CENTRALE NUCLÉAIRE DU TRICASTIN : APRÈS LES PERQUISITIONS, LE LANCEUR D’ALERTE TÉMOIGNE

Des perquisitions ont été menées à la fin du mois de septembre dans la centrale nucléaire du Tricastin pour enquêter sur d’éventuelles défaillances rapportées par un lanceur d’alerte. Cet ancien cadre d’EDF s’est confié à France 3.

Les réacteurs de la centrale drômoise du Tricastin, l’une des plus anciennes de France, chauffent pour une autre raison qu’à l’accoutumée. Ces derniers mois, deux cadres d’EDF ont dénoncé la dissimulation d’incidents dans la centrale nucléaire du Tricastin dans la Drôme. En 2021, un lanceur d’alerte se faisant surnommé « Hugo » avait porté plainte contre EDF dénonçant une « politique de dissimulation » de l’entreprise en matière de sécurité nucléaire. Ce qui avait abouti à l’ouverture d’une instruction contre X à Marseille. 

En ce mois d’octobre 2022, c’est un autre cadre d’EDF, se faisant appeler « Victor » dans la presse, qui a demandé à se constituer partie civile dans l’enquête menée par un juge à Marseille sur des soupçons d’obstacles au contrôle des inspecteurs de la sûreté nucléaire à la centrale. 

Le reportage vidéo de S.Méallier / C.Cherry-Pellat / L.Maigrot (durée de la vidéo : 02min 40)

« Nucléaire : des perquisitions ont été menées à la centrale du Tricastin pour enquêter sur un incident • ©France 3 Lyon »

« Ces éléments que j’ai pu dénoncer sont pris au sérieux« 

Les deux cadres avancent que la direction de la centrale du Tricastin et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) auraient dissimulé ou minimisé des défaillances sur le site pour être sûres que la centrale obtienne son autorisation décennale.   

Dans le cadre de ces plaintes, la centrale de la Drôme a été perquisitionnée à la fin du mois de septembre, comme l’a révélé le site d’information Mediapart le 25 octobre. Hugo, le premier cadre à avoir lancé l’alerte, s’est confié à France 3 Rhône-Alpes. « Ces éléments que j’ai pu dénoncer sont pris au sérieux et aujourd’hui il se passe des choses extrêmement concrètes et fortes avec une perquisition à la centrale et une autre au sein de l’Autorité de sûreté nucléaire », raconte Hugo. « Un avis négatif aurait rendu difficile pour l’Autorité de sûreté nucléaire de donner son feu vert » à la poursuite de l’activité de la centrale du Tricastin au-delà de 40 ans, poursuit ce cadre d’EDF. 

Selon le lanceur d’alerte, « il faut s’assurer que la priorité est à la sûreté, mais pas uniquement avec des mots et des paroles », dit-il. Selon lui, une fuite d’eau importante aurait notamment été minimisée par EDF et l’ASN à l’été 2018. EDF et l’ASN nient toute dissimulation d’incidents majeurs. 

Écrit par Camille Belsoeur  ,publié le 28/10/2022 à 18h06

Photo en titre : La centrale nucléaire du Tricastin. • © Sébastien JARRY/MAXPPP

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