Avr 21

ARMES NUCLÉAIRES: L’INSPECTEUR GÉNÉRAL DE LA BUNDESWEHR VEUT UN NOUVEAU TRAITÉ AVEC MOSCOU

Après la sortie de Moscou et Washington du traité FNI signé en 1987, un nouvel accord doit être conclu en la matière, estime l’inspecteur général des forces armées allemandes.

Il est nécessaire de signer un nouveau traité sur les armements nucléaires afin de remplacer le traité FNI abandonné par les États-Unis et la Russie, estime l’inspecteur général de la Bundeswehr Eberhard Zorn.

Dans un entretien accordé aux médias allemands, le général a souligné que la suspension du traité FNI constituait un changement troublant dans la politique sécuritaire internationale:

«Vu que ce traité n’est plus appliqué, je suis préoccupé par la gestion des missiles de portée intermédiaire. À mon avis, il est nécessaire d’œuvrer sur un nouveau régime de contrôle des armements», a déclaré M.Zorn.

Selon lui, la Russie, les États-Unis et la Chine doivent participer à cette concertation qui revêt une importance essentielle pour la sécurité de l’Allemagne et de l’ensemble du continent européen.

En mars, Vladimir Poutine a signé un décret qui suspendait l’application par la Russie du traité FNI avec effet immédiat, en réaction à la sortie de Washington de l’accord signé en 1987 par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev.

En vertu du traité en question, Moscou et Washington s’engageaient à supprimer leurs missiles basés au sol d’une portée comprise entre 500 et 5.500 kilomètres. Le document n’imposait cependant aucune restriction sur d’autres acteurs militaires majeurs, dont la Chine.

Publié le 21.04.2019 à 12h45, mis à jour 12h53

https://fr.sputniknews.com/international/201904211040829913-armes-nucléaires-traite-russie-usa-europe/

Avr 21

FUKUSHIMA : LE JAPON COMMENCE À EXTRAIRE LE COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE D’UN RÉACTEUR ENDOMMAGÉ

L’exploitant de la centrale nucléaire japonaise de Fukushima a commencé à retirer le combustible nucléaire de l’un des réacteurs qui ont fondu après le séisme et le tsunami dévastateurs de 2011.

Une opération risquée

Un équipement télécommandé essaie actuellement de retirer des barres de combustible d’une piscine de stockage à l’intérieur du réacteur numéro trois.

Les travaux délicats sur le site contaminé devraient durer deux ans.

La prochaine phase de l’énorme nettoyage dans le réacteur 3 consistera à éliminer le combustible nucléaire en fusion qui reste profondément enfoui.

Une porte-parole de la Tokyo Electric Power Company (Tepco) a déclaré que l’opération de retrait du combustible avait été retardée par des débris sismiques à l’intérieur du bâtiment, ainsi que par d’autres problèmes techniques.

Les bâtiments du réacteur de la centrale de Fukushima Daiichi ont été endommagés par des explosions d’hydrogène causées par le séisme et le tsunami. Trois réacteurs ont fondu.

Plus de 500 bouteilles radioactives doivent être placées dans des fûts, qui sont ensuite remontés à la surface du compartiment inondé et transportés par camion vers une autre piscine d’eau pour le stockage.

Des gaz radioactifs peuvent être libérés si les bouteilles se brisent ou sont exposées à l’air.

Publié le19 avril 2019 à 21h49

https://www.affairesinternationales.fr/2019/04/19/fukushima-le-japon-commence-a-extraire-le-combustible-nucleaire-dun-reacteur-endommage/

Avr 20

CENTRALE NUCLÉAIRE DU BLAYAIS : INDISPONIBILITÉ PENDANT HUIT HEURES D’UN TABLEAU ÉLECTRIQUE ALIMENTANT DES MATÉRIELS NÉCESSAIRES À LA SÛRETÉ DU RÉACTEUR

Le 4 avril 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire du Blayais a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la perte de protections d’un tableau électrique alimentant des matériels nécessaires à la sûreté du réacteur, pendant huit heures.

Sur les réacteurs exploités par EDF, les systèmes dits « de sauvegarde » sont utilisés en cas d’incident ou d’accident pour refroidir le cœur du réacteur. Ces systèmes de sauvegarde sont alimentés, via des tableaux électriques, par le réseau électrique national lorsque le réacteur est à l’arrêt et peuvent être secourus, si besoin, par l’un des groupes électrogènes de secours installés sur la centrale nucléaire. Les tableaux électriques disposent de dispositifs de protection tels que des disjoncteurs ou des relais électromagnétiques, afin d’éviter qu’un court-circuit ne les endommage.

Le 4 avril 2019, le réacteur 2 de la centrale nucléaire du Blayais était à l’arrêt pour maintenance et renouvellement du combustible. L’exploitant pouvait entreprendre des travaux de maintenance sur les équipements électriques sous réserve de prendre des précautions particulières. L’exploitant a préparé une activité de maintenance sur un équipement sans identifier que cette activité allait conduire à désactiver temporairement certaines protections d’un tableau électrique.

L’exploitant a détecté l’erreur à l’issue de l’intervention de maintenance, après 8 heures d’indisponibilité du tableau. Il a immédiatement rétabli les protections du tableau électrique.

Durant l’intervention, le tableau électrique n’était pas en mesure d’assurer pleinement sa fonction car, bien qu’il puisse alimenter effectivement des matériels de sauvegarde, il n’était pas complètement protégé contre les courts-circuits. Les matériels de sauvegarde alimentés par ce tableau électrique ont néanmoins toujours été alimentés par trois autres tableaux qui sont restés pleinement opérationnels.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, l’événement a affecté la fonction de sûreté liée aux fonctions support du réacteur.

En raison du non-respect d’une règle permanente d’exploitation, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 19/04/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Indisponibilite-pendant-huit-heures-d-un-tableau-electrique

Avr 20

LES USA AURAIENT REFUSÉ DE CONFIRMER L’ACCORD SUR L’INADMISSIBILITÉ D’UNE GUERRE NUCLÉAIRE

Le quotidien Kommersant rapporte que Moscou a proposé à Washington d’adopter une déclaration conjointe sur l’inadmissibilité d’une guerre nucléaire et sur le renforcement de la stabilité stratégique. La réponse tarde toujours.

Un projet de déclaration commune remis aux autorités américaines par la Russie en octobre 2018 proposait de fixer qu’il ne pouvait y avoir de vainqueurs dans une guerre nucléaire et qu’elle ne devait jamais être déclenchée, écrit le quotidien Kommersant. De telles déclarations avaient été adoptées pendant la guerre froide à l’époque de Leonid Brejnev. Les États-Unis n’ont toujours pas répondu à la nouvelle initiative de la Russie, indique le journal.

Dans le projet russe de déclaration conjointe de Vladimir Poutine et Donald Trump, il était suggéré de fixer l’intention des deux pays d’agir de manière à éviter une confrontation militaire et d’exclure la possibilité du déclenchement d’une guerre nucléaire, de prendre les mesures nécessaires afin de prévenir un usage accidentel ou non autorisé de l’arme nucléaire.

«Il ne peut y avoir de vainqueurs dans une guerre nucléaire et elle ne doit jamais être déclenchée», soulignait ce texte.

Le projet de déclaration conjointe a été remis à Washington en octobre 2018. Rappelons que le conseiller du Président américain à la sécurité nationale John Bolton s’était rendu du 21 au 23 octobre à Moscou pour expliquer aux autorités russes la décision de Donald Trump de se retirer du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI).

Avant cela, les autorités américaines avaient rendu publique la nouvelle Revue de la politique nucléaire (Nuclear Posture Review) indiquant que, selon Washington, l’époque de la rivalité nucléaire entre les superpuissances était de retour. Pour faire face à leurs adversaires — la Russie et la Chine — les USA avaient décidé de financer la modernisation d’anciens armements (y compris les missiles de croisière mer-sol Tomahawk dotés d’ogives nucléaires) et la création de nouvelles armes (notamment l’ogive nucléaire de puissance réduite pour les missiles mer-sol Trident D5).

En 2018, la Russie a également annoncé l’adoption de mesures pour renforcer son potentiel militaire, notamment dans le secteur stratégique. Toutefois, le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov avait averti que c’étaient les États-Unis qui réduisaient le seuil d’utilisation de l’arme nucléaire, et s’était prononcé pour la réaffirmation des documents adoptés pendant la guerre froide sur l’inadmissibilité d’une guerre nucléaire.

«Depuis l’époque soviétique, nous avons signé avec les Américains deux déclarations sérieuses constatant que la guerre nucléaire ne pouvait être remportée par personne, c’est pourquoi elle ne devait pas avoir lieu. Il serait utile de confirmer cette thèse dans les conditions actuelles», avait-il déclaré peu avant la visite de John Bolton.

Le quotidien Kommersant a découvert qu’il ne s’agissait pas d’une idée abstraite: le projet d’une telle déclaration était déjà prêt à Moscou.

En évoquant les déclarations de l’époque soviétique, Sergueï Lavrov faisait manifestement allusion aux accords à durée indéterminée sur les mesures visant à réduire le risque d’une guerre nucléaire entre l’URSS et les USA (1971) et sur la prévention d’une guerre nucléaire (1973).

Le premier accord constatait qu’une guerre nucléaire aurait des «conséquence dévastatrices» pour toute l’humanité, c’est pourquoi les parties s’étaient engagées à tout faire pour empêcher le risque d’une telle guerre, notamment à prendre des mesures visant à prévenir un usage accidentel ou non autorisé de l’arme nucléaire.

Dans le second accord signé pendant la visite de Leonid Brejnev aux USA, Moscou et Washington étaient convenus de «faire en sorte de prévenir les situations susceptibles de provoquer une aggravation dangereuse des relations, d’éviter les confrontations militaires et d’exclure le déclenchement d’une guerre nucléaire entre eux et de chacune des parties avec d’autres pays». En 1985, à l’issue d’une réunion à Genève, les dirigeants de l’Union soviétique et des États-Unis, Mikhaïl Gorbatchev et Ronald Reagan, ont adopté une déclaration stipulant qu’une «guerre nucléaire [était] inadmissible» parce qu’«il ne [pouvait] y avoir de vainqueurs».

«Cette déclaration a été un signal pour cesser la course aux armements nucléaires, initier des négociations constructives sur le contrôle des armements et détendre la tension internationale. La situation actuelle dans le monde est bien plus compliquée que dans les années 1980, et le risque d’un conflit nucléaire est de plus en plus évident. Les mécanismes de dissuasion nucléaire créés pendant la guerre froide sont pratiquement perdus. Si aucune mesure urgente n’était prise, le monde pourrait connaître le sort tragique de Notre-Dame», a déclaré Igor Ivanov, président du Conseil russe pour les affaires internationales, ex-ministre russe des Affaires étrangères (1998-2004).

D’après lui, «en tant que principales puissances nucléaires, la Russie et les USA assument une responsabilité particulière pour le maintien de la paix, et c’est eux qui doivent initier le processus de rétablissement de la contrôlabilité des relations internationales».

Des déclarations similaires ont également été faites hier par d’anciens hauts responsables américains. Le secrétaire d’État George Shultz (1982-1989), le secrétaire à la Défense William Perry (1994-1997) et le sénateur Sam Nunn (1972-1997) ont coécrit un article dans le quotidien Wall Street Journal, soulignant que dans les relations entre les USA et la Russie «était apparue une paralysie dangereuse qui, suite à une erreur ou un mauvais calcul, pourrait entraîner un conflit militaire et un éventuel usage de l’arme nucléaire».

Ils ont suggéré entre autres à Vladimir Poutine et à Donald Trump de «faire une déclaration conjointe réaffirmant qu’il ne peut y avoir de vainqueur dans une guerre nucléaire et qu’une telle guerre ne doit jamais être déclenchée».

La Maison-Blanche ignore pour l’instant ce conseil. La porte-parole de l’ambassade américaine en Russie Andrea Kalan, à la demande du quotidien de commenter l’absence d’une réaction de la part de Washington, a déclaré:

«Les USA restent attachés au contrôle efficace des armements, qui contribue à la sécurité des États-Unis, de leurs alliés et partenaires; est soumis à la vérification et à l’application; inclut les partenaires qui remplissent avec responsabilité leurs engagements.»

«Nous sommes prêts à participer à des négociations avec la Russie sur le contrôle des armements qui correspondraient à ces critères», a-t-elle ajouté, avant de citer en exemple les consultations bilatérales sur le traité de réduction des armes stratégiques (START 3) qui se sont déroulées à Genève du 3 au 12 avril.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Traduction de la presse russe (20 avril 2019)

Publié le 19.04.2019 à 21h01, mis à jour le 19.04.2019 22h15

https://fr.sputniknews.com/presse/201904191040815732-guerre-nucleaire-traite-russie-usa/

Avr 20

POURQUOI LE GOUVERNEMENT VEUT SCINDER EDF

Le gouvernement envisagerait de nationaliser le très coûteux secteur nucléaire et de le séparer des autres activités de l’électricien, en perte de vitesse

Après la programmation de l’énergie pour les cinq prochaines années, l’État s’attelle à un deuxième chantier d’ampleur dans le domaine de l’électricité : la réforme du mastodonte EDF. Pressentie depuis des mois, une scission du groupe en deux entités serait sur la table des négociations. Ces projets, révélés par Le Parisien, n’ont pas tardé à raviver toutes les interrogations et tensions autour de ce dossier. En effet, un tel démantèlement de l’entreprise, dénoncé par les syndicats, impacterait tout l’équilibre du secteur.

Le problème majeur d’EDF, c’est son endettement : ce dernier s’élevait à 33,4 milliards d’euros en 2018. Certains craignent qu’il n’atteigne bientôt 3 fois le résultat d’exploitation, seuil jugé critique pour maintenir cet endettement sous contrôle. Surtout que le groupe doit faire face à « mur d’investissement » pour mettre à niveau son parc nucléaire, un chantier estimé à 100 milliards d’euros d’ici 2030. L’entreprise est par ailleurs empêtrée dans les chantiers de construction du nucléaire dit de « nouvelle génération », les fameux EPR. Que ce soit le chantier français de Flamanville qui enchaîne les déconvenues et dont le coût a déjà triplé, ou le projet d’Hinkley Point (Royaume-Uni), pour lesquels l’entreprise publique s’est engagée sur ses fonds propres à hauteur de 16 milliards d’euros, l’électricien est loin, très loin d’avoir fait ses preuves.

Des clients qui s’en vont

Pour couronner le tout, EDF continue de perdre des clients. S’il fournit encore 77% des ménages, l’opérateur historique a perdu pas moins de 900 000 clients en 2018 au profit de ses concurrents, qui bénéficie du marché ouvert totalement à la concurrence depuis 2007, règles européennes obligent.

Investissements colossaux, dette gigantesque, fuite des clients : l’entreprise est dans une situation financière impossible. Mais du fait de sa taille et de son caractère stratégique, une faillite est tout aussi inenvisageable !

La stratégie du gouvernement, telle qu’elle a fuité dans différents médias, consisterait à séparer les activités nucléaires du reste. Ou, plus exactement, à créer une structure qui regrouperait les activités de production d’électricité d’origine nucléaire (77 % de la production totale d’EDF) et éventuellement hydraulique (7 %). L’État, pour l’heure actionnaire à hauteur de 83% d’EDF, pourrait acquérir à terme 100% de cette structure.

Vers une nationalisation du nucléaire

Cette holding serait par ailleurs actionnaire majoritaire d’une filiale qui, elle, regrouperait les autres activités d’EDF : commercialisation, production d’énergie renouvelables (éolien, solaire), biomasse et géothermie (via sa filiale Dalkia), distribution d’électricité (Enedis) et enfin transport (RTE). Cette filiale pourrait être ouverte aux investissements privés, faisant naître chez certains la crainte d’une possible privatisation.

Le chemin de l’électricité

  • FacebookL’enjeu de cette scission est avant tout d’établir des financements différenciés selon l’activité, en particulier pour le nucléaire. Car dans ce secteur, il faut tenir compte non seulement du coût de la production d’électricité, mais aussi de celui, majeur, de l’avenir du parc, dont le maintien à niveau nécessite des frais fixes importants, celui du démantèlement, dont les modalités et le montant restent largement inconnus, en y ajoutant pour finir les investissements pour mettre à niveau les centrales et leur permettre d’être en activité une décennie de plus.

En isolant le nucléaire et en l’intégrant davantage dans son giron, l’État devrait donc assumer financièrement les coûts futurs du parc nucléaire, notamment des chantiers du nouveau nucléaire, avec les EPR. D’aucuns ne manquent pas d’accuser le gouvernement de vouloir « nationaliser les pertes et privatiser les profils ». Car parmi les activités regroupées dans la filiale qui pourrait accueillir des investissements privés, se trouvent des activités très rentables comme l’activité de distribution d’électricité, opérée par Enedis (ex-ERDF), qui est actuellement une véritable pompe à finances pour l’électricien. Toutefois la puissance publique devrait rester majoritaire dans cette filiale, et la part ouverte aux investisseurs privés n’est pas encore précisée. Autre point déterminant à régler : la répartition de la dette entre les deux entités. Et là encore, le projet de scission suscite le scepticisme.

Qui va se prendre la dette ?

« Ces projets ne règlent en rien la question de la dette », estime Jean-Luc Magnaval, secrétaire suppléant CGT du CCE d’EDF. « D’ailleurs, cette dette n’est pas due au nucléaire, mais à des cours de marché qui ont été inférieurs aux coûts de revient pendant plusieurs années, ainsi qu’à des acquisitions internationales qui ont coûté très cher ». Le seul rachat de British Energy en 2008 a effectivement fait bondir la dette de 13,5 milliards d’euros !

« La question principale est celle de la régulation », pense le syndicaliste. Le marché de l’électricité est en effet traversé par de multiples dispositifs et taxes visant à soutenir différents acteurs et activités du secteur comme les énergies renouvelables (critiquées pour leur coût) ou l’opérateur de distribution Enedis.

Guerre de prix

En ce qui concerne le nucléaire, le principal dispositif de financement est l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique, ou Arenh. Mis en place en 2010 pour respecter les règles européennes, il a pour objectif de permettre aux autres fournisseurs d’électricité, comme Direct-Énergie ou Engie, d’avoir accès à une énergie d’origine nucléaire à un tarif réglementé.

L’idée est de permettre que s’exerce une concurrence sur ce secteur, malgré le fait que la production soit en situation de quasi-monopole. Surtout, le parc nucléaire a maintenant plusieurs décennies d’activité et ses investissements pharamineux de départ ont été amortis et il produit une énergie abondante et compétitive. L’Arenh permet donc à n’importe quel acteur d’avoir accès à cette rente nucléaire. Concrètement, EDF doit permettre l’accès à un quart de sa production nucléaire (100 TWh annuels) aux autres fournisseurs à un tarif fixé par décret : 42 € le MWh. Ce prix est censé refléter le coût réel du nucléaire pour le parc amorti.

Or EDF veut mettre à bas ce dispositif. Raison invoquée : le prix fixé est trop faible, ce qui met à mal la situation financière de l’opérateur, et donc sa capacité à rembourser sa dette. L’Arenh est en effet très rigide pour l’électricien : dès que les prix sur le marché de gros passent en dessous du tarif de l’Arenh, les autres fournisseurs se détournent naturellement d’EDF pour aller se fournir ailleurs. Or les marchés ont été globalement orientés à la baisse ces dernières années, notamment en 2015 et 2016. Au cours de cette dernière année, aucun fournisseur n’a demandé l’accès à l’Arenh ! Résultat : EDF a dû alors écouler sa production à un prix inférieur. EDF subit donc les baisses du marché, sans profiter des hausses, puisque le tarif est réglementé.

La Cour des comptes a également critiqué le dispositif dans un rapport fin 2017 sur le sujet, et appelé à sa révision. « La « rente nucléaire » est moins avantageuse après plusieurs années où les prix de marché ont été inférieurs à l’Arenh », écrit l’auteur du rapport, ajoutant que « la croissance des énergies renouvelables (EnR) modifie la structure du parc de production électrique et la rentabilité des moyens de production nucléaire », rentabilité également entamée par les lourds investissements nécessaires à la mise à niveau des centrales. De plus comme il régule une part importante de la production nucléaire française, l’Arenh « joue (…) le rôle d’un prix de référence de long terme pour les marchés de l’électricité, élément important au vu de la durée de vie des investissements associés à la production électrique », ajoute la Cour des Comptes.

Un marché à part

Selon la loi, la part de l’électricité nucléaire est amenée à diminuer, si bien que ce plafonnement de l’Arenh à un quart de la production nucléaire paraît pour certains surdimensionné. Ce que contestent cependant fortement les fournisseurs concurrents d’EDF qui, alors qu’ils gagnent continuellement des parts de marché, plaident au contraire pour qu’il soit relevé afin de pouvoir répondre à la demande de leurs clients.

« Ce sont les contribuables qui ont permis à ce parc nucléaire d’exister, chacun doit donc pouvoir avoir accès à une énergie nucléaire compétitive quel que soit son fournisseur d’électricité, demande Naïma Idir, président de l’Association nationale des opérateurs détaillant en énergie (Anode). Or le volume de l’Arenh n’est aujourd’hui plus suffisant. » Cet organisme regroupant les principaux concurrents à EDF demande à porter le plafond accès à minimum 150TWh annuels, soit plus d’un tiers de la production nucléaire

Le litige révèle la structure très particulière du secteur de la fourniture et de la production d’électricité, où de nombreux fournisseurs en concurrence s’approvisionnent sauf exception au même producteur : EDF. En effet, étant donné les coûts de ces technologies, il est quasiment impossible pour d’autres acteurs d’investir dans le nucléaire et difficile dans l’hydraulique. Les marges de manœuvre sont donc très limitées.

Le mix électrique toujours en débat

Conséquence : la quantité d’électricité produite par EDF détermine les possibilités des autres acteurs dans la production. D’autant plus que la demande globale tend à stagner. « Tant que le nucléaire est à ce niveau, comment pouvons-nous développer de nouvelles capacités de production et les rendre compétitives ? », s’interroge Naïma Idir de l’Anode, il n’y a pas de place pour la production de base.» L’électricien devrait donc continuer d’occuper une place centrale dans le secteur électrique.

Ainsi, cette restructuration de l’entreprise n’est que la première étape d’une réforme, la bataille de fond est celle des mécanismes de régulation, dont l’Arenh. Derrière c’est donc bien le financement du nucléaire et donc son évolution, qui est déterminante pour l’évolution du secteur électrique.

Par Justin Delépine, publié le 19/04/2019

https://www.alternatives-economiques.fr/gouvernement-veut-scinder-edf/00089039

Avr 19

POURQUOI DONALD TRUMP A ENVOYÉ SA CONSEILLÈRE EN VISITE «SECRÈTE» À MOSCOU

Une délégation américaine est arrivée à Moscou. Elle est dirigée par Fiona Hill, conseillère du Président américain pour la Russie et l’Eurasie, membre du Conseil de sécurité nationale du pays.

La visite à Moscou de Fiona Hill, conseillère de Donald Trump, pourrait être liée au traité START 3 sur la réduction des armes stratégiques, a déclaré au quotidien Izvestia Konstantin Blokhine, expert du Centre d’études des problèmes de sécurité affilié à l’Académie des sciences de Russie.

Plus tôt, ce 18 avril, le quotidien Kommersant avait rapporté qu’une délégation américaine s’était rendue à Moscou pour une visite officieuse sous la direction de Fiona Hill, conseillère du président américain pour la Russie et l’Eurasie, membre du Conseil de sécurité nationale du pays.

«L’un des principaux problèmes, dans les relations russo-américaines, est l’expiration du traité START 3 en 2021», a déclaré l’expert. Selon lui, «il reste peu de temps pour la signature d’un nouveau traité», et «si les États-Unis veulent maintenir une stabilité stratégique entre Washington et Moscou, cette question doit être réglée».

«Il faut également placer sous contrôle l’escalade des relations entre les USA et la Russie, ou du moins tenter de stopper la détérioration des relations russo-américaines, qui se sont dégradées encore plus sous la présidence de Trump que sous celle d’Obama», note Konstantin Blokhine.

Par ailleurs, l’américaniste a souligné que Fiona Hill n’était pas une partisane ou une amie de la Russie. En particulier, la conseillère de Donald Trump est l’auteure d’un livre intitulé «Poutine: un agent au Kremlin» (Mr Putin: Operative in the Kremlin) dans lequel, littéralement à chaque page, «elle critique la politique étrangère de la Russie et le Président russe», rappelle le politologue.

Malgré cela, sa visite à Moscou indique que le dialogue doit se poursuivre entre les deux puissances.

Selon Kommersant, il ne s’agit pas de la première visite de la conseillère du Président américain à Moscou. Mais ses voyages précédents, tout comme la visite actuelle, n’étaient pas affichés — à la demande des autorités américaines.

Plus tôt, ce 11 avril, le chef de la commission de la Douma (chambre basse du parlement russe) pour le développement des organisations du complexe militaro-industriel, Vladimir Goutenev, avait déclaré que le tout nouveau missile intercontinental russe Sarmat retenait les États-Unis de sortir du START 3.

Le 24 janvier, il a été annoncé que le retrait des USA du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) mettait également en péril le START 3 signé entre Washington et Moscou en 2010 et ratifié en 2011. Ce traité, qui implique la réduction de l’arsenal nucléaire des deux côtés, expire en 2021. De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a appelé à ne pas retarder la prolongation du traité.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

Publié le 18.04.2019 à 19h52

https://fr.sputniknews.com/presse/201904181040801505-conseillere-trump-visite-secrete-russie/

Avr 19

VIDÉO : DÉBAT SUR L’AVENIR DES DÉCHETS RADIOACTIFS : LA COLÈRE DES ANTINUCLÉAIRES

Le débat national sur la gestion des matières et déchets radioactifs a été lancé, mercredi 17 avril. Une initiative critiquée par les opposants au nucléaire. Ils ont publié une tribune dans Libération pour expliquer pourquoi ils ne participeront pas à ces discussions. Ces associations appellent à « arrêter la fuite en avant » de l’atome. 

Pour Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire, ce débat est « indécent« . « On nous demande de participer alors même qu’il n’est pas question de remettre en question la production de ces déchets radioactifs, déplore-t-elle auprès de franceinfo. À quoi sert ce débat, si finalement il ne sert qu’à faire participer les citoyens, mais que leur avis n’est pas pris en compte ? » 

Est-ce qu’il s’agit juste de sensibiliser (les citoyens) à la problématique des déchets radioactifs pour leur faire accepter leur présence ? Nous, on ne souhaite pas participer à cela.

Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire

Dans un pays qui possède le deuxième parc de réacteurs nucléaires au monde, ce débat est « l’héritier d’une histoire conflictuelle », a noté la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno, lors d’une conférence de presse. « Nous voulons essayer de dépasser les clivages, dépasser la simple opposition (…) qui peut être stérile », a ajouté Isabelle Harel-Dutirou, présidente de la commission particulière qui l’organise jusqu’au 25 septembre.

À fin 2017, la France comptait 1,62 million de m3 de déchets radioactifs, selon le dernier inventaire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Les déchets de haute activité (HA), qui peuvent être radioactifs durant des centaines de milliers d’années, représentent 0,2% de ce total (soit l’équivalent du volume d’une piscine olympique) mais 94,9% du niveau de radioactivité. Ces déchets HA doivent, le temps venu, rejoindre le projet Cigéo d’enfouissement des déchets à 500 mètres de profondeur à Bure (Meuse).

 À lire aussi

Pour voir la vidéo (1mn39s), cliquer sur :

https://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/dechets-nucleaires-a-bure/video-debat-sur-l-avenir-des-dechets-radioactifs-la-colere-des-antinucleaires_3404249.html

(NDLR : Savoie antinucléaire est solidaire de cette décision de ne pas participer à ce débat.)

Avr 19

AMBÉRIEU VA INTÉGRER LE PLAN PARTICULIER D’INTERVENTION DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE

Le conseil municipal ambarrois s’est dit favorable à l’extension du PPI. Ce qui induit quelques changements administratifs, et une communication auprès des populations.

Le rayon d’application du nouveau Plan particulier d’intervention (PPI) de la centrale du Bugey va évoluer. Dans les prochains mois, son périmètre passera de 10 à 20 km. Une extension qui intègre de facto Ambérieu, ainsi que d’autres communes du Bugey, de la Plaine de l’Ain, de l’Isère et du Rhône.

À partir du mois de juin, un courrier d’information des pouvoirs publics sera adressé aux riverains (particuliers, établissements recevant du public et scolaires), a exposé le maire Daniel Fabre.

Par La Voix de L’Ain,  le 19/04/2019 à 17h13 

https://www.lavoixdelain.fr/actualite-37321-amberieu-va-integrer-le-plan-particulier-d-intervention-de-la-centrale-nucleaire

Avr 19

TOTAL, EDF ET LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE VISÉES PAR DES ACTIONS SURPRISES DE MILITANTS PRO-ENVIRONNEMENT

Près de 2000 militants pro-environnement ont manifesté ce vendredi dans le quartier d’affaires de La Défense (92), devant les tours Total, Société Générale et EDF. Ils ont agi lors d’une opération de désobéissance civile de masse pour dénoncer la « République des pollueurs« .

Alors que se termine la « semaine de la rébellion » lancée en Europe par le tout jeune réseau « Extinction Rébellion« , les militants français se sont joints ce vendredi 19 avril au mouvement. Ils se sont déployés dans quatre lieux du quartier d’Affaires de La Défense (Hauts-de-Seine) à l’ouest de Paris: la tour Séquoia qui abrite une antenne du ministère de la Transition écologique, et les tours Total, EDF et Société Générale.

L’ONG Greenpeace prétend que 2000 personnes participaient à cette opération menée par surprise. Ces militants accusent ces grandes entreprises françaises de contribuer directement ou indirectement à la pollution ou au réchauffement climatique au travers de leurs activités respectives (pétrole pour Total, nucléaire pour EDF, finance pour la Société Générale)
    
Quelques dizaines de militants étaient assis devant la Tour Séquoia, attachés les uns aux autres par les bras et les jambes, empêchant les gens d’entrer. Des affiches « Macron président des pollueurs » ont été collées sur les vitres de la tour, et le même slogan tagué sur le sol, en noir et en jaune.

« Il faut que le gouvernement impose une politique contraignante et fasse respecter les engagements pris pendant la COP21, parce que s’il y a un effondrement, on sera la première génération concernée« , a indiqué Clarisse, 18 ans, venue spécialement d’Angers.
    
« On n’en peut plus de cette alliance toxique entre Emmanuel Macron et les multinationales les plus polluantes« , a expliqué de son côté Clément Sénéchal, de Greenpeace, lors du rassemblement jeudi de centaines de militants venus pour une « formation » à la désobéissance civile obligatoire pour participer à l’action de vendredi.

L’ONG est habituée des actions spectaculaires, comme s’introduire sur le site de centrales nucléaires ou grimper sur la Tour Eiffel pour déployer une banderole, mais cette opération coordonnée de masse est une première.

« C’est la plus grosse action que l’on ait organisée« , a souligné Pauline Boyer, porte-parole d’ANV-COP21, association qui organise depuis plusieurs mois des « décrochages » des portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies. « Là, il y a beaucoup de gens qui se sont inscrits et n’ont jamais fait de désobéissance civile de leur vie car c’est maintenant qu’il faut agir et désobéir à des lois pour dénoncer cette situation alliance toxique entre les multinationales qui verrouillent la transition énergétique«  », a-t-elle ajouté.

Cette manifestation avait été préparée dans le plus grand mystère, les militants étant prévenus de points de rendez-vous par SMS peu avant. Avec des critères stricts à respecter pour les participants prêts à se faire arrêter: visage « toujours » à découvert, « aucune agression physique, verbale ou psychologique tolérée« , et « aucune » dégradation de biens.
    
La semaine de désobéissance civile lancée par Extinction Rébellion a été particulièrement suivie à Londres. Plusieurs milliers de personnes ont notamment bloqué cinq lieux emblématiques de la capitale (Marble Arch, Oxford Circus, Waterloo Bridge, Parliament Square et Piccadilly Circus). Près de 500 militants y avaient été arrêtés depuis le début de la semaine.

Par Frédéric Bergé avec AFP, le 19 avril 2019

https://www.bfmtv.com/economie/total-edf-et-la-societe-generale-visees-par-des-actions-surprises-de-militants-pro-environnement-1676345.html

Avr 19

LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE MET SEPT MOIS À DÉCLARER UN INCIDENT

Si le problème date d’août 2018, l’Autorité de sûreté nucléaire vient seulement de le diffuser

Il aura fallu sept mois à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) pour publier sur son site un avis d’incident de niveau 1 (sur 7) concernant pas moins de 28 réacteurs de centrales nucléaires françaises. Un délai qui reste en travers de la gorge de la coordination antinucléaire du Sud-Est, qui parle dans un communiqué de “dissimulation et mépris des populations”.

Des défauts sur sept centrales nucléaires

En août 2018, des employés d’EDF Tricastin constatent des défauts sur les circuits d’eau glacée qui assurent les systèmes de ventilation : serrages insuffisants, ancrages non fixés. Des problèmes ne permettant pas d’assurer leur tenue en cas de séisme. Des mêmes défauts qui sont constatés dans les centrales de Blayais, Chinon, Cruas-Meysse, Dampierre-en-Burly, Saint-Laurent-des-Eaux et Gravelines. EDF déclare l’incident à l’ASN le 21 septembre et le diffuse publiquement.

Pour la coordination antinucléaire, difficile “de garantir que ces installations nucléaires, composées de multiples systèmes, circuits et de kilomètres de câbles et de tuyauteries, résisteraient à un tremblement de terre”. Selon EDF, des travaux ont été mis en place dès la découverte du problème. À la centrale du Tricastin, ils ont été terminés fin octobre sur les quatre réacteurs.

Par S.V. | Publié le 19/04/2019 à 06h07,

Archives photo Le DL/F.P.

https://www.ledauphine.com/drome/2019/04/19/la-surete-nucleaire-met-sept-mois-a-declarer-un-incident

Avr 19

DÉCHETS RADIOACTIFS : LES CLÉS DU GRAND DÉBAT

Le débat public sur la gestion des déchets radioactifs s’ouvre ce soir à Paris. 23 rencontres sont prévues jusqu’en septembre. Retraitement, Cigéo, déchets faiblement radioactifs… Reporterre fait le point sur les enjeux clés.

1,62 million de mètres cubes de déchets radioactifs ont été comptabilisés en France fin 2017, de quoi remplir plus de 640 piscines olympiques. Plus de la moitié de ces déchets, très divers en nature et en niveaux de radioactivité, proviennent de 60 ans d’exploitation de la filière électronucléaire française. Elle compte, à ce jour, 58 réacteurs nucléaires en fonctionnement et plusieurs usines de fabrication et de traitement du combustible nucléaire.

Cet inventaire des déchets est très certainement sous-estimé, puisqu’il exclut certaines matières radioactives comme le combustible nucléaire Mox usé [1] et l’uranium issu du retraitement, au motif qu’elles pourraient être réutilisées un jour – même si ce n’est pas le cas aujourd’hui.

La carte en plein écran est disponible en cliquant sur: (https://reporterre.net/Carte-des-matieres-et-dechets-radioactifs )

La gestion de toutes ces matières et déchets radioactifs est mise en débat par la Commission particulière du débat public (CPDP), à partir de ce mercredi 17 avril et jusqu’au 25 septembre 2019. « Les temps forts de ce débat seront les 23 rencontres organisées pour les citoyens : sept réunions publiques généralistes à Paris et dans quatre grandes villes régionales, et des réunions thématiques dans des territoires concernés par l’activité nucléaire », explique à Reporterre Isabelle Harel-Dutirou, magistrate et présidente de la CPDP.

La première rencontre généraliste a lieu mercredi 17 avril à 19 h à la Mutualité, à Paris. « Ces événements seront complétés par des échanges sur internet, via un système de questions-réponses, où le maître d’ouvrage devra répondre de manière claire et pédagogique aux questions des citoyens, et par une plate-forme de débats où chacun pourra apporter sa contribution », poursuit Mme Harel-Dutirou. L’objectif affiché de ce débat public est d’aider les maîtres d’ouvrage – l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et la Direction générale de l’énergie et du climat (DGEC) – à élaborer le prochain plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR).

Le menu s’annonce copieux, et technique. Pour vous aider à vous y retrouver, Reporterre a identifié les grands enjeux présents et à venir dans la gestion de ces substances radioactives.

1/ Le retraitement des déchets radioactifs

« Quasiment tous les pays nucléarisés, sauf la Russie, considèrent que les combustibles nucléaires usés sortis du réacteur sont des déchets ultimes dont on ne peut rien faire. Ce n’est pas le cas de la France, qui a choisi le retraitement », rappelle à Reporterre Bernard Laponche, physicien nucléaire et cofondateur de l’association Global Chance.

Le retraitement, quèsaco ? La plupart des 58 réacteurs nucléaires français fonctionnent avec du combustible nucléaire à base d’uranium. Une fois usé, il est envoyé à l’usine de retraitement Orano de La Hague (Manche), où il est décomposé en plusieurs matières : les actinides mineurs et les produits de fission, qui constituent ensemble les déchets ultimes entreposés sur place et qu’EDF prévoit d’enfouir dans Cigéo à Bure- ; de l’uranium issu du retraitement, qui est envoyé à Pierrelatte (Drôme) où il reste à ce jour inutilisé ; et du plutonium. Ce dernier est mélangé à de l’uranium appauvri pour produire un autre type de combustible, le Mox.

Pour voir la vidéo (5mn47s), cliquer sur: https://youtu.be/MiohvdwITqk

« Ce principe du retraitement est le problème du haut du panier, qui en entraîne de nombreux autres, comme la multiplication des déchets et le choix d’options de gestion difficilement réversibles », dit Yannick Rousselet de Greenpeace. Par exemple, le Mox usé n’est pas recyclable et est plus chaud, plus radioactif et plus dangereux que le combustible uranium usé. Il est actuellement entreposé dans les piscines de La Hague, qui vont bientôt arriver à saturation. Résultat, EDF prévoit de construire une nouvelle gigantesque piscine d’entreposage dans le centre de la France.

La CPDP a réclamé une expertise sur la possibilité d’un entreposage à sec des combustibles nucléaires usés, que de nombreux experts jugent moins dangereux que les piscines. Ce type de stockage sonnerait le glas de la filière de retraitement. Pourtant, avant même le début du débat public, les dés semblent déjà jetés : le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie prévoit le fonctionnement de l’usine de La Hague jusqu’en 2040 et Orano a obtenu l’autorisation de faire des travaux dans son usine de Malvési pour produire en France un des composants du Mox actuellement fabriqué en Allemagne.

2/ Cigéo et l’enfouissement des déchets radioactifs en couche géologique profonde

Que faire des déchets les plus radioactifs, donc les plus dangereux ? En France, la loi sur le nucléaire de 2006 a opté pour le principe de « l’enfouissement en couche géologique profonde ». À Bure, entre les départements de la Meuse et de la Haute-Marne, l’Andra prépare ainsi la construction d’un centre où ces déchets appelés « haute activité à vie longue » (HA-VL, principalement les colis vitrifiés d’actinides mineurs et de produits de fission issus de La Hague) et « moyenne activité à vie longue » (MA-VL, principalement les parties métalliques des assemblages de combustible) seront enterrés dans des galeries à 500 mètres sous terre. L’Andra espère déposer une demande d’autorisation de création cette année.

Le laboratoire de recherche souterrain de l’Andra, entre la Meuse et la Haute-Marne. Objetif : enterrer les déchets les plus dangereux.

Mais ce projet, très contesté, présente de nombreuses faiblesses. Ce projet n’a pas d’équivalent dans le monde, et les expériences étrangères ne sont pas concluantes. La réversibilité – autrement dit la possibilité de récupérer les colis en cas de problème –, pourtant promise par la loi, n’est pas acquise. Il est prévu d’y stocker des colis enrobés de bitume, qui risquent de provoquer des incendies. Enfin, le coût du projet, établi par décret à 25 milliards d’euros, est certainement très sous-évalué. La CPDP a bien l’intention de remettre le sujet sur la table : elle a commandé une expertise sur l’état des lieux à l’international du stockage géologique profond des déchets radioactifs et a prévu en juin à Bar-le-Duc un débat sur les alternatives à l’enfouissement.

3/ La gestion des autres déchets radioactifs

Globalement, toutes les capacités de stockage existantes arrivent à saturation. Le Centre de stockage de la Manche, où sont enfouis des déchets radioactifs de faible à moyenne activité, est plein et fermé depuis 1994. Le Centre industriel de regroupement, d’entreposage et de stockage (Cires) de Morvilliers (Aube), pour les déchets faiblement radioactifs, pourrait arriver à saturation entre 2025 et 2030. Des recherches sont en cours pour accroître ses capacités, mais cela ne suffira pas à faire face aux deux millions de mètres cubes de déchets très faiblement radioactifs qui nous resteront sur les bras quand l’ensemble des centrales nucléaires en fonctionnement seront démantelées. L’Andra prospecte donc pour de nouveaux sites où installer de futures poubelles. Dans le viseur, une zone de dix kilomètres carrés à Soulaines (Aube), mais qui sera insuffisante pour accueillir tous les déchets de faible activité à vie longue.

Devant l’impasse, la tentation est grande pour la filière de « déclasser » les déchets les moins radioactifs, comme certains gravats. « On assiste à une offensive pour remettre certains de ces déchets dans le circuit économique normal, alors qu’ils seraient très difficiles à pister et risqueraient de se retrouver dans des usages domestiques », alerte Bernard Laponche. Cette question du « seuil de libération » des déchets radioactifs devrait être mise en discussion lors du débat public.

Qu’attendre de ce débat ?

« Nous espérons qu’il s’agira d’un bel exercice de démocratie, que les citoyens se saisiront du sujet, partageront la connaissance des acteurs et seront à même d’exposer un point de vue », a déclaré à Reporterre Mme Harel-Dutirou, magistrate et présidente de la CPDP.

Yannick Rousselet, de Greenpeace, se veut optimiste. « On sait que le débat ne va pas être sanctionné par de nouvelles lois, et les dernières lois votées ne vont pas dans le bon sens. Mais les conclusions de ce débat ne pourront pas être ignorées par l’ASN et la DGEC. D’ailleurs, le dernier plan avait déjà un peu évolué dans le bon sens. Et puis, on est face à une réalité que personne ne peut nier, avec la saturation de tous les sites. Des décisions sérieuses doivent être prises. »

LE RÉSEAU SORTIR DU NUCLÉAIRE ET LES OPPOSANTS À BURE NE PARTICIPERONT PAS AU DÉBAT

Le réseau Sortir du nucléaire, lui, a décidé de passer son tour. « À quoi cela sert de débattre alors que toutes les décisions ont été prises ?, s’interroge Charlotte Mijeon, du réseau.
« Le fait même de produire des déchets radioactifs n’est pas mis en question. Lors du débat public sur la PPE, les citoyens ont demandé à ce que les réacteurs ne soient pas prolongés au-delà de 50 ans et qu’il n’y ait pas de construction de nouveaux réacteurs, et c’est l’inverse qui est décidé. Il est indécent de demander aux Français de cogérer des déchets qu’ils refusent de produire. »

 

 Le réseau Sortir du nucléaire ne participera pas au débat : « Il est indécent de demander aux Français de cogérer des déchets qu’ils refusent de produire. »

Par ailleurs, hors de question pour les associations qui s’opposent à Bure de participer à un débat alors qu’elles sont victimes d’une répression policière et judiciaire intense au quotidien. Comme le souligne Charlotte Mijeon :

On ne peut plus mettre le pied dans le bois Lejuc où l’Andra veut construire Cigéo ; tous les mois, les condamnations pleuvent pour des faits mineurs ; des personnes qui menaient des actions juridiques sur le fond sont sous contrôle judiciaire et ne peuvent plus rencontrer l’avocat qui les aide pour ces recours… Nous ne souhaitons pas participer à cette caricature de démocratie où l’on incite les citoyens à débattre sans tenir compte de leur avis et où l’on réprime ceux qui s’expriment et s’opposent au quotidien. »

Les associations riveraines de Bure ont lancé leur propre débat public itinérant, baptisé l’Atomik tour. Le convoi est parti le 16 janvier de Bure et y sera de retour pour le festival Bure’lesques, les 9, 10 et 11 août 2019.

[1] Le Mox est un combustible nucléaire composé d’un mélange d’uranium appauvri et de plutonium

Par Émilie Massemin (Reporterre), publié le 17 avril 2019

https://reporterre.net/Dechets-radioactifs-les-cles-du-grand-debat

Avr 18

ÉTHIQUE ET TECHNIQUE, LE DÉBAT EST LANCÉ SUR LES SUBSTANCES RADIOACTIVES

Paris (AFP) – Quel héritage pour les siècles à venir ? Le débat national sur la gestion des matières et déchets radioactifs lancé mercredi veut éclairer les citoyens sur un dossier complexe, miroir des clivages autour du nucléaire.

« Dans un pays qui possède le deuxième parc de réacteurs au monde, ce débat est l’héritier d’une histoire conflictuelle », a noté la présidente de la Commission nationale du débat public Chantal Jouanno.

Mais « nous voulons essayer de dépasser les clivages », a ajouté Isabelle Harel-Dutirou, présidente de la commission particulière qui l’organise jusqu’au 25 septembre.

« Tout le monde s’accorde à dire que nous devons aujourd’hui prendre des décisions qui préservent les générations futures (…) mais les solutions divergent », a-t-elle expliqué à l’AFP.

« Certains disent que notre responsabilité est de ne pas obérer l’avenir des générations futures en ne laissant pas un héritage impossible à gérer ».

Dans ce camp se trouvent les ONG opposées notamment au projet Cigéo d’enfouissement des déchets à 500 mètres de profondeur à Bure (Meuse), qui veulent attendre de possibles avancées de la science avant de choisir une solution qu’elles jugent irréversible.

« D’autres disent que notre responsabilité est de prendre aujourd’hui les décisions qui s’imposent », ajoute Mme Harel-Dutirou.

Ainsi, les législateurs ont voté en 2006 une loi choisissant le stockage des déchets les plus dangereux en couche géologique profonde, ce qui a conduit au projet Cigéo.

« Dans le cadre de la loi (…), il faut qu’on travaille sur la définition de la phase industrielle pilote et la réversibilité » de Cigéo, a insisté Virginie Schwarz, qui représentait le ministère de la Transition écologique au premier débat mercredi.

Alors certains s’interrogent sur l’utilité d’un débat sur ce choix déjà fait, et de manière plus générale sur la façon dont les discussions seront prises en compte pour la rédaction du 5e Plan national pour la gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) 2019-2021.

« Débattre n’a pas de sens si les choix sur ce sujet sont déjà verrouillés », a dénoncé dans un communiqué le Réseau Sortir du nucléaire, qui a décidé de ne pas participer.

Cette ONG et d’autres plaident d’abord pour l’arrêt du nucléaire, alors que le gouvernement a repoussé de 2025 à 2035 l’objectif d’abaisser à 50% la part du nucléaire dans la production d’électricité.

À fin 2017, la France comptait 1,62 million de m3 de déchets radioactifs, selon le dernier inventaire de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra).

Les déchets de haute activité (HA), qui peuvent être radioactifs jusqu’à des centaines de milliers d’années, représentent 0,2%, soit l’équivalent du volume d’une piscine olympique, mais 94,9% du niveau de radioactivité, et doivent le temps venu rejoindre Cigéo.

La commission organisant le débat n’éludera pas non plus la question des « risques » et des « impacts » de ces substances sur la santé et l’environnement.

« C’est un sujet qui reste méconnu, sur lequel quelques idées reçues sont véhiculées », notait avant le débat Sylvain Granger, responsable de la gestion des déchets chez EDF, assurant que « le système de gestion des déchets fonctionne bien et de manière sûre ».

Mais les déchets ne sont pas les seuls en question. Dans un pays qui a fait le choix controversé du retraitement, les « matières », c’est-à-dire les substances radioactives pour lesquelles une « utilisation ultérieure est prévue ou envisagée », devraient être également au cœur du débat.

La question des capacités d’entreposage de ces matières, notamment les combustibles usés en attente de retraitement, sera éclairée par un rapport de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Alors que les piscines de La Hague risquent d’arriver à saturation d’ici 2030, EDF envisage une nouvelle piscine centralisée, tandis que Greenpeace plaide pour un entreposage à sec en sub-surface (juste sous la surface), jugeant les piscines « vulnérables ».

Mais au-delà de la technique, il y a « des considérations humaines, sociétales et éthiques », a souligné Mme Harel-Dutirou.

Pour preuve, le logo choisi: des fûts jaunes devant lesquels se dressent des mains colorées, symboles de la « trace de l’Homme » sur la Terre.

Des mains qui devraient peut-être avoir « six doigts », ironise Michel Guéritte, militant anti-nucléaire et opposant à Cigéo.

© AFP Simon MALFATTO, article publié le : 18/04/2019, mis à jour le 18/04/2019 à 10h29

https://www.goodplanet.info/actualite/2019/04/18/ethique-et-technique-le-debat-est-lance-sur-les-substances-radioactives/

Avr 18

KIM JONG UN, ENTRE (FAUX ?) TIR DE MISSILE ET RENDEZ-VOUS AVEC POUTINE

Quelques heures après que le leader nord-coréen a affirmé ce jeudi avoir supervisé l’essai d’une nouvelle « arme tactique guidée » avec une « puissance ogive« , le Kremlin a annoncé que, « à l’invitation de Vladimir Poutine, Kim Jong Un se rendra en Russie pour une visite lors de la deuxième moitié du mois d’avril« .

Le leader nord-coréen Kim Jong Un a affirmé ce jeudi avoir supervisé l’essai d’une nouvelle « arme tactique guidée » avec une « puissance ogive« , peu avant que le Kremlin annonce officiellement que Vladimir Poutine et Kim Jong Un se rencontreront officiellement pour un sommet bilatéral fin avril.

D’après l’agence officielle KCNA, qui fait partie des médias d’État nord-coréens, cet essai a permis de vérifier le fonctionnement du « système particulier de guidage en vol et le chargement d’une puissante ogive« .

Kim Jong Un a qualifié ce test d' »événement d’une très grande importance pour accroître la puissance de combat de l’Armée populaire » nord-coréenne, selon la même source.

C’est la deuxième fois que la Corée du Nord affirme avoir procédé à un essai d’arme depuis le début, en 2018, de ses négociations avec les États-Unis sur ses programmes de missiles balistiques et d’armement nucléaire.

Une reprise des opérations ?

Bizarrement, la Corée du Sud n’a rien détecté sur ses radars, selon un responsable militaire, jugeant improbable qu’un missile ait été tiré. « Quand la Corée du Nord lance un missile, nos radars le voient. Mais aucun missile n’a été détecté« , a-t-il dit sous couvert de l’anonymat.

La présidence sud-coréenne a dit n’avoir aucun commentaire à faire. Des responsables du Pentagone ont également refusé de s’exprimer sur cette annonce.

Cependant, l’annonce du nouvel essai intervient alors que le Centre des études stratégiques et internationales (CSIS), basé à Washington, a fait état de signes d’activité sur le complexe de Yongbyon, principal site nucléaire nord-coréen, laissant penser que Pyongyang pourrait avoir repris des opérations de retraitement de matières radioactives à des fins militaires…

Publié le 18/04/2019 à 13h22,  mis à jour à 13h53

https://www.bienpublic.com/actualite/2019/04/18/un-nouveau-tir-de-missile-kim-jong-un-l-affirme-les-radars-dementent

Avr 18

EN FINIR AVEC LE NUCLÉAIRE POUR ARRÊTER DE PRODUIRE DES DÉCHETS

Alors que s’ouvre le débat public sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), plusieurs associations anti-nucléaires appellent à «arrêter la fuite en avant» de l’atome et réitèrent leur opposition au projet de stockage profond à Bure.

En finir avec le nucléaire pour arrêter de produire des déchets

Tribune. En quelques dizaines d’années à peine, l’électricité nucléaire a généré près d’un million de mètres cubes de déchets radioactifs, et près de 400 000 tonnes de «matières» dangereuses. Toxiques pour des centaines d’années pour certaines d’entre elles, pour des millions d’années pour d’autres, ces substances radioactives peuvent – à tout moment – contaminer nos cours d’eau, nos océans, notre air et nos sols. Ces déchets sont un héritage empoisonné, légué aux générations futures sur des durées qui dépassent celle des civilisations humaines. L’empreinte écologique du nucléaire est abyssale mais occultée par ceux qui présentent abusivement cette technologie comme une «solution» au changement climatique !

Les Français·es n’ont pas choisi le nucléaire. Ils et elles n’ont pas non plus choisi les déchets nucléaires. D’ailleurs, ce ne sont pas «nos» déchets, mais bien ceux de l’industrie nucléaire, produits avec l’assentiment de décideurs politiques. Pourtant, nous voilà contraints de vivre à côté et de participer au financement de leur gestion. Bien trop souvent, nous entendons «Les déchets sont là, il faut bien les gérer.» Cette manière de présenter les choses esquive un fait essentiel : ces substances radioactives ne tombent pas du ciel, mais sont le produit d’une politique énergétique imposée et irresponsable. Cette production de matières et déchets ingérables doit prendre fin et le nucléaire doit être abandonné.

Or la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et la future loi énergie n’en prennent pas la direction. Au contraire : ces textes prévoient de repousser de dix ans l’échéance de réduction de la part du nucléaire, prolongeant le fonctionnement de la-quasi-totalité des réacteurs jusqu’à 50 ans et plus, augmentant le volume de déchets. La PPE envisage même la construction de nouveaux réacteurs. De tels projets sont en opposition totale avec l’avis des citoyens.

Toujours plus de déchets

Parmi les substances polluantes et parfois toxiques produites par l’industrie nucléaire, certaines échappent au qualificatif de «déchet» par un tour de passe-passe juridique et comptable, visant à limiter la gestion physique et financière des déchets et à faire croire à leur recyclabilité. En réalité, le «retraitement» à La Hague est une opération coûteuse, très polluante et abusivement présentée comme un recyclage. Loin de diminuer la quantité de déchets, le «retraitement» ne fait que l’accroître pour, en réalité, réutiliser moins de 1% du combustible usé. Mais là encore, la PPE va à contresens, prévoyant de poursuivre le fonctionnement de l’usine de La Hague «jusqu’à l’horizon des années 2040». Sans aucune considération pour les contraintes techniques, la faisabilité et les surcoûts engendrés.

Dans tous les cas, cette accumulation génère des risques pour les travailleurs de l’industrie, les riverains et les générations futures. Elle impose de perpétuer des transports à risque sur nos routes, nos stations essences, nos réseaux ferroviaires, y compris dans des zones densément peuplées. Enfin, elle pose la question irrésolue du financement : englués dans leurs difficultés financières, les producteurs de déchets sont dans une logique de rentabilité à court terme et cherchent à provisionner le moins possible. Au final, ce sont les contribuables qui paieront.

Plutôt que de réduire ses déchets à la source, l’industrie nucléaire préfère, avec la bénédiction de nos décideurs, poursuivre sa fuite en avant et rechercher des exutoires : un projet de piscine «centralisée» pour accueillir le trop plein de combustibles usés de l’usine de La Hague, des projets pour déclasser et «recycler» des bétons et métaux irradiés et ainsi réduire le coût de leur gestion au risque de disperser de la radioactivité jusque dans nos casseroles.

«Cigéo doit être abandonné»

La filière cherche aussi à imposer le projet d’enfouissement 500 mètres sous terre pour faire «oublier» les déchets les plus toxiques et ce, malgré les risques élevés et insensé. Le projet Cigéo à Bure comporte des risques d’incendie et d’explosion souterrains et irait de pair avec des rejets radioactifs considérables, en continu, découlant de ses choix de conception. Contrairement à ce qui est déclaré, l’enfouissement des déchets radioactifs n’est pas «réversible». En cas d’accident, il serait impossible d’intervenir, d’empêcher la dispersion accrue de radioactivité ou de récupérer les déchets. Dangereux, impossible à financer, imposé aux populations, Cigéo doit être abandonné.

Les déchets nucléaires jonchent désormais le territoire français. Nous sommes toutes et tous concernés par l’accumulation des matières et déchets radioactifs et ses conséquences éthiques et économiques. C’est pourquoi nos associations souhaitent rappeler avec force que cette accumulation résulte de choix politiques, que d’autres choix de gestion existent et qu’il est possible d’arrêter la fuite en avant, dès maintenant.

Signataires:

Réseau Action Climat
Réseau « Sortir du nucléaire »
Greenpeace France
Amis de la Terre-France
Global Chance
EODRA
France Nature Environnement
Lorraine Nature Environnement
Meuse Nature Environnement
Le CEDRA 56
BureStop55
Attac France

Par Un collectif d’associations — 17 avril 2019 à 12h26

https://www.liberation.fr/debats/2019/04/17/en-finir-avec-le-nucleaire-pour-arreter-de-produire-des-dechets_1721743

Avr 18

L’UTILISATION D’ÉNERGIE 100% RENOUVELABLE DANS L’INDUSTRIE SERAIT POSSIBLE DÈS 2050

Selon l’étude d’un réseau international de scientifiques et de parlementaires, une transition vers le 100 % d’énergies renouvelables serait possible d’ici 2050.

C’est une étude menée par le réseau international académique et parlementaire Energy Watch Group et l’Université de Finlande qui ne manque pas d’être optimiste. Selon ce rapport de plus de 300 pages abouties après quatre ans et demi de travail, « la transition mondiale vers une énergie 100 % renouvelable à travers tous les secteurs » d’ici 2050 est non seulement faisable, mais moins chère que le mix énergétique actuel.

Le solaire et l’éolien comme vecteurs centraux de cette transition

Électricité, chauffage, transport ou encore dessalement, autant de secteurs qui pourraient s’alimenter à 100 % en énergies renouvelables selon cette étude avec, comme « chevaux de trait », le solaire et l’éolien en vecteurs centraux de cette transition. Jusqu’à 69 % pour le solaire, avec une capacité totale de 63 400 Gigawatts, suivi de l’éolien, qui compterait pour 18 %. Un ensemble fragmenté d’autres énergies renouvelables représentant le reste de ce futur mix énergétique : « bioénergie, hydroélectrique ou encore géothermique ».

Alors que 90 % de l’énergie primaire produite en 2050 sera dédiée à la consommation d’électricité, l’équipe de chercheurs met au centre de cette transition les « technologies existantes et le stockage d’énergie, avec une attention particulière à l’électrification et la décentralisation ».

Une transition parfaitement faisable, mais qui se heurte à la volonté politique

Cette étude, bien qu’optimiste et travaillée par 14 scientifiques pendant près de cinq ans, ne manque pas d’arguments scientifiques et économiques pour prouver la faisabilité d’une telle transition. « La transition énergétique n’est pas une question de faisabilité technique ou de viabilité économique, mais relève d’une volonté politique » rappelle Hans-Josef Fell, Président de Energy Watch Group, qui enjoint les gouvernements à prendre connaissance des recommandations nées de ce rapport.

Encouragement des « investissements privés dans les énergies renouvelables et les technologies de « zéro émission » », « taxes sur le carbone, le méthane et les énergies radioactives », ou encore développement d’un cadre favorisant « la recherche et l’apprentissage des énergies renouvelables et des technologies « zéro émission » » : autant de recommandations louables et argumentées qui risquent, à nouveau, de se heurter à l’inertie politique.

Par Cyril Garrech-Casanova, le 17 avril 2019

https://www.clubic.com/energie-renouvelable/actualite-854688-utilisation-energie-100-renouvelable-industrie-2050.html

Avr 17

CORÉE DU NORD : DES ACTIVITÉS SUSPECTES OBSERVÉES SUR UN SITE NUCLÉAIRE

WASHINGTON, 16 avril (Reuters) – Des observations satellitaires du réacteur nucléaire nord-coréen de Yongbyon réalisées la semaine dernière montrent des mouvements évoquant une reprise du retraitement de combustible nucléaire utilisable à des fins militaires, rapporte mardi un cercle de réflexion américain.

Lors de sa première rencontre avec Donald Trump, le 12 juin à Singapour, le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a promis le démantèlement de son programme nucléaire, mais aucun progrès n’a été réalisé depuis et le second sommet, les 27 et 28 février à Hanoï, s’est soldé par un échec.

Selon le Centre d’études stratégiques et internationales de Washington, des images satellitaires réalisées le 12 avril montrent cinq wagons spéciaux à proximité du centre d’enrichissement d’uranium et du laboratoire de radiochimie de Yongbyon. « Dans le passé, ces wagons spéciaux semblent avoir été impliqués dans des mouvements de matières radioactives ou des campagnes de retraitement« , écrivent les auteurs du rapport.

« Les activités en cours, ainsi que leurs configurations,  n’excluent pas qu’ils participent à de telles activités, avant ou après une campagne de retraitement« , ajoute-t-ils.

« Comme il n’y a pas eu d’accord au sujet de Yongbyon à Hanoï, ce serait intéressant si quelque chose avait repris aussi vite après le sommet« , a quant à lui commenté Jenny Town, expert de la Corée du Nord et membre du Stimson Center, un autre cercle de réflexion américain.

Kim Jong-un s’est dit prêt mercredi à rencontrer à nouveau Donald Trump à condition que les États-Unis fassent preuve de plus de souplesse. Le mois dernier, Pyongyang avait fait savoir qu’une reprise des essais de missiles n’était pas exclue, malgré le moratoire décidé fin 2017.

Reuters 16/04/2019 à 21h25

Par David Brunnstrom, Jean-Philippe Lefief pour le service français

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/coree-du-nord-des-activites-suspectes-observees-sur-un-site-nucleaire-1b76457de8e79345d1a42393df60080f

Avr 17

LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE-SUR-LOIRE RESTE SOUS SURVEILLANCE RENFORCÉE

Toute proche de la Nièvre, la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) est placée depuis 2017 sous surveillance renforcée. Une mesure reconduite ce mercredi 17 avril par l’Autorité de sûreté nucléaire.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a annoncé ce mercredi 17 avril maintenir la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire sous surveillance renforcée. Elle doit encore améliorer ses pratiques en matière de sûreté, selon le communiqué de l’ASN.

La centrale de Belleville est installée au bord de la Loire, dans le département du Cher. Elle fait face à la commune de Neuvy-sur-Loire et à la Nièvre, sur l’autre rive du fleuve.

L’autorité a constaté que « l’état des installations et les pratiques en matière de sûreté se sont de manière générale améliorés en 2018 ». Cependant, l’autorité considère que ces « progrès » restent « à consolider » et que « les performances en conduite des installations doivent encore s’améliorer ».

Inspections supplémentaires

Le maintien sous surveillance renforcée se traduit notamment par « des inspections et des contrôles supplémentaires dans les domaines où l’exploitant doit progresser », précise l’ASN. 

L’Autorité de sûreté nucléaire avait décidé en septembre 2017 de placer sous surveillance renforcée la centrale de Belleville-sur-Loire, gérée par EDF, en raison d’une « dégradation du niveau de sûreté » constatée depuis l’année précédente sur le site. 

L’objectif était de faire progresser « de manière significative » les performances en matière de « détection » et de « traitement des écarts » ainsi qu’en « conduite des installations ». Il s’agissait aussi de parvenir à une amélioration de la « qualité des informations transmises à l’ASN ».

Par M. F. avec AFP, publié le 17/04/2019 à 15h29, mis à jour le 17/04/2019 à 15h40

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/centrale-nucleaire-belleville-loire-reste-surveillance-renforcee-1656726.html

Avr 17

DÉCHETS NUCLÉAIRES : «CIGÉO, C’EST LA SOLUTION LA PLUS MAUVAISE CAR ELLE N’EST PAS RÉVERSIBLE»

Alors que s’ouvre ce mercredi un débat sur l’avenir des déchets nucléaires, le physicien Bernard Laponche plaide pour ne pas se lancer dans des modes de stockage souterrain, comme programmé à Bure.

Lancé ce mercredi, le débat public sur le cinquième Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) se tiendra jusqu’à fin septembre. Selon l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), la France comptait 1,62 million de mètres cubes de déchets radioactifs fin 2017, issus à près de 60 % de l’industrie électronucléaire. Qu’en faire ? Entretien avec Bernard Laponche, physicien nucléaire, ancien du Commissariat à l’énergie atomique et cofondateur de l’association Global Chance.

Qu’attendre de ce débat ?

Global Chance et les autres ONG ont obtenu que soient mis sur la table certains grands sujets : que faire avec le combustible nucléaire irradié issu des réacteurs ? Faut-il le retraiter ? Comment entreposer les déchets ? Cela n’avait jamais été discuté. Mais ensuite, qu’en fera le gouvernement ? Le nucléaire connaît une crise inédite, technique et financière. Il est nécessaire de se demander si on s’entête avec une stratégie fixée dans les années 60 et qui risque de nous mener dans le mur, avec des réacteurs vieillissants et des déchets qui s’amoncellent.

Que pensez-vous du stockage géologique profond prévu à partir de 2035 avec le projet Cigéo, à Bure (Meuse) ?

D’abord, cela ne concerne qu’une partie des déchets, les plus radioactifs, or il y en a beaucoup d’autres (moyenne activité, faible activité…) qui s’accumulent un peu partout. Tout le monde est d’accord pour dire qu’il n’y a pas de solution satisfaisante. On nous dit que celle-ci est la moins mauvaise. Au contraire, c’est la plus mauvaise car elle n’est pas réversible. On ne peut pas imposer quelque chose d’irréversible aux générations futures, pendant des centaines de milliers d’années, tout en reconnaissant que la solution n’est pas satisfaisante. Imaginez qu’un seul colis radioactif enfoncé dans des alvéoles de 100 mètres de long à 500 mètres sous terre soit défaillant et fuite, on ne pourra pas le récupérer.

Quels sont les risques ?

Il y a d’abord la construction du projet et l’enfouissement des déchets, qui doit durer plus d’un siècle. N’importe quel industriel dira qu’avant de construire un projet de cette taille, surtout si c’est une première – il n’y a jamais eu d’enfouissement en profondeur de déchets radioactifs de cette importance, en particulier dans l’argile -, il faut d’abord faire un pilote industriel et le tester pendant assez longtemps, c’est-à-dire, dans le cas de ces déchets, entre cinquante et cent ans. Après tout, si Cigéo doit être là pour des millions d’années, on peut se donner un siècle pour décider. Alors que là, on se lance tête baissée dans un projet qui peut présenter des tas de problèmes. C’est d’une arrogance technique hallucinante. Par exemple, les colis de combustibles qui sont au fond des alvéoles émettent de l’hydrogène, qui peut exploser. Il faut donc une ventilation colossale, qui ne peut être interrompue qu’une dizaine de jours au maximum. Comment imaginer que sur plus d’un siècle il n’y aura pas d’interruption de la fourniture d’électricité alimentant cette ventilation, à cause d’un événement naturel ou d’une agression extérieure ? Et quid de séismes inattendus, comme récemment dans la région de Bordeaux ? Il y a aussi les risques d’incendie, d’inondations… C’est comme si on faisait Superphénix d’un coup, et en plus à 500 mètres sous terre. C’est de la folie.

Et une fois le puits rebouché, vers 2150 ?

On nous dit que cela tiendra des millions d’années. Or la roche n’est pas totalement imperméable. En Allemagne, dans l’ancienne mine de sel d’Asse, les parois s’effondrent et l’eau est contaminée. Les autorités allemandes tentent de retirer les déchets entreposés, ce qui va coûter des milliards d’euros. En France, les déchets chimiques très dangereux enfouis sur le site de Stocamine, en Alsace, menacent la plus grande nappe phréatique d’Europe depuis un incendie survenu dans les années 2000. Faut-il les récupérer ? Le gouvernement estime que ce serait trop cher. Enfin, si on fait Cigéo, je crains que cela crée un précédent pour les déchets radioactifs et chimiques dans les autres pays.

Ces déchets existent. Qu’en faire, alors ?

Les déchets radioactifs à haute activité sont aujourd’hui vitrifiés et stockés à sec, à La Hague, dans des silos ventilés. Avant d’aller à Cigéo, ils devraient de toute façon y rester au moins soixante ans pour être refroidis. Nous proposons, au terme de ces soixante ans, de les mettre dans une enveloppe en acier puis un conteneur en béton avant de les stocker en sub-surface, par exemple dans un hangar à flanc de colline protégé des agressions extérieures. Un endroit contrôlable et réversible, accessible et surveillé. On sait déjà faire ce stockage à sec pour le combustible irradié, la moitié des conteneurs utilisés aux États-Unis pour cela sont d’ailleurs fournis par Orano (ex-Areva). Parallèlement, on donnerait du temps aux physiciens pour proposer une solution satisfaisante. La science nucléaire a moins d’un siècle, le neutron a été découvert en 1938, il y a des découvertes en physique en permanence sur la structure du noyau, on peut bien donner 200 ou 300 ans de plus aux chercheurs pour trouver une solution.

De quel type ?

Il y a déjà des recherches en cours et il faut mettre le paquet dessus. D’abord, la transmutation : vous séparez le corps que vous voulez éliminer, par exemple le plutonium, et le bombardez avec des neutrons afin de réduire la durée de radioactivité. On sait le faire en laboratoire mais cela pose des problèmes sur le plan industriel. Et le Nobel de physique Gérard Mourou travaille sur un projet permettant de réduire la radioactivité des déchets nucléaires grâce au laser. En tout état de cause, le coût colossal de Cigéo serait très supérieur à l’option «stockage à sec en sub-surface plus recherche». L’Andra, le porteur du projet, l’a chiffré à 35 milliards d’euros. Il est probable que cela sera bien plus.

Faut-il sortir du nucléaire, alors ?

L’énergie nucléaire existe et peut-être qu’un jour on pourra l’utiliser de façon intelligente et sans danger, mais les réacteurs actuels, y compris l’EPR, avec leur risque intrinsèque et la production de déchets, cela ne vaut pas le coup ! En plus, on dispose maintenant de techniques de production d’électricité, l’éolien et le photovoltaïque, qui deviennent beaucoup moins chers que le nucléaire. Donc pourquoi s’obstiner ?

Le nucléaire est souvent présenté comme l’une des solutions incontournables pour lutter contre le changement climatique…

D’accord, cela émet peu de CO2 par rapport aux centrales à combustibles fossiles. Mais le risque d’accident majeur est réel et cela produit des rejets et des déchets radioactifs en fonctionnement normal. Alors qu’on a bien d’autres façons de réduire les émissions de CO2 : les économies d’électricité et les énergies renouvelables. Nous avons de la marge. La Californie consomme moins d’électricité par habitant que la France, car depuis 1975 elle a mis en place des programmes d’économies d’électricité, toutes tendances politiques confondues. On pourrait parfaitement se passer de nucléaire sans faire exploser nos émissions de gaz à effet de serre. Au niveau mondial, si on arrêtait demain le nucléaire pour le remplacer par le mix électrique actuel, les émissions n’augmenteraient que de 2%.

Par Coralie Schaub , publié le 16 avril 2019 à 18h46

https://www.liberation.fr/france/2019/04/16/dechets-nucleaires-cigeo-c-est-la-solution-la-plus-mauvaise-car-elle-n-est-pas-reversible_1721778

Avr 17

NUCLÉAIRE : QUE FAIRE DES MATIÈRES ET DÉCHETS RADIOACTIFS ?

Enfouissement, entreposage en piscine ou à sec…Un débat public sur la gestion des matières et déchets radioactifs, commence ce mercredi 17 avril pour six mois. Au-delà des controverses techniques, il ambitionne de poser les bases d’un débat sur un choix de société : quel héritage voulons-nous laisser aux générations futures ?

C’est un débat public hautement sensible qui s’ouvre ce 17 avril pour six mois. Jusqu’au 25 septembre, les citoyens sont invités à se prononcer sur la gestion des matières et déchets radioactifs. Un sujet complexe, symbole du clivage entre pro et antinucléaire. Et qui est particulièrement important dans un pays qui possède le deuxième parc de réacteurs au monde, avec 58 réacteurs en activité.

Ne pas se limiter aux questions techniques

Dans ce contexte, l’ambition du débat est de ne pas se limiter aux questions techniques. « Nous voulons donner une dimension plus complète du sujet, voir derrière ce que ça signifie pour la société« , explique à l’AFP Isabelle Harel-Dutirou, présidente de la commission qui l’organise. « L’un des sujets profonds de ce débat est la question d’éthique, de transmission, la question de la gestion des déchets sur du très long terme« , souligne-t-elle. Les déchets de haute activité et ceux de moyenne activité à vie longue peuvent en effet s’avérer radioactifs jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années.

Aujourd’hui, il n’existe pas de centre de stockage des matières les plus dangereuses. Les combustibles usés sont entreposés à l’usine de la Hague mais de manière non définitive. Certains sont en attente de retraitement. Pour les déchets les plus dangereux, une loi de 2006 a fait le choix d’un stockage géologique profond ayant donné naissance au projet d’enfouissement Cigéo, à Bure (Meuse). Mais celui-ci reste très controversé.

Le stockage profond, toujours controversé

Certains espèrent que le débat puisse remettre en cause le choix de l’enfouissement profond. Mais le dossier du ministère de la Transition écologique et de l’Autorité de sûreté nucléaire – maîtres d’ouvrage du 5ème Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) qui en découlera – parle pourtant de sa « mise en œuvre« , dans le respect du principe de réversibilité.

« Nous sommes contre l’enfouissement parce qu’on n’est pas convaincu sur la géologie, sur la façon d’exploiter, et surtout sur la réversibilité » promise jusque vers 2150, commente Yannick Rousselet, de Greenpeace. L’ONG, qui contrairement à l’association Sortir du nucléaire a fait le choix de participer au débat, prône un entreposage à sec juste sous la surface en attendant des avancées de la science vers une meilleure solution. « L‘argument qui dit ‘la science nous sauvera dans 20 ans’, je voudrais bien y croire, mais ça ne nous semble pas responsable de ne rien faire. Cigéo, c’est fondamentalement un choix éthique : considérer qu’on ne doit pas laisser aux générations futures le fait de se préoccuper des déchets d’aujourd’hui« , répond Soraya Thabet, directrice sûreté à l’Andra qui gère ce projet.

La question des combustibles usés toujours en débat

Le Plan 2019-2021 se penchera également sur la question des combustibles usés entreposés dans les piscines de refroidissement des centrales et à La Hague. Greenpeace les considère comme déchets, alors qu’ils sont classés comme matières susceptibles d’être réutilisées, la France ayant fait le choix du retraitement. « Vouloir imposer que ces matières soient des déchets, c’est tout simplement créer une incitation à ce qu’on ne développe pas la 4ème génération » de réacteurs (utilisant des combustibles MOX), répond Sylvain Granger, responsable de la gestion des déchets chez EDF. (NDLR : c’est exactement ça !) Une technologie qui n’est pas au stade du développement à ce jour. Autre controverse concernant ces matières : l’entreposage sous eau. Choisi par EDF et Orano (ex-Areva), cette technique est dénoncée par Greenpeace qui juge les piscines « vulnérables » aux attaques extérieures.

Pour éclairer le débat auquel les citoyens pourront participer, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) doit rendre dans quelques semaines deux expertises : l’une sur les capacités d’entreposage alors que La Hague risque d’arriver à saturation d’ici 2030, l’autre sur un état des lieux des recherches et solutions en matière d’entreposage et de stockage. En juillet, un rapport de la Cour des comptes est également attendu, cette fois sur le financement du cycle du combustible.

Source : Novethic / Afp    (17/4/2019)

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/nucleaire-que-faire-des-matieres-et-dechets-radioactifs-147157.html

Avr 17

LES 26 ET 27 AVRIL, MOBILISONS-NOUS POUR LES 33 ANS DE TCHERNOBYL, POUR INFORMER SUR LE RISQUE NUCLÉAIRE !

Cela fera bientôt 33 ans que la catastrophe écologique et sanitaire de Tchernobyl perdure. Autour du 26 avril, à l’occasion de la date anniversaire de l’accident, agissons partout en France pour exiger l’arrêt du nucléaire et la fermeture d’installations nucléaires vieillissantes, polluantes et dangereuses.

Les prolongations de réacteurs et d’usines nucléaires au-delà de 40 et 50 ans récemment annoncées par le gouvernement viennent rappeler que, plus que jamais, en France aussi, un accident nucléaire majeur est possible : pièces en fin de vie qui ne peuvent être remplacées, malfaçons sur de nombreux équipements pourtant cruciaux pour la sûreté, problèmes de maintenance découlant des économies réalisées par EDF et des cadences infernales imposées aux travailleur.ses sous-traitant.es… Prolonger des installations nucléaires vétustes, c’est rogner sur les marges de sûreté et c’est risquer l’accident, chez nous aussi.

Les 26 et 27 avril, les « Zones à évacuer » s’affichent autour des centrales

La zone concernée par les « Plans Particuliers d’Intervention » (territoire destiné à être évacué en cas d’accident) a récemment été élargie. Elle concerne désormais un périmètre de 20 km autour des centrales. Mais les personnes qui habitent et fréquentent cette zone sont-elles conscientes du danger permanent qui les guette ? Et celles qui habitent juste quelques centaines de mètres plus loin savent-elles qu’elles ne sont pas concernées par les mesures de protection (sachant qu’un panache radioactif ne reste pas sagement confiné dans un périmètre de 20 km) ?

Voici le principe de cette action proposée par Sortir du nucléaire Bugey :

 Identifiez si votre commune se situe à moins de 20 kilomètres de la centrale nucléaire la plus proche : ce rayon correspond au nouveau périmètre des PPI (Plans Particuliers d’Intervention).
Rendez-vous à l’entrée de la commune choisie, muni.es de pancartes « Zone à évacuer en cas d’accident nucléaire majeur », à positionner en-dessous des panneaux qui annoncent le nom de la commune (attention de ne pas recouvrir le nom de la commune).

Vous pouvez réaliser ces panneaux à la main sur du carton ou encore utiliser ce modèle de 80 cm de large à imprimer et assembler à partir de 8 feuilles A4 :

https://www.sortirdunucleaire.org/IMG/pdf/panneau-zone-a-evacuer.pdf

 Libre à vous d’imaginer les modalités de l’action : combinaisons blanches, mise en scène, venue de journalistes…
 N’oubliez pas de prendre en photo votre action : vous pourrez ensuite nous envoyer vos clichés et compte-rendu d’action à julien.baldassarra@sortirdunucleaire.fr
 Si vous avez besoin de coups de pouce, par exemple pour acheter le matériel nécessaire à la réalisation des pancartes, vous pouvez faire une demande de soutien financier ici.

L’objectif de cette action imaginée par SDN Bugey est de sensibiliser les personnes qui fréquentent les zones avoisinant les centrales nucléaires (élu.es, habitant.es, automobilistes) sur le danger permanent qui les guette.

Toute initiative est bonne à prendre, et vous pouvez nous proposer vos idées d’action sur http://sortirdunucleaire.org/Proposez-votre-evenement

Et pour consulter les actions déjà prévues dans la période du 26 avril, rendez-vous sur https://www.sortirdunucleaire.org/Agenda

Pour plus d’informations sur notre nouvelle campagne contre les prolongations et les nouvelles installations, rendez-vous sur https://www.sortirdunucleaire.org/Arretons-le

Avr 17

ISRAËL : UN EMPLOYÉ DU CENTRE DE RECHERCHE NUCLÉAIRE DE DIMONA SUSPECTÉ DE CORRUPTION

La justice a seulement révélé avoir placé en détention un cadre de Dimona pour des suspicions de corruption.

Lundi, la police a révélé qu’un employé important du centre de recherche nucléaire top secret d’Israël à Dimona était visé par une enquête pour une suspicion de corruption.

L’embargo interdisant de divulguer des détails concernant l’affaire a été partiellement levé pour révéler qu’une enquête sous couverture menée par des responsables de la Défense et la police d’Israël était en cours depuis deux mois, mais tous les autres détails ne peuvent pas être publiés.

Le défunt président Shimon Peres a joué un rôle clef dans l’obtention d’une capacité nucléaire pour Israël à la demande du Premier ministre, David Ben-Gurion.

Il a obtenu un accord secret avec la France qui a conduit à la construction d’un réacteur nucléaire autour de Dimona, à environ 50 kilomètres au sud de Tel Aviv, qui a commencé à opérer autour de 1962.

Vue satellite du réacteur nucléaire de Dimona (Crédit : Autorisation du gouvernement américain)

On estime qu’Israël a produit assez de plutonium militaire à Dimona pour armer entre 100 et 200 ogives nucléaires, selon l’Initiative sur la menace nucléaire basée aux États-Unis.

Jusqu’à présent, Israël n’a jamais reconnu disposer d’un arsenal nucléaire, préférant maintenir une politique « d’ambiguïté nucléaire » tout en promettant qu’il n’utilisera pas en premier des armes nucléaires au Moyen-Orient.

En septembre dernier, le chef de l’énergie atomique d’Israël a déclaré lors d’un forum international que le pays avait renforcé ses capacités nucléaires à la lumière des menaces incarnées par l’Iran et le Hezbollah.

Ces commentaires étaient très inhabituels pour Israël, qui préfère généralement garder le silence sur ses activités nucléaires.

Le réacteur nucléaire de Dimona a été au cœur d’une polémique importante dans le passé.

En 1986, Mordechai Vanunu, qui avait travaillé comme technicien à l’usine entre 1976 et 1985, a révélé des preuves accablantes de l’existence du programme nucléaire d’Israël au quotidien britannique Sunday Times, des dizaines de photographies à l’appui, permettant aux experts nucléaires de conclure qu’Israël avait produit au moins 100 ogives nucléaires.

Il avait ensuite été enlevé à Rome par des agents israéliens et transféré en secret en Israël où il a été jugé et condamné pour trahison. Il a passé 18 ans en prison, dont plus de 11 ans en confinement, avant sa libération en 2004.

Par Times of Israel Staff, le 16 avril 2019 à 10h23

https://fr.timesofisrael.com/un-employe-du-centre-de-recherche-nucleaire-de-dimona-suspecte-de-corruption/

Avr 17

LA STRATÉGIE DU CHAOS DIRIGÉ

Comme un rouleau compresseur, les États-Unis et l’Otan étendent au monde la stratégie Rumsfeld / Cebrowski de destruction des structures étatiques des pays non-intégré à la globalisation économique. Pour ce faire, ils utilisent les Européens auxquels ils font croire à une prétendue « menace russe ». Ce faisant, ils encourent le risque de provoquer une guerre générale.

Tous contre tous : c’est l’image médiatique du chaos qui fait tache d’huile sur la rive sud de la Méditerranée, de la Libye à la Syrie. Situation devant laquelle même Washington semble impuissant. En réalité Washington n’est pas l’apprenti sorcier incapable de contrôler les forces mises en mouvement. C’est le centre moteur d’une stratégie —celle du chaos— qui, en démolissant des États entiers, provoque une réaction en chaîne de conflits à utiliser selon l’antique méthode du « diviser pour régner ».

Sortis vainqueurs de la Guerre froide en 1991, les USA se sont auto-proclamés « le seul État avec une force, une portée et une influence en toute dimension —politique, économique et militaire— réellement mondiales », se proposant d’ « empêcher qu’une quelconque puissance hostile ne domine une région —l’Europe Occidentale, l’Asie Orientale, le territoire de l’ex-Union Soviétique et l’Asie Sud-Occidentale (le Moyen-Orient)— dont les ressources suffiraient à générer une puissance mondiale ».

Depuis lors les États-Unis et l’Otan sous leur commandement ont fragmenté ou démoli par la guerre, un à un, les États considérés comme un obstacle au plan de domination mondiale —Irak, Yougoslavie, Afghanistan, Libye, Syrie et autres— tandis que d’autres encore (parmi lesquels l’Iran et le Venezuela) sont dans le viseur.

Entre dans la même stratégie le coup d’État en Ukraine sous conduite des USA et de l’Otan, afin de provoquer en Europe une nouvelle Guerre froide pour isoler la Russie et renforcer l’influence des États-Unis en Europe.

Pendant qu’on concentre l’attention politico-médiatique sur le conflit en Libye, on laisse dans l’ombre le scénario de plus en plus menaçant de l’escalade de l’Otan contre la Russie. La réunion des 29 ministres des Affaires étrangères, convoquée, le 4 avril, à Washington pour célébrer les 70 ans de l’Alliance, a réaffirmé, sans aucune preuve, que « la Russie viole le Traité FNI en déployant en Europe de nouveaux missiles à capacité nucléaire ».

Une semaine plus tard, le 11 avril, l’Otan a annoncé que « la mise à jour » du système états-unien Aegis de « défense anti- missile », basé à Deveselu en Roumanie, sera effectuée cet été, assurant que cela « ne fournira aucune capacité offensive au système ».

Ce système, installé en Roumanie et en Pologne, ainsi qu’à bord de navires, peut au contraire lancer non seulement des missiles intercepteurs mais aussi des missiles nucléaires. Moscou a averti : si les USA déploient en Europe des missiles nucléaires, la Russie déploiera sur son propre territoire des missiles analogues pointés sur les bases européennes. En conséquence, la dépense de l’Otan pour la « défense » s’accroît : les budgets militaires des alliés européens et du Canada augmenteront, en 2020, de 100 milliards de dollars.

Les ministres des Affaires étrangères, réunis à Washington, le 4 avril, se sont engagés en particulier à « affronter les actions agressives de la Russie en mer Noire », en établissant de « nouvelles mesures de soutien à nos proches partenaires, Géorgie et Ukraine ».

Le jour suivant, des dizaines de navires et de chasseurs-bombardiers des États-Unis, du Canada, de la Grèce, des Pays-Bas, de la Turquie, de la Roumanie et de la Bulgarie ont commencé en mer Noire un exercice Otan de guerre aéronavale à la limite des eaux territoriales russes, en se servant des ports d’Odessa (Ukraine) et de Poti (Géorgie). Simultanément plus de 50 chasseurs-bombardiers des États-Unis, d’Allemagne, du Royaume-Uni, de France et des Pays-Bas, décollant d’un aéroport hollandais et approvisionnés en vol, s’exerçaient à des « missions aériennes offensives d’attaque contre des objectifs sur terre ou en mer ». Des chasseurs-bombardiers Eurofighter italiens seront par contre envoyés par l’Otan patrouiller de nouveau sur la région baltique contre la « menace » des avions russes.

La corde est de plus en plus tendue et peut se rompre (ou être rompue) à tout moment, en nous entraînant dans un chaos bien plus dangereux que celui de la Libye.

Par  Manlio Dinucci, Réseau Voltaire | Rome (Italie) |  le 16 avril 2019

Source : Il Manifesto (Italie), Traduction : Marie-Ange Patrizio

Photo: Le président roumain, Klaus Iohannis, déclare ouvertes les manœuvres de l’Otan « Bouclier de la mer 2019 ».

https://www.voltairenet.org/article206092.html

Avr 16

TANT QUE LES CHOIX DE POLITIQUE ÉNERGÉTIQUE SERONT VERROUILLÉS, NOUS NE PARTICIPERONS PAS AUX DÉBATS PUBLICS SUR LES DÉCHETS RADIOACTIFS

Le débat public sur le Plan National de Gestion des Déchets et Matières Radioactives s’ouvre demain. Estimant que les conditions ne sont pas réunies pour cela, nous annonçons notre volonté de ne pas y participer.

En vertu d’une obligation légale récente [1], le Plan National de Gestion des Matières et Déchets Radioactifs (PNGMDR) doit être soumis au débat public. Mais pour nous, débattre n’a pas de sens si les choix sur ce sujet sont déjà verrouillés.

À quoi bon débattre des options de gestion de ces substances ingérables, si la seule solution réellement existante, à savoir l’arrêt de leur production, est exclue par les pouvoirs publics ? Contre l’avis des citoyens, la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie a déjà acté la prolongation de quasiment tous les réacteurs au-delà de 50 ans et le déploiement d’une nouvelle génération de centrales. Un tel choix nous impose des décennies d’accumulation de nouveaux déchets et matières radioactifs. Il est indécent de nous demander de participer à leur cogestion.

Par ailleurs, quels que soient les efforts de la Commission Particulière du Débat Public pour mettre en discussion l’ensemble des sujets et solliciter une expertise pluraliste, il n’existe aucun mécanisme contraignant qui garantisse la prise en compte des conclusions. Et tant sur la production de déchets que sur les modes de gestion actuels et futurs, la feuille de route est tracée depuis des décennies, tant pour l’Andra que pour les décideurs. Dès lors, il ne s’agit pas d’un rendez-vous démocratique ; comment ce débat pourrait-il être autre chose qu’une opération de sensibilisation à la problématique des déchets, voire de communication ?

Réaffirmant son soutien à Cigéo, la secrétaire d’État Emmanuelle Wargon a ainsi déclaré « À la question sur la bonne manière de gérer les déchets les plus radioactifs, on va retomber sur la solution qui est développée ici » [2] ? Quant à la poursuite du « retraitement » du combustible usé, elle est déjà inscrite dans la PPE, ainsi que la généralisation de l’utilisation de combustible MOX !

L’expérience a malheureusement montré qu’en matière de nucléaire, les débats publics n’ont jamais permis de remettre en question des projets déjà décidés ailleurs, qu’il s’agisse des débats sur les déchets de 2005 et 2013 ou de celui sur l’EPR de Flamanville en 2007. Ce constat avait même mené trois membres de la CPDP à se désolidariser des conclusions en 2013.

Pour nous, il n’est pas envisageable de jouer le jeu d’une pantomime démocratique où les associations et les citoyens ne sont consultés que pour la pure forme et où les décideurs s’assoient sur leurs avis. Au vu de la position du gouvernement lors du « grand débat », ne tentera-t-il pas d’utiliser cette séquence pour essayer de donner un vernis démocratique et participatif à la mise en œuvre de projets imposés ? Nous refusons de servir de caution à cela.

Enfin, il nous semblerait surréaliste de débattre sagement alors que le mouvement d’opposition à Cigéo subit une répression violente et une surveillance permanente. Nous rappelons que le fonctionnement de nos associations et collectifs est entravé au quotidien par le contrôle judiciaire absurde qui frappe plusieurs d’entre nous.

Pour toutes ces raisons, malgré les sollicitations de la CPDP, nous ne participerons pas à cette procédure *. Pour autant, nous aurons maintes occasions de nous exprimer sur le scandale des déchets radioactifs, et ne manquerons pas de le faire.

Contacts presse :

– Pour le CEDRA 52 : Jacques Leray – 06 81 31 17 36– Pour le Réseau « Sortir du nucléaire » : Philippe Guiter – 06 77 35 53 03

– Pour l’association des Élus Opposés à l’enfouissement des Déchets Radioactifs (EODRA) : Jean-Marc Fleury – 06 16 27 14 91

Notes :

* Si en tant qu’organisation nationale, le Réseau « Sortir du nucléaire » a fait le choix de ne pas participer à cette procédure, il revient à chacun de ses groupes locaux et sympathisants de déterminer eux-mêmes, à leur niveau, comment ils souhaitent se positionner et agir pour dénoncer le scandale de la production des déchets radioactifs.

[1] En vertu d’une ordonnance du 3 août 2016, tous les plans d’envergure nationale doivent maintenant faire l’objet d’un débat public.

[2] Emmanuelle Wargon, secrétaire d’État à la transition écologique interrogée par Europe 1 le 26 janvier 2019.

Communiqué commun BureStop55, CEDRA 52, EODRA, MIRABEL-Lorraine Nature Environnement, Meuse Nature Environnement, Réseau « Sortir du nucléaire » – publié le 16 avril 2019

https://www.sortirdunucleaire.org/Nos-communiques-de-presse

Avr 16

EDF : POURQUOI L’ÉTAT VEUT GARDER LA MAIN SUR LE NUCLÉAIRE

Le groupe va bientôt plancher sur la réorganisation de sa structure. L’État envisage de renforcer sa participation au capital en lien avec les enjeux et risques particuliers de l’activité nucléaire. Une volonté logique pour un expert du marché énergétique.

Vers un nouveau EDF dans les prochains mois ? Le comité de la stratégie du conseil d’administration d’Électricité de France abordera en effet fin mai les projets d’évolution de la structure du groupe.

Il doit normalement aborder la question de la structure du groupe, mais ne devrait pas être décisionnaire, a précisé l’une de ces sources. Un point d’étape sera ensuite présenté le 7 juin à des cadres supérieurs d’EDF puis le 20 juin aux syndicats, selon des sources concordantes.

Cette revue a été initiée par l’État actionnaire (à hauteur de 83,6%) qui entend à la fois modifier la structure de l’entreprise pour la rendre plus agile tout en conservant la haute main sur les activités liées au nucléaire.           

L’idée est notamment de permettre à l’entreprise, par ailleurs lourdement endettée, de pouvoir continuer à investir dans l’activité nucléaire sur le long-terme. Une nouvelle structure de tête, qui « ne serait pas forcément à 100% publique », accueillerait le nucléaire et sa commercialisation sur le marché du gros, tandis qu’une « société fille » porterait la vente auprès des clients, particuliers et professionnels, ainsi que les participations dans les réseaux, RTE et Enedis.

« L’énergie nucléaire est une industrie d’État plus qu’une industrie de marché »

Pour Nicolas Goldberg, expert énergie au sein du cabinet Colombus Consulting, le plan de l’État est logique. « L’ouverture du marché de l’énergie est le péché originel. Lorsque l’État a acté l’ouverture du marché de l’électricité, EDF a changé de statut pour devenir une société anonyme, à laquelle ont été transférés des actifs amortis. Les centrales nucléaires dont le groupe nouvellement ouvert à la concurrence a hérité étaient déjà construites. Cela a faussé le marché, car EDF, par son accès à l’approvisionnement nucléaire amorti, était beaucoup plus compétitive dès le premier jour de l’ouverture du marché ».

« Jusqu’à présent, grâce à son parc nucléaire amorti, faire tourner ses réacteurs coûtait peu cher à EDF, mais on arrive aujourd’hui à la fin d’un cycle industriel. Il faut construire de nouveaux réacteurs si l’on veut maintenir la production à flot. Or, si l’on veut de nouveaux réacteurs, et c’est que souhaite l’État, il faut le soutien financier de ce dernier. L’État n’envisage pas d’autres acteurs qu’EDF pour le faire, il vaut donc mieux avoir la main dessus. Dans les faits, c’est déjà le cas. On s’apprête simplement à mettre en place une structure publique qui soutiendrait la construction de nouveaux réacteurs », souligne le spécialiste.

Et de poursuivre : « L’énergie nucléaire est une industrie d’État plus qu’une industrie de marché. C’est cela le facteur déterminant de la reprise par l’État. L’État ne veut pas le perdre, quitte à soutenir la filière française avec des aides publiques. (NDLR: tiens, je croyais que l’État n’avait plus d’argent.) L’État veut ramener un secteur stratégique dans son giron. C’est une stratégie politique, plus qu’une vision commerciale ».

Par Jérémy BRUNO, publié le 16/04/2019 à 06h14

https://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprises/edf-pourquoi-l-etat-veut-garder-la-main-sur-le-nucleaire-1673738.html

Avr 16

FLAMANVILLE : D’UN HORS DROIT À UN HORS-JEU

Malgré deux arrêts fort bienveillants (c’est un euphémisme) rendus par le Conseil d’État pour valider les décisions prises par l’État de prolonger, de toute force, la validité de l’autorisation initiale de la centrale de Flamanville, le droit pourrait bien rattraper enfin le fait et sanctionner un fiasco technique et financier inimaginable.

Le Conseil d’État aurait pu, à deux reprises, mettre un terme à une situation financièrement intenable, juridiquement très contestable et techniquement dangereuse. La première occasion lui était fournie par la prorogation pour trois ans de la durée de validité du décret du 10 avril 2007 autorisant la création de l’EPR de Flamanville. En effet, un décret en date du 23 mars 2017 avait porté de 10 à 13 ans le délai de mise en service de la centrale. Le recours porté devant le conseil d’État contre ce décret soutenait qu’une nouvelle autorisation était nécessaire compte tenu des modifications substantielles intervenues. L’article L. 593-14 du code de l’environnement précise en effet qu’une nouvelle autorisation est requise en cas de modification substantielle d’une iNB, de ses modalités d’exploitation autorisées ou des éléments ayant conduit à son autorisation. Dans cette première décision (Conseil d’État, 28 mars 2018, req n°410782), le conseil d’État, a jugé (dans sa plus petite formation–ce qui est une anomalie pour une affaire de cette importance) que les « les changements invoqués qui seraient intervenus  dans la conduite des travaux depuis l’autorisation de création de l’installation en cause s’agissant notamment du combustible qu’il est prévu d’utiliser, du coût du projet, de la demande énergétique et des conditions générales de sécurité ainsi que des anomalies découvertes dans la composition de l’acier utilisé pour certaines parties de la cuve du réacteur soient de nature à constituer une modification substantielle de l’installation. » Cette formulation appelle plus qu’à la réflexion quand on sait les malversations intervenues dans la fabrication de l’acier, les très grandes réserves de l’autorité de sûreté nucléaire, contrainte en octobre 2017 de ne pas bloquer le processus à la condition d’un changement de couvercle du réacteur en 2024, les nombreuses transformations intervenues sur un projet passé de 3 à 11 milliards, bloqué à plusieurs reprises notamment en raison des faiblesses du béton avant même que ne soit en cause le réacteur lui-même. Le Conseil d’État aurait pu a minima annuler le décret en ce qu’il ne prévoyait pas de prescriptions particulières comme le permet l’alinéa 2 de l’article L. 593-14. Il ne l’a pas fait et a couvert cette prolongation sans condition, prenant ainsi une part de la responsabilité du fiasco inéluctable vers lequel nous allons.

Errare humanum est, perseverare diabolicum. Une seconde décision était rendue le 11 avril 2019, au moment même où par un hasard de calendrier plein d’humour, l’IRSN et le groupement d’experts conduisaient l’autorité de sûreté nucléaire à confirmer que huit soudures situées à l’intérieur du bâtiment réacteur entre deux enceintes de confinement n’étaient pas conformes aux exigences de sûreté. Dans cette seconde décision, rendue toujours en formation minimaliste, Le conseil d’État rejetait une requête tendant à voir abroger le décret du 10 avril 2007 (Conseil d’État, 11 avril 2019, req n°413548). Dans cette deuxième affaire, dans laquelle les associations demandaient au Conseil d’État d’abroger l’autorisation donnée par le décret du 10 avril 2007 au motif que les conditions fixées par l’article L. 593-7 du code de l’environnement n’étaient plus remplies tant en ce qui concerne les capacités techniques et financières de l’exploitant qu’en ce qui concerne la protection des intérêts en cause, le conseil d’État a rejeté la requête. Une fois de plus, il a considéré que les anomalies techniques, liées notamment à la construction du radier, à la fabrication du liner de l’enceinte de confinement, les anomalies décelées dans la composition de l’acier ne remettaient pas en cause les conditions initiales de l’autorisation. On peut sans doute considérer que chacune des anomalies pourrait être insuffisantes mais c’est le cumul des anomalies qui remet en cause l’autorisation. Le conseil d’État ne l’a pas entendu ainsi et de surcroît a considéré « que la situation financière d’EDF dont l’endettement financier net est évaluée à 33 milliards d’euros 31 décembre 2017 de caractériser par une incapacité de l’exploitant mener à bien son projet ». Et pourtant, où sont les capacités financières d’un établissement endetté à ce point si ce n’est dans la subvention de l’État laquelle est désormais bloquée par l’union européenne au titre des aides d’État. Cette situation est également à l’origine de la hausse exponentielle du prix de l’électricité à laquelle l’État ne peut plus renoncer.

Malgré ces contorsions juridiques destinées à sauver une autorisation qui aurait dû être abrogée éventuellement totalement refaite, la cavalerie est en train de rattraper le soldat EPR.

En effet, et tout d’abord la prolongation de la validité de l’autorisation n’a été faite que jusqu’en mars 2020 c’est-à-dire dans 10 mois. Si, l’État voulait une fois encore prolonger cette validité, la situation juridique serait beaucoup plus délicate que la première fois et les dispositions de la directive 2014/87 Euratom du conseil du 8 juillet 2014 pourraient empêcher ce tour de passe-passe.

De plus et surtout, la question des huit soudures non conformes dont la réparation a été exigée à l’unanimité par le groupe permanent d’experts sur les équipements sous pression nucléaire, repoussera de 2 ans au moins la mise en service de Flamanville 3. Ce délai avancé par EDF paraît très optimiste aux spécialistes du secteur. Il renvoie de toute façon en 2021 la mise en service virtuelle du réacteur EPR

Or, ces huit soudures se trouvent dans une partie difficile d’accès qui, d’après Yves Marignac, directeur de Wise Paris, ouvre une alternative aussi catastrophique pour EDF dans l’une de ses branches que dans l’autre. La première est de casser les enceintes et de sortir l’élément traversant, de refaire les soudures et de replacer cet élément. On imagine les risques, les coûts et les exigences de sûreté correspondantes. La seconde est de faire les soudures sur place ce qui est extrêmement difficile sur le plan technique et nécessite « des études des qualifications de procéder à des essais sur maquette grandeur nature parce qu’il ne faudra pas que les opérateurs se loupent en détaillant les éléments irremplaçables » (Y Marignac). En toute logique, il faudrait prendre acte aujourd’hui de cette situation et arrêter les frais qui s’élèvent déjà à 11 milliards d’euros. Continuer va avoir un coût astronomique pour un réacteur qui peut-être ne démarrera jamais.

Mais, il n’y a pas de rationalité dans la gestion du nucléaire français.

Pour mettre en place une solution technique, et partant juridique, Il faut bien comprendre que ce qui est en cause est le principe même de base de l’autorisation de création à savoir des tuyauteries, qu’il s’agisse des générateurs de vapeur des turbines et de manière générale de tout l’acier qui vise « l’exclusion de rupture ». Cela signifie que les pièces ne peuvent pas rompre mais, il semblerait que les sous-traitants n’aient pas été informés de ce principe d’exclusion de rupture. En 2017, l’ASN était informée par EDF que 66 soudures ne remplissaient pas les critères de « haute qualité » et parfois même les critères standards. Pour Monsieur Charles, directeur général adjoint de l’IRSN : « le niveau de qualité n’est pas là. On n’a pas un haut niveau de confiance dans ce qui a été fait. On parle de sûreté nucléaire il n’y a pas d’autre possibilité que de tout remettre en conformité ». (Voir Reporterre 12 avril 2019).

Ainsi, dans un cas comme dans l’autre, et en appliquant la jurisprudence très bienveillante du Conseil d’État sus rappelée, l’État ne pourra faire l’économie d’une nouvelle autorisation. Il y a bien en effet une modification substantielle de l’installation du fait de la modification des conditions générales de sûreté ou a minima des modifications notables au sens de l’article L. 593-15 justifiant une nouvelle autorisation. Or, une nouvelle autorisation serait soumise aux dispositions de l’article 8 bis de la directive 2014/87/Euratom du conseil du 8 juillet 2014 sur la sécurité nucléaire qui ne permet pas la délivrance d’une autorisation pour un réacteur ne permettant pas « d’éviter les rejets radioactifs de grande ampleur qui imposerait des mesures de protection qui ne pourrait pas être limitée dans l’espace et dans le temps. »

Il va de soi que la délivrance d’une nouvelle autorisation qui serait sollicitée sur la base d’un nouveau dossier, d’une procédure d’enquête publique remettrait une mise en service, à supposer qu’elle soit possible sur le plan technique, bien au-delà de 2021. Et c’est donc tout l’édifice qui est susceptible de s’effondrer puisque le lancement de nouveaux EPR est subordonné à la mise en service de Flamanville et devrait se faire, dans l’esprit de « nos grands stratèges », dinosaures du monde énergétique aujourd’hui converti au renouvelable, en 2021 après la mise en service de Flamanville.

Quant au Flamanville britannique, Hinckley Point, qui a déjà commencé à prendre du retard en se plaçant ainsi sur les pas de son grand frère, qui est déjà menacé en cas de Brexit en raison du départ la Grande-Bretagne d’Euratom, il ne survivrait sans doute pas à un retard supplémentaire de trois ou quatre ans d’une mise en service de Flamanville, en l’état hypothétique.

Cette histoire a une morale. On peut tordre le bras du droit… On peut contourner dans un pays comme la France, car ce n’est pas vrai partout dans le monde, des dysfonctionnements techniques graves… On peut multiplier par quatre le coût d’un investissement finalement payé par le contribuable… On peut même être dans le déni d’un fiasco technologique en essayant de le faire passer pour une prouesse industrielle. Mais le jour où la machine se bloque, où le droit ne peut plus être contourné, ou l’accumulation des faiblesses techniques ne parait plus pouvoir être couverte, c’est tout le système qui explose. Il n’y a pas de demi-mesure. C’est bien cela quoi nous pourrions assister pour le plus grand malheur des contribuables français dans les années qui viennent. Mais, à tout le moins, on peut préférer un Crédit Lyonnais à la puissance X, à un accident nucléaire majeur.

Par Corinne LEPAGE, Avocate à la Cour, (Huglo Lepage Avocats),

Publié le 15 avril 2019

http://www.huglo-lepage.com/2019/04/15/flash-actu-hla-flamanville-dun-hors-droit-a-un-hors-jeu/

Avr 16

EDF BIENTÔT PARTIELLEMENT RENATIONALISÉE ?

Le gouvernement français prépare une renationalisation partielle des activités nucléaires d’EDF. Une opération qui pourrait intervenir dès 2021.

Alors que les députés ont adopté la loi Pacte, autorisant la privatisation du groupe Aéroports de Paris (ADP), le Parisien annonce aujourd’hui qu’EDF pourrait prendre le chemin inverse. Selon les informations du quotidien, Emmanuel Macron s’apprête à donner son feu vert pour une renationalisation, au moins partielle, des activités nucléaires d’EDF. Un bond en arrière pour l’entreprise française alors qu’elle avait été privatisée en 2004 par Jean-Pierre Raffarin pour anticiper l’ouverture des marchés de l’énergie.

Sortir EDF du piège de la dette

La décision de l’Élysée, actionnaire à 83,7% d’EDF, a pour but d’isoler le risque financier que représente le nucléaire et de mieux contrôler les prix de vente de l’électricité. Elle doit également permettre de sortir EDF du gouffre que représente sa dette, qui s’élève à 37 milliards d’euros, et d’anticiper les nombreux investissements à venir, estimés à 100 milliards d’euros d’ici 2030 pour moderniser le parc nucléaire. (NDLR : privatiser les profits comme Aéroport de Paris et nationaliser les dettes comme EDF, on commence à être habitués !)

Lire aussi Comment EDF a englouti une fortune en Suisse

Le projet porté par Emmanuel Macron a été baptisé Hercule. Selon le Parisien, EDF a déjà mandaté plusieurs banques comme la Société générale, JP Morgan, UBS, Oddo ou encore Natixis pour plancher sur une scission du groupe et isoler les activités nucléaires dans une entité à part et publique. La renationalisation de ces activités ne sera cependant pas complète en raison du coût trop important de l’opération pour l’État, qui doit encore déterminer la part des activités nucléaires qui seront transférée dans la nouvelle entité publique.

Objectif 2021

Pour le moment cette nouvelle structure devrait accueillir le nucléaire et sa commercialisation sur le marché du gros avec une possibilité d’y ajouter les barrages hydrauliques. Hercule pourrait être lancé dès le 28 mai, soit deux jours après les élections européennes. Une date qui correspond également à une réunion du Comité de la stratégie du Conseil d’administration chargé de donner son avis sur les grandes orientations du groupe. Un Comité au sein duquel siègent Jean-Bernard Lévy, le PDG d’EDF et Martin Vial, commissaire aux participations de l’État ainsi que des représentants syndicaux.

Lire aussi EDF : très importante hausse des tarifs de l’électricité attendue en juin !

Les modalités de la réorganisation devraient quant à elles être présentées dès le 7 juin aux 200 tops managers puis le 20 juin aux organisations syndicales. Le but : finaliser la proposition d’entreprise d’ici la fin de l’année pour une présentation à Bruxelles en 2020 et mise en œuvre prévue 2021.

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-bientot-partiellement-renationalisee-1335201

Avr 15

CONCESSIONS HYDRAULIQUES : LA FRANCE FAIT BARRAGE À L’UE

À l’heure du marché concurrentiel de l’énergie souhaité par Bruxelles, la France a longtemps tenté de freiner cette ouverture à la concurrence. Elle devra, à l’horizon 2023, renouveler les contrats de nombreuses concessions.

C’est un serpent de mer, mais qui serait allé piquer une tête dans nos rivières. Depuis la fin des années 2000, la Commission européenne n’a de cesse de rappeler la France à l’ordre pour qu’elle ouvre à la concurrence son parc de barrages hydroélectriques (première source d’électricité renouvelable en France). Si l’État en est propriétaire, ce parc est aujourd’hui exploité à plus de 80 % par EDF – avec 433 barrages – via des contrats de concessions.

150 concessions arrivent à échéance

Problème : d’ici à 2023, les contrats d’environ 150 concessions sur 400 arriveront à échéance. Jusqu’ici la législation française autorisait le renouvellement ou la prolongation de certains de ces contrats sans recourir à des appels d’offres. Mais à l’heure du marché concurrentiel de l’énergie, Bruxelles ne veut plus en entendre parler. Et demande à la France, mais également à l’Autriche, l’Allemagne, la Pologne, le Portugal, la Suède, l’Italie ou encore le Royaume-Uni, de se mettre au pas.

LIRE AUSSI > L’Élysée reprend la main sur le nucléaire

Une lettre de mise en demeure a été envoyée à chacun de ces États membres début mars. Ils disposent de deux mois, jusqu’à fin avril donc, pour répondre aux arguments avancés par la Commission. Et si l’État français et EDF freinaient jusqu’à maintenant des quatre fers pour remettre en concurrence des barrages dont ils s’occupaient parfois depuis plusieurs décennies, l’épineux dossier à venir de la réorganisation d’EDF risque de peser dans les négociations. Et le groupe sera bien forcé de faire quelques concessions, hydrauliques ou pas. (NDLR : et si la France refusait tout simplement, que se passerait-il ? Si les pays concernés en faisaient autant, que pourrait la commission ?Osons !! La gestion des débits de nos fleuves et rivières est vitale pour celle de notre énergie électrique. Pas de concessions s’il vous plaît.)

Par Erwan Benezet, publié le 15 avril 2019 à 7h47

http://www.leparisien.fr/economie/concessions-hydrauliques-la-france-fait-barrage-a-l-ue-15-04-2019-8053380.php

Avr 15

FUKUSHIMA : DÉBUT D’UNE NOUVELLE OPÉRATION DÉLICATE

Tepco, opérateur de la centrale accidentée de Fukushima, a débuté le retrait du combustible stocké dans la piscine du réacteur 3, un des plus endommagés, une opération délicate qu’il a plusieurs fois reportée et qui prendra environ deux années.

C’est la deuxième fois que sera entreprise une telle manipulation qui débutera ce lundi 15 avril 2019, la piscine du réacteur 4 ayant déjà été vidée entre fin 2013 et fin 2014, mais l’état général du réacteur en question était différent: le cœur du numéro 4, contrairement au numéro 3, n’était pas entré en fusion puisqu’il était vide. Le bassin de désactivation et refroidissement du réacteur 3 contient 566 assemblages de combustible nucléaire, pièces volumineuses de plusieurs mètres de long qui doivent être sorties avant que ne puissent se poursuivre les autres tâches dans le bâtiment qui a subi une importante explosion.

De nombreux déchets

Le bâtiment du réacteur 3, qui fonctionnait en partie au combustible recyclé Mox, avait été transformé après l’accident en une forêt de ferraille en vrac. Il a fallu d’abord tout dégager et la piscine, située en hauteur, était aussi pleine de déchets divers. Des équipements spéciaux, notamment une grue, ont été installés ensuite pour pouvoir sortir un à un les assemblages. Toutefois, les préparatifs ont pris beaucoup plus de temps que prévu initialement.

« Nous pensions au départ pourvoir débuter le retrait fin 2014, mais il y avait beaucoup de détritus et nous avons dû agir prudemment en raison de la radioactivité« , a expliqué à l’AFP une porte-parole de Tokyo Electric Power (Tepco). Le retard est aussi dû à la chute d’un équipement dans la piscine. Selon Tepco, « le combustible n’a pas subi de très gros dommages« , ce qui en théorie facilite le travail.

Encore des années de travaux

Dans un premier temps, Tepco commence par retirer les sept assemblages non utilisés, ceux qui présentent en théorie le moins de risques. La suite des opérations sera plus longue. Le retrait du combustible des piscines des réacteurs 1 et 2, les deux autres unités dont les cœurs sont entrés en fusion, ne devrait quant à lui pas débuter avant 2023. La piscine 1 en contient 392 assemblages et la piscine 2 en compte 615.

La centrale Fukushima Daiichi, située à quelque 220 kilomètres au nord-est de Tokyo, avait été inondée le 11 mars 2011 par un gigantesque tsunami consécutif à un puissant séisme au large. L’alimentation électrique des circuits de refroidissement avait été coupée, entraînant la fusion des cœurs de trois des six réacteurs du site, puis de violentes explosions en raison de l’accumulation d’hydrogène par réaction chimique dans le bâtiment couvrant les unités et où se trouvent les piscines.

Par AFP le 15.04.2019 à 08h13

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/fukushima-debut-d-une-nouvelle-operation-delicate_132983

Avr 15

EDF : LE CONSEIL VA EXAMINER SA RÉORGANISATION LE 28 MAI

PARIS, 15 avril (Reuters) – EDF va lancer sa réorganisation le 28 mai, avec la réunion du comité de la stratégie de son conseil d’administration qui se penchera sur une renationalisation partielle des activités nucléaires du groupe, rapporte Le Parisien lundi.

Selon le quotidien, cette date a été confirmée par Martin Vial, dirigeant de l’Agence des participations de l’État (APE) et par le cabinet du ministre de l’Économie.

Le projet de réorganisation sera ensuite présenté le 7 juin aux 200 hauts dirigeants de l’entreprise puis le 20 juin aux organisations syndicales.

En novembre 2018, le président Emmanuel Macron avait annoncé que l’État allait réfléchir au renforcement de sa participation au capital d’EDF en lien avec les enjeux et risques particuliers de l’activité nucléaire.

Il avait alors demandé au groupe de revoir son modèle pour garantir le financement de ses activités, pouvant entraîner une montée de l’État à son capital.

Personne n’était disponible dans l’immédiat auprès de l’APE, tandis qu’EDF s’est refusé à tout commentaire

NOTE: Ces informations n’ont pas été vérifiées par Reuters, qui ne garantit pas leur exactitude. (Pascale Denis et Geert De Clercq, édité par Benoît Van Overstraeten)

Reuters Staff, publié le 15 avril 2019 à 08h36

https://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL5N21X0Z2

Avr 15

TÉHÉRAN DEMANDE DES EXPLICATIONS APRÈS DES PROPOS DE GÉRARD ARAUD

LONDRES, 14 avril (Reuters) – Les autorités iraniennes ont condamné dimanche des propos tenus sur Twitter par l’ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud, qui remettaient en question le droit pour Téhéran d’enrichir de l’uranium après 2025.

En vertu du Plan global d’action commun (PGAC), l’accord conclu en 2015 entre l’Iran et les grandes puissances, le régime iranien a accepté de brider son programme nucléaire en contrepartie d’une levée progressive des sanctions qui le visent.

Certaines de ces restrictions doivent être levées dix ans après l’entrée en vigueur de l’accord, d’autres 15 ans après.

Le président Donald Trump a dénoncé cet accord l’année dernière, jugeant notamment que le texte ne suffirait pas pour empêcher l’Iran de se doter, à terme, de l’arme nucléaire.

L’ambassadeur de France à Washington, Gérard Araud, a estimé samedi sur Twitter qu’il était « faux de dire qu’à l’expiration du PAGC, l’Iran sera autorisée à enrichir de l’uranium« .

Ce message a depuis été supprimé, mais les autorités iraniennes ont demandé des explications à la France, jugeant que les propos du diplomate, qui prendra sa retraite le 20 avril, constituaient une « violation majeure de l’objet et de l’objectif du PGAC » et qu’ils justifiaient une « clarification immédiate de Paris« .

Par Bozorgmehr Sharafedin, Nicolas Delame pour le service français, Reuters le 14/04/2019 à 18h13

https://www.boursorama.com/bourse/actualites/teheran-demande-des-explications-apres-des-propos-de-gerard-araud-2d30aa1e746f060e2534609faa2814d3

Avr 15

QUEL LEGS POUR LES SIÈCLES À VENIR ? MATIÈRES ET DÉCHETS RADIOACTIFS EN DÉBAT

Enfouissement, entreposage en piscine ou à sec… Au-delà des controverses techniques, le débat sur la gestion des matières et déchets radioactifs, qui commence mercredi, relève aussi de choix de société: quel héritage voulons-nous laisser aux générations futures ?

Face à un sujet compliqué qui reflète le clivage entre pros et anti-nucléaires dans un pays qui possède le deuxième parc de réacteurs au monde, le débat public du 17 avril au 25 septembre ne se limitera pas aux questions techniques.

« Nous voulons donner une dimension plus complète du sujet, voir derrière ce que ça signifie pour la société« , explique à l’AFP Isabelle Harel-Dutirou, présidente de la commission qui l’organise.

Témoin de ce choix, un logo où des mains stylisées colorées se dressent vers des fûts jaunes frappés du « trèfle » noir symbole de radioactivité.

Ces mains représentent la demande de parole mais aussi les marques laissées par l’Homme dans les grottes préhistoriques. Parce que « l’un des sujets profonds de ce débat est la question d’éthique, de transmission, la question de la gestion des déchets sur du très long terme« , justifie Mme Harel-Dutirou.

Très long terme surtout pour les déchets de haute activité et ceux de moyenne activité à vie longue, radioactifs jusqu’à plusieurs centaines de milliers d’années.

Il n’existe aujourd’hui aucun centre de stockage de ces déchets les plus dangereux.

Mais depuis 2006, une loi a fait le choix d’un stockage géologique profond ayant donné naissance au très controversé projet d’enfouissement Cigéo, à Bure (Meuse).

« Aujourd’hui, nous sommes contre l’enfouissement parce qu’on n’est pas convaincu sur la géologie, sur la façon d’exploiter, et surtout sur la réversibilité » promise jusqu’à la fermeture du site vers 2150, commente Yannick Rousselet, de l’ONG Greenpeace, qui prône un entreposage à sec juste sous la surface en attendant des avancées de la science vers une meilleure solution pérenne.

– La science nous sauvera ? –

« L’argument qui dit +la science nous sauvera dans 20 ans+, c’est beau, je voudrais bien y croire, mais ça ne nous semble pas responsable de ne rien faire« , répond Soraya Thabet, directrice sûreté à l’Andra qui gère ce projet.

« Cigéo, c’est fondamentalement un choix éthique: considérer qu’on ne doit pas laisser aux générations futures le fait de se préoccuper des déchets d’aujourd’hui« .

Certains espèrent que le débat puisse remettre en cause le choix de l’enfouissement profond. Le dossier du ministère de la Transition écologique et de l’Autorité de sûreté nucléaire — maîtres d’ouvrage du 5ème Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) qui en découlera– parle lui de sa « mise en œuvre« , dans le respect du principe de réversibilité.

Le centre de stockage de déchets nucléaires à Bure, le 16 avril 2018 dans la Meuse (AFP/Archives – FRANCOIS NASCIMBENI)

Le Plan 2019-2021, qui a pris du retard notamment dans l’attente de la feuille de route énergétique de la France prévoyant la réduction des capacités nucléaires avec la fermeture de 14 réacteurs d’ici 2035, se penchera également sur la question des combustibles usés entreposés dans les piscines de refroidissement des centrales et à La Hague.

Greenpeace, qui a décidé de participer au débat contrairement par exemple au Réseau Sortir du nucléaire, les considèrent comme déchets, alors qu’ils sont classés comme matières susceptibles d’être réutilisées, la France ayant fait le choix du retraitement.

« Vouloir imposer que ces matières soient des déchets, c’est tout simplement créer une incitation à ce qu’on ne développe pas la 4e génération« , répond Sylvain Granger, responsable de la gestion des déchets chez EDF, en référence notamment à la possible réutilisation des combustibles MOX dans des réacteurs de 4ème génération, pas au stade du développement à ce jour.

Une autre controverse concerne l’entreposage sous eau, choisi par EDF et Orano (ex-Areva), mais dénoncé aussi par Greenpeace qui juge les piscines « vulnérables » aux attaques extérieures.

Pour éclairer le débat auxquels les citoyens pourront participer lors de réunions publiques ou sur le site internet   https://pngmdr.debatpublic.fr/, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) doit rendre dans quelques semaines deux expertises: une sur les capacités d’entreposage alors que La Hague risque d’arriver à saturation d’ici 2030, et un état des lieux des recherches et solutions en matière d’entreposage et de stockage.

Est attendu aussi, pour juillet, un rapport de la Cour des comptes sur le financement du cycle du combustible.

Par AFP le 15.04.2019 à 07h01

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/quel-legs-pour-les-siecles-a-venir-matieres-et-dechets-radioactifs-en-debat_132982

Avr 15

LES ÉCOLOGISTES DE LA RÉGION SE RÉUNISSENT POUR DIRE STOP AU PROJET ITER

Si le climat était une banque, on l’aurait déjà sauvé: ce slogan et d’autres ont fleuri, samedi midi à Saint-Paul-lez-Durance (Bouches-du-Rhône), devant l’entrée du site de Cadarache, où les écologistes de la région s’étaient rassemblés pour redire leur opposition au projet ITER et demander l’abrogation du traité Euratom (1).

>>RELIRE. VIDÉO. On a visité le site ITER, futur endroit le plus chaud de la planète, et on vous donne nos 5 raisons d’y aller aussi

Devant les banderoles accrochées sur le rond-point, et une petite quarantaine de personnes, l’eurodéputée Michèle Rivasi, candidate Europe Écologie- Les Verts (EELV) aux prochaines élections européennes, a expliqué: « Ce projet a été évalué à 5 milliards d’euros, on en est à 19 milliards actuellement. Le Département d’État des États-Unis l’évalue à 65 milliards. C’est une gabegie. Et c’est un projet obsolète. Il arrivera trop tard. La recherche sur la fusion nucléaire peut sembler fascinante, elle n’est pas pertinente. Les experts du GIEC nous disent qu’on a 10-12 ans pour agir. L’électricité provenant de la fusion, ce n’est pas avant 2050-2080… On met trop d’argent dans un projet qui sera opérationnel après la disparition de l’humanité ».

Maintenant ou jamais

Elle citait aussi l’exemple d’un autre chantier sans fin à la facture astronomique, l’EPR de Flamanville (Manche), encore retardé de deux ans, suite à des défauts de construction laissant craindre pour la sécurité.

« Il faut qu’on arrête avec le nucléaire, c’est l’énergie qui revient la plus chère, car il faut traiter les déchets. Nous ne voulons pas léguer ces déchets aux générations futures, c’est un cadeau empoisonné« , a-t-elle ajouté.

Pour la députée européenne, « la France a fait un mauvais choix, qu’il s’agisse de la fusion ou de la fission. Le nucléaire, c’est l’opacité, le mensonge, la gabegie. Et s’il y a un problème, comme à Tchernobyl ou Fukushima, c’est nous tous qui le subirons. C’est maintenant ou jamais qu’il faut agir et réagir ».

Et d’appeler bien sûr au vote écolo le 26 mai.

Une pétition contre le traité Euratom

Maurice Wellhoff, membre de la commission locale d’information ITER, a appuyé son propos: « Je peux confirmer que le budget d’ITER est sans limite. Quand on nous parle d’austérité, de contraintes budgétaires… Et le bilan carbone de ce chantier est catastrophique, avec des masses de béton, des bouchons routiers… »

Hervé Guerrera, élu du Parti occitan au conseil régional, a qualifié ITER de « monstre », avant qu’Annick Delhaye rappelle que sous la majorité Vauzelle, l’alliance des écologistes avait obtenu que « pour chaque euro investi dans ITER, un euro le soit dans les énergies renouvelables et le développement soutenable ».

Elle a regretté: « Aujourd’hui, la vice-présidente du conseil régional en charge de l’environnement, Maud Fontenoy, est pro-nucléaire. La Région fait du green washing pour l’instant ».

« Et elle donne des millions pour le circuit Paul Ricard« , a renchéri Christine Juste, candidate EELV pour les élections européennes, pour qui « ITER, c’est comme jouer au Loto. Rien ne dit qu’en 2050 ça marchera. »

Christine Hasse, de l’association Réaction en chaîne humaine, a indiqué qu’une pétition pour demander l’abrogation d’Euratom est en cours, signée par 15.000 personnes en France et 45.000 en Allemagne.

PAR V. G., publié le 14/04/2019 à 19h06

http://varmatin.com/vie-locale/les-ecologistes-de-la-region-se-reunissent-pour-dire-stop-au-projet-iter-375372

Avr 14

J-53 : ON S’ORGANISE POUR VENT DE BURE À NANCY (1ER ET 2 JUIN !)

« Mettez-nous 10 000 personnes dans la rue et nous réfléchirons ! »

Voici la réponse d’une conseillère environnement de l’alors Premier Ministre Lionel Jospin, apportée à l’association Éodra (association des élu-es opposé-es à l’enfouissement des déchets radioactifs) lors d’une rencontre datant de 1998. La réaction d’un de nos camarades fut « mais comment voulez-vous que l’on fasse en Meuse ? Il y a 7 habitant-es au km² ! » Ce à quoi elle répondit « C’est bien pour ça que la Meuse a été choisie ! »

Alors, concrètement, comment fait-on pour atteindre l’objectif et organiser au mieux ce week-end de mobilisation ? Suivez le guide :

AFFICHES – TRACTS

Pour que la brise se transforme en tornade, il faut diffuser l’information, beaucoup ! Tout est téléchargeable en cliquant sur ce lien (version A3, tracts) :

https://ventdebure.com/ressources/

Nous, nous pouvons aussi vous en envoyer : dites-nous combien et à quelle adresse en nous écrivant à ventdebure@riseup.net ! Faites en sorte que nous soyons débordé-es dans les envois.

ORGANISATION DE BUS

Vous trouverez en cliquant sur ce lien toutes les informations pratiques nécessaires (lieux, accès, où dormir…) mais d’ores et déjà, vous pouvez vous lancer dans l’organisation de bus afin de converger massivement de partout en France !

Dites-le nous au plus vite que nous inscrivions votre départ (et ses étapes !) sur notre site, afin de le rendre rejoignable par toutes et tous ! Nous vous conseillons dans la mesure du possible de prendre un-e chauffeur militant-e afin d’amoindrir vos frais. Si les aspects financiers sont un sérieux problème, contactez-nous.

ACTIONS SYMBOLIQUES

Il nous tient à cœur que le week-end soit beau et pour cela nous réfléchissons aux gestes qu’il serait intéressant de porter tou-tes ensemble. Voici le petit matériel que vous pourriez apporter avec vous :

. tout ce qui vole (et qui est biodégradable !) : cerfs-volants (personnalisés, c’est encore mieux !), moulins à vent avec tiges en bois, tout ce qui prendra bien le vent, ou qui peut prendre son envol!

. Selon l’industrie nucléaire, la part de nos déchets radioactifs s’élève à une demi-brique de lait par personne : combien de personnes faut-il à Nancy pour ridiculiser ce discours manipulateur et cette métaphore absurde ! Apportez votre brique (de lait !) !

Depuis 25 ans, nous savons que le choix de Bure est un choix exclusivement politique. De fait, peu importe nos réponses au fond : que les risques scientifiques soient avérés, que le projet ne soit pas financé, qu’il ne soit pas accepté… tout cela est connu et nous ne manquons de le rappeler dès que nous le pouvons !

Mais après 25 ans de lutte, nous savons désormais qu’il n’y a pas de secret. Le projet Cigéo se fera si nous ne remportons pas le rapport de force. Cette année est normalement celle du dépôt de la demande d’autorisation de création de Cigéo. Les premiers travaux pour préparer l’accueil de Cigéo ont déjà commencé quand bien même le projet n’est pas encore autorisé. Une fois autorisé (et nous ne doutons pas une seconde que les services instructeurs le feront), les travaux de très grande envergure pourront commencer. Pendant ce temps-là, il est nécessaire pour État de faire le vide par chez nous, d’installer le désert afin qu’aucune lutte de terrain ne viennent enrayer le processus. La répression politique est sa dernière carte.

Il n’est plus temps d’attendre. Nous nous devons de montrer la force collective qui nous unit lors de ce week-end de mobilisation !

Ce texte est un communiqué du CEDRA

https://cedra52.jimdo.com/2019/04/09/j-53-on-s-organise-pour-vent-de-bure-%C3%A0-nancy-1er-et-2-juin/

Avr 14

MANIFESTATION ÉCOLOGISTE DEVANT LE CENTRE NUCLÉAIRE DE CADARACHE : « ITER EST UNE VÉRITABLE GABEGIE »

Oui à la transition énergétique, aux énergies renouvelables et à la sobriété énergétique. Non à Iter et au nucléaire.”

Une trentaine de sympathisants et élus représentant le parti Europe-Écologie les Verts (EELV) se sont retrouvés samedi 13 avril, en fin de matinée, pour manifester devant le centre de Cadarache – que le CEA (commissariat à l’énergie atomique) présente comme un centre de recherche sur les énergies “bas carbone”. Limiter les gaz à effet de serre, voilà une préoccupation que partagent les Verts. Mais pour eux, la solution ne passe pas par le nucléaire.

Michèle Rivasi, députée européenne des Verts, est en campagne. Elle n’a pas mâché ses mots contre la politique de la France à l’égard du nucléaire en fustigeant vivement le projet de fusion nucléaire Iter. Elle assistait hier à la manifestation en présence de Roland Desbordes, président d’honneur de la Criirad, Christiane Hasse de l’association Réaction en chaîne humaine et Sylvie Fare, élue au conseil départemental du Vaucluse, alors que tous se sont prononcés récemment pour l’abrogation du traité Euratom qu’ils jugent obsolète…

Retrouvez l’intégralité de cet article dans nos éditions (papier et numérique) du dimanche 14 avril.

Par Jean-François MUTZIG, publié le 14/04/2019 à 06h06

https://www.ledauphine.com/actualite/2019/04/14/iter-est-une-veritable-gabegie

Avr 13

LES ÉTATS-UNIS ESTIMENT QUE LA CHINE DEVRAIT SE JOINDRE AU TRAITÉ DE RÉDUCTION DES ARMES NUCLÉAIRES NEW START.

Pierre angulaire de l’architecture sécuritaire européenne, le traité sur les Forces nucléaires intermédiaires [FNI] ne sera certainement plus effectif à compter d’août prochain, Washington ayant annoncé sa décision de s’en retirer, accusant Moscou d’avoir développé et déployé le missile Novator 9M729, dont les caractéristiques ne seraient pas conformes aux dispositions de ce texte.

Signé en 1987 afin de mettre un terme à la crise dite des Euromissiles, le traité FNI interdit aux États-Unis et à la Russie de disposer de missiles dont la portée est comprise entre 500 et 5.500 km.

À plusieurs reprises, l’Otan a demandé à Moscou des précisions sur son missile 9M729. Seulement, les autorités russes ont fait la sourde oreille, se contentant de rejeter les accusations américaines.

Cela étant, la fin du traité FNI arrange aussi bien la Russie que les États-Unis. En effet, la première aura les mains libres pour continuer sa politique d’affirmation de puissance en se donnant la possibilité de déployer des missiles susceptibles de menacer les infrastructures militaires et économique européennes tandis que les seconds pourront développer des engins qui leur étaient jusqu’alors interdits pour faire face à la Chine.

Pour tenter de sauver ce traité, Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, a proposé de l’élargir à l’arsenal chinois.

De même que le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, ce dernier s’étant dit « ouvert » à étendre ce texte à « d’autres pays ».

Mais pour Pékin, il n’en est pas question pour la simple et bonne raison que cela la priverait d’une majeure partie de son arsenal.

Outre le FNI, un autre traité tout aussi important risque aussi de connaître le même sort. Signé en 2010 par Washington et Moscou, le New START [Strategic Arms Reduction Treaty] vise à limiter les arsenaux russes et américains à 1.550 têtes nucléaires déployés et à 700 lanceurs stratégiques.

Or, ce texte arrivera à échéance en 2021 et rien ne dit, pour le moment, qu’il sera au minimum prolongé.

D’après Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, qui s’exprimait devant le comité sénatorial des Affaires étrangères, le 10 avril, le New Start est « largement respecté ».

Mais, à l’avenir, Washington souhaiterait que la Chine soit également concernée par les dispositifs de contrôle des armements.

Le président Trump « a été très clair : si nous pouvons parvenir à un bon accord, un accord solide de contrôle des armements, nous devons en avoir un », a affirmé M. Pompeo.

« Nous devons nous assurer que toutes les parties concernées y participent aussi », a-t-il ajouté, en faisant allusion à la Chine. « Nous n’y arriverons peut-être pas. Il se peut que nous ne coopérions qu’avec les Russes sur ce dossier. Mais si on parle de […] capacités nucléaires qui représentent un risque pour les États-Unis, c’est un nouveau monde aujourd’hui », a-t-il expliqué.

Faute de chiffres officiels, il est difficile de connaitre avec exactitude le nombre d’armes nucléaires dont dispose la Chine.

L’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm l’estime à 270 tandis que général Viktor Lessine, ancien commandant des forces stratégiques russes, a évoqué l’existence de 1.600 à 1.800 têtes nucléaires.

Quoi qu’il en soit, l’enjeu est que le New Start puisse, a minima, être prolongé. Or, comme l’a souligné Nicolas Roche, le directeur des affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement au ministère des Affaires étrangères, lors d’une récente audition parlementaire, « l’extension simple » de ce traité « n’est pas garantie. »

« Du côté de la Fédération de Russie, il y a eu l’expression d’une volonté d’étendre le traité New Start et de le compléter en traitant toute une série de sujets situés en dehors du champ nucléaire [défense antimissile, question des frappes conventionnelles à très longue distance] » tandis qu’à Washington, la question porte sur la valeur même de la maîtrise des armements nucléaires pour la sécurité des États-Unis », a résumé M. Roche.

« Il y a aujourd’hui un débat interne à l’administration américaine pour savoir laquelle des options possibles sert les intérêts de sécurité. Il existe une option d’extension simple, une option de remplacement du traité par un autre traité qui couvrirait tous les sujets pour les Américains – y compris ceux des armes nucléaires non stratégiques et des missiles de portée intermédiaire – et, enfin, une option consistant à ne plus avoir de traité, ce qui signifierait le retour à la compétition pure et parfaite », a-t-il ensuite expliqué.

Or, la dernière option n’est pas à écarter, ce qui ferait que les Européens se retrouveraient, à partir de 2021, dans une « situation stratégique où il n’y aurait plus aucune forme de régulation de la compétition stratégique entre les États-Unis et la Russie, c’est-à-dire dans une situation comparable à celle des années 1960. »

Par LAURENT LAGNEAU, publié le 12 avril 2019

https://www.jforum.fr/les-usa-estiment-que-la-chine-devrait-se-joindre-au-traite-du-new-start.html

Avr 13

LA GUERRE NUCLÉAIRE EST IMPOSSIBLE. VRAIMENT ?

La possibilité d’une guerre nucléaire ? Personne n’y croit aujourd’hui, estime le philosophe Jean-Pierre Dupuy. Pourtant, dans « La guerre qui ne peut pas avoir lieu », il démontre que rien de solide n’empêchera le monde de sombrer dans une telle catastrophe.

L’auteur a eu la charité de prévenir son éditeur : le livre, son livre, « ne marchera pas ». Il ne figurera jamais parmi les bestsellers ; les ventes sont condamnées à rester confidentielles et l’on comptera sur les doigts de la main les comptes rendus. On n’invitera pas l’auteur à la télévision. Pourquoi ? Non pas que l’ouvrage soit mal écrit, verbeux, incompréhensible, trop long, trop court… C’est le contraire. Simplement, le sujet traité, la possibilité d’une guerre nucléaire, dans le monde actuel, « tout le monde s’en fout », estime le philosophe Jean-Pierre Dupuy. « Le sujet dont je traite ne passionne pas les foules », ajoute-t-il, parce que chacun est convaincu que la probabilité d’une guerre nucléaire est voisine de zéro. La bombe atomique n’a pas été utilisée pendant la guerre froide, une période d’affrontement idéologique extrême entre grandes puissances. Pourquoi le serait-elle aujourd’hui ? C’est une arme trop dévastatrice, est-on tenté de répondre. L’humanité n’a pas envie de se suicider. Dans les années soixante, des études étasuniennes évaluaient à 600 millions le nombre de morts qu’elle provoquerait. C’était avant l’entrée dans l’arsenal nucléaire de la bombe à hydrogène autrement plus puissante. Désormais, c’est en milliards qu’il faudrait compter. « Les chiffres sont si énormes qu’ils ne disent rien à personne », observe l’auteur avant de renvoyer à la « banalité du mal » d’Anna Arendt.

Les dirigeants politiques connaissent le prix d’un conflit nucléaire. Et les stratèges également, qui ont créé le concept de dissuasion sur lequel repose la paix mondiale depuis Hiroshima. En gros, le détenteur de la bombe atomique sait que s’il utilise l’arme atomique, il sera forcément la cible d’une riposte du pays agressé aussi dévastatrice sinon davantage. Donc, il s’abstient d’employer l’arme nucléaire. Le monde peut dormir tranquille.

L’histoire récente fourmille de ces escalades hasardeuses maîtrisées par miracle

Jean-Pierre Dupuy entend démontrer qu’aucun de ces arguments ne tient la route. À ses yeux, la menace d’une guerre nucléaire, loin d’avoir disparu, est « la plus importante » à laquelle nous restons confrontés. Donald Trump, qu’il cite avec gourmandise en exergue du livre, ne dit pas autre chose.

Le monde n’a pas de défi plus important à relever (…). Personne ne veut en parler. « Je crois, affirmait Trump dans une interview (mais le Trump du début des années 1990, bien avant son élection), qu’il n’y a rien de plus stupide que de croire que cela n’arrivera jamais juste parce que tout le monde sait que les armes nucléaires ont un immense pouvoir de destruction et qu’on va donc se garder de les utiliser. Quelle connerie [bullshit] ! »

Si une guerre nucléaire est déclenchée, prévient Jean-Pierre Dupuy, il ne faut pas croire que ce sera le fruit empoisonné de la décision d’un chef d’État. Aucun n’est assez fou pour désirer l’apocalypse. Lors de la crise de Cuba, qui vit les États-Unis et l’Union soviétique à deux doigts de s’affronter au début des années soixante, ni le président John Kennedy ni Nikita Khrouchtchev ne voulait d’un conflit nucléaire. Aujourd’hui, ni Donald Trump ni son homologue nord-coréen Kim Jong-un ne souhaite en venir au pire. Ils peuvent se traiter de « vieillard gâteux et impuissant » pour l’un, de « petit homme fusée » pour l’autre, ils savent jusqu’où ne pas aller.

Ce sera « par hasard », à la suite de la mauvaise interprétation d’un phénomène, ou d’un incident mineur déclenchant une cascade de conséquences non maîtrisées, que l’arme nucléaire sera utilisée. L’histoire récente fourmille de ces escalades hasardeuses maîtrisées par miracle. Jean-Pierre Dupuy en rappelle quelques-unes, dont certaines peu connues. En 1962, par exemple, un sous-marin soviétique croisant au large des côtes de Cuba fut repéré et encerclé par des bâtiments étasuniens — qui ignoraient qu’il était porteur d’engins nucléaires. Pour le contraindre à faire surface, ils lui envoyèrent des grenades sous-marines, conformément à un protocole de crise conclu entre les deux superpuissances. Sauf que le commandant du sous-marin ignorait tout du deal et que les communications avec Moscou étaient interrompues. Dans sa coque, où la température dépassait maintenant les 50 °C, le commandant pouvait riposter en lançant ses engins nucléaires contre la flottille. Le commissaire politique donna son feu vert. Mais pas un troisième personnage, un officier d’un rang un peu moins élevé que le commissaire mais qui, hiérarchiquement, était au-dessus du commandant du sous-marin (il était chef d’état-major d’une flottille de sous-marins). Le submersible fit donc surface et l’incident en resta là. Que se serait-il passé en l’absence du troisième homme, qui se trouvait là un peu par hasard ? Peut-être a-t-on échappé à une guerre nucléaire ce jour-là.

 Peut-on laisser des logiciels et des processus automatisés décider de l’avenir de milliards d’individus ?

Plus près de nous, il y a un an, un autre incident a manqué se terminer en catastrophe. Le 13 janvier 2018, les habitants de l’archipel d’Hawaï ont vécu 38 minutes d’enfer lorsqu’un message d’alerte a été diffusé (radio, internet…) leur annonçant qu’un missile balistique se dirigeait vers eux et qu’il ne s’agissait pas d’un exercice d’alerte. On imagine l’angoisse des habitants au fur et à mesure que les secondes s’égrenaient. Il s’est avéré plus tard que le déclenchement de l’alerte ne résultait pas d’une erreur grossière. Il avait été pris sur le fondement de vidéos mal interprétées. On était passé à deux doigts d’une catastrophe ! « On s’en est sorti grâce à la chance », a résumé à propos de ce type d’incidents l’ancien secrétaire étasunien à la Défense Robert McNamara, qui n’était pourtant pas un pacifiste.

Peut-on laisser des logiciels et des processus automatisés décider de l’avenir de milliards d’individus ? La doctrine nucléaire est à bout de souffle, conclut Dupuy et, de la même façon que les systèmes de déclenchement du feu nucléaire échappent de plus en plus à l’homme, la doctrine qui les sous-tend se délite peu à peu. Croit-on vraiment qu’un chef d’État dont le pays vient de subir une attaque nucléaire va riposter et ajouter du malheur au malheur ? Imagine-t-on qu’un bouclier antimissile peut sérieusement stopper 100 % des attaques de missiles alors qu’un seul d’entre eux peut rayer une capitale de la carte ?

Autant de questions embarrassantes qui passionnent le philosophe. Et qui devraient interpeller le citoyen. Le livre sera peut-être un succès — malgré le pessimisme de son auteur.

La guerre qui ne peut pas avoir lieu. Essai de métaphysique nucléaire, de Jean-Pierre Dupuy, éditions Desclée de Brouwer, février 2019, 236 p., 17,90 €.

Article de Jean-Pierre Tuquoi (Reporterre) publié le 13 avril 2019

https://reporterre.net/La-guerre-nucleaire-est-impossible-Vraiment

Avr 13

KIM JONG-UN SE DIT FAVORABLE À UN TROISIÈME SOMMET AVEC DONALD TRUMP

Le leader nord-coréen et le président américain Donald Trump se sont rencontrés à deux reprises, le 12 juin dernier à Singapour puis les 27 et 28 février à Hanoï. Ils ne sont pas parvenus à conclure un accord sur l’abandon des programmes balistique et nucléaire nord-coréens.

Une proposition sous condition. Le leader nord-coréen Kim Jong-un est prêt à rencontrer le président américain Donald Trump une troisième fois, à condition que Washington arrive à la table des négociations avec « la bonne attitude », a rapporté samedi 13 avril l’agence officielle KCNA.

Kim Jong-un a également déclaré qu’il attendrait jusqu’à la fin de l’année « pour que les États-Unis prennent une décision courageuse » concernant une nouvelle réunion. Le sommet de fin février, à Hanoï, a notamment buté sur la question de la levée des sanctions réclamée par le régime d’Asie de l’Est. Donald Trump a affirmé que Pyongyang avait exigé la levée de toutes les sanctions qui lui sont imposées du fait de ses programmes nucléaire et balistique interdits. La Corée du Nord a répliqué qu’elle n’avait demandé qu’une levée « partielle«  de ces restrictions.

« Notre relation reste très bonne« 

Le premier sommet historique, en juin à Singapour, entre le leader nord-coréen et le président américain s’était achevé sur une déclaration commune évoquant la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne », formulation vague permettant aux deux parties d’en faire des interprétations très différentes. « Un troisième sommet pourrait avoir lieu », a répondu Donald Trump en recevant dans le Bureau ovale son homologue sud-coréen Moon Jae-in, l’un des artisans du dialogue entre les deux pays.

« Je suis d’accord avec Kim Jong-un de Corée du Nord que notre relation reste très bonne, le terme excellent serait même peut être plus juste, et qu’un troisième sommet serait bon dans le sens où nous comprendrions totalement où nous nous situons », a tweeté samedi le président américain.

Par franceinfo avec AFP France Télévisions, publié le 13/04/2019 à 10h01, mis à jour le 13/04/2019 à 15h44

https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/kim-jong-un-se-dit-favorable-a-un-troisieme-sommet-avec-trump_3396171.html

Avr 13

UNE MANIFESTATION POUR LA FIN DU NUCLÉAIRE AURA LIEU À BRUXELLES LE 26 AVRIL

À l’occasion de la commémoration du 33e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, une manifestation appelant à la fin du nucléaire en Belgique, est prévue le vendredi 26 avril prochain, entre 15H00 et 17H00, dans le quartier de la gare du nord à Bruxelles.

La manifestation a été autorisée par la Ville de Bruxelles, a indiqué Olivier Slosse, porte-parole de la police de Bruxelles-Ixelles. La demande d’autorisation est en bonne voie, mais encore en cours, au niveau de la commune de Schaerbeek, a précisé Francis Leboutte, président de l’ASBL “Fin du nucléaire”.

Les manifestants se rassembleront dès 15H00 à la gare du Nord et partiront à 16H00 pour se rendre devant le siège d’Engie-Electrabel. À l’arrivée, ils se coucheront au sol pendant une minute pour évoquer les conséquences d’un accident nucléaire. Le début et la fin de cette action seront signalés par sirène et mégaphone. Les organisateurs n’ont pas d’estimation à fournir sur le nombre de personnes attendues. Une action similaire sera menée simultanément à Cologne, mais des Allemands sont aussi attendus à Bruxelles. Cette manifestation est portée par les associations “Fin du nucléaire” et “Réveil Anti-Nucléaire” (RAN), ainsi que par le réalisateur Bouli Lanners.

Ces organisateurs soulignent qu’après 33 ans la situation sanitaire des habitants, qui vivent dans un territoire grand comme 5 fois la Belgique, continue de se dégrader du fait de la contamination radioactive, avec plus de 80% des enfants qui sont en mauvaise santé. Ils rapportent, d’après l’évaluation Raisa Misura, pédiatre et directrice de l’hôpital central de Stoline, à 240 km au nord-ouest de Tchernobyl, que 84% des femmes enceintes ont une pathologie et que la naissance d’un enfant en parfaite santé est un évènement rare. Les organisateurs estiment qu’avec deux réacteurs dont les cuves présentent des milliers de fissures et trois autres ayant plus de 40 ans de fonctionnement, la probabilité d’un accident majeur, comme à Tchernobyl et Fukushima, est loin d’être négligeable.

Ils appellent à la fermeture des 5 réacteurs belges les plus dangereux. Selon ces associations, si le fonctionnement d’un réacteur lui-même ne génère que peu de gaz à effet de serre (GES), la filière nucléaire comporte de nombreuses autres étapes qui nécessitent beaucoup d’énergie d’origine fossile, notamment l’extraction du minerai, le broyage, le raffinage, l’enrichissement de l’uranium… Elles ajoutent que l’industrie nucléaire mondiale consomme annuellement, pour l’enrichissement de l’uranium, 150.000 tonnes de fluor et de chlore, qui peuvent constituer des GES dont le potentiel de réchauffement est beaucoup plus grand que celui du gaz carbonique (CO2).

Contrairement à ce que laissent entendre les ‘nucléaristes’, le nucléaire n’est pas bon pour le climat“, sans parler des déchets qui seront une charge pour les générations futures”, défend Francis Leboutte. “Le nucléaire produit environ 8 fois plus de GES que l’éolien par unité d’énergie produite. Dans les années 50, il y avait un besoin de plutonium pour les bombes atomiques et l’idée de faire beaucoup d’argent avec ça. Déjà à l’époque, on savait que c’était très dangereux. D’ailleurs, aucune compagnie d’assurance n’a jamais voulu assurer le risque nucléaire.”

Source/Image: Belga, publié le 13 avril 2019 – 14h07

https://bx1.be/news/une-manifestation-pour-la-fin-du-nucleaire-aura-lieu-a-bruxelles-le-26-avril/

Avr 13

NUCLÉAIRE : LA CENTRALE DU TRICASTIN VA-T-ELLE ÊTRE IMPACTÉE PAR LA GRÈVE D’UN FOURNISSEUR « JST TRANSFORMATEURS » À LYON ?

Depuis le 2 avril, les salariés de JST Transformateurs sont en grève pour des questions salariales. Au moins 3 convois exceptionnels seraient bloqués, à destination de la centrale nucléaire du Tricastin, pour remplacer des transformateurs électriques.

Deux convois exceptionnels sont à l’arrêt, bloqués par un mouvement de grève des salariés de JST Transformateurs à Lyon qui ont cessé le travail depuis le mardi 2 avril.

Ce mouvement a été déclenché après « un différend avec la direction concernant des augmentations salariales » selon les syndicats qui précisent également que « le personnel se plaint à la fois des conditions de travail, mais aussi de menaces de délocalisation de la production.« 

À Lyon, JST Transformateurs est spécialisée dans la conception et la maintenance des transformateurs électriques de grande puissance, et travaille notamment avec EDF pour l’entretien de centrales nucléaires, et avec la SNCF et Alstom pour du matériel embarqué dans les TGV.

Pour Thierry Perez, délégué CGT : « on est face à une direction obtuse qui ne veut rien savoir. Hier on nous a proposé de payer les heures de grèves pour que l’on reprenne le travail. C’est hors de question. On est plus déterminés que jamais. La grève illimitée a été votée, jusqu’à obtention des revendications. On est plus déterminés que le directeur, on ne lâchera rien, même si ça doit devenir préjudiciable pour l’entreprise.« 

Depuis plus d’une semaine, deux camions en convois exceptionnels avec des transformateurs dédiés à la centrale du Tricastin sont bloqués. Ces matériels devaient être mis en place au cours du mois de mai. Il s’agit du point de départ de la ligne à haute tension, situé juste après la centrale et le réacteur.

Les ateliers restent donc à l’arrêt dans l’entreprise ce week-end. Entre 50 et 60 ouvriers filtrent l’entrée de l’entreprise. 

Par Renaud Gardette, publié le 13/04/2019 à 12h41

https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/nucleaire-centrale-du-tricastin-va-t-elle-etre-impactee-greve-fournisseur-jst-transformateurs-lyon-1654776.html

Avr 13

LE PLAN D’EDF POUR CONSTRUIRE DE NOUVEAUX EPR EN FRANCE

À l’heure où le renouvellement du parc français est à l’étude, EDF a deux ans pour peaufiner son dossier d’un nouveau nucléaire en France.

Le nucléaire français est en plein paradoxe. Alors que la loi de transition énergétique pour la croissance verte de 2015, modifiée par la loi énergie de 2019, l’oblige à fermer douze à quatorze réacteurs d’ici à 2035, EDF prévoit d’ores et déjà la mise en service de nouvelles centrales. Et ce, rapidement pour répondre à la demande de la filière qui veut maintenir ses compétences en matière de construction de centrales et qui a besoin de montrer sur les marchés internationaux que la France reste un grand pays du nucléaire. Le gouvernement est, lui, beaucoup moins pressé. Il préfère faire de la relance du nucléaire civil en France un sujet de débat pour la prochaine élection présidentielle et laisser au prochain exécutif la responsabilité de cette décision. Même s’il lui a balisé le terrain.

L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a publié, fin 2018, une étude économique sur l’évolution du mix électrique français entre 2020 et 2060 avec sept scénarios prospectifs qui montrent notamment que le développement de la filière EPR ne serait pas compétitif. Quoi qu’il en soit, dans la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), le gouvernement demande à EDF, le chef de file de la filière nucléaire depuis la restructuration d’Areva, de fournir un dossier sur le nouveau nucléaire d’ici à mi-2021. L’opérateur national doit y démontrer sa capacité à maîtriser les coûts et les délais de construction de nouveaux réacteurs EPR en France.

EDF ne part pas de zéro. Depuis 2014, il travaille avec Framatome sur l’EPR 2, un nouveau modèle de réacteur. « L’EPR 2 est un réacteur pour une utilisation française, proche de l’EPR pour en utiliser tout le retour d’expérience, mais optimisé en termes de coût et de délais de fabrication« , détaille Xavier Ursat, le directeur exécutif d’EDF, chargé de la direction ingénierie et projets nouveau nucléaire. Le retour d’expérience provient des premiers EPR construits en Chine, à Taishan, par l’opérateur chinois CGNPC et EDF ; en Finlande, à Olkiluoto, par le consortium Areva-Siemens et l’opérateur TVO ; et en France, à Flamanville (Manche), par EDF. Quand on va construire le premier EPR 2, on ne veut pas revivre les problèmes de planning et de surcoût qu’on a vécu à Flamanville, assure Xavier Ursat. Mais on ne veut pas réinventer quelque chose qui nous ferait prendre une fois encore des risques de tête de série. On veut optimiser, tout en restant proche du design initial. » Dominique Louis, le PDG d’Assystem, qui détient 5 % du capital de Framatome, résume l’enjeu : « Avec l’EPR, on a fait un airbus A 380. Il faut maintenant en faire un A 350.« 

Les fournisseurs associés au projet

Pour concevoir cet EPR 2, EDF et Framatome (ex-Areva NP) ont créé un plateau commun qui rassemble l’équipe projet EPR 2 chez EDF (70 personnes), les ingénieurs de Framatome, et ceux de leur filiale commune d’ingénierie Edvance, créée en mai 2017, soit entre 500 et 600 personnes au total. Le projet avance dans le bon sens. Le basic design pour la chaudière nucléaire et le générateur de vapeur « est figé depuis la fin 2017« , précise Bernard Fontana, le PDG de Framatome. L’Autorité de sûreté nucléaire doit rendre son avis sur les options de sûreté fin avril. Reste à traiter des questions industrielles, de supply chain et d’ingénierie de détails, « pour se mettre en situation de bénéficier d’un effet de série« , explique Bernard Fontana. La priorité est donnée à l’industrialisation et à la standardisation des équipements à l’intérieur de l’EPR (vannes, tuyaux, pompes, portes…), pour garder un nombre limité de références différentes. « Dans la partie non nucléaire, nous allons utiliser davantage d’équipements éprouvés dans l’industrie« , rapporte Xavier Ursat. Un exemple : dans l’EPR de Flamanville, on trouve 1 700 modèles de portes différents, pour la plupart des exemplaires uniques. Il n’y aura plus que 200 modèles dans l’EPR 2.

EDF et Framatome n’avancent pas seuls. « L’une des caractéristiques de ce projet, c’est que l’on y associe les fournisseurs très tôt, notamment les génie civilistes, dans un consortium composé de Bouygues, Vinci et Eiffage pour avoir leur avis sur la constructibilité des différentes options étudiées« , observe Xavier Ursat. L’un des objectifs est de préfabriquer un maximum d’équipements. « Toutes les tuyauteries vont être conçues en pouces, comme le pratique toute l’industrie dans le monde, notamment pétrolière. L’EPR, lui, était dimensionné en millimètre. Une spécificité qui a nécessité d’adapter la chaîne industrielle, ce qui a eu un coût « , reconnaît Xavier Ursat. EDF va aussi lancer une consultation pour la salle des machines. L’EPR 2 sera également le premier réacteur conçu depuis le début dans une approche entièrement numérique, soutenue par un logiciel PLM de Dassault Systèmes, préféré en 2018, à la solution de Siemens choisie par EDF en 2013. La migration est en cours.

Industrialiser l’EPR 2 n’est pas tout. Dans le dossier qui doit être remis mi-2021, EDF doit aussi s’engager sur les coûts. « On s’est fixé comme objectif d’avoir des EPR constructibles en France pour un coût complet de production d’électricité entre 65 et 70 euros le Mwh, pour qu’il soit moins cher que n’importe quel moyen fossile adossé à un prix du carbone que l’on pourrait développer à la même période« , explique Xavier  Ursat. Le dossier devra aussi définir précisément les besoins de la France en matière de nucléaire pour les soixante à quatre-vingts ans à venir, sachant que les EPR sont prévus pour fonctionner soixante ans. Il faut également tabler sur « une durée de construction de l’ordre de six ans pour une tranche, entre le moment où l’on attaque le génie civil de sûreté (le socle du bâtiment nucléaire) et la mise en service commerciale« , avertit le directeur exécutif d’EDF.

Maintien des compétences (NDLR : vu leur état actuel, le « maintien » fait peur !)

Pour répondre à quels besoins en électricité   Combien de nouveaux EPR 2 faudra-t-il construire   À ce stade, pas de réponse, mais les coûts avancés par EDF « s’envisagent pour une série d’au moins six réacteurs, comme la Cour des comptes l’indique dans son rapport « , prévient Xavier Ursat. Un nombre qui semble faire consensus. « Deux c’est mieux qu’un, et six c’est mieux que deux« , lance Bernard Fontana, prudent. L’enjeu est industriel, mais il concerne aussi le maintien de compétences perdues et chèrement reconquises à Flamanville, notamment. « Les seuls qui construisent des réacteurs sans problème, ce sont les Chinois, observe Dominique Louis. On a perdu la main. » L’enjeu de l’EPR 2 est aussi de prouver le contraire.

De Tchernobyl à Flamanville

  • 1986 : Accident de Tchernobyl Le design des nouveaux réacteurs nucléaires doit empêcher une telle catastrophe.
  • 1989 : Framatome et Siemens-KWU s’associent au sein de Nuclear Power International (NPI).
  • 1993: Lancement du projet EPR, le réacteur pressurisé européen, qui intégrera les points forts du réacteur N4 français et du Konvoi allemand.
  • 1998: l’Allemagne décide de sortir du nucléaire au début de la coalition entre le parti social-démocrate et les Verts.
  • 1999: Framatome et Siemens Fusionnent leurs activités nucléaires. Le projet EPR est intégré à Framatome ANP (Advance Nuclear Power).
  • 2003: Commande du premier EPR par le finlandais TVO.
  • 2005 : Lancement du chantier de l’EPR d’Olkiluoto 3 en Finlande.
  • 2007 : La construction de l’EPR de Flamanville débute. Areva et le chinois CGN signent pour deux EPR à Taishan en Chine.
  • 2009 : Début des négociations d’un projet de six EPR en Inde, à Jaitapur, par EDF (accord préliminaire signé en mars 2018).
  • 2014: Le projet EPR 2 est lancé.
  • 2016: Signature d’Hinkley point C, au Royaume-Uni, par le gouvernement anglais, EDF Energy et CGN pour deux EPR et une mise en service en 2025.
  • 2017: Création d’Edvance, une coentreprise ingénierie d’EDF et de Framatome, pour travailler sur l’îlot nucléaire et le contrôle commande des EPR de demain.
  • 2018: L’EPR de Taishan 1 produit de l’électricité (29 juin). Premier béton du radier d’Hinkley Point C (11 décembre).
  • 2021: Le dossier nouveau nucléaire en France doit être remis au gouvernement.

Par Aurélie Barbaux Areva, publié le 12/04/2019 à 11H00

https://www.usinenouvelle.com/article/le-plan-d-edf-pour-construire-de-nouveaux-epr-en-france.N828460

Note d’un des facteurs de l’actualité : FABULEUSE la communication de la Nucléocratie / EDF, un article d’anthologie le jour où l’EPR de Flamanville va se prendre encore un milliard de dépenses supplémentaires…. le solaire est 4 fois moins cher que le nucléaire, l’éolien maritime sans doute 2 fois moins cher… la presque totalité des pays abandonne le nucléaire… mais s’il en reste un, la France sera celui-là… DRAMATIQUE…

Avr 13

À FUKUSHIMA, LE DRAME DU RETOUR

Sous la contrainte, 23% de la population réfugiée après la catastrophe du 11 mars 2011 est rentrée dans les communes de l’ancienne zone d’évacuation… Une tribune de Cécile Asanuma-Brice, chercheuse en sociologie urbaine, adjointe au directeur du bureau CNRS Asie du Nord.

En septembre 2019, l’un des matchs de la coupe du monde de rugby dont le Japon est organisateur, se tiendra au nord de Fukushima, dans le département d’Iwate, dans la région du Tohoku. En 2020, ce sera au tour du département de Fukushima d’accueillir le relais d’ouverture des jeux olympiques qui se dérouleront au Japon.

La décision d’accueil de ces évènements sportifs par le Japon a été décidée par les institutions internationales en 2013, alors que le 1er Ministre Abe déclarait, non sans bruit, que la centrale de Fukushima était  » under control « . Depuis lors, il s’est lancé le défi de rouvrir l’ensemble de la zone d’évacuation autour de la centrale endommagée après le séisme, suivi du tsunami qui a fait plus de 20.000 morts, le 11 mars 2011.

Un véritable bras de fer

Pourquoi une telle politique de contrainte au retour sur des territoires ruraux, en proie au déclin démographique avant l’évacuation ? La gestion de l’accident nucléaire de Fukushima est l’occasion, pour les autorités internationales de gestion du nucléaire (AIEA, UNSCEAR, OMS, ICRP) omniprésentes sur le territoire japonais depuis les évènements, de montrer au monde qu’un accident de cette taille peut être surmonté. La prise en charge de l’évacuation des habitants est jugée comme trop coûteuse par ces organismes, qui avaient annoncé la couleur dès leur 3ème symposium des  » experts  » les 8 & 9 septembre 2014. En grande partie infiltrés par les lobbys nucléaires qui rationalisent leur réflexion en termes de coûts-bénéfices (1). Si la sécurité du nucléaire est leur affaire, c’est en ce qu’elle permet l’acceptabilité de sa continuité. C’est la raison pour laquelle le seuil de radioactivité jugé  » raisonnable  » (2) pour le citoyen moyen, est passé de 1 à 20 msv/an depuis la catastrophe. Grâce à cette mesure, la réouverture d’une bonne partie de la zone d’évacuation a pu être effective à Fukushima. Il est fort à parier que cette zone d’évacuation ne sera plus, lors d’un prochain accident, où qu’il soit.

C’est donc un véritable bras de fer qui se poursuit actuellement entre les partisans et les opposants à la reconstruction dans le département de Fukushima, question liée à la relance ou non du nucléaire. La réouverture d’une partie de la zone d’évacuation reste un sujet extrêmement controversé, relativement à la retombée de spots radioactifs inégalement répartis dans les territoires évacués. Pourtant le gouvernement continue dans la trajectoire des directives annoncées qui accompagnent sa politique de relance d’une partie du parc nucléaire soit 9 des 54 réacteurs actifs avant l’accident.

Cela se traduit en premier lieu par la fermeture des cités de logements provisoires dans l’ensemble des trois départements touchés par la catastrophe et du relogement d’une partie des habitants dans des cités de logements collectifs.

La fermeture des logements provisoires

La politique de réouverture d’une partie des territoires contaminés de la zone d’évacuation autour de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi s’est accompagnée de la coupure des aides financières aux réfugiés ainsi que de la fermeture progressive de l’ensemble des logements provisoires présents sur les trois préfectures touchées par la catastrophe : Iwate, Miyagi et Fukushima.

Déni ? Dans la gare de Fukushima, un compteur égrène les jours qui séparent des Jeux olympiques. Crédit Cécile Asanuma-Brice.

Sur l’ensemble des trois départements, en janvier 2019 il ne reste plus que 3418 personnes dans 1756 logements provisoires répartis sur 209 sites sur les 53.000 logements provisoires construits dans les trois départements au moment des faits. L’évacuation contrainte et mal accompagnée se traduit par des situations souvent dramatiques. Certaines cités de logements provisoires ne comptent plus qu’un ou deux habitants, laissés pour compte du relogement.

Les associations chargées du suivi sanitaire des habitants sont de moins en moins nombreuses et des voix s’élèvent sur l’abandon complet dans lequel se trouvent ces personnes. La fermeture des cités de logements provisoires est d’autant plus problématique pour les évacués de l’accident nucléaire contraints, pour partie, de rentrer dans des territoires encore pollués.

Le relogement en cités d’habitat collectif fixe les désagréments acceptés parce qu’on les croyait momentanés

Mais peu de personnes rentrent dans ces territoires encore hautement contaminés par endroit. Ainsi, dans la ville de Namie, la dernière à avoir été rouverte, et l’une des plus controversées en raison du taux de contamination encore extrêmement élevé (nous avons relevé des taux à 5 microsieverts /heure dans une voiture sur une route qui relie Namie à la ville de Fukushima le 22 mars 2019), seulement 6,1% de la population initiale est rentrée. 9% de la population pour la ville de Tomioka et 18,5% pour le village d’Iitate. En moyenne, sur l’ensemble des territoires rouverts à l’habitat, seulement 23 % de la population est rentrée (3).

Une partie limitée des habitants a pu investir dans la construction d’un nouveau logement ailleurs. Ce n’est malheureusement pas le cas de la grande majorité de la population, relogée dans des logements collectifs publics construits à cet effet. Si les logements provisoires étaient particulièrement mal adaptés à la population évacuée (4), ces logements collectifs ne le sont guère plus. Les habitants de cette région étaient pour la plupart d’entre eux issus de la campagne et vivaient dans de vastes fermes avant la catastrophe. La vie dans ces espaces extrêmement confinés a été insoutenable pour beaucoup de ceux que nous avons interviewés (5).

Les personnes, souvent âgées, qui ne peuvent pas rentrer et qui ont dû accepter d’être relogées en logement collectif, voient leur calvaire se fixer pour aboutir à une situation désormais sans solution. Ils sont contraints de payer le loyer de ce nouveau logement et les charges qui lui incombent. Ce à quoi vient s’ajouter l’achat d’une alimentation qu’ils produisaient avant.

Ils se retrouvent isolés, sans lien avec la nature qu’ils côtoyaient au quotidien avant le désastre, sans leurs animaux interdits dans ces cités, et cela de façon désormais pérenne. En quelques mois, pour le seul département de Fukushima, ce sont 21 cas de morts en solitaire qui ont été dénombrées au sein des logements publics issus de la reconstruction (6).

Mesure des vies et des morts induites

Parmi les 2267 décès classés comme induits par le désastre nucléaire, 200 personnes seraient décédées du fait de la mauvaise gestion du refuge. L’espoir infiniment cultivé par les autorités d’un retour potentiellement possible dans les territoires d’origine n’a pas permis l’établissement d’une réelle politique du refuge. Dans l’attente, les familles ou individus n’ont pas déménagé pour refaire leur vie ailleurs, mais sont partis en transhumance d’hébergement en hébergement.

Les 200 décès recensés sont tous des personnes qui ont déménagé plus de six fois en huit années. Parmi elles 11 se sont volontairement donné la mort. Pendant ce temps, dans la gare de Fukushima, un compteur affiche les jours restant avant l’ouverture des jeux olympiques, qui s’ouvriront à grands frais, sur les lieux du désastre.

1) Cf. C. Asanuma-Brice (2014), La légende Fukushima, Libération.

2) Voir le principe A.L.A.R.A. As Low As Reasonably Achievable

3) 避難指示解除地域に今日中は23%, NHK Fukushima News, 1er mars 2019.

4) C. Asanuma-Brice (2019), Un siècle de banlieue japonaise : Au paroxysme de la société de consommation, Métispresses.

5) C. Asanuma-Brice (2018), Fukushima, l’impossible retour dans les villages de l’ancienne zone d’évacuation : l’exemple d’Iitate.

6) 災害住宅「孤独死」21件、NHK福島のニュース, 27 février 2019.

Par Rédacteur le 12.04.2019 à 17h28

https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/nucleaire/a-fukushima-le-drame-du-retour_132966

Avr 13

EPR DE FLAMANVILLE : AU BOUT DU CHANTIER, LE FIASCO

Un groupe d’experts et l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire réclament la réparation des soudures défectueuses de l’EPR de Flamanville. EDF espérait qu’une série de tests suffirait. La réparation, opération longue et compliquée, pourrait entraîner au moins deux ans de retard supplémentaires.

EDF ne voit plus le bout du chantier de l’EPR de Flamanville (Manche). Jeudi 11 avril, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a rendu public un avis dans lequel il réclame la « remise en conformité » de huit soudures défectueuses très difficiles d’accès, ce qui pourrait repousser de deux ans — au moins — la mise en service du réacteur nucléaire d’un nouveau type. Le groupe permanent d’experts sur les équipements sous pression nucléaires (GPESPN), réuni mardi 9 et mercredi 10 avril, a également exigé à l’unanimité la réparation de ces huit soudures.

Le revers est de taille pour l’exploitant, qui a quasiment terminé son réacteur et espérait se sortir de cette situation par une série de tests démontrant que les soudures défectueuses restaient suffisamment solides pour être conservées en l’état. C’était le sens du son rapport qu’elle avait remis à l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), et que le groupe d’experts a examiné mardi 9 avril et mercredi. Pour rappel, le chantier de l’EPR de Flamanville a commencé en 2007 et devait être achevé en 2012, pour un coût total de 3,5 milliards d’euros. Mais en juillet dernier, EDF annonçait une mise en service pour fin 2019 — soit sept ans de retard — et un triplement de la facture à 10,9 milliards d’euros.

Comment EDF en est-il arrivé là ? Dès la conception de l’EPR, EDF avait choisi d’installer des soudures dites de « haute qualité » dans les tuyauteries qui vont des générateurs de vapeur à la turbine, en visant « l’exclusion de rupture ». « Habituellement, la construction tient compte du risque de rupture de la pièce concernée. Or, EDF est parti du principe que les soudures “ ne pouvaient pas casser”, explique à Reporterre Thierry Charles, directeur général adjoint de l’IRSN. En visant “ l’exclusion de rupture”, il faut tout renforcer : la conception des soudures, les conditions de soudage, les contrôles, etc. Le problème, c’est qu’EDF n’a pas indiqué aux fabricants que les soudures devaient être réalisées conformément à ce principe d’exclusion de rupture. » C’est ainsi qu’en 2017, à la suite d’une série de dysfonctionnements, l’exploitant a dû avertir l’ASN que 66 soudures ne remplissaient pas les critères de « haute qualité » — et, pour certaines, pas même les critères standards. Pour l’IRSN, l’importance des manquements est telle que la réparation des soudures est indispensable. « Le niveau de qualité n’est pas là. On n’a pas un haut niveau de confiance dans ce qui a été fait. On parle de sûreté nucléaire, il n’y a pas d’autre possibilité que de tout remettre en conformité », dit M. Charles.

Huit des soudures se trouvent dans une partie très difficile d’accès 

Problème : huit des soudures se trouvent dans une partie très difficile d’accès, coincées entre les deux parois de béton de l’enceinte de confinement. « L’élément traversant, coincé entre les enceintes, rassemble deux tubes, soudés à un anneau central, le tout enserré dans un fourreau métallique. Lui-même est entouré d’éléments internes et externes qui font la liaison avec les parois, côté interne pour assurer l’étanchéité de l’enceinte, côté externe pour assurer l’amortissement en cas de séisme » décrit Yves Marignac, directeur de Wise-Paris et membre du groupe d’experts. « Il va être très compliqué de toucher à tout ça sans endommager tous ces éléments. L’alternative serait de casser le génie civil, de sortir l’élément traversant, de reprendre les soudures en atelier et de replacer le tout. » Dans les deux cas, l’opération s’annonce longue et compliquée. « Cela demande des études, des qualifications de procédé, des essais sur maquette grandeur nature parce qu’il ne faudra pas que les opérateurs se loupent et détériorent des éléments irremplaçables, ce qui compliquerait encore la situation d’EDF », prédit M. Marignac. Pour qui l’estimation de deux ans de retard avancée par EDF est « très optimiste ».

Une solution pour EDF serait d’abandonner le principe d’exclusion de rupture. « Il lui faudra alors reprendre toute son étude de sûreté pour voir ce qui se passerait en cas de rupture de la soudure. Mais là aussi, c’est une démarche très compliquée. Surtout, la probabilité que ça ne change rien à l’installation est nulle », prévient M. Charles. Autrement dit, si EDF renonçait à l’exclusion de rupture, il serait sans doute obligé de rebâtir toute une partie de son installation pour la rendre capable de faire face à ce genre d’accident. « Je pense que c’est encore plus compliqué que de réparer les soudures », conclut le directeur adjoint de l’IRSN.

Jeudi soir, EDF n’avait pas répondu aux sollicitations de Reporterre. Dans un communiqué, l’électricien admet que « les recommandations formulées et les pistes de solution suggérées par le Groupe Permanent pourraient impacter le calendrier de mise en service et le coût de construction » et qu’un « point précis sur le calendrier et le coût de construction de l’EPR de Flamanville sera effectué après la publication de l’avis de l’ASN ». Pour l’exploitant, ces avis arrivent au pire moment, alors que son chantier d’EPR finlandais vient d’accuser lui aussi trois mois de retard supplémentaires.

L’avis du groupe d’experts risque de compromettre l’avenir de la filière EPR en France. En effet, en novembre 2018, le président de la République reportait à 2021 la décision de lancer la construction de nouveaux EPR : « Je demande à EDF de travailler à l’élaboration d’un programme de ‘‘nouveau nucléaire’’ en prenant des engagements fermes sur le prix, pour qu’ils soient plus compétitifs. Tout doit être prêt en 2021 pour que le choix qui sera proposé aux Français puisse être un choix transparent et éclairé. » La mise en service de l’EPR de Flamanville faisant partie de ce « tout ».

L’ASN a indiqué à Reporterre qu’elle rendrait son avis définitif « d’ici l’été ». Pour Yves Marignac, il est très probable qu’elle confirme les avis de l’IRSN et de son groupe d’experts. « Le rapporteur de l’ASN était lui aussi défavorable à la démarche de calculs et de tests proposée par EDF, et favorable à une remise en état des soudures, rapporte M. Marignac. Il serait étonnant, et même incompréhensible, que l’ASN ne suive pas tous ces avis. »

Puisque vous êtes ici…

Message de Reporterrre

… nous avons une petite faveur à vous demander. Dans une période où les questions environnementales sont sous-représentées dans les médias malgré leur importance, Reporterre contribue à faire émerger ces sujets auprès du grand public. Le journal, sans propriétaire ni actionnaire, est géré par une association à but non lucratif. Nous sommes ainsi totalement indépendants. Personne ne dicte notre opinion. Cela nous permet de couvrir des évènements et thèmes délaissés par les autres médias, de donner une voix à ceux qui ne sont pas audibles, et de questionner les puissants en les mettant face à leurs responsabilités.

Il n’y a jamais eu autant de monde à lire Reporterre, mais nos revenus ne sont pourtant pas assurés. Contrairement à une majorité de médias, nous n’affichons aucune publicité, et nous laissons tous nos articles en libre accès. Vous comprenez sans doute pourquoi nous avons besoin de demander votre aide. Reporterre emploie une équipe de journalistes professionnels, qui produit quotidiennement des informations, enquêtes et reportages. Nous le faisons car nous pensons que notre vision, celle de la préservation de l’environnement comme sujet majeur de société, compte — cette vision est peut-être aussi la vôtre.

Si toutes les personnes qui lisent et apprécient nos articles contribuent financièrement, la vie du journal sera pérennisée. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Merci.

Pour faire un don (possibilité de reçu fiscal permettent une déductibilité fiscale de 66%), cliquer sur : https://reporterre.net/spip.php?page=don

Retrouvez cet article sur :

https://reporterre.net/EPR-de-Flamanville-au-bout-du-chantier-le-fiasco

Avr 12

LE PEN ENTRE EN GUERRE CONTRE « LA POLLUTION ÉOLIENNE »

En campagne pour les européennes, la présidente du Rassemblement national a trouvé un nouveau cheval de bataille pour brasser du vent.

Marine Le Pen, la nouvelle écologiste qui soutient l’énergie nucléaire en France, vient de partir officiellement guerre contre la construction de nouvelles éoliennes. La présidente du Rassemblement national a donné le coup d’envoi de la campagne de son mouvement « contre la pollution éolienne » lors d’une conférence de presse organisée le 6 avril en Bretagne. Pour ce faire, elle a repris à son compte celle menée depuis une quinzaine d’année par l’association « Vent de colère » qui répand des mensonges sur l’éolien par le biais d’une partie de ses groupes locaux qui sont « pour » les éoliennes à condition qu’elles ne soient pas installées près de chez eux. Cette fédération d’anti-éoliens est soutenue par la Société française d’énergie nucléaire créée en 1975, (NDLR: association qui fait la promotion du nucléaire) au moment où les centrales nucléaires ont commencé à être construites en grand nombre et donc à être contestées. Dans sa déclaration, la chef de file de l’extrême droite fait explicitement référence à un communiqué de Vent de colère. Cela explique que l’on retrouve dans son discours, la plupart des arguments que cette association martèle depuis des années, et distille dans les journaux locaux et nationaux qui les reproduisent sans les contester ni indiquer les sympathies idéologiques et politiques de l’association.

Noyautage de l’extrême droite

Ces groupes anti-éoliens sont noyautés, à plein temps ou à mi temps, par des membres ou sympathisants de l’ex-Front national alliés aux bourgeois et aux aristocrates, dont la première, sinon unique, inquiétude est que les éoliennes entraînent une baisse de la valeur des propriétés et des espaces qui les entourent. C’est d’ailleurs l’un des arguments repris par Marine Le Pen. Dans un autre argument, elle et sa tête de liste aux élections européennes prétendent que les subventions reçues par les constructeurs d’éoliennes se monteraient depuis 20 ans à une dizaine de milliards d’euros. Ce qui est faux puisque Marine Le Pen confond les coûts de construction, supportés par les constructeurs, qui ne sont pas payés par l’État. Une autre de ses fausses affirmations soutient que ces subventions supposées sont prélevées sur le produit de la taxe sur les carburants.

Cette affirmation la conduit à expliquer que ces éoliennes nuisent à l’agriculture. Autre mensonge car il suffit de parcourir les campagnes françaises, espagnoles et allemandes pour constater que les champs éoliens sont toujours ouverts à la culture et aux élevages. D’ailleurs preuves que les éoliennes ne bouleversent pas les espaces ruraux, les agriculteurs et les maires sont de plus en plus nombreux à réclamer ces installations qui leur apportent des contributions financières de plus en plus nécessaires.

Preuve, s’il en fallait encore une, que la présidente dit n’importe quoi : elle explique que l’éolien est inefficace contre les émissions de gaz à effet de serre. Mais, pour l’instant elle reste muette à propos des installations solaires voltaïques contre lesquels Vent de Colère est également partie en guerre.

Par Claude-Marie Vadrot, publié le 12 avril 2019

https://www.politis.fr/articles/2019/04/le-pen-entre-en-guerre-contre-la-pollution-eolienne-40278/

Avr 12

DONALD TRUMP ÉVOQUE UN TROISIÈME SOMMET AVEC KIM JONG UN

Le président américain Donald Trump a évoqué jeudi la possibilité d’un troisième sommet avec le leader nord-coréen Kim Jong Un, six semaines après l’échec retentissant de leur rencontre à Hanoï.

Les négociations sur la dénucléarisation de la Corée du Nord sont au point mort depuis ce tête-à-tête dans la capitale vietnamienne qui s’est achevé sans la moindre avancée concrète.

« Un troisième sommet pourrait avoir lieu« , a déclaré M. Trump en recevant dans le Bureau ovale son homologue sud-coréen Moon Jae-in.

Interrogé sur d’éventuels gestes humanitaires envers le régime reclus étranglé par les sanctions de l’ONU liées à ses programmes nucléaire et balistique, il n’a rien exclu, sans cependant faire d’annonces précises.

« Nous parlons de certaines choses humanitaires et cela me va pour être honnête. Les Sud-Coréens font certaines choses pour aider la Corée du Nord avec de la nourriture et d’autres choses« , a-t-il déclaré.

Grand partisan du dialogue avec son voisin du Nord, M. Moon a souligné de son côté qu’il ne voyait pas Hanoï comme un échec, mais plutôt comme une étape dans un « processus » beaucoup plus long.

Depuis le fiasco du dernier sommet, l’administration Trump martèle qu’elle souhaite aboutir à un « grand accord » qui permette d’un coup la « dénucléarisation définitive et entièrement vérifiée de la Corée du Nord » en échange de la levée des sanctions qui étranglent l’économie de ce pays.

Interrogé sur ce point, le président américain a soufflé le chaud et le froid. « Il y a différents plus petits accords qui pourraient intervenir. Des choses pourraient avancer étape par étape. Mais pour le moment, nous parlons du grand accord. Le grand accord, c’est se débarrasser des armes nucléaires« .

Donald Trump reçoit son homologue sud-coréen Moon Jae-in dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 11 avril 2019 / AFP

« Nous voulons que les sanctions restent en place« , a-t-il ajouté, tout en réaffirmant avoir de bonnes relations avec Kim Jong Un. « Espérons que cela puisse aboutir à de bonnes nouvelles (…) pour le monde« .

Le premier face-à-face entre les deux hommes, en juin 2018 à Singapour, s’était achevé sur une déclaration commune évoquant la « dénucléarisation complète de la péninsule coréenne« , formulation vague permettant aux deux parties d’en faire des interprétations très différentes.

Trump évoque son « respect » pour Kim –

Les médias officiels nord-coréens ont rapporté jeudi que Kim Jong Un avait adopté une attitude de défi, exhortant le parti au pouvoir à travailler encore plus vers « l’autosuffisance » pour contrecarrer l’effet des sanctions infligées par l’ONU du fait de ses programmes nucléaire et balistique interdits.

Selon l’agence officielle KCNA, le jeune dirigeant, dont la famille règne sans partage sur la Corée du Nord depuis 1948, a pris soin de ne pas critiquer personnellement le locataire de la Maison Blanche.

Lors du sommet de Hanoï, Kim Jong Un avait proposé de démanteler son complexe nucléaire de Yongbyon en échange de la levée des principales sanctions, une offre refusée par Donald Trump.

Donald Trump et Kim Jong Un au Sofitel Legend Metropole, le 28 février 2019 à Hanoï / AFP

Comment les États-Unis qualifient-ils désormais le régime nord-coréen? C’est la question qui a été posée mardi au chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo lors d’une audition parlementaire.

Après lui avoir rappelé qu’il avait qualifié le président vénézuélien Nicolas Maduro de « tyran« , un sénateur lui a demandé si une telle description s’appliquait aussi à Kim Jong Un. « Bien sûr. Je suis sûr que j’ai déjà dit cela« , a répondu M. Pompeo.

Rien n’indique cependant que le président américain soit prêt à utiliser le même mot. Après avoir dépeint la Corée du Nord comme un « régime pervers » dirigé par une « bande de criminels« , et avoir moqué son numéro un en le surnommant « Little Rocket Man« , ou « petit homme fusée« , il a totalement changé de ton depuis leur première rencontre, historique, de juin à Singapour.

« (Kim Jong Un) est quelqu’un que je connais désormais très bien et que je respecte« , a-t-il déclaré jeudi depuis le Bureau ovale.

Par afp, publié

 

https://www.la-croix.com/Monde/Donald-Trump-evoque-troisieme-sommet-Kim-Jong-Un-2019-04-11-1301015025

Avr 12

BOMBE ATOMIQUE : LE LIDO DE CASTRES LIBÈRE LA PAROLE

Ce sera une semaine « atomique » au Lido avec deux films projetés suivi de débats en présence de spécialistes du sujet. Tout d’abord « la Bombe et nous » le lundi 15 avril à 20h, une soirée animée par Paul Quilès, ancien Ministre de la Défense et Président d’IDN, Initiative pour le Désarmement Nucléaire.

Ensuite le mercredi 17 avril à 20h30, le film « Fukushima : le couvercle du soleil » en présence de Kolin Kobayashi, journaliste et écrivain japonais.

Le film de Xavier –Marie Bonnot La bombe et nous se propose de porter la réflexion sur l’actualité et l’avenir du nucléaire militaire en donnant la parole à des scientifiques, des historiens, des militaires et des politiques.

Sommes-nous pris au piège de l’arme nucléaire ? Est-elle au contraire un gage de paix et de stabilité ? Peut-on vivre sans elle ? Peut-on penser le monde autrement que par un équilibre de la terreur ? Depuis la naissance même de cette arme ces questions alimentent les peurs les plus terribles et les discours les plus dangereux.

Le 7 juillet 2017, l’ONU a adopté un traité d’interdiction des armes nucléaires, signé par 122 pays sur 192. Le Collectif ICAN, Campagne Internationale pour l’Abolition des Armes Nucléaires a reçu le prix Nobel de la Paix en 2017. Et pourtant la tension entre les États Unis et la Corée du Nord est bien présente, un conflit nucléaire a été envisagé. La doctrine du non- emploi de l’arme nucléaire est- elle en train d’évoluer vers un recours limité ?

L’ AJET en partenariat avec le MAN, le COT, l’ Appel des Cent et le CGR Lido vous invite à participer nombreux à cette soirée.

Renseignements et réservations : sur le site www.cgrcinemas.fr/castres ou aux caisses de votre cinéma.

Tarifs : 7,40 € plein / 6,60 € carte CGR / 5€ Cinglés du Cinéma / 10€ les deux films

https://www.lasemainedecastres.fr/bombe-atomique-le-lido-de-castres-libere-la-parole/

Avr 12

L’ADEME FAIT LA CHASSE AUX IDÉES REÇUES SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES

FAKE NEWS. « Les éoliennes ne se recyclent pas ! », « la proximité d’une maison avec un méthaniseur lui fait perdre de la valeur !« , « les renouvelables ne créent pas d’emplois en France puisque tout est produit à l’étranger…« . Autant de phrases que l’on entend souvent, y compris dans les commentaires des articles de Batiactu, qui s’avèrent être des contre-vérités.

L’Ademe répond point par point.

Appelez ces phrases « infox« , « hoax« , « fake news » ou « contre-vérités« , mais le résultat est le même : des informations erronées qui circulent à la vitesse de l’éclair sur les réseaux sociaux et dans les conversations de comptoir. Et les énergies renouvelables sont souvent au centre de l’attention, en cette période d’urgente transition écologique. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) a donc décidé de faire œuvre de pédagogie pour démentir quelques-unes de ces idées reçues. David Marchal, le directeur adjoint Production & Énergies durables, explique : « Il existe de multiples filières pour produire de l’électricité, du biogaz, de la chaleur… Elles sont porteuses d’enjeux mais critiquées. Pourtant éolien et méthanisation par exemple seront indispensables à la transition énergétique« .

Les éoliennes, des usines à gaz ?

L’Ademe répond succinctement mais précisément à certaines affirmations inexactes, telle : « En fin de vie, les éoliennes ne sont pas recyclables« . Le responsable affirme : « Dans l’éolien terrestre, la durée de vie des machines est de 20 ans. En France, où les premières installations ont eu lieu au début des années 2000, cela concerne quelques dizaines de machines. Le flux sortant est donc faible, alors qu’en Allemagne, il est aujourd’hui de 1.000 machines par an« . Le parc français, plus récent et moins développé, s’élève aujourd’hui à un peu moins de 7.000 turbines installées sur le territoire. David Marchal n’est pas inquiet : la France pourra bénéficier de l’expérience de ses voisins européens sur cette question, confrontés plus tôt que nous à la problématique de la fin de vie des engins. La législation française oblige l’exploitant à déposer une garantie financière couvrant la déconstruction du site, à hauteur de 50.000 € par éolienne, un montant jugé faible par certains opposants. « Mais les machines sont constituées majoritairement d’acier, de béton et de cuivre, à hauteur de 90-95 % de leur masse. Des matériaux qui se recyclent et se réutilisent très bien, y compris le béton des fondations« , assure l’expert. Le démontage pourrait ainsi se transformer en chasse aux composants et matières affichant une certaine valeur et, de ce fait, des revenus.

« Que reste-t-il ? Les pales en résine et fibres de verre ou de carbone d’un côté, et les aimants permanents de l’autre« , énumère David Marchal. Les pales, qui pèsent 10 tonnes pièce, sont valorisées de façon énergétique en Allemagne, où elles servent de carburant dans les cimenteries. « La voie existe donc, et elle est industrialisable en France, même si elle n’est pas optimale« , reconnait-il. D’où un effort de R&D dans des projets de recyclage des composites ou de développement de résines alternatives, thermoplastiques, recyclables. Sur la question des terres rares, retrouvées dans les aimants permanents, le directeur adjoint répond : « Le problème se posera davantage dans l’éolien offshore que dans l’éolien terrestre. Mais il faut mettre en parallèle la quantité de 70 tonnes de néodyme retrouvées dans les éoliennes françaises des 32.000 tonnes annuelles de demande mondiale, principalement pour la micro-électronique ou l’automobile« . D’autant que, là aussi, beaucoup d’efforts sont entrepris en R&D pour mettre au point des turbines utilisant moins de terres rares ou pour parvenir à les recycler efficacement. « Nous avons presque 20 ans pour développer des solutions industrielles. Les volumes, aujourd’hui, sont trop faibles pour être économiquement pertinents mais ils seront suffisants à partir de 2025« , estime-t-il.

Des méthaniseurs qui sentent le soufre

De son côté, la méthanisation, est elle aussi souvent accusée de générer des nuisances. Là encore, l’Ademe répond, par la voix de Valérie Weber-Haddad : « C’est une technologie mal connue. Les déchets sont mis dans un digesteur, une cuve étanche, et sont transformés par des bactéries qui produisent du gaz et du digestat« . De nombreux intrants peuvent être utilisés : effluents d’élevage, déchets agroalimentaires, déchets verts… L’économiste souligne : « Il y a une richesse des gisements et donc une plasticité du modèle économique. Et le biogaz qui est produit peut servir à différents usages, que ce soit pour générer de la chaleur ou de l’électricité, voire les deux en cogénération, ou pour de la mobilité durable sous la forme de bio-GNV« . Les craintes se focalisent souvent sur l’utilisation du digestat, à la composition hautement variable, et dont la concentration de certaines substances comme des métaux lourds pourrait être problématique. « Ce sont des matières qui sont surveillées avant épandage. Si les contrôles ne sont pas satisfaisants, elles sont employées en remblais« , détaille-t-elle. Blandine Aubert, la directrice régionale de l’Ademe en Bourgogne-Franche-Comté, renchérit : « Le digestat devient en fait un amendement pour les sols qui a une valeur agronomique supérieure à celle des engrais ou du lisier. Son azote est assimilé plus facilement par les plantes« . Les agriculteurs peuvent ainsi réaliser des économies sur les produits chimiques qu’ils ajoutent à leurs cultures. Cependant, leurs pratiques doivent évoluer et leur gestion devenir plus rigoureuse.

À lire aussi

Des entreprises étrangères qui volent le pain des Français

L’Ademe répond également à la question des emplois des filières renouvelables, qui ne seraient pas assez « locaux » au goût de certains. David Marchal rétorque : « Le bois énergie, par exemple, c’est un emploi pour 1.000 tonnes de bois valorisées. L’éolien, ce sont 18.000 emplois – directs et indirects – en France aujourd’hui. Au total, pour toutes les EnR, on dénombre 80.000 emplois directs« . Le spécialiste avance que l’industrie française serait une grande pourvoyeuse de composants et que pas moins de 600 entreprises participeraient en tant que sous-traitantes à la fourniture de pièces pour les machines éoliennes. Une activité à laquelle s’ajoute celle de maintenance des parcs installés, qui permettrait elle-aussi la création de nouveaux postes, à raison d’un technicien pour chaque dizaine de mâts implantés. En termes d’acceptabilité, les renouvelables peuvent enfin avancer un autre argument : celui des financements participatifs. Blandine Aubert relate : « Les élus et citoyens accompagnent les projets de valorisation d’énergies locales. Des EnR ancrées et participatives connaissent très peu de recours en justice. Leur appropriation est plus importante et porteuse de sens pour le territoire, avec à la clé une création d’activité et d’emplois« . Concernant une éventuelle dépréciation des biens immobiliers situés à proximité de parcs éoliens ou de méthaniseurs, l’Ademe est catégorique : aucune étude n’a, à ce jour, été menée sur le sujet. Impossible donc, pour l’heure, de déterminer s’il y a bien un impact, en dehors du désintérêt général des acheteurs pour certaines zones rurales. Les « anti– » trouveront certainement d’autres arguments pour s’opposer à la transition écologique ; une énergie dépensée en vain ?

Par Grégoire Noble, publié le 10/04/2019 à 16h11

https://www.batiactu.com/edito/ademe-fait-chasse-aux-idees-recues-sur-enr-56082.php?

Avr 12

« LA PROLONGATION DES CENTRALES NUCLÉAIRES N’EST PAS ACQUISE », PRÉVIENT LE PRÉSIDENT DE L’ASN

Alors que le parc vieillit, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire Bernard Doroszczuk prévoit que l’allongement de la durée de vie des réacteurs sera décidé au cas par cas, après vérification de leur état.

ENTRETIEN

L’Usine Nouvelle – Le débat public sur les déchets radioactifs va s’ouvrir. Que dira l’ASN, l’Autorité de sûreté nucléaire ?

Bernard Doroszczuk – Le débat public permettra d’interroger la société civile en vue de l’élaboration du cinquième plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs. L’enjeu principal est la disponibilité à un horizon de dix à quinze ans des capacités d’entreposage et de stockage pour tous les types de déchets. Si rien n’est décidé dans les deux à trois ans, cela posera un problème crucial pour la filière nucléaire. Cela entravera par exemple les opérations de démantèlement à la fois sur les réacteurs déjà à l’arrêt, mais aussi sur ceux qui seront fermés. Or la loi française prévoit qu’à l’issu de l’arrêt définitif d’un réacteur, les opérations de démantèlement doivent être immédiatement réalisées

Quelles sont les priorités de votre mandat ?

L’urgence, c’est de statuer sur la poursuite d’exploitation des installations nucléaires. C’est un sujet de fond, l’essentiel du parc nucléaire français ayant été construit il y a quarante ans. On s’engage dans un véritable débat en termes de maîtrise du vieillissement et de réévaluation de la sûreté.

La prolongation à 50 et 60 ans vendue par EDF n’est donc pas acquise ?

La prolongation n’est pas acquise. Nous ne nous sommes pas encore prononcés sur les dispositions génériques qui ont été proposées par EDF pour l’amélioration du niveau de sûreté des réacteurs 900 MWe. Nous rendrons notre avis sur ces dispositions fin 2020. Ensuite, dans le calendrier d’arrivée des réacteurs à 40 ans, nous délivrerons au cas par cas une autorisation de prolongation après vérification de leur état de sûreté et des améliorations apportées. Mais il y a encore des sujets qui ne sont pas tranchés. L’EPR, qui est désormais la référence en termes de sûreté, dispose par exemple d’un système de refroidissement et de récupération du cœur en cas de fusion, qui n’existe pas sur le parc des 900 MWe. Il y a un débat sur la manière de mettre un tel dispositif équivalent sur les réacteurs existants. Ce ne sera pas toujours physiquement possible.

Et les autres grands sujets de l’ASN ?

L’autre grand sujet concerne les suites données à l’accident de Fukushima. Il porte sur la mise en œuvre des modifications matérielles pour faire face aux situations extrêmes, qui n’avaient pas été prévues dans le dimensionnement d’origine, comme les diesels d’ultime secours, qui doivent être positionnés dans de véritables bunkers. Il faut aussi protéger les salles de commande. Mais il faut également exploiter le retour d’expérience de la gestion post-accidentelle. Comme nous ne pouvons pas exclure l’idée qu’il y ait un accident nucléaire en France, nous devons nous y préparer.

L’ASN vient de reporter l’échéance de mise en service des diesels d’ultime secours. Pourquoi ?

EDF avait pris un engagement de mettre en place des diesels d’ultime secours pour fin 2018. Cet engagement ne pourra pas être respecté compte tenu des problèmes opérationnels rencontrés sur les chantiers. L’intégration des différents corps de métier ne s’est pas faite de manière correcte par les industriels sélectionnés par EDF. Seule la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, située dans le Loir-et-Cher, en est aujourd’hui équipée. Nous avons pris la décision de repousser cette échéance à fin 2020.

Les problèmes de compétence de la filière vous inquiètent-ils ?

Un autre sujet de préoccupation est effectivement lié aux nouvelles installations et aux retards observés. Nous faisons le constat d’une perte d’expérience et de compétences opérationnelles sur des métiers assez traditionnels, comme les soudures, les pièces forgées et le génie civil, qui interroge sur la « capacité à faire » de la filière. EDF a réussi à maintenir les compétences sur l’exploitation des centrales. Mais les industriels ont perdu la maîtrise de certaines capacités opérationnelles et il y a trop d’écarts constatés dans les grands travaux ou les constructions neuves. Le « plus de contrôles » n’est pas la solution pour faire face à ces anomalies. Pour que la filière sorte par le haut de cette situation, la bonne réponse, c’est faire de la qualité du premier coup et mieux maîtriser la gestion de projet. C’est ce que j’attends de la filière nucléaire. Il faut qu’elle se mobilise autour des compétences clés et la culture de sûreté. Le nucléaire doit être une filière d’excellence. Il ne peut pas y avoir de débat sur ce sujet.

Que pensez-vous du projet EPR 2 ?

Il est légitime, comme le fait EDF, de tirer parti du retour d’expérience des difficultés rencontrées en France et à l’étranger dans la construction de l’EPR pour améliorer et simplifier le modèle. Le grand enjeu pour l’EPR 2, c’est de ne pas régresser en matière de sûreté. Nous avons été sollicités par EDF sur la première étape de validation des options de sûreté. Nous publierons notre avis final d’ici à fin avril. Mais ce n’est pas une autorisation de création.

Travaillez-vous sur le projet français de SMR, les small modular reactors ?

Le consortium composé d’EDF, du CEA, de TechniAtome et de Naval Group nous a présenté leur avant-projet de réacteur compact il y a quelques mois. Sur le papier, il est tout à fait intéressant en termes d’amélioration de la sûreté. La compacité de ces réacteurs, leur modularité, et la capacité de les fabriquer en grande partie en usine et non pas sur site, apparaissent très prometteurs en matière de maîtrise de la conception et de la fabrication. Néanmoins, le projet devant encore faire l’objet de mises au point, nous ne pourrons recevoir un dossier d’options de sûreté qu’à l’horizon 2022 ou 2023.

Le réchauffement climatique est-il une menace ?

Pour les centrales nucléaires situées en bord de fleuve, il y a déjà des prescriptions de fonctionnement si la température de l’eau est trop élevée, voire des dispositions de repli si les quantités d’eau nécessaires au refroidissement et à la dilution des rejets ne sont pas suffisantes. La centrale se met à l’arrêt et fonctionne en circuit fermé. Il est clair que si le réchauffement climatique conduisait à ce que les épisodes de canicule et d’étiage se répètent, voire soient plus sévères, cela conduirait ces centrales en bord de fleuve à être mises en situation de réduction de capacité de production plus fréquemment.

Propos recueillis par Aurélie Barbaux,  Photos Pascal Guittet

Publié le 11/04/2019 à 15H30

https://www.usinenouvelle.com/article/la-prolongation-des-centrales-n-est-pas-acquise.N828530

Avr 12

NUCLÉAIRE : EXILÉS APRÈS FUKUSHIMA, ILS SONT DEVENUS DES PARIAS

Ils ont quitté leur maison, fui la radioactivité que le gouvernement japonais continue à cacher malgré la catastrophe. Mis au ban de la société, aujourd’hui, ces « pestiférés » ne veulent plus se taire.

«Beaucoup de mères vivent avec leurs enfants comme réfugiés nucléaires depuis huit ans », lancent en préambule Mmes Akiko Morimatsu et Miwa Kamoshita. Ces mamans font partie de celles que l’on nomme « les mères de Fukushima ». Toutes deux, entourées de leurs enfants, sont venues à Paris pour témoigner de ce qu’est devenue leur vie d’exil depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima. Tout a basculé, le 11 mars 2011, lorsque, à 130 kilomètres au large de la ville de Sendai, un séisme de magnitude 8,9 a ébranlé la terre. L’onde de choc a entraîné la formation d’un tsunami géant qui a frappé de plein fouet la côte ouest du Japon. Par endroits, les vagues dépassent 15 mètres. Elles ravagent maisons et infrastructures. Près de 19 000 habitants de la province sont alors déclarés morts ou disparus. Les réfugiés se comptent par centaines de milliers. Plus grave, la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, propriété de l’énergéticien japonais Tepco, malgré un mur anti-vagues, est submergée. Surchauffe du réacteur numéro 1, l’incident nucléaire est en route avant explosion et diffusion de la radioactivité.

Bien que n’habitant pas dans la zone interdite, Mme Miwa Kamoshita décide dès les premiers jours de prendre enfants et bagages pour fuir : « Nous habitions à Iwaki, une ville de plus de 300 000 habitants qui se trouve dans la préfecture de Fukushima, à 40 kilomètres de la centrale. Nous ne faisions pas partie des zones à évacuer selon les directives du gouvernement. Mais nous savions ce qui s’était passé à Tchernobyl avec son fameux nuage. Quand mes enfants se sont mis à saigner du nez abondamment sans aucune raison, j’ai décidé de partir. » Deux cents familles dans la province vont faire ce même choix d’un ailleurs « meilleur ».

Une radioactivité toujours bien présente

Depuis, Miwa vit à Tokyo. Elle n’est toujours pas retournée dans sa ville, malgré les fausses bonnes nouvelles du gouvernement, qui se veulent toujours rassurantes. « Mais mensongères », continue Miwa. Maison, jardin fleuri, cerisiers en fleur ne font plus partie de son quotidien. Seul son mari est resté à Iwaki, pour subvenir aux besoins de sa famille. Malgré une radioactivité toujours bien présente dans la terre, la poussière des tapis, l’eau courante… Pourtant, point de meilleur ailleurs : « Nous n’avons pas d’autre choix. Moi, j’ai un petit boulot à mi-temps à Tokyo, car on n’y trouve rien d’autre. Les fins de mois sont difficiles et le gouvernement ne nous aide pas beaucoup », continue la maman. Pour ces familles, l’éloignement est aussi cause de divorces. On ne compte plus les séparations. Mais aux drames familiaux s’ajoute surtout une injustice sociale. Il y a peu, toutes les aides publiques au logement destinées aux personnes réfugiées de leur propre initiative hors des régions contaminées ont été supprimées. Akiko Morimatsu, partie, elle, avec ses enfants vers Osaka, explique son calvaire : « Le gouvernement pousse maintenant les familles à rentrer chez elles. Tous les jours, nous recevons des coups de fil des employés locaux. On tape à notre porte, on nous menace. Certaines familles exilées ont vu le prix de leurs loyers doubler. » Pourtant, la radiation est encore là. Notamment le fameux césium 137, dont la durée de vie est de trente ans. On ne compte plus les cancers de la thyroïde chez les plus jeunes. Selon l’université de médecine de Fukushima, sur « 217 513 enfants ayant subi des tests complets (soit 64,6 % des 336 669 enfants concernés), 141 275 (soit 65 %) présentaient des nodules ou des kystes sur la thyroïde ».

Mais, pour ceux et celles qu’au Japon l’on nomme, de manière très péjorative, les « autoréfugiés », le fatalisme n’est pas de mise. En mars 2018, les deux « mamans de Fukushima » ont plaidé à Genève, auprès du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, pour leur droit fondamental de vivre avec leur famille dans un environnement sain. Un environnement propice qui, jusqu’à présent, leur a été refusé, et ce jusqu’au sein même des écoles où étudient leurs enfants. Matsuki Kamoshita, fils aîné de Miwa, est cet adolescent longiligne qui a vécu l’enfer durant ses années de primaire à Tokyo : « Le pire, pour moi, c’est le harcèlement dont j’ai été victime. Je trouvais des insultes écrites sur les dessins que je faisais en classe. On me traitait de “bacille”. Je me sentais continuellement en danger. Malgré tous les efforts de mes parents et de certains enseignants, cela n’a jamais cessé. J’avais environ 9 ans quand j’ai fait un vœu : j’ai demandé à mourir. »

Les plaintes contre Tepco et le gouvernement se multiplient

Une fois au collège, pour ne plus avoir à subir et par honte, il cache son identité de réfugié nucléaire. Lorsqu’il témoigne dans la presse, il le fait sous un pseudo et pose de dos sur les photos « Pour l’État japonais, nous ne sommes que des témoins gênants. C’est pourquoi nous subissons la discrimination. Malheureusement, dans la société japonaise actuelle, les victimes ne peuvent pas vivre en sécurité sans détourner le regard, sans se boucher les oreilles et sans fermer la bouche. » Plus tout à fait, tout de même. Dorénavant, il parle à visage découvert. Le vent des révoltes a enfin sonné. Les plaintes contre Tepco et le gouvernement se multiplient. Trente procès sont en cours : « Il existe à ce jour plus de 13 000 plaignants, se félicite Mme Akiko Morimatsu. Sur les huit procès qui ont eu lieu au niveau régional, seulement un a été perdu. » Réunis en fédération, les réfugiés du nucléaire s’organisent. « Tous les procès que nous intentons à Tepco ont pour but d’obtenir des indemnités, poursuit-elle. Ceux contre le gouvernement servent à établir son niveau de responsabilité. Je veux que mes enfants soient fiers de nos luttes. Que mon plus petit ne me dise plus jamais, comme il l’avait fait six mois après l’accident : « Maman, souris, s’il te plaît !” » Vivre, mener une vie simple.

Par Éric serres, publié le vendredi, 12 Avril 2019

La photo : Victime de la catastrophe de Fukushima, Miwa Kamoshita, ici avec ses enfants, est venue à Paris pour témoigner de ce qu’est devenue sa vie d’exil…

https://www.humanite.fr/nucleaire-exiles-apres-fukushima-ils-sont-devenus-des-parias-670770

Avr 11

CORÉE DU NORD: KIM JONG UN VEUT PORTER « UN COUP DÉCISIF » AUX PARTISANS DES SANCTIONS

Le leader nord-coréen Kim Jong Un a adopté une attitude de défi au sujet du fiasco du sommet de Hanoï avec le président américain Donald Trump en affirmant que Pyongyang saurait contrecarrer les effets des sanctions internationales, rapportent jeudi les médias officiels nord-coréens.

Il s’agit des premiers commentaires officiels du dirigeant nord-coréen sur la position de Pyongyang après l’échec des discussions sur la dénucléarisation en février, qui était en partie dû au fait que Pyongyang exigeait la levée immédiate des sanctions.

Ces propos sont intervenus à la veille d’une rencontre prévue jeudi à Washington entre M. Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-in.

Kim a exhorté mercredi la direction du Parti des travailleurs au pouvoir à travailler encore plus vers « l’autosuffisance » pour contrecarrer l’effet des sanctions infligées à Pyongyang par l’ONU du fait de ses programmes nucléaire et balistique interdits.

Il a estimé que le développement de l’économie socialiste « porterait un coup décisif aux forces hostiles qui pensent les yeux injectés de sang que les sanctions peuvent mettre la RPDC à terre« , a-t-il dit en citant les initiales officielles du régime, la République populaire démocratique de Corée, rapporte l’agence officielle KCNA.

Photo transmise le 11 avril 2019 par l’agence nord-coréenne Kcna du dirigeant Kim Jong Un devant le Parti des travailleurs, le 10 avril 2019 à Pyongyang / KCNA VIA KNS/AFP

Kim n’a nullement mentionné les armes nucléaires, ni critiqué M. Trump, selon KCNA.

Trump et Kim s’étaient rencontrés une première fois en juin 2018 à Singapour, où ils avaient signé une déclaration floue sur la « dénucléarisation de la péninsule coréenne« .

À Hanoï, Kim Jong Un, qui dirige un pays manquant cruellement de devises, avait réclamé la levée des sanctions mais les discussions se sont achevées sans communiqué commun ni même un déjeuner, faute d’accord sur la dénucléarisation auquel aurait répondu un allègement des mesures.

Cette déconvenue soulève des questions quant à l’avenir du processus. Au Vietnam, le Nord avait expliqué qu’il voulait la levée des seules sanctions pesant sur les conditions de vie des Nord-Coréens. Mais les États-Unis avaient considéré que Pyongyang exigeait de fait la disparition des principales sanctions sans proposer grand-chose de précis en retour.

Par l’afp, le 11/04/2019 à 04h23, modifié le 11/04/2019 à 08h26

https://www.la-croix.com/Monde/Coree-Nord-Kim-Jong-veut-porter-coup-decisif-partisans-sanctions-2019-04-11-1301014933

Avr 11

STATUT DE LA POLYNÉSIE : CHRISTIAN VERNAUDON DEMANDE LA RÉÉCRITURE DE L’ARTICLE SUR LE FAIT NUCLÉAIRE

Alors que le projet de réforme du statut de la Polynésie française doit être examiné, Christian Vernaudon demande que l’article sur le fait nucléaire  « De la reconnaissance de la Nation » soit réécrit pour qu’il reflète exactement ce que les Polynésiens attendent.

Le projet de réforme du statut de la Polynésie française doit être examiné jeudi 11 avril, soit cette nuit à Tahiti, en séance plénière à l’Assemblée nationale. Son article premier sur le fait nucléaire intitulé « De la reconnaissance de la Nation » a fait réagir le représentant de la Polynésie française au CESE, le Conseil économique, social et environnemental à Paris.

Le 27 mars, Christian Vernaudon a adressé un courrier au Premier ministre et à la ministre des Outre-mer. Dans ce courrier, il manifeste, au nom de la société civile polynésienne, son opposition à la rédaction de cet article. Il demande purement et simplement que l’article soit réécrit pour qu’il reflète exactement ce que les Polynésiens attendent en matière de reconnaissance de la Nation sur le fait nucléaire.

Polynésie la 1ère, Marie-Christine Depaepe, publié le 10/04/2019 à 14h29

Pour écouter l’interview (1mn54s), cliquer sur :

https://la1ere.francetvinfo.fr/polynesie/tahiti/polynesie-francaise/statut-polynesie-christian-vernaudon-demande-reecriture-article-fait-nucleaire-699502.html

Avr 11

YVELINES : SÉCURITÉ NUCLÉAIRE : CINÉ-DÉBAT À ACHÈRES

L’association « Confluence pour sortir du nucléaire » (CPSDN) organise un ciné-débat au cinéma Pandora d’Achères (Yvelines), mercredi prochain.

À l’occasion du lancement de l’association Nucléaire, je balise dans la région, l’association Confluence pour sortir du nucléaire (CPSDN) organise un ciné-débat au cinéma Pandora d’Achères, mercredi 17 avril à partir de 20 h 30.

La projection du film Sécurité nucléaire, le grand mensonge, réalisé par Eric Guéret sera suivi d’un débat animé par Marc Denis (physicien de formation en physique atomique et moléculaire, membre du Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire) et Gilles Cousin président de l’association Nucléaire, je balise dont l’objectif est l’installation d’une balise indépendante de mesure de la radioactivité dans la vallée de la Seine.

Pratique : cinéma Pandora, 6, allée Simone-Signoret (place du marché) à Achères. Tarifs : 4,5 à 7 €. Rens. : confluenceantinuclea@free.fr

Publié le 11 Avril 2019 à 9h26

Pour retrouver cet article et voir la bande-annonce du film, cliquer sur :

https://actu.fr/ile-de-france/acheres_78005/yvelines-securite-nucleaire-cine-debat-acheres_22836950.html

Avr 11

EPR DE FLAMANVILLE : VERS UN NOUVEAU RETARD DE DEUX ANS ?

L’Autorité de sûreté nucléaire pourrait donner un avis contraire concernant les soudures de l’EPR de Flamanville (Manche). Et repousser une nouvelle fois la mise en service.

Mardi 9 avril 2019, l’Autorité de sûreté nucléaire réunissait son groupe permanent d’experts au sujet des soudures de l’EPR de Flamanville (Manche).

Lire aussi : Nucléaire : Bruno Le Maire pense que « l’EPR ne démarrera pas avant 2020 »

Selon Le Monde, les échanges ont été tendus entre l’ASN et EDF à qui il a été demandé de prouver la fiabilité de 58 soudures.

Tweet de Thierry Salomon, le 10 avr. 2019 à 19h11 : 66 soudures non conformes, certaines quasi-irréparables ! La pratique #EDF de l’exclusion de rupture » nous fait courir des risques majeurs, inacceptables.
Une décision courageuse s’impose : ne PAS mettre en service l’EPR#EPRxithttps://lemde.fr/2P2me3m

Alors que l’électricien espérait pouvoir repousser la réparation de huit soudures essentielles – puisque intégrées dans l’enceinte de confinement – en prouvant leur fiabilité, le gendarme du nucléaire s’opposerait à ce scénario.

Une position qui pousserait EDF à revoir complètement son calendrier.

Une facture qui monte déjà à 11 milliards

Comme l’expliquait, en janvier 2019, Bernard Doroszczuk, le nouveau président de l’ASN : 

Si, à l’issue de l’instruction, l’ASN estimait que les justifications qui ont été fournies par EDF n’étaient pas suffisantes et qu’il fallait reprendre les soudures, le délai aujourd’hui envisagé par EDF pour la mise en service de l’EPR ne pourrait pas être respecté.

Selon Le Monde, l’avis de l’ASN, initialement programmé début mai, pourrait, cette fois, être publié « avant l’été ».

Toujours selon le quotidien, si EDF devait se pencher sur ces huit soudures, la mise en service de l’EPR pourrait être différée « d’au moins deux ans ».

Rappelons que l’EPR, lancé en 2007, devait initialement démarrer en 2012 et coûter 3,5 milliards d’euros. La facture est désormais montée à près de 11 milliards.

Tweet de Yannick Rousselet : #nucléaire le 10 avril à 19h34- Après la réunion du Groupe Permanent d’experts Nous attendons avec impatience que l’#ASN se prononce sur les soudures ratées (comme le reste) de l’ #EPR de #Flamanville. Des nouveaux retards et surcoûts à prévoir ???

Selon le calendrier d’EDF, le chargement de combustible pour Flamanville 3 devait être engagé à fin 2019, le raccord au réseau électrique début 2020 et le lancement à pleine puissance courant 2020.

Lire aussi : La Normandie officiellement candidate pour la construction de deux nouveaux EPR à Penly

En attendant l’avis du gendarme du nucléaire, c’est plutôt l’incertitude qui prédomine.

Par la rédaction de La Presse de la Manche, publié le 10 Avril 19 à 21h25

https://actu.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin_50129/epr-flamanville-vers-nouveau-retard-deux-ans_22868953.html?utm_source=actu.fr&utm_medium=alireaussi

Avr 11

NUCLÉAIRE: NOUVEAU RETARD DE TROIS MOIS POUR L’EPR FINLANDAIS

Un nouveau retard a été annoncé pour la mise en service du réacteur nucléaire EPR OL3 en Finlande. Le chargement du combustible ne devrait pas intervenir avant la fin août 2019 alors qu’il était prévu pour juin.

L’électricien finlandais TVO a annoncé ce mercredi que le chargement du combustible dans le réacteur nucléaire EPR OL3 construit par le français Areva et l’allemand Siemens avait pris au moins trois mois de retard supplémentaire.

Le chargement du combustible nucléaire ne devrait désormais pas intervenir avant la fin août 2019, alors qu’il était prévu pour juin.

Une première connexion au réseau était envisagée en octobre 2019 et le démarrage de la production en janvier 2020 mais ce nouveau retard doit entraîner une révision globale du calendrier, indique Teollisuuden Voima Oyj (TVO) dans un communiqué. « Cette nouvelle révision du calendrier annoncée par le fournisseur du réacteur est évidemment décevante », a réagi Jouni Silvennoinen, directeur du projet OL3, cité dans le communiqué.

Un chantier lancé en… 2005

Il est néanmoins « crucial que les tests de mise en service soient réalisés avec le plus grand soin », a-t-il ajouté.

« Ce n’est pas un sujet technique » mais « le client souhaite que le chargement du combustible intervienne dans un état de quasi-finition de l’ensemble des tests », a indiqué de son côté à l’AFP un porte-parole d’Areva SA, entreprise publique (distincte d’Orano et de Framatome) essentiellement chargée d’achever le chantier finlandais.

L’EPR finlandais – réacteur de troisième génération – dans le sud-ouest du pays, devait initialement être mis en service en 2009, mais le chantier lancé en 2005 a connu d’importants retards et surcoûts.

Par Ouest-France avec AFP, publié le 10 avril à 10h37, modifié le 10/04/2019 à 12h56

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-nouveau-retard-de-trois-mois-pour-l-epr-finlandais-6304033

Avr 11

OUVRIR LES BARRAGES HYDROÉLECTRIQUES À LA CONCURRENCE ? DÉPUTÉS ET SYNDICATS S’Y OPPOSENT

Peut-on déjà parler d’un « effet ADP » ? En quelques semaines, le ton du gouvernement a singulièrement changé sur l’ouverture à la concurrence des barrages hydroélectriques. Début février, le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, estimait auprès de l’agence spécialisée Montel News que « le plan est d’ouvrir certains permis d’ici à la fin de 2019 ». Mais, depuis plusieurs semaines, les réponses du côté de l’exécutif se font plus floues.

La pression politique est montée d’un cran, mercredi 10 avril, avec la résolution déposée par plus de cent députés de tous bords contre l’ouverture à la concurrence. « C’est un sujet de souveraineté », a plaidé le député (LR) du Vaucluse Julien Aubert, ravi de partager une tribune commune avec des socialistes, des communistes, des insoumis et des centristes.

« On peut redouter, comme avec la privatisation des autoroutes, qu’il y ait des conséquences graves », a renchéri l’ancienne ministre de l’écologie, Delphine Batho.

Un regain de mobilisation, avec le soutien actif des syndicats du secteur, motivés par une mise en demeure adressée par la Commission européenne à la France, le 7 mars. Autrement dit, malgré l’approche des élections européennes, Bruxelles entend faire respecter à Paris ses engagements.

Voilà près de dix ans que la France a promis à la Commission d’ouvrir les centrales hydroélectriques à la concurrence. En 2010, François Fillon, alors premier ministre, avait fait cette concession à Bruxelles pour sauver les tarifs régulés de l’électricité d’EDF.

85 % des barrages sont exploités par EDF

En France, 85 % des barrages sont exploités par EDF, et le reste par Engie (ex-GDF-Suez) et la Compagnie nationale du Rhône (CNR). C’est bien ce qui pose problème à Bruxelles, qui estime qu’une ouverture à la concurrence permettrait à d’autres acteurs français ou européens de pénétrer sur ce marché. Et les candidats potentiels sont nombreux, qu’il s’agisse de Total, du suédois Vattenfall, ou du Finlandais Fortum.

Alors que le dossier traîne depuis des années, il est revenu sur le devant de la scène début 2018. Mis en demeure par Bruxelles, le gouvernement d’Édouard Philippe répond qu’il travaille à la mise en place d’appels d’offres très rapidement. Il évoque même une ouverture possible pour 150 barrages.

Les syndicats, EDF et les députés qui travaillent sur la question montent alors au créneau. Depuis, la situation politique a quelque peu changé. Le mouvement des « gilets jaunes » et la pression qui monte sur la privatisation d’ADP font douter, à Bercy et au ministère de la transition écologique, du bien-fondé d’agir vite. « La mise en demeure de la Commission nous donne l’occasion de reprendre la conversation là où on l’avait laissée », euphémise un conseiller ministériel. « Le gouvernement est gêné aux entournures », analyse le député communiste Hubert Wulfranc, signataire de la résolution.

« Cela va faire augmenter les prix et fragiliser tout le système »

De fait, l’exécutif a tout intérêt à attendre la nomination d’une nouvelle Commission européenne. Ce qui laisse aux opposants le temps d’affûter leurs arguments.

« Les consommateurs n’ont aucun intérêt à cette privatisation, cela va faire augmenter les prix et fragiliser tout le système », font valoir Philippe André et Anne Debrégeas, membres de SUD Énergie. Le syndicat, minoritaire au niveau national, mais très présent dans l’hydraulique, a fait rédiger un rapport à un groupe d’experts – dont plusieurs anciens dirigeants d’EDF –, qui s’alarment des conséquences d’une prochaine ouverture à la concurrence.

Ils soulignent notamment une spécificité de l’hydraulique : les barrages ne se contentent pas de produire de l’électricité. L’eau qu’ils stockent est aussi utilisée pour l’agriculture, les loisirs ou le refroidissement des centrales nucléaires. Les concurrents d’EDF seront-ils tenus d’accomplir ces tâches, qui sont loin de toutes figurer dans le cahier des charges ?

La CGT dénonce également une « privatisation » à venir et estime que cette démarche revient à vendre au plus offrant des concessions sur des actifs très rentables, alors que l’investissement a été financé par l’État – donc par les contribuables.

« Ce qui nous importe, c’est que cette mise en concurrence soit équitable », explique-t-on chez EDF, avant d’ajouter : « Si elle a lieu. » Dans l’entreprise publique, beaucoup se prennent à souhaiter que le chantier de réorganisation du groupe, amorcé par le chef de l’État, n’offre une porte de sortie aux barrages, par exemple, en les intégrant avec le nucléaire dans une structure consacrée à la production d’électricité. La formule pourrait convenir aux syndicats, mais pas forcément à Bruxelles.

Par Nabil Wakim, publié le 11 avril 2019 à 08h35, mis à jour à 09h54

https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/04/11/barrages-le-gouvernement-embarrasse-par-le-dossier-de-l-ouverture-a-la-concurrence_5448698_3234.html

Avr 11

DES RÉSIDUS RADIOACTIFS DANS LES GLACIERS

Sur plusieurs des sites étudiés, les chercheurs ont retrouvé des traces d’essais militaires d’armes nucléaires

Vienne – Des retombées radioactives d’accidents nucléaires civils et d’essais militaires sont emprisonnées dans les glaciers à travers le monde, selon des chercheurs qui s’inquiètent que ces résidus soient libérés par la fonte des glaces liée au réchauffement climatique.

Une équipe internationale de scientifiques a cherché la présence de retombées radioactives dans les sédiments à la surface de glaciers dans l’Arctique, en Islande, dans les Alpes, le Caucase, l’Antarctique et l’ouest du Canada. 

Et ils ont découvert des résidus radioactifs sur les 17 sites étudiés, souvent à des concentrations au moins 10 fois supérieures aux niveaux relevés ailleurs. 

« Ce sont les niveaux les plus élevés mesurés dans l’environnement en dehors des zones d’exclusion nucléaires« , a expliqué Caroline Clason, de l’université de Plymouth.  

Quand des éléments radioactifs sont relâchés dans l’atmosphère, ils retombent sur terre par des pluies acides, et peuvent être absorbés par les plantes et le sol. 

Mais quand ils tombent sous forme de neige et s’installent sur la glace, ils forment des sédiments plus lourds, qui s’accumulent dans les glaciers. 

L’accident de Tchernobyl en 1986 avait provoqué des nuages radioactifs contenant notamment du césium, entraînant des pluies acides et des contaminations à travers l’Europe du Nord. 

« Quand (les éléments radioactifs) retombent sous forme de pluie, comme après Tchernobyl, ils s’évacuent, c’est un événement ponctuel. Mais sous forme de neige, cela reste dans la glace pendant des décennies, et avec la fonte des glaciers liée au réchauffement, ils se déversent dans les rivières« , poursuit la chercheuse. 

Son équipe a détecté quelques résidus de Fukushima, mais une grande partie des éléments issus de cet accident de 2011 ne se sont pas encore agglutinés dans les sédiments des glaciers, note-t-elle. 

Sur plusieurs des sites, les chercheurs ont également retrouvé des traces d’essais militaires d’armes nucléaires

« Nous parlons de tests militaires à partir des années 1950 et 1960, pendant le développement de la bombe« , indique Caroline Clason. 

« En étudiant une carotte de sédiments, nous voyons clairement un pic au moment de Tchernobyl, mais aussi un pic relativement précis autour de 1963, période intense d’essais nucléaires« . 

Avec le réchauffement et la fonte, elle s’inquiète particulièrement de l’entrée dans la chaîne alimentaire d’un des résidus potentiellement les plus dangereux, l’américium, issu de la dégradation du plutonium et qui a une demi-vie de 400 ans (contre 14 ans pour le plutonium). (NDLR : 14 ans pour le plutonium 241 certes mais 6 600 ans pour le plutonium 240 et 24 000 ans pour le plutonium 239, ces 3 isotopes faisant partie des éléments constituant les retombées des essais d’armes nucléaires, Source : https://www.irsn.fr/FR/connaissances/Environnement/surveillance-environnement/resultats/retombees-tirs-armes-nucleaires/Pages/2-essais-nucleaires-atmospheriques.aspx#.XK73T6TgrVI)

« L’américium est plus soluble dans l’environnement et émet plus de radiations alpha« , souligne-t-elle. Et même s’il existe peu de données sur la contamination de la chaîne alimentaire, éventuellement jusqu’à l’Homme, l’américium est sans aucun doute pour la chercheuse « particulièrement dangereux« .  

Cette activité nucléaire pourrait aussi devenir un des marqueurs de l’anthropocène, l’ère géologique nouvelle générée par l’arrivée des humains sur Terre. « Cela prouve que notre héritage nucléaire ne disparaît pas, il est toujours là« , résume Caroline Clason. 

Par AFP, publié le 10/04/2019 à 14h47

Photo : PHILIPPE DESMAZES

https://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/des-residus-radioactifs-dans-les-glaciers_2072217.html

Avr 11

« TCHERNOBYL, FUKUSHIMA, CE QUI S’EST PASSÉ DEUX FOIS PEUT SE REPRODUIRE »

La principale leçon tirée de Tchernobyl et Fukushima par Tetsuji Imanaka, chercheur en génie nucléaire à l’université de Kyoto? Il faut abandonner le nucléaire.

En japonais, le proverbe est un peu moins affirmatif que notre « jamais deux sans trois« . Mais le sens est le même. « Le proverbe japonais dit: si cela s’est passé deux fois, cela peut se reproduire« , explique le professeur Tetsuji Imanaka, qui a été jusqu’en 2016 chercheur à l’institut des sciences nucléaires et des radiations de l’université de Kyoto. Il a consacré sa carrière aux risques du nucléaire, et a notamment travaillé sur les accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl. Et il était, mardi, l’invité des Verts au Parlement européen. « Nous avons eu Tchernobyl, nous avons eu Fukushima, est-ce qu’il faut vraiment continuer à produire de l’électricité en utilisant une technologie qui en cas de problème, oblige à évacuer la population sur 30 kilomètres au moins?« 

Très peu d’informations

En 2011, le Japonais pensait prendre sa retraite. Mais la catastrophe de Fukushima, survenue le 11 mars, va en décider autrement. « Très vite, j’ai décidé, avec une équipe, d’aller faire des recherches sur le terrain, parce que j’étais convaincu que la situation était très grave, mais qu’il y avait très peu d’informations qui filtraient. »

Le 28 mars, il se rend dans la commune d’Itate, à une quarantaine de kilomètres de la centrale, et découvre des doses de radiations qui dépassent les 20 microsieverts par heure. « Dans un réacteur nucléaire, normalement, à ce niveau, on lance une alerte, affirme Tetsuji Imanaka. Au point le plus élevé, nous avons même mesuré 30 microsieverts par heure. Les gens se sentaient vraiment abandonnés. En fait, la radioactivité venait du sol, qui avait été contaminé durant la nuit du 15 mars par la pluie et la neige, après l’explosion du bâtiment du réacteur 4. Nous avons fait des prélèvements et nous avons pu estimer que les doses de radioactivité étaient de 152 microsieverts par heure au moment de la contamination. À ce niveau, les spécialistes s’enfuient! » Itate, qui compte 6.200 habitants, ne sera évacué que le 22 avril, plus d’un mois plus tard.

Quels effets cela a-t-il eu sur la santé de la population? « C’est trop tôt pour le dire, répond Tetsuji Imanaka. On a recensé près de 200 cancers de la thyroïde chez des enfants dans la préfecture de Fukushima. Mais un certain nombre de scientifiques disent que c’est l’effet du dépistage. C’est un débat qui a eu lieu également il y a 30 ans à Tchernobyl, puis finalement, il a bien fallu admettre qu’il y avait aussi les effets de l’accident nucléaire. »

Ce qui frappe le plus dans le récit du scientifique japonais qui a consacré sa carrière à démontrer que les centrales nucléaires n’étaient pas absolument sûres, contrairement à ce que le gouvernement et l’industrie avaient l’habitude d’affirmer, c’est l’impact que Tchernobyl comme Fukushima ont eu sur la vie des habitants déplacés. « En Ukraine comme au Japon, ils répètent que leur vie a été coupée en deux: il y a l’avant et l’après accident. Leur maison, leurs moyens de subsistance leur ont été enlevés. »

Le 31 mars 2017, le gouvernement japonais a autorisé les habitants d’Itate à rentrer chez eux, après avoir décontaminé la zone. « Mais 10% seulement des résidents, principalement des personnes âgées, sont rentrés, indique Tetsuji Imanaka. Le niveau de radiation a fortement baissé: dans les maisons décontaminées, il est de 0,2 à 0,8 microsieverts par heure. Mais il faudra attendre 50 à 100 ans pour que le césium 137 revienne à des faibles doses, qui resteront encore deux fois plus élevées que la radiation naturelle. De plus, Itate est un village en zone montagneuse, avec des forêts où les niveaux de radioactivité sont nettement plus élevés. Et le paysage est complètement transformé, avec 2,3 millions de sacs Flecon, remplis de sol contaminés, entassés dans les champs, et qui ne devraient rejoindre un site de stockage temporaire que dans cinq ans », témoigne le chercheur japonais.

Euratom : une participation du Parlement

La Commission européenne a annoncé mardi, dans son 4e rapport sur l’état de l’union de l’énergie, qu’elle comptait « renforcer la participation du Parlement européen et des parlements nationaux dans l’élaboration des politiques qui découlent du traité Euratom« « Ce traité est une relique du passé, estime Michèle Rivasi, députée européenne Europe Écologie. Il a été signé en 1957 par six pays, à l’époque tous pro nucléaires, pour ‘élever le niveau de vie’ dans les États membres, et ne donne aucun droit de regard au Parlement sur la manière dont l’argent est dépensé ou la sécurité nucléaire assurée. » L’annonce de la Commission européenne ne devrait toutefois pas être suivie de changements rapides: le nouveau cadre institutionnel est annoncé pour 2025.

Christine Scharff, Journaliste, Source: L’Écho, publié le 09 avril 2019 à 21h06

https://www.lecho.be/entreprises/energie/tchernobyl-fukushima-ce-qui-s-est-passe-deux-fois-peut-se-reproduire/10115671.html

Avr 11

CEA CADARACHE : UN INCIDENT SUR DES MATIÈRES RADIOACTIVES MAL EMBALLÉES

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Cadarache, situé à Saint-Paul-lez-Durance, a signalé dans un communiqué avoir connu un incident survenu le 15 mars sur des emballages de transports de matières radioactives.

Le CEA a alerté mardi l’Autorité de sûreté nucléaire, l’invitant à le classer au niveau 1 sur 7 de l’échelle internationale des évènements nucléaires.

Dans son communiqué, le centre des Bouches-du-Rhône indique que cet « incident » est « relatif à l’utilisation de joints non conformes sur 26 emballages de transports de matières radioactives« .

Un incident en septembre 2018

« Deux emballages de transports, qui n’avaient pas été identifiés comme non-conformes, ont été utilisés pour réaliser chacun deux transports internes entre deux installations du centre du CEA Cadarache le 12 décembre 2018 et le 3 avril 2019« , précise le centre dans son communiqué.

Selon le CEA Cadarache, « l’évènement n’a pas eu de conséquence sur le personnel, le public ou l’environnement« .

Le Commissariat à l’énergie atomique de Cadarache avait déjà connu un incident en septembre 2018. Celui-ci était lié à un transport interne de substances radioactives sur le site nucléaire.

Par Jean Poustis / France 3 Provence-Alpes, publié le 10/04/2019, mis à jour le 10/04/2019 à 19h40

https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/cea-cadarache-incident-matieres-radioactives-mal-emballees-1653520.html

Avr 10

L’ADEME JUGE PEU BÉNÉFIQUE À LONG TERME L’EXPORTATION D’ÉLECTRICITÉ NUCLÉAIRE

Si la France maintient un important parc nucléaire et exporte l’excédent de production, elle n’en tirerait que peu d’avantage, estime l’Ademe. Cette stratégie se ferait surtout au profit de nos voisins.

Le maintien de capacités de production nucléaire dédiées à l’export apporte un « bénéfice limité » au système électrique français. À court terme, un mix composé d’électricité nucléaire et renouvelable est compétitif et permet d’envisager des exportations. Mais, à plus long terme, la France en tirerait un bénéfice limité, l’essentiel des avantages allant à nos voisins. Telle est l’une des principales conclusions de la mise à jour de l’étude « Trajectoires d’évolution du mix électrique 2020-2060″ publiée parl’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), ce mardi 9 avril.

En décembre 2018, l’Ademe avait publié une étude de l’évolution possible du mix électrique entre 2020 et 2060. L’Agence estimait que, « dans le scénario le plus efficace en termes de coût pour la collectivité, les énergies renouvelables (EnR) représentent plus de 95 % de la production d’électricité française en 2060 ». La mise à jour apporte des analyses techniques détaillées sur les prix, les exportations et les flexibilités. L’Ademe a étudié cinq scénarios : les trajectoires « référence« , « efficacité énergétique élevée » et « prolongement nucléaire facile« , décrites dans l’étude initiale, ainsi que les trajectoires « développement interconnexions aisé » et « transition plus lente en Europe« , ajoutée pour la mise à jour de l’étude.

Un succès lié aux stratégies de nos voisins

Premier constat : « le potentiel français d’export d’électricité dépend avant tout de l’évolution des parcs électriques des pays voisins ». L’Ademe juge en effet que le coût complet de prolongement des centrales nucléaires françaises et celui des capacités renouvelables installées après 2030 « sont inférieurs au coût variable des centrales thermiques (gaz ou charbon) existantes à l’étranger ». L’Ademe en conclut donc qu’il est « pertinent économiquement » de développer d’importantes capacités de production bas carbone en France si nos voisins conservent d’importantes capacités thermiques. À contrario, cette stratégie n’est plus pertinente si nos voisins investissent rapidement dans les renouvelables. La France devrait pouvoir exporter de 100 à 150 térawattheures (TWh) par an entre 2020 et 2040, si les pays européens atteignent leurs objectifs en termes de renouvelables. S’ils échouent, les exportations peuvent atteindre jusqu’à 200 TWh par an.

Au-delà de 2050, si nos voisins optent pour un scénario avec de fortes contributions des énergies éoliennes et solaires (43% du mix dès 2030), alors le solde exportateur français disparaît. Même si la trajectoire de transition est plus lente (avec un recours accru au gaz, plutôt qu’aux renouvelables), le solde exportateur français est réduit à 70 TWh en 2060. L’Ademe en conclut que « les incertitudes sur l’évolution des parcs de production à l’étranger, ainsi que sur la bonne réalisation d’un rythme élevé de réalisation d’interconnexions, pèsent fortement sur l’intérêt économique de maintenir des capacités de production importantes dédiées à l’export ».

Nos voisins économisent un milliard d’euros par an

L’étude pointe aussi les bénéfices tirés par les importateurs. Sur la période 2030-2044, le nucléaire français leur permettrait de réduire collectivement de 14 millions de tonnes par an leurs émissions de CO2, (NDLR : sur un total d’émission de 1800 millions de tonnes pour l’ensemble des pays voisins de la France et sans compter le Royaume-Uni soit moins de 1% !! Source : http://www.europarl.europa.eu/resources/library/images/20180306PHT99097/20180306PHT99097_original.jpg) tout en économisant un milliard d’euros par an. « Ces résultats sont cependant fortement dépendants de l’acceptation des pays voisins à dépendre en partie des exports français et devenir importateur net d’électricité », pondère l’étude. Ce dernier point est d’autant plus critique que nos voisins veulent tous être exportateurs grâce au développement des énergies renouvelables.

Et côté français ? « Les coûts induits par ces prolongements supplémentaires [de réacteurs nucléaires] sont équivalents aux gains associés (investissements évités dans d’autres technologies et exports supplémentaires d’électricité) sur la période 2030-2044″, estime l’Ademe. L’étude pointe surtout que la France aura du mal à bien valoriser ses exportations pour deux raisons. Tout d’abord, le maintien d’importantes capacités nucléaire entraîne une baisse du taux de charge des réacteurs. Ensuite, les fortes capacités nucléaires françaises « tirent les prix du marché européen vers le bas, ce qui réduit la valeur au mégawattheure des exportations françaises« .

Par Philippe Collet, journaliste, rédacteur spécialisé, publié le 09 avril 2019

https://www.actu-environnement.com/ae/news/ademe-mise-a-jour-etude-mix-electrique-francais-2060-nucleaire-exportations-33261.php4

Avr 10

LE PRÉSIDENT IRANIEN ANNONCE L’INSTALLATION DE 20 CENTRIFUGEUSES À NATANZ

L’ayatollah Khamenei, le leader de la Révolution islamique a fustigé la décision américaine de placer les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne, sur la liste des organisations terroristes. « En dépit de toutes leurs pressions au cours des quarante dernières années, les Américains n’ont pas réussi à faire la
moindre chose
 », a-t-il ajouté. Le président iranien Hassan Rohani a lui décidé de faire monter la pression aujourd’hui en évoquant un plan sur l’enrichissement d’uranium qui suppose l’installation de centrifugeuses plus performantes.

De notre correspondant à Téhéran, Siavosh Ghazi

L’annonce a été faite par le président Hassan Rohani lui-même. Une chaîne de 20 centrifugeuses IR-6 dix fois plus rapides que les actuelles centrifugeuses iraniennes a été installée sur le site nucléaire de Natanz. Ces centrifugeuses permettent à l’Iran d’accélérer son programme d’enrichissement d’uranium alors que les États-Unis, qui ont quitté l’accord nucléaire, ont imposé des sanctions très dures contre l’Iran en demandant qu’il abandonne son programme nucléaire.

L’Iran a accepté de limiter son programme d’enrichissement d’uranium dans le cadre de l’accord nucléaire avec les grandes puissances pour une période de dix ans. Le président Rohani a même laissé entendre que l’Iran pourrait commencer l’utilisation de centrifugeuses encore plus performantes. Cette annonce est intervenue au lendemain de la décision de Washington de qualifier les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne, de groupe terroriste.

L’Iran a immédiatement riposté en affirmant que désormais tous les militaires américains dans le golfe Persique, au Moyen-Orient, mais aussi en Afghanistan et en Asie centrale seront considérés comme des éléments terroristes. Ce qui pourrait augmenter les risques de confrontations directes entre l’Iran et les États-Unis en particulier dans le golfe Persique.

Par RFI, publié le 09-04-2019, modifié le 09-04-2019 à 17h49

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20190409-iran-president-rohani-installation-20-centrifugeuses-natanz

Avr 10

COMPRENDRE LE NUCLÉAIRE EN 10 CHIFFRES CLÉS

La majeure partie de l’électricité en France provient de l’énergie nucléaire. Présentée dans les années 1980 comme le « must » de la technologie française, le nucléaire cache une réalité bien plus sombre. Risque d’accident, anomalies au cœur des réacteurs, endettement abyssal, production de déchets radioactifs pendant des millénaires… Découvrez le vrai visage de l’électricité nucléaire en dix chiffres.

58 réacteurs nucléaires

Dix-neuf centrales nucléaires, avec un total de 58 réacteurs, produisent de l’électricité en France. Ces réacteurs sont situés le long des fleuves et des côtes, un peu partout sur le territoire. Résultat, deux Français sur trois vivent à 75 km d’une centrale nucléaire et ne sont pas à l’abri en cas d’accident nucléaire majeur. Ces risques concernent les Français, mais aussi les habitants des pays voisins, en raison de l’emplacement de certaines centrales nucléaires proches des frontières de la Belgique, de l’Allemagne, de la Suisse et du Luxembourg.

75 % de l’électricité française

Environ 75 % de l’électricité produite en France est d’origine nucléaire. Cela explique pourquoi la France produit encore très peu d’électricité renouvelable : le nucléaire mobilise la majeure partie des investissements depuis des décennies et agit comme un verrou. La loi sur la Transition énergétique adoptée en 2015 fixe comme objectif de réduire la production d’électricité nucléaire à 50 % et d’augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix électrique. Pour y arriver, il faut commencer à fermer des réacteurs nucléaires.

0 réacteurs nucléaires fermés

À ce jour, aucun réacteur nucléaire, sur les 58 que compte la France, n’a encore été fermé, malgré les engagements pris depuis 2012 par François Hollande et réaffirmés par Emmanuel Macron lors de son élection en 2017. Ces engagements, traduits par la loi sur la Transition énergétique votée en 2015, n’ont donc pas été respectés. Rien n’a encore été mis en place pour respecter ce cap de 50 % de nucléaire en 2025. L’échéance de la loi a même été repoussée.

40 ans d’âge

C’est l’âge limite de fonctionnement prévu pour un réacteur nucléaire. D’ici à 2025, les deux tiers du parc nucléaire français auront atteint leur 40 ans, durée de vie pour laquelle les réacteurs ont été construits. EDF, l’exploitant des réacteurs nucléaires français, souhaite prolonger la durée de vie des réacteurs de dix, voire de vingt ans. Prolonger la durée de vie des réacteurs implique d’investir massivement dans la mise aux normes de sûreté et de sécurité des réacteurs, de s’assurer que le vieillissement ne les empêche pas de fonctionner correctement et d’être en capacité de financer les coûts liés à leur prolongation. En réalité, EDF est très loin d’en avoir les moyens.

1 063 anomalies dans les réacteurs nucléaires

À ce jour, plus d’un millier de pièces forgées présentant des anomalies étaient recensées dans les 58 réacteurs nucléaires français. Ces pièces ont toutes été fabriquées dans l’usine Creusot Forge qui, en connaissance de cause, a falsifié les dossiers de contrôle qualité de ces pièces alors qu’elles comportaient des anomalies de fabrication. Une enquête judiciaire est en cours.

67 milliards d’euros de dettes

C’est le montant de la dette brute d’EDF en 2018. Cette dette est principalement due au fait que l’industrie nucléaire n’est plus rentable et que plusieurs investissements dans des projets nucléaires en France et à l’étranger ont été toxiques pour les finances de l’entreprise. Le coût de l’EPR de Flamanville, qui n’est toujours pas terminé, a plus que triplé. En décidant d’investir coûte que coûte dans la construction de deux EPR en Angleterre à Hinkley Point, EDF s’est mise en danger de faillite. Elle prévoit en effet de dépenser 22 milliards d’euros pour ce projet. Autant de milliards qui ne seront investis ni dans les énergies renouvelables, ni dans la maintenance et la sûreté nucléaires qui posent déjà de grandes difficultés techniques et financières.

10 milliards d’euros d’argent public

C’est le montant de l’argent public qui a permis de soutenir le nucléaire entre 2015 et 2017, dont 4,5 milliards d’euros pour financer l’opération de sauvetage de l’entreprise Areva (rebaptisée Orano depuis), 3 milliards d’euros injectés dans le capital d’EDF, et plus de 2 milliards d’euros de manque à gagner pour l’État à partir du moment où il a renoncé à prélever ses dividendes en tant qu’actionnaire majoritaire d’EDF. L’État français reste le principal actionnaire d’EDF (à hauteur de 83,4 %) et donc le principal décisionnaire. Alors que les coupes budgétaires se multiplient pour réduire le déficit public, l’État continue à mettre les industriels du nucléaire sous perfusion.

7 piscines olympiques de déchets radioactifs chaque année

La quantité de déchets nucléaires radioactifs que produit l’électricité nucléaire chaque année représente 23 000 m3, soit de quoi remplir allègrement sept piscines olympiques tous les ans. Une partie de ces déchets sont hautement radioactifs et le resteront pendant plusieurs milliers d’années. Et c’est sans compter les montagnes (1 200 tonnes chaque année) de combustible usé qui, une fois sorties du cœur du réacteur, sont refroidies dans des « piscines » à côté des réacteurs nucléaires mais que les autorités ne comptabilisent pas officiellement comme des « déchets » car elles sont dites « recyclables ». En réalité, elles s’accumulent dans 63 « piscines nucléaires » en France. Dans celles de La Hague plus de 10 000 tonnes y sont entreposées. Il faut y ajouter l’uranium de retraitement : actuellement plus de 30 000 tonnes s’entassent à Pierrelatte. Et également les millions de mètres cubes de déchets radioactifs liquides rejetés dans la mer de La Manche par l’usine de La Hague…

Moins de 1 % de déchets nucléaires recyclés

Le volume de matières nucléaires recyclées est extrêmement faible, alors qu’EDF et Orano (ex Areva) s’évertuent depuis des années à faire croire au recyclage de leurs déchets. Le Haut comité pour la transparence et la sûreté nucléaire (HCTISN), une instance officielle, a publié un rapport dans le courant de l’été 2018 dans lequel il est admis que moins de 1 % des matières nucléaires sont réellement recyclées. De leur côté, EDF et Orano veulent faire croire que 96 % des matières nucléaires seraient recyclées… Une façon de tenter de faire passer la pilule des déchets nucléaires ? En réalité, il n’existe à ce jour aucune solution pour gérer le fléau des déchets nucléaires, dont une partie reste très radioactive pendant des milliers d’années.

Crédits photos : © Martin Storz / Greenpeace – © Pierre Gleizes / Greenpeace

https://www.guide-electricite-verte.fr/tip/10-chiffres-electricite-nucleaire/

Avr 10

« TCHERNOBYL, FUKUSHIMA : LE DÉNI DE L’ACCIDENT » [communiqué de presse]

L’accident nucléaire de Fukushima a eu lieu il y a huit ans maintenant, le 11 mars 2011.

Celui de Tchernobyl, il y a bientôt 33 ans : le 26 avril 1986.  Quelles traces en reste-t-il, des années après ? Le désastre nucléaire perdure. La contamination radioactive restera présente dans les sols pour des siècles, les impacts sanitaires s’accumulent et les situations post-accidentelles ne sont toujours pas maîtrisées.

J’ai eu le plaisir aujourd’hui d’accueillir le Pr Tetsuji Imanaka, chercheur de génie nucléaire à l’Institut de recherches sur réacteur nucléaire à l’Université de Kyoto.
Dès le départ, ses recherches ont consisté à vérifier et à démontrer comment la radioactivité dans l’exploitation du nucléaire est dangereuse pour les humains. C’est un des scientifiques d’opposition du «collectif des six scientifiques de Kumadori»  au sein de cet institut.

Par son expérience à travers ses études sur les conséquences des radiations de Hiroshima-Nagasaki jusqu’à Tchernobyl et Fukushima , en passant par Semipalatinsk, il est un des experts les plus pertinents sur les effets radioactifs des accidents nucléaires

Les conséquences de Tchernobyl et Fukushima continuent de se faire sentir jour après jour pour des millions de gens.

À Tchernobyl, environ 5 millions de personnes environ vivent encore dans des zones contaminées. Les survivants, dont plusieurs centaines de milliers ont été contraints d’abandonner leur logement pour s’établir plus loin, continuent par exemple de manger de la nourriture contaminée dans des proportions largement supérieures aux normes en vigueur.

Au Japon, ce sont près de 100 000 personnes qui n’ont toujours pas pu rejoindre leur maison – et une bonne partie d’entre elles ne le pourra sans doute jamais, malgré la rhétorique illusoire du gouvernement japonais qui continue de minimiser le problème.

Mais le plus inquiétant, c’est le déni de l’accident nucléaire.

Qu’il s’agisse du gouvernement japonais ou les gouvernements propres aux pays contaminés par Tchernobyl, c’est comme s’il y avait un déni de l’accident nucléaire.  Les programmes de surveillance alimentaire autour de Tchernobyl ont ainsi été largement réduits. Quant au gouvernement japonais, tous les efforts sont faits pour nettoyer les terres et les esprits avant l’accueil des jeux olympiques de Tokyo en 2020, permettant de donner l’élan nécessaire à l’oubli.  Il a invité les habitants à retourner “ chez eux ” dès 2017, alors même que le territoire de Fukushima est encore bien loin d’être décontaminé.

Les accidents nucléaires sont avant tout un enjeu de santé publique.

On observe des impacts graves sur la santé des individus appartenant aux communautés concernées par les accidents de Tchernobyl et Fukushima. Au sein des zones contaminées, le taux de mortalité est en effet nettement supérieur à la normale, le taux de natalité est quant à lui inférieur. La prévalence du cancer et des maladies mentales en forte hausse. À Fukushima, une expansion du cancer de la thyroïde sévit parmi les enfants. Plus de 200 cancers de la thyroïde ont déjà été diagnostiqués chez des enfants et adolescents, alors que cette pathologie est rarissime chez eux. Et un tiers environ des mères vivant à proximité ou dans les zones contaminées montrent des symptômes de dépression.

Les leçons en termes de sûreté n’ont pas été tirées.

Il y a eu un manque de préparation, mais aussi de réactivité. Le village d’Iitaté n’a été évacué que le 22 avril 2011, alors qu’il a été fortement touché et des tablettes d’Iodes n’ont pas été distribuées. Que ce soit au Japon comme en France, les autorités n’ont pas suffisamment pris en considération le retour d’expérience de ces tragédies, qui aurait dû amener à fermer bon nombre d’installations immédiatement. En France, les centrales nucléaires de Fessenheim, Bugey, Gravelines, Tricastin et Blayais sont une menace immédiate du simple fait de leur vétusté. Mais aussi d’inondations potentielles ou de risques sismiques.

Le nucléaire est un désastre à long terme.  Les conséquences du nucléaire sont dramatiques pour des millions de personnes. Les leçons de Tchernobyl et Fukushima, nous rappellent surtout que : non, le nucléaire n’est pas une énergie sûre. Aucun pays, même la France ne peut gérer un accident nucléaire.  Comme l’a rappelé l’ancien Premier Ministre japonais Naoto Kan lors de sa dernière visite Au Parlement européen en 2018, le seul moyen fiable d’éviter un accident est la sortie du nucléaire ! Puissent L’Union européenne et les États membres entendre leur homologue nippon.

Michèle RIVASI
Députée européenne EELV, co-fondatrice de la Criirad

Publié par Le secrétariat le 9 avril 2019

https://lemouvement.info/2019/04/09/communique-de-presse-tchernobyl-fukushima-le-deni-de-laccident/

Avr 09

BELGIQUE : LE NUCLÉAIRE N’EST PAS LA RÉPONSE AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE ET SON COÛT EST PROHIBITIF

L’éco-réalisme prône la prolongation et l’érection de centrales atomiques. Or, aucun nouveau réacteur ne serait prêt ni en 2025 ni en 2030. L’énergie atomique n’est pas durable et ses déchets non recyclables. Son coût va devenir prohibitif. Elle n’est pas nécessaire pour combattre les gaz à effet de serre mais peut armer ceux qui veulent la terreur. S’en émanciper serait responsable.

Le Congo livra l’uranium des premières bombes atomiques. Un deal fut conclu entre la Belgique et les États-Unis: l’explosif contre la technologie. Fin 1966, le Gouvernement Vanden Boeynants décida d’installer des centrales nucléaires en Belgique, sans débat parlementaire. Aujourd’hui, trois réacteurs datent de 1975. Leur fermeture après 40 années fut scellée en 2003 mais reportée à 2025.

Le mur de Berlin s’écroula il y a 30 ans. Fukuyama annonça la fin de l’histoire. Sa thèse était de dire qu’indissociables, démocratie libérale et capitalisme formeraient un horizon indépassable. Aujourd’hui, Orban, Erdogan, Poutine et Bolsonaro sont parmi les « maux dominants« . Il y a un miasme de « démocrature« . Adoubés par des élections, ils sont autoritaires. Ils brident, briment voire répriment citoyens, média, justice et opposition. Leur brutalité fait le lit de répliques violentes. Et si le Califat est en déroute, ses miliciens, eux, vont s’éparpiller. Le sacre démocratique n’a pas eu lieu. À l’inverse, le capitalisme régnant fut sans cesse dérégulé les dernières décennies.

2030 sera un cap vital. Lucides et contradictoires, les brosseurs du jeudi réussissent là où le GIEC échoue: maintenir le climat en haut de l’agenda. Des slogans au flow climat-amical sont improvisés : écologie bleue, éco-réalisme, climato-pragmatisme…

L’écologie bleue postule la solution des questions climatiques par les effets conjugués des marchés et de la technologie. Si elle fonctionnait, l’émission des gaz à effet de serre serait sous contrôle au moins en Union européenne. Avisé, le monde des affaires aurait déjà donné les clés. L’absence de maîtrise de ces gaz est un échec du marché. Il faut autre chose.

En 1985, le Danemark arrêta le nucléaire et ça marche!

L’éco-réalisme, lui, affirme le nucléaire comme réponse écologique au réchauffement. Il prône la prolongation et l’érection de centrales atomiques.

L’Allemagne est vantée comme modèle économique en termes de salaire, de productivité, de budget… Elle a voulu la fin du nucléaire, le compense par du renouvelable et programme la sortie du charbon. Les Allemands sont-ils irréalistes ? En 1985, le Danemark choisit l’arrêt du nucléaire. 60 % de son électricité vient du renouvelable. Ce pays est-il moribond ?

Le philosophe allemand Hans Jonas a porté haut le principe de responsabilité. “Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre”. Le nucléaire (1) est-il responsable ?

Coûts et risques des déchets

La sécurité d’approvisionnement est invoquée en sa faveur. Or, l’importation d’uranium nous rend dépendant de l’étranger. L’Agence internationale pour l’Énergie estime ses réserves à un siècle maximum. Le nucléaire n’a rien de durable.

Ses déchets sont non recyclables. Ils seraient enterrés dans une sorte de cercueil blindé – comme la poussière sous le tapis- toxiques pour des millénaires. Le coût de l’enfouissement à Boom fut chiffré à 3,5 milliards d’euros. L’Ondraf (Organisme national des déchets radioactifs et des matières fissiles enrichies) l’estime dorénavant à 8 milliards. Est-ce suffisant ? La Suisse produit moins d’électricité que la Belgique et 30 % avec du nucléaire. Le coût des déchets y est budgété à l’équivalent de 17,6 milliards d’euros. Et le démantèlement ? À Chooz, pour un réacteur, la facture oscillera entre 350 à 500 millions.

Nouvelles centrales, mais à quel prix?

Selon Mme Kocher, patronne d’Engie, « le nucléaire est une bonne chose pour la Belgique. Il n’est pas question de nous en désengager« . D’après elle, notre pays a valeur d’exemple. Vraiment ? Des fissures sont constatées dans les centrales belges. Leur arrêt prolongé et répété a provoqué un risque de black-out. Ceci n’est pas un modèle. Petit détail: le sort du nucléaire se décide au Parlement, non dans un salon parisien.

Un réacteur est construit depuis 2006 à… Flamanville. Ce fleuron d’Orano (2) est devenu un boulet. Son coût a explosé de 3 à 11 milliards d’euros, les délais de 6 à 13 ans. Dalle fissurée, piliers grêlés, défauts de soudure, pièces et cuve non conformes causent le fiasco. En Finlande, une centrale du même Orano fut entamée en 2005. Les dépenses et temps requis ont triplé. La future installation nucléaire en Géorgie (USA) engloutira l’équivalent de 24,9 milliards d’euros contre 12,7 à l’initial. Au Royaume-Uni, 6 unités étaient planifiées. Celle d’Hinkley existera avec un prix garanti à 124 euros par MW (mégawatt). Trois sont abandonnées par Hitachi et Toshiba. Le tarif de 87 euros impliquait un déficit pour ces sociétés. En Belgique, en 2018, 55 euros suffisaient encore à un MW.

L’électricité belge dépend pour moitié du nucléaire et partant de la France, dont l’État est le principal actionnaire d’Engie. En diversifiant ses sources, notre pays retrouverait des marges de choix et négociation de prix. Si de nouvelles centrales atomiques adviennent, une subvention massive ou des tarifs ruineux seront nécessaires à leur rentabilité. De l’argent des contribuables ou des consommateurs belges la financera et filera à Paris.

La question du CO2

Le nucléaire produit peu de CO2 ? Souvent à l’arrêt, les vieux réacteurs sont suppléés par des centrales à énergie fossile qui en rejettent quantité. La construction de nouveaux réacteurs accuse d’énormes retards qui gonflent les émissions de ce gaz durant l’implantation. Au plus l’uranium sera rare, au plus son extraction en rejettera.

Seules 13,4 % de nos émissions de CO2 sont dues à l’électricité en 2017. L’atome n’impacte pas les neuf dixièmes restant, soit l’essentiel du problème. Le projet Drawdown (3) livre une esquisse de 80 propositions pour inverser le réchauffement planétaire. Le nucléaire n’y figure qu’au 20ème rang, pour 1,5 % des réductions de gaz.

Le danger terroriste

Le nucléaire civil est l’antichambre de la bombe atomique. Dans un monde où sévissent démocrature et terrorisme, est-il responsable d’en accroître l’usage et partant, les occasions d’accès ? Gilles de Kerchove, coordinateur de l’Union européenne pour la lutte contre le terrorisme, a alerté sur le risque de la prise de contrôle d’une centrale par des terroristes. Une loi renforcerait les pouvoirs de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN); mais avec quelle efficacité ? Et à quel coût ? Et si un kamikaze avait un lance-roquette atomique (4)?

Prométhée vola le feu de l’Olympe. Les dieux le punirent en l’attachant à un mont, le foie dévoré par un rapace. Un jour, la Belgique capta le feu nucléaire. Elle est aujourd’hui enchaînée à des centrales dépassées et dépecée de la rente nucléaire, le surprofit des unités amorties. Aujourd’hui, elle tergiverse dans ses choix énergétiques.

Un nouveau réacteur exige plus de 10 ans de construction. Aucun ne serait prêt ni en 2025 ni en 2030. L’énergie atomique n’est pas durable et ses déchets non recyclables. Son coût va devenir prohibitif. Elle n’est point nécessaire pour combattre les gaz à effet de serre mais peut armer ceux qui veulent utiliser la terreur. S’émanciper de l’énergie atomique serait responsable.

Notes

=> (1) Sa fission, non l’hypothétique fusion.

=> (2) Ex-Areva.

=> (3) Projet de recherche action lancé par l’entrepreneur et activiste écologique Paul Hawken

=> (4) Il en exista aux États-Unis.

=> Titre et sous-titre sont de la rédaction. Titre initial : « S’émanciper du nucléaire serait responsable« 

Par Jean-Marc Rombeaux, économiste

Contribution extérieure publiée le mardi 09 avril 2019 à 17h05 – Mis à jour le mardi 09 avril 2019 à 17h07

https://www.lalibre.be/debats/opinions/le-nucleaire-n-est-pas-la-reponse-au-rechauffement-climatique-et-son-cout-est-prohibitif-5cac6ff77b50a60b45a29d37

Avr 09

NON-RESPECT DES SPECIFICATIONS TECHNIQUES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 2 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY

Le 4 avril 2019, l’exploitant de la centrale nucléaire du Bugey a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté, relatif au non-respect des spécifications techniques d’exploitation du réacteur 2 concernant la disponibilité du turboalternateur de secours du réacteur 2.

Chaque réacteur de 900 MWe est équipé de deux lignes électriques extérieures en provenance du réseau national de transport d’électricité et de deux groupes électrogènes de secours à moteur diesel. En cas de perte totale des alimentations électriques, y compris des groupes électrogènes de secours, chaque réacteur dispose d’un turboalternateur de secours (LLS), actionné par de la vapeur, qui assure l’alimentation électrique des équipements minimaux de conduite, de l’éclairage d’ultime secours et d’une pompe permettant de maintenir la pression dans le circuit primaire.

Le réacteur 2 de la centrale nucléaire du Bugey a été arrêté, le 29 septembre 2018, pour maintenance et renouvellement partiel du combustible. Dans le cadre de cet arrêt, différents essais ont été réalisés sur des matériels, dont le turboalternateur de secours, afin de s’assurer de leur disponibilité (c’est-à-dire de leur bon fonctionnement vis-à-vis de la sûreté du réacteur).

Le 4 décembre 2018, au cours des opérations de redémarrage du réacteur 2, les  essais réalisés sur le turboalternateur de secours ont mis en évidence le non-respect d’un critère d’essai. L’analyse technique menée par EDF sur les causes de ce non-respect a conduit à identifier des relais électriques défectueux. Pour autant, cette analyse a conclu à la disponibilité du turboalternateur de secours, et le remplacement des relais électriques a été reporté au prochain arrêt de ce réacteur pour maintenance programmée. Les opérations de redémarrage du réacteur se sont alors poursuivies et le réacteur a été couplé au réseau électrique national le 10 décembre 2018.

En février 2019, à l’occasion de la réunion de présentation du bilan des essais qui ont été réalisés lors de l’arrêt programmé du réacteur 2 de l’automne 2018, l’ASN et son appui technique l’IRSN ont réinterrogé EDF sur l’analyse réalisée le 4 décembre 2018 portant sur la disponibilité du turboalternateur de secours.

Le 1er avril 2019, après avoir repris son analyse initiale sur la disponibilité du turboalternateur de secours du réacteur 2, EDF a découvert que celle-ci était erronée. La nouvelle analyse a conclu que le turboalternateur de secours n’était pas apte à assurer la fonction attendue depuis le 4 décembre 2018. Le 2 avril 2019, EDF a remplacé le relais électrique défectueux et a réalisé un nouvel essai démontrant que le turboalternateur de secours était désormais disponible.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, lorsque que le réacteur est en production, les spécifications techniques d’exploitation précisent que le turboalternateur de secours doit être disponible.

En raison du non-respect des spécifications techniques d’exploitation, l’ASN classe cet événement au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 09/04/2019

https://www.asn.fr/Controler/Actualites-du-controle/Avis-d-incident-des-installations-nucleaires/Non-respect-des-specifications-techniques-d-exploitation-du-reacteur-22

Avr 09

L’ARABIE SAOUDITE POSE LES FONDATIONS DE SON PROGRAMME NUCLÉAIRE

L’Arabie saoudite s’apprête à lancer son programme nucléaire, jugé nécessaire par Riyad pour réduire sa dépendance énergétique envers le pétrole. Certains mettent en garde contre le danger de ces ambitions nucléaires.

L’Arabie saoudite, future puissance nucléaire ? La publication par Bloomberg, le 3 avril, d’images satellites d’un premier réacteur en construction à Riyad a ravivé les craintes que le conflit larvé entre l’Iran et l’Arabie saoudite pour le leadership régional prenne une dimension atomique. L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) a, ainsi, publiquement demandé à la monarchie wahhabite d’apporter les garanties que le matériel nucléaire destiné à ce premier réacteur ne soit pas détourné à des fins militaires.

La construction du site, identifié par Robert Kelley, un ancien directeur des inspections de l’AIEA, serait sur le point d’être achevée. « Je dirais que les travaux pourrait être terminés d’ici à la fin de l’année« , a déclaré cet expert au quotidien britannique The Guardian.

Petit réacteur à but scientifique

Mais ce premier réacteur ne va pas permettre à la pétromonarchie d’entrer dans la cour des grandes puissances nucléaires. « Il s’agit d’un petit réacteur à but essentiellement de recherche et développement« , précise Laura Rockwood, directrice du Centre pour le désarmement et la non-prolifération de Vienne, contacté par France 24. Un type d’installation dont le but principal est de former des scientifiques dans le domaine du nucléaire et qui permet de faire des recherches dans « l’application, notamment, médicale de la radioactivité dans le cadre, par exemple, de certains traitements contre le cancer« , ajoute cette spécialiste.

La volonté saoudienne de se doter d’un tel site est, en outre, connue depuis la signature, en 2015, d’un accord de coopération avec le spécialiste argentin du nucléaire Invap. C’est, en effet, cette entreprise sud-américaine qui a conçu ce premier réacteur à Riyad.

Ces clichés confirment le sérieux des ambitions de Mohammed ben Salmane (MBS), le prince héritier saoudien, dans le nucléaire. « La volonté du pays de se doter de centrales atomiques est avérée« , confirme Laura Rockwood. Riyad cherche à se faire une place sur l’échiquier atomique mondial depuis 2006. Après avoir passé dix ans à frapper à la porte de tous les pays susceptibles de lui fournir la technologie et le savoir-faire nucléaire, le pays espère lancer la construction de deux centrales dès 2020, a détaillé l’Institut américain pour la science et la sécurité internationale dans une note de 2017 sur le programme nucléaire saoudien.

Les États-Unis, la Russie, la Chine et la Corée du Sud sont les quatre pays encore en lice pour remporter ces juteux contrats. Le président américain Donald Trump a délivré, en secret, sept permis à des entreprises américaines du secteur nucléaire pour entamer les démarches commerciales afin de décrocher le pactole, a révélé le site The Daily Beast. Une décision présidentielle qui a suscité de vives critiques aux États-Unis.

Civil ou militaire ?

Les détracteurs de Donald Trump craignent que Riyad ne se dote, in fine, d’une bombe atomique sur le dos de la technologie américaine. Ils rappellent que MBS avait déclaré, en mars 2018, que « si l’Iran développait une bombe atomique, nous suivrions sans attendre« .

Mais, selon la directrice du Centre pour le désarmement et la non-prolifération de Vienne, Laura Rockwood, c’est « la seule fois où l’Arabie saoudite a évoqué publiquement un intérêt pour le nucléaire militaire« , rappelle-t-elle. Le royaume a toujours assuré que ses ambitions se limitaient à l’aspect civil. L’idée serait d’ajouter du nucléaire dans le mix énergétique saoudien « pour en finir avec la dépendance quasi-exclusive aux énergies fossiles pour la fourniture d’électricité, ce qui permettrait aussi d’exporter davantage de pétrole« , résume Ali Ahmad, spécialiste des questions d’énergie au Moyen-Orient pour l’université américaine de Beyrouth, dans une note de novembre 2017 sur le programme nucléaire saoudien.

L’Arabie saoudite est aussi un pays signataire du Traité de non-prolifération des armes nucléaires depuis 1988. Seul problème : le pays a signé un protocole additionnel en 2005 qui lui permet d’échapper à des obligations de transparence, comme les inspections sur les sites nucléaires. « C’est le dernier pays à avoir signé l’ancienne version de ce protocole et malgré les demandes de l’AIEA, Riyad a refusé de revenir dessus« , souligne Laura Rockwood.

Pour elle, c’est « un choix surprenant, car on pourrait penser que dans le contexte régional, Riyad ferait tout pour être aussi transparent que possible » afin de ne pas nourrir de suspicions sur le but de son programme nucléaire. Et, avec des voisins aussi chatouilleux sur la question nucléaires que l’Iran ou même Israël, ce flou peut se révéler explosif.

Par Sébastian SEIBT , publié le 08/04/2019 à 18h46, dernière modification le 09/04/2019 à 10h30

https://www.france24.com/fr/20190408-arabie-saoudite-reacteur-nucleaire-riyad-image-google-earth-iran-israel

Avr 09

MÉGAPROJET ALLEMAND EN ALGÉRIE : LA FRANCE A-T-ELLE SABOTÉ DÉSERTEC ?

Algérie – Un expert en transition énergétique a suggéré, lors d’une émission de la radio Chaîne 3, que la France était derrière l’annulation du méga-projet d’énergie solaire élaboré par l’Algérie et l’Allemagne, dans le cadre du projet Désertec, dans le grand Sahara algérien.

L’invité de la rédaction, Tewfik Hasni, consultant en transition énergétique, pense que la France était pour quelque chose dans la suspension du méga-projet algéro-allemand Désertec, qui visait à créer des fermes de panneaux solaires dans le Sahara algérien et qui pouvait concurrencer le nucléaire français.

« Désertec était considère par certains pays comme une solution à leurs problèmes, mais pour d’autres pays comme la France, c’était une concurrence au nucléaire », a affirmé l’expert. Tewfik Hasni assure que « la France ne pouvait pas accepter Désertec ». « Il y avait une volonté de nous limiter, de nous empêcher d’exploiter ce potentiel électrique solaire. Cela entrait dans une stratégie », a-t-il ajouté avant de rappeler que « le nucléaire est la chasse gardée de certains pays alors qu’avec l’électricité solaire, on venait concurrencer cette chasse gardée ».

Pour illustrer l’importance et l’ampleur du méga-projet de Désertec, Tewfik Hasni a précisé qu’avec un projet pareil, « l’Algérie pouvait livrer 10 fois la consommation énergétique mondiale, et 20 fois la consommation énergétique de l’Europe ».

« Nous sommes passés à côté d’une richesse énorme », a souligné le consultant en transition énergétique. Il a également évoqué la question de la « bonne gouvernance » nécessaire à la mise en œuvre de ce genre de projets.

Par Aylan B, le 8 avril 2019 à 15h05

https://www.observalgerie.com/actualite-algerie/la-une/megaprojet-allemand-en-algerie-france-sabotage-desertec/

Avr 09

ENR : DE L’EAU DANS LE GAZ ENTRE L’OCCITANIE ET L’ÉTAT

La Région Occitanie a fait du développement des Énergies Renouvelables (EnR) une grande priorité. Objectif : devenir à l’horizon 2050 la première région française à énergie positive.

La collectivité organise ce chantier autour de son programme REPOS (pour Région Énergie POSitive), aujourd’hui perturbé par l’État qui veut limiter le développement de l’éolien flottant et de l’hydrogène. Les Régions de France se rebiffent. Entre le gouvernement et la Région Occitanie, la tension est palpable.

Les déclarations d’intention de l’État, dans le domaine de l’énergie, ont fait des étincelles… Alors que le gouvernement doit présenter en juin son programme pluriannuel de l’énergie (ou PPE), les Régions sont montées au créneau pour dénoncer le « coup de frein » porté au développement de deux filières d’avenir, l’éolien flottant et l’hydrogène. Pour faire simple, les ambitions de l’État ne seraient pas, ou plutôt ne seraient plus à la hauteur, comme le confirme la Conseillère régionale montpelliéraine Marie-Thérèse Mercier.

Éolien : ambitions trop faibles

L’élue rappelle que pour l’éolien flottant, l’État a revu les ambitions nationales à la baisse. « Concrètement, le dernier objectif de production évoqué par l’État correspondait à la seule production proposée par la Région Occitanie », précise-t-elle. De quoi provoquer le courroux des quatre grandes régions concernées, Occitanie donc, mais aussi PACA, Bretagne et Pays de Loire qui ont adressé un courrier (forcément) salé au Premier ministre.

Les deux fermes d’éolien flottant au large de Leucate verront-elles le jour en Méditerranée ?

Tenir les engagements

Les 4 Régions concernées exigent « un PPE ambitieux, à la hauteur des engagements qui ont été pris ». Pour ces collectivités, l’effort doit notamment passer par des projets « concomitants et équilibrés sur les façades Atlantique et Méditerranée… Nos régions sont prêtes, ne manquons pas ce rendez-vous », tranchent les président(e)s de Région qui rappellent avoir déjà ciblé « des macrozones en Méditerranée et en Atlantique qui seront versées aux débats publics pour définir les périmètres de ces futures fermes d’éoliennes offshore ».

L’Occitanie mise sur l’éolien

« En 2030, à la seule force de ses vents et courants marins, l’Occitanie pourrait produire à elle seule autant d’énergie qu’une centrale nucléaire », confirme Marie-Thérèse Mercier en insistant sur le projet régional : la création de deux fermes éoliennes pilotes, soit 8 éoliennes installées entre Leucate et Gruissan, à 20 km des côtes : « Une seule ferme de quatre éoliennes peut produite couvrir les besoins d’une ville de 50 000 habitants, comme Narbonne », précise-t-elle : « Nous attendons la réaction de l’État sur le PPE qui doit donner la visibilité nécessaire au développement de la filière de l’éolien flottant ».

La Région a lancé un test de trains hydrogènes appelés, à terme, à remplacer les TER Diesel

Tensions sur l’Hydrogène

Tensions également sur le cas de la filière hydrogène… L’association des Régions de France, soutenue par l’Association française pour l’hydrogène (AFHYPAC) a adressé un courrier au Premier Ministre pour lui demander de tenir les engagements du Plan national de déploiement de l’hydrogène lancé le 1er juin 2018. L’enjeu : développer et structurer la filière hydrogène, une énergie verte et compétitive pour le pays.

L’Occitanie en phase de test

Or, les Régions s’inquiètent de la place accordée à cette filière dans le futur PPE. Pourtant, l’hydrogène, les Régions y croient et ont déjà commencé à investir dans des projets. À titre d’exemple, la Région Occitanie a lancé en 2017 son projet HyPort, lauréat de l’appel à projet national « Territoires Hydrogène », un combustible déjà utilisé à Toulouse dans le spatial par Airbus Safran Launchers (ex Arianespace et Herakles, numéro 2 mondial de la propulsion solide) et qui travaille sur les solutions de piles à hydrogène pour l’avionique… Une phase de test pour les trains à hydrogène appelés à remplacer à terme les TER diesel sur les lignes régionales est également en cours.

Vers un mix énergétique

« Tous les projets régionaux constituent les premières briques de structuration d’une filière française de l’hydrogène qui contribuera à un mix énergétique plus diversifié et permettra de décarboner certains secteurs, comme les transports », complète Régions de France dans son courrier à l’État, consigné par la Région Occitanie : « Mais cela nécessite des moyens financiers appropriés pour accompagner industriels et porteurs de projets dans l’accomplissement des objectifs du Plan national », commente Régions de France qui veut un engagement ferme de l’État.

Où sont les 100 millions d’euros ?

« Les Régions de France sont d’ores et déjà investies dans cet effort financier. L’État s’est engagé au travers d’une enveloppe de 100 millions d’euros dès 2019… Nous appelons de nos vœux à sa pleine concrétisation, mais surtout à sa pérennisation pour les prochaines années », demandent Hervé Morin, président de Régions de France et Philippe Boucly, président de l’AFHYPAC. Ce dernier s’interroge sur la vision de l’État : « L’adoption du plan Hydrogène a été un signal fort », reconnaît-il, « d’autant plus qu’une enveloppe de 100 m€ fut annoncée… Mais franchement, on ne sait pas trop où ils sont ».

Tenir les engagements

« Des engagements ont été pris pour faire de l’hydrogène l’un des piliers d’un modèle énergétique neutre en carbone. Ils doivent être respectés », insistent Hervé Morin et Michel Neugnot, président de la commission transports et mobilité de Régions de France.

Par Gil Martin le 9 mars 2019

https://e-metropolitain.fr/2019/04/08/enr-de-leau-gaz-entre-loccitanie-letat/

NDLR: on ne peut pas mener de front la voie renouvelable ET la voie nucléaire: l’état a choisi le nucléaire et des miettes pour le renouvelable.

Avr 08

FUKUSHIMA, (EN ATTENDANT LA PROCHAINE CATASTROPHE NUCLÉAIRE) TOUT DOIT DISPARAITRE ! VOYAGE DANS UNE ZONE INTERDITE QUI NE L’EST PLUS

Dans la gare de Fukushima, on décompte les jours. Deux écrans noirs dans un cube blanc sur lesquels sont affichés les jours restants avant le commencement des jeux olympiques sont comme deux orbites béantes d’un crâne vide. L’enthousiasme sportif laisse place à la colère ravivée des habitants à la face desquels on impose l’oubli. Pourtant, l’une des plus grandes catastrophes nucléaires mondiales est toujours bien présente. (Crédits photos : ©Cécile Asanuma-Brice)

La volonté des autorités d’un retour à la normale s’affronte à la réalité omnipotente

Les chiffres du temps tentent de remplacer ceux de la mesure de la radioactivité. Le taux de radioactivité ambiant ne s’affiche plus sur les compteurs installés en ville, d’autres ont été retirés. Toutes les traces visibles du désastre, pourtant présent, sont anéanties une à une. Les villes de l’ancienne zone d’évacuation autour de la centrale sont successivement rouvertes à l’habitat. L’école primaire d’Ukedô, sur la côte du village de Namie, à quelques kilomètres de la centrale, sera bientôt l’ultime symbole d’un désastre que l’on tente d’enfouir dans les mémoires du passé.

Les demeures, souvent en ruine après huit années inhabitées, ont été pour la plupart démolies pour laisser place à de vastes terrains vacants. Ici, le vide est parfois plus lourd que le plein.

 

De Namie, notre voiture traverse la route 114 en direction de la ville de Fukushima. À quelques kilomètres de la côte, après être rentrés dans la zone montagneuse, nous ressentons des fourmillements dans les jambes, une sensation que je ne connais que trop pour avoir parcouru ces zones de nombreuses fois après le désastre. Alors que je conduisais, je demande à mes acolytes d’allumer mon compteur Geiger Radex. Nous mesurons 5 microsievert/h sur cette route réouverte au cœur de l’ancienne zone d’évacuation excédant plus de 38 fois la dose admise internationalement pour la population [1]. Si un tel taux se mesure alors que nous nous déplaçons en voiture à vive allure, combien pouvait-il y avoir dans les montagnes environnantes ?

À droite et à gauche de la route, les entrées des demeures sont fermées par une grille blanche. Nous tentons de ralentir pour voir dans quel état se trouvent les bâtiments. Un garde surgit de suite de derrière la palissade de fer. Il nous fait signe de partir : « vous n’avez pas le droit de vous arrêter sur cette route. Il faut circuler ». Mais lui ? Avait–il conscience du taux de radioactivité auquel il était exposé toute la journée ? À quelques kilomètres de là, une nouvelle tentative reçoit le même accueil. Des gardes sont postés à chaque entrée.

« Je suis revenu parce que je veux mourir chez moi, mais j’ai demandé à mes enfants et mes petits enfants de ne jamais revenir ici»

C’est par ces mots que M. Hasegawa, 70 ans, fermier du village (irrégulièrement contaminé) d’Iitate rouvert à l’habitat depuis deux ans, entame sa présentation. Ces confidences encore courroucées après tant d’années, il les fait devant un parterre composé de ses anciens voisins, de quelques chercheurs et journalistes qui se réunissent chaque année depuis 2011 [2].

M . Hasegawa tente désormais de relancer sa culture de Sarrazin sur des terres dont la couche arable n’est plus suite aux politiques de décontamination[3] : « La première année, j’ai ressemé et quelques mois après la fleuraison, les plantes se sont mises à s’assécher sans que je comprenne pourquoi ».

80% des déchets issus de la décontamination de nouveau répandus sur les terres

À l’entrée du village d’Iitate, les vrombissements des moteurs de camions de chantier emplissent l’air dans un tourbillon incessant. Les pelleteuses éventrent les sacs de terre contaminée de leurs dents acérées pour répandre leur contenu sur des sols désormais stériles. En 2016, le gouvernement déclarait que toute la terre issue de la décontamination en deçà de 8000 Bq/kg serait réutilisée [4]. En mars 2019, les autorités annoncent que 80% des déchets stockés dans des millions de sacs plastiques entreposés un peu partout dans le département sont estimés à moins de 8000 Bq/kg et seront donc de nouveau éparpillés sur le territoire [5].

Huit ans après le désastre, alors que l’AIEA ordonne au gouvernement japonais de déverser les bidons d’eau contaminée stockés autour de la centrale dans l’océan, le gouvernement japonais annonce la réouverture de la quasi-totalité de la zone d’évacuation [6].

La rentrée du mois d’avril

Symbole fort, en avril 2017 le gouvernement a réouvert le tunnel des cerisiers dans la ville de Tomioka à 2 km de la centrale endommagée. Voici deux années que la ville affrète des bus pour que les anciens habitants puissent venir admirés les cerisiers centenaires en famille. Ce traditionnel Hanami (voir les fleurs) se fait par la vitre du bus au milieu d’un paysage de maisons abandonnées ou de parcelles vidées de leur bâtisse.

Bientôt, la foule en liesse des étrangers viendra applaudir les jeux olympiques qui s’ouvriront à Fukushima pour fêter les prouesses d’institutions internationales et nationales qui auront osé construire l’oubli. Faire comme si de rien n’était à Fukushima et proclamer, de nouveau, le nucléaire comme l’énergie propre de demain alors que la contamination est encore détectée jusqu’en Alaska [7], alors que du plutonium a été prélevé dans les rivières d’Iitate [8] (village rouvert à l’habitat) à 60km de la centrale. Le vent de positivisme écrase la mémoire pour rendre l’être résilient au pire. Le terrain est désormais préparé pour la prochaine catastrophe nucléaire

[1] La norme internationale fixe l’acceptabilité à 0,13microsievert/h (1msv/an) pour les citoyens

[2] Symposium Iisora, Fukushima, le 23 mars 2019.

[3] La politique de décontamination consiste à enlever 5 cm de couche de terre. Or cette terre en surface est celle qui contient les sédiments nécessaires à la culture.

[4] https://mainichi.jp/articles/20160701/k00/00m/040/…

[5] https://mainichi.jp/articles/20190319/k00/00m/040/…

[6] https://mainichi.jp/english/articles/20181114/p2g/…

[7] https://www.reuters.com/article/us-alaska-fukushim…

[8] Jaegler, H., Pointurier, F., Onda, Y., Hubert, A., Laceby, J.P., Cirella, M., Evrard,O. (2018). Plutonium isotopic signatures in soils and their variation (2011–2014) in sediment transiting a coastal river in the Fukushima Prefecture, Japan. Environmental Pollution 240C, 167-176.

Par Cécile Asanuma-Brice le 8 avril 2019

http://leblogdejeudi.fr/fukushima-en-attendant-la-prochaine-catastrophe-nucleaire-tout-doit-disparaitre-voyage-dans-une-zone-interdite-qui-ne-lest-plus/

Avr 08

ARMÉE EUROPÉENNE: LA FRANCE «N’EST PAS DISPOSÉE À PARTAGER» SON ARMEMENT NUCLÉAIRE

Dans une longue interview accordée au Parisien à l’occasion des élections européennes, Valéry Giscard d’Estaing, qui a toujours été un militant et un artisan réputé de l’UE, s’est exprimé sur l’idée de l’actuel locataire de l’Élysée de créer une armée européenne et sur le souhait de l’Allemagne d’avoir un siège en commun au Conseil de sécurité.

À l’occasion des élections européennes du 26 mai prochain, Valéry Giscard d’Estaing, Président de la République de 1974 à 1981, est sorti de son silence pour rencontrer des journalistes du Parisien et leur exposer sa vision de la crise des Gilets jaunes, du Brexit, mais aussi de la nécessité d’une armée européenne et des prétentions de l’Allemagne à un siège en commun avec la France au Conseil de sécurité de l’Onu.

Interrogé sur l’idée d’Emmanuel Macron de créer une armée européenne, M.Giscard d’Estaing a déploré que l’Europe ait été le continent de la guerre pour les deux siècles précédents, jugeant qu’il est nécessaire d’éviter de donner au continent une silhouette guerrière.

«L’Europe doit être le continent de la paix… C’est une erreur de vouloir en faire aujourd’hui le continent d’une autre guerre», a-t-il affirmé.

Et d’ajouter: «En effet, ce n’est pas souhaitable. Et probablement pas réalisable

Il a expliqué ce caractère irréalisable par le fait que seuls quatre États membres sur 28 consacrent à peu près 2 % de leur PIB aux dépenses de Défense et que les 28 États membres ensemble dépensent moitié moins que les États-Unis.

VGE a précisé que dans les conditions actuelles parler de guerre signifiait inévitablement parler de guerre nucléaire.

«Or, dans la confédération européenne, une fois la Grande-Bretagne partie, la France est le seul pays à posséder un armement nucléaire, et n’est pas disposée à le partager. L’idée d’une armée européenne, de type classique, n’est pas réaliste», a-t-il détaillé.

Revenant ainsi sur la question du nucléaire, il a reconnu que la réaction à l’abandon du traité sur le nucléaire iranien était trop molle et qu’«il aurait fallu réagir plus vivement à la décision du Président des États-Unis».

«L’Europe veut afficher la paix, être le continent du respect du droit international», a-t-il signalé à cet égard.

L’ancien Président s’est montré formel quant à la demande allemande d’un siège commun au Conseil de sécurité de l’Onu.

«Je suis contre. Une liste a été faite à la fin de la guerre. Pour des raisons évidentes, l’Allemagne n’y figurait pas. Aujourd’hui, il y a un débat sur l’élargissement de cette liste, dans ce cadre nous soutenons et soutiendrons la demande de l’Allemagne. Mais pas question pour la France de transférer sa souveraineté», a-t-il déclaré.

Publié le 7 avril 2019 à 12h43, mis à jour le 7 avril à 12h58

https://fr.sputniknews.com/france/201904071040646845-giscard-armee-europeenne-armement-nucleaire/

Avr 08

CONFÉRENCE DU DÉSARMEMENT : UNE RÉFORME POUR SURVIVRE

ÉDITORIAL. La Conférence du désarmement (CD), institution multilatérale semi-onusienne installée au Palais des Nations à Genève, est bloquée depuis deux décennies. Elle doit retrouver son âme

Faut-il tuer la Conférence du désarmement (CD) qui célèbre ses 40 ans d’existence? Depuis 1996, cette institution emblématique qui siège au Palais des Nations à Genève est engluée dans les blocages, en quête de pertinence. Après ses deux succès les plus retentissants datant des années 1990, la Convention sur l’interdiction des armes chimiques et le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires, elle n’a plus rien produit de substantiel. A l’heure où la course aux armes nucléaires et conventionnelles repart de plus belle et où le multilatéralisme traverse une sévère crise, le statu quo est pourtant très risqué.

Lire aussi: Le blues de la Conférence du désarmement

Dans une époque où l’ONU s’attire les foudres des nationalistes et des populistes, l’institution semi-onusienne ne peut rester aussi inopérante. Elle doit se réformer. Dans un monde multipolaire plus chaotique, le consensus rigide mène à l’impasse. La CD n’arrive même pas à s’entendre sur un programme de travail. Sa composition pose aussi problème. Se limiter à 65 États membres, c’est oublier que le désarmement est un défi global.

Lire également: Le désarmement, une histoire profondément genevoise

La CD n’agit pas dans le vide. Elle subit les tourments géopolitiques du moment. Les experts le prédisent déjà: 2019 sera une année «en jachère», presque inutile avec des présidences tournantes politiquement chargées exercées par l’Ukraine, les États-Unis et le Venezuela. Les violents affrontements verbaux entre Washington et Moscou de mars dernier n’augurent rien de bon.

Paradoxalement, l’enceinte genevoise pourrait justifier son utilité par le seul fait d’exister. Elle a contribué à créer un écosystème du désarmement dont elle est la matrice. C’est important. Le désarmement n’est plus l’affaire des seuls États, il concerne aussi la société civile. ICAN, la Campagne pour l’abolition des armes nucléaires récipiendaire du Prix Nobel de la paix 2017, l’illustre bien. Genève abrite aussi les secrétariats des conventions d’Ottawa sur les mines antipersonnel et d’Oslo sur les bombes à sous-munitions ainsi que celui du Traité sur le commerce des armes. Mais aussi les trois centres de la Confédération sur la politique de sécurité, le contrôle démocratique des armées et le déminage humanitaire.

La paix et la sécurité ne sont plus des domaines unidimensionnels. Elles touchent à l’humanitaire, à la santé, à la technologie, à l’internet. Une interdisciplinarité dont Genève a le secret et qu’elle doit cultiver…

Par Stéphane Bussard, publié dimanche 7 avril 2019 à 21h58, modifié dimanche 7 avril 2019 à 22h00.

https://www.letemps.ch/opinions/une-reforme-survivre

Avr 08

L’INDE REJETTE L’AFFIRMATION PAKISTANAISE D’ATTAQUE IMMINENTE COMME ÉTANT « ABSURDE » – RT WORLD NEWS

New Delhi a accusé le ministre pakistanais des Affaires étrangères d’avoir provoqué une « hystérie de guerre » après avoir affirmé des informations crédibles indiquant que l’Inde envisageait de frapper à nouveau le Pakistan plus tard ce mois-ci.

L’Inde se prépare à une autre attaque sur le sol pakistanais, similaire à la grève de Balakot en février, entre le 16 et le 20 avril, a déclaré dimanche à haute voix, le ministre pakistanais des Affaires étrangères Shah Mahmoud Quraishi, citant des informations « crédibles« . La menace présumée a fait du Pakistan un pays qui paraissait si grand que les informations ont été mises à la disposition du Conseil de sécurité des Nations Unies.

Par publié le 8 avril 2019

https://news-24.fr/linde-rejette-laffirmation-pakistanaise-dattaque-imminente-comme-etant-absurde-rt-world-news/

Avr 07

PYONGYANG BAT SÉOUL POUR SON UTILISATION DES AVIONS À RÉACTION F-35 – RT WORLD NEWS

La Corée du Nord a battu son voisin du sud alors qu’elle déployait des chasseurs F-35 fabriqués par les États-Unis, alors que l’escalade de la tension entre les deux pays faisait suite à l’échec du sommet entre les dirigeants nord-coréens et américains.

Pyongyang a condamné l’opération comme « Acte inamical » et juste prévenu cette étape « Aggravates tension » en étant « Un défi direct aux efforts de paix. » Une pièce de théâtre publiée sur le portail d’informations nord-coréen, Uriminzokkiri, a appelé Séoul à réfléchir aux éventuelles « Conséquences catastrophiques » L’utilisation des nouveaux jets pourrait y conduire.

Fin mars, deux avions de combat polyvalents F-35A fabriqués par les États-Unis ont été livrés en Corée du Sud. À la fin de l’année, 10 avions de combat sont attendus à Séoul. Le fait que Pyongyang soit revenu à cette dure rhétorique à la suite d’un dégel relatif dans ses relations avec Séoul marque une nouvelle augmentation des tensions sur la péninsule – qui aurait été provoquée par le récent sommet Washington-Pyongyang qui l’avait stoppée.

Auparavant, la Corée du Nord avait soudainement retiré tout son personnel d’un bureau de liaison situé dans la ville frontalière de la Corée du Nord, Kaesong, qui inquiétait le Sud. Quelques jours plus tard, Pyongyang a renvoyé certains travailleurs au bureau, bien qu’on ne sache toujours pas si un effectif complet devrait être rétabli. Dans le même temps, Séoul a averti que la Corée du Nord avait presque achevé la reconstruction du site de missiles à longue portée qu’il avait promis de fermer.

La situation dans la péninsule coréenne a commencé à changer après la clôture du sommet entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un sans que les parties ne parviennent à un accord.

L’échec de la réunion a été initialement attribué au fait que les États-Unis et la Corée du Nord ne s’étaient pas mis d’accord sur les conditions nécessaires à la levée des sanctions imposées par les États-Unis à Pyongyang, Washington ayant refusé de considérer une solution, même partielle.

Un rapport ultérieur de Reuters a révélé que Trump aurait suggéré à la Corée du Nord de transférer toutes ses armes nucléaires aux États-Unis et de démanteler complètement ses programmes nucléaires et de missiles. Le système, qui ressemblait beaucoup à celui des États-Unis des années avant l’intervention de l’OTAN et le meurtre de son dirigeant de longue date, Mouammar Kadhafi, en Libye, ne semblait pas bien fonctionner avec Kim.

À la mi-mars, à la suite de l’échec du sommet, le vice-ministre des Affaires étrangères de la Corée du Nord a menacé de mettre fin complètement aux négociations nucléaires avec les États-Unis. Pendant ce temps, Washington continue de se montrer courageux. Le 1er avril, le secrétaire d’État Mike Pompeo a exprimé l’espoir que Trump et Kim puissent se revoir « dans les mois à venir » et dans les négociations sur le programme nucléaire de Pyongyang.

Par Sameh , dernière mise à jour le 7 avril 2019

https://news-24.fr/pyongyang-bat-seoul-pour-son-utilisation-des-avions-a-reaction-f-35-rt-world-news/

Avr 07

LE PAKISTAN AFFIRME QUE L’INDE PRÉPARE UNE NOUVELLE « AGRESSION »

L’Inde prépare une nouvelle « agression » contre le Pakistan, prévue entre le 16 et le 20 avril, a affirmé dimanche le ministre pakistanais des Affaires étrangères, alors que les deux voisins se sont livrés en février de premiers combats aériens depuis des décennies.

« Nous disposons d’informations fiables selon lesquelles l’Inde a mis en place un nouveau plan, qui est en cours d’élaboration. Il y a des chances qu’une nouvelle agression contre le Pakistan se produise. D’après nos informations, cette action peut se tenir entre le 16 et le 20 avril« , a déclaré Shah Mehmood Qureshi devant la presse à Multan (Sud). « Je le dis avec responsabilité (…). Je sais que chaque mot que je dirai fera les gros titres de la presse internationale« , a-t-il affirmé, soulignant la fiabilité de son information, transmise il y a deux jours aux ambassadeurs à Islamabad des États membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Le plan indien a pour but d' »accroître la pression diplomatique sur le Pakistan« , a estimé le ministre.

Une nouvelle crise a opposé les deux puissances nucléaires après un sanglant attentat-suicide le 14 février dans le Cachemire indien, revendiqué par Jaish-e-Mohammad (JeM), un groupe extrémiste basé au Pakistan, qui a tué plus de 40 paramilitaires indiens. Islamabad a nié avoir joué un rôle dans cette attaque.

En représailles, l’aviation indienne a bombardé le 26 février un village du nord du Pakistan dans lequel se trouvait un camp du JeM. Le lendemain, Islamabad a affirmé avoir abattu deux avions indiens. La tension n’est retombée qu’avec la libération le 1er mars d’un pilote indien capturé.

Alors que New Delhi accuse de longue date Islamabad d’héberger des terroristes sur son sol et de s’en servir comme base pour l’attaquer, le Pakistan a lancé en mars une campagne d’arrestations de militants extrémistes basés sur son territoire. Il peine toutefois à convaincre de sa bonne foi, de telles campagnes interpellations s’étant déjà produites dans le passé, sans effet.

Le Cachemire, région himalayenne montagneuse où la population est à majorité musulmane, est la principale pomme de discorde entre Inde et Pakistan. Depuis la fin de la colonisation britannique en 1947 et la partition des deux pays, ceux-ci se sont livré deux guerres pour ce territoire.

Publié le dimanche 07 avril 2019 | Le Commerce du Levant | In English

https://www.lorientlejour.com/article/1165251/le-pakistan-affirme-que-linde-prepare-une-nouvelle-agression.html

Avr 07

LES «MÈRES DE FUKUSHIMA» EN EUROPE: RÉCIT D’UNE MALÉDICTION NUCLÉAIRE

Organisées en association, ces femmes accompagnées de leurs enfants sont venues du Japon en campagne européenne pour dénoncer les conditions de vie infligées par le gouvernement japonais depuis l’accident nucléaire de 2011 survenu à Fukushima à la suite d’un terrible séisme.

Mercredi 3 avril, il est 19h30 passé quand débute la conférence des réfugiés de Fukushima à la Mairie du 2ème arrondissement de Paris. La salle est déjà bondée. L’attention du public se fait sentir. Réceptif et solidaire, il a retenu son souffle devant les témoignages de deux familles de réfugiés de la catastrophe nucléaire de 2011.

Récits sincères et pertinents – « les mères de Fukushima« – soutenues par la présence de leurs enfants, ont pris la parole pour expliquer leur combat à faire reconnaître leur droit de vivre dans un environnement sain; le combat d’une vie contre le nucléaire; le nucléaire, qui s’est abattu sur leur famille comme s’abat une malédiction; sortir du nucléaire où comment sortir de la malédiction du nucléaire au pays du soleil levant meurtri par les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945.

Récit de réfugiés, qui prend sa source à partir du 11 mars 2011, date qui ébranla le Japon d’un terrible séisme provoquant la catastrophe nucléaire de Fukushima; le gouvernement japonais décréta alors deux périmètres de contamination – la zone de 30 km et celle de 60 km – à proximité de la centrale; ces deux zones furent déclarées à évacuer par les autorités japonaises.

C’est là que commença leur combat pour être reconnus comme réfugiés; originaire de la ville d’ Iwaki, cette mère a insisté sur le fait que la carte de contamination n’a pas pris en compte les villes à proximité de ces zones à évacuer; commença alors la fuite vers Tokyo; ils seront considérés comme auto-réfugiés par l’État; un statut différent des réfugiés de la zone de contamination établie par le gouvernement; une ville exclue de la mesure de radioactivité; exclue des moyens de radioprotection.

Quels ont été les signes montrant que ces villes à proximité étaient touchées par la radioactivité du césium et de l’iode ? Des saignements abondants et très fréquents touchèrent les enfants; une augmentation des cancers de la thyroïde atteignait aussi les habitants de ces villes proches de la catastrophe.

« Sols, eau, mer contaminés. »

« ’47 départements de l’archipel japonais contaminés »

« Irradiation non visible, non perceptible par les cinq sens, contre notre volonté. »

Devant ces signes évidents, les mères de Fukushima ont tout laissé derrière elles, contraintes de laisser leur mari – condamnés à travailler dans la zone contaminée pour financer leur départ- contrainte de laisser toute une partie de leur vie; protégeant la vie de leurs enfants et la leur; fuyant vers la ville de Tokyo par leur propre moyen; devenant des auto-réfugiés.

« Pluie, neige, vent renforcent la radioactivité »

« Eau du robinet contaminée de la ville de Tokyo sur un rayon de 200 km depuis la zone contaminée de Fukushima »

« rupture de stock des bouteilles d’eau minérales »

« transmission du lait contaminé aux bébés allaités »

La catastrophe écologique se transforma en catastrophe humanitaire, un scénario apocalyptique submergea le pays; drames sanitaires et drames sociaux s’enchaînaient; les enfants ont apportés leur témoignages saisissant – « je m’interdis de parler de Fukushima » prononce une jeune fille dans la lecture de sa lettre face au public de la salle.

Un face à face avec le public saisissant chaque témoignage de lettres lues à cœur ouvert.

La catastrophe nucléaire a impacté socialement les familles de réfugiées. À travers le récit des enfants notamment, s’appliquant à lire leur texte, l’émotion palpable d’entendre leur vie racontée avec des mots simples sur une situation déchirante les exposant à la dure réalité de la société – le rejet de leur statut de réfugiés – se manifestant par un comportement harcelant à leur égard.

« Je voulais en finir » nous livre ce jeune adolescent.

Les enfants en tant que réfugiés n’ont pas pu bénéficier de conditions d’adaptations optimales dans leur nouvelle école faisant face à la stigmatisation de leur statut de réfugiés par des comportements harcelants à leur égard.

À force de vivre, les réfugiés se sont transformés en résistants pour leur droit fondamentaux; entraide, désir de justice ont construit leur résistance face à un pouvoir méprisant. Menant ses mères au plus haut sommet de la scène internationale pour faire entendre leur droit; en mars 2018, les mères de Fukushima, plaidaient en faveur du droit à vivre dans un environnement sain devant le Conseil des Droits de l’Homme à Genève.

Si certaines familles ont pu bénéficier d’indemnité de la part de l’État, ce n’est pas le cas des auto-réfugiés qui n’ont pas été reconnus par le gouvernement japonais du fait qu’ils étaient classés hors zone de la carte de contamination établie; les autorités du Japon mènent aujourd’hui une campagne de réhabilitation de la zone de Fukushima planifiée pour 2020; supprimant les aides de logement des familles réfugiées; exerçant des pressions pour leur retour à Fukushima; niant la présence de radioactivité encore présente; s’appuyant sur la préparation des jeux olympiques de 2020 pour « noyer le poisson« .

« L’énergie nucléaire touche au droit fondamental de vivre dans un environnement sain. »

Alors que la France construit un projet de centrale nucléaire en zone sismique en Indes (source Reporterre, En secret la France et l’Inde veulent construire la plus grande centrale nucléaire du monde), que nous sommes privés encore de débat citoyen sur la question du nucléaire en France, le témoignage des mères de Fukushima et de leurs enfants est bien plus qu’un récit narratif; leur récit est une prise de conscience pour sortir de la « propagande » pro-nucléaire en France et sur le plan mondial. Le traité d’interdiction complète des essais nucléaires signé en 1996 par la France est-il suffisant face aux risques de catastrophe écologique et humain engendrés par les centrales nucléaires ? Les enfants japonais, en attendant demain, n’ont pas fini de plier des grues en papier, symbole de paix, pour nous demander de construire un environnement sain pour vivre.

Par Marjorie Milona, publié le 5 avril 2019. Blog : Le blog de Marjorie Milona

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

https://blogs.mediapart.fr/marjorie-milona/blog/040419/les-meres-de-fukushima-en-europe-recit-dune-malediction-nucleaire

Avr 07

L’AUTRICHE VEUT COMBATTRE LE NUCLÉAIRE À L’ÉCHELLE EUROPÉENNE

En France, le projet de loi énergie, la loi sur la programmation pluriannuelle de l’énergie, doit être présenté dans les jours à venir en conseil des ministres. Ce texte devrait acter le report de 2025 à 2035 de l’objectif de 50% (contre plus de 70% aujourd’hui) d’électricité issue du nucléaire. Difficile de réduire cette dépendance au nucléaire en France, l’Autriche, elle, y a totalement renoncé. Le pays a dit non à l’énergie nucléaire lors d’un référendum, il y a déjà 40 ans en 1978 et mise sur le renouvelable : le gouvernement souhaiterait atteindre 100% d’électricité issue des énergies renouvelables en 2030.

Par Isaure Hiace, publié le dimanche 7 avril 2019

http://www.rfi.fr/emission/20190407-autriche-veut-combattre-le-nucleaire-echelle-europeenne

Avr 07

ÉNERGIE : VERS UNE NOUVELLE CLASSIFICATION DE L’ÉLECTRIQUE VERTE ?

Classification de l’électricité verte : et si on imaginait pour les fournisseurs d’énergie, le même système de notation que les hôtels et les restaurants pour mesurer à quel point leurs offres sont éco-responsables ?

Vous avez envie de choisir un fournisseur d’électricité plus verte, mais comment s’y retrouver parmi toutes les offres et leurs prix ? La société Comwatt, spécialiste de l’autoproduction photovoltaïque et de la gestion intelligente des consommations d’énergie, et plusieurs fournisseurs d’électricité ont imaginé une nouvelle classification pour s’y retrouver plus facilement.

Créer un système de notation de la qualité verte pour tous les fournisseurs

Le saviez-vous ? La France compte en fait pas moins de 39 fournisseurs d’électricité différents. Chacun avec ses avantages, ses inconvénients, ses tarifs plus ou moins compréhensibles. Mais comment s’y retrouver ?

Comment s’y retrouver parmi les 39 fournisseurs d’électricité présents sur le marché français ? ©SANOOK NUK

Un TripAdvisor pour choisir son fournisseur d’électricité verte

C’est l’idée prônée par la société Comwatt : créer une classification de qualité, comme pour les restaurants ou les voyages, Tripadvisor ou le guide Michelin, afin de séparer le bon grain de l’ivraie(1).

« Avant nous n’avions pas le choix, le monde de l’électricité était simple, il y avait un fournisseur et un prix, explique la société dans un communiqué. Maintenant, avec l’arrivée de la concurrence, le marché s’est adapté aux besoins du citoyen mais il devient plus difficile de comparer les offres. Quelle est l’énergie la plus vertueuse ? Comment cela fonctionne ? »

Le saviez-vous ? – Dans « le grand chaudron de l’électricité, l’électron vert n’existe pas »

Même avec 39 compagnies différentes, nous sommes tous connectés au même réseau électrique, dans une même zone, la qualité de fourniture d’énergie sera la même, quel que soit le fournisseur. Alors, au fond, qu’est-ce qui fait la différence entre les offres de fournisseurs d’électricité ?

Selon les enquêtes d’opinion, les consommateurs classent ces critères par ordre d’importance décroissante :

  • Le prix (forfait, abonnement, etc..)
  • la marque
  • L’origine de l’énergie (nucléaire, renouvelable, etc..)
  • La qualité de service commercial du fournisseur.

L’origine de l’énergie reste un critère primordial pour le consommateur. ©Tonkinphotography

Pour s’y retrouver, un système de classification avec des étoiles pourrait être mis en place afin d’être vraiment à même de sélectionner une énergie vraiment meilleure pour la planète.

Cinq critères pour classifier toutes les offres en électricité

1 étoile correspondrait à une énergie produite avec des moyens générant du CO2 ou des déchets nucléaires.

(NDLR : à mon avis, pas d’étoile serait plus convenable)

2 étoiles, pourraient être attribuées à l’énergie produite avec des moyens non renouvelables (nucléaire, gaz, charbon), mais pour laquelle le fournisseur achèterait des certificats de garantie d’origine (GO) afin de compenser cela. Ces deux étoiles, équivalentes à la classification « Standard » de l’ADEME, représentent 95 % des offres vertes proposées par les grandes marques comme Engie ou EDF.

(NDLR : les certificats de garantie d’origine ne seraient que les « cache sexe » de l’origine polluante de l’électricité consommée.)

Pour obtenir 3 étoiles, il faudrait que, tous les ans, le fournisseur achète autant d’énergie renouvelable qu’il en vend. C’est notamment le cas de l’offre Enercoop par exemple. Ces 3 étoiles correspondent à la classification « Premium » de l’ADEME.

(NDLR pour info : Le site « Savoie antinucléaire » est alimenté par Énercoop)

Mais il est encore possible de faire mieux.

Pour décrocher quatre étoiles sur cinq, 100 % de l’énergie utilisée devrait provenir des énergies renouvelables et le fournisseur devrait s’assurer de la neutralisation carbone à 100 %. La production d’électricité devrait être obtenue sans ajouter de carbone dans l’atmosphère. Cela suppose de s’équiper, chez soi, d’une installation en autoconsommation associée à un gestionnaire d’énergie.

Pour résumer, environ 50 % de l’énergie consommée serait produite sur place, et l’énergie non produite sur place le serait par de petits producteurs d’énergie renouvelable locaux, sous contrat avec le fournisseur d’électricité.

La meilleure solution reste de s’équiper d’une installation en autoconsommation © anatoliy_gleb

Stade ultime : les offres 5 étoiles. En sus des conditions pour obtenir les 4 étoiles, il faudrait alors que 70 % de l’énergie soit produite de manière renouvelable et localement dans le quartier. (NDLR pour info : Le site « Savoie antinucléaire » est alimenté à 50% en autoproduction, les autres 50 % fournis par Énercoop) )

Mais cela supposerait un changement réglementaire en France. En effet, même si la loi le permet déjà, l’administration française interdit encore l’autoconsommation collective. Conséquence : « pour l’instant, seuls les propriétaires de maisons individuelles peuvent profiter de la baisse de prix de l’énergie solaire et les habitants des immeubles ne peuvent pas en profiter ».

(NDLR : Les toits des immeubles sont généralement plats et inutilisés ; on peut donc orienter idéalement les panneaux photovoltaïques. Qu’attend donc le gouvernement ? Pourquoi cette interdiction de l’administration alors que la loi l’autorise ?)

Rédigé par Paul Malo, le 7 Avril 2019, à 7 h 45 min

https://www.consoglobe.com/vers-nouvelle-classification-electricite-verte-cg

Avr 07

LES LEÇONS OUBLIÉES DE FUKUSHIMA

Impact des changements climatiques, relance contestée de l’industrie nucléaire, accès des femmes au marché du travail pour stimuler l’économie, le Japon fait face à d’importants défis. Deuxième de trois textes sur quelques enjeux cruciaux au pays du Soleil-Levant.

Le Japon est aux prises avec un profond dilemme énergétique. Près de dix ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, les Japonais sont toujours aussi divisés quant à l’exploitation de cette source d’énergie dans leur pays. Le gouvernement a relancé l’industrie, mais la population a d’importantes réserves.

Au lendemain de la tragédie de Fukushima, en mars 2011, le Japon promettait à ses citoyens de délaisser l’énergie nucléaire pour miser sur les énergies renouvelables. Le Japon venait de subir le plus puissant tremblement de terre de son histoire : un séisme de magnitude 9 au large de ses côtes qui a causé un tsunami dévastateur ayant secoué deux centrales nucléaires dans la préfecture de Fukushima, au nord de Tokyo. En quelques heures, le niveau de radiation avait octuplé. Des dizaines de milliers de personnes ont été évacuées. Près de 20 000 personnes sont mortes — quoique le gouvernement ne recense pas encore de décès liés directement aux radiations. Les 54 centrales du pays ont été fermées.

Mais à peine un an et demi plus tard, l’élection du premier ministre Shinzo Abe a changé la donne. L’énergie nucléaire a été remise au menu du programme énergétique du gouvernement nippon.

Tokyo prévoit maintenant que le pays pourrait ré-exploiter 37 centrales nucléaires, au terme des études de sa nouvelle Agence de sûreté nucléaire. Le Japon n’en compte que neuf en activité pour l’instant. Six autres ont récemment obtenu le feu vert pour démarrer leurs opérations.

« Comme le Japon n’a pas de ressources naturelles, le gouvernement a besoin de cette énergie nucléaire », fait valoir Hidenori Nishita, du bureau de l’économie environnementale du ministère de l’Économie du Japon. « Les Japonais sont très nombreux et ils consomment beaucoup d’énergie. Pour assurer la qualité de vie de la population, on doit maintenir le prix de l’électricité et de l’énergie à un niveau raisonnable et stable. »

Un argument qui ne convainc toutefois pas le gouvernement de Fukushima, qui a rejeté le plan de Tokyo. La préfecture refuse catégoriquement l’idée de dépendre à nouveau de l’énergie nucléaire qui lui a causé tant de mal il y a à peine huit ans, et dont la région subit encore les effets. « Le département a établi un plan d’action qui prévoit qu’en 2040, on utilise 100 % d’énergie renouvelable », explique Nobuhide Takahashi, directeur adjoint de l’équipe de revitalisation du gouvernement local.

Et cette décision s’explique simplement. « Bien évidemment, c’est à cause de cet accident à la centrale de Fukushima. La région a été affectée par la radioactivité. »

Mais les séquelles psychologiques se font en outre encore sentir dans la population. « Les habitants de Fukushima se sont sentis vraiment trahis par l’opérateur de la centrale, Tepco, parce qu’il répétait sans cesse que ce genre de site nucléaire était sécuritaire à 100 %. Mais on a eu cet accident, dénonce M. Takahashi. Et les citoyens ne croient plus au mythe de l’énergie nucléaire. »

Le séisme et le tsunami qui l’a suivi ont fait 4100 morts dans le seul département de Fukushima. Près de 165 000 personnes ont été évacuées — soit ceux qui résidaient dans les 12 % du département qui ont été déclarés zone interdite. Un peu plus de 43 000 d’entre eux ne peuvent toujours pas rentrer à Fukushima aujourd’hui, alors que 3 % du département demeure inaccessible — soit l’équivalent de 370 km carrés.

Les citoyens restent encore traumatisés et ont donc choisi de miser sur les sources d’énergie renouvelables. La préfecture compte déjà un parc d’éoliennes et un site d’énergie solaire flottant. « Même les départements voisins se concentrent davantage sur l’énergie renouvelable, après cet accident de Fukushima », relate M. Takahashi.

Trop petit pour le renouvelable

Au ministère de l’Environnement, le sujet crée visiblement un malaise. Lorsque Tatsuya Abe est invité à commenter l’avis de la population sur le nucléaire, il laisse s’échapper un rire nerveux.

« Les discussions sont très partagées », consent le fonctionnaire. Des mères de famille s’y opposent farouchement, inquiètes de la sécurité des centrales. Mais d’autres voient l’apport économique et la création d’emplois qu’entraînerait un redémarrage des centrales.

Le gouvernement japonais martèle qu’il n’a d’autre choix que de renouer avec l’énergie nucléaire. À la suite de la fermeture de ses centrales, il y a huit ans, le Japon a dû se tourner vers l’étranger pour s’approvisionner : son taux d’autosuffisance énergétique est passé de 20 % en 2010 à seulement 8 % en 2016. Et sa consommation d’énergies fossiles a augmenté de 8 % au cours de la même période, pour atteindre 89 % en 2016. La part d’énergie nucléaire du pays a inversement chuté de 10 %, pour se chiffrer à moins de 1 % il y a trois ans, alors qu’elle représentait 11 % de son apport énergétique en 2010, avant l’accident de Fukushima.

« Il faut trouver un équilibre », plaide M. Nishita, du ministère de l’Économie. Le charbon ne coûte pas cher, mais il pollue, tandis que les énergies renouvelables sont vertes, mais plus dispendieuses. « Donc le gouvernement du Japon souhaite relancer l’utilisation de l’énergie nucléaire », résume-t-il.

Outre le coût d’une conversion nationale aux énergies vertes, M. Nishita argue que le petit pays insulaire ne peut tout simplement pas accommoder les imposantes infrastructures qu’il faudrait construire pour les produire. Le gouvernement prévoit qu’en 2030, de 20 % à 22 % de son électricité proviendra du nucléaire ; de 22 % à 24 % des énergies renouvelables ; 26 % du charbon ; et 27 % du gaz naturel.

« Le Japon est occupé en son centre par des chaînes de montagnes et il est bordé de falaises au bord de l’océan. Il n’y a pas d’espace pour construire des parcs d’éoliennes ou des sites solaires, note M. Nishita. Ce n’est pas réaliste de garder un terrain suffisamment grand pour fournir Tokyo en énergie solaire, par exemple. » D’autant plus que les Japonais sont de gros consommateurs d’énergie, souligne-t-il. L’énergie solaire représentait 5 % de l’énergie produite au Japon en 2016, et l’hydroélectricité 7 %.

La préfecture de Fukushima, elle, compte néanmoins trouver le moyen de s’approvisionner entièrement de la sorte. Et elle espère entre-temps se remettre enfin de la catastrophe de 2011, en profitant notamment des Jeux olympiques de Tokyo de 2020 pour tenter d’attirer de nouveau les touristes. Le relais de la flamme olympique débutera d’ailleurs à Fukushima, l’an prochain.

« À la centrale de Fukushima-Daiichi, le problème n’est toujours pas tout à fait réglé. Il y a encore un grand souci de radioactivité, d’eau contaminée, relate Takahiro Sato, du bureau de promotion des J.O. à la préfecture. Mais tous les habitants de Fukushima souhaitent montrer leur courage. »

Notre journaliste a été invitée à Tokyo par le Foreign Press Center Japan.

Par Marie Vastel à Tokyo le 6 avril 2019

Photo: Toru Yamanaka Agence France-Presse Des citoyens japonais s’opposent au redémarrage des centrales nucléaires dans leur pays. En novembre 2014, des manifestants ont protesté à Tokyo contre la réouverture de deux réacteurs, seulement trois ans après le désastre de Fukushima.

https://www.ledevoir.com/politique/canada/551620/les-defis-du-japon-les-lecons-oubliees-de-fukushima

Avr 06

NOUVELLE GUERRE MONDIALE ? LA RUSSIE SURVOLE LES BASES MILITAIRES AMÉRICAINES APRÈS LES MENACES DE TRUMP

Nouvelle guerre mondiale ? La Russie survole les bases militaires américaines après les menaces de Trump, Bolton va quitter le Venezuela, exercices de l’OTAN en Europe.

Les tensions entre les États-Unis et la Russie s’intensifient, et plusieurs mesures géopolitiques ont été prises au cours de la semaine dernière avec une bonne partie de la presse sur ce qui se passe entre les États-Unis et la Russie au Venezuela et en Ukraine.

La semaine dernière, les Russes ont envoyé des troupes au Venezuela avec un nombre spéculatif de 100 soldats déployés. Immédiatement après cela, l’U.S. Air Force a déployé six bombardiers B-52 à capacité nucléaire en Europe pour envoyer un « message à la Russie », a rapporté Real Clear Defense.

L’U.S. Air Force est en train d’effectuer « l’intégration du théâtre et l’entraînement au vol » à partir de la station Fairford de la RAF de Londres, ce qui aidera à préparer les aviateurs à utiliser la base comme lieu d’opération avancé pour les bombardiers en Europe, a déclaré l’Air Force la semaine dernière.

« L’entraînement avec des partenaires interarmées, des pays alliés et d’autres unités de l’armée de l’air américaine contribue à nos forces prêtes et en position et nous permet d’établir des relations stratégiques durables et nécessaires pour relever un large éventail de défis mondiaux », a déclaré l’armée de l’air.

Pendant ce temps, l’U.S. Air Forces Pacific a également lancé simultanément des bombardiers B-52 depuis la base aérienne d’Andersen, à Guam, selon le Air Force Times.

Le Kremlin a accusé les États-Unis d’escalader les tensions en faisant voler ses bombardiers B-52 près de sa frontière. Le ministère russe de la Défense a en outre affirmé qu’il avait préparé deux avions de combat Sukhoi SU-27 pour intercepter un avion américain avant qu’il ne change de direction, a rapporté Reuters.

John Neocon Bolton, conseiller à la sécurité nationale de l’administration Trump, a menacé la Russie d’envoyer des troupes au Venezuela, déclarant que toute décision d’y étendre les opérations serait considérée comme une « menace directe » pour la paix internationale, selon Reuters.

« Nous déconseillons fortement aux acteurs extérieurs à l’hémisphère occidental de déployer des moyens militaires au Venezuela ou ailleurs dans l’hémisphère, dans l’intention d’établir ou d’étendre des opérations militaires », a déclaré John Bolton, conseiller à la Maison-Blanche pour la sécurité nationale.

« Nous considérerons ces actes de provocation comme une menace directe à la paix et à la sécurité internationales dans la région » , a ajouté M. Bolton.

Presque immédiatement après, la Russie a piloté son propre avion Tu-154M au-dessus de plusieurs installations militaires en Californie et au Nevada, telles que la base aérienne Edwards et le Centre national d’entraînement de Fort Irwin, y compris la zone 51, dans le cadre de l’accord du Traité sur le régime « Ciel ouvert », selon The Drive.

Cela est également arrivé après que le président américain Donald Trump ait déclaré sans ambages que la « Russie doit sortir » du Venezuela et que « toutes les options sont ouvertes » pour garantir que la Russie se retire de la nation socialiste. Elle fait également suite à des commentaires un jour seulement après qu’Elliot Abrams, l’envoyé de Washington au Venezuela, eut menacé que « les Russes paieront un prix » pour avoir prétendument aidé le pays à préparer le S-300, un système de défense antimissile sol-air pour le combat.

La réponse du gouvernement russe est que les plans américains pour le changement de régime ont été contrecarrés depuis qu’il a envoyé ses militaires, et les États-Unis sont nerveux, a rapporté MSN.

Autres éléments à noter : la Russie et les États-Unis se sont retirés du Traité FNI qui régit les deux pays qui n’utilisent pas d’armes nucléaires. Le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI) a interdit les missiles nucléaires terrestres en Europe pendant la guerre froide. Un mois plus tard, la Russie a organisé un exercice au cours duquel deux de ses bombardiers stratégiques Tu-160 à capacité nucléaire ont survolé la mer des Caraïbes et le Venezuela au cours d’une mission d’entraînement de 10 heures, probablement en réponse aux menaces des États-Unis de se retirer du traité avec la Russie, a rapporté WSBTV. Les États-Unis ont affirmé que le missile de croisière 9M729 de la Russie viole le traité FNI, a rapporté Activist Post.

La Russie a également testé ses armes hypersoniques « Avangard » et un drone sous-marin à capacité nucléaire que Poutine aurait taquiné, selon Activist Post.

La Russie prévoit en outre de construire une base et une présence militaire à La Orchila, au Venezuela, également probablement en réponse à la suggestion des États-Unis de se retirer du traité FNI, selon le TASS.

Selon les envoyés militaires, les autorités russes ont pris la décision (et le président vénézuélien Nicolas Maduro ne s’y est pas opposé) de déployer des avions stratégiques sur l’une des îles du Venezuela dans la mer des Caraïbes, qui possède une base navale et un aéroport militaire. Il y a dix ans, des experts et des commandants des forces armées russes avaient déjà visité l’île de La Orchila, située à 200 kilomètres au nord-est de Caracas. Les lois vénézuéliennes interdisent l’installation de bases militaires dans le pays, mais un déploiement temporaire d’avions de combat est possible.

« C’est une bonne idée d’inclure le Venezuela dans des missions d’aviation de longue portée », a déclaré le colonel Shamil Gareyev, expert militaire, au journal, ajoutant que cela était également économiquement raisonnable. « Non seulement nos bombardiers stratégiques n’auront pas à retourner en Russie à chaque fois, mais ils n’effectueront pas de ravitaillement en vol lors d’une mission de patrouille dans les Amériques. Nos avions Tu-160 arrivent à leur base au Venezuela, effectuent des vols, exécutent leurs missions et sont ensuite remplacés en rotation. C’est ainsi qu’il faut procéder », a-t-il dit.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo a réagi à la situation passée en déclarant dans une diatribe en colère que les exercices étaient un gaspillage des fonds publics. « Le gouvernement russe a envoyé des bombardiers à l’autre bout du monde au Venezuela, a déclaré M. Pompeo sur Twitter. » Les Russes et les Vénézuéliens devraient le voir pour ce qu’il est : deux gouvernements corrompus gaspillant les fonds publics, et écrasant la liberté pendant que leur peuple souffre. »

En réponse au retrait des États-Unis du traité FNI, la Russie a emboîté le pas un jour plus tard dans ce que beaucoup considèrent comme une course à l’acquisition de nouvelles armes, ou Guerre froide 2.0.

Le président russe Vladimir Poutine a publié une déclaration télévisée menaçant les États-Unis en déclarant que  « la Russie construirait des armes précédemment interdites par le traité et n’entamerait plus de pourparlers avec les États-Unis sur toute question liée au contrôle des armes nucléaires » . Toutefois, le pays a déclaré qu’il ne déploierait pas ces armes à moins que l’Amérique ne le fasse en premier.

« Je voudrais attirer votre attention sur le fait que nous ne devons pas et ne nous laisserons pas entraîner dans une course aux armements coûteuse » , a déclaré M. Poutine aux ministres russes. « L’argent pour construire les nouveaux missiles, » a-t-il ajouté, « proviendra du budget de la défense existant. »

« Notre réponse sera symétrique. Nos partenaires américains ont annoncé qu’ils suspendent leur participation au Traité de l’I.N.F., et nous la suspendons également. Ils ont dit qu’ils sont engagés dans la recherche, le développement et le travail de conception, et nous ferons de même », a dit M. Poutine.

Il convient également de noter que Poutine a récemment déclaré qu’il ne faut pas sous-estimer la menace d’une guerre nucléaire, car les tensions entre les pays de l’OTAN et la Russie ont augmenté au cours des quelques derniers mois. M. Poutine a ajouté que le retrait des États-Unis du traité pourrait déclencher une « catastrophe mondiale » et qu’il espère que « le bon sens l’emportera ». (C’était avant que les États-Unis ne se retirent du traité FNI.)

La Russie semble se préparer à une guerre potentielle. L’année dernière, une chaîne de télévision publique russe a averti que certains Américains se préparaient à une guerre à venir avec Moscou, expliquant aux habitants du pays comment approvisionner leurs bunkers en eau et en produits de première nécessité au cas où une guerre éclaterait.

C’est ce que voit visiblement la Russie, qui suggère qu’elle construira des bases dans les Caraïbes et qu’elle renforcera ses bastions arctiques existants.

« Nous achèverons la construction des infrastructures en 2019 pour accueillir les radars de défense aérienne et les points de guidage de l’aviation sur les îles Sredny et Wrangel, et sur le cap Schmidt » dans l’Arctique russe, a déclaré le ministre de la Défense Sergei Shoigu selon France 24.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, M. Pavlo Klimkin, a déclaré à la presse le 18 novembre, au lendemain d’une rencontre avec le secrétaire d’État américain Mike Pompeo à Washington, que les États-Unis et l’Ukraine étaient « en discussion étroite » avec Washington pour fournir une autre cache d’armes mortelles pour le combat de Kiev en Ukraine orientale. Cela s’est produit après que Moscou eut percuté et tiré sur des navires de la marine ukrainienne qui auraient envahi ses eaux territoriales dans le détroit de Kertch, près de la Crimée, heurtant deux navires et blessant six membres d’équipage.

Les membres du comité américain et international ont condamné l’action de la Russie, « comme un acte d’agression », déclarant que le pays « a violé le droit maritime international ».

En octobre, le président Trump a cité l’expansion potentielle de la Chine comme raison pour laquelle les États-Unis devraient envisager d’abandonner le traité FNI.

« Si la Russie le fait, si la Chine le fait et si nous adhérons à l’accord, c’est inacceptable » , a déclaré M. Trump après un rassemblement au Nevada.

La Chine a appelé à un calme entre la Russie et les États-Unis en jouant un rôle d’assouplissement des relations et en exhortant les deux nations à un dialogue constructif.

« Ce traité joue un rôle important dans l’apaisement des relations entre les principaux pays, la promotion de la paix internationale et régionale et la sauvegarde de l’équilibre et de la stabilité stratégiques mondiaux » , a déclaré Geng Shuang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, dans une déclaration sur le site Web du ministère.

La Chine s’oppose au retrait des États-Unis et exhorte les États-Unis et la Russie à régler leurs différends par un dialogue constructif… La Chine s’oppose à la multilatéralisation de ce traité. Ce qui est impératif à l’heure actuelle, c’est de respecter et de mettre en œuvre le traité existant au lieu d’en créer un nouveau.

Ces tambours de guerre battent de plus en plus fort, sans aucun signe de ralentissement de ce rythme de croissance qui, si nous n’y prenons garde, pourrait conduire à une « catastrophe mondiale ». Quant au Venezuela, c’est à la volonté du peuple ; haïr ou aimer Maduro ce n’est pas mon combat ou le vôtre, c’est le leur. Mais une chose est sûre : une personne qui se proclame président (Juan Guaidó) sans un seul vote du peuple et qui a une longue histoire d’implication avec les formateurs au changement de régime ne devrait pas être président – ce n’est certainement pas une façon saine de voir la démocratie. Les trois superpuissances – la Russie, la Chine et les États-Unis – ont des intérêts financiers et militaires au Venezuela.

Source : ACTIVISTPOST

Par : la rédaction, publié le 5 avril 2019

https://www.moroccomail.fr/2019/04/05/nouvelle-guerre-mondiale-la-russie-survole-les-bases-militaires-americaines-apres-les-menaces-de-trump/

Avr 06

« LE BON SENS VEUT QUE CIGÉO NE SE FASSE PAS »

Cigéo. Un acronyme – pour Centre industriel de stockage géologique – que connaissent bien nos lecteurs. Mais finalement, qu’est-ce que c’est, Cigéo, dont on parle depuis bientôt 30 ans Pourquoi son soutien par les collectivités, et son opposition, jusqu’à la radicalité, par les militants anti-nucléaires de toute l’Europe Scientifique haut-marnais, Bertrand Thuillier y est personnellement hostile. Mais c’est avec le moins de partialité possible, en exposant les faits du projet, qu’il a souhaité éclairer environ 80 personnes, réunies dans la salle des fêtes de Brottes, jeudi soir, à l’invitation du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra)*.

http://www.jhm.fr/departement/Le-bon-sens-veut-que-Cigeo-ne-se-fasse-pas

Avr 06

DÉSINFORMATION DE TCHERNOBYL À FUKUSHIMA (CDP CRIIRAD, VIDÉO EXCLUSIVE)

Voici la vidéo intégrale (30mn13sec) d’une conférence de presse de la CRIIRAD, le 18 février dernier, amorçant une croisade antinucléaire de Naoto Kan en France. La CRIIRAD explique que, de Tchernobyl à Fukushima, la désinformation fut de mise quand la catastrophe se déclencha, avec des répercussions graves sur la santé des gens, et notamment celle des enfants, exposés à des doses énormes de radioactivité.

On se souvient que, en avril 1986, les européens étaient priés de penser que le nuage de Tchernobyl avait, en quelque sorte, été arrêté aux frontières de l’hexagone par la vigilance des services douaniers français …

Le 18 février 2019, lors d’une brève conférence de presse dans ses locaux à Valence, la CRIIRAD expliquait, qu’à Fukushima en 2011, comme à Tchernobyl en 1986, la désinformation fut orchestrée par le lobby nucléaire pour occulter l’ampleur de la catastrophe.

Ce qui est particulièrement exclusif dans la vidéo de cette conférence de presse, c’est d’assister en direct à l’émotion qui submerge soudain, Monsieur Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la CRIIRAD, lorsqu’il revit sa visite sur place en évoquant le sort des enfants qui jouaient innocemment sur une cour de récréation devenue aussi dangereuse qu’une décharge de déchets nucléaires. Cela se passait dans la ville de Fukushima à 60 km de la centrale dont 3 des 4 cœurs de réacteurs avaient fondu. L’émotion de Mr Chareyron découle de sa parfaite connaissance du sujet. Non seulement il est ingénieur en physique nucléaire, mais en plus, au début de la catastrophe en 2011, il s’était rendu en mission sur place pour faire des mesures de radioactivité.

Une telle émotion, 8 ans après les faits, ça ne s’invente pas. Cette émotion professionnelle inspire un profond respect et permet à elle seule d’affirmer que la CRIIRAD fonde son action sur deux piliers solides, originaux et complémentaires, à savoir, d’une part, une profonde connaissance scientifique et technique de la radioactivité et, d’autre part, une profonde empathie, en parfaite connaissance de cause, à l’égard des victimes de la radioactivité.

Cette empathie professionnelle motive un appel sans appel à soutenir le travail de la CRIIRAD. Si vous ne pouvez soutenir qu’une seule association antinucléaire, c’est la CRIIRAD qu’il faut soutenir en priorité. S’il vous plaît, vous qui lisez ces lignes, rejoignez les 5000 adhérents de la CRIIRAD, si ce n’est pas encore fait. La CRIIRAD mérite d’avoir bien plus de moyens. Votre adhésion peut aider la CRIIRAD tout en préservant son indépendance. Merci.

Monsieur Naoto Kan ne s’y est pas trompé. Lui qui fut Premier Ministre du Japon au moment de la catastrophe de Fukushima, a voulu commencer sa tournée en France, pour la promotion du film Le Couvercle du Soleil, par une visite à la CRIIRAD. Normalement Naoto Kan devait participer à la conférence de presse, mais un retard SNCF en a décidé autrement. En s’invitant à la CRIIRAD et en venant sur place le lendemain, Monsieur Naoto Kan souligne à quel point, les experts de la CRIIRAD furent méritants par leur lucidité et leur courage. De fait, en mai 2011, il fallait du courage pour aller vers la région de la catastrophe, au moment où bien d’autres professionnels fuyaient ou avaient fui cette région. Dans la conférence de presse, Madame Michèle Rivasi, députée européenne, explique notamment que des médecins et infirmières japonais fuyaient la région, abandonnant leurs malades dans les hôpitaux.

Comme Cicéron, Monsieur Naoto Kan a pu penser: C‘est dans l’adversité que se révèlent les vrais amis.

Il est permis de penser qu’en France, les émissaires de la CRIIRAD méritent la Légion d’honneur, notamment pour leur intervention exemplaire à Fukushima en 2011. Mais une telle distinction devrait être octroyée par le Président de la République. Or, en l’occurrence, le courage et la lucidité de la CRIIRAD contraste avec l’irresponsabilité aveugle et ostentatoire de celui qui était Président de la République française quand s’est déclenchée la catastrophe de Fukushima. À ce moment-là, Mr Sarkosy n’avait rien trouvé de mieux à faire que de s’inviter sur place pour vanter les mérites du nucléaire, participant ainsi sans vergogne à la désinformation orchestrée par le lobby nucléaire. Pour en savoir plus, regardez l’émission « Cellule de Crise » du 20 février 2017, De Paris à Fukushima : Les secrets d’une catastrophe. Dans le même temps, Angela Merkel décidait que l’Allemagne allait sortir du nucléaire en 2022 au plus tard. Il est vrai que sa formation scientifique lui permettait de mieux comprendre l’ampleur infinie de la catastrophe de Fukushima, dans l’espace et dans le temps, ce que bien des notables français pronucléaires sont manifestement incapables de comprendre.

Cliquez ici pour accéder à la vidéo de la conférence de presse.

Le Club est l’espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n’engagent pas la rédaction.

https://blogs.mediapart.fr/jean-lucien-hardy/blog/030419/desinformation-de-tchernobyl-fukushima-cdp-criirad-video-exclusive

Avr 06

NOUVEL INCIDENT À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM : QUE S’EST-IL PASSÉ ?

EDF a signalé à l’Autorité de sûreté nucléaire un nouvel incident à la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle). Une erreur de montage est à l’origine d’un dysfonctionnement.

La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle, a de nouveau été confrontée à un incident qui a fait l’objet d’un signalement à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), selon son opérateur EDF qui a publié un communiqué vendredi 5 avril 2019

Dernier exemple en date avec le dysfonctionnement détecté le 2 avril dernier « lors de la réalisation d’essais de fonctionnement dans le cadre des opérations de redémarrage de l’unité de production n°4 », indique EDF.

Détecté de « manière tardive »

Touchant « une vanne du circuit d’alimentation de secours des générateurs de vapeur », l’incident n’a eu « aucun impact sur la sûreté des installations », assure l’opérateur français qui précise qu’« une erreur de montage d’un tube d’alimentation en air de la vanne » se trouve à l’origine du problème. Détecté de manière « tardive », ce défaut a dû être déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire. 

Cependant, la détection tardive du défaut a conduit la direction de la centrale de Cattenom à déclarer à l’Autorité de sûreté nucléaire le 5 avril 2019, un événement significatif de niveau 1 (sur l’échelle INES qui compte 7 échelons).

Par Nicolas Zaugra, Lorraine Actu, publié le 5 Avril 2019 à 18h46

https://actu.fr/grand-est/cattenom_57124/nouvel-incident-la-centrale-nucleaire-cattenom-sest-passe_22778519.html

Avr 06

RÉGLEMENTATION ENVIRONNEMENTALE 2020 : LA NOTE DE CADRAGE QUI INQUIÈTE DES ACTEURS DE L’ÉNERGIE

DÉCRYPTAGE. L’administration cherche-t-elle à favoriser l’électricité et les convecteurs à effet joule dans le cadre des discussions sur la prochaine réglementation environnementale 2020 et la programmation pluriannuelle de l’énergie ? C’est l’avis des associations négaWatt et Coenove. Explications.

C’est une note d’analyse de l’association NégaWatt qui lance l’alerte : et si la réglementation environnementale 2020 et la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) signaient le retour en force des convecteurs à effet joule (plus communément qualifiés de « grilles-pains ») ?

Une note de cadrage envoyée à l’ensemble des acteurs engagés dans la co-construction de la future RE2020 le laisserait entendre, d’après Olivier Sidler de NégaWatt, contacté par Batiactu. Les pouvoirs publics envisagent en effet de modifier le coefficient d’énergie primaire (CEP), qui représente l’efficacité de la conversion de l’énergie primaire en énergie fournie au consommateur, bloqué à 2,58 depuis les années 70. Il s’agirait de le fixer dès aujourd’hui à 2,1, soit au niveau auquel il sera censé être en 2035 d’après la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) – si donc la France respecte ses engagements. L’argument de l’État : les bâtiments construits aujourd’hui seront toujours debout en 2035.

Un coefficient évalué à 2,74 aujourd’hui

Une volonté qui suscite l’incompréhension d’Olivier Stidler. « Le 2,58 est déjà une anomalie, car en réalité la France se situait au moment où il a été choisi entre 3,2 et 3,6. Elle est aujourd’hui à 2,74« , nous explique-t-il. Le fait de faire passer ce chiffre à 2,1 aurait pour conséquence de faire « comme si le système électrique était très efficace », avec pour conséquence de « réduire les exigences au moment de la construction des bâtiments« . Les maîtres d’ouvrage se tourneraient ainsi, de manière compréhensible, vers les solutions les moins onéreuses, mais qui resteraient dans les clous. D’où une porte ouverte aux fameux « grille- pains« , alors que pour NégaWatt d’autres solutions faisant appel à l’électricité devraient être privilégiées, comme les pompes à chaleur.

Cette fixation à 2,1 constituerait ainsi « un avantage artificiel et surprenant donné à l’électricité », ajoute Bernard Aulagne, président de Coenove, contacté par Batiactu. « Le problème n’est pas tant que la révision du coefficient, que la brutalité envisagée pour celle-ci », ajoute-t-il. « Passer à 2,1 aurait également pour conséquence de sortir un million de logements des classes F et G de diagnostic de performance énergétique », donc autant de passoires thermiques en moins. Pour Coenove comme pour NégaWatt, si cette décision était prise en l’état, cela constituerait un recul dans la mesure où la RT2012 avait pu rétablir une forme d’équilibre entre les énergies.

Enfin, ce chiffre de 2,1 ne répondrait pas aux engagements français en matière de décarbonation de l’économie d’ici à 2050. « Le chauffage électrique est en grande partie responsable de la pointe de consommation hivernale. Cette pointe est la principale fragilité du système électrique français, voire européen : elle nécessite d’avoir un parc de production sur-dimensionné en moyens de production flexibles, très majoritairement thermiques et carbonés », argumente NégaWatt. « Or l’objectif avancé de décarboner le secteur des bâtiments en y favorisant le vecteur électrique ne peut pas fonctionner s’il passe par une dégradation de la performance. »

Par Florent Lacas, le 05/04/2019 à 13h40

https://www.batiactu.com/edito/re-2020-note-cadrage-qui-effraient-certains-acteurs-56028.php?

Avr 05

13 AVRIL 2019, SAINT-PAUL-LEZ-DURANCE : APPEL À FORMER UNE CHAÎNE HUMAINE CONTRE ITER

L’Association Réaction en Chaîne Humaine donne rendez-vous à tou-te-s les citoyen-ne-s sensibles aux questions que pose le projet ITER et la poursuite de la politique pro-nucléaire du gouvernement pour constituer une chaîne humaine, le samedi 13 avril, devant le CEA de Cadarache, à Saint-Paul-lez-Durance, dans les Bouches-du-Rhône.

En novembre dernier, la Commission européenne a décidé d’allouer une rallonge de 6,07 milliards d’euros au projet de recherche sur la fusion nucléaire ITER pour 2021-2027. Or depuis plus d’une décennie nous alertons sur les mensonges et dérives d’ITER qui n’aidera pas à lutter contre le changement climatique.

La recherche sur la fusion nucléaire peut sembler fascinante, mais elle n’est absolument pas pertinente pour notre avenir énergétique. Le rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C appelle à des transitions « rapides et de grande envergure » et à un « bilan nul » des émissions aux alentours de 2050.

ITER est seulement un projet de recherche, il n’apportera pas d’électricité sur les réseaux. Un véritable prototype de réacteur industriel ne pourra sans doute pas être construit dans les délais nécessaires.

ITER est une gabegie financière. La construction de ce réacteur de fusion thermonucléaire expérimental a pris neuf ans de retard pour un coût qui est passé de 5 à 19 milliards €. Il s’agit seulement de la construction et non du fonctionnement de ce projet qui n’a toujours pas abouti. En avril 2018, le département américain de l’énergie a estimé le coût d’ITER à 65 milliards de dollars, c’est le triple du budget annoncé par l’organisation d’ITER.

Déjà pour la fission on ne sait pas combien l’énergie nucléaire coûtera (si on tient compte du démantèlement et de la gestion des déchets), alors imaginez pour la fusion, pour laquelle nous sommes seulement à la phase de recherche. Nous devrions utiliser cet argent pour le développement de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Nous n’avons pas besoin d’un projet centralisé et techniquement démesuré, nous avons besoin d’un projet d’énergies adaptées à leur environnement, modulables et qui s’appuient sur des communautés d’énergies.

Nous dénoncerons également lors de notre rassemblement citoyen, le traité EURATOM et appellerons à son abolition pour en finir avec le nucléaire en Europe.

N’oubliez pas de signer la pétition

P.-S.

http://www.millebabords.org/spip.php?article33019

Avr 05

LES FRANÇAIS PAYENT EN MOYENNE 960 EUROS D’ÉLECTRICITÉ PAR AN (ET LA FACTURE VA GRIMPER)

Les tarifs de l’électricité ont sensiblement augmenté depuis 2009.

  • Les tarifs réglementés de l’électricité vont augmenter de 5 à 6 % en juin.
  • Cette hausse risque de se poursuivre dans les prochaines années, notamment en raison des investissements pour développer les énergies renouvelables.
  • Le coût du nucléaire, pour la prolongation ou le démantèlement, pose lui aussi question.

D’ici quelques mois, des millions de Français vont voir leur facture d’énergie s’alourdir. En effet, le gouvernement a confirmé il y a quelques jours que les tarifs réglementés de l’électricité, appliqués par EDF à quelque 28 millions de clients, augmenteraient en juin de 5 % à 6 %. C’est dans ce contexte que l’Insee publie aujourd’hui une étude sur les dépenses d’électricité.

Selon l’institut de la statistique, « la consommation d’électricité des ménages s’établit à 28 milliards d’euros [en 2016, dernière année étudiée] (…) soit 960 euros en moyenne par ménage et par an ». En prenant cette base de calcul, l’augmentation des tarifs prévue dans quelques mois représenterait alors un surcoût annuel moyen compris entre 48 et 56 euros pour les particuliers.

CCE et « gilets jaunes »

Cette augmentation contraste avec les tarifs des décennies précédentes. Entre les années 1980 et la fin des années 2000, « les prix de l’électricité sont plutôt stables » relève l’Insee. Cela est dû au développement des centrales nucléaires. Mises en service au cours des années 1980, elles permettent d’être moins dépendantes aux variations des cours du pétrole. En outre, « durant cette période, l’énergie électrique est peu taxée, ce qui joue aussi sur la modération des factures ».

Un premier basculement s’opère à partir de 2009, avec l’augmentation brutale d’une taxe : la contribution au service public de l’électricité (CSPE) se retrouve ainsi multipliée par cinq en quelques années. « Cette contribution acquittée par les consommateurs permet, entre autres, de financer le surcoût de l’électricité d’origine renouvelable », relève l’Insee. En 2016, c’est une autre taxe qui prend le relais : la contribution climat-énergie (CCE ou « taxe carbone »), prélevée notamment sur les carburants. Devenue la cible des « gilets jaunes », son augmentation a pour l’instant été suspendue par Emmanuel Macron. Au final, la part des taxes représentait 35 % du prix total de l’électricité en 2016, contre 26 % en 2010, une évolution similaire aux autres pays de l’Union européenne.

Malgré ces augmentations successives, « un ménage français paye en moyenne son électricité 20 % moins cher que dans l’ensemble de l’UE, et pratiquement moitié moins qu’un ménage allemand » assure l’Insee. Cette différence tient essentiellement à la part du nucléaire, qui représente encore 72 % de la production totale d’électricité.

La question du nucléaire

Pourtant, plusieurs facteurs pourraient entraîner une hausse des prix de l’électricité dans les années à venir. Dans une interview à La Croix, François Lévêque, professeur d’économie à Mines ParisTech, rappelait notamment que les fermetures de centrales à gaz ou au charbon en Europe entraînaient mécaniquement « moins d’offres aux heures de pointe, et donc une hausse de prix ».

Le spécialiste rappelait aussi que le développement des énergies renouvelables devait s’accompagner d’investissements sur le réseau pour permettre la transition énergétique. Le dernier facteur, c’est le coût de la maintenance nucléaire : la prolongation ou le démantèlement des réacteurs français, vieux de 40 ans, coûteront des milliards d’euros dans les prochaines années. EDF a déjà commencé à provisionner de l’argent, mais un rapport parlementaire de 2017 estimait que le groupe sous-estimait les dépenses à venir, avec le risque que la facture soit, au final, à la charge de l’usager.

https://www.20minutes.fr/economie/2489267-20190404-francais-payent-moyenne-960-euros-electricite-an-facture-va-grimper

Avr 05

FRAPPE NUCLÉAIRE CONTRE LA RUSSIE: «CELA PEUT ATTIRER UN MALHEUR», SELON UN SÉNATEUR RUSSE

Disserter sur l’éventualité d’une frappe nucléaire contre la Russie est «provocateur» et «peut attirer un malheur», signale le sénateur russe Frants Klintsevitch en commentant une déclaration du général polonais Waldemar Skrzypczak.

Évoquer une éventuelle frappe nucléaire contre la Russie est synonyme de provocation, d’autant plus que Moscou n’a offert aucun prétexte pour ce genre d’action, a annoncé le sénateur russe Frants Klintsevitch en réaction à une déclaration du général polonais Waldemar Skrzypczak.

«Même des dissertations hypothétiques sur la possibilité du recours par l’Occident aux armes nucléaires contre la Russie sont provocatrices de par leur essence même. Cela peut attirer un malheur. Car il a été dit: au commencement était la parole», estime Frants Klintsevitch.

Il a qualifié d’étranges les déclarations du général polonais, «d’autant plus que notre pays ne fournit aucun prétexte pour être accusé d’agression».

Le site d’information Wirtualna Polska avait précédemment publié un extrait du livre-interview de Waldemar Skrzypczak, intitulé «Nous sommes au seuil d’une guerre» et sous-titré «La Pologne est un État de la ligne de front, nous ne vaincrons pas seul la Russie». Dans ces pages, le général rappelle que «les Américains voulaient lancer une attaque nucléaire pour arrêter l’Armée rouge sur le territoire polonais».

«À présent, il y a des projets similaires si Poutine porte une frappe», a-t-il déclaré, ajoutant qu’au sens militaire du terme c’était une décision absolument raisonnable mais «tout à fait inacceptable pour les Polonais» en raison de leur situation géographique.

«Mais si une guerre éclate, personne ne demandera notre permission», a-t-il enfin déploré.

https://fr.sputniknews.com/russie/201904041040605423-senateur-russe-reponse-general-frappe-russie/

Avr 05

LÉVOTHYROX : L’ÉTUDE QUI DONNE RAISON AUX PATIENTS

Selon des travaux franco-britanniques, les deux versions du traitement commercialisé auprès des malades de la thyroïde ne sont pas substituables pour chaque individu.

Ni hystérie collective, ni complotisme des patients, ni « effet nocebo » géant. Deux ans après les premiers signalements d’effets indésirables attribués à la nouvelle formule du Levothyrox, des travaux franco-britanniques, publiés jeudi 4 avril dans la revue Clinical Pharmacokinetics, objectivent pour la première fois les plaintes déclarées par plusieurs dizaines de milliers de malades de la thyroïde.

Ils indiquent que les deux formulations du médicament commercialisé par Merck ne sont pas substituables pour chaque individu : près de 60 % des patients pourraient ne pas réagir de la même manière aux deux versions du médicament. Ces travaux sont susceptibles de remettre en cause le plan de développement prévu par la firme pour sa nouvelle version du Levothyrox, qui doit être déployée dans 21 pays européens au cours des prochains mois.

Ces résultats seront difficilement réfutables par le laboratoire et les autorités de santé, puisqu’ils sont fondés sur une réanalyse des données fournies par le laboratoire lui-même à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Au passage, la crédibilité de l’agence en sort écornée : en creux, les travaux conduits par le biostatisticien Didier Concordet (université de Toulouse, INRA, Ecole nationale vétérinaire de Toulouse) et ses coauteurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et de l’Université de Londres, montrent que l’ANSM n’a pas procédé à une analyse indépendante des données fournies par Merck à l’appui du changement de formule : elle s’est entièrement reposée sur l’interprétation qu’en a faite la firme. Sollicitée, l’agence n’était pas en mesure de réagir jeudi matin.

Aucun problème en apparence : Merck a procédé à un essai dit de « bioéquivalence moyenne » visant à s’assurer que les deux formules avaient un effet identique. Plus de 200 individus sains ont été enrôlés dans le test et ont reçu l’ancienne, puis la nouvelle formule du Lévothyrox. À chaque fois, des contrôles sanguins réguliers ont permis de suivre, dans les deux cas, l’évolution de la concentration d’hormone thyroïdienne ciblée (dite L-T4). L’intervalle de confiance de la réponse moyenne des sujets traités par la nouvelle formule se situe bel et bien dans la « bande de bioéquivalence » : le changement de concentration de L-T4 est similaire, en moyenne, à plus ou moins 10 %, à ce qui est obtenu avec l’ancienne formulation.

« Certains ont recopié les milliers de lignes de chiffres »

Alors ? L’histoire est un peu celle de La Lettre volée d’Edgar Poe. La solution du problème était sous les yeux, apparemment trop évidente pour être découverte. En septembre 2017, pour répondre à l’inquiétude, l’ANSM a mis sur son site Web l’ensemble des données de bioéquivalence produites par Merck. Mais ces données ont été fournies par la firme au format image, et non dans un format numérique susceptible d’être utilisable à des fins de réanalyse statistique. Sous cette forme, ces informations étaient inexploitables.

C’est un peu comme si deux classes étaient jugées équivalentes parce que la moyenne des notes obtenues par les élèves dans chacune est identique

Les chercheurs ont donc téléchargé cet épais dossier et ont procédé à un travail de fourmi. Ils ont ressaisi, à la main, des centaines de pages. « Nous y avons passé plusieurs jours, raconte le pharmacologue Pierre-Louis Toutain (université de Londres), coauteur de ces travaux. Certains ont recopié les milliers de lignes de chiffres et d’autres sont repassés pour vérifier, case par case, qu’aucune erreur n’avait été introduite lors de la saisie. » Ainsi rendue possible, la réanalyse statistique des données leur réservait une surprise de taille : la moyenne effectuée masquait une grande dispersion des réactions individuelles. Un peu comme si deux classes étaient jugées équivalentes parce que la moyenne des notes obtenues par les élèves dans chacune est identique, alors que les écarts de notes sont plus importants dans une classe que dans l’autre.

Selon les chercheurs, la réponse à la nouvelle formule se situe hors de la bande de bioéquivalence pour près de 60 % des individus enrôlés dans l’essai. À peu près autant se situent au-dessus et au-dessous : le simple fait d’avoir effectué la moyenne a donc fait disparaître cette dispersion, traduisant des réponses individuelles différentes. L’analyse des chercheurs est cohérente avec la diversité des signalements enregistrés au cours des derniers mois : certains patients se plaignaient de signes d’hyperthyroïdie, tandis que d’autres, au contraire, signalaient l’inverse. Ces disparités des effets indésirables rapportés ont été un argument fort des autorités de santé et de nombreux médecins, pour ne pas attribuer à la nouvelle formule du médicament les maux signalés par les patients.

« Les lancements dans les autres pays de la nouvelle formule de Lévothyrox se sont très bien déroulés, répond-on chez Merck, où l’on souligne que la nouvelle formule satisfait plus de 2,5 millions de patients en France.

Des associations de malades avaient cependant, très tôt, exprimé des doutes sur la pertinence des tests conduits par Merck. Dans une tribune au Monde, la présidente de l’association Vivre sans thyroïde, Beate Bartès, soulignait dès l’automne 2017, les lacunes potentielles des études de bioéquivalence fournies aux autorités.

Comment expliquer de telles divergences de réaction selon les malades traités ? Les chercheurs forment l’hypothèse que le changement d’excipient, dans la nouvelle formule du Lévothyrox, puisse expliquer la situation. Le lactose de l’ancienne formule a en effet été remplacé par du mannitol et de l’acide citrique. Or, notent les auteurs, la biodisponibilité (la fraction d’une substance à atteindre la circulation sanguine) des substances à faible perméabilité, comme la lévothyroxine, « dépend de la durée du transit dans le système gastro-intestinal, qui peut être influencée par le mannitol ». En outre, la marge thérapeutique de la lévothyroxine est très étroite : de petites variations peuvent avoir des effets importants sur le patient.

« Bioéquivalence moyenne »

« Nous tenons à rappeler que l’approche retenue par cette étude est basée sur l’analyse de la variabilité individuelle, ce qui n’est pas conforme aux méthodes de référence demandées par les autorités de santé, et validées par 23 autorités sanitaires », répond-on chez Merck. Ce dont les chercheurs ne disconviennent pas. « Il faut préciser qu’il ne s’agit pas d’un manquement de la part du laboratoire qui a respecté la réglementation européenne, car celle-ci ne propose qu’un test de bioéquivalence moyenne, dit ainsi Pierre-Louis Toutain. En fait, ce test a été conçu pour permettre la mise sur le marché de nouveaux médicaments génériques, et non pour garantir, pour chaque individu, le caractère substituable d’une formule par une autre. »

Cette subtilité avait été anticipée de longue date. Ainsi, en 2010, lors de l’adoption de la « ligne directrice » réglementaire en matière de bioéquivalence, l’Agence européenne du médicament (EMA) – gardienne des « bonnes pratiques » imposées à l’industrie pharmaceutique en Europe – avait reçu un commentaire de protestation de l’une des parties engagées dans le processus réglementaire. « La version actuelle de la “ligne directrice” ne traite que de bioéquivalence moyenne, notait ce dernier, cité par les chercheurs dans leur étude. Le caractère acceptable de cette situation n’est pas évident. » L’EMA avait rejeté le commentaire sans argumenter et maintenu en l’état la « ligne directrice ». Le ver était dans le fruit.

Par Pascale Santi et Stéphane Foucart

Publié le 5 avril, mis à jour à 12h27

https://www.asso-malades-thyroide.fr/wordpress/index.php/2019/04/04/levothyrox-une-etude-donne-raison-aux-patients/

Avr 05

25 AVRIL À MONT-DE-MARSAN : FILM « FUKUSHIMA, LE COUVERCLE DU SOLEIL » ET DÉBAT

Les Amis de la Terre des Landes organisent une projection le jeudi 25 avril à 19h30 ­ au cinéma Les Toiles du Moun à Mont-de-Marsan pour le film : 

                FUKUSHIMA, LE COUVERCLE DU SOLEIL

Il s’agit d’un film-fiction mais qui repose sur une documentation rigoureuse.

Après le film, un débat sera organisé avec Stéphane LHOMME, directeur de l’Observatoire du nucléaire.

Merci de diffuser largement autour de vous et de venir nombreux.

Par Jeanne-Marie Fritz (Amis de la Terre 40)

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

Avr 05

LES LANCEURS D’ALERTE EUROPÉENS CONFORTÉS PAR UNE NOUVELLE DIRECTIVE

Les personnes qui signalent des infractions ou des abus de droit en matière d’environnement, de sécurité nucléaire ou alimentaire dans le cadre de leurs activités professionnelles n’auront bientôt plus rien à craindre lorsqu’elles révéleront la vérité.

C’est parce que les législations en matière de protection des lanceurs d’alerte au sein des États-membres de l’Union européenne sont disparates que les parlementaires européens, à l’initiative des Verts, ont proposé à la Commission un projet de directive fin 2017. Au moment où était adoptée la directive sur le secret des affaires, qui tend à protéger les activités des grandes entreprises, il s’agissait de fournir un contrepoids, sous la forme d’une législation visant à couvrir les lanceurs d’alerte.

De fait, si certains États disposent de dispositions solides en la matière, notamment l’Irlande, une majorité de pays, y compris la France et le Luxembourg, sont dotés de dispositions parcellaires et sectorielles et six États ne fournissent aucune protection (l’Espagne, la Grèce, la Finlande, la Slovaquie, la Bulgarie et le Portugal). Ces disparités conduisent à des niveaux inégaux de protection des travailleurs au sein de l’UE, y compris parfois au sein d’une même entreprise ayant des activités établies dans différents États-membres au sein du marché unique.

La France freine le projet

Dès 2016, la rapporteure en faveur d’une directive protégeant les lanceurs d’alerte, Virginie Rozière (groupe socialistes et démocrates) ralliait une large majorité de parlementaires de tous bords politiques, envoyant ainsi à la Commission un signal fort. En avril 2018, la Commission proposait un projet de directive, validé en novembre 2018 par la commission des affaires juridiques au Parlement européen puis discuté et adopté en trilogue (réunion tripartite entre le Parlement, le Conseil et la Commission) en février 2019.

 »On l’a modifié, amélioré, c’est un très bon texte, hormis qu’il n’a pas réussi à ce que la directive protège aussi les ONG, elle ne protège que les individus. Exemple, une association telle que L214 ne pourra pas en bénéficier », regrette l’eurodéputé Pascal Durand (Verts-ALE), qui, en tant que rapporteur fictif (pour le groupe Verts-ALE) et membre de la commission des affaires juridiques, a porté le projet et observe que les conservateurs et une partie des centristes ont restreint la portée du texte.

Celui-ci obtient malgré tout une belle majorité au Parlement européen, face aux réticences de pays comme la France et l’Allemagne, qui ont jugé que le projet allait trop loin. La directive devra être validée en plénière à Strasbourg lors de la dernière session avant les élections européennes, entre le 15 et le 19 avril prochains.

Le succès exemplaire de cette initiative parlementaire tient au fait que, selon Pascal Durand,  »le Parlement européen a le sentiment de représenter les citoyens. Les gens demandent une vraie protection. Les lanceurs d’alerte relèvent d’enjeux du quotidien ». L’initiative a été soutenue par des pétitions citoyennes et une forte mobilisation des ONG compétentes, dont Transparency International, Whistleblowing International Network et le réseau des syndicats européens Eurocadres.  »Il s’agit de protéger tous ceux qui vont dénoncer un fait d’intérêt général ».

En matière d’environnement, l’alerte apparaît comme le corollaire des principes de prévention et de précaution. L’alerte n’est pas institutionnalisée, elle est dite externe, informelle ou encore citoyenne car elle implique toute personne (salarié, scientifique, agriculteur, apiculteur…), et plus largement la société civile qui perçoit et révèle un symptôme supposé ou le signe précurseur d’un problème potentiel ou d’un risque environnemental éventuel.

 »Pourtant, malgré leur rôle fondamental, celles et ceux qui ont le courage de dénoncer des faits relevant de l’intérêt général le font souvent au péril de leur travail, de leur réputation et de leur vie privée. Les pressions subies par les lanceurs d’alerte, y compris les poursuites pénales et civiles à leur encontre, sont le signe que nos démocraties ne se sont pas encore dotées d’instruments juridiques satisfaisants permettant de les protéger », constate le groupe de travail Transparence et démocratie du groupe Verts-ALE au Parlement européen.

Une conception large du lanceur d’alerte

Afin de garantir une protection maximale, la directive est fondée sur une conception large du lanceur d’alerte, défini comme  »tout travailleur du secteur public ou privé ou tout contractuel qui divulgue, tente de divulguer ou est perçu comme divulguant des informations d’intérêt public ou concernant une menace ou un préjudice à l’intérêt public, dont il a pris connaissance dans le cadre de sa relation de travail. Travailleur: toute personne employée par un employeur, y compris les stagiaires, les apprentis et les anciens employés ». L’article 4 garantit que l’alerte peut être lancée par tout moyen à la disposition du lanceur d’alerte.

Les lanceurs d’alerte sont protégés contre toutes représailles (telles que définies dans l’article 3) et sont exemptés de toute poursuite pénale, civile ou disciplinaire. Ils ont droit, ainsi que leur entourage, à garder l’anonymat (article 10) ainsi qu’à un traitement confidentiel de leur alerte (article 16).

La directive protège spécifiquement les personnes qui signalent des infractions dans un large éventail de domaines tels que les marchés publics, les services financiers, la prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, la sécurité des produits, la sécurité des transports, la protection de l’environnement, la radioprotection et la sûreté nucléaire, la sécurité alimentaire et animale, la santé et le bien-être animal, la santé publique, la protection des consommateurs, la protection de la vie privée et des données personnelles.

La directive stipule que la charge de la preuve pèse sur les personnes impliquées dans l’alerte, qui doivent, le cas échéant, faire la démonstration de l’absence de menace pour l’intérêt public. Elle précise également que, en cas de sanction prise à l’égard d’un travailleur ayant lancé une alerte, la charge de la preuve pèse sur l’employeur, chargé de démontrer que la sanction est indépendante de l’alerte.

Pour la rapporteure Virginie Rozière,  »la création d’une seule autorité publique facilement identifiable dans chaque État membre, qui offrira des conseils confidentiels et gratuits à ceux qui ont l’intention de lancer une alerte ou l’ont déjà fait, ainsi qu’une aide juridique et financière, est une avancée majeure pour garantir la protection effective de la liberté d’expression. »

Par Agnès Sinaï, journaliste, Rédactrice spécialisée, publié le 4 avril 2019

https://www.actu-environnement.com/ae/news/lanceurs-alerte-europeens-confortes-par-nouvelle-directive-33210.php4

Avr 04

ACTE : LE CENTRE-VAL DE LOIRE LANCE SA COP RÉGIONALE

À l’hôtel de Région d’Orléans, lundi 1e avril 2019, était organisée la toute première Assemblée pour le climat et la transition énergétique (ACTE). Cette mobilisation, voulue par la région Centre-Val de Loire, se veut une véritable COP régionale. Elle a rassemblé pas moins de 200 acteurs du territoire et avait pour objectif de répondre aux enjeux climatiques et énergétiques locaux.

Une COP à l’échelle régionale

En 2019, la Région passe de l’ambition à l’action !” C’est par ces mots que la région du Centre-Val de Loire a décidé de présenter sa nouvelle initiative en faveur de la transition énergétique. L’Assemblée pour le climat et la transition énergétique (ACTE) a été pensée pour agir comme une COP, mais à l’échelle régionale et non mondiale. Sa première assemblée a eu lieu le lundi 1e avril 2019. L’intention de la région est claire : “Sur le modèle de la COP internationale, il s’agit de mobiliser tous les acteurs et les citoyens afin de signer un accord qui sera réévalué tous les deux ans.”

Charles Fournier, le vice-président de la Région délégué à la Transition écologique et citoyenne, a détaillé les futurs partenaires de ce projet ancré dans le territoire : “Les acteurs citoyens organisés en association ou non, les collectivités et établissements publics, les acteurs financiers, le monde économique et les acteurs de l’éducation, de la formation” La Région a souhaité un rassemblement large pour faire rayonner l’action de l’ACTE dans les différents secteurs d’activité.

Un territoire d’énergie avec 3 axes de travail

À peine née, l’ACTE dispose déjà d’une feuille de route bien précise. François Bonneau, le président de la région Centre-Val de Loire, s’est exprimé lors de cette première session : “Nous devons accélérer la mobilisation par rapport au défi du climat, pour créer des énergies alternatives, améliorer la performance énergétique et aller vers une moindre consommation énergétique.”

L’énergie a toujours été au cœur de l’économie de ce territoire. La Région compte actuellement un parc nucléaire important : 11 630 MW de puissance installée. C’est donc le 3ème parc nucléaire régional de France. Mais en parallèle, la Région a investi depuis plusieurs années pour développer les énergies renouvelables. En 2018, elle disposait ainsi de 1 116,3 MW de puissance installée pour l’éolien, ce qui faisait d’elle le 4ème plus gros parc éolien régional. Elle comptait aussi pour 269,8 MW de parc solaire et 92,5 MW de parc hydraulique.

Le Centre-Val de Loire : 1ère région exportatrice d’électricité en France

Si la région Centre-Val de Loire se mobilise autant pour la transition énergétique, c’est aussi parce que son territoire sera probablement impacté par la fermeture des centrales nucléaires. En novembre 2018, le président de la Région, François Bonneau, avait réagi à l’annonce de la future PPE de réduire la part du nucléaire français à 50% d’ici 2035. Il avait alors souligné : “Notre région possède des réacteurs anciens, ce ne sera donc pas sans incidence pour notre région.” Et si la question du nucléaire est cruciale pour la Région, il faut savoir que l’atome approvisionne aussi ses régions voisines.

En 2018, la consommation électrique de la Région a été de 18,7 TWh, d’après le bilan publié par RTE. C’est la consommation régionale la plus faible de l’Hexagone, ce qui est notamment dû à sa plus faible densité de population. Cette faible consommation est une manne pour les autres régions. En effet, le Centre-Val de Loire est la plus grosse région exportatrice d’électricité. Elle exporte son excédent d’électricité vers l’Île-de-France, la Normandie, les Pays-de-la-Loire, l’Occitanie, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

Cette facilité à exporter est largement dûe à sa production nucléaire. Cette dernière couvre à elle seule près de quatre fois la consommation électrique dans la région. Si elle veut maintenir son rang, la Région doit donc anticiper sur la sortie du nucléaire dès à présent. C’est pourquoi, la COP doit notamment servir à définir une nouvelle stratégie en la matière.

1ère COP régionale en décembre 2019

Cette première session de l’ACTE avait valeur d’impulsion. La prochaine COP est déjà planifiée ; elle aura lieu en décembre 2019. D’ici là, la Région souhaite nouer des partenariats avec plusieurs établissements régionaux pour lancer des actions transversales. Elle souhaite notamment impliquer l’Oreges (l’Observatoire régional de l’énergie et des gaz à effet de serre), l’observatoire de l’emploi mais aussi le futur observatoire des déchets, qui doit être lancé en avril 2019. Entre-temps, la région lancera dès le mois d’avril un appel à contributions pour alimenter le futur accord.

Rédigé par : La Rédaction, publié le mercredi 3 Avril 2019

https://lenergeek.com/2019/04/03/centre-val-de-loire-cop/

Avr 04

EDF : LE MAIRE ÉVOQUE UN PROBABLE REPORT DE L’EPR DE FLAMANVILLE

PARIS, 4 avril (Reuters) – La mise en service du réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche) n’interviendra probablement pas avant le début de l’année 2020, a déclaré jeudi le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, laissant entendre que le projet va subir un nouveau retard.

Selon le dernier calendrier en date, fourni par EDF , en juillet 2018 et confirmé en début de l’année, le chargement du combustible du réacteur est prévu au quatrième trimestre 2019 tandis que son raccordement au réseau et son fonctionnement à pleine puissance (1.650 mégawatts) doivent intervenir aux premier et deuxième trimestre 2020 respectivement.

Interrogé jeudi par BFM TV sur la date de mise en service du réacteur, Bruno Le Maire a déclaré : “C’est au président d’EDF de nous le dire.

Je peux vous dire en tout cas que ce ne sera pas à la date de la rentrée 2019 qui avait été prévue, ce ne sera pas septembre-octobre 2019, ce sera plus tard, probablement au début de l’année 2020, mais je ne veux pas m’engager là-dessus”, a ajouté le ministre de l’Économie.

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) avait déjà prévenu fin janvier que l’éventuelle reprise de soudures de l’EPR difficilement accessibles se traduirait par un nouveau retard dans le démarrage du réacteur de Flamanville.

L’autorité a prévu de se prononcer au mois de mai sur la démarche retenue par EDF pour régler ce problème, à la suite de quoi le groupe fera le point sur le calendrier et le coût de l’EPR de Flamanville, revu à la hausse de 10,5 à 10,9 milliards d’euros à l’été 2018.

Jeudi, le groupe a cependant réitéré que ses équipes étaient pleinement mobilisées pour réaliser le chargement du combustible au quatrième trimestre 2019.

Des difficultés sur le chantier de Flamanville et dans la fourniture de certains équipements ont contraint à de multiples reprises EDF à revoir le planning du projet et à relever son coût.

Annoncé à trois milliards d’euros lors de la présentation du projet, en 2004, l’EPR de Flamanville devait initialement entrer en service en 2012.

Par Benjamin Mallet et Simon Carraud, édité par Jean-Michel Bélot, le 4 avril 2019 à 10h08

https://fr.reuters.com/article/frEuroRpt/idFRL8N21M1L5

Avr 04

DES IMAGES SATELLITE RÉVÈLENT QUE LE PREMIER RÉACTEUR NUCLÉAIRE SAOUDIEN EST PRESQUE ACHEVÉ

Des images satellite ont révélé que le Royaume d’Arabie saoudite avait presque terminé la construction de son premier réacteur nucléaire, à la grande inquiétude des experts en contrôle des armements, a rapporté Bloomberg.

Le rapport indique que les images, capturées par Google Earth d’avril 2017 jusqu’à aujourd’hui, constituent la première documentation publique sur la progression de l’installation.

Les images montrent une parcelle de terrain vide transformée en une structure destinée à contenir du combustible atomique. 

Cependant, les fournisseurs en combustible nucléaire auraient jusqu’à présent été réticents à l’idée d’approvisionner la nouvelle installation, du moins jusqu’à ce que le Royaume et l’Agence internationale de l’énergie atomique basée à Vienne se mettent d’accord sur des règles de surveillance officielles.

« Il y a une très forte probabilité pour que ces images montrent la première installation nucléaire du pays« , a déclaré Robert Kelley, ancien directeur de l’AIEA. « Cela signifie que l’Arabie saoudite doit mettre de l’ordre dans ses garanties« , a-t-il ajouté. 

Néanmoins, le ministre de l’énergie du Royaume, Khaled al-Faleh, a déclaré que l’installation est destinée à des fonctions « strictement pacifiques« , notamment « des activités scientifiques, de recherche, d’enseignement et de formation pleinement conformes aux accords internationaux ». 

En juillet dernier, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou avait envoyé son ministre de l’Énergie, Yuval Steinitz, aux États-Unis afin de présenter les lignes rouges de l’État juif en ce qui concerne le développement de la technologie nucléaire en Arabie saoudite. 

Israël aurait insisté pour connaître les emplacements exacts des réacteurs nucléaires saoudiens en plus de recevoir l’assurance que Riyad n’obtiendrait pas la « capacité ou la légitimité » d’enrichir de l’uranium sur son sol.

L’Arabie saoudite espère construire jusqu’à 17 centrales nucléaires dans le but de diversifier son offre d’approvisionnement en énergie afin de stimuler les exportations de pétrole.

Dernière modification le 4 avril 2019 à 10h47

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1554367249-des-images-satellite-revelent-que-le-premier-reacteur-nucleaire-saoudien-est-presque-acheve

Avr 04

LE CHEF DE L’OTAN DIT NE PAS VOULOIR DE « NOUVELLE COURSE AUX ARMEMENTS » AVEC LA RUSSIE

Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a assuré mercredi que l’Alliance atlantique ne voulait pas de « nouvelle course aux armements » avec la Russie, tout en exhortant Moscou à respecter un traité de contrôle des armements.

« Nous ne voulons pas d’une nouvelle course aux armements, nous ne voulons pas d’une nouvelle guerre froide« , a-t-il déclaré devant une session conjointe du Congrès américain, l’un des moments forts de son séjour à Washington à l’occasion du 70ème anniversaire du bloc militaire.

Le chef de l’OTAN a beaucoup parlé de la Russie dans son discours, exhortant celle-ci à continuer de respecter le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), un pacte signé par Washington et Moscou il y a plus de 30 ans pour enrayer la course aux armements.

« Je continue d’exhorter la Russie à en revenir au respect du traité FNI« , a dit Jens Stoltenberg, insistant sur le fait qu’elle avait violé cet accord, lequel interdit tout missile de croisière et missile balistique d’une portée de 500 à 5.500km.

« L’OTAN n’a aucune intention de déployer des missiles terrestres en Europe« , a-t-il ajouté.

Pourtant, M. Stoltenberg a clairement averti que l’OTAN « prendra les mesures nécessaires pour fournir une dissuasion crédible et efficace » face à la Russie.

Dans son discours, M. Stoltenberg a également appelé à l’unité dans le bloc tout en reconnaissant de profondes divergences. « Des deux côtés de l’Atlantique, on s’interroge sur la force de notre partenariat. Et, oui, il y a des divergences« , a-t-il noté.

Le président américain Donald Trump a longtemps reproché aux pays de l’OTAN de ne pas avoir atteint l’objectif de consacrer 2% de leur PIB aux dépenses militaires.

La réunion de printemps des ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’OTAN a été exceptionnellement délocalisée à Washington pour commémorer la création de l’alliance militaire voici sept décennies.

Le traité FNI, signé en 1987 entre l’Union soviétique et les États-Unis, a marqué le tout premier pacte conclu entre les deux puissances sur le désarmement nucléaire et une avancée majeure dans la limitation de la course aux armements.

Cependant, les deux parties se sont mutuellement accusées d’avoir violé cet accord alors que les tensions se sont intensifiées ces dernières années. Moscou a annoncé début mars sa suspension du respect du traité FNI suite à une décision similaire prise par Washington en février.

Suivez China.org.cn sur Twitter et Facebook pour rejoindre la conversation.

Par : Vivienne, mis à jour le 04-04-2019

Source: Agence de presse Xinhua

http://french.china.org.cn/foreign/txt/2019-04/04/content_74646177.htm

Avr 04

100% D’ÉNERGIES RENOUVELABLES DANS LE MONDE, C’EST POSSIBLE GRÂCE AUX STATIONS DE TRANSFERT D’ÉNERGIE PAR POMPAGE (STEP)

Les capacités en éolien et en solaire montent en flèche dans le monde. Mais, sans moyen de stockage sûr, nous sommes condamnés à garder nos centrales thermiques pour prendre le relais. À moins que le bon vieux stockage hydraulique ne puisse palier les besoins ? C’est justement le cas, d’après des chercheurs australiens qui viennent de mettre en ligne un atlas recensant plus de 530.000 sites potentiels de stations de transfert d’énergie par pompage. 

La transition énergétique nécessite un besoin croissant en énergies renouvelables. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) envisage ainsi une multiplication par cinq de la part du solaire et de l’éolien dans le mix électrique mondial, passant de 1.500 TWh en 2017 à 8.500 TWh en 2040. Le problème est que ces énergies sont par nature intermittentes : il faut donc les stocker pour pouvoir les restituer lors des pics de demande. Batterie géante, Power-to-gas (hydrogène), condensateurs ou même, blocs de béton et « mini soleil artificiel », les scientifiques rivalisent d’imagination en la matière.

De l’énergie verte disponible en quelques minutes

Il existe, cependant, une technique très ancienne, bien mieux maîtrisée et beaucoup moins coûteuse : les Step, stations de transfert d’énergie par pompage. Composée de deux bassins séparés par un dénivelé, la Step actionne une pompe qui puise dans le bassin inférieur lorsqu’elle dispose d’un surplus d’énergie. Quand la demande augmente, l’eau du bassin supérieur est relâchée vers le bassin inférieur et alimente une turbine qui produit de l’électricité. De l’énergie disponible en quelques minutes, avec un très bon rendement (entre 70 % et 85 %), et dont le coût d’installation est 20 fois moins élevé que les batteries lithium-ion au kWh, d’après les calculs de Sia Partners.

Un atlas en ligne de 530.000 sites potentiels de stockage électrique

Des chercheurs de l’Université nationale australienne (ANU) viennent de publier un atlas en ligne de tous les sites potentiels où implanter des Step. Leurs estimations se basent sur un algorithme capable de les identifier en fonction de l’altitude, du climat, de la topographie, du volume du réservoir d’eau requis, ou encore de la taille du barrage à construire. Ils ont ensuite calculé le stockage possible pour chacun. Au total, 530.000 sites ont été trouvés totalisant 22.000 TWh, soit un cinquième de la consommation énergétique mondiale pour une année entière.

Plus de 530.000 sites potentiels de stockage par pompage ont été identifiés, de quoi couvrir largement une production 100 % renouvelable. © RE100 Group ANU, Aremi

Leur capacité de stockage s’étend de 2 à 150 GWh mais, selon Matthew Stocks qui a dirigé le projet, « à peine 1 % des meilleurs 530.000 sites suffirait à couvrir une production à 100 % d’énergies renouvelables ». D’après leurs calculs, il faut en effet compter 20 GWh de stockage par million d’habitant pour parvenir à un scénario de 100 % d’énergie renouvelables. « L’Australie nécessite, par exemple, 500 GWh de stockage pour une capacité potentielle 300 fois plus élevée, et les États-Unis ont besoin de 7.000 GWh pour un potentiel 200 fois supérieur ».

Des besoins en eau inférieurs aux centrales thermiques

Toutes ces installations ne pourront évidemment pas être envisagées. Les considérations de coût et de faisabilité n’ont pas été prises en compte, pas plus que les problèmes de propriété du terrain ou les questions d’environnement. Certains sites identifiés peuvent, par exemple, se trouver dans des aires urbaines ou des parcs nationaux, reconnaissent les chercheurs. Il faut aussi d’importantes quantités d’eau car la densité énergétique d’une Step est relativement faible (un mètre cube d’eau chutant de 100 mètres produit 0,272 kWh). Les besoins annuels en eau restent cependant inférieurs à ceux des énergies fossiles : « Avec le solaire et l’éolien, on n’a pas besoin de refroidir une centrale », explique Andrew Blakers, un collègue de Matthew Stocks à l’ANU.

Simulation 3D d’un site de stockage , step © RE100 Group ANU

97 % du stockage d’énergie dans le monde

En 2018, 153 GW de capacité Step étaient déployés dans le monde, dont 51,7 MW en Europe, et assurent déjà 97 % du stockage d’énergie. En France, six Step sont aujourd’hui exploitées par EDF. Dans le cadre de la loi sur la transition énergétique, la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a fixé pour objectif une hausse des capacités de production des Step de 1 à 2 GW d’ici 2030, soit 24 à 48 % d’augmentation par rapport aux 4,2 GW de puissance actuellement en opération. Il faudra, pour cela, améliorer leur rentabilité : en raison du faible prix du gaz et de la réduction des écarts des prix de l’électricité entre les périodes de forte et de faible demande, celle-ci ne dépasse pas les 2,7 % en France, loin des 8 % qui seraient nécessaires à des investissements, regrette Sia Partners.

Par Céline Deluzarche, (journaliste), publié le 03/04/2019

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/energie-renouvelable-100-energies-renouvelables-monde-cest-possible-grace-step-59333/

Avr 04

MATSUKI KAMOSHITA, 16 ANS, PORTE-PAROLE DES ENFANTS DE FUKUSHIMA

Enfant né à Fukushima et dont la vie a basculé brutalement le 11 mars 2011, il a décidé de témoigner publiquement pour sensibiliser aux dangers du nucléaire.

Cette fois, le jeune garçon ne tourne pas le dos à l’objectif. Il se tient debout face aux journalistes, sa feuille de papier entre les mains. Et la voix ne tremble pas :

« Aujourd’hui, je suis fier de signer cette lettre de mon vrai nom. Je m’appelle Matsuki Kamoshita ».

Mardi 2 avril, l’adolescent japonais a pris la parole à la mairie du 2e arrondissement de Paris à l’invitation du réseau Sortir du nucléaire et de l’association Yosomono. L’occasion de parachever un récit débuté dans Le Monde.

En septembre 2018, nous avions publié son témoignage et sa photo, de dos, pour illustrer une enquête sur les « enfances volées de Fukushima », dans le cadre d’une série baptisée « Contaminations ». « Je trouvais des insultes écrites sur les dessins que je faisais en classe, ou bien on me traitait de bacille. J’ai fini par me dire qu’il valait mieux que je disparaisse », confiait le collégien sous le nom d’emprunt « Haruko ».

Par peur des brimades de ses camarades de classe, l’adolescent, rencontré avec son père à Tokyo en avril 2018, préférait cacher son identité et son histoire. Celle d’un enfant né à Fukushima et dont la vie a basculé brutalement le 11 mars 2011 avec la catastrophe nucléaire.

« Comme tous les autres réfugiés, je n’ai rien fait de mal. Mais nous sommes obligés de nous cacher comme de vulgaires criminels », raconte Matsuki aujourd’hui. Le garçon a désormais 16 ans, porte toujours une cravate et une coupe de cheveux soignée. Il a rédigé une lettre que lit en français une interprète. À ses côtés, sa mère et une autre maman arborent une écharpe à la façon des élus, portant les inscriptions « Protégeons les enfants ! » et « Les mères de Fukushima ». Avec ses parents, Matsuki a abandonné la maison familiale d’Iwaki, près de la centrale nucléaire, pour aller s’installer à Tokyo. Comme lui, ils sont 160 000 à avoir été déplacés après « l’accident », comme on dit pudiquement au Japon.

Sensibiliser aux dangers du nucléaire

« Pour l’État japonais, qui s’obstine à promouvoir le nucléaire et minimise les dégâts de l’accident afin de camoufler la réalité des faits, nous, les victimes, toutes générations confondues, nous ne sommes que des témoins gênants. C’est pourquoi nous sommes les cibles de harcèlement et subissons la discrimination, a écrit Matsuki. Malheureusement, dans la société japonaise actuelle, les victimes ne peuvent pas vivre en sécurité sans détourner le regard, sans se boucher les oreilles et sans fermer la bouche. »

Mais Matsuki a décidé de ne plus se cacher pour porter son message. Sa rencontre avec le pape François – à qui il avait écrit – le 20 mars, à Rome, a été le déclic. « Cette rencontre m’a donné la confiance qui me manquait pour m’exprimer en public et témoigner en tant que représentant de la génération Fukushima. »

Depuis, il a effectué une mini-tournée en Europe pour raconter son histoire et sensibiliser aux dangers du nucléaire. Avant Paris, où il doit participer mercredi 3 avril à une conférence-débat, il était à Aix-la-Chapelle en Allemagne, à Bruxelles et dans plusieurs lycées. « Ce qui s’est passé au Japon peut arriver n’importe où, rappelle Matsuki. Le nucléaire et les hommes ne sont pas faits pour cohabiter. »

Par Stéphane Mandard, publié le 3 avril 2019 à 14h44, mis à jour le 4 avril 2019 à 15h10

https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/04/03/matsui-kamoshita-porte-parole-des-enfants-de-fukushima_5445247_3244.html

Avr 03

FERMETURE DES CENTRALES À CHARBON EN 2022 : RTE REMET SA COPIE AU GOUVERNEMENT

Le gouvernement avait demandé en janvier à l’opérateur du réseau de transport d’électricité, garant de la sécurité d’approvisionnement sur le territoire français, de compléter son analyse de novembre par l’étude de « configurations particulièrement dégradées. » Convenant que Cordemais (Loire-Atlantique) devra rester en veille jusqu’au démarrage de l’EPR de Flamanville, RTE insiste sur des mesures d’efficacité énergétique et un calendrier mieux étudié des arrêts de tranches nucléaires.

Devant la fronde sociale provoquée par la perspective d’une fermeture en 2022 des quatre centrales à charbon encore en activité en France, le ministère de la Transition écologique et solidaire avait demandé à RTE d’affiner les analyses publiées dans son bilan prévisionnel annuel de novembre dernier. C’est ce rapport dont les résultats ont été dévoilés ce 3 avril par François de Rugy.

Un retard non seulement de l’EPR de Flamanville (Manche), mais aussi de la centrale à gaz de Landivisiau (Finistère) et des parcs éoliens offshore de l’Atlantique et de la Manche, mais aussi, l’annulation de l’interconnexion avec l’Angleterre… Ce sont, en effet, des « configurations particulièrement dégradées ». Si l’on y ajoute des visites décennales de centrales nucléaires plus longues que prévu et venant empiéter sur la période hivernale, on atteint en effet une situation critique. Les scénarios les plus défavorables impliqueraient soit d’exploiter le système électrique selon des standards dégradés par rapport à la réglementation, soit de devoir prolonger l’exploitation de certaines centrales au charbon. Leur fermeture progressive prévue d’ici à 2022 représente une puissance cumulée d’environ 5 gigawatts (GW).

Soulignant que de tels reports « vont bien au-delà des échéances indiquées à RTE par les exploitants ou discutées lors de la consultation publique précédant l’élaboration de son bilan prévisionnel annuel publié en novembre 2018 », l’opérateur propose néanmoins plusieurs pistes pour surmonter ce cap, qui, selon lui, devrait n’être que saisonnier (uniquement l’hiver) et transitoire (au plus tard jusqu’en 2024).

Fonctionnement de quelque dizaines d’heures par an

En outre, dans le cas de prolongation de certaines centrales à charbon, leur fonctionnement pourrait être limité à quelque dizaines d’heures par an, sans dépasser 250 heures maximum en cas d’hiver particulièrement froid. Un chiffre à mettre en regard des plans d’EDF qui, pour sa centrale de Cordemais (Loire-Atlantique), point névralgique d’approvisionnement de la Bretagne, construit le business plan de son projet Écocombust de conversion à la biomasse sur la base de 800 heures de fonctionnement sur appel de RTE… Un fonctionnement limité aux réels besoins évalués par l’opérateur de réseau serait compatible avec une forte réduction des émissions de CO2, qu’on y brûle du charbon ou de la biomasse.

RTE privilégie des « actions sans regret », autrement dit, qui « dans le cas où ces configurations dégradées ne se produiraient pas, permettraient d’améliorer la sécurité d’alimentation et de gagner des marges de capacités. » La première concerne une mise en œuvre d’actions (aussi bien structurelles que ponctuelles) permettant une meilleure maîtrise de la consommation à la pointe. Autre piste à étudier de près : l’optimisation des arrêts de réacteurs nucléaires sur la période 2021-2023, dans l’objectif de limiter au minimum leur indisponibilité en période hivernale.

RTE confirme en revanche que les deux tranches de Cordemais devront demeurer en veille jusqu’au démarrage de l’EPR de Flamanville, officiellement prévu à la fin de cette année, mais dont un énième report ne surprendrait guère…

Multiples mesures de maîtrise de la consommation

Les ONG craignent que les résultats présentés ce mercredi 3 avril ne serve de prétexte au gouvernement pour repousser la fermeture des centrales à charbon, évitant ainsi de devoir en gérer l’impact social.

« Cette étude de RTE ne doit pas être l’occasion pour le gouvernement de prendre des décisions contraires à la transition énergétique », écrit ainsi le réseau action climat (RAC) dans un communiqué.

« Plutôt que d’investir dans une reconversion des centrales à charbon dont on sait dorénavant qu’elle ne serait pas rentable ou de revenir sur l’engagement de sortie du charbon, il est urgent d’agir pour réduire de manière pérenne les gaspillages d’électricité », a ainsi réagi Anne Bringault, coordinatrice transition énergétique pour le CLER et le Réseau Action Climat.

Et de citer les mesures qui pourraient être mises en œuvre pour faire baisser les consommations d’électricité et libérer de la puissance à la pointe : rénovation des logements, plan d’action dans le secteur du tertiaire et, exceptionnellement en cas de pics de la demande, actions sur l’éclairage public et les panneaux publicitaires lumineux, incitation à limiter la température dans les logements et les bureaux à 19°C, etc.

La conversion biomasse, une fausse solution ?

Pour Clément Sénéchal, chargé de campagne sur les questions climatiques pour Greenpeace France, « à force de s’entêter dans le nucléaire avec le fiasco de Flamanville dont le calendrier pourrait encore glisser de plusieurs années selon les propos du ministre, à force de reporter le développement des renouvelables et de ne pas tenir ses objectifs sur l’efficacité énergétique, le gouvernement français se retrouve aujourd’hui complètement en porte-à-faux sur sa politique climat-énergie ».

Qualifiant la reconversion biomasse des centrales à charbon envisagée par EDF et mentionnée dans le rapport de RTE de « fausse solution, coûteuse et aux conséquences écologiques probablement néfastes », soulignant pour la centrale de Cordemais un projet « surdimensionné par rapport aux besoins chiffrés par RTE », l’ONG Les Mais de la Terre RAC appelle le gouvernement à « inscrire la sortie du charbon une bonne fois pour toute dans la loi et mettre des moyens pour accompagner les travailleurs et territoires impactés. »

On devrait bientôt savoir ce qu’il en est lors de la publication de la « petite loi énergie » dont la présentation, initialement prévue pour le conseil des ministres du 11 mars, a été repoussée, officiellement pour « renforcer l’ambition du texte« …

Par Dominique Pialot (@PIALOT1 ), le 03/04/2019 à 16h09

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/fermeture-des-centrales-a-charbon-en-2022-rte-remet-sa-copie-au-gouvernement-813002.html

Avr 03

LA « POLICE DU CIEL » FRANÇAISE FAIT LA CHASSE AUX AVIONS RUSSES

L’armée de l’air a fait décoller ses avions de combat, après avoir détecté des bombardiers russes en approche, vendredi 29 mars. Il règne comme une ambiance de « guerre froide » dans l’espace aérien international au-dessus de la mer du Nord.

Tout au nord de l’Europe, vendredi 29 mars au matin, deux bombardiers stratégiques russes, des Tupolev Tu-160, mettent le cap vers l’ouest. Leur vol est une longue descente dans l’espace aérien international au-dessus des mers de Barents, de Norvège et du Nord, le long des côtes de la Norvège puis du Danemark, et jusqu’au large des Pays-Bas. C’est à la hauteur de ce pays que les appareils font demi-tour, empruntant une route aérienne à proximité du Royaume-Uni.

Ces deux avions à long rayon d’action sont détectés par les radars de l’Otan et de plusieurs pays. Si les Norvégiens sont contraints de rester au sol, les Britanniques puis les Danois font décoller leurs avions de combat. Peu avant midi, les Français engagent à leur tour un avion radar Awacs et un avion ravitailleur, puis un Mirage 2000, parti de Lorient Lann-Bihoué (Morbihan), et un Rafale, parti de la base de Saint-Dizier (Haute-Marne).

Un dispositif : la posture permanente de sûreté aérienne

C’est la première fois en 2019 que l’armée de l’air fait décoller ses avions sur alerte, soit en moins de quinze minutes, en réponse à l’approche de bombardiers russes. De telles incursions au large des côtes françaises dans l’espace aérien international ne sont pas nouvelles. Elles se sont déjà produites, en février 2017 et à trois reprises en 2018, déclenchant à chaque fois des mesures d’anticipation. Par exemple, le 20 septembre 2018, l’armée de l’air avait repositionné un Awacs et un ravitailleur C-135, puis fait décoller un second ravitailleur et deux Rafale.

Cette mission de « police du ciel » porte un nom : la posture permanente de sûreté aérienne (PPS) confiée au commandement de la défense aérienne et des opérations aériennes (CDAOA). Concrètement, un millier de personnes surveillent, 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, la situation aérienne au-dessus du territoire national, soit près de 12 000 avions tous les jours. Cela signifie autant d’identifications et d’évaluations d’une menace éventuelle. Un avion ne répond plus à la radio ou n’est plus conforme à son plan de vol : il faut aussitôt lever le doute. En 2018, 300 situations anormales ont ainsi entraîné le décollage de 150 avions ou hélicoptères.

Des tests et des démonstrations de puissance

Le phénomène des bombardiers russes est de nature différente. Les vols russes ne pénètrent pas l’espace aérien français. Ils semblent conformes aux règles internationales, bien que parfois, par beau temps, les appareils n’affichent pas leur code transpondeur permettant de les identifier. Mais leurs incursions sont perçues comme des tests et des démonstrations de puissance, à l’égard de l’Otan en particulier. Interrogé à ce sujet, le porte-parole de l’armée de l’air, le colonel Cyrille Duvivier, assure que « l’armée de l’air ne veut pas entrer dans une logique de démonstration : notre mission est d’assurer la protection de l’espace aérien, notre réaction se voit, c’est la seule démonstration qui vaille ».

Pas de surenchère donc. Il n’empêche que tout le monde se surveille et s’évalue dans un climat de « guerre froide » d’un nouveau genre. Quand la Russie envoie au-dessus de la mer du Nord des Tu-160, conçus pendant la guerre froide pour l’arsenal nucléaire, les États-Unis déploient des bombardiers B-52 Stratofortress sur des bases au Royaume-Uni. Certains se sont récemment entraînés en mer de Norvège, non loin des frontières russes.

Autre élément de contexte : la décision prise en février 2019 par les États-Unis de se retirer du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), signé avec Moscou à la fin de la guerre froide en 1987. En réponse, la Russie a suspendu sa participation à ce traité.

Par Corinne Laurent, le 02/04/2019 à 18h10, modifié le 02/04/2019 à 22h20

https://www.la-croix.com/France/police-ciel-francaise-fait-chasse-avions-russes-2019-04-02-1201013030

Avr 03

L’ONU EXHORTE LES ÉTATS À RENFORCER LE TRAITÉ DE NON-PROLIFÉRATION LORS DE LA CONFÉRENCE D’EXAMEN EN 2020

New York (Nations-Unies), 2 avril Xinhua–La haut-représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement, Izumi Nakamitsu, a appelé mardi les États à renforcer le Traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP) lors de la conférence d’examen de ce traité qui sera organisée l’an prochain, a-t-on appris du site officiel de l’ONU.

Le TNP a été signé en 1968 et est entré en vigueur le 5 mars 1970. Son application est garantie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

« La possible utilisation d’armes nucléaires, intentionnellement, accidentellement ou par erreur, est l’une des plus grandes menaces à la paix et à la sécurité internationales. Les conséquences potentielles d’une guerre nucléaire seraient mondiales et toucheraient tous les pays« , a prévenu Mme Nakamitsu lors d’un exposé devant le Conseil de sécurité.

« Le TNP est largement reconnu comme la pierre angulaire du régime international de non-prolifération nucléaire et le fondement essentiel du désarmement nucléaire. Son rôle comme pilier de notre sécurité collective est également un fait accepté« , a-t-elle ajouté.

Selon la Haut-Représentante, le TNP s’est avéré remarquablement durable, mais cette durabilité ne devrait pas être considérée comme acquise. Elle a dénoncé un environnement international caractérisé aujourd’hui par la compétition au lieu de la coopération et marqué par une rhétorique dangereuse sur l’