NUCLÉAIRE : TÉHÉRAN AFFIRME POUVOIR PRODUIRE DE L’URANIUM ENRICHI À 90 %

Le président iranien Hassan Rohani affirme que son pays peut désormais, si nécessaire, enrichir l’uranium au niveau requis pour produire des armes nucléaires. Une déclaration qui intervient alors que les négociations avec l’Occident ne reprendront sans doute pas avant début août.

Simple effet de manche où menace réelle à peine déguisée ? Alors que les négociations sur le nucléaire iranien semblent au point mort, Téhéran affirme désormais avoir la capacité de produire de l’uranium enrichi à 90 %. C’est-à-dire le niveau nécessaire pour élaborer une arme nucléaire.

C’est du moins ce qu’a affirmé mercredi le chef de l’État iranien, Hassan Rohani, lors d’une réunion de cabinet à Téhéran. Ces déclarations ont de quoi inquiéter les pays occidentaux qui tentent de rétablir l’accord JCPoA de 2015 par lequel Téhéran avait accepté un gel vérifiable de son programme nucléaire en échange d’une réinsertion internationale.

En avril, Téhéran affirmait pouvoir produire de l’uranium enrichi à 60 %

« L’Organisation iranienne de l’énergie atomique peut enrichir l’uranium de 20 % et 60 % et si un jour notre réacteur en a besoin, nous n’avons aucun problème pour l’enrichir à 90 % », a donc affirmé le président iranien, cité par l’agence de presse Mehr . Et d’ajouter que même les pressions de l’ex-président des États-Unis, Donald Trump, n’ont pas pu arrêter les progrès du programme nucléaire « pacifique » de l’Iran, a-t-il souligné le président.

Ces déclarations ont de quoi inquiéter les pays occidentaux car si Téhéran a toujours prétendu ne pas développer son programme à des fins militaires mais uniquement civiles, il pourrait être désormais en capacité de se doter d’armes nucléaires. Qui plus est, cette déclaration, si elle est fondée, montre que les ingénieurs iraniens avancent vite.

En avril dernier, prenant prétexte du « terrorisme nucléaire » d’Israël, qu’il accusait d’être à l’origine de la destruction d’une partie du site nucléaire souterrain iranien de Natanz, Hassan Rohani avait annoncé la volonté de Téhéran d’enrichir son uranium à 60 % . Une annonce qui avait jeté un froid sur les négociations destinées à permettre de rétablir l’accord JCPoA de 2015. Accord dénoncé en 2018 par Donald Trump mais que Joe Biden semble, sous condition, plus enclin à remettre au goût du jour.

Pas de reprise des négociations avant août

La dernière série de négociations entre Téhéran et les pays impliqués dans l’accord de 2015 (les États-Unis mais aussi l’Allemagne, la Chine, la France, le Royaume-Uni, et la Russie) s’est terminée le 20 juin mais aucune date de reprise des pourparlers n’a été précisée. Si, le président Hassan Rohani a affirmé hier que  son gouvernement « avait fait ce qu’il fallait » pour une levée des sanctions américaines et donc la reprise du dialogue, les Occidentaux devront encore patienter un peu.

Selon l’agence Reuters en effet, l’Iran aurait informé les Européens qu’il ne comptait pas reprendre les négociations avec les États-Unis avant l’entrée en fonction du président élu Ebrahim Raïssi . C’est-à-dire au plus tôt le 5 août prochain, mais sans doute un peu plus tard, lorsqu’un nouveau cabinet sera en place.

Par Claude Fouquet, publié le 15 juillet 2021 à 12h15

Photo en titre : Si un jour notre réacteur nucléaire en a besoin, nous n’avons aucun problème pour enrichir l’uranium à 90 %, affirme désormais Hassan Rohani (Ho/Iranian Presidency/AFP)

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