cinq essais nucléaires depuis 2006, a réussi, le 4 juillet, son premier tir de missile intercontinental.

« Nous faisons la proposition d’une réunion visant à mettre un terme aux activités hostiles qui font monter la tension militaire le long de la frontière terrestre », a déclaré dans un communiqué le ministère sud-coréen de la défense.

Cette offre de dialogue est la première depuis l’arrivée au pouvoir en mai du président Moon Jae-in, perçu comme plus ouvert à la négociation que son prédécesseur. Le ministère sud-coréen de la défense a proposé une entrevue vendredi à Panmunjom, le « village de la trêve », à la frontière entre les deux Corées. Ce serait la première réunion intercoréenne officielle depuis décembre 2015. La précédente présidente Park Geun-hye avait refusé de les reprendre tant que Pyongyang ne prenait pas de mesure concrète en vue de la dénucléarisation.

Des réunions de familles annulées à la dernière minute

La Croix-Rouge, qui milite également pour une rencontre intercoréenne pour tenter de relancer les réunions entre les familles coréennes séparées depuis la guerre (1950-1953), a proposé qu’une entrevue se tienne le 1er août. L’association espère une « réponse positive » du Nord afin d’organiser en octobre une série de réunions, qui serait la première en deux ans.

Des millions de personnes ont été séparées pendant la Guerre de Corée qui a entraîné la partition de la péninsule. La majorité sont mortes sans avoir eu la possibilité de se revoir. Le conflit s’est conclu par un armistice plutôt que par un traité de paix et les deux Corées sont toujours techniquement en guerre, si bien que les communications transfrontalières, lettres ou coups de téléphone, sont interdites.

Les réunions des familles avaient véritablement commencé après un sommet historique Nord/Sud en 2000. À l’origine, il y avait une rencontre par an mais les tensions qui surgissent régulièrement dans la péninsule avaient eu raison de ce rythme. Plusieurs réunions ont été annulées par la Corée du Nord à la dernière minute.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/07/17/la-coree-du-sud-invite-le-nord-a-la-discussion_5161288_3216.html

Juil 17

RISQUES CLIMATIQUES ET RISQUE NUCLÉAIRE : DES CATASTROPHES À VENIR PAS DU TOUT NATURELLES !

climatVoici un excellent papier que m’a transmis Fred Moreau sur un risque majeur pour notre avenir que l’on oublie souvent : de la montée du niveau des océans et du risque pour les centrales nucléaires situés sur les côtes. En effet, les dernières recherches sur le Groenland et l’Antarctique montrent que la fonte des immenses calottes polaires avait été précédemment sous-estimée (certaines études majeures indiquent ainsi un risque d’élévation du niveau des océans aux alentours d’1m en 2050 et de plus de 6m en 2100 !). Vous trouverez un petit billet de ma part en complément de l’article de Fred Moreau plus loin. En attendant place à cet excellent article :

Voici probablement un risque particulier qu’aucun gouvernement n’a dû jusqu’à présent envisager : celui combinant risques climatiques induits par les changements déjà en cours, amorcés, ou encore à venir, et risque nucléaire. Dans la première catégorie on trouve les super-tempêtes, dont les mécanismes les générant ont été décrits par un certain nombre de climatologues1. Le principal mécanisme est l’échange thermique considérablement amplifié – et dont l’amplification ira en s’accentuant à mesure que les calottes glaciaires fonderont et apporteront de l’eau glacée à la surface des océans limitrophes – entre zones chaudes et froides de l’océan et de l’atmosphère située au-dessus donnant naissance à des vents particulièrement violents pouvant aller jusqu’à 300 miles par heure (environ 500 kilomètres/heure). Ces tempêtes soulèveront littéralement l’océan de plusieurs mètres en le poussant devant elles et généreront des vagues géantes allant jusqu’à trente mètres de hauteur, soit le double de celle du tsunami qui a frappé la centrale de Fukushima Daiichi, vagues capables de drosser à la côte des rochers pesant 2330 tonnes2.

Quant au risque nucléaire, depuis Three Miles Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011), sans parler de tous les autres incidents «mineurs» ou tout simplement passés sous silence, plus personne ne peut en toute bonne foi en nier l’existence. Mais à la lumière de ce qui précède on se doute bien vite qu’il ne suffit plus d’un tsunami provoqué par un tremblement de terre dans la mesure où les vagues promises par ces super-tempêtes seraient bien plus fréquentes que celle, unique et dépendant en amont d’un séisme suffisamment puissant pour provoquer un tsunami, ce qui reste rare, qui a frappé la centrale japonaise; et sans les rochers de deux mille trois cents trente tonnes en prime venant s’écraser contre des installations pas forcément conçus pour résister à de pareils impacts. D’ailleurs, avant que le combustible usagé hautement radioactif entreposé dans la «piscine» du réacteur n°4 ne soit finalement intégralement évacué, et il y en avait 264 tonnes, le monde a vécu quelques années et en toute inconscience dans l’ombre d’une catastrophe pire encore que celle de Tchernobyl. En effet, cette piscine se situait dans un bâtiment grandement fragilisé risquant de s’effondrer en cas de nouveau séisme et de tsunami, et cette éventualité avait été évoquée par le physicien français Jean-Louis Basdevant dès 2012 dans un article paru dans Le Nouvel Observateur3.

Mais la centrale de Fukushima n’est plus la seule concernée car le risque de catastrophe naturelle ne sera bientôt plus cantonné aux seules régions à fort potentiel sismique mais aux régions exposées à ces super-tempêtes, à savoir entre autres les côtes baignées par l’Atlantique nord. C’est pourquoi l’étude sommaire de la carte ci-dessous permet d’appréhender l’extrême gravité de ce risque nouveau qui n’est plus exclusivement « naturel ». On constate en effet que les centrales nucléaires construites en bord de mer s’y comptent par dizaines.

Un second risque, quoique beaucoup plus lent et bien moins violent – sur l’instant – que les super-tempêtes mais toujours lié aux changements climatiques, est la possible élévation brutale du niveau de la mer en quelques mois, voire en quelques semaines seulement, comme cela s’est déjà produit par le passé, par exemple lors de la vidange du lac glaciaire Agassiz-Ojibway, survenu il y a 8.200 ans et connu sous le nom d’événement de Heinrich, lorsqu’un volume d’eau de fonte estimé par certains à 200.000 kilomètres cubes s’est déversé principalement dans la baie d’Hudson puis l’Atlantique.

Différentes études, entre autres des dépôts sédimentaires, mettent en évidence des élévations soudaines par le passé de 0,50 mètre, 1 mètre, et jusqu’à plus de 2 mètres – de 0,80 à 2,20 mètres pour le lac Agassiz-Ojibway comme on le découvre dans un article publié sur le site de Earth and Planetary Science Letters5, soit de quoi noyer les zones portuaires (et nos containers de chinoiseries) et les terminaux pétroliers mettant ainsi probablement un terme à notre glorieuse civilisation technologique insatiable en énergie et en matières premières. Et rien ne permet d’affirmer que de tels scenarii ne soient pas amenés à se reproduire avec la désintégration des banquises – comme celles de Larsen A et B, déjà achevée, et celle de Larsen C, en cours– et des glaciers, pour le moment toujours ancrés aux fonds marins ou aux terres émergées du Groenland et de l’Antarctique ; mais pour combien de temps encore?

Étant donné la lenteur induite par les difficultés pour évacuer le combustible nucléaire d’une centrale endommagée, ce qui a pris des années à Fukushima et n’est d’ailleurs toujours pas terminé – arrêter proprement une centrale nucléaire prend déjà bien plus de temps que d’appuyer sur un simple interrupteur -, on voit mal comment on pourrait s’en charger pour des dizaines d’autres en quelques semaines ou quelques mois seulement. Nos gouvernements feraient donc bien d’envisager rapidement des plans d’urgence car la Nature, elle, ne respecte pas les plans quinquennaux et ne déclenche pas des super-tempêtes à coups d’ordonnances et de 49.3 en pensant comme l’espèce humaine que la volonté de toute-puissance, exacerbée par ses prouesses technologiques et sa foi inexpugnable dans le Père Noël (ou Dieu, ou les extra-terrestres, ou son sacro-saint modèle économique auquel même la Nature devrait se soumettre, ou quelque autre magie que vous voulez), viennent forcément à bout de toute adversité quelle qu’elle soit. Mais peut-être que le risque de contamination n’est finalement pas jugé si important que ça puisque le Japon s’apprête à tout bonnement déverser dans l’océan les 920.000 tonnes d’eau contaminée, stockée dans un millier de réservoirs, dont il ne sait plus quoi faire6. Entre autres centaines de milliers de tonnes d’autres déchets. Quant au cœur du réacteur, toujours en fusion, il continue de s’enfoncer inexorablement dans le sol.

Article de Fred Moreau

Pour lire l’intégralité de l’article avec ses notes, voir les photos et écouter Jim Hansen concernant la fonte des glaces (traduction sous-titrée en français), durée 15 mn, cliquer sur : https://docuclimat.com/2017/07/17/risques-climatiques-et-risque-nucleaire-des-catastrophes-a-venir-pas-du-tout-naturelles/

Juil 17

LE ROYAUME-UNI VEUT RESTER « ASSOCIÉ » À EURATOM

BrexitLes liens de Londres avec l’organisme européen gérant le nucléaire civil sont l’un des sujets les plus épineux de la négociation.

Les négociateurs britanniques et européens se retrouvent à Bruxelles ce lundi pour un deuxième round de négociations préparant le Brexit. L’un des sujets qui sera abordé en priorité par Michel Barnier, le négociateur mandaté par les Vingt-Sept, et David Davis, le ministre britannique du Brexit, est celui du nucléaire civil. Le secteur est régulé en Europe par Euratom. Cet organisme public a été mis en place en 1957, comme l’Union européenne, mais par un traité distinct. En quittant l’UE, Londres quittera aussi Euratom, a confirmé le gouvernement la semaine dernière dans un document publié en préparation de la négociation.

Le gouvernement britannique estime qu’il n’a pas le choix, le traité de Rome et celui concernant Euratom étant  « juridiquement joints ». Il se fonde sur un avis de la Commission européenne sur le sujet. Cette analyse a été confirmée la semaine dernière par Guy Verhofstadt, le référent du Parlement européen pour le Brexit.

Des incidences sur la facture

La sortie d’Euratom est l’un des sujets les plus controversés du moment en Grande-Bretagne, car cet organisme régule tout ce qui touche de près ou de loin au nucléaire civil : les règles de sécurité, le transport des produits, la gestion des déchets, la recherche scientifique, les mouvements des travailleurs du secteur et même les isotopes utilisés en radiologie ou pour le traitement des cancers. Pour compliquer le tout, Euratom est propriétaire de certains équipements sur le territoire britannique. C’est pourquoi ce sujet doit être abordé dès le début de la négociation : il aura une incidence sur la « facture » que Londres devra régler à Bruxelles en quittant l’UE, un sujet que les Vingt-Sept veulent régler en priorité.

David Davis a expliqué qu’il voulait nouer un  « accord d’association » entre le Royaume-Uni et Euratom pour assurer la relation  « la plus proche et efficace possible » une fois que la sortie de l’UE sera devenue une réalité en 2019. Il s’agit de  « minimiser les barrières aux échanges » et d’assurer la  « mobilité » des salariés du secteur, précise le document publié par le gouvernement. Londres envisage la  « possibilité » qu’il soit mis fin à la propriété des actifs d’Euratom outre-Manche, sans expliquer comment cela se passerait concrètement.

Malgré ces paroles rassurantes, les industriels du nucléaire civil britannique préféreraient que la Grande-Bretagne reste membre à part entière d’Euratom. La position exposée par le gouvernement  « démontre la complexité » qui serait générée en essayant de répliquer tous les accords actuels avec des pays tiers, a estimé Tom Greatrex, le directeur de la Nuclear Industry Association. Le Royal College des radiologues a, lui aussi, alerté l’opinion publique de l’impact d’un départ sur la disponibilité des traitements pour les malades outre-Manche. Le gouvernement assure qu’il n’y aura pas de conséquences sur les patients. Des députés de tout bord se sont saisis du dossier.  « Pourquoi essayer de réinventer quelque chose qui fonctionne très bien ? », s’est interrogée la conservatrice Anna Soubry, l’une des parlementaires qui milite pour le maintien de liens forts avec l’UE.  

Article de Vincent Collen (à Londres)

https://www.lesechos.fr/monde/europe/030447287718-le-royaume-uni-veut-rester-associe-a-euratom-2102251.php

Juil 17

NUCLÉAIRE : POURQUOI L’USINE AREVA DU CREUSOT EST-ELLE DANS LE COLLIMATEUR ?

CreusotDes « anomalies » ont été détectées dans la cuve de l’EPR de Flamanville, forgée à l’usine Areva du Creusot, en Saône-et-Loire. « Secrets d’info » sur France Inter a mené l’enquête sur les incroyables dysfonctionnements recensés dans l’usine bourguignonne.

La forge de l’usine Areva du Creusot est dans la tourmente depuis plusieurs mois. <http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire/le-creusot/anomalies-dans-la-cuve-de-l-epr-forgee-au-creusot-y-t-il-eu-des-falsifications-988907.html>  Des « anomalies » ont été détectées dans le suivi des fabrications d’équipements au sein de l’usine, là où a été forgée la cuve de l’EPR de Flamanville dont l’acier présente un défaut de composition.

L’émission « Secrets d’info » diffusée sur France Inter est revenue sur ce dossier dimanche 16 juillet 2017. <https://www.franceinter.fr/emissions/secrets-d-info/secrets-d-info-16-juillet-2017>  Elle avait déjà consacré une enquête à ce sujet en avril dernier. <https://www.franceinter.fr/sciences/cuve-de-l-epr-de-flamanville-l-incroyable-legerete-d-areva-et-edf>

L’usine du Creusot n’avait pas la capacité nécessaire pour fabriquer la cuve de l’EPR car « cette usine n’est absolument pas aux standards requis par l’industrie nucléaire qui sont très élevés« .
« EDF et Areva étaient parfaitement au courant de cette situation » et malgré cela, ils ont décidé de confier à cette usine la fabrication d’une pièce extrêmement sensible d’une centrale nucléaire.
Les journalistes de France Inter s’appuient notamment sur des lettres adressés par l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) à EDF. Dans ces courriers envoyés en décembre 2005, l’ASN prévient EDF que l’usine de Saône-et-Loire rencontre de gros problèmes de fabrication et d’assurance qualité.

Un nouveau couvercle devrait être fabriqué au Japon

L’émission de France Inter revient sur les conséquences au niveau de la sûreté : y a-t-il un risque que la cuve qui a été installée sur le chantier de l’EPR ne résiste pas à un changement brutal de température ? L’ASN doit rendre sa réponse définitive au mois de septembre pour dire si la cuve est conforme ou non. 
En attendant, elle a validé les tests menés sur la cuve de l’EPR de Flamanville, mais à condition qu’EDF change le couvercle d’ici 2024 et que des contrôles supplémentaires soient effectués sur la cuve durant son fonctionnement.
Pourquoi cette date ? Il faut « sept ans pour fabriquer un nouveau couvercle » et celui-là sera fabriqué au Japon, indique France Inter.
Précisons que la cuve de l’EPR de Flamanville n’est pas la seule malfaçon reprochée à l’usine du Creusot. <http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire/le-creusot/usine-creusot-forge-d-areva-une-centaine-d-irregularites-ont-ete-detectees-1092833.html>  En tout, une centaine d’irrégularités ont été repérées. 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/saone-et-loire/le-creusot/nucleaire-pourquoi-usine-areva-du-creusot-est-elle-collimateur-1298359.html

Juil 16

LE NON À L’ATOME SE PROPAGE DANS LE MONDE ENTIER

NONConfronté au boom des renouvelables et aux surcoûts des réacteurs de troisième génération post-Fukushima, le secteur du nucléaire est devenu un marché de niche.

Une débandade ? En mai, la Suisse décidait, au terme d’un référendum, de ne pas prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaire (voir <https://www.challenges.fr/tag_theme/nucleaire_1123/> s. La Confédération rejoignait une cohorte de pays ayant dit non à l’atome : Allemagne, Italie, Autriche, Taïwan… Le mois suivant, la Corée du Sud annonçait qu’elle allait réduire la part du nucléaire dans son mix électrique.  » Je vais abandonner tous les projets de nouveaux réacteurs en cours et je ne prolongerai pas la vie des réacteurs actuels « , déclarait le nouveau président Moon Jae-in.

Confronté au boom des renouvelables et aux surcoûts des centrales de troisième génération post-Fukushima, le nucléaire traverse une mauvaise passe. Westinghouse (Toshiba) est en faillite, et Areva <https://www.challenges.fr/tag_marque/areva_4125/>  a besoin d’urgence d’être recapitalisée. En avril, l’énergéticien Engie s’est retiré du projet NuGen en Grande-Bretagne. Demain, il pourrait faire de même en Turquie. L’ex-GDF-Suez qui nourrissait de grandes ambitions se contente aujourd’hui de gérer les sept réacteurs qu’il possède en Belgique. Cela jusqu’en 2025. Car Bruxelles non plus n’a pas l’intention de les prolonger. Il pourrait d’ailleurs mettre ses centrales au rebut plus tôt que prévu. Le mois dernier, quelque 50 000 Belges, Allemands et Néerlandais ont formé une chaîne humanitaire transfrontalière de 90 kilomètres en exigeant la fermeture  » immédiate  » de deux réacteurs dont les cuves recelaient des fissures.

Business model en question

Aux États-Unis, c’est moins la défiance envers les centrales que le modèle économique des réacteurs qui pose problème. Le nucléaire n’est simplement plus compétitif par rapport au gaz de schiste. Selon l’agence Bloomberg, 34 des 61 centrales américaines perdent de l’argent (3 milliards de dollars par an au total).  » Le prix du nucléaire est en moyenne trois fois plus élevé que le prix de gros de l’électricité, indique l’expert Mycle Schneider, auteur du World Nuclear Industry Status Report. L’an dernier, seulement trois nouvelles centrales ont été mises en service dans le monde. Deux en Chine et une au Pakistan réalisée par une firme chinoise. Sur un plan stratégique, l’industrie est morte.  » Il y a cinq ans, l’hebdomadaire The Economist n’avait pas dit autre chose. Le titre de sa une :  » Nuclear Energy The Dream That Failed  » (un rêve qui a échoué).

Usine à gaz

Comment en est-on arrivé là ? Au début des années 2000, quinze ans après la catastrophe de Tchernobyl, le nucléaire était devenu moins clivant dans les opinions publiques et toute la filière misait sur sa renaissance. Le mouvement sera cassé net par l’accident de Fukushima en 2011. Quatre ans plus tard, l’industrie bénéficie d’une seconde chance.

La COP21 prend des engagements ambitieux en matière de réchauffement climatique. Dans le processus de transition énergétique, le nucléaire, énergie décarbonée, apparaît comme un élément-clé aux côtés des renouvelables. D’autant plus indispensable que l’éolien et le photovoltaïque, énergies intermittentes, ne peuvent remplacer à elles seules les centrales au charbon et au gaz. Pour les pays consommateurs d’énergies fossiles, la nécessité c’est d’abord de décarboner leur électricité. Les émergents en plein boom se tournent alors vers l’atome. Les pays du Moyen-Orient (Arabie saoudite, EAU) qui veulent réduire leur dépendance au pétrole, mais aussi la Pologne, l’Inde et bien sûr la Chine qui accueille la moitié des nouvelles installations.  » Soixante réacteurs sont aujourd’hui en construction, dont six dans des pays qui n’ont jamais opéré de nucléaire « , se félicite Dohee Hahn, directeur de la division nucléaire de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). Pour autant, les projets tardent à réellement émerger. Avec les normes de sécurité post-Fukushima, les centrales de troisième génération sont devenues de véritables usines à gaz. Les coûts et les délais explosent. Les EPR d’Olkiluoto (Finlande), de Flamanville (France) et de Taishan (Chine) ne sont toujours pas achevés. A peine commencé, celui d’Hinkley Point connaît déjà des surcoûts Les dérives de ces chantiers géants créent une grande incertitude chez les opérateurs. Aujourd’hui, EDF < https://www.challenges.fr/tag_marque/edf_3039/>  travaille sur un EPR  » nouveau modèle  » pour 2030. Selon l’électricien, cette future centrale coûtera  » moins cher en euros par kilowattheure que la moins chère des énergies renouvelables installée au même endroit à cette époque-là. « 

Un objectif qui a tout du vœu pieux. D’autant que le nucléaire est désormais un poids plume par rapport aux renouvelables. L’an dernier, les nouvelles capacités se sont élevées à 9 gigawatts, contre 147 pour les éoliennes et le photovoltaïque. « En Europe, les projets nucléaires doivent impérativement être soutenus par des contrats de long terme avec un financement hors des fluctuations du marché de gros de l’électricité », indique Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières. C’est le schéma arrêté par EDF pour Hinkley Point. « Aujourd’hui, le nucléaire est l’apanage des économies planifiées et des régimes autoritaires qui ont de gros moyens financiers, comme la Russie et la Chine », note Nicolas Goldberg, analyste au cabinet Colombus Consulting. Résultat, outre l’ex-empire du Milieu, la quasi-totalité des projets se trouvent dans des pays dépendant de la sphère d’influence des chinois CGN et CNNC et du géant russe Rosatom (Vietnam, Hongrie, Turquie).

Industrie du temps long

Alors, quel avenir pour le nucléaire ? Si l’on en croit l’AIEA, celui-ci devrait progresser sur le long terme en termes de capacités. En 2050, la hausse en terawattheures se situerait entre 40 et 200 %. La part du nucléaire dans le mix électrique va en revanche diminuer passant de 11 à 10 % d’ici à 2050 selon une hypothèse haute, et à 4,7 % selon une hypothèse basse. Le nouveau nucléaire est un « marché de niche », constatait récemment Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie. Ce qui ne veut pas dire que la filière va disparaître. Le nucléaire est l’industrie du temps long et certaines entreprises y voient même de belles opportunités. Mais l’atome ne sera jamais l’industrie mainstream que présageait l’ancienne patronne d’Areva Anne Lauvergeon. Et si demain la problématique du stockage de l’électricité est résolue, le déclin pourrait être plus rapide que prévu. Le titre de la couverture de The Economist était sans doute prémonitoire.

Le Brexit fragilise la construction de Hinkley Point

Ouf ! En septembre 2016, après un feuilleton long de plusieurs années, qui a vu notamment la démission du directeur financier d’EDF, le contrat de construction de deux EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l’Angleterre, était enfin signé. Pour les pro nucléaires, ce deal, avec un prix du kilowattheure garanti sur trente-cinq ans, est exemplaire. Il est la preuve qu’il est possible de réaliser des nouvelles centrales en Occident. Le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy a d’ailleurs dit que les futurs EPR français, construits à partir de 2030, devraient être financés selon le même schéma.

Mais Hinkley Point sera-t-il un jour lancé ? Aujourd’hui, le Brexit et l’affaiblissement de la Première ministre Theresa May fragilisent le projet. L’autorité britannique de contrôle des comptes publics, le National Audit Office, a estimé que le prix de l’électricité garanti à EDF pourrait engendrer un surcoût de 34 milliards d’euros. Lundi 3 juillet, après plusieurs mois d’une « revue complète », EDF a annoncé que les EPR britanniques coûteront 1,8 milliard d’euros plus cher que prévu. L’investissement total s’élève désormais à plus de 24 milliards. En outre, un risque de retard de quinze mois est envisagé.

Grâce à la COP21, le nucléaire était apparu comme un élément-clé de la transition énergétique. Mais les normes post-Fukushima et leurs coûts ont pénalisé le marché.

Article de Nicolas Stiel Journaliste ( https://www.challenges.fr/auteurs/nicolas-stiel_86/)

https://www.challenges.fr/entreprise/energie/le-non-a-l-atome-se-propage-dans-le-monde-entier_485701

Juil 16

L’ARABIE SAOUDITE SE DIRIGE VERS LA GUERRE CIVILE

ArabieLa stratégie de la corde raide de l’Arabie saoudite et les politiques d’interventions lourdes au Moyen-Orient hantent-elles à nouveau le royaume du désert ?

Extraits :

Après des décennies pendant lesquelles elle a joué le rôle d’intermédiaire entre les États étrangers en s’établissant comme pouvoir régional, la politique de l’Arabie saoudite d’ingérence dans les affaires des pays voisins et le soutien à la terreur semblent avoir exacerbé les problèmes du pays et pourraient menacer de le plonger dans le chaos. Le mécontentement croissant devant les tentatives d’instauration de l’austérité, les problèmes économiques liés au prix fluctuant du pétrole et les signes du désaccord royal historique au sujet du successeur du roi Salman bin Abdulaziz Al Saud signifient que les aventures saoudiennes à l’étranger préparent une tempête parfaite pour un conflit civil qui pourrait conduire à une nouvelle instabilité au Moyen-Orient. La perturbation survient alors que d’autres États comme l’Iran et la Turquie se positionnent comme des concurrents potentiels pour le leadership de facto du monde arabe.

  1. L’Arabie saoudite connaît des signes croissants d’instabilité…
  2. Signaux croissants de conflit interne en Arabie saoudite…

  3. Les changements géopolitiques augmentent la vraisemblance des conflits…
  4. Les dangers d’un conflit civil saoudien…

…Le spectre de la prolifération nucléaire au Moyen-Orient soulève également des craintes que les armes puissent tomber dans de mauvaises mains ou être utilisées de manière indiscriminée. Julian Assange a répété les déclarations de 2010 du directeur d’Al-Jazeera selon lesquelles le Qatar est en possession d’une arme nucléaire. L’Arabie saoudite elle-même est également soupçonnée de posséder des armes nucléaires. En 2013, BBC News a signalé que l’Arabie saoudite avait des armes nucléaires « sur commande » en provenance du Pakistan, dont le programme nucléaire était financé par les Saoudiens. En 2012, les Saoudiens ont également conclu un accord de collaboration atomique avec la Chine qui prévoit que Riyad construira 16 réacteurs nucléaires dans le pays au plus tard en 2030. Les acquisitions d’armes de destruction massive par des pays arabes ont suscité des inquiétudes auprès des responsables du renseignement israélien qui craignent que les pays qui acquièrent ces systèmes d’armes ne les utilisent pas efficacement.

Si le conflit avec le Qatar (ou l’une des autres régions multiples où l’Arabie saoudite est intervenue) est hors de contrôle, la prolifération potentielle des systèmes d’armes nucléaires pose un grave danger. Les conflits internationaux, les interventions régionales et les opérations terroristes créent tous le risque que ces armes pourraient, intentionnelles ou par inadvertance, être utilisées. Une guerre civile saoudienne crée également un risque pour la communauté internationale, car il y aurait des troubles majeurs si les villes saintes de La Mecque et de Médine étaient endommagées lors d’un conflit…

Pour lire l’article complet de William Craddick, cliquer sur : http://www.mondialisation.ca/larabie-saoudite-se-dirige-vers-la-guerre-civile/5599529

Juil 16

LA CORÉE DU NORD POURRAIT AVOIR PLUS DE PLUTONIUM QU’ESTIMÉ

Vorée du NordLe pays aurait accru ses réserves d’armes nucléaires depuis septembre 2016.

Un produit particulièrement dangereux détenu en plus grande quantité que prévu ! De nouvelles images du principal site nucléaire en Corée du Nord montrent que le pays a apparemment produit, pour son programme d’armement, plus de plutonium qu’estimé jusqu’alors.

Le site 38 North a rapporté vendredi que des images thermiques du centre nucléaire de Yongbyon laissent penser que Pyongyang, la capitale, a retraité des barres de combustible au moins deux fois entre septembre 2016 et juin 2017. «Il y a eu apparemment au moins deux campagnes non déclarées de retraitement pour produire une quantité indéterminée de plutonium qui pourrait augmenter davantage les réserves d’armes nucléaires de la Corée du Nord», affirme 38 North. Ce site Internet, qui fait autorité concernant la Corée du Nord, dépend de l’université américaine Johns Hopkins à Washington ; son nom est une référence à la ligne de démarcation entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, le 38e parallèle Nord. 

Pas de tritium mais plus d’uranium

Une hausse de l’activité thermique a également été relevée dans l’usine d’enrichissement d’uranium du site de Yongbyon, mais sans qu’il soit possible d’en déterminer la cause. Les chercheurs estiment aussi que le site ne produirait pas de tritium, un des composants clés pour la fabrication de bombes thermonucléaires. La Corée du Nord a désactivé le réacteur de Yongbyon en 2007 dans le cadre d’un accord échangeant désarmement contre aide humanitaire. Mais Pyongyang a commencé des travaux de rénovation du site après son troisième essai nucléaire en 2013.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-Un fin 2011, la Corée du Nord a considérablement accéléré le développement de ses programmes nucléaire et balistique, pourtant interdits par la communauté internationale. La Corée du Nord a réalisé cinq essais nucléaires depuis 2006, dont deux depuis janvier 2016, et a réalisé début juillet le lancement historique d’un missile intercontinental.

http://www.leparisien.fr/international/la-coree-du-nord-pourrait-avoir-plus-de-plutonium-qu-estime-15-07-2017-7136097.php

Juil 15

NUCLÉAIRE IRANIEN: DEUX ANS APRÈS, UN ACCORD DÉCRIÉ À WASHINGTON ET TÉHÉRAN

Accord IRAN 2Signé en grande pompe le 14 juillet 2015, l’accord sur le nucléaire iranien consacrait le triomphe de la diplomatie américaine et de la coopération internationale pour la non-prolifération. Deux ans après, le texte est décrié à Washington et à Téhéran.

Entré dans l’histoire sous son acronyme JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action), l’accord de Vienne fut une réussite indéniable pour le président américain d’alors Barack Obama et pour son secrétaire d’État John Kerry. Tout autant que pour le président iranien Hassan Rohani et son chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif.

Paraphé aussi par la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, mis en œuvre depuis le 16 janvier 2016, le JCPOA prévoit un contrôle international de la nature purement civile et pacifique du programme nucléaire de Téhéran en échange d’une levée progressive de sanctions internationales qui ont étranglé l’économie iranienne.

Mais durant sa campagne présidentielle, le milliardaire Donald Trump promet de « déchirer » le « pire » accord que les États-Unis aient jamais signé.

Depuis qu’il est président, il n’a toutefois pas mis ses menaces à exécution.

En mai, le républicain a même poursuivi la politique du démocrate Obama de levée des sanctions liées au nucléaire iranien. Son gouvernement a lancé un réexamen de sa position sur le JCPOA et doit décider une nouvelle fois, en principe lundi, de continuer ou non d’alléger les sanctions.

Coup terrible

Après la sortie de l’accord de Paris sur le climat, après la remise en cause de l’ouverture vers Cuba, Donald Trump assènerait un coup terrible à l’héritage de son prédécesseur s’il se retirait de facto du JCPOA.

L’homme d’affaires a déjà pris le contre-pied de Barack Obama en resserrant les liens avec l’Arabie saoudite sunnite et en appelant à « isoler » le rival iranien chiite. Washington accuse Téhéran d’être une « menace » régionale, qui « déstabilise » directement ou via des groupes « terroristes » la Syrie, l’Irak, le Yémen ou le Liban.

En outre, le Sénat a voté en juin un projet de loi en faveur de nouvelles sanctions contre Téhéran pour son « soutien à des actes terroristes internationaux« . Le département d’État continue aussi de punir Téhéran pour ses missiles balistiques et le considère depuis 1984 comme un « État soutenant le terrorisme« .

Le JCPOA garde toutefois nombre de partisans à Washington.

Menace existentielle

L’accord a permis de « supprimer une menace existentielle sur les États-Unis et leurs alliés« , vante le groupe de pression Diplomacy Works, fondé par John Kerry et ses anciens conseillers. Ce lobby « encourage l’administration à re-certifier que l’Iran respecte l’accord pour pouvoir continuer à lever les sanctions à l’échéance de lundi« .

Car pour l’ancien chef de cabinet de M. Kerry, Jonathan Finer, « l’accord nucléaire fonctionne« . « Il serait difficile de comprendre pourquoi l’administration voudrait créer une crise« , dit-il à l’AFP.

Dans une lettre à Donald Trump, 38 généraux et amiraux en retraite soulignent aussi que cet « accord international a permis de bloquer l’accès de l’Iran à l’arme nucléaire« . D’après ces militaires, « l’Iran a démantelé les deux tiers de ses centrifugeuses, renoncé à 98% de son stock sensible d’uranium et bétonné le coeur de son réacteur à eau lourde« .

De fait, l’autorité onusienne de surveillance, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), avait félicité l’Iran en juin pour le respect de ses engagements.

Mais les Européens s’inquiètent des pressions des États-Unis.

« Nous disons aux Américains que le JCPOA n’est pas parfait mais que c’est la meilleure option« , prévient un haut responsable européen à Washington. « Perdre le JCPOA serait une erreur« , insiste-t-il.

Guerre contre l’Iran

La lettre des généraux met même en garde « contre une posture agressive qui pourrait conduire à une guerre » avec l’Iran, comme cela avait été envisagé dans les années 2000.

À Téhéran, aussi, l’euphorie de juillet 2015 a laissé la place aux désillusions.

Même si le désir d’Iraniens de se rapprocher de l’Occident reste fort – comme le montre la réélection en mai du modéré Rohani – les fruits économiques de l’accord nucléaire tardent à venir.

Le maintien de sanctions américaines effraie les banques et entreprises internationales. Le français Total vient cependant de signer un accord gazier de 4,8 milliards de dollars.

Mais les investissements directs étrangers ont plafonné en 2016 à 3,4 milliards de dollars, très loin des 50 milliards promis par le président Rohani.

Du grain à moudre pour les ultraconservateurs hostiles à l’Amérique. À la fin du ramadan en juin, avant l’adresse de l’ayatollah Ali Khamenei, le poète officiel de la République islamique avait proclamé: « Trop d’agitation sur le JCPOA fut une erreur. Compter sur l’Oncle Sam fut une erreur. Ô amis, nous avons pactisé avec un voleur« .

http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/14/2612333-nucleaire-iranien-deux-ans-apres-accord-decrie-washington-teheran.html

Juil 15

SUISSE : LES DÉCHETS NUCLÉAIRES DU LAC MAJEUR INQUIÈTENT LE TESSIN

Suisse majeurDes parlementaires tessinois interpellent le gouvernement cantonal sur la sécurité d’un nouveau site d’entreposage à Ispra, en Italie.

Dès cet automne, la Lombardie accueillera jusqu’à 13 000 m³ de déchets nucléaires sur la rive du lac Majeur. Le dépôt se situe sur le site du Centre commun de recherche (CCR), un institut scientifique relevant de l’Union européenne, à Ispra (Province de Varèse). À vol d’oiseau, la commune frontalière est à 50 kilomètres de Locarno et du Mendrisiotto.

La nouvelle, parue dans la presse italienne, a suscité de vives réactions au Tessin. «Le Conseil d’État était-il informé de cette ouverture imminente et peut-il garantir la sécurité de la population et du territoire?» interpelle le député libéral-radical Sebastiano Gaffuri. «Vu la proximité, nous voulons savoir s’il existe des risques de pollution radioactive au Tessin», explique l’élu.

Porte-parole du CCR d’Ispra, Nina Kajander souligne que le site servira à stocker uniquement des déchets nucléaires du CCR, générés en partie par le démantèlement en cours de deux réacteurs nucléaires. Il ne s’agira pas du «deuxième plus grand dépôt du continent», contrairement aux affirmations de plusieurs médias italiens.

En attendant le dépôt national

Ce sera le second dépôt à Ispra, le premier étant plein. Nina Kajander souligne qu’il existe un dispositif exhaustif pour contrôler l’impact du CCR sur les alentours d’Ispra. «Tous les mois, des échantillons du sol, de l’herbe, des poissons, des eaux, du lait et autres produits agricoles sont recueillis et analysés, fait-elle valoir. Les résultats, transmis aux autorités italiennes, n’ont jamais dépassé les quantités réglementaires pour les substances radioactives.» Le site d’Ispra est en principe temporaire. Il est prévu que ses déchets nucléaires soient transférés d’ici à 2030 dans le dépôt national italien, en phase de planification, dont la localisation n’a pas encore été déterminée.

Les députés tessinois ne sont pas les seuls à se poser des questions. La maire d’Ispra, Melissa De Santis, a interpellé la Commission européenne et exigé du CCR qu’il organise un débat public sur ses activités. Pour Damiano Di Simine, responsable scientifique régional de l’association écologiste Legambiente, le dépôt d’Ispra est «relativement sécurisé». Le fait qu’il soit hébergé sur un territoire transfrontalier dépendant de la juridiction de la Commission européenne est plutôt rassurant, estime-t-il en substance, même si l’on ne peut jamais totalement exclure les risques de pollution radioactive.

«Pas de discussion spécifique avec la Suisse»

Au Tessin, Francesco Maggi, responsable de la section cantonale du WWF et chef des Verts au Grand Conseil, appelle à rester vigilant face à ce site supplémentaire d’entreposage: «Les déchets d’Ispra doivent être stockés à leur destination finale au plus vite, souligne-t-il, au même titre, d’ailleurs, que ceux du dépôt intermédiaire fédéral de Würenlingen (AG)

L’Office fédéral de l’énergie (OFEN) dit être au courant du nouveau dépôt, sans pour autant posséder d’informations détaillées à son sujet. Le site d’Ispra n’a pas fait l’objet de discussion spécifique, indique pour sa part le porte-parole de l’Inspection fédérale de la sécurité nucléaire, même si les autorités de surveillance des deux pays échangent régulièrement des informations dans le cadre de la commission italo-suisse pour la coopération dans le domaine de la sécurité nucléaire.

https://www.letemps.ch/suisse/2017/07/11/dechets-nucleaires-lac-majeur-inquietent-tessin

Juil 15

CORÉE DU SUD : LA COMPAGNIE DE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE SUSPEND LA CONSTRUCTION DE DEUX RÉACTEURS

CoréeKorea Hydro & Reactor Power (KNHP) a ouvert ce matin un conseil d’administration surprise. L’opérateur a entériné la suspension des travaux de deux réacteurs nucléaires en dépit des vives oppositions de son syndicat.

Ce conseil d’administration devait se tenir hier mais a été annulé du fait que sept de ses treize membres n’avaient pas réussi à entrer dans le QG de cette société siégeant à Gyeongju au sud-est du pays. 

Lors d’une session surprise aujourd’hui, le KNHP a adopté la motion suivante. Il s’agit de geler la construction des réacteurs Shin-Kori 5 et 6 pour trois mois pendant lesquels le gouvernement va mettre en place un comité chargé de recueillir l’opinion publique sur leur sort.

Moon Jae-in s’est engagé à mettre un terme à la politique de l’énergie nucléaire et à relever la proportion d’électricité générée par les énergies renouvelables jusqu’à 20 % d’ici 2030.

Malgré cette initiative orientée vers une énergie sans nucléaire, le camp de l’opposition a averti que toute politique à moitié cuite risquerait d’engendrer une forte augmentation des factures d’électricité et une éventuelle pénurie énergétique.

http://world.kbs.co.kr/french/news/news_Sc_detail.htm?No=56869

Juil 15

L’EUROPE AVALISE LA GARANTIE D’ÉTAT BELGE POUR LES RISQUES NUCLÉAIRES

Suisse majeurLa Commission européenne a donné son aval à la garantie prévue par l’État belge pour les exploitants de centrales nucléaires. Cette garantie améliore l’indemnisation des victimes éventuelles en cas d’accident nucléaire, sans accorder d’avantage économique aux exploitants, selon la Commission.

Les services de la concurrence européens s’étaient penchés fin 2016 sur la loi belge prévoyant que l’exploitant nucléaire responsable soit tenu d’indemniser ses victimes jusqu’à 1,2 milliard d’euros pour une période pouvant aller jusqu’à 30 ans après une catastrophe. Pour se couvrir d’un tel risque, les exploitants se sont tournés en général vers le marché privé, mais la loi prévoit aussi une garantie d’État pour des dégâts nucléaires qui ne peuvent pas être couverts par des assurances particulières.
La Commission ne considère pas cette garantie comme une aide d’État, a-t-elle fait savoir vendredi. La hauteur de la prime annuelle que les exploitants déboursent pour cette garantie permet de conclure qu’ils ne tireront pas d’avantage économique et que le marché de l’assurance ne sera pas lésé.

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1502/Belgique/article/detail/3209237/2017/07/14/L-Europe-avalise-la-garantie-d-Etat-belge-pour-les-risques-nucleaires.dhtml

NDLR : en cas d’accident grave (type Tchernobyl), les dégâts seraient infiniment supérieurs à 1,2 milliard d’Euros et c’est l’État (donc les contribuables) qui paiera pour l’essentiel. Et ce ne serait pas un avantage économique pour les exploitants ! Bizarre… vous avez dit bizarre ?

Pour information, l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) donne un « …ordre de grandeur sur 30 ans de l’ordre de 300 à 500 milliards de dollars» (http://www.irsn.fr/FR/connaissances/faq/Pages/Combien_cette_catastrophe_a_t_elle_coute_a_l_URSS.aspx). Une prime 300 à 400 fois inférieure au risque possible, si ce n’est pas un cadeau… !

Juil 15

2 ANS APRÈS L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN, QUEL AVENIR?

IranDeux ans après sa signature, où en est l’accord sur le nucléaire iranien? Le 14 juillet 2015, l’Iran s’engageait à ne pas poursuivre son programme nucléaire militaire en échange de la levée des sanctions internationales à son encontre. L’accord avait été paraphé par l’Iran, les États-Unis mais aussi la Chine, la Russie, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Aujourd’hui, cet accord semble respecté par l’Iran. Début juin, l’Agence internationale de l’énergie atomique félicitait même Téhéran, qui affirme avoir démantelé les deux tiers de ses centrifugeuses, renoncé à 98% de son stock sensible d’uranium et bétonné le cœur de son réacteur à eau lourde. Mais le président iranien Hassan Rohani est sous le feu des critiques des conservateurs. Les investissements directs étrangers ont plafonné à 3,4 milliards de dollars en 2016, loin des 50 milliards qu’Hassan Rohani avait promis.

Les investisseurs internationaux sont notamment découragés par la frilosité américaine à lever les sanctions contre l’Iran. L’arrivée de Donald Trump, opposé à l’accord, à la présidence des États-Unis n’a pas arrangé la situation. 

Azadeh Kian, professeure de sociologie politique à l’université de Paris Diderot et chercheuse au CNRS, revient au micro de Samuel Bleynie sur ce bilan mitigé de l’application de l’accord.

Pour écouter cet entretien (5mn51s), cliquer sur : http://fr.radiovaticana.va/news/2017/07/14/2_ans_apr%C3%A8s_laccord_sur_le_nucl%C3%A9aire_iranien,_quel_avenir_/1325103

Juil 15

LES JAPONAIS PRÉOCCUPÉS PAR L’UTILISATION DES DÉCHETS DE FUKUSHIMA

FukushimaLes habitants de la préfecture japonaise de Fukushima s’inquiètent vivement de la gestion des déchets de Fukushima 1. La société exploitante de la centrale nucléaire a pris la décision de rejeter des déchets radioactifs dans l’océan.

Les déchets avec un isotope radioactif tritium de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima 1 seront déversés dans l’océan, d’après le président de la société exploitante The Tokyo Electric Power Company (TEPCO), Takashi Kawamura.

«La décision est déjà prise», a-t-il déclaré.

Les technologies japonaises ne permettent pas d’extraire le tritium des déchets liquides après filtration, à la différence d’autres particules radioactives.

Selon l’agence Kyodo News, le tritium ne représente pas de grande menace pour la santé humaine. Pourtant les habitants de la préfecture de Fukushima, en particulier les pêcheurs, sont inquiets de ce déversement annoncé de déchets radioactifs dans l’océan.

Un séisme et un tsunami dévastateurs ont frappé le Japon le 11 mars 2011, provoquant une série d’accidents dans la centrale nucléaire de Fukushuma-1. La fonte du combustible dans trois réacteurs de Fukushima a entraîné la contamination de vastes territoires aux alentours du site. La centrale a été définitivement fermée fin 2013, mais la décontamination continue jusqu’à présent.

En 2014, le gouvernement japonais a choisi les entreprises russes Rosatom et RosRAO ainsi que l’Institute Khlopkine comme partenaires afin de réaliser un projet expérimental consistant à créer des technologies de décontamination des eaux pour nettoyer le tritium radioactif aux alentours de la centrale.

Des experts russes ont créé une station expérimentale de décontamination des eaux qui a été avec succès testée en 2016 sur une des plateformes de RosRAO.

https://fr.sputniknews.com/international/201707141032229527-japonais-utilisation-dechets-fukushima/

Juil 14

UN SITE ARCHÉOLOGIQUE EXCEPTIONNEL SUR CIGÉO !

site archéoLe projet Cigéo, en Meuse, fait face à une nouvelle polémique. Des archéologues disent y avoir découvert un site exceptionnel mais être empêchés en interne d’y approfondir leurs recherches. Ils ont lancé une pétition.

Quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Rien ne sera épargné à l’Andra (Agence nationale de gestion des déchets nucléaires), en charge de la construction du projet Cigéo, le futur site lorrain d’enfouissement des déchets nucléaires. Confrontée à une opposition grandissante, elle enchaîne depuis un an les déconvenues.

Condamnée à cesser ses travaux préparatoires sur le bois Lejuc, jugés illégaux, elle a vu la semaine dernière l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) l’intimer de revoir sa copie sur quatre points de sécurité. Et la voilà maintenant au centre d’un vaste débat archéologique !

Lors des diagnostics réalisés en 2016 sur plus de 300 ha à la limite des communes de Bure (Meuse) et Saudron (Haute-Marne), là où Cigéo doit être construit, les scientifiques de l’Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives) ont découvert « un site exceptionnel pour le Néolithique. »

Opportunité inédite

Outre l’intérêt historique de cette enceinte remontant à la première moitié du 4e millénaire, sa surface de 35 ha en fait un site quasiment sans équivalent pour le Bassin parisien et même au-delà. « Les enceintes sérieusement documentées sur ce plan sont rares et les contextes de plateau pratiquement inconnus. L’enceinte de Bure-Saudron offre l’opportunité inédite et probablement unique d’étudier intégralement une très grande enceinte de plateau », estiment les agents du SRA (Service régional de l’archéologie) Grand-Est. Problème : cette opportunité vient de leur être en partie refusée. Leur proposition de réaliser une fouille intégrale du fossé et de la totalité de la surface interne de l’enceinte avait obtenu un premier avis favorable des experts de la CIRA (Commission interrégionale de la recherche archéologique). Mais elle a selon eux été considérée comme « excessive » par la SDA (Sous-direction de l’archéologie). Si la fouille intégrale du fossé est bien autorisée, celle de la surface interne ne sera que partielle, sur un quart de la superficie.

Une pétition

Une décision jugée « calamiteuse » dans une pétition postée mardi sur le site change.org et signée par plusieurs scientifiques.
« Elle ruine toute possibilité de compréhension de l’espace interne. Où est la prise en compte de l’intérêt scientifique ? Où est l’équilibre entre l’aménagement du territoire et la sauvegarde du patrimoine enfoui voulu par la loi ? Cette décision ne se justifie que par une volonté de limiter les prescriptions, érigée en véritable dogme. Elle est incompatible avec les missions de protection et d’étude du patrimoine archéologique confiées à la SDA », dénonce la pétition déjà signée 477 fois. C’était avant que les anti-Bure ne la relaient hier… L’Andra, pour sa part, fait savoir qu’en aucun cas elle « n’interfère dans la définition des zones à fouiller. Seule la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) a l’autorité de définir ces zones et de prescrire les fouilles qu’elle juge nécessaires. »

Article de Philippe MARQUE

http://www.republicain-lorrain.fr/environnement/2017/07/14/un-site-archeologique-exceptionnel-sur-cigeo

Pour lire et signer la pétition : https://www.change.org/p/minist%C3%A8re-de-la-culture-et-de-la-communication-conservation-in-situ-des-mosa%C3%AFques-d-uz%C3%A8s-non-a-la-destruction-des-vestiges-romains-d-ucetia

 

Juil 14

FESTIVAL « LES BURE’LESQUES » Du 11 AU 13 AOÛT 2017 EN SOUTIEN À LA LUTTE CONTRE CIGÉO/BURE

FestivalInformatif, festif et inventif, le festival du 11 au 13 août 2017 est ouvert à tous, familles, amis, habitants d’ici et de plus loin… et se veut un grand moment d’échanges, d’envies et de projets, de réflexions, de musiques et de spectacles, de pratiques militantes et de solidarités.

Pourquoi ?

À Bure (sud Meuse), le projet Cigéo de stockage souterrain de déchets nucléaires se prépare malgré des risques technologiques inouïs et parfaitement connus, contre l’avis de milliers de personnes opposées, dont les riverains qui n’ont jamais été consultés. Pourtant ce territoire de vie, en se transformant en méga poubelle radioactive, subirait une mutation irréversible.

Ne laissons pas détruire, bâtissons l’avenir !

Cigéo n’est ni autorisé, ni construit et n’est pas une fatalité !
Réunissons-nous, informons-nous, organisons-nous pour continuer à le contrer.
Consolidons et projetons des initiatives positives et dynamisantes pour ce territoire rural bien vivant !

Ce festival est porté par un collectif d’habitant-es, de sympathisants et d’associations.

Rejoignez-nous !

http://burefestival.org/?origine_sujet=LI201707

Juil 13

BÜCHEL EN ALLEMAGNE : CAMP D’ACTION INTERNATIONAL DU 12 AU 18 JUILLET AU 2017

EPRNous vous invitons à rejoindre la campagne allemande qui veut renvoyer les bombes nucléaires étasuniennes d’Allemagne.

Tous unis nous pouvons empêcher les nouvelles bombes nucléaires !

C’est une mobilisation contre les nouvelles bombes nucléaires B61-12 qui seront construites d’ici 2020 aux États-Unis et déployées dans cinq pays européens, Italie, Belgique, Hollande, Turquie et Allemagne.

Nous invitons les militants européens et américains, pacifistes, écologistes et antinucléaires à participer à notre camp devant la porte principale de la base militaire de Büchel. La semaine internationale d’action est une de nos 20 semaines d’actions du 26 mars au 9 août (jour anniversaire de Nagasaki). Vingt semaines contre les 20 bombes nucléaires B61 de Büchel. Notre camp de la paix prévoit des contacts en réseau, des présences devant la base, des actions de résistance civile non-violente.
Cette semaine internationale réunit pour la première fois les mouvements anti-nucléaires des États-Unis, le pays qui construit les bombes : nous attendons 8 à 10 Américains et 300 ont signé une déclaration de solidarité.

Quelques données politiques et militaires

Depuis la fin de la guerre froide une vingtaine de bombes nucléaires sont entreposées à Büchel. Des pilotes allemands sont formés pour se préparer à larguer ces bombes sur ordre des États-Unis avec leurs avions Tornado. Il s’agit du soi-disant « partage nucléaire » dans la doctrine de l’OTAN qui inclut une possibilité de « frappe en premier ». Dans la guerre en Syrie certains pilotes allemands ont été affectés à la base d’Incirlik en Turquie, une autre base qui compte 50 bombes B61.
Le programme américain prévoit de remplacer ces bombes B61 par d’autres plus précises très prochainement (coût : 10 milliards de dollars).
Trois laboratoires américains sont concernés, Los Alamos, Sandia et Livermore. Les constructeurs sont Boeing, Lockeed-Martin, Honeywell et Bechtel. Il est prévu 400 B61 pour l’Europe, 25 millions de dollars pièce.
En Allemagne une campagne de 50 groupes et organisations organise une résistance civile sur le « lieu du crime ». En plus du lobbying nous voulons faire pression par des actions directes non-violentes pour empêcher le remplacement des B61.
Du fait que l’opinion publique est opposée à 90 % aux armes nucléaires américaines, notre coalition qui inclue des associations très connues en Allemagne (Médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, Mouvement de la Réconciliation, Pax Christi…) a pour objectif qu’une décision politique soit prise pour approuver les militants participant au blocage de la base.
Le remplacement des B61 est prévu alors que le Parlement allemand, le Bundestag, a voté une résolution le 26 mars 2010 demandant au gouvernement d’évacuer définitivement d’Allemagne les armes nucléaires US.
En Allemagne il y aura des élections au mois de septembre 2017 (les dernières avant 2020), c’est donc maintenant qu’il faut faire la pression sur le gouvernement. Les politiciens savent que si l’Allemagne prend une telle décision, les autres pays européens du « partage nucléaire » risquent de faire de même. Un effet « domino » est possible donc le meilleur moment pour arrêter un tel programme est maintenant, avant que les bombes soient construites…

Pour en savoir plus : https://bxl.demosphere.eu/rv/12423

Si vous êtes intéressés, contactez : luis@agirpourlapaix.be

tel mobile : +32 495 87 07 67

Juil 13

MALGRÉ LE DANGER, AREVA ET EDF ONT DISSIMULÉ DES INFORMATIONS CRUCIALES

EPRLa question du nucléaire fait des étincelles, que ce soit dans le camp des « irréductibles partisans », ou dans celui des « farouches opposants ». Mais au-delà des avis divergents, tout le monde s’accorde à dire que le risque zéro n’existe pas. « Prudence est mère de sûreté » pourrait devenir un slogan pertinent. Le lobby du nucléaire est un peu plus « nuancé » sur ce sujet, et la cuve de l’EPR de Flamanville est loin d’être un modèle exemplaire.

Le chantier de l’EPR de Flamanville est semé d’embuches, et n’en finit pas de récolter les mauvais points. Depuis 2007, le réacteur de troisième génération a reçu de nombreux rappels à l’ordre du gendarme du nucléaire. La révélation de graves anomalies dans l’acier de la cuve a mis la puce à l’oreille de l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire). Depuis le départ, de multiples failles dans la construction ont été révélées et consignées dans des comptes rendus d’inspection. Ce fut le cas pour les soupapes de sûreté qui présentaient « des difficultés de fonctionnement » alors qu’elles jouent un rôle fondamental dans la réussite des opérations. Les valeurs de résilience des matériaux à résister à la propagation de fissures sont faibles, la cuve sensée contenir la réaction atomique est définitivement jugée « non conforme ».

Pourtant, les incriminés font « la sourde oreille » concernant ces sérieuses mises en garde. Pire encore, EDF et AREVA ne se sont pas privés de dissimuler des informations cruciales en matière de sûreté nucléaire. Le diagnostic est particulièrement alarmant car les malfaçons pourraient entrainer un accident nucléaire majeur. À savoir, la fusion du cœur du réacteur, comme ce fut le cas pour la centrale japonaise de Fukushima en mars 2011. Sombre présage qu’il est urgent de prendre en considération.
Pour éviter la catastrophe, les mauvais élèves vont devoir rendre des comptes. Mais en attendant, l’installation du réacteur va bon train. La cuve mesurant treize mètres de hauteur ainsi que son couvercle de cinq mètres de diamètre ont été posés depuis janvier 2014.

Plus tard, elle a été raccordée et soudée aux tuyauteries du circuit primaire de refroidissement. « Il faudrait qu’on ait une conviction forte, une certitude absolue sur la fiabilité des composants et des matériaux avant de donner le feu vert à sa mise en service » a insisté le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet. Des paroles qui se veulent rassurantes mais qui ne s’incarnent pas encore dans les faits.

Une bataille financière se trame et entretient le statuquo. Les industriels voient rouge et se lamentent d’une facture à rallonge. Le retard entrainé par les péripéties techniques et administratives a repoussé considérablement la livraison du projet (initialement prévue en 2012). « Hormis les questions économiques, il serait possible pour EDF de changer la cuve et d’en refaire une nouvelle car le réacteur est encore en construction », a déclaré Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire).

C’est sans compter sur le « coup de pression » des industriels qui ne manquent jamais d’air pour faire valoir leurs intérêts financiers. D’après leurs dires, l’avenir de la filière nucléaire est entre les mains de l’ASN concernant cette affaire. Pour être tout à fait sincère, il faudrait simplement avouer que les déboires de l’EPR s’inscrivent dans un contexte marqué par la nécessaire mise à niveau des installations nucléaires françaises. « On arrive à la fin d’un cycle industriel », explique M. Chevet. Les 58 réacteurs du parc électronucléaire hexagonal sont vieillissants. Entre 2019 et 2025, près de la moitié d’entre eux auront atteint leur espérance de vie maximale. « Une éventuelle prolongation n’est nullement acquise », ajoute-il. De toute évidence, l’EPR est en passe de devenir l’une des technologies les plus décriée. Et si on passait à un plan B ?

Il est encore temps pour l’ASN de se montrer intransigeante. Il ne s’agit pas de sacrifier la sûreté nucléaire pour sauver à tout prix une filière nucléaire en faillite. Entre mauvaise foi et langue de bois, le bon choix trouvera-t-il sa voie/voix ?

https://lareleveetlapeste.fr/malgre-danger-areva-edf-ont-dissimule-informations-cruciales/

Juil 13

AREVA RÉALISE SA 1ÈRE AUGMENTATION DE CAPITAL DE 2 MILLIARDS D’EUROS

AREVALe champion français du nucléaire Areva SA a annoncé mercredi avoir réalisé une première augmentation de capital de 2 milliards d’euros réservée à l’État, dans le cadre du plan de sauvetage qui doit remettre d’aplomb la filière de l’atome français.

Le conseil d’administration de Newco, sa nouvelle entité recentrée sur le cycle du combustible, devrait réaliser une deuxième augmentation de capital de 3 milliards d’euros au total « au plus tard le 31 juillet », a-t-il ajouté dans un communiqué.

Areva, en grande difficulté et détenu majoritairement par l’État français, met ainsi en œuvre une étape importante de son plan de sauvetage qui comprend la cession à EDF de New NP, son activité réacteurs appelée jusqu’ici Areva NP, pour se recentrer sur le cycle du combustible en créant NewCo.

L’opération a été permise par la levée successive de deux conditions préalables fixées par la Commission européenne.

Fin mai, la Commission avait donné son feu vert à la cession de New NP à EDF. Le 28 juin, c’est l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) autorisant l’EPR de Flamanville (Manche) à démarrer avec sa cuve initiale malgré une anomalie, qui a permis un déblocage de la situation. EDF a ainsi annoncé mercredi soir avoir levé l’une des conditions suspensives prévues dans son contrat d’acquisition d’Areva NP et qui était liée à ce défaut.

Dans un communiqué, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire s’est félicité « de la levée des deux conditions préalables fixées par la Commission européenne pour la recapitalisation d’Areva, qui constitue un jalon essentiel de l’exécution du plan de refondation de la filière nucléaire française ».

« Le Conseil d’Administration d’Areva SA, réuni ce jour, a procédé à la mise en œuvre et a constaté la réalisation de l’augmentation de capital de 2 milliards d’euros », indique le groupe dans un communiqué.

Une avance convertie en capital

L’émission de nouvelles actions s’est faite au prix de 4,50 euros par action. L’État détient désormais, directement et indirectement via le CEA, 92,22 % du capital et 91,69 % des droits de vote d’Areva SA.

Cette augmentation de capital correspond à la conversion d’une avance accordée par l’État à Areva au premier semestre.

L’État va parallèlement participer à hauteur de 2,5 milliards d’euros à l’augmentation de capital de Newco « au plus tard le 31 juillet« , tandis que l’investissement des sociétés japonaises Japan Nuclear Fuel Limited (JNFL) et Mitsubishi Heavy Industries (MHI), pour un montant de 500 millions d’euros, sera placé dans une fiducie.

Dans une seconde étape, après la cession du contrôle majoritaire de New NP à EDF prévue fin 2017, Newco mettra en œuvre une augmentation de capital destinée à JNFL et MHI pour le même montant.

Cette opération, à l’issue de laquelle l’État détiendra 55,6% du capital et des droits de vote de NewCo, sera suivie d’une recomposition de la gouvernance d’Areva SA et de NewCo.

La nomination de Philippe Knoche au poste de directeur général de NewCo a ainsi été proposée par le conseil d’administration de la société et celle de Philippe Soulié à celui de directeur Général d’Areva SA. Dans l’intervalle, Philippe Knoche est confirmé à son poste de directeur général d’Areva SA.

L’État déposera jeudi un projet d’offre publique de retrait visant les actions Areva SA non détenues par l’État au même prix de 4,50 euros par action, pour se conformer à la réglementation boursière.

Le conseil d’administration d’Areva SA a enfin approuvé l’entrée au capital de MHI dans New NP « pour une participation comprise entre 15% et 19,5% » et celle du français Assystem à hauteur de 5%.

La fin du plan de restructuration d’Areva est prévue en 2019.

https://www.romandie.com/news/Areva-realise-sa-1ere-augmentation-de-capital-de-2-milliards-d-euros/814468.rom

Juil 13

NUCLÉAIRE : « JE NE VEUX PAS OCCULTER LA VÉRITÉ » PRÉVIENT NICOLAS HULOT

HulotLa commission de l’aménagement du territoire du Sénat entend ce mercredi Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire. Il est attendu notamment sur ses déclarations sur la possible fermeture de réacteurs nucléaires, « peut-être jusqu’à 17 ».

La commission de l’aménagement du territoire du Sénat a entendu ce mercredi Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire. Il était particulièrement attendu sur ses déclarations sur la possible fermeture de réacteurs nucléaires, « peut-être jusqu’à 17 » d’ici 2025, pour respecter la loi de transition énergétique.

Interrogé par Public Sénat avant son audition, il est revenu sur ses propos : « J’ai évoqué des scénarios que tout le monde s’efforce d’occulter. Car il y a une loi qui a été votée. Si on l’applique à la lettre, dans les scénarios on pourrait fermer jusqu’à même 25 réacteurs » lance Nicolas Hulot pour commencer… Avant d’ajouter aussitôt : « Je n’ai pas dit qu’on allait fermer 25 réacteurs, pas plus que 17 ou 19. Je dis simplement qu’il y a une loi. Si on met les conséquences de cette loi sous le tapis, il y a un moment où un autre où on va être dans une impasse. Je dis simplement, maintenant il faut mettre les scénarios (sur la table), car la clef de la transition, ce n’est pas d‘attendre le dernier moment pour regarder la vérité. Et moi je ne veux pas occulter la vérité » prévient Nicolas Hulot.

Dans une interview aux Échos ce matin, le premier ministre Édouard Philippe s’est montré plus prudent sur le sujet et le calendrier. « Sur le fond, l’objectif de baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité est un objectif formulé par le président pendant la campagne sur lequel il n’y a pas à discuter », a souligné Édouard Philippe, qui fut directeur des affaires publiques du groupe nucléaire Areva de 2007 à 2010.

« L’idée n’est pas de rompre avec le nucléaire mais d’arriver à un mix énergétique plus équilibré », précise-t-il en soulignant que le gouvernement devra cependant attendre l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire « fin 2018-début 2019 » sur « toute une série de renouvellements d’autorisation » avant de se prononcer. Et d’ajouter : « Nous devons aussi engager les discussions avec les acteurs de la filière, à commencer par EDF ». Mais des fermetures de centrales nucléaires auront « bien sûr » lieu en France « à moyen terme », a-t-il estimé.

Sur le nucléaire : « Les exigences qui se mêlent à la brutalité finissent dans le mur »

Dès le début de son audition, Nicolas Hulot a répété en substance la même chose. Tout en soulignant bien que « si on fait tout ça dans la brutalité, ça ne passera pas », car derrière les centrales qui fermeront, « il y a des hommes, des vies ». « Les exigences qui se mêlent à la brutalité finissent dans le mur » insiste-t-il.

Il faudra « travailler ensemble à ces scénarios » de fermeture de réacteurs, lance Nicolas Hulot à la salle. Objectif : « Passer du symbole » comme l’annonce de la fermeture de Fessenheim, « à la stratégie et les modalités »…

…Pour lire la suite concernant le plan climat, la pollution et les lanceurs d’alerte et voir la vidéo de l’entretien, aller sur : https://www.publicsenat.fr/article/politique/nucleaire-je-ne-veux-pas-occulter-la-verite-previent-nicolas-hulot-75967

Juil 13

DÉMANTÈLEMENT : L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE REFUSE DE VALIDER L’ESTIMATION FINANCIÈRE D’EDF

démantèlemmentL’Autorité de sûreté nucléaire ne peut pas garantir l’exactitude de l’estimation financière des coûts de démantèlement réalisée par EDF. Elle n’a pas accès aux études de l’électricien et remet en cause certaines hypothèses trop optimistes.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime que le dossier d’EDF relatif au financement de ses charges de démantèlement « ne présente pas les informations suffisantes pour [qu’elle] prenne position sur la complétude de l’évaluation« . Elle aimerait que l’électricien lui détaille ses calculs et reconsidère certaines hypothèses. Elle estime aussi nécessaire qu’EDF présente les hypothèses de démantèlement réacteur par réacteur, plutôt qu’une estimation globale des coûts extrapolée à partir de l’étude d’un site. Telle est la principale conclusion d’un avis de l’ASN sur le financement des charges nucléaires de long terme par les exploitants français publié ce mercredi 12 juillet.

Cet avis intervient alors que le niveau des provisions constituées par EDF pour couvrir le démantèlement de ses réacteurs est remis en cause. En février, un rapport de l’Assemblée nationale estimait que les coûts de démantèlement calculés par EDF faisaient apparaître « une sous-évaluation vraisemblable« . Les députés critiquaient entre autre « les hypothèses optimistes [et] un certain nombre de dépenses lourdes négligées« .

L’ASN n’a pas accès aux études d’EDF

Contrairement à la plupart des exploitants d’installations nucléaires, EDF ne présente pas d’évaluation installation par installation. L’ASN ne peut donc pas analyser avec précision le dossier de l’électricien. Pour l’instant, EDF s’appuie sur l’étude « DA09 » qui évalue les charges futures en extrapolant un scénario de démantèlement des quatre réacteurs de 900 mégawatts de la centrale de Dampierre (Loiret). Un audit demandé par le ministère en charge de l’énergie a validé la méthode en 2015. Mais l’ASN refuse de se prononcer sur l’exactitude de ce chiffrage car elle n’a eu accès ni à l’étude DA09, ni à l’audit.

En l’occurrence, le gendarme du nucléaire ne s’oppose pas par principe à une déclinaison à l’ensemble du parc d’une évaluation basée sur le démantèlement d’un réacteur, mais elle souhaite avoir accès aux documents avant de se prononcer. Avant de valider les estimations d’EDF, l’ASN veut étudier précisément deux points : les hypothèses considérées pour le démantèlement du réacteur de Dampierre et la méthode d’extrapolation à chaque réacteur.

Comment gérer les déchets ?

Les doutes de l’ASN concernent aussi le calendrier d’EDF. Pour l’instant, l’électricien estime à 20 ans la durée moyenne de démantèlement d’un réacteur à eau pressurisée. « L’ASN recommande qu’EDF présente un calendrier prévisionnel de l’arrêt définitif et du démantèlement du parc en exploitation détaillé par réacteur. » Un tel calendrier permettrait de juger « la cohérence des modalités de gestion envisagées, notamment en ce qui concerne la disponibilité des ressources industrielles nécessaires au démantèlement de plusieurs réacteurs en même temps, ainsi que l’existence d’exutoires pour les déchets produits ».

S’agissant de la gestion des déchets, l’Autorité souligne que de manière générale les exploitants nucléaires n’évaluent pas la disponibilité des installations de traitement, de conditionnement, d’entreposage ou de stockage de déchets radioactifs. « Or, celle-ci n’est pas démontrée du fait de retards dans leur mise en service ou d’incertitudes liées à leur pérennité. » L’ASN leur demande donc d’évaluer les conséquences financières de ces retards.

Le problème de gestion des déchets concerne en particulier les déchets de très faible activité (TFA) dont on sait déjà que les capacités d’entreposage sont insuffisantes pour accueillir ceux produits par le démantèlement des réacteurs d’EDF, « y compris en considérant d’éventuelles extensions de capacité ». Quant aux déchets de haute activité (HA) et de moyenne activité à vie longue (MA-VL), EDF ne prévoit pas de les entreposer avant de les stocker dans Cigéo. « L’hypothèse d’un envoi direct vers Cigéo n’est pas prudente« , critique l’Autorité.

Quid des pollutions des sites ?

Une autre hypothèse d’EDF soulève des doutes. L’électricien estime que lorsqu’une tranche est en démantèlement, une autre tranche du site reste systématiquement en exploitation. Cela permet de mutualiser certains frais du site. « Cette hypothèse ne semble pas applicable à l’ensemble des sites« , note l’ASN qui demande à EDF de les justifier ou les modifier.

L’ASN remet aussi en cause l’absence de pollution radiologique et chimique des 19 sites d’EDF. « Cette hypothèse n’est pas cohérente avec les connaissances actuelles, qui montrent (…) des pollutions historiques« , rappelle l’Autorité qui explique que ces pollutions peuvent avoir des conséquences significatives sur le démantèlement et la gestion des déchets. Elle cite notamment les sites de Chinon (Indre-et-Loire) et du Blayais (Gironde).

Elle note enfin qu’EDF ne précise pas les hypothèses retenues pour l’assainissement des structures de génie civil. Elle demande à l’entreprise de préciser l’état initial pris en compte, les hypothèses de surface à assainir, les volumes associés, la nature des déchets produits et leur gestion.

Article de Philippe Collet, journaliste, rédacteur spécialisé

https://www.actu-environnement.com/ae/news/asn-refuse-valider-evaluation-finaniere-demantellement-edf-29383.php4

Juil 12

LE PHILOSOPHE JEAN-MARIE MULLER COMMENTE LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES DE L’ONU

JM MullerDu 15 juin au 7 juillet s’est tenue à New York une Conférence des Nations Unies pour la négociation d’un instrument juridiquement contraignant visant à interdire les armes nucléaires en vue de leur élimination complète. Le texte retenu affirme que les États Parties au présent traité sont « profondément préoccupés par les conséquences catastrophiques sur le plan humanitaire qu’aurait tout recours aux armes nucléaires » et estiment par conséquent nécessaire d’éliminer complètement ce type d’arme : « Chaque État Partie s’engage à jamais, en aucune circonstance, à  mettre au point, mettre à l’essai, produire, fabriquer, acquérir de quelque autre manière, posséder ou stocker des armes nucléaires, employer ni menacer d’employer des armes nucléaires » Il est encore précisé : « Chaque État Partie qui est propriétaire d’armes nucléaires les retire sans délai du service opérationnel et les détruit dans les meilleurs délais ».

L’interdiction des armes nucléaires semble ainsi radicale, mais, curieusement, le texte reconnaît à chaque État Partie le droit de se retirer du traité : « Chaque État Partie, est-il écrit, dans l’exercice de sa souveraineté nationale, a le droit de se retirer du présent Traité s’il décide que des événements extraordinaires, en rapport avec l’objet du présent Traité, ont compromis les intérêts suprêmes de son pays. Il doit alors notifier ce retrait au Dépositaire. Ladite notification doit contenir un exposé des événements extraordinaires dont l’État en question considère qu’ils ont compromis ses intérêts suprêmes. » Ce droit au retrait du Traité par pure convenance vient remettre en cause le principe même de l’interdiction de posséder des armes nucléaires car il fonde le droit à se retirer avant d’entrer c’est-à-dire, en définitive, à ne pas y entrer également par pure convenance…

Les participants à la négociation du Traité ont eu parfaitement conscience de cette contradiction. Lors de leur rencontre du 5 juillet, la majorité d’entre eux, selon Ray Acheson, ont fait « un effort concerté pour éliminer la formulation problématique actuelle », aucun « événement extraordinaire » ne pouvant justifier un retrait. La Palestine et l’Afrique du Sud ont plaidé en  faveur du retrait et « un applaudissement enthousiaste les a soutenus ». « La Présidente avait donc l’assentiment de la salle pour une modification » mais une petite minorité l’en a dissuadée. Le texte a donc été adopté tel quel.
On peut certes se réjouir de l’interdiction formulée, mais la question est de savoir quelle sera l’effectivité de cette interdiction. D’aucuns ont cru pouvoir affirmer qu’il s’agit là un événement « historique » qui serait de nature à changer le cours de l’histoire. Mais le plus grand nombre des commentateurs ont souligné son caractère « symbolique ». « L’adjectif symbolique, précise le dictionnaire Le Robert, s’applique à tout ce qui, tout en étant réel, n’a pas d’efficacité ou de valeur en soi ». Le fait est qu’aucun des pays dotés de l’arme nucléaire n’a voulu s’investir dans la négociation de ce traité et qu’aucun ne souhaite s’impliquer dans sa mise en œuvre. Et il serait imprudent de penser qu’ils seront sensibles aux arguments avancés pour justifier les interdictions formulées.

Comme il fallait s’y attendre, le gouvernement français a émis un avis négatif sur ce traité. « Il s’agit, affirme le Ministère de l’Europe des Affaires étrangères dans un communiqué, d’un texte inadapté au contexte sécuritaire international, caractérisé par des tensions croissantes et la prolifération des armes de destruction massive (…) La France n’a pas participé aux négociations de ce traité et elle n’entend pas y adhérer. Ce traité ne nous lie pas et ne crée pas de nouvelles obligations. » Le communiqué poursuit en justifiant la politique nucléaire  de la France : « La dissuasion vise à protéger notre pays de toute agression d’origine étatique contre ses intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne, et quelle qu’en soit la forme. Le contexte international n’autorise aucune faiblesse. Un traité d’interdiction des armes nucléaires risque à cet égard d’affecter la sécurité de la région euro-atlantique et la stabilité internationale. »

Contrairement à ce que croient pouvoir affirmer ceux qui font l’éloge de ce Traité, ce n’est pas la première fois qu’un texte de l’ONU condamne tout recours à l’arme nucléaire. Le texte du Traité ne dit rien de plus que la résolution adoptée par l’Assemblée Générale du 24 novembre 1961. On pourrait même soutenir qu’il en dit plutôt moins. Le texte de cette résolution souligne que « les négociations sur le désarmement n’ont pas jusqu’ici abouti à des résultats satisfaisants ». Il estime que « l’emploi d’armes de destruction massive telles que les armes nucléaires et thermonucléaires est la négation directe des idéaux et objectifs élevés que l’Organisation des Nations Unies a, lors de sa création, reçu pour mission d’atteindre ». La résolution déclare que l’emploi d’armes nucléaires « constitue, en tant que tel, une violation de la Charte des Nations Unies ». Elle précise que « l’emploi d’armes nucléaires est une guerre dirigée non seulement contre un ennemi ou des ennemis, mais aussi contre l’humanité en général ». Enfin et surtout, la résolution affirme que « tout État qui emploie des armes nucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies et commettant un crime contre l’humanité et la civilisation ». Il est difficile d’être plus clair et on ne peut que s’étonner que le texte du Traité d’interdiction ne fasse aucune référence à cette résolution du 24 novembre 1961.

Soulignons enfin que ce traité présente un intérêt majeur pour les citoyens français que nous sommes : Il dilue les différences d’appréciation qui opposaient les partisans d’un désarmement multilatéral et ceux qui privilégiaient le désarmement unilatéral. C’est précisément parce qu’ils ont constaté l’échec du désarmement multilatéral par la signature d’une convention internationale que les États non dotés qui s’opposent à l’armement nucléaire ont changé de stratégie pour proposer un désarmement multi-unilatéral par la signature d’un Traité international. Cet argument est décisif et il devient raisonnable d’envisager un accord entre tous les partisans français du désarmement nucléaire afin qu’ils exigent ensemble un désarmement mondial à commencer par le désarmement unilatéral de la France. L’impératif stratégique rejoint l’impératif éthique pour affirmer que désarmement bien ordonné commence par soi-même… La prise de conscience de cette nouvelle donne est essentielle : le mouvement anti-nucléaire français peut alors libérer toute sa dynamique…

Lors de  son discours au Congrès de Versailles, le 3 juillet 2017, Emmanuel Macron a présenté les principes d’action qu’il entend mettre en œuvre pour construire la paix. Analysant les différentes menaces qui pèsent sur la sécurité des Français, il a souligné que « notre outil militaire revêt dans ces circonstances une importance majeure » en précisant  que la dissuasion est la « clé de voûte de notre sécurité ». Cette formule se voudrait décisive, mais elle reste une affirmation idéologique qui risque fort de n’être que formelle.

Le lendemain, alors même que le Premier Ministre présentait la politique de son gouvernement devant l’Assemblée nationale, le Président de la République se faisait hélitreuiller à bord du Terrible, un des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de la base de l’Ile Longue, dans la rade de Brest. Il tenait ainsi à « rencontrer celles et ceux qui œuvrent à la nécessaire permanence de la dissuasion française » : http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20170704.OBS1652/photos-a-bord-du-sous-marin-le-terrible-macron-l-a-sur-joue-super-heros.html. Une séquence de lancement simulé était au programme. On peut s’interroger sur l’opportunité d’une telle initiative à un tel moment.

L’analyse la plus rigoureuse de la situation internationale fait apparaître que l’arme nucléaire est une menace pour la paix en France et dans le monde et non pas une sécurité. À aucun moment, dans aucun conflit, non seulement l’emploi mais la menace même de l’emploi de l’arme nucléaire ne sauraient être envisagés. Ils sont véritablement impensables. L’ampleur de la catastrophe humanitaire provoquée par tout usage de l’arme nucléaire constitue une totale dissuasion qui pèse sur nos propres décideurs. Ainsi, la dissuasion s’inverse-t-elle et se retourne contre elle-même : ce sont les décideurs des Etats nucléaires qui sont dissuadés d’employer l’arme nucléaire.

La menace terroriste est la principale menace qui pèse sur nos sociétés, mais l’arme nucléaire s’avère totalement incapable de l’éradiquer. Les terroristes qui viennent frapper mortellement nos sociétés peuvent rire de nos armes nucléaires. En outre, la préméditation du crime nucléaire constitue la négation et le reniement de toutes les valeurs morales, éthiques, intellectuelles et spirituelles qui fondent la civilisation. Bien qu’on  refuse d’en prendre conscience, ce reniement empoisonne en profondeur la vie morale des Français.

Notons que l’État français s’est déjà engagé à renouveler son arsenal nucléaire. Cette modernisation fera passer le budget à 6 milliards à partir de 2020. Il y a là un véritable détournement de l’argent public au profit d’œuvres de mort. Combien de temps encore les Français supporteront-ils ce gigantesque gâchis ?

Face à toutes ces  dérives, seule une mobilisation de la société civile a le pouvoir de faire entendre raison aux responsables politiques. Et cette mobilisation concerne chaque citoyen.

Note sur l’auteur: JeanMarie Muller est philosophe et militant de la non-violence. Il est l’auteur de Libérer la France de l’arme nucléaire, 2014, Chronique sociale.

www.jean-marie-muller.fr

Juil 12

LE PARADOXE DU JAPON FACE AU DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

JaponPlus de soixante-dix ans après les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki des 6 et 9 août 1945, 122 pays sur les 193 membres de l’ONU ont adopté le premier projet de traité sur l’interdiction des armes nucléaires, le 7 juillet. Plusieurs pays n’ont pas participé aux négociations, à l’image des puissances nucléaires « officielles », comme les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni et la Chine. Le Japon, seul pays victime de frappes nucléaires, les a rejoints. « La communauté internationale a été déçue de l’attitude du gouvernement japonais, qui s’est retiré dès le début des pourparlers », déplore le quotidien national l’« Asahi Shimbun » dans un éditorial. Allié aux puissances nucléaires occidentales, l’Archipel n’a pas ratifié le traité, imité par la Corée du Sud et les 29 membres de l’Otan, excepté les Pays-Bas.

L’éditorialiste lance un appel à l’éradication des armes nucléaires en participant à cette « avancée historique », portée par la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (Ican). « Le Japon devrait suivre les pays qui s’efforcent d’interdire les armes nucléaires, c’est une opportunité pour y mettre un terme », plaide le journal. La crise régionale due aux essais en Corée du Nord rend les dirigeants nippons réticents à un abandon du nucléaire. Le projet de l’ONU affiche des mesures strictes. Il rend illégale la dissuasion nucléaire, en plus de son utilisation. Pourtant, la société japonaise demeure meurtrie par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. « Ceux qui n’ont pas été tués par les bombes ont longtemps souffert de l’exposition radioactive », rappelle l’« Asahi Shimbun ». Le rejet de ce traité de désarmement témoigne du paradoxe nippon, entre histoire et réalité. 

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030441463791-le-paradoxe-du-japon-face-au-desarmement-nucleaire-2101538.php

Source : le quotidien national l’« Asahi Shimbun »

Juil 12

ÉDOUARD PHILIPPE TEMPÈRE LES PROPOS DE HULOT SUR LE NUCLÉAIRE

Philippe HulotLe gouvernement attendra que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) rende son avis sur la prolongation des réacteurs du parc français fin 2018 ou début 2019 pour se prononcer sur la fermeture de certains d’entre eux, a déclaré Édouard Philippe dans un entretien aux Échos.

Dans cette interview, le chef du gouvernement tempère les propos de son ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, qui avait évoqué lundi la possibilité de fermer « peut-être jusqu’à 17 réacteurs« . 

Pour Nicolas Hulot, ces fermetures doivent permettre de tenir l’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025 – un engagement pris par le gouvernement précédent et réaffirmé par Emmanuel Macron.
« Ce qu’il a dit est plus prudent que le propos qu’on lui prête (…). On oublie souvent en France que ce n’est pas le gouvernement qui décide seul. Il doit composer avec l’Autorité de sûreté nucléaire, qui va se prononcer fin 2018 début 2019 sur toute une série de renouvellement d’autorisations. Nous allons attendre que l’ASN nous dise ce qu’il en est », déclare Edouard Philippe.  Nous devons aussi engager les discussions avec les acteurs de la filière, à commencer par EDF », ajoute-t-il.
« Des centrales fermeront mais je ne peux pas vous dire lesquelles. Il faut être prudent : cette décision devra tenir compte non seulement d’éléments techniques sur les centrales, mais aussi du niveau attendu de la consommation énergétique ou du développement des autres modes d’électricité« , précise encore le premier ministre.

Simon Carraud, édité par Benjamin Mallet

http://www.boursorama.com/actualites/france-philippe-tempere-les-propos-de-hulot-sur-le-nucleaire-b0c9f3b4d744ce998b79f77fa1a9fe48

Juil 12

HULOT VEUT UN « DÉBAT SEREIN » SUR LE NUCLÉAIRE

HulotSur le nucléaire, « nous avons besoin tout d’abord d’un débat serein« , a déclaré mardi le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot, lors des questions au gouvernement au Sénat, après avoir évoqué lundi la fermeture potentielle de jusqu’à 17 réacteurs.

« Cela doit être un débat cohérent, transparent, qui ne dissimule rien sur la complexité » des enjeux de la transition énergétique et de la filière nucléaire, a-t-il ajouté en réponse à une question de la sénatrice REM du Nord Delphine Bataille.

Il a rappelé que le « seul cadre » dans lequel ce débat aura lieu est la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route pour la transition énergétique « qui permet justement la concertation de tous les acteurs » et dont les travaux concernant la période 2019-2023 doivent aboutir fin 2018.

Ce « dialogue renforcé » dans le cadre de la PPE aura lieu avec les syndicats, les industriels, les associations, a insisté M. Hulot, ajoutant que les citoyens auront « aussi leur mot à dire« .

Plus généralement, sur la transition énergétique, « rien ne se fera dans la brutalité et encore moins d’une manière dogmatique » a-t-il encore assuré, rappelant que des « contrats de transition » seront proposés aux salariés et aux territoires concernés.

La loi sur la transition énergétique, votée en 2015, prévoit de faire baisser la part du nucléaire dans la production d’électricité en France de 75% à 50% à l’horizon 2025.

Lundi M. Hulot a évoqué pour la première fois la fermeture éventuelle de « jusqu’à 17 » réacteurs sur les 58 que compte le parc nucléaire français pour atteindre cet objectif ambitieux.

Cette sortie de M. Hulot a été saluée par les ONG environnementales mais a été vertement critiquée par les syndicats de l’énergie, déjà opposés à la fermeture des deux réacteurs de la centrale alsacienne de Fessenheim, qui devrait intervenir au moment de la mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), prévue pour 2019 pour l’instant.

https://www.romandie.com/news/Hulot-veut-un-debat-serein-sur-le-nucleaire/814033.rom

Juil 12

ET SI LA PROCHAINE CYBERATTAQUE CIBLAIT UN SITE NUCLÉAIRE ?

CyberattaqueLe virus Petya a non seulement perturbé des entreprises et services publics dans le monde entier, mais a aussi forcé la centrale de Tchernobyl à passer en mode manuel. Comment protéger les sites plus sensibles ?

Et si la prochaine cyberattaque ciblait un site nucléaire ?

Terrorisme, réchauffement climatique, épidémies, flux migratoires et, depuis quelques jours, cyberattaques : ces menaces, présentées comme nouvelles, font de plus en plus souvent la une des médias et suscitent une forte émotion dans l’opinion publique. Outre le fait que la plupart d’entre elles sont loin d’être nouvelles, la présentation qui est faite de ces menaces ne permet pas toujours de distinguer leur degré de dangerosité. Prenons l’exemple de la récente cyberattaque par le virus Petya, qualifiée de «géante», qui fait suite à d’autres piratages (hackings) de même nature. Ses conséquences planétaires ont de quoi inquiéter : destruction des fichiers informatiques des particuliers, interruption de la production de certaines entreprises, dérèglement de services publics… Et pourtant, le danger pourrait être beaucoup plus grave si de telles attaques visaient des systèmes tels que des équipements ou des armes nucléaires.

Pour comprendre la nature et l’étendue du risque, il faut d’abord essayer de déterminer l’origine de ces actions et leurs motivations. Il peut s’agir d’un individu comme d’un groupe de pirates ou encore d’une vaste organisation aux perspectives géopolitiques. Leurs objectifs sont de trois ordres :

La récolte d’information et le rançonnage

L’attaquant souhaite acquérir un ensemble de données en ciblant leur propriétaire ou un individu, une entreprise, un ministère ayant accès à ce réseau d’information. Il peut s’agir d’une variété de données ciblées ou non, qu’il s’agisse de propriété intellectuelle ou d’informations critiques pour une entreprise. La finalité de ces actions, conduites par des individus ou des organisations, est en général d’ordre pécuniaire, par le biais de logiciels de rançon.

L’espionnage

L’objectif est ici de surveiller et de voler des informations, notamment confidentielles, ce qui pourrait compromettre la sécurité nationale d’un pays ou permettre de peser sur le cours de sa politique, comme semble l’indiquer l’ingérence électorale russe lors des élections américaines.

Le sabotage

L’objectif de cette troisième catégorie est de détruire à l’aide de cyberarmes («cyber weapons»). L’illustration la plus manifeste de ce type de cyberattaque est l’attaque Stuxnet, lancée en 2010 sous l’administration Bush contre le programme nucléaire iranien, à l’aide d’un ver informatique conçu par la NSA pour contaminer et détruire l’usine de centrifugeuses nucléaires de Natanz. Il s’agit de la première cyberarme créée au monde, qui a démontré les capacités de destruction de ces armes de nouvelle génération. En 2007, un test avait déjà été réalisé afin de démontrer la vulnérabilité des systèmes de sécurisation informatique, le test Aurora, conduit sur un générateur massif et hautement sécurisé de diesel. Une expérience aussi concluante qu’inquiétante, qui s’est traduite par la destruction quasi immédiate du générateur.

Les conséquences des cyberattaques sont donc sérieuses, bien plus qu’un arrêt de production ou qu’une simple panne de métro. On pourrait assister à de véritables drames humains et même à des conflits de nature politique. Il faut donc se protéger. De nombreuses parades sont développées dans la plupart des pays et notamment en France, au niveau européen et aux Nations unies.

Cependant, on ne doit pas faire l’impasse sur l’immense danger que représenterait une cyberattaque menée par un groupe terroriste sur des infrastructures nucléaires ou sur les systèmes de contrôle des armes nucléaires. Un grand nombre de rapports alertent sur les différentes méthodes et techniques de sabotage qui pourraient être employées à cet effet et ils insistent sur la vulnérabilité de tous les logiciels informatiques. C’est dans ce sens que le Bureau des sciences de la défense (comité d’experts du Pentagone) révélait dans un rapport de 2013 que «les armes nucléaires américaines pourraient être vulnérables à des cyberattaques extrêmement sophistiquées». Il faut noter que le nucléaire civil est également concerné, comme l’a montré l’attaque du 27 juin, qui a obligé à repasser les systèmes de contrôle de la centrale de Tchernobyl en mode manuel.

Plus que jamais, ce constat devrait amener les pays «dotés» de l’arme nucléaire, et notamment la France, à prendre conscience de la lourde responsabilité qu’ils prennent en ne s’associant pas à la rédaction, en cours à l’ONU, d’un traité d’interdiction des armes nucléaires. Il faut souhaiter qu’ils se souviennent de la phrase d’Albert Camus, au lendemain du bombardement d’Hiroshima : «Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques».

Article rédigé par Paul Quilès, Ancien ministre de la Défense, président d’IDN (Initiatives pour le désarmement nucléaire)

http://www.liberation.fr/debats/2017/07/11/et-si-la-prochaine-cyberattaque-ciblait-un-site-nucleaire_1583159

Juil 11

CORINE DUBRUEL : «LE PRIX DE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE NE REFLÈTE PAS LA RÉALITÉ»

CorineCorine Dubruel,  (Présidente de Centrale Supelec Énergie,  ancienne responsable exécutive chez Engie, Vinci Énergies, GE/Alstom ou ABB) interrogée par Olivier Auradou.

Ramener en sept ans la part du nucléaire de 75 % à 50 %, ça vous paraît réaliste ?
Il faut cinq ans pour arrêter un réacteur, il faut effectivement prendre ça au sérieux. La première question qui se pose c’est pourquoi on veut arrêter 17 réacteurs. Il y a une logique économique et une autre d’accélération de la transition économique. La première logique c’est que le prix du nucléaire augmente de manière significative tous les ans. On était entre 42 € à 52 € du Mégawatt/heure en son temps, maintenant avec le nouveau nucléaire on va augmenter. On est ainsi à 120 € en Angleterre. Et en parallèle, on a les autres énergies renouvelables qui baissent leurs prix, et on va arriver à parité. En 2025 on aura même peut-être une énergie nucléaire qui sera plus chère. Ensuite, il faut se poser la question du besoin d’électricité en France en 2025, 2030, regarder nos capacités d’énergies, prendre les mesures adéquates, et regarder quel est le nombre de réacteurs qu’on pourrait arrêter.

En Allemagne, la fermeture de la moitié des réacteurs nucléaires en 2011 a fait bondir la production de charbon. Court-on ce risque en France ?

Non, puisque nous n’avons quasiment pas de centrales charbon. On a de l’énergie hydraulique de façon importante. Ça permettrait plutôt de faire monter en puissance les énergies renouvelables de manière accélérée, car pour l’instant on l’a fait de façon modérée. Je pense que c’est un effet d’annonce de Nicolas Hulot pour accélérer la production d’énergies renouvelables.

Vingt-huit réacteurs auront 40 ans d’ici 2025. Pensez-vous qu’il faille prolonger leur durée de vie au-delà ?

Les experts sont tous d’accord pour dire qu’un très grand nombre de réacteurs français peuvent vivre au-delà de 40 ans, on parle de 50 à 60 ans, mais jamais de la durée de vie américaine, où ils ont été autorisés jusqu’à 80 ans. Il faut faire un état des lieux pour prolonger certains réacteurs, afin de maintenir un socle d’énergie électrique produit à un prix faible. Encore que je ne suis pas sûre qu’on fasse toujours la vérité des prix sur les centrales nucléaires.

Justement, avec la baisse de la part du nucléaire, on doit s’attendre à voir nos prix augmenter ?

C’est justement le problème de la montée en puissance de la transition énergétique. Pour l’instant, le prix du nucléaire est facialement bas car il ne prend pas en compte l’ensemble des coûts. On se masque la face avec des prix de l’énergie électrique qui ne sont pas la réalité. On va en effet vers une augmentation du prix de l’électricité, mais aussi plus d’efficacité. En Allemagne par exemple, leur facture de l’énergie au global n’est pas plus chère, bien que le prix de l’électricité au Mégawatt/heure est plus élevé. Mais ils consomment moins, grâce à des mesures d’économies d’énergies efficaces. Il faut mettre en place un ensemble de mesures en ce sens.

EDF a-t-elle les moyens de survivre à cette transition énergétique ?

Je pense sincèrement que non, et c’est bien le problème. Jusqu’à maintenant on n’a pas voulu regarder les problèmes en face, pour protéger EDF. Et EDF a développé très timidement le reste, du fait du poids du nucléaire. Il va falloir réaffecter le personnel à la maintenance et au démantèlement, et EDF doit revisiter sa stratégie à 2025/2030. Aujourd’hui on a un leader chinois qui va être le meilleur mondial sur le plan du nucléaire. Je n’ai aucune certitude qu’Areva soit capable de produire une nouvelle centrale EPR à un prix compétitif. En tant que citoyenne je ne suis pas sûre que ça vaille le coup de prendre des risques de construire des grosses centrales nucléaires alors que le prix de l’électricité est supérieur à de l’énergie plus facile. À titre professionnel j’ai développé toutes les énergies : le charbon, le gaz, le nucléaire, le solaire, l’éolien, et j’étais favorable à un mix énergétique avec le nucléaire. Mais quand je vois que c’est un chinois qui va prendre la place ça ne m’enchante pas, et j’ai aussi un doute sur le prix du nucléaire face aux enjeux de sécurité.

http://www.ladepeche.fr/article/2017/07/11/2610497-corine-dubruel-prix-energie-nucleaire-reflete-realite.html

Juil 11

DES EXPERTS POINTENT DES LACUNES DANS LA SÛRETÉ DU STOCKAGE RADIOACTIF DE BURE

experts BureL’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire souligne dans un rapport un problème de maîtrise du risque d’incendie dans les galeries souterraines.

La fiabilité du futur site d’enfouissement des déchets les plus radioactifs à Bure, dans la Meuse, n’est à ce stade pas complètement garantie. C’est l’alarmante conclusion d’un rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire <http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20170704_Conclusions-expertise-IRSN-sur-dossier-options-de-surete-du-projet-Cigeo.aspx#.WWN7A4TyiUk>  (IRSN), l’établissement public chargé de la recherche et de l’expertise sur les risques nucléaires et radiologiques, sur lequel l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’appuie pour prendre ses décisions. La révélation de ces lacunes ne va faire que conforter l’opposition grandissante à cette installation, qualifiée à l’avance par ses détracteurs de « poubelle nucléaire ».

Porté par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), le projet de Centre industriel de stockage géologique <http://www.andra.fr/andra-meusehautemarne/pages/fr/menu18/le-projet-cigeo-6875.html>  (Cigéo) vise à enterrer dans une couche d’argile profonde de 500 mètres, à la limite de la Meuse et de la Haute-Marne, 85 000 m3 de déchets à haute activité et à vie longue, dont la dangerosité perdurera, pour certains d’entre eux, des centaines de milliers d’années.
Ces résidus proviennent principalement de l’exploitation du parc atomique hexagonal, mais aussi des laboratoires de recherche nucléaire et d’activités liées à la défense nationale. Ils sont pour l’instant entreposés à La Hague (Manche), Marcoule (Gard) et Cadarache (Bouches-du-Rhône).
À Bure, ce sont 240 000 « colis » – des fûts radioactifs – qui seront logés dans des alvéoles, au sein d’un réseau de 300 kilomètres de galeries souterraines couvant une surface de 15 km2. La demande d’autorisation de création du site doit être déposée dans le deuxième semestre de 2018, pour une mise en service en 2025, avec une phase pilote de cinq à dix ans. Le cimetière nucléaire sera ensuite progressivement rempli, sur une durée d’un siècle, avant d’être définitivement scellé. Le coût total est aujourd’hui chiffré à 25 milliards d’euros.

« Éliminer la possibilité qu’un incendie puisse se propager »

Mais l’Andra va devoir améliorer substantiellement sa copie. Car l’analyse de l’IRSN, qui porte sur le « dossier d’options de sûreté » présenté au printemps 2016 par l’opérateur, est sévère. Certes, les experts estiment que « le projet a atteint, dans l’ensemble, une maturité technique suffisante ». Ils n’en pointent pas moins que « la possibilité d’aboutir à une démonstration de sûreté probante (…) pose encore question pour quatre points majeurs ».
Le plus problématique concerne « la maîtrise des risques liés à l’incendie dans une alvéole de stockage de colis d’enrobés bitumineux ». Il s’agit de boues issues du traitement du combustible nucléaire, qui sont conditionnées dans un enrobage de bitume. « Ces produits gardent une réactivité chimique qui peut se traduire par un dégagement de chaleur, explique au Monde François Besnus, directeur de l’environnement à l’IRSN. En cas de départ de feu dans une galerie, le danger est un emballement thermique propageant l’incendie. Ces matières sont très difficiles à refroidir et c’est donc le scénario à éviter à tout prix. » D’autant que ces colis bitumineux seront au nombre d’un peu plus de 40 000, soit 18 % du nombre total de fûts stockés sur place.

L’Andra va donc devoir « étudier la possibilité d’un prétraitement destiné à neutraliser la réactivité thermique des enrobés » ou, à défaut, « revoir significativement les concepts afin d’éliminer la possibilité qu’un incendie puisse se propager ».
Les autres insuffisances ont trait à « la prise en compte des conséquences de certaines situations accidentelles (…), la faisabilité de la surveillance de paramètres clés de la sûreté de Cigéo et l’optimisation du point de vue de la sûreté de l’architecture du stockage ». En particulier, l’IRSN relève que « la possibilité de retrait de colis accidentés (…) n’a pas été étudiée ». Il considère qu’« il n’est pas acquis que la conception retenue par l’Andra permette d’exercer, pendant la phase d’exploitation, une surveillance adaptée ». Il juge encore qu’« un scénario d’effondrement se produisant pendant la construction ou l’exploitation » doit être pris en compte et que le risque sismique, après obturation de l’installation, doit être mieux évalué. Et il demande que la conception d’ensemble garantisse que « le transfert de radionucléides [vers l’environnement] reste suffisamment limité ».

« Dangereux, ruineux et antidémocratique »

Ce rapport met en fait en évidence l’un des écueils inhérents au projet : même si l’Andra fait valoir que le stockage géologique est « la solution internationalement retenue » pour les déchets hautement radioactifs et à vie longue, aucun pays ne l’a encore mise en œuvre, si bien que le retour d’expérience validant cette solution fait défaut.
L’Autorité de sûreté doit désormais présenter, avant la fin du mois, un projet d’avis qui sera ensuite soumis à la consultation du public. Et l’Andra devra démontrer, lors de sa demande d’autorisation de création, qu’elle a su combler des lacunes de sûreté qui pourraient, note l’IRSN, « entraîner une modification de conception du stockage ». Et peut-être faire déraper le calendrier.

Sollicitée, l’Andra n’a pas souhaité faire de commentaire. Mais cette expertise donne du grain à moudre aux anti-Cigéo, qui dénoncent depuis des années « un projet à très haut risque ». Pour le réseau Sortir du nucléaire <http://www.sortirdunucleaire.org/CIGEO-Bure-l-Institut-de-Radioprotection-et-de> , « plutôt que de s’entêter dans cette impasse, les pouvoirs publics doivent abandonner ce projet dangereux, ruineux et antidémocratique ». Le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, qui a déclaré vouloir « étudier davantage » le dossier, va en tout cas devoir s’en saisir sans tarder.

http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/07/11/des-experts-pointent-des-lacunes-dans-la-surete-du-stockage-radioactif-de-bure_5158807_1653054.html

Juil 11

EDF, AREVA : LE SCANDALE FINANCIER EST POUR BIENTÔT

Edf Areva scandaleGarant du programme nucléaire, l’État français a organisé l’irresponsabilité financière des opérateurs en reportant les coûts dans un avenir tellement lointain et incertain qu’ils ne sont pas inscrits dans les comptes. Cela ne se passe pas ainsi dans les autres pays.

Areva et EDF sont dans une situation financière grave. Cette réalité est confirmée par les dirigeants eux-mêmes qui se tournent vers l’État français, tellement impliqué dans la conception et la direction du programme nucléaire qu’il aura bien du mal à résister aux demandes de refinancement dont il est la cible.

Les investisseurs privés craignent que la situation financière présente soit le prélude à d’autres pires encore dans le futur. Le coût de démantèlement des centrales et de recyclage des déchets est énorme, mal connu et surtout, très mal provisionné dans les comptes. Un éventuel accident majeur, malheureusement de plus en plus probable au fur et à mesure qu’on laisse vieillir nos 58 réacteurs plus longtemps que prévu, n’est pas non plus sérieusement provisionné.

Il paraît évident aujourd’hui que le programme nucléaire français sera une mauvaise affaire financière. Mais comment limiter les dégâts ? C’est une question qui fait peur, un mistigri dont beaucoup de gens voudraient bien ne pas avoir à porter la responsabilité.

Les marchés tirent la sonnette d’alarme

Sur la base de promesses faites par quelques scientifiques, ingénieurs, militaires et politiciens des années 1970, la France s’est engagée complètement dans ce choix technologique. Une option unique, radicale et risquée que les manuels de finance les plus élémentaires déconseillent absolument aux investisseurs.

En 2016, ce ne sont ni nos ingénieurs ni nos hommes politiques qui nous informent de ces très mauvaises nouvelles. L’alerte ne vient pas non plus des opposants au nucléaire. Depuis des décennies, ils se sont épuisés à signaler toujours les mêmes dangers sanitaires et écologiques. Ils ont crié au loup avec constance et courage, mais la population ne les entend plus. Elle s’est habituée au confort tout électrique et ne sait comment trancher la controverse entre les écologistes qui veulent davantage de nucléaire pour lutter contre l’effet de serre et ceux qui demandent depuis des décennies, mais en vain, de sortir du nucléaire au plus vite.

L’alerte vient du cœur même du capitalisme mondialisé : ses marchés financiers. L’évolution du cours des actions d’Areva et d’EDF envoie un signal d’alerte, trop tardif, mais qu’il serait avisé de prendre très au sérieux.

Cette alerte, combinée aux traumatismes de Three Mile Island (1979), Tchernobyl (1986) et Fukushima (2011) permet, une fois de plus, d’attirer l’attention sur un grave dysfonctionnement de notre démocratie. En se comportant à la fois en entrepreneur et en garant du programme nucléaire, l’État français a organisé l’irresponsabilité financière des opérateurs, alors que dans d’autres pays – tout aussi tentés par la solution nucléaire – les calculs des financiers, la logique des marchés et une meilleure prise en compte des inquiétudes de la société civile jouaient le rôle de contre-pouvoir efficace.

Au début des années 1970, l’État centralisé a fait deux promesses : la technologie nucléaire serait sans risque et fournirait une électricité bon marché.

Une technologie sans risque et bon marché ?

En cas d’accident, la loi du 30 octobre 1968 limitait la responsabilité d’EDF à 600 millions de francs et engageait l’État au-delà de ce montant. Ce dernier était donc l’assureur en dernier recours du programme nucléaire. Aux États-Unis à la même époque, la responsabilité des compagnies électriques était beaucoup plus clairement engagée. À partir de l’accident de Three Mile Island en 1979, en raison de la sophistication des réglementations, des retards dans les programmes de construction et du coût prévisionnel d’un éventuel accident, plus de 120 commandes de réacteurs nucléaires furent abandonnées.

Ainsi, alors que l’État français déresponsabilisait EDF pour l’inciter à investir massivement sur l’option nucléaire, aux États-Unis, la responsabilisation des compagnies d’électricité aboutissait, au contraire, à un ralentissement progressif des investissements. Au volontarisme des politiques hexagonaux qui imposaient un tarif électrique bas dans l’oubli du long terme, s’opposait la prudence d’investisseurs, de banquiers et de compagnies d’assurances américains, soumis aux contraintes de la rentabilité financière et à la pression des opposants.

Entre 1970 et 2012 l’électricité a toujours été maintenue à un prix très bas en France. Ainsi, au second trimestre de 2008, le prix de l’électricité fournie aux ménages était inférieur de 27 % à la moyenne européenne et celui de l’électricité fournie aux entreprises industrielles était de 33 % inférieur à la moyenne.

Pendant toute cette période, la promesse économique semblait donc tenue. Cependant, pour calculer le coût de la production d’électricité au moyen de réacteurs nucléaires, il convient de définir au préalable qui supportera les risques et les incertitudes futures. Si l’opérateur n’est pas dans l’obligation d’inclure dans le calcul de son prix de revient le coût final du recyclage et du stockage des déchets, le coût du démantèlement des installations et le coût d’un éventuel accident majeur, il peut pratiquer un tarif très bas.

Three Mile Island, le coup d’arrêt

Bon marché, le nucléaire était aussi considéré en France comme un moyen de faire entrer des devises. C’était l’investissement d’avenir de l’époque. Une étude confidentielle réalisée en avril 1979 pour EDF par la société de conseil Euréquip présentait en détail les stratégies d’exportation de la technologie des centrales nucléaires déjà pratiquées avec succès par les États-Unis et l’Allemagne et envisageait des perspectives optimistes pour les exportations françaises. On prévoyait pour l’an 2000 une production de 1 000 à 2 000 gigawatts dans le monde non communiste.

Le 31 décembre 1977, 342 réacteurs étaient en commande ou en construction de par le monde. 68 faisaient l’objet d’un contrat d’exportation (30 l’étaient par les USA, 15 par l’URSS, 13 par l’Allemagne fédérale, 6 par la France, 2 par le Canada et 2 par la Suède).

L’accident de Three Mile Island a mis un coup d’arrêt brutal à cet engouement mondial, confirmé par la catastrophe de Tchernobyl en 1986 puis par celle de Fukushima en 2011. La France qui s’était lancée dans l’exportation du nucléaire après les Américains et les Allemands en fut réduite à vendre ses centrales à l’Afrique du Sud (1974), l’Iran (1974, projet non abouti) et à l’Irak (1975, projet non abouti), pays que d’autres exportateurs potentiels évitaient pour des raisons politiques ou militaires. On ne sait encore comment les tentatives actuelles en Finlande, en Grande Bretagne, en Corée et en Chine se termineront…

« L’État-EDF » a décidé de tout

En 2008, Philippe Boulin, ancien PDG de Creusot-Loire Framatome, écrivait dans « L’aventure nucléaire en France : grandes et petites histoires » (Revue des Ingénieurs) :

« Le principal acteur de cette longue histoire a été EDF, client et futur exploitant, à qui incombait la prise de toutes les grandes décisions. C’est à elle que revient le mérite d’avoir piloté ce dossier majeur avec persévérance, lucidité et habileté. Néanmoins, dans le contexte de l’époque, quelles qu’aient été la détermination et l’autorité des dirigeants d’EDF, ils devaient obtenir l’aval des pouvoirs publics pour chacune de leurs décisions importantes. Ainsi, chacune des principales étapes a été précédée d’un grand débat au sein des ministères concernés (industrie, recherche, économie). Chacune a fait l’objet d’un arbitrage par le Premier ministre, voire par le chef de l’État. Cela dit, si les politiques ont pesé sur les grandes décisions de principe, ils se sont peu impliqués dans les modalités d’exécution, à l’inverse des chefs d’entreprises, des économistes et des techniciens ».

Les décisions nucléaires prises entre 1973 et 1984 sont le produit d’une entente cordiale entre quelques ministres et membres de cabinets ministériels, les ingénieurs d’EDF et quelques grands industriels comme Creusot-Loire, Framatome pour les équipements ; Grands Travaux de Marseille, Bouygues, et Spie Batignolles pour le génie civil. Les grands corps d’ingénieurs de l’État, et au premier chef le corps des mines, ont sans doute été un facteur de cohésion entre ces diverses instances de décision. Par l’entremise de l’École polytechnique et du CEA, le lien se faisait aisément entre le nucléaire militaire et le nucléaire civil.

Les décisions majeures ont été prises par décret en conseil des ministres. L’un de ces décrets publiés le 26 décembre 1979 au Journal Officiel (page 10588) autorisait EDF à « créer, sur le site nucléaire de Flamanville, les tranches 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville dans les conditions définies par la demande susvisée du 18 octobre 1979 et le dossier modifié joint à cette demande sous réserve des dispositions du présent décret ».

C’est le Premier ministre qui décrète, sur le rapport du seul ministre de l’Industrie au vu de 14 documents de référence : quatre lois dont aucune ne concerne spécifiquement le nucléaire ; une ordonnance ; cinq décrets ; une demande émanant d’EDF, deux avis émis par des ministres et enfin, seule et maigre esquisse d’une consultation démocratique, une audition publique organisée le 16 décembre 1976 à la mairie de la commune où la centrale doit être implantée.

L’analyse sociologique de ces consultations d’intérêt local a montré qu’elle n’avait rien à voir avec les public hirings organisés à la même époque en Angleterre. En France, il s’agissait plutôt de réunions d’information encadrées par les agents d’EDF et de l’administration qui, en l’absence d’un juge pour prendre acte des débats et en tirer des conclusions officielles, ne pouvaient en aucun cas modifier la décision.

Parmi les élites de l’époque, l’idée que l’on doit consulter les représentants du peuple sur des questions techniques et scientifiques paraissait inconvenante, comme l’atteste cette déclaration du ministre de l’Industrie et de la Recherche au cours d’un débat parlementaire les 14 et 15 mai 1975 :

« On ne peut tout de même pas décider par un vote le nombre de centrales à construire dans les vingt prochaines années. Ce serait aussi absurde que de demander chaque année au Parlement de fixer le montant des investissements à engager par EDF ».

L’État français décide, puis l’Europe privatise.

Vingt-cinq ans plus tard, EDF est en principe devenue une entreprise comme les autres, soumise à la concurrence et à la logique des marchés financiers. En principe seulement. Si les investisseurs privés ne veulent pas y mettre leur argent, il ne reste que l’État (c’est-à-dire les contribuables) pour supporter la masse des coûts à venir.

La loi du 9 août 2004 relative au service public de l’électricité et aux entreprises électriques et gazières transpose en droit français les obligations communautaires. Les opérateurs historiques EDF et GDF sont transformés en sociétés anonymes, lèvent des capitaux sur les marchés financiers internationaux et s’internationalisent. La totalité du marché, soit près de 450 TWh, est ouverte à la concurrence depuis le 1er juillet 2007. Cependant, dans le cas particulier de l’énergie nucléaire, les normes comptables en vigueur (IAS 37 et CRS 2000 pour la France) se révèlent peu adaptées.

En effet, selon ces normes : « Un passif n’est pas comptabilisé dans les cas exceptionnels où le montant de l’obligation ne peut être évalué avec une fiabilité suffisante ». Il en résulte que le risque nucléaire n’est pas correctement pris en compte par ce système comptable conçu pour favoriser la rémunération des actionnaires et la perception par les États de l’impôt sur les bénéfices des sociétés. La prudence des comptables engendre une imprudence technique qui consiste à reporter sur les générations futures les coûts lointains dont on ignore le montant.

Dans le cas particulier de l’énergie nucléaire, l’assurance contre les accidents prend une forme particulière et problématique. S’il existe des conventions internationales (Paris et Vienne), les valeurs plafonds de dédommagement par l’opérateur varient au fil du temps et selon les états. En France, en 2012, elles sont limitées à 700 millions d’euros pour EDF et l’État français garantit 500 millions d’euros supplémentaires. C’est bien peu au regard des coûts prévus pour la catastrophe de Fukushima. Les conséquences financières d’un accident grave de réacteur ont été évaluées à 17 milliards d’euros.

Quid de la technologie nucléaire aujourd’hui ?

La promesse d’une électricité bon marché faite aux Français au début des années 1970 fut tenue jusqu’en 2012. Mais n’était-elle pas en réalité le report sur les générations futures de coûts cachés ? Ce report n’a été possible que parce que l’évaluation économique du programme était biaisée ; les risques d’accident sous-estimés ; le débat démocratique étouffé. Confondant le rôle des grandes entreprises publiques avec celui de l’État, des dirigeants politiques de droite comme de gauche ont organisé une irresponsabilité financière des opérateurs qui a contribué à entretenir un aveuglement collectif sur les coûts cachés. Dans le même temps, d’autres pays faisaient preuve de plus de vigilance et se désengageaient à temps.

La technologie nucléaire française est-elle remarquable ? Oui. Elle est même exceptionnelle du point de vue comptable. Sa principale caractéristique sociotechnique est de reporter les coûts dans un avenir tellement lointain et incertain qu’ils ne sont pas inscrits dans les comptes ce qui permet, à court terme, de faire de belles promesses, de pratiquer des tarifs compétitifs, d’offrir des conditions de travail confortable au personnel et de verser des gros dividendes à l’État actionnaire. Gare au mistigri !

La dégradation des comptes des entreprises du nucléaire n’est plus une menace, c’est un fait. L’État n’aura d’autre choix que de recapitaliser ces entreprises. Cet apport d’argent public va encore une fois masquer pour un temps les difficultés, mais ce ne sera jamais assez et les citoyens finiront par payer. Que l’on continue à produire de l’électricité nucléaire ou que l’on démantèle, éviter les accidents nucléaires demandera beaucoup d’investissements, une grande compétence, et une grande rigueur dans les moindres détails de l’exécution.

Pourvu que le personnel d’EDF, d’Areva et de tous les sous-traitants tiennent le coup !

https://www.contrepoints.org/2016/04/27/249550-249550

Source : https://theconversation.com/lheure-des-comptes-a-sonne-pour-le-nucleaire-francais-58174

Sur le web– Article publié sous licence Creative Commons CC BY-ND 4.0.

Juil 10

NEW NP (EX-AREVA NP): MITSUBISHI (MHI) ET ASSYSTEM ENTRENT AU CAPITAL

New NPLe conglomérat japonais Mitsubishi Heavy Industries et le français Assystem, spécialiste du conseil en ingénierie, vont entrer au capital de New NP (ex-Areva NP), l’activité réacteurs du groupe nucléaire cédée à EDF, a annoncé lundi ce dernier.

EDF, qui doit prendre le contrôle d’Areva NP, « confirme ce jour la signature des accords engageants d’entrée au capital de New NP des sociétés » Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et Assystem, selon un communiqué.

L’électricien a précisé que la part de MHI serait comprise entre 15% et 19,5% tandis que celle d’Assystem représenterait 5%..

« EDF reste ouvert à l’entrée d’autres partenaires stratégiques« , a précisé le groupe, ajoutant que les investissements de MHI et Assystem seraient effectifs d’ici la fin de l’année.

Dans un communiqué séparé, Assystem, qui avait dit en mai son intention d’entrer dans Areva NP et de réduire son engagement dans l’automobile et l’aéronautique, a annoncé que l’investissement représenterait 125 millions d’euros.

En grande difficulté, Areva, détenu majoritairement par l’État français, s’est engagé dans un plan de sauvetage. Il comprend la cession de son activité réacteurs (Areva NP) à EDF pour se recentrer sur le cycle du combustible en créant NewCo.

L’opération, qui doit être autorisée par Bruxelles, doit valoriser cette nouvelle filiale 2,5 milliards d’euros.

https://www.romandie.com/news/New-NP-ex-Areva-NP-Mitsubishi-MHI-et-Assystem-entrent-au-capital/813488.rom

Juil 10

DES DÉCHETS ENFOUIS DEPUIS TRENTE ANS DÉCOUVERTS SUR LE SITE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE

Déchets FlamanvilleCes déchets datent de la construction des deux premiers réacteurs de la centrale nucléaire. Et selon l’Autorité de sûreté nucléaire, le volume de déchets à extraire est plus important que prévu…

C’est un coup de pelleteuse assez gênant. En mai 2016, sur le chantier de construction du nouveau réacteur nucléaire de type EPR, à Flamanville (Manche), des ouvriers ont par hasard mis à jour des déchets vieux de 30 ans, enfouis à quelques mètres de profondeur.

Des sacs plastiques, des morceaux de bois, des câbles métalliques

Il s’agit de sacs plastiques, de morceaux de bois, de câbles métalliques et autres tuyaux de toutes sortes, précise ce lundi Le Parisien <http://www.leparisien.fr/economie/epr-de-flamanville-decouverte-de-dechets-enfouis-depuis-trentes-ans-10-07-2017-7122402.php> , qui rapporte les faits. Ils proviennent de la construction des deux premiers réacteurs de Flamanville, entre 1978 et 1986. Ces déchets sont a priori non dangereux, mais ils auraient dû être à l’époque répertoriés et traités, note le quotidien.
Rapidement prévenu, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) (https://www.asn.fr/) envoie une « lettre de suivi » demandant des compléments d’informations, notamment sur le volume et la nature des déchets. C’était le 7 juillet 2016, indique Le Parisien. Mais les réponses tardent à venir et, le 2 juin dernier, l’ASN profite d’une nouvelle inspection pour faire le point.

Plus de déchets que prévus ?

L’ASN n’est pas satisfaite de ce qu’elle a vu. « Certes, le groupe a immédiatement pris des mesures pour évacuer ces déchets vers les filières autorisées, indique Hélène Héron, la chef de la division de Caen à l’ASN interrogée par Le Parisien. Mais de nouvelles fouilles ont montré que le volume à extraire était finalement largement supérieur aux estimations de départ. » Ce volume n’est pas précisé, mais la zone de déchets s’étendrait jusque sous des modules préfabriqués, réservés aux ouvriers du chantier, écrit le quotidien.

EDF se défend en expliquant avoir mis en place un chantier de dépollution des sols, toujours en cours, et en précisant que « ces déchets ont été enfouis bien avant que le moindre combustible ne soit introduit dans les deux réacteurs ». Le Réseau sortir du nucléaire (http://www.sortirdunucleaire.org) rétorque, lui, que « nous n’avons aucune garantie sur la non-dangerosité de ces déchets » et que « cette histoire est révélatrice de certaines pratiques » qui seraient, selon l’association, « encore monnaie courante sur tous les sites » d’EDF.

http://www.20minutes.fr/planete/2102127-20170710-dechets-enfouis-depuis-trente-ans-decouverts-site-nucleaire-flamanville

Juil 10

FERMETURE ANNONCÉE DE 17 RÉACTEURS : LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE POUR NE PAS AVOUER LE DÉLABREMENT AVANCÉ DU PARC NUCLÉAIRE

Nucléaire 17 réacteursCommuniqué de l’Observatoire du Nucléaire :

L’annonce de fermer « jusqu’à 17 réacteur nucléaires » par le ministre Nicolas Hulot est présentée comme la mise en œuvre de l’objectif fixé par la Loi de transition énergétique de 2015, objectif confirmé par le nouveau Président de la République, à savoir 50% d’électricité nucléaire en France contre environ 75% aujourd’hui.

Or, en réalité, les autorités françaises et EDF ne veulent pas avouer que la baisse importante de la part du nucléaire n’est pas un objectif (M. Macron est tout aussi pronucléaire que son prédécesseur M Hollande) mais la conséquence d’une situation inextricable illustrée par deux données :

– le délabrement avancé du parc nucléaire français

– l’état catastrophique des finances d’EDF

Prolonger la durée de vie des réacteurs nucléaires nécessite de très lourds travaux qui coûtent des sommes gigantesques, de l’ordre de plusieurs centaines de milliards d’euros, bien plus lourdes que celles qu’EDF veut bien admettre.

Dans le même temps, EDF est confrontée à la baisse très importante et structurelle du prix de l’électricité en Europe, du fait d’une diminution continue de la consommation d’électricité depuis 2008 et de l’augmentation massive de la production d’électricité par des sources renouvelables à un tarif de moins en moins cher.

La réalité est donc que le parc nucléaire français n’est plus rentable, qu’EDF est incapable de financer sa rénovation et a fortiori de construire de nouveaux réacteurs comme démontré par les catastrophes industrielles et financières des chantiers EPR de Finlande (Areva) et Flamanville (EDF).

Cette situation illustre d’ailleurs le caractère totalement absurde du projet ruineux de construire deux EPR en Grande-Bretagne, l’Observatoire du nucléaire continue d’ailleurs de prévoir que ces réacteurs ne seront pas mis en chantier ou, au « mieux« , pas terminés.

La France doit même se préparer à la fermeture de réacteurs bien plus nombreux que le chiffre de 17 mis sur la table dans un premier temps : plus de la moitié des 58 réacteurs français sont dans un état déplorable et sont susceptibles de devoir être fermés dans les années à venir.

Il ne faut cependant pas oublier que, suite à la catastrophe de Fukushima, le Japon a fermé ses 54 réacteurs et a fonctionné plusieurs années avec 0% d’électricité nucléaire et avec une part très réduite depuis : si 130 millions de japonais peuvent se passer du nucléaire, il est évident que 65 millions de français peuvent aussi le faire…

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

Juil 10

OMBRES ET LUMIÈRES DU TRAITÉ ONU SUR LES ARMES NUCLÉAIRES

Ombre et lumièreLe Traité sur la prohibition des armes nucléaires, adopté avec une grande majorité par les Nations Unies le 7 juillet, constitue une pierre angulaire dans la prise de conscience qu’une guerre nucléaire aurait des conséquences catastrophiques pour l’humanité toute entière.

Sur la base de cette conscience, les 122 états qui l’ont voté s’engagent à ne pas produire ni posséder des armes nucléaires, à ne pas les utiliser ni menacer de les utiliser, à ne pas les transférer ni les recevoir directement ou indirectement. Ceci est le point de force fondamental du Traité qui vise à créer «un instrument juridiquement contraignant pour la prohibition des armes nucléaires, qui conduise vers leur élimination totale ».

Sans préjudice de la grande validité du Traité -qui entrera en vigueur quand, à partir du 20 septembre, il aura été signé et ratifié par 50 états– il faut prendre acte de ses limites. Le Traité, juridiquement contraignant seulement pour les états qui y adhèrent, ne leur interdit pas de faire partie d’alliances militaires avec des états en possession d’armes nucléaires. En outre, chacun des états adhérents «a le droit de se retirer du Traité s’il décide que d’extraordinaires événements relatifs à la matière du Traité aient mis en danger les suprêmes intérêts de son pays ». Formule vague qui permet à tout moment à chaque état adhérent de déchirer l’accord, en se dotant d’armes nucléaires.

La limite majeure consiste dans le fait que n’adhère au Traité aucun des états en possession d’armes nucléaires : les États-Unis et les deux autres puissances nucléaires de l’Otan, France et Grande-Bretagne, qui possèdent au total environ 8000 têtes nucléaires ; la Russie qui en possède autant ; Chine, Israël, Inde, Pakistan et Corée du Nord, avec des arsenaux mineurs mais non négligeables pour autant. N’adhèrent pas non plus au Traité les autres membres de l’Otan, en particulier Italie, Allemagne, Belgique, Hollande et Turquie qui hébergent des bombes nucléaires étasuniennes. La Hollande, après avoir participé aux négociations, a exprimé un avis contraire au moment du vote. N’adhèrent pas au Traité au total 73 membres des Nations Unies, parmi lesquels émergent les principaux partenaires USA/Otan : Ukraine, Japon et Australie.

Le Traité n’est donc pas en mesure, en l’état actuel, de ralentir la course aux armements nucléaires, qui devient de plus en plus dangereuse surtout sous l’aspect qualitatif.

En tête se trouvent les États-Unis qui ont lancé, avec des techniques révolutionnaires, la modernisation de leurs forces nucléaires : comme le documente Hans Kristensen de la Fédération des scientifiques américains (Fas), celle-ci « triple la puissance destructrice des missiles balistiques USA existants » : comme si l’on était en train de planifier d’avoir « la capacité de combattre et vaincre une guerre nucléaire en désarmant les ennemis avec un first strike par surprise ». Capacité qui comprend aussi le « bouclier anti-missiles » pour neutraliser les représailles ennemies, comme celui déployé par les États-Unis en Europe contre la Russie et en Corée du Sud contre la Chine.

La Russie et la Chine sont elles aussi engagées dans la modernisation de leurs propres arsenaux nucléaires. En 2018 la Russie déploiera un nouveau missile balistique intercontinental, le Sarmat, d’une portée allant jusqu’à 18000 Km, pouvant transporter 10-15 têtes nucléaires qui, en revenant dans l’atmosphère à vitesse hypersonique (plus de 10 fois celle du son), manœuvrent pour échapper aux missiles intercepteurs en perçant le « bouclier ».

Parmi les pays qui n’adhèrent pas au Traité, dans le sillage des États-Unis, il y a l’Italie. La raison est claire : en adhérant au Traité, l’Italie devrait se défaire des bombes nucléaires USA déployées sur son territoire. Le gouvernement Gentiloni, définissant le Traité comme « un élément fortement diviseur », dit cependant être engagé pour la « pleine application du Traité de non-prolifération (Tnp), pilier du désarmement ». Traité en réalité violé par l’Italie, qui l’a ratifié en 1975, puisqu’il engage les États militairement non-nucléaires à « ne pas recevoir de quiconque des armes nucléaires, ni le contrôle sur ces armes, directement ou indirectement ». L’Italie a au contraire mis à disposition des États-Unis son propre territoire pour l’installation d’au moins 50 bombes nucléaires B-61 à Aviano et 20 à Ghedi Torre (toutes deux au nord-est de l’Italie, ndt), où des pilotes italiens aussi sont entraînés à les utiliser.
À partir de 2020 sera stockée en Italie la B61-12 : une nouvelle arme USA de first strike nucléaire. Ainsi l’Italie, formellement pays non-nucléaire, se trouvera transformée en première ligne d’une encore plus dangereuse confrontation nucléaire entre USA/Otan et Russie.

Pour que le Traité adopté par les Nations Unies (mais ignoré par l’Italie) ne reste pas sur le papier, on doit exiger que l’Italie observe le Tnp, défini par le gouvernement comme « pilier du désarmement », c’est-à-dire exiger la complète dénucléarisation de notre territoire national.

Article de Manlio Dinucci

http://www.mondialisation.ca/ombres-et-lumieres-du-traite-onu-sur-les-armes-nucleaires/5598401

Juil 09

EPR : QUI FERA CESSER LE SCANDALE ?

EPRPas le Premier ministre Édouard Philippe qui fut directeur des relations publiques chez Areva de 2007 à 2010, actuellement au bord de la faillite. Ni un Nicolas Hulot cédant sur les perturbateurs endocriniens à peine avait-il martelé sa détermination de ne rien lâcher sur les acquis, et dont la Fondation est généreusement financée par EDF : le 19 mai ont été célébrés leurs 25 ans de partenariat ! Et bien évidemment pas Jean-Bernard Lévy, PDG d’EDF, pour qui – il en est convaincu – EDF construira une nouvelle gamme d’EPR en France qui devrait voir le jour à l’horizon 2030 : l’ « EPR optimisé« . Cet homme désormais disjoncté par la réalité économique qu’il n’avait sans doute pas évaluée à sa juste valeur quand il a accepté le poste de PDG d’EDF (« Il y a quelques années, EDF vendait en France son électricité entre 50 et 60 euros le MWh. Ce prix était tombé autour de 40 euros à mon arrivée à la tête de l’entreprise à la fin 2014, et il est désormais de 26 euros. C’est une violente secousse (…) alors qu’EDF a déjà un niveau élevé d’endettement, d’environ 37 milliards d’euros [en réalité il serait de plus du double]) », cet homme, donc, ne voit plus d’autres solutions que de s’en remettre désormais, dans une confiance aveugle, à la soi-disant expertise des « Américains qui utilisent la même technologie que la nôtre [pour les centrales nucléaires, et] sont en train de prolonger les leurs jusqu’à quatre-vingt ans » ! Et alors même que Westinghouse, fabricant de ces centrales américaines et propriétaire de la licence utilisée en France, rachetée par Toshiba, mobilisait il y a peu des avocats experts en faillite. Et c’est Toshiba qui, désormais, se retrouve au bord du gouffre à cause d’une perte de 6,3 milliards de dollars dans sa branche nucléaire américaine !! Et c’est dans ce contexte, avec un EPR à Flamanville plombé par un retard de 5 ans dans sa construction et un triplement de son coût évalué désormais à 10 milliards d’€, que le 28 juin, après avoir été soumis à une pression inouïe de la part de la Commission européenne, une pression qui s’apparente à un véritable chantage, l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) a pris la décision de valider la cuve de l’EPR alors même que son acier défectueux ne répond pas aux normes en vigueur dans l’industrie nucléaire. Or ce cœur ultrasensible de la centrale doit durer un minimum de 60 ans sans pouvoir être remplacé.

Malgré la démission tonitruante de Thomas Piquemal, l’ancien directeur financier d’EDF, refusant de donner sa caution au projet d’Hinkley Point, et malgré un moral des salariés d’EDF en chute libre mesuré par une enquête interne qui à l’époque aurait fait trembler sa direction, EDF, son PDG et son conseil d’administration ont donc choisi la fuite en avant. « Fin 2015, explique affolé Thomas Piquemal, EDF avait déjà investi 58 % de son patrimoine dans la technologie EPR. Avec celui d’Hinkley Point, cette part allait monter à 70 %. Mais qui investirait 70 % de son patrimoine sur une technologie dont nous ne savons toujours pas si elle fonctionne ? ». (EDF : « J’ai démissionné par désespoir »). Et tandis que les deux premiers EPR, en Finlande et à Flamanville, ont vu leur coût tripler et leur date de démarrage toujours reculer (« EPR : des tuiles en chaîne »), à Hinkley Point les travaux de terrassement de l’EPR ont-ils à peine débuté que son coût vient d’augmenter brutalement d’1,7 milliard d’€uros !

Dans Libération (« La scoumoune plane sur les EPR »), Pierre-Antoine Chazal, analyste financier chez Bryan Garnier, résume la perplexité d’une partie du microcosme financier : « L’efficacité de cette technologie n’a jamais été démontrée, aucun réacteur n’est en service, les contraintes de sécurité sont immenses… Si d’autres surcoûts ou retards interviennent, ces projets sans garanties auront du mal à attirer d’éventuels investisseurs. »

Mais qui arrêtera donc ces dirigeants irresponsables dans leur fuite en avant ? D’où viendra la sagesse apaisant leur esprit et leur permettant de mesurer enfin que le prix du Kwh d’électricité d’origine nucléaire, puisque celui-ci semble représenter le critère premier de leurs décisions, n’est plus compétitif au regard des énergies renouvelables (Le nouveau solaire deux fois moins cher que l’EPR) ? Qui leur rappellera que Tchernobyl et Fukushima vomissent une radioactivité qu’on ne peut contrôler, et que leurs coriums sont en train de se balader dans l’écorce terrestre, du moins ceux de Fukushima. En ce qui concerne Tchernobyl le doute s’est installé à la suite de la construction d’une semelle de béton sous le réacteur, coûtant la vie à des milliers de liquidateurs.

Sont-ils tous devenus fous ? Ou bien lâches ? Ou les deux, préférant risquer la vie et la santé des populations plutôt que d’admettre que la survie d’une ou deux entreprises, furent-elles le fleuron de l’industrie française, ainsi que le profit de leurs actionnaires puissent être moins importants que la vie d’un grand nombre d’êtres humains ? Des normes fixées par des spécialistes au terme d’une réflexion longue et intense à partir de critères économiques et techniques sophistiqués, se retrouvent ainsi bafouées au nom d’un orgueil démesuré et de la cupidité… Au regard de tels enjeux doit-on interpréter le retard pris dans la construction des EPR comme la résistance muette d’ingénieurs et de techniciens à la folie et/ou la lâcheté de leurs dirigeants ?

L’État français, EDF et Areva continuent de foncer les yeux fermés vers le mur. Qui sera en mesure de les arrêter ? Qui ?

Ce n’est pas sur la Commission européenne qu’il faudra compter pour empêcher l’accident. Aiguillonnée par le lobby nucléaire elle a mis le feu aux poudres. C’est donc à un véritable chantage financier qu’elle a soumis l’ASN, celle-ci étant sommée de prendre une position politique d’une gravité inédite sous couvert d’un avis purement technique.

En effet Bruxelles a conditionné son accord au rachat d’Areva NP par EDF à l’homologation de la cuve défectueuse de l’EPR de Flamanville par l’ASN. Autrement dit elle a décidé d’exercer ce chantage sur une administration dite indépendante qui se retrouverait responsable en cas d’avis technique négatif de condamner Areva à la faillite et peut-être même EDF dans la foulée, puisque son programme EPR pourrait se voir alors disqualifié. Autant demander à Pierre-Franck Chevet, président de l’ASN, d’avoir l’amabilité de se faire hara-kiri, sachant que l’ASN savait apparemment depuis 2005 que l’acier fabriqué par l’usine Creusot Forge (rachetée par Areva pour tenter d’y mettre de l’ordre) ne répondait pas aux normes de l’industrie nucléaire, et en aurait informé EDF. EDF et Areva ont passé outre et la construction de la cuve a débuté à partir de 2006. Officiellement selon l’ASN ce n’est qu’en fin 2014 qu’Areva NP aurait mis en évidence une anomalie dans l’acier des cuves (Le « récit » qui doit sauver l’honneur de l’ASN (…) – Observatoire du nucléaire).

Que voulez-vous que les dirigeants de l’ASN fissent face à un tel dilemme ? Ce que font toutes les élites françaises en pareil cas : repasser la patate chaude à une commission technique, tout en précisant, pour désamorcer à l’avance toute tentative d’obstruction militante, que son avis serait soumis au débat public jusqu’en septembre et la décision finale prise en octobre. Les 26 et 27 juin se sont donc réunis une trentaine d’experts dont la conclusion est conforme au souhait implicite du lobby nucléaire mondial, de la Commission européenne, de l’État français, d’EDF, d’Areva et de l’ASN. Ils « ont ménagé la chèvre et le chou et trouvé une cote mal taillée avec un régime d’exception : autorisation de mise en route de l’EPR mais avec contrôles renforcés et obligation de changer le couvercle de la cuve d’ici 2024. Autrement dit, c’est l’aveu que cette pièce n’est pas conforme, et donc que l’EPR est dangereux  » (Lien). Néanmoins soulagée, l’ASN s’est aussitôt rangée à l’avis des experts, suivie par Nicolas Hulot dont la feuille de route annonce sur le nucléaire la volonté de se conformer à son expertise : « L’ASN a présenté le 28 juin 2017 sa position sur l’anomalie de la cuve du réacteur EPR de Flamanville.(…) Sur la base des analyses techniques réalisées, l’ASN considère que les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont suffisantes au regard des sollicitations auxquelles ces pièces sont soumises, y compris en cas d’accident. Pour autant, l’anomalie de la composition chimique de l’acier conduit à une diminution des marges vis-à-vis du risque de rupture brutale ». Il y a donc bien « des anomalies sérieuses, voire très sérieuses » sur la cuve selon Pierre-Franck Chevet, le risque est donc patent, mais néanmoins l’EPR peut fonctionner dans de telles conditions !… Cette position est bien évidemment jugée « aberrante » par Greenpeace et le Réseau Sortir du nucléaire.

En réponse, Pierre-Franck Chevet dévoile le leurre de la consultation publique. Au micro de Sciences et avenir, il explique ce qu’il attend en réalité de ses concitoyens : « Il ne s’agit donc clairement pas d’un référendum, mais « nous espérons des conseils techniques qui viendront compléter notre vision« . Des conseils d’experts, et non pas du grand public. Les observations et les remarques sur la politique énergétique « ne nous servent pas dans les décisions techniques« , pointe-t-il » sans ambages. Tout est dit…

Ignorera-t-il l’impact psychologique sur la conduite au quotidien des ingénieurs, des techniciens et de tous les salariés des centrales nucléaires dont le moral est déjà au plus bas, qu’induira inévitablement cette décision des dirigeants de ne pas respecter les normes techniques capitales actuellement en vigueur et n’ayant subi aucune modification ? Aura-t-elle pour effet un plus grand respect des consignes ou au contraire un laisser-aller grandissant similaire à celui de leur élite ?

La réponse est malheureusement évidente. Quelle alternative restera-t-il alors pour contrer cette inclinaison annonciatrice des dangers les plus graves ? D’aucuns sont convaincus qu’à elle seule la déconfiture économique de la production d’énergie d’origine nucléaire sera suffisante à l’effondrement de son industrie. C’est bien mal connaitre l’irrationalité inhérente à la nature humaine et les capacités de fuite en avant qu’offre l’aveuglement d’un État. Et c’est pourquoi à l’instar des pilotes de ligne engagés contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, il serait souhaitable, qu’à défaut d’une mobilisation citoyenne improbable, des ingénieurs et des techniciens se lèvent pour dénoncer l’inacceptable.

Car on ne pourra pas compter sur un Jupiter marié à sa sœur dans la mythologie ou à sa mère dans un storytelling actuel, et dont l’un des attributs est la foudre, en l’occurrence nucléaire, pour apporter de la rationalité dans un domaine où elle commence à manquer cruellement.

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/epr-qui-fera-cesser-le-scandale-194895

Juil 09

LES EXPERTS TURCS DÉNONCENT LA POLITIQUE DE «DEUX POIDS, DEUX MESURES» DE L’UE

TurquieRéuni jeudi en séance plénière, le Parlement européen a adopté une résolution sur la Turquie qui appelle notamment Ankara à renoncer au contrat de construction de sa première centrale nucléaire à Akkuyu avec le groupe russe Rosatom. Sputnik a eu l’occasion de consulter des experts turcs afin qu’ils nous fassent part de leur avis sur la question.

En appelant la Turquie à renoncer à la construction d’une centrale nucléaire à Akkuyu, le Parlement européen ne fait que manifester une nouvelle fois la politique de «deux poids, deux mesures» de l’Union européenne, a déclaré à Sputnik, Eyup Lütfi Sarici, chef du Centre d’information d’Akkuyu nuclear.

«Il va sans dire qu’un tel appel n’aurait tout simplement pas eu lieu si la construction de cette centrale avait associé une société européenne. […] Les Occidentaux n’ignorent pas que la Russie joue le rôle principal dans ce projet d’investissement et le digèrent très mal», a constaté l’interlocuteur de l’agence.

Selon le député du Parti de la justice et du développement turc (AKP) au pouvoir, Berat Çonkar, qui copréside la Commission parlementaire mixte pour la coopération entre la Turquie et l’Union européenne, l’appel du Parlement européen à abandonner le projet de construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu est une démarche inamicale, voire malveillante à l’égard d’Ankara et de Moscou.

«J’y vois l’impact du lobby énergétique des pays tels que l’Allemagne et la France, car il n’y a pas eu de déclarations de ce type sur d’autres centrales nucléaires. De telles sorties ne se font que contre le projet que nous réalisons en commun avec la Russie», a constaté l’interlocuteur de Sputnik.

Et de souligner que ce genre de déclarations et d’appels n’avait aucune valeur pour la Turquie.

Le chef de l’Association internationale d’économie énergétique Gürkan Kumbaroğlu estime quant à lui que le fait que la résolution du Parlement européen ne mentionne même pas le projet franco-japonais de construction d’une centrale nucléaire au bord de la mer Noire, plus précisément dans la province turque de Sinop, prouve qu’il s’agit bel et bien d’un motif politique.

«Il s’agit d’une attaque manifeste contre la Russie et la coopération turco-russe en plein essor», a conclu M.Kumbaroğlu.

La Russie et la Turquie ont signé en 2010 un accord intergouvernemental prévoyant la construction d’une centrale nucléaire à Akkuyu. Cette centrale nucléaire, dont la première pierre a été posée en 2015, pourrait entrer en service en 2023.

La centrale nucléaire d’Akkuyu, premier site de ce genre en Turquie, sera construite dans la province de Mersin sur le littoral méditerranéen du pays.

Elle comprendra quatre réacteurs VVER de conception russe de 1.200 mégawatts chacun. Le site produira près de 35.000 milliards de kWh d’électricité par an.

https://fr.sputniknews.com/economie/201707081032159757-ue-parlement-europe-turquie-centrale-nucleaire-contrat-russie/

NDLR : je rappelle que Sputniknews est un média russe

 

Juil 08

INSOLITE : UNE CENTRALE NUCLÉAIRE INACHEVÉE EST CONVERTIE EN FERME PHOTOVOLTAÏQUE

ferme solaireAux États-Unis, un consortium composé d’énergéticiens et de spécialistes de projets solaires a converti une ancienne centrale nucléaire en une ferme photovoltaïque. Au total, 3 000 panneaux solaires ont été installés pour une capacité de 1 MW.

Un ancien site nucléaire reconverti

Les représentants de Hawkins County Industrial Development Board, Birdseye Renewal Energy, Holston Electric, et United Renewable Energy se sont réunis le mois dernier dans le comté de Hawkins, Etat du Tennessee (États-Unis), pour célébrer l’ouverture de leur nouvelle ferme solaire. C’est sur le site nucléaire abandonné à mi-construction – et qui n’a, par conséquent, jamais produit la moindre énergie – de Phipps Bend que les panneaux, qui sont au nombre de 3 000, ont été installés. Ils couvrent environ six hectares de terre et peuvent orienter la trajectoire de leur surface pour maximiser la quantité d’énergie reçue du soleil. C’est le dispositif NEXTracker, qui déplace les panneaux d’Est en Ouest tout au long de la journée, qui leur permet d’avoir ce type de mobilité.

Entre 1 100 et 1 400 MWh d’électricité par an

Birdseye Renewable Energy qualifie la centrale solaire de Phipps Ben de « projet solaire à petite échelle d’utilité publique ». En tournant à plein régime, elle sera capable de produire 1 MW d’électricité et pourra délivrer annuellement entre 1 100 et 1 400 MWh. Une capacité somme toute modeste mais qui devrait pouvoir couvrir les besoins d’une centaine de ménages. Sa durée de vie estimée est d’environ 35 ans.

Keith Herbs, vice-président exécutif d’United Renewable Energy, a déclaré lors de la cérémonie d’ouverture que son groupe était « fier de travailler avec Birdseye sur ce projet passionnant pour apporter de l’énergie solaire à l’Est du Tennessee ». Avant d’ajouter : « Il y a quelque chose de très jouissif dans le fait de prendre un terrain inactif et de l’utiliser pour quelque chose qui procure des opportunités économiques et des avantages à la communauté ».

Protection de l’environnement

Brian Bednar, président de Birdseye Renewable Energy, a pour sa part insisté sur les innovations apportées par le projet en termes de protection de l’environnement qui comprennent « un mélange de semences adaptées aux pollinisateurs » ainsi qu’un nouveau type de clôture qui permet aux animaux sauvages de circuler sans danger sur le site tout en donnant à celui-ci un cachet esthétique. Une reconversion inédite relayée par nos confrères canadiens du site Electrek qui coïncide avec l’annonce du gouvernement français de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique à 50 % en 2025 au profit des énergies renouvelables, dont le solaire (pour aller plus loin, lire notre article sur la fin des véhicules thermiques en France).

https://www.breezcar.com/actualites/article/etats-unis-reconversion-centrale-nucleaire-en-ferme-solaire-0717

Juil 08

CYBERATTAQUES CONTRE L’ÉCOSYSTÈME DES CENTRALES NUCLÉAIRES AMÉRICAINES

CyberattaqueLes autorités américaines ont fait un rapport sur une vague de cyberattaques contre des employés des prestataires gérant des centrales nucléaires.

Selon le New York Times, le ministère de l’intérieur et le FBI ont lancé une alerte « ambre » aux industries nucléaires américaines. Ce niveau d’alerte est le second niveau le plus élevé pour ce type de rapport.

Il fait suite à une vague de cyberattaques visant des prestataires gérant des centrales nucléaires. Parmi eux, le rapport cite Wolf Creek Nuclear Operating Corporation, qui gère notamment la centrale nucléaire du Kansas. Les offensives ont débuté en mai, mais les autorités américaines n’ont averti les industriels que très récemment.

Le rapport précise que les PC des employés étaient visés à travers une campagne intense de phishing. Les ingénieurs en charge du contrôle des installations nucléaires étaient visés, via l’envoi de faux CV provenant de gens ayant les mêmes profils. Le FBI et le DHS (Department of Homeland Security) rappellent que les réseaux des employés et industriel sont bien isolés les uns des autres. De plus, les réseaux de contrôle sont accessibles en mode « air gap », c’est-à-dire non connecté à Internet. 

Energetic Bear derrière les attaques ?

Cela ne signifie pas pour autant, qu’ils sont complétement sécurisés. Une étude anglaise de 2015, citée par nos confrères dArs Technica, montre que ces systèmes de contrôle ne sont pas « security by design » et qu’ils sont vulnérables à l’usage intensif des clés USB pour migrer des données et installer des mises à jour logicielles.

Le rapport se garde bien de donner une piste sur les auteurs de cette cyberattaque. Mais des sources anonymes ont indiqué au New York Times que cette campagne a des similitudes avec d’autres attaques menées par un groupe connu sous le nom « Energetic Bear » qui serait lié à la Russie. Une hypothèse difficile à vérifier.

Article de Jacques Cheminat

http://www.silicon.fr/cyberattaques-contre-lecosysteme-des-centrales-nucleaire-americaines-179969.html?inf_by=595fed7a671db897088b4add

Juil 08

LE TRAITÉ D’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES VIENT D’ÊTRE ADOPTÉ À L’ONU

Communiqué du Mouvement de la Paix

ONU

Historique !

Aujourd’hui, vendredi 7 juillet, les Nations Unies ont approuvé un Traité d’interdiction des armes nucléaires. La Présidente de la Conférence des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires, Elayne Whyte Gómez, du Costa Rica a indiqué hier que « c’est un moment historique, c’est le premier traité multilatéral de désarmement nucléaire à être conclu en plus de 20 ans », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’ONU.

Selon le projet de texte, le traité couvre tout l’éventail des activités liées aux armes nucléaires, interdisant à tout État partie de s’engager dans le développement, le test, la production, la fabrication, l’acquisition, la possession ou le stockage d’armes nucléaires ou d’autres dispositifs nucléaires explosifs (source ONU).

Les interdictions s’appliquent également à tout engagement à utiliser ou à menacer d’utiliser des armes nucléaires ou d’autres dispositifs nucléaires explosifs.

C’est une grande victoire pour les peuples du monde entier. Après les armes chimiques et les armes bactériologiques, ce sont les armes nucléaires qui sont interdites en tant qu’armes de destruction massive, sur la base d’un Traité d’interdiction.

L’humanité dispose désormais d’un instrument juridique contraignant pour interdire les armes nucléaires en déclarant, sans ambiguïté, que les armes nucléaires ne sont pas seulement immorales, mais aussi illégales.

Tant d’années et tant de travail acharné de générations de militants contre les armes nucléaires sont couronnés par un succès.

Ces luttes conduites depuis 1950, ont mobilisé des dizaines de millions de personnes à travers des rassemblements multiformes, mais aussi des appels souvent initiés par les survivants d’Hiroshima et de Nagasaki (les hibakushas). Ainsi, nous avons obtenu successivement l’arrêt des essais nucléaires dans l’atmosphère, sous la mer, puis un traité d’interdiction définitif des essais nucléaires et des Zones exemptes d’armes nucléaires sur les ¾ de la surface du Globe.

Aujourd’hui c’est un Traité d’interdiction des armes nucléaires, élaboré dans le cadre de l’ONU par 122 États qui concrétise l’article 6 du Traité de Non-Prolifération signé par la France.

L’existence de ce traité va imposer à la nouvelle Assemblée Nationale de ratifier ce traité et de bannir des arsenaux français les armes nucléaires et les stratégies suicidaires qui les accompagnent.

Cette question va avoir un retentissement et susciter débat dans tout l’espace public, puisque le traité interdit tous les soutiens, techniques, financiers, logistiques qui participent à l’existence des armes nucléaires. Les élus locaux, administrant les riverains des sites nucléaires militaires devront eux aussi participer au débat, car le traité affirme sans ambigüité, que par leur seule présence, les armes atomiques constituent un risque majeur de catastrophe humanitaire.

Le Mouvement de la Paix, conscient que ce traité marque une rupture historique au sein des relations internationales en offrant l’opportunité de raviver l’esprit de la Charte des Nations Unies pour construire un processus pacifique de sécurité collective, est déterminé à mobiliser l’opinion publique en France pour que le gouvernement respecte ses engagements et ratifie ce traité en choisissant la raison contre l’enfer.

Le Mouvement de la Paix invite ses comités et amis ainsi que la population et toutes les organisations investies dans le combat pour un monde sans armes nucléaires à :

  • Propager et fêter dès à présent cette bonne nouvelle partout en France en particulier à travers des initiatives publiques.
  • Signer la pétition demandant l’arrêt des programmes de modernisation des armes nucléaires pour lesquels il est prévu de doubler les crédits consacrés aux armes nucléaires dans le budget de la France.
  • Participer (et/ou initier) partout en France aux marches pour la paix qui auront lieu le samedi 23 septembre à l’appel du collectif en marche pour la paix qui a parmi ses objectifs la mise en œuvre du traité d’interdiction des armes nucléaires et le gel des programmes de modernisation de ces armes.
  • Participer aux mobilisations qui auront lieu le Dimanche 7 octobre autour des sites liés aux armes nucléaires en France (Île Longue, Valduc, Istres, Le Barp, etc.)

Saint-Ouen, le 7 juillet 2017

Le Mouvement de la Paix

https://www.mvtpaix.org/wordpress/communique-de-presse-le-traite-de-non-proliferation-nucleaire-un-espoir-davenirs/

Texte du traité : https://www.mvtpaix.org/wordpress/wp-content/uploads/2017/07/N1720657.pdf

Liste des pays qui l’ont adopté : https://s3.amazonaws.com/unoda-web/wp-content/uploads/2017/07/A.Conf_.229.2017.L.3.Rev_.1.pdf

Juil 08

ASN : UN PROJET DE DÉCISION QUI DÉROGE ET QUI DÉRANGE

ANCCLILe 5 juillet s’est tenue l’ultime réunion du groupe d’expertise pluraliste de l’association nationale des CLI sur la cuve de l’EPR de Flamanville. L’ordre du jour a attiré beaucoup de monde. Les débats ont été riches. Mais force est de constater que le dénouement n’a pas été à la hauteur des espérances de ceux et celles qui s’investissent dans la surveillance citoyenne des installations nucléaires.

On est arrivé hier à la fin d’un long processus initié en décembre 2015 à l’initiative du Président de l’ANCCLI [1]. Alors que la crise de la cuve de l’EPR atteignait une dimension inconnue jusque-là, Jean-Claude Delalonde a proposé en effet la constitution d’une instance de dialogue :
« Pour traiter ce dossier au niveau exceptionnel qui est le sien dans des conditions permettant le respect de la confidentialité et la sérénité de l’instruction, l’ANCCLI recommande la mise en place d‘un groupe d’expertise pluraliste dédié à l’examen de ce dossier. Ce dispositif a fait ses preuves dans le passé pour traiter des dossiers qui, même si les sujets et les contextes étaient différents, présentaient les mêmes besoins de réponse à des problématiques complexes et relativement inédites dans des situations de controverse [2]. »

Et c’est bien ce qui a eu lieu au fil de nombreuses réunions et d’un dialogue constant entre la société civile d’une part et l’Autorité de contrôle d’autre part. Chaque semestre des journées de débat ont été organisées pour permettre à l’ASN et l’IRSN de présenter l’instruction de ce dossier très complexe en présence de l’industriel et du maitre d’ouvrage.
Il faut bien reconnaître que ce qui s’est passé est inédit. Jamais autant de personnes n’ont pu bénéficier d’un tel niveau d’information et d’explication. Incontestablement un pas non négligeable a été franchi en termes de transparence. Dix ans après le vote de la Loi TSN on a même pu croire un temps que le Pont Levis de la forteresse nucléaire commençait à s’abaisser.
Mais avec le nucléaire, les choses sont toujours plus complexes qu’il n’y paraît. La possibilité d’accéder à l’information est une chose, la capacité à s’en saisir en est une autre. Et c’est bien là que le bât blesse. La grande masse des informations qui ont été communiquées ne pouvait déboucher sur aucune procédure au vu de la législation en vigueur. Pour l’essentiel les « écarts » présentés par les dossiers et autres courriers vieux d’une dizaine d’année sont aujourd’hui prescrits.
La société civile a appris ce qui s’est passé, vu l’impuissance de l’Autorité de contrôle pour rappeler à la règle un industriel pas toujours très scrupuleux et on a pu évaluer l’ampleur de l’irrégularité… tel un historien face à son carton d’archives.
Pour le reste rien n’a réellement changé. La position des opposants au nucléaire reste la même. Celle d’un spectateur auquel d’aucuns donnent le droit d’exprimer son indignation mais qui ne peut aucunement agir sur ce qui se passe devant ses yeux.
Si le rideau de fer a été levé, aucune porte ne s’est pas réellement ouverte. La distinction demeure entre ceux qui sont dans la boutique et ceux qui au mieux peuvent apercevoir ce qui se passe devant. Et l’on touche donc aux limites du « dialogue technique ». Tou(te)s ne disposent pas du même niveau d’information et seuls certains sont effectivement en capacité de décider… ou plutôt de peser sur la décision. On discute, on cause, mais le pouvoir est ailleurs.
Au mieux le dialogue technique a pu peser à la marge sur la procédure. Entre décembre 2015 et avril 2017, le programme d’investigation a été renforcé. L’industriel a été contraint de sacrifier une troisième calotte pour établir l’ampleur des ségrégations majeures positives dans les équipements forgés. De nouveaux bureaux d’étude ont été sollicités et la démarche soumise à la surveillance d’un organisme de certification. La démarche a été consolidée.
Reste que la société civile n’a pu effectivement peser sur la procédure… à croire que tout était écrit d’avance.
On sentait le vent mauvais depuis quelques mois. Le rapport de l’ASN présenté au groupe permanent d’expert qui a été réuni les 26 et 27 juin 2017 puis l’avis de cette instance ferment le ban :

« Sur la base des analyses techniques réalisées, l’ASN considère que les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont suffisantes au regard des sollicitations auxquelles ces pièces sont soumises, y compris en cas d’accident[3] . »
L’Autorité de contrôle se contente d’indiquer que des mesures compensatoires [4] pourraient accompagner l’exploitation d’une cuve de fait défaillante :
« Pour autant, l’anomalie de la composition chimique de l’acier conduit à une diminution des marges vis-à-vis du risque de rupture brutale. L’ASN considère par conséquent nécessaire qu’EDF mette en œuvre des contrôles périodiques supplémentaires afin de s’assurer de l’absence d’apparition ultérieure de défauts. L’ASN constate que de tels contrôles sont réalisables sur le fond de la cuve et considère qu’ils doivent donc être mis en œuvre. »
Beaucoup a déjà été dit au sujet de ce qui n’est pas à proprement parlé une « décision [5] » clairement surdéterminée par des considérations économiques :
« Pour l’électricien, le débat sur le couvercle est beaucoup moins crucial que celui sur la cuve, la priorité d’EDF étant que le démarrage de l’EPR de Flamanville ne soit pas reporté. S’il fallait remplacer d’ici quelques années le couvercle de la cuve, EDF et Areva auraient les moyens de l’organiser. « Entre la commande et la livraison d’un couvercle, il faut entre 3 et 4 ans de travail », estime un spécialiste. Pour Areva, c’est aussi l’enjeu de la validation de la cuve qui est critique à court terme, la Commission européenne en ayant fait une condition suspensive à son feu vert à l’augmentation de capital de 4,5 milliards d’euros engagée par l’État français. »
On est bel et bien en présence d’une « décision aberrante [6] ». Aberrante au regard du constat initial établi par l’ASN [7] mais surtout aberrante au regard du droit de l’environnement. Aberrante sur le plan juridique. Au-delà des incertitudes techniques sur la qualité de la cuve résultant d’un procédé de fabrication inadapté et mal maitrisé, on a affaire à un « OJNI » (objet juridique non identifié) :
« Dans sa lettre en référence, l’ASN a indiqué à Areva NP considérer que l’exigence de qualification technique de l’arrêté ESPN en référence n’est pas respectée pour ces calottes puisque le risque d’hétérogénéité a été mal apprécié et que le matériau n’a pas les caractéristiques attendues.
Areva NP envisage donc de transmettre à l’ASN une demande d’autorisation de mise en service de la cuve du réacteur EPR de Flamanville, alors qu’elle n’a pas satisfait à l’ensemble des exigences réglementaires, en application de l’article 93 de l’arrêté ESPN en référence. Le présent rapport s’inscrit dans le cadre de l’instruction technique anticipée de cette demande d’autorisation
[8]. »

Pour le dire plus simplement, l’ASN à l’issue du fameux « programme d’essais [9] » proposé par l’industriel, sollicite aujourd’hui les avis des personnes et organismes associés pour instruire la dérogation qu’AREVA et EDF vont lui adresser dans le cadre de la procédure d’autorisation de l’EPR. Procédure qui conditionne le démarrage de l’installation.
Cela peut paraître très technique. Il n’en est rien. On est là face à un problème politique de grande ampleur voire à un scandale d’État. Un petit flash-back permet d’expliciter cette thèse :
1. Avril 2015, l’ASN rend enfin public défaillances et irrégularités de la cuve installée quelques mois plus tôt dans le bâtiment réacteur de l’EPR ;
2. Juillet 2015, au titre de la transposition du droit européen un décret autorise des procédures dérogatoires en cas de non-conformité d’équipements sous pression
3. Décembre 2015, AREVA et EDF consentent à un programme d’essai d’une ampleur non négligeable puisqu’il n’y a pas eu autant d’essais depuis le lancement du programme nucléaire au début des années 1970 ;
4. Janvier 2016 : un arrêté bouclé entre Noël et le Jour de l’an précise l’application du décret de Juillet pour les installations nucléaires de base [10]…
C’est le fameux « arrêté qui tombe à pic » dont il a déjà été question sur ce blog [11]. Sa publication a fait scandale à l’époque et motivé des plaintes de nombreuses associations écologistes qui ont bien compris qu’une application peu scrupuleuse du dit texte pouvait satisfaire les industriels au péril de la sûreté nucléaire.
L’Autorité de sûreté prépare donc sa réponse à une demande autorisée d’AREVA qui pourrait permettre l’utilisation d’une cuve qui ne correspond pas au requis réglementaire de l’arrêté du 12 décembre 2005 relatif aux équipements sous pression nucléaires et même du fameux décret du 2 avril 1926 modifié portant règlement sur les appareils à vapeur autres que ceux placés à bord des bateaux…
Aujourd’hui rien n’est écrit mais on peut craindre que le texte final qui sera soumis à consultation du public au cours de l’été soit du même tonneau que ce qui a été débattu dans le cadre du Groupe permanent d’expert puis de l’ANCCLI le 05 juillet.
Cela créerait un précédent pour le moins dommageable. Autoriser une installation nucléaire de base et a fortiori un réacteur dont l’élément central n’est conforme ni à la réglementation et ni aux normes industrielles (code RCCM) serait dérangeant.
Trop d’incertitudes entourent l’analyse qui est faite des données recueillies à l’occasion du programme d’essais mis en œuvre par AREVA… d’autant plus que celui-ci n’est pas totalement fini. Trop de doutes n’ont pas été levés sur les conséquences de l’utilisation de cette cuve et de son couvercle au vu de la nécessaire protection des intérêts mentionnés à l’article L 593-1 du Code de l’environnement. Trop d’argent a déjà été perdu aux dépends de la transition énergétique pour tenter de finir un réacteur trop cher, trop complexe et si peu robuste.
Somme toute ce à quoi nous avons affaire dépasse le strict cadre du nucléaire. Tous ceux et celles qui sont attachés à l’État de droit et à la réelle autonomie des Autorités administratives indépendantes doivent s’emparer de la consultation qui va être très prochainement organisée par l’ASN sur la cuve de l’EPR pour affirmer un « non » franc et massif à tout ce qui pourrait permettre à l’industriel de disposer d’une dérogation aberrante et persévérer dans cette impasse nommée EPR.

Article de Guillaume Blavette

Pour accéder aux notes et références :

https://blogs.mediapart.fr/guillaume-blavette/blog/070717/asn-un-projet-de-decision-qui-deroge-et-qui-derange

Juil 07

À BURE, LE SOUHAIT D’UN AUTRE AVENIR QUE LE NUCLÉAIRE

BureLa Maison de la Résistance à Bure, dans la Meuse, est non seulement le lieu du combat contre le projet Cigéo, d’enfouissement de déchets nucléaires, mais aussi celui de la construction d’une autre vision pour le territoire.
Quand on évoque la Meuse, pour peu que connaisse cette région, surgissent alors des images de collines verdoyantes et de cours d’eau paisibles. Dans ce décor bucolique, le village de Bure détonne à plus d’un titre. En y arrivant, on découvre un bourg de quelques artères entièrement en travaux, au milieu duquel une maison se distingue des autres pavillons proprets. Cette ancienne ferme, couverte d’affiches militantes et de sigles nucléaires, affiche son nom haut et fort : maison de résistance à la poubelle nucléaire. Acquise en 2004 par l’association Bure zone libre et le réseau Sortir du nucléaire, c’est ici que se concentre l’opposition au projet Cigéo (Centre industriel de stockage géologique), lancé par l’agence nationale pour la gestion des déchets nucléaires (Andra) dans les années 90.
À l’intérieur, dans la grande cuisine commune de la maison, plusieurs résidents discutent autour de la grande table en bois qui trône au milieu. Certains sont jeunes, d’autres plus âgés, il y a des femmes, des hommes. Les uns sirotent un café, une autre prend un petit-déjeuner tardif. « T’es au courant ? », demandent-ils à chaque nouvelle personne qui entre dans la pièce, dont les murs sont ornés d’affiches militantes anti-nucléaire et d’une carte des alentours. C’est que la nouvelle vient de tomber. Ce mercredi 26 avril, le tribunal de Bar-le-Duc vient de déclarer que les occupants du bois Lejuc sont expulsables, et ce sans délai. C’est le premier revers auquel la résistance au projet dit de « poubelle nucléaire » doit faire face depuis plusieurs mois. Loin d’être KO, ils organisent, dans la matinée, une réunion pour décider de la suite à donner.
Pendant ce temps, avec Paul et Lucas (prénoms modifiés à la demande des témoins), nous nous installons dans le jardin derrière la maison, une ancienne ferme retapée par les militants qui se sont succédé. Là, un potager protégé du gel par du paillage, des toilettes sèches, une éolienne nous entourent. Les deux jeunes hommes d’une vingtaine d’années racontent l’histoire de la lutte contre Cigéo, qui prévoit d’enfouir dans 250 km de galeries souterraines 80 000 mètres cube de déchets nucléaires français. Pas n’importe lesquels puisqu’il s’agit des plus dangereux, les déchets de haute et moyenne activité à vie longue, dont la radioactivité sera effective… 100 000 ans encore.

Résignation

« La résistance n’est pas nouvelle », tient à souligner d’emblée Paul. Elle remonte au moment où le choix définitif du lieu s’est porté sur Bure et à l’installation de l’Andra, fin des années 90, sur ce territoire à cheval entre le département de la Haute-Marne et celui de la Meuse. Mais cette opposition s’est tarie au fil du temps et des actions, aux effets vains. Ni la pétition dénonçant le projet et signée par un tiers des habitants du département, ni les manifestations, n’ont fait ciller les promoteurs du projet à la fin des années 90. Le non-respect du référendum de 2013 a encore accentué le sentiment d’impuissance. Cette année-là, les habitants s’étaient prononcés défavorablement sur l’échange du bois Lejuc contre un autre acquis par l’Andra quelques temps plus tôt. Mais deux ans plus tard, en 2015, le conseil municipal de Mandres-en-Barrois a voté pour, dans des conditions contestées.
« Comment résister face à un projet de plusieurs milliards d’euros, lié au nucléaire, fleuron de l’industrie française, qui plus est, dans un territoire avec une faible densité de population, peu attractif sur le plan industriel ou touristique », résume Paul pour expliquer la résignation des habitants. Sachant que, déjà, après 1918, le territoire avait fait office de poubelle pour les déchets de la Première Guerre mondiale, rappelle-t-il. Enfin, comment ne pas se laisser séduire par les promesses d’emplois et de repeuplement. Ou encore résister à l’argent en veux-tu en voilà, versé aux collectivités et aux agriculteurs auprès de qui l’Andra a racheté « au-dessus du marché, à prix d’or » les terres. D’ailleurs, d’après les derniers chiffres de 2015, l’agence possède environ 3 000 hectares, quand 800 suffiraient. « Ces terres servent de monnaie d’échange » contre celles qui les intéressent, comme le Bois Lejuc par exemple. Et continuent d’intensifier encore plus le phénomène de désertification.

Le bois Lejuc

En mai 2016, l’arrivée des engins de chantier sur le bois Lejuc, et les premiers coups de pelleteuses, ont relancé l’opposition. Cette fois-ci, Cigéo devient un projet concret, l’arrivée des premiers déchets nucléaires, prévue en 2025, se rapproche. Des militants antinucléaires viennent alors de toute la France pour défendre le bois, à quelques encablures de Bure.
C’est dans le bois d’ailleurs que nous nous rendons, à pied, avec Lucas pour visiter les lieux. À l’entrée sud, se dresse une vigie, faite de pièces de métal, de pneus et de planches de bois récupéré. Elle est surveillée par un homme et une femme, en train de surveiller la cuisson de leur déjeuner dans une casserole posée sur les braises. Comme d’autres opposants, ils sont installés dans la forêt, depuis le mois de juin 2016 et vivent dans des cabanes dressées au sol ou construites dans les arbres. Ils ont bien été délogés une première fois en juillet « manu militari à l’aide de 200 gendarmes mobiles ». Mais en août, confortés par la décision du tribunal de grande instance de Bar-le-Duc, qui a jugé illégaux les travaux entrepris par l’Andra sans autorisation préfectorale, les militants ont réinvesti le bois. Avec les habitants, ils ont détruit le mur de deux mètres de hauteur que l’Andra avait érigé pour empêcher quiconque d’y pénétrer. Aujourd’hui encore, des pans de mur jonchent le sol du chemin déblayé. « La destruction de ce mur a redonné de l’espoir aux personnes résignées. Cet acte de sabotage s’est fait dans une super ambiance, dans la joie, avec 500 personnes, des jeunes, des moins jeunes, des enfants… Cet événement a pu casser l’image militante accolée à l’opposition du projet. Et puis c’était très fort symboliquement », se remémore Paul.
Autre succès, sur le plan juridique : le 28 février 2017, le tribunal administratif a jugé qu’il y avait eu vice de forme dans l’attribution du bois Lejuc, par laquelle l’Andra en est devenue propriétaire. Mais ces victoires ne sont que de courte durée. Les militants le savent bien, ces procédures ne permettront pas l’abandon du projet, un ralentissement au mieux.
Qu’est-ce qui pourrait faire capoter le projet alors ? « Le projet sera abandonné, même s’il ne le sera jamais officiellement, quand toute la population manifestera, que l’opposition grossira encore, qu’on les empêchera de faire avancer le projet », souligne Paul.

http://www.up-inspirer.fr/36096-a-bure-souhait-dun-avenir-nucleaire

Juil 07

EDF RETARDE DE 3 MOIS LE REDÉMARRAGE DU RÉACTEUR 2 DE FESSENHEIM

GénérateurEDF a retardé de trois mois le redémarrage du réacteur 2 de 900 mégawatts (MW) de la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) parce qu’une évaluation de la sécurité d’un générateur de vapeur a duré plus longtemps que prévu.

Fessenheim 2 avait été mis à l’arrêt en juin 2016 sur ordre de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) après la découverte par Areva d’irrégularités dans le processus de fabrication de sa filiale du Creusot. Le redémarrage est maintenant programmé pour le 31 janvier 2018.
Dans une note publiée sur son site internet, EDF indique que l’analyse de l’ASN est toujours en cours.

Une porte-parole de l’électricien public a ajouté que la nouvelle date de redémarrage avait été établie grâce à la visibilité apportée par le régulateur.
Les deux réacteurs de Fessenheim, la plus ancienne centrale nucléaire de France, offrent une capacité combinée de 1.800 MW.

La centrale devra fermer totalement une fois que l’EPR de nouvelle génération, en cours de construction à Flamanville, sera opérationnel.

Le décret actant le principe de la fermeture de Fessenheim (Haut-Rhin) a été signé en avril. Il prévoit l’arrêt de la production d’électricité du site d’ici avril 2020 et s’inscrit dans le cadre de l’objectif visant à ramener à 50% la part du nucléaire en France en 2025, contre plus de 75% à l’heure actuelle.

Article de Bate Félix, Gilles Guillaume pour le service français, édité par Pascale Denis

http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKBN19S16F-OFRTP

Juil 07

L’ONU VA VOTER UN TRAITÉ INTERDISANT L’ARMEMENT NUCLÉAIRE

ONUUn traité interdisant les armes nucléaires devrait être adopté vendredi aux Nations Unies, malgré l’opposition des États-Unis, du Royaume-Uni, de la France et d’autres puissances nucléaires qui ont boycotté les négociations.
Les partisans du traité y voient une réalisation historique, mais les États nucléaires le jugent irréaliste, estimant qu’il n’aura aucun impact sur la réduction du stock mondial actuel de quelque 15.000 têtes nucléaires.
Emmenés par l’Autriche, le Brésil, le Mexique, l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande, 141 États ont pris part aux trois semaines de négociations du traité, qui préconise une interdiction totale du développement, du stockage et de la menace d’utilisation d’armes nucléaires.
Ses partisans espèrent que le traité accentuera la pression sur les États nucléaires pour qu’ils prennent le désarmement plus au sérieux.
« Ce sera un moment historique« , a déclaré l’ambassadeur du Costa Rica, Mme Elayne Whyte Gomez, qui préside la conférence de l’ONU sur le traité, à la veille du vote.
« Le monde attend depuis 70 ans cette norme légale« , a-t-elle encore assuré.  
Aucun des neuf pays détenteurs de l’arme nucléaire –États-Unis, Russie, Grande-Bretagne, Chine, France, Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël– n’a pris part aux négociations.
Même le Japon, seul pays à avoir connu une attaque atomique en 1945, a boycotté les négociations, ainsi que la plupart des pays de l’Otan.
L’ambassadeur américain, Mme Nikki Haley, avait déclaré à l’ouverture des pourparlers le 27 mars: « Il n’y a rien que je souhaite tant pour ma famille qu’un monde sans arme nucléaire, mais nous devons être réalistes« .

« Qui peut croire que la Corée du Nord accepterait une interdiction des armes nucléaires ?« , s’est-elle interrogée.
Lors d’une séance de l’Assemblée générale de l’ONU, vendredi, le traité devrait être adopté par consensus entre les États qui l’ont négocié. Après adoption, le traité sera ensuite ouvert à ratification à partir du 20 septembre et entrera en vigueur après que 50 pays l’aient ratifié.
En décembre, 113 pays avaient voté en faveur de l’ouverture des négociations, 35 s’y étaient opposés et 13 s’étaient abstenus.

http://www.levif.be/actualite/international/l-onu-va-voter-un-traite-interdisant-l-armement-nucleaire/article-normal-689777.html

Juil 07

CIGÉO/BURE : L’IRSN CONFIRME DE GRAVES LACUNES ET DONNE RAISON AUX ASSOCIATIONS, LE PROJET DOIT ÊTRE ABANDONNÉ !

Cigéo7 juillet 2017 : Communiqué de presse du Réseau Sortir du Nucléaire

L’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) vient de rendre public son avis sur le dossier d’option de sûreté du projet CIGÉO d’enfouissement de déchets radioactifs à Bure, dans la Meuse. Cet avis met l’accent sur d’importants problèmes de sûreté qui ne constituent que la partie émergée de l’iceberg. Ceux-ci avaient été dénoncés depuis longtemps par les associations et plusieurs experts indépendants. Plutôt que de s’entêter dans cette impasse, les pouvoirs publics doivent abandonner ce projet dangereux, ruineux et antidémocratique !

Des défauts importants mis en exergue par l’IRSN

L’avis de l’IRSN <http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20170704_Conclusions-expertise-IRSN-sur-dossier-options-de-surete-du-projet-Cigeo..aspx#.WV9EZoppyy0>  met clairement en évidence de nombreuses questions non réglées à ce jour, et notamment quatre problèmes qui, par leur importance, sont « susceptibles d’entraîner des modifications de conception du stockage »:

  • l’architecture du stockage ne présente pas de garanties suffisantes pour assurer que les rejets de radioactivité dans l’environnement restent limités ;
  • le dossier de l’Andra présente « des lacunes importantes » dans la définition de la stratégie de surveillance du site pendant son exploitation et des moyens à mettre en œuvre ;
  • l’Andra n’a pas étudié la possibilité de retirer des « colis » de déchets accidentés. Ceci démontre bien que la prétendue « réversibilité » du stockage constitue une supercherie.
  • Surtout, comme le signalaient les associations depuis des années <http://burestop.free.fr/spip/spip.php?article683> , un risque d’emballement thermique en cas d’incendie de déchets bitumineux ne peut être exclu, et celui-ci aurait pour conséquence un important rejet de radioactivité dans l’environnement !

En l’état actuel, la conception du site induit des risques inacceptables, au point que l’IRSN suggère que des modifications pourraient être nécessaires, avec des effets notoires sur le calendrier. Et de souligner : « à cet égard, l’IRSN ne présage pas des délais nécessaires pour réunir ces éléments de démonstration et en conséquence de l’échéance à laquelle le dossier de Demande d’Autorisation de Création pourra in fine être achevé »

Des défauts qui ne constituent que la partie émergée de l’iceberg
Selon Bertrand Thuillier, expert indépendant qui avait déjà mis en exergue certains de ces défauts <http://encyclopedie-energie.org/articles/les-risques-d%E2%80%99exploitation-du-centre-industriel-de-stockage-g%C3%A9ologique-cigeo>, ceux-ci ne constituent que la partie émergée de l’iceberg et résultent de choix industriels erronés dès l’origine. Entre autres, avoir choisi un sol argileux qui induit une production d’hydrogène (provoquant radiolyse et corrosion), qui nécessite une ventilation indispensable… et faillible. Avoir décidé de ne pas doter les « colis » de protection radiologique afin de gagner en volume, ce qui rend les alvéoles de stockage irradiantes et donc inaccessibles, empêchant la récupération des déchets. Ou encore avoir décidé de regrouper les « colis » dans des alvéoles très volumineuses, ce qui mène à multiplier les risques d’explosion souterraine et d’incendie. La conception de CIGÉO étant intrinsèquement mauvaise dès l’origine, il est donc inutile de poursuivre des recherches qui ne constitueraient qu’un gaspillage d’argent public. Celles-ci ne permettraient pas de trouver de parade. Elles n’aboutiraient qu’à mettre au jour de nouveaux problèmes… et mettre en évidence les erreurs coupables de l’Andra lors des choix initiaux de conception.

CIGÉO doit être abandonné !

L’avis de l’IRSN, émanant d’un organisme officiel qu’on ne saurait suspecter d’affinités avec les positions antinucléaires, devrait interpeller les responsables politiques. Il est irresponsable, pour prétendre assurer un exutoire à la filière nucléaire, de présenter le projet CIGÉO comme inéluctable alors que les garanties de sûreté ne sont pas au rendez-vous et ne pourront jamais être apportées.

Les associations, qui ont déjà interpellé Nicolas Hulot à ce sujet <http://sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/lettre_ouverte_nh_0106-1.pdf> , appellent le gouvernement à abandonner ce projet qui est d’une dangerosité avérée, impossible à financer et imposé aux populations. Les critiques émises par l’IRSN ne font que légitimer l’opposition à CIGÉO et l’action de ceux qui, à Bure ou ailleurs, tentent d’entraver la marche forcée vers cette impasse. Plutôt que d’annoncer des renforts de police pour mater les opposants, l’État doit regarder la réalité en face et en finir avec cette aberration. Et devant les risques irréductibles posés par la gestion de ces déchets, une seule option devrait s’imposer : arrêter au plus vite d’en produire !

Contact presse et chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Nos-communiques-de-presse

Juil 07

PLAN CLIMAT : « SI ON NE SORT PAS DU NUCLÉAIRE, TOUT LE RESTE C’EST DE LA BLAGUE », SELON YANNICK JADOT

JadotNicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique a dévoilé jeudi 6 juillet son plan climat pour le quinquennat. Il prévoit notamment la fin des véhicules à essence et à diesel d’ici 2040. Pour l’eurodéputé écologiste Yannick Jadot, invité sur France Info, Nicolas Hulot fixe « un cap intéressant » mais « la clé du problème c’est le nucléaire« .

Le député écologiste estime que si 15 réacteurs nucléaires ne sont pas fermés d’ici 2022, « Nicolas Hulot aura perdu contre Emmanuel Macron et Édouard Philippe ». Il en appelle à des mesures de « ruptures » dans les mois qui viennent.

France Info : La sortie du nucléaire est-elle le parent pauvre de ce plan climat ?

Yannick Jadot : Il fixe un cap très intéressant pour la sortie du carbone d’ici 2050 et sur la fin des véhicules à essence en 2040. Mais est-ce que ce gouvernement est capable de rupture dans les cinq ans qui viennent? Si on ne ferme pas les réacteurs nucléaires, tout le reste c’est de la blague. La France est l’un des pays les plus en retard sur ses objectifs en matière d’énergies renouvelables. On investit des milliards et des milliards à fonds perdus sur la faillite industrielle des EPR prévus pour Hinckley Point ou Flamanville. On sacrifie nos énergies renouvelables alors qu’on pourrait créer de l’emploi et aider les ménages à dépenser moins pour leur chauffage. 

L’arrêt du nucléaire, c’est vraiment la clé. C’est comme si on disait que l’on mange du bio mais que l’on continue à utiliser les pesticides.

Sinon, Édouard Philippe, ancien d’Areva ou Emmanuel Macron qui adore les EPR, auront gagné contre Nicolas Hulot. Mais tout le monde aura perdu car on crée trois fois plus d’emplois dans les énergies renouvelables que dans le nucléaire.

France Info : Nicolas Hulot prévoit aussi que le parc automobile soit entièrement électrique d’ici à 2040, est-ce possible malgré les lobbys pétroliers ?

Il faut suivre ce que font Tesla, Toyota et Volvo en matière de rupture technologique. Si on laissait les lobbys pétroliers décider, on consommerait deux fois plus de pétrole aujourd’hui. C’est une responsabilité politique. Est-ce que la santé est plus importante que le diesel ? On a la technologie aujourd’hui pour que l’industrie automobile soit une industrie propre et intelligente.

http://www.francetvinfo.fr/politique/eelv/plan-climat-si-on-ne-sort-pas-du-nucleaire-tout-le-reste-c-est-de-la-blague-selon-yannick-jadot_2272289.html#xtor=AL-79

Juil 06

RÉFLEXIONS : ALLONS-NOUS CONTINUER LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ? UN TEXTE D’ALEXANDRE GROTHENDIECK (1928-2014)

ChercheurMort en novembre 2014, Alexandre Grothendieck (1928 – 2014) était considéré, par nombre de ses pairs, comme le plus grand mathématicien du XXème siècle. Médaille Fields 1966, il était le co-fondateur du mouvement de scientifiques critiques « Survivre et Vivre » qui édita la première revue d’écologie politique française éponyme (août 1970-juin 1975). Nous publions un texte de réflexion qui interpelle fondamentalement chacun-e de nous sur la raison d’être, l’essence et la finalité de la science et de la recherche scientifique. Et celles de nos choix, de nos pensées et de nos comportements.

Extraits de l’article :

Au début, nous pensions qu’avec des connaissances scientifiques, en les mettant à la disposition de suffisamment de monde, on arriverait à mieux appréhender une solution des problèmes qui se posent. Nous sommes revenus de cette illusion. Nous pensons maintenant que la solution ne proviendra pas d’un supplément de connaissances scientifiques, d’un supplément de techniques, mais qu’elle proviendra d’un changement de civilisation

… Le basculement pour Grothendieck provient de la guerre du Viêt Nam. La science y tue par centaines de milliers. Face à la compromission de la quasi-totalité des disciplines scientifiques − physique, chimie, microélectronique, anthropologie, etc. −, qui trouvent au Viêt Nam un champ d’expérimentation grandeur nature, il entreprend de moraliser les chercheurs.

Puis, l’été 1970, il découvre les mouvements de scientifiques nord-américains en lutte contre le complexe scientifico-militaro-industriel. Sur un modèle proche, il fonde le mouvement Survivre qui se donne comme objectifs de dégager la recherche de ses liens avec l’armée et de lutter pour la survie de l’espèce humaine, menacée par la puissance de destruction des technosciences. (5)

À Survivre, où il est rejoint par d’autres mathématiciens aux sensibilités plus libertaires, il prend conscience du rôle oppressif qu’il a tenu jusque-là en tant que grand savant. Intégrant la critique soixante-huitarde, il analyse la recherche comme une activité répressive, tant pour les techniciens et les « scientifiques moyens » que pour les profanes.

Pour Survivre, la prétention de la science à l’universalité, son monopole sur la vérité, dépossèdent en effet tout un chacun de formes de connaissances autres, détruisant les cultures non technico-industrielles et nous soumettant à l’autorité hétéronome d’experts de tous poils. Le mouvement s’attache alors à désacraliser la science, et tout particulièrement à déconstruire le mythe de la science pure, qui masque son rôle crucial dans la poursuite d’un développement industriel désastreux.

« Lutter pour la survie de l’espèce humaine, menacée par la puissance de destruction des technosciences.« 

Survivre, devenu « Survivre et Vivre« , participe de l’émergence en France d’une critique radicale de la science, menée par les scientifiques eux-mêmes (6), au sein de laquelle il se signale par ses accents écologistes, libertaires et technocritiques (7). Sa critique du scientisme s’ancre en effet dans celle de la société industrielle et l’amène à se lier aux mouvements écologistes naissants. Au petit groupe de scientifiques parisiens s’adjoignent alors des groupes de province engagés dans des luttes et alternatives locales, tandis que les numéros de sa revue, Survivre… et Vivre, tirés à plus de 10 000 exemplaires, s’épuisent rapidement.

Aux côtés de son ami Pierre Fournier, Grothendieck s’investit tout particulièrement dans la lutte antinucléaire. Son invitation au CERN témoigne alors de l’écho rencontré durant les années 1970 par ses critiques radicales de la recherche dans les milieux scientifiques, traversés par le doute et un profond malaise quant à leur rôle social.

Céline Pessis
Coordinatrice éditoriale de l’ouvrage collectif « Survivre et Vivre ». Critique de la science, naissance de l’écologie (L’Échappée, février 2014)…

Pour lire la totalité de l’article et des notes :

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/07/06/R%C3%A9flexions-%3A-Allons-nous-continuer-la-recherche-scientifique-Un-texte-d-Alexandre-Grothendieck-%281928-2014%29

Juil 06

LE NUCLÉAIRE, GRAND ABSENT DE LA FEUILLE DE ROUTE GOUVERNEMENTALE SUR LE CLIMAT

HulotCommuniqué de presse du Réseau Sortir du Nucléaire

M. Hulot, la fermeture des centrales ne doit pas attendre !

Le nucléaire a été le grand absent du « Plan Climat » dévoilé par Nicolas Hulot aujourd’hui. Éluder cette question n’est pas acceptable. L’urgence impose de décider dès maintenant la fermeture rapide d’un grand nombre de réacteurs.

Hulot doit reprendre en main la politique énergétique et acter la fermeture de réacteurs !

Concernant la réduction de la part du nucléaire, M. Hulot s’est contenté de renvoyer à la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE). Une telle attitude n’est pas tenable au vu du caractère indigent de ce texte, qui ne permet pas la concrétisation de l’objectif fixé par la loi de transition (voir notre analyse en octobre 2016).

  1. Hulot ne peut se contenter de déclarer que la part du nucléaire baissera mécaniquement avec le développement des économies d’énergie et des énergies renouvelables. Il doit maintenant impérativement acter au plus vite un calendrier de fermeture de centrales.
  2. Hulot ne peut non plus se retrancher derrière l’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire, comme il l’a évoqué précédemment : c’est à lui qu’il revient de piloter la politique énergétique. Surtout, au vu du récent feuilleton de la cuve de l’EPR de Flamanville, qui a vu le « gendarme » du nucléaire se plier aux desideratas des industriels, l’ASN aura-t-elle réellement la capacité d’imposer des fermetures de réacteurs à EDF ? En l’état actuel, s’en remettre à l’ASN revient à laisser la politique énergétique entre les mains d’EDF !

Le vieillissement du parc nucléaire impose des décisions rapides

L’état inquiétant du parc nucléaire français et le vieillissement des réacteurs (dont plus des deux tiers ont dépassé les 30 ans de fonctionnement) imposent des mesures rapides pour ne pas se retrouver dos au mur. Reculer cette échéance ne fera qu’accroître les risques. Au vu de la situation catastrophique de la filière nucléaire, des annonces claires sont également indispensables pour anticiper la reconversion de la filière nucléaire et de ses travailleurs.

La crise financière majeure du secteur nucléaire impose également des décisions rapides. Alors que la Cour des Comptes vient de pointer l’incidence de la recapitalisation d’Areva sur le déficit public, poursuivre dans l’impasse emmènerait  dans le mur soit EDF soit les comptes de la nation.

Pas de prolongation des réacteurs en catimini !

En l’attente d’annonces de fermetures, M. Hulot se devrait dans tous les cas de suspendre le « Grand carénage », ce programme de grands travaux prévu sur l’ensemble du parc nucléaire destiné à en prolonger la durée de fonctionnement. Une telle décision serait indispensable pour mettre fin à la politique du fait accompli menée par EDF qui, comme elle l’a déjà fait pour la centrale de Fessenheim, pourrait invoquer le montant des investissements réalisés pour justifier la poursuite du fonctionnement des réacteurs.

Il faut rappeler que ce programme, évalué à 100 milliards d’euros par la Cour des Comptes, ne pourra jamais pallier le vieillissement de certains équipements qui ne peuvent être ni remplacés ni réparés. Les travaux effectués jusqu’ici représentent avant tout un énorme gaspillage financier pour des résultats catastrophiques.

Faute de décisions rapides de fermeture et d’une sortie planifiée du nucléaire, la France va faire face à un risque croissant d’accident et à la faillite d’EDF. M. Hulot se doit d’attaquer ce problème à bras-le-corps.

Contact presse :
Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Philippe Lambersens – 06 83 53 89 82

Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Le-nucleaire-grand-absent-de-la-feuille-de-route

Juil 06

POLYNÉSIE ET INDEMNISATION NUCLÉAIRE : LA MINISTRE DES OUTRE-MER PROMET DE RÉEXAMINER LES DOSSIERS REFUSÉS

PolynésieLes engagements du gouvernement

Interpellée, mercredi 5 juillet, lors des questions au gouvernement, par Maïna Sage, députée UDI de Polynésie, la ministre des Outre-mer, Annick Girardin s’est notamment engagée à ce que le CIVEN réexamine les dossiers qui ont été refusés sur l’indemnisation des victimes d’essais nucléaires.

La ministre a d’abord a admis que « l’État avait tardé à reconnaitre les conséquences des essais nucléaires et les indemnités pour les victimes ». « C’est aujourd’hui chose faite par l’accord du 17 mars 2017 signé à l’Élysée », a rappelé Annick Girardin avant de revenir sur les précédentes étapes.

Pour la ministre, « la mise en œuvre de la loi Morin en 2010 n’était pas suffisante. Seulement une cinquantaine d’indemnisations de victimes dont treize seulement originaires de Polynésie ont été enregistré à ce jour ». « La loi égalité réelle a supprimé la notion contestée de risque négligeable. Le conseil d’État a aussi confirmé que ces nouvelles dispositions étaient d’application immédiate », a rassuré la ministre des Outre-mer qui a ensuite pris plusieurs engagements.

Le premier ministre a souhaité que le comité de suivi de la loi, présidé par Agnès Buzyn, ministre de la santé, se réunisse immédiatement comme la commission prévue par la loi Erom. Le Comité d’Indemnisation des Victimes des Essais Nucléaires (CIVEN) devra reprendre l’ensemble des dossiers qui ont été refusés. Oui, nous sommes à vos côtés madame la députée et nous ne lâcherons pas.

La question de Maïna Sage

Quelques minutes plus tôt lors des questions au gouvernement à l’Assemblée, la députée UDI de Polynésie, Maïna Sage, avait interpellé la ministre. « Il y a tout juste un an dans cet hémicycle, j’appelais l’État et la représentation à un devoir de mémoire et de réparation des conséquences des 30 ans de période d’essais nucléaire réalisés en Polynésie française » avait commencé la députée soulignant les « graves conséquences sanitaires et  environnementales » de ces essais.
« Nous avons modifié en février la loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires, a rappelé Maïna Sage. Mais cette loi en vigueur depuis le 27 février, n’est toujours pas appliquée. Je fais appelle à vous Monsieur le Premier ministre, à l’ensemble du gouvernement, pour qu’il y ait des actes clairs de réparation. (…) Toute la Polynésie attend votre réponse Monsieur le ministre ».

http://la1ere.francetvinfo.fr/indemnisation-nucleaire-ministre-outre-mer-promet-reexaminer-dossiers-refuses-491539.html

Juil 06

SOUS-ÉVALUATION DES RISQUES LIÉS À L’INHALATION DU RADON

CRIIRADCommuniqué CRIIRAD du 6 juillet 2017

  • La CRIIRAD dénonce le silence / l’inertie coupable des pouvoirs public
  • LE CONTEXTE
  • Le radon
  • Omniprésent dans les sols, ce gaz radioactif tend à s’accumuler dans les bâtiments. Il est aujourd’hui reconnu comme un important problème de santé publique: en France, l’exposition au radon (et plus exactement à ses descendants) serait à l’origine de 36 à 50% des cancers du poumon des non-fumeurs et de 8 à 11% des cancers des fumeurs.
  • Afin de limiter l’incidence des cancers imputables au radon, l’OMS a recommandé aux États de fixer un niveau de référence de 100 Bq/m3.
  • Le scandale de Bessines
  • Le plus souvent d’origine naturelle, le radon peut aussi avoir une origine anthropique. C’est notamment le cas lorsque des déchets radioactifs issus de l’extraction (stériles) ou du traitement (résidus) du minerai d’uranium ont été utilisées dans la construction. Des concentrations extrêmes, dépassant 10 000 Bq/m3, ont ainsi été mesurées en mars 2014 dans une maison de Bessines-sur-Gartempe construite sur des résidus uranifères provenant d’une usine Cogéma (aujourd’hui AREVA). La maison accueillait en outre des enfants, la propriétaire exerçant le métier d’assistante maternelle.

La réaction des autorités

Sur la base d’un recensement confié à AREVA, les autorités ont annoncé la réalisation de contrôles dans 600 lieux de vie et de travail situés à proximité de stériles uranifères. Le 13septembre 2016, elles ont publié une note technique définissant la procédure à suivre pour gérer les cas nécessitant l’intervention des services de l’État et des travaux de décontamination.

Le critère retenu pour mettre en œuvre cette procédure d’urgence est une dose efficace de 50 mSv/an (soit 50 fois la limite annuelle admissible pour le public)

D’après les calculs d’AREVA, validés par l’IRSN3, cette valeur correspond à un taux de radon de 2 500Bq/m3. C’est donc cette valeur qui a été retenue comme seuil d’alerte.

LA CRIIRAD LANCE L’ALERTE

En procédant à des vérifications, la CRIIRAD a découvert que les calculs étaient basés sur des coefficients de risque périmés (ceux de la CIPR 65 de 1993). En utilisant les bons coefficients (ceux des CIPR 103 de 2007 et 115 de 2010), on constate que pour respecter le critère de dose de 50 mSv/an, le seuil d’alerte doit être abaissé de 2 500 Bq/m3à 1 100 Bq/m3, voire même à 800 Bq/m3si l’on tient compte des travaux les plus récents. Les2 500 Bq/m3 retenus par les autorités induisent donc une dose de rayonnement supérieure à 100 mSv/an, c’est-à-dire supérieure au niveau maximum fixé, tant par la CIPR que par l’Europe, pour les accidents nucléaires majeurs! La CRIIRAD a donc saisi, le 8 novembre 2016, les ministères de l’Environnement, de la Santé et du Travail ainsi que l’Autorité de Sûreté Nucléaire, tous signataires de la note technique. Elle demande que le dispositif soit corrigé afin que les familles et travailleurs exposés à des niveaux de risque supérieurs aux niveaux admissibles ne soient plus privés de la protection qui leur est due. Le 15novembre 2016, la CRIIRAD a également fait part de son analyse à l’IRSN et lui a demandé copie de l’avis qu’il a rendu en tant qu’expert de l’État et qui est cité en référence pour justifier le choix du critère de dose et du seuil d’alerte.

Silence coupable et digressions

Sept mois plus tard, ni les ministères, ni l’ASN n’ont répondu et le seuil d’alerte n’a pas été corrigé. En avril 2017, l’IRSN a fini par transmettre l’avis qu’il avait rendu. La CRIIRAD a ainsi pu vérifier que l’expert public avait effectivement validé la correspondance établie par AREVA entre les 50 mSv/an et les 2 500 Bq/m3. De plus, aucun paragraphe du courrier de 5 pages que l’IRSN adressé à la CRIIRAD ne répond à la question de fond qu’elle a posée ce qui constitue en soi un aveu.

LA CRIIRAD RÉITÈRE ET ÉLARGIT SES DEMANDES

La CRIIRAD vient d’adresser aux autorités décisionnaires de nouvelles demandes assorties d’une demande de réponse avant fin juillet. Elle demande:

1/ l’abaissement du seuil d’alerte;

2/ communication des décisions prises pour les bâtiments présentant des concentrations supérieures au seuil de référence maximum européen (300 Bq/m3) et supérieures à 800 Bq/m3 (c’est-à-dire susceptibles de conduire à des doses supérieures à 50mSv/an);

3/ la publication du bilan détaillé des 600 diagnostics effectués. En, effet, compte tenu du risque important de faux négatifs associé au protocole d’AREVA, elle veut s’assurer que les contrôles sur 2 mois recommandés par l’IRSN ont bien été réalisés.

La partie émergée de l’iceberg?

La CRIIRAD demande également la publication des coefficients de risque et de dose sur lesquels les autorités françaises fondent leur politique de gestion du risque radon. Les dispositions réglementaires sur le point d’être adoptées dans le cadre de la transposition de la directive 2013/59/Euratom prévoient en effet l’adoption d’un niveau de référence de 300 Bq/m3, c’est-à-dire le maximum autorisé par l’Europe et 3 fois plus que la recommandation de l’OMS. De plus, cette valeur s’applique au parc existant mais aussi aux futures constructions pour lesquelles il est pourtant assez facile et peu coûteux de garantir un niveau de risque plus acceptable.

Des dysfonctionnements récurrents

Ce dossier met une fois encore en évidence les travers du système français de radioprotection:

. C’est à AREVA qu’est confiée la responsabilité de définir les critères d’intervention et les protocoles de contrôle des sites qu’elle est susceptible d’avoir contaminés. Le conflit d’intérêt est pourtant manifeste!

. L’IRSN, expert missionné par le ministère de l’Environnement, valide les évaluations incorrectes de l’exploitant alors qu’il est parfaitement informé de l’évolution des connaissances et des recommandations officielles.

. L’État semble totalement impuissant face aux décisions d’AREVA et dans l’incapacité de détecter les erreurs des expertises qu’il demande. Plus grave encore, alerté, preuve à l’appui, sur des anomalies préoccupantes, il se réfugie dans la politique de l’autruche.

. L’ASN, à qui la loi attribue des responsabilités étendues en matière de radioprotection et qui pourrait contrebalancer les manquements des ministères, préfère en conforter l’inertie.

Pour lire les notes et en savoir plus, rendez-vous sur :

http://www.criirad.org/radioactivite-naturelle/seuil%20d’alerte/2017-07-05_cp_Rn-2500Bq.pdf

Juil 05

MANCHE : LES ANTINUCLÉAIRES MANIFESTENT CONTRE LE TRANSPORT DE PLUTONIUM VERS LE JAPON

Manif CherbourgMardi 4 juillet 2017, une trentaine de militants antinucléaires manifestait à Cherbourg (Manche), contre le l’envoi de combustible Mox vers le Japon.

L’appel à manifester était essentiellement local. Les militants antinucléaires du département menaient une action symbolique, ce mardi 4 juillet 2017, à l’entrée du port industriel de Cherbourg (Manche), sur la commune déléguée de Tourlaville. Ils indiquent ne pas chercher à bloquer le convoi, mais veulent exprimer leur mécontentement, alors qu’Areva s’apprête à expédier 8 tonnes de combustible nucléaire, de type Mox, vers le Japon. La manifestation pacifique se déroule sous le regard de CRS, présents en nombre autour de Cherbourg, tout comme les gendarmes mobiles.

La présence de plutonium

« Le Mox contient du plutonium qui est l’une des substances les plus radiotoxiques, explique Yannick Rousselet de Greenpeace. Surtout, il peut être utilisé à des fins militaires. Quand le Mox est neuf, il est peu irradiant, et le plutonium peut très bien être extrait. » Les opposants à l’industrie nucléaire dénoncent aussi les risques de ce type de transport, avec notamment la menace de la Corée du Nord.

Un arrêté très dissuasif

Pour la première fois, les autorités ont pris un arrêté global, qui interdit toute personne de s’approcher trop près du convoi, sur terre comme en mer, sous peine d’amendes de 75 000€. « Avant, nous recevions des injonctions nominatives », rappelle Yannick Rousselet.

Pour Didier Anger, du Crilan (Comité de réflexion d’information et de lutte antinucléaire), estime que l’usine de la Hague est avant tout « une usine d’extraction de plutonium ». Il estime que, grâce au plutonium contenu dans le Mox, « le Japon pourrait très bien construire une bombe A ».

De son côté, Areva rappelle que le convoi respecte toutes les normes de sécurité imposées. L’entreprise britannique INS, chargée du transport maritime, vante les équipements qui permettent aux bateaux de résister à des agressions et à des conditions extrêmes.

http://www.lamanchelibre.fr/actualite-350635-manche-les-antinucleaires-manifestent-contre-le-transport-de-plutonium-vers-le-japon

Juil 05

OPÉRATION : LE TOUR DE FRANCE NE PASSERA PAS PAR LÀ !

Tour de FranceInvitation à soutenir cette action jeudi 6 juin à BAR-SUR-AUBE

Lieu : le Pont d’Aube, horaire estimé : 14 h / 16 h

Les responsables des groupes opposés à l’enfouissement des déchets nucléaires à BURE et à SOULAINES invitent tous les militants anti-CIGéo, tous les anti-enfouissement des déchets nucléaires, tous les anti-EPR, tous les anti-Grand-carénage, tous les anti-nucléaire à venir soutenir cette OPÉRATION.

Rendez-vous est donné au plus près du Pont d’Aube à BAR-SUR-AUBE. (10200)

Conseils et informations

Arrivez le plus tôt possible.

La circulation automobile dans la ville étant interdite dès 7 h du matin, vous devrez vous garer très loin.

La caravane passe vers 14 h.

Positionnez-vous au plus près du Pont de l’Aube.

Le Tour de France est diffusé en léger différé.

Vous ne le saviez peut-être pas… Inutile donc de sortir de grandes banderoles anti-qqch ! Elles sont repérées et le réalisateur commute immédiatement sur un gros plan de pédalier…

Si vous avez programmé quelque chose de plus sérieux, il commutera sur un sujet touristique, du genre : « À quelques km de là, nous survolons la Colline Sainte-Germaine…. »

Les organisateurs disposent de 3 hélicoptères et d’une dizaine de drones.

On n’empêche pas le passage du Tour de France en claquant des doigts…

Bien évidemment les consignes de sécurité visent autant la sécurité du grand public, donc la vôtre, que celle des coureurs.

Les règles élémentaires

Restez derrière les barrières de sécurité.

Respectez les consignes données par les policiers, gendarmes et le personnel du Tour.

Surveillez vos enfants et tenez-les constamment par la main.

Soyez extrêmement prudent lorsque vous ramassez par terre des cadeaux distribués par la caravane publicitaire.

Tenez vos animaux domestiques en laisse et loin du bord de la route.

Écartez-vous le plus possible de la chaussée. Accotements non stabilisés ou le ras du trottoir peuvent éventuellement être utilisés par les coureurs.

Ne changez pas de place au dernier moment.

Ne courez pas à côté des coureurs. Pour leur sécurité, n’allez pas au-devant d’eux, même pour les encourager.

N’aspergez pas les coureurs.

N’agitez pas de banderoles au-dessus des coureurs.

Photographes ou vidéastes, faites vos prises de vue en retrait de la chaussée. Vous risquez d’être trompé par votre objectif sur la distance réelle vous séparant des véhicules ou des coureurs.

Ne vous trompez pas de pont…

N’allez pas Un pont trop loin !

Inutile de développer ici le choix de ce pont.

C’est l’art de la guerrela guerre de la communication contre le nucléaire.

Vous trouverez

Informations permanentes, explications et détails concernant cette OPÉRATION – LE TOUR DE FRANCE NE PASSERA PAS PAR LÀ ! sur cette page.

Merci de faire circuler sur vos réseaux.

Contacts

Michel GUERITTE : 06 71 06 81 17 – michel.gueritte@gmail.com

Jean-Marc FLEURY : 06 16 27 14 91 – jean-marc870.fleury@laposte.net

NDLR: Pour plus d’informations, je vous conseille d’aller sur le site : http://www.villesurterre.eu/images/stories/Tour-de-France-ne-passera-pas-par-la-170626.pdf

Juil 05

EXÉCUTIF: JUPITER ET LE SCEPTRE NUCLÉAIRE

Nucléaire M51Après avoir fixé un cap théologique et laissé Édouard Philippe mettre en musique une révolution qui n’en est déjà plus une, vu l’étalement des promesses de campagne, Emmanuel Macron s’est mis en mode plongée. Manière de rappeler que c’est toujours le président de la République qui détient le sceptre atomique, tandis que le Premier ministre doit gouverner avec des marges de manœuvre de plus en plus étroites. Car la monarchie nucléaire qui autorise encore la France à siéger parmi les grands au Conseil de sécurité de l’Onu a encore de beaux jours devant elle. Surtout en période de lutte antiterroriste, même si la guerre nucléaire est exclue dans le combat asymétrique des États face aux groupes djihadistes.

Le chef de l’État affirme que la France aura les moyens d’atteindre, en 2025, l’objectif d’une défense à 2 % du PIB. L’Otan y incite fortement ses alliés, sans même parler du président Trump qui veut se débarrasser du fardeau de la défense européenne. Alors que la modernisation de la force de frappe coûterait près de quatre milliards d’euros, et que le budget 2018 s’annonce difficile à boucler, on peut s’interroger sur la réalité de cette promesse.

Article d’Hubert Coudurier

http://www.letelegramme.fr/debats/jupiter-et-le-sceptre-nucleaire-05-07-2017-11583721.php

Juil 05

DÉCHETS NUCLÉAIRES À BURE: DES MODIFICATIONS NÉCESSAIRES FACE AU RISQUE D’INCENDIE

BureCigéo, le projet d’enfouissement de déchets nucléaires de Bure (Meuse), présente des insuffisances face au risque d’incendie, selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), qui demande des adaptations du projet, pouvant potentiellement décaler son calendrier.

« Il est essentiel (…) qu’une réponse soit apportée » par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), qui gère ce projet contesté, avant le dépôt de la demande d’autorisation de création du site, juge l’IRSN, dans un avis publié mardi.

Si le bras technique de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) estime que le projet « a atteint, dans l’ensemble, une maturité technique satisfaisante » à ce stade, il relève quatre points qui posent question, dont « le plus sensible » tient aux « conséquences d’un incendie » qui se présenterait dans les alvéoles de stockage de déchets bitumineux.

Ces déchets représenteront environ 18% de l’ensemble des déchets stockés par Cigéo et « le problème, c’est qu’en cas d’incendie, ils montent en chaleur et risquent de propager une onde de chaleur et finalement de propager l’incendie« , explique à l’AFP François Besnus, directeur des déchets de l’IRSN.

L’IRSN demande donc à l’Andra « d’étudier la possibilité d’un prétraitement » pour neutraliser l’inflammabilité de ces déchets avant leur enfouissement, ou « à défaut de revoir significativement » la conception de leur stockage.

« Sur ce sujet, on est sûr que ça ne pourra pas rester en l’état« , insiste M. Besnus.

Ces modifications demandées à l’Andra, en relation avec le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et Areva, propriétaires des déchets amenés à être enfouis, pourraient avoir un impact sur « les délais » de dépôt de la demande d’autorisation de création du site, attendue en principe pour la fin 2018, précise l’IRSN.

« Si on demande une modification substantielle maintenant, cela peut impacter le calendrier« , explique M. Besnus.

Cet avis de l’IRSN porte sur le dossier d’option de sûreté, déposé par l’Andra pour faire évaluer le projet Cigéo, dans la perspective du dépôt de la demande d’autorisation.

L’avis de l’Autorité de sûreté nucléaire, qui sera contraignant, est attendu lui pour la fin juillet, a indiqué cette dernière à l’AFP.

Le projet Cigéo, objet d’une guérilla juridique entre l’Andra et ses opposants, vise à enfouir à 500 mètres sous terre les déchets nucléaires les plus radioactifs ou à vie longue du parc français. Le démarrage de la phase pilote est prévu vers 2025.

https://www.romandie.com/news/Dechets-nucleaires-a-Bure-des-modifications-necessaires-face-au-risque-d-incendie/811820.rom

Juil 05

WASHINGTON CONFIRME QUE PYONGYANG A LANCÉ SON PREMIER MISSILE INTERCONTINENTAL

Missile CoréeUne réunion du Conseil de sécurité des Nations unies sur le dossier nord-coréen est prévue ce mercredi à 15 heures.

Les États-Unis ont confirmé, mardi 4 juillet, que la Corée du Nord avait procédé à son premier lancement d’un missile balistique intercontinental (ICBM) <http://abonnes.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/07/04/la-coree-du-nord-a-tire-un-nouveau-missile-balistique_5155093_3216.html> , dénonçant « une nouvelle escalade de la menace » présentée par le régime communiste. Cet essai d’un Hwasong-14, réalisé le jour de la fête nationale états-unienne a été supervisé personnellement par l’homme fort de Pyongyang, Kim Jong-un. C’est un « cadeau » aux « salauds d’Américains », a ironisé celui-ci, cité par l’agence de presse officielle du régime KCNA.

L’armée américaine avait initialement mis en doute le caractère intercontinental du missile, évoquant seulement un engin de « portée intermédiaire ». Mais Washington a reconnu par la suite qu’il s’agissait bien d’un ICBM. KCNA a, par ailleurs, assuré que le missile balistique tiré était capable de porter « une grosse tête nucléaire » et que le test réalisé mardi avait répondu à « tous les critères technologiques, y compris la résistance à la chaleur et la stabilité structurelle de l’ogive » nécessaire pour qu’elle rentre sans dommages dans l’atmosphère.

Réunion du Conseil de sécurité

Si la Corée du Nord s’avérait effectivement dotée d’ICBM, cela bouleverserait l’évaluation du risque posé par Pyongyang. Les États-Unis « n’accepteront jamais une Corée du Nord disposant de l’arme nucléaire », a répété le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson. Les États-Unis ont demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. Celle-ci doit se tenir mercredi vers 15 heures (21 heures heure française).

L’Union européenne, dénonçant « une violation flagrante de nombreuses résolutions (…) des Nations unies », a déclaré envisager de nouvelles sanctions. L’essai de mardi a entraîné une vive réaction du président américain Donald Trump qui a demandé à Pékin, principal soutien international de Pyongyang, de « mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes ».

Confrontation dans sa « phase finale »

La demande américaine est intervenue au moment où le président chinois Xi Jinping se trouvait à Moscou pour rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine. Dans une déclaration conjointe, Pékin et Moscou ont appelé à un double « moratoire » : le régime nord-coréen arrêterait ses tests nucléaires et balistiques et Washington renoncerait à organiser des manœuvres militaires à grande échelle aux côtés de son allié sud-coréen <http://abonnes.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/07/01/washington-et-seoul-affichent-un-consensus-de-facade-sur-la-coree-du-nord_5154182_3216.html>

Kim Jong-un a répondu qu’il ne soumettrait pas sa possession d’armes nucléaires et de missiles balistiques à la négociation, dans quelque circonstance que ce soit, « sauf si la politique hostile et les menaces nucléaires des États-Unis cessent complètement ». Ces derniers « essaient de tester notre détermination et ignorent nos avertissements », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que la confrontation entre Pyongyang et Washington est à présent dans sa « phase finale ». En guise d’avertissement, les forces sud-coréennes et américaines ont procédé mercredi à des tirs de missiles balistiques lors d’un exercice simulant une attaque contre la Corée du Nord.

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/07/05/washington-confirme-que-pyongyang-a-lance-son-premier-missile-intercontinental_5155661_3216.html

Juil 04

HINKLEY POINT: LE MAIRE DEMANDE À EDF UN PLAN D’ACTION AVANT FIN JUILLET

Le MaireLe ministre de l’Économie Bruno Le Maire demande à EDF de présenter avant la fin juillet un plan d’action pour la maîtrise du projet de la centrale nucléaire britannique de Hinkley Point (HPC).

L’électricien public français a annoncé lundi qu’il estimait désormais à 19,6 milliards de livres sterling – 22,3 milliards d’euros environ au cours actuel – le coût à terminaison de la future centrale nucléaire, en hausse de 1,5 milliard de livres, et que le projet risquait en outre de subir des retards.

« Le ministre de l’Économie et des Finances a demandé au PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy que les causes précises de cette réévaluation, les facteurs de risques du projet HPC et le contenu de la revue du projet soient partagés et analysés au sein du conseil d’administration de l’entreprise », écrit-il dans un communiqué.

« Le ministre a également demandé qu’un plan d’action rigoureux soit présenté au conseil d’administration d’EDF avant la fin du mois de juillet.« 

« L’État veillera à ce que ce plan d’action permette de conforter le calendrier du projet tel qu’il a été convenu avec les autorités britanniques, de réduire autant que possible l’impact financier de cette réévaluation et d’assurer une maîtrise rigoureuse des risques du projet HPC. »

Bruno Le Maire relève cependant que l’impact du dépassement de coût sur le taux de rendement du projet reste limité et qu’EDF maintient ses prévisions de résultats pour les deux prochaines années.

Article de Dominique Rodriguez, édité par Benoît Van Overstraeten

http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN19O2AL-OFRBS

Juil 04

NOUVEAU CONVOI DE COMBUSTIBLE MOX POUR LE JAPON : AREVA CONTINUE SON BUSINESS INDÉCENT

Japon MoxCommuniqué de presse commun du Réseau « Sortir du nucléaire“, Écho-échanges et Yosomono-net – 4 juillet 2017

 Alors qu’Areva prépare un convoi de combustible MOX pour le Japon, des associations françaises et japonaises dénoncent le cynisme total d’une entreprise co-responsable de la pollution liée à la catastrophe de Fukushima.

Selon les informations fournies par Greenpeace, un convoi de MOX, ce combustible nucléaire qui contient 8% de plutonium, s’apprête à quitter la France par le port de Cherbourg à destination du Japon, où il arriverait entre mi-août et début septembre après un long et dangereux périple à travers les océans. Il est censé alimenter la centrale nucléaire de Takahama, récemment redémarrée malgré des garanties de sûreté insuffisantes.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“ et les associations franco-japonaises Yosomono-net et Echo-échanges dénoncent cet envoi scandaleux. Pour la deuxième fois depuis la catastrophe de Fukushima [1], Areva fait du profit en vendant ce combustible dangereux à un pays meurtri par un accident nucléaire, pour alimenter des réacteurs dont la population japonaise refuse le redémarrage.

En 2016, plusieurs associations japonaises avaient déjà dénoncé dans une lettre les problèmes de sûreté posés par ce combustible ; mais pour Areva, les contrats passent avant la sécurité des populations !

Il faut rappeler que c’est Areva elle-même qui, en 2010, avait livré le combustible MOX qui alimentait le réacteur n°3 de la centrale de Fukushima Daiichi, combustible dont les restes continueront de contaminer des régions entières pendant des siècles. Ce réacteur a été le théâtre d’une explosion grave le 14 mars 2011 (une explosion d’hydrogène selon TEPCO, mais une petite explosion nucléaire dans la piscine d’après le physicien Takashi Tsuchida).

Les associations françaises et japonaises invitent les citoyens à exprimer leur indignation devant ces activités profondément immorales.

Note :

[1] Un premier envoi de MOX avait déjà eu lieu en avril 2013 (voir notre communiqué)

Contacts presse :

Pour le Réseau “Sortir du nucléaire“ : Martial Château – 06 45 30 74 66, (Chargée de communication : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23)

Pour Écho-échanges : Kolin Kobayashi – 06 64 96 08 48

Pour Yosomono-net : Yûki Takahata 06 84 07 03 45

http://www.sortirdunucleaire.org/Nouveau-convoi-de-combustible-MOX-pour-le-Japon

Juil 04

HINKLEY POINT : JOKER NUCLÉAIRE PERDU POUR EDF

Les échos jokerMentir, même par omission, c’est quand même mentir un peu. En annonçant hier que le mégaprojet de centrale nucléaire de Hinkley Point allait coûter plus cher et prendre plus de temps que prévu, EDF a perdu un joker. Il n’en aura sans doute pas d’autre. Le groupe dirigé par Jean-Bernard Lévy va certes prétendre qu’il a agi de bonne foi et que les dérives financières et de calendrier qui se matérialisent aujourd’hui étaient peut-être prévisibles mais pas forcément prévues hier. Certains vont accuser le groupe d’avoir tout fait pour lancer un chantier en omettant de reconnaître que les risques étaient bien plus élevés qu’officiellement annoncé. D’autres ajouteront que, engagé dans une fuite en avant, le groupe va dépenser des milliards en se disant que les sommes dilapidées aujourd’hui empêcheront demain de faire machine arrière. Et seules quelques âmes généreuses pourront accorder le bénéfice du doute, cette fois-ci, au PDG <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_president-directeur-general.html#xtor=SEC-3168>  de l’électricien public. Mais sa tutelle politique, ses actionnaires, ses administrateurs et ses salariés ne feront pas indéfiniment confiance à ce géant qui fait déjà figure d’exception en étant l’un des rares industriels encore prêts à investir massivement dans un nucléaire que de plus en plus délaissent. Confronté à une armée de sceptiques, chez les écologistes (ce qui n’est pas très surprenant), comme en interne (ce qui l’est plus), EDF s’est battue pour lancer ce chantier britannique en assurant que, contrairement aux autres EPR en construction, les réacteurs britanniques seraient, eux, construits en tenant les délais et les coûts. Cette promesse commence à s’effriter, et même si l’électricien promet que l’essentiel est préservé, que la rentabilité sera au rendez-vous et que les nouveaux délais seront désormais tenus, il ne faudrait pas que ce chantier dérive lentement mais sûrement. La déroute du premier EPR a mis à terre Areva. Pas sûr qu’EDF puisse encaisser une catastrophe made in England.

Article de David Barroux   / Rédacteur en chef des Échos

https://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/030425276783-joker-nucleaire-2099556.php

Juil 04

L’ARTICLE À LIRE POUR COMPRENDRE LES DÉBATS SUR LE MOX, CE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE HAUTEMENT RADIOACTIF

MOXÀ chaque convoi de mox, les écologistes grincent des dents. Le groupe français Areva est le seul à fabriquer ce combustible nucléaire, qui mélange uranium et plutonium. Huit tonnes doivent être acheminées <http://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/transport-mox-japon-serait-prevu-mercredi-1290381.html>  de La Hague à Cherbourg (Manche) dans la nuit du mercredi 5 au jeudi 6 juillet, avant d’être expédiées par bateau vers le Japon. Ces trajets sont traditionnellement confidentiels et placés sous haute protection, mais selon les informations de l’ONG Greenpeace, les camions blindés circuleront dans le Cotentin dans la nuit de mardi à mercredi. Le chargement sera effectué mercredi matin et « les bateaux devraient quitter le port de Cherbourg dans la soirée ». Franceinfo revient sur les enjeux de ce débat.

1 Qu’est-ce que le mox ?

Les réacteurs à eau des centrales nucléaires fonctionnent traditionnellement avec de l’uranium enrichi. Et lors du procédé d’enrichissement, une quantité d’uranium appauvri est également produite. Areva l’entrepose. Pour ne rien gaspiller, cet uranium 235 appauvri est ensuite utilisé, ou en quelque sorte recyclé, pour produire un autre combustible : le mox, abréviation de « mixed oxides » en anglais (ou de « mélange d’oxydes » en français). Il est composé de 93 à 91% d’uranium appauvri et de 7 à 9% de plutonium, un élément chimique récupéré après un retraitement chimique des combustibles ordinaires déjà irradiés. « Cela permet d’obtenir les mêmes réactions de fission qu’avec l’uranium enrichi, explique Bernard Laponche, physicien nucléaire et consultant pour l’énergie, contacté par franceinfo. Mais ensuite, le plutonium est un corps dangereux par sa radioactivité. » Au final, le combustible mox est effectivement beaucoup plus radioactif (plusieurs milliers de fois plus radioactif, disent les spécialistes) que le combustible classique (uniquement composé d’uranium enrichi). 
 (IRSN)

2 Comment est-il fabriqué ?

Cinq phases sont nécessaires pour fabriquer le combustible mox, détaille le groupe Areva <http://www.areva.com/FR/activites-1173/la-fabrication-du-combustible-mox-l-nergie-nuclaire-recycle.html> . Des poudres d’oxyde d’uranium appauvri sont d’abord mélangées à des poudres d’oxyde de plutonium et à de la chamotte, de l’argile. Ce mélange est ensuite compacté en pastilles, lesquelles sont cuites à 1 700 °C pendant 24 heures, selon un processus similaire à la production de céramique (frittage). Le diamètre de ces pastilles est alors rectifié au micron près (rectification), puis celles-ci sont versées dans des tubes en alliage de zirconium (gainage), que l’on appelle les « crayons ». Ceux-ci sont finalement insérés dans un squelette métallique (assemblage), avant d’être chargés dans des emballages de transport et livrés au client.

3 Où est produit ce combustible ?

L’uranium appauvri provient notamment de l’usine du Tricastin (Drôme et Vaucluse), et le plutonium est obtenu lors du retraitement des combustibles usés, effectué sur le site de recyclage de La Hague (Manche). Le mox est fabriqué dans l’usine Areva Melox, implantée sur le site nucléaire de Marcoule (Gard). Le combustible est alors réexpédié vers La Hague. De là, il est chargé sur des camions qui parcourent 18 kilomètres sous escorte, jusqu’au port de Cherbourg. Les emballages de transport sont ensuite chargés sur des bateaux équipés d’armes militaires, avant de prendre la route du Japon pour 65 jours de mer. Au total, la filière mox fait travailler 5 000 personnes à La Hague et 1 300 personnes à Marcoule, selon Areva.
Plus de 5 000 assemblages ont été produits depuis le démarrage de l’usine de recyclage Areva Melox, en 1995. Selon Areva <http://www.areva.com/FR/activites-1173/la-fabrication-du-combustible-mox-l-nergie-nuclaire-recycle.html> , un assemblage mox permet d’alimenter en électricité une ville de 100 000 habitants pendant un an.

4 Selon Areva, quels sont ses avantages ?

Toujours selon le groupe, le « recyclage« , permet d’économiser jusqu’à 25% d’uranium naturel (dont les combustibles classiques sont constitués à 100%) et de diviser la radioactivité des déchets par 10. « L’introduction progressive du combustible MOX dans les réacteurs d’EDF depuis 1987 est souvent présentée comme une substitution positive », résume cet article <http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC33p66-85.pdf>  (par ailleurs critique) de l’association scientifique Global Change. De plus, isoler et « recycler le plutonium, extrait lors du retraitement des combustibles UO2 revient donc à réduire l’activité du déchet que constituerait le combustible ‘usé’ laissé en l’état ».

Le groupe Areva se targue même de recycler du plutonium d’origine militaire. En 2003, explique le groupe, quatre assemblages combustibles ont été fabriqués à partir de plutonium issu de l’arsenal militaire américain.

5 Qui achète le mox ?

« Ce MOX est à destination du réacteur nucléaire de Takhama n°4 », croit savoir Greenpeace. C’est le sixième transport de combustible mox vers le Japon depuis 1999, mais le drame de Fukushima, en 2011, a marqué l’opinion publique locale. À l’occasion de ce nouveau convoi, plusieurs associations japonaises ont d’ailleurs prévu de rédiger un courrier au groupe Areva, pour exprimer leur mécontentement. Au fil du temps, le nombre des clients étrangers d’Areva s’est réduit. Le Japon, l’Allemagne et la Belgique reçoivent encore du mox d’Areva, mais ces pays n’envoient plus de combustibles à retraiter au groupe industriel. La Suisse, elle, ne reçoit plus de mox.

« Nous sommes indignés. Les réacteurs ont redémarré au Japon, alors que les conditions de sécurité ne sont pas remplies, déplore Yûki Takahata, de Yosomono-net, une association japonaise anti-nucléaire. À chaque fois, Areva essaie de passer en force, contre la volonté de la population », dénonce-t-elle à franceinfo. Les associations ont écrit à quatre reprises à Areva Japon pour demander l’arrêt des importations de mox, mais sans réponse, selon elle.

6 Pourquoi Areva fabrique-t-elle encore du mox ?

La France a produit du mox au plutonium pour alimenter les surgénérateurs de type Phénix, une filière aujourd’hui éteinte. « Mais nous avons continué à retraiter et à produire du plutonium à La Hague, afin d’utiliser ce combustible pour les réacteurs à eau », précise Bernard Laponche, physicien nucléaire et consultant pour l’énergie, contacté par franceinfo. Des pays comme l’Allemagne ou le Japon ont envoyé en France des combustibles irradiés à retraiter. En vertu du traité de non-prolifération, impossible de renvoyer ce plutonium, une fois traité. « Une trentaine de tonnes de plutonium sont entassées sur les étagères de La Hague », ajoute Bernard Laponche. Areva utilise donc ces stocks pour produire du combustible, avant de le réexporter.

7 Le mox a-t-il un avenir ?

« Le mox n’a aucun intérêt sur un plan économique, tranche Bernard Laponche. Il est censé remplacer l’uranium 235, mais celui-ci n’est pas cher actuellement. » Aujourd’hui, en France, une vingtaine de réacteurs fonctionnent au mox, dont les plus anciens, de 900 MW, à l’image des quatre réacteurs de la centrale du Blayais (Gironde). Ce qui pose question à moyen terme, quand ils arriveront en fin de vie. « La fabrication est plus chère, il faut payer le retraitement et introduire ce nouveau combustible pour des réacteurs nucléaires à eau. Or le MOX est plus radioactif et plus chaud que les combustibles ordinaires, ce qui complique les affaires pour le fonctionnement des réacteurs. »

L’enfouissement pose également des problèmes. « Avec 150 ans de refroidissement, les mox dissipent encore 2,9 fois plus d’énergie que les UO2 [uranium enrichi] à 60 ans », estime cette étude <http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC33p66-85.pdf>  de Global Chance. Il faut donc augmenter la masse des conteneurs lors de l’enfouissement, pour ne pas détériorer les performances de la roche d’accueil

8 De tels convois sont-ils risqués ?

Un tel convoi maritime n’a rien d’anodin. « Le Pacific Egret et le Pacific Heron, ‘armés jusqu’aux dents’, sont sur le départ de Barrow-In-Furness, en Angleterre, pour venir à Cherbourg », explique Greenpeace, en évoquant les deux bateaux chargés d’acheminer les emballages au Japon. Le mox représente un risque réel s’il est capturé par un tiers. « Quelqu’un qui s’emparerait d’un combustible mox pourrait séparer le plutonium par une réaction chimique », estime Bernard Laponche, et envisager un « développement militaire ». Le physicien s’interroge donc sur la sécurité du convoi qui va passer 65 jours en mer, alors que certaines zones sont frappées par la piraterie.

L’association Robin des bois met en cause « la capacité des modestes navires de la Pacific nuclear Transport Ltd à résister aux cyclones, aux tsunamis et aux missiles nord-coréens ». Mais lors de précédents convois, Areva avait assuré qu’il était « quasi-impossible » de fabriquer une bombe avec ce type de plutonium. Le groupe préférait mettre en avant « la grande robustesse des emballages » contenant le mox.

9 J’ai eu la flemme de tout lire jusqu’au bout, vous me faites un résumé ?

Le groupe Areva achemine un nouveau convoi de mox depuis l’usine de La Hague, à destination du Japon, son sixième depuis 1999. Il s’agit d’un combustible marqué par la présence de plutonium, un élément chimique extrêmement dangereux et radioactif. Conçu pour l’ancienne génération des surgénérateurs français, il est toutefois utilisé dans certains réacteurs à eau, avec quelques adaptations.

Areva est quasiment le seul à le fabriquer au monde, mais ses clients sont de moins en moins nombreux. Selon le groupe français, ce combustible a pour intérêt de recycler une partie de l’uranium naturel. À l’inverse, de nombreuses ONG écologistes estiment que l’intérêt économique d’une telle opération est un leurre, en raison de coûts supplémentaires de fabrication et de stockage. Ils insistent sur la dangerosité de son transport, car le plutonium peut être utilisé pour des développements militaires. Areva, lui, récuse ce risque.

http://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/l-article-a-lire-pour-comprendre-les-debats-sur-le-mox-ce-combustible-nucleaire-hautement-radioactif_2266941.html

Juil 04

LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE RALENTIT

Désarmement nucléaireLe « désarmement » nucléaire tend à ralentir, révèle l’institut de recherche suédois SIPRI* dans un nouveau rapport publié aujourd’hui. En janvier 2017, neuf pays* se partageaient 14 395 ogives nucléaires, dont près de 4150 considérées comme étant opérationnelles. Selon le SIPRI, l’arsenal nucléaire mondial aurait diminué de 460 ogives en 2016, un nombre pratiquement équivalent à l’exercice précédent (455) mais néanmoins faible comparé aux 2000 ogives neutralisées en 2010.

Un ralentissement que le SIPRI explique par le lancement ou le renforcement « de programmes de modernisation à long terme […] en cours au sein de l’ensemble des neuf pays », souligne Shannon Kile, chercheur au SIPRI. « Cela suggère qu’aucun de ces États ne sera prêt à renoncer à leurs arsenaux nucléaires dans un avenir proche », ajoute-t-il. Bien au contraire, Washington et Moscou, détenteurs de 93% de l’arsenal mondial, s’inscrivent durablement dans cette tendance à la modernisation, et ce, en dépit du traité New START* lancé en 2011.

Les États-Unis, par exemple, devraient dépenser jusqu’à 400Md$ d’ici 2026 pour l’entretien et la modernisation de leur force nucléaire. La moitié de ce budget sera consacrée au renouvellement des vecteurs de lancement, tels que le remplacement des missiles balistiques Minuteman III et la finalisation du missile de croisière « Long Range Stand-Off » (LRSO).

Troisième arsenal nucléaire mondial avec 280 ogives opérationnelles, la France devrait rapidement prendre le train en marche, souligne un rapport d’information présenté par le Sénat le 28 juin. « La modernisation de la dissuasion doit impérativement se voir attribuer les financements nécessaires et respecter les échéances calendaires, sauf à altérer dangereusement notre capacité à dissuader », estiment les sénateurs Xavier Pintat (LR) et Jeanny Lorgeoux (PS).

Ceux-ci jugent nécessaire de lancer un vaste programme de renouvellement de la « force de frappe » française d’ici à 2025, et d’augmenter le montant des crédits qui y sont alloués de 3,9 à 5,5-6 Md€ (NDLR: par an, soit 44 à 48 milliards d’€uros d’ici 2025!!!)). Reste, pour la ministre Florence Parly, à résoudre l’épineuse question du financement.

*Stockholm International Peace Research Institute

*États-Unis, Russie, France, Chine, Grande-Bretagne, Israël, Pakistan, Inde et Corée du Nord

* Pour « New Strategic Arms Reduction Treaty ». Signé le 5 avril 2011 par la Russie et les États-Unis, New START succède au Traité de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques (SORT), arrivé à terme en 2012. Il prévoit la réduction de moitié du nombre de missiles nucléaires stratégiques, limité à 700, et de 30% du nombre de têtes nucléaires stratégiques actives, soit 1550. New START ne tient donc pas compte des ogives nucléaires opérationnelles mais stockées, donc considérées comme inactives.

http://forcesoperations.com/le-desarmement-nucleaire-ralentit/

NDLR: on cherche des milliards et on va dépenser entre 1,6 et 2,1 milliards d’€uros par an pour « moderniser » notre armement nucléaire alors qu’une majorité de pays s’apprêtent à signer un traité international interdisant cette arme! N’y aurait-il pas meilleur investissement pour notre avenir,… la transition énergétique par exemple?

Juil 04

PYONGYANG AFFIRME AVOIR TESTÉ AVEC SUCCÈS UN MISSILE INTERCONTINENTAL

PyongyangSéoul – La Corée du Nord a affirmé avoir testé mardi avec succès un missile balistique intercontinental (ICBM), étape cruciale vers la réalisation de son objectif qui est de pouvoir menacer les États-Unis du feu nucléaire.

L’essai « historique » d’un missile Hwasong-14 a été supervisé par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un, a annoncé dans un bulletin spécial une présentatrice de la Télévision centrale coréenne.

Elle a précisé que l’engin avait atteint une altitude de 2.802 km et volé sur une distance de 933 km.

La Corée du Nord est « une puissance nucléaire forte » qui est dotée d’un « très puissant ICBM qui peut frapper tout endroit au monde« , a-t-elle affirmé.

« L’essai réussi d’un ICBM (…) est une percée majeure dans l’histoire de notre république« , a-t-elle encore dit.

La télévision d’État a également diffusé des plans de l’ordre daté de lundi et écrit de la main de Kim Jong-Un donnant instruction de conduire ce test.

Cet essai, le jour de la fête de l’indépendance américaine, s’inscrit dans une longue série de tirs de missiles en violation de nombreuses résolutions internationales qui, assorties de sanctions, interdisent à la Corée du Nord de développer ses programmes balistique et nucléaire.

La Corée du Nord, qui après avoir mené cinq essais nucléaires dispose d’un petit arsenal de bombes atomiques, cherche à se doter de missiles ICBM susceptibles d’atteindre le territoire américain.

Elle justifie ces programmes par la menace que font planer sur son existence même les États-Unis, qui comptent 28.000 soldats déployés en Corée du Sud.

Ce tir, qui avait été repéré dans la matinée par les forces sud-coréennes, japonaises et américaines, avait entraîné une cinglante réponse du président américain Donald Trump.

« Ce type n’a-t-il rien de mieux à faire de sa vie ?« , a écrit le président américain sur Twitter au sujet du dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

« Difficile de croire que la Corée du Sud et le Japon toléreront cela très longtemps. Peut-être que la Chine va faire un geste fort au sujet de la Corée du Nord et mettre fin à cette absurdité une bonne fois pour toutes! », a-t-il ajouté.

https://www.romandie.com/news/Pyongyang-affirme-avoir-teste-avec-succes-un-missile-intercontinental/811586.rom

Juil 03

CHERBOURG: LE CANO APPELLE À MANIFESTER LE 4 JUILLET 2017 CONTRE UN NOUVEAU TRANSFERT DE MOX AU JAPON

Mox japonCommuniqué de  presse CANO CRILAN du 3 juillet 2017

Transport de MOX vers le Japon : AREVA continue son commerce mortifère

Ce n’est pas le premier transport de plutonium d’AREVA vers le Japon. Le plus important s’est produit sous protection militaire et satellitaire en 1992 : 1700 tonnes utilisables pour doter ce pays de l’arme nucléaire, une quantité pour  se doter de plusieurs centaines de bombes A à terme.

Depuis AREVA a opté pour l’envoi de ce plutonium sous forme de MOX, combustible mixte uranium-plutonium pour équiper les réacteurs électronucléaires.

Le transport par avion avait été récusé. Le transport par mer choisi mais sans passer par la méditerranée, le  Canal de Suez,  le Golfe, l’océan indien par crainte (déjà) d’attentats terroristes, de piratages dans le secteur des Philippines. Le grand tour par le sud de l’Afrique, le grand sud de l’Australie et la Nouvelle Zélande et la remontée du nord prend plus de 70 jours. Le bateau grandement chargé en fuel  au départ peut nourrir un incendie en mer. Qui plus est, AREVA est même  allé construire à Rokkasho Mura, au nord du Japon, une usine dédiée comme à la Hague au retraitement-extraction  du plutonium. Cette usine est en essais depuis plusieurs années…

Le Japon dispose « sur l’étagère »  de plutonium éventuellement utilisable à des fins militaires, grâce à AREVA.  Qui plus est encore le MOX « français » une fois arrivé au Japon est introduit dans les centrales nucléaires comme combustible  accroissant ainsi les risques de criticité et d’accident majeur malgré la sensibilité de ce pays aux séismes et aux tsunamis.  À Fukushima le réacteur 3 qui a explosé fonctionnait au MOX … d’AREVA répandant le contenu du cœur dans l’atmosphère, sur terre et sur mer…

Qu’y a-t-il de changé avec les récents changements politiques apparents ? Plus ça change et moins ça change !

Fière d’elle-même  et irresponsable,  AREVA continue pour des raisons commerciales. Son  nouveau slogan pourrait être « En Marche pour la prolifération de l’arme atomique dans l’est asiatique, en Marche pour les risques multiples pris au cours des transports maritimes, en Marche pour la remise en service des réacteurs nucléaires arrêtés depuis la catastrophe de Fukushima, au mépris des populations diverses concernées ».

La coordination antinucléaire Ouest (CANO) et le CRILAN appellent la population à dénoncer cette nouvelle mise en danger d’autrui internationale.

Rendez-vous sur le parcours des camions chargés de transférer ce MOX de la Hague au Port de Cherbourg le mardi 4 juillet à partir de 18 heures au Rond-Point des Flamands à Tourlaville.

http://leblogdejeudi.fr/4-juillet-201-cherbourg-le-cano-appelle-a-manifester-contre-un-nouveau-transfert-de-mox-au-japon/

Juil 03

EDF REVOIT DÉJÀ À LA HAUSSE LA FACTURE DES EPR ANGLAIS

EPR anglaisL’électricien prévoit une facture alourdie de 1,5 milliard de livres et craint un retard de 15 mois pour la livraison du premier réacteur nucléaire à Hinkley Point.

Depuis quelques semaines, les nuages menaçants s’accumulaient au-dessus d’Hinkley Point, le site anglais qui accueillera deux réacteurs nucléaires de type EPR construits par EDF. La douche froide est tombée ce lundi matin : l’électricien français a annoncé une révision à la hausse des coûts du chantier et du calendrier, dans laquelle il prévoit une augmentation « de 1,5 milliard de livres sterling » par rapport au devis initial, pour une facture totale désormais estimée à 19,6 milliards (22,3 milliards d’euros). Et il estime que le chantier pourrait accuser un retard « de 15 mois pour la tranche 1 (le premier réacteur), et de 9 mois pour la tranche 2 (le second) ». Ce qui ferait grimper les coûts de 0,7 milliard supplémentaire.

Ces différents éléments cumulés vont peser sur le taux de rentabilité <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_taux-de-rentabilite.html#xtor=SEC-3168>  prévisionnel du projet, qui passerait ainsi de 9 % à « environ 8,2 % » si les risques de retards se confirment. Pour EDF, ces surcoûts « résultent essentiellement d’une meilleure appréhension du design, adapté aux demandes des régulateurs, du volume et du séquencement des travaux sur site et de la mise en place progressive des contrats fournisseurs ».

Premier béton prévu mi-2019

Mais le groupe tente de rester positif en indiquant être « mobilisé sur l’objectif initial de livraison de la tranche 1 fin 2025, et sur l’identification et la mise en place des plans d’actions destinés à réduire les coûts et les risques ». Il confirme que le premier béton du bâtiment de la tranche 1 doit être coulé mi-2019… si le design définitif, « dont le calendrier est tendu », est fixé comme prévu fin 2018.

Cette revue de projet tombe au moment où le projet  d’Hinkley Point suscite de nouvelles interrogations. <https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030402694546-les-epr-anglais-inquietent-la-cour-des-comptes-britannique-2096775.php>  Objet de longues négociations, le chantier des deux EPR anglais avait déjà sérieusement ébranlé EDF en interne, plusieurs voix trouvant le projet trop risqué (le directeur financier a démissionné et la plupart des syndicats s’y sont opposés). Une revue interne lancée avant la signature du contrat, paraphé en septembre 2016, avait également mis en garde contre le planning très serré du projet.

Départ du patron d’EDF en Grande-Bretagne

Coïncidence ou non de la revue de projet publiée ce lundi et menée depuis plusieurs semaines, EDF a annoncé mi-juin le départ au 1er novembre de Vincent de Rivaz, PDG <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_president-directeur-general.html#xtor=SEC-3168>  de la filiale d’EDF en Grande-Bretagne, qui a mené de bout en bout la négociation du contrat Hink­ley Point. Si la durée de son mandat en Grande-Bretagne (près de seize ans) et son âge (soixante-quatre ans cet automne) peuvent justifier le choix d’un nouveau patron, le groupe n’a pas eu un mot pour son action à la tête du deuxième marché d’EDF. Ce départ intervient en outre dans un climat visiblement tendu sur le terrain, notamment entre Humphrey Cadoux-Hudson, qui dirige la filiale NNB chargée du projet, et Philippe Bordarier, nommé responsable du projet l’an dernier.

Inquiétude de la Cour des comptes britannique

La Cour des comptes britannique a, elle aussi, fait part de son inquiétude. Dans un rapport publié en juin, le National Audit Office britannique estime que le ministère de l’Économie, qui a géré le dossier, « n’a pas suffisamment pris en compte les coûts et les risques de son accord pour les consommateurs ». Pour financer le projet, EDF a obtenu un prix d’achat garanti de l’électricité produite de 92,50 livres (indexé sur l’inflation) par mégawattheure pendant trente-cinq ans, soit environ trois fois le niveau des prix de marché actuels.

Alors que la  technologie de l’EPR reste « non éprouvée » <https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030416243728-epr-de-flamanville-la-cuve-obtient-la-validation-de-lasn-2098427.php>  et que la situation financière d’EDF « s’est affaiblie depuis 2013 » (date de l’accord de principe pour les EPR), le National Audit Office redoute, en cas de dérapage du projet, un recours <https://www.lesechos.fr/finance-marches/vernimmen/definition_recours.html#xtor=SEC-3168>  au gouvernement et, in fine, au contribuable. Il estime que l’accord « a enfermé les consommateurs dans un projet risqué et coûteux avec des bénéfices stratégiques et économiques incertains ». Le NAO recommande de renforcer la surveillance du projet, de réfléchir à un « plan B » en cas de report de la mise en service, et de rappeler aux futurs « décideurs » politiques tout l’intérêt de garder de la souplesse vis-à-vis des investisseurs.

Article de Véronique Le Billon et Pierre Demoux.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/030424452136-edf-revoit-deja-a-la-hausse-la-facture-des-epr-anglais-2099336.php

Juil 02

IL EST VAIN DE VOULOIR CARICATURER L’OPPOSITION À CIGÉO

BureCommuniqué du 30/06/2017 des opposant-es en lutte contre l’enfouissement des déchets nucléaires !

Depuis le 21 juin dernier, la préfecture et les élus à l’origine de CIGÉO tentent d’attiser la peur et de monter la population locale contre les opposants au projet d’enfouissement de déchets radioactifs.

Dans leurs communiqués*,  ils parlent de hordes de « casseurs » qui viendraient dévaster la Meuse, « de climat de terreur ». C’est devenu un grand classique, à chaque fois qu’une lutte prend de l’ampleur et que l’opposition sort du cadre établi par les autorités – notamment par le sabotage ou l’occupation illégale d’un terrain – les politiques cherchent à la discréditer et la diviser. 

À Notre-Dame-des-Landes, le président de la région Pays de la Loire, Bruno Retailleau n’hésitait pas à comparer la ZAD à « Mossoul ou Damas ». À Bure, Gérard Longuet assimile carrément l’opposition à des terroristes lorsqu’il mentionne, « des individus qui puisent dans les images de la violence du monde d’aujourd’hui les gestes de terreur ». Mais jusqu’où ira-t-on dans la diffamation et la propagande honteuse ?

Les autorités voudraient que l’opposition soit inoffensive et souriante,  qu’elle ne fasse pas de vague, qu’elle joue le jeu du « dialogue ». Mais cette opposition, aux acteurs multiples, n’est pas bonne élève, soumise ou fataliste. Après 20 ans de pétitions, de manifestations, de tractage et de recours contre le projet Cigéo à Bure, rien n’a été obtenu, hormis dédain et mépris.

La communication de politiciens, tel M. Longuet* dans un récent courrier de doléances adressé au premier Ministre s’apparente à un acte de dernier recours, voulant sauver un projet imposé brutalement à leur département, sans aucune concertation populaire.

Que des lieux identifiés « Andra » soient la cible d’activisme ou encore que les travaux préparatoires soient bloqués depuis un an dans le bois Lejuc, ces actions sont la conséquence malheureusement logique de la surdité des autorités et de son incapacité à se remettre en cause depuis plus de 20 ans. C’est l’État qui fait pourrir la situation et suscite une colère qui explose parfois de manière spontanée. Il y a une véritable urgence à tenir compte enfin de la réalité d’une opposition qui ne cesse de se manifester et d’alerter à raison sur les risques intrinsèques à ce projet.

 Il y a un geste pour construire, un autre pour détruire

Ici, dans les villages alentours, personne n’est dupe. De nombreuses personnes ont une autre vision de l’opposition et de ce qui se vit sur ce territoire. 

Depuis plusieurs années, de nouveaux opposants nous rejoignent et s’installent dans le Sud Meuse, des liens se tissent, des échanges, de la solidarité. Ces opposants achètent des maisons, des appartements sont loués. Il y a des projets de maraichage, de boulangerie, d’artisanat, de théâtre. En occupant le bois Lejuc et en menant des recours juridiques, les opposants ont aussi préservé l’un de nos derniers biens communs alors qu’il risquait d’être défriché, clôturé et militarisé.

Cette dynamique d’installation ne se fait pas en grande pompe. Elle s’inscrit dans le quotidien et agit avec humilité à l’inverse de l’Andra qui promet des milliers d’emplois, des routes, des infrastructures, mais n’apporte que le désert.

En février dernier le maire de Montiers-sur-Saulx a pris position pour la première fois contre l’Andra, dénonçant le déclin de sa commune. Le seul service de proximité que M. Longuet propose d’y rouvrir, c’est la gendarmerie. Des policiers et des vigiles qui patrouillent fièrement sur des routes rénovées mais vides : voilà l’unique perspective de développement régional portée par les promoteurs du projet CIGÉO.

Aujourd’hui, le constat est simple : ce sont bien les opposants qui repeuplent notre territoire, en y apportant leur jeunesse, leur joie, leur rêve. Ils sont amoureux de la Meuse, quand les politiques qui nous imposent leur poubelle radioactive voient dans ce territoire un simple tremplin électoral.

Nous, habitants du coin, associations locales, militants contre CIGÉO voulons réaffirmer qu’à Bure, on ne sépare pas le bon grain de l’ivraie. Il n’y a pas de bon ou de mauvais opposant mais une force en mouvement qui grandit, riche de sa diversité, riche de sa volonté de s’ancrer sur ce territoire pour y dessiner un autre avenir.

Il y a un geste pour détruire et un geste pour construire mais ce sont les mêmes mains qui agissent. L’amour et la rage sont les deux expressions d’un même visage.

Source : opposant-es en lutte – contre l’enfouissement des déchets nucléaires + Coordination BURESTOP (BURESTOP 55 + BURE ZONE LIBRE + HABITANTS VIGILANTS + MNE + MIRABEL LORRAINE ENVIRONNEMENT) + EODRA + CEDRA 52

*http://www.andra.fr/download/site-principal/document/actualites/20170622_deliberation-andra-ca.pdf

Juil 02

FUKUSHIMA : CONTAMINATION RADIOACTIVE DES POUSSIÈRES SUITE À L’INCENDIE DU MONT JUMAN EN ZONE DE RETOUR DIFFICILE

FukushimaLe 29 avril dernier, un incendie de forêt s’était déclaré au Mont Juman (十万山), dans un territoire fortement contaminé et classé en zone dite de « retour difficile ». Il avait fallu 12 jours pour l’éteindre. Le feu s’était propagé vers Futaba et 75 hectares de forêt ont été détruits. Il n’y a pas eu de victime ni de blessé.

Pour rassurer les populations, les autorités avaient affirmé que l’incendie n’avait pas entraîné une augmentation significative du débit de dose ambiant. Mais les informations étaient très réduites sur la contamination des cendres et poussières qui peuvent être inhalées. Greenpeace Japon avait relevé quelques données qui montrent une augmentation de la contamination des poussières à Namié et dans les environs. Cela pourrait être attribué aux cendres radioactives.

Chikurin-sha, le laboratoire associatif créé avec le soutien de l’ACRO, avait rapidement mis en place une surveillance citoyenne de la contamination des poussières avec un système simple et accessible à tous qui consiste à étendre un linge dans une zone exposée. Ce projet avait été soutenu par plusieurs autres associations.

Chikurin a publié les résultats en japonais et devrait bientôt rencontrer les autorités de Fukushima. Une vidéo de présentation en japonais est aussi disponible. Sur la carte ci-dessous, on peut voir l’emplacement de la centrale accidentée en bas à gauche sur la côte, le site de l’incendie, marqué par une étoile, les stations de surveillance des poussières de la province de Fukushima (en jaune) et l’emplacement des linges exposés par Chikurin, en bleu. L’association, qui a aussi installé un préleveur de poussières, a effectué une surveillance plus étendue que les autorités.

Les résultats des analyses sont rapportés dans ce document pour plusieurs stations de prélèvement. Il en ressort :

. que les préleveurs de poussière de la province de Fukushima ont enregistré une contamination de l’air allant jusqu’à 30 mBq/m3 le 12 mai ;

. que Chikurin a mesuré à proximité jusqu’à 125 mBq par mètre carré de linge et par heure d’exposition. Une synthèse des valeurs maximales est sur la carte ci-dessous.

Comme on pouvait s’y attendre, l’incendie a donc entraîné une contamination significative des poussières qui ont pu être inhalées par les secours et les personnes vivant dans les environs. Bien évidemment, les autorités doivent mettre en place une politique de prévention des incendies de forêt, et renforcer les mesures de la contamination des masses d’air.

Ce contenu a été publié dans ACROnique de Fukushima par ACRO, et marqué avec Généralités sur l’accident, Voir Fukushima. Mettez-le en favori avec son permalien.

Pour visualiser les cartes : http://fukushima.eu.org/contamination-radioactive-des-poussieres-suite-a-lincendie-du-mont-juman-en-zone-de-retour-difficile/

Juil 02

MOBILISÉS POUR QUE LA CENTRALE DU BUGEY SOIT DÉBRANCHÉE DU RÉSEAU

BugeyLes opposants au site nucléaire de Bugey ont mené une action pacifique de sensibilisation du public, ce samedi matin, sur un rond-point de la RD 1075, à Montalieu-Vercieu.

Les opposants à l’atome de l’association Sortir du nucléaire Bugey (SDN Bugey) ont souhaité sensibiliser le public de la région de Montalieu-Vercieu sur les risques de conserver les installations vieillissantes de la centrale nucléaire de Bugey (Ain).

Ce samedi matin, au rond-point sud de cette ville, ils ont installé leurs fameuses banderoles stipulant les dangers atomiques que peut engendrer ce site nucléaire qui vient de faire l’actualité avec deux incidents déclarés à l’autorité de sûreté.

« Arrêter définitivement cette centrale »

« Pour nous, il est indispensable d’arrêter non pas provisoirement, mais bien définitivement, cette centrale reconnue défaillante et qui nécessite des centaines de millions d’euros de réparation. Et bientôt on va redémarrer la tranche 5 dont des défauts avaient été constatés au niveau de l’enceinte de confinement du réacteur. Il est grand temps que cela s’arrête », souligne Jean-Pierre Collet, l’un des animateurs de Sortir du nucléaire Bugey. La circulation n’a aucunement été perturbée. Aucun tract n’a été distribué et, vers midi, ces opposants ont levé leur campement.

http://www.ledauphine.com/isere-nord/2017/07/01/mobilises-pour-que-la-centrale-du-bugey-soit-debranchee-du-reseau

Juil 02

NUCLÉAIRE : LE TAVINI, PARTI POLITIQUE POLYNÉSIEN, VEUT POURSUIVRE L’ÉTAT FRANÇAIS POUR « CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ »

TaviniAprès l’Église protestante Maohi, c’est au tour du Tavini huiraatira de lancer une pétition pour demander à saisir la commission des droits de l’homme à Genève et la cour pénale internationale pour que l’État français soit poursuivi pour « crime contre l’humanité » suite aux essais nucléaires menés dans le Pacifique.

Le Tavini dans le sillage de l’Église protestante Maohi. En août dernier lors de son 132ème synode, l’église évangélique avait décidé de s’attaquer à l’État pour « crime contre l’humanité » suite aux essais nucléaires menés à Moruroa et Fangataufa. Le parti indépendantiste a fait circuler une pétition en ce sens jeudi soir à Faa’a, lors de la commémoration de la cession de la Polynésie à la France le 29 juin 1880. Selon le représentant UPLD, Richard Tuheiava, les propos tenus par le Président de la République, Emmanuel Macron, sur le fait que « la colonisation est un crime contre l’humanité » ont « conforté (cette) démarche ». « Plusieurs agissements de l’État, dans le cadre des essais nucléaires (…) ont été constitutifs de crimes contre l’humanité conformément aux dispositions du statut de Rome de la cour pénale internationale ». Lequel statut précise que sont constitutifs de crimes contre l’humanité les : « autres actes inhumains de caractère analogue causant intentionnellement de grandes souffrances ou des atteintes graves à l’intégrité physique ou à la santé physique ou mentale ». Le Tavini prévoit de transmettre cette pétition aux instances onusiennes en octobre prochain.

Le Tavini prévoit également de porter ce dossier devant la Commission des droits de l’homme à Genève et de saisir la Cour pénale internationale de La Haye. Selon Richard Tuheiava, près de 200 personnes ont déjà signé la pétition lors de la commémoration de jeudi soir.

https://www.radio1.pf/nucleaire-le-tavini-veut-poursuivre-letat-pour-crimes-contre-lhumanite/

Juil 01

VILLE D’ORANGE : NON À LA BANALISATION DE LA GUERRE ET DE L’ARMEMENT

Communiqué de la Coordination anti-nucléaire du Sud-Est :

Orange Un second rond-point de la ville d’Orange est occupé depuis quelques temps par un char militaire à la gloire de la guerre, à quelques centaines de mètres d’un autre rond-point pris en otage par un avion militaire de chasse. À l’appel de la Coordination antinucléaire du sud-est, un rassemblement de protestation a eu lieu samedi 1er juillet contre la banalisation de la guerre et de l’armement, contre la banalisation militaire de l’espace public.

À un mois de la terrible date anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et Nagasaki des 6 et 9 août 1945 les antinucléaires du sud-est et des pacifistes se sont rassemblés pour crier  » Non aux armes, non à la banalisation de la guerre et de l’armement : pas de char d’assaut ni en entrée de ville ni ailleurs« 

C’est qu’à Orange (Vaucluse) l’esprit guerrier prend ses aises et tentent de gangréner la population et les enfants de la gangue de ses productions militaires. Au cœur de cette ville tenue d’une main de fer par l’extrême-droite, à quelques kilomètres du site nucléaire de Tricastin : après un premier rond-point d’entrée de ville occupé par un avion de chasse militaire, trône à présent sur un second giratoire un char de guerre canon dressé.

Les pacifistes, antinucléaires et défenseurs de la Paix se sont donc postés durant plusieurs heures devant le char-tueur avec leur banderole « Stop the war » et après avoir affublé le canon de l’engin de guerre d’un immense rouleau de papier toilette.

Une question d’auto-défense intellectuelle et mentale

Quelle image est ainsi offerte à la jeunesse, aux enfants, à la population ? Comment construire un monde de Paix où il fasse bon vivre pour tous si on glorifie la violence, l’affrontement, la domination des uns sur les autres ?  Comment s’étonner dans ces conditions des violences qui se développent un peu partout lorsque la référence officielle est la violence, l’armement, le meurtre de population?  Lorsque l’autre, cet autre semblable à nous-même est présenté comme l’autre à abattre ?

Les participants au rassemblement du 1er juillet 2017 refusent de laisser faire cette agression permanente sur les vies qui justifierait, demain, à l’entrée d’autres villes, une bombe atomique, un sous-marin lanceur d’engin nucléaire, une automitrailleuse. Les antinucléaires et pacifistes appellent la population à refuser la banalisation militaire de l’espace public. C’est une question d’auto-défense intellectuelle et mentale.

Preuve de la gangrène de notre société, plutôt que de poursuivre les délinquants en col blancs du business guerrier, les voitures de polices et de gendarmerie n’ont eu de cesse de tourner autour des protestataires puis quelques policiers sont venus contrôler leurs identités. Pour les pouvoirs publics et les forces de police, l’ennemi est le citoyen-résistant.

Des profits privés colossaux sur le dos des citoyens et des contribuables

Ces citoyens engagés dénoncent le business de la guerre dont notre pays et le pouvoir se font une gloire et notamment les profits colossaux engendrés par la multiplication des tensions et conflits à travers le monde.

Par exemple, l’entreprise Dassault Aviation a réalisé en 2016 un chiffre d’affaire de 20 milliards d’euros et de 14 milliards en 2015, en vendant des avions de combat à des pays comme le Qatar, l’Égypte et l’Inde. Les salons de l’aviation mis en scène par les médias avec force reportage tel dernièrement celui du Bourget sont naturellement l’occasion pour ces entreprises de morts de signer de nouveaux contrats juteux. Nous devons les stopper !

Interdire les armes nucléaires

Depuis le 15 juin et jusqu’au 7 juillet, la seconde session de la Conférence pour l’interdiction des armes nucléaires se tient au siège de l’ONU, à New York…

Durant ces trois semaines, 130 États et des acteurs de la société civile comme des ONG sont en réunion pour rédiger un traité, juridiquement contraignant, visant à désarmer les 9 pays possédant la bombe atomique et empêcher que d’autres États ne s’en dotent.

Or la France refuse de participer à ce travail et ces négociations. Déjà les précédents Présidents – de droite et socialiste – s’opposaient à cet indispensable pas en avant sur la voie de la Paix. Il ne tient qu’à nous de mettre la pression sur le nouveau Président le pro-états-uniens Macron afin qu’il s’engage dans le processus et qu’il ratifie le mécanisme de désarmement.

Or la France possède 300 bombes atomiques : le troisième arsenal nucléaire du monde. Chacune est d’une puissance 10 fois supérieure à la bombe atomique que les USA ont larguée sur la population civile de Hiroshima.

À l’occasion des anniversaires d’Hiroshima et Nagasaki et pour demander l’abolition des armes nucléaires, nous appelons chacun et chacune à un rassemblement le 6 août prochain à Avignon à 18h devant l’hôtel de ville.

« Assez de guerre, nous ne voulons pas être la chair à canon du patronat belliciste et du pouvoir guerrier. »

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/06/30/Orange-%3A-non-%C3%A0-la-banalisation-de-la-guerre-et-de-l-armement

NDLR : pour la banderole, j’aurai nettement préféré « Stop à la guerre » plutôt que « Stop the war » écrit dans ce que j’appelle « la langue des maîtres ».

Juil 01

MERCI LA COUR DES COMPTES ! MERCI !

Cour des ComptesPour qui pense qu’un euro de dépense publique ne correspond pas forcément à du gaspillage ou au premier pas vers le collectivisme, les rapports de la Cour des comptes ont généralement de quoi agacer. Car en plus de traquer – et on les en remercie – les dysfonctionnements des circuits de l’argent public, nos magistrats financiers semblent ne pouvoir porter qu’un seul message de politique économique, celui de l’austérité. Aussi faut-il rendre grâce au rapport d’audit budgétaire que vient de publier l’institution : il est remarquable…

Extraits :

…Des dépenses sous-évaluées

Le précédent gouvernement semble avoir également sous-évalué ses dépenses de 5,9 milliards. Ajoutés au manque de recettes, cela a fait exploser notre placide premier ministre, Édouard Philippe tonnant contre ces « 8 milliards de chèques en bois ». Fort heureusement, l’étude détaillée de la Cour des Comptes nous guide pour éviter ce comportement et réduire notre déficit.

Premier point important : 2,3 milliards pour la recapitalisation d’Areva. Il y a longtemps que la démonstration a été faite : notre industrie nucléaire est une catastropheUne catastrophe industrielle, financière, morale et politique pour Areva, un vieux monopole en surcapacités aux comptes plombés pour longtemps pour EDF. Si le gouvernement veut économiser durablement beaucoup d’argent, il doit engager sans tarder la sortie du nucléaire…

Pourtant, dès le constat de la Cour connu, le gouvernement a annoncé une première mesure tout ce qu’il y a de traditionnelle de rééquilibrage : geler le point d’indice des fonctionnaires, de quoi renforcer le décrochage de leur pouvoir d’achat. Visiblement, le renouvellement politique s’arrête aux portes du budget.

Pour lire l’intégralité de l’article de Christian Chavagneux:

https://www.alternatives-economiques.fr/christian-chavagneux/merci-cour-comptes-merci/00079500

Juin 30

LES EPR CHINOIS CONFRONTÉS AUX DÉFAUTS FRANÇAIS

EPR chinoisLes cuves des deux EPR de Taishan, vendus par Areva à la Chine, ont été forgées dans la même usine et à la même période que la cuve de l’EPR de Flamanville. Elles pourraient présenter le même défaut de résistance. De quoi nourrir un coûteux contentieux avec la Chine.
 

L’anomalie de concentration de carbone découverte dans la cuve et le couvercle de l’EPR de Flamanville n’est-elle que l’arbre qui cache la forêt ? Alors que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a livré jeudi 28 juin <https://reporterre.net/Le-couvercle-de-l-EPR-est-autorise-pour-sept-ans-malgre-ses-defauts-de-surete>  son verdict concernant ces pièces à l’acier défectueux — contrôles approfondis obligatoires tous les dix ans pour le fond de cuve, remplacement avant 2024 pour le couvercle —, les regards se tournent vers les deux EPR qu’EDF construit à Taishan en Chine.

Lors de la réunion du Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires (GPESPN), « EDF a confirmé que les calottes inférieures et supérieures des EPR chinois ont été forgées à la même période que la cuve de l’EPR de Flamanville dans la même usine Areva du Creusot. Lors de cette réunion, le régulateur chinois [la National nuclear safety administration, NNSA] et l’exploitant chinois [China general nuclear power corporation, CGNPC] étaient présents au fond de la salle », rapporte Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace France, lui-même observateur à la réunion du groupe d’experts.

Interrogé par Reporterre, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire, Pierre-Franck Chevet, a confirmé cette information lors de la conférence de presse du mercredi 28 juin : « Les pièces des EPR chinois sont potentiellement concernées, car elles ont été forgées selon le même procédé, à l’usine Areva du Creusot. À quel point elles le sont, nous l’ignorons. » L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) se serait montré plus catégorique : « Depuis le début, ils suivent de près nos expertises et les leurs ont conduit aux mêmes résultats que les nôtres », aurait confié un représentant de l’organe technique de l’ASN à BFM Business <http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/apres-flamanville-la-surete-des-epr-chinois-en-question-1197282.html> . Pour rappel, la cuve de l’EPR de Flamanville avait été forgée selon un nouveau protocole, qui a entraîné des concentrations de carbone anormalement élevées dans certaines zones de la pièce. Des tests menés par Areva ont démontré que l’acier était moins résistant en ces endroits et que des fissures pouvaient s’y propager plus facilement.

« Toutes les informations ont été transmises aux homologues chinois »

Pierre-Franck Chevet précise que « tous nos homologues étrangers, en particulier les homologues chinois, ont été associés dès le départ aux discussions concernant l’EPR. Nos homologues chinois ont participé à toutes les étapes de l’instruction, nous leur avons donné toutes les informations et le rapport traduit en anglais, et ils étaient physiquement présents à la réunion du GPESPN ». Ainsi, si les cuves des EPR de Taishan présentaient la même anomalie de concentration de carbone dans l’acier que celle de l’EPR de Flamanville, « les Chinois ont tous les éléments pour prendre position », assure M. Chevet.
EDF, qui gère avec CGNPC le chantier des EPR de Taishan, s’est montré tout aussi évasif lors de la conférence de presse qu’a tenue l’électricien mercredi 28 juin. « EDF a su faire profiter Taishan de toute la démarche de justification menée par Flamanville », a simplement indiqué Laurent Thieffry, directeur du projet Flamanville 3. Concrètement, l’électricien français va-t-il devoir remplacer les couvercles des cuves chinoises ? « Il reviendra à l’exploitant chinois de se prononcer en lien avec l’autorité de sûreté nucléaire chinoise, a botté en touche M. Thieffry. La différence est qu’EDF est exploitant de Flamanville mais pas de Taishan : nous devons donc attendre la décision de la CGNPC. » De son côté, Areva, propriétaire de l’usine du Creusot où ont été forgées les cuves des EPR de Flamanville et Taishan, interrogé par Reporterre, n’a pas souhaité communiquer, disant qu’il revenait à l’autorité de sûreté nucléaire chinoise et à l’exploitant chinois de le faire. Contactés par Reporterre, ces derniers n’avaient pas encore répondu à nos questions jeudi après-midi.

Les deux EPR de Taishan, d’une puissance de 1.750 mégawatts chacun, ont été vendus par Areva à la Chine en novembre 2007. Prix de la transaction, huit milliards d’euros, combustible compris. Le chantier a débuté en 2009 et les cuves installées le 5 juin 2012 et le 30 octobre 2014 respectivement, pour une mise en service initialement prévue en 2013 pour la première tranche et en 2015 pour la seconde. Mais, à l’instar des EPR français et finlandais, le chantier accuse un sérieux retard. Fin février dernier, CGNPC annonçait un nouveau report <https://reporterre.net/Les-EPR-chinois-prennent-eux-aussi-du-retard>  de la mise en service des réacteurs, désormais prévue au second semestre 2017 et dans la première moitié de 2018. Cette décision est intervenue après « une évaluation complète du plan de construction technique et des risques », avait alors expliqué le groupe chinois. Alors qu’aucun autre EPR n’est en fonctionnement dans le monde, le projet Taishan « mènera plus de vérifications concernant sa conception et ses équipements, ce qui nécessite une phase de construction technique plus longue ».

https://reporterre.net/Les-EPR-chinois-confrontes-aux-defauts-francais

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Juin 30

FUKUSHIMA : 3 EX-DIRIGEANTS DE TEPCO JUGÉS POUR « NÉGLIGENCE », SIX ANS APRÈS L’ACCIDENT NUCLÉAIRE

JaponTrois ex-dirigeants de la compagnie exploitante de la centrale de Fukushima mise en péril en 2011 par un gigantesque tsunami comparaissent vendredi devant un tribunal, premier procès pénal très attendu par les victimes.

L’ex-président du conseil d’administration du groupe Tokyo Electric Power (Tepco) au moment du drame, Tsunehisa Katsumata (77 ans), ainsi que de deux vice-PDG, Sakae Muto (66 ans) et Ichiro Takekuro (71 ans), sont jugés pour « négligence« , six ans après le pire accident nucléaire depuis celui de Tchernobyl (Ukraine) en 1986, un drame qualifié par une commission d’enquête de « désastre créé par l’homme« .

L’absence de prises de dispositions supplémentaires face au risque d’un raz-de-marée dépassant les standards de construction initiaux est perçue par les plaignants, des habitants de la région, comme la cause première de la catastrophe. Une centaine de personnes avaient fait le déplacement, dont plus de 40 venus de Fukushima, pour ce procès qui s’est ouvert en début de matinée à Tokyo.

Parmi elles, Ruiko Muto, présidente de l’association à l’origine des poursuites. « La vie de nombreuses personnes a été bouleversée, et je veux que les prévenus prennent conscience de leur colère et chagrin« , a-t-elle insisté.

Les opérations d’évacuation conduites dans l’urgence, sans préparation, ont causé le décès de 44 personnes de l’hôpital de Futaba, à quelques kilomètres du site. Treize autres personnes (des militaires et personnels de Tepco) ont été blessées.

http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/39077-fukushima-fukushima-dirigeants-tepco-juges-negligence-apres.html

Juin 30

BELGIQUE : TIHANGE INQUIÈTE TOUJOURS ANDENNE

BelgiqueLe CDH remet le nucléaire sur le tapis du conseil communal. La Ville va réécrire aux ministères de l’Intérieur, de l’Énergie et de l’Environnement.

L’interpellation du CDH, dans l’opposition, au conseil communal andennais de ce lundi soir était programmée d’assez longue date. Ce n’est pas la première fois que son chef de groupe, Étienne Sermon, interroge le collège PS-MR sur ce qui se trame dans la commune voisine de Huy. Dans l’air du temps après la chaîne humaine de ce dimanche qui a relié Tihange à Aix-la-Chapelle, via Liège et Maastricht pour s’étendre sur plus de 90 kilomètres à travers trois pays, la contestation vis-à-vis du nucléaire montre qu’elle a des adeptes.

Inquiétudes alarmantes  

Il faut dire que les sujets d’inquiétudes se succèdent. «  L’année dernière, Jan Bens, directeur général de l’Agence fédérale du contrôle nucléaire a déjà adressé un courrier assez tranché à l’égard de l’exploitant, Electrabel, rappelait Étienne Sermon. Jan Bens y évoquait des inquiétudes soulevées par les valeurs alarmantes des probabilités de fusion de cœur nucléaire résultant des études Fire PSA, et notait également «une grande désinvolture» par rapport à ces résultats dans le chef des responsables d’Electrabel qui gèrent Tihange 2. En estimant que «concernant la culture de sûreté, ce n’est pas nouveau qu’il y a un problème à Tihange».

Un second courrier est adressé à Isabelle Kocher, la présidente du conseil d’administration d’Electrabel et responsable du groupe Engie, était également très critique: «Nous souhaitons vous faire part de notre préoccupation, voire de notre forte inquiétude, quant à la gestion, par Electrabel, de ses activités nucléaires en Belgique, quant à l’insuffisance de proactivité dont fait preuve Electrabel en matière d’actions qui permettraient de faire évoluer positivement le niveau de sûreté et/ou de culture de sûreté, quant à la situation actuelle à la centrale nucléaire de Tihange, et surtout quant à notre perception de l’incapacité, depuis maintenant un peu plus d’un an, d’Electrabel à réagir structurellement, rapidement et efficacement pour augmenter de manière significative le niveau de sûreté et atteindre le niveau d’excellence qu’Electrabel déclare viser». Rien que cela !  »

Sans oublier les mises à l’arrêt de réacteurs, et les remises en route qui sont postposées pour diverses raisons. «   Début juin 2017, lors d’une inspection de la cuve sous haute pression du réacteur de Tihange 2, 70 microfissures ont été découvertes, dépassant ainsi le seuil de notation  ».

D’où une double demande du CDH. Primo, que la Ville invite un représentant du ministre de l’Intérieur pour s’entretenir de l’état de la centrale nucléaire de Tihange afin d’y voir clair. Secundo, de questionner la ministre de l’Energie sur l’éventuelle prolongation de 10 ans de Tihange 2. La Ville va leur écrire.

«C’est de la politique incantatoire» par Luc Scharès

 Donc, le collège andennais va accéder à la requête du conseiller Sermon et de nouveaux courriers partiront de l’administration communale vers les ministères fédéraux de l’Énergie et de l’Intérieur, ainsi que vers celui, régional, de l’Environnement. En attendant un effet important? Le bourgmestre andennais Claude Eerdekens (PS), est pour le moins circonspect. «  Ce qui touche au nucléaire relève essentiellement de compétences fédérales, et subsidiairement régionales quant à son volet environnemental, mais les communes n’ont rien à dire sur ces chapitres, commente-t-il. Nous avons déjà écrit au ministre Di Antonio, il ne nous a pas répondu. Bien sûr, on a le droit, dans un conseil communal, d’interpeller ou d’être inquiet. Mais c’est de la politique incantatoire ». Et le maïeur de noter que, dans ses contacts quotidiens avec des Andennais, le nucléaire est plus que rarement évoqué. «  En vérité, c’est un sujet dont on ne me parle pas  ».

http://plus.lesoir.be/101910/article/2017-06-28/tihange-inquiete-toujours-andenne

Juin 30

COMMENT LES LOBBIES DE L’ÉLECTRICITÉ FREINENT LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

EPRLes Français peuvent-ils encore faire confiance à l’ASN, leur Autorité de sûreté du nucléaire ?

Depuis le 28 juin, beaucoup se posent la question. Le « gendarme du nucléaire » vient en effet d’exprimer une position favorable à la mise en service de la cuve du réacteur EPR de Flamanville tout en réclamant des mesures de protection supplémentaires compte tenu des anomalies de fabrication constatées sur ce qui est la première barrière de sécurité de cet équipement.

Un peu comme si le service des mines se disait prêt à homologuer une automobile dont il sait que le système de freinage n’est pas conforme aux caractéristiques techniques requises, sauf qu’on parle ici d’un réacteur nucléaire et de prévention de risque d’accident majeur de type Tchernobyl ou Fukushima.

L’ASN sous haute pression

En principe, l’ASN donne son autorisation d’exploiter un équipement nucléaire sur la base d’une seule et unique considération : la sécurité de la population. Mais il est clair que le poids des arguments économiques met dans cette affaire l’ASN sous haute pression. En effet, la déclaration de conformité de la cuve de l’EPR de Flamanville est l’une des conditions mises tant par Bruxelles que par EDF au schéma envisagé pour la sauvegarde d’Areva, aujourd’hui en situation de quasi-faillite. La restructuration de l’entreprise publique prévoit le rachat par EDF de son activité réacteurs et une recapitalisation à hauteur de 5 milliards d’euros.

Remplacer intégralement cet équipement prendrait 86 mois et entraînerait des coûts exorbitants

Ce n’est pas tout. Le rapport de l’IRSN sur les anomalies constatées au niveau du fond et du couvercle de la cuve et que le groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaire a examiné les 26 et 27 juin (et dont l’avis n’est pas unanime), indique que remplacer intégralement cet équipement prendrait 86 mois et entraînerait des coûts exorbitants. Entre autres parce que la cuve a déjà été installée dans le béton (entre 2014 et 2016, alors que ses défauts étaient connus des autorités au moins depuis fin 2014). Or les délais et la facture explosent. En 2004, quand le feu vert à la construction de l’EPR a été donné par le gouvernement Raffarin, la mise en service était annoncée pour 2012 pour un coût de 3,3 milliards d’euros. Il est à présent évalué à 10,5 milliards et ce réacteur ne devrait pas fournir son premier kilowattheure avant 2019.

Du coup, la position illisible présentée mercredi par l’ASN interroge l’indépendance et la crédibilité de cette institution. En effet, l’ASN dit en substance : le fond et le couvercle de la cuve présentent une anomalie (un excès de carbone dans certaines zones, ce qui fragilise la résistance de l’acier), mais les caractéristiques techniques sont quand même suffisantes au regard des contraintes auxquelles ces pièces sont soumises. Toutefois, les marges de sécurité sont plus faibles que ce qui était demandé.

Choix cornéliens

Par conséquent, poursuit l’ASN, il faudra renforcer les contrôles sur le fond de la cuve durant l’exploitation, cette partie de la cuve étant accessible. Ce qui n’est pas le cas du couvercle, qu’il faudra changer le plus vite possible après la mise en service du réacteur, soit au plus tôt en 2024 compte tenu des délais de fabrication et d’installation. Or de deux choses l’une : ou bien cette cuve est conforme et il faut l’autoriser, ou bien elle ne l’est pas et il faut l’interdire et identifier clairement les responsabilités dans ce désastre industriel qui coûte très cher au contribuable. Et poursuivre les responsables

Ou bien cette cuve est conforme et il faut l’autoriser, ou bien elle ne l’est pas et il faut l’interdire

Le projet d’avis de l’ASN doit être soumis à la consultation publique dans les prochains jours. L’ASN consultera également le Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques, avant de rendre un avis définitif en octobre prochain. Si l’ASN donne un avis favorable à une telle prise de risque et autorise un équipement non conforme, elle ruine sa crédibilité. Si, après avoir été mise devant le fait accompli, elle donne un avis défavorable et ordonne le changement de la cuve, elle sera accusée de porter un coup qui pourrait être fatal à l’industrie nucléaire française. Choix cornélien et impossible.

Il serait plus que temps que, sur cette affaire, le pouvoir politique assume ses responsabilités au lieu de se défausser sur l’administration. Et tranche, au terme d’une délibération transparente et démocratique qui devrait intégrer toutes les dimensions du sujet : est-il bien sage de vouloir remplacer nos vieilles centrales arrivant en fin de vie par des EPR quand les alternatives – électricité renouvelable, chaleur renouvelable et économies d’énergie sont devenues des solutions plus compétitives ? 

https://www.alternatives-economiques.fr/pression-lobby-nucleaire/00079490

Juin 30

UN CONVOI DE MOX (PLUTONIUM) EN PRÉPARATION POUR LE JAPON (AREVA)

bateau CherbourgAreva prépare un convoi maritime de combustible nucléaire Mox (mélange de plutonium et d’uranium, NDLR) au départ de Cherbourg et à destination du Japon, a annoncé jeudi le groupe, un projet très critiqué par les écologistes.

Selon Greenpeace, 8 tonnes de Mox doivent partir le 7 juillet de Cherbourg. Interrogé par l’AFP, Areva n’a pas souhaité confirmer ou infirmer cette date.

« Ce transport partira de Cherbourg et sera réalisé par les navires spécialisés Pacific Egret et Pacific Heron, de la compagnie maritime britannique PNTL« , précise Areva dans un communiqué publié sur son site internet.

L’association Robin des bois a dénoncé jeudi ce transport dans un communiqué intitulé « MOXquitue« .

« La capacité des modestes navires de la Pacific nuclear Transport Ltd à résister aux cyclones, aux tsunamis et aux missiles nord-coréens n’est pas démontrée« , affirme l’association de défense de l’environnement marin. Le Mox contient 5 à 10% de plutonium et le reste d’uranium.

« Ce transport présente évidemment des risques de détournement à des fins militaires« , le plutonium pouvant être utilisé pour la fabrication d’armes nucléaires, a affirmé de son côté jeudi à l’AFP Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires chez Greenpeace France.

Lors de précédents transports de Mox, Areva avait assuré qu’il était « quasi impossible » de fabriquer une bombe avec ce type de plutonium. Le groupe soulignait également « la grande robustesse des emballages » contenant le Mox (98 tonnes à vide pour 10 tonnes de matière transportée).

Selon M. Rousselet, ce Mox est destiné au réacteur 4 de la centrale de Takahama, dans le sud-ouest du Japon, qui a redémarré début juin.

« Il est scandaleux que la France continue ce +business+ avec un pays encore en crise (après Fukushima ndlr) dont la population est opposée au nucléaire« , martèle-t-il.

Il y a actuellement 5 réacteurs actifs au Japon, sur un parc ramené à 42 unités, contre 54 avant l’accident de Fukushima, qui a de facto condamné les tranches concernées et entraîné l’arrêt définitif d’autres tranches.

Selon Areva, le Mox est un combustible qui permet de « recycler » le plutonium produit lors de l’irradiation de combustibles classiques (composés uniquement d’uranium) dans les centrales nucléaires. Les écologistes affirment eux que ce combustible pollue davantage.

Il s’agira du 6e transport de Mox de la France vers le Japon, le premier ayant eu lieu en 1999. Il faut en général environ 65 jours au Mox pour rejoindre le Japon par la mer.

https://www.romandie.com/news/Un-convoi-de-Mox-plutonium-en-preparation-pour-le-Japon-Areva/810433.rom

Juin 29

L’EPR DE FLAMANVILLE AUTORISÉ PAR L’ASN, DANS L’INDIFFÉRENCE DES POLITIQUES

HulotLa cuve et le couvercle de la centrale nucléaire de nouvelle génération en construction dans la Manche ont été déclarés bons pour le service, en dépit de l’anomalie de leurs aciers. La décision du gendarme du nucléaire n’a pas suscité de commentaires politiques…

« On est là pour interpeler le ministre. Il ne doit pas donner l’autorisation de démarrer l’EPR. L’EPR est dangereux« . Yannick Rousselet, le chargé des questions nucléaires de Greenpeace France, donne le ton, après que l’ONG a manifesté devant la centrale nucléaire de Flamanville, dans le nord-ouest de la France, le 28 juin 2017. Le ministre en question, c’est Nicolas Hulot, auquel Greenpeace demande de ne pas autoriser le démarrage du réacteur nucléaire, sur lequel des anomalies ont été détectées.

Des anomalies ? Il en a été question quelques heures plus tard pendant la conférence de presse de l’Autorité de sûreté nucléaire. A 16h, devant les journalistes, l’ASN a « présenté sa position et les orientations qu’elle envisage de retenir pour la cuve de l’EPR ». Cette position, elle tient en une phrase, comme nous l’écrivions hier sur le site de Sciences et Avenir : feu vert définitif pour la cuve, temporaire pour le couvercle. Autrement dit l’EPR de Flamanville pourra bien démarrer avec sa cuve initiale, malgré ses anomalies, mais EDF devra changer son couvercle d’ici la fin 2024. Pour l’ASN, qui s’appuie sur 1700 essais, la résistance mécanique de la cuve et du couvercle sont suffisantes pour autoriser leur mise en service. À condition toutefois que des contrôles puissent être effectués.

EDF ne sait pas comment inspecter les couvercles des cuves des EPR…

L’inspection du fond de la cuve sera possible, au moyen de micro-robots, notamment. En revanche, EDF est actuellement incapable d’effectuer des contrôles similaires sur le couvercle en service pour vérifier qu’aucun défaut ne s’est installé dans le temps. Les couvercles conçus pour l’EPR sont en effet percés de 107 traversées (grappes de contrôle et instruments de mesure de la réactivité) qui empêchent leurs auscultations…

Si l’électricien s’est félicité de la décision de l’ASN, il ne désespère pas également d’éviter ce changement de couvercle. EDF a ainsi expliqué entendre « faire ses meilleurs efforts » pour développer une méthode de contrôle « sous deux ans » et revenir vers l’ASN « pour formuler une nouvelle demande quant au devenir du couvercle », a affirmé Laurent Thieffry, directeur du projet de Flamanville 3 chez EDF, lors d’une conférence téléphonique à laquelle participait Sciences et Avenir. Pour cela, l’expert français s’est dit prêt à faire un appel international à compétence, « sans idées préconçues : nous allons aller chercher des gens qui ont des start-up ou des idées, venant d’autres domaines industriels, quel que soit l’origine et le pays » (sic).

La réaction de Greenpeace ne s’est pas fait attendre : « C’est complètement irresponsable! Cela signifie que pendant six ans l’EPR fonctionnerait avec un couvercle défectueux et non contrôlé« , s’est insurgé Yannick Rousselet, qui a assisté comme observateur à une partie des réunions des groupes d’experts convoqués par l’ASN. Du côté des politiques, la seule réaction notable est celle de l’éphémère candidat d’EELV à l’élection présidentielle, Yannick Jadot, qui a commenté la décision de l’ASN sur Twitter: « S’il n’était pas question de danger mortel et de milliards déjà dilapidés, ce serait un sketch. Arrêtons les frais avec les EPR« .

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/l-asn-declare-bon-pour-le-service-l-epr-de-flamanville-dans-l-indifference-politique_114312

Juin 29

EPR DE FLAMANVILLE : LE GENDARME DU NUCLÉAIRE ÉVITE UN ACCIDENT INDUSTRIEL À EDF

GendarmeL’Autorité de sûreté nucléaire a donné ce mercredi son feu vert sous conditions à la cuve de la centrale malgré des défauts dans son acier. Si elle demande à l’électricien de changer le couvercle, ce dernier devrait quand même pouvoir démarrer son réacteur fin 2018.

EDF peut pousser un gros ouf de soulagement et les anti-nucléaires sonner le tocsin. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son feu vert de principe ce mercredi, sous conditions, à la cuve du réacteur EPR de Flamanville (Manche) qui doit être mis en service fin 2018 par l’électricien. Et ce, malgré le fait que cette pièce majeure, qui abrite et protège le cœur du réacteur le plus puissant au monde (1 650 MW), présente des défauts de fabrication. Dans ce premier avis – son avis définitif sera rendu d’ici fin octobre après consultation publique –, le gendarme de l’atome a donc globalement validé la cuve, mais demande instamment à EDF de réaliser des contrôles réguliers sur le fond de la cuve pendant toute sa durée d’exploitation, et surtout de changer son couvercle d’ici la fin 2024.

En cause, des concentrations de carbone trop élevées dans l’acier de cette énorme pièce de fonderie qui mesure 11 mètres de haut et pèse plus de 425 tonnes et a été forgée par le fournisseur Areva dans son usine du Creusot. Ce qui veut dire que l’acier peut être potentiellement fragilisé lors de l’exploitation du réacteur sous pression et à très haute température, conçu pour durer soixante ans. Et poser à terme des problèmes de sûreté. C’est en tout cas ce que redoutent les associations anti-nucléaires en faisant planer le spectre d’un nouveau Fukushima en puissance. Le président de l’ASN, Pierre-Franck Chevet, avait lui-même fait part de son inquiétude sur l’état de sûreté du parc nucléaire à plusieurs reprises ces derniers mois, sans exclure un accident de ce type. Mais ce mercredi, l’ASN a donc justifié sa «position» en forme de «oui mais» à la cuve de Flamanville, point par point.

Un nouveau couvercle d’ici 2024

«Sur la base des analyses techniques réalisées […], les caractéristiques mécaniques du fond et du couvercle de la cuve sont suffisantes au regard des sollicitations auxquelles ces pièces sont soumises, y compris en cas d’accident», avance-t-elle d’abord dans son communiqué. Pour autant, l’autorité ne donne pas un blanc-seing à EDF, car «l’anomalie de la composition chimique de l’acier conduit à une diminution des marges vis-à-vis du risque de rupture brutale», reconnaît-elle. On comprend entre les lignes que la cuve ne répond pas entièrement aux normes de sécurité drastiques définies par l’ASN, qui établit tous les scénarios accidentels, y compris les plus dramatiques, comme une fissure dans la cuve contenant les barres d’uranium hautement radioactives…

Aussi, l’autorité de sûreté juge «nécessaire qu’EDF mette en œuvre des contrôles périodiques supplémentaires afin de s’assurer de l’absence d’apparition ultérieure de défauts». Elle précise «que de tels contrôles sont réalisables sur le fond de la cuve et considère qu’ils doivent donc être mis en œuvre» par EDF et Areva. En revanche, le couvercle de la cuve, qui permet d’accéder aux barres de combustible et de les confiner, semble poser davantage de problèmes : «La faisabilité technique de contrôles similaires sur le couvercle de la cuve n’est pas acquise», reconnaît l’ASN, qui estime donc «que l’utilisation de ce couvercle doit être limitée dans le temps».

Le gendarme du nucléaire exige donc d’EDF que ce couvercle soit remplacé. Problème, ce ne sera pas dans les plus brefs délais : «la fabrication d’un nouveau couvercle prendrait de l’ordre de sept ans» et il ne sera pas donc pas disponible avant fin 2024. Date qui devient donc la limite fixée à EDF par l’ASN pour changer le couvercle actuel… Lors d’une conférence de presse, Pierre-Franck Chevet a précisé qu’il n’aurait pas d’objections à ce qu’EDF remplace le couvercle avant cette échéance.

L’électricien a en tout cas déjà anticipé cette décision conciliante de l’ASN. Il a annoncé ce mercredi soir, lors d’une conférence téléphonique, avoir engagé le processus de commande d’un nouveau couvercle à un sidérurgiste japonais «pour s’affranchir des risques de ségrégation» (taux de carbone trop élevé dans l’acier). Il s’agirait de Japan Steel Works. L’usine du Creusot, qui a forgé la pièce défectueuse et fait actuellement l’objet d’une enquête pour d’autres «anomalies» dans ses procédés de fabrication, a donc été exclue a priori de cet appel d’offres. Le changement d’un couvercle n’est pas une mesure inédite. EDF l’a déjà fait sur une cinquantaine de réacteurs du parc français. L’opération prendra cinq à six mois mais la facture sera salée : 100 millions d’euros, a reconnu le groupe. Aussi, EDF espère encore en rêve pouvoir éviter ce changement de couvercle grâce à un nouveau protocole de contrôle qui permettrait de faire valider le couvercle existant par l’ASN… 

Risque majeur pour EDF

Au bout du compte, «la mise en service de la cuve du réacteur EPR de Flamanville restera soumise à une autorisation» définitive de l’ASN qui sera «délivrée notamment au regard des résultats d’une épreuve hydraulique d’ensemble du circuit primaire principal». On peut néanmoins se demander pourquoi l’ASN ne demande pas également de changer la cuve elle-même, malgré les défauts constatés. Sans doute parce que ce scénario en forme d’accident industriel n’était tout simplement pas une option pour EDF et l’État, toujours actionnaire à 84% de l’électricien : changer la cuve coûterait au minimum 1 milliard d’euros, voire beaucoup plus, car il faudrait découper l’enceinte de confinement en béton qui protège le réacteur avant de la reconstruire ! Cette opération délicate repousserait à nouveau la mise en service de l’EPR, alors même que le coût du chantier a déjà triplé (à 10 milliards d’euros minimum aujourd’hui) et que les délais ont explosé (le démarrage était initialement prévu pour 2011-2012).

Autrement dit, une telle décision aurait encore plus mis à mal les finances d’EDF, déjà très fortement sous tension avec un endettement de 37 milliards d’euros et un mur d’investissement à venir d’au moins 50 milliards d’euros pour remettre à niveau ses centrales nucléaires vieillissantes. Greenpeace avait pointé l’an dernier la situation de quasi «faillite» d’EDF dans une étude réalisée par le cabinet AlphaValue. Une chose est sûre, un veto de l’ASN à la cuve de Flamanville aurait fait peser un risque majeur sur un autre projet vital pour le groupe : la construction de deux nouveaux réacteurs EPR à Hinkley Point, dans le sud de l’Angleterre, pour lesquels l’électricien français doit engager au moins 15 milliards d’euros d’investissements. Le feu vert de Londres à ce projet pharaonique a fini par intervenir en septembre dernier, après bien des hésitations. Si l’ASN avait retoqué la tête de série française de l’EPR et recommandait de changer la cuve sur tous les réacteurs existants, on imagine qu’elle aurait été la réaction des Britanniques (mais aussi d’autres pays où EDF et Areva ont déjà vendu leurs EPR, comme la Finlande ou la Chine)…

«Roulette russe»

Les ONG, qui n’ont jamais voulu de cet EPR et militent pour une sortie progressive du nucléaire, crient déjà au scandale. Pour elle, la sécurité de la population est sacrifiée sur l’autel de simples considérations financières. «L’ASN est incapable de remplir sa mission en matière de sûreté nucléaire. Sacrifier la sûreté pour sauver une industrie en faillite est absurde», a tweeté Greenpeace France sitôt connu l’avis préliminaire du gendarme de l’atome. «L’ASN renonce définitivement à sa mission de garantir la sûreté nucléaire. Cet avis sur l’EPR plonge la France dans soixante ans de risque nucléaire», a aussi lancé le chargé de programme Énergie de l’ONG, Cyrille Cormier.

L’association Sortir du nucléaire parle carrément sur le réseau social de «roulette russe» pour dénoncer le fait que «l’ASN propose, de 2018 à 2024, six ans d’utilisation d’un couvercle défectueux sans possibilité de contrôler sa fragilité». Ce mercredi matin, 24 militants de Greenpeace ont manifesté devant le chantier de Flamanville pour «dénoncer l’irresponsabilité d’EDF et Areva et interpeller le ministre de la Transition écologique, Nicolas Hulot». «Les pressions subies par l’ASN de la part d’EDF et Areva illustrent l’enjeu industriel d’une décision qui ne relève désormais plus de la sûreté nucléaire seule. Elle est avant tout devenue politique», argumente l’ONG dans un communiqué, parlant de «passage en force» de la part des industriels. Greenpeace demande à Hulot, ministre en charge de la sûreté nucléaire, de ne pas autoriser le démarrage du réacteur, en appelant à sa «responsabilité».

«L’ASN ne peut plus prendre une décision de sûreté en toute indépendance et ne peut résister à la pression. Tout simplement parce que le véritable enjeu derrière l’autorisation de cette cuve, c’est la survie de l’industrie nucléaire française, explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace France. Ce n’est pas aux citoyens français de payer le prix des erreurs stratégiques et techniques d’EDF et Areva. Nicolas Hulot peut encore leur éviter cela, en mettant fin au chantier de Flamanville.»

Hulot en première ligne

Pour l’instant, le gouvernement est resté silencieux. Nicolas Hulot, pourtant a priori connu pour ses positions anti-nucléaires depuis Fukushima, s’est contenté de s’en remettre à l’Autorité de sûreté nucléaire : «C’est mon autorité de tutelle et la première chose que je fais est de regarder l’avis de l’ASN», a-t-il simplement déclaré à la presse mardi. Une position difficilement tenable sur la durée, car ce premier feu vert à la cuve de l’EPR risque de mettre le ministre de l’Écologie en première ligne face aux partisans de plus en plus nombreux de la sortie du nucléaire. Et peut-être face à ses propres contradictions, s’il n’arrive pas à imprimer sa marque au sein d’un gouvernement qui n’a manifestement pas l’intention d’accélérer la sortie du nucléaire.

http://www.liberation.fr/futurs/2017/06/28/epr-de-flamanville-le-gendarme-du-nucleaire-evite-un-accident-industriel-a-edf_1580236

Juin 29

INCIDENT À LA CENTRALE DU BUGEY: L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE ACTIVE SON CENTRE D’URGENCE

BugeyL’unité de production n°2 de la centrale du Bugey à Saint-Vulbas est en arrêt programmé pour maintenance depuis le 24 juin dernier.
Ce jeudi 29 juin en fin de matinée, les équipes de la centrale ont constaté une montée de la pression du circuit de refroidissement de ce réacteur.

La direction a aussitôt déclenché son plan d’urgence interne. Le personnel a été regroupé à l’intérieur du site. 

Conformément aux réglementations, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et la préfecture ont été averties. 

L’ASN a également activé son centre d’urgence. Deux agents sont actuellement présents sur place.

« L’origine de cet événement provient d’une vanne du circuit de contrôle de pression du réacteur à l’arrêt qui s’est refermée, non manœuvrable depuis la salle de commande de l’unité de production. L’application des procédures prévues permet d’assurer, par un circuit alternatif, la régulation de pression et de refroidissement du réacteur » a précisé la direction de la centrale, dans un communiqué.

Les employés ont pu réintégrer leurs services vers 13h35.

Pas de risque de rejets radioactifs.

http://www.leprogres.fr/ain/2017/06/29/incident-a-la-centrale-du-bugey-l-autorite-de-surete-nucleaire-active-son-centre-d-urgence

Juin 29

EPR : L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE PASSE L’ÉPONGE SUR LES MAUVAISES PRATIQUES D’AREVA ET PROPOSE DE JOUER À LA ROULETTE RUSSE

Couvercle EPRAlors que l’Autorité de sûreté nucléaire vient de rendre publique sa position sur les défauts qui affectent la cuve de l’EPR, le Réseau “Sortir du nucléaire“ dénonce une grave entorse aux principes élémentaires de la sûreté et une mise en danger des populations.

Tout en considérant la tenue mécanique des aciers de la cuve de l’EPR comme suffisante « même en cas d’accident », l’ASN reconnaît une diminution des marges vis-à-vis du risque de rupture brutale et exige des contrôles renforcés. Leur faisabilité technique n’étant pas démontrée pour le couvercle de cuve, l’ASN propose de limiter son utilisation dans le temps et de procéder au changement de ce dernier… en 2024.

Cette position est aberrante. La cuve d’un réacteur fait partie des équipements qui ne sont surtout pas censés rompre et doivent donc présenter une qualité impeccable. Or les contrôles réguliers ne pourront jamais compenser une qualité dégradée. Pire, l’ASN propose d’autoriser pendant 6 ans l’utilisation d’une pièce qui n’a pas été forgée selon les règles de l’art et ne présente pas les caractéristiques requises, sans qu’il soit possible de surveiller son évolution pour prévenir une rupture brutale. Cela s’appelle jouer à la roulette russe !

Puisqu’il faut 7 ans pour fabriquer un nouveau couvercle de cuve, l’ASN accepte donc de laisser l’actuel en place malgré ses défauts : avec une telle position, elle fait passer les intérêts économiques à court terme des industriels avant la protection des populations !

Qui peut être dupe de cet avis (rendu sur la base des données fournies par Areva et EDF elles-mêmes), alors que le feu vert donné à la cuve conditionne le rachat d’Areva NP par EDF ? En se pliant ainsi à la logique des fabricants, l’ASN fait-elle preuve de complaisance, ou n’a-t-elle tout simplement pas eu le choix ? Comment accorder encore crédit à l’autorité d’un « gendarme » du nucléaire qui n’a pas même sanctionné Areva pour avoir forgé cette cuve sans respecter les règles de l’art et l’a placée devant le fait accompli, en n’effectuant des tests qu’une fois cet équipement installé ?

Alors que plus de 35 000 personnes ont signé une pétition pour demander à l’ASN de ne pas homologuer cette cuve, le Réseau “Sortir du nucléaire“ appelle les citoyens à dénoncer cette position inacceptable.

Il est temps d’abandonner ce réacteur dangereux, inutile et au coût exorbitant !

Contact presse : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/EPR-de-Flamanville-l-ASN-passe-l-eponge-sur-les

Juin 28

L’ASSOCIATION 193 N’OUBLIE PAS LE « TRISTE PREMIER ESSAI » NUCLÉAIRE FRANÇAIS DANS LE PACIFIQUE

TahitiL’association 193 tenait une conférence de presse ce matin au CESC pour évoquer notamment l’organisation d’une marche pacifique afin de commémorer le 51ème anniversaire du « triste premier essai nucléaire » aux Tuamotu.

Dans ce cadre, les Polynésiens et tous ceux qui aiment leur fenua, sont invités à participer à cette commémoration, du 30 juin au 1er juillet à la Presqu’île, ponctuée de réunions publiques en soirée.

La marche en elle-même partira vendredi 30 juin à 8h, du parking communal situé face à l’école élémentaire de Tautira vers le lycée Sacré Cœur de Taravao, annonce l’organisation. Le lendemain, même heure, les marcheurs partiront en direction du PK 0 de Teahupoo. Enfin, le dimanche 2 juillet, à la paroisse Christ-Roi de Pamatai-Faa’a, une messe sera dite à l’attention des malades et défunts victimes des expérimentations.

L’association 193 a profité de l’occasion pour faire un point sur la Carven, la Cellule d’accompagnement et de réparation des victimes liées aux essais nucléaires créée le 26 janvier dernier. Pour l’heure, les responsables font état de 130 dossiers accompagnés, 109 toujours en cours de constitution, 21 dossiers expédiés dont 10 accusés de réception du Civen. Et d’invoquer certains freins dans la constitution du dossier médical par exemple.

S’agissant par ailleurs de la loi Morin, l’association reconnaît que le retrait du risque négligeable constitue une avancée. Néanmoins, elle estime que des réformes profondes restent à opérer. En l’occurrence, elle suggère l’extension de la liste des maladies radio-induites à l’identique de la liste américaine.

Enfin, l’association revient sur le référendum local plébiscité par 52 439 pétitionnaires, comptage en date du 25 juin 2017. Sur ce point, elle rappelle au président l’engagement pris le 5 août 2016 de mettre en place une commission de réflexion. Et de s’interroger: promesse ou parole de politique ?

http://www.tahitinews.co/lassociation-193-noublie-pas-le-triste-premier-essai-nucleaire-francais-dans-le-pacifique/

Juin 28

GREENPEACE DEVANT L’EPR DE FLAMANVILLE POUR INTERPELER NICOLAS HULOT

Greenpeace EPRVingt-quatre militants de Greenpeace ont manifesté mercredi devant le chantier de l’EPR de Flamanville pour demander à Nicolas Hulot de ne pas autoriser le démarrage du réacteur nucléaire où des anomalies ont été détectées.  AFP / 28 juin 2017

« EPR: le grand bluff », « Stop EPR », pouvait-on lire sur les banderoles brandies par les militants devant le chantier dont EDF est maître d’œuvre.

« On est là pour interpeler le ministre. Il ne doit pas donner l’autorisation de démarrer l’EPR. L’EPR est dangereux », a déclaré Yannick Rousselet, le chargé des questions nucléaires de Greenpeace France.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé mercredi une conférence de presse à 16h00 à Paris au sujet de l’EPR dont la cuve, pièce majeure du réacteur, présente des anomalies.

Le gendarme du nucléaire y « présentera sa position et les orientations qu’elle envisage de retenir pour la cuve de l’EPR », selon un communiqué.

Cette conférence fait suite à la réunion d’un groupe d’experts lundi et mardi pour examiner des solutions proposées par EDF et Areva, concepteur de la cuve, aux anomalies annoncées par l’ASN en avril 2015.

« Mon intuition c’est qu’ils vont globalement valider la cuve mais exiger des contrôles en service » qui n’ont pas lieu sur les autres centrales, a estimé Yannick Rousselet, qui a participé comme observateur à la réunion d’experts.

Selon lui, ces contrôles, auraient lieu tous les « deux, trois ans pendant plusieurs semaines », et seraient donc coûteux pour EDF, puisque « un jour d’arrêt d’un réacteur coûte un million d’euros » à l’entreprise.

Pour M. Rousselet, ces contrôles sont techniquement possibles sur le fond de la cuve mais pas sur le couvercle. C’est pourquoi, EDF a commandé un nouveau couvercle au japonais JSW, seule entreprise au monde capable de le réaliser, selon le militant.

Mais « EDF a dit qu’ils ne pourraient changer le couvercle avant 2024 », étant donné le carnet de commande chargé du Japonais, a poursuivi M. Rousselet.

Un couvercle coûte « plusieurs centaines de millions d’euros », précise M. Rousselet. Le coût de ce réacteur nouvelle génération, qui cumule problèmes techniques et retard, a déjà plus que triplé à 10,5 milliards d’euros.

Les conséquences sont « astronomiques » également pour les réacteurs EPR en construction à Taïshan, affirme le chargé des questions nucléaires de Greenpeace France.

Plusieurs représentants de l’autorité nucléaire chinoise et de l’exploitant des réacteurs de Taïshan ont assisté à la réunion de lundi et mardi, de même qu’un représentant de l’autorité de sûreté britannique, a-t-il précisé. Les Britanniques ont acheté deux EPR.

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/greenpeace-devant-l-epr-de-flamanville-pour-interpeler-hulot_114259

Juin 28

LE NUCLÉAIRE CIVIL EN QUESTION

MédiapartLe quinquennat de François Hollande n’a pas permis de trancher le débat sur la sortie du nucléaire. Il n’a pas permis par ailleurs d’éclairer les français sur les coûts de cette énergie confrontée à son avenir.

En quoi consistent-ils?

En service à partir de 1978, les 58 réacteurs du parc existant nécessitent des coûts de maintenance élevés pour prolonger leur durée de fonctionnement d’une dizaine d’année voire plus. Ensuite doivent être provisionnés les coûts des opérations de démantèlement. Enfin, la destination des déchets radioactifs ultimes n’a pas trouvé jusqu’ici de solutions hormis le projet d’enfouissement de Bure toujours en phase d’exploration. Quoiqu’il en soit la mise en sureté de ces déchets sera encore une charge très élevée. Que savons-nous aujourd’hui de l’ensemble de ces coûts auxquels doit faire face EDF?

Jusqu’ici les coûts présentés par l’exploitant sont largement sous évalués au vu des informations dont nous disposons. Ce parc actuel devra être progressivement remplacé par une nouvelle génération de réacteurs (la troisième) dont le prototype est l’EPR. EDF est en attente de l’approbation par l’autorité de sureté nucléaire (ASN) de la mise en service de la cuve du réacteur de Flamanville après sa mise en cause pour sa résistance mécanique. L’entreprise par voie de presse se déclare optimiste pour obtenir le feu vert de la haute autorité, ajoutant qu’elle n’a pas de plan B en cas de refus. Cette prise de position en marge de l’imminence de la décision de l’ASN peut surprendre les citoyens car pouvant la juger comme un moyen de pression indirect. Rappelons que le coût de cet EPR a triplé en 10 ans s’élevant selon sa dernière évaluation mais non définitive à 10,5 milliards d’euros. Les deux autres EPR en construction en Chine et Finlande accusent pareillement des retards considérables, 7 ans pour le réacteur Finlandais.

Une décision sur l’avenir du nucléaire français nécessite que les français aient la connaissance des coûts réels de cette source d’énergie dont ils ont été laissés jusqu’ici dans l’ignorance car mal informés. Ils sont en droit d’exiger la création d’une commission d’enquête parlementaire afin de réaliser un inventaire précis et indiscutable des coûts. La désinformation dont ont été victimes les citoyens de la part d’EDF et Areva, entreprises publiques devra être au cœur de cette enquête parlementaire.

L’avenir du nucléaire français ne relève pas de la seule décision sans appel du chef de l’État mais d’un consensus national.

Le blog de Louis Bulidon

NOTA : Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Médiapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

https://blogs.mediapart.fr/louis-bulidon/blog/260617/le-nucleaire-civil-en-question

Juin 27

LA RUSSIE TRAITE LES DÉCHETS NUCLÉAIRES DE LA GUERRE FROIDE

RussieMOSCOU (Reuters) – La Russie a entamé mardi le long processus de traitement des déchets nucléaires issus de sous-marins à propulsion nucléaire datant de l’ère soviétique, dans le cadre d’un programme encadré et financé en partie par la communauté internationale.

Le combustible radioactif provenant d’une centaine de réacteurs nucléaires ayant propulsé une cinquantaine de sous-marins à l’époque de l’URSS est stocké depuis trente-cinq ans dans une ancienne base navale dans la baie d’Andreïeva, dans le nord-ouest de la Russie.

Cette situation présente un gros risque pour la protection de l’environnement, estime la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), qui contribue au financement du projet de nettoyage du site.

Il a donc été décidé de transférer le combustible nucléaire, via le port de Mourmansk, jusqu’à l’usine de traitement des déchets nucléaires de Mayak, située dans la ville de Tcheliabinsk, juste à l’est de l’Oural et non loin de la frontière du Kazakhstan.

Ce projet, dont la réalisation prendra plusieurs années, est aussi financé par l’Union européenne et sept pays occidentaux, l’Allemagne, le Canada, le Danemark, la Finlande, la France, la Norvège et le Royaume-Uni.

(Dimitri Soloviov, Gilles Trequesser pour le service français)

https://fr.news.yahoo.com/la-russie-traite-les-d%C3%A9chets-nucl%C3%A9aires-la-guerre-132027217–finance.html

Juin 27

CYBERATTAQUE MONDIALE : LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE TCHERNOBYL TOUCHÉE

CuberattaqueLe système de surveillance des radiations de la centrale urkainienne est devenu inopérant.

Les ordinateurs de Tchernobyl, en Ukraine, ont été touchés par la cyberattaque se propageant mardi dans le monde entier, forçant les techniciens de la centrale nucléaire ukrainienne à l’arrêt à mesurer la radioactivité avec des compteurs Geiger, a annoncé à l’AFP une porte-parole des autorités ukrainiennes.

«Nos techniciens mesurent la radioactivité avec des compteurs Geiger sur le site de la centrale, comme on le faisait il y a des dizaines d’années», a déclaré Olena Kovaltchouk, la porte-parole de l’Agence gouvernementale de gestion de la zone d’exclusion de Tchernobyl, le système Windows gérant automatiquement la surveillance de la radioactivité étant inopérant.

http://www.leparisien.fr/high-tech/cyberattaque-mondiale-la-centrale-nucleaire-de-tchernobyl-touchee-27-06-2017-7092630.php

Juin 27

LE « RÉCIT » QUI DOIT SAUVER L’HONNEUR DE L’ASN, LA CUVE DU RÉACTEUR EPR ET LES DERNIERS ESPOIRS DE L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE FRANÇAISE

EPRLe sauvetage de l’EPR passe par la réécriture du rôle de l’Autorité de sûreté nucléaire

Le « récit » est de nos jours une arme extrêmement importante utilisée par les « faiseurs d’opinion » pour parvenir à leurs fins, nous en avons d’ailleurs eu récemment la démonstration lors de la campagne présidentielle. L’idée est d’imposer dans les médias et donc dans l’opinion une « vérité » qui soit porteuse … quitte à arranger ou réinterpréter les faits, voire même à les déformer ou carrément les inventer.

C’est précisément un de ces fameux « récits » qui nous est actuellement servi pour tenter de sauver l’industrie nucléaire française. Celle-ci a en effet accumulé de très graves déconvenues (1) ces dernières années et elle joue probablement sa survie dans l’affaire de la cuve du réacteur EPR qu’EDF tente péniblement de construire depuis 2007 à Flamanville (Manche).

Cette cuve, qui est assurément la pièce la plus importante du réacteur, a été mal fabriquée par Areva dans ses forges du Creusot : elle présente des zones de concentration en carbone bien plus élevée que la limite exigée pour assurer une bonne résistance.

La cuve devrait donc théoriquement être recalée, ce qui laisserait EDF face à deux options : renoncer à mettre en service l’EPR, ou bien le détruire en partie pour en extraire la cuve défectueuse, la remplacer par une autre (qui reste à fabriquer… correctement si possible), et reconstruire les parties détruites. Ce serait dans les deux cas un scénario catastrophique pour EDF sur les plans industriel et financier, et cela ruinerait définitivement le maigre crédit dont bénéficie encore l’industrie nucléaire française, déjà largement déconsidérée.

On comprend alors aisément le caractère crucial de la décision que doit prendre l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) concernant cette fameuse cuve dont le sort, aussi incroyable que cela puisse paraître, n’est pas scellé : EDF prétend qu’elle peut être utilisée malgré ses défauts, et l’ASN se prépare même à choisir cette hypothèse glaçante.

Glaçante car, précision cruciale, la rupture de la cuve est dite « exclue«  dans les documents et procédures de sûreté, ce qui ne signifie pas qu’elle ne peut pas se produire mais qu’elle ne doit surtout pas avoir lieu : aucune parade n’est possible et le scénario aurait alors probablement des conséquences comparables à celles de la catastrophe de Fukushima (Japon).

Alors que l’ASN est censée publier sa décision début juillet 2017, il serait terriblement naïf de croire que les dirigeants d’EDF et l’État se contentent d’attendre, les bras croisés, en espérant une bonne nouvelle. Au contraire, tout est mis en œuvre pour rendre acceptable aux yeux de l’opinion la validation de la cuve car, il ne faut nourrir aucune illusion, c’est bien cette décision insensée qui va être annoncée.

C’est à ce niveau qu’intervient le fameux « récit » qui repose sur trois mensonges :

  • l’ASN aurait pleinement joué son rôle, sans se plier aux intérêts de l’industrie nucléaire, en rendant publiques les défectuosités de la cuve de l’EPR ;
  • EDF et Areva auraient caché la vérité à l’ASN qui, elle, n’aurait commis aucune faute ;
  • l’ASN aurait prouvé son « indépendance » en saisissant la justice dans cette affaire ;

Ce « récit » est installé dans l’opinion pour que la validation de la cuve par une ASN si « compétente » et « intransigeante » ne puisse être valablement contestée. Nous devons donc rétablir la vérité dans ce dossier afin de ne pas laisser valider une cuve qui, objectivement, doit être recalée.

Non, l’ASN n’a PAS révélé l’affaire de la cuve

Lorsque l’on suit de près le dossier du nucléaire en France, on sait que pour la plupart des problèmes détectés, l’ASN ne découvre rien elle-même : elle est dépendante du bon vouloir des exploitants qui décident eux-mêmes de ce qu’ils veulent bien rendre public ou pas.

Dans l’affaire de la cuve et des pièces défectueuses, il suffit de se reporter au tout premier communiqué de l’ASN pour constater qu’il commence par la formule consacrée (mise en gras ici) : «  L’ASN a été informée par AREVA d’une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville. » (2)

C’est donc formellement l’ASN qui rend publique l’affaire, certes, mais seulement parce qu’elle y est contrainte par Areva (3). Comme nous allons le voir, les dirigeants d’Areva, d’EDF et de l’ASN savaient depuis des années qu’il y avait de graves problèmes sur la cuve de l’EPR mais tout ce petit monde, à commencer par les dirigeants de l’ASN, avait décidé de ne pas en parler et de laisser le chantier continuer comme si de rien n’était.

Sans cet aveu venu subitement d’Areva, rompant avec l’omerta de mise depuis des années, EDF s’apprêterait avec la complicité silencieuse de l’ASN à mettre en service de façon totalement irresponsable une cuve défectueuse.

L’Observatoire du nucléaire dénonce donc la tromperie visant à laisser croire à une ASN qui aurait pris ses responsabilités en mettant sur la place publique les fameuses défectuosités de la cuve de l’EPR.

Il est d’ailleurs notable que l’ASN entretient elle-même cette duperie lors de ses communications en écrivant par exemple « L’ASN a rendu publique le 7 avril 2015 une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville » (4) ce qui, à nouveau, n’est pas formellement faux mais est en réalité trompeur.

L’ASN a commis une faute majeure en autorisant l’installation de la cuve fin 2013

L’ASN a commis une faute majeure le 26 novembre 2013 en autorisant EDF à installer la cuve dans le réacteur en construction. Certes, l’ASN se défend en assurant que cette autorisation ne préjugeait pas de la validation ou non, a posteriori, de l’utilisation de la cuve. Mais :

 en autorisant EDF à installer la cuve, l’ASN a contribué de façon décisive (et coupable) à se piéger elle-même : il est aujourd’hui immensément plus difficile de recaler la cuve alors que les tuyauteries ont été soudées et que les travaux ont continué tout autour : il faut désormais détruire une partie du réacteur pour en extraire la cuve si elle est déclarée défectueuse.

 de toute façon, comme nous l’avons dénoncé depuis des années et comme cela a été récemment confirmé de façon incontestable par l’enquête menée pour Radio-France par Sylvain Tronchet (5), l’ASN savait bien avant 2013 que la cuve de l’EPR était défectueuse. Si contre toute logique elle en a accepté l’installation, c’était de toute évidence avec la ferme intention de valider cette cuve quoi qu’il arrive, dans le cadre de l’omerta évoquée ci-dessus.

Il est d’ailleurs dommage que l’enquête de Radio-France, qu’il ne s’agit pas ici de critiquer car elle a mis au jour des éléments extrêmement pertinents, accrédite involontairement le fameux « récit » trompeur, en particulier du fait du titre de l’enquête : « Défauts sur la cuve de l’EPR de Flamanville : l’Autorité de sûreté nucléaire avait alerté EDF dès 2005 de dysfonctionnements chez le fabricant« .

Ces révélations confirment, et c’est très important, que l’ASN savait depuis longtemps que la cuve de l’EPR présentait de graves problèmes. Par contre, le titre et certaines formulations tendent à laisser croire que l’ASN aurait fait correctement son travail mais n’aurait tout simplement pas été écoutée par EDF.

Non, ce n’est PAS l’ASN qui a saisi la justice

Plus exactement, elle l’a fait près de six mois après l’Observatoire du nucléaire qui, l’AFP en atteste (6), a déposé plainte le 4 mai 2016. La nuance est cruciale car, comme expliqué dans plusieurs communiqués dès le départ (7) et par la suite (8), l’Observatoire du nucléaire considère à juste titre que l’ASN fait partie des coupables car, pendant des années, elle n’a rien dit et, pire, elle s’est rendue coupable de complicité active en autorisant fin 2013 l’installation de la cuve dont elle connaissait les défectuosités.

De fait, si l’ASN a fini par se résoudre à saisir à son tour le procureur, en octobre 2016, c’est de toute évidence pour essayer de se placer du bon côté de la barre lors du procès qui devrait normalement avoir lieu (sauf si l’affaire est enterrée malgré sa gravité).

Pour mémoire, l’article 40 du Code de procédure pénale prévoit que tout officier public ou fonctionnaire ayant connaissance d’un crime ou d’un délit dans le cadre de ses fonctions est tenu d’en « donner avis sans délai au procureur de la République« , et on ne peut pas dire que l’ASN ait agit « sans délai ». On peut même estimer que, si l’Observatoire du nucléaire n’en avait pas pris l’initiative, la justice n’aurait pas été saisie.

Cette saisine est par ailleurs l’occasion pour l’ASN de « prouver » à nouveau qu’elle est « intransigeante » et donc que sa future décision (à savoir la validation de la cuve) sera « parfaitement justifiée« . Encore faut-il pour cela que soit « oublié » le fait que c’est bien l’Observatoire du nucléaire qui a pris l’initiative de saisir la justice et non l’ASN.

C’est bien évidemment ce que s’appliquent à faire ceux qui veulent par tous les moyens sauver l’honneur de l’ASN et, de fait, l’EPR. On note aussi que de curieux « écologistes » croient ou font semblant de croire à la prétendue indépendance de l’ASN, et que celle-ci pourrait décider de recaler la cuve de l’EPR.

Il y a en réalité 0% de chance la cuve de l’EPR soit invalidée, et ce d’autant que l’ASN entend blanchir ses propres actes en même temps qu’elle décrètera la cuve bonne pour le service…

Article de Stéphane Lhomme, Observatoire du nucléaire

(1) Entre autres : désastres des chantiers EPR de Finlande (Areva) et Flamanville (EDF), faillite d’Areva, affaire de corruption Uramin (Areva, Lauvergeon), abandon des projets aux USA malgré des dépenses considérables déjà effectuées (EDF et Areva), chute d’un générateur de vapeur dans la centrale de Paluel (EDF), affaire des pièces défectueuses et des documents de « sûreté » falsifiés (Areva, EDF, ASN), etc.

(2) https://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve

(3) Il serait assurément utile de savoir qui, chez Areva, a décidé de « cracher le morceau« , et pourquoi. Selon nous, suite à divers remaniements de la direction (départ de Mme Lauvergeon, décès de son successeur M. Oursel), il est possible que les nouveaux dirigeants n’aient pas souhaité assumer le lourd secret caché par leurs prédécesseurs, sous peine de se retrouver tôt ou tard dans le camp des coupables…

(4) https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Controle-du-reacteur-EPR-en-construction/Anomalies-de-la-cuve-de-l-EPR/Historique-sur-l-anomalie-de-la-cuve-EPR

(5) http://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/info-franceinfo-defauts-sur-la-cuve-de-lepr-de-flamanville-l-autorite-de-surete-nucleaire-avait-alerte-edf-des-2005-de-dysfonctionnements-chez-le-fabricant_2121929.html

(6) http://www.connaissancedesenergies.org/afp/areva-lobservatoire-du-nucleaire-depose-plainte-pour-faux-et-mise-en-danger-dautrui-160504

(7) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article312

(8) http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article326

Juin 27

SÉOUL SUSPEND LA CONSTRUCTION DE DEUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES

CoréeLe gouvernement sud-coréen a annoncé ce mardi qu’il suspendait la construction de deux réacteurs nucléaires, déjà pour partie achevés.

Le gouvernement va créer une commission qui aura trois mois pour décider si la construction des réacteurs en question doit se poursuivre ou non.

Le nouveau président, Moon Jae-in, a déclaré que le pays allait cesser de construire de nouvelles centrales et ne prolongerait pas la durée de vie des réacteurs anciens, afin de répondre à l’inquiétude de l’opinion publique quant à la sécurité.

Les deux réacteurs concernés, Shin Kori 5 et Shin Kori 6, sont situés près de la grande ville portuaire de Busan, à 300 km au sud-est de la capitale Séoul. Les travaux devaient prendre fin normalement en mars 2021 et mars 2022 respectivement. Si les travaux sont abandonnés, le coût potentiel, en incluant les dédommagements à verser, devrait se monter à 2.600 milliards de won (2,6 milliards d’euros), a déclaré un organisme gouvernemental sud-coréen.

La Corée du Sud compte actuellement 24 réacteurs nucléaires en activité, après la fermeture définitive du plus ancien, Kori 1, la semaine dernière. Le secteur nucléaire produit un tiers de l’électricité du pays. Le nouveau président du pays souhaite promouvoir les énergies renouvelables et « s’orienter vers une ère libérée du nucléaire », à terme.

http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2017/06/27/97002-20170627FILWWW00095-seoul-suspend-la-construction-de-deux-reacteurs-nucleaires.php?cmtpage=0

Juin 27

CUVE DE L’EPR DE FLAMANVILLE: INQUIÉTUDES SUR LE COUVERCLE AU CŒUR D’UNE RÉUNION D’EXPERTS

Cuve EPRAlors qu’un groupe d’experts se penche jusqu’à mardi sur l’état de la cuve de l’EPR de Flamanville, un rapport technique de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) s’inquiète particulièrement du couvercle de la cuve.
Le groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaire (GP-ESPN) doit rendre son avis sur la base de ce rapport, avant une première décision de l’Autorité de sureté nucléaire sur la conformité de la cuve, attendue dans la semaine.

Selon ce rapport que l’AFP a pu consulter, le fond de la cuve est jugé apte sous réserve de contrôles « adaptés » par l’exploitant EDF, mais les interrogations se focalisent sur le couvercle.
Areva avait détecté fin 2014 une concentration excessive en carbone dans l’acier du fond et du couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville (Manche) ce qui pourrait potentiellement la rendre moins résistante, alors qu’elle est une pièce essentielle, deuxième barrière contre la radioactivité dans un réacteur.

Depuis, des tests sont en cours pour vérifier que, malgré cette anomalie, la cuve présentera bien les garanties de sûreté lors du fonctionnement du réacteur.
Si l’analyse mécanique du « risque de rupture brutale » montre que « les propriétés » de l’acier « sont suffisantes » pour prévenir un tel risque, le rapport est beaucoup plus prudent quant au suivi qu’il faudra faire du couvercle lorsque le réacteur sera mis en service.
Le rapport estime que « des contrôles du couvercle de la cuve sont indispensables » durant toute la période de fonctionnement du réacteur et que sans ces contrôles, « l’aptitude au service du couvercle actuel de la cuve (…) n’est pas acquise de manière pérenne« .

Or, « EDF n’est actuellement pas en mesure de mettre en œuvre«  les contrôles qu’il prévoit de faire pour le fond de la cuve, et que le rapport estime adéquats.
Sans réponse à cet enjeu, le rapport de l’IRSN conclut que l’utilisation du couvercle actuel « ne saurait être envisagée au-delà de quelques années de fonctionnement« .
Si au terme de sa réunion le groupe d’experts estimait, malgré ces analyses, que la cuve peut fonctionner, il pourrait recommander des mesures compensatoires comme le remplacement du seul couvercle, un fonctionnement sous une surveillance accrue ou à une puissance réduite par rapport aux capacités du réacteur.
L’avis définitif de l’ASN n’interviendra pas avant l’automne, après une procédure de consultation du public.
Cette décision sera capitale pour qu’EDF puisse démarrer le réacteur comme prévu d’ici la fin 2018, mais aussi pour Areva, dont la recapitalisation prévue cette année est subordonnée à un avis positif de l’ASN.
Une poignée de militants anti-nucléaires, opposés à l’homologation de cette cuve sur laquelle des anomalies ont été détectées, s’étaient brièvement rassemblés lundi matin devant l’ASN à Montrouge (Hauts-de-Seine), où se réunissait le groupe d’experts.
« Areva n’a pas forgé cette cuve selon les règles de l’art, il serait grotesque et scandaleux qu’on essaye de démontrer que ça passe quand même », a expliqué à l’AFP Charlotte Mijeon, porte-parole du Réseau sortir du nucléaire.

https://www.romandie.com/news/Cuve-de-l-EPR-de-Flamanville-inquietudes-sur-le-couvercle-au-coeur-d-une-reunion-d-experts/809206.rom

Juin 26

L’EPR SERA-T-IL AUTORISÉ MALGRÉ UNE CUVE DÉFECTUEUSE ? LES EXPERTS DISCUTENT

EPR autoriséLundi 26 et mardi 27 juin, un groupe d’experts nucléaires doit donner son avis sur la cuve et la calotte de l’EPR de Flamanville, dont l’acier n’est pas suffisamment homogène en carbone. Le feu vert final devrait être accordé en septembre prochain par l’ASN. Un processus sous hautes pressions industrielle, économique et politique.

Reporterre vous explique ce dossier compliqué.

La cuve de l’EPR de Flamanville, dont l’acier défectueux accroît le risque de rupture, va-t-elle malgré tout être validée par le gendarme français du nucléaire ? La décision finale de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) reste inconnue, mais le calendrier se précise. « L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) vient d’achever un dossier technique, pour l’heure confidentiel, de 193 pages. Il y livre son analyse de tous les tests réalisés par Areva pour évaluer la résistance de la cuve, eux-mêmes consignés dans un dossier que le fabricant a remis le 13 décembre dernier à l’ASN », explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace et membre du groupe de suivi « Anomalie cuve EPR » au Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sûreté nucléaire (HCTISN). Ce rapport doit être présenté au Groupe permanent d’experts pour les équipements sous pression nucléaires (GPESPN), dont les membres sont désignés par l’ASN, ce lundi 27 et mardi 28 juin au cours d’une réunion à huis clos.

Les membres du groupe permanent devraient s’appuyer sur le document de l’IRSN pour rédiger leur avis sur l’utilisation de la cuve défectueuse. Forte de ce rapport et de ces recommandations, l’ASN devrait rendre un premier avis qui sera soumis à consultation publique « tout l’été et durant les deux premières semaines de septembre », précise Yannick Rousselet. Le gendarme du nucléaire devrait rendre sa décision définitive sur la cuve dans la deuxième moitié du mois de septembre. Qu’elle soit positive ou négative, EDF et Areva devront s’y tenir.

Quel est exactement le problème de la cuve — pièce monumentale de 7 mètres de diamètre, 11 mètres de hauteur, 425 tonnes — et de sa calotte ? Le forgeage de cette dernière a été achevé en octobre 2006 à l’usine Areva du Creusot, le fond en décembre 2007. Mais des tests menés par Areva ont révélé, fin 2014, que l’acier n’était pas suffisamment homogène et que les pièces présentaient à certains endroits de fortes concentrations de carbone. « Pour les fabriquer, Areva a recouru à une technique de forgeage récente qui utilise un lingot d’acier de carbone très lourd, jusqu’à 160 tonnes, expliquait à Reporterre Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN chargé de la sûreté nucléaire, en novembre dernier. Or, un lingot en train de refroidir ressemble à un fondant au chocolat : le cœur reste coulant plus longtemps que l’extérieur. Et le carbone migre préférentiellement dans la phase liquide. »

« L’ASN subit des pressions considérables »

Ce phénomène a modifié les propriétés mécaniques de l’acier. En conséquence, les pièces ont échoué aux tests de résilience, qui mesurent la capacité de l’acier à encaisser un choc sans se rompre en cas de choc de température chaud ou froid : la calotte de l’EPR a obtenu un résultat moyen de 52 joules et minimal de 36 joules, au lieu des 60 joules minimum imposés par la réglementation. Pire, ces valeurs sont « très largement inférieures à ce qu’on aurait pu espérer du matériau s’il avait été conforme (…) pour une résilience attendue de 220 joules », indique dans une note le physicien nucléaire Gérard Gary, directeur de recherche émérite ex-CNRS rattaché au laboratoire de mécanique des solides de l’École polytechnique, à l’issue d’une réunion du GPESPN du 30 septembre 2015.

« Tout le monde est d’accord pour dire que la cuve n’est pas conforme, soupire Yannick Rousselet. L’ASN et l’IRSN ont employé des mots très durs en disant que les conditions de sûreté de niveau 1 n’étaient pas remplies et qu’il faudrait des mesures de niveau 2, ce qui est exclu d’un point de vue réglementaire. Si la cuve est validée dans l’état, on va rentrer dans un régime d’exception. » « Il a été consacré beaucoup de temps à la sûreté de niveau 2, de sorte que le non-respect de la sûreté de niveau 1 a semblé considéré comme acquis, ce que confirment les recommandations du GPESPN », confirme la note de Gérard Gary.

Interrogé par Reporterre, Areva nous écrit un courriel indiquant que le groupe a « mené un programme d’essais de grande ampleur qui démontre la ténacité de la cuve. (…) En complément et à la demande de l’ASN, Areva a effectué des études de scénario alternatif visant à fournir un descriptif des opérations à mener pour remplacer la cuve » au cas où la pièce défectueuse serait rejetée.

Mais Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF, a indiqué dans un entretien accordé au quotidien les Échos, le 6 juin dernier, qu’il était « plus [confiant] que jamais pour obtenir l’approbation par l’Autorité de sûreté nucléaire de la cuve et des éléments du circuit primaire de Flamanville 3 ». Yannick Rousselet est également convaincu que le gendarme du nucléaire va valider la cuve et sa calotte. « L’ASN subit des pressions considérables de la part des industriels et des politiques », dénonce-t-il.

En premier lieu, plutôt que d’interrompre le projet le temps de réaliser tous les tests et de s’assurer de la bonne tenue des pièces défectueuses, EDF et Areva se sont dépêchés de poursuive les travaux. « Je tiens à préciser que le chantier suit son cours, soulignait ainsi Laurent Thieffrey, directeur du projet Flamanville 3, lors d’une réunion de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst) le 25 octobre 2016. Nous sommes en cours de finalisation des montages électromécaniques avec un taux d’avancement aujourd’hui supérieur à 80 % et bien en cours de préparation des essais d’ensemble dont je vous confirme qu’ils commenceront bien en mars 2017, comme annoncé. » Résultat, EDF a déjà englouti 10,5 milliards d’euros dans le chantier. Une fuite en avant pointée par les opposants au projet d’EPR, qui dénoncent une stratégie pour mettre l’ASN devant le fait accompli. Contactée, cette dernière a indiqué à Reporterre qu’elle n’accordait pas d’interview avant la fin de la présentation du rapport au GPESPN.

Un rejet de ces pièces entraînerait, « par effet domino, la chute de toute l’industrie nucléaire française »

D’autres facteurs macroéconomiques expliquent la pression subie par l’ASN. Les finances d’Areva sont au plus bas. Or, Bruxelles a conditionné sa recapitalisation à hauteur de 4,5 milliards d’euros au feu vert accordé à la cuve et à la calotte de l’EPR de Flamanville. Enfin, un rejet de ces pièces entraînerait, « par effet domino, la chute de toute l’industrie nucléaire française : l’EPR de Flamanville serait condamné, les projets d’EPR d’Hinkley Point en Angleterre en pâtiraient, les Chinois renonceraient à leurs commandes et demanderaient des indemnisations et la situation s’aggraverait avec les Finlandais, avec qui nous sommes déjà en conflit juridique à cause des retards du chantier d’Olkiluoto 3 », analyse Yannick Rousselet.

Le militant écologiste, également membre du groupe de suivi « anomalie cuve EPR » du HCTISN, pointe l’opacité dans laquelle toute cette histoire de cuve et de calotte a été gérée. « À l’annonce des anomalies dans l’acier de certaines pièces de l’EPR, le HCTISN a décidé de s’autosaisir pour reconstituer l’historique du problème, puis a été saisi par la ministre de l’Environnement de l’époque Ségolène Royal, raconte-t-il. Les premières réunions ont été très dures : les exploitants ne comprenaient pas qu’on leur demande des explications, ils adoptaient des attitudes très négatives. »

Finalement, c’est la publication par l’ASN de toute la chronologie de l’affaire et des échanges de courrier avec Areva qui a permis au haut comité de mieux comprendre l’enchaînement des événements. Mais Areva et EDF ont continué à faire de l’obstruction, rapporte Yannick Rousselet : « Nous savions que 22 rapports d’expertise, dans lesquels étaient inscrits tous les résultats aux tests et les méthodologies adoptées, avaient été produits. Mais Areva et EDF n’ont pas voulu nous les communiquer au nom du secret industriel. Ils ont fini par céder en nous disant qu’ils nous en livreraient trois, mais on n’en a eu finalement qu’un seul. »

Ce comportement a amené le HCTISN à dénoncer le manque de transparence d’EDF et d’Areva dans un rapport intermédiaire présenté le 14 juin dernier. Il devrait rendre public un nouveau bilan de toute l’affaire à l’automne prochain, après la décision finale de l’ASN. « Mais il faut souligner un point important, signale Yannicke Rousselet. Alors que les membres critiques à l’égard du nucléaire y sont minoritaires, le haut comité a été unanime pour dire qu’EDF et Areva n’avaient pas joué le jeu de la transparence et de l’information. »

Article d’Émilie Massemin (Reporterre)

https://reporterre.net/L-EPR-sera-t-il-autorise-malgre-une-cuve-defectueuse-Les-experts-discutent

Juin 26

CONCOURS DE BIKINI DANS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE !

bikiniUne centrale de République Tchèque a présenté ses excuses après avoir organisé un concours de bikini dans une de ses tours de refroidissement pour l’obtention d’un stage. Une promotion de l’enseignement technique qui n’a pas plu à tout le monde.

Après avoir accueilli un orchestre philharmonique dans une de ses tours de refroidissement, mise hors service pour maintenance, la société CEZ, qui gère des centrales nucléaires pour le compte de l’État tchèque, a pris l’initiative controversée d’y organiser un shooting photo de jeunes femmes en bikini. Après un vote sur le réseau social Facebook, l’heureuse gagnante devait être gratifiée d’un stage de deux semaines à la centrale. 

En maillot deux pièces, portant casque et chaussures dans un environnement industriel quelque peu décrépit, les aspirantes stagiaires semblent s’être prêtées au jeu avec un certain enthousiasme. Mais l’initiative, pour le moins insolite, et suffisamment populaire pour avoir été relayée par la presse étrangère, a donné lieu à un débat bien plus sérieux.

De nombreux internautes ont en effet critiqué le fait que l’on octroie des avantages professionnels sur le seul critère de la beauté des participantes. «Cette compétition se situe en dehors de toute notion d’éthique. En 2017, je trouve ça incroyable que quelqu’un puisse gagner un avantage professionnel simplement sur son apparence», s’est ainsi indignée Petra Havlíková, une avocate engagée dans la défense des droits de l’homme.

https://francais.rt.com/international/40219-centrale-nucleaire-organise-concours-bikini

Juin 26

JAPON : LA CRAINTE D’UNE FRAPPE NUCLÉAIRE EST REVENUE DANS NOS ÉCOLES

JaponLa Conférence pour la négociation d’une convention sur l’interdiction des armes nucléaires se réunit du 26 au 30 juin à New York avec l’ambition d’aboutir à un texte. Le président de la Fédération des Sociétés de la Croix-Rouge, le Japonais Tadateru Konoé, explique l’importance de ce nouveau round de négociations

Les enfants de la côte ouest du Japon ont commencé à se préparer à un tir de missiles. Dans des scènes qui rappellent inévitablement le plus fort de la paranoïa et des peurs de la Guerre froide, les enseignants emmènent leurs élèves dans des gymnases en leur demandant de rester calmes tandis qu’ils attendent des nouvelles au sujet de l’explosion supposée d’une bombe.

La crainte d’une frappe nucléaire, et de la guerre nucléaire qui suivrait probablement, est revenue dans nos écoles, nos bureaux et nos maisons. La montée des tensions dans la péninsule coréenne a ramené sur le devant de la scène les dangers d’un monde où plus de 1800 armes nucléaires sont maintenues en état de haute alerte et peuvent être lancées à tout moment.

Cette crainte va de pair avec une immense incertitude. Nul ne sait s’il y aura une attaque, nul ne sait quand elle se produira. Mais il est une chose dont nous pouvons être absolument sûrs.

En tant que communauté mondiale, nous ne sommes absolument pas équipés pour faire face aux horribles conséquences d’une telle attaque. Si une arme nucléaire frappait une ville ou un centre de population, des dizaines de milliers de vies – peut-être plus – seraient anéanties en un cruel instant. Des milliers et des milliers de personnes survivraient, dans d’indicibles souffrances.

Civilisation annihilée

Il n’existe pas de moyen efficace ou réalisable de porter assistance à un nombre important de survivants après une explosion nucléaire.

Les hôpitaux et autres infrastructures médicales auraient disparu. Médecins et infirmiers seraient du nombre des morts et des blessés; ceux qui auraient survécu n’auraient rien pour faire leur travail. Les routes et les liaisons de transport seraient détruites, ce qui empêcherait d’acheminer l’aide avec ne serait-ce qu’un semblant de la célérité nécessaire. Un nuage radioactif descendrait, entravant plus encore les secours. Les gens mourraient dans d’atroces souffrances, seuls. Une civilisation serait annihilée.

Ne nous méprenons pas. Les retombées d’une bombe feraient fi des frontières nationales, tout comme les millions de réfugiés fuyant la dévastation et les radiations.

Plus de 1800 armes nucléaires sont maintenues en état de haute alerte et peuvent être lancées à tout moment

Ce n’est pas une supposition. Je le dis avec une certitude absolue. Une certitude acquise au cours d’une vie d’action humanitaire, et que je ressens parce que je suis Japonais. En tant qu’humanitaire, j’ai vu le pire de la souffrance – conflits et déplacements, lendemains de catastrophes naturelles ou dues à l’homme. Je sais que rien – pas même le littoral d’Aceh après le tsunami – ne saurait être comparé aux effets d’une explosion nucléaire.

Je sais ce que la communauté internationale peut faire pour organiser une action humanitaire. Ce ne serait pas suffisant – loin de là.

Une guerre sans vainqueur

En tant que Japonais, je connais les effets persistants d’une attaque nucléaire. Aujourd’hui, 72 ans après que les bombes ont été larguées sur Hiroshima et sur Nagasaki, nos hôpitaux de la Croix-Rouge traitent encore les cancers et les leucémies de personnes qui avaient été touchées par les explosions. Ces personnes endurent, depuis, la stigmatisation. Pour beaucoup, beaucoup de familles, ces bombes n’ont pas cessé d’exploser.

Les effets des bombes nucléaires modernes seraient bien pires.

J’écris ces mots, non pour alarmer, mais pour simplement énoncer les faits. Notre monde n’est pas rationnel et le risque d’un tir, d’une erreur, d’un accident est incompréhensible.

Néanmoins, il y a une chance. Un espoir. Les négociations qui ont lieu cette semaine à New York en vue de l’élaboration d’un traité global d’interdiction et d’élimination des armes nucléaires sont un signe que la sagesse peut encore triompher. Nous exhortons tous les États à saisir cette occasion. Nous connaissons la complexité de telles négociations et savons que la méfiance et les réalités politiques sont omniprésentes.

La simple vérité, c’est qu’il n’y aura pas de vainqueur dans une guerre nucléaire.

Nous pouvons, cependant, opter pour un monde libéré de cette peur, un monde dans lequel nos enfants n’auront pas à affronter la fragilité de leur existence dans les gymnases de leur école ou sous leur bureau. Nous n’avons pas d’autre choix.

https://www.letemps.ch/opinions/2017/06/26/crainte-dune-frappe-nucleaire-revenue-nos-ecoles

Juin 26

35 000 PERSONNES DEMANDENT À L’AUTORITÉ DE SÛRETÉ NUCLÉAIRE DE NE PAS VALIDER LA CUVE DE L’EPR DE FLAMANVILLE

Communiqué réseau pétitionCommuniqué de presse du réseau « Sortir du Nucléaire » – 26 juin 2017.

Alors que l’Autorité de sûreté nucléaire réunit aujourd’hui un groupe d’experts censé statuer sur le sort de la cuve de l’EPR de Flamanville, le Réseau “Sortir du nucléaire“ organise une action devant le siège du gendarme du nucléaire pour lui remettre une pétition lui demandant de ne pas valider la cuve de l’EPR.

Action à Montrouge devant le siège de l’Autorité de sûreté nucléaire

Une délégation du Réseau “Sortir du nucléaire“ mène actuellement une action à Montrouge, devant le siège de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), où doit se tenir pendant deux jours une réunion du groupe permanent d’experts sur la sûreté nucléaire Lors de cette réunion, l’Autorité de sûreté nucléaire doit présenter un avis concernant la cuve de l’EPR de Flamanville, qui sera ensuite mis en consultation pendant l’été.

À cette occasion, les militants interpellent le « gendarme du nucléaire » pour lui remettre une pétition lui demandant de ne pas homologuer la cuve de l’EPR de Flamanville, signée par près de 35 000 personnes. Les militants ont également déployé des banderoles et interpellé les participants au groupe d’experts.

L’ASN ne doit pas faire passer les intérêts des industriels avant la protection des populations !

Par cette action, les militants dénoncent une situation scandaleuse. La cuve de l’EPR est censée être à toute épreuve, pour éviter une rupture contre laquelle il n’existe pas de parade et qui déboucherait sur un accident majeur. Mais malgré les avertissements de l’ASN, Areva a choisi une usine réputée pour ses mauvaises pratiques pour la fabrication de certains éléments de cette cuve. Elle a dissimulé à l’ASN que ceux-ci n’avaient pas été forgés selon les règles de l’art. De fait, la cuve ne présente pas les critères requis en termes de résistance thermique et physique.

Or malgré ces défauts de fabrication, selon les fuites parues dans la presse, l’ASN envisage de donner son feu vert à l’utilisation de la cuve sous réserve qu’une surveillance régulière soit effectuée. Mais comment peut-elle encore accorder crédit au dossier de justification fourni par Areva, sachant que celle-ci fait l’objet d’une procédure en justice pour avoir dissimulé des informations et falsifié des documents à l’usine du Creusot ?

Le fait que la nouvelle soit portée à la connaissance des journalistes avant même la réunion du groupe d’experts, par les industriels et pas par l’ASN elle-même en dit long sur la capacité d’interposition de cette dernière. La validation de la cuve de l’EPR conditionne le sort du chantier, le feu vert de Bruxelles au rachat d’Areva NP par EDF et la réputation de cette dernière. L’ASN, mise devant le fait accompli, a-t-elle vraiment eu le choix ? Dans cette affaire, le « gendarme » du nucléaire n’est donc finalement qu’un simple huissier !

Pour ménager les intérêts à court terme d’une industrie en déclin, l’ASN va-t-elle donc accepter de valider cette cuve moyennant quelques dérogations ? Nous l’appelons à refuser cette homologation et à ne pas autoriser le démarrage d’un réacteur cher, dangereux et inutile. Quelles qu’en soient les conséquences, celles-ci seront toujours moins graves qu’un accident nucléaire qui mettrait la France à genoux.

Contact presse : Charlotte Mijeon (sur place) – 06 64 66 01 23

http://www.sortirdunucleaire.org/Pres-de-35-000-personnes-demandent-a-l-Autorite

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