LA SUÈDE ET LA FINLANDE POURRAIENT HÉBERGER DES ARMES NUCLÉAIRES POUR L’OTAN

Il n’y a pas de réserves et la question est prématurée, ont déclaré le commandant en chef des forces armées suédoises, Micael Bydén, et le président finlandais, Sauli Niinistö, car aucun des deux pays nordiques n’exclut d’héberger des armes nucléaires sur son sol lorsqu’il rejoindra l’OTAN.

Lors d’une conférence de presse mardi matin (1er novembre), le commandant en chef des forces armées suédoises, Micael Bydén, a déclaré qu’il n’émettait « aucune réserve » quant à l’installation d’armes nucléaires sur le sol suédois si le pays adhérait à l’OTAN.

« Le Conseil n’émet aucune réserve, et ensuite le niveau politique doit intervenir et prendre les décisions qui s’imposent, qu’il s’agisse d’une présence permanente des alliés de l’OTAN ou de frappes préventives. Ce sont des décisions politiques », a-t-il expliqué, selon le quotidien suédois Expressen.

Il a également ajouté qu’il ne pouvait exclure un « développement encore plus inquiétant en Ukraine ».

Outre le fait que la Suède devrait s’abstenir d’émettre des réserves au niveau national, c’est-à-dire des conditions spéciales ou des dérogations lors de son adhésion à l’OTAN, les forces armées suédoises ont formulé trois autres conseils à l’intention de leur gouvernement, rapporte le média SVT.

Ainsi, la Suède devrait offrir des capacités de réaction aux incidents aériens aux forces navales permanentes de l’OTAN, renforcer sa présence le long de la frontière orientale de l’alliance militaire et participer à la force de réaction rapide de l’OTAN, et ainsi établir une zone servant de base aux forces terrestres, navales et aériennes appartenant aux États membres.

Pour la Suède, ces recommandations vont encore plus à l’encontre de l’esprit de sa politique historique de non-intervention qui a pris fin avec lorsque Stockholm a posé sa candidature à l’OTAN au début de cette année.

En Finlande, interrogé sur la possibilité d’exclure le déploiement d’armes nucléaires sur son territoire lors de son adhésion à l’OTAN, Sauli Niinistö, le président finlandais, n’a répondu ni par oui, ni par non.

« Nous rejoindrons l’OTAN selon les conditions de celle-ci. La question des armes nucléaires est prématurée », a-t-il déclaré lors d’un point de presse au début de la session du Conseil nordique à Helsinki, selon le média Yle.

Niinistö a ajouté qu’il prenait au sérieux la menace nucléaire, qui s’est intensifiée depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et que l’utilisation d’armes nucléaires « signifierait la fin pour nous tous ».

Jusqu’à présent, trois États membres de l’OTAN ont accès aux armes nucléaires : la France, le Royaume-Uni et les États-Unis. En Europe, il existe plus de 150 bombes nucléaires (B-61) qui peuvent être embarquées sur des avions. Elles sont déployées dans des bases en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Turquie.

Bien que la Suède et la Finlande n’aient pas besoin de disposer d’armes nucléaires sur leur territoire, l’adhésion à l’OTAN signifierait indirectement que les armes nucléaires feraient partie de leur stratégie de défense de l’alliance.

Un document de 2012 relatif à la doctrine nucléaire de l’alliance précise que celle-ci ne peut pas utiliser d’armes nucléaires contre une puissance hostile ne possédant pas d’armes nucléaires. De même, les armes nucléaires ne doivent pas être utilisées contre un pays qui menace d’utiliser des armes nucléaires.

Par Charles Szumski (EURACTIV.com) traduction Anne-Sophie Gayet, publié le 2 novembre 2022

Photo en titre : Pour la Suède, ces recommandations vont encore plus à l’encontre de l’esprit de sa politique historique de non-intervention qui a pris fin avec lorsque Stockholm a posé sa candidature à l’OTAN au début de cette année.

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