RUSSIE : NOUVELLES SANCTIONS CONTRE L’ÉVASION MAIS PAS DE MESURES SUR LE NUCLÉAIRE ET LE PRIX DU PÉTROLE

Il est peu probable que l’énergie nucléaire et un plafonnement des prix du pétrole de l’UE figurent dans la proposition du prochain train de sanctions, selon plusieurs diplomates de l’UE. Les consultations du week-end dernier sur le septième paquet de sanctions à l’encontre de la Russie ont laissé certains États membres plus belliqueux insatisfaits.

Dans le courant de la semaine, l’exécutif de l’Union devrait présenter aux capitales une proposition officielle sur le prochain train de sanctions contre la Russie. Au cours du week-end, la Commission européenne a donc tenu des consultations avec les États membres de l’UE.

L’approbation est attendue avant que les ministres des Affaires étrangères de l’UE ne se réunissent pour la réunion ordinaire de la mi-octobre, a déclaré un fonctionnaire européen à EURACTIV.

Selon un document de prise de position consulté par EURACTIV, les mesures proposées par les détracteurs de la Russie comprendraient, entre autres, le ciblage du nucléaire, des produits de luxe et des secteurs informatiques et technologiques de la Russie, ainsi que l’exclusion de davantage de banques du système de messagerie SWIFT.

L’Allemagne, selon les diplomates européens, serait également d’accord pour en faire plus, et a d’ailleurs fait pression pour que les entreprises européennes qui financent les mines de métaux et de terres rares en Russie soient interdites, tout comme les importations d’uranium.

Énergie nucléaire et plafonnement des prix du pétrole, des sanctions peu probables

Il n’y aura pas de sanctions supplémentaires sur les importations européennes d’énergie russe dans le septième paquet, bien que certains pays réclament l’inclusion du gaz fossile et de l’énergie nucléaire.

L’énergie nucléaire, un secteur clé pour des pays comme la France et la Bulgarie, ne sera probablement pas intégrée au paquet, ce qui a suscité des inquiétudes chez certains États membres concernant l’entretien des centrales nucléaires européennes, ont déclaré à EURACTIV plusieurs diplomates européens informés des discussions du week-end.

La mesure aurait touché « la construction de structures ou l’installation d’équipements, ou l’approvisionnement en services, équipements ou technologies pour des activités liées à la production d’énergie ou d’électricité, tant en Russie qu’à l’étranger ». Cela aurait pu affecter la construction de l’extension de la centrale nucléaire de Paks, en Hongrie, soutenue par la Russie, ce à quoi Budapest aurait certainement opposé son veto.

De même, l’idée de prévoir un mécanisme de plafonnement des prix des exportations de pétrole russe, comme convenu par les pays du G7, ne fait pas l’unanimité parmi les États membres, ont ajouté les diplomates.

Il est probable que, du moins à court terme, Bruxelles cherchera à s’attaquer aux prix élevés du gaz par le biais de négociations avec les pays fournisseurs plutôt que par le plafonnement des importations.

Malgré la pression exercée par les États-Unis pour qu’un mécanisme soit mis en place avant le 5 décembre, date d’entrée en vigueur de l’interdiction des importations maritimes de pétrole brut russe, les pays du sud de l’Europe, en particulier, ont résisté à cette mesure.

« Il y a beaucoup de bruit autour du plafonnement des prix et du nucléaire, mais pour autant que nous le sachions, la Commission européenne n’a encore rien exclu (ni intégré d’ailleurs) », a déclaré un diplomate européen à EURACTIV.

Un autre diplomate de l’UE a toutefois exprimé une frustration partagée par les détracteurs de la Russie, à savoir que l’exclusion de l’élément énergétique des mesures rendrait le paquet « minuscule ».

Critère d’évasion des sanctions

Un groupe d’États membres de l’UE, dont les Pays-Bas, la France, la Pologne et les pays baltes, ont suggéré un nouveau critère de listage dans lequel l’aide à l’évasion et au contournement des sanctions pourrait devenir un motif de pénalisation des individus et des entités.

« La Commission européenne semblait disposée à examiner cette question, étant donné que cela pourrait servir de moyen de dissuasion pour l’aide à l’évasion des sanctions », a déclaré un diplomate de l’UE à EURACTIV.

En mai, l’exécutif de l’UE avait dévoilé des plans selon lesquels la violation des sanctions européennes deviendrait un crime dans toute l’UE.

Cependant, cette proposition a encore besoin du soutien des États membres, qui sont généralement réticents aux réformes qui nécessitent des changements dans leur droit pénal.

Embargo sur les diamants

La Pologne, l’Irlande, la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie, États membres hostiles à la Russie, avaient également proposé d’introduire une interdiction de rétorsion sur les importations de diamants russes, où Alrosa est le premier producteur mondial de pierres brutes.

Les diamants de fabrication russe ont jusqu’à présent brillé par leur absence de la liste des embargos. La Belgique, qui abrite le plus grand centre de commerce de diamants au monde, Anvers, a en effet exercé de fortes pressions pour qu’ils n’y figurent pas.

Toutefois, selon deux diplomates européens, la Belgique devrait abandonner son opposition à l’inclusion de ce produit de luxe dans le prochain paquet.

Par Alexandra Brzozowski et Kira Taylor | EURACTIV France | traduction par Anna Martino, publié le 26-09-2022

Photo en titre : epa10091392 De la vapeur s’élève de la tour de refroidissement de la centrale nucléaire d’Emsland à Lingen, en Allemagne, le 25 juillet 2022. [EPA-EFE/SASCHA STEINBACH]

https://www.euractiv.fr/section/l-europe-dans-le-monde/news/russie-nouvelles-sanctions-contre-levasion-mais-pas-de-mesures-sur-le-nucleaire-et-le-prix-du-petrole/

WASHINGTON DEMANDE À MOSCOU EN PRIVÉ DE CESSER SES MENACES NUCLÉAIRES

Les États-Unis ont demandé via des canaux privés à la Russie de mettre fin à son discours agitant la menace nucléaire dans la guerre en Ukraine, une arme dont l’utilisation aurait, prévient Washington, des conséquences «catastrophiques»

«Nous avons été très clairs avec les Russes, publiquement et en privé, pour qu’ils cessent de parler d’armes nucléaires», a déclaré le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, dans un entretien à la chaîne CBS News diffusé dimanche.

«Il est très important que Moscou nous entende et sache que les conséquences seraient horribles. Et nous avons été très clairs à ce sujet», a souligné le secrétaire d’État. «Toute utilisation d’armes nucléaires aurait des effets catastrophiques pour le pays qui les utilise, bien sûr, mais aussi pour beaucoup d’autres».

Un peu plus tôt, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche avait déjà mis en garde contre les conséquences «catastrophiques» en cas d’utilisation de l’arme nucléaire par Moscou.

«Nous avons la capacité de parler directement à haut niveau (aux Russes), de leur dire clairement quel est notre message et d’entendre le leur», avait aussi dit Jake Sullivan sur NBC.

«Cela s’est produit fréquemment ces derniers mois, cela s’est même produit ces derniers jours», a-t-il indiqué, sans toutefois vouloir préciser la nature exacte des canaux de communication employés, afin de «les protéger

Mercredi dans un discours télévisé, Vladimir Poutine avait fait une allusion à la bombe atomique en se disant prêt à utiliser «tous les moyens» dans son arsenal face à l’Occident qu’il a accusé de vouloir «détruire» la Russie. «Ce n’est pas du bluff», avait aussi assuré le président russe.

Washington a déjà émis plusieurs mises en garde, avec un vocabulaire de plus en plus dur, contre un éventuel recours à l’arme nucléaire de Moscou.

Interrogé le 16 septembre, avant que le président russe n’agite implicitement cette menace, Joe Biden avait lancé ce message: «Ne le faites pas. Ne le faites pas. Ne le faites pas. Vous changeriez la face de la guerre d’une manière jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale

Doctrine militaire russe

Il avait averti que la réponse américaine serait «conséquente», mais sans plus de précision.

Washington avait auparavant déjà dit prendre «au sérieux» cette menace, et promis une réponse «sévère

La Russie et les États-Unis sont les plus grandes puissances nucléaires du monde.

La doctrine militaire russe autorise l’utilisation d’armes nucléaires tactiques sur-le-champ de bataille pour forcer un ennemi à battre en retraite.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, invité lors d’une conférence de presse samedi aux Nations unies à préciser les déclarations du président Poutine, a répondu que la doctrine de Moscou était «un document public».

Mais la doctrine militaire russe prévoit aussi la possibilité de recourir à des frappes nucléaires si des territoires considérés comme siens par Moscou sont attaqués, ce qui pourrait être prochainement le cas avec les régions ukrainiennes dans lesquels se déroulent depuis vendredi des référendums d’annexion.

Ces scrutins, qualifiés de «simulacres» sans valeur juridique par Kiev et ses alliés occidentaux, se déroulent dans les régions de Donetsk et de Lougansk, qui forment le bassin minier du Donbass, dans l’est de l’Ukraine, ainsi que dans les zones occupées de Kherson et de Zaporijjia, dans le sud du pays.

De son côté, Volodymyr Zelensky a dit sur CBS prendre très au sérieux les menaces de son homologue russe, en se fondant sur les frappes qu’il accuse Moscou d’avoir commises à proximité notamment de la centrale nucléaire de Zaporijjie, la plus grande d’Europe.

«Donc, il veut effrayer le monde entier», a fait valoir le président ukrainien. «Ce sont les premières étapes de son chantage nucléaire. Je ne pense pas qu’il bluffe».

L’arme nucléaire a été utilisée deux fois dans l’histoire, en 1945, lorsque les États-Unis ont détruit les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, tuant plus de 200 000 personnes. Le Japon impérial s’est rendu quelques jours plus tard, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale.

Par Agence France-Presse, publié le lundi 26 septembre 2022

https://www.lesoleil.com/2022/09/26/wasington-demande-a-moscou-en-prive-de-cesser-ses-menaces-nucleaires-e765ec35f6ec87614f5499c29505d5fe

LA RPDC TIRE UN MISSILE BALISTIQUE DE COURTE PORTÉE, SELON SÉOUL

SÉOUL, 25 septembre (Xinhua) – La République populaire démocratique de Corée (RPDC) a tiré un missile balistique de courte portée en direction de ses eaux orientales, a signalé dimanche l’état-major interarmées sud-coréen (JCS).

Le JCS a déclaré dans un communiqué avoir détecté le lancement à partir d’une zone située à ou autour de Taechon, dans la province du Pyongan du Nord, à 06H53 heure locale. Il n’a pas fourni d’autres détails dans l’immédiat.

Selon le JCS, la République de Corée a maintenu un état de préparation complète en étroite coopération avec les États-Unis, tout en renforçant la surveillance et la vigilance.

Le lancement est intervenu deux jours après l’arrivée d’un porte-avions américain à propulsion nucléaire à Busan, à environ 390 km au sud-est de Séoul, pour des exercices combinés avec la marine sud-coréenne prévus dans le courant du mois. Fin

Par French.news.cn, publié le 25 septembre 2022 à 10h21

http://french.xinhuanet.com/20220925/548a37bb95534f36b7289debcdf434f5/c.html

SUISSE : LA PROTECTION CONTRE LES MENACES NUCLÉAIRES EST INSUFFISANTE

La Suisse est insuffisamment préparée pour faire face à une attaque nucléaire. Le matériel manque ou est défectueux. Des politiciens réagissent.

La Suisse manque de matériel et d’équipements de protection qui seraient nécessaires en cas d’augmentation de la radioactivité. Et cela à un moment où la probabilité d’une frappe ou d’un accident nucléaire a augmenté en Europe. «Nous ne sommes pas suffisamment préparés», alerte Urs Marti, président de la Conférence des responsables cantonaux des affaires militaires, de la protection de la population et de la protection civile, dans la «NZZ am Sonntag». Ce dernier cite en exemple les dosimètres, ces petits appareils qui émettent un bip d’autant plus fort que la radioactivité est élevée: «Nous n’en avons pas assez. Et ceux dont nous disposons sont vieux

Publié en mars 2021, un rapport de l’Office fédéral de la protection de la population (OFPP) va dans le même sens. Il fait état de 230 manquements en matière de protection contre des agents nucléaires, biologiques et chimiques. Il faut ajouter à cela le mauvais état des abris de la protection civile. «La maintenance a été partiellement négligée», relève Maja Riniker, présidente de la Fédération suisse de la protection civile. Selon elle, ceci est dû au fait que la protection civile manque de personnel et de moyens.

Des politiciens tirent maintenant la sonnette d’alarme. La Commission de la politique de sécurité du Conseil national devrait tenir prochainement une séance spéciale sur le sujet. «Nous devons faire un bilan de l’état des abris de la protection civile», déclare son président, le conseiller national Mauro Tuena (UDC/ZH). Indépendamment de cela, le Conseil fédéral entend aussi aller de l’avant et combler les lacunes existantes.

Publié le 25 septembre 2022 à 13h28

Photo en titre : La Suisse manque de matériel et d’équipement de protection. TDG/Laurent Guiraud

https://www.lematin.ch/story/la-protection-contre-les-menaces-nucleaires-est-insuffisante-925380952820

NDLR: à noter qu’en Suisse, la construction de ces abris est obligatoire depuis 1963. En France ce n’est pas le cas.

JOURNÉE INTERNATIONALE POUR L’ÉLIMINATION TOTALE DES ARMES NUCLÉAIRES : DÉMANTELER LES OGIVES ET ŒUVRER EN FAVEUR D’UNE SÉCURITÉ COMMUNE

Les récents événements nous ont révélé que l’humanité n’a jamais été aussi proche d’une catastrophe nucléaire. La « dissuasion nucléaire » suppose que notre monde est au bord de la catastrophe.

Nous n’avons d’autres solutions que celles d’éliminer ces armes épouvantables et de bâtir une paix durable reposant sur la sécurité commune.

Aujourd’hui, 26 septembre, Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, près de 12 705 bombes nucléaires sont prêtes à être déployées. Plus de la moitié de la population mondiale réside dans des pays en possession de ces armes ou membres d’alliances nucléaires. Nous vivons toutes et tous sous la menace d’une destruction nucléaire.

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a fait resurgir le spectre d’une catastrophe nucléaire. Nul ne vivra en sécurité sur notre planète tant que la dernière ogive n’aura pas été démantelée et les armes nucléaires éliminées.

Lueurs d’espoir

En 2021 est entré en vigueur le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN). Au cours de la première réunion des États parties au TIAN, convoquée en juin dernier, 66 pays ont adopté la « Déclaration de Vienne », réaffirmant leur engagement à éliminer totalement les armes nucléaires.

Face à la menace imminente d’une nouvelle guerre froide, la communauté syndicale a renforcé sa campagne pour la paix. La CSI, le Bureau international de la paix et le Centre international Olof Palme ont lancé un appel à l’action pour engager le monde sur la voie de la paix, en s’appuyant sur le concept de « sécurité commune »

Le rapport consacré à la sécurité commune 2022 mentionne : « La sécurité internationale doit reposer sur un engagement en faveur d’une survie collective et non pas sur une menace de destruction mutuelle ». Ce dernier exhorte les dirigeants mondiaux à reprendre le chemin du désarmement et du progrès pacifique et à collaborer en vue de surmonter les causes du conflit et les risques actuels en matière de sécurité.

Les syndicats ont un rôle à jouer dans la construction d’un avenir exempt d’armes nucléaires, en se mobilisant et en réclamant des plans pour une transition juste qui redirigeraient les fonds destinés aux industries d’armement vers des activités économiques pacifiques, libérant ainsi des ressources pour répondre aux besoins économiques et sociaux essentiels.

L’élimination des armes nucléaires représente une étape importante dans la construction d’un nouveau contrat social qui nous offrira un monde plus juste et plus sûr, ainsi qu’un avenir meilleur.

Publié le 23-09-2022

Photo en titre : photo: Adobe Stock

https://www.ituc-csi.org/Journee-internationale-pour-l-elimination-totale-des-armes-nucleaires?lang=en

« NOUS AVONS RATÉ UNE OCCASION HISTORIQUE DE CHANGER LE SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE »

La France paie aujourd’hui les échecs de sa politique énergétique passée, estime l’économiste Alain Grandjean. Mais elle peut encore prendre des mesures qui atténuent les effets de la crise sans aggraver le réchauffement climatique.

Pour faire face à la crise énergétique, le gouvernement a prolongé le fonctionnement de centrales à charbon et subventionne les carburants. Pour cet hiver, nos options se résument-elles à manquer d’énergie ou soutenir les énergies fossiles ?

Alain Grandjean : Oui, à cause de deux échecs des trois derniers quinquennats :

. celui de la rénovation des bâtiments et

. celui du déploiement des énergies renouvelables.

En trois mois, nous n’avons pas le temps de remonter la pente. J’ajouterais deux échecs supplémentaires. D’abord, celui de l’acceptation, car on a rendu les éoliennes indésirables aux yeux de nombreuses personnes. Ensuite, on a échoué à rendre la demande d’électricité plus flexible pour s’adapter à la production. On aurait pu – et on peut toujours – développer des tarifications permettant de moduler le prix en fonction de la disponibilité de l’électricité, et ce d’autant que le compteur Linky est largement déployé.

Après les nombreuses alertes ces dernières décennies, la gravité de cette crise marque-t-elle une rupture ?

A.G. : Cette crise énergétique a ouvert les yeux du gouvernement et des milieux d’affaires de manière assez irréversible. Quand Emmanuel Macron parle de « fin de l’abondance », il commet une maladresse politique, mais il dit aussi quelque chose de profond : on ne peut pas bâtir une politique en supposant que l’énergie coule à flots sans contrainte.

Le discours de sensibilisation sur les énergies fossiles – tant sur les risques d’approvisionnement que sur leur effet sur le climat – pouvait sembler abstrait jusqu’ici, car les conséquences concrètes restaient floues. L’année 2022 nous sort de cette situation tragique. Si le gouvernement court aujourd’hui après le charbon ou le gaz, c’est parce qu’il a peur de la pénurie. Reste à savoir s’il va passer la seconde et si le secrétariat général à la Planification écologique, rattaché à Matignon, va accoucher d’un plan digne de ce nom.

N’est-ce pas alors une erreur d’augmenter la remise à la pompe alors que le prix du pétrole baisse ?

A.G. : C’est une erreur parce que ces subventions sont indifférenciées : les gens qui font partie du premier décile de revenus, comme moi, n’ont pas à bénéficier d’un tel cadeau. On rate ainsi une énorme occasion de faire marcher le signal-prix pour ces ménages qui n’ont pas de problème de fins de mois : la hausse du prix des carburants aurait pu les orienter vers d’autres comportements.

Mais, politiquement, est-il possible de priver la classe moyenne de cette remise ?

A.G. : Je ne sais pas si cette décision est liée à la nécessité d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale avec des voix des Républicains. Dans tous les cas, entre cette remise à la pompe et les boucliers tarifaires sur le gaz et l’électricité qui bénéficient à tous, nous nous préparons des lendemains pénibles car, si ces dispositifs durent, ils coûteront cher ou seront financés par un sabrage des mesures sociales. Et cela enverra un très mauvais signal sur la transition écologique tout en générant un sentiment d’injustice.

Dans l’hypothèse où ces aides seraient réservées aux ménages les plus précaires, serait-ce une politique tenable ?

A.G. : Si on laisse les prix des énergies fossiles rester à un niveau élevé, cela revient à avoir une taxe carbone payée par les consommateurs, sauf que ces revenus ne vont pas dans les poches de l’État, mais dans celles des compagnies pétrogazières. Une taxe sur les « surprofits » de ces entreprises est donc légitime – d’autant qu’elle existe déjà en France pour les énergies renouvelables 1. On pourrait ensuite la redistribuer de manière ciblée sur ceux qui souffrent de précarité énergétique pour se chauffer et pour se déplacer. Mais ce n’est pas ce qui est fait aujourd’hui.

Mais comment soutenir les ménages précaires sans les inciter à consommer plus d’énergie, et donc mettre à mal la trajectoire de sortie des fossiles ?

A.G. : C’est un débat qu’on a eu en 2009, au moment de la commission Rocard sur la taxe carbone. Nicolas Hulot avait proposé de créer un chèque vert. Il s’agissait alors de distribuer un chèque aux ménages en fonction de leur niveau de revenu et de leur lieu d’habitation, indépendamment de leur consommation effective d’énergie.

Il permettrait aux ménages éligibles de faire face à un surcoût de l’énergie, pas forcément en consommant plus d’énergie, mais aussi en s’organisant différemment, par exemple en achetant si possible un vélo électrique ou en faisant des travaux d’isolation. À l’inverse, les mesures actuelles consistent à distribuer des chèques énergie sans déplacer la consommation vers des pratiques moins émettrices de gaz à effet de serre.

Le soutien aux énergies fossiles a doublé entre 2020 et 2021 dans les pays de l’OCDE. A-t-on manqué l’occasion de changer le système énergétique pendant la crise du Covid ?

A.G. : On ne change pas le moteur d’une voiture quand on est à 130 km/h sur l’autoroute. Or, pendant le Covid, l’économie s’est retrouvée presque à l’arrêt. Nous avons eu à ce moment-là une opportunité historique de changer rapidement le système énergétique, que nous avons totalement ratée.

Nous savons depuis quinze ans au moins que l’abondance énergétique, c’est fini. Il n’y a plus de débat scientifique depuis longtemps. Ne pas avoir saisi cette occasion relève donc de la responsabilité du gouvernement et du président. C’est d’autant plus dommageable que nous avons dépensé énormément d’argent pour sauver des secteurs économiques entiers, mais en les maintenant à l’identique, sans leur demander de contreparties.

Le gouvernement n’a jamais autant parlé de sobriété. Mais pourquoi est-il si réticent à engager une discussion démocratique pour redéfinir les priorités en matière de consommation d’énergie ?

A.G. : J’évoquais la peur de manquer d’énergie. Elle est liée au fait que beaucoup de nos concitoyens considèrent l’accès à l’énergie comme un droit inaliénable, tout comme le droit à se déplacer. C’est pour cela que les débats sur la restriction de l’avion sont aussi hystériques et que les écologistes sont parfois vus comme liberticides.

En plus de cette peur-là, le gouvernement est coincé dans le jeu politique. La sobriété étant un mot d’ordre venu d’une partie de la gauche, il risquerait de se mettre à dos la droite et l’extrême droite s’il voulait adopter une politique de sobriété ambitieuse.

C’est pourquoi le GIEC est d’un grand secours : il insiste beaucoup sur la sobriété dans son dernier rapport, ce qui permet aux autorités politiques des différents pays d’affirmer que ce n’est pas de l’idéologie mais une recommandation issue de travaux scientifiques.

Y a-t-il des mesures de sobriété de court terme qui s’imposent selon vous ?

A.G. : Sur ce plan, le début de la guerre en Ukraine constitue une autre occasion manquée. Dès mars-avril, quand on a progressivement compris que le conflit allait durer, il aurait fallu réduire la vitesse maximale sur les autoroutes et prendre d’autres mesures qui auraient été plus difficiles à adopter en temps normal. Au lieu de communiquer sur les « petits gestes », le gouvernement aurait dû communiquer sur ces gestes vraiment significatifs.

Il est aussi possible d’agir sur les températures de consigne, c’est-à-dire interdire de chauffer au-dessus de 19 °C l’intérieur des bâtiments en hiver et ne pas climatiser en dessous de 26 °C en été, comme le préconise l’Ademe. Cela a des effets immédiats, notamment dans les bâtiments publics, qui sont plus chauffés au gaz que la moyenne.

Il faudrait, enfin, soutenir l’artisanat pour accélérer la rénovation thermique des logements. Les délais sont trop importants aujourd’hui, en raison du manque de main-d’œuvre formée et qualifiée. Idem pour l’installation de panneaux solaires sur les habitations et des pompes à chaleur.

Au final, cette crise nous maintient-elle dans des modes de vie trop consommateurs d’énergies fossiles ou enclenche-t-elle un basculement – même forcé – vers la sobriété ?

A.G. : La prise de conscience s’accélère mais, pour l’instant, l’action n’est pas au rendez-vous. Si les difficultés persistent, la nécessité de faire un véritable effort sera de plus en plus évidente. Mais il est aussi possible, si EDF parvient à faire fonctionner ses réacteurs nucléaires ou si la situation géopolitique s’apaise, que l’hiver ne soit pas si difficile et qu’on n’engage pas la transformation nécessaire.

Si j’étais à la place du gouvernement cependant, je ne prendrais pas le pari audacieux d’un arrêt rapide du conflit en Ukraine, et donc d’un intérêt moindre à engager dès maintenant la transition énergétique.

Note 1. En France, les producteurs d’énergie solaire ou éolienne reversent à l’Etat la différence entre le prix de rachat garanti et le prix de marché, si ce dernier est supérieur (ce qui est le cas actuellement, car il dépend du prix du gaz). Le gouvernement a même déplafonné ces montants reversés. La Commission européenne propose, elle, à la fois une contribution de solidarité des entreprises pétrogazières, mais aussi que les autres producteurs d’électricité (renouvelable, nucléaire) reversent aux États leurs profits au-delà d’un certain seuil.

Suivez-nous et soutenez-nous en recevant notre newsletter

Alternatives Économiques est une coopérative 100% indépendante qui appartient à ses salariés et qui ne vit que grâce à ses lecteurs. Nous avons besoin de vous pour faire vivre ce projet.

Nos publications. Recevez notre newsletter. Nos dossiers environnement

Par Olivier Bonhomme, entretien avec Alain Grandjean, Économiste, membre du Haut Conseil pour le climat, fondateur du cabinet Carbone 4 et président de la Fondation pour la nature et l’homme (FNH)

Propos recueillis par Matthieu Jublin, publié le 24 septembre 2022

https://www.alternatives-economiques.fr/avons-rate-une-occasion-historique-de-changer-systeme-energetiqu/00104529

NUCLÉAIRE. CHERBOURG-EN-COTENTIN : ORANO VOIT PLUS GRAND POUR SA NOUVELLE USINE

Alors que les premiers assemblages ont été réalisés au cours de l’été 2022, la nouvelle usine installée par Orano à Cherbourg-en-Cotentin (Manche) va devoir déménager.

Baptisée TN Eagle Factory, la nouvelle usine installée par Orano à Cherbourg-en-Cotentin (Manche), dans le hangar anciennement destiné à la fabrication d’hydroliennes, est déjà amenée à déménager. La construction du nouveau bâtiment se fera juste à côté, à proximité du port des Flamands.

À lire aussi : Nos séries de l’été. Ces lieux interdits au public : au cœur d’une salle de conduite de l’UP3 d’Orano La Hague

Mise en service programmée en 2024

« Nous prévoyons un début des travaux de construction du nouveau bâtiment en fin d’année 2022, pour une mise en service en 2024. La TN Eagle Factory aura une surface de 6 000 mètres carrés », présente Sophie Videment, directrice de communication pour Orano NPSNuclear Packages and Services », « Colis nucléaires et services », NDLR).

Pour constituer les équipes qui travailleront dans cette nouvelle usine, trois techniciens de fabrication et un responsable de production sont pour l’instant recrutés. Une quinzaine d’embauches est prévue. Mais sans attendre, l’activité de fabrication d’emballages nucléaires a commencé, pour l’instant dans le bâtiment qui avait été construit pour OpenHydro et qui n’a jamais lancé son activité.

La situation est tout autre pour Orano NPS.

« À la fin du mois de juillet 2022, les opérations d’assemblage de série d’un modèle d’emballage ont été réalisées avec succès dans le bâtiment existant. Nous avons aujourd’hui environ 30 emballages commandés par nos clients. » (Sophie Videment, Directrice de communication pour Orano NPS)

C’était le rythme annuel annoncé en début d’année pour cette unité, qui va cependant devoir changer d’emplacement.

Pour abriter une technologie innovante

Les premières opérations ont permis de tester une technique innovante dans le procédé de fabrication. Un assemblage a été fabriqué selon cette nouvelle technologie, sans soudure, et « en un temps record de moins de quinze mois ». C’est donc une première concluante.

Mais le bâtiment actuellement occupé, 5 500 mètres carrés qui sont propriété de la Shema (Société d’économie mixte d’aménagement et de développement économique), n’est pas suffisant pour accueillir la ligne de production définitive. Elle va rester dans le hangar uniquement le temps de la construction du nouveau bâtiment, où elle sera transférée. La location actuelle prend fin pour Orano en 2024.

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre La Presse de la Manche dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

Par Géraldine Lebourgeois, La Presse de la Manche, Mon actu, publié le 24 septembre 2022 à 17h50 

Photo en titre : Le bâtiment « OpenHydro » que loue Orano ne suffit pas finalement. Un autre hangar va prendre le relais, qui va être construit juste à côté. (©La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/nucleaire-cherbourg-en-cotentin-orano-voit-plus-grand-pour-sa-nouvelle-usine_54043145.html

LES ÉTATS MEMBRES DE L’UE ÉCARTENT LES MENACES DE GUERRE NUCLÉAIRE LANCÉES PAR LE KREMLIN À PROPOS DE L’UKRAINE

«Avertissement de Nucléaire Infos : c’est en toute conscience que je publie cet article hyper pro Russie afin d’éclairer quelque peu le débat dans les heures graves que nous vivons. Ce n’est absolument pas une prise de position de Nucléaire Infos dont la seule raison d’être est l’information et la lutte contre le nucléaire civil ou militaire d’où qu’il vienne. »

Texte de l’article

Jeudi, après que le président russe Vladimir Poutine ait rappelé 300.000 réservistes et averti qu’il était prêt à utiliser des armes nucléaires en cas d’attaque de l’OTAN contre la Russie, les responsables de l’Union européenne (UE) se sont imprudemment engagés à poursuivre l’escalade du conflit. Ils ont annoncé de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie, qui entraîneront une nouvelle hausse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, qui dévastent le budget des travailleurs, et la poursuite des livraisons d’armes à l’Ukraine.

«Nous avons décidé de présenter dès que possible des mesures restrictives supplémentaires à l’encontre de la Russie, en coordination avec nos partenaires», a déclaré Josep Borrell, responsable de la politique étrangère de l’UE, à l’issue d’une réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE à l’Assemblée générale des Nations unies à New York. L’UE «étudiera, nous adopterons de nouvelles mesures restrictives, tant personnelles que sectorielles» visant les industries russes, a-t-il ajouté.

Borrell a admis que les avertissements de M. Poutine, selon lesquels il utiliserait «tous les systèmes d’armement dont nous disposons» pour défendre le territoire russe contre une attaque de l’OTAN, sont authentiques. La menace de guerre nucléaire, a déclaré M. Borrell, «est un danger réel pour le monde entier, et la communauté internationale doit réagir.» Toutefois, M. Borrell a précisé que l’UE prévoit d’accélérer la livraison de milliards d’euros d’armes au régime ukrainien d’extrême droite, qui a attaqué à plusieurs reprises les zones russophones du pays.

Les déclarations de Poutine faisant «références aux armes nucléaires n’ébranlent pas notre détermination, notre résolution et notre unité pour défendre l’Ukraine», a déclaré M. Borrell.

Les déclarations imprudentes et totalement irresponsables de M. Borrell, reprises par d’autres responsables européens, conduisent l’Europe et le monde tout droit à la guerre nucléaire.

Washington et les puissances de l’UE ont livré des dizaines de milliards de dollars d’armes aux unités de l’armée ukrainienne et aux milices d’extrême droite pour frapper des cibles au cœur du territoire revendiqué par la Russie. Mercredi, M. Poutine a déclaré que le Kremlin avait conclu que les puissances de l’OTAN visaient à «affaiblir, diviser et finalement détruire notre pays». Il a ajouté que sa menace d’utiliser tout l’arsenal militaire russe, y compris les armes nucléaires, n’était «pas du bluff».

Depuis, de hauts responsables russes ont réitéré les menaces de M. Poutine selon lesquelles la Russie répondrait aux attaques contre le territoire, y compris les zones russophones de l’Ukraine qu’elle détient actuellement, en utilisant des armes nucléaires. Hier, l’ancien président Dmitri Medvedev a déclaré : «Les républiques du Donbas (Donetsk et Louhansk) et d’autres territoires seront acceptés dans la Russie. … La Russie a annoncé que non seulement les capacités de mobilisation, mais aussi toutes les armes russes, y compris les armes nucléaires stratégiques et les armes basées sur de nouvelles techniques, pourraient être utilisées pour cette protection».

La semaine dernière déjà, Medvedev avait prévenu que le fait que l’OTAN «fournissent sans retenue le régime de Kiev avec les types d’armements les plus dangereux» pourrait provoquer une escalade militaire russe.

L’utilisation de bombes nucléaires stratégiques par la Russie et les puissances de l’OTAN entraînerait au minimum des centaines de millions de morts, voire la destruction de l’humanité. Un missile nucléaire stratégique russe RS-28 transporte 15 ogives pouvant être ciblées indépendamment, chacune ayant une puissance explosive pouvant atteindre 25 mégatonnes de TNT. Cela représente plus de mille fois la puissance des bombes nucléaires américaines qui ont anéanti les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki en 1945.

Les médias français ont cité des sources russes selon lesquelles un seul missile RS-28 peut détruire un territoire de la taille du Texas ou de la France, qui est le plus grand pays de l’UE par sa superficie.

D’autres responsables russes ont également souligné qu’ils n’avaient rien à proposer en dehors de l’escalade militaire, notamment le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui est brièvement apparu lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU à New York pour faire une déclaration dénonçant les puissances de l’OTAN avant de partir, sans écouter les remarques des autres diplomates présents.

Accusant Kiev de «piétiner effrontément» les droits des Russes et des russophones en Ukraine, M. Lavrov a déclaré que cela «confirme simplement que la décision de mener l’opération militaire spéciale était inévitable.» Il a ajouté que «la fomentation intentionnelle de ce conflit par l’Occident collectif est restée impunie».

Tant les remarques désespérées et belliqueuses des représentants du régime capitaliste post-soviétique russe que les déclarations agressives et imprudentes des puissances impérialistes européennes doivent être prises comme des avertissements: La crise profonde du système capitaliste menace de conduire à une guerre nucléaire totale entre les grandes puissances mondiales.

La faillite du Kremlin et les conséquences désastreuses de la dissolution stalinienne de l’Union soviétique en 1991 sont désormais évidentes. Les puissances impérialistes de l’OTAN n’ont pas seulement fait la guerre au Moyen-Orient et dans les Balkans, sans se soucier d’un contrepoids militaire et politique à l’impérialisme. Elles ont également attisé des conflits entre les anciennes républiques soviétiques qui ont maintenant explosé en une guerre totale. Le régime de Moscou, qui n’est plus en mesure de lancer un appel social aux travailleurs à l’échelle internationale et qui oscille entre des tentatives d’accord avec l’impérialisme et la menace de sa puissance militaire, n’a plus que le choix entre la capitulation et l’escalade nucléaire.

Les puissances de l’OTAN, pour leur part, jettent de l’huile sur le feu. Après avoir provoqué le conflit en Ukraine en soutenant un coup d’État antirusse d’extrême droite dans la capitale ukrainienne à Kiev en 2014, elles utilisent maintenant la guerre pour justifier une vaste expansion des forces militaro-policières, comme la volonté du gouvernement allemand de se réarmer et de mettre en œuvre une politique étrangère militaire agressive.

Hier, la ministre allemande de la Défense, Christine Lambrecht, et son homologue français, Sébastien Lecornu, se sont rencontrés à Berlin pour souligner que les puissances de l’UE continueraient à armer les unités de l’armée ukrainienne et les milices d’extrême droite, même si cela risque de provoquer une guerre nucléaire.

«Notre réponse est vraiment cohérente et, surtout, résolue et conjointe: il n’y aura pas de déviations, nous continuerons à soutenir l’Ukraine dans sa lutte courageuse à l’avenir» a déclaré Mme Lambrecht. Elle s’est vantée que les «énormes succès» de l’armée ukrainienne étaient en partie dus à l’aide militaire de l’Allemagne et de la France.

Mme Lambrecht a ajouté que Berlin et Paris continueraient à faire fi des avertissements russes concernant l’escalade nucléaire et à soutenir les attaques contre le territoire tenu par la Russie. «Pour nous, ces référendums [à Donetsk et Louhansk] n’auront aucune importance, car il s’agit du territoire de l’Ukraine et il le restera», a-t-elle déclaré. «C’est une bonne chose que nous envoyions un signal clair: Cette réaction de Poutine aux succès de l’Ukraine ne fait que nous encourager à continuer à soutenir l’Ukraine.»

Les bellicistes des médias débordent d’appels à une escalade rapide. Il ne faut pas que les coups de pression nucléaires de Poutine lui permettre de jouer au «maitre chanteur», exige le rédacteur en chef du Frankfurter Allgemeine Zeitung Berthold Kohler dans un commentaire. «Dans le bras de fer avec Poutine, l’Occident ne restera un adversaire crédible que s’il continue effectivement à soutenir l’Ukraine, au moins dans la mesure où il l’a fait jusqu’à présent». Toute autre attitude serait un «apaisement» et une «trahison de nos propres valeurs et intérêts».

Clemens Wergins, correspondant en chef des affaires étrangères, exige dans Die Welt que «L’Ukraine doit maintenant obtenir rapidement toutes les armes dont elle a besoin pour libérer rapidement les territoires occupés, y compris, par exemple, des chars occidentaux modernes comme le Léopard°2 ou des véhicules pour l’infanterie mécanisé comme le Marder.» Selon lui, il est «dans l’intérêt de l’Allemagne que le front russe s’effondre également dans d’autres endroits au cours des prochains mois, comme il l’a fait récemment à Kharkiv, lorsque l’Ukraine a réussi à faire fuir les troupes russes dans la panique et à capturer de vastes pans de territoire en une avancée éclair.»

Puis il ajoute: «Parce que plus cette guerre est clairement perdue pour la Russie lorsque les nouvelles recrues arrivent au front, et moins les envahisseurs occupent de terres ukrainiennes, plus vite cette guerre prendra fin

Ce raisonnement cynique correspond à la logique meurtrière du militarisme allemand au XXe siècle. Les principaux représentants du Kaiserreich et des nazis ont également fait valoir que la mobilisation rapide et maximale de la machine de guerre allemande était nécessaire pour parvenir rapidement à une «paix victorieuse» (Siegfrieden) ou à une «victoire finale» (Endsieg). En réalité, cette stratégie d’escalade a conduit à une guerre totale, avec des dizaines de millions de morts et des actes de barbarie criminels.

Derrière le bellicisme impérialiste actuel se cache un mélange toxique similaire d’ambitions géopolitiques insensées et de crise interne profonde. Comme dans les années 1930, la classe dirigeante répond à l’effondrement du capitalisme et à l’opposition explosive de la classe ouvrière en se tournant vers le militarisme, le fascisme et la guerre mondiale. La classe ouvrière doit contrer la folie capitaliste qui menace la survie de l’humanité entière avec sa propre stratégie de révolution socialiste mondiale.

Par Alex Lantier et Johannes Stern, article paru en anglais le 23 septembre 2022

Photo en titre : Josep Borrell, chef de la politique étrangère de l’Union européenne (AP Photo/Jean-Francois Badias) [AP Photo] [AP Photo]

https://www.wsws.org/fr/articles/2022/09/24/ukra-s24.html

LE CHEF DU NUCLÉAIRE IRANIEN ANNONCE UNE RENCONTRE AVEC LE PATRON DE L’AIEA

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA) Mohammad Eslami a affirmé samedi qu’il allait rencontrer la semaine prochaine à Vienne le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi.

«Je partirai dimanche en Autriche afin de participer à la Conférence générale annuelle de l’AIEA à Vienne, où je vais rencontrer M. Grossi et mes homologues» des autres pays membres, a indiqué Eslami à la télévision d’État. Cette conférence doit se tenir entre le 26 et le 30 septembre.

À lire aussi : Nucléaire : l’Iran réitère qu’il a «pleinement» coopéré avec l’AIEA

La déclaration d’Eslami intervient alors que le gendarme onusien avait indiqué le 7 septembre «ne pas être en mesure de garantir» que le programme iranien soit «exclusivement pacifique».

En cause, «l’absence de progrès» sur la question de trois sites non déclarés, où des traces d’uranium ont été découvertes par le passé, selon un rapport confidentiel.

C’est l’un des points sur lesquels achoppent les négociations qui ont démarré en avril 2021 pour relancer l’accord conclu en 2015 entre l’Iran et des grandes puissances, destiné à limiter le programme nucléaire en échange de la levée des sanctions américaines.

Téhéran a demandé à plusieurs reprises la clôture de l’enquête de l’AIEA sur les sites en question, ce que Grossi refuse de faire sans réponses «crédibles» de la part de la République islamique.

Téhéran dénonce la «politisation» de l’AIEA et de son enquête, tout en assurant avoir «pleinement» coopéré avec l’agence.

«J’espère que mes discussions mettront fin le plus tôt possible aux fausses accusations concernant certains sites» nucléaires, a dit M. Eslami, dénonçant des «pressions politiques et psychologiques» exercées contre l’Iran.

Mercredi, le président iranien Ebrahim Raïssi a réaffirmé dans son discours à l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, que son pays ne cherchait pas à se doter d’armes nucléaires.

La rédaction vous conseille : L’Iran ne cherche pas à se doter d’armes nucléaires, dit le président Raïssi à l’ONU

Par Le Figaro avec AFP, publié le 24 septembre 2022

Photo en titre : Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi. LUDOVIC MARIN / AFP

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-chef-du-nucleaire-iranien-annonce-une-rencontre-avec-le-patron-de-l-aiea-20220924

À LA TV RUSSE, LA RHÉTORIQUE NUCLÉAIRE DE PLUS EN PLUS PRÉSENTE

Avec la dernière annonce du président russe Vladimir Poutine de renforcer l’effectif des soldats présents en Ukraine avec une mobilisation partielle a envenimé une situation déjà explosive. À la télé russe, les langues se délient de plus en plus et appellent à la guerre nucléaire. À la télévision russe, plusieurs analystes ne s’en cachent plus et appellent à se servir des armes nucléaires.

L’expert militaire Igor Korotchenko et l’animatrice de télévision d’État Olga Skabeeva ont affirmé que la Russie utiliserait des armes nucléaires si elle était menacée de destruction. Pour l’expert militaire, « La seule chose que l’Occident craint aujourd’hui est la possibilité que la Russie utilise ses armes nucléaires tactiques…L’Occident doit comprendre : si certaines armes existent, les tabous et les limitations de leur utilisation pourraient être levés dans certaines circonstances». Une allusion claire à la volonté de la Russie de se défendre en cas de menace existentielle.

Pour rappel, le président américain Joe Biden a clairement averti que l’usage d’armes nucléaires était intolérable. Il a affirmé que son pays, les USA n’hésiterait pas à réagir si jamais cela arrivait. Par ailleurs, principal allié de l’Ukraine, Washington a fourni les précieuses armes qui ont permis au pays de reconquérir très rapidement plusieurs régions occupées par les russes. Outre Joe Biden, le secrétaire général de l’OTAN a lui aussi réagi concernant l’utilisation des armes nucléaires. « la Russie sait qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et qu’elle ne peut être déclenchéeNous leur avons communiqué cela et continuons à envoyer ce message clair à Moscou » a-t-il rappelé

Par Sathurnin Bossa, publié le 23 septembre 2022

Photo en titre : Première explosion d’une bombe atomique à Bikini dans les îles Marshall le 1er juillet 1946 (Photo unsplash)

https://lanouvelletribune.info/2022/09/a-la-tv-russe-la-rhetorique-nucleaire-de-plus-en-plus-presente/

MENACE DE VLADIMIR POUTINE D’UTILISER L’ARME NUCLÉAIRE : LE SCEPTICISME DES OCCIDENTAUX EST-IL JUSTIFIÉ ?

Alors que Vladimir Poutine, le président russe, a menacé d’utiliser l’arme nucléaire en marge du conflit qui oppose son pays à l’Ukraine, Cyrille Bret, géopoliticien à Sciences Po, questionne la crédibilité de cette perspective.

Ce 21 septembre, Vladimir Poutine a réitéré une menace qu’il avait déjà exprimée fin février, au tout début de l’invasion de l’Ukraine, quand il avait mis en état d’alerte les unités des forces armées russes en charge des armements nucléaires : si l’intégrité territoriale de la Russie est menacée, a-t-il assuré, il n’exclut pas le recours aux armes nucléaires. Au moment même où, à New York, les chefs d’État du monde entier se succèdent à la tribune de la 77ème Assemblée générale des Nations unies, appelant à la cessation des hostilités, il choisit, lui, de reprendre l’offensive en franchissant un nouveau cran dans la rhétorique très codée de l’arme nucléaire.

Le scepticisme des Occidentaux est-il justifié ?

Face à ce qu’ils considèrent comme une récidive ou une rechute, les Occidentaux se partagent à nouveau entre incrédulité horrifiée et le scepticisme inquiet. Le sérieux des déclarations du président russe est, comme en février, mis en doute. « Bluff », « dérapage », « outrance », « exagération », etc. : les interprétations visant à minimiser le risque nucléaire vont bon train.

Les sceptiques ont raison de souligner qu’un usage – même circonscrit – de l’arme nucléaire aurait des conséquences dévastatrices pour Vladimir Poutine : il serait immédiatement privé de ses soutiens – déjà réticents – en Chine et en Inde ; il s’exposerait à une très large réprobation interne, à l’heure où l’opposition à la guerre se manifeste dans les rues (quelque 1 300 personnes ont été interpellées au soir du 21 septembre) ; et, surtout, il risquerait une réplique directe de la part des puissances nucléaires qui soutiennent l’Ukraine : États-Unis, Royaume-Uni et France.

Faut-il pour autant congédier comme irréel le spectre d’une attaque nucléaire russe ? Ou bien serait-il plus avisé de considérer ce qui, aujourd’hui, rend la perspective de l’emploi de l’arme nucléaire moins taboue qu’avant le début de la guerre en Ukraine ?

Trois éléments se conjuguent aujourd’hui pour abaisser le seuil nucléaire aux yeux du Kremlin :

. premièrement, cette menace prend corps dans un contexte où la Russie est largement en échec dans son « opération militaire spéciale » ;

. deuxièmement, Moscou n’a cessé depuis des années, et plus encore depuis février dernier, de rompre avec les méthodes conventionnelles de la conduite de la guerre ;

. enfin, à titre personnel, Vladimir Poutine se montre, en brandissant la menace nucléaire, fidèle à l’image qu’il cherche à imposer depuis des années – celle d’un homme qui, au nom de sa vision du monde et de la place que son pays doit selon lui y occuper, est prêt à absolument tout. 

Répondre à un contexte de crise

Envisagée depuis le Kremlin, la situation militaire oriente le pouvoir russe vers des moyens d’extrême urgence. En effet, la Russie s’est montrée incapable, en plusieurs mois, d’atteindre ses objectifs stratégiques par le moyen d’une campagne militaire conventionnelle.

Malgré la modernisation de ses forces armées depuis une décennie, malgré l’aguerrissement de ses officiers sur le théâtre syrien, malgré la combinaison de cyberattaques et de campagnes de désinformation en complément des opérations militaires classiques, la Russie n’a ni pris Kiev, ni brisé la résistance nationale ukrainienne, ni même conservé ses gains territoriaux face aux contre-offensives déclenchées depuis un mois.

La tentation de recourir à des moyens non conventionnels s’accroît quand la victoire militaire conventionnelle se dérobe et le spectre d’une défaite se profile. De fait, les opérations ukrainiennes menées dans les zones de Kharkiv (au nord-est) et de Kherson (dans le sud) visent explicitement à remporter la « victoire » contre la Russie.

Pour les Ukrainiens, « victoire » signifie une reconquête intégrale du territoire national issu de l’indépendance de 1991, y compris la Crimée annexée par la Russie en 2014 et les régions de Donetsk, de Lougansk, de Kherson et de Zaporojié qui pourraient tout prochainement être annexées à leur tour, des « référendums de rattachement à la Fédération de Russie » y ayant été annoncés pour la fin du mois de septembre, alors même que Moscou ne contrôle pas la totalité de leurs territoires respectifs.

Mais pour certains soutiens de Kiev – avant tout en Pologne, dans les États baltes et aux États-Unis –, la notion de « victoire » implique une déroute militaire de la Russie, suivie d’un bouleversement politique et d’un affaiblissement stratégique durable de ce pays. Ce que redoute le Kremlin désormais, c’est de revenir à l’état d’abaissement international qui fut le sien dans les années 1990.

En somme, la Russie de Poutine considère qu’elle est à présent explicitement passée d’une guerre d’invasion contre l’Ukraine à une guerre de défense contre l’OTAN. Le niveau de menace étant dès lors drastiquement plus élevé, il pourrait être justifié, du point de vue du Kremlin, de recourir à un type d’arme qualitativement différent. En matière d’armes nucléaires, les échelons à franchir sont nombreux et il y a loin des premières annonces à l’usage effectif. Toutefois, à mesure que la crise militaire se précise pour la Russie et à mesure que le risque de défaite se matérialise, la tentation de mettre en œuvre un moyen militaire extrême se renforce.

Poursuivre des stratégies de rupture

Aujourd’hui plus que jamais, les fondements de la doctrine nucléaire russe doivent être rappelés. Ils sont en rupture complète avec la doctrine française, par exemple : la vision russe ne repose pas sur le principe de « frappe nucléaire en second », qui consiste à n’employer l’arme nucléaire qu’une fois que le territoire national aura lui-même été soumis à une attaque nucléaire.

Un usage « en premier », dans un cadre « tactique » et pour atteindre des buts militaires, est au contraire régulièrement envisagé par les différents documents stratégiques russes.

En l’occurrence, une attaque contre la Crimée (ou contre tout autre territoire considéré par le Kremlin comme étant « russe ») de la part des troupes ukrainiennes, tout particulièrement à l’aide d’armements de l’Otan, pourrait justifier, aux yeux du pouvoir russe, le lancement de missiles opérant des frappes nucléaires soit sur le champ de bataille pour briser une avancée, soit contre des infrastructures critiques pour l’organisation des forces armées ukrainiennes.

C’est ce qui avait été déjà mentionné par le président russe, de façon plus indirecte, en février 2022. C’est ce qui est répété aujourd’hui. Il ne s’agit là ni d’une gesticulation militaire ni d’un coup de menton politique. C’est le rappel strict d’une doctrine depuis longtemps connue et diffusée.

Récemment, cette doctrine nucléaire a été influencée par de nombreuses ruptures avec les méthodes conventionnelles de guerre : soupçonnée d’être impliquée dans l’usage d’armes chimiques et bactériologiques en Syrie, coopérant avec des supplétifs mercenaires comme le groupe Wagner ou « ethniques » comme les milices du président tchétchène Kadyrov, conduisant à l’occasion des opérations militaires clandestines, voilà déjà au moins une décennie que l’armée russe ne se contente pas des moyens conventionnels pour remplir ses objectifs.

La Russie de Poutine a franchi bien des Rubicons dans les guerres qu’elle a menées, que ce soit au sein de la Fédération (en Tchétchénie), à ses frontières (en Géorgie) ou dans ses zones d’influence (Moyen-Orient, Afrique centrale). L’invasion de l’Ukraine constitue en elle-même une rupture profonde avec le principe d’intangibilité des frontières issues de la dissolution de l’URSS. À mesure que les tabous militaires et stratégiques sont brisés, les uns après les autres, la possibilité de rompre le dernier d’entre eux, l’usage de l’arme nucléaire, devient moins fantasmagorique.

Entretenir une posture politique

L’usage de l’arme nucléaire correspondrait également à la posture politique que le président russe a choisie en déclenchant l’invasion de l’Ukraine.

En effet, le choix de l’invasion, en février 2022, répond à deux grandes lignes politiques explicites chez Vladimir Poutine. La première, bien identifiée et depuis longtemps analysée, correspond à sa volonté d’annuler, en partie du moins, la réduction du poids international de Moscou suite à la désintégration de l’URSS. La seconde répond à la conception du pouvoir politique qu’il a imposée à l’intérieur comme à l’extérieur : il souhaite se poser comme celui qui ose ce que personne d’autre n’ose. L’usage extrême de la force et l’usage de la force extrême sont la marque de cette conception hyperbolique du pouvoir. Oser franchir le seuil nucléaire serait, en somme, dans la lignée de ce rapport sans complexe à la force.

Enfin, la posture politique de la Russie de 2022 se précise désormais, avec les autres mesures annoncées le 21 septembre. D’une part, une mobilisation des réservistes a été décrétée : cela souligne que la Russie, sanctionnée de toutes parts, se transforme rapidement, à l’intérieur, en citadelle assiégée et en caserne généralisée. D’autre part, nous l’avons évoqué, des référendums seront organisés dans plusieurs régions d’Ukraine pour élargir le territoire de la Fédération de Russie et consacrer ainsi une nouvelle mutilation du territoire ukrainien.

Ainsi, la Russie se prépare à une longue guerre d’usure pour conserver ce qu’elle considère désormais comme son glacis défensif contre l’Otan, à savoir la Crimée et une partie du sud et de l’est de l’Ukraine. Brandir une menace nucléaire crédible vise à renforcer encore davantage cette idée que la Russie, assiégée, ne se laissera jamais vaincre.

Lorsqu’il a répété, ce 21 septembre, ses menaces nucléaires, Vladimir Poutine avait assurément à l’esprit les répercussions terribles auxquelles il exposerait la Russie si elle frappe en premier. Nul ne doit en douter. Mais nul ne doit négliger non plus les facteurs qui érodent peu à peu l’impossibilité d’utiliser ces armes.

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Par Cyrille Bret, publié le 26 septembre 2022 à 11h51

Photo en titre : Vladimir Poutine peut-il mettre sa menace à exécution ? (Sputnik/Sergey Bobylev/Pool via Reuters)

https://www.lejdd.fr/International/menace-de-vladimir-poutine-dutiliser-larme-nucleaire-le-scepticisme-des-occidentaux-est-il-justifie-4136184

INQUIÈTE D’UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE, LA POLOGNE DISTRIBUE DES COMPRIMÉS D’IODE

Le gouvernement polonais se prépare à une catastrophe nucléaire. Avec la guerre à ses frontières et la menace radioactive qui grandit, la Pologne envoie des comprimés d’iodure de potassium, utile en cas de catastrophe radiologique, dans tout le pays,

Ce sont les casernes de pompiers qui reçoivent les comprimés d’iodure de potassium et qui seront, le cas échéant, chargées de les distribuer. Et le ministère de l’Intérieur l’assure, les stocks seront suffisants pour l’ensemble de la population.

Voisine de l’Ukraine, la Pologne est inquiète d’une possible catastrophe radiologique et le risque est montée d’un cran cette semaine après le discours de Vladimir Poutine durant lequel il a agité le spectre de l’arme atomique.

Mais ce sont les derniers rapports concernant les combats autour de la centrale de Zaporijjia qui ont poussé le ministère de l’intérieur polonais à distribuer ces pastilles. Dimanche, une roquette serait tombée proche d’un réacteur nucléaire dans la région de Mikolaiv.

► À lire aussiUkraine: le spectre d’une catastrophe nucléaire sur la centrale nucléaire de Zaporijjia

Bien qu’il martèle que, pour l’instant, il n’y a pas d’inquiétude à avoir, c’est une procédure standard prévue par la loi et les plans de distributions ne seront déclenchés qu’en cas d’urgence.

À l’ouest du pays, une fuite dans une centrale nucléaire allemande en début de semaine a également fait craindre un accident majeur qui s’est finalement révélé être sans conséquence.

Mais en Pologne, le souvenir de la catastrophe de Tchernobyl est encore bien présent et cette menace constante reste une source d’inquiétudes pour la population. Les Polonais s’étaient déjà précipités sur les pastilles d’iodure de potassium disponible en pharmacie au début du conflit en Ukraine.

Avec notre correspondant à Varsovie, Martin Chabal, publié le  22/09/2022 à 22h39

Photo en titre : Les comprimés d’iode sont utilisés pour lutter contre les radiations (illustration). AP – Leo Correa

https://www.rfi.fr/fr/europe/20220922-inqui%C3%A8te-d-une-catastrophe-nucl%C3%A9aire-la-pologne-distribue-des-comprim%C3%A9s-d-iode

FACE AUX MENACES NUCLÉAIRES DE NOUVEAUX ÉTATS ADHÉRENT AU TRAITÉ SUR L’INTERDICTION DES ARMES NUCLÉAIRES !

La multiplication des menaces nucléaires, depuis le 24 février par la Russie, la poursuite des programmes de modernisation et de renouvellement des arsenaux par toutes les puissances nucléaires engagent plusieurs pays à rejeter les armes nucléaires, comme le montre 7 nouveaux États ce 22 septembre en ratifiant et en signant, lors d’une cérémonie au siège des Nations unies (New York), le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

Les menaces d’utilisation d’armes nucléaires proférées par la Russie ont accru les tensions, réduit le seuil d’utilisation et considérablement augmenté le risque de conflit nucléaire et de catastrophe mondiale. Devant ces risques inacceptables, de nouveaux États ont réaffirmé leur opposition aux armes nucléaires en rejoignant le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) lors d’une cérémonie officielle ce 22 septembre, en pleine Assemblée générale des Nations unies à New York.

Le Burkina Faso, la Guinée équatoriale, la Barbade, Haïti et la Sierra Leone ont décidé de signer le TIAN et de rejoindre cette nouvelle norme de droit international, entrée en vigueur le 22 janvier 2021. Les États de la République démocratique du Congo et de la République dominicaine ont déposé leur instrument de ratification du traité et deviennent ainsi État partie. Désormais, le TIAN compte 68 États membres et 91 signataires.

Le TIAN — complémentaire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) — est le seul traité qui interdit la menace et l’emploi (article 1) d’armes nucléaires, tout comme sa fabrication, son financement, etc. Lors de la première réunion de ce Traité (Vienne, 22/24 juin, ONU), les États membres ont condamné « sans équivoque toutes les menaces nucléaires, qu’elles soient explicites ou implicites et quelles que soient les circonstances ».

Pour Jean-Marie Collin, «Nous ne devons pas banaliser et normaliser les menaces nucléaires émises par Poutine en prétendant que ce n’est que du “bluff”. Si nul ne sait jusqu’où peut aller ce type de menace, nous connaissons par contre les potentielles conséquences humanitaires catastrophiques qui résulterait d’une détonation nucléaire. La dissuasion nucléaire est en soit une partie de “bluff”, car il est fait le pari que personne n’utilisera ses armes. Il est temps d’arrêter de miser la sécurité mondiale sur une table de poker. »

Pour Patrice Bouveret, « Emmanuel Macron qui condamnent avec juste raison les menaces d’utilisation de l’arme nucléaire exercées par la Russie devrait, d’une part, interdire les relations de la France avec l’industrie nucléaire russe Rosatom et, d’autre part, s’engager en faveur du désarmement nucléaire en manifestant son intention de rejoindre le TIAN et en invitant les autres puissances nucléaires à le faire en même temps. ».

À quelques jours de la « Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires » de l’ONU ce 26 septembre, notre Campagne appelle les acteurs politiques, les associations et la population à manifester leur opposition aux armes nucléaires.

Nous appelons les parlementaires — notamment ceux qui ont déjà manifesté leur soutien au TIAN et au désarmement nucléaire à organiser au sein des commissions défense et affaires étrangères de l’Assemblée nationale comme du Sénat, à la veille d’une nouvelle loi de programmation militaire, des auditions et des débats publics sur la politique de dissuasion (coût, respect du droit international, pertinence en termes de défense…) et sur les conséquences humanitaires en cas d’emploi d’armes nucléaires pour la population française et plus largement mondiale.

Alerte Presse : Échec de la 10e Conférence d’examen du TNP à l’ONU : Le monde se rapproche encore plus du danger nucléaire !

TRIBUNE LIBRE : LA PAIX, LA PAIX, LA PAIX

À l’heure où les tensions géopolitiques en Europe se durcissent et menacent tous les peuples par l’usage de la force de frappe nucléaire, nous publions une tribune-libre d’un militant antinucléaire, longtemps journaliste indépendant et connaissant particulièrement bien l’Ukraine et la Russie de par ses origines familiales et son attention permanente depuis cinquante ans à ce qui se passe à l’est de l’Europe. Cette tribune n’est pas une prise de position ni de la CAN-SE ni du CAN84.

L’escalade militaire et d’anéantissement nucléaire de la planète est de plus en plus menaçant avec le conflit ukrainien. Les belligérants et les pays qui les soutiennent prennent tous les peuples de tous les pays en otage dans un bras de fer nationaliste d’un autre âge. Aucun être humain, quelques soient ses convictions ou ses préférences, n’a à y gagner quoi que ce soit. On croit mourir pour un drapeau ou des valeurs on meurt pour les industriels de l’armement et leurs valets politiciens.

Toute personne de bon sens et attachée à la vie doit exiger de ses dirigeants qu’ils arrêtent d’alimenter cette violence, négocient la fin des hostilités, le retour à la paix et le respect des choix politiques des peuples.

Depuis l’effondrement du « bloc soviétique« ,  les accords de désarmement nucléaire et de respects des frontières Est-Ouest par la non-ingérence de l’OTAN dans les anciens pays d’Europe de l’Est : la paix et la coopération semblaient la base des relations en Europe.

Mais depuis plus de vingt ans l’Ukraine est devenue l’enjeu d’un nouvel affrontement Est-Ouest pour le contrôle de l’atome et la fourniture des produits de fission atomique à ses centrales nucléaires. D’un côté la Russie et son entreprise nucléariste Rosatom pour garder la fourniture d’uranium à l’Ukraine en contrepartie de la destruction des stocks d’armement nucléaire ukrainien réalisé sur le sol russe (accord de 1999 réalisé)  et en face, aux aguets, la France qui aurait souhaité placer Cogema-Areva-Orano comme fournisseur des centrales nucléaires ukrainiennes et les USA pour lequel le gestionnaire ukrainien Energoatom a accordé en 2014 à l’États-unien Westinghouse et de manière exclusive ce marché de mort.

Le Traité de Non-Prolifération des armements nucléaires comme le Traité de réduction des têtes nucléaires militaires a, de fait volé en éclats, bien que le nombre d’ogives nucléaires ai diminué tant du côté USA que Russe. Mais les pays nucléarisés et membres du Conseil de Sécurité de l’ONU refusent tous depuis plus d’an an de signer le Traité International d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN) ratifié à l’ONU par une majorité de pays de la planète.

USA, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine détenteurs de la bombe atomique se sont mis ainsi hors la loi. Ils doivent être condamnés comme tels par tous ceux et toutes celles qui sont épris de paix, de libertés, de préservation de la planète et de la vie.

L’ingérence permanente de l’OTAN comme bras armé des USA dans le reste du monde et notamment en Europe, l’alignement des pays européens sur l’impérialisme US montrent pleinement la nocivité de leur implication en Ukraine en fournissant conseillers et instructeurs militaires aux forces ukrainiennes, matériels de surveillance et d’espionnage, armements de toutes puissances de feu, entrainements de militaires belligérants en France et sur le territoire des autres pays affiliés de l’OTAN, aide financière que le peuple ukrainien devra payer un jour ou l’autre, signature de contrats de reconstruction pour les entreprises US et occidentales, implantation de cinq sites de guerre bactériologique en Ukraine. Rappelons qu’avant le mois de février 2022 et l’intervention militaire russe seulement 22% des ukrainien-nes soutenaient la politique de V.Zélinsky bien loin d’être le héros que la propagande des pays occidentaux déverse sur la population.

Plutôt que de mobiliser tous ses efforts pour faire baisser la tension entre Russie et Ukraine, l’Union européenne s’implique dans la partie de bras de fer mortel engagé depuis 2014 contre les populations russophones du sud et de l’est du territoire, notamment au Dombass. Des milliers de victimes et de morts que l’armée ukrainienne a exterminé n’ont pas ému les pays qualifiés  de « monde libre » selon la phraséologie états-unienne des années 50 reprise par l’actuel président Zélinsky. Ce dernier, lié à des oligarques ukrainiens et possédant des entreprises dans des paradis fiscaux, tout comme ses accointances avec les forces para-militaires néo-nazies dont le bataillon « Azov« , n’hésite pas à réquisitionner son peuple  – tout homme de 18 ans à 70 ans – pour servir de chair à canon. La répression s’abat sur ceux qui refusent de participer au nationalisme ambiant, de s’enrôler dans les centres de recrutement : emprisonnements,  disparitions, violences physiques. Le parlement ukrainien en profite pour détruire les droits sociaux des travailleurs en les obligeant à travailler autant que le patronat l’exige, en interdisant les partis d’opposition, en poursuivant les syndicalistes, en détruisant le patrimoine culturel d’origine russe.

L’actuel système politique russe basé lui aussi sur le capitalisme et le nationalisme, la répression contre les opposants n’est pas plus soutenable ni acceptable. Au peuple russe de jouer son rôle historique de libération sans ingérence étrangère.

Les peuples n’ont pas à prendre parti pour un nationalisme atomique face à un autre nationalisme atomique,  chacun-e doit s’impliquer pour sauver la vie sur  terre face à la terreur nucléaire, pour la fin des hostilités et la Paix.

Partagez ! 

Par Piotr Zatourinsky-Chmilewsky, publié le 22 septembre 2022 à 21h41

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2022/09/22/Tribune-libre-%3A-La-Paix%2C-la-Paix%2C-la-Paix

GUTERRES : “LE MONDE NE PEUT PAS SE PERMETTRE UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE“

– Le Secrétaire général a déclaré que la situation à la centrale nucléaire de Zaporijia demeurait « une source de grave préoccupation » et que tout dommage pourrait entraîner « de graves conséquences sur toute la planète et au-delà« 

AA / Genève : Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a alerté ce vendredi sur la situation dans la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia qui restait une source de grave préoccupation, avertissant que le monde ne peut pas se permettre une catastrophe nucléaire.

« La situation à la centrale nucléaire de Zaporizhzhia reste une source de grave préoccupation. Tout dommage à l’infrastructure nucléaire, qu’il soit délibéré ou non, pourrait avoir des conséquences terribles pour les populations de la planète et bien au-delà« , a déclaré António Guterres dans un tweet.

Et d’affirmer que “Le monde ne peut pas se permettre une catastrophe nucléaire“.

Le 4 mars dernier, la Russie a pris le contrôle sur la plus grande centrale nucléaire d’Europe. Depuis cette date, les environs de la centrale sont le théâtre d’attaques et de bombardements sporadiques, sur fond d’accusations mutuelles entre Moscou et Kiev quant à la responsabilité des frappes.

La Russie a fait allusion, dans la journée d’hier, à la possibilité d’utiliser des armes nucléaires en Ukraine et a déclaré, par l’intermédiaire du vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, que Moscou pourrait utiliser des armes nucléaires stratégiques pour protéger des régions en Ukraine.

* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

Par Abduljabbar Aburas, publié le 23.09.2022

https://www.aa.com.tr/fr/politique/guterres-le-monde-ne-peut-pas-se-permettre-une-catastrophe-nucl%C3%A9aire-/2692991

GUERRE EN UKRAINE : MISSILES SATAN 2, OGIVES TACTIQUES… QUELLE EST L’AMPLEUR DE L’ARSENAL NUCLÉAIRE RUSSE ?

La mobilisation partielle engagée par la Russie et les référendums d’annexion des territoires occupés par l’armée russe font craindre un risque d’escalade, pouvant aller jusqu’au conflit atomique. Mais quel est l’arsenal russe en matière de feu nucléaire ?

Le risque d’escalade nucléaire a pris de l’épaisseur après les annonces de Vladimir Poutine sur la mobilisation partielle des forces russes et les référendums sur l’annexion des territoires occupés par les troupes du Kremlin. Mais quelle est la réalité de la composition de l’arsenal russe ?

Le plus grand arsenal au monde

Selon The Bulletin of the Atomic Scientists, revue dont les directeurs gèrent par ailleurs l’horloge de la Fin du Monde, la Russie posséderait 4 477 têtes nucléaires utilisables, accompagnées de 1 500 autres supposées être prochainement démantelées, mais qui sont actuellement intactes, portant le nombre à environ 6 000 têtes nucléaires.

Environ 1 588 de ces têtes nucléaires seraient des ogives stratégiques déployées au début de 2022, dont 812 sur des missiles balistiques terrestres, 576 sur des missiles de sous-marins, et environ 200 sur des bombardiers. Ces chiffres ont logiquement dû évoluer avec la guerre en Ukraine et les menaces russes d’employer « tous les moyens » pour empêcher une action sur le territoire de la Russie, symbolisant la volonté d’utiliser des armes nucléaires en cas de menace.

Ces estimations sont admises comme réalistes : Lukas Aubin, chercheur associé à l’IRIS et auteur de Géopolitique de la Russie, interrogé par la Dépêche, a donné le chiffre récent de « 6 500 ogives, contre 6 185 pour les États-Unis et 300 pour la France« . La Russie est donc la première puissance nucléaire mondiale en termes de nombres d’ogives.

Une utilisation militaire possible

Ces nombreuses ogives stratégiques ne viseraient pas le champ de bataille, à l’inverse de têtes nucléaires tactiques. Lukas Aubin rapporte cependant que « depuis 2011, Vladimir Poutine a autorisé l’utilisation de petites ogives nucléaires sur le champ de bataille« , notamment mobilisées en 2014 : « Certaines ogives avaient été déployées sur les navires russes dans le contexte de l’annexion de la Crimée, selon Vladimir Poutine« . 

Et le risque de leur utilisation est réel : « La doctrine nucléaire russe stipule bien qu’il est autorisé d’utiliser des frappes nucléaires tactiques en cas d’atteinte à l’intégrité territoriale du pays« , rappelle Lukas Aubin. Des ogives nucléaires pourraient donc être utilisées sur le champ de bataille suite à une attaque ukrainienne contre les territoires occupés par l’armée russe, si ceux-ci venaient à être annexés, (NDLR : c’est bien ce qui se prépare avec ce prétendu vote en cours dans les territoires occupés !) bien que cette hypothèse suppose une forte escalade du conflit.

Des « effets d’annonce » qui jouent sur l’imaginaire

Lukas Aubin met cependant en garde contre ces « effets d’annonce » russes : « Des armes comme les missiles RS-28 Sarmat, surnommés Satan 2 [missile longue portée récemment dévoilé par Moscou], sont utilisés pour grossir  la puissance russe dans l’imaginaire collectif. Ces armes sont impressionnantes, mais moins efficaces que d’autres, comme les drones, plus pratiques. »

Si l’arsenal nucléaire russe est conséquent, il faut donc garder la tête froide devant ces proclamations qui visent surtout à effrayer. « L’objectif russe a marché, puisque beaucoup jugeaient l’armée russe comme la deuxième au monde avant l’invasion ukrainienne, et depuis les menaces de Vladimir Poutine du 21 septembre, tout le monde paraît affolé, alors qu’il avait tenu les mêmes propos durant la première semaine de l’invasion« . 

Par Benjamin Laurent, (suivre ce journaliste ), publié le 23/09/2022 à 07h01, mis à jour à 10h51

Photo en titre : Un lanceur de missile intercontinental en parade à Moscou, le 9 mai dernier. AFP – KIRILL KUDRYAVTSEV

Vous pouvez retrouver et écouter cet article (3mn17s) en cliquant sur : https://www.ladepeche.fr/2022/09/23/guerre-en-ukraine-missiles-satan-2-ogives-tactiques-quelle-est-lampleur-de-larsenal-nucleaire-russe-10560289.php

L’UNIQUE RÉACTEUR NUCLÉAIRE EPR D’EUROPE A PRODUIT SON PREMIER TÉRAWATTHEURE

L’EPR finlandais vient de franchir l’étape symbolique du premier térawattheure (TWh) produit. Il est le premier à réaliser cet objectif en Europe, et pour cause, il s’agit du seul EPR en fonctionnement sur le continent.

La construction du réacteur pressurisé européen (EPR) se voulait une véritable « évolution » dans le secteur nucléaire au début des années 2000. Il s’agissait de tirer parti de l’expérience liée à l’utilisation des anciens modèles pour en améliorer la sûreté et la performance. En outre, l’EPR produit moins de déchets que ses prédécesseurs.

Cette technologie est le fruit d’une collaboration franco-allemande entre Areva et Siemens. Finalement, le projet ne s’est pas déroulé comme prévu. La construction de l’EPR de Flamanville en France a pris 16 ans de retard et son budget a triplé. Sa mise en service est pour l’instant fixée à la fin 2023 par EDF.

1 TWh généré en 6 mois

Ailleurs en Europe, le chantier de l’EPR de Hinkley Point (Grande-Bretagne) a également rencontré des difficultés avec divers problèmes de construction, de conception et d’approvisionnement. Sa mise en service a été décalée en 2026. À ce jour, seul l’EPR d’Olkiluoto situé sur la presqu’île finlandaise du même nom et construit par AREVA, est donc en service sur le territoire européen.

Il a été raccordé au réseau national le 12 mars 2022 et a produit son premier TWh le 19 septembre, 18 ans après le début des travaux. Pour se faire une idée : 1 TWh équivaut à 1 milliard de kilowattheures (kWh), soit 1,3 jour de la consommation électrique française. D’une puissance installée de 1 650 MW, cet EPR doit répondre à 14 % de la demande en électricité en Finlande.

Au-delà des frontières européennes, deux EPR sont en service en Chine, sur le site de Taishan. Eux aussi ont rencontré quelques difficultés. Un des deux réacteurs a été mis à l’arrêt en juillet 2021 pour des problèmes d’étanchéité finalement résolus, permettant sa remise en route à l’été 2022.

Par Lorraine Veron, publié le 22 septembre 2022

À propos de l’autrice : Lorraine Veron

Juriste de formation, Lorraine a été chargée de mission pendant 9 ans auprès du médiateur national de l’énergie. Désormais rédactrice web, elle est spécialisée dans le secteur de l’énergie et du droit.

Photo en titre : L’EPR de la centrale nucléaire d’Olkiluoto en Finlande / Image : TVO

https://www.revolution-energetique.com/lunique-reacteur-nucleaire-epr-deurope-a-produit-son-premier-terawattheure/

Note de facteur à l’article ci-dessus :

D’une puissance installée de 1 650 MW, le réacteur aurait dû fournir, en 6 mois, 7,2 TWh (*) :

Comme il n’a fourni qu’un TWh, soit 14 % de cette énergie, on se retrouve avec des chiffres de production inférieurs à ceux des plus mauvaises années des vieux réacteurs de 900 MW de Fessenheim ou encore celui des plus mauvaises installations éoliennes.

Mais où sont donc passés les autres TWh ? Simplement perdus suite à un fonctionnement au ralenti lié aux problèmes techniques majeurs de ce « fleuron » !

(*) 1 650 000 kWh x 24 h x 182 jours = 7 207 200 000 kWh

MOSCOU MENACE D’UTILISER L’ARME NUCLÉAIRE EN UKRAINE

Des propos tenus par le vice-président du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev

AA/Moscou : Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a déclaré que Moscou est en mesure d’utiliser des armes nucléaires stratégiques pour protéger des zones en Ukraine.

Medvedev a indiqué dans un communiqué, jeudi, que le Donbass et des régions d’Ukraine seront annexées à la Russie, soulignant que la défense de ces régions ne se limitera pas aux possibilités offertes par une mobilisation partielle, mais que toutes sortes d’armes pourraient être utilisées, y compris les armes nucléaires stratégiques.

« Il y aura un référendum dans les républiques du Donbass et d’autres régions qui rejoindront la Russie. Les forces armées russes renforceront les installations de défense dans toutes les régions couvertes« , a ajouté Medvedev.

Il convient de noter que du 23 au 27 septembre, un référendum pour rejoindre la Russie se tiendra dans les régions du Donbass, Louhansk, Zaporijia et Kherson, contrôlées par les séparatistes pro-russes dans l’est de l’Ukraine.

De son côté, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a affirmé que « ces pseudo-référendums ne changeront rien« .

*Traduit de l’arabe par Wejden Jlassi

Par Zahir Sofuoğlu, publié le 22.09.2022

https://www.aa.com.tr/fr/monde/moscou-menace-dutiliser-larme-nucl%C3%A9aire-en-ukraine-/2692124

CENTRALES NUCLÉAIRES. L’ENSEMBLE DU PARC FRANÇAIS POURRA-T-IL ÊTRE MOBILISÉ CET HIVER ?

En France, on dénombre 56 réacteurs nucléaires actuellement. Selon les toutes dernières données d’EDF, 27 d’entre eux sont arrêtés pour maintenance. Un problème que la Première ministre, Élisabeth Borne, souhaite résoudre avant un hiver qui s’annonce tendu du côté de l’approvisionnement énergétique. Est-il possible qu’EDF les remette en service en quelques mois ? On vous répond.

Le gouvernement a annoncé que les centrales nucléaires tourneraient à plein cet hiver. Allons-nous faire fi des maintenances qui étaient en cours ? ​La question que soulève l’internaute Lucas est légitime : la saison hivernale s’annonce compliquée en approvisionnement énergétique. Face à la guerre qui sévit en Ukraine, il ne faut pas compter sur le gaz russe.

Dans ce contexte, c’est du côté du nucléaire, décrié par certains, que l’on regarde. Moi, je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon​, déclarait la Première ministre le 1er septembre dernier au micro de France Inter . Ce, alors que 27 réacteurs nucléaires demeurent encore à l’arrêt !

Alors est-il possible pour EDF de remettre en service les réacteurs ? L’ensemble du parc pourra-t-il être mobilisé cet hiver ? Ouest-France vous répond.

Combien de réacteurs réellement en production en France ?

Le coup de pression venu de Matignon a été entendu du côté d’EDF. Le 14 septembre, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, son PDG, Jean-Bernard Lévy a certifié être « pleinement mobilisé pour remettre sur le réseau le maximum de réacteurs possible pour le prochain hiver » .

Reste que tous les réacteurs du parc nucléaire français ne sont pas en activité à cette heure. Comme le montre la carte ci-dessous, tirée des données d’EDF arrêtées au 20 septembre 2022, 27 des 56 réacteurs, répartis sur 18 sites, sont à l’arrêt.

Statut des réacteurs nucléaires en France au 21 septembre 2022 :

Un handicap réel puisqu’en France, le nucléaire correspond à la première source de production et de consommation d’électricité. En 2019, cette énergie représentait 70,6 % de la production d’électricité.

Pourquoi ces arrêts ?

Alors qu’il s’agissait de travaux de maintenance pour inspections pluriannuelles programmées, une difficulté de taille vient s’ajouter. Dix réacteurs font face à un problème de corrosion sous contrainte (CSC) et cinq autres sont également suspectés de présenter les mêmes maux. De quoi s’agit-il exactement ? Ce sont des microfissures apparaissant à proximité des zones soudées de la tuyauterie d’injection de sécurité (RIS) qui permettent au réacteur d’être refroidi, en cas d’accident.

Le géant de l’électricité a alors dû développer de nouveaux moyens de contrôles par ultrasons afin de mieux comprendre ce phénomène. Cependant, cette méthode connaît ses limites. Elle ne rend pas compte de manière exacte de la profondeur de ces défauts. Ces complications ne sont donc pas à prendre à la légère. Et l’entreprise française, qui fait face à un manque de main-d’œuvre, le sait bien. Nous faisons face à un cumul inattendu d’activités, qui mobilise des compétences pointues et rares de tuyauteurs, soudeurs, robinetiers, chaudronniers… Ce déficit de compétences affecte notre capacité à réparer au rythme que nous souhaiterions ​, a confié le PDG, qui va bientôt passer le flambeau .

Le gouvernement a annoncé que les centrales nucléaires tourneraient à plein cet hiver. Allons-nous faire fi des maintenances qui étaient en cours ? ​La question que soulève l’internaute Lucas est légitime : la saison hivernale s’annonce compliquée en approvisionnement énergétique. Face à la guerre qui sévit en Ukraine, il ne faut pas compter sur le gaz russe.

Dans ce contexte, c’est du côté du nucléaire, décrié par certains, que l’on regarde. Moi, je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon​, déclarait la Première ministre le 1er septembre dernier au micro de France Inter . Ce, alors que 27 réacteurs nucléaires demeurent encore à l’arrêt !

Alors est-il possible pour EDF de remettre en service les réacteurs ? L’ensemble du parc pourra-t-il être mobilisé cet hiver ? Ouest-France vous répond.

EDF reste optimiste, mais…

De son côté, le directeur exécutif du groupe EDF en charge du nucléaire, Cédric Lewandowski, se veut rassurant : ces installations reprendront bientôt du service. Selon lui, cinq d’entre eux doivent redémarrer en septembre, cinq autres en octobre, sept en novembre, puis s’ajoutent trois en décembre, trois en janvier et enfin deux en février.

Si ces engagements sont tenus, alors 54 réacteurs sur 56 pourraient tourner. L’Autorité de la sûreté nucléaire déclarait le 26 juillet dernier dans un communiqué de presse que la stratégie d’EDF est appropriée compte tenu des connaissances acquises sur le phénomène et des enjeux de sûreté associés ». Elle ajoute : Les résultats actuellement obtenus par EDF, après six mois de développement, sont encourageants, et doivent permettre de mobiliser ce nouveau moyen de contrôle dès la deuxième partie de l’année 2022.

L’optimisme de l’intéressé est contrebalancé par les commentaires de certains observateurs qui s’attendant à ce que l’électricien découvre de nouvelles fissures dans les tuyauteries des centrales françaises. EDF doit ausculter l’ensemble de son parc nucléaire d’ici 2025. Combien de centrales nucléaires produiront donc de l’électricité cet hiver ? Il n’est pas dit que de mauvaises surprises retardent la remise en route de certains réacteurs…

Par Ouest-France, Chloé LIBERGE, publié le 22/09/2022 à 12h01, modifié le 22/09/2022 à 14h50

Photo en titre : EDF promet le redémarrage des 25 réacteurs nucléaires (ici, celui de Saint-Vulbas dans le département de l’Ain) actuellement à l’arrêt avant la période hivernale. | JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/centrales-nucleaires-l-ensemble-du-parc-francais-pourra-t-il-etre-mobilise-cet-hiver-d3e72de2-3989-11ed-a939-a7e1706647a0

UKRAINE : ÉCHANGE DE PRISONNIERS SUR FOND DE MENACES NUCLÉAIRES

L’Ukraine et la Russie ont procédé à un échange de prisonniers militaires, le plus important depuis le début de l’offensive fin février, une annonce qui intervient après la mobilisation par Vladimir Poutine de centaines de milliers de réservistes pour relancer son offensive en Ukraine.

«Nous avons réussi à libérer 215 personnes», a déclaré mercredi soir à la télévision le chef de l’administration présidentielle ukrainienne Andriï Iermak.

Kiev a notamment récupéré 188 «héros» ayant défendu l’aciérie Azovstal à Marioupol, symbole de la résistance à l’invasion russe, et cette ville du sud –dont 108 membres du régiment Azov. Cinq commandants militaires, dont des chefs de la défense d’Azovstal, ont été transférés en Turquie, a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Ils resteront dans ce pays «en sécurité absolue et dans des conditions confortables» jusqu’«à la fin de la guerre» aux termes d’un accord avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, selon le chef de l’État ukrainien.

La Russie a récupéré 55 prisonniers dont l’ex-député Viktor Medvedtchouk, un proche du président russe Vladimir Poutine, accusé de haute trahison en Ukraine, a précisé M. Zelensky dans son adresse quotidienne.

Dix prisonniers de guerre —y compris cinq Britanniques et deux Américains—, dont le transfert de Russie en Arabie saoudite plus tôt dans la journée dans le cadre d’un échange entre Moscou et l’Ukraine avait été annoncé par la diplomatie saoudienne, font partie de cet échange, a-t-il relevé.

Cette annonce intervient quelques heures après l’ordre de mobilisation partielle de réservistes donnée par Vladimir Poutine, qui a provoqué des manifestations improvisées dans au moins 38 villes de Russie et l’arrestation d’au moins 1332 personnes. Il s’agit des plus importantes protestations en Russie depuis celles ayant suivi l’annonce de l’offensive russe en Ukraine.

«Juste châtiment» 

Dans une interview à la chaîne allemande Bild TV, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pour sa part dit «ne pas croire» à l’utilisation d’armes nucléaires par Moscou. «Je ne crois pas que le monde laissera faire», a-t-il ajouté. AFP

À la tribune de l’ONU, le président américain Joe Biden a attaqué frontalement la Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, l’accusant d’avoir «violé de manière éhontée» les principes des Nations unies depuis son offensive en Ukraine.

Et après que Vladimir Poutine a menacé d’utiliser l’arme atomique, le président américain a insisté: «Il est impossible de gagner une guerre nucléaire et il ne faut pas la mener».

Quelques heures plus tôt, dans une adresse à la nation, M. Poutine s’était dit prêt à utiliser «tous les moyens» dans son arsenal face à l’Occident qu’il a accusé de vouloir «détruire» la Russie. «Ce n’est pas du bluff», a-t-il assuré.

S’exprimant mercredi par visioconférence lors de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies, M. Zelensky a exigé un «juste châtiment» contre Moscou, dénonçant avec force l’invasion de son pays par les troupes russes et appelant à la mise en place d’un tribunal spécial afin de juger Moscou «pour son crime d’agression contre notre État».

«Nous ne laisserons pas cette entité prévaloir sur nous», a-t-il lancé, prononçant le mot «châtiment» pas moins d’une quinzaine de fois.

De l’aide britannique jusqu’à la victoire 

Signe de l’inquiétude de nombreux Russes, les sites des compagnies aériennes ont été pris d’assaut après l’allocution de Vladimir Poutine et une pétition en ligne contre la mobilisation a déjà recueilli plus de 230 000 signatures. AP, Pavel Golovkin

Le Royaume-Uni continuera à fournir une aide militaire à l’Ukraine jusqu’à sa victoire contre la Russie, a promis mercredi soir la nouvelle première ministre britannique Liz Truss lors de l’AG onusienne.

«Nous ne serons tranquilles que lorsque l’Ukraine aura triomphé», a-t-elle assuré, estimant qu’en décrétant la mobilisation des réservistes, M. Poutine «tentait de justifier son échec catastrophique» en Ukraine.

Cette mobilisation a été décrite en Europe comme un «aveu de faiblesse» de Moscou, dont l’armée a essuyé ces dernières semaines des revers face aux forces ukrainiennes.

Une réunion d’urgence informelle des ministres des Affaires étrangères de l’UE s’est tenue mercredi soir à New York sur l’Ukraine. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a affirmé juste après que l’UE examinait de nouvelles sanctions contre Moscou après l’ordre de mobilisation.

Les ministres européens ont adopté une déclaration condamnant «avec force la dernière escalade de la Russie», a souligné M. Borell. «Nous allons continuer à augmenter notre aide militaire et à étudier de nouvelles mesures restrictives» contre Moscou.

À l’issue d’une rencontre un peu plus tôt consacrée à la sûreté et à la sécurité des installations civiles nucléaires en temps de conflit armés, les ministres des Affaires étrangères d’Allemagne, du Canada, de France, d’Italie, du Royaume-Uni et d’Ukraine ainsi que les représentants de Corée du sud, des États-Unis et de la Suisse ont souligné dans une déclaration commune «avec force que la saisie et la militarisation par la Russie de la centrale nucléaire de Zaporijjia (étaient) la cause fondamentale des menaces actuelles sur les plans de la sûreté et de la sécurité nucléaires».

«Nous rappelons que le risque accru d’un accident nucléaire demeurera dangereusement élevé tant que la Russie sera présente sur le site de Zaporijjia», ont-ils affirmé.

Les autorités ukrainiennes ont accusé Moscou d’avoir à nouveau bombardé mercredi le site de la centrale de Zaporijjia (sud de l’Ukraine), la plus grande d’Europe.

La situation dans cette centrale «se dégrade encore», a averti le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi. «On ne peut pas se permettre le luxe d’attendre que quelque chose de catastrophique se produise», a-t-il ajouté.

«Pour la paix» 

1300 personnes ont été arrêtées dans des manifestations anti-mobilisation selon OVD-Info, organisation spécialisée dans le décompte des arrestations. AFP, Alexander Nemenov

Se gardant d’annoncer une mobilisation générale, redoutée par des millions de Russes, M. Poutine en a décrété mercredi une «partielle», mesure jugée «urgente et nécessaire». Selon le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou, 300.000 réservistes sont concernés dans un premier temps.

Signe de l’inquiétude de nombreux Russes, les sites des compagnies aériennes ont été pris d’assaut après l’allocution de M. Poutine et une pétition sur internet contre la mobilisation a déjà recueilli plus de 230.000 signatures.

Plus de 1300 personnes ont été arrêtées dans des manifestations anti-mobilisation selon OVD-Info, organisation spécialisée dans le décompte des arrestations.

«Tout le monde a peur. Je suis pour la paix et je ne veux pas avoir à tirer. Mais c’est très dangereux de sortir maintenant, sinon il y aurait eu beaucoup plus de gens», a expliqué un manifestant à Saint-Pétersbourg, Vassili Fedorov, un étudiant qui arbore un emblème pacifiste sur sa poitrine.

L’annonce mardi de «référendums» d’annexion dans les régions contrôlées par Moscou en Ukraine, du 23 au 27 septembre, avait signalé un durcissement.

La doctrine militaire russe prévoit la possibilité de recourir à des frappes nucléaires si des territoires considérés comme russes par Moscou sont attaqués, ce qui pourrait être le cas avec les zones annexées.

Par Ania Tsoukanova, Agence France-Presse, publié le 21 septembre 2022, mis à jour le 22 septembre 2022 à 4h46

https://www.lesoleil.com/2022/09/21/echange-de-prisonniers-sur-fond-de-menaces-nucleaires-c4415f737e112eccaf4a972d5151ff58?nor=true

INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE DE LA FRANCE ET NUCLÉAIRE

On entend souvent dire, par des dirigeants politiques favorables au nucléaire, que cette énergie est garante de notre indépendance énergétique. Cette affirmation serait justifiée par le fait que les approvisionnements en uranium sont diversifiés et que la France a la maîtrise technologique de l’ensemble de la chaîne de transformation de l’uranium en « combustible » et de son « retraitement » (1).

Pourtant, aucune personne sensée n’oserait affirmer aujourd’hui que le pétrole brut assure notre indépendance énergétique grâce à des approvisionnements diversifiés et à notre maîtrise technologique, du transport, du raffinage et de la transformation des produits raffinés, en chaleur dans des chaudières, en force motrice dans des moteurs, en électricité dans des centrales thermiques, etc. Le pétrole importé n’assure pas notre indépendance énergétique, c’est une évidence.

Pour ce qui concerne l’énergie nucléaire et l’indépendance énergétique de la France, la réalité est bien différente de ce que certains prétendent. Quelle est cette réalité et quelles en sont les conséquences ?

Qu’appelle-t-on indépendance énergétique, comment la mesure-t-on, quelle est sa valeur actuelle ?

Selon l’INSEE, le taux d’indépendance énergétique d’un pays est le rapport entre sa production d’énergie primaire (chaleur générée par la fission nucléaire dans les réacteurs, charbon, pétrole, gaz naturel, hydraulique, énergies renouvelables) et sa consommation en énergie primaire. Ce taux est généralement indiqué pour une année et l’INSEE en fait le calcul en utilisant une convention datant de l’époque où l’uranium des réacteurs nucléaires provenait de mines françaises. Selon cette convention, la chaleur produite par la fission de l’uranium est une production nationale. C’est ainsi que l’INSEE indique un taux d’indépendance énergétique de la France de 55,5 % pour l’année 2020 (2).

Pourtant, l’uranium est entièrement importé, soit sous une forme (« yellow cake » (3), hexafluorure d’uranium (4), uranium enrichi) qui nécessite des traitements complémentaires pour être utilisable dans les réacteurs, soit sous la forme d’assemblages de « combustibles » prêts à l’emploi (5)

En réalité, les seules sources d’énergie non importée qui contribuent à l’indépendance énergétique française sont les renouvelables et le peu de pétrole et de gaz extraits du sous-sol. En 2020, le taux d’indépendance énergétique réel, calculé avec les données Eurostat6, était de l’ordre de 13,5 %. On est bien loin de la valeur annoncée par l’INSEE.

La France est donc un pays très dépendant des importations d’énergies fossiles et d’uranium. Tout comme l’industrie pétrolière, l’industrie nucléaire mondialisée et sous influence de pays guerriers comme la Russie, est une source de dépendance énergétique et géopolitique.

D’où vient l’uranium importé sous-forme de « yellow cake » ou sous d’autres formes ?

Selon un article du journal Le Monde7, l’uranium nécessaire au fonctionnement des centrales nucléaires françaises est importé en totalité depuis 2003. L’exploitation de la dernière mine d’uranium en France a cessé en 2001. En 2020, l’uranium a été importé pour près de 10 % d’Australie, 26 % d’Ouzbékistan, 35 % du Niger et près de 29 % du Kazakhstan. C’est donc 90 % de l’uranium importé en 2020 qui provenait de pays sous influence russe ou chinoise, depuis que la Chine est installée au Niger8 et que la milice pro-Poutine Wagner opère au Mali9. Et 55 % de l’uranium importé en 2020 provenait du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Or, dans ces deux pays, selon Le Monde, « Moscou est en position de force10 » et, selon Le Point, « la Russie et l’Ouzbékistan scellent leurs liens dans tous les domaines (11) ».

Selon un article du quotidien de l’écologie Reporterre12, qui cite une note de l’ONG Greenpeace, « la France a importé 19 245 tonnes d’uranium naturel et 8 213 tonnes d’uranium enrichi de Russie entre 2000 et 2020 ». Toujours selon Reporterre (référence 3), l’usine ANF (Advanced Nuclear Fuels, filiale de Framatome) de Linden en Allemagne, alimentée en hexafluorure d’uranium par la Russie, livre des « assemblages combustibles » pour les réacteurs nucléaires français.

Quelle est notre dépendance énergétique au nucléaire ?

En 2020, l’électricité issue des centrales nucléaires et consommée en France a fourni 16 % de toutes les consommations finales d’énergie (celle que les consommateurs achètent sous forme de combustibles, de chaleur et d’électricité). Notre dépendance énergétique au nucléaire est donc de cet ordre et bien moindre que notre dépendance aux énergies fossiles, de l’ordre de 60 %. S’affranchir très rapidement de cette dépendance énergétique au nucléaire ne devrait donc pas constituer un obstacle insurmontable pour un pays technologiquement développé comme la France. L’Italie et l’Allemagne, qui ont choisi d’arrêter le nucléaire, ont une indépendance énergétique, avec ou sans énergies fossiles extraites de leur sous-sol, significativement plus élevée que celle de la France (voir annexe). Et ils ne dépendent plus d’importations d’uranium provenant de pays sous influence russe. L’Allemagne dispose en outre de mines et de centrales à charbon qu’elle peut utiliser de manière plus intense qu’actuellement en cas de nécessité.

La France peut-elle résister longtemps aux aléas de fonctionnement des centrales nucléaires et aux mauvais choix de politique énergétique ?

Au cours de l’hiver 2021-2022, la puissance électrique maximale consommée, enregistrée le 14 janvier 2022 à 9 h 30, a été de 87 039 MW. Si les 56 réacteurs des centrales nucléaires françaises avaient été en état de fonctionner, ils auraient pu fournir 61 370 MW. Mais ce jour-là, 10 d’entre eux étaient complètement arrêtés et 6 autres à puissance réduite. Ceux qui étaient encore en état de marche ont alors fourni 48 585 MW. C’était insuffisant pour l’équilibre du réseau. Heureusement, la France dispose encore de moyens de production « pilotables » et moins aléatoires que le nucléaire (centrales hydroélectriques de barrage, centrales à gaz, à charbon et à fioul) et de moyens de production au fil de l’eau, du soleil et du vent. Ils ont alors fourni 31 391 MW. Et d’autres moyens de production, dans les pays riverains de la France, ont fourni le solde (7 063 MW) indispensable pour passer la pointe de consommation.

L’approvisionnement électrique de la France est donc sous triple dépendance :
– à de l’uranium entièrement importé de pays pour la plupart alliés à la Russie,
– à  des  installations  nucléaires  de  forte  puissance  vieillissantes,  dont  les  indisponibilités sont de plus en plus fréquentes13, dont le fonctionnement est très aléatoire dans un monde incertain soumis aux « crises » (sanitaires, géopolitiques, guerres, attentats) et aux aléas climatiques,
– aux importations d’électricité (essentiellement en provenance d’Allemagne) en période de pointes de consommation mais aussi hors de ces périodes lorsque plusieurs réacteurs nucléaires sont indisponibles.

Le recours important au chauffage électrique, générateur d’appels de puissance élevés en période froide (selon RTE, un degré de baisse de température extérieure augmente la puissance appelée sur le réseau de 2 400 MW), est un facteur aggravant de dépendance.

La guerre de Poutine en Ukraine devrait pousser le gouvernement français à revoir de toute urgence sa politique énergétique. Et il ne s’agit pas de faire la même erreur que celle commise dans les années 1970 au moment des « chocs pétroliers ». Il s’agit de s’affranchir du nucléaire, c’est-à-dire de technologies militaro-civiles qui provoquent des catastrophes d’ampleur mondiale, d’installations défaillantes, énergétiquement inefficaces, importatrices d’uranium, productrices d’effluents et déchets radioactifs ingérables et potentielles cibles militaires.

Par François Vallet – message reçu le 22 septembre 2022 à 12h24

Annexe : taux d’indépendance énergétique et autres indicateurs pour quelques pays d’Europe en 2020

Les indicateurs suivants ont été calculés à partir des statistiques énergétiques publiées par Eurostat.

Parmi les 4 pays examinés, et par rapport à la moyenne européenne (EU 27), c’est la France qui a le système énergétique le moins efficace, la plus faible part d’énergies renouvelables et le plus faible taux d’indépendance énergétique. De ce point de vue, c’est un des maillons faibles de l’Europe dans la situation de guerre aux frontières de l’Union européenne.

Pour assurer son approvisionnement énergétique, la France dépend non seulement de pays hors UE, de pays sous influence de la Russie pour l’uranium, mais aussi de ses voisins de l’UE pour assurer l’équilibre de son réseau électrique.

Pour illustrer la dépendance énergétique de la France, il suffit de comparer notre consommation d’énergies fossiles avec celle de l’Italie, pays qui n’a plus aucun réacteur nucléaire en fonctionnement et dont le nombre d’habitants est très proche (en 2020, 59,6 millions en Italie, 67,4 millions en France). En 2020 l’Italie a consommé 111,9 Mtep sous forme de charbon, de pétrole et de gaz, et la France 107,7. L’Italie par ailleurs augmente régulièrement la part des énergies renouvelables dans sa production d’électricité : de moins de 16 % en 1990, elle est passée à 39 % en 2019, alors que cette même année la France arrivait à peine à 20 %.

NOTES

1 : Réponse de la ministre de la transition énergétique, aux questions du député LFI Matthias Tavel, lors de son audition à l’Assemblée Nationale le 13 septembre 2022 https://videos.assemblee-nationale.fr/video.12149243_63207c68b962b.commission-des-affaires-economiques–mme-agnes-pannier-runacher-ministre-%20de-la-transition-energeti-13-septembre-2022?timecode=3524020

2 : Bilan énergétique de la France – Données annuelles de 2011 à 2020 – Chiffres-clés – Paru le : 24/12/2021, https://www.insee.fr/fr/statistiques/2015823

3 : Concentré d’uranium sous forme de d’octaoxyde de triuranium U₃O₈.

4 : https://reporterre.net/L-encombrante-livraison-d-uranium-russe-a-l-Europe

5 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_Framatome_de_Lingen

6 : https://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/energy/data/energy-balances

7 : L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire : un tour de passe-passe statistique : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/01/24/l-independance-energetique-de-la-france-grace-au-nucleaire-un-tour-de-passe-passe-statistique-et-100-d-importation_6110781_4355770.html

8 : Uranium : une société chinoise va lancer de nouvelles prospections au Niger – Reporterre – 10 octobre 2018
https://reporterre.net/Uranium-une-societe-chinoise-va-lancer-de-nouvelles-prospections-au-Niger

Niger : la ville d’Arlit perd une mine d’uranium et plus de 600 emplois – France Info Afrique – 18 mars 2021
https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/economie-africaine/niger-la-ville-darlit-perd-une-mine-duranium-et-plus-de-600-emplois_4336601.html

9 : Avancées russes sur le continent africain : l’UE doit-elle s’en inquiéter ? – RTBF – 20 février 2022
https://www.rtbf.be/article/avancees-russes-sur-le-continent-africain-lue-doit-elle-sen-inquieter-10935681

10 : Moscou en position de force au Kazakhstan: https://www.lemonde.fr/international/article/2022/01/08/entre-le-kazakhstan-et-la-russie-une-relation-ambivalente_6108655_3210.html

11 : https://www.lepoint.fr/monde/la-russie-et-l-ouzbekistan-scellent-leurs-liens-dans-tous-les-domaines-19-10-2018-2264208_24.php

12 : https://reporterre.net/En-pleine-guerre-la-France-recoit-de-l-uranium-russe

13 : EN 2020, selon le World Nuclear Industry Status Report de 2021 (pages 87 à 89), l’indisponibilité totale des réacteurs nucléaires a été de l’ordre de 32 %, avec 10 réacteurs complètement arrêtés toute l’année
https://www.worldnuclearreport.org/IMG/pdf/wnisr2021-lr.pdf

OÙ SERONT SITUÉS LES SIX NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES EN FRANCE ?

Risques de coupures d’électricité, flambée du prix du gaz, objectifs de réduction des émissions de CO2 : tous les ingrédients étaient réunis pour qu’Emmanuel Macron décide en février dernier de développer davantage le parc nucléaire français. Six nouveaux réacteurs devraient être construits. Mais où seront-ils implantés ?

Pour atteindre son objectif de neutralité carbone d’ici 2050, la France mise sur le renouvellement de son parc nucléaire, et sur la prolongation de dix ans de la durée de vie des anciennes centrales nucléaires. Par ailleurs, six réacteurs de type EPR2 devraient être implantés. Le président Macron laisse également entrevoir la possibilité de construire huit réacteurs nucléaires supplémentaires.

Actuellement, l’énergie nucléaire couvre près de 70% de la production d’électricité nationale, à travers un réseau de 56 réacteurs développant une puissance cumulée de 61,4 GW. Le président français estime que 25 GW supplémentaires doivent être installés pour faire face aux besoins futurs, et à l’électrification d’un nombre croissant de services (électrification de la mobilité, de l’industrie, connectivité, décarbonation de la production électrique, etc.).

À lire aussi : Le parc nucléaire sera-t-il au rendez-vous cet hiver ?

Nucléaire, renouvelables : retard à tous les étages

Les premiers réacteurs nucléaires devraient être opérationnels dès 2035. Une échéance jugée optimiste, lorsque l’on considère les 16 ans nécessaires à la construction de l’EPR de Flamanville, au lieu des 5 ans initialement prévus.

Sans parler du dépassement budgétaire, qui s’élève à 9,4 milliards d’euros, sur les 3,3 milliards initialement prévus. 16 ans, soit 12 de plus que le calendrier initialement prévu, c’est également le délai qu’il aura fallu pour mettre en service le réacteur EPR d’Olkiluoto, en Finlande, qui vient d’ailleurs de produire son premier térawattheure (TWh).

À lire aussi : La France étudie en secret le financement de 6 nouveaux réacteurs nucléaires

Emmanuel Macron n’a pas pour autant mis de côté le développement des renouvelables : il prévoit la construction d’au moins 50 parcs éoliens offshore. Objectif : 40 gigawatts (GW) à l’horizon 2050. Ici aussi, on peut juger l’objectif ambitieux au regard des 10 ans de retard accusés pour la mise en service du parc éolien offshore de Saint-Nazaire, premier de ce genre en France, prévu pour fin 2022.

L’éolien terrestre verra toutefois sa croissance revue à la baisse. La capacité annuelle devrait doubler d’ici 2050, alors qu’au départ, Emmanuel Macron voulait la multiplier par 10. Quant au solaire, la France devra se doter d’une capacité de production photovoltaïque de 100 GW d’ici 30 ans, alors que celle-ci s’élève aujourd’hui à 13,6 GW.

Où se situeront les nouveaux réacteurs nucléaires ?

Les nouveaux réacteurs nucléaires seront construits et exploités par l’opérateur national EDF, qui est détenu à 80% par le gouvernement français. EDF est déjà responsable de l’exploitation des 56 réacteurs nucléaires en France. EDF a remis au printemps dernier au gouvernement sa proposition de construire six EPR2 sur trois sites existants, chaque site étant doté de deux réacteurs :

  • Centrale nucléaire de Penly, près de Dieppe (Seine-Maritime)
  • Centrale nucléaire de Gravelines (Nord)
  • Centrales nucléaires du Bugey (Ain) ou de Tricastin (Drôme)

À lire aussi : L’électricité nucléaire française serait incroyablement bas-carbone selon EDF

Qu’est-ce qu’un EPR2 ?

L’EPR2 est un réacteur à eau sous forte pression dit de troisième génération, de conception française. Il s’agit d’une version plus simple que la conception initiale de l’EPR (« European pressurized reactor », rebaptisé « Evolutionary pressurized reactor »).

Ce modèle évolué est censé être plus simple et plus rapide à construire, car installé par paires. La construction de plusieurs exemplaires permettra de réaliser des économies d’échelle. De même, l’expérience acquise à Flamanville devrait permettre d’éviter de nombreuses erreurs ayant entraîné de sérieux retards dans la construction.

À lire aussi : Nouveaux réacteurs nucléaires en France : le débat public est lancé

L’EPR est un réacteur « évolutionnaire », c’est-à-dire qu’il ne bénéficie pas d’un saut technologique par rapport au modèle précédent, mais uniquement des retours d’expérience en matière de sûreté et de performance. Il est toutefois moins polluant, puisqu’il consomme 20% d’uranium en moins par MWh produit par rapport aux réacteurs actuellement en fonctionnement, et produit donc moins de déchets radioactifs.

Cette nouvelle génération de réacteurs bénéficie d’une enceinte de confinement renforcée, et d’un récupérateur de corium qui permet, en cas de fusion du cœur, de récolter le combustible et de le refroidir grâce à des réserves en eau stockées de manière permanente dans la centrale.

L’EPR2 est réputé comme le réacteur nucléaire le plus puissant au monde (1 650 MW). Trois exemplaires sont déjà opérationnels dans le monde : 2 en Chine (Taishan) et 1 en Finlande (Olkiluoto). Deux autres centrales EPR sont en construction en Grande-Bretagne (Hinkley Point) et en France (Flamanville).

À lire aussi : « Futurs énergétiques 2050 » : les leçons de l’étude RTE (1/2)

Il faudra être patient

La procédure de demande d’autorisation de construction d’une installation nucléaire, déposée par EDF et instruite par l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), est relativement longue, et passe notamment par une enquête publique.

Il reste donc encore des étapes cruciales à franchir avant d’arriver à la concrétisation du programme nucléaire d’Emmanuel Macron. Ces dernières ne seront pas achevées avant 2026 selon un premier calendrier publié Commission nationale du débat public (CNDP).

Selon le député écologiste Matthieu Orphelin, un tel chantier serait « en contradiction totale avec la programmation pluriannuelle de l’énergie [PPE, NDLR] votée en 2019 qui dit qu’on ne peut pas faire de nouvelles centrales sans retour d’expérience de Flamanville »

À lire aussi : Le ciel s’assombrit au-dessus de l’avenir atomique d’EDF

Par Bruno CLAESSENS, publié le 21 septembre 2022

À propos de l’auteur :

Bruno Claessens est spécialiste en énergies renouvelables depuis 2008. Après avoir été conseiller éolien pendant 8 ans auprès du gouvernement wallon, il développe à présent des projets éoliens terrestres pour une société privée en Wallonie. Il est également président de l’association www.amperes.be qui vise à promouvoir la mobilité électrique, propre et responsable.

https://www.revolution-energetique.com/ou-seront-situes-les-six-nouveaux-reacteurs-nucleaires-en-france/

ZAPORIJJIA: LA RUSSIE ACCUSÉE D’AVOIR À NOUVEAU BOMBARDÉ LA CENTRALE NUCLÉAIRE

De nouvelles sueurs froides. Les autorités ukrainiennes ont accusé ce mercredi matin la Russie d’avoir encore bombardé le site de Zaporijjia, la plus grande centrale nucléaire d’Europe.

La frappe a endommagé une ligne électrique provoquant l’arrêt de plusieurs transformateurs du réacteur numéro 6 de la centrale et une brève mise en marche de groupes électrogènes de secours, a précisé Energoatom. «Même la présence d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’arrête pas» les Russes, a-t-il encore ajouté en appelant l’AEIA à des «actes plus résolus» contre Moscou.

De son côté, la direction du site a toutefois précisé que «le taux de radiation sur le site de la centrale […] se trouve au niveau naturel» et les «rejets» radioactifs dans l’environnement «ne dépassent pas les normes autorisées».

«La Russie met en danger le monde entier»

Début septembre, les inspecteurs de l’AIEA se sont rendus sur place pour évaluer la situation sécuritaire. Dans un rapport publié le 6 septembre, ils estimaient que «la situation actuelle est intenable». L’Agence internationale de l’énergie atomique préconisait notamment «l’établissement immédiat d’une zone de sécurité nucléaire et de protection» autour de la centrale. «Les bombardements sur le site et dans les environs doivent cesser tout de suite pour éviter de provoquer de nouveaux dommages aux installations», insistaient les experts de l’AIEA.

Située dans le sud de l’Ukraine et occupée depuis le 4 mars par les forces russes, la centrale de Zaporijia, a été plusieurs fois bombardée ces dernières semaines, Moscou et Kyiv s’accusant mutuellement de ces frappes. Les deux capitales s’en rejettent la responsabilité et s’accusent mutuellement de chantage nucléaire.

Deux autres sites nucléaires se sont retrouvés entraînés dans la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine, et cela malgré les multiples appels de la communauté internationale à épargner de telles infrastructures afin de ne pas provoquer une catastrophe continentale. Lundi, Kyiv a déjà accusé Moscou d’avoir bombardé le site de sa centrale nucléaire de Pivdennooukraïnsk, deuxième plus grande du pays, et également située dans le sud du pays.

«La Russie met en danger le monde entier. Nous devons l’arrêter tant qu’il n’est pas trop tard», avait alors lancé sur Telegram le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a diffusé une vidéo de surveillance en noir et blanc montrant une grosse explosion.

Par LIBÉRATION et AFP, publié le 21 septembre 2022 à 9h36

Photo en titre : Le site de Zaporijjia au cours de la visite d’inspecteurs de l’AIEA, le 2 septembre dernier. (IAEA/REUTERS)

https://www.liberation.fr/international/zaporijia-la-russie-accusee-davoir-a-nouveau-bombarde-la-centrale-nucleaire-20220921_USINHZQ55FAO7OBJIQLILI2GXI/

NUCLÉAIRE. LE CRILAN DEMANDE UNE EXPERTISE INDÉPENDANTE SUR L’EPR DE FLAMANVILLE

Depuis novembre 2021, le Crilan demande une expertise indépendante sur l’EPR de Flamanville. L’association a déposé un recours devant le tribunal administratif.

Le 13 août 2022, le Comité de réflexion, d’information et de lutte antinucléaire (Crilan) a déposé un recours devant le tribunal administratif de Caen, visant le conseil départemental de la Manche.

C’est en fait le fonctionnement de la Commission locale d’information (CLI) de Flamanville qui est visé, après le refus de son bureau d’examiner en assemblée générale la demande d’expertise indépendante sur l’EPR formulée en novembre par l’association.

À lire aussi : Nucléaire. Centrale EDF de Flamanville : vers une remise en route des réacteurs avant la fin 2022

Par cette expertise, encadrée par le Code de l’environnement, le Crilan souhaitait que la CLI engage une revue des différents sujets « susceptibles d’affecter la sûreté en exploitation » du réacteur EPR de Flamanville.

De trop nombreuses inquiétudes

Des défauts de conception et de construction, des écarts et des dysfonctionnements, l’association en a compilé un mémoire de 26 pages, allant des fissures détectées dans les fondations en décembre 2007 aux incertitudes sur la tenue du combustible, après les problèmes d’étanchéité constatés en juin 2021 sur le réacteur chinois de Taishan, en passant par les réserves exprimées en 2009 par l’Autorité de sûreté nucléaire sur le système de contrôle commande, les falsifications de dossiers de fabrication au Creusot et les questions autour de la cuve et de son couvercle… Une liste non exhaustive visant à « la mise en service à marche forcée » annoncée pour fin 2023.

Pour le Crilan, seule une expertise indépendante est à même d’« apporter la démonstration que cet outil industriel peut fonctionner en toute sécurité ». Saisi de cette demande, le bureau de la CLI de Flamanville l’avait refusée le 6 janvier 2022.

« Une telle expertise était irréalisable par la CLI, et même par l’association nationale des CLI. Elle aurait demandé un travail gigantesque par des scientifiques et des experts, aurait duré des années et coûté des millions d’euros. » (Benoît Fidelin, Président de la CLI de Flamanville)

Un règlement intérieur « illégal »

Il proposait plutôt une « synthèse documentaire » loin de satisfaire le Crilan. D’autant que ce bureau de la CLI n’est pas conforme aux dispositions de l’article R 125-61 du Code de l’environnement. Le règlement intérieur, qui date de septembre 2014, « ne contient aucune disposition relative au bureau, à la désignation de ses membres et à ses attributions », résume l’avocat de l’association. Qui estime au passage le budget de la CLI « opaque », voire illégal.

À lire aussi : Nucléaire. Le « grand chantier » touche à sa fin, quel avenir pour le Cotentin ?

Le préfet de la Manche, dans un courrier du 16 juin, a recommandé à Jean Morin, président de l’assemblée départementale dont dépendent les CLI, « de mettre le fonctionnement de la CLI de Flamanville en conformité ».

Le Crilan, lui, se tourne donc vers le tribunal administratif, demandant à la juridiction caennaise de déclarer illégaux la décision du bureau de la CLI et son règlement intérieur, et de condamner le conseil départemental à lui verser 100 000 euros en réparation de son préjudice.

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre La Presse de la Manche dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

Partagez

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 21 septembre 2022 à 14h00 

Photo en titre : Les responsables du Crilan ont déposé un recours devant le tribunal administratif de Caen, après le refus du bureau de la CLI de Flamanville de réaliser une expertise indépendante sur l’EPR. (©Jean LAVALLEY)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-le-crilan-demande-une-expertise-independante-sur-l-epr-de-flamanville_53957844.html

JEAN-LUC MÉLENCHON : « LE TEMPS EST VENU POUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE »

« Le contexte géopolitique lie une fois de plus la question de la paix à celle du désarmement nucléaire. L’intensification des combats autour de la centrale de Zaporijjia en Ukraine représente une menace pour l’ensemble de l’Europe. De même, l’arme nucléaire est une menace pour la terre entière. Une guerre nucléaire se terminerait nécessairement par un anéantissement mutuel total. La stratégie française de dissuasion a fonctionné. Elle a permis à la France de construire son indépendance et l’autosuffisance pour sa défense. Mais son efficacité, notamment son indétectabilité, est désormais trop incertaine. Surtout, le développement militaire dans l’espace va bientôt rendre la dissuasion nucléaire obsolète.

C’est l’occasion de relancer la discussion internationale sur le désarmement nucléaire multilatéral. Mettre ce sujet sur la table serait au cœur des missions d’une diplomatie altermondialiste, dans une logique de non-aligné. Il n’y a plus de raison de conserver la capacité de détruire plusieurs fois l’humanité. »

Par Jean-Luc Mélenchon, Fondateur de la France Insoumise, publié le mercredi 21 Septembre 2022

https://www.humanite.fr/politique/journee-internationale-de-la-paix-2022/jean-luc-melenchon-le-temps-est-venu-pour-le-desarmement-nucleaire-764372

PHILIPPE POUTOU : « LE NUCLÉAIRE, UN DANGER POUR L’HUMANITÉ »

Le Traité d’interdiction des armes atomiques (TIAN) a pour but affiché d’interdire le développement, la production ou l’achat d’armes nucléaires.

Mais aucun pays détenteur (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Inde, Pakistan, Israël et Corée du Nord) ou dépositaire sous l’égide de l’Otan (Belgique, Allemagne, Pays-Bas, Italie, Turquie) ne l’a pour l’heure signé. Pire, ces puissances nucléaires ont relancé des politiques de développement de leurs arsenaux atomiques. À commencer par notre propre impérialisme, dont le budget militaire a encore augmenté pour atteindre 5,9 milliards d’euros cette année. Comme le rappelle l’ICAN (Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires) : « Les pays dotés de l’arme nucléaire ont dépensé 6,5 milliards de dollars de plus en 2021 et ils n’ont pas été capables d’empêcher une puissance nucléaire de déclencher une guerre en Europe. »

La menace russe sur les réacteurs ukrainiens soulève un autre risque mortifère. En France, 190 installations nucléaires civiles et militaires (dont 18 centrales EDF avec 56 réacteurs) sont autant de cibles, vulnérables aux armes conventionnelles, sans avoir besoin d’utiliser l’arme atomique. La prolifération nucléaire, militaire comme civile, constitue un danger permanent en temps de paix… et pire en cas de conflit. C’est pourquoi le NPA se prononce pour l’élimination complète des arsenaux nucléaires mais aussi l’arrêt sous 10 ans des centrales nucléaires.

Par Philippe POUTOU, Porte-parole du NPA, publié le mardi 20 Septembre 2022

Photo en titre : Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP

https://www.humanite.fr/politique/journee-internationale-de-la-paix-2022/philippe-poutou-le-nucleaire-un-danger-pour-l-humanite-764240

CRISE ÉNERGÉTIQUE : LES DIVISIONS ENTRE NUCLÉAIRE ET ENR « FONT LES DÉLICES DE CEUX QUI NOUS SONT HOSTILES »

Pour Le Monde de l’Énergie, Vincent Maillard, président-fondateur de Plüm Énergie, évoque la crise énergétique actuelle, son ampleur, sa durée et les moyens d’y répondre.

Le Monde de l’Énergie —Quelle sortie possible voyez-vous à la crise énergétique actuelle, en France et en Europe ?

Vincent Maillard —La crise énergétique actuelle résulte de trois facteurs concomitants : le changement climatique, la crise du gaz voulue par Vladimir Poutine et initiée bien avant le 24 février dernier, et les problèmes de disponibilité du parc nucléaire en France. Si on peut penser que les problèmes du parc d’EDF devraient être résolus dans un horizon qui se compte plus en mois qu’en années, il est difficile de prévoir la durée de la crise gazière. Quant au changement climatique, c’est un problème qui ne sera pas résolu avant des dizaines d’années – et à condition de ne pas retarder davantage une action à la hauteur de l’enjeu.

Sur le long terme donc, la crise risque de devenir chronique sur au moins deux de ses facteurs. La question est bien de savoir si l’Europe trouvera un remède suffisant pour limiter l’effet de cette crise et pour rebondir.

Sur le court terme, la question de la disponibilité du nucléaire en France et du gaz en Europe sont les facteurs les plus importants. Il me semble probable que la Russie continue de diminuer ses livraisons de gaz progressivement comme elle le fait depuis maintenant plus d’un an, accentuant la crise sur une Europe qui n’a pas encore à ce jour compris que sa principale arme de riposte est une réduction drastique de la consommation d’énergie. Cela couperait les ressources de la Russie par les deux bouts : en diminuant les volumes, d’une part, et les prix auxquels cette énergie est vendue, d’autre part. Au lieu de cela, on a principalement mis en place des mesures qui subventionnent l’énergie – donc in fine la Russie.

Le Monde de l’Énergie —Quels dossiers vous semblent prioritaires pour garantir l’approvisionnement énergétique de la France, à court, moyen et long terme ?

Vincent Maillard —La priorité absolue est la réduction de la consommation, c’est la seule qui ait un effet immédiat. Pour cela il faut aussi de la pédagogie, et en particulier que les Français soient conscients que la production d’électricité « modulante » (celle qui sera réduite si on réduit la consommation) est essentiellement de la production importée d’Allemagne brûlant du gaz russe. Et on peut réduire fortement cette consommation, si la France réalise qu’elle n’a pas de gaz, mais qu’elle a de la volonté. Chez Plüm, depuis toujours, on incite les clients à réduire leur consommation. Et on a constaté qu’en moyenne, avec des mesures douces, leur consommation baisse de 10%, ce qui est l’objectif fixé par le gouvernement en deux ans ! On sait aussi que les clients pourraient faire beaucoup plus, pourquoi pas diviser leur consommation par deux. Mais cela ne sera possible que si les efforts sont ressentis comme partagés. Pour cela, par exemple, les dirigeants de grandes entreprises qui nous alertent par voie de presse sur l’impératif de réduire nos consommations doivent comprendre que sobriété bien ordonnée commence par soi-même.

À moyen terme, d’ici deux ans, on peut installer massivement de nouveaux moyens de production renouvelable (éolien ou solaire) tout en maintenant le plus longtemps possible et avec la meilleure disponibilité possible le parc nucléaire existant. Tout le monde comprendra l’intérêt en termes d’indépendance car Vladimir Poutine n’est pas encore capable d’éteindre le soleil ou d’empêcher le vent de souffler.

À long terme, il convient d’électrifier tous les usages qui peuvent l’être (transport, chauffage par pompe à chaleur efficace etc.).

En tout état de cause, même à long terme, il faudra de la sobriété énergétique car toutes les technologies de production ont des défauts et utilisent de ressources rares, que ce soit des terrains, de la matière pour les équipements, ou de l’uranium pour ce qui est du nucléaire.

Le Monde de l’Énergie —En quoi les PPA (contrat à prix fixe, sur le long terme) sont-ils une réponse possible à ces problèmes ? Comment le gouvernement peut-il les soutenir ?

Vincent Maillard —C’est un excellent outil pour voir se développer de nouveaux moyens de production. Ces contrats d’achat d’énergie à long terme sécurisent l’approvisionnement des clients en leur donnant de la visibilité sur les prix de l’énergie qu’ils achètent. Ils permettent ainsi le développement d’installations de production renouvelable et sont donc in fine un levier majeur de la transition énergétique.

L’État peut soutenir leur développement en faisant en sorte de limiter le poids des garanties financières dissuasives demandées par des banques, et en simplifiant les modalités administratives. Mieux encore, l’État pourrait garantir ces contrats sur le long terme, comme en Espagne.

D’une manière générale, on a surtout besoin de règles stables et pérennes. L’État devra également s’assurer que le soutien indirect qu’il apporte aux PPA ne sera pas détourné par des gens peu scrupuleux et profitera bien in fine aux consommateurs.

Le Monde de l’Énergie —La politique énergétique fixée par le gouvernement sur le temps long (relancer la filière nucléaire avec la construction de nouveaux EPR et développer les EnR, en favorisant le photovoltaïque et l’éolien en mer) vous semble-t-elle capable de répondre aux enjeux de transition énergétique en garantissant la sécurité de l’approvisionnement ?

Vincent Maillard —On n’évoque pas assez les économies d’énergie, sauf par le volet de la rénovation des bâtiments. Pour la production, il faudra raisonnablement construire de nouvelles installations nucléaires, mais encore faudrait-il mettre la priorité sur le maintien du parc existant, sécuriser l’approvisionnement en uranium dans la durée. Sur l’EPR, il est important de se demander si et quand on arrivera à le faire fonctionner  – c’est maintenant, et pas dans 20 ans, qu’il faut agir contre le changement climatique. La meilleure énergie est celle qu’on ne consomme pas, la meilleure centrale celle qu’on ne construit pas.

Par ailleurs et plus généralement, l’État devrait avoir un rôle plus actif pour informer les citoyens sur les sources d’énergie non émettrices de CO2 de notre mix, face aux informations délibérément trompeuses que l’on voit malheureusement beaucoup circuler de part et d’autre. Chacun a sa place, ses avantages et ses inconvénients, et il faut absolument arrêter de les opposer. Nos divisions font les délices de ceux qui nous sont hostiles.

Par Vincent Maillard, publié le 20.09.2022

https://www.lemondedelenergie.com/crise-energetique-divisions-nucleaire-enr-font-delices-ceux-qui-sont-hostiles/2022/09/20/

EST-CE QUE LE NUCLÉAIRE NOUS EMPÊCHE DE RÉFLÉCHIR ?

Résumé : À gauche et surtout à droite, des élus déplorent la fermeture de la centrale de Fessenheim. L’atome est-il la réponse à nos problèmes les plus immédiats ?

En savoir plus

Depuis quelques semaines, les politiques ont une nouvelle passion. Chez les communistes, une partie des socialistes, chez les Républicains, au Rassemblement national, et au sein de la majorité, des élus se retrouvent autour d’un même engouement. Donnons-lui un nom : la « passion Fessenheim« .

Ah, si on n’avait pas fermé la centrale alsacienne en 2020 ! Emmanuel Macron a appliqué une décision de François Hollande. Et aujourd’hui, des dizaines d’élus se lamentent. En pleine crise de l’énergie, avec des factures qui flambent, en pleine crise climatique aussi, ils regrettent les deux réacteurs alsaciens, et leur énergie peu carbonée.

Mais si la centrale pouvait rouvrir, est-ce que nos problèmes disparaîtraient ? Non. Plus de la moitié des réacteurs français sont à l’arrêt, et Fessenheim ne changerait pas grand-chose. En réalité, les politiques qui pleurent Fessenheim pleurent toute une époque : l’âge d’or du nucléaire français. Alain Marleix, le chef de file des députés Les Républicains, le résume en quelques mots : « Le général de Gaulle nous avait donné l’indépendance et l’abondance, grâce au nucléaire« .

Pour mesurer alors ce que symbolisait l’énergie nucléaire, il suffit d’écouter, par exemple, les Actualités françaises du 31 juillet 1963. Ce jour-là, le premier ministre, Georges Pompidou, était venu voir des réacteurs en construction, à Chinon, au bord de la Loire – « témoin marquant de l’essor de l’industrie française« . Bien des politiques regrettent cette période de croissance et de stabilité.

L’opinion, elle, est beaucoup plus terre-à-terre. Le nucléaire, pour les Français, c’était une facture moins élevée qu’ailleurs. Avez-vous vu ce titre du Journal du dimanche, il y a deux jours ? Le JDD écrivait : « Même les écolos soutiennent le nucléaire« , avec un sondage à l’appui. Trois quart des personnes interrogées se disent favorables à cette énergie, avec beaucoup de nuances, tout de même, quand on entre dans les détails.

La filière nucléaire française fragilisée

Emmanuel Macron voudrait que la France ait rapidement six nouveaux réacteurs de type EPR. Mais est-ce la bonne réponse à nos difficultés ? Si de nouveaux réacteurs sont construits, ils ne fonctionneront pas avant une quinzaine d’années. Pouvons-nous attendre quinze ans ? En attendant, comment allons-nous compléter une production nucléaire de plus en plus aléatoire ?

Des élus regrettent le nucléaire d’hier. Ils devraient regarder le nucléaire d’aujourd’hui. La filière française a des difficultés majeures. D’abord, une douzaine de réacteurs, y compris des réacteurs récents, rencontre des problèmes de corrosion. Ensuite, la technologie EPR, celle de Flamanville, n’a toujours pas fait ses preuves, et elle coûte très cher. Le nouveau réacteur de Flamanville devait démarrer en 2012 et coûter plus de 3 milliards d’euros. Il n’a toujours pas démarré, et la facture devrait approcher les 20 milliards d’euros – c’est l’estimation de la Cour des comptes. Pleurer Fessenheim, célébrer le nucléaire, c’est répondre à côté de la question. En tout cas, à court terme. À long terme, c’est différent !

Pour un vrai débat

Pour un futur plus lointain, nous allons devoir inventer un nouveau modèle. Dans vingt ans, dans trente ans, quelle doit être la part du nucléaire et la part des énergies renouvelables, qui ont leurs limites aussi ? Je n’en sais rien. Je ne vais pas ici arbitrer ce matin la bataille entre les défenseurs de l’atome et les détracteurs du nucléaire. .

Mais une chose est sûre : nous ne reviendrons pas en arrière. Le monde a changé. Les contraintes climatiques, économiques, géopolitiques ne sont pas les mêmes qu’avant. Cet été, nous avons vu des bombardements autour d’une centrale nucléaire, à Zaporijia, en Ukraine, pas si loin de chez nous. Cet été encore, en France, des centrales ont dû baisser leur puissance parce que l’eau des fleuves était devenue trop chaude. Cela va se reproduire.

Est-ce que le nucléaire nous empêche de réfléchir ? La réponse est oui. Le débat public sur l’énergie est insuffisant. La foi dans le nucléaire, facile d’accès, abondant, a retardé un travail de fond sur nos besoins, un travail politique sur les solutions que nous voulons apporter. En Europe, en 2020, un seul pays n’avait pas atteint ses objectifs pour les énergies renouvelables. C’est la France.

Provenant du podcast Le Billet politique, publié le mardi 20 septembre 2022

Pour retrouver cet article et la vidéo qui l’accompagne (5mn06s), cliquer sur :https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-billet-politique/le-billet-politique-du-mardi-20-septembre-2022-9849067

SUISSE: POUR PROTÉGER NOTRE AVENIR, DU RENOUVELABLE AU LIEU D’ARMES

OPINION. La biodiversité est bien plus menacée par les changements climatiques ou même des guerres que par les énergies renouvelables, il faut donc dépenser l’argent là où il est utile, affirme Isabelle Chevalley, de l’association Éole

La crise énergétique arrive, soit. Est-ce que cela était prévisible? Bien sûr, lorsque nous dépendons autant des énergies fossiles et que ces énergies proviennent majoritairement de quelques pays qui sont loin d’être des modèles de démocratie, nous pouvions bien imaginer ce qui est en train d’arriver. Et que font l’Europe et la Suisse? Nous allons dépenser des milliards d’euros pour… nous réarmer. Nous aurions eu le choix de développer un plan massif dans les énergies renouvelables mais nous préférons investir des milliards pour le budget militaire. L’Allemagne a annoncé un plan de 100 milliards d’euros pour son armée. Est-ce que tout cela va diminuer le prix de l’énergie? Non. Est-ce que cela permettra de nous garantir l’accès aux énergies fossiles? Non.

L’Office fédéral de l’énergie a annoncé le 30 août que la Suisse disposait d’un potentiel éolien de 30 TWh. La Suisse consomme 60 TWh. Vous constaterez que ce n’est pas rien. Pour couvrir le tiers de ce potentiel, il faudrait 1000 éoliennes, est-ce beaucoup? La Rhénanie-Palatinat en Allemagne, qui a la moitié de la surface de la Suisse et n’est pas au bord de la mer, en a déjà plus de 1800. Donc est-ce vraiment un problème? Certains trouvent les éoliennes pas belles, mais si ce n’est que ça le problème – alors nous n’avons plus de problème. Avoir faim, soif, froid, être malade, ça, ce sont des problèmes, mais trouver une éolienne inesthétique relève d’une attitude d’enfant gâté.

Nous avons pu voir dans la presse certains défenseurs de l’environnement critiquer la proposition du Conseil des États de mettre des panneaux solaires dans les Alpes sous prétexte d’atteinte à la biodiversité. Mais ces gens se trompent de combat. La biodiversité est bien plus menacée par les changements climatiques ou même des guerres que par les énergies renouvelables. Comment pouvons-nous imaginer confronter développement des énergies renouvelables et biodiversité? C’est un combat qui n’a pas lieu d’être.

Le jour où nous allons vraiment manquer d’énergie ou que celle-ci deviendra hors de prix, plus personne ne se souciera de la biodiversité et nous accepterons de faire n’importe quoi.

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga a déjà accepté de relever les seuils de protection de l’air pour pouvoir faire des centrales à gaz ou à fioul, mais pour l’instant on ne l’a pas entendue dire qu’il fallait déclarer l’urgence pour la construction des 2 TWh d’énergie éolienne qui sont bloqués dans les procédures et les tribunaux à cause d’une minorité qui veut imposer son point de vue. Donc nous acceptons de mettre en danger la vie des hommes mais pas de construire des éoliennes?

Nous attendons du gouvernement une approche pragmatique qui non seulement nous libérera de notre dépendance géopolitique envers les énergies fossiles et nucléaires mais qui permettra aussi de respecter les accords sur le climat.

Une étude très récente du professeur de l’EPFL Christophe Ballif a montré qu’une combinaison de solaire et d’éolien permettait une production annuelle en ruban proche de celle d’une centrale nucléaire. Vous y ajoutez notre traditionnel courant hydraulique et la Suisse deviendra indépendante pour couvrir ses besoins en électricité durant toute l’année.

Nos ancêtres nous ont légué une production électrique à 60% hydraulique, à nous de couvrir les 40% avec un mixte de solaire, éolien, petit hydraulique, biomasse et géothermie.

À l’époque on disait: «Faites l’amour pas la guerre», aujourd’hui j’aimerais dire: «Faites du renouvelable, pas la guerre

Par Isabelle Chevalley (présidente de Suisse Éole), publié lundi 19 septembre 2022 à 14h35, modifié à 16h38

Photo en titre : Éoliennes sur le Mont-Crosin. Saint-Imier, mai 2017. — © VALENTIN FLAURAUD / KEYSTONE

https://www.letemps.ch/opinions/proteger-avenir-renouvelable-lieu-darmes

NUCLÉAIRE: « LA BALLE EST DANS LE CAMP » DE L’IRAN, DIT CATHERINE COLONNA

NATIONS UNIES (Reuters) – La « fenêtre d’opportunité » dans les négociations sur la relance de l’accord de 2015 relatif au nucléaire iranien est « près de se refermer » et il appartient à Téhéran de prendre une décision, a déclaré lundi la ministre française des Affaires étrangères.

« La fenêtre d’opportunité qui était déjà encore faiblement ouverte à la fin du mois d’août me semble près de se refermer« , a souligné Catherine Colonna lors d’une conférence de presse en marge de la 77ème, Assemblée générale des Nations unies.

« Il n’y aura pas de meilleure offre sur la table pour l’Iran, il lui appartient de prendre une décision« , a-t-elle ajouté.

« Nous avons fait les meilleurs efforts possible et de bonne foi« . « La balle est dans son camp« , a-t-elle dit en évoquant l’Iran.

Les pourparlers indirects entre l’Iran et les États-Unis peinent depuis des mois à franchir les derniers obstacles permettant de relancer cet accord entre Téhéran et les grandes puissances internationales encadrant les activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée des sanctions contre la République islamique.

Les États-Unis ont quitté cet accord en 2018, sous la présidence de Donald Trump, et l’Iran s’en est ensuite progressivement affranchi.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, a déclaré lundi que l’Iran n’excluait pas des discussions sur une relance de l’accord de 2015 en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

Par Sophie Louet avec John Irish à New York, édité par Matthieu Protard et Kate Entringer, publié le 19/09/2022 à 16h20

Photo en titre : Le drapeau iranien est vu à l’ambassade de la République islamique d’Iran, à Tirana en Albanie

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/nucleaire-la-balle-est-dans-le-camp-de-l-iran-dit-catherine-colonna-e9c24c0a2dd75eea5db57cec8a7c0f90

NUCLÉAIRE. PROJET DE PISCINE EDF DANS LA HAGUE : « UN SCANDALE DÉMOCRATIQUE » POUR LES OPPOSANTS

Une consultation publique en ligne a été lancée par la Dreal pour déroger au Code de l’environnement sur le site d‘Orano-La Hague (Manche). Le collectif Piscine nucléaire réagit.

Comme évoqué ce jeudi 15 septembre 2022, la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) a organisé ces derniers jours une consultation publique en ligne prévue dans le cadre de l’obtention par EDF d’une dérogation au Code de l’environnement à la protection des espèces.

À lire aussi : Nucléaire. Projet de piscine EDF dans La Hague : le bilan de la concertation a été dévoilé

Des inquiétudes grandissantes

Pour le collectif Piscine nucléaire stop, fermement opposé à ce projet dont les premiers travaux doivent débuter en mars 2023, le manque d’informations données aux habitants de la commune ne passe pas. 

Le collectif dans un communiqué : D’un point de vue démocratique, cette énième concertation est une nouvelle fois scandaleuse puisque personne dans la Hague n’est informé de sa tenue et qu’in fine les résultats du questionnaire ne possèdent aucune valeur juridique. En effet, l’avis du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel est déjà donné : favorable sous conditions, sans que celles-ci ne soient notifiées dans le temps ni appelées à être contrôlées. »

La zone nord-ouest du site d’Orano, le Parc des Ajoncs où doivent être construites les deux piscines d’entreposage, est contaminée suite à l’incendie de 1981. Une inquiétude supplémentaire pour les 200 adhérents de l’association supportant le collectif : 

« Nous, habitantes et habitants, nous inquiétons des poussières et des ruissellements qui ne s’arrêtent pas aux grilles du site. De même, nous savons que le site en travaux se situe sur une nappe phréatique qui alimente les ruisseaux des deux bassins-versants de la presqu’île. »

« Trop c’est trop », soulignent-ils dans ce communiqué daté du 15 septembre. Déterminés, ils ne veulent pas « laisser un hectare de plus » au groupe Orano, implanté sur quelque 300 hectares de ce cap.

Par Sébastien Lucot pour La Presse de la Manche, publié le 19 septembre 2022 à 7h14 

Photo en titre : Le collectif Piscine nucléaire stop est vent debout. (©Jean-Paul BARBIER/La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/nucleaire-projet-de-piscine-edf-dans-la-hague-un-scandale-democratique-pour-les-opposants_53873185.html

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre La Presse de la Manche dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

NUCLÉAIRE : COMMENT EXPLIQUER LES PROBLÈMES DE CORROSION DANS LES CENTRALES FRANÇAISES

Une partie du parc est à l’arrêt en raison d’un problème technique. Les contrôles à venir pourraient entraîner d’autres fermetures. 

Chez EDF, la mauvaise surprise a un nom – abscons pour les non-spécialistes –, « corrosion sous contrainte ». Ce phénomène, qui a conduit à la fermeture de 12 réacteurs sur les 56 du parc français, conjugué aux opérations de maintenance prévues de longue date sur certains sites, a contribué à faire baisser la production électrique.

« Tous les dix ans, les réacteurs passent une visite de contrôle, explique Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (Sfen). Lors d’une inspection du réacteur 1 de Civaux en octobre 2021, on a découvert des microfissures sur les tuyaux du circuit d’injection de sécurité. »

Des analyses ont montré qu’il s’agissait d’un phénomène de corrosion sous contrainte, qui se produit sous l’effet de trois facteurs : un matériau sensible, un milieu chimique favorable et des phénomènes de traction. « C’est de l’inox, il ne peut donc pas y avoir de corrosion, sauf s’il est soumis à des contraintes mécaniques fortes », explicite la déléguée générale de la Sfen. Cet événement n’est pas inédit, mais il s’était jusqu’à présent manifesté en raison de pollutions accidentelles et seulement sur une autre partie du circuit, moins impactante.

Lire aussi :  Quelles sont les raisons de la crise du nucléaire français ?

Dans la foulée, des contrôles ont permis de découvrir des anomalies à Chooz, Penly et Chinon. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a alors lancé un vaste plan d’inspection, demandant des contrôles sur un échantillon de réacteurs et conduisant à l’arrêt de 12 d’entre eux.

Pour expliquer le problème, les experts privilégient la piste du changement de géométrie de tuyau, dont le design est davantage sinueux sur la série des réacteurs de deuxième génération. « Cela n’a pas de rapport avec l’ancienneté de la centrale, assure la représentante de la Sfen. Par exemple, à ­Fessenheim, il n’y avait pas de corrosion. » ​

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. « Les 44 autres réacteurs vont être inspectés », précise Valérie Faudon. Le calendrier va jusqu’en 2025. Avec d’autres arrêts à la clé ? Une situation qui serait très problématique, alors qu’on a déjà peu de visibilité sur la réouverture des 12 fermés. « Les chantiers liés à la corrosion avancent à un bon rythme », a toutefois assuré le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, devant les députés mercredi.

La France manque de bras et de matériaux

Pour aller plus vite, l’entreprise mise sur un nouveau procédé moins intrusif qui va lui permettre de mener les inspections. « Car jusqu’à présent, l’imagerie ne permettait pas de savoir qu’il s’agissait effectivement de corrosion, rapporte Valérie Faudon. Il faut donc découper les tuyaux, faire les analyses, les remplacer, ressouder, etc. » Une procédure pour laquelle la France manque de bras et de matériaux. « Ce sont des travaux très longs et les techniciens qui les mènent sont exposés à de fortes radiations, explique Greg de Temmerman, directeur général du think tank Zenon Research et chercheur associé à Mines Paris-PSL. Ils ne peuvent intervenir que sur un temps court, et cela suppose donc beaucoup de main-d’œuvre. »

Lire aussi : SONDAGE. 75% des français se disent favorables au nucléaire

Une fois identifiée et traitée, la corrosion ne sera-t‑elle qu’un mauvais souvenir ? « Le fait de couper un tronçon et de le remplacer ne va rien changer », balaie Bernard Laponche, ancien ingénieur au CEA. Pour répondre à ce problème, EDF va mettre en place, sous la supervision de l’ASN, une fréquence de contrôle censée permettre d’anticiper le ­phénomène.

En interne, certains s’interrogent sur le timing de la découverte de cette corrosion, qui vient affaiblir l’entreprise déjà en difficulté, en pleine crise énergétique. D’autres questionnent le niveau d’exigence de l’ASN. « Personne n’aurait pu prévoir ce problème, défend Philippe Page Le Merour, le secrétaire du CSE central d’EDF. Mais en France, l’ASN a décidé de mettre les réacteurs à l’arrêt. Aucun autre pays ne l’a fait. Cela voudrait dire qu’on est les seuls à avoir ce type de défaut ? Je n’y crois pas. » Pour Greg de Temmerman, cette histoire justifie au contraire la qualité de la surveillance : « On l’a repéré de façon préventive, cela veut dire que la maintenance est bien faite. On a fait primer la sûreté sur notre capacité à produire de l’électricité. »

Par Marianne Enault, publié le 19 septembre 2022 à 07h00, modifié le 19 septembre 2022 à 14h04

Photo en titre : La centrale nucléaire de Bugey, dans l’Ain. Photo d’illustration. (Mourad ALLILI/SIPA)

https://www.lejdd.fr/Societe/nucleaire-comment-expliquer-les-problemes-de-corrosion-dans-les-centrales-francaises-4135011

NDLR: pour information, la SFEN est une association pour le promotion du nucléaire.

PROCHE RODEZ: SOIRÉE SUR LE THÈME : NUCLÉAIRE, STOP OU ENCORE ?

Pour celles et ceux qui ne seraient pas très loin de Salles-la-Source,
près de RODEZ, jeudi 29 septembre 2022, à 20h34 (c’est précis !)…
Entrée libre

LES GROUPES ÉCOLOGISTES VONT EN JUSTICE SUR LES RÈGLES DE L’UE SUR LE NUCLÉAIRE ET LE GAZ

Un groupe d’organisations de la société civile a intenté une action en justice contre la Commission européenne pour l’inclusion du gaz et du nucléaire dans les lignes directrices de l’UE pour l’investissement durable, la soi-disant taxonomie de l’UE.

La taxonomie, adoptée de manière controversée avant l’été, inclut certains investissements dans le gaz et le nucléaire inclus dans la catégorie des « activités économiques de transition ».

Mais ClientEarth, la branche européenne du WWF, Transport & Environnement (T&E) et BUND (Amis de la Terre Allemagne) contestent l’inclusion des affrontements gaziers avec la loi européenne sur le climat et le règlement taxonomique lui-même ainsi qu’avec les engagements internationaux en vertu du 2015 Accord de Paris.

« Le soutien du gaz, un combustible fossile qui est actuellement au centre d’une crise du coût de la vie dans tout le bloc, sape les objectifs fondamentaux de l’UE de parvenir à une énergie plus propre, moins chère et plus sûre », a déclaré un porte-parole au nom de toutes les organisations.

Les ONG ont déclaré qu’elles manquaient d’expertise technique et juridique pour contester l’inclusion de projets nucléaires dans la taxonomie.

Mais Greenpeace a également annoncé lundi (19 septembre) une action en justice distincte contre la commission au sujet de ses règles de financement vert – plaidant contre l’inclusion du gaz et du nucléaire.

Roda Verheyen, une avocate allemande spécialisée en droit environnemental et international qui a aidé l’ONG dans un précédent litige climatique contre la loi allemande sur l’action pour le climat, travaille dans l’affaire initiée par Greenpeace.

Verheyen soutient que l’inclusion du nucléaire et du gaz est en « contraste frappant » avec la réglementation actuelle de la taxonomie de l’UE.

« Le nucléaire n’a de sens à aucun niveau » et « il existe clairement une manière non scientifique de définir les types de projets gaziers qui devraient être inclus dans les politiques climatiques », a-t-elle déclaré à EUobserver.

Les scientifiques du groupe d’experts de la commission ont conclu que pour les centrales à gaz, un seuil de 100 g CO2e/kWh d’électricité devrait être appliqué pour être compatible avec une trajectoire de 1,5 °C dans le cadre de l’Accord de Paris.

Mais selon la proposition, au lieu de cela, les centrales à gaz seraient conformes à la taxonomie si leurs émissions sont inférieures à 270 g CO2e/kWh d’électricité.

Comme les procédures judiciaires pourraient aller jusqu’à la fin de 2023, il est probable que la taxonomie de l’UE entrera en vigueur avant que le tribunal ne rende sa décision finale.

« Si nous gagnons cette affaire, je me demande comment la commission va jamais expliquer cela aux marchés financiers mondiaux », a déclaré Verheyen. « C’est une question de réputation ».

Date limite de février

En vertu du droit de l’UE, les ONG ont le droit de demander aux institutions de l’UE d’évaluer leurs propres décisions — avec un droit de recours devant la plus haute juridiction de l’UE.

Greenpeace a envoyé une demande formelle de révision interne à la commission en septembre, soulignant les problèmes juridiques et leur demandant de révoquer la décision.

Dans leur document de demande de 171 pages, qui comprend des avis d’experts, ils ont également fait valoir que l’inclusion du gaz et du nucléaire dans la taxonomie viole plusieurs lois de l’UE et l’accord de Paris.

Les groupes environnementaux n’ont pas été en mesure de déposer une telle demande de révision avant septembre compte tenu des procédures administratives, a déclaré Greenpeace à EUobserver.

La Commission a maintenant jusqu’en février pour répondre aux arguments de Greenpeace et des autres ONG. S’ils maintiennent les étiquettes vertes pour les projets gaziers et nucléaires dans la taxonomie telle qu’elle est, les groupes porteront l’affaire devant la Cour de justice européenne.

« Le greenwashing du gaz fossile et du nucléaire était politiquement motivé depuis le début, mais cela n’aidera pas la Commission européenne devant les tribunaux », a déclaré Ariadna Rodrigo, militante de Greenpeace.

La taxonomie a déclenché le mécontentement non seulement parmi les écologistes, mais aussi parmi certains États membres de l’UE qui se sont engagés à poursuivre l’exécutif européen pour l’inclusion du gaz et du nucléaire.

L’Autriche devrait engager une action en justice concernant l’inclusion du nucléaire dans la taxonomie avant la fin octobre. « C’est définitivement en train de se produire », a déclaré un responsable autrichien à EUobserver.

Le Luxembourg, pour sa part, avait précédemment déclaré qu’il soutiendrait l’action en justice qui serait initiée par Vienne.

Posté par Ray Richard dans Nouvelles du monde, publié le 22 septembre 2022

https://nouvelles-dujour.com/les-groupes-ecologistes-vont-en-justice-sur-les-regles-de-lue-sur-le-nucleaire-et-le-gaz/

UKRAINE: LE SITE DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE PIVDENNOOUKRAÏNSK BOMBARDÉ

Selon l’opérateur nucléaire ukrainien, une puissante explosion s’est produite « à seulement 300 mètres des réacteurs« .

Une nouvelle centrale nucléaire bombardée en Ukraine. Après Zaporijia, l’opérateur nucléaire du pays Energoatom a accusé ce lundi la Russie d’avoir bombardé le site de la centrale de Pivdennonooukraïnsk, dans le sud du pays.

« Le 19 septembre 2022, à 00H20 heure locale, l’armée russe a bombardé la zone industrielle de la centrale nucléaire de Pivdennonooukraïnsk« , a indiqué Energoatom sur Telegram. « Une puissante explosion s’est produite à seulement 300 mètres des réacteurs« , a-t-il précisé.

« Actuellement, les trois réacteurs de la centrale fonctionnent en régime régulier« , a assuré l’opérateur public selon lequel le bombardement n’a pas fait de morts ou de blessés.

« La Russie met en danger le monde entier« 

La frappe a soufflé une centaine de fenêtres dans le bâtiment de la centrale et provoqué un bref débranchement de trois lignes de haute tension à la centrale, selon la même source.

« La Russie met en danger le monde entier. Nous devons l’arrêter tant qu’il n’est pas trop tard« , a lancé sur Telegram le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a diffusé une vidéo de surveillance en noir et blanc montrant une grosse explosion.

Une autre centrale nucléaire ukrainienne, celle de Zaporijjia, la plus grande d’Europe et occupée par les troupes russes, avait déjà été visée par des bombardements ces derniers mois provoquant une forte inquiétude en Occident.

Sur le même sujet

Kiev et Moscou se sont mutuellement rejetés la responsabilité de ces frappes et se sont accusés de risquer de provoquer un incident nucléaire.

Par L.A. avec AFP, publié le 19/09/2022 à 8h53

Photo en titre : Depuis plusieurs semaines, c’était la centrale nucléaire de Zaporijia, plus grande d’Europe, qui était la cible de bombardements – Ed JONES

Pour retrouver cet article ET voir et écouter la vidéo (2mn02), cliquer sur : https://www.bfmtv.com/international/ukraine-le-site-de-la-centrale-nucleaire-de-pivdennooukrainsk-bombarde_AD-202209190144.html

COMBIEN D’ARMES NUCLÉAIRES EXISTE-T-IL DANS LE MONDE ? ET QUI LES POSSÈDE?

Selon les analystes, neuf États comptent des armes nucléaires dans leur artillerie militaire. L’Arms Control Association estime qu’il existe actuellement 13 000 armes actives et prêtes à l’emploi. Cependant, cette estimation est basée uniquement sur des informations publiques. Il y en a peut-être plus dans les États qui ont caché leur possession d’une arme de ce genre. Nous allons voir la quantité d’armes de ce calibre produite par l’Homme.

Combien y a-t-il d’armes nucléaires dans le monde ?

Depuis la fin de la guerre froide, les États-Unis et la Russie ont respectivement réduit leur arsenal nucléaire, et leurs stocks nucléaires sont également bien inférieurs à ce qu’ils étaient à leur apogée. En 1967, les États-Unis possédaient 31 225 armes nucléaires. Aujourd’hui, la Russie prétend disposer de 6 257 ogives nucléaires, tandis que les États-Unis n’en auraient que 5 550.

Lire aussi : Un trésor d’une valeur de 290 000 € découvert sous le plancher d’une cuisine en Angleterre

Cependant, cette forte baisse est principalement due au démantèlement des ogives hors d’usage. En fait, il y a effectivement eu une augmentation du nombre d’ogives déployées en 2021. Quant à la rapidité avec laquelle une arme nucléaire peut être déployée, les armes sont mises à disposition en fonction de la situation de l’État. Les États-Unis et la Russie maintiennent certaines de leurs armes nucléaires en état d’alerte élevée, ce qui signifie qu’elles pourraient être prêtes à être lancées en moins de 15 minutes.

Un article de 2015 publié par l’Union of Concerned Scientists estime que les États-Unis et la Russie ont chacun environ 900 armes en état d’alerte. D’autres pays comme la Chine, Israël, l’Inde et le Pakistan conservent leurs armes nucléaires dans des dépôts centraux, ce qui signifie qu’elles devront être retirées et associées à leurs systèmes de distribution en cas de crise. Cela peut prendre des jours voire des semaines à régler. Et certains pays, comme le Royaume-Uni, ont des armes nucléaires qui seront déployées à tout moment sur des sous-marins lance-missiles balistiques, mais elles prendraient des heures ou des jours pour se déployer.

© Croquant / Hex / Wikimedia Commons

Quelle est la puissance des armes nucléaires actuelles ?

Les armes nucléaires diffèrent par leur pouvoir destructeur. Dans l’arsenal nucléaire américain actuel, la bombe la plus puissante est la B83 avec un rendement maximum de 1,2 mégatonne, 60 fois plus puissante que la bombe larguée sur Nagasaki, au Japon, en 1945.

Cependant, la puissance destructrice de la B83 était inférieure à celle de la bombe la plus puissante jamais construite : la « Tsar Bomba » soviétique, qui avait un rendement explosif de 50 mégatonnes, environ 2 500 fois plus puissante que cette arme qui a détruit Nagasaki. La Tsar Bomba était une bombe spécialement conçue pour mettre en valeur la puissance militaire de l’Union soviétique et à ce jour, aucune itération de cette arme n’a été faite.

Les bombes à hydrogène, telles que la B83 ou la Tsar Bomba, utilisent la fusion nucléaire, tandis que les bombes atomiques sont basées sur la fission. En termes de puissance destructrice, il n’y a pas de comparaison : la bombe à hydrogène est potentiellement 1 000 fois plus puissante que la bombe atomique.

Source : Live science

Par Arielle Lovasoa, publié le 18 septembre 2022

Photo en titre : wws001 / Shutterstock.com

https://dailygeekshow.com/armes-nucleaires-monde/

UKRAINE: POUR JOE BIDEN, L’UTILISATION D’ARMES NUCLÉAIRES PAR LA RUSSIE AURA «DES CONSÉQUENCES»

La Russie se trouve dans une situation de plus en plus délicate sur le plan diplomatique au sujet de la guerre en Ukraine, tout comme son armée sur le terrain. Le président russe, Vladimir Poutine, qui cherchait des appuis solides au sommet de Samarcande, en Ouzbékistan, s’est retrouvé face à la Chine et l’Inde exprimant leur prudence et leurs réserves. Le président américain Joe Biden a, quant à lui, durement mis en garde le Kremlin contre l’utilisation d’armes chimiques ou nucléaires.

C’est l’une des inquiétudes du renseignement américain depuis plusieurs mois. Elle ressurgit avec les difficultés de l’armée russe sur le terrain ukrainien. Cette inquiétude, c’est qu’un Vladimir Poutine acculé, en vienne faire un usage désespéré d’armes chimiques ou d’armes nucléaires tactique. Lors de l’émission politique dominicale de la chaîne CBS « Sixty minutes », Joe Biden a été direct, rapporte notre correspondant à Washington, Guillaume Naudin : « Ne le faites pas, ne le faites pas, ne le faites pas. Cela changerait l’aspect de la guerre comme rien ne l’a fait depuis la Seconde guerre mondiale. »

« Parias »

Pressé de dire quelle serait la nature de la réaction américaine si cela arrivait, Joe Biden refuse de répondre précisément, mais il évoque une réponse sur le même ton : « Elle sera conséquente. Ils seraient encore davantage des parias dans le monde qu’ils ne le sont déjà. Et en fonction de l’ampleur de ce qu’ils feront, nous déterminerons quelle réponse sera apportée. »

Face à l’avancée des troupes ukrainiennes, qu’il accuse sans preuves de vouloir mener des actions terroristes en territoire russe, Vladimir Poutine a expliqué en conclusion du sommet de Samarcande que la réponse de son armée est mesurée.

Finir le conflit « le plus vite possible »

Et face aux réserves de l’Inde, qui y a affirmé que « l’heure n’est pas à la guerre », le président russe a dit entendre ses « inquiétudes », reprenant une formule qu’il avait employée la veille avec Xi Jinping. Le président russe a affirmé au Premier ministre indien, Narendra Modi, qu’il allait « tout faire » pour que le conflit en Ukraine « se termine le plus vite possible ».

Mais, en s’exprimant un peu plus tard devant la presse russe, le chef du Kremlin a déclaré que Moscou ne se hâtait pas d’achever son « objectif clé » en Ukraine : la conquête du Donbass, région du sud-est du pays en partie contrôlée par l’armée russe. « Le plan (des opérations – NDLR) ne nécessite pas de changement (…) nous ne sommes pas pressés », a indiqué Vladimir Poutine.

 À lire aussi : «Fosse commune» à Izioum: les premières exhumations révèlent des corps «torturés »

Par RFI , publié le 18 septembre 2022 à 07h57

Photo en titre : Le président américain Joe Biden a promis une réponse «conséquente» en cas d’utilisation d’armes chimiques ou nucléaires en Ukraine par la Russie. Ici, lors d’un discours le 1er septembre 2022 en Philadelphie. © Evan Vucci / AP

https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20220918-ukraine-pour-joe-biden-l-utilisation-d-armes-nucl%C3%A9aires-par-la-russie-aura-des-cons%C3%A9quences

CENTRALE NUCLÉAIRE DE NOGENT-SUR-SEINE : DÉTECTION TARDIVE D’UNE ERREUR DE RÉGLAGE DES PARAMÈTRES DE PROTECTION DU RÉACTEUR 2

Le 9 septembre 2022, l’exploitant de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à une erreur de réglage des paramètres de protection du réacteur 2.

Afin de recaler périodiquement les indicateurs de puissance du réacteur, qui servent notamment à la conduite et au réglage des systèmes de régulation et de protection du réacteur (système RPR), un « bilan thermique de référence » est élaboré en mesurant certains paramètres physiques à l’entrée et à la sortie des générateurs de vapeur.

Le 21 juin 2022, l’exploitant a détecté, à l’occasion d’un contrôle périodique, une dérive de ce bilan thermique par rapport à la valeur attendue. Cette dérive aurait dû être prise en compte lors de la mise à jour des paramètres du système RPR réalisée le 12 juillet. Or, l’implantation des bons paramètres n’a été réalisée que le 31 août, à l’issue de l’analyse d’un nouveau bilan thermique.

Durant cette période, la non-prise en compte de la dérive du bilan thermique dans le réglage du système RPR a eu comme conséquence le fonctionnement du réacteur à une puissance nominale supérieure à 100 %. Celle-ci a en effet atteint 100,4 %, tout en restant inférieure à la limite de 101 % fixée par les spécifications techniques d’exploitation.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Toutefois, il a affecté la fonction de sûreté liée à la maîtrise de la réactivité, et au regard de sa détection tardive, il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Publié le 16 septembre 2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-tardive-d-une-erreur-de-reglage-des-parametres-de-protection-du-reacteur-2a

LE NUCLÉAIRE À L’AGONIE… MAIS À L’OFFENSIVE

La moitié des réacteurs français ont passé l’été à l’arrêt mais le gouvernement voit toujours l’atome comme une filière d’avenir. Vanté comme une solution miracle au dérèglement climatique, le nucléaire y est surtout très vulnérable.

Sale temps pour le nucléaire civil français. Plombée par d’indispensables opérations de maintenance et un problème de corrosion sur plusieurs de ses centrales les plus récentes, EDF a dû mettre plus de la moitié de ses 56 réacteurs en pause forcée. Le 25 août, 32 étaient toujours à l’arrêt. La baisse de production a été telle que l’Hexagone, habituellement exportateur, a dû acheter de l’électricité à ses voisins pour subvenir à ses besoins. Sur fond de pénurie de gaz russe, l’hiver s’annonce incertain pour le réseau électrique européen. Y aura-t-il de l’électricité à Noël ?

Figure de proue du secteur, EDF traîne une dette qui dépassera bientôt les 50 milliards d’euros. Et, symbole des errances de la filière, le tout nouveau réacteur pressurisé européen (EPR) de Flamanville (Manche) ne rentrera en production que fin 2023 au mieux – avec onze ans de retard et un surcoût de près 16 milliards d’euros selon la Cour des comptes (19,1 milliards contre 3,3 prévus initialement).

C’est pourtant sur cette filière à l’agonie que le gouvernement parie pour assurer, aux côtés des énergies renouvelables, l’essentiel de la production électrique du siècle à venir. Le 10 février dernier, Emmanuel Macron a annoncé la mise en chantier prochaine de six nouveaux EPR et le lancement des études préparatoires pour huit autres. Un milliard d’euros vont par ailleurs être investis dans le développement d’un nouveau type de réacteurs, moins puissants mais en principe plus aisés à construire et gérer : les petits réacteurs modulaires (SMR).

L’argument du bilan carbone

Pour justifier ce retour en arrière (aucune centrale n’a été mise en service depuis 2002), le président a eu recours à un classique du storytelling atomique français : l’« indépendance énergétique » du pays – alors même que l’uranium qui fait tourner les centrales est intégralement importé. Mais il a surtout vanté le faible bilan carbone du nucléaire.

Depuis que le dérèglement climatique fait la une des journaux, tout ce que le secteur atomique compte de communicants et de lobbyistes reprend cet argument ad nauseam. Ça a fini par payer : au sein même des familles de pensée écologistes et décroissantes, la doctrine pronucléaire se répand peu à peu, sous l’influence notamment de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici. Mêlant un discours convaincant sur l’urgence climatique et les limites de la croissance à un solutionnisme nucléaire aveugle, cette « star du climat » a l’oreille des puissants comme du grand public. Avec ses vidéos qui font un tabac sur internet et sa bande dessinée Le Monde sans fin (Dargaud, 2021) qui s’est déjà vendue à plus de 300 000 exemplaires, Jean-Marc Jancovici a sensibilisé des foules entières au risque d’effondrement qui guette nos sociétés. Or, « prendre conscience de l’urgence climatique, c’est très déstabilisant émotionnellement. Pour amortir le choc, on a besoin d’une solution. Avec le nucléaire, Jancovici en apporte une sur un plateau », analyse Charlotte Mijeon, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire.

Au sein même des familles de pensée écologistes et décroissantes, la doctrine pronucléaire se répand peu à peu, sous l’influence notamment de l’ingénieur Jean-Marc Jancovici.

Aux yeux de cette militante, l’atome est surtout « une fausse solution qui empêche de voir les problèmes en face ». Une option « ni efficace pour les décennies à venir, ni résiliente dans un monde marqué par le réchauffement climatique », mais qui va capter des centaines de milliards d’euros, au détriment des énergies renouvelables et des efforts de sobriété énergétique.

Des centrales déjà touchées par la sécheresse

Parlons efficacité à moyen terme : quand les centrales actuelles auront fini par fermer, les nouvelles seront-elles prêtes ? Au vu du fiasco de Flamanville, il est permis d’en douter. Alors que les deux premiers des six nouveaux EPR annoncés par Emmanuel Macron sont censés être mis en service « à l’horizon 2035 », cette échéance est jugée illusoire… par l’État lui-même. Dans une version de travail d’un rapport gouvernemental dénichée par le média Contexte (1), on apprend que l’administration vise plutôt une mise en service en 2040. En cas de « scénario fortement dégradé », le démarrage serait même repoussé au-delà de 2045

Le comble, c’est qu’alors que le nucléaire se pose en solution miracle au dérèglement climatique, il y est lui-même extrêmement vulnérable. Ces dernières années, les réacteurs français commencent déjà à souffrir de la sécheresse. En août 2018, les centrales du Bugey (Ain) et de Saint-Alban (Isère) ont dû être partiellement arrêtées afin de préserver la faune et la flore du Rhône : recrachée dans la nature, l’eau réchauffée par le refroidissement des centrales aurait dangereusement augmenté la température du fleuve, déjà impactée par une vague de chaleur. Cette année, c’est dès le mois de mai que le problème s’est posé à la centrale du Blayais (Gironde). Pire : durant l’été, cinq centrales ont été autorisées à rejeter leurs eaux chaudes dans les rivières pour cause de risque de pénurie électrique, en dépit des potentiels dégâts sur la biodiversité aquatique.

« Le comble, c’est qu’alors que le nucléaire se pose en solution miracle au dérèglement climatique, il y est lui-même extrêmement vulnérable. »

À long terme, ce sont surtout des enjeux de sûreté qui vont se poser. Conséquence du réchauffement global, les paysages vont se modifier durablement (montée des eaux marines, par exemple) et les catastrophes climatiques (séismes, tsunamis, inondations, sécheresses, tempêtes, etc.) risquent de se multiplier au cours des prochaines décennies. Les centrales ont donc des chances de se retrouver confrontées à des situations extrêmes non anticipées au moment de leur conception (2). « Le nucléaire est une industrie dangereuse et complexe, qui nécessite une prévisibilité très forte », pointe Charlotte Mijeon, du réseau Sortir du nucléaire. Or, le réchauffement climatique, c’est l’inconnu…

Et les déchets ?

Reste la sempiternelle question des déchets, que Jean-Marc Jancovici balaye d’un revers de la main, arguant sur le site d’Orano (ex-Areva) qu’ils « n’ont jamais fait un seul mort ». Les plus dangereux de ces déchets resteront tout de même radioactifs pendant près d’un million d’années…

Sur ce front-là aussi, l’État avance. Début juillet, la future poubelle nucléaire de Bure (Meuse) a été déclarée d’utilité publique. Une étape importante : si le recours que les opposants au projet s’apprêtent à déposer n’aboutit pas, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) pourra recourir à l’expropriation pour récupérer le foncier qui lui manque encore. « Rien ne doit arrêter la relance du nucléaire en France », grimace Charlotte Mijeon, qui dénonce entre autres un projet « pas mûr » technologiquement. Sur place, la résistance continue de s’organiser.

Note 1 : « Nucléaire : pas encore lancés, les futurs EPR déjà en retard et plus chers » (26/10/2021).

Note 2 : À ce sujet, lire « Le réchauffement climatique met en évidence la vulnérabilité des centrales à l’élévation des températures », Le Monde (15/05/2022).

Par Clair Rivière, mis en ligne le 16.09.2022, paru dans CQFD n°212 (septembre 2022)

Image en titre : Illustration de Clément Buée

https://cqfd-journal.org/Le-nucleaire-a-l-agonie-mais-a-l

UKRAINE, AIEA : LA CENTRALE DE ZAPORIJJIA DE NOUVEAU ALIMENTÉE PAR UNE LIGNE ÉLECTRIQUE PRINCIPALE

VIENNE, 17 septembre (Reuters) – L’une des quatre principales lignes électriques de la centrale nucléaire de Zaporijjia a été réparée et alimente de nouveau le site à partir du réseau ukrainien, a fait savoir samedi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Les six réacteurs de Zaporijjia, la plus grande centrale nucléaire d’Europe, ont été mis à l’arrêt, mais le combustible qu’ils contiennent doit être refroidi pour éviter une fusion potentiellement catastrophique. Ce qui signifie que le site a besoin d’électricité pour amener l’eau jusqu’au cœur des réacteurs.

L’alimentation électrique de Zaporijjia a été une source de préoccupation majeure après la panne de la dernière ligne d’alimentation principale et la déconnexion de trois lignes de secours liées à une centrale électrique au charbon voisine.

Occupée par les Russes, la plus grande centrale nucléaire d’Europe a été touchée par de multiples frappes dont Kiev et Moscou s’accusent mutuellement.

– Reportage Francois Murphy ; version française Élizabeth Pineau, publié le 17 septembre 2022 à 18h51, © Reuters 2022

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Ukraine-La-centrale-de-Zaporijjia-de-nouveau-alimentee-par-une-ligne-electrique-principale-AIEA–41797752/

L’OPPOSITION À CIGÉO VA MONTER AU PARLEMENT

Dans la Meuse, les opposants au projet de « poubelle nucléaire » Cigéo ont reçu vendredi la visite de plusieurs députées de gauche, venues leur apporter leur soutien.

Bure (Meuse), reportage

Devant la Maison de résistance, Sandrine Rousseau, écharpe de députée autour de son K-way couleur sapin, pose tout sourire pour une photo. « C’est la fierté totale d’être là ! » dit l’élue Europe Écologie-Les Verts, qui tient en outre dans ses mains une affichette au message explicite : « Cigéo – Bure ; je dis non. » Non loin de là, la militante Marie-Neige et ses drôles de lunettes rappelant des oreilles de chat la remercie : « Tu ne sais pas à quel point ta présence fait du bien aux militants ! » Nous sommes vendredi 16 septembre à Bure (Meuse) et plusieurs députés issus de la Nupes (Nouvelle union populaire écologique et sociale) ont fait le déplacement dans ce petit village de 800 habitants. Le but : annoncer la création d’un Front parlementaire contre Cigéo, le centre de stockage en couche géologique profonde des déchets radioactifs.

La députée Sandrine Rousseau pose devant l’objectif d’Irène Gunepin à l’initiative de la pétition-photo « Cigéo-Bure, je dis non ». © Mathieu Génon/Reporterre

Porté depuis plus de deux décennies par l’Agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra), et âprement combattu par divers biais depuis, ce projet prévoit pour 2035 l’enfouissement à 500 mètres de profondeur de 85 000 m³ de déchets nucléaires extrêmement dangereux, qui resteront radioactifs jusqu’à des centaines de milliers d’années. Le 8 juillet dernier, Cigéo a été classé parmi les opérations d’intérêt national (OIN) et déclaré d’utilité publique (DUP), ce qui permettra à l’État d’exproprier les propriétaires des parcelles nécessaires à la construction du projet, qui n’a pas encore d’autorisation de création. L’Andra a annoncé qu’elle en déposerait la demande d’ici à la fin de l’année 2022.

« On mettra notre écharpe à disposition dès qu’il y aura besoin de soutien »

Outre Sandrine Rousseau, les député(e)s Aymeric Caron (La France insoumise, LFI), Antoine Léaument (LFI), Charlotte Leduc (LFI), Martine Étienne (LFI), Caroline Fiat (LFI) et, surtout, Mathilde Panot (LFI), très investie dans le dossier, se sont déplacées dans la Meuse. « L’idée de cette rencontre est venue de discussions avec Mathilde Panot. On s’est dit qu’avec l’arrivée de la Nupes à l’Assemblée nationale, cela ouvrait une occasion favorable pour se saisir de ce sujet-là, d’autant plus avec Macron qui essaie de relancer le nucléaire », explique à Reporterre Angélique Huguin, militante antinucléaire. Juste avant, dans la salle de réunion de la Maison de résistance, elle a animé un échange informel et chaleureux entre les députés et une trentaine de militants anti-Cigéo, qui ont pu exprimer leur ressenti vis-à-vis de la « poubelle nucléaire » que l’État tente de leur imposer. Dans la salle, il y a par exemple l’agriculteur Jean-Pierre Simon, condamné en 2017 pour son soutien aux opposants de Cigéo, qui rappelle à quel point « (leur) territoire est déjà sacrifié, alors même que le projet n’a pas commencé ». Un militant, lui, rappelle la répression policière et judiciaire subie de longue date par les opposants. Un autre souligne la « bataille de l’opinion » à mener vis-à-vis du nucléaire, tout en se félicitant de la création de ce front parlementaire : « J’accueille cette initiative comme une bonne nouvelle, d’autant plus si cela peut faire boule de neige. »

Échange entre les opposants au projet de poubelle nucléaire Cigéo et les députées de la Nupes venues les soutenir, vendredi 16 septembre, à la Maison de résistance, à Bure. © Mathieu Génon/Reporterre

Tout en mangeant un bout de fromage, Mathilde Panot se réjouit également d’être présente : « On passe dans une nouvelle étape dans la lutte contre Cigéo. À l’heure où ce projet s’inscrit dans une politique du fait accompli, on est là pour forcer le débat démocratique. » La cheffe de file des députés insoumis l’assure : « On mettra notre écharpe à disposition dès qu’il y aura besoin de soutien. » En outre, les membres du front parlementaire ne se gêneront pas pour user de tous les outils dont ils disposent à l’Assemblée nationale : questions au gouvernement, propositions de loi, demandes de commissions d’enquête… « Tout cela va s’ajouter à tout ce qui a déjà été fait par les opposants », dit Mathilde Panot, qui estime que ce front pourra compter sur l’adhésion d’au moins 100 députés (tous les élus LFI et EELV de la chambre basse), sans compter des sénateurs et des eurodéputés.

Angélique Huguin, à la Maison de résistance, vendredi 16 septembre, à Bure. © Mathieu Génon/Reporterre

De fait, la lutte contre Cigéo se déploie déjà sur plusieurs fronts : actions juridiques (deux recours auprès du Conseil d’État concernant la DUP et l’OIN ont été déposés le 7 septembre), actions médiatiques, opposition physique sur le terrain, travail d’information du public. « Tout cela s’articule en permanence pour faire parler de ce projet honteux dont l’État ne veut pas parler. L’idée est de créer plus de liens avec les autres composantes qui veulent elles aussi protéger notre monde », dit Angélique Huguin, pour qui le front parlementaire est un moyen supplémentaire de faire avancer le rapport de force. La militante, qui note qu’après de « nombreuses trahisons », un lien de confiance est à recréer avec les élus, estime que « les députés présents ici veulent vraiment porter la voix des citoyens ».

« Tout cela ajoute un outil de lutte supplémentaire » 

Lesquels comptent bien faire passer leurs messages : Régine, opposante historique à Cigéo, souligne comment les militants « vont pouvoir faire remonter des informations de terrain et apporter leur expertise citoyenne » aux parlementaires. « Avant, on avait très peu d’interlocuteurs au Parlement. À présent, il y a de nombreux députés qui sont antinucléaires. On espère qu’il y aura un vrai débat autour de Cigéo à l’Assemblée nationale », ajoute-t-elle. Daniel Monnier, maire délégué de Louze (Haute-Marne), abonde : « Tout cela ajoute un outil de lutte supplémentaire, qui est plus implanté dans les institutions et proche des cercles décisionnels. Cette journée est une étape importante, qui est motrice d’espoir. » Celui qui est aussi porte-parole de l’Éodra (l’association des élus opposés au projet d’enfouissement des déchets radioactifs) espère en outre « que l’engagement des parlementaires va permettre de décomplexer certains élus locaux vis-à-vis de la lutte, et leur enjoindre de ne plus se cacher derrière une pseudo-neutralité finalement contreproductive ».

Marche dans le bois Lejuc. © Mathieu Génon/Reporterre

Cette conversation a lieu à l’ombre des arbres du bois Lejuc, où tout le monde est parti en balade. Le tout dans l’illégalité : cette forêt communale, lieu symbolique de la lutte anti-Cigéo, a été acquise par l’Andra en 2016, et l’accès y est désormais interdit (et surveillé : à l’entrée du bois, une caméra a été installée par la gendarmerie). Les députés, arborant leur écharpe tricolore, posent sous le « grand chêne » de la forêt. Et tombent finalement en fin de promenade sur le directeur de l’Andra, Patrice Torres, venu à leur rencontre – d’habitude, ce sont plutôt les gendarmes. « Monsieur le directeur, est-ce que vous allez porter plainte contre nous ? » lui lance ironiquement Mathilde Panot, guère convaincue par les arguments de Patrice Torres concernant Cigéo. Elle lui rappelle en outre comment, en 2018, la commission d’enquête parlementaire sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires a souligné à quel point « les alternatives à l’enfouissement des déchets n’avaient pas été assez étudiées ». En guise d’au revoir, la députée aura ces mots : « Monsieur le directeur, j’espère que ce projet ne se fera jamais. » M. Torres repart seul vers sa voiture ; Mathilde Panot, elle, file rejoindre ses nombreux et joyeux camarades.

Patrice Torres, directeur del ’Andra, Mathilde Panot, députée Nupes, et Angélique Huguin, activiste, une discussion rare. © Mathieu Génon/Reporterre

Par Amélie Quentel et Mathieu Génon (photographies), publié le 17 septembre 2022 à 11h19

Pour retrouver cet article et voir notre reportage en images (15 photos), cliquer sur : https://reporterre.net/L-opposition-a-Cigeo-va-monter-au-Parlement?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

Message de Reporterre

… nous avons un petit service à vous demander. Chaque mois, plus d’un million de personnes font confiance au travail des journalistes de Reporterre pour se tenir informées sur l’urgence écologique. Plus de 27 000 de ces lectrices et lecteurs financent le journal par des dons. Ce soutien permet à Reporterre de rester en accès libre, sans aucune publicité, et totalement indépendant. Contrairement à de nombreux autres médias, Reporterre n’a pas d’actionnaires ni de propriétaire milliardaire. Le journal, à but non lucratif, est libre de toute influence commerciale ou politique.

Nous avons la conviction que le ravage écologique est l’enjeu principal de ce siècle. À ce titre, il nous semble que ce sujet doit être mis en avant chaque jour dans le débat public. Les articles, reportages et enquêtes que vous pouvez lire sur le site sont vitaux pour la démocratie, pour la prise de conscience écologique, et pour exiger mieux de nos dirigeants.

Tous nos articles sont en accès libre, pour tous. Nous le faisons parce que nous croyons en l’égalité de l’accès à l’information. Ainsi, davantage de personnes peuvent suivre l’actualité de l’écologie, comprendre l’impact du désastre en cours sur la population, et agir. Tout le monde peut bénéficier d’un accès à des informations de qualité, quelle que soit sa capacité à payer pour cela.

S’il y a bien un moment pour nous soutenir, c’est maintenant. Chaque contribution, grande ou petite, renforce notre capacité à porter l’écologie au cœur de l’agenda médiatique et politique, et assure notre avenir. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Si vous le pouvez, soutenez le journal avec un don mensuel. Merci.

Soutenir Reporterre

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d’une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner

BURE : SANDRINE ROUSSEAU (EELV) FAIT FRONT CONTRE L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES

La députée Europe Écologie les Verts Sandrine Rousseau et cinq députés de La France Insoumise (LFI) ont lancé ce vendredi 16 septembre 2022 un « front parlementaire » contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse).

Six députés se sont déplacés à Bure (Meuse) ce vendredi 16 septembre, pour lancer un « front parlementaire » contre l’enfouissement des déchets nucléaires. Parmi eux, cinq élus de la France Insoumise : Caroline Fiat, Mathilde Panot, Martine Étienne, Charlotte Leduc et Aymeric Caron, mais aussi la députée Europe Écologie Les Verts, Sandrine Rousseau. 

Tous entendent faire bloc contre Cigéo, le projet de centre de stockage profond de déchets radioactifs. Un projet déclaré d' »utilité publique » (UP) et inscrit comme « opération d’intérêt national » (OIN) le 8 juillet suite à deux décrets signés par la Première ministre Élisabeth Borne.

 » L’idée c’est de nous coordonner pour montrer notre force et faire en sorte qu’on ne puisse pas passer ce projet petit bout par petit bout, de manière presque insensible, explique Sandrine Rousseau. On sera là à chaque fois et on sera en soutien des personnes qui luttent depuis tant d’années et pour lesquelles j’ai tant de respect ».

Les parlementaires ont pris la pause dans le bois Lejuc à Bure. © Éric Molodtzoff

Les six députés se sont promenés dans le bois Lejuc, propriété de l’Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) longtemps occupée par les opposants à Cigeo.

Le 7 septembre, des associations et des habitants du secteur de Bure ont déposé un recours auprès du Conseil d’État contre les deux décrets gouvernementaux. 

Le « front » entend rallier au fil du temps d’autres parlementaires au sein d’une opposition de gauche qui reste divisée sur la question du nucléaire.

Par Yoann Rodier et Eric Molodtzoff, publié le 16/09/2022, mis à jour le 16/09/2022 à 21h14

Photo en titre : La députée EELV Sandrine Rousseau s’est jointe au front parlementaire contre l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure • © twitter sandrine rousseau

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/meuse/bure/bure-sandrine-rousseau-eelv-fait-front-contre-l-enfouissement-des-dechets-nucleaires-2615700.html

CENTRALES NUCLÉAIRES: DES PRESTATAIRES D’EDF PRÊTS À RELEVER LES SEUILS D’EXPOSITION À LA RADIOACTIVITÉ

PARIS (awp/afp) – Des entreprises prestataires chargées de la remise en état de réacteurs d’EDF à l’arrêt pour des problèmes de corrosion envisagent de relever les seuils d’exposition à la radioactivité auxquels sont soumis certains salariés, a-t-on appris auprès du groupe EDF, sous pression de l’exécutif pour augmenter rapidement sa production électrique en vue de l’hiver.

Cette mesure accompagnée du recours à une main-d’œuvre américaine de soudeurs spécialisés, envisagé par EDF, illustre le marathon en cours pour faire repartir un maximum de réacteurs avant fin février dans un contexte de crise énergétique européenne, qui fait redouter des pénuries d’énergie hivernales.

Le groupe EDF est privé de près de la moitié de son parc nucléaire, ce qui fragilise la production électrique française. Vendredi, 29 de ses 56 réacteurs étaient à l’arrêt, notamment pour des problèmes de corrosion apparus l’hiver dernier dans ses centrales les plus récentes.

Dans ce contexte, EDF a été informé « par certains » de ses partenaires sous-traitants « que ceux-ci envisagent de relever, pour quelques-uns de leurs salariés« , leurs limites de doses radioactives (contraintes de dose, ndlr), a expliqué le groupe dans une déclaration écrite transmise à l’AFP, confirmant des informations de Reuters.

Le relèvement de cette « contrainte de dose » concerne plusieurs entreprises – dont les noms n’ont pas été communiqués par EDF -, qui interviennent sur les chantiers pour régler ces problèmes de corrosion.

« Nous avons ainsi connaissance d’une situation où elle pourrait être relevée de 12 à 14 millisieverts (mSv) » par an, a précisé le groupe.

Ce seuil reste « bien en-deçà du seuil règlementaire fixé pour tous les travailleurs exposés aux rayonnements ionisants, qui est de 20 mSv par an en France, contre 50 mSv aux États-Unis « , a indiqué à l’AFP Klervi Leuraud, experte en rayonnements ionisants à l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), contactée par l’AFP.

« On est donc tout à fait dans la zone acceptable et réglementaire« , a souligné l’experte.

« Chaque employeur, dont les salariés sont soumis aux effets des rayonnements ionisants, se doit, au titre du code du travail, de fixer une +contrainte de dose+ à ne pas dépasser pour ses salariés« , et qui soit « en dessous du seuil de 20 mSv par an fixé par la réglementation« , a détaillé EDF.

Selon le groupe, certains de ses sous-traitants avaient adopté jusqu’ici des doses d’expositions limites plus protectrices que celles en vigueur chez EDF avant de revenir finalement sur ce choix. « Pour les salariés EDF, cette contrainte de dose est de 14 mSv par an« , une valeur également « adoptée » par ses sous-traitants, sauf « certains d’entre eux qui avaient opté pour des valeurs plus basses« , 12 mSv/ an, donc.

EDF a régulièrement mis en avant la pénurie d’ouvriers qualifiés formés pour réparer rapidement les corrosions découvertes l’hiver dernier dans ses centrales les plus récentes.

Une situation qui contraint aujourd’hui EDF à envisager le recours « à des équipes expérimentées nord-américaines » de soudeurs, même si elle n’est pas jugée « exceptionnelle » pour EDF.

« Certains salariés français de nos partenaires industriels sont eux-mêmes amenés à intervenir sur des centrales étrangères« , a précisé le groupe.

En raison de l’indisponibilité exceptionnelle du parc nucléaire français, le groupe EDF a dû revoir à la baisse sa production nucléaire estimée pour 2022, qui se situe désormais « dans le bas de la fourchette 280-300 TWh » contre 295-315 TWh dans sa précédente prévision.

Par nal/jbo/er, publié le 16/09/2022 à 20h44 (© AWP 2022)

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Centrales-nucleaires-des-prestataires-d-EDF-prets-a-relever-les-seuils-de-41794561/

CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA : 6 RÉACTEURS DÉSORMAIS EN ARRÊT À FROID : LE RISQUE D’ACCIDENT GRAVE EST-IL POUR AUTANT ÉCARTÉ ?

Depuis le début de la guerre en Ukraine, compte tenu des risques induits sur les diverses installations nucléaires du pays, la CRIIRAD effectue une veille journalière (1) spécifique.

Depuis l’attaque de la nuit du 3 au 4 mars 2022 sur la centrale nucléaire de Zaporijjia et l’occupation militaire qui s’en est suivie, les risques d’accident sont particulièrement élevés sur le site de la plus puissante centrale nucléaire d’Europe (6 réacteurs de 1000 MWe chacun). Ils se sont encore accrus avec les bombardements d’août et début septembre. Comme on pouvait s’y attendre, la mission de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) sur place, à partir du 1er septembre, n’a pas permis de faire baisser l’intensité des bombardements. Entre le 8 août et le 11 septembre, la CRIIRAD a effectué plus de 40 interviews (2) sur la question des risques d’accident grave à Zaporijjia.

Le présent document constitue un bilan sommaire au 15 septembre.

Perte des lignes électriques externes

D’après les informations fournies par Energoatom (exploitant de la centrale), le 25 août (3), pendant plusieurs heures, la centrale nucléaire de Zaporijjia avait été totalement déconnectée du réseau électrique ukrainien, ce qui avait conduit à l’activation de la «protection d’urgence» (4) (5) pour les réacteurs N°5 et N°6 (les seuls encore en fonctionnement). Sur les 4 lignes électriques principales (750 kV), 3 avaient été endommagées depuis longtemps par les combats et la 4ème venait d’être endommagée à son tour suite à des incendies liés aux combats. À ce moment-là, il restait encore une alimentation externe de secours. Elle était insuffisante pour évacuer tout le courant produit par la centrale en fonctionnement normal, mais suffisante pour garantir ses fonctions de sûreté dont ses capacités de refroidissement.

Il est en effet nécessaire de refroidir en permanence les 6 réacteurs de la centrale nucléaire et leurs 6 piscines contenant les combustibles irradiés. Dans le cas contraire, la fusion des assemblages de combustible irradié pourrait intervenir très rapidement (comme à Fukushima) et conduire à des rejets radioactifs massifs.

Le 26 août, Energoatom puis l’AIEA (6) annonçaient que suite à la réparation d’une ligne 750 kV, le réacteur N°6 était reconnecté à nouveau au réseau et en montée en puissance progressive. Le réacteur N°5 a ensuite également été reconnecté au réseau.

Mais les combats se sont poursuivis, y compris dans la nuit précédant l’arrivée de la délégation de l’AIEA à la centrale. Energoatom indiquait en effet le 1er septembre que, du fait de tirs de mortier, une ligne de secours (330 kV) était endommagée, le réacteur N°2 basculé sur générateur diesel et la protection d’urgence du réacteur N°5 déclenchée.

Le 3 septembre, le directeur de l’AIEA (7), s’appuyant sur les informations fournies par les experts de l’agence restés sur le site, indiquait que, du fait des combats, la centrale était de nouveau déconnectée du réseau principal mais fournissait du courant via une ligne de secours de 330 kV / 750 kV.

Le 5 septembre, Energoatom annonçait que, suite à un incendie lié à de nouveaux bombardements, la ligne de secours avait dû être déconnectée. Cette fois-ci, non seulement la centrale était déconnectée du réseau principal, mais de plus elle ne disposait d’aucune ligne de secours. L’exploitant décidait alors de laisser le réacteur N°6 en fonctionnement, à puissance réduite (114 à 140 MWe au lieu de la puissance maximale, de l’ordre de 1 000 MWe) et en mode « îlotage », régime durant lequel l’électricité produite par le réacteur n’est pas utilisée pour fournir de l’électricité au réseau, mais uniquement pour faire fonctionner les systèmes de sûreté de la centrale.

Le 11 septembre 2022, Energoatom annonçait que, du fait de la reconnexion d’une ligne de secours, et compte tenu de la poursuite des bombardements, et donc des risques qu’il ne soit plus possible de disposer de manière pérenne de lignes électriques externes, elle préférait finalement arrêter le réacteur N°6 et lancer la procédure de mise en arrêt à froid. Il faut dire que faire fonctionner un réacteur nucléaire en mode îlotage est une opération qui présente des risques spécifiques, surtout si cela doit durer pendant des jours. Monsieur Petro Kotin, directeur d’Energoatom, a précisé (8) que ce mode de fonctionnement ne devrait pas durer plus de 2 heures. D’une manière générale, les transitoires de puissance et les fonctionnements en mode non nominal (9) entraînent une usure spécifique et des risques d’endommagement des pompes, des turbines et des gaines de combustible.

Six réacteurs en arrêt à froid : une bonne nouvelle ? ….

Le fait que désormais, les 6 réacteurs électronucléaires de la centrale soient en arrêt à froid est plutôt une bonne nouvelle en termes de sûreté nucléaire.

D’abord parce que les réactions neutroniques à l’origine de la fission nucléaire sont stoppées, les réactions en chaîne ne sont plus entretenues, il n’y a donc plus de production massive (10) de « produits de fission ». Les produits de fission radioactifs à période (11) courte (comme l’iode 131 de période 8 jours) et à plus forte raison ceux à période très courte (comme l’iode 132 : 2,3 heures ou l’iode 133 : 21 heures) vont se désintégrer progressivement, ce qui va faire baisser la quantité de matière radioactive susceptible d’être libérée dans l’environnement en cas d’accident. Rappelons que lors d’un accident grave sur un réacteur électronucléaire, une part très importante des doses subies par les personnes exposées pendant la phase des rejets et des premiers jours après les retombées, provient des halogènes à période courte dont l’iode 131.

De plus, l’arrêt des réactions nucléaires va faire baisser la quantité de chaleur produite par les assemblages de combustible irradié. La puissance résiduelle à évacuer est donc bien plus faible que lorsque les réacteurs sont en fonctionnement.

….Oui mais

La situation est loin d’être rassurante cependant. Les combustibles irradiés vont rester fortement radioactifs même après l’arrêt des réacteurs. En cas d’accident grave, la quantité d’éléments radioactifs à période longue (ou très longue) susceptibles d’être dispersés dans l’environnement reste extrêmement préoccupante (présence de krypton 85, césium 134, césium 137, isotopes de l’uranium, du plutonium, etc.).

Contrairement à un champ photovoltaïque, à un barrage hydroélectrique ou à un champ d’éoliennes, une centrale nucléaire, même à l’arrêt, a besoin d’une grande quantité d’énergie pour éviter une catastrophe.

Compte tenu du niveau de radioactivité et donc de la chaleur dégagée en permanence par les assemblages de combustible irradié, il est en effet impératif :

  • de les maintenir sous eau (pour atténuer les radiations (12) subies par les personnels de la centrale),
  • de traiter l’eau pour garantir par exemple un apport de bore (une substance chimique qui empêche le redémarrage de réactions nucléaires),
  • d’empêcher que l’hydrogène produit par radiolyse de l’eau n’atteigne des concentrations pouvant conduire à une situation explosive,
  • de les refroidir activement pendant des années. La possibilité de recourir à un refroidissement passif, comme c’est le cas pour les assemblages entreposés à sec n’intervient en effet qu’après plusieurs années d’attente en piscines de « désactivation ».

Il faut donc avoir accès en permanence à une source froide (eau fraîche) et à de l’électricité pour faire fonctionner les pompes permettant de faire circuler l’eau et tous les dispositifs de sûreté. Il faut également maintenir en bon état de fonctionnement ces dispositifs de sûreté (contrôle chimique de la teneur en bore dans les circuits par exemple) et bien entendu du personnel pour faire fonctionner les installations.

Sur tous ces sujets, la situation est très dégradée et les risques d’accident restent à un niveau préoccupant. En effet :

  • l’AIEA (13) indiquait certes le 13 septembre que trois lignes de secours étaient désormais fonctionnelles. Mais, compte tenu de la poursuite des combats, le risque de les perdre à nouveau est réel ;
  • en cas de perte des lignes extérieures, il faudra basculer sur les diesels de secours. Le rapport AIEA du 6 septembre suggère qu’ils sont fonctionnels et qu’il existe des réserves de carburant pour les faire fonctionner pendant 10 jours (5 à 10 jours selon les déclarations de responsables ukrainiens). Mais d’un autre côté, l’AIEA a noté, dans ce même rapport, que la maintenance de fond des groupes électrogènes n’est plus effectuée et que l’approvisionnement en pièces détachées et carburant est rendue difficile par le contexte de guerre ;
  • le personnel est en sous-effectif et dans un état de stress inacceptable (occupation militaire, incidents à répétition, bombardements et incendies impactant la sûreté de la centrale). Rappelons que l’accident à la centrale de Three Miles Island aux USA en 1979 et la catastrophe de Tchernobyl en Ukraine en 1986 ont été en partie déclenchés par des erreurs humaines.

À Zaporijjia, au risque de perdre les capacités de refroidissement s’ajoutent d’autres risques spécifiques liés au contexte de guerre (sabotage, bombardement des installations etc…).

Exploiter des réacteurs nucléaires avec un niveau de sûreté jugé « acceptable » par les exploitants et les autorités de contrôle est déjà un challenge en temps de paix. Mais dans un contexte de guerre, les risques d’accident grave augmentent très fortement.

En se rendant sur place le 1er septembre, avec son équipe, le directeur général de l’AIEA monsieur Grossi a fait preuve de beaucoup de détermination et de courage pour tenter de faire cesser les combats autour de la centrale nucléaire. Il n’a pas hésité à employer un langage très fort pour décrire le niveau des risques (situation inacceptable, intenable). Mais ses déclarations restent sans réel effet à ce jour.

Rédaction : Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, directeur du laboratoire de la CRIIRAD     bruno.chareyron@criirad.org

Relecture : Corinne Castanier (responsable réglementation radioprotection), Julien Syren (ingénieur responsable d’étude au laboratoire de la CRIIRAD), Jérémie Motte (ingénieur environnement, responsable du service balise de la CRIIRAD).

(1) Les éléments les plus marquants sont répertoriés sur le site https://balises.criirad.org/actu_guerre_Ukraine_2022.html

(2) Le Monde, L’Express, Le Dauphiné, Le Parisien, Le Progrès, la Voix du Nord, France info TV, France 24, France 5 « C dans l’Air », LCI-TF1, BFMTV, M6, France 3 AURA, Europe 1, France Info, Radio Classique, RCF, RFI, RTL, Sud Radio, RTBF, etc. 

(3) https://www.energoatom.com.ua/o-2508221.html

(4) https://snriu.gov.ua/news/na-zaes-znestrumlennya-vidbulosya-vidklyuchennya-povitryanoyi-liniyi-pl-750-kv-dniprovska (Le SNRIU est l’agence de Sûreté Nucléaire Ukrainienne).

(5) https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/update-94-iaea-director-general-statement-on-situation-in-ukraine

(6) https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/update-95-iaea-director-general-statement-on-situation-in-ukraine-0

(7) https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/update-97-iaea-director-general-statement-on-situation-in-ukraine

(8) Citation de monsieur Kotin par l’agence Associated Press le 8 septembre : [This left the plant in “island mode,” meaning it receives power from its only operational reactor, a highly unusual and unstable way of operating a nuclear plant that he said shouldn’t last for more than two hours but has now been in effect for more than three days.] https://apnews.com/article/russia-ukraine-united-nations-kharkiv-7485ec3c693d649ad0e0481cf4d418cd

(9) Rapport AIEA 2018 : Non-baseload Operation in Nuclear Power Plants: Load Following and Frequency Control Modes of Flexible Operation.

(10) Il convient de tenir compte cependant des mécanismes de « fission spontanée » qui expliquent pourquoi le retraitement des combustibles usés entraine des rejets de radionucléides à période courte comme l’iode 131 (cf usine Orano de la Hague).

(11) La période radioactive ou demi-vie est le temps nécessaire pour que la moitié des atomes radioactifs se soient désintégrés. Les périodes sont issues de http://www.nucleide.org/Laraweb/index.php

(12) Rester au contact direct d’un assemblage de combustible irradié peut entraîner une irradiation mortelle en un temps très bref.

(13) https://www.iaea.org/newscenter/pressreleases/update-102-iaea-director-general-statement-on-situation-in-ukraine. Il s’agit d’une ligne 750 kV/ 330 kV permettant de fournir de l’électricité à la centrale nucléaire et 2 lignes gardées en réserve (150 kV et 330 kV).

https://www.criirad.org/16-septembre-2022-centrale-nucleaire-de-zaporijjia-6-reacteurs-desormais-en-arret-a-froid-le-risque-daccident-grave-est-il-pour-autant-ecarte/

LES ÉTATS-UNIS ADMETTENT ENFIN QUE L’UKRAINE A BOMBARDÉ LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIZHZHIA

Des responsables américains anonymes, selon le New York Times, ont admis que les explosifs tirés contre la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzhia l’ont été par le gouvernement ukrainien, et non par le gouvernement russe. De plus, ces responsables ont clairement indiqué que les attaques de l’Ukraine contre la centrale sont un élément clé du plan ukrainien pour gagner sa guerre contre la Russie, soutenue et conseillée par les États-Unis, sur les champs de bataille de l’Ukraine, avec des soldats ukrainiens.

Zaporizhzhia est une ville d’Ukraine qui se trouve en territoire contrôlé par la Russie, et la stratégie de l’Ukraine consiste à détruire la capacité de la centrale à fonctionner, de sorte que les zones contrôlées par la Russie ne puissent plus bénéficier de la production d’électricité de cette centrale. Le gouvernement des États-Unis a aidé le gouvernement ukrainien à élaborer ce plan, selon le New York Times.

Cette information a été enterrée par le Times à 85 % dans un article de 1 600 mots publié le 13 septembre, intitulé « Le moment critique derrière l’avancée rapide de l’Ukraine« , dans lequel on peut lire : « Finalement, les responsables ukrainiens pensent que leur succès à long terme passe par la réalisation des objectifs initiaux de la stratégie abandonnée, notamment la reprise de la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, l’isolement des forces russes à Mariupol et le repli des forces russes à Kherson au-delà de la rivière Dnipro, selon des responsables américains.« 

Lorsque les inspecteurs de l’AIEA sont arrivés dans cette centrale le 1er septembre, après avoir longuement tenté de s’y rendre pour l’inspecter, mais que le gouvernement ukrainien a bloqué leur accès, et que l’AIEA a commencé à fournir des rapports sur ce qu’ils ont trouvé dans la centrale, aucune mention n’a été faite, jusqu’à présent, sur celui des deux belligérants qui a tiré ces bombes sur la centrale. Même lorsque l’AIEA a titré le 9 septembre « Déclaration du directeur général sur la situation grave à la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporizhzhya« , et a signalé que la capacité de fonctionnement de la centrale « a été détruite par le bombardement du poste d’aiguillage de la centrale thermique de la ville, entraînant une panne d’électricité complète dans » toute la région, et que « C’est totalement inacceptable. Il a conclu en disant qu’il « appelle d’urgence à l’arrêt immédiat de tous les tirs d’artillerie dans toute la région« , sans préciser lequel des deux camps tirait sur la centrale pour la mettre hors d’état de nuire et lequel des deux camps tirait à l’extérieur de la centrale pour la protéger de ces tirs. Auparavant, on savait seulement que la ville de Zaporizhzhia était et reste sous contrôle russe depuis le 4 mars. Par conséquent, tous les médias et les journalistes savaient que (depuis que la Russie était à l’intérieur et l’Ukraine à l’extérieur) la Russie défendait l’usine et l’Ukraine l’attaquait, mais jusqu’à ce que les « officiels américains » laissent échapper, dans ce reportage, le fait que c’était effectivement le cas, aucun média occidental n’avait publié ce fait auparavant – ni même enterré dans un reportage.

Ainsi, bien que rien à cet égard ne puisse encore être considéré comme officiel, ou neutre, ou exempt de crainte ou d’intention réelle de mentir, il y a finalement, au minimum, enterré dans ce rapport d’information du New York Times, une déclaration qui provient de « responsables américains« , affirmant que c’est le cas, et le Times laisse également échapper que ce « bombardement » de cette usine est une partie importante du plan directeur conjoint États-Unis-Ukraine pour vaincre la Russie en Ukraine. Il fait partie du même plan directeur, que le gouvernement américain a recommandé au gouvernement ukrainien, et qui comprend également la récente reprise réussie par l’Ukraine des terres contrôlées par la Russie près de la grande ville ukrainienne de Kharkov, dont la reconquête par l’Ukraine est également incluse dans le plan directeur. Selon le New York Times, les deux opérations – le bombardement de la centrale nucléaire et la reconquête de ces terres près de Kharkov – faisaient partie de ce plan directeur.

Le rapport du Times affirme que :

. Longtemps réticents à partager les détails de leurs plans, les commandants ukrainiens ont commencé à s’ouvrir davantage aux responsables du renseignement américain et britannique et à leur demander conseil. Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale, et Andriy Yermak, conseiller principal de M. Zelensky, ont discuté à plusieurs reprises de la planification de la contre-offensive, selon un haut responsable de l’administration. Le général Mark A. Milley, président des chefs d’état-major interarmées, et les hauts responsables militaires ukrainiens ont régulièrement discuté du renseignement et du soutien militaire.

. Et à Kiev, les responsables militaires ukrainiens et britanniques ont continué à travailler ensemble tandis que le nouvel attaché de défense américain, le général de brigade Garrick Harmon, a commencé à avoir des entretiens quotidiens avec les officiers supérieurs ukrainiens.

Par Éric Zuesse, publié le 15 septembre 2022

https://southfront.org/u-s-finally-admits-ukraine-bombs-zaporizhzhias-nuclear-power-plant/

EN VIDÉO, L’ANGOISSANTE SIMULATION D’UN CONFLIT NUCLÉAIRE GLOBAL

L’option atomique de Poutine refait surface : voici à quoi cela pourrait ressembler

Vladimir Poutine l’a lui-même mise sur la table avant même d’envahir, en février, son voisin. Quelques mois plus tard, alors que la Russie se prend une verte déculottée dans l’est de l’Ukraine, l’option nucléaire ne peut être tout à fait écartée. Bien qu’extrême, elle regagne ainsi un peu de substance ces derniers jours dans les rangs occidentaux.

À Business Insider et à la suite du patron de la défense ukrainienne Valeri Zaloujny lui-même, le général à la retraite et expert de la chose militaire russe Kevin Ryan admet ne pas écarter la possibilité du déclenchement par le Kremlin d’un très létal feu d’artifice atomique mondial.

«Je pense à la pression qui doit pousser Poutine à réfléchir à une réaction dramatique –et je pense à nouveau à la gâchette nucléaire», a-t-il ainsi expliqué. Une hypothèse pourrait être l’inclusion de fait à la fédération de Russie des territoires malmenés de Donetsk et Louhansk, dans le Donbass. «La guerre ne se déroulerait alors plus en Ukraine, mais en Russie», imagine-t-il.

À lire aussi : Discrètement, les officiels russes fuient déjà la Crimée

Autre possibilité selon lui: que l’Ukraine multiplie les frappes en territoire russe, pourquoi pas à Belgorod, et pourquoi pas avec des armes à longue portée fournies par les États-Unis ou leurs alliés de l’OTAN. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’administration Biden a si longtemps hésité à fournir ces lance-missiles Himars qui ont bouleversé le cours de la guerre, et aujourd’hui à lui fournir des ATACMS à plus longue portée encore.

Fort heureusement, nous n’en sommes bien sûr pas là. Ce qui n’empêche pas de se poser la question des questions: à quoi ressemblerait un conflit nucléaire entre la Russie et l’OTAN, si par malheur le bouton rouge venait à être pressé?

Après « PLAN A », pas de plan B

Comme le rappelle Newsweek, c’est ce que des chercheurs de l’Université de Princeton avaient voulu déterminer il y a quelques années déjà, bien avant le conflit en Ukraine tel que nous le connaissons actuellement.

Dans le cadre d’une exposition en 2017, ils avaient ainsi créé une œuvre vidéo nommée «PLAN A», qui a bénéficié d’un sacré regain d’intérêt ces derniers mois.

Disponible depuis 2019 sur YouTube et visible ci-dessus, la vidéo se base sur un ensemble de données réelles. «Notre équipe s’est servie d’évaluations indépendantes des forces russes et américaines disponibles, et des cibles nucléaires», explique Alex Glaser, professeur à la School of Public and International Affairs et au Department of Mechanical and Aerospace Engineering de l’Université de Princeton, et l’un des créateurs de «PLAN A».

«La simulation a également reposé sur les données disponibles quant aux armes déployées, leur rayon de destruction, leurs cibles potentielles, ainsi que l’ordre dans lequel elles pourraient être employées pour construire les phases d’un conflit nucléaire.»

À lire aussi : Le début de la fin? Le jackpot énergétique russe commence déjà à se tarir

Les données ne sont certes plus tout à fait les mêmes aujourd’hui, et la simulation n’en est qu’une parmi d’autres. Il n’en reste pas moins que les animations colorées de «PLAN A», les développements et ballets meurtriers de ces vecteurs de mort, en bouquets terribles et atomiques, de plus en plus globaux à mesure que la bête se réveille tout à fait, valent le coup d’œil. Et le frisson de l’échine.

Pour voir la vidéo plan A (4mn18s), cliquer sur : https://www.youtube.com/watch?v=2jy3JU-ORpo&feature=emb_title

Repéré par Thomas Burgel sur Newsweek, publié le 15/09/2022 à 7h06

https://korii.slate.fr/tech/ukraine-russie-video-plan-a-angoissante-simulation-conflit-nucleaire-atomique-global-poutine

JUSQU’AU PIED DES CENTRALES ATOMIQUES, SÉCHERESSE ET ASSÈCHEMENT DES RIVIÈRES, SÉISME : LE NUCLÉAIRE EST UN DANGER QUOTIDIEN POUR NOS VIES.

La commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco affirme que dans les trente ans à venir au maximum un tsunami frappera les côtes de la Méditerranée française. Avec comme corollaire une montée des eaux potentielles jusqu’à Avignon et au-delà au pied des réacteurs nucléaires du Tricastin. Risque de tsunami et montée des eaux due au dérèglement climatique global venant s’ajouter aux canicules et sécheresses privant d’eau de refroidissement les centrales atomiques sans annuler le risque de tremblement de terre dû à l’implantation des installations nucléaires de Cruas (Ardèche), Tricastin (Vaucluse/Drôme), Cadarache (Bouches du Rhône) et Marcoule (Gard) sur des failles sismiques.

Le risque qu’un tsunami survienne en mer Méditerranée dans les trente prochaines années est «très élevé» pour la commission océanographique intergouvernementale de l’Unesco. De l’Égypte jusqu’au Sud de la France en passant par les îles grecques. Michel Villeneuve, géologue et directeur de recherche honoraire au CNRS, chercheur associé à l’OSU (Observatoire des sciences de l’univers) « Pytheas » précise que les Bouches-du-Rhône, Cassis ou encore la Camargue pourraient être largement touchées «Les golfes et les terres basses amplifient les vagues. Ainsi les golfes comme celui de Cassis ou la Camargue verront les effets d’un tsunami amplifiés par rapport à une côte rectiligne et haute». Le scientifique précise : « Les tsunamis peuvent arriver n’importe où, dès lors qu’on se trouve en présence d’un plan d’eau. On a recensé des tsunamis dans le lac Léman. La Méditerranée n’échappe pas à ce risque puisqu’on y recense près de 10% des tsunamis mondiaux. » Donc rien ne peut a priori empêcher que des vagues viennent s’abattre sur nos côtes et déborder vers les terres. La dernière alerte tsunami en France remonte à avril 2021, dans la nuit 17 au 18, suite à un séisme de magnitude 6 au large de l’Algérie.

Précédemment les tsunamis ont frappé à plusieurs reprises le Sud-Est de la France (alors qu’aucune centrale nucléaires n’étaient implantées ni en vallée du Rhône ni ailleurs :  le 24 août 2004 à Marseille (Pointe-Rouge) avec un glissement de terrains et le retrait de la mer sur 20 mètres, en 1986 à Beauduc en Camargue (séisme, vague = 1m), en 1979 le 16 octobre à Nice-Antibes (aéroport) avec un glissement de 150 millions de m³, 11 morts, une vague de 3m à Antibes, en 1934 à Nice, en 1890 le 2 août au Grau du Roi (I=3), en 1855 le 20 Janvier à Nice, en 1843 le 27 février au port de Marseille (I=3), deux ans plus tôt en 1841 le 14 juillet au port de Marseille, (I=2) et le 17 juillet 1841 au port de Sète, (I=3), en 1829 le 8 juillet encore au port de Marseille (I=3), auparavant en 1817 le 5 juillet toujours au port de Marseille (incertitude sur l’intensité), cinq ans plus tôt en 1812 le 27 juin au port de Marseille, (I=4), en 1725 le 29 juin au port de Marseille (I=3), en 1564 le 20 juillet du côté de Nice-Villefranche avec un glissement (I=2), dans les années 300 à 400 ans l’engloutissement de Toroentum (Saint-Cyr-Les-Lecques) et auparavant vers 100 ans l’effondrement possible de la falaise du Cap Canaille.

À 300km/heure le mur d’eau emportera tout sur son passage en une ou deux heures

Bernardo Aliaga, chargé du programme tsunami au sein de l’Unesco  précise « C’est un mur d’eau, une eau très épaisse, très dense, très dangereuse, qui avance jusqu’à 300 km/h et emporte tout sur son passage, même lorsque la vague ne fait que 30 cm« . L’origine de ce tsunami important pourrait provenir soit des côtes d’Afrique du nord soit d’un séisme déclenché par le volcan Stromboli, dans les îles Éoliennes au sud de l’Italie. Des villes grecques, turques, égyptiennes et même françaises telle Cannes seront touchées et leurs élu-es en sont venus à rejoindre le programme d’identification de la menace afin de sensibiliser et préparer la population à cette catastrophe inéluctable. Nice dans le sud-est de la France (et Bordeaux dans le sud-ouest) n’échappera pas à la montée du niveau de la mer.

« Contrairement à une vague, une onde de tsunami se déplace très vite et peut atteindre les 800 km/h » précise Michel Villeneuve. À ce jour « la plus grande partie a eu lieu en Méditerranée orientale… En Provence on a connu des éboulements sous-marins comme à l’aéroport de Nice (le 16 octobre 1979) et des tsunamis provoqués par l’activité des failles qui bordent la mer Ligure dans le golfe de Gênes ou au large de la Corse mais la quantité d’eau déplacée était faible. Ces tsunamis étaient peu importants avec des vagues qui ne dépassent pas 1 à 2 m d’amplitude.« 

« En Méditerranée occidentale, la faille qui limite les plaques africaine et européenne, se trouve au large de l’Afrique du Nord et parallèlement à cette côte nord-africaine. C’est donc là que l’on trouvera l’origine des grands tsunamis avec des vagues supérieures à 3 m d’amplitude. » Logiquement puisque cette faille nord-africaine est loin de la Provence, on ne devrait pas craindre ces tsunamis, mais malheureusement, ces phénomènes reposent notamment sur trois caractéristiques redoutables : les déplacements de l’onde se font perpendiculairement à la faille ; une absence de perte d’énergie avec la distance car un tsunami est une ‘onde‘ et non une ‘vague‘ qui, elle, ne se crée qu’à proximité des côtes. « Un tsunami généré par la faille Nord-africaine de direction Est-Ouest, se déplacera vers le Sud et vers le Nord perpendiculairement à la faille c’est-à-dire notamment vers la Provence qu’il devrait atteindre entre une heure et deux heures, selon sa vitesse de déplacement. » La ville de Marseille, axée Nord-Sud et protégée par le massif des Calanques devrait voir la vague passer au large en direction du Frioul et de la Côte bleue.

À cela s’ajoute la montée des eaux due aux dérèglement climatique qui n’affectera pas uniquement le littoral

« Il ne faut pas imaginer que la montée de la mer affectera uniquement le littoral« , précise Stéphane Costa, chercheur au CNRS. Cela va également concerner l’intérieur des terres avec des remontées de nappes phréatiques, des zones humides seront inondées et des zones qui n’étaient pas humides vont le devenir. De plus, l’eau va pénétrer par les fleuves et les rivières et bloquer les écoulements, avec des répercussions sur plusieurs dizaines de kilomètres à l’intérieur des terres. Avignon sera touché et même au-delà jusqu’au centrales nucléaires du Rhône.

5% de la population mondiale, entre 500 millions et un milliard de personnes, vit actuellement sur des terres qui seront sous le niveau de la mer dans les siècles à venir au regard de la quantité de dioxyde de carbone que l’activité humaine a déjà rejeté dans l’atmosphère et si les émissions mondiales de gaz à effet de serre se poursuivent à leur rythme actuel et dont le nucléaire est aussi générateur. En cas de réchauffement limité à 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle – seuil qui sera atteint en 2030 – l’eau monterait de 2,9 mètres. Dans l’hypothèse d’un réchauffement à 2°C, le niveau des mers grimperait de 4,7 mètres.

Si le mercure grimpe de 3°C, (scénario le plus probable d’ici 2100 selon le GIEC) si l’on continue à émettre des gaz à effets de serre au rythme actuel -, le niveau de l’eau monterait de 6,4 mètres et ce sont des zones où vivent plus de 810 millions de gens qui se retrouveraient sous les eaux, assurent les scientifiques. Si le réchauffement atteint les 4°C, un milliard de personnes seront menacées par la montée des eaux, les océans s’élèveraient de 8,9 mètres.

Dans l’hypothèse où la planète ne se réchaufferait plus, si toutes les émissions de gaz à effet de serre étaient brutalement stoppées dès maintenant, le réchauffement climatique déjà engagé contribuerait à une montée des eaux moyenne -élévation des mers et des océans – de 1,9 mètre (dernier rapport des experts du GIEC). Espérer n’observer aucune montée des eaux est selon les scientifiques une absurdité car il est déjà trop tard, entre 1902 et 2010, le niveau moyen des mers a déjà augmenté de 16 cm.  Et les conséquences du réchauffement climatique sur le niveau de l’eau se feront ressentir sur le long terme, bien après cette date fatidique.

Fatalitas : avec trop ou pas assez d’eau, le nucléaire est totalement inadapté aux enjeux climatiques et de sécurité nationale

Par un tsunami ou par l’élévation du niveau de la mer lié au réchauffement climatique les installations nucléaires seront noyées avec leurs produits de fission atomiques, réacteurs et piscines d’entreposages des déchets radioactifs mortels seront submergés, aucun secours ne pourra les atteindre ni faire quoique ce soit pour enrayer la catastrophe atomique finale.

La récente canicule qui s’est abattue sur toute la France et notamment sur le sud-est et qui a engendré une terrible sécheresse a entraîné un telle baisse des étiages du Rhône que l’eau a manqué pour le refroidissement des réacteurs atomiques. Or sans eau : pas de fonctionnement possible des réacteurs sauf à engendrer l’explosion. Et les produits de fission dont ils sont gorgés demeurent une menace permanente.

À quoi s’ajoute le fait que chaque installation nucléaire est une cible de choix pour une attaque militaire ou terroriste. Et si la nature se réveille (comme il y a quelques années non loin de Cruas en Ardèche à LeTeil), toutes les installations nucléaires françaises implantées en bord de fleuve se trouvent sous la menace de tremblement de terre car sur zone sismique.

Face à cette réalité, quelques criminels embourbés dans la théocratie nucléariste, veulent poursuivre dans la voie de la destruction atomique et disséminer encore sur le territoire de nouvelles installations nucléaires. Ce sont de dangereux extrémistes fanatiques à qui il faut tordre le bras sans attendre.

Sites à visiter :

. www.risques.gouv.fr

. https://images.cnrs.fr/video/4705

. https://videotheque.cnrs.fr/doc=4705

. https://www.laprovence.com/article/societe/6358617/un-tsunami-est-il-possible-en-provence.html

https://www.lagazettedemontpellier.fr/live/62b6f245c8e477002bd797ce/mediterranee-un-risque-eleve-de-tsunami-d-ici-trente-ans

. https://www.francetvinfo.fr/meteo/tsunami/on-vous-explique-pourquoi-le-risque-qu-un-tsunami-ait-lieu-en-mediterranee-d-ici-a-trente-ans-est-proche-de-100_5218306.html

. www.developpement-durable.gouv.fr/L-EPRI-evaluation-preliminaire-des.html

. http://www.lumni.fr/video/montee-des-eaux-des-consequences-devastatrices

Partagez !

Par admin, publié le mercredi 14 septembre 2022 à 23h18

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2022/09/14/Tsunami-en-Mediterranee%2C-montee-des-eaux-jusqu-au-pied-des-centrales-atomiques

SAMEDI 24 SEPTEMBRE À 16H À SAINTES, CONFÉRENCE SUR LE THÈME : COMMENT NEUTRALISER LE DANGER NUCLÉAIRE CIVIL ET MILITAIRE ?

Salle Saintonge N° 5, 11 Rue Fernand-Chapsal, SAINTES

Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, Fukushima, Zaporijjia… comment neutraliser le danger nucléaire civil et militaire ? 

Conférence-débat avec Jacques Terracher

Technicien de l’Aéronautique, Administrateur d’ACDN, Membre de la CLI de Civaux

Le nucléaire civil entre fissures et déconfiture

Et Jean-Marie Matagne, Docteur en Philosophie, Président de l’Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN)

Guerre en Ukraine : mortelle dissuasion

Par Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN), 31, Rue du Cormier – 17100 – SAINTES

Tel : +33 (0)6 73 50 76 61    

contact@acdn.net,      www.acdn.net

ZAPORIJIA EN UKRAINE : « UNE CENTRALE NUCLÉAIRE EN ZONE DE GUERRE, ON N’A JAMAIS VÉCU ÇA »

Thierry Foehrenbacher, ingénieur en radioprotection du CNRS à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien à Strasbourg, est l’invité de France Bleu Alsace. Réécoutez son interview de 4mn. (cliquer sur L’invité de la rédaction de 7h45)

L’inquiétude est toujours forte en Ukraine autour de la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) travaille avec les deux belligérants, Kiev et Moscou, à établir une zone de sécurité autour du site.

« Une centrale nucléaire en zone de guerre, on n’a jamais vécu ça », commente sur France Bleu Alsace Thierry Foehrenbacher, ingénieur en radioprotection du CNRS à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien (IPHC) à Strasbourg. Au-delà des bombardements, il s’inquiète également des conditions de travail des salariés de la centrale : « Le personnel doit pouvoir travailler de manière sereine », alors que le rapport de l’AIEA pointe une situation de « stress extrême ».

À lire aussi : Centrale ukrainienne de Zaporijjia : la « situation actuelle est intenable » déclare l’AIEA dans un rapport

Doit-on craindre une nouvelle catastrophe de Tchernobyl ? Pour Thierry Foehrenbacher, le risque doit plutôt être comparé avec la catastrophe de Fukushima, « le principal risque étant la perte du refroidissement du réacteur », si un bombardement venait à toucher les canalisations d’eau ou le réseau électrique.

Photo en titre : Thierry Foehrenbacher, ingénieur CNRS à l’Institut pluridisciplinaire Hubert Curien, sur France Bleu Alsace et France 3 Alsace, le 15 septembre 2022

Par France Bleu Alsace, publié le jeudi 15 septembre 2022 à 7h46, mis à jour le jeudi 15 septembre 2022 à 10h01

https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-de-la-redaction-de-7h45/alsace/quels-risques-pour-la-centrale-de-zaporijia-en-ukraine-thierry-foehrenbacher-ingenieur-en

NUCLÉAIRE ET CLIMAT NE FONT PAS SI BON MÉNAGE

Autant il est logique que la crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine pousse nos dirigeants à s’interroger sur des ressources alternatives, dont le nucléaire, autant il est incompréhensible que les menaces qui pèsent sur la centrale de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, ne les amènent pas à se poser davantage de questions sur l’opportunité de réinvestir dans la filière atomique. Les pronucléaires endurcis ou de circonstance peuvent, il est vrai, s’appuyer sur l’argument de la dimension décarbonée de cette énergie.

Rédacteur en chef du site d’actualité Reporterre, Hervé Kempf s’inscrit en faux contre cette dernière affirmation dans Le Nucléaire n’est pas bon pour le climat (1). Pour le militant écologiste, il faut prendre en compte d’autres critères que le taux des émissions de gaz à effet de serre pour promouvoir une énergie: sa dangerosité, sa faisabilité, son coût, ses conséquences sur la vie quotidienne et le type de société que son adoption induit. Il rappelle qu’un accident dans une centrale nucléaire est une possibilité, accrue désormais par les risques d’attentats ou de phénomènes naturels inédits dus au dérèglement climatique.

«En réalité, un aspect crucial se dissimule sous le voile des discussions à n’en plus finir derrière le nucléaire, soutient Hervé Kempf. Pour aller vers la sobriété, il faut passer par une redistribution des richesses. Il ne faut pas envisager les efforts uniformément, mais les doser selon le niveau de consommation énergétique et matériel de chacun […]. Or, il est bien documenté maintenant que plus on est riche, plus on pollue. […] Si toute la société doit s’engager dans la réduction des émissions, les riches doivent prioritairement y contribuer.» Ce qui expliquerait certaines résistances…

(1) Le Nucléaire n’est pas bon pour le climat, par Hervé Kempf, Seuil Libelle, 60 p.

Par Le Vif, publié le 15 septembre 2022

Photo en titre : La filière nucléaire dopée par la crise, non sans risque. © belga image

https://www.levif.be/magazine/nucleaire-et-climat-ne-font-pas-si-bon-menage/

PRÈS DE LYON : POURQUOI UN RÉACTEUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU BUGEY EST À L’ARRÊT

Alors que le réacteur numéro 3 de la centrale nucléaire du Bugey (Ain) a été remis en route le 26 août dernier, l’unité numéro 4 est actuellement à l’arrêt. On vous dit pourquoi.

Les réacteurs 2, 3, 4 et 5 de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), près de Lyon, font l’objet de visites décennales depuis début 2020. Un arrêt programmé de l’unité numéro 4 est en cours. On vous explique pourquoi.

Les contrôles et expertises réalisés sur les unités de production n°3 et 4 de la centrale de Bugey confirment l’absence de corrosion sous contrainte (CSC), indique la centrale nucléaire du Bugey. 

Bugey 3 remis en route le 26 août

Les investigations menées du 29 avril au 14 août sur le réacteur numéro 3 ont permis de démontrer, grâce à des contrôles non destructifs, l’absence de corrosion sous contrainte. Bugey 3 a donc été logiquement redémarré et mis à la disposition du réseau national d’électricité le 26 août dernier. L’unité de production est disponible pour l’hiver.

L’unité n°4 a, elle, été arrêtée le 9 avril spécifiquement pour réaliser les contrôles de détection du phénomène de corrosion sous contrainte. Les expertises menées en laboratoire, sur des portions tuyauteries prélevées sur les circuits, ont également démontré l’absence de CSC (expertises réalisées par un laboratoire spécialisé : LIDEC).

L’unité n°4 arrêté pour un « rechargement »

« Nous menons actuellement les activités programmées de l’arrêt pour ‘rechargement’ de l’unité 4. La découpe de tronçons de tuyauterie nécessite de les remplacer. L’instruction est en cours pour procéder aux opérations de soudage. Il s’agit d’opérations particulières menées notamment dans un environnement très dosant et qui demandent une préparation des intervenants. » (EDF – Direction du Parc Nucléaire, Centrale du Bugey)

L’unité numéro 4 devrait donc prochainement être remise en marche. Selon le calendrier industriel du Bugey, l’arrêt pour « simple rechargement » se termine le 30 septembre 2022. 

Le prochain arrêt d’un réacteur nucléaire de la centrale sera l’unité numéro 5. Elle fera l’objet d’un arrêt pour « simple rechargement » entre le 15 avril et le 28 mai 2023. À noter que l’unité numéro 2 fera, elle, l’objet d’une visite partielle du 27 mai au 30 août 2023. 

Bugey 3 : un phénomène « inédit’ qui dégradait la tuyauterie

La prochaine visite décennale se déroulera du 9 septembre 2023 au 7 mars 2024 et concernera l’unité numéro 3, sur laquelle des modifications ont dû être effectuées. En effet, un phénomène « inédit » de corrosion sous contrainte des tuyauteries de certains circuits auxiliaires se produisait.

« Le cas de Bugey 3 est bien connu : il est lié à un phénomène qui se produit lorsqu’une tuyauterie horizontale se « dégrade », c’est-à-dire qu’elle n’est plus que partiellement remplie en eau. À la surface de l’eau se produit une concentration de polluants qui entraîne l’apparition de la CSC. On parle de phénomène de « lignes de niveaux » car des traces apparaissent à l’intérieur des tuyauteries au niveau de la surface de l’eau. » (EDF – Direction du Parc Nucléaire, Centrale du Bugey)

Ce problème a été traité par des modifications évitant que les tuyauteries ne se dégradent.

« Il ne peut pas physiquement apparaître sur des tuyauteries directement connectées au circuit primaire et donc entièrement remplies en eau en permanence, comme le sont les tuyauteries affectées actuellement », conclut la centrale Bugey.

Par Anthony Soudani, ublié le 14 ^septembre 2022 à 6h02 

Photo en titre : Le réacteur n°4 de la centrale du Bugey, dans l’Ain, est à l’arrêt pour un « simple rechargement ». (©AdobeStock)

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Actu Lyon dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

https://actu.fr/auvergne-rhone-alpes/amberieu-en-bugey_01004/pres-de-lyon-pourquoi-un-reacteur-de-la-centrale-nucleaire-du-bugey-est-a-l-arret_53765477.html

NUCLÉAIRE: DÉBUT 2023, UN PROJET DE LOI POUR ACCÉLÉRER LES CHANTIERS

Le gouvernement compte présenter début 2023 un projet de loi sur le nucléaire qui permettrait de « gagner du temps de procédure » pour lancer les futurs chantiers, a annoncé mardi la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher.

« Parallèlement à l’essor des énergies renouvelables, nous faisons le choix de réaffirmer la place centrale et stratégique de la technologie nucléaire pour réussir notre transition énergétique », a-t-elle dit devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale, qui l’interrogeait sur les sujets liés à l’énergie.

« Un projet de loi sur le nucléaire introduira des dispositions pour gagner du temps de procédure sur le lancement des chantiers », a-t-elle annoncé, évoquant une présentation de ce texte « début 2023 probablement ».

Emmanuel Macron avait annoncé en février depuis Belfort le lancement d’un programme de construction de six réacteurs EPR et d’études pour huit supplémentaires. Le programme France 2030 alloue aussi un milliard d’euros à la recherche sur les petits réacteurs SMR.

Et « tous les réacteurs pouvant être prolongés dans des conditions de sécurité exigeantes le seront », a ajouté la ministre. Pour autant, le choix du futur bouquet énergétique de la France fera l’objet d’un débat national, a-t-elle assuré.

Cette « concertation nationale » aura lieu d’octobre à janvier, « dans chaque territoire, en associant citoyens, associations, élus, entreprises pour qu’ils s’approprient leur avenir énergétique », a ajouté Mme Pannier-Runacher, à propos de ce débat organisé par le gouvernement.

Parallèlement, un débat public aura d’ores et déjà lieu, d’octobre à février, sur la construction des six premiers EPR souhaités par le chef de l’État. La Commission nationale du débat public, qui l’organise, avait demandé qu’un débat national plus large sur les choix énergétiques puisse, idéalement, avoir lieu avant le débat sur les EPR.

Jusqu’au discours de Belfort, la stratégie officielle de la France était de fermer douze réacteurs nucléaires, après les deux de Fessenheim déjà arrêtés, un objectif qui avait été gravé dans sa dernière programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) 2019-2028, engagée mi-2017 et finalement adoptée en avril 2020.

Avant le 1er juillet 2023, une nouvelle loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC) qui devra fixer les grands objectifs de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) et de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) est attendue.

Par AFP, publié le 14.09.2022

Photo en titre : Agnès Pannier-Runacher, Créateur : ERIC PIERMONT  | Crédits : AFP

https://www.lemondedelenergie.com/nucleaire-debut-2023-projet-loi-pour-accelerer-chantiers/2022/09/14/

L’ENCOMBRANTE LIVRAISON D’URANIUM RUSSE À L’EUROPE

Une cargaison d’uranium russe à destination d’une usine française en Allemagne a finalement été déchargée à Dunkerque, le 13 septembre. En pleine guerre contre l’Ukraine, cette livraison irrite les collectifs allemands.

Berlin (Allemagne), correspondance

Tout était fin prêt pour l’arrivée du cargo Mikhail Dudin au port de Rotterdam, aux Pays-Bas, dimanche 11 septembre. Chargé d’uranium russe, le navire, en provenance de Saint-Pétersbourg, avait reçu les autorisations nécessaires des autorités néerlandaises. Des camions avaient été affrétés pour apporter sa précieuse cargaison à trois heures de route de là. Destination : l’usine de fabrication de combustibles nucléaires de Lingen, dans le nord de l’Allemagne. Le site est exploité par ANF (Advanced Nuclear Fuels), une filiale du géant français du nucléaire Framatome.

Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Au dernier moment, à l’approche de Rotterdam, le Mikhail Dudin a soudainement repris la mer pour poursuivre jusqu’à Dunkerque (Nord), où il a finalement accosté le lendemain, peu avant midi. Là-bas, l’uranium a été chargé le 13 septembre sous escorte policière dans cinq camions, selon les observations sur place de Greenpeace France. Deux au moins auraient pris mardi après-midi la direction de l’Allemagne.

Pourquoi faire un tel détour de plusieurs centaines de kilomètres ? Contactée, Framatome n’a pas souhaité répondre aux questions de Reporterre. « Il y a énormément d’opacité dans le secteur », regrette Pauline Boyer, porte-parole de Greenpeace France. En Allemagne, une hypothèse circule. « Le détour par Dunkerque est possiblement dû à nos manifestations », avance Alexander Vent, du collectif d’associations antinucléaires de Lingen AgiEL.

La livraison d’uranium russe à Dunkerque, le 13 septembre 2022. © Greenpeace

Outre-Rhin, si la production d’électricité à partir du nucléaire doit cesser définitivement d’ici quelques mois, la fabrication de combustibles radioactifs reste autorisée. Mais, depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, la question de la provenance de l’uranium pour alimenter les usines de combustibles est particulièrement sensible.

Et pour cause : les vingt fûts du Mikhail Dudin sont envoyés par JSC Techsnabexport Tenex, filiale de la compagnie d’État russe Rosatom, fondée en 2007 par le président russe, Vladimir Poutine. À Lingen, ce métal lourd, sous la forme d’hexafluorure d’uranium, permet la production de combustibles pour des centrales nucléaires ouest-européennes. L’usine Framatome livre notamment la France, la Belgique, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suisse, l’Espagne, la Suède et la Finlande.

« Comment la France peut-elle continuer à faire affaire avec la Russie ? »

« Pour nous, tous les signaux d’alerte sont au rouge. Comment la France peut-elle continuer à faire affaire avec la Russie ? » déplore Alexander Vent. Son collectif a organisé une manifestation lundi devant l’usine, fortement relayée par la presse allemande. « Pas de gaz, mais de l’uranium à la place », ironisait dimanche l’hebdomadaire Die Zeit, en référence à l’arrêt des livraisons de gaz à destination de l’Europe via le gazoduc Nord Stream 1.

« Cette livraison montre aussi la dépendance de l’Europe vis-à-vis de l’uranium russe », explique Alexander Vent. Rosatom fournit directement en combustibles dix-huit centrales nucléaires dans l’Est de l’Europe et en Finlande, en plus de ses relations commerciales avec Framatome : les deux géants du nucléaire ont signé un « accord de coopération stratégique sur le long terme » en décembre 2021.

La livraison d’uranium russe en cours fait partie d’un ensemble de trente-cinq autorisées pour l’usine de Lingen, en avril 2021, par l’Agence allemande pour la sécurité des déchets nucléaires (Base). « Vous pouvez imaginer que nous considérons ces cargaisons d’uranium de manière très critique en raison de l’invasion russe, mais aussi de la sortie de l’Allemagne du nucléaire en général », a déclaré lundi Andreas Kübler, porte-parole du ministère fédéral de l’Environnement, en conférence de presse.

Pas question de s’y opposer en l’absence d’embargo européen sur l’uranium russe, contrairement au pétrole et au charbon. « Nous n’avons aucune raison légale d’empêcher le transport d’uranium en provenance de Russie », a expliqué Andreas Kübler. Sous la pression de l’Allemagne, Framatome et Rosatom ont toutefois annulé leur projet de coentreprise sur le site de Lingen, qui impliquait la montée au capital de la société d’État russe à hauteur de 25 %.

Par Violette Bonnebas, publié le 14 septembre 2022 à 09h45, mis à jour le 14 septembre 2022 à 15h33

Photo en titre : Cargaison d’uranium russe à Dunkerque, lundi 13 septembre 2022. – © Greenpeace

https://reporterre.net/L-encombrante-livraison-d-uranium-russe-a-l-Europe?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

Message de Reporterre

… nous avons un petit service à vous demander. Chaque mois, plus d’un million de personnes font confiance au travail des journalistes de Reporterre pour se tenir informées sur l’urgence écologique. Plus de 27 000 de ces lectrices et lecteurs financent le journal par des dons. Ce soutien permet à Reporterre de rester en accès libre, sans aucune publicité, et totalement indépendant. Contrairement à de nombreux autres médias, Reporterre n’a pas d’actionnaires ni de propriétaire milliardaire. Le journal, à but non lucratif, est libre de toute influence commerciale ou politique.

Nous avons la conviction que le ravage écologique est l’enjeu principal de ce siècle. À ce titre, il nous semble que ce sujet doit être mis en avant chaque jour dans le débat public. Les articles, reportages et enquêtes que vous pouvez lire sur le site sont vitaux pour la démocratie, pour la prise de conscience écologique, et pour exiger mieux de nos dirigeants.

Tous nos articles sont en accès libre, pour tous. Nous le faisons parce que nous croyons en l’égalité de l’accès à l’information. Ainsi, davantage de personnes peuvent suivre l’actualité de l’écologie, comprendre l’impact du désastre en cours sur la population, et agir. Tout le monde peut bénéficier d’un accès à des informations de qualité, quelle que soit sa capacité à payer pour cela.

S’il y a bien un moment pour nous soutenir, c’est maintenant. Chaque contribution, grande ou petite, renforce notre capacité à porter l’écologie au cœur de l’agenda médiatique et politique, et assure notre avenir. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Si vous le pouvez, soutenez le journal avec un don mensuel. Merci.

Soutenir Reporterre

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d’une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner

FRANCE : FLAMANVILLE : DES KILOS DE LIQUIDES DE REFROIDISSEMENT DANS L’ENVIRONNEMENT

Pour la seconde année de suite, le site nucléaire rejette plus que ce qui est autorisé. Réseau Sortir du Nucléaire 31 août 2022

Mi-août 2022, le site nucléaire de Flamanville (Normandie) a déclaré aux autorités avoir dépassé le seuil limite de 100 kg/an pour les fuites de liquides de refroidissement. Ces fuites, survenues sur pas moins de 11 équipements différents, ont occasionné des rejets de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.

Les liquides de refroidissement, très utilisés dans les centrales nucléaires pour éviter la surchauffe de l’air et des équipements, sont des composés de différents types. Leurs effets sur l’environnement et leur durée de vie vont être différents selon le type de fluide utilisé. EDF ne précise pas quel fluide il utilise à Flamanville. 

Mais tous ces composés, à une pression atmosphérique normale, deviennent des gaz à effet de serre dont le pouvoir de réchauffement global (PRG) n’a rien de négligeable.

Par exemple, 1 kg de fluide de type HFC-134a vaut 3710 kgeqCO2 à l’horizon de 20 ans. Une fuite d’un kilo de ce type de liquide de refroidissement équivaut donc à avoir rejeté 3 710 kilos de CO2 [1]

Pour ce dépassement des 100 kilos annuels, EDF a déclaré un incident significatif [2] pour l’environnement le 16 août 2022. Et l’a annoncé au public dans un discret communiqué publié 2 semaines plus tard, tout en bas d’une liste d’incidents touchant à la sûreté [3] déclarés en août et classés au plus bas niveau de l’échelle des incidents nucléaires (niveau 0 de l’échelle INES [4] ). Les incidents ayant des conséquences pour l’environnement survenus dans les installations nucléaires ne sont pourtant pas classés sur cette échelle lorsqu’ils n’impliquent pas de radioactivité (comme les déversements de produits chimiques par exemple). Les faits ne méritaient-ils pas une communication à part, différenciée ?

Déjà en 2021, le site nucléaire avait très largement dépassé la limite fixée par les autorités : la centrale a laissé s’échapper plus de 400 kg de liquides de refroidissement dans l’environnement, plus de 4 fois ce qui lui été permis. La raison ? “Majoritairement” la conception des équipements d’après EDF. Des équipements qui n’ont pas été conçus pour éviter ces rejets délétères pour le climat, des équipements qu’EDF n’a toujours pas remplacés…

Ces fuites sont bien connues de l’industriel, mais apparemment, cela n’empêche pas leur survenue. Pourquoi avoir choisi une technologie qui implique des rejets de polluants ? Pourquoi ne pas avoir procédé à leur remplacement pour des systèmes plus “durables” écologiquement parlant ? Pourquoi ne pas surveiller de plus près les matériels qu’EDF sait susceptible de fuir ? 

À se demander si l’exploitant nucléaire se donne les moyens de limiter l’impact négatif de ses activités industrielles sur l’environnement.

Ce que dit EDF : Publié le 31/08/2022

Évènements significatifs – août 2022

Depuis le début de l’année 2022, la centrale nucléaire de Flamanville 1&2 a comptabilisé 103.715 kg d’émission de fluide frigorigènes. Ces émissions ont été relevées sur 11 équipements de réfrigération ou de climatisation répartis sur le site et sont comprises entre quelques kilos et 29,98 kg. Ces pertes cumulées depuis le début de l’année 2022 représentent 1 % de la masse de fluide frigorigène exploitée sur le site. Ces pertes s’expliquent majoritairement par des pertes liées à la technologie du matériel.

Le dépassement du seuil de 100 kg/an a conduit la direction de Flamanville 1&2 à déclarer, à l’Autorité de sûreté nucléaire, un événement significatif environnement, le 16 août 2022.

https://www.edf.fr/la-centrale-nucleaire-de-flamanville-1-2/les-actualites-de-la-centrale-nucleaire-de-flamanville-1-2/evenements-significatifs-aout-2022

[1Source : “Certains gaz à effet de serre des centrales nucléaires“, Bernard Laponche, octobre 2020, Global Chance.

[2Événements significatifs : incidents ou accidents présentant une importance particulière en matière, notamment, de conséquences réelles ou potentielles sur les travailleurs, le public, les patients ou l’environnement. https://www.asn.fr/Lexique/E/Evenement-significatif

[3La sûreté nucléaire est l’ensemble des dispositions techniques et des mesures d’organisation relatives à la conception, à la construction, au fonctionnement, à l’arrêt et au démantèlement des installations nucléaires de base, ainsi qu’au transport des substances radioactives, prises en vue de prévenir les accidents ou d’en limiter les effets. https://www.asn.fr/Lexique/S/Surete-nucleaire

[4INES : International nuclear and radiological event scale (Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques) – Description et niveaux ici – https://www.asn.fr/Lexique/I/INES

Source: https://www.sortirdunucleaire.org/France-Flamanville-Des-kilos-de-liquides-de-refroidissement-dans-l-environnement?var_mode=calcul&fbclid=IwAR1FnhS0XNjFHm1x1BC0aoEPsOGs7IxLRiU2Vvx-NqOmKjdpTA3h66JAKyI

Par André JACQUES, publié le 14 septembre 2022

http://crilan.fr/10566-2/

NUCLÉAIRE: L’IRAN A CONSIDÉRABLEMENT AUGMENTÉ LE NOMBRE DE SES CENTRIFUGEUSES, ALERTE GANTZ À L’ONU

« Si l’Iran le décide, il peut aussi passer à l’enrichissement à 90%« 

Le ministre de la Défense Benny Gantz a révélé lundi lors d’un briefing à l’ONU organisé par l’ambassadeur israélien Gilad Erdan, que l’Iran a considérablement augmenté le nombre de ses centrifugeuses capables d’enrichir de l’uranium de qualité militaire, affirmant que le monde doit préparer des sanctions contre Téhéran.

Citant les renseignements israéliens, M. Gantz a déclaré que le nombre de centrifugeuses avancées sur le site nucléaire souterrain de Natanz a plus que doublé au cours de l’année écoulée, tandis que la capacité d’enrichissement a triplé dans l’installation souterraine de Fordo.

Les centrifugeuses IR-6, les plus avancées du pays, peuvent enrichir l’uranium jusqu’à une pureté d’au moins 60 %, une courte étape technique qui les sépare de l’enrichissement à 90 % de qualité militaire.

L’Iran n’est autorisé à enrichir l’uranium qu’à un degré de pureté de 3,67 % selon l’accord nucléaire de 2015. Cependant, après que Donald Trump a retiré les États-Unis de cet accord et imposé ses propres sanctions, l’Iran a abandonné nombre de ses engagements et a accéléré l’enrichissement d’uranium.

« Si l’Iran le décide, il peut aussi passer à l’enrichissement à 90%« , a prévenu Benny Gantz aux diplomates présents. « L’ensemble de la communauté internationale doit s’unir. Nous devons agir, mettre en place des plans opérationnels, politiques et économiques, et ne pas permettre un accord qui ne fasse pas reculer l’Iran de manière significative. Cette mission doit également se refléter dans les activités du Conseil de sécurité de l’ONU« , a-t-il précisé, selon un compte rendu fourni par son bureau.

Les membres du Conseil de sécurité des Nations unies et les membres des Accords d’Abraham ont participé à la réunion.

Photo en titre : Spokesperson for the Ministry of the Interior. Benny Gantz aux Nations Unies le 12 septembre 2022

Par i24NEWS, publié le 13 septembre 2022 à 09h54, dernière modification le 13 septembre 2022 à 13h15

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/diplomatie-defense/1663055447-benny-gantz-previent-l-onu-l-iran-a-considerablement-augmente-le-nombre-de-ses-centrifugeuses

ÉLECTRICITÉ : LA PRODUCTION NUCLÉAIRE D’EDF SERA COMPLIQUÉE JUSQU’EN 2024… AU MOINS

EDF prévoit une production électrique nucléaire comprise seulement entre 315 et 345 TWh pour 2024, soit l’équivalent peu ou prou de la production nucléaire de l’année 2020, qui s’était écroulée en raison de la crise Covid. La situation très tendue sur le système électrique tricolore va donc perdurer. Elle s’explique par d’importantes opérations de maintenance auxquelles s’ajoute un phénomène de corrosion en série. En France, le niveau de production nucléaire considéré comme « normal » par les experts n’a pas été atteint depuis 2015.

La situation très tendue que s’apprête à connaître le système électrique cet hiver n’est pas un problème de courte durée. C’est un problème durable qui va se prolonger dans le temps. Les chiffres publiés ce mardi 13 septembre par EDF le confirment : en 2024, la production nucléaire sera comprise entre 315 et 345 TWh, estime l’électricien. « C’est le niveau d’une année Covid », pointe Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting. En 2020, année marquée par un confinement strict de deux mois, la production électrique nucléaire française s’était, en effet, effondrée à 335,4 TWh, chutant de 11,6% (44 TWh) par rapport à 2019. « Son niveau le plus pas depuis 1993 », avait alors souligné RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité.

En 2024, la production électrique devrait donc être légèrement supérieure à celle attendue pour 2023, estimée aujourd’hui entre 300 et 330 TWh, elle-même légèrement supérieure à celle de 2022, qui devrait s’établir à seulement 285 TWh, une « véritable catastrophe », selon Nicolas Goldberg.

Lire aussi : Fessenheim : Macron refait l’histoire

« Dès 2015, on savait que la situation allait être tendue »

« Ces chiffres montrent que la crise électrique va durer jusqu’en 2024, au moins, et c’est inquiétant, estime l’expert. Dès 2015, on savait que la situation allait être tendue sur le parc électronucléaire à cette période en raison des visites décennales [arrêt de plusieurs mois de la production d’un réacteur, qui a lieu tous les dix ans, et pendant lequel un examen de sûreté est réalisé en profondeur. Les quatrièmes visites décennales (VD4), qui concernent en ce moment les plus vieux réacteurs du parc, ceux de 900 MW, comptent 20.000 activités de maintenance et de contrôles et visent à faire tendre le niveau de sûreté de ces réacteurs vers celui des EPR, ndlr], mais on ne se doutait pas de la profondeur de cette crise », concède-t-il.

Concernant l’estimation de la production pour 2024, EDF précise « que le planning de maintenance associé est en cours de consolidation ». Pour l’heure, on ne connaît donc pas encore l’amplitude des différents facteurs qui affecteront la disponibilité du parc nucléaire en 2024. « Quelle sera la part des opérations de maintenance et des visites décennales et celle des problèmes de corrosion ? », s’interroge Nicolas Goldberg.

Sept visites décennales prévues en 2024

« L’estimation de la production nucléaire 2024 s’explique par un programme industriel dense et la poursuite de la réalisation du programme de contrôle des réacteurs nucléaires dans le cadre du phénomène de corrosion sous contrainte », indique, pour sa part EDF, sans donner davantage de détails.

Fin 2021, l’électricien a découvert un problème de corrosion sous contrainte, en série, qui se traduit par des microfissures sur des tuyaux en acier, connectés au circuit primaire principal qui entoure le réacteur. D’après les investigations réalisées par EDF, 12 réacteurs sont concernés ou potentiellement concernés par ce phénomène et sont donc actuellement à l’arrêt. (Tandis que 17 autres sont actuellement arrêtés pour maintenance). Si ce phénomène perdure jusqu’en 2024, les arrêts de maintenance pourraient donc être plus longs afin de procéder à des vérifications supplémentaires.

Par ailleurs, en 2024, sept visites décennales sont prévues : deux concernant les réacteurs de 1300 MW de Penly 2 et Golfech 2, et cinq quatrièmes visites décennales pour les réacteurs de 900 MW de Blayais 3, Cruas 3, Dampierre 4, Gravelines 4, Tricastin 4.

« En 2024, nous serons donc encore dans une situation tendue [sur le plan de la sécurité d’approvisionnement électrique, ndlr]. Il faudra appliquer les écogestes, mais aussi les principes de sobriété avec la mise en place des bons signaux tarifaires et les appliquer dans le temps car c’est un problème durable », insiste Nicolas Goldberg.

Une production en baisse depuis 2018

Quelques éléments pourraient néanmoins soulager le système électrique français. Du côté de la production, le parc éolien en mer de Saint-Nazaire, composé de 80 turbines, sera pleinement opérationnel, la mise en service à 100% étant prévue pour la fin 2022. Il faut aussi espérer que la loi sur l’accélération des énergies renouvelables, qui doit bientôt être présentée en conseil des ministres, ait produit ses premiers effets.

Ensuite, la France devrait être en mesure d’importer davantage d’électricité grâce à la mise en place d’une nouvelle interconnexion entre la France et l’Italie via le tunnel de Fréjus. Celle-ci doit être pleinement opérationnelle dans les prochains mois. En revanche, les résultats liés aux travaux d’efficacité énergétique ne seront, sans doute, pas encore au rendez-vous.

Depuis 2018, la production nucléaire française ne cesse de diminuer. Seule l’année 2021 a été marquée par une fragile embellie. Le parc électronucléaire tricolore a ainsi produit 393,2 TWh en 2018, 379,5 TWh en 2019, 335,4 TWh en 2020 et 360,7 TWh en 2021. Il faut remonter à 2015 pour obtenir un volume supérieur à 400 TWh, un niveau considéré comme « normal » par tous les experts du secteur. Et pour cause, de 2002 à 2015, la production électrique issue de l’atome a toujours été supérieure à 400 TWh, hormis en 2009.

Par Juliette Raynal, publié le 13 septembre 2022 à 22h17

Photo en titre : En 2024, la sobriété dans la consommation d’électricité sera encore de mise. (Crédits : Stephane Mahe)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/production-nucleaire-la-crise-electrique-va-durer-en-france-jusqu-en-2024-au-moins-932480.html

NUCLÉAIRE : LES ALLÉGATIONS MENSONGÈRES DE JEAN-MARC JANCOVICI

Faute de contradicteurs, Jean-Marc Jancovici continue de dérouler son discours nucléariste à la télé. Celui-ci est pourtant tellement truffé d’erreurs et de raisonnements fallacieux qu’une correction s’avère essentielle.

Lors de l’émission « C Pol », sur France 5, dimanche 11 septembre, Jean-Marc Jancovici a enchaîné les affirmations incorrectes. Les journalistes qui l’entouraient n’ayant pas su le contredire adéquatement, un débunkage en règle s’impose. Le lien de l’émission est ici, et si presque tous ses propos sont discutables, un passage à partir de 44’10’’ est particulièrement aberrant :

  • « Alors pour Zaporijia, qui sont des réacteurs à eau pressurisée, si jamais il y a un pépin sur place, ça ressemblera à ce qui s’est passé à Fukushima. Donc ça, vous aurez un problème local. »

Un « problème local », c’est un accident nucléaire provoquant un relâchement de radioactivité important, conduisant à l’évacuation des populations autour de la centrale dans un rayon d’au moins plusieurs kilomètres. C’est ce qu’a indiqué Olivier Gupta, président de l’association des responsables d’Autorités de sûreté nucléaire d’Europe (WENRA), en août 2022 au journal Les Échos : « Quelles seraient les conséquences d’un accident », demande le journaliste. « Tout dépend du type d’accident, répond M. Gupta. À Fukushima, il a fallu évacuer une zone d’une vingtaine de kilomètres autour du site. »

« En France, il se passera rien »

Rappelons par ailleurs les conséquences de l’accident nucléaire qui s’est produit à Fukushima en mars 2011 : 2 300 morts dans la foulée de l’évacuation des populations pour leur éviter de rester dans les zones radioactives ; des territoires restant contaminés et inhabitables dix ans après l’accident ; un coût de celui-ci compris entre 200 et 660 milliards de dollars, selon différentes estimations. Un « problème local », ça n’est pas rien…

En cas d’accident à Zaporijia, « en France, il se passera rien ». Eh bien si, même si la conséquence prévisible, du fait de l’éloignement du site de nos frontières, paraît très petite : « Dans le pire des scénarios, où toute la radioactivité d’un réacteur de la centrale la plus à l’ouest de l’Ukraine est rejetée à l’extérieur, nous avons trouvé, sur mille séquences météorologiques étudiées issues des dix dernières années, un cas où une partie du territoire français pourrait potentiellement être concernée par des niveaux de radioactivité qui justifieraient une prise de comprimés d’iode », indique Philippe Dubiau, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Refus d’écouter les avertissements

Jancovici fait ensuite référence au barrage de Banqiao, en disant : « Si on veut supprimer les problèmes pour les populations locales, on déconstruit tous les barrages. Le plus grand accident de barrage qui n’ait jamais eu lieu dans le monde, c’est un complexe de barrages qui a eu lieu… C’est un accident qui a eu lieu en Chine dans les années 70. Il y a eu entre 20 et 100 000 morts. » Sauf que ce barrage s’est rompu précisément parce que ses concepteurs, dans la Chine des années 1960, n’avaient pas tenu compte des avertissements lancés par un hydrogéologue. Celui-ci, Chen Xing, avait plusieurs fois dénoncé les failles de conception du barrage, avertissant du danger. Il n’a pas été écouté, et a été écarté du projet. La catastrophe de Banqiao n’est donc pas liée à un danger inhérent des barrages, mais au fait que le refus de prendre en compte la gravité d’un accident possible a conduit à l’accident. Exactement ce qu’essayent de faire les critiques du nucléaire face aux

  • « Donc on supprime tous les barrages, on supprime toutes les usines chimiques, Bhopal, AZF, etc. »

Eh bien oui ! Bhopal (en Inde) et AZF (à Toulouse) ont causé en 1984 et 2001 des accidents aux conséquences ravageuses, notamment Bhopal avec plusieurs milliers de morts et des dommages encore sensibles trente ans après. Ces drames industriels ont suscité un renforcement drastique des normes sur les usines chimiques.

  • « On supprime les sucreries, le Kinder Bueno que j’avais dans ma loge. Enfin, on supprime tout. »

La journaliste Salomé Saqué tente de faire face à l’absurde : « Enfin, on ne peut pas comparer du nucléaire avec un Kinder Bueno, quand même ! » Jancovici : « Je suis désolé, l’obésité, vous savez combien ça tue de personnes par an dans le monde ? » Un argument qui laisse entendre que l’ampleur du nombre de morts par obésité dans le monde (2,8 millions par an, selon l’Organisation mondiale de la santé) rendrait inutile de prévenir tout danger pouvant provoquer un nombre de morts inférieur. Ainsi, puisque les guerres n’ont causé (en 2019) « que » 63 000 morts, il ne serait pas indispensable de tenter de les éviter. L’absurdité du sophisme tient à ce que les sociétés ne cherchent pas à se protéger d’une nuisance OU d’une autre, comme s’il fallait choisir entre les deux, mais tentent, malaisément, de les modérer simultanément.

Par ailleurs, la mortalité engendrée par une nuisance n’est pas forcément le reflet de son danger, mais peut-être, au contraire, des efforts plus ou moins grands que l’on fait pour limiter cette nuisance. Ainsi, s’il y a relativement peu d’accidents nucléaires, ce n’est pas parce que le nucléaire n’est pas dangereux, mais parce que l’ampleur de leurs conséquences a conduit à rechercher la plus grande sécurité.

Écologistes, du nucléaire à la malbouffe

Enfin, pour en revenir à l’obésité, si M. Jancovici avait raison, les gouvernements pronucléaires feraient tous leurs efforts pour prévenir l’obésité. Ce n’est en France pas le cas : pendant que les « élites » s’obstinent à vouloir relancer le nucléaire à coups de milliards et d’arguments fallacieux, la politique de santé environnementale reste marginalisée. Et ce sont les écologistes — antinucléaires, n’en déplaise à M. Jancovici — qui plaident aussi le plus vigoureusement contre la malbouffe et l’agriculture industrielle.

« Si on croit le Giec, on croit l’Unscear. L’Unscear est exactement le même type d’organisme que le Giec. Ça porte sur les conséquences des accidents nucléaires et ça a produit des rapports qui sont faits exactement avec les mêmes règles. »

Jancovici essaye de tirer parti du prestige acquis par le Groupe d’experts international sur l’évolution du climat (Giec) pour en revêtir l’Unscear (Comité scientifique des nations unies pour l’étude des rayonnements ionisants). Mais alors que le Giec, depuis sa création en 1988, a acquis une autorité en raison de la transparence de ses procédures et de sa capacité à exprimer un consensus scientifique, c’est très loin d’être le cas pour l’Unscear.

Cet organisme a en particulier constamment cherché à minorer les conséquences de Tchernobyl, sans éteindre pour autant la controverse scientifique à ce propos. Le bilan lénifiant diffusé par l’Unscear a été vigoureusement contesté par maints groupes de recherche, et n’est même pas repris par les institutions des Nations unies : selon l’Organisation mondiale de la santé, « il pourrait y avoir jusqu’à 9 000 décès par cancer supplémentaires dus à l’accident de Tchernobyl chez les gens ayant travaillé aux opérations de décontamination, chez les personnes évacuées et chez les résidents des régions hautement et modérément contaminées du Bélarus, de la Fédération de Russie et de l’Ukraine ». Pour le directeur même de l’AIEA, « des milliers de personnes mourront de cancers causés par le relâchement de la radioactivité ».

L’analyse complète des propos de M. Jancovici serait par trop fastidieuse. Mais la confusion que ses idées répandent sans contradiction nous fait perdre un temps précieux face à l’urgence climatique.

Par Hervé Kempf, publié le 13 septembre 2022 à 16h17, mis à jour le 13 septembre 2022 à 16h46

Photo en titre : Jean-Marc Jancovici sur France 5 le 11 septembre 2022. – Capture d’écran France Télévisions

https://reporterre.net/Nucleaire-les-allegations-mensongeres-de-Jean-Marc-Jancovici

Message de Reporterre

… nous avons un petit service à vous demander. Chaque mois, plus d’un million de personnes font confiance au travail des journalistes de Reporterre pour se tenir informées sur l’urgence écologique. Plus de 27 000 de ces lectrices et lecteurs financent le journal par des dons. Ce soutien permet à Reporterre de rester en accès libre, sans aucune publicité, et totalement indépendant. Contrairement à de nombreux autres médias, Reporterre n’a pas d’actionnaires ni de propriétaire milliardaire. Le journal, à but non lucratif, est libre de toute influence commerciale ou politique.

Nous avons la conviction que le ravage écologique est l’enjeu principal de ce siècle. À ce titre, il nous semble que ce sujet doit être mis en avant chaque jour dans le débat public. Les articles, reportages et enquêtes que vous pouvez lire sur le site sont vitaux pour la démocratie, pour la prise de conscience écologique, et pour exiger mieux de nos dirigeants.

Tous nos articles sont en accès libre, pour tous. Nous le faisons parce que nous croyons en l’égalité de l’accès à l’information. Ainsi, davantage de personnes peuvent suivre l’actualité de l’écologie, comprendre l’impact du désastre en cours sur la population, et agir. Tout le monde peut bénéficier d’un accès à des informations de qualité, quelle que soit sa capacité à payer pour cela.

S’il y a bien un moment pour nous soutenir, c’est maintenant. Chaque contribution, grande ou petite, renforce notre capacité à porter l’écologie au cœur de l’agenda médiatique et politique, et assure notre avenir. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Si vous le pouvez, soutenez le journal avec un don mensuel. Merci.

Soutenir Reporterre

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d’une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner

AUBIAC. EN CAS DE CRISE À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH

Mercredi 14, à 19 h, dans la salle des fêtes, se tiendra une réunion publique d’information sur le thème : « En cas de crise à la centrale nucléaire de Golfech ».

Invitées par la commune d’Aubiac, la Commission locale d’information auprès de la centrale nucléaire de Golfech (CLI) et la préfecture du Tarn-et-Garonne animeront une réunion publique d’information.

Savoir que faire en cas d’incident ou d’accident majeur à la centrale nucléaire de Golfech.

Les points abordés seront :

. Pourquoi ma commune est concernée ?

. Signal d’alerte, se mettre en sûreté, quelles sont les mesures, qui donne les consignes.. ?

. Quand prendre des pastilles d’iode ?

. Cette réunion doit être un moment d’échanges pour la sécurité de tous.

À l’issue de la réunion, le verre de l’amitié sera offert par la municipalité et les échanges pourront se poursuivre…

Correspondant.

Publié le 13/09/2022 à 05h10

Photo en titre : Photo d’archive lors de la réunion de décembre 2019. Photo Lyliane Menesplier

Pour retrouver et écouter cet article (44 sec, par ETX Studio) cliquer sur : https://www.ladepeche.fr/2022/09/13/en-cas-de-crise-a-la-centrale-nucleaire-de-golfech-10540106.php

LA PRODUCTION NUCLÉAIRE 2024 D’EDF SERA ENCORE AFFECTÉE PAR DES CHANTIERS

Le groupe électricien a revu à la baisse ses prévisions de production pour 2022.

La production d’électricité nucléaire d’EDF risque encore d’être affectée en 2024 par des chantiers, avec une estimation comprise entre 315 et 345 térawattheures (TWh), selon de premières prévisions publiées par le groupe. Il s’agit pour l’heure d’une estimation, le «planning de maintenance associé (des réacteurs) étant en cours de consolidation», précise EDF mardi.

À découvrir : NOTRE DOSSIER – Elizabeth II, un roc et un symbole pour l’Angleterre

«L’estimation de la production nucléaire 2024 s’explique par un programme industriel dense et la poursuite de la réalisation du programme de contrôle des réacteurs nucléaires dans le cadre du phénomène de corrosion sous contrainte», découvert l’hiver dernier, a expliqué un porte-parole à l’AFP.

À lire aussi : L’Ukraine annonce l’arrêt du dernier réacteur en activité à la centrale nucléaire de Zaporijjia

Ces niveaux de production restent en effet bien en deçà de ceux enregistrés en 2018 (393 TWh) et même en 2019 (379,5 TWh), quand démarrait le programme de maintenance programmée sur la période 2019-2024, selon un planning «particulièrement chargé».

Les problèmes de corrosion découverts l’hiver dernier et ce programme de maintenance, retardé par la crise du Covid, rendent indisponible une grande partie du parc nucléaire et affectent la production nucléaire d’EDF, qui devrait atteindre en 2022 un plus bas historique.

Réacteurs à l’arrêt

Le groupe électricien a en effet revu à la baisse ses prévisions de production pour 2022, à un niveau compris entre 280 et 300 TWh, et «probablement la moitié basse de la fourchette», selon un porte-parole.

À lire aussi : EDF: les coulisses d’une fin de mandat sous haute tension entre le PDG et l’État

La moitié de ses 56 réacteurs étaient à l’arrêt à date de mardi pour des problèmes de corrosion ou des maintenances programmées. Cette situation fait peser des menaces sur l’approvisionnement en électricité cet hiver en France, sur fond de crise énergétique européenne et d’envolée des prix alimentées par la reprise post-Covid et le début de la guerre en Ukraine. Pour 2023, EDF maintient ses objectifs de production nucléaire à 300-330 TWh, contre 340-370 TWh précédemment.

La rédaction vous conseille

Par Le Figaro avec AFP, publié le 13 septembre 2022

Photo en titre : Les problèmes de corrosion découverts l’hiver dernier rendent indisponible une grande partie du parc nucléaire. PASCAL ROSSIGNOL / REUTERS

Pour retrouver et écouter cet article (2mn08s), cliquer sur : https://www.lefigaro.fr/societes/la-production-nucleaire-2024-d-edf-sera-encore-affectee-par-des-chantiers-20220913

NUCLÉAIRE. PISCINE EDF À ORANO LA HAGUE : UNE NOUVELLE CONSULTATION PUBLIQUE PASSÉE INAPERÇUE

Une consultation publique en ligne a été lancée par la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) afin de déroger au code de l’environnement, à l’ouest du site d’Orano La Hague (Manche), proposé par EDF pour l’implantation d’une piscine d’entreposage des combustibles nucléaires usés. Sans publicité dans les rues, ni dans la presse, elle se termine ce mardi 13 septembre 2022 dans l’indifférence.

Elle aura duré quinze jours, consiste en un questionnaire en ligne en huit points et se termine discrètement, ce mardi 13 septembre 2022, loin des tumultes de son aînée, quelques mois plus tôt, concernant le projet de construction d’une piscine d’entreposage des combustibles nucléaires usés par EDF, à l’ouest d’Orano La Hague (Manche).

La consultation publique relative à la demande de dérogation de l’article L411-2 du code de l’environnement pour l’assainissement du Parc aux Ajoncs – la partie du site sur laquelle le bassin verrait le jour – a été soumise à l’avis d’un public peu informé dans les rues et dans la presse.

Lire aussi : Nucléaire. Dix questions pour comprendre le projet de piscine EDF à Orano La Hague

Dans La Hague, pas de panneaux indicatifs. Ni d’information dans les médias locaux. Le jeune collectif Piscine Nucléaire Stop, formé il y a moins d’un an, dit n’avoir été mis au courant par ses membres qu’au début du mois, après le lancement de la consultation qui s’étendait du 30 août au 13 septembre 2022.

« Heureusement, nous veillons sur les sites internet des administrations, sinon nous ne saurions pas ces éléments », déplore Guy Vastel, l’un des adhérents qui, comme d’autres, assure n’avoir eu qu’une poignée jours pour engranger les informations du dossier de 187 pages et rendre un avis sur le site.

Une dérogation au code de l’environnement

La demande vise à déroger au code de l’environnement. Une quinzaine d’espèces vulnérables et protégées, au titre de la Petite centaurée à fleurs de scille, propre à la pointe et classée dans la liste rouge des espèces végétales de Basse-Normandie, sont menacées par les travaux qu’Orano prévoit de lancer en mars 2023, pendant plus de deux ans, afin de « dépolluer » le site de ses traces radioactives.

Le Conseil scientifique régional du patrimoine naturel de Normandie a rendu un avis « favorable sous réserves », demandant des précisions sur les compensations proposées par l’industriel, « ce à quoi Orano répondra », précise le groupe.

Quant à la suite, mystère. La demande devra-t-elle passer devant le Parlement, comme celle pour la construction du terminal méthanier du Havre, au creux du vote sur la loi pouvoir d’achat ? Pour l’heure, pas de réponses de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement, organisatrice de la consultation, qui a été sollicitée.

Par Ouest-France, Emma RODOT, publié le 12/09/2022 à 20h14

Photo en titre : La consultation relative à la demande de dérogation au code de l’environnement pour l’assainissement du Parc aux Ajoncs, à l’ouest du site industriel Orano La Hague (Manche), se termine mardi 13 septembre 2022. | ARCHIVES ANTOINE SOUBIGOU/OUEST-France

https://www.ouest-france.fr/normandie/la-hague-50440/nucleaire-piscine-edf-a-orano-la-hague-une-nouvelle-consultation-publique-passee-inapercue-60336150-32b7-11ed-a817-fca930f80cf5

PALUEL : NON-RESPECT DES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION CONCERNANT LA DISPONIBILITÉ DU CIRCUIT DE REFROIDISSEMENT DE LA PISCINE DE STOCKAGE DU COMBUSTIBLE

Le 30 août 2022, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect des règles générales d’exploitation du réacteur 3 concernant la disponibilité du circuit de refroidissement de la piscine d’entreposage du combustible.

Les règles générales d’exploitation (RGE) sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées. Elles limitent les interventions sur les équipements qui conduiraient à dégrader les fonctions de sûreté requises en fonction du domaine d’exploitation.

La piscine d’entreposage du combustible permet d’entreposer les assemblages de combustible neufs avant leur chargement dans le cœur du réacteur et les assemblages de combustible usé dans l’attente de leur évacuation. Le refroidissement de cette piscine est nécessaire pour évacuer la puissance résiduelle des assemblages de combustible usé. Ce refroidissement est assuré par le système de traitement et réfrigération (PTR), lui-même refroidi par le circuit de refroidissement intermédiaire (RRI). Le circuit PTR est constitué de deux voies redondantes comportant chacune une pompe et un échangeur de chaleur.

Le 25 août 2022, alors que le réacteur 3 est en fonctionnement, une intervention est programmée sur la voie A du circuit PTR. Dans cette situation, la voie B est requise et doit donc être disponible afin d’assurer le refroidissement des assemblages de combustible situés dans la piscine.

Le 26 août 2022, un opérateur en salle de commande a détecté une hausse de la température de la piscine d’entreposage. Un contrôle sur place a permis d’identifier qu’une vanne participant au refroidissement de la voie B du circuit RRI était en position fermée, rendant la voie indisponible. La règle relative à la disponibilité d’une des deux voies du système de refroidissement de la piscine d’entreposage lorsque le réacteur est en fonctionnement n’a donc pas été respectée. Les deux voies du circuit PTR ont été indisponibles pendant 25 heures.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence pour les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de sa détection tardive, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires (INES).

L’exploitant a constaté la baisse de la température de la piscine d’entreposages du combustible après ouverture de la vanne.

L’analyse de cet événement devra s’attacher à en comprendre l’origine exacte, ainsi que les raisons ayant conduit à l’absence d’identification de l’indisponibilité des deux voies du circuit PTR, et définir des actions correctives visant à éviter le renouvellement de cet écart.

Publié le 12/09/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-des-regles-generales-d-exploitation46

UKRAINE: LE SPECTRE D’UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE SUR LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJJIA

Le spectre d’une catastrophe nucléaire à la centrale de Zaporijjia hante tous les esprits. La plus puissante centrale d’Europe et ses six réacteurs, tous à l’arrêt, sont sous contrôle russe depuis mars. Depuis fin juillet, le site est la cible de frappes dont Ukrainiens et Russes s’accusent mutuellement. Kiev accuse notamment Moscou de stocker des armes lourdes sur le site et de l’utiliser comme base de frappes sur les positions ukrainiennes. La situation y est « intenable » selon l’AIEA, l’Agence internationale de l’énergie atomique, et des employés que nos envoyés spéciaux à Zaporijjia.

De nos envoyés spéciaux à Zaporijjia,

Dans la ville, qui se trouve à une cinquantaine de km de centrale, on se prépare au pire. 

« Nous sommes à un centimètre, un millimètre de la catastrophe. Et l’échelle de cette catastrophe sera telle qu’elle touchera la Russie, l’Europe, et je ne parle pas de l’Ukraine ». La femme qui lance ce cri d’alarme était, jusqu’à il y a quelques jours, ingénieur à la centrale de Zaporijjia, chargée, entre autres, de la sûreté nucléaire.

Elle tient à rester anonyme, son mari, lui-même employé de la centrale, étant sans doute amené à y retourner. « Beaucoup de gens ne comprennent pas ce qui se passe réellement là-bas et à quel point tout cela est effrayant. Ils tirent sur le site de la centrale, il y a des obus, des cratères. Nous sommes tous tendus comme des arcs, nous sommes constamment sous pression. Nous étions bien sûr préparés à affronter des situations de stress, mais pas à de tels niveaux ! Il y a tellement de facteurs à prendre en compte. C’est sûr que ces six réacteurs, s’ils ne sont pas refroidis, on court à la catastrophe mondiale. Dieu nous en préserve »

L’opérateur ukrainien de la centrale Energoatom a annoncé hier, dimanche, la mise à l’arrêt du dernier réacteur en fonctionnement. La décision a été prise après le rétablissement partiel de l’approvisionnement électrique extérieur du site.

Ukraine, les six réacteurs de la centrale nucléaire de Zaporijjia, le 19/08/2022. Le dernier réacteur encore en activité (pour produire l’électricité nécessaire au refroidissement du combustible) a été arrêté dimanche 11 septembre après le rétablissement de l’électricité. AP

Mais en cas de nouveau bombardement des lignes électriques, la centrale sera entièrement dépendante des générateurs diesel de secours pour assurer les fonctions vitales de sûreté et de sécurité nucléaires.

À lire aussi : à la une de la revue de la presse, la spectaculaire contre offensive de l’armée ukrainienne

À lire aussi : en Ukraine, Kiev reprend encore du terrain, vaste coupure d’électricité dans l’Est

Pour cet autre employé de la centrale, lui aussi réfugié à Zaporijjia, le danger pourrait aussi venir des stocks de déchets radioactifs. « Si dans les réacteurs, le combustible nucléaire est protégé, le combustible usagé est stocké dans des sortes de conteneurs d’acier d’une épaisseur d’environ 100 millimètres, avec du béton par-dessus, et c’est tout. Il y plus de 150 de ces conteneurs à l’air libre, protégés par une enceinte en béton de 2 mètres de hauteur, et rien d’autre… »

À Zaporijjia, Dmytro Orlov, le maire en exil d’Energodar, lui-même ancien ingénieur en chef des turbines, avant d’être élu en 2020, a fait ouvrir un centre d’aide humanitaire, sociale et médicale, pour tous ceux qui fuient la ville, bombardée, privée d’eau courante et d’électricité. Parmi eux, de plus en plus d’employés de la centrale. 

« La question du personnel peut affecter de manière significative la sécurité, explique Dmytro Orlov. Les gens ne peuvent pas rester à leur poste 24 heures sur 24. Pour assurer le roulement entre les équipes, il faut 5 personnes par équipe. Or, on se retrouve dans des situations où il n’y avait plus 5 personnes mais 4. Cela signifie que ceux qui restent doivent faire des vacations moins espacées et donc moins se reposer. S’il n’en reste plus que trois, ils devront aller travailler tous les jours ».

Ukraine, septembre 2022: Dmytro Orlov, maire en exil d’Energodar et ancien ingénieur en chef des turbines de la centrale nucléaire de Zaporijjia avant d’être élu en 2020. © Boris Vichith / RFI

Une surveillance 24h sur 24

À une cinquantaine de km de la centrale, les autorités de Zaporijjia suivent la situation de très près. Un laboratoire mobile mesure 24h sur 24 les niveaux de radiation. « Nous voyons à l’écran des chiffres qui tombent en temps réel, juste après avoir été analysé par les capteurs qui mesurent le taux de radiation. Actuellement, comme on le voit sur l’écran, ils sont normaux ».

Si les chiffres sont rassurants, les autorités locales restent sur leurs gardes. « Tous les services de la région de Zaporijia se tiennent prêts, aussi bien le ministère des situations d’urgence que l’administration militaire régionale qui, au cours de ces quatre dernières semaines travaille 24 heures sur 24, sept jours sur 7, nous explique Taras Tyshchenko, représentant du ministère de la Santé à Zaporijjia. Elle élabore des réponses à toutes les hypothèses que nous lui avons énoncées, pour le cas où le scénario le plus grave se produisait ».

Ukraine, septembre 2022: Taras Tyshchenko, représentant du ministère de la Santé à Zaporijjia © Boris Vichith / RFI

Pour éviter qu’un tel scénario ne se produise, l’Ukraine, tout comme l’AIEA réitère sa demande la constitution d’une zone démilitarisée autour de la centrale. Une requête jusque-là restée lettre morte.

Ukraine, Zaporijjia, le 2 septembre 2022: visite sur le site de la centrale d’une délégation de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). «L’intégrité physique de la centrale de Zaporijia a été violée à plusieurs reprises», a déclaré Rafael Grossi, chef de l’agence, à l’issue de cette visite.

Par Anastasia Becchio et Boris Vichith, publié le 12 septembre 2022 à 09h09

Photo en titre: Ukraine: Un soldat russe patrouille sur le territoire de la centrale nucléaire de Zaporijjia, mai 2022. © Andrey Borodulin, AFP

https://www.rfi.fr/fr/europe/20220912-ukraine-le-spectre-d-une-catastrophe-nucl%C3%A9aire-sur-la-centrale-nucl%C3%A9aire-de-zaporijjia

VICTOIRE ! IMPORTANT REJET DE GAZ RADIOACTIF À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH : LES FAUTES D’EDF ENFIN RECONNUES PAR LA JUSTICE

Communiqué de presse du Réseau « Sortir du nucléaire » et des associations Stop Golfech-VSDNG, Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, France Nature Environnement 82, SEPANLOG, France Nature Environnement Midi-Pyrénées, Association Française des Malades de la Thyroïde

Communiqué du 12 septembre 2022

Le 19 octobre 2016, suite à une succession de dysfonctionnements, la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne) a rejeté en quelques minutes une quantité très importante de radioactivité dans l’environnement. Le tribunal de police de Montauban et la cour d’appel de Toulouse ayant refusé de sanctionner EDF, nos associations avaient mené le combat contre l’impunité du pollueur jusqu’en Cour de cassation. La décision de cette dernière ayant permis la poursuite de la procédure, une nouvelle audience s’est tenue le 1er avril 2022, à la cour d’appel de Bordeaux. Ce 9 septembre 2022, cette dernière a finalement condamné EDF.

Après des années de procédure, nos associations se félicitent de cette décision qui vient enfin sanctionner les fautes d’EDF qui ont conduit à cet important rejet dans l’environnement. Dans un contexte de sévère dégradation de la sûreté à la centrale depuis quelques années, un signal d’impunité aurait été déplorable.

Un important rejet radioactif dans l’environnement révélateur d’inquiétants dysfonctionnements

Le 19 octobre 2016, la centrale nucléaire de Golfech a laissé s’échapper un important rejet radioactif gazeux. La radioactivité rejetée est montée en flèche, au point de dépasser pendant 2 minutes le seuil d’alarme à la cheminée. Au total, 136 milliards de becquerels ont été relâchés dans la nature, dont 78 milliards sur cette seule séquence de 2 minutes !

Ce dépassement n’est pas à prendre à la légère : les seuils de rejets, taillés « sur mesure » selon les propositions de l’exploitant, sont fixés très haut, en fonction d’un optimum économique et technique, et non de normes sanitaires. Par ailleurs, selon certains chercheurs, de tels pics de rejets sont susceptibles d’entraîner des impacts sanitaires chez les riverains [1].

Cette pollution était le résultat d’une série de dysfonctionnements aussi bien techniques qu’organisationnels, révélateurs d’une sûreté défaillante. Les gaines contenant le combustible nucléaire du réacteur 1, censées être parfaitement étanches, laissaient fuir la radioactivité. Ce problème était connu de l’exploitant depuis juin 2016. En outre, le dégazeur, qui permet de séparer les gaz radioactifs des effluents liquides afin que ceux-ci puissent être stockés pendant 30 jours minimum pour permettre la décroissance de la radioactivité, avait été mal utilisé et avait mal fonctionné. En conséquence, ces gaz avaient alors été rejetés directement dans l’environnement [2]…

Six ans après, EDF enfin condamnée !

Nos associations refusaient qu’une telle pollution reste impunie. Après un dépôt de plainte le 28 novembre 2016, le Réseau “Sortir du nucléaire“ a fait citer directement EDF devant le tribunal le 17 octobre 2017. L’Association Française des Malades de la Thyroïde, les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, France Nature Environnement Midi-Pyrénées, France Nature Environnement 82, la SEPANLOG et Stop-Golfech-VSDNG se sont constitués partie civile.

Le 10 janvier 2019, malgré des faits accablants, le tribunal de police de Montauban a relaxé EDF. Face à cette décision incompréhensible, nos associations ont fait appel. Le 10 février 2020, la cour d’appel de Toulouse a reconnu qu’EDF avait bien commis des fautes dans le cadre de cette affaire, mais ne l’avait pas condamnée.

Nos associations ont alors déposé un pourvoi en Cour de cassation, accompagné d’une question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Le 29 juin 2021, l’arrêt de la Cour de cassation a rouvert la voie à une potentielle condamnation pour EDF.

Le 1er avril 2022, une nouvelle audience s’est tenue à la cour d’appel de Bordeaux. Dans un arrêt rendu le 9 septembre 2022, celle-ci a reconnu les fautes commises par EDF et l’a condamnée à réparer le préjudice subi. Après tant d’années de combat, nos associations se réjouissent que l’impunité du pollueur prenne fin (voir notre analyse en annexe).

Une condamnation bienvenue dans un contexte de sûreté dégradée

Cette condamnation signe enfin la fin de l’impunité d’EDF, alors que la situation à la centrale nucléaire de Golfech, années après années, continue d’inquiéter. En 2022, l’Autorité de sûreté nucléaire considère toujours que les performances de la centrale en matière de sûreté nucléaire laissent à désirer, comme en témoigne un grand nombre d’incidents survenus en 2021 ; elle fait également état de « défauts de compétence et de maîtrise des activités » concernant la maintenance. Enfin, des défauts de corrosion sous contrainte sont soupçonnés sur le réacteur n° 1. La condamnation reçue par EDF peut sonner comme un signal dans une situation dégradée.

Retrouvez le dossier juridique : https://www.sortirdunucleaire.org/Important-rejet-radioactif-a-la-centrale-49838

Contacts presse :

Marie Frachisse (juriste, Réseau « Sortir du nucléaire« ) – Tél : 07 62 58 01 23

Samuel Delalande (avocat) – Tél : 06 01 95 93 59

Marc Saint Aroman (Amis de la Terre Midi-Pyrénées) – Tél : 05 61 35 11 06

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – Tél : 06 64 66 01 23

Publié le 12 septembre 2022

https://www.sortirdunucleaire.org/VICTOIRE-Important-rejet-de-gaz-radioactif-a-la

NUCLÉAIRE. PROJET DE PISCINE EDF DANS LA HAGUE : UNE CONSULTATION PUBLIQUE SUR LA BIODIVERSITÉ

Si la concertation est désormais close, le projet de piscine EDF dans La Hague (Manche) est encore d’actualité, notamment à travers une consultation publique sur la biodiversité.

Si la concertation est désormais close, le projet de piscine d’entreposage de combustibles usés d’EDF est encore d’actualité. Notamment à travers une consultation publique, au titre du Code de l’environnement, organisée par la Dreal Normandie.

À lire aussi : Nucléaire. Projet de piscine EDF dans La Hague : le bilan de la concertation a été dévoilé

Incidence sur les espèces protégées

La première phase du projet consiste, en effet, en des travaux d’arasement, de terrassement du terrain et d’entreposage afin de préparer la plateforme nécessaire à la construction de la piscine et de ses équipements. Cette opération a une incidence sur les espèces protégées.

« Dans ce cadre, nous avons entrepris toutes les démarches nécessaires pour identifier les espèces protégées et remarquables impactées par le projet afin de maintenir la biodiversité aux alentours du site. Dans les demandes de dérogation, nous avons proposé plusieurs mesures de compensation et d’accompagnement. »

Orano

Cette consultation, totalement anonyme, a débuté le 30 août et s’achèvera le 13 septembre 2022, à minuit. Entièrement dématérialisée, elle figure sur le site internet de la Dreal et sur le site internet du groupe Orano.

Pour participer : https ://bit.ly/3qoiDAr.

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 11 septembre 2022 à 12h00 

Photo en titre : Le public est invité à donner son opinion sur cette demande de dérogation à la protection stricte des espèces. (©La Presse de la Manche)

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/nucleaire-projet-de-piscine-edf-dans-la-hague-une-consultation-publique-sur-la-biodiversite_53714115.html

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre La Presse de la Manche dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

LA GUERRE DES ATOMES

L’Ukraine et le nucléaire, une histoire pour le moins mouvementée.

L’Ukraine, de Staline à aujourd’hui, a toujours été une pépinière et une joueuse du casino nucléaire. Aleksandr Leipunskii, le « père des surgénérateurs », a dirigé l’Institut de physique nucléaire de Kharkiv, et Igor Kurchatov, le « père de la bombe atomique russe », avait de la famille en Ukraine et a obtenu son doctorat en physique nucléaire à l’université de Simferopol, en Crimée. Le 24 août 1991, jour de l’accession à son indépendance, l’Ukraine s’est métamorphosée en troisième puissance nucléaire mondiale. La restitution à la ­Russie de 1 240 têtes nucléaires, d’environ 2 600 armes nucléaires tactiques, ainsi que la restitution à la Russie ou le démantèlement en Ukraine de plusieurs centaines de missiles balistiques et de dizaines d’avions bombardiers stratégiques ont duré de 1992 à 2001. Cette dénucléarisation a été entachée par la vente en contrebande, à la Chine et à l’Iran, de 18 missiles de croisière d’une portée de 3 000 km, capables d’embarquer des têtes nucléaires.

Avant l’indépendance, tous les réacteurs étaient de conception russe, alimentés par des combustibles neufs russes, et les combustibles usés étaient envoyés en Russie. Du jour au lendemain, ces prestations ont été facturées à l’Ukraine, et les dettes envers la Russie se sont accumulées. Les deux pays en sont venus à des trocs baroques. De 1994 à 1999, l’approvisionnement des réacteurs en combustibles neufs s’échangeait contre le retour en Russie des armes nucléaires soviétiques. En 1999, les combustibles nucléaires neufs et la maintenance s’échangeaient contre les loyers de la base navale russe de Sébastopol. Les six réacteurs de Zaporijjia fonctionnaient à 50 % de leur capacité, et le personnel accumulait les arriérés de salaires. Energoatom, l’organe de gestion du nucléaire en Ukraine, justifiait les dysfonctionnements par le fait que les petits comme les gros consommateurs d’électricité étaient de très mauvais payeurs.

À LIRE AUSSI : Catastrophe nucléaire à Zaporijjia : la France est prête

Virtuose du double jeu, le gouvernement ukrainien a entamé des négociations avec la Cogema (devenue Areva puis Orano) en 1995 pour l’exploitation de gisements d’uranium. En 1997, l’Ukraine a signé avec la Russie un accord de principe en vue de construire une usine de production de combustibles nucléaires de 1,5 milliard de dollars. En même temps, des contacts rapprochés étaient pris pour le même projet avec l’allemand Siemens, l’helvético-suédois ABB, l’américain Westinghouse, l’anglais British Nuclear Fuels Limited et le français Framatome. L’usine n’a finalement jamais vu le jour.

Le 5 juin 2000, un accord a été signé à Kiev entre les États-Unis et l’Ukraine dans le domaine du nucléaire civil, avec pour première phase la diversification des approvisionnements en combustibles des réacteurs à eau pressurisée ukrainiens. Douze ingénieurs et experts ont été délocalisés aux USA pendant cinq ans dans deux usines de Westinghouse, à Pittsburgh et à Columbia, pour s’initier aux codes, aux standards et aux pratiques du nucléaire occidental. En 2005, le réacteur no 3 d’Ukraine Sud, à 60 km d’Odessa, a été le premier à utiliser six barres de combustibles américains associées à des barres russes. Peu après, la Russie a décidé de suspendre les importations des combustibles usés en provenance d’Ukraine. En 2009, 42 barres de combustibles ont été livrées par Westinghouse Suède.

À LIRE AUSSI : Petro Kotin : « C’est la première fois qu’on assiste à une attaque militaire sur une centrale nucléaire »

Après l’annexion de la Crimée par la Russie, en février-mars 2014, l’accord a été étendu à la livraison de 630 barres de combustibles jusqu’en 2020. En décembre 2014, pendant l’accélération du conflit entre l’Ukraine et la Russie dans le Donbass, les États-Unis et Energoatom ont signé un contrat sur la fourniture exclusive des combustibles américains dans six réacteurs. La Russie a immédiatement accusé Westinghouse d’essayer de mettre le pied dans la filière nucléaire ukrainienne. La guerre de l’énergie était déclarée, avec un enjeu politique et commercial dépassant l’Ukraine et se propageant dans tous les pays nucléarisés par la Russie, comme la Hongrie, la Slovénie, la Slovaquie et la République tchèque. Par communiqué du 25 avril 2014, l’ONG Robin des Bois redoutait un nouveau Tchernobyl en Ukraine et appelait l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIE), la Russie et l’Ukraine à coopérer pour assurer la sûreté de tous les réacteurs ukrainiens. Le commu­niqué remarquait que « Zaporijjia est particulièrement problématique ». Aujourd’hui, Zapo est au milieu d’une guerre de tranchées, d’artillerie, de missiles et de propagande. C’est l’atome russe contre les atomes américain et européen.

Par Jacky Bonnemains, publié le 11 septembre 2022

https://charliehebdo.fr/2022/09/ecologie/la-guerre-des-atomes/

ENVIRONNEMENT. CETTE ASSOCIATION CONTRÔLE LA RADIOACTIVITÉ SUR LE LITTORAL DU COTENTIN

Mon actu : Ce 10 septembre 2022, l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (Acro) a réalisé des prélèvements dans la baie d’Écalgrain (La Hague, Manche).

Dans la baie d’Écalgrain, entre Jobourg et Auderville (La Hague, Manche), un groupe d’une douzaine de personnes munies de bottes, de seaux et d’outils, partaient au bas de l’eau, au cours de l’après-midi de ce samedi 10 septembre 2022, à la faveur d’un coefficient de marée de 102.

Une sortie pêche à pied entre amis ? Pas vraiment. Salariés et bénévoles de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest (Acro) se sont donné rendez-vous en plusieurs endroits de la côte nord et ouest de la Manche (La Hague, Diélette, Carteret et Fermanville) pour effectuer une campagne de prélèvements en faveur de l’Observatoire citoyen. Autrement dit, pour mesurer la radioactivité dans la mer de la Manche.

À lire aussi : Nucléaire. Projet de piscine EDF dans La Hague : une consultation publique sur la biodiversité

Depuis 2003, cette association, composée de quatre salariés et basée à Hérouville-Saint-Clair (Calvados), s’assure de la bonne santé du littoral entre Granville et Dieppe, où se trouvent plusieurs centrales nucléaires, celles de Paluel et de Penly (Seine-Maritime), celle de Flamanville et l’usine de retraitement de déchets nucléaires Orano-La Hague.

13 sites

De Granville à Dieppe, l’Acro surveille 13 sites sur le littoral de la Manche.

Dans une année, deux campagnes sont réalisées au moment des équinoxes, lors des plus fortes marées. Durant l’après-midi, à marée basse, eau, sable, algues, principalement du varech et des patelles ont été échantillonnés.

« Lors des gros coefficients de marée, la mer se retire loin. On peut prélever à des endroits où l’eau est quasiment tout le temps présente. » Aurore Le Vote, Chargée d’études pour l’Acro.

Les échantillons pris à cet endroit sont en effet susceptibles d’être les plus exposés à la radioactivité.

À environ cinq kilomètres face à cette baie au cadre et aux couleurs de carte postale se trouve le plus gros rejet radioactif issu de l’usine de retraitement de combustibles nucléaires. Une information qui ne décourage pas Ludivine, mère de famille venue se baigner pendant que l’Acro effectuait ses prélèvements. « On a une maison de vacances à Saint-Germain-des-Vaux. Je suis au courant : on habite le reste de l’année à côté d’une autre centrale nucléaire, à côté de Penly, en Seine-Maritime. Ici, au moins, je vois mes pieds quand je me baigne », sourit-elle, tout en rappelant que l’arrêt du nucléaire occasionnerait une perte d’emplois importante pour le secteur.

À lire aussi : Après la panne sur le port de Cherbourg, le convoi de combustibles nucléaires Mox est rentré à Orano-La Hague

De l’iode 129 jusqu’au Danemark

Quid des résultats ? « Ils seront connus dans deux mois, à la fin des mesures et des analyses », indique Aurore Le Vote. Cependant, lors de précédentes campagnes, du tritium et de l’iode 129, parmi bien d’autres isotopes, ont toujours été relevés.

Vidéos : en ce moment sur Actu

L’iode 129, produit uniquement à La Hague dans le monde, a pu ainsi être détecté l’année dernière sur les côtes du Danemark, porté par les courants, dont le Raz Blanchard.

Ce suivi reste important pour s’assurer qu’il n’y a pas de pollution anormale.

« Ces rejets sont légaux. Il n’y a pas de contexte sanitaire en jeu. La radioactivité est brassée et diluée avec le reste de l’eau et nos analyses complètent celles faites par le centre d’enfouissement Orano. Elles leur sont d’ailleurs vendues. »

Aurore Le Vote, Chargée d’études pour l’Acro

Pour participer aux futures campagnes et aider l’Acro, il est possible de s’inscrire en téléphonant au 02 31 94 35 34.

Par Sébastien Lucot, publié le 11 septembre  à 17h50 

Photo en titre : Ce samedi 10 septembre 2022, Aurore Le Vote a prélevé des patelles sur les rochers de la baie d’Écalgrain (Manche). (©La Presse de la Manche)

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre La Presse de la Manche dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/environnement-cette-association-controle-la-radioactivite-sur-le-littoral-du-cotentin_53722093.html

LA GUERRE DES ATOMES : L’UKRAINE ET LE NUCLÉAIRE, UNE HISTOIRE POUR LE MOINS MOUVEMENTÉE.

L’Ukraine, de Staline à aujourd’hui, a toujours été une pépinière et une joueuse du casino nucléaire. Aleksandr Leipunskii, le « père des surgénérateurs », a dirigé l’Institut de physique nucléaire de Kharkiv, et Igor Kurchatov, le « père de la bombe atomique russe », avait de la famille en Ukraine et a obtenu son doctorat en physique nucléaire à l’université de Simferopol, en Crimée. Le 24 août 1991, jour de l’accession à son indépendance, l’Ukraine s’est métamorphosée en troisième puissance nucléaire mondiale. La restitution à la ­Russie de 1 240 têtes nucléaires, d’environ 2 600 armes nucléaires tactiques, ainsi que la restitution à la Russie ou le démantèlement en Ukraine de plusieurs centaines de missiles balistiques et de dizaines d’avions bombardiers stratégiques ont duré de 1992 à 2001. Cette dénucléarisation a été entachée par la vente en contrebande, à la Chine et à l’Iran, de 18 missiles de croisière d’une portée de 3 000 km, capables d’embarquer des têtes nucléaires.

Avant l’indépendance, tous les réacteurs étaient de conception russe, alimentés par des combustibles neufs russes, et les combustibles usés étaient envoyés en Russie. Du jour au lendemain, ces prestations ont été facturées à l’Ukraine, et les dettes envers la Russie se sont accumulées. Les deux pays en sont venus à des trocs baroques. De 1994 à 1999, l’approvisionnement des réacteurs en combustibles neufs s’échangeait contre le retour en Russie des armes nucléaires soviétiques. En 1999, les combustibles nucléaires neufs et la maintenance s’échangeaient contre les loyers de la base navale russe de Sébastopol. Les six réacteurs de Zaporijjia fonctionnaient à 50 % de leur capacité, et le personnel accumulait les arriérés de salaires. Energoatom, l’organe de gestion du nucléaire en Ukraine, justifiait les dysfonctionnements par le fait que les petits comme les gros consommateurs d’électricité étaient de très mauvais payeurs.

À LIRE AUSSI : Catastrophe nucléaire à Zaporijjia : la France est prête

Virtuose du double jeu, le gouvernement ukrainien a entamé des négociations avec la Cogema (devenue Areva puis Orano) en 1995 pour l’exploitation de gisements d’uranium. En 1997, l’Ukraine a signé avec la Russie un accord de principe en vue de construire une usine de production de combustibles nucléaires de 1,5 milliard de dollars. En même temps, des contacts rapprochés étaient pris pour le même projet avec l’allemand Siemens, l’helvético-suédois ABB, l’américain Westinghouse, l’anglais British Nuclear Fuels Limited et le français Framatome. L’usine n’a finalement jamais vu le jour.

Le 5 juin 2000, un accord a été signé à Kiev entre les États-Unis et l’Ukraine dans le domaine du nucléaire civil, avec pour première phase la diversification des approvisionnements en combustibles des réacteurs à eau pressurisée ukrainiens. Douze ingénieurs et experts ont été délocalisés aux USA pendant cinq ans dans deux usines de Westinghouse, à Pittsburgh et à Columbia, pour s’initier aux codes, aux standards et aux pratiques du nucléaire occidental. En 2005, le réacteur no 3 d’Ukraine Sud, à 60 km d’Odessa, a été le premier à utiliser six barres de combustibles américains associées à des barres russes. Peu après, la Russie a décidé de suspendre les importations des combustibles usés en provenance d’Ukraine. En 2009, 42 barres de combustibles ont été livrées par Westinghouse Suède.

À LIRE AUSSI : Petro Kotin : « C’est la première fois qu’on assiste à une attaque militaire sur une centrale nucléaire »

Après l’annexion de la Crimée par la Russie, en février-mars 2014, l’accord a été étendu à la livraison de 630 barres de combustibles jusqu’en 2020. En décembre 2014, pendant l’accélération du conflit entre l’Ukraine et la Russie dans le Donbass, les États-Unis et Energoatom ont signé un contrat sur la fourniture exclusive des combustibles américains dans six réacteurs. La Russie a immédiatement accusé Westinghouse d’essayer de mettre le pied dans la filière nucléaire ukrainienne. La guerre de l’énergie était déclarée, avec un enjeu politique et commercial dépassant l’Ukraine et se propageant dans tous les pays nucléarisés par la Russie, comme la Hongrie, la Slovénie, la Slovaquie et la République tchèque. Par communiqué du 25 avril 2014, l’ONG Robin des Bois redoutait un nouveau Tchernobyl en Ukraine et appelait l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIE), la Russie et l’Ukraine à coopérer pour assurer la sûreté de tous les réacteurs ukrainiens. Le commu­niqué remarquait que « Zaporijjia est particulièrement problématique ». Aujourd’hui, Zapo est au milieu d’une guerre de tranchées, d’artillerie, de missiles et de propagande. C’est l’atome russe contre les atomes américain et européen.

Par Jacky Bonnemains, publié le 11 septembre 2022 (Paru dans l’édition 1572 du 7 septembre)

https://charliehebdo.fr/2022/09/ecologie/la-guerre-des-atomes/

GUERRE EN UKRAINE : PERCÉE UKRAINIENNE DANS L’EST, RÉACTEUR NUCLÉAIRE À L’ARRÊT ET VISITE ALLEMANDE

Le président ukrainien a annoncé avoir reconquis 2.000 km2 dans l’Est du pays. Le sixième et dernier réacteur de la centrale nucléaire de Zaporrijia (Sud), la plus grande d’Europe et occupée par les forces russes, a été coupé du réseau électrique ukrainien. Le pays a également reçu ce week-end le soutien de l’Allemagne avec la visite surprise de la cheffe de la diplomatie.

Près de sept mois après le début d’un conflit qui semble parti pour s’enliser, les forces ukrainienne ont annoncé ce week-end une série de nouvelles positives. Samedi, le gouvernement a revendiqué des percées dans l’est, notamment l’entrée de ses forces dans la ville-clé de Koupiansk, Moscou annonçant de son côté retirer des troupes de cette zone pour « renforcer » plus au sud la région séparatiste prorusse de Donetsk. Ce succès marque une nouvelle étape dans la récente contre-offensive éclair ukrainienne, qui lui a permis de récupérer des pans entiers de territoires.

Dans la soirée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est réjoui qu' »environ 2.000 km notre territoire » aient été « libérés depuis début septembre » – sans préciser s’il s’agissait de km2 -, notamment les localités de Vassylenkovo et d’Artemivka, non loin de Kharkiv, dans le nord-est. Dimanche matin, l’état-major des forces ukrainiennes a toutefois précisé dans son communiqué quotidien qu’il s’agissait bien de 2.000 km2.

Jeudi, le commandant en chef des forces ukrainiennes avait affirmé que celles-ci avaient reconquis 1.000 km2. Et l’armée russe fait le « bon choix de s’enfuir« , a ajouté M. Zelensky, car « il n’y a pas de place pour les occupants en Ukraine et il n’y en aura pas« .

« La Russie fait tout pour casser la résistance de l’Ukraine, de l’Europe et du monde pendant les 90 jours de cet hiver« , comptant sur des problèmes de chauffage et un éventuel affaiblissement du soutien occidental à Kiev en raison de la hausse des prix de l’énergie en Europe, a-t-il en outre averti au forum international annuel Yalta European Strategy (YES) à Kiev. « C’est son ultime argument« .

Lire aussi : Ukraine : la reconstruction coûtera au moins 350 milliards de dollars

De nombreuses villes libérées

Cette nouvelle progression des troupes de Kiev au sud de Kharkiv pourrait entraver fortement la capacité de la Russie à ravitailler ses forces dans l’est de l’Ukraine et à leur apporter un soutien logistique efficace. La veille, M. Zelensky avait annoncé que l’armée ukrainienne avait repris 30 localités dans cette région frontalière de la Russie.

Samedi, des journalistes de l’AFP y ont vu des camions et des blindés russes carbonisés, dont certains encore frappés de la lettre Z, le symbole de l’invasion de l’Ukraine entamée le 24 février. Des soldats ukrainiens patrouillaient dans Balakliïa, où flottait le drapeau ukrainien, hissé en présence du commandant des forces terrestres ukrainiennes, Oleksandre Syrski.

« Nous achevons aujourd’hui la libération de Balakliïa, la première grande ville de notre offensive, et je suis sûr que ce n’est pas la dernière […] Et devant encore, Izioum et beaucoup d’autres« , a-t-il déclaré à cette occasion.

Le chef de l’administration d’occupation russe de la région d’Izioum, Vladislav Sokolov, a de son côté admis que la situation y était « difficile« . « Ces deux dernières semaines, la ville est visée par des bombardements des forces ukrainiennes, notamment avec des munitions de type Himars […] ce qui provoque de graves destructions et fait beaucoup de morts et de blessés« , a-t-il déclaré. Les Himars sont des lance-roquettes multiples fournis à Kiev par Washington.

Regroupement russe

Le ministère de la Défense russe a ensuite annoncé avoir « retiré » ses forces présentes « dans les régions de Balakliïa et d’Izioum« , afin de « renforcer » son dispositif plus au sud, autour de Donetsk, l’une des capitales des séparatistes prorusses.

À Lyman, une ville tombée fin mai aux mains des Russes, « la situation reste assez difficile, tout comme dans d’autres localités du nord de la République » populaire de Donetsk, a reconnu samedi son chef, Denis Pouchiline. « Nos soldats avancent sur les lignes de front dans le sud dans plusieurs zones, de deux à des dizaines de kilomètres« , a en outre assuré la porte-parole du commandement militaire du sud de l’Ukraine, Natalia Goumeniouk, sans plus de détails.

Dans le nord-est, près de Kharkiv, les forces russes avaient annoncé vendredi avoir envoyé des renforts face à la contre-offensive réussie de Kiev. Dans le village de Grakové, tout juste repris par les forces ukrainiennes, les journalistes de l’AFP ont vu des destructions témoignant de la violence de combats, pylônes électriques abattus et câbles étalés sur le sol. « C’était effrayant, il y avait des bombardements et des explosions partout« , a raconté à l’AFP Anatoli Vassiliev, 61 ans.

Mise à l’arrêt du dernier réacteur de la centrale nucléaire de Zaporrijia

Dans ce chaos, les installations nucléaires ukrainiennes, dont certaines sont occupées par l’armée russe, déclenchent une vive inquiétude dans la communauté internationale.

L’Ukraine a ainsi annoncé dimanche la mise à l’arrêt du sixième et dernier réacteur en fonctionnement de la centrale nucléaire de Zaporrijia (Sud), la plus grande d’Europe et occupée par les forces russes. « Aujourd’hui, 11 septembre 2022, pendant la nuit à 03h41 (01h41 GMT) l’unité numéro 6 de la (centrale) a été déconnectée du réseau électrique », selon un communiqué de l’opérateur ukrainien Energoatom. « Des préparatifs sont en cours pour son refroidissement« , ajoute l’opérateur.

Visite surprise de l’Allemagne qui renforce son aide

Samedi, la cheffe de la diplomatie allemande Annalena Baerbock est arrivée à Kiev pour une visite surprise, sa deuxième depuis le début de la guerre. « Ils peuvent continuer à compter sur nous. Nous continuerons à soutenir l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra, par la livraison d’armes, par un soutien humanitaire et financier« , a-t-elle lâché.

Au cours des dernières semaines, l’Allemagne a livré à l’Ukraine des obusiers, des lance-roquettes et des missiles antiaériens. Ils font partie de l’arsenal militaire fourni par l’Occident qui a contribué, selon les experts, à entamer les capacités des forces russes.

Le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal a toutefois déploré samedi une « attitude passive » du Fonds monétaire international, s’inquiétant des « délais » dans l’examen par le FMI de la demande d’aide de son pays. Quant à l’Espagne, elle a accusé samedi, par la voix de sa ministre de la Transition écologique, Teresa Ribera, le président russe Vladimir Poutine d’utiliser les approvisionnements en gaz comme une arme de « terrorisme psychologique » pour effrayer les Européens et leurs gouvernements.

Lire aussi : Russie : malgré les sanctions occidentales, Poutine estime que le plus dur est passé

Par latribune.fr, publié le 11 septembre 2022 à 09h38

Photo en titre : (Crédits : UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SER)

Pour retrouver cet article et l’écouter (6mn06 par ETX Studio) cliquer sur : https://www.latribune.fr/economie/international/guerre-en-ukraine-percee-ukrainienne-dans-l-est-reacteur-nucleaire-a-l-arret-et-visite-allemande-929679.html

SEPTEMBRE 2022, LE MOIS QUI POURRAIT OUVRIR LA VOIE DE LA PAIX

Près de vingt ans se sont écoulés depuis que Vladimir Poutine, tout sourire, aidait galamment Elizabeth II à descendre de son carrosse à Buckingham Palace, le 24 juin 2003. On annonce qu’il ne se rendra pas à ses obsèques. Saura-t-il néanmoins changer d’avis pour saisir cette occasion unique de rejoindre « le concert des nations« , sortir sans perdre la face du bourbier où il a jeté son pays, et restaurer les liens pacifiques de la Russie avec le reste de l’humanité, avec l’Ukraine bien sûr et plus généralement avec l’Occident ? Rien n’est moins sûr, hélas.

Mais le décès de la souveraine britannique pourrait ouvrir d’autres voies de retour à la paix. Voyons lesquelles.

Le 8 septembre 2022, Elizabeth II est décédée au château de Balmoral (Écosse) – à 150 km au nord-est de la base de Faslane, port d’attache des quatre sous-marins nucléaires du Royaume-Uni lanceurs de missiles Trident (de fabrication américaine) à têtes nucléaires multiples de fabrication britannique. Soit la totalité des forces nucléaires actuelles du Royaume. Après 70 ans de règne sur l’empire britannique, elle cède son trône à son fils Charles, écologiste dans l’âme, dont on pourrait espérer que, devenu Charles III, il encouragera la fermeture de la base en question, HMNB Clyde, en raison de ses convictions.

Cependant le gouvernement du Royaume-Uni a récemment décidé de reprendre la course aux armes nucléaires en augmentant de 50 % le nombre de ses armes atomiques. Quant au souverain en titre, quel qu’il soit, il n’a aucun droit d’intervenir dans la politique du pays. Un espoir plus grand devrait donc être placé dans un nouveau référendum, qui permettrait soit au Royaume-Uni de changer de politique nucléaire, soit à l’Écosse de sortir du Royaume-Uni et de se débarrasser d’une base navale par ailleurs irremplaçable, qui fait de la Clyde et de Glasgow, la plus grande ville écossaise, des cibles toutes désignées en cas de guerre atomique.

Ce même 8 septembre, inaugurant au Centre National de Rugby (CNR) de Marcoussis son Conseil National de la Refondation (CNR), fâcheux plagiat du Conseil National de la Résistance (CNR), le président de la République Française Emmanuel Macron déclare : « Moi je veux remettre nos compatriotes au cœur des grands choix de la nation ». Eh bien, prenons-le au mot. La politique d’armement nucléaire de la France étant, aux dires mêmes de ses artisans et partisans, l’un des « grands choix de la nation », on peut en conclure logiquement qu’elle va être enfin soumise à nos compatriotes (ses financeurs obligés) et que le président de la République approuve la Proposition de Loi d’ACDN visant à organiser un référendum sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives.

À l’heure où la guerre en Ukraine fait rage et signe la faillite de la soi-disant « dissuasion nucléaire », c’est une excellente nouvelle car d’après un sondage IFOP-ACDN de mai 2018, les Français seraient 85 % à vouloir que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives, c’est-à-dire entame des négociations avec les autres États dotés d’armes nucléaires en vue de leur élimination complète, progressive et strictement contrôlée.

Ainsi, le sort de la planète dépend de deux référendums, l’un au Royaume-Uni, l’autre en France, qui permettraient à nos deux peuples, ou à l’un d’entre eux au moins, de rendre caduc le traité de Lancaster House dit « Teutatès », par lequel MM. Cameron et Sarkozy ont engagé le 2 novembre 2010 la Grande-Bretagne et la France à coopérer étroitement à l’entretien de leurs forces nucléaires pendant 50 ans ! Ce qui revient à piétiner l’article 6 du TNP (Traité sur la Non-Prolifération nucléaire) que nos deux pays ont signé et par lequel ils sont tenus, l’un depuis 1970, l’autre depuis 1992, de négocier dans les meilleurs délais l’élimination totale de leurs armes nucléaires.

Plus que jamais, la situation mondiale exige que les peuples prennent leur destin en main. À l’appel de l’ONU, ACDN invite donc avec de nombreuses autres organisations tous les Français -entre autres- à célébrer le 21 septembre prochain la Journée internationale de la Paix, et le 26 septembre, la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires.

Entre ces deux dates, le samedi 24 septembre à 16h, ACDN invite toutes les personnes qui le peuvent à participer à un débat public précédé d’une conférence à deux voix, qui aura lieu à SAINTES salle Saintonge, 11 rue Fernand-Chapsal, sur la question : « Hiroshima, Nagasaki, Tchernobyl, Fukushima, Zaporijjia… Comment neutraliser le danger nucléaire militaire et civil ? »

Mais il ne suffit pas de marcher dans la rue, ni de se réunir et de débattre, pour obtenir des décisions et des résultats concrets.

C’est pourquoi nous invitons les électeurs français à interpeller leurs députés et sénateurs pour qu’ils signent la Proposition de Loi référendaire citée plus haut et la leur soumettre. Il suffit que 20 % d’entre eux (185 sur 925) la signent pour enclencher le processus menant à un référendum dit « d’initiative partagée ». Car on ne saurait compter sur M. Macron pour renoncer de lui-même à sa politique nucléaire ni pour prendre l’initiative d’un référendum qui l’y conduirait. En 2017, 126 parlementaires avaient signé cette Proposition de Loi référendaire. Pourquoi pas 185 aujourd’hui, avec un Parlement renouvelé et doué d’une bien plus grande liberté ?

Les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, la mobilisation de chaque citoyen, chaque contribuable, chaque électeur, peut contribuer à préserver ou rétablir la paix. Ne boudons pas notre pouvoir civique. Agissons pour la paix.

Par Jean-Marie Matagne, publié le 9 septembre 2022

« Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison.« 

(Albert Camus, Combat, 8 août 1945)

VOIR :

. Proposition de Loi visant à organiser un référendum en application de l’article 11, alinéa 3, de la Constitution sur la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives (https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/proposition_de_loi_pour_un_referendum_sur_l_abolition_des_armes_nucleaires_et_radioactives_septembre_2022.pdf)

. Les Français et la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives (https://www.acdn.net/spip/IMG/pdf/sondage_ifop-acdn_mai_2018_-_rapport-2.pdf)

À retrouver sur le site de l’ACDN, publié le 9 septembre 2022

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1303&lang=fr

ORANO MARCOULE : RATÉS DE L’EXPÉDITION DE MOX

Ratés de l’expédition de Mox, déboires incessants de l’EPR : des signes d’une impossible relance du nucléaire

Pas besoin des écologistes pour faire échouer un envoi de Mox* au Japon, l’industrie nucléaire s’en charge très bien elle-même. C’est comme pour le fiasco de l’EPR.

Orano a signé un contrat avec son homologue japonais NFI pour livrer 32 assemblages de MOX à la centrale de Takahama. Elle a été incapable de les fabriquer à temps (à Marcoule dans le Gard), aussi l’année dernière les cargos de la compagnie maritime britannique spécialisés dans ce transport ultra militarisé, les mal-nommés Pacific Héron et Pacific Egret ne sont partis qu’avec la moitié de la cargaison obligeant ainsi les autorités françaises à réorganiser une deuxième fois tout le dispositif policier.

Ce sont donc 16 assemblages qui devaient être chargés aujourd’hui sur le port de Cherbourg ce 7 septembre 2022. Si le premier container a bien été chargé, le deuxième n’a pas pu l’être, le portique de chargement étant tombé en panne et il a dû être « retourné à l’envoyeur » en attendant la réparation. Le premier cargo a quitté Cherbourg accompagné de la marine nationale pour attendre au large son jumeau pendant un temps… indéterminé.

Ces ratés dans cette livraison de combustible MOX démontrent comme les déboires incessants dans la filière EPR, l’incapacité de l’industrie à poursuivre dans cette voie ultra risquée du nucléaire.

Au moment où les tensions internationales sont au maximum entre les États Unis, et la Russie ainsi que la Chine, que la centrale de Zaporijjia est une menace insupportable pour l’Europe, dans une zone de guerre où elle en devient la principale arme et la principale cible, comment peut-on envisager un tel transport par mer déjà hautement dangereux en temps normal ?

Rappelons que le plutonium est un poison radioactif pouvant entraîner un cancer du poumon au millionième de gramme inhalé. Espérons que grâce à l’incompétence de l’industrie nucléaire, cette cargaison à destination du Japon ne quitte jamais le port de Cherbourg.

Le Collectif anti-nucléaire Ouest (auquel s’associe la CAN-Sud-Est et le CAN84) appelle chaque citoyen conscient du risque, à se mobiliser pour obtenir l’arrêt du nucléaire, toute relance en étant bien sûr exclue. L’extraction du plutonium dit « retraitement » à l’usine de La Hague doit être abandonnée, le projet de méga-piscine** en serait forcément remis en question.

NOTES

* mélange d’uranium et de plutonium extrait des combustibles usés à l’usine de La Hague, https://www.can-ouest.org/communique-du-3-juillet-2017/

** https://www.can-ouest.org/une-megapiscine-nucleaire-de-plus-a-la-hague-non-merci-ni-ici-ni-ailleurs/

Photos : DR

Partagez !

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2022/09/09/Orano-Marcoule_rates-de-l-expedition-de-Mox

LA RUSSIE ACCUSÉE D’EXACTIONS CONTRE LE PERSONNEL UKRAINIEN DE LA CENTRALE DE ZAPORIJJIA

Le patron de l’opérateur ukrainien du site, Petro Kotine, a donné une interview à l’AFP.

Les employés ukrainiens de la centrale subissent « des tortures, des passages à tabac, des enlèvements » perpétrés par les forces russes, accuse-t-il. Il affirme aussi que plusieurs personnes ont été tuées et une dizaine d’autres disparues.

« La situation est aujourd’hui très difficile avec des tortures, des passages à tabac, des enlèvements. » Le patron de l’opérateur ukrainien de la centrale nucléaire de Zaporijjia, Petro Kotine, a accusé vendredi auprès de l’AFP les forces russes d’exactions sur le personnel, évoquant des violences physiques mais aussi des meurtres. « Avec l’occupation, un régime de harcèlement policier du personnel a été progressivement mis en place », a-t-il déclaré.

Selon lui, deux personnes ont notamment été « battues à mort«  par les forces russes, qui contrôlent cette centrale nucléaire, la plus grande d’Europe, depuis le mois de mars. « Un plongeur a été capturé, puis il s’est retrouvé à l’hôpital inconscient. Il est mort trois heures plus tard« , tandis qu’un bombardement a tué un autre employé et un conducteur, poursuit-il.

« Les gens sont psychologiquement brisés« 

« Les Russes recherchent les pro-ukrainiens sur place et les persécutent. Les gens sont psychologiquement brisés », explique Petro Kotine, à la tête de la compagnie publique Energoatom, qui gère les centrales ukrainiennes. « Nous ne savons pas où se trouvent une dizaine de personnes, elles ont été emmenées et depuis, nous n’avons aucune information sur leur localisation« , poursuivit-il.

Sur le site, en plus de quelque 200 employés ukrainiens, la Russie a installé sur place des ingénieurs de Rosatom, l’agence atomique russe. Petro Kotine considère que ses 200 employés sont « en captivité ». L’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA) « dit qu'(être) dans une position psychologiquement aussi difficile est une violation des règles de sécurité nucléaire, le personnel doit travailler dans des conditions normales », a-t-il martelé. 

De son côté, la Russie dément systématiquement commettre des exactions en Ukraine, accusant au contraire les autorités ukrainiennes de commettre des crimes contre la population, en se servant de civils de boucliers humains. 

Plus qu’un réacteur sur six en fonctionnement

La centrale de Zaporijjia, située dans le sud de l’Ukraine, à une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau de la ville du même nom, est régulièrement visée par des bombardements, dont Kiev et Moscou se rejettent la responsabilité. La communauté internationale, de son côté, craint un accident nucléaire. 

L’AIEA a fait état vendredi d’une « coupure totale de courant » dans la ville d’Energodar, voisine de la centrale, ce qui « compromet la sécurité des opérations ». Actuellement débranchée du réseau électrique après plusieurs incendies, la centrale ne compte plus qu’un réacteur sur six en fonctionnement, à un niveau de puissance réduit. Elle dispose de générateurs de secours au diesel pour assurer la sécurité et le refroidissement des installations. 

Lire aussi : Zaporijia : armes russes, assaut ukrainien… Les rumeurs autour de la centrale passées au crible

Selon Petro Kotine, ce dernier réacteur risque d’être lui aussi arrêté prochainement, si les lignes de communication avec le réseau ukrainien ne sont pas rétablies. « La situation actuelle à la centrale est très difficile », résume-t-il. « Il est nécessaire d’arrêter les bombardements car les lignes sont restaurées, mais ensuite elles sont à nouveau endommagées. »

L’AIEA, qui dispose de deux observateurs sur place, avait proposé mardi de créer une « zone de sécurité » sur le site. Kiev souhaite pour sa part une mission internationale de maintien de la paix sur le site. Selon Petro Kotine, l’Ukraine veut même une démilitarisation totale du site, et non une formule introduisant une forme de contrôle conjoint du site avec Moscou, qui serait « inacceptable ». « Nous insisterons sur la création d’une zone démilitarisée autour de la centrale, notamment avec la participation des organisations de maintien de la paix, de l’ONU et d’autres », a-t-il précisé.

Par M.L (avec AFP), publié le 9 septembre 2022 à 20h17

Source : Sujet JT LCI

https://www.tf1info.fr/international/video-guerre-ukraine-russie-accusee-d-exactions-sur-le-personnel-ukrainien-de-la-centrale-nucleaire-de-zaporijjia-2231825.html

UKRAINE: UN LABORATOIRE SURVEILLE CONSTAMMENT LA RADIATION FACE AU RISQUE NUCLÉAIRE À ZAPORIJJIA

Alors que le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi a qualifié la situation à Zaporijjia d’« intenable », l’inquiétude est grande dans la région de la plus grande centrale nucléaire d’Europe suite à des bombardements sur les infrastructures électriques de la ville voisine d’Enerhodar. Les autorités ukrainiennes surveillent la situation de près, avec un laboratoire mobile pour surveiller constamment les niveaux de radiation.

À l’arrière du fourgon blanc truffé d’instruments électroniques, Irina Shyan analyse les derniers chiffres des taux de radiation de l’air et du sol, sur un écran : « On a 0,11 à 0,12 microsievert par heure. Cela signifie qu’à l’heure actuelle, tout est normal. Mais on garde la menace en tête et on s’inquiète. »

Une inquiétude partagée par Evgueni Toulouchev, le chef du département de contrôle de prise en charge des situations d’urgence : « Nous mesurons le fond de radiation 24h/24. À Enerhodar aussi, on fait des mesures, on a quelqu’un qui nous transmet l’information, la menace est importante. Les lignes électriques sont endommagées, le courant régulièrement coupé, or les réacteurs doivent être refroidis. Le risque est réel, les autorités ont organisé des sessions d’entrainement auxquelles on a participé pour savoir quoi faire en cas de catastrophe. Tout cela est très sérieux. »

Le laboratoire mobile contient aussi des combinaisons de protection censées protéger des radiations.

Evgueni Toulouchev, le chef du département de contrôle de prise en charge des situations d’urgence, explique ses prérogatives à Zaporijjia, le 9 septembre 2022. © Boris VIchith/RFI

 À lire aussi : En Ukraine, sous pression, certains employés de la centrale de Zaporijjia prennent le chemin de l’exil

Par RFI,  avec nos envoyés spéciaux à Zaporijjia, Anastasia Bêchoir et Boris Vichith, publié le 10/09/2022 à 04h11

Photo en titre : Irina Shyan analyse les chiffres des taux de radiation dans l’air à Zaporijjia, le 9 septembre 2022. © Boris Vichith/RFI

https://www.rfi.fr/fr/europe/20220910-ukraine-un-laboratoire-surveille-constamment-la-radiation-face-au-risque-nucl%C3%A9aire-%C3%A0-zaporijjia

NUCLÉAIRE : À BURE, LA BATAILLE (JUDICIAIRE) A COMMENCÉ

La résistance au projet Cigéo d’enfouissement de déchets nucléaires se poursuit. Le 7 septembre, un collectif a déposé deux recours réclamant l’annulation de décrets qui facilitent la construction du site.

Il aura fallu des années de travail, à éplucher des dossiers tentaculaires, pour aboutir aux recours adressés ce 7 septembre au Conseil d’État par un collectif d’opposants au projet Cigéo à Bure. Aux 30 habitants signataires se joignent 32 organisations, parmi lesquelles on retrouve Attac, Greenpeace, la Confédération paysanne ou encore France Nature Environnement.

Depuis plus de 20 ans, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) souhaite implanter sur ce territoire de la Meuse le plus grand site d’enfouissement de déchets radioactifs en Europe. En dépit des oppositions et des mobilisations, Cigéo a connu un coup d’accélérateur en décembre dernier, lorsque la commission d’enquête publique a rendu un avis favorable au projet. Grâce à ce premier feu vert, le 7 juillet, le gouvernement a accordé au site une « déclaration d’intérêt public » (DUP) et l’a classé comme « opération d’intérêt national » (OIN).

L’État prend la main

Avec ces deux décrets, l’Andra a désormais le champ libre pour débuter son implantation à Bure. La DUP autorise l’expropriation des propriétaires sur la centaine d’hectares que l’agence doit encore acquérir pour lancer ses installations en surface. Avec l’OIN, l’État met la main sur les compétences d’urbanisme et d’aménagement habituellement confiées aux collectivités, lui permettant par exemple de délivrer à Cigéo des permis de construire.

Pour mener la résistance au projet, un front associatif et syndical s’organise. L’objectif : éplucher le dossier d’enquête publique préalable à la DUP, pour y trouver des moyens d’attaquer juridiquement Cigéo. « Le dossier déposé par l’Andra était énorme, nous avons mobilisé les compétences de tous les membres du front et confronté nos découvertes avec des avocats », explique Maxime Paquin, représentant de France Nature Environnement auprès du front associatif et syndical.

Des années de recherches méticuleuses qui ont abouti avec ces deux recours adressés au Conseil d’État, demandant l’annulation des décrets de cet été. « Nos recours montrent que l’étude d’impact réalisée par l’Andra pour se voir accorder une DUP est incomplète », analyse Maxime Paquin.

Le dossier de l’Andra est indigent. Il n’étudie pas l’ensemble des impacts du projet sur la biodiversité, sur les risques de pollution de l’eau, de l’air…

Incomplet : Régine Millarakis trouve le mot faible. Pour cette membre de l’association Bure Stop 55 et opposante de la première heure au projet, « le dossier de l’Andra est indigent. Il n’étudie pas l’ensemble des impacts du projet sur la biodiversité, sur les risques de pollution de l’eau, de l’air…» Avec l’installation d’une déviation routière, d’une voie ferrée, ou encore d’une ligne électrique très haute tension en marge du site, les conséquences de Cigéo sur l’environnement seront pourtant immenses.

Les manquements de l’Andra dans son étude d’impact sont nombreux. En termes de sécurité d’abord, Maxime Paquin pointe un problème fondamental : « Les déchets radioactifs seront enfouis pour des milliers d’années, ça pose de vraies questions en matière de sécurité. L’Andra dit que le projet est sûr, mais sans arguments ni transparence. »

L’inconnue du coût

Autre inconnue, le coût du mastodonte Cigéo. En 2016, Ségolène Royal, alors ministre de l’Écologie, avait annoncé un coût de 26 milliards d’euros. Depuis, il n’a pas été réévalué. « On sait que ce sera plus cher que les estimations, car pour tous les projets d’ampleur les coûts explosent », constate Maxime Paquin. Le flou dans lequel nage ce projet dont l’État facilite considérablement l’installation, c’est encore Régine Millarakis qui le résume le mieux : « C’est comme si on vous demandait d’acheter un produit sans en connaître ni les caractéristiques ni le prix. »

Le dépôt des recours par le collectif n’est que la première étape d’une longue bataille judiciaire. Non suspensifs, ils n’empêchent pas l’Andra de débuter le chantier d’installation de Cigéo. Prochaine étape pour l’agence, la constitution d’un dossier de demande d’autorisation de création, qui permettra définitivement à l’État d’autoriser ou non le projet. « Le dossier pourrait être déposé d’ici la fin de l’année, quand on y aura accès on relancera la machine », anticipe Maxime Paquin.

Des heures d’épluchage de documents attendent donc encore les militants, pour révéler les dessous de ce projet pharaonique et lutter contre son installation. Effrayés par la pression policière exercée sur les villages alentour, beaucoup d’habitants n’ont pas voulu s’associer au recours. « Mais nous sommes bien plus nombreux à nous opposer au projet » insiste Régine Millarakis. La résistance à Cigéo n’a pas dit son dernier mot.

Par Rose-Amélie Bécel, publié le 9 septembre 2022

Photo en titre : Un drapeau en opposition au site d’enfouissement, lors du festival Les Bure’lesques, le 6 août dernier. (Photo : JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP.)

Message de POLITIS : Cet article est en accès libre. Pour rester fidèle à ses valeurs, votre journal a fait le choix de ne pas se financer avec la publicité. C’est la seule garantie d’une information véritablement indépendante. Ce choix a un coût, aussi, pour contribuer et soutenir notre indépendance : achetez Politis, abonnez-vous.

http://www.politis.fr/articles/2022/09/nucleaire-a-bure-la-bataille-judiciaire-contre-le-projet-cigeo-est-lancee-44788/

BLAYAIS : NON-RESPECT DES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION CONCERNANT LE REFROIDISSEMENT DU RÉACTEUR

Le 30 août 2022, l’exploitant de la centrale nucléaire du Blayais a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif au non-respect des règles générales d’exploitation (RGE)(1) concernant le refroidissement du réacteur 3.

Le 24 août 2022, le réacteur 3 était en cours de redémarrage à la suite de son arrêt pour maintenance et renouvellement du combustible. L’exploitant réalisait les opérations pour changer de domaine d’exploitation du réacteur 3, passant du domaine d’« arrêt normal refroidi par le système de refroidissement à l’arrêt » (AN/RRA (2)) vers le domaine d’ « arrêt normal refroidi par les générateurs de vapeur » (AN/GV (3)).

Bien que se trouvant formellement dans le domaine AN/RRA, le réacteur était déjà refroidi par les générateurs de vapeur. Avant d’avoir complètement terminé les opérations lui permettant de valider le passage du réacteur dans le domaine AN/GV, l’exploitant a arrêté le refroidissement du circuit du système de refroidissement à l’arrêt RRA, ce qui est contraire aux prescriptions des règles générales d’exploitation lorsque le réacteur se trouve dans le domaine AN/RRA.

L’arrêt du refroidissement du circuit RRA a duré environ une heure, durant laquelle le refroidissement du réacteur a été assuré par les générateurs de vapeur.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement.

En raison du non-respect des règles générales d’exploitation du réacteur, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

Dès la découverte de l’événement le refroidissement du circuit RRA a été rétabli.

NOTES

  1. Les RGE (Règles générales d’exploitation) sont un recueil de règles approuvées par l’ASN qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite associées.
  2. Le circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA) assure l’évacuation de la puissance résiduelle dégagée par le combustible, quand il est encore dans la cuve, pendant les périodes d’arrêt.
  3. Les générateurs de vapeur (GV) sont des échangeurs thermiques entre l’eau du circuit primaire dans le cœur du réacteur, et l’eau du circuit secondaire qui se transforme en vapeur.

Publié le 09/09/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-des-regles-generales-d-exploitation-concernant-le-refroidissement-du-reacteur

NUCLÉAIRE EN FRANCE: UN PEU, BEAUCOUP, PASSIONNÉMENT, A LA FOLIE…?

La relance du nucléaire annoncée au début de l’année par Emmanuel Macron après des années d’atermoiement est encore totalement floue. Il reste à l’exécutif à répondre à deux questions clefs. Combien de temps doit-on exploiter le parc existant? Par quels moyens de production faudra-t-il remplacer les centrales en fin d’exploitation?

Le nucléaire fait partie des sujets clivants, trop souvent traités sous forme d’opposition binaire entre pros et antis. Nucléaire: On/Off?  titre par exemple de l’ouvrage de François Lévêque. L’auteur y livre une analyse économique incontournable sur le risque et les coûts induits de la sûreté nucléaire. Il y souligne l’importance des représentations subjectives. Le nucléaire, on aime ou on n’aime pas! Mais est-ce si simple? Il y a bien des façons d’intégrer les sources nucléaires dans un mix énergétique, comme le montre la mosaïque des situations en Europe. Et aussi de multiples gradations dans l’amour ou la haine qu’elles peuvent susciter.

L’élection présidentielle aura lieu au printemps, la saison des marguerites. Examiner les enjeux du nucléaire, c’est un peu comme d’effeuiller la fleur en se demandant sur quel pétale s’arrêtera la ritournelle: «Nucléaire, je t’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… pas du tout»?

Le nucléaire à l’extérieur de l’Hexagone

Première constatation, le nucléaire pèse peu dans le bilan énergétique mondial: 10% de l’électricité utilisée dans le monde en 2020 (soit 2% de la consommation finale d’énergie).

Il joue également un rôle subalterne dans les scénarios de décarbonation de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) à l’horizon 2050.

Worldnuclearreport.org

Cette part modeste, et déclinante, contraste avec celle occupée par le nucléaire dans les médias et le débat public, en France tout particulièrement. Il y a deux raisons à cela.

Tout d’abord, le nucléaire a connu deux accidents majeurs –Tchernobyl en 1986 et Fukushima en 2011– qui ont eu un impact considérable sur la perception du risque associé à l’exploitation des centrales et au traitement des déchets radioactifs. Le sociologue allemand Ulrich Beck l’a théorisé dans son ouvrage La Société du risque, témoignant des raisons profondes du rejet du nucléaire par nos voisins d’Outre Rhin.

Le nucléaire constitue d’autre part une industrie lourde en capitaux, avec de gros enjeux économiques, y compris pour les États souvent mis à contribution. L’ampleur des moyens (financiers et scientifiques) requis constitue une barrière à l’entrée pour la plupart des pays en développement. Et, dans les pays riches, les gros sous du nucléaire animent le débat politique.

L’Union européenne et le Royaume-Uni se divisent à parts égales entre ceux qui disposent de réacteurs et ceux qui n’en ont pas.

Parmi les pays sans nucléaire, certains ont renoncé à exploiter leurs centrales (Lituanie et Italie), d’autres n’en ont jamais construites. Dans le groupe des pays exploitant le nucléaire, l’Allemagne compte en sortir totalement dès 2022. À l’exception du Royaume-Uni, les pays d’Europe de l’Ouest visent une sortie à moyen terme, mais pas ceux d’Europe de l’Est. La Pologne, qui n’a pas de centrale en exploitation, vise même à y accéder.

Au bord de la falaise

 Répartition des centrales nucléaire en France en 2021.

La position de la France demeure singulière. Avec 56 réacteurs en service (après la fermeture de Fessenheim en 2020), notre pays dispose de plus de la moitié de la puissance nucléaire installée au sein de l’Union. Il tire plus de 70% de son électricité de l’atome (environ 17% de la consommation finale d’énergie du pays).

La grande majorité des 56 réacteurs en activité (dits de seconde génération) ont été construits en un temps record durant la décennie 1980. Depuis 1990, la capacité installée reste sur un plateau tandis que les moyens de production vieillissent.

Si on déclassait ces équipements au terme d’une durée fixe d’utilisation, leur capacité de production s’affaisserait brutalement. Les spécialistes appellent cela «l’effet falaise». Aujourd’hui, on se rapproche de la falaise… Car si l’on déclassait toutes les centrales ayant effectué 40 années de service –hypothèse de durée retenue lors de leur conception–, la chute interviendrait au cours de la décennie 2020.

Worldnuclearreport.org

Le prochain quinquennat devra donc répondre à deux questions clefs: combien de temps doit-on exploiter le parc existant? Par quels moyens de production faudra-t-il remplacer les centrales en fin d’exploitation.

Des milliards en jeu

En France, les licences d’exploitation sont délivrées pour des périodes décennales, après les visites de contrôle de l’Autorité de sûreté (ASN). Pour pouvoir continuer à fonctionner au-delà de 40 ans, il faut donc remplacer une bonne partie des équipements initiaux. Cela coûte des sous: de l’ordre de 50 milliards d’après EDF, si l’on veut prolonger l’exploitation de l’ensemble du parc.

50 milliards, c’est une somme conséquente, mais qui permettrait de prolonger la production du parc existant de 10 à 20 ans. Par MWh (mégawatt-heure), cela laisse le coût du nucléaire «historique» compétitif.

Remplacer le parc existant par de nouveaux moyens de production nucléaire alourdit ainsi fortement la facture: la Cour des comptes a évalué à près de 20 milliards le coût total du réacteur EPR de 3° génération en cours de finition à Flamanville. Si la centrale, après un nouveau report, est bien mise en route en 2023, son coût de production sera de l’ordre de 110 à 120 €/MWh, plus de deux fois le coût du nucléaire «historique».

Ce coût reflète pour une part celui de la protection contre les risques propres au nucléaire, mais aussi les multiples défaillances dans la conduite du projet. Si on décidait de remplacer l’intégralité du parc existant par de nouveaux EPR, on peut espérer que l’effet d’expérience réduirait fortement le coût de construction des futurs réacteurs. En supposant une division par deux, cela représenterait encore une facture de 140 milliards.

Côté renouvelable, le coût à la production des énergies éoliennes et solaires est passé bien en dessous de celui du nouveau nucléaire. Face au nucléaire «historique», le match est moins déséquilibré, mais en tendance, le coût du renouvelable baisse, ce qui n’est pas le cas du nucléaire.

Pour tenir compte de la variabilité du renouvelable, il convient d’ajouter à son coût de production celui du stockage et de mise à niveau du réseau. L’équation est complexe. À mesure que la part du renouvelable augmente, il faut de plus en plus de capacité de stockage. Mais le coût du stockage par batterie diminue rapidement et celui que fournira demain l’hydrogène vert est aujourd’hui inconnu.

Au total, l’investissement dans l’allongement de la durée d’utilisation du parc existant se justifie au plan économique; celui dans le nouveau nucléaire implique de faire des paris aventureux sur les coûts futurs du nouveau nucléaire relativement au renouvelable. Reste l’analyse de la situation sous l’angle climatique…

L’atome, le renouvelable et le CO

Le secteur électrique contribue de trois façons à la décarbonation du système énergétique: décarboner le reliquat d’électricité produite à partir d’énergie fossile en France; opérer la même substitution chez nos clients via l’exportation d’électricité; remplacer l’énergie fossile via l’électrification des usages dans le transport, l’industrie et le chauffage des bâtiments. C’est ce troisième levier qui est le plus stratégique pour l’atteinte de la neutralité en 2050.

À l’instar de l’hydraulique, de l’éolien et du solaire, le nucléaire ne dégage aucune émission de CO2 lors de la production d’électricité. Nucléaire et renouvelable permettent ainsi de décarboner l’offre d’électricité.

C’est pourquoi les choix à opérer sur le nucléaire au début du prochain quinquennat conditionneront la stratégie de décarbonation du secteur électrique, au moins jusqu’en 2050. La récente étude Futurs énergétiques 2050 de RTE montre la multiplicité des chemins y conduisant, avec «un peu, beaucoup, passionnément… ou pas du tout» de nucléaire à l’arrivée.

Compte tenu des délais de réalisation, si on décide de lancer le programme EPR2 –préparé par EDF et visant dans un premier temps la construction de 6 nouveaux réacteurs–, cela n’aura aucun impact sur les émissions de CO2 avant 2035 et donc a fortiori sur l’horizon 2030 pour lequel l’objectif européen qui nous oblige vient de passer de – 40% à -55% d’émissions de gaz à effet de serre (relativement à 1990).

Sauf à imaginer une baisse brutale de la consommation d’électricité, il sera techniquement impossible de tenir ces nouveaux objectifs climatiques d’ici 2035 sans prolonger l’exploitation des centrales au-delà des 40 ans. Si la centrale de Fessenheim était encore en opération, elle pourrait produire environ 11.000 GWh par an. De quoi économiser de l’ordre de 4 à 9 Mt de CO2 relativement à des centrales à gaz ou à charbon, soit chez nous, soit via l’exportation d’électricité décarbonée.

Durant la décennie 2040, il ne sera plus possible de repousser l’effet falaise. Les investissements requis pour obtenir l’autorisation d’exploitation de l’ASN au-delà des 60 ans seraient trop élevés.

Mais le pari d’une électricité intégralement produite à partir de sources renouvelables deviendra une perspective réaliste. Surtout si on a simultanément conduit une politique de maîtrise de la demande d’énergie nous rapprochant des scénarios de sobriété décrits par Négawatt. La place du nucléaire dépendra largement des décisions à prendre durant le prochain quinquennat.

À gauche: trois scénarios sans le lancement des EPR2. À droite: deux scénarios avec EPR2 et un scénario avec EPR2 + small reactors (SMR). RTE (Futurs énergétiques 2050)

Dans la peau d’un candidat

Si j’étais candidat à la prochaine présidentielle, mon programme sur le nucléaire comporterait trois messages clairs.

. Le premier serait le rappel du rôle primordial de la maîtrise de la demande d’énergie, impliquant d’accélérer les investissements dans l’efficacité énergétique et la promotion de la sobriété.

. Le second concernerait le rôle stratégique du réinvestissement dans le parc nucléaire existant pour franchir la marche des –55 % d’émissions de gaz à effet de serre en 2030 et maintenir un socle de production d’électricité décarbonée au-delà. Un tel réinvestissement renforcerait la compétence industrielle d’EDF, condition d’un niveau élevé de protection face au risque nucléaire.

. Le troisième serait celui de la priorité absolue donnée, à partir de 2022, au déploiement du renouvelable et de la nouvelle filière hydrogène, qui devront se substituer au nucléaire existant. Au nom de cette priorité, je proposerais de renoncer à tout projet d’EPR2, une voie économiquement aventureuse et ne présentant pas les avantages de modularité et de sécurité du renouvelable.

Concernant la technologie des small reactors (SMR) en cours de développement, je préconiserais la poursuite des études de faisabilité par EDF pour ne pas fermer les options futures.

Et si j’étais élu: je demanderais au gouvernement de préparer la loi de programmation mettant en œuvre ces orientations au tout début du quinquennat. Pour éviter les crispations inutiles et déminer les blocages, j’organiserais en amont du débat parlementaire une consultation citoyenne sur le modèle de ce qui a été conduit en Irlande sur d’autres « questions qui fâchent ».

Dans une démocratie mature, on doit être capable d’échanger des arguments contradictoires en écoutant ceux de son interlocuteur, plutôt que de lui asséner ses propres certitudes.

Par Christian de Perthuis Professeur d’économie, fondateur de la chaire « Économie du climat », Université Paris Dauphine – PSL

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original sur The Conversation.

Par La rédaction, publié le 9 septembre 2022

https://www.transitionsenergies.com/nucleaire-en-france-un-peu-beaucoup-passionnement-a-la-folie/

CORÉE DU NORD: UNE NOUVELLE LOI REND LE PROGRAMME NUCLÉAIRE « IRRÉVERSIBLE »

Nouvelle escalade dans le dossier de l’arsenal nucléaire nord-coréen : Pyongyang a adopté une loi déclarant qu’elle est prête à mener des frappes atomiques préventives, y compris face à des attaques conventionnelles, ont annoncé vendredi les médias d’État.

Cette décision élimine la possibilité de pourparlers de dénucléarisation, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un ayant déclaré que le statut d’État nucléaire de son pays était désormais « irréversible« .

Cette annonce intervient dans un contexte de relations inter-coréennes tendues. Pyongyang a conduit un nombre record de tests de missiles cette année et a accusé Séoul d’être responsable de la récente épidémie de Covid-19 sur son territoire.

La nouvelle loi permettra au régime nord-coréen de déclencher une frappe nucléaire préventive « automatiquement » et « immédiatement pour anéantir des forces hostiles« , si une puissance étrangère venait à menacer Pyongyang, selon l’agence d’État KCNA.

Le texte stipule que le régime peut utiliser des armes nucléaires « en cas d’attaque nucléaire ou non nucléaire par des forces hostiles contre les dirigeants de l’État et l’organisation du commandement des forces nucléaires de l’État« , entre autres situations, selon KCNA.

En juillet, M. Kim avait affirmé que son pays était « prêt à déployer » sa force de dissuasion nucléaire en cas d’affrontement militaire avec les États-Unis et la Corée du Sud.

« Il est totalement hors de question (pour nous) de renoncer à l’arme nucléaire, et il ne saurait y avoir de dénucléarisation ou de négociation« , a-t-il déclaré jeudi dans un discours devant le Parlement nord-coréen, selon KCNA.

Ce nouveau texte témoigne de la confiance de Kim Jong Un dans les capacités nucléaires et militaires de son pays, en particulier dans ses missiles balistiques intercontinentaux pouvant frapper les États-Unis, a affirmé à l’AFP Cheong Seong-chang du centre des études nord-coréennes à l’institut Sejong.

Cette loi « justifie publiquement l’utilisation de l’arme nucléaire par Pyongyang« , notamment en réponse à une attaque non-nucléaire, a observé M. Cheong.

En tant que dictateur, « Kim Jong Un n’a pas besoin de lois pour lancer une frappe nucléaire« , mais la nouvelle doctrine sert à « justifier son utilisation d’armes nucléaires en cas d’urgence, en divulguant par avance les principes d’utilisation du nucléaire dans le pays et à l’étranger« , a-t-il ajouté.

« Sommet d’absurdité« 

La Corée du Nord a procédé à une série record d’essais d’armes cette année, notamment en tirant un missile balistique intercontinental pour la première fois depuis 2017.

Des responsables américains et sud-coréens ont averti de manière répétée que le Nord se prépare à conduire un nouvel essai nucléaire.

La question, non résolue, de l’allègement des sanctions et de ce que Pyongyang serait prêt à céder en retour a mis en arrêt depuis 2019 les négociations entre Washington et Pyongyang.

Pour Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes, le nouveau texte réaffirme clairement la position de Pyongyang, qui estime que les négociations sur la dénucléarisation ne sont plus au programme.

« Pyongyang va probablement nouer des liens plus étroits avec la Chine et la Russie contre Washington, et (…) mener un septième essai nucléaire dans un avenir proche« , a-t-il avancé à l’AFP.

Le mois dernier, Séoul a proposé un grand plan d’aides à la Corée du Nord, comprenant de la nourriture, de l’énergie, mais aussi une aide pour la modernisation des infrastructures, en échange d’une dénucléarisation.

La Corée du Nord a cependant rejeté l’offre, la qualifiant de « sommet d’absurdité« .

Le président sud-coréen Yoon Suk-yeol a affirmé le mois dernier que son gouvernement n’envisageait pas de doter le pays d’une force de dissuasion nucléaire.

Fin août, les États-Unis et la Corée du Sud ont conduit leurs plus importants exercices militaires conjoints depuis 2018 face à la menace nucléaire croissante de la Corée du Nord.

Washington est un proche allié de Séoul sur le plan de la sécurité. Quelque 28.500 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud pour la protéger de son voisin.

Par AFP, publié le 9 septembre 2022 à 10h00 (© 2022 AFP)

Photo en titre : Un écran dans une gare de Séoul diffuse des images d’un essai de missile nord-coréen, le 4 mai 2022

afp.com – Jung Yeon-je

https://information.tv5monde.com/info/coree-du-nord-une-nouvelle-loi-rend-le-programme-nucleaire-irreversible-470750

L’ÉLECTRICITÉ SOLAIRE A FAIT ÉCONOMISER 29 MILLIARDS D’EUROS CET ÉTÉ À L’EUROPE

Il a fait chaud cet été 2022, et les panneaux solaires photovoltaïques peuvent le confirmer. Cet été, 12 % de l’électricité de l’Union européenne (UE) a été fournie par des panneaux solaires, d’après un rapport publié le 8 septembre par le groupe de réflexion Ember. Un record : entre mai et août 2021, la part de production électrique solaire au niveau européen atteignait seulement 9 %.

Selon cette étude, cela a permis à l’UE d’économiser 29 milliards d’euros. En effet, sans ces panneaux solaires photovoltaïques, les États membres auraient dû importer 20 milliards de mètres cubes de gaz supplémentaires… dans un contexte de flambée des prix du gaz et a fortiori de l’énergie.

La France est cependant à la traîne : cet été, seulement 7,7 % de son électricité était issue d’une production photovoltaïque. C’est beaucoup moins que les Pays-Bas (22,7 %), l’Allemagne (19,3 %) (NDLR : pays pourtant nettement moins ensoleillés que la France !!) ou encore l’Espagne (16,7 %). Les auteurs du rapport recommandent à l’UE d’accélérer grandement ses efforts : selon ses estimations, en 2026, la production solaire des États membres sera encore largement insuffisante pour respecter ses objectifs climatiques d’ici à 2030.

Publié le 8 septembre 2022 à 17h53

https://reporterre.net/L-electricite-solaire-a-fait-economiser-29-milliards-d-euros-cet-ete-a-l-Europe?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

NDLR : il y a des années que nous savons que la France (de droite, du centre ou socialiste) ne fait rien pour rattraper son retard qui ne fait que « croître et  embellir ». Mais par contre, les mêmes sont à la manœuvre depuis des années pour relancer le nucléaire qui n’est pas la solution puisque, même en supposant qu’il respecte les délais prévus (entre 2037 et 2040), il arrivera trop tard pour respecter nos engagements climatiques et, en prime, accroîtra notre dépendance énergétique puisque l’uranium est 100% importé alors que personne ne peut nous priver de soleil ou de vent !!!

Message de Reporterre

… nous avons un petit service à vous demander. Chaque mois, plus d’un million de personnes font confiance au travail des journalistes de Reporterre pour se tenir informées sur l’urgence écologique. Plus de 27 000 de ces lectrices et lecteurs financent le journal par des dons. Ce soutien permet à Reporterre de rester en accès libre, sans aucune publicité, et totalement indépendant. Contrairement à de nombreux autres médias, Reporterre n’a pas d’actionnaires ni de propriétaire milliardaire. Le journal, à but non lucratif, est libre de toute influence commerciale ou politique.

Nous avons la conviction que le ravage écologique est l’enjeu principal de ce siècle. À ce titre, il nous semble que ce sujet doit être mis en avant chaque jour dans le débat public. Les articles, reportages et enquêtes que vous pouvez lire sur le site sont vitaux pour la démocratie, pour la prise de conscience écologique, et pour exiger mieux de nos dirigeants.

Tous nos articles sont en accès libre, pour tous. Nous le faisons parce que nous croyons en l’égalité de l’accès à l’information. Ainsi, davantage de personnes peuvent suivre l’actualité de l’écologie, comprendre l’impact du désastre en cours sur la population, et agir. Tout le monde peut bénéficier d’un accès à des informations de qualité, quelle que soit sa capacité à payer pour cela.

S’il y a bien un moment pour nous soutenir, c’est maintenant. Chaque contribution, grande ou petite, renforce notre capacité à porter l’écologie au cœur de l’agenda médiatique et politique, et assure notre avenir. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Si vous le pouvez, soutenez le journal avec un don mensuel. Merci.

Soutenir Reporterre

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d’une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner

NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES : LE DÉBAT PUBLIC COMMENCERA FIN OCTOBRE

Les dates sont désormais fixées : le débat public sur la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 en France aura lieu du 27 octobre 2022 au 27 février 2023, a annoncé mercredi la Commission nationale du débat public (CNDP). Les deux premiers réacteurs seraient situés à Penly (Seine-Maritime), a précisé l’AFP. Ce programme industriel est porté par EDF, et qui coûterait 50 milliards d’euros. Le programme a été annoncé par Emmanuel Macron en novembre 2021 puis en février dernier.

La consultation publique sera présidée par Michel Badré, ancien président de l’Autorité environnementale, et s’articulera autour de dix questions, dont « l’opportunité de lancer un nouveau programme nucléaire » dans l’Hexagone. 56 réacteurs sont actuellement implantés en France, dont 31 qui étaient à l’arrêt le 5 septembre.

En juillet dernier, l’État avait indiqué vouloir renationaliser à 100 % EDF, dont il possède déjà près de 83 % du capital. L’objectif, comme l’avait à l’époque déclaré le ministre délégué chargé des Comptes publics Gabriel Attal : « Investir massivement en faveur du nucléaire. » Une mauvaise nouvelle pour le climat, soulignait en avril Reporterre dans une enquête en cinq parties.

Publié le 8 septembre 2022 à 17h50

Photo en titre : La centrale nucléaire de Belleville (Cher), en 2015. – Wikimedia Commons/CC BY-SA 4.0/François Goglins

https://reporterre.net/Nouveaux-reacteurs-nucleaires-le-debat-public-commencera-fin-octobre?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

Message de Reporterre

… nous avons un petit service à vous demander. Chaque mois, plus d’un million de personnes font confiance au travail des journalistes de Reporterre pour se tenir informées sur l’urgence écologique. Plus de 27 000 de ces lectrices et lecteurs financent le journal par des dons. Ce soutien permet à Reporterre de rester en accès libre, sans aucune publicité, et totalement indépendant. Contrairement à de nombreux autres médias, Reporterre n’a pas d’actionnaires ni de propriétaire milliardaire. Le journal, à but non lucratif, est libre de toute influence commerciale ou politique.

Nous avons la conviction que le ravage écologique est l’enjeu principal de ce siècle. À ce titre, il nous semble que ce sujet doit être mis en avant chaque jour dans le débat public. Les articles, reportages et enquêtes que vous pouvez lire sur le site sont vitaux pour la démocratie, pour la prise de conscience écologique, et pour exiger mieux de nos dirigeants.

Tous nos articles sont en accès libre, pour tous. Nous le faisons parce que nous croyons en l’égalité de l’accès à l’information. Ainsi, davantage de personnes peuvent suivre l’actualité de l’écologie, comprendre l’impact du désastre en cours sur la population, et agir. Tout le monde peut bénéficier d’un accès à des informations de qualité, quelle que soit sa capacité à payer pour cela.

S’il y a bien un moment pour nous soutenir, c’est maintenant. Chaque contribution, grande ou petite, renforce notre capacité à porter l’écologie au cœur de l’agenda médiatique et politique, et assure notre avenir. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Si vous le pouvez, soutenez le journal avec un don mensuel. Merci.

Soutenir Reporterre

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d’une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner

L’IRAN DÉNONCE UN RAPPORT «SANS FONDEMENT»

Téhéran a vivement réagi après les doutes émis la veille par l’agence onusienne sur le caractère pacifique de son programme nucléaire.

L’Iran a estimé jeudi que le rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) était «sans fondement» après que l’instance onusienne a émis des doutes la veille sur le caractère pacifique du programme nucléaire de Téhéran. «Le récent rapport (…) est une répétition à des fins politiques d’affaires antérieures sans fondement», a indiqué le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), Behrouz Kamalvandi, dans un communiqué.

«Absence de progrès»

L’AIEA a haussé le ton mercredi face à l’Iran, déclarant «ne pas être en mesure de garantir que le programme nucléaire iranien est exclusivement pacifique». En cause, «l’absence de progrès» sur la question de trois sites non déclarés, où des traces d’uranium ont été découvertes par le passé, selon un rapport confidentiel. C’est l’un des points sur lesquels achoppent les négociations qui ont démarré en avril 2021 pour relancer l’accord conclu en 2015 entre l’Iran et des grandes puissances, destiné à limiter le programme nucléaire en échange de la levée des sanctions américaines.

Obligations non remplies

L’AIEA a déploré la décision iranienne de retirer certaines caméras de surveillance de divers sites, appelant Téhéran «à répondre à ses obligations juridiques» et à fournir des «explications techniquement crédibles». «Pour rétablir l’ancien système de vérification (de l’AIEA), les parties ayant adopté l’accord (de 2015 sur le nucléaire) doivent se conformer à leurs obligations», a indiqué de son côté M. Kamalvandi.

Encore loin d’un accord

Depuis avril 2021, l’Iran est engagé dans des pourparlers sous la médiation de l’UE pour relancer l’accord, avec la Grande-Bretagne, la Chine, la France, l’Allemagne et la Russie, et avec les États-Unis indirectement. L’ancien président américain, Donald Trump, avait retiré les États-Unis en 2018 du pacte visant à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, un objectif que Téhéran a toujours nié poursuivre. En riposte, l’Iran s’est progressivement affranchi de ses engagements nucléaires.

Par AFP, publié le 8 septembre 2022 à 09h09

Photo en titre : Le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Behrouz Kamalvandi, est vu lors d’une cérémonie officielle de lancement des travaux pour un deuxième réacteur nucléaire à la centrale de Bushehr, le 10 novembre 2019. AFP

https://www.lematin.ch/story/liran-denonce-un-rapport-sans-fondement-571898208001

PATRON DES ARMÉES UKRAINIENNES, VALERI ZALOUJNY PRÉVIENT QU’UNE GUERRE NUCLÉAIRE RESTE POSSIBLE

Et si le pire était encore à venir?

Dans une rare tribune offerte au média ukrainien Ukrinform, le plutôt taiseux mais réputé très talentueux patron des armées de Kiev, le général Valeri Zaloujny, a prévenu qu’un conflit nucléaire «limité», donc le déclenchement d’une troisième guerre mondiale, n’était pas tout à fait à exclure.

Écrit à quatre mains avec le lieutenant-général Mykhailo Zabrodskyi, député qui dirige la commission militaire du Parlement, l’éditorial publié par Ukrinform revient sur les six premiers mois de la guerre déclenchée par la Russie et anticipe les formes qu’elle pourrait prendre à l’avenir.

À lire aussi : Pendant que Gazprom moque une Europe frigorifiée dans une vidéo, la Russie brûle ses excédents de gaz

Après les événements ahurissants de mars autour de Tchernobyl et alors que la situation reste périlleuse près de la centrale nucléaire de Zaporijia, depuis le cœur de laquelle l’armée russe continue, semble-t-il, de lancer des missiles, les deux hommes notent le peu de cas que font les armées de Moscou et leur chef Vladimir Poutine de la sécurité atomique globale.

Depuis des mois, le même Poutine fait planer la menace de frappes nucléaires tactiques. Menace qui pourrait d’ailleurs gagner en crédibilité à mesure que les armées russes sont mises en difficulté –et ces derniers jours, tout semble indiquer qu’elles le sont.

Dos au mur

Les frappes ukrainiennes de plus en plus profondes en territoires occupés, comme celle du 9 août sur la base de Saki, en Crimée, que Kiev a fini par officiellement revendiquer au travers de cette publication dans Ukrinform, ainsi que la contre-offensive énergique des armées de Kiev dans la région de Kherson, doublée d’une autre rebuffade surprise dans la région de Kharkiv, plus au nord, mettent la Russie dans une position stratégique plus que délicate.

«Il est difficile d’imaginer que des frappes nucléaires seraient suffisantes pour que la Russie brise la volonté de résistance de l’Ukraine, écrivent les militaires dans le média ukrainien. Mais la menace qu’elles font planer sur l’ensemble de l’Europe ne peut être ignorée.»

Il existe «une menace directe de l’usage, dans certaines circonstances, d’armes nucléaires tactiques par la Russie», poursuivent-ils. «La possibilité d’une implication directe des principales puissances mondiales dans un conflit atomique “limité”, rapprochant la perspective d’une troisième guerre mondiale, ne peut pas être totalement exclue.»

À lire aussi : À bout de souffle, la Russie commande des millions d’obus et missiles à la Corée du Nord

Les deux hommes, qui peignent également l’horizon d’une guerre longue à laquelle le Pentagone se prépare activement, ont tout intérêt à agiter ce chiffon nucléaire rouge et russe.

Cette crainte, partagée depuis des mois par le patron de la CIA William Burns, constitue une pression supplémentaire sur les nations aidant l’Ukraine pour qu’elles lui fournissent des armements à portée beaucoup plus longue que ceux envoyés jusqu’ici, à l’instar des missiles ATACMS.

Si la perspective de telles frappes nucléaires tactiques constitue un excellent axe de propagande pour Kiev, elle n’est pour autant, effectivement, pas totalement surréaliste. Alors que la Crimée ou le Donbass ne menaçaient pas encore d’être éventuellement repris par l’Ukraine, Vladimir Poutine n’a-t-il pas lui-même ordonné à la dissuasion russe d’être sur le pied de guerre?

La kotiidienne

Repéré par Thomas Burgel sur Reuters, publié le 08/09/2022 à 6h18

https://korii.slate.fr/et-caetera/ukraine-general-zaloujny-previent-guerre-nucleaire-possible-frappe-tactique-poutine-contre-offensive-kharkiv-kherson

BURE: RECOURS DÉPOSÉ CONTRE LA DÉCLARATION D’UTILITÉ PUBLIQUE DU SITE D’ENFOUISSEMENT DE DÉCHETS NUCLÉAIRES

Un recours a été déposé ce mercredi 7 septembre au Conseil d’État par les opposants au projet d’enfouissement des déchets nucléaire à Bure. Aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, le projet vise à enfouir 85 000 m3 des déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français.

Vers une nouvelle bataille juridique autour du projet Cigéo ? Ce mercredi 7 septembre, les opposants au projet controversé Cigéo de centre d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) ont annoncé avoir déposé un recours auprès du Conseil d’État. Il vise deux décrets : le premier qui déclare l’ouvrage «d’utilité publique» et le second qui le juge comme «opération d’intérêt national».

«32 organisations et 30 habitant.es viennent de déposer un recours contestant la déclaration d’utilité publique» (DUP) du projet «ainsi que son classement parmi les opérations d’intérêt national» (OIN), écrivent les opposants dans un communiqué, estimant même qu’«un nouveau bras de fer juridique commence». Les opposants se disent «déterminés à lutter contre l’implantation de ce projet imposé, qui ferait courir des risques impensables aux générations futures».

Contestant les deux décrets devant la plus haute juridiction administrative, les associations soulignent que les deux textes sont «censés permettre d’ancrer physiquement sur le territoire un site industriel qui n’a pourtant encore reçu aucune autorisation et qui soulève de très lourdes interrogations en termes de sûreté, d’impacts environnementaux et de coût». Attac, la confédération paysanne du Grand Est, le réseau «Sortir du nucléaire» ou Greenpeace France se sont notamment joints au recours et entendent bien contrecarrer la décision prise par l’exécutif durant l’été.

85 000 m³ de déchets radioactifs

Le 8 juillet dernier, le gouvernement a donné son feu vert à la création du site. Les deux textes publiés au journal officiel avaient été signés par la Première ministre, Élisabeth Borne et les ministres de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, et de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, Christophe Béchu. D’après les requérants, la DUP et l’OIN vont permettre à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) qui pilote le projet «d’acquérir la maîtrise foncière manquante pour les installations de surface et l’aplomb des ouvrages souterrains […] et d’exproprier si besoin […] pour faciliter le début des travaux» préparatoires.

Selon le décret de DUP, les expropriations de terrain nécessaires à la réalisation du projet seront réalisées d’ici à fin 2037, tandis que celles concernant les tréfonds devront l’être «avant la fin de la phase industrielle pilote […] au plus tard le 31 décembre 2050». En décembre 2021, la commission d’enquête publique avait conclu que Cigéo était «à la fois opportun, pertinent et robuste» et que son utilité publique était «avérée». Aux confins de la Meuse et de la Haute-Marne, le projet Cigéo vise à enfouir, à 500 mètres sous terre, 85 000 m³ des déchets les plus radioactifs du parc nucléaire français.

Par LIBÉRATION et AFP, publié le 7 septembre 2022 à 22h16

Photo en titre : Manifestation à Mandres-en-Barrois contre Cigéo le projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires de Bure, le 3 et 4 mars 2018. (Stéphane Lagoutte/Myop)

https://www.liberation.fr/environnement/nucleaire/bure-recours-depose-contre-la-declaration-dutilite-publique-du-site-denfouissement-de-dechets-nucleaires-20220907_D2HAT336PBCPBHV5GNYW4KJNWQ/

NDLR: Ce sont 32 organisations et 30 habitant.es qui ont déposé ce recours!

ZAPORIJJIA : LA RUSSIE DEMANDE DES EXPLICATIONS SUR LE RAPPORT DE L’AIEA

MOSCOU, 7 septembre (Reuters) – La Russie réclame des « explications supplémentaires » à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur certaines parties de son rapport sur la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, contrôlée par Moscou, a déclaré mercredi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

Dans son rapport d’inspection publié mardi, l’AIEA a appelé à l’arrêt des bombardements près de la centrale et à la création immédiate d’une « zone de sécurité » à ses abords.

La centrale, sous contrôle des forces russes depuis mars et le début de l’invasion russe de l’Ukraine, est toujours gérée par du personnel ukrainien et connectée au réseau électrique de l’Ukraine. Kyiv et Moscou s’accusent mutuellement de bombardements près de la centrale.

Sergueï Lavrov a déclaré à l’agence de presse Interfax que Moscou avait besoin de plus d’informations sur les conclusions de l’AIEA et avait envoyé une demande pour obtenir des informations supplémentaires.

« Il est nécessaire de fournir des explications supplémentaires car il y a un certain nombre de questions dans le rapport. Je ne vais pas les énumérer maintenant, mais nous avons demandé des clarifications au directeur général de l’AIEA« , a déclaré Sergueï Lavrov, selon Interfax.

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a de son côté accusé les pays occidentaux de faire pression sur la mission de l’AIEA à Zaporijjia.

Selon l’agence de presse RIA Novosti, celle-ci a déclaré que la Russie avait fourni à l’AIEA des données complètes sur l’origine des bombardements et qu’elle se demandait pourquoi l’organisation n’avait pas désigné l’Ukraine comme responsable des attaques contre la centrale nucléaire dans son rapport.

Elle a également indiqué que l’Ukraine coordonnait ses attaques contre l’installation avec l’aide des États-Unis et d’autres États occidentaux.

L’Ukraine nie avoir attaqué la centrale et accuse Moscou d’y stocker des armes lourdes, une affirmation démentie par la Russie.

Reportage de Reuters ; version française Dagmarah Mackos, édité par Jean-Stéphane Brosse, publié le 07/09/2022 à 10h21, © Reuters 2022

https://www.zonebourse.com/cours/devise/US-DOLLAR-RUSSIAN-ROUBL-2370597/actualite/Zaporijjia-La-Russie-demande-des-explications-sur-le-rapport-de-l-AIEA-41710315/

CHERBOURG : UN COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE À BASE DE PLUTONIUM ARRIVE AU PORT, DESTINATION LE JAPON

Greenpeace a dénoncé le transport d’une matière dangereuse dans le contexte international.

Opération nocturne sous haute surveillance. Encadrés par de nombreux véhicules des forces de l’ordre, deux camions ont fait le voyage depuis l’usine Orano de La Hague, à 20 km de Cherbourg, jusqu’au port où ils sont arrivés vers 3h45, transportant du MOX, un combustible nucléaire contenant du plutonium. La cargaison, qui se trouve dans des emballages sécurisés, a pour destination finale le Japon.

Peu après six heures, un premier emballage de combustible a été chargé à bord du Pacific Egret, un bateau de la compagnie maritime britannique spécialisée PNTL (Pacific Nuclear Transport Limited) qui a « une longue expérience » de ce type de transport, selon Orano. Lors du précédent transport de MOX de Cherbourg vers le Japon, en septembre 2021, le bateau avait quitté le port dans l’après-midi qui avait suivi la matinée de chargement du combustible. « Des forces armées de police britannique » se trouvent « à bord », pendant le transport maritime qui doit durer un peu plus de deux mois, selon le groupe nucléaire.

« On peut parfaitement » fabriquer une bombe, dénonce Greenpeace

Dans un communiqué, des associations de défense de l’environnement comme France nature environnement (FNE) ont dit « s’opposer au retour du plutonium » qui peut selon elles « contribuer à la prolifération de l’arme atomique ». « Dans un monde aujourd’hui extrêmement déstabilisé, en crise aussi bien avec la Russie qu’avec la Chine et Taïwan, transporter des matières aussi dangereuses d’un point de vue de la prolifération nucléaire est complètement irresponsable », avait de son côté estimé fin août Yannick Rousselet de Greenpeace France.

Selon Orano, « le plutonium contenu dans le MOX n’est pas le même que celui utilisé par les militaires ». Pour Greenpeace, « on peut parfaitement » fabriquer une bombe avec ce plutonium. Le plutonium est « le plus grand radiotoxique du monde », selon l’organisation. La justice a, sur requête d’Orano, interdit à quiconque d’approcher le convoi sous peine de sanctions financières.

Selon Orano, le MOX est un combustible nucléaire qui permet le recyclage de combustibles usés. Il est fabriqué à partir de matières issues des combustibles irradiés dans les centrales pour fabriquer de l’électricité. Il ne représente toutefois que 10 % du combustible utilisé dans les centrales françaises, selon l’entreprise.

Par 20 Minutes avec AFP, publié le 07/09/22 à 16h24, mis à jour le 07/09/22 à 16h35

Photo en titre : La cargaison de MOX en cours de chargement. — Jean-Francois MONIER / AFP

https://www.20minutes.fr/societe/3347499-20220907-cherbourg-combustible-nucleaire-base-plutonium-arrive-port-destination-japon

POURQUOI, À L’AUBE D’UNE CRISE ÉNERGÉTIQUE MAJEURE, L’ÉTAT DE SANTÉ DU PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS INQUIÈTE

Opérations de maintenance, rechargement de combustibles, problèmes de corrosion… Plus de la moitié des réacteurs nucléaires français sont à l’arrêt. Le pays se voit amputé d’une partie importante de sa production électrique, alors que le spectre de coupures électriques en hiver grandit, sur fond de crise énergétique.

La guerre en Ukraine a des conséquences en cascade. Sur le cours du gaz, mais pas que. Les tarifs de l’électricité achetée à l’avance pour 2023 ont atteint un tarif supérieur à 1.000 euros par mégawattheure (MWh), contre 85 euros un an plus tôt. La France, qui tire de l’ordre de 70 % de son électricité de l’atome, pouvait espérer mieux s’en sortir que ses voisins, grâce à son leadership en termes de production d’électricité nucléaire. Hélas : 30 réacteurs sur 56 sont à l’arrêt. Alors que le patron d’EDF Jean-Bernard Lévy et son principal actionnaire, l’État, se renvoient la responsabilité de la situation, retour sur les causes du fiasco.

1. Parce que le planning de maintenance des réacteurs a été bousculé par le Covid-19

La France compte, au total, 56 réacteurs nucléaires. Selon le site nuclear-monitor.fr, qui s’appuie sur les données de RTE (gestionnaire du réseau de transport d’électricité haute tension), 30 étaient à l’arrêt, hier.  « C’est inédit et cela correspond au résultat de trois facteurs : la nécessité d’arrêter les réacteurs pour les recharger en combustibles, classique l’été ; il y a aussi actuellement un pic d’arrêt programmé pour assurer des travaux de maintenance lourde – EDF a été perturbé dans ces opérations par la crise du Covid – et un phénomène imprévu : 12 réacteurs sont à l’arrêt du fait d’un problème de corrosion sous contrainte (CSC) », décrit Yves Marignac, chef du pôle expertise nucléaire et fossiles de l’institut négaWatt, et membre d’un groupe permanent d’experts de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

« Il y a, aujourd’hui, dans le parc, des arrêts pour maintenance particulièrement longs, car les plus vieux réacteurs arrivent à 40 ans : ils en sont à leur quatrième visite décennale et subissent des travaux d’ampleur inédite, complète Olivier Dubois, directeur adjoint de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire. Il y a, aussi, quelques réacteurs plus récents, de 1300 MW, qui atteignent 30 ans et en sont à leur troisième visite décennale. Enfin, il y a des opérations de maintenance lourdes sur le parc, comme l’opération de remplacement de générateur de vapeur sur un réacteur de Flamanville. »

2. Parce que des problèmes de corrosion ont été découverts sur plusieurs réacteurs 

 Octobre 2021 : un problème insoupçonné dans un réacteur de la centrale de Civaux (Vienne) apparaît : une corrosion touchant des tuyaux d’un circuit censé refroidir le réacteur en cas d’incident… Un phénomène de corrosion – dite « sous contrainte » (CSC) – retrouvé depuis sur d’autres sites, et qui préoccupe le secteur du nucléaire. « Cette CSC touche des circuits nécessaires au maintien du refroidissement d’urgence des réacteurs en cas de brèche sur le circuit normal de refroidissement, explique Yves Marignac. C’est un dispositif essentiel pour empêcher qu’un accident ne vire à la catastrophe de Fukushima. D’où l’arrêt de 12 réacteurs. »
Le hic, c’est que les travaux de réparation sont longs. « À ce stade, EDF assemble les tuyauteries concernées avec les procédés de fabrication d’origine, en optimisant leur mise en œuvre de manière à limiter le risque d’apparition de CSC », informe l’Autorité de sûreté nucléaire.

3. Parce que la crise énergétique mondiale exacerbe la dépendance de la France au nucléaire

Le nucléaire est vital en France. « Avec 56 réacteurs en service (après la fermeture de Fessenheim en 2020), notre pays dispose de plus de la moitié de la puissance nucléaire installée au sein de l’Union. Il tire de l’ordre de 70 % de son électricité de l’atome (environ 17 % de la consommation finale d’énergie du pays) », écrivait, en janvier dernier, dans un article paru dans la revue universitaire The Conversation, l’économiste du climat Christian de Perthuis.

Avec 30 réacteurs à l’arrêt, le pays se retrouve aujourd’hui amputé d’une partie importante de sa production électrique. « EDF projette pour cette année une production du parc nucléaire de 280 térawatt-heure, à comparer avec 530 térawatt-heure de production théorique maximale », précise Yves Marignac, qui déplore au passage « la dépendance croissante de notre sécurité électrique au parc nucléaire » au détriment des renouvelables, par exemple.

Avec six EPR d’ici 2050 annoncés par Macron, le nucléaire au cœur du mix énergétique français

4. Parce que le calendrier de remise en marche est très serré

EDF se veut rassurant : selon ses projections, d’ici Noël, 27 réacteurs devraient pouvoir produire à nouveau de l’électricité… « Penser que tous les réacteurs fonctionneront cet hiver, c’est irréaliste, objecte Yves Marignac. Cela à cause des aléas liés à la maintenance. »

Ludovic Dupin, porte-parole de la Société française d’énergie nucléaire, est plus optimiste. « Il y a une capacité nucléaire de 63 GW en France. L’hiver dernier, on avait un peu moins de 55 GW disponible. Ce qu’EDF vise, cet hiver, c’est avoir entre 50 et 55 GW de disponible sur une capacité de 63 MW. On sait qu’EDF s’est mobilisée largement. » (Ludovic Dupin)

Yves Marignac n’y croit pas. Selon lui, les leviers dont disposent EDF pour tenir le calendrier sont minces. Et pas satisfaisants. « EDF peut négocier avec l’ASN le report d’opérations de maintenance ou accélérer le processus de réparations, voire obtenir l’autorisation de redémarrer les réacteurs en repoussant les réparations à un prochain arrêt, autant de leviers d’action contraires aux exigences de sureté. C’est une situation malsaine où l’impératif de sécurité électrique vient mettre une pression sur les exigences de sûreté. »

Pour Ludovic Dupin, de la Société française d’énergie nucléaire, cette tension sur le parc énergétique français montre qu’il faut prévoir sur le long terme. « On a été dans l’illusion que l’on allait consommer de moins en moins d’électricité et on se rend compte qu’au contraire, on en consomme de plus en plus en plus dans le cadre la transition énergétique bas-carbone. Or, on n’a pas prévu de marge ; on a fermé les moyens de production pilotables et aujourd’hui, face à un imprévu, on se retrouve dans une situation tendue », regrette-t-il.

Yves Marignac, déplore, lui, la dépendance croissante de notre sécurité électrique au parc nucléaire. « Il y a eu des décisions ou des non-décisions politiques qui ont conduit à très forte dépendance au parc nucléaire dont la fiabilité a globalement diminué ces dernières années. Nous sommes plongés brutalement dans le constat de la défaillance de cette dépendance et les leviers d’actions sont limités et se limitent à une sobriété du comportement. »

Publié le 06/09/2022 à 18h25

Photo en titre : Plus de la moitié des réacteurs nucléaires français sont à l’arrêt. © Thomas JOUHANNAUD

https://www.lamontagne.fr/paris-75000/actualites/pourquoi-a-l-aube-d-une-crise-energetique-majeure-l-etat-de-sante-du-parc-nucleaire-francais-inquiete_14180942/

NUCLÉAIRE-LA CORÉE DU NORD « TOUJOURS BIENVENUE » À LA TABLE DES NÉGOCIATIONS, DIT TOKYO

TOKYO, 7 septembre (Reuters) – La Corée du Nord est « toujours la bienvenue » à la table des négociations sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne, même si la menace d’une nouvelle provocation plane, a déclaré mercredi l’envoyé nucléaire japonais, Takehiro Funakoshi, avant une réunion avec ses homologues américain et sud-coréen.

Ces discussions trilatérales s’inscrivent dans un contexte de tension alimenté par un nombre inhabituel de tirs d’essai de missiles nord-coréens et des informations de Washington selon lesquelles Pyongyang pourrait vendre des armes à Moscou.

Selon certains experts, la Corée du Nord pourrait être sur le point de réaliser son premier essai nucléaire depuis 2017.

« La Corée du Nord poursuit et même accélère ses capacités nucléaires et de missiles, et il y a un risque imminent de nouvelles provocations, y compris un essai nucléaire« , a déclaré l’envoyé japonais avant les discussions.

« Dans le même temps, nous restons ouverts à un dialogue avec la Corée du Nord« , a-t-il ajouté, précisant que Pyongyang était « toujours la bienvenue » aux négociations – un sentiment partagé par les homologues américain et sud-coréen.

Le conseiller à la sécurité nationale de la Corée du Sud, Kim Sung-han, a déclaré après une réunion trilatérale à Hawaï la semaine dernière que ses homologues et lui-même étaient convenus qu’il n’y aurait pas de réponse « mesurée » en cas d’essai nucléaire nord-coréen. Il n’a pas donné de détails, mais le gouvernement a déjà évoqué des sanctions supplémentaires.

Reportage Elaine Lies, version française Alizée Degorce, édité par Jean-Stéphane Brosse, publié le 7 septembre 2022 à 10h37, © Reuters 2022

https://www.zonebourse.com/cours/indice/NIKKEI-225-4987/actualite/Nucleaire-La-Coree-du-Nord-toujours-bienvenue-a-la-table-des-negociations-dit-Tokyo-41710389/

DISSUASION NUCLÉAIRE : LES ÉTATS-UNIS ONT TESTÉ UN MISSILE BALISTIQUE INTERCONTINENTAL

Les États-Unis ont déclaré ce mercredi avoir testé avec succès un missile balistique intercontinental (ICBM), l’opération ayant été annoncée à l’avance afin d’éviter toute aggravation des tensions avec la Russie en plein conflit en Ukraine.

Le missile Minuteman III non-armé a été lancé le 7 septembre depuis la base aérienne de Vandenberg, en Californie, à 01H13 locale et a parcouru quelque 6 760 km au-dessus du Pacifique avant de s’abîmer en mer près de l’atoll de Kwajalein, dans les îles Marshall, a annoncé l’armée de l’air dans un communiqué.

«Il s’agit d’un test de routine et d’opérations périodiques destinés à montrer que le système de dissuasion nucléaire des États-Unis est sûr, sécurisé, fiable et efficace», a précisé le communiqué.

«Ce type de tests a été effectué plus de 300 fois et n’a rien à voir avec les événements mondiaux actuels», a ajouté l’armée de l’air.

L’ogive peut transporter une bombe nucléaire

Les États-Unis n’annoncent généralement pas à l’avance leurs tests de missiles ICBM mais le dernier test de Minuteman III, un missile équipé d’une ogive qui en temps de guerre peut transporter une bombe nucléaire, avait dû être reporté à deux reprises à cause de tensions internationales.

Prévu initialement en mars, il avait été reporté une première fois à cause de l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, Washington craignant que Moscou n’utilise cet essai ordinaire pour élargir le conflit à d’autres pays.

Il avait été reporté une seconde fois début août après la visite de la présidente de la Chambre américaine des représentants Nancy Pelosi à Taïwan, île revendiquée par Pékin. Le test avait finalement été mené avec succès le 16 août.

C’est un hasard que les deux tests aient été menés de façon aussi rapprochée, a souligné mardi le général Pat Ryder, porte-parole du Pentagone, lors d’un point-presse.

Le Minuteman III, en service depuis 50 ans, est le seul missile sol-air de l’arsenal nucléaire des États-Unis depuis 2005. Il est installé dans des silos de lancement répartis sur trois bases militaires américaines, dans le Wyoming, le Dakota du Nord, et le Montana (nord des États-Unis).

Les missiles Trident, lancés depuis la mer, sont déployés à bord des sous-marins américains tandis que les bombes nucléaires sont transportées par les bombardiers stratégiques.

Par AFP, publié le 7 Septembre 2022 à 16h03

https://www.lavoixdunord.fr/1225421/article/2022-09-07/dissuasion-nucleaire-les-etats-unis-ont-teste-un-missile-balistique

GUERRE EN UKRAINE : UNE CATASTROPHE NUCLÉAIRE À VENIR ? LE CRI D’ALERTE D’UN SPÉCIALISTE QUI FAIT FROID DANS LE DOS

Ce mercredi 7 septembre, l’ingénieur en physique nucléaire Bruno Chareyron a été invité au micro de Jean-Jacques Bourdin afin de parler des risques de la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine. Et le moins que l’on puisse dire est que son analyse est loin d’être rassurante. 

L’Europe risque-t-elle un nouvel accident nucléaire ? Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le risque plane de plus en plus. Dernier épisode en date, l’affaire de la centrale de Zaporijia, occupée depuis plusieurs semaines par les forces de Vladimir Poutine. Dépêchée sur place, une cellule de l’Agence internationale de l’énergie atomique a rendu un rapport de 52 pages sur la situation de cette centrale nucléaire qui risque de causer une catastrophe sans précédent sur l’Occident.

Invité sur le plateau de Sud Radio ce mercredi 7 septembre afin d’apporter quelques éclaircissements, l’ingénieur en physique nucléaire Bruno Chareyron a longuement parlé de cette situation très particulière avec Jean-Jacques Bourdin. L’animateur lui a d’ailleurs très clairement posé la question : « Je ne rentre pas dans le débat de savoir qui est à l’origine de tout ça. Ce qui m’intéresse, ce sont les risques. Si les pompes de refroidissement ne fonctionnaient plus, que pourrait-il se passer ?« .

« Il pourrait arriver ce qu’il s’est passé à Fukushima »

Ce à quoi Bruno Chareyron a directement répondu, sans langue de bois : « Il faut préciser qu’on n’en est pas encore tout à fait là, puisqu’il reste des moyens de secours qui sont opérationnels. Mais plus le temps passe, plus il va devenir difficile d’y avoir accès. Que se passerait-il si les alimentations électriques étaient totalement perdues et qu’il ne soit plus possible de pratiquer le refroidissement ? Et bien c’est ce qu’il s’est passé à Fukushima. Là-bas, il n’a plus été possible de refroidir les réacteurs, le cœur radioactif s’est mis en fusion et il y a eu dispersion massive de substances radioactives dans l’atmosphère. On en a même relevé en France ».

Au moins, les mots sont dits : une catastrophe nucléaire est envisageable. L’ingénieur en physique nucléaire a ensuite continué d’étoffer son propos : « On n’en est pas encore là, mais il y a évidemment un risque d’accident grave, ce qui veut dire des rejets radioactifs importants dans l’environnement. Et cela dépend de plusieurs paramètres que personne ne maîtrise. Et plus le temps passe, plus la probabilité de cet accident augmente. Et cela pourrait évidemment aller au-delà de l’Ukraine ».

Par L.A. publié le 07 septembre 2022 à 16h02

Photo en titre : 1/12Une catastrophe nucléaire à venir ?
Ce mercredi 7 septembre, l’ingénieur en physique nucléaire Bruno Chareyron a été invité au micro de Jean-Jacques Bourdin afin de parler des risques de la centrale nucléaire de Zaporijia, en Ukraine. Et le moins que l’on puisse dire est que son analyse est loin d’être rassurante.

Pour visionner les 11 autres photos et retrouver cet article, cliquer sur : https://www.closermag.fr/politique/guerre-en-ukraine-une-catastrophe-nucleaire-a-venir-le-cri-d-alerte-d-un-specialiste-qui-fait-froid-dans-le-dos-1646255

UKRAINE: L’AIEA DEMANDE LA CRÉATION D’UNE ZONE DE SÉCURITÉ À ZAPORIJJIA

VIENNE (Reuters) – L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) demeure « gravement préoccupée » par la situation à la centrale nucléaire de Zaporijjia, en Ukraine, et préconise dans son rapport d’inspection publié mardi la mise en place d’une « zone de sécurité » autour de la centrale.

Les inspecteurs menés par le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, ont constaté la semaine dernière la présence de soldats et de matériel militaire russes en divers endroits de la plus grande centrale nucléaire d’Europe, dont des véhicules stationnés dans les salles des turbines, indique le rapport, qui contredit sur ce point les affirmations de Moscou.

Le rapport dresse la liste des dégâts infligés à la centrale occupée depuis le mois de mars par les forces russes, et située près de la ligne de front, par les bombardements dont Kyiv et Moscou se renvoient mutuellement la responsabilité.

L’agence onusienne appelle à la mise en place de « mesures provisoires » pour limiter le risque d’accident nucléaire, le temps de mener à bien les discussions sur la sécurisation du site.

Contrairement au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et aux pays occidentaux alliés de l’Ukraine, l’AIEA, dont deux inspecteurs sont restés à Zaporijjia, n’appelle pas explicitement à la « démilitarisation » de la centrale.

Elle demande en revanche une amélioration des conditions de travail des employés de l’énergéticien public ukrainien qui continuent à faire fonctionner la centrale.

« Le personnel ukrainien qui exploite l’usine sous occupation militaire russe est constamment soumis à un stress et à une pression élevés, en particulier avec un nombre limité d’employés disponible« , indique le rapport. « C’est intenable et ça pourrait entraîner une augmentation des erreurs humaines avec des implications pour la sûreté nucléaire. »

Reportage de François Murphy, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet, publié le 06/09/2022 à 18h15, (© Reuters 2022)

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Ukraine-L-AIEA-demande-la-creation-d-une-zone-de-securite-a-Zaporijjia–41706377/

POURRA-T-ON COMPTER SUR LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES CET HIVER ?

L’État met la pression pour qu’EDF redémarre ses réacteurs nucléaires à l’arrêt avant l’hiver. Mais entre les réparations, les inspections et autres vérifications de sûreté, le calendrier sera difficile à tenir.

L’automne n’est pas encore arrivé que l’angoisse monte déjà pour l’approvisionnement électrique cet hiver. Jeudi 1ᵉʳ septembre, la Première ministre Élisabeth Borne mettait la pression sur EDF pour rallumer ses réacteurs nucléaires au plus vite, alors que plus de la moitié du parc était à l’arrêt. « Je compte vraiment sur EDF pour assurer son programme de redémarrage dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, et ça nous éviterait de devoir redémarrer une centrale à charbon », avait-elle insisté sur France Inter. La réponse n’avait pas tardé à fuser. « EDF s’est engagé à redémarrer tous ses réacteurs pour cet hiver », transmettait la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher à la sortie du conseil de défense sur l’approvisionnement électrique vendredi 2 septembre. Mais ce calendrier a-t-il une chance d’être tenu ? Reporterre fait le point.

Combien de réacteurs arrêtés et pourquoi ?

Sur les 56 réacteurs nucléaires en service que compte la France, 31 étaient arrêtés lundi 5 septembre : 16 pour maintenance ou maintenance courante, 14 pour des contrôles relatifs au problème de corrosion sous contrainte et deux pour économie de combustible, « afin d’optimiser leur disponibilité cet hiver », précise EDF dans un courriel envoyé à Reporterre.

Comment en est-on arrivé là ? D’abord, parce que la pandémie de Covid-19 a désorganisé le programme déjà chargé de maintenance des réacteurs. « Le programme de maintenance du parc nucléaire sur la période 2019-2024 est particulièrement dense, écrit ainsi EDF à Reporterre. La crise Covid-19 a nécessité de réadapter le planning de certaines opérations, afin de garantir un approvisionnement en électricité tout au long des années 2020 et 2021. Ce qui a été le cas. » Las, ces reports « ont eu un impact sur la disponibilité du parc en 2021 et 2022 par une densification des activités sur les arrêts pour maintenance », reconnaît l’électricien.

Lire aussi: « Ils sont très angoissés » : EDF face aux pannes de réacteurs nucléaires

À ce retard pris dans les opérations de maintenance s’est ajouté un problème de corrosion sous contrainte (CSC) découvert fin 2021 sur les circuits d’injection de sûreté (RIS) — vital puisqu’il est censé garantir le refroidissement du cœur en cas d’accident — et/ou de refroidissement à l’arrêt (RRA) de plusieurs réacteurs. Ce problème « a conduit EDF à réaliser un programme de contrôles et expertises sur douze réacteurs. Le déploiement de ce programme s’est accompagné d’un allongement significatif de la durée d’arrêt de plusieurs réacteurs, ainsi que la réalisation de trois arrêts spécifiques », écrit l’électricien.

Quel calendrier de redémarrage et quelle disponibilité du parc prévue cet hiver ?

D’après le calendrier envoyé par EDF à Reporterre, 26 des 31 réacteurs arrêtés au lundi 5 septembre devraient redémarrer d’ici le 25 décembre 2022, ce qui amènerait à 51 le nombre de réacteurs disponibles en début d’année prochaine. Les cinq derniers devraient être rebranchés au réseau avant le 18 février 2023.

Ce calendrier est-il tenable ?

En mai dernier, EDF confirmait un problème de corrosion sous contrainte sur au moins quatre réacteurs : Civaux 1, Chooz 1, Penly 1 et Chinon B3. Il s’agit désormais de les réparer. « Les opérations de réparation consistent à remonter les portions de tuyauteries venant en remplacement de celles découpées pour procéder aux expertises. À ce stade, EDF assemble les tuyauteries concernées avec les procédés de fabrication d’origine, en optimisant leur mise en œuvre de manière à limiter le risque d’apparition de CSC », écrit l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a validé ce protocole, à Reporterre. Le processus est déjà bien engagé, assure EDF, notamment à Civaux et Chinon.

Sécurité d’approvisionnement ou sûreté nucléaire ?

Pourtant, le 25 août, l’électricien prolongeait déjà de plusieurs semaines l’arrêt de quatre réacteurs — Cattenom 1, 2 et 3 et Penly 1 — après une « meilleure estimation » du temps nécessaire à mener les investigations et travaux de réparation. L’ASN, elle, a refusé de se prononcer sur les questions de calendrier auprès de Reporterre. « Ces chantiers sont d’une ampleur significative, avec une part d’incertitude », a-t-elle seulement indiqué à France 2. Or, seule cette autorité indépendante peut délivrer une autorisation de redémarrage des réacteurs touchés par un problème de corrosion sous contrainte.

Compte tenu de cette contrainte, la promesse d’EDF n’est « pas réaliste », a jugé le consultant sur le nucléaire et la transition énergétique à négaWatt Yves Marignac. « EDF s’est donc engagée à redémarrer tous les réacteurs pour cet hiver… y compris ceux arrêtés pour problème de corrosion, comme Chooz 2, dont le redémarrage n’était pas prévu avant octobre 2023 ? Arbitrage à venir entre sécurité d’approvisionnement et sûreté nucléaire ? » a pour sa part réagi le réseau Sortir du nucléaire sur Twitter.

Par ailleurs, en juillet, l’électricien annonçait de nouveaux contrôles relatifs à ce problème de corrosion à partir du 1ᵉʳ janvier 2023, avec de potentiels nouveaux arrêts de réacteurs. « Ces arrêts sont susceptibles de se prolonger en cas de réparation pour des durées totales pouvant atteindre 25 semaines », prévenait-il. Aujourd’hui, le flou demeure sur ce calendrier. « La programmation d’opération pour maintenance a été modifiée pour quinze arrêts de réacteurs programmés, afin de les maintenir en production tout l’hiver », a seulement précisé EDF à Reporterre dans son courriel.

L’électricien a également souligné que 17 réacteurs étaient inactifs l’hiver passé, sans que cela n’entraîne de coupure.

Par Émilie Massemin, publié le 6 septembre 2022 à 15h15

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cruas, en Ardèche. – Unsplash / Jametlene Reskp

https://reporterre.net/Pourra-t-on-compter-sur-les-reacteurs-nucleaires-cet-hiver

Message de Reporterre :

… nous avons un petit service à vous demander. Chaque mois, plus d’un million de personnes font confiance au travail des journalistes de Reporterre pour se tenir informées sur l’urgence écologique. Plus de 27 000 de ces lectrices et lecteurs financent le journal par des dons. Ce soutien permet à Reporterre de rester en accès libre, sans aucune publicité, et totalement indépendant. Contrairement à de nombreux autres médias, Reporterre n’a pas d’actionnaires ni de propriétaire milliardaire. Le journal, à but non lucratif, est libre de toute influence commerciale ou politique.

Nous avons la conviction que le ravage écologique est l’enjeu principal de ce siècle. À ce titre, il nous semble que ce sujet doit être mis en avant chaque jour dans le débat public. Les articles, reportages et enquêtes que vous pouvez lire sur le site sont vitaux pour la démocratie, pour la prise de conscience écologique, et pour exiger mieux de nos dirigeants.

Tous nos articles sont en accès libre, pour tous. Nous le faisons parce que nous croyons en l’égalité de l’accès à l’information. Ainsi, davantage de personnes peuvent suivre l’actualité de l’écologie, comprendre l’impact du désastre en cours sur la population, et agir. Tout le monde peut bénéficier d’un accès à des informations de qualité, quelle que soit sa capacité à payer pour cela.

S’il y a bien un moment pour nous soutenir, c’est maintenant. Chaque contribution, grande ou petite, renforce notre capacité à porter l’écologie au cœur de l’agenda médiatique et politique, et assure notre avenir. Même pour 1 €, vous pouvez soutenir Reporterre — et cela ne prend qu’une minute. Si vous le pouvez, soutenez le journal avec un don mensuel. Merci.

Soutenir Reporterre

📨 S’abonner gratuitement aux lettres d’info

Abonnez-vous en moins d’une minute pour recevoir gratuitement par e-mail, au choix tous les jours ou toutes les semaines, une sélection des articles publiés par Reporterre.

S’abonner

LA LIGNE ÉLECTRIQUE DE SECOURS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIZHZHIA EST EN PANNE, SELON L’AIEA

La ligne électrique de secours de la centrale électrique de Zaporizhzhia (ZNPP), tenue par les Russes en Ukraine, a été déconnectée délibérément pour éteindre un incendie, mais elle n’a pas été endommagée, a déclaré lundi l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU, citant des informations fournies par l’Ukraine.

Les deux parties à la guerre se sont accusées mutuellement de risquer une catastrophe nucléaire en effectuant des tirs d’obus près de la centrale située dans le sud de l’Ukraine, capturée par la Russie mais toujours exploitée par des ingénieurs ukrainiens.

La dernière des quatre lignes électriques régulières de 750 kilovolts (kV) fournissant l’électricité essentielle à la sécurité de la centrale a été déconnectée vendredi. L’Agence internationale de l’énergie atomique a déclaré que le personnel ukrainien de la centrale a dit à ses experts qu’il prévoyait de la réparer, mais que cela prendrait plusieurs jours.

La ligne de secours de 330 kV peut alimenter Zaporizhzhia en électricité à partir d’une centrale au charbon voisine. Cependant, après que la quatrième ligne régulière ait été déconnectée, elle a livré l’électricité de Zaporizhzhia au réseau, a déclaré l’AIEA.

« La centrale de ZNPP continue de recevoir l’électricité dont elle a besoin pour sa sécurité grâce à son seul réacteur en fonctionnement« , a déclaré l’Agence internationale de l’énergie atomique dans un communiqué. « L’Ukraine a informé (l’)AIEA que cette ligne de secours sera rebranchée une fois l’incendie éteint.« 

Une fois la ligne de secours remise en marche, le réacteur en fonctionnement sera reconnecté au réseau, a précisé l’AIEA. Zaporizhzhia compte six réacteurs et est la plus grande centrale nucléaire d’Europe.

Lundi, la présence de l’AIEA à la centrale a été réduite de six à deux membres du personnel. L’AIEA prévoit de maintenir la présence actuelle à plus long terme.

Le chef de l’AIEA, Rafael Grossi, publiera un rapport sur l’Ukraine, y compris sur la centrale, mardi et informera ensuite le Conseil de sécurité des Nations unies, a déclaré l’AIEA.

Par © Zonebourse avec Reuters 2022, publié le 05/09/2022 à 22h53

https://www.zonebourse.com/cours/devise/US-DOLLAR-RUSSIAN-ROUBL-2370597/actualite/La-ligne-electrique-de-secours-de-la-centrale-nucleaire-de-Zaporizhzhia-est-en-panne-selon-l-AIEA-41698731/

SUISSE, OPINION – L’ÉOLIEN REVIENT SEPT FOIS PLUS FORT POUR RÉSOUDRE L’ÉQUATION ÉLECTRIQUE

Lionel Perret est le directeur énergies renouvelables de Planair et le directeur de Suisse Éole. 

La semaine dernière a marqué un tournant pour l’énergie éolienne en Suisse, avec le cumul de trois nouvelles qui confirment son rôle de pilier hivernal potentiel de l’approvisionnement électrique national. On le sait, c’est en effet pour l’hiver qu’il est question de pénuries.

D’abord, la Confédération démontre avec une nouvelle étude que la Suisse est bien un pays favorable pour l’éolien. Le potentiel éolien a été recalculé en prenant en compte le couloir de vent d’altitude du plateau et l’évolution technologique. Résultat: sept fois plus qu’il y a 10 ans, soit une production de 29,5 TWh/an (la moitié de la production électrique actuelle), dont 19 TWh en hiver.

Cette étude s’intéresse au potentiel durable, prenant en compte les critères techniques, économiques et le respect des contraintes environnementales et sociales principales. Un total de 19 TWh en hiver, c’est deux fois plus que notre production nucléaire hivernale de 2021, et c’est autant de production hivernale que quatre EPR de dernière génération. Ainsi dans la famille des énergies renouvelables, l’éolien a le plus grand potentiel hivernal de Suisse. L’argument «il n’y a pas de potentiel en Suisse» est relégué aux oubliettes.

Ensuite, l’EPFL, au travers du visionnaire Christophe Ballif, démontre avec une nouvelle étude la complémentarité exceptionnelle en Suisse du solaire et de l’éolien. Si l’éolien et le solaire s’allient, ils ont la capacité de pouvoir remplacer le fameux ruban nucléaire (la production continue). Comment? En reprenant les recettes appliquées au solaire: en ne raccordant pas forcément les installations à leur puissance maximale, mais selon leur puissance idéale.

Les données des installations existantes le prouvent, l’éolien du Plateau, du Jura, des Alpes et des vallées propices aux vents thermiques se cumulent pour produire de l’énergie 99% du temps. En plus, éolien et solaire produisent essentiellement à tour de rôle. Il est donc possible avec un peu de stockage par un barrage ou un groupe de véhicules électriques de créer des équivalents de petits réacteurs nucléaires locaux, sans danger, sans déchets, et sans dépendance à une source de combustible nucléaire. Au diable l’intermittence, place à l’intelligence!

Enfin, Suisse Éole a présenté son plan d’action 2030 avec trois piliers de 2 TWh/an chacun, représentant 4 TWh/an en hiver dès 2030 avec onze mesures simples. Les 4 TWh en hiver, c’est la moyenne de nos importations électriques hivernales de ces 10 dernières années. Les 4 TWh en hive