LE RISQUE NUCLÉAIRE AUGMENTE, MAIS NOUS NE SOMMES PAS FOUS – POUTINE

Vladimir Poutine a déclaré que la menace d’une guerre nucléaire augmentait, mais a insisté sur le fait que la Russie n’était pas « devenue folle » et qu’elle n’utiliserait pas ses armes nucléaires en premier.

Le président russe a insisté sur le fait que son pays n’utiliserait des armes de destruction massive qu’en réponse à une attaque.

S’exprimant lors de la réunion annuelle du Conseil des droits de l’homme de Russie, il a également déclaré que la guerre en Ukraine pourrait être un « long processus« .

Les responsables occidentaux pensent que Poutine avait initialement prévu une victoire rapide.

La capacité de la Russie à utiliser des armes nucléaires fait l’objet d’une attention accrue depuis qu’elle a envahi l’Ukraine en février.

« Une telle menace est croissante, il serait erroné de la cacher« , a averti Poutine en évoquant la perspective d’une guerre nucléaire par liaison vidéo depuis Moscou.

Mais il a affirmé que la Russie n’utiliserait « en aucun cas » les armes en premier, et ne menacerait personne avec son arsenal nucléaire.

« Nous ne sommes pas devenus fous, nous sommes conscients de ce que sont les armes nucléaires« , a-t-il déclaré, ajoutant : « Nous ne sommes pas prêts à courir dans le monde entier en brandissant cette arme comme un rasoir« .

Poutine s’est également vanté que la Russie disposait des armes nucléaires les plus modernes et les plus avancées au monde, et a opposé sa stratégie nucléaire à celle des États-Unis – qui, selon lui, sont allés plus loin que la Russie en implantant leurs armes nucléaires sur d’autres territoires.

« Nous n’avons pas d’armes nucléaires, y compris tactiques, sur le territoire d’autres pays, mais les Américains en ont – en Turquie, et dans un certain nombre d’autres pays européens« , a-t-il déclaré.

Poutine a précédemment insisté sur le fait que la doctrine nucléaire de la Russie ne permettait que l’utilisation défensive des armes nucléaires.

Semblant reconnaître que son projet de crier victoire quelques jours après avoir envahi l’Ukraine avait échoué, Poutine a admis que la guerre pourrait être un « long processus« .

Il a toutefois déclaré que les résultats étaient déjà « significatifs« , comme par exemple les nouveaux territoires que la Russie a illégalement revendiqués après des référendums fictifs dans quatre régions d’Ukraine.

Il s’est vanté que les annexions avaient fait de la mer d’Azov – qui est bordée par le sud-est de l’Ukraine et le sud-ouest de la Russie – une « mer intérieure » de la Russie, ajoutant que c’était une aspiration du tsar russe Pierre le Grand. Le président Poutine s’est déjà comparé au souverain des 17ème et 18ème siècles.

Mais, bien qu’il revendique les régions de Kherson, Zaporizhzhia, Luhansk et Donetsk comme nouveau territoire russe, Moscou ne contrôle pleinement aucune de ces zones.

Le mois dernier, les forces russes ont été contraintes de se retirer de la ville de Kherson, la seule capitale régionale qu’elles avaient saisie depuis l’invasion de février.

Les revers subis sur la ligne de front ont conduit la Russie à cibler le réseau électrique ukrainien en lançant des frappes aériennes massives dans tout le pays,

Ces frappes aériennes ont causé des dommages considérables aux infrastructures énergétiques ukrainiennes, privant des millions de personnes de chauffage et d’électricité pendant des heures, voire des jours, alors que les températures descendaient en dessous de zéro.

Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a averti que la capitale ukrainienne, qui a été durement touchée par les coupures de courant, pourrait connaître l' »apocalypse« .

« Kiev pourrait perdre l’approvisionnement en électricité, en eau et en chaleur. L’apocalypse pourrait se produire, comme dans les films hollywoodiens, lorsqu’il n’est pas possible de vivre dans les maisons compte tenu des basses températures« , a déclaré M. Klitschko dans une interview à Reuters.

Bien que des abris chauffés aient été mis en place dans la ville, M. Klitschko a admis qu’il n’y en avait pas assez pour tous les habitants, et que les gens devaient être prêts à évacuer si la situation empirait.

En Russie, toute critique potentielle de l’invasion de Poutine a été bloquée devant le Conseil des droits de l’homme.

En amont de la réunion de mercredi, 10 membres du conseil qui avaient exprimé des doutes sur la guerre ont été écartés. Des remplaçants favorables à la guerre ont été nommés à leur place.

Selon le média russe indépendant Verstka, les sujets qui devaient être abordés lors de la réunion ont également fait l’objet d’un examen approfondi au préalable.

Ces dernières semaines, la doctrine nucléaire russe a fait l’objet d’un examen minutieux quant au moment où les armes nucléaires pourraient être utilisées, en particulier une arme « tactique » qui pourrait être lâchée sur le champ de bataille en Ukraine.

Une arme nucléaire tactique est destinée à être utilisée dans le cadre d’un combat, par opposition aux armes « stratégiques« , qui sont conçues pour provoquer des destructions massives.

Par Alys Davies, BBC News, publié le 12 décembre 2022

Photo en titre : Reuters

https://www.bbc.com/afrique/articles/c87e46gkm75o

NUCLÉAIRE : À PENLY, EDF PLANIFIE LES EPR2, ALORS QUE LES RÉACTEURS ACTUELS SONT À L’ARRÊT

À Penly en Seine-Maritime, deux réacteurs de nouvelle génération (les EPR2) doivent voir le jour d’ici à 2035, alors que les deux réacteurs déjà présents sur le site, n’ont toujours pas été remis en route. Toutefois, EDF, qui porte le projet, se montre confiant dans la tenue de ce planning ambitieux.

Ce sont encore deux grands cercles de béton en bord de mer. Des terrassements construits dans les années 1990 pour un vieux projet de réacteurs. À Penly, en Seine-Maritime, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a visité le site qui pourrait accueillir les deux premiers EPR2 en 2035. Une construction attendue, alors que les deux réacteurs déjà présents, n’ont toujours pas redémarré. C’est néanmoins ici que le nucléaire nouvelle génération doit voir le jour.

Deux réacteurs de 1.670 mégawatts chacun

« Ce que nous proposons de construire, ce sont deux réacteurs EPR2 qui font 1.670 mégawatts électriques chacun« , explique Gabriel Oblin, directeur du projet EPR2 chez EDF. Ces deux réacteurs « produiraient ce que consomme la région Normandie« , précise-t-il à Europe 1.

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Selon lui, « si la décision est prise rapidement« , l’électricien est prêt « à déposer les demandes d’autorisation administrative avant l’été 2023, ce qui nous permettrait de commencer les travaux préparatoires en juin 2024 pour viser une mise en service en 2035-2037« , détaille Gabriel Oblin.

Des opérations de maintenance

Un planning ambitieux, compte tenu du fait que les deux réacteurs déjà existants n’ont toujours pas été remis en route. Christophe Comtesse, le directeur technique du site de Penly, justifie ces délais au micro d’Europe 1. « On profite de ces arrêts de rechargement pour faire des opérations de maintenance : petite, moyenne et grosse maintenance« , précise-t-il.

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En attendant, ces maintenances retardent le redémarrage des réacteurs. La remise en service du deuxième est repoussée de deux mois, et pour le premier, ce ne sera pas avant début février 2023

Par Margaux Fodéré, avec Gauthier Delomez, publié le 12 décembre 2022 à 06h12, modifié à 14h03

Photo en titre : Alexandre Le Mer et Ombline Roche, entourés des journalistes de la rédaction, accompagnent les lève-tôt pour un premier tour complet de l’actualité….

https://www.europe1.fr/economie/nucleaire-a-penly-edf-planifie-les-premiers-epr2-malgre-des-operations-de-maintenance-4153708

LE GOUVERNEMENT PUBLIE SON PLAN DE GESTION DES DÉCHETS RADIOACTIFS

Le gouvernement a publié samedi son cinquième plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) pour les années 2022-2026, un document qui doit servir à piloter sa stratégie en la matière.

Ce plan de gestion « est adopté », indique un décret paru au Journal officiel. Un arrêté le complète avec un certain nombre de prescriptions.

Le PNGMDR était auparavant mis à jour théoriquement tous les trois ans mais sa portée a désormais été étendue à cinq ans pour le mettre en cohérence avec la feuille de route énergétique (PPE).

Cette édition est le fruit d’un long processus puisqu’elle avait fait l’objet d’un débat public en 2019 puis d’une concertation en 2020 et 2021.

Elle « continuera d’accorder une importance particulière à la poursuite de la mise en place de filières de gestion pour les déchets n’en disposant pas encore (déchets de moyenne activité à vie longue et haute activité), et à l’optimisation des filières existantes, en particulier celle des déchets de très faible activité », a commenté le ministère de la Transition énergétique.

« Elle permet de renforcer la participation de la société civile », selon la même source.

Quelques articles de l’arrêté sont consacrés au projet controversé « Cigéo » d’enfouissement des déchets les plus radioactifs à Bure (Meuse).

Il est ainsi demandé à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) de proposer d’ici fin 2024 « les objectifs et les critères de réussite de la phase industrielle pilote » et de définir, en particulier, « la nature des déchets qu’il est prévu de stocker pendant cette phase et les essais envisagés ».

Le texte se penche en outre sur le problème de la « saturation » des entreposages temporaires existant. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’est déjà inquiétée de la « saturation prévisible à horizon 2030 » des piscines d’entreposage du site Orano de La Hague (Manche), où refroidissent des combustibles irradiés.

Il est demandé à EDF de fournir avant la fin de l’année « un rapport d’analyse afin de préciser les horizons de saturation des capacités d’entreposage existantes ».

Face à ce risque de saturation, EDF porte un projet de nouvelle piscine à La Hague. Il lui est aussi demandé de fournir un « calendrier révisé » de ce projet d’ici la fin de l’année.

Enfin, le gouvernement demande aux producteurs de combustibles usés « la liste des combustibles usés susceptibles d’être éligibles à un entreposage à sec », une technique alternative couramment pratiquée à l’étranger.

Par AFP, publié le 12.12.2022

https://www.lemondedelenergie.com/gouvernement-publie-son-plan-gestion-dechets-radioactifs/2022/12/12/

GUERRE EN UKRAINE: MEDVEDEV ASSURE QUE LA RUSSIE ACCÉLÈRE LA PRODUCTION DES ARMES « LES PLUS PUISSANTES »

L’ex-président russe affirme que de nouveaux « moyens de destruction » sont en fabrication et qu’ils pourraient être utilisés contre l’Occident. « Notre ennemi ne s’est pas retranché uniquement dans le Gouvernement de Kiev », a-t-il assuré.

L’ex-président russe et actuel numéro 2 du Conseil de sécurité, Dmitri Medvedev, a affirmé ce dimanche que Moscou fabriquait les « moyens de destruction les plus puissants » basés sur de « nouveaux principes », en menaçant de s’en servir contre l’Occident.

« Notre ennemi ne s’est pas retranché uniquement dans le Gouvernement de Kiev (une entité territoriale administrative de la Russie impériale, NDLR) (…) Il est aussi en Europe, en Amérique du Nord, au Japon, en Australie, en Nouvelle-Zélande et dans d’autres endroits ayant prêté allégeance aux nazis de notre temps », a écrit Dmitri Medvedev.

« Voilà pourquoi nous intensifions la production des moyens de destruction les plus puissants, y compris ceux basés sur de nouveaux principes », a-t-il poursuivi dans un message publié ce dimanche sur son compte Telegram.

Il n’a pas détaillé ces nouveaux principes, mais faisait, semble-t-il, référence notamment aux nouvelles générations d’armes hypersoniques que Moscou se targue de développer activement ces dernières années.

Une menace nucléaire?

Le spectre d’une guerre nucléaire est revenu après l’offensive en Ukraine en février, soulignant l’érosion de l’architecture de sécurité mondiale datant de la guerre froide.

Les revers militaires russes, au cours des derniers mois, ont fait craindre que Moscou n’envisage, pour renverser la tendance, de se servir de son arsenal nucléaire.

Cette semaine, le président russe Vladimir Poutine a relativisé le risque d’un tel recours en soulignant que ces armes étaient « un moyen de défense » destinées à une « frappe en représailles ». Vendredi, il a aussi évoqué la possibilité que la Russie modifie sa doctrine militaire en introduisant la possibilité d’une frappe préventive pour désarmer un ennemi.

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Le département d’État américain a condamné ces dernières déclarations, estimant que « toute discussion, même vague, sur les armes nucléaires est absolument irresponsable. »

Par J.D. avec AFP, publié le 11/12/2022 à 11h18

Photo en titre : Dmitry Medvedev – Alexey NIKOLSKY

https://www.bfmtv.com/international/asie/russie/guerre-en-ukraine-medvedev-assure-que-la-russie-accelere-la-production-des-armes-les-plus-puissantes_AD-202212110168.html

UKRAINE : LE PREMIER MINISTRE PRÉOCCUPÉ PAR L’ARME NUCLÉAIRE RUSSE

Le Premier ministre ukrainien, Denys Chmyhal, s’est dit préoccupé par un potentiel usage de l’arme nucléaire par Moscou. Lors d’un entretien accordé à France 24 depuis Kiev, il dit, toutefois, être confiant que l’Ukraine remportera la guerre.

Selon Denys Chmyhal, son pays résistera à la guerre malgré « les attaques répétées des Russes sur ses infrastructures ». Il dit être convaincu que le manque de gaz, de fioul, et d’électricité n’empêcheront pas les Ukrainiens de remporter la guerre. « Nous allons gagner cette guerre, c’est certain. Nous allons protéger notre pays, notre démocratie, nos familles, notre liberté. Nous survivrons, car le monde civilisé, nous soutient sur le plan militaire, des sanctions, des finances »

Toutefois, il affirme être préoccupé par un potentiel usage de l’arme nucléaire par Moscou, même si plusieurs pays ont mis en garde les Russes sur un tel projet. « Nous espérons que cela n’arrivera pas, car cela pourrait avoir des conséquences terribles pas seulement pour l’Ukraine mais pour toute l’Europe »

Le Premier ministre a profité de l’occasion pour exhorter les pays occidentaux à soutenir l’Ukraine avec de nouvelles armes de défense anti-aériennes et de chars. « Nous n’avons pas besoin d’équipements offensifs, nous voulons nous défendre […] Nous n’avons pas d’autres objectifs que de libérer le territoire ukrainien dans ses frontières reconnues internationalement depuis 1991. »

Rappelons que le jeudi 8 décembre, le président russe a assuré que son armée continuerait à bombarder les installations énergétiques ukrainiennes, en riposte aux attaques de Kiev en Crimée. « Dès que nous nous mettons à faire quelque chose en réponse, le bruit, la clameur, le crépitement se répandent dans tout l’univers. Cela ne nous gênera pas pour remplir nos missions de combat », a déclaré Vladimir Poutine.

Par LeFaso.net, avec France 24, publié le 11 décembre 2022 à 09h30

https://lefaso.net/spip.php?article118034

POURQUOI L’AVENIR DES ÉNERGIES RENOUVELABLES EN FRANCE TIENT À CES 3 BOUTONS ?

Pourquoi l’avenir des énergies renouvelables en France tient à ces 3 boutons ?

C’est la semaine de tous les espoirs, mais aussi de tous les dangers, pour les énergies renouvelables. L’Assemblée nationale examine en séance publique, du 5 au 9 décembre, le projet de loi d’accélération de leur développement. Un texte dicté par la double urgence des dérèglements climatiques et des risques de rupture d’approvisionnement énergétique dans les mois et années à venir. Mais l’Assemblée nationale, très divisée, saura-t-elle se hisser à la hauteur de l’enjeu ? Y aura-t-il une majorité pour voter ce texte – et si oui, sera-t-il en mesure d’atteindre son objectif ?

La faible disponibilité actuelle du parc nucléaire résulte tant des besoins de maintenance lourde des réacteurs parvenant à quatre décennies de fonctionnement que de la découverte inopinée de « corrosion sous contrainte » dans les réacteurs plus jeunes. De nouveaux réacteurs ne produiraient pas d’électricité avant 2037 au plus tôt. La guerre en Ukraine a multiplié par cinq les prix du gaz en Europe, entraînant ceux de l’électricité.

Résultat, dans les quinze ans qui viennent, seules les énergies renouvelables peuvent compenser le manque à produire du nucléaire et faire reculer les énergies fossiles dans la production d’électricité en Europe, voire dans les bâtiments, les industries, les transports, afin de respecter nos engagements en matière de lutte contre les dérèglements climatiques. Même le médiatique polytechnicien Jean-Marc Jancovici, qui dénigre depuis vingt ans les énergies renouvelables, a fini par en convenir. De plus, devenues très rentables, elles contribuent largement aux finances publiques, ce qui n’est évidemment pas le cas des achats d’électricité ex-gaz sur les marchés européens. Elles réduisent donc la facture énergétique du pays.

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Accélérer les renouvelables en facilitant leur déploiement

Le projet vise à agir sur quatre leviers : accélérer les procédures, par exemple, en entamant les démarches de raccordement aux réseaux sans attendre que le projet soit achevé, afin de gagner une ou plusieurs années ; libérer le foncier, en mobilisant en priorité des terrains déjà artificialisés ou dégradés ; promouvoir une plus grande concertation ; enfin, renforcer l’acceptabilité et l’appropriation des projets, notamment en organisant un meilleur partage de la valeur des énergies renouvelables, désormais très compétitives et contributrices nettes au budget de l’État.

Le projet de loi a d’abord été examiné au Sénat, qui l’a considérablement enrichi avant de l’adopter à une confortable majorité de 320 sur 348. Mais ce texte transmis à l’Assemblée, débarrassé in extremis de l’exigence d’un accord des maires sur tous projets (dont ceux-ci ne veulent d’ailleurs pas), et d’une distance minimale de 40 km au large pour l’éolien maritime, contient encore des pièges, comme le besoin d’un avis conforme des architectes des bâtiments de France sur la quasi-totalité du territoire. Il fait surtout la part belle à une « planification ascendante » censée permettre aux élus locaux de définir des « zones prioritaires » pour développer les renouvelables.

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La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a tenu à le souligner d’emblée : « Notre combat, ce n’est pas d’opposer le nucléaire au renouvelable ; ce n’est pas non plus d’opposer la biodiversité au climat, tant la biodiversité est affectée par le dérèglement climatique. Notre combat, c’est celui des énergies bas-carbone contre les énergies fossiles, car ce sont ces dernières qui sont à l’origine du réchauffement climatique et des principales atteintes à la biodiversité.(…) Il importe, à court terme, de lever les verrous administratifs et de procédure pour diviser par eux les délais de déploiement des projets de production d’énergies bas carbone. »

Quels partis s’y opposent ?

Sans surprise, les groupes Renaissance, Démocrate, Horizons et apparentés, soutiens habituels du gouvernement, voteront le projet. Le Rassemblement National s’y opposera dans tous les cas, ce qui n’est pas vraiment une surprise, même si on peine à voir en quoi cela répond à son objectif « d’assurer notre indépendance énergétique pour baisser la facture des Français ».

Le parti de Mme Le Pen, qui voulait il y a dix ans « sortir du nucléaire », en rajoute aujourd’hui tellement dans son enthousiasme pour l’atome qu’il combat férocement tout ce qui pourrait en limiter l’expansion, jusqu’à vouloir démanteler les éoliennes existantes, quoiqu’il en coûte aux Français, à leurs entreprises, collectivités territoriales et services publics dans les vingt prochaines années.

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Les Républicains ne font guère mieux, à dire vrai. Il suffit de jeter un œil aux comptes rendus des débats de la Commission des Affaires économiques sur le projet de loi pour être édifié. Pour Emmanuel Marquet, orateur au nom du groupe LR, les « renouvelables sont allemands ou chinois » et « l’intermittence doit être compensée par le recours au gaz » : ce projet « ne nous rendra pas moins dépendants des pays exportateurs de gaz ».

Il trace des lignes rouges : les élus locaux doivent non seulement approuver la définition de zones prioritaires, mais valider les projets. Il faut augmenter les distances d’éloignement des éoliennes sur terre et sur mer, sans quoi « nous ne pourrons pas soutenir votre texte ». Un autre député LR, Vincent Descoeur, rejoint par Jérôme Nury et d’autres, souhaiterait qu’au-delà des zones prioritaires pour le développement des renouvelables, initialement « zones propices », tout déploiement d’éoliennes soit interdit, ou fasse l’objet d’un moratoire de 5 ou 8 ans.

Croyances infondées

Les socialistes sont plus positifs, mais veulent, comme les communistes, que le partage territorial de la valeur s’effectue exclusivement au profit des collectivités territoriales (c’est déjà le cas avec la fiscalité), pas des riverains. Ils s’inquiètent beaucoup du risque – infondé – que le photovoltaïque menace la sécurité alimentaire. Il est vrai que la préoccupation est partagée par la FNSEA et la Confédération paysanne. Les communistes du groupe Gauche démocratique et républicaine, si l’on a bien compris, ne voteront de toute façon le projet qui repose largement sur les initiatives des entreprises du secteur privé.

Restent les groupes écologistes et « insoumis », qui feront pencher la balance dans un sens ou l’autre au moment du vote final. Les députés insoumis, de loin plus nombreux, hésitent entre l’abstention, qui pourrait laisser passer le texte, et le vote contre. Les députés écologistes se prétendent les meilleurs défenseurs des énergies renouvelables… mais ne cessent de leur mettre des bâtons dans les roues, ou plutôt les rotors, des éoliennes.

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Ainsi, avec le soutien des Républicains et du Rassemblement National ont-ils éliminé du texte original l’article déclarant que tous les projets d’énergie renouvelables répondent à une « raison impérieuse d’intérêt public majeur » (RIIPM). Selon eux, le retard français en matière d’énergies renouvelables ne tient en rien à la complexité du processus administratif, mais doit tout au « manque de volonté politique » du gouvernement, et au manque d’effectifs dans les préfectures chargés d’instruire les projets. Or ces freins s’additionnent, et il convient de les lever tous.

La difficulté des projets renouvelables, surtout les plus modestes, à démontrer qu’ils répondent à une « RIIPM », conduit certains d’entre eux à l’échec, d’autres à affronter des procédures juridiques longues. Les écologistes craignent que proclamer les renouvelables d’intérêt public majeur n’affaiblisse la protection de la biodiversité.

C’est oublier d’abord que le dérèglement climatique est une cause majeure d’érosion de la biodiversité, ensuite que d’autres solides verrous sont en place pour protéger les espèces protégées – ce que démontrent a contrario les récents déboires juridiques de développeurs négligeant cette protection. Ainsi les développeurs doivent-ils démontrer l’absence d’alternative satisfaisante, et surtout que les mesures prises pour éviter, réduire ou compenser les impacts de leurs projets « ne porte pas atteinte au maintien en état de conservation » de ces espèces.

Des écologistes qui ne veulent ni renouvelables, ni nucléaire

Nul doute que le gouvernement réintroduira par amendement cette « RIIPM »… qui est par ailleurs au cœur du projet européen « Fit for 55 » de révision de la Directive renouvelables, et plus récemment d’un projet de régulation qui devrait être formellement adopté en Conseil des ministres de l’Énergie avant la fin de l’année, et qui s’imposera directement pendant dix-huit mois dans tous les États de l’Union européenne.

Avec l’absence de majorité au sein de l’Assemblée nationale, l’espoir était grand de voir enfin se mettre en place dans la plus jacobine, voire monarchique, des démocraties européennes, un esprit de coopération et de responsabilité qui permette d’authentiques négociations entre différents courants. Les postures adoptées par les uns et les autres sur ce projet de loi n’en portent pas la trace, du moins pour l’instant.

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Que retiendra l’opinion de l’attitude leurs élus écologistes ? Ils ne veulent pas d’énergie fossile, pas de nucléaire, mais pas non plus d’énergies renouvelables, ou seulement du bout des lèvres, ce n’est pas pour eux un « intérêt public majeur ». Restent les économies d’énergie et la sobriété, mais elles ne peuvent suffire.

À tort ou à raison, les Français risquent de les assimiler aux prix très élevés des énergies et aux coupures d’électricité. Au-delà des effets sur la loi du refus de la « RIIPM », que l’Union européenne pourra corriger, l’affichage risque d’être désastreux. Les écologistes ont raison de se préoccuper des espèces menacées, mais en refusant ainsi de soutenir franchement les énergies renouvelables, ils pourraient bien eux-mêmes devenir une espèce en voie de disparition.

Par Cédric PHILIBERT (https://cedricphilibert.net/), publié le 05 décembre 2022

À propos de l’auteur Cédric PHILIBERT

Cédric Philibert a été conseiller du ministre français de l’Environnement (1988-1990), puis conseiller du Directeur général de l’ADEME (1992-1998) et a travaillé pendant 19 ans à l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Aujourd’hui, il est consultant indépendant et analyste senior des questions d’énergie et de climat. Il est également chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Enfin, il assure un enseignement à Sciences Po Paris.

Illustration : Révolution Énergétique, Wikimedia, Pexels/Canva.

https://www.revolution-energetique.com/pourquoi-lavenir-des-energies-renouvelables-en-france-tient-a-ces-3-boutons/

CRUAS : 28 JOURS DE DÉFAILLANCE D’UN CAPTEUR SUR LE RÉACTEUR NUCLÉAIRE N°3

Pendant 28 jours d’affilée, en octobre et novembre, le pilotage du réacteur nucléaire n°3 de la centrale atomique de Cruas (Ardèche) a été aléatoire du fait de la défaillance d’un capteur de pression de la vapeur du circuit secondaire alimentant le groupe turbo-alternateur censé produire l’électricité. Les incohérences entre les différents capteurs de mesure de pression censés assurer la protection du réacteur nucléaire étaient dues à une … erreur de branchement de la prise d’impulsion qui avait été mise hors service le 21 juillet précédent lors du redémarrage du réacteur après son arrêt pour rechargement des produits de fission atomique.  À Cruas on aime jouer à la roulette russe.

Le 28 octobre 2022, lors du redémarrage après un nouvel arrêt du réacteur nucléaire n°3 de la centrale EDF de Cruas (Ardèche) pour rechargement en produits de fission atomique, un des capteurs du groupe turbo-alternateur (1) a été branché sur une prise d’impulsion … hors service. La prise normale étant défaillante depuis le 21 juillet 2020 lors d’un précédent rechargement en produits de fission atomique le capteur avait été branché sur une prise alternative (dite « endoscopique »). Comme cette modification était censée être pérenne, la prise d’impulsion normale n’avait pas été remise en état. Encore eut-il fallu que tous les opérateurs le sussent.

Près de trois semaines plus tard, le 23 novembre 2022, les opérateurs constatent, enfin, que le réacteur ne tourne pas rond dans sa partie production de vapeur. Des incohérences entre les capteurs de mesure de pression, dont celui de la pression de la vapeur du circuit secondaire, mettent en évidence l’erreur de branchement. Le capteur a été indisponible entre le 28 octobre 2022 et le 24 novembre 2022!

Sérieux problème car les informations délivrées par ces capteurs sont utilisées à la fois par le système de régulation permettant le pilotage du réacteur, notamment du niveau d’eau dans les générateurs de vapeur, et par le système de protection du réacteur. Pas moins. En cas de pépin on ne serait pas assuré que tout se passe bien même si EDF affirme que d’autres capteurs et dispositifs de sécurité auraient permis d’assurer le fonctionnement des systèmes de protection du réacteur.

Ce n’est que le 30 novembre 2022, qu’EDF s’est fendue d’une déclaration d’un événement significatif auprès de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). Cette déclaration tardive au regard de la conduite à tenir préconisée par les spécifications techniques d’exploitation a conduit, selon l’ASN a classé au niveau 1 de l’échelle INES des incidents nucléaires cette défaillance (2).

Des défaillances multiples et récurrentes qui posent la question du maintien en fonctionnement du réacteur et des capacités de gestion de la centrale atomique

Déjà le 22 octobre dernier avait été détecté sur le réacteur n°3 un défaut d’isolement électrique du câble de commande de la vanne motorisée du système de contournement de la turbine du générateur de vapeur. Celle-ci ne pouvait donc plus limiter la pression dans le circuit secondaire et évacuer la vapeur potentiellement radioactive vers l’atmosphère  en fonctionnement normal ou en situation accidentelle.

Trois jours plus tôt le 18 octobre 2022, une électrovanne de la ligne d’appoint en eau claire du circuit primaire qui participe à la maîtrise de la réaction nucléaire et qui aurait du être fermée était bêtement restée ouverte. Et auparavant, à la mi-septembre, des erreurs et inversions de connexions sur différents relais électriques avaient été découvertes et impactaient le fonctionnement de plusieurs équipements depuis l’été. Parmi les avatars : un groupe électrogène qui sert à alimenter les circuits les plus cruciaux du réacteur n°3 en cas de panne de courant est resté hors-service durant plusieurs semaines.

Le 21 juillet 2022 ce sont les grappes de régulation de puissance du réacteur atomique n°1 qui étaient restées bloquée alors que du bore était aussi introduit dans les circuits; le 28 juillet le réacteur n°2 subissait une panne sur l’un des quatre capteurs de mesure autour de la cuve où se produit la réaction atomique; Le 28 juin c’était le système de protection de circuit primaire du réacteur n°1 qui était défaillant, le voyant de terminal incendie en rideau, la turbopompe d’eau de secours de générateur de vapeur non-opérationnelle.

L’année précédente le 21 juillet 2021, alors que le réacteur nucléaire n°3 était à nouveau en cours de redémarrage après arrêt, une anomalie sur un composant de mesure de température de la chaîne du « Système de protection du réacteur » (RPR) s’était produite. Or ce système RPR a pour principales fonctions la détection … de situations anormales, et pas moins l’arrêt automatique du réacteur et le déclenchement des systèmes de sauvegarde appropriés en situation accidentelle. Ce n’est que 9 mois plus tard qu’EDF avait enfin rendu public la grave situation (3).

NOTES

(1) Situé en salle des machines le groupe turbo-alternateur se compose d’une part d’une turbine actionnée par la vapeur issue des générateurs de vapeur produite par l’énorme chaleur de la réaction atomique au cœur du réacteur et d’autre part d’un alternateur. La vapeur entraînant l’alternateur qui produit l’électricité.

(2) https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-tardive-de-l-indisponibilite-d-un-capteur-de-pression-du-groupe-turbo-alternateur

(3) que se passe-t-il à la centrale nucléaire de Cruas ? : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?q=cruas

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http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2022/12/09/Cruas_28-jours-defaillance-capteur-reacteur-3

NUCLÉAIRE : LE GOUVERNEMENT PUBLIE SON PLAN DE GESTION DES DÉCHETS RADIOACTIFS

Le gouvernement a publié samedi son cinquième plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) pour les années 2022-2026, un document qui doit servir à piloter sa stratégie en la matière.

Le plan de gestion 2022-2026 « est adopté », indique un décret paru au Journal officiel. Un arrêté le complète avec un certain nombre de prescriptions.

Le PNGMDR était auparavant mis à jour théoriquement tous les trois ans mais sa portée a désormais été étendue à cinq ans pour le – mettre en cohérence avec la feuille de route énergétique (PPE). Cette édition est le fruit d’un long processus puisqu’elle avait fait l’objet d’un débat public en 2019 puis d’une concertation en 2020 et 2021.

Elle « continuera d’accorder une importance particulière à la poursuite de la mise en place de filières de gestion pour les déchets n’en disposant pas encore (déchets de moyenne activité à vie longue et haute activité), et à l’optimisation des filières existantes, en particulier celle des déchets de très faible activité », a commenté le ministère de la Transition énergétique.

« Elle permet de renforcer la participation de la société civile », selon la même source.

Problèmes de saturation

Quelques articles de l’arrêté sont consacrés au projet controversé « Cigéo » d’enfouissement des déchets les plus radioactifs à Bure (Meuse). Il est ainsi demandé à l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) de proposer d’ici fin 2024 « les objectifs et les critères de réussite de la phase industrielle pilote » et de définir, en particulier, « la nature des déchets qu’il est prévu de stocker pendant cette phase et les essais envisagés ».

Nucléaire : l’ASN redoute une saturation « beaucoup plus rapide que prévu » des piscines de la Hague

Les piscines de la Hague refroidissent les déchets nucléaires usés des centrales nucléaires françaises. Selon l’ASN, elles pourraient arriver à saturation plus vite que prévu en raison des difficultés d’une usine Orano

Le texte se penche en outre sur le problème de la « saturation » des entreposages temporaires existant. L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’est déjà inquiétée de la « saturation prévisible à horizon 2030 » des piscines d’entreposage du site Orano de la Hague (Manche), où refroidissent des combustibles irradiés.

Il est demandé à EDF de fournir avant la fin de l’année « un rapport d’analyse afin de préciser les horizons de saturation des capacités d’entreposage existantes ». Face à ce risque de saturation, EDF porte un projet de nouvelle piscine à la Hague. Il lui est aussi demandé de fournir un « calendrier révisé » de ce projet d’ici la fin de l’année.

Enfin, le gouvernement demande aux producteurs de combustibles usés « la liste des combustibles usés susceptibles d’être éligibles à un entreposage à sec », une technique alternative couramment pratiquée à l’étranger.

Par sudouest.fr avec AFP, publié le 10/12/2022 à 16h19, mis à jour le 10/12/2022 à 16h20

Photo en titre : Les barres d’uranium sont entreposées en piscine où l’eau les refroidit des mois durant et bloque le rayonnement. © Crédit photo : Éric Larrayadieu/ORANO

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https://www.sudouest.fr/economie/energie/le-gouvernement-publie-son-plan-de-gestion-des-dechets-radioactifs-13329371.php

« LES MENACES SUR L’ÉLECTRICITÉ SONT DUES AUX DÉFAILLANCES DE NOTRE PARC NUCLÉAIRE », SELON CORINNE LEPAGE

« Les tensions sur le réseau électrique prévues cet hiver, c’est à cause de la guerre en Ukraine« . « Le nucléaire permet de garantir notre indépendance« . « C’est l’énergie la moins chère« . « Les renouvelables ne produisent rien« … Autant de « contre-vérités » autour de l’énergie nucléaire et des énergies renouvelables qu’entend dénoncer Corinne Lepage, ancienne ministre de l’environnement (de 1995 à 1997) et avocate écologiste alors que la France prépare l’avenir de son mix énergétique. 

Vous avez récemment publié une tribune, dans Le Monde, pour dénoncer des contre-vérités autour du nucléaire. Quelles sont-elles ?

Une armée de trolls se met en branle sur les réseaux sociaux dès que vous dites quelque chose sur le nucléaire et cette intimidation empêche d’avoir un débat apaisé. De surcroît, les médias sont totalement incompétents ou désinformés sur le sujet et on entend des absurdités du type « les éoliennes et le solaire ne produisent rien du tout« . On assène comme une vérité d’évangile des affirmations sur le nucléaire qui sont totalement fausses, par exemple sur le fait que c’est l’énergie la moins chère, qu’elle nous assure une totale indépendance, qu’elle incarne le meilleur du savoir-faire français – ce fût vrai mais ce n’est plus le cas – ou encore qu’un scénario 100% renouvelables est impossible. Dans ce contexte, il est difficile pour nos concitoyens de se faire une idée car ils sont dans une vérité alternative sur la réalité du nucléaire et l’intérêt des énergies renouvelables.

« La guerre en Ukraine est responsable de la crise énergétique que nous traversons« , voici une autre des contre-vérités que vous dénoncez. En quoi est-ce faux ?

La guerre en Ukraine a en effet peu à voir avec la situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui en France. Celle-ci est due uniquement à la défaillance du parc nucléaire, qui produit 50% de moins d’électricité par rapport à ce qu’il pourrait produire. Cela résulte de plusieurs facteurs. D’abord, des retards d’investissement sur l’entretien et la maintenance des réacteurs, qui n’est pas le fait, comme on l’entend souvent, de l’État ou de politiques changeantes qui, je le rappelle, portaient sur le rythme de fermeture des centrales. Il y a eu le Covid qui nous a fait certes perdre un peu de temps mais enfin c’était il y a déjà deux ans. À ce défaut d’investissements s’est ajoutée la découverte dans une quinzaine de réacteurs de problèmes de corrosion importants. Ce qui a fait chuter notre production d’électricité d’origine nucléaire alors que la consommation n’a pas diminué. Désormais donc, nous importons beaucoup d’électricité de nos voisins européens qui, eux, sont affectés par la guerre en Ukraine parce qu’ils produisent de l’électricité à partir du gaz, notamment en Allemagne, chez qui nous nous approvisionnons. Cela provoque une réduction de l’offre et une envolée du prix qui nous impacte parce que nous sommes obligés d’importer de l’électricité alors qu’avant nous en exportions.

Certains mettent également en cause la fermeture de la centrale de Fessenheim, qu’en est-il ?

C’est encore une contre-vérité. La loi prévoit un plafonnement de la production d’électricité d’origine nucléaire en France. Donc pour faire démarrer la centrale de Flamanville, il fallait fermer celle de Fessenheim. EDF, n’anticipant pas les retards de Flamanville, n’a pas fait les travaux nécessaires à Fessenheim. Et en 2020, on s’est retrouvés au pied du mur : Flamanville n’était toujours pas ouverte et Fessenheim ne pouvait plus continuer à tourner car elle n’était plus dans les clous. L’histoire est toujours réécrite…

Selon Greenpeace, la France continue de s’approvisionner en uranium enrichi en provenance de Russie. Cela remet en cause l’indépendance du nucléaire ?

Nous importons de l’uranium naturel du Kazakhstan, un pays très dépendant de la Russie, ou encore du Niger, avec les problèmes que nous rencontrons au Mali. Nous sommes également dépendants de Rosatom (entreprise publique russe spécialisée dans le secteur de l’énergie nucléaire, ndr) pour le retraitement de nos combustibles usés et l’enrichissement de nos combustibles. L’Union européenne est aussi encore très dépendante de la Russie, de 20 à 25%, pour le nucléaire. Dès lors, nous constatons que les sanctions européennes prises contre le Kremlin ne concernent pas le nucléaire, qui n’est pas traité de la même façon que le pétrole ou le gaz. Et personne n’en parle !

Selon vous, quel devrait être l’avenir du nucléaire en France ?

Je crois que nous ne pourrons jamais réaliser les six EPR annoncés par le gouvernement, ni financièrement ni techniquement. On repart sur des prototypes alors qu’on n’arrive pas à faire fonctionner Flamanville. On va au-devant d’un mur d’investissements colossal, avec une entreprise EDF déjà très endettée et un manque de compétences en interne et au niveau national. Je pense qu’on devrait se contenter de faire fonctionner les centrales existantes le temps qu’on pourra sans prendre de risque. L’avenir énergétique de la France ne passe pas par le nucléaire selon moi, mais par les énergies renouvelables et la sobriété. Je crois beaucoup à la décentralisation de la production électrique avec l’autoproduction et l’autoconsommation. Malheureusement, l’État est irrationnel sur la question du nucléaire parce qu’elle est liée à la grandeur de la France.

Propos recueillis par Concepcion Alvarez @conce1, © 2022 Novethic – Tous droits réservés, publié le 09 décembre 2022

Photo en titre : Corinne Lepage a été ministre de l’environnement de 1995 à 1997 et est avocate écologiste (photo de mars 2021). @JOEL SAGET /AFP

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energie-nucleaire/isr-rse/coupures-de-courant-ce-n-est-la-guerre-en-ukraine-qui-est-en-cause-mais-la-defaillance-de-notre-parc-nucleaire-corinne-lepage-151226.html

NUCLÉAIRE : DES ARMES « INARRÊTABLES » MAIS UTILISÉES SEULEMENT EN REPRÉSAILLES SELON VLADIMIR POUTINE

D’autres échanges de prisonniers entre Moscou et Washington sont « possibles« , a indiqué vendredi le président russe, au lendemain de la libération de la basketteuse américaine Brittney Griner contre celle du marchand d’armes russe Viktor Bout.

Vladimir Poutine était interrogé en marge d’un sommet eurasiatique au Kirghizstan.

« C’est le résultat des négociations et de la recherche de compromis » a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

« Dans ce cas, des compromis ont été trouvés et nous ne refusons pas de poursuivre ce travail à l’avenir » a précisé le chef du Kremlin.

Si Vladimir Poutine laisse la porte ouverte à la coopération avec Washington au niveau des échanges de détenus, il adresse, en parallèle un message troublant sur l’usage de l’arme atomique

« Dès que nos systèmes d’alerte reçoivent un signal d’attaques de missiles, des centaines de nos missiles sont lancés immédiatement, et il est impossible de les arrêter » a-t-il déclaré.

« Mais ils ne seront utilisés qu’en représailles. Cela signifie que les têtes des missiles ennemis toucheront le territoire de la Fédération de Russie, c’est inévitable. Mais l’ennemi, lui, sera anéanti car il est impossible d’intercepter des centaines de missiles. Et c’est, bien sûr un élément de dissuasion sérieux » a-t-il ajouté.

La veille déjà, le chef du Kremlin avait relativisé le recours à l’arme nucléaire, déclarant que les Russes n’étaient « pas devenus fous« .

« Si on nous frappe, on frappe en réponse« , avait-il martelé, faisant réagir Washington : « tout discours à la légère sur les armes nucléaires est absolument irresponsable« , avait commenté le porte-parole du département d’État américain, Ned Price

Par Euronews, publié le 09 décembre 2022 à 19h21  

Photo en titre : Vladimir Poutine – Tous droits réservés  Sergei Bobylev/Sputnik

https://fr.euronews.com/2022/12/09/nucleaire-des-armes-inarretables-mais-utilisees-seulement-en-represailles-selon-vladimir-p

GUERRE EN UKRAINE : COMMENT LA CHINE A CONTRIBUÉ À DÉSAMORCER LA MENACE NUCLÉAIRE

La Chine a changé de ton avec la Russie et Vladimir Poutine semble désormais vouloir calmer le jeu au sujet de l’utilisation potentielle de l’arme nucléaire en Ukraine.

La menace nucléaire russe est-elle en train de s’atténuer ? Vladimir Poutine est apparu moins va-t-en-guerre mercredi 7 décembre à la télévision. « Nous ne sommes pas devenus fous, nous savons ce que sont les armes nucléaires« , a déclaré le président russe, « nous n’allons pas brandir cette menace sur le monde« , assurant en substance qu’il ne s’agissait que d’un moyen de défense. 

Ce jeudi, Olaf Scholz, le chancelier allemand, affirme dans une interview que les pressions européennes commencent à fonctionner. En réalité, c’est surtout la Chine qui a changé de ton. Les propos du président chinois ont été confirmés par l’agence de presse officielle Xinhua. Xi Jinping a bien mis en garde la Russie contre toute menace d’utilisation d’arme nucléaire dans le conflit en Ukraine, s’écartant ainsi de son habituel soutien tacite aux positions de Moscou.

L’avertissement a été lancé lors des entretiens qui ont eu lieu début novembre à Pékin entre le dirigeant chinois et le chancelier allemand. Les deux hommes ont convenu de s’opposer à l’utilisation ou à la menace d’utilisation de l’arme nucléaire. Il s’agit de la première réprimande officielle de la Chine depuis l’invasion russe de l’Ukraine. Ce qui marque un changement de ton de Pékin, même si sa position reste ambiguë. En effet la Chine et la Russie annonçaient au même moment vouloir approfondir leur coopération, notamment économique.

Par le journal RTL de 6h du 08 décembre 2022

Photo en titre : Vladimir Poutine et Xi Jinping, en mars 2022. Crédit : Alexei Druzhinin / Sputnik / AFP

https://www.rtl.fr/actu/international/les-infos-de-6h-guerre-en-ukraine-comment-la-chine-a-contribue-a-desamorcer-la-menace-nucleaire-7900213700

NUCLÉAIRE. EPR DE FLAMANVILLE : UNE ASSOCIATION RÉCLAME UNE « EXPERTISE INDÉPENDANTE »

Profitant que les élus soient réunis en plénière, ce vendredi 9 décembre 2022 à Saint-Lô (Manche), le Crilan a distribué des tracts réclamant une expertise indépendante sur l’EPR.

Sous le titre « Qui a peur d’une expertise indépendante sur l’EPR ? », le Crilan a distribué, dans la matinée de ce vendredi 9 décembre 2022, des tracts à l’entrée de la Maison du Département à Saint-Lô (Manche) pour interpeller les élus de la collectivité, réunis en plénière, sur cette demande.

Dans ce document, l’organisation antinucléaire parle d’un « refus illégal » et d’une opposition du bureau de la CLI de Flamanville.

Le Crilan déplore l’absence de volonté de dialogue du bureau de la CLI et du conseil départemental qui ont privé l’assemblée générale de débat et de vote. Après une proposition amiable infructueuse qui n’a même pas été présentée en bureau ni en assemblée générale de la CLI, cette situation a conduit le Crilan à engager une action près du tribunal administratif de Caen avec le soutien du Réseau sortir du nucléaire.

À lire aussi : Nucléaire. Le Crilan demande une expertise indépendante sur l’EPR de Flamanville

Une demande rejetée « par une écrasante majorité »

Le contenu de ce tract a fait réagir Benoît Fidelin, membre de la CLI de Flamanville : « Je veux rétablir les faits, dire la vérité des choses. Le Crilan, qui est membre de la CLI, a demandé à la CLI de financer une expertise indépendante. Par neuf voix sur dix, la CLI a dit « non ». Nous avons un budget annuel de 75 000 € et nous n’allons pas nous substituer à l’ASN. En assemblée générale, cette demande a été rejetée par une écrasante majorité. »

Ce tract contient des « mots que nous ne pouvons accepter ». Le conseiller divers gauche des Pieux a été applaudi par l’ensemble des élus départementaux.

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Par Rédaction La Presse de la Manche, (Mon actu), publié le 9 décembre 2022 à 12h21, mis à jour le 9 décembre 2022 à 16h37

Photo en titre : Le Crilan réclame une expertise indépendante sur l’EPR de Flamanville (Manche). (©DR)

https://actu.fr/normandie/saint-lo_50502/nucleaire-epr-de-flamanville-une-association-reclame-une-expertise-independante_55815877.html

COUPURES D’ÉLECTRICITÉ : EST-CE VRAIMENT LA FAUTE DES ÉCOLOGISTES ? ON DÉMÊLE LE VRAI DU FAUX

La menace des coupures d’électricité cet hiver en raison de difficultés de production inédites en France mène certains à chercher des coupables. Dans le viseur : « les écologistes » qui par leur activisme auraient freiné le développement du nucléaire en France. Est-ce vraiment le cas ? La réalité est bien plus complexe.

« Ça s’apparente à une chasse aux sorcières ! » Alors que la France s’inquiète au sujet des potentielles coupures de courant cet hiver, les écologistes sont accusés d’être à l’origine de cette situation. Au cœur du débat, un sujet, un seul : le nucléaire, dont le parc français souffre aujourd’hui de l’arrêt de bon nombre de ses réacteurs. Pour certains, l’incapacité de la France à produire son électricité serait ainsi due à « l’éco-totalitarisme » des écologistes qui « militeraient » depuis des décennies contre le développement du nucléaire en France. Mais est-ce vraiment la faute des écologistes si la France risque de subir des coupures d’électricité cet hiver ? On démêle le vrai du faux.

Lire aussi : Téléphone, écoles, trains… Cinq choses à savoir sur les coupures de courant probables cet hiver

Une « chasse aux sorcières »

« Il est temps d’en finir avec ces écolos escrocs », peste sur RMC le professeur d’histoire et ancien chroniqueur de Valeurs Actuelles Kevin Bossuet. « On a fermé des centrales nucléaires et on se retrouve aujourd’hui dans une situation de pénurie. La vérité c’est que l’avenir, c’est le nucléaire, une énergie propre, qui permet de nous assurer notre indépendance énergétique », défend-il, taclant « ces écolos » qui font régner « une forme de totalitarisme écologique ».

Sur Twitter, c’est le même procès : les « écolos » sont condamnés sans appel. On les accuse d’avoir paralysé le développement du nucléaire français.

« C’est extrêmement fallacieux, cela s’apparente à une chasse aux sorcières », dénonce Andreas Rüdinger, coordinateur de la transition énergétique en France pour l’Institut du développement durable et des relations internationales (IDDRI). « Non, les écolos n’ont pas plus de responsabilités que les autres. Il y a énormément de facteurs qui jouent dans cette situation complexe », indique-t-il, tout en rappelant la part réelle du nucléaire dans la consommation finale d’électricité des Français.

« Le nucléaire représente entre 70 et 75 % de la production d’électricité en France. Mais ce que l’on oublie, c’est que l’électricité ne représente que 24 % de la consommation finale d’énergie en France. » Le reste provient essentiellement du pétrole (42 %), du gaz naturel (20 %), tandis que les énergies renouvelables représentent 19 % de la consommation finale. « Donc si on calcule, le nucléaire ne représente qu’entre 16 et 18 % de l’énergie consommée en France, » souligne Andreas Rüdinger.

Une vingtaine de réacteurs nucléaires à l’arrêt

Or cet hiver, le nucléaire ne pèse environ que 60 % de la production d’électricité française (au lieu des 70 à 75 % habituellement), selon le site éCO2mix, du gestionnaire de réseau de transport d’électricité à haute tension RTE. En cause : la vingtaine de réacteurs actuellement à l’arrêt, sur les 56 que compte le parc nucléaire français, en raison de nombreuses maintenances, parfois prolongées, et des problèmes de corrosion.

RTE prévoit ainsi que seuls 40 GW seront disponibles via les centrales nucléaires début janvier, un chiffre bien en deçà des 50 à 60 GW généralement disponibles en cette période. Un déficit qui pousse désormais l’État à importer de l’électricité alors que le pays était historiquement le plus gros exportateur en Europe.

« On a pris énormément de retard sur l’entretien des réacteurs », souligne Andreas Rüdinger, qui pointe le grand carénage d’EDF, un programme visant à rénover et moderniser les centrales nucléaires afin d’allonger leur durée de vie. « Ce sont des arrêts de 6, 9, parfois 12 mois, qui sont complexes sur le plan technique. Ce n’est pas la faute aux écologistes si on a décidé de rallonger la durée de vie du parc nucléaire français », poursuit-il. « On est face à un parc qu’on a construit très rapidement dans les années 70 et 80. Donc tous les travaux de prolongation visant à faire fonctionner les centrales au-delà de 40 ans arrivent en même temps. »

Faut-il interdire complètement les publicités lumineuses ?

Par ailleurs, douze réacteurs sont à l’arrêt à cause d’un problème de corrosion dû à la conception des réacteurs qui remonte aux années 1980. « On ne peut pas rendre les écolos responsables du fait qu’aujourd’hui, on a décelé des phénomènes de corrosion sur le circuit primaire de la génération des réacteurs les plus récents. C’est du non-sens absolu, » pointe Andreas Rüdinger.

À cela, s’ajoute une conjonction de facteurs qui a aussi bousculé le calendrier des travaux, à commencer par la pandémie de Covid-19 qui avait provoqué des reports de maintenance. Et, plus récemment, par la grève chez EDF qui a provoqué l’arrêt de plusieurs raffineries en octobre dernier. Le mouvement social a ainsi repoussé le redémarrage de plusieurs réacteurs nucléaires.

La fermeture de Fessenheim, au cœur des accusations

La fermeture des réacteurs de Fessenheim est aussi au cœur du procès. Dans ce cas précis, ce sont les gouvernements de François Hollande, puis d’Emmanuel Macron qui figurent à la barre des accusés. Le premier pour avoir pris la décision de fermer la centrale. Le deuxième pour l’avoir définitivement entériné. Car si un décret a bien été signé en avril 2017 par Ségolène Royal, ministre de l’Environnement de François Hollande à l’époque, ce décret fut jugé illégal par le Conseil d’État un an plus tard, parce qu’il précisait que la centrale de Fessenheim ne pourrait fermer qu’une fois que l’EPR de Flamanville serait mis en fonctionnement. Or, celui-ci ne l’est toujours pas après avoir accusé de nombreux retards de chantier. C’est donc sous le sceau du gouvernement d’Emmanuel Macron que la décision de déclasser la centrale de Fessenheim a été mise en œuvre. « Qu’on ne vienne pas me rechercher sur Fessenheim ! La messe était déjà dite, » a toutefois déjà rétorqué le président en septembre dernier.

« La mise à l’arrêt de la centrale de Fessenheim incarne l’écologie de responsabilité que nous portons », avait aussi défendu en 2020 sa ministre de la Transition écologique à l’époque, Élisabeth Borne, dans une tribune publiée dans Le Monde . « Pourquoi cette fermeture ? Parce qu’on ne peut dépendre à l’excès d’une seule technologie de production d’électricité, en particulier au regard des enjeux de sûreté et de gestion des déchets nucléaires », justifiaient les signataires.

« Il y a trois ans à peine, Monsieur Macron a fait voter une loi qui prévoyait de fermer 14 réacteurs, dont deux l’ont déjà été avec Fessenheim », a de nouveau taclé le député LR des Alpes Maritimes Éric Ciotti sur CNews ce mardi, reprochant au président de la République une « absence de vision ».

Mais Fessenheim incarne davantage un symbole politique qu’autre chose. Car la centrale comprend deux réacteurs, d’une puissance de 900 mégawatts chacun, soit 1,8 gigawatt. « Si on n’avait pas fermé Fessenheim, au lieu de manquer 24 gigawatts de nucléaire aujourd’hui, il nous en manquerait 22. Donc, si on n’avait pas fermé Fessenheim, non, tout n’irait pas mieux », tient à recadrer Andreas Rüdinger.

Des décennies de tergiversations politiques

Les pro-nucléaires dénoncent un manque d’investissement dans le secteur sous la pression notamment des écologistes.

« Ne pas avoir construit de réacteurs pendant les 20 ans qui ont suivi la construction des 58 premiers dans les années 70 a conduit à une perte de compétences industrielles, à une dégradation de l’outil de production, à un délitement du tissu de sous-traitant dont nous payons aujourd’hui le prix », a déclaré Yves Bréchet, ex-commissaire à l’énergie atomique de 2012 à 2018, lors de son audition le 29 novembre dernier par la Commission d’enquête sur la souveraineté et l’indépendance énergétique de la France à l’Assemblée nationale. Dans son réquisitoire, il dénonce sévèrement « la procrastination sur toutes les décisions concernant le nucléaire », l’absence d’une « vision stable à long terme pour conserver l’outil industriel au bon niveau », ou encore « l’inculture scientifique et technique de notre classe politique ». Yves Bréchet a notamment dénoncé l’abandon en 2018 de la filière à neutrons rapides – le projet ASTRID – « une décision à courte vue qui restera dans l’histoire comme un modèle de stupidité et de cynisme », a-t-il tonné.

Si la France s’est dotée d’un vrai programme nucléaire avec le plan Messmer après le choc pétrolier de 1973, la politique nucléaire en France s’est ensuite construite en dent de scie. « Il n’y a pas vraiment eu de vraie politique de soutien au nucléaire comme cela a pu être le cas au moment du plan Messmer avec des annonces très fortes et des investissements massifs », explique toutefois Phuc-Vinh Nguyen, chercheur sur les politiques de l’énergie européenne et française au sein du Centre Énergie de l’Institut Jacques Delors.

« C’est plus une faillite collective »

Certains gouvernements ont rechigné à s’engager en faveur du nucléaire à l’image de Lionel Jospin (PS) qui a signé la fermeture de la centrale nucléaire Superphénix en 1997, tandis que d’autres se sont montrés plus favorables. Jacques Chirac a ainsi lancé en 2007 la construction de l’EPR de Flamanville (Manche). « Ce n’est qu’un EPR alors que c’était potentiellement plus qu’il fallait réaliser et il y a aussi eu des coupes budgétaires sous le quinquennat Chirac sur la recherche nucléaire », nuance Phuc-Vinh Nguyen.

Le chercheur pointe un manque de courage politique. « Dans les années 2000, on a fait le choix de procrastiner : on n’a ni suffisamment investi dans le nucléaire, ni dans les énergies renouvelables », poursuit-il. « Le nucléaire est un sujet clivant qui divise l’électorat. Et donc, on n’a pas pris de décision pendant 30 ans. »

Selon le chercheur, il est difficile d’évaluer le poids des écologistes dans ces tergiversations politiques. « Les écologistes n’ont jamais été véritablement au pouvoir », rappelle-t-il. « Il y avait eu des accords politiques, notamment pour la fermeture de Fessenheim sous Hollande. […] Mais ça n’explique pas non plus pourquoi le président Chirac, le président Sarkozy, qui étaient affiliés à droite et n’avaient pas d’accord politique avec les écologistes, n’ont pas opéré de véritable relance du nucléaire, pèse-t-il. C’est plus une faillite collective. »

Cruel manque de diversification du mix énergétique

Pour Damien Salel, expert photovoltaïque et réseaux, le cœur du problème français repose bien plus sur la composition de notre mix énergétique en matière d’électricité. « On repose énormément sur une seule filière, le nucléaire. Et le jour où cette filière a un problème, c’est logique qu’on en paye le prix », estime-t-il. « Notre parc nucléaire ne va pas durer éternellement et donc il faut investir massivement dans le renouvelable pour anticiper le déclassement futur de certaines centrales. Et c’est là où on est mauvais ».

La France est le seul pays de l’Union européenne (UE) à ne pas avoir rempli les objectifs qu’elle s’était fixés en utilisant 19,1 % d’énergies renouvelables dans sa consommation finale d’énergie en 2020 (au lieu de 23 %). D’où le projet de loi d’accélération des énergies renouvelables qui est au cœur des débats à l’Assemblée cette semaine.

Pourtant, déjà en 2013, l’Autorité de sûreté nucléaire alertait sur la nécessité de solutions à court terme pour anticiper les futures mises à l’arrêt de réacteurs afin d’assurer les capacités de production d’électricité.

« Ce n’est pas un choix entre nucléaire et énergies renouvelables », souligne Damien Salel. « Quoi qu’il arrive, il faut développer massivement les énergies renouvelables ».

Selon les projections de RTE, quel que soit le scénario choisi sur le futur du nucléaire, atteindre la neutralité carbone en 2050 est impossible sans un développement significatif des énergies renouvelables. « Politiquement, l’erreur a été de vouloir un peu trop se reposer sur nos lauriers en se disant qu’on a le nucléaire, donc tout va bien, on n’a pas besoin de faire beaucoup de renouvelables », renchérit Andreas Rüdinger. Il dénonce une « opposition idéologique totalement stérile » entre le tout nucléaire et le tout renouvelable. « On peut faire les deux », presse-t-il. (voir NDLR ci-dessous) « Il est bien plus urgent de regarder vers l’avenir pour trouver des solutions à la crise de cet hiver et de ces prochaines années, que de jouer à ce jeu de “C’est qui le coupable” ? », tranche-t-il.

Par Lise OUANGARI (Ouest France), publié le 09/12/2022 à 06h40

Photo en titre : La centrale nucléaire de Fessenheim, dans l’est de la France, le 20 février 2020. Photo d’illustration. | SÉBASTIEN BOZON / ARCHIVES AFP

https://www.ouest-france.fr/economie/energie/electricite/coupures-d-electricite-est-ce-vraiment-la-faute-des-ecologistes-on-demele-le-vrai-du-faux-dd572446-753d-11ed-b45f-b617cb2821fc

NDLR : « On peut faire les deux » dit Andreas Rüdinger. Mais c’est justement ce qu’on a fait, sauf que l’EPR de Flamanville a coûté 6 fois plus que prévu alors que les énergies renouvelables installées l’ont été au prix prévu. Et je ne parle pas des milliards d’Euros perdus par EDF sur les autres chantiers d’EPR à l’export. Si tous ces milliards perdus avaient été investis dans les énergies renouvelables, nous n’en serions pas à se demander comment va se passer l’hiver et EDF aurait un bilan financier plus respectable ! (Pour mémoire, plus de 50 milliards de dettes!!!)

AIE : 2 400 GIGAWATTS D’ÉNERGIES RENOUVELABLES SUPPLÉMENTAIRES D’ICI À 2027

La guerre en Ukraine et les tensions d’approvisionnement qu’elle engendre ont conduit à une hausse sans précédent des ambitions sur les ENR à l’échelle mondiale. Au point de rendre possible le respect de la trajectoire climatique de 1,5 °C ?

 « La crise mondiale de l’énergie a déclenché une dynamique sans précédent en faveur des énergies renouvelables, le monde devant ajouter autant d’énergies renouvelables au cours des cinq prochaines années qu’il l’a fait au cours des vingt dernières années », souligne l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans un nouveau rapport, publié le 6 décembre. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a poussé de nombreux pays à accélérer les investissements dans l’éolien et le photovoltaïque, pour réduire leur dépendance aux énergies fossiles. 

« Le monde devrait ajouter autant d’énergies renouvelables au cours des cinq prochaines années qu’il l’a fait au cours des vingt dernières. » (AIE)

Entre 2022 et 2027, la capacité mondiale de production d’électricité renouvelable devrait ainsi augmenter de 2 400 gigawatts (GW), soit l’équivalent de la production électrique de la Chine aujourd’hui. La capacité photovoltaïque devrait tripler sur cette période, devenant la première source de production électrique au monde. La capacité éolienne devrait doubler.

En Europe, la capacité renouvelable installée d’ici à 2027 devrait être deux fois supérieure à celle des cinq dernières années. Les États-Unis, la Chine et l’Inde accélèrent également. La Chine devrait ainsi représenter la moitié des nouvelles capacités installées dans les prochaines années.

De nouveaux défis

Mais ces ambitions posent de nouveaux défis sur la chaîne d’approvisionnement, actuellement concentrée en Chine, ce qui crée une nouvelle dépendance énergétique. L’AIE a observé « des signes émergents de diversification dans les chaînes d’approvisionnement mondiales pour le photovoltaïque, avec notamment de nouvelles politiques aux États-Unis et en Inde pour stimuler les investissements dans la fabrication de panneaux solaires ». Ce qui pourrait réduire la part de la Chine dans la fabrication mondiale de 90 à 75 %.

Cette accélération pose également des questions liées à la disponibilité des matières premières, à la capacité des réseaux électriques à raccorder et absorber ces nouvelles productions. Cependant, estime l’AIE, l’atteinte de ces nouveaux objectifs mettrait le monde sur une trajectoire compatible avec une limitation à 1,5 °C de la hausse des températures.

Par Sophie Fabrégat, publié le 08 décembre 2022

Photo en titre : La Chine devrait représenter la moitié des nouvelles capacités installées dans les prochaines années. © zhu difeng

https://www.actu-environnement.com/ae/news/energies-renouvelables-monde-AIE-climat-defis-40797.php4

BRUNO LE MAIRE À PENLY : UNE « PROVOCATION » POUR LES ANTINUCLÉAIRES

« Nous sommes consternés. » Jeudi 8 décembre, à l’occasion d’une conférence de presse, Greenpeace, France Nature Environnement (FNE) et le réseau Sortir du nucléaire ont dénoncé une nouvelle « provocation » du gouvernement. En cause : le déplacement de Bruno Le Maire prévu à la centrale nucléaire de Penly (Seine-Maritime) vendredi 9 décembre. Le ministre de l’Économie et des Finances sera accompagné de Luc Rémont, le nouveau PDG d’EDF.

Cette visite s’inscrit dans un contexte particulier : le débat public sur la construction de nouveaux EPR2, dont les deux premiers seraient installés à Penly, n’est pas encore terminé. La dernière réunion aura lieu le 27 février. Les conclusions tirées de ce débat organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP) sont censées éclairer les parlementaires dans le cadre du vote de la loi programmation énergie-climat, en 2023.

« Ce déplacement est une vraie provocation : cela indique tout le mépris de l’exécutif pour le débat public qui est en cours », a notamment déclaré Charlotte Mijeon, porte-parole de Sortir du nucléaire. Même discours du côté de Greenpeace, par la voix de Pauline Boyer, chargée de campagne transition énergétique : « Cette visite est à l’image des nombreuses interventions du gouvernement pour piétiner et bâillonner toute forme de débat non biaisé sur notre futur mix énergétique, qui est pourtant une question cruciale. » « Il est tout de même curieux que le ministre se déplace à Penly alors que les prochaines réunions de la CNDP porteront notamment sur le coût du nucléaire et le problème des déchets radioactifs, qui sont des questions particulièrement gênantes pour le gouvernement », a abondé Michel Dubromel, de FNE.

Des associations environnementales et antinucléaires ne cessent de dénoncer le « passage en force » d’Emmanuel Macron à ce propos. Début novembre, un projet de loi d’accélération du nucléaire a en effet été déposé en conseil des ministres.

Publié le 9 décembre 2022 à 11h27

Photo en titre : Bruno Le Maire (ici au Forum économique mondial de 2018) sera accompagné de Luc Rémont, le nouveau PDG d’EDF. – Flickr/CC BY-NC-SA 2.0/World Economic Forum

https://reporterre.net/Bruno-Le-Maire-a-Penly-une-provocation-pour-les-antinucleaires?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

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EDF : ACCORD AVEC FORTUM POUR DES PROJETS NUCLÉAIRES

EDF et Fortum signent un accord de coopération pour le développement de nouveaux projets nucléaires en Finlande et en Suède.

Cet accord marque l’intention d’EDF et de Fortum d’étudier les opportunités de coopération autour du développement de nouvelles centrales nucléaires sur la base d’EPR et de petits réacteurs modulaires (SMR NUWARD™).

Selon Vakis Ramany, Vice-Président, chargé du développement nucléaire chez EDF, “ Grâce à l’historique remarquable de Fortum en tant qu’exploitant nucléaire responsable et à l’expérience sans égal d’EDF sur l’ensemble du cycle nucléaire, nous allons créer les opportunités d’une coopération bénéfique pour la Finlande, la Suède et toute l’Europe.

Par Zone Bourse, publié le 08 décembre 2022 à 18h32

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-accord-avec-Fortum-pour-des-projets-nucleaires-42507838/

GUERRE EN UKRAINE : SUR L’ARME NUCLÉAIRE, POUTINE FAIT RÉAGIR APRÈS DES PROPOS « IRRESPONSABLES »

Dans des propos évasifs retransmis à la télévision, Vladimir Poutine a assuré que la Russie n’utiliserait pas l’arme nucléaire « en premier ».

GUERRE EN UKRAINE – « La menace nucléaire grandit. » Par ces mots évasifs prononcés ce mercredi 7 décembre lors d’une réunion retransmise à la télévision, Vladimir Poutine continue de souffler le chaud et le froid sur le recours à l’arme nucléaire dans la guerre menée par la Russie en Ukraine. Un comportement hautement « irresponsable », pour les États-Unis, qui dénoncent les intentions toujours plus belliqueuses du président russe.

À propos des armes nucléaires, dites « tactiques », le locataire du Kremlin a assuré que « la Russie ne les utiliserait en premier en aucune circonstance ». Avant d’ajouter de manière : « Mais si elle ne les utilise en premier en aucune circonstance, elle ne sera pas la deuxième à les utiliser non plus, car les chances de les utiliser dans le cas d’une frappe nucléaire contre notre territoire sont très minces ».

« Un conflit nucléaire ne doit jamais se produire »

Refusant de répondre directement à Vladimir Poutine, le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a souligné ce mercredi 7 décembre que « tout discours à la légère sur les armes nucléaires est absolument irresponsable ». Selon le porte-parole, les puissances nucléaires à travers le monde depuis la Guerre froide, y compris la Chine, l’Inde, les États-Unis et la Russie elle-même ont été claires sur le fait qu’« un conflit nucléaire ne doit jamais se produire et ne peut jamais être gagné ».

« Nous pensons que toute autre rhétorique, que ce soit les menaces nucléaires ou même évoquer la possibilité d’user d’armes nucléaires tactiques, est quelque chose d’irresponsable », a encore affirmé le porte-parole américain.

Côté européen, le chancelier allemand Olaf Scholz a préféré voir le verre à moitié plein. « Une chose a changé pour le moment : la Russie a cessé de menacer d’utiliser des armes nucléaires », a affirmé le dirigeant dans un entretien au groupe de médias allemands Funke et à Ouest-France. Il y voit une conséquence du fait que la communauté internationale, y compris le Chine, « a tracé une ligne rouge » à Moscou sur cette question.

Donner des garanties à la Russie

« Pour l’instant, nous y avons mis un coup d’arrêt », a ajouté Olaf Scholz, à propos du risque d’une escalade nucléaire. Le dirigeant allemand estime à cet égard que son récent voyage en Chine a porté ses fruits : « Lors de ma visite à Pékin, le président chinois Xi et moi avons déclaré conjointement que les armes nucléaires ne devaient pas être utilisées. Peu de temps après, les pays du G20 ont réaffirmé cette position ».

Interrogé sur la récente polémique déclenchée par le président français Emmanuel Macron, qui a estimé qu’il faudrait donner des « garanties » à la Russie pour trouver un bon équilibre, une fois la guerre en Ukraine terminée, Olaf Scholz a reconnu qu’à terme la question de l’architecture de sécurité se poserait.

« La priorité est que la Russie mette immédiatement fin à la guerre et retire ses troupes. Il est vrai qu’il s’agit ensuite de savoir comment nous pouvons assurer la sécurité de l’Europe », a indiqué le chancelier allemand. « Nous sommes bien sûr prêts à discuter avec la Russie du contrôle des armements en Europe. Nous l’avions déjà proposé avant la guerre, et cette position n’a pas changé », a-t-il ajouté.

Par Le HuffPost avec AFP, publié le 08/12/2022 à 08h55

Photo en titre : Mercredi 7 décembre, le président russe Vladimir Poutine a estimé que « la menace nucléaire » ne faisait que « grandir » lors d’une réunion du Kremlin retransmise à la télévision russe. MIKHAIL METZEL / SPUTNIK/AFP via Getty Images

https://www.huffingtonpost.fr/international/article/guerre-en-ukraine-sur-l-arme-nucleaire-poutine-fait-reagir-apres-des-propos-irresponsables_211250.html

NUCLÉAIRE : D’OÙ VIENT L’URANIUM QUI ALIMENTE LES CENTRALES FRANÇAISES ?

Si Emmanuel Macron a cœur de développer l’indépendance énergétique française, l’électricité nucléaire produite en France n’est pas 100% française. L’uranium utilisé dans les centrales est importé de plusieurs pays aux quatre coins du globe, puis traiter avant d’enfin arriver sur le sol français.

Alors que la France se prépare à un hiver tendu sur le réseau électrique, tous les yeux sont rivés sur les centrales nucléaires. Elles ont tourné au ralenti depuis septembre à cause des retards pris dans les maintenances. Aujourd’hui, 24 réacteurs sur 56 sont à l’arrêt pour maintenance. Un coup dur pour la fameuse indépendance énergétique française que défend Emmanuel Macron. Pourtant, l’Hexagone dépend des importations de gaz mais aussi, et c’est peut-être moins connu, de celles d’uranium. C’est pourtant le carburant des réacteurs. 

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7.000 tonnes d’uranium consommées par an

La France dépend essentiellement du Niger, du Canada, du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Pour arriver jusque dans nos centrales, EDF passe les commandes, soit à son fournisseur français Orano soit à des fournisseurs étrangers comme l’anglosaxon Urenco. Ces derniers sont chargés d’extraire l’uranium des mines, éventuellement de le traiter, puis de l’acheminer jusqu’en France.

Des étapes inévitables, puisque l’Hexagone ne possède pas d’uranium, rappelle Ludovic Dupin, le directeur de l’information de la société française d’énergie nucléaire. « On importe intégralement cette ressource puisqu’il n’y a plus de mines en France. La France consomme environ 7.000 tonnes d’uranium naturel par an. Ça représente environ entre 500 millions et 1 milliard d’euros par an dans la balance énergétique française. »

LIRE AUSSI – Nucléaire : «La France n’a pas fait les bons choix», juge Anne Hidalgo

La France a ses stocks

En cas de rupture d’approvisionnement cependant, pour l’uranium comme pour le gaz, la France a des réserves. « La France a également des stocks dans le pays, qui comptent environ dix ans de consommation. Soit c’est de l’uranium naturel, soit c’est l’uranium de retraitement, c’est-à-dire de l’uranium qui sort des réacteurs, mais qu’on peut encore en réutiliser. »

Une toute petite partie de cet uranium déjà utilisé, on parle de quelques dizaines de tonnes, est aussi envoyé en Russie, qui sait le recycler et l’enrichir, avant de revenir chez nous.

Par Alexandre Le Mer & OMBLINE ROCHE, présentation par Margaux Fodéré, publié le 08 décembre 2022 à 07h01

Pour retrouver et écouter cet article (1mn26s), cliquer sur :

https://www.europe1.fr/economie/nucleaire-dou-vient-luranium-qui-alimente-les-centrales-francaises-4152911

NUCLÉAIRE : DEUX DÉCRETS REPORTENT DE DIX ANS LES ÉCHÉANCES DE DÉMANTÈLEMENT DE DEUX INSTALLATIONS DE LA HAGUE

Deux décrets, publiés au Journal officiel du 29 novembre, prescrivent à Orano le démantèlement quasi-complet d’une ancienne usine de retraitement des combustibles irradiés située dans La Hague (Manche) et d’installations associées. Ces deux textes complètent deux premiers autorisant un démantèlement partiel de ces installations.

À la demande d’Orano, explique une note de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), les décrets reportent aussi d’une dizaine d’années les délais initialement prévus. « L’ASN note que les reports d’échéances demandés sont significatifs et sont dus en grande partie aux retards pris dans la reprise et le conditionnement des déchets anciens. »

Avec ces nouvelles dispositions, les deux chantiers sont censés durer encore près de vingt-cinq ans. Quant au coût, il devrait avoisiner les 4 milliards d’euros, selon l’Autorité environnementale (Ae) qui a rendu deux avis en 2019 et en 2020 sur ces démantèlements. Aujourd’hui, 800 personnes travaillent sur ces chantiers, pour un budget annuel de plus de 100 millions d’euros, rapporte La Presse de la Manche.

Reprise des déchets du silo 130

Le premier décret concerne l’usine de traitement des combustibles irradiés (UP2-400). Cette installation a traité, à partir de 1966, des combustibles de la filière uranium naturel graphite gaz (UNGG), puis ceux de la filière eau légère, à partir de 1976. Arrêtée fin 2003, son démantèlement avait déjà fait l’objet d’un décret en novembre 2013. Le nouveau texte complète les prescriptions de ce dernier. Il reporte aussi au 31 décembre 2046 la fin des travaux, soit onze ans après la date limite fixée initialement (le 31 décembre 2035).

Le second décret concerne des installations associées à l’UP2-400 : la station de traitement des effluents et déchets solides (STE2) et l’atelier de traitement des combustibles nucléaires des réacteurs Rapsodie et Phoenix (AT1). Le nouveau texte reporte de huit ans, au 31 décembre 2043, l’achèvement des opérations de démantèlement initialement fixé au 31 décembre 2035 par un décret de 2013.

Cette seconde installation nucléaire comprend notamment le silo 130, qui doit faire l’objet d’opérations complexes de reprise de déchets endommagés. Ce silo enterré, qui contient 518 tonnes de déchets nucléaires (essentiellement de l’uranium, de l’aluminium, du graphite et du magnésium), a subi un incendie, le 6 janvier 1981, aboutissant au noyage partiel des déchets par l’eau d’extinction. Depuis, il contient un mélange de déchets solides, d’eau et de boues.

Par Philippe Collet (journaliste Rédacteur spécialisé) publié le 07 décembre 2022 à 11hh23

Photo en titre : © Orano

https://www.actu-environnement.com/ae/news/decrets-autorisation-demantelement-up2-400-la-hague-orano-40778.php4

NDLR : Le démantèlement des installations nucléaires est d’une manière générale largement sous-estimé. Les générations qui nous succéderont apprécieront !

NUCLÉAIRE: LA PROLONGATION APRÈS 50 ANS DOIT ENCORE ÊTRE ÉTAYÉE, PRÉVIENT L’ASN

L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a, par la voix de son directeur général, Olivier Gupta, invité mercredi EDF à œuvrer pour apporter la preuve que ses réacteurs seront à même d’être prolongés au-delà de 50 ans.

Les plus vieux parmi les 56 réacteurs français en service commenceront à atteindre ce seuil dès 2030.

« Nous souhaitons conduire avec les exploitants concernés des discussions techniques approfondies sur cette question: jusqu’à quand les installations nucléaires pourront-elles fonctionner en toute sûreté ?« , a déclaré Olivier Gupta, lors d’une audition devant la Commission des Finances de l’Assemblée nationale.

En particulier, « nous appelons EDF à constituer des démonstrations de sûreté sur la cuve des réacteurs, pour regarder, au-delà de 50 ans, combien de temps les cuves peuvent tenir« , a expliqué M. Gupta.

« C’est le composant non remplaçable qui est susceptible d’influencer le plus la durée d’exploitation d’une centrale, car les cuves sont soumises à l’irradiation et se fragilisent au fur et à mesure« , a-t-il détaillé.

Gupta a réclamé « de la visibilité » sur le sort du parc, relevant qu’un renouvellement ou un arrêt définitif cela ne « s’improvise pas« , en termes de sûreté comme de gestion des déchets.

Les trois quarts des centrales « ont été construites dans les années 1980; elles approchent la quarantaine d’années, c’est-à-dire la durée prévue lors de leur conception« , a-t-il souligné, même si « ce n’est pas une durée couperet car il y a des travaux de maintenance et toutes les décennies des réexamens pour améliorer la sûreté« .

Le gendarme du nucléaire a acté en 2021 le principe d’un allongement de la durée de vie des plus vieux réacteurs au-delà de 40 ans, tout en enjoignant EDF de réaliser des travaux de sûreté et avec des préconisations réacteur par réacteur.

Mais qu’en sera-t-il après 50 ans? « Nous ne disons pas que c’est impossible, nous disons simplement qu’aujourd’hui ce n’est pas prouvé. Cela veut dire qu’il faut maintenant mettre les moyens, chez nous mais d’abord chez EDF, pour que ces preuves soient apportées ou, le cas échéant si on ne peut pas les apporter, qu’on le sache« , a souligné le directeur général de l’ASN.

Par cho/ha/eb, AFP, publié le 07 décembre à 17h50

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-la-prolongation-apres-50-ans-doit-encore-etre-etayee-previent-lasn-221207

OLIVIER FAURE SOUHAITE UN RÉFÉRENDUM SUR «LA POURSUITE DU NUCLÉAIRE»

Le premier secrétaire du Parti socialiste estime que le sujet doit faire l’objet d’un «grand débat» puis d’une consultation des Français.

Filière usée, réacteurs à l’arrêt, corrosion… Depuis plusieurs mois, le nucléaire a rarement été un tel sujet de débat. C’est d’autant plus le cas ces derniers jours, alors que la France doit se préparer à d’éventuelles coupures de courant cet hiver, faute d’un réseau suffisamment opérationnel pour gérer les demandes à venir. Dans ce contexte, le socialiste Olivier Faure veut demander leur avis aux Français. Le premier secrétaire du PS réclame un «grand débat», ainsi qu’un référendum concernant «la poursuite du nucléaire».

«Ce gouvernement ne peut pas continuer à s’appuyer sur des décisions antérieures. Il est pleinement responsable de ce qu’il se passe aujourd’hui», a d’abord posé le député. Selon lui, l’énergie nucléaire est aujourd’hui «une énergie de transition», et «tant que nous ne sommes pas arrivés à maturité avec les énergies renouvelables, il faut maintenir le parc nucléaire». Sans forcément construire de nouveaux réacteurs comme le souhaite Emmanuel Macron. (NDLR en fin d’article)

Surtout, Olivier Faure souhaite voir, «en lien avec l’autorité de sûreté nucléaire», «quelle est notre capacité à faire la jonction entre le renouvelable et le nucléaire». Et, «dans ces conditions-là, d’abord appeler le peuple français à trancher par lui-même». Alors que l’atome n’a jamais fait l’objet d’une consultation nationale, l’élu y voit une nécessité, tant ces décisions «vont impacter (les Français) pour de très nombreuses décennies». «Ça s’appelle la démocratie», a-t-il encore insisté, en dénonçant des «choix arbitraires» faits dans le passé.

Par Dinah Cohen, publié le 07décembre 2022

Pour retrouver et écouter cet article (1mn43s), cliquer sur : https://www.lefigaro.fr/politique/olivier-faure-souhaite-un-referendum-sur-la-poursuite-du-nucleaire-20221207

NDLR : Faire un référendum dans un pays ou 99 % des médias (presse, radio, télé…) appartiennent (ou sont dirigés) par des pronucléaires ou par l’État n’est pas une très bonne idée sauf si on est soi-même pronucléaire.

URANIUM : ORANO RENFORCE SA COOPÉRATION AVEC KAZATOMPROM ET OUVRE UNE NOUVELLE MINE

C’est une nouvelle étape dans la longue coopération entre Orano et Kazatomprom. Les deux entreprises, liées dans la co-entreprise KATCO depuis 25 ans, renforcent leurs liens et annoncent l’ouverture d’une nouvelle mine au Kazakhstan.

Plongée dans la tourmente de la crise de l’énergie, menacée par les coupures d’électricité cet hiver, la France peut au moins se réjouir d’avoir réussi à sécuriser son approvisionnement en uranium kazakhstanais. La coentreprise Katco, détenue par le français Orano Mining et la société d’État kazakhstanaise Kazatomprom est confortée par la signature d’un protocole d’accord. Celui-ci prévoit “la mise en œuvre d’une feuille de route technique conjointe de Recherche & Développement (R&D) et des études sur les moyens de réduire les émissions de carbone des opérations. L’accord prévoit également l’ouverture de discussions sur le développement à long terme du partenariat entre les deux sociétés. »

Le Kazakhstan, premier fournisseur d’uranium des centrales nucléaires françaises

KATCO a lancé cette année les bases de l’ouverture d’une nouvelle mine d’uranium, qui devrait fournir 45 000 tonnes de ce minerai précieux au cours des 15 prochaines années. A l’issue de sa rencontre avec le président de la République du Kazakhstan M. Kassym-Jomart Tokayev, Claude Imauven, Président du Conseil d’Administration d’Orano, a déclaré que « la signature de ce protocole d’accord confirme la volonté de nos deux sociétés, toutes deux références mondiales dans le domaine de l’énergie nucléaire, d’élargir la coopération pour la mise en œuvre de projets porteurs d’intérêt mutuel, et de définir un plan d’action pour poursuivre le développement de notre partenariat dans le cadre des relations stratégiques à long terme entre la France et le Kazakhstan ».

Le Kazakhstan est le premier fournisseur d’uranium des centrales nucléaires françaises, couvrant 40 % des besoins de l’Hexagone.

Par Jean-Baptiste Giraud, publié le 07 décembre 2022

https://lenergeek.com/2022/12/07/uranium-orano-renforce-sa-cooperation-avec-kazatomprom-et-ouvre-une-nouvelle-mine/

NUCLÉAIRE : MAIS QUI VA ENRICHIR L’URANIUM NATUREL RUSSE DE FRAMATOME ?

L’uranium naturel ne peut pas être utilisé directement dans les combustibles nucléaires fabriqués par Framatome. Il doit d’abord être converti et enrichi. Cette matière première, reçue la semaine dernière par Framatome en provenance de Russie, sera-t-elle confiée au français Orano, grand spécialiste de la transformation de l’uranium, ou à une autre entreprise spécialiste de l’enrichissement ? Mystère. Les industriels ne veulent pas communiquer..
 

Il y a une semaine, Framatome, entreprise détenue à 75,5% par EDF, a confirmé que les livraisons d’uranium enrichi et d’uranium naturel en provenance de Russie, constatées par l’ONG anti-nucléaire Greenpeace, lui étaient destinées. Le 29 novembre dernier, l’association a publié un communiqué dans lequel elle appelait « le gouvernement français à stopper les contrats sur le commerce d’uranium » entre la France et la Russie alors que « des dizaines de fûts d’uranium enrichi et dix conteneurs d’uranium naturel en provenance de Russie» ont été acheminés par cargo dans le port de Dunkerque.

Constructeur de centrales nucléaires et fournisseur de combustibles, Framatome a précisé, le jour même à l’AFP, qu’il s’agissait d’une « livraison de matière pour la fabrication de combustibles nucléaires» à destination de son usine de Romans-sur-Isère (Drôme). Ce combustible est destiné ensuite à ses « clients et notamment le parc nucléaire français», a-t-il précisé.

De son côté, Orano, dont l’un des principaux métiers est la transformation de l’uranium, avait déclaré à l’AFP que « ces transports ne concernaient ni ses matières, ni ses installations». L’ex-Areva avait aussi précisé dans les colonnes du Monde que son contrat qui le liait à la Russie, autour du recyclage de l’uranium de retraitement (celui déjà utilisé une fois dans les réacteurs nucléaires) était désormais soldé et qu’il n’envisageait pas de signer un nouveau contrat avec le géant russe du nucléaire.

L’uranium naturel ne peut pas être utilisé tel quel

La déclaration de Framatome apparaît logique au regard de l’uranium naturel enrichi à partir duquel Framatome peut fabriquer du combustible nucléaire. En revanche, le fait que Framatome ait aussi réceptionné de l’uranium naturel, non enrichi, interpelle car la filiale d’EDF ne peut pas fabriquer de combustibles nucléaires avec du simple uranium naturel. En effet, pour pouvoir fabriquer du combustible nucléaire, Framatome doit utiliser de l’uranium enrichi car l’uranium naturel, c’est-à-dire la matière première qui est prélevée directement dans la roche, ne peut être utilisé tel quel. Il doit d’abord subir plusieurs transformations.

Pour pouvoir être intégré dans du combustible nucléaire, l’uranium naturel doit être converti puis enrichi. L’étape de conversion consiste à purifier les minerais d’uranium en tétrafluorure d’uranium (UF4). Cette formulation est ensuite transformée en hexafluorure d’uranium (UF6). Vient ensuite l’étape d’enrichissement. Elle consiste à augmenter la proportion d’uranium 235 dans l’uranium naturel pour rendre possible une réaction de fission nucléaire, mécanisme qui est à l’œuvre dans le cœur de tous les réacteurs nucléaires en fonctionnement dans le monde et qui permet de libérer l’énergie.

L’opération d’enrichissement se fait grâce à des centrifugeuses dans lesquelles les molécules enrichies en uranium 235, plus légères, sans poussées vers le haut, tandis que les molécules contenant de l’uranium 238, plus lourdes, restent dans le bas du dispositif.

Orano et Framatome entretiennent le flou

En France, seule l’entreprise Orano dispose des outils industriels nécessaires pour réaliser ces opérations de transformation. Son site de Malvési, près de Narbonne (Aude) est dédié à la purification du minerai en UF4. Sa transformation en hexafluorure d’uranium (UF6) s’opère dans l’usine Philippe Coste sur son site de Tricastin (Drôme). Tandis que son usine Georges Besse II, également basée à Tricastin, est dédiée à l’enrichissement.

Que peut donc faire Framatome avec de l’uranium naturel ? A-t-il pour ambition de le stocker dans l’un de ses sites pour le faire enrichir plus tard ? Ou entend-il le confier directement à un industriel pour le faire enrichir ? Dans ce cas, peut-il le confier à Orano, qui a pourtant affirmé que ces livraisons d’uranium « ne concernaient ni ses matières, ni ses installations» ?

Interrogé sur ce point par La Tribune, Orano a simplement ajouté que « cet uranium naturel n’est pas la propriété d’Orano».  Mais, Orano peut-il réaliser des opérations d’enrichissement sur un uranium naturel dont il n’est pas propriétaire ? L’ex-Areva n’a pas souhaité répondre à cette question. L’industriel tricolore a néanmoins précisé qu’une fois l’uranium naturel réceptionné, Framatome choisissait « son prestataire pour le service dont il avait besoin».

Questionné sur la possibilité de faire appel à Orano, ou à une autre entreprise, pour enrichir cet uranium naturel, Framatome n’a pas répondu, non plus, à nos interrogations. Alors, Orano joue-t-il avec les mots pour mettre une distance verbale entre ses activités et l’uranium en provenance de Russie ? Nous ne pouvons pas l’affirmer, car il est aussi possible que Framatome ait fait appel à un autre « enrichisseur».

« L’uranium naturel [peut être] parti aussitôt vers un autre enrichisseur, probablement Urenco, en Europe du Nord », suppose Tristan Kamin, ingénieur en sûreté nucléaire et membre de l’association Voix du nucléaire, en partant du principe qu’Orano n’était pas concerné.

Toutefois, les réponses peu éloquentes recueillies aussi bien auprès d’Orano que de Framatome laissent planer le doute et plusieurs observateurs du secteur, comme Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting, restent circonspects quant à la réception de cet uranium naturel par Framatome.

Un commerce légal mais qui questionne

Pour rappel, la livraison de cet uranium en provenance de Russie demeure légale puisque les sanctions internationales prises à l’encontre de la Russie ne concernent pas l’énergie nucléaire, malgré l’implication du géant russe Rosatom dans l’occupation de la centrale de Zaporijia, en Ukraine.

Néanmoins, la livraison de cet uranium (qu’il soit naturel, déjà enrichi ou recyclé) en provenance de la Russie interpelle car, contrairement aux livraisons de GNL ou de titane russes par exemple qui continuent en Europe, l’uranium provenant de Russie n’apparaît pas comme indispensable pour la France.

« La France n’a pas besoin de l’uranium russe pour ses réacteurs nucléaires», insiste Nicolas Goldberg. « Ce n’est pas parce que nous recevons de l’uranium de Russie que nous en sommes ‘dépendants’. On parle de centaines de tonnes (sur ~9 000t/an utilisées par le parc)», rappelle le spécialiste sur Twitter. « Ceci pose tout de même la question de savoir pourquoi nous importons de Russie alors que nous n’en avons pas besoin», pointe-t-il.

La semaine dernière, EDF a reconnu avoir réceptionné une livraison d’uranium recyclé en Russie dans le cadre d’un contrat le liant à Tenex, une filiale de Rosatom. Une première depuis une dizaine d’années. 

Par Juliette Raynal, publié le 07 décembre 2022 à 07h45

Photo en titre : Crédits : BENOIT TESSIER

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-mais-qui-va-enrichir-l-uranium-naturel-russe-de-framatome-943588.html

CHEZ LES VERTS, LES SYMPATHISANTS PRO-NUCLÉAIRES SERAIENT DORÉNAVANT MAJORITAIRES

Que serait Europe Écologie-Les Verts (EELV) sans la lutte contre le nucléaire ? Fidèles à leurs pairs, aucunes des candidates à l’élection du bureau exécutif (10 décembre) n’oseraient porter la charge d’une volte-face parricide. Mais selon un sondage, hors les murs du parti, les sympathisants seraient pourtant prompts à défendre l’atome. 

En février dernier, à l’avant-veille du déclenchement de la guerre en Ukraine, le coresponsable de la commission énergie d’EELV, Elli Tessier, reconnaissait dans les colonnes du média Reporterre qu’un certain nombre d’adhérents, issus de la nouvelle génération, tentaient de « faire évoluer » la position du parti sur le nucléaire.

Sur le banc des accusés, l’ingénieur Jean-Marc Jancovici et les travaux de son groupe de réflexion pro-nucléaire, The Shift Project, infusant les têtes bien faites des écoles d’ingénieur, de commerce et des universités.

Conséquence directe : « on a bien quelques adhérents qui peuvent être plus ouverts qu’avant là-dessus » avoue à demi-mot la co-dirigeante des Jeunes écologistes, Camille Hachez, auprès de Reporterre. Pour autant, « nous n’avons pas le sentiment qu’il y ait une rupture générationnelle sur la question » complète-t-elle pour EURACTIV France.

Parmi les adhérents, ceux ouverts au nucléaire restent donc « très minoritaires » conclut-elle. Chez les sympathisants, il semblerait que ce soit tout le contraire.

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« À lire aussi : Bruno Le Maire s’écharpe avec les parlementaires sur l’avenir du nucléaire

De vifs échanges ont eu lieu à l’Assemblée nationale sur la baisse de la production d’électricité nucléaire entre les députés de gauche (NUPES) et le ministre de l’Économie, présent dans l’hémicycle à l’occasion du vote du projet de loi de finance rectificative.« 

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Nucléaire et un an de guerre

Selon un sondage Elabe pour Les Échos, Radio classique et l’Institut Montaigne publié le 3 novembre, les sympathisants de gauche seraient en effet de moins en moins réticents au nucléaire.

Doux euphémisme du côté des sympathisants EELV, puisque 49% se disent au moins favorables au développement de nouvelles capacités pour compenser le démantèlement ou la réparation des réacteurs actuels, dont 3% qui préfèrent même le développement de centrales sur celui d’énergies renouvelables.

En face, seuls 46% se positionnent pour une réduction progressive du nucléaire.

En moins d’une année, les sympathisants écologistes ont donc radicalement changé leur fusil d’épaule. 26% défendaient l’atome selon le même sondage mené en novembre 2021. Aujourd’hui, ils sont majoritaires.

Le basculement est considérable pour un parti bâti sur le refus de l’énergie atomique.

Une position qui, « historiquement, se base plutôt sur le danger que peuvent représenter les accidents et la gestion de déchets nucléaires », rappelle Mme Hachez.

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« À lire aussi : Comment Vladimir Poutine a changé l’Allemagne

La guerre menée par la Russie en Ukraine a contraint le gouvernement allemand à reconsidérer bon nombre de ses plans présentés il y a un an lors de la formation de la coalition de « feux tricolores », modifiant ainsi certaines lignes et les politiques clés du pays. »

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« L’ancrage territorial de ces luttes est encore très important » insiste la militante originaire de Lorraine, région qui accueille le projet controversé d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo. 

Plus que le danger intrinsèque du nucléaire, chez les jeunes, l’opposition se structure autour d’un nouveau référentiel : « nous luttons plutôt contre la prédation des pays du Nord sur les ressources minières des pays du Sud, et en particulier en Afrique », confie Mme Hachez.

Finalement, quel que soit le point d’inflexion avec l’atome, « nous sommes héritiers des luttes anti-nucléaire » assumait volontiers Melissa Camara, candidate soutenue par Sandrine Rousseau et battue lors du premier tour des élections au secrétariat national du parti le 26 novembre dernier, lors du débat d’avant premier tour.

Cette référence anti-nucléaire est d’ailleurs la seule référence au sujet énergétique lors du débat, qui n’avait de « débat » que le nom. Preuve s’il en est que l’opposition à l’énergie atomique reste indiscutée et structurante de l’identité du parti écologiste, du moins d’après ses cadres.

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« À lire aussi : Nucléaire : le gouvernement français a présenté son projet de loi pour aller « de l’avant »

Le gouvernement a présenté en conseil des ministres mercredi un projet de loi pour relancer la filière nucléaire qui ne fait pas consensus. En parallèle, un débat national s’ouvre sur la création de six nouveaux réacteurs, un « coup de bluff » pour certaines associations environnementales. »

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Le nucléaire, garantie d’indépendance ?

Cette non-question du nucléaire chez les élus fait dire au président d’Elabe dans Les Echos que nous sommes face à une « dépolitisation du sujet ». Au profit, peut-être, d’une « géopolitisation » en miroir ?

La guerre en Ukraine a en effet réveillé l’attrait des sympathisants écologistes pour une énergie qu’ils considèrent à 75% comme une garantie « d’indépendance », contre 54% en novembre 2021.

Un revirement circonstancié dont Camille Hachez ne s’étonne qu’à moitié, rappelant que Yannick Jadot défendait le maintien du parc nucléaire existant, lors de sa campagne présidentielle de 2022, « le temps que le réseau s’équilibre », c’est-à-dire intègre une part suffisante d’énergies renouvelables pour réduire la part du nucléaire et en sortir d’ici 2040 à 2050.

Le même Yannick Jadot, leader de l’aile centriste du parti, pris à partie récemment lors d’une manifestation écologiste à Sainte-Soline par des sympathisants d’une branche plus radicale, plus proche de La France insoumise (LFI), dont les sympathisants seraient aujourd’hui moins complaisants avec le nucléaire que leurs alliés verts.

Il y a un an pourtant, lors du sondage de novembre 2021, la tendance était inverse.

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À lire aussi : Pourquoi la France a, plus que jamais, besoin du nucléaire !

Le nucléaire est l’une des seules sources d’énergie au monde capables de générer de l’électricité 24 heures sur 24, sans polluer l’atmosphère. C’est un argument indépassable, explique Paul Bérard, président de la Drôme Provençale.

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De fait, un rapprochement s’opérerait entre les sympathisants LFI et les sympathisants EELV les plus réfractaires au nucléaire, même si, au sein des instances dirigeantes du parti écologiste, l’anti-nucléarisme persiste.

Mme Hachez de rappeler, à ce sujet, que « les sympathisants ne font pas la politique du parti ». Elle conclut que, pour elle, il n’y a pas de déconnexion « entre les sympathisants et les élus, parce que les pro-nucléaires n’adhèrent pas au parti ».

Le sondage semblerait pourtant montrer le contraire et valider la nécessité d’un « réarmement doctrinal » d’EELV tel que l’esquisse Marine Tondelier dans un entretien accordé à Reporterre.

La candidate favorite pour prendre la succession de Julien Bayou au secrétariat national du parti reconnaît d’ailleurs que la « rigueur scientifique » n’existe que « très peu dans le milieu politique ».

Ainsi, le nucléaire pourrait bien creuser les lignes entre les partis de l’alliance parlementaire des gauches (Nouvelle union politique, écologique et sociale — NUPES), à laquelle participe EELV, deuxième parti de l’alliance en nombre de représentants, derrière La France insoumise.)

La prochaine secrétaire nationale du parti pourrait donc, en fonction de ses positions, chercher à limiter les ruptures entre le socle électoral et les cadres dirigeants, par exemple en assumant d’interroger le positionnement du parti sur l’énergie nucléaire.

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À lire aussi : EELV : l’appel de centaines de cadres du parti à « refonder l’écologie politique »

De nombreux cadres d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), ainsi que des militants écologistes et chercheurs, exhortent le parti à se refonder, « avec ses partenaires du pôle écologiste et toutes celles et ceux qui le souhaiteront » dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche.

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Par Paul Messad | EURACTIV France, publié le 6 décembre 2022 à 07h22, mis à jour à 12h45

Photo en titre : Le candidat du parti Europe Ecologie – Les Verts (EELV) aux élections présidentielles françaises de 2022, Yannick Jadot, donne une conférence de presse pour présenter son programme présidentiel à Paris, France, le 02 février 2022. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

https://www.euractiv.fr/section/politique/news/chez-les-verts-les-sympathisants-pro-nucleaires-seraient-dorenavant-majoritaires/

NDLR : Il faut dire que depuis au moins an, une propagande tous azimuts POUR le nucléaire a envahi de nombreux médias et partis politiques ce qui peut expliquer bien des choses. Pour bien comprendre ce phénomène, je vous conseille de lire (ou relire) le livre de Serge Tchakhotine : « Le Viol des foules par la propagande politique » certes écrit en 1939 mais hélas toujours d’actualité !

PRÈS DE 200 SALARIÉS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE DAMPIERRE-EN-BURLY EN GRÈVE

Des travailleurs de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly protestent notamment contre un accord de branche. Celui-ci prévoirait la diminution du nombre d’heures de détachement pour des salariés chargés de l’organisation des activités sociales.

Un mouvement social s’est tenu mardi 6 décembre à la centrale de Dampierre-en-Burly. Selon le syndicat CGT, à l’origine de la mobilisation, près de 200 salariés ont formé un piquet de grève autour de 7 heures, qui a fini par se dissiper autour de 9 h 30. 

Les manifestants protestent contre deux mesures. La première concerne la restauration méridienne. « Aujourd’hui, la direction a décidé de la fermer sous les trois ans qui viennent. Pas complètement car ils ont l’obligation d’en maintenir une, mais au lieu d’être gérée par la Caisse centrale d’activités sociales, ce sera un établissement Sodexo ou autre, qui cherchera la rentabilité. Cela pose aussi question pour le traitement de leurs salariés« , indique Jean-Claude Baptiste, retraité de la centrale et secrétaire CGT aux activités sociales.

Les colonies de vacances compromises ?

Surtout, les salariés s’inquiètent de la signature prévue mardi 6 décembre d’un accord de branche concernant les moyens bénévoles mis à disposition par les employeurs pour financer les activités sociales de leurs salariés. « Ils vont enlever entre 30.000 et 40.000 heures de détachement par an« , souligne Jean-Claude Baptiste. Ce dernier précise qu’une disposition similaire avait déjà été signée dans un autre accord de branche, il y a près de trois ans. « En face des directions, il n’y a qu’une organisation syndicale qui se bat : la CGT« , soutient-il.

Cette mesure signifierait moins de possibilités de détachement pour les salariés qui s’occupent de l’organisation de ces activités sociales. « Par exemple, évoque le retraité, pour les départs en colonies de vacances, on met en place des personnes pour accueillir les jeunes. Ça demande des heures de détachement pour s’organiser. Cela risque, à terme, d’annuler les colonies, les centres de vacances…« 

À lire aussi : Grève des salariés à la centrale de Dampierre-en-Burly en octobre

« Quand on a moins, on fait avec ce qu’on a »

Des activités sont aussi proposées toute l’année, en lien avec les sections locales de vie, représentées à Dampierre par Corine Roux et Franck Ravin, respectivement correspondante et président. Mais avec moins d’heures à disposition, elles peuvent être compromises. « Il faut des gens pour préparer les arbres de Noël. Le père Noel a besoin de lutins pour gérer cela« , pointe Jean-Claude Baptiste.

La revendication des salariés mobilisés est donc simple : « Revenir sur la situation d’il y a 5-6 ans, lance le secrétaire CGT. Le dernier accord signé nous a mis dans la difficulté. Concrètement, on a travaillé pour que les colonies et centres de vacances continuent de fonctionner, mais on a diminué d’autres choses à côté, comme la qualité des arbres de Noël ou des cadeaux donnés à cette période par exemple. Quand on a moins, on fait avec ce qu’on a. »

Les responsables syndicaux vont faire remonter les pétitions signées auprès de la direction nationale d’EDF. Ils évoquent des mouvements similaires dans d’autres centrales telles que Saint-Laurent-des-Eaux ou Belleville-sur-Loire…

Par Thomas Derais, publié le 06/12/2022 à 11h04

Photo en titre : Ils étaient près de 200 ce mardi matin à 7 heures, selon la CGT. © Thomas Derais

https://www.larep.fr/dampierre-en-burly-45570/actualites/pres-de-200-salaries-de-la-centrale-nucleaire-de-dampierre-en-burly-en-greve_14228486/

AGNÈS PANNIER-RUNACHER : «L’INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE RELÈVE DU MYTHE»

La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, était l’invitée de la Matinale de CNEWS ce lundi 5 décembre. Cette dernière a jugé que la France n’avait «jamais été souveraine en matière d’énergie».

Une affirmation de certains, démentie par Agnès Pannier-Runacher. Invitée de la Matinale de CNEWS ce lundi, la ministre de la Transition énergétique a assuré que la France n’avait «jamais été souveraine en matière d’énergie», même lorsque les centrales nucléaires françaises fonctionnaient normalement. 

Cette dernière a ainsi jugé que «l’indépendance énergétique de la France relevait du mythe» et que le gouvernement s’attelait à «construire cette indépendance en développant des énergies renouvelables et du nucléaire».

Pour 2050, le président Emmanuel Macron s’est fixé comme objectifs de multiplier par dix la capacité de production d’énergie solaire pour dépasser les 100 GW et de déployer 50 parcs éoliens en mer pour atteindre 40 GW. 

Ce lundi, un projet de loi sur les énergies renouvelables visant à alléger les procédures, installer des panneaux solaires en bord d’autoroutes, ou encore développer massivement l’éolien en mer, entend rattraper un retard pris par la France.

Par CNEWS, publié le 05/12/2022 à 08h49, mis à jour le 05/12/2022 à 11h38

Pour retrouver cet article et écouter la vidéo (35 s), cliquer sur https://www.cnews.fr/france/2022-12-05/agnes-pannier-runacher-lindependance-energetique-releve-du-mythe-1297091

NDLR : juste quelques mots pour remplacer un mythe par un autre : « le gouvernement s’attelait à «construire cette indépendance en développant des énergies renouvelables et du nucléaire !!».

L’IRAN NE NÉGOCIERA PAS SUR LA QUESTION NUCLÉAIRE SOUS LA PRESSION ET LA MENACE (PORTE-PAROLE)

TÉHÉRAN, 5 décembre (Xinhua) — Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanaani, a déclaré lundi que l’Iran ne négocierait pas sous la pression et la menace au sujet de la relance de l’accord nucléaire de 2015.

L’Iran respecte toujours le processus de négociation et a pour objectif de compléter l’accord nucléaire, officiellement connu sous le nom de Plan d’action global commun (PAGC), a indiqué M. Kanaani lors de sa conférence de presse hebdomadaire.

Cependant, « les responsables américains savent que l’Iran ne souhaite pas négocier et faire de concessions sous la pression et la menace« , a-t-il souligné.

Le porte-parole a fait savoir que l’Iran était engagé envers ce pacte et remplissait ses obligations, tandis que les États-Unis ont violé l’accord et que les parties européennes n’ont pas tenu leurs engagements et n’ont pas pu compenser le retrait unilatéral et illégal des États-Unis.

« Nous conseillons aux parties européennes au PAGC de ne pas céder aux États-Unis« , a-t-il ajouté.

L’Iran a signé le PAGC avec plusieurs puissances mondiales en juillet 2015, acceptant de réduire son programme nucléaire en échange de la levée des sanctions contre le pays. Les États-Unis se sont néanmoins retirés de l’accord en 2018 et ont réimposé des sanctions contre l’Iran, poussant ce dernier à abandonner certains de ses engagements nucléaires.

Les pourparlers sur la relance du PAGC ont commencé en avril 2021 dans la capitale autrichienne Vienne. Aucune percée n’a été réalisée au cours du dernier cycle de négociations au début du mois d’août dernier.

Par French.news.cn, publié le 05 décembre 2022 à 21h10

http://french.xinhuanet.com/20221205/0160ddd994504d0a93ab78b256f7ff3b/c.html

L’ATTITUDE DE TÉHÉRAN COMPROMET TOUT RETOUR À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE, SELON L’ENVOYÉ AMÉRICAIN

LONDRES: Le fait que Téhéran fournisse des armes à la Russie contre l’Ukraine et la répression en vigueur à l’égard des manifestations anti-régime, compliquent le retour d’un accord sur le nucléaire, a prévenu l’envoyé spécial américain en Iran, a rapporté le média The Observer dimanche.

Lors d’une conférence à Rome, Robert Malley a critiqué les dirigeants iraniens, piégés selon lui dans un cercle « vicieux », en faisant des parias au vu de leur population et de la communauté internationale.

« Plus l’Iran réprimera, plus le pays subira de sanctions. Plus il y aura de sanctions, plus l’Iran se sentira isolé. Cette isolation les conduira à se tourner vers la Russie, ce qui entraînera également davantage de sanctions. À mesure que les tensions grimperont, la diplomatie du nucléaire sera de plus en plus compromise » a-t-il ajouté.

« La répression des manifestations et le soutien de l’Iran envers la Russie sont au centre de notre attention, car c’est là que nous pouvons marquer notre différence ».

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

Par Arab News, publié le 05 décembre 2022

Photo en titre : Des Irano-américains rassemblés devant la Maison Blanche en soutien aux manifestations anti-régime à l’œuvre en Iran (Photo, Reuters).

https://www.arabnews.fr/node/321876/monde-arabe

L’EXPANSION NUCLÉAIRE DE LA CHINE CAPTIVE L ’ATTENTION DU PENTAGONE

D’après le rapport annuel du Pentagone sur la puissance militaire de la Chine, publié mardi, et adressé au Congrès, le rythme de l’expansion nucléaire de la Chine pourrait permettre à Pékin de disposer d’un stock d’environ 1 500 ogives nucléaires d’ici 2035.

Par Thierry Kaoré, publié le 5 décembre 2022

Pour voir et écouter ce reportage (2mn55s) ce que je vous conseille,  cliquer sur : https://www.voaafrique.com/a/l-expansion-nucl%C3%A9aire-de-la-chine-captive-l-attention-du-pentagone/6859969.html

KIT DE SURVIE NUCLÉAIRE : SE PROTÉGER EN CAS DE GUERRE FROIDE

La possibilité d’une attaque ou d’une guerre nucléaire est considérée comme minime, mais au fil des années, les experts affirment qu’il sera de plus en plus difficile de la prévenir ou de l’éviter. Ils ont donc créé un plan de réaction pour protéger la population des effets possibles d’une telle attaque. Dans ces cas, fuir la zone sinistrée dans les dix à quinze premières minutes, ainsi que se procurer un kit spécial d’attaque nucléaire, pourrait représenter la possibilité de sortir indemne d’un tel événement. Découvrez comment rester en sécurité dans la nouvelle guerre froide !

Comprimés d’iodure de potassium

Croyez-le ou non, la FDA a déjà approuvé deux produits qui protègent les personnes exposées à une attaque nucléaire, notamment celles qui se trouvent dans un rayon de 10 miles autour d’une centrale nucléaire. Les produits approuvés pour fournir à l’organisme l’iodure de potassium (KI) nécessaire se présentent sous forme de liquide ou de comprimés, et les doses recommandées sont de 130 ou 65 milligrammes.

Détecteur de rayonnements

Un détecteur de radiations nucléaires coûte environ 150 dollars et sert également d’alarme en cas d’exposition directe ou très dangereuse à des niveaux de radiation. En plus d’être très fonctionnels, les détecteurs de rayonnements ne prennent pas beaucoup de place et peuvent donc être facilement transportés par des personnes dans des sacs à dos spéciaux ou sous des vêtements imperméables.

Lire aussi : Kit d’urgence pour voiture : tout ce dont vous avez besoin pour rester en sécurité sur la route

Masque respiratoire d’urgence

La première chose à faire après une éventuelle attaque nucléaire est de s’éloigner le plus possible de la zone touchée. Si vous vivez dans un rayon de 15 km, la première étape pour rester en sécurité est de mettre un masque respiratoire spécial d’urgence. Cela coûte en moyenne 250 $, mais c’est un investissement fortement recommandé pour éviter à tout prix les dommages causés par les radiations sur le corps.

Radio avec torche pour cette urgence

Une radio d’urgence avec une torche intégrée est l’un des outils les plus utiles, car elle vous aidera à rester informé, à suivre les instructions des autorités et à éclairer votre chemin pendant que vous trouvez un endroit sûr. Il existe différentes options pour ce type de radio, mais vous pouvez en obtenir une pour un prix très abordable dans n’importe quel magasin ; veillez à vérifier que ses piles ou son port de charge sont en bon état.

Vêtements spéciaux

Les vêtements idéaux pour vous protéger des radiations sont ultra-légers, respirants et imperméables, car ils vous mettront à l’abri des éléments pendant que vous trouverez un abri sûr. Il est important de se procurer un manteau ultraléger (qui peut se plier et se ranger dans votre kit de survie) avec un couvre-chef spécial, ainsi qu’un pantalon avec des compartiments permettant de transporter des outils tels qu’une radio, une torche et des équipements d’urgence.

Purificateur d’eau pour ce type d’urgence

Un purificateur d’eau est l’un des produits dont vous aurez besoin dans votre kit d’urgence pour survivre à une éventuelle attaque nucléaire, rester hydraté et vous assurer de consommer une eau exempte de radiations. Le coût est d’environ 1 200 dollars, mais c’est une dépense nécessaire. De plus, il a une capacité de charge de plus de 20 000 gallons, ce qui peut fournir de l’eau pendant trois ans !

Alimentation d’urgence

Les kits alimentaires d’urgence offrent des options rationnées pour nourrir une famille entière et fournir aux gens les nutriments nécessaires pour assurer leur survie. Ces kits coûtent à partir de 20 $ et ont été approuvés par les garde-côtes américains pour une utilisation d’urgence, car ils peuvent être conservés jusqu’à 5 ans en bon état avant d’être ouverts.

Outils de survie en plein air

Les accidents ou les attaques nucléaires sont imprévisibles, et leurs effets peuvent être légers ou dévastateurs. Dans ce dernier cas, il est vital de disposer des outils nécessaires pour vous aider à ouvrir les colis, nettoyer les blessures et vous protéger de l’environnement rapidement, facilement et efficacement. Les boîtes à outils les plus utiles si vous devez fuir votre domicile en cas d’urgence nucléaire sont celles qui contiennent des sifflets, des torches, des boussoles et des couteaux.

Par Romain Mahut, publié le 4 décembre 2022

https://www.attractivearea.com/sante-bien-etre/kit-de-survie-nucleaire-se-proteger-dans-la-nouvelle-guerre-froide/23480

NDLR : Conclusion : se protéger c’est bien mais lutter pour la suppression des  armes nucléaires est plus efficace et ne nécessite pas d’être riche.

UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE DE LA MARINE AMÉRICAINE A ACCOSTÉ SUR L’ÎLE DE DIEGO GARCIA

La marine américaine a envoyé un message à ses « adversaires » avec une rare visite d’un port sous-marin dans l’océan Indien, selon un article du CNN publié vendredi 2 décembre.

L’armée américaine, selon le CNN, souhaite que ses « adversaires, ainsi que ses alliés », sachent que, pour la première fois, un sous-marin nucléaire lanceur d’engins de la marine américaine a accosté sur l’île éloignée de Diego Garcia, dans l’océan Indien, dans le cadre d’un déploiement prolongé de plusieurs mois.

Cette semaine, la marine a révélé l’amarrage de l’USS West Virginia et sa visite portuaire qui a eu lieu du 25 au 31 octobre.

Les mouvements spécifiques des sous-marins de la marine sont hautement confidentiels lorsqu’ils sont en mer, de sorte que l’annonce tardive donne au sous-marin le temps de transiter vers d’autres endroits de l’océan Indien.
 
« L’importance de la publication de l’escale de l’USS West Virginia est d’envoyer un message aux adversaires potentiels ainsi qu’aux alliés », selon un responsable militaire de cette escale inhabituelle,

« Ils devraient en déduire qu’un sous-marin lanceur de missiles balistiques indétectables peut opérer dans n’importe quel océan pendant une période prolongée », a déclaré le responsable, cité par CNN.

Diego Garcia est une île hautement militarisée située au sud de l’équateur et utilisée par les forces américaines et britanniques.

L’USS West Virginia est l’un des 14 sous-marins de la classe Ohio qui transportent un maximum de 20 ICBM. Ils sont spécialement conçus pour les patrouilles prolongées, selon la Marine, et sont dotés de trois écoutilles de grand diamètre qui permettent le transfert rapide de fournitures et d’équipements.

Avant l’escale à Diego Garcia, le West Virginia a fait surface en mer d’Oman afin que le général Michael Kurilla, commandant du commandement central des États-Unis, puisse monter à bord et participer à un exercice de communication « pour valider des tactiques émergentes et innovantes dans l’océan Indien », selon la marine.

Pour rappel, les pourparlers entre Port-Louis et Londres pour trouver un accord sur la question de la souveraineté sur les Chagos ont repris.

Par WWW. DEFIMEDIA.INFO (Contact: ), publié le 4 décembre 2022

Photo en titre : Crédit Photo: CNN

https://defimedia.info/un-sous-marin-nucleaire-de-la-marine-americaine-accoste-sur-lile-de-diego-garcia

NUCLÉAIRE: LES USA PRÊTS À BOMBARDER L’IRAN

L’échec de l’accord nucléaire iranien ouvre-t-il la voie à un éventuel bombardement américain de l’Iran? C’est du moins ce que l’on peut croire après les déclarations de Robert Malley, l’envoyé spécial des américains pour l’Iran. Ce dernier n’écarte pas une opération militaire pour stopper l’évolution de l’Iran dans le domaine nucléaire. « Le président américain Joe Biden a fait campagne en s’engageant à essayer de revenir dans l’accord si l’Iran rendait la pareille. Si vous demandez à n’importe quel participant aux pourparlers, il vous dira que les États-Unis ont joué un rôle de bonne foi en essayant de revenir dans l’accord » a déclaré M. Malley lors d’une interview diffusée sur Foreign Policy.

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Ces derniers mois, l’Iran a connu des avancées sur le plan nucléaire. Les tentatives d’obtention d’un nouvel accord (après le retrait américain sous le président Donald Trump) ont été vaines. Et il semblerait que les américains perdent patience. Selon l’envoyé spécial de Joe Biden, toutes les options sons sur la table. « Nous avons les sanctions, nous avons les pressions, nous avons la diplomatie… si rien de tout cela ne marche, le président Joe Biden l’a dit, en dernier ressort, il approuverait l’option militaire car si c’est ce qu’il faut pour empêcher l’Iran d’avoir l’arme nucléaire, c’est ce qui arrivera » a déclaré M. Malley.

Les USA ne sont pas les seuls à vouloir stopper à tout prix l’Iran. Israël, ennemi juré de l’Iran est lui aussi pour la manière forte si nécessaire. Les deux alliés ont même mené des exercices de simulation d’attaque sur l’Iran. Des images des exercices ont été publiées par les israéliens. Les propos américains ne sont pas à prendre à la légère au vu de la situation. Pour certains analystes les troubles actuels en Iran pourraient pousser les américains à vite agir, le pouvoir iranien étant affaibli par les manifestations qui secouent le pays.

Par Charly Hessoun, publié le 03 décembre 2022

Photo en titre : Photo ABC News

https://lanouvelletribune.info/2022/12/nucleaire-les-usa-prets-a-bombarder-liran/

DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE : WASHINGTON «DÉÇU» DU REPORT PAR LA RUSSIE DE LA RÉUNION NEW START

Les États-Unis se sont déclarés vendredi «déçus» de la décision de Moscou de reporter sine die une réunion prévue avec Washington sur les inspections dans le cadre du traité New Start, un accord clé de désarmement nucléaire.

Une décision «abrupte»

Le porte-parole du département d’État, Ned Price, a dénoncé une décision russe prise «abruptement et unilatéralement» et assuré qu’il était «entièrement faux» de suggérer que les États-Unis puissent être à blâmer pour le report de cette rencontre initialement prévue le 29 novembre au Caire. «Nous restons prêts à rencontrer la Russie au sein de l’organe de mise en place du traité New Start», a toutefois précisé Ned Price à des journalistes.

«Nous sommes engagés envers New Start en paroles et en actes, et nous exhortons la Russie à prouver» qu’elle l’est aussi, a-t-il dit. Le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé mardi l’«hostilité» et la «toxicité» de Washington pour justifier sa décision de reporter la réunion. Le traité New Start est le dernier accord bilatéral du genre liant les deux principales puissances nucléaires mondiales.

Signé en 2010, il limite les arsenaux des deux pays à un maximum de 1550 ogives déployées de part et d’autre, soit une réduction de près de 30% par rapport à la limite précédente fixée en 2002. La Russie a annoncé début août suspendre les inspections américaines prévues sur ses sites militaires dans le cadre du traité, en assurant agir en réponse aux entraves américaines aux inspections russes similaires aux États-Unis.

Par Le Figaro avec AFP, publié le 2 décembre 2022 à 22h26

Photo en titre : Les États-Unis se sont déclarés vendredi «déçus» de la décision de Moscou de reporter sine die une réunion dans le cadre du traité New Start, un accord clé du désarmement nucléaire. SAUL LOEB / AFP

Pour retrouver et écouter cet article, cliquer sur : https://www.lefigaro.fr/flash-actu/desarmement-nucleaire-washington-decu-du-report-par-la-russie-de-la-reunion-new-start-20221202

L’AIEA ESPÈRE ÉTABLIR UNE ZONE DE SÉCURITÉ AUTOUR DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJIA … D’ICI LA FIN DE L’ANNÉE

AA / Istanbul / Askin Kiyagan

Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré, ce vendredi, que l’agence onusienne espère parvenir à un accord avec la Russie et l’Ukraine pour établir une zone de sécurité autour de la centrale nucléaire de Zaporijia, d’ici la fin de l’année.

S’adressant au quotidien italien La Repubblica, Grossi a déclaré : « Mon engagement est de parvenir à une solution dans les plus brefs délais. J’espère d’ici la fin de l’année« .

« De plus, l’objectif principal de la création d’une zone de sécurité autour de Zaporijia est d’éviter un accident nucléaire« , a-t-il ajouté.

Le 4 mars dernier, la Russie a pris le contrôle de la centrale nucléaire de Zaporijia, qui est la plus grande installation du genre en Europe. Les environs de l’installation ont récemment été le théâtre de bombardements sur fond d’accusations mutuelles entre Moscou et Kiev quant à la responsabilité des attaques.

La centrale nucléaire abrite 6 réacteurs nucléaires et fournit environ 20 % de la production totale d’électricité en Ukraine, avec une capacité de production d’environ 5 700 mégawatts/heure.

* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

Par Raşa Evrensel, publié le 03.12.2022

https://www.aa.com.tr/fr/monde/l-aiea-esp%C3%A8re-%C3%A9tablir-une-zone-de-s%C3%A9curit%C3%A9-autour-de-la-centrale-nucl%C3%A9aire-de-zaporijia/2754448

L’IRAN LANCE LA CONSTRUCTION D’UNE NOUVELLE CENTRALE NUCLÉAIRE

La construction du site, nommé Karoon, durera 8 ans et coûtera environ 2 milliards USD.

L’Iran a entamé samedi la construction d’une nouvelle centrale nucléaire dans le sud-ouest du pays, a annoncé la télévision d’État iranienne, peu après que l’organisme international de surveillance nucléaire a révélé que Téhéran avait triplé sa capacité d’enrichissement de l’uranium à 60 % de pureté. L’annonce de la nouvelle centrale intervient alors que l’Iran est secoué par des manifestations antigouvernementales qui ont remis en cause le gouvernement théocratique du pays.

La nouvelle centrale de 300 mégawatts, connue sous le nom de Karoon, sera construite en huit ans et coûtera environ 2 milliards de dollars, ont souligné les médias d’État. Elle sera située dans la province iranienne du Khuzestan, riche en pétrole, près de la frontière occidentale avec l’Irak. La cérémonie d’inauguration du site de construction s’est déroulée en présence de Mohammad Eslami, directeur de l’Organisation civile iranienne de l’énergie atomique, qui avait dévoilé les plans de construction de Karoon en avril.

L’Iran possède une centrale nucléaire dans son port de Bushehr, dans le sud du pays, qui a été mise en service en 2011 avec l’aide de la Russie, mais aussi plusieurs installations nucléaires souterraines. L’annonce de la construction de Karoon intervient moins de deux semaines après que l’Iran a annoncé qu’il avait commencé à produire de l’uranium enrichi à 60% de pureté dans l’installation nucléaire souterraine de Fordo. Cette décision est considérée comme un ajout important au programme nucléaire du pays. L’Iran se rapproche ainsi grandement d’un enrichissement à 90 %, qui est de qualité militaire.

Ces derniers mois, les experts en non-prolifération ont prévenu que l’Iran disposait désormais d’une quantité suffisante d’uranium enrichi à 60 % pour retraiter le combustible d’au moins une bombe nucléaire. Cette décision a été condamnée par l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, les trois pays d’Europe occidentale qui restent impliqués dans l’accord sur le nucléaire iranien.

ATTA KENARE / AFP. Cette photo d’archive prise le 10 novembre 2019 montre un drapeau iranien dans la centrale nucléaire iranienne de Bushehr

Les récentes tentatives de relance de l’accord nucléaire de 2015, qui assouplissait les sanctions contre l’Iran en échange de la limitation de son programme nucléaire, sont au point mort. Le mois dernier, le chef du renseignement militaire israélien, le général de division Aharon Haliva, a déclaré que l’Iran avait fait des « progrès significatifs » vers la production d’uranium enrichi à 90%. « Le moment approche où le plus grand test de la communauté internationale apparaîtra au grand jour, lorsque l’Iran envisagera un enrichissement à 90 %, ne serait-ce que symboliquement « , a-t-il déclaré.

L’Iran devra encore concevoir une bombe et son vecteur, un projet qui prendra probablement plusieurs mois. Israël, qui est certain que l’Iran souhaite fabriquer une bombe nucléaire, aurait mené des opérations de sabotage au sein du pays pour retarder le développement d’une telle arme. L’Iran a nié toute intention néfaste et affirme que son programme est conçu à des fins pacifiques, bien qu’il ait récemment enrichi de l’uranium à des niveaux qui, selon les dirigeants internationaux, n’ont aucune utilité civile. 

Par i24NEWS, publié le 03 décembre 2022 à 16h02

Photo en titre : Présidence iranienne / AFP. La centrale nucléaire de Bushehr, au sud-est de la ville du même nom, lors de la visite du président du pays.

Pour retrouver cet article et l’écouter (1mn19s), cliquer sur : https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/1670079733-l-iran-lance-la-construction-d-une-nouvelle-centrale-nucleaire

WASHINGTON DÉVOILE SON NOUVEAU BOMBARDIER FURTIF, ÉLÉMENT CLÉ DE LA “TRIADE NUCLÉAIRE” AMÉRICAINE

Les États-Unis comptent dévoiler vendredi leur nouveau bombardier stratégique furtif, le B-21 “Raider”, un appareil capable d’être opéré sans équipage et de conduire des frappes nucléaires de longue portée, tout comme d’utiliser de l’armement classique.

Le Pentagone prévoit de se doter d’au moins 100 exemplaires de ce nouvel avion high tech, conçu par l’industriel Northrop Grumman, selon Ann Stefanek, une porte-parole de l’armée de l’air. L’appareil, qui doit être dévoilé vendredi à Palmdale en Californie, effectuera son premier vol en 2023.

Le B-21 constituera la colonne vertébrale de notre future force de bombardement. Grâce à sa portée, sa capacité d’accès et sa puissance, il pourra pénétrer les environnements les plus difficiles et sera capable d’atteindre n’importe quelle cible dans le monde”, a assuré Mme Stefanek.

Un avion à 700 millions d’euros

L’avion, qui devrait coûter presque 700 millions de dollars par exemplaire, est le premier bombardier commandé par l’armée américaine depuis des décennies. Il doit progressivement remplacer les modèles B-1 et B-2, des bombardiers dont les premiers décollages remontent à la Guerre froide.

Le B-21 va ainsi devenir un élément clé de la “triade nucléaire  américaine, composée de missiles et de bombes qui peuvent être lancées depuis la terre, la mer ou l’air”.

L’armée américaine ne souhaite pas dévoiler trop d’informations sur les capacités du B-21, dont beaucoup de caractéristiques techniques restent secrètes. Mais ce nouveau modèle devrait présenter des avancées significatives par rapport à la flotte existante.

Le bombardier offrira notamment la possibilité d’être piloté sans équipage à bord. L’armée américaine n’a toutefois encore “pris aucune décision pour voler sans équipage”, a précisé Mme Stefanek.

Furtif

L’avion présente également une “architecture ouverte” qui doit lui permettre d’accueillir facilement de futures avancées technologiques.

Comme la plupart des modèles récents de l’armée américaine, notamment les avions de chasse F-22 et F-35, le B-21 sera furtif.

Cette technologie, qui permet de minimiser la détection d’un appareil par les radars, grâce à la forme de l’avion et à ses matériaux, existe depuis des décennies. Mais selon le fabricant Northrop Grumman, le bombardier sera un avion “furtif de nouvelle génération”, qui emploie “de nouvelles techniques et matériaux” encore non divulgués.

Source : 7 sur 7, publié le 3/12/2022

Photo en titre : Comme la plupart des modèles récents de l’armée américaine, notamment les avions de chasse F-22 et F-35, le B-21 sera furtif. © Northrop Grumman

https://www.7sur7.be/monde/washington-devoile-son-nouveau-bombardier-furtif-element-cle-de-la-triade-nucleaire-americaine~a8ed3d48/

ÉTAT DE DÉLABREMENT INQUIÉTANT À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE BELLEVILLE : EDF DE NOUVEAU EN PROCÈS

Communiqué commun du Réseau « Sortir du nucléaire » et Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye

En 2017, une inspection menée par l’Autorité de sûreté nucléaire avait mis en évidence l’état de dégradation très préoccupant de nombreux équipements à la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher). Suite à l’action en justice lancée par le Réseau “Sortir du nucléaire“ et l’association Sortir du nucléaire Berry-Giennois-Puisaye contre EDF et la centrale en octobre 2017, une audience aura lieu le 5 décembre 2022 à la cour d’appel d’Orléans.

Après cinq ans de bataille juridique, EDF pourrait enfin être condamnée pour ses graves négligences.

Une dégradation alarmante d’équipements importants pour la sûreté

Le 13 septembre 2017, l’Autorité de sûreté nucléaire avait placé la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire sous surveillance renforcée suite, notamment, à une inspection menée en avril 2017.   En effet, de nombreux équipements importants pour la sûreté étaient dans un état de délabrement de nature à remettre en question leur fonctionnement, leur usure étant aggravée par un manque d’entretien et des réparations de l’ordre du rafistolage. De plus, en raison de problèmes organisationnels et d’un manque de rigueur et de traçabilité des opérations, la gravité des dysfonctionnements était sous-estimée. Certaines demandes de réparation passaient alors tout simplement à la trappe (voir ci-dessous le détail des problèmes relevés [1]).

Cet état de fait n’était malheureusement pas nouveau : en 2015, le Réseau “Sortir du nucléaire“ avait déjà porté plainte pour une trentaine d’infractions à la réglementation environnementale et nucléaire.   

La culpabilité d’EDF pourrait enfin être établie en justice

Sur la base des éléments évoqués dans le rapport d’inspection, le Réseau “Sortir du nucléaire“ et SDN Berry-Giennois-Puisaye ont saisi la justice en faisant citer directement EDF devant le tribunal.

Le 12 mars 2019, le tribunal de police de Bourges a prononcé la nullité de la citation déposée par les associations, sans examiner, ni même entendre les parties sur le fond du dossier et contrairement aux réquisitions du procureur de la République.   Par un arrêt rendu le 18 décembre 2019, la cour d’appel de Bourges a finalement infirmé ce jugement, mais a déclaré les associations irrecevables au motif que seule l’Autorité de sûreté nucléaire avait la possibilité de relever des infractions à l’encontre des exploitants nucléaires. Contraire à un arrêt rendu le 24 septembre 2019, cette décision a, sans surprise, été cassée et annulée par la Cour de cassation et l’affaire a été renvoyée devant la cour d’appel d’Orléans pour être de nouveau examinée sur le fond.   L’audience aura donc lieu le 5 décembre 2022 à 9h30, alors que des erreurs d’EDF sur le site de Belleville continuent de questionner ses compétences industrielles et la rigueur d’exploitation du site. En 2022, l’ASN considère toujours que « concernant la maintenance des installations, les performances de la centrale nucléaire restent à améliorer« …

Après cinq ans de pérégrinations, nos associations espèrent que la négligence systémique d’EDF sera enfin reconnue et condamnée !  

Retrouvez le dossier juridique : https://www.sortirdunucleaire.org/Belleville-sur-Loire-delabrement

Notes :

[1] Décryptage des problèmes relevés par l’Autorité de sûreté nucléaire :

De manière générale, l’organisation interne et la circulation des informations au sein de la centrale apparaissaient déficientes. Ainsi, comme le signale l’Autorité de sûreté nucléaire dans son rapport d’inspection, « les dispositifs organisationnels mis en œuvre pour identifier les écarts ne permettaient pas aux décideurs d’accéder à la connaissance réelle de l’état technique des équipements ». En raison d’un manque de rigueur et de traçabilité, il n’est donc pas possible de connaître en temps réel les effets cumulés des différentes anomalies.

En conséquence de cette mauvaise organisation et d’un mauvais traitement de l’information, de nombreuses demandes de travaux n’ont pas été suivies d’effets et ont été abandonnées alors que les problèmes n’avaient pas été réglés.

Par ailleurs, il apparaît que les travailleurs en charge des travaux ne bénéficient pas toujours d’une formation adéquate leur permettant de comprendre les enjeux et de mener à bien les réparations. Il est fait état de réparations relevant du bricolage et d’une « accoutumance » aux anomalies. On peut en déduire que les travailleurs sont manifestement placés dans une situation où il leur est impossible d’effectuer leur travail correctement.

Ces problèmes organisationnels ont abouti à la dégradation importante de toutes sortes d’équipements, allant parfois jusqu’à remettre en question leur fonctionnement correct !

Citons notamment :
 Plusieurs fuites d’huile ou de fioul et des jauges d’huile hors service.  – L’« état de corrosion avancé » de certaines tuyauteries, qui fuyaient déjà au point que les bassines placées en-dessous étaient pleines.
 Des pompes « manifestement non intègres en fonctionnement normal ».
 Des fuites de vapeur potentiellement radioactive sur des vannes censées être parfaitement étanches.
 D’autres fuites sur des pompes et robinets véhiculant des substances chimiques (soude, phosphate).
 La dégradation inquiétante des équipements censés fournir l’alimentation électrique de secours. L’Autorité de sûreté nucléaire note ainsi « plusieurs dégradations significatives susceptibles d’affecter le fonctionnement du système d’alimentation de secours des générateurs de vapeur, des groupes électrogènes et de la turbine à combustion d’ultime secours ».
 L’état alarmant de matériels électriques qui « présentaient un état de dégradation de nature à interroger leur capacité à assurer leur fonctionnement de sûreté à long terme. »

À plusieurs reprises, l’ASN évoque la « non-tenue au séisme » des équipements au regard de leur état de dégradation. Mais même en conditions normales, leur fonctionnement apparaît déjà compromis. Pour les associations, cette qualification, qui laisse croire que le risque n’existe qu’en cas d’événement exceptionnel, aboutit à minimiser l’ampleur des risques qui se présentent déjà ici et maintenant.  

Contacts presse :

 Françoise Pouzet – SDN BGP – 06 64 33 91 29  
 Catherine Fumé – SDN BGP – 06 62 84 13 88  
 Me Benoist Busson – avocat – 06 72 12 72 47  
 Marie Frachisse – juriste RSN – 07 62 58 01 23

Chargée de communication :  Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Publié le 2 décembre 2022

https://www.sortirdunucleaire.org/cinq-annees-de-bataille-juridique-contre-Belleville

NUCLÉAIRE : LE FIASCO DE FLAMANVILLE EN DÉBAT

Le 1er décembre, à Caen, les intervenants du 4ème débat public sur le nucléaire ont tenté de tirer les leçons des échecs successifs qui ont frappé le projet d’EPR à Flamanville. Sans calmer les inquiétudes des antinucléaires.

« L’enjeu est de s’assurer que l’on ne refait pas la même chose qu’il y a quinze ans. » Le mot de la fin de l’organisateur de ce nouveau débat [1] à l’initiative de la Commission nationale du débat public (CNDP) résonnait-il comme un avertissement ? C’est en tout cas comme cela que les militants antinucléaires venus nombreux ce soir-là l’ont interprété — en témoignent leurs applaudissements approbateurs. « L’enjeu » est de taille pour EDF, l’exploitant : faire oublier le fiasco du chantier de l’EPR de Flamanville (Manche), et construire six EPR2 d’ici à 2050, comme l’a annoncé Emmanuel Macron en février dernier, à Belfort. Soit des versions optimisées du réacteur nucléaire EPR : plus faciles et, surtout, moins chères à construire. Le chantier des deux premiers EPR2 devrait démarrer dès 2024, sur la centrale de Penly (Seine-Maritime).

Jeudi 1er décembre, plusieurs acteurs et actrices du monde du nucléaire étaient réunis à Caen pour le débat (retransmis en ligne) intitulé : « Que s’est-il passé à Flamanville ? Quels enseignements en a-t-on tirés ? ». Démarrée en 2007, la construction de ce réacteur n’est toujours pas achevée — il devrait être livré fin 2023. Les coûts ont été multipliés par cinq, atteignant près de 20 milliards d’euros. Il faut dire que celui-ci a accumulé les échecs : une cuve de béton non-conforme, des soudures qu’il a fallu refaire à plusieurs reprises, des défauts dans les tuyauteries, etc.

« Perte de la culture de qualité au sein de la filière EDF »

Comment en est-on arrivé là ? Publié en juillet 2020, un rapport de la Cour des comptes est venu mettre en lumière les dérives et les surcoûts des EPR français et étrangers. Le constat est si sévère que la Cour préconise une remise à plat de la rentabilité de la filière avant d’envisager la moindre nouvelle construction. Le projet de réacteur situé dans la Manche est « un échec opérationnel » résume Jean-Paul Albertini, président de la section Énergie de la deuxième chambre de la Cour des comptes et présent au débat.

Pour comprendre, il faut remonter le temps, explique-t-il. À commencer par 1998 lorsque l’Allemagne met fin à neuf années de « coopération sur le projet d’EPR » en se retirant du nucléaire. « La France se retrouve seule à le porter alors même que les grandes orientations avaient été conçues entre des industriels issus de ces deux pays. » L’expert de la Cour cite ensuite pêle-mêle : une compétition entre les groupes EDF et Areva qui les a poussés à lancer rapidement des chantiers d’EPR, des études détaillées insuffisantes en amont, des défauts d’organisation dans la conduite du chantier, entraînant de nombreux arrêts de chantiers.

L’EPR de Flamanville en travaux, en 2010. La livraison est prévue pour fin 2023. Wikimedia Commons/CC BY 3.0/schoella

Mais aussi « une perte de la culture de qualité au sein de la filière EDF ». L’électricien a notamment demandé à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de baisser ses exigences : c’est ce qu’on appelle « l’exclusion de rupture ». Autrement dit, il s’agit, par exemple, de ne pas analyser les conséquences d’une rupture de tuyauterie étant donné que celle-ci n’a que d’infimes chances de se réaliser. En contrepartie, les contrôles et le suivi de ces pièces devront être drastiques.

Intervenant également dans le débat, Jean-Martin Folz, ex-PDG du groupe PSA, a détaillé la perte de compétences techniques de la filière qu’il avait évaluée dans son rapport sur l’EPR de Flamanville remis en octobre 2019 au ministre de l’Économie Bruno Le Maire. « La filière a beaucoup désappris en six ans », concède Alain Tranzer, délégué général à la qualité industrielle et aux compétences, en référence aux années écoulées entre la fin du chantier du réacteur Civaux-2 (2002), et le début de celui de Flamanville. Une structure de contrôle des grands projets, une maîtrise d’ouvrage rénovée, un nouveau plan de formation et d’embauche… Preuve qu’EDF aurait tiré des leçons de ce camouflet, l’entreprise a dévoilé les différentes étapes de sa feuille de route visant à démontrer sa capacité à mener à bien les chantiers des six EPR qui seront situés à Penly donc, mais aussi à Gravelines, Bugey et Tricastin.

Des militants portaient des compositions florales mortuaires pour dénoncer le nucléaire, lors du débat public du 8 novembre 2022, à Paris. © Scandola Graziani / Reporterre

Un avis sévère de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire

À ce jour, plusieurs problèmes techniques capitaux persistent et suscitent l’inquiétude de citoyens venus assister au débat. En juillet dernier, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) a rendu un avis sévère à propos de l’effet des vibrations sur la cuve de l’EPR de Flamanville.

« Comment est-ce possible que Flamanville soit proche de la mise en service malgré les recours en justice et le refus de diligenter une expertise indépendante sur sa sûreté ? », a interpellé André Jacques, président du Comité de réflexion, d’information et de lutte antinucléaire (Crilan). « Pourquoi ne pas attendre le démarrage de Flamanville avant de lancer les chantiers des EPR2 ? », demande encore un autre citoyen dans l’obscurité de la salle. Sur scène, Antoine Menager, directeur du débat public d’EDF et ex-directeur de l’aménagement EPR de Flamanville rétorque simplement que « la filière industrielle ne fonctionnera que si les contrats sont passés avec suffisamment d’anticipation ».

Pour l’heure, difficile de savoir la charge de travail déjà réalisée et celle qui reste à achever avant de pouvoir démarrer le chantier de Penly. Dans le fond de la salle, des voix s’élèvent regrettant que le coût du nucléaire n’ait pu être abordé pendant la soirée. D’autres réunions publiques sont prévues : « Quelles conditions et conséquences du projet Penly et du programme sur le territoire et l’environnement ? », et notamment, « quel coût, quel financement, et quelle rentabilité ? »

Par Fanny Marlier, publié le 2 décembre 2022 à 10h08, mis à jour le 2 décembre 2022 à 14h08

Photo en titre : L’EPR de Flamanville (Manche), en 2022. – © Sameer Al-DOUMY / AFP

https://reporterre.net/Nucleaire-le-fiasco-de-Flamanville-en-debat?utm_source=newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=nl_quotidienne

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BERNARD LAPONCHE, LE NUCLÉAIRE CONTESTÉ DE L’INTÉRIEUR

Après avoir participé à la mise en œuvre des premiers réacteurs nucléaires français au sein du CEA, Bernard Laponche est devenu après mai-68 l’un des plus influents pourfendeurs de la filière nucléaire française. Il s’engage aujourd’hui dans le débat public sur la relance voulue par Emmanuel Macron.

Avec Bernard Laponche, Ancien ingénieur au CEA, physicien nucléaire, expert en politique énergétique, membre de l’association Global Chance.

C’est un militant à part, dans le milieu des opposants à l’énergie nucléaire en France : à 84 ans, Bernard Laponche a la légitimité de ceux qui ont connu, de l’intérieur, la réalité de la filière scientifique et industrielle de l’atome. Après des études à Polytechnique, il est rentré en 1961 au Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA), à la grande époque gaullienne où la conception de centrales nucléaires était une question de grandeur nationale. D’abord cantonné aux calculs théoriques sur les premiers réacteurs graphite-gaz, il raconte une filière de l’atome très cloisonnée, dans laquelle les chercheurs n’avaient aucune idée de ce qui se jouait dans les centrales, les questions de sûreté, de gestion des déchets radioactifs, de conditions de travail des ouvriers du nucléaire.

Il aura fallu l’appel d’air de Mai-68 pour l’amener à appréhender tous ces enjeux : engagé dans le mouvement syndical, auprès de la CFDT, il fréquente des travailleurs des centrales, et commence à démêler l’écheveau de la pollution radioactive liée à l’extraction de l’uranium et au fonctionnement des réacteurs, des risques d’accident, de l’insuffisance des moyens de retraitement. Avec son syndicat, il publie en 1975 un ouvrage, L’électronucléaire en France, qui fait toujours référence sur tous ces aspects volontiers passés sous silence par la filière.

Devenu permanent à la CFDT, retiré du CEA, Bernard Laponche devient de plus en plus critique du nucléaire français qui, à cette époque marquée par les chocs pétroliers, construit des nouveaux réacteurs à la chaîne et creuse sa dépendance à l’atome pour des décennies. Lui, dans le même temps, prend fait et cause pour développer des programmes d’économies d’électricité, au sein de l’Agence pour la Maîtrise de l’Énergie dont il deviendra le directeur général.

Face au risque bien réel d’un accident nucléaire en France, l’alternative existe selon Bernard Laponche

L’essor des énergies renouvelables, qui deviennent de plus en plus accessibles au tournant des années 2000, lui permettent de conforter le discours qu’il a tenu toute sa vie, selon lequel il est possible d’imaginer une alternative réaliste au nucléaire, en misant sur ces deux piliers que sont les ENR et une forte réduction de notre ébriété électrique alimentée par notre dépendance à l’atome.

Dénonciation des dangers et des non-dits de l’énergie nucléaire, promotion d’une autre voie moins chère, plus sûre et moins polluante : ce combat d’une vie mené par Bernard Laponche a fait de lui une référence dans le milieu des anti-nucléaires… mais aussi une bête noire pour la filière nucléaire. Ses critiques, nourries par son expérience passée à l’intérieur du système, et par les travaux qu’il continue de mener comme expert indépendant au sein de l’association Global Chance, servent de base de travail à tous ceux qui veulent réfuter point par point le discours dominant pro-nucléaire. Ce n’est donc pas un hasard su Bernard Laponche a repris son bâton de pélerin ces derniers mois pour participer activement aux débats publics organisés autour du projet de construction de nouveaux réacteurs EPR2 en France.

Par Camille Magnard, publié le vendredi 2 décembre 2022

Photo en titre : Bernard Laponche à son bureau parisien, le 3 novembre 2022 ©Radio France – Camille Magnard

Pour retrouver cet article et écouter l’entretien avec Bernard Laponche (4mn), cliquer sur : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/comme-personne/bernard-laponche-le-nucleaire-conteste-de-l-interieur-4201048

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM : LE RECOUPLAGE AU RÉSEAU DU RÉACTEUR 4 ATTENDRA ENCORE

La tranche de production n° 4, à l’arrêt depuis le 19 février dernier, n’a pas été recouplée au réseau électrique national comme prévu le 29 novembre à 23 h.

Le réacteur en sommeil depuis le 19 février doit subir de nombreux réglages pour pouvoir repartir et recevoir l’aval de la commission de régulation de l’énergie.

Lire aussi : Cattenom : pas assez d’eau dans l’une des rétentions du réacteur 4

C’est la sixième fois que le CNPE de Cattenom annonce un report de recouplage pour cette seule tranche qui, rappelons-le, n’est pas impactée par le phénomène de corrosion sous contrainte qui touche les tranches 1 et 3.

La direction de la centrale annonce un redémarrage de la tranche 4 dans les prochains jours.

Par Le Républicain Lorrain dans Grande Région, publié le 01/12/22 à 14h34

Photo en titre : Le redémarrage de la tranche 4 devrait avoir lieu dans les prochains jours selon le CNPE de Cattenom qui en est à son sixième report. (Photo RL/Philippe Neu)

https://lequotidien.lu/grande-region/centrale-nucleaire-de-cattenom-le-recouplage-au-reseau-du-reacteur-4-attendra-encore/

PROJET NUCLÉAIRE HONGROIS: LA JUSTICE EUROPÉENNE REJETTE UNE PLAINTE DE L’AUTRICHE

La Cour de justice de l’UE (CJUE) a débouté mercredi l’Autriche, qui contestait le feu vert donné par Bruxelles à la construction par la Hongrie de deux nouveaux réacteurs nucléaires, en grande partie financés par la Russie.

Le pays alpin, farouchement anti-atome, avait engagé cette procédure en 2018, peu après l’aval de la Commission européenne qui avait jugé l’aide de Moscou « limitée et proportionnée aux objectifs poursuivis ».

Dans son arrêt, le tribunal rejette les arguments de l’Autriche sur « l’illégalité » juridique de la décision européenne.

Il dément également « l’existence de distorsions disproportionnées de la concurrence et d’inégalités de traitement conduisant à l’éviction des producteurs d’énergie renouvelable du marché intérieur », selon le communiqué.

« À cet égard, il rappelle que les États membres sont libres de déterminer la composition de leurs bouquets énergétiques et la Commission ne peut exiger que les financements de l’État soient affectés aux sources d’énergie alternative », écrit l’instance de Luxembourg.

La Hongrie espère achever d’ici à 2030 la construction des deux réacteurs, confiée au conglomérat russe Rosatom, sur le site de la centrale de Paks, à une heure de route de Budapest.

Ce projet de 12,5 milliards d’euros est financé à hauteur de 80%, soit 10 milliards d’euros, par un prêt de la Russie à la Hongrie, qui prend en charge les 2,5 milliards d’euros restants.

Les nouvelles tranches, d’une capacité de 1,2 gigawatts chacune, vont compléter les quatre réacteurs actuels, construits dans les années 1980 et qui assurent près de la moitié de la production d’électricité.

Opposée à l’usage de l’atome, qu’elle juge dangereux et non rentable économiquement, l’Autriche saisit régulièrement la justice sur le sujet.

Début octobre, elle a attaqué auprès de la CJUE la création par la Commission d’un label « vert » pour le nucléaire.

Vienne avait déjà porté plainte en 2015 contre les subventions prévues pour les réacteurs EPR que le français EDF construit actuellement à Hinkley Point, en Grande-Bretagne.

Par AFP, publié le 01.12.2022  

Photo en titre : source : « Cour de justice de l’Union européenne ».

https://www.lemondedelenergie.com/projet-nucleaire-hongrois-justice-europeenne-rejette-plainte-autriche/2022/12/01/

FIASCO DE FLAMANVILLE : L’INDUSTRIE NUCLÉAIRE ÉLUDE LE BILAN POUR NE PAS FREINER LA CONSTRUCTION DE NOUVEAUX RÉACTEURS

Communiqué du 1er décembre 2022

« Que s’est-il passé à Flamanville et quels enseignements en a-t-on tirés ? ». Telle sera la question posée ce 1er décembre, lors de la 4ème séance du débat public sur le projet de construction de nouveaux réacteurs EPR à Penly et ailleurs. Mais comment attendre une réponse honnête et sans complaisance de la part d’EDF alors qu’Antoine Ménager, qui représente l’industriel lors de ce débat, était le responsable du chantier de 2011 à 2016 ?

11 années de retard au moins, des coûts multipliés par 6, des malfaçons en série sur le chantier et dans les usines de la filière, un lourd bilan humain (décès d’ouvriers, affaire de travail dissimulé…) : l’EPR de Flamanville, toujours inachevé, est un fiasco. Le réacteur, qui a dû faire l’objet de lourdes réparations avant même d’avoir démarré, ne présente plus les caractéristiques initialement requises en termes de sûreté. Comment pourrait-il être autorisé à entrer en service ?

Ce fiasco devrait interdire de reproduire cette catastrophe en 6 exemplaires en se lançant dans la construction de nouveaux réacteurs. Manque de rigueur et de compétence, pression préjudiciable à la sûreté : n’en déplaise aux partisans du nucléaire, les mêmes ingrédients sont réunis pour des chantiers chaotiques prometteurs de retards et surcoûts. Faire reposer la stratégie énergétique française sur l’hypothétique disponibilité de ces réacteurs dès les années 2035 revient à mettre en péril nos objectifs climatiques et représente une perte de temps et de ressources inacceptable, alors que la faisabilité du 100% renouvelable est maintenant avérée. 

Publiant son propre bilan du chantier de Flamanville, le Réseau « Sortir du nucléaire » appelle à en tirer toutes les conclusions : ne jamais démarrer ce réacteur, renoncer à une chimérique relance du nucléaire et se tourner vers un modèle énergétique sobre et renouvelable !

Lire sur cette page notre bilan détaillé du chantier de l’EPR de Flamanville

Publié le 1er décembre 2022

Photo en titre : © Émilie Massemin – Reporterre

Contact presse : Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

https://www.sortirdunucleaire.org/Fiasco-de-Flamanville-l-industrie-nucleaire-elude

LA FRANCE REÇOIT UNE IMPORTANTE CARGAISON D’URANIUM RUSSE

Chargé de plusieurs dizaines de fûts d’uranium enrichi et de dix conteneurs d’uranium naturel en provenance de Russie, le cargo Mikhail Dudin a déchargé sa cargaison le 29 novembre à Dunkerque (Nord). « Le commerce nucléaire entre la France et la Russie continue à battre son plein », a fustigé Greenpeace, dans un communiqué diffusé le jour même.

L’uranium déchargé en provenance de Russie aurait ensuite pris la route (par train et par camions) de la vallée du Rhône, plus précisément de Pierrelatte où sont fabriqués les combustibles nucléaires alimentant les centrales françaises, et/ou de Lingen en Allemagne, précise l’ONG.

Comme l’explique Le Monde, la France n’est pas dépendante de la Russie pour s’approvisionner en uranium naturel mais bien pour « “recycler” l’uranium issu des combustibles utilisés dans les cinquante-six réacteurs du parc », et seule l’installation de Rosatom en Sibérie est capable de le faire.

La France dépendante de la Russie pour “recycler” l’uranium

La critique n’est pas nouvelle. Fin août 2022, une livraison de cinquante-deux fûts avait été dénoncée par l’ONG, alors que le président français affirmait ne vouloir faire preuve d’« aucune faiblesse, aucun esprit de compromission » à l’égard de l’agresseur de l’Ukraine.

La livraison constatée par Greenpeace montre que la France n’a pas encore cessé son commerce d’uranium avec la Russie. « L’industrie nucléaire française est pieds et poings liés avec la Russie tout au long du parcours du combustible, de l’extraction de l’uranium jusqu’à la question des déchets, a réagi la chargée des campagnes nucléaire et transition énergétique chez Greenpeace Pauline Boyer. Le nucléaire ne permettra jamais notre indépendance énergétique. »

Lire aussi : L’encombrante livraison d’uranium russe à l’Europe

Greenpeace demande l’arrêt définitif de tout commerce nucléaire avec la Russie — exportation et importation comprises — et la résiliation de tous les contrats en cours entre l’industrie nucléaire française et Rosatom ainsi que ses filiales.

Publié le 30 novembre 2022 à 15h31

https://reporterre.net/La-France-recoit-une-importante-cargaison-d-uranium-russe

NUCLÉAIRE : LES MILITANTS DE BURE DÉNONCENT UN « PROCÈS POLITIQUE »

Le 28 novembre, la cour d’appel de Nancy a requis des peines allant de douze mois de prison ferme à huit mois avec sursis contre sept opposants au projet Cigéo. Leurs avocats, dénonçant une « procédure hallucinante », ont plaidé la relaxe.

Dans la salle d’audience tout en bois et en moulures de la cour d’appel de Nancy (Meurthe-et-Moselle), un grand soupir de soulagement se fait entendre… avant la suite de la bataille. Nous sommes le lundi 28 novembre, il est 9 h 30 et, dès l’ouverture du procès en appel de sept opposants à Cigéo, le président Vincent Totaro a fait une annonce : « Les prévenus sont définitivement mis hors de cause pourassociation de malfaiteurs. »

Contrairement à ce qui avait été initialement indiqué aux avocats de la défense, le parquet de Bar-le-Duc (Meuse) n’a en effet pas interjeté appel de la relaxe déjà obtenue en première instance pour ce chef d’accusation. Les autres infractions reprochées aux militants antinucléaires, qui ont tous fait appel, ont en revanche bien été réexaminées : organisation d’une manifestation non déclarée, attroupement après sommation de dispersion, dégradation et vol en réunion, détention en bande organisée de substances ou produits entrant dans la composition d’engins incendiaires.

Lundi 28 novembre au soir, l’avocate générale de la cour d’appel de Nancy a requis des peines allant de huit à dix mois de prison avec sursis pour six prévenus, tandis que douze mois de prison ferme ont été requis à l’encontre du septième. En première instance, le 21 septembre 2021, un opposant avait été totalement relaxé, quatre autres étant condamnés à des peines allant de six à neuf mois de prison avec sursis et deux autres à respectivement neuf et douze mois de prison ferme. Au procès en appel, les avocats de la défense ont plaidé à nouveau la relaxe pour l’ensemble des militants, dénonçant une « procédure hallucinante » et une enquête « parfaitement tirée par les cheveux ».

Cour d’appel de Nancy, au procès en appel des sept opposants au projet Cigéo, le 28 novembre 2022. © Franck Dépretz / Reporterre

« Cette information judiciaire est un terrible échec, mais elle a en revanche magnifiquement réussi à brider logistiquement, matériellement et pécuniairement toute une mobilisation », a notamment déclaré Me Matteo Bonaglia lors de sa plaidoirie mardi 29 novembre. Depuis le début de cette affaire, il y a cinq ans, les prévenus s’alarment d’un procès « politique » visant à criminaliser et à étouffer leur lutte opiniâtre contre Cigéo, ce projet d’enfouissement de 85 000 m³ de déchets nucléaires extrêmement radioactifs, à Bure (Meuse).

Maîtres Matteo Bonaglia, Étienne Ambroselli et Raphaël Kempf en conférence de presse devant la cour d’appel de Nancy. © Franck Dépretz / Reporterre

Une enquête « tentaculaire »

Aucune partie civile n’a fait le déplacement. Et pour cause : en septembre 2021, la demande de constitution de partie civile de la commune de Bure et de son assureur avait été déclarée irrecevable par le tribunal de Bar-le-Duc. Six des sept prévenus, défendus collectivement, ont en revanche fait le déplacement pour ce procès en appel. Faisant valoir leur droit au silence, ils ont refusé d’intervenir ou de répondre aux questions de la cour. Ils ont toutefois montré un soutien les uns envers les autres : comme l’a rappelé Me Bonaglia, ce sont aussi des relations amicales et sentimentales qui ont été mises à mal par cette procédure « attentatoire à nombre de droits et libertés fondamentales ». De fait, pendant plus de deux ans, ces militants ont été interdits de se voir et de se parler en raison de l’information judiciaire.

Celle-ci a débuté en juillet 2017, avec l’ouverture d’une enquête contre X pour « dégradation par moyens dangereux et association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit puni de dix ans d’emprisonnement ». En cause : l’incendie en juin 2017 d’un hôtel-restaurant à Bure, connu pour héberger du personnel de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), en charge du projet Cigéo. Le juge d’instruction versera ensuite au dossier la dégradation, en février 2017, de l’écothèque de l’Andra, et une manifestation non déclarée qui a eu lieu le 15 août 2017. Une enquête « tentaculaire » a alors été lancée, l’État dépensant la somme d’1 million d’euros : des dizaines de personnes placées sur écoute, des perquisitions à répétition, une cellule de gendarmerie spécialement dédiée, la DGSI récupérant une partie des 450 objets placés sous scellés…

Des « techniques relevant de l’antiterrorisme et du grand banditisme », qui n’ont pourtant jamais permis de déterminer les responsables de la dégradation de l’écothèque et de l’incendie de l’hôtel-restaurant. Si un non lieu a été rendu le 8 avril 2021 pour ses deux affaires, celles-ci ont pourtant motivé le chef d’accusation d’association de malfaiteurs (depuis abandonné) pour les sept prévenus. Et, a fortiori, justifié l’ouverture de l’information judiciaire expliquant leur présence à la cour d’appel de Nancy… pour au final seulement « quelques infractions mineures », comme l’a dit Me Raphaël Kempf.

Procès en appel des sept opposants au projet Cigéo, le 28 novembre 2022. © Franck Dépretz / Reporterre

D’autant que, de l’avis des avocats, ces infractions sont insuffisamment « caractérisées ». Prenant l’exemple des personnes à qui l’on reproche la détention de produits explosifs, Me Florian Regley a démonté l’enquête à la sulfateuse. « Les 22 000 pages de ce dossier ne permettent à aucun moment de prouver leur intention de porter atteinte à des personnes ou des biens. En revanche, il est écrit qu’ils “ne pouvaient ignorer” à quel usage ces substances seraient destinées. Cette formule magique vise à combler les lacunes d’une enquête en tout point incohérente. Or, il s’agit ici de faire du droit », a-t-il lancé, non sans ironie. Pour lui, la qualification de « bande organisée » dans les réquisitions est « un affront fait à la justice » : « Aucun document, aucune déclaration, aucune écoute téléphonique, aucun message envoyé ne fait état d’un projet d’emploi de ces produits. »

Loïc Schneider, 27 ans, est toujours présent pour soutenir les camarades avec qui il lutte contre Cigéo et son monde depuis huit ans. © Franck Dépretz / Reporterre

Délibéré le 26 janvier 2023

De la même manière, son confrère Etienne Ambroselli a rappelé comment, tout au long de l’enquête policière et judiciaire, l’idée de « manifestation non déclarée » a été assimilée à tort à celle d’« illégalité ». « Or, une manifestation non déclarée ne peut absolument pas, et de quelque façon que ce soit, être considérée comme illicite. Participer à une manif’ non déclarée est l’exercice d’une liberté fondamentale », a-t-il ajouté. Sans oublier de souligner comment, outre deux gendarmes, plusieurs manifestants avaient été blessés par les forces de police lors de la manifestation du 15 août.

Matteo Bonaglia, lui, est revenu sur divers « raccourcis intellectuels » opérés par le juge d’instruction. Il a mis en avant le cas d’une prévenue censée avoir été « formellement identifiée » lors de cette fameuse manifestation. De quelle manière ? Grâce à une photo non horodatée… où l’on peut voir « son regard très prononcé par ses lunettes ». « Madame a pour sûr un très beau regard, mais que signifie unregard très prononcé ? » a demandé l’avocat, citant par ailleurs le nombre élevé d’adultes portant ce genre d’accessoire. Dans la salle d’audience, des rires se sont élevés. De même lorsque Me Bonaglia a listé les divers objets saisis dans le cadre de cette enquête, et dont la défense a demandé la restitution. Cette « liste à la Prévert — ou plutôt à la Maurice Papon » comporte des ordinateurs, des appareils photo, des téléphones portables, et même une bouteille de vin rouge Terre nature.

Les soutiens de la première heure aux « malfaiteuses-teurs » de Bure. Christian et Régis, tous deux membres du Collectif Alsace des luttes paysannes et citoyennes ; Koko, cofondateur de l’historique Collectif d’action contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cacendr) créé en 1999 ; et Michel, de la Confédération paysanne 54. © Franck Dépretz / Reporterre

Du vin, il y en avait également au stand de soutien installé non loin de la cour d’appel par la Confédération paysanne. Nombre de personnes ont fait le déplacement pour épauler les prévenus. Parmi elles, Juliette Geoffroy, porte-parole du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs (Cedra) : « Ce dossier grossier a accouché d’une souris, et il serait peut-être temps de nous laisser passer à autre chose. D’autant que la lutte continue, quand bien même la répression policière et judiciaire contre Cigéo est toujours d’actualité au-delà de ce procès, par exemple dans le cadre de l’affaire Poma. »

Après avoir parcouru en vélo les 700 kilomètres qui séparent Bure de Notre-Dame-des-Landes, en 2014, dans le cadre d’une opération de convergence des luttes, Irène Gunepin anime la pétition photos « Cigéo, je dis non ! ». © Franck Dépretz / Reporterre

Alors que l’État semble vouloir coûte que coûte relancer le nucléaire, des échéances importantes arrivent, dont le dépôt par l’Andra, d’ici la fin de l’année, de la demande d’autorisation de création (DAC) de Cigéo. Un projet pour lequel Me Bonaglia a eu ces mots, suscitant une émotion palpable parmi les prévenus : « Madame l’avocate générale a dit, lors de ses réquisitions, qu’il ne faisait pas bon jouer dans la rue pour les enfants lors de la manifestation du 15 août 2017. Mais sans celles et ceux qui comparaissent ici aujourd’hui, c’est pour les futurs enfants qu’il ne fera pas bon jouer dehors. »

La cour d’appel de Nancy rendra son délibéré le 26 janvier, à 13 h 30. Dans le cas d’un maintien des condamnations, les opposants à Cigéo entendent porter l’affaire devant la Cour de cassation, voire la Cour européenne des droits de l’Homme.

Deux grands crus mis en bouteille en 2017 en soutien aux opposants à Cigéo et son monde victimes de « répression policière et judiciaire ».

Par Amélie Quentel et Franck Dépretz (photographies), publié le 30 novembre 2022 à 09h48, mis à jour le 30 novembre 2022 à 14h53

Photo en titre : Procès en appel des sept opposants au projet Cigéo, le 28 novembre 2022. – © Franck Dépretz / Reporterre

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DÉCARBONATION DU SECTEUR ÉNERGÉTIQUE EUROPÉEN

OPINION. Dans le cadre de sa stratégie nationale bas carbone (SNBC), la France compte en partie sur son électricité bas-carbone fournie par ses réacteurs nucléaires. Mais, le peut-elle vraiment ?

En France, l’énergie nucléaire a connu son âge d’or dans les années 70-80. Depuis plusieurs années, un déclin de la filière est observé, en raison d’un non-renouvellement du parc nucléaire : aucune anticipation n’a été faite pour prendre le relais des centrales de 2ème génération des années 70-80 une fois qu’elles atteindraient leur fin d’exploitation au bout de 40 ans.

Résultat : leur durée de vie a été prolongée, à 60 ans, avec l’autorisation de l’ASN, et ce, principalement pour faire en sorte de maintenir un niveau de production électrique suffisant : il y a un problème d’arbitrage entre le black-out et le risque nucléaire.

Une relance poussive

L’EPR de Flamanville, symbole de relance d’une filière en berne, apportant à l’origine la promesse d’un réacteur plus performant, plus sécurisé et plus puissant (1.650 MW au lieu de 900 MW), est en construction depuis 2007 et accumule depuis les retards et les surcoûts. Initialement, la centrale devait coûter 3 milliards d’euros et sa mise en service était prévue pour 2012. Maintenant, elle a déjà coûté 20 milliards d’euros et elle ne fonctionnera au plus tôt qu’au 2ème trimestre 2023 [1], soit plus de 10 ans de retard ! Il y a eu une erreur de gigantisme : il a été pensé que plus la taille de la centrale augmenterait, plus le coût du kWh produit baisserait.

Or, des phénomènes de seuil ont fait exploser les coûts : il n’existait pas de grue assez grande pour mettre le couvercle de la centrale ou bien les limites physiques du béton étaient atteintes. Enfin, le dôme de la centrale a été conçu dans une usine sous-dimensionnée, ce qui a résulté en un problème d’homogénéité dans sa composition. Ainsi, Flamanville va être mis en service avec un dôme non-conforme, avec l’autorisation de l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN).

Une indépendance énergétique toute relative

L’énergie nucléaire est peu onéreuse à produire malgré une indépendance énergétique relative [2]. En effet, historiquement la France produisait tout ou partie de son combustible nucléaire. Depuis, la France l’importe principalement du Kazakhstan, de l’Australie, du Niger et de l’Ouzbékistan [3].

Or, le ministère de la transition énergétique estimait que l’indépendance énergétique de la France était de 55% en 2021 et de 47,4% et 45,3% respectivement au premier et au deuxième trimestre 2022. Mais ces chiffres sont fondés sur une convention statistique datant de l’époque où la France produisait encore son combustible nucléaire.

Ainsi, l’énergie primaire comptabilisée serait la chaleur émise par le réacteur et non le combustible utilisé pour provoquer la fission nucléaire et dégager cette chaleur. Si l’origine du combustible était prise en compte, le taux d’indépendance énergétique de la France ne serait que de 10 à 12% [4] ! Cette dépendance peut être néanmoins nuancée par le fait que la France dispose en avance d’un stock d’uranium naturel permettant de produire 2 ans d’électricité [5].

Les 3 principaux atouts du nucléaire

Le nucléaire est une énergie :

  • Compacte : son empreinte au sol, comparée à toutes les autres formes d’énergies, y compris les énergies fossiles est très faible : 0,1 m2/MWh contre 0,2 à 500 m2/MWh [6].
  • Bas-carbone : elle a un facteur d’émission inférieur à toutes les autres formes d’énergie, y compris les énergies renouvelables, et en particulier par rapport au solaire.
  • Avec un facteur de charge élevé comparé aux énergies fossiles et renouvelables (près de 70% contre 40% au maximum, à l’exception notable de l’éolien offshore (50%) et des bioénergies (68%))

Cependant, ce facteur de charge élevé a été mis à mal en 2022 par les problèmes de corrosion rencontrée sur 12 des 56 réacteurs nucléaires français. Ce problème a été prédit en 1979 par Marcel Boiteux, le PDG d’EDF de l’époque, qui avait dit qu’au vu des pressions et températures subies, les pièces ne pourraient subir que 12.000 cycles thermiques correspondant à 40 ans d’usage.

La sous-traitance, un problème majeur

Un problème majeur du secteur nucléaire est la sous-traitance. Aujourd’hui 80% du personnel est constitué de sous-traitants, soit environ 160.000 personnes réparties entre 2.500 entreprises, alors qu’il y a 34 ans, la sous-traitance ne constituait au maximum que 30% des emplois. De plus, malgré un décret datant du 28 juin 2016 interdisant l’externalisation de certaines activités et limitant la sous-traitance à 3 niveaux [7], il existerait encore parfois jusqu’à 8 niveaux de sous-traitance [8] ! Or, d’après un rapport de 2018 mené par Barbara Pompili :

« La perte de compétences des exploitants est une grande source de danger et ne pourrait qu’aggraver les conséquences en cas d’accident nucléaire […] la sous-traitance a été identifiée comme l’un des éléments responsables de l’accident de Fukushima ».

L’énergie nucléaire encore nécessaire pour la décarbonation

L’énergie nucléaire a toute sa place, ou au pire, c’est un mal nécessaire, dans le mix énergétique et dans la stratégie de décarbonation française. En effet, si l’on se penche sur les scénarios de RTE, de l’ADEME et de Négawatt de projections du mix énergétique français en 2050, tous les scénarios imaginés par les trois organismes s’accordent sur un point : la fission nucléaire ne sera pas abandonnée avant au moins 2045.

Ainsi, même Négawatt, fervent adepte de la sortie du nucléaire, admet que, pour atteindre les objectifs de décarbonation de l’économie française d’ici 2050, le maintien du nucléaire est nécessaire pendant encore 23 ans. De plus, l’ADEME comme Négawatt arrivent à la même conclusion : la sortie du nucléaire ne se ferait qu’à condition de suivre un scénario extrêmement sobre.

RTE a également imaginé la sortie du nucléaire d’ici 2050, mais il faudrait installer toutes les formes d’énergies renouvelables à un rythme beaucoup plus soutenu que les meilleures performances européennes. A contrario, si du nouveau nucléaire est développé, RTE montre qu’il ne sera pas possible d’atteindre les rythmes d’implémentation des centrales nucléaires des années 70-80.

Développement de nouveau nucléaire ou Maintien de l’existant ?

Des incertitudes subsistent sur la capacité de la France à pouvoir implémenter du nucléaire au rythme imaginé par les scénarios de RTE. En effet, avec Flamanville, la filière du nucléaire revient du gigantisme et va privilégier des centrales plus petites de 900 MW à 1 GW maximum. Or, cela nécessite au moins 15 ans d’études pour construire un nouveau modèle.

Actuellement, seulement 10% des plans ont été faits ce qui signifie qu’un nouveau nucléaire ne sera pas disponible avant 20 ans. De plus, chaque génération de centrale nucléaire a démontré jusque-là qu’elle était plus chère que la précédente : pour l’instant, le nouveau nucléaire est estimé à 150 euros/MWh sachant que le coût du démantèlement est sous-estimé dans le TCO. En effet, la France fait des estimations de coûts de démantèlement 3 à 5 fois plus basses que d’autres pays qui ont déjà démantelé.

En parallèle, les énergies renouvelables ne cessent de battre des records de prix, avec un récent record européen de solaire au Portugal à 15 euros/MWh ! D’ici 20 ans, le prix ne pourrait être plus que de 5 euros/MWh, soit 30 fois moins que le nouveau nucléaire ! La question se pose donc : faut-il seulement maintenir le nucléaire existant le temps de la transition et investir massivement dans les énergies renouvelables ou bien développer à la fois du nouveau nucléaire et des énergies renouvelables ? RTE soutient que les scénarios de mix sans nucléaire seront plus onéreux, mais cela ne semble pas si évident au regard d’une étude de l’Université de Stanford qui démontre que le solaire couplé au stockage par batterie vaudrait 30 à 40 euros/MWh dès aujourd’hui

Dans tous les cas, que l’on choisisse de sortir du nucléaire en 2050 ou non, il y aura une nécessité d’accélérer le déploiement de toutes les formes d’énergie renouvelable au moins par un facteur 2 et les investissements nécessaires seront colossaux (59 à 77 milliards d’euros/an, contre 45 milliards d’euros/an actuellement). Si la France finit par choisir de prolonger le nucléaire, il va falloir que sa filière nucléaire regagne vite en crédibilité, surtout depuis que Westinghouse a gagné en Pologne face à EDF.

Sources :

[1] S. Joussellin, « EPR de Flamanville : où en est le chantier pharaonique de la centrale nucléaire ? », www.rtl.fr.
[2] P. Breteau, « L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire : un tour de passe-passe statistique », Le Monde.fr, 24 janvier 2022.
[3] « D’où vient l’uranium naturel importé en France ? », Connaissances des énergies, 9 août 2017.
[4] Ministère de la Transition Écologique et Commissariat général au développement durable, « Bilan énergétique de la France pour 2019 ». Datalab, janvier 2021.
[5] Rarnol, « En France, les ressources en uranium sont-elles suffisantes pour assurer notre indépendance énergétique ? », Sfen.org, 7 octobre 2020.
[6] U. Fritsche et al., Energy and Land Use – Global land outlook working paper. 2017. doi: 10.13140/RG.2.2.24905.44648.
[7] L. Radisson, « Le Gouvernement limite la sous-traitance à trois niveaux dans le domaine nucléaire », Actu-Environnement, 5 juillet 2016.
[8] F. Ruffin et C. Pocréaux, « Balade nucléaire : Promenade avec Gilles, sous-traitant dans le nucléaire depuis 30 ans. L’autre face de l’atome », Fakir, no 99, août 2021.

Par Pierre-Emmanuel Guilhemsans-Vendé, Consultant R&D chez TNP Consultants (avec la contribution de Grégory Lamotte, Président & Fondateur de Comwatt) publié le 30 novembre 2022 à 8h40

Photo en titre : Pierre-Emmanuel Guilhemsans-Vendé  (Crédits : DR)

https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/le-nucleaire-francais-grande-inconnue-dans-la-decarbonation-du-secteur-energetique-europeen-942614.html

RUSSIE: LES SANCTIONS EUROPÉENNES N’AFFECTERONT PAS LE FINANCEMENT DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE TURQUE…

… selon le directeur général adjoint de l’agence fédérale de l’énergie atomique (Rosatom), Kirill Komarov.

AA / Sotchi / Ozhan Ozso

Le directeur général adjoint de l’agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom), Kirill Komarov, a annoncé que les sanctions de l’Union européenne contre Moscou ne poseraient pas de problème pour le financement de la centrale nucléaire « Akkuyu » à Mersin, dans le sud de la  Turquie.

C’est ce qui ressort ses déclarations, lors de la douzième exposition « International Nuclear Energy » dans la ville russe de Sotchi, lundi. Komarov a expliqué qu' »Akkuyu » est le plus grand site de construction de centrale nucléaire au monde.

Il a souligné que plus de 20 000 personnes travaillent sur le chantier de construction.

« En 2023, il faut que les principaux travaux de construction de la première unité et l’introduction du comestible nucléaire soient achevés, étant donné que la Turquie est sur le point de devenir une puissance nucléaire et un pays doté de la technologie nucléaire« , a-t-il ajouté.

Il a indiqué que toutes les obligations de financement de projets appartenaient à la partie russe, notant que ce financement provient de Rosatom ainsi que des prêts de banques russes qui fournissent activement des fonds.

« L’année dernière, pour la première fois, nous avons entièrement retiré le financement bancaire conformément aux principes de la finance verte. Nous avons retiré, en seulement un an, plus de 800 millions de dollars aux banques du type de financement vert. En plus de ces prêts financiers verts, il y a des prêts réguliers qui ne sont pas liés à des obligations vertes, donc la situation en ce qui concerne ce projet est tout à fait stable, et je peux dire que les sanctions n’ont eu aucun effet« , a-t-il expliqué.

A noter que le premier réacteur de la centrale nucléaire d’Akkuyu devrait entrer en service au cours de la prochaine année 2023.

*Traduit de l’arabe par Wejden Jlassi

Par Muhammet Torunlu, publié le 28.11.2022

https://www.aa.com.tr/fr/monde/russie-les-sanctions-europ%C3%A9ennes-naffecteront-pas-le-financement-de-la-centrale-nucl%C3%A9aire-turque/2749748

LA BELGIQUE EMBARRASSÉE PAR UNE LIVRAISON D’ARMEMENT AU ROYAUME-UNI

Le contrat, objet d’un différend au sein de la coalition gouvernementale entre écologistes et libéraux, contreviendrait à la législation sur l’exportation dans le domaine nucléaire.  

Un nouveau sujet de discorde est apparu au sein du gouvernement belge et le premier ministre, Alexander De Croo, qui l’a qualifié de « sensible », devra faire preuve d’imagination pour le résoudre, préserver la cohésion de sa fragile majorité, mais aussi les relations de son pays avec le Royaume-Uni.

En cause, un contrat d’armement négocié par Londres avec une firme belge, mais désormais bloqué par un différend entre la gauche écologiste et la droite libérale francophone, membres du gouvernement fédéral, car il contreviendrait à la législation sur l’exportation de matériel à double usage (civil et militaire) dans le domaine nucléaire.

« À l’heure de la guerre en Ukraine, alors que le premier ministre rentre de Kiev, on doit absolument éviter toute polémique avec un allié », tempêtait, lundi 28 novembre, un député de la majorité. Un regain de tension est, pourtant, bien perceptible au sein de la coalition, depuis les informations révélées le 23 novembre par la chaîne LN24 au sujet de ce dossier classé secret-défense.

Lire aussi : La guerre en Ukraine met les stocks d’armes occidentaux sous pression (Article réservé à nos abonnés)

Le Royaume-Uni entend acquérir un matériel belge de haute technologie, à savoir une presse isostatique, un appareillage qui permet de réduire la porosité des pièces métalliques et de renforcer leur densité. EPSI, une entreprise de Flandre orientale, est devenue un leader dans ce domaine, longtemps dominé par des firmes américaines.

« De très importants partenaires commerciaux »

Les autorités britanniques évoquent une commande dans un but de « recherche », sans doute militaire, mais l’équipement qu’elles espèrent acquérir peut également être utilisé pour la propulsion dans le domaine nucléaire. Selon des sources belges, la British Army voudrait d’ailleurs se servir de cet outil pour la maintenance de son armement atomique.

D’où le blocage actuel. Les écologistes et le PS francophone se basent sur une loi de 1981, révisée en 2010, qui interdit les exportations de matériels à double usage s’ils peuvent aider au développement du nucléaire « non pacifique ». La Région flamande – où EPSI a son siège – a, certes, accordé la licence d’exportation – nécessaire, puisque le Royaume-Uni n’est plus membre de l’Union européenne –, mais le gouvernement fédéral doit également donner son aval, après avoir évalué la conformité du contrat aux traités sur la non-prolifération nucléaire.

Une commission d’évaluation, regroupant des représentants d’une dizaine de ministères, s’est d’abord déclarée incompétente il y a quelques semaines. Le premier ministre indiquait, le 24 novembre, qu’elle se réunirait à nouveau prochainement et « déciderait conformément à la loi ». En parallèle, le chef du gouvernement insistait sur le fait que « les Britanniques sont nos voisins, nos partenaires dans beaucoup de domaines ; de très importants partenaires commerciaux, importants aussi dans le domaine de l’énergie, et naturellement dans l’OTAN ».

La colère monte à Londres

Des propos interprétés comme une tentative de calmer sa majorité d’une part et, d’autre part, la colère qui monte à Londres, même si une source gouvernementale belge affirme qu’« aucun signe de représailles » n’y est perceptible. Au Royaume-Uni, on reste muet, mais « on n’en pense pas moins », corrige un diplomate britannique interrogé par Le Monde.

La situation inquiète en tout cas la Wallonie, où la Fabrique nationale d’armes de Herstal négocie actuellement un contrat pour le renouvellement de mitrailleuses pour les forces armées britanniques. Il porterait sur 60 millions d’euros, mais ne serait que le premier d’une série devant bénéficier tant à la Flandre qu’à la Wallonie.

La Belgique va-t-elle, ainsi que le craint le député centriste Georges Dallemagne, membre de l’opposition, « affaiblir la dissuasion nucléaire d’un pays allié au moment où la Russie agite la menace nucléaire » ? Ce serait embarrassant. D’autant, se souviennent certains, que Bruxelles a livré naguère une presse isostatique à l’Iran en 2004. Celle-là n’était, selon les autorités de l’époque, pas soumise à une licence d’exportation. Elle a toutefois été livrée à une entreprise qui n’était pas celle mentionnée au départ, ce qui a laissé un gros doute quant à sa destination et son utilisation finale.

« Stupidité dogmatique »

Les juristes de M. De Croo planchent désormais, selon le journal Le Soir, sur une solution, difficile à élaborer, mais qui contenterait toutes les composantes de sa majorité : la loi belge ne serait pas modifiée, pour contenter la gauche, mais la presse isostatique serait bien exportée, du moins si l’on trouve dans les dispositions légales adoptées après le Brexit le moyen permettant d’honorer le contrat. Ce qui satisferait la droite libérale francophone dont le président, Georges-Louis Bouchez, a qualifié de « stupidité dogmatique » la position de ses alliés gouvernementaux.

Le conflit entre les différentes composantes de la majorité porte-t-il, en fait, réellement sur la livraison du matériel en question ou révèle-t-il plutôt les sourdes rivalités qui minent la coalition de M. De Croo ? La question a été posée par plusieurs médias. Ils évoquent la possible origine de la confrontation actuelle : les Verts ont dû admettre, le 4 novembre, le principe d’une visite de la ministre libérale des affaires étrangères, Hadja Lahbib, au Qatar, pour la Coupe du monde de football. Ils s’y opposaient fermement et, désireux de prendre une revanche politique, ils auraient dès lors exhumé le dossier de la vente au Royaume-Uni. « C’est faux, nous n’avons établi aucun lien entre ces deux affaires, c’est une pure affabulation », affirme au Monde, le vice-premier ministre, Georges Gilkinet, du parti Ecolo.

Par Jean-Pierre Stroobants, (Bruxelles, Correspondant), publié le 29 novembre 2022 à 10h53, mis à jour le 29 novembre 2022 à 10h53

Photo en titre : Le premier ministre belge, Alexander De Croo, lors d’un point de presse après le Sommet international sur la sécurité alimentaire à Kiev, en Ukraine, le 26 novembre 2022.

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/11/29/la-belgique-embarrassee-par-une-livraison-d-armement-au-royaume-uni_6152132_3210.html

COTENTIN. ORANO-LA HAGUE : « PLUSIEURS CENTAINES DE SALARIÉS » FILTRENT L’ENTRÉE DU SITE NUCLÉAIRE

Le syndicat SUD Orano Recyclage a annoncé que l’intersyndicale filtrait l’entrée du site nucléaire de La Hague (Manche) depuis 4 h 30 en ce mardi 29 novembre 2022.

C’est via un communiqué de presse que le syndicat SUD Orano Recyclage a annoncé que l’intersyndicale CFE-CGC, FO, CFDT, CGT et SUD, « accompagnée de plusieurs centaines de salariés », filtrait l’entrée du site nucléaire de La Hague (Manche) depuis 4 h 30 en ce mardi 29 novembre 2022.

À lire aussi :  Nucléaire. Orano-La Hague dresse un état des lieux du démantèlement d’UP2-400

Négociations salariales

Cette grève, débutée le 25 novembre dernier et « conduite par tous les syndicats représentatifs dans l’entreprise », fait suite aux négociations salariales. « La Direction d’Orano a proposé une augmentation générale de 3,3 %, bien en dessous du niveau de l’inflation », indique le communiqué. L’intersyndicale, elle, demande une augmentation générale de 6,2 %, favorisant les salaires les plus faibles.

« Cette provocation, alors même que le projet Convergence supprime 197 postes sur La Hague, est la goutte d’eau faisant déborder le vase pour des centaines de salariés filtrant désormais l’accès au site de La Hague », insiste le syndicat SUD Orano Recyclage.

Ce dernier rappelle que « la filière du traitement-recyclage est la grande oubliée de la politique de relance du nucléaire. Le site de La Hague est au cœur des enjeux du nucléaire français via la densification des piscines, le stockage du plutonium, et la vente prévue de plusieurs hectares du site nucléaire de La Hague pour une éventuelle, mais déjà très médiatique, future piscine géante d’entreposage des combustibles nucléaires d’EDF, liste le communiqué de presse. Fait aggravant la colère des salariés, la Direction abuse des restrictions (nombre et tâches à réaliser) pour limiter l’impact de la grève. Des salariés grévistes réalisent des gestes classiques d’exploitation n’ayant aucun lien avec la sûreté/sécurité, en contradiction totale avec le droit constitutionnel de grève ! »

Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 29 novembre 2022 à 8h59

Photo en titre : Le syndicat SUD Orano Recyclage a annoncé que l’intersyndicale filtrait l’entrée du site nucléaire de La Hague (Manche) depuis 4 h 30 en ce mardi 29 novembre 2022. (© Syndicat SUD Orano Recyclage)

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https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/cotentin-orano-la-hague-plusieurs-centaines-de-salaries-filtrent-l-entree-du-site-nucleaire_55539410.html

ÉNERGIE : LA CENTRALE AU CHARBON DE SAINT-AVOLD REMISE EN SERVICE POUR COMPENSER LA BAISSE DU NUCLÉAIRE

La centrale de Saint-Avold (Moselle) devait fermer l’an dernier.

Alors que de nombreux réacteurs nucléaires sont toujours en maintenance, elle a repris du service.

Une remise en route qui pose de nombreuses questions sur son impact environnemental.

Avec ces montagnes de charbon, le paysage à la centrale de Saint-Avold a bien changé ces derniers mois. Pour la redémarrer, il a d’abord fallu trouver du combustible en très grande quantité sans l’acheter sur le marché russe. 

La crise énergétique et l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires expliquent le retour de cette centrale à charbon. Chaque jour, des centaines de camions approvisionnent le site pour produire de l’électricité.

La centrale devait fermer l’an dernier

Les commerçants n’oublient pas que la centrale à charbon devait définitivement fermer l’hiver dernier, un sursis qui a ses avantages. « Il faut faire tourner le commerce (…) c’est une bonne chose pour tout le monde », rapporte une vendeuse. Des salariés partis à la retraite ont dû être rappelés. Ce redémarrage coûte cher : près de 500 millions d’euros.

Lire aussi : Électricité : réouverture de la centrale à charbon de Saint-Avold, fermée depuis mars

Par TF1, reportage Guillaume Grüber et Christophe Hanesse, publié le 29 novembre 2022 à 15h41

Photo en titre :

https://www.tf1info.fr/conso/video-energie-la-centrale-au-charbon-de-saint-avold-remise-en-service-pour-compenser-la-baisse-du-nucleaire-2240219.html

NUCLÉAIRE : L’AUTRE DÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE EUROPÉENNE À LA RUSSIE

Au-delà du gaz et du pétrole, Moscou est également un acteur clé du secteur de l’atome et de nombreux pays entretiennent des liens étroits avec le géant Rosatom. Mais cette industrie reste épargnée par les sanctions.

Gaz, pétrole, charbon. La guerre en Ukraine, en provoquant une crise énergétique d’ampleur inédite, a clairement exposé les liens des pays européens avec le secteur des hydrocarbures russes. Mais une autre dépendance a jusqu’ici été très peu évoquée : dans l’est de l’Union européenne (UE) notamment, des États comptent sur l’industrie nucléaire russe pour faire tourner leurs centrales et produire jusqu’à la moitié de l’électricité dont ils ont besoin.

Alors que le géant de l’atome Rosatom est un réel instrument d’influence pour le pouvoir de Vladimir Poutine, qu’il est chargé des armes nucléaires du pays et impliqué dans l’occupation de la centrale de Zaporijia en Ukraine, ce secteur a jusqu’ici été épargné par les sanctions. Un statu quo qui ne devrait pas empêcher le marché de se restructurer au moins en partie, en bénéficiant au passage à des acteurs français.

Rosatom, champion toutes catégories

Un chiffre illustre le poids de la Russie dans l’industrie nucléaire : sur quelque 440 réacteurs en opération à travers le monde, 80 sont de conception russe, soit de type VVER. Au cours des dernières décennies, le pays a exporté plus d’unités que n’importe quel autre acteur.

L’UE en compte dix-huit sur une centaine en activité, notamment dans les pays de l’ex-bloc soviétique. En Bulgarie, par exemple, les deux réacteurs russes fournissent un tiers de l’électricité du pays. En République tchèque, les six unités sont à l’origine de près de 37 % de la production tandis qu’en Hongrie les quatre réacteurs en produisent près de la moitié.

Moscou continue par ailleurs de dominer le marché international. Selon le World Nuclear Industry Status Report, sur les cinquante-trois réacteurs en cours de construction à la mi-2022, vingt l’étaient par le groupe Rosatom, dont dix-sept hors de Russie. Seules la France et la Corée du Sud construisent également des réacteurs (deux chacun) hors de leurs frontières.

Avec plus de 300 entreprises, 275 000 employés et des partenariats commerciaux signés avec plus de cinquante pays, l’Agence fédérale de l’énergie atomique Rosatom est un mastodonte. Impliquée dans la quasi-totalité des pays nucléarisés, elle a été créée officiellement, en 2007, par le président russe. « Vladimir Poutine a réuni cette année-là les activités nucléaires du secteur public et du secteur privé, raconte Mark Hibbs, spécialiste de la politique nucléaire au Carnegie Endowment for International Peace. Il a centralisé l’ensemble de l’industrie, y compris le nucléaire militaire, au sein d’une seule organisation placée directement sous ses ordres. »

Depuis, Rosatom a mené une stratégie offensive, en proposant de livrer des centrales « clés en main ». Non seulement la Russie construit, assure la maintenance, fournit l’expertise technique ou le combustible, mais elle peut aussi prendre en charge le coût financier, même pour des opérations considérées comme à risque.

« Les Russes sont hypercompétitifs »

Un tel contrat, pour quatre réacteurs estimés à environ 20 milliards de dollars (un peu plus de 19 milliards d’euros), a ainsi été signé en 2010 avec la Turquie, qui cherchait en vain depuis des décennies à lancer un programme nucléaire. « Les Russes sont hypercompétitifs, personne au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE] ne peut rivaliser avec les conditions qu’ils proposent », souligne Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du centre énergie et climat de l’Institut français des relations internationales.

Concernant l’uranium naturel, la Russie était en 2021 le troisième fournisseur de l’UE avec 20 % des parts de marché, selon l’agence européenne Euratom. Le Kazakhstan figure en deuxième position ; or une certaine part de l’uranium extrait dans ce pays enclavé transite par le territoire russe. « Environ 45 % de l’uranium français vient de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan, des régimes sous influence russe, et transite dans des cargos russes, ce n’est pas neutre », dénonce Pauline Boyer, chargée de campagne nucléaire à Greenpeace.

Voir en graphiques : Quel est le niveau de dépendance des pays européens au gaz et au pétrole russe ?

Une fois extrait, l’uranium naturel doit également être « converti » – le minerai est purifié et transformé en hexafluorure d’uranium (UF6) – puis « enrichi » – la concentration d’uranium 235 est augmentée – avant de pouvoir être utilisé sous forme de combustible. Là aussi, Rosatom exerce un poids réel : le groupe contrôle 25 % du marché européen de la conversion et 31 % de celui de l’enrichissement – des chiffres qui grimpent à environ 40 % et 46 % au niveau mondial.

Outre l’UE, les États-Unis sont également lourdement dépendants de la Russie. « À tout moment, Moscou pourrait réduire de moitié l’approvisionnement mondial disponible en combustible nucléaire, et le marché le plus exposé au monde est les États-Unis », estimait fin octobre Paul Dabbar, ancien secrétaire adjoint du ministère américain de l’énergie. En 2021, Rosatom a fourni près du quart du combustible nécessaire aux 93 réacteurs du parc américain. La plupart des modèles de réacteurs avancés dits « de quatrième génération », en cours de développement, ont par ailleurs besoin d’un uranium enrichi jusqu’à 20 %, que seule la Russie est actuellement en capacité de fournir.

« La dépendance au nucléaire est particulièrement forte parce qu’il ne s’agit pas simplement d’une dépendance à une matière, mais aussi à des technologies et des capacités industrielles », résume Yves Marignac, expert du nucléaire au sein de l’Association négaWatt, organisation militant pour la sobriété énergétique et le remplacement des énergies fossiles et nucléaires.

Le nucléaire à l’abri des sanctions

En avril, le Parlement européen appelait à un « embargo total » sur les importations de charbon, de pétrole, de gaz mais aussi de combustible nucléaire en provenance de Russie. Mais, après neuf mois de guerre et huit volets de sanctions, l’industrie de l’atome est l’un des rares secteurs à ne pas être concerné par les restrictions, au grand regret des dirigeants ukrainiens. Elle a même bénéficié d’exemptions : des avions cargo venant de Moscou et transportant du combustible destiné aux centrales slovaques ou hongroises ont été autorisés à circuler malgré la fermeture de l’espace aérien européen aux appareils russes.

En termes économiques, les pays de l’UE ont déboursé environ 210 millions d’euros pour les importations d’uranium brut de Russie en 2021. Si cette somme est bien inférieure à celle dépensée pour les achats de gaz ou de pétrole, elle masque d’autres gains indirects pour la Russie. « Il serait logique de sanctionner Rosatom, qui est impliqué dans l’occupation de la centrale ukrainienne de Zaporijia et donc complice de la stratégie de guerre de Moscou, mais personne ne l’a fait », constate Mark Hibbs.

Lire aussi : Gaz russe : « Le vrai sujet est de diminuer généralement notre exposition aux énergies fossiles importées »

Cette exception liée au nucléaire s’explique d’abord par le contexte énergétique. Alors que le conflit a privé les Européens de la quasi-totalité de leur approvisionnement en gaz russe, se passer de capacités de production nucléaire ajouterait au risque de pénuries d’électricité lors des prochains hivers, qui s’annoncent particulièrement tendus. De surcroît, l’UE est engagée dans un processus visant à réduire massivement ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à la fin de la décennie. En juillet, elle a choisi d’inclure le nucléaire, une source d’électricité bas carbone, dans la liste des investissements « verts » permettant de lutter contre le réchauffement.

Pour certains États, sanctionner Rosatom reviendrait aussi à rompre de multiples relations commerciales et des engagements de long terme. « Si le volet nucléaire était abordé dans le cadre des sanctions, il y a fort à parier que la Hongrie s’y opposerait », estime par exemple Phuc-Vinh Nguyen, expert à l’Institut Jacques-Delors.

L’inertie liée au nucléaire représente une autre difficulté. Si des sanctions étaient décidées, il faudrait sans doute des années pour mettre en place des alternatives fiables sans mettre en péril la sûreté des installations. La plupart des États ont des réserves d’uranium suffisantes pour faire fonctionner leurs réacteurs plusieurs mois, voire plusieurs années, mais conclure de nouveaux contrats d’approvisionnement peut être complexe et coûteux, tout comme développer de nouvelles capacités de conversion, d’enrichissement ou même d’expertise. « Compte tenu du déclin de l’industrie nucléaire ces dernières années, il existe un réel manque de personnes qualifiées qui pourraient venir en appui rapidement à des pays comme la Bulgarie ou la Slovaquie », complète Mark Hibbs.

Une domination russe remise en cause ?

La guerre en Ukraine, qui expose la dépendance de l’UE ou des États-Unis au nucléaire russe, aura-t-elle toutefois un impact sur cette industrie ? Selon Euratom, le fonctionnement du marché a été « profondément affecté » par les évolutions géopolitiques : « Cela a compromis la confiance dans ce qui était auparavant un partenaire majeur de l’énergie nucléaire, affaiblissant la sécurité d’approvisionnement de l’UE en matières et services nucléaires et aggravant ses problèmes de dépendance », écrit l’institution dans un rapport publié en août. « Compte tenu de la guerre en Ukraine, les États-Unis et l’UE doivent désormais s’interroger sur la manière de réduire leur dépendance à Rosatom », conviennent aussi les porte-parole du groupe Orano (ex-Areva) en France.

De fait, si la plupart des experts estiment peu probable l’imposition de sanctions visant le nucléaire, la domination de Rosatom pourrait être en partie remise en cause, et le groupe perdre certaines parts de marché. Concernant la livraison de réacteurs, la Finlande a annulé un contrat passé avec Rosatom pour la construction de la centrale de Hanhikivi après le déclenchement du conflit. « Le rôle de développeur de nouvelles centrales du groupe russe va être restreint, estime Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Il ne peut plus prêter comme avant à ses clients, la guerre compliquant l’accès aux financements. » « La première perte [liée à la guerre en Ukraine] pour le secteur nucléaire est la confiance en la Russie, et la seconde concerne les perspectives d’exportation de Rosatom », écrivait aussi en juin Jeremy Gordon, un consultant dans le domaine du nucléaire. Il soulignait alors que le vide laissé par Rosatom ouvrirait le marché à d’autres acteurs dont la France, la Corée du Sud ou le Royaume-Uni.

Conséquence très concrète de la guerre, le français Orano cherche aujourd’hui à développer ses capacités d’enrichissement d’uranium, soit en construisant une nouvelle installation aux États-Unis, où il est déjà impliqué, soit en augmentant d’environ 30 % la capacité actuelle de l’usine de Tricastin (Drôme). Pour cette seconde option, la Commission nationale du débat public (CNDP) a déjà été saisie par le groupe, et une concertation va être organisée dès 2023. « Il y a un intérêt manifeste de clients européens et américains qui souhaitent réduire leur dépendance à la Russie, explique-t-on chez Orano. Le processus serait plus rapide en France mais tout dépendra de la vitesse à laquelle les clients s’engageront. » Il n’est d’ailleurs pas le seul sur ce créneau du cycle amont, sur lequel le groupe anglo-germano-néerlandais Urenco pousse aussi ses pions.

Concernant les combustibles, l’américain Westinghouse avait commencé dès l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 à approvisionner certains réacteurs de type VVER en Ukraine. Il devrait compter à l’avenir de nouveaux clients tels que la République tchèque, qui se fournissait jusque-là auprès de la filiale de Rosatom TVEL. La Suède, pour sa part, a annulé ces derniers mois un contrat d’importation d’uranium russe. De son côté, le français Framatome développe un combustible sous licence achetée auprès des Russes, tout en travaillant à sa propre technologie pour la fin de la décennie.

Impulsion politique

Un réalignement du marché nécessitera néanmoins, à un moment ou à un autre, une impulsion politique. « Avant de mettre de l’argent dans de nouvelles capacités, les acteurs occidentaux vont se tourner vers les gouvernements pour qu’ils établissent des politiques claires, soulignait, en mai, Matt Bowen, chercheur au Centre sur la politique énergétique mondiale de l’université Columbia (États-Unis). Leur inquiétude est que dans un an ou deux, peut-être moins, les produits russes soient autorisés à revenir sur les marchés, ce qui leur ferait perdre leurs investissements. » Jusqu’ici, cependant, les acteurs et États qui réfléchissent à diversifier leurs sources d’approvisionnement le font en toute discrétion, les liens avec l’industrie nucléaire russe n’ayant suscité que peu de débats.

Une partie du monde semble par ailleurs peu encline à remettre en question la position dominante aujourd’hui occupée par Rosatom. Le groupe a entamé ces derniers mois le chantier de construction du premier réacteur d’Égypte à El-Dabaa, dans le nord du pays, et démarré en juillet celui du quatrième réacteur de la centrale d’Akkuyu, en Turquie. La Hongrie a donné en septembre son feu vert au lancement de deux nouvelles unités et, le 23 novembre, le Kirghizistan a annoncé qu’il allait étudier la possibilité de construire avec la Russie sa première centrale. Au total, le géant russe, qui n’a pas répondu aux questions du Monde, revendique encore trente-quatre projets à l’étranger pour un montant de 140 milliards de dollars.

Par Perrine Mouterde et Marjorie Cessac,  publié le 29 novembre 2022 à 04h00, mis à jour à 15h05

Photo en titre : Vue du réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Paks (Hongrie), le 25 juin 2019.

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/11/29/nucleaire-l-autre-dependance-energetique-europeenne-a-la-russie_6152059_3234.html

POURQUOI ÉOLIEN ET SOLAIRE NE SONT PAS UNE MENACE POUR LA PRODUCTION ALIMENTAIRE

Favorables ou non au déploiement accéléré des énergies renouvelables, de nombreux élus ont exprimé des craintes quant à la préservation de la production alimentaire. Pourtant, si les cultures énergétiques peuvent effectivement entrer en concurrence avec elle, l’éolien et le photovoltaïque, du fait de leur très grande efficacité, ne menacent en aucun cas l’alimentation.

Dans une récente tribune au Monde, favorable à l’accélération du déploiement des énergies renouvelables, de grands élus socialistes s’inquiètent : « Nous devons être vigilants à ce que le déploiement des énergies renouvelables ne remette pas en cause notre sécurité alimentaire, alors que nous serons au défi de nourrir 10 milliards d’êtres humains à la fin du siècle. »

Aujourd’hui en France, 1 million d’hectares sont consacrés à la production d’agrocarburants (Cour des comptes, 2021). Leur production énergétique brute est de 37,2 térawattheures (TWh) par an (CGDD, 2020), sous forme évidemment de carburants liquides, consommés dans des véhicules thermiques avec une efficacité moyenne de l’ordre de 25 %.

À lire aussi :  Cette centrale électrique au bois voudrait dévorer les forêts françaises

Le solaire dévore nettement moins d’espace que les bioénergies

Si l’on déployait seulement au sol, sur des surfaces aptes à l’agriculture, les 208 gigawatts (GW) de photovoltaïque du scénario 100 % renouvelables de RTE, cela nécessiterait 210 000 hectares. Comptons-en 250 000 pour un déploiement plus extensif, davantage compatible avec un maintien, voire une augmentation de la biodiversité (prairie sous les panneaux).

Ces 208 GW produiraient environ 250 TWh par an, sous forme d’électricité, utilisable dans des véhicules avec une efficacité d’environ 70 %, tenant compte des pertes dans le réseau et des pertes de charge. À partir de ces données, on peut calculer que pour la mobilité, le photovoltaïque s’avère 75 fois plus efficace par unité de surface que les biocarburants.

Il conviendrait d’ajouter à ce calcul les énergies grises utilisées pour produire PV, biocarburants et les divers types de véhicules. Le temps de retour énergétique du PV étant aujourd’hui tombé à moins d’un an sur une durée de vie technique, sa production nette peut être diminuée de 4 % au plus. On peut ajouter quelques pourcents afin de tenir compte du différentiel d’énergie dans la construction des véhicules électriques et thermiques, à répartir sur une ou plusieurs centaines de milliers de kilomètres.

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L’éolien occupe une infime surface au sol

Côté biocarburants, c’est à la fois plus compliqué… et beaucoup plus important. Selon les types de culture, et selon que l’on attribue l’énergie des intrants, notamment les engrais azotés, aux seuls biocarburants ou aux biocarburants et à certains sous-produits (tourteaux, par exemple), on trouve dans différentes études des chiffres d’énergie grise entre 20% et… 100 % (voire plus) de l’énergie brute produite.

En définitive, une approche conservatrice pourrait considérer que le photovoltaïque est en gros 100 fois plus efficace, ou plus efficace de « deux ordres de grandeur » que les biocarburants de première génération (agrocarburants). Et, aussi, infiniment préférable pour la biodiversité et la consommation d’eau. On peut naturellement dire la même chose pour l’éolien, qui se déploie en hauteur plutôt qu’horizontalement et dont l’empreinte au sol, en comptant les voies d’accès, etc. est dix à vingt fois inférieure à celle du photovoltaïque par kWh produit.

La surface agricole utile en France est de 26,8 millions d’hectares : l’éolien et le solaire d’un scénario « tout renouvelable », avec une production électrique 50 % supérieure à celle d’aujourd’hui afin de chasser les énergies fossiles des bâtiments, de l’industrie et des transports, s’étaleraient tout au plus sur 1 % de cette surface. Les craintes relatives à la production alimentaire n’ont pas lieu d’être.

À lire aussi : Agrocarburants : la France doit revoir sa copie

Par Cédric PHILIBERT, publié le 28 novembre 2022

https://www.revolution-energetique.com/pourquoi-eolien-et-solaire-ne-sont-pas-une-menace-pour-la-production-alimentaire/

BUGEY: DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ DU DISPOSITIF ULTIME D’ÉVACUATION DE LA PUISSANCE RÉSIDUELLE DE L’ENCEINTE

Le 24 novembre 2022, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de l’indisponibilité du dispositif ultime d’évacuation de la puissance résiduelle de l’enceinte de confinement (EASu) du réacteur 4.

Dans le cadre des quatrièmes visites décennales des réacteurs de 900 MWe, EDF installe sur chaque réacteur un dispositif ultime d’évacuation de la puissance résiduelle de l’enceinte de confinement (EASu). L’objectif de ce dispositif est d’ajouter un moyen d’appoint en eau borée dans le réacteur permettant d’évacuer la puissance résiduelle dégagée à l’intérieur de l’enceinte de confinement, même en cas d’accident grave avec fusion du cœur.

En mai 2022, alors que le réacteur 4 était à l’arrêt et que le dispositif EASu n’était pas requis, un relais d’une cellule électrique permettant la réalimentation de ce dispositif par le groupe électrogène à moteur diesel d’ultime secours (DUS) a été démonté sur le réacteur 4 pour l’installer sur un autre équipement. Le 24 juin 2022, un relais neuf a été installé sans que la cellule électrique concernée ne soit ré-embrochée à l’issue de l’intervention. Ce défaut a rendu indisponible la réalimentation du dispositif EASu par le DUS.

Le 19 novembre 2022, un agent de terrain a détecté que la cellule électrique était débrochée. Après analyse, la cellule a été ré-embrochée trois heures plus tard.

Or, dans le cadre du redémarrage du réacteur 4, le dispositif EASu était requis par les spécifications techniques d’exploitation (STE) depuis le 3 novembre 2022. Dans cette configuration, les STE prévoient le repli du réacteur sous 3 jours, délai qui n’a donc pas été respecté.

Cet incident n’a pas eu de conséquence sur l’installation, l’environnement ou le personnel. Toutefois, compte tenu de l’indisponibilité du dispositif EASu du réacteur 4 pendant une durée supérieure à celle préconisée par les spécifications techniques d’exploitation, il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Date de la dernière mise à jour : 28/11/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-tardive-de-l-indisponibilite-du-dispositif-ultime-d-evacuation

REPORT DES DISCUSSIONS USA-RUSSIE SUR LE DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE

28 novembre (Reuters) – Les discussions entre les États-Unis et la Russie sur le désarmement nucléaire qui devaient avoir lieu cette semaine ont été reportées, ont annoncé lundi le ministère russe des Affaires étrangères et l’ambassade américaine à Moscou.

Des représentants des deux grandes puissances devaient se retrouver à partir de mardi et jusqu’au 6 décembre au Caire, la capitale égyptienne, pour débattre de la reprise des inspections prévues par le cadre du traité de désarmement « New START« , suspendues en mars 2020 en raison de la pandémie de COVID-19 et qui n’ont pas repris depuis.

« La session initialement prévue de la Commission consultative bilatérale dans le cadre du traité USA-Russie New START au Caire (du 29 novembre au 6 décembre) n’aura pas lieu à ces dates« , a déclaré le ministère russe. « L’événement est reporté à une date ultérieure.« 

La diplomatie russe ne donne aucune explication à ce report. De son côté, l’ambassade américaine, citée par le quotidien russe Kommersant, explique que la décision a été prise par la Russie.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Riabkov avait laissé entendre qu’il était peu probable que ces pourparlers aboutissent à des avancées marquantes mais leur tenue aurait au moins illustré la volonté des deux parties de maintenir un dialogue malgré la guerre en Ukraine, qui a conduit à une tension entre Washington et Moscou sans précédent depuis la fin de la Guerre froide.

Reportage de Reuters, rédigé par Caleb Davis; version française Marc Angrand.

Par Reuters, publié le 28 nov. 2022 à 15h37

https://investir.lesechos.fr/marches-indices/economie-politique/report-des-discussions-usa-russie-sur-le-desarmement-nucleaire-1883511

LES ENQUÊTES D’« UTILITÉ PUBLIQUE » SONT FAITES POUR ÊTRE INUTILES

Dans « Inutilité publique », Frédéric Graber se penche sur la longue histoire des enquêtes publiques. Ces « fictions juridiques » ne menacent jamais la réalisation des projets destructeurs et sont au service des gros industriels.

Dans le village breton de Plogoff, un mouvement local bataillait de longue date contre un projet de centrale nucléaire lorsque la préfecture ouvrit, en 1980, une enquête publique pour valider son installation. Face à l’hostilité au projet des opposants et de la municipalité, les commissaires-enquêteurs durent se réfugier dans des camionnettes, renommées « bureaux annexes de la mairie », gardées par des gendarmes mobiles pour les protéger des manifestants. Malgré de multiples affrontements avec les gendarmes et l’incendie sur la place de la mairie du dossier d’enquête publique, la commission rendit le 14 avril 1980 un avis favorable à la construction de la centrale.

Pourquoi les opposants à la centrale se focalisèrent-ils tant sur l’enquête d’utilité publique ? Sans doute, comme le dit Frédéric Graber, car « l’arrivée du dossier en mairie, c’est la condamnation ». Or, Plogoff est loin d’être un cas isolé. Comme l’historien le montre dans son dernier ouvrage, Inutilité publique (éditions Amsterdam), l’enquête d’utilité publique – depuis ses origines au XVIIᵉ siècle jusqu’à nos jours – sert d’abord à légitimer un projet de développement et, par la même occasion, à disqualifier toute critique à son encontre.

L’auteur en fait la démonstration en étudiant minutieusement le déroulé d’une enquête publique contemporaine. En l’occurrence, le projet d’extension de la zone commerciale de Béner, près du Mans, lancé en 2015 par le dirigeant du magasin Leclerc local. Chose rare : l’enquête mobilise près d’un millier de répondants, inquiets par ce énième bétonnage de terres. De manière méthodique, le commissaire-enquêteur neutralise tous les arguments avancés par les opposantes et opposants, soit en les considérant comme hors sujet, soit en jugeant que le dossier préliminaire, fourni par un bureau d’études rémunéré par le porteur de projet, y répond déjà. C’est ainsi qu’il peut justifier le bétonnage d’une partie d’une réserve naturelle par la future zone commerciale par le fait que cette destruction sera compensée par le porteur de projet, comme le prévoit le dispositif administratif ERC (« éviter, réduire, compenser »). En d’autres termes, « ce qui compte, ce n’est pas que la biodiversité soit effectivement maintenue, mais que le dossier propose une compensation jugée acceptable par l’administration ». Aux yeux de Frédéric Graber, l’enquête à Béner est caractéristique de « l’idéal du non-débat » que porte toute enquête publique.

Expulsée fin février 2021, la zad du triangle de Gonesse aura permis de populariser son combat pour les terres agricoles.

Une telle conception amène alors à renverser ce qu’on croit savoir de « l’utilité publique » des enquêtes administratives qui s’en réclament. Contrairement à ce que laisse entendre leur qualificatif, les enquêtes d’utilité publique ont pour but premier de vérifier la conformité d’un projet industriel avec la réglementation existante « et non pas de discuter de ce qui pose problème pour les citoyens »l’utilité d’un projet industriel étant postulée a priori par l’administration. Dans un jeu aussi pipé, les débats contradictoires n’y sont forcément qu’apparents. Et pour cause : ces enquêtes sont pour l’administration étatique des fictions juridiques destinées à prouver à ses administrés qu’elle se préoccupe de leur sort — sort qu’elle s’efforce de concilier avec le nécessaire développement industriel du pays.

L’inefficacité de ces enquêtes date du XIXᵉ siècle

Pour mesurer l’inefficience de telles enquêtes, on peut remonter au XIXᵉ siècle. Face aux plaintes des riverains de machines à vapeur, dont le nombre et la fréquence des accidents mortels allaient croissant, l’administration française mit en place un certain nombre d’autorisations préalables, contrôles et prescriptions techniques encadrant leur usage. Résultat : comme le note ironiquement Graber, « les accidents se poursuivent, mais relèvent désormais d’une certaine normalité et ne conduisent pas à remettre en cause la logique des autorisations ». Au moins, délivrer des autorisations administratives après enquête aura permis de « montrer » que « l’administration a fait le maximum pour limiter le risque ».

Car il s’agit bien de « montrer », et non de débattre de la pertinence d’un projet de développement, dont il est bien question depuis les premières enquêtes publiques. Celles-ci remontent aux enquêtes de commodité inventées par la monarchie française au XVIIᵉ siècle ; préalables à tout projet de développement – comme la construction d’un canal, l’installation d’une nouvelle fabrique, etc. –, de telles enquêtes convoquent un certain nombre de témoins, généralement des notables, entendus par des représentants du roi. Qu’importe ce que disent les témoins, les représentants de la monarchie tranchent toujours invariablement en faveur du projet proposé.

« Est-ce que vous êtes D.U.P ? » Réunion publique organisée dans la Meuse, en 2021, dans le cadre de la procédure de déclaration d’utilité publique (DUP) du projet d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo. Twitter / @cedra_collectif

L’enjeu de ces enquêtes n’est alors pas tant de discuter le bien-fondé des projets d’aménagement que de « manifester la justice rendue » par le souverain et, par conséquent de « justifier une redistribution des droits dans une société inégalitaire en sacrifiant ce qu’il est impossible de concilier ». Bien qu’elle en changeât le nom et la méthodologie, l’administration française après la Révolution, et particulièrement sous Napoléon Iᵉʳ, s’inscrivit dans le sillage des enquêtes de l’Ancien Régime. Tout comme elles, les nouvelles enquêtes d’utilité publique justifièrent un grand nombre de projets industriels, polluants et/ou dangereux, contre les protestations des citoyens.

Il faut ici rappeler, comme le fait le philosophe Jean-Baptiste Vidalou dans son essai Être forêts, l’étymologie du mot « projet », d’origine militaire : « Reconnaissance avancée d’une place, en vue de préparer les dispositifs utiles à son siège. » Lorsqu’on sait l’importance de la guerre et particulièrement de l’ingénierie militaire sous Louis XIV et Napoléon Iᵉʳ, on mesure la similitude entre conflit armé et développement industriel. Tout comme les troupes du génie assiègent une place forte, les porteurs de projets industriels assiègent le vivant… et les enquêtes d’utilité publique les légitiment d’emblée face aux récriminations des autochtones.

Grâce à une enquête publique complaisante, Amazon a imposé la construction, dans l’Oise, d’un gigantesque entrepôt qui artificialise des terres agricoles. © Mathieu Génon/Reporterre

Une profonde connivence entre l’État et les industriels capitalistes dans l’aménagement du territoire

La litanie des batailles qu’égrène Une histoire des luttes pour l’environnement (Textuel, 2021) illustre la profonde connivence entre l’État et les industriels capitalistes dans l’aménagement du territoire depuis le XVIIIᵉ siècle en Europe. Dans cette guerre au vivant, le modèle d’enquête publique français tel qu’il se réinvente dans les années 1820 fournit aux industriels une « technologie politique, qui permet à la fois d’améliorer le projet et gérer les oppositions à ce dernier ». Ces dernières sont appelées « à jouer un rôle dans ce processus, mais seulement un rôle constructif : améliorer le projet, non menacer sa réalisation ». Et la fin de l’enquête « marque par la même occasion la disparition de toute opposition légitime ». En somme, l’enquête publique manifeste avant tout « une justice du sacrifice au service de l’industrialisation et du développement : une justice industrialiste ».

À tous les opposants aux grands projets inutiles et imposés, ce livre semble déconseiller de se fier aux enquêtes publiques, jouées par avance au bénéfice des porteurs de projet. Il faut ne voir en elles qu’un « rituel », une « cérémonie qui permet d’affirmer que chacun est à sa place et que c’est juste ainsi ».

Heureusement, les rituels peuvent changer et les cérémonies passer de mode. À Plogoff, ce n’est pas l’enquête publique qui eut raison de la centrale nucléaire, mais les lance-pierres, les sabotages et la lutte pied à pied qu’opposèrent les habitants contre EDF et l’État français.

Inutilité publique, livre de Frédéric Graber, aux éditions Amsterdam, octobre 2022, 208 pages, 18 euros

Par Maxime Lerolle, publié le 28 novembre 2022 à 09h49, mis à jour le 28 novembre 2022 à 14h28

https://reporterre.net/Les-enquetes-d-utilite-publique-sont-faites-pour-etre-inutiles

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CAEN 1ER DÉCEMBRE: QUE S’EST-IL PASSÉ À FLAMANVILLE ET QUELS ENSEIGNEMENTS EN A-T-ON TIRÉS ?

À 19 h, CENTRE DE CONGRÈS 13 AVENUE ALBERT SOREL, 14000 CAEN (ET EN LIGNE)

Pour la CNDP (Commission Nationale du Débat Public, “La construction de l’EPR de Flamanville a conduit à une dérive importante en termes de calendrier et de coût : un retard dans la construction du réacteur de l’ordre de plus de 10 ans et un triplement du coût de construction.

La rencontre du 01/12 permettra croiser les regards sur le retour d’expérience issu du chantier de Flamanville. Elle doit permettre de débattre de la crédibilité des solutions proposées dans le cadre du programme de construction de six EPR2, tel qu’il est proposé par EDF.

Elle se déroulera au centre des congrès de Caen et en ligne et démarrera à 19H. L’ouverture des portes se fera dès 18h30.”

Le CRILAN sera présent pour donner son avis sur le fiasco de l’EPR et réclamer une expertise indépendante sur cet EPR toujours en chantier.

Le CRILAN rappellera que « L’EPR est un réacteur raté, largement hors délai et hors budget, c’est un réacteur trop complexe pour être construit », comme le dit Paul Dorfman expert scientifique anglais. Malgré cela l’EPR est en cours de mise en service comme l’indique la CNDP, malgré les recours en justice et le refus d’une expertise indépendante opposé par le bureau de la CLI de Flamanville qui dépend du Conseil départemental de la Manche.

Il est encore temps de s’inscrire pour y assister et y participer malgré les limites de ce type de débat très encadré…

Pour écouter l’avis de Charlotte Mijeon du Réseau Sortir du Nucléaire à propos de cette concertation (7mn28s), cliquer sur : https://www.debatpublic.fr/nouveaux-reacteurs-nucleaires-et-projet-penly/que-sest-il-passe-flamanville-et-quels-0

À jeudi !

Le centre de congrès est dans le secteur de la Foire Exposition

Par André JACQUES, publié le 28 novembre 2022

Retrouvez cet article et le document que le CRILAN remettra à la CNDP au titre de cahier d’acteur dans le cadre de ce débat en cliquant sur : http://crilan.fr/caen-1er-decembre-que-sest-il-passe-a-flamanville-et-quels-enseignements-en-a-t-on-tires/

OÙ EN EST L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN ?

Après l’annonce d’une augmentation de l’enrichissement d’uranium dans une usine au sud de Téhéran, l’avenir de l’accord de Vienne est plus que jamais incertain.

Cette semaine, l’Iran annonçait une relance de sa production d’uranium enrichi à 60 % dans l’usine de Fordo. Ce seuil, qui rapproche la République islamique de l’arme nucléaire, a fait réagir les chancelleries occidentales qui tentent de réactiver le deal sur le nucléaire iranien depuis 2021 et pose la question de l’avenir des négociations.

Les derniers développements

– « La production d’uranium enrichi à 60 % à commencé lundi dans l’usine de Fordo », annonçait mardi Mohammad Eslami, chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique (OIEA), cité par l’agence de presse estudiantine ISNA, rapprochant ainsi un peu plus le pays du niveau nécessaire à l’usage militaire.

– La décision est présentée comme une « réaction sérieuse » de l’Iran aux « pressions politiques » et à l’adoption le 17 novembre d’une résolution de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dénoncée lundi par le ministère iranien des Affaires étrangères.

Lire aussi : De Kiev à Vienne : comment la guerre de Moscou a durci la position iranienne sur le nucléaire

Réclamant de Téhéran une plus grande coopération dans une enquête de l’agence onusienne sur la découverte de traces d’uranium sur trois sites non déclarés, cette résolution est la seconde portant sur cette pomme de discorde entre les signataires de l’accord de 2015 sur le nucléaire (connu sous son acronyme anglais JCPOA). L’enquête a représenté un point de blocage durant le dernier cycle de négociations indirectes sur la réactivation de l’accord de Vienne, entamées en juillet.

– Mardi, un porte-parole de la Maison-Blanche, John Kirby, exprimait la « profonde préoccupation » des États-Unis face « à la progression du programme nucléaire » iranien. De même, les médiateurs européens ont condamné la décision iranienne qui « vide » l’accord nucléaire « de son contenu » et dénoncent une initiative « qui comporte des risques significatifs de prolifération (et) n’a aucune justification civile crédible ».

Le contexte

– Signé en 2015, l’accord sur le nucléaire entre la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, les États-Unis, la Chine, la Russie et l’Iran offrait à la République islamique un allégement des sanctions internationales à son encontre en échange de la garantie qu’elle ne chercherait pas à se doter de l’arme atomique. Un objectif que Téhéran a par ailleurs toujours démenti poursuivre.

– Cependant, le retrait unilatéral de l’accord décidé par le président américain Donald Trump en 2018 et la politique de « pression maximale » à l’encontre de la République islamique ont modifié la politique nucléaire iranienne, qui s’est peu à peu affranchie de ses obligations vis-à-vis du JCPOA. Après avoir annoncé une augmentation du seuil d’enrichissement à 4,5 % en juillet 2019, puis à 20 % en janvier 2021, Téhéran déclarait en avril de la même année produire de l’uranium enrichi à 60 % sur le site de Natanz, dans le centre du pays. Bien qu’en deçà des 90 % nécessaires à la confection de la bombe atomique, ce seuil dépasse largement celui de 3,67 % fixé par l’accord.

– Lancés en avril 2021 après l’arrivée de Joe Biden à la Maison-Blanche, les pourparlers indirects conduits entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire des Européens pour réactiver le JCPOA sont de nouveau au point mort. Des signes d’avancées avaient pourtant suscité l’espoir fin juillet, lorsqu’une proposition de texte final était arrivée sur la table des négociations. Mais après l’apposition des dernières remarques de Téhéran et Washington, le régime iranien a formulé de nouvelles exigences début septembre, jugées irrecevables par les Occidentaux.

– L’Iran réclamait notamment des garanties sur le long terme pour pallier un éventuel revirement à Washington suite à un potentiel changement d’administration en 2024. La République islamique exigeait aussi la clôture de l’enquête de l’AIEA ainsi que la levée des procédures ouvertes à son encontre dans le cadre de sa non-coopération avec l’agence atomique. La résolution de jeudi dernier était ainsi la seconde adoptée par l’AIEA en moins de 6 mois pour sanctionner le comportement iranien face à l’enquête.

– Les derniers développements interviennent en outre sur fond de coopération accrue entre Téhéran et Moscou, en guerre contre l’Ukraine. La présence de drones iraniens sur le terrain ukrainien a ainsi été fortement condamnée par les interlocuteurs européens et américains du JCPOA, alliés de l’Ukraine. En novembre, Bruxelles et Washington ont annoncé plusieurs séries de sanctions contre la compagnie iranienne Shahed Aviation Industries et trois responsables militaires suspectés d’être liés à l’approvisionnement russe.

– Dans le même temps, un mouvement protestataire d’ampleur inédite agite l’Iran depuis plus de deux mois, déclenché par la mort de la jeune Kurde Mahsa Amini, le 16 septembre, trois jours après son arrestation par la police des mœurs pour port « inapproprié » du voile. Jeudi, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a voté pour lancer une enquête internationale sur la répression des manifestations, qui aurait fait plus de 416 morts, selon l’organisation Iran Human Rights, basée à Oslo.

Les enjeux

– Si les discussions pour réactiver l’accord sur le nucléaire semblaient il y a quelques mois encore pouvoir aboutir, les contextes national et international actuels ont éloigné la perspective d’un retour à la table des négociations.

– Au vu des capacités d’enrichissement de la République islamique, les États-Unis et Israël ont réitéré, au moyen de la déclaration de Jérusalem de juillet dernier, leur intention d’empêcher « l’Iran d’acquérir l’arme nucléaire », se disant « prêts à utiliser tous les éléments de leur puissance nationale pour garantir ce résultat ». Dans ces négociations, les Américains doivent en effet aussi composer avec leurs alliés, dont Israël et les pays du Golfe. Ces derniers, en première ligne en cas de confrontation directe avec l’Iran, ont exprimé à plusieurs reprises leur opposition à l’accord nucléaire, qui aurait permis à Téhéran d’étendre son influence régionale à travers ses supplétifs armés, et exigent des garanties concernant le caractère « pacifique » du programme nucléaire iranien.

Lire aussi :  Téhéran, grand perdant de la visite de Biden au Moyen-Orient ?

– La signature d’un accord qui impliquerait une éventuelle levée des sanctions permettrait en outre de renforcer le régime iranien au moment où la répression s’accentue dans le pays, notamment dans la région kurde. Le 14 novembre, Emmanuel Macron déclarait que la « révolution » actuelle « changeait beaucoup de choses » sur la question du nucléaire iranien.

– Cependant, le chef de l’État français a également indiqué qu’il fallait être « très prudent avant de dire que l’accord est mort ». Malgré le pessimisme ambiant, aucune des différentes parties ne souhaite éliminer définitivement la possibilité d’une solution diplomatique à la question du nucléaire iranien, bien que les récents développements aient pu ralentir le processus de relance de l’accord de Vienne et stopper les négociations sur le court terme.

OLJ / Par Pauline VACHER, publié le 26 novembre 2022 à 00h00

Photo en titre : Une réunion des médiateurs sur le nucléaire iranien à Vienne, en Autriche, le 27 décembre 2021. Photo AFP

https://www.lorientlejour.com/article/1319447/ou-en-est-laccord-sur-le-nucleaire-iranien-.html

CORÉE DU NORD : KIM JONG UN PROMET DE DOTER SON PAYS DE LA PLUS PUISSANTE FORCE NUCLÉAIRE DU MONDE

Le dirigeant a souligné que le développement d’une force nucléaire avait pour objet de « protéger de manière fiable la dignité et la souveraineté de l’État et du peuple »

La Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, entend avoir « la plus puissante force stratégique du monde », a affirmé son dirigeant Kim Jong Un à l’occasion d’une cérémonie célébrant le lancement d’un nouveau missile intercontinental, au cours de laquelle sa jeune fille est apparue en public pour la deuxième fois.

Kim Jong Un a récompensé par une série massive de promotions les militaires et scientifiques impliqués dans le développement du nouveau Hwasong-17, surnommé le « missile monstre » par les analystes militaires, capable d’atteindre le territoire continental des États-Unis. Ce missile balistique intercontinental (ICBM) a été testé le 18 novembre, tombant dans les eaux au large du Japon. Le Hwasong-17 est « l’arme stratégique la plus forte du monde » et constitue « un magnifique bond en avant vers le développement de la technologie pour monter des ogives nucléaires sur des missiles balistiques », s’est enthousiasmé le dirigeant, cité dimanche par l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

« Force absolue »

Les scientifiques, militaires et responsables de ce programme ont contribué au « but de construire la plus forte armée du monde », s’est-il encore félicité. Le dirigeant a souligné, dans son ordre récompensant les participants au programme d’armement, que le développement d’une force nucléaire avait pour objet de « protéger de manière fiable la dignité et la souveraineté de l’État et du peuple ». Il s’agit de « la plus grande et de la plus importante cause révolutionnaire, et son objectif ultime est de posséder la force stratégique la plus puissante du monde, la force absolue sans précédent dans le siècle », a-t-il proclamé.

Sur le même sujet : Chine et Corée du Nord : Xi Jinping propose à Kim Jong Un de coopérer pour la paix dans le monde

« Le monde, l’époque et l’histoire sont en train de changer d’une façon sans précédent », a souligné Xi Jinping. « Je suis prêt, avec vous, à contribuer positivement […] à accélérer la paix », a-t-il poursuivi

Pour Hong Min, de l’Institut coréen pour l’unification nationale, la mise en avant par Pyongyang du tir d’essai du Hwasong-17 a eu pour objectif de renforcer son statut de puissance nucléaire. « Si le (lancement du) Hwasong-15 en 2017 visait à devenir une nation capable de menacer le territoire américain grâce à l’arme atomique, le dernier missile se concentre sur l’objectif de devenir l’État le plus puissant doté d’ICBM », a-t-il estimé. Le quotidien officiel Rodong Simun a publié, également dimanche, plus d’une dizaine de photos montrant Kim Jong Un posant en compagnie de centaines de civils et militaires pendant la cérémonie, accompagné de « sa fille bien-aimée ». L’existence de cette dernière avait été révélée pour la première fois la semaine dernière.

Photo de famille

Les photos de dimanche montrent l’adolescente, qui serait le deuxième enfant de Kim Jong Un et se prénommerait Ju Ae, habillée d’un manteau noir, bras dessus bras dessous avec son père. Certaines des images montrent le père et la fille posant ensemble devant le missile en compagnie de militaires en uniforme. L’apparition soudaine de cette enfant a relancé les spéculations sur une future transmission du pouvoir dynastique en Corée du Nord, où Kim Jong Un a succédé à son père Kim Jong Il et à son grand-père Kim Il Sung. Les services de renseignement sud-coréens estiment que M. Kim, qui s’est marié en 2009, a trois enfants.

Sur le même sujet : Corée du Nord : après un tir de missile, l’UE condamne une action « dangereuse et irresponsable »

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un a supervisé le lancement vendredi de son « missile monstre », le Hwasong-17. Une action condamnée ce samedi par l’Union européenne

Pour Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études nord-coréennes de Séoul, la présence de la fille de Kim Jong Un visait à dépeindre le Hwasong-17 comme « le protecteur de la future génération ». « Il semble qu’il va continuer à faire parader sa fille lors de diverses occasions et l’utiliser comme un instrument pour la propagande », a-t-il ajouté. Outre les promotions accordées aux participants au programme d’armement, le régime a octroyé la distinction de « héros de la République populaire et démocratique de Corée » (RPDC, le nom officiel de la Corée du Nord) au véhicule ayant lancé le missile le 18 novembre, a ajouté KCNA dans une autre dépêche.

Fortes tensions

Le lancement « a clairement prouvé au monde que la RPDC est une puissance nucléaire à part entière », a encore affirmé l’agence officielle. Cette série d’autocongratulations du régime intervient alors que les tensions sont à leur comble dans la péninsule coréenne, après une série record d’essais de missiles par Pyongyang et alors que Séoul, Washington et Tokyo ont renforcé leur coopération militaire et leurs manœuvres conjointes dans la région.

La Corée du Nord a proclamé en septembre que son statut de puissance nucléaire était « irréversible », fermant définitivement la porte à toute négociation sur son désarmement. Elle a par la suite menacé les États-Unis de riposte nucléaire en cas d’attaque. Séoul et Washington s’attendent par ailleurs à ce que Pyongyang procède sous peu à un essai nucléaire, qui serait le septième de son histoire et le premier en cinq ans.

Par SudOuest.fr avec AFP, publié le 27/11/2022 à 7h53

Photo en titre : Kim Jong Un aux côtés de sa fille, ce dimanche. © Crédit photo : STR/AFP

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https://www.sudouest.fr/international/asie/coree-du-nord-kim-jong-un-promet-de-doter-son-pays-de-la-plus-puissante-force-nucleaire-du-monde-13144055.php

XI JINPING PROPOSE À KIM JONG-UN DE COOPÉRER POUR LA PAIX DANS LE MONDE

Le président chinois a adressé une lettre au dirigeant nord-coréen, à l’heure où les tensions sont palpables avec les États-Unis et la Corée du Sud.

Le président chinois Xi Jinping a écrit au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, lui proposant de coopérer pour « accélérer la paix » dans le monde, a annoncé samedi 26 novembre l’agence d’État nord-coréenne KCNA. Cette lettre intervient alors que les tensions sont à leur comble dans la péninsule coréenne, après une série record d’essais de missiles par Pyongyang et alors que Séoul, Washington et Tokyo ont renforcé leur coopération militaire.

Pyongyang a notamment lancé le 18 novembre un missile balistique intercontinental (ICBM) qui est tombé au large du Japon, et Kim Jong-un a menacé les États-Unis de riposte nucléaire si son pays était attaqué. « Le monde, l’époque et l’histoire sont en train de changer d’une façon sans précédent », a souligné Xi Jinping dans sa réponse à une lettre de Kim Jong-un, qui l’avait félicité pour sa reconduction historique à la tête du Parti communiste chinois et du pays en octobre.

« Face à cette nouvelle situation, je suis prêt, avec vous, à contribuer positivement […] à accélérer la paix, la stabilité, le développement et la prospérité de la région et du reste du monde », a-t-il poursuivi.

À LIRE AUSSI :  Bombe atomique : une nouvelle crise de Cuba est-elle possible ?

Deux alliés face aux Occidentaux

La Chine est le plus important allié et partenaire commercial de la Corée du Nord, sous le coup de sévères sanctions des Nations unies pour ses programmes nucléaire et d’armement. À l’issue d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU lundi, la Chine et la Russie ont refusé de se joindre aux 14 pays, parmi lesquels les États-Unis, l’Inde, la France et le Royaume-Uni, qui ont condamné le tir de l’ICBM de Pyongyang le 18 novembre. En mai, Pékin et Moscou avaient opposé leur veto à un projet de résolution présenté par Washington pour renforcer les sanctions contre la Corée du Nord.

À LIRE AUSSI : Ces menaces que le nucléaire a fait peser sur le monde

Lors d’un entretien la semaine dernière en marge du sommet du G20 à Bali, le président américain Joe Biden avait demandé à Xi Jinping de signifier « clairement » à la Corée du Nord de ne pas mener un nouvel essai nucléaire, comme Séoul et Washington lui en prêtent l’intention.

« Il est certain que notre diplomatie va s’efforcer d’amener la Chine à rejoindre les pays qui condamnent cela publiquement aujourd’hui et à user de son influence pour persuader » la Corée du Nord, avait ensuite déclaré un haut responsable américain.

Source AFP, publié le 26/11/2022 à 07h47, modifié le 26/11/2022 à 08h25

Photo en titre : L’agence d’État nord-coréenne KCNA a annoncé samedi que le président chinois Xi Jinping a écrit au dirigeant nord-coréen Kim Jong-un pour lui proposer de coopérer et d’accélérer « la paix, la stabilité, le développement et la prospérité de la région et du reste du monde ». © YAN YAN / XINHUA / Xinhua via AFP

https://www.lepoint.fr/monde/xi-jinping-propose-a-kim-jong-un-de-cooperer-pour-la-paix-dans-le-monde-26-11-2022-2499251_24.php

À CHERBOURG, LE COLLECTIF PISCINE NUCLÉAIRE STOP CÉLÈBRE SON PREMIER ANNIVERSAIRE

Le collectif Piscine nucléaire stop, opposé à la construction d’une nouvelle piscine d’entreposage des combustibles nucléaires usés à La Hague (Manche), a fêté son premier anniversaire dans la salle des fêtes de Cherbourg-en-Cotentin, mercredi 23 novembre 2022. Composé d’habitants, de quelques anciens salariés de la filière atomique, mais aussi de militants antinucléaires, le groupe a présenté son bilan et ses objectifs devant environ 150 personnes.

 « Tout est né à la sortie d’une réunion animée par EDF », se rappelle Marie-Agnès, membre du collectif Piscine nucléaire stop, en tribune à Cherbourg-en-Cotentin (Manche), mercredi 23 novembre 2022, pour le premier anniversaire du groupe. 150 personnes étaient présentes.

À lire aussi : Contre la piscine EDF à La Hague, le collectif Piscine nucléaire stop pense l’avenir de sa lutte

L’électricien présentait, un an auparavant, son projet de construction d’une piscine nucléarisée aux habitants de La Hague (Manche). « Indignation » chez certains concertés : quelques habitants, anciens travailleurs de la filière atomique, mais aussi des affiliés des mouvements antinucléaires, créent le collectif. « On est aujourd’hui 700 adhérents », souligne un membre. Réunions hebdomadaires, événements publics, veille juridique… Les citoyens entendent faire plier le projet, qui pourrait s’implanter à l’ouest d’Orano La Hague en 2034.

Par Ouest-France , publié le 26/11/2022 à 09h00

Photo en titre : Les quatorze rangées de chaises étaient quasiment remplies dans la salle des fêtes de Cherbourg-en-Cotentin (Manche), mercredi 23 novembre 2022, pour le premier anniversaire du collectif Piscine nucléaire stop. | OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/normandie/cherbourg-en-cotentin-50100/a-cherbourg-le-collectif-piscine-nucleaire-stop-celebre-son-premier-anniversaire-ddc64786-6c0f-11ed-918c-3d4ea5ca1edf

LE RETARD DE LA FRANCE SUR LES ÉNERGIES RENOUVELABLES VA LUI COÛTER PLUSIEURS CENTAINES DE MILLIONS D’EUROS

Le retard de la France en matière d’énergies renouvelables va lui coûter plusieurs centaines de millions d’euros. En 2020, le pays était le seul à ne pas avoir tenu ses objectifs. Des objectifs contraignants qui poussent la France à négocier avec les bons élèves européens pour leur racheter leur surplus… au risque sinon d’écoper d’une amende.

En 2020, la France était le seul pays européen à ne pas avoir rempli ses objectifs en matière d’énergies renouvelables, atteignant péniblement le seuil de 19% de renouvelables dans son mix énergétique au lieu de 23%. Le problème, c’est que ces objectifs sont contraignants. La France est donc tenue de rattraper en quelque sorte cet écart, qui représenterait 63 térawattheures, en rachetant aux bons élèves de l’Union européenne leur « surplus ».

La France est en négociation pour acheter « des mégawatts statistiques à l’Italie et à la Suède« , a précisé Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, devant les députés réunis en commission le lundi 21 novembre. La somme de 500 millions d’euros avait été évoquée par la ministre lors du colloque annuel du syndicat des énergies renouvelables (Ser) fin septembre. Selon son entourage, cité par Le Monde, le montant final n’est pas encore confirmé mais serait « de l’ordre de quelques centaines de millions d’euros« . Le cas échéant, si ces discussions n’aboutissaient pas, une amende pourrait être prononcée.

Des écarts importants à combler pour tenir les objectifs de 2023

Et malgré cette épée de Damoclès qui pèse sur la France, le pays n’est toujours pas sur la bonne trajectoire en matière de renouvelables. Selon de nouvelles données publiées ce vendredi 25 novembre, au troisième trimestre 2022, le parc éolien français atteignait une puissance de 20,4 gigawatts (GW). L’objectif du pays est d’atteindre 24,1 GW d’électricité éolienne d’ici fin 2023. Du côté du solaire photovoltaïque, la puissance atteint 15,8 GW, contre un objectif de 20,1 GW à fin 2023. Les écarts à combler restent donc importants.

Pour y arriver, le gouvernement porte un projet de loi d’accélération des énergies renouvelables, qui va arriver à l’Assemblée nationale le 5 décembre prochain. En première lecture, début octobre, le Sénat a largement adopté le texte. Il a finalement renoncé à un droit de « veto » des maires sur l’implantation d’énergies renouvelables, au profit d’un dispositif plus global reposant sur le choix par les communes de « zones propices » à l’installation de renouvelables. La disposition prévoyant d’introduire une distance minimale de 40 kilomètres des côtes pour un projet d’éolien en mer a également été supprimée.

En février dernier, dans son discours de Belfort, Emmanuel Macron avait fixé l’objectif d’installer d’une cinquantaine de parcs éoliens offshore en France d’ici à 2050. Le chef de l’État a, en revanche, mis le frein sur l’éolien terrestre, avec un doublement de la capacité actuelle non plus sur dix mais trente ans. Il a aussi annoncé la multiplication par dix de la puissance solaire installée d’ici à 2050 et une relance du nucléaire avec la construction de six réacteurs EPR2 à l’horizon 2035.

Par Concepcion Alvarez (@conce1), publié le 25 novembre 2022

Photo en titre : En 2020, la France était le seul pays européen à ne pas avoir atteint ses objectifs en matière d’énergies renouvelables, atteignant péniblement le seuil de 19% de renouvelables dans son mix énergétique au lieu de 23%.
@pixabay

https://www.novethic.fr/actualite/energie/energies-renouvelables/isr-rse/le-retard-de-la-france-sur-les-energies-renouvelables-va-lui-couter-plusieurs-centaines-de-millions-d-euros-151202.html

LA TAXE SUR LES SURPROFITS POURRAIT COÛTER 5 MILLIARDS D’EUROS À EDF

Le projet de taxe du gouvernement français sur les bénéfices jugés excessifs dans l’électricité pourrait représenter pour EDF un manque à gagner de l’ordre de 5 milliards d’euros en 2023, a rapporté jeudi 24 novembre le quotidien Les Échos.

Malgré sa dette colossale, qui devrait franchir les 60 milliards d’euros en 2022, EDF n’échappera pas à la taxe sur les superprofits des énergéticiens. Ce dispositif, qui dérive d’un accord conclu entre ministres européens fin septembre et a été inscrit dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2023, actuellement en discussions au sénat, vise à plafonner les prix de vente de l’énergie nucléaire et renouvelable à 100 euros le mégawatt-heure (MWh), alors que le prix du marché français avoisine actuellement les 400 euros le MWh. Il devrait ainsi rapporter jusqu’à 11 milliards d’euros à la France. Selon les informations du quotidien Les Échos, EDF deviendrait de fait le premier contributeur de cette taxe, puisqu’elle entraînerait pour le groupe un manque à gagner de 5 milliards d’euros.

De nombreux défis pour Luc Rémont

Cette décision devrait peser davantage sur les finances d’EDF, qui a émis plusieurs avertissements sur ses bénéfices cette année et a même contraint le gouvernement à une recapitalisation, de l’ordre de 3 milliards d’euros. L’énergéticien a abaissé début novembre son estimation de production nucléaire en France pour 2022 à 275-285 TWh, en raison de l’impact des grèves sur la maintenance de ses réacteurs et de l’allongement de la durée d’arrêt de quatre réacteurs nucléaires. Face à cette succession de problèmes, la dette du groupe pourrait franchir un niveau record en 2022, en dépassant les 60 milliards d’euros

Publié le 24 novembre 2022 à 20h56, mis à jour 25 novembre 2022

Photo en titre : © ÉRIC GAILLARD. EDF est en bonne voie pour achever son projet de renationalisation, estimé à 9,6 milliards d’euros. REUTERS/Éric Gaillard

https://www.usinenouvelle.com/article/la-taxe-sur-les-surprofits-pourrait-couter-5-milliards-d-euros-a-edf.N2070322

AVEC LES OPPOSANT.ES À CIGÉO, NOUS SOMMES TOUT.ES APPELÉ.ES À COMPARAÎTRE ! PROCÈS EN APPEL LES 28, 29 ET 30 NOVEMBRE

Communiqué du 25 novembre 2022

Le Réseau « Sortir du nucléaire » apporte son plein soutien aux personnes qui passeront les 28, 29 et 30 novembre devant la Cour d’appel de Nancy, victimes de la criminalisation de la lutte contre Cigéo, ce projet d’enfouissement en profondeur des déchets radioactifs les plus dangereux. C’est pourtant un autre procès qu’il faudrait aujourd’hui instruire : celui d’une industrie nucléaire qui impose sa fuite en avant et ses déchets ingérables aux populations.

Il y a 4 ans, le 20 juin 2018, quatre jours seulement après une importante manifestation contre le projet Cigéo qui avait rassemblé plus de 2000 participant.es dans les rues de Bar-le-Duc, une vague massive de perquisitions, d’arrestations et de convocations conduisait 7 personnes à être poursuivies dans le cadre d’une instruction pour  » association de malfaiteurs… ». Quelques mois plus tard, outre de nouvelles perquisitions, s’ajoutaient deux autres mises en examen, puis l’année suivante encore deux autres, dont l’avocat de la lutte. Ce qu’on leur reproche fondamentalement au-delà du festival de charges retenues ? Leur engagement dans la lutte contre le projet Cigéo. Cette vaste opération répressive qui aura mobilisé de considérables moyens financiers, policiers et techniques dignes d’un mauvais scénario orwellien, aura en effet jeté son filet de suspicion sur l’ensemble d’une lutte, menaçant chaque personne opposant.es à Cigéo d’une potentielle perquisition, mise sur écoute et saisie de ses affaires.

Au final, après deux années et demi de placement sous contrôle judiciaire d’une dizaine de personnes, interdites de séjour à Bure et parfois dans toute la Meuse, et empêchées d’entrer en contact les unes avec les autres, le juge aura prononcé un non-lieu pour deux personnes, dont l’avocat de la lutte. En outre, à l’issue du procès en première instance, qui s’est tenu les 1,2 et 3 juin 2021 à Bar-le-Duc, les accusations de « participation à une association de malfaiteurs » se sont dégonflées comme un soufflé, avec des relaxes sur plusieurs chefs d’inculpation dont celui-ci et réduisant au final une instruction de 24000 pages à une condamnation pour la participation et l’organisation d’une simple manifestation non autorisée ayant occasionné des troubles à l’ordre public, le 15 août 2017 à Bure. Une décision qui, placée en vis-à-vis de lourdes condamnations, jusqu’à 9 et 12 mois de prison ferme, montre l’inanité et l’absurdité de cette procédure. Pourtant, l’acharnement du Parquet, qui ne trouvant pas à son goût la décision, a fait appel incident sur la décision de première instance et suite à l’appel des inculpé.es, remet une pièce dans la machine en faisant table rase des relaxes obtenues l’an passé, et s’acharne ainsi à construire des « coupables » et obtenir des condamnations. L’audience en appel se tiendra donc les 28, 29 et 30 novembre à Nancy.

Avec ce procès nous ne sommes pas dupes : encore une fois, il s’agit de criminaliser lourdement la lutte antinucléaire, ici pour démobiliser et détourner notamment l’attention des graves lacunes du projet Cigéo. Alors que le dépôt de la Demande d’Autorisation de Création est annoncé pour la fin de l’année, d’importants points noirs persistent, concernant notamment le risque d’incendie souterrain. L’instruction du dossier commencerait donc alors que, selon l’Autorité de sûreté nucléaire, l’expertise à ce sujet ne serait disponible qu’en … 2026 ! Peu importe : le rouleau compresseur doit avancer afin que l’industrie nucléaire puisse mettre en avant une « solution » pour des déchets prétendument gérés et permettre la relance d’une filière dans un état pourtant catastrophique. Et ce, alors même que Cigéo ne suffirait pas pour accueillir les déchets que produiraient les nouveaux réacteurs souhaités par EDF [1] ! Face à une intense mobilisation durant les 30 dernières années, qui aura mis en œuvre tous les leviers d’opposition et d’interpellation pour forcer le débat sociétal sur l’avenir du nucléaire et le devenir de ses encombrants et mortels déchets, bâton et passage en force sont l’unique réponse d’un État nucléaire qui poursuit sa fuite en avant dans un modèle économique éculé.

Ainsi, alors qu’a commencé le débat public sur la construction de nouveaux réacteurs à Penly, cette question des déchets est un impensé. Ceux qui devraient se retrouver sur le banc des accusé·es ne sont pas les militant·es, mais cette industrie qui impose aux populations cette technologie dangereuse et productrice de rebuts ingérables. Pourtant, rien ne change : le débat public est invisibilisé, le gouvernement passe en force sur le nucléaire, et la démocratie gît piétinée entre La Hague, Penly et Bure.

Dans un contexte qui a vu, ces dernières semaines, fleurir des discours dangereux et nauséabonds à l’encontre de l’engagement environnemental, le Réseau « Sortir du nucléaire » renouvelle son soutien aux personnes concernées et appelle l’ensemble des mouvements environnementaux et sociaux à en faire de même. Cet acharnement judiciaire contre les opposant·es à Cigéo appelle une solidarité large et inconditionnelle, tant la répression envers ces militant·es préfigure celle que commencent à subir d’autres à travers une stigmatisation et criminalisation globales des luttes sociales et environnementales.

Une conférence de presse organisée par l’opposition et les avocat·es des opposant.es à Cigéo se tiendra lundi 28 novembre à 13h devant la Cour d’appel de Nancy.

Le week-end précédant le procès, de nombreuses actions (projections-débat, conférences… seront organisées à Nancy en soutien aux personnes concernées. Retrouvez le programme ici : https://noussommestousdesmalfaiteurs.noblogs.org/

Contact presse :  Charlotte Mijeon (sur place le 28 novembre) – 06 64 66 01 23

Les personnes concernées ont collectivement décidé de laisser leurs avocat·es s’exprimer à leur place dans le cadre de ce procès. Pour joindre leur défense, contacter Me Matteo Bonaglia au 06 16 60 70 16

Pour soutenir financièrement les personnes à faire face à leur frais d’avocat⋅es via l’association Cacendr, « caisse de solidarité » de la lutte face à la répression, vous pouvez faire un don via ce site

Note

[1] Voir les propos de Bertrand Doroszczuk, président de l’Autorité de sûreté nucléaire, devant l’Office Parlementaire des choix scientifiques et techniques le 17 mai 2022

Communiqué publié le 25 novembre 2022 par le réseau « Sortir du nucléaire »

https://www.sortirdunucleaire.org/Avec-les-opposant-es-a-Cigeo-nous-sommes-tout-es

Le saviez-vous ?
Le Réseau « Sortir du nucléaire » est un véritable contre-pouvoir citoyen. Totalement indépendants de l’État, nous dépendons exclusivement du soutien de nos donateurs. C’est grâce à votre soutien financier que nous pouvons nous permettre de tout mettre en œuvre pour offrir aux générations futures l’espoir d’un avenir sans risques nucléaires. Aidez-nous à obtenir cet objectif et à nous permettre de continuer la lutte au quotidien contre cette énergie mortifère et pour promouvoir la sobriété énergétique et les alternatives renouvelables.

ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS NUCLÉAIRES À BURE : SIX MILITANTS ANTI-CIGÉO, REJUGÉS EN COUR D’APPEL À NANCY

Le procès en appel de six militants opposés au projet d’enfouissement des déchets radioactifs (Cigéo) à Bure dans la Meuse, débute lundi 28 novembre 2022 à Nancy. Ils ont été condamnés le 21 septembre 2021 en première instance à des peines de prison allant de six mois avec sursis à douze mois ferme.

Lundi 28 novembre 2022 débute à Nancy (Meurthe-et-Moselle) et pour trois jours, le procès en appel de six militants anti-Cigéo. Ces opposants au projet d’enfouissement des déchets radioactifs à Bure ont été condamnés le 21 septembre 2021 en première instance par le tribunal de Bar-le-Duc (Meuse) à des peines de prison allant de six mois avec sursis à douze mois ferme.

À l’origine, sept militants étaient poursuivis pour « association de malfaiteurs », accusation dont ils ont été relaxés. Au final, une personne avait été relaxée de toutes les charges, les six autres ont été condamnées pour avoir organisé ou participé à une manifestation non déclarée le 15 août 2017. Il leur était reproché aussi la détention de « substances ou produits incendiaires« .

Des militants anti-nucléaire devant le tribunal de Bar-le-Duc (Meuse) • © Photo : Laurent Parisot, France 3 Lorraine

Pour les associations anti-Cigéo et le collectif d’avocats qui défend les prévenus, les qualifications retenues et les moyens déployés lors de l’instruction étaient disproportionnés au regard des faits établis. « Ce procès est délibérément politique. On ne juge pas simplement un groupe de militants opposés à un projet industriel local, mais à un projet d’État, car le nucléaire, c’est l’État. »

La procédure ouverte pour « association de malfaiteurs » déclenchée par le Procureur de la République et le juge d’instruction a permis la mise en place d’un dispositif d’enquête impressionnant, généralement dévolu aux affaires de terrorisme ou de grand banditisme. Depuis 2017, des dizaines de personnes ont été placées sur écoute, des milliers de discussions et de messages ont été captés.  Au total, les forces de l’ordre ont intercepté plus de quinze ans de temps cumulé de conversations téléphoniques.

Des sympathisants venus soutenir, devant le tribunal de Bar-le-Duc, mardi 1er juin 2021, les sept anti-Cigéo jugés par le tribunal judiciaire. • © Maron Lompageu. France Télévisions

Contrairement au rassemblement massif et festif qui avait eu lieu du 1er au 3 juin 2021 sur le parvis du tribunal de Bar-le-Duc (Meuse) pour soutenir les prévenus, aucune manifestation d’ampleur n’est prévue à Nancy. Les militants entendent recentrer le débat sur la lutte anti-Cigéo. À noter que le parquet avait aussi de son côté fait appel.

Par Eric Molodtzoff , publié le 25/11/2022 à 06h30

Photo en titre : Banderole Anti-Cigéo. Six militants condamnés en première instance seront jugés en appel lundi 28 novembre 2022 à Nancy • © Eric Molodtzoff/ France3 Lorraine

https://france3-regions.francetvinfo.fr/grand-est/meurthe-et-moselle/nancy/enfouissement-des-dechets-nucleaire-a-bure-six-militants-anti-cigeo-rejuges-en-cour-d-appel-a-nancy-2661612.html

DÉBAT PUBLIC SUR LES EPR2 : LES ANTINUCLÉAIRES TIENNENT TÊTE

Lors de la 3e réunion du débat public autour de la construction de nouveaux réacteurs, les pronucléaires ont vanté les mérites des EPR2. Les anti, eux, ont rappelé que d’autres réponses à la crise climatique existent.

Palaiseau (Essonne), reportage

Devant l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (Ensae), gigantesque bâtiment à l’allure un peu futuriste à Palaiseau, une banderole jaune vif est posée à même le sol. « Stop EPR, ni à Penly ni ailleurs », peut-on lire dessus en lettres noires. « On n’a pas le droit de rentrer dans l’école avec, alors je la laisse là », dit avec ironie Alain Corréa, militant antinucléaire venu spécialement de Rouen. Non loin de lui, Janni, du Collectif contre l’ordre atomique (CCOA), distribue des tracts tandis que deux activistes de Greenpeace déploient elles aussi une banderole anti-EPR. Nous sommes mardi 22 novembre et a lieu à l’Ensae la troisième réunion organisée par la Commission nationale du débat public (CNDP) autour du projet de construction de six réacteurs nucléaires de type EPR2, dont deux à Penly (Seine-Maritime).

Après deux premières sessions les 27 octobre et 8 novembre dernier, on discute cette fois-ci de : « Qu’est-ce que l’EPR2, et peut-on faire du nucléaire autrement ? » Un projet « qui coûte un bras et qui ne résoudra en rien la crise énergétique et climatique », résume Alain Corréa. Il n’a pas d’illusion sur l’issue de ce débat public, qui a débuté après le « passage en force » d’un projet de loi d’accélération du nucléaire. « Ce n’est pas un débat, c’est de la thérapie de groupe. Le gouvernement fera ce qu’il veut, il s’en fout. Toutes ces réunions, c’est pour anesthésier tout le monde. »

« Ce n’est pas un débat, c’est de la thérapie de groupe. »

Du monde, il y en a en tout cas à l’intérieur de l’amphithéâtre qui accueille l’événement — retransmis en direct sur Youtube. Si de nombreux étudiants ingénieurs ont fait le déplacement, des membres d’associations, des salariés et des syndicats du secteur énergétique sont également venus écouter les intervenants du jour. Sur l’estrade, il y a par exemple Gabriel Oblin, directeur de projet EPR2 chez EDF, qui est le maître d’ouvrage de ce programme. Selon lui, ces réacteurs à eau pressurisée de troisième génération, « en évolution par rapport aux EPR, tout en conservant leurs atouts », font partie de la « solution » pour atteindre la décarbonation du système énergétique français à l’horizon 2050. « Une paire de réacteurs EPR2 produit la consommation électrique d’une région comme la Normandie, ou la moitié de la consommation d’Île-de-France », assure-t-il, reprenant des éléments indiqués dans une synthèse du dossier de la maîtrise d’ouvrage distribué à l’entrée.

Ce document indique en outre que ce projet à Penly « a été conçu pour minimiser son empreinte environnementale et pour intégrer les effets du changement climatique ». Ce n’était pas l’avis de plusieurs membres du Conseil national de la transition écologique il y a quelques semaines. On lit aussi que le projet a pris en compte les « retours d’expérience » de chantiers d’EPR dans le monde, et notamment du chantier de l’EPR de Flamanville. Ce dernier accumule les couacs et a pris un retard faramineux : les travaux ont commencé en 2007 et il n’a toujours pas été livré.

Pour Gabriel Oblin, intervenant situé à gauche, directeur de projet EPR2 chez EDF, ces réacteurs à eau pressurisée de troisième génération, font partie de la « solution ». © Amélie Quentel / Reporterre

En outre, si pour certains la technologie EPR2 « permet de simplifier la construction tout en garantissant le même niveau de sûreté que les EPR », pour d’autres, « ce choix s’inscrit uniquement dans une démarche de réduction des coûts, qui compromet la sûreté ». Le jour même du débat, dans une enquête consacrée aux EPR2, Libération l’assure : « EDF n’est pas encore assuré de pouvoir couler le premier béton de la première paire en 2027, l’année où Emmanuel Macron doit quitter l’Élysée ».

« Sobriété, efficacité énergétique et énergies renouvelables sont à portée de main »

« Il n’est pas acceptable de relancer une activité nucléaire polluante, dangereuse et vulnérable aux agressions de toutes sortes pendant au moins le siècle à venir, alors que des solutions beaucoup plus rapides et moins coûteuses – sobriété, efficacité énergétique et énergies renouvelables – sont à portée de main », lance sur l’estrade l’ancien ingénieur nucléaire Bernard Laponche, qui est aussi président de l’association Global chance. Les quelques militants antinucléaires présents dans la salle applaudissent.

La troisième réunion du débat public sur le nucléaire a eu lieu à l’École nationale de la statistique et de l’administration économique, en Essonne. © Amélie Quentel / Reporterre

Au-delà des allocutions des intervenants, les questions du public sont pointues. Un étudiant souligne que des critiques précises émergent des débats, sans qu’une réponse claire et factuelle ne soit apportée aux personnes y assistant. Un autre questionne la sûreté de l’extraction minière du combustible nécessaire au fonctionnement de ces EPR2, étant donné que l’uranium exploité dans l’Hexagone est essentiellement importé. De quoi battre en brèche l’idée selon laquelle la relance du nucléaire pourrait assurer l’indépendance énergétique de la France. À ce propos, Michel Badré, président de la commission particulière en charge d’organiser le débat public, tient à faire une annonce : « Au cours des séances précédentes, il nous a été signalé que la question des déchets nucléaires et du cycle [provenance de l’uranium, etc.] n’était pas suffisamment mise en évidence dans notre programme. On a entendu cette critique, qui nous est apparue tout à fait fondée. » Une séance spéciale consacrée à ces enjeux, en visio, sera donc organisée par la CNDP le 19 janvier.

Ce programme d’EPR2 est « avant tout un projet industriel et politique »

Autre sujet abordé lors de ce débat : les alternatives nucléaires aux EPR2. Celles-ci sont présentées par Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire (SFEN). Il y a les « Small modular reactors » (SMR, petits réacteurs modulaires) ; le programme « grand carénage », soit la prolongation des réacteurs déjà en service ; et les « Advanced modular reactors » (AMR). À ses côtés sur la tribune, il y a Antoine Ménager, directeur du débat public EPR2 pour EDF. « Je suis content car je vois ici plein d’étudiants. Vous aurez compris que ce projet d’EPR2 est un projet d’avenir », lance-t-il.

« On a surtout assisté à une grosse page de pub »

À la fin du débat, Alain Corréa de Stop EPR, ni à Penly ni ailleurs voit les choses différemment : « Ce soir, on a surtout assisté à une grosse page de pub. » Non loin de lui, Guillaume Blavet, issu du même collectif, débat ardemment avec des étudiants. Pour lui, ce programme d’EPR2, « derrière les beaux discours sur l’urgence climatique et la crise énergétique », est « avant tout un projet industriel et politique ».

La prochaine réunion aura lieu le 1er décembre, à Caen (Normandie). Son thème : « Que s’est-il passé à Flamanville et quels enseignements en a-t-on tirés ? » Les parlementaires se saisiront des conclusions de ce débat public dans le cadre du vote de la loi de programmation énergie-climat, en 2023.

Par Amélie Quentel, publié le 23 novembre 2022 à 15h31, mis à jour le 24 novembre 2022 à 09h37

Photo en titre : Débat public sur le nucléaire le 22 novembre à Palaiseau (Essonne). – Twitter / RogerSpautz

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NUCLÉAIRE. CENTRALE EDF DE FLAMANVILLE : LA CONNEXION AU RÉSEAU ÉLECTRIQUE DU RÉACTEUR N°2 REPOUSSÉE

À la centrale EDF de Flamanville (Manche), la connexion au réseau électrique du réacteur numéro 2, prévue le 26 novembre 2022, a été repoussée de cinq jours.

Prévue pour ce samedi 26 novembre 2022, la connexion au réseau électrique du réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire EDF de Flamanville (Manche) a été repoussée de cinq jours, en raison d’un problème de vanne décelé sur un circuit. Le temps de le réparer, la connexion a été recalée au 1er décembre.

À lire aussi : Nucléaire. La population se prépare à un exercice en cas d’accident sur le site de Flamanville

Cette tranche avait été arrêtée mi-février pour le changement d’un tiers de son combustible, avant que l’arrêt ne soit prolongé pour des investigations liées au phénomène de corrosion sous contrainte au niveau du système d’injection de sécurité du circuit primaire principal. Le chargement du combustible a été réalisé début novembre. La phase de redémarrage, par paliers, était lancée depuis.

Le nouveau PDG est en visite

Ce contretemps intervient alors que la visite du nouveau PDG d’EDF, Luc Rémont, est annoncée pour deux jours, ce jeudi 24 et vendredi 25 novembre, à Flamanville justement. Une visite à huis clos.

À lire aussi : Centrale nucléaire de Flamanville : le chargement du combustible dans le réacteur n°2 prévu ce week-end

Nommé mercredi seulement en conseil des ministres, Luc Rémont remplace Jean-Bernard Lévy. Polytechnicien, passé par plusieurs cabinets ministériels et des grands groupes industriels bancaires, il dirigeait jusqu’à présent les opérations internationales de Schneider Electric. Sa première mission, à EDF, est de faire redémarrer suffisamment de réacteurs pour répondre aux pics de consommation dans l’hiver…

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Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 24 novembre 2022 à 08h05

Photo en titre : La connexion a été recalée au 1er décembre 2022. (©Archives / Jean-Paul BARBIER)

https://actu.fr/normandie/flamanville_50184/nucleaire-centrale-edf-de-flamanville-la-connexion-au-reseau-electrique-du-reacteur-n-2-repoussee_55423216.html

SÉRIEUX REVERS POUR LE MÉGAPROJET DE FUSION NUCLÉAIRE ITER, TOUCHÉ PAR DES FISSURES

Le gigantesque programme scientifique international ITER, censé démontrer la viabilité de la fusion nucléaire à grande échelle afin de générer d’immenses quantités d’électricité décarbonée dans le futur, fait face à un lourd imprévu : des fuites atteignant jusqu’à 2,2 millimètres de profondeur ont été détectées dans plusieurs modules clé déjà installés. De quoi engendrer des retards conséquents, alors que la première fusion à pleine puissance devait se produire d’ici à 2035.  

C’est un coup dur pour l’un des projets les plus ambitieux au monde dans le domaine de l’énergie, avec des conséquences probablement considérables en termes de calendrier et de coûts. Initié en 2006, le colossal programme scientifique ITER, censé démontrer que la fusion (l’énergie du Soleil et des étoiles) pourra un jour générer d’immenses quantités d’électricité décarbonée, se trouve confronté à des problèmes de « grande dimension », selon un communiqué publié par l’organisation ITER hier soir. De quoi éloigner l’espoir d’une première fusion nucléaire à pleine puissance dès 2035 dans cette gigantesque machine expérimentale, située à Cadarache (Bouches-du-Rhône) et issue de la coopération de 35 pays.

En effet, des fissures atteignant jusqu’à 2,2 millimètres de profondeur ont été identifiées dans plusieurs composants clé du tokamak, la fameuse structure en forme de donut à l’intérieur de laquelle devra se dérouler la fusion. Cette dernière consiste à chauffer à 150 millions de degrés des isotopes d’hydrogène, le deutérium et le tritium, alors sous forme de plasma, afin de dégager des quantités d’énergie faramineuses absorbées par les parois d’une chambre à vide située dans ce tokamak. Une réaction en chaîne qui ne génère quasiment aucun déchet, contrairement à la fission de noyaux lourds d’uranium, utilisée par toutes les centrales nucléaires en fonctionnement aujourd’hui.

Les boucliers thermiques affectés

Seulement voilà : les défauts de corrosion touchent « les boucliers thermiques et les secteurs de la cuve à vide », précise ITER dans son communiqué. Or, ceux-ci remplissent une fonction majeure, puisqu’ils sont censés limiter le transfert thermique entre les zones de température très élevée et ceux nécessitant d’être maintenus à très basse température. Et pour cause, la chambre à vide où se déroulera la fusion à 150 millions de degrés ne se trouvera qu’à un mètre environ de bobines magnétiques, refroidies dans de l’hélium liquide à -269°C afin d’être supraconductrices (c’est-à-dire conduisant parfaitement un courant, sans résistance, et donc sans perte d’énergie). « Les boucliers thermiques sont des pièces recouvertes d’argent situées entre ces deux secteurs, qui visent à minimiser les flux de chaleur entre eux », précise à La Tribune Greg de Temmerman, coordinateur scientifique sur le projet ITER entre 2014 et 2020. Et ainsi protéger le système magnétique supraconducteur qui créera le plasma.

Dans le détail, ces fuites avaient été détectées dès novembre 2021 pendant des tests à l’hélium « sur un élément du bouclier thermique de la cuve à vide » livré un an et demi plus tôt par la Corée, sans pour autant qu’ITER communique à ce sujet. Des groupes de travail avaient alors vu le jour pour enquêter, avec des experts de différents partenaires de l’organisation. Lesquels ont pu « identifier la cause profonde » du problème, souligne le communiqué : un « stress causé par la flexion et le soudage des tuyaux de fluide de refroidissement […] aggravé par une réaction chimique lente », due à la présence de résidus de chlore. Autrement dit, une faiblesse dans la conception de la fixation du tuyau de refroidissement a rendu impossible l’élimination des résidus de chlore, ce qui a engendré de la « fissuration par corrosion sous contrainte » dans les conduites.

« Une question cruciale [s’est alors posée] : le problème était-il ponctuel, limité aux éléments examinés, ou était-il systémique, affectant tous les composants du bouclier thermique ? », s’interroge ITER, dans un exercice de transparence.

« Nous devons supposer que le problème est étendu », répond son directeur général, Pietro Barabaschi, par le biais du communiqué. Et d’ajouter que « le risque est trop élevé et les conséquences d’un panneau de protection thermique qui fuit pendant le fonctionnement sont trop graves » pour ne pas le vérifier. Et pour cause, lors de la fameuse fusion nucléaire, la chambre à vide devra donc contenir du tritium, un élément radioactif. « Les calculs ont été faits pour que la structure ne doive jamais casser. […] La géométrie magnétique doit être la plus parfaite possible pour confiner le plasma, car chaque désalignement peut être cher payé », précise Greg de Temmerman.

Ci-contre l’un des modules de la cuve à vide, fourni par la Corée, qui constituera la chambre à vide en acier inoxydable dans laquelle se produiront les réactions de fusion, et qui devra être parfaitement hermétique. ©Juliette Raynal

Lire aussi : Sérieux revers pour le mégaprojet de fusion nucléaire ITER, touché par des fissures

Plusieurs années de retard supplémentaire

Par conséquent, le problème exigera un « examen approfondi », de la « créativité dans la conception d’actions correctives » ainsi que « du temps et un budget » afin d’y remédier, reconnaît-il. Et pour cause, « le traiter dans la fosse [du tokamak] sur le module déjà assemblé serait extrêmement difficile », affirme le communiqué. Cela signifie que ledit module devra être soulevé, afin de le démonter puis de procéder aux réparations.

« Nous explorons différentes possibilités, de la réparation sur site à la refabrication dans une installation extérieure, éventuellement avec différentes options de fixation des tuyaux. Mais il n’y a aucun doute sur la nécessité de remplacer les tuyaux de refroidissement », explique l’organisation.

Reste à connaître le surcoût engrangé par cet imprévu, alors que la facture s’alourdit depuis le début du projet, passant de 5 milliards d’euros au départ à plus de 20 milliards actuellement. Cependant, « près de 90% du budget se fait sans argent direct, puisqu’il provient de contributions en nature de la part des différents pays, via la fourniture des bâtiments, pièces et systèmes de l’installation », rappelle Greg de Temmerman.

Le principal questionnement portera donc sur le retard auquel il faudra s’attendre. Avant l’incident, les premières opérations de test sans fusion, jusqu’ici prévues en 2025 (contre 2016 initialement), se dirigeaient déjà vers un délai supplémentaire d’au moins deux ans. Avec ce nouvel événement, « il est clair que le retard va à nouveau se compter en années », affirme Greg de Temmerman. Les estimations officielles ne devraient cependant pas arriver avant mai prochain, date à laquelle les représentants de haut niveau de chacun des pays membres impliqué dans le projet se réuniront en Conseil.

Lire aussi : Nucléaire : la Finlande doit faire une croix sur le nouvel EPR d’Olkiluoto 3 pour une grande partie de l’hiver

Par Marine Godelier , publié le 22 novembre 2022 à 14h50

[Article mis à jour le 22/11/2022 à 17h36 avec les explications de Greg de Temmerman, coordinateur scientifique du projet ITER entre 2014 et 2020]

Photo en titre : Crédits : MG

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/serieux-revers-pour-le-megaprojet-de-fusion-nucleaire-iter-touche-par-des-fissures-941705.html

POUR HERVÉ KEMPF, RÉDACTEUR EN CHEF DE REPORTERRE, « LA QUESTION DES ÉMISSIONS DE CO2 EST SECONDAIRE »

Hervé Kempf est le rédacteur en chef de Reporterre qui publie « Le Nucléaire n’est pas bon pour le climat ». Il est interrogé par Claire FIORLETTA.

Vous allez animer une conférence en lien avec « Le Nucléaire n’est pas bon pour le climat » (éd. du Seuil). Quel objectif poursuivez-vous avec ce dernier ouvrage sur un sujet polémique ?

Depuis quelques années, j’observe que se répète, assez uniformément, l’idée que le nucléaire ne rejette pas de CO2 et qu’il n’est donc pas nocif pour l’environnement. Avec cet ouvrage, je voulais montrer que la question est plus complexe que ça, qu’elle ne peut pas se résumer à un seul discours, voire qu’elle est prise à l’inverse. Le nucléaire ne rejette pas de CO2, mais les énergies renouvelables non plus. La question des émissions de CO2 est secondaire, la priorité, c’est de regarder quels sont nos besoins réels en électricité et quelles économies peuvent être faites ; et d’examiner ensuite par quels moyens la produire.

Cette conférence arrive quelques jours avant le procès en appel pour « association de malfaiteurs » contre les anti-Bure , quels auditeurs attendez-vous dans l’amphithéâtre de la faculté de lettres, des gens convaincus ou à convaincre ?

Ce que je cherche, surtout, c’est à ouvrir et nourrir le débat. Il est actuellement essentiel que les Français réfléchissent à cette question. Nous avons besoin d’échanger, de nous écouter les uns et les autres sans s’énerver, c’est pourquoi, une grande partie de la séance se déroulera sous forme de questions-réponses. En milieu universitaire, je m’attends bien sûr à m’exprimer devant des étudiants, mais je fais en sorte, lors de mes conférences, de garder un niveau de discours qui soit accessible à tout-à-chacun qui n’aura pas nécessairement de compétences particulières dans le domaine ou de références sur le sujet.

Quelles sont les vôtres ?

Je m’intéresse à cette question du nucléaire depuis 1989 quand Reporterre existait encore en version papier. J’ai toujours énormément lu de littérature sur le sujet, dans la presse spécialisée, pas seulement scientifique, mais économique également. Je m’appuie, bien sûr, sur les résultats d’études et sur les publications de l’Autorité de sûreté nucléaire et des organismes comme l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire entre autres. Je varie les sources. Elles sont toutes utiles à nourrir la réflexion collective.

 Conférence à la faculté de Lettres (salle A052) de Nancy le jeudi 24 novembre, à 19 h 30, à l’initiative du Collectif contre l’Enfouissement des déchets radioactifs.

Hervé Kempf est le rédacteur en chef de Reporterre qui publie « Le Nucléaire n’est pas bon pour le climat »

Propos recueillis par Claire FIORLETTA, publié le 23 novembre 2022 dans l’Est Républicain

Photo en titre : Hervé Kempf, spécialiste des questions de climat et d’énergie nucléaire.  Photo ER /DR

https://www.estrepublicain.fr/environnement/2022/11/23/pour-herve-kempf-redacteur-en-chef-de-reporterre-la-question-des-emissions-de-co2-est-secondaire

FINLANDE: NOUVEL IMPRÉVU POUR L’EPR OL3, UN RISQUE DE PLUS POUR L’HIVER

COPENHAGUE (Reuters) – Le dernier report en date de l’entrée en service du réacteur nucléaire EPR finlandais, Olkiluoto 3 (OL3), accroît l’incertitude déjà élevée pour l’approvisionnement en électricité du pays cet hiver, a déclaré mardi Fingrid, l’opérateur du réseau national.

L’exploitant du réacteur, Teollisuuden Voima (TVO), a annoncé lundi que les tests de production d’électricité reprendraient au plus tôt le 11 décembre après la découverte le mois dernier de fissures sur certains composants clés. Le raccordement d’OL3 au réseau est désormais prévu le 22 janvier au plus tôt.

Ce nouveau retard complique un peu la situation déjà tendue du secteur finlandais de l’électricité, puisque les autorités avaient déjà mis en garde contre un risque accru de délestages si OL3 ne pouvait pas être considéré comme une source d’approvisionnement fiable.

« Naturellement, l’incertitude sur le calendrier définitif d’Olkiluoto 3 augmente le risque de pénuries d’électricité pendant la saison hivernale« , a déclaré dans un communiqué Tuomas Rauhala, directeur d’exploitation de Fingrid.

L’opérateur du réseau national avait annoncé le mois dernier prévoir un pic de consommation d’électricité en Finlande de 14.400 mégawatts (MW) pour cet hiver alors que la production nationale, même en incluant OL3, ne devrait pas dépasser 12.900 MW.

À lui seul, le réacteur OL3 représente une capacité de production théorique d’environ 1.600 MW.

Fingrid n’a pas donné de nouvelles prévisions mardi mais a expliqué qu’il allait revoir ses estimations pour l’hiver « au fur et à mesure de l’évolution de la situation et de l’accès à des informations plus précises« .

(Reportage Stine Jacobsen, version française Marc Angrand, édité par Sophie Louet)

Par Reuters, publié le 22 novembre 2022

Photo en titre : Le réacteur nucléaire EPR finlandais Olkiluoto 3 © Thomson Reuters

https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/finlande-nouvel-impr%C3%A9vu-pour-lepr-ol3-un-risque-de-plus-pour-lhiver/ar-AA14pElN

DÉFAUTS DE SERRAGE D’ADAPTATEURS AU NIVEAU DU CÂBLAGE DE THERMOCOUPLES DU SYSTÈME D’INSTRUMENTATION DU CŒUR DE 6 RÉACTEURS NUCLÉAIRES DE 1300 MWE D’EDF

Le 21 octobre 2022, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté portant sur le défaut de serrage d’adaptateurs permettant la connexion de câbles des thermocouples (sondes de température) du système d’instrumentation du cœur [1] de six réacteurs nucléaires de 1300 MWe.

Cet événement concerne :

. Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Belleville ;

. Le réacteur 2 de la centrale nucléaire de Cattenom ;

. Les réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville ;

. Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine ;

. Le réacteur 1 de la centrale nucléaire de Paluel.

EDF a détecté ces défauts de serrage lors des opérations de déconnexion de ces thermocouples, qui sont réalisées à chaque arrêt de réacteur pour renouvellement du combustible. Les adaptateurs dont le serrage était défectueux avaient été mis en place dans le cadre d’une modification du câblage de ces thermocouples.

En situation accidentelle, un défaut de serrage pourrait entraîner une inétanchéité des adaptateurs et remettre en cause la disponibilité ou la validité des mesures réalisées par les thermocouples concernés.

Ces mesures contribuent au fonctionnement des « ébulliomètres », deux calculateurs qui permettent en situation accidentelle d’informer les opérateurs en salle de commande de la température maximale du fluide primaire en sortie du cœur du réacteur et de la marge entre cette température et la température d’ébullition du fluide primaire. Toutefois, compte tenu de la méthode d’établissement de la température utilisée par les ébulliomètres, EDF considère que ceux-ci auraient assuré leur fonction. L’instruction par l’ASN de ces éléments techniques est en cours.

Cet évènement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois, au vu de son impact potentiel pour la sûreté, cet évènement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES (échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité).

EDF a corrigé les défauts constatés pour les six réacteurs concernés et a prévu de faire évoluer la modification du câblage des thermocouples du système d’instrumentation du cœur pour les réacteurs qui ne l’ont pas encore déployée. Pour les réacteurs actuellement en fonctionnement susceptibles d’être également affectés par cet écart, EDF prévoit de réaliser les contrôles et remises en conformité au prochain arrêt.

[1] Le système d’instrumentation du cœur (RIC) est constitué d’une série de thermocouples (sondes de températures), qui sont implantés dans le cœur du réacteur. 

Date de la dernière mise à jour : 22/11/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/defauts-de-serrage-d-adaptateurs-au-niveau-du-cablage-de-thermocouples

COTENTIN. DÉBAT PUBLIC SUR LE NOUVEAU PROGRAMME NUCLÉAIRE : LES OPPOSANTS VEULENT MOBILISER

Un débat public sur le nouveau programme nucléaire, avec la construction de six nouveaux réacteurs EPR2, dont deux sur le site normand de Penly, s’est ouvert fin octobre 2022.

Un débat public sur le nouveau programme nucléaire, avec la construction de six nouveaux réacteurs de type EPR2, dont deux sur le site normand de Penly, s’est ouvert fin octobre 2022. « La relance du nucléaire ? Surtout pas », réagissent les militants du Groupe d’action Manche antinucléaire, membre du Collectif antinucléaire Ouest.

À lire aussi : Nucléaire : EPR 2 à Penly, vers des réacteurs made in China ?

Samedi 19 novembre, ils ont distribué des tracts sur le marché de Cherbourg pour remobiliser à deux semaines d’une réunion publique à Caen dont le thème sera : que s’est-il passé à Flamanville et quels enseignements en a-t-on tirés ?

On assiste en ce moment à un véritable matraquage de la part du gouvernement, qui se garde d’expliquer pourquoi il y a tant de centrales en panne et pourquoi EDF n’arrive pas à terminer l’EPR.

Les opposants au nucléaire

Déboires, entêtement, et même une certaine tromperie, expliquent-ils. « La concertation nationale sur une éventuelle relance du nucléaire, dans le cadre de la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie n’a pas encore débuté.

« Simulacre de démocratie »

« Ses conclusions ne seront examinées par le Parlement qu’au printemps 2023 », relèvent-ils. Le débat public qui s’est ouvert est donc pour eux « un double objet trompeur : valider Penly, c’est valider la relance… Un imbroglio inacceptable. »

À lire aussi : Nucléaire. EPR de Flamanville : pour EDF, le réacteur fonctionnera à « 100 % de sa puissance »

Face à ce qu’il qualifie de « simulacre de démocratie » découlant d’une inversion du calendrier logique, le Collectif antinucléaire Ouest a donc décidé de ne pas participer au débat. Il entend cependant continuer son rôle d’information et l’opposition.

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Par Rédaction La Presse de la Manche, publié le 22 novembre 2022 à 11h35

Photo en titre : Les opposants dénoncent un « simulacre de démocratie » dans les débats sur l’avenir du nucléaire. (©Jean LAVALLEY)

https://actu.fr/societe/cotentin-debat-public-sur-le-nouveau-programme-nucleaire-les-opposants-veulent-mobiliser_55367625.html

« LA FRANCE DOIT FAIRE DES ÉNERGIES RENOUVELABLES LA GRANDE AVENTURE INDUSTRIELLE ET D’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE DE LA DÉCENNIE »

Tribune: Au moment où l’examen du projet de loi sur les énergies renouvelables s’ouvre à l’Assemblée nationale, un collectif d’élus, rassemblés à l’initiative du député PS Dominique Potier, invite, dans une tribune au « Monde », à utiliser le levier des collectivités territoriales.

Quels que soient le mix retenu et le niveau de sobriété attendu, la croissance des énergies renouvelables est le point commun de tous les scénarios énergétiques. Or, un peu partout, des controverses s’opposent à la mobilisation des ressources. Certains blocages, de type « pas dans mon jardin », doivent être surmontés au nom de l’intérêt général. D’autres peuvent s’expliquer par une forme d’incurie de la puissance publique : manque de connaissances, de doctrine, de hiérarchie des normes et d’outils de régulation. Notre conviction est que seules une science et une démocratie réconciliées nous permettront de partager une métrique commune des transitions attendues.

Nous sommes à ce titre collectivement en attente d’un éclairage nouveau sur les enjeux de biodiversité. Un même dilemme écologique se pose en effet de l’hydroélectricité au photovoltaïque, en passant par l’éolien terrestre et maritime : protéger la biodiversité locale dans son état actuel, ou y renoncer pour partie afin de protéger la biodiversité globale en luttant contre les effets du dérèglement climatique ?

Cet arbitrage entre « petite » et « grande » biodiversité, évitement et compensation, est un des angles morts des politiques publiques. Nous devons non seulement penser en termes de cycle de vie, mais aussi inventer des instruments de mesure permettant un alignement de nos objectifs du territoire à la planète. Au-delà de cet équilibre, nous devons être vigilants à ce que le déploiement des énergies renouvelables ne remette pas en cause notre sécurité alimentaire, alors que nous serons au défi de nourrir 10 milliards d’êtres humains à la fin du siècle.

La France, pour rattraper son retard, doit faire des énergies renouvelables la grande aventure industrielle et d’aménagement du territoire de la décennie. Nous partageons donc l’idée qu’il faut accélérer… mais dans la bonne direction ! La leçon des dérives observées dans la méthanisation ou l’éolien terrestre doit être tirée afin de les corriger et de ne pas les reproduire pour le solaire et l’ensemble des énergies renouvelables.

L’effort de rationalisation et de justice

Comment avons-nous pu intérioriser à ce point l’idéologie néolibérale pour accepter que le paysage actuel soit dominé par le désordre et l’iniquité ? Une capture de la valeur et des aides publiques au profit d’une poignée de sociétés financières et de propriétaires avec une puissance publique qui donne trop souvent le sentiment de tirer « à hue et à dia » ou encore de commander les nuages…

Nous affirmons ici que l’espace rural n’est pas un no man’s land ! Remettre le territoire au centre du déploiement des énergies renouvelables, c’est faire le choix d’associer le meilleur de la planification écologique, de la science, du progrès et de l’esprit d’entreprise. L’effort de rationalisation et de justice engagé sur tous les territoires de la République depuis des décennies dans les domaines de l’urbanisme, de l’économie ou du cycle de l’eau ne peut être ruiné par une compétition stérile et une logique de rente.

Il est devenu urgent d’engager un processus garantissant le juste partage des sols et de la valeur. Nous proposons trois mesures concrètes en ce sens.

En premier lieu, planifier et maîtriser le sol. Les collectivités territoriales sont à même de produire aux côtés de l’État la cartographie fine des espaces artificialisés publics et privés pouvant de façon réaliste être support d’énergies renouvelables et devant figurer comme tel dans les documents d’urbanisme. La mobilisation complémentaire de réserves foncières doit être fondée sur la règle d’or du moindre impact et donner aux collectivités compétentes les instruments juridiques de maîtrise des surfaces concernées, en prenant appui sur les établissements publics fonciers (EPF) et les sociétés d’aménagement foncier et d’établissement rural (Safer).

« Parc énergie positive »

Les territoires doivent fixer le cahier des charges des régies, concessions ou délégations de service public afférentes. Cette capacité à réaliser des appels d’offres ou à manifestation d’intérêt doit favoriser l’émergence de nouvelles filières de production et de maintenance. Ces cahiers des charges pourront expérimenter les attendus en matière d’impact social et écologique permis par la loi Climat et résilience à l’article 35.

En second lieu, faire des zones d’activité des espaces prioritaires où soient concentrées la production et la consommation d’énergies renouvelables. Différentes options sont ouvertes : élargissement des compétences des autorités gestionnaires, évolution des missions des sociétés d’économie mixte gestionnaires, création d’un statut juridique ad hoc de « Parc énergie positive ». Le plus important est que, sur ces espaces – souvent reliés aux réseaux urbains –, l’essentiel des contraintes environnementales et de propriété soient levées. Dans le même esprit, des avantages fiscaux ou tarifaires seraient justifiés par le caractère vertueux des kilowatts issus de cette fabrique d’énergie circulaire économe de ressources foncières rares, et dont l’acception sociale est acquise sur le plan paysager.

Notre troisième proposition vise l’exploitation du potentiel des infrastructures d’État et des collectivités, non seulement routières, mais également ferroviaires, fluviales et portuaires. Ces espaces recèlent des potentiels inédits générés tant par la nouvelle donne du prix de l’énergie que par l’innovation technologique. Les collectivités traversées par les grands axes de transport ont vocation – sur le modèle de la Compagnie nationale du Rhône – à être associées au portage des projets afin de tirer parti de toutes les synergies possibles, notamment en matière de boucles énergétiques de type hydrogène.

À l’instar des épopées industrielles et énergétiques qui après-guerre ont façonné notre pays, nous sommes convaincus que seule la régulation par la puissance publique est, au long cours, garante de la triple performance économique, sociale et environnementale. À l’aube d’une décennie critique sur le plan écologique, les principes de sobriété dans l’usage de nos biens communs et d’équité dans le partage de l’effort seront déterminants. Sur ces bases solides, nous pouvons écrire, au-delà des clivages partisans, un nouveau pacte entrepreneurial et territorial de l’énergie.

Auteurs de cette tribune :

Dominique Potier, député socialiste de la 5e circonscription de Meurthe-et-Moselle ; Loïg Chesnais-Girard, président de la région Bretagne ; Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie ; Sébastien Miossec, maire socialiste de Riec-sur-Bélon, président de Quimperlé Communauté, président délégué d’Intercommunalités de France ; Michaël Weber, président de la Fédération des parcs naturels régionaux de France.

Publié le 22 novembre 2022 à 06h00, mis à jour à 06h01

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/11/22/la-france-doit-faire-des-energies-renouvelables-la-grande-aventure-industrielle-et-d-amenagement-du-territoire-de-la-decennie_6150999_3232.html

L’ONU S’INQUIÈTE D’UNE SÉRIE D’ACTIVITÉS ALARMANTES PAR LA CORÉE DU NORD

Faisant le point devant le Conseil de sécurité lundi, la cheffe des affaires politiques de l’ONU a rappelé que vendredi dernier, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) avait testé ce qu’elle a décrit comme un nouveau type de missile balistique intercontinental. 

Citant l’agence de presse officielle nord-coréenne et diverses sources gouvernementales, Rosemary DiCarlo a précisé aux ambassadeurs que vers 10h15, heure locale, un missile Hwasong-17 a parcouru une distance de 1.000 km à une altitude d’environ 6.100 km. 

« Il s’agirait du premier test réussi du missile le plus gros et le plus puissant de la RPDC, capable d’atteindre toute l’Amérique du Nord », a-t-elle déclaré. 

Le lancement était « le dernier d’une série d’activités alarmantes » liées aux programmes d’armes nucléaires et de missiles balistiques de la Corée du Nord, a souligné Mme DiCarlo. 

Elle a noté que ce pays a effectué cette année plus de 60 tirs utilisant la technologie des missiles balistiques, dont deux impliquaient des missiles balistiques caractérisés par la RPDC comme étant à portée intermédiaire et trois à portée intercontinentale. 

D’autres tirs comprenaient des missiles à plus courte portée utilisant la technologie balistique et d’autres systèmes, qui, selon la RPDC, sont destinés à être utilisés comme armes nucléaires dites « tactiques ». 

Cette année, la Corée du Nord a également procédé à des tirs utilisant la technologie des missiles balistiques pour tester des armes dites hypersoniques et des systèmes satellitaires, a poursuivi la haute responsable de l’ONU. 

De plus, la RPDC n’a émis aucune notification de sécurité de l’espace aérien ou maritime pour aucun de ces tirs. « Les lancements inopinés représentent un risque sérieux pour l’aviation civile internationale et le trafic maritime », a-t-elle souligné. 

Rosemary DiCarlo, cheffe des affaires politiques de l’ONU, devant le Conseil de sécurité. Photo ONU/Eskinder Debeb

Programme d’armes nucléaires

Le Secrétaire général de l’ONU a fermement condamné le dernier tir de missiles balistiques intercontinentaux de la RPDC – le deuxième ce mois-ci, a déclaré Mme DiCarlo. 

La poursuite par la Corée du Nord de son programme d’armes nucléaires et de lancements de missiles balistiques « violent de manière flagrante » les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et ont considérablement aggravé les tensions. 

Elle a réitéré les appels à la RPDC à « s’abstenir de prendre de nouvelles mesures provocatrices et à se conformer pleinement à ses obligations internationales en vertu des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité ».

La RPDC semble également poursuivre activement son programme nucléaire, a averti la cheffe des affaires politiques de l’ONU. 

Elle a cité les commentaires faits mercredi dernier par le chef de l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU, l’AIEA, qui a déclaré que le site d’essais nucléaires de Punggye-ri « reste prêt à soutenir un essai nucléaire ». 

En outre, l’AIEA a continué d’observer une activité sur le site et des activités de construction dans les installations nucléaires de Yongbyon, ainsi que des indications selon lesquelles le réacteur nucléaire de 5 mégawatts fonctionnait. 

Péninsule divisée 

« C’est la dixième fois que le Conseil se réunit pour discuter de la RPDC en 2022, pourtant la situation dans la péninsule coréenne continue d’aller dans la mauvaise direction », a affirmé la cheffe du Département des affaires politique et de la consolidation de la paix (DPPA). 

Les tirs répétés de missiles, la rhétorique conflictuelle et les exercices militaires contribuent à « un cycle action-réaction négatif » alors que les tensions continuent d’augmenter, sans « aucune porte de sortie en vue », a-t-elle ajouté. 

Et la pandémie de COVID-19 complique la diplomatie en empêchant les contacts officiels et non officiels avec la RPDC. 

« Il est essentiel de désamorcer et de réduire les tensions », a déclaré Mme DiCarlo, soulignant la nécessité d’améliorer la communication, « en particulier de militaire à militaire, pour réduire le risque d’erreur de calcul ». 

Elle a fait écho au chef de l’ONU en exhortant la RPDC à « prendre des mesures immédiates pour reprendre le dialogue » pour une paix durable et une dénucléarisation complète de la péninsule coréenne, et a fait part de ces graves préoccupations à l’ambassadeur de la RPDC à l’ONU lors de leur rencontre le 9 novembre. 

Notant que l’unité du Conseil de sécurité est « critique » et qu’une solution diplomatique « la seule voie à suivre », elle a encouragé les ambassadeurs à « exhorter la RPDC à s’abstenir de procéder à de nouveaux tirs utilisant la technologie des missiles balistiques ou à un septième essai nucléaire ». 

Préoccupations humanitaires 

En conclusion, Mme DiCarlo a fait part de ses inquiétudes concernant la situation humanitaire du pays. 

« Les Nations Unies sont prêtes à aider la RPDC à répondre aux besoins médicaux et humanitaires, y compris ceux liés à la pandémie de COVID-19 », a-t-elle déclaré. « Pour permettre une réponse rapide et efficace, nous réitérons notre appel à l’entrée sans entrave du personnel international et des fournitures humanitaires ». 

Par ONU Info, (Paix et sécurité), publié le 21 novembre 2022

Photo en titre : Un missile sur un lanceur mobile. UNICEF/Patrick Andrade

https://news.un.org/fr/news/topic/peace-and-security

RÉUNION PUBLIQUE À CHERBOURG : LE COLLECTIF PISCINE NUCLÉAIRE STOP FÊTE SON ANNIVERSAIRE

Le collectif Piscine nucléaire stop, créé il y a un an dans la Hague (Manche) pour protester contre le projet d’entreposage supplémentaire que pilote EDF sur les terres d’Orano, organise une réunion publique, ce mercredi 23 novembre 2022, à Cherbourg.

Le collectif Piscine nucléaire stop, créé il y a un an dans la Hague (Manche) pour s’opposer au projet de construction par EDF d’une nouvelle piscine de stockage de combustibles nucléaires usés sur les terres d’Orano (une seconde est déjà envisagée), vient fêter son premier anniversaire à Cherbourg-en-Cotentin.

Ce mercredi 23 novembre 2022 au soir (20 h), il organise une réunion publique d’information au plus grand nombre à la salle des fêtes.

Un docteur en physique nucléaire interviendra lors de la réunion

Alors que les travaux de dépollution du site vont démarrer l’année prochaine, les opposants à cette installation supplémentaire sur un secteur géographique déjà considéré comme le plus nucléarisé au monde ne baissent pas les bras pour obtenir gain de cause.

David Boiley, docteur en physique nucléaire et président de l’Association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest (ACRO) interviendra dans le débat sur la question de la saturation des piscines actuelles.

Photo en titre : Le collectif opposé au projet de construction de nouvelle piscine nucléaire dans la Hague a multiplié les réunions publiques. Jobourg, Beaumont, et ce mercredi 23 novembre 2022 à Cherbourg. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Par Ouest-France , publié le 21/11/2022 à 18h00

Pour retrouver et Écouter cet article, cliquer sur :

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/a-cherbourg-le-collectif-piscine-nucleaire-stop-fete-son-anniversaire-ff73faf0-68b7-11ed-a603-4a3131a74a26

BUGEY : DÉTECTION TARDIVE DE L’INDISPONIBILITÉ DES DEUX TAMBOURS FILTRANTS DU CIRCUIT D’ALIMENTATION EN EAU BRUTE DU RÉACTEUR 2

Le 14 novembre 2022, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté relatif à l’indisponibilité des deux tambours filtrants du circuit CRF du réacteur 2 de la centrale nucléaire du BUGEY.

Le circuit CRF assure notamment la filtration de l’eau des circuits d’eau brute secourue (SEB et SEC), du circuit d’eau brute du système d’aspersion de l’enceinte de confinement (EAS eau brute) et du circuit de protection incendie du site (JPD). Lorsque le réacteur est en production, les spécifications techniques d’exploitation (STE) imposent la disponibilité des deux tambours filtrants du circuit CRF. Un tambour filtrant ne peut être considéré comme disponible que si une pompe de lavage des tambours est en service.

Le 7 novembre 2022, le réacteur 2 était en production et les tambours filtrants du circuit CRF étaient nettoyés par la pompe de lavage de la voie A, la pompe de la voie B étant à l’arrêt. Un essai du groupe électrogène de secours à moteur diesel de la voie A a alors provoqué l’arrêt de cette pompe à 13h17. Aucune des deux pompes de lavage des tambours filtrants du circuit CRF n’était donc en service. Dans une telle situation, les STE prévoient le repli du réacteur sous une heure.

L’écart est identifié par l’équipe de conduite le 8 novembre 2022 à 1h10 du matin. Les deux pompes de lavage des tambours filtrants du circuit CRF du réacteur 2 ont alors été rapidement remises en service.

Cet incident n’a pas eu de conséquences sur l’installation, l’environnement ou le personnel. Toutefois, compte tenu de l’indisponibilité des tambours filtrants du circuit CRF du réacteur 2 pendant une durée supérieure à celle prévue par les STE, il a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Publié le 21/11/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/indisponibilite-des-deux-tambours-filtrants-du-circuit-d-alimentation-en-eau-brute

OUVERTURE DES ARCHIVES SUR LES ESSAIS NUCLÉAIRES EN POLYNÉSIE FRANÇAISE

Moment solennel et historique au Château de Vincennes à Paris ce vendredi 18 novembre : l’ouverture des archives sur les 193 essais nucléaires organisés par la France en Polynésie française entre 1966 et 1998. Conservés par le Service Historique de la Défense, les premiers cartons de documents sont désormais disponibles à la consultation.

Vendredi 18 novembre, l’ambiance est chargée d’émotion dans la salle du Château de Vincennes qui abrite le Service historique de la Défense. En présence de Patricia Mirailles, secrétaire d’État auprès du Ministre des Armées, Yvette Tommasini, représentante du président de la Polynésie française au sein de la commission dédiée aux archives sur les essais nucléaires, a pu consulter pour la première fois les documents classés jusque-là sous la mention « secret » et « très secret« . 

Un moment intense pour cette inspectrice d’académie en Polynésie française dont une partie de la famille a travaillé sur les atolls au moment des essais nucléaires : « C’est très émouvant de voir les documents produits pendant cette campagne de tirs, de voir comment les acteurs ont travaillé à l’époque. Ces archives vont donner aux générations futures la capacité de comprendre ce que l’on a vécu, car le fait nucléaire est un marqueur de la société polynésienne actuelle, et de pouvoir avancer avec cette histoire et la mémoire qu’on en emporte aujourd’hui. » 

Patricia Mirailles (à dr.), secrétaire d’État auprès du Ministre de la Défense et Yvette Tommasini (à g.), représentante du gouvernement polynésien • ©tizianamarone

« Il n’y a rien de plus terrible que de ne pas regarder son histoire en face. » (Patricia Mirailles, secrétaire d’État à la Défense)

L’ouverture totale des archives liées aux essais nucléaires a été annoncée par le Président de la République lors de son discours à Papeete le 28 juillet 2021. Emmanuel Macron reconnaît alors une dette de la Nation à l’égard de la Polynésie française pour avoir abrité les 193 tirs nucléaires entre 1966 et 1998.

Cartons d’archives sur les essais nucléaires • ©tizianamarone

Le SHD, Service historique de la Défense, est chargé d’identifier toutes les administrations concernées par ces essais. Après 18 mois de travail de repérage, près de 113.000 documents sont déjà disponibles à la consultation. Ils correspondent aux archives versées par l’ensemble des Ministères. Le SHD doit identifier toutes les administrations qui se sont occupées de la campagne de tirs en Polynésie française et qui sont tenues de verser leurs fonds d’archives. Un réseau des ports détenant des documents a ainsi été localisé. Il s’agit des ports de Cherbourg, Brest, Lorient et Toulon. Le port de Brest se révèle être le principal détenteur de fonds avec près de 4.000 cartons qui seront confiés au SHD. 

« Les victimes polynésiennes des essais nucléaires sont très demandeuses de savoir. Tout le monde a le droit de savoir ce qu’il s’est passé. » (Yvette Tommasini, représentante du gouvernement polynésien)

Avec l’ouverture totale de ces archives, à l’exception de celles contenant des informations pouvant porter atteinte à la sécurité nationale, les associations de défense des victimes des essais nucléaires, les associations écologistes et les chercheurs, toutes disciplines confondues, ont à leur disposition la mémoire de cette campagne de tirs qui s’est déroulée trente ans durant. Une partie de ces documents est disponible sur le site Mémoire d’Hommes du Ministère de la Défense. 

Par Tiziana Marone, publié le 21 novembre 2022 à 16h02

Photo en titre : Archives sur les essais nucléaires en Polynésie française • ©tizianamarone

Pour retrouver cet article et écouter le reportage radio (1mn36s), cliquer sur : https://la1ere.francetvinfo.fr/ouverture-des-archives-sur-les-essais-nucleaires-en-polynesie-francaise-1342332.html

NUCLÉAIRE DANS LES DEUX-SÈVRES : ANCIENNES MINES D’URANIUM ET INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE

Pour les besoins du nucléaire, l’uranium a, un temps, été extrait des sols deux-sévriens, vers Mauléon. Aujourd’hui fermées, ces anciennes mines questionnent la souveraineté énergétique, mise en avant dans le débat sur la construction d’EPR.

Du bout de la chaussure, il retourne une pierre de taille moyenne, un des rares éclats de roche jonchant encore le site. Ça pourrait en être. De ses yeux habitués d’ancien mineur, il sait à quoi ressemble la pecheblende, le minerai d’uranium. Il connaît le noir laiteux et veiné de ce caillou radioactif. Ça n’en n’est pas.

« On faisait un trou, on posait les explosifs, on reculait » (Ancien mineur, La Commanderie, Le Temple)

Qu’importe, lui en a déjà vu beaucoup, entre 1974 et 1990, quand il travaillait dans cette mine de la Commanderie, maintenant fermée, aux confins des Deux-Sèvres, à cheval sur la Vendée, l’une des vingt plus grosses mines françaises. Il est toujours en bonne santé, plus de trente ans après être remonté, mais ce n’est pas le cas de tous ses collègues. « Il y en a eu des cancers, y compris du poumon, qui est le cancer type du mineur, raconte-t-il. « J’avais des collègues qui fumaient, même si à l’époque on savait déjà que ça multipliait les risques.« 

Dans les entrailles de la Terre

Les mineurs travaillaient le plus souvent à deux, parfois jusqu’à 450 mètres de profondeur. « On faisait un trou, on posait les explosifs et on reculait« , résume-t-il. Une besogne qu’il juge comparable, en termes de difficulté, à certains métiers actuels du BTP. La difficulté supplémentaire étant que ça se passait sous terre. « J’étais content de ressortir, surtout qu’au début c’était mal ventilé. »

L’ancienne carrière de la Commanderie, au Temple, sur la commune de Mauléon, sert maintenant de réservoir d’eau pour les agriculteurs. Éoliennes et panneaux solaires peuplent aussi le site. © Photo NR, Clément Nicolas

Les « chantiers » sur lesquels il intervenait – comprendre les zones de la mine où la quinzaine de mineurs de la Commanderie récupéraient l’uranium – n’étaient pas non plus sans risques. « On écoutait les craquements du bois pour savoir si une galerie était sécurisée. Une fois, on a quitté un chantier pour aller casser la croûte un peu plus loin. Il s’est effondré juste à ce moment« , frissonne-t-il.

Une production française insuffisante

Quelques collègues morts, des engins écrasés, « les risques étaient permanents« . Il s’est finalement reconverti sans regret dans l’élevage à la fermeture de la mine, en 1990. Entre temps, depuis 1955, cette dernière a permis de produire 3.978 tonnes d’uranium. De Mauléon à Clisson, « le site de Vendée produisait à peu près 500 tonnes par an« , compte-t-il. 80.000 tonnes ont été extraites en tout, jusqu’à 2001, en France. Peu de chose face aux quelque 10.000 tonnes par an dont a besoin le parc nucléaire (aujourd’hui à moitié à l’arrêt) pour fonctionner.

« Quand on a fermé ici, on savait qu’il y avait encore 8.000 tonnes à aller chercher mais le problème, c’est que le rendement n’était pas optimal. On extrayait 1 à 2 kg d’uranium pour une tonne de minerai brut, ce n’était pas assez. » Surtout face aux nouveaux gisements dans des pays étrangers rendus plus proches avec l’accélération de la mondialisation.

« En Australie, les stériles étaient plus riches que nos filons » (Ancien mineur, La Commanderie, Le Temple)

« Au Canada, ils ont trouvé à l’époque 150.000 tonnes concentrées sur l’équivalent géographique d’une seule commune« , imbattable. Et l’une des principales raisons de la fin de l’exploitation : économiquement, il devenait bien plus intéressant de se fournir ailleurs. « En Australie, ils avaient des gisements dont les stériles [les minerais excavés pour rendre accessibles les filons] étaient plus riches en uranium que nos filons ! »

La souveraineté énergétique en pointillés

À l’heure actuelle, la totalité de l’uranium est importée, à partir du Kazakhstan, de l’Australie, du Niger, d’Ouzbékistan, de Namibie et du Canada. Compliqué, donc, de parler de « souveraineté énergétique » comme le fait une grande partie de la classe politique. Ce qui permet cet abus de langage est que l’uranium, par sa fission, produit de la chaleur, qui elle-même va par la suite transformer de l’eau en vapeur et faire tourner des turbines qui vont, enfin, produire de l’électricité. Ce qui est pris en compte est l’endroit de production de la chaleur, pas la provenance des minerais utilisés pour la créer.

Un morceau de pechblende (au centre du carré jaune), le minerai d’uranium. © Photo NR, Clément Nicolas

« L’uranium kazakh et ouzbek transite par la Russie, le continent africain est géopolitiquement sensible et qui peut dire quelles seront nos relations avec l’Australie ou le Canada dans 100 ans ? C’est à cet horizon-là que nous emmènera la construction de nouveaux EPR« , demande Yves Marignac, expert nucléaire à l’association Negawatt, qui promeut la sobriété énergétique et la sortie des énergies fossiles.

L’uranium kazakh et ouzbek transite par la Russie (Yves Marignac, expert du nucléaire Négawatt)

Un autre danger guette à court terme, selon lui, dans les deux derniers pays cités : « La pression de la société pour réduire les extractions minières et réduire la pollution« , d’autant plus que l’uranium ne sert qu’au nucléaire et donc à un nombre très restreint de pays. « L’intérêt économique pour les exportateurs pourrait être remis en question« , avertit-il. Raison de plus d’utiliser prudemment l’argument de la souveraineté énergétique.

Surtout que dans les Deux-Sèvres, comme ailleurs en France, les mines de la Commanderie, de La Chapelle-Largeau, de la Roche Pied Rôti (à Mauléon) et de la Dorgissière (à Saint-Amand-sur-Sèvre) ne sont pas près de rouvrir à cause de l’absence de viabilité économique, donc, et du coût environnemental d’une excavation qu’il faudrait encore plus profonde pour trouver de meilleurs filons.

Complément d’information faisant suite à cet article :

« Ils veulent rester un peu tranquilles »

Autour des sites qui ont accueilli les 250 mines d’uranium françaises, des associations se sont montées pour surveiller et dénoncer la radioactivité des lieux. Les stériles (le minerai excavé pour accéder au filon d’uranium) ont souvent été laissés sur place, à la disposition des entreprises du BTP et des particuliers pour construire maisons et infrastructures diverses.

Ces roches exposeraient les populations à des risques plus élevés de cancer. À La Chapelle-Largeau, une association, Noria, a essayé de publiciser le sujet. Mais devant le manque d’écoute des autorités, « elle a décidé de se mettre en retrait« , indique Arlette Maussan, d’une association similaire dans l’Allier. Orano (ex-Areva) assure contrôler la dangerosité des sites.

Par Clément NICOLAS , journaliste, publié le 21/11/2022 à 06h00, mis à jour le 21/11/2022 à 08h15

Photo en titre : À La Chapelle-Largeau, une locomotive Decauville et un perforateur sont exposés. Ils étaient utilisés dans les mines de la région. © Photo NR, Clément Nicolas

https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/nucleaire-dans-les-deux-sevres-anciennes-mines-d-uranium-et-independance-energetique

NDLR : La soi-disant « indépendance énergétique de la France avec le nucléaire » est très bien expliquée dans cet article. Ce qui compte pour nos gouvernants, ce n’est pas l’origine de ce qui produit de l’énergie, c’est uniquement le lieu où est produite la vapeur qui actionne les générateurs. Donc non seulement le lieu d’où vient l’uranium n’est pas pris en compte pour calculer notre dépendance énergétique mais logiquement, il en est de même pour le gaz où le charbon puisqu’ils ne servent qu’à faire de la vapeur. Certes nous n’utilisons plus de charbon mais nous utilisons encore du gaz pour faire de l’électricité.

Avec ce genre de raisonnement, il suffirait de décréter que pour l’essence, le lieu à retenir pour définir notre indépendance n’est pas le lieu d’origine du pétrole mais le lieu de raffinage pour permettre ainsi de crier fort que la France est indépendante puisque nous raffinons en France. Vous comprenez mieux ainsi le ridicule de notre soi-disant indépendance énergétique que nos gouvernants clament haut et fort pour nous faire « avaler » la relance du nucléaire. CQFD !

GUERRE EN UKRAINE : LE RISQUE D’INCIDENT NUCLÉAIRE AU PLUS HAUT APRÈS LES BOMBARDEMENTS À LA CENTRALE DE ZAPORIJJIA

Des bombardements ont eu lieu, ces samedi 19 et dimanche 20 novembre à proximité de la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine. Kiev et Moscou s’accusent mutuellement. Les niveaux de radiation sur le site sont restés normaux.

« Une fois encore, nous avons eu de la chance qu’un incident nucléaire potentiellement grave ne se produise pas. La prochaine fois, nous n’aurons peut-être pas cette chance. Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous assurer qu’il n’y aura pas de prochaine fois« , s’est agacé Rafael Grossi, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), dans un communiqué publié dimanche 20 novembre.

Une douzaine d’explosions ont retenti à proximité des six réacteurs à l’arrêt, ce samedi 19 novembre vers 18 heures puis ce dimanche 20  novembre vers 9 heures. Le risque nucléaire est au plus haut et le souvenir de la catastrophe de Tchernobyl est dans toutes les têtes.

« Les niveaux de radiation sur le site sont restés normaux et aucune victime n’a été signalée« , a toutefois précisé l’ancien ambassadeur d’Argentine en Autriche.

Pas loin de la catastrophe

Il s’en est fallu de peu, ce week-end, pour que le monde assiste à un nouvel incident nucléaire de grande ampleur. Ça ne s’est joué qu’à quelques « mètres«  selon Rafael Grossi. Ce dernier précise par ailleurs que « même s’il n’y a pas eu d’impact direct sur les systèmes clés de sûreté et de sécurité nucléaires de la centrale, les bombardements s’en sont dangereusement approchés. » (Le Monde)

Le directeur de l’AIEA s’est ensuite indigné du comportement des acteurs de cette guerre : « Quiconque tire des obus sur la centrale nucléaire de Zaporijjia prend d’énormes risques et joue avec la vie de nombreuses personnes. »

L’Ukraine et la Russie s’accusent mutuellement

Kiev et Moscou ont rejeté chacun l’un sur l’autre la responsabilité des tirs.

L’énergéticien nucléaire ukrainien Energoatom a déclaré que l’armée russe avait visé la centrale et que les assaillants « ont ciblé et endommagé exactement les infrastructures nécessaires au redémarrage des 5ème et 6ème unités électriques« . Le ministère russe de la Défense, citant un responsable de l’opérateur nucléaire russe Rosenergoatom, détaille que les tirs d’artillerie venaient des lignes ukrainiennes.

Selon RTL, une nouvelle inspection de la centrale devrait avoir lieu ce lundi 21 novembre.

Par Kelman Marti, publié le 21/11/2022 à 07h00, mis à jour à 07h03

Photo en titre : La centrale nucléaire de Zaporijjia. MAXPPP – Dmytro Smolyenko

Pour retrouver cet article ou l’écouter (2mn14s), cliquer sur : https://www.midilibre.fr/2022/11/21/le-risque-dincident-nucleaire-au-plus-haut-apres-les-bombardements-a-la-centrale-de-zaporijjia-10816804.php

UKRAINE, CENTRALE NUCLÉAIRE DE ZAPORIJIA : DE «PUISSANTES EXPLOSIONS» SIGNALÉES DANS LE SECTEUR

L’Agence internationale de l’énergie atomique, présente sur la centrale nucléaire de Zaporijia, fait état d’explosions ce dimanche. Moscou et Kyiv s’accusent mutuellement d’être à l’origine des bombardements.

Le niveau d’inquiétude remonte en flèche. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) signale ce dimanche midi de «puissantes explosions» dans le secteur de la centrale ukrainienne de Zaporijia, la plus grande d’Europe et occupée par l’armée russe depuis mars. Annonce faite ce dimanche par Rafael Grossi, le directeur général de l’AIEA : «L’information est extrêmement perturbante. Des explosions sont survenues sur le site de cette grande centrale nucléaire, ce qui est totalement inacceptable.»

Comme à leur habitude depuis plusieurs mois, Moscou et Kyiv se sont mutuellement accusés d’être à l’origine des bombardements sur la centrale, sous contrôle russe mais située non loin de la ligne de front.

C’est la Russie la première qui a accusé l’Ukraine d’avoir bombardé de nouveau le site industriel, tout en assurant que le niveau de radiation y restait «conforme à la norme». «Le régime de Kyiv ne cesse pas les provocations afin de créer la menace d’une catastrophe à la centrale nucléaire de Zaporijia», a affirmé l’armée russe dans un communiqué qui assure que plus d’une vingtaine d’obus «de grand calibre» ont été tirés entre samedi et dimanche, notamment entre les blocs énergétiques numéro 4 et 5. Toujours selon le communiqué, c’est le toit d’un «bâtiment spécial», à proximité de ces deux blocs, qui aurait été visé.

L’édifice abrite notamment un dépôt de combustible nucléaire selon Renat Kartchaa, un responsable du producteur russe d’électricité nucléaire Rosenergoatom, cité par l’agence officielle TASS.

Quelques minutes plus tard, c’est l’agence nucléaire ukrainienne qui a accusé la Russie d’être à l’origine du bombardement. «Ce matin du 20 novembre 2022, à la suite de nombreux bombardements russes, au moins 12 frappes ont été enregistrées sur le site de la centrale nucléaire de Zaporijia», a déclaré Energoatom, accusant les Russes d’«organiser une fois de plus un chantage nucléaire et mettre le monde entier en danger».

Emmanuel Macron s’est entretenu dimanche avec le directeur général de l’AIEA sur la situation. Après cet entretien, le président français «parlera probablement cet après-midi» au président ukrainien Volodymyr Zelensky selon l’Élysée.

Mis à jour à 13 h 30 avec la réaction de l’agence nucléaire ukrainienne.

Mis à jour à 14h23 avec l’entretien d’Emmanuel Macron et de Rafael Grossi

Par LIBÉRATION et AFP, publié le 20 novembre 2022 à 12h38, dernière mise à jour à 14h23

Photo en titre : La centrale de Zaporijia et ses six réacteurs, le 7 novembre dernier. (Valentyn Ogirenko/REUTERS)

https://www.liberation.fr/international/europe/centrale-nucleaire-de-zaporijia-de-puissantes-explosions-signalees-dans-le-secteur-20221120_7OEG7VGGARBRZJOUIDKZXTGXRM/

LA CHINE S’OPPOSE À L’UTILISATION DU BUDGET DE L’AIEA POUR DES ACTIVITÉS DE GARANTIES LIÉES À L’AUKUS

La Chine s’oppose à ce que le budget de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) soit utilisé pour des activités de garanties liées à la coopération entre les membres du pacte AUKUS en matière de sous-marins à propulsion nucléaire, laquelle constitue « un acte pur et simple de prolifération nucléaire« , a déclaré vendredi Wang Qun, représentant permanent de la Chine auprès des Nations Unies à Vienne.

Il a déclaré lors d’une réunion du Conseil des gouverneurs de l’AIEA que cette coopération pose à la communauté internationale un sérieux défi en matière de non-prolifération et qu’elle doit être traitée de manière appropriée.

En septembre 2021, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie ont créé le pacte AUKUS, en vertu duquel les deux premiers aideront le troisième à acquérir des sous-marins à propulsion nucléaire. La Chine et de nombreux autres pays ont exprimé à plusieurs reprises leurs inquiétudes quant au transfert de matériaux pour armes nucléaires impliqués dans ce pacte trilatéral.

Selon M. Wang, trois principes sont essentiels pour relever le défi posé par l’AUKUS : le mandat et l’orientation politique de l’AIEA en matière de non-prolifération doivent être respectés; un processus intergouvernemental d’examen et de consultation mené par les États membres de l’AIEA doit être maintenu pour traiter les questions de garanties dans le cadre de la coopération en matière de sous-marins à propulsion nucléaire au sein de l’AUKUS; les dispositions relatives aux garanties dans le cadre de la coopération au sein de l’AUKUS doivent être élaborées selon une approche consensuelle.

Le secrétariat de l’AIEA ne peut conclure des accords de garanties correspondants avec l’Australie que sur mandat des États membres de l’agence et n’a pas le pouvoir de prendre des décisions de son propre chef, a-t-il indiqué.

Le délégué chinois a souligné que si les membres de l’AUKUS et le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, tentaient de négocier un accord de garanties sans consensus entre les États membres de l’agence, cet accord n’aura aucune validité et portera gravement atteinte à l’unité et à la crédibilité de l’AIEA, paralysera ses fonctions et menacera l’efficacité et l’intégrité du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et du régime international de non-prolifération.

Wang a appelé les pays de l’AUKUS à se conformer à nouveau au régime international de non-prolifération et a exhorté M. Grossi à s’acquitter efficacement de ses fonctions et à agir en stricte conformité avec le statut de l’AIEA et le mandat qui lui a été confié par ses États membres.

Par xinhua, publié le 19 novembre 2022 à 18h40

https://french.cri.cn/2022/11/19/ARTISazqHaacwS54PB838LzI221119.shtml

L’UKRAINE DÉNONCE UN TIR DE MISSILE NUCLÉAIRE RUSSE AVEC UNE OGIVE FACTICE

Des sources ukrainiennes ont signalé l’impact sur le territoire ukrainien d’un missile nucléaire Kh-55 de fabrication soviétique, mais avec une ogive factice, dans ce qui pourrait être une menace de Moscou.

Le missile ne transportait pas de charge conventionnelle, mais une ogive « factice« , a indiqué le portail Ukrainian Defence Express, citant des sources militaires. Le ministère ukrainien de la défense lui-même a fait écho à cette nouvelle.

Le missile Kh-55, également connu sous le nom de X-55, a été conçu et fabriqué à l’époque soviétique pour transporter des bombes nucléaires jusqu’à 2 500 kilomètres de distance et est lancé depuis un bombardier.

Le missile aurait été lancé mardi dernier et, selon les analystes, pourrait avoir été destiné à surmonter les défenses ukrainiennes lors du lancement d’autres projectiles. La pratique consiste à lance un missile obsolète juste avant un missile efficace pour éviter les défenses anti aériennes.

Une autre possibilité serait que Moscou souhaite « envoyer un message » à Kiev et à ses alliés occidentaux concernant une éventuelle escalade au niveau nucléaire ou même que la Russie épuise son stock de missiles à guidage de précision e aurait utilisé un missile à capacité nucléaire à la place.

Par Camile Martin, publié le 19 novembre 2022 à 20h29

Photo en titre : Archives – Des militaires ukrainiens sur le site d’un obus russe. – —/Ukrinform/dpa © Fournis par News 360

Pour retrouver cet article et la vidéo associée, cliquer sur : https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/lukraine-d%C3%A9nonce-un-tir-de-missile-nucl%C3%A9aire-russe-avec-une-ogive-factice/ar-AA14jliM

DÉCLARATION DE GUERRE DU GOUVERNEMENT CONTRE L’ENVIRONNEMENT, LA SANTÉ, LA DÉMOCRATIE POUR IMPOSER L’IMPLANTATION DE NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES EPR2 EN FRANCE

Alors que le Conseil d’État a retoqué le projet gouvernemental et de E.Macron de détruire la loi pour imposer l’implantation de nouveaux réacteurs nucléaires en France, estimant également que « il n’y a pas de raison impérative d’intérêt public majeur » aux EPR2 (révisant à la baisse des éléments de sécurité de l’actuel EPR) : le gouvernement tente de passer en force. Il vient d’adopter un nouveau texte qu’il entend faire voter par l’Assemblée Nationale fin 2022/début 2023. C’est le coup d’État permanent de la nucléocratie contre les populations, le peuple. L’opposition à cette folie capitalistique destructrice doit se faire entendre.

Les casseurs sont à l’œuvre tant au sein du pouvoir central autocratique que dans les régions. Retoqué une première fois par le Conseil d’État le mois dernier, pour notamment « absence de raison impérative d’intérêt public majeur » de construire des EPR2 (contrairement aux projets d’installation de production d’énergies renouvelables) et de détricoter les lois et réglementations protégeant l’environnement et la santé : le gouvernement vient d’adopter ce 2 novembre 2022 en conseil des ministres un nouveau projet de loi (1) qu’il entend faire valider par l’Assemblée Nationale dès 2023. Le gouvernement est convaincu de pouvoir faire passer en force sa relance du nucléaire sans avoir besoin de se justifier.

Ce projet de loi vise à imposer le développement de l’énergie nucléaire exigé par la nucléocratie et approuvé par le chef de l’État en février 2022. Sous couvert de sortir des énergies fossiles et atteindre la neutralité carbone en 2050, ils veulent faciliter la construction de six réacteurs nucléaires de type EPR2 laissant ouverte la possibilité d’en construire huit autres en plus, soit 14 au total disséminés sur le territoire français. Pour ce faire ils proposent de casser les lois et procédures existantes, tant nationales que locales.

Ce projet de loi détricote les obligations locales d’urbanisme (Plan Local d’Urbanisme)  notamment) en accélérant la mise en compatibilité des documents locaux, en dispensant de permis de construire les installations et travaux portant sur la création d’un réacteur nucléaire. C’est une atteinte directe de l’actuelle législation visant à respecter à minima les obligations en matière d’urbanisme, d’environnement, de démocratie locale. La conformité aux règles d’urbanisme ne sera plus contrôlée que par l’État.

Ce projet de loi vise à supprimer l’application de la loi Littoral (protection de l’environnement) pour les constructions de centrales atomiques afin de construire des nouveaux réacteurs nucléaires en bord de mer, s’ils sont installés en proximité ou dans le périmètre de la centrale nucléaire existante. La première paire d’EPR2 dont l’implantation doit être imposée à la centrale de Penly située en bord de Manche près de Dieppe en est le test.

Ce projet de loi vise aussi à accélérer les mesures d’expropriation, avec prise de possession immédiate, pour pouvoir construire des ouvrages annexes aux projets de réacteurs nucléaires reconnus alors d’utilité publique (installations de pompage, sous-station électrique, réseaux, voiries,…).

Ce projet de loi vise à réduire les délais d’instruction des travaux (terrassement, clôtures ou parkings nécessaires au chantier…) pour les parties dites non-nucléaires qui pourront démarrer sans attendre le décret d’autorisation de création du réacteur. C’est la légalisation du fait accompli, de la force imbécile contre le droit commun. C’est le coup d’État permanent de la nucléocratie contre les populations, le peuple.

Ce projet de loi vise à prolonger les installations nucléaires délabrées et vieillissantes actuelles en simplifiant la procédure des réexamens périodiques des réacteurs atomiques de plus de 35 ans.( en février 2022, E.Macron avait annoncé qu’il serait bien que tous les réacteurs nucléaires en service puissent être prolongés). La suppression des rapports quinquennaux sur l’état des équipements nucléaires est encore un recul au niveau de la sûreté nucléaire et de la sécurité des populations.

Ce projet de loi vise à imposer une procédure d’adoption d’un décret de fermeture à la place de la mise à l’arrêt définitif de plein droit d’une installation nucléaire de base ayant cessé de fonctionner depuis plus de deux ans.

Or, le Conseil d’État lui-même, qu’on ne peut taxer d’idéologue antinucléaire, a pointé la légèreté de l’étude d’impact de ce projet de loi, les EPR2 ne répondent pas à la qualification de « raison impérative d’intérêt public majeur« . Le gouvernement n’a pas apporté de justifications suffisantes quant à la puissance prévisionnelle des installations futures et quant à la contribution attendue pour la réalisation des objectifs de la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Énergie), dont notamment la sécurité d’approvisionnement, la préservation du pouvoir d’achat des consommateurs et la compétitivité des prix de l’énergie.

Le Conseil d’État a rappelé également qu’un projet d’EPR2 « ne pourra pas être qualifié d’intérêt général avant la fin d’un débat public« , que les impacts environnementaux notables devront faire l’objet d’une enquête publique. Le Conseil d’État se montre sceptique quant aux motivations de ce projet de loi d’accélération des procédures administratives. Il rappelle que « le manque d’expérience récente de construction de réacteurs nucléaires relativise les appréciations qui peuvent être portées sur ces délais » (§3) et estime que « le gain de temps attendu [au niveau des procédures administratives] ne peut être évalué avec certitude » (§8). Ce que démontre le Conseil d’État à l’attention du gouvernement est que le développement rapide des projets EPR2 (révision à la baisse des éléments de sécurité de l’actuel EPR) est une chimère et que le projet de loi d’accélération du nucléaire bafoue la consultation démocratique.

À chacun-e d’interpeller et de manifester son opposition à son/sa député-e, ses élu-es locaux/départementaux/régionaux; de rejoindre les mobilisations qui seront mises en place, d’organiser la riposte sous différentes formes d’actions efficaces.

(1) https://www.vie-publique.fr/loi/286979-projet-de-loi-pour-accelerer-le-nucleaire

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Par Rédaction le jeudi 17 novembre 2022 à 10h44

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2022/11/19/Declaration-de-guerre-gouvernementale_pour-imposer-de-nouveaux-reacteurs-nucleaires-EPR2

CORÉE DU NORD : KIM JONG-UN PROMET « UN AFFRONTEMENT TOTAL » ET D’UTILISER L’ARME NUCLÉAIRE S’IL EST ATTAQUÉ

Menaces: La Corée du Nord craint une attaque, alors que le bombardier américain B-1B a de nouveau rejoint des exercices aériens avec la Corée du Sud

Coup de bluff, ou signe supplémentaire de l’imminence d’un test de missile nucléaire ? Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a promis de réagir « résolument » et de recourir à la bombe atomique en cas d’attaque nucléaire contre son pays, a rapporté samedi l’agence nord-coréenne KCNA au lendemain d’un tir de missile balistique intercontinental par Pyongyang. La Corée du Nord « réagira résolument aux armes nucléaires par des armes nucléaires et à un affrontement total par un affrontement sans merci », a déclaré le leader nord-coréen tel que cité par KCNA, selon laquelle il a lui-même supervisé le tir de missile de vendredi.

KCNA a indiqué que l’essai de vendredi concernait le « nouveau type d’ICBM » nord-coréen, le Hwasong-17, et que le « tir d’essai a clairement prouvé la fiabilité de ce nouveau système d’armement stratégique majeur ». L’agence nationale nord-coréenne a indiqué que le missile avait atteint « une altitude maximale de 6.040,9 km et a parcouru une distance de 999,2 km » avant « d’atterrir avec précision sur la zone prédéfinie » dans la mer de l’Est, ou mer du Japon. La distance et l’altitude correspondent aux estimations données par Séoul et par Tokyo vendredi, et ne sont que légèrement inférieures à celles de l’ICBM tiré par Pyongyang le 24 mars, qui semble être le test le plus puissant jamais réalisé par le Nord.

Le bombardier américain B-1B redéployé

Les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon ont intensifié ces derniers mois leurs manœuvres militaires conjointes depuis que Kim Jong-un a déclaré en septembre que le statut d’État nucléaire de la Corée du Nord était « irréversible ». Séoul et Washington ont notamment mené fin octobre et début novembre les plus grands exercices aériens communs de leur histoire. Un bombardier stratégique américain B-1B a d’ailleurs été redéployé dans la péninsule coréenne samedi dans le cadre d’un exercice aérien conjoint entre Séoul et Washington

Mais la Corée du Nord voit dans ces démonstrations de force des répétitions générales à une invasion de son territoire ou à une tentative de renversement du régime. Et est d’autant plus sensible à ces grands exercices aériens que son armée de l’air constitue justement son talon d’Achille.

KCNA a par ailleurs indiqué que Kim Jong-un avait assisté au lancement « avec sa fille et sa femme bien-aimées ». Les médias d’État ont montré un Kim rayonnant marchant devant un missile géant, accompagné d’une petite fille en doudoune et chaussures rouges. Il est extrêmement rare que les médias d’État mentionnent les enfants du dirigeant nord-coréen, et il s’agirait de l’une des premières confirmations officielles de l’existence de sa fille, selon des experts.

Par 20 Minutes avec AFP, publié le 19/11/22 à 09h00, mis à jour le 19/11/22 à 09h15

Photo en titre : Kim Jong Un est venu avec sa fille assister au lancement d’un missile.Korean Central News Agency/Korea News Service via AP

https://www.20minutes.fr/monde/4010772-20221119-coree-nord-kim-jong-promet-affrontement-total-utiliser-arme-nucleaire-attaque

PACIFISME : 34ÈME VIGIE CITOYENNE ANTI-NUCLÉAIRE À DIJON ET VALDUC

Communiqué du collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 17 novembre 2022 :

Le 16 novembre 2022, 17 lanceurs d’alerte ont déployé des banderoles à Dijon et à Moloy, près du site du CEA de Valduc (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) qui assure la maintenance et la modernisation des 290 armes nucléaires françaises.

Ils demandent :

– le respect par la France de l’art. 6 du Traité de non-prolifération (TNP) auquel elle a adhéré en 1992 et dont elle viole l’esprit et la lettre,

– l’adhésion de la France au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), devenu depuis le 22 janvier 2021 la norme du droit international,

– et, à terme, la reconversion à des activités pacifiques des sites CEA, dont celui de Valduc.

Coopération militaire franco-britannique Teutates au CEA Valduc …

Le traité de coopération militaire Teutates a été signé en novembre 2010 par le Président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron. Dans le cadre ce traité, les deux pays développent des outils communs pour garantir « la sûreté et la fiabilité » de leurs armes nucléaires respectives.

Cela comprend la construction et l’exploitation conjointe d’une installation radiographique / hydrodynamique à Valduc pour simuler numériquement le « fonctionnement » des armes, et la construction d’une installation commune au Royaume-Uni à Aldermaston, où se situe l’Atomic Weapons Establishment (AWE) qui développe et entretient l’armement nucléaire.

… En violation du TNP et du TICE

1) Par l’article 6 du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), « chacune des Parties au Traité s’engage à poursuivre de bonne foi des négociations sur des mesures efficaces relatives à la cessation de la course aux armements nucléaires à une date rapprochée et au désarmement nucléaire, et sur un traité de désarmement général et complet sous un contrôle international strict et efficace ». La France et l’Angleterre ne respectent ni l’esprit ni la lettre du TNP.

2) La France et le Royaume-Uni ont été les premiers États dotés de l’arme nucléaire à signer le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE) le 24 septembre 1996, puis à le ratifier. Or le TICE, dans son préambule, reconnaît « que la cessation de toutes les explosions expérimentales d’arme nucléaire et de toutes autres explosions nucléaires, en freinant le développement et l’amélioration qualitative des armes nucléaires et en mettant fin au développement de nouveaux types d’arme nucléaire, encore plus évolués, concourra efficacement au désarmement nucléaire et à la non-prolifération sous tous ses aspects ».

Mais par les dispositifs prévus dans leur accord, France et Royaume-Uni cherchent à contourner les obligations du TICE et ses efforts en faveur du désarmement. Le traité Teutates constitue donc une violation manifeste de l’esprit du TICE.

La déraison d’État doit cesser !

Pour (prétendre) dissuader des agresseurs potentiels de massacres de masses et de destructions inouïes, la (dé)raison d’État a conduit les dirigeants français de droite et de gauche à déraisonner, en faisant exploser 210 bombes atomiques en Algérie puis en Polynésie et à couler en 1985 le Rainbow Warrior de Greenpeace en Nouvelle-Zélande.

La même (dé)raison d’État conduit aujourd’hui la France à bafouer ses engagements internationaux.

Comment les citoyens peuvent-ils soutenir le TIAN ?

Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre Député et Sénateur pour que la France adhère au TIAN.

Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique en participant à la campagne d’action sur ce thème. http://icanfrance.org/engagez-votre-banque/

Intéressez-vous aux armes nucléaires, aux questions de sécurité internationale et aux alternatives de défense de la démocratie.

Participez aux vigies citoyennes à Dijon, Paris, et partout où elles sont organisées.

Les vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Regardez la vidéo « Le début de la fin des armes nucléaires ».( https://www.youtube.com/watch?v=M7ghPHSW7R8)

Découvrez l’historique avec photos des actions à Dijon et Valduc depuis 2013.

Lisez l’étude sur les déchets nucléaires militaires français.

7 exemples, de 1948 à 2014, prouvant que la dissuasion nucléaire ne fonctionne pas, par l’IRNC :

« Les sept vices de la dissuasion nucléaire » : www.irnc.org/IRNC/Textes/2803

Par Le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires (http://abolitiondesarmesnucleaires.org),
, Tél : 06 14 24 86 96, publié le 18/11/2022 à 05h56

Photo en titre : Ce mercredi 16 novembre, les militants pacifistes ont renouvelé leur appel à ce que la France adhère au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. Selon eux, la France «bafoue ses engagements» en matière de désarmement nucléaire.

https://www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/cote-d-or/pacifisme-34eme-vigie-citoyenne-anti-nucleaire-a-dijon-et-valduc.html

CORINNE LEPAGE, « LE NUCLÉAIRE EST L’UNE DES ÉNERGIES LES PLUS COÛTEUSES, ET ELLE NOUS REND DÉPENDANTS DE LA RUSSIE »

Tribune de Corinne Lepage, Ancienne ministre de l’environnement

Coût, souveraineté, avenir de la filière… Dans une tribune au « Monde », l’avocate écologiste et ancienne ministre de l’environnement entend corriger sept « contre-vérités » sur le nucléaire.

À quelques exceptions près, la présentation faite actuellement sur le nucléaire dans les médias et la parole publique s’inscrit dans un mouvement qui prend malheureusement de l’ampleur : celui de la vérité alternative, chère à Poutine, à Trump et à quelques autres. Celle-ci a notamment pour fâcheuse conséquence de raconter une histoire complètement fausse, appliquant le fameux adage : « Plus c’est gros, plus ça passe. »

On peut être un partisan du nucléaire, en raison de la priorité absolue donnée à la lutte contre le dérèglement climatique, en arguant que jamais les énergies renouvelables ne permettront un volume d’électricité suffisant. C’est de moins en moins exact, mais c’est une thèse qui peut s’entendre. En revanche, à force d’entendre des contre-vérités, les Français sont aujourd’hui convaincus d’une série d’inepties :

« L’énergie nucléaire est la moins chère. » C’est faux. Si la France a effectivement bénéficié d’une énergie bon marché durant de longues années, grâce au nucléaire payé par les Français, l’énergie nucléaire elle-même est aujourd’hui une des plus coûteuses. Amory Lovins, dans un entretien accordé au Monde le 31 octobre, précise : « Les analystes de Bloomberg New Energy Finance disent qu’un nouveau kilowattheure nucléaire coûte cinq à treize fois plus cher qu’un nouveau kilowattheure solaire ou éolien. »

Choix financiers totalement déraisonnables

« L’énergie nucléaire est la seule à pouvoir assurer l’indépendance de la France. » C’est totalement faux. Le vent, le soleil, l’eau dont bénéficie notre territoire assurent notre indépendance. Il n’en va pas de même de l’uranium, qui est extrait de pays « complexes », comme le Niger ou le Kazakhstan. Les combustibles eux-mêmes nous rendent dépendants à 30 % du russe Rosatom, comme si le précédent du gaz ne nous avait pas suffit. D’ailleurs, l’Allemagne n’a jamais compté le nucléaire comme une énergie assurant l’indépendance du pays.

« La filière industrielle nucléaire est le fleuron de l’industrie française. » Elle l’a été. Elle ne l’est malheureusement plus. Aucun EPR n’a été vendu à l’étranger depuis les deux réacteurs d’Hinkley Point, en réalité vendus à EDF, puisque British Energy appartient à EDF. Inutile de s’appesantir sur Olkiluoto (dix-neuf ans de retard) et Flamanville 2 (un coût de 19,1 milliards contre 3,3 milliards prévus et toujours pas démarré).

« Les déboires actuels du nucléaire trouvent leur responsabilité chez les écologistes qui ont obtenu la fermeture de Fessenheim. » C’est évidemment totalement faux. Les déboires actuels du nucléaire trouvent leur responsabilité chez les propres acteurs du secteur. En cause : des choix financiers totalement déraisonnables, des investissements compris entre 10 milliards et 20 milliards de dollars perdus à l’étranger, l’absence d’entretien à un niveau convenable du parc français. En particulier, onze ans après Fukushima, les centrales qui, pour des raisons purement financières, ont décidé de recourir à la sous-traitance, plutôt que de maintenir un niveau élevé de personnel qualifié. Quant à Fessenheim, sa fermeture incombe au choix d’EDF de ne pas investir, à partir de 2018, dans cette centrale qui devait effectivement fermer si Flamanville ouvrait. Ce choix a conduit à devoir fermer en 2020, faute d’avoir réalisé les travaux minimaux, alors même que Flamanville n’était pas ouvert, et que la centrale pouvait donc continuer à fonctionner. De plus, cette fermeture s’est accompagnée de centaines de millions d’euros payés à EDF pour une prétendue perte dont elle est en réalité largement responsable.

Multiplication du risque nucléaire

« La crise actuelle vient d’une trop grande sévérité de l’Autorité de sûreté nucléaire. » Encore totalement faux. La crise actuelle vient d’un retard massif dans la gestion des centrales, et de l’apparition de corrosion mettant en danger la sûreté. C’est le travail de l’Autorité de sûreté nucléaire de veiller à cette sûreté dont elle supporte toute la responsabilité avec l’exploitant. De plus, ceux qui se plaignent des règles de sûreté devraient davantage réfléchir à la multiplication du risque nucléaire en raison de l’utilisation que fait la Russie des centrales nucléaires ukrainiennes.

Lire aussi : Visualisez en graphiques les multiples dérapages de l’EPR de Flamanville

« L’énergie nucléaire est une grande énergie d’avenir. » Faux. La capacité de production nucléaire, depuis une vingtaine d’années, a fait passer la part du nucléaire dans l’électricité au niveau mondial sous le seuil des 10 %. La raison ? La baisse incroyable du coût des énergies renouvelables. Les investissements se font désormais massivement dans le renouvelable et de manière marginale dans le nucléaire. Pour preuve, en 2021, les investissements dans le nucléaire ont été de l’ordre de 24 milliards de dollars, alors que les investissements dans le renouvelable ont été de l’ordre de 350 milliards de dollars.

Enfin, « la crise de l’énergie actuelle est une conséquence de la guerre en Ukraine ». Partiellement faux. Si c’est exact pour le gaz et le pétrole, c’est faux pour l’électricité. La France est le pays d’Europe qui importe aujourd’hui le plus d’électricité, alors qu’elle était un gros exportateur. Cela a une double conséquence, en termes de prix pour nous et en termes de déséquilibre pour le marché européen, sans compter une carbonation accrue.

Décentralisation énergétique

La source de ce mal est avant tout et surtout notre dépendance au nucléaire, qui a conduit les dirigeants successifs de notre pays à tout mettre en œuvre pour empêcher le développement des énergies renouvelables. Par conséquent, le relais ne peut être suffisamment pris aujourd’hui par les énergies vertes, alors que la vétusté de notre parc nucléaire apparaît dans toute sa nudité.

En conclusion, penser que la solution passe par la réalisation de nouveaux EPR, au nombre de six, voire douze, dans les vingt ans qui viennent, relève de la pensée magique. Cela ne se fera pas, car cela ne peut pas se faire. Pour des raisons à la fois financières, économiques, techniques et humaines.

Le volet financier, auquel il n’a pas été ici fait référence, est tragique, tant en raison de la quasi-faillite d’EDF, qui justifie sa renationalisation, que du montant abyssal des investissements à faire si nous voulions vraiment multiplier les EPR.

Même si nous croyions aux fées et au Père Noël confondus, une telle hypothèse ne résoudrait en rien notre problème qui est immédiat et de moyen terme. Comment la France peut-elle, dans les cinq ans qui viennent, se rapprocher de son autonomie énergétique, de manière décarbonée ? Sans doute avec une part de nucléaire sécurisé, qui représentera peut-être 50 % de notre électricité, un développement massif des énergies renouvelables, en acceptant une réelle décentralisation énergétique et des investissements massifs dans les réseaux de proximité. Mais aussi en mettant en place une véritable politique de sobriété, avec des objectifs à la fois climatiques et énergétiques. À terme, les scénarios de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie ou de RTE, fondés exclusivement sur les énergies renouvelables à partir de 2050, devraient être les choix les plus rationnels à effectuer.

Par Corinne Lepage, (Ancienne ministre de l’environnement), publié le 18 novembre 2022 à 06h00, mis à jour à 18h10

Corinne Lepage est avocate. Elle a été ministre de l’environnement (1995-1997) et députée européenne (2009-2014). Elle préside le mouvement politique CAP21/Rassemblement citoyen.

https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/11/18/corinne-lepage-ancienne-ministre-de-l-environnement-le-nucleaire-est-l-une-des-energies-les-plus-couteuses-et-elle-nous-rend-dependants-de-la-russie_6150405_3232.html?random=315529142https://www.google.fr

GUERRE EN UKRAINE : POUR LE KREMLIN « AUCUN RESPONSABLE RUSSE N’ENVISAGE DE RECOURIR AUX ARMES NUCLÉAIRES »

Cette déclaration lapidaire a le mérite d’être clair dans le contexte actuel de tensions fortes après le tir accidentel en Pologne. Elle rassure, enfin, la communauté internationale sur les intentions russes.

« Aucun responsable russe n’envisage de recourir aux armes nucléaires », a déclaré jeudi le Kremlin.

Lors d’une rencontre en Turquie, le directeur de la CIA américaine, William Burns, a transmis à son homologue du SVR russe, Sergueï Narichkine, un message adressé au président Vladimir Poutine sur les conséquences qu’aurait une décision de Moscou de recourir à l’arme nucléaire.

À lire aussi : Guerre en Ukraine: Poutine: « Quand les armes nucléaires existent, il y a toujours le danger qu’elles soient utilisées »

À lire aussi : Guerre en Ukraine : des hauts responsables militaires russes discuteraient de l’utilisation d’une arme nucléaire tactique en Ukraine

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré à plusieurs reprises ces derniers mois que la Russie défendrait son territoire par tous les moyens dont elle dispose, y compris l’arme nucléaire si nécessaire, suscitant les inquiétudes de la communauté internationale. Fin octobre, interrogé le président russe avait déclaré : « Quand les armes nucléaires existent, il y a toujours le danger qu’elles soient utilisées ».

Par C. L. avec Reuters, publié le 17/11/2022 à 13h43

Photo en titre : Le président russe a fait passer le message. SPUTNIK POOL – GAVRIIL GRIGOROV / KREMLIN / SPUTNIK / POOL

https://www.lindependant.fr/2022/11/17/guerre-en-ukraine-pour-le-kremlin-aucun-responsable-russe-nenvisage-de-recourir-aux-armes-nucleaires-10809265.php

PROJET DE LOI RELATIF À LA CONSTRUCTION DE NOUVELLES INSTALLATIONS NUCLÉAIRES : DANIEL GREMILLET, SÉNATEUR DES VOSGES, NOMMÉ RAPPORTEUR AU SÉNAT

Mercredi 16 novembre 2022, la Commission des Affaires économiques du Sénat, a désigné Daniel GREMILLET, Sénateur des Vosges et Président du groupe d’études « Énergie » du Sénat, Rapporteur du projet de loi n° 100 (2022-2023) relatif à l’accélération des procédures liées à la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants et au fonctionnement des installations existantes.

Ce projet de loi est un des leviers que le Gouvernement entend actionner pour renforcer la production d’énergie décarbonée en France provenant à la fois des énergies renouvelables et de l’énergie nucléaire.

Il a pour objectif de simplifier et d’accélérer la mise en œuvre de projets de construction de nouveaux réacteurs électronucléaires en France. Il vise également à simplifier la procédure de réexamen périodique des réacteurs de plus de trente-cinq ans et à améliorer la gestion des arrêts prolongés de fonctionnement des installations nucléaires de base.

Le projet de loi doit être débattu au Parlement fin 2022 ou début 2023.

Le Rapporteur Daniel GREMILLET débutera ses travaux préparatoires à l’examen de ce texte, dans quelques jours.

Plus d’informations sur le site du Sénat à l’adresse suivante : https://www.senat.fr/dossier-legislatif/pjl22-100.html

Par La Rédaction, publié le 17 novembre 2022

Photo en titre : Daniel GREMILLET, archives

https://saintdieinfo.fr/2022/11/projet-de-loi-relatif-a-construction-de-nouvelles-installations-nucleaires-daniel-gremillet-senateur-vosges-nomme-rapporteur-senat/

LONDRES CONFIRME SON FEU VERT AU PROJET NUCLÉAIRE DE SIZEWELL C PORTÉ PAR EDF

PARIS (Agefi-Dow Jones)–Le ministre des Finances britannique, Jeremy Hunt, a confirmé jeudi que son gouvernement mettrait en œuvre le projet de centrale nucléaire de Sizewell C porté par EDF et le chinois China General Nuclear Power Corporation (CGN).

« Sous réserve des approbations finales du gouvernement, les contrats pour l’investissement initial seront signés avec les parties concernées, y compris EDF, dans les semaines à venir« , a indiqué Jeremy Hunt jeudi lors d’une allocution au Parlement britannique.

« Notre investissement de 700 millions de livres (825 millions d’euros) est le premier soutien de l’État à un projet nucléaire depuis plus de 30 ans et représente l’étape la plus importante de notre parcours vers l’indépendance énergétique« , a-t-il ajouté.

Le projet porté par EDF prévoit la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires d’une puissance totale d’environ 3,2 gigawatts sur le site de Sizewell, dans l’est de l’Angleterre.

Il avait déjà reçu le soutien du gouvernement de Boris Johnson en juillet dernier, mais continue de susciter l’opposition d’une partie de la classe politique britannique en raison notamment de son coût, estimé à 20 milliards de livres, et de la charge qu’il pourrait faire peser sur les finances publiques.

Contacté, un porte-parole d’EDF n’était pas immédiatement disponible pour réagir aux annonces du gouvernement britannique. Le groupe avait précédemment indiqué qu’il espérait une décision finale d’investissement sur ce projet en 2023.

Par AGEFI – Dow Jones, publié le 17 novembre 2022 à 15h58

Photo en titre : Photographie aérienne de la centrale nucléaire Sizewell B (John Fielding / CC BY 2.0)

https://investir.lesechos.fr/actu-des-valeurs/la-vie-des-actions/londres-confirme-son-feu-vert-au-projet-nucleaire-de-sizewell-c-porte-par-edf-1880036

TRICASTIN : FUITE CHIMIQUE ET REJETS DE GAZ À EFFET DE SERRE

Qu’il est discret ce communiqué publié le 12 octobre 2022, par la centrale nucléaire EDF du Tricastin (Drôme-Vaucluse). Un « aléas technique » a provoqué une fuite de liquide de refroidissement dans l’environnement. Ce que l’industriel ne dit surtout pas, c’est que ces liquides se transforment en gaz à effet de serre une fois dans l’atmosphère. La limite annuelle « autorisée » (100 kg) a été dépassée. Cumulée ou en une seule fois? Mystère et boule de gomme. La pudeur est le handicap premier des nucléaristes.

Par un communiqué des plus sibyllins (1), la centrale atomique EDF du Tricastin (Drôme-Vaucluse) a annoncé le 12 octobre dernier qu’une fuite de liquide de refroidissement dans l’environnement a eu lieu le 7 septembre 2022 suite à un « aléas technique« . Comme c’est joliment dit. Une pudeur qui masque toutefois un incident réel. D’autre part le niveau de fluide rejeté est supérieur à 100 kg et en dépassement de la limite annuelle « autorisée » (par dérogation au code de l’environnement et de la santé) de rejets toxiques.

Le nucléariste ne précise ni sur quel appareillage ou installation a eu lieu cette fuite (zone réacteur? salle des machines? générateur de vapeur? station?…) ni de quel type de fluide il s’agit, ni les circonstances ayant entraîné la fuite, ni si la fuite était en elle-même au-delà des limites de pollutions « autorisées » ou bien si le dépassement résulte du cumul d’autres incidents similaires survenus sur le site nucléaire du Tricastin au long de l’année 2022 (2, relevé des rejets chimiques du mois d’octobre 2022).

Pollution, fuite, gaz à effet de serre, équivalent CO2

La chaleur dans certaines parties des installations nucléaires et annexes est telle que l’air et les équipements nécessitent un refroidissement permanent par des fluides frigorigènes. Lorsque ces liquides de refroidissement s’échappent à l’air libre, ils deviennent des gaz à effet de serre dont les caractéristiques et impacts, notamment le pouvoir de réchauffement global (PRG), sont loin d’être anodins en fonction du type de fluide utilisé. Ainsi, 1 kg de fluide de type HFC-134a est équivalent à 3710 kg de CO2 au terme de 20 années (3). Ces fuites de liquide de refroidissement sont donc en fait des émissions de puissants gaz à effet de serre.

Sans omettre que chaque jour, chaque heure, nuit et jour, la centrale atomique EDF du Tricastin rejette des gaz et liquides radioactifs dans l’air et dans l’eau (pdf ci-contre et 6) comme en atteste ce relevé interne EDF du mois d’octobre 2022.

(Voir le PDF sur : http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/public/pdf/2022-10-30_Rejets-radioactifs-Tricastin_oct-2022.pdf)

Comme l’incident n’aurait pas semble-t-il impliqué de rejet radioactif, EDF le présente comme n’ayant eu aucune conséquence sur l’environnement et l’aurait déclaré aux autorités comme incident significatif pour l’environnement (4) puisque la limite annuelle autorisée a été atteinte et dépassée, tout en le classant au niveau 0 sur l’échelle des incidents nucléaires INES (5).

Cette année  pas moins de 6 centrales nucléaires ont dépassé en France la limite annuelle « autorisée » de rejets toxiques : Tricastin (Drôme-Vaucluse), Bugey (Ain), Paluel (Seine-Maritime), Flamanville (Manche), Civaux (Vienne) et Belleville (Cher).

Photo en titre : photo EHS-France

Notes

(1) https://www.edf.fr/la-centrale-nucleaire-du-tricastin/les-actualites-de-la-centrale-nucleaire-du-tricastin/evenements-significatifs-septembre-2022

(2) http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/public/pdf/2022-10-30_Rejets-chimiques-Tricastin_oct-2022.pdf

(3) Bernard Laponche, octobre 2020, Global Chance « Certains gaz à effet de serre des centrales nucléaires »

(4) https://www.asn.fr/Lexique/E/Evenement-significatif

(5) INES : International nuclear and radiological event scale (Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques) : https://www.asn.fr/Lexique/I/INES

(6) : https://www.edf.fr/sites/groupe/files/2022-11/Rejets%20radioactifs%20Tricastin%20oct%202022.pdf

Par Rédaction, publié le mardi 15 novembre 2022 à 14h01

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2022/11/16/Tricastin-%3A-fuite-chimique-et-rejets-de-gaz-a-effet-de-serre

CORÉE DU NORD : L’ARMÉE TIRE UN NOUVEAU MISSILE, CRAINTE D’UN NOUVEL ESSAI NUCLÉAIRE

Plus Washington s’efforce de renforcer son alliance de sécurité avec Tokyo et Séoul, « plus [notre] riposte militaire sera féroce« , selon le gouvernement nord-coréen.

La Corée du Nord a lancé jeudi 17 novembre 2022 un nouveau missile balistique, quelques heures après avoir promis une riposte « féroce » au renforcement de l’alliance militaire entre Washington, Séoul et Tokyo.

« La Corée du Nord a lancé un missile balistique non identifié dans la mer de l’Est », également appelée mer du Japon, a indiqué l’état-major sud-coréen.

À lire aussi : Guerre en Ukraine : ce que l’on sait du missile qui a fait deux morts en Pologne

Crainte d’un 7ème essai nucléaire 

Plus tôt cette semaine, au cours d’une rencontre en marge du sommet du G20 à Bali, le président américain Joe Biden avait tenté de convaincre son homologue chinois Xi Jinping d’intercéder auprès de la Corée du Nord pour qu’elle renonce à effectuer un essai nucléaire, comme Washington et Séoul lui en prêtent l’intention.

Joe Biden, son homologue sud-coréen Yoon Suk-yeol et le Premier ministre japonais Fumio Kishida avaient par ailleurs, dimanche, promis une réponse « forte et ferme » si Pyongyang réalise cet essai, qui serait le premier depuis 2017 et le septième de son histoire.

Jeudi, le ministre nord-coréen des Affaires étrangères, Choe Son Hui, a condamné ces rencontres entre dirigeants, affirmant qu’elles font « entrer la situation dans la péninsule coréenne dans une phase imprévisible ».

« Le renforcement de l’offre américaine de dissuasion étendue et l’augmentation quotidienne des activités militaires des forces alliées autour de la péninsule coréenne sont des actes insensés », a déclaré Choe Son Hui dans un communiqué publié par l’agence de presse officielle KCNA.

À lire aussi : Guerre en Ukraine : c’est quoi l’arme nucléaire, cette force de dissuasion brandie par la Russie ?

« Envoyer un message aux États-Unis. »

Plus Washington s’efforce de renforcer son alliance de sécurité avec Tokyo et Séoul, et « plus la riposte militaire de la RPDC sera féroce », a déclaré Choe Son Hui, en employant le signe de la République populaire et démocratique de Corée, le nom officiel de la Corée du Nord.

Selon les experts, le lancement du missile de jeudi semble avoir été programmé pour coïncider avec la déclaration du ministre.

La Corée du Nord « a tiré le missile après avoir publié la déclaration quelques heures plus tôt. Elle essaye de justifier le lancement et d’envoyer un message aux États-Unis et au Japon », a estimé Cheong Seong, un chercheur à l’Institut Sejong en Corée du Sud.

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23 tirs de missiles en une seule journée

La Corée du Nord a procédé début novembre à une rafale sans précédent de lancements de projectiles, dont celui d’un missile balistique qui est tombé près des eaux territoriales de la Corée du Sud. Le président Yoon a dénoncé une « invasion territoriale de facto ».

La seule journée du 2 novembre a vu 23 tirs de missiles nord-coréens, soit plus que pendant toute l’année 2017, quand le dirigeant Kim Jong Un et le président américain de l’époque Donald Trump échangeaient des menaces de guerre nucléaire.

En septembre et octobre, Pyongyang avait déjà effectué une copieuse série de tirs, dont celui d’un missile balistique qui avait survolé le Japon pour la première fois depuis cinq ans.

Les dernières séries de lancements se sont accompagnées de barrages d’artillerie près de la ligne de démarcation intercoréenne et de sorties aériennes de grande envergure dans le ciel nord-coréen.

Enhardissement de la Corée du Nord

Pyongyang a justifié ses actions de novembre par l’attitude « agressive et provocatrice » de Séoul et Washington, qui menaient au même moment les plus grandes manœuvres aériennes jamais réalisées jusque-là entre eux.

Les analystes estiment que la Corée du Nord, qui en vertu de résolutions de l’ONU n’a pas le droit de lancer des missiles balistiques, s’est enhardie face à la probabilité d’échapper à toute nouvelle sanction des Nations unies en raison des divisions au Conseil de sécurité.

La Chine, principal allié diplomatique et économique de Pyongyang, s’y est en effet jointe à la Russie en mai dernier pour opposer son veto à une tentative des États-Unis de renforcer les sanctions contre la Corée du Nord.

Toute sanction supplémentaire aurait par ailleurs des effets limités, estiment les analystes, la Corée du Nord s’étant déjà pratiquement coupée du monde depuis début 2020 pour tenter de se préserver du Covid-19.

Par Rédaction Actu, publié le 17 novembre 2022 à 07h01 

Photo en titre : Des personnes regardent un écran de télévision montrant des images d’un missile tiré par la Corée du Nord, le 3 novembre 2022, à Ulleungdo (Corée du Sud). (©AFP/ANTHONY WALLACE)

Source : © 2022 AFP

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https://actu.fr/monde/coree-du-nord-l-armee-tire-un-nouveau-missile-crainte-d-un-nouvel-essai-nucleaire_55254725.html

LES OPPOSANTS À L’ATOME PRENNENT LA PAROLE EN VAL DE LOIRE

L’association Sortir du nucléaire (SDN) Berry-Giennois-Puisaye contribue à sa manière au débat public sur l’avenir du nucléaire. Elle a tenu réunion à Saint-Amand-en-Puisaye et à La Charité-sur-Loire. Tournée.

« Notre association a été sollicitée par une association de la Charité, Les amis de la Goualante, pour une conférence-débat sur l’opportunité de la relance du nucléaire, explique Françoise Pouzet, responsable de SDN Berry. Nous avons accepté immédiatement car son sujet est d’une actualité forte en plein débat public sur cet enjeu, ambitionné par l’Élysée. Nous voulons engager la population à participer à ce débat public dont les modalités pour notre Région se bornent à utiliser Facebook ou mail. Notre ambition est de motiver les gens à donner leur avis et de les aider à s’emparer de cet enjeu impactant les 50 prochaines années, en pleine période de dérèglement climatique ».

Que les citoyens s’emparent du débat public

L’association charitoise invitante, a choisi un thème fort et concret pour relancer son université populaire. Le débat public sur l’avenir nucléaire de la France, vient de débuter, à l’initiative du gouvernement : « Il y a enfin un véritable débat, sous l’égide de la commission nationale du débat public. Sa présidente, Chantal Jouanno y croit, elle veut que les citoyens s’emparent du débat, poursuit Françoise Pouzet. Mais il n’est question que de relance et pas de la problématique des déchets. Et le débat public, national, ne se fait que sur la rive droite de la Loire et plutôt dans l’Ouest. Plein de gens ne pourront pas y aller. Ils devront suivre en visio. Cette solution n’est pas satisfaisante, alors qu’il y a eu une mobilisation contre la relance du nucléaire, à Paris, avec des gens de La Hague, de Penly ».

L’épineuse question des déchets

La présidente insiste : « Actuellement, le centre de traitement et de stockage de déchets de La Hague est proche de la saturation. Relancer le nucléaire alors que l’on n’a aucune autre solution pour l’instant, c’est le monde à l’envers, c’est aussi aller droit dans le mur des déchets ! Et l’on s’appuie toujours sur les deux faux atouts du nucléaire : l’indépendance énergétique et la décarbonation. Tout est faux ! C’est incroyable que ces arguments fonctionnent encore… »
De son côté, la tournée nationale « Réveiller les esprits antinucléaires a démarré à Saint-Amand-en-Puisaye, le 2 novembre, avec pour support, des extraits du film « Notre Terre mourra proprement ». Ces débats rappellent les témoignages des antinucléaires d’hier qui ont lutté contre les projets d’enfouissements, en divers endroits de France. « Ils ont aujourd’hui quatre-vingts ans. À l’époque, dans les années 1970, il y avait énormément de paysans sur les terres, les gens étaient très attachés à la propreté de leurs terres », résume Françoise Pouzet.

Programme et dates de la tournée nationale du film « Notre Terre mourra proprement » https://comitecentrales.noblogs.org/

Débat public. Site internet de la commission du débat public sur les futurs réacteurs nucléaires français :  https://www.debatpublic.fr/nouveaux-reacteurs-nucleaires-et-projet-penly.

Par Hervé Martin, La Voix du Sancerrois, publié le 17/11/2022 à 13h47

Photo en titre : Manifestation contre l’enfouissement de déchets nucléaires en Limousin. Photo d’archives La Montagne – Agnès Gaudin)

https://www.leberry.fr/sancerre-18300/actualites/les-opposants-a-l-atome-prennent-la-parole-en-val-de-loire_14217932/

NUCLÉAIRE : DÉPÔT À L’AIEA D’UNE RÉSOLUTION CRITIQUE CONTRE L’IRAN

Une résolution dénonçant le manque de coopération de l’Iran dans le cadre de l’accord sur le nucléaire a été déposée auprès de l’AIEA, mardi.

Les États-Unis et les trois pays européens parties à l’accord sur le nucléaire iranien (Royaume-Uni, France et Allemagne) ont soumis mardi soir à l’AIEA une nouvelle résolution dénonçant le manque de coopération de Téhéran, a appris l’AFP de sources diplomatiques. Le texte « a été déposé ce soir », a indiqué à l’AFP un diplomate européen, tandis qu’une deuxième source avait fait état plus tôt de la même information, à la veille de l’ouverture de la réunion trimestrielle du conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Les quatre pays occidentaux ont pris cette décision après avoir pris connaissance la semaine dernière d’un rapport de l’Agence faisant état de l’absence d’avancées sur la question de trois sites non déclarés, où des traces d’uranium avaient été découvertes par le passé.

Des « explications techniquement crédibles » exigées

Selon le projet de résolution consulté par l’AFP, le Conseil « exprime sa profonde inquiétude » face à ce problème qui reste en suspens « du fait d’une coopération insuffisante de l’Iran ». Le texte « juge essentiel et urgent » que Téhéran fournisse sans délai « des explications techniquement crédibles » sur la présence des particules d’uranium, ainsi que « l’accès aux sites et au matériel », pour « permettre la collecte d’échantillons », est-il écrit. Une délégation de l’AIEA doit se rendre en Iran d’ici à la fin du mois pour tenter d’avancer sur ce contentieux de longue date.

Autre motif d’inquiétude, note une source diplomatique : « l’expansion continue du programme nucléaire iranien », alors même que les capacités de vérification de l’AIEA sont fortement restreintes depuis près de deux ans. Dans un document informel distribué lundi aux États membres, Moscou fustige « une action contre-productive » qui, si elle aboutit, « aura des conséquences irréversibles ». Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA avait adopté une résolution similaire en juin. Seules la Russie et la Chine avaient voté contre. La République islamique avait alors dénoncé un geste « politique » et en riposte, elle avait décidé de retirer 27 caméras installées par l’AIEA pour surveiller les activités nucléaires de l’Iran.

Retrait américain en 2018

Le pacte de 2015, connu sous son acronyme anglais JCPOA, offre à l’Iran un allègement des sanctions internationales en échange de garanties permettant d’assurer que Téhéran ne se dotera pas de l’arme atomique – un objectif que la République islamique a toujours nié poursuivre. Mais à la suite du retrait des États-Unis du JCPOA en 2018 et du rétablissement des sanctions américaines qui étouffent son économie, Téhéran s’est progressivement affranchi de ses obligations.

À lire sur le sujet : 60 ans après la crise de Cuba, l’idée d’une guerre nucléaire de nouveau plausible

Le Conseil des gouverneurs de l’AIEA va par ailleurs examiner une résolution « exprimant sa vive préoccupation » après le refus de la Russie de cesser ses actions contre les installations nucléaires ukrainiennes, selon un autre diplomate basé à Vienne. Le Conseil a déjà approuvé deux textes sur le sujet, en mars puis en septembre. Ce nouveau document appelle la Russie « à abandonner ses revendications sans fondement sur la centrale de Zaporijjia [dans le sud de l’Ukraine], à retirer immédiatement ses troupes et son personnel et à cesser toute action » contre les sites nucléaires.

Publié le 16 novembre 2022 à 07h45

Photo en titre : Illustration Christian Bruna/EPA

https://www.letelegramme.fr/monde/nucleaire-depot-a-l-aiea-d-une-resolution-critique-contre-l-iran-16-11-2022-13221394.php

NUCLÉAIRE : 8,6 TONNES DE COMBUSTIBLES NÉERLANDAIS USÉS ARRIVENT À LA HAGUE

Le 21ème « colis » de combustibles nucléaires usés en provenance des Pays-Bas est arrivé à La Hague, dans la nuit de mercredi à jeudi. Il renfermait 8,6 tonnes de matériaux. Plus de 380 tonnes de ces combustibles néerlandais ont déjà transité par le retraitement chez Orano.

Plus de 380 tonnes de combustibles nucléaires usés dans les centrales néerlandaises ont déjà été livrés chez Orano La Hague depuis 1978 et le premier contrat signé avec l’électricien EPZ, dont près de 365 tonnes ont déjà été traitées. Contrat repris en 2011, et qui porte sur le retraitement de 216 tonnes.

Dans ce cadre, un nouveau « colis » est arrivé, dans la nuit du mercredi 16 novembre 2022 au jeudi 17, au terminal ferroviaire d’Orano à Valognes. Un convoi transportant trois emballages, et représentant un total de 8,6 tonnes de matière hautement radioactive. Il s’agissait du 21ème transport de ce type en provenance des Pays-Bas.

Par Ouest-France, publié le 17/11/2022 à 09h32

Photo en titre : 8,6 tonnes de combustibles nucléaires utilisés en provenance des Pays-Bas composant ce 21ème colis destiné à Orano La Hague. | ORANO

https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/nucleaire-8-6-tonnes-de-combustibles-neerlandais-uses-arrivent-a-la-hague-974bc4c6-6650-11ed-bd55-fe52b2b07d4b

QUELLE EST LA CONSOMMATION D’ÉNERGIE DES 8 MILLIARDS D’HUMAINS SUR TERRE ?

L’humanité a passé le cap des 8 milliards d’individus le 15 novembre 2022 selon l’ONU. L’occasion de jeter un œil à nos dépenses d’énergie, de réaliser la dépendance mondiale aux ressources fossiles et le défi colossal que représente la transition énergétique.

Il y a désormais 8 milliards d’humains à nourrir, abreuver, vêtir, héberger, soigner, éduquer, transporter, divertir, chauffer et climatiser. Chaque seconde de nos vies nécessite, à notre époque, de grandes quantités d’énergie. Mais sait-on vraiment à quoi carbure l’humanité ?

Si, en France, nous bénéficions d’une électricité largement nucléaire et donc bas-carbone, nous restons très dépendants des énergies fossiles. Car, à l’instar du reste du monde, l’électricité ne représente qu’une petite part de l’énergie consommée (20 % dans le monde, 28 % en France). Dans l’hexagone comme sur l’ensemble de la planète, l’humanité doit encore se défaire de l’écrasante domination du charbon, pétrole et du gaz.

80 % de notre consommation d’énergie provient de ressources fossiles

Chaque année, l’Agence internationale de l’énergie publie son « World Energy Outlook », un rapport détaillant l’ensemble des données de consommation et de production d’énergie dans le monde. Une précieuse mine d’informations pour mieux comprendre notre appétit énergétique.

L’édition 2022, qui analyse l’année précédente, révèle ainsi que près de 80 % de nos besoins en énergie sont couverts par des ressources fossiles. La première des énergies bas-carbone est le bois (environ 10 %), suivi du nucléaire (5 %), l’hydraulique, le solaire et l’éolien complétant les 5 % restants.

D’où vient l’énergie consommée dans le monde ?

Une part très importante de l’énergie produite par l’humanité est dilapidée à travers les pertes de transformation et de transport. Dans les centrales électriques thermiques par exemple (nucléaire, gaz, charbon, fioul), la chaleur émise est souvent perdue, seule une petite partie sert à générer de l’électricité. C’est pire dans les moteurs à explosion qui équipent nos voitures, camions et autobus, ou environ 70 % de l’énergie délivrée par l’inflammation du carburant est perdue.

À lire aussi :  Combien y a-t-il d’employés dans les énergies renouvelables dans le monde ?

Ainsi, sur les 173 333 térawattheures (TWh) d’énergie produite dans le monde en 2021, 121 944 sont réellement consommés, explique l’AIE. Le gaspillage est un peu moins marqué dans le secteur de l’électricité : 24 700 TWh consommés pour 28 335 TWh produits, grâce aux meilleurs rendements permis par cette énergie.

Électricité Monde France
Consommation (TWh) 24 700 468
Production (TWh) 28 335 523

Sources : AIE, RTE.

Énergie Monde France*
Consommation (TWh) 121 944 1 633
Production (TWh) 173 333 2 657

Sources : AIE, Ministère de la Transition écologique (*données 2020)

Si elles occupent une faible part dans la production mondiale d’énergie, les renouvelables sont davantage impliqués dans la production d’électricité. Mais la planète demeure, encore une fois, dépendante des fossiles pour la générer : près de 62 % provient de charbon, gaz et fioul. Le nucléaire approche les 10 % et les renouvelables complètent principalement grâce à l’hydroélectricité (15 %). Éolien et solaire représentent 10 % à eux deux.

À  lire aussi: De belles perspectives pour les énergies renouvelables en 2022 et 2023

Comment est produite l’électricité dans le monde ?

Près de 60 % du charbon sert à produire du courant, à l’inverse du pétrole dont seulement 4 % est brûlé dans les centrales électriques. 52 % des renouvelables (surtout du bois) et quasiment 100 % du nucléaire sont utilisés à cette fin. L’électricité est principalement consommée par les secteurs résidentiels et tertiaires, suivi de peu par l’industrie. Les transports, qui fonctionnent presque uniquement aux fossiles dans le monde, n’absorbent que 1,9 % de la production électrique.

Enfin, la zone géographique émettant le plus de CO2 pour ses besoins énergétiques est l’Asie-Pacifique. L’usine du monde mais aussi le secteur le plus peuplé de la planète représente 53,7 % des émissions, quand l’Amérique du Nord en est responsable de 15,6 %. Malgré sa population importante, l’Afrique ne génère que 3,9 % des rejets de CO2 quand le Moyen-Orient, relativement peu habité, pèse pour 5,8 %.

 

À  lire aussi:  Bilan 2021 de l’électricité mondiale : plus d’éolien, de solaire … et de charbon !

Par Hugo LARA, publié le 16 novembre 2022

À propos de l’auteur Hugo LARA : Hugo est rédacteur en chef de Révolution Énergétique. Journaliste spécialisé dans les énergies renouvelables et transports décarbonés, il sonde l’évolution des pays dans ces domaines et rêve de pouvoir un jour voyager en avion électrique.

https://www.revolution-energetique.com/quelle-est-la-consommation-denergie-des-8-milliards-dhumains-sur-terre/

EPR À PENLY : LE GOUVERNEMENT ANNONCE LE DÉBUT DES TRAVAUX PRÉPARATOIRES À LA MI-2024

Énergie. Alors que le débat public a débuté jeudi 27 octobre sur la construction de deux nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR2 à Penly, le gouvernement a annoncé le début des travaux préparatoires à la mi-2024. 

Le gouvernement annonce le lancement des travaux préparatoires du chantier des EPR 2 à Penly en marge du débat public lancé fin octobre. EDF CNPE de Penly

 EDF prévoit de commencer à la mi-2024 les premiers travaux préparatoires du chantier de construction des deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR (EPR2) que le gouvernement envisage à Penly, près de Dieppe, a annoncé mardi 15 novembre le producteur d’électricité. « Si la décision est prise rapidement, on vise de commencer les travaux préparatoires sur ce site à mi-2024, pour une mise en service à l’horizon 2035-2037 », a indiqué Gabriel Oblin, directeur de projet pour les réacteurs nucléaires EPR2.

Début de la construction des réacteurs en 2027

Ces travaux préparatoires, prévus pour durer trois ans, comprennent le « terrassement, la préparation de la plateforme pour construire l’ouvrage [nucléaire] », a précisé M. Oblin. Puis, fin 2027, commencera la construction des réacteurs. Un chantier qui « dans sa phase haute » en 2029 devrait mobiliser au total 7 500 personnes.

Ce calendrier a été précisé lors d’une conférence de presse consacrée aux deux années de mise en œuvre du plan Excell, un programme d’amélioration de la qualité industrielle dans la filière du nucléaire.

Ce plan est né de la volonté d’éviter la répétition des déboires de l’EPR de Flamanville (Manche), le seul en construction en France, qui accuse onze ans de retard et des dépassements budgétaires astronomiques. Deux ans après, les projets pour le « nouveau nucléaire ou pour le parc existant » sont « sur de bons rails pour réussir » grâce à cette politique de rationalisation de ses standards industriels, a expliqué Alain Tranzer, délégué général à la qualité industrielle et aux compétences nucléaires.

Sur la question des délais et de la rapidité des décisions, EDF estime que c’est encore « insuffisant »: si 75 % des décisions sont prises en moins d’un mois, EDF veut des décisions « à la semaine », pour construire plus vite. « Plus vite, c’est toujours moins cher, une année de retard sur un projet, ça se compte en milliards », a souligné M. Tranzer. Si EDF entend aller vite sur les EPR2, d’autres étapes doivent encore être franchies avant le lancement des premiers travaux à Penly.

Lire aussi : Faut-il deux nouveaux réacteurs EPR2 à Penly ? Le débat public s’ouvre ce jeudi

Une décision politique en marge du débat public

La construction de nouveaux réacteurs fait l’objet, jusqu’au 27 février 2023, d’un débat sous l’égide de la Commission nationale du débat public. La synthèse de ce débat, obligatoire pour le porteur de projet EDF, sera versée aux travaux des parlementaires, qui devront voter au plus tard en 2024 la feuille de route énergétique de la France.

Sans attendre, le gouvernement, qui veut « gagner du temps », a présenté le mercredi 2 novembre, en Conseil des ministres, son projet de loi visant à accélérer la construction de nouveaux réacteurs, en simplifiant les procédures administratives. Ce texte doit être examiné par les parlementaires début 2023, voire dès fin décembre, à l’Assemblée nationale d’abord.

Au total, le gouvernement entend construire six EPR2, dont les deux premiers à Penly, avec une option pour huit supplémentaires, selon une feuille de route dévoilée par le Président Emmanuel Macron en février

Source : Tendance Ouest  avec Afp, publié le 16/11/2022 à 09h49

Photo en titre : Le gouvernement annonce le lancement des travaux préparatoires du chantier des EPR 2 à Penly en marge du débat public lancé fin octobre. EDF CNPE de Penly

https://www.tendanceouest.com/actualite-404171-epr-a-penly-le-gouvernement-annonce-le-debut-des-travaux-preparatoires-a-la-mi-2024

LA GUERRE ENTRE LA CHINE ET LES ÉTATS-UNIS EST INÉVITABLE ALORS QUE LE G20 VIT SES DERNIERS JOURS

Les tensions croissantes dans les relations entre la Chine et les États-Unis vont inévitablement dégénérer en conflit. Le G20, en tant qu’organe consultatif international, vit ses derniers jours. Les BRICS+ viendront le remplacer.

Le sommet du G20 s’est ouvert à Bali (Indonésie). Un certain nombre de pays refusent d’accuser la Russie de tous les problèmes auxquels le monde est confronté aujourd’hui. On peut donc supposer que le sommet ne se terminera pas par une résolution finale.

Selon le Financial Times, le sommet du G20 se terminera très probablement soit par une déclaration large et abstraite (l’heure n’est pas à la guerre), soit par une déclaration commune plus stricte de 19 ou 18 membres sans la Russie et/ou la Chine.

La rencontre entre les dirigeants de la Chine et des États-Unis est devenue la seule intrigue du sommet en l’absence du président russe Vladimir Poutine

Joe Biden a déclaré la veille qu’il tenterait de tracer une « ligne rouge » dans ses relations avec Xi Jinping. La ligne a été tracée il y a longtemps – il s’agit de la question de Taïwan.

La Chine a besoin d’une garantie claire de Washington, indiquant que les États-Unis ne soutiennent pas le choix d’indépendance de Taïwan. C’est irréaliste, car les démocrates ne refuseront pas de soutenir le parti séparatiste taïwanais au pouvoir, tandis que les républicains soutiendront les livraisons d’armes à l’île. Par conséquent, un conflit entre Pékin et Washington est inévitable.

À cet égard, les États-Unis disposent de peu de leviers de pression des sanctions sur Xi. Elles auront un effet boomerang sur les États-Unis. Pékin ne peut que se moquer de l’isolement économique et diplomatique de l’Occident : La Chine a une économie autosuffisante et un choix énorme de partenaires auprès desquels Pékin peut s’approvisionner en carburant et en nourriture.

Par conséquent, les sanctions économiques visant à « contenir » la République populaire de Chine échoueront, tout comme l’Occident échoue à écraser la Russie dans le conflit en Ukraine.

« Cette crise ukrainienne dans laquelle nous sommes en ce moment, ce n’est que l’échauffement. La grande crise est à venir. Et il ne va pas falloir attendre très longtemps avant que nous soyons testés d’une manière qui ne l’a pas été depuis longtemps », a écrit l’amiral américain Charles Richard dans une tribune publiée sur le site du Wall Street Journal.

« Lorsque j’évalue notre niveau de dissuasion contre la Chine, le navire coule lentement », a-t-il déclaré. « Il coule lentement, mais il coule, car fondamentalement, ils mettent des capacités sur le terrain plus rapidement que nous », a-t-il ajouté.

Il semble que Pékin et Washington doivent se préparer à la guerre. Il est dans l’intérêt de Xi de voir l’ennemi affaibli par les guerres de sanctions avec la Fédération de Russie. Par conséquent, la Chine appellera à la paix en Ukraine et fera tout pour soutenir la Fédération de Russie sur le plan économique et politique.

La Russie et la Chine comme alternative au G20

D’autres facteurs externes, tels que la coopération entre la Russie, la Chine et l’Arabie saoudite dans le cadre de l’OPEP+, y contribueront également. Xi Jinping se prépare à une visite à Riyad, qui devrait être sans précédent.

Pékin fera pression pour que l’Arabie saoudite rejoigne les BRICS. L’alternative du G20 se développera dans le cadre de l’alliance BRICS+ qui ne cessera d’ajouter des acteurs plus influents.

L’Arabie saoudite possède 19% des réserves mondiales de pétrole, 12% de la production mondiale et plus de 20% des ventes de pétrole sur le marché mondial, ainsi qu’une capacité de raffinage de plus de 5 millions de barils par jour.

« L’Arabie saoudite dispose également d’énormes réserves d’or et de devises étrangères. Elles ont atteint 465,49 milliards de dollars en septembre. »

Riyad a également le plus haut statut spirituel et religieux du monde islamique. L’Arabie saoudite attirera donc tous les États du Golfe et de nombreux pays musulmans d’Asie dans des organisations et des alliances alternatives.

La domination de l’Occident a prouvé au monde entier que les pays répréhensibles et déloyaux peuvent être isolés et détruits très rapidement. La Russie en est un bon exemple.

Source : France Pravda,

Par Peter Yermelin, publié le 15 novembre 2022

https://reseauinternational.net/la-guerre-entre-la-chine-et-les-etats-unis-est-inevitable-alors-que-le-g20-vit-ses-derniers-jours/

NDLR: ne jamais lire un article sans en connaître la source.

LA CHINE SALUE L’OPPOSITION DE LA RUSSIE À UNE GUERRE NUCLÉAIRE LORS DU SOMMET DU G20

Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré à son homologue russe, Sergei Lavrov, lors d’une réunion au sommet du Groupe des 20 (G20), que la position de la Russie selon laquelle une guerre nucléaire ne devrait pas être menée témoignait d’une attitude « rationnelle » et « responsable« .

Lors de sa rencontre avec M. Lavrov, qui dirige la délégation russe au sommet après que le Kremlin ait déclaré que le président Vladimir Poutine ne pouvait pas y assister, M. Wang a également déclaré que la Chine était heureuse de voir la Russie signaler sa volonté d’engager un dialogue sur l’Ukraine et accepter de reprendre l’accord d’exportation de céréales de la mer Noire, selon un communiqué du ministère chinois des affaires étrangères.

« La Chine est prête à travailler avec la Russie pour faire avancer leurs échanges de haut niveau et leur communication dans divers domaines, approfondir la coopération pratique bilatérale et faciliter les échanges de personnel« , a déclaré M. Wang, cité par l’agence de presse étatique Xinhua.

Par © Zonebourse avec Reuters 2022, publié le 15 novembre 2022 à 16h04

https://www.zonebourse.com/cours/devise/US-DOLLAR-RUSSIAN-ROUBL-2370597/actualite/La-Chine-salue-l-opposition-de-la-Russie-a-une-guerre-nucleaire-lors-du-sommet-du-G20-42322175/

NEWCLEO, LA START-UP ITALIENNE DU NUCLÉAIRE S’INSTALLE À LA TOUR SILEX DE LA PART-DIEU À LYON

La tour Silex de la Part-Dieu accueille l’antenne française de Newcleo, qui vient de lever 400 millions d’euros pour développer un mini-réacteur.

Depuis avril, la tour Silex de la Part-Dieu accueille l’antenne française de Newcleo. La start-up de l’atome vient de lever 400 millions d’euros pour développer un mini-réacteur, ces fameux « SMR » (petits réacteurs modulaires) qui ont fait l’objet d’un appel à candidatures d’un milliard d’euros dans le cadre de France 2030.

Newcleo, qui attend de savoir si son projet bénéficiera des fonds de France 2030, travaille sur une solution de refroidissement au plomb fondu. « En cas d’incident, le plomb durcit et devient un sarcophage de plomb solide », résume Massimo Marino, responsable de l’antenne française installée à Lyon.

Un autre type de réacteur sur des sites à proximité des agglomérations

Autre élément innovant : le combustible de ce réacteur. Ce dernier « brûlera » des déchets produits par la réaction nucléaire des centrales traditionnelles. De par sa taille réduite (trois mètres de diamètre par quatre mètres de haut), ce type de réacteur viserait un usage différent des centrales nucléaires : il pourrait être utilisé sur des sites industriels à proximité des agglomérations, « les zones d’évacuation de ce type de dispositif étant minimes, de l’ordre d’un kilomètre ».

L’antenne lyonnaise va rapidement monter en puissance : de dix personnes additionnées de huit « experts » jeunes retraités de Framatome, d’Orano, du CEA… l’équipe grimpera à plus d’une trentaine en fin d’année. Les équipes lyonnaises, intégrées aux 150 chercheurs de l’entreprise, visent à lancer la première réaction d’un démonstrateur rapide de 30 mégawatts vers 2032, « sur un site nucléaire français encore en phase de confirmation », précise la directrice des opérations Élisabeth Rizzotti.

Par David GOSSART, publié le 15 novembre 2022

Photo en titre : Newcleo possède une antenne à Lyon, dans la tour Silex à la Part-Dieu. © DR

https://tribunedelyon.fr/societe/newcleo-la-start-up-italienne-du-nucleaire-sinstalle-a-la-tour-silex-de-la-part-dieu-a-lyon/

NDLR: En plus de la faillite du nucléaire maxi, préparons-nous à gérer la faillite du nucléaire mini.

NUCLÉAIRE : LES DÉPENSES PUBLIQUES DE RECHERCHE ET DÉVELOPPEMENT (R&D) AUGMENTENT DE 25% EN 2021

Les dépenses publiques françaises de recherche et développement (R&D) en énergie ont atteint 1 725 millions d’euros en 2021. C’est le nucléaire qui a porté la plus forte hausse des financements publics (+25%). Parmi les pays du G7, la France consacre à la R&D en énergie la part de produit intérieur brut (PIB) la plus élevée.

La dépense publique pour les activités R&D en énergie s’est élevée, en 2021, à 1 725 millions d’euros, soit environ 7% de la dépense publique française en R&D ou encore 0,07% du PIB national. Après deux années consécutives d’une progression supérieure à 10%, les dépenses publiques en énergie ont dépassé le plus haut niveau atteint en 2009.

Le ministère de la transition énergétique a publié, le 3 novembre 2022, les données statistiques sur « les dépenses publiques de R&D en énergie en 2021(nouvelle fenêtre)« . Ces dépenses font état de l’essor notable des financements publics dédiés au secteur du nucléaire.

L’énergie nucléaire, principale bénéficiaire

La croissance de 2020 à 2021 est portée par l’augmentation des dépenses de R&D sur la filière nucléaire (+25%), alors que la progression enregistrée entre 2019 et 2020 provient des dépenses dans les nouvelles technologies de l’énergie (+30%).

En très forte hausse en 2021, le nucléaire a constitué 56% des financements publics.

Cet essor s’explique notamment par le plan de relance qui a soutenu cette filière en finançant des projets de recherche sur les réacteurs modulaires de petite taille. 81% des dépenses sont consacrées à la fission et 19% à la fusion nucléaire.

Le financement alloué aux nouvelles technologies

Entre 2002 et 2021, le financement public de la R&D dans les nouvelles technologies a augmenté à la fois en niveau, passant, en euros constants, de 224 millions d’euros à 614 millions d’euros, et en part, de 18% à 36%. En 2021, il baisse légèrement (-2% en euros constants), après une hausse de 30% en 2020.

Au sein des nouvelles technologies de l’énergie, les dépenses publiques de R&D sont principalement consacrées :

  • aux énergies renouvelables (31%) ;
  • à l’efficacité énergétique (30%) ;
  • à l’électricité et au stockage (22%) ;
  • à l’hydrogène (12%) ;
  • au stockage du dioxyde de carbone (6%).

Les nouvelles technologies de l’énergie, principal poste de dépense des pays du G7

En part de PIB, les dépenses publiques de R&D en 2021 ont placé la France et le Japon respectivement en première et deuxième position des pays du G7. En niveau absolu, les États-Unis sont en première position (7,8 milliards d’euros) devant le Japon (2,4 milliards d’euros).  Alors que le nucléaire prédomine en France, tous les autres pays du G7 favorisent la R&D sur les nouvelles technologies de l’énergie. Dans la filière nucléaire, après la catastrophe de Fukushima, le Japon a d’ailleurs considérablement réduit son effort.

Par La Rédaction, publié le 15 novembre 2022

Photo en titre : © Clément Mahoudeau/AFP

https://www.vie-publique.fr/en-bref/287068-nucleaire-des-depenses-en-recherche-et-developpement-qui-augmentent

EDF NE POURRA PAS RESPECTER SON CALENDRIER DE RELANCE DU PARC NUCLÉAIRE

EDF continue de stagner dans son calendrier de relance du parc nucléaire et en conséquence, l’objectif de 45 réacteurs nucléaires en service au 1er janvier ne sera pas atteint. 

C’est une bien mauvaise nouvelle dans un contexte de crise énergétique. Comme le relate BFM ce lundi, EDF ne serait pas en mesure d’atteindre l’objectif fixé par le gouvernement de 45 réacteurs nucléaires disponibles au 1er janvier. L’opérateur public recense toujours 26 infrastructures à l’arrêt sur les 56 qui constituent son parc nucléaire et son calendrier de relance ne progresse pas.

Cet essoufflement s’explique avant tout par la lenteur des réparations liées au problème de corrosion constaté sur quinze réacteurs nucléaires. Selon l’objectif fixé par le gouvernement, EDF est censé redémarrer seize réacteurs avant la fin de l’année, dont onze sur le seul mois de novembre. Un objectif impossible à tenir. Le faible nombre de réacteurs remis en service ces derniers mois pourrait bien conduire le gestionnaire du réseau de transport électrique (RTE) à revoir ses prévisions mensuelles en vue de l’hiver à venir qu’il dévoilera cette semaine.

Les stocks de gaz ont atteint leur maximum technique

Le taux de remplissage des réservoirs des barrages exploités par EDF reste proche des moyennes historiques observées à cette période de l’année. L’énergéticien espère l’arrivée prochaine des précipitations afin de remplir ces réservoirs et d’aborder un peu plus sereinement la période hivernale qui pointe son nez.

Seule vraie bonne nouvelle, les stocks de gaz ont déjà atteint leur maximum technique depuis maintenant plusieurs semaines. Pour rappel, l’Agence internationale de l’énergie s’inquiétait la semaine passée du remplissage des stocks de gaz pour l’hiver 2023 suite au redémarrage de la demande chinoise et d’un arrêt complet des importations de gaz russe.

Par Noah Sdiri, publié le 14/11/2022 à 20h51, mis à jour le 15 novembre à 14h52

https://www.capital.fr/entreprises-marches/edf-ne-pourra-pas-respecter-son-calendrier-de-relance-du-parc-nucleaire-1451887

CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN : LA DÉPUTÉE ÉCOLOGISTE RENCONTRE LE LANCEUR D’ALERTE

À l’initiative de Marie Pochon, députée Europe Écologie-Les Verts de la troisième circonscription de la Drôme, où se situe notamment la centrale nucléaire du Tricastin, une rencontre a eu lieu, mercredi 9 novembre à l’Assemblée nationale, entre des parlementaires et Hugo (prénom d’emprunt pour préserver son anonymat).

Cet ancien cadre du site nucléaire a porté plainte contre son employeur, EDF. “À la suite des annonces de relance du nucléaire par Emmanuel Macron à Belfort en février, et alors que vont s’ouvrir les débats sur la simplification des procédures pour accélérer l’installation de nouveaux réacteurs nucléaires début 2023, nous avons souhaité, au travers de cette audition d’un lanceur d’alerte courageux, informer la représentation nationale de l’État de la « culture sûreté » des installations nucléaires en France”, indique la députée drômoise dans un communiqué.

Après la plainte déposée par Hugo à l’automne 2021, une information judiciaire a été ouverte , avec notamment, comme chefs d’accusation, non-déclaration d’incident ou d’accident, mise en danger d’autrui et faux et usage de faux. La centrale du Tricastin et le bureau de l’autorité de sûreté nucléaire ont été perquisitionnés fin septembre.

Par Le Dauphiné Libéré, publié le 14 novembre 2022 à 06h03, mis à jour à 07h41 

Photo en titre : Marie Pochon, députée EELV de la Drôme. Archives photo Le DL /F.H.

https://www.ledauphine.com/politique/2022/11/14/centrale-nucleaire-du-tricastin-la-deputee-ecologiste-rencontre-le-lanceur-d-alerte