Oct 18

SUISSE: LE BRAS DE FER ATOMIQUE ENTRE CARLO SOMMARUGA ET IGNAZIO CASSIS

Le 15 août dernier, le Conseil fédéral, sur proposition du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), a annoncé que la Suisse n’allait pas adhérer au «Traité sur l’interdiction des armes nucléaires». Cette décision avait déçu, en particulier du côté du Conseil national, qui avait justement soutenu en juin une motion de Carlo Sommaruga (PS/GE) demandant à ce que la Suisse signe et ratifie ce traité par 100 voix contre 86.

Au mois de juin, le chef du DFAE s’était montré sceptique à ce que la Suisse signe ce traité, ne voyant pas très bien ce qu’il apporterait de plus à la situation actuelle. Sa position, proche de celle de l’UDC, se trouvait donc confirmée le 15 août par le refus du Conseil fédéral. Affaire entendue? Pas du tout.

«Défaite intérieure majeure»

Réunie en début de semaine, la Commission de politique extérieure du conseil national (CPE) a confirmé sa position sur proposition de Carlo Sommaruga. Par 16 voix contre 6 et 2 abstentions, elle veut que le traité soit signé et ratifié «immédiatement». À la suite de cette décision, le Genevois observe: «Ce signe important de paix et de désarmement est une défaite intérieure majeure pour le conseiller fédéral Ignazio Cassis

La force de la société civile

Cependant, il nuance la portée d’un bras de fer entre lui et le chef du DFAE: «Je suis le porte-parole d’une cause partagée par 16 d’entre nous en commission. Je peux dire que même certains UDC ont soutenu cette décision. Ce traité exprime la force de la société civile qui amène les Etats à se fixer des règles comme sur les mines anti-personnelles ou les armes à sous-munitions. Il a été porté par l’International Campaign to Abolish Nuclear Weapons (ICAN), organisation sise à Genève et prix Nobel de la paix en 2017.»

Avec le soutien du PDC

Le Conseil fédéral va-t-il revoir sa position? Pour l’instant sûrement pas. Cependant, le Conseil des États doit traiter de la motion du Conseil national en commission le 25 octobre prochain, puis en plénum lors de la session d’hiver. Si les deux chambres sont sur la même longueur d’onde pour signer et ratifier le traité, Ignazio Cassis et le Conseil fédéral seront sous pression. «J’ai bon espoir que le Conseil des Etats soutienne cette motion, si les élus du PDC suivent la ligne définie par le parti sur cette question», conclut le Genevois. (Le Matin)

Créé le 17.10.2018, 16h11

https://www.lematin.ch/suisse/Le-bras-de-fer-atomique-entre-Carlo-Sommaruga-et-Ignazio-Cassis/story/12174636