DANS L’EUROPE DU VIRUS, LES BOMBARDIERS US NUCLÉAIRES D’ATTAQUE ARRIVENT

Le quotidien italien Il Manifesto publié un article soulignant la contradiction entre l’annonce officielle du retrait des troupes américaines des gigantesques manœuvres de l’Otan Defender Europe 20 et l’envoi de bombardiers US nucléaires d’attaque.

« Officiellement, à cause du Covid-19 les compagnies aériennes des Etats-Unis ont supprimé de nombreux vols pour l’Europe. Mais il y a une « compagnie » étasunienne qui, au contraire, les a augmentés, c’est l’US Air Force », écrit le journaliste italien.

Ces derniers jours, l’US Air Force a déployé en Europe une task force de bombardiers furtifs (stealth) B-2 Spirit. L’annonce vient du « US European Command » de Stuttgart, le commandement européen des États-Unis. Il est sous les ordres du général Tod D. Wolters de l’US Air Force qui est en même temps à la tête des forces de l’Otan en tant que commandant suprême allié en Europe (SACEUR). L’ « US European Command » précise que la « task force », composée d’un nombre non précisé de bombardiers provenant de la base de Whiteman au Missouri, « est arrivée le 9 mars à Lajes Field dans les Açorres, au Portugal », écrit le quotidien, information confirmée par le site de l’armée US.

Le bombardier stratégique B-2 Spirit, l’avion le plus cher du monde dont le coût dépasse les deux milliards de dollars, est l’avion des Etats-Unis le plus évolué pour mener une attaque nucléaire. Chaque appareil peut transporter 16 bombes thermonucléaires B-61 ou B-83, avec une puissance maximale totale équivalente à plus de 1.200 bombes d’Hiroshima. Du fait de sa voilure, de son revêtement et de ses systèmes électroniques, le B-2 Spirit est difficilement repérable par les radars ce qui en fait, comme la presse le dit, un « avion invisible ».

Même s’il a déjà été utilisé dans une guerre, par exemple contre la Libye en 2011, mais avec des bombes non-nucléaires de grande puissance -il peut en transporter 80- à guidage satellitaire, il est employé pour pénétrer à travers les défenses ennemies et pour effectuer une attaque nucléaire par surprise. L’US European Command précise dans un communiqué publié le 9 mars que ces bombardiers vont opérer « depuis diverses installations militaires sous la zone d’action se trouvant sous la responsabilité du Commandement européen des États-Unis ». Cette zone d’action comprend toute la région européenne et toute la Russie, la partie asiatique incluse. Ceci signifie que les bombardiers US nucléaires d’attaque nucléaire, les plus avancés, opéreront, depuis des bases en Europe et, donc, à proximité des frontières avec la Russie. « Si l’on inverse le scénario, c’est comme si les bombardiers russes d’attaque nucléaire, les plus avancés, opéraient depuis des bases situées à Cuba à proximité des États-Unis », met en garde le journaliste italien.

L’objectif poursuivi par Washington est évident. Il s’agit d’accroître la tension avec la Russie en utilisant l’Europe comme première ligne de confrontation. Cela permet à Washington de renforcer son leadership sur les alliés européens et d’orienter la politique étrangère et militaire de l’Union européenne dans laquelle 22 des 27 membres appartiennent à l’Otan sous commandement des États-Unis.

Cette stratégie est facilitée par l’immense crise provoquée par le Coronavirus. Aujourd’hui plus que jamais, dans une Europe en grande partie paralysée par le virus, les États-Unis peuvent faire ce qu’ils veulent. « Ce transfert de bombardiers, employés pour une attaque nucléaire surprise en temps de crise sanitaire XXXL dans le plus grand silence médiatique, dévoile le consensus existant entre tous les gouvernements et parlements européens et de l’UE », dénonce Il Manifesto. « On a pu, d’ailleurs, assisté dans les média au même silence concernant Defender Europe 20 qui est le plus grand déploiement de forces américaine en Europe depuis la fin de la Guerre Froide ».

En effet, les média ont parlé seulement de cette grande opération militaire alliant les forces de l’Otan quand l’US European Command a publié des communiqués sur la menace liée au Coronavirus où celui-ci expliquait devoir réduire le nombre de ses soldats américains participant à cet exercice : « Depuis le 13 mars, tous les mouvements de personnel et d’équipement des États-Unis vers l’Europe ont cessé. La santé, la sécurité et l’état de préparation de nos militaires, civils et membres de nos familles sont notre principale préoccupation ».

Dans le cadre d’une véritable opération psychologique militaire réalisée par de nombreux média, y compris en Italie, il a été expliqué aux lecteurs que l’exercice Defender Europe 20 était quasiment annulé à cause de la pandémie. Le commandement américain basé en Europe répandait une information rassurante faisant croire que la priorité était de protéger la santé des soldats américains et celle des autres membres de l’Otan et des populations civiles. Cette annonce de retrait du déploiement Defender Europe 20 se heurte à l’annonce de l’arrivée de bombardiers américains d’attaque nucléaire ayant chacun une puissance de destruction équivalente à plus de 1.200 bombes d’Hiroshima. À l’heure de la catastrophe sanitaire en Italie, lourdement relayée par les média comme dans un exercice militaire de communication de guerre, on peut se poser des questions sur cet envoi d’avions en Italie.

Par Olivier Renault, publié le 27 mars 2020

Source : https://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1476

EPR DE FLAMANVILLE: UN DÉCRET REPOUSSE JUSQU’EN 2024 LE DÉLAI DE MISE EN SERVICE

Le gouvernement a officiellement repoussé jusqu’en 2024 le délai maximal de mise en service de l’EPR de Flamanville (Manche), dont le chantier a connu de nombreux retards, dans un décret publié vendredi au Journal officiel.

La création du réacteur de nouvelle génération avait été autorisée par un décret du 10 avril 2007, qui prévoyait alors un délai maximal de treize ans pour le chargement du combustible nucléaire. Ce délai aurait par conséquent été atteint en avril prochain.

Le nouveau décret publié vendredi « porte à dix-sept ans, au lieu de treize, le délai de mise en service de l’installation nucléaire de base dénommée Flamanville 3« , indique le texte signé par le Premier ministre Édouard Philippe et la ministre de la transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne.

« Cela nous permet de bénéficier de marges administratives supplémentaires par rapport au planning industriel« , a réagi EDF, interrogé par l’AFP.

Le chantier, marqué par de nombreux surcoûts et retards, a dernièrement souffert de problèmes de soudures qui contraignent EDF à des travaux complexes de réparation.

Alors que le réacteur devait initialement entrer en service en 2012, EDF vise désormais un chargement du combustible nucléaire à la fin 2022.

Par AFP, publié le 27 mars 2020 à 10h57

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/epr-de-flamanville-un-decret-repousse-jusquen-2024-le-delai-de-mise-en-service-200327

NUCLÉAIRE : LA SITUATION POURRAIT SE TENDRE SI L’ON EST NOMBREUX À ÊTRE MALADES EN MÊME TEMPS »

Les centrales nucléaires fonctionnent à effectifs réduits pour éviter la propagation du virus. Pour maintenir la continuité de la production d’électricité, EDF s’appuie largement sur les sous-traitants, inquiets pour leur santé, peu reconnus et mal payés.

Comment la crise sanitaire du covid-19 est-elle gérée au sein des installations nucléaires ? L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a fait savoir, le 26 mars, que les installations nucléaires « dont le fonctionnement n’est pas indispensable à la continuité de l’activité du pays (…) ont été mises à l’arrêt et sont maintenues en état sûr ». Cela concerne les sites du CEA (Commissariat à l’énergie atomique), d’Orano (production et recyclage d’uranium) et de l’Andra (stockage des déchets radioactifs). « La plupart des chantiers, notamment de démantèlement, ont été suspendus », précise l’ASN, qui remplace ses inspections sur site par des contrôles à distance.

Qu’en est-il dans les centrales nucléaires qui assurent une partie de la production d’électricité ? « Nous avons supprimé les transports en commun sur les sites, élargi la plage horaire de restauration, sanctuarisé les salles de commande où ne peuvent entrer que les agents de conduite, augmenté la fréquence des nettoyages. Et des messages audio sont régulièrement diffusés sur les sites pour rappeler les gestes de sécurité sanitaire à respecter, répond le service de presse d’EDF. L’idée, c’est vraiment de protéger la santé des salariés, qu’ils soient agents EDF ou sous-traitants. » Les retours du terrain sont cependant moins enthousiastes, notamment du côté des sous-traitants. Selon un agent EDF, ils sont « abandonnés à leur sort ». La situation au sein des centrales arrêtées pour maintenance les inquiète particulièrement.

« Le PDG a été très clair, il a dit que le télétravail devait être privilégié. Et quand la présence des salariés n’est pas expressément requise, ils peuvent rentrer chez eux », rapporte un agent EDF. « Toutes les fonctions supports [les cadres, ndlr], les chargés de planification, et les chargés de travaux ont été renvoyés chez eux, dit EDF. Sur certains sites, cela représente jusqu’à 50 % des effectifs. » Soit environ 400 personnes par réacteur placés en télétravail sur les quarante actuellement en fonctionnement dans tout le pays. Plusieurs agents EDF estiment que ce nombre pourrait être encore réduit. « Si on ne garde que les personnes en charge de la production, de la sûreté et de la sécurité, cela fait environ 200 personnes par centrale, en comptant celles qui sont d’astreinte et que l’on peut rappeler pour maintenance ou autre imprévu », décrit un agent de conduite.

« Des dosimètres qui ne sont pas désinfectés, des portes jamais nettoyées »

Pour le moment, seul le site de Flamanville – actuellement à l’arrêt – a significativement réduit le nombre de personnes sur place dès le 16 mars, plusieurs agents ayant été détectés positifs au Covid-19 [1]. EDF a décidé de reporter des travaux programmés de longue date dans dix centrales : des « visites partielles », qui visent à revoir certaines parties des centrales, et des « visites décennale » qui représentent de gros chantiers d’entretien [2] « On se concentre sur les arrêts pour rechargement de combustibles, qui durent entre 40 et 50 jours, explique EDF. Ces travaux sont nécessaires pour pouvoir fournir de l’électricité cet été, cet automne et cet hiver. » Sur ces types de chantiers, le nombre de personnes présentes peut être très élevé, « on passe aisément de 800 à 1500 personnes sur site », décrit un sous-traitant.

Le rythme, effréné, de ces arrêts de tranche va-t-il être ralenti pour que les salariés, notamment sous-traitants, ne prennent pas des risques inconsidérés ? « Nous n’avons reçu aucune information en ce sens », dit Gille Reynaud, président de l’Association de défense des sous-traitants de l’industrie nucléaire Ma zone contrôlée, qui se dit très inquiet. Les salariés n’ont pas de masques, pas de gel hydroalcoolique, et ils ne peuvent pas respecter les distances de sécurité qui préviennent la propagation du covid-19. « Dans les vestiaires, les gars sont à touche-touche, décrit Gilles Reynaud, Ils passent par des portiques que tout le monde a touchés, attrapent des dosimètres qui ne sont pas désinfectés, ouvrent des portes jamais nettoyées. » Quand les salariés demandent des masques, ou des gants et du gel hydro-alcoolique à leurs employeurs, ces derniers les renvoient vers EDF, qui leur dit en retour d’aller voir leurs employeurs [3]. « Ils se renvoient la balle et les salariés travaillent sans protection », tempête Gilles Reynaud. EDF s’est pourtant engagée à « maintenir la continuité du service client tout en préservant la santé de ses salariés et de ses prestataires ».

« En période de crise, les sous-traitants assurent la continuité du service public, sans les primes ni les salaires qui vont avec »

Les sous-traitants sont d’autant plus en colère que la situation exceptionnelle de pandémie met en évidence le rôle crucial qu’ils jouent au sein du service public de l’électricité. « Je confirme que les déplacements de M. Jules sont nécessaires pour assurer la continuité de fonctionnement et la sûreté du site nucléaire », affirme un prestataire dans un laisser-passer qui autorise les déplacements en cette période de confinement. « La présence de M. Martin est nécessaire pour assurer les missions essentielles de l’entreprise EDF et permettre la continuité du service public », souligne un autre. « C’est le comble de l’hypocrisie, estime Gilles Reynaud. Les sous-traitants de la filière nucléaire sont réquisitionnés pour assurer le service public de fournisseur d’électricité, et on ne peut pas les protéger ? C’est lamentable. »

« On s’aperçoit, en période de crise, que des sous-traitants assurent la continuité du service public, dit un agent EDF du secteur nucléaire. Sauf que, contrairement à nous, ils n’ont pas les primes qui vont avec, ni les salaires, ni les congés, etc. Ils ont raison de s’insurger. C’est une honte. Quant à nous, on se fait féliciter pour notre dévouement, mais il y a quelques mois, ils voulaient défoncer notre statut avec le projet Hercule. Sans parler de la réforme des retraites… »

« L’état d’anxiété sur le terrain est très élevé. Les gens ne se sentent pas respectés »

« De rares sous-traitants ont osé exercer leur droit de retrait, mais c’est très compliqué, reprend Gilles Reynaud. Il y a des pressions pour qu’ils continuent à venir. » Ailleurs, on leur a déclaré qu’ils ne pourraient bénéficier du chômage partiel. « L’état d’anxiété sur le terrain est très élevé. Les gens ne se sentent pas respectés. Le risque, c’est qu’ils fassent du mauvais boulot. Et le mauvais boulot quand on s’occupe de maintenance nucléaire, c’est quand même problématique. » « La particularité de notre industrie est double puisqu’elle constitue un service public essentiel – la production d’électricité – et qu’elle nécessite à chaque instant la maîtrise de la sûreté nucléaire », a rappelé Marc Simon-Jean, directeur de la centrale de Fessenheim à propos de la gestion de la crise covid-19 par EDF [4].

L’évolution très rapide de l’épidémie va-t-elle pousser EDF à revoir sa copie ? On ne sait rien, pour le moment, de la façon dont l’épidémie se propagera au sein des travailleurs et travailleuses qui font tourner les centrales nucléaires. « Des mesures ont immédiatement été prises au niveau local afin d’éviter toute propagation du virus », assure EDF. Sur le terrain, ce n’est pas flagrant. « Ça s’organise doucement, rapportaient des agents EDF le 20 mars dernier. Il y a d’abord eu les gestes barrière, un mètre de distance, pas de bise, etc. Mais on a continué à être dix dans les ascenseurs, et à appuyer tous sur les mêmes boutons pour pouvoir accéder au site… »

« La situation pourrait devenir tendue si l’on est vraiment nombreux à être malades en même temps »

« Dans le secteur, on est prêts s’il faut rester sur place : on a des lits, de quoi manger, etc. On sait a priori faire face aux crises, du moins certaines d’entre elles, remarque un autre agent. Plus peut-être que dans les autres industries. La situation pourrait devenir tendue, par contre, si l’on est vraiment nombreux à être malades en même temps. Un peu comme dans les hôpitaux finalement. » Aux absences potentielles pour cause de maladie ou de quarantaine, s’ajoutent pour le covid-19 l’absence de parents qui se sont placés en arrêt maladie pour s’occuper de leurs enfants.

Quoi qu’il arrive dans les prochains jours, EDF ne pourra pas se passer des sous-traitants. « Certains d’entre eux font partie des protocoles de sûreté, par exemple les gardiens », remarque un agent. Il est peu probable que les agents réquisitionnés pour faire tourner les centrales se mettent à faire le ménage. Les femmes qui en ont la charge, sous-traitantes dans leur grande majorité, seront donc tenues de continuer à venir. « Notre présence est nécessaire pour assurer la continuité du service public, insiste Gille Reynaud. Pourquoi alors, nous refuser le statut d’agent.e EDF que nous réclamons depuis si longtemps ? » Peut-être leur sera-t-il accordé au sortir de cette crise sanitaire inédite ?

L’Autorité de sûreté nucléaire se dit en tout cas attentive à leur sort. Elle a alerté la direction d’EDF sur la situation de ces salariés sous-traitants « en lui demandant de définir clairement quelles sont les activités de maintenance ou de logistique pour lesquelles une continuité est indispensable » et « de veiller à ce que les conditions de santé et sécurité soient communiquées et mises correctement en place » [5].

Notes

[1] Voir cet article d’Europe 1

[2] Quatre autres centrales sont à l’arrêt pour travaux hors maintenance programmée.

[3] Quelques témoignages à lire ici.

[4] Voir ici.

[5] Voir le communiqué de l’ASN du 26 mars.

Par Nolwenn Weiler, publié le 27 mars 2020

Photo en titre : les quatre réacteurs et les cheminées d’évacuation de la vapeur de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) / CC Yelkrokoyade

https://www.bastamag.net/Covid19-centrales-nucleaires-EDF-contamination-service-public-sous-traitants

LA CRISE DU NUCLÉAIRE IRANIEN

Intervention de François Nicoullaud, Diplomate, ambassadeur de France en Iran de 2001 à 2005, lors du colloque « Iran, États-Unis, où la crise au Moyen-Orient nous conduit-elle ? » du mercredi 5 février 2020.

Comment se fait-il que les États-Unis aient laissé s’installer en Irak des gouvernements issus de partis chiites proches de l’Iran ? me demandiez-vous. La réponse est très claire : les Américains ont introduit en Irak un virus extrêmement dangereux qui s’appelle la démocratie. À partir du moment où la Constitution du pays appliquait des principes démocratiques, la loi de la majorité, qui est chiite, jouait. Parmi ces chiites, le parti Dawa et le Conseil suprême de la révolution irakienne étaient également très proches de l’Iran. Les États-Unis ont dû très vite s’incliner devant cette influence iranienne. Ils ont essayé de composer, de négocier la nomination de gens qui ne leur soient pas trop opposés mais ils ont, à vrai dire, à moitié réussi. En fait, tout ceci relève du désastre de l’intervention en Irak. Avec beaucoup de clairvoyance, le Président Chirac avait dit à G. W. Bush avant l’intervention : « Vous allez au désastre, vous allez introduire en Irak le pouvoir des chiites. » C’est bien ce qui s’est passé.

Le Moyen-Orient est à l’heure actuelle dans une situation hautement volatile, comme en témoignent toute une série d’incidents récents. Sans atteindre le niveau dramatique des épisodes de la guerre Irak-Iran, ou de la première et deuxième intervention d’une coalition en Irak, la situation est lourde de dangers. Tout le monde a le sentiment que les pays de la région négocient ou s’affrontent au bord du gouffre.

Au cœur de tout cela, l’Iran, apparaît comme une menace pour son environnement.

Il est une menace pour les pays du Golfe persique et quelques autres, pour l’essentiel par son poids spécifique : ses 80 millions d’habitants en font un géant même face à l’Arabie saoudite, à plus forte raison face aux différents Émirats. Il est aussi une menace en raison de l’idéologie de la Révolution islamique : on parle du « Guide suprême de la Révolution islamique », non du « Guide suprême de la révolution iranienne », ce qui signifie que la révolution iranienne a vocation à s’étendre à l’ensemble du monde musulman. Il s’agit de se débarrasser des régimes impies et des mauvais musulmans de la même façon qu’à l’époque de la Révolution française on voulait se débarrasser des tyrans. Les révolutionnaires iraniens, se considérant comme les meilleurs musulmans, ont voulu imposer à l’ensemble du monde musulman leur vision de l’islam et d’une société islamique commandée par les docteurs de la foi, ce qui était évidemment tout à fait inacceptable pour leur environnement.

L’Iran est aussi une menace pour Israël. Dès les débuts de la Révolution islamique, Khomeini a pris position très clairement pour la destruction de l’État d’Israël. S’agissait-il d’aller le détruire ou de prédire qu’un jour il disparaîtrait ? Les exégètes s’affrontent. En fait cela n’a jamais traversé l’esprit des Iraniens de déclencher une guerre contre Israël même si, pendant la guerre Irak-Iran, Khomeini avait déclaré que la conquête de Kerbala, lieu saint d’Irak, « ouvrait la voie vers Jérusalem ». Il n’est ensuite jamais revenu là-dessus. Mais on comprend qu’Israël perçoive cela comme une menace existentielle. Comme toujours, par un phénomène de retournement, les dirigeants israéliens ont utilisé cette menace pour mobiliser la solidarité de l’Occident, des États-Unis. Ils ont assez habilement retourné, instrumentalisé cette menace. Côté iranien, cette posture – plus Palestinien que moi tu meurs ! – leur permettait d’apparaître comme les meilleurs musulmans du monde et de démontrer que les pays arabes de la région ne faisaient pas vraiment leur devoir. Au-delà même de l’islam, les Palestiniens représentaient aussi tous les opprimés du monde. Cette conjonction d’un islam conquérant et d’une vision tiers-mondiste caractérise précisément l’islam politique iranien.

La menace iranienne contre les pays de la région, les pays arabes, Israël, a été amplifiée par l’effet multiplicateur du programme nucléaire iranien.

En effet, sans programme nucléaire iranien, ces menaces seraient probablement assez gérables, on pourrait s’en accommoder, on pourrait travailler dessus. Mais le programme nucléaire introduit une nouvelle dimension et élargit la menace au-delà des pays de la région car si le régime iranien ne menace pas l’Occident dans son intégrité, il menace la position dominante des puissances occidentales en matière de technologies nucléaires. En laissant entendre qu’il veut devenir une puissance nucléaire (purement civile ou aussi militaire, là est l’incertitude), l’Iran veut clairement prendre une revanche sur l’histoire. C’est une question de statut, c’était vrai du temps du Shah, c’est encore plus vrai du temps de la Révolution islamique. L’Iran ne veut pas se laisser enfermer dans le sort d’un pays pétrolier qu’on exploite, qui gaspille ses richesses et qui, au bout de quelques générations, se retrouve aussi pauvre qu’avant. Considérant son histoire, sa civilisation, l’Iran veut jouer dans la cour des grands. À cette fin, le nucléaire est évidemment un élément symbolique extrêmement fort.

Quel genre de nucléaire ?

Sur cette question, l’Iran a été ambigu. Il a certainement voulu avoir la bombe puis a réalisé à un certain moment que cela allait lui créer plus de problèmes que cela n’en résoudrait. Il a assez vite compris qu’un Iran nucléaire militaire était inacceptable pour les États-Unis, pour Israël, et que ces pays n’hésiteraient pas à faire tout ce qu’il faudrait pour l’empêcher d’avoir la bombe.

En revanche, l’Iran de la Révolution islamique, parcourant d’ailleurs le même raisonnement que le Shah, s’est dit qu’il avait tout intérêt à devenir un « pays du seuil » en acquérant par les voies du nucléaire civil, par le développement d’un parc industriel nucléaire, toutes les technologies qui permettent en cas de besoin d’accéder à la bombe. L’idée d’être un « pays du seuil », capable, si nécessaire, de produire une bombe en deux ou trois ans grâce aux technologies acquises, est à peu près suffisante pour traiter toute menace stratégique, du type « fils de Saddam », qui apparaîtrait dans la région. Être un « pays du seuil » paraît être le bon compromis qui permet d’avancer le plus loin possible sans franchir le seuil fatidique qui entraînerait une réplique insupportable pour la survie de l’Iran et surtout la survie du régime.

Cette « dissuasion » qui se fait sur cette limite du seuil se combine avec une dissuasion balistique. Les Américains, les Français, et d’autres, considèrent à juste titre que le balistique va avec le nucléaire. Dans le cas de l’Iran, il est certain que le développement d’un parc balistique important, même simplement équipé de têtes conventionnelles, est un élément dissuasif tout à fait significatif. L’Iran a d’ailleurs fait ce choix parce qu’il n’avait plus la possibilité d’acheter du matériel de guerre à l’extérieur, sinon auprès de la Chine ou de l’Union soviétique puis de la Russie dont il considérait les matériels comme plutôt médiocres. Ne pouvant développer une force aérienne à l’image de celle que détiennent ses voisins, il a décidé de tout miser sur la balistique.

Il ne s’agit pas d’une balistique de première frappe. Si les Iraniens se risquaient à frapper Israël, ils lui infligeraient sans doute des destructions sensibles mais la riposte serait évidemment désastreuse pour l’Iran. En revanche, les Israéliens comprennent bien que s’ils frappent en premier, même s’ils font des dégâts considérables, la riposte iranienne fera très mal et cela les amène certainement à y réfléchir à deux fois avant d’intervenir sur le sol iranien.

Cette dissuasion entre même dans le jeu à l’égard des États-Unis. On vient de le voir dans l’épisode qui a suivi l’exécution de Qassem Soleimani, avec cette frappe iranienne extrêmement bien calibrée, efficace : les missiles ont touché un espace assez restreint. Heureusement, les Iraniens avaient prévenu les Américains qu’ils allaient frapper, donc tout le monde était aux abris. Tout cela était bien calculé. Mais la signification du geste, la démonstration de la capacité iranienne a évidemment impressionné les Américains. Donc l’escalade s’est arrêtée là. On peut considérer que, à part l’épisode tragique de l’avion ukrainien abattu par erreur par la défense anti-aérienne iranienne, c’était plutôt un succès. Les Américains ont compris que la menace pouvait viser l’ensemble de leurs bases au Moyen-Orient, ainsi que les bases de leurs alliés, qui se trouvaient fragilisées même si elles sont en partie équipées de missiles anti-missiles (Patriot), ce qui n’était pas le cas de la base américaine touchée en Irak.

Il se crée donc avec les pays de la région un équilibre de type dissuasif, même s’il ne répond pas à la définition classique de la dissuasion nucléaire où il faut vraiment détenir l’arme pour obtenir une dissuasion maximale.

Face à cela, comment les États-Unis se positionnent-ils ?

Donald Trump, dans cette affaire, est pris dans une série de contradictions qui reflètent les contradictions mêmes de son électorat.

Dans la définition de sa politique à l’égard de l’Iran, il doit tenir compte d’abord de la détestation de la grande majorité des Américains à l’égard de l’Iran. L’Iran est très peu populaire aux États-Unis pour des raisons qu’on connaît bien et qui se comprennent. Les Iraniens ont infligé aux États-Unis des humiliations cuisantes. La prise en otages de 52 diplomates en dépit de toutes les lois internationales, geste véritablement transgressif, a été une humiliation profonde pour les Américains. Tout comme la frappe de militants de ce qui allait devenir ensuite le Hezbollah au Liban qui a tué 250 Marines américains (et d’ailleurs, le même jour, une cinquantaine de parachutistes français). Ce sont quand même des souvenirs terribles qui, dans l’esprit des Américains, se situent un peu au niveau de Pearl Harbor ou du départ du Vietnam. Ils sont profondément ancrés dans la mémoire de l’électorat américain.

En même temps, cet électorat ne veut pas de guerres lointaines, Donald Trump l’a très bien compris, il est lassé des « guerres sales » dans des pays dont on ne sait pas très bien où ils se trouvent sur la carte mais dont on perçoit la réalité au fur et à mesure que rentrent aux États-Unis les body bags, les corps des militaires tombés dans ces opérations obscures, interminables, extrêmement coûteuses. D’autre part, au fur et à mesure que Donald Trump se rapproche de l’élection, il se doit de ne pas apparaître comme faible. Un Président qui souhaite se faire réélire doit veiller à ne pas se montrer comme cédant à la pression extérieure.

Donald Trump, pour arriver à concilier tout cela, finit par adopter une ligne étroite, une ligne de crête, ce sont les fameuses sanctions.

Sanctions qui, il faut le rappeler, avaient déjà été appliquées – et durement appliquées – par Barack Obama. Car même si Barack Obama voulait négocier avec l’Iran, il voulait le faire en position de force.

Malheureusement, il n’a pu négocier que pressé par le temps à la fin de son mandat. Idéalement, dans une vision un peu cynique des choses, il aurait dû attendre avant d’offrir de négocier et de faire des concessions à l’Iran. Mais Barack Obama voulait obtenir un succès diplomatique majeur qu’il puisse afficher face à l’histoire. Et donc – c’est l’analyse des néoconservateurs américains – il a négocié trop tôt.

Donald Trump revient sur tout cela et décide de bien s’assurer qu’il met l’Iran à genoux avant de lui tendre la main pour une négociation. La difficulté, c’est que Donald Trump ne sait pas très bien sur quoi sa politique va déboucher. En homme de « deal », en businessman, il serait assez content de parvenir à un accord. Mais une autre contrainte s’ajoute à celles déjà énoncées : il faut qu’il obtienne un accord qui soit meilleur que celui de Barack Obama ! En effet, pendant toute sa campagne électorale, il a répété que c’était le pire des accords jamais signés par les États-Unis. Donc il le dénonce, par haine de Barack Obama, par volonté de détruire son héritage politique. Mais une fois qu’il l’a détruit, sur quoi reconstruire ? Il sera très compliqué d’obtenir plus que ce que Barack Obama avait obtenu lui-même. Car Barack Obama avait fait une concession majeure pour obtenir cet accord en renonçant à ce qui avait été le « mantra » de la négociation du côté occidental pendant dix ans – mais il est vrai sans succès – à savoir que l’Iran devait renoncer totalement à son programme d’enrichissement par centrifugation, cette technologie qui est la meilleure et la pire des choses, qui alimente en combustible des centrales nucléaires tout à fait pacifiques mais peut servir à fabriquer des bombes. Pour les Iraniens, c’était inacceptable pour toutes les raisons qui ont été évoquées. Barack Obama a donc décidé de renoncer à cette revendication et d’accepter que l’Iran conserve un programme de centrifugation soigneusement encadré, rigoureusement inspecté. C’était le deal. Faire mieux que cela, obtenir que l’Iran abandonne des parts essentielles de son programme nucléaire, obtenir qu’il bride, voire supprime son programme balistique est une vision tout à fait irréaliste. On est donc dans une situation bloquée, d’autant plus bloquée que l’on va vers une campagne électorale dans laquelle Donald Trump ne peut pas apparaître comme faisant des concessions. Il doit obtenir une victoire éclatante sur l’Iran mais il y a peu de chances que l’Iran cède même si ce pays souffre. Les Iraniens sont habitués à souffrir. S’ils se révoltent, le régime tire sur la foule sans aucun état d’âme.

Et malheureusement pour les néoconservateurs américains, les conditions ne sont pas réunies pour une nouvelle révolution qui ferait tomber le régime islamique. Cela pour trois raisons :

. La première c’est qu’il manque à ce jour l’alliance, nécessaire à toute révolution, des classes populaires et des classes moyennes. Cette alliance existait en 1979. Tous les soulèvements qui ont eu lieu ensuite étaient le fait, soit des unes, soit des autres, mais ces deux mondes ne se sont plus jamais rencontrés.

. La seconde, c’est qu’il n’y a jamais eu depuis 1979 de leader charismatique qui puisse animer un mouvement de contestation du régime.

. La troisième, c’est qu’il faut aussi, pour qu’une révolution réussisse, que le régime en place perde un peu le moral. Le Shah, par exemple, avait vraiment perdu le moral. S’il avait fait tirer sur la foule aussi férocement que l’a fait la République islamique, il n’y aurait probablement pas eu de révolution. Mais il a préféré s’effacer. Ces trois éléments ont conduit au succès de la Révolution islamique et n’ont plus été réunis depuis.

Que va-t-il se passer ?

Prédire l’avenir est toujours un peu risqué pour les analystes.

Si Donald Trump gagne les élections, il va retrouver la liberté de manœuvre qu’a un Président des États-Unis dans son second mandat, quand il n’a plus à se soucier de sa réélection et peut donc s’autoriser des gestes, des ouvertures, qu’il ne pouvait pas envisager dans un premier mandat. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec Barack Obama dans cette affaire.

Si Donald Trump n’est pas réélu, on verra arriver de nouvelles équipes qui essaieront de renouer avec l’Iran. Mais ce ne sera pas très facile car les dirigeants devront toujours tenir compte de leur opinion, et aussi de la pression considérable qu’exerce Israël sur la vie politique américaine.

Les espoirs d’une sortie prochaine de crise sont donc ténus.

Quant aux Européens… il n’y a pas grand-chose à en dire. Ma conclusion sera brève, malheureusement.

Au niveau politique, la volonté est là, plutôt sympathique. Nous voudrions aider l’Iran mais nous sommes entravés par les sanctions américaines car aucune société européenne ne peut prendre le risque d’aller travailler en Iran. Les propos allants que nous tenons ne débouchent donc sur rien.

Il y a eu des tentatives intéressantes de notre Président pour essayer d’obtenir des petits pas des deux côtés afin, du moins, de faire baisser la tension, d’éviter un phénomène de surfusion politique, stratégique, qui aurait pu basculer dans un affrontement guerrier. Il n’a pas tout à fait réussi. Il n’a pas non plus tout à fait échoué puisqu’il n’y a pas de guerre en ce moment.

C’est difficile à accepter, mais il y a des moments dans l’histoire où il n’y a pas, à un instant T, de solution convenable aux problèmes qui se posent. Il faut attendre que surviennent des opportunités, des ouvertures. Il faut attendre des jours meilleurs, tout en continuant à travailler, à réfléchir, à dialoguer. Je pense que c’est ce qu’essaient de faire un certain nombre de diplomaties européennes, malheureusement trop modestement et privées de leviers d’action.

Merci beaucoup.
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Jean-Pierre Chevènement

Merci, Monsieur l’ambassadeur.

J’ai envie de vous poser une question au sujet de la nature du régime iranien. C’est un régime religieux, je n’apprends rien à personne. Mais il faut s’accommoder de régimes assez différents à la surface de la terre, en application du principe dit de non-ingérence.

Jusqu’où ce régime religieux est-il tolérable ? En principe nous devons respecter le fait que l’Iran est ce qu’il est. Il s’agit d’un régime de type millénariste : on percevait dans l’idéologie de Rouhollah Khomeini une vision quelque peu apocalyptique. Il me semble nécessaire de mieux comprendre la nature idéologique exacte, le Velayat-e faqih, la dictature des juristes. Ce régime, en effet, obéit à une certaine logique.

Il faut bien reconnaître que le terrorisme vient plutôt du côté sunnite que du côté chiite. Bien sûr il y a eu les attentats que vous avez rappelés, mais le djihadisme à grande échelle est plutôt d’origine sunnite, qu’il s’agisse d’Al-Qaida ou de Daech. J’entends bien le discours de M. Cousseran sur le fait qu’il y a toute une organisation (Al-Qods, Moudjahidines, milices, bassidjis, etc.). Il faut essayer de gérer cela.

Le Président Obama avait fini par trouver une solution vivable. Toute révolution décrit un orbe et on peut donc penser qu’il arrive un moment où une attitude de contention, de containment, est ce qu’il y a de plus raisonnable. On pensait y être arrivé.

Là on est dans une situation où il n’y a plus de solution. On ne voit pas comment cela peut évoluer.

Vous avez dessiné deux perspectives optimistes. En cas de victoire de Donald Trump, la possibilité d’une ouverture. Dans l’autre hypothèse, une victoire des démocrates – qu’on ne voit pas poindre à l’horizon –, ce serait difficile, en tout état de cause, pour les raisons que vous avez dites et qui sont puissantes.

Si cette région est à l’évidence un foyer d’instabilité très grave pour le monde entier, elle l’est particulièrement pour nous Européens qui en sommes les voisins et où nous sommes profondément impliqués. Comment les Européens n’ont-ils pas été capables de développer ouvertement, à l’échelle mondiale, par tous les moyens modernes de communication, une autre perspective que celle dans laquelle nous sommes enfermés ? Parce que nous sommes enfermés, nous ne sommes plus des pays indépendants. Les entreprises ne peuvent plus investir en Iran, ne peuvent plus commercer avec l’Iran. Nos banques sont tétanisées… C’est une situation que nous avons déjà étudiée, nous avons consacré deux colloques à l’extraterritorialité du droit américain [1]. Il y a là un problème énorme. Allons-nous nous résigner, nous Européens, à n’être plus qu’un petit caniche à l’échelle de l’Histoire ?

François Nicoullaud

La question de la nature du régime est tout à fait intéressante. Khomeini, au départ, a introduit dans la vision classique du chiisme une dimension tout à fait nouvelle qui était d’ailleurs rejetée par la plupart de ses pairs : plutôt que d’attendre tranquillement l’arrivée du « douzième Imam » qui doit instaurer le bonheur sur terre à la fin des temps (vieux mythe zoroastrien récupéré par plusieurs religions), plutôt que d’attendre tranquillement l’apocalypse, il faut essayer de gérer au mieux le quotidien de la politique. Et qui peut mieux que les docteurs de la foi conduire un pays, conduire l’islam et le monde à l’avènement du « douzième Imam », et préparer les voies de son arrivée ?

Mais, fait intéressant, la révolution a été le fruit d’une combinaison. À la vision de Khomeini s’est superposée celle des libéraux, des progressistes, d’une classe intellectuelle, des étudiants, qui appuyaient les aspirations de la population iranienne à la démocratie.

Khomeini avait débuté sa carrière politique en s’opposant au vote des femmes mis en place par le Shah. En 1962-1963, il s’opposait au Shah en l’attaquant sur ce point, ce qui était extrêmement populaire auprès des autres religieux.

Dix-sept ans plus tard, à son corps défendant, il a été obligé de tourner casaque, d’accepter le suffrage universel et en particulier le vote des femmes.

C’est donc un régime hybride qui se met en place, avec une constitution qui combine une vision millénariste, autoritaire, de la gestion d’un pays avec une ouverture démocratique. C’est un système bizarre, mais qui a des élections. Il y a eu à peu près une grande élection tous les ans depuis les débuts de la Révolution islamique, ne manquent pas de rappeler, à juste titre, les Iraniens.

Ensuite, il faut voir comment se déroule cette élection, comment sont choisis les candidats, etc. Lors de son intronisation, à son deuxième mandat, devant tous les dignitaires du régime et quelques ambassadeurs, le président Khatami a fait un long discours où il célébrait la victoire du peuple et le respect de la souveraineté populaire. Après quoi Khamenei a pris la parole : « Oui, la démocratie est absolument essentielle à notre République », a-t-il déclaré, mais « toute démocratie doit être encadrée ». D’ailleurs, a-t-il ajouté, « les démocraties populaires étaient encadrés par l’idéologie marxiste et le Parti communiste, et les démocraties occidentales sont encadrées par l’argent. Il est impossible de gagner une élection aux États-Unis sans être soutenu par le grand capital… Notre démocratie, elle, est encadrée par la loi de Dieu ! Nous avons donc la meilleure, la plus parfaite des démocraties. Cet encadrement par la loi de Dieu nous évite tous les phénomènes de corruption qui ont pénétré l’Occident, l’homosexualité, la drogue, etc. ».

Voilà la vision qu’ont les dirigeants iraniens de leur propre régime.

Renaud Girard

J’ajouterai que le Velayat-e faqih est le gouvernement des jurisconsultes en religion, des clercs en religion. Ce n’est pas le Conseil d’État !

La grande différence entre le chiisme et le sunnisme c’est que le chiisme accepte plusieurs écoles, plusieurs interprétations. Dans le chiisme, l’interprétation est libre alors qu’elle a été bloquée à Bagdad par le hanbalisme au IXème siècle et en Espagne un peu après Averroès au XIIème siècle. Le sunnisme est donc une religion qui n’interprète plus, qui ne se discute plus, qui ne se remet pas en cause. Il n’a pas connu de réforme comme, en Occident, la Réforme et la Contre-Réforme.

Dans le chiisme donc, l’interprétation est libre. Il existe d’ailleurs des écoles d’interprétation différentes. Le plus grand ayatollah chiite, Ali al-Sistani, en Irak, à Najaf, condamne ouvertement le système politique iranien du Velayat-e Faqih. Il y a eu en Iran une école tout à fait libérale qui était incarnée par l’ayatollah Hossein Ali Montazeri (mort en 2009). On a connu au Liban un ayatollah Fadlallah qui était aussi tout à fait libéral.

Si les chiites acceptent ces différentes interprétations c’est parce que leur religion est messianique. Ils attendent le retour du douzième imam (le Mahdi), sauveur ultime de l’humanité, qui serait né en l’an 869 à Samarra, dans l’actuel Irak, où a été construit le Sanctuaire Al-Askari au dôme d’or, gravement endommagé par deux attentats (en 2006 et 2007) imputés au groupe Al-Qaïda en Irak, ce qui a entraîné de sanglants affrontements.

Jean-Pierre Chevènement

On s’éloigne un peu de la nature du régime iranien car même la liberté d’interprétation, caractéristique originale, ne change pas la nature même du régime qui est aujourd’hui ce qu’il est.

Renaud Girard

Tout à fait.

Sur le terrorisme, il faut dire les choses telles qu’elles sont, les chiites n’ont pas commis d’actes terroristes à partir de ce millénaire. Leurs actes terroristes remontent bien avant, tel l’attentat de la rue de Rennes. Mais au même moment nos Super-étendards, avec des pilotes français, étaient mis à disposition des Irakiens…

Jean-Pierre Chevènement

Cela se passait en 1983. Je n’étais plus au gouvernement mais, à ma connaissance, les pilotes n’étaient pas français. Ces avions étaient mis à disposition de pilotes irakiens qui avaient en effet été formés en France [2]. Il faut toujours rester objectif.

NOTES:

[1] « L’extraterritorialité du droit américain », colloque organisé par la Fondation Res Publica le 1er février 2016 ; « L’Europe face à l’extraterritorialité du droit américain », colloque organisé par la Fondation Res Publica le 24 septembre 2018.

2] L’« opération Sugar » est le nom d’une opération d’aide militaire à l’Irak menée par le gouvernement français le 7 octobre 1983. Elle consista à prêter cinq Dassault Super-Étendard à l’Irak, qui utilisa ces appareils lors de la guerre des pétroliers. Les pilotes et mécaniciens irakiens avaient été entraînés à la base d’aéronautique navale de Landivisiau.

Le cahier imprimé du colloque « Iran, Etats-Unis, où la crise au Moyen-Orient nous conduit-elle ?«  est disponible à la vente dans la boutique en ligne de la Fondation.

Fondation Res Publica, publié le mercredi 25 Mars 2020

https://www.fondation-res-publica.org/La-crise-du-nucleaire-iranien_a1267.html

70 ANS APRÈS L’APPEL DE STOCKHOLM POUR L’INTERDICTION DE L’ARME ATOMIQUE : LE DEVOIR D’AGIR ET LE POUVOIR DE GAGNER L’ÉLIMINATION DE L’ARME ATOMIQUE

Communiqué du Mouvement pour la paix : Le 19 mars 1950, le Conseil mondial de la Paix réuni à Stockholm lance un appel : « Nous exigeons l’interdiction absolue de l’arme atomique, arme d’épouvante et d’extermination massive des populations. Nous exigeons l’établissement d’un rigoureux contrôle international pour assurer l’application de cette mesure. Nous considérons que le gouvernement qui, le premier, utiliserait, contre n’importe quel pays, l’arme atomique commettrait un crime contre l’humanité et serait à traiter comme un criminel de guerre. Nous appelons tous les hommes de bonne volonté dans le monde à signer cet appel ». Cet appel pour l’interdiction absolue de l’arme atomique a recueilli des centaines de millions de signatures dans le monde.

En 70 ans, nous avons gagné de nombreuses batailles contre les armes de destruction massive : armes biologiques interdites en 1972, armes chimiques interdites en 1993, cinq Traités créant des Zones exemptes d’armes nucléaires entre 1959 et 1996, entrée en vigueur du Traité de non-prolifération nucléaire ( TNP ) en 1970, entrée en vigueur du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires en 1996 (TICEN), et l’adoption du TIAN (Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires) en 2017 à l’ONU.

Ce sont des résultats concrets à mettre au crédit de cet appel qui inspire depuis les actions du Mouvement de la Paix. Maintenant nous sommes en capacité de gagner dès 2020/2021 la bataille pour l’entrée en vigueur du TIAN et son application qui permettra d’engager l’élimination définitive des armes nucléaires.

L’homme est pleinement responsable de la création de l’arme nucléaire. Il a le devoir de réaliser son élimination. En conséquence, nous réaffirmons, 70 ans après l’appel de Stockholm, l’urgence d’éliminer ces armes dangereuses, inhumaines, abominables, illégales et coûteuses qui menacent l’existence même de l’humanité.

Nous réaffirmons que leur élimination est un besoin commun à l’ensemble de l’humanité et une étape essentielle pour promouvoir la sécurité, le bien-être de tous les peuples et développer une culture de la paix nécessaire pour satisfaire l’aspiration fondamentale des peuples à vivre en paix et à construire une civilisation de paix qui assure à l’ensemble de l’humanité une sécurité sanitaire, écologique et économique dans un monde interconnecté.

L’élimination des armes nucléaires permettrait de dégager des ressources dont le monde a un besoin urgent pour augmenter les budgets de tout ce qui touche à la sécurité sanitaire (OMS, hôpitaux, etc…) et de diminuer les budgets militaires qui contribuent à notre insécurité.

Michelle Bachelet, Cheffe des droits de l’homme des Nations Unies, et Filippo Grandi, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, affirment : « Le Covid-19 constitue un test non seulement pour nos systèmes de santé et nos mécanismes de réponse aux maladies infectieuses, mais c’est aussi un test de notre capacité à collaborer en tant que communauté de nations face à un défi commun ».

En ce 70ème anniversaire de l’appel le plus connu du monde, ne faut-il pas ajouter qu’un monde débarrassé de ses 16000 bombes nucléaires serait un acte vers les valeurs essentielles de la vie ?

76 % des français sont favorables à l’engagement de la France dans un processus d’élimination des armes nucléaires (sondage IFOP juin 2018 : La Croix, Mouvement de la Paix, Planète Paix). Au plan mondial un vaste front s’est constitué pour l’élimination des armes nucléaires : 122 États dont le Vatican, l’ONU, la Croix-Rouge internationale, toutes les organisations syndicales au plan mondial, un réseau mondial des maires pour la Paix, des milliers d’associations et de réseaux à travers le monde, la campagne ICAN (Prix Nobel 2017).

Il est de la responsabilité de chacun, dans son pays, d’agir pour la ratification du Traité d’interdiction des armes nucléaires afin d’obtenir de tous les États qu’ils ratifient et appliquent le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) qui entrera en vigueur dès qu’il aura été ratifié par 50 États (36 l’ont fait au 25 mars 2020).

Comme le disait Albert Camus le 8 Aout 1945 dans Combat « Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison ».

Nous avons le devoir d’agir et le pouvoir de gagner l’élimination des armes atomiques !

Par Le Mouvement de la Paix, le 25 mars 2020, publié le 26 mars 2020 par Témoignage

Pour signer la pétition cliquez sur le lien « ratification du TIAN »

https://www.temoignages.re/international/monde/70-ans-apres-l-appel-de-stockholm-pour-l-interdiction-de-l-arme-atomiques-le-devoir-d-agir-et-le-pouvoir-de-gagner-l-elimination-de-l-arme-atomique,97506

CORONAVIRUS-L’ASN A ALERTÉ EDF SUR LES PRESTATAIRES DU NUCLÉAIRE

PARIS, 26 mars (Reuters) – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé jeudi avoir alerté EDF EDF.PA sur la situation de salariés d’entreprises prestataires intervenant au sein des centrales françaises afin de leur assurer notamment une protection suffisante dans le contexte de l’épidémie de coronavirus.

EDF doit dans ce cadre « définir clairement quelles sont les activités de maintenance ou de logistique pour lesquelles une continuité est indispensable afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté pour ces entreprises et leurs salariés« , a indiqué l’ASN dans une note d’information.

Le groupe doit aussi « veiller à ce que les conditions de santé et sécurité soient communiquées et mises correctement en place sur les sites pour tous les salariés« .

L’ASN a par ailleurs adapté sa propre organisation au contexte du coronavirus en suspendant ses inspections avec déplacements sur site, sauf exceptions, et en les remplaçant par des contrôles à distance portant notamment sur l’examen de documents liés à l’exploitation courante des centrales nucléaires.

EDF privilégie pour sa part l’exploitation de ses sites indispensable à la fourniture d’électricité et étudie actuellement les conditions de poursuite des activités de maintenance des réacteurs lors des arrêts pour rechargement.

Le groupe a dû modifier mi-mars des procédures de contrôle de radioactivité au sein de ses centrales après l’exercice par quelques salariés – en très grande majorité des prestataires – de leur droit de retrait pour cause de crainte de contamination par le coronavirus.

La note de l’ASN : https://bit.ly/2UlhZED

Par Benjamin Mallet, édité par Bertrand Boucey, publié le 26 mars 2020 à 11h20 (Reuters)

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/coronavirus-l-asn-a-alerte-edf-sur-les-prestataires-du-nucleaire-d26050691abd397aad2d2edb4f9e9341

CORONAVIRUS : LES CONSÉQUENCES SUR LE MARCHÉ DE L’ÉLECTRICITÉ

Difficile pour le moment de déterminer tous les impacts qu’aura l’épidémie de coronavirus sur le secteur électrique. Certains effets se feront sentir à court terme, et d’autres à plus long terme. Intuitivement, nous pouvons déjà en dessiner les contours.

L’électricité est un bien de première nécessité et comme pour tout service public, elle est soumise à trois principes : continuité, égalité de traitement et adaptabilité.

C’est le premier d’entre eux qui est ici vital. Il n’y a aucune crainte de ce côté-là, car les opérateurs (EDF, RTE et Enedis) ont des plans qui garantissent que les centrales nucléaires et thermiques maintiendront leur fonctionnement – même avec 40 % d’absentéisme en cas de pic d’épidémie – et que les réseaux seront en état de marche.

Priorité est donnée aux agents opérationnels, qui font marcher les centrales et réparent les lignes électriques. Les agents en support peuvent continuer leur activité en télétravail. Il faut d’ailleurs qu’ils viennent le moins possible sur site pour éviter la contamination des agents qui assurent la conduite des centrales, notamment nucléaires, comme cela s’est produit à la Centrale de Flamanville où le « plan pandémie » a été activé le 16 mars 2020.

Une baisse de la demande d’électricité

La demande d’électricité a chuté au mois de mars, principalement à cause de la chute de l’activité économique. Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité a annoncé « une tendance de – 15 % » le 18 mars.

En cause, le ralentissement voire la mise à l’arrêt de l’industrie, des commerces et des transports (TGV, métro, tramway). Une situation qui doit donc s’accentuer.

Le recours croissant au numérique du fait du télétravail et du confinement (le numérique compte habituellement pour environ 10 % de la consommation électrique en France, et la consommation de ce secteur aurait augmenté de 40 à 50 % dans le contexte de l’épidémie) ne devrait pas compenser la baisse de la demande d’électricité dans les autres secteurs, loin de là.

Signalons par ailleurs que la Commission de régulation de l’énergie demande à EDF et RTE de ne plus appliquer le système des heures de pointe, qui permet à certains clients de bénéficier de tarifs qui varient en fonction des périodes de l’année, ce qui prouve que la demande d’électricité diminue. Avec ce système, le prix payé par le consommateur final est relativement faible une grande partie de l’année, lorsque la consommation est basse mais augmente très fortement en période de consommation élevée, en hiver notamment, l’incitant à réduire sa demande.

On peut aussi s’attendre à un écrêtement des pointes journalières, c’est-à-dire à un aplatissement de la courbe de demande d’électricité.

Traditionnellement, la consommation d’électricité atteint son niveau le plus haut aux alentours de 8h, lorsque les entreprises démarrent leur activité. La réduction de l’activité économique et les mesures de confinement mises en place tendent ainsi à atténuer cette pointe de consommation journalière et à lisser la courbe de demande. « Le recours aux effacements tarifaires pour limiter les pointes de consommation apparaît désormais peu utile et pourrait, au surplus, entraîner une augmentation des factures des consommateurs concernés », indique par ailleurs la CRE.

Capture d’écran. RTE

Prix de l’électricité

La France est plutôt en surcapacité électrique et la température est assez clémente, d’autant que nous nous dirigeons vers le printemps. Il n’y a donc pas de crainte à avoir du côté de l’offre d’électricité. La demande en revanche risque encore de décliner fortement. Cela a et aura un effet sur le prix constaté sur le marché de gros de l’électricité – et par ricochet sur les recettes des producteurs et fournisseurs d’électricité (EDF et fournisseurs alternatifs).

L’appel des centrales sur le réseau se faisant par ordre de coût marginal croissant, les moyens de production dont le coût variable est le plus faible (renouvelable et nucléaire) sont utilisés en priorité pour satisfaire la demande d’électricité. Les centrales thermiques fonctionnant au gaz ou au charbon, dont le coût variable de production est sensiblement plus élevé, seront par conséquent les plus susceptibles d’être affectées par la diminution de la consommation.

Certes le prix du gaz est très bas puisqu’il suit celui du pétrole, lui-même en chute libre, mais la réduction du coût de production du kWh thermique ne modifiera pas le principe selon lequel la priorité est donnée aux énergies fatales (hydraulique au fil de l’eau, solaire et éolien) et au nucléaire. La baisse de la demande pourrait au contraire accélérer le recul, déjà amorcé, du charbon dans la production électrique en Europe.

Le prix de gros du kWh chutant, son prix TTC devrait baisser légèrement lui aussi pour le consommateur final. Rappelons que l’approvisionnement en électricité ne représente qu’un tiers de la facture que nous payons, le reste correspondant au prix du transport et de la distribution et aux taxes.

De façon concomitante, le prix de la tonne de CO₂ s’effondre sur le marché européen, passant en quelques semaines de 24 euros le 10 mars à 15 euros le 23 mars, du fait de la baisse de production d’électricité thermique et donc des émissions de CO2 en Europe.

Bien que le mix électrique français soit décarboné à plus de 90 %, cela devrait renforcer la baisse des prix de gros du fait des interconnexions avec les autres pays d’Europe de l’Ouest plus émetteurs de CO2.

Évolution du prix à terme de l’électricité à un mois en euros par MWh (mars 2020). EEX, CC BY-NC-ND

Capitalisation boursière

La chute des recettes des producteurs et fournisseurs d’électricité se traduira par une baisse de leur valeur en bourse. La capitalisation boursière de ces opérateurs devrait suivre la tendance observée sur toutes les bourses mondiales.

Certains investissements dans la production d’électricité (centrales thermiques à gaz par exemple) vont devenir des « coûts échoués » dans la mesure où ils ne seront plus appelés à fonctionner qu’un faible nombre d’heures dans l’année, ce qui ne permettra pas d’assurer leur rentabilité.

À terme, la situation donnera sans doute lieu à des faillites pour les opérateurs les plus fragiles, ou du moins à un mouvement de fusions et acquisitions. C’est vrai à l’échelle mondiale, probablement en Europe aussi ; ce moins certain en France, au regard du poids de l’opérateur historique, qui demeure très largement public.

Une chute des investissements à venir

C’est sans doute en matière d’investissements qu’à terme les effets seront les plus lourds. Le déclin durable de la demande d’électricité, qui devrait se poursuivre si la France entre durablement en récession (taux de croissance économique négatif), s’accompagnera d’une chute des recettes des opérateurs et de leur trésorerie.

Il faut par conséquent s’attendre au report de certains investissements de rénovation dans le nucléaire mais aussi à la réduction des investissements dans de nouveaux projets (énergies renouvelables voire nucléaire nouveau).

De la même manière, la plongée des prix du pétrole renchérit considérablement le coût relatif des investissements dans les énergies bas carbone et risque d’affecter l’efficacité énergétique, faute de moyens financiers et parce que la facture d’électricité aura légèrement baissé pour le consommateur final. La lutte contre le réchauffement climatique et la réduction de la consommation d’énergie risquent de passer au second plan dans les prochains mois pour de nombreux agents économiques – à commencer par les décideurs publics.

Il est probable que pour toutes ces raisons, le processus de libéralisation du secteur de l’énergie risque d’être freiné et la réforme du marché de l’électricité reportée aux calendes grecques.

N’oublions pas non plus que l’électricité ne représente qu’un quart de la consommation finale d’énergie en France. Les produits pétroliers constituent l’essentiel de cette consommation (46 %). La situation des autres secteurs aura également un effet direct ou indirect sur le secteur électrique. Anticiper toutes les interactions est délicat d’autant que l’on ignore combien de temps durera la crise mondiale ainsi que ses effets à plus long terme sur l’économie.

Publié le 25 mars 2020 à 20h24 CET

http://theconversation.com/coronavirus-les-consequences-sur-le-marche-de-lelectricite-134447

[COVID-19] COMMENT EDF FAIT FACE À LA BAISSE DE 15 % DE LA CONSOMMATION ÉLECTRIQUE

La crise sanitaire du coronavirus a entraîné une chute de la consommation électrique de 15 %. Une situation qui met à rude épreuve la résilience d’EDF et du gestionnaire de réseau RTE.

« L’énorme bouleversement causé par la crise du coronavirus a mis en évidence à quel point les sociétés modernes dépendent de l’électricité », écrit Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans un article publié le 23 mars sur LinkedIn et sur le site de l’agence. Il y rappelle notamment que nos sociétés s’appuient toujours plus sur le numérique, dépendant de l’électricité dont la sécurité d’approvisionnement devient « le fondement de la prospérité et de la stabilité ».

Chute de 15% de la demande

Pour garantir cette sécurité, Fatih Birol appelle les gouvernements à agir sachant que dans les pays ayant pris de fortes mesures de confinement en réponse au coronavirus, et pour lesquels l’AIE dispose de données, « la demande d’électricité a diminué d’environ 15 %, en grande partie en raison de l’arrêt des activités des usines et des entreprises ». Or, en Espagne, en Californie, mais aussi en France, lorsque « la demande d’électricité diminue rapidement alors que les conditions météorologiques restent les mêmes, la part des énergies renouvelables variables comme l’éolien et le solaire peut devenir plus élevée que la normale », rappelle aussi le directeur de l’AIE. Les énergies renouvelables, non pilotables en attendant un développement massif du stockage sur batterie ou hydrogène, sont en effet prioritaires sur les réseaux électriques.

Plus de renouvelables sur les réseaux

Ainsi en France, sans dépasser le record enregistré en juin 2019, le vendredi 20 mars 2020 à 18h30 l’éolien représentait 46,6 % de la production électrique sur le réseau. Pour RTE, le gestionnaire du réseau électrique national, il n’y a pour l’instant pas de problème. Il continue à pouvoir équilibrer à la seconde l’offre et la demande, se préparant à une montée en charge des renouvelables qui devrait peser 50 % de la production française en 2035. Mais le président de l’AIE le reconnaît lui-même : « la récente baisse de la demande d’électricité a fait avancer rapidement de dix ans certains systèmes électriques, leur donnant soudainement des niveaux d’énergies éolienne et solaire qu’ils n’auraient pas eus autrement sans une autre décennie d’investissements dans les énergies renouvelables ».

Une source de flexibilité en moins

Si les réseaux sont bien outillés en solutions de flexibilité pour gérer les pointes de consommation – en actionnant divers outils comme l’effacement (coupure dans les entreprises), microcoupures de réseau, microbaisses de tension… -, « le ralentissement brutal de l’activité industrielle et commerciale dans une grande partie de l’Europe prive également les réseaux électriques d’une source de flexibilité essentielle », rappelle Fatih Birol. Or « certaines des pannes les plus médiatisées de ces derniers temps ont eu lieu pendant des périodes de faible demande ».

Les grandes centrales moins sollicitées

En cas de sous-consommation, c’est auprès des producteurs d’électricité centralisée, nucléaire et thermique, qu’ils agissent. Conséquence, pour un électricien comme EDF, ce n’est pas le décalage de règlement des factures électriques des indépendants et TPE qui va peser sur son bilan, mais l’obligation de moduler sa production nucléaire. De plus, à cause du confinement, EDF a aussi annoncé qu’il suspendait des opérations de maintenance des installations de production et allait remettre à plat son programme d’arrêts de tranches. L’hypothèse de production nucléaire en France pour 2020, qui était entre 375 et 390 TWh, serait donc revue à la baisse.

EDF encaisse le choc

« EDF peut tenir le choc, affirme Jean-Bernard Lévy, le PDG du groupe. Selon lui, il dispose d’une position de liquidités de 22,8 milliards d’euros et de lignes de crédits bancaires non tirées de 10,3 milliards d’euros« , indique-t-il dans un courrier publié lui aussi sur LinkedIn, le 25 mars. Et « la baisse de la demande en électricité devrait avoir un impact financier relativement limité sur les activités de fourniture et de distribution. De même, la suspension provisoire de l’encaissement des facturations aux micro-entreprises en difficulté ».

Réduction de la production nucléaire

Le groupe a néanmoins dû lui aussi s’organiser pour faire face au confinement. La présence des salariés dans les unités de production nucléaire, hydraulique et thermique est limitée au « strict minimum » et « nous gardons en réserve des équipes compétentes au cas où certains seraient empêchés de venir au travail », explique Jean-Bernard Levy. Précisant de plus que les équipes de sa filiale Dalkia « assurent leurs missions techniques dans les hôpitaux » et que celles d’Enedis continuent d’assurer la gestion et la maintenance du réseau de distribution.

Activation du plan de continuité d’activité groupe

EDF a aussi pu doter en matériel informatique la quasi-totalité de 60 000 salariés qui peuvent travailler depuis leur domicile, et a augmenté les capacités d’accueil à distance de ses serveurs, afin qu’ils puissent se connecter simultanément.

Par Aurélie Barbaux, publié le 25 mars 2020

Photo en titre : EDF va revoir à la baisse ses prévisions de production nucléaire pour 2020. © DR

https://www.usinenouvelle.com/article/covid-19-comment-edf-fait-face-a-la-baisse-de-15-de-la-consommation-electrique.N945831

DÉFAUT DE RÉSISTANCE AU SÉISME D’ARMOIRES ÉLECTRIQUES ET DE CHASSIS DE RELAYAGE DE RÉACTEURS DE 900 MWE D’EDF

Anomalie générique

Le 31 janvier 2020, EDF a déclaré à l’ASN un évènement significatif pour la sûreté portant sur un risque d’entrechoquement en cas de séisme entre des armoires électriques et des châssis de relayage des réacteurs de 900 MWe des centrales nucléaires du Blayais, du Bugey (à l’exception du réacteur 4), de Chinon, de Cruas, de Dampierre-en-Burly, de Gravelines et de Saint-Laurent-des-Eaux.

Les réacteurs de 900 MWe d’EDF comportent des armoires électriques et des châssis de relayage, accueillant des composants électriques et électroniques, qui sont utilisés pour l’alimentation électrique des systèmes de surveillance et de contrôle-commande. Ces armoires et châssis sont doublés en deux voies distinctes afin d’assurer une redondance en cas de défaillance de l’une d’elle. Afin d’éviter leur entrechoquement en cas de séisme, certaines armoires et châssis sont reliés entre eux.

L’événement significatif porte sur l’absence de démonstration de la résistance au séisme de certaines armoires et châssis de relayage, du fait de l’absence ou de défauts de fixation entre eux. Ces écarts ont été constatés par EDF sur le réacteur 1 de la centrale nucléaire du Tricastin lors de sa quatrième visite décennale en 2019. Des contrôles réalisés fin 2019 sur l’ensemble des réacteurs de 900 MWe ont ensuite révélé des écarts de même nature sur d’autres réacteurs.

En cas de séisme, le dysfonctionnement des armoires et châssis de relayage concernés aurait pu avoir des conséquences sur la conduite du réacteur et la capacité à le replier dans un état sûr. Dans certains cas, le recours à des moyens locaux et nationaux de crise aurait pu être nécessaire pour maintenir le refroidissement du réacteur.

EDF a résorbé ces écarts sur au moins une des deux voies électriques des réacteurs concernés actuellement en fonctionnement. Elle prévoit leur résorption sur la seconde voie électrique au plus tard lors du prochain arrêt de ces réacteurs. Pour les réacteurs actuellement arrêtés, EDF traitera les deux voies électriques avant leur redémarrage.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois, compte tenu de ses conséquences potentielles pour la sûreté des réacteurs concernés en cas de séisme, cet événement est classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

L’ASN s’assure, dans le cadre de ses contrôles, de la bonne résorption de ces écarts.

Publié le 25/03/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Defaut-de-resistance-au-seisme-d-armoires-electriques-et-chassis-de-relayage-reacteurs-de-900-MWe

À MI-CHEMIN DE LA FIN : LES DIFFÉRENTS TRAITÉS DE PAIX SONT ANNIHILÉS UN PAR UN

Il est toujours plus facile de déclencher une guerre que de maintenir la paix. Il ne faut pas grand-chose pour déclarer la guerre, alors que la paix est basée sur des garanties concrètes. Nous avons déjà eu quatre accords qui nous protégeaient d’une course aux armements et de la montée des tensions. C’étaient les garanties de la paix. Deux d’entre eux ont déjà cessé d’exister.

Un traité pour limiter les systèmes de défense antimissile :

L’accord de mai 1972 entre les États-Unis et l’URSS obligeait les deux pays à abandonner le développement de systèmes de défense antimissile terrestres, maritimes, aériens ou mobiles. Jusqu’à la fin des années 70, l’URSS et les États-Unis ont strictement suivi les accords. Lorsque Reagan est arrivé au pouvoir aux États-Unis, ils ont commencé à promouvoir l’idée d’un retrait unilatéral de l’accord. La signature du traité était justifiée par le fait que les superpuissances avaient atteint la parité militaire et stratégique.

Lorsque l’URSS s’est effondrée et que Moscou a hérité de la responsabilité de se conformer aux accords, les États-Unis ont renouvelé leurs critiques du traité ABM. Au printemps 1996, des membres du comité sénatorial américain ont envoyé une lettre au Kremlin. Dans le document, les sénateurs ont exprimé leur mécontentement à l’égard de l’installation souterraine du mont Yamantau dans le sud de l’Oural. Ils ont entre autres déclaré de manière explicite que cette construction supprimera le soutien du Congrès sur la coopération bilatérale et à la préservation du Traité ABM.

En réponse, Moscou s’est empressé de fournir toutes les clarifications nécessaires concernant cette l’installation. Le comité présidentiel russe à la sécurité nationale a répondu à Washington que l’installation appartient en fait au système de gestion stratégique des forces nucléaires. Ce système n’était pas soumis à des restrictions, et les pays avaient le droit de le construire afin de renforcer leur propre sécurité.

À l’époque, le Kremlin a tenté de mener le dialogue avec une extrême prudence, car il comprenait les intentions des cercles politiques américains. Les craintes étaient bien fondées, les américains ont procédé avec soin pour résilier l’accord. Par souci d’image, une initiative de réviser le traité ABM y a tout d’abord été présentée. Étant donné que les anciennes républiques soviétiques sont devenues indépendantes, les États-Unis ont exigé que l’Ukraine, la Biélorussie et le Kazakhstan adhèrent à l’accord.

Le Congrès a soutenu la loi américaine sur la défense antimissile nationale, qui prévoyait le « déploiement d’un système national efficace de défense antimissile capable de protéger le territoire américain d’une frappe limitée dans les plus brefs délais« . Le fait que la loi était contraire au traité ABM a été confirmé dans l’administration du président Clinton. La Russie a considéré une telle étape comme inacceptable, et les États-Unis ont commencé à comprendre que la situation était dans l’impasse. En clair, Washington a lancé un ultimatum tacite : soit vous acceptez le déploiement du système de défense antimissile américain, soit le traité ne répond pas aux intérêts des États-Unis. La façon dont cela s’est terminé est bien connue de tous.

Nous ressentons les conséquences de l’effondrement de l’accord en ce moment. Lorsque les États-Unis n’étaient plus contraints dans leurs actions, ils ont commencé à déployer leurs systèmes de défense antimissile en Alaska, en Corée du Sud, en Méditerranée et en Europe. Si nous simulons un conflit armé dans cette situation, les États-Unis pourraient frapper avec des missiles de croisière à petites têtes nucléaires et infliger des dommages irréparables au potentiel nucléaire ennemi, c’est-à-dire la Russie. L’abondance des systèmes de défense antimissile permettrait d’intercepter les restes de missiles balistiques lancés en riposte.

Moscou était conscient qu’un tel déséquilibre serait tôt ou tard exploité, provoquant un conflit aux proportions effroyables. En conséquence, les Russes ont fabriqué des missiles supersoniques « Dagger » nouvelle génération. Leur vitesse et leur maniabilité ont annulé l’avantage américain. Et les systèmes de défense antimissile américains déployés en Europe ont de facto perdu leur pertinence. Passons maintenant au prochain traité.

Traité sur l’élimination des missiles à moyenne et courte portée :

Les États-Unis sont sortis de cet accord il y a près d’un an. À cette époque, le « Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire » dit DRSMD ou FNI, avait déjà perdu sa pertinence, car la technologie militaire américaine rentrer de plus en plus en contradiction avec elle. Pour être précis, en 1987, lorsque Moscou et Washington ont signé l’accord, il n’y avait pas de compréhension claire des armes à courte et moyenne portée. Ainsi, même les drones de combat américains « MQ-1 Predator », « MQ-9 Reaper » et « Avenger » sont soumis aux restrictions du DRSMD. Avec une portée de plus de 1 200 km, ils sont capables de transporter des missiles air-sol à bord.

Les missiles « Pershing II » et « Minuteman II » ont été éliminés conformément aux exigences du traité, mais un nouveau missile dit « Hera » d’une portée d’environ 1 200 km a vu le jour. Les États-Unis n’ont pas cessé d’affirmer que ce missile était utilisé exclusivement pour la défense antimissile, mais cela n’excluait pas le fait d’une violation des accords.

Bien sûr, tout cela pâlit sur le fond de l’impressionnant développement américain des lanceurs Mk-41. Ils étaient équipés de systèmes de défense antimissile « Aegis ». Depuis 2016, un complexe est situé sur la base militaire de Deveselu en Roumanie. La situation ne serait pas si triste sans la polyvalence du Mk-41. Ces systèmes sont capables de lancer à la fois un anti-missile mais aussi le célèbre missile de croisière « Tomahawk ». Les États-Unis ont confirmé cette capacité lorsqu’ils ont effectué des tests sur l’île San Nicolas au large des côtes de la Californie le 19 août 2019.

La Russie a souligné à plusieurs reprises que la technologie était incompatible avec le traité, mais les États-Unis ont coupé court à la discussion par des contre-accusations. À l’été 2014, Barack Obama a déclaré que les caractéristiques du missile russe 9M729 violaient le DRSMD. La situation s’est progressivement aggravée et ce n’est que trois ans plus tard que le Congrès américain a soulevé la question de la résiliation du traité. C’est à ce moment que le compte à rebours a commencé.

« Peut-être pouvons-nous nous mettre d’accord sur un autre accord en ajoutant la Chine et d’autres« , a déclaré Trump en février 2019.

Il était clair pour tout le monde que Pékin ne s’auto-limiterait pas volontairement. Le fait est que la perspective de mettre fin au traité FNI a alarmé les pays européens. Ce sont eux qui étaient le plus en danger. Il était important pour Washington qu’il n’y ait pas d’émeute de l’autre côté de l’Atlantique, ce qui démontre sa volonté de parvenir à un accord de règlement.

Il n’est pas difficile de remarquer que les circonstances de l’annulation du Traité ABM et du FNI sont très similaires. Dans le premier cas, la Russie a été accusée de violation en raison d’une installation souterraine dans l’Oural du Sud, dans le second cas, en raison du missile 9M729. Dans le premier cas, les États-Unis ont demandé que les termes de l’accord soient étendus aux anciennes républiques soviétiques, et dans le second cas, à la Chine. Soit dit en passant, dans les premier et deuxième cas, Moscou a donné des réfutations exhaustives de sa culpabilité. Début 2019, la Russie a même accepté des experts étrangers au contrôle du missile 9M729, dont seuls les pays de l’OTAN ont ignoré.

Un autre traité important s’est donc effondré. Désormais, rien n’empêche l’Europe de devenir un champ de ruine radioactif.

START-3 :

Un traité sur la réduction stratégique des armements offensifs existe toujours. Il expirera le 5 février 2021, ce qui signifie que Washington et Moscou a encore neuf mois pour trouver un terrain d’entente. Il y a pourtant peu de chances d’aboutir à un résultat positif et la nouvelle année commence déjà par une nouvelle vague d’escalade. Le scepticisme n’est pas sans raison. L’expérience des deux cas précédents permet de simuler le processus autour de START-3.

La Russie et les États-Unis manifestent pour le moment leur engagement à étendre le traité. Moscou demande une prolongation sans conditions préalables. Dans le cas de Washington, c’est de plus en plus compliqué. Trump insiste pour que l’accord soit trilatéral. Il est proposé que la Chine soit impliquée dans l’accord. C’est une situation familière, non ?

Mais est-il nécessaire de risquer un document aussi important pour tenter de l’imposer à la Chine ? « Bien sûr« , disent-ils à Washington : « La Chine est une menace pour les Américains. Quel est l’intérêt de renouveler le traité s’il ne sert pas les intérêts américains ?« 

Il est difficile de contester cette idée, car il y a une confrontation entre les États-Unis et la Chine. Personne ne précise pourtant le rapport avec les armes nucléaires. L’arsenal nucléaire de la Chine est 21 fois plus petit que celui des États-Unis, 6 185 ogives américaines contre 290 chinois. La Russie compte elle, 6 500 ogives.

De toute évidence, START 3 est un accord entre pairs. L’arsenal nucléaire des États-Unis et de la Russie représente plus de 90% de toutes les armes nucléaires dans le monde. L’écart est colossal. La Chine, comme d’autres pays, ne pourra pas violer cet état de fait pour longtemps. Cela signifie qu’il est inutile d’élargir le traité, du moins à ce stade.

Si nous suivons la logique américaine, le concept d’un accord égal perd son sens, ça signifierait que la France, la Grande-Bretagne, l’Inde et d’autres pays devraient aussi signer ce traité. Pourquoi Washington préfère-t-il les ignorer ? Il ne s’agit pas de la menace chinoise. C’est juste un stratagème pour justifier le choix non reconnu des États-Unis.

« Nous sommes d’accord, mais … » C’est la position de Washington. Malheureusement, ce « mais » signifie l’effondrement du Traité sur la réduction des armes stratégiques. La Chine ne va pas conclure d’accord. C’est exactement ce dont les États-Unis ont besoin. Trump a déjà clairement indiqué qu’il n’attendait renouveler START 3. Il prévoit de mettre 44 milliards de dollars dans le budget 2021 pour étendre son arsenal nucléaire. En comparaison, le budget militaire russe dans son ensemble cette année n’est que de 24 milliards de dollars.

Les conséquences de la fin de START 3 pour le monde seront déplorables. Les gens ont oublié ce que c’est que de vivre dans la peur constante d’un bombardement nucléaire. La dernière grande crise était celles des Caraïbes. Imaginez maintenant une course nucléaire dans les conditions et la technologie modernes. Imaginez un monde où une décision politique peut avoir des conséquences irréversibles, où il suffit d’appuyer sur un bouton pour rayer un pays de la carte.

Traité sur l’espace extra-atmosphérique :

Cet accord est peut-être le moins évident et le plus sous-estimé de la liste de ceux qui sous-tendent la stabilité mondiale. Peu de gens y prêtent attention en ce moment. C’est compréhensible, car START-3 est en jeu. Néanmoins, le Traité sur l’espace extra-atmosphérique est le premier et le seul document du genre.

Il a été signé en 1967, interdisant aux pays de placer des armes de destruction massive sur orbite terrestre. Bien sûr, beaucoup de choses ont changé au cours du demi-siècle d’existence du Traité.

La Russie a renommé sa Force aérienne en Forces aériennes et spatiales. Les États-Unis ont également créé les Space Forces. Et peut-il y avoir des troupes sans armes ?

À l’heure actuelle, les pays tentent soigneusement de trouver une nouvelle tête de pont pour les opérations de combat, mais il existe déjà certaines tendances négatives. Par exemple, récemment, un scandale a éclaté à propos d’un satellite russe approchant un satellite américain. À ce moment, les États-Unis accusaient la Russie d’espionnage. Il faut comprendre là que les États-Unis ont des satellites espions, dont Washington préférerait ne pas parler. Néanmoins, la situation a montré à quel point le statu quo spatial est fragile.

En octobre 2018, Mike Pence a clairement indiqué que Washington n’exclut pas le déploiement d’armes nucléaires dans l’espace. « Je pense que nous devons faire tout notre possible pour protéger les citoyens américains. Le président soutient le principe selon lequel il ne peut y avoir de paix sans pouvoir« , a-t-il déclaré.

En août 2019, la Maison Blanche a publié le document suivant : « Les États-Unis développeront et utiliseront des systèmes nucléaires spatiaux lorsque ces systèmes fourniront ou étendront de manière durable l’exploration spatiale et les capacités opérationnelles. »

Il reste à voir quand les États-Unis affirment que le Traité sur l’espace extra-atmosphérique n’est pas dans leur intérêt. La militarisation de l’espace amènera la course aux armements à un tout autre niveau. Faut-il dire comment cela va saper la situation sur la planète ? Au début, nous avons parlé du fait que les quatre traités sont des garanties de paix. S’ils sont tous détruits, le déséquilibre des armements atteindra des proportions incroyables.

Imaginez la situation : deux personnes qui sont en guerre l’une contre l’autre. Chacun d’eux a un pistolet. Ils le savent. Ils peuvent tirer avec un pistolet, mais ils ne le font pas, car l’adversaire utilisera également le pistolet. Le résultat de la fusillade est imprévisible. Mais la situation change quand un seul d’entre eux a un pistolet. C’est la même chose dans un sens global. Si un pays est armé de chars et d’avions et qu’un autre peut toucher un missile nucléaire directement depuis l’espace, tôt ou tard cet avantage sera utilisé.

Par Philippe Khalfine (son site), publié le mercredi 25 mars 2020

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-mi-chemin-de-la-fin-les-222617

EDF RÉDUIT DE MOITIÉ SES EFFECTIFS SUR LE CHANTIER DE L’EPR DE HINKLEY POINT C AU ROYAUME-UNI

Le gigantesque chantier de réacteur nucléaire de type EPR à Hinkley Point C va se vider temporairement à cause de l’épidémie de Covid-19. EDF a annoncé le 24 mars qu’il allait réduire de plus de moitié les effectifs pour les ramener à 2 000 personnes contre 4 500 habituellement.

La filiale d’EDF au Royaume-Uni, EDF Energy, a annoncé mardi 24 mars qu’elle allait réduire de plus de moitié pour quelques jours ses effectifs sur le chantier du réacteur nucléaire EPR de Hinkley Point C. En raison de la pandémie de coronavirus Covid-19, le nombre de travailleurs va être ramené à environ 2 000, contre 4 500 en temps normal.

Distances de sécurité et opérations de nettoyage

« Le projet préservera la chaîne d’approvisionnement nucléaire spécialisée du Royaume-Uni et ses travailleurs qualifiés en se concentrant sur le travail critique sur les parties nucléaires du projet« , assure l’électricien dans un communiqué.

D’autres mesures vont être prises sur le chantier pour permettre le maintien d’une distance recommandée entre les personnes, aussi bien à leurs postes de travail que dans des lieux tels que la cantine. EDF Energy dit avoir déjà pris une série de mesures en favorisant le télétravail dès que possible, en vérifiant la température des personnes présentes sur le site, en organisant différemment les déplacements et en renforçant les opérations de nettoyage.

Mise en service prévue en 2025

« Nous sommes conscients que de nombreuses personnes et familles de la localité dépendent de nous et nous travaillerons avec elles pour atténuer l’impact de la réduction de notre activité, ajoute EDF. Nous examinerons comment nos ressources peuvent être utilisées pour aider la communauté dans la crise actuelle. »

L’entreprise n’a pas précisé si ces mesures auraient un impact sur le calendrier du projet. Le réacteur de Hinkley Point C, que la filiale britannique d’EDF construit avec le groupe chinois CGN (China General Nuclear Power), a cumulé les retards depuis le lancement du chantier en 2016, de la même manière que le chantier d’EPR français à Flamanville (Manche). D’une capacité prévue de 3 200 mégawatts, il doit couvrir à terme 7 % environ de la demande britannique d’énergie, soit la consommation en électricité d’environ 6 millions de foyers. La mise en service du réacteur nucléaire est attendue pour fin 2025.

Avec Reuters (Nina Chestney; version française Bertrand Boucey, édité par Blandine Hénault)

Publié le 24/03/2020 à 17H16, mis à jour le 25/03/2020 à 08H10

Photo en titre : Le réacteur nucléaire de Hinkley Point C est construit par la filiale britannique d’EDF avec le groupe chinois CGN (China General Nuclear Power).

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-reduit-de-moitie-ses-effectifs-sur-le-chantier-d-epr-de-hinkley-point-c-au-royaume-uni.N945426

NUCLÉAIRE : CET AUTRE CONFINEMENT QUI NOUS ATTEND. APPEL À L’INSURRECTION DES CONSCIENCES

Par ces temps de confinement et les réflexions qu’il suscite, il est judicieux de savoir ce qui nous attend en cas de catastrophe nucléaire : le « Codirpa » (1) ou comment les pouvoirs veulent imposer à la population de vivre en milieu contaminé radioactif. Avec cette doctrine élaboré en 2005, l’État a déjà légiféré sur la gestion de catastrophe nucléaire, Ce que nous vivons actuellement avec le virus civid-19 en préfigure le contexte et les modalités.

La directive interministérielle du 7/4/2005 sur l’action des pouvoirs publics en cas d’évènement entrainant une situation d’urgence radiologique, a chargé l’ASN (Autorité de Sureté Nucléaire) d’établir un cadre d’action pour répondre aux situations post accidentelles d’origine nucléaire. En juin 2005 l’ASN a mis en place le « Comité directeur pour la gestion de la phase post accidentelle d’un accident nucléaire » ou CODIRPA. Il est chargé d’élaborer la conduite à suivre que les forces militaires et policières françaises imposeront à la population en cas d’accident nucléaire. Ou tenter de survivre en milieu radioactif mortel.

Les objectifs du Codirpa : continuer le buziness malgré une catastrophe atomique et culpabiliser les populations

Le 21 novembre 2012 l’ASN publie de premiers éléments d’une doctrine visant non-pas à empêcher la catastrophe nucléaire mais à gérer les populations après un accident nucléaire en France. Bien que les accidents de Tchernobyl et de Fukushima soient cités à plusieurs reprises le CODIRPA n’aborde pas de telles catastrophes et ne s’intéresse pour l’instant qu’à « un accident d’ampleur modérée entrainant des rejets de courtes durée (moins de 24 H) avec un retour rapide dans un état sûr de l’installation ». Il ne répond donc pas au réel.

Sur les enjeux sanitaires concernant l’ensemble de la population cette doctrine se base sur des modélisations informatiques élaborées par la « Commission Internationale de Protection Radiologique » ( CIPR) et de l’Institut de Recherche sur la Sureté Nucléaire (IRSN) française qui tentent d’évaluer les effets des rayonnements ionisants (radioactivité). Objectif de ces modélisations: appliquer des normes de pseudo-radioprotection qui protègent l’économie au détriment de la santé humaine. D’où des conclusions visant notamment à affirmer une innocuité des faibles doses par contamination radioactive.

Pour preuves : les préconisations de cette doctrine/idéologie du Codirpa considèrent que l’exposition de la population aux radiations devrait être réduite « à un niveau aussi bas que raisonnablement possible… compte tenu des facteurs économiques et sociétaux ». C’est l’application du principe si cher aux adeptes de l’économie libérale capitaliste de marché celui de l’optimisation économique de toute situation humaine. Son acronyme « ALARA » (As Low As Reasonaly Achievable) dit clairement le positionnement machiavélique des technocrates et du pouvoir : « Aussi faible que raisonnablement réalisable« .

La gestion post-accidentelle nucléaire devra donc impliquer les futures victimes du nucléaire et les acteurs locaux de façon transparente. L’important est de sauvegarder le nucléaire et le business. Les élu-es territoriaux et locaux doivent être ainsi placés devant le fait accompli, sans autre alternative que de devenir les relais de la doctrine mortifère. Ils devront être impliqués « en amont de l’accident, dès le stade de la préparation, dans les réflexions sur les stratégies de gestion des conséquences de l’accident »

Ainsi, avec cette idéologie propagandiste les pouvoirs publics s’enferment dans la négation des risques incommensurables sur la santé des êtres vivants et la contamination des territoires et de la chaîne alimentaire. Perversion intellectuelle et morale de la doctrine du Codirpa : faire croire qu’en cas d’accident nucléaire les dommages sanitaires sont gérables.

Contraindre les populations à survivre lamentablement en zone radioactive et instaurer la non-responsabilité légale des exploitants nucléaires

Avec ce précis de manipulation du Codirpa, les pouvoirs publics, au bout d’un certain laps de temps, obligeront les populations à revenir vivre en milieu contaminé. C’est ce qui se met en place à Fukushima (Japon). Il s’agit donc dès à présent de conditionner les esprits et de développer un enfermement structurel administratif des autorités locales et de l’appareil administratif en charge des aspects gestionnaires à tous les niveaux. Une collaboration digne de pouvoirs autoritaristes et morbides où les appareils d’État et de niveaux inférieurs ont su cultiver l’art de la soumission.

Le CODIRPA affirme ainsi que « cela suppose que les acteurs locaux soient impliqués dans cette décision et en capacité d’agir pour améliorer l’état radiologique de leur environnement, pour assurer leur protection et le maintien, voire le développement d’activités économiques et sociales au sein du territoire ». Une singulière et odieuse conception de la transparence dans l’information et de la protection des populations. Cette doctrine est déjà mise en place depuis les années 70  avec l’intégration des élu-es locaux des communes dont les territoires subissent l’implantation des installations nucléaires civiles et militaires. Ils sont associés/intégrés en permanence à la logique nucléariste, moyennant retombées financières non négligeables aussi.

Mais comme les exploitants des installations nucléaires tout comme les États sont démunis de solutions réelles sanitaires et financières pour pallier aux conséquences folles d’un accident nucléaire, une disposition dérogatoire au droit commun a été décrétée : le nucléaire et les exploitants bénéficient d’un régime juridique d’exception à responsabilité́ limitée et aux capacités financières plafonnées. Ils sont donc, de bon droit, exonérés de prendre en charge le coût d’une catastrophe nucléaire.

Comme à la santé et à la vie des populations, le pouvoir et la nucléocratie préfèrent celle de l’économie et de la finance : il faut donc que les victimes du nucléaire se sentent elles-mêmes responsables de ce qui leur arrive. Ce sera à elles de décider de leur sort après la catastrophe. Ce machiavélisme a été imaginé à partir du vécu des victimes de la catastrophe atomique de Tchernobyl en Ukraine du 26 avril 1986. Et vise à l’appliquer à l’ensemble des populations des pays européens. À cette occasion la Commission Européenne a lancé une série d’études sur les conditions de vie dans les territoires contaminés afin de maintenir à tout prix l’activité économique et la position des entreprises privées européennes dans la guerre économique mondiale.

« Ethos » : Vivre autrement dans les zones contaminées (2)

Depuis 1991 la législation biélorusse de gestion de la contamination post-accidentelle nucléaire délimite 5 zones pour les territoires contaminés. L’une d’elles concerne la zone dite « de relogement volontaire » où l’État laisse aux sinistrés le choix de rester ou pas en zone contaminée. Drôle de choix pour des victimes, et souvent guidé par un manque de moyens financiers pour pouvoir aller ailleurs plutôt que par des préoccupations sanitaires. Évidemment la sinistre Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) dont le but est de promouvoir l’usage du nucléaire dans le monde (et non comme se l’imaginent beaucoup de gens de limiter le nucléaire) appuie cette politique en mettant l’accent – l’odieux n’a pas de limite – sur « le traumatisme du relogement » (acte de la conférence AIEA de Vienne 8/12 avril 1996). Le programme de la Commission européenne pour l’évaluation des conséquences de Tchernobyl (1991-1995) va alors se servir de ces « zones de relogement volontaire » comme laboratoires de risques à faire accepter par les populations.

En 1996, la Commission Européenne lance donc un programme dans lequel l’influence de la nucléocratie prime. Il faut lui trouver un joli nom car, dans le nucléaire comme dans toute activité industrielle dangereuse, l’enrobage compte et permet de faire avaler bien des couleuvres aux peuples. Ce sera donc « ETHOS » qui signifie en grec mœurs, habitudes, coutumes. Ce projet est aussitôt confié au cabinet privé Mutadis spécialisé dans la gestion des activités à risques ainsi qu’au Centre d’Étude sur l’Évaluation de la protection dans le domaine nucléaire (CEPN). Un organisme composé étonnement de 4 membres exlusifs de la nucléocratie : EDF, CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique), AREVA, IRSN.

L’objectif est d’étudier comment faire acquérir de nouvelles habitudes et une faculté de résilience aux populations en milieu contaminé. Autrement dit une planification sordide de la condamnation à mort de pans entier de population (n’oublions pas que les premiers travaux sur une bombe atomique ont été conduits par les nazis). Ces études européennes sont réalisées dans le village d’Olmany et le district de Stolyn situé au sud-est de la Biélorussie, à 200 km environ de Tchernobyl. Puis, à partir de 1999, les villages de Belaoucha, Gorodnaya, Retchitsa et TérébéjovIls ont été impliqués. Ils serviront aux nucléaristes de sordide laboratoire à ciel ouvert d’un vivant martyrisé. Il y a 500 000 enfants dans les territoires contaminés.

Propagande, manipulation des esprits, culpabilisation et « démarche participative« 

Dès le départ, selon « Ethos« , il faut imprimer dans les têtes un postulat de base : ce n’est pas le nucléaire qui est dangereux mais le psychisme des gens. Corolaire des travaux des pseudos-scientifiques qui se sont vendus à ces forces dominantes : les victimes doivent vaincre leur fatalisme, retrouver confiance et devenir autonomes. Une « culture radiologique » destinée à faire accepter de vivre en milieu contaminé doit donc être inculquée aux populations. Comme la gestion post-accidentelle nucléaire observée en Biélorussie est ingérable par les pouvoirs publics, les objectifs principaux sont d’une part l’individualisation des risques (si vous êtes malade ou vos enfants c’est de votre faute car vous n’avez pas bien fait les choses) et d’autre part la normalisation de l’après catastrophe.

Comme tout ce qui est dégueulasse porte un joli nom, cette propagande d’intégration des victimes à leur propre chemin de croix, va se nommer « démarche participative et durable  d’ETHOS« . Très vite les organismes internationaux vont s’appuyer sur ses conclusions et les renforcer en lançant, en 2003, un autre programme de manipulation à grande échelle : CORE autrement nommé pour que cela sonne mieux « Coopération par la Réhabilitation des conditions de vie dans les territoires contaminés de Biélorussie« . On se veut positif. Il s’agit, ni plus ni moins, de déployer Ethos sur d’autres districts biélorusses touchés par la contamination radioactive.

Ce programme est financé par la Commission Européenne, la France, la Suisse, la Biélorussie et quelques agences onusiennes. Il promeut aussi l’engagement de la « société civile » pour une « réhabilitation durable » dans une  « situation complexe ». Tout ce que les pays comptent comme organismes et associations co-gestionnaires du système politico-économique va être sollicité. Leurs besoins de reconnaissance par les pouvoirs publics devraient aider. D’autant qu’un an plus tôt, en 2002, peu avant le lancement de « Core« , un autre projet européen complémentaire et parallèle est également lancé. Il vise à élaborer un guide de culture radiologique pour le grand public. Son nom, lyrique, est trouvé : « SAGE« . Son objectif : appliquer à l’Europe les recommandations d’Ehos et de Core. Tout est quadrillé à merveille. La population doit rester sage et docile.

Une certaine fraction des élites dirigeantes – avec la complicité ou l’indifférence des autres – est en train d’imposer, de manière si évidente qu’elle en devient aveuglante, une entreprise de domestication comme on en a rarement vu depuis l’avènement de l’humanité (3).

Un aveu derrière le techno-langage et la techno-structure : la catastrophe nucléaire est possible et programmée en Europe

Pour la première fois en Europe, on reconnaît donc officiellement que l’hypothèse d’un accident grave et catastrophique dans une installation nucléaire européenne est possible. Soixante années d’affirmations mégalomaniaques des scientistes nucléaristes et des pouvoirs politiques toutes tendances confondues s’effondrent. Mais peu de gens en feront le constat, trop englués dans le consumérisme, la petite propriété privée, l’infantilisation du père protecteur (État, patron, administration, scientifiques,…) et/ou les bons sentiments du positivisme et du développement personnel prônant la non-conflictualité.

Donc le projet « Sage » se veut participatif pour permettre à tous les acteurs de « se réapproprier le problème de la gestion de leurs futurs ». Comme c’est joliment dit, on dirait presque du Verlaine. C’est un dispositif à double volet : pédagogico-manipulatoire pour habituer les gens au changement des conditions de vie après une catastrophe, et de responsabilisation-culpabilisation pour que les populations prennent conscience de leur rôle actif dans la phase post-accidentelle atomique. De victime vous devenez responsable voire coupable. Fortiches les manipulateurs! Et il y a un autre  hic : le guide du « Sage » ne s’applique étonnamment qu’aux régions rurales (foin des villes qui concentrent des dizaines de milliers voire des millions de personnes) et ne prend en compte la contamination que par un seul radionucléide : le césium 137. Rien sur les autres radio-contaminants qui sont éjectés dans l’atmosphère lors d’une explosion nucléaire et qui sont tout aussi mortels. Qu’à cela ne tienne, on ne va pas s’embêter avec la rigueur scientifique quand même.

La France terrain de jeu de la monstruosité atomique

Ce projet européen « Sage » est alors prolongé en France, en 2005, par un projet sur le retour d’expérience de post-accident nucléaire que les initiés vont appeler « Parex« . Lancé  par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN), il est confié étonnamment, qui l’eut cru et encore une fois, au cabinet privé « Mutadis » et au Centre d’Étude sur l’Évaluation de la Protection dans le domaine Nucléaire (CEPN). « Parex » rassemble des experts ministériels, des agences sanitaires soi-disant indépendantes mais financées par le budget d’État et dont les dirigeants sont nommés par le gouvernement ou ses représentants, des industriels très intéressés à défendre leurs intérêts, des élus locaux dépendant des retombées financières des sites nucléaires et des ONG toujours en mal de reconnaissance et de validation par les pouvoirs publics.

Deux objectifs sont fixés :

. donner la liberté de choix de rester ou non en zone contaminée  (tu parles d’une liberté) et

. faire participer les populations à la reconstruction de la « qualité de vie » (tu parles d’une  qualité de vie en zone contaminée et avec l’épée de Damocles mortelle sur la tête).

« Parex » débouche alors sur la mise en place par l’ASN du sordide Comité directeur pour la gestion de la phase post accidentelle d’un accident nucléaire ou d’une situation d’urgence radiologique (Codirpa) autrement sous-titré « Guide pour vivre sa demi vie en milieu contaminé« .

On présente une situation complètement anormale comme normale. On s’habitue doucement à des évènements inhabituels. On légalise et on normalise la mise en danger de la vie, on s’accommode de l’inadmissible. Des employés de centrales et notamment des sous-traitants contaminés sans mot dire, des populations entières réduites au silence et à la résignation, des rejets chroniques et continuels tolérés et même homologués, des déchets intraitables qu’on transmet, toute honte bue, à ceux qui viendront après. Pour les technocrates nucléaristes et leurs relais politiciens « On peut très bien vivre dans des zones contaminées« . Pas tout à fait comme avant, certes. Mais quand même. Une demi- vie.  » Et cette furie se propage le plus tranquillement du monde. La pollution radioactive la plus nocive, la plus étendue et la plus prolongée, se disséminant dans les airs, plongeant dans les profondeurs de la terre et se diluant sans fin dans les océans, se fond pour ainsi dire avec quiétude dans les mœurs, dans les usages et jusque dans les jurisprudences. » (3)

C. Proust/ Jean Revest

 (1) (Comité directeur pour la gestion de la phase post accidentelle d’une situation d’urgence radiologique)

(2) source : « La France nucléaire » de Sezin Topçu. Ed Seuil 2013

(3) in « Fukushima, Récit d’un Désastre » de Michaël Ferrier, Édition Gallimard 2012, pages 247, 248 »

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Par Rédaction, publié le mardi 24 mars 2020 à 11h47

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/03/24/Nucl%C3%A9aire-%3A-cet-autre-confinement-qui-nous-attend

NUCLÉAIRE ET CHARBON : L’ALLEMAGNE PEUT-ELLE ABANDONNER LES DEUX ?

Sortir du charbon et du nucléaire, c’est l’ambitieux projet de l’Allemagne pour contribuer à diminuer drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre tandis que certains de ses voisins européens tentent eux aussi de le faire à leur manière.

Une démarche qui suscite l’inquiétude chez certains, notamment à Brokdorf, au nord de Hambourg où cette centrale nucléaire produit de l’électricité depuis près de 35 ans. Mais cela va bientôt changer : au 31 décembre 2021, le site sera déconnecté du réseau en vue d’être démantelé.

Le gouvernement allemand a ainsi prévu de fermer toutes les centrales nucléaires du pays d’ici 2022.

« Où nos enfants vont-ils aller travailler ? C’est ça, le problème, » s’interroge Elke Göttsche, la maire de Brokdorf.

Le nucléaire pourvoit de nombreux emplois. Et pendant des années, le village a aussi pu financer ses équipements, notamment une patinoire, grâce à l’ancienne taxe sur le nucléaire.

Lire aussi : En Bosnie, les ravages causés par une centrale à charbon

Des milliards d’euros en jeu

Le contraste est fort avec un autre grand projet énergétique de l’Allemagne : la fin des centrales à charbon : le gouvernement a promis 40 milliards d’euros d’aide aux régions touchées par la fermeture des centrales et mines à charbon.

« On a investi des milliards pour sortir du charbon, » fait remarquer Elke Göttsche. « Le gouvernement fédéral devrait aussi envisager de soutenir la fin de l’énergie nucléaire, » insiste-t-elle.

À une heure de route au sud de Brokdorf, le charbon fait encore fonctionner la centrale de Moorburg. Elle pourrait rester opérationnelle jusqu’en 2038, échéance à laquelle toutes les centrales à charbon allemandes devront être mises à l’arrêt.

Certains estiment impossible que le pays puisse sortir en même temps du charbon et du nucléaire.

Mais pour Manfred Braasch, leader des Amis de la Terre à Hambourg, remplir ce double objectif est une nécessité.

Lire aussi : État des lieux du nucléaire en Europe

« Que ce soit le charbon ou le nucléaire, ils n’ont aucun avenir,«  estime-t-il. « Et c’est pour cela que nous devons transformer la production d’électricité en Allemagne et en Europe, » affirme-t-il.

Les énergies renouvelables seront-elles à la hauteur ?

L’idée, c’est qu’à terme, la montée en puissance des énergies renouvelables compense l’arrêt des centrales nucléaires et à charbon.

L’an dernier, leur part dans la production électrique allemande a atteint 46% et dépassé pour la première fois, celle des combustibles fossiles.

Mais l’instauration de limites plus contraignantes de distance pour implanter des éoliennes a ralenti leur essor, insufflant le doute sur l’ensemble du plan de transition énergétique allemand.

C’est Angela Merkel qui a décidé après la catastrophe de Fukushima en 2011 d’imposer l’échéance de 2022 pour sortir du nucléaire. Mais pour juger sa politique, il faudra attendre bien plus longtemps, à savoir 2038 quand la dernière centrale à charbon sera arrêtée. Il faudra à ce moment-là que les énergies renouvelables soient réellement en mesure de prendre le relais pour qualifier ou non le plan allemand, de réussite.

Par Jona Källgren, dernière mise à jour le 24/03/2020 à 07h55

https://fr.euronews.com/2020/03/24/nucleaire-et-charbon-l-allemagne-peut-elle-abandonner-les-deux

CORONAVIRUS: EDF VA REVOIR À LA BAISSE SON OBJECTIF DE PRODUCTION NUCLÉAIRE

EDF va revoir à la baisse son hypothèse de production nucléaire d’électricité en France en 2020 en raison de la pandémie de coronavirus, qui pourrait aussi amener le groupe français à réviser sa prévision de bénéfice.

« La suspension d’opérations de maintenance des installations de production due au confinement impose une remise à plat du programme d’arrêts de tranches. En conséquence, l’hypothèse de production nucléaire en France pour 2020 (375-390 TWh) est en cours de ré-examen et sera ajustée à la baisse« , déclare EDF lundi dans un communiqué.

« L’objectif d’Ebitda fixé à 17,5-18 milliards d’euros pour 2020 est maintenu à ce stade pour ce qui concerne le seuil bas de la fourchette. Il est susceptible d’être revu lorsque les prévisions de disponibilité ainsi que les évaluations des coûts associés auront pu être affinées « , ajoute-t-il.

Par Bertrand Boucey, (édité par Jean-Michel Bélot), publié le 23/03/2020 à 10h24

NDLR : l’Ebida est le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement.

https://www.zonebourse.com/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Coronavirus-EDF-va-revoir-a-la-baisse-son-objectif-de-production-nucleaire-30211391/

L’ATOME JAPONAIS AU FOND DU GOUFFRE BUDGÉTAIRE

Le Japon poursuit en solitaire son projet de réacteur nucléaire à neutrons rapides. Malgré les milliards de yens investis sans résultats concrets.

Contrairement à la France, qui a abandonné son projet de réacteur à neutrons rapides (RNR) – une nouvelle génération essentielle pour boucler le cycle du combustible nucléaire en réutilisant les déchets des centrales –, le Japon, lui, s’accroche à son “rêve”. [Le cycle du combustible nucléaire aussi appelé chaîne du combustible nucléaire est l’ensemble des opérations de fourniture de combustible aux réacteurs nucléaires.]

L’Agence japonaise de l’énergie atomique (JAEA) poursuit les recherches en vertu d’un accord de collaboration signé fin 2019 avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) français. Cependant, compte tenu des difficultés du projet, des voix s’élèvent contre ce gaspillage de fonds publics”.

L’accord franco-japonais a été signé le 3 décembre 2019 entre la JAEA, le CEA et des fabricants de réacteurs nucléaires des deux pays. Sur l’accord conclu en juin entre les deux gouvernements, il confirme que la JAEA encouragera activement le développement des matériaux nécessaires à la construction du réacteur. “Nous allons œuvrer à l’établissement d’une technologie pour pouvoir commercialiser ce projet”, explique un responsable de l’agence sur un ton enthousiaste.

Se cantonner à la recherche fondamentale

Plus concrètement, les parties prenantes de l’accord collaboreront à la simulation numérique d’accidents graves et à la recherche de mesures pour y faire face, ainsi qu’à la détermination de la méthode optimale de combustion dans le réacteur pour assurer la production d’énergie la plus efficace. Dans son projet de loi de finances pour 2020, le gouvernement japonais a alloué 4 milliards de yens [environ 34 millions d’euros] aux coûts liés au RNR.

Selon le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie, les travaux se cantonneront toutefois à la recherche fondamentale. Le réacteur à neutrons rapides est un équipement extrêmement complexe et il n’est pas certain que ces études débouchent sur l’établissement d’une technologie. Pour Koji Okamoto, professeur de physique nucléaire à l’Université de Tokyo, “il est essentiel d’avoir une vaste expérience, notamment dans la fabrication et la gestion des problèmes. Ainsi qu’en témoignent les écueils rencontrés par l’industrie japonaise dans la construction d’avions commerciaux, il est difficile, sans expérience, de se doter d’une technologie et d’une main-d’œuvre qualifiée et de mener un projet à bien.”

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Par Hajime Nakatsugawa, publié le 22/03/2020 à 10h03

https://www.courrierinternational.com/article/energie-latome-japonais-au-fond-du-gouffre-budgetaire

UNE TAXONOMIE VERTE NUCLÉO-SCEPTIQUE ET GAZO-AVISÉE

ANALYSE : L’Europe vient d’éviter la chausse-trappe dans laquelle la politique énergétique française est engluée depuis des années. En excluant, pour l’instant, le nucléaire de la taxonomie européenne, le groupe technique d’experts sur le financement durable (TEG) de la Commission européenne a évité de polariser le débat sur les coûts et les dangers du nucléaire.

Pas de décision sur le nucléaire

D’autant mieux qu’ils ont adopté vis-à-vis de l’atome une position mesurée. Selon eux, si « les preuves de la contribution substantielle potentielle de l’énergie nucléaire aux objectifs d’atténuation du changement climatique sont nombreuses et claires, les dommages potentiels importants à d’autres objectifs environnementaux, y compris l’économie circulaire et la gestion des déchets, la biodiversité, les systèmes d’eau et la pollution sont difficiles à évaluer dans un contexte taxonomique, d’autant qu’aucune solution de stockage sûr et à long terme n’a encore pu être démontrée dans le monde« , explique la membre du TEG Helena Viñes Fiestas, la responsable du développement durable chez BNP Paribas Asset Management.

Stockage et transport de gaz exclus, l’utilisation sous conditions

La taxonomie devant être révisée tous les cinq ans, on verra à ce moment-là si la situation est plus claire. Pour le gaz, en revanche, les Sages du TEG ont tranché. Toutes les activités de stockages et transports d’énergies fossiles sont exclues des technologies bonnes pour le climat. Un projet de production d’énergie à partir de combustibles fossiles gazeux ou liquides, ne peut être étudié que s’il émet moins de 100 g de CO2 équivalent par kilowattheure (g CO2e/kWh) produit. Un chiffre qui sera réduit par tranches de cinq ans pour arriver à 0 g CO2e/kWh d’ici 2050. Ce qui exclut de fait le gaz naturel (234 g CO2e/kWh) sans capture et stockage de CO2, mais laisse ouverte la porte aux biogaz et aux gaz renouvelables.

Par Aurélie Barbaux, publié le 23/03/2020 à 09H00

https://www.usinenouvelle.com/article/une-taxonomie-verte-nucleo-sceptique.N941896

UNE GUERRE NUCLÉAIRE, MÊME LIMITÉE, CAUSERAIT LA PLUS GRANDE FAMINE DE L’HISTOIRE MODERNE

En utilisant seulement 1 % des armes existantes, des dizaines de millions de personnes pourraient mourir de faim

Une nouvelle étude de la Rutgers University (New Jersey) montre qu’une guerre nucléaire régionale provoquerait une famine à l’échelle mondiale.

Une infime partie des stocks d’armes mondiaux pourrait provoquer un « hiver nucléaire »

La Rutgers University, implantée dans le New Jersey, vient de rendre les conclusions d’une étude inédite : en se basant sur l’hypothèse d’une guerre nucléaire entre l’Inde et le Pakistan – soit une guerre extrêmement localisée -, les conséquences pour l’ensemble des pays du monde seraient désastreuses. Ces inquiétudes ne sont toutefois pas nouvelles, puisqu’en 2013 déjà, l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), par ailleurs lauréate du prix Nobel de la paix en 1985, avait conclu dans un rapport qu’une guerre nucléaire localisée provoquerait une destruction des récoltes et une grave crise alimentaire mondiale.

Alan Robock, professeur à l’université de Rutgers et co-auteur de la nouvelle étude publiée le 16 mars, confirme donc que, « aussi horribles que soient les conséquences directes que causeraient des armes nucléaires, un nombre plus important de personnes pourraient mourir en dehors des zones cibles à cause de la famine ». Comme le rappelait Sciences et Vie, des études dès 1982, côté américain et soviétique, prédisaient un « hiver nucléaire » en cas de guerre atomique. En d’autres termes, la poussière éjectée dans l’atmosphère par les explosions nucléaires bloquerait le rayonnement solaire, stoppant la photosynthèse et refroidissant gravement le climat terrestre. En utilisant seulement 100 armes atomiques, 5 millions de tonnes de suie pourraient ainsi être propulsées dans l’atmosphère. Selon une étude publiée par Robock dans Science Advances, plus de 100 millions de personnes pourraient être tuées immédiatement par une guerre nucléaire régionale, au sein de cette même région donc, mais les conséquences environnementales provoquées par les poussières radioactives conduiraient à un refroidissement général de la planète de 1,8 degré Celsius (2 à 5 degrés Fahrenheit), 15 à 30 % de précipitations en moins et 20 à 35 % d’ensoleillement en moins. L’absence de précipitations conduirait donc à une baisse significative des récoltes de blé, soja, maïs, riz…

Un scénario pas si hypothétique, au vu de la situation actuelle

Selon Robock, le scénario selon lequel 5 millions de tonnes de suie seraient propagées dans l’atmosphère date d’il y a déjà une dizaine d’années. Aujourd’hui, le chiffre le plus proche de la réalité serait plutôt 16 millions, du fait de l’évolution des capacités nucléaires de l’Inde et du Pakistan. L’actualité a plutôt tendance à démontrer que ce risque existe fortement : en 2019, le conflit indo-pakistanais a été renouvelé à cause de la décision de l’Inde de révoquer l’autonomie du Jammu-et-Cachemire, provoquant la colère du Pakistan, qui souhaite prendre le contrôle de cette région. Cela a mené le Premier ministre pakistanais à menacer l’Inde d’une guerre nucléaire en pleine tribune des Nations unies.

La menace nucléaire est plus que jamais présente : malgré la signature de l’accord sur le nucléaire iranien, aussi appelé traité de Vienne, en 2015, qui prévoit un contrôle sur le programme nucléaire de la République islamique en échange de la levée des sanctions économiques qui pèsent sur le pays des mollahs, les conflits et crispations entre États restent extrêmement forts. Ainsi, en 2018, les tensions entre les États-Unis et la Corée du Nord ont réellement fait craindre une guerre atomique, avant que Kim Jong-un n’annonce, du moins officiellement, la fin de ses essais nucléaires. Donald Trump a quant à lui fait sortir les États-Unis de l’accord de Vienne, signé par son prédécesseur Barack Obama. Il s’est enfin retiré du traité de Washington, aussi appelé Traité FNI, signé en 1987 entre les États-Unis et l’URSS et qui prévoyait l’élimination des forces nucléaires à portée intermédiaire, en d’autres termes qui limite la taille et la portée des armes nucléaires autorisées. En réponse, Vladimir Poutine a annoncé, en 2019, le retrait de la Russie de ce même accord.

Les tensions actuelles dans le monde peuvent faire craindre une guerre nucléaire. Même si ces dernières sont localisées et n’utilisent qu’une infime minorité des armes existantes, les conséquences seraient absolument désastreuses pour l’ensemble de la planète. Face aux immenses risques que font courir les équipements nucléaires, peut-être la solution serait-elle, comme certains scientifiques le souhaitent, l’abolition totale de ces armes de destruction massive.

Source : Eureka alert

Par Marine Guichard, le 23 mars 2020

Photo en titre : Romolo Tavani / Shutterstock.com

https://dailygeekshow.com/guerre-nucleaire-famine/

FRANCE : DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES, LE CORONAVIRUS FAIT PEUR

Le 10 mars, EDF ‘’Électricité de France’’ annonçait officiellement que trois employés de trois centrales nucléaires avaient été testés positifs pour le coronavirus, et plusieurs autres personnes en contact avec eux ont été invités à s’auto-isoler pendant les 14 prochains jours. Depuis l’inquiétude et la psychose seraient un monter d’un cran parmi les travailleurs de la compagnie avec de plus en plus de demandes de droit de retrait.

Un secteur sensible ‘’fébrile’’

EDF serait le « producteur et du premier fournisseur d’électricité  en France et en Europe ». Du coup étant donné son importance stratégique, la compagnie se devait d’agir comme d’une « ligne de défense » dans la lutte du pays contre la pandémie du coronavirus. Fichée comme une des entreprises de tête, de même utilité que les hôpitaux ou la police, la compagnie ne pouvait se permettre le respect strict de certaines des mesures de sécurité prônées par les autorités sanitaires gouvernementales, comme le ‘’télétravail’’.

Mais EDF, selon ses responsables, les aurait adaptées à ses propres mesures de sécurité ; incluant entre autres les lavages de mains, les gants et la distance de sécurité entre intervenants. Seulement, il y a deux semaines, la compagnie déclarait ses premiers travailleurs contaminés et depuis l’inquiétude avait grandi au sein de son personnel. Pour de nombreux travailleurs, les mesures de sécurité appliquées au sein de l’Entreprise ne seraient pas des plus idéales pour leur protection.

Du coup, mettant en difficulté la planification de l’Entreprise pour continuer à fournir avec des effectifs déjà réduits, un service minimum; un nombre non négligeable de travailleurs auraient fait valoir leur droit de retrait. Le droit de retrait étant « un droit pour le salarié de pouvoir arrêter son activité s’il est en situation de danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ».

Des mesures de sécurité renforcées

Le problème serait qu’après avoir travaillé dans les zones radioactives des centrales nucléaires, le personnel se devait, pour se débarrasser de certaines souches persistantes de radioactivité, de passer par des portails étroits de style douche dans leurs sous-vêtements. Seulement, selon certains travailleurs les surfaces de ces portails pouvaient également être faire le lit au Covid-19. Une situation difficile pour la compagnie. Mais ce vendredi selon des sources syndicales et industrielles, EDF se serait résout devant le nombre important de droits de retrait, à introduire des procédures d’hygiène plus strictes dans ses centrales nucléaires.

Par Rodrigue Gozoa, publié le 21 mars 2020

https://lanouvelletribune.info/2020/03/france-dans-les-centrales-nucleaires-le-coronavirus-fait-peur/

LA SLOVÉNIE DÉCLARE QUE LA SEULE CENTRALE NUCLÉAIRE N’A PAS ÉTÉ AFFECTÉE PAR LE TREMBLEMENT DE TERRE EN CROATIE

SARAJEVO (Reuters) – La seule centrale nucléaire de Slovénie, Krsko (NEK), n’a pas été touchée par le grand tremblement de terre qui a frappé la Croatie voisine tôt dimanche, mais les autorités ont déclaré qu’elle avait commencé à inspecter les systèmes et les équipements dans le cadre d’une action préventive normale.

« La centrale nucléaire continue de fonctionner à pleine puissance« , a déclaré Igor Sirc, directeur de l’Administration slovène de la sûreté nucléaire.

NEK est détenue conjointement par la Slovénie et la Croatie voisine, dont la capitale a été ébranlée par un tremblement de terre de magnitude 5,3 qui a endommagé des bâtiments, envoyé de nombreuses personnes dans les rues, enterré des véhicules dans des décombres et provoqué plusieurs incendies.

Rapport de Marja Novak; montage par Catherine Evans, posté par Sameh dans News, publié le 22 mars 2020 à 3h43

https://news-24.fr/la-slovenie-declare-quune-seule-centrale-nucleaire-na-pas-ete-affectee-par-le-tremblement-de-terre-en-croatie/

Un homme nettoie les débris d’une rue à la suite d’un tremblement de terre, à Zagreb, Croatie, le 22 mars 2020. REUTERS / Antonio Bronic

CORONAVIRUS: TRUMP ÉCRIT UNE LETTRE À KIM JONG UN ET OFFRE SA COOPÉRATION

SÉOUL, République de Corée, — Le président américain Donald Trump a écrit personnellement une lettre au chef nord-coréen Kim Jong Un dans laquelle il demande le maintien des bonnes relations et offre sa coopération dans la lutte contre la pandémie du nouveau coronavirus, selon ce qu’a affirmé la sœur de Kim Jong Un, dimanche.

Cette plus récente correspondance entre les deux chefs d’État survient après que Kim Jong Un eut observé le lancement de missiles guidés tactiques au cours du week-end, s’attirant les foudres de ses voisins sud-coréens, alors que les discussions concernant son armement nucléaire sont dans une impasse.

Dans une déclaration rapportée par l’Agence centrale de presse nord-coréenne, la sœur de Kim Jong Un et première vice-directrice du Comité central du Parti du travail, Kim Yo Jong, a louangé Donald Trump pour avoir envoyé la lettre alors que de «grandes difficultés et défis demeurent dans le développement des relations bilatérales» entre les deux pays.

La sœur du numéro un nord-coréen a indiqué que Donald Trump a présenté un plan dans la lettre afin de «propulser les relations entre les deux pays et exprimé son intention de fournir une coopération sur le travail antiépidémique», faisant visiblement référence à la crise sanitaire mondiale.

La Corée du Nord a répété ne pas avoir de cas du nouveau coronavirus sur son territoire. Certains experts étrangers croient qu’une crise de ce genre en Corée du Nord pourrait causer un désastre humanitaire en raison des mauvaises infrastructures médicales.

La Maison-Blanche n’a pas immédiatement réagi aux commentaires provenant de la Corée du Nord.

Kim Yo Jong a affirmé que la lettre de Donald Trump était «un bon exemple de la relation personnelle spéciale et ferme» entre les leaders des deux pays. Elle a toutefois ajouté qu’il ne fallait pas «tirer de conclusions hâtives».

Donald Trump et Kim Jong Un se sont rencontrés trois fois et ont échangé de la correspondance à plusieurs reprises depuis 2018, quand ils ont commencé à discuter des avancées nord-coréennes en matière d’arsenal nucléaire. Malgré tout, leur relation diplomatique fait du surplace depuis leur deuxième sommet au Vietnam en février 2019, quand Trump a refusé les demandes de Kim Jong Un de lever certaines importantes sanctions contre son pays en retour d’un désarmement partiel.

Par La Presse Canadienne (Blais Stéphane), publié le 21 mars 2020 ; modifié le 22 mars 2020 à 00h32

https://lactualite.com/actualites/coronavirus-trump-ecrit-une-lettre-a-kim-jong-un-et-offre-sa-cooperation/

CORONAVIRUS: WASHINGTON MAINTIENT LES SANCTIONS CONTRE L’IRAN MALGRÉ LA PANDÉMIE (MÉDIAS)

« La pression accrue de Washington est un crime contre l’humanité« 

Les États-Unis ont envoyé un message clair à l’Iran cette semaine, affirmant que Washington n’a pas l’intention de lever les sanctions imposées par l’administration Trump, malgré la crise liée à la propagation du coronavirus qui a jusqu’à présent causé la mort de plus de 1500 Iraniens, ont indiqué plusieurs médias.

Les États-Unis ont par ailleurs imposé jeudi des sanctions à cinq entreprises des Émirats arabes unis, accusées de transporter du pétrole iranien en contournement de l’embargo américain.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a ainsi publié samedi sur son compte Twitter une déclaration du président Hassan Rohani adressée aux citoyens américains.

https://twitter.com/i/web/status/1241192934835453952 …

(NDLR: Ce post ne peut être affiché si les cookies pour les réseaux sociaux sont désactivés. Vous pouvez les réactiver en vous rendant sur la page de gestion des cookies.)

« Tout acteur hostile qui cherche à saper le système de santé iranien et à limiter les ressources financières nécessaires pour faire face à l’épidémie sape la lutte dans le monde entier« , a déclaré le président iranien.

« Il est temps de mettre fin à ce sombre chapitre de l’histoire américaine. Les sanctions et les pressions n’ont jamais été couronnées de succès et ne le seront pas à l’avenir », a-t-il ajouté. 

Un autre responsable iranien, cité par Reuters, a de son côté martelé que « la pression accrue de Washington est un crime contre l’humanité« .

Par i24NEWS, publié le 21 mars 2020 à 10h09, dernière modification le 21 mars 2020 à 10h31

Photo en titre : Le président américain Donald Trump et son homologue iranien Hassan Rouhani, 2018

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1584781764-coronavirus-washington-maintient-les-sanctions-contre-l-iran-malgre-la-pandemie-medias

CORONAVIRUS: DROITS DE RETRAIT ET PROCÉDURES AJUSTÉES DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES

Des salariés auraient exercé leur droit de retrait dans plusieurs centrales nucléaires, estimant que l’application des « gestes barrière » laisse à désirer.

EDF a dû modifier ces derniers jours des procédures de contrôle de radioactivité au sein de ses centrales nucléaires après l’exercice par quelques salariés de leur droit de retrait pour cause de crainte de contamination par le coronavirus, ont indiqué à Reuters des sources syndicales et industrielles.

À lire aussi : Le droit de retrait, mode d’emploi

Les procédures en question concernent la mesure de la radioactivité des intervenants à la sortie des zones nucléaires, imposant aux salariés de passer en sous-vêtements dans des portiques étroits équipés de capteurs, aux dimensions de cabines de douches, qui risquent d’être des vecteurs de propagation du virus. Les changements mis en œuvre par EDF incluent le nettoyage des portiques au moins deux fois par plages de huit heures, le respect de distances de sécurité entre intervenants, le lavage et la désinfection des mains ainsi que le port de gants, selon des consignes diffusées en interne à partir de mardi.

Le problème «a été réglé ou va l’être très prochainement à condition que les consignes soient respectées», a indiqué à Reuters Thierry Raymond, délégué syndical central CGT. Thomas Plancot, coordinateur des métiers du nucléaire pour la CGT, a précisé que plus d’une dizaine d’intervenants au total – en très grande majorité des prestataires – avaient fait valoir leur droit de retrait au sein des centrales de Fessenheim (Haut-Rhin), Civaux (Vienne) et Chooz (Ardennes) au moins, dont un sexagénaire se considérant parmi les populations les plus exposées en raison de son âge.

Concernant les mesures de confinement prises par le gouvernement et leur impact sur l’organisation du travail au sein des centrales, Thierry Raymond estime qu’il y a eu «un flottement» en début de semaine mais que «la situation est un peu plus claire aujourd’hui, avec une distinction nette entre les salariés qui sont en télétravail et ceux qui sont nécessaires à l’exploitation et qui travaillent toujours sur site».

Les «gestes barrière» en question

«Il y a eu des explications sur les gestes barrières et ça ne se passe pas trop mal», a-t-il ajouté. Une source industrielle a pour sa part confirmé que des salariés avaient exercé leur droit de retrait dans au moins une des 19 centrales du parc nucléaire français, estimant pour sa part que l’application des «gestes barrière» sur site laissait encore à désirer, notamment en ce qui concerne les distances de sécurité, en raison d’attroupements de salariés à l’heure de la pause-café ou du déjeuner. Cette source ajoute cependant que ces problèmes n’ont que peu de risques d’avoir un impact sur la production ou sur la sûreté des centrales. Elle reconnaît par ailleurs que la baisse des effectifs sur sites survenue ces derniers jours permet plus facilement à chacun d’organiser son travail de manière à ne pas croiser trop d’intervenants au cours de sa journée.

Un porte-parole d’EDF a pour sa part déclaré que les 40 réacteurs du parc en fonctionnement produisaient normalement et qu’il n’y avait «pas de désorganisation liée au virus» – les autres sont en maintenance. EDF, qui ne communique ni sur les taux d’absentéisme liés au virus ni sur le nombre de cas avérés parmi ses effectifs, indique disposer de plans permettant de faire fonctionner ses centrales nucléaires avec 25% de personnel en moins pendant trois mois et 40% en moins pendant deux à trois semaines. Le groupe n’appelle plus désormais sur sites que les personnels chargés du pilotage des centrales, des opérations de maintenance, des activités de sûreté et de la surveillance de l’environnement.

«Notre priorité, c’est de préserver la santé de nos salariés et de préserver la sécurité de nos installations», a déclaré vendredi son PDG, Jean-Bernard Lévy, sur Europe 1. «Même dans nos plans les plus pessimistes, nous pensons être en mesure à tout instant de produire suffisamment d’électricité pour tous les Français», a-t-il également dit.

Par Le Figaro avec Reuters, publié le 20 mars 2020 à 22h46

Photo en titre : Une dizaine d’intervenants ont fait valoir leur droit de retrait au sein des centrales nucléaires, comme celle de Fessenheim. Arnd Wiegmann / REUTERS

https://www.lefigaro.fr/flash-eco/coronavirus-droits-de-retrait-et-procedures-ajustees-dans-les-centrales-nucleaires-20200320

WASHINGTON TESTE AVEC SUCCÈS UN MISSILE HYPERSONIQUE

L’armée américaine a annoncé vendredi avoir testé la veille avec succès un prototype de missile hypersonique, qu’elle espère pouvoir déployer dans les cinq ans pour concurrencer des armes similaires développées par la Russie et la Chine.

«Le département de la Défense a testé avec succès un véhicule hypersonique au cours d’un vol d’essai mené depuis le Centre d’essais de Kauai, à Hawaii, le 19 mars vers 22 h 30 locales», a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

Le prototype a volé à une vitesse hypersonique – plus de cinq fois la vitesse du son – et a atteint la cible désignée, a précisé le Pentagone.

«Aujourd’hui nous avons validé notre modèle et nous sommes désormais prêts à passer à la phase suivante nous rapprochant d’une capacité de frappe hypersonique sur le terrain», a déclaré le vice-amiral Johnny Wolfe, chargé par la Marine américaine de développer ces nouvelles armes.  

Les missiles hypersoniques peuvent se déplacer plus rapidement que les missiles balistiques à capacité nucléaire actuels et que les missiles de croisière. Ils peuvent atteindre des altitudes différentes et être très manœuvrables ce qui les rend difficile à contrer pour les systèmes de défense antimissiles actuels.  

En décembre, la Russie a déclaré qu’elle avait déployé son premier missile hypersonique Avangard, se disant ainsi le premier pays au monde disposant déjà de cette arme dans son arsenal. Le missile aurait été testé à la vitesse de 33 000 km/h, selon des responsables russes.

La Chine investit elle aussi dans ces nouveaux missiles. Un véhicule hypersonique DF-17 figurait dans le défilé militaire de la fête nationale chinoise en octobre dernier.

Par AFP, publié le 20 mars 2020 à 17 h 45 min

Photo en titre : «Le département de la Défense a testé avec succès un véhicule hypersonique au cours d’un vol d’essai mené depuis le Centre d’essais de Kauai, à Hawaii, le 19 mars vers 22 h 30 locales», a indiqué le Pentagone dans un communiqué. [AFP]

http://www.45enord.ca/2020/03/washington-teste-avec-succes-un-missile-hypersonique/

LA CORÉE DU NORD A TIRÉ DEUX MISSILES DE COURTE PORTÉE, SELON SÉOUL

Pyongyang a tiré deux projectiles en direction de la mer du Japon, d’après l’armée sud-coréenne.

La Corée du Nord a tiré deux missiles balistiques de courte portée vers la mer du Japon, également appelée la mer de l’Est, a rapporté vendredi 20 mars l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, citant des sources militaires sud-coréennes.

Ces missiles ont été lancés de la province du Pyongan du Nord (ouest), précise l’agence, qui cite plusieurs chefs d’état-major sud-coréens.

Au début de mars, en pleine impasse sur les négociations entre Washington et Pyongyang sur les programmes nucléaire et balistique nord-coréens, le pays doté de l’arme nucléaire avait fait des tirs similaires à deux reprises.

Peu avant que Yonhap évoque les tirs, l’agence de presse officielle nord-coréenne (KCNA) avait annoncé une convocation le 10 avril de son Assemblée populaire suprême, son Parlement.

Lire aussi: La Corée du Nord lance deux projectiles non identifiés

Multiplication des essais d’armement

La Corée du Nord a multiplié depuis novembre les essais d’armement en l’absence de progrès dans les négociations par lesquelles les États-Unis espèrent lui faire abandonner son programme nucléaire.

Selon les analystes, Pyongyang affine peu à peu ses capacités, malgré les sanctions et les condamnations.

Lire aussi: En Corée du Nord, l’économie menacée par le retour des tensions (Article réservé à nos abonnés)

La péninsule coréenne avait connu en 2018 une remarquable détente, illustrée par des rencontres historiques entre le leader nord-coréen, Kim Jong-un, et le président américain, Donald Trump.

Mais les négociations sur la dénucléarisation sont au point mort depuis le deuxième sommet entre les deux dirigeants, en février 2019 à Hanoï.

Par Le Monde avec Reuters, publié le 21 mars 2020 à 01h13, mis à jour à 07h44

https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/21/la-coree-du-nord-a-tire-deux-missiles-de-courte-portee-selon-seoul_6033908_3210.html

CORONAVIRUS-L’IRAN ANNULE SA JOURNÉE NATIONALE SUR LE NUCLÉAIRE

DUBAÏ, 19 mars (Reuters) – Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Ali Akbar Salehi, a annoncé jeudi, à la télévision d’État, l’annulation de la journée nationale de la technologie nucléaire, organisée traditionnellement le 9 avril en Iran, compte tenu de l’épidémie de coronavirus en cours.

À l’occasion de cette journée, la République islamique, soupçonnée par l’Occident de chercher à se doter de l’arme nucléaire – ce qu’elle dément -, a pour habitude d’annoncer ses dernières avancées dans le domaine du nucléaire.

Selon le dernier bilan fourni jeudi par le ministère iranien de la Santé, l’épidémie de coronavirus a fait 1.284 morts et 18.407 cas confirmés de contamination dans le pays, l’un des principaux foyers du virus dans le monde avec la Chine.

Par Parisa Hafezi, version française Marine Pennetier, édité par Henri-Pierre André, publié le 19/03/2020 à 11h56

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/coronavirus-l-iran-annule-sa-journee-nationale-sur-le-nucleaire-7ddbed4bb62f49defa53aa5821f6edf2

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CIVAUX: LE CAMPING SE VIDE

Ils étaient arrivés lundi de la Drôme, du Pas-de-Calais, de Seine-Maritime ou d’Indre-et-Loire pour participer aux travaux de « visite partielle » à la centrale nucléaire, s’installant dans des chalets, caravanes, gîtes et mobil-homes loués dans les villages autour de Civaux. De nombreux salariés d’entreprises sous-traitantes d’EDF ont repris la route mardi et mercredi, à la demande de leurs employeurs, pour se conformer aux mesures de confinement (lire également en page départementale).

En deux jours, le camping de Queaux s’est ainsi vidé de sa clientèle nucléaire qui devait lui assurer un regain d’activité en basse saison. « Lundi nous avons fait notre embauche. Mardi matin il y a eu une réunion de la direction d’EDF. À 14 h 30, les déplacés de longue distance ont été démobilisés pour qu’ils puissent aller se confiner chez eux, explique l’un des salariés sur le départ. Les travaux dans le réacteur sont reportés sans qu’une date de reprise soit fixée. Seuls les travailleurs « locaux » restent sur la base du volontariat. Ceux qui font jouer leur droit de retrait ont peur d’être taxés d’abandon de poste et estiment qu’ils n’ont pas vraiment de choix. »

Rôdés au risque nucléaire, ces salariés s’inquiètent du risque de contamination par le coronavirus au sein d’équipes qui œuvrent en milieu clos. Mercredi, les peintres, échafaudeurs, calorifugeurs, étancheurs sont également repartis : « Nous n’avions ni masques ni gel. Nos entreprises nous ont rappelés pour un arrêt de 15 jours minimum. Nous avons reçu nos autorisations de circuler. Mais nous espérons revenir bientôt. »

Publié le 19/03/2020 à 06h25, mis à jour le 19/03/2020 à 06h25

Photo en titre : Départs précipités des ouvriers déplacés pour les travaux sur la centrale nucléaire de Civaux.
© Photo NR

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/commune/queaux/centrale-nucleaire-le-camping-se-vide

COVID-19 – DEUX CAS AVÉRÉS À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

Deux salariés d’une entreprise prestataire d’EDF ont été testés positifs au coronavirus. Tous les « cas contact« , c’est-à-dire les employés qui ont travaillé à proximité de ces deux personnes, ont été mis en quatorzaine. « Nous sommes organisés pour prendre les précautions nécessaires, et l’activité de la centrale du Bugey n’est pas impactée », rassure l’électricien.

« Effectivement nous sommes touchés, comme toutes les entreprises peuvent l’être en ce moment, avec deux cas avérés », précise la centrale nucléaire du Bugey. Deux salariés prestataires d’EDF ont été testés positifs au coronavirus. Pour protéger ses équipes, l’électricien a averti ses employés, et mis en quatorzaine les « cas contact« , à savoir les salariés qui ont travaillé dans une certaine promiscuité avec ces deux personnes touchées par le coronavirus. Le site de production électrique dispose de médecins sur place, ce qui lui assure une certaine réactivité.

Par ailleurs, EDF explique avoir organisé toutes les équipes qui le pouvaient en télétravail depuis déjà une semaine. Concernant les postes opérationnels, ils sont sensibilisés aux gestes barrière. « Un plan de continuité de l’activité est mis en place, nous indique-t-on. Nos activités essentielles ne sont absolument pas remises en question. Il s’agit de la production d’électricité évidemment, mais aussi de la maintenance et de la sûreté nucléaire. » Le grand carénage, qui a débuté depuis peu, « n’est pas mis en pause », puisqu’il s’agit également de gérer les arrêts de tranche, et de faire en sorte que les réacteurs puissent être remis en service le cas échéant. L’activité nucléaire est de celles qui sont « essentielles à la vie de la nation », rappelle EDF.

Par Lucas Lallemand, publié le 20/03/2020 à 08h55

Photo en titre : Deux prestataires de la centrale du Bugey ont été testés positifs au coronavirus. EDF a pris les précautions nécessaires. – © DR

https://www.lavoixdelain.fr/actualite-41145-covid-19-deux-cas-averes-a-la-centrale-nucleaire-du-bugey

DANS LES CENTRALES NUCLÉAIRES, LE CORONAVIRUS INQUIÈTE LES SOUS-TRAITANTS

Comment la filière nucléaire fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ? Les niveaux de production et de sûreté devraient être maintenus malgré des effectifs réduits. Mais des sous-traitants, indignés par le manque de mesures de protection, ont commencé à exercer leur droit de retrait.

La pandémie due au coronavirus entraîne-t-elle un risque accru d’accident nucléaire ? Lundi 16 mars, EDF a déclenché un « plan pandémie » à la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), où plusieurs cas de Covid-19 avaient été recensés, d’après Europe 1. Désormais, seuls les personnels chargés de la sécurité et de la sûreté de la centrale sont autorisés à venir travailler sur le site, soit une centaine de personnes au lieu des 800 habituellement. Leur principale tâche consiste en de la surveillance, car si les deux réacteurs de la centrale sont à l’arrêt pour cause de maintenance, ils abritent toujours du combustible nucléaire.

C’est la première fois qu’un tel plan est déclenché dans l’une des dix-neuf centrales nucléaires en fonctionnement en France. Mais la situation est sous contrôle, assure EDF. « Les plans pandémie ont été élaborés en 2005 dans tous les grands groupes industriels, puis adaptés lors de l’épidémie de grippe A de 2009 et de pneumonie due au Mers-CoV de 2013. À EDF, il s’agit d’un plan de continuité d’activité permettant de fonctionner avec 25 % d’absentéisme pendant douze semaines — la durée prévue par le gouvernement pour une pandémie de type grippal — puis 40 % d’absentéisme pendant les deux ou trois semaines de pic épidémique. Nous pouvons même aller au-delà en fonctionnant avec 120 personnes au lieu de 800, comme c’est actuellement le cas à Flamanville », a indiqué l’électricien à Reporterre mercredi 18 mars.

Dans l’hypothèse où il serait impossible de constituer ces équipes de 120 personnes, EDF aurait encore la possibilité de faire appel à la force d’action rapide nucléaire créée après l’accident nucléaire de Fukushima : « Elle est composée de 300 hommes et femmes mobilisables vingt-quatre heures sur vingt-quatre et capables de piloter un réacteur tout en garantissant sa sûreté. Ils ont déjà été déployés en 2017 à Saint-Martin, après le passage de l’ouragan Irma, pour rétablir l’électricité sur l’île. Cette équipe a été imaginée pour les accidents, mais elle pourrait tout à fait intervenir dans un contexte d’épidémie : ils disposent de vivres, de lits de camp, de matériel d’hygiène, etc. »

On en est pour l’instant loin. Pour l’instant, si EDF n’a pas encore de « visibilité d’ensemble » sur le nombre de ses salariés arrêtés pour cause de maladie ou de garde d’enfants, il n’y a « pas de modification de la production d’électricité d’origine nucléaire », « pas de désorganisation particulière » dans les quarante réacteurs en fonctionnement et les dix-sept en cours de maintenance, et « les évacuations de combustible nucléaire usé se poursuivent normalement ». Dans la plupart des centrales, le principal changement consiste en l’application des mesures barrières préconisées par le gouvernement et l’OMS (Organisation mondiale de la santé) : distance de sécurité entre les travailleurs, désinfection des équipements, etc. Pourtant, des couacs apparaissent çà et là, comme dans la centrale nucléaire de Civaux (Vienne) où les travaux et contrôles prévus sur le réacteur n° 1, à l’arrêt depuis samedi pour une visite partielle, sont fortement perturbés par l’absence d’une partie du personnel requis.

Et la filière nucléaire française ne se résume pas aux centrales. Enrichissement de l’uranium, fabrication, retraitement, démantèlement… Depuis le début de l’épidémie, c’est tout le cycle du combustible nucléaire et ses installations qui doivent s’adapter. « Je travaille pour une filière d’Orano, on m’a informé ce matin que toutes les activités de démantèlement étaient stoppées », a raconté mardi à Reporterre Gilles Reynaud, chef de chantier chez Orano démantèlement et service (DS) près de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme), fondateur et président de l’association de défense des sous-traitants de l’industrie nucléaire Ma zone contrôlée. L’usine de retraitement du combustible nucléaire usé de La Hague (Manche) tourne déjà au ralenti — 1.500 travailleurs franchissent ses portes chaque jour, au lieu des 5.000 habituellement — et devrait fermer la semaine prochaine pour une durée indéterminée.

« C’est une situation qu’on connaît, elle se reproduit tous les ans pour la maintenance, qui peut durer plusieurs semaines voire plusieurs mois » 

« Toutes les personnes qui peuvent télétravailler sont déjà confinées chez elles, dit à Reporterre Régis Davayat, élu du personnel CFDT à La Hague. Les activités de retraitement sont déjà suspendues. Par contre, nous réceptionnons toujours les combustibles nucléaires usés, pour ne pas bloquer l’activité d’EDF, qui a régulièrement besoin de faire de la place dans ses piscines. Cette activité va sûrement continuer, ainsi que les activités de surveillance. On ne peut pas stopper comme ça une installation nucléaire et s’en aller en laissant la clé sous le paillasson ! » Pour autant, il n’a aucune inquiétude sur le maintien d’un bon niveau de sûreté des installations malgré l’arrêt de leurs activités : « C’est une situation que l’on connaît, elle se reproduit tous les ans pour la maintenance, qui peut durer plusieurs semaines voire plusieurs mois. C’est aussi arrivé dans le cas de conflits sociaux. Et même si une équipe de surveillance était confinée chez elle à cause du coronavirus, comme on a deux usines jumelles qui tournent avec des compétences similaires, on pourrait organiser des transferts. »

Cela ne devrait pas non plus affecter la production, assure Orano à Reporterre, dans un courriel : « Notre priorité reste la sûreté sur l’ensemble de nos sites et la contribution à la fourniture en électricité du pays. Ainsi, seules les activités assurant la sûreté des installations et les activités critiques pour l’approvisionnement en électricité de nos concitoyens seront maintenues (exemple : activité d’enrichissement de l’uranium pour fabriquer le combustible, transports…). »

La piscine D de l’usine de retraitement de La Hague (8 mètres de long, 9 mètres d’eau au-dessus des assemblages, une eau à 35 °C), en juin 2018.

De son côté, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) n’a pas identifié « de risque particulier à ce stade », a-t-elle écrit à Reporterre. Dans une note publiée mardi matin, elle indiquait que « L’ASN [est] en lien étroit avec les exploitants nucléaires et les responsables d’activités pour analyser les conséquences en matière de sûreté et de radioprotection des dispositions prises dans le cadre de la crise sanitaire actuelle. Ces dispositions concernent : la gestion des effectifs présents et de leur habilitation, la gestion des activités lors des arrêts d’installation, la mise en sécurité de certains sites, les dispositions prises dans les hôpitaux pour assurer la continuité des traitements pour les patients, etc. » Pour pouvoir poursuivre son activité de contrôle malgré l’épidémie, « l’ASN a déclenché le niveau rouge de son plan de continuité d’activité : tous ses agents sont désormais en télétravail, les échanges de documents avec les responsables d’activités nucléaires seront autant que possible dématérialisés, les instructions seront réalisées à distance, au besoin à l’aide d’audio ou de visioconférences », précise-t-elle.

En réalité, ce sont les mesures de protection des travailleurs qui posent le plus question. Orano s’est plié de bon gré à la description des mesures prises pour protéger les travailleurs : « Très tôt, le groupe Orano a pris la mesure de l’épidémie et les personnels ont reçu les premières consignes de vigilance dès janvier. Celles-ci ont été régulièrement mises à jour en fonction de l’évolution de l’épidémie, des consignes données par les autorités et en s’appuyant sur les recommandations de nos médecins. Une cellule de gestion de crise avec notamment nos médecins se réunit quotidiennement depuis plusieurs semaines afin d’assurer le suivi du développement de l’épidémie et recommander au comité exécutif les nouvelles mesures à prendre, a indiqué le groupe dans son courriel adressé à Reporterre. Tous les événements (séminaires, conventions, réunions…) jugés non indispensables à la continuité de l’activité productive, commerciale ou à la sûreté ont été annulés. Les visites sur sites non liées à la sûreté et à l’exploitation ont été suspendues. Des rappels réguliers ont été faits auprès des collaborateurs pour l’application des gestes barrière et le respect des règles de distanciation sociale. À la suite de l’allocution du Premier ministre, Édouard Philippe, et sur les conseils de nos médecins, la direction du groupe Orano a décidé dimanche de renforcer les mesures (…). Sur les sites de la région parisienne du groupe, cela se traduit par la généralisation du télétravail à l’ensemble des personnels à l’exception des collaborateurs dont la présence est nécessaire à la continuité d’activité de l’entreprise et qui ne peuvent exercer leur fonction à distance. »

Du côté de La Hague, M. Davayat a observé la mise en place de plusieurs mesures depuis le début de l’épidémie : « Ceux qui doivent venir sur le site ont reçu un laissez-passer ; du gel et des lingettes jetables sont mis à disposition à l’entrée et dans l’enceinte du site ; dès que quelqu’un a des symptômes suspects, il est isolé, son lieu de travail désinfecté et des masques distribués à tous les collègues. » Pour lui, la direction « tient assez bien compte de la gravité de la situation » : « On peut estimer que certaines décisions sont trop tardives, mais la direction n’a fait que suivre les errances du gouvernement. »

« La contamination radioactive, on sait faire. Par contre, pour le coronavirus, c’est plus compliqué. »

En revanche, du côté des sous-traitants, qui réalisent 80 % des activités de maintenance des centrales et sont les plus exposés aux risques d’accident et à la radioactivité, l’inquiétude et la colère vont grandissants. Yvon Laurent, représentant du personnel, syndicaliste CGT et salarié à Endel, filiale d’Engie sous-traitante d’EDF pour des travaux de robinetterie, tuyauterie et logistique nucléaire, recense les plaintes sur la page Facebook de Ma zone contrôlée : « On doit se coller dans les [portiques de détection de la contamination radioactive] C2 pas nettoyés, pas désinfectés, toucher les dosimètres que tout le monde prend… », « les badgeurs, les tripodes, les poignées ne sont pas désinfectés, pas de gel ou de lingettes, non-respect [de la distance] d’un mètre [entre les travailleurs] — il est vrai que le virus s’arrête aux badgeurs », « rien de fait, toujours du monde en entrée et en sortie de zone [contrôlée] [1] et [au niveau des portiques] C2 »

« Lundi, des salariés de Endel et d’autres entreprises sous-traitantes, qui assurent 80 % des travaux de maintenance pendant l’arrêt des réacteurs, se sont aperçus que certaines mesures comme la mise à disposition de gel hydroalcoolique ou les distances de sécurité entre les travailleurs n’étaient pas respectées, a indiqué M. Laurent à Reporterre mercredi. Dans les vestiaires, il peut y avoir cinquante personnes dans vingt mètres carrés, impossible de respecter les distances de sécurité ! Dans la zone contrôlée, il n’y a que trois ou quatre douches pour cent salariés. Et en sortie de zone, les portiques C2, où l’on doit introduire sa main dans un fourreau très profond équipé de capteurs et appliquer son visage sur une surface grillagée, ne sont pas désinfectés — les capteurs du fourreau sont trop fragiles pour supporter la désinfection ou l’aspirateur. »

« À Orano Tricastin, des copains et des copines qui travaillent sur un chantier de mise en conformité d’une installation de traitement de l’uranium naturel m’ont raconté qu’on ne leur avait donné aucun moyen de prévention contre le coronavirus, complète M. Reynaud. La contamination radioactive, on sait faire, on a des procédures. Par contre, pour le coronavirus, c’est plus compliqué. » Autre motif d’inquiétude, les centrales et les installations qui tournent au ralenti et les sous-traitants « nomades », qui se déplacent de centrale en centrale, renvoyés dans leurs familles faute d’activité : « Et s’ils étaient porteurs du virus », interroge M. Laurent.

Inquiets, des sous-traitants ont décidé d’exercer leur droit de retrait. « Certains salariés ont refusé d’entrer en zone contrôlée. À Chooz (Ardennes), depuis mardi soir, l’équipe de nuit, puis l’équipe du matin et l’équipe du soir ont toutes exercé leur droit de retrait, soit cinquante personnes. À Penly (Seine-Maritime), mardi matin, cinquante salariés d’Endel ont cessé leur activité, rapporte le syndicaliste. Certains directeurs d’entreprises sous-traitantes ont même retiré leurs personnels des centrales pour les protéger ! » Mais le syndicaliste n’est pas rassuré pour autant : « Si les effectifs sont réduits et que les arrêts de tranche [2] se poursuivent, je suis inquiet car cela va accroître la dosimétrie [3], le stress et donc le risque d’incident pour les sous-traitants. Les arrêts de tranche vont prendre du retard et la pression va encore retomber sur les sous-traitants après cette période d’épidémie. »

NOTES :

[1] Zone où l’accès et le séjour sont soumis à une réglementation spéciale pour des raisons de protection contre les rayonnements ionisants et de confinement de la contamination radioactive.

[2] L’arrêt de tranche est l’arrêt d’un réacteur pour maintenance.

[3] La dosimétrie c’est la dose de radioactivité reçue par un.e travailleur.se du nucléaire

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Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 19 mars 2020

https://reporterre.net/Dans-les-centrales-nucleaires-le-coronavirus-inquiete-les-sous-traitants

LES ÉTATS-UNIS SANCTIONNENT L’IRAN ET DEMANDENT LA LIBÉRATION DES AMÉRICAINS AU MILIEU D’UNE ÉPIDÉMIE DE CORONAVIRUS

WASHINGTON (Reuters) – Les États-Unis ont imposé de nouvelles sanctions à l’Iran mardi, poursuivant sa campagne de pression économique alors même qu’il proposait d’aider Téhéran à faire face à la pandémie de coronavirus et ont appelé la République islamique à libérer les Américains détenus.

L’Iran envisage de libérer certains citoyens américains, a déclaré le secrétaire d’État américain Mike Pompeo lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il a clairement indiqué que Washington maintiendrait sa campagne de pression maximale pour étouffer la capacité de Téhéran d’exporter son pétrole.

La campagne, lancée après le retrait unilatéral du président Donald Trump en 2018 de l’accord sur le nucléaire conclu en 2015 par l’Iran avec six grandes puissances, vise à contraindre l’Iran à limiter ses activités nucléaires, de missiles et régionales.

Pompeo a déclaré mardi que le Département d’État inscrivait sur liste noire neuf entités basées en Afrique du Sud, à Hong Kong et en Chine, ainsi que trois personnes iraniennes, pour s’être engagées dans des «transactions importantes» pour le commerce de produits pétrochimiques iraniens.

Bien qu’il ne les ait pas nommés, Pompeo a déclaré que cette étape comprenait la mise sur liste noire de la société d’investissement des forces armées iraniennes en matière de sécurité sociale et son directeur pour avoir investi dans des entités sanctionnées.

Par ailleurs, le Département du commerce a déclaré qu’il ajouterait six personnes – dont cinq scientifiques nucléaires iraniens – et 18 sociétés à la liste des entités des États-Unis pour avoir aidé le programme nucléaire iranien, les programmes nucléaires et de missiles non garantis du Pakistan et les efforts de modernisation de l’armée russe.

Sans les nommer, le département du Commerce a déclaré que cette décision concernait une entreprise en Iran, deux entités en Chine, neuf au Pakistan et cinq aux Émirats arabes unis et restreindrait l’exportation de certains articles vers elles.

La liste des entités indique les parties étrangères auxquelles il est interdit de recevoir tout ou partie des articles soumis à la réglementation américaine en matière d’exportation, sauf si l’exportateur obtient une licence, selon le ministère.

Lundi, des sources proches du dossier qui ont parlé sous couvert d’anonymat en raison de la sensibilité de la question ont déclaré que les États-Unis étaient peu susceptibles d’assouplir les sanctions contre l’Iran malgré l’appel de la Chine à le faire en raison de la pandémie.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo arrive pour une conférence de presse sur l’état actuel de la maladie des coronavirus (COVID-19) au département d’État de Washington, États-Unis, le 17 mars 2020. REUTERS / Tom Brenner

Pompeo a exhorté l’Iran à libérer les citoyens américains qu’il a détenus en tant que geste humanitaire à cause du coronavirus. L’Iran a signalé 16 169 cas de coronavirus et 988 décès dans l’une des pires épidémies nationales à l’extérieur de la Chine, où la pandémie est originaire.

« Nous sommes conscients qu’ils réfléchissent à leur libération ou non« , a déclaré Pompeo aux journalistes. « Nous les exhortons … à libérer tous les Américains qui y sont détenus à tort comme un geste humanitaire, compte tenu du risque que cela représente.« 

On ne sait pas exactement combien d’Américains l’Iran peut détenir, mais ils comprennent le père et le fils Baquer et Siamak Namazi; Michael White, un vétéran de la Marine; et peut-être Robert Levinson, un ancien agent du FBI porté disparu depuis 2007.

Reportage de Humeyra Pamuk et Arshad Mohammed; Écriture par Arshad Mohammed; Montage par Bernadette Baum et Jonathan Oatis

Posted by Erlando Haskett In News Last Modified 18 mars 2020 – 3:09

https://news-24.fr/les-etats-unis-sanctionnent-liran-et-demandent-la-liberation-des-americains-au-milieu-dune-epidemie-de-coronavirus/

ABSENCE DE DISPOSITIF DE FREINAGE SUR DES VIS DE FIXATION DE POMPES DE RÉACTEURS DE 1300 MWE D’EDF

Anomalie générique

Centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire – Réacteurs de 1300 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Cattenom – Réacteurs de 1300 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Flamanville – Réacteurs de 1300 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Golfech – Réacteurs de 1300 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine – Réacteurs de 1300 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Penly – Réacteurs de 1300 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Paluel – Réacteurs de 1300 MWe – EDF

Centrale nucléaire de Saint-Alban / Saint-Maurice – Réacteurs de 1300 MWe – EDF

Le 27 janvier 2020, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté portant sur l’absence de dispositif de freinage sur certaines vis de liaison des vannes thermostatiques des pompes d’injection de sécurité à moyenne pression (RIS) et de contrôle chimique et volumétrique (RCV) de certains réacteurs nucléaires de 1300 MWe.

Cet événement concerne :

  • le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Belleville ;
  • les réacteurs 1, 2 et 3 de la centrale nucléaire de Cattenom ;
  • les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville ;
  • les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Golfech ;
  • les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine ;
  • les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Penly ;
  • les réacteurs 1 à 4 de la centrale nucléaire de Paluel ;
  • le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Saint-Alban.

EDF avait constaté en 2013 des desserrages de vis sur ce type de vannes. Elle avait procédé à leur resserrage et avait installé des dispositifs de freinage. Ces événements avaient fait l’objet de déclarations d’événement significatif.

EDF a détecté récemment que, depuis cet événement, des vannes thermostatiques ont été remplacées sur les réacteurs de 1300 MWe dans le cadre d’opérations de maintenance, sans que ne soit installé à nouveau un dispositif de freinage des vis de fixation. Aucun desserrage de ces vis n’a cependant été constaté.

Le circuit d’injection de sécurité (RIS) permet, en cas d’accident causant une brèche importante au niveau du circuit primaire du réacteur, d’introduire de l’eau borée sous pression dans celui-ci afin d’étouffer la réaction nucléaire et d’assurer le refroidissement du cœur.

Le système de contrôle volumétrique et chimique (RCV) a notamment pour fonction de maintenir dans le circuit primaire la quantité d’eau nécessaire au refroidissement du cœur en fonctionnement normal ou en cas de très petite brèche.

Un fonctionnement prolongé de ces pompes, estimé par EDF à plus de trois jours, aurait pu desserrer ces vis et endommager les pompes concernées. EDF considère que l’enjeu pour la sûreté d’un dysfonctionnement de ces pompes au-delà de trois jours aurait été limité, compte tenu du fait que leur fonctionnement en situation accidentelle n’est requis que pour une durée qui ne dépasse pas dix heures. L’ASN instruit actuellement ces éléments techniques.

EDF prévoit la résorption de cet écart dès que possible et dans un délai conforme aux préconisations du guide n° 21 de l’ASN.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois, compte tenu que cet événement affecte les deux voies des systèmes RIS et RCV et de sa répétition, cet événement est classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité) pour les réacteurs de 1300 MWe concernés.

L’ASN s’assure, dans le cadre de ses contrôles, de la bonne résorption de ces écarts.

Publié le 18/03/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Absence-de-dispositif-de-freinage-sur-des-vis-de-fixation-de-pompes-de-reacteurs-de-1300-MWe-d-EDF

NUCLÉAIRE ET CORONAVIRUS: LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE À L’ÉPREUVE DU FACTEUR HUMAIN

Le CRILAN a sélectionné pour vous des articles à consulter :

. Sortir du nucléaire

https://www.sortirdunucleaire.org/Coronavirus-quel-impact-pour-les-personnes

Officiellement, EDF a tout prévu pour continuer la production d’électricité dans les centrales nucléaires malgré l’épidémie de coronavirus. Si à court terme la conduite des réacteurs ne semble pas menacée, les travailleurs sous-traitants dénoncent une prise en compte insuffisante des risques pour leur santé.

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. L’Usine nouvelle et Flamanville

https://www.usinenouvelle.com/article/ce-qu-edf-n-avait-pas-prevu-dans-son-plan-pandemie.N940246?fbclid=IwAR2Ca4yvYg2SP1uy5p2bS3SFinrOsF9CG7HmFhduG_hLyUtMuJtt11xMgu0

À la date du lundi 16 mars, EDF n’a dû activer son plan de continuité d’activité prévu en cas de pandémie qu’à la centrales de Flamanville (Manche) en arrêt pour maintenance, y compris sur le chantier de l’EPR. Ce plan permet à chacun de ses sites de fonctionner avec jusqu’à 40% d’effectif en moins.

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. À la Hague

https://actu.fr/normandie/beaumont-hague_50041/coronavirus-orano-hague-met-larret-installations_32342507.html

« Sur le site d’Orano la Hague, toutes les activités de retraitement de combustibles nucléaires usés sont stoppées ce mardi 17 mars 2020. Les installations sont mises à l’arrêt.  » « La réception des combustibles usés d’EDF est maintenue, tout comme l’expédition des matières utilisées dans l’usine de Melox pour la fabrication de combustibles Mox ».

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. Coordination antinucléaire Sud Est

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post%2F2020%2F03%2F17%2FCoronavirus-%3A-comment-maintenir-le-nucleaire-sans-le-personnel&fbclid=IwAR2bLfeJkShjfpI44QJyrReBk2w0mg5P3fGxwawDa0C3LW0ZSKgCyVihpe8

« Au quotidien une vingtaine de personnes réparties en sept équipes se relayant nuit et jour pilotent les réacteurs nucléaires dans chaque centrale atomique. Avec les salariés d’astreinte ce sont de 120 à 200 personnes qui sont nécessaires pour faire fonctionner chacun des 58 réacteurs nucléaires disséminés dans l’hexagone. »

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. Reporterre : Dans les centrales nucléaires, le coronavirus inquiète les sous-traitants

https://reporterre.net/Dans-les-centrales-nucleaires-le-coronavirus-inquiete-les-sous-traitants?fbclid=IwAR3Hv1rvQdexp39MRl2HEnROFElBn0sOLNT7FV4fxjCdJaBiSgWelFiHF3c

Comment la filière nucléaire fait-elle face à l’épidémie de coronavirus ? Les niveaux de production et de sûreté devraient être maintenus malgré des effectifs réduits. Mais des sous-traitants, indignés par le manque de mesures de protection, ont commencé à exercer leur droit de retrait.

https://reporterre.net/Dans-les-centrales-nucleaires-le-coronavirus-inquiete-les-sous-traitants?fbclid=IwAR3Hv1rvQdexp39MRl2HEnROFElBn0sOLNT7FV4fxjCdJaBiSgWelFiHF3c

. En Angleterre

Sellafield nuclear waste site to close due to coronavirus

Le site de déchets nucléaires de Sellafield fermera ses portes en raison d’un coronavirus , l’usine de retraitement de Magnox commencera son arrêt contrôlé après que 8% du personnel s’auto-isolera, correspondant de Guardian Jillian Ambrose  Energy. de son personnel a commencé à s’auto-isoler pour empêcher la propagation du coronavirus . L’arrêt contrôlé de l’usine Magnox à   Cumbria  commencera dans les prochains jours après une épidémie du virus Covid-19 au sein des 11 500 employés de Sellafield.

Par André JACQUES, publié le 19 mars 2020

http://crilan.fr/nucleaire-et-coronavirus-la-surete-nucleaire-a-lepreuve-du-facteur-humain/

LA CATASTROPHE DU 11 MARS 2011 AU JAPON N’EST PAS QUE NUCLÉAIRE

Tribune : Jean-François Heimburger, journaliste indépendant et chercheur associé au CRESAT. Il revient sur le Japon qui commémorait mercredi dernier le neuvième anniversaire du séisme du 11 mars 2011, qui a causé une catastrophe sismique, tsunamique et nucléaire.

Un peu partout dans le pays, de nombreux habitants ont observé une minute de silence en hommage aux milliers de victimes. L’événement a fait l’objet d’une large couverture par les médias japonais, qui ont abordé tous les aspects de la catastrophe.

LES FAITS . Fukushima oscille entre le vert et le nucléaire

Pendant ce temps-là, en France, la quasi-totalité des articles de presse – y compris les six dépêches d’agence reprises par de nombreuses rédactions – publiés du 9 au 11 mars et relatifs à cet événement portaient principalement sur « Fukushima » et le « nucléaire ». Le déséquilibre vis-à-vis de tous les problèmes dans les trois départements japonais les plus sinistrés est flagrant.

Le terme « Fukushima » est impropre pour qualifier la catastrophe globale

Les deux termes qui reviennent le plus dans les articles en question sont « Fukushima » et « nucléaire ». Les noms « Miyagi » et « Iwate », désignant deux des trois départements les plus sinistrés, avec celui de Fukushima, sont quasiment absents. Dans ces conditions, comment faire comprendre aux lecteurs que la catastrophe sismique du 11 mars 2011 concerne toute la côte est du Tohoku, au nord-est du Japon ?

Cet emploi excessif du terme « Fukushima » pour désigner l’ensemble de la catastrophe est impropre, encore plus s’il fait référence uniquement à la centrale nucléaire accidentée. Au Japon, la population et les médias parlent le plus souvent de « grande catastrophe sismique de l’est du Japon » et d’« accident de la centrale nucléaire de Fukushima 1 », ce dernier étant aussi considéré comme une catastrophe, et emploient aussi le terme global « 3.11 » (11 mars) sur le modèle d’autres événements tragiques, comme « 1.17 » (17 janvier), désignant la catastrophe sismique de Hanshin-Awaji (autour de Kobe) en 1995.

À lire aussi : Séisme, tsunami et nucléaire : les trois fléaux du Japon

Rappelons que le bilan du tremblement de terre et du tsunami du 11 mars 2011 causés par le séisme de magnitude 9 est, selon le dernier bilan de l’Agence nationale de police, de 15 899 décès directs et 2 529 disparus, principalement à Miyagi (58,4 %), ainsi qu’à Iwate (31,4 %) et Fukushima (9,8 %). À ces chiffres, il est nécessaire d’ajouter 3 739 décès indirects (soit 20 % des victimes), d’après l’Agence de la reconstruction, causés par la prolongation de la période d’évacuation dans des conditions difficiles. Les plus concernés sont les départements de Fukushima (61,1 %), durement touché par l’accident nucléaire, de Miyagi (24,8 %) et d’Iwate (12,5 %).

L’axe privilégié du nucléaire relègue les autres problèmes actuels au second plan

L’immense majorité des articles français publiés dans le cadre de l’anniversaire de la catastrophe portaient sur le nucléaire (état de la centrale nucléaire accidentée, zones d’évacuation aux alentours, radiations, etc.). Cet axe est tout à fait légitime et très important. Il est d’ailleurs aussi largement traité au Japon. Mais à la différence des médias français, les médias nippons couvrent l’ensemble de la catastrophe. Par exemple, tous les éditoriaux publiés ces derniers jours dans les principaux quotidiens nationaux et régionaux japonais – une quarantaine – portaient sur la catastrophe sismique et/ou l’accident nucléaire, en abordant différents thèmes, tels que les difficultés de la reconstruction ou encore la prévention des catastrophes.

À lire aussi : L’étreinte du pape François aux victimes de Fukushima

Près de 48 000 habitants sont toujours évacués, principalement originaires de Fukushima, mais aussi des deux autres départements, et plus de 700 personnes vivent encore dans des préfabriqués. La reconstruction a progressé mais n’est pas terminée. De nombreux défis restent à relever, à Fukushima où la situation est préoccupante en raison de l’accident nucléaire, mais aussi à Iwate et Miyagi. Il s’agit des retards et des perspectives de la reconstruction, de l’impact démographique, de l’isolement des habitants relogés, de l’érosion de la mémoire ou encore des difficultés du redressement de l’industrie, en plus de la radioactivité et du démantèlement de la centrale de Fukushima 1. Les attentes sont grandes et de multiples initiatives sont menées et proposées pour reconstruire l’ensemble des territoires endommagés et se préparer à faire face aux prochains désastres.

Un trop faible intérêt médiatique pour la prévention des catastrophes en France

L’anniversaire du séisme du 11 mars 2011 au Japon aurait aussi pu être l’occasion d’insister sur ce point en France, où les aléas naturels (inondations, mouvements de terrain, avalanches, canicule, mais aussi cyclones en outre-mer) font plusieurs victimes chaque année. Le risque sismique et tsunamique existe aussi dans la métropole, où on a certainement oublié que le tremblement de terre de Lambesc, en 1909, a fait 46 morts et 250 blessés. Plus proche de nous, le 11 novembre dernier, le séisme de magnitude 5,4 a provoqué quatre blessés dont un grave dans la vallée du Rhône.

LIRE AUSSI. La centrale nucléaire de Fukushima reste une menace

Il aurait aussi été possible de s’interroger sur le rôle des médias francophones dans le traitement des informations relatives aux risques et aux catastrophes. Au Japon, les journaux, la télévision et la radio jouent un rôle majeur dans l’amélioration de la connaissance des risques, et ainsi de la prévention des catastrophes. Cela ne semble pas être autant le cas en France, où la thématique de la prévention (qui ne se limite pas aux prévisions météos) n’intéresse pas assez les rédactions. Il serait pourtant judicieux de s’y pencher davantage.

(1) (Centre de recherche sur les économies, les sociétés, les arts et les techniques – laboratoire de l’Université de Haute Alsace) Spécialiste du Japon, il est l’auteur de l’ouvrage Le Japon face aux catastrophes naturelles (ISTE Éditions, 2018).

Par Jean-François Heimburger, publié le 18/03/2020 à 16h00

Photo en titre : Rassemblement antinucléaire pour le neuvième anniversaire de l’accident de Fukushima et contre des JO radioactifs place de la République à Paris. 11.03.2020 Sébastien Muylaert/MAXPPP

https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/catastrophe-11-mars-2011-Japon-nest-pas-nucleaire-2020-03-18-1201084782

« 40 ANS, ÇA SUFFIT ! DÉBRANCHONS LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN », EN AUVERGNE-RHÔNE-ALPES

Du lundi 25 mai au samedi 30 mai

Le 31 mai 1980, c’est l’anniversaire officiel de la connexion du réacteur n°1 de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) au réseau électrique. Quarante ans plus tard, EDF veut étirer son fonctionnement jusqu’à 50 voire 60 ans, alors même que sa durée de vie avait initialement été fixée à 30 ans.

Pour refuser cette prolongation dangereuse, exiger la fermeture de Tricastin 1 et de tous les vieux réacteurs ayant atteint 40 ans, et s’opposer à leur remplacement par des réacteurs EPR, nous appelons à une grande mobilisation !

> À PARTIR DU LUNDI 25 MAI, une semaine d’actions en Auvergne-Rhône-Alpes, la région du Tricastin

> LE SAMEDI 30 MAI, une journée festive et revendicative à Montélimar (Drôme)

Alors si tu veux venir gâcher la fête d’EDF et faire la sienne au Tricastin, plus d’infos à venir bientôt !

PROGRAMME DU SAMEDI 30 MAI

> 12h00 : Rendez-vous près de Cruas (Ardèche) pour le pique-nique militant et convivial organisé par la Frapna

> 13h00 : Départ groupé depuis Cruas jusqu’à Montélimar, en vélo : ambiance détente et festive (10 gros kilomètres en vélo)

> 14h00 : Rendez-vous général Place de Provence (Caserne Saint-Martin) à Montélimar : accueil des cyclistes, discussions aux stands, boissons et encas

> 15h00 : Départ de la manifestation

> 17h00 : Retour au point de départ

> 17h30-19h00 : Prises de parole à la tribune, village info, jeux pour enfants

> 19h00-19h30 : Happening, animation : « Débranchons-là !  »

> 19h30-20h30 : Diner à la cantine autogérée

> 20h30-22h00 : Concerts, DJ set, spectacle

PROGRAMME DU LUNDI 25 MAI AU VENDREDI 29 MAI

> Mardi 26 mai : Conférence avec Thierry Gadault (journaliste, auteur de Nucléaire, danger immédiat) et Bruno Chareyron (Criirad) : Salle Saint-Martin – 2 Rue Bernard Cathelin, 26200 Montélimar

Pour Mercredi 27 mai, Jeudi 28 mai et Vendredi 29 mai : détails à venir

SIGNATAIRES DE L’APPEL À MOBILISATION :

Alternatiba Valence | Attac France | CHANG : Collectif halte au nucléaire Gard | Collectif Arrêt du nucléaire (Arrêt du nucléaire, Arrêt du nucléaire 34, CAN84, Stop Nucléaire 26-07) | Comité de soutien Bure 26 | Extinction Rébellion-Vallée Drôme | FRAPNA Drôme Nature Environnement | France Nature Environnement Auvergne-Rhône-Alpes | Greenpeace France | Ma zone contrôlée | RadiAction | RECH-Réaction en chaine humaine | Réseau « Sortir du nucléaire » | Rhône-Alpes sans nucléaire | STOP Tricastin | Sortir du nucléaire Bugey | Sortir du nucléaire 38 | Sortir du nucléaire Sud Ardèche |

Publié le 19 mars 2020

https://reporterre.net/40-ANS-CA-SUFFIT-Debranbons-la-centrale-nucleaire-du-Tricastin

Pour plus de détails pratiques, consulter le site : https://www.sortirdunucleaire.org/40-ans-ca-suffit-Mobilisation-contre-le-Tricastin

NDLR : bien entendu, si le droit de circuler librement est rétabli d’ici le 25 mai.

CENTRALE DE CIVAUX : L’ARRÊT DU REACTEUR N°1 PERTURBÉ FAUTE DE PERSONNEL

La centrale de Civaux met cette semaine à l’arrêt un de ses réacteurs, dans le cadre d’un chantier de maintenance. Une partie des opérations est « gelée« , après le départ d’une partie des salariés mardi matin.

Le programme de l’arrêt de tranche du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Civaux a été bouleversé mardi, après l’annonce des mesures de confinement. De nombreux salariés itinérants arrivés à Civaux pour ce chantier sont en effet repartis chez eux, suivant les consignes envoyées par une partie de leurs employeurs, prestataires d’EDF.

 » L’arrêt de tranche du réacteur n’est pas suspendu, mais nous avons gelé une partie du planning, le temps de recenser les entreprises et le personnel disponibles, avant de reprendre en toute sécurité « , a fait savoir ce mercredi 18 mars au matin la direction de la centrale.

« Pas de caractère d’urgence« 

Une opération en particulier demande un personnel spécifique : l’ouverture de la cuve et le retrait des assemblages de combustible.  » Le réacteur est en sûreté, il n’y a pas de caractère d’urgence mais toutes les autres opérations de maintenance sont bloquées tant qu’on ne peut pas ouvrir la cuve. Les personnels dont la présence est essentielle pourront être rappelés au besoin. « 

L’arrêt de tranche qui a débuté le week-end est une  » visite partielle « , préalable à la grande visite décennale programmée l’an prochain. De nombreux contrôles et remplacements de pièces sont programmés (10.000 à 12.500 interventions), selon un calendrier établi plusieurs mois à l’avance, qui se trouve désormais fortement modifié.

Par Sébastien KEROUANTON, publié le 18/03/2020 à 11h36

Photo en titre : Certaines opérations de maintenance sont suspendues.   NR CP

https://www.centre-presse.fr/article-735565-centrale-nucleaire-de-civaux-l-arret-du-reacteur-n-gele-faute-de-personnel-gratuit.html

LA CRE FÊTE SES 20 ANS ET MET SUR LA TABLE LES DOSSIERS CHAUDS À VENIR

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) fête ses 20 ans cette année. À cette occasion, son président, Jean-François Carenco a reçu la semaine dernière l’association des journalistes de l’énergie (AJDE) pour revenir sur le rôle de l’autorité mise en place à l’aune de la libéralisation des marchés de l’énergie (électricité puis gaz).

Née des directives européennes ouvrant les marchés de l’énergie, la CRE entend contribuer à la construction de l’Europe de l’énergie, car « plus que jamais », a insisté Jean-François Carenco, « l’énergie, c’est l’Union européenne ». Et c’est un dossier sur lequel le régulateur français entend peser.

Retour en arrière

Dominique Jamme, directeur général des services, et présent depuis les tout débuts de la CRE, a rapidement passé en revue les grandes étapes de l’institution. D’abord, comme il le rappelle, « nous avons été une sorte de startup », dont « la légitimité n’existait pas, même juridiquement tout n’était pas consolidé. »

La première pierre à poser a résidé dans l’indépendance des opérateurs de réseaux, sans laquelle il n’y a pas de marché, a-t-il insisté. Ensuite dans la foulée, cela a consisté à mettre en œuvre un marché de gros afin d’avoir une référence de prix. Cela s’est traduit par la création de la bourse de l’électricité (Powernext, devenue Epex), puis celle du gaz. Dès le départ, de premières concertations avec les parties prenantes ont été instaurées, avec la création, dès 2003, des groupes de travail, électricité (GTE) et gaz (GTG). Et l’UE a joué un rôle dès le départ également, en poussant à libéraliser le marché de la production, alors que, jusque-là, n’existait qu’un seul opérateur.

Ce qui implique qu’il a fallu « s’attaquer aux ressources », donc « obliger le fournisseur historique à mettre à disposition de la production ». Il y a d’abord eu les VVP (les virtual power plants, ou centrales virtuelle), contraignant EDF à mettre sur le marché un certain volume de kWh, puis l’Arenh (Accès réglementé à l’énergie nucléaire historique, contraignant EDF à céder à un prix fixé un quart de son nucléaire). Un Arenh toujours au cœur des préoccupations aujourd’hui. Autre chantier d’importance, la « dépolitisation » des tarifs réglementés de vente (TRV) aux clients, avec l’adoption de « l’empilement des coûts ». Côté indépendance, la CRE a été mise à rude épreuve avec le dossier des énergies renouvelables, pour lesquels elle donne un avis motivé et lance les appels d’offres, notamment sur l’offshore éolien.

Autre dossier, récurrent, celui de la fixation des tarifs d’accès au réseau public, Turpe, pour l’électricité et ATR pour le gaz ; la CRE fixant les montants des dépenses et des rémunérations des gestionnaires de réseaux.

La CRE a également participé au marché, en favorisant l’entrée en service des compteurs communicants, comme Linky et Gazpar. Aujourd’hui, l’un des dossiers majeurs est celui de la transformation du mix français et donc des réseaux dans cette transformation.

L’avenir

Autant de dossiers qui demeurent sur la table du régulateur, a indiqué son président. Ainsi, la CRE va gérer la fin des tarifs réglementés de vente pour le gaz, programmée pour 2023. Par ailleurs, toujours en termes de gaz, Jean-François Carenco a rappelé que la CRE pouvait mettre à son crédit, sur les deux dernières années, le fait qu’il n’existe plus aujourd’hui qu’une seule zone pour le transit de gaz en France, avec deux opérateurs, GRTgaz et Terega (au sud-ouest), mais aussi pour le stockage.

La CRE insiste par ailleurs sur la pertinence du modèle actuel d’organisation du marché du gaz fondé sur le principe d’une tarification du transport qui reflète les coûts de réseau. La CRE souligne également le succès de la régulation du stockage de gaz mise en place en France et rappelle qu’à ce titre la législation européenne doit préserver la juste flexibilité qui a permis l’élaboration de ce nouveau cadre afin que d’autres pays puissent éventuellement s’en inspirer.

La CRE relève particulièrement le souci constant qu’il faut avoir de mettre en cohérence la vision européenne et les particularités nationales.

Du côté des réseaux, la CRE consulte sur l’évolution du réseau de transport d’électricité de RTE. Ce dernier a publié en septembre 2019 son schéma décennal de développement du réseau de transport d’électricité (SDDR). Un tel schéma n’avait pas été élaboré depuis 2016.

RTE estime que les investissements devront atteindre environ 33 milliards d’euros sur la période 2021 à 2035. À ceci s’ajoutent environ 3 milliards d’euros d’investissement dit hors réellement lié au réseau tel que l’immobilier, la logistique et des systèmes d’information. D’après RTE, les investissements sont donc amenés à croître fortement au cours des prochaines années, passant de 1,5 milliard d’euros en 2018 à 2,4 milliards d’euros en 2030 puis après de 2,9 milliards d’euros par an entre 2031 et 2035. Si la CRE se félicite de la qualité générale des travaux de RTE, elle note que l’augmentation des dépenses d’investissement se traduira nécessairement par une augmentation substantielle du Turpe. Il est donc nécessaire de chercher les meilleurs arbitrages entre les coûts la sécurité la qualité et l’impact environnemental tout en tenant compte des risques et incertitudes pesant sur l’évolution du système électrique. La CRE estime notamment qu’il y a une réflexion à faire sur les systèmes d’information. En outre, dans le Turpe 6, c’est-à-dire celui qui est en cours d’élaboration, les investissements doivent accepter de nouvelles d’injections et ces droits à l’injection représentent quelque 7 milliards d’euros.

Au titre des priorités il faut aussi prendre en compte l’enfouissement des lignes. Mais aussi les interconnexions, la France exportant environ 15 % de sa production. Une nouvelle ligne est en construction vers l’Espagne, deux vers l’Italie, l’une Piémont Savoie l’autre via la Corse et une nouvelle liaison IFA 2 est quasiment réalisée avec le Royaume-Uni. Enfin une nouvelle liaison entre la France et l’Irlande est en cours. Jean-François Carenco souligne cependant qu’il faut que ces liaisons servent et qu’il s’agit d’être circonspect dans ces dépenses.

Les zones non interconnectées (ZNI), c’est-à-dire les territoires d’Outre-mer et la Corse, seront également un sujet pour la CRE. Jean-François Carenco a rappelé que l’Outre-mer devient le lieu où se mettent en œuvre les systèmes énergétiques d’avenir de la France, avec un verdissement total, une sécurité d’approvisionnement et l’autonomie. Le tout avec un contrôle financier, car on dépense par an environ 2 milliards d’euros.

Aujourd’hui la contribution des ENR à la production d’électricité des ZNI est de 30 % seulement, a rappelé Catherine Edwige, commissaire chargée du dossier, alors que ce n’est que 2 % du territoire national, les émissions de CO2 des ZNI comptent pour environ 20 % des émissions de la France.

L’Arenh s’est à nouveau invité au menu futur de la CRE, avec la demande par les ministres de la Transition écologique et solidaire et de l’Économie, respectivement Élisabeth Borne et Bruno Le Maire, de réaliser une analyse des coûts de production, de passer de l’Arenh à un autre mécanisme qui ferait qu’EDF vende l’ensemble de sa production nucléaire à un prix qui évoluerait dans une fourchette à définir. Jean-François Carenco s’est félicité que la CRE ait été saisie de ce dossier par les ministères, démontrant, selon lui, l’indépendance de l’institution. Au passage, cette modification entre également dans le cadre de la réorganisation en deux entités d’EDF, le fameux plan Hercule.

Enfin, pour préparer l’avenir, le président de la CRE a souligné la mise en place du comité de prospective, qui va entamer très prochainement sa troisième saison, en abordant les questions des énergies marines, des réseaux centralisés/décentralisés, du pilotage des recharges de véhicules électriques et enfin de l’hydrogène.

Autant dire, que la CRE ne va pas chômer dans les mois à venir.

Par Joël Spaes dans Énergie, publié le 17 mars 2020

https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/la-cre-fete-ses-20-ans-et-met-sur-la-table-les-dossiers-chauds-a-venir-76788/

LE DÉMANTÈLEMENT NUCLÉAIRE EN EUROPE, UN MARCHÉ DE 95 MILLIARDS D’EUROS SELON ROLAND BERGER

Infographie En se basant sur les estimations de coût du démantèlement d’EDF, une étude d’Assystem et Roland Berger évalue le marché du démantèlement en Europe à 3 milliards d’euros par an entre 2020 et 2050. Détails du calcul.

Évaluer le marché du démantèlement des réacteurs nucléaires civils est un exercice difficile. Suivant la puissance du réacteur, sa technologie, la prise en compte ou non des déchets, des combustibles, les estimations de coûts en Europe vont de 197 millions d’euros pour le moins-disant, en l’occurrence pour le réacteur de la centrale Loviisa en Finlande, à 997 millions d’euros pour un générateur générique suisse selon un calcul de 2011, a observé le cabinet Roland Berger, dans une étude sur le marché du démantèlement nucléaire en Europe de mars 2020, réalisée avec l’ingénieriste Assystem.

Sur les 42 estimations observées, le coût moyen du démantèlement d’un réacteur est de 557 millions d’euros. Soit beaucoup plus que l’évaluation d’EDF, qui provisionne 300 à 350 millions d’euros par démantèlement de réacteur de son parc de 900 mégawatts, comme à la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin) ou le démantèlement des deux réacteurs arrêtés en 2020 ne débutera pas avant 2025, le temps de réaliser la vidange des circuits primaires, du refroidissement des combustibles usés et de leur évacuation.

300 à 350 millions d’euros minimum par réacteur

Pour son calcul « sans doute un peu bas« , estime Emmanuel Fages, associé chez Roland Berger, l’opérateur français se base sur l’expérience d’un démantèlement en cours du réacteur de Chooz A (Ardennes), mais qui est enterré et était de plus faible puissance.

C’est pourtant ce coût que Roland Berger et Assystem ont retenu pour leur calcul du marché du démantèlement en Europe. Ils l’estiment à 65 milliards d’euros d’engagement de commandes à l’horizon 2030 pour le démantèlement de 186 réacteurs et à 95 milliards d’euros à l’horizon 2050 pour 270 réacteurs, soit environ 3 milliards d’euros par an. Rien qu’en France, EDF devrait engager 6 milliards d’euros pour engager ou continuer le démantèlement de 18 réacteurs à l’horizon 2030, et environ 20 milliards à l’horizon 2050, soit 650 millions d’euros par an.

270 réacteurs arrêtés en Europe d’ici à 2050

Cette estimation se base sur la nouvelle feuille de route énergie (ou PPE) qui prévoit la fermeture de 14 réacteurs 900 MW d’ici à 2035, mais d’autres sont encore en cours (Chooz A, Creys-Malville, Chinon, Brennilis). L’étude reste floue sur l’âge prévu de fermeture des réacteurs, sachant qu’EDF envisage de prolonger jusqu’à 60 ans tous les réacteurs de son parc. On sait juste que l’âge moyen des réacteurs en Europe est de 33 ans et 90% de la base installée (soit 164 réacteurs) aura atteint 40 ans d’ici à 2040, soit la durée de vie initiale prévue pour de nombreuses centrales.

Le démantèlement immédiat 20% moins cher

L’étude a aussi évalué quelle option était la plus intéressante entre le démantèlement immédiat, différé ou la mise en tombeau d’un site (maintien des équipements radioactifs sur place). Si le démantèlement différé affichait de nombreux avantages  – comme la baisse de la radioactivité dans le temps, la mise en place de filière, l’augmentation de la valeur des provisions -, il s’avérerait plus coûteux (+ 20 %) comparé à un démantèlement dit « immédiat« . Ce dernier permet de bénéficier des connaissances des équipes en places, de maintenir de l’emploi, il réduit les coûts de maintenance et de sécurité du site et rassure les riverains, notamment. C’est donc le choix que font maintenant la France et l’Allemagne.

Un très faible retour d’expérience

Pour mémoire, on compte 456 réacteurs nucléaires civils en activité dans le monde, un chiffre à peu près stable depuis 30 ans. Que 178 réacteurs ont déjà été arrêtés, dont 86 (48 %) en Europe et 43 (24 %) aux États-Unis. Mais seuls 19 ont, à ce jour, été complètement démantelés. Or il s’agit principalement de prototypes de recherche ou de réacteurs de faible puissance.

Par Aurélie Barbaux , publié le 18/03/2020 à 09H00

Photo en titre : EDF estime entre 300 et 350 millions d’euros le coût du démantèlement d’un réacteur nucléaire à eau pressurisé de son parc (900 Mw), suite au retour d’expérience de celui de Chooz A (Ardennes). © EDF

https://www.usinenouvelle.com/article/le-demantelement-nucleaire-en-europe-un-marche-de-95-milliards-d-euros-selon-roland-berger.N940961

CORONAVIRUS : ORANO LA HAGUE MET À L’ARRÊT SES INSTALLATIONS

Sur le site d’Orano la Hague, toutes les activités de retraitement de combustibles nucléaires usés sont stoppées ce mardi 17 mars 2020. Les installations sont mises à l’arrêt.

Lundi, la direction du site Orano la Hague avait décidé de poursuivre la production sur UP3, une de ses deux usines permettant de retraiter les combustibles nucléaires usés. La deuxième, UP2-800, est actuellement en arrêt programmé de maintenance.

Pour autant, le nombre de salariés sur le site avait été ramené à l’effectif minimum d’exploitation. 

10% de l’effectif sur place

Ce mardi, une nouvelle étape a été franchie avec la décision de mise à l’arrêt progressif des installations. Cette mise à l’arrêt va demander une dizaine de jours, précise la direction, ajoutant que l’objectif est de reprendre l’ensemble des activités dès que cela sera possible.

Les activités sur le site vont être limitées à la sûreté et la sécurité des installations, ainsi qu’à des « activités critiques » pour le parc nucléaire. La réception des combustibles usés d’EDF est maintenue, tout comme l’expédition des matières utilisées dans l’usine de Melox pour la fabrication de combustibles Mox.

Il ne restera sur le site qu’environ 400 salariés d’Orano et de ses sous-traitants, soit moins de 10% de l’effectif global habituel. Pour le moment, aucune mesure d’activité partielle n’est annoncée.

Par : Rédaction La Presse de la Manche, publié le 17 Mars 2020 à 20h23

Photo en titre : La direction d’Orano la Hague, face à l’épidémie de coronavirus, a décidé de mettre à l’arrêt ses installations. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/beaumont-hague_50041/coronavirus-orano-hague-met-larret-installations_32342507.html

UNE GUERRE NUCLÉAIRE «À PETITE ÉCHELLE» ENTRE L’INDE ET LE PAKISTAN DÉVASTERA L’APPROVISIONNEMENT ALIMENTAIRE MONDIAL – ÉTUDE

On estime qu’ils possèdent chacun environ 150 ogives ; les arsenaux combinés de l’Inde et du Pakistan ne représentent qu’une fraction du stock mondial – environ 14 000 personnes actuellement – mais même une guerre nucléaire « limitée » entre les rivaux régionaux pourrait avoir de graves conséquences pour le reste de la planète, selon une étude publiée lundi dans les Actes des revues de la National Academy of Sciences.

« Même cette guerre régionale limitée aurait des implications indirectes dévastatrices dans le monde entier », a déclaré Jonas Jagermeyr, auteur principal de l’étude et chercheur au NASA Goddard Institute for Space Studies. «Elle dépasserait la plus grande famine de l’histoire documentée.»

Nous ne disons pas qu’un conflit nucléaire approche à grands pas. Mais il est important de comprendre ce qui pourrait arriver.

À partir de sa simulation en 2025, lorsque les tensions dans la région contestée du Cachemire se transforment en une guerre de tir hypothétique, l’étude examine ce qui pourrait suivre si les deux parties déclenchent un total de 100 bombes de la taille d’Hiroshima – beaucoup moins puissantes que de nombreuses ogives thermonucléaires modernes.

Aussi sur rt.com : « Aucun précédent dans l’expérience humaine« : une étude révèle que la guerre nucléaire entre l’Inde et le Pakistan pourrait faire 125 millions de morts

Au-delà de la mort et de la destruction immédiates des explosions elles-mêmes, une cascade d’effets secondaires serait susceptible de troubler le climat mondial pendant des années, l’étude a révélé, avec les explosions allumant d’immenses incendies qui lancent quelque 5 millions de tonnes de suie vers la stratosphère, dépassant « Les impacts causés par les sécheresses historiques et les éruptions volcaniques. »

Enveloppées sous une épaisse couverture de fumée et de suie, les températures mondiales chutent, ce qui envoie les rendements des cultures – le maïs en particulier, le grain de céréale le plus courant – dans une spirale descendante. Alors que les chercheurs pensent que l’agriculture serait le plus affectée dans les régions de greniers à pain de l’hémisphère nord – aux États-Unis, en Europe, en Russie et en Chine, par exemple – quelque peu paradoxalement, ils suggèrent que la faim serait pire dans le sud du monde, où les populations dépendent de l’énorme excédents alimentaires produits dans les pays développés du nord.

Jusqu’à 70 pays pauvres avec une population combinée de 1,3 milliard de personnes verraient probablement les approvisionnements alimentaires chuter de plus de 20% d’ici 5 ans, a conclu l’étude. Aux États-Unis, la production de maïs pourrait être réduite de 20%, tandis que la Russie pourrait voir sa production de maïs diminuer de moitié. Les cultures de blé et de soja subiraient probablement un sort similaire.

Alors que certaines régions d’Amérique du Sud et d’Afrique peuvent voir les récoltes mieux performer sous les climats plus froids, cela serait loin d’être suffisant pour compenser les pertes ailleurs.

« Aussi horribles que soient les effets directs des armes nucléaires, davantage de personnes pourraient mourir en dehors des zones cibles en raison de la famine », a déclaré le co-auteur de l’étude, Alan Robock, ajoutant que de telles armes « Peuvent être utilisées avec des conséquences tragiques pour le monde. »

Par Erlando Haskett dans News, dernière modification le17 mars 2020 à 6h11

https://news-24.fr/une-guerre-nucleaire-a-petite-echelle-entre-linde-et-le-pakistan-devastera-lapprovisionnement-alimentaire-mondial-etude/

FUKUSHIMA, JO ET CORONAVIRUS

La reconstruction de la zone d’évacuation autour de la centrale endommagée de Fukushima récemment rouverte à l’habitat pourrait-elle être fragilisée par le covid-19 ?

La reconstruction de la zone d’évacuation autour de la centrale endommagée de Fukushima récemment rouverte à l’habitat pourrait-elle être fragilisée par le covid-19 ?

Posé sur la boîte à gants de la voiture, le compteur Geiger s’affole. Ses vibrations se font de plus en plus bruyantes pour afficher des niveaux entre 2 et 3 microsievert/h. Nous sommes sur la route 6 qui traverse le département de Fukushima du nord au sud. Cette départementale a été rouverte le 31 janvier 2020 à une circulation limitée aux 4 roues, en raison des trop forts taux de radioactivité. Elle a la spécificité de passer à quelques kilomètres seulement de la centrale de Fukushima. Sur la chaussée à droite, comme sur celle de gauche, les entrées de vastes demeures embroussaillées par des années d’abandon sont closes par des grillages qui spécifient l’interdiction de s’arrêter. Sur le bord de route, des panneaux nous indiquent le niveau de radiation auquel nous sommes exposés : entre 0.5 et 2.5 microsievert/h. La fourchette est large, mais reste bien au- dessus du niveau naturel qui était à 0,04 microsievert/h avant l’accident.

La terre des ancêtres transportée dans des entrepôts

Une fois passée la zone d’habitation, tout est en travaux. Un nouveau tronçon de route est en construction. Nous sommes précédés par des camions, dont le chargement est recouvert d’une bâche verte, qui acheminent la terre contaminée de tout le département vers des centres d’entreposage. Les mots de Eikô Kannô, une octogénaire revenue vivre il y a quelques mois dans son village d’Iitate, me reviennent à l’esprit : « toute cette terre contaminée entreposée dans ces sacs, c’est une terre dont on a pris soin, que l’on a cultivée avec amour. Elle est animée par les esprits comme le reste du vivant. Or, ils la déplacent comme s’il s’agissait d’une chose ».

Photo: ©Cécile Brice – Mme Eikô Kannô est revenue vivre dans son village natal d’Iitate avec son amie d’enfance. Elles nous montrent une photo d’avril 2015 sur laquelle toutes deux figurent accompagnées d’anciennes voisines de la cité de logements provisoires où elles ont résidé durant sept année.

Nous entreprenons de les doubler pour nous apercevoir que des dizaines de camions défilent les uns après les autres. Cette valse incessante des véhicules de chantier a pris un rythme effréné dans la région, avec l’approche des Jeux Olympiques. Dès la décision de l’accueil des JO par le Japon en 2013, une vaste politique de communication afin d’inciter les populations au retour à vivre dans les zones inégalement contaminées avait été lancée. Entre autres mesures : la suspension des aides au refuge, la réouverture d’une partie de la zone d’évacuation et l’épandage de la terre contaminée en deçà de 8000 Bq/kg. Bien que freinés par les forts typhons d’octobre dernier, les travaux ont repris de plus belle dès le début d’année.

©Cécile Brice – «Nous sommes précédés par des camions, dont le chargement est recouvert d’une bâche verte, qui acheminent la terre contaminée de tout le département vers des centres d’entreposage»

Au plan national comme au plan international, la reconstruction, un enjeu de taille

Car l’enjeu est de taille : il s’agit, pour le Japon, de démontrer qu’il a réussi à surpasser l’accident nucléaire de mars 2011 qui avait généré l’évacuation de 160.000 habitants du département de Fukushima. Pour l’industrie nucléaire mondiale, l’occasion est donnée de montrer que l’on peut être « résilient » à un accident nucléaire. Aussi, si l’État japonais décide en dernière instance des travaux effectués, les organismes internationaux de gestion du nucléaire (AIEA, UNSCEAR, WHO, ICRP…) n’ont eu de cesse d’organiser des conférences régulières dans le département depuis l’accident, ayant pour principal message : la volonté d’apprendre aux habitants à gérer la contamination qui désormais devrait faire partie de leur quotidien en lieu et place de refuges trop dispendieux aux yeux des autorités. C’est ce qui a été désigné comme les potentialités données par « la résilience », bien qu’il ne s’agisse pas ici de résilience psychologique, mais bien d’une attente d’adaptation physique à la situation radiologique dans un environnement encore irrégulièrement contaminé.

Photo: ©Cécile Brice – Un sushi-bar abandonné du nom d’Atomu (en référence au héros d’Astro Boy propulsé au nucléaire (1960), un manga d’Osamu Tetzuka très célèbre au Japon) en face du musée de la catastrophe nucléaire fondé par TEPCO à Tomioka, à une dizaine de km de la centrale.

Afin de rouvrir la zone d’évacuation progressivement, le gouvernement japonais a déployé une politique de décontamination comme il n’en n’avait encore jamais été réalisée au monde. Si les diverses méthodes utilisées fonctionnent sur des parcelles précises, elles sont inapplicables aux forêts qui composent les trois quarts du territoire. Malgré cela, les 1150 km2 qui représentaient la zone d’évacuation autour de la centrale ont été réduits à 340 km2 selon les données du MEXT d’avril 2019[1]. En outre, le budget de la reconstruction associé à celui de la politique de décontamination a atteint des sommes pharaoniques, pour des conséquences finalement très limitées : la très grande majorité de la population n’ayant pas l’intention de revenir vivre dans les communes rouvertes, selon les multiples sondages effectués par diverses institutions dont TEPCO.

Le musée de TEPCO : de la catastrophe nucléaire au démantèlement des territoires

Nous arrivons sur le parking du TEPCO Decommissioning Archive Center ouvert à Tomioka au début de cette année. Le compteur Geiger affiche 1.16 microsievert/h. A 10 km de la centrale, la ville de Tomioka a été sévèrement touchée à la fois par le tsunami, le tremblement de terre et la catastrophe nucléaire. Restés longtemps inhabités, les environs de la gare ont été totalement détruits et sont aujourd’hui en travaux. Le bâtiment dans lequel TEPCO a installé sa nouvelle devanture est celui dans lequel se trouvait un musée du nucléaire avant l’accident. Nous sommes accueillis par des employés en costume, qui, dès les salutations passées, s’excusent d’avoir causé une telle catastrophe. Un peu décontenancés, nous sommes guidés vers des films documentaires. Via des projections faites sur des maquettes virtuelles en 3D, ils retracent l’accident, analysent les dysfonctionnements émaillant les prises de décision durant la période de crise. Toutes les conséquences techniques sont détaillées avec précision.

©CécileBrice – La visite organisée par TEPCO du musée de la catastrophe nucléaire à Tomioka (à une dizaine de km de la centrale)

Si chaque vidéo commence par des excuses, elles ont toutes pour objet de montrer que les erreurs ont bien été saisies et qu’on en a tiré toutes les leçons pour aborder l’avenir avec sérénité. Preuve en est : les trois stations de train des trois communes, adjacentes à la centrale, seront remises en activité le mois prochain ! Les communes n’étant, elles, que partiellement rouvertes à l’habitat en raison de taux de radiation encore trop élevés et les habitants quasi absents, ces trois stations de train seront les trois premières stations entièrement automatisées du Japon, les taux présents ne permettant pas une activité humaine permanente sur place [2].

Photo: ©CécileBrice – Projection sur le grand écran du musée de la catastrophe-TEPCO à Tomioka. Cette photo montre la ville de Tomioka quelques années après l’accident mais avant la reconstruction. L’ensemble de ces rues a été détruit pour laisser place à de vastes terrains vagues recouverts de graviers blancs

Jeux olympiques contre Coronavirus : Quand un virus ébranle l’élan de la reconstruction

Désormais armé pour appareiller ce nouvel avenir radieux, le gouvernement japonais prévoit parallèlement le démarrage du relais de la flamme olympique dans cette zone évacuée, partiellement rouverte à la population autour de la centrale de Fukushima Daiichi. Il réalise ainsi d’une pierre deux coups : banaliser le désastre tout en médiatisant cette banalisation. Afin de limiter la contamination des athlètes, il est prévu de leur faire parcourir de courtes distances dans l’ensemble de ces communes dont le niveau de contamination n’est toujours pas stabilisé [3].

Plan: Parcours du relais de la flamme olympique dans la zone évacuée autour de la centrale de Fukushima du 26 au 28 mars 2020. En rouge: jour 1, en marron: jour 2, en rose: jour 3 ©site Olympic Torch Relay Tokyo 2020

Ces bribes de parcours commenceront par la traversée du J-Village, le 26 mars prochain. J-Village est un stade à 35 km au sud de la centrale, qui avait été réquisitionné pour servir de Quartier Général aux 4000 ouvriers travaillant quotidiennement sur le site de la centrale endommagée. Depuis l’année passée, ces ouvriers sont désormais rapatriés sur le site de la centrale-même. Après plusieurs campagnes de décontamination, le stade comprend néanmoins encore des hot spots qui font régulièrement la une des journaux japonais. Le 28 février, la chaîne nationale NHK annonce une réduction de l’événement qui devait accueillir 3000 personnes, à 1000 personnes, en raison des restrictions imposées par le coronavirus [4].

Le coronavirus aura-t-il raison de la reconstruction ?

Car c’est au cœur de ces tensions, amplifiées par la décision de rejeter les eaux contaminées stockées autour de la centrale nucléaire à la mer, affaire qui oppose les syndicats des pêcheurs de Fukushima à l’AIEA[5], que le Coronavirus fait son entrée en scène venant fragiliser un peu plus l’élan donné par l’accueil des JO en vue de la reconstruction. Le 29 février, lors d’une conférence de presse, le premier ministre japonais, Shinzo Abe, s’adresse à ses citoyens concernant les mesures prises pour tenter d’enrayer la pandémie de covid-19, avec un vocable proche de celui utilisé lors de la catastrophe de Fukushima : il faudrait se battre contre un ennemi invisible, dont on ne connaît pas les conséquences. Là encore, les tests sont réduits et les critiques contre la gestion faite par le gouvernement japonais montent, accusant une politique dissimulant les conséquences sanitaires réelles. Dans son discours, le premier ministre Abe spécifie qu’il est fondamental d’éviter la contamination de masse et que tous les évènements sportifs et culturels devront être reportés, d’autant que « des cas de contamination ont été prouvés lors de manifestations sportives ». Alors qu’un journaliste du journal Asahi, l’un des principaux journaux du pays, s’inquiète de ce qu’il adviendra des JO, Abe Shinzo emploie le vocabulaire qui lui avait pourtant été tant reproché durant la gestion de la crise nucléaire « nous nous préparons minutieusement, afin que des rencontres sûres et sécures puissent être organisées ».

Malgré les volontés nationales et internationales, le coronavirus, en ce qu’il remet en cause l’organisation des JO, arrive à un moment clef du processus de reconstruction. Le 9 mars, le premier ministre japonais, Shinzô Abe, s’est rendu dans les communes récemment rouvertes de la zone d’évacuation à Fukushima pour y lancer un appel national fortement médiatisé, afin que la population revienne habiter dans ces villages, martelant l’élan lancé par les prochains JO. Au-delà du coût qu’engendrerait l’annulation des JO, elle fait office de chiffon noir dans l’esprit nippon, remémorant la première annulation motivée par le début de la seconde guerre mondiale. Aussi, si les jeux olympiques japonais venaient à être annulés, il est fort à craindre que le COVID-19 ait raison de ce géant aux pieds d’argile qu’est la reconstruction tant décriée d’un territoire encore instable.

NOTES :

[1] https://www.mext.go.jp/content/1421518_03.pdf

[2] https://mainichi.jp/english/articles/20191220/p2a/…

[3] https://tokyo2020.org/ja/torch/route/fukushima/

[4] https://www3.nhk.or.jp/lnews/fukushima/20200228/6050009125.html?fbclid=IwAR3bKB5vHjmgvPWab8pd92SLll1Hm84gRoKVMC7HsfrWxg3sBseSyQmeYXM

[5] L’International Atomic Energy Agency a exhorté par 4 fois le gouvernement japonais de rejeter les eaux en mer. Une dernière visite auprès du 1erministre japonais Shinzo Abe du PDG de l’AIEA, M. Grossi, a eu lieu le 27 février 2020. cf. : https://www.jaif.or.jp/en/

Publié le 15 mars 2020 sur le site : http://www.fukushima-blog.com/

Note : Cet article de Cécile Asanuma-Brice, chercheuse en sociologie/géographie urbaine, a été publié le 10/03/2020 sur le site Japosphère.

Photo en titre : ©Cécile Brice. Maquette projetée en 3D de l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima. Musée de la catastrophe nucléaire – TEPCO, ville de Tomioka

DES SALARIÉS TOUCHÉS PAR LE CORONAVIRUS : LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE FLAMANVILLE PASSE EN ÉQUIPES RESTREINTES

Alors que les deux réacteurs de la centrale nucléaire EDF de Flamanville sont à l’arrêt, la direction a décidé de limiter le nombre de salariés sur le site.

Ce lundi 16 mars, la direction de la centrale a annoncé : « Quelques nouveaux cas avérés de coronavirus sont apparus parmi l’effectif du site. »

« Préserver la santé des salariés »

Les deux réacteurs sont actuellement à l’arrêt. Prévu le 31 mars, leur redémarrage a été repoussé au 31 mai. La direction veut que des contrôles très poussés soient d’abord réalisés.

La direction indique également : « Le développement de cas de personnes potentiellement atteintes du virus autour de Flamanville et le passage au stade 3 en France a conduit à mettre en place des modalités d’organisation strictes afin de préserver la santé des salariés. »

Les équipes essentielles

Le contrôle des accès a été renforcé et la direction a décidé de ne garder sur site que les équipes essentielles à la sûreté et la sécurité.

« Ce sont les équipes de conduite en quart, celles de protection de site, les ingénieurs sûreté et les personnels affectés à la surveillance de l’environnement. Tous les autres salariés sont renvoyés chez eux. »

Du côté de l’EPR, le chantier n’est pas encore suspendu, mais une décroissance des activités commence à s’organiser.

Par Jean Lavalley, les presses de la Manche, publié le 16 Mars 2020 à 11h59, modifié le 16 Mars 2020 à 11h59

Photo en titre : La centrale de Flamanville va limiter le nombre de salariés présents. (©Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/des-salaries-touches-par-coronavirus-centrale-nucleaire-flamanville-passe-equipes-restreintes_32289725.html

[COVID-19] CE QU’EDF N’AVAIT PAS PRÉVU DANS SON PLAN PANDÉMIE

EDF n’a pas (encore) eu à activer son plan de continuité d’activité prévu en cas de pandémie. Il permet à chacun de ses sites de fonctionner avec jusqu’à 40% d’effectif en moins. Reste la mise en arrêt des parents devant garder leurs enfants à organiser.

Depuis 2000, EDF a un plan pandémie. Ce plan de continuité d’activité (PCA), « calqué sur celui du gouvernement », précise un porte-parole du groupe, a été réactualisé en 2003 et 2011 lors des épisodes d’épidémie du H1N1 et du Sras. Il permet à l’électricien de faire face sur chacun de ses sites de production électronucléaire et hydraulique à des pandémies de type grippe, jusqu’à douze semaines avec 25% des effectifs en moins, et deux à trois semaines avec 40% de personnes en moins.

Un PCA pour chaque site

Chacun des sites a son plan. Il prévoit par exemple d’étendre les plages de travail de huit à dix heures pour certains métiers ou de réduire le nombre d’équipes. Par exemple, elles sont sept par réacteur nucléaire. Une des équipes est mise « au vert » pour être capable de remplacer une équipe contaminée au pied levé, « à l’instar de ce qui est fait dans l’armée ou chez les pompiers », précise le porte-parole d’EDF.

Le plan peut aussi prévoir de redimensionner la taille des équipes de jour sur le modèle de celles de nuit, de solliciter des personnels d’EDF ayant les compétences de conduite, mais travaillant sur un autre poste ou de faire appel à des personnels d’un autre site.

La garde des enfants à organiser

La seule chose que le plan n’avait pas prévu, c’est la fermeture générale des crèches et écoles entraînant la mise à l’arrêt « maladie » des parents devant garder leurs enfants de moins de 16 ans. Vendredi 13 mars après-midi, au lendemain de l’annonce du Président de la République, les services d’EDF s’activaient pour organiser les disponibilités. « À date, aucun site nucléaire ou hydraulique n’a encore eu à activer le plan de continuité d’activité », prévenait le porte-parole.

Même en Italie tout va bien

L’entreprise avait, vendredi 13 mars, recensé dix cas de contamination sur les 130 000 personnes travaillant dans le groupe en France, dont trois exerçant dans les centrales nucléaire de Belleville (Cher), Fessenheim (Haut-Rhin) et Cattenom (Moselle). Et même en Italie où, via sa filiale Edison, EDF opère 91 centrales hydroélectrique, 14 centrales combiné gaz, 38 parcs éoliens, huit fermes photovoltaïques et une unité biomasse, le groupe continue à produire normalement, et à garantir l’approvisionnement des réseaux. Il assure bien sûr qu’en France, la sûreté nucléaire est garantie et reste une priorité.

Par Aurélie Barbaux, publié le 16/03/2020 à 10h42, mis à jour le 16/03/2020 à12h05

Photo en titre : Au 13 mars 2020, EDF avait recensé trois cas de contamination dans les centrales de Belleville (Cher, en photo), Fessenheim (Haut-Rhin) et Cattenom (Moselle) et dix cas en tout sur les 130 000 salariés du groupe en France. © DR

https://www.usinenouvelle.com/article/ce-qu-edf-n-avait-pas-prevu-dans-son-plan-pandemie.N940246

COMMENT GÉRER LES DÉCHETS NUCLÉAIRES DE FUKUSHIMA ?

Le 11 mars 2011, à 14h46 un séisme très puissant d’une magnitude de 9,1 se fait ressentir au large de Sendai ; quelques minutes plus tard arrive sur les côtes une vague contre laquelle on ne peut rien faire. Des milliers de victimes, des villes rasées, des villages désertés… La centrale de Fukushima Daiichi est touchée, menant à une catastrophe nucléaire avec d’importants rejets et déchets radioactifs. L’eau en particulier est polluée.

Après cette dernière, le temps de la décontamination et de la reconstruction a lieu. Les travaux de décontamination des sols avancent, l’an dernier 80% du césium radioactif avait été enlevé des sols les décapant sur 5 centimètres et demandant l’investissement de plus de 24 milliards d’euros, un budget colossal. Des tonnes de terre contaminées (estimées à plusieurs millions de mètres cubes) stockées dans des sacs ou conteneurs et entreposées sur des hectares de terrain.

La question et le défi qui se présente aux autorités est de savoir comment gérer de manière durable ces quantités de terres irradiantes ? Que faire des litres d’eau contaminés de la centrale nucléaire traités et stockés sur le site de la centrale ?

On peut trouver des sites de stockages dans les villes, sur les parkings, devant les maisons de particuliers facilement remarquables à cause des draps verts qui les recouvrent. C’est plus de 105 000 emplacements dans toute la préfecture !

C’est pourquoi le ministère de l’environnement a eu l’idée de « réutiliser » les sols contaminés. Ils pensent autoriser l’utilisation de sols contaminés pour effectuer des travaux publics dans le pays.

La loi de réglementation spécifie un seuil à 100 becquerels/kg, ici les sols concernés peuvent grimper jusqu’à 8000 ! Soit 80 fois supérieurs aux standards. Cette forte exposition met en danger l’ensemble de la population et du personnel sur place.

L’objectif du comité est d’augmenter la quantité des déchets à utiliser et donc diminuer la quantité à éliminer définitivement. Il convient d’éviter à tout prix une exposition prolongée de la population japonaise.

Quant à l’eau contaminée le 10 septembre, l’ancien ministre japonais de l’Environnement, Yoshiaki Harada, a déclaré : «J’ai l’impression que la seule option est de la rejeter dans l’océan » (source FOE Japan)

Si Fukushima est au cœur des sujets actuels, la question de la gestion des déchets nucléaire est cruciale, que ce soit pour le Japon, les États-Unis ou même la France ; quelle planète allons-nous laisser à nos enfants ?

Source : Disposing of Fukushima’s contaminated soil, NHK

Par Aurore, publié le 14 mars 2020

https://furansujapon.com/tower-of-god-le-realisateur-de-neon-genesis-evangelion-dirigera-lanime/

EN PLEINE PANDÉMIE DE CORONAVIRUS, L’ÉTAT HAÏTIEN DÉCRÈTE L’URGENCE SUR … LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

Séance de travail au Ministère des Affaires étrangères sur le désarmement nucléaire à l’heure où la planète entière est menacée par le Coronavirus

À l’heure où la planète entière est sous la menace du Coronavirus, le Gouvernement de facto de Joseph Jouthe a l’esprit ailleurs et la tête dans le nucléaire.  En effet, le Ministère de la Communication a annoncé  (Vidéo à l’appui) que le Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes, Claude Joseph, a reçu les ambassadeurs de Suisse, Allemagne, Canada, Japon, Argentine, et Espagne pour une séance de travail sur le désarmement nucléaire, la Sécurité et l’avenir du monde.

Rappelons l’évolution de la pandémie COVID-19 dans ces différents pays au moment où un Gouvernement de fait à la tête du pays le plus pauvre du monde discute du désarmement nucléaire avec certaines représentations diplomatiques en Haïti.

La Suisse, avec 1009 cas confirmés de Coronavirus et 7 morts fait face à une propagation rapide de cette pandémie. Le Gouvernement Suisse se réunit ce vendredi pour annoncer de nouvelles mesures. La pression est forte afin d’éviter une situation pareille à celle de l’Italie.

En Allemagne, les écoles sont fermées dans plusieurs régions et les responsables allemands se préparent à un taux de contamination au Coronavirus de 70%.

Au Canada, on recensait jeudi 150 cas de Coronavirus et un seul décès. Testée positive au Coronavirus, Sophie Grégoire Trudeau, la femme du Premier Ministre Canadien, est en quarantaine pour une durée indéterminée. Le gouvernement canadien ferme, à partir de lundi, certains lieux et espaces publics.

Au Japon, les écoles sont fermées. Le gouvernement japonais a approuvé mardi un ensemble de mesures qui permettrait aux autorités d’exiger le confinement et de réquisitionner des bâtiments pour les utiliser comme hôpitaux pour renforcer la lutte contre cette pandémie à cinq mois des jeux olympiques qui doivent se dérouler au Japon.

En Argentine, tous les événements sportifs sont annulés et en Espagne où près de 3000 cas de Coronavirus et 84 morts ont été recensés. La pandémie y progresse de façon inquiétante.

En Haïti, Jovenel Moïse a annoncé jeudi après-midi que le gouvernement travaille à la formation d’une task-force. Officiellement, aucun cas de Coronavirus n’a été déclaré en Haïti. Cependant, étant donné la situation générale du pays, on s’attend à une gestion très difficile, catastrophique même, du Coronavirus dans ce pays déjà en proie à une crise politique, sociale et économique non résolue.

Toutefois, tout cela n’empêche pas le Chancelier du gouvernement de facto de réunir toute une pléiade d’ambassadeurs pour discuter du désarmement nucléaire , de la Sécurité et de l’avenir du monde.

Par Rezo Nodwes, publié le 13 mars 2020

NDLR : effectivement, ce n’est peut-être pas le meilleur moment ! D’où un risque de décrédibiliser le sujet.

https://rezonodwes.com/2020/03/13/pleine-pandemie-de-coronavirus-letat-haitien-met-lurgence-sur-le-desarmement-nucleaire/

DES ARRÊTS SANS FIN À FLAMANVILLE

Depuis des mois, la centrale nucléaire d’EDF à Flamanville (Manche) est à l’arrêt et ne produit plus. Relancé le 27 janvier 2019 après neuf mois de visite décennale, le réacteur 1 avait été arrêté six jours plus tard pour ne plus redémarrer.

Tout comme le réacteur 2, arrêté le 10 janvier 2019 lui aussi pour sa visite des trente ans, et toujours à l’arrêt.

Sur le même thème: Pourquoi l’EPR de Flamanville ne démarrera pas avant 2023…

Les problèmes techniques rencontrés lors des visites, notamment la corrosion et les microfissures détectées sur les générateurs électriques diesel de secours, ne sont pas seuls en cause. Des difficultés récurrentes dans la maîtrise de certains gestes techniques d’exploitation, dans la maintenance, la surveillance des prestataires extérieurs et la qualité des documents fournis ont poussé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à placer la centrale sous surveillance renforcée depuis septembre 2019. EDF, qui explique ces défaillances par un manque de culture de l’exigence dans les contrôles requis dans le nucléaire des jeunes recrues, en a pris acte et a établi un plan de rigueur « sans date de fin et qui entraîne des recontrôles« , précise un porte-parole. Ce plan comprend « un scan complet de l’ensemble des deux tranches, pour avoir une vision bien exhaustive de l’état et des travaux à engager« . Des opérations qui prolongent encore les arrêts au moins jusqu’au 31 mai 2020.

Par Aurélie Barbaux ,publié le 15/03/2020 à 08H15

Photo en titre : La centrale nucléaire de Flamanville est sous surveillance renforcée de l’ASN depuis l’été 2019. (© Ouest France/maxppp)

https://www.usinenouvelle.com/article/des-arrets-sans-fin-a-flamanville.N938124

FACE AU CORONAVIRUS, L’IRAN DEMANDE LA LEVÉE DES SANCTIONS

Durement touché par l’épidémie de Covid-19, Téhéran dénonce l’inaction de la communauté internationale face aux sanctions américaines « illégales et unilatérales ».

Quelle est la situation sanitaire en Iran ?

Des masques à oxygènes, des insufflateurs, des thermomètres, des tests de diagnostic, des gants… Le ministère iranien de la santé a établi la longue liste du matériel médical dont auraient besoin ses hôpitaux pour lutter contre le coronavirus, alors que le pays – l’un des plus touchés au monde par l’épidémie de Covid-19 – déplorait 514 morts vendredi 13 mars, et plus de 11 300 personnes contaminées.

Javad Zarif, le ministre iranien des affaires étrangères, l’a postée sur Twitter, en dénonçant les « vastes pénuries causées par les restrictions à l’accès de nos populations aux médicaments et équipements médicaux ». Il a accompagné la publication du document d’un message cinglant : « Les virus ne font pas de discrimination. L’humanité ne devrait pas non plus ».

Ces derniers jours, il a effectué d’autres démarches plus officielles, auprès du Fonds monétaire international (FMI) notamment. Selon l’agence de presse officielle IRNA, il a aussi écrit au secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutteres, une lettre dans laquelle il qualifie « les sanctions illégales et unilatérales » décidées par les États-Unis d’« obstacle principal à la lutte contre l’épidémie ». Et dénonce vigoureusement l’inaction de la communauté internationale.

Quel est le contexte ?

Depuis que les États-Unis ont annoncé, en mai 2018, leur retrait de l’accord nucléaire international conclu avec l’Iran trois ans plus tôt, ils ont réintroduit des sanctions économiques interdisant aux entreprises américaines, mais aussi non-américaines, de commercer avec ce pays, sous peine de poursuites judiciaires.

Dans un rapport publié en octobre 2019, Human Rights Watch constatait leur « impact négatif sur les besoins humanitaires et sur le respect du droit à la santé de millions d’Iraniens » (1). L’ONG estimait déjà que les plus touchés étaient « les patients atteints de maladies rares et/ou de maladies exigeant un traitement spécifique ».

Aux yeux des spécialistes de l’Iran, il ne fait aucun doute que les sanctions américaines – même si les États-Unis s’en défendent – pèsent sur le système sanitaire iranien. « Si vous enlevez à un pays 40 % de ses recettes budgétaires en l’empêchant d’exporter son pétrole et son gaz, il est évident que l’efficacité de son système de santé en sera affectée », résume l’économiste Thierry Coville.

En principe, des exceptions sont prévues pour l’exportation « de médicaments et de matériel médical, de denrées alimentaires et de produits agricoles ». « Mais comment interpréter cela ? », s’interroge Éric-André Martin, spécialiste de la politique extérieure de l’Union européenne et chargé de mission auprès du directeur de l’Institut français de relations internationales (Ifri). « Quelles sont les velléités de l’administration américaines de faire jouer ce dispositif ? Car certains dispositifs médicaux sophistiqués peuvent avoir plusieurs usages ».

De fait, et de l’avis général, le système fonctionne mal. « Les formalités sont tellement lourdes et incertaines que le jeu n’en vaut pas la chandelle pour les entreprises pharmaceutiques », constate un diplomate.

Quel avenir ?

Tout à sa logique de « pression maximale », Donald Trump est peu susceptible d’alléger ses sanctions. Le débat pourrait néanmoins monter ces prochains jours, pour des raisons tant sanitaires que politiques.

« Contester les sanctions est, pour Téhéran, un moyen d’atténuer sa propre responsabilité et de mettre l’Europe devant la sienne », estime Éric-André Martin, qui remarque au passage que l’Iran – accusé par certains de sous-estimer la crise – ne fait pas appel à « l’aide internationale ». « L’argument face aux Européens est le même :’Vous ne nous avez pas donné le bénéfice économique que nous attendions de l’accord sur le nucléaire’».

Preuve que celui-ci n’est pas dénué de fondement, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont annoncé, le 2 mars, une aide à l’Iran sous la forme de livraison du matériel médical et d’un versement à l’OMS.

Mais pour les chercheurs, la crise actuelle devrait être l’occasion d’aller au-delà et de « faire enfin fonctionner Instex », un mécanisme créé en 2019 pour contourner les sanctions américaines. « Cela montrerait aux Iraniens que nous tenons parole », estime Thierry Coville. « Et cela nous placerait aussi dans un meilleur rapport de force vis-à-vis d’eux ».

(1) « Pression maximale » : Les sanctions économiques américaines portent atteinte au droit des Iraniens à la santé ».

Par Anne-Bénédicte Hoffner, publié le 14/03/2020 à 14h07, modifié le 14/03/2020 à 14h36

Photo en titre : Téhéran, le 12 mars 2020. -/AFP

https://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Face-coronavirus-lIran-demande-levee-sanctions-2020-03-14-1201084052

BAMAS en HAUTE-MARNE : INFORMER LA POPULATION

L’association Belles forêts sur Marne souhaite un suivi sanitaire autour de la Base de maintenance nucléaire EDF (Bamas). Des prélèvements ont été réalisés. Explications.

En activité depuis deux ans, la Base de maintenance EDF (Bamas) située sur la zone de référence fait l’objet d’une attention particulière. En effet, l’association Belles forêts Sur Marne s’est donné comme objectif de faire un suivi régulier de la radioactivité autour de cette installation nucléaire. Pour cela, elle a réalisé des prélèvements l’été dernier afin de les faire analyser par la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Cette association de la mouvance antinucléaire a rendu son rapport sans toutefois démontrer la présence d’éléments radioactifs suspects.

« La terre est assez propre, ils n’ont détecté qu’un seul composé artificiel« , confirme Marie-Dominique Guidet qui, au sein de Belles Forêts sur Marne, suit ce dossier en compagnie de Martine Godfroy. Les deux femmes ont elles-mêmes procédé au carottage et insistent pour maintenir une « vigilance«  autour de cette installation. Classée ICPE (installation classée pour la protection de l’environnement), la Bamas est un gros morceau de l’accompagnement économique lié à Cigéo. Sa création répond à l’augmentation des besoins de maintenance dans les centrales nucléaires d’EDF.

Faire un point 0

Elle permet de traiter les différents composants et outillages utilisés lors des opérations réalisées dans le cadre des arrêts programmés des 58 réacteurs du parc nucléaire d’EDF. Mais pour les écologistes, une certaine opacité règne autour de cette base. « On veut faire un point 0 avant la pleine exploitation du site« , explique Martine Godfroy.

Par Bertrand Puyssegur, publié le 14 mars à 06h25 dans Saint-Dizier

https://www.lavoixdelahautemarne.fr/actualite-6361-bamas-informer-la-population

SIX ÉTATS MEMBRES VEULENT 100% D’ÉNERGIES RENOUVELABLES POUR 2050

L’Autriche, le Danemark, l’Irlande, la Lituanie, le Luxembourg et l’Espagne ont adressé une lettre conjointe à la Commission européenne pour lui demander d’inclure un scénario fondé sur 100 % d’énergie renouvelable dans les projections climatiques à long terme de l’UE.

« Les risques importants liés au changement climatique sont au cœur des préoccupations [des citoyens] », écrivent les six États membres, en référence aux jeunes qui ont pris la tête des marches pour le climat. Celles-ci se multiplient en Europe depuis plus d’un an.

« En tant que dirigeants, nous sommes tenus de montrer à la jeune génération qu’elle est entendue », ajoutent les signataires, parmi lesquels figurent les ministres de l’Énergie et de l’Environnement de l’Autriche, du Danemark, de l’Irlande, de la Lituanie, du Luxembourg et de l’Espagne.

En novembre 2018, la Commission avait dévoilé huit scénarios énergétiques pour 2050, présentant différentes solutions pour réduire les émissions et rendre l’économie européenne conforme à l’accord de Paris sur le changement climatique.

Mais aucune des huit options, allant du statu quo à une baisse atteignant zéro émission nette, ne prévoit un scénario basé à 100 % sur les énergies renouvelables. En outre, seules deux d’entre elles permettent d’atteindre la neutralité climatique, qui a entre-temps été désignée par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE comme étant l’option de prédilection.

« Nous nous félicitons de cette perspective, mais nous exprimons également notre souhait [d’ajouter] un scénario prévoyant 100% d’énergie renouvelable en 2050 et que cette proportion soit notamment atteinte dans le secteur de l’électricité », stipule la lettre. Celle-ci salue également « l’engagement » de la Commission à travailler sur un tel scénario.

« Nous vous invitons à commencer ce travail dès que possible », ajoute la missive, en référence à une analyse coûts-bénéfices actuellement en cours à la Commission dans le cadre de la loi européenne sur le climat.

Cinq pays appellent à 100% d’énergie renouvelable d’ici 2050

Au premier débat public des ministres de l’Énergie sur la stratégie climatique pour 2050, cinq États se sont insurgés contre l’absence d’un scénario à 100 % de renouvelables d’ici là.

Engagement informel

Selon un diplomate de l’un des pays signataires, la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a promis d’inclure le scénario « 100% d’énergie renouvelable » dans les projections énergétiques pour 2050.

La promesse a cependant été faite de manière informelle dans les couloirs du sommet européen de décembre, explique la source. Elle doit maintenant être solidifiée.

La semaine dernière, la Commission a présenté une loi emblématique sur le climat. Celle-ci transforme l’objectif de neutralité climatique 2050 en une obligation juridiquement contraignante pour les 27 États membres, le rendant ainsi « irréversible ».

Mais l’exécutif européen a affirmé qu’il lui faudrait jusqu’en septembre pour réaliser une analyse coûts-bénéfices détaillée sur une amélioration de l’objectif à atteindre d’ici à 2030, précurseur de l’objectif de neutralité climatique pour 2050.

Cette étude d’impact détaillée a été demandée par les États membres de l’UE comme condition préalable à une révision à la hausse de l’objectif de l’UE pour 2030, portant la réduction des émissions de gaz à effet de serre de 50 à 55 %, contre 40 % actuellement.

Le marché du carbone n’est « pas une baguette magique »

« La proposition de loi sur le climat présentée par la Commission est une véritable déception. Elle manque de contenu », assène Claude Turmes, le ministre de l’Énergie du Luxembourg qui figure parmi les six signataires de la lettre.

« Le prix du carbone n’est pas une baguette magique », ajoute-t-il, affirmant qu’il est temps de reconnaître que « presque toutes » les réductions des émissions de gaz à effet de serre pour 2050 proviendront des énergies renouvelables et des mesures d’efficacité énergétique.

« Le moins que la Commission puisse faire est de modéliser un scénario « 100% d’énergie renouvelable » pour l’Europe en 2050, afin que nous puissions comparer les différentes options qui s’offrent à nous de manière transparente », fait-il valoir.

La loi climat, une « capitulation » selon Greta Thunberg

La Commission européenne a présenté sa loi sur le climat, destinée à faire de l’Europe un continent neutre en carbone d’ici à 2050. Mais pour l’activiste climatique Greta Thunberg, elle équivaut à une « reddition ».

Le plaidoyer en faveur de 100 % d’énergie renouvelable n’est pas nouveau. L’an dernier, le même groupe de pays – moins le Danemark – avait déjà uni ses voix aux appels en faveur d’un tel scénario à long terme.

En outre, certains États membres de l’UE, comme l’Espagne, ont déjà annoncé leur intention de mettre en place un système d’électricité entièrement renouvelable.

Des chercheurs de l’université de technologie de Lappeenranta (LUT) en Finlande ont récemment dévoilé leur propre modèle de système à 100 % renouvelable, qui impliquerait 20 régions ou « îles » européennes indépendantes, reliées entre elles par un « super réseau ».

Par : Frédéric Simon (EURACTIV.com), traduction Sandra Moro, publié le 13 mars 2020

Photo en titre : crédit Shutterstock

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/six-eu-countries-join-call-for-100-renewable-energy-scenario/

TROISIÈME VIGIE CITOYENNE AU CEA VALDUC

Jeudi 12 mars, s’est tenue la troisième vigie citoyenne mensuelle d’interpellation de la direction et des salariés du site du commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) de Valduc, qui modernise la bombe atomique.

Les militants du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires, en combinaison blanche, ont déployé des banderoles, sous la surveillance et la protection des gendarmes en attendant le passage des voitures et de la quinzaine de bus ramenant le personnel du CEA Valduc à la fin de la journée de travail.

Communiqué de presse du collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires

Ligne Maginot atomique

La dissuasion nucléaire n’a aucune pertinence face aux menaces et aux dangers actuels : terrorisme, conflits ethniques, fanatismes religieux, idéologies de haine et d’exclusion, paradis fiscaux, criminalité des mafias de la drogue, guerre économique et cybernétique, accaparement des terres par les entreprises de l’agrobusiness, réchauffement climatique, effondrement de la biodiversité, pandémies.

Au contraire, la dissuasion nucléaire, comme naguère la Ligne Maginot, démobilise les citoyens au sujet de leur défense et gaspille les énergies et les crédits qui seraient nécessaire pour faire face aux menaces contre la démocratie.

La vraie réponse à ces menaces est dans certains cas une intervention militaire conventionnelle ciblée contre le terrorisme (qui doit d’ailleurs devenir concertée et européenne), et dans tous les cas une mobilisation populaire mettant en œuvre les forces de la démocratie : civisme, solidarité, esprit de résistance contre toutes les formes de dictature et de manipulation, indépendance alimentaire, décentralisation énergétique, cohésion sociale et lutte contre l’exclusion, etc.

La France doit signer le TIAN !

Les militants du collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires appellent à la signature par la France du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) voté à l’Onu en 2017 par 122 États de la planète, et ratifié à ce jour par 35 États, 50 ratifications étant nécessaires pour sa mise en vigueur.

Publié le 13 mars à 8h30

Photo en titre : Photo collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires

https://www.bienpublic.com/environnement/2020/03/13/troisieme-vigie-citoyenne-au-cea-valduc

LE PLUS GRAVE ACCIDENT NUCLÉAIRE FRANÇAIS A EU LIEU LE 13 MARS 1980 À SAINT-LAURENT-DES-EAUX DE NIVEAU 5 COMME CELUI DE THREE MILE ISLAND

Il y a quarante ans, le 13 mars 1980, un deuxième accident nucléaire grave survenait dans la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, entre Blois et Orléans. L’accident nucléaire français le plus grave.

Les dirigeants d’EDF et Giscard d’Estaing prirent-ils la décision d’informer du danger la population locale ? Ainsi que le firent les autorités américaines à Three Mile Island l’année précédente, où un réacteur avait également subi une fusion partielle et où la population fut invitée à quitter temporairement les alentours ? Allons donc ! Nous sommes en France ! Un pays civilisé ! Dont il est bien connu que les radionucléides ont une terrible peur bleue. Au point qu’ils s’arrêtent illico à ses frontières dès qu’il est en vue !

En digne prédécesseur de l’illustre Pr Pellerin du SCPRI, Marcel Boiteux, PDG d’EDF à l’époque des accidents de Saint-Laurent-des-Eaux, s’exclama face Jean-Baptiste Renaud, auteur du désormais fameux documentaire « Nucléaire La Politique du Mensonge », et après avoir tout d’abord nié la gestion dans toute sa carrière à la tête d’EDF du moindre accident nucléaire : « On n’a pas fait un communiqué dans la presse disant : « Il y a du plutonium qui est sorti dans la Loire et néanmoins c’est pas dangereux », parce que c’est une bonne manière d’avoir tous les ennuis possibles. On aurait vu toute une population s’enfuir affolée, les accidents de voiture et tout ce qui va avec ! Il faut être responsable dans ces cas-là !  » (L’aveu de Marcel Boiteux – YouTube). Car effectivement il prit la décision inouïe de rejeter dans la Loire, au lieu de les stocker dans des containers appropriés, le plutonium et les actinides provenant de la fusion partielle du réacteur.

Pour protéger la population des dangers mortels des accidents de voiture ? Évidemment non. Il n’y en avait pas eu à Three Mile Island. La seule véritable explication était la volonté de dissimuler la gravité de l’accident nucléaire. Motif évidemment inavouable. Mais qu’une analyse historique, politique et psychologique perce sans grande difficulté. Car ce qu’il faut comprendre, de cette époque comme de celle d’aujourd’hui, c’est que ce qui importait et qui importe toujours avant tout à la nucléocratie française, c’était de ne surtout pas mettre en danger le programme électronucléaire français.

D’autant qu’une précédente fusion partielle de cœur avait eu lieu dix ans plus tôt dans l’autre réacteur de la même centrale. Et soumise elle aussi à la même omerta. Une omerta de plus de quarante ans. Témoignage éloquent de celle-ci, aucune enquête épidémiologique n’a jamais été réalisée sur les conséquences sanitaires de ces accidents.

Mais l’omerta se mit à gravement se fissurer en 2011 à la faveur de l’accident de Fukushima. Le 22 mars un article était publié dans l’hebdomadaire Le Point : « Le jour où la France a frôlé le pire ». Pourtant il fallut attendre encore quatre ans de plus pour voir Canal + diffuser en 2015 le documentaire de Jean-Baptiste Renaud. Trois ans plus tard, Thierry Gadault et Hugues Demeude prirent le relai et publièrent leur livre « Nucléaire : danger immédiat ». Enfin un forum sur ces accidents de Saint-Laurent-des-Eaux parvint contre vents forts et grosses marées à se dérouler à Orléans en octobre dernier à l’occasion du cinquantenaire du premier accident.

Le plus surprenant c’est que le livre de l’historienne américaine Gabrielle Hecht, « Le Rayonnement de la France » publié en France en 2004, abordant ces accidents et leur contexte, ne suscita à leur égard aucun intérêt particulier, y compris du mouvement antinucléaire lui-même.

Requête de reclassement INES des accidents

Et c’est à la suite du forum d’Orléans, à l’approche du quarantenaire du second accident, que le Collectif régional « Loire et Vienne à zéro nucléaire » vient d’adresser aux dirigeants de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) et de l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN), une requête.

Celle d’affronter la falsification de leurs prédécesseurs et de prendre désormais en compte la réalité de la gravité de ces accidents nucléaires au regard des preuves accumulées. Et en conséquence de réévaluer leur classement dans l’échelle INES de gravité des accidents nucléaires, en les faisant accéder du niveau 4 actuel au niveau 5 de Three Mile Island.

La question est désormais de savoir, dans ce pays aliéné par le nucléaire, si les dirigeants actuels de ces institutions censées assurer la sûreté nucléaire auront le courage et la dignité d’aller à l’encontre de leurs prédécesseurs et de l’inertie coupable de la nucléocratie française.

Pour qui a le souhait de connaitre les termes de cette requête adressée aux responsables de l’ASN et de l’IRSN, je la reproduis ici :

« En vertu des principes de transparence et de retour sur expérience, nous ne pouvons que déplorer la méconnaissance des accidents nucléaires de Saint-Laurent-des-Eaux par nos concitoyens à l’échelle locale comme nationale, et la sous-évaluation de leur gravité réelle sur l’échelle INES.

Nous vous rappelons la chronologie des évènements :

  • Le 17 octobre 1969, tranche 1 (SLA1) : fusion partielle du cœur de 5 assemblages de combustible.
  • Le, 13 mars 1980, tranche 2 (SLA2) : fusion partielle du cœur de 2 assemblages de combustible
  • Le 21 avril 1980, éclatement d’un conteneur d’un élément combustible dans la piscine d’entreposage de la tranche 2.

Les deux premiers accidents ont été classés 4 sur l’échelle INES.

Le 21 juillet 2015, des carottages ont été effectués dans des sédiments de la Loire à Monjean-sur-Loire, situé à 225 km en aval de Saint-Laurent-des-Eaux.

Rappel des notes de l’IRSN sur les accidents de Saint-Laurent

  •  La première le 18 mai 2015 décrivait les accidents et concluait en constatant que les pollutions radioactives au plutonium retrouvées dans la Loire n’étaient dues qu’aux essais de bombes atomiques et à l’accident (ou incident ?) survenu dans la piscine. Le classement INES au niveau 4 des deux accidents de fusion partielle y est justifié par le fait qu’ils n’auraient pas entraîné un risque radiologique important hors du site nucléaire.
  • La seconde, du 17 mars 2016, venant après les analyses des prélèvements de Monjean-sur-Loire le 21/07/15, conclut au contraire que les pics de pollution au plutonium constatés dans les sédiments en 1969 et en 1980 sont dus aux accidents de Saint-Laurent-des-Eaux.

À la lecture de ces notes, nous nous étonnons :

  • que la note de 2016 fournisse une conclusion radicalement différente de celle de 2015, sans l’annuler explicitement.
  • que ces notes n’évoquent que la pollution au plutonium (238,239, 240) alors que celle-ci ne peut être dissociée de la pollution aux autres émetteurs α incluant essentiellement l’américium 241 à hauteur de 40%. (60% de Pu),
  • que les rejets d’émetteurs α, pourtant volontaires et particulièrement élevés entre 1980 et 1985, ne soient pas pris en compte dans le bilan des rejets alors que les archives d’EDF montrent qu’ils s’élèvent à 4 Gbq pour la période 1975-1985. Par ailleurs les rejets d’émetteurs α sont légalement interdits depuis le 13 déc 1980,
  • que l’IRSN soit capable de mesurer l’impact radiologique d’un accident de satellite, des essais de bombes atomiques et de Tchernobyl, mais pas de la pollution massive des deux accidents de Saint-Laurent.
  • qu’elle cite « Une étude réalisée en 1980 (Thomas, 1982) », quand il s’agit en réalité de mesures réalisées dans le 1er trimestre 1980 par le SCPRI, avant l’accident donc, mais qu’elle n’évoque pas des mesures de 1983 (toutes mesures citées dans l’étude de Alain J. Thomas : « Comportement géochimique des radionucléides à l’amont de l’estuaire de la Loire. Contrat CNEXO n°82/6844 – Rapport final – 1989 « ).

Les faits avérés

L’importance de la pollution hors du site nucléaire provoquée par ces accidents peut être évaluée par :

  • La présence de particules de plutonium, les plus lourdes du tableau des éléments, retrouvées à Monjean-sur-Loire, très loin de Saint-Laurent (225 Km en aval). La réalité des rejets de plutonium dans le fleuve suite à ces accidents a été attestée publiquement le lundi 4 mai 2015 par une interview de Marcel Boiteux, Directeur général puis Président d’EDF à l’époque de ces accidents.
  • Le fait que les sédiments ne sont que des marquages du passage d’un très long panache de pollution. Ils n’indiquent pas l’activité radioactive volumique des rejets ni leur masse.
  • Le constat de la présence de plutonium dans les matières en suspension (MES) (Étude d’Alain J. Thomas de l’Institut de Biogéochimie Marine de L’École Normale Supérieure. 1989).
  • Le fait que l’IRSN n’a aucun renseignements sur le volume, la nature ni la concentration des rejets effectués par EDF pour « nettoyer » les sites accidentés. L’absence d’éléments détaillés sur les rejets ne devrait pas présumer de l’absence de pollution, mais au contraire de la volonté de dissimulation de l’importance des accidents.

En conséquence, nous demandons à l’ASN et à l’IRSN de reconsidérer le classement INES de niveau 4 des accidents du CNPE de Saint-Laurent-des-eaux pour le porter au niveau 5, car :

  • la pollution aux émetteurs α hors du site nucléaire, maintenant avérée, fût importante à en juger par les marquages sédimentaires constatés 225 Km en aval et 35 ans après les accidents,
  • l’impact sur l’environnement est incontestable,
  • l’impact sur la santé des populations n’a pas pu être nul étant donné que toutes les grandes villes de la Loire y puisent leur eau de consommation. »

Du Collectif régional « Loire et Vienne à zéro nucléaire » : ACEVE, SDN 41, SDN Berry-Giennois-Puisaye, SDN Touraine, SDN 49, SDN 72, SDN 79, SDN Pays Nantais, Réseau « l’EPR ça suffit », Collège d’histoire de l’énergie nucléaire et de ses aléas

Par Patrick Samba, publié le vendredi 13 mars 2020

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/le-plus-grave-accident-nucleaire-222241

ALLEMAGNE : TROIS CONTRE-VÉRITÉS SUR LA SORTIE DU NUCLÉAIRE

Depuis plusieurs années, on entend trois affirmations selon lesquelles la décision prise par l’Allemagne en 2000 de sortir du nucléaire a entraîné pour ce pays :
– Une augmentation de la production d’électricité à partir du charbon.
– Une augmentation des émissions de CO2 de la production d’électricité en Allemagne.
– La nécessité pour l’Allemagne d’importer de l’électricité de la France, principalement d’origine nucléaire
.

Qu’en est-il vraiment ?

Cet article, sur la base des données Eurostat, présente l’évolution de la consommation et de la production d’électricité en Allemagne de 1990 à 2018, avec une particulière attention portée à la période 2000-2018. On constate tout d’abord que, sur la période 1991-2018, si la consommation énergétique finale totale par habitant a augmenté de 9 %, la consommation par habitant du secteur résidentiel a baissé de 11 %, ce qui témoigne d’un effort important d’efficacité dans les usages de l’électricité dans le secteur résidentiel.

En ce qui concerne la production d’électricité, on constate que, sur la période 2000-2018, la baisse de la production d’origine nucléaire, de 94 milliards de kWh (TWh) a été largement compensée par l’augmentation de la production d’origine renouvelable, essentiellement par l’éolien et le photovoltaïque, de 191 TWh. Dans le même temps, la production d’origine fossile (charbon, lignite, gaz essentiellement) a diminué de 33 TWh. Sur cette même période les émissions de gaz à effet de serre de la production électrique ont diminué de 16 %.

Par ailleurs, l’Allemagne n’a pas eu à dépendre d’importations d’électricité de la France. Au contraire, ses exportations nettes vers la France ont toujours été positives sauf en 2011, année de l’arrêt de huit réacteurs électronucléaires après l’accident de Fukushima.

Ces résultats mettent sérieusement en cause les informations régulièrement propagées :

– Non, la production d’électricité à partir du charbon et du lignite n’a pas augmenté en Allemagne du fait de la sortie du nucléaire, au contraire, elle a décru, tout comme la production à partir de l’ensemble des combustibles fossiles.
– Oui, la production d’origine renouvelable a plus que compensé, et de loin, la baisse de la production d’origine nucléaire.
– Non, l’Allemagne n’a pas été importateur net d’électricité de la France. Bien au contraire, les échanges d’électricité se font en sa faveur depuis 2013…

NDLR : comme il s’agit d’un article extrêmement détaillé donc très long et accompagné de nombreux graphiques, nous vous proposons de le lire directement sur le site original ci-dessous.

Par Bernard Laponche, publié le 12 mars 2020 à 09h56

Photo en titre: C-Curve par Anish Kapoor. Dominic Alves/2009/Brighton/CC BY 2.0

https://journaldelenergie.com/nucleaire/contre-verites-allemagne-sortie-nucleaire/

LA DÉCOUVERTE DES PLANS NUCLÉAIRES SECRETS DE L’IRAN FAIT NAÎTRE DE NOUVELLES CRAINTES

Début 2003, un groupe de scientifiques iraniens a commencé à parcourir le pays dans une quête secrète pour trouver un endroit pour creuser un tunnel inhabituel. Ils ont fouillé le vaste désert de Lut en Iran jusqu’à ce qu’ils trouvent enfin ce qui semblait être le bon endroit, une zone morte semblable à Mars considérée comme l’un des endroits les plus chauds et les plus secs de la Terre.

Les conditions dans cette étendue de désert salé sont si extrêmes que presque aucun animal ou plante ne peut y survivre. Mais elle était parfaitement adaptée à ce que voulait l’Iran – une chambre souterraine pour la première explosion nucléaire du pays. Des photos et des mesures ont été prises puis cachées pour attendre le moment où une bombe était presque prête pour les tests.

Le tunnel n’a jamais été construit, mais 17 ans plus tard, les images et les sondages existent toujours, faisant partie d’un trésor récemment découvert de documents nucléaires iraniens secrets. Les dossiers, actuellement à l’étude dans les principales capitales occidentales, attirent une nouvelle attention alors que les experts en armes cherchent à répondre à une question soudainement opportune: à quelle vitesse l’Iran pourrait-il construire une bombe nucléaire s’il décidait de le faire?

La semaine dernière, le chien de garde nucléaire de l’ONU a rapporté que l’Iran accélérait sa production d’uranium enrichi au milieu des tensions croissantes concernant le retrait de l’administration Trump de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015. Le stock croissant donne potentiellement à Téhéran un ingrédient crucial pour une future bombe – l’uranium fissile. Et les documents cachés depuis longtemps, volés à l’Iran il y a deux ans par des espions israéliens, offrent un nouvel aperçu de la mesure dans laquelle l’Iran a déjà fait pour acquérir d’autres composants essentiels nécessaires à la construction d’une arme nucléaire.

Les enregistrements récemment publiés dans le trésor de documents témoignent de la profondeur et de l’échelle des recherches nucléaires passées de l’Iran, montrant comment les scientifiques iraniens ont couru pour maîtriser les principaux défis techniques. Des rapports sommaires montrent que les responsables iraniens menaient des dizaines d’expériences complexes à travers un réseau de laboratoires secrets tout en cherchant à répondre à des questions pratiques, telles que l’endroit où dans le pays ils pourraient creuser un puits souterrain pour un futur essai nucléaire.

Les résultats de ces travaux sont toujours à la disposition de l’Iran, ce qui lui donne une longueur d’avance au cas où ses dirigeants décideraient de se précipiter pour devenir un État doté d’armes nucléaires, disent des experts américains et du Moyen-Orient en matière d’armes.

« En 2003, l’Iran avait une conception d’armes nucléaires et il construisait des choses – faisant toute la gamme des activités« , explique David Albright, un analyste des armes nucléaires qui a examiné des centaines de pages de documents tout en recherchant un livre, en préparant plusieurs ébauches analyses. «Mais sont-ils vraiment prêts à commencer à produire une arme? Nous ne savons toujours pas, mais nous devrons peut-être bientôt le découvrir. « 

L’Iran a considérablement réduit son temps théorique de «percée» – la période de mois dont il aurait besoin pour acquérir la valeur d’une bombe d’uranium de qualité militaire – à moins de quatre mois.

Depuis le retrait unilatéral de l’administration Trump de l’accord sur le nucléaire iranien de 2015, la République islamique a renoncé à bon nombre des restrictions et limites nucléaires qu’elle avait acceptées en vertu de l’accord international historique, y compris un plafond de 300 kg sur son stock d’uranium faiblement enrichi. Un rapport publié la semaine dernière par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a révélé que l’Iran avait dépassé ces restrictions, amassant plus de 1020 kg d’uranium faiblement enrichi et activant de nouvelles centrifugeuses pour produire encore plus de combustible nucléaire plus rapidement. L’uranium faiblement enrichi est utilisé dans les centrales nucléaires, mais avec un traitement supplémentaire, il peut être converti en uranium hautement enrichi pour les bombes nucléaires.

Avec un stock plus important, l’Iran a considérablement réduit son temps théorique de «percée» – la période de mois dont il aurait besoin pour acquérir une bombe d’uranium de qualité militaire – à moins de quatre mois, selon certains calculs indépendants. En vertu de l’accord de 2015, l’Iran avait déconnecté la plupart de ses centrifugeuses, exporté la majeure partie de son uranium et démantelé un réacteur nucléaire. Les responsables américains à l’époque estimaient le seuil de cassure de l’Iran à environ un an. L’Iran a également accepté une surveillance internationale approfondie pour se prémunir contre la tricherie, et de nombreux analystes pensaient qu’une crise nucléaire avait été évitée jusqu’en 2030 au moins, date à laquelle de nombreuses dispositions devaient expirer.

Cela a changé lorsque le président américain Donald Trump, qui a, à plusieurs reprises, dénoncé l’accord à courte vue et comme une «catastrophe», s’est éloigné de l’accord et a réimposé des sanctions contre l’Iran. Depuis lors, l’Iran est rapidement passé d’un stock modeste d’environ 200 kg d’uranium enrichi – beaucoup moins que ce qui est nécessaire pour un seul appareil nucléaire – à une masse importante et croissante de combustible qui pourrait bientôt lui permettre de fabriquer plusieurs bombes, si il en a décidé ainsi.

Les partisans de l’accord ont critiqué Trump pour avoir tenté de faire échouer un accord qui, quels que soient ses défauts, semblait fonctionner, comme l’ont reconnu les propres conseillers du président dans un témoignage au Congrès. Mais plusieurs d’entre eux ont également noté lors d’entrevues que les actions de l’Iran jusqu’ici sont réversibles, et les dirigeants iraniens semblent plus intéressés par l’envoi de signaux que par la construction d’armes.

« À ce jour, les démarches de l’Iran n’ont pas été irrémédiables – les Iraniens ont été relativement calibrés dans leur réponse« , a déclaré Robert Malley, président de l’International Crisis Group et conseiller sur la politique au Moyen-Orient dans les administrations Obama et Clinton. «Si vous êtes l’Iran en ce moment, les outils dont vous disposez dans votre arsenal sont une capacité à étendre votre arsenal nucléaire, à perturber les marchés ou à menacer les pays de la région et la présence américaine en leur sein. Et si ce sont les outils dont ils disposent, ce seront ceux qu’ils envisageront d’utiliser en réponse à la pression américaine qu’ils considèrent comme équivalant à une guerre économique. »

Une photo d’archive datée du 2 février 1999 montre une famille iranienne passant devant un missile Shahab-3 exposé lors d’une exposition d’armes au parc des expositions principal de Téhéran (.)

L’un des architectes de l’accord de 2015, le secrétaire américain à l’Énergie de l’époque, Ernest Moniz, a déclaré que les Iraniens se sont jusqu’à présent abstenus de toute action qui signalerait clairement une intention de fabriquer des armes, comme jeter des inspecteurs de l’AIEA ou se retirer du Traité de non-prolifération internationale.

« Ce qui est très important, c’est que le régime de vérification continue de confirmer qu’ils ne sont pas en » mode breakout «  », dit Moniz, « ce qui signifierait tout faire« .

Les nouvelles divulgations des archives nucléaires iraniennes sont un portrait de ce à quoi «tout est prêt». Depuis au moins 2007, les agences de renseignement américaines savent que l’Iran a lancé un programme secret appelé Projet 110 – qui fait partie d’une initiative plus vaste connue sous le nom de plan AMAD – à la fin des années 1990 dans le but de construire rapidement jusqu’à cinq bombes nucléaires.

Les responsables américains estiment que les dirigeants iraniens ont suspendu le programme peu de temps après l’invasion américaine de l’Irak voisin en 2003. Mais la mine de documents nucléaires, volés dans un entrepôt de Téhéran par des agents israéliens en 2018, a fourni une énorme quantité de nouveaux détails sur le nucléaire abandonné, projet, montrant comment les agences et les laboratoires iraniens ont travaillé fiévreusement pour maîtriser les technologies et les compétences critiques selon un calendrier très chargé.

Les documents, composés de dizaines de milliers de pages imprimées et de disques informatiques, ont été partagés avec l’AIEA basée à Vienne, les États-Unis et plusieurs autres gouvernements. Des responsables de l’AIEA ont confirmé lors d’entretiens qu’ils continuaient de fouiller les dossiers et qu’ils avaient confronté des responsables iraniens au sujet de plusieurs programmes et installations de recherche présumés qui étaient auparavant inconnus.

Le climat menaçant signifie que le désert est fiable et vide – et donc idéal comme site d’essais nucléaires

« Nous prenons les informations très au sérieux, mais nous ne les prenons pas pour argent comptant« , a déclaré Rafael Grossi, le nouveau chef de l’AIEA, lors d’une interview à Washington le mois dernier. Grossi a cité un «effort minutieux et méticuleux» pour vérifier la crédibilité des informations.

Les documents montrent comment les chercheurs nucléaires iraniens ont travaillé en tandem pour tenter de résoudre plusieurs défis techniques complexes dans la construction d’une arme. L’un des résumés d’Albright montre comment l’Iran a effectué près de 200 tests sur une période de sept mois, visant principalement à maîtriser les problèmes physiques liés à la construction d’un ensemble de charges explosives autour d’un noyau d’uranium métal. Avec un timing précis, les explosions font imploser le cœur d’uranium, déclenchant une réaction nucléaire en chaîne.

Selon une feuille de calcul préparée par les superviseurs du projet 110, une moyenne de 32 tests ont été effectués chaque mois, un chiffre surprenant indiquant «plus de tests que ce qui était précédemment connu du public», a écrit Albright et la co-auteur Sarah Burkhard dans l’une des analyses.

D’autres documents montrent que les Iraniens effectuent des recherches sur la métallurgie de l’uranium et les conceptions d’ogives et effectuent également des simulations informatiques d’explosions nucléaires – s’attaquant systématiquement à chacun des «principaux goulots d’étranglement» sur le chemin difficile vers une arme, dit Albright.

Un lot distinct d’enregistrements détaille les efforts de l’Iran pour trouver un site potentiel pour la chambre d’essai souterraine. On savait que l’Iran avait examiné cinq sites potentiels, mais de nouveaux documents suggèrent que les scientifiques iraniens s’étaient installés sur un emplacement probable – le Dasht-e Lut dans le sud-est de l’Iran, près de la frontière afghane.

Une photo d’archive prise en décembre 1996 montre la centrale nucléaire de Bushehr sur la côte nord du golfe Persique (STR / . via .)

Les documents montrent que des responsables iraniens collectaient des données géologiques et des nappes phréatiques et prenaient des photos de sites dans le désert où ils pourraient potentiellement enfoncer un puits profondément dans le sol pour des tests d’armes.

Le désert infernal de Lut est l’un des endroits les plus chauds de la planète. Les satellites passant au-dessus de leur tête ont enregistré des températures sur la surface sablonneuse pouvant atteindre 70 ° C, ou plus chaudes qu’un steak bien cuit. Le climat menaçant signifie que le désert est fiable et vide – et donc idéal comme site d’essais nucléaires.

Il n’est pas clair dans les documents combien d’équipements et de composants d’essai l’Iran a réussi à conserver après la fin du programme. Au moins certains des matériaux et des installations vieux de près de deux décennies devraient être recréés ou réorganisés, mais Albright dit que d’autres aspects du projet 110 ont presque certainement survécu intacts et sont probablement entreposés quelque part dans le pays.

«Tout équipement précieux – chambres d’explosifs, caméras (ultra-rapides) – ils auraient été conservés et probablement déplacés ailleurs», explique Albright. « La question de savoir s’ils sont prêts à passer (à de nouveaux tests) doit maintenant être prise en compte. Cela enrichit la discussion sur la rapidité avec laquelle ils pourraient prendre de l’uranium de qualité militaire et le transformer en arme nucléaire. »

Regardez plus

Obtenir des réponses de Téhéran semble peu probable. L’Iran n’a jamais reconnu ses efforts antérieurs pour construire une bombe, et ces derniers mois, il a empêché les inspecteurs de l’AIEA de visiter trois sites identifiés dans le document, selon un rapport de l’agence cette semaine. Olli Heinonen, un ancien haut fonctionnaire de l’AIEA qui a dirigé les inspections des installations iraniennes au début des années 2000, dit que Téhéran doit ouvrir ses installations et expliquer pleinement ses travaux antérieurs s’il veut éviter les soupçons selon lesquels il fait plus que compléter son stock d’uranium.

« Après 17 ans, l’AIEA n’a pas été en mesure de conclure que l’Iran respecte son accord de garanties« , a déclaré Heinonen. « Ce ne sont pas de bonnes nouvelles. »

Par Jules Laurent, publié le 12 mars 2020

https://www.denmultimedia.fr/la-decouverte-des-plans-nucleaires-secrets-de-liran-fait-naitre-de-nouvelles-craintes/

LA FRANCE ENTEND ASSURER LA CONTINUITÉ DE LA PRODUCTION DE L’URANIUM DANS LE NORD NIGER (DG ORANO)

NIAMEY, 12 Mars (ANP) – La France, à travers son géant du nucléaire civil le groupe Orano (ancien Areva), entend assurer la continuité de la production de l’uranium dans le Nord Niger. L’information a été portée à l’opinion par le Directeur Général dudit groupe, M. Nicolas Maes, à l’issue d’une audience que lui a accordée le Premier Ministre et Chef du Gouvernement nigérien Birgi Rafini dans l’après-midi de ce mercredi 11 Mars 2020 à Niamey.

En effet, à sa sortie d’audience, le Directeur général d’Orano a déclaré à la presse qu’il est venu échanger avec le Chef du Gouvernement nigérien sur «les projets visant à assurer la continuité de la production d’uranium dans le Nord du Niger », précisant qu’il s’agit « de s’assurer que la société SOMAIR puisse fonctionner aussi longtemps que possible », en tout cas jusqu’à la reprise et l’aboutissement du projet Imouraren « dans des conditions qui tiennent compte à la fois du marché d’uranium et des attentes légitimes de l’État du Niger ».

Entre temps, les deux parties auront également à « gérer avec responsabilité l’arrêt de la mine de la COMINAK », un arrêt décidé de commun accord à la fin de l’année 2019 et qui prendra effet au cours de ce mois de mars 2020, selon M. Nicolas Maes, qui a voulu saluer « la dignité avec laquelle les salariés de COMINAK et la société civile d’Arlit font face à cette nouvelle et à cette transition dans leurs vies ».

Par ailleurs, le Directeur Général d’Orano a indiqué avoir aussi évoqué avec le Premier Ministre Brigi Rafini la question des travaux de rénovation de la Route Tahoua/Arlit (RTA) « qui avancent bien », mais aussi celle du projet de valorisation de la vallée de l’Irhazer « qui vise à développer une irrigation efficace pour le développement de l’agriculture dans cette région ».
KPM/ANP/ 071 Mars 2020

Par Agence Nigérienne de Presse (Soumis par ANP le jeu), publié le 12/03/2020 à 12h24

http://www.anp.ne/?q=article/la-france-entend-assurer-la-continuite-de-la-production-de-l-uranium-dans-le-nord-niger-dg-0

600 MILLIARDS DE DOLLARS D’ACTIFS CHARBON MENACÉS À CAUSE DE LA COMPÉTITIVITÉ DES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Le think tank Carbon Tracker International a comparé les coûts de l’éolien et du photovoltaïque à celui du charbon. Il en conclut qu’il est d’ores et déjà plus rentable d’investir dans nouvelles capacités renouvelables que dans de nouvelles centrales à charbon. Investir dans les énergies renouvelables est aussi plus rentable que de faire tourner plus de la moitié des centrales existantes.

Il ne fait plus bon investir dans le charbon. C’est un fait incontestable pour les défenseurs du climat, mais cela va très rapidement devenir un argument implacable pour les investisseurs. Selon une étude de Carbon Tracker International (1), publiée ce jeudi 12 mars, il va être plus rentable d’investir dans des nouvelles infrastructures d’énergie renouvelable que de faire tourner les centrales à charbon existantes dans tous les marchés d’ici 2030 au plus tard. Et c’est déjà le cas aujourd’hui pour 90 % des centrales européennes, 70 % des centrales chinoises et la moitié des centrales américaines, indiennes et australiennes.

En outre, il est déjà plus rentable d’investir dans des nouvelles capacités renouvelables que dans des nouvelles capacités charbon dans les principaux marchés mondiaux, à savoir, la Chine, les États-Unis, l’Union européenne, la Turquie, l’Inde, l’Indonésie, la Russie, le Japon ou encore l’Australie. L’étude a comparé le coût actualisé de l’éolien terrestre et du solaire photovoltaïque au coût de fonctionnement de 95 % des centrales à charbon en exploitation, en construction ou prévues.

Risque extrême en Chine 

Il en ressort que les nouvelles capacités de charbon déjà en construction ou planifiées (499 gigawatts) feraient peser un risque sur 638 milliards de dollars d’actifs. Les pays où le risque est extrême sont la Chine (158 milliards), l’Inde (80 milliards), les États-Unis (où une nouvelle faillite dans le charbon a été annoncée cette semaine) et l’Union européenne (16 milliards). Le risque est également élevé en Turquie et au Japon. Il est modéré dans les pays d’Asie du Sud-Est en raison d’une forte régulation du marché, d’absence de prix carbone et de politiques peu incitatives pour les renouvelables.

Le rapport appelle les gouvernements à déréglementer le secteur de l’électricité afin que les énergies renouvelables puissent concurrencer le charbon. « Le non-respect de ces mesures aggravera le risque lié aux actifs échoués et pourrait entraîner des surcapacités. Cela entraînera à son tour une baisse des prix de l’électricité, enverra un signal d’investissement négatif pour les énergies renouvelables et ralentira la transition vers une économie sobre en carbone« , expliquent les auteurs.

Selon les estimations du think tank Ember (ex-Sandbag), publiées cette semaine (2), la production mondiale d’électricité à base de charbon a chuté de 3 % en 2019. Cette baisse — la plus importante enregistrée depuis 1990 — résulte d’un moindre recours au charbon dans l’Union européenne (-24 %) et aux États-Unis (-16%), tandis qu’il continue d’augmenter en Chine. Or, selon le rapport spécial du GIEC sur l’objectif 1,5°C, l’atteinte de ce seuil de réchauffement global passe par une réduction de 80 % de la part du charbon dans le mix électrique entre 2010 et 2030.

 (1) Voir l’étude de Carbon Tracker International

(2) Voir l’étude du think tank Ember

Par Concepcion Alvarez, @conce1, publié le 12 mars 2020

Photo en titre : Dans 90 % des centrales européennes et 70 % des centrales chinoises, il est plus rentable de construire de nouvelles capacités renouvelables que de faire tourner ces centrales. @iStock /tibu

Retrouvez cet article sur le site de Novethic que nous vous invitons à consulter régulièrement.

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-fossiles/isr-rse/600-milliards-de-dollars-d-actifs-en-risque-dans-le-charbon-a-cause-de-la-competitivite-des-renouvelables-148316.html

NUCLÉAIRE: CHER DÉMANTÈLEMENT…

La fermeture du réacteur numéro 1 de la centrale de Fessenheim a eu un mérite : rappeler que les installations nucléaires françaises ont vocation à être arrêtées un jour.

Qu’elles soient civiles ou militaires, qu’il s’agisse de réacteurs ou d’unités de retraitement des combustibles nucléaires, elles seront arrêtées à terme en raison de leur vieillissement ou de l’absence de rentabilité. Un arrêt qui n’est pourtant pas synonyme de fermeture immédiate. Un long processus de démantèlement s’engage en effet, dont la Cour des comptes vient de souligner l’importance du coût dans un très récent rapport. Un point à ne pas occulter lorsqu’on s’intéresse au coût complet des sources de production d’électricité de notre mix énergétique…

Un processus complexe

La loi oblige les exploitants d’installations nucléaires à réaliser leur démantèlement, c’est-à-dire à atteindre un état final prédéfini où les substances radioactives ont été évacuées des sites. Un démantèlement complexe, impliquant des opérations de démontage, d’assainissement des sols, de traitement, de conditionnement, d’évacuation de déchets radioactifs. Au sein de la « première génération » d’installations civiles, 36 d’entre-elles sont en cours de démantèlement et 33 ont déjà été complètement démantelées. Pour les 58 réacteurs électronucléaires civils de « deuxième génération« , dont la puissance est largement supérieure à celle des réacteurs de première génération (63,2 GW contre 2,8 GW au total), les arrêts définitifs devraient s’étaler sur les prochaines décennies. Ils auront lieu dans un cadre défini par la loi de transition énergétique pour une croissance verte (LTECV) du 17 août 2015, qui a fixé un objectif de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Cette part, de plus de 72 % en 2018, ne doit pas dépasser 50 % d’ici à 2035. L’arrêt des réacteurs de la centrale de Fessenheim s’inscrit dans ce cadre. La première d’une longue série.

Des coûts qui s’envolent

Or comme le souligne la Cour des comptes, les démantèlements en cours connaissent d’importantes dérives de coûts. Ils concernent des installations souvent anciennes dont l’historique d’exploitation est généralement mal connu. Entre 2013 et 2018, les devis correspondants ont ainsi été quasiment doublés pour EDF (+ 4,5 milliards d’euros) et ont augmenté de plus de 25 % pour le CEA (+ 3,2 milliards d’euros) comme pour Orano (+ 1 milliard d’euro). Pour EDF et Orano, la contrainte financière liée aux démantèlements repose principalement sur l’obligation de provisionner les charges futures correspondantes et d’assurer leur couverture par des actifs dédiés. Alors que la démarche de référence préconisée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) repose sur un assainissement « complet », les exploitants peuvent mettre en œuvre des démarches d’assainissement dit « poussé« , moins contraignant. Les délais prévisionnels des démantèlements en cours s’allongent alors, ce qui augmente les montants des devis à terminaison, du fait du maintien de charges d’entretien, de surveillance et d’exploitation. Bref, une facture qui s’alourdit finalement.

Autant d’éléments à intégrer dans le débat relatif à l’évolution de notre mix énergétique et des coûts comparés des énergies « vertes » au regard de l’électronucléaire. Un sujet sensible, au regard des débats enflammés qui animent les réseaux sociaux dès que l’on ose aborder la question du nucléaire. Mais qui ne peut être esquivé.

Par Julien Fosse, publié le 12/03/2020 à 11h00

Note sur l’auteur : Julien Fosse est docteur vétérinaire, spécialisé en santé publique, et docteur en biologie. Il a travaillé dans le secteur public sur des questions de recherche, d’alimentation et d’agriculture avant de rejoindre le département développement durable et numérique de France Stratégie.

https://www.usinenouvelle.com/blogs/julien-fosse/nucleaire-cher-demantelement.N939396

CONSTRUCTION DU FUTUR PARC NUCLÉAIRE : LA PPE CONFIRME LES SIGNES AVANT-COUREURS

Depuis des années, les pouvoirs publics et les industriels du secteur de l’énergie préparent le déploiement de la seconde génération du parc électro nucléaire en France.

Les conditions propres aux années 50-80 – guerre froide, décision centralisée, crise pétrolière – ont été supplantées par d’autres arguments : éviter « l’effet de falaise » dû à la fin de vie du parc construit entre les années 70 et 90 ; assurer la sécurité des installations en capitalisant l’expérience des dernières décennies (les grandes catastrophes – Three Miles Island, Tchernobyl, Fukushima – et tous les accidents et incidents relevés au fil du temps par l’Autorité de sûreté nucléaire) ; enfin, imposer le nucléaire comme l’énergie abordable de l’ère zéro carbone.

Malgré l’évolution de l’environnement industriel – la France a perdu son assise en matière de sidérurgie, de métallurgie, de production d’équipements stratégiques – et le développement des solutions renouvelables, la programmation pluriannuelle de l’énergie présentée mi-janvier dernier annonce la relance d’un programme de construction de trois paires d’EPR à partir de 2021.

Le premier réacteur de Fessenheim (Haut-Rhin) a été arrêté en Février et le second le sera au milieu de cette année. Ainsi s’engage une première vague de fermeture programmée de près d’une douzaine de centrales nucléaires. Les principes de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour les périodes 2019-2023 et 2024-2028 posent l’objectif de réduire à 50% la part du nucléaire dans l’offre d’électricité à l’horizon 2035.

« La PPE est construite sur le principe que le nucléaire est substitué par les EnR », est-il souligné dans la présentation de la stratégie. Pourtant, il y est aussi bien précisé que « compte tenu de l’âge du parc actuel, cela nécessiterait, avant l’horizon 2050, la mise en service de nouveaux réacteurs. »

Bernard Sésolis a largement présenté les données du problème dans son article de fin Novembre dernier (https://conseils.xpair.com/lettres_expert/bernard-sesolis/tintin-flamanville.htm).

Le constat est clair : en 2018, quelques 72% de l’électricité produite était d’origine nucléaire, et les énergies renouvelables ont atteint 21% ; en 20 ans, cette dernière part a grappillé 6 à 7% de croissance, et l’objectif posé par la loi est d’atteindre 40% en 2030 …

Un parc nucléaire vieillissant

Il faut se remettre en mémoire le panorama du parc nucléaire. Composé de 58 réacteurs sur 19 sites de production, sa puissance est de 63,2 Gwe et il a produit 393,2 TWh en 2018. Il comprend 34 réacteurs de 900 MWe, 20 réacteurs de 1 300 MWe et 4 réacteurs de 1 450 MWe.

En Janvier dernier, le projet de PPE a évolué en proposant de fermer, d’ici 2035, 14 réacteurs de 900 MWe sur plusieurs sites : Fessenheim, Blayais, Bugey, Chinon, Cruas, Dampierre, Gravelines et Tricastin. Ces équipements auront alors fonctionné plus de 50 ans … L’argumentaire de la PPE souligne que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) demandait d’autres fermetures, mais les principes de sécurité d’approvisionnement ne le permettaient pas. (NDLR : ceci est contesté par les opposants, scénarios solides à l’appui)

Leur arrêt ne manquerait pas de produire un « effet de falaise » : du jour au lendemain, un volume considérable d’électricité ferait défaut. (NDLR : mais pourquoi fermer les réacteurs tous en même temps au lieu d’étaler leur fermeture ? Sans doute pour justifier le fameux « effet falaise » !) À ce sujet, la PPE est plutôt dissertée : pour des raisons énergétiques, technologiques et sociales, « un éventuel programme de nouveau nucléaire » y est bel et bien inscrit. Le sujet est avancé de manière précautionneuse. D’abord, il est écrit que « de nouvelles capacités nucléaires n’apparaissent, en tout état de cause, pas nécessaires pour assurer l’équilibre offre-demande d’électricité avant l’horizon 2035. » Puis, quelques lignes plus bas, après un argumentaire convenu sur les nouvelles productions d’énergie renouvelable, on lit : « En raison de cette incertitude, il est nécessaire de préserver une capacité de construction de nouveaux réacteurs nucléaires appuyés sur une technologie et des capacités industrielles nationales. »

En fin de chronique figure l’annonce du projet de construction de trois paires d’EPR. La décision sera rendue publique mi-2021.

Un programme de renouvellement mené depuis plusieurs années

Travailleurs sur l’EPR (Evolutionary Power Reactor) de Flamanville  – source EDF

En réalité, ce projet est éventé depuis Avril 2019 ; il a été confirmé par une demande du gouvernement à EDF au cours de l’automne dernier. Entre temps, en Décembre dernier, le terrain a été préparé par le rapport de Jean-Martin Folz sur les dérapages constatés sur l’EPR de Flamanville. S’il est accablant pour tous les intervenants, ce constat pose ce chantier comme une tête de série, un prototype réalisé après pratiquement vingt ans d’arrêt de production de ce type d’installation – la dernière centrale construite était celle de Civeaux – dont il faut tirer tous les enseignements pour reprendre des méthodes industrielles dignes des années 80.

Mais, même avant cela, localement, les riverains des sites nucléaires existants ont assisté, depuis plusieurs années, à l’acquisition d’un important foncier par EDF : 120 à 150 ha autour de la centrale de Chinon, 140 ha à Belleville, 116 ha à Saint-Laurent-des-Eaux, 200 ha à Bugey, 150 ha à Penly. Les demandes d’informations des associations locales n’ont pas permis de connaître l’objet de ces achats de terrain ; à noter que les transactions ont généralement été menées avec les Safer locales, des structures habilitées à arbitrer les transactions de terres agricoles entre agriculteurs et connues pour leur discrétion. (NDLR : EDF serait-il devenu un agriculteur ou bien la Safer a-t-elle dépassé ses prérogatives ?)

Trois hypothèses d’usage sont généralement avancées : la construction de nouveaux EPR dans la foulée de celui de Flamanville (1 650 MWe), dont le démarrage est prévu pour 2022 ; la préparation des chantiers de prolongation d’exploitation des centrales ; le besoin d’espace pour les chantiers de démantèlement des centrales en fin de vie.
Les annonces formulées dans la PPE ne laissent plus douter de l’ambition de relancer cette industrie stratégique. Seuls les sites retenus sont incertains à ce jour, mais les options sont réellement peu nombreuses.

Complétez vos informations

Vous trouverez dans ces notes quelques sources pour compléter ces informations.

  1.  Les documents sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la stratégie nationale bas carbone (SNBC) :

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/programmations-pluriannuelles-lenergie-ppe

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/strategie-nationale-bas-carbone-snbc

  1.  Article sur le site de l’Usine Nouvelle, en Avril 2019, sur le plan d’EDF pour construire de nouvelles centrales nucléaires de type EPR 2 :

https://www.usinenouvelle.com/article/edf-a-un-plan-pour-construire-de-nouveaux-epr-2-en-france-et-il-passe-par-un-appel-d-offres.N828460

  1.  Articles du Monde, du Figaro et de La Tribune, parus en Octobre 2019, sur les projets de constructions de centrales nucléaires :

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/15/la-piste-de-six-nouveaux-epr-il-est-troublant-de-constater-que-la-feuille-de-route-envoyee-au-pdg-d-edf-n-etudie-qu-un-seul-scenario_6015596_3234.html

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/14/nucleaire-comment-le-gouvernement-travaille-en-catimini-a-la-construction-de-six-nouveaux-epr_6015478_3234.html

https://www.lefigaro.fr/economie/la-france-se-prepare-a-construire-de-nouvelles-centrales-nucleaires-selon-le-patron-d-edf-20191017

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/epr-un-rapport-atomique-pour-relancer-la-filiere-nucleaire-831948.html

  1.   Articles parus dans la presse régionale sur les achats de foncier autour des centrales nucléaires :

https://sdn-berry-puisaye.webnode.fr/news/reunion-publique-sur-les-achats-de-terres-autour-de-belleville/

https://www.lequotidien.lu/grande-region/extension-de-cattenom-vers-la-construction-dun-epr/

  1.  Le rapport de Jean-Martin Folz sur les dérapages du chantier de Flamanville :

https://www.economie.gouv.fr/rapport-epr-flamanville

http://www.sfen.org/rgn/rapport-folz-tirer-lecons-epr-flamanville

Par Bernard Reinteau, publié le 11 mars 2020

À propos de l’auteur

Journaliste en presse bâtiment depuis la fin des années 80, Bernard Reinteau est journaliste indépendant. Il a travaillé au Moniteur des travaux publics et du bâtiment, au Journal du Chauffage, à Chaud Froid Performance. Il s’est particulièrement intéressé aux solutions techniques de construction, à l’environnement, aux énergies renouvelables, à la performance énergétique et environnementale des constructions. Il collabore principalement avec les plus grands titres de presse du bâtiment.

https://conseils.xpair.com/lettres_expert/bernard-reinteau/construction-futur-parc-nucleaire-ppe.htm

RENNES – FUKUSHIMA. DÉMONSTRATION DES ANTI-NUCLÉAIRES À RENNES POUR LES NEUF ANS DE L’ACCIDENT NUCLÉAIRE

Neuf ans après l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, quelques militants anti-nucléaires ont fait une action symbolique devant la mairie, pour dire que « le nucléaire est une fausse solution pour le climat ».

Les gens sont habillés en personnes qui travaillent dans les centrales nucléaires pour rappeler que le nucléaire, c’est dangereux, explique cette maman à son fils, en passant devant ces militants anti-nucléaire en combi, en train de peindre une pancarte Fukushima, plus jamais ça devant une réplique miniature d’un réacteur, place de la mairie.

Mercredi après-midi, exactement neuf ans après la catastrophe nucléaire de la centrale de Fukushima, au Japon, des militants de Sortir du nucléaire du pays de Rennes ont fait une action symbolique. « Avec le réchauffement climatique, certains ont tendance à penser que l’énergie nucléaire [qui produit peu de CO2] est une solution pour le climat« , explique Régine Ferron, responsable de l’association.

« Donc on rappelle que non seulement cela génère des déchets nucléaires mais aussi que c’est dangereux. Les Japonais n’en ont pas fini avec les conséquences de l’accident de Fukushima, poursuit-elle. Il y a encore beaucoup de risques et personne ne sait combien cela coûtera. »

Par Ouest-France, publié le mercredi 11 mars à 17h31

Photo en titre : Des militants de Sortir du nucléaire du pays de Rennes ont fait une action d’information devant la mairie. © OUEST-FRANCE

https://redon.maville.com/actu/actudet_-rennes-fukushima.-demonstration-des-anti-nucleaire-a-rennes-pour-les-neuf-ans-de-l-accident-nucleaire_dep-4034801_actu.Htm

« UNE CENTRALE NUCLÉAIRE PORTABLE », LE NOUVEAU GADGET RÉCLAMÉ PAR L’ARMÉE AMÉRICAINE

L’armée américaine a annoncé lundi son intention de déployer des petites centrales nucléaires portables sur les théâtres de guerre pour alimenter en énergie ses bases avancées quasiment indéfiniment, sans devoir compter sur l’acheminement de carburant.

Le ministère américain de la Défense a accordé trois contrats de deux ans à des sociétés autour de Washington pour entamer le développement d’un prototype de « micro réacteur nucléaire sûr, mobile et avancé pour soutenir diverses missions, notamment générer de l’énergie pour des bases isolées« , a indiqué le Pentagone dans un communiqué.

Des centrales pesant 40 tonnes

A l’issue des deux ans, « une des trois sociétés pourrait être sélectionnée pour construire et tester un prototype« , précise le communiqué détaillant ce nouveau projet appelé « Pele« . Les trois contrats s’élèvent à une douzaine de millions de dollars chacun.

L’idée est de fabriquer des mini centrales nucléaires d’une capacité de 1 à 5 mégawatts et pesant moins de 40 tonnes, transportables à bord d’un camion, d’un train, d’un bateau ou d’un avion, et qui soient aisément mises en service ou fermées.

« Un réacteur sûr, petit et mobile accorderait aux unités d’emporter une source d’énergie quasiment illimitée et propre, qui leur permettrait d’étendre ou de consolider des opérations pendant des périodes prolongées partout sur la planète« , note le communiqué.

L’annonce a aussitôt soulevé l’inquiétude. « Attention, ça risque de mal tourner« , a tweeté Hans Kristensen, un expert des armes nucléaires à la Federation of American Scientists.

Un risque élevé sur les terrains d’opérations

Le risque est en effet que le camion contenant la centrale portable soit bombardé et que les militaires autour de lui soient contaminés par la radioactivité, selon Edwin Lyman, un expert du risque nucléaire pour le « Bulletin of the atomic scientists« . Ou alors, l’ennemi pourrait s’en emparer et même s’il n’utilisait pas l’énergie pour ses propres troupes, il pourrait fabriquer avec le combustible des « bombes sales« , ces armes qui utilisent un explosif conventionnel pour disséminer des substances radioactives avec l’effet de souffle, ajoute-t-il.

Le Pentagone travaille par ailleurs sur un autre projet de « micro réacteur nucléaire » destiné aux installations militaires sur le sol américain. Ce projet de « très petits réacteurs modulaires (vSMR)« , d’une puissance de 2 à 10 mégawatts, est destiné à permettre aux bases militaires américaines de continuer à fonctionner si les réseaux électriques étaient désactivés, par une cyberattaque par exemple.

Ce projet, financé depuis 2019 par le Pentagone, pourrait être testé dès 2023 sur un site du ministère américain de l’Énergie, selon un porte-parole du Pentagone, Mike Andrews.

Par AFP, publié le 09/03/2020 à 21h20

Image en titre : Crédits : Suzanne Plunkett

https://www.latribune.fr/economie/international/une-centrale-nucleaire-portable-le-nouveau-gadget-reclame-par-l-armee-americaine-841585.html

NUCLÉAIRE EN BELGIQUE: ENGIE DOIT VÉRIFIER SI LES CENTRALES SONT CONFORMES AUX NOUVELLES NORMES

L’exploitant Engie Electrabel doit vérifier si ses centrales nucléaires sont conformes aux nouvelles normes de sûreté plus strictes récemment adoptées en Belgique pour les établissements nucléaires, a annoncé mardi l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN), à la veille du neuvième anniversaire de la catastrophe de Fukushima (11 mars 2011).

L’Association des autorités de sûreté nucléaire des pays d’Europe de l’Ouest (WENRA), à laquelle l’AFCN appartient, a formulé des recommandations à la suite de la catastrophe nucléaire de Fukushima. Ces recommandations, qui n’étaient pas contraignantes à la base, ont été intégrées le 19 février dernier, « dans un souci d’amélioration continue », dans l’arrêté royal en vigueur relatif aux règles de sûreté des établissements nucléaires, selon l’AFCN.

Toutes les centrales nucléaires belges devront donc se conformer à toutes les nouvelles normes d’ici la fin de leur prochaine révision périodique de sûreté décennale. Concrètement, cela représente un durcissement des règles concernant les phénomènes naturels très graves, les accidents très rares et extrêmes et des combinaisons de ces types d’événements, souligne-t-on.

« Engie Electrabel doit à présent vérifier si ses réacteurs sont conformes à cette nouvelle réglementation », indique mardi l’agence fédérale, ajoutant qu’« un plan d’action doit être soumis à l’AFCN dans un délai de 60 jours », soit au début du mois de mai. Ce plan sera publié sur le site internet de l’AFCN, « dans un souci de transparence. »

L’AFCN rappelle en outre que les normes de sûreté des centrales nucléaires ont été renforcées partout dans le monde à la suite de Fukushima. Les centrales doivent être mieux protégées contre les phénomènes naturels extrêmes, tels que les tremblements de terre et les inondations. La Belgique a quant à elle étendu cette exigence à d’autres scénarios tels que les chutes d’avion et les explosions de gaz.

Toujours à la suite de l’accident de Fukushima, les exploitants belges des établissements nucléaires (outre les centrales nucléaires de Doel et Tihange, il s’agit de l’Institut des radio-éléments Ide Fleurus, du SCK CEN de Mol, de Belgoprocess à Dessel et du Centre commun de recherche JRC de Geel) ont dû tester leur niveau de sûreté au moyen de « tests de résistance » théoriques. En cas d’insuffisance, des travaux d’amélioration ont été réalisés afin que tous les établissements nucléaires puissent être suffisamment résistants aux phénomènes naturels extrêmes. Les derniers travaux d’amélioration majeurs seront terminés cette année, selon l’AFCN.

Par Belga, publié le mardi 10 Mars 2020 à 16h48

https://www.sudinfo.be/id172414/article/2020-03-10/nucleaire-engie-doit-verifier-si-les-centrales-sont-conformes-aux-nouvelles

UN DÉCRET RISQUE DE RENFORCER LE FICHAGE DES ANTINUCLÉAIRES

Un décret pris par le gouvernement a transformé le Cossen — une instance chargée de filtrer les entrées sur les sites nucléaires — en cellule de renseignement. Des écologistes s’inquiètent d’un possible fichage des activistes et pointent le parallèle avec la récente création du service de gendarmerie Déméter qui surveille les opposants à l’agro-industrie.

L’événement est passé inaperçu. Le 29 février, un décret paru au Journal Officiel a étendu les missions du Commandement spécialisé pour la sécurité nucléaire, le Cossen. Depuis sa création en 2016, cette unité rattachée à la Gendarmerie nationale a pour objectif d’améliorer la réponse des forces de l’État dans le domaine de la protection des installations et activités nucléaires civiles. Le récent décret lui donne désormais la possibilité de « collecter » et de « diffuser » des informations sur les menaces visant le secteur. Son rôle risque donc de s’apparenter de plus en plus à une cellule de renseignement.

Comme le note le mensuel de la gendarmerie L’Essor, « le Cossen s’est vu attribuer la protection des sites, des matières nucléaires et de leurs transports contre tout acte de malveillance dans les 19 centrales, cibles régulières d’intrusions de Greenpeace ». La confusion règne sur les objectifs et les cibles visés par ces récentes modifications réglementaires. De nombreux militants écologistes s’inquiètent d’un fichage et d’une surveillance accrus de la lutte antinucléaire.

« La tendance générale est à la répression, observe Charlotte Mijeon du réseau Sortir du nucléaire. C’est assez paradoxal, on criminalise des activistes qui alertent sur les risques d’une industrie polluante, qui, elle, jouit d’une impunité totale, malgré ses multiples fraudes et ses défaillances. »

« La rédaction de notes blanches va accroître l’arbitraire »

Le Cossen rassemble soixante-quatre personnes, trente gendarmes, quinze policiers et une vingtaine de civils sous la direction du général de corps d’armée Pierre-Yves Cormier. Cet organisme est chargé de l’instruction des demandes d’avis en vue d’autoriser ou non une personne à pénétrer sur un site nucléaire. Depuis septembre 2018, le Cossen a réalisé plus de 300.000 enquêtes d’accès et près de 4.500 enquêtes d’habilitation au secret défense. Il assure une forme de « filtrage » à l’entrée des centrales.

Grâce au nouveau décret, le Cossen pourra maintenant transmettre « sous formes de notes, d’analyses ou de synthèses tout renseignement sur son secteur de responsabilités », explique L’Essor. Ces fiches seront transmises à un ensemble d’acteurs : la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le Service central de renseignement territorial mais aussi les préfets, les directeurs départementaux de la sécurité publique et les commandants de groupements de la Gendarmerie. Mais aussi les opérateurs, comme EDF ou Orano (ex-Areva).

Ces documents sont appelés, dans le langage des services de renseignement, « des notes blanches ». Ce sont des fiches sans en-tête ni date, ni référence, ni signature, qui sont utilisées régulièrement par le ministère de l’Intérieur pour justifier des décisions de police : des assignations à résidence et des interdictions de manifester. Pour Charlotte Mijeon, « la rédaction de notes blanches par le Cossen risque d’accroître l’arbitraire » : « Ces documents sont peu étayés, ils comportent de nombreuses erreurs et relèvent parfois du pur fantasme des services de renseignement. Vu qu’ils sont anonymes, il est très difficile de les contester, personne n’a à endosser la responsabilité des affirmations portées alors même qu’elles peuvent nuire gravement aux personnes incriminées. »

Plusieurs opposants antinucléaires se sont déjà vu interdire l’accès aux centrales sans en connaître les raisons lors de journées portes ouvertes ou de débats organisés par la filière à l’intérieur de leurs sites. C’est le cas notamment de membres du collectif Stop Bugey ou du réseau Sortir du nucléaire, comme le militant lyonnais Jean-Pierre Collet interdit de visite en septembre 2018. « On me l’a notifié au dernier moment sans que la préfecture, EDF ou la gendarmerie ne m’en expliquent les causes. Je n’ai jamais eu accès aux documents qu’ils ont écrits sur moi, dit-il. Je trouve cela déplorable dans un pays qui se dit démocratique. »

« Dans le nucléaire, nous subissons une répression par anticipation »

Greenpeace en a aussi fait les frais. En juillet 2019, assignée en référé par Orano, l’ONG a été interdite de s’approcher à moins de 250 mètres de convois transportant des déchets radioactifs pendant plus de deux mois. Cette ordonnance s’appliquait à tous ses membres sur l’ensemble du territoire national. Elle courait jusqu’au 25 septembre 2019, date de fin du débat public sur la gestion des matières radioactives. « Le nucléaire est le seul secteur où nous subissons une répression par anticipation, souligne Laura Monnier, en charge des questions juridiques à Greenpeace. Les autorités déduisent de nos communications internes que nous allons peut-être faire des actions et nous assignent en justice. »

« C’est comme la cellule de gendarmerie Déméter en agriculture qui criminalise les antipesticides et les véganes. »

Avec le nouveau décret, les militants craignent que ces situations se multiplient. « La liberté des militants risque d’être davantage entravée. D’autant plus qu’il n’existe aucune transparence sur les futures données collectées, aucun garant indépendant. Cela nourrit l’opacité du système », estime la salariée de Greenpeace. « La menace terroriste est réelle mais ce n’est pas en surveillant les opposants qu’on la diminuera. Les intrusions sont d’intérêt public, elles révèlent les failles de sécurité », dit-elle.

Depuis longtemps, un flou est entretenu entre la lutte antiterroriste et la surveillance du milieu antinucléaire. « Au cours des procès, EDF dit que les militants donnent des idées aux terroristes, explique Me Alexandre Faro, l’avocat de Greenpeace. En réalité, EDF cherche à tout prix à stopper l’intrusion de militants car leurs actions nuisent gravement à son image de marque. Il est plus facile pour l’entreprise de poursuivre des opposants que de renforcer la sécurité de ses infrastructures. »

« C’est comme la cellule de gendarmerie Déméter en agriculture »

Pour l’avocat, le récent décret s’inscrit dans ce contexte. « Les actions militantes sont de plus en plus réprimées. À partir de 2015, les peines à l’encontre des intrusions sont devenues plus lourdes. EDF a aussi changé de stratégie, elle ne poursuit plus seulement les militants mais également Greenpeace en tant que personne morale en lui demandant des dommages intérêts. » Lors de son dernier procès, EDF a ainsi obtenu 50.000 euros de Greenpeace. « Vu que ce n’est toujours pas assez dissuasif et que les militants continuent leur mobilisation, les autorités se tournent maintenant davantage vers le renseignement », pense l’avocat.

Une décision qui irrite le milieu antinucléaire mais aussi les professionnels du droit. « Encore une fois, la loupe n’est pas au bon endroit, dit l’avocat Samuel Delalande. Au lieu de surveiller les agissements d’EDF dans ses centrales, on va ficher trois pauvres militants avec leur banderole. C’est comme la cellule de gendarmerie Déméter en agriculture. On criminalise les antipesticides et les véganes au profit de la FNSEA. Aujourd’hui, la seule réponse politique accordée à ces problématiques écologiques, c’est un traitement sécuritaire. »

Contactés par Reporterre, les ministères de tutelle n’ont pas donné suite à notre demande d’entretien.

Par Gaspard d’Allens (Reporterre), publié le 11 mars 2020

https://reporterre.net/Un-decret-risque-de-renforcer-le-fichage-des-antinucleaires

TOKYO 2020 : NEUF ANS APRÈS LE DRAME DE FUKUSHIMA, LE JAPON N’A RIEN OUBLIÉ

Le 11 mars 2011, le Japon connaissait le pire : un séisme de magnitude 9,1 – le plus violent de son histoire – suivi d’un tsunami dévastateur ravageant la centrale de Fukushima Daiichi. Un drame qui causait la mort et la disparition de plus de 20 000 personnes, laissant une trace indélébile dans l’histoire de l’archipel.

Neuf ans après, la préfecture de Fukushima s’apprête à accueillir des épreuves lors des prochains Jeux olympiques dans un climat en apparence apaisé. En apparence seulement. Car derrière la façade, le traumatisme est encore bien ancré. Entre des réfugiés qui refusent de regagner la région, une décontamination plus que laborieuse et la question du nucléaire toujours au cœur des débats, les problématiques restent nombreuses. Enquête.

Ils étaient des milliers à préparer le jour du souvenir. Ce mercredi 11 mars 2020, comme chaque année depuis le drame, une cérémonie en hommage aux victimes de la catastrophe de Fukushima devait être organisée. Un instant d’autant plus fort que la ville-préfecture, en pleine reconstruction, accueillera dans quelques mois plusieurs rencontres de baseball et de softball aux Jeux olympiques. Tout un symbole.

Mais le coronavirus en a décidé autrement : pas de commémoration officielle en vertu du principe de précaution – que l’archipel s’efforce à respecter scrupuleusement – mais une minute de silence à 14h46 heure locale. L’instant précis où s’est écrite, en 2011, l’une des pages les plus noires de l’histoire du Japon.

La pire catastrophe nucléaire depuis Tchernobyl

Il y a neuf ans, le séisme de magnitude 9,1 qui a frappé la région du Tōhoku a bouleversé le pays. Jamais dans toute leur histoire les Japonais n’avaient connu pareil tremblement de terre. Moeri, 26 ans, était dans la salle d’études de son lycée de la préfecture de Chiba, dans la banlieue est de la capitale. “C’était différent de tout ce que j’ai connu jusque-là”, explique-t-elle. “Les alertes mobiles pour nous prévenir en cas de séisme n’ont pas sonné. Lorsqu’on a allumé la télévision peu après, c’était un véritable choc.”

Une heure après, un tsunami aux vagues supérieures à 15 mètres venait frapper la côte est, faisant craindre le pire. En ligne de mire : la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. “J’étais à Kumamoto, sur l’île de Kyushu, au sud du pays, à mon travail”, se souvient Akiko* (le prénom a été modifié), 70 ans. “J’étais bouleversée. En voyant s’abattre les vagues devant la télé, on craignait un danger atomique…

L’événement passe à la postérité sous le nom de “drame de Fukushima”. La catastrophe conduit, du 12 au 15 mars, à l’explosion de trois des six bâtiments hébergeant les réacteurs. Elle est ensuite placée au niveau 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires. Un niveau identique à celui de la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986…

Un bâtiment de la centrale de Fukushima Daiichi sous les décombres. © AFP

Thomas* (le prénom a été modifié), un Français de 40 ans marié à une Japonaise, travaillait dans un bureau aménagé chez ses beaux-parents, en périphérie de Tokyo. “J’étais dans une petite pièce au deuxième étage de la maison. Quand ça a commencé à bouger, tous les livres dans les bibliothèques autour de moi ont valsé. Le premier réflexe que j’ai eu c’était de me mettre dans l’encadrement de la porte. Ma belle-mère était en-dessous en train de regarder la télévision et me disait de manière très détendue : “tu crois que ça va durer encore longtemps ?” Cela faisait une bonne minute que le sol tremblait très fortement.

Il s’empresse alors d’aller récupérer ses deux enfants à la crèche située à deux pas. Son épouse, elle, travaille dans le quartier de Ginza, en plein cœur de la capitale, à 40 minutes de train de là où se trouvait son mari. Elle mettra 24 heures pour rentrer… “Il fallait faire attention aux répliques, et la circulation de tous les moyens de transport était bloquée.” Quatre jours plus tôt, le couple venait d’apprendre la future naissance d’un troisième enfant. “On n’avait pas du tout prévu de rentrer en France. Le tsunami ne posait pas de problèmes en tant que tel mais le fait que la centrale de Fukushima soit devenue très rapidement instable nous a fait réfléchir.”

Après une prise de renseignements à l’ambassade de France au Japon, ils décident de s’éloigner de Tokyo (région du Kanto) et prennent le train direction Osaka. “On a pris le temps, et après avoir mis 700 kilomètres de distance entre Fukushima et nous, on en a rajoutés 10 000 en retournant dans l’Hexagone. On s’était dit : “ok, on va observer la situation, on reviendra dans un mois”. On a tout laissé en plan. Au final, on est restés cinq ans…”

Un traumatisme culturel et sanitaire toujours bien présent

Si le couple a décidé de revenir vivre à Tokyo avec leurs enfants en 2016, tous n’ont pas fait le même choix. “Parmi les réfugiés qui ont quitté la région du Tōhoku et la préfecture de Fukushima en 2011, à peine 10% sont revenus”, explique Mathieu Gaulène, auteur du livre “Le nucléaire en Asie : Fukushima et après ?” (Ed. Philippe Picquier, 2016). “À part donner une image qu’il est possible d’être résilient, je vois mal l’idée de revenir si tôt, à part peut-être une tradition plus culturelle en montrant qu’après une catastrophe, on se relève et on recommence.

Une question d’honneur dont a pu témoigner Thomas : “Ma belle-famille est restée au Japon. Ils ont une vision des choses assez conservatrice. Leur message était “on va souffrir tous ensemble”. Ils ne comprenaient pas que c’était de la protection et non de la fuite.” Un sentiment qui s’est estompé depuis, précise-t-il.

À Fukushima, des enfants peuvent vivre dans des zones où la radioactivité atteint 20 millisieverts par an, or c’est la dose que l’on donne à un travailleur du nucléaire en France…

Mais plus que les différences culturelles, c’est surtout la problématique sanitaire qui a longtemps fait – et fait encore – de Fukushima une “no-go zone”. Les zones agricoles et forestières sont toujours largement délaissées pour une question de coûts financiers faramineux.

Quant à la décontamination, celle-ci est un véritable travail de forçat qui se répète de manière continuelle, à l’image des sacs de déchets toxiques qui s’amoncellent dans la préfecture. Si le gouvernement nippon prétend travailler d’arrache-pied, les résultats sont loin d’être probants. “Dans le bourg de Namie par exemple, à quelques kilomètres de la centrale, on pouvait voir une maison toute neuve reconstruite à côté d’une autre endommagée et non-décontaminée”, témoigne Franck Guarnieri, directeur du Centre de recherche sur les risques et les crises (CRC) de Mines ParisTech. “Certes, les taux de radioactivité observés à Namie ne constituent pas des doses létales ou qui peuvent rendre malades les gens, mais cela pose de sérieux problèmes pour ceux qui veulent se réinstaller.

Parfois, c’est même pour les personnes qui ont décidé de rebâtir leur vie loin de Fukushima que la situation se complique. Après la catastrophe, les cas flagrants de discrimination envers les rescapés ont considérablement grimpé.

Vidéo (2mn22s)

Des zones inhabitables – en raison de doses de radiation trop importantes – vont rester fermées encore quelques années. Certains territoires ont toutefois été rouverts à l’habitat soit de façon temporaire, soit de façon permanente. Mais les risques existent bel et bien. “À Fukushima, des enfants peuvent vivre dans des zones où le taux de radioactivité atteint 20 millisieverts par an, précise Mathieu Gaulène, chercheur-doctorant au même CRC de MINES ParisTech. À titre de comparaison, c’est la dose de radiation que l’on donne à un travailleur du nucléaire en France…

Des études montrent que les cas de cancers de la thyroïde sont en expansion dans la région. Conséquence directe ou suivi médical devenu plus systématique ?  Toujours est-il qu’une majorité d’enfants ont été diagnostiqués avec des nodules ou des kystes thyroïdiens, en dépit des négations persistantes du gouvernement. Pour Thomas, “ce dernier a tout fait pour que l’on ait le moins d’informations possibles. Des associations de parents, de consommateurs  et de citoyens se sont constituées. Aujourd’hui, il existe plusieurs sites et organismes qui permettent de savoir jour par jour, heure par heure, quelle est la radioactivité et à quel endroit au mètre près. Par rapport à 2011, on a les moyens, il suffit d’avoir une attitude un peu pro-active et responsable en faisant attention à l’étiquetage des légumes, du riz… L’information circule beaucoup mieux qu’avant et c’est pour cela qu’on est revenus.

Le travail de reconquête de l’opinion mené par la préfecture de Fukushima est réalisé en grandes pompes, notamment pour rassurer sur la consommation des produits en provenance de la préfecture de Fukushima. Une préoccupation qui dépasse le seul cadre alimentaire puisqu’elle touche aussi l’accueil cet été des épreuves olympiques de baseball et de softball.

Une sécurité défaillante dénoncée par Greenpeace

Le gouvernement japonais veut faire des JO un symbole des efforts accomplis pour se relever de cette catastrophe. Un symbole d’autant plus fort que Fukushima accueillera le relais de la flamme olympique le 26 mars depuis le J-Village,  un complexe sportif situé à une vingtaine de kilomètres de la centrale nucléaire dévastée de Fukushima Daiichi.

Plusieurs députés verts européens brandissent des symboles antinucléaires après le drame de Fukushima. © A

Mais des inquiétudes se font ressentir. L’organisation environnementale Greenpeace a affirmé, il y a quelques mois, avoir relevé des « points chauds » de radiations sur le parking de ce J-Village. L’ONG dit avoir enregistré des taux de 1,7 microsievert par heure à un mètre au-dessus du sol, nettement au-delà du plafond des normes de sécurité nationales japonaises (0,23 microsievert par heure). Après cette révélation, Tepco, l’opérateur de la centrale de Fukushima, a promptement nettoyé ces “points chauds”.

De leur côté, les autorités japonaises martèlent que la zone est sûre. Le gouverneur de la préfecture de Fukushima, Masao Uchibori, a par ailleurs indiqué que des contrôles supplémentaires avaient été menés sur le parcours de la flamme olympique pour “assurer la sécurité totale des coureurs et des spectateurs

Où en est la décontamination ?

De nombreuses vidéos et documentaires indépendants ont été tournés récemment sur les lieux de la catastrophe, et les images montrent tantôt des taux de radioactivité bas, tantôt élevés, et parfois en désaccord avec ceux annoncés par les autorités. Autant dire qu’il est difficile de s’y retrouver. “La grosse critique des antinucléaires envers ces bornes indiquant les doses de radiations c’est qu’elles sont en hauteur, alors que si on les prend au niveau du sol, elles sont beaucoup plus importantes”, détaille Mathieu Gaulène.

Pour rappel, à Fukushima, ce sont les bâtiments des réacteurs – et non le réacteur lui-même comme à Tchernobyl – qui ont explosé. Ainsi, au moment de la fusion, de l’hydrogène radioactif a été libéré. Il s’est alors diffusé dans l’atmosphère avant de retomber sur le territoire. “Avec le temps et les conditions météo, cet hydrogène n’est pas tombé de manière homogène. Il s’est répandu en tâches de léopard. Pour décontaminer, le sol est enlevé sur 5 à 10 cm, puis est stocké, incinéré et dépollué des radioéléments contenus. Puis, on obtient un résidu qui est radioactif. Reste la question du stockage”, explique Franck Guarnieri, auteur du livre “Un récit de Fukushima – Le directeur parle”, coécrit avec Sébastien Travadel (édition Presses Universitaires de France)

 

Les casques des ouvriers de la centrale de Fukushima Daiichi. © AFP

Les travailleurs de la centrale, principaux concernés par la décontamination, sont eux confrontés à un problème sanitaire. “On estime à 7 000 le nombre de personnes se relayant tous les jours sur le site après avoir atteint la dose de radiations maximale autorisée”, indique Mathieu Gaulène. Une dose dont les seuils ont souvent été modifiés, entraînant des défaillances. “Dans les premiers mois après la catastrophe, des ouvriers ont travaillé sans dosimètre ou alors n’en avaient qu’un par équipe…”, souligne-t-il encore.

Un démantèlement complexe

Si les experts ont du mal à se mettre d’accord sur le temps et l’argent nécessaires pour décontaminer, la fourchette régulièrement avancée serait de 180 milliards d’euros sur 40 à 50 ans pour remettre le site à l’état premier. Une estimation qui paraît bien sous-évaluée pour Franck Guarnieri du CRC : “Dans la centrale, il y a un déchet, un résidu de fusion de réacteur, qui s’appelle le corium. Aujourd’hui, on n’a pas de solution technique pour traiter ce déchet”, avant d’ajouter : “Il a fallu plus de quatre ans pour obtenir les premières images de robots qui ont permis de voir le cœur fondu du réacteur. La technologie est en train de se faire au fur et à mesure des problèmes qu’ils rencontrent, c’est un véritable défi technologique.

Autre difficulté : la question des eaux contaminées accumulées sur le site. Dès les premiers jours après l’accident, de l’eau est utilisée pour refroidir les réacteurs. Celle-ci est traitée et stockée mais aujourd’hui, le site renferme des milliers de réservoirs contaminés.

Les travailleurs déplacent de gros sacs en plastique noirs contenant des débris contaminés près de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, le 23 février 2015. © Reuters / Toru Hainai.

En septembre 2019, le ministre de l’environnement de l’époque, Yoshiaki Harada, avait indiqué vouloir déverser l’eau contaminée dans l’océan, les capacités de stockage arrivant bientôt à saturation. “En janvier 2020, un comité d’experts a émis un avis favorable à cette proposition. Ce qui a été décidé, c’est de la rejeter lentement dans l’océan dans les prochaines décennies. Le voisin sud-coréen s’y oppose, tout comme les coopératives de pêche et les agriculteurs de Fukushima. Le gouvernement aura le dernier mot mais pour le moment, la décision a été reportée après les JO, afin de préserver l’image de marque du pays”, affirme le chercheur doctorant Mathieu Gaulène. Une proposition qui interroge aussi sur les effets d’une telle action sur la faune marine ainsi que sur l’homme.

En 1923, il s’agissait du mouvement d’une seule plaque tectonique. En 2011, il y en a trois qui ont bougé simultanément

En 2011, les Japonais ont à l’esprit le séisme de 1923 qui frappait le sud de Tokyo et dont la magnitude s’élevait à 7,9. Le tremblement de terre, jusqu’alors le plus puissant connu par l’archipel, provoquait la mort de 100 000 personnes. Devenu un séisme de référence, il fut dépassé par celui du 11 mars, de magnitude 9,1. “Comme c’est exponentiel, imaginez la puissance libérée pour passer de 7,9 à 9. En 1923, il s’agissait du mouvement d’une seule plaque tectonique. En 2011, il y en a trois qui ont bougé simultanément, explique Franck Guarnieri.  Ce phénomène n’avait jamais été observé, il s’agissait d’une première mondiale.”

Un événement imprévisible qu’aucune étude scientifique n’avait même imaginé. Comme aucune preuve n’a pu être fournie, la justice japonaise n’a pas condamné l’opérateur Tepco, dont trois responsables ont été acquittés en septembre 2019. “Beaucoup de Japonais s’attendaient à ce qu’ils soient condamnés au moins symboliquement”, se souvient Mathieu Gaulène. “C’est un pays où on a l’habitude d’avoir des dirigeants qui assument leurs responsabilités quand il y a une défaillance, qui s’excusent publiquement ou sont condamnés.

L’épineuse question du nucléaire toujours aussi vive sur l’archipel

Retour en 2020. Après l’arrêt de toutes les centrales au lendemain de la catastrophe, quelques-unes ont été redémarrées. Insuffisant toutefois pour répondre aux besoins énergétiques du pays. “Actuellement, le Japon est en train de se ruiner en achat de gaz et de charbon”, assure Franck Guarnieri. “Ils construisent et remettent en service des centrales à charbon.” L’archipel n’a pas pour autant tiré un trait sur l’atome. “Aujourd’hui, certaines centrales se sont mises aux normes et n’attendent plus que le feu vert du gouvernement pour se remettre en route”, ajoute encore le directeur du CRC avant de nuancer : “Ce qui est clair, c’est que les centrales qui sont sur la côte de Fukushima ne redémarreront jamais. Le traumatisme est trop important. Par contre, celles qui se situent côté Mer de Chine, il y a des chances pour qu’elles soient remises en route.”

Des travailleurs sont vus près du bâtiment du réacteur n ° 2 de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, le 15 janvier 2020. © REUTERS / Aaron Sheldrick

En 2012-2013, la question de la sortie du nucléaire s’est posée. Une option un temps envisagée, à l’époque où le gouvernement en place était de centre-gauche avec Yoshihiko Noda. “Pendant deux années, le nucléaire était à 0%. Tous les réacteurs ont été arrêtés les uns après les autres”, rappelle Mathieu Gaulène.

Mais cette annonce fut écartée par Shinzo Abe lors de son arrivée en décembre 2012. Le premier ministre, pro-nucléaire, décide d’instaurer un mix énergétique qui comprend une relance de l’atome.

Avant Fukushima, il représentait pas moins de 30% de la production d’électricité au Japon, avec un objectif d’atteindre 40% d’ici 2017. En 2019, le mix énergétique de l’archipel est passé à “7% pour le nucléaire, 16 pour le renouvelable, 37 pour le gaz naturel, 30 pour le charbon et 9 pour le pétrole”, précise Mathieu Gaulène. Un changement de stratégie énergétique que les Japonais constatent économiquement. “Les factures d’électricité ont augmenté depuis neuf ans puisque le Japon n’a pas réactivé toutes ses centrales. Nous avons tous les mois sur notre facture l’équivalent de 15 ou 20 euros qui sont consacrés au retraitement des déchets nucléaires ou à la dénucléarisation du Japon”, confie Thomas.

La baisse du nucléaire est significative. En 2018, sur les 54 réacteurs du pays, seuls neuf produisaient de l’électricité, indiquait Le Monde. “La nouvelle autorité de régulation nucléaire a imposé une mise à niveau très stricte. Aussi, des procès intentés par des groupes antinucléaires ont permis d’arrêter des réacteurs qui avaient été redémarrés”, explique Mathieu Gaulène. “En 2017, plus de 60 % des Japonais s’opposaient toujours au redémarrage du parc nucléaire”, indique Jean-Marie Bouissou, représentant de Sciences Po au Japon. Une méfiance de l’opinion publique qui s’explique par le manque de transparence des exploitants, du gouvernement et des autorités après l’accident.

Quand la lumière des JO éclipse la face sombre de Fukushima

Après l’accident nucléaire de 2011, obtenir les Jeux olympiques est devenu pour l’archipel un moyen de se relever et effacer l’image de ville-préfecture “toxique”. Dès le dépôt de la candidature de Tokyo en février 2012 pour devenir ville-hôte, le gouvernement de Shinzo Abe a consciemment “décidé de nier le risque lié à l’accident nucléaire pour rassurer le comité olympique”, selon Mathieu Gaulène. Réelle opportunité pour redresser le territoire ou fausse bonne idée pouvant mettre en danger athlètes, touristes et habitants de la zone ? Pour un certain nombre de Japonais, l’opportunité est quoi qu’il en soit à saisir, comme conclut Atsuko : “Je pense qu’amener les Jeux à Fukushima est un signe positif et utile pour soutenir les gens qui sont restés sur place et ceux qui pourraient revenir. On veut montrer aux yeux du monde entier que nous nous sommes relevés. ”

Par Clément Pons et Apolline Merle, publié le 11/03/2020 à 07h45, modifié le 11/03/2020 à 08h15

Photo en titre: La ville de Fukushima après le passage du tsunami

Sur le site ci-dessous, vous pouvez regarder une vidéo (2mn39s) sur la catastrophe ainsi qu’une autre vidéo (2mn22s) sur le traitement des réfugiés.

https://sport.francetvinfo.fr/les-jeux-olympiques/tokyo-2020-neuf-ans-apres-le-drame-de-fukushima-le-japon-na-rien-oublie

FUKUSHIMA: LE MYTHE DU «RETOUR A LA NORMALE»

Communiqué CRIIRAD (version courte) : Neuf années après le début des retombées radioactives liées à la catastrophe de Fukushima, le gouvernement Japonais tente de faire croire à un «retour à la normale».

Le week-end dernier, le premier ministre Abe a effectué une visite sur les territoires contaminés où il a inauguré une usine de production d’hydrogène. Le Japon se prépare également à accueillir la flamme Olympique dont le relais traversera des secteurs partiellement décontaminés. Mais les campagnes de communication des autorités cachent une réalité moins réjouissante.

La radioactivité du césium 137qui s’est déposé sur de très vastes surfaces, bien au-delà de la préfecture de Fukushima, y compris jusqu’à Tokyo, n’a diminué que de … 20 % en 9 ans. Les puissants rayonnements gamma qu’il émet en permanence continuent à irradier ceux qui travaillent ou qui se réinstallent sur les secteurs partiellement décontaminés de la préfecture de Fukushima et des autres préfectures impactées. Pour limiter l’étendue des zones à évacuer et le nombre de personnes à reloger, les autorités japonaises ont appliqué la nouvelle référence de dose de 20 mSv/an, un niveau de risque 20 fois supérieur au maximum tolérable avant l’accident(1 mSv/an).Elles ont ainsi appliqué les recommandations de la Commission Internationale de Protection Radiologique (CIPR) elles-mêmes inspirées des travaux du lobby nucléaire français qui a développé, en Biélorussie, dans les territoires contaminés par Tchernobyl, le concept de «développement durable en zone contaminée». Pour en savoir plus, consultez-le communiqué en version longue. Il s’agit aujourd’hui de la population japonaise, mais en cas d’accident nucléaire en Europe, nous serions soumis aux mêmes règles. Les recommandations de la CIPR ont en effet été intégrées au droit européen en 2013 et au droit français en 2018.Le coût faramineux d’un accident nucléaire ne pouvant être supporté par un exploitant, la réglementation fait en sorte de le transférer aux victimes, qui devront apprendre à vivre en zone contaminée. Sur la base des constats effectués lors de plusieurs missions au Japon depuis 2011, notre film «Invisibles Retombées» et son teaser mis en ligne aujourd’hui sur notre chaîne Youtube, rend compte de la puissance des radiations invisibles et démontre l’impossibilité d’effectuer une décontamination complète. Dans les zones contaminées par les retombées, la vie ne sera plus «normale» durant des dizaines, voire des centaines d’années; le danger sera là, présent en permanence dans chaque sous-bois, sous chaque pierre, dans chaque ruisseau…

Contact presse: Bruno CHAREYRON, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD. (bruno.chareyron@criirad.org)

Publié le 10 mars 2020

https://www.criirad.org/actualites/dossier2020/2020-03-10-CP_Fukushima_court.pdf

Pour mémoire : CRIIRAD = Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité29 cours Manuel de Falla / 26000 Valence/ France(. 33 (0)4 75 41 82 50/ laboratoire@criirad.org

CRUAS-MEYSSE : DÉFAUT DE GESTION LORS D’OPÉRATIONS DE DÉCONTAMINATION D’OUTILLAGES AVEC DISPERSION DE LA CONTAMINATION ET DES REJETS RADIOACTIFS GAZEUX NON AUTORISÉS

Le 5 mars 2020, EDF a déclaré un évènement significatif relatif au rejet, à quatre reprises entre octobre 2019 et janvier 2020, de radioactivité bêta globale d’origine artificielle par la ventilation de l’atelier chaud de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse.

Les outillages utilisés en zone contrôlée pour effectuer les travaux de maintenance lors des arrêts de réacteur sont entreposés puis décontaminés dans des locaux dits « atelier chaud ». Les opérations de décontamination des outillages doivent être réalisées dans un sas étanche afin de confiner la contamination.

Des relevés hebdomadaires sur les filtres de surveillance des rejets de la ventilation de l’atelier chaud ont mis en évidence le dépassement du seuil de décision[1] relatif à l’activité bêta globale d’origine artificielle durant la dernière semaine du mois d’octobre 2019, la troisième semaine du mois de novembre 2019 et les deuxième et dernière semaines du mois de janvier 2020. Or, la décision de l’ASN n° 2016-DC-0548 dispose que « les circuits de ventilation [de l’atelier chaud] ne mettent pas en évidence d’activité volumique bêta globale d’origine artificielle supérieure à celle naturellement présente dans l’air ambiant ».

La surveillance hebdomadaire réalisée par EDF sur les résultats des mesures de l’activité bêta globale d’origine artificielle dans les rejets de la ventilation de l’atelier chaud aurait dû conduire à mener les investigations dès la dernière semaine du mois d’octobre 2019 afin de déterminer l’origine du dépassement. Cela aurait permis d’éviter l’occurrence des trois autres rejets aux mois de novembre 2019 et janvier 2020.

Néanmoins, les premières investigations n’ont été menées par EDF qu’au mois de janvier 2020 et ont mis en évidence que les opérations de décontamination des outillages n’étaient pas réalisées dans un sas étanche. Cette situation a entraîné la dispersion de contamination dans l’atelier chaud et la présence d’activité volumique bêta globale d’origine artificielle dans les circuits de ventilation de l’atelier chaud.

Les opérations de décontamination des outillages entreposés dans l’atelier chaud sont suspendues jusqu’à ce qu’EDF soit en capacité de garantir l’étanchéité du sas dans lequel sont réalisées ces opérations.  

Les appareils de surveillance de l’environnement implantés autour du site n’ont détecté aucune élévation de la radioactivité. Les prélèvements d’eaux pluviales récupérées à proximité de l’atelier chaud n’ont pas mis en évidence la présence de radioactivité d’origine artificielle.

Néanmoins, en raison du non-respect, à quatre reprises, de la prescription réglementaire interdisant le rejet de radioactivité bêta globale d’origine artificielle par la ventilation de l’atelier chaud et de la mise en évidence de plusieurs défaillances organisationnelles, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

[1] Le seuil de décision est le seuil pour lequel on peut dire que, statistiquement parlant, un appareil de mesure donne un résultat de mesure probant (qui statistiquement émerge du bruit de fond naturel). Le seuil de décision est une valeur telle qu’à partir de cette valeur et au-delà on peut conclure avec une quasi-certitude que le résultat de mesure est significatif d’une radioactivité avérée dans l’objet.

Publié le 09/03/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Defaut-de-gestion-lors-d-operations-de-decontamination-d-outillages

NUCLÉAIRE : TROP PEU DE PERSONNES ONT RÉCUPÉRÉ LEURS PASTILLES D’IODE À DIEPPE

Pas assez de pastilles d’iode retirées et une défaillance électrique à la centrale de Penly. Ce sont les événements marquants de 2019 concernant l’activité nucléaire près de Dieppe.

22 % seulement

Cinq mois après le lancement de la campagne complémentaire, 22 % seulement des particuliers concernés par le nouveau plan de prévention d’intervention en cas d’accident nucléaire sont allés retirer leurs comprimés d’iode en pharmacie, tant au niveau national que local.

Ce chiffre dévoilé mercredi 4 mars 2020 par la Clin, la Commission locale d’information auprès des centrales nucléaires de Penly et Paluel, tente de l’expliquer :

« C’est la première fois que ces habitants sont sollicités pour récupérer leurs pastilles d’iode. Il y a sans aucun doute encore du travail d’information et de persuasion à faire. »

Bons de retrait : le cafouillage

Pour rappel en effet, jusqu’en janvier 2016, la distribution de comprimés d’iode ne concernait que les personnes domiciliées dans un rayon de 0 à 10 km autour des centrales. Désormais, elle concerne toutes les communes situées dans un rayon de 0 à 20 km. C’est par courrier que les habitants de ces communes ont reçu leur bon de retrait.

Lire aussi : À la centrale nucléaire de Penly, la détection d’un défaut sur un composant électrique

Or certains foyers ne l’ont pas reçu, quand d’autres au contraire l’ont eu en double. « Ce n’est pas grave. Ceux qui ne l’ont pas reçu peuvent néanmoins se rendre en pharmacie avec un justificatif de domicile et une pièce d’identité, les comprimés leur seront donnés » assure la Clin.

Autres chiffres bien trop bas : 16 % des établissements recevant du public non scolaire et 60 % des établissements scolaires sont allés retirer leurs pastilles. Ce qui inquiète fortement les associations dont le collectif Stop EPR ni à Penly, ni ailleurs. « À peine plus d’un établissement sur deux est aujourd’hui en capacité de fournir des comprimés d’iode à ses élèves » remarque Alain Correa.

Lire aussi : Centrale nucléaire de Penly : l’unité de production n°1 a redémarré

« C’est un vrai problème alors que dans le même temps, on dit aux parents qu’en cas d’accident nucléaire, ils ne doivent pas aller chercher leurs enfants à l’école car ils y sont en sécurité. Qu’attend-on nous pour aller porter les nombres de boîtes de comprimés qu’il faut aux écoles ? » interroge-t-il.

La Seine-Maritime : un territoire test

Alain Correa en a profité aussi pour revenir sur l’incendie de Lubrizol à Rouen et l’alerte qui « a été donnée cinq heures seulement après les événements. Que ferez-vous en cas d’accident nucléaire ? » demande-t-il. Laurent Mabire, directeur adjoint du service interministériel régional des affaires civiles et économiques de défense et de protection civile de la Seine-Maritime informe que deux dispositifs d’alerte par SMS sont à l’étude avec une échéance en juin 2022. Et quel que soit le dispositif retenu, il souligne : « Le département sera un territoire test ».

La Clin qui se réunissait ce mercredi en séance plénière est revenue aussi sur l’accident de centrale de Penly avec la détection tardive de composants électriques défectueux le 18 décembre dernier lors de l’arrêt de tranche du réacteur 2. Incident classé au niveau 2 sur 7 de l’échelle internationale des événements nucléaires.

Alain Correa dénonce :

« Chez Boeing, quand on détecte un problème sur un avion, on cloue toute la flotte au sol. En France, quand une centrale nucléaire connaît une anomalie, on continue à la faire fonctionner comme si de rien était. Que ce serait-il passé si le réacteur avait été en marche ? ».

Par : Maria da Silva, publié le 9 Mars 2020 à 19h22

Photo en titre : La centrale de Penly a été marquée par un accident en décembre 2019 : des composants électriques défectueux ont contraint à l’arrêt du réacteur 2. (©Archives)

https://actu.fr/normandie/petit-caux_76618/nucleaire-trop-peu-personnes-ont-recupere-leurs-pastilles-diode-dieppe_32055912.html

FUKUSHIMA : 9 ANS DE CATASTROPHE ET DE DÉNI

Communiqué du 10 mars 2020 :

Le 11 mars 2011, un accident nucléaire majeur débutait à la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi. 9 ans après, contrairement à ce que prétendent les autorités, la situation n’est toujours pas sous contrôle. Nous dénonçons cette gestion par le déni et rappelons qu’un accident peut également arriver en France. Un rassemblement en solidarité avec les victimes de la catastrophe se tiendra à Paris ce 11 mars au soir.

9 ans après, la catastrophe de Fukushima n’est pas terminée

Neuf ans après le début de l’accident, la situation à la centrale n’est toujours pas sous contrôle. 1,2 millions de tonnes d’eau contaminée, que TEPCO souhaite rejeter dans l’Océan Pacifique, sont entreposées sur le site. Les trois cœurs de réacteur ayant fondus se situent toujours sous la centrale accidentée. Par ailleurs, des opérations périlleuses de retrait des combustibles usés situés dans les piscines de refroidissement doivent toujours être menées et de nouveaux rejets ne sont pas exclus.

Dans les villes et villages de la région de Fukushima, jonchés de millions de sacs de terre contaminée dont on ne sait que faire, la « décontamination » s’avère illusoire. De nombreux points contaminés sont régulièrement découverts. En outre, 75% des zones ayant subi les retombées, situées dans des zones forestières ou de montagne, ne sont pas accessibles. En octobre 2019, un typhon a lessivé les terres, répandant à nouveau la radioactivité.

Une grande partie des habitant.es de la région doit donc continuer à fréquenter des lieux nocifs pour leur santé et consomment quotidiennement des produits contaminés. Les cancers de la thyroïde sont la seule pathologie à faire l’objet d’un dépistage systématique chez les enfants et les jeunes de la province de Fukushima. À ce jour, 237 cas ont déjà été suspectés, dont 186 confirmés par intervention chirurgicale : une occurrence plusieurs dizaines de fois supérieure à ce qu’on pourrait normalement attendre. Omerta oblige, aucune autre étude épidémiologique d’ampleur n’est menée dans la zone.

Les JO du déni

Plutôt que de protéger les populations, les autorités pratiquent le déni à grande échelle, relevant les seuils acceptables d’exposition à la radioactivité et incitant les personnes évacuées à revenir vivre dans les zones contaminées. Le Premier ministre Shinzo Abe et l’industrie nucléaire comptent utiliser les Jeux Olympiques de Tokyo comme vitrine pour laisser croire que l’accident appartient au passé.

Des épreuves de base-ball et de soft-ball auront ainsi lieu dans le stade de Fukushima City. Pire, la flamme olympique doit commencer son parcours à 20km de la centrale accidentée ! Le long du parcours et aux alentours, les services de la préfecture de Fukushima ont même relevé en certains points des contaminations deux fois plus élevées que le seuil à partir duquel la décontamination devient obligatoire.

Aux côtés du « Collectif contre les JO radioactifs de Tokyo« , nous dénonçons fermement la tenue de cette manifestation sportive sur des territoires toujours contaminés, ainsi que la campagne de propagande nucléaire qui les accompagne.

Agir en solidarité avec le Japon, pour une sortie du nucléaire en France

Pour rappeler que la catastrophe est toujours en cours, des actions auront lieu dans plusieurs villes françaises ce 11 mars. Elles seront l’occasion d’affirmer la solidarité avec les victimes de la catastrophe, mais aussi de rappeler que la France n’est pas à l’abri d’un accident d’une ampleur similaire. Vieillissement des réacteurs, risques naturels, malfaçons et fraudes dans les usines, conditions de travail dégradées des sous-traitants : les problèmes s’accumulent et il devient chaque jour plus urgent d’en finir avec cette technologie polluante et dangereuse !

Contacts presse : Yûki Takahata – 06 84 07 03 45 Julien Baldassarra – 07 60 15 01 23

  • À Paris, un rassemblement se tiendra à partir de 17h45 place de la République. Après un jeu de tambours japonais, différentes prises de parole sur la situation au Japon et en France se succéderont (Plus d’information).
  • L’association franco-japonaise Nos voisins lointains 3.11 organise un cycle de projections-débats autour du film Mon troupeau irradié, pour mettre en évidence les difficultés rencontrées par les éleveurs de la préfecture de Fukushima après que leurs bêtes aient été contaminées. Une première séance aura lieu à Paris le 31 mars prochain.

Pour en savoir plus sur la situation au Japon et sur les actions menées pour dénoncer les JO de Tokyo :

Par le Réseau Sortir du Nucléaire, publié le 10 mars 2020

https://www.sortirdunucleaire.org/Fukushima-9-ans-de-catastrophe-et-de-deni

EUROPE: LE NUCLÉAIRE PAS RECOMMANDÉ À CE STADE POUR LES INVESTISSEMENTS VERTS

(Belga) Le groupe d’experts qui conseille la Commission européenne sur le financement des énergies durables n’a pas recommandé lundi d’inclure à ce stade l’énergie nucléaire dans la « taxonomie« , la future liste européenne des secteurs d’activités identifiés comme générateurs de bénéfices environnementaux.

L’objectif principal de la taxonomie est de limiter le marketing trompeur de type « greenwashing » ou le rhabillage de certaines technologies en solutions durables. L’établissement de la future liste européenne fait l’objet d’un intense lobby de plusieurs pays selon leur dépendance à l’une ou l’autre forme d’énergie. Certes, le nucléaire génère des émissions de gaz à effet de serre presque nulles pendant la phase de production d’énergie et peut donc contribuer aux objectifs d’atténuation du changement climatique, écrivent ces experts issus de la société civile, du monde universitaire, des entreprises et du secteur financier. Mais il est très difficile d’évaluer l’impact du nucléaire sur l’économie circulaire et la gestion des déchets, la biodiversité, les systèmes d’eau et la pollution, tempèrent-ils.

Par exemple, en ce qui concerne la gestion à long terme des déchets de haute activité, une combinaison de stockage temporaire et d’élimination permanente dans les strates géologiques est la plus prometteuse, mais nulle part dans le monde un dépôt souterrain viable, sûr et à long terme n’a été établi. Impossible donc pour le groupe d’experts d’entreprendre une évaluation solide. « Compte tenu de ces limites, il n’a pas été possible au groupe d’experts de conclure que la chaîne de valeur de l’énergie nucléaire ne cause pas de préjudice significatif à d’autres objectifs environnementaux sur les échelles de temps concernées. Le groupe d’experts n’a donc pas recommandé l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie à ce stade« , indique le rapport.

De même, le gaz et certains types de bioénergie ne devraient pas être considérés comme durables, s’est réjoui de lire le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans le rapport. Les experts souhaitent également que la taxonomie inclue une catégorie d’investissements non durables, que le WWF a appelée à maintes reprises pour identifier les domaines économiques les plus dommageables pour la planète. Le WWF regrette en revanche le « laxisme » des experts dans des domaines comme la foresterie et l’hydroélectricité, ainsi que le maintien dans la taxonomie de types de bioénergie comme les cultures de biocarburants ou le brûlage de troncs d’arbres et de souches. La Commission européenne va à présent évaluer les critères de taxonomie sur la base de la proposition du groupe technique. Elle procédera dans la foulée à une consultation et devrait publier la réglementation avant la fin de 2020. (Belga)

Par Agence Belga, publié le 09 mars 2020 à 16h21  

https://www.rtl.be/info/magazine/science-nature/le-nucleaire-pas-recommande-a-ce-stade-pour-les-investissements-verts-1202490.aspx

CHANGEMENT CLIMATIQUE, LA TROISIÈME VOIE

ANALYSE. Face à la nécessité de lutter contre le changement climatique, il y a trois attitudes possibles : celle, militante, des ONG, celle des modèles proposés par les experts, et celle du marché, qui en exerçant une pression concurrentielle favorise les solutions innovantes. Paradoxalement, c’est en Chine et en Inde que cette attitude est la plus suivie. Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, professeurs à l’Essec.

Le changement climatique fait l’objet de deux types d’approche, l’approche changement des comportements via les réseaux sociaux et les ONG, qui a eu l’immense mérite d’alerter et de créer une énorme pression sur les dirigeants politiques et économiques mais aussi quelques travers comme l’approche de la honte dont Greta Thunberg est l’emblème. Cependant, la balance de cette approche est globalement positive.

La deuxième approche est issue de la modélisation qui analyse la situation au moyen de modèles d’évaluations intégrées et qui propose des solutions de politiques économiques à même de limiter le changement climatique au niveau voulu.

La troisième approche repose sur les concepts issus de l’économie managériale basée sur la capacité des marchés, correctement organisés, à fournir la solution à beaucoup de problèmes via une incitation positive en termes de retour sur investissement et négative en termes de pression concurrentielle. Cette approche est basée et fait levier sur la capacité quasi infinie d’innovations des firmes et des entrepreneurs.

À cet égard, l’Inde et la Chine sont des exemples à méditer pour les dirigeants occidentaux dans leur capacité à utiliser la puissance des incitations concurrentielles. On peut être surpris de prime abord que la compréhension de l’efficacité des mécanismes concurrentiels viennent de gouvernements autoritaires et interventionnistes. De fait, il n’y a pas de conversion en cours de l’Inde et de la Chine à l’économie de marché mais une compréhension faite de pragmatisme dans la volonté d’atteindre un objectif précis en un temps record.

L’exemple de la Chine

Spécifiquement, la Chine s’est fixé un objectif ambitieux de passage à l’électrification de ses automobiles et l’a atteint à grand coups de soutien public et de subventions aux voitures électriques. Elle a ainsi réussi à créer une industrie automobile électrique de grande taille. La phase suivante que la Chine a commencé à initier consiste à rendre cette industrie viable et compétitive, et pour cela il n’y a qu’une solution : créer une énorme pression interne à l’innovation. Pour créer cette pression, la Chine a commencé à fortement diminuer toutes les subventions à l’achat de véhicules, ce qui va éliminer les firmes inefficaces et faire émerger les meilleures firmes, c’est-à-dire celle ayant réussi à se réorganiser pour baisser les coûts, et identifier les meilleurs compromis technologiques afin de survivre sans subventions.

De son côté, l’Inde est un exemple intéressant sur la capacité des gouvernants à créer une concurrence organisée et encadrée utilisant leur contexte particulier pour parvenir à un résultat à fort impact climatique. Ce pays a commencé en 2010 à développer le solaire. Certes, il y a une base d’excellentes conditions locales avec des zones désertiques et très chaudes, une main d’œuvre bon marché et un contexte industriel favorable d’effondrement des prix des panneaux solaires (-90% en 10 ans, sachant qu’ils représentent 50% du coût d’une centrale). En 2015, le gouvernement a fixé un objectif de production de 100 gigawatts d’électricité solaire pour 2022 contre 3 gigawatts en 2015, objectif qui est passé à 450 gigawatts en 2030 avec un objectif de 40% de son énergie provenant de sources renouvelables. La part du solaire indien en termes de génération d’électricité est passée de 1% à 9% en 10 ans et devrait passer à 24% en 2024 selon l’Agence Internationale de l’Énergie. En 2018, et hors subvention, le kWh solaire indien est 14% moins cher que le kWh charbon ce qui est une première mondiale. En 2030, le solaire et l’éolien devraient être en moyenne 17% moins cher que le charbon dans toute l’Asie du Sud-est et 50% moins cher en Inde selon Wood Mackenzie, une firme de conseil en énergie, ce qui est remarquable étant donné que l’essentiel de l’augmentation de la demande mondiale d’électricité va venir d’Asie. En Inde, le coût de construction de capacités solaires a baissé de 84% en 8 ans selon Agence Internationale de l’énergie renouvelable. Les coûts s’effondrent également en Chine et en Australie. La recette indienne pour la baisse des coûts est de mettre aux enchères la construction de centrale et d’octroyer la construction au moins disant en kWh. Cela a généré une concurrence agressive entre les entrepreneurs comme Renew Power (soutenu par Goldman Sachs et le fond souverain d’Abu Dhabi), Softbank et divers groupes industriels comme Acmé une firme indienne de télécom. Au fur et à mesure des appels d’offres du gouvernement indien, le prix au kWh proposé par les offreurs depuis 2015 a diminué de moitié. Cette mise en compétition spécifique par le gouvernement pour un bien homogène place les firmes en configuration d’oligopole en concurrence sur les prix (configuration appelée Oligopole à la Bertrand alors que classiquement sur le secteur de l’énergie la concurrence se fait par les quantités) ce qui pousse les prix vers le bas et le profit économique devient de plus en plus faible, pour le plus grand bénéfice des consommateurs, du gouvernement et de la planète.

Des innovations découlant de la pression concurrentielle

La condition de survie des firmes et le moteur de la baisse des prix sont les innovations découlant de la pression concurrentielle que le gouvernement indien a su créer (comme il avait su le faire sur les télécoms), combiné à la chute des prix des panneaux solaires due à la Chine. Aussi contre-intuitif que cela puisse paraître mais conformément aux modèles d’économie managériale, la clef de l’accès à une énergie solaire bon marché est, à un moment donné, de supprimer les subventions et de ne laisser d’autre possibilité de survie aux firmes que l’innovation. La poursuite de l’expansion de la production d’électricité solaire en Inde va se heurter rapidement au problème classique du solaire qui est le stockage de l’énergie produite le jour. À ce jour, le problème du stockage est c’est ce qui bloque dans le monde entier le développement du solaire puisque cette énergie n’est produite que lorsqu’il y a du soleil et l’éolien que lorsqu’il y a du vent.

La pression concurrentielle générant le réflexe de survie via l’innovation peut être créée autrement que par des enchères concurrentielles. La voie européenne est plutôt via des normes, comme les normes d’émissions maximales de CO2 pour l’automobile et cela fonctionne aussi bien donc devrait être efficace en termes d’innovations. Il n’est pas sûr cependant que la majorité des décideurs européens sache quel type de tempête concurrentielle ils ont déclenché. On devrait bien avoir les investissements et les innovations et disruptions mais cela va s’accompagner d’une restructuration massive de cette industrie avec des vagues de licenciements sans précédent dans l’histoire industrielle automobiles et la disparition de filières entières liées au moteur thermique. Mais c’est un problème social différent de l’enjeu climatique. Pour l’heure, les firmes comme Tesla focalisent sur la technologie d’amélioration des batteries et GM vient d’annoncer qu’il travaillait avec LG sur une piste de technologie de batterie utilisant moins de cobalt, différente de la technologie lithium-ion actuelle.

Un grand nombre de disruptions sont nécessaires et l’enjeu pour les gouvernements est de créer les conditions qui vont leur permettre d’émerger.

Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, publié le 09/03/2020 à 10h37

Photo en titre : Marc Guyot et Radu Vranceanu. (Crédits : Reuters)

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/changement-climatique-la-troisieme-voie-841509.html

JAPON. FUKUSHIMA : VISITE AU CŒUR DE LA CENTRALE, NEUF ANS APRÈS LE TSUNAMI ET À QUATRE MOIS DES JO

Salle de contrôle de réacteurs, mur de glace souterrain, citernes d’eau contaminée : j’ai passé plusieurs heures dans l’enceinte de la centrale de Fukushima, neuf ans après le terrible accident provoqué par le tsunami du 11 mars 2011. Voici l’état des lieux du site, juste avant les Jeux olympiques de Tokyo qui doivent commencer le 24 juillet.

Vus de loin, du haut d’un talus, les bâtiments des réacteurs un à quatre, les plus abîmés des six du site, semblent à peu près reconstitués. Trois avaient été ravagés par des explosions d’hydrogène. Mais, de près, ils sont encore en bien piteux état, des monceaux de détritus ici et là, des pans de murs éventrés. Au Japon, la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, aujourd’hui encore, montre ses plaies, ses ruines, ses dangers. Neuf ans après le terrible accident provoqué par le tsunami du 11 mars 2011, voici l’état des lieux du site…

Pour accéder aux salles de contrôle, il faut revêtir l’équipement « zone jaune », la zone intermédiaire en termes de risques (combinaison, trois paires de gants, trois paires de chaussettes, des bottes, un masque intégral, un casque) afin de se protéger non pas des rayonnements, ils traversent tout, mais des poussières radioactives.

Il faut enjamber des détritus, se faufiler via des escaliers improvisés, avant d’atteindre cet espace où s’est jouée une partie du drame. Les équipements de contrôle, vert kaki, qui datent des années 1970, sont toujours là, hors service.

Au mur, restent les séquelles : des nombres écrits au crayon à papier, certains rayés et remplacés par d’autres, plus élevés. Ce sont des calculs de paramètres effectués par les techniciens alors sur place, plongés dans le noir, avec une simple lampe de poche, explique un responsable de Tepco.

Ils n’ont rien pu faire pour empêcher la fusion des cœurs des réacteurs 1, 2 et 3.

Le combustible fondu gît toujours dans l’enceinte de confinement. On y a envoyé des robots en repérage. L’extraction, tâche extrêmement délicate, devrait être testée grandeur nature à compter de 2021. On n’en verra pas le bout avant 2040/50 au mieux.

Au mur, des nombres écrits au crayon à papier, certains rayés et remplacés par d’autres, plus élevés. Ce sont des calculs de paramètres effectués par les techniciens alors sur place, plongés dans le noir, avec une simple lampe de poche.  KAZUHIRO NOGI / AFP

Mur de glace souterrain

L’eau souterraine venue de la montagne alentour, qui s’engouffre dans les installations et génère des quantités massives de liquide radioactif, a longtemps été un souci majeur.

Désormais, le problème est atténué, en partie grâce à la construction d’un mur d’enceinte souterrain, en gelant le sol sur une épaisseur de plus d’un mètre et une profondeur de 30 mètres. Tout le monde nous disait que ce serait très compliqué, compte tenu de la longueur du périmètre à geler, mais finalement nous y sommes parvenus grâce à des techniques utilisées au Japon lors du percement de tunnels : à mesure que le tunnelier progresse, le pourtour du tunnel est dans un premier temps gelé pour éviter qu’il ne s’effondre, explique sur place un ingénieur de Tepco.

Des pompes en amont du mur permettent aussi de réduire la quantité d’eau qui vient le heurter.

Néanmoins, en raison des pluies et de l’eau de refroidissement des réacteurs, sont chaque jour encore générés 170 m3 de liquide extrêmement radioactif qu’il faut décontaminer et qui reste un problème.

Le calvaire de l’eau contaminée

Cette eau contaminée est passée dans un dispositif de filtrage, ALPS, qui permet d’en réduire le niveau de radioactivité en retirant la majeure partie d’une soixantaine de radionucléides.

Toutefois, les premières générations d’ALPS n’étaient pas aussi puissantes que la plus récente. In fine, 80 % du million de m3 d’eau traitée stockée dans un millier de citernes sur le site doivent être de nouveau filtrés.

À la fin du processus, il restera une faible teneur en divers éléments radioactifs mais un ratio plus important de tritium, lequel ne peut pas être retiré avec les techniques actuelles.

Cette eau, qu’en faire ? Les organisations écologistes comme Greenpeace insistent pour qu’elle soit stockée à long terme et qu’on développe des modalités de filtrage plus performantes mais les autorités japonaises ont déjà exclu cette option.

Officiellement, il ne reste plus que deux solutions sur la table : l’évaporation dans l’air, ou la dilution et le rejet dans l’océan Pacifique voisin. C’est cette seconde option qui est privilégiée. Elle est approuvée par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et révulse les pêcheurs et agriculteurs de la région.

5 000 travailleurs par jour

La centrale Fukushima Daiichi est peuplée chaque jour de quelque 4 000 à 5 000 travailleurs, en majorité des sous-traitants de Tepco en plus de salariés de cette compagnie. Ils étaient 8 000 au moment de la difficile construction du mur souterrain.

Ils y exercent des fonctions très diverses, allant de la construction des citernes au retrait de combustible usagé d’un bassin de stockage par des grues télécommandées. Certains sont là pour gérer une incroyable logistique de combinaisons de plastique, gants, chaussettes, bottes, casques ou masques.

Les tenues portées dépendent des lieux traversés.

Par Karyn NISHIMURA ( AFP et Ouest France)) publié le 9 mars 2020 à 7h48, modifié à 7h53

Photo en titre : La salle de contrôle de la centrale nucléaire de Fukushima, telle qu’elle se présente le 3 février 2020. | KAZUHIRO NOGI / AFP, Karyn NISHIMURA(AFP)

https://www.ouest-france.fr/monde/japon/japon-fukushima-visite-au-coeur-de-la-centrale-neuf-ans-apres-le-tsunami-et-avant-les-jo-6771848

NUCLÉAIRE: L’AIEA RÉCLAME DE NOUVEAU À L’IRAN SA « COOPÉRATION IMMÉDIATE »

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a de nouveau demandé à l’Iran lundi de donner à ses inspecteurs l’accès à deux sites soupçonnés d’avoir pu abriter des activités nucléaires non déclarées.

« J’appelle l’Iran à coopérer immédiatement et pleinement avec l’agence, y compris en fournissant un accès rapide aux emplacements spécifiés« , a déclaré M. Grossi à l’ouverture du Conseil des gouverneurs de l’AIEA à Vienne.

En janvier, Téhéran a refusé des inspections sur deux sites que souhaitait vérifier l’AIEA. Ces emplacements n’ont pas de lien avec les activités actuelles de l’Iran mais ont trait aux projets nucléaires militaires du pays dans les années 2000, selon plusieurs sources diplomatiques.

Ce « refus nuit à la capacité de l’agence (…) de fournir une assurance crédible de l’absence de matières et d’activités nucléaires non déclarées en Iran« , a ajouté M. Grossi devant l’organe de décision de l’AIEA, qui tient cette semaine sa réunion trimestrielle.

« J’espère qu’en engageant encore davantage le dialogue avec l’Iran, nous serons en mesure de débloquer la situation actuelle dans les prochains jours ou heures« , a ajouté le patron de l’agence.

Le régime iranien estime ne plus être tenu de s’expliquer sur ses agissements dans les années qui ont précédé la signature de l’accord nucléaire de 2015, aujourd’hui menacé de délitement complet. Téhéran reproche à l’AIEA d’effectuer ces réclamations sous pression d’Israël et des États-Unis, qui fabriqueraient de « fausses informations » à l’intention de l’AIEA.

Grossi a démenti ces allégations, réaffirmant l’indépendance de l’AIEA : « Ce sont les informations de l’agence, les informations peuvent provenir de nombreuses sources, nous avons nos propres informations, (…) nous ne prenons jamais aucune information au pied de la lettre« .

Ces nouvelles crispations sont de nature à renforcer la position d’une ligne dure vis-à-vis de l’Iran, en particulier à Washington.

Sur le volet de ses activités nucléaires actuelles, l’Iran collabore sans difficulté avec les inspecteurs de l’AIEA qui ont accès à tous les sites nécessaires.

La prévalence du nouveau coronavirus en Iran, l’un des pays les plus touchés par l’épidémie, n’a pas eu d’incidence majeure sur le régime de vérification, selon M. Grossi. « Le travail d’inspection en Iran continue sans problème à ce jour« , a-t-il assuré, tout en précisant que des mesures de précaution étaient prises.

Depuis que les États-Unis ont dénoncé unilatéralement l’accord sur le nucléaire iranien en 2018 et imposé des sanctions qui étranglent l’économie iranienne, Téhéran s’est affranchi en plusieurs étapes, depuis mai 2019, de plusieurs limites clés fixées par l’accord international visant à garantir la nature pacifique de son programme nucléaire.

Dernière phase de ce désengagement, l’Iran a annoncé le 5 janvier que son programme nucléaire ne serait plus « soumis à aucune restriction dans le domaine opérationnel« .

« À ce jour, l’agence n’a observé aucun changement » consécutif à cette annonce, a déclaré M. Grossi lundi.

Par AFP, publié le 09.03.2020 à 12h58

Photo en titre : Le directeur de l’AIEA Rafael Mariano Grossi à l’ouverture du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, le 9 mars 2020 à Vienne (AFP – JOE KLAMAR)

https://www.challenges.fr/monde/nucleaire-l-aiea-reclame-de-nouveau-a-l-iran-sa-cooperation-immediate_702098

RUSSIE : DES MOSCOVITES SE REBELLENT CONTRE UN PROJET « FOU » DE ROUTE SUR UN SITE RADIOACTIF

Moscou (AFP) : Armé d’un smartphone équipé d’un dosimètre au bout d’une perche à selfie, l’activiste Andreï Ojarovski fait la chasse aux rayons gamma. L’appareil se met à biper, les chiffres augmentent, passent au jaune puis au rouge.

Ce terrain boisé de la ville de Moscou, jouxtant une plateforme de train très fréquentée et situé à moins de 200 mètres de grands immeubles d’habitation, est parsemé de zones de radioactivité élevée.

Depuis des semaines, des riverains et des militants comme M. Ojarovski, physicien nucléaire de formation, se mobilisent contre le projet de construction d’une autoroute à huit voies justement sur cette colline, où ont été enterrés des déchets nucléaires soviétiques jusque dans les années soixante-dix.

« La véritable horreur, c’est que nous sommes exactement à l’endroit où l’autoroute est prévue« , affirme M. Ojarovski, qui étudie cette zone depuis l’année dernière.

« Dès qu’on enlève la couche en surface, les niveaux enregistrés sont élevés. Cela veut dire que nous sommes sur une pile de déchets radioactifs« , ajoute-t-il, alors que le dosimètre grimpe à plus d’un 1 microsieverts/heure, soit plus de trois fois le niveau de rayonnement ambiant naturel.

Si ce niveau n’est toujours pas nocif pour la santé, il indique néanmoins que des doses plus élevées se trouvent sous la terre et pourraient se répandre et nuire à la santé des habitants, affirme M. Ojarovski.

Selon les règles de construction russes, des inspections supplémentaires sont obligatoires si un niveau supérieur à 0,6 microsieverts/heure est mesuré, afin de déterminer si un nettoyage est possible avant de décider d’une quelconque construction.

Mais selon des documents publiés en février sur le projet d’autoroute – une parmi quatre routes prévues par l’influent maire Sergueï Sobianine – « aucune contamination radioactive n’a été trouvée« .

Moscou n’est ‘pas Prypiat’

La nouvelle autoroute doit traverser dix quartiers en enjambant la Moskova pour relier des zones périphériques en évitant le centre de la mégapole de 12 millions d’habitants.

Sur la colline en question, située dans le sud-est de Moscou, la pollution radioactive provient d’une ancienne usine soviétique qui faisait jusque dans les années 1970 de l’extraction de thorium, élément radioactif, destiné aux réacteurs nucléaires de l’époque.

Des années avant la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (1986), lorsque les risques des radiations étaient sous-estimés, l’usine rejetait simplement ses déchets sur la colline adjacente, qui descendait vers la rivière.

Ce terrain, où gisent dispersés les déchets sans aucune indication, est depuis passé dans le giron de la ville de Moscou, dont le maire tient à développer rapidement les zones négligées.

« Nous sommes extrêmement préoccupés« , affirme Ivan Kondratiev, activiste dont le père habite à proximité. Toucher au terrain de la colline « va répandre (la pollution radioactive) sous forme de particules et gouttelettes et nuire à la santé des gens« , affirme-t-il, debout à côté d’une base érigée par des riverains pour surveiller le site en permanence et empêcher le début des travaux.

« Ici, ce n’est pas Prypiat, » indique un panneau, en référence à la ville la plus proche de la centrale de Tchernobyl, devenue fantôme depuis son évacuation.

Sur la chaîne Telegram alimentée par les militants, des centaines de personnes suivent les évènements, prêts se rendre sur place pour bloquer les travaux si besoin.

Fin janvier, le maire a admis pour la première fois que la colline contenait bien des « déchets radioactifs« , mais a assuré qu’il n’y avait que des « traces de contamination insignifiantes » sur le tracé de l’autoroute, « n’interférant pas avec la construction« .

« C’est une approche complètement immature« , s’indigne M. Kondratiev, affirmant que la mairie ne fournit aucun chiffre, après avoir nié pendant des mois la dangerosité du site.

Le département de la construction de la mairie chargé du projet a refusé une demande d’interview de l’AFP.

‘Projet fou’

Les militants demandent que le projet soit gelé le temps qu’une nouvelle expertise soit réalisée.

Greenpeace Russie a déposé un recours en arbitrage le mois dernier pour faire reconnaître comme nulle l’étude initiale ayant conclu à une absence de traces de radioactivité sur place.

La construction de l’autoroute déterrerait une quantité « imprévisible » de radiation, et des poussières radioactives « se répandraient sur des distances considérables« , a affirmé Greenpeace dans la requête, qui devrait être entendue début avril.

Mais la ville est peu susceptible de bloquer longtemps ce projet phare: les travaux pour cette route de 28 kilomètres battent déjà leur plein de l’autre côté de la rivière.

La riveraine Elena Agueïeva affirme qu’elle se battra « jusqu’au bout« , pour empêcher un projet qu’elle estime dangereux pour sa famille.

« Nous serons les premiers frappés par ce qu’ils déterreront« , affirme-t-elle, dénonçant un « projet fou« : « Nous ne pouvons pas permettre qu’une catastrophe environnementale se produise dans la ville ».

Par AFP, publié le 09/03/2020 à 6h45

Photo en titre : Andreï Ojarovski, physicien nucléaire de formation, le 17 février 2020 à Moscou © AFP/Kirill KUDRYAVTSEV

https://www.geo.fr/environnement/des-moscovites-se-rebellent-contre-un-projet-fou-de-route-sur-un-site-radioactif-200183

HAUTE MARNE, UNITECH : L’ASSOCIATION « BELLES FORÊTS » NE VEUT RIEN LÂCHER

L’association de défense de l’environnement « Belles forêts sur Marne » tenait son assemblée générale, vendredi soir, à Bettancourt-la-Ferrée. Un an après sa création en opposition au projet de laverie nucléaire, sa centaine d’adhérents est déjà prête à aller jusqu’au bout.

Publié le 9 mars 2020

http://www.jhm.fr/departement/Unitech-Belles-Forets-ne-veut-rien-lacher

LA CORÉE DU NORD TIRE UN PROJECTILE NON IDENTIFIÉ

Une semaine après un «tir d’artillerie de longue portée», Pyongyang a procédé lundi à un nouveau tir de projectiles.

La Corée du Nord a tiré lundi plusieurs projectiles, identifiés par Tokyo comme de possibles missiles balistiques. Il y a quelques semaines Pyongyang avait mis fin à son moratoire sur les essais de missiles de longue portée.

C’est le deuxième exercice de tirs réalisé en l’espace d’une semaine. Le 2 mars, la Corée du Nord avait déjà tiré deux projectiles, Séoul jugeant qu’il s’agissait vraisemblablement de missiles balistiques de courte portée.

Ces lancements surviennent alors que les négociations entre Washington et Pyongyang sur les programmes nucléaire et balistique nord-coréens sont dans l’impasse. La Corée du Nord avait donné aux États-Unis jusqu’à la fin de l’année 2019 pour faire de nouvelles propositions.

Ce lundi, «il semble que (Pyongyang) a conduit des essais de tir impliquant différents types de lance-roquettes multiples», a annoncé l’état-major interarmes sud-coréen (JCS), disant «regretter profondément» cette action. Le JCS avait dans un premier temps fait état de «trois projectiles», avant de changer sa description pour évoquer de «multiples» tirs.

«Graves problèmes»

Selon lui, les projectiles ont été lancés depuis la région de Sondok, sur la côte est, vers la mer du Japon en direction du nord-est, pour parcourir 200 km à une altitude maximale de 50 km. Il s’agit d’une distance plus courte que les tirs du 2 mars, mais à une altitude plus élevée.

De son côté, le ministère japonais de la Défense a annoncé lundi que la Corée du Nord avait lancé ce qui apparaît être des «missiles balistiques» – ce qui est strictement interdit à Pyongyang par les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU.

«Les lancements répétés de projectiles comme des missiles balistiques sont un grave problème pour la communauté internationale, y compris notre pays», a réagi peu après le Premier ministre japonais Shinzo Abe devant le Parlement.

Participant à une réunion d’urgence, des membres du gouvernement sud-coréen ont estimé que ces tirs «ne contribuaient pas» aux efforts de paix dans la région.

«Nouvelle étape»

La péninsule avait connu en 2018 une remarquable détente, illustrée par des rencontres historiques entre le leader nord-coréen Kim Jong Un et le président américain Donald Trump. Mais les négociations sur la dénucléarisation sont au point mort depuis le deuxième sommet entre les deux dirigeants, en février 2019 à Hanoï.

Pyongyang a réalisé en fin d’année dernière une série de tirs, dont le dernier en novembre, parlant parfois de tirs de missiles balistiques ou d’essai de «systèmes de lancement multiple de fusées guidées de gros calibre». Elle a aussi testé en décembre un moteur.

Dans la foulée, M. Kim avait annoncé fin décembre la fin du moratoire sur les essais nucléaires et les essais de missiles balistiques intercontinentaux. Il avait par ailleurs menacé de faire la démonstration d’une «nouvelle arme stratégique».

S’il est confirmé, le lancement lundi de trois projectiles par un unique tracteur-érecteur-lanceur (TEL) marque le franchissement d’«une nouvelle étape» dans le programme nord-coréen de missiles à courte portée, a réagi sur Twitter Ankit Panda, de la Federation of American Scientists, une ONG scrutant les risques liés au nucléaire.

«Kim continue de tester, d’améliorer et de rendre opérationnelles ses forces», a abondé Vipin Narang, chercheur du Massachusetts Institute of Technology.

«Aboiements de chien effrayé»

Après les essais du 2 mars, des médias d’État nord-coréens avaient rapporté que Kim Jong Un avait supervisé un «tir d’artillerie de longue portée». Ils avaient également publié des clichés de batteries de lance-roquettes multiples, ainsi que plusieurs photographies d’une roquette de large calibre tirée dans une forêt.

Kim Yo Jong, sœur de Kim Jong Un et l’une de ses plus proches conseillères, avait ensuite qualifié de «véritablement insensées» les protestations de Séoul contre ces essais militaires, comparant ces critiques aux «aboiements d’un chien effrayé».

Un ton virulent qui contraste avec le message personnel de «réconfort» envoyé la semaine dernière par M. Kim lui-même aux Sud-Coréens, aux prises avec le nouveau coronavirus. La Corée du Sud est derrière la Chine et l’Italie le pays le plus touché par l’épidémie. À l’inverse, la Corée du Nord, qui a fermé ses frontières et adopté des mesures de confinement drastiques, n’a pas à ce jour annoncé de cas confirmés de contamination sur son sol. (ATS/nxp)

Publié le 09.03.2020 à 00h08

Photo en titre : La Corée du Nord a tiré lundi au moins un projectile non identifié, a indiqué l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. (9 mars 2020) Image: AFP

https://www.lematin.ch/monde/coree-nord-tire-projectile-identifie/story/23861790

À FUKUSHIMA, LA FLAMME OLYMPIQUE NE RÉCHAUFFE PAS TOUS LES CŒURS

Pour eux, c’est une «humiliation»: des évacués de la région de Fukushima encaissent mal la volonté du gouvernement de faire d’un site emblématique de l’accident nucléaire de 2011 le point de départ ultra-médiatisé de la flamme olympique.

«Fukushima a d’autres préoccupations que Tokyo», résume un slogan lors d’une manifestation de ces «anti» près du J-Village.

C’est précisément de là que la flamme des Jeux de Tokyo doit s’élancer le 26 mars. Le J-Village est un luxueux centre d’entraînement de football financé par Tokyo Electric Power (Tepco), et inauguré en 1997 à une vingtaine de kilomètres de la centrale atomique Fukushima Daiichi.

C’était du temps où l’énergie nucléaire promettait «un avenir radieux», comme affiché autrefois sur un portique à l’entrée de la ville de Futaba, voisine de la centrale.

La flamme passera aussi par cette commune désertée, les autorités ayant récemment levé l’ordre d’évacuation pour une portion de l’agglomération.

– «Symbole de la reconstruction» –

«Pour nous, habitants de Fukushima, faire partir la torche d’ici apparaît comme la volonté du gouvernement de fermer le couvercle sur l’accident nucléaire: nous le vivons comme une humiliation», déclare à l’AFP Ruiko Muto, militante antinucléaire résidente de la région de Fukushima.

«En temps normal, cela nous aurait fait très plaisir que la région de Fukushima soit sous le feu des projecteurs internationaux grâce à la flamme olympique, mais nous souffrons encore. Et à cause de qui? De Tepco», la compagnie qui exploitait la centrale, poursuit Hiromu Murata, président de l’association d’aide aux évacués, Hidanren.

«Fukushima n’est pas dans une situation propice à se réjouir des JO», abonde Miyako Kumamoto, elle aussi membre active d’un groupe de soutien aux évacués peinant à se reloger.

Le J-Village, point de départ de la flamme olympique à Naraha, près de Fukushima à l’occasion des Jeux de Tokyo 2020, le 2 août 2019 / AFP/Archives

Après le désastre du 11 mars 2011 provoqué par un gigantesque tsunami, le J-Village a été transformé en véritable quartier général des travailleurs chargés de sécuriser puis assainir le site: ils s’y changeaient, s’y reposaient, se restauraient par milliers chaque jour, avant et après avoir trimé dans l’enfer du site nucléaire.

Le site a repris en fanfare ses activités de centre sportif en avril 2019.

«J-Village est redevenu ce qu’il était, c’est pour nous un symbole, c’est le point de départ de la reconstruction, un processus en cours. Nous espérons recevoir un grand soutien et une grande énergie grâce aux JO», a justifié Masao Uchibori, le gouverneur de la région.

Quelque 41.000 personnes n’ont pas encore regagné leurs foyers, selon les derniers chiffres officiels, que les associations estiment bien en-deçà de la réalité.

Peur d’être oubliés

Un manifestant tient une pancarte dénonçant le départ de la flamme olympique depuis le J-Village, à Naraha près de Fukushima, le 29 février 2020 / AFP/Archives

La levée progressive des interdictions d’habiter des zones de la région n’est pas bien vue non plus par une partie des évacués, qui craignent toujours la radioactivité.

«Une partie des personnes qui habitaient dans une localité de nouveau décrétée habitable sont réticentes à revenir, mais l’État et la préfecture leur coupent les aides pour se loger ailleurs. Et celles qui sont parties par peur des radiations sans avoir été évacuées sur ordre sont parfois dans une situation pire», déplore Mme Kumamoto.

Et de citer le cas de quelques foyers pauvres à qui l’État a fourni un logement public gratuitement pendant plusieurs années, puis a exigé un loyer, dont il ensuite doublé le montant, et veut désormais les expulser s’ils continuent de ne pas le payer.

«Il ne reste que cinq ménages dans cette situation: nous les aidons à retrouver un logement, mais on a du mal à entrer en contact avec eux», rétorque un fonctionnaire de la préfecture chargé de l’habitat.

«On leur propose des taudis en confiant cette mission à des agences sans scrupules», conteste Mme Kumamoto.

«Cessez de leur facturer un loyer qu’ils ne peuvent pas payer», supplie-t-elle. «On le fera si le ministère des Finances nous dit qu’il veut bien», répond le fonctionnaire.

Dans ce dialogue de sourds, Mme Kumamoto s’interroge: est-ce que l’État, qui a déboursé plus de 1.000 milliards de yens (près de 9 milliards d’euros) pour les JO et qui promet un plan de relance de 13.200 milliards de yens (environ 108 milliards d’euros) pour dynamiser l’économie et aider la reconstruction a bien besoin des 20.000 yens (160 euros) de loyer mensuel des quelques foyers concernés?

Nombre d’habitants de la région redoutent surtout qu’on les oublie après le coup de projecteur des JO.

Par afp, publié le 09/03/2020 à 06h45, modifié le 09/03/2020 à 08h16

Photo en titre : Un homme tient la flamme olympique lors d’une répétition à Tokyo de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques 2020, le 15 février 2020 / AFP/Archives

https://www.la-croix.com/Monde/A-Fukushima-flamme-olympique-rechauffe-pas-tous-coeurs-2020-03-09-1301082905

NOUVELLES RÉVÉLATIONS SUR LE SCANDALE DE CORRUPTION QUI SECOUE KANSAÏ ELECTRIC

L’Asahi fait de nouvelles révélations relatives au scandale de corruption qui secoue Kansaï Electric. Eiji Moriyama, adjoint au maire de Takahama de 1977 à 1987, distribuait argent et cadeaux à des cadres de la compagnie en échange de décisions favorables aux compagnies qu’il soutenait. Il a continué jusqu’à son décès en mars 2019.

L’Asahi rapporte que l’enquête en cours chez Kansaï Electric s’est penchée sur l’achat d’un terrain en 1987 dans le port de Takahama. La compagnie l’aurait acheté le double de sa valeur et Eiji Moriyama aurait joué un rôle clé dans la transaction.

Le terrain de 89 000 m2, situé à un kilomètre au Nord de la centrale nucléaire de Takahama appartenait à une compagnie de transport qui entreposait du bois sur la partie prise sur la mer. Après la mise en service des deux derniers réacteurs, en 1985, la centrale nucléaire a entraîné une augmentation locale de la température de l’eau qui a favorisé l’apparition de parasites du bois. La compagnie de transport a donc demandé un dédommagement à Kansaï Electric.

Selon l’Asahi, Eiji Moriyama serait intervenu pour fixer le prix de la transaction et auprès des autorités locales pour cacher le surcoût. En effet, pour toute vente de terrain d’une superficie supérieure à 10 000 m2, il faut faire une déclaration spéciale auprès du gouvernement local qui vérifie le prix.

Publié le 8 mars 2020

https://fukushima.eu.org/category/non-classe/

AVIGNON : LA MANIF POUR LE CLIMAT NOYAUTÉE PAR LES PRO-NUCLÉAIRES

Ce samedi 7 mars 2020, la manifestation pour le climat a présenté un visage à vomir. Au nom de la lutte contre le CO2, une cinquantaine de personnes présentes ont tenté d’évincer les militants du CAN84 et leur banderole  » Nucléaire : mauvais climat, arrêt immédiat du nucléaire « , certains se disant ouvertement pro-nucléaires.

Et voilà comment une lutte légitime qui fait l’impasse sur la réalité des autres atteintes sanitaires et menaces, tel le nucléaire et la production de radioactivité artificielle, devient le nid douillet des pires positionnements délétères et perversions intellectuelles. Ce samedi 7 mars a représenté un cran de plus dans les agressions contre les militants antinucléaires après celle du 8 décembre 2019. Alors que la banderole « Nucléaire : mauvais climat, arrêt immédiat du nucléaire « est déployée et que le tract appelant à l’arrêt immédiat du nucléaire est distribué : quelques individus viennent exiger qu’elle soit repliée et cachée et que cesse l’alerte antinucléaire.

Incroyable mais logique lorsque l’on sait que la nucléocratie a engagé depuis plusieurs années un travail de noyautage des mouvements écologistes et une propagande effrénée en direction de la population. Lançant à tout va dans la presse et les médias leurs sbires pseudo-scientifiques et surtout scientistes dont les intérêts personnels et corporatistes priment sur l’intérêt public. Les incultes pour qui la santé des populations et la sauvegarde de la planète n’a pas de sens, étant eux réservés au petit peuple.

La société est gangrénée par la propagande nucléaristes

Les fanatiques de la destruction atomique gangrènent ainsi la société, au nom de la lutte contre le CO2, en assénant des tombereaux de contre-vérités. Pour eux le nucléaire serait « bas carbone » et la solution au réchauffement climatique, faisant fi de tout ce que la chaîne du nucléaire engendre comme pollutions atmosphériques, gaz à effet de serres, rejets de CO2 et atteintes sanitaires radioactives.

Le nucléaire est pourtant une calamité pour la santé et les générations futures mais aussi un générateur de pollutions préjudiciables à la vie sur Terre : depuis les mines d’uranium du Niger ou du très autocratique Kazakhstan où sont extrait – par des engins de chantier fonctionnant au fuel et dans les pires attitudes colonialistes et de contaminations chimiques des sols – l’uranium-base (yellow cake), en passant par le transport de ce minerai par trains/bateaux/camions fonctionnant au fuel lourd générateurs de toxiques et CO2; en omettant aussi les tonnes de CO2 émises pour produire le béton et construire les centrales atomiques et leur futures démantèlement; les va-et-vient incessants de transports par camions fonctionnant au gasoil des produits de fusion nucléaires neufs puis usagés à travers toute la France d’une unité de production à un réacteur atomique et retour.

Heureusement il ne s’agissait que d’une petite escouade de fanatiques. Aussi, sans céder aux intimidations répétées de ces provocateurs dont certains affirmaient leur soutien à la bombe atomique, les militant-es du Collectif antinucléaire de Vaucluse ont maintenu leur présence au cœur de la manifestation. Ils ont continué à briser l’omerta en affirmant l’urgence de mettre à l’arrêt définitif toutes les installations nucléaires militaro-civiles, notamment celles du Tricastin, de Cadarache, de Marcoule et de Cruas.

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Par Rédaction, publié le samedi 7 mars 2020 à 20h28

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/03/07/Avignon-%3A-la-manif-pour-le-climat-noyaut%C3%A9e-par-les-pro-nucl%C3%A9aires

LE VIETNAM SOUTIENT TOUS LES EFFORTS POUR PROMOUVOIR LE DÉSARMEMENT

Genève (VNA) – Le Vietnam a affirmé sa politique cohérente de soutenir tous les efforts visant à accélérer le désarmement des armes de destruction massive, en particulier des armes nucléaires.

L’assistant du ministre vietnamien des Affaires étrangères Pham Quang Hieu, a souligné la position du Vietnam lors d’une une session plénière de la Conférence du désarmement, le 5 mars à Genève, en Suisse, dans le cadre de ses activités à la 43ème session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies du 4 au 6 mars.

Il a indiqué que le Vietnam, membre de tous les principaux traités sur le désarmement, a proposé de nombreuses initiatives et contribué à promouvoir les activités de la Conférence du désarmement, en particulier pendant la période où le pays assumait la présidence de la Conférence du désarmement en 2019.

Le représentant a également affirmé qu’en tant que membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour le mandat 2020-2021 et président de l’ASEAN en 2020, le Vietnam va accorder la priorité au désarmement et à la non-prolifération des armes de destruction massive.

Le Vietnam est prêt à coopérer avec les membres de la Conférence du désarmement et d’autres partenaires pour la paix et la sécurité dans la région et le monde, a-t-il déclaré.

La Conférence du désarmement, qui a été constituée en 1979 en tant qu’instance multilatérale unique de la communauté internationale pour les négociations dans le domaine du désarmement, est issue de la première session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies consacrée au désarmement tenue en 1978.

Le mandat de la Conférence couvre pratiquement tous les problèmes qui se posent à l’échelon multilatéral en matière de limitation des armements et de désarmement.

À présent, ses travaux sont axés principalement sur les questions suivantes : les arrangements internationaux efficaces pour garantir les États non dotés d’armes nucléaires contre l’emploi ou la menace de ces armes; la prévention d’une course aux armements dans l’espace; les négociations relatives à un traité interdisant la production de matières fissiles pour la fabrication d’armes et autres dispositifs explosifs nucléaires; la transparence dans le domaine des armements. – VNA

Publié le 8 mars 2020 à 8h30

Photo en titre : L’assistant du ministre vietnamien des Affaires étrangères Pham Quang Hieu lors d’une récente session plénière de la Conférence du désarmement à Genève. Photo: VNA

https://fr.vietnamplus.vn/le-vietnam-soutient-activement-le-desarmement-a-travers-le-monde/134446.vnp

LES MILITANTS DE SORTIR DU NUCLÉAIRE BERRY-GIENNOIS-PUISAYE RÉUNIS EN ASSEMBLÉE GÉNÉRALE À BRETEAU

Ce samedi 7 mars, l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye a tenu deux assemblées générales à la salle des fêtes de Breteau, petit village du Giennois. En 2020, le projet potentiel de piscine d’entreposage de combustibles usés et radioactifs à Belleville-sur-Loire sera suivi attentivement par les militants. 

L’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye (SDNBGP) a tenu deux assemblées générales à la salle des fêtes de Breteau, ce samedi 7 mars. La petite commune du Giennois est la première du territoire du plan particulier d’intervention à avoir accepté de prêter sa salle.

Dans un premier temps, a eu lieu une assemblée générale extraordinaire pour inscrire officiellement dans les statuts le nom d’usage de l’association, à savoir « Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye« . Une officialisation voulue par le conseil d’administration, essentielle lorsque l’association se porte partie civile contre la centrale de Belleville-sur-Loire, dans le Cher. D’autant qu’actuellement, une action de justice est en cours avec ce nom qui n’était pas encore officiel.

Le bilan

Tout au long de l’année 2019, SDNBGP a participé à des marches pour le climat, des conférences, a réalisé des prélèvements pour des analyses d’eau, de sédiments et de végétation dans la Loire, siège dans les commissions locales d’intervention des centrales nucléaires de Dampierre-en-Burly et Belleville…

Le 12 mars, l’association a fait une citation directe contre le centre national de production d’électricité de Belleville-sur-Loire, une conséquence des anomalies de gestion relevées par l’Autorité de sûreté nucléaire en avril 2017 ayant entraîné le placement de la centrale en surveillance renforcée en septembre de cette même année. La citation a été frappée de nullité sur la forme puis, en novembre 2019, de nullité sur le fond. Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye se pourvoit donc en cassation.

Les projets

Pour les adhérents, 2020 est une année charnière. Les administrateurs se disent « usés, il y a eu beaucoup de batailles perdues« , mais souhaitent continuer leur fonction durant encore au moins un an.

L’un des dossiers qu’ils suivront attentivement, cette année, concerne le projet de piscine d’entreposage de combustibles usés et radioactifs, potentiellement à Belleville-sur-Loire.

EDF doit déposer, avant fin 2020, sa demande d’autorisation de création pour la construction d’une piscine centralisée. En revanche, pour le moment, l’entreprise n’a pas précisé où aurait lieu cette implantation.

Les adhérents veulent communiquer au maximum sur ce projet de piscine « pour que les gens puissent, au moment de l’enquête publique, poser des questions pertinentes« .

Le 25 avril 2020, ils organisent une conférence au cinéma de Cosne-sur-Loire, dans la Nièvre, sur les conséquences d’un accident nucléaire.

À lire également : Production, sûreté, accidents du travail… l’heure du bilan à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly

Publié le 07/03/2020 à 20h00

Photo en titre : La centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, dans le Loiret. © gaujard christelle

https://www.larep.fr/breteau-45250/actualites/les-militants-de-sortir-du-nucleaire-berry-giennois-puisaye-reunis-en-assemblee-generale-a-breteau_13760552/

Site de l’association : https://sdn-berry-puisaye.webnode.fr/

LA HAGUE : DÉGRADATION DU CONFINEMENT D’UN SILO RENFERMANT DES BOUES ISSUES DU TRAITEMENT PASSÉ DES EFFLUENTS RADIOACTIFS DE L’USINE UP2-400 EN DÉMANTÈLEMENT

Concerne : Usine de traitement des combustibles irradiés (UP2 400) – Transformation de substances radioactives – Orano Cycle

Plus précisément : Station de traitement des effluents et déchets solides (STE2) et atelier de traitement des combustibles nucléaires oxyde (AT1) – Transformation de substances radioactives – Orano Cycle

Le 10 février 2020, Orano Cycle a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la dégradation du confinement du silo 13 de l’atelier STE21 dans le cadre des opérations de renforcement de sa dalle, prévues pour supporter la future enceinte de reprise des boues qu’il contient2.

Le silo 13 renferme des boues à reprendre et à conditionner conformément aux exigences de la décision de l’ASN du 9 décembre 20143 relative aux déchets anciens de l’établissement de La Hague. La dalle en béton participe au confinement des boues radioactives du silo 13 et son intégrité est requise en application des règles générales d’exploitation de l’atelier STE2.

Le 4 février 2020, trois intervenants d’une même entreprise extérieure procédaient à des opérations de percement de la dalle du silo sur une profondeur de 450 mm afin de permettre la mise en place d’aciers de renfort. Au cours de ces travaux, ils ont constaté dans la même phase d’intervention qu’ils avaient traversé la dalle d’une épaisseur de 550 mm à trois reprises. Ils ont alors immédiatement informé les responsables de chantier et le service de radioprotection. Le chantier a été arrêté, mis en sécurité et les trous incriminés rebouchés. Le percement total de la dalle a été confirmé par des investigations menées le 5 février 2020 par vidéo.

L’exploitant a contrôlé le bon fonctionnement du confinement dynamique pendant ces opérations, assuré par le maintien en dépression du silo 13. Ainsi, le confinement des substances radioactives a en permanence été assuré.

Cet événement n’a pas eu d’incidence sur le personnel, ni sur l’environnement. Cependant, à la demande de l’ASN, et en raison de la mauvaise évaluation du risque lors de la préparation des opérations de percement et d’une surveillance inadaptée de ces opérations par l’exploitant, celui-ci a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale de classement des évènements nucléaires et radiologiques qui en compte 7 par ordre de gravité).

Depuis la survenue de cet événement, le chantier a été arrêté et l’analyse des causes de l’événement est en cours. Les premières vérifications effectuées ne remettent en question ni l’épaisseur de la dalle, ni la cote de la profondeur de perçage à respecter. Afin de faire un point précis sur les circonstances et les causes profondes de cet événement, révélateur de défaillances de l’organisation d’Orano Cycle, l’ASN a procédé à une inspection portant sur cet événement le 5 mars 2020.

1 Ancienne station de traitement des effluents de l’usine UP2-400 en démantèlement

2 Les boues des silos 10 à 15 et du silo 17 de l’atelier STE2 font l’objet d’un projet de reprise et de conditionnement en cours de développement sur le site de La Hague

3 Décision n°2014-DC-0472 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 9 décembre 2014 relative à la reprise et au conditionnement des déchets anciens dans les installations nucléaires de base n°33 (UP2-400), n°38 (STE2), n°47 (ELAN IIB), n°80 (HAO), n°116 (UP3-A), n°117 (UP2-800) et n°118 (STE3), exploitées par Areva NC dans l’établissement de La Hague (département de la Manche)

Publié le 6 mars 2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Degradation-du-confinement-d-un-silo-renfermant-des-boues

NUCLÉAIRE: LA BOMBE ATOMIQUE DE L’IRAN BIENTÔT PRÊTE !

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a présenté le 3 mars un rapport alarmant sur les activités nucléaires de l’Iran. Le rapport évoque que l’Iran a cessé de permettre à l’AIEA l’accès aux dossiers sensibles liés à ses activités nucléaires suspectes !…

Téhéran a déclaré ne pas être « obligé » d’accorder aux inspecteurs de l’AIEA l’accès à ses trois sites nucléaires. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé que « le stock d’uranium enrichi de l’Iran avait dépassé de cinq fois la limite autorisée par l’accord sur le nucléaire iranien » !…

Selon l’AIEA, l’Iran a augmenté en novembre ses réserves d’uranium de 372 kg à 2021 kg. L’accélération du processus d’enrichissement de l’uranium qui a dépassé les attentes des experts, devrait conduire les États-Unis (et Israël) à entrevoir une action militaire pour endiguer les activités nucléaires de l’Iran !…

L’Iran pourrait maintenant accéder au niveau nécessaire pour construire une bombe nucléaire d’ici le mois d’avril de cette année !…

Les États-Unis et Israël sont sûrs et certains que l’industrie iranienne est capable de produire des ogives nucléaires en l’espace de deux mois !…

Dans cette conjoncture d’escalade, les États-Unis devraient accroître leurs pressions sur les Européens pour les forcer à porter l’affaire devant le Conseil de sécurité et à reprendre les sanctions militaires immédiates contre l’Iran !…

Par Abderrazzak Boussaid/Le7tv, publié le 6 mars 2020

https://fr.le7tv.ma/2020/03/06/nucleaire-la-bombe-atomique-de-liran-bientot-prete/

ARRÊT DU NUCLÉAIRE : LA COUR DES COMPTES FUSTIGE L’IMPRÉPARATION DE L’ÉTAT

La juridiction financière publie un rapport qui critique le manque d’anticipation de l’arrêt des centrales nucléaires, dont celle de Fessenheim.

Le 3 janvier 1946, le général de Gaulle crée le commissariat général du Plan. À la sortie de la guerre, cette instance a pour objectif d’élaborer un plan pour « la modernisation et l’équipement économique de la métropole », en particulier dans les secteurs du charbon et de l’électricité. Le commissariat cesse d’exister en 2006, la planification de l’économie n’est plus en odeur de sainteté depuis pas mal de temps, et pourtant, à EDF, on le regrette. La production d’électricité par l’atome ne souffre pas d’à-peu-près. Une vision à long terme est nécessaire, particulièrement en matière de nucléaire, pour lancer de grands projets mais aussi pour les arrêter. La Cour des comptes vient de le rappeler. Dans un copieux rapport, les sages de la rue Cambon étrillent le caractère improvisé de l’arrêt des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim. Ils s’inquiètent aussi de l’avenir, puisque le gouvernement a décidé de fermer quatorze réacteurs, les plus anciens du parc.

Les sages consacrent une bonne vingtaine de pages à la fermeture de la centrale alsacienne. Le titre du paragraphe concerné donne le ton : « Un processus chaotique et un coût pour l’État ». La décision, on s’en souvient, fut très politique. Candidate à la primaire de la gauche en 2011, la première secrétaire du PS, Martine Aubry, négocie un accord avec Cécile Duflot, son homologue écologiste. Les deux dames, qui surjouent devant les caméras leur bonne entente, topent pour fermer Fessenheim, entre autres mesures visant à réduire la part du nucléaire. François Hollande, qui bat Aubry lors du scrutin socialiste, est un peu obligé de respecter l’accord de sa rivale. Une fois élu à l’Élysée, il le réitère lors de la conférence environnementale, le 14 septembre 2012. Mais, entre la promesse et la réalité, il y a une marge. Ainsi que le rappelle le rapport, rien n’oblige, par exemple, EDF à arrêter ces deux réacteurs. L’autorité de sûreté nucléaire les juge d’ailleurs aptes au service, et ils rapportent beaucoup d’argent à l’électricien ainsi qu’aux actionnaires étrangers du site alsacien. EDF regimbe donc, assez naturellement. Qui doit donc décider de fermer ? Chacun se renvoie la balle. Les salariés sont un peu déboussolés. « Les multiples rebondissements, écrivent les magistrats, ont tout d’abord donné lieu à une communication désordonnée. »

Les magistrats pantois

Bien entendu, Jean-Bernard Lévy, le patron d’EDF, peut difficilement s’opposer à l’État, son actionnaire très majoritaire. Les deux parties finissent par s’accorder. Mais les magistrats regrettent les tergiversations du gouvernement. L’arrêt des deux réacteurs est d’abord lié à la mise en service de l’EPR de Flamanville, avant qu’Emmanuel Macron, en 2018, ne change son fusil d’épaule : il décide de dissocier les deux événements, parce que le chantier de l’EPR ne cesse de prendre du retard. Une illustration, écrivent les magistrats, de « la difficulté pour l’État de concilier son rôle d’actionnaire majoritaire d’une entreprise publique et de responsable de politique énergétique ».

L’indemnisation d’EDF pour la fermeture de son outil industriel laisse aussi les magistrats pantois. Le protocole signé entre les deux parties, écrivent-ils, fait peser « un risque financier pour l’État ». L’indemnisation comprend deux parties : l’une pour les dépenses anticipées liées à la fermeture, l’autre pour le manque à gagner. « Certaines dispositions de mises en œuvre (modalités de calcul, clauses de rendez-vous réguliers…) mériteraient d’être précisées par avenant afin de limiter ce risque », observe le rapport. EDF a, de plus, plutôt bien joué lors de ces négociations : l’entreprise a obtenu d’être indemnisée comme si la centrale de Fessenheim allait fonctionner jusqu’en 2041, soit durant soixante ans en tout, alors que l’entreprise « prévoit dès aujourd’hui certains arrêts de centrales à leur cinquième visite décennale (soit après cinquante ans de fonctionnement) ». En clair, observent les magistrats de la rue Cambon : EDF gagne dix ans de cash garanti. De plus, les calculs de l’indemnisation d’ici 2041 sont « incertains », disent les magistrats, car les prix de l’électricité fluctuent en permanence sur les marchés.

Voir à l’horizon 2050

La lecture de la partie consacrée à l’avenir du parc nucléaire donne elle aussi le sentiment d’une certaine improvisation. À part en 1997, lorsque Lionel Jospin décide de fermer Superphénix, un gouvernement n’avait jamais procédé à l’arrêt anticipé d’une installation nucléaire. À Fessenheim, il a donc fallu essuyer les plâtres. Au moins, cette expérience pourrait servir de banc d’essai pour les quatorze autres réacteurs dont l’arrêt est prévu par le gouvernement d’ici 2035. Là encore, pourtant, la Cour des comptes s’interroge. La décision d’Emmanuel Macron pourrait coûter beaucoup d’argent public. A priori, EDF ne devrait pas être indemnisée, parce que ces quatorze réacteurs promis à la casse figurent parmi les plus anciens du parc. Mais le précédent de Fessenheim inquiète les magistrats. « L’exemple de Fessenheim montre qu’EDF peut réclamer des indemnisations dans le cas où les fermetures de centrales n’interviendraient pas à la date que l’entreprise avait prévue, indépendamment de la durée d’amortissement effective des centrales », préviennent-ils. Les montants d’une éventuelle indemnisation, disent-ils, sont « potentiellement élevés ».

À la lumière du précédent alsacien, la Cour s’interroge aussi sur l’anticipation de l’avenir énergétique du pays. « L’expérience de la fermeture de la centrale de Fessenheim montre qu’une anticipation de la trajectoire de fermeture des réacteurs est nécessaire », écrivent les magistrats. Il s’agit d’anticiper les conséquences pour l’emploi local, pour le réseau de transport (qu’il faudra adapter), pour les déchets nucléaires (dont les flux varieront), mais aussi pour le mix énergétique : comment remplacer cette perte de production d’électricité, par exemple ? Les quatorze réacteurs condamnés à la fermeture ont une capacité de production à peine inférieure à l’ensemble des éoliennes installées aujourd’hui en France, si elles tournaient à plein régime en permanence… Or on ne remplace pas en quinze ans une telle capacité, sauf à prévoir dès aujourd’hui un plan de rechange. (NDLR : Nos gouvernants passés ou actuels étant tous pro-nucléaires, pour se justifier, il suffit de ne pas anticiper sérieusement la première fermeture, celle de Fessenheim, faire en sorte qu’elle ne se passe pas convenablement et qu’on prenne beaucoup de retard sur la production d’énergie renouvelables, pour pouvoir ensuite justifier un report des autres fermetures et la construction de nouveaux réacteurs nucléaires du type EPR. CQFD)

Le rapport demande donc un peu plus d’anticipation, et un peu moins de navigation à vue. Pour l’heure, le gouvernement réfléchit à dix, voire quinze ans. Il faut voir plus loin, demandent les magistrats de la rue Cambon. La ligne d’horizon pour dessiner l’avenir énergétique du pays devrait, selon eux, s’établir à 2050. (NDLR : de tels scénarios existent, celui de NégaWatt, ou de l’Ademe par exemple et bien d’autres, mais tous passent par l’arrêt progressif du nucléaire ce qui est, pour l’État et EDF et tous les inconditionnels du nucléaire, un crime de lèse-majesté). Le problème c’est que, d’ici là, il y aura au moins cinq élections présidentielles. Donc, peut-être, cinq nouvelles promesses électorales.

Par Michel Revol, publié le 05/03/2020 à 17h59, modifié le 06/03/2020 à 16h51

https://www.lepoint.fr/economie/arret-du-nucleaire-la-cour-des-comptes-fustige-l-impreparation-de-l-etat-05-03-2020-2365937_28.php

CRUAS-MEYSSE : OUVERTURE INADÉQUATE DU SYSTÈME DE SURVEILLANCE ATMOSPHÉRIQUE DE L’ENCEINTE DE CONFINEMENT DU RÉACTEUR 3

Le 4 mars 2020, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté relatif à l’ouverture inadéquate du système de surveillance atmosphérique de l’enceinte de confinement (ETY) du réacteur 3 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse.

Le circuit ETY assure la ventilation de l’atmosphère du bâtiment réacteur pour y permettre l’accès du personnel en toute sécurité. En fonctionnement normal du réacteur, les spécifications techniques d’exploitation prévoient que ces vannes d’isolement restent fermées pour éviter tout rejet radioactif accidentel hors du bâtiment réacteur. De plus, en cas d’augmentation anormale de la radioactivité dans ce bâtiment, les vannes d’isolement se ferment automatiquement pour contenir l’air contaminé dans l’enceinte de confinement.

Le 27 février 2020, alors que le réacteur 3 est en cours d’arrêt, les vannes d’isolement du circuit ETY sont ouvertes par un opérateur alors que les spécifications techniques d’exploitation ne le permettent pas encore compte-tenu de l’état du réacteur.

En l’absence d’incident nécessitant la fermeture du système ETY, cet événement n’a pas eu de conséquence directe sur les installations, le personnel ou l’environnement.

Toutefois, compte tenu du non-respect des spécifications techniques d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires INES.

Publié le 06/03/2020

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Ouverture-inadequate-du-systeme-de-surveillance-atmospherique-de-l-enceinte-de-confinement

LA CHINE NE PARTICIPERA PAS AUX SOI-DISANT NÉGOCIATIONS CHINE-ÉTATS-UNIS-RUSSIE SUR LE CONTRÔLE DES ARMEMENTS

La Chine n’a pas l’intention de participer aux soi-disant négociations trilatérales Chine-États-Unis-Russie sur le contrôle des armements, a déclaré vendredi Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

La Chine est prête à continuer de travailler avec toutes les parties pour renforcer la communication et la coordination dans le cadre des mécanismes multilatéraux existants, a annoncé M. Zhao lors d’un point de presse.

Il s’est ainsi exprimé en réponse à la déclaration des États-Unis à l’occasion du 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) selon laquelle on proposerait une nouvelle initiative trilatérale audacieuse de contrôle des armements avec la Russie et la Chine afin d’aider à éviter une course aux armements coûteuse et de travailler ensemble pour construire un avenir meilleur, plus sûr et plus prospère pour tous.

Selon lui, la Chine a réitéré à plusieurs reprises qu’elle n’a pas l’intention de se joindre aux soi-disant négociations trilatérales Chine-États-Unis-Russie sur le contrôle des armements, et sa position sur cette question est très claire.

En ce qui concerne la question du désarmement nucléaire, il est impératif que les États-Unis répondent à l’appel de la Russie en faveur de la prolongation du nouveau Traité de réduction des armements stratégiques et réduisent davantage leur énorme arsenal nucléaire, ce qui créera les conditions pour d’autres États dotés d’armes nucléaires de rejoindre les négociations multilatérales sur le désarmement nucléaire.

La Chine a toujours mené une politique de défense nationale qui est de nature défensive. L’énergie nucléaire de la Chine a toujours été maintenue au niveau le plus bas nécessaire à la sécurité nationale, ce qui n’est pas du même ordre de grandeur que les énormes arsenaux nucléaires des États-Unis et de la Russie, a indiqué le porte-parole.

« La Chine est engagée sur la voie du développement pacifique et n’a participé et ne participera à aucune forme de course aux armements« , a-t-il ajouté.

« Ne pas participer aux négociations trilatérales ne signifie pas que la Chine ne participera pas aux efforts internationaux en matière de désarmement nucléaire« , a souligné M. Zhao, ajoutant que la Chine était prête à travailler avec toutes les parties pour renforcer la communication et la coordination dans le cadre des mécanismes multilatéraux existants, y compris celui qui existe entre les cinq puissances nucléaires et à discuter d’un large éventail de questions concernant la stabilité stratégique mondiale.

La Chine a toujours été ouverte aux dialogues bilatéraux dans le domaine de la sécurité stratégique entre la Chine et les États-Unis, et a estimé que de tels dialogues sont propices au renforcement de la confiance et à la clarification des malentendus ainsi qu’à la promotion du développement sain et stable des relations bilatérales, a noté M. Zhao.

« On espère que la partie américaine cessera ses paroles et ses actes erronés qui nuisent aux intérêts de la Chine et créera les conditions pour un dialogue constructif entre les deux pays« , a-t-il indiqué.

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Source: Agence de presse Xinhua

Par French.china.org.cn, mis à jour le 06-03-2020 à 23h03

http://french.china.org.cn/china/txt/2020-03/06/content_75783524.htm

LE REFUS D’ACCORDER À L’AIEA L’ACCÈS À DES SITES SUSPECTS EST UN ACTE DE TROMPERIE POUR ACQUÉRIR LA BOMBE ATOMIQUE

Il faut rétablir six résolutions du Conseil de sécurité, fermer les sites d’enrichissement et nucléaires, autoriser les inspections à tout moment et en tout lieu.

Le fascisme religieux au pouvoir en Iran a de nouveau refusé l’accès aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour inspecter deux sites soupçonnés d’avoir abrité des activités nucléaires. Ce refus montre une fois de plus que le régime continuera à tromper la communauté internationale dans le but d’obtenir des armes nucléaires.

Behrouz Kamalvandi, directeur adjoint de l’Organisation de l’énergie atomique du régime iranien, a déclaré : « La demande de l’AIEA n’a aucun fondement juridique ni de principe. » Kazem Gharib-Abadi, l’ambassadeur du régime iranien auprès des organisations internationales à Vienne, a écrit : « L’AIEA n’a pas donné de justifications légales et crédibles » pour sa demande, ajoutant : « L’AIEA n’est pas autorisée à faire une telle demande, et la République islamique n’est pas obligée de le faire (l’accepter). »

Un récent rapport de l’AIEA met en garde contre les graves conséquences d’une violation de l’accord nucléaire, de l’absence de réponse aux questions de l’AIEA sur les activités antérieures dans trois sites, et du refus d’accès aux sites soupçonnés d’activités nucléaires. Il appelle le régime iranien à coopérer pleinement et entièrement avec l’AIEA conformément aux accords et au protocole additionnel.

Par la suite, Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a déclaré dans une interview à Reuters : « Nous avons demandé des informations et un accès à l’Iran, mais nous n’avons pas obtenu les informations dont nous avions besoin (…) Nous avons insisté et malgré tous nos efforts, nous n’avons pas pu les obtenir. La situation exige donc de ma part une telle démarche car cela signifie que l’Iran réduit la capacité de l’agence à faire son travail. »

Le refus du régime de coopérer avec l’AIEA – une violation flagrante de l’accord nucléaire – est une autre raison pour laquelle le régime iranien, bien qu’il bénéficie des avantages de l’accord nucléaire, n’a jamais renoncé à dissimuler la poursuite de son programme d’armement nucléaire. Le manque de transparence sur les éventuelles dimensions militaires de ses programmes, le maintien en activité du centre de son programme d’armes nucléaires (l’Organisation de l’innovation et de la recherche défensive – SPND) et de son site secret d’essais (Centre de recherche et d’expansion des technologies sur les explosions et les impacts – METFAZ), ainsi que le refus de répondre aux questions de l’agence concernant les traces d’uranium enrichi et aux questions de l’AIEA sur les traces d’uranium hautement enrichi, et le refus d’interroger les principaux experts et responsables impliqués dans son programme nucléaire font partie de ces activités. Ces actes constituent non seulement une violation de l’accord nucléaire de juillet 2015, mais aussi une violation flagrante du traité de non-prolifération nucléaire.

Immédiatement après la signature de l’accord nucléaire (JCPOA), Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), avait réaffirmé que le contournement de six résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU n’empêcherait pas les tromperies des mollahs et ne bloquerait pas la voie vers la bombe atomique. Aujourd’hui, la seule façon de bloquer les activités nucléaires du régime est de rétablir ces résolutions, de mettre fin au programme d’enrichissement du régime, de fermer ses sites nucléaires et de mener des inspections à tout moment et en tout lieu.

Par le Secrétariat du Conseil national de la Résistance iranienne le 5 mars 2020

Publié le 6 mars 2020, dernière mise à jour 11h56:

https://www.ncr-iran.org/fr/communiques-cnri/nucleaire/22347-le-refus-d-accorder-a-l-aiea-l-acces-a-des-sites-suspects-est-un-acte-de-tromperie-pour-acquerir-la-bombe-atomique

WASHINGTON ENVISAGERAIT LE CONFLIT NUCLÉAIRE COMME OPTION POLITIQUE, SELON MOSCOU

Cherchant à doter ses forces nucléaires de capacités nouvelles, Washington semble envisager le conflit nucléaire comme option politique, selon la porte–parole de la diplomatie russe.

En modernisant leurs forces nucléaires, les États-Unis considèrent apparemment le conflit nucléaire comme option politique, estime la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.

«Washington non seulement modernise ses forces nucléaires mais cherche aussi à leur conférer de nouvelles capacités, ce qui augmente sensiblement la probabilité de leur utilisation», a-t-elle indiqué lors d’un point de presse.

La diplomate a signalé qu’il était préoccupant que les États-Unis visaient à étendre la gamme d’armes de faible puissance dans leur arsenal, notamment le développement et le déploiement de telles munitions pour des vecteurs stratégiques.

Le potentiel nucléaire modernisé à des fins de conflit?

«Cela conduit de façon évidente à abaisser le seuil d’utilisation des armes nucléaires. L’impression se crée que Washington a décidé d’envisager délibérément le conflit nucléaire en tant qu’option politique réelle et qu’il crée à cette fin des capacités appropriées», a constaté la porte-parole.

Selon elle, les États-Unis invoquent traditionnellement des menaces extérieures, telles que la Russie et la Chine, pour légitimer leurs actions.

Publié le 6 mars 2020 à 12h56

Photo en titre:  la  ministre russe des Affaires étrangères Maria Zakharova.© Sputnik . Vitaly Belousov

https://fr.sputniknews.com/russie/202003061043201081-washington-envisagerait-le-conflit-nucleaire-comme-option-politique-selon-moscou/

L’ALERTE DE LA COUR DES COMPTES SUR LES COÛTS DU DÉMANTÈLEMENT DES CENTRALES NUCLÉAIRES

Un long processus d’arrêt des réacteurs construits dans les années 1980 et 1990 s’étalera sur plus d’un siècle.

Avec l’arrêt du premier réacteur de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), samedi 22 février, la France est entrée dans une nouvelle phase de son histoire avec l’atome civil : le début d’un long processus d’arrêt des réacteurs construits dans les années 1980 et 1990, qui conduira au démantèlement de ces installations.

Dans un rapport rédigé à la demande de la commission des finances du Sénat et publié mercredi 4 mars, la Cour des comptes juge sévèrement le calendrier et les coûts envisagés par EDF, Orano (ex-Areva) et le CEA pour assurer la fin de ses centrales. Elle appelle également l’État à anticiper sérieusement les fermetures de réacteurs à venir et à mieux planifier sa politique énergétique en la matière.

Démantèlement : des coûts mal évalués. Les magistrats rappellent que la France a fait le choix du principe d’un démantèlement « immédiat », qui est inscrit dans la loi depuis 2015 et prévoit que les opérations doivent débuter « dans un délai aussi court que possible – dans des conditions économiquement acceptables ». Mais la Cour remarque que l’État n’est pas suffisamment bien organisé pour évaluer les arbitrages proposés par les exploitants.

Surtout, les magistrats appellent, dans leur rapport, à une plus grande prudence dans l’évaluation des coûts. La projection actuelle des charges de démantèlement s’élève à 46,4 milliards d’euros, avec un calendrier qui s’étale sur plus d’un siècle. « La prudence des évaluations actuelles mériterait d’être encore renforcée », euphémise la Cour des comptes. Elle note que « EDF et Orano excluent aujourd’hui de leur évaluation certaines dépenses », notamment certaines charges liées à la fin de l’exploitation des réacteurs et une part de la fiscalité.

Le rapport évoque une insuffisance dans la mobilisation des pouvoirs publics sur le sujet

L’énergéticien explique de longue date que les coûts de démantèlement du parc devraient être limités grâce à sa standardisation (les réacteurs actuels sont tous construits sur un même modèle). Mais la Cour demande à l’électricien de « davantage justifier » les « gains escomptés » à ce sujet. Au niveau global, l’étude estime que les provisions pour le démantèlement devraient croître de 7 milliards d’euros pour EDF, et de 1 milliard pour Orano.

Autre motif d’inquiétude : l’échéancier des opérations. « Le provisionnement des charges futures ne repose pas toujours sur les calendriers les plus réalistes », soulignent les magistrats. Le rapport évoque une insuffisance dans la mobilisation des pouvoirs publics sur le sujet. Un exemple parmi d’autres : la commission chargée d’évaluer le coût du démantèlement a remis un rapport en 2012… et ne s’est plus jamais réunie depuis, estimant qu’elle ne pouvait remplir correctement ses missions.

Fessenheim : une indemnisation trop coûteuse.

Dans son rapport, la Cour revient longuement sur les conditions d’indemnisation d’EDF pour la fermeture de la centrale de Fessenheim. Elle dénonce notamment un « processus de décision chaotique » de l’annonce de cette fermeture par le président François Hollande, en 2012, à l’arrêt du premier réacteur, le 22 février 2020. Pendant toutes ces années, « les annonces de l’État et la communication de l’entreprise ont entretenu une confusion importante sur leurs responsabilités respectives », assurent les magistrats.

Le protocole, qui prévoit deux postes d’indemnisation – une indemnité pour le surcoût lié aux dépenses occasionnées par le démantèlement de la centrale et une indemnité pour « bénéfice manqué » – est jugé par la Cour des comptes « favorable à l’entreprise » et faisant « peser un risque financier » pour l’État, qui n’a pas su faire valoir ses intérêts.

Parmi les clauses favorables au groupe public, le rapport s’interroge notamment sur la durée d’indemnisation retenue, qui s’étend jusqu’en 2041, soit jusqu’à la sixième visite décennale de la centrale, alors qu’EDF prévoit dès aujourd’hui de fermer des centrales âgées de 50 ans et que la loi prévoit une baisse de la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2035. « La part de l’indemnisation reposant sur l’hypothèse que la centrale aurait été maintenue en fonctionnement au-delà de sa cinquième visite décennale en 2031 apparaît ainsi difficilement justifiable », selon la Cour des comptes. Des dispositions du protocole sont « imprécises ou manquantes, ce qui engendre un risque substantiel d’interprétations divergentes entre l’État et l’entreprise », écrivent-ils aussi.

Concernant le montant de l’indemnité pour les dépenses liées à la fermeture, la Cour des comptes évalue aujourd’hui son montant à 370 millions d’euros, mais alerte sur le fait qu’un paiement effectué en 2024, plutôt que dès cette année, engendrerait mécaniquement un surcoût de 73 millions. Elle recommande donc à l’État un versement « le plus rapide possible ».

À propos du montant de l’indemnisation pour les « bénéfices manqués », une « incertitude importante » demeure en raison de la difficulté à anticiper les futurs prix de l’électricité et le mode de régulation du nucléaire.

Interrogations sur les démantèlements en cours.

Outre le parc nucléaire en activité, la France compte de nombreuses autres installations nucléaires – réacteurs à l’arrêt, technologies abandonnées ou usines en fin de vie. Trente-six d’entre elles sont en cours de démantèlement et trente-trois l’ont déjà été complètement. Mais ces installations sont très différentes du parc actuel et le retour d’expérience possible est très limité, note la Cour des comptes. Les magistrats observent que ces démantèlements « connaissent d’importantes dérives de coûts prévisionnels ». « Entre 2013 et 2018, les devis correspondants ont été quasiment doublés pour EDF (+ 4,5 milliards d’euros), et ont augmenté de plus de 25 % pour le CEA (+3,2 milliards) comme pour Orano (+ 1 milliard) », s’inquiète la Cour. Elle souligne enfin que les délais s’allongent de manière significative. C’est notamment le cas des six réacteurs graphite gaz : la fin du démantèlement est reportée au début du XXIIsiècle.

Par Nabil Wakim et Perrine Mouterde, publié le 5 mars 2020 à 18h01, mis à jour à 18h34

Photo en titre : Vue aérienne de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le 21 février. SEBASTIEN BOZON / AFP

À retrouver sur le site: https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/04/nucleaire-l-alerte-de-la-cour-des-comptes-sur-les-couts-du-demantelement_6031839_3234.html  du journal le Monde que nous vous invitons à consulter régulièrement.

BELGIQUE : LA COUR CONSTITUTIONNELLE ANNULE LA LOI DE PROLONGATION DES CENTRALES NUCLÉAIRES DE DOEL 1 ET 2

La Cour constitutionnelle a annulé ce jeudi la loi de prolongation des centrales nucléaires de Doel 1 et 2. Elle en a toutefois maintenu les effets jusqu’au 31 décembre 2022. D’ici là, une étude d’incidences environnementales incluant la participation du public et une consultation transfrontalière devra être menée. 

Adoptée en juin 2015, cette loi a fait l’objet d’une vive controverse politique au début de la législature passée. Elle modifie la loi de 2003 qui prévoit la sortie de la Belgique de l’énergie nucléaire en 2025 afin de préserver la sécurité d’approvisionnement énergétique de la Belgique. Elle prolonge pour ce faire de dix ans l’activité des deux centrales -les plus anciennes du royaume- au-delà de 2015, année au cours de laquelle elles devaient être mises à l’arrêt.

Les Asbl Inter-Environnement Wallonie et Bond Beter Leefmilieu ont introduit un recours en annulation de cette loi en invoquant l’absence d’étude d’incidences. Avant de rendre son arrêt, la Cour constitutionnelle a interrogé la Cour de justice européenne. Selon la juridiction de Luxembourg, la prolongation des centrales est une opération d’une ampleur comparable à leur mise en service. Elle devait donc être soumise à une évaluation des incidences, ce que le gouvernement sortant n’a pas fait.

« Le temps strictement nécessaire pour remédier à l’illégalité« 

Lorsqu’elle a approuvé la loi, la Chambre s’est limitée à exprimer un vote sur la prolongation des centrales mais pas sur les travaux de modernisation de celles-ci. Or, les deux ne peuvent être dissociés, estime la Cour qui, à l’instar de la justice européenne, estime qu’il fallait mener une étude d’incidences et annule donc l’intégralité de la loi. Les effets sont toutefois maintenus jusqu’à la fin 2022, soit « le temps strictement nécessaire pour remédier à l’illégalité« .

« Afin d’écarter cette menace réelle et grave de rupture de l’approvisionnement en électricité du pays, à laquelle il ne peut être fait face par d’autres moyens et alternatives, notamment dans le cadre du marché intérieur, et afin de permettre au législateur de conduire à son terme une procédure législative, dans le respect des exigences d’études environnementales préalables requises, il y a lieu de maintenir les effets des dispositions annulées« , dit la Cour.

Par RTBF avec Agences, publié le jeudi 05 mars 2020 à 15h31

Photo en titre : La Cour constitutionnelle annule la loi de prolongation des centrales nucléaires de Doel 1 et 2 – © RICARDO SMIT – BELGA

https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-cour-constitutionnelle-annule-la-loi-de-prolongation-des-centrales-nucleaires-de-doel-1-et-2?id=10448754#

LA FRANCE AFFAIBLIT LE TRAITÉ DE NON-PROLIFÉRATION (TNP)

Ce 5 mars 2020, marque le 50ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité de non-prolifération nucléaire. La conférence d’examen quinquennale du Traité de non-prolifération (TNP) commencera dans moins de deux mois (27 avril-22 mai) et tout montre que la France, comme les autres États nucléaires, renonce à prendre des mesures pour mettre en œuvre le désarmement nucléaire et rend ainsi plus vulnérable la sécurité collective mondiale.

Le TNP repose sur trois piliers (désarmement nucléaire, non-prolifération nucléaire et utilisation pacifique de l’énergie nucléaire) dont l’équilibre est aujourd’hui largement menacé par l’absence de respect des obligations de désarmement contenues dans le traité, comme les mesures adoptées dans les plans d’action des conférences d’examen de 1995, 2000 (12 étapes) et de 2010 (22 mesures)

Ce « rempart irremplaçable », comme le qualifie la diplomatie française (M. Nicolas de Rivière, Conseil de sécurité, 26 février 2020), est fragilisé par ceux-là mêmes qui prétendent le protéger…

En effet, alors que 2020 marque aussi le 25ème anniversaire de la prolongation illimitée du TNP, Patrice Bouveret observe que « les puissances qui détiennent des armes nucléaires modernisent toutes et conservent une politique de dissuasion comme pilier central de leur politique de défense ». La France ne cesse ainsi d’augmenter son budget annuel consacré à ses forces de dissuasion (4,45 Mds € en 2020 pour parvenir à 6 Mds en 2023) pour renouveler les deux composantes nucléaires.

Outre le non-respect des obligations de l’article 6 du TNP, le discours sur la dissuasion du Président Macron (7 février) est pour Jean-Marie Collin un « appel très clair à rompre avec l’esprit de ce texte comme à alimenter la course aux armements ». En effet en proposant aux « partenaires européens » de s’associer aux exercices français de simulation de frappe nucléaire, la France engage des États à accepter de préparer une catastrophe humanitaire et ne peut créer chez d’autres acteurs internationaux que de la défiance.

La Campagne ICAN France regrette cette remise en cause directe du principal régime de non-prolifération nucléaire, dont l’affaiblissement ne peut que provoquer une plus grande instabilité mondiale. Une action poursuivie également par la France en ne cessant de dénoncer le Traité d’interdiction des armes nucléaires (TIAN) adopté à l’ONU par 122 États le 7 juillet 2017, véritable instrument juridique de la mise en œuvre du pilier sur le désarmement du TNP…

Il ne tient qu’à la France de corriger son positionnement en cette année du 75ème anniversaire des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki et de rendre ainsi véritablement hommage à toutes les victimes des armes nucléaires.

Publié le 5 mars 2020

http://icanfrance.org/france-affaiblit-traite-non-proliferation/

LE CAN84 INTERPELLE LES CANDIDAT-ES AUX ÉLECTIONS MUNICIPALES