RÉACTEUR N° 2 DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN : L’ENQUÊTE PUBLIQUE DÉMARRE CE LUNDI

La centrale nucléaire du Tricastin fait à nouveau l’objet d’une enquête publique cette année, sur le réacteur numéro 2. Elle débutera lundi 14 novembre et s’achèvera vendredi 16 décembre.

En ligne, ou lors des permanences à la mairie*, les citoyens sont invités à venir déposer une contribution pour savoir si, selon eux, les mesures d’EDF prises après la quatrième visite décennale du réacteur n° 2, en 2021, sont de nature à permettre une prolongation de ce réacteur pour dix ans de plus. Thierry Dalberto, président de la commission d’enquête publique, se félicite de pouvoir présenter cette année un dossier « plus accessible » aux citoyens. « L’an passé, les commissaires-enquêteurs avaient formulé des recommandations d’éclaircissement de certains points à EDF, qui en a tenu compte. »

Les citoyens sont donc invités à venir s’informer et à poser toutes leurs questions aux commissaires-enquêteurs présents en mairie.

Le programme :

. Lundi 14 novembre de 8 à 12 heures à Saint-Paul-Trois-Châteaux ;

. Vendredi 18 novembre de 13 h 30 à 17 h 30 à Lamotte-du-Rhône (Vaucluse) ;

. Mercredi 23 novembre de 9 à 12 heures à La Garde-Adhémar ;

. Vendredi 25 novembre de 8 à 12 heures à Pierrelatte ;

. Samedi 26 novembre de 9 à 12 heures à Saint-Restitut ;

. Vendredi 2 décembre de 8 h 30 à 12 heures à Bollène ;

. Samedi 10 décembre de 9 à 12 heures à Saint-Paul-Trois-Châteaux (ouverture exceptionnelle de la mairie pour l’enquête) ;

. Mercredi 14 décembre de 13 h 30 à 17 h 30 à Lapalud (Vaucluse) ;

. Vendredi 16 décembre de 13 h 30 à 17 h 30 à Saint-Paul-Trois-Châteaux.

Renseignements sur www.registre-dematerialise.fr/4255.

Publié le 14 novembre  à 06h05

Photo en titre : Des contributions en ligne ou en mairie seront possibles entre le 14 novembre et le 16 décembre.  Archives photo Le DL/F.P.

https://www.ledauphine.com/economie/2022/11/13/reacteur-n-2-de-la-centrale-l-enquete-publique-demarre-lundi-14-novembre

L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE SUR LA ROUTE DU DÉCLIN

La part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité est passée pour la première fois sous les 10 %. L’édition 2022 du World Nuclear Industry Status Report montre que l’atome tend à devenir de plus en plus marginal, largement dépassé par les renouvelables.

Le nucléaire fait-il partie de l’exception française ? Alors que certains appellent à un moratoire sur le déploiement des éoliennes et que le gouvernement ambitionne de lancer un nouveau programme de construction de réacteurs, l’Hexagone est décidément à contre-courant des tendances mondiales sur l’électricité.

Pendant que les centrales nucléaires produisent encore 69 % de l’électricité française, la part mondiale de l’atome est passée pour la première fois sous le seuil symbolique des 10 %… 

Le nucléaire fait-il partie de l’exception française ? Alors que certains appellent à un moratoire sur le déploiement des éoliennes et que le gouvernement ambitionne de lancer un nouveau programme de construction de réacteurs, l’Hexagone est décidément à contre-courant des tendances mondiales sur l’électricité.

Pendant que les centrales nucléaires produisent encore 69 % de l’électricité française, la part mondiale de l’atome est passée pour la première fois sous le seuil symbolique des 10 %, comme le montre l’édition 2022 du World Nuclear Industry Status Report. Et elle devrait continuer à décroitre dans les prochaines années, car peu de pays continuent à parier sur cette technologie.

Sur les 33 pays au monde ayant des centrales, seulement 15 ont entamé un programme de construction pour continuer l’aventure de l’atome après la fin de vie des réacteurs existants. Il s’agit certes des plus grands pays du globe (Chine, Inde, États-Unis, Japon, Russie, etc.), mais l’atome est encore un fait rare dans de larges parties du monde.

En Afrique, seule l’Afrique du Sud est équipée de réacteurs, et prévoit de limiter la part de l’atome dans son mix énergétique. En Asie, de nombreux grands pays (Indonésie, Philippines ou encore Bangladesh) n’ont jamais développé de production nucléaire.

Malgré la Chine, la part du nucléaire dans la production électrique mondiale passe sous les 10 %

Évolution de la production nucléaire mondiale et chinoise (en TWh) et part du nucléaire dans le mix électrique mondial (en %)

Source : World Nuclear Industry Status Report 2022

Depuis les années 2000, le nombre de fermeture de réacteurs tend à être supérieur à celui des ouvertures. Depuis 2002, on compte 98 raccordements au réseau… contre 105 fermetures. Et encore ! 50 de ses ouvertures proviennent d’un seul pays : la Chine.

Plus de fermetures de réacteurs que d’ouvertures

Nombre d’ouvertures et de fermetures de réacteurs chaque année dans le monde. (Source : World Nuclear Industry Status Report 2022)

Paradoxalement, la Chine a beau concentrer le gros de l’investissement en direction de l’atome, celui-ci reste marginal dans le modèle électrique du géant asiatique. Pékin investit bien plus encore dans l’éolien ou dans le solaire que dans le nucléaire.

En 2010, la production chinoise d’électricité d’origine nucléaire était au même niveau que celle d’origine renouvelable hors hydraulique. Désormais cette dernière est près de trois fois supérieure, portée principalement par l’installation massive d’éoliennes.

Le cas chinois illustre ainsi les tendances d’investissement dans le secteur électrique. En termes de capacité installée, celle du nucléaire a certes augmenté de 86 % dans le pays depuis 2015, mais pour l’éolien c’est une progression de plus de 150 % et de 600 % pour le solaire.

Les investisseurs misent sur les renouvelables

Investissement annuel dans le nucléaire et les renouvelables, en milliards de dollars (Source : World Nuclear Industry Status Report 2022)

Ces dernières années, les sommes investies mondialement dans le nucléaire ont représenté moins de 10 % de celles dirigées vers les nouvelles énergies renouvelables. Résultat : depuis 2000 les nouvelles capacités de production électrique installés ont été 40 fois plus importantes pour le solaire et l’éolien que le nucléaire. En termes de puissance électrique ajoutée, depuis une grosse décennie, on ajoute chaque année entre dix et quinze fois plus d’éolienne que de nucléaire et idem, quoique dans une proportion un peu moindre, pour le solaire.

Selon les projections, et même en tablant sur une durée de vie élevé pour les réacteurs ayant l’autorisation de dépasser les 40 ans de fonctionnement, la production nucléaire mondiale devrait diminuer dans les prochaines années et décennies car les fermetures resteront plus importantes que les ouvertures.

Pour juste maintenir le nombre de réacteurs en fonctionnement, il faudrait environ 12 nouvelles mises en service par an dans la décennie qui vient. Ce qui revient, souligne le World Nuclear Industry Status Report, à doubler le rythme de construction de la dernière décennie pour simplement maintenir en la puissance. Le nucléaire devrait devenir donc de plus en plus marginal au niveau mondial.

À lire aussi: Malgré la Chine, la part du nucléaire dans la production électrique mondiale passe sous les 10 %

Par Justin Delépine, publié le 14 Novembre 2022
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Malgré la Chine, la part du nucléaire dans la production électrique mondiale passe sous les 10 %

MOSELLE INCIDENT DE NIVEAU 1 DÉCLARÉ À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM

Le 7 novembre, lors d’une ronde sur l’unité de production n°4 actuellement à l’arrêt programmé, informe ce lundi 14 novembre la centrale nucléaire de Cattenom , les équipes ont constaté que le niveau d’eau d’une rétention était inférieur au minimum requis par les règles générales d’exploitation.

En cas de situation accidentelle, cette rétention permet de bénéficier d’une réserve d’eau supplémentaire pour l’injecter dans le bâtiment réacteur en vue de son refroidissement. Pour ce faire, une pompe permet d’assurer la recirculation de l’eau, de la rétention vers le bâtiment réacteur. L’insuffisance d’eau dans la rétention aurait pu conduire au dysfonctionnement de la pompe de circulation, système qui était requis au moment de la détection de l’écart.

Immédiatement après la détection, les agents ont réalisé le complément en eau dans la rétention. En raison de sa détection tardive, le centre de production nucléaire mosellan a déclaré un évènement significatif sûreté de niveau 1, sur l’échelle Ines qui compte 7 échelons, à l’Autorité de sûreté nucléaire le 9 novembre.

Par Le Républicain Lorrain, publié le 14 novembre 022 à 14h52

Photo en titre : Lors d’une ronde sur l’unité de production n°4 à l’arrêt programmé, les équipes ont constaté que le niveau d’eau d’une rétention était inférieur au minimum requis par les règles d’exploitation. Photo RL /Philippe NEU

https://www.republicain-lorrain.fr/economie/2022/11/14/incident-de-niveau-1-declare-a-la-centrale-nucleaire-de-cattenom

EN CAS D’ESSAI NUCLÉAIRE DE LA CORÉE DU NORD, WASHINGTON, TOKYO ET SÉOUL PROMETTENT UNE RÉPONSE « FORTE ET FERME »

Les dirigeants des États-Unis, du Japon et de la Corée ont fait savoir dimanche qu’ils répondraient fermement à un éventuel essai nucléaire nord-coréen, après une série record d’essais d’armement de Pyongyang. Le président américain, Joe Biden, s’est notamment engagé à déployer tout l’éventail des capacités, même nucléaires.

C’est un rapprochement « sans précédent » de Séoul, Tokyo et Washington, après que la Corée du Nord a procédé à une rafale de lancements inquiétant la communauté internationale. En effet, les dirigeants des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud ont promis une réponse « forte et ferme » en cas d’essai nucléaire nord-coréen, le premier depuis 2017, une hypothèse revenue dans l’actualité après une série record d’essais d’armements de Pyongyang. Dimanche, ils ont publié un communiqué commun à l’issue de leur rencontre trilatérale à Phnom Penh, le président américain Joe Biden s’engageant à déployer « tout l’éventail des capacités, mêmes nucléaires » pour défendre ses alliés.

Joe Biden, le Premier ministre japonais Fumio Kishida, et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol « réaffirment qu’un test nucléaire de la Corée du Nord sera suivi par une réponse forte et ferme de la communauté internationale », peut-on ainsi lire dans le document. Les trois pays « vont travailler ensemble pour renforcer leur force de dissuasion », est-il écrit.

Lire aussi : La Corée du Nord tire deux nouveaux essais balistiques et joue l’escalade

Tirs de missiles balistiques

Début novembre, la Corée du Nord a notamment tiré un missile balistique, tombé près des eaux territoriales de la Corée du Sud. Et ce n’est pas tout : un autre missile balistique nord-coréen a survolé le Japon en octobre. Dans le détail, les essais de Pyongyang comprenaient un missile balistique intercontinental et un autre projectile de plus courte portée qui ont de facto franchi la frontière maritime et plongé près des eaux territoriales du Sud pour la première fois depuis 1953.

« La Corée du Nord représente une menace non seulement pour les États-Unis, non seulement pour [la Corée du Sud] et le Japon, mais aussi pour la paix et la stabilité dans toute la région », a fait valoir dimanche la présidence américaine.

De son côté, Pyongyang a justifié ses actions par l’attitude « agressive et provocante » de Séoul et Washington, qui opéraient au même moment les plus grandes manœuvres militaires aériennes jamais réalisées jusque-là entre eux.

Pression sur Pékin

Le sujet promet de rythmer la rencontre entre Joe Biden et son homologue chinois Xi Jinping, prévue lundi à Bali en marge du G20. Et pour cause, le locataire de la Maison Blanche a d’ores et déjà notifié de son intention de lui demander de dissuader Pyongyang d’aller plus loin.

En effet, la Chine est le principal allié de Pyongyang, et les responsables américains affirment que, si Joe Biden ne posera pas d’exigences, il préviendra Xi Jinping que la poursuite du programme de missiles et du nucléaire signifierait que les États-Unis renforceront leur présence militaire dans la région, ce à quoi Pékin s’oppose farouchement.

Lire aussi :Joe Biden veut définir des « lignes rouges » lors de sa rencontre avec Xi Jinping

Par latribune.fr (avec AFP), publié le 13 novembre 2022 à 15h58

Photo en titre : Les essais de Pyongyang réalisés ces derniers mois comprenaient un missile balistique intercontinental et un autre projectile de plus courte portée qui ont de facto franchi la frontière maritime et plongé près des eaux territoriales du Sud pour la première fois depuis 1953. (Crédits : Reuters)

https://www.latribune.fr/economie/international/en-cas-d-essai-nucleaire-de-la-coree-du-nord-washington-tokyo-et-seoul-promettent-une-reponse-forte-et-ferme-940516.html

TABLEAU DE BORD DE L’ÉNERGIE: LA SITUATION NE S’AMÉLIORE TOUJOURS PAS POUR LES RÉACTEURS NUCLÉAIRES

Si les réserves d’eau augmentent légèrement, EDF continue de stagner dans son calendrier de relance du parc nucléaire. EDF ne devrait désormais plus être en mesure d’atteindre l’objectif fixé par le gouvernement de 45 réacteurs disponibles au 1er janvier.

L’énergéticien recense toujours 26 infrastructures à l’arrêt sur les 56 qui constituent son parc nucléaire et ne progresse pas dans son calendrier de relance. C’est toujours des réparations liées au problème de corrosion sous contrainte qui justifient ces suspensions d’activité pour 15 réacteurs nucléaires. Les autres le sont uniquement pour de la maintenance courante à l’exception du second réacteur de la centrale de Saint-Laurent (Loir-et-Cher) dont le redémarrage n’est prévu que le 1er décembre afin de réaliser des économies de combustible.

Au total, ce sont désormais 16 infrastructures qu’EDF doit redémarrer avant la fin de l’année dont 11 sur le seul mois de novembre. Ces perspectives pourraient bien conduire le gestionnaire du réseau de transport électrique (RTE) à revoir ses prévisions mensuelles en vue de l’hiver à venir qu’il dévoilera cette semaine.

Du GNL importé depuis le Mozambique

Le taux de remplissage des réservoirs des barrages exploités par EDF progresse quant à lui d’un petit point par rapport à la semaine dernière, à 66%. Ils restent proches des moyennes historiques observées à cette période de l’année, à seulement 3,6 points. Dans le détail, les sites des Alpes du Nord caracolent toujours en tête avec un remplissage à hauteur de 86%, bien au-delà des normales (+13,4 points). Ceux du Massif Central, des Pyrénées et des Alpes du Sud tournent tous autour de 57% mais avec un retard plus accru des deux dernières zones géographiques sur les moyennes historiques. L’énergéticien attend désespérément des précipitations afin de remplir ces réservoirs et d’aborder un peu plus sereinement le cœur de la période hivernale qui arrive à grands pas.

Sur le même sujet :

  • L’UE pourrait manquer de gaz pour 2023-2024
  • Énergie : à quoi s’attendre cet hiver ? – 06/11
  • Crise de l’énergie: le Mozambique commence à exporter du gaz naturel liquéfié

La vraie bonne nouvelle sur le front des réserves d’énergie française se situe au niveau du gaz bien que les stocks aient déjà atteint leur maximum technique depuis maintenant plusieurs semaines. Pour rappel, l’Agence internationale de l’énergie s’inquiétait la semaine passée du remplissage des stocks de gaz pour l’hiver 2023 sous l’effet conjoint d’un redémarrage en trombe de la demande chinoise et d’un arrêt complet des importations depuis la Russie. Ces inquiétudes pourraient être partiellement dissipées alors que le Mozambique vient d’annoncer le début de ses exportations de gaz naturel liquéfié, notamment à destination de l’Europe.

Par Timothée Talbi et Matthieu Pechberty, publié le 14 novembre 2022 à 7h08

https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/energie/tableau-de-bord-de-l-energie-la-situation-ne-s-ameliore-toujours-pas-pour-les-reacteurs-nucleaires_AV-202211140085.html

OPÉRATION SENSIBILISATION CONTRE L’ARRIVÉE DE RÉACTEURS EPR AU BUGEY

L’association Sortir du Nucléaire (SDN) Bugey a mené, samedi 12 novembre, une opération au rond-point de l’Intermarché de Passins contre le projet d’implantation de deux réacteurs EPR sur le site nucléaire de Bugey, à l’horizon 2030-2035, projet soutenu par une majorité d’élus locaux selon l’association. « Qu’est-ce qu’on va laisser aux jeunes générations ? »

Parmi les militants présents, Jean-Pierre Collet, Yves François et Claude Bouvier. « Étant des anciens combattants de Superphénix, là, on repart sur une même démarche avec une technologie qui ne marche pas, martèle Yves François. Qu’est-ce qu’on va laisser aux jeunes générations ? »

L’argument écologique avancé par les pronucléaires et artisans des EPR ne les convainc pas. « S’il y a vraiment urgence climatique, les EPR, c’est pas avant 15 ans qu’ils arrivent. Qu’est-ce qu’on va faire dans l’intervalle ? », demande Jean-Pierre Collet. Quand on regarde l’évolution climatique, on ne peut pas laisser tomber une décennie », renchérit Claude Bouvier.

Le trio pointe également les risques pour la population. « Sur fond de conflit en Ukraine, on voit que les centrales sont des cibles et deviennent des bombes, souffle Jean-Pierre Collet. On est contre ce projet qui va mettre en péril la population »

Par Le Dauphiné Libéré, publié le dimanche13 novembre 2022 version papier

L’HIVER ARRIVE : CHAUFFEZ NOS LOGEMENTS, PAS LE CLIMAT !

Alors que l’hiver se prépare à l’aune de la crise des prix de l’énergie, nous publions une tribune co-signée avec d’autres associations et collectifs, afin de faire de la lutte contre la précarité énergétique une des priorités du gouvernement.

À l’heure où le gouvernement demande de baisser le chauffage à 19°C pour limiter nos consommations d’énergie, ce dernier a fait annuler par le biais d’un énième 49.3 deux amendements nécessaires qui avaient été votés par des députés de gauche et de droite en faveur de l’accélération de la rénovation thermique. À la place, 100 millions d’euros seulement seront ajoutés au budget 2023 pour cette politique qui devrait être la grande priorité du pays.

Cette décision incohérente intervient sur fond de crise majeure de l’énergie, et alors que 12 millions de personnes en France souffrent de précarité énergétique. Parce qu’elles éprouvent des difficultés à maintenir une température acceptable dans leurs logements et à faire face au coût des factures qui continuent d’augmenter, beaucoup souffrent des conséquences sur leur santé, vivent sous la menace de coupures d’électricité pour impayés, ou sont amenées à devoir choisir entre se nourrir et se chauffer.

En 2017, le gouvernement s’était engagé à rénover toutes les passoires thermiques en 10 ans. En 2022, il en reste toujours près de 5,2 millions. Pour venir à bout de ces logements énergivores et indignes nous devrions atteindre 700 000 rénovations globales par an, or le compte n’y est pas.

Si la priorité est aux économies d’énergie, alors pourquoi aller à l’encontre du grand chantier de la rénovation quand le secteur du bâtiment représente près de 20% des émissions de gaz à effet de serre du pays ?

Avec 86 % des travaux qui ne concernent que de simples “gestes” de rénovation comme changer les fenêtres ou la chaudière, les quelques avancées obtenues ces dernières années sont loin de nous mettre sur les rails de nos objectifs climatiques et sociaux, comme le permettraient de vraies rénovations globales. Mais les subventions actuelles ne rendent pas possible le financement de ces rénovations performantes : les aides demeurent sous-dimensionnées, mal dirigées, difficiles à mobiliser et pour une bonne partie méconnues. Un ménage pauvre sera laissé avec un reste-à-charge moyen de 39 % après les aides, un montant rédhibitoire lorsque l’on sait que ce type de travaux coûte entre 30 000 et 50 000 euros.

Nos décideurs ont le devoir de mettre les moyens sur la table pour faire face à la crise qui arrive.

C’est pourquoi nous demandons immédiatement la formulation d’engagements à moyen terme :

  • L’engagement d’un budget de 5 milliards d’euros supplémentaires par an entre 2024 et 2040 doit être formulé pour rendre possible la rénovation globale et performante de 700 000 logements par an. La hausse programmée des aides publiques serait un puissant levier pour inciter les entreprises à se mettre au niveau, parallèlement à la mise en place d’une véritable politique de formation initiale et continue à la rénovation performante.

À court terme :

  • L’augmentation du budget de l’agence nationale de l’habitat (Anah) à hauteur de 1 milliard d’euros a minima pour l’année 2023, afin d’amorcer un premier changement d’échelle pour la rénovation globale et accompagnée au bénéfice des ménages modestes.
  • le passage du chèque énergie à 700 euros par an pour les ménages les plus démunis face à l’inflation énergétique. Pour le moment, les 150 euros par an en moyenne du chèque énergie et les aides ponctuelles sont loin d’être à la hauteur des besoins.
  • l’interdiction des coupures d’électricité : cette mesure permettrait de protéger les familles des conséquences de la privation énergétique en cas de difficulté économique.
  • Empêcher les expulsions et encadrer les hausses de loyers en cas de rénovation.

Il est temps de changer de cap

La rénovation thermique doit ouvrir la voie à une vraie politique de transition mais aussi à une politique ambitieuse de lutte contre le mal-logement et les inégalités. Nous maintiendrons notre mobilisation pour exiger l’application de ces mesures concrètes et réalistes, afin que chacune et chacun ait un logement protecteur pour passer l’hiver et vivre dignement.

Signataires :

APPUII, ATD Quart Monde, Attac France, Aline Lo Tutala, porte-parole de la campagne Stop Logement Passoire d’Alliance Citoyenne, Bérangère Grisoni, Présidente du Collectif Les Morts de la Rue, Collectif du 5 novembre – Noailles en colère, Conseil national de Pas Sans Nous, Bertrand Caltagorone et Sasha Cantet, Citoyens du collectif Dernière Rénovation, Bertrand Declemy, Président de l’Unafo, Christophe Robert, Délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Clémence Dubois – responsable France 350.org, Emma Tosini, porte-parole d’Alternatiba, Gwénaëlle Ménez, porte-parole d’Action non-violente COP21, Jean-François Julliard, Directeur général de Greenpeace France, Jean-Pierre Goudard, Jérôme Voiturier, Directeur général de l’UNIOPSS, Julien Robillard, Juliette Laganier, Directrice générale de la Fédération Soliha, Delphine Mugnier Coprésident-e-s du CLER – Réseau pour la Transition Énergétique, Khaled Gaiji, Président des Amis de la Terre France, Kevin Vacher, co-rédacteur de la proposition citoyenne de loi « rue d’Aubagne » et membre du mouvement citoyen marseillais Nos Vies Nos Voix, Laurent Thévenin, Délégué national de la Fédération Santé Habitat, Margaux Gaillard, Déléguée générale de La Cloche, Makesense, Mathilde Etxeleku, porte-parole de Bizi !, Pacte pour la Transition, Pascal Brice, président de la Fédération des acteurs de la solidarité, Sacha Leger membre de Youth For Climate Paris/IDF, Sébastien Cuny, Délégué général de la Fapil, Solidarités nouvelles pour le logement, Suzanne de Cheveigné, Présidente de l’Association Nationale Compagnons Bâtisseurs, Union nationale pour l’habitat des jeunes (UNHAJ), Valérie Fayard, Directrice générale par intérim d’Emmaüs France, Véronique Devise, présidente du Secours Catholique – Caritas France, Xebax Christy, co-président Alda.

Publié le 12 novembre 2022

https://www.amisdelaterre.org/hiver-arrive-chauffez-logements-pas-climat/

L’ESSAI D’UNE TORPILLE À PROPULSION NUCLÉAIRE RUSSE « RATÉ POUR DES PROBLÈMES TECHNIQUES »

L’essai par la Russie d’une torpille à propulsion nucléaire, pouvant emporter une tête 100 plus puissante que la bombe d’Hiroshima, a échoué après avoir connu des problèmes techniques, selon des responsables de services américains de renseignement.

La torpille à propulsion nucléaire, baptisée Poséidon, est lancée depuis le Belgorod, le plus grand sous-marin au monde, entré en service cet été. Selon la Russie, la torpille Poséidon aurait la capacité de détruire des villes entières en déclenchant un tsunami.

Jeudi dernier, des sources américaines ont indiqué qu’elles avaient observé le Belgorod se préparer pour un essai, puis quitter la zone de test et rejoindre son port d’attache sans effectuer l’essai. Selon elles, la cause serait la conséquence de problèmes techniques.

Pour un diplomate occidental, « cela pourrait la conséquence d’une pratique générale dans l’armée russe, comme lorsqu’elle envoie des troupes mal entraînées et sous-équipées en Ukraine. L’industrie de défense russe connait une période difficile. On peut aussi voir que les sanctions occidentales sur les équipements militaires de haute technologie ont un effet et doivent être poursuivies. »

La fenêtre pour tester la torpille va se refermer sous peu, l’océan Arctique va se recouvrir de glace empêchant la tenue de l’essai.

Les torpilles Poséidon ressemblent à des drones parce qu’elles peuvent être télécommandées pour pénétrer les défenses de l’ennemi. Elles ont une portée théoriquement illimitée grâce à leur propulsion nucléaire. Elles ont les mêmes forme et dimensions que des torpilles normales à l’exception de la longueur qui est de 24 m. Elles ne peuvent donc être lancées que depuis des sous-marins conçus à cet effet. Selon les sources, la vitesse irait de 60 à 110 nœuds.

Référence : Daily Mail (Grande-Bretagne)

Publié le 12 novembre 2022.

https://www.corlobe.tk/article50143.html

CONSTRUCTION DE NOUVELLES CENTRALES NUCLÉAIRES EN SUÈDE

Le géant de l’énergie allemand Uniper ne construira aucune centrale électrique en Suède, a annoncé jeudi (10 novembre) la société qui sera détenue à 100% par l’État allemand à partir de l’année prochaine, faisant fi des projets de sa filiale suédoise Barsebäck Kraft de construire un parc d’énergie propre.

Aucune nouvelle centrale nucléaire ne sera construite en Suède par la société énergétique allemande Uniper, a rapporté jeudi le porte-parole George Oppermann d’Uniper au micro de la radio suèdoise Ekot

« Ni en Suède ni ailleurs, Uniper n’a de projet de construction de nouvelles centrales nucléaires, c’est un fait », a-t-il déclaré.

4 centrales Uniper en Suède

Uniper est copropriétaire des trois centrales nucléaires en activité en Suède, Oskarshamn, Ringhals et Forsmark. Elle est également propriétaire de la centrale de Barsebäck dans la région du même nom, qui est en cours de démantèlement.

Récemment, Åsa Carlson, PDG de la filiale d’Uniper en Suède Barsebäck Kraft, a exprimé l’espoir que la centrale de Barsebäck soit remplacée par un parc électrique qui mixe différentes énergies, mais qui pourrait toutefois inclure de l’énergie nucléaire dans la première moitié des années 2030.

Uniper a réaffirmé que ce n’était pas dans ses plans.

Dès le début de l’année prochaine, Uniper sera repris par l’État allemand, qui a décidé de fermer toutes les centrales nucléaires restantes dans le pays à partir d’avril prochain.

« Si le gouvernement allemand en veut autrement, il pourra le dire au moment de la reprise, mais je n’ai pas eu connaissance de changements », a déclaré Oppermann à Ekot.

« Le gouvernement fédéral travaille actuellement à la mise en œuvre du paquet Uniper. Ce n’est qu’après le transfert des actions qu’une décision pourra être prise sur la manière de traiter les actifs », a déclaré un porte-parole du ministère allemand de l’Économie et du Climat contacté par EURACTIV.

Flambée des prix en Suède

Avec la guerre en Ukraine, la Suède connaît une flambée des prix de l’énergie dans le sud du pays, principalement en raison de la demande accrue de l’Allemagne voisine, qui a décidé – contrainte également – de se détourner du gaz russe.

Interrogée sur la situation, l’attachée de presse de la ministre suédoise de l’Énergie et des Affaires Ebba Busch, a brièvement déclaré à la presse que « le gouvernement s’efforce de créer les conditions d’une nouvelle énergie nucléaire et dialoguera avec les acteurs qui ont manifesté leur intérêt ».

Les trois partis composant la nouvelle coalition de droite au pouvoir en Suède, ainsi que les Démocrates de Suède, parti d’extrême droite qui les soutient, ont signé un accord de coalition pro-nucléaire.

L’accord promet, entre autres choses, 400 milliards de couronnes suédoises (36 milliards d’euros) pour de nouvelles centrales nucléaires. Le géant suédois de l’énergie Vattenfall ayant été chargé de commencer immédiatement à planifier de nouvelles centrales nucléaires à Ringhals et sur d’autres sites.

Par Charles Szumski, EURACTIV.com, (Nikolaus Kurmayer a contribué au reportage), publié le 11 novembre 2022

Photo en titre : Dès le début de l’année prochaine, Uniper sera repris par l’État allemand, qui a décidé de fermer toutes les centrales nucléaires restantes dans le pays à partir d’avril prochain. [EPA-EFE/FRIEDEMANN VOGEL]

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/lenergeticien-allemand-uniper-refuse-la-construction-de-nouvelles-centrales-nucleaires-en-suede/

NUCLÉAIRE : LA QUESTION DES DÉCHETS CRISTALLISE LE DÉBAT PUBLIC

Organisée par la Commission nationale du débat public (CNDP), la deuxième réunion d’échanges sur la construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 a donné lieu à des discussions animées ce mardi 8 novembre à Paris, notamment autour de la question sensible des déchets.

Ils étaient quelques dizaines réunis devant la Maison des associations de solidarité (MAS), dans le 13ème arrondissement de Paris. Certains vêtus de combinaisons antiradiations, d’autres distribuant des tracts et brandissant des pancartes « Stop aux EPR », « La Hague coule » et « Le nucléaire, c’est tellement le monde d’avant ». Des militants antinucléaires, venus de la Manche, de Seine-Maritime, de Bure ou de la Loire, pour manifester leur opposition au débat public.

Comme Catherine Fumé, membre du collectif « Comité centrales ». « On va lancer 6, peut-être 14 EPR, et on n’a rien sur la question des déchets. On appelle à un vrai débat public, pas quelque chose de tronqué », dénonce-t-elle. Pour Alain Correa, « c’est trop tard pour tenir ce débat, il aurait fallu l’avoir il y a une trentaine d’années. On est beaucoup à ne plus y croire » assure le porte-parole du collectif « Stop aux EPR à Penly et ailleurs ».

« J’aurai envie de mourir si ce paysage que j’aime tant est défiguré »

Tous n’ont pas pu rentrer dans la salle, limitée à 240 personnes. À l’intérieur, les échanges sont animés sur les  tables de travail, autour de la question du soir : « Avons-nous besoin d’un nouveau programme nucléaire ? »

Fabrice, 46 ans, travaille chez Stellantis : « Le parc de centrales arrive à échéance et il faut le renouveler. C’est un enjeu de lutte contre le réchauffement climatique mais aussi de souveraineté énergétique. Si on perd notre production nucléaire, on sera dépendant de la Chine et de la Russie pour l’électricité. »

En face de lui, Valérie, mère de 4 enfants, possède une maison à quelques kilomètres de La Hague (Manche), où un projet de bassin d’entreposage de combustibles nucléaires usés par EDF est en cours. « Nous serons à moins de 2 kilomètres des piscines de stockage des déchets et j’aurai envie de mourir si ce paysage que j’aime tant est défiguré. Je trouve que c’est un risque de parier que pendant plus d’un siècle, on n’aura aucun souci pour assurer le refroidissement. »

Un débat public en 10 sessions

Michel Badré : « Le débat public sur le nucléaire sera mis à la disposition du Parlement  »

Des réflexions partagées puis restituées publiquement, en présentiel mais aussi en ligne, avec plus de 1000 personnes inscrites. Lancé fin octobre, le débat public comportera 10 sessions jusqu’à fin février, axées autour du projet de construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires EPR2 en France, dont les 2 premiers seraient situés à Penly (Seine-Maritime).

Il est organisé par la Commission nationale du débat public (CNDP), une autorité administrative indépendante. « Que des opposants s’expriment, que des partisans s’expriment, c’est important, affirme Michel Badré, son président. Il faut sortir du conflit binaire entre pro-nucléaires et anti-nucléaires, il y a des questions plus complexes. On va aborder par exemple, dans deux réunions, le retour d’expérience de Flamanville : que s’est-il passé et comment peut-on s’assurer que les difficultés rencontrées par EDF ne vont pas se reproduire ? »

EDF défend un mix énergétique entre nucléaire et énergies renouvelables 

EDF défend « de nouveaux réacteurs pour plus d’électricité décarbonée »

Après plusieurs minutes d’échange, les représentants d’EDF prennent la parole. « Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, nous devons basculer des usages fossiles vers des solutions décarbonées, déclare Catherine Bauby, directrice Stratégie Groupe chez EDF. Notre combat, c’est de lutter contre le changement climatique, et donc produire plus d’électricité qui n’émet pas de CO2, grâce au nucléaire et aux énergies renouvelables. »

Un mix énergétique qui nécessite selon le groupe la construction d’une paire de réacteurs EPR2 à Penly à partir de 2035. « On doit à la fois accélérer sur les énergies renouvelables, maintenir notre parc nucléaire actuel et construire ces nouveaux réacteurs pour asseoir le socle de nucléaire et faire face à ce besoin d’électricité décarbonée », argumente Antoine Ménager, responsable du débat public pour EDF.

Un débat « à disposition des parlementaires » pour le vote de la LPEC

Pour l’instant, rien n’est acté. Car la construction des EPR2 exige une modification de la loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC), qui devrait être votée par les parlementaires à l’été 2023. « On mettra à leur disposition tout ce qui se sera dit dans le débat public pour qu’ils puissent l’utiliser », garantit Michel Badré.

Un débat indépendant de la concertation nationale sur la politique énergétique, menée par le gouvernement jusqu’en janvier. « On s’est engagés à présenter les comptes rendus aux parlementaires, qu’on associera à la présentation du projet de loi, explique Sophie Mourlon, directrice de l’énergie au ministère de la Transition écologique, présente au débat. On est à l’écoute et on souhaite construire notre avenir énergétique en concertation. »

Une concertation pour l’instant mitigée. À la sortie des 4 heures de débat, plusieurs participants pointent le manque de temps de parole accordé au public, d’autres soulèvent des questions peu abordées : la gestion des déchets encore, mais aussi l’avenir des emplois d’une filière nucléaire qui compte aujourd’hui 220 000 salariés.

Des thèmes au programme des futures réunions du débat public, selon ses organisateurs. La prochaine aura lieu à Saclay (Essonne) le 22 novembre.

Par Jérémy Heintzmann, publié le 12 novembre 2022 à 08h42

https://www.publicsenat.fr/article/politique/nucleaire-la-question-des-dechets-cristallise-le-debat-public-226979

LE CHIEN DE GARDE NUCLÉAIRE DE L’ONU AFFIRME QUE LE CENTRE DE RECHERCHE UKRAINIEN A ÉTÉ ENDOMMAGÉ, MAIS QU’AUCUN MATÉRIEL N’A DISPARU

L’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU a déclaré vendredi qu’une enquête sur une installation de recherche dans la ville ukrainienne de Kharkiv a révélé qu’elle était gravement endommagée, mais qu’il n’y avait aucun signe de rejet radiologique ou de détournement de matériel nucléaire.

Une équipe de l’Agence internationale de l’énergie atomique a visité l’Institut de technologie de Kharkiv du 8 au 10 novembre, a déclaré le directeur général Rafael Mariano Grossi dans un communiqué. En juin, l’Ukraine a déclaré que la Russie avait bombardé l’installation.

« Bien que les niveaux de radiation soient normaux, l’étendue des dommages causés à cette installation de recherche nucléaire est dramatique et choquante, encore pire que prévu« , a déclaré M. Grossi.

Par © Zonebourse avec Reuters 2022, publié le 11/11/2022 à 23h00

Photo en titre : crédit DR

https://www.zonebourse.com/cours/devise/US-DOLLAR-RUSSIAN-ROUBL-2370597/actualite/Le-chien-de-garde-nucleaire-de-l-ONU-affirme-que-le-centre-de-recherche-ukrainien-a-ete-endommage-m-42288155/

LES ÉTATS-UNIS ET LA RUSSIE NÉGOCIENT EN SECRET LE FUTUR PARTAGE DU NUCLÉAIRE CIVIL UKRAINIEN

POLITISCOPE. En filigrane de la guerre en Ukraine, à l’heure où l’on commence à parler négociations de paix sur fond de bras de fer entre Biden et Zelensky, il se joue aussi une sourde bataille sur l’avenir du nucléaire civil et l’influence des industriels américains et russes dans ce secteur clef.

Après huit mois de combats intenses en Ukraine qui ont vu les Ukrainiens commencer à reprendre l’avantage sur les forces russes, les États-Unis semblent désormais faire pression pour que les deux parties en présence retrouvent le chemin des négociations. En début de semaine, plusieurs « fuites » dans la presse américaine sont allées dans ce sens. Lundi, on apprenait ainsi dans le Wall Street Journal que Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, s’était récemment entretenu, et à plusieurs reprises, avec deux hauts responsables russes qui ont « l’oreille du président » Poutine. Au sujet de ces discussions : la volonté américaine que la crise ukrainienne ne se transforme pas en conflit nucléaire généralisé.

Canal secret entre Washington et Moscou

De fait, derrière les postures de communication des uns et des autres, les discussions entre les deux superpuissances nucléaires que sont les États-Unis et la Russie n’ont jamais été rompues depuis le début de la guerre en février dernier. Ainsi, a été mis en place ces derniers mois un canal secret entre les deux pays, contournant à Washington le chef de la diplomatie Antony Blinken, patron du Département d’État (le ministère des affaires étrangères).

Le lendemain de la publication de l’article du Wall Street Journal, c’était au tour du Washington Post d’expliquer que le même Jake Sullivan s’était rendu à Kiev ces derniers jours pour convaincre Volodymyr Zelensky de ne pas fermer la porte à d’éventuelles négociations. Les Américains tenaient à faire comprendre aux Ukrainiens qu’ils ne pouvaient plus exiger le départ de Vladimir Poutine du pouvoir comme préalable à tout début de discussions. Clairement, Joe Biden pousse le président Zelensky à déclarer que l’Ukraine est ouverte à la négociation avec la Russie pour ne pas apparaître comme un facteur de blocage : « La fatigue de certains alliés envers l’Ukraine est une réalité », a ainsi déclaré anonymement un responsable américain au Washington Post. Si ces paroles se veulent bienveillantes, on assiste bien à un gros coup de pression de Washington sur Kiev.

« Une fenêtre d’opportunité pour la négociation » entre Moscou et Kiev

Quelques jours après la publication de ces articles, c’est Joe Biden lui-même qui a déclaré : « Il faut voir si l’Ukraine est prête à un compromis ». Cette déclaration intervient juste après les élections des midterms, qui a vu les Démocrates résister bien mieux que prévu face aux Républicains emmenés par Donald Trump. Au même moment, le chef d’état-major des armées américaines, le général Mark Milley, annonçait qu’il existait « une fenêtre d’opportunité pour la négociation » entre Moscou et Kiev. On est bien loin des déclarations guerrières du printemps dernier contre Vladimir Poutine. C’est qu’on est à quelques jours du sommet du G20 qui doit se réunir à Bali.

Le pays organisateur, l’Indonésie, a d’ailleurs appelé à « régler nos différends à la table de négociations, pas sur le champ de bataille ». Selon une source « off », les Américains seraient aujourd’hui soucieux de contenir le vent d’anti américanisme qui souffle en dehors de l’Occident au sujet de la guerre en Ukraine. Au point que l’idée d’une rencontre entre Joe Biden et Vladimir Poutine à l’occasion du G20 a été évoquée ces derniers jours. Un projet avorté, car le maître du Kremlin a préféré renoncer à se déplacer à Bali, envoyant à la place son chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, pour le représenter. Et alors que les troupes russes se replient dans la région de Kherson, Poutine continue de bander les muscles dans ses discours en expliquant récemment que la Russie n’avait « pas encore commencé les choses sérieuses ». Lundi prochain, est néanmoins annoncée à Bali une rencontre déterminante entre les deux plus grands leaders mondiaux, Xi Jinping et Joe Biden. De leur côté, les Ukrainiens voient d’un mauvais œil ces agitations soudaines et ne cachent pas leur inquiétude. L’un des conseillers de Zelensky, Mikhaïlo Podolyak, a ainsi révélé récemment que lui et Zelensky avaient peur des négociations du G20 à Bali, et de ce qui pourrait s’y passer, en pointant clairement le président américain « flirtant avec l’agresseur ».

Tensions entre Washington et Kiev

Dans les coulisses, ce n’est pas la première fois que des tensions s’expriment entre Kiev et Washington. Si une partie de l’appareil sécuritaire américain, notamment la CIA, a toujours soutenu Zelensky, la Maison-Blanche a toujours veillé à maintenir la guerre en Ukraine dans un certain cadre. Depuis leurs élections respectives, les relations entre Zelensky et Biden sont d’ailleurs bien plus complexes que ne le laissent entrevoir les déclarations officielles. En juin 2021, les deux hommes s’étaient notamment confrontés sur le dossier du gaz, lorsque les Américains avaient alors trouvé un compromis avec l’Allemagne et la Russie sur l’ouverture du gazoduc Nord Stream 2 en mer Baltique, ce qui avait provoqué l’ire des Ukrainiens.

Mais c’est aussi sur le dossier du nucléaire que Kiev et Washington ont des vues opposées. Alors que les Ukrainiens, avant l’invasion russe, n’ont cessé de réclamer leur intégration effective à l’OTAN pour pouvoir bénéficier du parapluie nucléaire américain, la Maison Blanche a préféré ignorer ces demandes. Car pour appréhender la guerre en Ukraine, il ne faut pas se limiter à la question du Donbass, comme je l’ai expliqué dans mon dernier livre Guerres cachées. Il convient en fait de revenir au mémorandum de Budapest de 1994, signé par l’Ukraine, la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni (ainsi, plus tard, que par le reste des puissances nucléaires déclarées, soit la France et la Chine). Ce document avait amené les Ukrainiens à accepter le renvoi à Moscou de l’arsenal nucléaire présent sur leur sol, et hérité de l’URSS, contre des garanties strictes d’intégrité territoriale et de sécurité. Salué à l’époque comme un modèle de désarmement nucléaire (l’Ukraine signant en parallèle le traité de non-prolifération [TNP]), le mémorandum comporte pourtant une faille de taille : les garanties de sécurité ne sont accompagnées d’aucune obligation réelle de défendre l’Ukraine, et aucune sanction ou mesure contraignante n’est prévue en cas de violation du texte par l’un des pays. Or, depuis l’annexion de la Crimée en 2014, une partie des élites ukrainiennes ne cesse de regretter publiquement le désarmement intervenu une dizaine d’années plus tôt.

Memorandum de Budapest

Ce débat dépasse les frontières de l’Ukraine. En juin dernier, Radosław Sikorski, l’ancien ministre de la défense et des affaires étrangères polonais, a déclaré que la Russie avait violé le memorandum de Budapest et que, par conséquent, l’Occident pouvait « offrir » des ogives nucléaires à l’Ukraine afin « qu’elle puisse défendre son indépendance ». Cinq jours avant l’invasion russe, le 19 février 2022, à la conférence de sécurité de Munich, Volodymyr Zelensky faisait lui aussi référence au mémorandum de Budapest de 1994 en expliquant que, si une renégociation ne s’enclenchait pas rapidement entre les parties signataires, son pays considèrerait qu’il n’était plus tenu de respecter ses engagements historiques : « L’Ukraine a reçu des garanties de sécurité pour avoir abandonné la troisième capacité nucléaire du monde. Nous n’avons pas cette arme. Nous n’avons pas non plus cette sécurité. »

Résultat, fin mars, les premières négociations de paix entre Russes et Ukrainiens, sous l’égide du président turc Recep Tayyip Erdoğan, concernaient uniquement cette question stratégique. Les dossiers du Donbass ou de la Crimée étaient alors renvoyés à plus tard. Lors de ces jours cruciaux, le président Zelensky se déclarait prêt à la neutralité de son pays et promettait de ne pas développer d’armes atomiques, comme l’écrivait à l’époque le Financial Times, si la Russie repliait ses troupes et si Kiev recevait des garanties de sécurité sérieuses tant de la Russie que de ses alliés : «Le statut non nucléaire de notre État, nous sommes prêts à y aller… Si je me souviens bien, c’est pour ça que la Russie a commencé la guerre [NDLR : la Russie refusant que l’Ukraine se nucléarise à terme militairement] », expliquait alors le président ukrainien.

Négociations secrètes sur le partage du nucléaire civil ukrainien

Tout en aidant les Ukrainiens dans le nucléaire civil (le groupe américain Westinghouse a décroché de nombreux contrats en Ukraine tant pour la fourniture de combustibles que pour la construction de futures centrales AP1000), les Américains ont, de fait, tenu à préserver le contact avec les Russes sur ce dossier. Tant sur le nucléaire militaire que sur la partie civile. Ainsi, selon nos informations, malgré la guerre, des négociations secrètes entre États-Unis et Russie sont en cours au sujet du futur partage du nucléaire civil ukrainien«Ils savent qu’avant que les centrales AP1000 ne soient construites en Ukraine, pas plus qu’eux que les Ukrainiens ne pourront faire sans les Russes », commente en off un acteur de l’industrie nucléaire mondiale.

Parmi les dossiers sur la table de négociateurs : l’avenir de la centrale de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, qui fournissait avant la guerre près de 20 % de l’électricité ukrainienne. Alors que Russes et Ukrainiens se disputent la connexion de cette centrale à leurs réseaux d’électricité respectifs, l’idée serait que la centrale fournisse à terme autant l’Ukraine que les territoires occupés et la Russie, ce qui était le cas avant l’invasion du 24 février. C’est pour avoir oublié que la question nucléaire est également au cœur du conflit entre la Russie et l’Ukraine que les Européens, et la France en particulier (pourtant puissance nucléaire), sont condamnés dans les prochains jours à jouer le rôle de figurants, laissant les États-Unis, la Turquie, et même Israël, négocier aux premières loges face à Moscou.

Par Marc Endeweld, publié le 12 novembre à 13h18

Photo en titre : Crédits : JONATHAN ERNST

https://www.latribune.fr/economie/international/russes-et-americains-negocient-sur-l-ukraine-et-le-nucleaire-avant-le-g20-940488.html

NUCLÉAIRE : L’ALLEMAGNE PROLONGE SES TROIS DERNIÈRES CENTRALES JUSQU’À LA MI-AVRIL

L’Allemagne décide de retarder sa sortie du nucléaire.

Le Bundestag a approuvé la poursuite temporaire de l’exploitation des trois dernières centrales nucléaires allemandes. Objectif : sécuriser l’approvisionnement en électricité du pays. 

Les réacteurs Isar 2, Neckarwestheim 2 et Emsland doivent rester en service jusqu’au 15 avril de l’année prochaine, comme l’a décidé le Bundestag à Berlin ce vendredi 11 novembre avec les votes des partis SPD, Verts et FDP.

Lors d’un vote, 375 députés ont voté en faveur de l’amendement à la loi sur l’énergie atomique, 216 ont voté contre, 70 se sont abstenus. 661 votes ont été exprimés.

Dans le cadre de la sortie du nucléaire, les centrales auraient en fait dû être arrêtées à la fin de l’année.

Par Euronews avec agences, publié le 11 novembre 2022 à 18h13

Photo en titre : Une centrale nucléaire en Allemagne   –   Tous droits réservés  Michael Probst/AP

https://fr.euronews.com/2022/11/11/nucleaire-lallemagne-prolonge-ses-trois-dernieres-centrales-jusqua-la-mi-avril

LA CHINE EXHORTE LE JAPON À ÉLIMINER L’EAU CONTAMINÉE PAR LE NUCLÉAIRE D’UNE MANIÈRE SÛRE

Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a une nouvelle fois exhorté le Japon à répondre aux préoccupations légitimes de toutes les parties concernées et à éliminer l’eau contaminée par le nucléaire d’une manière scientifique, ouverte, transparente et sûre.

Selon les informations, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé mercredi que son groupe de travail technique se rendrait au Japon du 14 au 18 novembre pour poursuivre l’examen complet de la sécurité du projet japonais d’évacuation de l’eau contaminée par le nucléaire provenant de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi dans l’océan Pacifique.

En réponse à une question sur le sujet, le porte-parole a déclaré lors d’un point de presse que la Chine soutenait le travail de l’AIEA et de son groupe de travail technique. Selon lui, la Chine espère que le groupe de travail adhèrera aux principes d’objectivité, d’équité et de science, appliquera strictement les normes de sécurité nucléaire de l’AIEA et garantira la sécurité absolue de l’élimination des eaux contaminées.

« Le Japon doit coopérer pleinement à l’examen effectué par le groupe de travail technique de l’AIEA« , a déclaré M. Zhao.

Alors que le groupe de travail de l’AIEA n’a pas terminé l’évaluation et l’examen, et que les préoccupations de la communauté internationale n’ont pas été effectivement résolues, la partie japonaise a néanmoins approuvé le projet de rejet et accéléré la construction du tunnel de déversement, dans l’intention de créer un fait accompli.

« Cela sape l’autorité des institutions et des groupes de travail techniques et est hautement irresponsable envers la communauté internationale et le peuple japonais« , a déclaré M. Zhao.

La Chine exhorte une fois de plus la partie japonaise à faire face aux préoccupations légitimes de toutes les parties, à consulter pleinement les parties prenantes, y compris ses voisins et les institutions internationales pertinentes, et à rejeter les eaux contaminées par le nucléaire de manière scientifique, ouverte, transparente et sûre afin de protéger l’environnement marin et de préserver la santé et la sécurité des aliments des populations de tous les pays, a poursuivi le porte-parole.

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Source: Agence de presse Xinhua

Par Yann, publié le 11-11-2022

http://french.china.org.cn/china/txt/2022-11/11/content_78514901.htm

SÉCURITÉ : LE MAROC ET LES ÉTATS-UNIS PARTICIPENT À UN EXERCICE CONTRE LE TERRORISME NUCLÉAIRE

Le Maroc, aux côtés des États-Unis et de l’Italie, a pris part, du 9 au 11 novembre à Rome, au Mediterranean (MED) Trident Tabletop Exercise. «L’activité multilatérale de trois jours a démontré les meilleures pratiques et a contribué à renforcer la coopération régionale liée à la détection de matières radiologiques et nucléaires dans les ports maritimes, les scènes de crime et la coordination des enquêtes de criminalistique nucléaire ultérieures», indique l’ambassade des États-Unis à Rabat dans un communiqué.

Cet exercice «permet aux pays d’améliorer leurs capacités à empêcher l’acquisition par des terroristes et d’autres acteurs non étatiques de matériel, d’expertise et d’équipement d’armes de destruction massive», ajoute la même source.

L’Italie et le Maroc sont des partenaires clés des États-Unis dans la coopération antiterroriste, travaillant en étroite collaboration pour sauvegarder les intérêts de sécurité nationale de nos pays. Avec les États-Unis et le Niger, le Maroc et l’Italie président le Groupe de réflexion sur l’Afrique de la Coalition mondiale contre Daech.

Pour rappel, les États-Unis avaient organisé, en juin dernier, une formation au profit de 30 douaniers marocains, axée sur la prévention contre l’accès de groupes terroristes à des matières chimiques, biologiques, radiologiques et nucléaires dangereuses. La formation était dispensée par quatre spécialistes américains dont un chimiste nucléaire et un biologiste, relevant du ministère américain de l’Énergie.

Dans le cadre du suivi des activités du Groupe de travail Maroc-États-Unis sur les questions sécuritaires, issu du Dialogue stratégique entre les deux pays, le ministère des Affaires étrangères et le Département d’État américain avaient organisé, par visioconférence en janvier 2021 à Rabat, une réunion régionale sur la coopération en matière de lutte contre la prolifération nucléaire et les armes de destruction massive.

Par Mohammed Jaabouk, publié le 11 novembre 2022

Photo en titre : Photo d’illustration. / DR

https://www.yabiladi.com/articles/details/133802/securite-maroc-etats-unis-participent-exercice.html

UN RAPPORT DÉTAILLE LES EFFETS DÉVASTATEURS D’UNE GUERRE NUCLÉAIRE SUR NOTRE CIVILISATION

Une telle catastrophe pourrait tuer des centaines de millions de personnes en seulement quelques heures

La guerre entre la Russie et l’Ukraine soulève de nombreuses questions. Elle a aggravé les tensions entre certains pays et beaucoup craignent le déclenchement d’une guerre nucléaire. Un rapport a été publié détaillant comment une guerre nucléaire pourrait décimer notre civilisation.

Qu’est-ce que l’horloge de la fin du monde ?

L’horloge de la fin du monde (Doomsday Clock) a été créée en 1947 dans le but d’alerter le monde sur les conséquences des technologies dangereuses, des armes nucléaires et du changement climatique sur le monde. Elle est mise à jour par le magazine Bulletin of Atomic Scientists.

En octobre dernier, le magazine a publié un article intitulé Nowhere to Hide : How a Nuclear War Would Kill You and Almost Everyone Else. Rédigé par François Diaz-Maurin, cet article nous explique les conséquences d’une guerre nucléaire et comment cela pourrait décimer notre civilisation.

En effet, la guerre entre la Russie et l’Ukraine inquiète le monde. Elle pourrait pousser le président russe, Vladimir Poutine, à utiliser des armes nucléaires et déclencher une guerre nucléaire. Le but de François Diaz-Maurin est d’alerter le monde sur les conséquences d’une telle catastrophe mais aussi de diminuer les chances que cela arrive.

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Les conséquences terribles d’une guerre nucléaire

Dans son article, François Diaz-Maurin explique que l’utilisation des armes nucléaires pourrait entrainer la mort de 27 millions de personnes. Une guerre nucléaire entre les États-Unis et la Russie, par exemple, risque de provoquer la mort immédiate de 360 millions de personnes. Et c’est sans tenir compte des autres conséquences telles que la destruction des infrastructures ou la contamination radioactive.

Lire aussi : Cancer : une femme de 36 ans ayant développé 12 tumeurs présente une mutation génétique unique

L’impact d’une guerre nucléaire serait toujours visible sur les survivants même plusieurs années après. Une guerre nucléaire aurait un impact catastrophique sur l’agriculture quelle que soit son ampleur, et pourrait potentiellement provoquer une famine à l’échelle mondiale. Plus de 5 milliards d’humains pourraient mourir de faim. La fumée des explosions bloquerait les rayons du Soleil, ce qui impacterait la survie d’écosystèmes entiers et pourrait provoquer une ère glaciaire. La couche d’ozone pourrait également être endommagée. Le nombre de cancers de la peau exploserait.

Il serait impossible d’échapper aux effets d’une guerre nucléaire, quelle que soit son ampleur. Pour aller plus loin, découvrez quel serait l’endroit le plus sûr sur Terre si une guerre nucléaire éclatait.

Source : Newsweek

Par Arielle Lovasoa, le 11 novembre 2022

Photo en titre : curraheeshutter / Shutterstock.com

https://dailygeekshow.com/guerre-nucleaire-civilisation/

LA CELLULE INTERMINISTÉRIELLE DÉDIÉE AU NOUVEAU NUCLÉAIRE VOIT LE JOUR

Le décret actant la naissance de cette entité vient d’être publié. Cette nouvelle délégation, composée de 15 collaborateurs, doit superviser la création des six nouveaux réacteurs nucléaires, attendus pour 2035-2037. Sa mission : éviter de réitérer les déboires du chantier de l’EPR de Flamanville qui accumule une dizaine d’années de retard. Elle est pilotée par Joël Barre, ancien délégué général de l’armement et choisi pour sa maîtrise des grands programmes industriels.

Le décret instituant la délégation interministérielle chargée de superviser la construction des six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR2, voulus par le président de la République, a été publié le 8 novembre dernier au Journal officiel.

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Cette entité, composée de 15 collaborateurs, aura un rôle de coordination de l’ensemble des administrations autour de ce nouveau programme nucléaire pour « le faire avancer avec succès », avait expliqué le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher. Elle est placée sous l’autorité de la cheffe du gouvernement Élisabeth Borne, mais travaillera en étroite collaboration avec le ministère de l’Économie et des Finances et celui de la Transition énergétique.

Joël Barre aux manettes

«La délégation de programme interministérielle au nouveau nucléaire assure, la supervision de la réalisation de programmes industriels de construction de nouveaux réacteurs électronucléaires en France, en lien et dans le respect des compétences des administrations centrales et des services à compétence nationale relevant des ministres chargés de l’énergie, de l’environnement, de la sûreté nucléaire, de l’industrie, de l’économie et du budget, ainsi qu’avec les préfets des territoires d’implantation des nouveaux réacteurs », précise le texte.

À la tête de cette nouvelle délégation : Joël Barre, ancien délégué général de l’armement, (voir NDLR en bas) qui prend alors les fonctions de « délégué interministériel au nouveau nucléaire » avec le « rang de directeur d’administration centrale ». Il a « la maîtrise des très grands programmes et de la coordination entre un porteur de projet et ses sous-traitants », pointe le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher.

Lire aussi : Un nouveau débat public sur le nucléaire… Mais pour quoi faire ?

Le décret expose les huit missions confiées à la délégation. Parmi elles :

. « Contribuer à la définition des objectifs en matière de coûts, de qualité et de délais et veiller au respect de ces objectifs par le maître d’ouvrage du programme, en procédant notamment à la revue régulière de son avancement et à l’audit du processus d’achat» ;  

. « Contribuer aux travaux de définition du cadre de financement et de régulation économique du programme et veiller à sa mise en œuvre dans le respect des règles européennes », ou encore 

. « Assurer, sous réserve des compétences de l’Autorité de sûreté nucléaire et de la Commission nationale du débat public, le pilotage des procédures de participation du public et la coordination des procédures d’autorisation administrative relatives au programme ».

Éviter les erreurs de l’EPR de Flamanville

Cette délégation « sera un point d’entrée au sein de l’État pour EDF » et servira de « feedback de l’État vers EDF » pour véhiculer « les bonnes pratiques » et indiquer où se focaliser. Parfois présentée comme « une cellule miroir », l’entité doit aussi permettre de s’assurer que la filière nucléaire soit à niveau tant sur le plan de la capacité industrielle, que sur le plan de la formation, des compétences et des emplois.

Lire aussi : Nucléaire : le chantier des EPR de Penly approche, le manque de main-d’œuvre inquiète

« Cette délégation a un but très clair. C’est de ne pas réitérer l’expérience du projet Flamanville, qui a servi de démonstrateur à la filière », avait précisé l’entourage de la ministre de la Transition énergétique, alors que le chantier du premier EPR français, situé dans la pointe du Cotentin en Normandie, accumule aujourd’hui plus de dix années de retard…

Par Juliette Raynal, publié le 11 novembre 2022 à 08h00

Photo en titre : Joël Barre, ancien délégué général de l’armement, va piloter la nouvelle cellule interministérielle dédiée au nouveau nucléaire. (Crédits : DR)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/la-cellule-interministerielle-dediee-au-nouveau-nucleaire-voit-le-jour-940308.html

NDLR : quand on vous dit que le nucléaire civil et le nucléaire militaire sont intimement liés…

POUR OU CONTRE LE NUCLÉAIRE ? « À TERME, C’EST UNE IMPASSE »

Le gouvernement a présenté le 2 novembre 2022 son projet de loi pour accélérer la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires pendant que se tiennent des consultations citoyennes. Deux experts débattent de la nécessité de relancer la filière nucléaire.

« À Négawatt, nous sommes convaincus que le nucléaire est, à terme, une impasse. Depuis 10 ans, le coût des énergies renouvelables a considérablement diminué (- 89 % sur le photovoltaïque et – 70 % sur l’éolien terrestre, selon Our World in Data, ndlr), alors que celui du nucléaire est aujourd’hui beaucoup plus cher (+ 26 % entre 2009 et 2019).

Une partie du parc nucléaire à l’arrêt

On constate un vieillissement des installations actuelles qui ont une moyenne d’âge supérieure à 30 ans. On peut les faire durer plus longtemps, à condition que soit réalisée une visite décennale de l’Autorité de sûreté nucléaire, une sorte de contrôle technique. On peut changer un certain nombre de pièces, mais on ne peut pas changer le cœur du réacteur, qui continue de vieillir.

À lire aussi : Pour ou contre le nucléaire ? « Il s’agit d’une technologie bas-carbone »

Une partie du parc nucléaire est aujourd’hui à l’arrêt pour cette raison, mais aussi à cause de la découverte de corrosion sous contrainte à un endroit stratégique du système de refroidissement rapide des réacteurs. Pour prolonger le système de 10 ans, il faut compter à peu près un milliard d’euros pour chaque réacteur !

Quant aux six réacteurs EPR2 annoncés par le président de la République, ils ne sont pas livrables avant 2038, au mieux, voire 2050 (le gouvernement table sur une première mise en service à l’horizon 2035, ndlr). Deux audits réalisés par des groupes de la Cour des comptes sur l’EPR2 montrent bien l’ampleur du problème.

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D’un point de vue technique, on n’est pas sûr d’y arriver, et il est question de baisses de coûts qui induiraient une diminution de fait de la sûreté. Il y a un risque industriel majeur, qui ne répond même pas à l’urgence d’aujourd’hui.

Un rendement faible

On est face à des installations extrêmement complexes qui ont un rendement faible de 33 % ; 67 % de l’énergie est évacuée en chaleur dans les fleuves, les rivières, la mer ou par les cheminées aéroréfrigérantes – c’est intrinsèque au dispositif. Pour avoir un rendement supérieur, au lieu des 350 °C aujourd’hui à l’intérieur du réacteur, il faudrait monter à 1 000 °C, ce que l’on ne sait pas faire. On estime ces pertes à environ 820 milliards de kilowattheures par an, soit plus que le besoin de chaleur de tous les bâtiments de France…

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Si on décide de faire des EPR2, il faut savoir que leur durée de vie est d’à peu près 60 ans : cela veut dire prendre dans la précipitation des décisions extrêmement structurantes pour notre système énergétique pendant à peu près un siècle. Comment imaginer que des engins aussi complexes, chers et à faible rendement soient encore opérants et pertinents à la fin du siècle ?

Sans parler du problème philosophique de l’enterrement des déchets… Le site Cigéo envisagé à Bure (Meuse) n’est pas encore construit qu’il serait tout juste suffisant pour stocker les déchets d’aujourd’hui. Il faudrait donc d’autres sites d’enfouissement si on veut de nouveaux EPR…

Explosion des coûts

Tout ceci ne tient pas la route ! L’EPR de Flamanville n’est pas terminé que son coût est déjà estimé à 19,1 milliards d’euros (selon les prévisions de la Cour des comptes, ndlr), au lieu des 3,3 milliards d’euros de départ. On voit aussi avec l’Ukraine que la question de la sécurisation militaire des centrales est très importante.

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Il faut asseoir la transition énergétique sur trois piliers : la sobriété, l’efficacité et les renouvelables, dont les pilotes existent déjà, contrairement aux EPR. L’équilibre entre la demande et la consommation se fait à la seconde près. Il faut donc régler le problème de la variabilité des énergies renouvelables (dépendantes de la météo, ndlr). Notre vision s’appuie sur l’énergie électrique et la molécule, c’est-à-dire le biogaz d’origine française et renouvelable.

L’un de nos scénarios prévoit une baisse de la demande qui peut entraîner un trop-plein d’électricité en été. On aura alors recours à l’électrolyse pour faire de l’hydrogène et stocker le gaz pour combler les besoins l’hiver si le soleil ou le vent viennent à manquer. On a des capacités de stockage d’à peu près 130 milliards de kilowattheures, ce qui est considérable ! La technologie existe déjà. »

Interview Caroline Vinet, publié le 10/11/2022 à 07h05, mis à jour le 10/11/2022 à 07h05 •

Photo en titre : Thierry Salomon est vice-président de l’association Négawatt, qui vante la sobriété et l’efficacité énergétiques, ainsi que le développement des énergies renouvelables. • COLL. PERSO.

https://www.lavie.fr/actualite/ecologie/pour-ou-contre-le-nucleaire-a-terme-cest-une-impasse-85111.php

LE MONDE EST CONFRONTÉ AUX PLUS GRAVES RISQUES NUCLÉAIRES DEPUIS DES DÉCENNIES

Le président de l’Assemblée générale des Nations unies, Csaba Korosi, a averti mercredi 9 novembre que le monde était confronté à des risques de prolifération et de catastrophes nucléaires d’une gravité jamais vue depuis des décennies.

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Lors d’une réunion plénière de l’Assemblée générale consacrée au rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour l’année 2021, M. Korosi a appelé les États membres à coopérer avec l’organisme de surveillance nucléaire des Nations unies en matière de sécurité nucléaire.

Les événements internationaux de l’année dernière ont de fait eu un impact substantiel sur les travaux de l’AIEA. « La tendance est effrayante : le monde est confronté à des risques de prolifération et de catastrophes nucléaires jamais vus depuis des décennies », a-t-il affirmé.

Le conflit en Ukraine a exacerbé ces inquiétudes, et l’AIEA s’efforce de répondre avec détermination aux impératifs du moment pour assurer la sécurité et la stabilité nucléaires en cette période de crise, a-t-il déclaré.

La mission de l’AIEA à Zaporijia, en Ukraine, travaille ainsi 24 heures sur 24 pour assurer la sûreté de la plus grande centrale nucléaire d’Europe et prévenir une catastrophe nucléaire, a-t-il noté, ajoutant que les experts de l’AIEA se trouvaient dans une position unique pour réunir des informations actualisées et crédibles sur le terrain.

Korosi a exhorté toutes les parties à coopérer pleinement avec l’AIEA, et a réitéré l’importance des informations impartiales et factuelles que l’AIEA fournit sur les questions nucléaires.

Les préoccupations relatives à l’énergie nucléaire ne se limitent cependant pas à une région. Les mesures visant à éroder le régime de non-prolifération nucléaire sont très dangereuses et constituent une menace majeure pour la paix et la sécurité, a-t-il ajouté.

À l’heure où de plus en plus de pays se tournent vers l’énergie nucléaire pour répondre à leurs besoins face aux pénuries d’énergie, la responsabilité de l’AIEA est plus que jamais de travailler à ce que les technologies nucléaires soient sûres et utilisées de manière pacifique, a indiqué M. Korosi.

Il a encouragé les États membres, les entreprises et la société civile à discuter avec l’AIEA pour répondre à deux questions cruciales : quelles sont les options à notre disposition lorsque le changement climatique rencontre une crise d’approvisionnement énergétique ? Que dit la science sur les liens entre énergie nucléaire et environnement ? « Nous n’avons jusqu’à présent fait qu’effleurer ces questions », a-t-il affirmé.

Par Xinhua/VNA/CVN, publié le 10/11/2022 à 15h16

Photo en titre : Le président de l’Assemblée générale des Nations unies), Csaba Korosi (gauche). Photo Xinhua/VNA/CVN

https://lecourrier.vn/le-monde-est-confronte-aux-plus-graves-risques-nucleaires-depuis-des-decennies/1118506.html

NUCLÉAIRE : QUELLES SONT LES VÉRITABLES CONSÉQUENCES DE L’IMPORTATION D’URANIUM ?

Garantir l’indépendance énergétique de la France est l’argument avancé par les tenants du nucléaire. Mais la France est-elle réellement autonome dans ce domaine, qui n’exploite plus de mine d’uranium sur son territoire depuis 2001 ?

Le 9 novembre 2021, dans une allocution télévisée, le président de la République Emmanuel Macron annonce que la France va construire de nouveaux réacteurs nucléaires « pour la première fois depuis des décennies ». Cela, « pour garantir l’indépendance énergétique de la France, pour garantir l’approvisionnement électrique de notre pays et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050 ».

La question de l’indépendance énergétique est, de fait, un argument régulièrement avancé par ceux qui souhaitent faire la promotion de cette source d’énergie : le nucléaire nous mettrait à l’abri de la dépendance aux hydrocarbures. C’est d’ailleurs pour réduire cette dépendance que Valéry Giscard d’Estaing a lancé le programme nucléaire civil en France, un an après la crise pétrolière de 1973.

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Mais il existe dans ce discours ce qui ressemble à un impensé : pour fabriquer de l’électricité, les centrales nucléaires ont besoin d’uranium, métal lourd aux propriétés radioactives. Une fois placé dans le réacteur de la centrale et par fission nucléaire, l’uranium produit une énorme quantité de chaleur. Cette chaleur vient faire bouillir de l’eau qui, devenue vapeur, fait tourner une turbine et crée de l’électricité, comme une sorte de dynamo à grande échelle. Seul problème : la France n’extrait pas d’uranium sur son territoire.

Quatre fournisseurs étrangers

Ou plutôt, la France n’exploite plus de mine d’uranium sur le territoire national depuis 2001. La prospection pour de l’uranium a commencé en France en 1949 : il s’agit alors de trouver du combustible pour la future bombe nucléaire made in France. Les géologues trouvent de l’uranium sur 400 sites, et 247 mines (en profondeur ou à ciel ouvert) sont exploitées, comme le rappelle l’Atlas mondial du nucléaire (Autrement) : « Dans la plupart des mines, les rendements étaient très faibles ; dans moins de 20 sites, la production dépassait 1 000 t par an. » Très vite, la France choisit de diversifier son approvisionnement en uranium.

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Dès 1960, la France ouvre sa première mine d’uranium au Gabon. Suivent d’autres pays, dont le Niger, dès 1971.

De nos jours, l’uranium utilisé dans les réacteurs français provient en majorité de quatre pays : le Kazakhstan, l’Australie, le Niger et l’Ouzbékistan. Le comité technique Euratom, l’autorité chargée du suivi de l’application des contrôles internationaux sur les matières nucléaires, précise à FranceInfo qu’en 2020 la France a acheté 6 282 t d’uranium, principalement auprès du Niger (34,72 % des importations), du Kazakhstan (28,95 %), de l’Ouzbékistan (26,43 %) et de l’Australie (9,91 %). À ces quatre sources principales il convient d’ajouter le Canada.

À quel point cette dépendance pose-t-elle problème ? Tout dépend du pays. Premier pays exportateur d’uranium en France, le Niger est un État instable. Depuis son indépendance en 1960, le pays africain a connu quatre coups d’État, ainsi que deux tentatives en 2011 et 2021. En 2010, sept personnes, dont cinq Français travaillant pour Areva (désormais Orano) et Satom (groupe Vinci), ont été enlevées sur le site minier d’Arlit, dans le nord du pays, par des hommes armés membres d’al-Qaida au Maghreb islamique. Ces otages n’ont été libérés qu’en 2013.

En transit par la Russie

La situation au Kazakhstan (premier producteur mondial et détenteur des deuxièmes réserves mondiales d’uranium derrière l’Australie) et en Ouzbékistan est tout autre. S’ils sont loin d’être des démocraties, ces deux pays ont des régimes stables. Shavkat Mirziyoyev, 64 ans, est le président de l’Ouzbékistan depuis 2016. Avant cela, il était Premier ministre depuis 2003.

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Et si le Kazakhstan a vu une importante révolte exploser en janvier 2022, c’est « la première depuis l’indépendance du pays en 1991 », analyse Michaël Levystone, spécialiste de la Russie et de l’Asie centrale, et chercheur associé au Centre Russie/NEI de l’Institut français des relations internationales (Ifri). « Astana, la capitale, est un interlocuteur intéressant pour son sous-sol, mais aussi par ses liens très forts avec la Russie, et son approche multisectorielle :  il se voit comme un pont entre la Chine, la Russie et l’Europe », continue l’analyste.

Reste la question du transport. L’uranium kazakh est produit dans le sud du pays avant d’être mis dans des wagons, direction Saint-Pétersbourg en Russie, d’où il est chargé sur des bateaux en partance pour Hambourg, en Allemagne, puis en train vers la France, selon des données découvertes par l’ancien banquier et très bon connaisseur du pays Dominique Menu, dans un prospectus fourni à de potentiels futurs investisseurs au moment de l’introduction de la compagnie minière Kazatomprom à la Bourse à Londres, en 2018. Quant à l’uranium produit en Ouzbékistan, il est d’abord convoyé en train vers le Kazakhstan, avant d’emprunter le même chemin.

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Avec la guerre en Ukraine commencée en février 2022 et la multiplication des sanctions économiques qui en découlent, on imagine combien le transport d’un combustible vital à la France par la Russie de Poutine peut faire l’objet de délicates négociations géopolitiques – difficile en effet de parler d’indépendance énergétique quand plus de 55 % de l’uranium consommé en France transite par la Russie…

La question de la pollution

Cette situation semble néanmoins avoir évolué, au moins en partie, depuis la guerre en Ukraine. Dominique Menu rapporte ainsi les propos de la nouvelle ambassadrice kazakhe en France, qui explique qu’une partie de l’uranium serait désormais envoyée vers l’Europe par d’autres voies. Très probablement convoyée par bateaux sur la mer Caspienne jusqu’à Bakou en Azerbaïdjan, avant de rejoindre l’Europe par la Géorgie, et éventuellement la Turquie. Impossible en revanche de savoir quels pourcentages de l’uranium kazakh et ouzbek sont concernés.

À ces questions entourant l’acheminement de l’uranium jusqu’en France s’ajoute une dernière problématique : ces extractions en dehors de la France externalisent aussi les questions de la pollution.

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En 2020, le Niger est devenu le cinquième plus grand producteur au monde, sans que cette richesse apporte aucun bénéfice au peuple nigérien. En dépit de l’exportation de 152 000 t d’uranium, ce qui équivaut à 40 milliards de dollars, ce pays reste l’un des plus pauvres du monde, mais avec un héritage : les déchets nucléaires.

Selon le documentaire l’Uranium de la colère, réalisé par Martin Boudot et diffusé sur France 5 en 2021, au Niger, à Arlit, on trouve des niveaux de radioactivité parfois deux, trois ou quatre fois plus élevés que ceux de Tchernobyl, même à l’intérieur des maisons. En cause, l’utilisation de déchets de la mine pour la construction des habitations… Depuis 2010, Orano (qui exploite la mine d’uranium) a lancé sur place des observatoires de la santé, sans constater de victimes.

Par Arnaud Aubry, publié le 09 novembre 2022 à 14h04

Photo en titre : La mine d’uranium de Tamgak, à Arlit, au Niger, d’où provient une partie du combustible utilisé dans les réacteurs français. • REUTERS/JOE PENNEY

https://www.lavie.fr/actualite/geopolitique/nucleaire-quelles-sont-les-veritables-consequences-de-limportation-duranium-84958.php

NUCLÉAIRE : « TOUJOURS PAS DE PROGRÈS » DANS LES DISCUSSIONS AVEC L’IRAN SELON LE DIRECTEUR DE L’AIEA

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a réitéré, dans un rapport consulté jeudi par l’AFP, sa « vive inquiétude » sur l’absence d’avancées dans les discussions avec l’Iran sur la question de trois sites non déclarés.

« Il n’y a toujours pas eu de progrès« , déplore le directeur général Rafael Grossi, qui note cependant la proposition de Téhéran de recevoir des responsables de l’instance onusienne « d’ici fin novembre« .

Il attend à cette occasion des « clarifications » dans ce dossier de traces d’uranium enrichi retrouvées par le passé en divers endroits, afin de « pouvoir garantir que le programme nucléaire iranien est exclusivement pacifique« .

L’Agence réclame de nouveau des « explications techniquement crédibles » de l’Iran, « y compris l’accès aux sites et au matériel, ainsi que la collecte d’échantillons« , souligne le document – confidentiel à ce stade, préparé en amont du Conseil des gouverneurs prévu en milieu de semaine prochaine à Vienne, où siège l’AIEA.

Les deux parties ont repris contact le 7 novembre, l’Iran ayant envoyé une délégation en Autriche.

Un diplomate européen a ironisé sur ce calendrier: « avant chaque conseil, Téhéran fait un geste » pour éviter le vote d’une résolution critique au moment du Conseil, a-t-il dit, tout en espérant que la visite annoncée marque un nouveau « départ« .

Ce dossier est un des principaux points sur lesquels butent les négociations qui ont démarré en avril 2021 à Vienne pour ranimer l’accord de 2015, torpillé trois ans plus tard par l’ancien président américain Donald Trump.

Téhéran réclame en effet une clôture de l’enquête de l’AIEA pour parvenir à un compromis avec ses interlocuteurs directs (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie), tandis que les États-Unis y participent indirectement.

« Incertitude » grandissante

Après des signaux positifs en août, les pourparlers sont désormais au point mort.

Le pacte de 2015, connu sous son acronyme anglais JCPOA, vise à empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique – un objectif qu’il a toujours nié poursuivre.

Mais à la suite du retrait des États-Unis et du rétablissement des sanctions américaines qui étouffent son économie, Téhéran s’est progressivement affranchi de ses obligations.

Dans un rapport séparé, l’AIEA fait état de stocks d’uranium enrichi accumulés de 3.673,7 kg à la date du 22 octobre, un total inférieur de 267,2 kg comparé au mois d’août mais bien supérieur au plafond de 202,8 kilos auquel la République islamique s’était engagée en 2015.

Surtout l’Iran enrichit toujours plus à des niveaux élevés, loin de la limite fixée à 3,67%: il dispose ainsi de 386,4 kg à 20% (contre 331,9 kg auparavant) et de 62,3 kg à 60% (contre 55,6 kg), seuil proche des 90% nécessaires à l’élaboration d’une bombe.

Cette montée en puissance se produit alors que l’AIEA est confrontée depuis près de deux ans à une nette restriction de ses inspections sur place.

Du fait de cette situation, il faudra à l’instance onusienne environ « quatre mois« , selon le même diplomate, pour reconstituer le puzzle des activités si l’accès est rétabli, en cas d’accord entre Téhéran et les grandes puissances.

« Plus cette situation persiste, plus l’incertitude grandit« , avertit l’AIEA.

Fin octobre, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, avait dit avoir peu d’espoir quant à une issue rapide des discussions, invoquant les conditions préalables exigées par Téhéran.

Une reprise du dialogue semble d’autant plus difficile que l’Iran est secoué par une contestation populaire inédite depuis plusieurs années après la mort le 16 septembre d’une jeune femme de 22 ans, Mahsa Amini, décédée après son arrestation par la police des mœurs.

Par AFP, publié le 10 novembre 2022 à 16h20

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/nucleaire-toujours-pas-de-progres-dans-les-discussions-avec-liran-selon-le-directeur-de-laiea-221110

TROUVER DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE NON-RUSSE : L’URGENCE DU GOUVERNEMENT BULGARE

Le Parlement bulgare a contraint le gouvernement intérimaire à accélérer la procédure de conclusion d’un contrat de fourniture de combustible nucléaire non russe pour sa centrale nucléaire.

La centrale de Kozloduy fonctionne en effet à l’aide de deux réacteurs nucléaires soviétiques qui, jusqu’à présent, n’ont été alimentés qu’avec du combustible russe.

La proposition d’accélérer la procédure d’obtention de combustible nucléaire non russe a été avancée par le GERB, le parti de l’ancien Premier ministre Boyko Borissov.

Selon le parti, le gouvernement doit de toute urgence garantir la sécurité énergétique et nationale du pays en apportant une alternative énergétique pour la centrale nucléaire.

De nombreux législateurs ont soutenu la proposition du GERB, de sorte que le gouvernement intérimaire doit maintenant veiller à ce que la première livraison de combustible non russe ait lieu au plus tard en avril 2024. En outre, l’accord doit être totalement indépendant des fournisseurs russes, selon la décision du Parlement.

Le Conseil des ministres doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir les activités de l’Agence de réglementation nucléaire en matière d’autorisation et de chargement du combustible nucléaire non russe d’ici 2024, indique également la décision du Parlement.

Celle-ci n’a été contestée que par le Parti socialiste bulgare pro-russe et le parti anti-européen pro-russe, Vazrazhdane, qui estiment que la proposition a été avancée par le GERB afin de faire profiter les intérêts de la société américaine Westinghouse.

« La moitié des réacteurs ukrainiens fonctionnent avec du combustible de Westinghouse. Cependant, je le répète encore une fois — il n’est pas dit que le combustible proviendra de Westinghouse. Il est dit ici que le combustible ne doit pas avoir de composants russes pour éviter les sanctions », a déclaré le parti Vazrazhdane à propos de la proposition.

En réponse, le président de la commission de l’Énergie, Delyan Dobrev (GERB), a indiqué que le combustible pourrait provenir de la société française Framatome ou de la société américaine Westinghouse.

Rosen Hristov a indiqué que Framatome travaille déjà à l’élimination des technologies et des composants russes et qu’elle sera débarrassée des technologies russes d’ici quelques années. La centrale nucléaire de Kozloduy dispose d’un contrat avec la société russe TVEL pour la fourniture de combustible nucléaire frais jusqu’à la fin de 2024.

La Bulgarie a assuré la fourniture de combustible pour le rechargement annuel d’un de ses réacteurs nucléaires jusqu’à la fin de 2024. Pour l’autre, du combustible est disponible pour le remplacement partiel en 2027.

La centrale nucléaire produit environ 1/3 de l’électricité du pays et est essentielle au maintien des exportations d’électricité vers les pays voisins.

Par Krassen Nikolov, EURACTIV Bulgarie, traduit par Arthur Riffaud, publié le 10 novembre 2022 à  7h20, mis à jour à 10h34

Photo en titre : Le Conseil des ministres doit prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir les activités de l’Agence de réglementation nucléaire en matière d’autorisation et de chargement du combustible nucléaire non russe d’ici 2024, indique également la décision du Parlement. [EPA PHOTO/ MLADEN ANTONOV]

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/trouver-du-combustible-nucleaire-non-russe-lurgence-du-gouvernement-bulgare/

EDF: UN « DÉMANTÈLEMENT » TOUJOURS À L’ÉTUDE, AFFIRME UN DÉPUTÉ PS, LE GOUVERNEMENT DÉMENT

Le projet de « démantèlement » d’EDF, avec une séparation de ses activités nucléaires et renouvelables, est toujours à l’étude, affirme le député PS Philippe Brun dans un rapport parlementaire transmis à l’AFP, ce que le gouvernement dément fermement.

Le parlementaire PS s’est rendu à Bercy à deux reprises en octobre pour « un contrôle sur pièces et sur place », afin d’accéder à des « documents » ministériels sur la renationalisation complète d’EDF officiellement engagée par l’État-actionnaire, qui en détient pour le moment 84%.

Dans son rapport, il affirme que « les documents consultés font état de la poursuite des travaux relatifs au projet Hercule », un projet controversé de restructuration en profondeur du groupe, avec séparation des activités nucléaires, hydroélectriques et renouvelables, combattu par les syndicats et que l’exécutif a suspendu.

Il cite une « note préparatoire » du 27 juin 2022, qui indique que la renationalisation à 100% d’EDF permettrait de « préparer sur une base nouvelle les négociations (régulation du nucléaire et réorganisation du Groupe) à venir avec l’ensemble des parties prenantes ».

Selon cette note, l’opération de sortie de cote boursière d’EDF engagée par l’État permettrait d’éviter de « débuter par une réorganisation du groupe [qui] enverrait un signal négatif aux organisations syndicales [lesquelles] ne manqueraient pas de se mobiliser fortement comme elles l’avaient fait lors des projets Hercule/Grand EDF », cite le député de l’Eure dans son rapport.

« Les perspectives de réorganisation du groupe évoquées mentionnent + la cession d’environ 30% des activités liées à la transition énergétique + », affirme encore Philippe Brun.

« Le rapport d’un groupe de travail préparatoire aux négociations futures sur la régulation de l’électricité avec la Commission (européenne), que le rapporteur a pu consulter, étudie quatre scénarios qui prévoient tous une évolution, soit par des remèdes concurrentiels, soit par une modification de la structure d’EDF », ajoute-t-il.

Interrogé par l’AFP, Philippe Brun explique ne « pas faire de procès d’intention, mais avoir une vraie inquiétude. Rien n’est arbitré mais ce sont des hypothèses sur lesquelles travaillent toujours les services », selon lui.

Lors des questions au gouvernement mardi, le ministre des Comptes publics Gabriel Attal a démenti tout projet de restructuration.

« Le projet Hercule n’est plus à l’ordre du jour », a-t-il assuré. « L’objectif de la montée à 100% au capital d’EDF est clair, c’est renforcer la politique nucléaire de la France » pour « la construction notamment de six EPR ».

« Ça n’aurait aucun sens de monter à 100% au capital d’une entreprise comme EDF pour la démanteler ou la vendre par appartements, ce n’est absolument pas le sujet », a insisté Gabriel Attal.

L’État a officiellement lancé le 4 octobre le processus de renationalisation d’EDF, une opération à 9,7 milliards d’euros pour racheter les 16% du capital qu’il ne détient pas.

Par AFP, publié le 10.11.2022

https://www.lemondedelenergie.com/edf-demantelement-toujours-etude-affirme-depute-ps-gouvernement-dement/2022/11/10/

LES ÉTATS-UNIS POIGNARDENT MACRON DANS LE DOS ET LUI ARRACHENT UN CONTRAT DE 20 MILLIARDS DOLLARS

La Pologne vient de dévoiler le montant extrêmement faramineux du contrat de construction de sa première centrale nucléaire qui a été confiée à Westinghouse, multinationale américaine. Le chiffre colossal mettra Macron dans tous ses états.

Emmanuel Macron, une nouvelle fois, trahi par un des plus proches alliés ? La question se pose. En tout cas, en pleine guerre en Ukraine que beaucoup d’experts analysent comme un stratagème ourdi par Washington pour affaiblir l’Europe, la France avale des couleuvres dans un contexte géopolitique qui lui très défavorable aussi bien en Occident qu’en Afrique.

Et, le coup est d’autant plus dur pour Paris que la France vient de perdre un juteux contrat de construction d’une centrale nucléaire offert à la multinationale américaine, Westinghouse au détriment d’EDF. La nouvelle avait largement été commentée dans la presse française ces derniers jours. Cependant, jusque-là, personne ne pouvait donner le chiffre exact de ce contrat très convoité par Macron.

Et la révélation est faite. Ce mercredi, les autorités polonaises ont finalement brisé le silence sur le montant que devra toucher la multinationale américaine et cela risque de plonger Macron et son gouvernement dans une colère noire. En effet, d’après nos confrères du média Politico qui cite Mateusz Morawiecki, Premier ministre polonais, c’est la bagatelle de 20 milliards de dollars que devra toucher Westinghouse.

Et ce n’est pas tout. La pilule est d’autant plus dure à avaler pour Paris que la Pologne envisage de construire une centrale nucléaire qui sera, cette fois-ci, confiée à la multinationale sud-coréenne, KHNP, confirmant une fois de plus que pour Varsovie, la France est une puissance totalement dépassée.

À peine révélée, l’info a suscité des réactions sur les réseaux sociaux.

Par Profession Gendarme, publié le 9 novembre 2022

https://reseauinternational.net/les-etats-unis-poignardent-macron-dans-le-dos-et-lui-arrachent-un-contrat-de-20-milliards-dollars/

À EDF, UNE COURSE CRUCIALE DANS LES RÉACTEURS POUR RÉSOUDRE LE PROBLÈME DE CORROSION

Avec plus de 600 personnes sur le pont, le chantier est titanesque à EDF pour rebrancher un maximum de réacteurs à l’arrêt à cause de la découverte d’un phénomène de « corrosion sous contrainte », des microfissures sur des circuits de tuyauterie qui plombent les résultats financiers et la production électrique.

« Corrosion sous contrainte » (ou CSC), de quoi parle-t-on?

La corrosion sous contrainte est un phénomène de dégradation connu dans l’industrie qui se manifeste par de microfissures sur quelques millimètres, non visibles à l’œil nu.

Ce phénomène a été détecté à proximité de soudures sur des portions de tuyauterie en acier inoxydable: les circuits d’injection de sécurité (RIS), un circuit crucial qui permet d’envoyer des trombes d’eau pour refroidir le réacteur en cas d’accident – et celui de refroidissement à l’arrêt (RRA), utilisé quand la tranche est en maintenance. Il s’agit de circuits auxiliaires au circuit primaire, qui évacue la chaleur dégagée dans le cœur du réacteur grâce à une circulation d’eau sous pression, dans ces boucles de refroidissement.

Le problème touche dans la plupart des cas les réacteurs les plus récents (1.300 MW et 1.450 MW), qui comportent des sections de tuyauteries plus longues, avec plus de soudures, donc plus fragiles.

Quelles conséquences?

Ce problème de corrosion a forcé l’arrêt de réacteurs pour vérifier et le cas échéant réparer les tuyauteries concernées par les fissures.

Cela a réduit la production d’électricité nucléaire à son plus bas niveau historique, en pleine crise énergétique, et provoqué des milliards d’euros de pertes cette année pour EDF, dont le gouvernement a prévu la renationalisation à 100%.

De fait, EDF comptait mardi encore 25 réacteurs à l’arrêt (sur les 56 du parc nucléaire), en raison de maintenances programmées ou de ce phénomène de corrosion.

Et le calendrier prévisionnel de redémarrage ne cesse d’être retardé, alors qu’EDF veut le maximum de réacteurs en marche au creux de l’hiver. Une grève en septembre et octobre a encore prolongé des arrêts.

C’est une course contre la montre pour rebrancher un maximum de réacteurs et éviter les coupures hivernales: EDF mise sur le redémarrage de 15 réacteurs en novembre et décembre, pour un total de 46 réacteurs connectés au 1er janvier.

Combien de réacteurs sont touchés par ce phénomène ?

Ces défauts ont été repérés en octobre 2021 sur le réacteur 1 de Civaux (Vienne). D’autres problèmes similaires ont été détectés ailleurs, conduisant EDF à contrôler l’ensemble de son parc.

Plus d’un an après, les vérifications montrent que 40 réacteurs sur les 56 répartis dans 18 centrales ne sont « pas ou peu sensibles au phénomène de CSC« . Ils seront donc contrôlés en 2024-2025 lors de leurs arrêts programmés pour maintenance.

En revanche, 16 réacteurs sont considérés comme « sensibles ou fortement sensibles » au phénomène, a annoncé mardi EDF. Dans le détail, « 10 réacteurs sont en cours de traitement et tous seront réparés d’ici début 2023« . Les 6 autres seront contrôlés en 2023.

Quel est le plan de bataille d’EDF ?

Plus de 600 personnes sont mobilisées sur ces chantiers de réparation, dont une centaine de soudeurs et tuyauteurs hautement qualifiés des États-Unis et du Canada, appelés à la rescousse pour épauler des équipes françaises.

Contraintes par des limites d’exposition aux radiations, ces dernières étaient de fait sous-dimensionnées pour répondre à l’ampleur de la tâche: rien que sur un réacteur, un chantier dure en moyenne de 22 à 23 semaines, a précisé mardi Régis Clément, directeur général adjoint de la production nucléaire d’EDF.

EDF s’est voulue rassurant sur le déroulement de son programme de contrôle et de réparation. « On est vraiment au pic » du traitement, a résumé Régis Clément. « Aujourd’hui, la situation est assez stabilisée, on est sorti d’une situation de crise« .

EDF a mené un programme d’expertise métallurgique consistant à déposer des portions de circuit pour en vérifier l’état en laboratoire. Cela a nécessité des réparations pour 13 réacteurs même quand la corrosion n’avait pas été détectée (dans trois réacteurs).

À partir de l’été 2022, EDF a déployé une méthode d’examen non destructif « amélioré » consistant à contrôler l’état métallurgique par ultrasons, sans avoir à découper les tuyauteries, un gain de temps crucial. Cette stratégie a été validée en juillet par l’Autorité de sûreté nucléaire, et EDF souhaite désormais l’inclure en 2023 à son plan de maintenance courant.

Prochaine étape: rentrer dans une phase d' »industrialisation » des chantiers. « On est en train de tirer les enseignements de ce qu’on a fait en matière de réparation qui doit faire l’objet d’un maximum de recopie« , selon M. Clément.

Par AFP, publié le 09 novembre 2022 à 11h40

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/edf-une-course-cruciale-dans-les-reacteurs-pour-resoudre-le-probleme-de-corrosion-221109

COMBIS ANTIRADIATIONS, PANCARTES… DES ANTINUCLÉAIRES S’INVITENT DANS LE DÉBAT PUBLIC

Combinaisons antiradiations, banderoles… Des militants antinucléaires ont donné du souffle au débat public sur la construction de nouveaux réacteurs. Et dénoncé une « mascarade » démocratique : « Tout est joué d’avance ! »

Paris, reportage

« Ça suffit cette mascarade, c’est lamentable ! » craque Angélique Huguin. La deuxième réunion de la Commission nationale du débat public (CNDP), portant sur le projet d’installation de nouveaux EPR, avait lieu mardi 8 novembre dans une salle austère au fin fond du 13ème arrondissement parisien. La militante antinucléaire meusienne laisse exploser sa colère, se lève et balance rageusement des piles de tracts sur les tables : « La CNDP, vous êtes l’idiote utile d’un débat qui n’est pas un débat. Vous le savez très bien, tout est décidé d’avance. Vous allez débattre entre vous, dans un petit débat feutré, et tout va bien se passer… Vous jouez avec les générations futures ! » Elle claque la porte.

Dans la salle de réunion, les membres de l’assemblée restent cois. Certains secouent la tête d’un air désapprobateur, d’autres sont à deux doigts d’applaudir. La réunion reprend son cours, comme si rien ne s’était passé. « J’aurais aimé que la CNDP en arrive à un acte fort, un boycott de son propre débat. Il faudrait que tout le monde sorte de cette petite salle et que le débat se fasse dans la rue avec les gens », soupire Angélique Huguin. Elle n’est pas seule à penser de cette façon.

Trois activistes du collectif haguais Piscines nucléaires stop ont pris la parole pour dénoncer l’impossibilité de mener un débat démocratique sur la question du nucléaire. © Scandola Graziani / Reporterre

Une heure avant le début de la réunion publique, un rassemblement d’activistes antinucléaires de divers collectifs s’était formé dans la rue, devant les portes de la Maison des associations et solidarités où s’est déroulé l’événement. Des militants vêtus de combinaisons antiradiations se sont réunis, les bras chargés de compositions florales mortuaires. On pouvait y lire « Tchernobyl 1986 », « Fukushima 2011 » et « Penly 2035 » — le débat public porte en effet sur la construction de deux réacteurs nucléaires supplémentaires de type EPR2 dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Penly, près de Dieppe, en Seine-Maritime (76).

© Scandola Graziani / Reporterre

D’autres sont arrivés avec de gros sacs poubelle floqués du symbole de la radioactivité pour représenter les déchets nucléaires, grands absents du débat proposé par la CNDP. « Adieu au nucléaire », « Poubelle par nature », « On n’en veut pas #piscinesnucléaires » affichent les larges banderoles déployées par les activistes. Quelques-uns tenaient également des pancartes en carton : « Civil ou militaire, le nucléaire tue ! »

© Scandola Graziani / Reporterre

Le débat public ou « le grand cirque de la concertation »

Ils ont parfois traversé la France pour participer à cette action symbolique : certains militants font partie du collectif Piscines nucléaires stop qui lutte contre le stockage des déchets nucléaires à La Hague, en Normandie. D’autres viennent du site de Bure (Meuse), et sont des opposants au projet Cigéo. Derrière cette mise en scène spectaculaire aux portes du débat de la CNDP, les militants antinucléaires dénonçaient ce qu’ils nomment dans leurs tracts, « le grand cirque de la concertation ». À l’instar d’Angélique Huguin, ils partagent le sentiment que les dés sont pipés. Si aucun d’entre eux ne remet en question la sincérité de la démarche de la CNDP, tous redoutent son instrumentalisation pour légitimer une décision à laquelle les citoyens n’auront pas contribué. « Moi, ce débat, je n’y crois pas un quart de seconde, déclare Sylvie, militante du Collectif contre l’ordre atomique (CCOA). Des débats, j’en ai fait plein, et à chaque fois, tout est décidé à l’avance. C’est toujours consultatif, ça n’engage pas le gouvernement. Un vrai débat, c’est un débat qui engage les autorités. »

LIRE AUSSI :  Nucléaire : le « passage en force » du gouvernement

Beaucoup évoquent aussi la volonté du gouvernement de « passer en force » sur la question de la relance du nucléaire, notamment par le biais du projet de loi sur l’accélération du nucléaire. Présenté au Conseil des ministres le 2 novembre 2022, ce texte vise à simplifier les procédures administratives pour faciliter l’installation des nouveaux EPR. Concrètement, c’est une forme de libéralisation du Code de l’urbanisme et de l’environnement pour gagner du temps dans la construction des réacteurs. Lancé avant la fin du débat public, le projet de loi de l’exécutif nourrit le scepticisme de ceux qui arguent que la décision est déjà prise. D’autant plus que les récents signaux envoyés par le gouvernement les confortent dans leur position. « On a l’habitude du 49.3 à répétition avec Macron », déplore Angélique Huguin. Dernière utilisation de cet outil permettant de faire passer un texte sans vote : le 2 novembre, pour la quatrième fois en trois semaines. « Alors forcément, on s’attend encore à une décision arbitraire », conclut la militante.

Certains militants font partie du collectif Piscines nucléaires stop qui lutte contre le stockage des déchets nucléaires à La Hague. © Scandola Graziani / Reporterre

Face à ce scepticisme, la CNDP a décidé d’accorder une place aux militants dans le déroulé de la soirée. Trois activistes du collectif haguais « Piscines nucléaires stop » ont ainsi pu prendre la parole pour dénoncer l’impossibilité de mener un débat démocratique sur la question du nucléaire, et rappelant le problème que pose la gestion des déchets radioactifs à La Hague : « À l’heure où on parle de relancer la production de déchets sans évoquer celle du stockage, il est temps pour vous, mesdames et messieurs d’EDF, de rendre des comptes et de payer pour vos actes. La Hague n’est pas un trou sans fond. » Dans une salle qui contient une grosse proportion d’employés du secteur de l’énergie, des soupirs et des murmures de désapprobation bruissent pendant la prise de parole des militants.

Des militants vêtus de combinaisons antiradiations se sont réunis, les bras chargés de compositions florales mortuaires. © Scandola Graziani / Reporterre

Pour Michel Badré, président de la commission chargée de l’animation du débat, ces interventions sont importantes. Un travail est en cours pour ouvrir de nouvelles voies d’expression, assure-t-il. « La démocratie, c’est fait pour que les gens s’expriment. C’est tout à fait normal que des gens qui ont des choses à dire puissent le faire, y compris la dame qui a distribué ses tracts. On n’a rien fait pour l’empêcher. Le débat public, s’il permet ça, c’est déjà un bon début. »

Par Scandola Graziani, publié le 9 novembre 2022 à 10h09

Photo en titre : Des militants portent des compositions florales mortuaires pour dénoncer le nucléaire, lors du débat public du 8 novembre 2022, à Paris. – © Scandola Graziani / Reporterre

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UNE GUERRE NUCLÉAIRE EST-ELLE ENVISAGEABLE?

Le monde vit sur un volcan qui peut entrer en éruption à tout moment.

Depuis le début de la crise ukrainienne, l’emploi de l’arme nucléaire est de nouveau agité sans tabou, par les chefs d’État les plus puissants du monde. La Russie se dit prête à utiliser «tous ses moyens» de défense, y compris nucléaires, pour se «protéger». À ces déclarations répondent les mises en garde américaines, le président Biden ayant même parlé d’«apocalypse». Selon les milieux occidentaux, la Russie serait tentée ou même se préparerait à mener des frappes en Ukraine avec des armes nucléaires de théâtre (le territoire américain est hors de portée de cette catégorie d’armes). Cette idée est appuyée par un argument sans cesse ressassé, celui des difficultés que connaîtraient les troupes russes engagées sur le front ukrainien. Leurs déboires rendraient le recours à l’arme nucléaire possible et envisageable.

Ce n’est pas la première fois que le monde est menacé d’une guerre nucléaire

Dans cette atmosphère délétère, l’Ukraine, qui a remis à la Russie, en 1994, les armes nucléaires déployées sur son territoire quand elle faisait partie de l’Urss, est accusée de préparer une bombe radiologique, dite communément «bombe sale», pour l’utiliser contre les troupes russes. Ceci constituerait une escalade inacceptable pour Moscou qui aurait recours aux armes nucléaires de théâtre. Un tel développement pourrait être l’amorce d’une marche du monde vers l’abime. Seules deux puissances, les États-Unis et la Russie, sont en mesure d’écrire ce scénario de l’«apocalypse». EIles possèdent plus de 90% des stocks d’armes nucléaires soit de quoi détruire plusieurs fois la planète. Comparés à eux, les autres États dotés de l’arme nucléaire, de juré (Chine, France, Grande-Bretagne,) ou de facto (Inde, Israël, Pakistan et Corée du Nord) sont des puissances nucléaires mineures.

Ce n’est pas la première fois que le monde est menacé d’une guerre nucléaire et chaque fois en raison de différends entre Washington et Moscou. Ce fut le cas lors de la crise des missiles de Cuba en 1962. Cette fois-ci c’est la crise ukrainienne qui est mise en avant. En fait, l’humanité est l’otage des deux puissances nucléaires qui viennent de raviver la guerre froide. Elles ont deux visions du monde incompatibles: les États-Unis et leurs alliés veulent maintenir un ordre mondial que l’Occident domine depuis cinq siècles et que Washington régit sans partage depuis la chute du mur de Berlin. La Russie (mais aussi la Chine et beaucoup de pays du Sud) renaissant des cendres de l’URSS, prône l’avènement d’un monde multipolaire plus juste et plus égalitaire. L’humanité se trouve dans une phase historique dangereuse qui rappelle cette citation d’Antonio Gramsci: «Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres». Dans les paragraphes qui suivent, nous allons aborder quelques points pour essayer de voir comment le monde est arrivé de nouveau au bord de la guerre nucléaire.

L’apparition de l’arme nucléaire

Le 17 juillet 1945, le président Harry Truman qui avait succédé à Franklin D. Roosevelt, se trouvait à la Conférence de Postdam quand il apprit le succès du premier essai nucléaire américain. Il s’empressa d’annoncer à Staline (qui avait ses informateurs au sein du Projet Manhattan) que les États-Unis disposaient désormais de l’«arme absolue», seule capable de détruire toute civilisation humaine ainsi que l’écosystème tout entier de la planète. Il fit la démonstration de la toute nouvelle puissance américaine les 6 et 9 août 1945 en lançant deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

Les États-Unis ne gardèrent pas longtemps le monopole de l’arme nucléaire. En 1949, en pleine guerre froide, l’Urss réussit son premier essai à Semipalatinsk (Kazakhstan). Ce fut le début d’une course vers l’abîme à laquelle participèrent d’autres pays: la Grande-Bretagne en 1953, la France en 1960 et la Chine en 1964. Ces cinq pays forment depuis 1970 le club des États dotés de l’arme nucléaire (Edan), un statut qui leur a été octroyé par le Traité sur la Non-prolifération (TNP). -Il faut ajouter l’Inde (1974), Israël (1967), le Pakistan (1998) et la Corée du Nord (2006) qui sont des États dotés de l’arme nucléaire de facto.

La prévention de cette prolifération horizontale (multiplication des États nucléarisés militairement) a retenu très tôt l’attention de la communauté internationale. La toute première résolution adoptée par la nouvelle Assemblée générale des Nations unies, lors de sa réunion à Londres (avant de déménager vers New York), traite de cette question. Une Commission de l’énergie atomique (CEA) fut même créée avec pour objectif d’arrêter la course vers l’horreur. En vain! Les proliférations horizontale et verticale (création de bombes atomiques -«A»- de plus en plus puissantes et surtout de la bombe «H») se poursuivirent. Au milieu des années 1980, les arsenaux comptaient près de 80.000 ogives essentiellement détenues par les États-Unis et l’Urss. Cette prolifération fait que des régions entières peuvent connaître des crises nucléaires susceptibles de se transformer à tout moment en guerres dévastatrices: le subcontinent indien, la péninsule coréenne, le Moyen-Orient, mais aussi et même surtout l’Europe depuis le début de la guerre en Ukraine dont les enjeux sont planétaires. Cependant, les États-Unis et la Russie sont les principaux ordonnateurs de ce bal macabre. Ils sont les seuls à avoir depuis longtemps la capacité de détruire la planète. À ce titre, ils endossent une responsabilité particulière en matière de désarmement et de maintien de la paix et de la sécurité internationale.

Les efforts de désarmement

À l’occasion de la Détente qui a suivi la crise des missiles de Cuba en 1962, les deux grandes puissances nucléaires ont décidé de faire face à leurs responsabilités. Elles ont commencé à construire une architecture de contrôle des armements et de désarmement. Au plan bilatéral, elles ont signé Salt I (traité sur la limitation des armes stratégiques) en 1972. Cet instrument de maîtrise des armements comprenait deux parties:

  • Un accord intérimaire sur la limitation des armes stratégiques offensives (portée supérieure à 5.500 km) d’une durée de cinq ans;
  • Un traité sur la limitation des systèmes antimissiles balistiques dit traité ABM d’une durée illimitée. Il permettait à chacune des deux parties de garder 100 missiles seulement et de protéger un seul site (Moscou pour l’Urss et un site de missiles intercontinentaux situé dans le Dakota du Nord pour les États-Unis). Cet instrument devint la pierre angulaire de la parité stratégique entre les deux puissances.

Salt II, qui limita quantitativement et qualitativement les armes stratégiques, fut signé en 1979, à la fin de la Détente. Bien que le Sénat américain ait refusé de le ratifier, suite à l’entrée des troupes soviétiques en Afghanistan, il fut respecté par les deux parties.

Malgré leurs aspects positifs, comme, par exemple, l’introduction de la vérification, qui est une mesure de confiance incontournable en matière de désarmement, les Salt laissèrent la porte ouverte à la course aux armements. Celle-ci se manifesta au niveau des missiles de portée intermédiaire (500 à 5.500 km) et en Europe dont la sécurité a toujours été garantie par le parapluie américain. Cette sécurité avait été mise en péril, vers la fin des années 1970, par le déploiement des nouveaux missiles soviétiques SS-20. Les États-Unis répliquèrent par le déploiement des missiles Pershing. Ce qui fut connu comme la crise des euromissiles, laquelle prit fin par la signature du traité FNI (INF en sigle anglais = Intermediate-range Nuclear Forces Treaty) le 7 novembre 1987.

Conclu entre les États-Unis et l’URSS, cet important instrument interdisait le déploiement au sol des missiles de portée intermédiaire (ceux embarqués à bord d’avions et de sous-marins n’étaient pas concernés). Malgré le retour de la guerre froide en 1979 et les bouleversements qui suivirent la chute du mur de Berlin, les États-Unis et l’URSS puis la Russie vont passer de la limitation des armements au désarmement, soit à la réduction des stocks nucléaires.

Le premier traité de réduction des armes stratégiques (Start), signé en 1991, a été ratifié par les deux parties en 1994, sous la Fédération de Russie. Le dernier Start est entré en vigueur en 2011 pour une durée de dix ans, avec la possibilité de le prolonger de cinq ans. Il a réduit drastiquement les arsenaux des deux grandes puissances en plafonnant le nombre d’ogives nucléaires stratégiques déployées à 1.550 et celui des vecteurs de la triade nucléaire à 800. Un nouveau système d’inspection et de vérification a introduit plus de confiance entre les deux parties. Une confiance qui n’allait pas tarder à subir les avatars des relations entre l’Otan (les États-Unis) et la Russie après l’arrivée au pouvoir du président Vladimir Poutine qui a entrepris le redressement de la puissance russe au début des années 2.000.

Les nœuds gordiens dans les relations entre l’Otan et la Russie

Les États-Unis entendent continuer à régenter l’ordre mondial alors que la Russie milite ouvertement pour un monde multipolaire. Ces visions divergentes exacerbent les relations entre les deux pays qui s’opposent sur plusieurs questions importantes:

. Le bouclier antimissile, déployé par les États-Unis en Roumanie et en Pologne, est considéré par la Russie comme une arme offensive destinée à amoindrir sa force de dissuasion.

. Moscou récuse le rôle planétaire que Washington veut faire jouer à l’Otan en la faisant intervenir en dehors de son théâtre d’opération.

. L’élargissement de l’Otan vers l’Est, contrairement aux promesses faites à l’URSS lors de la réunification de l’Allemagne, ainsi que le prépositionnement de troupes occidentales et de matériels lourds aux frontières de la Russie sont considérés comme des agressions permanentes contre le territoire russe. Cet endiguement qui rappelle les moments les plus dramatiques de la guerre froide, a toujours été mal vécu par Moscou qui ne s’en cachait pas et s’en impatientait. Une première réaction violente à cette politique occidentale fut l’envoi, durant l’été 2008, des chars russes en Ossétie du sud pour mettre fin au projet de la Géorgie d’adhérer à l’Otan. Cette alerte ne fut pas retenue par l’Occident qui poursuivit sa politique d’avancée vers l’Est, multipliant les interventions en Ukraine et en Mer noire où se trouve le quartier général de la seule flotte qui permet à la Russie d’avoir accès aux mers chaudes.

Par Hocine MEGHLAOUI , publié le 09 novembre 2022 à 00h00

Photo en titre : Ce n’est pas la première fois que le monde est menacé d’une guerre nucléaire

https://www.lexpressiondz.com/nationale/une-guerre-nucleaire-est-elle-envisageable-362740

NUCLÉAIRE: LES DISCUSSIONS RUSSO-AMÉRICAINES SUR NEW START VONT REPRENDRE, SELON WASHINGTON

(Reuters) – Les États-Unis et la Russie sont convenus de reprendre leurs discussions sur la mise en œuvre du traité New START de réduction des armes nucléaires, au point mort depuis octobre 2021, a annoncé mardi le porte-parole du département d’État.

La commission consultative bilatérale, le mécanisme d’application du traité entré en vigueur en 2011, reprendra ses réunions « dans un avenir proche« , a déclaré Ned Price.

La Russie a suspendu en août dernier la coopération concernant les inspections prévues par le traité, en dénonçant les restrictions de voyage imposées par Washington et ses alliés à la Russie après son invasion de l’Ukraine en février.

Moscou a cependant promis de continuer à respecter les clauses du traité, qui limite le nombre d’ogives nucléaires déployées par les États-Unis et la Russie ainsi que le nombre de missiles et bombardiers capables de les transporter.

La commission consultative bilatérale est censée se réunir deux fois par an.

Reportage Simon Lewis, version française Jean-Stéphane Brosse, publié le 08/11/2022 à 23h20

Photo en titre : Le porte-parole du département américain, Ned Price, lors d’une conférence de presse, à Washington. Photo prise le 10 mars 2022/ REUTERS/ File Photo POOL

https://www.challenges.fr/monde/nucleaire-les-discussions-russo-americaines-sur-new-start-vont-reprendre-selon-washington_834655

NUCLÉAIRE : EDF ESPÈRE QUE 42 RÉACTEURS SERONT DISPONIBLES LE 1ER DÉCEMBRE

Le groupe EDF a revu ses attentes à la baisse mardi concernant le nombre de réacteurs disponibles en décembre et janvier prochains.

EDF vise une disponibilité de 42 réacteurs le 1er décembre et 46 au 1er janvier sur les 56 que compte le parc nucléaire français, a annoncé mardi le groupe électricien, quelques jours après avoir annoncé des retards dans le redémarrage d’unités à l’arrêt. Ces perspectives ont encore été revues à la baisse par rapport au dernier décompte réalisé par l’AFP le 27 octobre : le calendrier prévoyait alors 45 réacteurs disponibles au 1er décembre et 50 réacteurs au 1er janvier.

« Avec 42 tranches disponibles en décembre et 46 en janvier, nos marges se sont réduites », a reconnu mardi Régis Clément, directeur adjoint division production nucléaire à EDF, lors d’un point de presse, au moment où l’État et le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE pressent plus que jamais le groupe d’augmenter sa capacité de production électrique pour l’hiver. Interrogé par l’Agence France-Presse, RTE a jugé ces perspectives « conformes » à son « scénario prudent », qui prévoit une capacité disponible nucléaire de 45 GW en janvier 2023, soit l’équivalent de 45 réacteurs.

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Un maximum de réacteurs pour éviter les pénuries

À EDF, confronté à l’indisponibilité de la moitié de son parc nucléaire, un marathon est à l’œuvre pour redémarrer un maximum de réacteurs et éviter les pénuries d’électricité cet hiver. Mardi, seuls 30 réacteurs sur les 56 que compte le parc nucléaire français étaient connectés au réseau. Mais, d’ici à la fin de l’année, ce sont 15 unités de production (réacteurs), à l’arrêt pour des maintenances courantes ou des problèmes de « corrosion sous contrainte » suspectés ou avérés sur des portions de tuyauteries, qui doivent être reconnectées, a annoncé Régis Clément lors d’un point de presse consacré à ce phénomène de corrosion.

Ces chantiers liés à la corrosion sous contrainte mobilisent actuellement plus de 500 personnes, avec le renfort d’une centaine de soudeurs spécialisés venus des États-Unis et du Canada. EDF avait été contraint jeudi de revoir à la baisse son estimation de production nucléaire en raison d’un arrêt plus long que prévu de quatre réacteurs pour ce phénomène de corrosion et d’un mouvement social. Elle devrait se situer entre 275 et 285 TWh en 2022, alors qu’EDF visait précédemment une fourchette de 280 à 300 TWh.

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Cette nouvelle estimation de production, historiquement basse, tient compte d’une perte de production nucléaire de 4 TWh en raison de la grève qui a touché en septembre et octobre le parc nucléaire, a précisé Régis Clément, sans en révéler le coût financier.

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Source AFP, publié le 08/11/2022 à 17h00

Photo en titre : Sur les 56 réacteurs nucléaires français, 42 devraient être opérationnels au 1er décembre et 46, au 1er janvier. © Alain Delpey / MAXPPP

https://www.lepoint.fr/societe/nucleaire-edf-espere-que-42-reacteurs-seront-disponibles-le-1er-decembre-08-11-2022-2496943_23.php

NUCLÉAIRE : TOUT SAVOIR SUR LA FUITE INÉDITE QUI TOUCHE LE RÉACTEUR DE CIVAUX 1 D’EDF

Situé dans la Vienne, ce réacteur est touché par une fuite d’eau qui s’est produite lors d’un contrôle réglementaire sur le circuit primaire. Une dosimétrie importante est observée dans le local du bâtiment réacteur où se déverse l’eau en raison de la présence d’un tube irradiant. La vanne permettant de mettre fin à cette fuite ne pourra être fermée que lorsqu’un robot interviendra pour extraire l’objet en question.

Pour l’heure, EDF ne se prononce pas sur la date de retour du réacteur sur le réseau, initialement prévu début janvier.

Nouveau coup dur pour EDF, déjà fragilisé par l’arrêt de la moitié de ses réacteurs nucléaire, EDF vient de rendre très discrètement public un problème qu’il n’avait jamais rencontré auparavant un réacteur du parc nucléaire tricolore. Le 2 novembre, une fuite de vapeur s’est en effet produite lors d’une épreuve hydraulique, un contrôle réglementaire qui s’effectue tous les dix ans et qui vise à vérifier l’étanchéité du circuit primaire principal. Celui-là même qui permet de refroidir le cœur du réacteur.

« Ce n’est absolument pas une soudure qui a cédé », a précisé d’emblée Régis Clément, directeur adjoint de la direction production nucléaire, lors d’un point presse ce mardi 8 novembre. « Ce n’est pas une rupture en lien avec les travaux de corrosion sous contrainte », a-t-il encore précisé.

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La fuite est apparue lors de la montée en pression

Très concrètement, cette procédure de contrôle implique de multiplier par environ 1,3 la pression du circuit primaire pour tester son étanchéité. La pression d’exploitation se situe habituellement à 154 bars. Lors du test, elle grimpe à 206 bars et la fuite est apparue à 190 bars.

« Alors que la pression atteignait 190 bars et la température 95°C, un dégagement de vapeur est survenu dans un local du bâtiment réacteur, la dépressurisation du circuit primaire a été constatée simultanément », indique l’électricien dans une note d’actualité générale.

Qu’est ce qui a provoqué cette fuite de vapeur, transformée ensuite en fuite d’eau avec la baisse de température ? La procédure de cette épreuve hydraulique requiert de mettre en place un dispositif spécifique sur les connexions de ce circuit primaire pour qu’il tienne la très forte pression, notamment à l’intersection avec un système d’instrumentation qui pénètre dans le bas de la cuve.

Un dispositif mécanique a cédé

Ce circuit connecté s’est vu lui-même doté d’un dispositif spécifique pour passer l’épreuve hydraulique, et « c’est ce dispositif mécanique vissé, spécifique à l’épreuve hydraulique, qui a cédé », explique Régis Clément. Cela s’est traduit par un « jet bâton », a-t-il précisé. Comprendre, qu’à ce niveau de pression et de température la fuite s’est matérialisée par un fort jet de vapeur. « Aucun intervenant ne se trouvait à proximité, il n’y a eu ni blessé, ni personne contaminée », précise le groupe.

Lire aussi : Centrale nucléaire de Civaux : quelles retombées économiques ?

À ce moment-là, « il n’y a aucun combustible en cuve, le combustible est dans le bâtiment combustible », précise encore Régis Clément. En effet, le réacteur de Civaux 1, situé dans la Vienne au sud-est de Poitiers, était, lors de l’événement, à l’arrêt dans le cadre de réparations liées au problème de corrosion sous contrainte. L’opération de contrôle a donc été réalisée avec un réacteur complètement déchargé de son combustible.

Le jet vapeur s’est ensuite transformé en jet eau avec la baisse de la température. Celui-ci est venu s’écouler dans un local du bâtiment réacteur, doté d’un système de drainage, un « puisard », qui récupère l’eau. « Tout ça est parfaitement confiné », rassure Régis Clément.

Une dosimétrie importante

On observe toutefois « une dosimétrie importante », reconnaît-il. Celle-ci s’explique par la présence dans le local d’un tube, habituellement en contact en permanence avec le cœur du réacteur et donc soumis aux rayonnements, qui a été éjecté lorsque le dispositif d’essai a cédé.

Ce tube irradiant est directement lié au système d’instrumentation, celui dont le dispositif de test a cédé. Ce dispositif consiste en effet à entrer dans la cuve du réacteur pour scruter sa puissance. À l’intérieur de celui-ci, se trouve un tube libre appelé « doigt de gant ». Quand le dispositif d’essai a rompu, ce tube a été éjecté. Ce tube « s’est retrouvé à l’air libre dans le local et là le débit de dose est important », confirme Régis Clément, sans toutefois donner des chiffres précis.

EDF prévoit d’utiliser un robot pour découper ce tube irradiant et le mettre dans un container. « Une fois que ce tube est traité, on pourra pénétrer dans le local et fermer la vanne », ajoute Régis Clément. La date d’intervention n’est pas encore connue. Pour l’heure, les équipes s’entraînent en maquette.

80.000 litres écoulés, mais pas d’impact sur la sûreté

Aujourd’hui encore, 1.500 litres s’écoulent chaque heure. Cette eau est récupérée et stockée, assure l’électricien. Depuis le début de la fuite, quelque 80.000 litres d’eau ont été récupérés pour être traités. Le réacteur devait être remis en exploitation début janvier. EDF indique aujourd’hui que « c’est bien trop tôt » pour se prononcer sur les « perspectives de Civaux 1 ». Et pour cause, ce type d’événement est inédit pour le parc nucléaire français. « C’est la première fois qu’on rencontre ce défaut sur ce dispositif », a indiqué Régis Clément. Un prolongement de son arrêt serait une bien mauvaise nouvelle pour le système électrique, qui s’apprête à passer un hiver particulièrement tendu, avec une disponibilité de seulement 45 GW attendue début janvier par le gestionnaire de réseau RTE.

Par Juliette Raynal, publié le 08 novembre 2022 à 15h57

Photo en titre : Crédits : Wikimédia Commons

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https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-tout-savoir-sur-la-fuite-inedite-qui-touche-le-reacteur-de-civaux-1-d-edf-939932.html

UN SOUS-MARIN NUCLÉAIRE LANCEUR D’ENGINS BRITANNIQUE CONTRAINT DE FAIRE SURFACE APRÈS UN DÉBUT D’INCENDIE À BORD

Depuis que sa composante aéroportée a été abandonnée, la dissuasion nucléaire britannique repose exclusivement sur les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins [SNLE] de la classe Vanguard, armés de missiles balistiques Trident et mis en œuvre par la Royal Navy dans le cadre de missions dites CASD [Continuous At Sea Deterrent].

Cela étant, ce format a fait l’objet de débats il y a quelques années. En effet, Gordon Brown, alors Premier ministre, avait dit envisager réduire à trois le nombre de SNLE. De quoi remettre en cause la permanence à la mer de la dissuasion britannique et donc sa crédibilité. Finalement, son successeur, David Cameron, ne s’engagea pas dans une telle voie… À raison, si l’on en juge par le contexte international actuel et… la mésaventure que vient de connaître le HMS Victorious.

Ainsi, selon une information du quotidien « The Sun », confirmée par le ministère britannique de la Défense [MoD] auprès du « Telegraph », le HMS Victorious a récemment été contraint de faire surface après un début d’incendie à son bord. Et cela, au risque de se faire repérer par les satellites russes.

« Un sous-marin nucléaire a été contraint d’interrompre sa mission après qu’un incendie s’est déclaré à bord », a en effet admis la Royal Navy. Celle-ci a précisé que le SNLE n’effectuait pas une mission « CASD » au moment de l’incident puisqu’il devait se rendre aux États-Unis « pour une série d’exercices ». Depuis, il est retourné à la base de Faslane [Écosse], où il devrait être immobilisé pendant quelques temps.

Selon les explications données au Telegraph, le feu aurait été causé par un court-circuit au niveau d’un module onduleur, qui convertit un courant continu en courant alternatif. Tous les membres de l’équipage, y compris ceux qui étaient au repos, ont été mobilisés pour combattre l’incendie et, surtout, pour s’assurer qu’aucun autre n’était sur le point de se déclarer.

Pour rappel, un SNLE de classe Vanguard affiche un déplacement de 15’900 tonnes pour une longueur de 149,90 mètres et un maître-bau de 12,80 mètres. Mis en œuvre par un équipage de 135 sous-mariniers, il emporte jusqu’à seize missiles nucléaires Trident 2D5 et douze torpilles de 533 mm. Admis au service en 1995, le HMS Victorious est le second de la série.

Par Laurent Lagneau, publié le 8 novembre 2022

http://www.opex360.com/2022/11/08/un-sous-marin-nucleaire-lanceur-dengins-britannique-contraint-de-faire-surface-apres-un-debut-dincendie-a-bord/

NDLR : la droitisation des pays européens de poursuit avec l’exemple de la Suède qui depuis quelques semaines a élu un gouvernement de droite en remplacement du précédent qui était social-démocrate depuis 2008. Entre autres résultats, un gouvernement antiféministe et pronucléaire (entre autres…).

BELGIQUE »INTOLÉRABLE DANS UNE CENTRALE NUCLÉAIRE »: L’AGENCE DE CONTRÔLE NUCLÉAIRE POINTE À NOUVEAU DES DÉFAILLANCES DANS LA CULTURE DE SÛRETÉ À TIHANGE

Si les incidents sont jugés mineurs, l’Agence fédérale de contrôle nucléaire estime que c’est « intolérable » dans une centrale nucléaire.

Plusieurs représentants de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) ont été auditionnés ce mardi à la Chambre, à la suite d’une demande des écologistes. Le député Samuel Cogolati (Écolo) avait réclamé cette audition, afin de faire la lumière sur l’arrêt inopiné de Tihange 3 intervenu le 3 octobre dernier.

Le député hutois soupçonnait que l’arrêt du réacteur soit lié à l’utilisation d’un GSM dans une zone non autorisée. Lors de l’audition de ce mardi, Frank Hardeman, le directeur de l’AFCN, a reconnu que des ondes électromagnétiques étaient “vraisemblablement” à l’origine de l’arrêt de Tihange 3.

Par ailleurs, au cours de cette audition, l’AFCN a, une nouvelle fois, pointé des manquements dans la culture de sûreté en vigueur à Tihange. “Nous avons encore constaté des incidents mineurs qu’il ne faut pas dramatiser, a déclaré Lut Vande Velde, directrice communication et information, de l’AFCN. Mais, pour nous, c’est intolérable dans une centrale nucléaire”.

À la suite de ces manquements, la centrale hutoise a été placée sous surveillance accrue. Cela signifie que les inspections de l’AFCN seront plus fréquentes, et que certaines activités seront suivies de plus près.

L’AFCN a rappelé que ce problème de culture de sûreté n’est pas neuf à Tihange. En effet, des manquements avaient déjà été identifiés en 2015-2016. Après la multiplication de petits incidents, l’AFCN avait déposé un premier “pro justitia” en août 2015, suivi d’un second en juin 2016. Faute de réaction suffisante de la part de l’exploitant nucléaire, Jan Bens, à l’époque directeur de l’AFCN, avait finalement contacté Isabelle Kocher, à l’époque présidente du conseil d’administration d’Electrabel. Finalement, Engie avait nommé Thierry Saegeman comme directeur des activités nucléaires d’Electrabel, afin de redresser la situation. Ce dernier est, depuis lors, devenu patron d’Electrabel.

Retour des incidents

Néanmoins, à en croire l’AFCN, tout n’est donc pas réglé à Tihange. Le système de surveillance accrue sera d’application jusqu’en février prochain, a fait savoir l’organe de contrôle. Cette procédure intervient quand l’installation ou la culture de sûreté ne sont pas à niveau. Lut Vande Velde a rappelé que changer la culture de sûreté peut prendre une génération. En effet, celle-ci dépend de comportements bien ancrés.

A priori, il ne s’est donc rien passé de gravissime à Tihange. C’est plutôt la résurgence d’incidents qui inquiète. “Une centrale nucléaire, ce n’est pas une biscuiterie”, a résumé Lut Vande Velde.

Par Laurent Lambrecht, publié le 08-11-2022 à 13h02, mis à jour le 08-11-2022 à 17h52

Photo en titre : Les inspections sont renforcées, a priori jusqu’au moins le mois de février. ©BELGAIMAGE

https://www.lalibre.be/economie/conjoncture/2022/11/08/la-centrale-nucleaire-de-tihange-fait-lobjet-dune-surveillance-accrue-7KKVXWMF2NGVPHVLEEGHM7AIWQ/

COTENTIN. LE COLLECTIF ANTI-PISCINE NUCLÉAIRE D’EDF PARTICIPE À UN DÉBAT PUBLIC À PARIS CE MARDI

Au cours de la soirée du mardi 8 novembre 2022, à Paris, une vingtaine de membres du collectif « Piscine nucléaire stop » participera à un débat public.

Au cours de la soirée du mardi 8 novembre 2022, à Paris, une vingtaine de membres du collectif « Piscine nucléaire stop » participera au débat public, qui aura pour thème « Avons-nous besoin d’un nouveau programme nucléaire ? ».

À lire aussi : Dans la Hague, le collectif anti-piscine nucléaire d’EDF ne relâche pas la pression

EDF, RTE et négaWatt à la tribune

À la tribune, on retrouvera EDF, RTE ou encore négaWatt. 

On parle souvent de nucléaire, mais on élude à chaque fois la question des déchets. Sur les dix réunions organisées, aucune n’a évoqué le sujet alors que cette problématique nous semble centrale quand il s’agit de l’avenir atomique de la France. (Guy Vastel, Membre du collectif « Piscine nucléaire stop »)

« De plus, dans le Nord-Cotentin, on peut dire que nous sommes plus que concernés par la question avec le projet de nouvelle piscine. »

Dès lors, ils entendent bien mettre cette problématique en avant et vont, d’ailleurs, donner un point presse à 18h30 avant le début du débat public, devant la Maison des Associations. Et en profiter pour rappeler que, selon eux, « ce débat public est un déni démocratique puisque toutes les décisions des sujets qui sont abordés sont prises en amont. »

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  • #Cotentin
  • #Nucléaire

Par Thibault Houlette (Mon actu, La Presse de la Manche) publié le 8 novembre 2022 à 14h30

Photo en titre : Ce mardi 8 novembre 2022, une vingtaine de membres du collectif font le déplacement à Paris. (©La Presse de la Manche)

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https://actu.fr/normandie/la-hague_50041/cotentin-le-collectif-anti-piscine-nucleaire-d-edf-participe-a-un-debat-public-a-paris-ce-mardi_55055607.html

NUCLÉAIRE: EDF VEUT « INDUSTRIALISER » LES TRAVAUX LIÉS AUX CORROSIONS

PARIS (Reuters) – EDF veut industrialiser et standardiser les travaux liés aux problèmes de corrosion détectés dans certaines centrales nucléaires afin de réduire les durées d’arrêts des réacteurs concernés, a déclaré mardi Régis Clément, directeur adjoint de la direction « production nucléaire » de l’électricien public.

Pénalisé par ces problèmes de corrosion et par des opérations de maintenance classiques sur son parc nucléaire, EDF est engagée dans une course contre la montre pour remettre en service un maximum de réacteurs et produire suffisamment d’électricité cet hiver dans un contexte de crise énergétique européenne.

Le groupe a cependant dû abaisser jeudi sa prévision de production nucléaire en France pour 2022 en raison de l’impact des grèves sur la maintenance de ses centrales et de l’allongement de la durée d’arrêt de quatre réacteurs pour des réparations liées aux corrosions.

EDF compte tirer les enseignements des contrôles et réparations déjà réalisés dans certaines centrales, notamment en remplaçant des tronçons complets de tuyauterie à chaque fois qu’il le faudra et non en procédant soudure par soudure comme il l’a fait dans certains cas.

Il veut également intégrer en 2023 à son plan de maintenance courante une nouvelle technologie de contrôle par ultrasons permettant de ne pas avoir à découper les tuyauteries.

« On est dans une phase où c’est l’industrialisation et la standardisation qui est la clé devant nous pour maîtriser l’impact [des corrosions] et faire progressivement rentrer le dossier dans les activités dites ‘courantes’ de maintenance qu’on va réaliser sur nos arrêts programmés« , a déclaré Régis Clément lors d’une conférence de presse.

« Les chantiers doivent faire l’objet d’un maximum de recopies, c’est-à-dire que les équipes industrielles engagées sur une réparation doivent avoir un schéma qui se reproduit de réacteur en réacteur. Ça permet d’être plus efficace et de réduire progressivement la durée des chantiers« , a-t-il ajouté.

« On est vraiment sorti d’une situation de traitement à chaud ou de crise, où on subissait au premier semestre – en fonction de l’avancée des expertises – les événements (…). Là, on a une stratégie. »

EDF a confirmé que 16 de ses 56 réacteurs étaient « sensibles ou fortement sensibles » au phénomène dit de « corrosion sous contrainte » – dont 10 sont en cours de traitement et seront tous réparés d’ici début 2023 -, tandis que 40 unités y sont « peu ou pas sensibles« .

Le groupe prévoit de contrôler six réacteurs supplémentaires en 2023, le reste du parc devant être inspecté en 2024 et 2025 lors d’arrêts programmés pour des maintenances classiques.

Il a précisé que 500 personnes étaient actuellement mobilisées pour procéder aux réparations, avec le renfort supplémentaire d’une centaine de soudeurs et tuyauteurs nord-américains.

Alors que seuls 30 réacteurs du parc français sont connectés au réseau mardi, EDF vise 42 unités disponibles en décembre et 46 en janvier pour répondre aux attentes du gouvernement et du gestionnaire des lignes à haute tension RTE en matière de production.

Reportage Benjamin Mallet ; édité par Sophie Louet, information fournie par Reuters et publiée le 08/11/2022 à 13h41

Photo en titre : Photo d’archives : La centrale nucléaire d’Électricité de France (EDF) à Belleville-sur-Loire

https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/nucleaire-edf-veut-industrialiser-les-travaux-lies-aux-corrosions-1e6bdaf36ed12a97f2d6dc9b2ae88a8d

RELANCE DU NUCLÉAIRE ET AMBITIONS CLIMATIQUES À LA BAISSE EN SUÈDE

Le nouveau gouvernement de droite aux manettes depuis quelques semaines promet la construction de nouveaux réacteurs nucléaires afin de faire face à la demande croissante d’électricité. Pour ce pays qui avait décidé de la fin de l’atome par référendum en 1980, c’est un revirement politique et stratégique majeur.

Le nucléaire représente toujours un tiers de la production d’électricité en Suède, même si le pays a fermé six centrales sur 12 en quelques décennies. Dans le programme du gouvernement, il est indiqué que l’entreprise énergétique Vattenfall, l’EDF suédois, doit « immédiatement planifier la construction de nouveaux réacteurs » pour répondre à des besoins en électricité en forte hausse, estimés à 300 Térawattheures en 2045, soit le double d’aujourd’hui.

À lire aussi  : La Suède incite ses habitants à faire des économies d’énergie

Des petits réacteurs modulaires pour remplacer les centrales

Pour cela, il va falloir changer la loi car, actuellement, il n’est pas possible de construire dans d’autres sites que ceux des six centrales restantes. Les réglementations, les procédures de permis de construire notamment, vont être grandement facilitées. La Suède a construit sa dernière centrale il y a 37 ans. Elle n’a plus les compétences nécessaires. Il va donc falloir soit former des ingénieurs -et cela ne se fait pas en un claquement de doigts-, soit faire appel à de la main-d’œuvre étrangère qu’elle soit américaine, française ou sud-coréenne.

La Suède a bien en tête le fiasco finlandais d’Olkiluoto 3, ce réacteur construit par le consortium Siemens-Areva, surpuissant puisqu’à lui seul, il doit couvrir 14% de la consommation finlandaise, mais qui a pris 13 ans de retard. Le budget a donc explosé. En outre, pour la énième fois, il est à l’arrêt alors qu’il avait été mis en service il y a quelques semaines.

La Suède se méfie donc des réacteurs conventionnels. Vattenfall a annoncé qu’elle lançait une étude qui doit durer un an pour évaluer l’intérêt des SMR, les petits réacteurs modulables, plus simples et rapides à construire, mais beaucoup moins puissants.

Des ambitions revues à la baisse

Considérée comme à l’avant-garde des questions environnementales, la Suède participe cette année à la COP27 avec des ambitions climatiques au rabais. Le nouveau gouvernement de droite a même supprimé le ministère de l’Environnement, devenu une sous-entité du ministère de l’Énergie, signe que la Suède se détourne d’un pan historique de sa politique. C’est la Suède qui la première, en 1967, avait proposé d’accueillir une conférence internationale des Nations unies sur le climat (celle-ci se tiendra en 1972) et qui fut aussi le premier pays à adopter une loi sur la protection de la nature.

À lire aussi : Ulf Kristersson, un équilibriste à la tête de la Suède

Le ministère de l’Environnement suédois existait depuis 1987, et l’objectif de neutralité carbone était visé d’ici à 2045. Cela semble compromis avec les mesures prévues dans le budget qui sera présenté ce 8 novembre 2022 au Parlement. Il prévoit une baisse des prix de l’énergie, des déductions fiscales pour les usagers de la voiture, des baisses de taxe sur le diesel utilisé par les machines agricoles et forestières, mais aussi, la réduction de la quantité de biocarburant minimum dans le mix diesel : une mesure qui à elle seule va faire augmenter les émissions de gaz à effet de serre de la Suède de plus de 10% selon l’Agence de l’Environnement suédoise.

Ces promesses de campagne sont populaires bien sûr puisqu’elles favorisent le pouvoir d’achat, mais néfastes pour l’environnement et pour les finances publiques : elles vont amputer les caisses de l’État suédois de 860 millions d’euros.

À lire aussi : Le paradoxe suédois: entre modèle et illusion climatique

Par RFI , avec notre correspondante à Stockholm, Carlotta Morteo, publié le 08/11/2022 à 11h13

Photo en titre : Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson lors d’une conférence de presse à la COP27 lundi 7 novembre 2022, à Charm el-Cheikh, en Égypte. AP – Thomas Hartwell

https://www.rfi.fr/fr/europe/20221108-relance-du-nucl%C3%A9aire-et-ambitions-climatiques-%C3%A0-la-baisse-en-su%C3%A8de

CRÉATION D’UNE DÉLÉGATION DE PROGRAMME INTERMINISTÉRIELLE AU NOUVEAU NUCLÉAIRE

Une délégation de programme interministérielle au nouveau nucléaire est créée, placée auprès de la Première ministre.

Elle aura pour mission d’assurer la supervision de la réalisation de programmes industriels de construction de nouveaux réacteurs électronucléaires en France, en lien et dans le respect des compétences des administrations concernées.

Cela impliquera, notamment, de coordonner, pour ce qui concerne l’ensemble du programme, les relations de l’État avec le maître d’ouvrage, les acteurs de la filière nucléaire, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, l’Autorité de sûreté nucléaire, la Commission de régulation de l’énergie et les collectivités territoriales d’implantation des nouveaux réacteurs.

Pour sa gestion administrative, la délégation de programme interministérielle au nouveau nucléaire relève du ministère de la transition énergétique.

Par Léna Jabre, dans : Textes officiels, TO parus au JO, publié le 08/11/2022

https://www.lagazettedescommunes.com/834672/creation-dune-delegation-de-programme-interministerielle-au-nouveau-nucleaire/

CIVAUX : UNE FUITE RADIOACTIVE DÉTECTÉE LORS D’UN ESSAI SOUS PRESSION DU CIRCUIT PRIMAIRE

Une fuite radioactive s’est manifestée lors d’un test d’étanchéité du circuit primaire de la tranche 1 de la centrale nucléaire de Civaux, mercredi 2 novembre 2022. La radioactivité a été contenue dans un local du bâtiment réacteur.

L’information n’avait pas été dévoilée jusqu’à ce jour : une fuite radioactive s’est manifestée lors d’un test d’étanchéité du circuit primaire de la tranche 1 au Centre nucléaire de production d’électricité de Civaux (CNPE) mercredi 2 novembre 2022, à 14 h.

L’eau radioactive contenue dans le bâtiment réacteur

La contamination radioactive a été contenue dans un local du bâtiment réacteur. Le service communication du CNPE de Civaux confirme l’information : « Il y a eu un aléa, une défaillance matérielle lors d’une épreuve d’étanchéité sous pression du circuit primaire à 206 bars, au lieu des 155 bars de pression nomimale d’exploitation. Alors que la pression atteignait 190 bars et la température 95°C, un dégagement de vapeur est survenu dans un local du bâtiment réacteur, la dépressurisation du circuit primaire a été constatée simultanément« , confirme Emmanuel Pedrono, responsable de la communication à EDF Civaux. 

« Pas de combustible nucléaire dans le réacteur lors de cette épreuve »

Selon la direction de la centrale, « aucun intervenant ne se trouvait à proximité, il n’y a eu ni blessé, ni personne contaminée. Aucune activité radiologique n’a été mesurée à l’extérieur des installations et il n’y a pas de combustible nucléaire dans le réacteur lors de cette épreuve. »

Pas de lien avec la corrosion sous contrainte

Cette fuite, « qui n’a aucun lien avec la corrosion sous contrainte » et « aucun impact sur la sûreté des installations« , selon la communication d’EDF, s’est produite à l’occasion de la visite décennale de la tranche 1. Des inspecteurs de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) étaient présents mais aucune mention de cet incident n’est visible sur le site Internet du « gendarme du nucléaire« .

Une information dévoilée la veille de la Cli

Cette information, découverte la veille d’une assemblée générale de la Commission locale d’information (Cli) de Civaux, devrait certainement alimenter les débats. Au nom de l’UFC Que choisir, Jeanne-Marie Granger, membre de la Cli, a déjà prévu de poser un certain nombre de questions pour connaître la localisation exacte de la fuite, le volume d’eau rejeté et la manière dont elle sera nettoyée. 

Par Xavier BENOIT , Journaliste, rédaction de Poitiers, publié le 07/11/2022 à 14h33, mis à jour le 07/11/2022 à 17h17

Photo en titre : Une des tours de la centrale de Civaux se reflétant dans la rivière Vienne, vue depuis la rive droite.
© Xavier Roche-Bayard

https://www.lanouvellerepublique.fr/vienne/commune/civaux/civaux-une-fuite-radioactive-detectee-lors-d-un-essai-sous-pression-du-circuit-primaire

À RENNES LE 8 NOVEMBRE, UNE SOIRÉE SUR LES SOLDATS EN ALGÉRIE ET LA BOMBE NUCLÉAIRE

Les réalisateurs Larchi Benchiha et Emmanuel Audrain ainsi que le général Henry-Jean-Fournier sont les invités d’une soirée organisée mardi 8 novembre 2022, aux archives départementales d’Ille-et-Vilaine.

C’est une nouvelle riche (et double) soirée que proposent les archives départementales d’Ille-et-Vilaine, mardi 8 novembre 2022, dans le cadre de l’année du soixantenaire des accords d’Évian mettant fin officiellement à la guerre d’Algérie et le début de son indépendance.

Dès 17 h 30, rendez-vous avec le général Henry-Jean Fournier, président et fondateur de l’association Soldis Algérie dont l’objet est de dresser la liste la plus complète des militaires français disparus, d’en publier le mémorial et d’élever un monument à leur mémoire. Suivra la projection de Retour en Algérie, en présence du réalisateur Emmanuel Audrain. Ce documentaire donne la parole à des Français qui ont eu 20 ans entre 1954 et 1962.

Larbi Benchiha, réalisateur du documentaire « L’Algérie, De Gaulle et la bombe ». | OUEST-FRANCE

La soirée se poursuivra à 20 h 30 avec la projection du documentaire de 52 minutes L’Algérie, De Gaulle et la bombe, en présence de son réalisateur. « Je suis né et j’ai grandi en Algérie. Je savais vaguement qu’une bombe nucléaire avait explosé dans le Sahara, c’est tout, se souvient le réalisateur Larbi Benchiha. En 2007, j’ai suivi pour France 3 des Bretons partis en Algérie pour participer à un colloque sur la bombe nucléaire. »

Le sujet le passionne et lui fait découvrir totalement l’histoire de la défense stratégique française. « On ne dit pas souvent que les essais nucléaires ont continué jusqu’en 1966, donc après les accords d’Évian, explique le réalisateur, et les activités militaires françaises jusque dans les années 1980. »

Mardi 8 novembre, à 17 h 30, à l’auditorium des archives départementales, 1, rue Jacques-Léonard, à Rennes. Première partie de soirée « Les soldats en Algérie » ; à 20 h 30, documentaire L’Algérie, De Gaulle et la bombe. Entrée libre et gratuite. Réservation conseillée par mail :

Par Ouest-France Pascal SIMON, publié le 06/11/2022 à 17h15

Photo en titre : Le réalisateur Larbi Benchiha et Jean-Michel Le Guennec, conseiller départemental délégué aux archives et au patrimoine, à la mémoire, aux relations avec le monde combattant. | OUEST-FRANCE

Écouter

https://www.ouest-france.fr/bretagne/rennes-35000/a-rennes-une-soiree-sur-les-soldats-en-algerie-et-la-bombe-nucleaire-b9863666-5dae-11ed-9cf9-ac215ad008b8

ANALYSE – LES SANCTIONS NE PARVIENNENT PAS À STOPPER L’ACCÉLÉRATION DES PROGRAMMES D’ARMEMENT DE LA CORÉE DU NORD

Les sanctions économiques, principal moyen utilisé par les États-Unis depuis des années pour tenter d’exercer une pression sur la Corée du Nord, ont échoué lamentablement à stopper ses programmes nucléaires et de missiles ou à ramener l’État reclus d’Asie du Nord-Est à la table des négociations.

Au lieu de cela, le programme de missiles balistiques de la Corée du Nord s’est renforcé et elle a procédé à un régime d’essais record de plusieurs types d’armes cette année – y compris de missiles balistiques intercontinentaux conçus pour atteindre le continent américain. On s’attend à ce qu’il mette bientôt fin à un moratoire de cinq ans qu’il s’est imposé sur les essais de bombes nucléaires.

Aujourd’hui, les décideurs américains et leurs prédécesseurs ne peuvent guère faire plus que de ramasser les débris et de chercher à déterminer ce qui a mal tourné, et qui pourrait être à blâmer.

« Nous avons eu un échec politique. C’est un échec politique générationnel« , a déclaré Joseph DeThomas, un ancien diplomate américain qui a travaillé sur les sanctions contre la Corée du Nord et l’Iran et a servi dans les administrations des présidents démocrates Bill Clinton et Barack Obama.

« Une génération entière de personnes a travaillé sur ce dossier. C’est un échec … alors d’accord, maintenant nous devons passer à l’étape suivante, trouver ce que nous faisons à ce sujet.« 

Les responsables de l’administration Biden concèdent que les sanctions n’ont pas réussi à arrêter les programmes d’armement de la Corée du Nord – mais ils maintiennent qu’elles ont au moins été efficaces pour ralentir le programme nucléaire de la Corée du Nord.

« Je ne suis pas d’accord avec l’idée que les sanctions ont échoué. Les sanctions n’ont pas réussi à arrêter leurs programmes – c’est absolument vrai« , a déclaré à Reuters un haut fonctionnaire de l’administration. « Mais je pense que si les sanctions n’existaient pas, (la Corée du Nord) serait beaucoup, beaucoup plus avancée, et beaucoup plus une menace pour ses voisins, pour la région et pour le monde. »

Le Département d’État, le Trésor américain et le Conseil national de sécurité de la Maison Blanche n’ont pas immédiatement répondu aux demandes de commentaires.

D’anciens fonctionnaires et des experts affirment que les sanctions n’ont jamais été imposées de manière assez robuste et pendant assez longtemps et accusent les ouvertures hésitantes des États-Unis envers la Corée du Nord ainsi que les pressions telles que la guerre de la Russie en Ukraine et les tensions entre les États-Unis et la Chine au sujet de Taïwan de les rendre inefficaces et faciles à contourner pour la Corée du Nord.

Le Conseil de sécurité de l’ONU interdit depuis longtemps à la Corée du Nord de procéder à des essais nucléaires et à des lancements de missiles balistiques.

Le Conseil de sécurité a imposé des sanctions à la Corée du Nord depuis 2006 afin d’étouffer le financement de ses programmes nucléaires et de missiles balistiques. Elles comprennent désormais des interdictions d’exportation de charbon, de fer, de plomb, de textiles et de fruits de mer, et un plafonnement des importations de pétrole brut et de produits pétroliers raffinés.

Cependant, les experts de l’ONU signalent régulièrement que la Corée du Nord contourne les sanctions et continue à développer ses programmes.

La Russie et la Chine ont soutenu le durcissement des sanctions après le dernier essai nucléaire de la Corée du Nord en 2017, mais on ignore quelles mesures de l’ONU – le cas échéant – elles pourraient accepter si Pyongyang procède à un autre essai nucléaire.

INFLUENCE DE LA CHINE ET DE LA RUSSIE

Le haut responsable de l’administration Biden a déclaré à Reuters que Washington pense que la Chine et la Russie ont des moyens de pression pour persuader la Corée du Nord de ne pas reprendre ses essais de bombes nucléaires. Mais l’administration Biden a accusé la Chine et la Russie de favoriser le leader nord-coréen Kim Jong Un.

Anthony Ruggiero, qui a dirigé les efforts de sanctions contre la Corée du Nord sous l’ancien président Donald Trump, a déclaré qu’elles n’ont été poursuivies avec assez de vigueur que de la dernière année de l’administration Obama au début de la deuxième année de Trump. Elles ont ensuite baissé dans l’espoir finalement vain de progrès dans les négociations du sommet entre Trump et Kim.

Certains critiques, comme l’expert en sanctions Joshua Stanton, reprochent aux administrations Trump et Biden de ne pas avoir exercé une pression maximale pour empêcher la Chine de permettre à la Corée du Nord d’échapper aux sanctions. Ils pointent du doigt la puissante option consistant à imposer des sanctions aux grandes banques chinoises qui ont facilité cela.

« Les sanctions que nous n’appliquons pas ne fonctionnent pas, et nous ne les appliquons plus depuis la mi-2018« , a déclaré Stanton, notant que l’histoire avait montré une corrélation entre une application plus forte et la volonté de la Corée du Nord de s’engager diplomatiquement.

« L’échec le plus significatif de l’administration Biden est son incapacité à poursuivre ou à pénaliser les banques chinoises dont nous savons qu’elles blanchissent l’argent de Kim Jong Un« , a-t-il ajouté.

Certains experts comme DeThomas affirment que le fait de prendre ce que certains appellent « l’option nucléaire » consistant à s’en prendre aux banques chinoises pourrait exclure d’énormes institutions chinoises du système financier international et avoir des conséquences catastrophiques non seulement pour les Chinois, mais aussi pour les économies américaine et mondiale – ce que Stanton considère comme non fondé.

« S’acharner sur les Chinois à propos de la Corée du Nord est toujours une possibilité, mais c’est une option à haut risque« , a déclaré M. DeThomas, estimant qu’une telle mesure devrait être réservée à un scénario encore plus pressant, tel que la dissuasion de tout mouvement de la Chine vers un soutien total à la guerre de la Russie en Ukraine.

« Vous voulez qu’ils pensent à cela. Et vous ne pouvez pas tirer cette arme deux fois« , a-t-il déclaré. « Et même si vous sanctionniez les banques chinoises, vous ne convaincriez pas les Nord-Coréens de changer.« 

Certains experts universitaires américains soutiennent que Washington devrait reconnaître la Corée du Nord pour ce qu’elle est – une puissance nucléaire qui ne va jamais désarmer – et utiliser l’allègement des sanctions pour inciter à un meilleur comportement.

« Je pense effectivement que nous pouvons acheter des choses autres que le désarmement avec notre influence économique« , a déclaré Jeffrey Lewis, expert en non-prolifération au Middlebury Institute of International Studies, lors d’une conférence à Ottawa cette semaine.

« Je pense que nous pouvons acheter des choses autres que le désarmement grâce à notre influence économique« , a déclaré Jeffrey Lewis, expert en non-prolifération au Middlebury Institute of International Studies, lors d’une conférence à Ottawa cette semaine.

Le haut responsable de l’administration Biden a déclaré que le maintien des sanctions n’était pas seulement punitif, mais que la communauté internationale devait montrer qu’elle était unie.

Il a rejeté l’idée que Washington devrait reconnaître la Corée du Nord comme un État doté de l’arme nucléaire.

« Il existe un consensus mondial extraordinairement fort … selon lequel la RPDC ne devrait pas, et ne doit pas, être une nation nucléaire« , a-t-il déclaré. « Aucun pays ne demande cela … les conséquences d’un changement de politique, je pense qu’elles seraient profondément négatives.« 

© Zonebourse avec Reuters 2022, publié le 04/11/2022 à 20h08

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Analyse-Les-sanctions-ne-parviennent-pas-a-stopper-l-acceleration-des-programmes-d-armement-de-la–42211351/

STAR DE 2022 : LE « NUCLÉAIRE » ATOMISE NOTRE QUOTIDIEN…

Civil ou militaire ? Tactique ou stratégique ? À des fins énergétiques ou résolument destructrices ? Avouez que nous n’avons que l’embarras du choix dans le flux de paroles qui y fait allusion depuis le début de l’année.

Jamais, ce terme, « nucléaire » aux implications si particulières, réservé d’ordinaire aux seuls initiés de la chose militaire et à ceux de la production d’énergie, un tantinet galvaudé par certains quant à sa réelle utilisation finale, n’aura été autant employé à bon ou à mauvais escient qu’en cette année de grâce 2022 !

Le nucléaire est très tendance, visiblement, dans certaines coteries politiques et l’on se demande si cette course à l’échalote effrénée prendra fin de manière définitive un jour ou l’autre. Peut-être en 2023 ? En tout cas, prions et espérons !

Jusque-là, nous ne retenions du nucléaire, le plus souvent en nos qualités d’être civilisés, que la définition pragmatique servant à qualifier les centrales énergétiques devant nous alimenter en électricité au quotidien.

C’est vrai avec ses 56 réacteurs, l’Hexagone détient le pompon de la présence nucléaire civile au niveau quantitatif sur le Vieux continent, même si les plus importantes infrastructures se situent plutôt à l’est, notamment en Ukraine avec le non moins célèbre site de Zaporijia, placé sous le feu nourri des projecteurs d’une actualité bouillonnante depuis plusieurs semaines.

6 000 ogives prêtes à être défouraillées vers les cibles de l’Occident…

Le feu nourri n’est pas une métaphore, par ailleurs, puisque c’est l’un des enjeux essentiels des Russes qui ont envahi le pays. Y compris en matière de hold-up des complexes structurels fabricants de l’énergie au nez et à la barbe de l’AEIA.

Les Russes ? Tiens, parlons-en ! Ils sont les champions du monde toute catégorie de la rhétorique vindicative actuelle autour du nucléaire et de son usage, loin d’être pacifique, on l’aura compris. L’utilisant à toutes les sauces, avec des conséquences très lourdes de menaces pour la sécurité de la planète.

Même si, sur un plan faussement diplomatique, Vladimir POUTINE n’emploie jamais ce terme dans sa frénésie guerrière et jusqu’au-boutiste à l’encontre de l’Occident dont il faut « désataniser » ses habitants, les Russes n’y vont pas avec le dos de la cuiller depuis le mois de février avec cette thématique jusque-là tabou. Il n’y a qu’à écouter les sbires de l’homme fort du Kremlin journellement pour le constater.

L’objectif est donc de faire peur. Évidemment, de dramatiser à outrance la situation. De montrer ses muscles d’humain viril en mettant en avant la puissante armada que l’Armée Rouge possède en la matière !

Près de 6 000 têtes nucléaires prêtes à être défouraillées à n’importe quel moment de la journée depuis un silo enfoui sur un pas de tir aux tréfonds du Caucase ou depuis un sous-marin naviguant en eaux troubles près des côtes bretonnes pour mieux anéantir ces « décadents » d’Occidentaux. Rien que cela !

« Si tu veux la paix, prépare la guerre… disait Jules CESAR…

De quoi pulvériser, si ces ogives étaient toutes expédiées en simultanée, la Terre, la Lune et peut-être le système solaire dans son intégralité ! Bref : un Vladimir POUTINE en véritable maître du monde – ce dont il rêve depuis si longtemps – avec son odieux chantage permanent et en prince de ces ténèbres qui ne manqueraient pas de recouvrir l’Univers d’un voile funeste si tel lui en prenait l’envie.

Car, ne l’oublions jamais – et c’est le principe charmant mais obligatoire de la dissuasion – les Occidentaux sont pourvus des mêmes moyens technologiques en matière d’armement, à la virgule près. Donc, gare à leurs réactions !  

Ce qui peut nous rassurer à bien des égards car depuis la fin du second conflit mondial, la paix sur la planète Terre n’a pu être préservée de manière internationale que grâce au nucléaire et à ses atomes dévastateurs.

L’humain ne s’est finalement contenté en guise d’exutoire que de « petits » conflits localisés dans des zones très précises pour tester ses capacités militaires et assouvir ses arrogances belliqueuses sans que cela ne mette en péril inéluctable la survie du globe.

On prête d’ailleurs  à Jules CÉSAR, la fameuse maxime latine : « si vis pacem, para bellum… » (Si tu veux la paix, prépare la guerre), tellement actuelle en ce XXIème siècle. Une phrase qui inspira, ironie du sort, le fameux fabricant d’armes allemand (DMW) qui repris l’un de ses éléments de langage pour en faire une marque déposée, se rapportant aux armes à feu et aux minutions sorties de ses usines, universellement reconnues, sous l’estampille « PARABELLUM » !

Un axe du « mal » autour de la propagande nucléaire…

Mais, ce désir de feu nucléaire que l’on nous promet tous les quatre matins depuis bientôt neuf mois – il suffit de voir ce que les télévisions russes d’État diffusent chaque soir à heure de grande écoute avec des propagandistes aussi grotesques les uns que les autres qui rivalisent ente eux de haine et d’âneries – s’il n’a pas encore été tiré, se propage à la vitesse de l’éclair dans d’autres endroits aussi chauds bouillants de la planète.

À commencer par l’allié inconditionnel de la Russie, la très hermétique Corée du Nord avec la voix « divine » de son leader Kim Jong-Un. Ou l’itinéraire d’un dictateur version enfant gâté, héritier de son grand-père et de son père – il s’est débarrassé en les faisant assassiner de son frère et de ses oncles –, qui ne cesse de jouer au personnage ubuesque du docteur « FOLAMOUR » en permanence depuis sa tour d’ivoire à Pyongyang avec ses généraux de paillettes !

Rien qu’au cours de cette dernière quinzaine, il aura balancé aux abords de la Corée du Sud et du Japon, jusqu’à survoler l’archipel à la grande peur de ses habitants tétanisés, la bagatelle d’une vingtaine de missiles balistiques qui pourraient potentiellement être chargés d’ogives atomiques.

Quant à l’Iran, autre état sympathique et tolérant à bien des égards pour les défenseurs de la liberté, de l’émancipation des femmes et de la démocratie, il vient de reconnaître, à date, la présence de ses drones meurtriers qui sont fournis à la Russie pour mieux tuer les civils Ukrainiens.

Un partenariat logique avec Moscou puisque tous les spécialistes s’accordent à dire que les Russes fournissent à l’heure actuelle tous les ingrédients nécessaires dont les mollahs ont besoin pour se doter, eux-aussi, de la…bombe A !

Bref, il serait grand temps que ces puissances arrêtent de jouer avec un feu infernal dont ils ne maîtriseraient pas les impacts réels en cas d’utilisation.

Et que leurs dirigeants ou leurs subordonnés de paille cessent de nous « irradier » continuellement avec cette logorrhée apocalyptique de mauvais aloi que les médias en boucle décortiquent du soir au matin et du matin au soir avec tant de délectation…

Par Thierry BRET, publié le 06 novembre 2022

Photo en titre : « C’est le terme star de l’année 2022 ! Le mot « nucléaire » nous est servi à toutes les sauces et à longueur de journées par une poignée de dirigeants autocratiques qui ne cessent de nous irradier avec leur logorrhée de l’Apocalypse. Un terme qui est devenu le fonds de commerce de tous les médias en boucle qui se noient dans leurs analyses contaminatrices… ». Crédits Photos : PIXABAY (Gerd ALTMANN, Sam WILLIAMS, Dr ST CLAIRE).

Par Thierry BRET, publié le 06 novembre 2022

Photo en titre :

https://presse-evasion.fr/index.php/component/k2/46-editorial/29834-star-de-2022-le-nucleaire-atomise-notre-quotidien

LES ÉTATS-UNIS ALERTENT SUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’ARSENAL NUCLÉAIRE CHINOIS À UN RYTHME « ÉPOUSTOUFLANT »

Au cours d’un rendez-vous entre professionnels des armées, le chef du nucléaire américain s’est inquiété de l’évolution rapide du programme nucléaire de la Chine, désigné comme problématique.

L’amiral Charles Richard s’est fait l’écho des inquiétudes du Pentagone en déclarant : « Peu importe la qualité de notre plan d’opération, de nos commandants ou de nos forces, nous n’en aurons pas assez » pour faire face à la concurrence chinoise. (Tang Ke / Costfoto/Sipa USA/SIPA)

« Si j’évalue notre niveau de dissuasion à l’égard de la Chine, le navire coule lentement. Il coule lentement, mais il coule, car fondamentalement, ils développent leurs capacités sur le terrain plus rapidement que nous », a concédé l’amiral Charles Richard, en charge du Commandement stratégique américain, qui supervise le programme d’armement nucléaire des États-Unis . Durant son discours prononcé lors du colloque annuel de la Ligue navale des Forces sous-marines, rapporté vendredi par CNN , ce garant de la défense du pays de l’oncle Sam s’est inquiété de l’évolution fulgurante des moyens militaires de l’empire du Milieu, et tout particulièrement de l’accroissement de son programme nucléaire. Charles Richard a qualifié cette production vive et intensive de « problème à court terme ».

« Au fur et à mesure que ces courbes (le développement de l’armement nucléaire chinois, ndlr.) progressent, peu importe la qualité de notre plan d’opération, de nos commandants ou de nos forces, nous n’en aurons pas assez. Et c’est un problème à très court terme », a prévenu Charles Richard, dont les commentaires ont été relayés par le ministère de la Défense américain.

1 000 ogives d’ici la fin de la décennie ?

L’année passée, en 2021, l’amiral Charles Richard avait une première fois tiré la sonnette d’alarme quant à cet essor éclair : « Nous assistons à une percée stratégique de la Chine. La croissance explosive et la modernisation de ses forces nucléaires et conventionnelles ne peuvent être que ce que je décris comme époustouflantes, et, franchement, ce mot époustouflant pourrait ne pas être suffisant. »

L’administration Biden n’a cessé de qualifier la Chine de principal concurrent mondial des États-Unis et de mettre en garde contre le développement de son programme militaire et nucléaire. Dans une série de documents stratégiques publiés par ministère de la Défense des États-Unis, fin octobre, il est noté que la Chine est en « capacité de défier systématiquement les États-Unis sur tous les plans : militaire, économique, technologique et diplomatique ». Il est également affirmé par le Nuclear Posture Review que le pays de Xi Jinping « a vraisemblablement l’intention de posséder au moins 1 000 ogives livrables d’ici la fin de la décennie ».

Par Élodie Falco, publié le 5 novembre 2022 à 09h01

Photo en titre : L’amiral Charles Richard s’est fait l’écho des inquiétudes du Pentagone en déclarant : « Peu importe la qualité de notre plan d’opération, de nos commandants ou de nos forces, nous n’en aurons pas assez » pour faire face à la concurrence chinoise. (Tang Ke / Costfoto/Sipa USA/SIPA)

https://www.lejdd.fr/International/les-etats-unis-alertent-sur-le-developpement-de-larsenal-nucleaire-chinois-a-un-rythme-epoustouflant-4145445

NDLR: article ne va pas dans le sens d’une limitation des armes nucléaires, bien au contraire! J’ai hésité à le publier mais je le publie tout de même pour ne pas censurer cette information/propagande. Il faut que vous sachiez que nous sommes entrés dans une ère de réarmement!

INDISPONIBILITÉS NUCLÉAIRES: EDF PRIÉ DE DÉBRIDER BARRAGES ET ÉOLIENNES

PARIS (awp/afp) – Le gouvernement français a demandé à EDF, et plus largement aux autres énergéticiens, de prendre des mesures pour débrider barrages et parcs éoliens afin de faciliter l’approvisionnement électrique du pays cet hiver, après l’annonce d’une indisponibilité prolongée de certains réacteurs nucléaires.

Dans un courrier au PDG d’EDF daté de vendredi, la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher lui demande « de tout mettre en œuvre pour dégager de nouvelles marges de manœuvre pour le passage de l’hiver« , ce qui « passe, notamment, par la maximisation de la production renouvelable de l’entreprise« .

Cela signifie augmenter « de manière anticipée la puissance des concessions hydroélectriques« , écrit-elle.

Le recours accru aux barrages était jusqu’ici limité notamment par l’existence d’une redevance s’appliquant aux exploitants en cas d’augmentation de puissance. Mais cette taxe doit disparaître à la faveur de la nouvelle loi de finances.

C’est aussi « la maximisation de la production renouvelable d’origine éolienne, qui nécessite pour EDF une expertise site par site des possibilités de débridage, en lien avec les services déconcentrés de l’État, qui ont la consigne d’instruire les éventuelles demandes de manière prioritaire« , ajoute la lettre adressée à Jean-Bernard Lévy.

Cette demande concerne, outre EDF, tous les exploitants, a-t-on précisé au ministère.

Le bridage des éoliennes est paramétré à l’avance, selon leur exposition, les seuils de vent… afin aussi de limiter certains impacts, sonores notamment. Le débridage et ses modalités seront décidés site par site, chaque parc ayant ses caractéristiques.

L’effort « passe enfin par l’accélération des projets renouvelables en cours de construction portés par EDF« , ajoute la ministre, en invitant à lui « signaler toutes les difficultés éventuelles dans ces projets« .

Pour EDF, cette lettre « s’inscrit dans une continuité d’échanges » avec le gouvernement en vue de l’hiver, et la question de l’augmentation de la production renouvelable « était déjà en cours d’instruction« , sans que l’on puisse encore à ce stade évaluer le volume d’électricité supplémentaire espéré là.

« On va apporter une réponse dans les meilleurs délais« , ajoute le groupe.

À ce jour, 26 réacteurs nucléaires sont à l’arrêt, pour maintenance mais aussi problèmes de corrosion, sur un parc de 56.

L’électricien national a annoncé jeudi un nouveau report de la date de reconnexion de quatre d’entre eux, et revu à la baisse son estimation de production nucléaire pour 2022, dans un contexte d’approvisionnement électrique et gazier déjà tendu.

Sur le front des renouvelables, le gouvernement compte aussi sur l’entrée en service complet du tout premier parc éolien offshore de France, face à Saint-Nazaire.

En outre, « les travaux portant sur la fiabilisation de notre capacité d’importation d’électricité, notamment d’Allemagne, devraient trouver une issue favorable très prochainement« , ajoute Mme Pannier-Runacher dans sa lettre.

Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz s’étaient accordés début septembre pour que la France livre davantage de gaz à l’Allemagne, celle-ci pouvant en retour fournir, si besoin, de l’électricité à son voisin.

Par cho/dga/rhl, publié le 05/11/2022 à 18h35, © AWP 2022

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Indisponibilites-nucleaires-EDF-prie-de-debrider-barrages-et-eoliennes-42214889/

NDLR : La priorité donnée au nucléaire et le retard français dans le développement des énergies renouvelables (par rapport aux engagements de nos gouvernements) vont se payer très cher !l

NUCLÉAIRE : L’INTERMINABLE SAGA DE L’EPR FINLANDAIS OLKILUOTO 3

Reportage – Alors que la mise en service commerciale du réacteur pressurisé européen était prévue début décembre, elle va devoir être reportée en raison d’anomalies constatées au niveau des turbines. Le chantier a désormais treize ans de retard.

Tout vient à point à qui sait attendre. Et, dans le cas de l’EPR finlandais, il a fallu patienter longuement. Très longuement. Au point que cela en devienne un sujet de plaisanterie dans les ministères à Helsinki, où on se demandait, sur le ton de la boutade, si le réacteur, bâti par le consortium Areva-Siemens, finirait un jour par produire de l’électricité. « J’ai été nommé responsable de l’énergie nucléaire au ministère de l’industrie en 2005. Le chantier venait de commencer et on m’avait dit qu’OL3 serait inauguré quatre ans plus tard », raconte Riku Huttunen, aujourd’hui directeur général du département de l’énergie au ministère de l’économie.

On peut donc imaginer le soulagement qui a accueilli cet instant, le 30 septembre, quand, pour la première fois, ses immenses turbines se sont mises à tourner à plein régime. Pendant quelques jours, OL3 est devenu le réacteur le plus puissant d’Europe et le troisième du monde, derrière ses homologues chinois de Taishan, avec une capacité de production de 1 650 mégawatts (MW), soit l’équivalent de 14 % de la consommation finlandaise.

Mais voilà : depuis la mi-octobre, il est de nouveau à l’arrêt et sa mise en service commerciale, annoncée pour début décembre, a été reportée. Selon l’opérateur Teollisuuden Voima Oyj (TVO), « des dommages ont été détectés dans les composants internes des pompes d’eau d’alimentation, situées sur l’îlot de la turbine, lors de travaux de maintenance et d’inspection ». Il s’agit de « fissures longues de plusieurs centimètres », dont l’origine est pour le moment inconnue, précise TVO, dans un communiqué publié le 27 octobre.

Travailleurs de la centrale nucléaire d’Olkiluoto devant le réacteur Olkiluoto 3, en Finlande, le 27 septembre 2022. ALESSANDRO RAMPAZZO PUR « LE MONDE »

Sur la péninsule d’Olkiluoto, à 270 kilomètres au nord-ouest d’Helsinki, pas question, pour autant, de se laisser abattre. À l’entrée du site, une phrase en anglais accueille le visiteur : « We did it ! »Nous l’avons fait ! »). La banderole a été déroulée sur le portail de sécurité le 12 mars, quand le réacteur a enfin pu être raccordé au réseau électrique finlandais. Trois mots qui expriment la satisfaction de voir cet énorme chantier, aux allures de gouffre financier, arriver enfin à son terme, avec treize ans de retard sur le calendrier.

Représailles

D’autant que le timing pouvait difficilement être meilleur. Dans la nuit du 13 au 14 mai, la Russie a coupé ses exportations d’électricité vers la Finlande, privant ses 5,5 millions d’habitants d’environ 1 000 MW, soit 10 % de leur consommation. Une mesure de représailles à l’encontre du pays nordique, qui partage 1 340 kilomètres de frontières avec son immense voisin russe, et qui a décidé, au printemps, d’adhérer à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN), après l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

Avec son flegme typiquement finlandais, Juha Poikola, porte-parole de TVO, s’amuse du changement d’atmosphère : « Pendant quinze ans, on a passé notre temps à expliquer pourquoi le réacteur ne produisait toujours pas d’électricité, alors qu’il devait être achevé en 2009, mais, aujourd’hui, on nous traite comme des héros. » Lors du raccordement d’Olkiluoto 3 au réseau national le 12 mars, le site Internet de l’opérateur a enregistré des records de fréquentation. Chaque jour, TVO reçoit des demandes du monde entier pour organiser des visites. Fin septembre, quatre sénateurs français, membres du groupe d’amitié France-Finlande, ont pu se rendre sur place.

Juha Poikola, directeur des relations publiques de Teollisuuden Voima Oyj, devant le nouveau réacteur nucléaire Olkiluoto 3, en Finlande, le 27 septembre 2022. ALESSANDRO RAMPAZZO PUR « LE MONDE »

Dans cette ultime phase de test de pleine puissance, la salle des commandes reste inaccessible. Le tour du propriétaire se limite donc à la salle des machines, un immense bâtiment, au sol blanc et aux parois recouvertes de tuyaux, où reposent, au centre, sur un axe de 67 mètres, les quatre turbines, abritées sous une coque bleu marine rutilante. Alimentées par la vapeur à 290 degrés produite par le réacteur voisin, elles tournent jusqu’à vingt-cinq fois par seconde, dans un vacarme assourdissant.

Près de vingt ans plus tard, à Paris comme à Helsinki, le constat est le même : le calendrier était beaucoup trop ambitieux

Depuis un an, c’est ici que la plupart des anomalies ont été constatées. Cet été, il a fallu interrompre le chantier pendant deux mois, à la suite de l’explosion d’une plaque, dans le collecteur de vapeur, qui a projeté des milliers de débris dans les turbines. Ces déconvenues en série n’étonnent pas M. Poikola : livrées en 2009 par l’allemand Siemens, les machines ont passé plus de dix ans, empaquetées en pièces détachées, à attendre que le réacteur nucléaire, construit par Areva juste à côté, soit fin prêt. « Si plus de trois mille tests ont pu être menés au niveau du réacteur nucléaire, il a fallu attendre qu’il produise de la vapeur pour tester les turbines », explique le porte-parole de TVO.

Quand l’électricien finlandais a choisi l’EPR d’Areva NP-Siemens à l’automne 2003, il s’est vu promettre le meilleur de ce que le secteur avait à offrir, en termes de sûreté et de puissance : un réacteur nouvelle génération, premier de série, que le consortium se proposait de livrer clés en main, pour 3,4 milliards d’euros, à l’horizon 2009, et qu’Areva espérait transformer en vitrine de son savoir-faire.

Près de vingt ans plus tard, à Paris comme à Helsinki, le constat est le même : le calendrier était beaucoup trop ambitieux. « C’était un nouvel objet technique, mais aussi un nouveau schéma industriel », rappelle Raphaël Boucher, ancien directeur adjoint des opérations d’Areva. Pour la première fois, le fleuron du nucléaire français s’est retrouvé seul maître d’œuvre (sans EDF) sur un chantier de réacteur. La Finlande, de son côté, n’a pas construit de réacteurs depuis les années 1980. Quant à la Stuk, le gendarme nucléaire, installé à Helsinki, « ses compétences étaient dans la surveillance des réacteurs en exercice, pas dans la construction de nouvelles installations », souligne Essi Vanhanen, responsable d’OL3 auprès de l’autorité finlandaise de sûreté.

Des ouvriers traversent la salle des turbines du réacteur nucléaire d’Olkiluoto 3. ALESSANDRO RAMPAZZO PUR « LE MONDE »   La turbine du réacteur nucléaire Olkiluoto 3. ALESSANDRO RAMPAZZO PUR « LE MONDE »

Dès le départ, les ennuis s’enchaînent. Le béton, utilisé pour couler la dalle qui doit soutenir le réacteur, est trop poreux. Dans un rapport d’enquête, publié à l’été 2006, la Stuk dénonce un changement dans sa composition et fustige « l’incompétence du constructeur ». Plus tard, des microfissures découvertes sur les tuyaux du circuit de refroidissement provoquent un nouvel arrêt du chantier. Puis ce sont des soudures défectueuses sur le « liner », la coque métallique qui protège le réacteur. Des trous sont détectés dans les conduits du circuit primaire de la centrale. Les travaux de tuyauterie du réacteur et d’installation électrique prennent plus de temps que prévu, de même que la conception du système d’automation…

« Rebâtir la confiance »

TVO reproche à son fournisseur de ne pas avoir finalisé le design avant le début du chantier. L’électricien finlandais en tire une leçon : « Quand nous avons commencé à travailler sur OL4 (projet abandonné depuis), nous avons décidé d’utiliser beaucoup d’argent sur la phase de planification avant le début de la construction, pour faire en sorte que tous les documents soient prêts », confie Juha Poikola.

De son côté, Areva reproche à TVO de se comporter en « client pur », sans s’investir dans la construction. A mesure que les retards s’accumulent, un bras de fer s’engage : Areva réclame 3,52 milliards d’euros de compensation à TVO, tandis que le finlandais lance une procédure d’arbitrage devant la chambre de commerce internationale de Londres et exige 2,6 milliards d’euros pour le retard du chantier. Le conflit ralentit encore les travaux : « Les réclamations, qui portaient sur des milliards, pouvaient mettre en danger la vie des deux entreprises, observe Raphaël Boucher. Ce climat a cristallisé les positions du point de vue opérationnel pendant un certain temps, même si en principe les deux aspects étaient séparés. »

Pasi Tuohimaa, responsable de la communication et des relations avec les entreprises chez Teollisuuden Voima Oyj, montre l’usine d’encapsulation, à Olkiluoto, le 27 septembre 2022. ALESSANDRO RAMPAZZO PUR « LE MONDE »  

 Une pièce de l’usine d’encapsulation d’Olkiluoto, le 27 septembre 2022. ALESSANDRO RAMPAZZO PUR « LE MONDE »

En mars 2018, enfin, un accord est signé. Il prévoit qu’Areva verse 450 millions d’euros de pénalités à TVO – qui devra lui-même débourser 150 millions d’euros – si le chantier est achevé en mai 2019. Dans l’hypothèse où les travaux se prolongent (ce qui a été le cas), la note s’alourdit de 400 millions d’euros pour le fournisseur devenu, en 2017, Areva SA – une structure créée pour gérer le cas OL3, au moment du démantèlement d’Areva.

« Il a fallu repartir de zéro, rebâtir la confiance », relate M. Boucher. Depuis le chargement du combustible en mars 2021, les relations se sont considérablement améliorées, assure-t-on des deux côtés. Un partenariat a même été signé pour faire intervenir des ingénieurs d’EDF dans la phase de démarrage d’OL3, leur permettant d’acquérir une expérience qui pourra être mise à profit sur le chantier de Flamanville.

«  De gros risques financiers »

Pour TVO, la note est salée : 5,7 milliards d’euros, au lieu des 3,4 milliards initialement prévus, sans compter le manque à gagner en matière d’électricité non produite pendant treize ans et les intérêts de la dette souscrite par le groupe. Le coût final d’OL3 n’a pas été révélé, mais le rapport 2019 sur l’énergie nucléaire mondiale mentionnait 11 milliards d’euros. Face à la hausse des prix de l’électricité – de 28 euros le mégawattheure en 2020 à bien plus de 100 euros en 2022 en Finlande –, la rentabilité du réacteur s’annonce meilleure que prévu. Mais « cela reste un projet extrêmement coûteux, avec de gros risques financiers », constate M. Poikola.

Après l’abandon d’OL4 en 2019, un autre acteur finlandais de l’énergie, le consortium Fennovoima, a annoncé en mai qu’il renonçait à son projet de réacteur sur la péninsule de Hanhikivi, à l’ouest de la Finlande, commandé au russe Rosatom. Malgré ces déboires, pourtant, les Finlandais continuent de plébisciter l’atome, y compris les écologistes, qui y voient un outil pour atteindre les objectifs fixés par Helsinki, déterminé à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2035, puis un bilan carbone négatif à l’horizon 2040.

Bâtiment des ouvriers de la centrale nucléaire d’Olkiluoto, en Finlande, le 27 septembre 2022. ALESSANDRO RAMPAZZO PUR « LE MONDE »

Mais plus que des mastodontes tels qu’OL3, présenté par TVO comme « la plus importante action pour le climat en Finlande », le pays s’intéresse aux petits réacteurs modulaires, d’une puissance de 10 MW à 300 MW, moins coûteux et qui pourront remplacer des centrales de cogénération, alimentées par des combustibles fossiles, tels que le gaz, le charbon et la tourbe.

Si les Finlandais sont aussi positifs, c’est en partie grâce à Onkalo, selon Riku Huttunen, au ministère de l’économie : situé à une dizaine de kilomètres de la centrale d’Olkiluoto, ce site d’enfouissement, à plus de 400 mètres sous terre, va accueillir les premiers déchets nucléaires en 2025. Un projet soutenu par les habitants dans la région et financé par un fonds, alimenté par les opérateurs de centrale depuis 1988, doté actuellement de 2,7 milliards d’euros.

Par Anne-Françoise Hivert (Olkiluoto, Finlande, envoyée spéciale), publié le 04 novembre 2022 à 03h30, mis à jour le 04 novembre 2022 à 07h08

Photo en titre : Alessandro Rampazzo pour « LE MONDE »

https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/11/04/nucleaire-l-interminable-saga-de-l-epr-finlandais-olkiluoto-3_6148419_3234.html

DEUX RÉACTEURS EDF DE PLUS SOUFFRENT DE PROBLÈMES DE CORROSION, SELON LA PRESSE

PARIS (Reuters) – Deux réacteurs nucléaires d’EDF supplémentaires sont affectés par les problèmes de corrosion qui réduisent depuis plusieurs mois la production d’électricité du groupe, rapporte vendredi franceinfo en citant le groupe public.

Les réacteurs Penly 2, en Seine-Maritime, et Cattenom 3, en Moselle, étaient déjà à l’arrêt pour des contrôles, précise l’article.

EDF s’est refusée à tout commentaire dans l’immédiat.

Reportage Tassilo Hummel, version française Marc Angrand, édité par Kate Entringer, publié le 04/11/2022 à 18h14

© Reuters 2022

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/Deux-reacteurs-EDF-de-plus-souffrent-de-problemes-de-corrosion-selon-presse-42210762/

EDF ANNONCE LE RACHAT D’ICI À LA FIN 2023 DES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES DE GE STEAM POWER

PARIS (Agefi-Dow Jones)–L’électricien public EDF a annoncé vendredi avoir signé un accord définitif avec General Electric pour l’acquisition des activités nucléaires de GE Steam Power.

L’opération devrait être finalisée au second semestre 2023, sous réserve de l’obtention des autorisations réglementaires requises, a précisé le groupe.

Dans le cadre de la relance de la filière nucléaire annoncée par Emmanuel Macron, EDF et GE avaient ouvert en février des discussions exclusives afin de ramener certaines briques technologiques dans le giron français, sept ans après la cession à General Electric de la branche énergie d’Alstom.

L’accord signé vendredi porte sur des équipements clés pour les nouvelles centrales nucléaires, dont les turbines Arabelle, ainsi que sur la maintenance et les mises à niveau des équipements des centrales nucléaires existantes hors Amériques.

« Cette transaction permettra au groupe EDF de maitriser les technologies et les compétences relatives à l’ilot conventionnel des centrales nucléaires, essentielles pour la pérennité du parc nucléaire existant et les futurs projets« , a indiqué EDF dans un communiqué.

Les turbines à vapeur de GE Steam Power peuvent notamment équiper les réacteurs de technologie EPR et EPR2 (European Pressurized Reactor) ainsi que les SMR (Small Modular Reactor), a ajouté le groupe.

Par François Schott, (Agefi-Dow Jones; 01 41 27 47 92; , ed: VLV), Agefi-Dow Jones (The financial newswire, Dow Jones Newswires), publié le 04/11/2022 à 18h34

Photo en titre: Une turbine à l’unité de production de turbines à gaz de l’usine de General Electric à Belfort, le 24 juin 2014. | VINCENT KESSLER / ARCHIVES REUTERS

https://www.zonebourse.com/cours/action/ELECTRICITE-DE-FRANCE-4998/actualite/EDF-annonce-le-rachat-d-ici-a-la-fin-2023-des-activites-nucleaires-de-GE-Steam-Power-42210881/

RELANCE DU NUCLÉAIRE : UN MIRAGE RÉPÉTANT LES ERREURS DU PASSÉ

Le gouvernement, pris de panique dans les crises énergétiques actuelles, a sorti de son chapeau fin septembre un projet de loi pour accélérer la relance du nucléaire. Une relance qui rencontre bien des obstacles, malgré une volonté politique presque dogmatique.

En ces temps de sobriété énergétique de plus en plus contrainte du fait de l’inflation, d’un hiver à haut risque pour le réseau électrique à cause de nombreux réacteurs nucléaires à l’arrêt, de préparation d’une loi visant à massifier l’utilisation des énergies renouvelables, est-ce vraiment le moment de lancer la construction de nouveaux réacteurs qui ne répondent pas à l’urgence actuelle et détournent l’attention des vraies solutions ?

Saisi le 26 septembre pour une consultation en urgence, le Conseil National de la Transition Écologique (CNTE), dans lequel les Amis de la Terre France sont représentés, a dû rendre un avis en urgence. Avec d’autres ONGs dont le Réseau Action Climat, nous avions boycotté le CNTE du 5 octobre, en protestation contre ces délais intenables imposés.

Ce projet de loi est clairement un passage en force sur le droit de l’environnement, de la mer, de l’urbanisme, de l’énergie. Il vise, par une série de dérogations et sous couvert d’un supposé « intérêt général », à placer la filière nucléaire au-dessus des lois et des concertations démocratiques. Cela n’est malheureusement pas nouveau : Cigéo/Bure, ITER, rejets d’eau chaude dans les fleuves, etc.

Alors que la construction de l’EPR de Flamanville est un véritable fiasco technique et financier (19,1 milliards d’euros selon la Cour des comptes en 2020, contre 3,3 milliards annoncés en 2006), sans parler des délais de mise en service sans cesse repoussés, l’État veut préparer la construction de 6 à 14 réacteurs nucléaires de type EPR 2 d’ici 2050.

  • Avec quel argent ? Les dizaines de milliards qui devraient soutenir la rénovation des bâtiments ?
  • Avec quels moyens humains ? Des ingénieur·es qui fuient la filière nucléaire ? Des soudeurs qui ont presque disparu ?
  • Avec quelles entreprises ? EDF, qui traverse une crise historique et dont la dette abyssale serait épongée par l’État, alors qu’Emmanuel Macron vient de faire tomber son ancien PDG Jean-Bernard Lévy ? Orano (ex-Areva), ruiné par l’EPR finlandais ? Les géants du BTP, tels que Vinci, Bouygues et Eiffage qui doivent déjà s’en frotter les mains ?
  • Avec quels matériaux ? Du béton, des métaux, des composants électroniques convoités par bien des secteurs d’activités.
  • Avec quel combustible ? De l’uranium 100 % importé et pourtant fer de lance de la fameuse « indépendance énergétique » !
  • Et tout cela dans quels délais ? Une première mise en service en 2040 ?

La Commission Nationale du Débat Public (CNDP) vient de lancer le 27 octobre un débat de 4 mois sur la construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires. Il est intéressant d’observer le calendrier proposé : une loi d’urgence pour accélérer le projet et un « débat » en parallèle pour faire participer les citoyen·nes.

Nous restons fermement opposés à la prolongation du parc nucléaire actuel et à la construction de tout nouveau réacteur.

Pour de nombreuses organisations et individus, ce modèle centralisé et anti-démocratique est dépassé. Il étouffe depuis trop longtemps les politiques d’efficacité énergétique, de sobriété et le développement des énergies renouvelables. Le nucléaire représente le mythe de l’énergie illimitée et peu chère, croyance aveugle, qui, avec celle en les énergies fossiles, a conduit l’Humanité à ce point de non-retour.

Malgré le réchauffement climatique et les crises énergétiques actuelles, le nucléaire n’est pas une solution. Au contraire, il fait partie du problème avec ses déchets nucléaires à gérer, le risque d’un accident majeur, sa vulnérabilité face aux canicules, à la montée des eaux, aux attentats terroristes et aux guerres (la guerre en Ukraine en est un exemple criant).

Il est temps de se tourner résolument et avec enthousiasme vers les seules solutions permettant de maintenir les conditions de vie sur Terre : la sobriété, l’efficacité énergétique et des sources d’énergies 100 % renouvelables !

Des scénarios de transition (négaWatt, Ademe, RTE…) ont démontré que cela est réalisable. Il ne manque que le courage politique.

Par Les Amis de la Terre France, publié le 4 novembre 2022

https://www.amisdelaterre.org/relance-nucleaire-mirage-repetant-erreurs-passe/

GUERRE EN UKRAINE, DISSUASION NUCLÉAIRE ET DÉMOCRATIE : LETTRE OUVERTE AUX DÉPUTÉS ET SÉNATEURS

Mesdames, Messieurs,

Vous ouvrez votre session parlementaire par un débat sur la guerre en Ukraine. À deux doigts de la guerre atomique, c’est en effet une urgence. Mais à quoi bon en débattre, si ce n’est pas pour lui trouver une solution rationnelle et commencer par regarder les choses en face ? Cette guerre apparemment inattendue, « impensable » dit-on, est le résultat insensé, et pourtant parfaitement logique et prévisible, d’une politique internationale absurde et criminelle, poursuivie depuis des décennies par la France et les autres États dotés d’armes nucléaires. Cette politique censée garantir la paix par « l’équilibre de la terreur » a définitivement fait faillite. Il faut le reconnaître et le dire pour pouvoir en changer.

Que la politique dite de « dissuasion nucléaire » soit criminelle, c’est une évidence, déjà formulée par l’Assemblée générale de l’Onu dans sa résolution 1653-XVI du 24 novembre 1961 : « tout État qui emploie des armes nucléaires et thermonucléaires doit être considéré comme violant la Charte des Nations Unies, agissant au mépris des lois de l’Humanité et commettant un crime contre l’Humanité et la civilisation« .

Les armes nucléaires sont, pour plusieurs raisons qu’il est inutile de détailler, des armes de crime contre l’humanité. C’est pourquoi la Cour Internationale de Justice, dans son Avis consultatif du 8 juillet 1996, a jugé à l’unanimité que, au vu du droit humanitaire, du droit de la guerre, de l’article 6 du Traité sur la Non-Prolifération des armes nucléaires (TNP) et du droit coutumier, « il existe une obligation de poursuivre de bonne foi et de mener à terme des négociations conduisant au désarmement nucléaire dans tous ses aspects, sous un contrôle international strict et efficace« . Il est plus que temps de se plier à cette obligation. Elle est restée à ce jour lettre morte, et la guerre en Ukraine en est la conséquence directe.

Que cette politique soit absurde, c’est une autre évidence. Il est en effet

. illogique de défendre les valeurs républicaines, dont la fraternité, et les droits de l’Homme, dont le droit à la vie, en menaçant de commettre des massacres ;

. illogique de lier les « intérêts vitaux » de notre pays à l’emploi d’armes virtuellement suicidaires contre un pays qui en aurait -qui en a- aussi ;

. illogique de prétendre garantir sa sécurité par ces armes, tout en les interdisant aux autres ;

. illogique d’encourager ainsi leur prolifération, tout en prétendant la combattre ;

. illogique d’interdire les armes de destruction massive biologiques et chimiques et de se les autoriser lorsqu’elles sont atomiques ;

. illogique de les dire « seulement dissuasives, donc de non-emploi » car pour les rendre dissuasives, il faut être prêt à s’en servir pour de bon (comme le sait M. Poutine) ;

. illogique de vouloir faire des économies et de gaspiller des milliards dans des engins qui ne nous protègent ni des terroristes, ni des autres États nucléaires, ni bien entendu du dérèglement climatique, et ne font que préparer la catastrophe.

La guerre en Ukraine est le produit insensé de tous ces non-sens. Les armes nucléaires de l’OTAN n’ont pas empêché le chef de la Russie d’attaquer l’Ukraine ; il les a au contraire invoquées pour justifier son agression, puis il s’est servi des siennes pour dissuader les pays de l’OTAN d’intervenir aux côtés du pays agressé, et enfin pour « sanctuariser » ses annexions de territoires occupés. Ainsi, la supposée « dissuasion nucléaire » de l’Occident s’est retournée contre nous. Elle dissuade seulement le ou les dirigeants qui veulent bien se laisser dissuader, et à ce jeu, les humanistes et les pacifistes (ou présumés tels) sont perdants.

Quant à la dissuasion française, qui ne pèse guère dans le bras de fer en cours, à quoi servira-t-elle si Vladimir Poutine, considérant la livraison aux Ukrainiens de pièces d’artillerie très efficaces comme un acte de co-belligérance , décide par exemple d’envoyer un missile nucléaire hypervéloce sur notre base sous-marine de l’Île Longue, et d’autres (ou le même par Mirvage) sur Brest, Nantes, Rouen, et bien sûr La Hague et Flamanville, superbes cibles civiles offertes à sa vindicte ? Est-ce qu’une riposte sur Moscou incitera le maître du Kremlin à cesser le feu et rendre les armes ? Ne risque-t-il pas plutôt de vitrifier Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Marseille ?

Admettez, Mesdames et Messieurs les députés et sénateurs, que la menace de destruction mutuelle ne nous protège de rien du tout, mais tend plutôt à attirer la foudre sur le bas peuple, que vous représentez. Certes, le président de la République, bien à l’abri du PC Jupiter à 70 mètres sous l’Élysée (à supposer qu’il ait le temps de s’y abriter pour en faire partir ses ordres de massacre) y survivra au moins pour quelques jours, de même que M. Poutine au Kremlin. Mais vous ? Mais nous ? Serons-nous épargnés par cette boucherie ? L’arme nucléaire est, par excellence, l’arme des dictateurs, l’arme des tout-puissants. Ils sont les seuls à décider pour tout le monde et les seuls qu’elle épargne… provisoirement.

Les Français, vos électeurs, ne sont pas dupes. En dépit de l’enthousiasme cocardier auquel ils ont été soumis depuis le 13 février 1960 (succès de l’essai « Gerboise Bleue » : « Hourra pour la France ! Depuis ce matin elle est plus forte et plus fière« , télégramme du général de Gaulle), en dépit de la connivence de tous les candidats aux élections présidentielles, en dépit de l’omerta maintenue sur le sujet par la plupart des médias depuis des décennies, en dépit enfin du contexte géopolitique hautement propice aux discours militaristes, 7 Français sur 10 continuent à vouloir que la France s’engage pour l’abolition des armes nucléaires, et à vouloir être consultés par référendum, d’après un sondage de l’IFOP réalisé les 20 et 21 septembre 2022, alors même que M. Poutine nous menaçait de ses foudres nucléaires. (Cf. PJ)

Ouvrir des négociations sur un désarmement nucléaire multilatéral sera indispensable à l’issue de la guerre en Ukraine si celle-ci ne dégénère pas en Armageddon, pour éviter que le cas ne se reproduise à l’avenir. Mais ce pourrait être aussi et d’abord un moyen de mettre un terme à cette guerre, non pas en cédant aux prétentions indues de Vladimir Poutine, mais en lui permettant de sauver la face tout en se retirant d’Ukraine. Il pourrait renoncer à ses annexions par la force en échange d’un renoncement de tous les États à leurs armes nucléaires, donc aussi de l’OTAN à ses menaces contre la Russie, et d’un retour de la Russie dans la communauté des nations respectueuses du droit international, respectables et respectées. Cette ouverture à un tel « bargain » existe. Le 29 septembre, la Russie s’est déclarée « prête à discuter avec les USA d’une relance du traité nucléaire New-Start » (dépêche Reuters). C’est peut-être l’amorce d’une nouvelle attitude.

Si vous êtes de sincères démocrates, Mesdames et Messieurs les députés et sénateurs, vous devriez signer la proposition de loi ci-jointe, visant à organiser un référendum sur la question :

« Approuvez-vous que la France participe à l’abolition des armes nucléaires et radioactives et engage avec l’ensemble des États concernés des négociations visant à établir, ratifier et appliquer un traité d’interdiction et d’élimination complète des armes nucléaires et radioactives, sous un contrôle mutuel et international strict et efficace ? « 

Cette décision vous appartient. Prenez-la en votre âme et conscience, sans vous laisser influencer par les médiocres calculs politiciens ou les consignes partisanes. De votre décision dépendent pour une part l’issue de la guerre en Ukraine et l’avenir de la planète. Et bien sûr, de la France et des Français.

Par Jean-Marie Matagne, Docteur en Philosophie, Président d’ACDN, Saintes, publié le 2 octobre 2022

P.J. (accessibles en allant sur le site d’ACDN , voir l’adresse ci-dessous)

Sondage IFOP : Les Français et la participation de la France à l’abolition des armes nucléaires et radioactives

Le sondage IFOP des 20 et 21 septembre 2022

Proposition de Loi référendaire

Formulaire de soutien à la Proposition de Loi référendaire à retourner rempli à et par la poste à : ACDN, 31 Rue du Cormier 17100 Saintes

La guerre en Ukraine, faillite de la dissuasion nucléaire

Publié le 2 octobre 2022

https://www.acdn.net/spip/spip.php?article1309&lang=fr

LE REDÉMARRAGE DU RÉACTEUR NUMÉRO 1 EST DE NOUVEAU REPORTÉ À LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHOOZ

Quatre réacteurs concernés par les problèmes de corrosion redémarreront plus tard que prévus, a annoncé EDF dans un communiqué publié ce jeudi 3 novembre. Il s’agit des réacteurs de Cattenom 1 et 3, de Penly 2 et de Chooz 1.

Voilà plus d’un an maintenant qu’un premier problème de corrosion a été détecté sur les tuyaux du circuit de sécurité qui servent à refroidir le cœur du réacteur de la centrale nucléaire de Civaux, entraînant une campagne d’inspection et de travaux dans toute la France. Jusqu’à 32 des 56 réacteurs du parc nucléaire français se sont simultanément retrouvés arrêtés cet été. 

Du retard à l’allumage

Dans sa dernière note d’information datant du 3 novembre, EDF annonce que les travaux de réparation sont terminés dans six réacteurs (Tricastin 3, Cattenom 4, Bugey 4, Chinon B3, Civaux 1 et Flamanville 2). 

D’autres doivent commencer sur les réacteurs de Cattenom 1 et 3 et de Penly 2. Les chantiers se poursuivent sur les réacteurs de Penly 1, Civaux 2, Chooz 1 et 2.

À lire aussi : Nucléaire : pourquoi l’ASN ne garantit pas un redémarrage des réacteurs du Grand Est d’ici l’hiver (Le 20/09/2022 à 12:15)

Pour la centrale ardennaise de Chooz, le redémarrage du réacteur numéro 1 est donc de nouveau reporté. Initialement programmée le 11 février 2022, puis le 13 novembre, l’échéance est finalement repoussée au 29 janvier 2023. EDF explique le retard par « l’extension du périmètre des travaux et la réalisation de contrôles supplémentaires« . 

Quant au réacteur numéro 2 de la centrale de Chooz, son redémarrage initialement fixé le 20 avril 2022, reste prévu pour le 11 décembre prochain. 

Moins d’électricité produite

Conséquence de ces opérations, dans un contexte où l’approvisionnement en électricité est déjà rendue difficile par la guerre en Ukraine et les conflits sociaux de l’automne 2022 au sein des centrales, EDF a révisé à la baisse son estimation de production nucléaire pour 2022 : de 280 à 300 térawatts-heure à 275 à 285 térawatts-heure, soit une baisse de 3,45 %. 

Par Alexandre Blanc, (France Bleu Champagne-Ardenne , France Bleu), publié le vendredi 4 novembre 2022 à 11h59

Photo en titre : Centrale nucléaire de Chooz © Radio France – Alexandre Blanc

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/le-redemarrage-du-reacteur-numero-1-est-de-nouveau-reporte-a-la-centrale-nucleaire-de-chooz-1667559547

DES RETARDS DANS LE REDÉMARRAGE D’UNE CENTRALE NUCLÉAIRE BULGARE APRÈS UN ACCIDENT

Un accident dans le système de refroidissement a entraîné l’arrêt forcé de l’unité VI de la centrale nucléaire de Kozloduy — l’un des deux réacteurs nucléaires en fonctionnement — le 29 octobre dernier. Les autorités bulgares ont d’abord annoncé que le redémarrage aurait lieu un jour plus tard avant de le reporter au 3 puis au 7 novembre.

La nouvelle date de redémarrage est fixée au 7 novembre à 22 heures, soit neuf jours après l’accident, bien que certaines sources estiment que la mise en service pourrait prendre encore plus de temps.

Le ministre bulgare de l’Énergie, Rosen Hristov, a visité la centrale nucléaire mardi et a annoncé qu’« après de nombreux tests effectués, toutes les analyses indiquent qu’il s’agit d’un problème technique qui est en train d’être résolu ».

« La cause du problème est en cours d’analyse, et tant que ce problème ne sera pas résolu, l’unité ne sera pas redémarrée », a ajouté le ministre de l’Énergie, qui affirme que c’est la première fois qu’un tel dysfonctionnement se produit dans une partie du réacteur réparée récemment.

Jusqu’à présent, la raison invoquée pour expliquer ce problème est une fuite d’hydrogène dans le système de refroidissement, sans plus d’informations.

Les autorités bulgares assurent que la situation ne présente aucun risque pour la santé, mais l’accident entraîne un énorme manque à gagner pour l’État. Avec un prix moyen de l’électricité à la bourse bulgare qui atteignait les 175 €/MWh la semaine dernière, la perte est estimée à 4,2 millions d’euros par jour.

La centrale nucléaire bulgare compte deux réacteurs nucléaires russes en service, d’une capacité totale d’un peu plus de 2 000 MW. Ils ont été construits en 1987 et 1991, respectivement, et sont de type soviétique VVER-1000.

La Bulgarie possède deux réacteurs nucléaires en fonctionnement qui produisent environ 30 % de son électricité. Le pays est le plus grand exportateur d’électricité des Balkans et le troisième exportateur net de l’Union européenne cette année. Les puissances du pays sont essentielles pour soutenir les systèmes énergétiques des pays voisins.

Récemment, Sofia a annoncé un marché public pour les fournisseurs occidentaux de combustible nucléaire, l’américain Westinghouse et le français Framatome ayant manifesté un certain intérêt pour un tel marché.

Ces deux entreprises ont déjà fourni du combustible pour des réacteurs similaires auparavant. À présent, une procédure concurrentielle est attendue.

Par Krassen Nikolov, (EURACTIV Bulgarie), traduction Anne-Sophie Gayet, publié le 04 novembre 2022 à 7h43, mis à jour à 8h11

Photo en titre : La nouvelle date de redémarrage est fixée au 7 novembre à 22 heures, soit neuf jours après l’accident, bien que certaines sources estiment que la mise en service pourrait prendre encore plus de temps. [shutterstock/Bojan Spasovski]

https://www.euractiv.fr/section/energie/news/des-retards-dans-le-redemarrage-dune-centrale-nucleaire-bulgare-apres-un-accident/

LE REDÉMARRAGE DE DEUX RÉACTEURS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM RETARDÉ

Les réacteurs 1 et 3 de la centrale nucléaire de Cattenom voient leur redémarrage repoussé de plusieurs semaines à cause de problèmes de corrosion et du mouvement de grève qui a touché le site en octobre.

La centrale nucléaire de Cattenom attendra encore avant de tourner à plein régime. Actuellement à l’arrêt pour maintenance, les réacteurs 1 et 3 devaient redémarrer respectivement les 17 novembre et 11 décembre prochain. Leur reprise est repoussée par EDF au 26 février 2023. Ce retard concerne d’autres centrales, dont Chooz dans le Grand Est.

Problème de soudures

Selon l’ASN (Autorité de sureté nucléaire), le réacteur N°1 va devoir subir des réparations en raison de possibles défauts sur des soudures attribués au phénomène de corrosion sous contrainte. Le gendarme du nucléaire évoque des fissurations sur les soudures en question de 4,7 et 6,1 mm. Suffisant pour ordonner le décalage du redémarrage du réacteur. 

Un seul réacteur en fonction

EDF justifie également le retard pris dans les opérations de maintenance par le mouvement de grève pour des hausses de salaires au cours du mois d’octobre. Actuellement à Cattenom, seul le réacteur N°2 alimente le réseau en électricité. Le réacteur N°4, après son contrôle annuel, doit redémarrer normalement le 21 novembre selon un communiqué de presse de la direction de la centrale mosellane.

Une annonce qui intervient dans un contexte de crainte de pénurie d’électricité pour cet hiver. La production d’électricité est à un niveau historiquement bas, et le groupe énergétique a, une nouvelle fois, revu jeudi soir à la baisse son estimation de production nucléaire pour l’année 2022. Pour éviter les coupures, le gouvernement a notamment décidé remettre provisoirement en service la centrale électrique à charbon Emile Huchet de Saint-Avold, à l’arrêt depuis mars dernier.

À lire aussi : ENQUÊTE – Nucléaire : pourquoi nous serons contraints d’économiser l’électricité cet hiver

De France Bleu Lorraine Nord, France Bleu Sud Lorraine, France Bleu

Par Clément Lhuillier, publié le vendredi 4 novembre 2022 à 11h49, mis à jour le vendredi 4 novembre 2022 à 15h03

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cattenom. © Radio France – François Pelleray

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/le-redemarrage-de-la-centrale-nucleaire-de-cattenom-retarde-1667558803

ACCÉLÉRATION DU NUCLÉAIRE : LE CONSEIL D’ÉTAT RETOQUE LE PASSAGE EN FORCE DU GOUVERNEMENT

Communiqué de presse du Réseau « Sortir du nucléaire » et de Greenpeace France

Le gouvernement a rendu public, mercredi dernier, l’avis du Conseil d’État sur le projet de loi visant à accélérer la construction de nouvelles installations nucléaires à proximité de sites nucléaires existants. Cet avis est sans appel : le gouvernement doit revoir sa copie et n’a pas carte blanche pour passer en force sur le nucléaire.

Contrairement aux projets d’installation de production d’énergies renouvelables, les EPR2 ne répondent pas à la qualification de “raison impérative d’intérêt public majeur” car le gouvernement n’a pas apporté de justifications suffisantes :

  • d’une part, quant à la puissance prévisionnelle des installations futures,
  • d’autre part, quant à la contribution attendue pour la réalisation des objectifs de la PPE, dont notamment la sécurité d’approvisionnement, la préservation du pouvoir d’achat des consommateurs et la compétitivité des prix de l’énergie.

S’agissant du droit à la participation du public lors de la procédure de mise en compatibilité des documents d’urbanisme, le Conseil d’État rappelle également qu’un projet d’EPR2 “ne pourra pas être qualifié d’intérêt général avant la fin du débat public” et que les impacts environnementaux notables devront faire l’objet d’une enquête publique.

Enfin, le Conseil d’État se montre sceptique quant aux motivations de ce projet de loi d’accélération des procédures administratives. Il rappelle que “le manque d’expérience récente de construction de réacteurs nucléaires relativise les appréciations qui peuvent être portées sur ces délais” (§3) et estime que “le gain de temps attendu [au niveau des procédures administratives] ne peut être évalué avec certitude” (§8).

« La légèreté de l’étude d’impact du projet de loi, largement relevée par le Conseil d’État, montre combien le gouvernement est convaincu de pouvoir passer en force sa relance du nucléaire sans avoir besoin de se justifier. Mais le Conseil d’État rappelle à l’ordre le gouvernement : le développement rapide des projets EPR2 est une chimère et le projet de loi d’accélération du nucléaire bafoue la consultation démocratique. Il est temps que le gouvernement revoie ses plans et mise sur les énergies renouvelables, dont le déploiement massif est urgent » estime Pauline Boyer, chargée de campagne Transition énergétique à Greenpeace France.

La dernière version du projet de loi, présentée en Conseil des ministres le 2 novembre 2022, a pris en compte, en grande partie, l’avis du Conseil d’État. Cependant, s’agissant des réacteurs en fonctionnement, cette nouvelle version a maintenu la suppression des rapports quinquennaux sur l’état des équipements nucléaires au-delà de la trente-cinquième année.

Greenpeace et le Réseau “Sortir du nucléaire” s’inquiètent de ce recul au niveau de la sûreté nucléaire compte tenu de la volonté du gouvernement de prolonger la durée de vie des centrales bien au-delà de leur durée de vie technique.

Notes :

  • Greenpeace France et le Réseau “Sortir du nucléaire” ont déposé le 12 octobre 2022 une contribution extérieure devant le Conseil d’État pour dénoncer l’illégalité du projet de loi d’accélération du nucléaire.
  • Rappel sur le calendrier : le projet de loi d’accélération du nucléaire, publié le 27 septembre par le gouvernement, a été présenté en Conseil des ministres le 2 novembre 2022. Son adoption est prévue pour janvier 2023, soit avant la fin du débat public organisé en parallèle par la Commission nationale du débat public (CNDP). Le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce ce calendrier qui piétine la possibilité d’un débat démocratique autour de la relance du nucléaire.

Contacts presse :

  • Greenpeace France : Héloïse Pichon – 06 22 83 49 79
  • Réseau « Sortir du nucléaire » : Marie Frachisse – 07 62 58 01 23

Document à télécharger : Projet de loi accélération nucléaire – Contribution extérieure 12/10/22

Publié le 4 novembre 2022

https://www.sortirdunucleaire.org/Acceleration-du-nucleaire-le-Conseil-d-Etat

ENCORE UNE MAUVAISE NOUVELLE POUR EDF : LA PRODUCTION NUCLÉAIRE EST REVUE À LA BAISSE POUR 2022

Le groupe français annoncé jeudi avoir abaissé sa prévision de production nucléaire en France pour 2022, en raison de l’impact des grèves sur la maintenance de ses réacteurs et l’allongement de la durée d’arrêt de 4 réacteurs nucléaires. EDF a néanmoins confirmé ses estimations de la production nucléaire pour 2023 et 2024.

De mal en pis. À l’approche de l’hiver, et alors que près de la moitié des 56 réacteurs nucléaires sont à l’arrêt pour des maintenances prévues ou des problèmes de corrosion soupçonnés ou avérés, EDF a une nouvelle fois révisé à la baisse sa production nucléaire pour l’année 2022. Ceci en raison notamment de l’arrêt prolongé de quatre réacteurs concernés « par le programme de contrôles et de réparations du phénomène de corrosion sous contrainte », mais aussi des grèves pour des augmentations salariales qui ont perturbé « les plannings d’arrêt pour maintenance ». Résultat : la production nucléaire ne sera pas comprise entre 280-300 TWh (térawattheures) en 2022 comme l’énergéticien français l’envisageait jusqu’ici, mais devrait se situer dans une fourchette allant de 275 à 285 TWh (térawattheures).

Le groupe a confirmé ses estimations de la production nucléaire en France pour 2023 et 2024, soit respectivement 300-330 TWh et 315-345 TWh. Pour rappel, la capacité du parc français avoisine les 460 TW.

Lire aussi : Luc Rémont PDG d’EDF : le piège d’une gouvernance bicéphale évité

L’impact financier n’a pas été communiqué

Sur les neuf premiers mois de l’année, la production nucléaire en France s’élevait à 209,2 TWh, soit 59 TWh de moins qu’à la même période en 2021. Au cours de la même période, EDF ne pouvait guère compter sur les barrages pour corriger le tir : la production hydraulique s’est établie à 24,9 TWh, une baisse de 8,6 TWh par rapport à 2021 en raison d’une capacité là aussi « historiquement faible », conséquence de la baisse du niveau des retenues d’eau liée à la sécheresse.

Le groupe n’a pas précisé si cette révision en baisse de la production nucléaire allait avoir des répercussions sur ses résultats financiers. Une mauvaise nouvelle de plus pour EDF qui, la semaine dernière, prévoyait une nouvelle aggravation de l’impact financier due à la baisse de la production nucléaire à hauteur de 32 milliards d’euros sur son excédent brut d’exploitation (Ebitda), au lieu des 29 milliards d’euros annoncés en septembre et 24 milliards en juillet. Or ces prévisions financières tenaient compte de l’estimation de production nucléaire française pour 2022 « dans le bas de la fourchette 280-300 TWh (térawattheures) et des prix à terme 2022 au 7 octobre », précisait le groupe.

ZOOM : EDF éconduit en Pologne

Beau contrat pour Westinghouse. Le groupe américain construira la première centrale nucléaire en Pologne pour 20 milliards de dollars, a indiqué ce mercredi le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki, après la décision de Varsovie de basculer dans l’atome pour assurer son indépendance énergétique. Plus précisément, il construira trois réacteurs AP1000.

« Il s’agit de la technologie la plus avancée et la plus sûre », a expliqué le chef du gouvernement polonais pour justifier le choix de Westinghouse face aux deux autres candidats, EDF et le sud-coréen KHNP. Cette première centrale sera construite à Lubiatowo-Kopalino, près de Choczewo, dans le nord du pays. Elle doit entrer en service en 2033. Deux autres centrales devraient être également construites. Varsovie compte disposer, à terme, de trois sites nucléaires de trois réacteurs chacun, avec une puissance maximale globale de 15 GW, ce qui représenterait environ 30% du mix énergétique du pays.

Le choix de l’opérateur pour construire le deuxième projet inscrit dans le programme gouvernemental de développement d’énergie nucléaire doit être pris « dans les trimestres à venir », a indiqué Mateusz Morawiecki.  Un troisième projet ; concrétisé par une lettre d’intentions signée lundi, porte sur la construction d’une centrale nucléaire près de Patnow (centre de la Pologne), par le groupe sud-coréen KHNP et les polonais PGE (contrôlé par l’État) et ZE PAK (privé).  Ce consortium utiliserait la technologie APR1400 développée par KHNP.

Lire aussi : La Pologne bascule dans le nucléaire et choisit l’américain Westinghouse plutôt qu’EDF pour la construction

Par latribune.fr, publié le 03 novembre 2022 à 23h12

Photo en titre : 29 des 56 réacteurs nucléaires en France sont à l’arrêt (Crédits : PASCAL ROSSIGNOL)

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/encore-une-mauvaise-nouvelle-pour-edf-la-production-nucleaire-est-revue-a-la-baisse-pour-2022-939458.html

NUCLÉAIRE : LE RETOUR DU PÉRIL NORD-CORÉEN INQUIÈTE LES NATIONS VOISINES

Pyongyang tire des missiles et affirme sa vocation nucléaire. Sans que les pays autour puissent encore l’arrêter.

On aurait pu croire que la Corée du Nord s’était apaisée. Depuis des mois, l’offensive russe en Ukraine et les rodomontades chinoises vers Taïwan avaient placé le régime stalinien au deuxième rang des préoccupations en Asie. Elle fait depuis quelques jours un retour fracassant sur le devant de la scène. Mercredi, Pyongyang a tiré 23 missiles, soit le nombre le plus élevé jamais atteint en un jour, déclenchant des tirs en riposte par la Corée du Sud. L’un d’entre eux a même franchi pour la première fois une ligne de démarcation maritime en place depuis l’armistice entre les deux Corées.

Jeudi, Pyongyang a, à nouveau, fait feu, lançant trois missiles en direction du Japon qui ont déclenché l’alerte dans quelques préfectures susceptibles d’être survolées. Cet activisme coïncide avec des exercices collectifs entre les États-Unis, la Corée du Sud et le Japon au large de ses côtes, certes réguliers, mais dont l’ampleur ne cesse de grandir. 

Par Régis Arnaud, publié le 03.11.2022 à 15h26

Photo en titre : La Corée du nord sera nucléarisée, martèle son dirigeant. KCNA VIA KNS/AFP/Archives – STR

https://www.challenges.fr/monde/asie-pacifique/nucleaire-le-retour-du-peril-nord-coreen_833973a

GUERRE EN UKRAINE : LA MENACE NUCLÉAIRE RUSSE SE FAIT PLUS PRESSANTE

Si, en février, personne ne prenait au sérieux la menace nucléaire russe, au fil des mois, la situation a bien changé. Les États-Unis sont inquiets.

La menace nucléaire russe devient de plus en plus sérieuse. Si Vladimir Poutine a permis aux dirigeants internationaux de souffler en réintégrant mercredi l’accord sur les céréales ukrainiennes, permettant de reprendre la distribution, il a en revanche averti que la Russie se réservait le droit de « se retirer » de l’accord « en cas de violation des garanties par l’Ukraine ». Garanties écrites, que Kiev aurait fournies à Moscou, portant sur la démilitarisation du couloir maritime utilisé pour leur transport. Mais cette vague concession n’élimine pas le risque nucléaire, qui persiste. Les craintes d’une frappe nucléaire russe en Ukraine se font de plus en plus pressantes, les États-Unis disant être devenus « au fil des mois » de « plus en plus préoccupés par cette éventualité », selon John Kirby, porte-parole du Conseil de sécurité nationale.

Ces propos interviennent après une information du New York Times selon lequel les généraux russes ont discuté récemment des modalités possibles de frappe nucléaire tactique en Ukraine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a jugé mercredi « irresponsable » que les médias occidentaux selon lui « gonflent délibérément le sujet des armes nucléaires ».

Le spectre de Cuba

La veille, l’ex-président russe et actuel numéro 2 du Conseil de sécurité, Dmitri Medvedev, avait pourtant une nouvelle fois brandi la menace de l’arme nucléaire, mettant en garde l’Ukraine contre sa volonté de reprendre tous les territoires occupés par la Russie, dont l’armée enchaîne les revers. Pendant 60 ans, la crise des missiles de Cuba a montré à quel point le monde s’est trouvé proche d’une guerre nucléaire, mais aussi l’habileté des dirigeants qui ont réussi à l’éviter.

À lire aussi: Vladimir Poutine : jusqu’où peut-il nous entraîner ?

Soixante ans après la crise de Cuba, les menaces nucléaires du président russe Vladimir Poutine en Ukraine font ressurgir le péril d’une confrontation nucléaire et cette fois-ci, les experts sont moins certains qu’il existe une façon de s’en sortir.

Joe Biden a prévenu début octobre que la planète était confrontée au risque nucléaire pour la première fois depuis 1962, notant que Vladimir Poutine « ne plaisantait pas » en proférant ces menaces, tandis que son armée s’était révélée « très peu performante » en Ukraine.

Consultez notre dossier : Guerre en Ukraine

Source AFP, publié le 03/11/2022 à 08h05, modifié le 03/11/2022 à 10h57

https://www.lepoint.fr/monde/guerre-en-ukraine-la-menace-nucleaire-russe-se-fait-plus-pressante-03-11-2022-2496325_24.php

LE COMITÉ CENTRALES LANCE SA TOURNÉE « RÉVEILLER LES ESPRITS ANTINUCLÉAIRES »

Pour accompagner la sortie en ligne de son film Notre Terre Mourra Proprement, le collectif Comité Centrales ainsi que ATTAC France, le CEDRA, la Confédération Paysanne, Greenpeace France et le Réseau « Sortir du Nucléaire » sont heureux d’inviter la presse à la soirée de lancement de la tournée Réveiller les esprits antinucléaires, le mercredi 9 Novembre prochain à 19h30 à la Parole Errante, à Montreuil.

Cette tournée nationale d’une conférence-débat construite à partir d’extraits de Notre Terre Mourra Proprement est initiée par le collectif Comité Centrales pour faire connaître l’histoire oubliée des luttes victorieuses contre les déchets nucléaires, que raconte le film.

On a en effet vite oublié que, depuis des décennies, partout en France, les populations rurales de multiples territoires se sont unanimement soulevées contre les projets de l’ANDRA, Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs. Alors que le projet CIGEO à Bure vient d’être déclaré d’utilité publique et que les piscines de La Hague débordent, le collectif Comité Centrales a retracé, à partir de témoignages de « vieux fourneaux » ainsi que d’images d’archives, l’histoire sociale et les méthodes coloniales de l’industrie nucléaire.

Cette tournée est organisée en parallèle du débat public sur les nouveaux EPR et de la concertation nationale sur le mix énergétique. Pour le Comité Centrales, ces deux débats se focalisent principalement sur des questions techniques et ne prennent ni le temps de faire un vrai bilan historique, ni celui d’aller à la rencontre de l’ensemble de la population. Ainsi, tandis que la filière est déjà au travail et que le gouvernement légifère pour accélérer le mouvement, le collectif Comité Centrales propose dans le même temps une quarantaine de dates partout en France. Afin de Réveiller les esprits antinucléaires et de faire collectivement le bilan de cette industrie, sur la base du constat suivant : les Françaises et les Français n’ont jamais consenti ni au nucléaire ni à ses déchets.

Retrouvez toutes les informations sur https://comitecentrales.noblogs.org/

Le point presse aura lieu de 19h30 à 20h, heure de l’ouverture des portes au public.

Contacts Presse

La réalisatrice et le réalisateur : Catherine Fumé – 06 62 84 13 88 & François Guerroué – 07 57 09 18 37

Communiqué commun : Comité Centrales, Greenpeace France, ATTAC France, Confédération Paysanne, CEDRA et Réseau « Sortir du nucléaire« , du 3 novembre 2022 du Réseau Sortir du Nucléaire, publié sur : https://www.sortirdunucleaire.org/Comite-Centrales-lance-sa-tournee-Reveiller-les

LA SUÈDE ET LA FINLANDE POURRAIENT HÉBERGER DES ARMES NUCLÉAIRES POUR L’OTAN

Il n’y a pas de réserves et la question est prématurée, ont déclaré le commandant en chef des forces armées suédoises, Micael Bydén, et le président finlandais, Sauli Niinistö, car aucun des deux pays nordiques n’exclut d’héberger des armes nucléaires sur son sol lorsqu’il rejoindra l’OTAN.

Lors d’une conférence de presse mardi matin (1er novembre), le commandant en chef des forces armées suédoises, Micael Bydén, a déclaré qu’il n’émettait « aucune réserve » quant à l’installation d’armes nucléaires sur le sol suédois si le pays adhérait à l’OTAN.

« Le Conseil n’émet aucune réserve, et ensuite le niveau politique doit intervenir et prendre les décisions qui s’imposent, qu’il s’agisse d’une présence permanente des alliés de l’OTAN ou de frappes préventives. Ce sont des décisions politiques », a-t-il expliqué, selon le quotidien suédois Expressen.

Il a également ajouté qu’il ne pouvait exclure un « développement encore plus inquiétant en Ukraine ».

Outre le fait que la Suède devrait s’abstenir d’émettre des réserves au niveau national, c’est-à-dire des conditions spéciales ou des dérogations lors de son adhésion à l’OTAN, les forces armées suédoises ont formulé trois autres conseils à l’intention de leur gouvernement, rapporte le média SVT.

Ainsi, la Suède devrait offrir des capacités de réaction aux incidents aériens aux forces navales permanentes de l’OTAN, renforcer sa présence le long de la frontière orientale de l’alliance militaire et participer à la force de réaction rapide de l’OTAN, et ainsi établir une zone servant de base aux forces terrestres, navales et aériennes appartenant aux États membres.

Pour la Suède, ces recommandations vont encore plus à l’encontre de l’esprit de sa politique historique de non-intervention qui a pris fin avec lorsque Stockholm a posé sa candidature à l’OTAN au début de cette année.

En Finlande, interrogé sur la possibilité d’exclure le déploiement d’armes nucléaires sur son territoire lors de son adhésion à l’OTAN, Sauli Niinistö, le président finlandais, n’a répondu ni par oui, ni par non.

« Nous rejoindrons l’OTAN selon les conditions de celle-ci. La question des armes nucléaires est prématurée », a-t-il déclaré lors d’un point de presse au début de la session du Conseil nordique à Helsinki, selon le média Yle.

Niinistö a ajouté qu’il prenait au sérieux la menace nucléaire, qui s’est intensifiée depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et que l’utilisation d’armes nucléaires « signifierait la fin pour nous tous ».

Jusqu’à présent, trois États membres de l’OTAN ont accès aux armes nucléaires : la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. En Europe, il existe plus de 150 bombes nucléaires (B-61) qui peuvent être embarquées sur des avions. Elles sont déployées dans des bases en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Turquie.

Bien que la Suède et la Finlande n’aient pas besoin de disposer d’armes nucléaires sur leur territoire, l’adhésion à l’OTAN signifierait indirectement que les armes nucléaires feraient partie de leur stratégie de défense de l’alliance.

Un document de 2012 relatif à la doctrine nucléaire de l’alliance précise que celle-ci ne peut pas utiliser d’armes nucléaires contre une puissance hostile ne possédant pas d’armes nucléaires. De même, les armes nucléaires ne doivent pas être utilisées contre un pays qui menace d’utiliser des armes nucléaires.

Par Charles Szumski (EURACTIV.com) traduction Anne-Sophie Gayet, publié le 2 novembre 2022

Photo en titre : Pour la Suède, ces recommandations vont encore plus à l’encontre de l’esprit de sa politique historique de non-intervention qui a pris fin avec lorsque Stockholm a posé sa candidature à l’OTAN au début de cette année.

https://www.euractiv.fr/section/all/news/la-suede-et-la-finlande-pourraient-heberger-des-armes-nucleaires-pour-lotan/

NUCLÉAIRE : UN COUP D’ACCÉLÉRATEUR POUR LES DEUX RÉACTEURS EPR DE PENLY ?

Le projet de loi du gouvernement qui doit permettre d’accélérer la construction de nouveaux réacteurs en France est présenté ce mercredi 2 novembre 2022 en conseil des ministres alors que le débat public sur le nucléaire vient de commencer dans l’Hexagone notamment à Dieppe.

Est présenté en conseil des ministres ce mercredi 2 novembre 2022 le projet de loi du gouvernement qui vise à accélérer le nucléaire en France. Alors que le besoin d’électricité va augmenter pour permettre au pays de s’extraire des énergies fossiles, le président Emmanuel Macron soutient la construction de six réacteurs EPR de nouvelle génération, avec une option pour huit autres. Il sera examiné début 2023, d’abord à l’Assemblée nationale, a indiqué le ministère de la Transition énergétique. Par ailleurs, un projet de loi pour accélérer sur les énergies renouvelables doit aussi être examiné à partir de ce mercredi par le Sénat.

« Si nous voulons à la fois avoir une indépendance énergétique mais également tenir nos objectifs climatiques, il faut remplacer les énergies fossiles par des énergies bas carbone. Le nucléaire est aujourd’hui l’énergie le plus bas carbone de toutes les solutions dont nous disposons », a justifié vendredi dernier la ministre Agnès Pannier-Runacher, à la centrale de Chinon (Indre-et-Loire).

Les deux premiers EPR à Penly

Installés sur les sites de centrales déjà existantes, les futurs EPR seraient implantés, pour les deux premiers, à Penly (Seine-Maritime) puis Gravelines (Nord). La localisation de la troisième paire de réacteurs n’est pas tranchée, la vallée du Rhône (Bugey ou Tricastin) étant envisagée.

Le projet de loi présenté mercredi a pour objectif de « gagner du temps », en simplifiant les procédures administratives. Les sites seraient dispensés d’autorisation d’urbanisme car le contrôle de conformité serait assuré par les services de l’État. Et les travaux sur les bâtiments non destinés à recevoir des substances radioactives pourront être réalisés avant clôture de l’enquête publique. Emmanuel Macron pourrait ainsi en poser la première pierre avant la fin de son mandat en 2027, même si la mise en service de ce premier EPR ne pourrait se faire avant 2035 voire 2037.

La France, qui dépend du nucléaire pour environ 70% de son électricité, avait décidé en 2015 de diversifier ses sources d’approvisionnement en fermant 14 de ses 58 réacteurs (deux ont déjà fermé), avant un revirement annoncé par le président fin 2021.

Consulté obligatoirement pour avis, le Conseil national de la transition écologique (CNTE), qui regroupe syndicats, patronat, ou encore des ONG, a « regretté les délais insuffisants » qui lui ont été laissés pour se prononcer sur ce projet de loi. Le CNTE note en outre que ce texte de loi « ne saurait préjuger des conclusions du débat public. »

 Des débats publics sur le nucléaire

En parallèle, depuis jeudi 27 octobre, des débats public sur le nucléaire ont commencé en France, notamment à Dieppe.  

Le projet de loi sur l’accélération du nucléaire « ne préempte pas les concertations en cours ni les futures lois énergie climat qui décideront » in fine, a assuré le ministère lundi 31 octobre. Les parlementaires devront, de fait, voter à compter du second semestre 2023 la stratégie énergie climat de la France.

D’ici là, les Français pourront s’exprimer, au cours d’un débat public sur la construction des six EPR, et d’une autre concertation plus large sur l’énergie, organisée par le gouvernement jusqu’au 31 décembre, notamment en ligne (concertation-energie.gouv.fr).

Ces deux processus pourront s’appuyer sur les scénarios à 2050 du gestionnaire du réseau RTE et de l’Ademe. Tous ces scénarios incluent une poussée des énergies renouvelables, avec une part variable de nucléaire (ou pas de nucléaire du tout, ce qui toutefois obligerait à des mesures très volontaristes de sobriété).

Écrit par Olfa Ayed avec AFP, publié le 02/11/2022 à 09h45

Photo en titre : Photo illustration, EPR de Penly. • © Lou Benoist / EPR de Penly / AFP

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/dieppe/nucleaire-un-coup-d-accelerateur-pour-les-deux-reacteurs-epr-de-penly-2646732.html

GUERRE EN UKRAINE : PARIS ET LONDRES À PORTÉE DE TIR DE POUTINE, LA RUSSIE A DÉPLOYÉ SON MISSILE HYPERSONIQUE À CAPACITÉ NUCLÉAIRE KINJAL EN BIÉLORUSSIE

Avec cette manœuvre, Vladimir Poutine envoie un message inquiétant à l’Occident. 

Le ministère de la Défense britannique a publié ce mardi une mise à jour des renseignements avec une image prise le 17 octobre à l’aérodrome de Machulishchi, à quelques kilomètres au sud de la capitale biélorusse Minsk. Le cliché montre deux chasseurs russes MiG-31K à proximité d’une éventuelle caisse mesurant sept mètres de long. Le MoD a déclaré que la caisse, suffisamment grande pour transporter des missiles, était susceptible de contenir un missile balistique à lancement aérien Kinjal. 

Il pourrait frapper Paris en neuf minutes

Le missile Kinjal peut voyager jusqu’à 12 fois la vitesse du son et sa capacité à être lancé depuis les airs via un avion le rend presque impossible à détecter et à neutraliser depuis une position défensive. L’arme mortelle, qui peut contenir jusqu’à 400 kilos d’explosifs ou une ogive nucléaire, a été déplacée à environ 1 770 kilomètres de Londres. Sa portée est estimée à plus de 1 900 kilomètres. Selon The Sun, s’il était lancé depuis la Biélorussie il pourrait frapper Londres et Paris en neuf minutes environ. Ainsi, les renseignements suggèrent que la Russie pourrait frapper des cibles autres que l’Ukraine. 

Comme le souligne le MoD, c’est la première fois que ce type de missile est déployé en Biélorussie, « probablement » pour envoyer un message à l’Occident et souligner l’implication de plus en plus importante de Minsk dans le conflit en Ukraine.

Publié le 01/11/2022 à 18h05, mis à jour à 18h15

Photo en titre : Le missile hypersonique Kinjal placé sous un Mig-31K. Wikimedia Commons.

https://www.lindependant.fr/2022/11/01/guerre-en-ukraine-paris-et-londres-a-portee-de-tir-de-poutine-la-russie-a-deploye-son-missile-hypersonique-a-capacite-nucleaire-kinjal-en-bielorussie-10775969.php

EN CONSEIL DES MINISTRES, UN PROJET DE LOI POUR ACCÉLÉRER SUR LE NUCLÉAIRE

Le gouvernement présente mercredi en conseil des ministres son projet de loi visant à accélérer la construction de réacteurs nucléaires, au moment où commence juste le débat public sur la place de l’atome en France.

Alors que le besoin d’électricité va croître pour permettre au pays de s’extraire des énergies fossiles, le président Emmanuel Macron soutient la construction de six réacteurs EPR de nouvelle génération, avec une option pour huit autres, et l’essor des énergies renouvelables, solaire et éolien marin d’abord.

Un projet de loi pour accélérer sur les renouvelables, dont le déploiement accuse un retard criant, doit être examiné à partir de mercredi par le Sénat.

Le même jour, un texte sur le nucléaire arrivera au conseil des ministres, pour être examiné début 2023, d’abord à l’Assemblée nationale, a indiqué le ministère de la Transition énergétique.

« Si nous voulons à la fois avoir une indépendance énergétique mais également tenir nos objectifs climatiques, il faut remplacer les énergies fossiles par des énergies bas carbone. Le nucléaire est aujourd’hui l’énergie le plus bas carbone de toutes les solutions dont nous disposons« , a justifié vendredi la ministre Agnès Pannier-Runacher, à la centrale de Chinon (Indre-et-Loire).

« Gagner du temps »

Installés sur les sites de centrales déjà existantes, les futurs EPR seraient implantés, pour les deux premiers, à Penly (Seine-Maritime) puis Gravelines (Nord). La localisation de la troisième paire de réacteurs n’est pas tranchée, la vallée du Rhône (Bugey ou Tricastin) est envisagée.

Le projet de loi présenté mercredi vise à « gagner du temps« , en simplifiant les procédures administratives: par exemple, les sites seraient dispensés d’autorisation d’urbanisme car le contrôle de conformité serait assuré par les services de l’État.

Les projets répondront à « une raison impérative d’intérêt public majeur, leur permettant de bénéficier d’une des conditions d’octroi des dérogations relatives aux espèces protégées« , stipule-t-il.

Et les travaux sur les bâtiments non destinés à recevoir des substances radioactives pourront être réalisés avant clôture de l’enquête publique.

Emmanuel Macron pourrait ainsi en poser la première pierre avant la fin de son mandat en 2027, même si la mise en service de ce premier EPR ne pourrait se faire avant 2035 voire 2037.

Consulté obligatoirement pour avis, le Conseil national de la transition écologique (CNTE), qui regroupe syndicats, patronat, ONG… a « regretté les délais insuffisants » qui lui ont été laissés pour se prononcer sur ce projet de loi.

Le CNTE note en outre que ce texte de loi « ne saurait préjuger des conclusions du débat public« .

Les associations environnementales en particulier avaient réagi avec colère à la réception soudaine de ce projet.

« Le passage en force sous de faux prétextes d’urgence à court terme n’est pas acceptable« , avait dit Allain Bougrain-Dubourg, de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), déplorant « une parodie de consultation » et l’absence d’étude d’impact du nucléaire sur « la faune aquatique et les mortalités massives d’oiseaux« .

Débats publics

Ce projet de loi « ne préempte pas les concertations en cours ni les futures lois énergie climat qui décideront » in fine, a assuré le ministère lundi.

« Nous souhaitons avoir une adhésion des populations et des élus« , a dit la ministre à Chinon.

Les parlementaires devront de fait voter à compter du second semestre 2023 la stratégie énergie climat de la France.

D’ici là, les Français pourront s’exprimer.

Un débat public sur la construction des six EPR, obligatoire pour le porteur de projet EDF, a en effet commencé le 27 octobre et durera jusqu’au 27 février.

Dans le même temps, une autre concertation plus large sur l’énergie est organisée par le gouvernement jusqu’au 31 décembre, notamment en ligne (concertation-energie.gouv.fr).

Ces deux processus, dont les synthèses seront livrées aux parlementaires, pourront s’appuyer sur les scénarios à 2050 du gestionnaire du réseau RTE et de l’Ademe. Tous ces scénarios incluent une poussée des énergies renouvelables, avec une part variable de nucléaire (ou pas de nucléaire du tout, ce qui toutefois obligerait à des mesures très volontaristes de sobriété).

La France, qui dépend du nucléaire pour environ 70% de son électricité, avait décidé en 2015 de diversifier ses sources d’approvisionnement en fermant 14 de ses 58 réacteurs (deux ont déjà fermé), avant un revirement annoncé par Emmanuel Macron fin 2021. (Voir NDLR ci-dessous)

Par AFP, publié le mardi 01 novembre 2022 à 06h14

Photo en titre : Le bâtiment qui abrite le réacteur nucléaire de la centrale nucléaire de Chinon, dans le centre-ouest de la France, le 28 octobre 2022. ©GUILLAUME SOUVANT, AFP

https://actu.orange.fr/economie/en-conseil-des-ministres-un-projet-de-loi-pour-accelerer-sur-le-nucleaire-CNT000001UfvUD.html

NDLR : Mais… surtout en ne faisant aucun effort digne de ce nom pour développer les énergies renouvelables et être le seul pays de l’Union Européenne à ne pas respecter (et de très loin !) ses propres objectifs dans ce domaine ! Que ne ferait-on pas pour prétendre ensuite que le nucléaire est indispensable et urgent !

PROJET DE NOUVEAUX EPR À PENLY : UN DÉBAT PUBLIC INAUDIBLE FACE À LA « RELANCE À MARCHE FORCÉE » DU NUCLÉAIRE

Le débat public sur le programme de construction de nouveaux réacteurs EPR à Penly et ailleurs s’est ouvert ce jeudi 27 octobre. Quel peut être le poids de cette procédure face à la politique du fait accompli assumée par EDF et le gouvernement ?

Un débat public écrasé par le fait accompli gouvernemental

Cette première séance a donné le spectacle d’un contraste criant entre les intentions de la Commission Particulière du Débat Public et l’attitude d’EDF et du gouvernement. D’un côté, celle-ci ne cesse de réaffirmer que le président ne peut décider seul de la construction de nouveaux réacteurs et que la décision revient au Parlement. De l’autre, ceux-là poursuivent leur politique du fait accompli.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » aborde cette séquence avec lucidité : quel poids peut avoir ce débat, alors qu’Emmanuel Macron assume « un déploiement à marche forcée, d’une stratégie nucléaire » ? Alors que les discussions en vue de la construction de six réacteurs sont engagées depuis 2018 au moins ? Que des appels d’offres ont déjà été passés ? Qu’une loi pour accélérer la construction de nouveaux réacteurs est déjà en préparation ?

Surtout, le grand public verra coexister deux procédures : un débat public animé par la CPDP, qui questionnera ouvertement l’opportunité de ces réacteurs et, « en même temps« , une « concertation« , pseudo-consultation pilotée par le gouvernement où on lui demandera juste d’indiquer les priorités pour le bon déroulement de la relance du nucléaire voulue par Emmanuel Macron et présentée comme incontournable !

Face aux mensonges de l’industrie, une participation lucide et critique 

Il n’y a aucune illusion à avoir quant aux limites de ce débat public ; que ce soit sur la capacité d’action restreinte de la CPDP, le mépris total du gouvernement pour une procédure qu’il considère comme une simple formalité, la capacité de parlementaires abreuvés par les éléments de langage du lobby nucléaire à s’intéresser au sujet au-delà des clichés ; les biais du dossier du maître d’ouvrage ; l’invisibilisation des travailleurs du nucléaire les plus exposés ; ou, tout simplement, le caractère vertigineux d’un sujet dont on ne peut prétendre faire le tour en 10 séances.

Pour autant, le Conseil d’Administration du Réseau « Sortir du nucléaire » a opté pour une participation critique à cette procédure, afin de ne pas laisser le terrain aux mensonges de l’industrie nucléaire, qui souhaite faire passer son programme comme solution pour la transition énergétique. 

Il est urgent de dénoncer le décalage abyssal entre les discours autosatisfaits de l’industrie sur une technologie fiable et pilotable et la réalité des faits : indisponibilité record du parc du fait notamment d’un grave problème de corrosion (qui touche aussi la centrale de Penly, à l’arrêt alors que commence ce débat), manque criant de compétences au sein de la filière, retards et avaries multiples sur tous les réacteurs EPR en service ou en construction dans le monde… Alors qu’EDF, le maître d’ouvrage, a démontré son incompétence dans son domaine d’expertise, qui peut croire que six nouveaux EPR peuvent être construits sans délais, surcoûts ni malfaçons, alors que les échéances données sont déjà irréalistes ? 

Face au déni, il faut le clamer : articuler la politique énergétique des prochaines décennies autour de ces nouveaux réacteurs revient à mettre en péril nos objectifs climatiques. Et si ces réacteurs démarraient un jour, cela signifierait plus de déchets radioactifs à gérer, la poursuite de la pollution radioactive de la Manche, faire perdurer le risque d’accident nucléaire… dans un contexte où les phénomènes climatiques extrêmes et les tensions géopolitiques accroissent encore les risques. 

Attentive à la diversité des approches en son sein, notre fédération soutiendra la mobilisation des organisations qui souhaiteront s’investir pour s’opposer à ces nouveaux réacteurs et dénoncer le rouleau compresseur nucléaire, qu’elles participent ou pas à cette procédure. Notre message commun est clair :

DE NOUVEAUX RÉACTEURS, NI ICI, NI AILLEURS !

Retrouvez notre intervention lors de la séance inaugurale du débat :  https://www.sortirdunucleaire.org/Prise-de-parole-du-Reseau-lors-de-la-seance-d

Contact presse : Joël Domenjoud : 07 85 85 42 94

Communiqué publié le 2 novembre 2022

https://www.sortirdunucleaire.org/Projet-de-nouveaux-EPR-a-Penly-un-debat-public

LE 23 NOVEMBRE À GRENOBLE, CONFÉRENCE DÉBAT D’HERVÉ KEMPF QUI PRÉSENTERA SON DERNIER LIVRE

À l’invitation de Sortir du Nucléaire 38, CONFÉRENCE-DÉBAT d’Hervé Kempf.

Il présentera également son dernier livre :

LE NUCLÉAIRE N’EST PAS BON POUR LE CLIMAT

À 20h à la MNEI (5 place Bir Hakeim 38000 GRENOBLE), salle Robert Beck,

Résumé du livre : Étrange obsession française : parier sur une énergie devenue marginale dans le monde, plus coûteuse que les énergies renouvelables, et créant des risques incommensurables. Mais le nucléaire n’est pas seulement le signe de la faillite de la classe dirigeante du pays. Il exprime une vision du monde dépassée, rêvant d’une croissance sans limite et permettant de maintenir un ordre inégal et autoritaire. Face au climat, il nous faut repasser par la raison : les voies de l’avenir sont une économie vraiment sobre et reposant sur…

Hervé KEMPF : Ancien journaliste de Courrier international, La Recherche et du Monde est l’actuel rédacteur en chef de Reporterre.

Par SDN 38, membre du Réseau SORTIR DU NUCLÉAIRE

VENEZ NOMBREUX !

AMORY LOVINS, SCIENTIFIQUE : « VLADIMIR POUTINE VIENT DE FAIRE EXPLOSER L’ÈRE DES ÉNERGIES FOSSILES »

Dans un entretien au « Monde », le scientifique américain Amory Lovins, ardent défenseur de l’efficacité énergétique et des renouvelables, estime que la guerre en Ukraine a déclenché en Europe un mouvement global et résolu en la matière, soutenu par les États-Unis.

Il est surnommé l’« Albert Einstein de l’efficacité énergétique ». En 1976, Amory Lovins publie un article remarqué, « Stratégie énergétique : la route non prise ? », dans lequel il décrit deux voies pour les États-Unis en la matière : la « dure », fondée sur des technologies centralisées visant à produire davantage, et la « douce », combinant efficacité, développement des renouvelables et abandon des énergies fossiles.

Depuis, ce chercheur américain, lauréat, en 1983, du Right Livelihood Award – considéré comme un « prix Nobel alternatif » – et fondateur du Rocky Mountain Institute, n’a jamais cessé de plaider pour les économies d’énergie.

En 1976, vous avez décrit deux voies énergétiques différentes pour les États-Unis. Aujourd’hui, quel chemin voyez-vous pour l’Europe ?

Je pense que Vladimir Poutine, le président russe, vient de faire exploser l’ère des énergies fossiles. Il a déclenché en Europe un mouvement global et résolu, soutenu par les États-Unis, pour abandonner les combustibles russes et accélérer l’efficacité et les énergies renouvelables. C’était vers cela que l’Europe se dirigeait de toute façon, mais elle le fait désormais beaucoup plus rapidement.

La guerre en Ukraine pourrait donc jouer en faveur de la transition énergétique ?

Cette guerre a mis en place une taxe mondiale sur le carbone bien plus importante que celle que les économistes voulaient instaurer afin de protéger le climat. Bien sûr, ce n’est pas exactement une « taxe », elle n’est pas appliquée de la bonne manière et elle cause beaucoup de difficultés. Mais en tant que « signal prix » [le renchérissement du coût de l’énergie et ses conséquences sur le transport par exemple], elle stimulera grandement le passage à l’efficacité et aux renouvelables.

Et si l’Europe continue de s’éloigner du pétrole, du gaz et du charbon avec la vision et la détermination dont elle a fait preuve jusqu’à présent, alors les grandes souffrances infligées par Vladimir Poutine n’auront pas été totalement vaines.

« Certains pays ont réussi à économiser très rapidement 10 % ou 20 % d’énergie dans des situations où il y avait un sentiment de solidarité et d’utilité publique »

Mes quatre grands-parents étaient originaires d’Ukraine. Dans mon sac, j’ai un bonnet jaune et bleu [aux couleurs de l’Ukraine] : porter un bonnet, c’est l’une des choses que l’on peut faire ici en Europe. Avec, vous n’aurez pas froid lorsque vous baisserez votre radiateur de 2 °C ou de 3 °C, et cela peut faire toute la différence. Je suis né en 1947, et ce qui se passe actuellement est le changement le plus fondamental que j’aie jamais observé.

Pensez-vous que les appels à la sobriété seront réellement suivis d’effets ?

Certains pays ont réussi à économiser très rapidement 10 % ou 20 % d’énergie dans des situations où il y avait un sentiment de solidarité et d’utilité publique. L’objectif de réduire de 10 % la consommation en deux ans, tel que fixé par la France, est réaliste et pourrait probablement être dépassé.

Lire aussi : Réduire la consommation d’énergie de 10 % d’ici à 2024, un objectif atteignable selon l’association négaWatt (Article réservé à nos abonnés)

Beaucoup trouveront des moyens pour utiliser moins d’énergie sans réel inconfort. Surtout, la plupart des gens n’imaginent pas l’ampleur des économies qu’il est possible de réaliser grâce à des solutions techniques.

Pouvez-vous nous donner un ordre d’idées ?

Dans votre vie, vous pourriez probablement économiser 80 % de votre consommation d’énergie, peut-être plus. Je vis à 2 200 mètres d’altitude, près d’Aspen, dans le Colorado, où il peut faire jusqu’à – 44 °C. Et pourtant, dans un patio au milieu de notre maison, nous avons déjà fait pousser des bananes sans aucun système de chauffage ! Construite en 1983, elle est très bien isolée, le bâtiment est étanche à l’air, avec de la ventilation, de la récupération de chaleur. Les fenêtres ressemblent à du double vitrage mais isolent comme s’il y avait seize, ou même vingt-deux épaisseurs. Il y a deux fois plus de fenêtres que dans une maison normale mais toutes sont plus ou moins orientées vers le sud – dans le futur, les archéologues concluront probablement qu’il s’agissait d’un temple !

Mais un tel exemple est-il généralisable ?

L’approche que nous avons adoptée pour concevoir notre maison n’est pas seulement adaptée aux climats froids, elle a été testée et fonctionne aussi très bien à Bangkok, en Thaïlande. Or, presque tout le monde vit dans un climat qui se situe entre celui de la Thaïlande et celui du Colorado !

Concernant la mobilité, je conduis une BMW I3 faite de fibre de carbone, plus légère qu’une voiture classique d’environ 300 kg. Au départ, l’industrie automobile disait que la fibre de carbone était beaucoup trop chère. Mais cette voiture a été le véhicule électrique le plus populaire en Europe jusqu’aux Tesla ; il s’en est vendu 250 000 et toutes ont rapporté des bénéfices à BMW. Comment ont fait les fabricants ? D’abord, ils ont mis moins de batteries puisqu’il fallait déplacer moins de poids. Et ils ont radicalement simplifié le processus de fabrication, ce qui permet d’économiser de l’énergie.

C’est ce que vous appelez la « conception intégrée »…

Oui, vous optimisez votre voiture en tant que système, et non pas chaque composant indépendamment. De même, chez moi, nous n’avons pas optimisé seulement l’isolation ou les fenêtres, mais l’ensemble de la maison, qui a coûté moins cher à construire qu’une maison classique. Le système de chauffage est ce qui est le plus coûteux, comme le sont les batteries pour les véhicules électriques.

Pourquoi est-il important, à vos yeux, de revoir aussi notre façon de fabriquer… les tuyaux ?

Aujourd’hui, plus de la moitié de l’électricité mondiale est destinée aux moteurs, et la moitié des moteurs font fonctionner des pompes et des ventilateurs qui déplacent des fluides dans des tuyaux et des conduites. Installer des tuyaux larges, courts et droits plutôt que minces, longs et tordus permettrait de réduire le phénomène de friction d’au moins 80 % ou 90 %, et donc d’améliorer d’autant leur efficacité. Cela signifie aussi que le système de pompage diminue largement, donc le coût du capital diminue.

Et c’est très simple : vous concevez de gros tuyaux et de petites pompes au lieu de longs tuyaux et de grosses pompes ! Il faut aussi installer les tuyaux en premier, et l’équipement ensuite : un plombier sait que si un drain a un coude à angle droit, il se bouchera. Si tout le monde faisait cela, nous pourrions économiser environ un cinquième de l’électricité mondiale, soit la moitié de l’électricité produite à partir du charbon. Cela ne figure pourtant ni dans les manuels d’ingénierie standards ni dans les projets de loi sur le climat.

Pourquoi ?

Parce que ce n’est pas une technologie, or tout est organisé autour de la technologie ! C’est plutôt une méthode de conception : comment mettre les pièces ensemble. C’est facile à faire physiquement mais difficile à concevoir psychologiquement, parce que ce n’est pas ce que vous avez l’habitude de voir. Nous devons plier les esprits, pas les tuyaux !

Tout n’est pourtant pas si simple. En France, les rénovations globales et performantes sont par exemple encore très rares…

Oui, on dirait que l’objectif est d’agir sur le plus grand nombre possible de bâtiments plutôt que d’économiser le plus d’énergie et de carbone… Certaines des méthodes de rénovation globales peuvent être complexes mais de nouvelles se développent.

Prenons l’exemple de logements sociaux aux Pays-Bas : il existe maintenant une démarche, appelée « EnergieSprong », qui consiste à faire une étude au laser d’un bâtiment, puis à fabriquer en usine une sorte de « couverture » super isolante, qui est ensuite placée sur ses façades extérieures. Des équipements efficaces, comme des pompes à chaleur, sont installés, ainsi qu’un toit solaire. Le bâtiment consomme cinq fois moins d’énergie. Au lieu de payer 150 euros par mois à leur fournisseur d’énergie, les locataires paient de 80 à 120 euros pour rembourser l’investissement.

Outre l’efficacité, vous défendez le déploiement des renouvelables. Qu’est-ce qui explique que certains s’y opposent ?

Pourquoi les énergies renouvelables couvrent-elles 80 % des besoins en électricité du Danemark ? Je pense que c’est lié au fait qu’il y a un réel engagement local et que la plupart des capacités éoliennes et solaires sont détenues par des individus, des coopératives ou des communautés. Si à chaque fois que la turbine tourne, cela met des euros dans votre poche, ça aide !

Je ne dis pas qu’il n’y a pas de conflits mais si vous regardez le temps ridiculement long qu’il faut pour obtenir l’autorisation d’installer des cellules solaires sur un toit à Paris, vous vous dites qu’il est sûrement possible de mieux faire.

Vous croyez donc à un développement rapide et massif ?

Chaque année, le monde installe des capacités de production électrique et en supprime d’autres. Savez-vous quelle proportion de ces ajouts nets de capacités sont des renouvelables ? 95 %. Dans l’une de ces bonnes années, le nucléaire représente 0,5 % des ajouts nets de capacité. C’est juste une distraction.

Vous êtes un opposant de longue date au nucléaire mais, face à l’urgence climatique, n’est-il pas nécessaire de n’exclure aucune solution bas carbone ?

Je prends simplement les indicateurs économiques et la rationalité du marché au sérieux. Plus vous êtes inquiet au sujet du changement climatique – et je le suis –, plus il est important d’investir judicieusement, avec discernement, sur les solutions qui permettront d’économiser le plus de carbone par euro.

« Les renouvelables couvrent maintenant la hausse de la demande mondiale, et l’offre de combustibles fossiles a basculé dans un déclin permanent »

Les analystes de Bloomberg New Energy Finance disent qu’un nouveau kilowattheure nucléaire coûte cinq à treize fois plus cher qu’un nouveau kilowattheure solaire ou éolien ; d’autres parlent d’un facteur allant de trois à huit. Cela signifie que lorsque vous achetez un kilowattheure nucléaire au lieu d’un kilowattheure solaire ou éolien, vous payez trois fois plus. Autrement dit, vous substituez de trois à treize fois moins de combustible fossile par euro, et vous le substituez plus lentement. Donc, pour des raisons de coût et de rapidité, investir dans le nouveau nucléaire n’est pas une solution efficace sur le plan climatique. Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre d’investir dans toutes les solutions.

Les renouvelables se déploient mais les émissions de CO continuent de croître…

Il est très probable que le pic d’utilisation et d’émission des combustibles fossiles ait eu lieu en 2019. Avec près de 300 gigawatts de nouvelles capacités par an, les renouvelables couvrent maintenant la hausse de la demande mondiale, et l’offre de combustibles fossiles a basculé dans un déclin permanent. Pendant de nombreuses années, les renouvelables se sont simplement additionnés aux combustibles fossiles au lieu de s’y substituer, mais ce n’est plus le cas.

Atteindre la neutralité carbone en 2050 vous semble-t-il toujours possible ?

Nous avons besoin à la fois d’une forte efficacité et d’une forte croissance des énergies renouvelables. Ces deux éléments réunis nous mettent, en gros, sur la voie des 2 °C de réchauffement ; nous devons aller deux fois plus vite pour rester sous la barre de 1,5 °C.

Mais il y a tellement de gisements d’économies d’énergie inexploités que je pense que c’est possible. Et nous avons fait d’excellents progrès en matière d’économies d’énergie cette année, comme l’on pouvait s’y attendre avec ce signal prix. Le chiffre qui sera annoncé d’ici à la fin de l’année sera une très bonne nouvelle.

Vous dites faire preuve d’un « espoir appliqué », qu’est-ce que cela signifie ?

C’est une pratique quotidienne qui consiste à faire des choses pour essayer de créer un monde valant la peine d’être espéré. Se concentrer sur ce que l’on peut faire, et pas seulement en parler. Comme l’a dit [l’essayiste britannique] Raymond Williams, être vraiment radical, c’est rendre l’espoir possible. Je ne pense pas que l’on puisse pousser les gens à agir en les désespérant.

Propos recueillis par Perrine Mouterde, publié le 1er novembre 2022, à 12h59

https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/10/31/vladimir-poutine-vient-de-faire-exploser-l-ere-des-energies-fossiles_6147965_3244.html

NOAM CHOMSKY : « LES ÉTATS-UNIS ET ISRAËL FONT OBSTACLE À L’ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN »

Au cours des premières décennies de l’après-guerre, les États-Unis ont considéré l’Iran comme l’un de leurs plus proches alliés géostratégiques, surtout après que la CIA a renversé le gouvernement démocratiquement élu de l’Iran en 1953 et a rétabli Mohammad Reza Pahlavi à la tête du pays. Toutefois, depuis la révolution de 1979, qui a aboli la monarchie et instauré une république islamique, les États-Unis et l’Iran sont des ennemis mortels, en grande partie à cause du rôle qu’Israël occupe dans la région.

Dans ce contexte, au cours des deux dernières décennies, la question la plus épineuse dans les relations entre les États-Unis et l’Iran a été le programme nucléaire de Téhéran, qui, selon l’Iran, est axé sur l’énergie et non sur les armes. Israël s’oppose catégoriquement à ce programme, même s’il est incontestablement admis qu’Israël est lui-même une puissance nucléaire. En 2015, l’Iran et plusieurs autres pays, dont les États-Unis, ont conclu l’accord sur le plan d’action global conjoint (JCPOA), selon lequel l’Iran était prêt à démanteler une grande partie de son programme nucléaire et à ouvrir ses installations aux inspections nucléaires en échange de milliards de dollars d’aide. Toutefois, l’administration Trump a retiré le soutien des États-Unis à cet accord – et Israël a poursuivi sa politique de sabotage et d’assassinats de scientifiques.

Les pourparlers actuels entre Washington et les dirigeants de Téhéran pour rétablir l’accord nucléaire de 2015 sont au point mort, et il y a peu d’espoir que des progrès soient réalisés de sitôt. Naturellement, les États-Unis rejettent la faute sur Téhéran. Cependant, la propagande américaine déforme grossièrement la réalité de la situation, souligne Noam Chomsky dans cette interview exclusive pour Truthout. Les obstacles à la diplomatie ne sont autres qu’Israël et les États-Unis, affirme Chomsky.

J. Polychroniou : Noam, les États-Unis et l’Iran sont en désaccord et ont même du mal à se parler. Pourquoi se détestent-ils autant, et quel rôle joue l’ombre d’Israël dans ce drame permanent ?

Noam Chomsky : Au risque d’avoir l’air d’un disque rayé, je voudrais dire quelques mots, une fois de plus, sur les raisons pour lesquelles j’ai le sentiment que tout le cadre dans lequel cette question est discutée est sérieusement déformé – encore un autre hommage à l’énorme pouvoir du système de propagande américain.

Le gouvernement américain nous dit depuis des années que les programmes nucléaires iraniens constituent l’une des menaces les plus graves pour la paix mondiale. Les autorités israéliennes ont clairement fait savoir qu’elles ne toléreraient pas ce danger. Les États-Unis et Israël ont agi violemment pour venir à bout de cette grave menace : cyberguerre et sabotage (que le Pentagone considère comme une agression qui mérite la violence en cas de légitime défense), nombreux assassinats de scientifiques iraniens, menaces constantes de recours à la force (« Toutes les options sont ouvertes ») en violation du droit international (et si quelqu’un s’en souciait, de la Constitution américaine).

De toute évidence, il s’agit d’un problème très grave. Si c’est le cas, nous voulons certainement voir s’il existe un moyen de le résoudre. Il y en a un : établir une zone exempte d’armes nucléaires [NWFZ pour Nuclear Weapons-Free Zone, NdT] au Moyen-Orient, avec des inspections – ce qui, nous le savons, peut très bien fonctionner. Même les services de renseignement américains s’accordent à dire qu’avant que les États-Unis ne démantèlent l’accord conjoint sur les armes nucléaires (JCPOA), les inspections internationales du programme nucléaire iranien étaient fructueuses.

Cela résoudrait le prétendu problème des programmes nucléaires iraniens, mettant fin à la grave menace de guerre. Quel est alors l’obstacle ?

Pas les États arabes, qui le réclament activement depuis des décennies. Pas l’Iran, qui soutient cette mesure. Pas le Sud global – G-77, 134 « nations en développement », la plupart du monde – qui la soutient fermement. Ni l’Europe, qui n’a émis aucune objection.

La barrière, ce sont les deux habituels outsiders : les États-Unis et Israël.

Il existe divers prétextes, que nous pouvons ignorer. Les raisons sont connues de tous : les États-Unis ne permettront pas que l’énorme arsenal nucléaire israélien, le seul de la région, soit soumis à une inspection internationale.

En fait, les États-Unis ne reconnaissent pas officiellement qu’Israël possède des armes nucléaires, bien que cela ne fasse évidemment aucun doute. La raison, vraisemblablement, est que si cela se produisait, la loi américaine serait invoquée, ce qui, sans doute, rendrait illégal le flux massif d’aide américaine à Israël – une éventualité que peu veulent envisager.

Tout cela est pratiquement indiscutable aux États-Unis, en dehors des cercles de contrôle des armements. En de rares occasions, les grands médias ont failli aborder le sujet interdit. Il y a un an, les rédacteurs du New York Times ont proposé « Un pas en avant vers l’Iran : un golfe Persique exempt d’armes nucléaires. »

Note : La raison, expliquent les rédacteurs, est que les armes nucléaires d’Israël sont « non reconnues et non négociables ». Par ailleurs, elles ne sont pas reconnues par les États-Unis et ne peuvent être négociées en vertu d’un décret américain.

En bref, il existe une approche directe pour traiter cette grave menace pour la paix mondiale, mais elle est bloquée par l’hégémon mondial, dont le pouvoir est si énorme que le sujet peut à peine être discuté. Nous devons plutôt adopter le cadre imposé par la puissance américaine et nous en tenir aux délibérations sur le renouvellement d’une sorte d’accord sur les armes nucléaires iraniennes.

Une autre question qui doit être mise de côté, bien qu’elle soit si évidente que même le plus grand système de propagande ne peut l’effacer entièrement, est que la crise actuelle est née lorsque les États-Unis ont unilatéralement détruit le JCPOA [dénoncé par Trump, NdT], malgré les objections énergiques de tous les autres signataires et du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui l’avait approuvé à l’unanimité. Les États-Unis ont ensuite imposé des sanctions sévères à l’Iran pour le punir du démantèlement de l’accord par les États-Unis. Là encore, les autres signataires s’y sont vigoureusement opposés, mais ils ont obéi : la menace de représailles américaines est trop impressionnante, comme dans de nombreux autres cas, notoirement les écrasantes sanctions contre Cuba, auxquelles le monde entier s’est opposé, à l’exception des deux habituelles exceptions, mais qui ont été observées avec obéissance.

Encore une fois, je m’excuse de répéter sans cesse tout cela. Il faut cependant le comprendre. Ayant fait ce geste, acceptons la réalité, en nous subordonnant au puissant système de propagande américain, et tenons-nous-en au cadre de discussion autorisé.

Pour en venir enfin à la question, tout d’abord, le rôle d’Israël est plus qu’un jeu d’ombres. Israël est au centre de l’histoire, tant par ses attaques violentes et constantes contre l’Iran que par son arsenal nucléaire « non reconnu » qui bloque la voie d’un règlement diplomatique, grâce à sa superpuissance protectrice.

En ce qui concerne la haine mutuelle, nous devons nous rappeler que nous parlons de gouvernements. Les gouvernements américain et iranien ont été de proches alliés de 1953, lorsque les États-Unis ont renversé le gouvernement parlementaire de l’Iran et réinstallé la dictature du Shah, jusqu’en 1979, lorsqu’un soulèvement populaire a renversé le Shah et que l’Iran est passé du statut d’ami privilégié à celui d’ennemi honni.

L’Irak a alors envahi l’Iran et l’administration Reagan a commencé à soutenir généreusement son ami Saddam. L’Iran a subi d’énormes pertes, dont beaucoup à cause des armes chimiques, tandis que les Reaganiens détournaient le regard et essayaient même de faire porter à l’Iran la responsabilité de la guerre chimique meurtrière de Saddam contre les Kurdes irakiens. Finalement, l’intervention directe des États-Unis a fait basculer la guerre en faveur de l’Irak. Après la guerre, le président Bush père a invité des ingénieurs nucléaires irakiens aux États-Unis pour une formation avancée à la production d’armes, une menace sérieuse pour l’Iran bien sûr. Et les États-Unis ont imposé des sanctions sévères à l’Iran. Donc, l’histoire continue.

Les accusations américaines contre l’Iran sont trop familières pour qu’il soit nécessaire de les revoir.

Sans surprise, les négociations nucléaires entre les États-Unis et l’Iran sont à nouveau au point mort et il est peu probable qu’un accord soit conclu prochainement – si tant est qu’il le soit – pour rétablir leur accord nucléaire de 2015. D’abord, quelles sont, selon vous, les pierres d’achoppement de ces négociations ? L’Iran n’a-t-il pas déjà fait une énorme concession en acceptant l’accord nucléaire de 2015 sans exiger qu’Israël se débarrasse de son propre arsenal d’armes nucléaires ?

Les négociations, par le biais d’intermédiaires européens, semblent avoir été mises en attente jusqu’après les élections américaines de novembre, au moins. Des désaccords subsistent sur un certain nombre de questions. Les plus importants, pour l’instant, seraient la lenteur iranienne à inspecter les traces d’uranium qui permettent de déterminer si l’Iran avait un programme d’armement non déclaré avant 2003. En revanche, les programmes d’armes nucléaires israéliens ne sont pas négociables par les États-Unis et ne sont même pas soumis à une inspection.

La relation de l’Iran avec la Russie s’est encore renforcée depuis le début de la guerre en Ukraine. De tels gestes de la part des dirigeants de Téhéran indiquent-ils la possibilité d’une rupture complète avec l’Occident ?

Il est difficile de voir comment la rupture pourrait aller beaucoup plus loin. Les relations plus étroites de l’Iran avec la Russie s’inscrivent dans le cadre d’un réalignement mondial général, aux contours flous, impliquant les principaux États asiatiques et les liens entre la Russie et la Chine.

Quelle est la probabilité qu’Israël attaque les installations nucléaires de l’Iran ?

Israël a attaqué à plusieurs reprises ces installations par des actes de sabotage et des assassinats. Il est probable qu’il poursuive ses efforts pour empêcher l’Iran d’acquérir la capacité de produire des armes nucléaires – ce que de nombreux pays ont fait.

Les dirigeants iraniens ont toujours affirmé qu’ils n’avaient pas l’intention de produire des armes nucléaires. Je n’ai aucune idée de ce que peut être leur pensée stratégique. Peut-être s’inspirent-ils de la doctrine nucléaire américaine, selon laquelle « les armes nucléaires doivent toujours être disponibles, prêtes à l’emploi, car elles jettent une ombre sur toute crise ou tout conflit » (Essentials of Post-Cold War Deterrence, STRATCOM 1995). Comme l’a souligné Daniel Ellsberg, à cet égard, les armes nucléaires sont constamment utilisées pour permettre d’autres actions agressives en toute impunité.

Quels que soient les motifs, pour l’Iran ou tout autre État, ces armes doivent être éliminées de la Terre. Les zones exemptes d’armes nucléaires constituent un pas dans cette direction. Le traité des Nations Unies sur l’interdiction des armes nucléaires (TPNW), aujourd’hui en vigueur mais sans la participation des États nucléaires, constitue une étape plus ambitieuse. L’Iran a participé activement à la négociation du TPNW et a fait partie des 122 États qui ont voté en faveur de son adoption, bien qu’il ne l’ait pas encore signé. Ce sont des préoccupations qui devraient être au premier plan dans nos esprits, pour tous les États, pour la sécurité de toute vie sur Terre.

Par C.J. Polychroniou

J. Polychroniou est économiste politique/scientifique politique, auteur et journaliste. Il a enseigné et travaillé dans de nombreuses universités et centres de recherche en Europe et aux États-Unis. Actuellement, ses principaux intérêts de recherche portent sur l’intégration économique européenne, la mondialisation, le changement climatique, l’économie politique ainsi que la politique des États-Unis et la déconstruction du projet politico-économique du néolibéralisme. Il contribue régulièrement à Truthout et est membre du Public Intellectual Project de Truthout. Il a publié de nombreux livres et plus de 1000 articles qui sont parus dans une variété de revues, de magazines, de journaux et de sites d’information populaires. Nombre de ses publications ont été traduites en plusieurs langues étrangères, notamment en arabe, chinois, croate, espagnol, français, grec, italien, néerlandais, portugais, russe et turc. Ses derniers livres sont Optimism Over Despair : Noam Chomsky On Capitalism, Empire, and Social Change (2017) ; Climate Crisis and the Global Green New Deal : The Political Economy of Saving the Planet (avec Noam Chomsky et Robert Pollin comme principaux auteurs) ; The Precipice : Neoliberalism, the Pandemic, and the Urgent Need for Radical Change, une anthologie d’entretiens avec Chomsky publiée à l’origine sur Truthout et rassemblée par Haymarket Books ( 2021) ; et Economics and the Left: Interviews with Progressive Economist (2021).

Source : Truthout, C. J. Polychroniou, Noam Chomsky, 24-09-2022

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Publié le 31.octobre.2022

Photo en titre : Le Premier ministre israélien Yair Lapid s’exprime lors d’un briefing de sécurité sur l’Iran pour la presse étrangère au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 24 août 2022.

https://www.les-crises.fr/noam-chomsky-les-etats-unis-et-israel-font-obstacle-a-l-accord-sur-le-nucleaire-iranien/

COMMENT LA GUERRE EN UKRAINE BLOQUE UN ACCORD SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Il y a maintenant plus d’un an et demi, l’entrée en fonctions de l’administration Biden a soulevé l’espoir d’un rétablissement du Plan d’action global conjoint, aussi appelé accord de Vienne sur le nucléaire iranien (Joint Compréhensive Program of Action ou « JCPOA », conclu le 14 juillet 2015), dont Donald Trump avait unilatéralement fait sortir les États-Unis en 2018.

Cet accord avait pour objectif de contrôler le programme nucléaire iranien en échange de la levée progressive des sanctions économiques contre Téhéran.

Mais en dépit des discours répétés de bonne volonté de plusieurs membres de l’administration américaine favorables aux négociations et qui appelaient de leurs vœux une avancée sur ce dossier, la dynamique diplomatique a aujourd’hui du plomb dans l’aile. En effet, l’exacerbation du conflit en Ukraine est devenue le principal facteur de blocage à toute évolution vers un accord qui pourtant semblait urgent il y a encore quelques mois.

Un accord urgent pour les puissances occidentales

Dès l’ouverture des pourparlers sur la relance de l’accord de Vienne, en février 2021, les négociateurs américains avaient insisté pour incorporer dans les discussions le volet balistiquen autrement dit la fin de la production par Téhéran de missiles balistiques de longue portée à haute précision, et la remise en cause du rôle régional « déstabilisateur » de l’Iran.

De son côté, l’Iran a fait montre de fermeté en rejetant toute négociation qui sortirait du strict cadre nucléaire et a toujours exigé, en contrepartie de son acceptation, la levée des sanctions dont il fait l’objet et l’obtention de garanties sur la pérennité de l’accord, afin de s’assurer que celui-ci survivrait aux aléas d’un changement d’administration aux États-Unis.

Les négociations conduites depuis maintenant un an et demi interviennent entre l’Iran d’un côté, et les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et l’Allemagne de l’autre, et sont coordonnées par l’Union européenne.

Le refus de l’Iran de parler directement aux Américains conduit les Européens, participants de plein droit, à assumer également un rôle de médiateur. Dans le cadre de ces discussions, il est demandé à Téhéran de respecter les engagements de l’accord de Vienne, qui impose un régime de surveillance renforcé de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AEIA) et des limitations qualitatives et quantitatives temporaires de certaines des activités nucléaires de l’Iran – à l’exemple de la limitation de l’enrichissement de l’uranium entre 3 et 5 % et à un usage strictement civil – en échange de la levée progressive des sanctions économiques.

Le facteur temps et la crainte que l’Iran ne devienne une « puissance du seuil » ont rendu urgente la conclusion d’un accord pour les puissances occidentales. En effet, avec le retrait des États-Unis de l’accord de Vienne en 2018 et la mise en œuvre d’une politique de pression maximale à l’endroit de l’Iran, Téhéran a repris ses activités d’enrichissement dans des quantités très supérieures à celles agrées par l’accord sur le nucléaire de 2015.

Dans un rapport publié le 7 septembre dernier, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), qui accuse depuis plusieurs mois l’Iran d’entraver sa mission de vérification et de contrôle du respect des engagements en matière nucléaire, révèle que le stock iranien d’uranium enrichi est passé de 43 kg en mai à 55,6 kg le 21 août et qu’il est désormais proche du seuil nécessaire à la fabrication de l’arme atomique.

L’unité des Occidentaux

Face aux violations imputées à l’Iran par l’AIEA – qui a notamment adopté, en juin dernier, une résolution blâmant Téhéran -, l’Iran a réaffirmé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Hossein Amirabollahian, dans une interview accordée à Al-Monitor le 25 septembre dernier, que les allégations de l’Agence sont « sans fondement » et que cette dernière « doit se comporter et agir techniquement » et non politiquement. Mais les Américains et les Européens, dans une parfaite unité, accusent l’Iran d’être le principal responsable de l’impasse dans laquelle se trouvent aujourd’hui les négociations et n’espèrent plus un dénouement positif imminent.

Après le rejet par l’Iran de la mouture finale du projet d’accord présenté en août 2022 par le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, au motif que ce texte ne contenait pas de garanties économiques suffisantes en cas de nouveau retrait unilatéral des États-Unis, plusieurs déclarations ont constaté une situation de blocage. Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a ainsi affirmé le 12 septembre que compte tenu des exigences de l’Iran, un accord était « improbable » à court terme, pointant l’incapacité de Téhéran « à faire ce qui est nécessaire pour parvenir à un accord ».

De leur côté, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont amplement repris les critiques émises par les Américains et conclu dans une déclaration commune publiée le 10 septembre que l’Iran a décidé « de ne pas saisir cette opportunité diplomatique décisive » et « poursuit l’escalade de son programme nucléaire ».

Ainsi, si formellement les négociations continuent d’achopper sur des questions techniques, force est de constater que la perception occidentale de l’urgence de parvenir à un accord avec l’Iran se trouve sensiblement modifiée. Les nouveaux calculs stratégiques dictés par une analyse du caractère inéluctable de la défaite russe en Ukraine confortent désormais une approche de fermeté vis-à-vis de l’Iran.

L’horizon d’une défaite russe

Il apparaît clairement que l’inquiétude décliniste – actant la fin de l’hégémonie américaine sur le monde qui irriguait la majorité des analyses s’est dissipée.

La guerre en Ukraine est désormais perçue comme une opportunité historique et stratégique de rétablir l’unité du camp occidental et de préserver sa position hégémonique. Dans ce nouveau contexte géopolitique, les États-Unis et leurs alliés européens ont engagé un nouveau pari consistant à penser que la confrontation est entrée dans une phase décisive. Comme le rappelle un article récent de The National News :

« [Les] dirigeants américains et européens ont pris leur décision dans l’équation “victoire ou défaite” et ne permettront pas à la Russie de s’emparer de l’Ukraine, quel qu’en soit le coût. Cela signifie que ce qui semblait impossible il y a un mois ou deux est désormais plausible, à savoir une intervention occidentale directe dans la guerre, dans le cas où la Russie déploierait des armes nucléaires tactiques. »

Les puissances occidentales misent sur une défaite russe sur le terrain ukrainien qui aurait des conséquences géostratégiques majeures à l’échelle globale. Au cours d’un entretien avec le journaliste Jeffrey Goldberg, Jake Sullivan, le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, affirme que la guerre en Ukraine est aussi une démonstration de « notre force, notre résilience, notre endurance », et « aura un impact certain sur notre capacité à dissuader efficacement les autres ailleurs ».

L’objectif serait à la fois de limiter les ambitions de puissance de la Chine et d’affaiblir la position négociatrice de l’Iran, resté allié à la Russie depuis le début de la guerre. Ce calcul qui pousse à une inflexibilité des positions sur le dossier du nucléaire se nourrit également de la représentation occidentale que le régime iranien, en proie à une importante contestation interne, serait de plus en plus fragilisé et idéologiquement isolé. En réaction à la répression en Iran, l’UE a d’ores et déjà adopté des sanctions et envisage de renforcer ces mesures coercitives en pointant la responsabilité de Téhéran dans la vente de drones à la Russie pour appuyer la campagne militaire de celle-ci en Ukraine.

Un pari risqué

Toutefois, il serait opportun de s’interroger sur la pertinence de cette grille de lecture dominante. D’un côté, elle semble relever davantage du wishful thinking que d’une lecture réaliste de la situation. Comme le souligne avec pertinence un éditorial de The Guardian paru le 25 septembre dernier :

« Notre excitation devant les images émouvantes des manifestations nous conduit non seulement à exagérer l’ampleur et la profondeur du mouvement de protestation […] mais aussi à sous-estimer la force de leurs ennemis. Ceux qui s’opposent à ceux qui manifestent actuellement en Iran restent en effet très redoutables. »

D’un autre côté, il est difficile de ne pas souscrire aux conclusions du politiste américain Robert Kaplan qui ont le mérite de la clarté. Dans un commentaire récent, il rappelle que si les régimes russe et iranien ne sont actuellement pas menacés, l’hypothèse de leur effondrement renferme un « danger géopolitique ». En effet, « il n’existe pas d’alternatives claires et institutionnellement viables pour les remplacer […]. Après tout, nous ne parlons pas seulement de deux pays. La Russie est une superpuissance dotée de l’arme nucléaire, l’Iran est un pays essentiel du Moyen-Orient et d’Asie centrale sur le point de devenir une puissance nucléaire. »

La configuration actuelle augure mal de la possibilité d’un compromis sur le dossier nucléaire, mais si l’opportunité historique de conclure un deal est aujourd’hui manquée, l’Iran pourrait prochainement se hisser au rang des puissances nucléaires.

Par Lina Kennouche, (Docteur en géopolitique, Université de Lorraine), publié: 31 octobre 2022 à 20h02 CET

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https://theconversation.com/comment-la-guerre-en-ukraine-bloque-un-accord-sur-le-nucleaire-iranien-192061

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Françoise Marmouyet, Coordinatrice éditoriale

GUERRE EN UKRAINE : LA RUSSIE ACCUSE L’OTAN D’ÊTRE RESPONSABLE DE L’ESCALADE NUCLÉAIRE

La Russie a déclaré samedi que le déploiement accéléré d’armes nucléaires tactiques américaines B61 modernisées sur des bases de l’Otan en Europe aurait pour conséquence d’abaisser le « seuil nucléaire » et que Moscou devait en tenir compte dans sa planification militaire.

L’armée russe dispose d’environ 2.000 armes nucléaires tactiques opérationnelles, contre environ 200 pour les États-Unis, dont la moitié sont stationnées sur des bases en Italie, en Allemagne, en Turquie, en Belgique et aux Pays-Bas.

Politico a rapporté que les États-Unis avaient déclaré, lors d’une réunion à huis clos de l’Otan, qu’ils allaient accélérer le déploiement d’une version modernisée de la bombe nucléaire B61, la B61-12, qui arrivera en décembre sur les bases européennes concernées, soit avec plusieurs mois d’avance sur le calendrier initial.

« Nous ne pouvons pas ignorer les projets de modernisation des armes nucléaires, ces bombes classiques qui se trouvent en Europe », a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères russe Alexandre Grouchko à l’agence de presse russe RIA.

La bombe B61-12 est équipée d’une tête nucléaire de plus faible puissance que certaines des versions antérieures de cette arme, mais elle est plus précise et peut pénétrer sous terre, selon des études de la Federation of American Scientists.

« Les États-Unis sont en train de les moderniser, d’augmenter leur précision et de réduire la puissance de la charge nucléaire, c’est-à-dire qu’ils les transforment en armes de champ de bataille, donc qu’ils abaissent le seuil nucléaire », a estimé Alexandre Grouchko.

Lors d’un discours prononcé à Moscou cette semaine devant le Club international de discussion « Valdaï« , Vladimir Poutine a accusé les Occidentaux de chercher à contenir le développement d’autres civilisations. Ce qu’il qualifie, plus particulièrement en Ukraine, de jeu géopolitique « dangereux, sanglant et sale ».

Alors qu’il a mis au banc de la communauté internationale la Russie, devenue État paria, le président russe a jugé que « le pic des difficultés » économiques était « passé ». Selon lui, « l’économie russe s’est adaptée (…) Ce qui se passe est en fin de compte bénéfique pour la Russie et son avenir (…) y compris dans la sphère économique ».

Rien n’est pourtant moins sûr. La Russie profite pour l’instant de la crise énergétique mondiale et des exportations d’hydrocarbures. Mais c’est bien le scénario de la récession qui se profile. La croissance russe devrait en effet se contracter de 3,4% en 2022 et de 2,3% en 2023 d’après le Fonds Monétaire International, soit un recul moins fort que prévu.

L’Occident, « aveuglé par le colonialisme »

De quoi encourager le chef du Kremlin à maintenir une rhétorique belliqueuse : « Comme ils (les Occidentaux) disent, qui sème le vent récolte la tempête », a-t-il lancé.

« J’ai toujours cru et je crois dans le bon sens, je suis donc persuadé que tôt ou tard, les nouveaux centres de l’ordre mondial multipolaire et l’Occident devront entamer une conversation équitable sur l’avenir que nous partageons et le plus tôt sera le mieux », a ajouté Vladimir Poutine.

Selon le président russe, l’Occident, « aveuglé » par le colonialisme, a contribué à déclencher le conflit en Ukraine et cherche à alimenter une crise sur le sort de Taïwan, revendiquée par la Chine, afin de renforcer sa domination sur le monde.

Vladimir Poutine a également accusé les Occidentaux d’utiliser l’arme des sanctions économiques et les « révolutions de couleur », allusion notamment à la révolution orange de 2004 en Ukraine, pour écarter des puissances rivales.

Il a réaffirmé que ce qu’il qualifie d’opération spéciale en Ukraine, envahie depuis février par l’armée russe, était inévitable à ses yeux pour soutenir la région du Donbass et empêcher une nouvelle expansion de l’Otan.

« Nous sommes à un moment historique. Nous sommes sans doute face à la décennie la plus dangereuse, la plus importante, la plus imprévisible » depuis 1945, a déclaré le dirigeant russe.

« L’Occident, sans unité claire, n’est pas en mesure de diriger le monde, mais il essaye désespérément, et la plupart des peuples du monde ne peuvent l’accepter », a-t-il affirmé, jugeant dès lors la planète en « situation révolutionnaire ».

« La Russie ne supportera jamais le diktat de l’Occident agressif, néocolonial », a-t-il ajouté.

La « bombe sale ukrainienne »

Concernant les accusations russes selon lesquelles Kiev est en train de mettre au point une « bombe sale« , le maître du Kremlin a demandé à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de se rendre « au plus vite » en Ukraine.

« L’AIEA veut venir (…). Nous sommes pour, au plus vite et de la manière la plus large possible, car nous savons que les autorités à Kiev font tout pour brouiller les traces de ces préparatifs », a-t-il affirmé.

Selon lui, Kiev veut utiliser une telle arme radioactive « pour pouvoir dire plus tard que c’était la Russie qui avait effectué une frappe nucléaire », a encore dit M. Poutine, soulignant qu’il avait lui-même demandé à son ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, d’« en informer » ses homologues occidentaux.

L’Ukraine et ses alliés occidentaux ont tous depuis largement condamné les allégations « à l’évidence fausses » de la Russie.

« Nous n’avons jamais parlé de la possibilité d’utiliser des armes nucléaires. Nous avons seulement fait des allusions en réponse aux déclarations d’autres pays », a assuré le président russe.

Par latribune.fr, (Avec AFP et Reuters), publié le 30 octobre à 08h58

Photo en titre : Crédits : MAXIM SHEMETOV

https://www.latribune.fr/economie/international/guerre-en-ukraine-la-russie-menace-l-otan-d-etre-responsable-de-l-escalade-nucleaire-938836.html

LES ÉTATS-UNIS INSTAMMENT PRIÉS DE POURSUIVRE UNE POLITIQUE NUCLÉAIRE RATIONNELLE ET RESPONSABLE

La Chine exhorte les États-Unis à abandonner la mentalité de la Guerre froide, la logique de l’hégémonie, à poursuivre une politique nucléaire rationnelle et responsable, et à jouer son rôle dans le maintien de la stabilité stratégique mondiale et la paix et la sécurité mondiales, a déclaré vendredi Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, lors d’un point de presse quotidien.

Le porte-parole a été invité à commenter le Nuclear Posture Review (NPR) des États-Unis en 2022, publié jeudi (heure locale) par le département de la défense des États-Unis.

Wang a indiqué que le NPR 2022 des États-Unis sent fortement la Guerre froide et la mentalité à somme nulle. Il attise la concurrence entre les grandes puissances et la confrontation entre blocs, et utilise les armes nucléaires comme outils pour promouvoir son agenda géopolitique. « Cela est clairement contre le désir du monde de prévenir une guerre nucléaire ou une course aux armes nucléaires.« 

Wang a souligné le fait que les États-Unis possèdent le plus grand arsenal nucléaire du monde, et continuent à mettre à niveau sa « triade nucléaire » et à faire progresser de manière sélective le processus international de contrôle des armes nucléaires uniquement lorsque cela permet de réprimer les pays qu’ils considèrent comme rivaux.

« Ce qui se cache derrière la politique des États-Unis est sa logique hégémonique de recherche d’une supériorité militaire absolue, qui pourrait alimenter une course aux armements nucléaires, » a souligné M. Wang.

Wang a fait remarquer que les mesures prises par les États-Unis ont miné la confiance mutuelle entre les grands pays, alimenté la course aux armements nucléaires et les confrontations, et porté gravement atteinte à la paix et à la stabilité régionales et internationales.

Le porte-parole a souligné que dans le dernier NPR, les États-Unis ont formulé des remarques et des accusations irresponsables, ainsi que des spéculations sans fondement sur la modernisation normale et les forces nucléaires de la Chine. Les États-Unis ont effrontément « façonné » une stratégie de dissuasion nucléaire contre la Chine. La Chine est sérieusement préoccupée et fermement opposée à une telle démarche.

« Nous avons la capacité et la confiance pour sauvegarder nos intérêts de sécurité nationale. Le chantage nucléaire des États-Unis ne fonctionne pas sur la Chine, » a souligné M. Wang.

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Par : Yann, French.china.org.cn, publié le 29-10-2022

http://french.china.org.cn/china/txt/2022-10/29/content_78491970.htm

FACE AU PÉRIL NUCLÉAIRE EN UKRAINE, AGIR, “AVANT QU’IL NE SOIT TROP TARD”

UkraineUnderAttack – « Avant qu’il ne soit trop tard. » Cet appel à la raison et à l’humanisme réunit à cette heure plus de 130 poètes, écrivains, artistes, universitaires et intellectuel(le)s (français mais pas seulement) : toutes et tous l’ont signé afin de mettre en garde l’opinion publique devant le péril nucléaire qui menace en raison de la Guerre en Ukraine. ActuaLitté le propose ici dans son intégralité.

Avant qu’il ne soit trop tard

Il est encore temps…

Chacun se demande s’il est encore temps d’empêcher la conflagration générale…

Nous sommes au bord de la IIIème Guerre mondiale (si celle-ci n’est pas déjà commencée) et beaucoup — hommes d’État, dirigeants politiques, journalistes, intellectuels, citoyens — feignent de ne pas voir, comme si minimiser les risques conjurait le pire.

Nous, poètes, écrivains, artistes, citoyennes et citoyens… Femmes et hommes, êtres humains qui peuplent cette terre, nous voulons dire :

Il est encore temps d’ouvrir les yeux

À travers la mobilisation colossale des forces et les combats meurtriers en Ukraine, se joue en fait la confrontation entre grandes puissances, possédant toutes l’arme nucléaire.

Cette guerre terriblement meurtrière sacrifie des vies, détruit des villes, ruine culture et civilisation. Elle n’est pas moins immonde en ce qu’elle combine les horreurs classiques de la guerre et les moyens technologiques les plus sophistiqués.

En dépit des discours de propagande de part et d’autre (qui ne tolèrent aucune voix discordante), il n’y a pas d’un côté les bons et de l’autre les méchants.

Dans la région, le conflit est ancien. Ces dernières années, il a dégénéré suite au non-respect des accords de Minsk et il est en train de déchirer deux peuples frères.

À LIRE: Russie : “Le pouvoir s’en prend également aux artistes protestataires

Nous ne sommes plus comme à la veille de la Seconde Guerre mondiale où s’opposaient les démocraties et les régimes fascistes. Nous serions plutôt dans une situation comparable aux prémisses de la Première Guerre, lorsque les grandes puissances de l’époque cherchaient à se repartager le monde au prix d’une véritable boucherie.

Il est encore temps de stopper la pandémie de haine et les nationalismes barbares

L’Histoire ne laisse guère de doutes ; elle nous montre où conduisent les nationalismes guerriers. Aujourd’hui dans toute l’Europe, si ce n’est dans le monde entier, on voit resurgir, parmi les peuples bousculés par la mondialisation capitaliste et sa concurrence effrénée, la tendance aux replis identitaires, la résurgence des nationalismes, du chauvinisme, la nostalgie même du fascisme et la tentation des solutions autoritaires, xénophobes et racistes. Tout cela ne mène qu’aux plus monstrueuses et suicidaires figures de l’humanité.

Il est encore temps que la raison et la paix l’emportent.

Ce qui se joue pour la Russie est le dépeçage de l’Ukraine, le contrôle des zones russophones, la reprise en main de certaines de ses principales ressources économiques. Du côté de l’OTAN, c’est la recolonisation déjà avancée de l’Est européen (l’économie et l’agriculture ukrainiennes sont déjà aux mains de grandes sociétés américaines), la destruction de la puissance russe, la soumission de l’Europe aux États-Unis, à son gaz et à ses armes… Avec la Chine en ligne de mire…

Mais où sont les voix, comme celles de Jean Jaurès, Romain Rolland, Rosa Luxembourg ou Lénine hier, pour se lever aujourd’hui, réagir et décréter la paix au monde ?

Que faut-il attendre ?… Des centaines de milliers de morts, une arme nucléaire rayant de la carte un des pays ? Attendre l’extrême limite pour s’asseoir à la table des négociations ?

Non, nous savons que la seule solution est le respect du droit à l’autodétermination des peuples, l’écoute de la volonté des populations des régions concernées, pouvant s’exprimer dans des conditions de paix, sous contrôle de l’ONU, pour choisir si elles veulent être rattachées à l’Ukraine ou à la Russie.

TRIBUNE: “Disparaît cet espoir d’un continent européen sans guerre

Il faut que s’arrêtent les combats, les mobilisations militaires, les livraisons d’armes, il faut redémarrer les discussions qui à plusieurs reprises ont été interrompues sous la pression de ceux qui voulaient jeter de l’huile sur le feu.

La paix aujourd’hui n’a pas voix au chapitre. Pourtant elle répond au vœu le plus profond de tous les peuples, de l’immense majorité des Terriens.

Il est encore temps d’affronter ensemble les nouveaux défis de la planète

Poètes, écrivains, artistes citoyens, nous faisons partie de cette immense majorité qui pense qu’il faut œuvrer ensemble pour résoudre nos problèmes liés au climat, aux défis alimentaires, médicaux, sociaux, culturels…

L’exploitation effrénée des ressources naturelles avec le seul objectif de maximiser la rentabilité financière nous a conduits où nous en sommes aujourd’hui. Au lieu de s’entretuer dans des guerres fratricides, mieux vaudrait travailler ensemble à résoudre nos problèmes communs.

Nous savons que c’est la parole partagée qui fonde notre humanité.

Il est encore temps d’une grande refondation de nos sociétés.

Avant qu’il ne soit trop tard… Avant de sombrer dans un monde d’apartheid généralisé où une poignée de possédants belliqueux maintiendrait ses privilèges par la brutalité, la famine et la guerre permanente contre les pauvres, élevons la voix…

À LIRE: Les bibliothèques ukrainiennes traque la “propagande” russe

Il est encore temps, mais il est grand temps d’unir nos voix pour vaincre le pire que serait la IIIème Guerre mondiale, pour nous engager non dans la voie de l’auto-destruction, mais dans celle d’une grande refondation. Nous remettre à la tâche de sauver un sens de vivre, digne d’une authentique humanité.

Publié le 30/10/2022 à 14h18

Photo en titre : crédits photo : kawuart ; manhhai, CC BY 2.0

Pour retrouver cet article et voir la liste des quelques 130 premiers signataires de cet appel, cliquer sur : https://actualitte.com/article/108512/tribunes/face-au-peril-nucleaire-en-ukraine-agir-avant-qu-il-ne-soit-trop-tard

L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ONU ESTIME QU’ISRAËL DOIT SE DÉBARRASSER DE SON ARSENAL NUCLÉAIRE

La résolution soumise par l’Égypte était parrainée par l’Autorité palestinienne et 19 autres pays

La Première Commission de l’Assemblée générale des Nations unies, chargée des questions de désarmement et de sécurité internationale, a appelé vendredi Israël à se débarrasser de toutes ses armes atomiques et à placer ses sites nucléaires sous la tutelle de l’Agence internationale de l’énergie atomique dans un vote initial de 152 voix contre 5.

Les cinq pays qui se sont opposés à la résolution sur le « risque de prolifération nucléaire au Moyen-Orient » étaient le Canada, Israël, la Micronésie, Palau et les États-Unis. Vingt-quatre autres pays se sont abstenus, dont des membres de l’Union européenne.

La résolution soumise par l’Égypte était parrainée par l’Autorité palestinienne et 19 pays dont le Bahreïn, la Jordanie, le Maroc et les Émirats arabes unis.

Le texte vise principalement Israël, qui serait l’un des neuf pays à posséder des armes nucléaires, ce que l’État hébreu n’a jamais officiellement reconnu.

La résolution note qu’Israël est le seul pays du Moyen-Orient et l’un des rares parmi les 193 États membres de l’ONU à ne pas avoir signé le traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP). 

Elle appelle en outre l’État hébreu « à adhérer au Traité sans plus tarder, à ne pas mettre au point, produire, tester ou acquérir de quelque manière que ce soit des armes nucléaires, à renoncer à la possession d’armes nucléaires et à placer toutes ses installations nucléaires, dont la sécurité n’est pas assurée, sous le régime des garanties intégrales de l’Agence, ce qui constitue une importante mesure de confiance entre tous les États de la région et un pas vers le renforcement de la paix et de la sécurité« .

Lors d’un débat sur la question au début du mois, une envoyée israélienne à l’ONU, Michal Maayan, a déclaré que le TNP n’est pertinent que dans la mesure où il est respecté et qu’il ne constitue pas un remède aux « défis de sécurité uniques » du Moyen-Orient.

« Quatre des cinq cas de violations graves du TNP ont eu lieu au Moyen-Orient depuis son entrée en vigueur« , a-t-elle expliqué, faisant référence au programme nucléaire iranien illicite et les activités nucléaires non déclarées en Syrie.

Michal Maayan a par ailleurs expliqué qu’il était impossible de parler d’une architecture de sécurité régionale autour de la question nucléaire dans une situation où les pays du Moyen-Orient ne reconnaissent pas le droit à l’existence d’Israël, soulignant que cette position était « intenable« 

Par i24NEWS, publié le 30 octobre 2022 à 11h01, dernière modification le 30 octobre 2022 à 13h26

Photo en titre : Le Premier ministre israélien Yair Lapid s’adresse à la 77ème session de l’Assemblée générale des Nations Unies au siège de l’ONU à New York le 22 septembre 2022. TIMOTHY A. CLARY / AFP

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/diplomatie-defense/1667124059-l-assemblee-generale-de-l-onu-estime-qu-israel-doit-se-debarrasser-de-son-arsenal-nucleaire

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CHINON B, NON-RESPECT DE LA CONDUITE À TENIR PRÉVUE PAR LES RÈGLES GÉNÉRALES D’EXPLOITATION DU RÉACTEUR 1

Le 19 octobre 2022, EDF a déclaré à l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) un évènement significatif pour la sûreté relatif au non-respect de la conduite à tenir prévue par les règles générales d’exploitation (RGE) du réacteur 1 concernant l’indisponibilité d’une des vannes d’isolement du circuit de vapeur vive principale (VVP).

Le circuit de vapeur vive principale permet d’alimenter en vapeur le groupe turbo-alternateur situé en salle des machines. Ce circuit comprend trois lignes, chacune issue d’un des trois générateurs de vapeur situés dans le bâtiment réacteur. Une ligne de vapeur vive est notamment équipée d’une vanne d’isolement, qui permet d’interrompre rapidement, si nécessaire, la circulation de la vapeur.

Dès que la température du circuit primaire est supérieure à 90°C, les RGE prévoient que les vannes d’isolement soient toutes disponibles et puissent être fermées en cas de besoin. Le repli du réacteur doit être engagé sous huit heures en cas d’indisponibilité d’une vanne d’isolement vapeur.

En 2021, alors que le réacteur 1 était en arrêt pour maintenance programmée, plusieurs activités ont été réalisées sur l’une des trois vannes d’isolement vapeur de ce réacteur. Des équipements de protection des travailleurs (garde-corps) ont été démontés le temps de la réalisation des travaux puis remontés le 18 janvier 2022, lors de la remise en service du réacteur 1.

Le 15 octobre 2022, lors de la manœuvre des vannes d’isolement vapeur dans le cadre d’un arrêt pour économie de combustible, l’exploitant a constaté que l’une d’elles ne se fermait pas complètement. Les investigations qui ont été immédiatement diligentées ont permis d’identifier qu’un garde-corps avait été mal remonté en janvier 2022, un poteau de ce garde-corps empêchant la fermeture correcte de la vanne d’isolement vapeur concernée.

L’exploitant a remis en conformité l’installation concernée dès la découverte de l’anomalie.

Il a considéré que la vanne d’isolement vapeur concernée a été indisponible du 18 janvier au 15 octobre 2022, période pendant laquelle sa disponibilité était requise par les RGE.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les installations, les personnes et l’environnement. Néanmoins, en raison de la détection tardive par l’exploitant et du non-respect des RGE, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES, échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité.

Publié le 28/10/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/non-respect-de-la-conduite-a-tenir-prevue-par-les-regles-generales-d-exploitation-du-reacteur-15

AIN : NOUVEAUX RÉACTEURS NUCLÉAIRES, DES PROTESTATIONS EN FRANCE ET EN SUISSE

Plus d’une centaine d’élus ont signé une tribune pour s’opposer à l’implantation d’une nouvelle centrale nucléaire dans l’Ain. Si nos voisins suisses n’ont pas hésité à y prendre part, les élus gessiens et bellegardiens se comptent sur les doigts d’une main…

Ils sont exactement 168 élus à avoir signé une tribune pour contester la modification du Schéma de Cohérence Territoriale Bugey Côtière Plaine de l’Ain (SCOT BUCOPA) qui était soumis à enquête publique jusqu’au 22 octobre dernier.

Concrètement, les changements sur ce document technique permettraient de faciliter l’installation d’une nouvelle paire de réacteurs nucléaires EPR2. Ces réacteurs pourraient voir le jour à Saint-Vulbas, une commune de l’Ain où est déjà implantée la centrale nucléaire du Bugey.

« Nous refusons ces réacteurs nucléaires coûteux, polluants et très dangereux pour la population et l’environnement. Nous ne voulons pas d’un avenir avec des EPR dans nos territoires » annoncent les élus signataires rassemblés sous le nom « Élu.e.s contre EPR à Bugey ».

Dans un communiqué du 13 octobre, alors journée internationale de prévention des risques, ces mêmes élus avaient précisé leur position.

« Les élus locaux de la majorité ne s’en cachent pas : cette modification a pour principal objectif de les autoriser à artificialiser 150 hectares de terres agricoles pour installer une paire d’EPR à côté de la plus vieille centrale nucléaire de France. […] Cette modification du SCOT, procédure précipitée et coûteuse a pour but essentiel d’adhérer à la politique nucléariste du gouvernement, sans attendre le débat public national relatif à la mise en œuvre d’un programme de 6 réacteurs nucléaires de type « EPR2 » qui débutera le 27 octobre. »

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« Ce n’est pas une solution viable pour le réchauffement climatique »

Pour Joël Guerry, conseiller communautaire de la Plaine de l’Ain et membre de l’association Sortir du Nucléaire Bugey, hors de question d’être co-signataire de la contribution positive à l’enquête publique voulue par sa communauté de communes : « Ces réacteurs EPR2, qui ne sont encore qu’un projet sur papier, ne sont en rien une solution viable pour le réchauffement climatique, au contraire, leur construction va entraîner une forte augmentation des émissions de gaz à effet de serre pendant les 10 à 15 ans de leur construction, alors que les prochaines années sont cruciales pour lutter contre le réchauffement climatique. La seule solution viable est d’importantes économies d’énergie par la sobriété et l’efficacité énergétiques et un développement massif des énergies renouvelables. »

Lire aussi : Et si l’énergie dégagée par les expériences du Cern chauffait votre logement

Sur 168 signataires, 1 seul élu gessien

Cette opposition d’un élu local de l’Ain a donc été rejointe pour d’autres élus aussi bien Français que Suisses. On sait depuis longtemps que Genève ne voit pas d’un bon œil les activités autour de la centrale du Bugey. Sur la liste des signataires, on retrouve donc des élus genevois et lyonnais aussi bien municipaux que régionaux. Ne cherchez pas des noms gessiens ou bellegardiens dans cette liste. Le seul élu gessien sur ces 168 est Philippe Guinot, conseil municipal d’Ornex. On vous laisse à vos déductions sur ce point…

Pourquoi choisir le Bugey pour de nouveaux réacteurs nucléaires ?

Le 10 février 2022, le président Emmanuel Macron dévoilait sa stratégie pour relancer le nucléaire en France. En déplacement à Belfort, le président affirmait alors sa détermination à investir dans le renouvelable, mais surtout à relancer la filière nucléaire via la construction de six réacteurs nucléaires EPR nouvelle génération d’ici 2035.

L’emplacement de ces nouveaux réacteurs était déjà en débat depuis plusieurs années. Ainsi, dès 2020 Jean Deguerry, président du département, annonçait en session qu’il souhaitait que l’Ain se positionne : «  Une (paire de réacteur, Ndlr) est déjà fléchée en Normandie, une est déjà fléchée dans les Hauts-de-France, la troisième serait pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. Alors plutôt que de laisser le site de Tricastin prendre l’avantage, je veux que nous défendions notre territoire

Pour atteindre cet objectif il fallait donc passer par la modification du SCOT BUCOPA. La communauté de communes de la Plaine de l’Ain l’assume et déclare ainsi : « Le site du Bugey présente de sérieux avantages pour l’implantation d’une paire d’EPR 2 : des disponibilités foncières, des infrastructures d’évacuation d’énergie déjà existantes, un tissu économique local solide et compétent, des emplois spécialisés et non délocalisables. »

Par Coralie Dhenein, mis en ligne le 29/10/2022 à 21h00

Photo en titre : Vue de l’actuelle centrale nucléaire du Bugey. – DRK

https://www.lepaysgessien.fr/49560/article/2022-10-29/ain-nouveaux-reacteurs-nucleaires-des-protestations-en-france-et-en-suisse

NDLR: petite suggestion aux élus pronucléaires: on devrait aussi construire une usine d’armement plus 2 ou 3 sites classés SEVESO, ça créerait encore plus d’emplois et rapporterai plus de taxes puisqu’il n’y a que ça qui compte pour vous!!!

CHINON : À LA RECHERCHE DU REMÈDE AUX MAUX DU PARC NUCLÉAIRE FRANÇAIS

Le parc nucléaire français est touché par un phénomène de corrosion sous contrainte. Le Lidec, laboratoire d’analyses, repère et répare les failles.

Corrosion sous contrainte. Trois mots qui agitent le parc nucléaire depuis octobre 2021 et la détection du phénomène sur le réacteur n° 1 de la centrale de Civaux (Vienne). Il a été depuis détecté ou est suspecté sur une quinzaine de systèmes de sécurité de réacteurs du parc nucléaire français.

Pour résumer, les soudures des tuyauteries des réseaux de refroidissement sont fissurées – de l’ordre du millimètre – par le mouvement du fluide à l’intérieur. Un phénomène « pernicieux » selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), car il est détectable uniquement lorsque la fissuration a déjà débuté. Pour détecter le phénomène, il faut donc découper la tuyauterie et la scruter de près avec des microscopes électroniques capables de scruter à l’échelle de l’atome. Ce qui entraîne des opérations longues de maintenance et explique la longueur des arrêts pour examiner et corriger les défauts.

Un laboratoire unique en France

C’est l’œuvre du Lidec, laboratoire d’analyses unique en France présent à la centrale nucléaire de Chinon, visité ce vendredi 28 octobre par Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique. Dans cette structure de 1.200 m2, 150 personnes observent sous toutes les coutures les pièces maîtresses et simples rondelles, visseries.

Pour le phénomène de corrosion sous contrainte, la géométrie des tuyauteries semble être en cause. « La composition du métal est tout à fait conforme aux exigences de qualité, assure Hubert Catalette, directeur délégué maintenance et projet corrosion sous contrainte à EDF. On recherche des matériaux avec la meilleure souplesse, car on craint la rupture nette (des réseaux de sécurité). Ils sont très peu sensibles à la contrainte, mais ne le sont pas totalement insensibles. »

À LIRE AUSSI : Indre-et-Loire : Chinon veut des nouveaux réacteurs nucléaires

Depuis les travaux menés par le Lidec, six réacteurs ont bénéficié de réparations et vont être reconnectés au réseau. « Modifier les lignes est impossible, on répare et on optimise pour diminuer les contraintes », indique Hubert Catalette.

Le réacteur n° 3 de Chinon a été arrêté neuf mois après la détection d’une microfissure, qui s’est finalement révélée être un défaut originel. Il va être remis en fonction autour du 3 novembre.

Les quatre réacteurs en production cet hiver

Les quatre réacteurs de Chinon seront alors en production « au cœur de l’hiver, note Stéphane Rivas, directeur de la centrale nucléaire de Chinon. RTE (Réseau de transport d’électricité) a fixé une feuille de route de puissance à 40 GW (gigawatts) en décembre, 50 GW en janvier (sur le plan national, chaque réacteur chinonais produit environ 1 GW), on s’y attelle. »

Recruter

Outre le Lidec, le laboratoire Intra, qui conçoit des robots et drones, ou encore la science du démantèlement grâce au démonstrateur industriel, la centrale nucléaire de Chinon veut rester à la pointe de la filière nucléaire française. En particulier sur le recrutement.

Pour susciter des vocations et trouver les futurs salariés de la filière, des contacts sont noués entre le site industriel et les lycées Rabelais à Chinon et Grandmont à Tours, ainsi qu’une école d’ingénieur tourangelle, pour mettre sur pied des formations du bac pro au bac + 5.

Cette année, la centrale nucléaire de Chinon aura recruté soixante-dix personnes, du cadre à l’agent de maîtrise « à 99 % dans des métiers techniques », note Stéphane Rivas, directeur de la centrale.

Publié le 28/10/2022 à 21h10, mis à jour le 28/10/2022 à 23h51

Photo en titre : Le laboratoire Lidec, unique en France, analyse les tuyauteries qui subissent le phénomène de corrosion sous contrainte. © (Photo NR, Julien Pruvost)

https://www.lanouvellerepublique.fr/chinon/a-chinon-a-la-recherche-du-remede-aux-maux-du-parc-nucleaire-francais

MOSCOU COMMENTE LA NOUVELLE STRATÉGIE NUCLÉAIRE AMÉRICAINE

Le document clé de la défense laisse place à l’interprétation, selon un haut diplomate russe

La Russie est préoccupée par le nombre croissant de scénarios permettant l’utilisation d’armes nucléaires dans les stratégies de défense des États-Unis et d’autres puissances occidentales, a déclaré samedi le vice-ministre des Affaires étrangères Alexander Grushko. Cela vient après que le Pentagone a publié sa position nucléaire mise à jour plus tôt cette semaine.

S’adressant à l’agence de presse RIA Novosti, le diplomate a déclaré que Moscou « suit de près l’évolution » des doctrines militaires occidentales, y compris celles présentées par les puissances nucléaires – les États-Unis, le Royaume-Uni et la France.

“Nous surveillons également ce qui se passe avec les véhicules de livraison et avec les armes elles-mêmes”, Grushko a ajouté.

Le diplomate s’est alarmé de la direction générale des documents clés de la défense occidentale. Déplorant que “le langage des stratégies nucléaires est assez vague”, Grushko a noté que Moscou a vu « une multiplication des scénarios, y compris hors contexte nucléaire, qui autorisent l’usage des armes nucléaires ».

Pendant ce temps, a poursuivi Grushko, la posture nucléaire de la Russie est très spécifique et “évite toute ambiguïté.” Le diplomate a souligné qu’à défaut d’une frappe nucléaire directe, la Russie pourrait déployer des armes atomiques “seulement si l’existence même de l’État est menacée.”

Biden revient sur sa promesse nucléaire

Jeudi, le Pentagone a publié sa stratégie de défense nationale (NDS) 2022, ainsi que l’examen de la posture nucléaire et l’examen de la défense antimissile. Le document place “l’accent renouvelé sur le contrôle des armements nucléaires, la non-prolifération nucléaire et la réduction des risques”, tout en identifiant la Russie, la Chine, la Corée du Nord et l’Iran comme quatre adversaires potentiels pour la planification d’armes nucléaires.

Dans le même temps, Washington a laissé la porte ouverte à des options telles qu’une première frappe nucléaire, tout en autorisant l’utilisation de telles armes de destruction massive pour empêcher des attaques conventionnelles. La décision de rejeter les limites d’utilisation des armes nucléaires intervient dans un contexte de tensions croissantes avec la Russie et la Chine.

Toutefois, le document indiquait également que le “rôle fondamental” des armes nucléaires américaines “est de dissuader les attaques nucléaires” et Washington n’envisagerait de déployer de telles mesures que « dans des circonstances extrêmes pour défendre les intérêts vitaux des États-Unis ou de leurs alliés et partenaires ».

Le Kremlin a déclaré à plusieurs reprises qu’une guerre nucléaire ne doit jamais être menée, tout en mettant en garde les pays occidentaux contre toute “provocant” rhétorique.

Par Gaspar Bazinet, publié le 29 octobre 2022

https://news-24.fr/moscou-commente-la-nouvelle-strategie-nucleaire-americaine/

« TOUT LE MONDE RETIENT SON SOUFFLE » : L’AIEA INQUIÈTE DU DÉVELOPPEMENT NUCLÉAIRE DE LA CORÉE DU NORD, 2 AUTRES MISSILES TIRÉS

« Un autre essai nucléaire serait une nouvelle confirmation d’un programme nucléaire qui avance à plein régime dans une direction incroyablement inquiétante », selon l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Pyongyang a tiré ce vendredi 28 octobre deux missiles balistiques de courte portée, a annoncé l’armée sud-coréenne, dernière démonstration de force qui fait craindre à Séoul et Washington l’imminence d’un nouvel essai nucléaire de Kim Jong Un.

L’armée sud-coréenne a indiqué avoir « détecté deux missiles balistiques tirés depuis la zone de Tongchon à Kangwon », une province de la côte est de la Corée du Nord, « entre 11 h 59 et 12 h 18 ».

À lire aussi : Corée du Nord : la vie secrète de Kim Jong-un

« Notre armée a renforcé son contrôle et sa surveillance et maintient une position de pleine disponibilité en étroite coordination avec les États-Unis », a déclaré l’état-major interarmées de Séoul dans un communiqué.

« Tout le monde retient son souffle »

Ces tirs interviennent au moment où les États-Unis et la Corée du Sud terminent douze jours d’exercices militaires conjoints, incluant des opérations amphibies (sur terre et en mer). Les deux alliés vont entamer des exercices de défense aérienne à partir de lundi, auxquels participeront 200 avions de chasse coréens et américains.

Ce type d’exercices militaires provoque la fureur du Nord, qui les perçoit comme une répétition générale en vue d’une invasion. Pyongyang justifie donc ses tirs en les présentant comme des « contre-mesures » face à ce qu’elle voit comme une agression américaine.

À lire aussi : « J’ai couru le marathon de Pyongyang pour m’infiltrer en Corée du Nord »

Séoul et Washington ont averti à plusieurs reprises que Pyongyang pourrait être sur le point de réaliser un nouvel essai nucléaire, pour la première fois depuis 2017, après une série de tirs de missiles balistiques ces dernières semaines.

 « Tout le monde retient son souffle », a abondé le patron de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, à la presse en marge d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur l’Ukraine, jeudi. « Un autre essai nucléaire serait une nouvelle confirmation d’un programme nucléaire qui avance à plein régime dans une direction incroyablement inquiétante », a-t-il poursuivi.

« Dénucléarisation »

La posture de plus en plus affirmée du Nord a pour effet de renforcer d’anciennes alliances au sein de la région. Mercredi, les vice-ministres des Affaires étrangères des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud, réunis à Tokyo, se sont engagés à renforcer leur dissuasion dans la région.

« Nous avons convenu de renforcer encore la coopération (…) afin que la Corée du Nord mette immédiatement fin à ses activités illégales et reprenne les pourparlers de dénucléarisation », a déclaré lors de cette rencontre le Sud-Coréen Cho Hyun-dong. « Les trois pays se sont accordés sur la nécessité d’une réponse d’une force sans précédente si la Corée du Nord procède à son septième essai nucléaire », a-t-il dit à la presse.

À lire aussi : « Nous étions très près d’une guerre » avec la Corée du Nord (et c’est Trump qui le dit)

Ils ont également averti à cette occasion qu’un essai nucléaire nord-coréen entraînerait une « réponse d’une force sans précédent ». Un missile a en outre survolé le Japon le mois dernier et la Corée du Nord a affirmé séparément avoir effectué des exercices nucléaires tactiques.

 « Tous ces comportements sont dangereux et profondément déstabilisants », avait averti la secrétaire d’État adjointe américaine Wendy Sherman, exhortant la Corée du Nord à « s’abstenir de nouvelles provocations ».

Mardi, le Nord a procédé à environ 250 tirs, selon l’état-major interarmées sud-coréen (JCS), qui a qualifié ce geste de « violation manifeste » de l’accord de 2018, selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. Cet accord a établi cette année-là une « zone tampon » maritime destiné à prévenir les tensions.

Par L’Obs avec AFP, publié le 28 octobre 2022 à 12h27

Photo en titre : Un tir de missile de la Corée du Nord, le 1er janvier 2020. (JUNG YEON-JE / AFP)

https://www.nouvelobs.com/asie/20221028.OBS65243/tout-le-monde-retient-son-souffle-l-aiea-inquiete-du-developpement-nucleaire-de-la-coree-du-nord-2-autres-missiles-tires.html

GUERRE EN UKRAINE : MOSCOU REPROCHE AUX USA DE PRÉPARER DES ARMES NUCLÉAIRES « POUR LE CHAMP DE BATAILLE »

La Russie a déclaré samedi que le déploiement accéléré d’armes nucléaires tactiques américaines B61 modernisées sur des bases de l’Otan en Europe aurait pour conséquence d’abaisser le « seuil nucléaire » et que Moscou devait en tenir compte dans sa planification militaire.

Vers un nouveau visage de la répartition des armes nucléaires en Europe ? L’armée russe dispose d’environ 2 000 armes nucléaires tactiques opérationnelles, contre environ 200 pour les États-Unis, dont la moitié est stationnée sur des bases en Italie, en Allemagne, en Turquie, en Belgique et aux Pays-Bas.

Politico a rapporté que les États-Unis avaient déclaré, lors d’une réunion à huis clos de l’Otan, qu’ils allaient accélérer le déploiement d’une version modernisée de la bombe nucléaire B61, la B61-12, qui arrivera en décembre sur les bases européennes concernées, soit avec plusieurs mois d’avance sur le calendrier initial.

« Nous ne pouvons pas ignorer les projets de modernisation des armes nucléaires, ces bombes classiques qui se trouvent en Europe« , a déclaré le vice-ministre des Affaires étrangères russe Alexandre Grouchko à l’agence de presse RIA.

« Ils abaissent le seuil nucléaire« 

La bombe B61-12 est équipée d’une tête nucléaire de plus faible puissance que certaines des versions antérieures de cette arme mais elle est plus précise et peut pénétrer sous terre, selon des études de la Federation of American Scientists.

« Les États-Unis sont en train de les moderniser, d’augmenter leur précision et de réduire la puissance de la charge nucléaire, c’est-à-dire qu’ils les transforment en armes de champ de bataille, donc qu’ils abaissent le seuil nucléaire« , a estimé Alexandre Grouchko.

Par midi libre avec Reuters, Guerre en Ukraine, publié le 29/10/2022 à 10h25

Photo en titre : Moscou reproche aux USA d’abaisser le « seuil nucléaire » en Europe MAXPPP – Aleksandr Gusev

https://www.midilibre.fr/2022/10/29/guerre-en-ukraine-moscou-reproche-aux-usa-de-preparer-des-armes-nucleaires-pour-le-champ-de-bataille-10770455.php

CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN : APRÈS LES PERQUISITIONS, LE LANCEUR D’ALERTE TÉMOIGNE

Des perquisitions ont été menées à la fin du mois de septembre dans la centrale nucléaire du Tricastin pour enquêter sur d’éventuelles défaillances rapportées par un lanceur d’alerte. Cet ancien cadre d’EDF s’est confié à France 3.

Les réacteurs de la centrale drômoise du Tricastin, l’une des plus anciennes de France, chauffent pour une autre raison qu’à l’accoutumée. Ces derniers mois, deux cadres d’EDF ont dénoncé la dissimulation d’incidents dans la centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme. En 2021, un lanceur d’alerte se faisant surnommé « Hugo » avait porté plainte contre EDF dénonçant une « politique de dissimulation » de l’entreprise en matière de sécurité nucléaire. Ce qui avait abouti à l’ouverture d’une instruction contre X à Marseille. 

En ce mois d’octobre 2022, c’est un autre cadre d’EDF, se faisant appeler « Victor » dans la presse, qui a demandé à se constituer partie civile dans l’enquête menée par un juge à Marseille sur des soupçons d’obstacles au contrôle des inspecteurs de la sûreté nucléaire à la centrale. 

Le reportage vidéo de S.Méallier / C.Cherry-Pellat / L.Maigrot (durée de la vidéo : 02min 40)

« Nucléaire : des perquisitions ont été menées à la centrale du Tricastin pour enquêter sur un incident • ©France 3 Lyon »

« Ces éléments que j’ai pu dénoncer sont pris au sérieux« 

Les deux cadres avancent que la direction de la centrale du Tricastin et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) auraient dissimulé ou minimisé des défaillances sur le site pour être sûres que la centrale obtienne son autorisation décennale.   

Dans le cadre de ces plaintes, la centrale de la Drôme a été perquisitionnée à la fin du mois de septembre, comme l’a révélé le site d’information Mediapart le 25 octobre. Hugo, le premier cadre à avoir lancé l’alerte, s’est confié à France 3 Rhône-Alpes. « Ces éléments que j’ai pu dénoncer sont pris au sérieux et aujourd’hui il se passe des choses extrêmement concrètes et fortes avec une perquisition à la centrale et une autre au sein de l’Autorité de sûreté nucléaire », raconte Hugo. « Un avis négatif aurait rendu difficile pour l’Autorité de sûreté nucléaire de donner son feu vert » à la poursuite de l’activité de la centrale du Tricastin au-delà de 40 ans, poursuit ce cadre d’EDF. 

Selon le lanceur d’alerte, « il faut s’assurer que la priorité est à la sûreté, mais pas uniquement avec des mots et des paroles », dit-il. Selon lui, une fuite d’eau importante aurait notamment été minimisée par EDF et l’ASN à l’été 2018. EDF et l’ASN nient toute dissimulation d’incidents majeurs. 

Écrit par Camille Belsoeur  ,publié le 28/10/2022 à 18h06

Photo en titre : La centrale nucléaire du Tricastin. • © Sébastien JARRY/MAXPPP

Pour retrouver cet article et voir la vidéo, cliquer sur: https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/drome/centrale-nucleaire-du-tricastin-apres-les-perquisitions-le-lanceur-d-alerte-temoigne-2644848.html

PACIFISME : 33ÈME VIGIE CITOYENNE ANTI-NUCLÉAIRE À DIJON ET VALDUC

Communiqué du Collectif Bourgogne-Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires du 28 octobre 2022 :

Nouvelle preuve de l’inefficacité de la dissuasion nucléaire : les leçons de la guerre en Ukraine

Le 27 octobre, dix lanceurs d’alerte ont déployé des banderoles à Dijon et à Moloy, près du site du CEA de Valduc (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) qui assure la maintenance et la modernisation des 290 armes nucléaires françaises.

Ils demandent :

le respect par la France de l’art. 6 du Traité de non-prolifération (TNP) auquel elle a adhéré en 1992 et dont elle viole l’esprit et la lettre,

l’adhésion de la France au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), devenu depuis le 22 janvier 2021 la norme du droit international,

et, à terme, la reconversion à des activités pacifiques des sites CEA-DAM, dont celui de Valduc.

Les leçons de la guerre en Ukraine : l’arme nucléaire est totalement inefficace

Vous trouverez sur le site de l’Institut de recherche sur la Résolution Non Violente des Conflits (IRNC), sept exemples, de 1948 à 2014, prouvant que la dissuasion nucléaire ne fonctionne pas : Article « Les sept vices de la dissuasion nucléaire » www.irnc.org/IRNC/Textes/2803

Nouvel exemple : depuis février 2022 le bouclier nucléaire ne protège qu’un seul protagoniste : l’agresseur russe ! Loin d’empêcher l’attaque du faible par le fort, l’arme nucléaire prohibe toute intervention de forces alliées pour venir en aide à la victime, l’Ukraine, à qui des armes sont toutefois livrées, sous peine de transformer une guerre territoriale en guerre mondiale.

Il y a mieux : en cas d’attaque russe par des armes nucléaires tactiques sur des sites en Ukraine, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, déclare : « Toute attaque nucléaire contre l’Ukraine entraînera une réponse, pas une réponse nucléaire, mais une réponse militaire si puissante que l’armée russe sera anéantie ». Cette annonce est une dissuasion beaucoup plus efficace envers V. Poutine (dont l’armée mesure cruellement l’efficacité des armes conventionnelles occidentales) qu’une menace de frappe nucléaire à laquelle il ne croit pas de la part de dirigeants humanistes et démocrates.

Deux officiers russes capables de discernement face au péril nucléaire

Pour ne pas désespérer des Russes malgré la paranoïa de leur dictateur actuel, Vladimir Poutine, voici deux figures d’officiers russes qui dans le passé ont osé désobéir à des ordres ou à des procédures et qui ont évité ainsi un désastre nucléaire :

Le 27 octobre 1962, pendant la crise de Cuba, Vassili Arkhipov, commandant à bord d’un sous-marin B-59, refuse catégoriquement l’ordre de Valentin Savitsky, l’un des trois commandants du sous-marin, de préparer le lancement d’une torpille nucléaire, et évite très probablement une guerre nucléaire.

Le 26 septembre 1983, Stanislav Petrov, lieutenant-colonel de la force de défense anti-aérienne de l’Armée soviétique, voit sur ses écrans de contrôle radar cinq points représentant des missiles nucléaires intercontinentaux de type Minuteman en provenance de la base états-unienne Malmström. Il estime qu’il s’agit d’une fausse alarme et désobéit à la procédure de riposte.

En 2013, en l’honneur de Stanislav Petrov et pour saluer sa lucidité, l’Assemblée générale de l’ONU proclame le 26 septembre ‘Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires’.

Comment les citoyens peuvent-ils soutenir le TIAN ?

Écrivez à votre Maire, afin que votre commune signe l’Appel des villes d’ICAN pour le désarmement nucléaire, à votre Député et Sénateur pour que la France adhère au TIAN.
Questionnez votre banque sur son financement de la bombe atomique en participant à la campagne d’action sur ce thème. http://icanfrance.org/engagez-votre-banque/
Intéressez-vous aux armes nucléaires, aux questions de sécurité internationale et aux alternatives de défense de la démocratie.
Participez aux vigies citoyennes à Dijon, Paris, et partout où elles sont organisées.

Les vigies et actions non-violentes menées par le ‘Collectif Bourgogne Franche Comté pour l’abolition des armes nucléaires’ s’inscrivent dans le cadre d’ ICAN, ‘Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires’ (International Campaign to Abolish Nuclear Weapons), prix Nobel de la paix 2017, et dans la suite des précédentes victoires de l’ONU : interdiction des armes biologiques (1972), des armes chimiques (1993), des mines antipersonnel (1997), et des bombes à sous-munitions (2008).

Regardez la vidéo « Le début de la fin des armes nucléaires ».

Découvrez l’historique avec photos des actions à Dijon et Valduc depuis 2013.

Lisez l’étude sur les déchets nucléaires militaires français.

Par le collectif Bourgogne Franche-Comté pour l’abolition des armes nucléaires (http://abolitiondesarmesnucleaires.org) – , tél : 06 14 24 86 96

Infos-dijon.com – Mentions légales, publié le 28/10/2022 à 09h52

Photo en titre : Le jeudi 27 octobre, les militants pacifistes ont renouvelé leur appel à ce que la France adhère au Traité sur l’interdiction des armes nucléaires.

https://www.infos-dijon.com/news/cote-d-or/cote-d-or/pacifisme-33eme-vigie-citoyenne-anti-nucleaire-a-dijon-et-valduc.html

 

NOUVEAUX EPR : SALLE COMBLE POUR LE LANCEMENT DU DÉBAT PUBLIC

Pro et antinucléaires se sont emparés du débat public sur la construction des nouveaux réacteurs nucléaires. L’enjeu : « éclairer les parlementaires » appelés à voter la loi de programmation énergie climat.

Paris, reportage

« Concernant le nucléaire, les citoyens et les citoyennes ont généralement l’impression que la décision est déjà prise et qu’ils sont mis devant le fait accompli », a lancé l’animatrice à Chantal Jouanno, présidente de la Commission nationale du débat public et ex-secrétaire d’État chargée de l’écologie [1]. « Souvent, c’est plus qu’un sentiment, c’est une réalité ! » Cela sera-t-il différent cette fois ? Le débat public national sur le nucléaire a débuté jeudi 27 octobre à Dieppe et à Paris, à la Maison de l’Europe, [2] et durera quatre mois. Il portera sur la construction de deux réacteurs nucléaires supplémentaires de type EPR2 dans la centrale nucléaire de Penly, près de Dieppe, en Seine-Maritime (76). Ce débat est une obligation légale, à la dimension tant locale que nationale. Pas question de revoir radicalement la place du nucléaire en France, mais l’idée est que les Français « participe[nt] à l’élaboration des décisions sur ce sujet », comme le dit la CNDP — créée il y a vingt-cinq ans. Concrètement, « toutes les options sont ouvertes », assure EDF, et même la remise en question de « l’opportunité du programme et du projet proposés ».

Le débat public va durer quatre mois. © Scandola Graziani / Reporterre

Six EPR2 d’ici 2035 ? Le coût, selon EDF : 50 milliards d’euros

Le thème de cette première réunion ? L’utilité dudit débat. Il a « vraiment vocation à éclairer les parlementaires », a précisé Chantal Jouanno. Ces derniers sont appelés à voter la loi de programmation énergie climat en 2023. Résultat de ce premier jour : se sont exprimés, lors de prises de parole chronométrées, des pronucléaires — ingénieurs EDF, maires de communes… — et des anti — ONG, citoyens lambdas, élus… À Dieppe et à Paris, les salles étaient pleines. Les gens levaient leurs mains avec entrain, galvanisés par l’espoir d’être enfin pris en compte, et tant pis si l’on s’écartait du thème de l’utilité du débat. Il y avait ce maire adjoint de Brametot, une commune située à 20 kilomètres de la centrale de Penly, qui voit dans le projet d’EPR l’opportunité de nouveaux emplois pour les habitants de la région. Ou encore cette dame, membre de l’association Sans offshore (SOS) à l’horizon, qui préfère de nouveaux réacteurs nucléaires à un projet de parc éolien marin comme celui au large de Dieppe et du Tréport (Seine-Maritime). Ces futurs réacteurs font partie du vaste programme industriel lancé par EDF et RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, prévoyant la mise en place de six EPR2 d’ici 2035. Le coût, selon EDF : 50 milliards d’euros, dont 17 milliards pour les deux premiers en Normandie.

Il y avait aussi, bien sûr, les représentants d’EDF, qui parlaient d’indépendance énergétique et d’énergie décarbonée : « Nous sommes convaincus que construire un certain nombre de réacteurs forte puissance en France est une bonne option pour contribuer à l’indépendance énergétique du pays, et à la production d’une énergie bas carbone. Je suis passionné par cette proposition », a assuré Xavier Ursat, directeur de l’ingénierie et des projets du nouveau nucléaire chez EDF.

© Scandola Graziani / Reporterre

Il y a un mois, le gouvernement présentait son « projet de loi pour l’accélération du nucléaire » : un texte visant à faciliter la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, en l’occurrence les six EPR2 annoncés par Emmanuel Macron à Belfort, en février dernier. Face à l’annonce de ce projet de loi, les associations de défense de l’environnement avaient crié au scandale, accusant le gouvernement de faire passer le texte au forceps, de manière antidémocratique, et sans qu’il y ait eu de débat public sur la question. Pour beaucoup d’entre eux, hier, planait le spectre de l’échec du débat public de 2005 sur le projet d’EPR de Flamanville [3].

Lire aussi : Une centaine de députés saisissent la CNDP pour obtenir un vrai débat sur l’énergie

Face aux pronucléaires, les anti étaient bien présents : associations environnementales, notamment Greenpeace à Dieppe, le Réseau Action Climat à Paris, ou encore Sortir du nucléaire. La section normande d’Europe Écologie-Les Verts (EELV) a également pris position contre le projet dans un communiqué de presse. À Dieppe, Véronique Bérégovoy, conseillère régionale d’EELV a insisté sur l’importance d’un débat démocratique et mis en garde contre la puissance des lobbies du nucléaire. Elle s’est attachée à déconstruire tous les « mythes » du nucléaire, notamment celui sur l’indépendance énergétique qu’il permettrait, « puisque nous importons 100 % de notre uranium ». Le mythe de l’énergie bas-carbone aussi, qui « occulte toute la chaîne industrielle depuis l’extraction jusqu’à la gestion des déchets, en passant par la construction des centrales ». Le mythe d’une énergie nécessaire à la transition écologique, qui « masque la réalité qu’il faudrait en fait quinze ou vingt ans voire plus pour construire ces réacteurs ».

« Je refuse d’être complice de cette incroyable gabegie économique »

Vêtu d’une polaire à carreaux qui détonne dans l’assemblée, Dominique Boutin, président du réseau énergie de France Nature Environnement, a enchaîné : « Je refuse d’être complice de la poursuite de cette filière qui a démontré son incapacité à répondre économiquement, socialement, techniquement et environnementalement aux enjeux du siècle. Je refuse d’être complice de l’incroyable gabegie économique qui va retomber sur le dos du contribuable. Je refuse de… » À Dieppe, sa tirade qui dépasse le temps de parole réglementaire reçoit un tonnerre d’applaudissements.

« Nous sommes convaincus que construire un certain nombre de réacteurs forte puissance en France est une bonne option », a assuré Xavier Ursat, directeur de l’ingénierie chez EDF. © Scandola Graziani / Reporterre

Enfin, des riverains du projet, tel cet habitant de Petit Caux, la commune où se situe la centrale de Penly, se sont interrogés : « Comment résister à cette manne économique qu’EDF nous apporte ? La vérité, c’est que nous allons sacrifier nos générations futures : ce sont eux, nos arrière-petits-enfants, qui devront démanteler les réacteurs et s’occuper de la gestion des déchets radioactifs. Sans compter que dans un contexte de guerre, qui sait ce que pourraient représenter les réacteurs nucléaires de Penly ? » Interrompu par les animateurs qui veillent au respect du temps de parole (2 minutes pour les prises de parole et 7 pour les interventions programmées), l’homme poursuit coûte que coûte.

Ce temps contraint était frustrant pour les orateurs, qu’ils soient opposés ou favorables au projet. « Ça sert à quoi de faire un débat si on nous interrompt sans arrêt ? » ronchonne l’un d’eux. Les membres de la CNDP ont tenté de rassurer l’auditoire : « Cette réunion d’ouverture à un caractère très institutionnel, mais ce ne sera pas la tonalité du reste du débat. » Sont prévus des temps de parole plus horizontaux et des échanges informels sans chronomètre.

Par Scandola Graziani, publié le 28 octobre 2022 à 15h41, mis à jour le 28 octobre 2022 à 17h01

Photo en titre : Chantal Jouanno, présidente de la CNDP lors de l’ouverture du débat public sur le nucléaire, jeudi 27 octobre 2022 à Paris. – © Scandola Graziani / Reporterre

https://reporterre.net/Nouveaux-EPR-salle-comble-pour-le-lancement-du-debat-public

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NUCLÉAIRE : LA CONSTRUCTION DE NOUVEAUX RÉACTEURS RESTE SOUMISE À UN VOTE DU PARLEMENT EN 2023

En pleine campagne électorale, Emmanuel Macron avait annoncé la relance du nucléaire français avec la construction de six nouveaux EPR 2. Mais cette annonce n’a pour le moment aucune valeur législative, et devra être validée par la programmation pluriannuelle de l’énergie qui sera débattue au Parlement en 2023, où le Président devra donc trouver des majorités.

Alors que les concertations autour de l’implantation territoriale des nouveaux réacteurs nucléaires menées par la Commission nationale pour le débat public (CNDP), ont démarré ce jeudi 27 octobre, la construction des six EPR 2 annoncée en grande pompe par le chef de l’État à Belfort n’est pas encore légalement actée. Le Président de la République avait d’ailleurs lui-même détaillé le calendrier en annonçant la saisine de la CNDP, une concertation au second semestre 2022 – qui est donc en train d’avoir lieu – et des « débats parlementaires » pour 2023. Débats sans lesquels, avait bien précisé le chef de l’Etat, aucun chantier de construction de nouveaux EPR, ou même de prolongation de la durée de vie d’anciens réacteurs, ne pourra être lancé.

>> Pour tout savoir des annonces d’Emmanuel Macron en février dernier à Belfort : Relance du nucléaire : le « pari industriel » d’Emmanuel Macron

Le rendez-vous pour 2023 : la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE)

Ces « discussions parlementaires de 2023 » sont en fait les débats associés à la révision – prévue de longue date – de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). La PPE est un document de pilotage de la transition énergétique, qui décline à différentes échelles (nationales et locales) et dans différents secteurs (consommation, production, approvisionnement) les objectifs à atteindre pour arriver à la neutralité carbone en 2050.

Elle est révisée tous les 5 ans, et la dernière version datant de 2018, la PPE actuelle fait foi de document officiel d’orientation énergétique – pour les acteurs économiques du secteur et les collectivités notamment – jusqu’à 2023. Or cette version votée en 2018 ne prévoit nullement la construction de nouveaux EPR, ou bien la prolongation de la durée de vie de certaines centrales du parc nucléaire installé.

La relance du nucléaire votée avec la droite, l’accélération sur les renouvelables avec la gauche ?

La relance du parc nucléaire français est donc encore soumise au vote du Parlement en 2023, où Emmanuel Macron ne dispose que d’une majorité relative à l’Assemblée nationale et où le Sénat est acquis aux Républicains. Sur le dossier du nucléaire, l’exécutif ne devrait pas avoir trop de difficultés à s’entendre avec la droite, mais le dossier des énergies renouvelables pourrait de nouveau poser problème.

Les débats s’annoncent déjà houleux à propos des éoliennes, à l’occasion de la discussion du projet de loi de développement des énergies renouvelables, qui débute le mercredi 2 novembre prochain. Emmanuel Macron devra déployer un « en même temps » particulièrement habile, pour trouver des majorités lors des débats parlementaires autour de la PPE, s’il veut arriver à faire advenir son triptyque sobriété – nucléaire – renouvelable.

Par Louis Mollier-Sabet, publié le 28/10/2022 à 11h39, mis à jour le 28/10/2022 à 11h39

Crédits photo : PATRICK GELY/SIPA

https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/nucleaire-la-construction-de-nouveaux-reacteurs-reste-soumise-a-un-vote-du

CENTRALES NUCLÉAIRES ARRÊTÉES : LES CAUSES D’UNE SITUATION SANS PRÉCÉDENT

Le parc nucléaire français compte un nombre record de centrales à l’arrêt. Cette situation est due à un planning très dense de maintenance mais aussi à un problème « inattendu » de fissurations sur des tuyauteries pourtant assez récentes.

Jamais autant de réacteurs n’ont été à l’arrêt en même temps en France. Cette situation inédite dans l’histoire du parc nucléaire a culminé à la fin du mois d’août 2022, avec un pic à 32 réacteurs débranchés du réseau, sur 56 au total. Fin octobre 2022, ils étaient encore 24 dans cette situation. Une partie de ces arrêts était programmée : EDF profite toujours de la moindre demande en électricité de la période estivale pour mener des opérations de routine (rechargement ou économie du combustible en prévision de l’hiver et maintenance). Mais le Covid-19 est passé par là. Les confinements et le respect des mesures barrières ont obligé l’exploitant à modifier le planning de ces interventions. Des travaux reportés se sont ajoutés à ceux qui étaient prévus plus tard.

>> INFOGRAPHIES. Consommation d’électricité, stocks de gaz, production nucléaire… franceinfo lance son outil de suivi automatisé de la crise énergétique

Depuis 2019, EDF doit aussi réaliser des arrêts plus lourds. Il s’agit des visites décennales d’une grande partie des réacteurs du parc, qui ont la particularité d’être entrés en exploitation à peu près tous en même temps, au début des années 1980. « Ces arrêts durent environ six mois chacun, et nous en réalisons six à sept par an », précise EDF à la cellule investigation de Radio France. Au cours de ces travaux, l’opérateur entretient des équipements, remplace les plus anciens et en ajoute de nouveaux afin de répondre aux recommandations de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Un problème « sérieux » de fissures

Mais un autre problème jugé « sérieux et inattendu » selon les mots de Bernard Doroszczuk, président de l’ASN en mai 2022 devant le Sénat, s’est greffé à cette situation. Plusieurs cas de fissures – avérées ou suspectées – ont été relevés sur des circuits essentiels au fonctionnement des centrales, ce qui a entraîné des arrêts sur 15 réacteurs.

Tout commence avec la détection de traces de fissures sur l’un des deux réacteurs de la centrale de Civaux, près de Poitiers, en octobre 2021. « Le réacteur était à l’arrêt depuis l’été dans le cadre de sa visite décennale, explique Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN. Les contrôles par ultrasons ont décelé des types de fissures qui n’étaient pas attendus sur une partie de la tuyauterie. » Après découpe de ces parties et analyse en laboratoire, EDF a conclu mi-décembre qu’il s’agissait d’un phénomène dit de corrosion sous contrainte « qu’on ne pensait pas susceptible d’apparaître à cet endroit ». Un programme de contrôles a dès lors été mis en place. Il a permis de détecter le même phénomène sur le second réacteur de Civaux ainsi que sur les deux unités de la centrale de Chooz dans les Ardennes, où des analyses se poursuivent toujours.

En tout, ce sont quatre réacteurs mis en service à la fin des années 1990, les plus puissants et paradoxalement les plus récents du parc nucléaire français, qui sont mis à l’arrêt.

En janvier 2022, EDF a étendu ses vérifications au reste du parc, en commençant par « relire les compte-rendus des analyses déjà effectuées lors des contrôles passés », précise Julien Collet, ce qui a permis de classer les réacteurs à vérifier en priorité. D’autres cas de corrosion sous contrainte ont alors été détectés, notamment sur l’unité 1 de la centrale de Penly. En septembre 2022, EDF indiquait avoir effectué des contrôles dans 15 centrales nucléaires. Cela a permis de détecter de la corrosion sous contrainte dans sept d’entre elles (Civaux 1 et 2, Chooz 1 et 2, Penly 1, Flamanville 2 et Chinon 3). D’ici 2025, tous les autres réacteurs devront avoir été vérifiés.

Une partie très sensible des réacteurs touchée par la corrosion

La corrosion sous contrainte se manifeste par des fissures plus ou moins grandes. Certaines mesurent 1 mm de profondeur, mais la plus sérieuse, détectée sur le réacteur numéro 1 de Civaux était profonde de 5,6 mm sur une portion de tuyau dont l’épaisseur est de 3 cm. À Civaux, au moins une fissure parcourait tout le tour du tuyau, soit une longueur de presque un mètre. « Ces fissures ne sont pas anodines. C’est pour cela qu’EDF a fait des calculs pour mesurer si ces tuyaux pouvaient tenir, malgré les fissures », explique Karine Herviou, directrice générale adjointe de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Ces cas de corrosion sont d’autant plus impressionnants qu’ils concernent un endroit particulièrement sensible des réacteurs nucléaires : le circuit primaire. Il s’agit de tuyauteries passant directement dans le cœur radioactif de la centrale. Les fissures ont été détectées sur deux systèmes connectés à ce circuit : le système d’injection de sécurité, utilisé en cas d’accident nucléaire pour refroidir le cœur, et le système de refroidissement du réacteur à l’arrêt, utilisé lorsque la centrale est en maintenance par exemple.

Photo montrant les soudures présentant des fissures à Civaux 1. (AUTORITÉ DE SURETÉ NUCLÉAIRE)

« Le fait que ce circuit puisse lui-même être à l’origine d’une brèche est très problématique, reconnaît Karine Herviou. Une fuite gênerait l’injection d’eau dans le réacteur. C’est l’un des circuits les plus importants sur une centrale nucléaire en cas d’accident. » D’après l’Autorité de sureté du nucléaire cependant, cette radioactivité resterait piégée à l’intérieur de l’enceinte de confinement du réacteur. « Nous avons demandé à EDF d’étudier les conséquences de la rupture de deux lignes complètes du circuit d’injection de sécurité, explique Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN. EDF a alors pu montrer qu’on pouvait ramener le réacteur dans un état sûr. Malgré la rupture, on éviterait la fusion du cœur et la perte définitive du réacteur. »

Les centrales les plus récentes sont concernées

Étonnamment, ces fissures ne sont pas liées au vieillissement du parc, dont une partie importante est en train de dépasser les 40 ans d’exploitation. Ce sont au contraire les centrales les plus récentes qui sont les plus touchées en raison de leur conception. Entrées en service dans les années 1990, elles comportent des sections de tuyauteries plus nombreuses et plus longues que les anciennes centrales. Ces segments ont donc fait l’objet davantage de soudures et sont, de fait, plus fragiles que sur les précédents réacteurs. Selon Julien Collet, de l’ASN : « Plus les lignes sont longues et horizontales, et plus cela accentue un phénomène de stratification thermique. L’eau chaude se retrouve en haut du tuyau et l’eau froide se retrouve en bas. Cela va générer des contraintes mécaniques : une déformation de la tuyauterie et l’apparition de fissures à proximité des soudures. »

Pourquoi alors avoir conçu des tuyauteries plus longues, et donc plus fragiles ? « Le dessin des réacteurs plus récents avait été modifié, notamment pour des facilités de maintenance », explique Karine Herviou, de l’IRSN. Par ailleurs, les ingénieurs de l’époque considéraient que l’acier inoxydable utilisé pour ces tuyauteries était peu sensible à la corrosion sous contrainte. Ces réacteurs ont donc fonctionné pendant au moins 20 ans sans qu’on ne se rende compte de rien, jusqu’à la découverte de ces fissures à l’automne 2021.

À l’époque, ces équipements avaient été construits par Framatome et EDF. Y a-t-il donc eu négligence ou sous-estimation du risque ? Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN, refuse de mettre en cause ces entreprises : « On n’a pas mis en évidence de non-respect des règles. Ces soudures ont été fabriquées conformément à ce qui était prévu. » L’Autorité de sûreté du nucléaire a toutefois identifié un phénomène d’atteinte du métal lors de la réalisation des soudures à l’époque, qui aurait pu fragiliser le matériau et l’apparition de la corrosion. Dans sa réponse envoyée à la cellule investigation de Radio France, EDF affirme que le développement du phénomène de corrosion sous contrainte n’est pas lié à des pièces défectueuses. De son côté, Framatome n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.

« Le problème pourrait se reproduire« 

Plus d’un an après la découverte des premières fissures, l’objectif est désormais de redémarrer un maximum de réacteurs pour l’hiver. Or, les contrôles et les réparations prennent du temps. Dans le réacteur de Civaux 1 où la corrosion a été détectée pour la première fois, une ligne complète du circuit d’injection de sécurité a déjà été découpée, soit 50 m de tuyauterie. Les travaux de réparation sont presque terminés. Ils vont donc pouvoir commencer dans l’autre unité, Civaux 2, où la longueur de tuyauterie découpée sera bien moindre, affirme l’entreprise.

Le cœur d’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Civaux lors de son contrôle décennal en septembre 2021. (MATHIEU HERDUIN / MAXPPP)

Le matériau choisi pour remplacer les tuyaux est identique à l’original. Il s’agit d’acier inoxydable. L’exploitant affirme avoir amélioré ses techniques de soudure pour limiter le risque de réapparition de fissures. La forme des pièces a également été modifiée afin de faciliter les contrôles. EDF explique avoir mis au point une nouvelle technique de détection par ultrasons qui permettra de sonder les tuyauteries et de détecter les fissures, sans avoir à tout découper. La méthode permettrait d’épargner un temps précieux. Il n’en reste pas moins que selon Karine Herviou, de l’IRSN, « le problème pourrait tout à fait se reproduire. C’est pour cela que des mesures seront faites, et sans doute à une fréquence beaucoup plus rapprochée que par le passé ».

Des Américains et des Canadiens appelés en renfort

Pour mener à bien ces réparations, EDF a dû faire appel à de la main-d’œuvre étrangère. Une centaine de soudeurs venus des États-Unis et du Canada ont été embauchés par Westinghouse. Les autres entreprises mobilisées sont Framatome, Endel, Sigedi, Onet et Monteiro, soit en tout 600 personnes appelées en renfort sur les chantiers dans toute la France.

La réparation de ces problèmes de fissuration mobilise beaucoup de monde, mais est-ce suffisant ? L’ex-PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy déclarait à la fin du mois d’août 2022 : « On a beaucoup de chantiers à mener en parallèle. D’une certaine manière, on manque de bras, car on n’a pas assez d’équipes. » D’autant plus qu’à ce problème s’en ajoute un autre. Les zones sur lesquelles interviennent ces agents sont radioactives, à proximité du cœur du réacteur et du circuit primaire. Par conséquent, la durée des interventions doit être limitée en fonction de la toxicité de la zone de travail. La dose maximale de radiations fixée par la règlementation est de 20 mSv (millisieverts) par an. Chez EDF, cette limite est fixée à 14 mSv. Les sous-traitants qui interviennent actuellement se sont alignés sur cette valeur. Certains ont même, pour l’occasion, accepté de réhausser leur propre seuil qui était auparavant à 12 mSv. Il y a 299 soudures qui ont ainsi été réalisées sur dix réacteurs fin octobre.

Des incertitudes sur le calendrier de redémarrage

L’opérateur prévoit de redémarrer ses réacteurs au cours de l’hiver. Le dernier devrait être celui de Golfech 1, près de Toulouse, dont la maintenance doit s’achever le 18 février 2023. Cela signifie qu’une partie des réacteurs n’aura pas redémarré pour le début de l’hiver, d’où le nécessaire appel à la sobriété lancé par le gouvernement. Mais tout indique que ce planning ne sera pas tenu, en raison notamment des grèves qui ont touché les centrales nucléaires en octobre et qui ont entraîné de nouveaux retards. Par ailleurs, le gestionnaire du réseau, Réseau de transport d’électricité (RTE), se base dans ses prévisions de production électrique pour l’hiver sur une indisponibilité du parc nucléaire supérieure à celle que déclare EDF : 45 Gigawatts de capacité début janvier d’après RTE, contre 55 Gigawatts du côté d’EDF.

Graphique représentant l’évolution prévisionnelle de la disponibilité du parc nucléaire cet hiver. (RÉSEAU DE TRANSPORT D’ÉLECTRICITÉ)

En conséquence, il n’est pas du tout certain que la France dispose de suffisamment d’électricité pour l’hiver qui vient. Sur l’ensemble de l’année 2022, EDF prévoit une production en baisse de 25% par rapport aux années pré-Covid. En attendant, tous ces arrêts coûtent cher à l’entreprise : 29 milliards d’euros perdus en 2022 pour toute l’électricité non produite et non vendue, estime l’électricien dans un communiqué publié mi-septembre. Mais EDF n’avait pas vraiment le choix, compte tenu de la localisation des défauts détectés et de leur gravité.

Par Maxime Tellier, cellule investigation de Radio France – franceinfo, Radio France, publié le 28/10/2022 à 06h16, mis à jour le 28/10/2022 à 08h44

Photo en titre : Deux réacteurs sur quatre sont arrêtés à la centrale nucléaire du Bugey à Saint-Vulbas le vendredi 4 mars 2022. (LAURENT THEVENOT / MAXPPP

https://www.francetvinfo.fr/societe/nucleaire/enquete-centrales-nucleaires-arretees-les-causes-dune-situation-sans-precedent_5443330.html

CENTRALE NUCLÉAIRE DE CATTENOM : LE REDÉMARRAGE D’UN RÉACTEUR PAS TOTALEMENT RÉPARÉ INQUIÈTE

À l’arrêt, un réacteur de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) pourrait être redémarré en novembre sans avoir été réparé, d’après Greenpeace Luxembourg.

Plusieurs réacteurs de la centrale nucléaire de Cattenom (Moselle) sont actuellement à l’arrêt pour permettre des contrôles, expertises et réparations en lien avec la recherche de corrosion sous contrainte.

Concerné par cet arrêt, le réacteur n°1 doit être remis en fonctionnement le 8 novembre prochain. Mais d’après Greenpeace Luxembourg, « c’est irresponsable et scandaleux de redémarrer le réacteur sans réparer les soudures touchées par la corrosion sous contrainte ».

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Le réacteur n°1 serait redémarré sans être réparé

Contacté par Actu Luxembourg, Roger Spautz, chargé de campagne nucléaire au sein de Greenpeace au Grand-Duché, explique qu’une réunion de comité auquel il est membre a eu lieu le 7 octobre dernier à la centrale de Cattenom concernant la corrosion sous contrainte.

« On a appris que six soudures étaient concernées ou atteintes sur le réacteur n°3. Des analyses sont en cours et les pièces défectueuses seront remplacées. Sur le réacteur n°1, par le biais d’ultrasons, ils ont trouvé l’indication d’une fissure sur une soudure », relate Roger Spautz.

Malgré tout, une réunion du haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire a suivi. Celle-ci aurait été l’occasion pour EDF d’évoquer son « intention de redémarrer le réacteur n°1 en novembre sans réparer cette partie défectueuse », selon Roger Spautz.

Ce dernier explique qu’ « ils auraient pour intention de programmer l’arrêt du réacteur au mois de mars 2023 pour faire les réparations ». Mais selon lui : « Il faudrait réparer, remplacer les pièces concernées et ne pas redémarrer pour plusieurs mois ».

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Des « microfissures » selon la centrale

Néanmoins, EDF ne peut pas redémarrer le réacteur n°1 sans un accord bien particulier : « Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) est intervenu pour dire que ce n’était pas une chose acquise et que l’ASN doit donner son accord », explique Roger Spautz.

Contactée par nos soins, la centrale nucléaire de Cattenom se veut rassurante : « Il s’agit de microfissures [sur le réacteur n°1] qui, en l’état, ne remettent pas en cause l’intégrité des circuits ».

C’est ce qui a été précisé dans leur dossier de justification livré à l’ASN. Un document nécessaire pour obtenir l’accord concernant le redémarrage du réacteur dans les prochaines semaines avant un arrêt programmé l’année prochaine.

À l’heure d’aujourd’hui, la centrale confirme que le réacteur n°1 est toujours en « arrêt pour maintenance » et que la « phase de contrôle du circuit des réacteurs » est toujours en cours.

Par Ninon Oget, publié le 27 octobre 2022 à 11h16

Photo en titre : La centrale nucléaire de Cattenom, en Moselle. (©Illustration/Adobe Stock)

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https://actu.fr/grand-est/cattenom_57124/centrale-nucleaire-de-cattenom-greenpeace-luxembourg-alerte-contre-le-redemarrage-d-un-reacteur-pas-encore-repare_54780607.html

TRICASTIN : PERQUISITION À LA CENTRALE NUCLÉAIRE POUR DES SOUPÇONS D’INCIDENT DISSIMULÉ

INVESTIGATIONS. Une enquête judiciaire avait été ouverte à la suite d’une plainte déposée par un ancien employé.

Le pôle santé publique du tribunal judiciaire de Marseille (Bouches-du-Rhône) a procédé fin septembre à une perquisition à la centrale nucléaire du Tricastin à Saint-Paul-Trois-Châteaux (Drôme). L’opération a eu lieu dans le cadre d’une enquête judiciaire qui fait à la suite d’une action en justice d’un ancien employé, rapporte Le Dauphiné Libéré ce mardi.

Cet ex-cadre de la centrale a accusé EDF d’avoir dissimulé des incidents s’étant produits sur le site. Il avait expliqué avoir agi face au manque de réactions après qu’il avait lancé plusieurs alertes et notamment alerté l’État. L’homme avait évoqué « un sacré combat ». Plusieurs véhicules ont été nécessaires à la perquisition.

Un témoin souhaitant rester anonyme a affirmé que les enquêteurs ont récupéré des données informatiques. EDF, citée par Mediapart, a de son côté fait savoir que des documents et des informations avaient été remis aux autorités. L’enquête judiciaire porte sur 12 chefs, dont « faux et usage de faux », « mise en danger d’autrui » et « non-déclaration d’incident ou d’accident ».

Par 20 Minutes avec agence, publié le 26 octobre 2022

Photo en titre : EDF a confirmé avoir remis des documents et des informations aux enquêteurs. Photo d’illustration.falco / Pixabay

https://www.20minutes.fr/faits_divers/4007222-20221026-tricastin-perquisition-centrale-nucleaire-soupcons-incident-dissimule

PLOMBÉ PAR DES CENTRALES NUCLÉAIRES À L’ARRÊT, EDF SE DIRIGE VERS UNE PERTE COLOSSALE

Le fournisseur d’électricité a encore dégradé ses prévisions financières pour 2022. Néanmoins, le groupe annonce avoir gagné plus de 939.000 nouveaux contrats d’énergie en un an.

Le géant électricien français EDF a indiqué jeudi 27 octobre avoir encore revu l’impact financier de la baisse de sa production électrique pour 2022 à 32 milliards d’euros, contre 29 milliards annoncés en septembre. Plombé par des centrales nucléaires à l’arrêt pour maintenance ou pour des problèmes de corrosion, et par l’obligation de vendre une large partie de sa production nucléaire à bas prix, EDF se dirige vers une perte colossale cette année; il a déjà subi une perte nette de 5,3 milliards d’euros au premier semestre.

« Sur la base de l’estimation de production nucléaire en France pour 2022 dans le bas de la fourchette 280-300 TWh et des prix à terme 2022 au 7 octobre 2022« , le groupe évalue l’impact de la baisse de production sur l’EBITDA (excédent brut d’exploitation) à 32 milliards d’euros. Il a par ailleurs connu des mouvements sociaux en France depuis septembre, « dont l’impact est à l’étude« , a-t-il précisé.

À lire aussi :  Crise énergétique : les coupures ne pourront pas être évitées cet hiver, prévient EDF

Le groupe EDF, détenu à 84% par l’État et bientôt renationalisé à 100%, a annoncé par ailleurs un chiffre d’affaires en hausse de 78% sur 9 mois à 101,5 milliards d’euros contre 57 milliards par rapport à la même période en 2021. Il a aussi annoncé un gain net de 939.000 clients sur 12 mois, à la faveur du retour de nombreux clients attirés par ses tarifs réglementés. Mais davantage de clients et davantage d’électricité vendue ne veut pas dire, pour EDF, plus de bénéfices.

Le futur PDG d’EDF Luc Rémont, dont la candidature proposée par l’Élysée a été validée mercredi par le Parlement, doit prendre les rênes de l’entreprise lourdement endettée à compter de « mi-novembre« , selon le souhait exprimé par le ministre de l’Économie Bruno Le Maire jeudi matin

Par Capital avec AFP, publié le 27/10/2022 à 9h31, mis à jour le 27/10/2022 à 14h57

https://www.capital.fr/entreprises-marches/plombe-par-des-centrales-nucleaires-a-larret-edf-se-dirige-vers-une-perte-colossale-1450310

« IL N’Y A JAMAIS EU DE DÉBAT PUBLIC SUR LA PLACE DU NUCLÉAIRE EN FRANCE »

Michel Badré préside la commission chargée de consulter la population sur le programme d’EDF visant à construire six nouveaux réacteurs. Dans un entretien au « Monde », il explique en quoi consistera ce débat public, qui s’ouvre le 27 octobre.

Pendant quatre mois, du 27 octobre au 27 février, les citoyens sont appelés à participer à un débat public sur la relance de la filière nucléaire française. Ancien président de l’Autorité environnementale, Michel Badré est à la tête de la commission particulière chargée d’animer ces échanges.

Quels sont le cadre et l’objectif de ce débat ?

EDF a saisi la Commission nationale du débat public [CNDP], comme elle y était obligée, à la fois sur un programme et sur un projet. L’entreprise nous a dit qu’elle souhaitait engager un programme de construction de six réacteurs dont les deux premiers seraient implantés à Penly [Seine-Maritime], où il y a déjà une centrale. Compte tenu de l’ampleur du sujet, la Commission a répondu qu’il fallait bien un débat public. Nous le préparons depuis mai et avons identifié, après avoir auditionné environ 200 personnes, une dizaine de questions allant de choses extrêmement générales à des aspects plus précis, liés aux propositions d’EDF.

Lire aussi : Nucléaire : EDF choisit le site de Penly pour construire deux EPR (Article réservé à nos abonnés)

Il s’agit donc bien d’un débat très large sur la nécessité ou non de relancer un programme nucléaire ?

Tout à fait, ce débat ne concerne pas uniquement les Normands mais a une dimension nationale. Quand on demande à EDF pourquoi faire deux réacteurs à Penly, la réponse porte sur le programme global des six réacteurs, sur le bilan carbone en 2050, l’autonomie énergétique…

Lire aussi la chronique : « Le débat public sur le nucléaire tient tantôt du café du commerce, tantôt du combat idéologique » (Article réservé à nos abonnés)

Mais la décision concernant la relance du programme nucléaire n’a-t-elle pas déjà été prise ? Autrement dit, ce débat a-t-il une quelconque utilité ?

C’est une question absolument existentielle pour nous, qui nous est d’ailleurs posée aussi bien par des pro que par des antinucléaire. Les « pro » disent que le débat ne sert à rien car le président a déjà annoncé ce qu’il voulait faire, et les « anti » disent que, de toute façon, les décisions sont déjà prises ou seront prises ailleurs.

Nous ne savons pas si le débat sera utile, mais, pour une fois, le calendrier est favorable. Si le gouvernement voulait autoriser demain matin EDF à construire des réacteurs à Penly, il ne le pourrait pas. Car la législation actuelle, traduite dans la programmation pluriannuelle de l’énergie [PPE], ne le prévoit pas : concernant le nucléaire, elle prévoit seulement un plafonnement en puissance installée et même la fermeture d’un certain nombre de réacteurs.

Lire aussi : Consommation, nucléaire, sobriété… les citoyens appelés à donner leur avis sur la politique énergétique (Article réservé à nos abonnés)

Mais une nouvelle loi de programmation énergie-climat doit être votée en 2023 : celle-ci se traduira par une révision de la PPE dans laquelle pourra être fixé un calendrier de réalisation de nouveaux réacteurs, si c’est ce que le Parlement décide. C’est dans le cadre de cette PPE que le gouvernement peut ensuite, par décret, prendre des décisions d’autorisation de création d’installations nucléaires.

Rien n’est donc arrêté avant le débat parlementaire ?

Que le président ait l’intention de relancer un nouveau programme nucléaire, c’est son droit, et il est tout à fait légitime à le dire. Cela n’empêche qu’il existe un cadre constitutionnel, législatif et réglementaire. L’article 7 de la charte constitutionnelle affirme que toute personne doit avoir la possibilité de participer à l’élaboration de la décision. Ensuite, le Parlement doit se prononcer en prenant en compte tous les éléments.

Lire aussi : « Il faudra du courage au nouveau patron d’EDF pour composer avec un Etat actionnaire exigeant de lui la relance du programme nucléaire » (Article réservé à nos abonnés)

Pourtant, le gouvernement a déjà publié un projet de loi d’accélération du nucléaire…

Même si ce projet de loi est voté en urgence, il ne change rien au fait que, pour autoriser EDF à construire de nouveaux réacteurs, il faut une loi de programmation énergétique et une modification de la PPE. Donc je ne sais pas très bien pourquoi le gouvernement a publié ce texte…

Y a-t-il déjà eu des débats sur la place du nucléaire dans le mix énergétique ?

Il n’y en a pas eu au moment où le plan Messmer [vaste programme de construction de centrales nucléaires] a été engagé, il y a bientôt cinquante ans, ni depuis. Un débat sur la PPE a été organisé en 2017, mais la politique nucléaire a volontairement été laissée de côté, parce que le gouvernement de l’époque estimait que les orientations étaient connues. Il y a également eu plusieurs débats sur les déchets : un en 2006, un sur le centre d’enfouissement Cigéo, à Bure (Meuse), en 2013, puis un en 2019 sur le plan de gestion des matières et déchets radioactifs. Mais jamais sur la politique nucléaire, et en particulier sur la relance d’un programme de nouveaux réacteurs.

Lire aussi : Le projet de loi visant à accélérer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires critiqué par les ONG (Article réservé à nos abonnés)

Est-il vraiment possible de débattre de cette question ?

Le nucléaire est un sujet majeur pour la société, qui l’engage pour très longtemps. Il faut au minimum douze ans pour construire une centrale, l’exploitation dure une soixantaine d’années et le démantèlement prend trente ou quarante ans. Même sans parler de la gestion des déchets, quand on lance un programme comme celui d’EDF, on part pour plus d’un siècle.

Il est difficile d’en débattre parce que le sujet est complexe, parce que des gens sont très pour et d’autres très contre, mais aussi parce qu’aucun d’entre nous n’est capable de dire quel sera le contexte social, au sens général du mot, dans cent vingt ans. Il faut avoir cela en tête au moment de prendre les décisions.

Mais est-on capable de mettre tout le monde d’accord sur les termes mêmes du débat ?

Pour cela, nous réalisons une « clarification des controverses ». D’abord, nous demandons aux experts d’identifier les points qui ne font pas consensus entre eux. Par exemple, onze des douze organismes que l’on a consultés nous ont dit que l’une des controverses porte sur l’impact du changement climatique sur les réacteurs. Sept sujets de ce type ont été identifiés et chacun a présenté noir sur blanc ses arguments. À partir de cela, nous réalisons non pas une synthèse, mais un document qui rassemble ces points de vue.

Lire aussi : Nucléaire : face au problème de corrosion, un programme de contrôle de « grande ampleur » (Article réservé à nos abonnés)

Cela permet-il au grand public de participer ?

L’enjeu, c’est de ne pas avoir un pur débat d’experts avec, d’un côté, EDF ou Orano et, de l’autre, des militants de Greenpeace et de négaWatt. Le débat d’experts est légitime et nécessaire, mais il doit permettre d’alimenter le débat de la société en général. Mais nous avons beaucoup de mal à ce que le public s’empare de ce genre de questions, l’aspect technique faisant un peu peur.

Nous sommes toutefois en train de monter des opérations ciblées sur certains groupes de citoyens et citoyennes, par exemple les jeunes, en organisant des séances dans des collèges et lycées de Normandie. Nous travaillons également en partenariat avec l’association ATD Quart Monde, car ce n’est pas parce que des gens sont en situation sociale difficile qu’ils ne sont pas concernés par ce genre de débat.

À la fin, vous ne formulerez ni avis ni recommandation ?

Sûrement pas un avis disant : « Il faut donner l’autorisation à EDF de construire des réacteurs ou le lui refuser », nous serions totalement illégitimes ! En tant que membres de la CNDP, nous devons nous interdire scrupuleusement de faire état de nos penchants sur le nucléaire, nous assurer que tous les arguments peuvent être présentés et que personne n’ait été empêché de parler.

Retrouvez le décryptage : Coût, gestion des déchets et sécurité : huit questions que pose le retour annoncé du nucléaire en France (Article réservé à nos abonnés)

Mais ce débat pourra-t-il avoir un impact sur le projet d’EDF ?

Beaucoup de débats publics conduisent à ce que des projets soient modifiés. Les maîtres d’ouvrage écoutent ce qui se dit et en tiennent compte. Une séance sera consacrée aux enseignements à tirer de l’expérience de Flamanville, par exemple en matière de formation de professionnels. Même si l’on ne recommande pas à la fin d’instaurer des formations de soudeurs de troisième niveau à tel endroit, cela peut faire apparaître que ce sujet est un enjeu majeur. Nous espérons bien que ce débat aura un impact !

Qu’est-ce qui pourrait vous faire dire que le débat a été utile ?

Au bout des quatre mois, nous pourrons simplement dire si le public non professionnel a pu accéder au débat, si les gens ont participé aux réunions publiques mais aussi par le biais du site Internet et les réseaux sociaux, et s’ils ont pris conscience que le sujet est complexe et ne se résume pas à un binaire pour-contre. Mais la vraie sanction, ce sera le débat au Parlement. Si les parlementaires se réfèrent à ce qui s’est dit pendant le débat public et en tiennent compte, nous n’aurons pas perdu notre temps.

Lire l’éditorial du « Monde » : Nucléaire : débattre et informer, avant de décider

Par Perrine Mouterde, publié le 26 octobre 2022 à 12h28, mis à jour à 14h26

https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/10/26/il-n-y-a-jamais-eu-de-debat-public-sur-la-place-du-nucleaire-en-france_6147394_3244.html

MOSCOU PRÉVIENT LES ÉTATS-UNIS D’EXERCICES NUCLÉAIRES « DE ROUTINE »

Selon les autorités américaines, il s’agit d’un simple exercice de « routine« . En avertissant les États-Unis, la Russie a respecté ses engagements dans le cadre d’accords de défense. Joe Biden a tout de même mis en garde Moscou.

Des exercices « de routine ». Le département d’État américain a assuré ce mardi 25 octobre avoir été notifié par la Russie d’exercices nucléaires « de routine », sur fond de craintes de la communauté internationale qu’elle pourrait recourir à l’arme nucléaire dans sa guerre contre l’Ukraine.

Ce faisant, la Russie a respecté ses engagements dans le cadre d’accords de défense qui requièrent d’informer les États-Unis de tout test de missile balistique intercontinental ou de missile balistique à partir d’un sous-marin, a-t-on précisé de même source. 

« Il s’agit d’un exercice de routine annuel des Russes », a assuré devant la presse le porte-parole du département, Ned Price, en soulignant que « ces notifications permettent de ne pas être surpris et réduisent le risque d’une mauvaise interprétation ». Dans de rares échanges, les ministres de la Défense des deux pays se sont parlé par deux fois au cours de la semaine écoulée.

Le président américain Joe Biden a tout de même prévenu que l’utilisation d’une arme nucléaire par la Russie constituerait une « erreur immensément grave », au moment où Moscou avance que l’Ukraine prépare une « bombe sale », une affirmation démentie par Kiev et les pays occidentaux.

La Russie a pour habitude d’accuser les autres de ce qu’elle prépare elle-même (Ned Price)

Des accusations évoquées pour la première fois par Moscou dimanche, lors de conversations téléphoniques entre le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et ses homologues américain, français, britannique et turc, où ce dernier a met mention « d’éventuelles provocations de la part de l’Ukraine avec recours à une ‘bombe sale' ». 

Lire aussi : Accusation de « bombe sale » en Ukraine : les images russes ne prouvent rien

Le porte-parole de la diplomatie américaine a réitéré mardi que les États-Unis ne disposaient pas d’informations montrant que la Russie se préparait à recourir à une arme nucléaire. Mais, a-t-il relevé, « cela nous préoccupe car la Russie a pour habitude d’accuser les autres de ce qu’elle prépare elle-même ».

Par F.R avec AFP, publié le 26 octobre 2022 à 6h20, mis à jour à 7h04

https://www.tf1info.fr/international/etats-unis-russie-moscou-previent-washington-d-exercices-nucleaires-de-routine-2236642.html

GUERRE EN UKRAINE : « LE RISQUE D’UN ACCIDENT NUCLÉAIRE DE TYPE TCHERNOBYL EST DEVENU UNE MENACE PERMANENTE », ALERTE UN CHERCHEUR

On ne débranche pas une centrale nucléaire comme n’importe quel appareil« , interpelle Édouard Jolly qui craint une « défaillance humaine » dans le traitement de la centrale de Zaporijjia, occupée par les forces russes.

« Le risque d’un problème nucléaire civil, d’un accident en particulier dans la centrale nucléaire de Zaporijjia » est devenu « permanent » en Ukraine, alerte mercredi 26 octobre sur franceinfo Édouard Jolly, chercheur en théorie des conflits armés et philosophie de la guerre à l’Institut de Recherche Stratégique de l’École militaire. Ce spécialiste explique que les ouvriers ukrainiens ont dû mal à accéder aux installations de la plus grande centrale d’Europe, située dans le sud de l’Ukraine. Depuis mars, la centrale de Zaporijjia, occupée par les forces russes, est régulièrement victime de bombardements et de coupures de courant.

À lire aussi : Guerre en Ukraine : à quoi joue Moscou en accusant Kiev de développer une « bombe sale » ?

Cette situation inquiète Édouard Jolly. Il estime qu’il « reste toujours ce risque de défaillance humaine qui entraînerait, non pas l’emploi d’un nucléaire militaire, mais un accident nucléaire de type Tchernobyl ». Si « ce danger était exceptionnel au début du conflit » en Ukraine, selon ce chercheur en théorie des conflits armés, il est aujourd’hui « devenu une menace permanente ». « On ne débranche pas une centrale comme n’importe quel appareil et là on est face à une installation conséquente », ajoute Édouard Jolly.

À lire aussi : À Kryvyï Rih, la menace d’une attaque nucléaire russe est prise très au sérieux. Reportage.

Ce spécialiste prévient qu’il existe « au moins cinq autres centrales en Ukraine aussi menacées de recevoir une frappe indéterminée. Ça reste un risque permanent », alerte Édouard Jolly.

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Par franceinfo, Radio France, publié le 26/10/2022 à 08h04

Pour retrouver cet article ET voir la vidéo (4mn48s), cliquer sur :

https://www.francetvinfo.fr/monde/europe/manifestations-en-ukraine/video-guerre-en-ukraine-le-risque-d-un-accident-nucleaire-de-type-tchernobyl-est-devenu-une-menace-permanente-alerte-un-chercheur_5440468.html

SOMBRES PERSPECTIVES POUR L’AVENIR DE L’ÉNERGIE NUCLÉAIRE, SELON DES EXPERTS

Délais de construction plus longs, réfections complexes, gestion de déchets contaminés et coûts astronomiques : l’énergie nucléaire est de moins en moins une énergie du futur, selon un rapport publié par des experts indépendants.

Sur fond de crise climatique, de nombreux gouvernements brandissent la carte de l’énergie nucléaire comme une solution viable et efficace pour décarboner le secteur de l’énergie.

Même le ministre canadien de l’Environnement et des Changements climatiques, Steven Guilbeault, voit l’atome comme une solution à considérer.

Au pays, on trouve trois centrales en Ontario, une au Nouveau-Brunswick et une au Québec, celle de Gentilly-2, mise à l’arrêt en 2012. En tout, ces centrales abritent 22 réacteurs nucléaires. L’énergie nucléaire au Canada compte pour environ 15 % de toute l’énergie produite.

Or, le nucléaire semble perdre de son lustre, selon plusieurs spécialistes indépendants qui ont contribué à la rédaction du World Nuclear Industry Status Report, un rapport exhaustif sur l’état de l’industrie de l’énergie nucléaire dans le monde, produit annuellement depuis 2007.

Une première en 40 ans

On peut y lire que la quantité d’électricité produite avec de l’énergie nucléaire était en hausse de 3,9 % en 2021 dans le monde. Une hausse qui s’explique en partie par la production d’énergie nucléaire chinoise qui, à elle seule, a augmenté de 11 % l’an dernier.

Ces données pourraient donner l’impression que le secteur est en croissance. Mais, pour la première fois en 40 ans, la part de l’énergie nucléaire dans la production mondiale brute d’électricité est passée sous la barre des 10 % l’an dernier.

C’est une diminution de 40 % par rapport à 1996, année où la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité avait atteint un sommet avec 17,5 %.

Les statistiques publiées indiquent aussi que, de 2002 à 2021, 98 nouveaux réacteurs nucléaires ont été connectés à des réseaux d’approvisionnement, dont 50 en sol chinois. Cependant, pour la même période, 105 réacteurs nucléaires ont été mis à l’arrêt, et aucun en Chine.

En 2022, 411 réacteurs étaient en fonction dans 33 pays. Soit 4 de moins que l’année précédente, 7 de moins qu’en 1989 et 27 de moins qu’en 2002, où 438 réacteurs étaient en fonctionnement.

Les cinq plus grands producteurs d’énergie nucléaire, dans l’ordre, sont les États-Unis, la Chine, la France, la Russie et la Corée du Sud. Ensemble, ils sont responsables de 71 % de toute l’énergie nucléaire produite dans le monde.

La centrale nucléaire de Flamanville-3, en France. Photo : Reuters / SARAH MEYSSONNIER

Coût des énergies renouvelables moins élevé

Globalement, le coût des énergies renouvelables est maintenant nettement inférieur au prix de la production d’énergie nucléaire, ce qui explique, en partie, son recul.

Les investissements à l’échelle planétaire dans les nouveaux projets de construction d’installations nucléaires l’an dernier se chiffraient à 24 milliards de dollars américains, ce qui représente 6,5 % des investissements pour la production d’énergie.

Au total, c’est 366 milliards de dollars qui ont été investis dans des projets d’énergies renouvelables non hydroélectriques.

Les investissements mondiaux dans le secteur de l’énergie en 2021 sont répartis comme suit : 69 % dans les énergies renouvelables, 23 % dans les énergies fossiles et 8 % dans l’énergie nucléaire.

Les énergies solaire et éolienne représentaient 10,2 % de la production mondiale d’électricité dans le monde en 2021. La production d’énergie nucléaire perd donc du terrain au profit des énergies renouvelables.

« Pour nous, ces données démontrent que l’énergie nucléaire n’est pas une solution viable pour nos besoins futurs. » (Une citation de  Jan Philipp Albrecht, président de la fondation Heinrich Böll)

Déclassement des installations

L’âge moyen des 411 réacteurs sur la planète est de 31 ans. Sachant que la durée de vie d’un réacteur est autour de 40 ans (dans certains cas, on autorise des extensions de 20 ans supplémentaires), il faut s’attendre à ce qu’un nombre important de réacteurs ferment dans les prochaines années, précise Alexander James Winner de l’Université berlinoise des technologies et coauteur du rapport.

Les statistiques montrent que la durée de vie opérationnelle des réacteurs est souvent presque aussi longue que le temps requis pour déclasser complètement les réacteurs.

« La fermeture et le déclassement d’installations nucléaires sont des processus longs, coûteux et complexes et souvent sous-estimés. » (Une citation de  Alexander James Winner, de l’Université berlinoise des technologies et coauteur du rapport)

Les coûts et la gestion des démantèlements sont rarement envisagés au moment de la conception des réacteurs. Alors qu’un nombre croissant d’installations nucléaires arrivent en fin de vie ou sont déjà fermées, ces problèmes attirent de plus en plus l’attention du public et des gouvernements, précise le rapport.

À ce jour, seulement 22 réacteurs nucléaires ont officiellement accompli tout le processus de démantèlement sur les 204 réacteurs fermés sur le globe.

Au Canada, à la mi-2022, six réacteurs, dont cinq CANDU, étaient considérés comme fermés. Bien que certaines parties de ces installations soient démantelées, aucun de ces réacteurs n’a encore été déclassé.

Le mirage des petits réacteurs modulaires

Les petits réacteurs modulaires nucléaires continuent d’attirer beaucoup d’attention médiatique dans de nombreux pays. On vante notamment leur rapidité de construction et leur rentabilité financière. Mais la réalité est tout autre, selon les auteurs du rapport.

Ces réacteurs sont actuellement en construction dans seulement trois pays : la Chine, l’Argentine et la Russie. En Chine, on rapporte des délais de construction deux fois plus longs, et en Argentine et en Russie, jusqu’à quatre fois plus longs que prévu.

Les auteurs du rapport estiment que les bénéfices économiques promis par ces petits réacteurs modulaires sont un mirage.

« Si en Chine la construction de SMR prend deux fois plus de temps que prévu, imaginez les délais dans les autres pays.  » (Une citation de  M.V. Ramana, professeur à l’Université de la Colombie-Britannique)

Pourtant, de nombreux pays, comme la France, les États-Unis et le Canada, continuent d’investir des centaines de millions de dollars, voire des milliards, pour le développement de ces technologies.

Un compteur Geiger, tourné vers le réacteur numéro trois de la centrale de Fukushima, fortement endommagé lors du tsunami du 11 mars 2011. (Photo : Reuters / SAKURA MURAKAMI)

Fukushima 11 ans plus tard

Le rapport dépeint une situation encore précaire au Japon, 11 ans après la tragédie de Fukushima. Tatsujiro Suzuki, un professeur au Research Center for Nuclear Weapon Abolition à l’Université de Nagasaki, affirme que la situation à Fukushima sur le site et hors site est loin d’être stabilisée.

« Les défis à Fukushima sont nombreux. » ( Une citation de  Tatsujiro Suzuki, professeur au Research Center for Nuclear Weapon Abolition à l’Université de Nagasaki)

Les autorités japonaises prévoient déverser plus de 1,3 million de mètres cubes d’eau contaminée dans l’océan prochainement. Ce plan est largement contesté tant au Japon qu’à l’étranger. L’eau contaminée est stockée dans plus de 1000 réservoirs. Et la capacité de stockage de ces conteneurs a atteint 96 %. Le gouvernement estime que ces réservoirs seront pleins à l’été 2023.

Le ramassage de débris contaminés près de Fukushima devait commencer en 2021, mais en raison de la pandémie de COVID-19, le projet a été reporté à une date ultérieure inconnue. Les autorités ne savent pas comment se débarrasser de ces déchets contaminés.

Seulement 3,6 % des personnes évacuées sont retournées vivre à Fukushima depuis l’accident.

Le nucléaire en temps de guerre

Dans un chapitre entier consacré à l’énergie nucléaire en temps de guerre, on rappelle que le bon fonctionnement d’une centrale nucléaire repose sur un environnement stable. Les employés doivent être bien formés et reposés, et ne doivent pas travailler avec un stress indu afin d’éviter toute erreur pouvant causer de sérieux accidents. La prise de contrôle russe de la centrale de Zaporijia, la plus grande centrale d’Europe, démontre que les centrales peuvent être fragilisées.

Mycle Schneider, l’auteur principal du rapport et consultant indépendant, insiste aussi sur les vulnérabilités physiques des sites nucléaires comme les piscines de refroidissement. Ces piscines ne peuvent pas manquer d’électricité, sans quoi elles ne pourront plus refroidir les pièces radioactives. Et elles ne doivent pas être attaquées.

Or, le spécialiste rappelle que, dans le contexte de la guerre en Ukraine, toutes les règles internationales ont été bafouées. Par ailleurs, les coupures de courant que subit la centrale depuis le début du conflit n’ont rien de normal. Selon lui, une seule coupure de courant est un événement majeur. Pourtant, même si elles se sont multipliées, on ne semble pas s’en formaliser.

« Je pose sérieusement la question : sommes-nous en train d’assister à la normalisation de l’utilisation du nucléaire en temps de guerre? Si oui, c’est très inquiétant. » ( Une citation de  Mycle Schneider, auteur principal et consultant indépendant)

Par ailleurs, le spécialiste déplore la désinformation qui circule concernant l’énergie nucléaire comme étant une option verte et efficace pour les besoins futurs. Selon lui, les faits parlent d’eux-mêmes. Avec les délais plus longs, les dépassements de coûts, les dangers en temps de guerre et la gestion compliquée des déchets nucléaires, l’atome a réellement perdu de son vernis.

Par Élisa P. Serret (accéder à la page de l’auteur), publié le 25 octobre 2022 à 19 h 19

Photo en titre : Salle de contrôle d’une centrale nucléaire en Chine. Photo : Reuters

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1927664/sombres-perspectives-avenir-energie-nucleaire-rapport-experts

FLAMANVILLE : DÉTECTION DE DÉFAUTS AFFECTANT LA QUALIFICATION DE PLUSIEURS ÉQUIPEMENTS DES RÉACTEURS 1 ET 2

Le 16 mars 2022, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté relatif à la détection tardive de défauts affectant la qualification aux conditions accidentelles de plusieurs équipements des réacteurs 1 et 2 de la centrale nucléaire de Flamanville.

La sûreté des réacteurs électronucléaires repose sur un certain nombre d’équipements, qui font l’objet d’une qualification visant à garantir leur capacité à assurer leurs fonctions dans les situations où ils sont nécessaires. Dans l’enceinte du réacteur notamment, certains équipements doivent résister aux conditions accidentelles qui y règneraient si un accident grave de fusion du cœur survenait, avec notamment un niveau de radioactivité, une température, une hygrométrie et une pression élevés.

EDF avait déclaré à l’ASN trois évènements significatifs le 24 juillet 2018, le 11 juin 2019 et le 17 mars 2021 relatifs à des défauts ayant affecté la qualification aux conditions accidentelles de vannes situées sur le circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt. Ces défauts portaient sur les raccordements électriques de ces vannes. Dans le cadre de l’analyse approfondie de ces évènements, EDF a mis en œuvre un programme de vérification de la présence de défauts similaires sur d’autres équipements des réacteurs 1 et 2.

Lors de la réalisation d’essais périodiques réalisés dans le cadre de l’arrêt pour simple rechargement du réacteur 2, des  anomalies similaires ont été détectées sur six soupapes assurant la protection du circuit primaire du réacteur 2 contre les surpressions. Les défauts détectés ne permettaient plus de garantir le bon fonctionnement de ces soupapes et le retour à un état sûr du réacteur en cas de situation accidentelle.

Cet événement n’a pas eu de conséquence sur les personnes et l’environnement. Toutefois, en raison de la dégradation des fonctions de sûreté du réacteur, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES.

Les différents défauts détectés affectant la qualification des équipements aux conditions accidentelles ont été corrigés par EDF durant l’arrêt du réacteur. L’exploitant doit désormais compléter le retour d’expérience des événements de 2018, 2019 et 2021 précités. L’ASN veillera à l’exhaustivité des contrôles de vérification réalisés.

Publié le 24/10/2022

https://www.asn.fr/l-asn-controle/actualites-du-controle/installations-nucleaires/avis-d-incident-des-installations-nucleaires/detection-de-defauts-affectant-la-qualification-de-plusieurs-equipements-des-reacteurs-1-et-22

DES HACKERS ONT DÉROBÉ ET PUBLIÉ DES INFORMATIONS SUR LE NUCLÉAIRE IRANIEN

Alors que les négociations avec l’Iran pour rétablir les accords de Vienne semblent au point mort, un groupe de hacker du nom de Black Reward a publié des milliers de documents et discussions relatives au nucléaire iranien. Explications.

Samedi soir, 50 gigaoctets de documents et correspondances privées de l’agence iranienne de l’énergie atomique ont été lâchés sur internet. À l’origine de cette fuite de données se trouve un groupe de hacktivistes [des hackers avec un motif politique, ndlr]- qui se présente sur sa chaîne Telegram sous le nom Black Reward.

Les dossiers publiés contiendraient des emails internes, des contrats ou encore des informations sur la construction de la centrale nucléaire de Bushehr, l’unique du pays. Plusieurs analyses du contenu mis en ligne sont en cours, et le groupe n’a pas précisé si une partie de ces informations est classifiée. En revanche, il a déjà réussi à attirer l’attention sur son coup d’éclat : une vidéo issue de la fuite, vraisemblablement prise depuis l’intérieur de la centrale, fait déjà le tour du net.

Menace exécutée

Après avoir piraté l’agence iranienne, Black Reward avait exigé vendredi que le gouvernement relâche les prisonniers politiques arrêtés lors des récentes vagues de manifestations, sans quoi il lâcherait les documents dans la nature sous 24 heures. Téhéran n’a pas plié, alors les hackers ont exécuté leur menace.

Le lendemain, l’agence iranienne de l’énergie atomique a reconnu la fuite et expliqué que des hackers étaient parvenus à pénétrer le réseau d’un de ses sous-traitants et à obtenir un accès à leur système de gestion des emails. Autrement dit, elle ne serait pas elle-même compromise. L’organisation a aussi déclaré que les cyberattaquants agissent pour le compte d’un pays étranger, sans le nommer. Ces dernières années, elle a attribué certaines campagnes d’attaques – comme le ver informatique Stuxnet qui visait ses installations nucléaires – à Israël et aux États-Unis.

Dans le cyberespace, plusieurs pays font effectivement appel à des groupes de hackers indépendants, identifiés sous l’acronyme APT (pour advanced persistent threats), afin défendre leurs intérêts géopolitiques par des campagnes de cyber-espionnage ou de destruction de données.

Ce mode opératoire offre comme avantage aux pays commanditaires la possibilité de se dédouaner de la responsabilité des cyberattaques, puisqu’il faut pouvoir exposer le lien entre le groupe et le pays. L’appel aux APT reste en revanche plus couramment utilisé par les puissances d’Orient (Chine, Russie, Iran, Corée du Nord…) que par les pays occidentaux qui ont d’autres méthodes pour mener leurs campagnes offensives.

De leur côté, les pirates de Black Reward affirment – en persan – qu’ils sont un groupe iranien, et que leur action vient en soutien aux manifestations contre le pouvoir qui durent depuis plus d’un mois. Elles avaient été déclenchées le 16 septembre après le décès en garde à vue de Mahsa Amini, une femme de 22 ans arrêtée car elle ne respectait pas les règles vestimentaires imposées par la loi islamique.

Depuis, comme le rapporte l’Associated Press, le mouvement de contestation ne ralentit toujours pas, et la plus grande association de professeurs du pays s’apprête à rejoindre la contestation étudiante, même si la répression violente opérée par le pouvoir a mené à des centaines d’arrestations et à la mort de plus de 200 personnes d’après les estimations de plusieurs ONG.

Une complication de plus pour le dossier du nucléaire iranien

Au-delà du contexte de crise, le piratage pourrait rajouter du grain à moudre au dossier du nucléaire iranien. Mi-août, après 14 mois de négociation, l’Iran semblait enfin ouvert à respecter de nouveau l’accord de Vienne (connu sous l’acronyme anglais JCPOA pour Joint Comprehensive Plan of Action) signé en 2015 avec les membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce texte vise à garantir le caractère civil du programme nucléaire de l’Iran, accusé par les instances internationales de chercher à se doter de l’arme atomique, malgré ses démentis.

Mais le retrait unilatéral de l’accord par les États-Unis de Donald Trump en 2018, accompagné du rétablissement des sanctions américaines, avait motivé Téhéran a progressivement s’affranchir de ses obligations de transparence. Ce n’est que depuis la prise de poste de Joe Biden que le dossier est revenu sur la table.

Problème : alors qu’un nouvel accord semblait proche, aidé par quelques concessions des camps iraniens et américains, les négociations patinent. Téhéran exige encore la clôture des enquêtes lancées par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur l’existence de trois sites non déclarés où des traces d’uranium enrichi ont été retrouvées.

Une demande que le patron de l’AIEA, Rafael Grossi, refuse implacablement, car il déplore l’absence de réponses « crédibles » de la part des pouvoirs iraniens. Résultat, les discussions semblent de nouveau au point mort, et le récent incident informatique pourrait encore plus tendre la situation.

En effet, la fuite contient une longue liste de documents potentiellement sensibles. Dans le détail : des discussions de l’Iran avec l’AIEA, des contrats relatifs au développement du nucléaire iranien, des informations logistiques sur l’industrie nucléaire iranienne, des détails sur la gestion de la centrale de Bushehr, des noms d’employés de l’agence iranienne de l’énergie atomique, des documents d’identité officiels de spécialistes iraniens et russes qui travaillent sur la centrale, ou encore des rapports techniques.

En résumé, tout un lot d’informations potentiellement sensibles, qui pourraient alimenter les critiques contre la gestion iranienne du nucléaire. Affaire à suivre, donc, puisque le groupe Black Reward semble déterminé à déstabiliser le pouvoir en place.  Plus tôt dans la semaine, rappelle le média spécialiste du Moyen-Orient i24 News, il avait frappé la chaîne d’information anglophone du gouvernement, Press TV, avec déjà comme objectif le vol d’information.

Par François Manens , publié le 24 octobre 2022 à 17h38

Photo en titre : Les documents sensibles qui ont été dévoilées fragilisent la position iranienne dans les négociations sur le nucléaire avec les Occidentaux. (Crédits : DADO RUVIC)

https://www.latribune.fr/technos-medias/informatique/des-hackers-ont-derobe-et-publie-des-informations-sur-le-nucleaire-iranien-937921.html

L’AIEA EST SUR LE POINT DE DÉPÊCHER DES INSPECTEURS VERS DEUX SITES NUCLÉAIRES EN UKRAINE…

…à la suite des déclarations russes faisant état de l’imminence d’une utilisation d’une « bombe sale » par l’Ukraine.

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a annoncé son intention de dépêcher des inspecteurs vers deux sites nucléaires en Ukraine, après des déclarations de la Russie selon lesquelles Kiev serait sur le point d’utiliser une « bombe sale ».

L’AIEA a fait savoir, dans un communiqué, rendu public ce mardi, qu’elle était consciente des déclarations russes concernant la « bombe sale ».

Le même communiqué rapporte les propos du directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, qui a affirmé que les spécialistes de l’organisation inspectent régulièrement deux installations nucléaires en Ukraine, conformément à l’accord de sécurité de l’AIEA.

Il a expliqué que l’Ukraine avait soumis une demande à l’AIEA pour inspecter deux installations nucléaires sur son territoire, notant que l’Agence de l’énergie atomique enverra des inspecteurs aux sites mentionnés, dans les prochains jours, afin de procéder aux contrôles de sécurité nécessaires et pour s’assurer de l’existence, ou non, d’activités nucléaires.

Grossi n’a pas révélé de plus amples détails sur l’emplacement et les noms des deux installations nucléaires concernées par les inspections en Ukraine.

Il a souligné qu’au cours du mois dernier, une équipe à l’AIEA avait inspecté l’une des deux installations concernées, et a constaté que tout y était conforme aux données fournies par l’Ukraine à l’AIEA, sans y déceler d’activités nucléaires suspectes.

L’agence de presse russe Novosti a rapporté dimanche les déclarations de sources qualifiées de fiables dans plusieurs pays, y compris en Ukraine, selon lesquelles « il y a des indications que le régime de Kiev prépare une provocation en utilisant ce que l’on qualifie de bombe sale ou arme nucléaire à faible puissance« .

Une bombe sale est une arme de destruction massive, qui combine des matériaux radioactifs à des éléments explosifs conventionnels.

Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.

Par Mohammad Kara Maryam, publié le 25.10.2022

https://www.aa.com.tr/fr/monde/l-aiea-est-sur-le-point-de-d%C3%A9p%C3%AAcher-des-inspecteurs-vers-deux-sites-nucl%C3%A9aires-en-ukraine/2720336

ÉNERGIE. PLUS D’UNE CENTAINE DE DÉPUTÉS RÉCLAMENT UN DÉBAT PUBLIC SUR LA PLACE DU NUCLÉAIRE

Plus d’une centaine de députés ont saisi mardi 25 octobre 2022 la Commission nationale du débat public (CNDP) pour réclamer la tenue d’un débat sur « la place du nucléaire dans le mix énergétique de demain », ont annoncé les députés Europe Écologie – les Verts, à l’initiative de cette démarche.

Commission nationale du débat public (CNDP) va lancer à compter de jeudi 27 octobre 2022 un débat sur la construction de six nouveaux réacteurs nucléaires EPR 2, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, et qu’une autre concertation gouvernementale générale sur l’énergie a commencé le 20 octobre, les députés considèrent ces démarches comme « insuffisantes ».

Lire aussi : Centrales nucléaires. L’ensemble du parc français pourra-t-il être mobilisé cet hiver ?

Trop peu de débats publics sur les questions énergétiques

Au total, 105 députés issus de cinq groupes politiques – Europe Écologie – les Verts (EELV), la France insoumise (LFI), le Parti socialiste (PS), le Modem (un seul député, Hubert Ott) et Libertés, indépendants, Outre-mer et territoires (Liot, un député, Paul Molac) – ont saisi la CNDP, mais d’autres pourraient se rajouter, a indiqué la députée EELV de la Drôme Marie Pochon, à l’origine de la saisine, avec Julien Bayou.

« Nous constatons que les espaces dédiés à un débat public sur les questions énergétiques sont largement insuffisants », a-t-elle expliqué.

Lire aussi : 45 % d’énergie verte en 2030, c’est possible si…

Cette saisie de la CNDP par des députés est « inédite », a relevé Julien Bayou. Elle vise à réclamer qu’un « vrai débat puisse s’engager sur la question énergétique », et pas seulement sur la décision, par le seul chef de l’État, de la construction de six nouveaux EPR.

Un débat avant le vote des députés

Il a regretté le « schéma actuel », où « un candidat dit dans un discours à Belfort, “on va faire six EPR de plus”, en bout de course l’Assemblée va le voter […], et ensuite il y aura une consultation publique où les gens pourront décider si les cheminées seront de couleur blanc cassé ou gris ciment ».

« Nous proposons d’avoir un débat très en amont » de la loi de programmation sur l’énergie et le climat (LPEC), qui doit déterminer avant le 1er juillet 2023 les priorités d’actions de la politique énergétique nationale, pour « rendre le pouvoir de décision à la population », a-t-il expliqué.

Pour Marie Pochon, la concertation gouvernementale sur l’énergie lancée le 20 octobre « n’offre pas les garanties de neutralité et d’indépendance suffisantes ».

« Ne pas avoir peur du peuple »

La saisine de la CNDP « est salutaire, le gouvernement ne doit pas avoir peur du peuple », a aussi souligné l’insoumise Clémence Guetté, tout en reconnaissant que tous les groupes signataires n’avaient pas la même approche du mix énergétique nécessaire.

« À la fin, nous ne voterons peut-être pas la même chose sur le nucléaire », a aussi reconnu le socialiste Dominique Potier, mais « nous croyons en la science pour éclairer les débats », citant « le foisonnement de production » des agences d’État, instituts et ONG.

Par Ouest-France, avec AFP, publié le 25/10/2022 à 13h40

Photo en titre : La centrale nucléaire de Saint-Laurent-Nouan dans le Loir-et-Cher. | THOMAS BRÉGARDIS / OUEST-FRANCE

Pour retrouver et écouter cet article, cliquer sur: https://www.ouest-france.fr/environnement/nucleaire/energie-plus-d-une-centaine-de-deputes-reclament-un-debat-public-sur-la-place-du-nucleaire-3889288a-5457-11ed-8664-5bb5b5376402

DES REJETS DE LA CENTRALE NUCLÉAIRE DE GOLFECH TROUVÉS DANS DES PLANTES AQUATIQUES

Des taux significatifs de tritium et de carbone 14 ont été détectés dans la Garonne aux abords de la centrale nucléaire de Golfech, en Tarn-et-Garonne.

Des éléments radioactifs ont été détectés dans la Garonne. Durant l’été, le réseau Sortir du nucléaire a fait analyser plusieurs échantillons de plantes aquatiques en aval de la centrale nucléaire de Golfech, en Tarn-et-Garonne, par le laboratoire CRIIRAD (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité).

« Malgré l’arrêt complet d’un des deux réacteurs et la période peu propice (les algues n’ont pas encore atteint leur stade de croissance maximale à cette saison), des taux significatifs de tritium et de carbone 14 ont été détectés, ce qui confirme la contamination chronique et persistante de la Garonne par l’installation nucléaire. Contamination qui impacte aussi des villes comme Agen qui pompe son eau potable en aval de la centrale de Golfech », indique le réseau Sortir du nucléaire dans un communiqué.

Du tritium dans l’eau, près de la centrale nucléaire de Golfech

Pour le tritium, 6 Becquerel par litre d’eau ont été trouvés en juin, et quatre fois plus en août. Concernant le carbone 14, il y avait 252 Bq/l en juin et 360 Bq/l en août. Pour bien mesurer l’ampleur de la contamination, d’autres études sont en cours. En effet, les algues n’étaient pas encore arrivées à leur maturité. Aussi, le tritium, dont la durée de radioactivité est courte, mais intense, présente plus de risque lorsqu’il est ingéré par l’organisme.

« La présence de tritium doit lancer l’alerte, car en cas d’accident sur une centrale nucléaire, d’autres éléments radioactifs pourraient être également être rejetés », selon l’association. « Ces résultats démontrent que dans un tel cas, l’eau potable de millions de citoyens pourrait être impropre à la consommation. Et s’il peut être envisagé de ravitailler de petits villages par des camions citernes, quid de la situation dans les métropoles et, évidemment, en région parisienne ? En cas de rejets massifs à Nogent, ce sont quatre millions de Franciliens qui seraient exposés et qu’il faudrait approvisionner en eau potable… »

Ce que demande le réseau Sortir du nucléaire

Les quantités détectées dans l’eau près de la centrale nucléaire de Golfech sont en dessous des limites réglementaires. Mais le réseau Sortir du nucléaire les juge élevées.

Dans un courrier cosigné par France nature environnement, le réseau “Sortir du Nucléaire” interpelle Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de la Transition énergétique et lui demande que soient menées des analyses régulières des rejets de tritium dans l’eau par un organisme indépendant. Actuellement, c’est le pollueur, c’est-à-dire EDF lui-même, qui doit déclarer à l’Autorité de sûreté nucléaire toute activité volumique anormale en tritium.

Les associations demandent aussi une étude sur les conséquences sur la santé et sur l’environnement d’une exposition aux faibles doses de tritium.

Par Bryan Faham, publié le 25 octobre 2022 à 11h16

(Bryan Faham : Passé par l’ISJT, il écrit pour le Journal Toulousain depuis 2020.)

Photo en titre : Comprendre comment est fabriquée d’électricité à la centrale nucléaire de Golfech. Crédit photo : Jack ma – Wikimedia Commons

https://www.lejournaltoulousain.fr/occitanie/tarn-et-garonne/actualites-tarn-garonne/centrale-nucleaire-golfech-impact-eau-183788/

ARRÊTÉS PRÉFECTORAUX AUTORISANT LE PROJET TDN ET FIXANT LES PRESCRIPTIONS COMPLÉMENTAIRES D’EXPLOITATION À ORANO CYCLE MALVÉSI

Face à la situation de saturation des capacités de stockage des bassins actuels, AREVA NC Malvési soutient mettre en œuvre une mesure de traitement par incinération des 350 000 m3 d’effluents stockés, concentrés notamment en nitrate (jusqu’à 800 g/l), en minéraux, métaux et radionucléides. C’est le projet TDN. Le Réseau « Sortir du nucléaire« , aux côtés de l’association TCNA, est intervenu dans les procédures en appel à l’encontre de ce projet.

Des déchets historiquement accumulés

Depuis 1959, les déchets de la production de tétrafluorure d’uranium sur le site narbonnais d’AREVA NC Malvési (désormais ORANO CYCLE) se sont accumulés sur le site de Narbonne et ont été laissés à l’air libre dans des bassins de décantation et d’évaporation dans des conditions de sûreté et en particulier d’étanchéité désastreuses générant de graves pollutions de l’environnement.

L’encadrement réglementaire et le contrôle du site de Malvési n’a pas permis d’empêcher les fuites et débordements successifs résultant du manque de rigueur et des négligences d’AREVA NC et l’action des pouvoirs publics a ainsi été surtout curatives et non préventives.

En septembre 2006, face aux explications lénifiantes et manifestement insuffisantes de l’exploitant pour rassurer les habitants de Narbonne, le laboratoire indépendant de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité) a effectué des relevés dans l’environnement du site.

Ces relevés ont révélé des niveaux inquiétants de pollutions radioactives non seulement d’uranium mais notamment de plutonium alors que l’installation ne comprenait pas selon l’exploitant de substance aussi dangereuse pour la santé ce qui justifiait que l’installation ne soit pas soumis au régime des installations nucléaires de base, mais à celui moins contraignant des installations classées pour l’environnement.

Ce n’est qu’à la suite de ce rapport de la CRIIRAD, confirmé par les relevés de l’IRSN, que l’ASN a finalement demandé par décision n° 2009-DC-0170 du 22 décembre 2009 portant prescriptions techniques pour les bassins B1 et B2 exploités par la société Comurhex sur la commune de Narbonne (Aude) que les bassins B1 et B2 exploités par la société Comurhex à Malvési ne soient plus soumis au régime des installations classées pour la protection de l’environnement, mais au régime des installations nucléaires de base.

Par arrêté ministériel du 27 avril 2016, le site de Malvési a fait l’objet d’une délimitation de la zone nucléaire à accès réglementé du site.

L’arrêté du 8 novembre 2017

Face à la situation de saturation des capacités de stockage des bassins actuels, AREVA NC Malvési (classée ICPE SEVESO) soutient mettre en œuvre une mesure de traitement des 350 000 m3 d’effluents stockés, concentrés notamment en nitrate (jusqu’à 800 g/l), en minéraux, métaux et radionucléides.

Malgré l’accumulation d’incertitudes en ce qui concerne les impacts de ce projet, par arrêté n° DREAL-UID11-2017-39 du 8 novembre 2017, le Préfet de l’Aude a actualisé les prescriptions techniques applicables aux installations de purification de concentrés uranifères et de fabrication de tétrafluorure d’uranium exploitées par la société AREVA NC et situées sur le territoire de la commune de Narbonne et autorisé l’exploitation d’une unité complémentaire de traitement des nitrates dénommée TDN.

Par requête du 8 mars 2018, l’association TCNA et plusieurs personnes physiques requérantes ont demandé au tribunal administratif de Montpellier de bien vouloir annuler l’arrêté préfectoral du 8 nov. 2017 ayant accordé à la société AREVA NC cette autorisation d’exploiter une nouvelle installation classée.

Par jugement n°1801078 en date du 15 octobre 2019, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête demandant l’annulation dudit arrêté n° DREAL-UID11-2017-39 du Préfet de l’Aude du 8 novembre 2017.

Au regard de l’illégalité manifeste de l’arrêté, appel a été interjeté. Le Réseau « Sortir du nucléaire » est intervenu volontairement dans la procédure, le 7 mars 2020, en s’associant aux conclusions de l’association TCNA et autres. L’audience a eu lieu à la cour administrative d’appel de Marseille le 7 octobre 2022.

Le 21 octobre 2022, suivant le sens des conclusions du rapporteur public, la cour administrative d’appel de Marseille a retenu deux des moyens soulevés par les associations et a demandé au préfet de l’Aude la transmission d’un arrêté de régularisation après réalisation par Orano Cycle d’une analyse complémentaire de l’étude d’impact s’agissant du stockage, du transport et du traitement des déchets de très faible activité et transmission d’un avis régulier de l’autorité environnementale compétente, tous deux soumis à une enquête publique complémentaire, le tout dans le délai de douze mois à compter de la notification de l’arrêt. Ce n’est que suite à cela que la cour se prononcera sur le recours.

Les trois arrêtés complémentaires

L’arrêté du 8 novembre 2017 a été complété par trois autres arrêtés préfectoraux fixant des prescriptions complémentaires d’exploitation applicables aux installations de la société « Orano Cycle Malvési » :

 l’arrêté n° DREAL-UD11-2018-022 du 22 mai 2018 ; cet arrêté a pour objet d’encadrer la mise en œuvre des projets d’entreposage de résidus de traitement radioactifs dénommés « PERLE » et « CERS » ;

 l’arrêté n° DREAL-UD11-2018-032 du 10 juil. 2018 qui concerne la mise en place d’un équipement d’aéro-gommage à base de coques de noix pour la décontamination des ferrailles et des déchets du site de Malvési ;

 l’arrêté n° DREAL-UD11-2018-037 du 26 juil. 2018 qui concerne la création d’un atelier de production de dioxyde d’uranium classé sous la rubrique 1716 de la nomenclature des ICPE.

Par requête du 17 décembre 2018, l’association TCNA a demandé au tribunal administratif de Narbonne l’annulation de ces arrêtés préfectoraux complémentaires.

À la demande du tribunal administratif de Montpellier, l’association TCNA a dû déposer deux autres requêtes tendant à l’annulation des arrêtés du 10 juillet 2018 et du 26 juillet 2018. Ces instances sont toujours en cours.

Par jugement en date du 15 octobre 2019, le tribunal administratif de Montpellier a rejeté la requête demandant l’annulation de l’arrêté du 22 mai 2018 fixant les prescriptions complémentaires d’exploitation applicables aux installations de la société Orano cycle Malvési à Narbonne.

Au regard de l’illégalité manifeste de l’arrêté, appel a été interjeté. Le Réseau « Sortir du nucléaire » est intervenu volontairement dans la procédure, le 7 mars 2020, en s’associant aux conclusions de l’association TCNA. Le rapporteur public a pris des conclusions favorables et demande un arrêté de régularisation du préfet. Le délibéré de la cour administrative d’appel de Marseille sera rendu le 25 octobre 2022.

Arrêté 22/05/18 – Requête en intervention CAA Marseille 07/03/20

Pour retrouvez cet article et accéder aux textes des différents jugements, cliquer sur : https://www.sortirdunucleaire.org/Malvesi-arrete-TDN

Note du Réseau « Sortir du Nucléaire »

C’est grâce à vos dons que nous les poursuivons !

Nous attaquons chaque fois que nécessaire les industriels du nucléaire, pollueurs et menteurs, afin de lutter contre l’impunité dont ils font l’objet et faire barrage à leurs grands projets inutiles et dangereux. Et nous obtenons des résultats ! Mais cette action nous demande évidemment d’engager des moyens humains et financiers.
Parce que nous souhaitons pouvoir continuer à mener cette guérilla juridique, nous avons besoin de votre soutien !

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Plus sur Malvési

  • 11 octobre 2022 : Des accidents nucléaires partout – France : Orano Malvési : Incendie dans l’usine qui purifie l’uranium
  • 7 octobre 2022 : Agenda – Audience à la cour administrative d’appel de Marseille au sujet du projet TDN Thor à Malvési
  • 14 juin 2021 : Des accidents nucléaires partout – France : Orano Tricastin : Fuite d’uranium en poudre
  • 6 octobre 2020 : Echos des luttes antinucléaires – Banalisation du travail en Interim à Orano Malvési
  • 30 avril 2019 : Sortir du nucléaire n°79 – Focus sur l’usine de Malvési
  • 9 mars 2019 : Agenda – UF4/TDN/UO2… Quoi de neuf à Malvési ?

LA PRÉFÈTE DE L’OISE INVITE LES COMMUNAUTÉS DE COMMUNES À PRÉPARER LA DISTRIBUTION D’IODE EN CAS DE NUAGE RADIOACTIF

Le plan Orsec de distribution des comprimés d’iode, médicaments contre les émanations radioactives, prévoit que les centres répartiteurs de l’Oise ne soient plus dans les 41 anciens chefs-lieux de cantons mais dans les 21 sièges des communautés de communes et agglomérations.

Dans une lettre rédigée la semaine dernière, Corinne Orzechowski, invite les communautés de communes à se préparer à la distribution de comprimés d’iode en cas de nuage radioactif. Il s’agit d’être prêt car, écrit-elle : «J’attire votre attention sur la célérité avec laquelle cette distribution devra intervenir. Je vous recommande donc de formaliser cette procédure dans vos plans intercommunaux ou communaux de sauvegarde ou, à tout le moins, en élaborant une fiche réflexe.»

La préfète indique avoir rédigé cette lettre suite aux demandes de nombreux élus qui l’auraient interrogé sur la procédure de distribution de tels comprimés.

Le conflit en Ukraine a ravivé les inquiétudes de la population sur un risque nucléaire. Le mouvement est général.

Dans l’Oise, Nicolas Moula, maire de Lamorlaye et vice-président de la communauté de communes de l’Aire cantilienne, a réclamé au mois de mars 2022 la distribution. de comprimés d’iode. «Le risque d’incident nucléaire devient latent et très élevé, estime l’élu, dentiste de profession. Or, nous connaissons tous la très grande inertie de l’administration… Il me semble donc urgent de déployer rapidement des comprimés d’iode pour protéger notre population des effets dévastateurs de particules nucléaires. Nous serons ainsi très réactifs dans la distribution à la population, comme nous l’avons été pour les masques lors de la pandémie.»

Le 9 mai 2022, le maire de Bègles (Gironde) a lancé un appel au président de la République pour procéder à la distribution immédiate de comprimés d’iode.

Depuis quelques jours et suite aux incidents intervenus à la centrale nucléaire de Zaporijia, les autorités polonaises se prépareraient à distribuer des comprimés d’iode à la population de façon préventive.

Jeudi soir, 13 octobre 2022, la commune de Saint-Leu-d’Esserent (Oise) a mis sur pied un exercice de sécurité civile. Élus, forces de l’ordre, associations et volontaires y ont simulé une distribution de comprimés d’iode à la population, pour la protéger d’un éventuel radioactif.

L’ordre national des pharmaciens a publié sur son site, dès le début de la guerre en Ukraine, une liste de d’informations en provenance du ministère de la santé. Notamment celles-ci :

1- Pourquoi distribuer des comprimés d’iode en cas de rejet d’iode radioactif ?

Outre les actions de mise à l’abri ou d’évacuation, l’ingestion de comprimés d’iode constitue une action complémentaire de protection des populations dans les zones susceptibles d’être impactées par des rejets d’iode radioactif. En effet, l’iode radioactif, s’il est respiré ou ingéré, peut se fixer sur la thyroïde et en augmenter le risque de cancer. Ainsi, la prise d’iode stable permet de saturer la thyroïde et de limiter la fixation d’iode radioactif.

2- L’acquisition par précaution n’est pas nécessaire

L’acquisition et la prise d’iode stable en précaution par les Français, hors d’une instruction des autorités n’est pas nécessaire, affirme le ministère.

3- Quelles sont les modalités de prise des comprimés d’iode ?

Pour être efficace, le comprimé doit être ingéré idéalement dans les quelques heures AVANT le passage des particules et gaz radioactifs et au plus tard dans les 8 heures. La prise d’iode doit se faire uniquement à la demande du préfet de département ou de son représentant.

4- Quels sont les dispositifs prévus pour assurer la distribution de comprimés d’iode à la population générale mis en place en France en cas de survenue d’accident nucléaire ?

En France, le choix a été fait de mettre en place deux dispositifs complémentaires de distribution de comprimés d’iode :

  • Une distribution préventive dans un rayon de 20 km autour des centrales nucléaires de production d’électricité.
  • En complément, un plan ORSEC iode, élaboré par les préfets, permet une distribution en urgence à l’ensemble de la population, grâce à des stocks pré-positionnés dans les départements

C’est sur ce plan Orsec que s’exprime la préfète. Elle dit que ce plan contient des «informations sensibles» et qu’il «ne peut donc pas être diffusé» mais elle invite sans tarder les présidents et présidentes de communautés de communes et d’agglomérations ainsi que les maires à se préparer à la distribution desdits comprimés.

Dans un premier temps, les médicaments sont entreposés dans les sièges des communautés de communes. La préfète précise que cela ne devrait pas prendre trop de place : soit 1 mètre cube pour 100 000 comprimés. Sachant que la posologie est de deux comprimés à 65 mg pour un adulte, que la population de l’Oise est de 800 000 habitants, il faut au maximum 16 mètres cubes pour toute l’Oise, soit le volume d’un petit camion.

Le jour de l’alerte, les maires doivent aller chercher les médicaments au siège des communautés de communes puis doivent les distribuer au plus vite et communiquant par tous les moyens et en utilisant des personnels autorisés et formés.

Il n’en reste pas moins que l’entreposage des comprimés d’iode à domicile permettrait d’éviter les accidents logistiques qui pourraient se produire dans la chaine de distribution à la dernière minute. Il faudrait bien sûr que les citoyens n’ingèrent pas les comprimés avant que l’ordre n’en soit donné par les plus hautes autorités de l’État. Mais quand 80% des Français ont acquis un schéma complet de vaccination anti-Covid, on peut imaginer que 80% des Français sont en capacité de stocker chez eux des comprimés d’iode.

Par La Rédaction, publié le 23 octobre 2022

Photo en titre : Corinne Orzechowski, préfète de l’Oise.

https://www.oisehebdo.fr/2022/10/23/la-prefete-de-loise-invite-les-communautes-de-communes-a-preparer-la-distribution-diode-en-cas-de-nuage-radioactif/

« CONCERTATION » DE PURE FAÇADE SUR LE MIX ÉNERGÉTIQUE : LE GOUVERNEMENT EXCLUT TOUTE REMISE EN QUESTION DE SES ORIENTATIONS !

Définir le mix énergétique pour les années et mois à venir est un choix de société qui va structurer la société française pour au moins 50 ans. Mais la « concertation nationale sur le mix énergétique » lancée le 20 octobre par le gouvernement révèle à quel point celui-ci se moque éperdument de l’avis des citoyen·ne·s. Loin d’un véritable exercice démocratique, on n’y demande rien d’autre que d’approuver les orientations prédéfinies par Emmanuel Macron !

Une information biaisée

« There is no alternative » : voilà qui pourrait résumer la substance de cette « concertation« . Alors que les différents scénarios publiés ces dernières années (Ademe, RTE, négaWatt…) démontrent que nous avons une grande variété de choix possibles pour notre avenir énergétique, le site du dispositif effectue une présentation biaisée des données du débat, posant d’office le scénario le plus nucléarisé de RTE, qui correspond aux intentions d’Emmanuel Macron, comme le seul pertinent [1].

Peu importe par ailleurs au gouvernement que les délais de construction de nouveaux réacteurs exposés dans ce scénario soient largement irréalistes, comme l’indiquait une note interne fuitée l’an passé. Il est profondément malhonnête de présenter des données aussi biaisées.

Des choix verrouillés

Le site expose les intentions d’Emmanuel Macron concernant le nucléaire : prolonger le parc existant et construire 6, voire 14 nouveaux réacteurs. Ces orientations lourdes de conséquences constituent une remise en question unilatérale par l’exécutif de la précédente Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui prévoyait la fermeture de 12 réacteurs sans s’avancer sur de nouvelles constructions. Alors qu’on pourrait s’attendre à ce qu’il soit possible de questionner cette relance du nucléaire, le site de la concertation propose uniquement de suggérer comment celle-ci est censée se passer ! Dans les énoncés soumis au choix des participant·e·s, aucun ne propose explicitement de ne pas construire de nouveaux réacteurs ou de prévoir l’arrêt des réacteurs existants. La discussion est tout simplement évacuée !

Des événements au service de la communication gouvernementale ?

Un « Tour de France des régions » est prévu, avec des débats rassemblant des parties prenantes, le public et des membres du gouvernement : le gouvernement souhaite-t-il rééditer le Grand Débat, lors duquel, plutôt que d’écouter la population, il est venu la sermonner ?

Et après l’enterrement en première classe des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, que penser du « Forum des jeunesses » prévu début 2023, censé rassembler 200 jeunes tiré·e·s au sort ? Au regard du mépris d’Emmanuel Macron pour la jeunesse, comment croire que leurs avis seront réellement écoutés ?

Un nouveau passage en force avant le débat public

Cette procédure, qui n’a de concertation que le nom, se déroulera en parallèle du débat public sur les projets de réacteurs EPR 2 à Penly, qui débutera le 27 octobre. Quelle crédibilité pourra-t-on accorder au débat piloté par la CPDP, qui propose de questionner l’opportunité de ces nouveaux réacteurs si, dans le même temps, la « concertation » gouvernementale les présente comme incontournables ? Ce choix de calendrier traduit bien à quel point Emmanuel Macron se moque éperdument de cette procédure de débat et de tout ce qui pourra en ressortir.

Cette pseudo-concertation n’est pas destinée à demander leur avis aux citoyen·ne·s : il s’agit d’un pur exercice de communication destiné à présenter comme incontournables des choix imposés. La seule vocation des commentaires exprimés (avec quelle modération ? quelle représentativité ?) sera de légitimer les orientations gouvernementales en fournissant une mince couche de vernis pseudo-démocratique. Mais qui peut être dupe d’un procédé aussi grossier ?

Le Réseau « Sortir du nucléaire » sera particulièrement attentif et mobilisé dans les prochaines semaines et prochains mois pour dénoncer et enrayer ce passage en force.

Note :

[1] Ainsi, aucune présentation détaillée n’est faite de la variante « sobriété » des scénarios de RTE. Pourtant, dans cette variante, le coût des scénarios sans nucléaire est beaucoup moins important et l’effort de développement des énergies renouvelables beaucoup plus léger.

Le scénario M0 de RTE, qui atteint le 100% renouvelable en 2050, est par ailleurs qualifié de « sortie accélérée du nucléaire » alors que celui-ci prévoit que quasiment tous les réacteurs atteignent 50 ans de fonctionnement. Pourtant, c’est bien plutôt le réalisme des autres scénarios qui mériterait d’être contesté, l’Autorité de sûreté nucléaire répétant que les données fournies par EDF ne permettent pas d’envisager une prolongation de l’ensemble du parc nucléaire au-delà de 50 ans.

Contact presse : Martial Chateau – 06 45 30 74 66

Chargée de communication :

Charlotte Mijeon – 06 64 66 01 23

Note

[1] Ainsi, aucune présentation détaillée n’est faite de la variante « sobriété » des scénarios de RTE. Pourtant, dans cette variante, le coût des scénarios sans nucléaire est beaucoup moins important et l’effort de développement des énergies renouvelables beaucoup plus léger.

Le scénario M0 de RTE, qui atteint le 100% renouvelable en 2050, est par ailleurs qualifié de « sortie accélérée du nucléaire » alors que celui-ci prévoit que quasiment tous les réacteurs atteignent 50 ans de fonctionnement. Pourtant, c’est bien plutôt le réalisme des autres scénarios qui mériterait d’être contesté, l’Autorité de sûreté nucléaire répétant que les données fournies par EDF ne permettent pas d’envisager une prolongation de l’ensemble du parc nucléaire au-delà de 50 ans.

Communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire, publié le 24 octobre 2022

https://www.sortirdunucleaire.org/Concertation-de-pure-facade-sur-le-mix

AIN : 168 ÉLUS S’OPPOSENT À UNE NOUVELLE CENTRALE NUCLÉAIRE

Samedi 22 octobre, 168 élus ont tenu à manifester leur opposition au projet de site nucléaire de Bugey, à Saint-Vulbas, alors qu’une enquête publique vient de se clôturer.

Ils sont 168 élus rassemblés pour s’opposer au projet de site nucléaire de Bugey, à Saint-Vulbas. Selon eux, l’installation d’une paire de réacteurs nucléaires EPR2 sera permise et facilitée par la modification du Schéma de cohérence territoriale Bugey Côtière Plaine de l’Ain (SCOT BUCOPA), qui était en enquête publique jusqu’à samedi. « Nous refusons ces réacteurs nucléaires coûteux, polluants et très dangereux pour la population et l’environnement », indiquent les élus dans un communiqué diffusé le 22 octobre, expliquant leur contribution apportée samedi matin auprès du Commissaire enquêteur, lors de la dernière permanence à Saint-Vulbas. « Nous ne voulons pas d’un avenir avec des EPR dans nos territoires« .

Ils dénoncent par ailleurs des techniques irrégulières employées par leurs « adversaires pro-nucléaire« , puisque ces derniers auraient « utilisé et partagé des mailing list d’élus locaux, sans demander l’autorisation. C’est inadmissible de la part d’élus de la république« .

Bientôt un débat national sur le nucléaire

Le 13 octobre, ils étaient 100 à dénoncer le projet dans un communiqué, en estimant qu’une zone de risque « couvrira un foyer de population de plus de 5 millions de personnes, de Genève à la Métropole de Lyon« .

Le 27 octobre, un débat public national portera sur la proposition d’EDF de construire six nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR2, dont les deux premiers seraient situés à Penly, en Normandie (Voir NDLR ci-dessous). Le débat durera quatre mois, jusqu’au 27 février 2023.

Par Aimée Le Goff, publié le 23 octobre 2022 à 17h03

Photo en titre : Une partie des élus opposés au projet de construction de centrale nucléaire.

https://www.lyoncapitale.fr/actualite/ain-168-elus-s-opposent-a-une-nouvelle-centrale-nucleaire

NDLR : …et 2 soit sur le site de Tricastin, soit sur celui de BUGEY. Le débat public n’est qu’un simulacre de démocratie puisque la décision de construire ces nouveaux réacteurs est déjà prise et que le « débat public » n’y changera rien. Mais ceci n’est pas une raison pour ne pas y participer, bien au contraire. Plus il y aura d’oppositions, plus le déni de démocratie sera évident. Continuons la lutte !

ÉLECTRICITÉ : BERCY REVOIT LE PLAFOND DE L’ARENH, UN GESTE EN FAVEUR D’EDF

INFO LE POINT. Le plafond d’électricité qu’EDF doit vendre à prix cassé à ses concurrents devrait retomber à 100 TWh en 2023, après avoir été rehaussé à 120 TWh cette année.

Bercy aurait tranché ces jours-ci, face à l’état catastrophique des finances d’EDF. Alors que le prix de l’électricité sur le marché de gros reste accroché aux sommets, le dispositif qui a permis de soulager cette année fournisseurs alternatifs et entreprises ne devrait pas être reconduit : le plafond de l’Arenh, rehaussé en 2022 à 120 TWh, retomberait à 100 TWh en 2023, « compte tenu des contraintes qui entourent la montée en capital d’EDF et des contraintes budgétaires » de l’électricien, confie une source proche du dossier.

En France, les fournisseurs alternatifs et leurs clients sont en partie protégés de l’explosion des prix grâce à l’Arenh, un dispositif mis en place en 2011 et qui contraint EDF à vendre 100 TWh de production du parc nucléaire historique (soit un tiers de la production d’EDF aujourd’hui) au prix très compétitif de 42 euros/MWh, hors marché. En février dernier, le gouvernement décidait de relever ce plafond à 120 TWh, pour permettre aux concurrents d’EDF, étranglés par la flambée des prix de l’énergie liés à ceux du gaz, de résister, tout en augmentant le prix de vente de cette seule portion à 46,50 euros le MWh.

À LIRE AUSSI :  Le gouvernement dévoile une « garantie électricité pour les entreprises »

En juin, la Commission de régulation de l’énergie conseillait de pérenniser la mesure, pour limiter la hausse des tarifs – une solution défendue également par la ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, déterminée depuis l’été à augmenter le tarif de l’Arenh, et en contrepartie à en fixer le plafond à 120 TWh en 2023, puis à 135 TWh en 2024 et 2025, dernière année d’existence du dispositif. « L’Arenh n’est pas un système satisfaisant pour EDF, mais c’est celui dont on dispose pour protéger les consommateurs », avait alors plaidé Agnès Pannier-Runacher… Pour protéger surtout les entreprises, qui ont jusqu’au 15 novembre pour réserver des volumes d’électricité nucléaire à prix réduit. « Si on ne met pas en œuvre des mesures massives pour assurer un minimum d’amortissement du choc de prix qui interviendra en début d’année pour les entreprises, on va au-devant de très graves difficultés économiques », redoute l’entourage de la ministre.

Un dispositif qui coûte « une fortune » à EDF

À LIRE AUSSI : EDF réclame 8,34 milliards d’euros à l’État après les mesures sur l’électricité

Mais EDF, déjà plombé par une dette record qui pourrait atteindre 60 milliards d’euros fin 2022, dénonce un dispositif qui lui coûte une fortune depuis des années, grevant sa capacité d’investissement et limitant sa capacité à redresser ses finances en vendant ces précieux TWh à prix d’or. Le nouveau patron de l’entreprise renationalisée, Luc Rémond, qui aura la lourde tâche de lancer le renouvellement du parc, éviterait d’entamer son mandat avec un boulet au pied si le plafond retombe à 100 TWh en 2023.

Par Marc Vignaud et Géraldine Woessner, publié le 21/10/2022 à 18h33

Photo en titre : L’Arenh contraint EDF depuis 2011 à vendre une part de son parc à des tarifs très intéressants. © Vincent Isore / MAXPPP / IP3 PRESS/MAXPPP

https://www.lepoint.fr/economie/electricite-bercy-revoit-le-plafond-de-l-arenh-un-geste-en-faveur-d-edf-21-10-2022-2494779_28.php

NDLR : ce système d’ARENH imposé par la Commission européenne au nom de « la concurrence libre et non faussée », dogme historique de la construction européenne, est une imbécilité incroyable mais vraie ! Comprenez bien que ce système oblige EDF (donc nous contribuables puisque nous sommes propriétaires à 83,69 %) à vendre à bas prix des kWh à des sociétés…

. qui ne produisent rien

. qui concurrencent commercialement EDF en lui prenant plusieurs millions de clients et des milliards d’Euros de profits

. donc qui empochent les dividendes (qui devraient revenir à EDF donc à nous contribuables)

C’est un exemple de l’imbécilité du système libéral tel que nos dirigeants l’ont conçu (mais il est vrai avec notre accord tacite puisque que nous les avons élus).

« POURQUOI LE NUCLÉAIRE N’EST PAS BON POUR LE CLIMAT » HERVÉ KEMPF

Dans un contexte de crise climatique et pour répondre aux questionnements sur l’indépendance énergétique de notre pays, nombreuses sont les propositions qui impliquent le nucléaire. Mais entre dangers climatiques et humains, ainsi que les déchets qui y sont liés, la place de cette production dans le paysage énergétique français est plus que jamais remise en cause.

Cemil Sanli reçoit le journaliste Hervé Kempf, ancien du Courrier International ou encore du Monde, il officie aujourd’hui en tant que Rédacteur en Chef du média écolo indépendant en ligne, Reporterre. Dans cet entretien, Le Média revient sur le dernier ouvrage du journaliste publié aux éditions du Seuil, dans le cadre de leur collection Libellé. Un texte court et fort engagé qui ne passe pas par quatre chemins. Son titre : “Le nucléaire n’est pas bon pour le climat”.

Hervé Kempf y dresse le portrait d’une énergie qu’il juge dépassée, mais qui obsède la France ; il démonte point par point les arguments et autres sophismes de ses nucléaristes ; pour finir par prôner avant toute autre chose, la sobriété tout en mettant en lien la nécessaire répartition des richesses et une certaine notion de justice sociale.  

Pour retrouver cet article et surtout écouter l’entretien complet (40mn40s), cliquer sur : https://www.lemediatv.fr/emissions/2022/pourquoi-le-nucleaire-nest-pas-bon-pour-le-climat-herve-kempf-AVE3CM46TA6UKLWsknhbhg

LES ANTINUCLÉAIRES À LANNION : « JUSQU’ICI TOUT VA BIEN, MAIS JUSQU’À QUAND ? »

Une vingtaine de personnes ont répondu, dimanche 23 octobre, à l’appel de sortir du nucléaire Trégor pour réclamer, devant la mairie de Lannion, l’arrêt du nucléaire, civil comme militaire.

Ils étaient une vingtaine, rassemblés dimanche 23 octobre, en fin de matinée, devant la mairie de Lannion. Militants ou sympathisants de Sortir du nucléaire et son antenne trégoroise. Avant une prise de parole, Laurent Lintanf, responsable local, a confié à la presse l’inquiétude des militants dans le contexte du conflit en Ukraine. Et l’intéressé de citer l’Agence internationale de l’énergie atomique confrontée à la présence d’une centrale – Zaporijjia – « au milieu d’une zone de conflit ».

Dans ce contexte, la volonté de la France d’accroître son parc nucléaire est vue par ces militants comme « un déni ». « Qui peut dire quelle sera la situation de la France dans 20, 30 ou 40 ans ? ». Le risque ? Le déclenchement d’une guerre dans l’un des pays le plus nucléarisé du monde et la cible potentielle que représente une centrale. En Ukraine, « le risque de dérapage n’a jamais été aussi grand. (…) On ne sait pas ce qui se passe dans la tête de Poutine ».

Sortir du nucléaire réclame l’arrêt du nucléaire civil mais aussi militaire et dénonce l’« irresponsabilité » de la France quand elle refuse de soutenir l’ONU dans sa volonté d’interdire les armes nucléaires. Car « jusqu’ici, tout va bien, mais jusqu’à quand ? »

Publié le 23 octobre 2022 à 12h29

Photo en titre : « On ne sait pas ce qu’il y a dans la tête de Poutine, explique Laurent Lintanf, à la tête de Sortir du nucléaire – Trégor, dimanche 23 octobre devant la mairie de Lannion. Le risque de dérapage n’a jamais été aussi grand ». (Le Télégramme/Jérôme Bouin)

https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/lannion/les-antinucleaires-a-lannion-jusqu-ici-tout-va-bien-mais-jusqu-a-quand-23-10-2022-13205843.php

GUERRE EN UKRAINE : UNE ATTAQUE NUCLÉAIRE RUSSE À KHERSON ? « PAS À EXCLURE » SELON L’AMBASSADEUR UKRAINIEN EN FRANCE

Vadym Omelchenko, l’ambassadeur d’Ukraine à Paris, redoute que la Russie déclenche une « frappe nucléaire tactique sur Kherson » et détruise un barrage qui inonderait de nombreux territoires

Interrogé par Le Parisien, Vadym Omelchenko, l’ambassadeur d’Ukraine à Paris n’a pas fait mystère de ses craintes sur la stratégie militaire de Vladimir Poutine, alors que l’armée russe a essuyé de nombreux revers sur le terrain.

« L’armée russe subit des pertes énormes sur le champ de bataille, un bataillon chaque jour, soit 500 à 800 soldats tués ou blessés. L’offensive ukrainienne au sud les a encerclés, coupés des approvisionnements en munitions. C’est pourquoi ils ont commencé ces bombardements barbares sur nos villes », explique Vadym Omelchenko. Largement mis à mal, l’occupant russe est confronté à une résistance qu’il n’avait pas vu venir. « Voyez ces images de personnes qui sortent leur fusil pour tirer sur les drones ! Les dirigeants russes n’avaient pas mesuré cette mobilisation. »

L’admirable résistance ukrainienne laisse cependant la crainte d’une escalade dans le conflit. Comme si la Russie n’avait déjà plus rien à perdre et se sentait prête à jouer son va-tout, notamment dans la ville stratégique de Kherson.

Lire sur le même sujet : Guerre en Ukraine : « Nous avons peur pour nos vies », les habitants de Kherson appelés à partir immédiatement

Ce samedi, la Russie a appelé les habitants de Kherson à quitter la ville immédiatement. 25 000 personnes auraient déjà été évacuées

« Pour que les soldats russes puissent sortir de Kherson, ils doivent se servir de civils comme boucliers. Cette évacuation peut aussi donner le signal d’un nouveau plan des dirigeants russes. Nous n’excluons pas qu’ils détruisent le barrage de Kakhovka, pour inonder les territoires », détaille l’ambassadeur.

Pire encore, Vadym Omelchenko avoue « ne peut pas exclure la possibilité d’une frappe nucléaire tactique sur Kherson, au moment où les troupes ukrainiennes entreront dans la ville ».

Civils ukrainiens fuyant Kherson pour éviter de servir de boucliers à l’armée russe. STRINGER / AFP

Face à la menace, l’Ukraine veut croire à la solidité du soutien de l’Occident, et notamment de la France. « La position de la France nous satisfait : une position de partenaire à part entière », se félicite l’ambassadeur, qui met en garde contre les influenceurs qui cherchent à retourner l’opinion en faveur de la Russie. « Si vous entendez un expert plaider pour un cessez-le-feu et exhorter l’Ukraine à négocier, sachez que vous avez affaire à ce réseau d’influence russe. Un autre message consiste à dire que la crise économique et la crise énergétique sont étroitement liées à la guerre en Ukraine. Mais tout économiste saura vous expliquer que ces deux choses ne sont pas si corrélées. Enfin, lorsque vous entendez des discours qui cherchent à créer de la division en France, alors cherchez les traces russes. »

Par SudOuest.fr, publié le 23/10/2022 à 11h31, mis à jour le 23/10/2022 à 12h22

Photo en titre : Une vue de la centrale de Kakhovka, dans la région de Kherson, où les Russes pourraient ordonner la destruction d’un barrage hydroélectrique qui inonderait toutes les localités aux alentours © Crédit photo : OLGA MALTSEVA / AFP

https://www.sudouest.fr/international/europe/ukraine/guerre-en-ukraine-une-attaque-nucleaire-a-kherson-pas-a-exclure-selon-l-ambassadeur-ukrainien-en-france-12712368.php

GUERRES CACHÉES : QUAND LE NUCLÉAIRE ÉCLAIRE LA GUERRE EN UKRAINE

Entretien avec le journaliste Marc Endeweld, pour qui la question du nucléaire est au cœur du conflit russo-ukrainien. (Illustration) ©Getty – Anton Petrus

 L’interview: Alors que la Russie cible les centrales électriques ukrainiennes et contrôle la centrale nucléaire de Zaporijjia, Marc Endeweld revient sur son livre “Guerres cachées” dans lequel il analyse la question du nucléaire civil et militaire qui est, selon lui, au cœur du conflit russo-ukrainien.

“L’Ukraine fait partie des pays les plus nucléarisés du monde, rappelle le journaliste Marc Endeweld. Des réacteurs nucléaires, il y en a 15 sur le territoire.” Tous ces réacteurs ont été construits dans les années 1980 et sont de conception soviétique. Lors de la chute de l’URSS au début des années 1990, la filière nucléaire ukrainienne restera sous tutelle de la Russie. “Mais ces dernières années, notamment depuis 2014 et ensuite avec l’arrivée de Zelensky notamment, les Ukrainiens ont eu la volonté d’échapper à cette tutelle russe.”

Lorsque Volodymyr Zelensky arrive au pouvoir en 2019, il se tourne vers les États-Unis. “Le combustible utilisé par les réacteurs nucléaires ukrainiens est un combustible assemblé et fabriqué par la société américaine Westinghouse », explique Marc Endeweld. Les Américains en fournissent notamment à la centrale de Zaporijjia jusqu’à ce que celle-ci tombe aux mains des Russes. Mais la collaboration américano-ukrainienne ne s’arrête pas là : avant la guerre, une commande de quatre réacteurs américains pour plus de 30 milliards de dollars était en discussion, ainsi que la construction d’une usine d’assemblage de combustible en Ukraine par les Américains. Le nucléaire est aussi une question d’autant plus sensible qu’il s’agit d’une technologie qui peut aussi avoir des applications militaires, ce qui a inquiété Moscou.

“La question du nucléaire a été un objectif majeur dans la décision prise par Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine. Dès le 24 février, les troupes aéroportées russes prennent position à Tchernobyl, rappelle Marc Endeweld. Très rapidement, dès le 4 mars, elles prennent possession de la centrale de Zaporijjia. Les Russes voulaient également prendre possession d’une autre centrale qui s’appelle Ukraine du Sud, un peu plus loin de Kherson. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’ils sont allés jusqu’à Kherson. »

L’invité : Marc Endeweld, journaliste et auteur du livre Guerres cachées. Les dessous du conflit russo-ukrainien (Seuil)

Retrouvez L’interview complète (8mn45s)

Par Jacques Molin en collaboration avec Mélissa Foust, publié le samedi 22 octobre 2022

Source : France Inter

Marc Endeweld, journaliste et auteur de « Guerres cachées. Les dessous du conflit russo-ukrainien. » (Seuil) © Radio France – Melissa Foust

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-interview/l-interview-de-secrets-d-info-du-samedi-22-octobre-2022-3318319